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Titre :
Chroniques
Éditeur :
  • Montréal :[Chroniques],1975-1978
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Chroniques, 1976-03, Collections de BAnQ.

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[" 1 phroniques i | IR 8 aigue et lutte de sses |_ \u2026 _ue, maîtrisée comme moyen de communication \u2014 ce qui suppose une maîtrise minimale des structures linguistiques \u2014 est un instrument important pour faire avancer le travail révolutionnaire.pe 9 = Les enjeux du front {commun Ol : sa LA ,[ Le Front commun risque d\u2019être l\u2019événement syndical M Idont les effets politiques seront les plus déterminants (Wjau Québec en 1976.i (Le mythe du Dr Welby ] Une série qui masque soigneusement les enjeux politiques de la | (science.2 .Sur papier et Luminescence Deux expositions de jeunes producteurs étudiants en arts plastiques à l'UQAM. PS 0e 3 eo \u2026- = 23% J SA \u2014e pes = fx gos Rp > cer ar > pry jk Ea oe psy iE i ar PRT TS des dép, res fs ppp.PAS cer DS yy Ei é CS SENG + 23 corse RIAA LA ARE ee a 2 = EC RIAA a ; I CH DE! ED Ua S( per PE sommaire partys LIGNE OUVERTE EDITORIAL | Langue et lutte de classes .DEBAT(S) .¥ Pour un usage dialectique de la notion de besoin par Laurent-Michel Vacher CHRONIQUES - Pour un enseignement vivant et progressiste du théatre par Thérése Arbic Si elle se mettait a parler par Madeleine Gagnon La poésie en 1975 par Philippe Haeck Le mythe du Dr.Welby par André Morf Les enjeux du Front commun par Jean-Marc Piotte Le Socialisme est difficile au R.C.M.par Céline Saint-Pierre ; Papier sur papier par Marcel Saint-Pierre.INFORMATIONS 7 14 25 33 39 53 60 70 79 89 id Seid ie id ai UPL ELIANA PSS D DIS EM CHE LA MM od oat ar ligne ouverte Au collectif de production, Je connais assez bien votre revue pour avoir lu plus de la moitié des numéros parus.Votre numéro 13, dans son éditorial Bilan et perspectives, disait: «Les \u2018étudiants, qui ont subi depuis quelques années un évident processus de prolétarisation relative, sont un public que nous aimerions rejoindre» pour, c\u2019est moi qui conclus, les mettre en garde contre la contre-cuiture et.le défaitisme\u2026 Entreprise louable tant ces deux choses existent parmi nous.Mais je suis étudiant et je sais qu\u2019il s\u2019agit plus souvent-de scepticisme que de défaitisme.Nous voulons pour la majorité changer les rapports sociaux, mais la manière ne nous est pas évidente, pas pius que les nouveaux rapports à établir.Aussi, si vous voulez nous intéresser, faudrait-il parler plus concrètement et plus simplement des moyens que vous _ préconisez, en dehors du travail idéologique, car ce sont eux seuls qui pourraient nous laisser deviner, tout au moins pressentir, la fin que vous envisagez consciemment ou inconsciemment.Par exemple: vous vous .réclamez du communisme, mais de Moscou à Cuba, en passant par la Sorbonne, ce mot a tant de sens qu\u2019il est difficile de savoir ce que vous entendez exactement par fui.Libertaire ou autoritaire?Hiérarchique ou autogestionnaire?.(Et s\u2019il vous plaît, cessez de servir la tarte maoïste du centralisme démocratique: on ne peut-être à la fois Maître et frère!) Bref, qu\u2019entendez-vous par: \u2014Révolution \u2014 Parti \u2014 Dictature du prolétariat \u2014 Communisme?Car, malgré les «péchés» libéraux que vous reproche «dogmatiquement» Stratégie, nous sentons, chez vous comme chez tous les marxistes, une forte tendance à l\u2019auto-(critique)-gratification, à l\u2019autoritarisme et, quant aux étudiants, au paternalisme.= Nous ne voulons plus de Père, qu\u2019il soit de droite ou de gauche.Paul Levasseur CEGEP du Vieux-Montréal fal fh = NOTE | Chr ; Sent Ql déma Matér bso LY gi, Gag Un seul lecteur a-t-il compris les sous-titres dans l\u2019entretien avec Volker Schlôndorff, dans «Chroniques» 14, février 1976?li s\u2019agit d'indications écrites à la main, sur \u2018le manuscrit dactylographié de l\u2019entretien, relatives à des «inserts» que je voulais disposer à tel et tel endroits \u2014 ainsi ia biofilmographie de Voiker Schiôndorff, que je demandais qu\u2019on place avant l\u2019entretien, que le lecteur.sache un peu avec qui nous parlions.Le titre de la dernière information \u2014 que devaient illustrer quatre enveloppes de disques, à l\u2019A.P.L.Q.depuis le-mois de décembre \u2014, page 94, était «2 ou 3 choses que je sais d\u2019elles 4».Je ne pus faire les inserts pour l'entretien avec Schiôndorff ni corriger d\u2019épreuves (qui comptera, combien il y a de fautes?), étant à l\u2019hôpital.J\u2019en sais qui vont bien rire.Moi pas.: .Patrick Straram le Bison ravi.NOTE: Patrick Straram vient de quitter.le collectif de - Chroniques pour des raisons politiques et des raisons de santé.ll s\u2019en expliquait dans un texte de 40 pages et quelque 12 illustrations que les membres du Collectif lui demandaient de couper de moitié, vu les contraintes matérielles de la revue, ce à quoi notre camarade ne put se résoudre.Peut-être s\u2019en expliquera-t-il un jour, auprès de nos iecteurs, dans un autre texte?Maigré son départ du coliectif, Patrick Straram compte bien nous fournir occasionnellement des textes et illustrations, sur la musique surtout: nous ne pouvons que nous en réjouir.Le Collectif éditorial Langue et lutte de classes Depuis le troisième numéro de CHRONIQUES, la .question linguistique au Québec a été abordée par \u201c quelques-uns et quelques-unes des membres de la revue (1); en plus deux textes nous sont parvenus de l\u2019extérieur (2).Le collectif de production croit maintenant nécessaire de faire une synthèse de ce qu\u2019il a défendu et d\u2019articuler d\u2019une façon collective une position qui s\u2019est définie au cours du débat: la langue, maîtrisée comme moyen de communication et de connaissance \u2014 ce qui suppose une maîtrise minimale des structures linguistiques \u2014 est un instrument important pour faire .avancer le travail révolutionnaire.Et cet outil n\u2019est pas un cadeau du ciel.La compétence linguistique des individus est fort variable selon leur origine sociale et leur appartenance de classe, la question linguistique est donc intimement liée à la lutte des classes.1- Les textes sont ceux de Léandre Bergeron: «Pour une langue québécoise», nos 3 et 6 / 7, «De l'attitude cocon chez certains québécois», no 4; ceux de Madeleine Gagnon, «Notes critiques sur «le drame de l\u2019enseignement du français Il», no 8 / 9, «Sur-la langue», no 12; celui de Philippe Haeck, «Parler québécois et écrire en québécois», no 11; celui de Jean-Marc Piotte, «Deux notes sur la langue», no 5; celui de Céline Saint-Pierre, «Notes critiques sur «le drame de l\u2019enseignement du français |, no 8 / 9; celui de Laurent-Michel Vacher, «Magie du verbe ou politique de la langue», no 10.2- De Noël Audet, «Pour la langue», no 8 / 9; de Nicole Bédard et André Beaudet, «Intervenir dans la langue», no 8/9.\u2014 _ \u2014 Aa CD WS Ana ne TF \u2014\u2014 -\u2014 fo 48 _cois.Quelques positions sur la langue Après la loi 22, il semble bien que nos politiciens, heureux d\u2019avoir retrouvé leur bonne conscience et d\u2019avoir accumulé quelque capital politique, se soient refermés les yeux, béats d\u2019avoir consacré légalement sur le plan linguistique leur domination et leurs privilèges de classe.À quelques occasions, ils sortent de l\u2019ombre, s\u2019affolent, chuchotent, se scandalisent, clament en litanie: notre langue s\u2019en va chez le diable, n\u2019est-elle pas pourtant la plus belle langue du monde, n\u2019avons-nous.pas été un peuple élu?.Ils pointent du\u201d doigt, méprisants, répressifs, trouvent des coupables: ces méchants révolutionnaires infiltrés dans les écoles; ça y est, la chasse aux sorcières est commencée.De son côté; la petite bourgeoisie nationaliste a l\u2019impression de s\u2019être fait passer un sapin, d\u2019avoir été volée, d\u2019avoir perdu son cheval de bataille et son cri de ralliement.S\u2019il est vrai que dans le passé la question linguistique a servi de facteur pour identifier «une pensée et une culture québécoises», il est vrai aussi qu\u2019elle a servi à de nombreux camouflages; son brouillage politique et idéologique a semé de nombreuses confusions.Une grande majorité des Québécois n\u2019est pas encore parvenue à se reconnaître dans cette identité, cette majorité n\u2019en a pas les moyens et peut-être aussi que l\u2019image qu\u2019on lui en donne ne correspond pas à la réalité qu\u2019elle vit quotidiennement.Un des principaux brouillages entretenu depuis longtemps par la petite bourgeoisie nationaliste et repris depuis peu par le gouvernement en place (3) est l\u2019association mécaniste entre la, langue et la culture: la langue à elle seule suffirait à garantir la souveraineté culturelle des Québécois et à assurer leur survie comme nation.Une telle adéquation donne l'impression que la langue existe sans aucune contradiction, elle laisse croire que la culture et la maîtrise de la langue sont la même 3- Même s\u2019il faut\u2018 leur reconnaître des différences dans l'élaboration d\u2019une politique de la langue (unilinguisme pour le parti québécois, politique de bilinguisme pour le parti libéral malgré le statut de la langue française comme langue officielle au Québec) et dans les mécanismes de mise en application et de contrôle de cette politique, le principe de base est le même : la langue constitue «un patrimoine national» qu\u2019il faut préserver au nom d\u2019une identité culturelle qui ne tient pas compte des conditions réelles d\u2019existence du peuple québé- pour tous, bref une telle position nivelle les différences de classe.C\u2019est justement un exemple où la langue est utilisée à des fins de protéger et de masquer les intérêts et les privilèges de la bourgeoisie.Celle-ci tente de rendre institutionnel non pas un code linguistique (il l\u2019est déjà) mais son idéologie sur la langue et sur la culture qui déplace le rôle dynamique de celles-ci dans l\u2019Histoire, leur fonctionnement et leurs enjeux dans la lutte des classes.Or la langue et la culture sont deux choses différentes.Dans une société divisée en classes, la langue sert la culture bourgeoise mais elle peut servir aussi à l\u2019avènement d\u2019une culture prolétarienne et d\u2019une société communiste.Dans la pratique, l\u2019utilisation de la langue, son accessiblité, sa maîtrise sont d\u2019abord déterminées par l\u2019histoire des conditions sociales (économiques, politiques et idéologiques) d\u2019un groupe donné.La position souverainiste qui soutient un rapport mécaniste entre la langue et la culture ne donne à comprendre qu\u2019un reflet idéaliste et partiel de la langue comme bien commun à tous, elle repose sur une définition abstraite et non pratique de la langue et occulte ainsi les contradictions au sein du peuple.' Une grande confusion a conduit aussi les enseignants à des débats stériles \u2014 sans,cesse la question est remise à l\u2019ordre du jour \u2014 et beaucoup d\u2019entre eux se demandent toujours quoi faire.ll y a ceux qui se réfugient dans la linguistique normative et qui oublient qu\u2019une norme n\u2019est ni immuable ni neutre politiquement, ils pénalisent les étudiants et pratiquent ainsi une forme de sélection sociale; il y a ceux qui pensent que l\u2019écriture, une des pratiques de la langue, est dépassée par toutes les communications audiovisuelles (mais dépassée pour qui et pour quoi?) et qui font par conséquent de moins en moins lire et de moins en moins écrire; c\u2019est justement une attitude que le gouvernement a encouragée en instaurant le programme cadre du français au niveau secondaire; il y a ceux qui ne font rien sous prétexte qu\u2019ils ne peuvent rien faire et que la langue est ce qu\u2019elle est, en silence ils attendent on ne sait trop quel miracle; d\u2019autres de plus en plus nombreux comprennent que l\u2019inégalité dans la maîtrise du code linguistique est étroitement liée à l\u2019inégalité des conditions socio-économiques, ils sont conscients du processus de sélection qui explique que les élèves issus du prolétariat sont majoritairement classés dans des groupes allégés ou faibles où il n\u2019est pas question d\u2019acquérir une maîtrise de ce code linguistique, ils Pa voient bien que ce n\u2019est pas la jeunesse qui rejette la langue sous prétexte qu\u2019elle est bourgeoise \u2014 il faudrait pour cela qu\u2019elle ait au moins développé une conscience de classe \u2014 mais qu\u2019au contraire on l\u2019empêche d\u2019y accéder.Ces derniers travaillent à l\u2019avènement d\u2019une société communiste où les conditions nécessaires à l'apprentissage et à la maîtrise de la langue seront égales pour tous.° Contradiction de la langue La langue est un instrument de communication et de connaissance.En tant que tel, comme les moyens de production au niveau économique, elle est neutre et maintient une sorte d\u2019indifférence pour les classes sociales.C\u2019est ce qui explique que Marx a pu écrire LE CAPITAL, un livre qui remettait en question la bourgeoisie, en utilisant la langue allemande telle que codifiée par la bourgeoisie de son temps.C\u2019est pourquoi il serait faux de croire que la langue a été créée uniquement par telle ou telle classe au sein d\u2019une société donnée: «elle l\u2019est par toute la marche de l\u2019histoire de la société et de l\u2019histoire des bases (4) au cours des siècles.Elle n\u2019est pas l\u2019oeuvre d\u2019une classe quelconque, mais de toute la société, de toutes les classes de la société, des efforts accomplis par des centaines de générations.Elle est créée pour donner satisfaction aux besoins non pas d\u2019une classe quelconque mais de toute la société, de toutes les classes de la société.C\u2019est pour cette raison précisément qu\u2019elle est créée en tant que langue du peuple tout entier, unique pour la société et commune à tous les membres de la société» (5).La langue est aussi un instrument de classe, elle n\u2019est donc que relativement neutre: c\u2019est l\u2019aspect secondaire de la contradiction.La classe dominante, propriétaire des moyens de production, est en position de force quand il s\u2019agit de s'approprier ce moyen de - communication et de connaissance: elle est aussi dominante au niveau intellectuel.Son influence est dominante dans le contenu et dans les structures linguistiques de la langue.C\u2019est dans cette perspective 4- C'est-à-dire l\u2019histoire du mode de production.5- J.Staline, Le marxisme et les problèmes de linguistique, éd.de Pékin. qu\u2019il faut comprendre la répression linguistique encou- §¥ ragée par le formalisme bourgeois à la Beaudry.Toutefois, la bourgeoisie n\u2019a pas la mainmise absolue sur la langue, les institutions chargées de l\u2019élaboration et de la diffusion de la langue ne sont pas les seuls lieux Fg où se pratique celle-ci: dans sa lutte, la classe dominée § ¢ marque aussi la langue de ses distorsions idéologiques } | et linguistiques.Ainsi «imposer le terme «exploitation» i en le substituant à celui de «misère» qui relève d\u2019une |i analyse morale, faire éclater l\u2019Homme-en-général en & classes, ce sont des victoires politiques» (8).#4: % Quelle langue?- s Dans sa matérialité, la langue est faite de sons, de x mots et de structures grammaticales.Compte tenu de aspect principal de la contradiction de da langue, te compte tenu du fait que la langue évolue sur une longue i période de l\u2019Histoire, il est probable que le fonds sonore, 4 lexical et grammatical de la langue parlée au Québec est 8; le méme que le fonds de la langue parlée en France.x Reconnaître la primauté des ressemblances sur les diffé- tu rences n\u2019est pas reproduire le colonialisme culturel {4 français mais saisir notre langue et notre société dans | leur histoire.Cela ne veut pas dire imposer une norme - u parisienne au Québec, cela ne veut pas dire faire réfé- d rence à un code qui ne tienne absolument pas compte de à y nos particularités linguistiques, cela veut dire simple- , Be ment ne pas confondre l\u2019aspect principal de la contra- $ te diction de la langue avec ce qu\u2019il implique historique- § ment et son aspect secondaire avec aussi ce qu\u2019il x implique historiquement: l\u2019ennemi principal du peuple i québécois, ce n\u2019est pas l\u2019impérialisme français et sa ù présence culturelle parmi nous, c\u2019est l\u2019impérialisme américain qui est en train de saborder, par le contrôle de A nos appareils économiques et idéologiques, nos ii pratiques culturelles, notre pratique linguistique et notre | i appartenance à la communauté francophone.Il ne s\u2019agit + pas de «sauver le peuple et sa culture par la langue» mais | Bg de promouvoir des pratiques linguistiques susceptibles in d\u2019accélérer le processus de renversement de ceux qui § de oppriment le prolétariat québécois aux niveaux économi- ks que, politique et culturel.™ 6- Vernier, France, L\u2019écriture et les textes, éd.sociales, 1974, < nj p.74.: Con Langue et lutte de classes que nous reconnaissions nos particularités linguistiques.Mais celles-ci sont_encore difficiles a définir.Jusqu\u2019ici les recherches linguistiques ont fourni des résultats partiels très discutables et très discutés par les linguistes eux-mêmes.D\u2019autres recherches sont en\u2019 cours qui, espérons-le, donneront autre chose qu\u2019une simpie typologie des caractéristiques de la langue québécoise.Nous attendons d\u2019elles plutôt une clarification de la pratique linguistique au Québec afin de comprendre à quelles lois d\u2019évolution obéit notre langue dans son histoire.Un tel travail exige selon nous que nous saisissions ces particularités à l\u2019intérieur de la contradiction de la langue elle-même: d\u2019un côté, il est normal dans les lois d\u2019évolution d\u2019une langue que celle-ci emprunte et transforme des éléments d\u2019une ou de plusieurs autres langues; mais d\u2019un autre côté, il faut tenir compte des conditions dans lesquelles se font ces emprunts et ces transformations: ici; notre assujettissement a l\u2019impérialisme américain et à la bourgeoisie canadienne anglaise et à l\u2019état du bilinguisme.ll faut donc définir nos particularités en tenant compte au niveau linguistique des contradictions que vit le peuple québécois dans ses conditions économiques, politiques et culturelles.Seule cette plate-forme politique pourra clarifier l\u2019état de notre langue: la franglicisation est-elle par exemple une perte ou une façon dynamique à certains niveaux d\u2019investir notre langue?La langue est un instrument de classe.Ceux qui ne possèdent ni ne contrôlent les moyens de production matérielle sont aussi, en grande partie, coupés de la compétence linguistique: absents de la parole et de l'écriture.Rappelons cette expérience concrète d\u2019enseignement analysée par André Beaudet et Nicole Bédard (CHRONIQUES, no 8 / 9): l\u2019enseignement du français est plus faible en milieu défavorisé économiquement,il se pratique sans insistance, les programmes et les J exercices sont faits de telle sorte que les étudiants n\u2019ont jamais à écrire, ils répètent des gestes mécaniques de devinettes et de perforation de cartes.C\u2019est là empêcher les étudiants d\u2019accéder à la langue mais c\u2019est là d\u2019abord les, produire comme sujets de classe tout en leur refusant les moyens nécessaires pour accéder à une conscience de classe.L\u2019expérience des cégeps est aussi 9 L\u2019aspect secondaire de la contradiction implique - 14 + A: w oi 1 | Laat BL NS NR rr rr Tyee pa a ES CR aident ete tait com révélatrice à ce sujet.La division entre le général et le - professionnel indique une fois de plus cetta variabilité dans la maîtrise de la langue.Fait de hasard, diront nos politiciens.Pourtant l\u2019origine sociale des étudiants fournit encore une explication à cette inégalité dans l\u2019accessiblité des moyens d\u2019acquisition de la langue et de sa maîtrise.Les étudiants du professionnel sont majoritairement recrutés dans la classe prolétarienne, is ont au collège des horaires surchargés qui les obligent à considérer les cours de français comme un divertissement ou un luxe culturel qu\u2019ils n\u2019ont | pas des moyens de s\u2019offrir.(7) Mais il n\u2019y a pas que les étudiants, il y a aussi les .§ travailleurs qui, confrontés quotidiennement à leur exploitation par la classe possédante, n\u2019ont pas, à cause de leur faible scolarisation, dépassé l\u2019apprentissage linguistique transmis par la famille et le milieu immédiat.Leur langue est donc plus facilement soumise à la pénétration de l\u2019anglais dans l\u2019organisation technique et sociale du travail.Sous prétexte qu\u2019ils parlent mal, on leur refuse la parole mais ils la prennent de plus en plus, ils luttent, ils comprennent de plus en plus qu\u2019ils ne pourront travailler dans leur langue qu\u2019au moment où ils auront fait disparaître toutes formes d\u2019exploitation capitaliste.L\u2019unilinguisme au Québec est _ une politique que nous appuyons pour autant que celle-ci s\u2019insère dans uncombat d\u2019ensemble du peuple québécois dans sa lutte de libération économique, politique et culturelle.Dans cette perspective, l\u2019école primaire et secondaire devient un lieu important d\u2019acquisition et de maîtrise de la langue et aussi de prise de conscience de la nécessité pour un peuple de pouvoir produire son histoire dans la langue qui est sienne.Les enseignants se doivent donc de lier dans leur travail auprès des étudiants l\u2019apprentissage du code linguistique à celui de la langue comme niveau de production de l\u2019histoire de notre peuple.Leur rôle n\u2019est pas d\u2019imposer une norme coercitive mais de travailler la langue, celle qui se parle.et s\u2019écrit, à travers un travail politique, afin que la résistance passive des étudiants soit transformée en une résistance active où leurs paroles et leurs écritures pourront s\u2019inscrire dans le travail révolutionnaire.7- Sur les études pertinentes à ce sujet: Le Manuel de la CEQ; Langue et lutte de classes, éd.québécoises; C.Beaudelot et R.Establet, L\u2019Ecole capitaliste en France, Maspéro.10 Un travail à faire La langue qui se parle et s\u2019écrit n\u2019est pas réductible à une simple question de code linguistique, elle se parle et s'écrit en actualisant des contenus idéologiques.La langue recoupe donc un domaine plus vaste: le langage où l\u2019idéologie prend place pour le sujet.Or l\u2019apprentissage et l\u2019appropriation du langage se font par reconnaissance du langage d\u2019un autre et par reconnaissance de l\u2019autorité de cet autre: l\u2019enfant par exemple s\u2019approprie le langage en reconnaissant celui de ses parents.Et ce langage est un produit social.L\u2019analyse de l\u2019aspect secondaire de la contradiction de la langue repose sur ce rapport à l\u2019autre.Dans une société divisée en classes, cet autre qui domine et qui impose son discours est bourgeois.Le sujet qui s\u2019approprie le langage s\u2019approprie donc en même temps une Histoire traversée par les idéologies dominantes, lesquelles tracent tous ses rapports symboliques au monde.Ce procès de la reconnaissance se fait pour la majorité des sujets parlants sur le mode de la méconnaissance : inconsciemment, les individus sont assujettis au monde par une série de contraintes et d\u2019interdits (familiaux, religieux, moraux, économiques) qui les structurent non plus comme des individus libres et isolés mais comme sujets d\u2019une classe d\u2019un sexe, d\u2019une famille et d\u2019une-place en cette famille.Par exemple l\u2019individu sexuel mâle apprend à se vivre dans un rapport de domination.Nous parlons de méconnaissance parce que, dans ce procès qui est historique les contraintes et les interdits sont présentés comme des exigences de - l\u2019ordre «naturel des choses».Dans une perspective dialectique de lutte- de classes, la sortie du procès de la reconnaissance à l\u2019ordre bourgeois; c\u2019est-à-dire le passage de l\u2019inconscience à la conscience historique, est indispensable aux sujets prolétaires.Sorties des censures, des interdictions.Cette sortie exige une déconstruction des modèles bourgeois à tous les niveaux d\u2019assujettissement des sujets: économiques, politiques, culturels, sexuels; elle est nécessaire pour que la classe prolétarienne puisse se réapproprier des modèles nouveaux, collectifs d\u2019échange et de partage.Or la déconstruc- tion suppose une connaissance du fonctionnement de l'idéologie bourgeoise, une connaissance de ses lois d\u2019organisation.Et l\u2019on sait que le prolétaire, de par sa 11 formation et la place qu\u2019il occupe dans le procès de production en est exclu; ensuite la réappropriation des modèles nouveaux suppose un contrôle des appareils économiques, politiques et culturels, ce dont le prolétaire est aussi coupé.Si l\u2019enjeu principal de la lutte prolétarienne est la prise en main des appareils économiques et politiques, il ne faut pas oublier l'importance du développement de la conscience de classe prolétarienne dans cette lutte.C\u2019est le rôle de tous les intellectuels pros gressistes de montrer comment le politique passe par l\u2019idéologique contrôlé par la bourgeoisie dans des sujets parlants pour que ceux-ci voient comment le politique est parlé à travers eux.Sans pour autant négliger le travail sur le code linguistique (un outil nécessaire à la déconstruction et à la réappropriation de modèles nouveaux), les intellectuels, où qu\u2019ils soient, à l\u2019école, dans les mass media, dans les cliniques communautaires, dans les hôpitaux ou dans les bureaux de consultation doivent tout mettre en oeuvre pour décloisonner leur savoir, leur science ou leur culture, afin d\u2019assurer de plus en plus au prolétaire les conditions matérielles à l\u2019avènement d\u2019une société communiste.Le Collectif / par R.J. Une erreur s\u2019est glissée à la fin du Manifeste pour un théâtre au service du peuple publié dans notre dernier numéro de Chroniques (Février 1976).Le Comité exécutif ainsi que les troupes Le Théâtre des Cuisines, le Théâtre en Vrac et le Théâtre Communautaire ont de fait démissionné de l\u2019A.Q.J.T.mais n\u2019ont pas signé le Manifeste.Leurs désaccords se situaient au niveau des termes utilisés dans le Manifeste ainsi que des raisons invoquées par Le Théâtre Euh!, Les Gens d\u2019en bas, La Gaboche, Le Tic Tac Boom et le Comité de direction, signataires du Manifeste, pour démissionner de PA.Q.J.T.Par ailleurs, le Comité exécutif démissionnaire nous informe que les membres du Comité de direction, signataires du Manifeste, sont demeurés en fonction jusqu\u2019à l\u2019annonce de leurs démissions au cours du 18e Congrès de l'A.Q.J.T.Cette information contredit les témoignages de personnes présentes au dernier Congrès de qui nous tenions nos renseignements.T.A.1 13 débat(s) ] le 4 i 3 sl Pour un usage dialectique { de ta notion de besoin cas de b 501 gi $ me 0 | qi Est-il souhaitable et justifié d\u2019exclure la notion de «besoin» de nos analyses et de nos débats sociaux et politiques?A cette question, soulevée par Chroniques à l\u2019occasion des articles de Céline Saint-Pierre, je voudrais proposer ici de répondre par la négative et mettre de l\u2019avant l\u2019opinion qu\u2019il faudrait plutôt procéder: 1) à la liquidation critique des conceptions idéalistes de cette notion; 2) a sa dialectisation dans la perspective de la théorie marxiste de la sociéte.Lea À Mai inte crif thé Gem bese tem Mat - Dans l\u2019état'actuel des sciences humaines et de l\u2019étude des faits sociaux et économiques, il me paraît en.\u2018effet à craindre qu\u2019on ne puisse purement et simplement se passer de la notion de besoin sans se retrouver et, surtout, la construction de théories hautement structurées en termes conceptuels permettaient de rendre compte, par exemple de façon mathématisée, des diverses variables ou -paramètres que recouvre pour l\u2019instant cè mot en les inscrivant de manière opératoire dans une séquence causale, il en serait peut-être autrement et les concepts théoriques alors rigoureuse- a 14 EC SONO TA i devant un vide malaisé à combier.Si nos connaissances F 00e ong us dll ary Fim, Ming Bg Ug tien ( ~~ Lig = pi i lin \"0 de (el s à fais de à la] elle ie 34 gl def ait ef mp fauve anes me! fl ds, a, 085 0 if oie Ate W else ment définis qui s\u2019y substitueraient pourraient prétendre le remplacer.En attendant de voir quelles conséquences idéologiques découleraient de ce nouvel état de choses la tâche présente est d\u2019opposer aux détournements idéalistes de la notion de besoin son inscription matérialiste dans l\u2019analyse sociale, économique et politique.Le cas n\u2019est pas unique.Beaucoup d\u2019autres, comme celle de «valeur» en économique, ou même celle de «classe sociale» en sociologie (1), ont déjà fait ou font encore l\u2019objet d\u2019une telle lutte idéologico-théorique.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019une notion est exploitée d\u2019une manière que nous refusons par des penseurs que nous combattons, qu\u2019il nous faut la leur abandonner.Une fausse «donnée première» Dans le cas des besoins, il est trop clair que beaucoup de discours, surtout chez les économistes mais aussi en sociologie ou en politique, charrient une interprétation à laquelle nous avons à opposer notre critique radicale.Ainsi, il est fréquent de voir les théoriciens de l\u2019économie «classique» expliquer la demande solvable comme une conséquence issue des besoins, ces derniers apparaissant pour eux comme le terme ultime de l\u2019explication, la motivation dernière de l\u2019activité économique, une donnée invariante et objective, une propriété innée de la «nature humainen.On repère toujours, à l\u2019oeuvre dans de telles conceptions, la tendance à substantifier les «besoins», qui seraient comme des forces motrices élémentaires au-delà desquelles l'explication ne saurait remonter.Marque non équivoque d\u2019une idéologié de la «nature humaine» absolue et immuable, dont la fonction principale est en somme de justifier l\u2019état de choses existant et d\u2019occulter les processus de production historique réels de l\u2019existence sociale.En ce sens, on peut bien dire avec Marc Guillaume (2) que «la notion de besoin 1- Lire par exemple l\u2019incroyable «Que Sais-je?» sur Les classes sociales, qui justifierait bien l'abandon de cette notion! 2- Le capital et son double, Paris P.U.F., 1975, p.13.(Malgré ses prétentions dangereuses et d'ailleurs superficielles au «dépassement du marxisme», ce livre peut à mon avis être exploité de façon critique, comme ceux de Jean Baudrillard qu\u2019il recoupe sur l\u2019essentiel.) 15 est une véritable tache aveugle dans la vision des économistes» et on peut dénoncer avec C.Saint- Pierre des approches comme celle de P.-H.Chombart de Lauwe et de-nombreux psycho-sociologues, américains en particulier.0 = Le mot et l'idée Ceci rappelé, je voudrais dans un premier temps cerner un peu mieux la teneur sémantique du mot «besoin» afin de bien mettre en présence les éléments de base utiles à l\u2019évaluation critique d\u2019un éventuel emploi positif de l\u2019idée.De façon générale, «besoin» désigne l\u2019état d\u2019un être ou d\u2019une-chose par rapport soit à ce qui lui manque objectivement, soit à ce qu\u2019il estime ou ressent subjectivement comme lui faisant défaut, pour atteindre ou rétablir une situation jugée nécessaire ou souhaitable.Le manque en question est implicitement mis en corrélation directe avec l\u2019accomplissement d\u2019actes ou avec une relation particulière à des objets ou à des biens, ces actes, objets ou biens étant considérés comme indispensables ou utiles pour atteindre la ; situation visée (on dit que ce sont les moyens de la satisfaction du besoin).Deux remarques se présentent | déjà: d\u2019une part «besoin» évoque un état transitoire et , dynamique, un mouvement, un procès, une force et non § pas une qualité statique ou un objet; d\u2019autre part c\u2019est ; une entité médiatrice qui suppose quatre autres termes entre lesquels elle établit des relations (les circonstances, ce(lui) qui a besoin, la situation visée et enfin ce qui: est requis pour l\u2019atteindre).Le mot «besoin» se situe, par sa signification lexicale même, dans une séquence du?type «dans les conditions w, x a besoin de y pour ».«Besoin» apparaît donc comme un terme sémantique- ment relationnel.À ce-stade, on peut suggérer l\u2019idée que la forme verbale «avoir besoin (de)» est beaucoup plus- 150 fage 3 nel.Æ taire al J Tale cond aclue auto ban # ie - cond @ Con à ment 4 pue g simp À rials da fo \u2018crois adéquate au noyau sémantique que la forme nominale p\u2014 «un (le) besoin», qui en serait comme une substanti-< vation dérivée.Sans trop forcer, cette façon de voir# suggère d\u2019orienter notre soupçon généalogique vers les } pièges du langage (à la manière de\u2018Nietzsche): comme#\" si l\u2019existence du substantif isolé «besoin» allait de pairÿ avec la représentation statique et essentialiste des «besoins» en tant que forces mystérieuses et entités 16 - absolues.La forme verbale, par contre, inviterait davan- Ÿÿ dans une optique nettement progressiste.tage à ufre interprétation en termes de procès relationnel.Si je dis: «posséder une auto est un besoin prioritaire chez les travailleurs», je fige en un état de chose «naturel» le fapport de nécessité qui lie le travailleur à l\u2019automobile.Mais si jaffirme plutôt: «dans les conditions de vie, de travail et de transport de la société actuelle, les ouvriers ont majoritairement besoin d\u2019une auto pour se rendre à leur travail et pour s'évader de leurs banlieues urbaines», je commence à le relativiser: au lieu d\u2019une force donnée et autonome, j'ai un moment conditionné par.une suite de déterminismes historiques concrets, un processus explicable par des enchaînements dialectiques de facteurs économiques, sociaux, psychologiques, etc.(3) Bien entendu, ce n\u2019est pas une simple question de mots qui fait I'idéalisme ou le matérialisme, et il serait facile de m\u2019objecter des exemples ou la forme verbale est utilisée de fagon mystifiante.Je crois pourtant qu\u2019il y a là des indices à ne pas négliger.) La détermination historique des besoins Une distinction qui revient sans cesse chez les psychologues classiques à propos des besoins est celle entre besoins élémentaires (ou primaires: faim, soif, sommeil, etc.) et besoins dérivés (ou secondaires: protection, valorisation, affection, etc.) Tous ceux qui veulent soutenir le point de vue que les besoins ont une existence objective ont tendance à faire appel aux besoins élémentaires pour appuyer leur thèse, sachant bien qu\u2019on peut établir, par exemple, les rations de calories et de liquide nécessaires à la survie et à la santé d\u2019un être humain.Pourtant H.Brochier a raison d\u2019ajouter à ce propos (4): «Déjà dans ce domaine élémentaire, on voit apparaître le caractère historique des besoins: la ration alimentaire ne peut être établie uniquement en 3- J'ai déjà eu l\u2019occasion de montrer, sur l'exemple du terme: «normal», que-certaines précautions dans l\u2019usage des mots pouvaient comporter un enjeu idéologique (cf.«Remarques sur la normalité» in Critère, 3 juin 73, pp.233-45.) 4- H.Brochie:, article «Besoins économiques» in Encyclopaedia Universalis, vol.3, pp.212-13.Ce court texte est une lecture à recommander sur la question, dont il présente l\u2019état fonction de critères biologiques; elle est liée non seulement au lieu et au climat, mais aussi à l\u2019histoire.» Et il nous rappelle cette remarque de Marx dans la Critique de l\u2019économie politique: «La faim est la-faim, mais ldfaim qui, se satisfait déviande cuite mangée avec uné fourchette et un couteau est une forme de faim différente de celle qui dévore la viande crue avec les - mains, les ongles et les dents».Même à ce niveau, on ne devrait donc pas accepter l\u2019idéologie selon laquelle les besoins seraient soit naturels, soit l\u2019effet d\u2019une sorte de libre choix individuel.Les choses sont encore plus claires lorsqu\u2019on se penche sur les besoins dérivés (dits secondaires), en particulier dans les domaines économique et social (5): on ne peut ici plus rien comprendre aux divers procès de besoin si on les considère comme manifestations de motivations autonomes, causes premières, directes et suffisantes provoquant l\u2019accomplissement d\u2019actes comme l\u2019achat d\u2019une marchandise ou l\u2019emploi d\u2019un équipement collectif.On tombe alors d\u2019une part dans l\u2019incohérence (les besoins varient d\u2019une façon inexplicable d\u2019une période à l\u2019autre, d\u2019un quartier à l\u2019autre, etc), d\u2019autre part dans une substantification pseudo-explicative et tautologique (toute conduite comportant un rapport avec un objet X est justifiée par le recours à l\u2019entité supposée «besoin de X».Il n\u2019est, dans ces conditions, pas possible de renoncer à la notion de besoin \u2014 qui dénote le moment du manque dans la dynamique des pratiques sociales \u2014, ni de lui donner un statut explicatif propre \u2014 car ce serait ne rien expliquer du tout et occulter le processus - dé détermination réel.Une solution viable et constructive serait que la notion de besoin soit maintenue en tant que construction hypothétique, concept signalétique ou- indiciel, médiatisé et dialectique, pour référer au moment intermédiaire du manque comme relais des contradictions socio-économiques dans la dynamique des pratiques de classe.Tout discours qui cherche à faire passer le besoin pour une force sui generis ou une cause autonome pourrait alors être déconstruit au nom même d\u2019une analyse dialectique des besoins historiquement déterminés.5- Je laisse volontairement de côté la question d\u2019une théorie psychologique des besoins, dont un prototype classique serait à chercher par exemple chez Henry A.Murray, et qui appellerait une critique en fonction de la théorie freudienne du desir.18 | Dog § tor P sic som Æ midi \u201ctona qu géné | TY F tenté ; des t \"3 créés, 8 leurs, uot À de co toire Surdé valeur * domin La reproduction de la demande Depuis quelques années, plusieurs sociologues et théoriciens (6) ont fait porter leurs travaux sur les structures et les codes de la psychosociologie de la consommation, interprétés comme des dispositifs intermédiaires de transmission et de relance dans le fonctionnement social du marché nécessaire au capitalisme monopoliste d\u2019Etat.Les analyses de la publicité comme génératrice de besoins dits «artificiels» n\u2019en furent que les débuts les plus superficiels.A partir d\u2019elles, on a tenté de démonter les processus par lesquels «la plupart des besoins exprimés par les consommateurs ont été créés, mis au point, amplifiés dans l\u2019intérêt des producteurs, c\u2019est-à-dire des entreprises privées (7).» || est alors apparu à plusieurs que toute l\u2019organisation de la quotidienneté était pour ainsi dire investie par une sorte , de code*de ia possession, de la compétition ostentatoire et de la hiérarchie sociale,code ayant pour effet de surdéterminer les marchandises en ajoutant à leurs valeurs d\u2019usage et d\u2019échange une pseudo-valeur spectaculaire (d\u2019ailleurs imaginaire).Dans ce réseau de significations, chaque objet devient un indice différenciant et valorisé en tant que marque de prestige relatif \u2014 toujours en voie d\u2019inflation cependant, perpétuellement déceptif, dévalué par la montée sans cesse renaissante de nouvelles cotes et modes.La «rareté» totalement artificielle de la plupart des biens dans les sociétés industrielles apparaît alors pour un effet de l\u2019inégalité de classe, effet qui assure la reproduction de la demande (en fonction des rapports de production capitaliste et conformément aux lois du profit) par la constitution d\u2019une représentation sociale dominante (le spectacle de la marchandise).Les biens de consommation articulent une sorte de code, qui lui-même structure et provoque la demande, laquelle consolide en retour le code, et ainsi de suite: le système des besoins se révèle finalement être issu de la représentation sociale, produit direct des rapports de production capitalistes.On peut conclure, avec H.Brochier, que «la satisfaction des besoins élémentaires une fois assurée, la forme des besoins est déterminée historiquement au terme d\u2019une dialectique où produc- 6- Entre autres Henri Lefebvre, Jean Baudrillard, Guy Debord, Pierre Bourdieu, Michel Clouscard,Mare Guillaume.7- H.Brochier, art.cit., p.213. tion et consommation- sont étroitement liées et où la consommation ne témoigne pas, en tout état de cause, de l\u2019autonomie qu\u2019èlle est censée manifester.La structure des besoins.à un moment donné renvoie donc à toutes les structures sociales et à toute l\u2019histoire (8).» Nous sommes aux antipodes de l\u2019idéologie des besoins innocents et autonomes, auxquels n\u2019importe quel Rapport Nadeau ou Conseil du Patronat peut recourir pour justifier le statu quo ou les supposées «réformes» dont il se sert pour «moderniser» un peu plus le marché (et il peut aussi bien s\u2019agir du marché des diplômes, des - autoroutes, etc., que du marché commercial de la consommation privée).Au lieu de supprimer la notion de besoin et de tenter de la remplacer par la catégorie trop générale de «pratiques de classe», on cherche alors à expliquer plutôt comment les besoins ne se comprennent dialectiquement que commé moment médiateur dans les pratiques sociales de classe telles que déterminées par le mode de production dominant.= - Même si ce programme était rempli de façon complète, il resterait encore une étape importante à franchir.Car la majorité des interprétations comme celles que je viens d\u2019évoquet rapidement sont à plusieurs égards unilatérales.Elles en viennent parfois à un réductivisme structuraliste qui, ayant démonté les mécanismes de la (re)production sociale des besoins par le \u2018capitalisme, conclut à une sorte d\u2019aliénation généralisée et constitutive de la société, tous les besoins \u2014 y compris ceux des travailleurs \u2014 se voyant condamnés comme relais de ce système.C\u2019est peut-être ici que l\u2019exigence et le potentiel dialectique de l\u2019analyse des besoins peuvent se manifester le plus clairement.En effet, non seulement le besoin est l\u2019indice d\u2019une force et d\u2019un processus, mais il l\u2019est dans la mesure même où il est traversé par (et inscrit dans) un système de contradictions.C\u2019est précisément ce que négligent très souvent les critiques non dialectiques de la «société de consommation» lorsqu'elles concluent un peu trop vite à l\u2019omnipotence du code spectaculaire de la marchandise.8- H.Brochier, art.cit.p.213.7 x 20 dun il d\u2019une théorie critique du système, de se prononcer d\u2019en haut sur les aliénations et les besoins des travailleurs.Il .y a une autre manière d\u2019aborder ce problème.Notant que les travailleurs semblent avoir grand besoiF®de leur automobile et y être très attachés, Gilbert Mury reconnaît que dans les conditions de vie actuelles, non seulement l\u2019auto représente une nécessité pour le transport (autrement très pénible à assurer pour eux), mais qu\u2019elle répond également à une recherche de paraî- tre-par-ce-qu\u2019on-possède et même, chez des hommes que les cadences et les contremaîtres robotisent et infériorisent, a un désir compensatoire de puissance.| ajoute alors: «De tels plaisirs peuvent sembler de médiocre qualité aux intellectuels et aux moralistes.Que ces messieurs pardonnent cette déception aux modestes prolétaires qui en sont la cause: on prend sa liberté et son pouvoir où on le peut.Qu\u2019on se rassure: le besoin aveugle de vitesse peut aussi se réaliser dans la violence révolutionnaire.» Et il conclut: «Et bien entendu, ce n'est pas tellement honorable d\u2019exister de cette fagon-la.Mais s\u2019il faut attendre que la classe ouvriere soit pure de toute influence bourgeoise pour engager une action révolutionnaire, autant dire que ce genre de combat n\u2019a jamais été et ne sera jamais livré (9)».; \u2019 Ceci est d\u2019autant plus juste que, à l\u2019opposé des prédictions de tous les prophètes de l\u2019intégration du prolétariat au «système», l\u2019expansion de la société marchande de consommation dirigée entraîne «un potentiel formidable de frustrations, de souffrances, de malheur qui rend compte de la charge énorme de tensions et de violence que recèlent les sociétés capitalistes avancées (10).» Par son action, la phase d'expansion du néo-capitalisme a modifié ou développé certains besoins particuliers: le caractère intensif et hautement mécanisé du travail, les conséquences pénibies du cadre de vie suburbain, nécessitent le recours à des marchandises et à des équipements nouveaux pour assurer la reproduction de la force de travail.«Dans les grandes concentrations urbaines, organisées en fonction de la motorisation individuelle et privées de moyens de transport collectifs efficaces, l\u2019automobile est devenue un besoin fondamental.En 9- G.Mury On leur fera la peau, Ed.du Cerf, pp.18-19.10- Henri Weber, Marxisme et conscience de classe, 10 / 18, p.363.21 Il est en effet trop facile, pour intellectuel muni Vi LS EE AES 44 l\u2019absence d\u2019équipements et de services adéquats, l\u2019équipement électro-ménager est devenu indispensa- bte aux familles de salariés.(.) Dans les conditions historiques du capitalisme avancé, les besoins fondanmentaux des masses exigent des:moyens de satisfaction plus «riches» parce que l'environnement naturel est dégradé (11)»>.= Par ailleurs, le renouvellement des, techniques et la mobilité de l\u2019 emploi développent des besoins de forma- - tion et d\u2019information qui ne sont.satisfaits que de façon très partielle et nettement inégalitaire-selon les finalités et la logique capitaliste.Au sein de ces processus antagonistes apparaît aussi, selon les degrés de conscience et d'organisation (syndicats,comités de citoyens, associations de locataires, partis politiques, etc.) un besoin croissant de contrôle collectif et de gestion démocratique que tout dans les appareils d\u2019Etat et dans l'idéologie dominante travaille à réfréner et à détourner.En plus de s\u2019avérer sur plusieurs plans inapte à répondre aux besoins qui, chez les travailleurs, correspondent a la pratique sociale qu\u2019il.engendre, le _ capitalisme ne peut même pas maintenir dans la période de stagflation actuelle les soupapes compensatoires qu\u2019il avait ménagées dans sa phase d\u2019expansion (progression relative du pouvoir d\u2019achat, lois dites «sociales», etc.).La lutte en vue de la reconstitution du taux de profit et le coût croissant de l\u2019accumulation capitaliste amènent la remise en question des conquêtes ouvrières des périodes précédentes.La sphère des besoins est traversée par la contradiction entre le niveau effectif des forces de production (postérieur aux effets des innovations scientiques et techniques de la première moitié du siècle) et les contraintes qu\u2019impose la nature capitaliste des rapports de production et des structures sociales.Dans la classe ouvrière même, et.concurremment avec les besoins que le système développe pour assurer sa reproduction, se font jour des besoins contraires qu\u2019il engendre indirectement par son irrationalité, son caractère répressif \u2014 et peut-être surtout par les preuves accumulées de l'impasse que représente le but assigné par lui à la vie sociale (accroissement constant de la consommation privée de marchandises-signes sans cesse multipliées,sans cesse dévaluées, sans cesse remplacées par de nouvelles.\u2026).11- Weber, op.cit., p.361.22 r En même temps, une autre des dimensions contradictoires de la dialectique des besoins provoquée par le capitalisme monopoliste avancé, c\u2019est que le modèle de vie sociale suscite le développement de besoins collectifs alors que le modèle de production-/ consommation est fondamentalement centré sur.la consommation privée de biens individuels.«Dans une grande agglomération industrielle, les besoins de se loger, de se nourrir, de se déplacer, d\u2019éduquer ses enfants, de se soigner, de se cultiver, de se divertir, de laver son linge, etc.sont quotidiennement communs à des millions d'hommes.De moins en moins ces besoins peuvent être rationnelilement satisfaits sur le mode individuel.De plus en plus, leur satisfaction exige la médiation d\u2019équipements et de services collectifs.(.) Maîtres de l'investissement, les monopoles capitalistes restent .sourds à cette exigence: ce qui les intéresse, ce n\u2019est pas la satisfaction des besoins, mais la production et la réalisation de la plus-value.(.) C\u2019est pourquoi ils s'opposent énergiquement au développement d\u2019un mode social de satisfaction des besoins (au moyen de services et d'équipements collectifs).Car la production en grande série de biens de consommation individuels, voués de surcroît à un prompt remplacement, est infiniment plus rentable, du point de vue de la rotation et de l'accumulation du capital que le développement des équipements collectifs (12).» Théorie, idéologie, politique Ces quelques réflexions n\u2019ont, on le voit, aucune prétention à la pureté théorique, et je ne me battrai pas pour défendre la «dignité» de concept de l\u2019idée de besoin.Je reste en effet convaincu, comme je l\u2019écrivais dans Pamphlet sur la situation des arts au Québec, que «le marxisme n\u2019est pas qu\u2019une science économique, sociologique ou historique, c\u2019est aussi une idéologie sociale révolutionnaire qui inclut la lutte (discursive et culturelle) sous des formes toutes différentes de la «scientificité» (13).» Je n\u2019ai donc pas voulu prétendre que la notion de besoin pouvait jouer un rôle majeur dans l'économie politique marxiste \u2014 au contraire, c\u2019est une 12- Weber, op.cit., p.357-8.13- p.123. notion à peu près inutile pour les analyses rigoureuses du mode de production.C\u2019est seulement au niveau des analyses concrètes de la conjoncture et de la lutte idéologique et politique qu\u2019on-peut utilement y avoir recours.Elie est susceptible de rendre alors, si elle est historiquement et dialectiquement articulée, de nombreux services qu\u2019aucun scrupule théoriciste ne suffit à faire oublier.5 - Laurent-Michel Vacher I rictéieicensanatitidétieMicicidt sis sur le théâtre Il- Pour un enseignement vivant et progressiste \u201cdu théâtre Bureaucrates de l'Education - et du Theatre L'orientation que tente d\u2019imposer le Ministère de l'Education à l\u2019enseignement du théâtre au Cegep, par la définition des programmes, rejoint\u2019 celle des troupes professionnelles largement subventionnées par l\u2019Etat.Technocrates de l\u2019Etat et petite-bourgeoisie intel- \u2018lectuelle s'entendent pour axer et l\u2019enseignement et la représentation théâtrale sur des valeurs reconnues par la société capitaliste: création sur des bases individualistes, écfectisme culturel et formation polyvalente pour rencontrer les goûts de l\u2019ensemble de la population ou pour adapter les étudiants au marché du travail.Tant au niveau de la formation des jeunes que de la représentation sociale par les moyens du théâtre les inégalités sociales sont passées sous silence.Les perspectives libérale et social-démocrate, même lorsqu'elles sont nationalistes, de nos bureaucrates de l'Education ou du Théâtre, se portent toujours garantes du système capitaliste et des valeurs idéologiques qu\u2019il véhicule.25 Une intervention éclairée La nécessité d\u2019une intervention éclairée au sein même des organismes d\u2019Etat, où sont reproduites les contradictions du'système capitaliste, exige à l\u2019Ecole en particulier, de la part des enseignants militants, une compréhension du développement historique de la matière enseignée, de la place qu\u2019elle occupe dans le procès de production, ainsi que du rôle que l\u2019ordre bourgeois assigne à l\u2019enseigné dans la société.La non-intervention de Certains enseignants Certains enseignants préconisent une remise en question du rapport autoritaire maître-élèves par une non-intervention auprès des étudiants.Par ce procédé, ils espèrent que l\u2019étudiant trouvera lui-même et «en lui» la voie d\u2019une expression nouvelle et originale.Cette prise de position nie à la fois les conditions objectives qui aliènent les étudiants, leur manque de préparation à ce nouveau rapport, ainsi que le rapport dynamique que l'enseignant peut établir avec les étudiants, rapport dialectique où chacun apporte son bagage de connaissances et d'expériences.Mais aussi-intervention politique.Intervention dans un cours obligatoire de theatre Dans l\u2019école capitaliste au Québec, au niveau collégial, comment l\u2019enseignant-militant peut-il intervenir idéologiquement et, politiquement dans un cours obligatoire tel que le théâtre?l{ importe dans un premier temps de comprendre le conditionnement des étudiants dans leur rôle de spectateurs, puis de mesurer par l\u2019expérimentation leurs difficultés d\u2019expression et enfin de situer les tendances 26 Rl fan j lens f tor JL ciné - disc Fass Bos off ; QU : situe Æ : ques 1 prior Drow «ui j tr hero E final ger el p (con E lai KR is PB Ë ag & on Rio du théâtre contemporain dans leurs relations aux bouleversements sociaux.NV ait.aie De, ~ L\u2019 pt dl; 1 LE Na etl a \u201cSpec: a eur C\u2019est comme spectateurs que les étudiants d\u2019un cours obligatoire de théâtre au Cegep se regroupent dans un même réseau d\u2019intérêts et ce fait constitue pour l'enseignant le principal denaminateur commun, le terrain à partir duquel il peut commencer à travailler.L'étudiant, spectateur à l\u2019école comme à la télévision, au cinéma et, parfois, au théâtre mais aussi spectateur de discours démagogiques* sur la société en général, est assujetti aux rapports de domination qu\u2019exercent sur lui tous ceux qui détiennent les pouvoirs de la parole officielle.Parole linéaire qui défend toujours le Bien contre le Mal, qui se veut objective mais qui, en fait, se situe au sein de l\u2019ordre établi.Cette «vérité» objective transmise par les mass-media utilise les mêmes.techniques (un parallèle peut presque mécaniquement s\u2019établir) que celles du théâtre d\u2019identification.Un rapport prioritairement émotif entre spectateurs et acteurs provoqué par la reconnaissance d\u2019un ordre, ou d\u2019une éthique morale, que les forces du Mal viennent troubler, a travers un ou des personnage(s) sympathique(s) (le héros positif), portés par un récit qui trouve dans sa finalité le rétablissement du Bien contre le Mal.C\u2019est sur ce rapport émotif, et cette incapacité de tout recul critique qu'impose toujours la vraisemblance d\u2019un récit (confondue, bien souvent, avec la réalité) qu'il faut travailler: en démonter les mécanismes et en saisir les visées idéologiques.De spectateurs à acteurs Dans un deuxième temps, le passage du rôle de spectateurs à celui d\u2019acteurs constitue l\u2019essentiel du travail.Mais l\u2019expérimentation des techniques d\u2019expres- Sion s'accompagne nécessairement de commentaires théoriques et d\u2019une mise en situation historique et politique des différents modes d\u2019expression.Entre la pratique et la théorie s\u2019élabore essentiellement un cours de Théâtre qui ne dure malheureusement que quarante- cinq heures et ce dans un réseau de cours divergents et de Contenus idéologiquement et politiquement souvent contradictoires.Après un travail rapide sur les différentes.techniques de détente et de concentration à partir desquelles l\u2019étudiant prend conscience de son corps et de ses difficultés d'expression, le cours s\u2019achemine vers l\u2019analyse de deux approches spécifiques du théâtre contemporain: la forme dramatique et le théâtre épique.Ces deux tendances respectivement reliées à deux conceptions opposées du monde, c\u2019est-à-dire une\u201d conception idéaliste et une conception matérialiste, s\u2019analysent et s\u2019expérimentent à partir du lieu théâtral, de la mise en scène, du jeu de l'acteur, de la structure des oeuvres et de l\u2019 idéologie que chacune d\u2019elles véhicule.L\u2019ensemble constitue l\u2019essentiel de la représentation théâtrale dans une relation d'identification ou de distanciation avec un public.28 - nse EU tales, insée gm NIE popu C\u2019est ici que l\u2019enseignant-militant peut intervenir politiquement en établissant le rapport entre les valeurs que véhiculent le théâtre traditionnel et la remise en question sociale et politique qui traverse tout le théâtre épique tel qu\u2019élaboré par Bertolt Brecht.Les-troupes d\u2019agitation-propagande Se servent.abondamment de certaines techniques de cette conception du théâtre dans leur travail spécifique de politisation des masses.D'ailleurs, à la fin de la session l\u2019étudiant doit présenter un court spectacle sur la spécificité théâtrale, en tenant compte des questions théoriques et pratiques soulevées au cours de la session ainsi que de l'analyse des - rapports sociaux dans lesquels cette matérialité théâtrale se joue.Le Cegep, un lieu d'intervention Cependant, dans une perspective plus large, les enseignants tiraillés entre les politiques gouvernementales, les mesquineries administratives des Cegeps, une insécurité d\u2019emploi chronique et la menace d\u2019une augmentation de tâche, se retrouvent dans un milieu restreint d\u2019action si l\u2019on considère que déjà 80% de la population étudiante abandonne l\u2019école avant le collégial.Coupés de la classe ouvrière, pour qui l\u2019accès au Cegep est limité (1) depuis l\u2019école primaire par une sélection que prépare la fragmentation des élèves.en enrichis, réguliers et allégés, les enseignants des Cegeps se retrouvent néanmoins dans un lieu privilégié d'action puisqu\u2019un grand nombre d\u2019étudiants déboucheront sur le marché du travail dès leur sortie du collégial et compte tenu du nombre grandissant d\u2019institutions privées où sont retranchés les enfants de la bourgeoisie.La politique économique des Cegeps s'inscrit dans celle des gouvernements: elle en est une, essentielle- \u201cment, de rentabilité; la période de stagflation (2) que Nous vivons a vu se réduire, graduellement, les sommes allouées à l\u2019Education et aux autres mesures sociales.1- Lire: les classes sociales au Cegep Claude Escande, (Editions Parti Pris).2- Voir à ce sujet, l'éditorial de Céline St- Pierre: «Pour une école publique, laïque, démocratique et communautaire» Chroniques no 8/9.} 29 ONAN OU NN - L\u2019on .observe simultanément une baisse du nombre d\u2019étudiants dans les Cegeps alors que le pourcentage de fréquentation se maintient dans les institutions privées.La réduction des budgets alloués a l'Education défavorise les étudiants fréquentant les institutions publiques et il évite à l\u2019Etat bourgeois, dans la crise économique actuelle qu\u2019il entretient, d'accroître le nombre de chômeurs instruits et conscients.De plus, il maintient une main-d\u2019oeuvre apte à remplir les emplois subalternes.Encore une fois la bourgeoisie protège ses privilèges de classe.À cette baisse de la clientèle étudiante dans les Cegeps correspond une entrée de 6% de l\u2019ensemble de la clientèle étudiante du niveau collégial (institutions privées incluses) à l\u2019Université.\u2014\u2014 30 au( i6s prof gen gl Ha 1800 la sy pol el, des élu rec y Des cours spéciaux de culture .generale au professionnel ; % , 3 - < _ En outre, les nouvelles politiques\u2019 du Miäistèré de.l\u2019Education et celles des administrations des Cegeps recoupent en grande partie les recommandations du mémoire soumis par le Conseil du Patronat du Québec au Conseil Supérieur de Education en ce qui concerne les cours de culture générale: «L\u2019étudiant du cours professionnel devrait recevoir des cours de culture générale différents de ceux dispensés au cours général et mieux adaptés aux exigences de sa carriére.» Les cours de culture générale que le Conseil du Patronat recommande sont les suivants: les relations humaines, la philosophie du travail, l\u2019administration et la psychologie.Pour éviter la communication parfois trop politique entre les étudiants du\u2019général et du professionnel, le Conseil du Patronat propose le cloisonnement des secteurs.De ce fait, on pourra enrégimenter les étudiants du professionnel et ainsi mieux prévoir le recrutement d\u2019une main-d\u2019oeuvre au service de |\u2019 gntrepri; se privée.i + La tâche des enselgnants militants La tâche des enseignants-militants au Cegep se situe à plusieurs niveaux de luttes: obtenir de meilleures conditions de travail, ouvrir l\u2019école à l\u2019ensemble de la population et ce, jusqu\u2019à l\u2019Université, repenser le système pédagogique dans son ensemble en vue d\u2019abolir la sélection dès l\u2019école primaire et enfin, permettre une formation artistique à l\u2019ensemble des étudiants.Mais à l'intérieur-du système capitaliste ces objectifs dans leur totalité ne pourront jamais être atteints.\u2014 Pour un enseignement vivant et progressiste du théâtre, il faudra passer par une transformation radicale du système économique et politique.Pour y parvenir, un travail long, lent et patient et le regroupement de toutes les forces progressistes au Québec seront nécessaires.I! exige un travail obstiné dans tous les milieux, la formation d\u2019une avant-garde ouvrière en vue de la mise 31 sur pied d\u2019un parti ouvrier et un travail large, idéologique auprès dé l\u2019ensemble du \u2018peuple, dans les salies de cours, dans les usines, dans les syridicats, dans les comités de quartier, partout, aussi longtemps que nous n\u2019atteindrons pas notre objectif qui est d\u2019instaurer une société juste qui devra passer par la prise du pouvoir politique du prolétariats Thérèse Arbic k Varie ify Oy, F Page v - telle - Se mettait à parier.La bouche entr\u2019ouverte, la gorge déployée, elle se parie pendant que de toute évidence, personne ne \u2018écoute.Occupés par leur science: livres, manuscrits, discussion animée, tous trois regards pointés sur la page qui encombre cette table où son cabaret ne peut 33 gr M \u20ac i \\ :Ù i.4 \u2018sous ie savoir qu\u2019ils exposent.Ce corps désirable et même pas se poser.Elle est là dans l'attente et muette pour eux, cette page en trop pour elle dont le cabaret s\u2019ailourdit.Je le vois à ses épaules qui tombent, à la bouche essouflée.Si elle allait sur cette science l\u2019y- échapper?Mais il n\u2019en sera rien pendant des siècles, OÙ prise encore en cette scène, en ce tableau pensé pour eux.Elle attend.Patiente, lasse et retournée au-dedans d\u2019eile-même avec ce regard oblique qui indique bien pourquoi elle s\u2019y trouve.Elle attend ceux dont le regard et ies corps s\u2019animent, transportés par tout ce qu\u2019eux-mêmes y produisent, par tout ce qui d\u2019eux-mêmes se créent, n\u2019attendant même pas ce qu\u2019ils savent de.toutes façons venir d\u2019elle pour les recréer.Ne la recevant.ni du regard, ni de la parole et pas plus de l\u2019espace dont pourtant elle aurait besoin pour se retirer, puisqu\u2019à cette table de haut savoir que de sa hanche à peine elle\u2018 effieure sa présence n\u2019est ni requise ni soulignée.Se retirer au lieu d\u2019où le plateau indique comme sien, la cuisine.Elle y apportait d'habitude, vin et poisson ou d'autres mets encore qu\u2019on imagine.À peine retournée sur ses pas lorsqu'ils daigneront s\u2019y pencher, verra-t- eiie sur son passage, déjà à la fenêtre, un autre corps studieux penché sur le livre pendant que plus loin un vague orateur disserte sans doute sur quelque médecine qu\u2019elle ignore, attardée qu\u2019elle sera dans sa marche vers le refuge où ses soeurs triment, avec des j: enfants tout autour.Belle encore pourtant, elle est venue somptueuse pour eux qu\u2019elle doit servir.C\u2019est la seule en ce lieu qui briile, dont la chair se meut et s'adresse.EHe a dû se coiffer avant de franchir leur seuil.Ses cheveux sous les dentelles et la coiffe rieuse lustrent et décorent.Le corps et les cheveux de ses trois maîtres se dissimulent pourquoi?C\u2019est sans doute pour cette seule raison qu\u2019elle s\u2019y trouve encore attentive et soumise.Si elle se mettait à parler, qu\u2019adviendrait-il au juste du désir?Qu\u2019adviendrait-il au sujet?Décentré, le sujet phaiiique.Expuisé de son socle, car elle ne l\u2019est pas, sujet, tout juste est-elle objet du désir de l\u2019autre.Objet-Autre, non représentée ni visible.Ils ne peuvent la lire ni la déchiffrer sur tous leurs longs manuscrits.Elle est à côté.Elle est de côté.De ce lieu de corps et deg: ménagerie d\u2019où l\u2019on ne parle pas à moins qu\u2019elle ne se décide à ouvrir la bouche.«Mais si «l\u2019objet» se mettait ag parier?C\u2019est dire aussi à «voir», etc.Quelle désagrégation du «sujet» s\u2019annoncerait par 1a?Non pas seulement 34 LL de l\u2019ordre de la schize entre lui et son autre son alter ego diversement spécifié, ni entre lui et l\u2019Autre, toujours à queique titre son Autre même s'il ne s\u2019y retrouve pas, s\u2019il en est débordé jusqu\u2019à s\u2019en / s\u2019y barrer pour maintenir à tout le moins la puissance de promouvoir ses formes propres.Autres qui auront toujours déjà été des suppôts du même, des présuppositions du logos (du) même sans aitérations dommageables de sa discursivité.Donc pas réellement autres même si l\u2019un, le plus grand, en sa réserve, en contient peut-être la menace.D\u2019où son hors scène?Refouié lui aussi.» (Luce Irigaray, Speculum de l\u2019autre femme, les éd.de minuit, 1974, p.167).- Quels que soient les noms dont on affuble cet «objet»: Autre, signifié barré, différance, archi-trace, de Derrida à Lacan et à tous les dé-constructeurs du logocentrisme, ils disent tous les limites de la dé-cons- truction si elle continue de s\u2019opérer dans et par le phallocentrisme; ils disent d\u2019abord l\u2019incapacité de la nommer et le recours à la transcendance au sein de questionnements qui se proposaient justement de bannir tout transcendantal et tout idéalisme.Vouloir en finir avec toute philosophie de la re-présentation et s\u2019y accrocher pourtant à pleines mains tellement ce qui s\u2019y représente, même de l\u2019ordre du signifiant et dans la chaîne, s\u2019y voit \u2018comme Phallus, excluant de sa réflexion ce qui en garantirait la matérialité: le féminin.Le manque, l\u2019eilipse, l\u2019éclipse, c\u2019est elle.Aucune théorie du désir ne pourra s'esquisser sans qu\u2019elle ne le-combie, «sur ce non visibie, non théorisable donc, du sexe et de la jouissance de la femme» (ibid., p.172).(Vouloir sur toutes ces questions un discours limpide \u2014 remarque que parfois l\u2019on m'adresse \u2014 est un besoin que parmi d\u2019autres je ressens.Mais ces histoires qui nous sollicitent sont opaques, en grande partie pour s\u2019être représentées dans le discours scientifique, hors de nous, sans nous, aiors que pour nous la contradiction est double puisqu'il est impossibie de nous inscrire dans l\u2019histoire sans elles: «Mais comment aménager ces territoires obscurs, ces continents noirs, ces au-delà du miroir?Comment maîtriser ces diableries, fantômes mouvants de l'inconscient, quand une iongue histoire vous a appris à ne chercher et ne désirer que la clarté, le bien vu des idées (fixes)?Peut-être est-ce le temps de 35 remettre l\u2019accent sur la.technique?.De renoncer momentanément à ia souveraineté de la pensée pour forger des outils qui aménageront ces ressources encore inex- pioitées, ces mines inexplorées.Peut-être faut-il abandonner provisoirement la contemplation sereine de son empire pour domestiquer ces forces qui pourraient, dé(sen)chaînées, en faire éclater la conception même.Détour par la stratégie, la tactique et la pratique, du moins le temps de voir, de savoir, de s\u2019avoir, y compris dans son décentrement» (Ibid., p.169).Je reviens à elle\u2019 sur cette re-présentation soi- 7 disant -réaliste.Ce qui s\u2019y parle, pour moi, comme \u2018absence, c\u2019est tout cela qu\u2019elle cuisine au dehors et tout ce qui se parle en elle des autres qu\u2019elle nourrit.Suppose-t-on, par exemple, ce qu\u2019en ce tableau les indices suggèrent: que tous les livres épars sur les fauteuils et par terre, combien de fois va-t-elle se pencher pour devoir les ranger; va-t-elle, en passant, les caresser pour qu'aux écrits un peu de corps se colle?Ou bien furtivement quand elle sera seule les ouvrir, mouvoir enfin ses yeux latéralement, apprendre ce qu\u2019ils savent et ce dont ils discutent pour mieux surgir un jour quand elle éclatera?Elle sait très bien qu\u2019en ce lieu, maintenant, aucun regard d\u2019eux n\u2019est posé sur elle: on ne mélange pas la science et le plaisir.Mais puisqu'elle en souffre \u2014 on n\u2019a que lire aussi son visage \u2014 lorsqu'elle viendra d\u2019elle-même a la science, ce qu\u2019elle en mélangera de plaisirs, de jouissances! Elie pourra même y déposer le plateau sur les pages.Ce qu\u2019elle mange, ce qu\u2019elle boit, ce qu\u2019elle prépare en sa cuisine, ce qu\u2019elle jouit, ce qu\u2019elie cache pour l\u2019instant hors de ieurs textes, viendra s'ajouter aux lignes sur les feuilles.Ce mi-sourire qu\u2019êlle conserve en est la promesse.«Ainsi «l\u2019objet» n\u2019est-il pas aussi massif, et résistant, qu\u2019on se plaît à le croire.Et sa possession par un «sujet», est-ii encore vertige de sa faillite.Car là où il (se) projette un quelque chose à absorber, à prendre, à voir, à posséder.et encore un soi sur lequel se tenir debout, une place où se mirer, il a déjà affaire à une autre spécuiatisation.Dont le caractère retors est son inaptitude même à (ie) dire ce qu\u2019elie représente.Mettant la quête de «l\u2019objet» en - abime.Sans terme.Le plus amorphe quant a l\u2019idée, le plus apparemment «chose» si l'on veut, la matièfe la plus opaque, (s\u2019) Ouvre sur un miroir d\u2019autant plus pur qu\u2019il ne - se connaît pas, et qu\u2019on ne lui connaît pas, de reflets.Sinon ceux que l\u2019homme y aura réfléchis mais qui dans le mouvement de ce speculum concave, pirouettant sur lui-mé- me seront rapidement floués» (ibid., p.166).Ii fallait bien que ce soit une femme, ici Luce Irigaray dans Speculum, qui vienne enfin parler le manque sur lequel s\u2019érecte la théorie freudienne (et iacanienne) du sujet poyr proposer \u2014 en décousant un a un tous les textes \u2014 ce qu\u2019un Derrida n\u2019avait pu concevoir dans sa grammatologie: non seulement une déconstruction du logocentrisme comme symptôme discursif mais une remontée aux causes de la discursivité de re-présentation: «occulocentrisme séculaire.questionnant un fonctionnement de l'imaginaire dominé un \u2018peu abusivement par le-regard» (p.54), projections narcissiques de ce qui se voit, se représente, se donne comme signifiant transcendental: phallus.«Pictographie, chorégraphie, phonographie, pornographie oniriques suppléant à l\u2019actuelle paralysie de qui dort encore» (p.171): le sexe féminin.Ainsi, peut-on y découvrir clairement tout au long de son texte patient et savant \u2014 comme eux seuls jusqu'ici pouvaient en élaborer \u2014 comment, théoriquement et pratiquement, le désir comme manque-à-être renvoie à elle et toute théorie du supplément ou de la différance à cela qu\u2019ils ne pouvaient conceptualiser sans voir: l\u2019Autre sexe.Elie qui n\u2019a pas accédé, dans l\u2019histoire,à la conscience discursive, s\u2019éveille-t-elle, sort-elle de sa paralysie sécu- aire que ses paroles peuvent sembler inconscientes et noires.Elie nous faut apprendre les ténèbres.L'inconscient c\u2019est le discours de l\u2019Autre, pour reprendre ia formule lacanienne.L\u2019inconscient c\u2019est son.discours: .- «Mais l'homme ne se pose (à iui-méme) que les questions auxquelles il peut déjà répondre, suffisamment muni d'instruments pour s\u2019'assimiler même le revers de son histoire.Du moins cette fois va-t-il encore en faire le pari et à quelques nouvelles armes près va-t-il de l'insconcient faire une propriété de son langage» (ibid., p.170).37 { - Et si ça n\u2019était pas son revers de l\u2019histoire, mais enfin, l\u2019histoire à l\u2019endroit, sur.ses deux jambes.Sur sa bi-sexualité dans des rapports d\u2019égalité, de solidarité, de tendresse entre des sexes qui (se) comprennent dans la différence.Et non plus dans l\u2019antagonisme.Encore .faut-il laisser parler l\u2019Autre qui s\u2019éveille.A l\u2019avant de la scène, dans ses habits de gentilhomme, il tient dans sa main gauche, comme pour mieux saisir et comprendre, une canne à la tête d\u2019or.Sa tête à eile on dirait qu\u2019elle va rompre tellement l'attente est longue pour ce qu\u2019elle vient accomplir\u2026 (Ce texte parle une peinture anglaise du XVlile siècle représentant un riche médecin dans sa bibliothèque et reproduite, avec l\u2019histoire de ce dernier, sous le titre «MD personality», dans MD Magazine, AOÛT 1975.La iégende dit qu\u2019il possédait 10,000 livres, des titres et une indiscutable réputation.|| possédait sans doute une femme, mais on n\u2019en parle pas.) 7 Madeleine Gagnon la circulation des lettres Es mé La poésie en 1975 Du point de vue de la technique littéraire je retiens douze livres qui présentent des écritures différentes: Mourir épuise de Yves Boisvert (Ecrits des Forges) par la force du ton parlé, L\u2019En.dessous l\u2019admirable de Jacques Brauit (P.U.M.) par la délicatesse du murmure, Demain les dieux naîtront de Paul Chamberland (L\u2019Hexagone) par le montage de citations et l\u2019utilisation des procédés de l'affiche publicitaire, Pirouette par hasard poésie de François Charron (L\u2019Aurore) par le rythme emporté, Autour de Françoise Sagan indélébile de Roger Des Roches (L\u2019Aurore) par l\u2019utilisation des citations et la pratique de l\u2019ellipse, La Plus belle île de Michel Garneau (Parti Pris) par le lyrisme, Hom storm grom d\u2019André Gervais (L\u2019Aurore) par la force des jeux de mots; Nattes de Philippe Haeck (Les Herbes Rouges) par la brièveté de ia phrase et le jeu de la ponctuation, Tout va bien de Philippe Haeck (L\u2019Aurore) par l'usage du récit, Tableaux de l\u2019amoureuse de Paul-Marie Lapointe (L\u2019Hexagone) par ies associations inattendues, Rejet de Carole Massé (éd.du Jour) par la mise en page, Dans le blanc des yeux de Louis Toupin (L\u2019Hexagone) par la vitesse du rythme (1).Cela dit, reste à voir comment ces livres interviennent dans la lutte idéologique: sont-ils du côté de la 1- Les éléments relevés ne prétendent pas rendre compte totalement de l'écriture de ces recueils mais souligner à celles et ceux qui pratiquent l\u2019écriture l\u2019usage de techniques dont ils peuvent mesurer les effets plus facilement.39 révoiution, du matérialisme ou du côté de la réaction, de Pidéaiisme?Du câté de I'déalisme «Le matin idéologique ou féminin: ces catégories ne vaiuent pius que pour les idéologues et nous n\u2019étudions pius les idées puisqu'il ne reste d\u2019elies que l\u2019intérêt administratif de l\u2019esprit productif de notions.La | cohérance du cervelet est une taxe sur la vie du cerveau.La linéarité est une abstraction suiveuse.QUE LE CRISSE EMPORTE LA LIGNE.» (Mourir épuise, p.52).Par une telle affirmation on voit bien que le «bardassa- ge» de l\u2019auteur, sa «dérive» face à la mer ne sont que coière qui mène au silence et à la détresse.Il faudrait + demander à l\u2019auteur qui craint les idées ce qu\u2019il entend par «ia linéarité», «les idéologues», etc.Voilà encore un poète qui croit être au-dessus des\u2019 idéologies comme si sa colère ne prenait pas parti pour une espèce d\u2019innocen- \u2018 ce de l'individu face à la société corrompue.Une telle attitude, se réfugier dans une solitude coléreuse et la proclamer belle, n\u2019aide en rien à changer la société: la classe dominante peut se reproduire tranquillement et cela même au niveau idéologique où l'écrivain, s\u2019il avait conscience des luttes qui s\u2019y déroulent, pourrait inter- MOURIR EPUISE | \u2018yves boisvert a .nde à les des {ho tem in ol ser, dans nu ¢ Pas: mér tran amo Quel mou actif de tédé Class ana les Tout & | Myst Wi Das à \u201cag le lis RE à .venir.Mourir épuise est un livre idéaliste dont il faut dénoncer l\u2019angélisme; l\u2019angélisme est une école de poètes qui luttent contre les idéologues: c\u2019est le combat des anges solitaires contre les groupes de femmes et d'hommes qui agissent.Les poètes sont la plupart du temps de belles âmes qui appuient l\u2019ordre établi en toute innocence \u2014 il devient de plus en plus difficile dans la montée actuelle des luttes de croire à cette innocence: c'est plutôt une bêtise opportuniste\u2014.\u2014 «Et l'espérance, collective et personnelle, gueulée à tous les vents ou tenue à la chaleur du secret, sociale et politique ou intime et amoureuse, l\u2019espérance de lendemains meilleurs s'est démasquée : leurre, illusion, fumisterie.Le temps, celui de l\u2019histoire aussi bien que des projets, ne nous compose que pour nous décomposer.C'est alors que dans cette espéce de no man\u2019s land, dans cette perfection d\u2019inexistence, j'ai entendu le chant nu de l\u2019indicible: un presque rien qui,justement, n'est pas rien.» (L\u2019en dessous l\u2019admirable, p.27).L'auteur a le mérite d\u2019être clair: il refuse l\u2019histoire et les projets de transformation sociale (je ne suis pas marxiste) et amoureuse (je ne suis pas fouriériste).Voici donc quelqu'un qui affirme être à contre-courant de deux mouvements de pensée qui deviennent de plus en plus actifs aujourd\u2019hui: l\u2019idéologie communiste \u2014 nécessité de la formation théorique, étude de la théorie marxis- te-iéniniste, pour prendre conscience de la lutte des ciasses et y tenir une position juste \u2014 et l\u2019idéologie anarchiste \u2014 nécessité de donner satisfaction a toutes les envies du moi qui devient le pivot de toute action \u2014.| Tout ça au profit d\u2019un presque rien qui est «le chant nu de l\u2019indicible»; l\u2019indicible appartient à l'idéologie mystique: l\u2019innommabie, l\u2019invisible, Dieu en somme.Ce qu\u2019il y a de commode avec l\u2019indicible c\u2019est qu\u2019il n\u2019oblige pas à un effort de pensée, il oblige plutôt à une vacance de la pensée; il s\u2019agit de faire le vide pour goûter «l\u2019admirable, la saveur de chaque instant (petite éternité), contre l\u2019en dessous, l\u2019horreur du temps qui nous tue» (ibid., p.30).En cela l\u2019auteur rejoint beaucoup d\u2019autres Québécois: Ne savez-vous pas que Jean-Noël Tremblay, cet ancien ministre de la Culture, a délaissé gioire et fortune afin de devenir ministre du culte?-N\u2019avez-vous pas vu avec quel respect notre bien-aimé premier ministre Trudeau a regu le Maharishi Mahesh Yogi, prophéte de la Méditation Transcen- 41 dantaie?N\u2019avez-vous pas compris le message de Jérôme Choquette quand il a déciaré qu\u2019il participait au Renouveau Charismatique Chrétien?(La Tête à Papino, no 3, p.16 ~ Tant qu\u2019à entendre des chants ne serait-il pas préférable d\u2019entendre des voix qui nous incitent à la lutte - (je préfèré Jeanne d\u2019Arc aux poètes-mystiques)?Mais il faut croire que les voix, les chants que nous entendons dépendent de notre formation qui nous incite à sortir de l\u2019histoire \u2014 l\u2019éternité \u2014 ou à rentrer dans l\u2019histoire \u2014 la lutte.«Chose certaine, rien à faire sans le rejet incondi- tionnei du pouvoir.Je ne veux plus rien savoir de la théotogie révolutionnaire héritée de la première moitié du XXe siècle: tout le pouvoir au peuple, c.à.d.à nous.Je déveioppe au maximum ma puissance, fondée sur ie sentiment de la légitimité individuelle et sur ie consentement loyal à la régulation associative.» (Demain les dieux naîtront, p.103).Comment ne rien vouloir savoir des révolutions russe et chinoise de la première moitié du XXe siècle?Comment ne pas vouloir reconnaître ces immenses actions populaires en vue de la libération du pius grand nombre du joug d\u2019une minorité exploiteuse?Comment pour déprécier ces actions parler de «théologie» révolutionnaire au lieu de lutte révolutionnaire, laisser entendre que ceux qui travaillent pour la dictature du prolétariat ne pensent qu\u2019à leur pouvoirs\u2019il ne s\u2019agissait que d\u2019un pouvoir personnel à acquérir ne serait-il pas beaucoup plus facile de le prendre dans un régime capitaliste où la population est amorphe: voir ia tête de la plupart de nos députés \u2014?Une telle proposition vient d\u2019un intellectualisme non pas tant sans contact avec les masses exploitées qu\u2019avec les structures de pouvoir de l\u2019état capitaliste aux niveaux politique, économique et culturel.S\u2019il y a une chose - certaine c'est bien qu\u2019il faut s'emparer du pouvoir politique et pour cela former un parti ouvrier fort, composé de militants formés théoriquement et prêts à la iutte.li est un peu simpliste de croire que la classe bourgeoise va abandonner d\u2019ellé-même un pouvoir qui iui fournit de multiples privilèges.Nous n\u2019avons pas besoin d\u2019intellectuels qui ne veulent pas faire servir leur puissance maximum à la dictature du prolétariat; il serait temps que les intellectuels qui croient ne servir que leur moi s\u2019aperçoivent qu\u2019ils sont des appuis à la ciasse bourgeoise.Où est la théologie: du côté de 42 - CT a wi le | lila eau ping, I pas à lutte Vais dons tir de el conde de la moitlé NOUS.SU onsen- in les \u201csavoir moitié tre ces ion du fase! er de Jution- pour là Wir = well e 0S 1e: voi 8 telle ni sais ac 165 niveaux chose gout of for, sid rlgsse yoir QU ns 08 pif fat | ¢ serif is?a côté de Lénine et de Mao ou de l\u2019auteur de Demain les dieux naitront?Mais où êtes-vous donc?{ «On accepte volontiers que la science-fiction soit sociologique, c\u2019est-à-dire utopique, étude des problèmes de l'Utopie, transposition \u2018de problèmes actuels dans un décor autre, futur, ce qui élimine quelques risques, j'imagine, vis-à-vis le lecteur critique (risques économiques et politiques).» (Autour de Françoise Sagan indélébile, p.77).Utopie veut dire «en aucun lieu» d\u2019après l\u2019étymologie; mais ce «en aucun lieu» peut être de deux natures: ou c\u2019est un lieu qui ne sera jamais que pur dépaysement, qui sera toujours en aucun lieu (ex.: La Faune de l\u2019espace de Van Vogt), ou c\u2019est un lieu à inventer (ex.: Le Nouveau monde amoureux de Charles Fourier).La troisième utopie celle qui est une «transposition de problèmes actuels dans un décor autre» ne relève pas de l\u2019utopie; c\u2019est un travesti d\u2019une des deux premières formes: ou te simulacre de l\u2019utopie- \u2018à-dépayser, l'équivalent d\u2019un somnifère, ou le simulacre de l\u2019'utopie-à-faire, l\u2019équivalent d\u2019une critique des mythoiogies présentes.Quelle utopie domine dans Autour de Françoise Sagan indélébile?Je dirais que c'est une utopie-travesti de la première forme; c\u2019est dire que ce livre transposerait les problèmes actuels dans un texte apte à dépayser les lectrices et les lecteurs; apte à \u2018MICHEL GARNEAU | LAPLUSBELLEÏLE 43 dépayser car la lectrice, ou le lecteur, ne sait pas sur } quei pied danser: le texte est trop glissant, il se dérobe sans cesse aux regards critiques.Disant cela je viens de dérober le texte, de lui eniever son luisant ou sa robe: et ie texte nu, Ma parole, a un sexe idéaliste.Il suffit pour s\u2019en apercevoir d\u2019arrêter son dérapage dans la volonté de ne rien dire qui indique un sens (une signification et une orientation) trop net; et quand il y a une lutte à mener nous ne pouvons nous fier sur celles et ceux qui ne se prononcent pas: les intellectuels sont trop souvent opportunistes: il faudrait commencer à leur rendre l\u2019opportunisme difficile.\u2018 toute notre mémoire est à construire je me suis vidé de toute nostalgie pour dire la dure détermination : d\u2019ailer jusqu\u2019au bout de la liberté commencée de faire claquer le fouet du mot Québeë\u201d\u201d ; - (La plus belle île, p.25).o ma plus fascinante que la mort sans toi je serais mort et mille fois et une fois encore et je sais comment et pour de bon et dans le désarroi et dans la nuit de la désunion (ibid., p.57).Ici les questions principales sont la question nationale et la question amoureuse, toutes deux sous le signe d\u2019une recherche du bonheur, d\u2019un bon appétit pour le bonheur.D\u2019un côté cela est positif: l\u2019enseignement religieux ici ayant trop longtemps appris à supporter le malheur quand ce n\u2019était pas à le considérer comme une \u201c grace; il est bon que nous disions notre droit au bonheur.Mais que ce bonheur passe exclusivement par l\u2019identité nationale et par l\u2019union à une femme aimée ne ; : satisfait guère: on aimerait que soit liée à cette lutte | pour I'identité nationale la lutte pour la\u2019 dictature du prolétariat, que soit lié à cet amour d\u2019une femme l\u2019amour de femmes et d\u2019hommes qui luttent pour les mêmes objectifs.I! faut veiller à ce que l\u2019amour d\u2019une femme déborde sur d\u2019autres sinon cet amour ne transforme que soi, devient une retraite voluptueuse certes mais en même temps égoïste.Si nous pouvons considérer comme positif le ton de bonheur de ce livre il n\u2019en va pas de même avec les sources de ce bonheur qui sont Ty 44 vai 3 al be # ii si Visi 0 an @ in gt ên lat Com Gens ole parm ig Rs, \u201cCom de Das sur 3 robe | Viens de À robe: et fit pour lonté de 1 et une à ener Wine à souvent + I rendre vaiables seulement si elles ne sont pas exclusives: autrement elles deviennent négatives.belie bouche sexe feuillu l\u2019été bouge.dans mes bras (Tableaux de Famoureuse, p.48) au-dessus des villes des champignons de tristesse de 'ouate un peu grise un peu rose de peussière et de sang tels se manifestent les hommes (Ibid., p.69).x Livre décevant: l\u2019auteur s'éloigne du monde pour se réfugier dans le corps de celle qu\u2019il aïme ou dans une vision détachée: voir la tristesse des hommes d\u2019un avion ou de la salle d\u2019art égyptien d\u2019un musée.Que ce bel amour paraît une coquille confortable dans ce monde dont l\u2019auteur se tient loin, où à toutes fins pratiques il est déjà mort: e,0.2 is encore en ces temps terribles la terre me pèse comme un mort enseveli nu dans le cheminement de la pourriture et le progrès des techniques parmi la hargne des taupes et les fourmis ~ nme Ure i is là im} je suis là 1 pine - comme un mort se remplit par les pores i de ia poussiére méme de I'espéce (ibid., p.84).falue , , en a ; ele L\u2019auteur s\u2019ensevelit lui-méme; il a refoulé le ton .fe it guerrier de son adolescence \u2014 lire-les textes du Vierge pe incendié \u2014 pour ne garder que le ton éluardien des poèmes d\u2019amour de «Solstice d\u2019été» dans Choix de poèmes.Ces Tableaux sont donc un tombeau; et.dans son tombeau l\u2019auteur a raison de craindre l\u2019action des taupes \u2014 voir sur ces petits mammifères insectivores à 45 beau poil sombre la première page d\u2019Aurore de Nietzsche \u2014 et des fourmis \u2014 les petits hommes et les petites femmes commencent à travailler à la révolution de plus en plus \u2014.Qui est loin des luttes et qui n\u2019 Vy voit: que hargnes est du côté de l\u2019idéalisme.Les fils du texte sont tirés hom storm grom pique épique écho texte sandwich de (dé)coupures d\u2019immense démence truelle PLURIELLE qu\u2019ils veulent récu(pé)rer entre les jambes de l\u2019écartillerie paranoïcratique RATURE qui marchent sur nous (Hom storm grom, p.23).L\u2019auteur nous ayant assuré que «le sexe est le lieu - principal» et que «le politique est le lieu fondamental» (p.16) s'emploie à nous montrer son savoir-faire linguistique: voir tous les procédés qu\u2019il utilise pour faire jouer les mots, pour les faire parler.Si on ne peut qu\u2019admirer la technique de l\u2019auteur, il faut aussi remarquer que sa «truelle PLURIELLE» (entendez sa plume productrice d\u2019une écriture à plusieurs sens) au lieu de lier ensemble des pierres pour en faire un mur se plaît plutôt à enlever le mortier des murs pour montrer les pierres branlantes (entendez les mots qui peuvent prendre différents sens selon le découpage pratiqué par les artifices des jeux de mots).Si ce livre est progressiste en ce qu\u2019il montre des artifices de la technique littéraire et en ce qu'il fouille la sexualité (il s\u2019agit plus d\u2019un \u2018récurage que d\u2019un récupérage) il laisse dans le vague ses propositions politiques qui semblent plus nationalistes que commu- - nistes.«L'intelligence qui circule aujourd\u2019hui- est plate: Quelques-uns, en toute retraite, fabriquent des fêtes encore non duïes.Grandes églises vides, les bâtons de réglisse s\u2019enroulent autour du vide.Et les riches écoles abandonnées.Le peuple est ailleurs, ou dans la forét en train d\u2019écrire les dits de la révolution.elle, s\u2019avance a la pointe, elle.Mourrons-nous assassiné Moise, sur tel mont, dans les splendeurs des feuilles de l\u2019octobre.À \u2018 distance, la folie.Je vous salue maries pleines de grâces, vulves où nous retrouvons les origines en attendant que le peuple se déchaîne.» (Nattes, «pour la 46 pot sans d circule qui re pont J fama au per À aie É ment Ips prog refs avancer ment \u20ac menson ania Que bea pour dé/ \u201cJe pensé Ÿ Monde les lecte glisser du Vide 1 Bossa À Fintrog, ture di; Mais | confus Une ger. 8 dei ét les ution \u2018 y voit iuellé 2.lp lieu entah nguis- jouer dmiref que 58 uctrice semble onlever antes 5 sens jur de tre des ville là p du sitions mm | plate g foes tons de écoles forêt ef ed suf tl ge.ings te es # qu h ; révolution»).L'intelligence qui circule aujourd\u2019hui est sans doute en général plate mais l\u2019intelligence qui circule dans ce livre si elle est parfois dense \u2014 densité qui provient d\u2019une syntaxe calculée: voir le jeu de la ponctuation, de phrases brèves qui sont parfois près de ia maxime, d\u2019une juxtaposition d\u2019idées ou d\u2019images qui au premier abord ne: semblent guère avoir de rapport entre elles \u2014 est d\u2019autres fois confuse ou tout simplement dans l\u2019erreur.Comment comprendre, par exemple, les propos suivants: «Notre piqûre se reconnaît dans le refus de la description.(.) n\u2019écrivent que ceux qui avancent les yeux bandés.Nous avons choisi l\u2019aveuglement et il y a\u2019 quelque temps que l\u2019acçusation de mensonge ne nous atteint plus: nous sommes en avant.» (ibid., «femmes»)?|! faut au contraire soutenir que beaucoup de descriptions sont encore nécessaires pour déjouer l\u2019aveuglement prôné par quelques écrivains: je pense aux syllabes de Gauvreau qui en refusant le monde de la représentation refuse d\u2019aider les lectrices, les iecteurs à saisir plus fortement le monde à faire, aux glissements formalistes qui se plaisent à tourner autour du vide par leur refus du sens \u2014 l\u2019oeuvre de Nicole Brossard par exempie \u2014.Ce livre est positif par l\u2019introduction de thèmes révolutionnaires et d\u2019une écriture didactique qui ne néglige pas le travail stylistique; mais il est négatif parce qu\u2019il n\u2019est pas exempt de confusions ou d\u2019erreurs dûes au goût de l\u2019auteur pour une écriture qui se suffirait, ce qu\u2019il appelle par une } analogie discutable «la dictature du texte».Cette dernière dictature relève de l\u2019idéologie d\u2019une avant-garde qui se contente de révolutions formelles: elle est donc à dénoncer.: «par suicidaire, mort du «soi» monologuiste, monolithique, monopolisateur, dans l\u2019angoisse, l\u2019incer- * ment Fen à tons \u20ac titude, l\u2019insécurité des structures monosémantiques # éclatées, «soi» traversé des discours parallèles religieux, social, politique, épelant c\u2019est-à-dire décomposant, nommant successivement les lettres de son inscription, de son point de fuite où s\u2019engouffrent histoire et sujet, de son langage explosé en un non-sens (apparent) schizophrénique» (Rejet, p.4).Ce livre défait les phrases et les mots: il étale en colonnes les mots des phrases,les lettres des mots; ou il les dispose selon des motifs habituellement géométriques.Cela oblige à lire différemment cette langue que nous croyons connaître.Cette violence de la mise en page rejoint la violence du sujet: la femme qui pour s'exprimer est forcée au délire, à briser avec le langage conventionnel qu\u2019elle croit masculin.Livre ouvertement féministe qui aurait peut-être été encore plus efficace, plus fort s\u2019il y avait moins eu de ruptures formelles avec le discours de la représentation \u2014 les -mots servent à représenter le - monde, à le rendre présent à l\u2019esprit alors même qu'il-est absent à la perception des sens; il va de soi que cette - représentation linguistique présente le monde selon des codes linguistiques et rhétoriques qui s\u2019ils sont trop bouieversés rendent la lecture difficile sinon impossible.Ces trois livres sont matérialistes moins par leur : contenu idéologique que par leurs travaux sur la langue qui sont poussés à une limite telle qu\u2019ils sont facilement identifiablés; celles et ceux qui pratiquent l\u2019écriture ont avantage à les utiliser comme des manuels commo-' des d'exercices stylistiques.I faut cependant prendre garde de les répéter sous peine de tomber dans un formalisme inutile; it faut plutôt, une fois qu\u2019on ; maîtrise leurs procédés d\u2019écriture, les utiliser d\u2019une façon moins voyante, faire des textes qui sont plus près du discours habituel, qui ne se complaisent pas à afficher leurs ruptures.Quoiqu'\u2019ilr soit peut-être bon d\u2019avertir ie lecteur de temps en temps que ce qu'il lit ne tombe pas du ciel mais vient de pratiques d'écriture précises! Le travail stylistique ne doit pas être caché au lecteur mais il ne doit pas non plus constituer le thème dominant d\u2019une oeuvre; dans nos textes il n'est pas juste dans la conjoncture actuelle de parler principale- fins ite Soyez À cont 4 id À ds pe ola \u201ctenez \u20ac ome \"Camara Quel one ment de leur fabrication: il faut parler d\u2019abord des luttes que mènent les classes opprimées, faire des descriptions critiques du monde bourgeois.ite 4 0d; \u2014 \u201c Du côté du matérialisme finis les châteaux dans les nuages moi c'est à bas l\u2019idéalisme à bas le confusionnisme .vive la différence soyez de l\u2019avant - combattez {.) | | j'ai dit vos pleurs ne sont pas des pleurs mais une trahison de la pogne sublimée tenez cul torché je me suicide je me fais cadenacé for ever camarade tout reflet est procès de quelque chose alors va enquêter ensuite tu pourras parler .- (Pirouette par hasard poésie, p.91-92) Ce qui est nettement rejeté dans ce texte c\u2019est toute la conception idéaliste de la littérature qui accorde beaucoup d'importance à la personne de l\u2019auteur \u2014 «votre petit nombril», p.68 \u2014, à son isolement du monde; on place l\u2019écriture au-dessus des femmes et des - hommes, au-dessus des luttes idéologiques, et cette place supérieure qu\u2019on lui accorde a pour résultat de rendre son travail d\u2019écrivain inutile au plus grand nombre.Dans Pirouette par hasard poésie tout auteur est invité à se mêler au peuple \u2014 «bonhomme ce sont les masses qui font l\u2019histoire et non pas ton nombril», p.49; «camarade va parmi les masses», p.89 \u2014, à penser sa pratique artistique comme une intervention idéologique car «tout art est une propagande» (p.108).Rappeler que tout art est propagande force à voir le champ culturel comme un champ de bataille idéologique; alors ÿ nos oeuvres doivent être des armes, des machines de 49 guerre contre l\u2019ennemi.A titre d\u2019exemple de la niaiserie ideaiiste voici un texte de Gilles Marcotte ou il croit honorer Roland Giguere: Je me répète: quelque bonne (ou .mauvaise) volonté qu\u2019on y mette, on ne i réussira jamais à faire de toi un guide, un maître, et c\u2019est bien-de cela que je te suis reconnaissant.I! n\u2019en manque pas, aujour- d\u2019hui, des poètes qui veulent nous mani- puier, nous diriger, nous dire quoi faire et quoi penser.J\u2019en rencontrais un l\u2019autre jour, un jeune, instruit, intelligent, et quiécrit de fort bons poèmes quand il ne se gendarme.i \u201c pas contre sa propre liberté; il m\u2019a parlé de: 4 sa poésie comme d\u2019une machine de guerre.i (.) On ies connait, les gens qui se révol- 2 tent; qui protestent, qui gémissent; ce ne sont pas ceux qui font la révoite: Ta poésie n\u2019a jamais été geignarde.La révolte, tu l\u2019as i faite \u2014 dans le seul lieu qui appartienne au poète, celui du poème.(«Salut à Giguère», dans La Barre du jour, no 11-12-13, p.140-141).À Tout ce texte mériterait d\u2019être déconstruit pour 4 montrer comment fonctionne la puante bonne conscien- À ce petite-bourgeoise \u2014 pour elie les révolutionnaires : «manipulent»; il n'y a que ceux qui disent comme elle 4 qui ne manipulent pas car ils ne veulent rien changer\u2014; i] : notons seulement que Marcotte pratique le méme type E.: de iogique que ce chef de parti créditiste qui recomman- i dait aux enseignants d\u2019enseigner, aux étudiants d\u2019étudier: Marcotte lui demande aux poètes de rester 3 dans «le seul lieu qui appartienne au poète.celui du i poème».C\u2019est sans doute:ce qu\u2019il entend par «sa propre liberté»! Dans le même texte Marcotte remercie Giguère de raconter des «histoires» «invraisemblables, des pas possibles» et il termine son éloge par cette affirmation: «ies poètes, les vrais, sont toujours ailleurs.» On aura compris que le rêve de Marcotte est d\u2019être l\u2019ange gardien des poètes: que ceux-ci restent ailleurs, dans l\u2019invraisemblable, qu'ils n'\u2019aillent surtout pas faire de leurs He.poèmes des machines de guerre qui participent aux iuttes idéoiogiques., - - Brusquément, au détour, l\u2019ouvrier m\u2019accroche, est-ce que j'oublie, mon texte s\u2019empourpre dans la soie et le coton, sa fémini parce concrèt nombre ment ¢ descrip tele dr des des Sy ox Téaités - dérive à Fai bien sr naissany à faire: ir Cl Ie désir NOUS ron d Senge Care Bora Ie dg & Sr Fu Les yy vi FR Ru Le Mit ts § ler du LE bie a N: I | ak TPE au fief 3 xe le à veste bleue indique qu'il est.temps de laver à l\u2019eau claire nos vieilles représentations.Pa * ~ Je vous dis de ne pas vous faire voler vos langues, de ne pas parler à tort et à travers, «Faites des enquêtes! Et ne dites pas de sottises!» (Tout va bien, p.92).- Ce livre qui tourne autour des problèmes de la féminité et d\u2019une écriture révolutionnaire est intéressant parce qu'il tente de trouver une écriture à la fois concrète et complexe: concrète en faisant intervenir de nombreux éléments de la vie quotidienne \u2014 l\u2019enseignement par exemple \u2014 et complexe en mêlant la description claire et le rapprochement inattendu.Une teile écriture s\u2019oppose par ses affirmations aux dérobades des écritures formalistes dites d\u2019avant-garde; elle s'y oppose encore parce qu\u2019elle fait intervenir plusieurs réalités alors que l\u2019écriture formaliste s\u2019adonne à la dérive à partir d\u2019une seule réalité qui est habituellement l'activité sexuelle.Pirouette par hasard poésie et Tout va bien sont ies deux livres les plus susceptibles de donner naissance à une poésie qui ne masque pas la révolution à faire: ce sont des utopies-à-faire.la république du froid nous gèlera sur nos bols de toilettes le désir malade.le singe dans le cou.nous rongera les veines, seringue a rythmes.be-bop-cha-cha-cha-samba caramba-alleluia-oubla Le pouvoir organise déjà les futures répressions sur la classe ouvrière, en finançant \u2018es études sur le déterminisme, les drogues, sur l'urbanisme, sur la vie quotidienne.Les luttes de classe déjoueront L'ordinateur obèse du fonctionnarisme supposément neutre conformisme vs histoire.(Dans le blanc des yeux, p.36) Livre intéressant qui dénonce fés mythologies modernes \u2014 le drapeau théorique», la «pipe patrioti- = 51 by El que», ies «lujtes ésotériques», les «transes folklori- 3 ques», ia «seringue exotique», les «petits destins Æ mieiieux», le «freak dépolitisé», p.33-34 \u2014 tout en donnant à lire quelques poèmes d\u2019amour amusants.Amusant c'est la force et la faiblesse de ce livre; la force parce que l\u2019auteur réussit à faire entrer sous le mode du divertissement des éléments politiques, la faiblesse parce que ces éléments sont emportés par le rythme divertissant qui peut facilement donner à penser que la iutte des ciasses n\u2019est qu\u2019une bébelle de plus dans notre monde moderne.N.B.Je n\u2019ai pas tenu compte dans cette revue de l\u2019année Ë poétique des recueils parus aux Herbes Rouges depuis ie no 26 parce qu\u2019ils viennent à peine d\u2019être distribués; c'est ce qui explique l\u2019absence des recueils suivants: Poélitique de Madeleine Gagnon (no 26), Les Sables du rêve de Thérèse Renaud (no 29), Le Corps certain de Roger Des Roches (no 30), Lisse de Marcel Labine (no §- 31).- Depuis Fons tous les réactionnaires sont des Tansy tigres en papier mon minou oo pe y faut leur tirer dedans bn leur faire avaler chaud notre façon Remy d\u2019être artiste avec un grand «a» paie so PIROUETTE PAR HASARD POESIE pi CE .Juss ¢ Il faut que mon écriture soit la plus complexe, la hen plus claire,la plus forte, la plus réelle, \u2014 Brant n capable de tout dire, pour que celles et ceux qui en oc ont besoin sachent la reconnaitre et s\u2019en servir pour travailler.: TOUT VA BIEN ps Philippe Haeck hi \"its § Rang Fin i ling ns.+ hy 0de se] me Bla ole) née puis is: nis: s du à de is eee AU BSE ; i 3 jen.4 [a BIE jah \u2018télévision/idéologie Le mythe du Dr.Welby >= \u2014~\u2014 1 Depuis plus d\u2019un an déja le bon Dr.Welby envahit nos écrans vendredi en début de soirée.Sourire plein de mansuétude ou sourcils froncés, il guérit devant nos yeux ses patients atteints de maladies le plus souvent très impressionnantes.Ce n\u2019est pourtant pas sa fonction la plus importante.La pathologie du Dr.Welby déborde la physiologie.Car le malade refuse généralement de se \u2018faire soigner et le médecin doit remonter aux causes économiques, sociales, mais le plus souvent-psycholo- giques et morales, de cette résistance.Ainsi est-il amené au fil des émissions à régler tour à tour les grands maux qui menacent l\u2019équilibre d\u2019une société qui s\u2019accroche mal à sa bonne conscience (Vietnam, travailleurs agricoles, noirs, hippies-yippies, Watergate, etc.).Des chroniques antérieures démontrent comment des émissions d\u2019apparence-inoffensive et sans conséquence comme Rue des Pignons (Chroniques, Vol.1, no.5), Quelle Famille (Vol.1, no.1) et Kojak (Vol.1, no.12) constituent dans leur ensemble une arme idéologique puissante dont se sert la classe capitaliste occidentale pour consolider les piliers de son ordre: la famille, la police, la libre entreprise, etc.La série, Marcus Welby, M.D., provoque\u2019 peut-être la colère de certains médecins et fait sourire les téléspectateurs les moins crédules.ll serait difficile pourtant de mettre en doute son efficacité idéologique.Je me limiterai dans cette chronique aux thèmes qui subissent dans la 53 douzaine d\u2019émissions auxquelles je peux me référer une $s f° E mystification particulièrement flagrante.Quant aux gum ki ficelles techniques, elles sont d\u2019une banalité navrante et Jugs À ne diffèrent guère de celles des émissions qui ont fait js! l\u2019objet de chroniques antérieures.Fuite ! fe nur 3 impale 3 - persont i \u2019 | .1 La puissance d'une science neutre ac 3 téléspectateur une impression séduisante et rassurante if de la pratique médicale.On étale d\u2019abord la puissance i de la technique a support scientifique.\u201cLe corps | humain\u2014dit le Dr.Kiley\u2014 est le plus perfectionné des §:~ i moteurs.\u201d Il suffit de comprendre ses rouages, de p~ disposer d\u2019instruments de mesure et d'outils perfec- }« =.il tionnés pour les réparer.I! y a dans ces émissions une Bar: préférence nette pour les maladies rares et graves qui se ji: ; déclarent par force majeure et qui mobilisent la J 7 quincaillerie et le savoir les plus impressionnants des jtec 5 guérisseurs.Jamais ou très rarement de maladies à} : : incidence socio-économique comme des accidents de fio | : travail, des maladies industrielles, des cas de [jp 8 malnutrition.De temps en temps, mais c\u2019est exception- jf nt; æ - nel, un vrai cas psychosomatique.L\u2019impression jfoi-.dominante que l\u2019on retient de la médecine est celle d\u2019une |paii pratique scientifique et technique close, fermée sur fiv elle-même, car la maladie n\u2019a ni origine, ni conséquence |fons (la guérison est généralement assurée), ni autre [fut signification qu\u2019elle-méme.La série masque soigrieu- |k-vn: sement les enjeux politiques de la science comme le ff font d\u2019ailleurs la plupart des scientifiques eux-mêmes [font quand il proclament la neutralité et l\u2019objectivité de leurs [fu Ie __ recherches en faisant ainsi, à leur insu peut-être, le jeu ju: À de la classe dominante.Les auteurs de la série veulent produire sur le J La pratique médicale: 1 supercherie idealiste Ce qui caractérise avant tout la représentation de laÿ © pratique médicale que propage cette série c\u2019est, au delà geo Pa \u2018Une feel fai des prouesses scientifiques et techniques, l\u2019aspect -humanitaire et démocratique.Pas d'attente aux urgences, pas de liste d'attente chez les spécialistes.Les patients ne se traînent pas d\u2019un service à l\u2019autre en quête de tests et de radiographies.Pas de dossiers, pas de numéros, pas de visages anonymes, pressés, impatients, pas de personnel surmené.Le Dr.Welby en personne accompagne ses patients à l'hôpital.Il assiste, en compagnie du Dr.Kiley, aux examens des ¢ 55 spécialistes, aux interventions chirurgicales.II est à la saile de réveil, il rassure les conjoints chez eux, il est sur place quand les patients obtiennent leur congé et il poursuit très loin des malades rétifs aux soins.Sa disponibilité tient du prodige.Or, aux Etats-Unis, les malades paient encore de leur poche les soins médicaux 4 à moins qu\u2019ils ne soient reconnus officiellement comme indigents.Les émissions ne parlent que très rarement de ces contingences bassement matérielles.Au contraire, tous les patients (jamais des clients), quels que soient leurs moyens financiers, sont égaux devant une ; médecine expéditive, ultra-compétente et, par dessus le | marché, humaniste et humanitaire.La série rend ce service de grand luxe accessible à toutes les classes sociales en occuitant tout simplement les honoraires, les frais d\u2019hospitalisation et en conférant au personnage du Dr.Welby une disponibilité qui tient du don de l\u2019omniprésence.Bref, en dernier ressort, la vision -mecaniste de la science et de la technique n\u2019est qu\u2019une articulation d\u2019une représentation grossièrement idéaliste de l\u2019ensemble des pratiques médicales amputées des contraintes matérielles conjugées de l\u2019espace, du temps et des facteurs socio-économiques.\u2014- .Famille, promotion individuelle A part la médecine, qui est à l\u2019avant plan, la série | Marcus Welby M.D.propose à une multitude de problème des solutions qui valorisent invariablement les institutions et les représentations propices au maintien de l\u2019ordre capitaliste.Au risque de formuler dès jugements d'apparence catégorique, je ne ferai qu\u2019une ; synthèse rapide de ces rengaines idéologiques.La | majorité des patients du Dr.Welby appartiennent, comme celui-ci, à la petite bourgeoisie traditionnelle: marchands, petits entrepreneurs, professionnels à leur | compte.Il y a quelques salariés, rarement des ouvriers : et de temps en temps des membres du sous-prolétariat.Alors que ces derniers connaissent des difficultés d'argent, les petits bourgeois se débattent dans des problèmes conjugaux et familiaux coupés le plus j souvent, comme la pratique de la médecine, des | contraintes matérielles.Les conflits entre époux ne se soldent jamais par un divorce car la série semble se § 56 las ef 4 dune | > débrou ; ot bien 8 sont he p polo B di mo : Com donner ele.la ! 5008 : Welby, qui do semblé di le émissic quemer Moral \u20ac deux © conf\u201d menage myc S'assur mig, - Ordina Sur mes Service lâche: colèqu lémisg Ta lou Cagis D'après Prom; dite de Vans, | LE Clty / Les.donner comme mission de sauver la famille traditionnelle.Le mari s\u2019occupe de sa carrière et la femme élève les enfants.Le Dr.Welby résume ainsi la \u201créussite\u201d d\u2019une de ses patientes: \u201cVous vous êtes pas mal débrouiliée: d\u2019abord secrétaire, bibliothécaire, épouse et bientôt la maternité\u201d.L\u2019avortement et-la contraception sont hors d\u2019ordre.La sexualité est cantonnée.au plus profond du lit conjugal.La famille traditionnelle et répressive \u2018se vend sous pression, non seulement dans la série Marcus Welby, M.D., mais dans la plupart des récits télévisés, ce qui doit nous laisser songeurs \u2018sur l'importance que semble revêtir cette institution sociale pour le maintien du mode de production capitaliste.Comme la plupart des récits qui visent l\u2019identification du lecteur / spectateur avec les personnages, les émissions Marcus Welby, M.D.déplacent systématiquement les problèmes socio-éconoiques sur le plan moral et psychologique.Le Dr.Welby ne connaît que deux diagnostics pour ces cas-la: le \u201cmanque de confiance en soi\u201d et \u201cl\u2019orgeuil\u201d.Le travailleur manuel menacé d\u2019une cécité imminente croit ne pouvoir se recycler dans la programmation d\u2019ordinateurs et ainsi s'assurer son indépendance économique malgré l\u2019infirmité.\u201cSi j'étais doué\u2014dit-ii\u2014pour travailler sur les ordinateurs, je n'aurais jamais eu trente ans de graisse sur mes ongles\u201d.Une femme médecin pratique dans un service hospitalier où elle ne se voit cônfier que des tâches de routine.Elle attribue cela au sexisme de ses coliègues mâles.Sous l\u2019égide paternaliste du Dr.Weiby, l'émission désamorce cette thématique.La doctoresse n\u2019a tout simpiement pas assez confiance en ses propres capacités pour commander le respect de ses collègues.D\u2019après la série, d\u2019être convaincu de ses capacités, et la promotion individuelle va de soi dans une société qui offre des possibilités illimitées aux individus entreprenants.Vieux mythe éculé du libéralisme américain qui veut reléguer dans l\u2019absurde toute mention de promotion coliective et, à plus forte raison, de lutte de classes.Puisque les indigents ne peuvent accéder à ce programme de \u2018\u2018réussite\u201d, on prononce dans leur cas l\u2019autre diagnostie passe-partout: l\u2019orgueil.H faut qu\u2019ils acceptent de l\u2019aide et ce n\u2019est que l\u2019orgueil qui les en empêche.\u201cSi vous étiez au fond d\u2019un puits dit le Dr.Welby aux vagabonds qui le consultent, \"vous ne refuseriez pas la corde que l\u2019on vous jette\u201d.Les malades de la série sont donc des personnages à 57 double fonction: ils veulent guérir, mais ils s\u2019opposent aux soins.C\u2019est là [a charnière narrative qui articule les | deux volets de la thématique, la maladie physique et les maux psychologiques et moraux.Cette analogie est inscrite en filigrane dans ces émissions: comme les malades restent malades parce qu\u2019ils ne veulent pas se soumettre aux soins, ainsi les ouvriers, noirs, chicanos et les femmes sont aux prises avec des difficultés socio-économiques parce qu\u2019ils ne veulent pas prendre les moyens pour s\u2019en sortir (individuellement, bien sûr), La parole du médecin conjure l\u2019une et l\u2019autre de ces résistances.L\u2019optimisme factice et facile rattaché à la puissance de la technique et de la science se transfère; par ce tour de passe-passe indéaliste à l\u2019humanisme, rétrograde de ce docteur \u201cBien-être\u201d (Well be).Supermédecin instantané Qui est-il, ce Dr.Welby?Sa prodigieuse disponibilité 2000p les d Pra y lil cote :dela Welb qn 0a sins ila 1 lé: \u201clan dem AR hour ces ne, $00 désintéressée en fait un personnage presque surnature! = qui, un peu à la manière des fées et des marraines des contes merveilleux, apporte du secours instantané à Ë.ceux qui en ont besoin.Son discours paternaliste lui sert de baguette magique au moyen de laquelle il résout, séance tenante, les conflits conjugaux, familiaux, psychologiques fort complexes.Il tient également de \u2019engeance des superman, batman etc., car c\u2019est un redresseur anonyme de torts.ll ne se bat pas contre de méchants bandits mais contre un ennemi intérieur que # =: lon pourrait qualifier, dans l\u2019optique de la série, d\u2019un relâchement de la fibre morale de la nation.Anonyme, parce qu'il n'apparaît au spectateur qu\u2019en tant que médecin.Il n\u2019a ni amis (autres que ses patients et ses À collègues), ni famille.Pas d\u2019allusions à sa vie privée.JK Pourtant, malgré son caractère mythique, l\u2019existence réelle d\u2019un tel personnage paraît tout à fait possible au téléspectateur.D'abord parce que c\u2019est un type de héros.; qui nous est familier: avare de ses émotions et des } détails de sa vie privée, doué d\u2019une force extraordinaire (Morale dans le cas de notre docteur), péu intellectuel } mais en possession d\u2019un solide bon sens (les diagnostics intuitifs du Dr.Welby se confirment toujours).Les personnages de çe type pullulent dans les Western, les Policiers et dans les films de guerre.Le #* 58 Posen Ule le 61 lg je est Me les pas se icano oii J'endra n sûr de ces Né à là ansfère anisma iil mature couple viril, sans femmes, que forment, dans la série, \u201cles docteurs Kiley et Welby, aurait, selon J.Cabau (La Prairie Perdue, Seuil) de nombreux prédécesseurs dans la littérature américaine.Pensons également à Batman et Robin, Daniel Boone et son indien, aux deux policiers de la série Auto-Patrouille.Le type de personnage du Dr.Welby fait partie des ingrédients de base de la cuisine narrative américaine ce qui lui confère une vraisemblance que renforce encore le type de narration dans lequel il s\u2019insère, car la série se veut une représentation fidèle de la réalité objective.Ainsi le mythe devient-il réalité, la téié se fait fabrique d'illusions.C\u2019est à se demander si l\u2019appareil idéologique\u2014l\u2019information\u2014 dont ce genre d\u2019émission est ie lot privilégié, n\u2019est pas, par les valeurs bourgeoises véhiculées et l\u2019occultation des connaissances nécessaires à la montée d\u2019une pratique prolétarienne, tout aussi important\u2014et nocif\u2014que l\u2019appareil scolaire.André Morf EE sans espoir, avec conviction po Fh 8 jun À salt & 0 init con Les enjeux po à po du Front commun BE À ne ELC & nent - D tele 8 Trude cor \u2014 Hier, le 2 février, une tempéte provoquée par des JM vents de prés de 70 milles a \u2019'heure a paralysé le Québec.pi Je ne peux plus attendre: la date d\u2019entrée des textes étant | M: ing le 6, je dois m\u2019astreindre à rédiger mon papier sur le Front ci commun.Travail difficilè: comment écrire un texte, qui \u2018re sera lu en mars, sur un événement en cours et dont le \u2018Mur déroulement en février demeure incertain?Pourtant, il #9 faut prendre position, maintenant: le Front commun { tis risque d\u2019être l\u2019événement syndical dont les effets F4: politiques seront les plus déterminants au Québec en gs 1976 et mars sera sans'doute le mois où tout se décidera.lie Campy ding Gola lécon Gel / Actuellement, chez les syndiqués, semble prévaloir M6, le défaitisme.Devant un Etat tout puissant, que peuvent Bi faire des syndiqués, même en Front commun?L\u2019Etat a à uy, son service les pouvoirs législatifs et judiciaires et peut Ris.compter sur l\u2019appui pratiquement inconditionnel des fn; appareils idéologiques.Le Front commun n\u2019a plus, Moi comme en 1972, seulement à combatre l\u2019Etat provincial, # fi mais aussi le véritable Etat, le central, celui d\u2019Ottawa, Ÿ hy l\u2019État canadian.\u2019 : k Le Parti libéral fédéral, après avoir gagné ses §: élections en attaquant le programme de gel des prix et > i L'intervention de l'Etat fédéral 60 jar des Lébec.) s élant e Front de, qui dont le a, f ommung effets fi cidera.des salaires des Conservateurs, a décidé de prendre les moyens nécessaires pour faire supporter aux travailleurs le fardeau de la crise actuelle du système capitaliste: d\u2019une part, ce qui est moins connu et a été peu analysé, il s'attaque aux diverses mesures de bien-être social en réduisant le budget qui leur est alloué et, d'autre part, il - limite l\u2019augmentation des salaires tout en feignant contrôler la croissance des profits de l\u2019entreprise privée.Cette politique bourgeoise de contrôle des sataires venait à point: juste après les hausses phénoménales des profits des compagnies et juste au début d\u2019une reprise de la combativité ouvrière en vue de compenser la baisse du niveau de vie imposée aux travailleurs depuis quelques années.La grossièreté de la manoeuvre du Gouvernement n\u2019a pas trompé les syndiqués: rarement a-t-on vu telle unanimité d\u2019une mare à l\u2019autre, contre les mesures Trudeau.Même les dirigeants syndicaux les plus corrompus ont dû, au moins verbalement, protester.Au début de janvier, Trudeau lâche quelques phrases sibyllines sur la \u201cnouvelle société\u201d.Les représentants de la bourgeoisie canadian et de l\u2019impérialisme américain s\u2019alarment.Pendant deux ou trois semaines, les mass média répandront leurs cris de détresse.Ainsi, Trudeau et l\u2019Etat qu\u2019il représente: pourront retrouver leur fausse image de neutralité: les syndicats combattent les mesures de contrôle des prix\" .et des salaires tandis que les compagnies attaquent l\u2019idée que ces contrôles pourraient devenir, sous une forme ou sous une autre, permanents.Trudeau fait donc d\u2019une pierre deux coups: il peut redorer, attaqué par les deux camps, son image de grand conciliateur et peut faire avancer parmi les représentants de la bourgeoisie l\u2019idée de la nécessaire intervention de l\u2019Etat capitaliste dans l'économie afin d'en régulariser les cycles de développement.Avant de présenter ses offres monétaires, le Gouvernement provincial attend qu\u2019Ottawa dépose son projet de loi de contrôle des prix et des salaires.Fort de l\u2019appui de l\u2019Etat fédéral, il peut alors avancer sa politique salariale qui vise à comprimer les dépenses allouées au bien-être de la population en augmentant la tâche des employés (accroissement de la productivité) (1) sans croissance parallèle des salaires et en réduisant le plus possible les augmentations réelles de salaire (c\u2019est-à-di- 1- Ce qui contribue à l\u2019augmentation du chômage. re, qui tiennent compte du taux de croissance de l\u2019inflation).| L'intervention de l\u2019Etat fédéral qui cherche à fixer les ; cadres à l\u2019intérieur desquels doivent se négocier les salaires, voilà ce qui, dans le rapport de forces entre l\u2019Etat m 3 provincial et le Front commun, accroît considérablement { i À la pression du premier.Du point de vue du pouvoir, cette | dif 8 intervention fédérale est la caractéristique majeure du J Ë présent Front commun.à 8 .i 3 par ig dér Division, répression et manipulation a par Got - Pour le reste, le gouvernement québécois utilise les ¥ mw \u201c mêmes vieilles tactiques qu\u2019en 1972, comme la division 1 3 syndicale.Ainsi, il présenta ses offres monétaires | 3 inégales, de façon savamment dispersée, aux différents { À secteurs du Front commun, certains, comme les ouvriers gs et les infirmières, se voyant offrir des augmentations i; réelles de salaires tandis que d\u2019autres, comme les | se enseignants, recevant des offres qui sont inférieures aux § augmentations qu\u2019ils recevraient si le décret actuel était sn prolongé.Le gouvernement réussit à obtenir l\u2019accepta- m ton de ses propositions par le syndicat des dé fonctionnaires: augmentation des heures de travail / semaine; respect des\u2019 normes \u201canti-inflationistes\u201d de # m .Trudeau.Ce pattern, accepté par les fonctionnaires, est Osi : lælit de Procuste (2) dans lequel le Gouvernement veut ser 8 coucher le Front commun.ha 3 Toute division syndicale est bien- reçue par le te 3 Gouvernement.Que les employés de la Société des Iw à Aicools et que les professionnels du Gouvernement fi 4 (ceux-ci, malgré le désaccord de leurs dirigeants in : syndicaux) soient en rupture de banc avec la C.S.N.sous J 3 le prétexte des cotisations au fonds de grève, que # : l\u2019Alliance des infirmiéres fasse de méme parce qu'elle se § À sentait mai à l\u2019aise au sein de la Fédération des Affaires M i sociales, voila qui ne peut que renforcer la partie adverse.Mi E Que la F.T.Q.soit incapable d\u2019intégrer au Front commun kn § les deux seuls secteurs ou elle est majoritaire (les M \u2018y ë - En 3 2- Dans la mythologie grecque, Procuste était un brigand qui, y 3 \u2018après avoir dépouillé les voyageurs, les faisait étendre sur un ny 4 lit de fer et leur coupait les pieds lorsqu\u2019ils dépassaient ou les 3 faisait étirer s\u2019ils étaient trop courts.om 62 les les Etat lent 4 \u2018lle du ment ans ll sous que lest) aires else.mun ] (es ga sur Uf qu les employés de l\u2019Hydro-Québec et les employés des Universités\u2014dont le front commun inter-universitaire est d\u2019ailleurs plus ou moins consistant) démontre bien les limites du syndicalisme d\u2019affaire que pratique le Syndicat canadien de la Fonction publique et indique aussi que la force gouvernementale repose, entre autres, sur la division syndicale.Le gouvernement utilise aussi la répression et la menace de lois spéciales et de décréts.Aux tactiques de harcellement utilisées localement par les syndiqués, la partie patronale a répondu à peu près partout \u2014 ce qui démontre bien que la stratégie venait de haut \u2014 par des coupures de salaire, des suspensions et, généralement, par un durcissement à la table de négociation.De plus, le Gouvernement non sèulement menace de décréter les conditions de travail par une loi spéciale, mais insiste pour affirmer que les modalités de ce décret ne seraient pas négociables et que ce décret ne contiendrait pas les clauses déjà paraphées.Après la loi 19 qui a mis fin à la grève du Front commun de 1972, après la loi 57 qui a joué le même rôle pour les employés de la C.T.C.U.M.en septembre dernier (employés dont les demandes étaient d'ailleurs similaires à celles du Front commun (3), les syndiqués du Front commun prennent au sérieux ces menaces et, malheureusement, trop d\u2019entre eux se voient déjà écrasés avant de s\u2019être vraiment battu.Jusqu'ici le Gouvernement a peu utilisé les mass media.Non comme le prétendent certains parce que Oswald Parent aurait été formé à la négociation dans le secteur privé, mais parce que le Gouvernement juge plus habile une politique de silence ou de discrétion.Ii cherche ainsi à épuiser l\u2019intérêt que peuvent susciter dans l\u2019opinion publique les déclarations syndicales: dans la mesure où les dirigeants syndicaux sont à peu près seuls a parler, dans la mesure, ou le Gouvernement refuse le débat et se dissimule derrière sa politique de discrétion, les syndiqués semblent'monologuer seuls dans l\u2019hiver québécois et leurs propos, espère le Gouvernement, ne parviendront au peuple québécois que sous forme de murmures ou, pire, de gargarismes.Mais lorsque viendra le moment décisif des négociations\u2014car il viendra\u2014le Gouvernement pourra utiliser massivement les mass media, afin de chercher à imposer en peu de temps à l\u2019opinion publique ébahie et séduite sa propre interprétation du conflit: l'Etat serait le garant de l\u2019ordre 3- Par exemple, salaire minimum de $165.00.63 v Ed MIEN PTE RE ES tan FRY et du bien-être de la population et les syndiqués, des 3 fauteurs de trouble qui veulent s\u2019enrichir au dépend de la 4 population ou, encore et concuremment, des naifs manipulés par leurs dirigeants syndicaux.1 147 pré a SYNC hens chen bulle Ok! IE vois aue pub mett LES, TRAVAILLEURS Qué ACCEPTERONT MOINS plus Gour DE SALAIRE; DES TACHES l'Etat 0 Pet SUPPLÉMENTAIRES © | rp = Ohl cesT Ms 03 D = BIEN.gran Sent désir « datai li, hate ç 3% mina > Re même AR Gou © (1 MN 7 ug > dans ON 4 -\u2014 .3 yy, OS +.Core CHAN Olver \u2014 =X ay -$ = 2 2} Ire faut Sa oe * nani een = Kk : Yoga Oo OUR 1 es See Ses = : : : ey oe res >> RT Uni NS Xo Soy Po 1 PSN = 22 zy Perm qu x ù de lé Hy Jv, 3 j= Comp DAZ oe Gogye M Mi LS LE) LA 2 Quent = a So \u201cva et > 1 = Fu Si es os Talis = Fi a.[ir \u201d vs nm, 64 PURE SEEN Cee LA RH NN RAR ATR | les la ist )4 i \u20ac J hia Un Front commun aguerri Les syndiqués ont aussi appris du Front commun de 1972.La conception libérale de l\u2019Etat, même si elle prévaut encore dans les centrales syndicales et parmi les syndiqués, ne règne plus seule en maître: la compréhension de la nature de classe de V'Etat fait peu a peu son chemin.Cela se manifeste, entre autres, dans les bulletins d\u2019information du Front commun du secteur public de la CSN qui, très clairement à partir du no 18, mettent l\u2019accent sur la nature capitaliste de l'Etat québécois.Ainsi, à travers leurs négociations, de plus en plus de syndiqués en arrivent à comprendre que le \u201cGouvernement de Bourassa n\u2019est que le représentant de l'Etat bourgeois.;Ç Le Front commun est aussi mieux organisé.La mise sur pied d\u2019un conseil d\u2019orientation regroupant de 600 à 700 syndiqués des trois Centrales rend possible un plus grand contrôle de la base sur les décisions à prendre.On sent très nettement dans le Front commun actuel un désir, non seulement que les syndiqués soient prêts à la bataille, mais qu\u2019ils en comprennent bien les enjeux et la stratégie.On voit maintenant mieux l\u2019importance déterminante \u2018que les syndiqués sachent bien la stratégie même si cela implique la possibilité plus que réelle que le Gouvernement en connaisse les munitions.C\u2019est pourquoi la stratégie n\u2019est plus discutée en vase clos, dans un petit comité, mais au sein même du Conseil d'orientation.C\u2019est ce que certains nomment «stratégie ouverte».On comprend aussi mieux l\u2019importance de combattre le Gouvernement sur le terrain de l\u2019opinion publique.Il faut ici souligner l\u2019excellent travail mené par les enseignants de la C.E.Q.auprès des parents.L\u2019utilisation du slogan «qualité de l\u2019enseignement», slogan qui avait déjà été utilisé avec succès par le Syndicat des professeurs de l\u2019Université du Québec lors de leur grève en 1971, s\u2019il ne permet pas de tout expliquer, comme par exemple le rôle de l\u2019école dans, la reproduction des classes sociales, comble bien l\u2019objectif syndical recherché: isoler le Gouvernement en montrant que ses politiques provoquent, dans le secteur de l\u2019éducation comme ailleurs, une dégradation des services offerts à la population.Sur ce thème, qui permet de réunir les enseignants «profession- nalistes» comme les «syndicalistes» et qui crée une communauté d'intérêts entre professeurs et parents, peut 65 - i se greffer les explications politiques qui permettent de [ff comrpendre pourquoi, au stade actuel de crise du in système capitaliste, l'Etat doit comprimer les coûts des sn services sociaux.Un slogan:ne peut jamais tout dire: il Fo s'agit, comme une balle, qu\u2019iJ-atteigne bien l\u2019objectif visé.ford Remarquons aussi la place spéciale qu\u2019on accorde [ist aux demandes:concernant les femmes.Tant au niveau de pit l'information que de l\u2019action, on consacre une attention pes particulière aux-demandes (congés maternité, garderies, pro 1 égalité salariale entre les deux sexes) qui visent à en 3 x remettre en question le rôle de l\u2019Etat bourgeois dans la re reproduction de la discrimination contre les femmes.De | ds plus, au niveau des comités-conseils auprés des instan- fy \u201cces du Front commun, il faut noter un comité de la publ condition féminine à côté des comités plus traditionnels\u201c avr (information, stratégie,.).Cette insistance, qui à mon effica § avis pourrait étre encore beaucoup plus prononcée, ne [ | : dépend pas tellement de la publicité faite lors de l\u2019«Année si; de la femme», mais beaucoup plus du travail militant | effectué, sur ce sujet, a la C.E.Q.depuis quelques |g à \u2018années.rêve à \u2018aussi Bicep 1 tous Les enjeux oe lg.| Coup poris, \u201cIR ~ ; Dans un document de la CSN intitulé «Projet de os : 0 stratégie du Front commun», on peut lire: «Quel est le fo rôle d\u2019une grève dans le secteur public?Dans le secteur è ; privé, la grève intervient directement au niveau écono- Ste À mique car c\u2019est la production et les profits des entreprises qui sont atteintes (.) Dans certains services du \u2018secteur public, la grève touche directement les entreprises au niveau de la production: l\u2019Hydro-Québec, les i transports, les communications et les postes (.) Dans Hg au.Front Cest | ee ee les autres services du secteur public, les entreprises ne Pil sont pas touchées à court ou à moyen terme».(4) Dans by les secteurs public et privé, les objectifs visés sont fr Oia fondamentalement les mémes, ce sofit des objectifs * i economiques: salaires, bénéfices marginaux, condi- Ten i tions de travail, sécurité d'emploi.Mais dans le secteur | oo wd ; public, à cet objectif fondamental- peut s\u2019en greffer un ET a autre, même s\u2019il est secondaire: la qualité des services Ue, i RE Hono fi.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 $ i y ä 4- CCNSP, 07-05-06, p.17.oo Ny a Te 66 LAs HRI NR LN HI HN A I HTT Na k À pls LE ant.oS ns ont ifs fol rn jces offerts à la population.Voilà donc une première distinction entre le secteur public et le secteur privé, au niveau syndical.Mais la distinction principale réside dans la nature du conflit: même si les objectifs recherchés sont fondamentalement similaires, la nature du conflit et son issue sont essentieliement différents: dans le secteur privé, ce sont des grèves économiques tandis que dans le secteur public, les conditions, la nature et l\u2019issue du conflit \u2014 si on excepte les objectifs \u2014 font que la lutte est principalement politique.Dans le secteur public, la grève entraîne des économies pour l\u2019Etat et des pertes de salaire pour les travailleurs.Ceci ne signifie pas que la grève est un instrument inefficace dans le secteur- public: cela indique seulement que la grève, comme les autres moyens de lutte, ne peut y avoir un sens et une efficace que si elle est pensée politiquement.Il y a évidemment des secteurs de production qui sont sous le contrôle de l\u2019Etat et dont l\u2019interruption par une grève a, comme dans le secteur privé, des effets économiques.Mais comme l\u2019empioyeur est l\u2019Etat, la grève a aussi des effets politiques et doit donc être vue aussi sous cet-angle.Dans 'actuel Front commun, sion excepte les travailleurs de la Société des Alcools (5), tous oeuvrent dans des secteurs économiquement improductifs, c'est-à-dire non producteurs de plus-va- iue.L\u2019actuel Front commun serait évidemment beaucoup plus fort s\u2019il comprenait les travailleurs des transports, ceux des postes et ceux de l\u2019Hydro-Québec.Mais pour diverses raisons (syndicat corporatiste ou / et juridiction non provinciale), ces travailleurs sont exclus de la présente négociation du Front commun avec le Gouvernement du Québec.La nature de la présente confrontation entre le Front commun et l\u2019Etat provincial est donc politique.C'est pourquoi les syndiqués doivent de plus en plus dégager les implications sociales, économiques \u2018et politiques de leurs demandes (la tâche et la qualité des services; le salaire minimum et ses effets sur les travailleurs du-secteur privé) et expliquer dans quelle logique capitaliste s\u2019inscrivent les positions du Gouvernement Bourassa, porte-parole de l\u2019Etat bourgeois.5- Dans la mesure ou les pertes de la S.A.Q.sont compensées .par le Gouvernement fédéral par le jeu de la péréquation, les grèves des employés de la S.A.Q.ne peuvent pas avoir d'effets economiques désavantageux pour I'Etat provincial: Sur ce sujet, voir l\u2019introduction au livre Les travailleurs contre Etat bourgeois\u201d (avril et mai 1972), éd.de l\u2019Aurore, 1975.67 HRCA A NM EE SARA A 40 A LEAPLIALIL NL LM rsrisen Dans cette confrontation, les travailleurs du secteur privé sont indirectement impliqués: il s\u2019agit de aif savoir si le Gouvernement réussira, par les moyens a sa a disposition et par sa démagogie, a les rallier sous sa synd ren ï bannière anti-syndicale ou si le Front commun grugera ia base électorale du Parti libéral en gagnant la | sympathie de couches de pius en plus larges de la P eos popuiation.Le Front commurr, même s\u2019il vise des objec- | Ca tifs économiques, a des effets politiques sur une scène À où ies travailleurs sont absents.Le Parti québécois ne peut combler cette absence: même les syndicalistes ag péquistes, dont l\u2019influence est encore déterminante dans les Centrales, doivent avouer que le P.Q.n\u2019est pas cou un parti des travailleurs.Le véritable débat se fait donc ne entre ceux qui visent la formation d\u2019un parti révolution- tue naire (les différentes tendances m.l.et le G.M.R.) et men ceux qui veulent une formation politique large, ouverte et réformiste (différentes tendances trotskystes, le P.C.Q.et les sociaux-démocrates).Quelle que soit l\u2019issue de ce débat, le Front commun, par son existence même, entraîne les syndiqués à s'interroger sur leur présente absence de la scène politique.; Le Front commun soulève aussi le problème de À l\u2019unité inter-syndicale.La C.E.Q., dans un document À intitulé «Amorce aux études à faire sur les structures, les services et le financement de la C.E.Q.» (6), pose clairement la question du dépassement des Fronts communs de circonstance, toujours plus ou moins fragiles, vers une unité organique des syndiqués.L\u2019actuel Front commun regroupe les syndiqués de plusieurs secteurs, mais repose fondamentalement sur les employés d\u2019hô- Hg pitaux (représentés surtout par la F.A.S.) et les 4 enseignants (représentés surtout par la C.E.Q.) qui y- i constituent une nette majorité.Aussi, toute fusion, qui serait inspirée par le Front commun, renvoie a un réaménagement des structures de la CSN pour faire i place aux enseignants, qui y deviendraient un groupe 2 aussi important que l\u2019est actuellement la F:A.S.et impli- 3 que que les syndiqués de la C.E.Q.acceptent d\u2019oeuvrer i au sein de structures ou ils n\u2019occuperaient pas toute la § A place.L'unité organique avec la F.T.Q.pose d\u2019énormes .i problèmes dans la mesure où elle impliquerait l\u2019intégrai tion des syndicats québécois aux syndicats canadiens : (ce qui est une hypothèse qui mérite discussion) mais , aussi aux syndicats américains (hypothèse difficilement i 6- Conseil général de la C.E.Q., A7576-CG-49.* 68 de ont les 38 es, ont ions nals nent à \u2018rentable dans la mesure\u2019 où on défend des objectifs ' anti-impérialistes, ce que les succursales des syndicats américains peuvent difficilement assumer.Enfin, l\u2019enjeu du Front commun, au niveau syndical, dépasse évidemment les objectifs de négociation.Une défaite du Front commun entraînerait un recul considérable pour l\u2019ensemble du mouvement syndical.Car, ce qui est en cause, c\u2019est le droit de négocier les salaires et les conditions de travail dans le secteur public et le secteur privé.Et si le Front commun utilise la grève générale \u2014 et on ne voit pas quel autre moyen il a à sa disposition pour contrer l\u2019intransigeance du Gouvernement provincial \u2014 il devra être clair pour tous les syndiqués qu\u2019ils devront être prêts à outrepasser toute loi spéciale, injonction et décret que le Gouvernement cherchera à leur imposer.Jean \u2014Marc Piotte - If faut savoir distinguer ses amis de ses ennemis, y compris parmi les dirigeants syndicaux.Léopold Roy 7 69 Le socialisme est difficile au R.CM.* - Dans la démarche que j'utilise ici, il ne s\u2019agit pas pour moi de jouer au jeu des analogies dans l\u2019histoire, mais plutôt d\u2019en retracer le fil.Les flashes historiques, utilisés peuvent permettre de comprendre que l\u2019histoire qui est nôtre aujourd\u2019hui n\u2019est pas celle d\u2019un \u201cspontanéisme du moment et qu\u2019il est nécessaire d\u2019en déterrer les racines pour bien saisir comment elle se #- construit.Je me propose ici non pas de faire ce travail systématiquement (ce n\u2019est pas le lieu) mais de permettre aux lecteurs d\u2019entrevoir certains chaînons de la trame de quelques-uns des aspects de notre histoire politique.Août 1935: Vile Congrès de l\u2019Internaitlonale Communiste \u2018 Ce congrès constitue la plaque tournante de la politique des communistes envers la social-démocratie.Jusqu'à cette date, l'essentiel des attaques de] l'Internationale Communiste.se dirige contre la * Rassemblement des citoyens de Montréal.70 4 as f, 14 8 al.\u20ac social-démocratie.Après le congrès de 1935, devant la montée du fascisme et surtout de l\u2019hitlérisme, l\u2019I.C.change ses positions: \u201cLa première chose qu\u2019il faut faire, par laquelle il est nécessaire de commencer, c\u2019est de réaliser le front unique, d\u2019établir l\u2019unité d\u2019action des ouvriers dans chaque entreprise, dans chaque rayoñ, dans chaque région, dans chaque pays, dans le monde entier.L'unité d\u2019action du prolétariat à l'échelle nationale et internationale, voila l\u2019arme puissante qui rend la classe ouvrière capable non seulement de se défendre avec - succès mais aussi de passer avec succès à ja contre-offensive contre le fascisme, contre l\u2019ennemi de classe\u201d.(1) .Au Canada, le Bureau politique du Parti Communiste canadien, tenant compte des directives de Internationale Communiste, propose au neuvième plénum tenu après les élections fédérales de 1935, une série de nouvelles tâches visant à développer un front unique et démocratique du peuple canadien.(2) Au Québec, plus particulièrement, le parti sous la direction de Fred Rose fait un appel aux travailleurs catholiques.Au moment de la guerre d\u2019Espagne, a Montréal, Norman Bethune (membre du P.C.C.) met sur pied un service spécial pour la transfusion du sang et part en Espagne avec le bataillon Mackenzie-Papineau composé de 1,283 jeunes Canadiens communistes et non-communistes.Ils se joignent à la Brigade Internationale.Dans la même période, en 1935, un nouveau parti politique s\u2019est formé: le C.C.F.ou \u201cCo-operative Commonweaith Federation\u201d.C\u2019est un parti social-démocrate, similaire à ceux qui existent en Europe.La fondation de ce parti marque un moment historique important dans l\u2019histoire politique du Canada et du Québec.Ce parti ne se définit pas comme socialiste: il combat les méfaits du capitalisme mais ne dénonce pas comme tel: le système capitaliste.Poursuivant l\u2019application des directives du VIle Congrès de l\u2019I.C., le Parti Communiste\u2019 canadien lance un appel à l\u2019unité et en particulier au 1- Dimitrov, Georges, Oeuvres choisies, Ed.Sociales, p.58.2- Buck, Tim, Thirty Years, the story of the Communist Movement in Canada - 1922-1952.On peut se procurer ce livre à la librairie «Les Nouvelles Frontières», rue Sherbrooke, coin St-Urbain.71 -ment).Par ailleurs, le Parti Communiste s\u2019adresse .bases d\u2019une coopération solide et efficace.période, qu\u2019il lui fallait aussi lutter contre l\u2019illusion que - terme \u201csocialisme\u201d parce qu\u2019il renvoie à une détermina- de \u201cpropriété publique\u201d comme s'ils étaient des C.C.F.Dans un discours prononcé à Toronto, au Massey Haii, en 1935, Tim Buck, au nom du comité national du parti, lance la campagne en vue des élections générales qui doivent avoir lieu cette année-là au Canada et presse ie C.C.F.de.former avec le P.C.C.un front uni afin 1 d\u2019assurer la présence d\u2019un candidat ouvrier ou fermier * dans chaque circonscription électorale.Tim Buck souhaite ce front uni au niveau électoral afin de rallier les mouvements des fermiers et des ouvriers et faire élire un gouvernement fermier-ouvrier (labor-farmer govern- : directement à la direction du C.C.F.et souhaite jeter les Le Conseil National du C.CF.rejette vigoureusement toutes propositions d\u2019alliance électorale avec le P.C.C., se lance dans une campagne violente de propagande anti-communiste et manifeste -une vive opposition au front uni contre le capitalisme monopoliste.D\u2019après ce que rapporte Tim Buck, le C.C.F.à mis beaucoup plus d\u2019énergies à combattre le P.C.C.qu\u2019il en a mis à lutter contre les partis de la bourgeoisie capitaliste.|| est devenu clair pour le P.C.C.de cette a 1 $00 | con Con la bataille contre le capitalisme monopoliste pouvait être gagnée en se ralliant au programme politique du C.C.F.Le Parti se devait de combattre l\u2019idéologie social-ré- formiste petite-bourgeoise des leaders du C.C.F.À titre d'exemple de l'idéologie et de la politique du C.C.F., je rappelle quelques conclusions données par ; J.S.Woodsworth (membre de la direction du C.C.F.et représentant de l\u2019aile droite) dans son discours prononcé à la conventiort de Régina: pour lui le C.C.F.n\u2019est pas un parti de classe et il ne doit pas être soumis aux objectifs du socialisme.Il s'oppose à l\u2019utilisation du esp Wis may tion de classe sociale.A la place de ce terme, le parti C.C.F.utilise ceux de \u201ccoopération\u201d, de \u201cplanification\u201d Iso synonymes du socialisme.Par ce biais, le Parti crée l'illusion qu\u2019il est un parti socialiste, un parti des - travailleurs alors qu\u2019il poursuit parallèlement une politique de collaboration de classe avec le gouvernement St-Laurent permettant ainsi l\u2019implantation du capitalisme monopoliste dont l\u2019outil principal de Æ développement est celui de l\u2019exploitation de la classe ouvrière canadienne.Dans tous les pays-où l\u2019on retrouve des partis ~ + Dig | bi Sécu nil sociaux-démocrates, l\u2019on retrace le même jeu politique.Dimitrov a insisté sur la responsabilité historique de la social-démocratie dans les années \u201930: \u201cLes chefs de la social-démocratie estompaient et cachaient aux masses le vrai caractère de classe du fascisme, ils n\u2019appelaient pas à la lutte contre les mesures réactionnaires de plus en plus fortes de la bourgeoisie.lls portent la grande responsabilité historique du fait qu\u2019au moment décisif de l\u2019offensive fasciste, une partie considérable des masses travailleuses, en Allemagne et dans une série d\u2019autres pays fascistes, n\u2019a pas reconnu dans le fascisme le rapace financier sanguinaire, leur pire ennemi, et du fait que \u2018ces masses n\u2019ont pas été prêtes à la riposte\u201d.(3) Tout le poids historique de cette période, et surtout ia responsabilité politique qui a été celle de la social-démocratie, me sont apparus dans toute leur concrétude lorsqu\u2019en novembre dernier, jassistai au Congrés des militants du R.C.M.Novembre 1975: lie Congrès du R.C.M.Ce qui au congrès du R.C.M.a suscité les débats les plus vifs et a permis d\u2019entrevoir les lignes politiques qui s\u2019y affrontent est sans nul doute la- proposition | émamant du conseil exécutif: Attendu l\u2019analyse et le bilan précédents (4) il est résolu: \u201cQue le programme du R.C.M.découle d\u2019une analyse socialiste de la ville, ce qui implique: a) Que le mode de production capitaliste est la principale source de la crise urbaine; 3- Dimitrov, Georges, op.cit.p.41.7 4- |! est fait référence ici au rapport d'activités du conseil exécutif et au bilan politique présentés pour étude aux militants avant le Congrès.- 73 Ebéné it Le [Ak Shor bi atalataitit ie rl LL en | i b) Que notre stratégie d\u2019action politique doit çar par conséquent s\u2019inspirer de cette analyse ob} socialiste de la ville; i c) Que dans les interventions publiques du co form ; parti a toutes les instances, nous lions nos pol revendications immédiates à cette critique £on socialiste de la ville\u201d.dis êns ti ail 3 4 pou Hl imp pi ac 8 de | par ec cr as SU$ _ Sur oS rer re ES NN (a dé 5 Byer ort alir 3 my = [3 ae prêt css pr { es 8 dec Sur ES = =\" for adi des =\" & | ll {ens Tass ug lui Prog Drêt Gath ng mi ling 74 RR ge PE RY DEE LS \u2014 A la suite de cette proposition, sont mentionnés un certain nombre de moyens à prendre pour atteindre ces objectifs et déboucher sur une action politique cohérente avec les buts à atteindre: sessions de formation politique pour les militants afin de lier la politisation des membres à la mobilisation à la base; conduite d\u2019actions politiques autonomes dans chaque district, tout en maintenant que le parti dans son ensemble doive mener une lutte à l\u2019échelle de la ville.Par ailleurs, retenons que la lutte prioritaire qui est proposée pour cette année est celle du logement.Un autre point important qui a été débattu, est celui de la place principale accordée au Conseil général qui devient \u201cle leader politique du parti, le lieu d\u2019élaboration d'analyse, de décision et d\u2019évaluation des actions politiques du parti\u201d.Je ne discuretai pas tous les points du programme et du rapport d\u2019activités mais je m\u2019attarderai au débat suscité par la proposition |.C\u2019est à l\u2019occasion du débat sur cette proposition que j'ai pu effectuer ce rapprochement avec le rôle historique de la social- démocratie dans les années \u201930.Les arguments qui ont alimenté la majorité des interventions contre la proposition | peuvent se résumer ainsi: \u2014\u201cActuellement, la population montréalaise n\u2019est pas prête à accepter ce type d\u2019analyse socialiste;\u201d \u2014 || faut aussi conserver la perspective de la lutte électorale pour éviter qu \u2018apparaisse une troisième force sur la scène municipale;\u201d \u2014\u201cIl faut plutôt voir a appliquer le programme actuel ;\u201d \u2014\u201cIl faut renverser le pouvoir par l\u2019augmentation du nombre de nos conseillers; la meilleure lutte du R.C.Ma été celle des prix du transport.Il faut continuer à avoir des actions concrètes ;\u201d \u2014\u201cIl y a d\u2019un côté ceux qui font une analyse socialiste et de l\u2019autre ceux qui mènent des actions pour aider les gens.Le R.C.M.n\u2019est pas un parti, c'est un rassemblement.\u201d Ce qui ressortait continuellement c\u2019est l\u2019appel à la prudence, à la modération, notamment à propos de l\u2019utilisation du terme \u201csocialiste\u201d pour qualifier le programme et le parti.\u201cLes montréalais ne sont pas prêts à endosser le socialisme\u201d: voilà le subterfuge qui cachait en fait une réelle opposition au socialisme à l\u2019intérieur du R.C.M.et ce, pour une bonne partie des militants.L\u2019autre argument utilisé: \u2018\u201cl\u2019opposition entre l\u2019analyse et l\u2019action\u201d, entre \u201cceux qui pensent et ceux qui 75 * agissent\u201d a souvent été utilisé pour marquer aussi une opposition au socialisme, à un programme à long terme.Un troisième type d\u2019arguments invoqués à l\u2019effet de \u201csauvegarder l\u2019unité du R.C.M.\u201d, donc.pour cela, éviter les débats sur des questions de fond, a comme conséquence d\u2019engager les énergies politiques sur la poursuite d\u2019objectifs à court terme sans jamais les replacer dans le contexte socio-économique et politique OÙ ils se situent.Si la lutte sur les conditions de logement à Montréal constitue une plateforme sur laquelle il est possible de rallier tous les citoyens touchés dans leur vie quotidienne par cette question, il est en même temps nécessaire, à mon avis, d\u2019élaborer une analyse de la ville qui débouche sur un programme d'ensemble de transformation radicale de la ville; pour cela, il faut insérer la compréhension des problèmes du développement urbain dans celle de l\u2019ensemble du développement économique duQuébec et du Canada.Ce n\u2019est que dans cette mise en perspective qu\u2019il devient possible de sortir de la petite politique du cataplasme et aussi de l\u2019impasse à plus ou moins court terme où conduit le réformisme.5 \u2018 Le R.C.M.un rassemblement ou un parti?Les origines du R.C.M.font de lui un regroupement de tous les citoyens progressistes, conscients de l\u2019urgence d\u2019intervenir dans la redéfinition des politiques urbaines.La mobilisation autour de la politique municipale a été l\u2019un des premiers soucis du R.C.M.Une fois, cette mobilisation assurée, il fallait la maintenir sur une base plus solide et se donner des structures minimales pour y arriver.Par ailleurs, l\u2019élection de 18 conseillers municipaux posa le problème du\u2019 rapport entre le travail parlementaire et l\u2019action militante dans les districts.Le rassemblement devenait un parti municipal.De quel type allait être ce parti, quelles priorités allait-on donner au travail parlementaire?Ces questions étaient posées, les réponses quant à elles, divergeaient et continuent de diverger.Pour les uns, !e travail prioritaire est celui du travail parlementaire, de la mobilisation massive des électeurs sur un programme minimal en vue du renversement le plus vite possible dans le temps du gouvernement \\ 76 -r qu mo tout à a de | din (ou | inti ou \u201cTéël Ll Step -ade À vin forte Ls og tions A001 milf | ebi pouy [ES form form ng { Ge actue im Gait Socia 0) polit tlle la by Sci a gg Ben Meirgy Mi Québé eux Drapeau.lls préconisent donc des positions modérées, invoquent la peur du socialisme, font un appel à l\u2019unité à tout prix des militants du R.C.M.Ils privilégient les actions à court terme, voient dans le travail d\u2019analyse et de réflexion, un luxe, du temps perdu, un signe d'incapacité d\u2019action.Ils ne sont cependant pas encore (ou du moins ils ne me sont pas apparus ainsi), intransigeants sur leurs positions.La preuve en est que tout en s\u2019opposant à la proposition | de l\u2019exécutif, ils ont réélu à l\u2019unanimité la présidente Léa Cousineau et voté en majorité pour la réélection d\u2019un des vices-présidents, Stephen Schecter, bien que les deux aient défendu ardemment cette proposition.Cette tendance dont je viens d'énumérer certaines caractéristiques peut être qualifiée de réformiste, de social-démocrate.L\u2019autre tendance, celle des sociallistes, moins forte numériquement à l\u2019intérieur duR.C.M.mais très présente dans les débats, soutient des positions claires quant à la nécessité de travailler à l\u2019élaboration d\u2019un programme socialiste qui conduira à des transformations radicales de la ville.Tout en appuyant des mesures à court terme, elle privilégie la formation politique des militants à travers des actions concrètes mais aussi par le biais d\u2019un travail spécifique de formation.La prise du pouvoir sur la scène municipale dans les plus bref délais n\u2019est pas un objectif prioritaire.C\u2019est un objectif à long terme qui doit-consacrer une mobilisation des citoyens formés et en accord avec un programme socialiste, pour une ville totalement transformée, une ville socialiste.Les débats seront difficiles à l\u2019intérieur du R.C.M.Ce qu\u2019il faut souhaiter, c\u2019est que dans la conjoncture actuelle qui est celle de Montréal, ville soumise au régime autoritaire de Drapeau et à l\u2019emprise directe des capitaux américains sur son développement, les sociaux-démocrates du R.C.M.mesureront leurs responsabilités historiques et ne répéteront pas le jeu politique de leurs pères dans l'offensive fasciste qui fut celle des années \u201930, soit la collaboration de classe avec la bourgeoisie.Ce qu\u2019il faut aussi souhaiter, c\u2019est que la tendance socialiste se maintienne avec force, continue son travail au sein du R.C.M.et se place avec de plus en plus de détermination sur des positions de classe révolutionnaires.Les conditions objectives pour le faire se multiplient et le grand coup de fouet donné au peuple québécois et montréalais dans toute cette affaire des Jeux Olympiques ne peut qu\u2019ajouter un .caractère 77 - favorable à la prise de conscience et à la mobilisation.S : \u201cIl ressort que c\u2019est une tendance générale > des pays capitalistes avancés que de faire de* ia social-démocratie le soutien le plus efficace du régime capitaliste; un soutien- beaucoup plus solide que celui fourni au a capitalisme ancienne manière par les couches pré-capitalistes des campagnes ou par les classes moyennes traditionnelles.Aujourd\u2019hui, le soutien social-démocrate a sa source au coeur même de la production moderne, il vient d\u2019une couche ouvrière qui participe à la production.C\u2019est pourquoi la social-démocratie finit par être l\u2019antithèse i : , du socialisme, et les forces socialistes ne 3 peuvent tarder a prendre conscience de i cette réalité, et ne peuvent sacrifier à l\u2019unité = du mouvement ouvrier les raisons mêmes } = 7 de leur existence comme socialistes, leur § 3 - conscience.de classe et leur volonté ë révolutionnaire.Sh au temps du vieux f ; réformisme, on pouvait encore\u2019 parler bu i d\u2019unité, en arguant qu\u2019entre aile révolution- Mir a .naire et aile réformiste n\u2019existait qu\u2019une | eth a différence dans le choix des moyens en vue Chat du but commun, le socialisme, aujourd\u2019hui, ls face a la transformation de la société et a § w; l\u2019évolution de la social-démocratie, se doit | \u201cpart d\u2019avoir le courage de constater que ee 8 .l\u2019opposition entre les buts poursuivis est 3 radicale.\u201d (5) , I ie | A JM _ - Côte Céline Saint-Pierre $ ie / | Ln Mou those _ - don d'en - .: ng ) Lar \u2019 i ir 5- Lelio Basso, «Que devient la social-démocratie dans la M fom société néo-captialiste?», article paru in Revue internationale à | du socialisme, janv.-fév.1965, pp.42-52.: i, > ns a aop pa Lui dun less paux diffe les défaut d\u2019objets référentiels, quelques appâts, leurres, lapsus, marques, grains, plis ou failles pour que ça marche, pour que ça capte notre inattention, c\u2019est sur des matériaux, procédures de transformation et modes de formalisation qu\u2019on nous enligne et veut régler la production / consommation de jouissances \u201cesthétiques\u201d.D'ailleurs, l'accélération de la productivité et la fuite en avant vers la consommation de biens inutiles, laissent-ils d\u2019autres choix?Chose certaine, celui qu\u2019on a adopté dans cette expo consiste à se laisser fasciner par cette machination.Certes, dans l\u2019ensemble et à première vue, on ne voit guère en quoi tous ces papiers portent les traces d\u2019un retournement critique de la pratique artistique sur les supports, matériaux graphiques et éléments principaux du dessin ou de la gravure, mais il est encore plus difficile d\u2019imaginer que cela puisse suffire pour repenser les conditions de production de ces objets d\u2019art.On est loin de là.Sur fond de papier-monet (sic!), l\u2019impression qui se dégage est davantage celle d\u2019un effet de mode, noyant dans le confusionnisme des partis-pris adoptés, le peu de travail d\u2019analyse qui s\u2019y effectue.Or, malgré cette réserve sur l\u2019indice ou la portée de cette inscription, je dois reconnaître qu\u2019il y a ici le symptôme de quelque virage chez nos artistes vers des préoccupations matériologiques de plus en plus exclusives et, plus particulièrement encore, sur la prépondérance accordée aux seuls moyens de produc- tion-reproduction de la gravure et du dessin.Tel est en tous cas ce que cette mise en montre sur papier nous signale.C\u2019est cette réduction qui fait qu\u2019on se contente d\u2019étaler ici les étapes de fabrication d\u2019une image au.détriment de ses différents niveaux de signification.On n\u2019analyse pas les effets de cette scription, on se refuse à penser le déplacement par lequel ce n\u2019est plus l\u2019image finie qui compte mais ses seules étapes d'écriture, ses états successifs de constitution.Bref, on ne déconstruit pas, on démontre tout au plus un mécanisme de griffonnage, on ne déchiffre pas, on donne à consommer l\u2019ima- d\u2019un procès de production qu\u2019on n\u2019a pas fait mais réifié.Suprême développement de notre société que de nous amener à consommer le savoir faire, le comment on s\u2019y est pris! Tout ici nous fait penser à la réussite phénoménale de Jaws.D'abord un roman bestseller, puis un-film à gros sous et, enfin, lui aussi très gros vendeur, le récit anecdotique et technique de sa 81 réalisation.La logique qui conduit ainsi des procédures didactiques à la démultiplication et la reproduction infinie des imageries consommatives (mass-media), c\u2019est celle même de la reproduction idéologique et de son mécanisme de réduction / occultation du procès social à ses seules images ou signes consommables.Rien ne vient dans cette expo de papier redoubler les signifiants graphiques, leurs systèmes et procédures.Aucun retour n\u2019est effectué sur les autres textes qui ont .partie liée à ces processus techniques, aucune prise en charge du social n\u2019est même risquée.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que confirme H.Storm lorsqu\u2019elle écrit: \u201cComme la possibilité d'interaction entre les autres et nous reste une utopie j'aime à moins sentir mon travail comme une partie de mon procès de vivre à moi.(.)Chaque dessin est donc comme une petite action d'indépendance vis-à-vis des valeurs matérialists qui sont nous imposes».SIC! La\u2019démission est rapide lorsqu\u2019il s\u2019agit de faire le passage entre pratique artistique et pratique sociale.11 n\u2019y a rien de plus facile que de faire l\u2019économie des luttes dans la production / consommation de signes qui ne renvoient plus qu\u2019à eux-mêmes.: Voici donc une exposition qui pour traiter exciusivement du papier et des moyens d\u2019inscription occulte toute référence à l\u2019histoire de l\u2019art et oblitère même, par exemple, toute allusion aux grèves et luttes qui traversent depuis un très long moment le secteur des pâtes et papiers.Je sais bien qu\u2019un tel déchiffrement n\u2019est pas aisé, mais si j'en parle, c\u2019est justement parce qu'il est possible de l\u2019entrevoir à partir des décodages que Colette Laliberté et Suzanne Valotaire effectuent, par exemple, en faisant passer un référent (vêtement) par différents systèmes formels.Qu\u2019on étale ainsi, de droite à gauche, les\u2019 phases d'exécution (allant -du carnet d'esquisse jusqu\u2019à la gravure achevée en passant par le procédé de surimpression de la couleur) ou qu\u2019on dispose dans le même sens renversé (typique de la gravure, mais aussi semblable à celui de la photographie) les divers modes d'inscription / transcription d\u2019un arrangement de vêtements, il demeure que sous ces apparences didactiques, on reste fasciné-non pas par la référence ou l\u2019objet représenté (en l\u2019occurence un coq et des vêtements) mais par ses représentants graphiques.Dans le meilleur des cas, on se contente tout au plus de décrire le mouvement décomposé d\u2019un processus de reproduction graphique (eau-forte) ou celui de la transcription de référents sur les modes d'inscription: a) de la 82 PS EN photographie, b) du dessin illusionniste, c) du motif bidimentionnel, d) du dessin-contour et e) de l\u2019aplat coloré.Du début à la fin de la série, on illustre la transformation du référent tissu-robe en celui de papier-patron de couture, mais à aucun moment-on ne l\u2019indexe réellement.On_se satisfait du glissement d\u2019un mode de représentation à un autre et c\u2019est ce mouvement décomposé de transcodage qui seul est l\u2019objet de cette production.A aucun moment, dans cette mise en page didactique, caractéristique de cette exposition, on ne nous permet de voir en quoi ces systémes formels ont partie liée à l\u2019histoire de l\u2019inscription graphique et, par extension, sociale.Et pourtant, comme dit Marc Le Bot, (Valerio Adami, Ed.Galilée, Paris 1975, p.75) «ceux-ci sont pour l\u2019artiste une réalité concrète, matériellement instituée, par quoi les échanges artistiques deviehnent des faits sociaux.Ils sont ce par quoi l\u2019art est art et non rêve ou fantasme».Jamais ces dissections ne renvoient, .par exemple, aux nombreuses planches ou scènes d\u2019anatomie qui parsèment l\u2019histoire de l\u2019art et jamais on ne montre non plus l\u2019envers de ce décor graphique ni les dessous de ces robes.Ce qu\u2019on oublie ou occulte ainsi derrière le mode de représentation c\u2019est sa limite, à savoir l\u2019exploitation qui a cours, là encore, dans l\u2019industrie du vêtement et qui reste ici résolument interdite à la vue; c\u2019est-à-dire comme étant le négatif même de cette procédure photo-graphique.Ce sont ces conditions de production réelles que l\u2019art continue encore et toujours de voiler par ses écrans de papier et ses impressions / expressions d\u2019artistes.On est loin du retournement critique escompté, mais si je continue à accorder autant d\u2019attention à cette exposition c\u2019est qu\u2019elle signale non seulement un glissement, mais aussi parce qu\u2019il y a là malgré tout une tentative visant à rendre compte des moyens et procédés graphiques.Qu\u2019elle soit d\u2019ailleurs prise au jeu narcissique du papier-miroir et de la régression au stade anal comme chez Jean-Yves Vigneault ou qu\u2019elle se solde par le fantasme du matériau chez Chantal Dubé ou encore dans le formalisme des réseaux de lignes et des grilles-portées musicales chez Marie Faucher, il n\u2019en demeure pas moins que s\u2019amorce ici un déplacement réel de l\u2019attention sur les conditions spécifiques d\u2019inscription /impression.Et, même si cette amorce ne déconstruit ni l\u2019art-ni la réalité sociale \u2014 elle en fait même.au contraire l\u2019économie complète des luttes \u2014 il s\u2019y trouve néanmoins une attitude didactique et une attention 83 ~ \u2014 portée aux médiums graphiques qui à travers les superpositions quasi infinies de traces, cherchent à connaître en quelque niveau de ce processus d'inscription une part de son fonctionnement.De là à entrevoir une pratique de déconstruction et de critique, il n\u2019y a qu\u2019un pas, mais il n\u2019est pas franchi.Sur la lancée d\u2019une pareille entreprise, on ne va évidemment pas très loin.Véronique Vézina évite en quelque sorte cette démarche en la réduisant à des allusions aux cartes des couleurs ou à des planches .connotant un jeu d\u2019hiéroglyphes pouvant également renvoyer à des motifs emblématiques.En fait, elle substitue littéralement à ce travail un glissement dans le mouvement duquel la feuille de papier redevient tablétte.de bois peint au moment méme où lés papiers deviennent les documents de gestes passés.Que dire dès lors de ce déplacement de problématique dans l\u2019art et auquel je faisais référence plus haut si ce n\u2019est qu\u2019il est ici réduit au jeu de la substitution et qu\u2019il n\u2019est aucunement pensé en terme de déconstruction / construction mais comme simple relai verbal.Et si ce fonctionnement n\u2019est même pas montré, comment croire, comme elle le demande, qu'ici, «il y a tout ce qu\u2019on ne dit pas»?Certes, comme tout spectateur / producteur de lectures je n\u2019ai pas la prétention de dire le tout de la démarche de ces exposants, mais ce «tout ce qu\u2019on ne dit pas» et qu\u2019on répète cinq fois sur l\u2019affiche de cette exposition est-il même là?Ce n\u2019est certainement pas ce qu\u2019on nous y - donne à voir.» - ! Dans l\u2019ensemble, ce qu\u2019on y présente aurait plutôt à voir avec la méconnaissance qu'a pu engendrer la formule mcluhanienne: «The medium is the message».Et, puisqu'il faut en parler, le contenu des oeuvres exposées chez Média, c\u2019est bien celui de sa réduction aux médiums employés.Quand les artistes nous demandent de les croire sur papier, vous pouvez être sûrs que le message s'arrête là.Des informations sur le papier proprement dit et ses qualités, on en fournit bien peu, mais dans le rapport de ce support aux inscriptions qui le saturent, on voit bien que ce qui compte ici ce n\u2019est pas le papier et que le support réel des démarches exhibées c\u2019est cette idéologie du médium (non pas conçu comme source de formalisation, mais comme étant justement le message).Bref, comme l\u2019écrit un des exposés, on ne sort pas ici de «l'hypnose des matériaux», on y ajoute même celle des médiums.oo Certes, ces préoccupations relatives.aux divers 84 F on gi ik pres imp elfe che de ( mat des dur on sais im psy ser 1 a eg J es S001 con Sur rest pie Mai iden 3st dist ques fire Lui artis hit dem fs da - ni ao Sgn H es ~ modes d\u2019inscription sont également reliées a d\u2019autres concernant I\u2019élaboration d\u2019'un langage non-verbal et d\u2019une écriture.Bien que cet aspect des recherches ne soit pas ici le plus visible, il fait cependant a tel point l\u2019objet de presque tous les textes accompagnant l\u2019exposition qu\u2019il importe de s\u2019y arrêter.|| n\u2019y a pas toujours là un simple effet de discours.C\u2019est en ce sens que Suzanne Pasquin cherche à produire, par exemple, à travers un étagement de gestes répétitifs et par variations qualitatives des matériaux employés, une écriture dont la mise en page des signes et la mise en scène de l\u2019espage serait l\u2019effet d\u2019un conditionnement rythmique.Gestualité par laquelle on entend générer des signes mais aussi procédure de saisie ou de capture de ce qu\u2019on continue à appeler l'émotion.Qu\u2019un tel enregistrement de la motion psychique soit obtenu par le rythme des gestes de scription ou, comme c'est le cas chez Marie Faucher, par accumulation de lignes désordonnées et superposition de grilles-trames, c\u2019est encore la répétition en serie qui est retenue comme principal moyen de reproduction des secousses pulsionnelles.La encore, et comme chez Gilles Gladu, ce qui compte c\u2019est moins le produit fini que ce qui se passe sur le papier, ce qui s'y trouve ou dissimule pour enfin.rester pris dans les rets, trames et réserves de son propre piège.Ce qui importe, c\u2019est un processus de transformation des matériaux en systèmes.Et contre toute - identification ou référence à autre chose, c\u2019est à ce système formel et à son dispositif technique que cette distanciation conduit.Que cela-suffise à ramener le questionnement artistique à une idéologie du savoir faire et de la maîtrise technique, il n\u2019y a aucun doute.L\u2019évitement des questions relatives à la finalité artistique est tel que cette petite répulsion entraîne la fuite en avant vers la seule monstration des mécanismes de production graphique.Découlant de cet aveuglement, ce qu\u2019on nous demande désormais de consommer c\u2019est un processus de fabrication subitement révélé et déclaré comme étant et ayant toujours été l\u2019objet même de l\u2019art et le but unique de toute pratique artistique.Bref, avec ce \u201ctout ce qu\u2019on ne dit pas\u201d il y a justement tout ce qu'on évacue et qu\u2019on tente de nous faire croire comme allant de soi.Dans tout cela, il n\u2019y a rien d\u2019autre qui vient avec et il n\u2019y a même pas de transformation productive opérée sur le savoir artistique (Histoire de l\u2019art et ses pratiques signifiantes).Quant à se demander si on apporte ainsi 85 quelque chose à la connaissance de notre univers quotidien, on peut toujours repasser.Que dire aussi des intentions contenues dans certains textes.écrits accompagnant l\u2019expo et manifestant le désir d\u2019articuler l'art et ia vie de tous les jours, si ce ñ\u2019est que rien de tout cela n\u2019est accompli ou même tenté ici.Au contraire, au lieu de renouer avec le monde réel et effectuer ainsi un véritabie changement d\u2019attitude, on se contente de réaménager sa pratique en renouvelant ses moyens.ll y a décidément dans cette expo si peu d'efforts pour rejoindre la réalité matérielle qu\u2019on a peine à espérer qu'un jour on abandonnera enfin ce que Borduas mais trop facile d\u2019évitement».\u2018 Si Duchamp demandait, il y a soixante ans, de croire l'artiste sur parole, quelle position pouvons-nous appelait «la seule bourgade plastique, place fortifiée .prendre aujourd\u2019hui quand on nous demande de ies croire sur papier?Quelle attitude peut-on également adopter devant une exposition comme LUMINESCENCE Où une douzaine de sculpteurs du groupe Lumen-Qué- bec se penche, là aussi, à l\u2019exclusion de tout autre, \u201csur un aspect spécifique de l\u2019art: faire vivre l\u2019espace\u201d?Voici donc une exposition de matières plastiques où à travers les problèmes posés par les propriétés de réfraction, transparence, diffusion et coulées, on annule complètement le travail effectué et°sa portée réelle quand on en vient à le réduire aux belles formes et aux techniques de capture de la lumière et lorsqu\u2019on le présente sous l\u2019égide d\u2019une quête de l\u2019essence lumineuse de la sculpture.Ce qui est oblitéré dans cette neutralisation esthétique et idéaliste c\u2019est la contribution même de ce travail à la conception et l\u2019invention d\u2019un nouvel espace habitable.Il suffit d\u2019observer, entre autres, «Mur ouvert et fermé» d\u2019Yves Trudeau pour comprendre l'intérêt de l\u2019entreprise, mais comment ne pas voir en même temps que tout ce qu\u2019il y a de positif dans cette exposition est entièrement récupéré dans l\u2019esthétisme des beaux.objets et le modernisme des délicates matières polies et plastifiées.Comment ne pas être frappé par la similitude existant entre, d\u2019une part, ces objets et leur mode de présentation et, d'autre part, l'engouement des jeunes riches pour des intérieurs «modernes» et un ameublement de chrome et de résines .Mousseuses ou translucides- lI y a là une nouvelle noblesse des matériaux entièrement copiée, bien entendu, sur tes plus anciens marbres ou verres taillés.Entre l\u2019espace muséal et celui-là, quelle différence?\u2014 ~ a prey dt cancer Celle Méta Chingy Cala Seif Socia Gone Chan Sait q | Clay bin Moni ey su w Fin = = 3 =
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