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Titre :
Chroniques
Éditeur :
  • Montréal :[Chroniques],1975-1978
Contenu spécifique :
Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Chroniques, 1976-08, Collections de BAnQ.

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[" ~~ \u2014e => 0er ep = me -l - Re, ~ Fy « #\u201d% a numéros 20-21 \u201cmn.\u2018> PR 5 6 æ re % août-septembre \u201876 - mes 2020 | R 39 \u2018 la situation rnationale Frois points de vue marxistes divergents \u2018 .PS ps li Cuestions iol i y?iu Realicme in § iy lg pall | ip: SEIN Sc.spine À La réapparition de la question du Réalis- nine socialiste comme symptôme de la ; utte politique dans le domaine de la jpulture est un phénomène important dont | faut évaluer l\u2019enjeu. U IN œ on ER ay ory la AR __ REP el Zo Vee ER As Pn = 2 éros 20-21 S om m a I re août-septembre \u201876 TEXTES A L\u2019APPUI QUESTIONS DU REALISME = Quelques remarques sur le concept de réalisme, notamment au cinéma par Dominique Noguez Critique du réalisme ou réalisme critique par Francine D\u2019Amour et Gilbert Maggi Conflit par Philippe Haeck Le réalisme en question par Marcel Saint- Pierre .A propos d\u2019un film réaliste: Le Sel de la terre par André Morf SUR LA SITUATION INTERNATIONALE Le point de vue de la Chine sur la situation internationale par Diane Ethier L\u2019U.R.S.S.et les relations internationales par Hervé FWÿet : La montée de la révolution mondiale par Léon Peillard CHRONIQUES : Du coucou au hippie par Jocelyne Lefebvre C\u2019est l\u2019été par Jean-Marc Piotte Le boucher et le dément par André Roy * INFORMATIONS © 11 31 46 105 115 134 151 169 174 180 186 tty en , Bg es Ey pasate eran era ES eee cater far Ep paies a yo SA p\u2014\u2014_w = pK ace 2 = 0 = uesti i a = S n textes à l'appui , , ons du Re al © Fragment de La Liberté sur les barricades.(Delacroix) - ISme Na PRIE a a = de = = = = f d | à De > re: = = > rr DD = a.\u20143 mètres de plus en plus nombreux, il y a un progrès historique de l\u2019iconicité (ex.une iconocité progressive) de la peinture byzantine à la peinture en perspective du Quattrocento, de la peinture du Quattrocento à la photo, de la photo au cinéma muet noir et blanc, du cinéma muet noir et blanc au cinéma en couleurs et parlant (etc.).Inutile de revenir sur les pages consacrées à cela par André Bazin (le cinéma comme momie du temps)2, Michotte ou Christian Metz (le mouvement réel comme cause principale de l'impression de réalié au cinéma (3).Ajoutons seulement que Metz omet un autre facteur de renforcement de cette impression de réalité dans les films parlants, plus décisif encore peut-être que le mouvement: la synchronisation de deux séries de stimuli, les signes sonores et les signes visuels de l'acte de parler.La métaphore de l\u2019ordinateur, utilisée il y a un instant, a l'avantage de nous rappeler que cette recherche de l\u2019iconicité ne se fait pas toute seule et qu\u2019elle n\u2019est, comme les sémiologues le répètent depuis quelques années, qu\u2019une affaire de codes \u2014 dans la photographie même, dont Barthes avait imprudemment d\u2019abord écrit qu\u2019elle était \u201cun message sans code\u2019\u201d\u2019.4 Même le dessin d\u2019une forme est codé, s\u2019il est vrai qu\u2019il s\u2019agit, comme je l\u2019ai proposé, de traduire en N-1 ou n-x dimensions une réalité à n dimensions.L'histoire du réalisme, de ce premier point de vue, culmine dans celle du trompe-l\u2019oeil (et de tous les trompe-l'oeil, trompe-l\u2019oreille, etc.qui font de l'histoire de l\u2019art une histoire de l\u2019artifice).Toujours de ce point de vue, le cinéma à évidemment conquis, sans grand mérite il faut l\u2019avouer, la-première place.3.Le real d .Le realisme comme cadrage ~ Mais le réalisme n\u2019est rien s\u2019il n'est qu\u2019un trom- pe-l\u2019oeil et n\u2019est pas aussi un trompe-l'esprit.Ou alors ses productions ressembleraient à ces reconstitutions à la fois fidèles et fautives d\u2019un décor humain auxquelles aboutissent les extra-terrestres de ~ >< (2) \u201cOntologie de l\u2019image photographie\u201d, in Qu'est ce que le cinéma?Tome 1 (Paris, éd.du Cerf.1958).(3) Essais sur la signification au cinéma, Tome 1 (Paris, Klinck- sieck, 1968).(4) Communications no 4 (Paris Seuil, 1965). mieux voir, ou voir autre chose, ou voir autrement 2001, l\u2019odyssée de l\u2019espace, parce que les images terrestres qu'ils ont obtenues à des millions de kilomètres de distance sont superficielles; que des détails et surtout l'existence même de la profondeur ont échappé.L\u2019iconocité ne livre que des approximations de surface; elle ne devient réalisme au plein sens que si quelque chose de la profondeur \u2014 de ce qui fait que la surface est telle \u2014 est aussi révélé.Donner la \u2018\u201cphotographie\u201d d\u2019une machine ou d\u2019un être ou d\u2019un rite ou d\u2019un groupe social n\u2019est réaliste que si en même temps, d'une façon ou d'une autre, est compréhensible le fonctionnement de cette machine, de cet être, de ce rite, de ce groupe social.A la limite, on peut soutenir que le film de Kostas Sficas, Modelo, qui tente de donner en un plan fixe de 3/4 d'heure, par le simple déplacement régulier de personnages et d\u2019objets, une idée de l'exploitation capitaliste, n\u2019est pas moins réaliste que le premier film venu de cinéma direct que ne sous- tend aucune analyse.On commence à savoir qu\u2019il ne suffit pas de partir au hasard, la caméra et le magnétophone en bandoulière, pour être réaliste.On commence à le savoir depuis Vertov, qui a à la fois théorisé la recherche de la \u201cvie à l\u2019improviste\u201d et son insuffisance si elle n\u2019est pas structurée, avant, pendant et après, par toute une série d'opérations de \u201cmontage\u201d.- C\u2019est ici qu'avec la profondeur et le temps est introduit le deuxième problème du réalisme: celui du \u2018 cadrage.Quel est le cadrage\u2014 ou, pour employer un vocabulaire plus dynamique et, du coup, plus cinématographique, quel est le mouvement d'appareil \u2014 quel (le) est le point (ou la série des points) de vue, qui va le mieux permettre de rendre une réalité donnée \u2014 surface et profondeur, apparence fixe et fonctionnement?Telle est la question.\u201cEn ce sens encore, le réalisme n\u2019est qu\u2019une tendance, toujours exposée, toujours résignée à ne pas aller jusqu'à son terme.Terme toujours vague, au demeurant et qui \u2014 \u2018nature\u2019, \u2018vie\u2019, choses comme elles sont\u201d, \u201créalité\u201d \u2014 tient du point focal ou Virtuel plus que du point d\u2019aboutissement.Le réalisme, en ce second sens (qui est comme la dynamisation du premier), n\u2019est que le refus polémique d'une façon de voir (ou plutôt de ne pas voir) et la recherche hautement proclamée d\u2019un nouveau cadrage, qui fasse 6 { I 3 or.la même chose.Le réel est ici, au sens propre, l\u2019a- na.libi.Le réel, pour Courbet, nest que ce gu\u2019oubliait als Delacroix, et pour Degas pour Cézanne il n\u2019est que ce hap.qu\u2019omet Courbet.Zola ne voit pas le même réel que de Hugo: il voit le réel contre Hugo.|| perçoit, avec une i TI obstination provocante, précisément ce a quoi Hugo, E ola volontairement ou non, restait aveugle.Le réel du a ho - naturalisme \u2014 ce réalisme type \u2014 est le revers du E Ww réel romantique, c'est le romantisme en creux.Les i ms, pantins zoliens, mus par leurs genes, sont les héros E me.romantiques \u2018\u201cénervés\u201d\u2019, \u201cénuclées\u201d du gros coeur EF w - ineffable qui battait sous leur peau pâle, en retournant É Ig ce que le romantisme omettait: le charnel, l'hormo- E ner nal, l\u2019héréditaire.La \u201cbête humaine\u201d, c'est la \u201cfor- \u20ac ce.ce qui va\u201d, sachant enfin d\u2019où elle vient, et Thérèse 3 de Raquin une Cosette amputée de l\u2019âÂme et empêtrée i 1e d\u2019un sexe.Chaque réalisme est l\u2019antiréalisme d\u2019un bi i autre.3 F \u2018gi Dans la succession quasi dialectique des esthéti- E a: ques, réalisme (ou vérisme, ou néo-réalisme) est le Ê on- nom du mouvement négatif qui vient inévitablement, \u2014 E er au nom d\u2019un contenu réputé méconnu ou nouveau, é- Ë son branler la positivité quiète d\u2019un système de formes Ë ef figées par la répétition et apporter cette surprise iE de sans quoi, les formalistes russes l\u2019ont bien vu, il Ï n'y a pas dart.Le baiser hollywoodien, réaliste, | gs! quand personne ne s'embrassait à l\u2019écran, cent fois i du refait dans cent films n'est plus qu\u2019une forme; le réa- x a lisme nouveau sera de montrer la langue, la salive ji ma: qui coule et qui n'avait jamais coulé, non pas parce j pe que c\u2019est plus réel, mais_parce que c\u2019est le signe RE: a que quelque chose a changé au royaume d\u2019Eros, \u2014 : \\ qu'il y a toujours quelque chose qui change, partout.È ne Le \u201créel\u201d n'est autre que ce changement que la for- 3 me aspire sans cesse à saïsir mais qu\u2019elle manque 4 inéluctablement.Le réalisme est la revanche de l\u2019im- er prévisible et de I'hétérogéne \u2014 de l\u2019histoire \u2014 sur la pas vocation éternisante (ou éternitaire) de la forme.C\u2019est a la confrontation mimée et orageuse du signe et de ce me qu\u2019il prétendait signifier mais qu\u2019il ne signifie plus Ly guère, tant, en lui, le signifiant a pris le pas sur le fe signifié et a finir par évoluer monstrueusement, ona- gd nistement, seul de son cété.Le réalisme commence 1 par être un anti-formalisme et finit par être un nou- ue veau formaliste: le \u201créel\u201d n\u2019a été qu\u2019un prétexte, f prétexte à un changement de convention formelle 7 Ê th A es BX arr (de la même façon que lès révolutions, au XIXe siècle, qui\u201cse.sont toutes faites au -nom du peuple, n\u2019ont, sauf la Commune, provoqué qu\u2019un changement de personnel politique dans la bourgeoisie).< | 4.Gontours du vide Cependant ce concept vide, ou presque, a un contour, tentons de le cerner par quatre traits: t) le réalisme, c'est la préférence accordée au _plus proche, (de l\u2019auteur et de ses contemporains), dans l\u2019espace et dans le temps.C'est le \u201csens du présent\u201d dont Charles Bevchat faisait la caractéristique du roman naturaliste.C'est aussi le refus de l\u2019exotique 5, la volonté de regarder ce que nous avons sous les yeux mais que divers caches (bienséance, conventions, censures) d\u2019une esthétique sclérosée ou d\u2019une idéologie dominante nous empéchaient de voir.D'où souvent une manière de souligner agressivement qui donne au mot réalisme ses connotations de cruauté et de \u2018\u2018trivialité\u2019\u201d\u2019.Encore y a-t-il, selon le point.de vue socio-politi- que de celui qui regarde, deux façons possibles de supprimer ces caches: celle d'une classe sociale en pleine ascension, qui veut son reflet collectif dans l\u2019art et la littérature (ainsi Beaumarchais voulant, dans ses \u201cdrames bourgeois\u201d, \u2018honorer les gens du Tiers Etat\u201d; ainsi Eisenstein ou Vertov honorent le prolétariat russe); et celle d\u2019une classe dominante qui se donne les gants, avec un petit frisson exotique, d'observer à la loupe une classe dominée.C\u2019est le jeu du naturalisme des Goncourt dont, avec cynisme ou naiveté, Edmond révèle les arrières-pensées dans son Journal du 3 décembre 1871.\u2018Mais pourquoi choisir ces milieux?Parce que c\u2019est dans le bas que, dans l\u2019effacement d'une civilisation, se conserve, le caractère des choses, des personnages, de la langue, de tout.Pourquoi encore?Peut-être parce que je suis un littérateur bien né, et que le peuple, la canaille si vous voulez, a pour moi l\u2019attrait de populations inconnues\u201d.2) Le réalisme, c\u2019est le recours le plus large possible à un matériau encore non-esthétique.Ainsi, (5) Sauf si l'exotique est une dimension essentielle d\u2019un vécu.Le réalisme c\u2019est parfois aussi de montrer l\u2019idéalisme d'un être ou d\u2019une classe sociale.Mme Bovary est un ro- man réaliste.À rebours aussi.- 7 Son E ré US ge Si, cu sm ys dans le cinéma allemand des années 20, I'importance capitale des extérieurs urbains (Die Strasse, de Karl Griine, 1923; Berlin, Symphonie der eine grosse Stadt, de Mayer, Freund et Ruttmann, 1927; Asphalt, de Joe May, 1929; Berlin Alexanderplatz, de Phil Jutzi, 1931).Ainsi,, dans les films néo-réalistes italiens, l'emploi d\u2019acteurs non-professionnels, de gens-jouant leur propre rôle (La terra trema, de Visconti).Ainsi, dans les romans de Zola, l'importance du langage de la rue.Ainsi, dans les films-de Warhol, dans The Chelsea girls par exemple, les longues conversations improvisées.Ainsi, dans le réalisme \u201cpop\u201d ou l'hyperréalisme, 1es objets les plus quotidiens \u2014 hot dogs, lunettes de soleil, voitures \u2014, tout un aspect-raclures de poubelles ou de Eaton's.3) Le réalisme, c\u2019est la volonté de faire oublier le plus possible le caractère fictif de la fiction, d'occulter le procès d\u2019énonciation, bref de produire des oeuvres d\u2019\u201cimmaculée conception\u201d.C\u2019est Flaubert cherchant à \u201cn\u2019y être pas\u201d; c\u2019est \u201cl\u2019effacement devant la réalité\u201d, par la préférence accordée aux longs plans-séquences et la réduction du montage à presque \u201crien, dont André Bazin faisait une caractéristique du cinéma moderne et, déjà, des films de Von Stro- heim, Murnau, Flaherty, Dreyer ou Renoir6.| _Il n\u2019est pas difficile de voir de cette volonté d\u2019effacement de l'instance créatrice une manière quasi magique de suggérer au monde de paraître \u201cen personne\u201d.En somme, le réalisme est la tendance inlassable et utopique à faire oublier qu\u2019une oeuvre n'est qu\u2019une oeuvre, c\u2019est-à-dire Un erzat codé \u2014 \u201c de sorte qu\u2019enfin, comme écrivait Paulhan dans les Fleurs de Tarbes, le théatre ne se trouve rien tant éviter que le théâtral, le roman le romanesque, la poésie le poétique.\u201d Et, ajouterais-je, le cinéma le cinématographique.4) Le réalisme, c\u2019est le refus de l'unique, de l'extraordinaire et, d\u2019une façon générale, de l'événement.C\u2019est le triomphe, dans les récits, de ce que Barthes appelle les catalyses, c'est-à-dire des temps faibles ou morts, des interstices entre deux segments narratifs denses.C\u2019est le triomphe du détail pour le détail, qui \u201cretarde\u201d sans \u201craison\u201d le regard ou le récit (c\u2019est, dans Le dernier tango à Paris, la dame qui (6) \u201cMontage interdit\u201d, in Qu\u2019est-ce que le cinéma?op.cit. ie HEREC brosse son dentier dans les toilettes pendant que Jeanne attend pour téléphoner).C\u2019est tout ce qui est insignifiant du point de vue de l\u2019économie narrative ou-des systèmes de signification institués.9.Pour finir: le point où nous en sommes Il semble que la paramétre sur lequel se joue aujourd\u2019hui la question du réalisme au cinéma soit celui du temps.Le problème n\u2019est plus seulement, comme chez Lumière, Flaherty, Rossellini ou For- man, celui du cadrage d'un bloc d'espace, mais, depuis Warhol, Michael Snow, Chantal Akerman (Jeanne Dieiman, 23 quai du commerce, 1080 Bruxelles), le découpage d'un bloc du temps, restitué tel quel, sans - éllipse ni montage.Selon quelle durée (et plus seulement selon quel point de vue) une réalité donnée peut elle commencer à apparaître?|| faut avouer, quelle répugnance qu'on ait a magnifier le gadget, que le vidéo, en restituant instantanément ce qu\u2019elle filme, en re-(dé-) doublant parfaitement le temps, sans grand problème de limite, a contribué à cette évolution.Dominique Noguez pce RES paso mr P (co E SET que i | ve 0g ne Critique du réalisme ou réalisme critique \u201cIl y a cent moyens de dire et de taire la vérité.Nous déduisons notre esthétique, comme notre morale, des exigences de notre combat.\u201d 27 .B.Brecht, Sur le réalisme Il est difficile de dissocier la problématique du réalisme de celle du reflet, tant la métaphore du \u201cmiroir\u201d ou de la \u2018transparence\u201d marque avec insistance autant le discours critique sur le réalisme que le réalisme lui-même.En effet le texte réaliste traditionnel - qui se donne comme documentaire ou double mimétique du réel - se caractérise par cette confiance en la transparence et en l\u2019immédiateté de ses représentations: \u201cJe voulais une composition simple, une langue nette, quelque chose comme une maison de verre laissant- voir les idées a I'intérieur (.), les documents humains donnés dans leur nudité sévère.\u201d (Zola, Oeuvres complètes, tome |X, Paris, Tchou, 1968, p.92).Or, \u201cl\u2019écriture réaliste est loin d\u2019être neutre, elle est au contraire chargée des signes les plus spectaculaires de la fabrication.\u201d (R.Barthes, Le degré zéro de l\u2019écriture, Gonthier, Paris, 1965, p.59).Une abondante littérature critique (en particulier le numéro 16 de la revue Poétique, Paris, Seuil, 1973, entièrement consacré au discours réaliste: \u201cL'effet de réel\u201d de R.Barthes et \u2018\u201cVraiSemblance et motivation\u201d de G.Genette, articles parus dans Communications no.11, Paris, Seuil, 1968), reliant le problème du réalisme à celui du vraisemblable (code implicite commun à l\u2019auteur et au lecteur, ensemble des stéréotypes culturels qui déterminent 11 ORCA dt ~ ! l\u2019idée qu\u2019on se fait de la réalité ou de l\u2019oeuvre littéraire) et restituant le texte réaliste dans des rapports d\u2019intertextualité (\u2018L'artiste réaliste ne place nullement la \u2018réalité\u201d à l\u2019origine de son discours, mais seulement et toujours, si loin qu\u2019on puisse remonter, un réel déjà écrit, un code prospectif le long duquel on ne saisit jamais, à perte de vue, qu\u2019une enfilade de copies\u201d, R.Barthes, S/Z, Paris, Seuil, 1970, p.173) démontre le caractère illusoire, la simplicité idéaliste de cette prétendue conformité entre le texte et la réalité: \u2018L'effet de réel est aussi, indissolublement, effet de texte et proposition idéologique.C\u2019est-à-dire qu'au lieu d\u2019un reflet du réel, nous avons le réel d'un reflet, non point la \u201créalité\u201d, mais une image mentale de la.réalité, surdéterminée par un code socio-culturel, saturée de lieux communs, de stéréotypes et de connotations inertes\u201d, C.Duchet, \u2018Pour une sociocritique ou variation sur un incipit\u2019, dans la revue Littérature, no.1, Paris, Larousse, 1971.Henri Mitterrand, dans \u2018Fonction narrative et fonction mimétique\u201d (Poétique no.16) démontre comment la conception traditionnelle du réalisme (oeu- vre-mimésis du référent historique et social) masque tout le travail d\u2019énonciation par lequel la ma- tiere \u201cnaturelle et sociale\u201d devient matière scripturale\u201d (p.488).Ainsi l\u2019élaboration des personnages de Germinal obéit-elle à d\u2019autres contraintes qu\u2019à la pure et simple imitation de la réalité: le travail de construction romanesque, entre autres, \u201csurimpose ses propres objectifs, ses propres modèles actan- ciels, ses propres dispositifs pour donner naissance au personnage achevé.(.) Une compétence narrative, héritée, (le \u201ccode\u201d des situations dramatiques) vient heurter de plein fouet une compétence discursive, également héritée, (l\u2019ensemble des discours dominants, au XIXè siècle, sur la classe ouvrière) et le matériau documentaire recueilli par observation directe.De ce carambolage naît un texte qui n'est rien moins que (seulement) mimétique.\u201d (p.489).Aborder le réalisme en termes de \u2018\u201cmimésis\u201d équivaut à tomber dans le piège de l\u2019illusion réaliste, et il serait plus fructueux de se demander comment le récit réaliste parvient -à faire croire au lecteur qu\u2019il reproduit la réalité.En d'autres termes, 12 quels sont les procédés de [illusion réaliste, et réels dique LE Bry dy Image ta bag Comp lant tg.| fap.Jace \u20ac Ws, 18.i le Vg, ari, dire, mit | âus- | ion td ï là allé, née fons | Va ture, el com quelles en sont les imlications idéologiques?Car, pas plus qu'il n\u2019est transparent, le texte réaliste traditionnel n\u2019est neutre ou innocent: dans la mesure où il prétend se situer hors de la lutte des classes, en occultant les conditions de sa production et en transformant le sujet de l\u2019énonciation en sujet universel, il favorise la reconduction du discours bourgeois sur la réalité (i.e.le point de vue de l\u2019Homme-en-géné- ral.) Est-ce à dire qu\u2019il convient de reléguer aux oubliettes le concept de reflet?Dans son acception mécaniste, qui en fait l\u2019équivalent de la \u2018\u201cmimésis\u201d, certes.France Vernier souligne avec justesse l'erreur de Lukacs qui voit dans l\u2019oeuvre de Balzac un miroir du monde: \u201cCe que Lukacs y voit est le résultat d\u2019un rapport à trois termes, dont chacun est complexe: la réalité objective (et la perception qu\u2019en a Lukacs à travers l'analyse de Marx dans Le 18 Brumaire), un texte (\u2014 un écrit devenu \u201ctexte\u201d a la suite d\u2019un processus social complexe), un \u201cregard\u201d (formé, contradictoirement, par un certain apprentissage de la lecture et par le marxisme)\u201d -(dans Une science du littéraire est-elle possible?, Ed.de la Nouvelle Critique, Paris, 197, p.11).Mais dans la mesure où il désigne la relation de dépendance entre le phénomène littéraire comme forme idéologique et la réalité des rapports sociaux qui en est la source, il reste au centre d'une approche matérialiste de la littérature.Ce texte se propose de préciser les rapports entre les concepts de réalisme et de reflet et de reconsidérer les textes théoriques du réalisme socialiste à la lumière d\u2019une analyse des techniques du réalisme traditionnel et de leurs implications idéologiques.S'il prend finalement position pour une littérature réaliste, c\u2019est en référence à des textes de Brecht qui modifient largement la définition courante du réalisme: à une littérature qui ne livre qu\u2019une image statique du monde, Brecht oppose un réalisme militant (\u201cCombats en écrivant! Montre que tu combats! Réalisme offensif!\u201d) qui \u2018\u201cdévoile la causalité complexe des rapports sociaux\u201d et contribue à une transformation du monde: Venons-en maintenant à la notion de réalisme.Cette notion-là aussi, il va falloir la nettoyer avant usage, comme une no- 13 et abusé pour des fins trop nombreuses et diverses.C\u2019est nécessaire, car la pri- - se de possession d\u2019un héritage par le peuple ne peut s'opérer que sous la forme d\u2019un acte d\u2019expropriation.On ne prend pas possession d'oeuvres littéraires com- \u2018me d\u2019usines, de modes d\u2019expression littéraires comme de recettes de fabrication.L'écriture réaliste elle aussi, dont la littérature aligne un grand nombre d'exemples très différents les uns des autres, est marquée, jusque dans les moindres détails, par la façon dont elle a été mise en oeuvre, le moment où elle l\u2019a été, la classe pour laquelle elle l\u2019a été.-(.) _ \u201c La réalité se transforme; pour la représenter, il faut changer de modes de re- - présentation.B.Brecht, Sur le réalisme, pp.116-118 Le réalisme dans le roman traditionnel Nous examinerons d\u2019abord la notion de réalisme en limitant le champ de notre étude au roman tradi- \u201c tionnel fondé sur la représentation dela réalité.Dès la fin du dix-septième siècle, le roman, résistant à son penchant jusque là \u201cnaturel\u201d pour le merveilleux, l\u2019exotisme et les extravagances de toutes sortes, évolue vers le réalisme en s'inspirant de tion ancienne, dont beaucoup ont déjà usé 1 la chronique historique.Méprisé par l'aristocratie qui - lui reproche ses origines roturières (puisque l'Antiquité n\u2019a pas cultivé le genre romanesque proprement dit, lui préférant le poème épique), il devient le lieu privilégié de l'expression littéraire de la bourgeoisie: L'analyse des caractères, la- description des milieux et le goût des aventures apparaissent dans la plupart des romans.La bourgeoisie aime retrouver dans les livres son visage et ses goûts.C\u2019est d\u2019abord la description des réalités quotidiennes, de la place de l'homme dans la société; à ce titre, nombreux sont les romans \u2018d'\u2019ap- -prentissage\u201d, illustrant une ascension sociale.(M.Launay et G.Mailhos, dans Introduction à la vie littéraire du XVIIIe siècle, Bordas/Mouton, p.45) _ Les romanciers du dix-huitième siècle, Mari- vaux, Diderot, Prévost, Rousseau, Laclos, ouvrent ainsi la voie du réalisme en échappant aux accusations de frivolité et d\u2019invraisemblance qui ont longtemps pesé sur le roman (1).lls rendent compte d\u2019événements contemporains ou presque du lecteur qui peut facilement identifier l'univers représenté.Mais si le roman ne pèche plus par \u201cirréalisme\u2019\u201d, on lui reproche maintenant, non plus de gâter le goût du lecteur, mais de corrompre les moeurs (2); le réalisme engendre l'immoralisme (et nombreux sont \u2018les romanciers du dix-huitième siècle contraints d\u2019invoquer un prétexte moral pour justifier leur entreprise romanesque - peindre le vice pour mieux exalter la vertu!).C\u2019est là toutefois reconnaître d\u2019emblée une fonction sociale au roman.La bourgeoisie, dont la montée au pouvoir s\u2019effectue précisément \u201c au dix-huitième siècle, utilisera le genre romanesque comme un instrument leur permettant d'articuler ses intérêts de classe en vue d\u2019une transformation sociale, mais elle aura tôt.fait, réconciliant par là le réalisme avec les exigences de SA moralité, de s'en servir, du moins dans sa forme traditionnelle, comme d\u2019un agent de cohérence idéologique contribuant au maintien de son pouvoir désormais bien établi.= C\u2019est donc au roman bourgeois, dans sa forme traditionnelle héritée du dix-huitième siècle, que (1) Ainsi Diderot fera-t-il l'éloge du romancier anglais Richardson qu\u2019il considère comme le maître du réalisme: \u201cCet auteur ne fait point couler le sang le long des lambris; il ne vous transporte point dans des contrées éloignées; il ne vous expose point à être dévoré par des sauvages.Le monde ou nous vivons est le lieu de la scène; le fond de son drame est vrai, ses personnages ont toute la réalité possible.\u201d (Eloge de Richardson, 1762, dans Oeuvres esthétiges, éd.P.Vernière, pp.30-31) (2) C'est de ce dilemme (si le roman est vraisemblable, il est \u2014 \u201cimmoral\u201d - si le roman respecte la \u201cmorale\u201d de l\u2019époque, il est invraisemblable) que nous entretient Georges May, dans son livre Le Dilemme du roman au XVIIIe siècle.Etude sur les rapports du roman et de la critique (1715-1761), Yale University Press et P.U.F.15 nous nous intéresserons.Nous qualifierons de-réalis- tes tous les romans qui, à l\u2019aide des procédés mis au point par les romanciers du \u2018dix-huitième et surtout du dix-neuvième siècles, se présentent comme une IMAGE du monde.Ce réalisme \u201cfiguratif\u201d\u2019 (nous empruntons le terme à Claude Prévost qui, dans son livre Littérature, Politique, Idéologie publié aux Editions sociales, \u2018désigne ainsi toutes les formes artistiques relevant à des degrés divers d\u2019une esthétique de la ressemblance) suppose une conception idéaliste de la littérature qui voit le texte comme la reproduction et-plus encore comme le REFLET d\u2019une réalité qui lui est pré-existante.Le roman ne serait plus alors qu\u2019une sorte de médiateur entre le lecteur et la réalité qu\u2019il entend lui faire connaître.il va sans dire que le probleme principal qui se pose au réalisme (au romancier comme aussi au lecteur bien que, ainsi que nous le verrons plus loin, l'effet d'identification qu\u2019entraînent les procédés du réalisme empêche le lecteur de se poser de telles questions) est celui de la coincidence entre l'image et la réalité dont elle tient lieu.Le roman réaliste prétend être le reflet fidèle de la réalité \u2018sociale et psychologique; cette prétention à l\u2019objectivité (dans la mesure où il ne triche pas avec la réalité) s'accompagne d\u2019un souci \u201cdémocratique\u201d de clarté (dans la mesure où il aspire à être compris par tout le monde, imposant par là un frein aux recherches formelles et ramenant le travail de l\u2019écriture à une simple question de style).\u2018 i$: % He \\ io i in \u201cUn roman, c\u2019est un miroir qu\u2019on promène.le long d\u2019un chemin\u201d - Stendhal, Le Rouge et le noir.Les procédés du réalisme traditionnel Le réalisme est fondé sur la REPRESENTATION de la réalité.Le roman traditionnel raconte toujours une histoire qui, à l\u2019aide des artifices de langage, se donne pour vraie; il s'efforce de reproduire des \u201d personnages, des situations, des décors, tels que le lecteur \u2018pourrait les rencontrer dans la vie réelle, qu\u2019ils soient directement issus de l'imagination du romancier ou de son expérience vécue.Cette reproduction quasi photographique de la réalité s'obtient + 16 2 ri par ass (00 pes ne \u201crad tour fo 1 #0 fas ft fire fico fi\" tists Vice fon Cara Sent Bf majo - teat Ite: (ul 83 a5 oir sem} Meg, Confo % fo mie.du Q Ÿ lait la ty LE \u2018Me par l\u2019emploi de différentes techniques narratives qui assurent à la fiction un maximum de crédibilité: le recours à une durée réaliste donne à l'intrigue l'impression de l'écoulement du temps, les descriptions concrètes authentifient la fiction du décor et la caractérisation psychologique dote les personnages d'une vie intérieure sans laquelle ils risqueraient d'apparaître désincarnés et vidés de toute profondeur.La représentation est elle-même fondée à son tour sur l'ILLUSION ROMANESQUE qui donne à la fiction lIMPRESSION DE REALITE.Par [effort représentatif, le romancier tend à dissimuler la narration (production du texte) afin que la fiction puisse se confondre avec ce dont elle se prétend l'image (la réalité).Tel un illusionniste, il donne à ce qui n'existe pas l\u2019apparence de la vie.Le travail d\u2019écriture (la narration) est occulté de telle sorte que, la fiction se parant de tous les attributs de la réalité, l'illusion romanesque opère à fond sur le lecteur.Le discours s\u2019efface en se mettant entièrement au service de la fiction et l\u2019écriture, matériau de la production romanesque, n'est plus qu\u2019un ustensile.L'illusion romanesque repose avant tout sur le caractère VRAISEMBLABLE -de la réalité représentée.Le récit réaliste se veut toujours vraisemblable dans la mesure où il se conforme à ce que la majorité de ses éventuels lecteurs croient être \u201cla\u201d réalité.C\u2019est dire que même si le romancier réaliste ne reproduit pas une situation ou un personnage que le lecteur reconnaîtra comme vrais par référence à la réalité qu\u2019il connaît, il s\u2019efforcera de donner à son récit un caractère vraisemblable qui lui fera croire a la \u201cpossibilité\u201d de son histoire.Le vraisemblable se situe donc dans le domaine des possibles.Un roman sera vraisemblable aussi s\u2019il est conforme à l\u2019idée que la majorité de ses lecteurs se font de ce que doit être un roman; cette conformité s'obtient par l\u2019observance des lois et conventions du genre et assure la perpétuation d'une certaine -tradition romanesque.| Le phénomène de l'IDENTIFICATION découle de la juste utilisation de tous ces procédés.Le lecteur qui a l'illusion de lire une histoire vraie éprouve une impression de réalité si vive qu\u2019il en vient à oublier qu\u2019il lit un roman et à vivre avec les personnages comme s'il s'agissait de personnes réelles ~ 17 ~~ HARLAN HM At add ati titi dotées d\u2019une existence objective.Le pouvoir de suggestion des procédés du réalisme est suffisamment fort pour qu\u2019une véritable relation émotive s'installe entre le lecteur et les personnages.Le lecteur qui s'identifie avec un personnage partage entièrement son point de vue sur le monde représenté dans le roman.Il s\u2019abandonne totalement à des émotions qu'il ne remet pas en question; les réactions ou les sentiments du personnage lui semblent évidents et tout à fait \u201cnaturels\u201d.Nous reviendrons plus loin sur les conséquences idéologiques de ce phénomène lié à la structure romanesque traditionnelle.Une conception idéaliste.Le roman illusionniste, à l\u2019aide des procédés que nous venons de décrire, tend.à limitation de la réalité.Ces procédés favorisent une conception idéaliste et/ou mécaniste du reflet.Le roman réaliste se prétend le fidèle reflet de la réalité sociale et psychologique: d\u2019une part, il y aurait la réalité achevée, entièrement donnée, toute prête en somme à être reproduite photographiquement, et d'autre.part, le romancier chargé de la transcrire mécaniquement, de la copier avec le maximum de vraisemblance.Cette façon de voir traduit une conception idéaliste de la littérature: le texte est perçu comme le reflet d\u2019une expérience de la réalité qui seait _ totalement pré- -existante à l\u2019acte d\u2019écrire, ce qui .revient à nier qu \u2018elle puisse être transformée par l'écriture.Nous avons dit précédemment que le principal problème qui se posait au réalisme était celui de la correspondance entre la réalité et l\u2019image qui en tient Keu: le récit réaliste, et plus particulièrement la production littéraire, cinématographique ou télévisée (téléromans) destinée à une consommation massive, présente de la réalité une image extrémement simplifiée, quand il ne triche pas visiblement avec elle.Le caractère vraisemblable de la réalité re- présentéé s'avère.parfois bien discutable; il respecte cet amalgame d'idées reçues et de préjugés qui fondent le système de valeurs établi par la société bourgeoise.Ainsi dans une société capitaliste, il paraîtra vraisemblable qu\u2019un simple ouvrier accède 18 par son labeur au rang de directeur de compagnie, parce que cette idée est conforme au mythe de la réussite individuelle (quand on veut, on peut) qu\u2019entretient l'idédlogie bourgeoise alors qu\u2019il ne sera peut-être pas vraisemblabie de montrer des ouvriers capables de se passer de patron et de gérer eux- mêmes leur entreprise parce que cette idée porterait atteinte aux principes mêmes du capitalisme.Bien qu'il s'affiche comme étant le fidèle reflet de la réalité, le récit réaliste, afin d'être vraisemblable, opère une restriction d'ordre idéologique dans le champ des possibles de la réalité: il re retient qu\u2019un \u201ccertain\u201d possible, le possible conforme à l'idée que la majorité des lecteurs ou des spectateurs se font de la réalité et qu\u2019il contribue à entretenir, et s'efforce de réduire \u2018tout\u2019 le possible à sa vision partielle et partiale de la réalité.|! est de plus volontiers mélioratif, présentant les choses, non pas comme elles sont, mais comme il serait souhaitable qu'elles soient dans l'intérêt de la classe dominante (à ce titre, le téléroman, dans sa formule habituelle, est exemplaire).- : Ce type de récit incite le lecteur ou le specta- - teur à vivre par personne interposée ses problèmes quotidiens et à les résoudre par procuration quand il ne l'invite pas à les fuir tout simplement.Les conséquences idéologiques de l'identification ne sont pas négligeables: la victime de ce phénomène adopte facilement une vision du monde incomplète, trompeuse, contraire à ses intérêts de classe.Le lecteur qui entre dans la peau d\u2019un personnage n\u2019est plus à même de considérer ses réactions ou ses sentiments, non plus que le déroulement de l\u2019action, d\u2019un oeil critique et de comprendre leur signification historique et sociale.Sa passivité l'empêche d'interroger la représentation de la réalité qui lui est donnée.D'autre part, lè lecteur qui s'intéresse à des romans traditionnels dont la littérarité est plus manifeste (celui qui lit les \u201cgrands\u201d auteurs du réalisme tels Balzac, Tolstoi, Soljenitsyne), adhère facilement au postulat de la critique bourgeoise affirmant que l\u2019art est au-dessus des classes et croit que l\u2019écrivain exprime un point de vue original sur le monde porteur de sa propre vérité; cette attitude l\u2019entraîne à centrer son intérêt \u2018critique\u2019 sur la seule subjectivité de l'écrivain.19 20 La conception idéaliste du reflet suppose que le roman est le double mimétique du réel.Or, le roman réaliste donne le plus souvent de la réalité une reproduction sommaire et surtout naive dans la mesure où il lui confère une valeur absolue et universelle, sans tenir compte de son caractère idéologique.et/ou mécaniste du reflet Les procédés du réalisme.favorisent aussi une conception du reflet qui voit dans le roman, non plus la reproduction exacte de la réalité dans son absolu, mais le double d\u2019une idéologie de classe, le reflet direct de la production matérielle, des rapports sociaux et des pratiques idéologiques de classe.Si une oeuvre ne peut être identifiée mécaniquement à la vision du monde de son auteur, elle n\u2019est pas non plus l\u2019expression directe et spontanée de l'idéologie d\u2019une classe sociale, bien qu\u2019elle soit tributaire de la situation de l'écrivain dans une formation sociale donnée, s\u2019inscrivant dans une conjoncture déterminée, et du rôle qu\u2019il entend assigner à sa pratique d'écrivain.Cette conception mécaniste du reflet, attribuable dans une large mesure a l'intervention critique de Lukacs, s'apparente à la conception idéaliste parce qu\u2019elle voit 'le texte littéraire comme un pur dérivé de la réalité, bien qu\u2019elle tienne compte de son caractère idéologique; toutes deux ignorent le travail de l\u2019écriture et l\u2019inévitable déformation que subit le réel du fait même de sa transposition dans un univers fictif fondé sur le langage.|| n\u2019est pas question, bien entendu, de couper l\u2019oeuvre littéraire de ses liens avec la réalité sociale; nous croyons toutefois qu'il serait possible d'envisager la question du réalisme dans une perspective matérialiste.Une lecture matérialiste du réalisme traditionnel Les formes héritées du réalisme traditionnel favorisent la conception idéaliste et/ou mécaniste du reflet que nous avons exposée.|| est évident que les procédés du réalisme n\u2019invitent pas à une lecture critique puisqu'ils encouragent le lecteur à s'évader de la réalité.Mais il est sans doute possible, en 4 a Fear 1e, ê dati fussé fon ¢ 2 cit lar msi relusé faire i le po ture ancie nosta vol de x féodal rol parvie reals paren apte : contra réal nes Qui] $ ie, 4 Wi Rime Moing hls À fini = Ww Eo si ik fl É- nel ] du les Lu oer adoptant le point de vue du prolétariat, de faire une lecture matérialiste des produits du réalisme.Léni- ne, étudiant l\u2019oeuvre de Tolstoi (3), soutient qu'elle est l\u2019expression juste des contradictions paysannes russes, à l\u2019époque postérieure à la réforme (abolition du servage) mais antérieure à la révolution; il croit que la lecture de Tolstoi peut être utile.au prolétariat en dépit de l'idéologie abstentionniste et du mysticisme que ses romans véhiculent.Lénine se refuse donc à soumettre totalement l\u2019oeuvre littéraire aux intentions de l\u2019auteur et à l'idéologie qu'\u2019elle porte.C\u2019est ainsi qu'il recommande même la lecture d\u2019un roman de l\u2019écrivain russe Avertchenko, ancien garde blanc exilé à Paris, qui exprime sa nostalgie de la Russie féodale et sa haine de la révolution; Lénine estime que ce roman a le mérite de poser les vraies questions (pourquoi la Russie féodale a-t-elle cédé devant la montée des forces révolutionnaires) et que, même si Avertchenko- ne parvient pas à y répondre, les ouvriers et les paysans sauront le faire.Il n\u2019en demeure pas moins que \u2018d\u2019une part, le réalisme s\u2019inscrit dans une esthétique de la transparence qui donne du monde une image stable peu apte à reproduire la complexité du réel et de ses contradictions, et que d'autre part, les procédés du réalisme ne favorisent pas, particulièrement dans une société capitaliste, une lecture matérialiste, bien qu\u2019ils la permettent.Si le réalisme relève d\u2019une problématique idéaliste, posant une fausse dichotomie réalisme/fiction qui amène- à penser la littérature (le récit) par ré- | férence à un modèle (la réalité), il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019il est encore aujourd\u2019hui au coeur des débats parmi les théoriciens marxistes qui tentent de définir une esthétique matérialiste de la littérature.(3) Voir les cinq articles de Lénine sur Tolstoi parus dans Ecrits sur l\u2019art et la littérature, Editions du Progrès: Léon Tolstoi, miroir de la révolution russe (p.25 à 31) - Léon Tolstoi (p.46 à 51) - Léon Tolstoi et le mouvement ouvrier contemporain (p.51 à 55) - Tolstoi et la lutte prolétarienne (p.55 à 57) Léon Tolstoi et son époque (p.57 à 62).Lire aussi le chapitre intitulé: \u2018\u201cLenine, la politique et la littérature\u201d dans le livre de Claude Prévost, Littérature, Politique, Idéologie, publié aux Editions sociales ainsi que Pour une théorie de la production littéraire, de Pierre Macherey, édité chez Maspéro (p.125 à 159).\\ 21 - Des formalistes russes au réalisme socialiste, de Lukacs à Brecht, c\u2019est, derrière la notion de reflet et d\u2019art prolétarien, la question du réalisme qui fait problème dans la mesure où la métaphore léniniste du miroir n\u2019a cessé de donner lieu à des interprétations contradictoires qui ont amené à confondre deux problématiques qui se situent à des plans différents.(cf.Macherey, Balibar: \u2018La catégorie du reflet, dont nous avons marqué la place décisive dans la problémätique marxiste, ne relève pas du réalisme, mais du matérialisme, ce qui est profondément différent.Le marxisme ne peut définir la littérature en général par son réalisme, ou par le réalisme.Et.pour la même raison, il ne peut définir la littérature en général comme fiction au sens classique du terme\u201d.Littérature 13).|| s\u2019agit alors de voir comment ces différents problèmes se sont posés dans la Russie révolutionnaire des années 20 et d'in- _terroger le réalisme socialiste qui devait devenir par » la suite l'esthétique officielle du régime stalinien, quant à ses rétentions à \u2018représenter la réalité \u2014 dans son développement révolutionnaire\u201d.Réalisme et art prolétarien: un pas en avant Au-delà des divergences qui ont amené les différents mouvements et associations qui ont essaimé dans la Russie révolutionnaire à un éclatement plus ou moins rapide, on note de la part de chacun d'eux une volonté presque unanime de poser les fondements d\u2019un art et d\u2019une culture nouvelle.Aux thèses de : Bogdanov au sein du Proletkult voulant pour le prolétariat un art qui lui soit propre dont l\u2019esprit est \u201cle collectivisme fondé sur le travail\u201d en réaction contre la culture du passé née de la bourgéoi- sie, fait écho les mots d'ordre du Lef dé\u201d \u201cfaire sauter la vieillerie pour se battre en vue de conquérir la culture nouvelle\u201d et ceux des futuristes demandant de \u2018jeter les ex-grands par-dessus bord du paquebot de l\u2019époque actuelle\u201d et proclamant qu\u2019\u2018\u2018une nouvelle forme verbale crée un contenu nouveau et non l'inverse\u201d.Au-delà de ses positions excessives à l\u2019égard du passé, excès\u2018que Lénine ne ~ manqua pas de condamner, se dessine la volonté manifeste de chercher des formes noûvelles pour un contenu nouveau.Et c\u2019est par cet aspect que peut se lire une certaine critique du réalisme traditionnel (bien que cette question n\u2019ait pas été abordée directement) vestige du passé et fortement marqué au coin de l\u2019'idéalisme bourgeois.Ainsi Ossip Brik (5) lorsqu'il déclare: \u2018les artistes bourgeois copiant le soleil, les arbres, les montagnes, les mers, faisaient des hommes et des animaux de glaise et de marbre.À quoi bon?Tout cela existe déjà, se meut et vit mille fois mieux que sur des toiles peinturlurées et des pains de sucre de marbre\u201d, c'est en fait contre l\u2019art conçu comme reproduction du réel qu\u2019 s\u2019élève; de même lorsque Tretiakov écrit: \u201cgrâce à l\u2019analyse et à la prise de conscience des possibilités motrices de l\u2019art en tant que force sociale, jeter l'énergie qui lui donne naissance au service de la.réalité et non de la vie reflétée, colorier de la mai- trise et de la joie de l\u2019art, chaque mouvement productif de l'homme\u201d, il prend bien soin de démarquer l\u2019art au service de la\u2018réalité d\u2019un art qui n'en serait que la copie.En ce qui concerne plus précisément la littérature c\u2019est avec les formalistes (l\u2019Opoiaz et le cercle moscovite de linguistique) que s\u2019est posé véritablement le problème d'une science littéraire (penser le texte littéraire en tant que système signifiant structuré) qui devait permettre de penser le réalisme non pas comme reflet de la réalité mais processus esthétique produisant des effets de réel.Si les formalistes ont été justement attaqués au début pour leur position idéaliste tendant à.autonomiser la littérature par rapport aux autres pratiques sociales, on note ultérieurement une évol- tion en vue de penser la pratique littéraire comme articulée à l\u2019ensemble des pratiques sociales dans un système d\u2019inter-relations dialectiques (cf.Tynia- nov-Jakobson (1928): on ne peut résoudre le problème (4) \u201cLa nouvelle culture prolétarienne n\u2019est pas une invention mais le développement des modèles, des traditions et des résultats les meilleurs de la culture existante du point de vue de la conception marxiste du monde et des conditions de la vie et de la lutte du prolétariat à l'époque de sa dictature.\u201d (Ecrits sur l\u2019art et la littérature, éd.du Progrès, Moscou,.1969).- (5) dans Manifestes des futuristes russes.Editeurs français réunis.23 concret du choix d\u2019une direction ou du moins d\u2019une dominante sans analyser la corrélation de la série littéraire avec les autres séries sociales.\u201d et P.N.Medvedev (1928): \u201cla théorie de la littérature est une des branches de la vaste science des idéologies qui englobe tous les domaines de l\u2019activité idéologique de l'homme.\u201d) .Ces problèmes ont sans doute été soulevés trop tôt (mais en même temps ils ne pouvaient être soulevés que dans une période de changement révolutionnaire) dans un pays en proie à une grave crise économique pour trouver un \u2018écho favorable parmi les dirigeants boicheviks.(cf.Lénine: \u2018on se passionne trop chez nous pour l\u2019expérimentation; à côté des choses sérieuses, on dépense beaucoup trop de forces et de moyens à des futilités\u201d).C\u2019est en tous cas le problème de l'avant-garde qui est ici posé et de son lien avec le Parti que la RAPP (Association des écrivains prolétariens) par ses prises de position contre le formalisme (pour une littérature au nom du parti) n'a pas résolu.C\u2019est dans ce contexte de luttes et d'opposition entre les différentes tendances au sein des groupes travaillant sur le front littéraire\u201d et artistique que devait s'imposer le réalisme socialiste.7 Le réalisme socialiste: deux pas en arrière : En 1932, le.Comité Central du Parti Communiste de I'URSS dissout la RAPP qui est remplacée par I'Union des écrivains soviétiques et proclame la nécessité d\u2019élaborer une théorie littéraire boiché- viste sans laquelle une pratique littéraire révolutionnaire est impossible.Cette théorie c'est Jdanov qui la formulera lors du discours prononcé au ler Congrès des Ecrivains Soviétiques le 17 août 1934.Reprenant la formule toute empreint d'idéalisme de Staline: \u201cles écrivains sont les ingénieurs des âmes\u201d, Jdanov élabore ainsi la théorie du réalisme socialiste: \u201cêtre ingénieurs des âmes cela veut dire, tout d\u2019abord, connaître la vie afin de pouvoir la représenter véridiquement dans les euvres d'art, la représenter non point de façon scolastique, morte, non pas simplement comme la \u2018\u2018réalité objective\u201d mais représenter la réalité dans son développement révo- 24 ra is & i (la fay 5 M § vi x on À le Bw A LY Es i ais lutionnaire.Et là la vérité et le caractère historique concret de la représentation artistique doivent s'unir à la tâche de transformation idéologique et d\u2019éducation des travailleurs dans l\u2019esprit du socialisme.Cette méthode de la littérature et de la critique littéraire, c\u2019est ce que nous appelons la méthode du réalisme socialiste.\u201d (6) Jdanov assigne donc à la pratique littéraire une double tâche: celle de représenter la réalité dans son développement révolutionnaire (le recours aux procédés du réalisme naif marque un retour en arrière par rapport.aux formalistes) et d\u2019édifier les travailleurs (ce qui subordonne le travail littéraire aux intérêts du politique).À ces tâches, Jdanov en ajoute une troïsième, d\u2019ordre moral, qui est d\u2019exalter les qualités du peuple soviétique, son héroisme, et ce par le recours au romantisme révolutionnaire: \u201cA notre littérature, qui a les deux pieds posés sur de solides fondations matérialistes, le romantisme ne peut être étranger mais c'est un romantisme de type nouveau, le romantisme révolutionnaire.Nous disons que le réalisme socialiste est la méthode fondamentale de la littérature et de la.critique littéraire soviétiques, mais cela suppose que le romantisme révolutionnaire doit entrer dans la création littéraire comme une de ces parties constituantes, car toute la vie de notre parti, toute la vie de la classe ouvrière et son combat reviennent à unir le travail pratique le plus.sévère, le plus raisonné à un héroisme et à des perspectives grandioses.\u201d (7).Mieux, reprenant la métaphore romantique de l\u2019écrivain phare et prophète ainsi que la problématique ra- cino-cornélienne du \u201chéros tel qu\u2019il est et tel qu'il devrait être\u201d, Jdanov écrit: \u201cMontrer ces nouvelles qualités élevées des hommes soviétiques, montrer notre peuple, non seulement tel qu\u2019il est aujourd'hui, mais regarder ce que sera demain, aider à éclairer d\u2019un projecteur la voie en avant telles sont les taches de tout écrivain soviétique probe (|.) Tout en choisissant les meilleurs sentiments, les vertus de l\u2019homme soviétique en lui montrant son avenir, nous devons en même temps montrer à nos gens ce qu'ils ne doivent pas être, nous devons fustiger les survi- (6) Sur la littérature, Ed Norman Bethune, p.8- 9 (7) Sur la littérature, p.9 25 vances du passé, les survivances qui empêchent les hommes d\u2019aller de l\u2019avant.\u201d (8) Jdanov, se faisant en cela I'écho du Parti .et principalement de Staline, revenait donc a une conception mécaniste du reflet et marquait même un certain recul par rapport au réalisme critique bour- \u2018geois (cf.Balzac) en proposant un reflet idéalisé de la réalité.Le réalisme socialiste ainsi défini par Jdanov ne peut se comprendre, dans son aspect réactionnaire, qu\u2019en rapport avec le développement de la société soviétique stalinienne.Les déviations staliniennes quant à la conception léniniste de l\u2019Etat (9) amènent au pouvoir un système bureaucratique qui aura ses répercussions sur l\u2019Union des écrivains soviétiques, caste privilégiée, coupée des masses, à qui il est demandé d'éclairer et d'édifier le peuple.Cette fonction édificatrice de la littérature part aussi d\u2019une analyse mécaniste qui veut que, dans la société soviétique la conscience retarde sur l\u2019économie et que l\u2019art au niveau idéologique reflète la base économique et la politique d\u2019une société donnée.Or Staline développe une analyse erronée sur le plan politique, voulant que la lutte de classes s'arrête au moment où sont posées les bases de l\u2019économie socialiste, et que par: conséquent, l'idéologie bourgeoise, n'ayant plus de bases matérielles pour développer son antagonisme à l'idéologie prolétarienne, n\u2019existe plus qu\u2019à l\u2019état de survivance dans la conscience des masses (10).Or, comme l'écrit le collectif de la revue Cinéthique (11): \u201cil s'agit pour l\u2019art de contribuer spécifiquement - en provoquant de l'enthousiasme pour la construction du socialisme - au développement des forces productives c\u2019est-à- dire à l'éducation idéologique des travailleurs dans * ~ Lo (8) Sur les revues \u201cZverda\u201d et \u201cLeningrad\u201d, p.36 (9) cf.Valentino Gerratana, Lénine critique de Staline in Dialectiques N.6.(10)ce qui est d\u2019alleurs contradictoire avec le rapport de Staline de 1937, justifiant la vague de répression (1937- 39) par le caractère plus aigu de la lutte des classes comme conséquence du progrès du socialisme.Staline écartera cette thèse en 1939 affirmant que la société soviétique est libre de tout conflit de classe, les ennemis du peuple n\u2019étant que des saboters au service exclusif de l'étranger.cf.V.Gerratana, article cité.\u2019 (11) N.9/10 p.30 - a 6s à gd « Ls - sd BW x oe for fou ° : de , dre 4 Fos dan Cm 10g me ; Ta ra # de i ue con Au ref Em ever de\u201d ae ES .\\ l\u2019esprit du socialisme.\u201d L\u2019art supplée donc au.politique qui \u2018n\u2019est plus en mesure de donner un \u201cjuste reflet\u201d des contradictions réelles.Ainsi la connaissance - ou plutôt la reconnaissance - du reflet scientifique précède la production du reflet artistique, qui lui est soumis.\u201d Le recours aux procédés du réalisme naif (psychologisme, identification, héros positifs, description réaliste, dramatisation\u2026) que l\u2018on retrouve chez tous les romanciers \u201cofficiels\u201d (Alexis Tolstoi, Fa- deev, Cholokov, Serafimovitch, Gorki.).- s'inscrit dans la grande tradition nationale et réaliste du sié- cle passé et qui représente la seule forme littéraire directement accessible aux masses.I! y a donc au départ un souci-d\u2019efficacité (atteindre le peuple) qui se double d\u2019un souci pédagogique (éduquer le peuple dans l\u2019esprit du socialisme).Mais autant le réalisme bourgeois n\u2019a servi qu\u2019à masquer au peuple la réalité de sa condition en le faisant s\u2019identifier à une réalité qui n\u2019est pas la sienne, autant le réalisme socialiste dans la mesure où il présente de la réalité socialiste une image cohérente (sans contradictions) et exaltante (héroisme, vertus) joue un rôle identique, en le tenant à l\u2019écart des problèmes qui se posent, en le privant de toute réflexion critique et en proposant sur le mode fantasmatique l\u2019image du Parti et du Père (en la personne de Staline) comme remède à tous les maux (12).Pour un réalisme critique Le réalisme socialiste marque en fait le triomphe des théories de Lukacs sur celles de Brecht.Au coeur de ce débat c\u2019est toute la problématique du reflet qui est posée.Aux conceptions de Lukacs qui mesure la grandeur d\u2019une oeuvre à son degré de ressemblance avec la réalité, s'appuyant en cela (12) Cette image du Père est surtout visible.dans les films de Tchiaourelli (La chute de Berlin, Le Serment).La chute de Berlin notamment présente une image \u201cmystique\u201d de Staline descendant d\u2019un avion, tout de blanc vêtu, sur le sol allemand après l'armistice et s'\u2019avançant vers les travailleurs étrangers déportés, éperdus d'admiration.La même image est plus ou moins reprise dans Le serment mais cette fois avec le peuple soviétique.Ces images sont renforcées par l'utilisation de contre-plongées qui marquent davantage l'écart entre le Père et le peuple.27 sur la tradition réaliste du XiXe siècle, Brecht oppose un réalisme critique (mais non au sens lukacsien cf.le réalisme critique de Balzac) qui demande à penser une forme nouvelle pour des besoins nouveaux.Brecht ne pouvait concevoir un réalisme socialiste qui n\u2019aurait pas été en même temps critique.Pour lui, il ne s\u2019agit pas de substituer le point de vue socialiste au point de vue bourgeois,\u201d d\u2019opérer l\u2019identification sympathique chez le prolétaire en lieu et place du bourgeois\u2019, et donc de conserver la forme éprouvée du roman traditionnel.|| s\u2019agit de repenser le rapport que les individus entretiennent avec l\u2019art ou la littérature; substituer à la consommation passive une réflexion critique par.le biais de laquelle peut véritablement se faire un travail d\u2019éducation dans la mesure où \u201cles artistes réalistes repré- \u2018sentent les contradictions qui existent chez les hom- À mes et dans leurs rapports réciproques et montrent les conditions dans lesquelles elles se développent\u2019 (13).\" Aussi faut-il repenser la notion de reflet qui ne saurait être assimilée à l'image dans un miroir qui entraîne, comme l\u2019écrit France Vernier: \u201cune conception statique, éminemment anti-dialectique des rapports sociaux qui empêchent d\u2019analyser les actions en retour que peut avoir le phénomène littéraire sur d\u2019autres éléments, des super-structures ou même de l'infrastructure.\u201d (14).L'oeuvre littéraire entretient des rapports avec la réalité objective dans la mesure où elle est produite à partir de - connaissances résultant d\u2019une pratique sociale mais elle ne peut se réduire à la vision du monde de son \u201c auteur (vision qui se reflèterait dans son oeuvre dans toute sa transparence) par le fait même qu\u2019elle est elle-même déterminée par le matériau qu\u2019elle utilise (la langue) et le champ spécifique qui la constitue comme fiction (l'imaginaire).Or, l\u2019oeuvre littéraire (plus spécialement le roman) dans sa forme idéologiquement déterminée qui la fait percevoir comme \u2018Miroir c'est à dire - des \u2018processus sociaux tels qu\u2019ils sont mis en mouvement par les contradictions de classes, contradictions qui se reflètent contradictoirement dans le (13) Les arts et la révolution, l\u2019Arche, p.173 (14) Une science du littéraire est-elle possible?, Ed.de la Nou- \u201c_ velle critique p.11 14 28 + KE REET langage des hommes en fonction de leur pratique sociale et des rapports contradictoires qu'ils entretiennent avéc elle.\u201d (15), dans la mesure où elle projette une vision unifiée et statique de la société par l\u2019intermédiaire de personnages achevés dont le but est la résolution des conflits.Ainsi le réalisme socialiste, pour ne pas avoir pris en considération ces problèmes (malgré le travail préparatoire des formalistes) a dû continuer comme l\u2019écrit Cinéthique \u201cdes formes littéraires qui n\u2019ont pas été produites selon la conception marxiste-léniniste du monde et par conséquent impropres à la.comprendre, à la réfléchir, dans leur procès de développement\u201d (16).Ce qui fait problème, entre autres, c'est comme l\u2019écrit Brecht, toute la technique de l'identification.Brecht est le premier à avoir formalisé ce concept qui est au centre de la technique du réalisme naif.L'identification est un effet idéologique produit à partir d\u2019un effet de fiction qui est en même temps effet de réel (17).C\u2019est en effet par l'intermédiaire de \u201chéros\u201d dans lesquels se constitue la conscience fictive des personnages que le lecteur se trouve interpellé en sujet (identification) doté d\u2019une individualité et par l'intermédiaire de laquelle se forme sa conscience idéologique.Constitué en sujet, par un rapport fantasmatique au personnage dont il épouse la nature fictive, le lecteur se trouve alors assujetti à l\u2019oeuvre et à l'idéologie qu\u2019elle véhicule et dont il devient en quelque sorte le libre porteur.En introduisant le concept de distanciation, Brecht rompt cette relation personnage - sujet - lecteur dans la mesure où il rend au lecteur (ou au spectateur) sa liberté critique face au récit, et l\u2019invite, en dissipant le phénomène de l'identification, à devenir un observateur actif.Le réalisme ne repose alors plus sur la notion de représentation et donc de fidélité au réel, mais dans le processus de dévoilement de \u2018la causalité complexe des rapports sociaux\u201d, dans la façon de les penser historiquement et dialectiquement, en se situant du point de vue du prolétariat (18).L'oeuvre littéraire doit donc alors - N (15) Cinéthique, n.9/10, p.7 (16) Cinéthique, 9/10, p.31 (17) Voir à ce sujet, Macherey et Balibar, article cité (18) Ce qui est bien différent de l\u2019assujettissement de l'écrivain au politique, cf.Brecht: \u201cl\u2019art ne saurait faire passer dans 29 se donner pour ce qu\u2019elle est: le résultat d'un.travail spécifique qui se matérialise en une fiction qui, à aucun moment, ne se confond avec la réalité qu\u2019elle n\u2019a d\u2019ailleurs pas charge de refléter mécaniquement mais de saisir dans toute sa complexité.Ce qui peut impliquer le recours à divers procédés (stylisation, symbolisme, allégorie, affabulation fantastique, montage, caricature.) exclus du réalisme traditionnel (taxés de formalisme, cf.Lukacs) au nom du vraisemblable.- .Le réalisme de ce fait n\u2019est plus à lire en conformité à un modèle pré-existant, mais comme effet de texte, dans la mesure où le texte n\u2019a pas de réfé- rent (mais il fait référence à une réalité) comme artifice qui, comme l\u2019écrit P.Macherey \u2018tient tout entier dans institution d\u2019un systéme complexe de rapports, qui fait qu\u2019un élément particulier (une image) ne tire pas son sens de sa conformité à un , ordre différent, mais de la place qu'il occupe dans l\u2019ordre du livre\u201d (19).C\u2019est de fa recnnaissance de cette \u201cmise en texte\u201d et donc du travail qui la -produit, que doit partir un véritable réalisme critique dans la mesure où il sollicite du lecteur un travail qui l'amène à penser dialectiquement les rapports (transformant-transformé) que l'oeuvre littéraire entretient avec la réalité.Francine D'amour et Gilbert Maggi les oeuvres les conceptions artistiques des bureaux.1 n\u2019y a que les bottes qu\u2019on puise faire sur mesure.En outre beaucoup de gens possédant une bonne formation politique ont mauvais goût et ne sauraient donc donner le ton.\u201d (Les arts et la révolution, ed.de l\u2019Arche, Paris, 1970, 1.170 \u201419) Pour une théorie de la production littéraire, Maspéro - 30 Me, des Re Mal fig Met Mar | i \u201coi .Conflit long lent déchiffrement du corps politique (comment retrouver ce désir lézardé quand il n\u2019était vécu qu'à travers-par- pour un autre) pollen mixte , travail qui me joue m'ajoure \\ Sylvie Gagné, dans Chroniques, mai 1976, p.19 , Il n\u2019est probléme de langage qu\u2019en incluant celui du rapport à l\u2019histoire, aux autres et au moi.; 0 Henri Meschonnic, Le Signe et le Poème, Gallimard, 1975, p.299 Des notes de travail pour un texte sur le réalisme.| .Des notes.En marche.* + + N Philosophie, langage, politique.Faire un petit glossaire à l\u2019usage de celles et de ceux qui veulent lire et écrire sans raturer l\u2019histoire, la passion.Formalisme, réalisme.Ecrivain réactionnaire, écrivain révolutionnaire.Philosophes.Linguistes.Langage, métalangage.Le sacré, l\u2019histoire.Un glossaire en marchant.\u201cNous sommes tous le Juif Errant d\u2019Apollinaire, qui lisait en marchant.|| serait présomptueux de croire faire autre chose.\u201d (H.M., Ibid., p.401).# * * \u201cl\u2019enquête qu\u2019on tente de mener, sur la sacrali- 31 sation et l\u2019historicisation du langage, envisage comme un conflit.\u2019 (Ibid.sp.305).L'avenir de l\u2019écriture.On ne raconte des contes qu\u2019à celles et ceux qu\u2019on aime: le plaisir de les enrouler a notre souffle._ Je te raconte la bête-à-Sept-têtes parce que je t'aime.Ma respiration, mon souffle.Ton désir.Nos oreilles sont tout yeux.Pourquoi aime-t-on les histoires de fantômes.\u201cil lui dit moman y est arrivé quelque chose à Fred, ses oreilles entendaient sûrement, mais en elle il n\u2019y avait plus de place pour quoi que ce fit, c'est-à-dire que son vide était tout de même peuplé de fantômes qui occupaient tout son espace intérieur\u201d (Gilbert La Rocque, Serge d\u2019entre les morts, VLB éditeur, 1976, p.56).- Identifier mes fantômes.Ma mort tout de suite: d'où cette faim de vraie vie.\u201cEt tu es alors habité par une étrange sensation, une fièvre, une impuisioth qui ne te laisse aucun repos, un désir de vie, la tienne et celle des autres, qui est comparable à une faim.Tu as faim.\u201d (Hélène Cixous, Un K incompréhensible: Pierre Goldman, Christian Bourgois, 1975, p.109).- TU AS FAIM.L'écrivain réaliste tient compte des fantômes.* * % Cette écriture-ci, celle-là, quelles masses vont la porter.©» \\ Le parti pris du texte (Ponge, Derrida).Souffles (Cixous, Straram)\u2014Poétique et histoire (Miron, Mes- chonnic).La tentation de Don Quichotte (Blanchot, Beaulieu).: - ++ Transgression.Avant-garde.Jeu de mots.; tin * % * Le gai savoir du tisserand.Qui tisse, tire les fils, connait les fils, les textures, les couleurs.Comment chaque fil est important, comment sa couleur, sa résistance modifient la couleur et la résistance de tous les autres fils.Des fils: la langue, le peuple, les femmes, la révolution, les corps amoureux, aimantés, l\u2019enseignement, la clarté, la vie quotidienne.++ # Quatre poétiques d'avant-garde.1.L'écriture et le sacré.Blanchot, Derrida.2.Le plaisir littéraire.Sartre, Barthes.3.La voix féminine.Woolf, Cixous.4.Une littérature responsable.Brecht, Nizan.L\u2019avant-garde se divise en deux: du côté du sacré le plaisir formaliste, le rituel littéraire (Baudelaire, Flaubert, Mallarmé), et'l\u2019attention aux questions métaphysiques, la mort avant tout, du côté de l'histoire l\u2019écoute des voix (Woolf, Duras) et des masses (Mi- chelet, Hugo, Brecht).S'il y a un conflit entre les tenants du sacré \u2014 au-delà de l\u2019histoire même quand ils en parlent: voir L\u2019Education sentimentale de Flaubert \u2014 et les tenants de l'histoire \u2014 rejet de la théorie de l\u2019art pour l\u2019art, Eu culte littéraire où individus et peuplés ne sont plus que sonorités qui jouent dans une syntaxe \u2014 l\u2019écrivain réaliste prend parti pour l\u2019histoire.Mais ce conflit peut être vécu autrement: tenter à l\u2019intérieur d\u2019une écriture d\u2019amalgamer le sacré, la force de l'écriture, et l\u2019histoire, les effets de \u201cl\u2019écriture, autrement dit la fin et le début de l\u2019histoire.Combiner Mallarmé et Brecht.M et B ne sont-ils pas du même côté: contre l\u2019académisme prudent et ignorant, contre le monde qui est ce qu'il est depuis trop longtemps: le tombeau de M et la scène de B le détruisent-ils?Leurs paroles sont chargées encore de nos halètements.+ ++ Exemple de prudence (ou d\u2019ignorance): \u2018L'auteur tient à préciser que toute ressemblance entre certains 33 personnages présentés ici et des personnes vivantes ou ayant vécu ne pourrait être que\u201cle fait d\u2019une coïncidence.De même, l'interprétation de certains événe- ments qui sont du domaine de l'actualité ne relève que de la fiction romanesque.L'auteur décline toute responsabilité à cet égard et rappelle qu\u2019il s\u2019agit ici d\u2019une oeuvre de pure imagination.\u201d (Guy-Marc Fournier, Les Ouvriers, Cercle du Livre de France, 1975, p.6).NE RELEVE QUE DE LA FICTION.L'AUTEUR DECLINE TOUTE RESPONSABILITE.Qui parle.Un écrivain?Non, quelqu\u2019un qui a peur.Les Ouvriers.Récit d\u2019une lutte ouvrière, écriture correcte de reportage.L'écriture de tout le monde, l\u2019écriture qu\u2019on comprend tout de suite.Mais l\u2019écriture de tout-le monde n\u2019est pas l'écriture de tout le monde: elle est l'écriture de la classe dominante, écriture apprise par les enfants des familles ouvrières à l\u2019école, écriture correcte pour que les affaires se fassent bien, sans heurts, toutes les affaires: économiques, politiques, idéologiques.L'écriture de tout le monde: une écriture minimum pour que tout le monde puisse communiquer; tout ce qui est communiqué ce sont les valeurs de la classe au pouvoir.Je n'ai pas envie d'une telle écriture.# + #- ce.j'avancerais ceci qui me sépare de mes compagnons de route: je ne suis pas pour le collage, je suis pour la greffe.\u201d (André Masson, La Mémoire du monde, Albert Skira, 1974, p.10).Masson à qui on demande d'écrire sur sa peinture raconte comment il a vécu la guerre de 14-18.Collage (surréalisme), greffe (réalisme).\u201célaborer un traité systématique de la greffe textuelle\u201d (Jacques Derrida, La Dissémination, Seuil, 1972, p.230).Systématique.Je n\u2019aime pas les systèmes.Drôle de proposition venant de Derrida: le retour du philosophe, de sa prétention à l'exhaustivité.Je dis plutôt: pratiquer la greffe textuelle, multiplier le nombre de greffes.Laissons les traités systématiques à ceux qui aiment les clôtures, les leçons.BE XX J gm» Déploiement du texte jusqu'à ce qu\u2019une saturation du dire soit atteinte.* * % ~ » Déplier la littérature, en montrer les plis \u2014 ce que quelques-uns appellent secrets ou mystère alors qu\u2019il y a fabrications, fonctionnements.Les plis, les fils: dans le texte se trame différents événements qui ont rapport à l'individu, à la langue, à l\u2019histoire.* * * L'effet Derrida: la pratique homonymique.La pratique dans la langue.Cela va-t-il jusqu\u2019à: S'il n\u2019y a d'histoire que par le langage et si le langage (sauf quand il nomme l\u2019être lui-même ou le rien: presque jamais) est élémentairement métaphorique, Borges a raison: \u2018Peut-être l\u2019histoire universelle n'est-elle que l\u2019histoire de quelques métaphores.\u201d (L\u2019Ecriture et la Différence, Seuil, 1967, p.137).Meschonnic dans Le Signe et le Poème-attaque l'écriture de Derrida fabriquant sa vérité sans référence à l\u2019histoire sinon pour.l\u2019exclure: la servante qui rit du philosophe qui tombe au fond du puits parce qu\u2019il regardait les astres.La servante a-t-elle raison de rire?Qu'est- ce qui résonne dans son rire?Meschonnic qui rit à partir de sa rigueur théorique de l\u2019écriture poétique de Derrida questionne aussi le rire de ce dernier: Mais si sont inclus le plaisir et le rire, la question ne se pose-t-elle pas encore: quel est celui qui rit?de quoi?et avec qui?(p.474).Le rire de M: voyez ce D qui tire argument de son écriture poétique (jeux de mots, mots d\u2019esprit).- Le rire de D: voyez ces philosophes qui croient que les concepts sont indépendants de la langue, qui pensent la vérité (donc l\u2019histoire?) Rors langue.+ + heureux qui a des idées dans la tête plus heureux qui a des oiseaux (paroles de chanson entendue dans Lettre de Sibérie de Chris Marker) + + #* 35 Je lis mon texte à mesure que je l'écris pour voir s\u2019il résonne juste, s\u2019il dit ce que je sais, s'il ne tait pas quelque chose qui pourrait être utile.Il y a dû plaisir à travailler lentement.* ¥ * RN Ecrire.Ne plus se taire.Parler, dire enfin ce qu\u2019on ne pouvait.dire, se montrer nu.Ecrire avec son sang.- > folle à délier je pleus du sang sur les draps il vente dans la chambre (Linda Soucy, dans Chroniques, mai 1976, p.16) A travers les nuages je vois des générations de femmes éventrées qui flottent dans-le sang, leur drap blanc hérissé sous le poil qui prend encore.(Johanne Denis, ibid., p.22) \u201cJE sens mon sang presser les parois de mon écriture.Je le sens se bousculer à la sortie de mon sexe.Je le sens débouler sur mes lèvres, déborder par gros.caillots de mon vécu vers la foule qui ne se doute de rien.(Claire Savary, ibid., p.23) J'ai la tête pleine de sang.Pleine de mots inexprimés qui me viennent, se bousculent, s'affrontent.(Tiny van Dijk, ibid., p.24) _ ++ L'écriture-paon de Derrida.Plumes qui ornent son tombeau.Mallarmé déjà: \u201cpour moi, le cas d\u2019un poë- te, en cette société qui ne lui permet pas de vivre, c\u2019est le cas d\u2019un homme qui s\u2019isole pour sculpter son propre tombeau.\u201d (lgitur, Divagations, Un coup de dés, \u2018\u2018Poésie/Gallimard\u201d, 1976, p.392).A quoi sert de se coucher dans le tombeau de Derrida.A qui.Dans la réponse il faudrait parler des caresses de la langue.Déploiement des plumes: ce qu\u2019elles montrent, ce qu'elles cachent.La vie, la mort.J'écris je te mords (te: toi, l\u2019autre, l'imprévisible, le tout extérieur, le monde, la terre).J'écris je fais des signes à la mort, je lui dis d\u2019attendre, il me reste une histoire, la mienne, à conter.SCHEHERAZADE.Je ne veux pas aller me coucher, je ne m \u2019endors pas, je veux voir ce qui va arriver, je serai plus gen- \\ \\ 36 f = CX =e \u2026\u2014 \u2014 fl til si tu me laisses veiller plus tard.Qu'est-ce qui arrive?Pourquoi veille-t-on?* * W Sacré/histoire.Idéalisme/matérialisme.: \u2018 Formalisme/réalisme.Conflit.La tentation du sacré: le plaisir du texte.L\u2019envie de l\u2019histoire: les effets du texte.D'un côté: Mallarmé, Blanchot, Derrida.De l\u2019autre: Rimbaud, Brecht, Cixous.D'un côté le frivole (le vol libre), de l\u2019autre l\u2019arc tendu (le vol qui vise la cible: chrétiens pour Rimbaud, fascistes pour Brecht, hommes supérieurs pour Cixous).; Naïveté de penser que M, B et D ne visent rien, de penser que R, B et C visent toujours une cible.Luttes du texte.Révolutionnaires.Culture (plus il y aura l\u2019histoire, plus la lutte sera grande, variée).Clarté.Humour.Tendresse.Rires.Echanges.Risque: façon de vivre.Les luttes du texte peuvent se définir par une pratique (non sans risque d\u2019occultation): choix d\u2019un camp idéologique, d'un pays, d\u2019une sexualité.Affirmation d'une différence.Prise de conscience arrivée.Cette lutte peut être dite: de là vient la critique.* % * ~~ Si j'ai envie d'écrire d\u2019une façon forte c\u2019est que je veux bien tenir ma position, ne pas donner à l\u2019ennemi la chance d'évoquer les faillites du style.L\u2019esthétique n'est pas une solution (a quoi d'ailleurs?).Mais une arme parmi d'autres.+ ++ Ce qui trame les livres que j'aime: des connaissances (philosophie, communisme), des séductions (fiction, sexualité), des affections (amours, amitiés), des propositions (enseignement, féminisme).Je tire ces quatre fils également, je tire ma vie.Egalement: je ne tiens pas à ce que l\u2019un soit dominant.Ce serait manquer de réalisme que de considérer les connaissances comme le fil le plus important: là sans doute la faillite du réalisme socialiste.37 Ecriture et pouvoir.: \u2018Une écriture folle de la vie prend le pouvoir pour le céder à tout le monde, prend la parole pour la don-.- ner, pour donner envie de la prendre, pour que celles et ceux qui retiennent leurs paroles ne les retiennent plus.Folle de.Enthousiasme.- * %* * « Un bon livre transforme nos représentations.Ca secoue.Faire des livres pour amener à une prise de conscience de plus en plus nette des luttes à mener.Une écriture montante: belle, risquée, affirmative, \u201cCelui qui écrit, écrit à mesure qu'il vit du pren- dre-donner, vers soi-vers l'inconnu.A mesure comme disait Hugo, au\u2019 \u2018il n'a plus peur.\u201d (H.M., Ibid, p.515).* % % Les dogmes formalistes.1.L'esthétique au-dessus de |\u2019 idéologique: le plaisir du texte.- 2.La ligne juste du parti: le réalisme socialiste.Les folies réalistes.1.Les sorcières veulent vous brûler: les jeunes nées.2.Les masses veulent vivre:les armes à faim.3.Les paroles des colonisés: la batèche.4.Les vivants qui ont peur de la mort à cause de leur faim de vie: la démanche.CEE Le réalisme.Courage de dire sa vérité.Fantô- .mes et luttes.;\u2018 Le trop.de la beauté.Ravissement.Emportement.\u201cEt d\u2019une main elle tient sa robe blanche serrée contre son corps tandis que de l\u2019autre main elle s\u2019efforce de l\u2019arracher.\u201d (Hélène Cixous, Souffles, Des femmes, 1975, p.188).38 for for | Bry COMMENT A TRAVERS SOI BONDIR?* # Envie de toutes les langues, trop peu d'oreilles pour toutes les voix.Débarrasse-toi de la mort des formalistes huileux et des marxistes décharnés, des formalistes décharnés et des marxistes huileux.- Le châle de Mallarmé: Suite logique (Nicole Brossard, L'Hexagone, 1970), N\u2019importe qu\u2019elle page (André Roy, Les Herbes Rouges, 1973), Nattes (Ph.39 ~~ H., Les Herbes Rouges, 1974), Le Texte justement (Normand de Bellefeuille, Les Herbes Rouges, 1976).Le cigare de Brecht: Irish coffees au no name bar & Vin rouge valley of the moon (Patrick Straram le Bison ravi, L\u2019Hexagone/L'Obscène nyctalope, 1972), T Pour les femmes et tous les autres (Madeleine Gagnon, L'Aurore, 1974), Tout va bien (Ph.H., L'Aurore, 1975), Pirouette par hasard poésie (Francois Charron, L\u2019Aurore, 1975).- Est-ce que le cigare de B brûle le châle de M?- Est-ce que le châle de M éteint le cigare de B?- ~.* * \u201clongtemps j'ai pensé et je pense encore à popa son cërps désarticulé étripé son ventre vidé net dans les tôles tordues de sa Dodge\u201d HG.La Rocque, op: cit., p.18)./ \u201cMon fils effrayé me serrait à la gorge de toutes ses forces.Nous.chûmes, instantanément jetés de la joie à la mort.\u201d (Hélène Cixous, Le Prénom de Dieu, Grasset, 1967, p.41).\u2014 Est-ce qu'un écrivain réaliste écrit avec la mort, la sienne, devant lui.Pour qui pense sa mort la vie, l\u2019écriture aussi par conséquent, prend une odeur autre: non plus cette odeur fade du programme quotidien mais une odeur enivrante, de quoi chavirer, être renversé, retourné.D'une attention impiacabie a la mort naît la qualité d\u2019une écriture, une attention à l\u2019ennemi.Battre la mort.L'impossible.\u2018 * %* * ~ L\u2019écrivain réaliste aime lI'impossible, il est déjà dans I'a venir.Les écrivains communistes devraient écrire des romans de science-fiction.Lire Jack Baron et l\u2019éternité de Norman Spinrad (Robert Laffont, 1971).+ \u201cQuelques-unes de mes idées paraîtront peut- être hasardées.Si le lecteur les juges fausses, je le prie de se rappeler, en les condamnant, que ce n\u2019est qu'à la hardiesse des tentatives qu'on doit souvent la découverte des plus grandes vérités, et que la crainte / 40 d\u2019avancer une erreur ne doit point nous détourner de la recherche de la vérité.\u201d (Helvétius, De l\u2019esprit, Verviers, Gérard & Co., 1973, p.15).Un écrivain qui n'ose rien, donc qui ne change rien, ne peut étre un réaliste; il n'y aurait pas d\u2019inconvénient a le traiter de formaliste si on entend par là non pas l'écrivain qui se contente d'innover formellement \u2014 ce qui est impossible la forme étant liée au sens \u2014 mais celui qui répète des formes-sens anciennes ou nouvelles (refaire du Robbe-Grillet n\u2019est pas plus audacieux que\u201drefaire du Zola: il ne s'agit pas de refaire, il s'agit d'inventer).* * % Un ami me dit avoir montré a des compagnons un de mes textes ou il y avait le mot Dieu: tu sais ces fragments, ces aphorismes sur le désir, comment expliques-tu que Dieu soit le foyer de ton texte, qu'il soit à la fin de ton texte, moi je ne suis pas mystique, je suis même plutôt vulgaire, je n\u2019ai aucune tendance au mysticisme même si je suis ascète dans ma pratique d'écriture, comment toi qui affiches des positions matérialistes peux-tu parler de Dieu, en faire le foyer (un foyer serait plus juste: lire \u2018Désir: de classe, d'individu\u2019 dans Chroniques, février 1976) d'un de tes textes?Et pourquoi ne parlerais-je pas de Dieu si Dieu a fait partie de mon histoire, et pourquoi fau- drait-il que j'en parle d\u2019une seule façon, celle qu'on attend d\u2019un communiste: le marteau matérialiste qui cogne sur les têtes religieuses sans se préoccuper des valeurs qui sont charriées par les pratiques religieuses les déclarant à priori négatives.Drôle de réalisme que celui qui prend la forme d\u2019un catéchisme où toutes les réponses sont absolues, ne tiennent pas compte de la diversité du monde.-\u2014 + ++ Serge d\u2019entre les-morts.Un homme jeune par l\u2019écriture retrace des souvenirs de sexualité et de mort à partir de la maison de l\u2019enfance et de l'adoies- cence.Le corps de la cousine, corps proche, désiré.La grand-mère enfermée dans sa chambre qui se berce infiniment récitant le chapelet.L'étrange coeur de poil des filles et le silence des morts.Poe.\u201cj'enten- 41 dais battre le gros coeur agonisant de la maison et je sentais l'épouvante monter en moi et je ne dormais pas, je voyais à travers mes paupières et à travers les murs et même d'un bout à l\u2019autre du temps les tempes creuses bleuâtres de grand-mère macabre se berçant et j'écoutais éperdument j'entendais les maigres vampires monter cauteleusement l\u2019escalier, j'avais la tête pleine de sang par caillots\u201d (p.75).Le gros coeur, le coeur gros: il y a dans la littérature fantastique d\u2019épouvante ce battement: le coeur gros, le gros coeur.Le souffle coupé, le coeur de plus en plus gros prét a éclater ou a reprendre son rythme normal: cela physiquement.Tout se passe comme si la peur était recherchée non pas pour elle-méme mais au contraire pour son après-coup, merveilleux moment où la respiration ordinaire donne la joie de se sentir vivant à nouveau, triomphe de la peur.Que cette épouvante soit située dans l\u2019ancienne maison familiale rend plus crédible la mort \u2014 car c\u2019est d'elle qu'on a peur \u2014: rappelle-toi les morts de ta maison, imagine leurs derniers moments, ensuite pense à ta vie.+\u201d .~ ! _ Le Signe et le Poème.Tranchant savoir de Mes- chonnic, savoir qui n'épargne personne à part Humboldt, Saussure et Freud.Ce meurtre du Juif dans le texte hégélien qui apparait ici et la: \u201cUne chaine figurative est formée ou le Juif est la haine, le corps, et le chrétien est l\u2019amour, l\u2019âÂme.De même que l'anéantissement du support premier du.mot (qui n\u2019est pas un signifiant pour Hegel) est nécessaire pour que naisse la signification, \u2014 l\u2019anéantissement du Juif comme tel (renversement du meurtre de Jésus, sacrifice fondateur du christianisme) est nécessaire pour I'ascension du christianisme-sens.Fondant la dialectique sur ce modèle, la philosophie continue le sacrifice initial.\u201d (p.116).Meschonnic laisse entrevoir ainsi une brèche, une refoulé, dans l\u2019hellénisme: le judaïsme.Derrida aussi.Le premier me renvoie aux of à qi lan ble fi hé | vai 4 té mé con cier bra | fou} H le, cas y il - .Âque dist 1% © Man Mic réal ome 5 Qui # is = $cler \u2018ouvrages de Gershom G.Scholem et le second a écrit - un essai sur la pensée d\u2019Emmanuel Levinas.+++ Meschonnic dans Le Signe et le Poème devient un héraut de la création contre la plupart des linguistes, 42 tr ft fm E met D les dela thse it Sens) En Qi Pr des critiques, des philosophes, des psychanalystes qu'ils convoquent à rendre compte de leur théorie du langage.Mais pourquoi n'a-t-il pas convoqué à sa table Ezra Pound, Virginia Woolf, Bertolt Brecht, Anto- nim Artaud, Francis Ponge, Paul Nizan, Michel Deguy, Hélène Cixous.Ne faut-il pas attendre des non-écri- vains qu'ils nous parlent de leur science, de leur théorie plutôt que de création poétique.\u2018Le pilote, le médecin et l'ingénieur auront plus d'estime pour le constructeur de vaisseau, le botaniste et le mécanicien, que n'en auront pour ces mêmes hommes, le libraire, l\u2019orfèvre et le maçon, qui leur préféreront toujours le romancier, le dessinateur et l\u2019architecte.\u201d (Helvétius, op.cit., p.61).+ + * Le réalisme.dans l\u2019histoire de la littérature française s'oppose au romantisme.Flaubert contre Hugo.La leçon de Flaubert: tordre le cou aux élans romantiques, retrouver.le style vif et froid des encyclopédistes.L\u2019encyclopédiste au 18e siècle, le réaliste au 19e siècle sont du côté de la science.Le nouveau roman du 20e appartient à cette lignée: qu\u2019on lise La Mise en scène de Claude Ollier, L\u2019Emploi du temps de Michel Butor, c\u2019est le lustre réaliste.Un écrivain réaliste est un écrivain qui ne connaît pas les empor- tements-romantiques, les générosités romanesques, Ce qui l\u2019occupe c\u2019est la saisie de la réalité \u2014 les réalistes sont des phénoménologues hantés par l\u2019idée de la science \u2014.Cette opposition nette entre le réalisme et le romantisme, la science et la sentimentalité, fonctionne moins bien au moment où l\u2019on est amené à admettre que les poussées romantiques \u2014 rêveries, folies, fantaisies, monstruosités, passions \u2014 font partie de la réalité: alors Hugo est-réaliste, Nerval aussi.Le réalisme: la description du monde, ie moi est absent.Le romantisme: le moi est premier, c\u2019est lui qui perçoit le monde.Le monde existe sans moi: esprit fort du réaliste.Le monde n\u2019existe pas sans moi: sensibilité vive du romantique.Pas d\u2019intérêt dans cette opposition à prendre parti pour l\u2019un ou l\u2019autre car l\u2019un et l\u2019autre sont nécessaires.La lutte ne peut intervenir que dans l'opposition brechtienne du réalisme et du formalisme, le réalisme désignant une pratique qui suit le devenir du monde et même le devance, le 43 formalisme une pratique académique qui se contente nt de reproduire des formes-sens établies.de Pas n'importe quel devenir: celui du plus grand J pr nombre.Au plus grand nombre ne pense que quelques- § 4 unes et quelques-uns dans un monde où la concurren- # i ce est dure, tôt apprise.; 4 ri * * * | i\" : BB te 8 a ; ; \u2018 Boss 3 ll y a des réalistes qui pratiquent un communis- uy me sur parole: ils savent qu'il y a la un savoir impor- Rp tant qui travaille de plus en plus toutes les couches: ua politique, économique, idéologique.Alors ils s'y inté- ue ressent car ils y trouveront peut-être un jour leur in- Ru, térêt.\u2019 3 fare Il y a les réalistes qui pratiquent un communisme senti: ils sentent leurs rapports aux \u2018autres, ils n'ac- | ceptent pas la dialectique du maître et de l\u2019esclave, ils sentent que leur moi ne peut être heureux de vivre à côté de femmes et d'hommes aliénés, vite résignés a- # fin de conserver une petite part de tranquillité.fer Les réalistes sur parole ne pensent qu\u2019à leurs in- en térêts, les réalistes sentis pensent à leur intérêt en , be travaillant aux intérêts du plus grand nombre.T ver LES VRAIS REALISTES SONT ROMANTIQUES: ù ILS DEBORDENT L'ORDRE ETABLI, ILS VOLENT j » DEJA AU-DESSUS DU MONDE TEL QU\u2019IL EST, ILS} SONT DEJA DANS LE MONDE TEL QU'IL DEVIENT.À oe *.' chan Pl Je préfère parler Ue ce que je connais bien et \u201cii comment ne connaîtrais-je pas ces livres que j'ai mis lief des mois à écrire, à réécrire, à ordonner.Un soir un I ébéniste m\u2019a parlé trois heures durant des meubles drag.qu\u2019il faisait, il parlait avec plaisir je le sentais et j'é- : tais heureux de l'écouter: n\u2019aurait-il pas été étrange que je trouve incorrect qu\u2019il me parlât de ce qu'il faisait, de ses meubles.Je n'ai jamais bien compris } cette pudeur des travailleurs intellectuels à ne pas parler de ce qu'ils font: j'ai été élevé dans un milieu de travailleurs manuels qui prenaient plaisir à raconter ce qu\u2019ils faisaient, et écrire n'est-ce pas un travail manuel, il faut savoir tenir son stylo, raturer, découper, taper à la machine, greffer.Et puis j'ai beau- F coup lu Francis Ponge, cet excellent ouvrier qui ne # craint pas de porter des jugements sur ses meubles: Ÿ 44 el mis les | ge il pris pe feu çon- i ll j fé ples: parfois insatisfait mais la plupart du temps assez fier de ce qui sort de ses mains.\u201cLa vérité n\u2019est pas bonne à dire, car il y a des imbéciles, des incapables de la vérité par le monde.Ils sont d'ailleurs la majorité, et vous le feront bien voir.Mais rien de plus réjouissant pour quelques-uns que le spectacle d\u2019une prétention justifiée.Voilà en quoi Malherbe nous comble.Rien d\u2019ailleurs qui irrite davantage les médiocres.Et le spectacle de leur colère est aussi fort réjouissant.\u201d (Pour un Malherbe, Gallimard, 1965, p.79).Cela s'appelle la santé; les travailleurs manuels savent rire.Je dirai pour finir, pour rire, avec Ponge que \u2018l\u2019amour-propre et la prétention sont les premières vertus.\u201d (Le Grand Recueil.Méthodes, Galli- mard, 1961, p.302).+ ++* ll n'y a pas de méthode pour devenir un écrivain réaliste.Tu peux cependant lire Engels, Lénine, Gramsci, Mao, Brecht, Lefebvre, Nizan en même temps que Michelet, Nietzsche, Kafka, Artaud, Ponge, Genét; tu peux te demander ce que vaut l\u2019enseignement de la littérature au collège et à l\u2019université, pourquoi par exemple il n\u2019y a presque rien pour la création; tu peux essayer de savoir comment tu menes ta vie avec les autres: en profiteur, tu joues le jeu du système capitaliste, ou en combattant, tu \u2018luttes pour changer la vie et transformer le monde pour que le plus grand nombre de femmes et d'hommes puissent se réaliser; tu peux écrire à partir de ta vie, de ce que tu sais, au lieu d\u2019écrire à partir de la vie des autres, de ce que tu ne connais pas.Naivetés que cela diras-tu.Moi: nativités, plutôt: naissances./ - mai-juin 1976 Philippe Haeck 45 LOVE PR RES Le réalisme en question te comme symptôme de la lutte philosophique dans le champ des arts plastiques est un phénomène important dont il faut tenter d\u2019analyser la cause et l'enjeu.Avec la parution récente d\u2019un numéro de la revue Stratégie sur le Réalisme socialiste, la propagande et le cinéma prolétarien (numéro 12, automne-hiver 1975), c'est non seulement sur le terrain de la lutte idéologique que surgit cette question mais c'est dans son rapport aux débats qui-ont cours, surtout au niveau des groupes de militants politiques, qu\u2019elle est posée.; - Effet direct d\u2019un effort de clarification tributaire des débats que suscite l'actuel travail d'organisation et d\u2019unification des formations marxistes-léninistes, cette question provient d\u2019un lieu politique.En cela, et pour quiconque se sent concerné par la lutte sur le front culturel, elle est non seulement porteuse d\u2019enseignement sur l\u2019état de la conjoncture artistique, mais source de questionnement pour les praticiens de l\u2019art.I! n\u2019est pas du tout insignifiant, pour la pratique artistique, de la voir surgir (cette question) du champ mili- \u201ctant et qu\u2019elle soit formulée par le collectif de Stratégie.Si elle nous dit en creux le retard du culturel par rapport au politique, elle nous parle du même coup de ses déterminations.Car, si elle nous signale à quel point le lieu de cette réflexion a été déterminant sur \u2018son apparition, elle ne peut qu'\u2019insiter l'artiste qui L'apparition de la question du Réalisme socialis- .1 désire transformer l\u2019art et sa pratique à changer de position de classe et à se lier davantage a l'avant- garde politique.: Mais n\u2019allons pas trop vite.Ces débats politiques em et idéologiques commencent à peine à engendrer des débats équivalents sur le terrain de l\u2019art.La lutte idéologique qui s\u2019y livre présentement tend de manière plus ou moins cohérente à intensifier le rapport entre forces réactionnaires et forces \u201cprogressistes\u201d, à démarquer les fondements idéologiques à partir desquels fonctionne le discours d\u2019art et à repérer ses contradictions spécifiques.Mais, dans l\u2019ensemble, sur le front des arts plastiques, la dominante est encore à l\u2019opportunisme, au libéralisme et au révisionnisme le plus bébète.Même du côté des forces \u2018pro- ; gressistes\u201d, le manque de rigueur théorique, quand\u2019 ce n\u2019est pas tout bonnement du spontanéisme, conduit à des pratiques assez mal fondées.Mis à part quelques cas, c'est la cohérence des gestes et l\u2019organisation de la lutte idéologique qui forit le plus défaut.Telle est, dit-on, la force des choses! Mais telles sont également, en résumé, les limites historiques du questioñnement qui nous occupe ici et l\u2019état (assez piteux) des forces sur lesquelles il peut jouer.Certes, il ne suffit pas de parler du Réalisme socialiste pour débloquer une conjoncture artistique, mais sa récente formulation pose des questions à l\u2019art et à ses artistes que nous ne pouvons sous-estimer.Ces questions ne sont pas en soi nouvelles mais elles ont une histoire riche d'enseignements et de débats; histoire de l\u2019art réaliste qu\u2019il faudra bien un jour reconstituer depuis Courbet, Proudhon, etc., dans son rapport avec les grandes révolutions, mais aussi débats qu\u2019il faut dès aujourd\u2019hui livrer.Questions qui, pour tenter de repérer certaines de ses -contradic- tions spécifiques, demandent à l\u2019artiste de prendre position non seulement dans le débat et dans sa peinture, mais dans les luttes qui ont cours dans le champ social.La question du Réalisme socialiste est une question politique.La formulation dans laquelle théorie et pratique y sont pris, du moins, n\u2019y échappe pas.Or, l'intervention récente de cette question sur le front culturel représente un moment dans la conjoncture artistique et sociale car elle fournit le seul lieu de réflexion à-partir duquel la notion d\u2019art ou de pratique progressiste puisse être concrètement posé.Mais si cette question, avec les forces qu\u2019elle met en jeu dans la conjoncture québécoise, peut nous permettre, entre autres, de pointer le peu de rapport que l\u2019art officiel, d'avant-garde ou pas, entretient avec la collec- 47 [SEDO AE 0 add ddd iads tivité ou, mieux encore, d'indiquer le mode sur lequel la division entre champ social et champ de l'art est maintenue, elle.permet aussi d\u2019interroger a travers diverses manifestations de l\u2019art actuel la position de classe de l'artiste et sa contribution au mouvement révolutionnaire.i Sans théorie révolutionnaire, disait Lénine, pas de mouvement révolutionnaire.En va-t-il ainsi dans la théorie et la pratique de l'art?Peut-étre a-t-elle trop de ramifications?Lesquelles aborder et surtout, comment penser cette question du réalisme?* Dans un premier article, il s\u2019agit, a travers la conjoncture québécoise, de mettre en question le statut de la réalité véhiculé par les pratiques artistiques a partir de vues générales sur la peinture des pays socialistes et capitalistes.Cette enquéte terminée, un deuxième article partira\u2019 du débat entre art formaliste et art progressiste, afin d'aborder les voies possibles d\u2019une pratique réaliste et socialiste.D'où vient cette réflexion?Le débat sur le Réalisme socialiste a déjà eu sa place dans l\u2019histoire de l\u2019art canadien et québécois; il suffit de lire la seule histoire de l\u2019art canadien faite d\u2019un point de vue marxiste par Barry Lord * et de se rappeler-entre autre la polémique entre les automa- tistes et les communistes de cette époque pour s'en convaincre 2 Mais tel n\u2019est pas l\u2019objectif de ce texte.H concerne davantage la nouveauté de la question et de son contexte que celui des démêlés du Réalisme socialiste.\u2018 ; Certes le passé contient quelque chose de ce qui doit advenir mais dans ce premier temps il importe de dire le lieu de cette réflexion.La prétention de ce texte, c'est-à-dire sa limite, n\u2019est pas tellement de discuter, par exemple, de la- notion de réalisme comme miroir ou force de critique sociale, mais de faire une mise au point sur l'histoire 1\u2014 Barry Lord; The History of Painting in Canada/Toward A People\u2019s Art, NC Press, Toronto, 1974._ 2\u2014 Voir revue Combat et le Devoir des années 47-48, la polémique entre automatistes, communistes et chrétiens à la Gérard Pelletier.A de cette théorie, de donner à partir de ce noyau de réflexion une vue, forcément partielle et simplifiée, de I'échiquier artistique dit \u201cinternational\u201d ou \u2018avant- gardiste\u201d.Les déterminations de ce marché et des conceptions esthétiques à la mode sur la production locale sont tellement fortes qu\u2019on a généralement l'impression que ce qui change dans les beaux-arts suit davantage ce que les grandes revues d'art mettent de l\u2019avant (comme up-to-date) qu'il ne tient ou ne procède pas de l'héritage culturei ou de l'histoire de l\u2019art québécois.Ici comme ailleurs, partout où ces petites métamorphoses de l\u2019art empruntent des formes de pluS en plus éternellement nouvelles et précipitées dans leurs modes on reconnaît l'effet des fluctuations.d'un marché et dé son apparat discursif.Certes, il faut reconnaître avec Lénine que \u201cDans une société fondée sur la propriété privée, l'artiste produit des-marchandises pour le marché.|! lui faut des acheteurs\u2019, des promoteurs et de bons vendeurs aussi.Mais c\u2019est évidemment en quôi cette dépendance de l\u2019art est éminemment politique.C\u2019est en quoi aussi le changement des formes artistiques, l\u2019apparition de nouveaux types (formes, courants.) d'art est non seulement le signe d\u2019une modification des conditions matérielles et intellectuelles de cette pratique mais le symptôme d\u2019un changement social et politique.Cependant: \u201cUne oeuvre culturelle ne peut être menée à bien aussi rapidement que les tâches politiques et -utilitaires.|| faut comprendre que les conditions du mouvement en avant ne sont plus-les mé- mes\u201d *.- Quelles sont-elles?Voilà la question.Mais en: même temps, voici le problème: quel est l'état de la conjoncture socio-culturelle et où en est la situation des arts plastiques ?On sait depuis l\u2019exposition QUEBEC \u201875 tenue à Montréal à l'automne dernier qu\u2019un certain nombre de choses ont changé ou commencent à bouger dans le domaine.Mais, mis à part quelques fleurs nouvelles.\u2014 nouvelles, produits saisonniers, il s\u2019y trouve de plus en plus de jardiniers qui rompant avec le silence habituel du corps de métier, mettent de l\u2019avant des 3\u2014 Cité par J.M.Palmier dans son intro aux écrits de Lénine Sur l\u2019art et la littérature, coll.10/18.4\u2014 Lénine, idem, p.240, vol.3.| 49 produits et des discours qui commencent à s\u2019exposer en terme d'opposition et même en ceux de gauche et -de droite.5 De ce débat embryonnaire qui émeut quelques habitués et dont on ne sait trop ce qu'il retourne, ce texte tente de cerner le lieu qui l\u2019 agit.En ce sens, si la réflexion qu\u2019on va lire part de la pratique picturale d\u2019un groupe et tente de resituer ses questionnements à la fois dans le cadre des tendances actuelles de la peinture et dans celui de la théorie \u2018du réalisme afin de pouvoir mieux actualiser sa pratique et de l\u2019unir à la tâche politique présente, il n\u2019en demeure pas moins que ce texte participe d\u2019une interrogation beaucoup plus large.En effet, depuis quelque temps déjà, bon nombre de revues culturelles québécoises ont abordé la question du réalisme.Je songe particulièrement à Champs d\u2019applications qui dans son numéro du 5, août \u201875, faisait son autocritique et son enquête \u2018Sur la théorie marxiste de la culture\u201d.Je pense également à Dérives qui depuis janvier 76 (no 3/4) se veut le \u201clieu de rencontre des cultures du Tiers-monde et du Québec\u201d.La question du cinéma militant y est la aussi présentée.Sur ce point précis, la tenue a Montréal en juin 74 des \u2018Rencontres internationales pour le nouveau cinéma\u201d organisées par le Comité d'Action Cinématographique du Québec, n'est pas sans avoir influencé ce mouvement de critique du cinéma.révolutionnaire (cf.Revue Prolétariat no 9, 1975, p.95-103).C Si on ajoute à cela les principaux débats qui eurent lieu à travers le monde autour de cette question, il ne fera plus l\u2019ombre d\u2019un doute que la réapparition de cette question du Réalisme participe d\u2019une conjoncture non seulement réelle mais beaucoup plus vaste que nous le pensions.Ainsi, en France, si le débat a été clairement posé par le groupe du Builetin paroissial du Curé Meslier dans son numéro 4 (spécial peinture) intitulé \u2018\u201cRévolutionner la peinture ou peindre la révolution\u201d, il ne fait qu\u2019une mise au point sur une question qui anime depuis déjà quelques temps les peintres rassemblés autour de la revue Peinture, Cahiers théori- 5\u2014 J.M.Vacher, \u201cDe gauche à droite\u201d, in Chroniques, no 12, déc.75.- ~ 3 50 I em ret ; YO! ques et du Salon annuel de la jeune peinture.Or, il en va de même bien que sous des formes différentes, avec le groupe anglais de la revue Art-Language et la nouvelle revue newyorkaise The Fox qui, toutes deux, sans passer directement par la question du Réalisme socialiste ne s\u2019y livrent pas moins à des prises de position parfois radicales, toujours surprenantes.ici et là le Réalisme socialiste fait question.D'aucuns y voient un- progrès, d\u2019autres une régression, mais une chose est certaine, le réalisme est bien vivant.Pour nous, il est inutile de nier la présence de ce débat ou de s\u2019aveugler sur la conjoncture 51 actuelle.Tant du côté des pays capitalistes que des dan pays socialistes un débat a lieu autour du réalisme § fi ét ses formes divergentes.A titre d\u2019exemple, les | questions posées par Vacher dans ses \u2018Mésaventu- .soc res du réalisme\u201d comme dans l\u2019éditorial de Chroni- dis ques (no 11, nov.\u201875, p.3 à 13) intitulé \u201cPour un art § se progressiste\u201d, participent à ce débat.Se demander à tend ici \u2018quelle sorte d\u2019art voulons-nous?quelle sorte ot d\u2019art refusons-nous?\u201d n'est pas sans lien avec la truc critique du réalisme soviétique qui se formule tant du | esif côté de l\u2019Albanie* \u2014 bien qu'avec moins de virulen- laco \u2014 ce \u2014 que du côté de la Chine Populaire.Certes, à Chroniques, un certain débrouissaille- fe ment de la question fut tenté, mais avec l'intervention # mu de Stratégie sur le Réalisme socialiste, c\u2019est le lieu § pil même de cette question qui prend l'allure d\u2019un \u201cd\u2019où cela vient-il?où cela va-t-il?\u201d Ne posant plus la .§ mi question du réalisme à partir du seul terrain de la celte culture et de l\u2019esthétique, c\u2019est la notion même de J ca réalisme socialiste qui rend ce débat politique.réal Si on interroge certains autres articles parus | ed récemment sur le réalisme socialiste®, c\u2019est le Dos- Ÿ Mis sier Réalisme socialiste présenté à Stratégie qui con- me tribue a une meilleure connaissance historique et Ji théorique de la méthode artistique du Réalisme socia- Cony liste.Réalisé dans le but de combattre les principaux | Mig préjugés dont on l\u2019affuble, cet article rappelle com- \u201com ,ment le rapport de la pratique artistique à l\u2019ensemble Ment des pratiques sociales a été pensé, comment l'art bral s\u2019articule au projet révolutionnaire de la construc- Pour tion du socialisme.Nous y renvoyons donc tout lec-_ ve teur.N'est La notion de Réalisme socialiste a été le produit wy d\u2019un long débat qui a débuté à la fin du XIXe siècle.im Cependant, le réalisme socialiste ne saurait atteindre sn, , sa \u201cpleine réalité\u201d qu\u2019en société socialiste: il est la | | forme qui prend la réalisation de l'hégémonie de la cn \u201cculture prolétarienne\u201d dont l\u2019aboliton de l'Etat yj bourgeois est la condition première de sa réalisation.hd Cette méthode n\u2019est donc applicable, en principe, que egy SON 6\u2014 Je songe particulièrement à Dalan Shapllo \u201cLa vitalité des a principes \u2018du réalisme socialiste dans l\u2019art albanais d\u2019au- Feel ç jourd\u2019hui\u201d in Albanie aujourd\u2019hui, no 2 (27) mars-avril \u201876, ~ p.32 a 37 et Sylbie Ambroggi \u201cNotre culture sur le front Tein, culturel\u201d in Prolétariat no 7-8, 4e trimestre \u201874, p.102 à à 114.8._ ci A ~ - 52 © 2 2 =r = TS fon ne dans une pratique artistique liée a une organisation travaillant a la construction du socialisme.Pour Lukacs, il faut donc distinguer le Réalisme socialiste (RS) du Réalisme critique (RC).Or cette distinction concerne le point de vue adopté par l\u2019artiste: le RC voit la lutte des classes à l'extérieur, tandis que le RS, sous un point de vue socialiste, décrit de l'intérieur les forces travaillant à la construction du socialisme.Pour lui \u201cLa compréhension esthétique juste de la réalité sociale et historique est la condition première du réalisme\u201d.Si cette notion de RC nous préoccupe particulièrement c\u2019est qu\u2019elle concerne directement l'étape où nous en sommes, le niveau de questionnement de notre pratique et finalement le lieu d\u2019où nous parlons.Le RC privilégie la subjectivité de l'artiste comme instance ou mode d\u2019appréhension de la réalité\u201d Et cette subjectivité, même confrontée à la réalité sociale, n\u2019implique pas qu\u2019à la base d\u2019une- pratique réaliste critique, doive présider une analyse objective de la réalité basée sur le matérialisme historique.Mais cela n'implique pas selon Lukacs, que l'artiste ne puisse montrer les contradictions sociales.En effet, il peut les refléter sans s\u2019en rendre compte et comme malgré lui.Mais telle est précisément la limite ou la pierre d\u2019achoppement du RC.En tant que \u201cforme idéologique transitoire\u201d le RC est constamment récupéré sur ce point par l\u2019idéalisme et le libéralisme bourgeois qui y voient une raison de plus pour affirmer l\u2019autonomie de l\u2019art, la liberté d'expression et d'indépendance de l'artiste quand ce n\u2019est pas son insouciance qu\u2019on fait passer pour subversive ou \u2018critique\u2019.Bref, c\u2019est là que l'idéologie dominante prend son pied et que le formalisme donne son coup, sa bette! - Le réalisme servi à la bourgeoise subordonne à ce point les contenus aux formes qui l\u2019engendrent qu'ils ne sont pour lui que des \u2018\u201cpossiblés\u2019\u201d laissés à la digression du spectateurS que sa principale préoccupation est de faire du langage plastique et de son renouvellement, la seule réalité vivante et la finalité même de l\u2019art.Peu enclin à interroger le réel en dehors de lui-même, le Réalisme bourgeois 7\u2014 \u201cCritical Realism and Socialist Realism\u201d in Realism in \\ Litterature and the Class Struggle; N.York \u201871, p.97.8\u2014 cf.L\u2019Oeuvre ouverte de V.Eco, Ed.du Seuil.53 RSR se partage en deux attitudes: la première consiste à prendre pour réel les représentations qu'on s\u2019en fait (cf:- Pop et Hyperréalisme) et l\u2019autre à ne le concevoir qu\u2019au niveau de la littéralité de l\u2019art (le \u2018Minimal Art, par exemple).\u2019 Dans ce monde des idées ou il suffit de générer des formes nouvelles pour qu\u2019elles soient interprétées comme signe de transformation matérielle, nous \u201csommes pris dans le jeu circulaire des miroirs déformants (ou le rapport production/consommation n'est jamais pensé en temps d'exploitation et de force de travail).Brecht pourtant avait été clair sur ce point: \u2018Si c\u2019est du formalisme que chercher toujours des formes nouvelles pour un contenu identique, c\u2019est du formalisme que de vouloir garder pour un contenu nouveau les formes anciennes\u201d (Sur le réalisme).Pour Brecht, le réalisme est d\u2019abord un point de vue politique et c\u2019est par là justement que le débat entre réalisme et formalisme peut être instructif pour.toute conduite artistique.En effet, s\u2019il s\u2019agit bien à travers cette question de signaler ici les contradictions et les tendances qui font la scène artistique internationale, ce n'est pas pour tenter de situer le courant Réalisme socialiste dans la sphère de l\u2019art, mais pour, en un deuxième article, montrer en quoi la méthode de création du réalisme introduit au niveau même de la pratique picturale, une question politique: celle de la transformation de ses rapports de production et de reproduction idéologique.Entre peindre la révolution et révolutionner la - peinture, il faut bien faire la révolution et non se \u201ccontenter de la rêver.En d\u2019autres mots \u2014 et ceci pour bien marquer où nous en sommes \u2014 ce n\u2019est pas parce que la question du réalisme surgit hors champ artistique qu'elle n\u2019y fait justement question.Mais ce n\u2019est pas non plus parce que le réalisme socialiste est devenu objet tabou ou de risée pour l\u2019intelligentsia qu'il ne faut pas quand même, du côté de ses peintres comme de ceux qu\u2019elle sépare d\u2019un rideau, \u201cregarder, selon le mot de Brecht, vers le mur pour voir ce qu'ils y ont peint\u201d.5 Ceci dit, en passant, pour expliquer (justifier?) le traitement que nous ferons ici des courants et tendances qui aujourd\u2019hui, dans le cadre de l'avant-gar- 54 de internationale et officielle, mettent précisément en jeu cette question de la réalité en peinture face à la réalité de la peinture, mais aussi pour s\u2019autoriser .certains rapprochements permettant de mieux cadrer des aspects différents de ce \u2018réalisme\u2019.Au sens large, nous entendons par \u2018\u2018réalité artistique\u201d le statut que ces tendances accordent à leur propre pratique, c\u2019est-à-dire, non seulement leur positionnement social, mais à partir de lui, les représentations qu\u2019elles ont et transforment de leur histoire (démarcation-inscription dans le champ de l\u2019art) et de l'Histoire, le degré.de conscience qu\u2019elles détiennent de leur travail (procédés) et du Travail (les hommes), etc.Du côté socialiste\u2026 S'il importe d'aborder maintenant le réalisme dans ses tendances les plus fortes, il faut dès l'abord distinguer le réalisme en pays socialistes et en pays capitalistes.II ne saurait être le même partout ni offrir les mêmes possibilités.Ii est déterminé socialement et sa liberté y prend racine.Ignorer l\u2019existence de ses conditions (différentes ou même opposées) rendrait impossible toute appréciation juste de ses tendances ou de leurs formes.Certains poutant prétendent qu'il ne saurait y avoir qu\u2019un seul réalisme: celui du traitement (ou facture) figuratif.1 s\u2019agit probablement d\u2019un faux problème car, si ces deux types de société ont véritablement des bases différentes, il ne saurait y avoir pour chacun une même manière de concevoir et de construire une réalité à l\u2019art., En d\u2019autres mots, que nous soyons ici amenés à décrire ou simplement localiser des formes multiples et divergentes du réalisme ne peut que confirmer la valeur exemplaire de la méthode de création du réalisme socialiste.En principe, cette méthode de création devrait s\u2019accommoder aussi bien d\u2019un.régime socialiste que des conditions d\u2019un pays capitaliste.De même comme l\u2019affirme Plekanov, \u201cil serait faux de s\u2019imaginer que le point de vue utilitaire, en ce qui .concerne l\u2019art, est exclusivement propre aux ré- 55 \u2014 -\u2014 \u2018 volutionnaires ou en général aux gens d'idées avancées\u201d.?La question n\u2019étant donc pas de savoir qui a tort ou a quel de ces pays l\u2019on doit réserver l\u2019appellation de Réalisme socialiste, mais de se demander, du point de vue de ce qui a été et de ce qui est, quelles pratiques idéologiques et sociales -entraine cette méthode.se Telle-est la façon dont Peter Gorsen abordait la question lorsqu'il mettait!° en comparaison \u201cLa liberté sur les barricades\u201d de Delacroix et un tableau de Jasper Johns \u201cLe drapeau\u201d (américain) de 1954 ou encore une oeuvre abstraite du constructivisme russe des années 17-20 avec une nature morte d\u2019un artiste Pop.Mais tel est également le noeud que Plékanov nous incitait à trancher lorsqu'il affirmait: \u2018\u201cLa tendance des artistes et des personnes vivement intéressées par la création artistique à accepter le point de vue de l\u2019art pour l\u2019art, naît et s\u2019affermit à la suite du désaccord irrémédiable qui existe entre eux et le mlieu social qui les entoure.Mais ce n\u2019est pas tout.L\u2019exemple de nos hommes des années 1860, qui croyaient fermement au prochain triomphe de la raison, de même que l'exemple de David et de ses amis'animés de la même croyance, nous prouve que ce que l\u2019on appelle l\u2019art utilitaire, c\u2019est-à-dire la tendance à considérer les oeuvres d\u2019art comme des jugements sur les manifestations de la vie, de même que le désir joyeux dont il est toujours animé de participer aux luttes sociales, naît et s\u2019affermit là où il existe une - sympathie réciproque entre une partie importante de la société et ceux qui s'intéressent plus ou moins activement à la création artistique.\u201d 11 Mais nous est-il encore possible de faire ce choix bienheureux?Et comment pourrions-nous Écrire, 9- (in L\u2019art et la vie sociale, Editions sociales, 1975, p.21.) 10- dans son article: \u201cMarxisme et esthétique.Perspectives d\u2019urie problématique nouvelle\u201d in Les sciences humaines et oeuvre d'art, la connaissance, Bruxelles 1969, p.209-24.11- Plekanov, idem, p.20.Sh = 1 Rei 2 - quand tout autour de nous fonctionne de manière si inquiétante, que \u2018l\u2019art pour l\u2019art est, de nos jours, une pensée aussi étrange que la richesse pour la richesse, la science pour la science, etc.\u201d 12 Devant ce choix, devant la réapparition des études ; ÿ Sur le réalisme socialiste et des polémiques sur le | facisme, comment ne pas constater un décalage entre la- réalité sociale et les développements les plus récents d\u2019une avant-garde artistique; comment ne pas voir l\u2019écart entre ces tendances artistiques et la réalité dont elles doivent-répondre; mais aussi comment y ne pas entendre, a travers ces courants, ces tendances et ces positions, que les contradictions de la société industrielle reproduiseñt à l\u2019heure actuelle un questionnement dont la formulation, pour différente ou nouvelle qu'\u2019elle-soit, implique des conditions que les années 20 à 40 ne cessent de nous rappeler.Dans 6s un tel contexte, n\u2019assistons-nous pas au retour d\u2019une se question qui pour avoir été progressiste a un moment an donné deviendrait réactionnaire dans sa répétition 7 du C\u2019est du moins ce que nous laisse entrevoir.ire Umberto Eco, dans les propos que M.A.Macciocchi Ie.en rapporte, 13 lorsqu\u2019il met dans le même panier_hy- 08 perréalisme américain, réalisme socialiste et réant À lisme fasciste.Selon lui, ces \u201cextrémismes opposés n- § sont réunis par une idéologie artistique\u201d.je ~~ _ \u201cQue les uns construisent le nazisme et ie, les autres le socialisme n\u2019a que peu d\u2019im- (an portance du point de vue pictural, et même on celui qui prône de la façon la plus achar- ioe: née la supériorité du contenu d\u2019une oeuvre de sur sa forme ne peut nier que transportés à - d\u2019un musée à l\u2019autre, il serait impossible ie | .de différencier ces tableaux qui pourraient ure aussi bien représenter le terrassier alle- _ im mand que le terrassier ukrainien sans dif- 65 férences appréciables.Faudrait-il donc di- éd re qu'une seule idéologie artistique unit les Extrémismes Opposés Historiques?\u201d croix \u2018Commentant ainsi l'exposition \u201cL'art sous le lil pie Reich\u201d tenue à Francfort, on déplace le problème du | 12- in Elements pour une analyse du fascisme, p.48-49, vol.2, fies .10/18.} sd | } Bo.57 Qu'est-ce que l\u2019art Un art de propagande?dégénéré?3 i Arno Breker, célébre Oleg Lochakov, peintre russe sculpteur nazi.contemporain.réalisme socialiste sur la base de l'idéologie mass- : médiative du contenu comme médium.Ce n\u2019est pas i \u201cparce qu\u2019on retrouve les mêmes structures formelles de représentation dans les portraits du Christ ou ceux de Mao que ces images fonctionnent à la même idéologie et au même contenu.Elles sont peut-être au service d\u2019une propagande, mais toute la question est de savoir et de connaître le pour qui?pour quoi?comment?La question est toujours de savoir si cet art est au service de la révolution ou de la domination.Quand à savoir quel support il apporte à l\u2019idéologie, il faut reconnaître que l'art est et fut toujours lié aux intérêts d\u2019une classe 14 et que dans sa fonction de propagande des conceptions de celle-ci, il peut être tout aussi bien écrasé que revivifié par le schématisme dont il procède et ses emprunts à l\u2019histoire des formes.La peinture de la Chine populaire est à cet égard exemplaire mais une comparaison entre le futurisme italien et l\u2019art nazi serait pleine d\u2019enseignement.Que l\u2019hyperréalisme américain, le réalisme de l\u2019époque stalinienne ou nazie reproduisent tous trois les valeurs de l'impérialisme américain, soviétique ou allemand est\u2018\u2019une chose; qu'ils utilisent des formes de représentation sans les transformer en est une autre.Ces stéréotypes ne règlent pas à eux seuls les contenus mis de l\u2019avant et encore moins, l\u2019usage politique qu\u2019on en fait.Le mode d'emploi de l\u2019art, qu\u2019il se fasse par la contrainte ou au nom de la 14- cf.N.Hadjinicokou; Histoire de l\u2019art et lutte des classes, Ed.Maspéro, 1973.\u2019 \u201c 58 liberté et de l'indépendance de l'artiste, est politique Comment expliquer autrement que le fascisme italien ait pu s\u2019accommoder des futuristes tandis que l\u2019Allemagne a dû recourir au néo-classique gothique, etc.\\ et mettre au pilori tous les \u201cdégénérés\u201d du Cubisme.Contrairement à cette Allemagne qui vivait une accé- __ lération très forte de l\u2019industrialisation, l\u2019Italie.était en Europe un pays fort peu industrialisé et l'idéologie futuriste de la vitesse, de la violence et de la guerre, mêlé à ses thèmes chantant l\u2019union de l\u2019homme à sa machine ne pouvaient qu'être utilement mis au service du programme d'\u2019édification fasciste.En Allemagne par contre, l'idéologie raciste ne pouvait gu\u2019aména- \u2014 ger des archaismes pour produire sa mythologie.Ainsi \u201con chercherait vainement ces grandes fresques prolétariennes dans lesquelles excellent les peintres soviétiques ou \u2018des démocraties populaires.Le travail occupe une place importante dans l\u2019idéologie nazie, mais l\u2019abstraction extrême de cette nation se reflète aussi dans la pein- _ ture nazie.|| est remarquable que les peintres nazis empruntent rarement, lorsqu\u2019ils veulent représenter le travail ou les travailleurs, aux activités contemporaines: ce n\u2019est pas le travail industriel qui est montré mais le travail du paysan.Encore faut-il souligner que le paysan n'utilise ja- \u2026-mais un tracteur, mais une charrue tirée - par un cheval, qui semble tout droit sorti d\u2019une gravure d\u2019Holbein.L'impression d\u2019irréalité que l\u2019on ressent devant tant de toiles nazies représentant la campagne et ce qui les sépare des toiles soviétiques ou chi- .noises souvent consacrées à des thèmes - analogues, est liée sans aucun doute à l\u2019ar- chaisme des moyens qui sont montrés.Eisenstein montre dans La ligne générale le bouleversement apporté dans un village par l\u2019achat d\u2019une trayeuse mécanique, d\u2019un trac- 18 - teur, la création d\u2019une coopérative.Les i À peintres chinois contemporains nous mon- i | trent des usines-fermes.Les peintres na- ed zis, au contraire, désignent la campagne allemande comme si elle sortait du Moyen- Age: le semeur, le faucheur ont les mêmes j i 59 let traits anguleux, que sur les gravures médiévales.L\u2019archaisme des techniques y est aussi respecté(.) Le travail est une notion, un symbole, jamais une réalité.Lors- \u2018que l\u2019on tente de montrer le travail en acte, c\u2019est le travail archaique des paysans qui n\u2019existait plus en Allemagne déjà à l\u2019époque des nazis ou bien le travail effectué sur l\u2019ordre du Führer.\u201d\u201915 Nous verrons que c\u2019est le même problème avec l\u2019Hyperréalisme américain.Les formes et les techniques diffèrent, mais c\u2019est toujours la réalité vivante qui est fantasmée.Certes, cet aveuglement n\u2019est pas propre à la peinture.|| relève du point de vue de classe adopté dans le traitement comme dans la lecture des formes.\u2018Le choix du sujet ne confère pas à lui seul un POPE a Fa Du CEN oe \u201c2 2 Gravure sur bois des ouvriers de Liuta.15- J.M.Palmier, \u201cDe I'Expressionnisme au nazisme.Les arts et la contre-révolution en Allemagne 1914-1923\u201d, in Elé- ments pour une analyse du fascisme, p.423-424, vol.1.~ ~~ ~ st grrr 4S em sens éducatif et un contenu révolutionnaire a une oeu- = vre?'\u2019 16 E C\u2019est un peu le sens qu\u2019il faut donner à la criti- k que du réalisme socialiste soviétique qui est entre- E prise depuis deux ans par les artistes-ouvriers de Changhai, Yangtsuan ou Linta et les peintres-paysans du district de Honhsien.Parce qu\u2019ils peignent la kK réalité qu'ils vivent, recueillent la critique de ceux 1 Prendre en charge la révolution pour promouvoir Ja production de Liu Hui-Sheng.16- (M.Magloff p.30 in \u2018Peinture chinoise d\u2019aujourd\u2019hui: tradition, rénovation, révolution\u201d, Catalogue Images du peuple chinois).61 RSR VEST SE IEDE PERS qui les entourent et rejettent toute routine ou formule qui n\u2019est pas nécessitée et transformée dans la lutte, les artistes-travailleurs de Chine tentent de briser le schéma amateurs/professionnels, de prendre en main la création artistique afin d'en faire un instrument au service des travailleurs.Pour les ouvriers de la navigation de Changhai la peinture a pour but de transformer la réalité, non de lui substituer des images.C\u2019est \u201cla vérité pratique\u2019 (Lautréamont) qu'ils visent et c'est ce que nous dit le texte qu\u2019ils ont rédige: _ | ou \u201cCe n\u2019est pas tant parce que nous savons peindre que nous peignons, mais c'est une.nécessité révolutionnaire de prendre le pinceau comme arme de combat.Nous sommes des ouvriers peintre amateurs et devons persévérer comme amateurs et résoudre le problème entre le travail et la création (.) Co Notre pratique nous a appris qu'il faut continuer a être amateur, il faut s'enraciner à la base, soutenir le travail manuel, être en contact avec les masses.(.) Pour consolider notre position dans la superstructure, pour protéger les réalités nouvelles nées de la révolution culturelle.Il faut former un contingent de théoriciens-ou- vriers, un contingent d\u2019artistes-ouvriers.C'est un plan à long terme pour consolider le pouvoir des travailleurs.\u201d 17 Par la méthode du Réalisme ,socialiste, ils ont transformé de fond en comble les formes traditionnelles de l\u2019art chinois et 'académisme de la peinture Réaliste socialiste.Et, fait non sans importance, ils l\u2019ont fait en s\u2019en servant.Le bond qualitatif, qu'ils font faire à la production visuelle comme à la théorie du_Réalisme socialiste est-indéniable et les artistes occidentaux d\u2019avant-garde ou pas devraient en tirer des enseignements quant à leurs conduites et au renouvellement de leur art.Cette transformation radicale de la peinture réaliste c\u2019est non pas un quel- \u2014 - 17- cité dans Images du peuple chinois, catalogue de l\u2019exposi- : tion organisée par l'association des amitiés Franco-chinoi- ses à l\u2019A.R.C.(Musée d\u2019art Moderne de la ville de Paris) du -20 mars au 27 avril 75) p.18. conque enrichissement de vitamine â-la-mode-de- chez-nous ni une \u201cnouvelle fraîcheur\u201d de l\u2019art chinois, mais c\u2019est bel et bien la révolution sociale de la Chine qui en détermine \u201cle changement des formes\u201d (chez Marx: Formwechsel).18 co ii.di ui F Un combat nocturne de Hao Chih-min.Décidément, ces artistes ne veulent pas faire l'économie de la réalité; c'est-à-dire la maintenir telle qu\u2019elle est.Et c\u2019est ce qu'on dit à Houshien: \u201cNous voulons peindre la réalité et l'idéal\u201d.- Réputée comme unité agricole d'avant-garde depuis la Grande Révolution culturelle prolétarienne, le district de Houhsien l\u2019est désormais pour ses peintures d'amateurs (depuis le mouvement de critique de Lin Piao et de Confucius).Mais c'est surtout pour avoir su créer un modèle de développement des activités artistiques tout en restant à l\u2019avant-garde de la production que ces amateurs constituent un bon exemple de prise de possession de la culture dans le cadre des trois mouvements révolutionnaires: lutte de classe, lutte pour la production et pour l\u2019expérimentation scientifique (voir mao tsé toung).| En effet, s\u2019il faut souligner ici la nouveauté de cet art, c\u2019est dans sa comparaison avec les autres pays socialistes qu\u2019elle apparait.Car, pour avoir fait de 18- Voir à ce sujet Jean-Pierre Faye; \u201cLe mouvement du changement des formes in Change-Première suite; 10/18.63 ~ ses luttes la matière première et le support de son art, l\u2019art chinois a su non seulement se révolution- .nariser mais donner une impulsion critique au réalisme socialiste.Comme tel, il constitut une dénonciation du bureaucratisme culturel de-l\u2019Union soviétique.19 Déjà Chroniques avait traité de cette question du conservatisme bureaucratique et de l\u2019organisation du travail artistique en URSS et avait dénoncé ce \u201csystème hiérarchique et pyramidal, sélectif et corporatiste, qui fonctionnarise Jl\u2019artiste et ne peut, bien sûr, que renforcer la division du travail manuel et du travail.intellectuel ou culturel.Etatisation de l\u2019art sans socialisation de la pratique artistique.Que reste-t-il du \u2018réalisme socialiste\u201d?|| en reste surtout l'absence de lutte: le peuple n\u2019est qu\u2019un sujet passé.Il faut l\u2019éduquer.Mais les consignes se sont désséchés depuis la \u2018\u2019déstalinisation\u201d\u2019 et la plupart des oeuvres n'ont plus aucune signification socio-politique explicite.Les regards conquérants et les élans optimistes ont disparu, les scènes officielles aus- _ si.Le réalisme s\u2019est peu à peu teinté d'infimisme, de misérabilisme, de paupérisme.Art de la normalisation, il s'est assoupli et diversifié dans les formes (art figuratif toujours mais de moins en moins conventionnel) en même temps que le style, les évocations, les sujets, les symboles se remplissaient de statisme, de calme, de tristesse, de vide, d'isolement et d\u2019ennui\u201d.20 Mais n\u2019allons pas aussi vite.1l n'est pas facile - ~ de prouver que le réalisme soviétique contemporain soit dégénéré, sentimental, etc.Qui peut dire s\u2019il est en crise.ou s\u2019il change?Ce n\u2019est peut-être plus du réalisme socialiste mais comment prouver que cet art déforme la réalité et ne participe plus au mouvement réel?Le-plus loinqu\u2019on puisse aller c'est de = .19- Cf.Peasant Painting from Huhsien Country; Foreign Languages Press, Peking 1974 (Gatalogue de l'exposition tenue à Pékin en 1973.20- Vacher: \u201cMésaventures du réalisme\u201d in chroniques no.10 oct.75 p.51 à 57.\u2014 64 di BR is - Ie le in \u2018il 1s el ir de gn ue dire que les conditions sociales actuelles ne sont pas favorables au renouvellement révolutionnaire du réalisme.En effet, que ce soit dû au peu d\u2019effervescence intellectuelle et sociale ou à la bureaucratisation tant décriée, le but de ce texte n\u2019est pas de déterminer les causes de cet état de choses, mais de le constater.Le carré capitaliste S\u2019il est possible en quelques mots de caractériser \u2014les productions déterminantes de l\u2019avant-garde artistique des toutes dernières années, c\u2019est bien au niveau de l\u2019attitude des artistes à l\u2019égard de leurs matériaux spécifiques qu'il faut se situer.Peu enclin à remettre en question l\u2019autonomie de leurs pratiques, l\u2019artitude générale fut à la réduction des différents arts à leurs - composantes soit corporelles, soit matériologiques, soit formelles, soit conceptuelles.Bien entendu, cette répartition est grossière et trop schématique, mais ce qu\u2019il faut tâter du constat de cette réduction, c\u2019est sa base idéologique.De toute.évidence, cette réduction s'appuie sur l\u2019idéologie du médium comme message.Très fortement diffusée depuis McLuhan, cette forme de pensée (sic!) pénétra rapidement le domaine des arts et permit à un certain nombre d'artistes de comprendre, en quelques manié- res, différentes transformations sociales dans lesquelles ils étaient impliqués et qui, au niveau de leurs pratiques spécifiques, déterminaient depuis quelques années déjà leurs conceptions de l\u2019art errtant que concept, proposition formelle, événement ou action des matériaux.Ces conceptions, par l'intermédiaire d'observations générativistes, conceptualistes, matériologistes ou anthropologistes à l\u2019endroit des spécificités et potentialités propres à tel ou tel médium comme à leurs outils ou procédés, conduisirent à des distorsions plus ou moins idéalistes concernant, par exemple: le corps de l\u2019artiste comme support de la création (de l\u2019action painting au body art), la limitation de | la pratique artistique à ses processus de conceptualisation (des ready made de Duchamp au conceptual art via J\u2019arte povera), l\u2019affirmation du caractère littéral et systémique de l\u2019art (en gros, du néo-plasticis- me hard edge au minimal art) et, finalement, des propriétés multiples de ses matériaux considérées com- 65 me message ou savoir implicite (des mythologies personnelles à la fondamental painting en passant par la jeune peinture française).Ceci dit, de manière forcément schématique, il ne faudrait pas cependant en conclure que là résident les seules tendances de l\u2019art actuel.Contrairement à ce que les grandes revues d\u2019art (Art Forum, \u2018Art Press, Flash Art) laissent entendre, il existe,à côté de ces tendances de fortes traditions figuratives qui elles aussi secrètent des courants plus ou moins avant-gardistes.Parmi ceux-ci, mentionnons, principalement l\u2019Hyperréalisme américain et la Nouvelle figuration européenne où là aussi on retrouve un front progressiste (représenté entre autres par les groupes de la Jeune Peinture, les Malassis, Equipo chro- nica, Etc.) et qui, sur la base de la théorie marxiste ou d'un réalisme critique essaient de penser la pratique picturale dans son rapport avec l\u2019histoire sociale.La question étant de savoir dans quelle mesure ces réalismes ont à.voir avec \u201cla méthode du réalisme socialiste\u201d; il nous importe donc de présenter .ici certains de ces courants dans la configuration que fait présentement apparaître la question du réalisme: Hyperréalisme Nouvelle figuration 7 Minimal Art Support/Surface Mais a présenter ainsi sous forme de carré les courants qui nous semblent le plus directement im- _ pliqués par cette question, on risque de ne les voir que dans leurs différences quand en fait il s\u2019agit d\u2019opposition et de rapport de forces.Ainsi, si à l\u2019Hyperréalisme américain nous opposons la Nouvelle figuration européenne et si au Minimal Art nous opposons Support/Surface, c\u2019est moins pour démarquer ce qui serait politiquement à gauche ou à droite que pour nous aider à comprendre, du côté de la'conjoncture artistique, ce que cette confrontation met en lumière de l\u2019insertion sociale de l\u2019art.\u2019 Sol x a forr le $ k fits qui ing Ch le ont Ol 10- ste oli ure iS- ler ue ion 06 il À) Le minimalisme Faisant suite à l\u2019Expressionnisme abstrait et à la génération des \u2018\u2018action\u2019s painters\u201d, et, dans leur tentative critique pour transformer les solutions formelles que ces premiers grands artistes américains avaient proposées, nous englobons sous le terme d\u2019art minimal un nombre imposant de tendances qu'il serait trop long de distinguer ici.Nous regroupons donc sous cette étiquette ce qu'on a ap- -pelé aussi Field painting, Post-painterly abstraction, Systemic Painting, ABC Art, Primary structures et Que-sais-je-encore! Sans entrer dans le détail de ce courant très large, ni faire l\u2019histoire complexe de ses tendances et définitions multiples, disons tout simplement que ces artistes se situent, d\u2019entrée de jeu, dans l\u2019autonomie de l\u2019art.Et, bien qu\u2019il ne faille pas enfermer ainsi toutes les productions de ce courant, il faut reconnaître que ses artistes inscrivent leurs travaux formels et leurs analyses stylistiques dans le développement des solutions plastiques à des problèmes généralement soulevés dans le passé récent de l\u2019art.En quelque sorte, le mouvement moderniste s'autogénère à partir des Pollock, DeKooming, Kline jusqu\u2019à Tuttle, Marden, Mangold, Martin ou Rock- burne en passant par Newman, Louis, Olitski et Stella; c'est dire, outre ces noms, que ce mouvement résulte de la position autonomiste prise par ces peintres en regard de la seule histoire de l'art et du passé récent de ses formes.Exploitant sans cesse ses virtualités, ce courant acquiert une cohérence logique et formelle qu\u2019il ne faut pas sous- -estimer, mais qui fonctionne généralement dans une conception de l'histoire comme progrès.|! poursuit ses buts en dehors, le plus souvent, de toute relation de l\u2019art.aux changements sociaux et-prétend même que la logique interne du système peinture tout comme son histoire, a beau être fait de contradictions et de solutions changeantes apportées par des artistes vivants à un moment donné de l\u2019histoire, cette logique artistique fonctionne aussi par question et solutions formelles, rapports conflictuels et débats, mais dans le seul cadre des préoccupations inhérentes à l\u2019art.A partir d'un certain nombre d'innovations techniques, cette peinture, comme cette sculpture, 67 se caractérise par des procédés de traitement le plus possible dépersonnalisés, une conception \u2018de plus en plus purement optique et non plus tactile de la spatialité, un vocabulaire et une syntaxe plastique entièrement déduits des limites matérielles du cadre et du champ (chromatique) visuel.Et ainsi de suite, du dérivé des effets de couleur au dérivé des relations géométriques, cette conception de la peinture ou de la sculpture découle, comme dit Fried2! de \u201cla reconnaissance de plus en plus explicite des caractéristiques physiques de la toile-support.\u201d D'où l'affirmation de la surface plane et de la bi- dimensionnalité, la détermination de la forme du support sur la structure picturale (fondée sur la for+ me et la taille du support).7 Cet art qui, tout en se prêtant à d\u2019infinies va- rations sur une solution formelle particulière, cherche en même temps à se critiquer formellement lui-même comme si la fonction de l\u2019art supposait un changement continuel des possibilités formelles et comme si son essence était d\u2019engendrer à partir de sa seule structure le mouvement infini des formules.Dans son refus de se considérer dans un rapport dialectique avec l\u2019histoire sociale, la dialectique du modernisme tourne à vide.Ce courant a beau produire des objets dont le fonctionnement formel est dialectisé ou dialectisable, il n\u2019en tend pas moins, de réduction en réduction, à une économie de moyens et d'effets de plus en plus radicale; c\u2019est- à-dire dans ce cas précis, minimale.En développant leur art selon un système et sur le mode de la série Robert Ryman, par exemple, amena des changements radicaux dans la pé&inture en limitant l\u2019emploi de la couleur au blanc.Cela eut pour effet de réduire les théories de la couleur à la - seule présence physique de la lumière et à l\u2019affirmer ainsi comme indice de la couleur (signe).Situé toujours dans une histoire de \u2018la filiation des formes\u201d, ce travail prolonge les travaux blanc sur blanc de Malevitch (1918) tout comme ceux de Barnett Newman et de Ad Reinhardt des années \u201860 sur \u2018les monochromes, mais en refusant précisément de concevoir l\u2019organisation picturale dans le _21\u2014 Michael Fried; \u201cTrois peintres américains\u201d in Peindre, Revue d\u2019esthétique 1976/1, Ed.10/18, p.287.I yr gr 4 jo I a gre, rapport fond/forme, il parvint, comme dit Diane Waldman.a \u201csublimer l\u2019image en recréant une toile vierge par une série de coups de pinceaux impersonnels\u201d.En ce sens, le pragmatisme de sa démarche comme de presque tous ces articles, conduit à l'affirmation du carré comme seule forme non-évocatrice et non déformée permettant d'affirmer la littéralité de la surface.La profondeur n\u2019existe plus chez lui qu\u2019en son sens littéral; c\u2019est-a- dire en tant qu\u2019application étagée et entralacée des traces de peinture.Robert Ryman; Sans titre, 1965.Avec le refus de tout ce qui n\u2019est pas essentiel à la peinture, Ryman limita les couleurs au blanc et à son application impersonnelle, par gestes plats.Mais dans cette succession de traits laissant ici et là apparaître la toile entre ses interstices et sur ses bords, Ryman parvenait par la largeur et l\u2019épaisseur de ses traces à répéter le support du tableau dans sa matérialité de toile tissée et tendue mais aussi à représenter entre couleur et non cou- FER Ma Ya-li; Plaisir de sécher le coton nouveau au soleil leur (traditionnellement le blanc est considéré comme somme des couleurs mais il est en même temps couleur opposée aux autres) le rapport peint/non- peint dans lequel tout peintre est impliqué, identifiant ainsi le plan au support ou la surface au fond, toute une série de transferts étaient donc rendus possibles entre par exemple le tableau et le mur, le travail du peintre et sa représentation.lls relèvent tous d'une approche scientiste de l\u2019objet peinture et de sa pratique (métier).Ainsi, lorsqu'il abandonne le châssis et punaise la toile au mur ou y colle la feuille de papier pour en réduire la dimension (épaisseur), c'est pour accentuer le caractère physique de l\u2019objet peint, mais aussi pour mieux marquer le fait qu\u2019ils n\u2019ont pas pour but de constituer un espace plus ou moins illusionniste ou aplati.L'objectif visé c\u2019est d\u2019affirmer la peinture comme peinture au détriment de tout rapport entre vide et plein, aplat et effet atmosphérique, etc.Refusant à l\u2019image toute relation dedans/dehors, soumettant la figure inté- reure à la forme extérieure, il est fidèle à, la déduction moderniste qui subordonne toute forme aux.limites matérielles du support.et comme c'est le cas pour les grandes surfaces, assujettit la surface peinte à l\u2019étendue des bras.En d\u2019autres mots, ce processus analytique expérimente les possibilités de la peinture, de ses moyens,-matériaux et gestes.70 ly Quant aux travaux minimalistes qui s'inscrivent dans la suite des recherches sur l'interaction des couleurs de Joseph Albers, c'est chez Kelly, Don Judd qu\u2019on en poursuit l'exploration.\u2018 Mais par les entrelacements d\u2019un Frank Stella cet illusionnisme abstrait disparait au seul profit du champ pictural et on réalise ainsi sur le plan de la couleur une surface sans profondeur.Entre le plan et le phénomène du champ pictural un jeu de forces est créé par des rapports de couleurs qui nécessitent une structuration verticale ou horizontale du champ ou un découpage de la toile si l\u2019on veut le ramener au plan.Dans son rapport.au mur, le \u201cShaped canvas\u201d collabore a cette neutralisation.Tandis que le principe de construction répétitive et mécaniste tend au contraire à refuser les limites du tableau.Dès lors on comprend pourquoi cette objectivité avec laquelle ils veulent interroger le système et les lois de la peinture s'oppose à l\u2019emploi que faisait Jasper Johns du drapeau américain comme matrice formelle et indicateur des pigments.Ce qu\u2019on refuse dans cette accusation d\u2019anecdotisme retar- .dataire c\u2019est le pouvoir d\u2019association de la peinture.Or, par exemple, tout renvoi aux objets réels va a l'encontre de leur démarche (c'est-à-dire définir les propriétés de la peinture) et peut-être même à les entendre, de la peinture.Tôut se passe comme si ces formes nuisaïent à la peinture.Déja les \u201cflags\u201d de Johns confondaient l\u2019aplatissement de l\u2019objet choisi (drapeau américain) avec celui de la toile et tout en déduisant de son format les bandes de couleurs qui en forment le dessin, il parvenait quand même dans le rapport à cet objet réel au tableau à faire jouer entre elles les références extrapicturales et picturales comme découpe de l\u2019espace mural et comme prélèvement symbolique de l\u2019espace social.C'était là, faut-il croire, un résidu impardonnable (sic) d\u2019une conception archaïque de la peinture.Mais en même temps, c\u2019était le piège renversé de ce qui plus tard sera l'embarras des minimalis- tes: la couleur comme espace illusoire.Pourtant, il y a parmi les minimalistes ceux qu\u2019on appelle les grands coloristes.Mais la aussi : \u201cce travail (de la couleur) est maintenu 71 \u2014 en relation avec une appréhension plus rationnelle de la peinture.Cette profondeur de la couleur n\u2019est pas récupérée dans des justifications métaphysiques, elle ne se définit que par son contraire, la platitude, toujours donnée,-de la surface de la toile et de sa limite à laquelle le peintre ne cesse de renvoyer.Le cadre, la toile, la bj-dimensionnalité mis en évidence, il ne s\u2019agit plus de travailler \u201ccontre eux\u201d, ni de.leur subordonner d\u2019une façon scientiste toute Ja prati- - que picturale, mais de travailler avec eux jusque dans leur contradiction, dans cele que leur apporte \u201cI'espace illusoi- \u201d de la couleur\u201d.L'expressionnisme gestuel (Action Painting) qui avait dominé la scène artistique jusqu\u2019au début des années soixante fut remplacé par une abstraction expressionniste que le critique Clément Green- berg appela Post Painterly Abstraction après avoir regroupé des peintres qui mettaient en cause cette inflation de sentiments et de transcendentalisme par lesquels la critique transformait l\u2019expressivité en spontanéisme et les principes de cette peinture en philosophie existentielle.En réaction à cet académisme, des peintres.comme Louis, Keliy, Noland, mettaient de l\u2019avant un prolongement de leurs techniques (dripping, all-over) et une rationnalisation de leurs principes.Déjà Newman avait entrepris de radicaliser, dans sa frontalité, cette conception de l\u2019espace non centré et de la grande surface entièrement recouverte de \u2018peinture (all over).Mais la\u201d\u2019génération des années soixante trouvait là trop de suggestions atmosphériques, trop d'empâtements lyriques et d'associations littéraires.Refusant ce formalisme illusionniste hérité du code représentatif ils banñirent de la peinture toute dimension spatiale .contraire à son essence bi-dimensionnelle.En se contentant d'effets optiques et d\u2019aplats colorés, leur travail les amena à bannir toute trace d\u2019affectivité dans la touche et à opter pour une organisation essentiellement géométrique du tableau.Cet espace 22\u2014 Catherine Millet, \u201cAprès l\u2019Expressionnisme abstrait\u201d in Art Press no 7.72 à leu (te P trou ¢ fod mêf es hs nell nals Fer \"Un M 3 ba Li À &s Mier Er Ment J tle ÿ miles à Ci # lracé en Ere 5 eau à Aussi 8 Wen | longi ff ile jeur ite ae À CE LEVEL 0 amer non focalisé, exigeant une structure non illusionniste, nécessitait un mode de composition plus rationnel que celui de l\u2019imitation et c\u2019est pourquoi ils en vinrent à déduire l\u2019organisation intérieure du tableau des limites extérieures du support; c'est-à- dire de son cadre et de ses contours.Dès lors, les données immédiates et physiques de la peinture venaient de remplacer iës conventions représentatives en fonction desquelles lés tableaux s'\u2019élaboraient.Mais procédant par analyse immanente des données concrètes de la peinture, cette attitude formaliste eut d'abord des effets progressifs qu'il serait ridicule de nier.Ce principe d\u2019immanence remettait en question tout ce qui pouvait encore subsister des conceptions traditionnelles de l\u2019espace, de la profondeur et du plan; les principes d'équilibre et les lois de la composition voyaient leur arbitraire contesté et la perspective linéaire dite \u201cscientifique\u201d venait enfin, par sa négation, de trouver un véritable fondement.Toutefois, cette attitude positiviste allait se constituer presque en même temps en nouvel académisme.Conception inversée de- l'expressivité et.de la profondeur métaphysique, l\u2019affirmation exclusive de la bi-dimension- nalité de la peinture et de son application dépersonnalisée, limite l\u2019espace à son code géométrique et la peinture à la platitude de la toile ou eile a lieu.Un pas de plus \u2014 c'est celui que franchira support/ surface \u2014 et la peinture se confondait avec ses matériaux et le peintre avec ses guenilles.Mais avant d\u2019en arriver à ça, c\u2019est-à-dire à\u2019 une interprétation idéaliste de l\u2019espace de la peinture et de son travail, rappelons quelques acquis.En premier lieu, celui du \u201cShaped canvas\u201d (toile découpée) qui allait amener Noland et Stella non seulement a répéter le cadre dans les motifs de leurs tableaux, mais a faire de ces figures peintes les limites mémes de la toile.Confondant ainsi, dans .d\u2019infinies variations sur le thème du contour, le tracé et son support, le dessin et le tableau, le fond et la forme, la surface et la couleur, le all-over des expressionnistes abstraits se voyait découpé au couteau pour une plus grande platitude de la toile mais .aussi pour une plus grande clarté dans le rapport qu\u2019entretient l\u2019objet peint avec son mur et, par extension, avec son environnement spatio-lumineux.73 PMS MI a) En même temps ou le tableau affirmait ainsi sa spécificité par rapport à l\u2019espace \u2018environnant, il accusait\u2018 aussi son espace comme simple différence.Frank Stella; Luna Wola 11, 1973.\u2014 Cen était fini du tableau comme fenétre sur le monde.Le mur n\u2019était plus troué et ce que le tableau perdait en profondeur creusée, il le gagnait en infini dans son rapport à l\u2019espace ambiant.Tels sont ces tableaux-reliefs de Stella qui dans leurs formes géométriques, leurs matériaux divers, leurs plans de couleurs et leurs ombres portées laissent parfois apparaître, dans leurs variations sur le carré, .ici et 1a, à leurs limites et parfois même en leur centre, la silhouette d\u2019un trapèze, d\u2019un octogone ou d\u2019un triangle découpant et animant l'espace du mur.N 74 x F En: Æ 5 à & ln ; he E ein : pau E ou Ir, i de 58 ( ti Em à dc ar Sem E pan M ess Epon leur toy Ene (ex j Sur à Ut Sur Ë cu Bd El EO E Con me ' Ainsi, _ \u201cEn parvenant à la parfaite adéquation du contenu avec le contenant, les peintres contemporains déplacèrent une contradiction fondamentale de\u201d la peinture.Celle-ci ne s'articule plus sur le rapport représentation d\u2019un espace imaginaire/espace bi-dimensionnel de la toile, mais sur le rapport espace de la toile/espace environnant.C\u2019est là un point essentiel de la peinture américaine.\u201d 22 Mais ce n\u2019est pas tout.|| existe un autre aspect de cette \u201ccontradiction\u201d auquel ces peintres dûrent se confronter: le caractère irrationnel de la couleur.En effet, ces tableaux ont beau être toujours réglés sur les contours du support et leur composition ne renvoyer qu\u2019à elle-même, ces couleurs, traitées de la manière la plus impersonnelle qui soit, ont beau être considérées à la fois comme plan, profondeur et même comme espace, elles participent d\u2019un-es- pace imaginaire qui dépasse de loin toute saisie optique ou bio-chimique.Cet espace, tout comme l\u2019autre, plus rationnel êt géométrique, est fortement idéologisé.Mais pas de la même manière.Les rapports de la couleur à l\u2019espace sont fort différents de ceux du format et tendent même à le contredire.C\u2019est ainsi que, par exemple, dans les panneaux assemblée (juxtaposés) d\u2019Ellesworth Kelly ce sont les plans de couleur qui, avec leurs densités et éclairages variables, déterminent la composition, son dessin et le rapport de l\u2019environnement à l\u2019objet peint.Tout se passe comme si les densités de couleurs exigeaient des formats différents dont la découpe serait déduite quantitativement de ces effets énergétiques.Devant ce mouvement de la couleur (expansion-contraction) le champ \u20acoloré n\u2019est plus soumis, comme c'\u2019était traditionnellement le cas, au dessin; plus manifeste encore que les grandes surfaces all-over, le champ de la couleur engendre- ici plan, dessin et contours.Tout compte fait, ce nouvel espace élaboré pàr déduction systématique du contour trouve son principe dialectisé par le va-et-vient de la couleur.Mais qu\u2019elle soit au service de la couleur ou à celui du contour, la peinture ne saurait se réduire ni à elle- 75 même ni à ce positivisme de la tgile et/ou de la couleur.C\u2019est pourtant ce\u201cGue tente de nous faire croire une certaine histoire de l\u2019art, faite d\u2019un point de vue essentiellement autonomiste et pour qui l\u2019art actuel irait de réduction moderniste en réduction positiviste.Quelle différerice! Non.L'histoire de la peinture n\u2019est pas si simple, et ce serait la nier ou en faire une\u2019 \u201cillusion que de la réduire aux effets successifs de ses interprétations idéalistes ou aux progrès scientifiques d\u2019une appréhension de plus en plus rationnelle.Le phénomène de la peinture est social: il ne se limite pas plus à son histoire spécifique qu'aux seules relations de l\u2019objet avec l\u2019espace ambiant.Or cette conception limitative de l\u2019histoire est entièrement conforme à celle que les minimalistes se font de leur pratique.Mais ce qu\u2019il y a de plus.étonnant dans cette façon d'envisager l\u2019art, c\u2019est de voir la place qu\u2019on lui fait occuper dans le réel; à force de ne vouloir aborder la peinture qu\u2019en termes de plan, surface bi-dimensionnelle et interactions optiques, se constitue une sorte de lecture qui, pour bannir Ÿ .toute extra-picturalité de la peinture prétend paradoxalement fonder ce \u2018nouveau grand espace\u2019, ce rejet de la subjectivité et sur la seule aspiration à un art \u201cobjectal\u201d où le tableau se confondrait avec l\u2019objet réel.Brice Marden; dispositif d'exposition solo, 1966.Robert Mangold; \u2018 Grey Window Wall, 1964., R ima i ture 1450 - fout me | % pelr fique C\u2019est à cette confusion que la radicalisation mi- nimaliste conduit.Pour éviter [lillusionnisme de l\u2019objet peint, l\u2019aplatissement formel ramena la peinture au statut d'objet physique.Et ce n'est pas sans raison que la problématique du Minimal Art fut surtout celle de sculpteurs.Mais des sculpteurs (comme Tony Smith, Robert Morris, R.Artshwager, etc.) se posant des problèmes picturaux.Ce n'est pas là la dernière ambiguité de ce formalisme que d\u2019appeler \u201cnouveau grand espace\u201d cette réduction empirique de l\u2019art à une pure visualité et en-faire sa \u201cmatière première\u201d.En fait, tout ce courant est une entreprise de redéfinition de la peinture ou de la sculpture, de ses moyens, matériaux et finalement de sa nature, de son objet et de sa réalité., Mais quelle est cette réalité que cet art prétend enserrer dans ses rapports, si ce n\u2019est celle de l\u2019espace muséal.En effet, ce n'est pas parce qu'un objet peint des rapports (de support/surface, frontalité/profondeur, etc.) et qu\u2019en tant qu'\u2019objet il entre en relation avec le volume d\u2019une salle d'exposition qu\u2019il rend compte de son insertion sociale.Que transforme-t-il de cet espace et quelles déterminations ce milieu peut-il exercer en retour?Tout au plus peut-il (artiste) rendre compte de la logique de son système d'élaboration formel, de son langage, des qualités de ses matériaux et des particularités fonctionnelles du médium utilisé.Certes, les dalles de Carl André interrogent la spécificité de la peinture et de la sculpture en abordant la question de la.représentation, par exemple, de la fuite perspectiviste et les structures modulaires de Sol Lewitt, le rapport entre le schéma plan formel du dessin et son élévation volumétrique dans l\u2019espace, mais l'étude de ces infinis rapports entre liants et pigments, papiers et pressions, ou entre les états de résistance des matériaux et les procédés auxquels on les soumet (Honig), le dessin de la surface et celui du matériau (Rockpurne); tout cela est bien sûr important pour comprendre ce qui fait langage, mais est-ce que ce sont les seuls effets de connaissance auxquels on doit s'attendre de la peinture?Est-ce suffisant?C\u2019est en tout cas nécessaire à la compréhension des procédures formelles et matérielles par lesquelles passe tout projet artistique.Et, en ce sens, ces mise-en-scène, démonstra- 77 tions ou \u2018déconstructions\u2019\u201d\u2019 des matériaux spécifi- \u201cques à tel médium et à son langage sont indispensables à la saisie du processus de transformation des matériaux et de son procès rationnel.Mais en dehors des qualités spécifiques de tel ou tel système de signes, quelle prise en charge de la réalité de telles attitudes analytiques et de tels rendus didactiques font-ils ?Ethelyn Honig; Dorothea Rockburne; Dessin Abydos 1 Bet 1A, 1970-74.Qui se fait lui-même, 1973.Ce \u2018Process Art\u201d a tout à voir avec le cercle vicieux de l\u2019art mais n\u2019en constitue certainement pas le procès.Certes, il concerne le rapport du sujet- artiste avec le savoir, du langage à la pulsion, de là matière aux matériaux; mais quelle est.donc sa matière première, sa fonction et son destin?L'art n\u2019est pas plus tombé du ciel qu\u2019il n\u2019est fait pour se regarder le nombril dans l\u2019espace glacé de l\u2019art.Si c\u2019est encore sa principale occupation, il est grand temps de lui apprendre à marcher.En résumé, les développements de la peinture moderniste sur la bidimensionnalité, la couleur et la structure déductive permettent d\u2019identifier ce courant minimal par ses recherches sur la littéralité ou, si vous voulez, la picturalité.Elles conduisirent certains de ces peintres, par l\u2019utilisation de fines couches de couleurs et la dilution des pigments, à identifier, par exemple, la surface de la, toile à sa texture et, par là, leur permit de briser définitivement la conception de la fenêtre ouverte sur le monde tout en affirmant la toile brute comme champ coloré et espace optique.D\u2019autres par contre se mirent à travailler en {er fl os obj mu sem | - des vers | Bel teur pis terme de séries de tableaux la structure déductive et à opérer ainsi des transformations syntaxiques et systématiques.Le caractère systématique de ces objets est facilement repérable dans le jeu des permutations linéaires ou chromatiques où dans l\u2019ensemble ils se présentent comme la transcription des transformations opérées par l\u2019artiste sur diverses matrices formelles (en particulier la grille).Bref, ce qui intéresse ces peintres ou ces sculpteurs c\u2019est l\u2019engendrement de nouvelles formules plastiq ues et leur caractère génératif.Sol Lewitt; Séries A No 8, 1967._ Dans l\u2019ensemble cependant, l\u2019apport du minima- lisme a consisté à établir, semble-t-il, comme dit Clément Greenberg, \u201cque l\u2019essence irréductible de l\u2019art de peindre, consiste seulement en deux conventions ou normes constitutives: surface plane et délimitation de cette surface; et il suffit d'observer ces deux 79 normes simples pour créer un objet qui peut être expérimenté comme un tableau: ainsi une toile tendue ou punaisée existe déja en tant que tableau \u2014 bien qu \u2018elle ne soit pas nécessairement réussie.\u2019 On voit la, tout de suite, quelles extensions La Nouvelle Peinture francaise et surtout le groupe Support/Surface donnérent a ces constatations car sans retomber dans les conceptions Dada ou néo- dada qui veulent qu\u2019il suffise de considérer n'importe quel objet du monde réel comme objet d\u2019art pour qu\u2019il s'élève au \u2018statut de l\u2019oeuvre d'art\u201d, ces jeunes artistes transmirent dans ces recherches déductives l\u2019impulsion nécessaire d\u2019une pratique picturale et une conception de l\u2019art susceptible à très brève échéance de devenir la tendance dominante en peinture.Chose certaine, on voit désormais d\u2019où elle vient et pourquoi, dans la suite qu'elle apporte aux conceptions, méthodes et traitements des constituants matériels et formels spécifiques à la peinture, elle n\u2019a de cesse de se situer par rapport à .certains de ces artistes américains et de poursuivre cette expansion de la peinture vers ses éléments et ses propriétés formelles et matériologiques.- Déduisant, de l\u2019analyse et de la décomposition du support comme des pigments, qu\u2019ils contiennent eux aussi une structure et une logique de fonctionnement, - ils affirmérent celle-ci comme matrice formelle et l\u2019expérimentèrent picturalement et théoriquement.- \u2018\u201cL\u2019expansion du domaine pictural est - un avantage équivoque pour le peintre moderniste: car, au moment même où le spectateur peut avoir acquis la capa- cité-de voir-un morceau de tissu comme un tableau\u2019 potentiel, il peut aussi être amené à considérer un tableau moderniste de la plus haute qualité comme rien de plus qu\u2019un morceau de tissu coloré.Dans la mesure où toutes sortes d\u2019objets grands et petits appartenant ha- .bituellement au domaine de l'arbitraire et dépourvus de tout sens visuel peuvent maintenant être expérimentés picturale- - Jem | img ser fable lites que Wha de | lar: deal ing à 1e rés Soc 8: tu eh \"Mais ts 5 of intre ê 0 cad mm être pris fie olor.| dob- | fe fare pet Ë de ment ou dans une relation signifiante au pictural, il y a un risque accru que les meilleurs tableaux modernistes apparaissent comme arbitraires et visuellement dénués de sens.C\u2019est dans ce sens surtout que la peinture moderniste offre au spectateur des difficultés exceptionnelles.En dépit de son rejet à la fois de la représentation et de lillusionnisme traditionnel, et paradoxalement, a cause de son intérét pour les problémes essentiels qui lui sont propres, la peinture moderniste aujourd'hui est peut-être plus désespérément impliquée .dans son environnement visuel que la peinture ne l\u2019a jamais été.C\u2019est comme si la peinture moderniste ne disposait pas de l\u2019espace nécessaire pour s'affranchir, se libérer, même relativement, de son environnement.'2S Mais cette vue de la critique, concernant l'insertion sociale de l\u2019art minimale est fort contestable et contestée par la plupart des artistes formalistes qui n'hésitent pas à déclarer comme Stella que \u201conly what can be seen in the painting is there.What you see is what you see,\u201d ou encore des points de vue similaires a celui-ci sur l'autonomie de l\u2019art: \u201cFor a painting to be successful, it has to deal with problems that are always given to painting, meaning the problems of what it takes to make a really good or convincing painting.\u201d Bref! Que de résistances à concevoir l\u2019art comme une pratique sociale.B) L'hyperréalisme _ Mais qu\u2019est-ce donc que l'hyperréalisme avec deux \u201cr\"'?D'abord c'est actuellement dans le domaine de la peinture, le biggest hypermarché in the world: Mais c\u2019est aussi un courant artistique qui dans le cadre de l'Histoire de l\u2019Art se donne comme le prolongement du Minimal art a travers le Pop Art et le réalisme académique, mais cette fagon de voir est quel- 23\u2014 Michael Fried, ibidem, p.336-337.81 que peu historienne par sa saisie des seules caractéristiques formelles des représentations.En fait, c\u2019est tout aussi bien à travers l\u2019esthétique du Surréalisme que ce superréalisme nous vient.Pour lui aussi, ce qui compte, c\u2019est de produire des décalages dans le familier et de dégager l\u2019inquiétante étrangeté du quotidien.Ces 2 courants jettent le spectateur dans un léger malaise: ou bien il est déconcerté et pris au piège des associations libres ou bien son regard hési- .te sur ce qui pourtant lui est familier et qui pourtant lui semble moins réel que son reflet ou son souvenir.Il ne comprend la cause de cette dé-réalité: la représentation.Pourtant il ne s\u2019agit ni d\u2019une sur-réalité ni d\u2019une autre réalité, mais.bien de celle-ci, hyper- réalisée, méta-réalisée.Avec tous ses leurres, ses illusions et ses reflets trompreurs, cette peinture fascine le regard et tout en rassurant le spectateur sur ce qui est représenté, ébranle ce qu'il voit ou en tout cas déplace considérablement le réel.En effet, l'erreur serait de croire que l\u2019hyperréalisme nous montre le réel tel qu\u2019il est.Son appellation nous indique assez bien à quelle réduplication nous avons droit.Et si nous ajoutons à cela le fait que ce courant et ces artistes, rassemblés une première fois par la critique au Whitney Museum, furent lancés sous l'étiquette du \u2018photo realism\u201d,.on comprendra.à quel point ce réalisme au second degré nous introduit à diverses procédures de fétichisation de l\u2019objet.Déjà, on avait eu affaire avéc le Mec Art en particulier à la répétition systématique de photographies d\u2019un même objet, mais ce procédé chez Warhol par ex.avait surtout pour objectif d\u2019éliminer par la répé- titon d\u2019un même motif toutes traces de surobjectivité ou de psychologie.Ce procédé de neutralisation quantitatif déréalisait le réel à sa façon en effaçant tout ce qui n'est pas objectivité pure.Le pop art et le néoréa- lisme (dont nous parlerons plus loin) eux aussi amenaient par leurs procédés de grossissement ou de montage et par leurs mises a plat ou en série des objets a démultiplier les objets du réels et a les faire s\u2019équivaloir dans la représentation au terme de ce processus de reproductibilité.L\u2019hyperréalisme ne change rien au réel, car dans sa simulation, comme dit Bau- drillard dans \u2018La réalité dépasse l\u2019hyperréalisme\u201d (24), \u201cnous vivons partout déjà dans l\u2019hallucination (24) \u2018In Peindre, p.143 et 145, coll.10/18.82 5 asf gr E gi réal x is se gm 1% ; jeu fi ; Par : dou ; pur ; Jap nal jes ili 3 sl Me IN ¢ le i si À ant | fi, y | ie | JT ses Lure leur Jen esthétique de la réalité.Tout ce que peut faire I'hyperréalisme, c\u2019est d'apporter un supplément de code qui introduit cette réalité au \u2018marché de l\u2019art (.) \u2014 réalité-esthétique, non plus par la préméditation et la distance de l\u2019art, mais par son élévation au niveau second, à la puissance deux, par l\u2019anticipation et l'\u2019immanence du code.Une sorte de parodie non délibérée plane sur toute chose, de simulation tactique, de jeu indécidable auquel s'attache une jouissance esthétique, celle même de la lecture et de la règle du jeu.\u201d Parodie pour esthète seulement, parce que dans ce redoublement esthétique du réel, l\u2019art devient aussi appareil de reproduction mais à cette différence prêt de l\u2019appareil photo qu'il extrait de toute production sa finalité sociale et fait de la production comme des objets réels, une forme pure non figurative, sans contenu ni même de réalité.Andrey Flack; Portrait de famille, 1969-70.Dans cet univers ou tout s\u2019échange on peut se demander ce qu\u2019avait la peinture à vouloir représenter la photographie, à devenir comme dit Lyotard, \u2018\u2019reproductions d'objets produits déjà produits\u201d (25), à.peindre la toile peinte en reproduisant sa photo (par exemple).Toute une série de questions se soulève.Pourquoi reproduire des photos avec comme dit G.Richter les moyens.de la peinture?Pourquoi ce cir- (25) J.F.Lyotard: Des dispositifs pulsionnels, p.107, 10/18.83 cuit photo-peinture-photo-imprimé?\"Si, \u201cEn peignant : des photos, mais fortement, l\u2019hyperréalisme montre Juli 3 comment le désir s\u2019agence dans le procès de produc- phe a tion quand on s\u2019y place non pas au lieu du maitre, ' sie capitaliste bureaucratique, mais au lieu de l\u2019esclave J ry gi: travailleur.Les objets étincelants, clos, totaux, ils ces À sont, nous dit-il, les contre-parties de nos corps sé- et les 8 lectionnés, obscurs, ouverts à l\u2019ailleurs, et la puis- 50h F sance vient à ceux-ci de la différence extrême de ment leur état avec celui de leurs produits\u201d.(Lyotard, ~§ me \u201cEsquisse d\u2019une économie de l\u2019hyperréalisme\u201d.(26) À Hi) Mais, ceci dit pour la jouissance du corps du tra- a p i vailleur, n\u2019est-ce pas plutét une façon de voir et de mise parler petite bourgeoise que de prétendre situer la r' Ek jouissance dans cet écart entre travail manuel et tra- Gel à vail intellectuel, production matérielle et appropria- desp 3 tion esthétique du réel\u2026 4 Position d\u2019observateur se penchant sur les tra- BR un iB vailleurs, observant des peintres s\u2019acharner à pein- Hurt i} dre les plus intimes différences entre photo et pein- § 4; ; ture et jouissant ni de l\u2019objet ni de.sa représentation J yy \u201cmais de l\u2019activité imageante que ce sujet permet d'é- male tablir\u201d.(27) { tise Entre l\u2019idée d\u2019 un art, par principe ennemi de la.trot technique, et la conception que se font de la peinture, an ne les hyperréalistes il y a un monde: celui d\u2019une vision ohn ii où la photographie était vue comme ce qui allait rem- 4, 18 placer la peinture ou devenir auxiliaire unique et ce- : | lui où l\u2019art photographique est devenu objet de repré- 4 ui À sentation dans la peinture et moyen d'analyse de la = ki perception humaine.; tig ji ares ny j Perr A lions | \u2018 H: ®Q i | vem a Se Qu Er a 3 ly fi i Ralph Goings; Photo de travail et Caravane Airstream, huile/ te 1 toile 1970.Ung Ë ; dg), 2 (26) Ibid, p.113.i = (27) Richard McLean; \u201c12 interviews\u201d, p.83.(Art in America ~ nov.déc.72) b, A \u2014~ > _ \u20ac H 84 | 4 ant 4 gi tion je à hire, sion rem cer pré je là pull! ne?Entre la peinture comme témoignage de l\u2019art de - celui qui \u201cpeint telle ou telle chose\u201d et la photographie comme témoin de ce quelque chose qui a vécu et est encore là, il y a, dit W.Benjamin, (28) ce \u201cqui ne passera jamais entièrement dans l\u2019art\u201d (p.60); c\u2019est-à-dire ce réel qui, malgré tous les artifices et les arrangements techniques, échappe à l'oeil et à son mode de perception.\u2018\u201c\u2026 à un espace consciemment élaboré par l\u2019'hyperréalisme se substitue un espace où il opère inconsciemment\u201d (Benjamin, 61).Ce réel, ce (chiffre) qu\u2019il faut déchiffrer, c'est la photographie avec ses procédés, close-up, ses mises au point et son ralenti qui permet de le décrire.\u201cElle seule nous renseigne sur cet inconscient de la vue, comme la psychanalyse sur l'inconscient des pulsions\u201d (Benjamin p.62).Pas étonnant, dès lors que la photographie nous domme accès aux aspects physiognomoniques de tel ou tel objet enregistré, que tous les commentateurs de la peinture hyperréaliste adoptent un point de vue psychanalytique.Les effets plus ou moins phantas- matiques que les tableaux Pop d\u2019un Rosenquist produisent sur le spectateur sont fortement travaillés.On croit y voir, agrandie, le nez d\u2019une Oldsmobile, mais au moindre signe d'attention c\u2019est l\u2019inscription (d'un phantasme), la saisie d\u2019une région érogène, c'est \u2018\u201cl\u2019écran fondamental du réel\u201d (Lacan).\u2019 Entre simulacre et phantasme, c\u2019est la dissimulation qui se joue de la réalité.Avec l\u2019hyperréalisme, c\u2019est à un degré de plus dans la dissimulation que nous passons.Pas étonnant non plus que cet artiste Pop soit le seul que les hy- perréalistes considère comme ayant des préoccupations similaires aux leurs., En effet, dans tout cela il s'agit du leurre.et de ce qu'il fait bouger, ce qu\u2019il met en branle et en mouvement.D'ailleurs, c\u2019est là probablement la seule chose que l'hyperréalisme met en mouvement.Derrière la fixité des objets représentés leur pose statique et leur réification par un traitement pictural à la limite de l\u2019impersonnel c\u2019est tout le jeu du désir qui est enclenché.Mais à travers le simulacre de ces objets réels, c\u2019est la fausseté même de cette représentation qui est dissimulé.Pire encore c\u2019est le peu de réalité (28) Walter Benjamin 85 MS EE EEE ET 5 de ces objets qui est ici impliqué par ce qui pourtant i les donne a voir comme l\u2019évidence même de ces objets degré zéro.C\u2019est le gel mais sur son trente- deux! C\u2019est dire à quel point ici ce ne sont ni les ob- sés mais les rapports qu\u2019ils entretiennent entre eux et avec l\u2019espace des hommes.C\u2019est le réel, entendu comme rapport entre les choses et leurs hommes (comme dit Althusser) qui est ici littéralement effacé, raturé, escamoté.Dans ces tableaux, tout y est as- ceptisé, nettoyé et irréalisé, même les trottoirs, les pharmacies, les parkings et les scrapyards sont propres propres propres! Aucun de ces lieux ou de ces choses ne semble être habité ou usagé.Tout ici est clean cut c'est-à-dire coupé de tout usage mais en même temps, précisément, fait pour.C\u2019est l\u2019univers de la marchandise et de sa mise en montre, de son étallage et de son valant pour.C\u2019est la représentation, c\u2019est le théâtre de la consommation, c'est toujours la même scène pop, mais sans plaisirs des acteurs, sans jeu.Le monde des objets s'étale, le rex gard circule sur des produits sans tache ni aucune trace de reproduction ni marque de commerce mais ce regard peut-il vraiment désirer ce qu\u2019on désire même le seul à bouger, à être mis en marché.La seule chose qui circule-dans ces images c\u2019est ce qui i - _ nest pas peint (ordures et traces de l'usage): le regard.Et même lorsqu\u2019il y est comme dans le portrait de famille de Flack, il y est a titre d\u2019objet de regards.Tout est ici réifié, déformé, chosifié, dévitalisé, superficiel.D'où viennent ces objets?Jamais rien de tel ne nous est représenté.Ils tombent du ciel comme ces automobiles aux âges variées qui dans le stationnement éternisent le cliché instantané, duquel ils leurs n\u2019accordent aucune importance au \u201csujet\u201d montré ne s\u2019intéressent qu\u2019à son rendu photographique.4 Cet enregistrement qui lui-même n\u2019est qu'un morceau du réel voit à son tour sa quantité d\u2019information réduite par le peintre, condensée par les moyens picturaux- qui à leur tour vont tout morceler encore une dernière fois avant que le spectateur ne les ré- .duisent à son tour en regard.Décidément?Ces painters digest ne nous montrent de la réalité que les \u2018\u2018miroirs du sujet\u2019, jamais SN jets ni leurs représentations qui sont dématériali- pour lui; même le regard ici est marchandise.|| est furent extraits par le peintre.Ces peintres qui d'\u2019ail- Richa Cel to Fig dngiy lourg Meng Sile EN g si Richard Estes; Pharmacie, 1970.celui de leurs rapports réels.Certes le regard est retourné sur lui-même et moi avec, mais le réel dont je veux parler, non pas celui de mon rapport a I'imaginaire et au symbolique, celui-là est bel et bien détourné au seul profit du fantasme.En ce sens, C.Clément a bien raison de dire dans son article \u201cL\u2019'impossible réel ou le leurre en vente\u201d: \u201cPeut importe alors 4e réel, peu importe sa représentation, ils ne sont là que comme appât: le leurre nécessaire dans 87 \u2014 l'idéologie dominante pour capter l\u2019attention et former \u2014 un marché.Ce qui se trafique dans l\u2019hyperréalisme, | c\u2019est l'effet de fantasme produit par un pseudo-réel: trop représenté pour être vrai, il est le comble de la fiction, l\u2019accomplissement dérisoire et parfait d'un réalisme qui montre plus que jamais sa structure fantasmatique\u201d (29).Mais que montre-t-il au juste - des rapports réels de production et d\u2019exploitation?\u2018 Le spectateur peut toujours à travers ces tableaux reprendre conscience de ces rapports réels; ce réel- - là c\u2019est bien ce qui dans cette peinture est l'impen- se, l'impossible.Ce qu\u2019on nous montre ce sont les objets de la réification c\u2019est-à-dire des hommes et/ ou des choses pris dans des rapports réifiés, détournés de la réalité au profit de son envers, l\u2019imaginaire.Ce n\u2019est plus une représentation du réel, mais son reflet le plus troublant, le plus immatériel.| .Ce qu\u2019on nous donne à lire dans ces tableaux ce n\u2019est peut-être que leur surface peinte, mais cette mince peau des choses, cette petite croûte plus ou moins luisante c\u2019est leur cache poussière, leur survêtement, leur couverture: le recouvrement de l\u2019idéologie.Ces objets fabriqués, tout fait d'avance, fonctionnent à coup sûr comme séduction-plaisir-désir mais jamais à coût de force de travail.Le rapport de l'hyperréalisme au réel, est un rapport d\u2019exclusion: celui-même des causes et transformations matérielles qui font cet objet réel ou peint.En effet, la peinture aussi est prise à ce piège qui nous met sous , les yeux ce qu\u2019elle ne voulait pas montrer.-Le peu §& d'intérêt que ces peintres accordent aux sujets qu\u2019ils # \u201cchoisissent de représenter, n\u2019est pas innocent.Et si chacun d\u2019eux se contente d\u2019un ou deux thèmes, ce n\u2019est pas sans renforcir, par cette répétition même, la forme mème de la méconnaissance.Ces tableaux font écran entre sujet et réel.Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019ils sont à ranger dans la catégorie des natures mortes.Ils n\u2019ont rien du tableau vivant mais tout du still live (Les yeux fixés du cadavre).Ici rien de réel, que la vie rêvée fixée par l'idéologie bowrgeoi- se, le temps d\u2019une mode, pour assurer justément une meilleure (consommation-circulation-production) re- .production de ses images.; Mais qu\u2019en est-il du caractére de classe de ces (29) C.Clément: miroirs du sujet, p.211, coll.10/18.- - > CES images et que nous apprennent-elles sur la société capitaliste?\u2018 - L'hyperréalisme nous permet de constater \u2014 parce que précisément il ne nous le donne pas à voir, ne nous le montre pas, \u2014 en creux, c\u2019est-à-dire en négatif, avec sa bourgeoisie et sa petite bourgeoisie qu\u2019il \u2018nous force a vivre et penser la réalité (en fait la sienne) sous son mode réifié, imaginaire et fantasmé.Plus l\u2019hyperréalisme atteint la -perfection dans l\u2019art d'imposer le cadre de ses représentations de classes, plus il prétend rendre compte non pas.de la réalité de l\u2019image c\u2019est-à-dire-la réalité imaginée ou .I'idéologie imagée d'une classe pour qui de tout temps et pour toujours l\u2019essence et la fonction de la peintu- 4° est de-se représenter d\u2019elle-méme.Si cette pein- ure est faite a 'image et a la ressemblance (de cette société) du capitalisme, et l\u2019image et cette société peuvent être transformés.| _ De ce qui manque à ces tableaux pour qu'ils soient réalistes (à savoir une structure de représentations des rapports vécus) et qui pourtant leur est essentiel, c'est leur manque de signification \u2014 leur vaccuité.A refuser toute lecture de ces tableaux dans l\u2019ordre du représenté ou non de ceux-ci, il faudrait admettre que ces tableaux ne représentent rien d'autre qu\u2019eux- mêmes et qu\u2019en d\u2019autres mots il faille partir du postulat selon lequel derrière la représentation il y a bien une absence mais sans que celle-ci se réfère à une causalité extérieure.Prétendre par cet a priori sortir de base métaphysique de la représentation n'est pas forcément se placer sur une base matérialiste.C\u2019est peut-être se replier plus étroitement encore dans l'autonomie absolue de l\u2019art et tenter de se penser dans un rapport irréel.: Ce qui manque à ces représentations comme à ces objets, c'est-à-dire leur vécu, leur histoire, c'est ce qui pourtant est significatif.Ce qui manque chez les -hyperréalistes est di a leur séparation de l\u2019art comme de ses objets représentés d'avec ses conditions réalles de production.En ce sens, l'analyse minutieuse de la copie photographique à laquelle ils se livrent-tous n\u2019a pas d'autre but \u2014 à en croire l\u2019insistance avec laquelle ils en parlent \u2014 que le but inavoué de faire passer pour objectivité descriptive ce qui est une fuite devant la réalité économico-politique.Cette fuite, cette rature et ce $i gommage des informatiques photographiques jugées impertinentes ou inutiles aux fins de la peinture, non seulement escamotent la réalité vivante, mais anhis- yo torisent ces objets réels et- représentés.C'est du ml 3 er moins le discours (si je puis employer ce mot) que TE Ler Shy lg ERR tiennent ces tabléaux.de pot od qu Exe LEE 1 Cs LX Ke ca a fio Oe & dl dé pe i de dé $al | du [hi fo me da eh (iv i do Me Qe RN BD $0 By NS het fer de par w de ger Ser Qui Yo Je Chuck Close; Keith, 1972 8 90 DCI ROTO A et A RER E DE 6) lo nouvelle figuration En ce qui concerne le courant de la figuration nouvelle que nous allons aborder ici dans ses grandes lignes, rappelons que la critique d\u2019art y regroupe, depuis 1960-65 environ, des peintres aussi divers qu\u2019Arroyo, Adami, Aillaud, Cremonini, Dauriac, Er- ro Fromanger, Gâfgen, Télémaque, Titus-Carmel, Kermarec, Monory et combien d\u2019autres.Mais outre cette pléiade d\u2019artistes il faut signaler leurs liens avec le Salon annuel de la Jeune peinture et les positions prisent par son Comité organisateur depuis 1965.Cette tendance protestataire s'est toujours opposée aux conceptions autonomistes de l'art comme moyen d'échapper à l\u2019histoire.Et si le Salon de la jeune peinture n'hésite pas à dire qu'il faut placer l\u2019art \u201cdans une relation directe avec la vie et l\u2019histoire\u201d, de son côté, un peintre comme Arroyo n'hésite pas à déclarer que \u201cL\u2019art n\u2019est pas lui-même le pouvoir sauveur que nous appelons avec tant d'urgence et d\u2019une voix si-faible.Sa capacité d\u2019intervention dans l\u2019histoire est limitée \u2018au pouvoir de donner des indications.Mais c\u2019est en cela qu\u2019il n'est pas absolument mort, qu'il n\u2019est pas seulement un secteur parmi » d'autres de la production culturelle.Pour nous, qui entendons nous manifester comme de véritables individus dans le temps et dans l\u2019espace, il ne s'agit donc pas d'inventer ou de découvrir de nouvelles formes d'expression artistique mais de donner davantage à penser\u201d.(* in Figuration, 10/18) Ainsi, si les techniques utilisées généralement sont celles de la fragmentation des images (sujet- espace-temps), la juxtaposition de scènes ou d\u2019objets hétérogènes, la mise en narration du sujet, le retournement des signes, la caricature ou la détérioration de l\u2019image même, on nous permettra sans doute de parler de la Nouvelle figuration comme utilisant ce qu\u2019il est convenu d'appeler des pratiques de dérive et de dérision.Un certain travail de montage préside généralement à l\u2019organisation des images et, en ce sens ces tableaux imposent des trajets de lecture qui, pour multiples qu\u2019ils puissent être, nous renvoient généralement a I'opération qui a produit I'image méme.\u2014 Ceci étant dit pour Arroyo, Klasen ou encore Télémaque, on devine à quel point cette peinture est 91 i & Arroyo; Le Primat d\u2019Espagne Valerio Adami; Bedroom scene, regarde comment on bat une dessin de 1970.oie, 1970.\u2018riche en développements narratifs.Dans ces parcours qui nous forcent à remonter souvent jusqu'aux conduites mentales du peintre, nous sommes pris, dans les rapports qu\u2019entretiennent ces bribes de réalités diverses, au jeu des transformations des matières signifiantes et du procès de production des formes.En ce sens, Kermarec ne fait que mettre en scène le travail de la peinture dans son rapport à l\u2019entreprise de décodage qu\u2019est sa lecture (sociale).Même chose pour Adami qui part toujours d'images photographiques ou d\u2019imprimés les découpe de manière systématique afin de les recoder en peinture de façon telle qu\u2019ils révèlent des particularités du système peinture et produisent en même temps non seulement des effets de sens nouveaux mais également des effets de connaissance sur les opérations de codage et leur histoire.Ceci dit, de manière trop rapide et en raccourci, pour suggérer à quel degré d\u2019abstraction se situe la nouvelle figuration et qu\u2019il est de plus en plus erroné de continuer à penser le travail-pictural dans les catégories du figuratif et du non-figuratif.Car, qu\u2019il s'agisse du minimal ou de support/surface, de l\u2019hyperréalisme ou de la nouvelle figuration, nous avons affaire à des pratiques analytiques produisant au niveau même de la peinture une critique de ses combinatoires formelles.La peinture, figurative ou pas, est bel et bien devenue méta-langage: théorie de l\u2019art.92 \u201d = Xu Et, en ce sens, les peintres de la figuration nou- veille peuvent bien faire dire d\u2019un code qu'ils utilisent qu\u2019il est code ou en décrire le fonctionnement, ils n\u2019en déréalisent pas pour autant tous les signes iconiques.Certes, \u2018la transmission du message de référence\u2019 (Le Bot) est brouillée par des procédés de disjonction ou de répétition, mais ils n\u2019en mettent pas moins à nu leurs conditions formelles de production.Ç Cette articulation de la réalité formelle de l\u2019art avec la réalité toujours déjà codée de ses référents est également au centre des préoccupations d\u2019un artiste comme Cremonini.Chez lui, la réalité n\u2019est jamais ni du côté des éléments formels et des matériaux picturaux le représentant, mais elle est justement dans leur rapport de transformation.Entre l\u2019objet et sa représentation picturale, ce qui est mis en scène c'est la représentation et ce qui s\u2019y joue c'est, _comme procédé, le procès de production.\u2018\u201cCremonini peint des rapports, où sont pris les objets, les lieux et les heures.Cremonini est un peintre de l\u2019abstraction.Non un peintre abstrait, peignant un pur possible absent dans une forme ou une matière nouvelle, mais un peintre de l\u2019abstrait réel, peignant, en un sens qu\u2019il faudra préciser, des rapports réels (comme rapports ils sont nécessairement abstraits) entre les \u201chommes\u201d et leurs \u2018\u201cchoses\u201d, ou plutdt, si l\u2019on veut bien donner a ce mot son sens le plus fort, entre les \u201cchoses\u201d et leurs \u201chommes\u201d.(Louis Althusser: \u201cCremonini peintre de l\u2019abstrait\u201d in revue Démocratie nouvelle, no.11 Paris, 1966) Nous sommes loin ici de la peinture peignant la peinture, mais en même temps, nous sommes également éloignés d\u2019une peinture de la réalité.En fait, si l'on peint toujours au travers d\u2019un modèle, d\u2019un code ou, si vous voulez, une méditation, on remarquera chez Cueco, par exemple, que les cartes postales qu\u2019il utilise dans son travail, peuvent bien lui servir de \u201cmodéle\u201d, ce n\u2019est jamais celui-ci mais ce qu\u2019il montre que le travail du peintre va représenter.Ce qu\u2019il montre à travers ses tableaux, c\u2019est moins * 93 le rapport de la peinture au code photographique que ce qui, précisément, dans ce transcodage, se dégage de la photo, surgit depuis son fond idéologique comme représentation de classe.Même chose avec Ivan Messac qui lui aussi, part d'archives photographiques, mais pour les projeter sur la toile et mettre en pleine lumière, par l\u2019intrusion d\u2019une zone de couleur vive dans l\u2019image monochrome le lieu où se noue l\u2019action où elle prend forme.Peinture questionnant la réalité sous-jacente du document et, en même-temps qu\u2019elle désigne ce qui était déjà là, le fait advenir à l\u2019avant de la toile, le remet au présent, par grattage, ce que l'information objectiviste de la photo nous masquait de la réalité- vécue et de l\u2019histoire.Yvan Messac; Document photographique et son tableau La terre à portée de main, 1974._ Espérant par ce qui précède, avoir pu suggérer en quoi ce courant figuratif peut-être départagé entre, d'une part, un \u201cformalisme critique\u201d et un réalisme critique d\u2019autre part, il ne reste plus pour marquer un autre aspect de ce courant qu\u2019à introduire ici des groupes comme la Coopérative des Malas- sis (Cueco, Fleury, Latil, Parré, Tisserant) ou encore celui qui se rassemble autour du Salon de la Jeu- - ne Peinture.A leur sujet, il importe de dire, soit leurs liens a des organisations ou partis, soit leur participation a des actions-animation.Mais a lire le Bulletin de la Jeune Peinture, ce qui frappe c\u2019est de voir à quel point le programme et la stratégie de ce groupe constituent un excès par rapport au \u2018\u201cnéo-réalisme\u201d que l\u2019on tente ici d\u2019encercler.Faisant un saut radical en dehors 94 wry eg a 0 eu ens fon Yi oil jent fen nor ou à de l'autonomie de l\u2019art, ils tiennent en quelque manière une position théorique extrême qui n\u2019est que rarement (contrairement aux Malassis) en accord avec leurs productions visuelles.Koss Cueco; Carte postale du Vicomte et de son chateau.Le portail, 1972-73.Le mur, 1974.Pourtant, ce que cette faction désire par-dessus tout c\u2019est bel et bien de déplacer les rapports \u2018art et histoire de I'Art\u201d et \u201cart et histoire sociale\u201d.La lutte idéologique que ces artistes livrent sur le terrain de la culture et par l'intermédiaire de ce Salon dénonce les idées régnantes de la bourgeoisie et du réformisme en attaquant, en premier lieu, le forma- = lisme où est enfermé l\u2019art actuel.Or, si leur objectif est de parvenir à changer le rapport art/histoire de l\u2019art en celui de l\u2019art et de l\u2019histoire sociale, \u201cle.travail de destruction\u2019 qu'ils entreprennent au niveau spécifique de la peinture laisse encore à désirer car il se réserve trop souvent au simple constat d\u2019une situation sociale qu\u2019une imagerie de \u2018\u2018déjà vu\u201d arrive \u2019 95 rarement à montrer.Or, comme dit Brecht quelque part, ce n'est pas tout de montrer ce qui est, encore faudrait-il montrer ce qui devrait être.C\u2019est là, en condensé, le débat qui eut lieu entre la Jeune peinture et Support/surface et qui fut rapporté dans le Bulletin paroissial du Curé Meslier.\u201c En effet, entre \u201cpeindre la révolution ou révolutionner la peinture\u201d il devient clair qu\u2019on ne peut révolutionner la peinture sans transformer la pratique picturale.Mais au méme titre, subordonner la peinture a la réalité historique ce n\u2019est pas pour autant favoriser la révolution.A travail égal.; Fromanger, Mathieu, Quarez et Jolivet, 1973.D) La nouvelle peinture Lors du regroupement sous le label Support/Surface (à l'ARC en 1971) des productions de ceux qui allaient devenir peu de temps après les principaux représentants de la \u201cnouvelle peinture en France\u201d, les problématiques mises de l\u2019avant étaient Surtout d\u2019or- ~~ z dre prénoménologique.A partir de Merieau-Ponty, - Leroi-Gourhan- et Lévi-Strauss, on \u201cinterrogeait l'espace du tableau et de la représentation à travers l'analyse de leurs constituants\u201d.Si on ajoute à cela un intérêt pour l'analyse des unités significatives qui composent le tableau et en ordonnent la structure matérielle, on comprendra leur intérêt pour l'évolution des signes.dans l\u2019histoire de la peinture et la nature de la pratique de certains peintres américains (Rothko, Newman, Reinhardt, Pollock, etc.).Cet intérêt archéologique pour ce que Daniel De- zeuze appelle le \u2018\u201crefoulé de la peinture\u201d est ca- | ractéristique de cette première phase, disons, ma- \u2018tériologique.Quant au:passage au matérialisme c\u2019est sur la base des acquis théoriques de la revue tel quel (marxisme et psychanalyse) qu'il s\u2019effectua.On quitta apparemment peu a peu un travail qui s\u2019organisait surtout empiriquement et a l'intérieur du concept de la pratique spécifique (c\u2019est-à-dire, entre autres, à-l\u2019extérieur des luttes idéologiques qui traversent la prati- - que picturale).Après 68, les choses changèrent et certains refusèrent \u2018cette position démiurgique\u201d et tentèrent de subvertir cette spécificité en interrogeant des instances nouvelles et réputées hétérogènes au champ de la pratique picturale.La lecture de Marx, Freud et Lacan a rendu possible ce passage à des positions matérialistes \u2014 et sur lesquelles il nous faudra d'ailleurs revenir.Au regard des directions qui s'offraient à eux, Dezeuze, par exemple, s'intéressa d\u2019abord a la phénoménologie du châssis pour en interroger les problèmes de la limite du tableau en tant qu'objet/espace (cf.S/S).Limite qui depuis cing siécles dénie au chassis son rôle d'organisation de la perspective et de la géométrie même de l'objet.D'autre part, teindre au lieu de peindre ou plier sur lui-même au lieu de dessiner ce support de la peinture, c'était inscrire ce travail dans l'histoire de l\u2019économie formelle (cf.\u201cla réduction moderniste\u201d) et montrer ce \u201crefouté historique qu'est le rapport du support à la surface en opposition 1 a cet autre rapport de la surface avec la nature a imi- Ÿ\u2014 ter.\u201d Quant au travail de Dolla, il reprenait ce proble- me au niveau de l'intersection d\u2019une verticale et d\u2019une horizontale à la surface même de la toile (par la couture de 4 pièces de tissus d\u2019où se diffuse la couleur).| 97 Une peinture ferfidue en quatre par Noél Dolla, 1973.Mais en renversant ainsi le cadre de la peinture, c'est-à-dire sa limite, cadre et châssis étaient cousus l\u2019un par l\u2019autre et en cela produisaient le dessin de la couleur; à savoir, refusaient au dessin son rôle traditionnel de contour ou borne de la couleur.Quant à Jac- card, il travaille de manière intimiste sur le fond ma- tériologique de la peinture et tente d'organiser des supports à partir des outils (noeuds, tresses, cordages, ficelles, etc.) sur lesquels s'imprègne la toile par empreinte, frottage, etc.Pour Pincemin, ce qui compte, c'est de déconstruire l\u2019espace scénographi- que par le retour en plan de la couleur et la mise: en évidence de certaines structures latentes de la scène.Ce que d\u2019ailleurs la\u2019 multiplication des couches, des plis, des encollements, etc.rend manifeste par l'introduction qu\u2019elle y fait des problèmes de poids, de densité et de résistance des matériaux.Ici, au regard de l\u2019architecture et de son rapport a la peinture, on a affaire à une \u2018critique de l\u2019institution formelle\u201d ou, tout au moins, à une \u2018\u2018redistri- & pui + Eu ; tran AUT que ii mn.= ur, jsus je là ad des > bution des signifiants traditionnels figés dans un emploi codé de la peinture\u201d.Co Donc cette peinture sur-représente, en ce sens que s\u2019y dessine une marque que l\u2019organisation formelle va, en profondeur et en surface, représenter comme procès matériel de production: c\u2019est-à- dire, ce que toute la peinture classique jusqu\u2019à Cé- zanne avait refoulé, occulté, masqué, recouvert.Bref, ce travail de liaison/déliaison des constituants matériels du tableau classique, cette reclassification archéologique et didactique non seulement nous reportent à un degré zéro de la représentation, mais nous font prendre conscience que le représenté, c'est désormais le procès matériel de production.Représentation de la représentation, Support/Surface tente de mettre de l'avant un nouvel espace idéologique à travers l\u2019ancien.Or de cette histoire de la localisation des figures- objets et de leur fixation mesurée optiquement dans le report de la \u2018\u2018réalité\u201d au plan du support, -on comprend qu\u2019elle peut être autrement, c'est-à-dire, en dehors de la convergence et de l'espace homogène où la perspective centrée euclidienne codifiait et hiérarchisait la surface unique en enfermant \u201cle réel\u201d pour mieux le stabiliser (pratique de la mensuration universelle).Or, face à ce type d'enfermement peut SE poser le problème des limites du support par la simple construction d\u2019oppositions binaires (verticale/horizontale; solidité/mollesse, -matière lisse/poreuse, envers/ endroit, dehors/dedans, etc.).Evocant ainsi la dialectique du dehors/dedans tout comme celle de l\u2019'imprégnation/couche recouvrante, on voit que, par exemple, le dessin peut étre celui du support et de la couleur au lieu d\u2019être tracé d\u2019une main qui partage ou accentue la surface.Permettant ainsi un retour critique sur le plan, une telle \u201cperspective\u201d le considére désormais comme structure: articulant le support et la pariétalité.|| y a là quelques bases pour transformer le corpus peinture-écriture dans sa matérialité et c\u2019est à cela que ces peintres s'emploient.L\u2019interrogation de la toile est le fait de cette \u201cnouvelle peinture française\u2019 et marque de l'histoire contemporaine de la pratique picturale.Or, ce \u201cnouvel espace\u2019 quel en est la problématique qui-sous-tend son développement et son apparition?Comment et par - quels moyens s'effectue cette interrogation de la toi- 99 le?Bref! quels effets de connaissance sont ici enga- ion gés par la pratique picturale?Dans son renvoi à elle- io WH même, cette pratique critique de la peinture dépasse- | 5 ÿ t-elle le cercle tautologique de l'autonomie absolue de 4 | l'art?Et, comme critique de la peinture comme de son 8 histoire, débouche-t-elle, comme dit André Valensi, pl: \u201csur autre chose qu\u2019elle-méme, en particulier I'idéo- A logie\u201d ?{| 8 \u2019 C\u2019est dans le contexte d\u2019un Néo-réalisme post-da- ne daiste et des derniers soubresauts de l\u2019Ecole de Paris - 4 à.que la \u201cNouvelle peinture française\u201d apparaît.En rup- - his : ture avec ces tendances et en opposition à l\u2019art technologiste (lumino-cinétisme, etc.) alors dominant, de jeunes artistes effectuèrent ce qu\u2019on a appelé un \u2018\u2018retour à la peinture\u201d.Mais ce retour n\u2019avait pas la même base pour tous.Pour certains, c\u2019était l\u2019occasion d'investiguer de façon empirique les matériaux de la peinture; pour d'autres, il s'agissait d\u2019 effectuer un retour critique sur la peinture et son histoire.Mais, dans chacun des cas, l\u2019accent était mis sur \u2018la théo- , ë rie révolutionnaire\u201d (?) et la caractéristique com- h: mune prenait l'allure d\u2019un discours plus ou moins psychanalysant.En fait, ce qu\u2019un certain discours appelle le mouvement de la peinture-peinture et ce qu\u2019un marché de l'art dénomme Support/surface sont à distinguer, comme ce qui, sépare l\u2019art pour | l\u2019art de l\u2019art sur l\u2019art, d\u2019un effet de discours.; al A le Ire} miqué Produire un discours nouveau sur la peinture fut peut-être l\u2019enjeu majeur de ce courant.Et, compte tenu du fait que la plupart de ces artistes se situent consciemment à partir du \u201cnouveau grand espace\u201d des | -américains Noland, Olitski, Newman et Poons, il n\u2019est \u2018 peut-être pas faux de prétendre qu\u2019ils y sont parvenus ; dans un premier temps grâce au matérialisme dialec- | tique et dans un second rendons-grâce à la psychana- § g lyse.Mais avant d\u2019aborder ces questions, rappelons | - que ces peintres se réclament de Cézanne, Matisse, | | Mondrian et de leurs prolongements expressionniste | abstrait (Pollock, Kline, de Kooning) et coloristes américains (Newman, Rothko, Still et Louis).Et s\u2019ils s'inscrivent dans la foulée des Sol Lewitt, 1 Robert Morris et Carl André, leurs travaux sont as- } sez prés de ceux de la derniére génération minima- liste (Bishop, Mangold, Rotterdam, etc.).Mais ils s\u2019en distinguent par un travail sur la couleur qui ne se limite pas à la systématisation formaliste.La ques- .dis 100 48 tion de la couleur dans la confrontation avec les limites du tableau n'y est plus réduite à sa pure visualité.Les minimalistes avaient fait de la couleur comme du contour, des objets délimités de perception.Leur travail sur/de la couleur refuse la subordination de celle-ci aux limites physiques du support et du dessin.Il rejette également les solutions, aujourd\u2019hui académiques, de l\u2019illusionnisme géométrique et optique par N TS Louis Cane; Peinture mur/sol, 1973.101 lesquels l\u2019opposition entre la profondeur et la littéralité de la surface était neutralisée.S'il s\u2019agit d\u2019affirmer ce conflit entre littéralité et illusion, la logique formelle et le caractère irrationnel de la couleur ou encore le caractère fini et le caractère infini de la peinture, on doit reconnaître que le mérite de ce courant c\u2019est d\u2019avoir pensé la peinture en terme de dia-' lectique.Mais le renversement de la logique positiviste du modernisme qui évacue de la peinture toute intrusion extra-picturale et tout surgissement du su- jet-peintre, s\u2019il passe par l'opposition du matérialisme à ce nouvel idéalisme, il n\u2019en constitue pas moins- un certain matérialisme qu\u2019il faut absolument interroger.En effet, s\u2019il passe par la question du sujet en peinture, ii faut bien voir que le matérialisme s\u2019y résume généralement à un discours.Certes, l\u2019articulation du matérialisme historique-dialectique et de la psychanalyse y est tentée, mais de la même façon qu\u2019on considère la couleur comme force déterminante sur les limites formelles, c\u2019est la problématique du sujet qui ici subsume toute extra-picturalité et dénon- .ce comme régressive et occultante toute pratique maintenant la figuration ou entretenant des liaisons avec la représentation.Dès lors, \u2014 est jugée anecdotique toute référence qui se penserait,en dehors du: sujet, de la matière picturale et de l\u2019histoire de l\u2019art.Dans cette perspective qui s'oppose pourtant à la conception empiriste de l\u2019objet d\u2019art comme objet réel, on dénie non seulement tout signe qui renverrait à quelque chose d\u2019extérieur au code ou à l\u2019histoire spécifique des formes, mais on exige de l\u2019action de l'artiste (c\u2019est-à-dire du \u201cgeste de la couleur\u201d et de son émotion-motion pulsionnelle) qu\u2019il déborde les limites du code et fasse éclater les repères par lesquels le peintre-spectateur enferme traditionnellement la peinture dans le cadre d\u2019une représentation de la\u201dréalité.Or, que cette dernière soit extérieure au tableau (comme dans le réalisme socialiste) ou qu\u2019elle lui soit intérieure (comme c'est le cas chez les minimalistes, mais aussi chez certains de ces amateurs de matériologie) n'importe guère ici puisque ce qui est visé c\u2019est la mise en scène de ce qui, dans la peinture, par ses écarts face aux conventions et limites formelles, produit des effets de connaissance sur le réel: la couleur.102 | gh A fom dele 1 oe q deb 1 at F hs soc Eo ri Pda ques à réels versé b 0 Soul fon «Nous aux réal Tivee : fabri 080 56s gf dun QUE, UE} a pe Ane 1 ls emg Seg Un à - peint dec Fu, Teal I pe Moin SS 22 =\" ow a > Cette instance, qu'il ne faudrait pas ici limiter a la seul mise en scène des constituants matériels et formels de la représentation, c'est celle de \u2018la force de travail du sujet peintre qui passe par le geste de la couleur et qui produit non pas un simple objet, mais de la peinture comme objet de connaissance, qui produit des significations à travers cette pratique à la fois spécifique et liée à tous les champs de l'activité sociale\u201980 Or, s\u2019il ne s'agit plus de limiter l\u2019activité picturale à la fabrication d'objets visuels ni de se contenter d\u2019en décortiquer les éléments formels et matériologi- ques; s\u2019il ne s'agit plus de faire passer des objets réels pour des objets artistiques (Duchamp) ou vice- versa (Minimal); s\u2019il s\u2019agit au contraire de donner à voir le \u2018procès de production artistique\u2019, alors se \u201c soulèvent de nouvelles questions.En voici au moins deux.Entre ces images de la Chine populaire où on nous donne une représentation du travail des hommes \u201caux champs ou a l'usine et certains tableaux hyper- réalistes qui ne cessent de nous représenter, sous le niveau apparent de leur objet figuré, le processus de fabrication de leur image (par exemple chez Close), ce courant-ci ne fait-il que nous présenter, à travers ses tableaux, le récit d\u2019une transformation matérielle et formelle renvoyant le spectateur aux contradictions d'un sujet-peintre et à ses déterminations économique, politique et idéologique?De plus, si cette pratique picturale produit des effets de connaissance sur la peinture et son histoire, il faudrait se demander, d'une part, a qui ils sont accessibles et d\u2019autre part, si les significations sociales produites sont essentiel- pement dépendantes du savoir politique de tel ou tel spectateur car, dans ce cas, n\u2019aurait-on pas affaire à un art sur l\u2019art produit et destiné à une élite, une peinture sur le savoir de la peinture et dont le lien avec l\u2019histoire sociale serait entièrement dépendant du bon vouloir-savoir politique de l\u2019interpréteur?De telles questions mettent en quelque sorte la réalité et la lutte de classes en jeu car, si l\u2019objet de la peinture c\u2019est son histoire et si son sujet c\u2019est moins ce qu\u2019on voit que ce qui se passe chez le peintre ou le spectateur lorsqu'il peint ou lit, alors l\u2019illu- (30) Marc Devade; Histoire-critique d\u2019une peinture, Editions G.Piltzer, Paris, juin 75.103 PRAM adh Eb Eat SOL iol tha DMM i DEM PER ES EEE ES TO EE TO 1s sion moderniste du \u201ccomment ¢a se fait\u201d n\u2019est peut- être que l'image renversée de l'illusion réaliste.i * ho : Telles sont, en vrac, certaines des questions qui.| se posent à nous et auxquelles notre prochain texte, I | par la synthèse de ces quatre courants principaux, 1 tentera de donner des réponses.- Marcel Saint-Pierre - _ (avec la collaboration de Francine Couture et François Charbonneau) Un déroulement à l\u2019échelle du châssis de Daniel Dezeuze, 1973.104 i § xB =< A À propos d'un film réaliste _ A part les reprises et les vieilles séries tirées du répertoire de la télévision internationale, le_téléspectateur de Radio-Canada aura eu droit cet été aux émissions diffusées dans le cadre du prix Louis-Phi- lippe Kammans et aux reportages interminables des Jeux Olympiques.Les quatre émissions qui se disputaient le prix de la télévision francophone confirment la prédilection des chaines nationales de la Suisse, la Belgique, la France et le Canada pour un humanisme nostalgique, en désarroi larmoyant devant les 7 problèmes du monde capitaliste contemporain.Les Jeux Olympiques deviennent le prétexte sur les ondes à un déploiement de vedettes \u2014 commentateurs sportifs, athlètes, experts et.Saint-Pierre de Couber- tin.qui devait sans doute nous faire oublier l\u2019'augmentation du coût de la vie (loyer, restaurants, taxes, etc.), la dégradation des services municipaux et le harcèlement policier qu\u2019ils occasionnent aux Montréalais.Le Sel de la Terre Un après-midi du mois de juin passe, presque inaperçu, comme bouche-trou de -la programmation sans doute,- un des rares films américains qui fait avancer la cause du prolétariat.Le Sel de la Terre, tourné en 1953 par H.J.Biberman dans les conditions difficiles de l\u2019hystérie du maccarthysme, présente pour nous un double intérêt: d\u2019abord, c\u2019est un film très mobilisateur et, en plus, il relève le défi de taille de vouloir véhiculer un contenu révolutionnaire dans les limites du réalisme narratif traditionnel.105 TE - Bn J J - = Dans son quatrième numéro, la revue Champ Li- §& if ® bre signalait déjà ce film à l\u2019attention de ses lecteurs ¥ ™ fi par une fiche de contenu que nous citons intégrale- § i * ment à quelques lignes près: à 3 \u201cLe Sel de la Terre est le récit d\u2019une lutte très \u2018 Ru B dure que meneérent les mineurs contre une puissante § ga a compagnie américaine installée au Nouveau Mexique.À 3 Les revendications des mineurs mexicains portent § ç sur les conditions de sécurité et l'égalité de salaire: # & avec les mineurs américains blancs.Em a - Le Sel de la Terre ne montre pas que ce seul gy = combat.Il montre que le racisme, la domination de #4 l'homme sur la femme divisent les travailleurs, les empêchent de s'unir contre un même ennemi.i Les mineurs ne se battent pas seulement contre 3 une compagnie, mais aussi contre ses alliés: la police 4 et la \u201cjustice\u201d.Provocations et violences policiéres, 4 emprisonnement, scabs et mouchards, injonction, ex- lL : pulsion, refus de soins et de crédit, tout est utilisé pour faire plier les grévistes.C\u2019est en mettant en $ m # lon .oeuvre une détermination et une solidarité totale que 5 les mineurs vaincront.| = Cette solidarité totale, ils l\u2019acquerront dans la me lutte, et non sans avoir à surmonter des obstacles in- ss ternes: le racisme et la \u2018supériorité\u2019 du mâle.Pour - ve plusieurs mineurs mexicains, tous les \u2018\u2018americanos\u201d ne étaient confondus avec les exploiteurs, et cela les - T empéchait d'accepter à leurs côtés, dans la lutte, les travailleurs blancs.Cette premiére contradiction ne prendra pas trop de temps pour se régler.; - Bien plus difficile a été l\u2019acceptation de l'égalité des sexes, que le rôle déterminant des femmes dans la lutte finira par faire accepter.Le comité de sou- cher tien qu\u2019elles proposent est mal accueilli par les mi- ar neurs, mais prendra une importance grandissante, äT 5 - jusqu\u2019à supporter bientôt tout le poids de la lutte.om Sl .De ce nouveau réle politique des femmes découle is, | leur émancipation au foyer.Les femmes en prison, À aux # les hommes auront à assurer l\u2019entretien de leur famil- E del à le et exécuter les tâches ménagères qu\u2019ils mépri- + sim Ï saient\u2026 avant d\u2019y avoir goûté.Les rôles sont ren- Fm versés, les femmes organisent le piquet de grève, les Clg - maris gardent les enfants.Cela devient vite insup- Êw portable à \u2018l\u2019honneur\u201d masculin- qui entend maintenir 3 malgré tout, sa dictature sur le foyer, mais n\u2019a plus nm d'argument pour la justifier.Et il s\u2019en faut de peu que à Tom / 106 : \u2019 EE ee = RRR Te Es Te la police, profitant de cette démobilisation des hommes bafoués, réussisse I'\u2019expulsion des familles de leur logement.Cette derniére manoeuvre -patronale, dernier coup sur l\u2019échiquier de la lutte, sera repoussée par la solidarité de tous: enfants, femmes, mineurs de puits Voisins, et cette nouvelle victoire qui permettra de gagner la bataille, efface les derniers préjugés.Le Sel de la Terre, c\u2019est l\u2019histoire d'une discipline menée de façon juste par un syndicat qui n'hésite pas à faire éclater ses structures pour poursuivre la lutte: l\u2019assemblée syndicale est ajournée pour devenir une assemblée de masse, ce qui permet la participation des femmes au combat.Si les structures syndicales avaient été respectées, l\u2019injonction gouvernementale aurait eu raison de la grève, et l\u2019aurait définiti- \u201cvement brisée.\u201d Le Sel de la Terre remet sur le tapis de la critique marxiste un probleme fondamental qui a déja divisé - des générations d\u2019écrivains et de théoriciens progressistes et révolutionnaires (Brecht, Lukacs, le réalisme socialiste, les formalistes).Les techniques du réa- me traditionnel, sur lesquels la bourgeoisie a su asseoir l\u2019efficacité idéologique de ses productions culturelles de masse, peuvent-elles, neutres, véhiculer un contenu clairement révolutionnaire ou compromet- - tent-elles fatalement n\u2019importe quelle fiction aux intentions progressistes?Réalisme Traditionnel: Comme tout film \u201créaliste\u201d, Le Set de la Terre, cherche à confondre le produit cinématographique avec la réalité dont il veut être le reflet.Dès le début de la projection, le spectateur apprend que \u201cce film raconte des événements authentiques qui se sont déroulés en 1951 à Silver City dans le Nouveau-Mexique aux U.S.A., (qu\u2019) il a été tourné sur les lieux mêmes de l\u2019action et (que) la plupart des acteurs.sont de simples habitants de la ville\u201d.Le film reconstitue une grève réelle et il vise, en plus, par les procédés - classiques du réalisme, à faire oublier au spectateur que cette reconstitution est tributaire non seulement du déroulement \u201cobjectif\u201d, \u201créel\u201d du conflit mais qu\u2019elle obéit également aux contraintes du code traditionnel de la représentation narrative et cinématogra- \u2014 107 i ae H phique.La durée de Ja narration coincide le.dlus pos- \u201csible avec le temps de la fiction.Les événements se suivent par ordre chronologique et lorsque le film doit sauter des semaines ou des mois que ne marque aucune péripétie, la voix off d'Espéranza, personnage principal et narratrice, intervient pour combler ce hiatus au moyen d'un commentaire diégétique (\u201c\u201c.cinquieme, le sixieme et le septieme mois de la arène pässèrent sans incident mais\u2026\u201d) Toujours bien situé dans le temps ainsi que dans l\u2019 espace (car il peut aussi se retrouver dans la géographie de l\u2019action) le spectateur adhère à la fiction sans qu \u2019il ait besoin de trop se creuser la tête./ Le réalisme traditionnel truffe l\u2019action d\u2019une foule de petits détails concrets de la vie quotidienne des personnages, descriptions, notations psychologiques etc.Ces indices nombreux transforment en quelque sorte les \u2018personnages\u201d en \u2018personnes\u201d jouissant\u201d d\u2019une autonomie par rapport à l\u2019action ce qui favorise évidemment chez le spectateur l\u2019effet d\u2019identification aux dépens d\u2019une compréhension juste des contradictions dans lesquelles ces personnages se débattent.Le réalisateur du Sel de la Terre a tenté d\u2019éviter ce piège idéologique inhérent au réalisme traditionnel: .les détails quotidiens (tracas domestiques et, plus rarement, des joies: lessive, l\u2019eau qu\u2019il faut chauffer cinq fois par jour, le café sur les lignes de piquetage, la fête d'anniversaire etc.) ne nous donnent pas seulement ou surtout l'impression que nous sommes en présence de vraies personnes en chair et en os; plutôt fonctionnels qu'indiciels, à quelques exceptions près (le café et la fête d'anniversaire), ils\u2019 sont directement liés à l\u2019action, à la lutte des mineurs et surtout à celle des femmes (les conditions de logement et d'hygiène).Cependant, le fait d'assister à une représentation très concrète d\u2019une grève réelle risque de détourner l\u2019attention du spectateur de la signification dialectique et historique, de cette lutte.Le spectateur connaîtra un conflit ouvrier particulier que rien ne relie a son contexte historique.C\u2019est sans doute pour éviter ce piège du réalisme classique que le cinéaste hongrois Jansco a cru bon renoncer aux procédés de la représentation réaliste et concrète afin de mettre en relief la signification historique, matérialiste et dialectique d\u2019une révolte paysanne du XIXè siècle.Comme Le Sel de la Terre, \\ / - 108 \u2019 i Psaume Rouge raconte une lutte qui a vraiment eu lieu, mais sans l\u2019inscrire, toutefois, dans une durée et un espace réaliste.Le spectateur ne peut-ni relier les événements dans le temps ni reconstituer une topographie qui existerait en dehors du film.C\u2019est la caméra qui crée l\u2019espace, et la durée de la fiction reste imprécise.Aucun détail de la vie quotidienne ne vient rendre les actants de Psaume Rouge familiers au spectateur.Pas de familles, pas de couples, pas de repas, pas de lessive.Le spectateur ne connaît que la lutte des paysans, les mécanismes de la répression et leur signification historique.Les objets concrets ne visent pas à créer l\u2019illusion d'un réel concret.Ils deviennent des symboles chargés de significations abstraites: le blé, fruit de la terre et du travail, qui appartient à tous; colombes, la paix; les cloches, appel à la religion; les cocardee rouges, la révolution.Un film qui renonce ainsi aux procédés du réalisme classique au profit du symbolisme ne peut donner l\u2019impression au spectateur qu\u2019il assiste à une lutte rate que les choses se sont vraiment passées ain- .Le spectateur peut, cependant, s\u2019il se donne la peine de maîtriser le code du film, comprendre le rôle historique des classes sociales et connaître les contradictions socio-économiques qui sous-tendent cette lutte.L\u2019inconvénient de cette forme de réalisme historique et dialectique (réalisme au niveau des rapports plutôt qu\u2019à celui des éléments concrets) découle évidemment de la nécessité pour le spectateur de se familiariser avec un code nouveau.r Le vraisemblable La fiction de Psaume Rouge défie le vraisemblable.Un jeune comte, en pleine santé, s'écroule subitement sans vie.Un jeune officier, sympathisant de la cause du peuple, se fait tuer par ses pairs pour renaître grâce au baiser d'une paysanne.La main d\u2019une jeune fille, transpercée d\u2019une balle, guérit instantanément.Des paysans massacrés ressuscitent.\u2026 Ces séquences, absurdes sur le plan du réalisme traditionnel, prennent une signification au niveau de l\u2019abstraction dialectique.|! n\u2019est pas vraisemblable que le comte meure mais il est juste que la classe sociale qu\u2019il représente ait épuisé son rôle dans l\u2019histoire 109 dé l'humanité.S\u2019il est vrai que les paysans massacrés # \u201d ne peuvent renaître dans la \u201créalité\u201d, leur résurrec-° § tion dans la fiction de Jansco est liée à la montée du & 8 prolétariat.Psaume Rouge lie le concret à l\u2019abstrait, LS ¥ au moyen de symboles, pour proposer au public une # ® leçon de matérialisme historique.\u201c gw 2 Le Sel de la Terre, par contre, donne au specta- § If = teur l'impression que sa fiction ressemble au \u201cvrai\u201d, @ \u201cà = que cette histoire a vraiment pu se produire.Or, l'im- § on = pression du vrai, le vraisemblable, naît de la rencon- # à\u2018 iB tre de l\u2019histoire (personnages, action et contexte) et \u201ccm i de ce que le spectateur considère comme étant dudo- § Ë maine du possible.Il va de soi que ce \u201cdomaine du 7 Ÿ I possible\u201d est tributaire principalement de l'idéologie \u20ac 8 _ du spectateur.D'où le risque qu\u2019entraîne le recours i _a la vraisemblance dans une société ou le domaine ¥ I du possible est encore circonscrit et investi par l\u2019i- - Æ & i: déologie capitaliste.7 E vai 3 Le spectateur libéral peut-en effet acquiescer a TF me 4 la vraisemblance d\u2019un film comme Le Sel de la Terre._ # mu 5 Il peut se dire que ces patrons-la étaient bien écoeu- § E rants, qu'ils exagéraient (aujourd'hui, heureusement, cor ; ils sont plus civilisés).Les conditions révoltantes de Fu : travail et de vie de ces mineurs peuvent le toucher et le; 3 justifier, a ses yeux, une lutte longue et dure.Le spec- les 8 tateur peut réconcilier ce film avec l'idéologie domi- Ë x 4 nante en le réduisant à l\u2019histoire d\u2019une lutte ouvrière ol 4 particulière.Le vraisemblable du libéralisme bour- .[ dn 3 geois permet une condamnation du capitalisme sauva- Bin 3 ge de la Delaware Zinc Co.ainsi que de la répression À k- policière (voir Trudeau, Marchand et co.a Asbestos).k à | Le parti pris du réalisme traditionnel et de la de; A - vraisemblance au détriment des procédés didactiques inf 4 de l\u2019abstraction permet en effet l\u2019occultation de la lutte ith in des classs et des valeurs prolétariennes! que le | d & - film met pourtant de l\u2019avant.Une lecture bourgeoise M s'attachera facilement aux détails concrets-pour es- À eg camoter l'importance primordiale d'une solidarité} nm £ constante sans laquelle aucune lutte ouvrière ne peut Em = réussir.Mais, si les procédés du réalisme risquent dE Ji - d\u2019ouvrir le chemin à une mystification libérale, ils § bre p : © Mey 3 (1) Par valeurs prolétariennes nous n\u2019entendons pas les valeurs On : v \u201cde la majorité des ouvriers \u2018dépourvus d\u2019une conscience ut 24 de classe dans un systéme capitaliste, mais les valeurs qui - seules permettront au prolétariat de triompher de ses ennemis de classe.110 8 0 i i Ie - os BF peuvent, moyennant un petit effort d\u2019abstraction et une reconnaissance au moins intuitive de la lutte des classes, déboucher sur une lecture prolétarienne.Il est, en effet, dans le champ du possible de la _ vraisemblance prolétarienne que les ouvriers vainquent leur ennemi de classes à certaines conditions: ils doivent d\u2019abord résoudre les contradictions secondaires: le racisme, le sexisme, l\u2019esprit de compétition et posséder la volonté inébranlable de \u2018s\u2019élever et d'élever les autres avec soi\u2019\u2019-(Espéranza) afin de -cimenter une solidarité de classe à toute épreuve.L'identification Le réalisme traditionnel produit généralement chez le spectateur l\u2019effet d'identification.Les détails de la vie quotidienne et intime des personnages, la vraisemblance de l\u2019action, alliés à un mode dinter- prétation émotif et dramatique, nous amènent à troquer pour la durée de la projection notre identité pour celle des personnages principaux.L'effet d'identification, comme le réalisme traditionnel en général, va comme un gant à l'idéologie bourgeoise.|| met l'accent sur le psychisme de l\u2019individu et contribue à occulter les causes socio-économiques du sort des personnages.Ce déplacement de l\u2019intensité dramatique de la collectivité et ses problèmes sur l'individu, \u201cloin d'introduire le spectateur dans la lutte des classes, l\u2019en fait sortir\u201d (Brecht).Aussi dans Psaume Rouge, Jansco met en oeuvre des procédés de distanciation: ses personnages sont de purs actants dépourvus de quotidienneté et de vie intime.Il n\u2019y a pas de héros.Le spectateur ne peut échapper à la lutte des classes en empruntant la voie d\u2019évitement des problèmes psychologiques et moraux.2 Si Le Sel de la Terre s'engage de plein pied dans le processus d'identification, le réalisateur tente d\u2019en minimiser les effets de mystification bourgeoise.Les personnages principaux ne sont pas des héros.Ramon et Espéranza ne se singularisent pas des autres membres de la collectivité (comme le fait ce couple indien mexicain de la Perle de Steinbeck).Les femmes, déjà combatives au début de l\u2019histoire ont du mal à faire lutter Espéranza, timorée, perplexe, plaignarde et en- (2) Le film de Jansco se prête à une récupération bourgeoise, non par le réalisme, mais par son côté esthétique.111 tièrement soumise à son mari Ramon, bon gars, combatif mais très sexiste.Ces personnages principaux ne font avancer la lutte qu\u2019au même titre que les autres et c'est la lutte qui les fait avancer.Alors que-Psau- me Rouge élimine l'individu au profit de la classe sociale, Le Sel de la Terre lie si étroitement le sort des personnages principaux à celui de l'ensemble des mineurs mexicains que le spectateur, bien qu'il se mette (de plus en plus inconditionnellement à mesure qu\u2019ils évoluent) dans la peau des personnages principaux, s'identifie en fait à ce groupe d'ouvriers en lutte.Parce que le film en fait une utilisation plus dialectique, la technique d'identification ne sert pas, dans Le Sel de la Terre, à court-circuiter, complètement au moins, la lutte des classes.Je dis complètement parce qu\u2019Espéranza cumule les fonctions de personnage principal et de narratrice, \u2018ce qui atténue l'aspect didactique du film.C\u2019est la voix roff d'Espéranza qui raconte et commente à intervalles réguliers les péripéties de la lutte.Son commentaire diégétique ne peut dépasser les connaissances que .l\u2019on peut lui imputer, \u201cvraisemblablement\u201d.Un type de narrateur qui sait plus que les personnages aurait pu, a la maniére des piéces de Brecht, faire prendre du recul critique au spectateur, le sortir des détails concrets et des situations émouvantes, pour lui faire dépasser les aspects économistes de la grève et lui faire découvrir la signification historique du conflit.La technique de l'identification entre donc dans Le Sel de la Terre, malgré les efforts du réalisateur, en contradiction avec les possibilités révolutionnaires de l\u2019histoire qu\u2019il raconte.Conclusion : L'apport du Sel de la Terre au mouvement ouvrier ne fait pas de doute car ce film met de I'avant avec force et nuances les conditions nécessaires pour la réussite de toute lutte prolétarienne.En plus, ne nécessitant pas l'apprentissage d\u2019un code nouveau, il est accessible aux masses.Le réalisme traditionnel, qui lui sert de mode de narration, s\u2019il facilite la compréhension spontanée du film, limite cependant sa portée révolutionnaire et entrebaille la porte à une mystification bourgeoise.Ce film coupe de son contexte\u2019 historique et politique I l\u2019histoire de ce conflit ~ 112 - PRI OR a 1 > wr \u2014 RE ÿ 4 ca is om.aux les | Sat.9 des Mie ette uils AUX, Par UE, ins, ig ice, Voix les ire que foe rat dre { ais ire bi fit.1 fn de {j essentiellement économiste.|| ne peut éveiller chez le spectateur sa faculté d\u2019abstraction, qui est d\u2019une si grande importance pour pénétrer les phénomènes sociaux.Nous ne pouvons endosser inconditionnellement comme modèle de cinéma au service du prolétariat ni Le Sel de la Terre ni Psaume Rouge.À moins que sa projection ne soit suivi de débats politiques, Le Sel de la Terre est mobilisateur surtout à court terme en vue de luttes ouvrières.particulières; Psaume Rouge -pourrait contribuer à poser ou renforcer les fondements d\u2019une conscience de classe durable,n\u2019était le grave problème de sa lisibilité qui le rend difficilement accessible aux masses.Les cinéastes progressistes devraient peut-être orienter leur pratique vers une utilisation dialectique du réalisme, de l\u2019identification et des effets de distanéiation pour assurer la lisibilité tout en débouchant sur une compréhension de la signification historique des luttes concrètes.André Morf ~ \u2014 \u201cIl faut que nos critiques étudient les conditions de la lutte sociale et qu'ils en déduisent leur esthétique.\u201d Bertold Brecht, Sur le Réalisme, L'Arche, 1967, p.171.\u201cCela vaut aussi pour les cinéastes.\u201d Léopoldine Roy.eae es 113 H A \u2018 PH .AS Sur | a situation \u2018 internationale | fiqu gfe a de a list FT per nal deu par x lism ar | ul Ces a , fr El dh &é Mér Ela i ep Par Un Jit la 114 4 \u2014_ Le point de vue de la Chine sur la situation internationale x La clarification des principes qui guident la politique étrangère chinoise ne devrait pas être envisagée comme un exercice d'intellectualisation, l'enjeu de débats purement académiques, mais comme un acte visant à renforcer le soutien des internationalistes à la République populaire de Chine dans une période où le révisionnisme et l\u2019opportunisme international, profitant de la rivalité grandissante des deux superpuissances, attaquent la Chine et divisent par tous les moyens les forces opposées à l'impérialisme et au social-impérialisme, à l\u2019'hégémonisme, auwrcolonialisme et au racisme.La politique étrangère de la Ghîne est _ celle d'un Etat de dictature du prolétariat - L'essence de la politique étrangère chinoise c\u2019est d\u2019être la politique d\u2019un Etat de dictature du prolétariat.Envisager la question de la politique étrangère chinoise séparément de cette question essentielle de la nature du pouvoir politique existant aujour- d'hui dans ce pays, conduit inévitablement à défigurer et à déformer, au profit des ennemis de la Chine eux- mêmes, la signification de la politique menée par cet Etat socialiste sur la scène internationale.La politique étrangère chinoise est donc partie intégrante de l\u2019ensemble de la politique imposée par le prolétariat aux classes bourgeoises à travers l\u2019appareil d\u2019Etat.Cette dictature de la politique du prolétariat (direction de\u2019 la classe ouvrière basée sur l\u2019alllance de la classe ouvrière et de la paysannerie) > 115 s'exerce sur tous les fronts: économique, politique et idéologique et, n\u2019est rendue possible que par la direction et le contrôle qu\u2019assume le parti communiste chinois sur l'appareil d'Etat lui-même.(Depuis la révolution culturelle surtout, la direction du parti sur l'appareil administratif de l\u2019Etat a été grandement renforcée afin de lutter contre le danger de restauration d'une classe bureaucratique bourgeoise au sein de l\u2019Etat.) Les victoires historiques remportées par le prolétariat contre les éléments bourgeois et révisionnistes lors de la révolution éulturelle ont ouvert en Chine la période de la consolidation de la dictature du prolétariat et de la poursuite de la révolution socialiste.La révolution culturelle a permis à la Chine de s'engager encore plus résolument sur cette voie parce que principalement, elle a signifié la victoire de la ligne politique du prolétariat au sein du parti communiste chinois contre la ligne révisionniste prônée par Liu Chao Chi et ses partisans, c\u2019est-à-dire, la victoire du marxisme léninisme et de la pensée-maotsé- toung sur les fronts de la production, de la culture et de l'Etat.; Le Xe congrès du P.C.C.(tenu en 1973) a systématisé les acquis fondamentaux de la révolution culturelle et de ses prolongements: lutte contre la ligne opportuniste-révisionniste de Lin Piao et contre l\u2019esprit droitiste représenté par la philosophie du confucianisme, et fixé, à partir de ces aequis, les grandes lignes de la période actuelle en Chine.Ces grandes lignes ont été reproduites de façon concentrée dans l'introduction à la constitution de la République populaire de Chine publiée en 1975.\\ \u201cLa société socialiste s\u2019étend sur une assez longue période historique.Tout au long de cette période existent les classes, les contradictions de classes et la lutte des classes, de même que la lutte entre la voie socialiste et la voie capitaliste, le danger d\u2019une restauration du capitalisme, ainsi que la menace de subversion et d'agression de la part de l'impérialisme et du social-impérialisme.Toutes ces contradictions ne peuvent être résolues que grâce à la théorie de la continuation de la révolution sous la dic- par les da pri kt ro- Ciae rce Ja Mi par foi à fe- uk me 8 on- ah à al- fée 1e né 65, ile fre fe, § ol me nt la tature du prolétariat et a la pratique guidée par cette théorie.Nous devons maintenir la ligne et les principes politiques fondamentaux du Parti communiste chinois élaborés pour toute la période historique \u2018du socialisme et persévérer dans la continuation de la révolution sous la dictature du prolétariat pour que notre grande patrie avance toujours la voie indiquée par le marxisme, le léninisme, la pensée-maotsétoung.Nous devons consolider la grande union du peuple de nos diverses nationalités, dirigée par la classe ouvrière et basée sur l\u2019alllance des ouvriers et des paysans et développer le front uni révolutionnaire.Nous devons distinguer les contradictions entre l\u2019ennemi et nous, et les contradictions au sein du peuple, puis leur donner une juste solution.Nous devons poursuivre les trois grands mouvements révolutionnaires que sont la lutte des classes, la lutte pour la production et l\u2019expérimentation scientifique, mener l\u2019édification du socialisme selon les principes: indépendance et autonomie; compter sur nos propres forces; travailler dur; édifier le pays avec diligence et économie; déployer tous nos efforts; aller toujours de l'avant; quantité, rapidité, qualité et économie.Nous devons nous préparer en prévision d\u2019une guerre et de calamités naturelles, et tout faire dans l'intérét du peuple.\u201d (1) Ces principes de base ré-affirmés et développés par le Xe Congrés du P.C.C.servent d\u2019axe à toutes les politiques de la République populaire de Chine; dans le domaine des relations internationales, les principes inhérents a la ligne de la dictature du prolétariat sont formulés de la façon suivante: \u201cDans les affaires internationales, nous devons rester fidèles à l\u2019internationalis- 1) Constitution de la République populaire de Chine, Ed.en Langues étrangères, Pékin 1975, pp.6, 7, 8.117 \u2014 une superpuissance (souligné par l\u2019au-_ teur).Nous devons- resserrer notre unité avec les pays socialistes et tous les peu- \\ ples et nations opprimés, en renforçant le soutien mutuel, oeuvrer pour la coexistence pacifique avec les pays à systèmes sociaux différents, sur la base des cinq _ principès: respect mutuel de la souveraineté et- de l\u2019intégrité territoriale, non- - agression mutuelle, non-ingérence mutuelle dans les affaires intérieures, égalité et avantages réciproques, co-existence pacifique, et lutter contre la politique d'agression et de guerre de l'impérialisme et du social-impérialisme, contre l\u2019hé- 1.gémonisme des superpuissances.\u201d (2) Nous retrouvons ici sous forme concentrée, les ° | - principes de base de la politique étrangère chinoise mis de l'avant depuis 1949 et développés dans le cours de la révolution socialiste, particulièrement lors des IXe et Xe congrès du P.C.C.et à l\u2019occasion de la déclaration du 20 mai 1970 du président Mao Tsétoung.Car, si la politique étrangère de la Chine a-constam- ment appliqué depuis 1949; les principes du marxisme-léninisme tel celui de l\u2019internationalisme prolétarien, elle a aussi développé sur la base même de ces principes, une ligne stratégique et tactique con- crête, correspondant aux caractéristiques historiques de notre époque et de ses diverses périodes.d UN Bu.À I 8, + un 4 13 { La politique étrangère chinoise correspond aux conditions concrètes de notre époque De la conférence de Bandung au IXe congrès du P.C.C.\u2019 En 1955, lors de la conférence de Bandung, Chou- - en-Lai expôse devant 29 nations du Tiers-Monde les- cinq grands .principes de co-existence pacifique régissant la politique étrangère chinoise.Par le fait même la Chine affirme ouvertement son appui total 2) Op.cit, p.8.oo 118 me prolétarien.La Chine ne sera jamais Æ lise ours des 08.ung.am- aux aspirations nationales et anti-impérialistes des nations du Tiers-Monde.L'époque de la première moitié des années \u201850 est en effet caractérisée par l'existence d'un camp socialiste et l'identification d\u2019un ennemi commun à toutes les nations et peuples dominés: l'impérialisme américain.Toutefois, bien que le camp socialiste existe et que l'impérialisme américain soit clairement identifié comme l\u2019ennemi commun de toutes les nations et peuples opprimés du monde, l\u2019analyse du parti communiste chinois concernant les conträffictions mondiales diffère déjà profondément de celle du P.C.U.S.Les lettres internes adressées par le P.C.C.au P.C.- U.S.durant cette période et publiées en 1963, lors de la rupture du camp socialiste, révèlent que dès cette époque, les marxistes-léninistes Chinois se sont fermement opposés à la ligne révisionniste qui identifie.une seule contradiction principale à l\u2019échelle mondiale: celle entre le camp socialiste et le camp impérialiste.L'essence de cette ligne révisionniste sur la situation internationale sera clairement exposée lors du XXe congrès du P.C.U.S.en 1956.\u201cQuelles sont les contradictions fondamentales du monde contemporain?Les marxistes-léninistes ont toujours estimé qu\u2019elles sont les suivantes: contradiction entre le camp socialiste et le camp impérialiste; contradiction entre le prolétariat et la bourgeoisie des pays capitalistes; contradiction entre les nations opprimées et l'impérialisme; contradiction entre pays impérialistes et groupes monopolistes.La contradiction entre le camp socialiste et le camp impérialiste est celle entre deux systèmes sociaux radicalement différents, le socialisme et le capitalisme.Elle est indubitablement très aiguë.Mais les.marxistes-léninistes né doivent pas considérer les contradictions à l\u2019échelle mondiale comme réduites simplement et uniquement à celle entre le camp socialiste et le camp impérialiste.\u201d (3) 3) Propositions concernant la Ligne générale du Mouvement.communiste international, Ed.en Langues étrangères, Pékin 1963, p.5-6.119 Les lettres du P.C.C.au P.C.U.S.,-publiées en 1963, montrent que dès le XXe congrès du P.C.U.S.(1956), les communistes chinois se sont opposés à l\u2019analyse de la situation mondiale sur la base d'une seule contradiction principale, celle entre le camp socialiste et impérialiste dans la mesure ou cette ligne conduisait a abandonner certains principes fondamentaux du marxisme-léninisme tels ceux de la nécessité de la lutte armée pour le renversement de l'impérialisme; du colonialisme et du capitalisme et de la dictature du prolétariat comme instrument essentiel de transition du capitalisme au socialisme.On sait que la direction du P.C.U.S.devait remplacer ces principes, au XXe congrès, par les thèses révisionnistes de collaboration de classes et d\u2019instauration du socialisme par la voie parlementaire.Les thèses révisionnistes du XXe congrès sont anti-mar- xistes-léninistes selon les communistes chinois puis- qu\u2019elles conduisent à mépriser et à rejeter les luttes de tibération nationales dans le Tiers-Monde, a défendre la politique de capituiation des intérêts révolutionnaires devant les intérêts du capital monopoliste dans ces pays et à abändonner totalement le principe de la dictature du prolétariat comme voie inévitable de passage du capitalisme au socialisme.\u201cActuellement, dans les rangs du mouvement communiste international, certains vont jusqu'à mépriser la lutte libératrice des nations opprimées et à_ adopter urñe attitude passive et négative envers elle; en fait, ils ne font que défendre les intérêts du capital monopoliste, trahir les intérêts du prolétariat et,-ce faisant, ils dégénèrent et deviennent des sociaux-démocrates.\u201d \u201cL\u2019attitude envers la lutte révolutionnaire des peuples des pays d'Asie, d\u2019Afrique et d'Amérique latine est un important critère qui permet de distinguer ceux qui veulent faire la révolution de ceux qui ne le veulent pas, ceux qui défendent véritablement la paix mondiale de ceux qui encouragent les forces d'agression et de guerre.\u201d (4) 4) Op.cit.pp.14-15- 120 EO RRR 8 tis ios Boone Ln a mais pent 8 aval mo | QU que nives À dur trad cp fond [ch À cote fife \"lp to entre ques, ¥ soni pot niste Foil; 4 Sa dj 4 vole 2 Vaso : élan (igle $6s Etes Fc - À Con 4m en à am Vo né- ne fle te- Dans ses lettres de 1963, le P.C.C.démontre que les thèses du P.C.U.S.sont une négation de l\u2019analyse concrète de la lutte des classes au niveau internatio- \\ nal.Issues d'une interprétation économiste et dogmatique du marxisme et du léninismre, elles développent une conception du monde idéaliste et mettent de l'avant une politique social-démocrate (la social-démocratie étant essentiellement caractérisée par le .primat de l\u2019'économique sur le politique).A la politique de l'analyse concrète de la lutte des classes au niveau international, le P.C.U.S.oppose l\u2019analyse dogmatique et anti-marxiste de la réduction des contradictions mondiales à une seule contradiction, conception qui conduit à abandonner \u2018certains principes fondamentaux du marxisme-léninisme.L'analyse des quatre grandes contradictions à l'échelle mondiale, développée par le P.C.C.durant cette période constituera donc une.des bases essentielles de la lutte contre le révisionnisme.C\u2019est sur le terrain de la politique internationale que la lutte entre les deux lignes prendra les formes les plus ai- guês, en conduisant, en 1963, à la rupture du camp - socialiste et à l'émergence d\u2019une nouvelle direction politique et idéologique pour le mouvement commu- - niste international, celle du Parti communiste chinois._ Jusqu'en 1969, i.e.jusqu'au |Xe congrès du P.C.C.où l'analyse de la Chine sur la situation internationale sera développée en fonction de l'apparition de nouvelles conditions.(principalement l\u2019existence d\u2019une nou- _ velle puissance impérialiste, l'U.R.S.S., depuis l\u2019invasion de la Tchécoslovaquie en 1968), la politique étrangère chinoise a deux guides fondamentaux: les quatre contradictions fondamentales à l\u2019échelle mondiale (application des principes du marxisme-léninisme aux conditions concrètes dé la lutte des .classes internationale de notre époque) et les cinq principes de co-existence pacifique énoncés à Bandung.Et c'est sur la base de ces deux guides qu\u2019elle luttera contre la ligne révisionniste au sein du camp socialiste de 1956 à 1963 et contre le révisionnisme international dirigé par le P.C.U.S.de 1963 à 1969.; 121 Les thèses du IXe congrès du P.G.C.En 1969, cependant, sur la base des acquis de la révolution culturelle et des transformations importantes survenues au plan international: invasion de la - Tchécoslovaquie par les armées soviétiques en août 1968; conférence des partis révisionnistes en 1969, lors de laquelle le P.C.U.S.réaffirme que \u2018\u201cl\u2019humanité entière est entrée dans le derñier tiers de notre siècle, dans une situation marquée par un aiguise- | ment de la lutte historique entre les forces du progrès et celles de la réaction, entre le socialisme et I'impérialisme\u201d (5); consolidation de la politique révisionniste de Kroutchev par l\u2019adoption de la thèse de la co-existence pacifique entre l'URSS et les Etats- Unis, le IXe congrès du P.C.C.développe une nouvelle analyse des conditions concrètes de la lutte des | classes au plan international.|! reprend son analyse des 4 grandes contradictions fondamentales dans le monde mais en tenant compte de l\u2019émergence d\u2019une nouvelle puissance impérialiste: l\u2019Union soviétique, et d\u2019une nouvelle catégorie de pays: les sociétés dominées par le révisionnisme.\u201c(.) le monde contemporain connaît qua-' tre grandes contradictions: celle qui oppose les nations opprimées à l\u2019impérialisme et au social-impérialisme; celle qui oppose le prolétariat a la bourgeoisie dans les pays capitalistes et révisionnistes; celle entre les pays impérialistes et social-impérialistes et entre les pays - (inat auro table d'u mon impé intr la gran ET à tués seul I ses poi J cosk du d UE impérialistes; et la contradiction qui op- ; pose les pays socialistes aux pays impé- à 8: cas rialistes et social-impérialistes.\u201d (Rapport du IXe congrès du P.C.C., 1969) Les conclusions du IXe congrès du P.C.C.sur la - situation internationale à cette époque, tiennent compte à la fois du développement de la ligne révisionniste de Moscou sur le front théorique depuis \u201856 et particulièrement depuis \u201863, \u2018et sur le front de la politique internationale.- 5) M.Suslov, Report to the Plenary Meeting of the Central Committee of the C.P.S.U., 14 février 1964.122 1 ls \u20ac de 5 franç iat - lov tg 1 ln Par ring: fing Point Ly Dor Ge la sur là | omnis qe la pO\" car La période des années \u201860 en effet, sera marquée par une rupture totale de l\u2019Union soviétique d'avec les principes du marxisme-léninisme sur le plan de la politique étrangère.Aux thèses du XXe congrès du P.C.U.S.qui préconisaient l\u2019abandon des principes de la lutte armée et de la dictature du prolétariat comme voie de passage au socialisme, viendront s'ajouter les thèses hégémoniques de superpuissance de la \u201cdétente\u201d, de la \u2018nécessité de l'équilibre mondial\u201d (co-existence pacifique entre l'URSS et les U.S.A.), desquelles découlent des théories comme cellés d\u2019un \u201csystème global de paix\u201d et \u2018de la coordination des intérêts communs\u201d.Toutes ces thèses auront pour effet d\u2019éclairer davantage l\u2019essence véritable de la ligne révisionniste préconisant l'existence d\u2019une seule contradiction fondamentale à l\u2019échelle mondiale: celle entre le camp socialiste et le camp impérialiste.Elles confirmeront que désormais, les intérêts de l'URSS ne sont plus de servir la cause de la révolution mondiale mais de défendre son statut de grande puissance et ses zones d\u2019influence vis-à-vis l\u2019autre grande puissance, les Etats-Unis.x Durant cette période, seront mis en place, structurés et développés tous les principes de base non \u2018seulement de la politique révisionniste (qui est au sens strict une revision du marxisme) mais de la politique social-impérialiste.L\u2019invasion de-la Tché- - coslovaquie en 1968 sera l\u2019aboutissement inévitable du développement de cette politique.Toutefois, tant que cette politique ne se sera pas concrétisée dans les faits, la Chine n\u2019attaquera pas l'URSS sur la base - de sa nature social-impérialiste.Cette \u201cétape\u201d sera franchie en 1969, lors du IXe congrès du P.C.C.à cause justement de la modification-concrète de la situation internationale après l'invasion de la Tchécoslovaquie.Alors qu\u2019en 1963, la Chine dénonçait la politique d\u2019un parti, le P.C.U.S., en 1969, elle dénonce la politique d\u2019un Etat qui, dominé par le révisionnisme, est devenu social-impérialiste, l\u2019Union -soviéti- que._ Les théories du social-impérialisme, dénoncées par la Chine sont une véritable caricature des cinq principes de co-existence pacifique définies à Bandung.Elles sont, en essence, une négation point par point des principes anti-impérialistes définis par Lénine car elles ont comme base les cinq caractéris- 123 ROC TEEN IN Un +i 6 :Q ' J À + i ii 5 tiques de l'impérialisme définies par Lénine dans \u201cL\u2019Impérialisme, Stade suprême du Capitalisme\u201d.Les théories de l'impérialisme américain sur la politique des deux superpuissances Il est significatif d'ailleurs de constater qu\u2019à cette époque, les Etats-Unis eux-mêmes reconnaissent que la politique de l'URSS \u2018a considérablement qui f sur uns béral fi | ide évoluée\u201d et que désormais, \u2018des rapports d\u2019un type | nouveau peuvent être envisagés entre les deux pays\u201d.À mot cou ie main Progressivement, durant les années 1968-71, s\u2019arti- } cule toute une nouvelle politique qui modifiera complètement la situation internationale et dont le dis- | cours du-20 mai 1970 du président Mao Tsé-Toung ; fait état: la politique des deux superpuissances.Cette politique est fort bien illustrée par le document Nixon-Brejnev \u201cPrincipes de base sur les soviétique\u201d: \u2018Une condition indispensable au maintien et au renforcement des relations entre les Etats- Unis et l'Union soviétique est la reconnaissance des intérêts de sécurité des deux côtés\u201d (6).En 1969, Nixon déclarait, dans son discours d\u2019investiture (20 janvier 1969): \u2018Après une période de confrontation, nous avançons dans l\u2019ère des discussions\u201d (7) (.) Nous nous félicitons d\u2019avoir mené des négociations avec Moscou sans obstacle idéologique\u201d (8).Et Melvin Laird, ex- secrétaire d'Etat américain, parlait à la même époque \u201cd\u2019accords prometteurs entre les amo Etats-Unis et l'URSS dans le cadre de la coordination | d'intérêts communs\u201d (9).Une des principales théories de la politique des deux super-puissances élaborée durant cette période par les Etats-Unis est celle de \u201cla mort de l'idéologie en Unions soviétique\u201d.Cette théorie systématisée par des idéologues américains tels S.Hoffman et Z.Bregezinski, prend comme base le développement du révisionnisme et la disparition de la politique marxiste anti-impérialiste en Union soviétique pour décréter que l\u2019idéologie est morte dans le camp adverse, ce 6) Citations de A/banie Aujourd'hui, no 6, 1972, p.51.7) Op.cit., p.52.8) Op.cit, p.52.9) Op.cit., p.52 et suiv.\u2018 124 relations mutuelles entre les Etats-Unis et l'Union § ' de\u201d (es déve 1.tion deu , Unis Cats , tom | \u2018come ; Dale Cest Quel bad péria c Com dion | Pério tang uth nce ! qu'à Mais- ement 1 type Days\".Sar | COMe dis- Toung le do- Ur les Union inten Etats \u20ac des 1969, ¢ (0 ation, Ih allons t Mel | lit à e les nation g des rode folo- jisée fl nt ais lel 2, ce qui permet d'envisager une nouvelle politique basée sur \u201cle rationnel, l'efficacité et les intérêts communs\u201d.En réalité, derrière ce vieil argument du libéralisme capitaliste qui oppose idéologie (communisme) à rationnalité (capitalisme), ce que disent les idéologues américains c\u2019est que le communisme est mort en Union soviétique et que la politique de Moscou a rejoint.le terrain de la politique américaine, .le domaine du rationnel et de | efficacité, le domaine des théories capitalistes.\u201cLa différence radicale de notre époque est l\u2019affaiblissement des conflits idéologiques\u201d \u201c(.) le communisme, jusqu\u2019à présent la principale et la plus militante des idéologies, est mort.\u201d \u2018L'efficacité de l'idéologie s\u2019'affaiblit à travers le monde et encore plus dans le camp des problèmes de politique étrangère.\u201d (10) Toutes ces théories sur \u201cla fin de la guerre froide\u201d ne visaient qu\u2019un objectif: renforcer l'hégémonie des deux superpuissances et camoufler les nouveaux développements du mouvement communiste international sous la direction du Parti communiste chinois depuis 1963.Elles traduisent la volonté des Etats- Unis de profiter de la trahison du P.C.U.S.et de I'E- tat soviétique afin de liquider le mouvement révolutionnaire international.Ce sont toutes ces nouvelles conditions dont tient compte l'analyse concrète de la situation internationale développée par le IXe congrès du P.C.C.en 1969.C'est à cette époque, comme nous l'avons déjà dit, que la Chine intègre à son analyse des 4 grandes contradictions fondamentales, la question du social-im- périalisme.Cette nouvelle formulation des quatre contradictions fondamentales, à la lumière des conditions concrétes de la lutte des classes pour cette période, mettent en évidence a la fois la rivalité de I'URSS et des U.S.A.pour le partage du monde et l\u2019al- llance de ces deux puissances non seulement contre Je Tiers-Monde mais aussi contre les puissances impérialistes plus faibles (particulièrement les puissances européennes).Par le fait même, elles mettent aussi en évidence un fait acquis depuis 1963, la dis- 10) Hoffman S., Bregezinski, in Foreign Affairs, 1972, p.628.125 et les thèses du Xe congrès du P.C.C.parition du camp socialiste, donc la transfiguration de la.contradiction \u201ccamp socialiste versus camp impérialiste\u201d en une nouvelle contradiction \u201ccamp im= périaliste versus pays socialistes\u201d.Elles mettent en évidence la transformation du camp impérialiste lui- même par l\u2019émergence du social- -impérialisme, donc la transformation de la contradiction \u201cinter- -impéria- listes\u201d en une nouvelle contradiction \u201cpays impérialistes et social- impérialistes contre pays impérialis- | tes (du second monde)\u201d et la transformation de la | contradiction \u2018\u201c\u2018nations opprimées contre pays impeé-.rialistes\u201d en une -nouvelle contradiction \u201ccelle qui oppose les nations opprimees à I'impérialisme et au social- -impérialisme\u201d.Le discours du 20 mai 1970 Cette analyse des contradictions qui marquent la situation internationale sera développée plus avant encore par le discours du 20 mai 1970 du président Mao Tsé-Toung qui systématisera la question de la lutte entre les deux superpuissances pour l\u2019'hégémonie mondiale et ses conséquences.En fait, l\u2019articulation de l\u2019ensemble de la diplomatie chinoise autour de la question des deux superpuissances\u2018date de cette époque.À partir de -ce discours historique, la politique étrangère de la Chine prend comme guides les principes suivants: \u2014 unir tout ce qui peut être uni contre les deux superpuissances; \u2014 se préparer en vue du danger d\u2019une 3e guerre mondiale suscitée par la rivalité croissante des deux _superpuissances; \u2014 notre époque est caractérisée par une tendance principale qui est celle de la révolution (les nations- du Tiers-Monde étant la force dominante de cette tendance) \u2014 ou la révolution empéchera la guerre, _ ou la guerre engendrera la révolution \u2014 ; \u2014 prolétaires, nations et peuples opprimés du monde, unissez-vous.Le Xe Congrès du P.C.C.tenu en 1973, confirmera l'importance de cette ligne pour la politique étrangère de la Chine: - 126 FRITH REI TOIT ne | im.im: § ten [ul donc Ÿ Brig.Brig.als le la Mp.ui ita vant dent je la mo: oul: four pelle pif les per mon- deux ance fons coffe gf Te, nde.yi figue \u201cIl nous faut rester indéfectiblement fidèles à l'internationalisme prolétarien et à la politique conséquente du Parti, nous unir plus étroitement avec le prolétariat, les peuples et nations opprimés du monde, avec tous les pays victimes de l\u2019agression, de la subversion, de l\u2019intervention, du contrôle et des vexations de l\u2019impérialisme pour former Je front uni le plus large contre l\u2019impérialisme, le co- -lonialisme et le néo-colonialisme, en particulier contre l'hégémonisme des deux superpuissances, les Etats-Unis et 'URSS.\u201d (11) Le contenu pratique de cette politique pour la période actuelle La réalité de la politique des deux superpuissances Depuis le début de la décennie \u201870, la politique des deux superpuissances est devenue une réalité pour tous les peuples et nations du monde.Depuis 1969, les théories sur la \u201cdétente\u2019 et \u2018l\u2019équilibre mondial\u201d ont donné lieu à une escalade prodigieuse - de la course aux armements entre l'URSS et les E- tats-Unis.Aux accords sur le plan technologique et scientifique de la période \u201846-49 qui camouflaient une exacerbation de la concurrence sur le terrain de la conquête de nouveaux marchés, ont succédé des accords sur \u2018le prétendu désarmement qui signifient en réalité: armement accru-pour l'URSS et les Etats- Unis et politique de désarmement, de soumission, pour les autres Etats.La presse chinoise et albanaise, les rapports de l\u2019O.N.U., de l\u2019Institut international des Etudes stratégiques de Londres et de multiples autres organismes internationaux font état de cet accroissement massif de la puissance militaire américaine et soviétique particulièrement depuis la fin de la décennie \u201860.11) Rpcuments du Xe congrès du P.C.C., Ed.en Langues étrangères, Pékin 1973, extrait du communiqué de presse du 29 août 1973, p.95.127 - Cètte course effrénée aux armements a révélé ses objectifs lors des affrontements militaires répétés auxquels se sont soumis les Etats-Unis et l'URSS dans la période récente.Aucune région du globe, au- # cun conflit aujourd\u2019 hui n'est à l\u2019abri de l'intervention des deux superpuissances.Dans plusieurs cas, par exemple, la guerre civile actuelle au Liban, ces conflits ont été initiés de toutes pièces par les deux rivaux en vue de protéger leurs zones d\u2019influence réciproques.Depuis 1967, le Moyen-Orient et la médi- | terrannée ont été des zones \u2018privilégiées\u2019 par l\u2019in- ; tervention des impérialistes et des sociaux-impéria- listes.En 1973, une guerre ouverte entre les Etats- Unis et l'URSS fut évitée de justesse après la rupture des négociations entre les 2 pays.Depuis, malgré \u2018la diplomatie des petits pas de Kissinger\u2019\u201d et les propositions de négociations multipârtites à Genève sur la base du principe \u2018de la reconnaissance à l\u2019existence et de l'Etat d'Israël et de l'Etat palestinien\u201d de Brej- nev, toute la région du golfe de Suez au golfe Persiquë est devenue une poudrière.Depuis le début de la décennie \u201970, une des régions du monde les plus convoitées par les deux superpuissances est l\u2019Europe occidentale.L\u2019accroissement continu de l\u2019arsenal_ militaire soviétique aux portes de l'Europe le démontre sans équivoque.Actuellement, plus de 500,000 militaires de l\u2019armée régulière soviétique sont stationnés en Europe de l\u2019est.Le.nombre d\u2019unités navales soviétiques en mer du nord et en Méditerrannée a progressé au point de dé- : passer, sur le plan quantitatif, les forces navales américaines.+ Sur un autre plan, les deux superpuissances se livrent une lutte acharnée par le biais des partis po- # litiques européens.Les tentatives des révisionnistes portugais, italiens ou français de s'emparer du pouvoir, soit par voie électorale, soit par la force, sont directement soutenues par Moscou, alors que les E- tats-Unis financent activement la propagande et les visées \u2018\u2018anti-communistes\u201d de leurs alliés facistes ou sociaux-démocrates.Pour avoir soutenu la politique de la \u2018détente\u2019 avec l'URSS, pour avoir trop ouvertement plié l\u2019échine devant l'intervention soviéti- ÿ que en Angola, pour ne pas avoir suffisamment durci 4 les politiques de l'OTAN devant les pays européens 128 favorables à l\u2019Union soviétique, le tandem Ford-Kis- -f 3 ré # X SU- isse- alX 5 $6 § pb isles pou- sont sb, 16s isles oll vil | que pars ls 4 + singer risque de perdre la présidence américaine, la bourgeoisie monopoliste américaine étant davantage partisane, de la ligne dure envers l'URSS.\u2019 .et l\u2019application des principes du Xe congrès en politique étrangère Dans ce contexte, que signifient concrètement, les principes définis par le Xe congrès du Parti communiste chinois en 1973?lis signifient: unir tout ce qui peut être uni, c\u2019est- à-dire le prolétariat, les peuples et nations opprimés et les pays victimes d\u2019agression contre l\u2019impérialisme, le colonialisme, le néo-colonialisme et en particulier contre l'hégémonie des deux superpuissances, facteur principai de la survivance du système impérialiste, colonial et néo-colonial dans le monde au- jourd\u2019hui.\u2018La Chine applique le principe que tout ce qui affaiblit l'hégémonie des deux superpuissances, affaiblit par le fait même les forces impérialistes, colonialistes et néo-colonialistes et renforce la cause de la révolution mondiale.C\u2019est dans cet esprit qu\u2019elle.soutient par exemple les tentatives des pays impérialistes européens de se libérer de l'empire des deux superpuissances, en renforçant leur autonomie économique (CEE) ou politique.C\u2019est aussi dans cet esprit qu\u2019elle soutient le front uni des peuples du Tiers- Monde contre les pays riches pour un nouvel ordre économique mondial.Toutes les interventions des représentants du gouvernement de la République populaire de Chine aux différentes conférences de l'ONU et de ses organismes affiliés vont dans ce sens: conférence sur le droit de la mer, conférence sur les questions démographiques, sur les droits de la femme, sur les ressources \u2018énergétiques, sur les questions monétaires.Les opportunistes et les révisionnistes tentent d'attaquer la politique de la Chine en soulevant le prétexte que ce front uni contre les deux superpuissances inclut des Etats réactionnaires et que, par conséquent, la Chine développe non pas une politique prolétarienne mais une politique de grande puissance.De telles lignes visent tout simplement à nier l'existence de la politique des deux superpuissances et le fait que cette politique constitue la forme la plus ~ \u2014\u2014 - 129 achevée aujourd\u2019hui du développement du système capitaliste impérialiste.Elles visent à Scissionner et à affaiblir le front de la révolution; à isoler la Chine, tout en renforçant les deux superpuissances, particulièrement l\u2019Union soviétique.Que les fronts unis contre les deux superpuissances soient composés d\u2019Etats progressistes et réactionnaires est secondaire puisqu\u2019aujourd\u2019hui, l\u2019affaiblissement de l\u2019hégémonie des deux superpuissances est une question décisive concernant l\u2019avancement de la révolution mondiale, révolution dontla force dominante est constituée par les luttes de libération nationales dans le Tiers-Monde.C\u2019est sur la base de cette politique que, par exemple, la Chine, à la 2e session de la 3e conférence sur le Droit de la mer (Caracas, 20-29 août 1974) a déclaré: \u201cComme les pays riverains exercent une souveraineté totale sur les ressources naturelles de leurs zones économiques exclusives, il s\u2019ensuit\u2019naturellement qu\u2019ils doivent exercer une juridiction exclusive sur ces zones.Par exemple, les pays riverains ont le plein droit de protéger, d'utiliser, d\u2019explorer et d\u2019exploiter toutes 7 les ressources naturelles de ces zones, de prendre les mesures nécessaires et d\u2019établir les règles pour protéger ces ressources contre le pillage.Or, les su- perpuigsances ne reconnaissent pas la juridiction exclusive des pays riverains sur l\u2019ensemble de la zone économique.Elles ont toutes deux proposé.d'ajouter des \u201ccritères internationaux\u201d, de se \u201cconformer aux propositions des organisations internationales compétentes\u201d et \u2018\u201cd\u2019observer toutes les règles convenues sur le plan international\u201d.Dernièrement, Tune superpuissance ayant énuméré une série \u2018\u2018d\u2019obligations\u2019\u201d des pays riverains vis-à-vis de la zone économique, est allée jusqu\u2019à laisser entendre que les pays ri- » verains ne doivent pas réglementer les recherches scientifiques ni les mesures contre la pollution par les bateaux opérant dans la zone économique.Ainsi, toute 1 8x nce 43 1088 ques vis sive si qe, utes ngs, 5 Slr 5 là ris iQue.outer $6 Gen \"el nus nert un rains allée fs fi y les ques ope: fouté restriction imposée à la souveraineté des pays riverains sur leurs ressources de la zone économique ou sur leur juridiction revient à dénier \u201cl'exclusivité\u201d de la .Zone économique, c\u2019est-à-dire à accepter - en apparence la thèse de la zone économique, mais à déformer en réalité son contenu principal.C\u2019est absolument inadmissible.(.) Nous n'approuvons aucune tentative de pratiquer des tractations au détriment de la souveraineté d'autres pays.\u201d (12) C'est aussi sur la base de cette même politique que dans le cas de l\u2019Angola, la Chine a pleinement #.ys , Lo.ys ry .appuyé la position de I'O.U.A.qui, jusqu'à l'obtention de l'indépendance par ce pays, en novembre 1975, a défendu le principe de la non-ingérence des puissances étrangères dans la guerre d'indépendance en Angola et celui de l\u2019unité des trois mouvements de libération nationaux contre l\u2019ennemi commun par la formation d\u2019un gouvernement de coalition nationale.La Chine a toujours maintenu cette politique vis-à-vis l\u2019Angola; elle la maintient encore aujourd\u2019hui mais en dénonçant celle des deux superpuissances qui s\u2019est ingérée le plus insolemment dans la guerre d\u2019indépendance du peuple angolais, par l\u2019envoi d'armes et de troupes (russes et cubaines) tout en camouflant son agression derrière la façade d\u2019un des trois mouvements de libération pour tenter de donner une image progressiste à ses activités impérialistes.\u201cEn vue de contrôler l\u2019Angola \u2014 dont l\u2019importance stratégique au sein de la rivalité qui l\u2019oppose à l\u2019autre superpuissance contribuerait à asseoir son hégémonie mondiale \u2014 .le social-impérialisme soviétique n\u2019a pas hésité- à y semer la discorde parmi les-organisations de libération, comme entre les autres pays africains, dès que le peuple angolais obtint le droit à l'indépendance \u2014 pour être plongé dans une guerre fratricide par ces menées de sape.Depuis plus de deux semaines, l'Union 12) Pékin Information, no 33, 19 août 1974.131 soviétique y a dépêché un grand nombre de militaires et une grande quantité d\u2019armes lourdes pour en massacrer le peuple.Toujours au cours de ces deux semaines, ses appareils 11-62 y ont acheminé des troupes cubaines, au rythme de 200 personnes par jour, portant ainsi leur effectif total en ce pays à plus de 10,500 \u2014 une opération parallèle consistant à transporter d'autres troupes cubaines et du matériel militaire à bord de convois de 6 à 8 bateaux.Selon une information, plus de 500 militaires russes ont débarqué le 9 janvier d\u2019un navire soviétique pour le commandement opérationnel dont le personnel est ainsi porté à environ 1,000 personnes.Moscou a en outre livré des avions de combat récents: six Mig-21 sont déjà montés et prêts à entrer en opération (.) La flagrante escalade de cette intervention nous fournit une nouvelle occasion de constater que \u2018la cessation des interventions armées des pays étrangers en Angola\u201d telle que récemment \u2018\u2018réclamée\u201d par la Pravda n\u2019est autre qu'une supercherie destinée à duper les peuples africains et l'opinion publique mondiale.\u201d (13) Entre les deux superpuissances, la Chine soutient que la plus dangereuse est l\u2019Union soviétique dans la mesure où elle est une puissance impérialiste en croissance (sur les plans militaire et économique) alors que les Etats-Unis au contraire sont en crise (surtout depuis leurs défaites en Asie du sud-est), mais surtout dans la mesure où elle camoufle sa nature impérialiste derrière une phraséologie progressiste, \u201cmarxiste\u201d et ses visées hégémoniques derrière des organisations populaires ou des partis qui portent le nom de communiste.L'URSS tente aussi - de rallier l\u2019opinion internationale afin de poursuivre \u2018 sans entrave sa politique expansionniste.L'intervention récente de cette superpuissance en Angola et | toute la propagande mensongère qui a été diffusée par ! 13) Pékin Information, no 5, 2 février 1976, pp.22 et 24.132 ls mond affirm 8 to { RB nee Wh.3 révol dnt thèse de CC impé Wf des puis % les forces révisionnistes et opportunistes dans le monde à cette occasion prouvent la justesse de cette affirmation de la Chine.C\u2019est d\u2019ailleurs cette situation qui rend aussi décisive aujourd\u2019hui la lutte menée par les marxistes-léninistes, sous la direction du P.C.C., contre les thèses révisionnistes et opportunistes sur les fronts théorique èt pratique, car ces thèses ont un rôle actif à jouer: celui d'obscurcir et de confondre la véritable nature et le rôle du social- impérialisme à l'heure actuelle afin de provoquer des scissions dans le front uni contre les deux superpuissances, facteur décisif de l'avancement de la révolution mondiale.: Diane Ethier Dessin de Warhol, 1973.133 L'URSS.et les relations internationales \u201cNous savons que votre aide, camarades - Ouvriers américains, se fera peut-être encore bien attendre, car la marche de la révolution dans les divers pays se poursuit sous des formes différentes.à un rythme différent (et il ne peut en être autrement).Lénine, Lettre aux ouvriers américains.- \u2018 C\u2019est avec plaisir que je réponds a la demande de la revue Chroniques de rédiger un article sur les relations internationales et plus précisément, me disait Jean-Marc Piotte, de donner l\u2019opinion d\u2019un communiste québécois sur la politique extérieure des pays socialistes et de l\u2019Union Soviétique.Le choix de l\u2019auteur n\u2019est peut-être pas très heureux car, enseignant, syndicaliste et membre (et non porte-parole) du Parti Communiste du Québec, je ne suis pas à proprement parlé un expert en relations internationales.Avant d'entamer le sujet, je voudrais préciser qu\u2019il n\u2019y a rien de commun entre nos conceptions des relations internationales et les positions de divers groupuscules trotskystes ou maoistes qui, bien qu\u2019ils \u201ctentent de voler le beau nom de communistes, sont très proches des capitalistes dans la pratique.Il ne saurait donc s'agir d\u2019un débat entre nous et des soi- disant groupes de gauche \u2014 comme si nous étions de la même eau?\u201d En effet, si nous examinons brièvement les \u2018\u201cconcepts\u201d trotskystes élaborés au cours des années \u201970 et auxquels semblent souscrire la majorité des groupus- ~ ~ - 134 | 4 4 être ela éd tla sai nis: ig: teur syn- ar nent ist des vers vis sont | né §0i s de oon Del ps des ~ cules trotskystes, nous découvrirons que leur \u201crévolution mondiale\u201d implique entre autres des \u2018révolutions politiques\u201d dans les pays socialistes.Inutile de dire le plaisir des propagandistes bourgeois devant de telles déclärations, comme si aujourd\u2019- hui on pouvait être révolutionnaire et à la fois anti- \u201c communiste ou anti-soviétique.Niant la possibilité théorique d\u2019une révolution socialiste qui ne soit pas mondiale, les trotskystes en viennent à nier le caractère socialiste des pays qui ont fait leur révolution.Aigris, les trotskystes passent le plus clair de leur temps à dénigrer entre autres Cuba, l\u2019expérience chilienne, le Viet-Nam et bien sûr l\u2019Union Soviétique.;\u2018 Les trotskystes, apôtres de la \u2018Révolution permanente\u201d, n\u2019ont jamais pu accomplir une seule révolution dans un seul pays, ce qui doit être bien décourageant.Il en est de même des maoistes.Car ce ne sont pas les maoistes au sens actuel du terme qui ont accompli la Révolution chinoise.|| suffit de relire les textes de Mao lui-même, ceux qu\u2019il a omis d'incorporer dans son petit livre rouge, pour voir que sans l'appui de l'Union Soviétique, des pays socialistes en général et des forces progressistes dans le monde, la Révolution chinoise n\u2019aurait pu réussir.Aujourd\u2019hui les maoistes, en politique extérieure, poussés par leur idéologie petite-bourgeoise, par le culte de la personnalité et par un nationalisme aveugle et hégémonique, ont totalement abandonné les principes du marxisme- léninisme.Par exemple, lors des funérailles du dictateur fasciste espagnol Franco, le représentant de da Chine était présent à la messe funèbre et une couronne de fleurs fut envoyée par Mao, avec un télégramme personnel de\u2019 condoléances.Lors de la lutte héroique du peuple angolais, les Chinois avec les Etats-Unis et les racistes d'Afrique du Sud soutenaient et équipaient des mouvement fantôches.Le 28 octobre 75, l\u2019ambassadeur chinois écrivait au ministre des affaires étrangères du Chili fasciste: \u201cl'Ambassade de la République de Chine dans la République du Chili salue avec une grande attention l'honorable ministre des Relations Extérieures de la République du Chili et a l\u2019honneur de le solliciter de bien avoir l\u2019obligeance de proposer une date pour préciser les détails techniques de la remise d\u2019armes sélectionnées pour les 135 ie wi Forces Armées du Chili.\u201d (Santiago 28 octobre 1975, cité dans Tribuna Popular, 27 mars 76, Venezuela).: 1 \u2019 - M.Schlesinger, l\u2019ancien secrétaire de la défense aux Etats-Unis, selon la Presse du 13 avril 76, is , s'est à nouveau- prononcé pour une politique de rapprochement entre les Etats-Unis et la Chine, estimant qu'une aide militaire à Pékin në devait pas être rejetée à priori\u201d.Rien d\u2019étonnant que plusieurs partis maoistes, celui du Pérou entre autres, aient décidé de se dissoudre pour rejoindre les rangs du parti communiste de leur pays.On sait qu\u2019en Chine même le mécontentement est profond, comme l\u2019ont montré les manifestations ouvrières de masse pro-commu- niste et anti-maoiste à Pékin et dans d\u2019autres grandes villes chinoises en avril dernier.I! semble que le peuple chinois, en qui j'ai toute confiance, veuille remettre de l\u2019ordre dans maison, et il-y parviendra sûrement.ILne devrait pas être nécessaire de rappeler que la politique extérieure des pays socialistes et de l\u2019Union Soviétique n\u2019a rien à voir avec tout cela, et qu'elle s\u2019inspire solidement du marxisme-léninisme.Malheureusement la presse bourgeoise et les publications - gauchistes qui consacrent plus d\u2019espace à critiquer le communisme et l'Union Soviétique qu\u2019à attaquer le capitalisme ont pu désorienter beaucoup de Québécois.C\u2019est très regrettable, car quoique en dise mon ami Jean-Marc Piotte dans son article \u201cNi Moscou, ni Pékin\u201d, le Québec ne vit pas sur la planète Mars, et par conséquent il faut se brancher.La Révolution.cubaine devrait nous éclairer.Les Cubains ont donné un coup mortel à la théorie du \u201cfatalisme géographique\u201d qui pendant longtemps a déterminé la politique de la plupart des pays d\u2019Amérique Latine.Selon cette théorie, la proximité territoriale des Etats-Unis réduit une nation à dépendre d\u2019une façon permanente des Etats- Unis et à suivre les indications données par Washington.L'expérience cubaine a démontré que de nos jours un peuple révolutionnaire peut se débarrasser de l\u2019oppression des impérialistes et, avec le soutien de la communauté socialiste, résister aux interventions et aux blocus économique, qu'il peut enfin réaliser sa souveraineté politique et économique, et poursuivre une politique étrangère indépendante.Le Pérou, le Vénézuela et Panama s\u2019orientent également dans ce à 136 Clore Vere.| élense BR de 8 : êsti S être § par.Ge | Darl Même lontré mmu- gran- ve le le re- 2 8 \"Qu 6 {U- qua Mal fions or le Ca cols.ami Peu par aine cou a plu ri, sens.Pourquoi le Canada anglais et le Québec ne pourraient-ils pas en faire autant?Au lieu de \u2018Ni Moscou, ni Pékin\u201d qui laisse penser qu'on doit être client d\u2019une \u201csuperpuissance\u2019 ou de l'autre, la véritable question est: quelle est la vraie position marxiste-léniniste.Gene Snyder, représentant républicain du Kentucky, menaçait déjà les Québécois le 13 mars \u201976 à la chambre des représentants des Etats-Unis en disant: \u201cSi l'administration Ford persiste dans sa politique d'apaisement au sujet du canal de Panama, il n\u2019est pas inconcevable que des terroristes canadiens-français exigent des Etats-Unis qu\u2019ils renoncent à leur part de juridiction sur la voie maritime du Saint-Laurent\u201d.Les \u2018terroristes\u2019 pourraient affirmer, dit M.Snyder que la juridiction américaine sur la voie maritime est AND NOW .KING NEPTUNE! une insulte à la souveraineté du Québec.Une insulte parmi tant d\u2019autres, pourrions-nous dire, car il y a aussi les bases militaires et surtout Jes multinationales dont ITT qui possède même des terrains de stationnement de voitures à Montréal, etc\u2026 Pouvons-nous espérer au Canada et au Québec avoir une politique de coexistence pacifique avec des pays à systèmes sociaux différents, sortir de l'OTAN, de NORAD, obtenir notre indépendance économique - sans le soutien des pays socialistes et de l'URSS?Ce ne sont tout de même pas les trotskystes qui risquent de nous aider ni Mao qui enverrait plutôt un té- pégramme de félicitations à Jérome Choquette ou à Réal Caouette pour leurs élucubrations anti-communis- tes.Il en va de même pour l\u2019exercice de notre droit d\u2019autodétermination au Québec.° Une bonne compréhension de la politique extérieure de l'Union Soviétique et des autres pays socialistes est donc nécessaire du Québec, pas seulement pour comprendre le monde, mais aussi pour le changer.En politique extérieure, l\u2019Union Soviétique et les pays socialistes ne font pas de compromis de principe, et c\u2019est ce qui fait leur force.Comme le dit Leonid Brezhnev, secrétaire général du comité Central du PCUS: \u201cNotre politique étrangère est et sera toujours une politique de classe, une politique socialiste dans son contenu et ses objectifs\u201d.(L.Brezhnev, le 50ième anniversaire de l\u2019URSS, Moscou.1972, p.41, Ed.anglaise).Cette politique adopte diverses formes et méthodes pour atteindre ses objectifs et lie l\u2019accomplissement de ses objectifs à court terme avec ses objectifs à long terme qui sont la paix, le progrès social et le socialisme dans le monde.C\u2019est une politique scientifique en ce sens qu\u2019elle s\u2019appuie sur le marxisme, sur la connaissance des lois objectives qui règlent l\u2019évolution de la société et des relations internationales: Lénine eut une influence capitale sur l\u2019élaboration de la politique des pays socialistes.Historiquement le Décret de paix au Deuxième Congrès des Soviets a été le premier document de la politique étrangère de l\u2019Etat des Soviets.Ce décret proclamait le respect de l'intégrité territoriale et de la souveraineté nationale de tous les pays, la reconnaissance du droit des, nations à l\u2019auto-détermination, l\u2019égalité en droit des Etats, petits ou grands, le refus de l\u2019agression et des 138 R dx sel ÿ 1% | 5 ann) nal.de là usu À pour sancé prèpé \u201cala ses $ établ qui 8 pays: Bi tâche comm se | pays les reme \u201cJ Très | posi 4 tres vnesh ( | de M le du \" Dans ; Que, À Me à deux.4 tons de tre { hy Coma feng 8 5a dal\" 104 Ra annexions de territoire, et la coopération internationale.La République des Soviets prenait donc la tête de la lutte de tous les peuples contre l'impérialisme.et sa politique d'agression et d\u2019oppression coloniale.Avec la déclaration du droit des peuples de Russie (15 nov.1917) et l\u2019appel à tous les travailleurs * musulmans de Russie et de l\u2019Orient (3 décembre 1917), pour la première fois dans l\u2019histoire une grande puissance condamnait officiellement le colonialisme et préparait la lutte pour l\u2019exercice du droit des nations \u2018à l\u2019auto-détermination.Lénine, en aidant les républiques soviétiques mises sur pied en Hongrie, en Bavière et en Slovaquie, établit les bases de l\u2019internationalisme prolétarien qui est le fondement aujourd\u2019 hui des relations-entre pays socialistes.Evidemment, il fallait pour accomplir toutes ces tdches un Etat des Soviets fort \u201cpour le prolétariat communiste du monde dans sa lutte contre la bourgeoisie mondiale\u201d.Lénine, Oeuvres Complètes, vol 36, p.609, éd.anglaise).Lénine souligna également que comme tous les pays ne deviendraient pas socialistes simultanément, les pays socialistes et capitalistes auraient nécessairement des relations économiques et commerciales.Très tôt, le gouvernement soviétique déclara: \u2018Notre position demeure: coexistence pacifique avec les autres gouvernements, quel qu\u2019il soit\u201d (Dokumenty vneshnei politiki SSSR, voi 11, Moscou 1958, p.639).C\u2019est Lénine également qui a défini le caractère de notre époque, soit la transition à l\u2019échelle mondiale du capitalisme au socialisme et au communisme.Dans son programme, le PCUS déclare: \u2018Notre époque, qui se caractérise par la transition du capitalisme au socialisme, est une époque de lutte entre les deux systèmes sociaux opposés, une époque de révolutions socialistes et de libération nationale, une époque de transition de peuples toujours plus nombreux vers la voie socialiste, du triomphe du socialisme et du communisme à l\u2019échelle mondiale.Le facteur central de notre époque est la classe ouvrière internationale et sa principale création, le système socialiste mondial\u201d.(La voie vers le communisme, Moscou 1962, p.449, éd.anglaise).Le PCUS et Lénine continuent sur- ce point d\u2019une façon créatrice la pensée de Marx et d'Engels qui ont démontré que les relations inter- | 139 nationales ne sont pas l\u2019arène d\u2019une lutte entre des personnes ou des volontés renforcées par la puissance des Etats, mais un terrain où s'affrontent les classes.- Le XXVième Congrès du PCUS qui a eu lieu en février et mars '76 nous donne une bonne idée de l\u2019actuelle politique étrangère du PCUS et de l\u2019application créatrice des principes léninistes.La délégation fraternelle du Parti Communiste du Canada à ce congrès, composée de William Kashtan, secrétaire général, d'Alfred Dewhurst et de Samuel Walsh, le président du Parti Communiste du Québec, s'amusait à recueillir, lors de leur départ pour l'URSS à l\u2019aéroport Mira- bel, les prédictions lugubres de la presse bourgeoise, \u2019 alimentées surtout par les \u2018kreminologues\u201d américains.L\u2019aide généreuse de l'Union Soviétique à l\u2019Angola signifiait la fin de la détente, le 9ième plan quinquennal aurait été un échec, le 10ième plan quinquennal marquerait un net recul dans le taux de développement, Leonide Brezhnev serait obligé de démissionner, etc.Comme [I'écrit Samuel Walsh: \u201cDès le début du Congrès, ces prédictions se sont avérées n\u2019être que de mauvais rêves en couleur des gens malveillants qui voulaient vainement déplacer les crises qui rongent le monde capitaliste en Union Soviétique.\u201d (Samuel Walsh, \u201cXXVième Congrès du PCUS, un événement qui améliorera le sort de toute l'humanité\u201d, Combat, 7 août 76, p.8).Les positions présentées lors du congrès, il faut le souligner, reflètent les aspirations de tout le peuple soviétique, puisque les thèses du congrès font d\u2019abord l\u2019objet de discussions démocratiques et approfondies dans l\u2019ensemble du pays.\\ L'unité et le développement de la coopération entre les pays socialistes demeure une des préoccupations majeures de l\u2019Union\u2018Soviétique.Pour nous Québécois, qui commençons à prendre l'habitude des fronts communs syndicaux, l'importance de l\u2019unité des travailleurs au niveau international, en particulier des pays socialistes, où les travailleurs sont au pouvoir, devrait aller de soi.Ce front commun international est un des éléments qui permet aux socialistes d'exercer une influence grandissante sur la scène internationale.En bénéficient non seulement les travailleurs des pays socialistes, mais les forces progressistes du monde entier, donc du Québec, même si nous n\u2019en sommes 140 i fo qui 8 yelopp ots el gun f y cole d listes, qi muné dans ! as.vietné es | mong Unis.du Le égale cratic de malg États effor gle ls | \u201c1 mun 4 hü tions fic eng Cohé (Ten las ans, joue Con Soci Con Pop ff Sem Cor pas toujours conscients.Le fait qu\u2019à l'encontre de ce qui se passe entre les pays capitalistes, l\u2019écart de développement entre les pays socialistes les plus avancés et les autres se réduit graduellement sur la base d\u2019un progrès général est un facteur déterminant de cette unité.Les partis communistes des pays socialistes, en luttant contre le repliement nationaliste sur soi-même et pour l\u2019accomplissement des tâches communes au niveau international, jouent un grand rôle dans le maintien et le développement de cette unité.Depuis le 24ième Congrès du PCUS il y a cinq ans, cette politique a permis la victoire du peuple vietnamien qui grâce à sa lutte courageuse, à l'appui des pays socialistes et des forces progressives du monde a pu triompher de l'impérialisme des Etats- Unis.La victoire vietnamienne a facilité la victoire du Laos et celle du Cambodge.On peut mentionner également la reconnaissance de la République Démocratique Allemande effaçant pour toujours le diktat de Munich, le renforcement du socialisme à Cuba malgré le blocus diplomatique et économique des Etats-Unis, la victoire du peuple angolais malgré les efforts concertés de l'Afrique du Sud, des Etats-Unis et des maoistes, etc.Cette unité des pays socialistes est renforcée par les liens, les réunions fréquentes entre partis communistes des pays socialistes à tous les niveaux, de la direction à la base.|| y a bien sûr certaines frictions entre partis de temps à autre, mais comme le dit Brezhnev dans son rapport au 25ième Congrès: \u201cCertains partis ont, nous le savons, des vues particulières sur certaines questions, mais la tendance générale est incontestablement caractérisée par une cohésion grandissante de la communauté socialiste\u201d.(Temps Nouveaux, Moscou, fév.1976 p.31, éd.anglaise).Le traité de Varsovie, postérieur à l'OTAN de 6 ans, qui existe.pour défendre la paix et le socialisme, - joue un certain rôle en ce sens, et surtout le Come- con qui planifie la coopération économique entre pays socialistes.Le plan à lonÿ terme d'intégration de l'économie des pays socialistes (1971) permet le déve- poppement conjoint des ressources naturelles au bénéfice de tous, la construction conjointe de vastes ensembles industriels ainsi que le développement du commerce.Le renforcement de la base matérielle de 141 la communauté socialiste a une importance non seule- : ment économique, mais aussi politique.Sur le plan idéologique, les échanges entre partis À frères, la coopération dans les mass média, la radio, % da télévision, la presse et la recherche scientifique .Sont très importants.À vi Certains Québécois disent qu\u2019à tous'ces beaux À pe principes, il faut opposer, par exemple, la question de l'intervention des forces du pacte de Varsovie en 4 Tchécoslovaquie en 1968, qu'ils définissent souvent | us comme \u201cl'invasion russe\u201d.!| me semble que la clef du problème réside dans les erreurs commises dans le domaine économique, ainsi que dans la direction du Parti et du gouvernement, dans les années 60.La nouvelle direction du Parti Communiste de *! Tchécoslovaquie, élue par le Comité Central en jan- | cha vier '68, aurait pu rectifier ces erreurs et résoudre # pes graves problèmes de la construction du socialis- & ™ Mme qui se posaient alors, mais elle ne l\u2019a pas fait.§ Cela a permis à des tendances révisionnistes et à des Iéments anti-socialistes de.s\u2019engager dans des actions subversives avec, bien sûr, l\u2019aide de l\u2019Allemagne fédérale et de la CIA des Etats-Unis, qui visaient à affaiblir le gouvernement, à nuire à la coopération avec l'Union Soviétique et à assurer le retrait de la Tchécoslovaquie de l'Organisation du Pacte de Varsovie.: Les partis frères, entre autres français, italien et soviétique, ont attiré à plusieurs reprises l'attention de la direction du parti tchécoslovaque et d'Alexandre Dubceck sur la gravité de la situation engendrée par les réactionnaires.: Ps leur Pan À vs À pe x Le 3 avril 68, les représentants des partis com- Æ in munistes et ouvriers de la Bulgarie, la Hongrie, la § va RDA, la Pologne, l'Union Soviétique et la Tchécoslo- \u20ac hr vaquie elle-même, dans une déclaration conjointe, # la insistèrent sur la nécessité pour les pays socialistes § de préserver et renforcer les gains du socialisme, À ai fruit des luttes de chaque peuple.- Vo Tout cela n'eut guère de résultat.Le socialisme | voie était en danger, non seulement en Tchécoslovaquie, } à; mais indirectement dans l\u2019ensemble des pays de la # à communauté socialiste, à cause, entre autres, de la # auf situation stratégique de la Tchécoslovaquie.On peut les comprendre que dans ces conditions, à ta demande } i, de travailleurs et de communistes de Tchécoslova- 2 ; a Seule.maris radio que Deaux on de ie gn vent à clef dans lion lé de jan» Qudr il fait, à des sac ema- alent alion de là ars0- an el ntion nde par on 0 fa sl0- fe, 65 mé, sme UE: i el ch} pl ne ova: ak quie, y compris ce qui est important, de la majorité des membres du Comité Central, l\u2019Union Soviétique, la Bulgarie, la Hongrie, la RDA et la Pologne aient décidé d'intervenir.Cette intervention a sans doute \u201csauvé la vie de milliers de personnes, assuré les conditions intérieures et extérieures de travail dans la paix, a renforcé les frontières occidentales de la communauté socialiste et a dissipé les espoirs des cercles impérialistes d\u2019une remise en cause des résultats acquis à la fin de la Seconde Guerre Mondiale\u201d (Leçons tirées du développement de la crise du Parti et de la société tchécoslovaque à la suite du 13ième Congrès du PCT., Moscou 1971, p.45-46, éd.russe).Consciente de l\u2019utilisation qui pouvait être faite de ces événements, la presse bourgeoise s\u2019est déchaînée contre l\u2019Union Soviétique qu\u2019elle a carrément qualifiée d\u2019envahisseur.Les groupes gauchistes ont naturellement emboité le pas.Au Chili, le Parti Communiste défila dans les rues pour indiquer son soutien à l'intervention.Peut- être était-il conscient des dangers .qui guetteraient leur future transition vers le socialisme.D'autres Partis Communistes manifestérent certaines réserves vis-a-vis de l'intervention, ce qui montre > bien la com- - plexité de la situation.Quoiqu\u2019il en soit, je vois mal comment cette intervention peut se comparer même dans l'esprit des gens les plus malintentionnés à celles de I'impérialisme américain qui soutient partout dans le monde les régimes les plus réactionnaires et les plus corrompus, s\u2019ingère continuellement dans les affaires internes des pays étrangers comme la Tchécoslo- - vaquie justement, ou le Vietnam, le Chili, l\u2019Angola, la France, l'Italie, etc.Ceux qui invoquent le prétexte de la Tchécoslovaquie pour prôner une politique anti-communiste et anti-soviétique sont à mon avis de mauvaise foi,- et renforcent de fait l\u2019intervention économique, politique, militaire et même policière.de l'impérialisme américain au Québec et au Canada.De plus, ils se nuisent à eux-mêmes d'une autre façon, car plus l\u2019Union Soviétique et les autres pays socialistes sont forts, meilleures sont les chances des syndicats progressistes et des partis de gauche de marquer des points sur leurs capitalistes locaux.143 \\ rs Ets Ee Eee \u2019 A ; mE UN OILIE JAERIN GT ON Ah Day worLp Les relations avec la Chine, dont les dirigeants actuels ménent une politique ouvertement dirigée contre la majorité .des Etats socialistes est naturellement une question a part.Les maoistes qui, il y a quelques années encore se prétendaient les plus militants dans la lutte contre l\u2019impérialisme, qui traitaient les Partis Communistes de l'URSS de révisionnistes, sont maintenant les meilleurs alliés de I'impérialisme américain, des revanchards de l\u2019Allemagne de l'ouest, de Pinochet et des autres réactionnaires.Il n'y a pas si longtemps non plus, le maois- me se présentait comme le champion du tiers-monde, que l'Union Soviétique et les Partis Communistes et ouvriers auraient \u2018\u2018laché\u201d.Maintenant, le maoisme s'allie avec le régime raciste d'Afrique du Sud, et l'impérialisme en général, contre l\u2019Angola et so ~ mouvement de libération nationale.144 qd Ee fl fw Eg sa bo M ra PET La il ol U Jo ge qu fig bi rT tlle ie NW df PR Une autre préoccupation majeure en politique extérieure de l\u2019Union Soviétique et des pays socialistes est la coopération grandissante avec les pays nouvellement indépendants, qui est facilitée par les changements IMportants intervenus dans la politique intérieure et extérieure de ces pays, en particulier par le rôle dominant du secteur d'Etat dans leur industrialisation, l\u2019abolition de la propriété foncière féodat; la nationatisation des entreprises étrangères, la prise en charge du contrôle de leurs propres ressources naturelles.| oo Un processus complexe de différenciation de classe et une lutte de classe de plus en plus dure dominent beaucoup de ces pays nouvellement indépendants comme, par exemple, la campagne de I'extréme-droi- te, aidée par les maoistes, contre le gouvernement d\u2019Indira Gandhi, ou le recul social et politique en- Egypte.L'Union Soviétique et les pays socialistes, sans intervenir dans les affaires internes de ces pays, : ne cachent pas qu'ils sont du côté des forces du progrès, de la démocratie et de l'indépendance nationale.Mais les pays socialistes ne cherchent ni concessions, \u2018ni domination politique, ni bases militaires.Grâce au soutien des pays socialistes, ces pays nouvellement indépendants sont de plus en plus en mesure de résister à l\u2019impérialisme et d\u2019avoir des rela- _tions économiques sur une base d'égalité avec l\u2019étranger.Les récentes victoires en Afrique des peuples de Guinée-Bissau, des Iles du Cap Vert, de la Mozambique et de l'Angola témoignent du bien fondé de la politique de coopération étroite entre iles luttes du tiers- monde et celles des pays socialistes.Je souhaite que nous puissions bientôt célébrer la victoire des peuples de Zimbawe, de Namibie et d\u2019Afrique du Sud.- ~ Les relations entre les pays capitalistes et les pays socialistes s'améliorent également.Lénine soulignait déjà que la politique de coexistence pacifique entre Etats qui ont des systèmes sociaux différents.est\u2019\u2018\u2019la seule façon correcte de se sortir des difficultés, du chaos et des dangers de guerre\u201d.(Oeuvres Complètes, tome 33, p.35, éd.anglaise).7 En Europe, les relations des pays socialistes avec la France sont assez bonnes depuis De Gaulle.Le Traité de 1970 avec l\u2019Allemagne Fédérale a normalisé les relations.Des relations diplomatiques sont rétablies avec le Portugal à la suite de la révolution des 145 4 f oeillets et se sont améliorées avec la Grèce depuis le renversement du fascisme dans ce pays.Le succès de la Conférence Européenne d\u2019Helsinki, qui découle directement des résolutions du 24ième Congrès du PCUS, peut avoir des conséquences considérables, même pour nous au Québec, puisque Trudeau a apposé sa signature au document final de la conférence qui reconnaît le principe léniniste de l\u2019auto-détermina- tion des peuples.|| faut maintenant lutter pour faire passer dans la pratique les acquis d\u2019Helsinki, entre autres dans le domaine des échanges économiques, scientifiques, technologiques, culturels, etc.Les relations des pays socialistes avec les Etats- Unis se sont également améliorées, dans les domaines économique, scientifique et même culturel.Il\u2018 faut reconnaître que ces relations souffrent d\u2019un en- fax WORLD MAGAZINE 146 A és Ie il s ÿ vi la révolution mondiale: ix | tique L'époque impérialiste selon Lénine est l\u2019ère de __ nis \u201cl'actualité de la révolution\u201d.Depuis l\u2019avénement de bing cette époque, depuis la révolution bolchevique en Rus- 13 .sie, la contradiction fondamentale dominant l\u2019évolution à bou des rapports politiques, économiques et sociaux a I'é- -Rdh chelle mondiale, est celle qui oppose la bourgeoisie au prolétariat.Cette opposition prédomine non seulement à REA dans les pays capitalistes avancés mais s'impose com- Ces me la contradiction motrice à l\u2019échelie mondiale.(1) à pli _ E1040; \u201d , j Peux (1) La manière concrète dont se manifeste ce-conflit varie en sé fonction des diverses formations sociales données.La lutte E Mong des classes n'est pas une abstraction, un conflit se dérou- Ou lant dans le vide, mais au contraire s\u2019articule a une série ~~ de conditions objectives.Si elle est surtout déterminée au niveau mondial, elle est médiatisée par des conditions na- - tionales.A ce niveau une analyse des formes de la nature - et des tâches d\u2019un processus révolutionnaire doivent partir d'unè claire caractérisation d\u2019une formation sociale don- On peut dinstinguer trois secteurs particuliers du processus révolutionnaire à l\u2019échelle mondiale.Chacun de ces secteurs possède ses particularités et sa dynamique propre, mais tous ont en commun une caractéristique fondamentale: la force révolutionnaire motrice dans tous ces pays est la classe ouvrière et parfois la paysannerie pauvre et la tâche actuelle est la construction d'une société socialiste.Ainsi on doit distinguer: \u2018 1) LE SECTEUR DES PAYS IMPERIALISTES (USA, Europe occidentale, Japon, Canada.) Ces pays ont atteint un haûüt degré de développement des forces productives.La plupart des tâches de la révolution démocratique bourgeoise y ont été réalisées.La classe ouvrière y est fortement développée et organisée.Les \u201cpolarisations de classes tendent à y prendre directement les formes d'une opposition ouverte et nette entre le prolétariat et la bourgeoise.- 2) LE SECTEUR DES PAYS COLONIAUX OU NEO-COLONIAUX souvent appelés pays du Tiers Monde.Ces pays possèdent un faible niveau de développement des forces productives.Leur insertion dans l\u2019économie mondiale en est une de subordination par rapport aux pays impérialistes.Dans ces pays la révolution démocratique bourgeoise n\u2019a pas été complétée, aussi la révolution prolétarienne tend-elle à se combiner-avec la résolution des tâches démocratiques bourgeoises encore non accomplies (libération nationale, réforme agraire).Dans ce processus combiné de révolution permanente seuls les travailleurs des villes et des campagnes peuvent mener jusqu\u2019au bout la révolution et en prendre la direction dès le début.3) LÉ SECTEUR DES ETATS OUVRIERS BUREAUCRATISES (URSS, Chine, Europe de l'Est.) | Ces Etats se sont soustraits à la domination du capitalisme, mais ont connu.un processus de dégénéré- rescence bureaucratique.Dans ces pays les principaux moyens de production et d\u2019 échanges sont nationalisés.L'économie est planifié à priori et l'Etat a le monopole du commerce extérieur.Cependant la classe ouvrière n\u2019exerce pas directement le pouvoir.Une née.Doivent être pris en considération le degré de développement des forces productives, la structuration de clas- - se, la nature de integration de cette formation sociale dans le marché mondial.\u2014- .153 [3 dans certains pays capitalistes avancés.bureaucratie parasitaire a pu exproprier politiquement la classe ouvrière à cause de toute une série de facteurs: l\u2019arriération des forces productives, les miasmes de la vieille idéologie autoritaire bourgeoise, les débris de son Etat et la pression agressive de I'impérialisme.Cette bureaucratie n\u2019est pas une classe historique mais une couche sociale et dans les Etats ouvriers dégénérés le processus révolutionnaire ne prends pas la forme de la révolution sociale (renversement d\u2019un mode de production) mais celle de la révolution politique anti- -bureaucratique dont l'objectif est l\u2019élimination du pouvoir de la bureaucratie et l\u2019instauration de la démocratie prolétarienne.Celà impli- \u201cque que tout le pouvoir soit donné aux organes autonomes des travailleurs (soviets, conseils ouvriers, etc.), que tous leurs représentants soient élus et révocables en tout temps et que le droit à l\u2019existence de différentes tendences respectant la constitution socialiste soit reconnu.> Ces.trois principales forces de la révolution mondiale \u2014 la révolution prolétarienne dans les pays impérialistes, la révolution anti-bureaucratique et la révolution coloniale \u2014 forment une unité dialectique.Chacune de ces forces influe sur les autres: l'impact de la guerre du Vietnam dans les pays impérialistes en est une illustration.C\u2019est la montée des luttes dans ces trois secteurs à la fois qui donne à la crise actuelle du système impérialiste mondial un caractère si aigu et ouvre la porte a de nouvelles victoires de la révolution socialiste dans le monde, y gompris La crise de l'impérialisme _ a) L\u2019impérialisme US en déclin relatif Les annéés qui ont suivi la 2e guerre mondiale se caractérisaient par une hégémonie quasi-absolue de l'impérialisme américain au sein du monde capitaliste.Au cours des dernières années, cette hégémonie s\u2019est graduellement effritée.A la faveur de la période de prospérité économique des années \u201850 et \u201860, les autres puissances impérialistes ont pu reconstruire leur économie alors que l\u2019économie américaine s\u2019empétrait dans une série de contradictions.Ainsi \u2018\u2018l\u2019effort pour assurer simultanément l\u2019extes- sion de ses exportations de capitaux, le financement 154 kg à cor * de qe sf ment \u20ac fac.Mis.6, les lim lasse Etats | \u20ac ne Iver.la re.| Jecti linge mpl 1 tong gle), ables dren.e soit tion Days êt la jque.pact ses utes crise aclé- dires pris ale solue cap ob je la 50 el J [6 a ions.ies: men! des coûts de son rôle de gendarme mondial du syste- me impérialiste, et l'achat de la stabilité relative de son front intérieur en acceptant le maintien et même un accroissement modeste du niveau de-Vie du proté- tariat industriel américain, dépassèrent les ressources de la bourgeoisie américaine.ll en résulta un déficit permanent de la balance des paiements et une crise rampante du dollar et du système monétaire international\u201d.(2) Combiné avec l'accélération de l\u2019inflation, cela devait aboutir à la chute du dollar et du système monétaire international crée à Bretton Woods.L'économie américaine a au cours des dernières années subi une érosion de ses avantages de productivité par rapport à ses'principaux concurrents impérialistes.À cette perte d\u2019'hégémonie économique s'ajoute une perte de crédibilité politique du leadership américain au sein du camp impérialiste.La perte de l\u2019'hégémonie économique américaine a permis le développement d\u2019une concurrence inter-impérialiste accrue entre les diverses puissances occidentales.Ce déclin de l\u2019impérialisme américain a eu des conséquences considérables: pour la première fois depuis des décennies, l'impérialisme mondial se retrouve pratiquement sans leadership international efficace.Suite à la débâcle d\u2019Indochine et à l'opposition de larges secteurs de la population américaine à toute aventure militaire à l\u2019étranger, l'impérialisme américain est aujourd\u2019hui incapable de jouer le rôle de gendarme mondial du capital au moyen d'envoi massif de troupes américaines, sans prendre de très graves risques politiques, tant nationalement qu'interna- tionalement.Or aucune autre puissance impérialiste n\u2019est aujourd\u2019hui capable de se substitüer à l\u2019impérialisme américain.De cette crise de direction de la bourgeoisie mondiale résulte une nouvelle modification des rapports de force à l'échelle mondiale en faveur de la révolution prolétarienne, plus particulièrement dans les pays capitalistes avancés.b) La montée des luttes ouvriéres dans les pays capitalistes avancés La longue période de prospérité économique qui a caractérisé l'économie des pays impérialistes depuis le début des années \u201850 jusqu\u2019à la fin des années \u201860 (2) Résolution Politique du Xe Congrès de la IVe Internationale en \u201874.155 a permis aux diverses bourgeoisies impérialistes d\u2019accorder des concessions à leurs classes ouvrières respectives, concessions qui, combinées avec la politique de collaboration de classe des directions ouvrières réformistes, ont provoqué une longue période de passivité politique de la plupart des prolétariats de ces pays.Mais avec l'arrêt du long \u201cboom\u201d économique vers la-fin des années \u201960, on a assisté à l\u2019exacerbation des tensions sociales dans plusieurs pays impérialistes, exacerbation qui n\u2019est pas limitée à un ou deux pays, mais qui tend au contraire à se généraliser à l'ensemble des pays capitalistes avancés.Après la France en '68, ce sera au tour de l\u2019Italie à partir de \"69, puis au tour du Portugal et de l'Espagne au cours des années \u201970, à entrer dans une situation de crise sociale intense.La montée des luttes ouvrières au Québec depuis \u201871, malgré des différences évidentes, s\u2019inscrit dans le même contexte.Aujourd\u2019hui, la capacité des bourgeoisies impérialistes d'acheter\u201d leur classe ouvrière au moyen de concessions économiques ou sociales a considérablement diminué, leur marge de manoeuvre s\u2019est dras- tiquement réduite.Elles tentent plutôt de résoudre la crise aux frais des travailleurs en réduisant les salaires réels et les services sociaux.Or, pour mener à bien une politique qui lui permettrait de résorber la crise économique actuelle et d\u2019établir à nouveau une longue période de stabilité économique, la bourgeoisie impérialiste a besoin d'infliger des défaites majeures au prolétariat dans une série de pays capitalistes avancés.Cependant le prolétariat des pays impérialistes reste toujours bien organisé; il est ressorti numériquement renforcé de la longue période d'expansion économique précédente; il n\u2019a encore subi aucune série de défaites démoralisantes.De plus, sa radicalisation s'effectue dans un contexte de crise globale du système capitaliste s\u2019articulant à tous les niveaux: politique, économique, idéologique, social.Cette crise globale du capitalisme est non -seulement favorable à la radicalisation de la classe ouvrière, mais stimule aussi celle de d\u2019autres couches (jeunesse étudiante, nouvelles couches techniciennes, femmes, etc.).La perspective à court terme n\u2019est donc pas celle d\u2019un écrasement de a classe ouvrière des pays capitalistes avancés, mais bien celle d\u2019une intensification des polarisations et des conflits de classe § 156 ® ie - et d'explosions révolutionnaires dans toute une série de pays.Certes, le développement de la montée révolutionnaire dans les pays impérialistes est inégal.Mais pour la première fois depuis les années \u201840, la révolution prolétarienne est concrètement à l\u2019ordre du jour dans toute une série de pays capitalistes avancés en Europe.c) Le rôle des directions réformistes L'ensemble des conditions objectives, tant structurelles que conjoncturelles, favorise le développement du processus révolutionnaire dans le monde impérialiste.Le principal facteur qui freine ce développement, c\u2019est le facteur subjectif, la crise de direction de la classe ouvrière.Cette dernière reste encore, dans sa grande majorité, sous l'emprise de directions réformistes.Que ce soient diverses fractions de la bureaucratie syndicale ou les partis sociaux- démocrates ou staliniens pro-Moscou, dans toute situation de crise, elles constituent les derniers remparts du capitalisme.Que ce soit l\u2019Union de la Gauche en France, le \u201ccompromis historique\u201d et maintenant \u201cle large gouvernement d'unité nationale\u201d en Italie, a \u2018Coordination démocratique\u2019 en Espagne ou l\u2019alliance de la bureaucratie syndicale avec divers partis bourgeois comme le P.Q.au Québec ou l'aile \u201cprogres- site\u201d du Parti Démocrate aux Etats-Unis, tous ces projets ont comme objectif principal de canaliser la montée des luttes dans les voies du parlementarisme bourgeois.- La montée des partis ouvriers réformistes dans nombre de pays est une expression déformée de la montée de la lutte des classes.Pour des secteurs entiers des masses qui commencent à se radicaliser et se politiser, ces partis apparaissent comme des partis de classe qui offrent une alternative politique aux partis bourgeois.Pour de larges masses, ils représentent le changement.Dans certains cas, et particulièrement dans celui des Partis communistes, la bourgeoisie manifeste une hostilité non-déguisée à leur éventuelle venue au pouvoir (l\u2019attitude de la D.C.italienne, les déclarations de Kissinger, etc.).Cette attitude n\u2019est pas du tout due au caractère \u201crévolutionnaire\u201d de ces organisations.La bourgeoisie interpationale sait trés bien que les PC pro-Mos- cou, tout comme les partis sociaux-démocrates, mè- , 157 nent une politique globalement centre-révolutionnaire, toute orientée vers la défense de l\u2019ordre bourgeois.Ils ont démontré à plusieurs reprises leur volonté de collaborer \"avec la bourgeoisie pour désarmer politiquement et même militairement la classe ouvrière (France 1936, France, Italie et Grèce de 1943 à 1948, France 1968, etc.).Ce que craint la bourgeoisie internationale c'est justement que les partis réformistes soient incapables de contrôler la dynamique qu\u2019ils pensaient amorcer et soient débordés par l\u2019action des masses.La tâche stratégique centrale des communistes révolutionnaires dans les pays capitalistes avancés est la construction de partis révolutionnaires de masse capables, à partir des conditions objectives favorables, de développer la conscience de classe des masses et de les amener à poser le problème du pouvoir.Ce problème du pouvoir ne peut être posé à travers des voies électoralistes et gradualistes, mais à partir de l\u2019impulsion d'organes d\u2019auto-organisation et de mobilisa- tioïT extra-parlementaires de la classe ouvrière, y compris d\u2019organes d\u2019autodéfense armés.C\u2019est par la généralisation et la centralisation de tels organes que commence à s'opposer au pouvoir de la bourgeoisie un contre-pouvoir prolétarien, c\u2019est à dire que se crée une situation de double pouvoir, situation qui ne peut que déboucher sur un affrontement central entre les classes ou triomphera soit l'insurrection prolétarienne, soit la contre-révolution bourgeoise.Par leur politique de collaboration de classe, par le rôle de freins qu'ils jouent sur les luttes, la bureaucratie syndicale, _la social-démocratie et les partis staliniens pro- Moscou feront tout leur possible pour empêcher une telle perspective, c\u2019est-à-dire que ne soit posé cClai- rement le problème du pouvoir de la classe ouvrière, de la dictature du prolétariat.Cette tâche, toutefois, ne s\u2019accomplira pas par des dénonciations hystériques, surtout lorsque de tels partis ont une influence de masse réelle et profonde.C\u2019est pourtant la politique qu'ont adopté certaines sectes maoistes en désignant les partis \u2018\u2018révisionnistes\u201d comme I'ennemi principal et en les accusant de préparer le terrain à une invasion militaire du * cial-impérialisme\u201d (nous reviendrons plus loin sur cette question).Une telle définition des P.C.pro-Mos- cou escamote complètement leur nature d\u2019organisa- 158 ; fons fond loge re d fis # fete 18, | iso me F geo mas F ae aft k dec L Deal F élan Len \u201cfur [ pris a be ver \u201cratio E pour F# di auf ts i ref | il Colo , fey) : Naf kam dle \u2018ar Qué | arg i lui \\ il Que dang Sabi tome ~ \"tions ouvriéres.Ces partis, tant par leur origine historique que par leur composition sociale et leur idéologie et leurs liens organiques avec la classe ouvrière de leurs pays, restent des partis ouvriers.Des partis ouvriers bureaucratisés et dont la politique ne reflète pas les intérêts historiques de la classe ouvrière, mais des partis ouvriers quand même.Et là où ils ont une influence de masse, ils sont perdus comme tels et par la classe ouvrière et par la bourgeoisie de leur propre pays.Leur influence sur les masses ouvrières ne sera pas détruite en faisant bloc avec des forces réactionnaires contre eux.Une telle attitude ne fera au contraire que renforcer l'influence de ces partis sur les masses car elles auront alors beau jeu de dénoncer les révolutionnaires comme étant les diviseurs de la classe.C'est au contraire en mettant systématiquement de l'avant l\u2019action commune de toutes les organisations ouvrières (P.C.compris) sur la base de revendications de classe contre la bourgeoisie, que les révolutionnaires pourront prouver dans les faits que ces partis préfèrent la collaboration avec la bourgeoisie à la lutte conséquente .pour les intérêts ouvriers.Ceci est une des formes de la tactique du Front Unique Ouvrier qui permet au Parti Révolutionnaire de gagner à son programme et ses initiatives la classe ouvrière dominée par le réformisme.A\" 3) La révolution dans les pays coloniaux et semi-coloniaux La révolution dans ce secteur a connu d\u2019importantes victoires au cours des dernières années.La révolution socialiste a arraché l\u2019Indochine à la domination impérialiste, permis la réunification du Vietnam et sa constitution en Etat ouvrier unifié.À un autre niveau, la lutte dans les colonies portugaises a réussi à obtenir l'indépendance nationale et a provo-! qué la chute de la dictature salazariste.En fait, depuis la révolution chinoise, et ce jusqu\u2019au Vietnam, la révolution dans les pays coloniaux et semi-coloniaux a été à l\u2019avant-garde de la révolution mondiale.Pendant la longue période de prospérité économique dans les pays impérialistes, c\u2019est la révolution dans les pays coloniaux qui a empêché une véritable stabilisation du système impérialiste à l\u2019échelle internationale.Toutefois ce n\u2019est que là où la lutte \u2014 159 * .HH Ie (EH 1 ® i i IS 3 anti-impérialiste s\u2019est transformée en une lutte anti- Ë capitaliste pour déboucher sur la victoire de la révolution socialiste (Chine, Vietnam, Cuba.) que la subordination a I'impérialisme a été définitivement détruite.Dans tous les autres cas, la lutte pour la libération nationale n\u2019a,pas abouti à une véritable indépen- - dance économique par rapport à l\u2019impérialisme, ni à une amélioration qualitative du niveau de vie des masses, mais seulement à une renégociation des termes de la dépendance.~ Cette situation est attribuable à l\u2019incapacité de la bourgeoise nationale de ces pays de mener jusqu\u2019au bout la révolution démocratique bourgeoise.Faible, liée à l'impérialisme- étranger et aux propriétaires fonciers, confrontée à un prolétariat jeune et concentré (même s\u2019il demeure une minorité de la population) et à une paysannerie avide de terre, la bourgeoisie nationale de ces pays n\u2019a jamais osé aller jusqu\u2019au bout de la lutte anti-impérialiste.Elle est incapable de mener a terme une réforme agraire car cela im- _pliquerait une rupture de ses liens avec les proprié- § taires fonciers auxquels elle est politiquement liée.Cette bourgeoisie est aussi incapable de mener a bien la lutte anti-impérialiste de par sa propre intégration économique au marché mondial capitaliste.! Cela n'implique pas que les révolutionnaires doivent s'opposer aux mouvements de libération nationaux) simplement parce qu\u2019ils sont dirigés par des directions bourgeoises ou petites bourgeoises.Au .contraire, ce n\u2019est qu\u2019en reprenant à leur compte les revendications nationales que les révolutionnaires pourront arracher ces mouvements à l'emprise des directions bourgeoises.Mais cela implique que l\u2019on ne doit semer aucune illusion sur la nature de la - bourgeoisie ou de la petite-bourgeoisie nationale.On peut résumer ainsi les tâches stratégiques prircipa- les des révolutionnaires dans ces pays: a) organiser les masses populaires de ces pays sur la base de son propre parti de classe, indépendamment de toutes les directions bourgeoises et sur là base de son propre programme; b) ce programme doit combiner les revendications nationales et démocratiques des masses, aussi bien que les revendications anticapitalistes propres à la classe ouvrière; c) c\u2019est la classe ouvrière et son parti qui doivent jouer le rôle moteur dans la révolution et son objectif doit être l'instau- 160 WF tous 118g; jg dong ag nis RL ce à te : birgg h URSS J Sm Rd! E denta th E À a, han ly Ung p 8 anti à rêvo.4 age I N dé.8 hg.Gene.qu S Mas- or mes gly Squau 4.able, tales cen ation) 60isie Squ'au apable |- fa im: oprig- £, mener propre lite.5 00 |- natio- ¥ 1 des s AU | te les nares g des g l'on de là le.On wipe: anisel | se de | g tou o 507 nhinel\u201d ç des apie case noleuf stale ration de la dictature du proiétariat, seul moyen d\u2019assurer une véritable libération de la domination impérialiste.| Enfin, il est important de dissiper toute illusion sur la nature soit disant progressiste du \u2018Tiers Monde\u201d.D'après les thèses maoistes sur la division du globe en \u2018trois monde\u201d, le \u2018tiers monde\u201d serait \u201cune grande force révolutionnaire\u201d.Pour notre part, nous voyons mal comment le.shah d\u2019'lran, Mobutu au Zaire et Marcos aux Phitippines méritent de quelque façon que ce soit le titre de \u2018\u201cprogressiste\u201d ou de \u201crévolutionnaire\u201d.Parler des \u2018intérêts des peuples du tiers monde\u201d et parler du \u201ctiers monde\u201d comme d'un bloc indifférencié revient à escamoter les antagonismes de classe qui existent dans ces sociétés.Cela suppose également que toutes les populations du \u201ctiers monde\u201d vont profiter des gains arrachés à l'impérialisme, alors que ces gains restent la propriété exclusive des classes dominantes réactionnaires.Les conflits d'intérêts, d\u2019ailleurs partiels et limités et nullement d\u2019ordre historique, de ces régimes avec l'impérialisme ne doivent pas faire oublier que les conflits de ces cliques dirigeantes avec les masses de leur propre pays sont beaucoup plus intenses et fondamentaux.4) La révolution politique anti-bureaucratique A l'heure actuelle, comme dans les autres secteurs de la révolution mondiale, les conditions mûrissent pour de brusques explosions révolutionnaires dans les Etats ouvriers.bureaucratisés.La Tchécoslovaquie en \u201968, la Pologne en '70, la lutté des minorités nationales en URSS ne sont qu\u2019un avant-goût de ce qui se prépare dans ces pays où le mécontentement des masses face à l\u2019incompétence de la gestion bureaucratique (faillite du 9e plan quinquennal en URSS) et à la chute de leur niveau de vie va tendre à se manifester de plus en plus ouvertement.Ajoutors que la montée de la lutte des classes en Europe OCCidentale va inévitablement avoir des répercussions sur la classe ouvrière de ces pays.Quant à la bureaucra- - tie chinoise, elle traverse crise après crise depuis plus de 15 ans (depuis l'échec du \u201cGrand Bond en Avant\u2019), chacune semblant devenir plus sérieuse que la précédente.La \u2018révolution culturelle\u201d a permis une première vague de mobilisations des masses chi- 161 noises.Les grèves dans la région de Shangai et les mobilisations de ce printemps indiquent que l\u2019ensemble de l\u2019édifice bureaucratique est maintenant ébranlé.La tâche stratégique centrale dans ces Etats est la lutte pour la démocratie prolétarienne.Cela implique lutter pour la création d'organes de pouvoir ouvrier exerçant un véritable contrôle sur les décisions économiques et politiques à tous les niveaux, la légalisation de tous les partis ouvriers et organisations ouvrières reconnaissant la légalité révolutionnaire, la liberté-de presse et de discussion pour toutes les tendances du mouvement ouvrier, l'armement permanent de la classe ouvrière, etc.Cette révolution politique ne pourra se faire que contre la bureaucratie et implique son renversement.!! faut ramener le pouvoir aux Soviets en URSS et à des organes du type de la Commune de Paris en Chine.~~ 5) La stratégie mondiale de !\u2019 impérialisme et la politique contre-révolutionnaire des bureaucraties russes et chinoise A) Les objectifs stratégiques de l\u2019impérialisme américain Pendant les années \u201860, la stratégie mondiale de l'impérialisme américain était axée autour de l'intervention militaire directe dans les régions où l\u2019ordre bourgeois était menacé (St-Dominique, Indochine).Mais suite au déclin de son hégémonie politique et économique sur le monde capitaliste et, surtout, suite à l\u2019échec de son intervention militaire du Vietnam l\u2019impérialisme.américain a réorienté sa stratégie mondiale autour de 2 axes.La création de relais contre révolutionnaires dans diverses régions du monde et l\u2019utilisation de régimes réactionnaires relativement stables et disposants d\u2019importantes capacités d\u2019intervention militéire pour agir comme gendarmes régionaux est son premier objectif.Ces relais sont l\u2019armée brésilienne en Amérique latine, l\u2019Iran dans le golfe persique, Israël (Mais aussi les régimes réactionnaires arabes tels l'Arabie saoudite et la Jordanie) au Proche Orient, l'Afrique du Sud en Afrique.Une politique\u201d de négociation avec les bureaucraties soviétique et chinoise afin de faire jouer à celles- ci un rôle de frein sur les mouvements de masse 162 { wel péri P naiss E ist [ig i deut b RS péri fons eco co Lu i 8100 p Istes P dêfr dun Une oc cole ming MO limp onl Em liste BL [are à DOUV ° class - Main intr neni sy tal: « [gr | Sng May |e effet i ds 1.Doi Ment qu\u2019elles influencent est le deuxième objectif de l'impérialisme américain.En échange, il offre la reconnaissance de fait des zones d'influence de ces Etats, des échanges économiques accrus et la \u2018détente\u2019 politique et militaire.De plus, il cherche à jouer les deux grands Etats armés bureaucratisés (Chine et URSS) l\u2019un contre l\u2019autre.Finalement, à terme, l'impérialisme américain tente de recomposer les conditions qui lui permettront au besoin d\u2019avoir à nouveau recours à l\u2019intervention militaire directe en différents coins du globe.Mais comme l\u2019ont illustrées les difficultés américaines en Angola, ces conditions sont encore loin d\u2019être réalisées.i En ce qui concerne les autres puissances impéria listes, l'impérialisme américain tente de leur faire défrayer une partie plus grande des coûts de la défense du monde capitaliste et aimerait voir se stabiliser une force militaire efficace au Japon et en Europe occidentale.- La politique de l'impérialisme américain est donc celle d\u2019un impérialisme déclinant, mais toujours.dominant et qui tente de stabiliser un rapport de forces mondial globalement en sa faveur.Or jusqu\u2019à date, l\u2019impérialisme n\u2019a pas réussi à freiner la tendance contrairé, c\u2019est-à-dire l\u2019évolution du rapport de forces en faveur des forces anti-impérialistes et anti-capita- listes.~ 07 B) La bureaucratie soviétique et la recherche du statu quo - La bureaucratie-soviétique n\u2019a pu consolider son pouvoir que sur la base de la passivité politique des classes ouvrières nationales en URSS.La nécessité de maintenir cette passivité s\u2019est exprimée sur le plan intérieur par l'instauration d\u2019une répression permanente, par la concentration du_pouvoir politique dans les mains d'une bureaucratie d\u2019Etat et par I'hypercen- tralisation de la gestion économique.Sur le plan extérieur, elle s\u2019est traduite par une politique ultra-con- servatrice dont l'objectif central et constant est le - maintien du statu quo mondial.La crainte qu\u2019un brusque bouleversement de la situation mondiale ait un effet perturbateur sur l\u2019équilibre interne de l'URSS (et sur sa zone- d'influence) et stimule l\u2019activité des prolétariats nationaux est un des principaux fondements de la politique extérieure de l'URSS.La recher- - 163 che systématique d\u2019une entente globale avec l\u2019impérialisme, la politique de \u2018coexistence pacifique\u201d et le refus de la révolution mondiale en découlent.Si elle cherche à maintenir ce statu quo en bloquant ou freinant la montée des luttes révolutionnaires, la bureaucratie doit également s'assurer que l'impérialisme ne gagnera pas de positions.La bureaucratie craint à la fois la révolution prolétarienne et le _ renforcement de l'impérialisme.De cette double crainte, découle une orientation stratégique à 4 volets: a) une politique d'alliance avec les bourgeoisies nationales \u2018\u201cprogressistes\u201d des pays coloniaux et se- mi-coloniaux; b) une politique de négociation directe avec l\u2019 impérialisme; c) dans les pays impérialistes, le rôle des P.C.pro-Moscou est de démontrer clairement à la bourgeoisie que la bureaucratie soviétique et celle des autres partis ont définitivement renoncé à la révolution et à l\u2019amener à une politique d\u2019entente avec l'URSS; d) c'est dans sa propre zone d'influence (démocraties populaires) que la bureaucratie russe se montre la plus agressive.D'une part, elle ne tolère aucune interférence impérialiste.D'autre part, elle écrase impitoyablement tout mouvement d'opposition et plus particulièrement, tout mouvement de la classe ouvrière qui pourrait remettre son pouvoir en question (Allemagne de l'Est en 1953, ,Pologne et Hongrie en 1956, Tchécoslovaquie en 1968).La Chine et la théorie des trois mondes Au cours des dernières années, les dirigeants chinois ont élaboré une nouvelle vision globale de la situation mondiale connue sous le nom de \u2018théorie des trois mondes\u201d.Selon eux, le monde se diviserait en trois: le premier monde (USA et URSS), le deuxième monde (les autres puissances impérialistes et les \u201cdémocraties populaires\u201d) et le \u2018tiers monde\u2019 (dans lequel est rangé la Chine).D'après cette analyse, la caractéristique fondamentale de la situation mondiale serait la rivalité qui opposerait les deux \u2018\u2018superpuissances\u201d du premier monde et l\u2019inévitabilité d\u2019une troisième guerre mondiale.La tâche stratégique centrale serait donc de constituer un front uni mondial des pays du deuxième et du troisième monde contre 164 ou ¢ de ui \"gil ee pe nl fla font st ques imi prie âge Tape nen sen wa rond Ft cr a ie | lar « JH {line ARTE B is di li ET jbur je ral # hi das | Ha l eg un Hy Hig Ay bl) np à + imps 8\" of fg en di.Maires, limp.BaCr3- i of fo e crai- 5: Jeoisies | (6 56.ec lime es PC, à bour | .: - lement en fonction des conflits de classe qui les tra- le des à révO- 6 avec (démo- e mon- aucune écrase et plus se OU véstion gre en geans 0 ge I fhéore sera foun: sof les [dans pue onde supe\u201d (Un p 08 onde contre l\u2019hégomonisme des super-puissances et contre le danger de guerre.Plus récemment, il est apparu d'après les théories maoistes que le \u2018\u201csocial-impérialisme soviétique\u201d était la plus agressive des super-puis- sances et constituait donc le plus grand danger de guerre et donc l'ennemi principal.Ainsi d\u2019après les maoistes, la situation internationale ne doit pas être analysée par le développement de la crise du système capitaliste mondial et par l\u2019affrontement entre forces sociales antagoniques, mais plutôt comme le reflet du conflit entre 2 \u2018\u2019super-puis- saces\u2019\u201d.Ainsi, la période actuelle n\u2019est pas surdéterminée par la montée des forces révolutionnaires, par l\u2019exacerbation des conflits de classe, mais par les alignements entre pays, classés selon leur puissance.Ces pays eux-mêmes ne sont pas analysés principa- versent mais en fonction des liens qu\u2019ils entretiennent avec les \u2018\u2018super-puissances.\u201d Ainsi le front uni mondial contre les \u201csuper puissances\u2019 n\u2019est pas un front uni de classe, mais un front uni de pays (y compris des pays impérialistes).Une telle analyse ne quitte pas seulement le terrain de la théorie marxiste (pour qui l'analyse des rapports de classes est déterminant en tout), elle a aussi des conséquences politiques qui aménént la politique extérieure de la Chine à être au moins aussi contre- révolutionnaire que celle de l'URSS.En concentrant toutes les attaques contre l'URSS, les dirigeants maoistes couvrent les responsabilités de l'impérialisme américain et facilitent objectivement son action.Ainsi Chou-en-Lai s'était prononcé pour le maintien des troupes américaines en Thai- lande, principal relais contre-révolutionnaire de l\u2019impérialisme américain dans le Sud-Est asiatique, afin de faire contrepoids à l\u2019influence soviétique accrue dans la région suite.à la victoire de la révolution vietnamienne! Les orientations de la Chine par rapport a I'Europe occidentale favorisent la consolidation du Marché Commun (une association de puissances impérialistes dont le but est de favoriser -une extraction plus efficace de la plus-value produite par leurs classes ouvrières et celle des pays coloniaux et semi-colo- niaux).Elles encouragent le renforcement de l'OTAN, une alliance militaire impérialiste qui au cours de 165 RRNA RANE RAN ces dernières années est devenu de plus en plus un instrument de guerre civile que la bourgeoisie européenne espère utiliser contre toute révolution prolétarienne sur le continent; appeler au renforcement de l'OTAN c'est objectivement appeler l\u2019écrasement de la révolution prolétarienne en Europe.L'appui donné aux déclarations antisoviétiques des secteurs les plus réactionnaires de la bourgeoisie européenne s'inscrivent dans la même logique.Ces politiciens ne sont pas simplement antisoviétiques, ils sont également antisyndicaux et anti-ouvriers.Lorsqu'ils dénoncent le \u201cpéril rouge\u201d, ils dénoncent tout autant la montée des luttes ouvrières dans leurs pays et mènent une offensive idéologique en vue d\u2019écraser les luttes de leur propre prolétariat.La Chine mène une politique similiaire dans les Etats du Tiers Monde.Ces Etats sont considérés comme \u2018\u2018progressistes\u201d et même comme \u201cune grande force révolutionnaire\u201d indépendamment de leur nature de classe et surtout indépendamment des conflits de classes {souvent très aigus) qui les traversent.L'anticommunisme est même devenu suffisant pour être un critère de progressisme.Ainsi en 1971, la Chine a félicité le général Nemiery du Soudan pour avoir su écraser la menace social-impérialiste dans son pays, Malheureusement, en même temps qu\u2019il écrasait la \u2018menace social-impérialiste\u201d, le \u201cprogressiste\u201d Nemeiry écrasait les syndicats et la classe ouvrière soudanaise.En Angola, la Chine s\u2019est prétendue neutre, mais a concentré toutes ses attaques contre l'URSS pour avoir fomenté la guerre civile, ce qui revenait à attaquer de façon voilé le MPLA et à _absoudre l'impérialisme américain de son activité contre-révolutionnaire dans ce pays.On ne peut tirer qu\u2019une conclusion de cet ensemble de positions et de faits, c'est que la Chine, tout d\u2019ailleurs comme l\u2019URSS, subordonne les intérêts du prolétariat mondial a ses intérêts diplomätiques.Les.petits et moyennes nations socialistes comme Cuba, la Corée démocratique et le Viet-Nam mènent au niveau international une politique nettement plus révolutionnaire.Afin de ne dépendre d'aucune bureaucratie, les communistes vietnamiens ont réclamé le.front unique de l'URSS et de la Chine pour les aider.L'aide de l'URSS effectuée au compte-gouttes, le soutien verbal de la Chine et surtout la volonté des 166 pur lue de ges De ont \u20ac ere des wl : ii oon 5 lotion | | de se un fr Sup front ffs + dedi leurs qu \u201cRE con à Pour \"Com 3 | ; perse ral IN \u2014§ Me dal, don à de nr mong By ( Dal ë } Oui Muni } viers GI le | lily I tir it Cag lg in Bro role.ement ément api cleurs some 15 np ele.$ dé- ant la énent luttes 5 Jes déres gra | I Nae nis sent | pour 971, udan liste mos le se fine 568 jrré \u2026 ê son ef fout 6 0 Les iba.a T& au à le der.or | { { bureaucrates chinois et russes de se servir de la lutte des vietnamiens pour renforcer leurs intérêts de grande puissance ont été démontrée par les voyages de Nixon aussi bien-à Moscou qu'à Pékin.Depuis quelques années les bureaucrates chinois ont dépassé en ardeur contre-révolutionnaire leurs frères ennemis de Moscou.La théorie des trois mondes constitue une rupture d'avec la tactique léniniste par rapport au danger.de guerre.Celle-ci nous conduit à refuser de soutenir une bourgeoisie impérialiste contre une autre et à préparer par le défaitisme révolutionnaire la guerre civile de classes qui entraînera la destruction de la bourgeoisie.Une politique communiste vraiment internationaliste et prolétarienne s\u2019efforcerait de créer non pas un front uni mondial des 2e et 3e mondes contre les \u201csuper-puissances\u2019\u2019, un front qui ne peut être qu\u2019un front de collaboration de classe et de trahisons des \u2018luttes révolutionnaires, mais bel et bien un front uni de classe de tous les Etats ouvriers, quels que soient leurs différences politiques, (y compris la Chine et l'URSS), et de tout le:mouvement ouvrier international contre l'impérialisme mondial.Pour une Internationale _ Communiste-Révolutionnaire de masse Nous n'avons pas grand espoir de voir cette perspective se réaliser tant que les cliques bureaucratiques actuelles resteront à la tête de la Chine et de l'URSS.Mais la nouvelle montée révolutionnaire internationale n\u2019ébranle pas que le capitalisme mondial, mais aussi ses régimes bureaucratiques.Ceux- ci ont clairement démontré qu\u2019ils étaient incapables de mettre en pratique une straégie révolutionnaire mondiale.Pour nous, l'impérialisme reste l'ennemi principal et dans un conflit entre l'impérialisme et les Etats Ouvriers, aussi bureaucratisés soient ils, les communistes révolutionnaires défendront les Etats ouvriers.Mais l'impérialisme ne pourra être finalement renversé que si l'influence des directions bureaucratiques sur le mouvement de masse est détruite.À la stratégie contre-révolutionnaire de l'impérialisme, il est nécessaire d\u2019opposer, non pas les intérêts nationaux quelconque d\u2019un \u201cEtat-guide\u201d de la classe ouvrière, mais bien une stratégie révolution- 167 \u2014\u2014\" \u2018 de la révolution mondiale.La création d\u2019une Internationale révolutionnaire de masse répond à une nécessité.objective: celle de coordonner concrètement les luttes du prolétariat'à l\u2019échelle mondiale et de développer une solidarité internationale concrète avec les points chauds de la révolutiôn mondiale (la solidarité internationale n\u2019a pas peu joué dans la victoire de la révolution vietnamienne).C\u2019est à partir de cette nécessité que la GMR a adhéré à la Quatrième Internationale.Non pas qu\u2019elle soit l\u2019Internationale de masse dont le prolétariat.mondial a besoin aujourd\u2019hui, mais parce qu\u2019elle est la seule organisation sérieusement engagée dans la construction d\u2019une telle Internationale Léon Peillard Groupe Marxiste Révolutionnaire naire internationale basée sur la construction de- partis révolutionnaires de masse dans tous les secteurs- i Xi tre > QU lig } qu an ug wy h% E lou Eu E RC fe E for : hi Rar Sat 6 um 1% EM E des FU \u2018 par lion Hi techniques narratives/Iidéologie rd .~ - N so ~ \u2014 + Réédité dans sa traduction française chez Stock en 1976 \u2014 la première édition date de 1963 \u2014 le roman de Ken Kesey, Vol au dessus d\u2019un nid de coucou 1 (titre paradoxal: bien sûr il désigne l\u2019hôpital psychiatrique, \u2018\u2019coucou\u201d signifiant \u2018\u201ccinglé\u2019\u201d dans la langue popu- Jaire américaine; toutefois, le coucou est le seul oiseau qui ne construit pas son nid mais dépose ses oeufs dans le nid des autres) dénonce l'enfer asilaire tel que le décrira David Cooper dans Psychiatrie et anti- psychiatrie: lieu d\u2019une répression féroce, mais plus efficace parce que plus insidieuse, moderne, déployant toutes les ressources de la science et de la technique; barbituriques, électrochocs, lobotomies remplacent la camisole de force ou l\u2019enfermement, les thérapies de groupe tiennent lieu de séances de délation et renforcent, sous leur allure \u201cdémocratique\u201d, le pouvoir quasi absolu du soignant sur le soigné.Toutefois, si.cette représentation de l'asile et de la lutte contre la \u2018normalisation\u2019 qu\u2019y mène le héros, Randie Mc Murphy, s'impose avec une telle force \u2014 il s'agit d\u2019un des romans américains importants des années soixante, et le critique Leslie Fiediler (The return of the vanishing american, Stein and Day, N.Y.1968) le situe dans la filiation du grand classique de Mark Twain, Huckleberry Finn \u2014 c\u2019est qu'elle emprunte ses figures aux mythes les plus tenaces de l\u2019Amérique libérale.Personnage ambigu que celui de Mac Murphy.Appartenant vaguement a la petite pegre par ses opérations douteuses au jeu, vagabond des routes de l\u2019Ouest, (1) Traduction de One flew over the cuckoo\u2019s nest.4 169 il n\u2019en est pas moins, un peu comme notre Survenant, .auréolé d'une mystérieuse \u201csensibilité\u201d (\u201cComment un type qui possédait cette tête-là pouvait-il peindre des tableaux, écrire à des gens, ou être tout retourné et tout triste comme c'est arrivé le jour où il a reçu une réponse\u201d p.148).C\u2019est d\u2019une part le caïd, le flambeur, triomphant, sir de sa force et de sa virilité, n'obéissant qu\u2019à ses propres lois, mais qui, en même temps, dans sa lutte contre la répression, assume la révolte des plus faibles que lui: héritier direct de tous ces trappeurs du roman américain, de ces Robins dés bois de l'Amérique, qui se font volontiers justice eux-mêmes.A travers la figure du cowboy, qui parcourt le roman en filigrane, (\u201cIl a remonté d'un geste sec son caleçon noir comme s\u2019il portait des culottes de cow-boy, repoussé du doigt sa casquette en arrière comme s'il s'agissait d\u2019un sombrero.Quand il a traversé le hall, les fers de ses talons arrachaient des étincelles à chacun de ses pas.\u201d p.252) ressurgit le plus vieux mythe du libéralisme américain \u2014 qui hante toute la littérature romanesque depuis Fenimore Cooper \u2014 Ia \u201cfrontier\u201d, la Prairie.La \u201cfrontier\u201d, dans la géographie devenue mythique des E.U.(2) ce sont les terres de l\u2019Ouest encore inexplorées, et qui, jusqu'à la fin du XIXè siècle, semblent inépuisables.Mais c\u2019ést aussi l\u2019Eden, les terres vierges où l\u2019Utopie est possible,-la Terre Promise de la liberté.\u201cTant qu\u2019un homme pouvait planter sa bêche dans une terre vierge et la dire sienne, la liberté assurait, théoriquement du moins, le bonheur de tous et l'épanouissement de chacun.Jusqu'à la fin du XIXe siècle, l\u2019Ouest est la soupape de sûreté de la liberté.La revendication n'avait qu'à choisir l'aventure pour s\u2019intégrer à la société.La Prairie légalisait Robin des bois.Le pionnier, le cow-boy fondaient une société où la carrière était une aventure.\u201d (Jean Cabau, La Prairie perdue, Paris, Seuil, 1966, p.44).Au XXè siècle, quand la \u201cfrontier\u2019 est fermée, (2) Le développement du\u2019 capitalisme s'effectue différemment \u2018en Amérique comparativement à l'Europe.Là-bas, les paysans sont forcés de s\u2019exileren ville et de se faire exploiter dans les usines par la bourgeoisie tandis qu\u2019aux U.S.A., au XIXe siècle, les ouvriers les plus dynamiques pouvaient réellement aspirer à ramasser suffisamment de sous dans les usines pour aller vers l\u2019Ouest et s\u2019y établir comme colon/paysan.lls étaient alors remplacés par les nouveaux immigrants provenant de | Europe.Jy n Li Ë Mi Prop AE Sv Tale Cui R CS fe et que le développement du capitalisme exige davantage de législation, de planification, de centralisation, le libéralisme entre en crise et le vieux mythe de la Prairie exprime \u2018la nostalgie d'une vie libre ou le bonheur serait le fruit de l\u2019anarchisme.\u201d (Cabau, op.cit.p.21) ) Le roman de Kesey se donne d'autant plus à lire dans ses rapports avec ce mythe qu'il fait revivre, à travers l'amitié de McMurphy et de l'indien Brom- den une ancienne fable (cf.les oeuvres de Fenimore Cooper) reléguée maintenant dans l'univers des \u2018\u2019comics\u201d\u2019 et des séries télévisées de troisième ordre, celle de l'alliance de l'homme blanc et de l'Indien, cette fois réunis dans un combat contre ce que de nombreux écrivains dénoncent comme le-cauchemar climatisé de \u2018l\u2019american way of life\u201d (voir à ce sujet l\u2019article de Philippe Dommergues, \u2018La désaméri- canisation de l'Amérique\u2019, dans Magazine littéraire no 59, 1972).Ainsi, la fable est renouvelée par son inscription dans 4e courant underground de contestation du \u2018Système\u2019: Mc Murphy s'allie non seulement avec un Indien psychotique, mais avec la folie de l\u2019Indien contre la rationnalité cauchemardesque du \u2018\u2018Système\u201d dont l'hôpital psychiatrique n\u2019est que le bastion le plus solide.(\u2018le service est une usine qui travaille pour le Système.C'est à réparer les erreurs commises dans le quartier, dans les écoles, dans les églises que sert l'hôpital.Lorsque le produit fini s\u2019en retourne à la société, presque en aussi bon état que s\u2019il était neuf, parfois même en meilleur état encore, le coeur de la Chef se réjouit.Quelque chose qui est arrivé complétement détraqué est désormais un élément adapté, un bon point pour toute une équipe, uñe pure merveille.\u201d p.42).Dans la vision de l'Indien Bromden, qui assume la narration, l'agent le plus efficace du \u2018Système\u2019, c'est la Femme Blanche, au teint de porcelaine, au corps opulent sanglé dans un uniforme blanc, l\u2019infirmière, Miss Ratched.(Blancheur, obsession de la propreté: sous ses ordres, les infirmiers et Bromden n\u2019en finissent pas, tout au long du roman, de laver, savonner, polir, balayer.) Figure terrible et caricaturale de la \u201csmothering mother\u201d (jeu de mots intraduisible: \u201csmother\u201d signifie \u2018\u201cétouffer\u201d), de la mère castratrice aux lèvres et aux ongles rouges, dont l\u2019arme la plus redoutable est la lobotomie (\u2018la castra- 171 BORLA tion du lobe frontal.Si elle ne peut rien couper au dessous de la ceinture, au dessus des yeux, elle ne se géne pas\u201d p.173).Leslie Fiedler (The return of the vanishing american) évoque a propos de Miss Ratched, une figure légendaire du XVIIè siècle américain, Hannah Duston, qu\u2019une image d\u2019Epinal nous montre, dressée, menaçante, une hache à la main, pour défendre ses enfants contre les Indiens.Pour Fiedler, la légende de Hannah Duston \u2014 dont la psychanalyse nous livre-mieux le sens aujourd\u2019 hui \u2014 re- presente tout ce qui, dans l'Amérique, s'oppose a la \u201csauvagerie\u201d.Que, dans le roman de Kesey, le \u2018Système\u201d emprunte une figure féminine ne doit pas nous étonner: le mythe de la \u201cfrontier\u201d est sexiste, il se vit contre la femme, malgré ou sans elle, ainsi qu\u2019en témoigne l\u2019histoire de Huckleberry Finn fuyant sa \u201ctantes Sally\u201d pour le domestiquer et le faire travail- tout mâle américain, Mark Twain eut toujours des \u201ctantes Sally\u201d pour le domestiquer et le faire travail- - ler.Les dernières phrases du roman sont un cri du coeur: \u201cJe crois qu\u2019il va falloir que je file au territoire indien avant les autres, car tant Sally veut m'adopter et me transformer en civilisé, et je ne peux supporter ça!\u201d Cabau, op.cit.p.146) Toutefois, Vol au dessus d\u2019un nid de coucou fait revivre la nostalgie de la \u201cfrontier\u201d sur un mode tragique qui montre bien la contradiction entre la réalité sociale des E.U.et les mythes \u2014 voués à la désuétude \u2014 auxquels elle s'alimente encore.Car Mc Murphy est un cow-boy dégradé, qui affronte, dans l'univers net et chromé de l'hôpital psychiatrique, une infirmière munie de barbituriques, de seringues hypodermiques et de scalpels.A l\u2019ordre despotique de Miss Ratched il oppose, non l'épopée de la brousse, mais la partie de poker, la partie de-pêche, les beuveries avec des prostituées.Confiant dans la réussite individuelle, dans le mythe de la libre entreprise qui ne correspond plus à la réalité du capitalisme monopolistique, Mac Murphy sera finalement broyé.L'originalité du roman de Kesey est de montrer qu 'incarné dans un Blanc, le mythe de la Prairie dégénère.Pour la première fois dans l\u2019histoire du roman américain, c\u2019est l\u2019Indien qui survit à son coms pagnon bianc et se fait le véritable porteur du mythe, qui se charge alors de connotations encore plus régressives.\u2018J\u2019aimerais rôder autour de Portland, de 172 | EN _\u2014 i Hood River, des Dalles, histoire de savoir s\u2019il reste encore des gens de mon village qui ne soient pas totalement abrutis par la boisson.(.) J'ai entendu dire que certains ont recommencé à édifier leurs vieux échafaudages branlants sur le barrage et qu'ils chassent le saumon dans le passé-déversoir.\u201d (p.288) Vol au dessus d\u2019un nid de coucou ne pouvait que s\u2019écrire sur la côte du Pacifique où surgissait, dans les années soixante, un nouveau mythe de l\u2019Ouest, incarné par de nouveaux \u201cIndiens\u201d: \u2018L\u2019Européen émigré dans l\u2019Ouest des E.U.devient, à côté de son associé Peau-Rouge, homme des bois, trappeur, chasseur, pionnier, et enfin cow-boy.La filiation se continue dans le beatnick, le hippie, autres \u2018sauvages\u2019 en jeans et bottes de cuir à la recherche dela Prairie de Haight- Ashbury.Le hippie, ce dernier homme de la Prairie; renonce même à son statut d'homme blanc.Les mocassins remplacent les bottes, un bandeau indien retient ses cheveux et un collier de grains orne sa poitrine.Ce n\u2019est pas seulement à l'Europe qu'il veut tourner le dos, mais également au Far West, que les Européens ont civilisé, pour retrouver l'Amérique aborigéne et archaique.\u201d (Leslie Fiedler, op.cit., traduction libre d\u2019A.M.) A\u2019 travers la représentation de l'hôpital psychiatrique et du pouvoir despotique qu\u2019y exerce Miss Ratched, le roman de Ken Kesey nous livre un tableau saisissant de la répression institutionnelle qui accompagne la consolidation du capitalisme et le durcissement de son pouvoir.Toutefois cette protestation, ancrée dans le courant contre-culturel, ce dernier avatar du libéralisme, ne pouvait déboucher sur une remise en question radicale des fondements de la société américaine.(cf.Chroniques, no 18-19) \u201cCeux qui ont la nostalgie du passé, qu\u2019ils retournent au passé-{.) Parce qu\u2019il faut des hommes qui s\u2019intéressent à aujourd\u2019hui pour habiter la terre d'aujourd'hui.\u201d (Lou Sin) Jocelyne Lefebvre 173 A \u20ac sans espoir, avec conviction IE C'est l'été C\u2019est l\u2019été.-Mais il faut être vigilant.La flicail- le est partout.La Gendarmerie royale, la Sûreté du Québec et la palice de la Communauté urbaine de - Montréal procèdent a la plus vaste campagne de dépistage et de fichage des militants et.des contestatai- \u2018res que le Québec ait connue.Pourtant peu de protestations s'élèvent, comme si nous nous étions habitués à l\u2019omniprésence de la police dans nds vies quotidiennes.Aucun mouvement de masse ne répond à ce harcèlement systématique des policiers.Chacun \u201cet chaque organisation semblent mettre sur pied ses propres règles de sécurité en vue de se protéger face aux visées répressives \u2018de l'Etat.Mais peut-être que la meilleure défensive serait la contre-attaque?Mais peut-être que seul un front uni des diverses organisations progressistes (syndicales, politiques, culturelles,.:) pourrait réellement s'opposer à la fascisation du régime?7 les Jeux Que I'lle de Montréal soit grillagée par l\u2019armée comme si c'était un champ de bataille est justifiée par le souci d'accorder .pleine sécurité aux participants aux Jeux olympiques.Que les robineux soient mis à l'ombre et ne puissent eux aussi jouir de notre trop courte saison estivale est accepté: notre fierté nationale exige que nous transmettions une image de propreté aux milliers de touristes de la planète- terre qui viendront nous visiter.Que nos enfants perdent un mois d'enseignement et que les écoles de la CECM soient transformées en casernes où parents et professeurs sont des intrus qui doivent s\u2019identifier et qui ne peuvent circuler qu'accompagnés d\u2019un habit ~ 174 4 ; kak eS que li lon fo E pré que Xi ail Bd à de 6.afai- pro abi Ue da oun ses étre pe) dl, Cl 6 je ont 0 re ji kaki est accepté au nom de l\u2019ordre et de la paix.Que les Jeux nous coûtent plus d\u2019un milliard de dollars que nous paierons en taxe municipale et en fumée (l'assisté social étant ainsi autant taxé que le millionnaire) est encaissé: nous avons l\u2019honneur d\u2019être l'hôte des Jeux et nous acquérons des installations sportives parmi les plus belles au monde que nous pouvons visiter avant les Jeux (les Montréalais s\u2019y précipitent d\u2019ailleurs, lorsqu'\u2019invités, par milliers), que nous pourrons admirer à la télé durant les Jeux et que nous pourrons fréquenter après les Jeux.Du- A À ES SRA 2% > RRA AS ES / SC G50 CC, CSS Ps A 4 4 4 175 il \\ 1 \\ 10 Ri: M Hi: HI Ms: Un He rant ce temps, la plupart des gymnases de la région métropolitaine sont mis au service des athlètes .qui participeront aux Olympiques: même le pavillon La- tourelle de l'UQAM (l\u2019ancienne Palestre Nationale) est maintenant fermé à ceux qui, comme moi, en étaient des habitués.Les Jeux sont un grand spectacle, et il faut vraiment être fasciné par les spectacles pour tout accepter: l'identification et:le fichage de chaque militant syndical et politique; l\u2019incarcération des robineux; l'occupation de nos écoles et de nos gymnases; l\u2019occupation de \u201cnotre\u201d ville.Le possessif \u201cnotre\u201d indique ici une aspiration.Car Montréal appartient aux bourgeois qui la façonnent selon leurs intérêts même si c'est nous qui payons le spectacle.Les entrepreneurs de construction, eux, font des millions de profits.Et les hôteliers et les- restaurateurs (ceux qui profitent du tourisme) se pourlèchent les babines en songeant à l'été lucratif qui se présente.L'indice des prix à la consommation va sans doute faire un bond en avant durant cet été à Montréal.Mais peu importe: nous sommes habitués à l\u2019inflation.Montréal sera envahi cet été.Mais, si nous ne pouvons fuir a la campagne cet envahissement, nous savons que l'été est court et que cet hiver nous regretterons même cette période estivale.C\u2019est pourquoi l\u2019habitude sociale est le ciment qu'il faut désa- .gréger si on veut révolutionner la société capitaliste dans laquelte nous baignons.Les pilotes de l\u2019air et les contrôleurs aériens canadiens profitent de la proximité des Jeux pour déclencher une grève contre la politique du bilinguisme du Gouvernement Trudeau.Le Ministre tang(ue) se met a genoux et léche le derriére de ces porte- paroles du national-chauvinisme canadien.Marchand qui, en 1965 \u2014 la revue Parti Pris avait alors deux ans \u2014 se rend a Ottawa pour promouvoir le bilinguisme quitte le Conseil des Ministres, après avoir vu son image publique ternie durant la dernière année.Tous ceux qui se réclament du fédéralisme avant toute autre doctrine et qui avaient adhéré au projet des \u201c3 colombes\u201d à Ottawa vacillent et se sentent bafoués, sinon trahis, Durant ce temps, Pelletier,-pénard, vaque à ses nouvelles fonctions et réalise ainsi le rêve de sa jeu- 176 .Ea nesse: être ambassadeur à Paris et vivre dans la Culture, tout en regardant de loin et avec condescendance ces pauvres Québécois encore enfargés dans leu problème de langue.Trudeau, après .avoir perdu Turner (qui, tapi dans l\u2019ombre, attend son heure), voit le départ de son garant de gauche québécois, Jean Marchand.De plus en plus isolé, le vieux Trudeau, utilisant au mieux le répit qu'il lui reste avant de perdre son poste de P.M., A 177 bi: hi 20 A jt.hy: Ri N i Tu ve 5 v 1 oH i 0 I cherche à réaliser son grand objectif: rapatrier la Constitution canadienne (et, avant de partir, nommer Jean Pellerin au Sénat).Trudeau est ainsi un digne représentant de l\u201d\u201célite\u201d de la nation québécoise dont l\u2019éthique est la suivante: partager vaguement des idées de gauche, penser concrètement à ses propres intérêts et en faire profiter ses amis, en se mettant, consciemment ou non, au service de l\u2019ennemi principal des peuples canadien et québécois: les grands monopoles canadiens et l'impérialisme américain.Pendant qu'il laisse bafouer par des national- chauvins canadiens sa politique de bilinguisme, le Gouvernement Trudeau s'oppose à ce que les succursales de l'Etat canadien se soumettent à la loi 22 (politique de Bourassa qui s'inspire de l\u2019essentiel de la politique linguistique du Parti québécois).Et, dans la région métropolitaine, les Canadiens d\u2019origine italienne contestent devant les Tribunaux les tests linguistiques du Gouvernement québécois.Bourassa, démagogue, parle de moins en moins du fédéralisme rentable économiquement et insiste de plus en plus sur la souveraineté culturelle, espérant par là se démarquer suffisamment du moribond politique qu\u2019est Trudeau et renforcir le point faible de sa carapace électorale face aux attaques du P.Q.Nous parlons donc toujours de l\u201d\u201célite\u201d de la nation québécoise.Car, qu\u2019elle soit fédéraliste ou nationaliste, souverainiste ou indépendantiste, quefles que soient ses positions divergentes sur les problèmes constitutionnels et linguistiques, elle ne remet jamais en question ceux qui dominent l\u2019économie canadienne et québécoise, ceux qui dirigent l'Etat canadien (et ses succursales provinciales).les grands monopoles canadiens et américains.C\u2019est pourquoi il faut \u2014 quoiqu\u2019en déclame Miron \u2014 changer de terrain: il faut tout interpréter et ré-interpréter en fonction, premièrement, de la lutte des classes.Sur le front syndical > Le Front commun gagne le $165.00 minimum et obtient un succès important sur les semaines de vacances (victoires qui se répercuteront sur le secteur privé et dont la classe ouvrière profitera), mais plusieurs militants de la FAS reprocheront aux diri- 178 OS : EM Hl ÿ ua Eq Æ me Mie | ge le ÿ lion ont se don ! cha p dis ; den pu Que hi; pré © tan or pS! dic Ou Qué } Une geants : syndicaux les compromis effectués sur le congé-maternité et la mobilité, et surtout, le fait que leurs dirigeants ne les aient pas consultés \u2014 erreur politique et syndicale grave \u2014 sur l\u2019entente intervenue avant d\u2019ordonner le retour au travail.Les infir-~ mieres de la CSN, elles, décident de poursuivre la grève et de défier les injonctions en vue de briser le \u201cpattern\u201d accepté sur la mobilité par les fédérations \u201cindépendantes\u201d d'infirmières.Les enseignants de CEGEP, sous la houlette surtout de la FNEQ, ont signé une entente qui leur accorde des gains importants sur la tâche et la sécurité d\u2019emploi.Les enseignants de l'élémentaire et du secondaire (CEQ) reporteront sans doute à l\u2019automne l'issue du c conflit.La dernière bataille du front commun se tërmine donc en ordre dispersé.(Nous y reviendrons).Coïncidence amusante: la même semaine, Marchand quitte son poste au Conseil dés Ministres tandis que son successeur à la CSN, - Marcel Pepin, démissionne de la présidence.Considérons ces deux règnes et comparons-les: la CSN \u2014 à la fois influencée par le développement de la lutte de classes au Québec et, surtout, acteur important de ce développement \u2014 s\u2019est considérablement transformée: elle est passée d\u2019une conception libérale de l\u2019Etat à une conception sociale-démocrate de gauche: La CSN s'est aussi affaiblie, numériquement et socialement, de par l\u2019'hémorragie de cols bleus que lui a fait subir la CSD.Et si la fusion CEQ/CSN s\u2019accomplit, cette nouvelle centrale sera vraiment la représentante de la classe laborieuse (autre qu\u2019ouvrie- re) et de la nouvelle petite-bourgeoisie, la FTQ restant la représentante presqu\u2019exclusive de la classe ouvriére.Et si on regarde en arriére, 6 ironie de la dernière décennie syndicale, ce sont davantage la classe laborieuse (autre qu\u2019ouvrière) et la nouvelle petite- bourgeoisie qui ont été à l\u2019avant-garde des luttes syndicales et des débats politiques tandis que la classe ouvrière, encarcanée surtout dans les succursales québécoises de syndicats américains, semblait plutôt une immense force sommeillante.- Mais c'est l\u2019été\u2026 Jean-Marc Piotte - 1-4 juillet 179\u2014 Ni 8 jf He 8 i: g ! \\ Le boucher et le dément Le critique de cinéma, soumis aux lois de la dis- tribution-diffusion, balance entre l'incertitude et l\u2019incohérence: il y répond en complice malheureux.Malgré lui, il cautionne la politique des marchands de soupe et valorise le produit plus que la production.S'entretenant de l\u2019ancien, il appelle le nouveau, il n\u2019a souvent, trop souvent, à faire qu\u2019à du vieux et du neuf.Légèrement au-dessus de la ligne de flottaison de l\u2019écoeurement parce qu\u2019acharné, il bute, en relisant ses propres phrases, sur l'écho de son attristement.Lutteur, jouisseur, il se retrouve un peu du côté du silence, plus perdant qu'il ne le croie de ce qu\u2019il découvre.Ainsi \u2014 comme la saison estivale tend outrageusement à s\u2019'allonger l\u2019année durant \u2014 il se rabat sur quelques films mineurs, moyennement intéressants, impatient (malgré tout: espoir et conviction) de sursauter, de s'émouvoir, d\u2019être étonné, d\u2019être surpris d'un bonheur possible un de ces jours.Alors?Alors il attend encore 1900 de Bertolucci, India Song de Duras, Numéro deux de Godard, Moses und Aaron de Straub/Huillet.L'Allemagne intime Dans l'Allemagne sociale-démocrate règnent la répression et le maccarthysme grâce, depuis deux ans, à des lois dites antiterroristes permettant contrôle, arrestations, perquisitions.et détentions arbitraires.Tout marxiste ou même un sympathisant d\u2019un ami marxiste, assurément tout membre d\u2019un mouvement de gauche, se voit par le Berufsverbot interdire ; l'accès à la fonction publique.Les délits d\u2019opinion { Lo 2 180 sont poursuivis, la délation se développe et la terreur policière s'accroît.Et Helmut Schmidt promet à Hen- - ry Kessinger de faire de la R.F.A.un pays libre, défenseur des droits eurodémocratiques, surtout qu'à côté, la France et l'Italie n'est-ce pas?vont vers le communisme: en quelque sorte faire de l'Allemagne une nouvelle Espagne.industrialisée.De ce monde dominamment répressif, quelques cinéastes, c\u2019est un exemple, tentent de s\u2019y opposer en en dévoilant le masque terrible.Tres directement: Volker Schloen- dorff et Margarete Von Trotta avec L\u2019honneur perdu de Katharina Blum(1) et Rainer Werner Fassbinder avec Mama Kuster s\u2019en va au ciel(2).Inutile de signaler que les.auteurs ont été systématiquement, brutalement persécutés par la police à la sortie des films.Fox et ses amis est aussi un portrait de cette Allemagne, repue et déséquilibrée, portrait moins spectaculaire que d\u2019autres, plus quotidien, plus, dirions- nous, intime.Le film de Fassbinder a eu du succès (à la rédaction de cet article, il était a sa 8e semaine d\u2019exclusivité) qui a reposé sur un malentendu: Fox et ses amis est moins un film sur l'homosexualité que sur la différence.Les adeptes du cinéma de la marginalité, en autres, on les comprend bien parce que les premiers concernés, les homosexuels, ont été déçus: l'oeil phallique n\u2019était point convié au spectacle.D'ailleurs, de spectacle, point du tout: rien de récréatif ni de pornographique (trois sexes mous entrevus, deux chastes baisers);- mais sur le mode du mélodrame, (ou, plutôt, par la perversion du mélodrame) la démonstration d\u2019un théorème.Préside à la démonstration la froideur d\u2019un développement ternaire: introduction, noeud, conclusion.Un déroulement lisse, sans accrocs ni aspérités, supporté par une sorte de degré zéro de la mise-en-sce- ne, apparaille le récit à la traditionalité, mais dont la familiarité et la linéarité s\u2019en trouvent comme crispées, amenées au ralenti, légèrement visqueuses.1 Voir l'entretien avec Schloendorff et la critique du film dans Chroniques numéro 16, février 1976.2 Vu au Festival cinématographique international de Paris en novembre 75; pas encore présenté à Montréal.Ce film montre comment une vieille femme, qui a perdu son mari, vient à faire partie d\u2019un groupe d\u2019anarchistes.Et il est trés explicite.181 L'homosexualité \u2014 mise en scène avec une franchise et une justesse de ton rares \u2014 une oeuvre forte et terribie.- L'EXPRESS 6 Pourquoi alors l'homosexualité?Parce que Fassbinder se déclare, avec franchise et sérénité.directement con- cérné par le problème.LE NOUVEL OBSERVATEUR Un amour d'homosexuels mais un-amour tomme les autres.TELERAMA R la passion (h ou non) a été décortiquée avec autant de férocité critique.\u201cLes films de Fassbinder sont d'une extraordinaire @8 vitalité et il est à souhaiter qu'ils soient rapidement #8 vus par une multitude de spectateurs.\u201d NEW YORK TIMES \u201cL'acte sexuel est un acte politique\u201d AFTER DARK \u201cDans Fox les relations homosexuelles ne sont que l'expression la plus ouverte et la plus brutale de la lutte des classes.\u201d THE REAL PAPER A défaut de répétitions, le film se devait être lent, obsédant pour atteindre quelque vertu pédagogique.Le \u201csujet\u201d, inhabituel, scandaleux, devait être supporté par une parfaite lisibilité, presque mécanique ici.Deux homosexuels s'affrontent comme bourgeois et prolétaire; deux comparses fortement étiquetés pour mieux éclairer la scène sur laquelle se joue - le drame ou, si vous voulez, la lutte: la scène sociale \u201cnormale\u201d, raciste, lâche, où la bourgeoisie est cruelle et veule, où, pour encore un certain temps, le prolétaire est perdant.Fox et ses amis soumettra le spectateur à une double exposition.UN: comment le bourgeois vole le prolétaire (ici, littéralement: gagnant à la loterie un demi-million de marks, Fox les perd par amour et méconnaissance; le bel Eugen l\u2019exploitera et comme amant et comme ouvrier pour renflouer l\u2019entreprise paternelle).L\u2019escroquerie, le mépris, le cynisme_ d'une classe, Fox les apprendra, les subira jusqu\u2019au suicide.- DEUX: par des stéréotypes, \u201csaisir\u201d le spectateur dans son refoulement et ses obsessions, révéler par le tranchant ses préjugés et son racisme, montrer un certain ordre du monde, du système.Deux séries de stéréotypes s\u2019entrecroiseront.Premiere- ment: d\u2019une sexualité différente: le typage de l\u2019homosexuel, ce qui est remarqué, insolite (voix; marcher, gestes effiminés, etc.), \u2014complètement effacé chez Fox.Deuxièmement, de classe: Fox, prolétaire, 182 oe da ; ga § [i ¥ pu go & ai nantes pr.pue (il est dit qu\u2019il sent la pisse et l\u2019huile), manque d'élégance, ne connaît pas la musique classique ni la grande cuisine.Ces stéréotypes (sexualité différente, l\u2019écart) croisant les autres (prolétaire/bourgeois;, le plus faible/le plus fort) pervertiront la représentation: exemple: Eugen, l\u2019élégant, le sophistiqué, se révèle un salaud: ce qui était dit naturel, désirable d\u2019une classe se trouve troué, démoli.Ainsi la démonstration devient-elle critique: plus de fétichisation ni de mythification, ni de mystification.Au moyen de l'écart, la vérité surgit.Par un effet d\u2019étrangeté, apparait le gestus social, qui est \u201cI'expression par les gestes et les jeux de physionomie des rapports sociaux existant entre les hommes d\u2019une époque donnée\u201d (B.Brecht).Le politique se mesure alors a la dénonciation entétée de I'exploitation de Fox: un événement s\u2019ajoute à un autre jusqu\u2019à sa saturation, sans effets de suspense.Et sous cette accentuation et cette dédramati- sation, qui ne va pas sans une certaine opulence dans les détails stylistiques (l\u2019architecture- verticale faite de baies vitrées, d\u2019escaliers en tire-bouchon, de couloirs, sert de butée: les grilles de l'isolement, les arêtes de la division), se lit une haine: peut-être plus une haine de l\u2019Allemagne qu\u2019une haine de classe, mais qui a la froideur intelligente du scalpel.Fox et ses amis de Rainer Werner Fassbinder est une boucherie.Plusieurs spectateurs quittaient la salle avant la fin de la projection.» Lo fable regressive Contrairement au film de Fassbinder, celui de Faraldo nie la lutte des classes.Si une boucherie s\u2019étale (plutôt complaisamment), assaille le spectateur, le déride quelque peu, c\u2019est en réduisant son enjeu politique; en fait, la charge, la provocation de Them- roc l\u2019effacent.Comme l\u2019a écrit Louis Séguin(3), le côté intolérable du film suit la loi régressive du rêve: compensatoire.Themroc est une fable qui met de l'avant, non la lutte, mais la révolte et son corrélaire, le spontanéis- 3 Dans \u201cLa pratique de l'utopie\u201d, article paru dans La Quin- _ zaine littéraire, 1er au 15 avril 1973, reproduit dans son livre: Une critique dispersée, U.G.E.(10/18), pp.109-112.183 / F, me.N\u2019'était son absence de pacifisme, il seraitun pro- À pa ä duit-type de la contre-culture.Une malheureuse (!) ol 1 violence y souléve quelque point dominant: le refus \u2014 L a de l'autorité, de la hiérarchie, du travail répétitif et ©\u201c a abrutissant, de l'ennui quotidien, de la famille, du Père.| 4 Par un de ces matins-déprimants, I'ouvrier Them- #@a # roc décide de tout faire sauter; ne parlant plus- que @ ne & par borborygmes et par cris (on voudrait nous y faire nat Er dire le refoulement originaire), il rentre chez lui à toute % pour démolir le mur de sa chambre (la métonymie pro i de la caverne, du préhistorique), couche avec sa ses ¢ ; soeur, pratique la polygamie, mange un flic (l'inces- dit i te et le cannibalisme confineraient a la barbarie).Ju ig En un mot, Themroc transgresse toutes les valeurs : leme de la société.Ce rejet complet est contagieux et se veus propage aux voisins.| Or ce mouvement de bascule place justement tout et de un chacun dans l'isolement te désir, qui n\u2019est plus (on; soumis à là Loi du Père, ici, s'extraterriotalise: sans 60s espace ni lieu; il n\u2019y a plus de bourgeois, plus de pro- alah letaires.Par méfiance du langage du matérialisme (la science), Faraldo se méprend.L'utilisation de l\u2019antithèse évacue toute référence sociale, économique et idéologique, et dicte son nihilisme.Le réalisateur rejoint l\u2019idéalisme.A toute visée révolutionnaire de changement, Themroc vise l\u2019artifice du -concept de désir parce qu\u2019il retourne ce concept sur lui-même dans un mouvement mécaniste(4).Comme dans beaucoup de fHms de jeunes cinéastes, on y tente de dire du nouveau (en particulier une insatisfaction et une contestation de ce monde dominant) et de montrer, alors, une nouvelle image de la petite-bourgeoisie (qui se dit progressiste).La fiction permet à Faraldo de naturaliser, de légaliser - ses mouvements d'humeur; il les mythifie.Ses valeurs peuvent toujours être échangées, retournées, pouvu qu'elles demeurent enfermées dans la fiction: qu'elles- soient crédibilisées que dans et par la re- -.présentation.Une révolte surgit, mais uniquement d'une façon romanesque et pour que son efficacité soit purement formelle.Rien n\u2019est actualisé: on peut miner une lutte, mais on ne doit pas désigner ses 4 C'est sur la forme théorique du désir, tel qu\u2019élaborée dans L\u2019Anti-Oedipe, exploitée cinématographiquement,- que s'attaque Pascal Kané dans Les cahiers du cinéma, numéro 247, pp.36-39 184 TRES HI HRI HOT RT HTT HS TT ST SR UR ST I ITT SL ns | gti: ul, I io mn on ie ghee participants (prolétaire/bourgeois).L'histoire et la politique sont mis entre parentheses.Themroc, dans son mouvement d'autosatisfaction, innocente ses personnages.Le Themroc se complait dans la mythologie du contraire au lieu d\u2019en appeler de la pratique du changement.Il est à la fois anarcho-spontanéiste et para- nodiaque.Sa gratuité est calculatrice: ainsi, loin de toute dialectique, il déroule et profite des lois de son propre développement filmique.Par ses contresens et ses excès, le discours s\u2019aliène dans la logique de son délire, de sa fiction.Sa frénésie le brûle, sa démence est une fuite en avant, sa violence est un éparpillement de ses forces, sa provocation poursuit l'aveuglement du libéralisme avancé.NE Ce film relève (encore une fois!) de la méprise et de l'illusion.Son utopie, chantée, est normative (on pourrait dire aussi: formaliste).La petite-bour- geoisie, tiraillée entre deux classes, tente d\u2019échapper - à la bataille, à la lutte._ André Roy \u2014 185 186 informations Contribution à une conception matérialiste du sujet L'auteur examine sur les positions du matérialisme dialectique et historique les découvertes d\u2019anthropologues américains, russes, français et allemands, les observations de Piaget dans le domaine de la psychologie infantile et les théories de Freud sur la sexualité pour confirmer et compléter avec nuances et détails ce que Marx et Engels disaient à propos du développement nécessairement conjoint de la conscience, du langage, de la société et du travail (transformation au moyen d\u2019outils conçus préalablement à leur fabrication).Dans une première partie, l\u2019auteur explique comment le geste de l\u2019indication (pointer du doigt un objet ou une personne perçus comme extérieurs à soi) que nécessitait et qui permettait un embryon de division ?de rôles lors de la chasse fit passer l\u2019anthropoide à état de préhominien.Le geste de l'indication exprime le rapport d\u2019extériorité (sujet-objet) et fonde une conscience encore sporadique.Comment se concevoir comme distinct du monde extérieur?À partir de l'image rémanente (qui reste, mais s\u2019efface graduellement) du groupe absent.Le groupe dans lequel l\u2019anthropoide se fonde devient peu à peu le miroir qui donne à l\u2019individu préhominien, de plus en plus conscient, l\u2019image de soi nécessaire à la perception du monde comme extérieur à soi.La composante matérielle de la conscience se situe donc à deux niveaux: 1.les vestiges (bio-électriques musculaires) du geste de l'indication qui accompagnent encore aujourd'hui chez le sujet toute parole et toute pensée; 2.la structure sociale du groupe (tributaire et cause de types d'activités économiques précises) dont l\u2019image rémanente stylisée permet 1 I ae el \u2014\u2014 EE CES la conception de soi.Dans la deuxieme partie, qui s\u2019intitule \u201cle langage syncrétique\u201d, l\u2019auteur trace le développement de l'espèce humaine depuis le stade anthropoide à celui d'homo faber en passant par les phases préhominiennes.II montre la corrélation étroite qui existe entre les différentes étapes de la fabrication d\u2019 outils, de I organisation de la chasse et de l\u2019évolution du langage et de la conscience.Selon l\u2019auteur, deux bonds qualitatifs, fruits d\u2019évolutions très longues, auraient marqué le passage de l\u2019anthropoide à l\u2019état d'homme.1.À la première phase préhominienne, le geste de l'indication, rapport d\u2019extériorité, embryon de la conscience, correspond à la préparation par concassage de l'instrument au moment même où le besoin de son utilisation se fait sentir.2.Au stade d\u2019homo faber, la fabrication d'outils au moyen d'autres outils s'accomplit avant la chasse, puisque la représentation de l\u2019objet absent (concept) et la représentation de soi ont été rendues possibles par la fixation dans l\u2019organisme nerveux .du signe de l'indication et de l\u2019image rémanente du groupe.Le signe linguistique naît donc avec l\u2019apparition du travail de » ¥ y \\ \\ production et suppose la faculté de concevoir ce .qui est absent, un pouvoir de représentation qui permet et que nécessite une division des tâches lors de la chasse.L'évolution du langage et de la conscience va de pair avec celies de l\u2019organisation sociale et de la production économique.La phylogénèse (développement de l\u2019espèce) se répète, selon l\u2019auteur, dans l\u2019ontogénèse (développement de l\u2019individu).L'enfant parcourt dans les deux premières années de sa vie l\u2019évolution millénaire de l'ancêtre préhominien.Celui-cia _ dû attendre le développement de son cerveau et c\u2019est dans cette évolution 187 biologique très lente que l\u2019auteur recherche les origines de la crise oedipienne.La troisième partie de ce livre s\u2019intitule \u2018Marxisme et psychanalyse, les origines de la crise oedipienne\u201d.Les anthropologues dont Séménov, Boriskovski, Némilov, Vallois fournissent les données précises qui permettent à l\u2019auteur de soutenir la thèse selon laquelle l\u2019augmentation du volume du cerveau n\u2019a pas été accompagnée d\u2019un agrandissement équivalent du bassin de la femelle.Pendant des milliers d'années, celle-ci meurt nombreuse en couches.Cette tragédie biologique aurait nécessité une forme particulière de la famille ( appareillée qui réservait ses filles nubiles aux pères et privait la jeune génération masculine de tout rapport sexuel jusqu\u2019à la trentaine, âge auquel les hommes entraient dans le clan des pères.Les fils devenaient les rivaux sexuels des pères car les jeunes épouses de ces derniers constituaient l\u2019objet de leurs désirs frustrés.Cette situation aurait persisté jusqu\u2019à ce que l'équilibre entre hommes et femmes ait été rétabli selon les principes de sélection biologique naturelle (survivance des fem- 188 mes aux bassins plus grands et à la tendance à donner Ji naissance prématurément i - parrapport a I'espéece i animale - a leurs enfants).thi Elle aurait pu, selon 'au- | teur, laisser ses traces - } | dans le cerveau humain.fat Malgré le caractère ar étonnant de certaines de ses cri conclusions, ces recherchesF hrë denses, bien documentées ja et articulées selon un À mi0 raisonnement dialectique {esx nuancé, (qui défie d\u2019ailleurs toute tentative de résumé) me semble fournir une contribution importante à une théorie matérialiste du sujet.AM.AY Angola pte ln ins dol | fitg femp sand noise À perc criti enter _ _ voue 28 Ina ~ Angola, 1 lrg China,and ~ 1 |= \u201cSouthern Africa an Bar deo mse Fig acon Sur l\u2019Angola (et la ques politique internationale de e la Chine) on peut lire un les intéressant débat dans Quête Monthly Review, vol.28, en, no 1 (May 1976): 1-17 tel J.-M.Pini drole in.ère des erch ntées Que leurs mg) 0 fed ie AN Burchett et la politique extérieure - Louis Le Borgne m'a fait connaître l\u2019excellent article de Wilfred Bur- chett, \u2018La Chine face à la révolution africaine\u201d, paru dans Afrique-Asie, no 107, 19 avril 1976.On ne saurait mettre en dou- tel\u2019 intégrité de Burchett ainsi que sa connaissance de l\u2019Angola.De plus, le fait qu\u2019il soit depuis long- .temps un ami et un partisan de la révolution chinoise rend encore plus percutante son analyse critique de la politique extérieure chinoise.J.-M.P.Pamphlétaires et étudiants On lira dans le dernier numéro de Voix et images (avril 1976) un intéressant article de Bernard Andrés: \u201cEssai de typologie du discours pamphiétaire québécois\u201d.Enseignant à l'U.Q.A.M.il a commencé avec quelques étudiant (e)s à établir une bibliographie critique des écrits pamphliétaires québécois entre 1945 et 1971: identifier la source de l\u2019écrit et sa diffusion, son idéologie (extrême- droite, centre-droit, cen- tre-gauche, extrême- gauche), ses procédés stylistiques.Andrès définit le pamphlet comme une - \u201cécriture outrée décriant pour la changer une situation révoltante pour l'auteur\u2019; une telle définition qui se veut large ne va-t- - elle pas faire déborder cette recherche (et c'est tant mieux: la théorie des genres littéraires commence à montrer son structuralisme tautologique) vers la littérature polémique (des poèmes comme ceux du Ciel fermé de Claude Fournier, de \u2018La Vie agonique\u201d et des \u201cNotes sur le non- poème et le poème\u201d de Gaston Miron, de L\u2019Afficheur hurle de Paul Cham- berland correspondent à sa définition du pam- phiet!).Dans le même numéro Claude Filteau (Université de Sherbrooke) fait une lecture psychanalytique de l\u2019Hiver de fôrce de Réjean Ducharme à la fin de laquelle il affirme: \u201cLe narrateur de l\u2019Hiver de force déjoue d'avance toute interprétation possible de son récit, qu\u2019elle soit psychanalytique ou marxiste, car il s'agit de faire pièce au discours des intellectuels de gauche \u201cen le reproduisant déjà par bribes dans le texte.\u201d Ne pourrait-on dire que \u201cle discours universitai- 189 ~ re\u201d d'avant-garde prend plaisir à être déjoué conformément à un certain jeu philosophique mis en suspens(e) dans la langue mais hors de l\u2019histoire par Jacques Derrida de son introduction à L\u2019Origine de la géométrie de Husserl en 1962 à Glas en 1974?- A propos des universitaires Gérard Bessette constate: \u2018\u201cOn nous force à devenir des machines à paroles (superflues), des spécialistes du délayage\u2026 \u201d (ceci dans une entrevue- menée par Jean Fisette).Dans la même entrevue Bessette reprend le refrain \u2018les étudiants ne lisent plus\u201d; constatation qui laisse entendre que les étudiants ont déjà lu: ils ont alors bien mal lu car notre production littéraire commence à peine à fournir quelques oeuvres fortes, et que les enseignants.lisent: pour leur part les étudiantes et les étudiants ont souvent l'impression que les enseignants lisent toujours le même livre: d\u2019où le délayage, les paroles superflues, etc.Ph.H Les contes québécois On lira avec intérêt dans Conte parlé, conte écrit, numéro de la revue Etudes françaises (avril 1976) préparé sous la di- 190 FE PER OTR RN RO ORR PEO rection de Jeanne Demers et Lise Gauvin leur article \u201cLe conte écrit, une for- - me savante\u201d fait à partir des recherches sur ce , \u201cgenre\u201d qu\u2019elles tentent d'appliquer à cinq versions de \u2018\u2018Rose Latulippe\u201d \u2014 celle qui a dansé avec un beau jeune homme vêtu de noir un soir de Mardi- Gras dépassé minuit \u2014 .Si l\u2019article ne tombe pas dans un structuralisme vain, dénonçant même les épigoñes de Propp, comme c\u2019est trop souvent le cas dans les études littéraires actuelles, il n'en reste pas moins que ce qui est le plus intéressant, l\u2019érotisation créée par la reconnaissance de certaines marques textuèlles, n\u2019est que mentionné à la toute fin; l\u2019article donne envie d'écrire des contes tellement il souligne bien les procédés utilisés.Intéressante l'évocation de la carrière d\u2019anthropologue de Marius Barbeau par _ Jean Du Berger; intéres- - sante parce qu\u2019elle souligne que tout le travail d'analyse du corpus des contes canadiens, maintenant qu\u2019il est rassemblé, reste à faire.S'il faut sans doute faire notre deuil de ces veillées où les conteurs faisaient - naître de véritables fêtes verbales \u2014 je me souviens encore de mes grands- parents me racontant pour gol 3 sep E sis # ui j 0 § as évên ; dej0 btu | pou Eu lect quel AU ceci ol el faire fom à truc ¥ dom \u201cÀ pis ques \u201cera li fag pass fase cha ; Sam Sie la sg : dun, gg lop ler Ment 1 CiSme FW A Me ur : Gains la Nième fois \u2018La Béte-a- sept-têtes\u201d: je ne me lassais pas d'écouter, guettant leurs moindres pauses parce qu'après chaque pause arrivait un autre événement qui remplissait de joie ou de crainte mais toujours de plaisir\u2014, on pourrait peut-être espérer un livre qui fournisse une lecture du plaisir dans quelques contes québécois (il y aurait bien sûr dans , ce choix \u201cRose Latulippe\u201d \u201c et \u2018La Bête-à-sept-têtes\u201d), lecture qui pourrait se faire à partir de la psychanalyse car les décons- tructions psychanalytiques donnent aux adultes le plaisir de retrouver quelques voix entendues enfants.© Ph.H.Deux symptomes 1) Martin Scorcese fait des films clinquants, passablement tapageurs, faussement modernes.A chaque film, ces défauts s\u2019amplifient.Taxi Driver se veut la description de la solitude et du désarroi .d'un Newyorkais.Mais n'est-ce pas, plutôt que le portrait d\u2019un anti-héros, le prétexte pour l\u2019étalement de ce bon vieux racisme?Le film n'avance qu'un point: si le monde Va mal, la cause en est aux Noirs, aux Portori- cains, aux immigrants (on peut continuer la liste).Or pour ce produit raciste, Scorcese vient de se voir attribuer la Palme d\u2019Or du Festival de Cannes: symptôme.2) Hobo-Québec continue à publier.Bon.Claude Robitaille continue à pasticher avec talent; mais il devrait en tant que directeur surveiller les notes de ses collaborateurs.Co Jean Leduc nous apprend dans une note coiffant son - article que celui-ci aurait été refusé par Cinéma- Québec.Ce papier sur le Mahler de Ken Russel se voulait une charge contre la sémiologie à la Gilles Thérien.Très guattaro- deleuzien cet article, et drôlement confus! Alors voilà le hic: la note de Leduc se termine ainsi: \u2019 \u201cA quand le job ONF ou CBC pour l\u2019égyptien Ta- dros?\u201d On a bien lu.On voudrait croire à une maladresse, mais il y a plus que des maladresses depuis deux ans du côté de Hobo-Québec (comme du côté de Cul Q.): certains délires (qui ont \u2014 ce n\u2019est pas étranger \u2014 leur répondant amplifié dans te courrier des lecteurs) relèvent de ce qu\u2019on nomme le nationalisme fasciste.Cette note raciste, prenons-là aussi comme symptôme\u2026 ; A.R.191 A partir du numéro -Signature.\u2026.\u2026.\u2026.eces Lencena sense Abonnement d\u2019un an (douze numéros) \u2014 \u2018individu, $20.00; institution, $25.00; abonnement de soutien, $40.00 et plus.- Veuillez expédier votre chèque ou mandat à l\u2019ordre de: CHRONIQUES, case postale 747, succursale \u201cN\u201d, Montréal, Qué.Tous les numéros antérieurs sont disponibles.Ecrire à : Chroniques, C.P.747, Succ.N.Montréal.8 chroniques Case Postale 747, Succ.N, Montréal.Collectif de production: Thérèse Arbic, - - Michel Brissonnet, Madef leine Gagnon, Philippe Haeck, Réjean Jacques, Jocelyne Lefebvrej André Morf, Jean-Marc Piotte, André Roy, Céline Saint-Pierre Marcel Saint- Pierre.Secrétaire à la rédaction: Philippe Haeck.1 Courridr de la deuxième classe: Enregistrement no 3451.Dépôf légal à la bibliothèque \u2018nationale du Québec.Couverture: Marid Leclerc.Maquette intérieure: Roger Des Roches.Composition impression: Journal Offset.Chroniques jouit d\u2019une subvention dy Conseil des Arts du,Canada.| Chagpeaeitt\u201d 192 vu in vus ans | do o it ie à Mad (ere, Dipl gion #À ion 4 Prix: $4.00 Pour le réalisme, ii ne s\u2019agit pas de sung point de vue socialiste au point de vue bowm donc de conserver la forme éprouvée de ditionnel.Il s\u2019agit de repenser le rapport quêë individus entretiennent avec l\u2019art ou la littéra de substituer à la consommation passive une flexion critique par le biais de laquelle peut vé F vail d\u2019éducation et, da réalistes représentent contradictio xistent chez les hommes et \u20ac dar es, montrer les condif DU QUÉSTC "]
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