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Titre :
Technique : la revue de l'enseignement spécialisé de la province de Québec = the specialized education magazine of the province of Quebec
Éditeur :
  • Montréal :Service de l'information, Ministère de la jeunesse,1962-1969
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
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  • Popular technique
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Technique : la revue de l'enseignement spécialisé de la province de Québec = the specialized education magazine of the province of Quebec, 1964-03, Collections de BAnQ.

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[" MARS 1964 i TECHNIQUE \u2014\u2014\u2014 A z à x at rf 5.\u2014\u2014\u2014 yn ps mere ge gph mace, et - a .+ \u2018 A p 7 7 AE ' OFF F3Al 3 Exe?at 4 Ls rnd ksh 02 | PROVINCE & QUEBEC Directeur Director PIERRE LAFRANCE Secrétaire de la rédaction MARCEL SEGUIN Publiée par le Service de information Published by the Information Branch © Directeur général des études de l\u2019Enseignement spécialisé Director General of Studies for Specialized Education JEAN DELORME Administrateur général Administration ARMAND THUOT A MINISTÈRE DE LA JEUNESSE PAUL GERIN-LAJOIE MINISTRE JOSEPH-L.PAGÉ SOUS-MINISTRE GUSTAVE POISSON SOUS-MINISTRE ASSOCIÉ Rédaction Editorial Offices 8991, rue Lajeunesse, Montréal lle, P.Q.Canada 626-4873 \u2014 DU.7.7108 Abonnements Subscriptions Case postale 40, Hôtel du Gouvernement, Qué.Le ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l\u2019affranchissement en numéraire et l\u2019envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication.Authorized as second class mail by the Post Office Department, Ottawa, and for payment of postage in cash.NOTRE COUVERTURE Avec la mise en oeuvre du projet d'aciérie, à Bécancour, le Québec entre de plain-pied dans la grande industrie.Nous sommes justifiés de croire qu'il en résultera des bienfaits pour notre économie.Nos futurs techniciens fondent de grands espoirs sur la sidérurgie et les nombreuses industries secondaires qu'elle suscitera: on prévoit en effet qu'elles fourniront de l'emploi à 20,000 ouvriers, techniciens, ingénieurs et employés de bureau.MARS 1964 Vol.XXXIX, no 7 Sommaire Le métro de Montréal .René Torre 1 Un complexe sidérurgique auQuébec .Roland Prévost 8 La linguistique et le français .Gérard Charbonneau 15 A l\u2019aube d\u2019un monde nouveau: Visage de l\u2019atome .Fr.Jean-René Roy, s.c.16 Aerial navigation .Edith Beauchamp 23 Le bois: produit miraculeux .Louis Albert 28 Nouvelles Techniques .René Torre 32 Abonnements: 10 numéros par an Subscriptions: 10 issues per year CANADA $2.00 Autres pays \u2014 Foreign Countries $2.50 Sources Aciérie: illustrations de la Photothéque, Paris.Métro: photos Cité de Montréal.A l\u2019aube d\u2019un monde nouveau: photos Atomic Energy of Canada Limited, Jean Biaugeaud, Arcueil, France.Le bois: dessins et photo pris dans la revue \u201cPost and Beam\u201d. de A l\u2019exemple des grandes métropoles mondiales, Montréal aura, elle aussi, son métro! Depuis 1910, on parle de sa construction.À cette époque, la ville comptait un demi-million d\u2019habitants et, déjà, on réclamait un métro pour régler les embarras de la circulation.Avant-projets et projets se succédaient pour, finalement, tomber dans l\u2019oubli.Parfois l\u2019idée était reprise par un journaliste en mal de copie, ou à court d'idées.Tout comme en Grande-Bretagne, lorsqu\u2019on manque de nouvelles, on fait réapparaître le monstre de LOCH NESS, à Montréal, on ressortait le métro.Fort heureusement pour nous, aujourd\u2019hui, si l\u2019on discute du métro, ce n\u2019est plus d\u2019une manière utopique mais, plutôt, comme d\u2019une réalité dont on voit tous les jours l\u2019accomplissement.En effet, le stade des projets indécis, des études préliminaires est dépassé; les premiers travaux ont commencé le 23 mai 1962.RENÉ TORRE LES LIGNES Le métro est prévu pour desservir efficacement les axes principaux du trafic, aux endroits les plus encombrés, et les plus fréquentés, c\u2019est-à-dire, sur les axes Nord-Sud, et Est-Ouest.Un projet antérieur prévoyait son tracé sur les rues Sainte-Catherine, Saint-Jacques et Saint-Denis, mais les travaux sur ces rues principales auraient causé trop de dérangement, paralysé une partie de la ville et nui au commerce local.C\u2019est pourquoi les autorités municipales optèrent de faire suivre de très près ces grandes artères à l\u2019itinéraire du métro en empruntant les rues parallèles les plus proches.Ainsi, le métro passe par les rues Berri, au lieu de Saint-Denis, et sous Burnside et de Montigny, au lieu de Sainte-Catherine.Le réseau, en cours de réalisation, est formé des lignes No 1 (Est-Ouest )et No 2 (Nord-Sud). La ligne numéro 1 va de l\u2019avenue Atwater à la rue du Havre, en passant sous les rues Saint-Luc, Burnside, Ontario et de Montigny.Elle a une longueur de 4 milles et 3 dixièmes, coupée par 10 stations échelonnées sur son parcours et qui sont: Atwater, Guy, Peel, McGill, Place des Arts, Saint-Laurent, Berri-de- Montigny, Beaudry, Papineau et Ontario.La ligne numéro 2 suit le parcours de la rue Berri, de la rue Saint-Vallier, puis reprend de la rue Berri, depuis le Boulevard Crémazie, jusqu\u2019à la Place d\u2019 Armes, qu\u2019elle rejoint par la rue de Vitré.Sa longueur, de 5 milles et 9 dixièmes, est jalonnée de 11 stations situées aux rues Crémazie, Jarry, Jean-Talon, Beaubien, Rosemont, Laurier, Mont-Royal, Sherbrooke, Berri- de-Montigny, Champs de Mars, et Place d\u2019Armes.Le croisement des deux lignes se fait à angle droit, à la station Berri-de-Montigny.La ligne numéro 3 empruntera les voies du CNR, depuis la Gare Centrale, jusqu\u2019à Cartierville.La Tracé général du métro de Montréal.or LUN >: J 2s fad Bs ) UE pd Vy .1 pi Si pds A0 SiS) ai [air AT in \\ ea i luigi ili 2 2 i wt Us \\.\u2018 igre! Whi He i 2 Z ify i Sy mit 4 ng 4 lity \u201c > Sey = > jinn § 2 ES à I il = ESS Sais fil bat Segeue ll J \u2014 | ha ue.lt HR % a ue SR Ko i er oh a Win gly ÿ dé ZN hoya } Hi .i Henin ne | Wij Tn i LU cas a dE var ; | au 7 Je lo ptt Lei ri pas nié hi 7 ir Da rit \u2018ie ly ie i it uf, ami JR lig.Hilal id oA lis ~ 1 ù ds i Lg ii C= >} Hi A.lig, 007 re , me iid | fro ym tity, 7 ai ¢ PT.Cox Hi Le iH 4 y Ÿ lm om he Sa i > V1 i ae y.dE Ai esi un; Kit nt \u201c 2 Ne cad : TE , ; Ry ARR di i pe ii 4.ak Boar it |.Mi ey Lo Tine J PE pi Tr gs SE 2) AT at SY | Til qn Dw ml Lim i ~~ i AT NEE a = ria i HL WES WR Ne ~. transformation de ces voies, en ligne de métro, est toujours à l\u2019étude.D'autre part, le choix de l'Ile Sainte-Hélène comme site de l'Exposition universelle de Montréal, en 1967, a influé sur le prolongement du métro, et a incité à l\u2019établissement d\u2019une nouvelle ligne.Cette ligne, numéro 4, partira de Berri-de-Montigny pour aboutir à Longueuil, aux approches du pont Jacques Cartier.Elle aura 4 stations, soit Berri-de-Montigny, l\u2019Ile Sainte-Hélène, l\u2019Ile Notre-Dame, et Longueuil.Enfin, la bonne marche des travaux, et l\u2019intérêt manifesté par les municipalités avoisinantes, laissent prévoir la continuation de la ligne numéro 2 (au Nord) au \u2018delà de la Rivière des Prairies, à Pont-Viau, en face de l\u2019Hôtel de Ville de cette agglomération.Cette station, qui deviendrait momentanément la tête de ligne, serait entourée d\u2019un immense terrain de stationnement, ou les automobilistes habitant dans le Nord, et travaillant dans la Métropole, pourront laisser leur véhicule, pour se rendre en métro, au travail et éviter ainsi, les encombrements et les difficultés de la circulation, surtout aux heures de pointe, ou après une tempête de neige.Au Sud, le métro sera prolongé jusqu\u2019à la Gare Centrale.La ligne aura alors près de 10 milles de long.Enfin, le prolongement de la ligne numéro |, est envisagé à ses deux extrémités: à l\u2019Ouest jusqu\u2019au Parc Angrignon et, à l\u2019Est jusqu\u2019au Boulevard Pie IX.TRAVAUX La cité de Montréal construit elle-même son métro: la préparation des plans et des cahiers des charges, les appels d\u2019offres, la surveillance des travaux, relèvent du Service des Travaux Publics de cette ville; le Service d\u2019urbanisme est chargé des homologations et des expropriations, et veille à l\u2019esthétique générale; la Régie Autonome des Transports Parisiens assure l\u2019assistance technique, avec la collaboration de la Commission de Transport de Montréal.Le travail préliminaire, pour le tracé du métro, a été une oeuvre d\u2019envergure qui est résumée ainsi par le Directeur du Service des Travaux Publics de Montréal, Monsieur Lucien Lallier, ingénieur de la ville de Montréal: \u201cLe tracé du Métro n\u2019étant pas celui qui avait été considéré antérieurement, nous devions faire un arpentage précis du terrain le long des deux lignes.Le travail d\u2019arpentage fut commencé le 8 novembre 1961, en y affectant toutes les équipes d\u2019ingénieurs et d\u2019arpenteurs qui pouvaient, sans trop d\u2019inconvénients, être déplacés de leurs travaux en cours .Terminés le ler Mars 1962, l\u2019arpentage, les calculs et la mise en plan ont requis 675 jours-équipes d\u2019arpentage et plus 7 co A b ; ç > \u2019 \u201d À »» da # \u201c -F « / » ré or rio LT IR = 4 - 3 Ge a CSS SE PE Ve Se D Forage des mines en sous-sol. Coffrage et bétonnage.Aspect du même tronçon bétonné.de 400 jours d\u2019ingénieurs, ils ont coûté, y compris le temps des dessinateurs, au delà de $100,000.et furent exécutés entièrement par les employés de la Cité\u201d.En même temps que l\u2019arpentage, d\u2019autres équipes ont effectué des sondages pour faire des prélèvements qui ont été envoyés immédiatement au laboratoire d\u2019essais du Service des Travaux Publics et les échantillons prélevés ont été analysés pour établir la composition du sous-sol.Puis suivirent les travaux eux-mêmes, comprenant les excavations et le bétonnage du tunnel.Une grande partie des lignes numéro un et deux est creusée dans le roc qui affleure en maints endroits de l\u2019Ile.Ce travail s\u2019accomplit dans de bonnes conditions: il suffit de miner, et d\u2019évacuer les déblais.Des équipes bétonnent ensuite les façades rocheuses.Lorsque le tunnel doit être creusé dans la terre, l\u2019exécution des travaux nécessite l\u2019interruption de la circulation automobile.L\u2019installation d\u2019ouvrages provisoires est alors nécessaire.Les travaux sont cependant les mêmes: on creuse la terre, que l\u2019on évacue au fur et à mesure, jusqu\u2019à la côte voulue.La tranchée à ciel ouvert terminée, on procède au bétonnage du tunnel lui-même, à l\u2019aide d\u2019un gabarit de sa dimension et d\u2019un coffrage permanent glissant sur des rails.Dans les fouilles où le terrain est peu consistant, les bords de la tranchée sont étayés par des palplanches pour prévenir les éboulis. Dynamitage et travaux d'excavation de la future station Crémazie.On aperçoit le boulevard métropolitain.Les ouvrages souterrains sont conçus pour laisser le passage à deux voies.Le tunnel a une largeur de 23 pieds, et une hauteur de 16 pieds au centre, sans mur médian pour séparer les deux voies.Les travaux des lignes numéro 1! et 2 coûteront plus de 110,000.000 dollars pour le percement et le bétonnage du tunnel et des 2 stations.Au 15 novembre 1963, sur les 31,406 pieds de longueur de tunnel à percer et à bétonner, 22,963 sont déjà terminés et plus de 9,564 sont complètement bétonnés.STATIONS DE MÉTRO Les 20 stations prévues sur les lignes numéro 1 et 2 seront plus ou moins espacées les unes des autres, selon la densité des zones desservies.Cette distance peut varier de 1,600 pieds, dans le centre de la ville, à un mille dans les quartiers excentriques.Cet éloignement relatif a été étudié de façon à faire rouler le métro à une vitesse commerciale rentable.Chaque station aura une largeur de 44 pieds sur une longueur de 500 pieds, avec deux quais d\u2019accès, pour permettre aux rames de métro de ne s\u2019ouvrir que d\u2019un seul côté dans une direction donnée et aux voyageurs de sortir ou d\u2019entrer toujours du même côté de la voiture.L\u2019accès d\u2019un quai n\u2019ayant plus lieu que pour une seule direction, et l\u2019admission étant facilement contrôlable par des portillons automatiques, il sera # \u201d\" 4.À 4 4 \u201c4 > 4 \u2018 = J J 9 6\u20ac 7 >, Li 7 Construction d'une tranchée à ciel ouvert, rue Berri. (A.Section du métro construit à ciel ouvert.En haut, légèrement à droite, se trouve le gabarit qui a servi au coffrage.alors possible d'obtenir une très grande régularité entre le passage de deux rames de métro.La station proprement dite sera souterraine.Elle comprendra essentiellement les quais au niveau des voitures.Un escalier roulant menera à l'étage supérieur, soit celui du sol.On y accédera par de nombreuses entrées érigées dans différents bâtiments, dont l\u2019originalité et la diversité seront un élément architectural de plus pour la ville de Montréal.Une des stations les plus importantes sera celle de Berri-de-Montigny au croisement des lignes une et deux.À cet endroit les voies Est-Ouest passeront au- dessus des voies Nord-Sud et l\u2019ensemble comptera trois niveaux superposés.Un tapis roulant est prévu pour amener les passagers d\u2019un endroit à un autre et en général aucune personne n\u2019aura à monter plus de 10 à 12 pieds en empruntant un escalier fixe.Partout un matériel roulant dont les normes ont été soigneusement définies transportera le voyageur avec un minimum de fatigue.LE MATÉRIEL ROULANT Le matériel roulant du métro sera monté sur pneumatique.Cela présente plusieurs avantages dont le plus important est la possibilité de lui faire gravir des pentes très raides.La grande adhérence des trains pneumatiques a permis la construction de tunnels souterrains à forte déclivité pour permettre le raccordement, sur une distance aussi courte que possible, d\u2019une station à ciel ouvert à une autre en profondeur.Chaque voiture est maintenue sur son chemin par La station Beaudry sera reliée par un passage souterrain à la rue Sainte- Catherine.Les passagers seront transportés d'un point à un autre par un tapis roulant. des roues de guidage qui s'appuient sur des barres latérales, fixées sur un radier bien nivellé.Le tout repose sur des roues montées sur pneumatiques, mais en Cas de crevaison le poids s'appuie sur le rail par l\u2019intermédiaire de la roue en fer montée parallèlement à la roue en caoutchouc, éliminant ainsi tout danger pour les occupants des voitures.Chaque voiture motrice, munie de quatre moteurs, porte sur deux boggies disposés à l'avant et à l'arrière.Le courant électrique capté par des balais est transmis aux moteurs par les barres de guidage et son retour est assuré par les rails.Les dimensions des voitures sont de 56 pieds et 5 pouces pour une motrice et de 53 pieds et 10 pouces de longueur pour une remorque, la largeur étant de 8 pieds et 3 pouces dans les deux cas.Toutes les voitures s'ouvrent sur les deux côtés par 4 portes d\u2019une largeur de 4 pieds et 3 pouces.Mille cinq cents personnes peuvent prendre place dans une rame de neuf voitures composée de 6 motrices et de 3 remorques.La capacité maximale de transport horaire est de 60,000 voyageurs dans chaque direction soit le passage d\u2019un métro toutes les minutes et demie.Le roulement sur pneumatique étouffe le bruit et permet des démarrages et des freinages supérieurs à celui du rail.Il autorise également une accélération et des ralentissements plus rapides avec des vitesses plus régulières.INAUGURATION DU MÉTRO Sans aucun doute l\u2019inauguration du métro en 1966, changera le mode de vie des montréalais.Son utilisation permettra de se rendre d\u2019un point à un autre Les voitures du métro sont construites et conçues pour les besoins de Montréal.Montées sur roulement pneumatique, elles seront très silencieuses.de la ville en des temps records.Il représentera un avantage énorme, en hiver, en nous évitant les longues stations debout, exposés au vent et au rigueur du froid, dans l\u2019attente d\u2019un autobus la plupart du temps plein.Se rendre dans le centre de la ville ne sera plus une expédition, mais un plaisir nouveau si l\u2019on sait faire régner dans le métro l\u2019ambiance qui existe dans ceux de Londres et de Paris.Et de plus, Montréal pourra s\u2019enorgueillir de prendre place parmi les grandes métropoles mondiales qui ont adopté depuis longtemps ce mode de locomotion moderne, rapide, efficace et économique. Il est admis depuis longtemps que l\u2019industrie de l\u2019acier favorise éminemment l\u2019indépendance économique d\u2019un pays.Que la sidérurgie occupe encore la première place à une époque où les matériaux de remplacement sont si nombreux, cela peut étonner.Mais c\u2019est un fait.Aussi, comprend-on les espoirs très légitimes que fait naître le grand projet de complexe sidérurgique intégré pour la province de Québec.L\u2019Ontario, plus près que nous des centres américains de haute production, avait jugé depuis longtemps nécessaire un tel complexe; celui-ci fut réalisé à une époque où l\u2019industrie canadienne était presque embryonnaire et malgré de très puissantes oppositions.Longtemps déficitaire, le centre de Hamilton a tenu jusqu\u2019à nos jours un rôle de premier plan dans l\u2019expansion industrielle de l\u2019Ontario.\u201cLA PRESSE\u201d a révélé, il y a quelques semaines, qu\u2019une maison de fiducie avait acheté de vastes ROLAND PRÉVOST terrains à Bécancour, sur la rive du fleuve, et qu\u2019elle avait pris option sur plusieurs autres.La suite de cet article démontrera que le choix de cet emplacement, favorable à des installations portuaires accessibles à l\u2019année longue, répond aux impératifs actuels.Depuis cinquante ans, l\u2019industrie sidérurgique a progressé à un rythme accéléré, pendant que les conditions techniques et économiques ne changeaient presque pas.Mais, au cours des dernières dix années, on a assisté à de telles transformations des conditions de production que c\u2019est toute la structure de cette industrie qui a été révolutionnée.Cela tient à trois raisons principales : 1.l\u2019élargissement des marchés; 2.une nouvelle orientation dans les approvisionnements en matières premières; 3.l\u2019accélération des progrès techniques.Élargissement des marchés L\u2019industrie sidérurgique \u2014 sauf peut-être celle des Etats-Unis \u2014 ignore de plus en plus le chauvinisme.Chaque pays producteur, devant toujours davantage concur- rencer l\u2019industrie étrangère, est amené à développer des unités plus considérables, surtout à organiser scientifiquement la division du travail et, enfin, à s\u2019orienter vers la spécialisation.Dans un rapport, l\u2019expert André Michel écrit: \u2018\u201cUne entreprise qui veut survivre dans ce cadre doit par conséquent \u2014 à l\u2019encontre de ce qui se passait antérieurement \u2014 être compétitive sur le plan international et non seulement maintenir sa position sur le marché mais également la renforcer toujours davantage.\u201d Nouvelle orientation dans les approvisionnements Parce que l\u2019industrie sidérurgique n\u2019est plus le monopole de quelques rares nations puissantes, il s\u2019établit une sorte de nivellement dans les frais de transformation.La proximité des gisements de minerai a perdu beaucoup de son importance, grâce aux facilités de transport maritime, grâce aussi à la découverte d\u2019importants dépôts: depuis la dernière guerre, la capacité d\u2019extraction, dans presque toutes les parties du monde, s\u2019est accrue de plus de 250 pour cent.Que la province de Québec pos- séde, sur son territoire, d\u2019abondants gisements de minerai de fer, voila un avantage au moins pour la sécurité des approvisionnements, mais il y a plus: la proximité des gisements réduit évidemment les frais de transport et, en outre, elle permet certains traitements sur les lieux mêmes de l\u2019extraction.Depuis la fin de la guerre, les Européens ont construit 23 usines sidérurgiques, dont la moitié est au bord de la mer.Les quatre cinquièmes des usines projetées seront, elles aussi, au bord de la mer.Les raisons de cette localisation particulière valent autant pour nous \u2014 avec notre site de Bécancour \u2014 que pour les Européens.Pour notre marché intérieur, cette supériorité n\u2019est pas très évidente.Il en va autrement en ce qui concerne les exportations, si l\u2019on veut bien admettre que l\u2019industrie sidérurgique québécoise devra, un jour ou l\u2019autre, entreprendre la conquête des marchés extérieurs.Cela répondrait d\u2019ailleurs à la tendance moderne, tendance qui pousse à la construction d\u2019unités plus vastes, tout en facilitant la mécanisation et l\u2019automatisation.Cela nous amène au problème des compétences requises.Les avons- nous, dans la province de Québec?Oui et non.Le professeur André Hone, directeur du département de métallurgie (qu\u2019il a lui-même organisé en 1954), à l\u2019Ecole polytechnique, a calculé que nous avons environ 180 ingénieurs métallurgistes canadiens- français diplômés de Laval, de McGill et, depuis 1960, de Polytechnique.Cette année, le département de métallurgie de Polytechnique compte 19 finissants, soit le plus fort groupe au Canada et l\u2019un des plus considérables en Amérique du Nord.Progrès admirable, si l\u2019on considère que l\u2019Université McGill forme des ingénieurs métallurgistes depuis plus de 30 ans.Progrès de qualité, aussi, puisque ce département a actuellement cinq étudiants au niveau post-universitaires (y compris un Chinois de Formose) et qu\u2019il reçoit sans cesse des demandes d\u2019inscriptions de France et même des Etats- Unis.Sur le plan des techniciens en métallurgie, nous sommes moins bien servis.En effet, ce n\u2019est que pour l\u2019année académique 1960-1961 En mai dernier, les usines du Creusot (France) battaient tous les records européens en coulant d\u2019une = seule pièce cette partie de laminoir destiné à un complexe sidérurgique roumain.Les 264 tonnes de métal liquide, fournies par cinq fours électriques, ont été déversées en même temps dans le moule, en vingt minutes.Le record canadien est détenu depuis 1963 par Canada Steel Foundries, à Montréal- Est, avec une coulée de 234 tonnes. Le four électrique permet d\u2019obtenir des aciers spéciaux, destinés à des utilisations très précises: aciers au carbone ou aciers alliés à des métaux nobles: chrome, nickel, manganèse, molybdène, tungstène, etc.Les aciers spéciaux représentent près de 10% en tonnage et le quart en valeur de l\u2019ensemble de la production sidérurgique francaise; leur production bénéficie de l\u2019effort considérable déployé dans les laboratoires et centres de recherche de l\u2019industrie sidérurgique.Transfert de métal dans un convertisseur, pour l'affinage et la préparation des alliages.que fut offerte une option de ce genre, par l\u2019Institut de technologie de Trois-Rivières.Là encore, les résultats sont prometteurs puisque nous y aurons Il finissants au printemps (contre 3 seulement en 1963).Dans le contexte actuel, il est à prévoir que ce cours de trois années attirera dorénavant beaucoup plus de jeunes.Accélération des progrès techniques; donc recherche L\u2019an dernier, le professeur Hone affirmait qu\u2019en métallurgie, le présent système de bourses ne nous offrira Jamais les hautes compétences nécessaires.Les faits sont évidents: en 1963, seulement six finissants de l\u2019option métallurgie à Polytechnique et à Laval décidaient de poursuivre leurs études jusqu\u2019à la maîtrise et au doctorat alors que, dans tout le Canada anglophone, 76 ingénieurs métallurgistes furent candidats à ces grades supérieurs.6 contre 76, l\u2019écart est trop considérable pour la bonne santé de notre libération économique.Et pourtant, il en faudra des hautes compétences pour organiser la recherche sans laquelle il n\u2019y a plus, à notre époque, d\u2019industrie progressive.Recherche pour obtenir le rendement optimum de la production, \u201cla continuité du processus depuis la fonte jusqu\u2019à l\u2019acier laminé constituant la condition préalable à l\u2019établissement de toute industrie sidérurgique\u201d\u2019; recherche fondamentale en plus et, peut-être, avant tout, car la spécialisation devient toujours plus poussée dans les aciéries, ce qui introduit certes un raffinement croissant dans l\u2019emploi des matières premières et dans leur traitement jusqu\u2019au produit terminé.On sait que l\u2019oxygène pur tend rapidement à remplacer l\u2019air dans l\u2019élaboration de Jl\u2019acier et qu\u2019à partir de là, sont apparus de nouveaux procédés.Les recherches sont intenses, à ce sujet, mais il faut noter qu\u2019en Europe, la plupart des ins- ; KA i [HR tallations récentes ou en plans sont des aciéries à l\u2019oxygène.D\u2019après un spécialiste, toutefois, \u2018\u2018la qualité de l\u2019acier à l\u2019oxygène ne dépend pas tellement des procédés d\u2019élaboration mais surtout de la pureté de la fonte et de la ferraille composant la charge\u201d.Le procédé de coulée continue a, lui aussi, été l\u2019objet de maints commentaires.Il ressort des données statistiques que la coulée continue s\u2019est imposée, si bien que toutes les nouvelles installations doivent en tenir compte.Bien des difficultés subsistent, dit-on, en particulier dans le traitement d\u2019aciers effervescents et de gros tonnages; mais la solution n\u2019est plus éloignée.Une publication de la Chambre syndicale de la sidérurgie française A Dunkerque, (France) vient d'être édifiée une usine sidérurgique côtière intégrée comprenant tous les stades de fabrication, à partir du minerai jusqu\u2019au produit laminé de qualité.Grâce à sa situation en bordure du port, cette usine peut alimenter ses hauts fourneaux en minerais riches en provenance d'outre-mer.Dans toutes les régions sidérurgiques de France, des efforts importants sont entrepris en vue de moderniser les voies d\u2019eau et de permettre aux installations nouvelles qui s\u2019y construisent d'améliorer encore leur position concurrentielle. | To i i ! Les efforts de contréle et de régulation automatique de la marche des installations des usines se développent à tous les stades du processus de fabrication.Une automatisation poussée permet de suivre de très près la marche des hauts fourneaux, avec une main d'oeuvre réduite, dans des conditions accrues de confort et de sécurité.le décrit ainsi: \u2018\u2018La coulée continue permet de vider, sans aucune interruption, l\u2019acier liquide contenu dans la poche venue de l\u2019aciérie et d\u2019obtenir ainsi une barre continue à la section désirée: carrée, rectangulaire, etc.L\u2019acier liquide s\u2019écoule de la poche dans un petit récipient régulateur de débit, le panier, et, de là, dans une lingotière à fond ouvert et à double paroi, énergiquement refroidie par une intense circulation d\u2019eau.La section horizontale de la lingotière est à la forme et à la dimension du produit que l\u2019on veut obtenir\u201d.On a également parlé du laminage continu, pour les tôles, feuillards, etc.L\u2019automatisation a été ici poussée à son maximum: c\u2019est d\u2019aiileurs grâce à l\u2019avènement d\u2019appareils électroniques que ce procédé a pu se développer et produire à une vitesse très grande, avec l\u2019appoint d\u2019un personnel des plus réduits.C\u2019est presque là le triomphe de la mécanisation.En un certain sens, surtout si l\u2019on considère l\u2019évolution récente et accélérée de l\u2019industrie sidérurgique, on devrait peut-être se dire que la province de Québec est fort heureuse .de ne pas avoir eu plus tôt un complexe sidérurgique intégré.En effet, dans les installations remontant à quelques années, l\u2019accroissement de la concurrence ainsi que les progrès techniques contraignent à des investissements coûteux de transformation.Or, il est erroné de croire, lit-on dans un rapport, que chaque investissement est automatiquement lié à un accroissement de la productivité.Donc, en partant à zéro avec les méthodes les plus avancées, n\u2019est-on pas fortement avantagé?Ramener l\u2019avenir au moment présent, telle pourrait être la devise de l\u2019industrie sidérurgique comme des autres.Cela signifie que les méthodes scientifiques doivent avoir priorité, aussi bien dans la production que dans l\u2019étude des marchés, où l\u2019intuition ne suffit plus.C\u2019est la course aux idées, c\u2019est-à-dire la recherche à tous les paliers.Prenons, à titre d\u2019exemple, le cas de l\u2019industrie sidérurgique française qui consacre à la recherche sept pour cent de son chiffre d\u2019affaires, soit environ 80 millions de nouveaux francs.En terminant, puisons largement dans un mémoire de M.Allard, directeur général de l\u2019Institut de recherches de la sidérurgie française (IRSID), qui déclare au départ: \u2018\u201cLa sidérurgie française doit sa vitalité et la place qu\u2019elle tient dans la compétition mondiale principalement au fait qu\u2019elle s\u2019est, dès la fin de la guerre, efforcée de développer au maximum ses moyens de recherches\u2019.Dès 1945, étaient créés sous régime coopératif volontaire, sans l\u2019aide de l\u2019Etat, les trois organismes suivants: l\u2019Institut de recherches (IRSID) qui possède des laboratoires à Saint-Germain-en-Laye et une station d\u2019essais à Mizières-les- Metz; le Centre d\u2019études supérieures de la sidérurgie; et le Centre de documentation sidérurgique.En même temps, l\u2019industrie réorganisait ses commissions techniques d\u2019ingénieurs au sein de l\u2019Association technique de la sidérurgie.Ce qu\u2019il faut admirer dans ces structures, c\u2019est leur souplesse.Les spécialistes de diverses disciplines, \u2014 ceux des usines comme ceux des centres de recherches \u2014 travaillent en étroite coopération, donc sans cloisonnement entre la recherche pure et la recherche appliquée.\u201cToutes les possibilités offertes Les trains continus à larges bandes permettent de répondre d\u2019une facon massive à l'accroissement de la demande en produits plats.La France possède actuellement deux de ces trains qui ont chacun une capacité de production annuelle dépassant 2,000,000 de tonnes.Un troisième train de ce genre est en cours d'installation.La modernisation et le progrès des techniques sont des impératifs de tous les instants pour une industrie comme la sidérurgie.En plus des laboratoires existants dans ses usines, l'industrie sidérurgique a créé près de Paris, à Saint-Germain-en-Laye, un centre de recherches commun à l\u2019ensemble de la profession: l\u2019Institut de Recherches de la Sidérurgie, doté de vastes laboratoires, les plus modernes d'Europe, et qui est en rapports étroits avec les spécialistes du monde entier.Cah 13 14 Les laboratoires de l'IRSID se livrent aussi bien à la recherche fondamentale sur la structure des métaux et sur les équilibres physico-chimiques, qu\u2019à des recherches appliquées sur le mécanisme de la corrosion, sur les propriétés mécaniques de l'acier, ou sur l\u2019élaboration au haut fouffneau ou en aciéries.par l\u2019IRSID, écrit M.Allard, viennent de l\u2019organisation verticale de ses activités: ses laboratoires de physique, de physico-chimie, de chimie et corrosion, de métallographie et d\u2019essais mécaniques, ainsi que son service statistique, non seulement poursuivent des études de base dont les résultats peuvent n\u2019apparaître qu\u2019au bout de quelques années, mais encore assurent dans l\u2019immédiat d\u2019importantes prestations aux services dits \u2018\u2018industriels\u2019\u2019.\u201cCes derniers, à leur tour (mine- rai-coke-fonte, aciéries, laminoirs, mécanique des fluides et transmission de chaleur) aidés par les laboratoires, effectuent des travaux plus concrets et poursuivent le plus souvent des recherches industrielles à petite échelle dans les stations pilotes ou même, à grande échelle, directement dans les usines\u201d.L\u2019IRSID a imaginé et construit un grand nombre d\u2019appareils dont certains, comme la microsonde électronique, sont en usage dans le monde entier.Dans le laboratoire de l\u2019usine du Creusot, J'ai vu un spectrographe à vide (réalisé par IRSID et le CNRS) qui permet de doser simultanément dans les aciers, en trois minutes, le carbone, le souffre, le phosphore, le silicium, l\u2019azote et l\u2019oxygène.Enfin, l\u2019IRSID fait actuellement les essais d\u2019un four qu\u2019il a conçu; il s\u2019agit d\u2019un four à réduction des minerais n\u2019utilisant que l\u2019électricité et les hydro-carbures liquides ou gazeux.Ces quelques indications suffisent pour stimuler la confiance dans le projet de sidérurgie québécoise.Nous avons un noyau non négligeable d\u2019ingénieurs métallurgistes ; nous avons, avec le Saint-Laurent, une voie ouverte sur le monde; nous avons le minerai en abondance; nous avons l\u2019appui de grands experts français et belges; nous avons, surtout, le sentiment d\u2019appartenir à une génération dynamique.C\u2019est plus qu\u2019il n\u2019en faut pour réussir. LA LINGU ISTIQUE ET LE FRANÇAIS | GÉRARD CHARBONNEAU Le dernier numéro de la revue a marqué la fin de nos pérégrinations dans un passé distant.Ce bref survol de l\u2019histoire nous aura permis de vérifier que les langues évoluent constamment et que des courants politiques et économiques ont souvent décidé du destin historique de plusieurs idiomes.Nous allons toucher aujourd\u2019hui à un sujet qui intéresse chacun de nous et qui ne manque pas d\u2019engendrer des remous périodiques et des polémiques parfois acerbes.D'aucuns auront reconnu que nous voulons parler de la langue française au Canada.Nous nous permettons de débattre cette question une fois de plus parce qu\u2019à notre avis, on oublie trop souvent de tenir compte de tous les aspects du problème.On se voue, pour cette raison, à une discussion stérile qui aboutit, la plupart du temps, à un dialogue de sourds.Certes, il est impérieux de s\u2019interroger sur l\u2019état de la langue française dans notre milieu et de tâcher d'apporter une solution à ce problème vital de notre société.Il convient toutefois d'éviter les écueils d\u2019un problème mal posé.Pour cette raison, nous nous proposons, en premier lieu, de reconstituer le cadre historique de l\u2019évolution de la langue française au Canada.Nous remettrons à plus tard l\u2019étude des problèmes actuels du parler canadien.En 1760, la Nouvelle-France cesse d\u2019être un territoire français.Trois ans plus tard, le traité de Paris vient confirmer la conquête britannique des territoires français de l\u2019Amérique du Nord.La classe dirigeante a déjà quitté le pays pour aller servir ailleurs les intérêts de Sa Majesté très chrétienne.Elle abandonne une population de plus de 6C,000 francophones qui n\u2019ont plus, pour les guider, que leurs prêtres et les petits seigneurs qui refusent de partir.Le Canada français compte déjà 150 ans d\u2019existence et plusieurs familles canadiennes sont centenaires.Des traditions fortement établies témoignent de la vitalité de notre société.Mais voilà que la catastrophe vient frapper la jeune nation.Les communications avec la France sont définitivement rompues.Le conquérant propose aux vaincus d\u2019oublier leurs origines et de devenir britanniques.Afin de conserver son identité française, le Canadien devra accepter de vivre replié sur lui-même.S\u2019il ne parvient pas à trouver en lui-même les réserves d\u2019énergie et de vitalité nécessaires à sa survivance, il devra s\u2019abandonner bientôt à un conquérant qui se chargera de lui donner peau neuve.Or on sait que, malgré la dévastation du territoire, malgré l\u2019écroulement du système économique, malgré l\u2019absence d\u2019un système d'enseignement et malgré l\u2019hostilité du nouveau maître, une sorte de miracle se produisit.Du point de vue linguistique, l\u2019isolement de la nation canadienne française apparaît comme un danger éminent pour la survivance de la langue.Certes, le Canada d\u2019avant 1760 n\u2019offrait pas une carte linguistique parfaitement homogène.Avec le temps, les vieilles familles canadiennes avaient acquis des expressions qui les différenciaient de leurs frères européens.Les nouveaux arrivés venaient de diverses régions et ils transplantèrent ici leurs coutumes et leurs parlers régionaux.Cependant ces distinctions conservaient un caractère secondaire puisque la base du système linguistique demeurait commune à tous.La chute du Canada créera une situation désastreuse et, dès lors, il est facile de prévoir la décadence rapide de la lañgue française de notre milieu.Comment espérer qu\u2019il en soit autrement quand on empêche la jeune nation de s\u2019alimenter aux sources de la civilisation française.Cette situation malheureuse durera près d\u2019un siècle, et nous pouvons facilement conclure que la langue française ne suivra pas le même cours dans les deux pays.Les contacts reprendront avec la France vers 1840 avec la venue des premiers religieux enseignants.On peut alors constater dans quel état déplorable se trouve la langue française au Canada.La situation aurait été encore plus lamentable si l\u2019enseignement du français dans les écoles n\u2019avait pas enrayé la déchéance de notre idiome.La langue anglaise n\u2019est pas totalement étrangère aux misères du français parlé au Canada.La présence du conquérant s\u2019est tôt faite sentir.L'activité sociale, justice, commerce, industrie et pouvoir civil relèvent de l\u2019élément anglais.Les rapports entre les deux groupes ethniques sont fréquents.On n\u2019apprend pas nécessairement la langue de l\u2019autre peuple, mais on se familiarise avec certains mots, certaines expressions courantes.On assimile ainsi des bribes de langage qui prennent bientôt une importance égale aux expressions et aux mots de sa propre langue.Il vient un temps où on ne s'aperçoit plus de l\u2019origine étrangère de ces expressions.Les anglicismes prennent racine et leur nombre va croissant.On s\u2019achemine, sans trop s\u2019en rendre compte, vers une langue hybride qui sera un patois, un parler, un dialecte ou, tout simplement, une langue nouvelle selon les transformations plus ou moins radicales auxquelles elle sera soumise.QUELQUES CONSEILS PRATIQUES On doit écrire: \u2018Par acquit de conscience\u201d et non \u2018par acquis de conscience\u201d.Cette faute est trop fréquente! Le mot \u201cadjoint\u201d ne se lie pas par un trait d\u2019union au mot qui le précède.ex: secrétaire adjoint, président adjoint.De plus, on doit dire \u2018\u2018directeur adjoint\u201d et non pas \u2018\u2018assistant directeur\u201d qui vient de l\u2019anglais.I existe un \u2018\u2018canadianisme\u201d dont il serait urgent de se défaire.Le mot \u2018\u2018lous- se\u201d comme l\u2019écrivent certains étudiants n\u2019a rien à voir avec la langue française.C\u2019est tout simplement le mot \u201cloose\u201d auquel on a donné une consonnance française.Une corde n'est pas \u2018\u2018lousse\u2019\u2019 mais bien \u201clâche\u201d.Par contre, on ne parle pas de la lâcheté d\u2019une corde mais plutôt de sa \u2018\u201claxité\u2019\u2019, de la laxité d\u2019une courroie.15 16 VISAGES DE L\u2019ATOME Depuis les premiers vagissements de la science humaine, la notion d\u2019atome a hanté l\u2019esprit de l\u2019homme.Déjà, elle préoccupait les philosophes ioniens quand ils tentaient de découvrir un élément qui fût le principe de toute chose \u2014 l\u2019Air?l\u2019Eau?le Feu?Cette représentation d\u2019un élément indivisible, constitutif de tout ce qui existe dans l\u2019univers a évolué à une allure effarante au cours des 70 dernières années au point qu\u2019un physicien de prix Nobel, nouveau FR.JEAN-RENE ROY S.C.Cet article est le premierd\u2019une série qui nous fera explorerdans ses grandes lignes le monde fantastique et complexe de l'atome.Nous explorerons la structure intime de la matière qui est à la base de tous les progrès scientifiques du XXe siècle.Il est indispensable que tout technicien, savant et même tout homme qui désire vibrer à la longueur d'onde de son siècle connaissent ce qui fait l\u2019âme de la science du XXe siècle.Werner Heisenberg, est allé jusqu\u2019à dire: \u201cLa matière est une erreur!\u201d La nature ne contiendrait que des essaims de charges électriques dont l\u2019énergie serait le seul aspect qui nous soit sensible.Dans l\u2019histoire de la science, souvent, pour interpréter les êtres physiques, surtout ceux de la microphysique, nous avons été un peu dupes de notre manière de voir trop anthropomorphique, c\u2019est-à-dire que nous avons voulu ramener soit l\u2019univers de l\u2019infiniment petit ou celui de l\u2019infiniment grand à notre échelle humaine avant de les juger objectivement.Mais l\u2019expérience nous a joué et nous avons constaté que l\u2019atome n\u2019avait ni forme, ni matière, qu\u2019il n\u2019était pas une bille.Néanmoins, nous continuons pour la commodité de notre esprit à considérer les particules comme des billes.Pour comprendre, notre esprit doit se représenter quelque chose; il lui faut un support, une représentation matérielle; pour cela, il doit faire appel aux notions de particules. Le trio fondamental: Electron, Proton, Neutron La première brique de l\u2019édifice atomique fut posée vers Noël 1895.En effet, le physicien allemand Wilhelm von Roentgen découvrait alors les fameux rayons X en bombardant un composé de baryum à l\u2019aide de rayons cathodiques.Grâce aux travaux de Jean Perrin, J.S.Townsend et J.J.Thompson, il fut prouvé que ces rayons cathodiques étaient de charge négative.A la fin de 1895, Jean Perrin déclarait à l\u2019Académie des Sciences que les rayons cathodiques étaient formés de corpuscules électrisés négatifs.L\u2019Américain Millikan par des expériences qui allaient exiger ses efforts acharnés de 1909 à 1917 trouva que la charge de l\u2019électron était égale à 4.77 x 10-!° unités électrostatiques ou | dix-millioniéme de milliardième d\u2019ampère par seconde; l\u2019unité électrostatique est la charge électrique qui exerce à | cm de distance sur une charge égale et de même signe une répulsion de | milligramme.De plus, on trouva que l\u2019électron était environ 1,840 fois plus léger que l\u2019atome le plus léger, celui d\u2019hydrogène; l\u2019électron ne pesait que 9.01 x 10-!8 gramme.Pour donner un sens à un tel chiffre, on pourrait dire que le poids de l\u2019électron est à un gramme ce qu\u2019un poids de 5 grammes est à celui de la Terre.Le proton est né un peu plus tard.Il fut découvert par Rutherford qui émit d\u2019ailleurs la première hypothèse sur la structure de l\u2019atome constitué d\u2019un noyau central de charge électrique positive égale à celle de l\u2019électron mais sa masse est 1836.12 fois plus considérable.En 1932, Chadwick identifiait le neutron de charge nulle et d\u2019une masse légèrement supérieure au proton soit 1838.65.Enrico Fermi et Yuka- wa ont montré que proton et neutron sont les deux formes d\u2019une même particule, le nucléon, et ainsi le neutron ne serait pas comme on l\u2019avait tout d\u2019abord cru, un proton uni à un électron au sein du noyau.C\u2019est de ces trois particules qu\u2019est façonnée la matière.Mais, cet atome terriblement petit, comment se le représenter, comment s\u2019imaginer ce noyau de 10-!$ cm de diamètre et cet électron qui orbite à la vitesse fantastique de 100,000 km/sec.Ce qui étonne, c\u2019est l\u2019immensité du vide au coeur de l\u2019atome.Ainsi, un noyau d\u2019hélium composé de 2 protons et de 2 neutrons peut traverser sans être dévié une feuille métallique de 100,000 atomes d\u2019épaisseur.\u2018Même dans la substance la plus compacte, or ou platine, les noyaux sont si prodigieusement espacés que pour un grossissement atteignant dix fois le trillion ils apparaitraient tout au plus comme des ballons d\u2019enfants placés a plusieurs kilomètres les uns des autres, entre lesquels en un vide absolu, quelques bulles de savon pourraient figurer ces électrons légers dont les L\u2019atome a fait vraiment irruption dans notre monde.L'exploitation de l'énergie nucléo- électrique exige l'introduction de nouvelles techniques de construction et la mise au point = de procédés tout à fait nouveaux et révolutionnaires.Aujourd\u2019hui l'implantation d\u2019une orbites rigides imposent à la substance son volume apparent.\u201d (Jean Perrin) Et si on entassait tous les électrons et les noyaux qui constituent les molécules des 3 milliards d\u2019êtres humains, sans qu\u2019il y ait place perdue, le tout entrerait aisément dans deux dés à coudre.Or la matière existe dans un tel état; peut-être pas aussi compact mais presque! On parle alors de matière plasmifiée.En effet, il y a des étoiles où la densité est des milliers de fois plus considérable que celle du platine.Ainsi, l\u2019étoile Sirius B a une densité telle qu\u2019un centimètre cube pèse 40,000 grammes.D'ailleurs, cette densité n\u2019est pas la plus énorme qu\u2019il soit possible d\u2019atteindre, car si on entassait des neutrons jusqu\u2019a ce qu\u2019ils viennent en contact les uns avec les autres, savez-vous le poids qu\u2019atteindrait alors un centimètre cube de cette matiére?.100 millions de tonnes! centrale nucléaire transforme le visage de la terre en celui du complexe organisé de l'effort humain.Nous voyons ici le chantier de construction de la centrale de Dungeness en Angleterre qui produira en 1965, 550 millions de watts. pre vu agp em ae SE NE Swe oo a ee ap eee we Seg Rw gre se Cae re CLS tet Eee 7 a TABLEAU DES PARTICULES ÉLÉMENTAIRES | NOM DE LA PARTICULE ANTI-PARTICULE me MASSE v VIE MOYENNE : LEPTONS Neutrino v Antineutrino vy 0 0 oo | Electron e- Position et 1 0.51 © £ Muon HT Antimuon pt 206.9 105.7 2.22 x 10-68 3 MESONS Pion T° ) Identique à la 264.4 135.1
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