Le devoir, 11 janvier 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 1 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le Monde \u203a La rencontre entre Sean Penn et « El Chapo » a facilité l\u2019arrestation du narcotra?quant, con?rme le Mexique.Page B 1 Culture \u203a Danse-théâtre.L\u2019Usine C présente une adaptation contemporaine de la tragédie de Roméo et Juliette.Page B 8 Société \u203a Réseaux sociaux.Une révolution endiablée.Page A 5 Avis légaux.B 6 Décès.B 2 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 2 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m La Catalogne se dote d\u2019un chef pour réaliser son indépendance en 2017 Page B 1 LUTTE CONTRE L\u2019ITINÉRANCE ENTRE OPTIMISME ET PRUDENCE JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le maire de Montréal, Denis Coderre, estime que «beaucoup» de progrès a été réalisé en 2015 pour réduire le problème de l\u2019itinérance.En photo, le maire a rencontré Rénald dans le cadre du traditionnel «Dîner des rois», qui s\u2019est déroulé dimanche à l\u2019Accueil Bonneau.Page A 3 C A R O L I N E M O N T P E T I T V ous pouvez choisir de tenter d\u2019envoyer une œuvre sur la Lune, ou, plus modestement, vous atteler à créer la vôtre.À partir de mercredi, l\u2019exposition Do it, créée il y a 23 ans à Paris sous la direction du commissaire suisse Hans Ulrich Obrist, prend l\u2019af fiche à la Galerie de l\u2019UQAM.Toutes les disciplines y sont conviées, de la danse à la littérature, en passant par la musique et les ar ts visuels.Vous pouvez choisir de faire votre œuvre chez vous, sur place, ou même ailleurs dans la ville.Il s\u2019agit en quelque sorte d\u2019une exposition sans œuvre, où chaque visiteur est invité à suivre les instructions laissées par les centaines d\u2019artistes qui ont participé à l\u2019événement depuis 1993.Récapitulons.En 1993, Hans Ulrich Obrist, après une conversation à Paris avec les artistes Christian Boltanski et Bertrand Lavier, décide de créer une exposition qui prévoit l\u2019interprétation à l\u2019infini de directives artistiques données.Il demande à dix artistes de rédiger des instructions pour la création DO IT, À LA GALERIE DE L\u2019UQAM L\u2019exposition dont vous êtes le héros S T É P H A N E B A I L L A R G E O N E n général comme en particulier, la solution à un problème change le problème.Il y a plus d\u2019un nœud dans le vieux système réglementaire de la télévision canadienne ébauché de bric et de broc au cours des dernières décennies.Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), gardien des ondes nationales, a tenu des audiences publiques et a décidé de réformes qui vont favoriser le consommateur.Les abonnés vont par exemple recevoir des factures beaucoup plus complètes, sans mauvaises surprises.Ils pourront s\u2019abonner à un service de base réduit tout en choisissant beaucoup plus de chaînes à la pièce plutôt qu\u2019en bouquet.P?INT CHAUD Par quatre chemins Contenus, travail, déménagement et finances : les défis de Radio-Canada VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Dans le cadre de l\u2019exposition Do it Montréal, les visiteurs peuvent réaliser des œuvres d\u2019art selon les instructions laissées par les artistes.VOIR PAGE A 8 : EXPOSITION VOIR PAGE A 8 : CHEMINS A L E X A N D R E S H I E L D S Q u\u2019elle soit utilisée ou non, la centrale au gaz naturel de Bécancour aura coûté au moins deux milliards de dollars à Hydro-Québec sur une période d\u2019un peu moins de 30 ans, indiquent les données compilées par Le Devoir.La Société d\u2019État s\u2019est en effet engagée à verser à partir de cette année des centaines de millions de dollars supplémentaires à TransCa- nada, propriétaire de cette centrale qui ne produit plus d\u2019énergie depuis 2008.Cette centrale privée, construite au coût de 500 millions de dollars, a produit de l\u2019énergie pour le réseau d\u2019Hydro-Québec de septembre 2006 à décembre 2007.Depuis ce temps, elle n\u2019est plus utilisée pour alimenter les consommateurs québécois, en raison des importants surplus d\u2019énergie dont dispose la Société d\u2019État.Selon cette dernière, la suspension des livraisons de la centrale constitue d\u2019ailleurs «une solution avantageuse pour la clientèle et comportant moins de risques pour Hydro-Québec Distribution».Or, en raison du contrat signé avec TransCa- nada, environ 150 millions de dollars ont dû être versés chaque année entre 2008 et 2014, uniquement pour garder la centrale fermée.Cela équivaut à une somme globale de plus d\u2019un milliard de dollars.Qui plus est, cette entente est en vigueur jusqu\u2019en 2026.Cela signifie qu\u2019Hydro-Québec devra obligatoirement continuer de verser des dizaines de millions de dollars annuellement à la multinationale alber- taine, que la centrale de Bécancour soit utilisée ou non.Il est toutefois impossible de connaître le montant exact.«On ne peut pas dévoiler le montant CENTRALE AU GAZ NATUREL DE BÉCANCOUR 2 milliards pour une centrale fermée VOIR PAGE A 8 : CENTRALE Un réseau cyclable quatre saisons qui rebute les cyclistes Page B 5 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Le p\u2019tit bonheur, Moi, mes souliers.65 ans plus tard, comment l\u2019œuvre de Félix Leclerc peut-elle éclairer la complexité de notre présent ?À LIRE LUNDI : L\u2019hiver qui nous fond sous les patins.Et si la patinoire était le baromètre et le miroir de notre glissement collectif vers le réchau?ement?Sur les airs de L\u2019eau de l\u2019hiver.Sous la plume de Sarah R.Champagne.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Un trajet de métro avec un grain de folie C\u2019est sans pantalon que des dizaines de Montréalais se sont présentés à la station Mont-Royal dimanche dans le cadre de la «No Pants Subway Ride » (« trajet de métro sans pantalon») annuelle.L\u2019objectif : insuffler un peu de folie dans le quotidien des citadins.Organisé par le groupe Improv Everywhere, l\u2019événement a vu le jour à New York en 2002.Depuis, il se répète tous les ans, au mois de janvier, dans une soixantaine de villes, aux quatre coins de la planète.É R I C D E S R O S I E R S D enis Coderre se dit « sous le choc » depuis l \u2019annonce de la démission du maire de l\u2019arrondissement de Montréal-Nord, Gilles De- guire, qui fait l\u2019objet d\u2019une enquête criminelle.Interrogé en marge d\u2019une activité publique à l\u2019Accueil Bonneau, dans le V ieux- Montréal, dimanche, le maire de Montréal s\u2019est fait avare de détails sur l\u2019af faire qui a éclaté jeudi.« On est tous sous le choc, mais on doit l\u2019assumer.La vie continue », a-t-il dit du dépar t précipité de l \u2019ancien policier et élu d\u2019Union Montréal, de Gérald Tremblay, qui s \u2019était présenté, aux der nières élections, sous la bannière de Denis Coderre.On ne sait toujours pas l\u2019objet de l\u2019enquête sur Gilles Deguire.« Ça n\u2019a absolument rien à voir avec le monde municipal ou ses fonctions », s\u2019est contenté de répéter Denis Coderre.Vendredi, l\u2019agence QMI rapportait que l\u2019enquête était menée par le Service de police de la ville de Montréal et que des accusations criminelles pouvaient être déposées dans les 48 heures.Une élection partielle devra être organisée pour remplacer le maire d\u2019arrondissement démissionnaire, a expliqué Denis Coderre.D\u2019ici là, la mairesse suppléante, Chantale Rossi, prendra la relève.Pas de contrôle de l\u2019information Exceptionnellement discret depuis le début de l\u2019année, aussi bien sur la place publique que dans les médias sociaux, le maire de Montréal a af firmé qu\u2019il n\u2019était ni souf frant ni devenu timide.« J \u2019ai seulement pris trois jours de vacances.» Il a profité de l\u2019occasion dimanche pour répondre aux journalistes qui commencent à le soupçonner d\u2019essayer de contrôler l\u2019information émanant de la Ville de Montréal notamment en ce qui a trait aux contrats publics.« Vous avez un maire et une administration qui peuvent faire trois conférences de presse par jour, je ne crois pas que vous manquiez de nouvelles », a dit Denis Coderre.Il rencontrera néanmoins des représentants de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec afin d\u2019aplanir la situation.« On va se rencontrer et on va se trouver une façon de faire.» Le Devoir MONTRÉAL-NORD Coderre «sous le choc» du départ de Deguire J O C E L Y N E R I C H E R à Québec U n dernier hommage a été rendu samedi à l\u2019ex-maire de Québec Jean-Paul L\u2019Allier, à la basilique-cathédrale Notre- Dame de Québec, en présence de nombreux dignitaires.Les funérailles officielles de l\u2019ancien maire, décédé en début de semaine, ont été célébrées par le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, accompagné notamment de l\u2019ex-archevêque de Québec Maurice Couture, qui a prononcé l\u2019homélie.Toutes les personnalités présentes ont souligné à quel point M.L\u2019Allier avait transformé la ville de Québec et assuré son rayonnement international, tout en incar nant un modèle d\u2019homme politique intègre et visionnaire.Plusieurs témoignages touchants ont ponctué la cérémonie.Deux des quatre fils du disparu, Benoît et Simon, ont pris la parole à tour de rôle pour rappeler que leur père, décédé à 77 ans des suites d\u2019une infection cardiaque, avait toujours su trouver le moyen de passer du temps avec sa famille, aller à la pêche et jardiner, malgré un horaire chargé.Fils de boulanger, Jean-Paul L\u2019Allier était fier de ses origines modestes, a dit son fils Benoît.Par la suite, un troisième fils du disparu, Jean-Christophe, a joué une pièce à la flûte à la mémoire de son père.Le drapeau de la ville de Québec a été remis à la veuve de M.L\u2019Allier, Johanne Mongeau.M.L\u2019Allier a été maire de Québec pendant 16 ans, de 1989 à 2005, le plus long mandat de l\u2019histoire de la capitale.Épouser la ville Il aimait dire « qu\u2019il avait épousé la ville de Québec», a raconté dans son homélie l\u2019ex-ar- chevêque Maurice Couture, un ami personnel du défunt, pour illustrer son attachement et son dévouement sans faille envers la capitale, même après son départ de la mairie.Jean-Paul L\u2019Allier, qui a aussi été délégué général du Québec à Bruxelles et auparavant ministre des Affaires culturelles dans les années 70, «représente ce qu\u2019on a fait de mieux au Québec comme dirigeant politique», a commenté, avant la cérémonie, l\u2019ex-premier ministre du Québec Lucien Bouchard, qui a salué son intégrité, rappelant le rôle-clé qu\u2019il a joué pour réaliser contre vents et marées les fusions municipales.« Il laisse un modèle pour les jeunes, un modèle de direction politique et de représentation démocratique », a ajouté M.Bouchard en considérant que le disparu aurait pu aspirer « aux plus grandes fonctions».«Il a été une référence.Il a été un exemple», pour promouvoir la culture québécoise, tant au Québec même qu\u2019à l\u2019étranger, a renchéri l\u2019ex-ministre de la Culture, Louise Beaudoin.Le chef de l\u2019opposition officielle, Pierre Karl Pé- ladeau, est venu rendre hommage à «un grand Québécois», qui a mis «comme on dit en bon français, Québec sur la map».Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a qualifié la contribution du disparu de «remarquable», notamment sur le plan de l\u2019aménagement urbain avec la revitalisation du centre-ville de la capitale.Parmi les autres personnalités présentes, notons les noms des ex-ministres péquistes Louise Harel, Rémi Trudel et Denis de Belleval, du maire de Montréal, Denis Coderre, et du maire de Québec, Régis Labeaume.Amie de longue date du défunt, la romancière Marie La- berge a pris la parole durant la cérémonie pour dire tout le bien qu\u2019elle pensait de l\u2019ancien maire, af firmant que sans lui «la culture qui palpite dans cette ville ne serait pas la même».Une photographie de M.L\u2019Allier, tout sourire, avait été placée près de l\u2019autel, à côté de l\u2019urne contenant ses cendres.Jean-Paul L\u2019Allier a été ministre sous le libéral Robert Bourassa.À la suite de sa défaite aux élections provinciales de 1976, il avait repris sa carrière d\u2019avocat et de conseiller en affaires publiques.Ministre et maire M.L\u2019Allier s\u2019était par la suite vu confier des postes en diplomatie internationale, dont celui de délégué général du Québec à Bruxelles de 1981 à 1984.Il s\u2019est par la suite tourné vers la politique municipale.Élu maire de la capitale en 1989, il été réélu en 1993, en 1997 ainsi qu\u2019en 2001, alors qu\u2019il devait diriger la nouvelle ville élargie, qui avait intégré ses banlieues.La Presse canadienne JEAN-PAUL L\u2019ALLIER 1938-2016 Dernier adieu à un serviteur de la cause publique Il laisse un modèle pour les jeunes, un modèle de direction politique et de représentation démocratique Lucien Bouchard, ex-premier ministre du Québec « » CLÉMENT ALLARD LA PRESSE CANADIENNE L\u2019épouse de Jean-Paul L\u2019Allier, Johanne Mongeau, à la sortie de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, samedi.F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S A près avoir été d\u2019une douceur inhabituelle au cours des derniers jours, l\u2019hiver devrait reprendre ses allures normales dès ce lundi alors qu\u2019un front froid se dirige sur le sud du Québec.De Montréal à Québec en passant par Sherbrooke et Trois-Rivières, les températures par ticulièrement clémentes enregistrées au cours de la fin de semaine ont battu des records, se situant près de 20 degrés au-dessus des moyennes saisonnières.Elles ont été accompagnées par de fortes précipitations, certaines régions ayant reçu entre 25 et 40 millimètres de pluie.Seulement à Montréal, plus d\u2019une trentaine de millimètres d\u2019eau étaient attendus dimanche en soirée et au courant de la nuit.Le mercure devait toutefois chuter dans la nuit de dimanche à lundi, glissant sous le point de congélation ce qui pourrait rendre les routes glacées et périlleuses dans certains secteurs.Des températures froides sont à prévoir au moins jusqu\u2019à mercredi.Des vents particulièrement for ts devraient aussi continuer à souffler en rafale tout le long de la vallée du Saint- Laurent, dépassant par moments les 100 km/h.Des aver tissements de vents ont d\u2019ailleurs été émis dans la grande région de Montréal où d\u2019impor tantes bourrasques déferlaient déjà dimanche en fin de journée.Dans pareil cas, Environnement Canada recommande au public de « porter une attention particulière aux conditions météorologiques potentiellement dangereuses et prendre les mesures de sécurité qui s\u2019imposent ».Plus de 19 000 abonnés d\u2019Hy- dro-Québec ont d\u2019ailleurs été privés d\u2019électricité en milieu de soirée dimanche en raison des grands vents.Les principales pannes étaient dans les régions de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches, au Sa- guenay\u2013Lac-Saint-Jean ainsi que dans le Centre-du-Québec.Rivières fragiles En plus d\u2019avoir fait fondre une bonne partie de la neige accumulée au sol à l\u2019aube de la nouvelle année, le temps doux des derniers jours a fragilisé la glace sur de nombreux cours d\u2019eau québécois.Déjà précaire dans de nombreux secteurs, le couvert de glace s\u2019est encore aminci durant la fin de semaine, disparaissant même par endroits.De l\u2019avis de Pierre Corbin, directeur des opérations pour Hydro Météo, aucune rivière ne présente toutefois de risques pour les habitations se trouvant à proximité .« Avec l\u2019hiver en dents de scie qu\u2019on connaît jusqu\u2019à présent, c\u2019est normal de voir la glace fondre, assure-t-il.Le niveau de l\u2019eau actuel n\u2019est pas suf fi- sant pour être dangereux.» Selon lui, il faudra attendre le printemps, quand la fonte de la neige est plus importante et le débit d\u2019eau plus for t, pour s\u2019inquiéter de quoi que ce soit.Le directeur des opérations rappelle toutefois qu\u2019il ne serait pas prudent de s\u2019aventurer sur les lacs et rivières du Québec en ce moment.« Le couvert de glace était déjà trop faible avant le redoux, soutient-il avec vigueur.Il est préférable d\u2019attendre encore plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avant de s\u2019aventurer sur les surfaces gelées.» Le Devoir MÉTÉO L\u2019hiver devrait reprendre ses aises A R A B I E S A O U D I T E Ottawa pourrait rendre son rapport public Ottawa \u2014 Le gouvernement fédéral ne ferme pas la porte à rendre publique une version expurgée de son rapport sur les droits de la personne en Arabie saoudite.C\u2019est ce qu\u2019a fait savoir au Devoir, samedi, le ministre des Affaires étrangères.« Ces documents sont destinés à un usage interne et sont classifiés.Je serais heureux de publier, sur demande, des versions non classifiées.J\u2019ai demandé aux fonctionnaires du ministère d\u2019examiner les pratiques actuelles concernant ces rapports et de me fournir des recommandations.Je tiens à m\u2019assurer que nous respections la sûreté et la sécurité des sources identifiées », a indiqué le ministre Stéphane Dion dans une déclaration transmise par courriel.Plusieurs organismes demandent la divulgation de ce document depuis qu\u2019Ottawa a autorisé l\u2019exportation de centaines de véhicules blindés légers au royaume saoudien.Le gouvernement conservateur avait refusé de dévoiler ce document.Le Devoir L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 S itôt soulevé par le tronc, mon beau sapin a laissé ses aiguilles tomber dru sur ma dernière journée de congé.Tout ce vert était soudain devenu bien plus fragile que le verre.Et me voilà à consacrer cette journée à nettoyer les planchers pour avoir voulu m\u2019offrir la mort d\u2019un arbre comme symbole de vie.Ce doit être pareil dans nombre de maisons.Au Québec, plus de 1,2 million de sapins de Noël ont été coupés et vendus cette année.Ces rois déchus de nos forêts se retrouvent ces jours-ci à la rue.Tandis que l\u2019humanité a soif de vert, il pleut chez nous des épines.Il en tombe tellement qu\u2019on en trouvera partout encore l\u2019été revenu.Début janvier, je me trouve en pleine campagne, les deux pieds plantés au beau milieu d\u2019un rang de sapins.Au temps de mon enfance, ce champ comme tant d\u2019autres était voué à la culture maraîchère.On y cultivait des patates et du fourrage, selon un principe de rotation.Ces vastes espaces sont désormais couverts de sapins baumiers au vert sédentaire.Ils offrent un paysage insolemment triste.On peut compter à mes pieds des centaines d\u2019arbres coupés, ensachés d\u2019un filet de plastique blanc.Ils ont été abandonnés aux neiges, faute d\u2019avoir pu être vendus à temps pour les Fêtes.Symbole de la persistance de la lumière au jour du solstice d\u2019hiver, le vert des conifères est devenu un produit de très grande consommation qui a conduit la sylviculture plus loin encore dans l\u2019entonnoir de la monoculture intensive.En matière de forêt, je ne connais pas en tout cas d\u2019autres efforts privés qui soient consacrés avec une telle intensité au développement d\u2019autres essences d\u2019arbres, celles dont les qualités exigeraient un rapport au temps et à l\u2019argent différent de celui qui prévaut à l\u2019ère morti- fère du sapin prêt à jeter.Qu\u2019adviendrait-il si les champs oubliés de nos campagnes étaient voués à la plantation puis à la culture des essences plus riches et diversifiées, des chênes rouges et blancs, des noyers cendrés, des tilleuls jaunes, des érables à sucre au bois parfois si merveilleusement piqué ?Les plantes sont gourmandes et fragiles en monoculture.Il faut sans cesse fertiliser et arroser contre les maladies.Moins la diversité est grande, plus les parasites et les microbes pullulent.La société tout entière est de plus en plus envisagée comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une simple plantation.Chaque année, à l\u2019heure de jeter nos sapins à la rue, les médias rappellent de façon quasi rituelle que les milliardaires qui gouvernent nos vies de plus en plus semblables ont déjà engrangé, dans ces tout premiers moments du Nouvel An, plus d\u2019argent qu\u2019un travailleur n\u2019en gagnera durant les douze mois suivants.En moyenne, les cent patrons les mieux payés au Canada gagnent près de 50 000 $ dès la mi- journée du 2 janvier.En 1998, ils gagnaient en une année 105 fois le salaire moyen des employés canadiens.En 2014, comme le rappelait mon collègue Éric Desrosiers (« L\u2019écart continue de se creuser avec les 100 patrons les mieux payés », Le Devoir du 5 janvier), ce rap- por t avait désormais grimpé à 184 fois.Les écarts entre riches et pauvres vont croissant.Un peuple habitué à consommer des sapins en hiver et à avaler des couleuvres en été sait manifestement comment se comporter pour assurer le bonheur de ces milliardaires à jamais dans la douceur du vert.Il suffit de se laisser cuisiner toute l\u2019année.Et quand la table est mise, ne pensez pas vous y installer : on vous dirait que vous risqueriez de salir la nappe.Les puissants célèbrent et trinquent, tout en laissant entendre que même lorsqu\u2019on est pauvre comme du gros sel, on peut un jour devenir milliardaire comme eux, à condition bien sûr de faire quelques centaines d\u2019heures supplémentaires chaque jour.Chez les riches, le sens de la justice apparaît de plus en plus à sens unique.Autant d\u2019argent si rapidement gagné repré- sente-t-il un danger ?Notre système aime répéter que non, les yeux bien dilatés à force d\u2019admirer la cohorte de ventrus qui le contrôle.Quand ce système s\u2019avise à l\u2019occasion de la sédition que ses excès risquent de provoquer, ce n\u2019est pas pour se réformer, mais pour dénoncer ceux de ses représentants qui, à force d\u2019être trop grossièrement voyants, risquent de faire repérer les diamants de tous les autres.Je lisais il y a quelques jours qu\u2019un ancien motard est devenu un étudiant brillant à HEC Montréal.Normand Robitaille a dû faire d\u2019abord des classes préparatoires en prison parce qu\u2019il avait été condamné pour complicité avec Maurice « Mom » Boucher.Toujours est-il qu\u2019il montre beaucoup d\u2019« habileté en af faires », observe la Commission des libérations conditionnelles, qui s\u2019en inquiète néanmoins dans un rapport récent.Elle rappelle que ce sont les perspectives de gains financiers intéressants et rapides qui ont conduit cet homme à s\u2019exclure de la société.Afin qu\u2019il puisse la réintégrer, on lui recommande donc de modérer ses appétits financiers.Mais pourquoi cette recommandation, pour sensée qu\u2019elle soit, s\u2019adresse-t-elle seulement à ce mauvais garçon?Est-il seul à agir de la sorte?Les vœux de la nouvelle année lancés, nous courons plus légers et sans souci vers les mêmes précipices que la veille, sans nous alerter du fait que nous risquons de plus en plus de glisser sur toutes les aiguilles qui s\u2019accumulent à nos pieds.jfn@ledevoir.com Les aiguilles JEAN-FRANÇOIS NADEAU D I A N A M E H T A U ne Première Nation de l\u2019Ontario se rendra en Cour suprême pour contester l\u2019inversion de la canalisation 9B de l\u2019oléoduc d\u2019Enbridge, qui assure la liaison entre Sarnia et Montréal.La bataille judiciaire sur la canalisation 9B opposera la Première Nation Chippewas de la Thames à Enbridge, l\u2019Office national de l\u2019énergie (ONE) et la Procureure générale du Canada.L\u2019oléoduc vieillissant a suscité une levée de boucliers lorsque l\u2019entreprise canadienne a annoncé en 2012 qu\u2019elle avait l\u2019intention d\u2019inverser la canalisation 9B et d\u2019augmenter sa capacité.Les plans d\u2019Enbridge ont depuis été approuvés par l\u2019ONE.Elle a également satisfait à toutes les réglementations et a commencé à travailler sur sa nouvelle configuration.Les arguments juridiques des Autochtones s\u2019articulent autour de la responsabilité de la Couronne de consulter et de satisfaire les Premières Nations concernant leurs inquiétudes sur le projet.La Première Nation allègue qu\u2019elle n\u2019a pas été consultée correctement sur l\u2019oléoduc qui passera également sur son territoire.«L\u2019affaire a des implications importantes pour les Premières Nations de partout au pays», a déclaré la chef, Leslee White-Eye.Selon elle, les entreprises qui construisent les oléoducs ne devraient pas être celles qui se préoccupent des obligations constitutionnelles.Lorsque l\u2019Office national de l\u2019énergie a approuvé la demande d\u2019Enbridge, la Première Nation avait porté en appel la décision à la Cour d\u2019appel fédérale, ce qui leur a été refusé en octobre.Les Chippewas de la Thames demandent maintenant à la Cour suprême du Canada l\u2019autorisation de poursuivre cet appel.« Nous avons un ancien gouvernement qui refusait de venir à la table et d\u2019honorer les obligations de la Couronne en vertu de la Constitution.Ils ne se sont pas impliqués dans un processus qui avait des failles [\u2026] Ça aurait dû être entre la Nation et la Couronne », a ajouté Mme White-Eye.Pas de commentaires La canalisation 9B est fonctionnelle depuis 1976, allant de l\u2019ouest vers l\u2019est.La ligne a été inversée à la fin des années 1990, en raison des conditions du marché.Elle ravitaille au- jourd\u2019hui la raf finerie de Suncor Énergie, à Montréal.Enbridge n\u2019a pas voulu évoquer publiquement les procédures judiciaires, mais elle a rappelé que la canalisation 9B fonctionnait de façon sécuritaire depuis plus de 40 ans.L\u2019Office national de l\u2019énergie et le bureau de la procureure générale du Canada ont refusé de commenter la nouvelle.La Presse canadienne Oléoduc 9B : des autochtones se tournent vers la Cour suprême JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les sans-abri qui participaient au repas recevaient aussi des vêtements\u2026 et les honneurs des bénévoles, qui les accueillaient en applaudissant.É R I C D E S R O S I E R S U n plus grand engagement des pouvoirs publics et une meilleure interaction avec les intervenants sur le terrain sont de bons présages dans la lutte contre l\u2019itinérance, estime le maire de Montréal, Denis Coderre.L\u2019Accueil Bonneau a tenu dimanche son traditionnel Dîner des rois dans ses locaux du Vieux-Montréal.Comme chaque année, environ 500 itinérants se sont vu servir un repas chaud et gratuit par des dizaines de bénévoles, parmi lesquels se trouvaient le maire Coderre et l\u2019archevêque de Montréal, Christian Lépine, entourés de journalistes.Toutes les places pour l\u2019un des nombreux services se sont rapidement envolées et il y avait aussi beaucoup de monde dans les autres salles communes en cette pluvieuse journée de janvier.En marge de l\u2019événement, Denis Coderre a déclaré que « beaucoup » de progrès avait été réalisé ces derniers mois sur le chemin d\u2019une réduction du problème de l\u2019itinérance.« Tant du côté du gouvernement du Québec que du gouvernement du Canada et puis de la Ville de Montréal et de l\u2019ensemble des organismes, je pense qu\u2019on envoie un message qu\u2019on va voir la lumière au bout du tunnel », a-t-il af firmé aux journalistes.Tous ces intervenants ne sont pas toujours d\u2019accord, a-t-il admis, « mais tout le monde se parle et tout le monde est en mode solution.Et ça, c\u2019est un changement».« Parce qu\u2019il fallait bien commencer par le commencement », il en veut entre autres pour preuve le décompte des itinérants réalisé en mars par Montréal et qui est arrivé à un total de 3016 personnes, dont un peu moins de 2000 vivant en itinérance chronique ou cyclique.Le nouveau gouvernement libéral à Ottawa a exprimé le désir de procéder lui aussi à un décompte, mais pour tout le pays.Il cite également les politiques sur l\u2019itiné- rance que se sont données le gouvernement du Québec ainsi que sa ville.Le mois dernier, Montréal s\u2019est fixé comme objectif de sortir 2000 itinérants de la rue en cinq ans.Un protecteur des itinérants La Ville est aussi à la recherche d\u2019un Protecteur des personnes itinérantes.La personne qui occupera cette nouvelle fonction doit servir à la fois de conseiller auprès du maire, « trait d\u2019union» entre les pouvoirs publics et les organismes sur les terrains, et parfois même de personne ressource auprès des itinérants eux- mêmes qui n\u2019auraient pas trouvé ailleurs un petit coup de pouce nécessaire, a expliqué Denis Coderre.Attaché au bureau du maire, le nouveau protecteur aura aussi pour mission d\u2019y rappeler sans cesse l\u2019importance de sa cause.Le maire de Montréal se réjouit également de la volonté d\u2019Ottawa de construire de nouveaux logements sociaux et de permettre enfin les sites d\u2019injection de drogues supervisés.«Tout cela démontre qu\u2019on a couvert tous les angles qui touchent la question des sans-abri et qu\u2019on va tous mettre l\u2019épaule à la roue», a-t-il conclu.Tout n\u2019est pas encore parfait, a-t-il concédé volontiers.Les portes de certaines haltes chauffantes, créées il y a un an pour abriter les itinérants les jours de grand froid, sont restées closes en début de semaine dernière, à Montréal, en dépit d\u2019un thermomètre à \u201315°C et d\u2019une température ressentie de \u201328°C.Cette mésaventure était le fruit d\u2019un «malentendu», a expliqué le maire Coderre qui s\u2019est dit ouvert à ce qu\u2019on revoie à la hausse la température minimale (- 27°C) à partir de laquelle cette aide est offerte.«Mais personne n\u2019a été laissé pour compte», a-t-il assuré.Pas trop d\u2019illusion à l\u2019Accueil Bonneau L\u2019Accueil Bonneau a profité de l\u2019événement de dimanche pour remercier ses généreux donateurs, mais a rappelé aussi qu\u2019il aimerait que le gouvernement du Québec apporte une contribution plus généreuse.Actuellement, elle s\u2019élève à 15% (369 000$) d\u2019un budget de fonctionnement d\u2019environ 3 millions.On voudrait que cette proportion s\u2019élève à 35% (1 million), soit l\u2019équivalent de la masse salariale des employés faisant du travail d\u2019intervention psychosociale relevant normalement de la responsabilité de Québec.«Cela fait des années qu\u2019on fait cette requête», a expliqué le directeur général de l\u2019organisme, Aubin Boudreau, qui avoue toutefois ne pas trop se faire d\u2019illusion à court terme en cette période de restrictions budgétaires.Longtemps à la tête de l\u2019organisme, la sœur Nicole Fournier se réjouit de la nouvelle résolution des politiciens de s\u2019attaquer au problème de l\u2019itinérance, mais reste elle aussi prudente.« C\u2019est bien de vouloir sortir les gens de la rue.C\u2019est une chose à laquelle nous contribuons, à l\u2019Accueil Bonneau, chaque année, dit la relieuse à la tête blanche qui reste tout aussi engagée qu\u2019auparavant.Mais l\u2019important est qu\u2019il n\u2019en arrive pas aussi continuellement de nouveaux.Or, la demande est croissante.» Le Devoir ITINÉRANCE Coderre optimiste quant à l\u2019avenir des « rois » Les bonnes résolutions du maire ont été accueillies avec prudence lors du Dîner des rois de l\u2019Accueil Bonneau Tout le monde se parle et tout le monde est en mode solution.Et ça, c\u2019est un changement.Denis Coderre, maire de Montréal « » L\u2019affaire a des implications importantes pour les Premières Nations de partout au pays Leslee White-Eye, chef de la Première Nation ontarienne Chippewas de la Thames « » B O B W E B E R L es incendies de forêt dans les parcs nationaux du Canada ont atteint un record l\u2019an dernier, en nombre et en superficie, et ont épuisé les ressources réser vées à la lutte contre les incendies.Le rapport annuel des incendies de Parcs Canada dénombre 122 incendies qui ont brûlé 4600 kilomètres carrés en 2015, soit neuf fois et demie la superficie de l\u2019île de Montréal.La moyenne annuelle est de 82 feux.En 2014, 3000 kilomètres carrés avaient été brûlés par des incendies non prescrits.Le pire des dommages a été concentré dans un seul parc en 2015.Les flammes ont ravagé 3700 kilomètres carrés de terrain à Wood Buffalo, à la limite de l\u2019Alberta et des Territoires du Nord-Ouest.Parcs Canada consacre environ 8 millions de dollars par année à la lutte contre les incendies.L\u2019argent non utilisé est gardé pour les saisons de feux plus actives.Les éclairs tombant sur des forêts de bois sec ont permis à 2015 d\u2019enregistrer la troisième année record consécutive.La lutte contre les incendies a coûté 14 millions de dollars l\u2019été dernier.Les surplus mis de côté sont pratiquement épuisés, a affirmé Jeff Weir, le directeur de la gestion nationale des feux chez Parcs Canada.«Cela signifie que, l\u2019an prochain, nous obtiendrons notre allocation de 8 millions et, si nous la dépensons, nous devrons nous tourner vers d\u2019autres sources de financement de Parcs Canada pour couvrir les coûts.» «Ce n\u2019est pas une tâche que nous pouvons ignorer », a-t-il fait valoir.L\u2019argent viendrait alors de fonds réservés à des projets de restauration écologique, par exemple.Climat Des scientifiques du climat avaient prédit que le réchauffement climatique appor terait des saisons d\u2019incendie plus graves.Les parcs nationaux en ressentent l\u2019ef fet, a af firmé M.Weir.« Si les changements climatiques apportent des étés plus longs et plus secs, nous allons connaître des saisons de feux plus longues, ce qui apportera plus d\u2019allumages et des incendies plus imposants.Les changements climatiques risquent d\u2019augmenter la charge d\u2019incendie à travers le Canada.» Par ailleurs, Parcs Canada a aussi établi, en 2015, un record de feux prescrits, soit des incendies allumés et contrôlés par le personnel pour reproduire le cycle naturel de rajeunissement de la forêt par le feu.L\u2019agence a provoqué 28 de ces feux dans 12 parcs nationaux.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Résultats des tirages du : Résultats des tirages du : En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité.compl.compl.l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s COMPL.13 15 21 24 25 36 48 10 50 000 000 $ Prochain gros lot (approx) : 6 5284770 5 000 000 $ 05 22 30 33 45 48 29 07 11 12 36 37 40 46 2016-01-09 2016-01-08 + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 24356995-01 Prochain gros lot (approx.) : 2380108 + lots de 1 million $ (APPROX.) WONG MAYE ASSOCIATED PRESS La Corée du Nord de Kim Jong-un aurait procédé, la semaine dernière, à son quatrième essai nucléaire, clamant cette fois-ci avoir testé une bombe à hydrogène (ou «bombe H»).Ci-dessus, des soldats nord-coréens arborant le sigle nucléaire lors d\u2019une cérémonie.M I K E B L A N C H F I E L D à Ottawa L e Canada prévoit relancer des discussions internationales, bloquées depuis un certain temps, pour éliminer de la face de la terre un ingrédient clé dans la fabrication d\u2019armes nucléaires, a appris La Presse canadienne.L\u2019ambassadrice du Canada aux Nations unies commencera cette semaine à faire la promotion d\u2019un renouvellement des négociations d\u2019un traité sur l\u2019interdiction de la production de matières fissiles (Fiss i le Mater ia l Cut -of f Treaty, FMCT), qui viserait à contrôler l\u2019accès à l\u2019uranium enrichi et au plutonium.En parallèle, le premier ministre, Justin Trudeau, doit assister au printemps au sommet sur la sécurité nucléaire du président américain, Barack Obama.Cela fait des mois que le Canada veut se pencher sur les efforts de non-prolifération des armes nucléaires.Le récent test allégué d\u2019une bombe hydrogène par la Corée du Nord a toutefois révélé l\u2019urgence de la situation, selon Rosemar y McCarney, la représentante permanente du Canada auprès des Nations unies.« Je pense que ça a donné des frissons à la communauté internationale et ravive ces discussions et ce débat», a-t-elle expliqué.Mme McCarney tiendra cette semaine la première d\u2019une série de rencontres à la Conférence mondiale du désarmement, l\u2019organisme onusien du contrôle des armes, dans le but de reprendre cette année les négociations pour la création d\u2019un traité sur les matières fissiles.60 ans de discussions Le cahier d\u2019information remis à Justin Trudeau après son élection indique que le début des ef for ts de l\u2019ONU pour élaborer cette entente remonte à près de 60 ans et qu\u2019ils sont dans une impasse.« Un FMCT est au programme de l\u2019ONU depuis 1957 » , indique la note obtenue en ver tu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.En 1995, le Canada a parrainé un accord sur un mandat de négociation pour le traité, mais les ef for ts ont été suspendus.« Depuis 2008, le Pakistan bloque le travail pour le FMCT.Mais le Canada a également travaillé avec l\u2019Allemagne, les Pays-Bas et l\u2019Australie pour faire avancer le projet », dit le document.En 2012, le Canada a fait une nouvelle tentative en proposant à l\u2019Assemblée générale de l\u2019ONU une résolution pour établir un comité d\u2019exper ts pour faire progresser l\u2019accord.D\u2019autres rencontres et d\u2019autres rapports ont suivi.Just in T r udeau prévoit maintenant soutenir un nouveau processus, le quatrième et dernier sommet sur la sécurité nucléaire de M.Obama.L\u2019automne dernier, M.Trudeau a déclaré qu\u2019il voulait trouver des moyens pour travailler sur des dossiers internationaux avec le président américain, durant sa dernière année au Congrès.Stephen Harper avait annoncé 28 millions de dollars pour la sécurité nucléaire au sommet américain de 2014 et M.Trudeau va probablement lui-même faire une annonce semblable cette année, selon son cahier d\u2019information.Dans une autre note, on apprend que le Canada considère qu\u2019une interdiction complète des armes nucléaires n\u2019est pas possible politiquement, puisque certains États qui possèdent de telles armes refusent de négocier.Un FMCT négocié serait toutefois une première étape importante.L\u2019exemple de l\u2019accord nucléaire iranien est encourageant, croit Rosemary McCar- ney.« Nous pouvons espérer pouvoir dire, dans les années à venir, qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un bon exemple d\u2019un pays qui était sur la voie de l\u2019armement nucléaire et qui y a renoncé.» Quant à la Corée du Nord, le Canada continuera de collaborer étroitement avec ses alliés et maintiendra ses sanctions, a fait savoir l\u2019ambassadrice.« Est-ce que j\u2019ai une vision optimiste pour l\u2019avenir immédiat en Corée du Nord ?Non», a-t-elle reconnu.La Presse canadienne Le Canada veut relancer la marche vers la dénucléarisation N\u2019 ayant pas le statut de parti officiel à la Chambre des communes, le Bloc québécois entend obtenir de la « visibilité » cette année en intervenant régulièrement sur le terrain, dans les réseaux sociaux et certains médias.C\u2019est ce que déclare à La Presse canadienne le député et président du Bloc, Mario Beaulieu, précisant que sa formation assurera une présence constante pour défendre les intérêts du Québec à Ottawa.M.Beaulieu affirme que la « belle ouverture » manifestée par le premier ministre Justin Trudeau dès son élection s\u2019est déjà transformée en « fermeture » lorsqu\u2019il s\u2019agit du Québec.Le député de la Pointe-de- l\u2019Île donne en exemple les récents propos du premier ministre qui a fait un parallèle entre les commentaires sur les musulmans du candidat à l\u2019investiture républicaine aux États-Unis Donald Trump et la charte des valeurs que voulait faire adopter le dernier gouvernement péquiste.Mario Beaulieu constate également que Justin Trudeau serait disposé à négocier de « nation à nation » avec les peuples autochtones, ce que le Bloc appuie, mais qu\u2019il ne serait pas prêt à le faire avec le Québec sur la même base.Prochain chef Questionné sur la possibilité qu\u2019il tente de solliciter de nouveau le poste de chef du Bloc québécois, Mario Beaulieu dit que «rien n\u2019est écarté», mais il af firme aussi que le député Rhéal Fortin fait un travail exceptionnel et rassembleur comme chef intérimaire.Il ajoute toutefois que « l\u2019avenir réserve parfois des surprises».M.Beaulieu souligne que ce sont les membres qui décideront de l\u2019avenir du parti, et que le prochain conseil général, probablement à la fin du mois de février, permettra de faire le point.La Presse canadienne Le Bloc refuse de se laisser reléguer à l\u2019arrière-ban Les feux records ont vidé les réserves de Parcs Canada LA PRESSE CANADIENNE/PARC NATIONAL DE JASPER Des feux ont ravagé une partie de la vallée de Maligne, au parc national de Jasper (Alberta), l\u2019été dernier.G I U S E P P E V A L I A N T E Québec évalue combien de places subventionnées en garderie dans son réseau déjà surchargé il pourrait of frir à des réfugiés syriens.Le ministère de la Famille af firme cependant que les listes d\u2019attente seront respectées.Tous les centres de la petite enfance (CPE) du Québec sont présentement pleins.Les seules places disponibles se trouvent dans les services de garde en milieu familial, a indiqué Nadia Caron, une porte-parole du ministère de la Famille.Le gouvernement ignore toutefois le nombre exact de places disponibles.Les services de garde abordables risquent d\u2019être sollicités, avec l\u2019arrivée des 7000 réfugiés syriens d\u2019ici la fin de 2016.Les parents chercheront à terme à intégrer le marché du travail ou à suivre des cours de français.Priorité respectée Les réfugiés sont admissibles aux places subventionnées et à l\u2019aide du gouvernement, qui réduirait considérablement le prix quotidien d\u2019une place, si seulement il peut en trouver une, a expliqué Nadia Caron.Mais les listes d\u2019attente seront respectées.« C\u2019est sûr que les priorités demeurent sur les listes d\u2019attente existantes, par respect pour les familles qui attendent déjà des places subventionnées», a confirmé Mme Caron.Le ministère tente d\u2019évaluer le nombre de places disponibles dans les régions où seront localisées les familles de réfugiés dans les mois à venir.«Le décompte est en train de se faire », a-t-elle affirmé.Un fascicule d\u2019information sera ensuite créé et traduit pour les familles syriennes, qui y apprendront comment et où trouver une place en garderie.Cer tains centres communautaires qui offrent des cours de français aux immigrants offrent des haltes-garderies ou des places à tarif réduit, mais elles ne sont que temporaires et les parents perdent accès au système une fois qu\u2019ils ont achevé leurs cours.D\u2019après Chantal Hudson du conseil des Canadiens syriens, 98% des quelque 2600 Syriens déjà arrivés au Québec sont parrainés par des familles ou des groupes communautaires.Au fil des prochains mois, les réfugiés qui atterriront dans la province seront parrainés par le gouvernement et auront donc moins de contacts.C\u2019est là que la pression se fera probablement sentir sur les services de garde.Québec a prévu 29 millions de dollars pour installer 7000 réfugiés d\u2019ici la fin de l\u2019année.Il n\u2019est pas précisé si cette somme comprend un montant pour la garde d\u2019enfants ou si le gouvernement demandera l\u2019aide d\u2019Ottawa pour financer ce service.La Presse canadienne RÉFUGIÉS Le réseau des garderies subventionnées sera sollicité Vancouver : Trudeau condamne l\u2019attaque L\u2019attaque au gaz poivré commise contre des réfugiés syriens à Vancouver a été vivement dénoncée, samedi, le premier ministre Justin Trudeau soutenant qu\u2019elle ne re?était pas l\u2019attitude du Canada envers les immigrants.La police a ouvert une enquête sur l\u2019incident survenu vendredi soir, le considérant comme un crime haineux.Selon les autorités, plus d\u2019une dizaine de personnes étaient rassemblées devant le centre de l\u2019Association musulmane du Canada à l\u2019occasion d\u2019une soirée d\u2019accueil pour des réfugiés syriens lorsqu\u2019un homme en vélo a aspergé la foule de gaz poivré.Environ 15 personnes, dont des enfants, ont dû recevoir des soins à la suite de l\u2019attaque.M.Trudeau a écrit sur Twitter, samedi, que l\u2019attaque était «contraire à ce que nous sommes».Juge Nadon : l\u2019avocat Galati veut être remboursé Les avocats qui ont contesté la nomination du juge Marc Nadon à la Cour suprême iront devant un tribunal lundi pour demander d\u2019être remboursés pour le travail qu\u2019ils ont accompli.Dans des documents déposés à la Cour d\u2019appel fédérale, Rocco Galati soutient qu\u2019il a droit à une compensation pour sa bataille qui visait à défendre l\u2019intégrité de la Constitution du pays et du système judiciaire.En 2013, le gouvernement conservateur avait nommé Marc Nadon comme juge à la plus haute cour du Canada.Me Galati avait contesté son admissibilité.Le gouvernement Harper avait renvoyé le dossier devant la Cour suprême, qui a elle-même invalidé la nomination de M.Nadon, rendant inutile la contestation de MeGalati.Ce dernier réclame 51 706,54$, un montant calculé sur la base d\u2019un taux horaire de 800$, pour le travail effectué.Son collègue, Paul Slansky, demande 16 769,20$.La Cour fédérale leur a accordé un total de 5000$.Les avocats sont d\u2019avis que ce n\u2019est pas suffisant et feront valoir leur position devant la Cour d\u2019appel.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 6 SOCIETE A 5 JOËL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE C e n\u2019est plus seulement Exxon qui se retrouvera sur la sellette en 2016 : juste avant les Fêtes, de nouveaux documents ont révélé que, entre 1979 et 1983, les principaux joueurs mondiaux du pétrole avaient été membres d\u2019un comité de travail partageant des recherches sur les risques d\u2019un futur réchauffement climatique causé par leurs émissions de gaz à effet de serre.De quoi inspirer ceux qui parlent de désinvestissement\u2026 « Nous voulions comprendre cette science en émergence, les implications que cela avait et les améliorations qui pourraient être faites, si possible, pour réduire les émissions» de gaz à effet de serre, a expliqué au magazine Inside Climate News celui qui fut jadis le directeur de ce groupe de travail.Ce comité était chapeauté par l\u2019Institut américain du pétrole, principale association internationale des pétrolières (Texaco, Shell, Amoco, etc.) et principal lobbyiste.Plus tôt en 2015, Inside Climate News et le Los Angeles Times ont publié une série de reportages révélant que, dès la fin des années 1970, des chercheurs au sein de la multinationale Exxon avaient tiré la sonnette d\u2019alarme sur un éventuel réchauffement climatique; l\u2019entreprise avait même été, pendant quelques années, à l\u2019avant-garde des recherches sur le climat.Mais, dix ans plus tard, elle était plutôt à l\u2019avant-garde des mouvements climatosceptiques, qu\u2019elle allait généreusement financer pendant deux décennies.En 1998, l\u2019Institut américain du pétrole avait lancé une campagne pour convaincre le public américain et les politiciens que la science du climat était trop incertaine pour que les États- Unis prennent le risque de signer le protocole de Kyoto, qui venait alors d\u2019être adopté.Du carburant aux écologistes Dans les nouveaux documents, on trouve par exemple une note de service datée du 6 septembre 1979 qui suggère que soit précisé, dans un document de synthèse alors en préparation, le fait que le réchauffement causé par la hausse du CO2 dans l\u2019atmosphère pourrait commencer à être «mesurable dans les 20 prochaines années».Ces révélations ont donné, dans les dernières semaines de 2015, du carburant aux écologistes et même à certains politiciens, qui y voient la possibilité de déclencher des poursuites judiciaires contre Exxon, de la même façon que des compagnies de tabac ont été poursuivies pour avoir dissimulé de l\u2019information sur les impacts délétères du tabac.L\u2019année 2016 pourrait donc être nourrie par des enquêtes préliminaires et des débats juridiques sur qui savait quoi au tournant des années 1980.C\u2019est l\u2019un des deux dossiers sur ce front en 2016.L\u2019autre, d\u2019après les annonces faites en marge de la Conférence de Paris sur le climat, sera la campagne de désinvestissement des carburants fossiles.Depuis trois ans, elle a été appuyée par des universités, des villes, des collectivités locales.Mais, de l\u2019avis de l\u2019organisme 350.org, qui a piloté cette campagne, si des pays voulaient démontrer leur sérieux envers l\u2019accord de Paris, une façon de le faire pourrait être d\u2019annoncer qu\u2019ils retirent leurs placements des carburants fossiles.En mars dernier, la Fondation David-Suzuki et d\u2019autres suggéraient carrément à la Caisse de dépôt et placement du Québec d\u2019emboîter le pas.Agence Science-Presse Le mensonge des pétrolières sur le climat J O N A S P U L V E R Q uestion : depuis le début du siècle passé, combien de temps a-t-il fallu aux différents outils de communication et de dif fusion pour atteindre 50 millions d\u2019utilisateurs ?La radio : 38 ans.La télévision : 13 ans.L\u2019iPod : 4 ans.Internet : 3 ans.Facebook : 1 an.Twitter : 9 mois.Ces chiffres, publiés par le cabinet McKinsey, permettent de saisir la révolution en cours.Avec 1,5 milliard d\u2019utilisateurs, Facebook est l\u2019emblème de ce changement de paradigme.Les médias sociaux réorganisent la manière dont nous partageons, évaluons, achetons, publions, jouons, travaillons, discutons, projetons notre image\u2026 Selon une récente étude du Pew Research Center, un quar t des adolescents américains sont sur les réseaux sociaux « presque constamment » et 56 % se connectent de nombreuses fois par jour.Le taux de pénétration des plateformes sociales aux États-Unis est passé de 8 % en 2005 à 75 % actuellement, jusqu\u2019à 90 % chez les 18- 29 ans.En Inde, Facebook a gagné 13 millions d\u2019utilisateurs durant la première moitié de l\u2019année 2015.«Aujourd\u2019hui, 70% de l\u2019accès à Internet se fait au moyen d\u2019une application, donc d\u2019un terminal portable», commente Frédéric Martel, journaliste et auteur des livres Smart et Mainstream.Dans de nombreux pays de l\u2019Afrique ou de l\u2019Asie, la transition est encore plus rapide, puisqu\u2019on y possède un téléphone intelligent avant même un ordinateur.Au-delà de la domination globale de Facebook (qui possède Instagram et WhatsApp) et de Twitter, il existe une constellation de réseaux sociaux plus localisés, note Frédéric Martel : Line au Japon, Taringa ! en Argentine, Weibo ou Renren en Chine.« Lorsque je me rends dans la Silicon Valley, j\u2019ai toujours l\u2019impression que tout le monde veut créer un nouveau réseau social », sourit-il.Encore faut-il y parvenir, à l\u2019image de Nextdoor (une application de voisinage), Yik Yak ou Medium, «un outil de publication de textes longs, peut-être la révélation de l\u2019année».Environnement disruptif Pour les marques et les institutions, il s\u2019agit de naviguer dans cet environnement disruptif.«Il y a huit ans, très peu d\u2019entreprises avaient un budget pour les médias sociaux; aujourd\u2019hui, plus personne n\u2019en conteste la nécessité», observe Yan Luong, stratège réseaux au Comité international de la Croix- Rouge et chargé de cours à l\u2019Université de Genève.Social media architect, social media analyst : de nouvelles fonctions sont apparues, avec la nécessité de favoriser le digital engagement, à savoir «la capacité à converser avec ses parties prenantes».Et sur l\u2019échiquier politique?Yan Luong: «En Europe, il me semble qu\u2019il y a désormais plus de bruit, mais pas plus de par ticipation.En revanche, Twitter et Facebook ont joué un rôle important dans les événements du Printemps arabe ou d\u2019Occupy Central à Hongkong.» De manière générale, le Web offre une solution de rechange et un lieu de débat lorsque les structures d\u2019information traditionnelles se sont effondrées; «dans les pays émergents, le changement est énorme».Socrata, Change.org, Smartvote, Turbovote, Na- tionBuilder : Frédéric Martel estime pour sa part que le mouvement de la «démocratie liquide» et du civic tech (la mise en œuvre de la participation et du bien commun par le numérique) va se déployer au moyen des réseaux.Côté culture, les nouveaux modes de recommandation et de circulation prennent le pas sur la critique traditionnelle.Frédéric Martel en appelle à la smart curation, un mix entre tri algorithmique et sélection humaine.Il souligne aussi comment les réseaux sociaux ont vu l\u2019émergence de nouvelles pratiques, à l\u2019image des ins- tapoets (qui postent leurs vers sur Instagram) ou des booktubers (qui font de YouTube une nouvelle agora littéraire).L\u2019hyper-mainstream comme l\u2019hyperniche sont accentués.Si les jeunes utilisent intensivement les réseaux sociaux, leur maîtrise en est aussi plus haute que celle de leurs parents.En témoigne le succès de WhatsApp et SnapChat auprès des ados les plus éduqués, selon le Pew Research Center.Yan Luong : « On s\u2019envoie du contenu riche, mais dans des groupes fermés, sans like, sans comparaison.» Retour au privé.La protection des données produites sur les réseaux demeure néanmoins cruciale, d\u2019autant plus dans le contexte quasi monopolistique de Facebook.Pour Yan Luong comme pour Frédéric Martel, la négociation et l\u2019application de normes internationales sont les enjeux majeurs des années à venir.Le Temps La révolution des réseaux sociaux Communication, culture, politique, vie privée, recommandation, achat, identité, tout cela a été bouleversé en une quinzaine d\u2019années à peine LEON NEAL AGENCE FRANCE-PRESSE C\u2019 est fou comment la réalité peut se distordre lorsqu\u2019on a la contemple uniquement le nez collé sur un petit coin de rue.En y regardant passer des vélos sur une piste cyclable, été comme hiver, un café lait d\u2019amande latte en main, il est facile en effet d\u2019y croire que la voiture n\u2019a désormais plus trop la cote chez les jeunes qui désormais expriment leur passage à l\u2019âge adulte et leur ascension sociale au moyen des appareils technologiques qu\u2019ils exhibent avec ostentation.L\u2019iPhone 6 aurait remplacé la Camaro.Le Samsung Galaxy, la Chevy.La prophétie a été racontée régulièrement dans les dernières années, y compris dans ses pages, en annonçant, non sans un certain ravissement, le déclin prévisible du monde de l\u2019automobile, soutenu par cette jeunesse connectée, préférant faire rouler la mécanique d\u2019un deux roues, les pouces sur l\u2019écran d\u2019un « smartphone », comme on dit à Toronto, plutôt que celles d\u2019une très polluante quatre roues, les deux mains sur le volant d\u2019une Smart.Mais tout ça n\u2019était finalement que pur fantasme\u2026 N\u2019en déplaise aux porteurs de lunettes roses, le réel vient de se faire recadrer par les chiffres.En 2015, le nombre de ventes de véhicules automobiles aux États-Unis a, en ef fet, connu un sommet historique avec 17,5 millions de voitures et camions neufs introduit sur les routes du pays par les consommateurs, a-t-on appris la semaine dernière.Un quoi ?Un sommet dans l\u2019histoire de l\u2019automobile américaine depuis l\u2019apparition de la Ford T, quoi.Cela représente 200 000 véhicules neufs de plus qu\u2019en 2000, année qui a marqué le précé- dent sommet des ventes, mais également une croissance de 68% des ventes par rapport à 2009, année marquée par la crise et la frilo- sité des acheteurs de rêves et d\u2019évasion à crédit.Brûler du gaz, comme on disait dans le temps, généralement seul dans une grosse voiture de quatre places ou plus, est une activité qui semble très bien survivre à l\u2019ère de la dématérialisation, du tout à l\u2019ego numérique et des grands discours inspirant sur le transport collectif ou sur les vertus de la marche et du vélo d\u2019hiver.Et pas seulement, chez les voisins du sud, des automobilistes indécrottables, comme on le sait, vouant un culte au métal de leur voiture aussi démesuré qu\u2019à celui de la crosse de leurs armes de poing.Au Québec aussi Entre 2004 et 2015, le nombre d\u2019immatriculations de véhicules automobiles a explosé au Québec, indiquent les données les plus récentes obtenues auprès de la Société de l\u2019assurance automobile du Québec, passant de 5,2 millions à 6,4 millions dans la décennie qui a fait apparaître ces téléphones dits intelligents, ces tablettes, ces montres connectées censés devenir les nouveaux signes extérieurs de richesse et de réussite sociale.Et les données pour l \u2019année der nière s\u2019ar rêtent au 30 septembre ! En 10 ans, 621 000 camions légers de plus se sont mis à frotter leur gomme sur le bitume globalement troué des routes du Québec, vous savez, ces petits camions qui consomment beaucoup d\u2019essence faisant ainsi monter le prix du carburant à la pompe par la beauté et la magie de l\u2019offre et de la demande.On compte également plus de 200 000 nouvelles voitures sur les routes, mais impossible toutefois de savoir combien de plus dans les r ues du Plateau Mont-Royal à Montréal ! Au total, les immatriculations de véhicules à moteur ont connu une croissance de 20 % en une décennie au Québec, alors que la population n\u2019a augmenté que de 8,8 % sur cette même période de temps.Pour paraphraser un ancien caquiste, il fallait bel et bien avoir la tête dans l\u2019autruche pour annoncer un déclin de l\u2019automobile dans les dernières années.L\u2019automobile se numérise L\u2019hyperconnexion n\u2019a pas sonné le glas de l\u2019automobile.Elle semble même stimuler ce secteur de l\u2019industrie, à en juger par l\u2019omniprésence de la voiture au Consumer Electronics Show, grande foire de la « bébelle » numérique et du gadget à la durée de vie forcément limitée, qui a pris son envol dans les derniers jours à Las Vegas aux États-Unis.Voitures connectées comme une télévision à écran plat pour se divertir, se géolocaliser, travailler, par tager, tout en roulant.Voitures conçues comme des téléphones dits intelligents et dont on peut mettre à jour les systèmes à distance.Voitures électriques de 1000 chevaux pour concurrencer d\u2019autres voitures électriques.Voitures sans chauffeur.Voitures volantes\u2026 Le numérique devait éloigner l\u2019humain de l\u2019automobile, croyait-on, en espérant surtout, pour des raisons bassement idéologiques, avoir raison contre les faits.Il est finalement en train de la rapprocher de lui, constate-t-on au- jourd\u2019hui, surtout lorsqu\u2019on décolle un peu le nez de son coin de rue.Sur Twitter : @FabienDeglise #CHRONIQUEFD L\u2019effet de loupe FABIEN DEGLISE Le numérique devait éloigner l\u2019humain de l\u2019auto ; il est finalement en train de la rapprocher de lui u\u2019est-ce que l\u2019abus ?Devant l\u2019explosion des prix facturés aux consommateurs pour des déplacements la nuit du Nouvel An \u2014 qui lui vaut aujourd\u2019hui une mise en demeure en vue d\u2019un recours collectif \u2014, le service de transport Uber n\u2019a qu\u2019une réponse : légalement, il n\u2019y a pas d\u2019abus possible puisque ledit consommateur était consentant.Quiconque fait affaire avec un chauffeur improvisé par l\u2019entremise de l\u2019application UberX est en effet censé savoir qu\u2019on y pratique un concept de «prix dynamique».À preuve, dit l\u2019entreprise, le client, en ayant accès à l\u2019application, accepte du coup le contrat explicite qui y est lié, et c\u2019est même lui qui valide le tarif versé puisqu\u2019il doit donner son accord aux chiffres 2, 5 ou 8 qui apparaissent dans la partie paiement de l\u2019application \u2014 signi?ant par là qu\u2019il accepte de payer 2, 5 ou 8 fois le prix habituel.Notons d\u2019abord l\u2019ironie : le très illégal Uber, qui récuse tout encadrement de ses pratiques, se cache derrière de très légalistes termes d\u2019un contrat d\u2019adhésion pour se laver les mains de tout engagement envers ceux, conducteurs comme clients, qui s\u2019associent à ses pratiques.Économie collaborative, mon œil ! Mais il est vrai que la lecture dudit contrat est instructive : il y est écrit en toutes lettres, majuscules de surcroît, qu\u2019Uber ne garantit ni la qualité, ni la sécurité, ni la ?abilité, ni la disponibilité, ni le caractère adéquat, ni etc.!, de ses services.Et oui, on y trouve bel et bien, en tournant bien des pages (page 15 d\u2019un document qui en compte 25), une phrase disant : «De plus, vous reconnaissez et acceptez que les frais applicables dans cer taines zones géographiques peuvent augmenter considérablement au cours des périodes de pointe.» Uber s\u2019engage juste à faire des «efforts raisonnables » pour vous en informer.C\u2019est tout ?Oui.Et c\u2019est ce qui justi?erait ici que le consommateur n\u2019a pas été abusé d\u2019avoir versé 97,18 $ pour une course qui coûte normalement 10 $, ou 317 $ pour se rendre du centre-ville de Montréal à l\u2019île Bizard.On comprend que la Clinique juridique Juripop, qui menaçait vendredi Uber d\u2019un recours collectif, estime avoir quelques atouts dans sa manche.(Ajoutons d\u2019ailleurs, autre ironie, que tous ces beaux montants juteux du jour de l\u2019An ont grandement enrichi une entreprise multinationale qui la joue légaliste, mais qui protège ses revenus en les envoyant dans des paradis ?scaux\u2026) Pendant ce temps, que fait Québec ?Rien, et c\u2019est là le grand mystère.Le ministre des Transports, Robert Poëti, dénonce le vol pratiqué par Uber, son illégalité, en appelle au boycottage, mais n\u2019agit pas.Au Far West du capitalisme sauvage, ne faut-il donc répondre que par des tirs individuels plutôt que par l\u2019État ?Le monde s\u2019urbanise, la guerre aussi.Beyrouth, Bagdad, Alep, Aden\u2026 L\u2019espace urbain devient, plus que jamais, un champ de bataille principal.La multiplication des acteurs crée des dynamiques nouvelles et complexes, face auxquelles le droit humanitaire se trouve de plus en plus bafoué.Il faut d\u2019urgence lui redonner force.es of?ciers irakiens des services du contre-terrorisme ont récemment baladé des journalistes occidentaux dans Ramadi, fraîchement reprise au groupe État islamique (EI).La ville de 400 000 habitants est aujourd\u2019hui complètement rasée, vidée de sa population.Le gouvernement Obama veut voir dans cette reconquête, qui a nécessité plus de 600 frappes aériennes, un tournant stratégique dans la lutte contre le groupe EI.Peut-être.Dans l\u2019immédiat, la destruction de Ramadi témoigne surtout des coûts urbains et humains inouïs qu\u2019implique le délogement d\u2019une organisation armée qui se mêle au tissu d\u2019une ville en occupant ses maisons, en y creusant des tunnels et en minant les lieux d\u2019engins explosifs.Ramadi existe-t-elle encore?Plus de maisons, de rues, d\u2019électricité, d\u2019eau courante, d\u2019égout\u2026 Le gouvernement irakien prétend vouloir faire de la reconstruction de cette ville sunnite une priorité, ce dont il est permis de douter, vu les tensions religieuses, mais aussi l\u2019état des ?nances nationales, dangereusement plombées par la chute du prix du pétrole.La seule reconstruction de Ramadi est évaluée à plusieurs milliards de dollars alors que, pour tout l\u2019Irak, les États-Unis et ses alliés ne se sont engagés qu\u2019à hauteur de 50 millions.Ramadi, devenue ville sous les Ottomans à la ?n du XIXe siècle, restera longtemps fantôme.Les villes mises à sac sont une réalité qui existe depuis l\u2019Antiquité.Les images de Homs ou d\u2019Alep nous renvoient à celles de Dresde ou de Stalingrad, pendant la Deuxième Guerre mondiale.Ou, plus près de nous, de Sarajevo à la ?n des années 1990.Mais on assiste depuis une vingtaine d\u2019années à une mutation des guerres, caractérisée par une fragmentation mouvante des forces en présence et l\u2019implantation de ces dernières dans les quartiers et les centres- villes, qui deviennent de plus en plus le théâtre déterminant des con?its armés.En même temps que l\u2019urbanisation, grossissant dans un grand désordre les rangs des villes, crée des situations sans pré- cédent de vulnérabilité humaine.D\u2019où de nouveaux dé?s, que la communauté internationale balaie sous le tapis, en ce qui a trait à la question fondamentale du respect du droit humanitaire et des conventions de Genève.Les grandes organisations de secours comme le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sont aux abois, à juste titre.Piégées par la politisation et l\u2019instrumentalisation de leur travail \u2014 par les pays occidentaux comme par les organisations extrémistes \u2014, elles ont de plus en plus de dif?cultés, dans cette complexe géopolitique urbaine, à se tailler l\u2019espace neutre qui leur est nécessaire pour venir en aide aux populations civiles.«Ce n\u2019est pas avec 2 ou 3 groupes qu\u2019il faut maintenant négocier, mais parfois avec 30 ou 40 », disait récemment au quotidien The Guardian Peter Maurer, président du CICR.Le résultat net de cette érosion du droit humanitaire est que les con?its se déroulent de plus en plus dans l\u2019impunité des violences commises contre les civils.La Syrie en est à l\u2019heure actuelle une illustration des plus tragiques.Pendant que le groupe EI décapite, les grandes puissances qui prétendent chercher une solution de paix au con?it distribuent armes et argent à gauche et à droite sans exiger de comptes à ceux qu\u2019elles soutiennent.L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S L\u2019Occident a deux visages Quand l\u2019Iran se dote de nucléaire, le monde devient fou: nos dirigeants deviennent rapidement des gardiens de la paix et de l\u2019ordre mondial.Pendant des années, le régime iranien s\u2019est vu imposer des sanctions économiques de la part de plusieurs pays occidentaux, afin de le dissuader de poursuivre ses démarches.Pendant des années, les médias de ce monde ont critiqué l\u2019imposition du voile aux femmes et la censure faites par les autorités iraniennes.Pourquoi n\u2019a-t-on jamais cru bon de sanctionner l\u2019Arabie saoudite?Pourquoi n\u2019a-t-on jamais coupé les ponts avec un régime qui ne laisse pas la femme sortir de la maison sans un homme pour l\u2019accompagner?Je me suis longtemps posé la question et j\u2019ai souvent cherché des réponses, surtout parce que je ne voulais pas reconnaître l\u2019inavouable: l\u2019Occident est hypocrite.Elle entretient avec l\u2019Arabie saoudite des intérêts économiques qu\u2019elle n\u2019est pas prête à mettre en péril pour revendiquer les droits fondamentaux des Saoudiens.Le pétrole est bien plus important.On se fiche pas mal de la liberté d\u2019expression, de l\u2019égalité ou encore de la justice.C\u2019est l\u2019argent qui l\u2019emporte.Dernièrement, l\u2019Arabie saoudite a assassiné une quarantaine d\u2019hommes, tout simplement parce que ces derniers avaient une opinion critique à l\u2019égard du régime ainsi que de ses dirigeants\u2026 Opinion tout à fait justifiée d\u2019ailleurs.Malheureusement, je n\u2019ai pas vu de vive et dure dénonciation à l\u2019égard de cet acte monstrueux de la part de nos dirigeants occidentaux.Pourtant, si l\u2019Iran avait commis un tel meurtre, ils seraient les premiers à la condamner.Si l\u2019Hezbollah avait touché à un Libanais lui tenant tête, il se ferait encore traiter de « terroriste».Mais, quand il s\u2019agit des riches rois saoudiens, tout est permis.Deux poids, deux mesures.L\u2019Arabie saoudite, tout comme Israël, semble disposer d\u2019un laissez-passer en matière de droits de la personne.C\u2019est décevant de la part de ceux qui se disent opposés au groupe État islamique et qui envoient régulièrement des soldats combattre en Syrie, mais qui serrent la main d\u2019individus coupables des mêmes crimes.Avec un nouveau premier ministre et une nouvelle équipe avec tant de promesses pour un Canada meilleur, je m\u2019attendais à beaucoup plus\u2026 Il s\u2019agissait d\u2019une occasion en or pour le Canada de prendre une position juste et en faveur des droits de la personne et, tout comme dans la dernière décennie sous Stephen Harper, nous n\u2019avons rien fait.Rima Demanins Montréal, le 6 janvier 2016 tiques \u2014 dont la dernière au Cercle québécois des af faires internationales, que j\u2019ai cofondé avec des collègues du ministère des Relations internationales \u2014 pour échanger et vous questionner comme visionnaire de notre monde.Mes meilleurs souvenirs de votre talent d\u2019orateur s\u2019avèrent surtout à l\u2019Hôtel de Ville en période de questions, auxquelles vous répondiez toujours avec respect\u2026 Ça a bien changé ; je ne vais plus en ce lieu de démocratie citoyenne que vous avez changé à jamais, sauf lorsqu\u2019on m\u2019y oblige.Deux fois, j\u2019ai failli être candidat aux élections municipales sous votre chef ; j\u2019aurais bien aimé vous connaître plus et travailler avec vous à verdir notre Capitale nationale encore plus, le long de l\u2019autoroute Du Vallon, que nous avons transformée en boulevard urbain écologique.Je retiens de vous votre éloquence en tout moment et cette anecdote sur le jumelage entre la ville de Bordeaux et LE Québec (l\u2019État et non la ville\u2026) alors que vous construisiez les premières relations internationales franco-québécoises.Votre legs vaut plus que la nomination d\u2019une rue ou d\u2019un parc; l\u2019expression intangible de la démocratie citoyenne locale porte votre nom en elle.La salle du conseil municipal devrait porter votre œuvre, votre nom! Jean Cloutier, président des AmiEs de la Terre de Québec Le 7 janvier 2016 L\u2019Allier et la démocratie Merci, Monsieur le Maire ! J\u2019aimais toujours vous rencontrer lors de vos allocutions of ficielles ou conférences théma- FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints NELLIE BRIÈRE, PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N CONFLITS ARMÉS La vie minée des villes en guerre UBER Tant d\u2019abus D Q É R I C B O U C H A R D Directeur général du Mouvement Québec français D epuis le rapport Chambers de 1992 sur le réseau scolaire anglophone, les représentants des groupes de pression anglophones ne cessent d\u2019intervenir dans les médias pour nous expliquer la décroissance de leurs effectifs et la mort imminente de leurs institutions.Dernièrement, le maire de Montréal, Denis Co- derre, la ministre de l\u2019Immigration, Kathleen Weil, et Susan Stein, présidente de la Commission scolaire Lester B.Pearson, voulaient une dérogation à la loi 101 pour que les jeunes réfugiés syriens aillent à l\u2019école anglaise, et ce, sans aucune justification valable.Comme disent les Anglais, «The squeaky wheel always get the grease».Dans un ar ticle du 5 janvier («Les \u201cécoles passerelles\u201d n\u2019ont pas la cote »), Philippe Orfali cite plusieurs représentants de la majorité canadienne-anglaise qui reviennent encore à la charge sur les ef fectifs des institutions anglophones d\u2019enseignement.Qu\u2019en est-il vraiment ?Au Québec, il y a 8 % de gens dont la langue maternelle est l\u2019anglais, et 11 % de tous les élèves du primaire et du secondaire étudient dans une institution anglophone (+3 %, donc).Au collégial, 16 % des étudiants fréquentent un cégep anglophone, soit le double du poids démographique des anglophones (8 %).Chez ceux qui font des études préuniversitaires, 23 % le font dans des collèges anglophones, soit près du triple du poids relatif des anglophones (+15 %).À l\u2019université, le quart des étudiants font leurs études supérieures dans une institution anglophone et 29 % de tout le financement va à McGill, Concordia et Bishop (+21 %).Plus le niveau d\u2019éducation est important, plus les ef fectifs des institutions anglophones sont, de façon relative, beaucoup plus importants que les effectifs des institutions francophones.Cela a un impact direct sur la langue de travail puisque 50 % des francophones et 75 % des allophones qui font leurs études supérieures en anglais vont faire usage de cette langue toute leur vie au travail.Milliard manquant Si les effectifs des institutions universitaires anglophones étaient de 11 % comme au primaire/secondaire, c\u2019est plus d\u2019un milliard de dollars par année qui iraient aux institutions universitaires francophones.Avec ce milliard de dollars supplémentaire annuel investi, nous aurions, au bas mot, deux des trois meilleures universités francophones de la planète, ce qui nous permettrait d\u2019avoir un avantage comparatif pour attirer, et surtout garder, beaucoup des 230 millions de cerveaux francophones.Cependant, le Quebec Community Groups Network, qui reçoit 5 millions de dollars par année de Patrimoine Canada, donc de nos poches, ne parle jamais de rétablir l\u2019équilibre dans le financement des institutions d\u2019enseignement supérieur.Ce qui est plus grave, c\u2019est qu\u2019aucun recteur d\u2019université ou directeur de cégep francophones n\u2019en parle non plus.Pire, aucun professeur d\u2019université ou représentant d\u2019association étudiante n\u2019en souffle mot.Pour qu\u2019une langue soit en santé, elle a besoin de deux choses, soit le poids du nombre et des institutions publiques qui fonctionnent dans cette langue.Malgré le fait que le français soit la sixième langue parmi celles les plus parlées au monde et probablement la deuxième d\u2019ici trente ans, les francophones ne font pas le poids en Amérique.Au Canada anglais, où il y a très peu d\u2019institutions publiques francophones, les taux d\u2019assimilation sont effarants.Au Québec, il faut donc nous prévaloir d\u2019institutions publiques puissantes qui utiliseront et feront vivre le français.Bien que majoritaires, les anglophones l\u2019ont compris depuis longtemps.C\u2019est pourquoi ils financent goulûment les groupes qui combattent la loi 101 et qui font pression pour convaincre les politiciens de prendre les effectifs de Jean pour habiller John.Éducation : déshabiller Jean pour mieux vêtir John GUY TAILLEFER JOSÉE BOILEAU L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).J e me suis beaucoup intéressé à l\u2019enseignement du français au Canada anglais.Cet enseignement se porte mieux qu\u2019on le croit, en général, même s\u2019il se heurte à des résistances parfois déconcertantes, de nature idéologique.D\u2019abord, bien des Canadiens persistent à considérer le français comme une langue étrangère, au même titre que l\u2019espagnol.Ce qui est absurde puisque le français a des racines locales par fois très solides et très anciennes.Mais il y en a que cela dérange.Et puis, historiquement et linguistiquement parlant, le français n\u2019est pas du tout étranger à l\u2019anglais.L\u2019anglais est non seulement la plus latine des langues germaniques, mais la plus française.Aucune autre langue n\u2019a autant emprunté au français : plus de 80 000 mots ! Si vous ouvrez n\u2019importe quelle page du dictionnaire Oxford, vous serez frappé de constater qu\u2019une très large part du vocabulaire anglais de base est en fait du français emprunté à tous les âges.La faute à Guillaume Cela remonte à Guillaume le Conquérant, ce duc normand qui conquit la couronne en 1066, et à ses successeurs, qui l \u2019ont conser vée quelques siècles.Certains emprunts sont directs, quasi tels quels : allegiance, bacon, challenge, court, debt, esquire, estate, judge, merchant, parliament, remain.D\u2019autres ont été déformés : acquaintance, beaver, deceive, foreign, haggis, pedigree, pledge, proud, pudding, realize, staunch, strive, surf, view, war.Certains mots ont même été empruntés trois fois, comme « gentil », qui a donné gentle (au XIIIe siècle), genteel (au XVIe) et jaunty (au XVIIe).Les emprunts au français médiéval sont si implantés dans le vocabulaire anglais courant que la linguiste Henriette Walter me racontait que les étudiants qui lisent le mieux le vieux français sont les anglophones ! Les différences de prononciation en France ont même donné des mots dif férents en anglais : « chasser » se disait « cachier » en Normandie et « chacier » aux environs de Paris.D\u2019où catch et chase.Pareil pour warranty et guaranty, qui proviennent de deux prononciations différentes, et qui ont produit des sens distincts.Les linguistes ne s\u2019entendent pas pour dire si 30, 50 ou 60 % du vocabulaire anglais de base est d\u2019origine française \u2014 qu\u2019entend-on par «anglais de base» ?Mais la quantité est énorme.Et cela ne concerne pas que le vieux français, bien au contraire.Il suffit de quelques notions de base pour transposer le mot anglais à l\u2019original français.L\u2019idéologie, toujours Encore aujourd\u2019hui, bien des auteurs anglophones présentent les emprunts au français comme des Latinates.La raison est, bien souvent, une affaire de pur nationalisme linguistique.De la même manière que le français s\u2019est construit par opposition au latin, l\u2019anglais s\u2019est largement bâti par rejet du français.Les Anglais ont commencé à réaffirmer leur langue vers le XIIIe siècle \u2014 pendant la première des deux guerres de Cent Ans, la moins connue des deux.En 1362, le roi Édouard III déclara l\u2019anglais seul langue légale du royaume dans le Statute of Pleading, document important publié (en anglais et en français).Le rejet du français ira très loin : les érudits des XVIIIe et XIXe siècles faisaient des pieds et des mains pour «regerma- niser» la langue anglaise, trop latine à leur goût.Le hic, c\u2019est que, contrairement au latin, le français n\u2019est pas mor t et les anglophones continuent d\u2019emprunter largement au français.Quelques emprunts récents : entrepreneur, financier, sans, garage, faux, terrorisme, fuselage, turbine, châssis, cab, résumé, arbitrage, déjà-vu, pot-pourri.Double entendre est un exemple de pseudo-français.Velcro est l\u2019abréviation de « velours crochet ».Et la touche Enter, introduite dans les bons vieux ordinateurs Commodore 64, était un emprunt au Minitel.Si vous avez étudié comme moi dans une université anglophone, vous avez sans doute constaté que les francophones s\u2019expriment spontanément dans une sorte d\u2019anglais de cour, très relevé.Ils diront tolerate, abandon ou perturb là où un anglophone dirait plutôt put up with, give up ou bother.Ce n\u2019est pas de l\u2019anglais de cuisine, mais c\u2019est de l\u2019anglais parfaitement correct dans le registre juridico-légal ou universitaire, et c\u2019est justement l\u2019un des substrats français les plus prégnants dans la culture anglaise encore aujourd\u2019hui.How do you say je ne sais quoi in French?Dans ma dernière chronique, j\u2019ai écrit que le mot Noël vient du latin nativitas.Erreur, selon le linguiste Jean-Pierre Gendreau-Hétu : Noël vient du latin natalis (naissance).Nativitas est une forme savante, qui a donné le mot espagnol navidad.Les linguistes décrivent ainsi l\u2019évolution phonétique : natalis > natale > natal > na- dal > naal > nael > noël.Mon erreur est que je me suis basé sur mon vieux dictionnaire latin au lieu de consulter le Dictionnaire historique de la langue française.Comme quoi il ne faut jamais confondre l\u2019étymologie et la traduction ! Mais cela ne change rien au fait que tous les Nadeau sont des Noël, de nadal.Le pedigree français de l\u2019anglais JEAN-BENOÎT NADEAU C Y R I L L E B R E T Institut d\u2019études politiques de Paris a Russie de Poutine est redevenue une puissance militaire mondiale.Mais elle pâtit d\u2019un modèle économique fragile.Le président russe annonce régulièrement le retour de la croissance pour 2016.Toutefois, les institutions internationales prévoient, elles, une nouvelle contraction du PIB en 2016 (-0,6 %) après la récession de 2015 (-3,8 %).Si la renaissance géostratégique de la Russie est manifeste, son redressement économique est-il incontestable ?Depuis la crise financière de 1998, les indicateurs macroéconomiques sont en apparence positifs.Les années Poutine ont coïncidé avec une certaine prospérité : au 9e rang des économies, la Russie a connu une croissance de 7 % par an en moyenne de 1999 à 2008, un taux de chômage autour de 5 % et des excédents budgétaires récurrents (+9 % du PIB à leur pic en 2006).Surtout, le pays a constitué des réserves de change importantes, de 540 milliards US$ à leur sommet en 2012.Cette période faste a permis au Kremlin de consolider son pouvoir à l\u2019intérieur et de lancer, en 2009, un programme de modernisation militaire.Il a porté l\u2019effort de défense à 4 % du PIB et les effectifs des forces armées à plus de 800 000 personnes.À la hauteur?Le développement économique est-il réellement à la hauteur de la puissance géopolitique ?Rien n\u2019est moins sûr.Il s\u2019agit en effet seulement d\u2019une croissance de rattrapage : le PIB n\u2019a retrouvé son niveau 1900 qu\u2019en 2005.En outre, la Russie vit d\u2019une économie de rente basée sur des exportations d\u2019hydrocarbures : en 2012, celles-ci généraient 12 % du PIB et 52 % des recettes du budget fédéral.Mais la manne énergétique n\u2019a pas été mise à profit pour combler les lacunes de l\u2019économie russe : l\u2019inflation n\u2019est pas maîtrisée (10 % en moyenne sur la décennie 2000) en raison de l\u2019af flux de devises et du poids des impor ta- tions ; la corruption (136e État sur 174 au classement de Transparency International) décourage les investissements pourtant indispensables à la diversification ; le sous-développement des infrastructures bancaires aggrave le sous- investissement chronique.La « décennie dorée » des années 2000 est aussi une «décennie perdue» pour la modernisation de l\u2019appareil productif.Les tendances récentes soulignent ces fragilités : la division par trois des cours du pétrole entre 2014 et 2015 a révélé les illusions de budgets publics bâtis sur un baril à 100 US$ ; les sanctions financières occidentales ont rappelé combien cette économie dépend des importations de biens et des fonds occidentaux ; les fuites de capitaux ont dégradé la balance des paiements et alimenté une instabilité monétaire que la Banque centrale n\u2019a jugulée qu\u2019en rendant draconiennes les conditions du crédit.En 2016, à cours des hydrocarbures constants et à politique ukrainienne inchangée, la Russie traversera une nouvelle année de récession.N \u2019en déplaise aux autorités russes.Handicapées par la conjoncture mondiale et minées par l\u2019absence de diversification économique, ses ambitions politiques risquent fort de buter sur le principe de réalité économique.La Russie a les yeux géopolitiques plus gros que le ventre économique A N T H O N Y E S C U R A T Doctorant en science politique à Sciences Po Aix près quatre années de tergiversations, le pouvoir algérien a enfin présenté le mardi 5 janvier son pro jet de révision constitutionnelle promis par Abdelaziz Bouteflika au cœur du printemps arabe.Un texte sans grandes innovations en forme de douche froide pour la presse comme pour l\u2019opposition et qui inaugure une année 2016 des plus compliquées pour l\u2019exécutif.Chute du prix du pétrole, plan d\u2019austérité, remue-ménage dans l\u2019état-major de l\u2019armée et des services de renseignement, procès d\u2019anciens généraux, doutes sur la santé du chef de l\u2019État sur fond de guerre de succession au palais d\u2019El Mouradia, l\u2019Algérie \u2014 trop souvent absente des écrans radars médiatiques occidentaux \u2014 referme une année 2015 bien difficile.Et pour cause, sur le plan économique, le bon élève qui cumulait hier excédent commercial, croissance soutenue et faible endettement se rapproche aujourd\u2019hui dangereusement du fond de la classe sous l\u2019effet brutal de la dégringolade des cours du pétrole.Ainsi, alors qu\u2019un baril de brent à 110 $ lui permettait d\u2019assurer son important train de vie budgétaire, l\u2019Algérie se trouve désormais contrainte de tailler dans son État-providence et de revoir à la baisse ses dépenses publiques (le baril avoisinant au- jourd\u2019hui péniblement les 35 $).Une révolution qui ne dit pas son nom dans un pays où près d\u2019un quart de la population vit avec moins de 250 euros par mois et où plus de 25 % des jeunes seraient sans emploi.Plus vite qu\u2019il ne l\u2019avait manifestement prévu, l\u2019exécutif va donc devoir s\u2019atteler à la diversification d\u2019une économie algérienne hyperdépen- dante à la rente pétrolière et gazière, une manne qui ne représente pas moins de 97 % de ses exportations et 70 % de ses recettes fiscales.Dès lors, nombre de Cassandres redoutent que le tour de vis budgétaire imposé en 2015 par le gouvernement d\u2019Abdelmalek Sellal ne réveille en 2016 une crise sociale jusqu\u2019alors anesthésiée par une généreuse politique de redistribution, sans pareil sur le continent africain.Limogeage du faiseur de rois À ce contexte économique et social dégradé se conjugue une crise inédite au sommet du pouvoir.Animée par les préparatifs de l\u2019«après- Bouteflika », cette guerre de clans au sein du sérail politico-militaire a atteint son point d\u2019orgue à la fin de l\u2019été avec le limogeage très médiatisé du pourtant si discret général Mohamed Mediène (dit « Toufik »), puissant patron des services de renseignement durant vingt- cinq ans et faiseur de rois à Alger.Un séisme qui, selon les observateurs, signe la reprise en main de l\u2019appareil militaire et du pouvoir en général par le clan présidentiel avec à la manœu- vre Saïd Bouteflika, frère et conseiller du président de la République, Ahmed Gaïd Salah, vice- ministre de la Défense et chef d\u2019état-major de l\u2019armée, et Amar Saadani, secrétaire général du FLN.Par ailleurs, à l\u2019éviction inattendue du général Mediène a succédé une purge tout aussi inédite dans les hautes sphères de l\u2019armée : trois généraux réputés proches du pouvoir ont ainsi été condamnés et plusieurs officiers supérieurs mis à pied.Cette succession d\u2019af faires \u2014 en seulement quelques semaines \u2014 a poussé l\u2019ex- chef du renseignement algérien à sortir de son mutisme habituel par voie de presse tandis que Khaled Nezzar, ministre de la Défense durant la décennie noire, a exhorté le président Boute- flika à intervenir pour «calmer les esprits ».L\u2019implication du chef de l\u2019État Concomitamment, inquiet de la détérioration des climats politique et économique, un groupe de dix-neuf personnalités \u2014 composé notamment d\u2019anciens ministres, de parlementaires et d\u2019acteurs du monde culturel \u2014 a adressé une lettre rendue publique au président Bouteflika, l\u2019intimant de les recevoir.En toile de fond, c\u2019est la question de la réelle implication du chef de l\u2019État dans la gestion des affaires du pays qui est posée.Et le groupe des «19» de suspecter un coup d\u2019État dans l\u2019État, dont Abdelaziz Bouteflika, malade, serait l\u2019otage.Bien que restée lettre morte, l\u2019initiative a fait grand bruit à Alger, et le New York Times s\u2019en est même fait l\u2019écho outre-Atlantique, se demandant dans un article paru fin décembre qui dirigeait vraiment le plus grand pays d\u2019Afrique.Dans ce contexte, l\u2019avant-projet de révision de la Constitution présenté le 5 janvier dernier apparaît en total décalage avec les enjeux auxquels est aujourd\u2019hui confrontée l\u2019Algérie.La publication, le lendemain, par la Banque centrale des principales tendances financières de la première économie du Maghreb a de quoi réveiller des inquiétudes qu\u2019une (timide) révision constitutionnelle ne saurait éteindre.Épargnée par le vent de révolte qui a soufflé hier sur le monde arabe, l\u2019Algérie inaugure dès lors une année 2016 sous des auspices plus qu\u2019incertains.À suivre\u2026 2016 : annus horribilis pour l\u2019Algérie ?AGENCE FRANCE-PRESSE En septembre dernier, le général Mohamed Mediène (dit «Toufik»), puissant patron des services de renseignement, était limogé pour être remplacé quelques mois plus tard par le général Athmane Tartag (dit «Bachir »), dont la photo apparaît en couverture des journaux algériens.L\u2019avant-projet de révision de la Constitution présenté le 5 janvier apparaît en total décalage avec les enjeux auxquels est aujourd\u2019hui confrontée l\u2019Algérie PAVEL GOLOVKIN ASSOCIATED PRESS Marchande de fruits dans une grande surface de Moscou A L L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Une bonne chose de faite.Ce problème est réglé.Et il en engendre donc un autre.En mai, quand le nouveau cadre réglementaire du CR TC entrera en vigueur, les chaînes spécialisées, jusqu\u2019ici forcées en paquet, pourraient perdre des abonnements, peut-être en masse.Une étude déposée début janvier par un consortium de syndicats du secteur et Les Amis de la radiodiffusion évalue les pertes potentielles globales découlant des décisions à 400 millions de dollars dès 2016.« Un nouveau cadre réglementaire, c\u2019est le dernier changement qui nous manquait pour bien brasser la cage », commente un peu ironiquement Louis Lalande, vice-président des services français de la Société Radio-Canada depuis 2012.Le réseau d\u2019État ICI comprend RDI, AR TV, Explora.«Nos chaînes spécialisées vont être affectées, c\u2019est certain.Mais nos chaînes sont fortes, et il faudra s\u2019assurer que le contenu demeure roi.Explora a déjà plus de 700 000 abonnés.» L\u2019entrevue au Devoir se déroule dans le grand bureau haut perché de la maison de RC/CBC, avec Montréal en contrebas.Louis Lalande a piloté le gros navire dans la tempête des dernières années faite de compressions budgétaires, de mises à pied massives et de réorganisations institutionnelles profondes.« Il y a le contexte concurrentiel, économique, technologique, poursuit-il.Nous sommes dans un environnement multié- cran de disponibilité de contenus quasi illimitée.Les gens changent leurs comportements.C\u2019est pourquoi nous nous sommes dotés d\u2019une stratégie pour af fronter ce nouvel environnement, quelles que soient nos contraintes financières.Il fallait moderniser Radio-Ca- nada pour lui permettre d\u2019exercer son mandat qui, lui, ne change pas.» Le plan Un espace pour nous tous planifie des réformes jusqu\u2019en 2020.M.Lalande propose quatre axes interreliés autour du contenu, des relations de travail, des infrastructures et des finances pour comprendre d\u2019où l\u2019on vient et où s\u2019en va RC.OK, alors suivons le guide : Contenus.C\u2019est sous sa vice- présidence que le regroupement des plateformes s \u2019est fait sous l\u2019appellation contrôlée ICI.Le mot se discute, la chose reste.« Nous nous sommes regroupés pour mieux produire et attirer du contenu de qualité », af f irme Lou is Lalande .I l donne l\u2019exemple des quelque 200 000 visionnements de la nouvelle saison de Série noire sur la plateforme ICI Tou.tv Extra avant sa dif fusion sur ICI Radio-Canada Télé.Le diffuseur s \u2019adapte ainsi au gavage télévisuel.« Deux et seulement deux séries ont été faites comme ça, une à TVA et une chez nous.Dans le système de production, s\u2019assurer d\u2019avoir une série au complet avant de la dif fuser, demande une petite révolution.La série Les pays d\u2019en haut montre comment on fonctionne habituellement.Le premier épisode est dif fusé [ce lundi] alors que le montage des derniers épisodes n\u2019est pas fini.C\u2019est demandant de s\u2019adapter.Il faut of frir plus de nouveautés et plus rapidement qu\u2019avant.Il faut revoir les mécanismes de financement, l\u2019écriture, le tournage, etc.Avant, une série se préparait deux ans d\u2019avance.Maintenant, le jeu est de quelques mois et ça roule.» Travail.Environ 85 % des employés de RC sont syndiqués.La direction a demandé et a obtenu l \u2019été dernier du Conseil canadien des relations du travail le regroupement des unités syndicales.Il n \u2019y en aura plus que deux, le syndicat des réalisateurs qui négocie déjà sa nouvelle convention, et une nouvelle unité en organisation qui regroupera trois entités, dont les journalistes.Dans ce cas, les négociations pourraient commencer dans les prochaines semaines.« Il y avait trop d\u2019interrelations, et tout le monde était mêlé, dit Louis Lalande.Tout ce processus vise à simplifier la vie des travailleurs et nos relations.Il faut construire un environnement de travail viable et fonctionnel pour les 15 ou 20 prochaines années.» Il donne l\u2019exemple de la production qui se fait de plus en plus avec des collaborateurs externes, de passage pour un projet ponctuel.« Il faut of frir un environnement propice aux nouvelles façons de créer », dit M.Lalande.Infrastructures.La vieille tour de l\u2019est n\u2019est plus aux normes et demande de profondes rénovations, y compris du système électrique et de la fenestration, sans compter le non- sens urbain des immenses stationnements à ciel ouvert.« Il y a quelques jours, il y avait deux pouces de glace sur mes fenêtres, dit le vice-président.Il y a des fuites d\u2019eau dans l\u2019édifice.Mais c\u2019est plus profond que la rénovation.Pour stimuler la création, il faut se débarrasser des bureaux fermés.Il faut s\u2019adapter aux nouvelles normes de collaboration par les espaces ouver ts comme dans nos nouveaux bureaux régionaux.Il faut aussi de nouvelles infrastructures de production.Je suis tanné d\u2019entendre dire que nous ne produirons plus.Nous allons continuer à produire, mais de manière dif fé- rente et ajustée.» Le projet de nouvelle Maison de Radio-Canada/CBC taraude la direction depuis le début du siècle.Après l\u2019échec de l\u2019appel d\u2019offres de 2012 pour trouver un par tenaire de développement du site, RC/CBC a mandaté un courtier pour étudier de nouvelles options.Le patron résume ainsi les scénarios ouverts sur Montréal : soit le déménagement dans des espaces existants ou à construire à la suite de la vente des vieilles infrastructures, soit la rénovation des espaces existants.«D\u2019ici la fin de l\u2019année, on devrait avoir une idée de ce vers quoi on se dirige», promet le patron.Finances.Les libéraux ont promis d \u2019injecter de nouveaux fonds dans le diffuseur.Plus de cent millions pourraient lui revenir au prochain budget.« Je ne m\u2019avance pas sur les chiffres, dit le vice-président Lalande.Tout ce que je souhaite, c\u2019est que ça se concrétise.» Et que fera RC avec cette éventuelle cagnotte ?« Investir dans le contenu, répond le haut dirigeant.Je pense aux régions où nous avons coupé un peu plus l\u2019an dernier.Je pense à la radio, où il y a un niveau de re- dif fusion assez élevé.Je crois que les discussions commencent [cette semaine] entre notre président et le gouvernement.On va voir et on est prêts.Les idées pour assurer notre rôle de dif fuseur public en français ne manquent pas.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CHEMINS 1979 Premier emploi à Radio-Canada (RC) 1997 Directeur de la nouvelle chaîne d\u2019informations continue LCN 2004 Directeur général de l\u2019information de RC 2006 Directeur général des Services régionaux de RC 2012 Vice-président principal des Services français de RC Louis Lalande en cinq dates d\u2019une œuvre.Les œuvres produites à partir de ces instructions seront documentées, par des photos, des textes ou des vidéos, puis détruites.Ces instructions seront ensuite traduites en neuf langues, et l\u2019exposition sera reproduite ailleurs dans le monde.Alors, d\u2019autres instructions et d\u2019autres artistes s\u2019ajouteront aux premiers pour former un livre de 250 instructions supervisé par l\u2019ICI (Independent Curators International), à New York.À Montréal, la jeune commissaire Florence- Agathe Dubé-Moreau a puisé soixante instructions dans cet imposant corpus, et en a commandé dix autres à des artistes québécois.À partir de là, c\u2019est à vous de jouer.Suivez le guide Si vous suivez les instructions du chorégraphe Paul-André Fortier, qui les a rédigées en pensant à l\u2019artiste-peintre Françoise Sullivan, vous vous assoirez sur une chaise, face à un coin de mur.Puis, vous dessinerez sur ces pans de mur des empreintes invisibles avec vos doigts.Françoise Sullivan elle-même, cette signataire du Refus Global aujourd\u2019hui nonagénaire, sera sur place au moment du vernissage de Do it, mardi soir, pour exécuter ces instructions.«Demain matin, sortez du lit en tentant de vous souvenir de vos rêves, ordonne pour sa part Martine Delvaux, dans l\u2019instruction intitulée « la femme qui écrit ».Commencez comme ça.Notez vos rêves dans un carnet, rapidement, sans faire attention.Puis, faites-vous couler un café, ou un bain, laissez couler les restes de la nuit, et ensuite faites le reste, les petits-déjeuners, les repas de la journée, tout ce qu\u2019il faut faire quand on mène une vie ordinaire.Mais pendant ce temps, faites la sourde oreille à ceux qui tournent autour de vous, au vacarme des exigences.Restez concentrée.Gardez en tête ce fil qui vous garde un peu dans la nuit et vous tire vers les mots.» Chaque interprétation des instructions de Do it, depuis sa création en 1993, a une couleur locale.Ainsi, Florence-Agathe Dubé-Moreau a choisi sa sélection en fonction de la vocation universitaire de l\u2019établissement-hôte, l\u2019UQAM.Les instructions choisies engagent donc à la réflexion sur la définition du rôle de l\u2019artiste, du commissaire, de l\u2019exposition.«Tu peux (presque) devenir un artiste instantanément si tu suis ces instructions.(Tu peux aussi devenir un artiste autrement !!!)», écrit Etel Ad- nan, dans une instruction qui date de 2012.«Réalisez une œuvre d\u2019art qui ressemble à une autre que vous avez vue ailleurs dans le monde, osait Kathryn Andrews, la même année.Reproduisez l\u2019original aussi fidèlement que possible, mais ajoutez quelques anomalies subtiles.Étudiez la signature de l\u2019artiste ayant conçu l\u2019original.Maîtrisez- la.Imitez-la.Sans vous faire prendre, faites circuler la copie dans d\u2019importants lieux d\u2019exposition où son authenticité ne sera pas remise en question.» Instructions éclatées Plus simplement, Louise Bourgeois propose de sourire à un inconnu.Jiri Kolar suggère d\u2019accrocher sur les murs tout ce qui se trouve dans la maison, vaisselle, literie, outils, livres, comme on le fait dans les musées ou les châteaux.Nicholas Hlobo s\u2019adresse pour sa part à un commissaire ambitieux et lui dit : « Installez une de mes œuvres sur la Lune.» Quarante des instructions choisies se trouvent sur les murs de la galerie de l\u2019UQAM.Vingt autres sont disséminées un peu partout dans l\u2019université.D\u2019autres encore se trouveront à la porte de la galerie, pour que les gens qui passent puissent en prendre une et l\u2019emporter chez eux.Après l\u2019exposition, comme le veut la tradition, toutes les œuvres seront documentées et détruites.Les participants sont d\u2019ailleurs invités à télécharger les traces de leur œuvre avec le mot-clic do it.Mais attention : du Québec, Larry Tremblay a fait construire un photomaton dans lequel les visiteurs sont invités à prendre un égoportrait, avant de s\u2019engager par écrit à ce que ce soit le dernier.Une exposition Do it aura lieu à Dubaï en même temps que l\u2019édition de Montréal, dit Louise Dér y, directrice de la Galerie de l\u2019UQAM.Celle de Montréal se tiendra pour sa part du 13 janvier au 20 février.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 EXPOSITION VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR La commissaire Florence-Agathe Dubé-Moreau précis, parce que nous sommes liés par des ententes de confidentialité» avec TransCanada, a indiqué au Devoir le porte-parole, Af faires publiques et médias chez Hydro-Québec, Marc-An- toine Pouliot.Selon ce qu\u2019a tout de même indiqué M.Pouliot, le montant à verser chaque année entre 2014 et 2026 serait « nettement» inférieur à 150 millions, en raison des «amendements » apportés à l\u2019entente initiale.Un de ces amendements consiste à « libérer » les volumes de gaz qui étaient auparavant réser vés, puisque la centrale ne produit de toute façon aucune énergie.Cela réduit la facture de 14 millions par année, selon Hydro-Québec.« D\u2019autre par t, des pressions à la baisse sur certaines composantes de l\u2019entente réduisent les coûts », a-t-on précisé dans des réponses transmises par courriel.Reste qu\u2019au final, même en supposant que le montant déboursé chaque année aurait été divisé par trois, la somme totale devrait atteindre plus de 600 millions.Contrat de 20 ans Par ailleurs, une nouvelle entente approuvée l\u2019automne dernier par la Régie de l\u2019énergie et censée entrer en vigueur au cours des prochains mois vient se superposer à l\u2019entente déjà en vigueur.Celle-ci est en effet valable pour la période 2016- 2036.En vertu des «protocoles d\u2019entente» conclus avec Trans- Canada et Gaz Métro, Hydro- Québec s\u2019est engagée à verser un montant de base de 389 millions de dollars sur 20 ans, et ce, que la centrale au gaz de Bé- cancour soit utilisée ou non.Il n\u2019a pas été possible de savoir quels montants précis seront versés à chacune des entreprises.Les clauses inscrites dans les «ententes » ne permettent pas à la Société d \u2019État, dont l\u2019unique actionnaire est le gouvernement du Québec, de dévoiler ces détails.Dans le document de la demande présentée à la Régie de l \u2019énergie, les chif fres sont d \u2019ailleurs caviardés.On y constate cependant que les « frais fixes annuels » doivent augmenter chaque année entre 2016 et 2036, passant de 15 millions à 46,6 millions de dollars.Selon ce qu \u2019a expliqué M.Pouliot, cette nouvelle entente couvrant les deux prochaines décennies doit permettre de combler les besoins de « puissance » lors des périodes de très forte demande, soit en période hivernale.Hydro-Québec pourra ainsi « compter sur des livraisons d\u2019électricité garantie de la centrale de Bécancour durant un maximum de 300 heures par hiver (du 1er décembre au 31 mars) ».Pour les 100 premières heures, Hydro-Québec Distribution s\u2019est entendue avec Gaz Métro afin d\u2019approvisionner la centrale en gaz naturel liquéfié.Gaz Métro prévoit d\u2019ailleurs la construction d\u2019un réservoir de gaz naturel liquéfié et d\u2019une unité de vaporisation à proximité de la centrale.Au-delà des 100 heures, le coût du gaz naturel « sera évalué en fonction des prix sur le marché », précise Hydro- Québec.Même si les surplus énergétiques sont toujours abondants pour la Société, celle-ci prévoit une croissance de la demande en « puissance » soutenue d \u2019 ic i 2023.Elle juge donc qu\u2019elle aura inévitablement recours à la centrale au gaz de Bécancour.Mauvaise décision Qu\u2019elle soit utilisée ou non, cette centrale privée devrait avoir coûté au moins deux milliards de dollars à Hydro-Québec pour la période 2008-2036.C\u2019est le chiffre minimal qu\u2019on obtient en calculant les montants déboursés en vertu des ententes 2006-2026 (au moins 1,6 milliard) et 2016-2036 (389 millions).Il est toutefois impossible de connaître le montant précis, en raison des clauses de confidentialité inscrites dans les différentes ententes qui lient la Société d\u2019État à TransCanada, mais aussi à Gaz Métro.Pour le spécialiste des questions énergétiques Normand Mousseau, ces ententes constituent une mauvaise décision.Selon lui, non seulement la centrale de Bécancour est présentement inutilisée, mais elle risque de continuer d\u2019être inutile pour encore plusieurs années.« Il est loin d\u2019être évident qu\u2019on va utiliser la centrale, même à partir de 2026, souligne-t-il .Et dans un contexte d\u2019austérité, que ce soit 1,5 milliard ou 2 milliards de dollars, on parle de beaucoup d\u2019argent dépense pour une infrastructure inutile.» M.Mousseau, coauteur du rapport de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, rappelle en outre que la province vend déjà à perte des achats d\u2019énergie, notamment ceux provenant des mini- centrales et du secteur éolien.Qui plus est, le gouvernement compte augmenter la capacité de production de ces filières, en plus d\u2019ajouter d\u2019ici 2020 la production de l\u2019imposant complexe de la rivière Romaine.Selon lui, les prévisions de croissance de la demande chez Hydro-Québec sont tout simplement « trop optimistes ».TransCanada a un total de 17 lobbyistes de l\u2019entreprise inscrits au registre des lob- byistes du Québec.Un de leurs mandats est lié à la centrale au gaz.Parmi ces lob- byistes, on compte une avocate qui travaillait pour Hydro- Québec jusqu\u2019en août 2015 et qui est désormais « conseillère juridique principale » chez TransCanada.Un autre, ancien gestionnaire de projets de TransCa- nada, qui était employé de l\u2019entreprise jusqu \u2019en novem - bre 2015, est désormais « Spécialiste en régulation économique, direction du gaz naturel et produits pétroliers » à la Régie de l\u2019énergie.Il a également déjà travaillé pour Hydro-Québec, comme « analyste, approvisionnement en électricité», au moment de la construction de la centrale.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CENTRALE "]
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