Le devoir, 19 janvier 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 8 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 9 J A N V I E R 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Le mélange des genres.Une chronique de Michel David sur l\u2019Institut de recherche sur l\u2019indépendance que veut créer Pierre Karl Péladeau.Page A 3 Actualités \u203a Ville de Québec.Un gel de l\u2019impôt foncier pour les années 2017 et 2018.Page A 4 Actualités \u203a Justice.L\u2019ex-maire de Montréal-Nord et ancien policier Gilles Deguire sera accusé d\u2019agression sexuelle sur une personne mineure.Page A 5 Avis légaux.A 4 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.A 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m UN CARGO ABANDONNÉ MENACE LE FLEUVE ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Un vieux navire laissé à l\u2019abandon sur le Saint-Laurent, à Beauharnois, risque de se renverser et de déverser ses eaux contaminées dans le ?euve, en amont des prises d\u2019eau de Montréal.Page A 3 S T É P H A N E B A I L L A R G E O N B rian Myles revient à la maison et rentre par la grande porte.Le nouveau directeur du Devoir, dont la nomination a été annoncée lundi après-midi, a commencé sa carrière comme commis de la salle de rédaction il y a une vingtaine d\u2019années, après ses études en communications.Le petit de la base y est ensuite devenu reporter.Il a aussi été président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) de 2009 à 2013.Quand le comité de sélection du remplaçant de Bernard Descôteaux l\u2019a contacté en décembre pour sonder son intérêt, Brian Myles avait quitté le journal depuis quelques mois pour occuper un poste de professeur à l\u2019École des médias de l\u2019UQAM.II n\u2019a fallu que quelques minutes au président du conseil d\u2019administration, responsable de la chasse au directeur, pour se convaincre qu\u2019il tenait son nouveau directeur, neuvième en titre depuis la fondation du Devoir en 1910.«Ça ne prend pas n\u2019importe qui pour gérer une entreprise, dit le président Jean Lamarre, qui siège à une quinzaine de conseils d\u2019administration.[\u2026] Pour moi, au bout de quinze minutes Brian Myles à la tête du Devoir M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec A ffligée, Camille Carrier exhorte le premier ministre fédéral, Justin Trudeau, à riposter à l\u2019attentat terroriste de Ouagadougou, au Burkina Faso, dans lequel sa fille Maude a péri aux côtés de son père, de son demi-frère, de sa belle-mère et de deux amis.«Heille, il y a six Québécois de touchés.Pis de savoir qu\u2019il ne participe pas aux combats.Même avant ça, j\u2019avais honte de nous autres [\u2026] qu\u2019il ne participe pas aux combats.Non, il fait de la petite éducation.Il veut envoyer des couvertes\u2026 qu\u2019il aille donc les abattre, ces gens-là», a déclaré Mme Carrier, la voix étreinte par l\u2019émotion, au micro d\u2019Ici Radio-Canada.Elle s\u2019est dite « révoltée » lundi d\u2019entendre M.Trudeau multiplier les « formules creuses », les « lieux communs », « des choses qu\u2019on utilise pour être poli, convenant» depuis la tuerie dans la capitale burkinabée.Selon un bilan provisoire, au moins trente personnes ont été tuées et une trentaine d\u2019autres ont été blessées vendredi et samedi aux abords du bar-restaurant Cappuccino et de l\u2019hôtel Splendid par des assaillants sous la férule d\u2019Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).La famille Carrier a été touchée en plein cœur.BURKINA FASO Une mère affligée attaque Trudeau La mère de Maude Carrier demande au PM d\u2019engager le Canada dans les combats JEAN-FRANÇOIS NADEAU C A T H E R I N E L A L O N D E L\u2019 écrivain Michel Tournier, l\u2019un des grands auteurs français de la seconde moitié du XXe siècle, Prix Goncourt pour Le roi des aulnes en 1970, est décédé lundi à l\u2019âge de 91 ans, ont indiqué ses proches.«On vivait 24 heures sur 24 avec lui, il ne pouvait plus rester tout seul depuis trois mois.Dès qu\u2019il marchait, il avait tendance à tomber, on s\u2019occupait de lui», a déclaré Laurent Feliculis, que l\u2019écrivain considérait comme son fils adoptif.L\u2019écrivain habitait depuis plus d\u2019un demi-siècle dans l\u2019ancien presbytère de Choisel, un village de quelque 550 habitants situé dans la vallée de Che- vreuse, non loin de Paris.Il incarnait la figure du «grand écrivain» à l\u2019ancienne.On le citait volontiers au nombre des plus grands.Des classiques.Michel Tournier fut de surcroît un observateur d\u2019importance du paysage littéraire français, notamment par sa place de juré au prix Goncourt.«Il y a les écrivains qui écrivent parce qu\u2019ils n\u2019ont rien à dire, et qui descendent de Mallarmé.Il y a ceux qui écrivent parce qu\u2019ils ont quelque chose à dire.Ce sont les enfants de Zola.J\u2019en fais partie», a déjà déclaré Tournier.Influence allemande Fasciné par la littérature allemande, fils d\u2019une famille de germanistes, Michel Tournier est né en 1924.Ses parents envoient chaque année leurs quatre enfants en vacances à Fri- bourg-en-Brisgau dans un foyer d\u2019étudiants catholiques où ils peuvent pratiquer la langue.Michel Tournier est alors, selon ses dires, «un enfant hypernerveux, sujet à convulsions, un écorché imaginaire».De ses séjours en Allemagne, il dit : « J\u2019ai connu le nazisme à 9 ans, à 10 ans, à 11 ans, à 12 ans.Ensuite ç\u2019a été la guerre ».Il se souvient des parades militaires du nazisme, des discours du Führer, dénoncés par son père.Admirateur de Kant tout comme de Sartre, il se destine Michel Tournier rejoint les météores L\u2019écrivain français et lauréat du Goncourt est décédé FRED DUFOUR AGENCE FRANCE-PRESSE Michel Tournier est mort lundi à l\u2019âge de 91 ans.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Bernard Descôteaux et Brian Myles Revenu disponible par habitant Le Québec est bon dernier au Canada Page B 1 Au tour des CPE d\u2019être entourés par des chaînes humaines Pages A 2 et A 6 VOIR PAGE A 8 : DEVOIR VOIR PAGE A 8 : TERRORISME VOIR PAGE A 8 : TOURNIER Lire aussi \u203a L\u2019enquête se poursuit pour éclairer les zones d\u2019ombre.Page B 5 M A R I E - M I C H È L E S I O U I L\u2019 Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) a repris lundi la stratégie des enseignants et a encouragé les parents à former des chaînes humaines autour des CPE que fréquentent leurs enfants.Partout au Québec, des petits et des grands se sont tenu les mains autour de ces établissements, auxquels le gouvernement doit imposer des compressions de 120 millions de dollars pour l\u2019année 2016-2017.« Il y aura des chaînes humaines tous les lundis », a annoncé le président-directeur général de l\u2019AQCPE, Louis Se- nécal, en soulignant le court laps de temps dont disposent ses membres d\u2019ici la présentation des règles budgétaires, le 1er avril.« Le gouvernement a la responsabilité de regarder ce que la population dit à travers ce geste-là», a-t-il estimé.Une stratégie inspirée des enseignants Les CPE, qui ont subi des compressions de 476 millions depuis 2006, disent bénéficier de l\u2019appui des 30 000 personnes qui ont signé une pétition réclamant un « réinvestissement dans les services de garde éducatifs de qualité ».Ils espèrent aussi attirer l\u2019attention du public en reprenant la stratégie du mouvement citoyen « Je protège mon école publique », qui a entraîné des parents à former des chaînes autour de quelques centaines d\u2019écoles à l\u2019automne.«Les CPE sont le premier jalon des services en éducation.Il est donc tout à fait normal qu\u2019on s\u2019inscrive dans le même genre de démarche [que les enseignants] », a commenté M.Senécal.Réjean Parent, chef de la Centrale des syndicats du Québec de 2003 à 2012, a trouvé la stratégie intéressante.« Si la recette a fonctionné pour les enseignants, pourquoi ne pas la reprendre ?», a-t-il réagi.« Ça peut avoir l\u2019air copié, mais ce sont des parents qui copient d\u2019autres parents : ils décident de ne pas rester assis dans le salon et de manifester leur inquiétude», a-t-il ajouté, en soulignant que les fameuses casseroles du Printemps érable avaient elles-mêmes été inspirées de manifestations chiliennes et argentines.Des promesses brisées Selon Louis Senécal, le gouvernement Couillard a brisé deux promesses : celle de ne pas hausser la tarification au- delà de l\u2019indexation du coût de la vie et celle de cesser les compressions budgétaires une fois l\u2019équilibre budgétaire atteint.«Le gouvernement a fait campagne en disant que peu de personnes allaient être touchées par la modulation des tarifs et que la classe moyenne serait protégée.Mais dans les faits, plusieurs parents subiront une augmentation importante.Certains parents remettent même en question le fait d\u2019avoir un troisième enfant», a-t-il observé.Dans les CPE, les effets des compressions se font aussi ressentir, a-t-il plaidé.« Le ministère dit qu\u2019il y aura un impact sur le nombre d\u2019heures payées par éducatrice, sur les heures de travail des cuisiniers et sur les heures consacrées à l\u2019entretien ménager», a-t-il illustré.Résultat : de la nourriture de qualité moindre et une diminution des contacts \u2014 primordiaux \u2014 entre les parents et les éducatrices, à son avis.Absent des négociations L\u2019AQCPE refuse de négocier avec la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, depuis le 18 janvier.Elle n\u2019y retournera pas tant que le gouvernement n\u2019ira pas de l\u2019avant avec « l\u2019abolition pure et simple » de l\u2019imposition de compressions de 120 millions de dollars, a assuré M.Senécal.« L\u2019AQCPE a fait le choix unilatéral de cesser de discuter avec le gouvernement et ce n\u2019est pas quelque chose qu\u2019on a souhaité, a réagi de son côté l\u2019attaché de presse de la ministre, Salim Idrissi.Si elle veut faire partie du comité de négociation qui a récemment été mis en place, elle est la bienvenue.La ministre a toujours été ouverte au dialogue», a-t-il ajouté.Le Devoir L E D E V O I R , L E M A R D I 1 9 J A N V I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 JACQUES NADEAU LE DEVOIR La députée et porte-parole parlementaire de Québec solidaire Françoise David a participé à la chaîne humaine qui a ceinturé le CPE Saint-Édouard, dans le quartier La Petite-Patrie.«Plutôt que d\u2019accorder une rémunération indécente à de nombreux médecins spécialistes, le gouvernement doit investir dans la petite enfance.Toute autre coupe serait scandaleuse.Il faut que ça cesse», a-t-elle déclaré.Au tour des CPE d\u2019être entourés par une chaîne humaine J E S S I C A N A D E A U L\u2019 Association canadienne du médicament générique veut négocier avec Québec pour éviter le déplafonnement des ristournes versées aux pharmaciens.L\u2019industrie se dit prête à payer davantage, mais demande de maintenir un «encadrement raisonnable».« Si le gouvernement va de l\u2019avant avec un déplafonnement complet, ça va être le free for all », prévient le président de l\u2019Association, Jim Keon.Ce dernier dénonce la décision de Québec de déplafonner les allocations professionnelles pendant trois ans pour compenser les coupes de 400 millions de dollars imposées aux phar maciens, comme cela est prévu au projet de règlement publié dans la Gazette of ficielle le 23 décembre dernier.Non content de la qualité de l\u2019analyse d\u2019impact économique réalisée par le ministère de la Santé, l \u2019association a commandé sa propre étude pour tenter d\u2019infléchir la position gouvernementale.«Le gouvernement a indiqué que l\u2019impact sur l\u2019industrie serait assez négligeable, mais nous pensons que ce n\u2019est pas le cas », affirme Jim Keon.Selon l\u2019étude d\u2019Aviseo Conseil, qui fait une quarantaine de pages, un déplafonnement « pourrait avoir un impact négatif direct sur la rentabilité des fabricants de médicaments génériques».Pertes d\u2019emplois La firme estime que l\u2019industrie du médicament générique représente des retombées économiques directes et indirectes de 843 millions par année et fournit « plus de 4100 emplois de qualité » au Québec.Les analystes sont toutefois incapables de chif frer l\u2019ampleur des pertes attendues puisque personne ne sait combien les pharmaciens pourraient exiger des fabricants en cas de déplafonnement.On a déjà vu des ristournes allant jusqu\u2019à 80 % dans cer taines provinces canadiennes, rappellent les auteurs.Cette perte de profitabilité se traduirait for t probablement par une diminution de la production des médicaments génériques, moins de recherche et développement, des coupes dans les frais d\u2019exploitation et une délocalisation de plusieurs usines installées au Québec, provoquant des pertes d\u2019emplois.«Au-delà d\u2019un impact important sur la santé économique d\u2019une industrie phare au Québec, un tel déplafonnement pourrait donner lieu à des conséquences additionnelles dommageables pour le système de santé», ajoutent les auteurs.Négociations Avec cette étude, l\u2019Association espère convaincre le ministre de la Santé, Gaétan Bar rette, de reculer sur le déplafonnement.« L\u2019industrie a besoin de stabilité, af firme le président Jim Keon.Notre préférence serait d\u2019augmenter le plafond plutôt qu\u2019un déplafonnement complet.On espère avoir l\u2019occasion de négocier avec le gouvernement et les pharmaciens.» Il refuse de dire quel pourcentage serai t « raisonnable » , mais est ime qu\u2019on pour rait augmenter le plafond de manière à combler le manque à gagner des pharmaciens de 400 millions sur trois ans.Au cabinet du ministre de la Santé, on refuse de commenter le dossier, af firmant que «des discussions sont en cours».Le Devoir Les fabricants de médicaments génériques veulent négocier avec Québec Le déplafonnement des ristournes aux pharmaciens aurait des conséquences négatives sur l\u2019industrie du générique P H I L I P P E O R F A L I M ême si les commissions scolaires de Montréal et English-Montréal ont finalement été invitées aux consultations parlementaires sur la réforme des commissions scolaires, certains groupes, dans la communauté anglophone notamment, refusent de lâcher le morceau et réclament d\u2019être invités à leur tour à prendre la parole.Soit, les deux plus importantes commissions scolaires des réseaux francophone et anglophone du Québec ont été invitées aux consultations par ticulières sur l\u2019étude du projet de loi 86 abolissant les élections scolaires.Mais des dizaines d\u2019autres ont été laissées en plan, déplorent de petites coalitions régionales, qui font valoir que la réalité de leurs institutions locales est bien dif férente de celle de la métropole.C\u2019est notamment le cas de sept commissions scolaires de la Montérégie, dont le territoire couvre pas moins de 154 municipalités de diverses tailles.D\u2019autres regroupements plus informels ont également été formés dans d\u2019autres régions et cherchent aussi à être entendus, en vain jusqu\u2019à présent.Il en va de même pour le Comité d\u2019étude des systèmes électoraux (CESE) piloté par l\u2019ex-députée Marlene Jennings, chargée de consulter la communauté anglophone du Québec au sujet de la réforme de la gouvernance scolaire, et boudé par les libéraux.«On est déçus de la visibilité de groupes d\u2019expression anglaise, qui pourraient venir éclairer le gouvernement sur ce que signifie ce projet de loi 86 pour les communautés anglophones, estime Sylvia Laforge, directrice générale du Quebec Community Groups Network (QCGN), impliqué dans la création du CESE.Le groupe de Mm e Jennings a entendu au-delà de 50 groupes et personnes et a formulé 13 recommandations.Ça aurait pu contribuer à la réflexion de nos élus.» Au cabinet du ministre de l \u2019Éducat ion, on répète le message transmis la semaine dernière, alors qu\u2019on refusait d\u2019inclure la CSDM et English- Montréal dans les consultations.« Plus de 50 groupes représentant l\u2019ensemble des intervenants du milieu scolaire ainsi que des groupes intéressés seront entendus lors de la commission parlementaire.C\u2019est un nombre considérable.Rappelons que les personnes ou groupes qui ne seront pas entendus peuvent déposer un mémoire à la commission parlementaire.Ceux-ci seront tous analysés et pris en considération », a indiqué l\u2019agente de communication du ministre de l\u2019Éducation, Julie White.Les comparutions devant la Commission permanente de l\u2019éducation et de la culture doivent s\u2019amorcer le 28 janvier, à l\u2019Assemblée nationale.À l\u2019origine, 53 groupes devaient se présenter devant les parlementaires, pendant 11 jours de travaux.Le Devoir PROJET DE LOI 86 D\u2019autres groupes veulent être entendus Les consultations sur la réforme des commissions scolaires laissent trop peu de place aux premiers concernés I S A B E L L E P O R T E R à Québec I l n\u2019y aura pas de plan ou de stratégie globale sur la recherche et l \u2019 innovat ion dans le prochain budget, ni même après.Le gouver ne- ment Couillard entend plutôt stimuler l\u2019innovation par différentes initiatives, dont un plan plus spécifique pour le secteur de la santé qu\u2019on compte présenter à l\u2019automne.Un comité d\u2019experts a ainsi été créé l\u2019an dernier pour aider à orienter la stratégie du Québec pour mousser l\u2019innovation en santé, a signalé l\u2019attaché de presse du ministre de l\u2019Innovation Jacques Daoust, Mélissa Turgeon.« On doit recevoir les orientations au printemps pour arriver avec un plan à l\u2019automne.» Interrogée sur tous les autres secteurs, elle soutient que le gouvernement a déjà lancé différentes initiatives comme Créativité Québec, un programme de 150 millions de dollars sur trois ans pour «permettre aux entreprises de mettre de l\u2019avant des idées novatrices».Or lundi, le nouveau président de l\u2019ACFAS Frédéric Bouchard réclamait une politique globale, et ce, de toute urgence.« Chaque mois sans politique, c\u2019est un mois de plus où des chercheurs québécois ne peuvent pas établir de nouvelles collaborations à l\u2019extérieur, plaidait-il dans Le Devoir.La chute du dollar en ce moment montre à quel point une économie fondée sur les res - sources naturelles est en situation de volatilité économique.[\u2026] Il faut développer notre plein potentiel en recherche et innovation pour développer notre société et notre économie.» Rappelons qu\u2019en 2014, le gouvernement avait mis de côté la Politique nationale sur la recherche et l\u2019innovation (PNRI) du gouver nement Marois qui prévoyait des investissements de 3,7 mil - liards de dollars sur cinq ans.Aucune solution de rechange n\u2019a depuis été dévoilée.Lundi, les partis d\u2019opposition ont joint leurs voix à celle de l\u2019ACFAS pour dénoncer l\u2019inaction du gouvernement.«Notre économie est à bout de souf fle, s\u2019insurgeait le porte-parole de la Coalition Avenir Québec, André Lamontagne.Le passage obligé, c\u2019est d\u2019avoir des entreprises qui sont créatives, qui figurent parmi les plus productives, qui sont capables de partir à la conquête du monde.» La CAQ ne défend pas le retour à la PNRI, mais son propre modèle de « zones d\u2019innovation» le long du fleuve Saint-Laurent.Contrairement à la PNRI qui résultait d\u2019une consultation du milieu, le plan caquiste serait prêt à démarrer sans nouvelle consultation, précise-t-il.Le parti est toutefois d\u2019accord avec l\u2019ACFAS sur la nécessité de regrouper dans un même ministère la recherche et l\u2019innovation.Au Parti québécois, on souligne que la PNRI avait été « saluée autant par les milieux académique, scientifique et économique » et qu\u2019elle a été écartée « sans raison valable ».Dans un communiqué, le parti souligne que la part du PIB du Québec dédiée à la recherche et au développement est passée de 2,7 % en 2003 à 2,3 % en 2012.Le Devoir Pas de « politique d\u2019innovation », dit Québec La CAQ et le PQ demandent une politique sur l\u2019innovation de toute urgence L E D E V O I R , L E M A R D I 1 9 J A N V I E R 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 D urant la course à la chefferie du Parti québécois, le Directeur général des élections avait dû rappeler à Pierre Karl Péladeau qu\u2019en démocratie, il est nécessaire d\u2019imposer certaines limites au pouvoir de l\u2019argent.N\u2019ayant pas l\u2019habitude de lésiner sur les moyens, M.Péladeau voulait assumer lui- même le coût de la location d\u2019un avion, mais on lui avait expliqué qu\u2019il devait être comptabilisé dans les dépenses autorisées par la loi.Voilà maintenant que le chef du PQ voudrait assurer lui-même le gros du financement de l\u2019institut de recherche qu\u2019il s\u2019est engagé à créer afin de renouveler l\u2019argumentaire souverai- niste.Le financement populaire qu\u2019il avait évoqué ne suffit manifestement pas.On peut comprendre son souci de donner suite à cet engagement, qui était le seul élément un peu concret de son plan pour réaliser la souveraineté, mais il aurait tout de même pu s\u2019éviter le ridicule d\u2019envoyer une mise en demeure à la CAQ, selon laquelle il commettrait un acte illégal en utilisant sa fortune personnelle pour financer le nouvel institut.S\u2019il fallait que tous les politiciens qui accusent leurs adversaires de contrevenir à la loi soient poursuivis, les tribunaux seraient vite débordés.La question soulevée par le député de Deux-Mon- tagnes, Benoit Charette, est tout à fait légitime : dans quelle mesure un organisme financé en grande partie par le chef d\u2019un parti politique, qui en recruterait lui-même les administrateurs, pour- rait-il être considéré comme indépendant de ce même parti ?S\u2019il s\u2019agit d\u2019une simple extension du PQ, comme le soutient la CAQ, la contribution de M.Péladeau devrait logiquement se limiter aux 100 $ autorisés par la Loi sur le financement des partis politiques.Le DGE a jugé la question suffisamment sérieuse pour s\u2019en saisir.?Le PQ fait valoir avec raison que le camp fédéraliste dispose depuis plusieurs années d\u2019un institut de recherche, baptisé «L\u2019idée fédérale», qui s\u2019emploie à faire la promotion du fédéralisme.Ce think tank a le statut d\u2019organisme de bienfaisance, ce qui permet à ses contributeurs de bénéficier de déductions fiscales, tant au niveau fédéral que provincial.Ces bailleurs de fonds demeurent anonymes et il n\u2019y a aucun plafond à leur contribution.Créée en 2009 sous l\u2019impulsion d\u2019André Pratte, alors éditorialiste en chef de La Presse, L\u2019idée fédérale est maintenant dirigée par Patrice Ryan, militant libéral notoire qui est également membre de la commission politique du PLQ.Son conseil des gouverneurs est présidé par l\u2019ancien premier ministre Jean Charest.L\u2019organisme se décrit comme « un groupe non partisan de réflexion sur le fédéralisme», mais la proximité avec le PLQ saute aux yeux.Depuis un demi-siècle, le PLQ a d\u2019ailleurs été si étroitement associé à la défense du fédéralisme que faire la promotion de l\u2019un revient presque à faire celle de l\u2019autre.Il était donc dans l\u2019ordre des choses que Martin Coiteux, qui a été directeur de la recherche à L\u2019idée fédérale pendant des années, se lance en politique sous les couleurs libérales.?Le PQ s\u2019insurge à l\u2019idée qu\u2019il puisse y avoir deux poids, deux mesures, alors que la finalité est très semblable, mais il aurait pu se simplifier la vie en agissant avec plus de finesse.Par exemple, en laissant au regroupement des Organismes unis pour l\u2019indépendance (OUI) la paternité du nouvel institut, auquel M.Péladeau aurait alors pu contribuer à sa guise sans que personne puisse s\u2019y opposer Le PQ aura beau dire qu\u2019il a déjà pris ses distances, les propos que l\u2019ancien député péquiste et bloquiste Daniel Turp, aujourd\u2019hui conseiller de M.Péladeau, a tenus dans une entrevue au Devoir la semaine dernière ne sont pas de nature à rassurer la CAQ sur son caractère non partisan.« Des études de qualité obligeront les tenants du statu quo qui dirigent le PLQ et les marchands d\u2019illusions que sont devenus les réformateurs du fédéralisme de la CAQ à ne plus se contenter de clichés et de menaces pour s\u2019opposer au projet d\u2019indépendance et à démontrer les avantages du statu quo ou la faisabilité d\u2019une réforme constitutionnelle », a-t-il expliqué.Faire la démonstration des avantages de la souveraineté et des inconvénients du fédéralisme est une chose.Si le but est plutôt de faire le procès des « marchands d\u2019illusions » de la CAQ, qui cherche à supplanter le PQ comme solution de rechange aux libéraux à la prochaine élection, c\u2019est une autre affaire.M.Turp souhaite également voir l\u2019institut proposer « des gestes devant conduire à l\u2019indépendance » et jeter les bases d\u2019un « projet républicain pour le Québec».Tout cela est très intéressant, mais il ne faut pas mélanger les genres.Élaborer une stratégie d\u2019accession à l\u2019indépendance ne relève pas d\u2019un institut de recherche, mais d\u2019un parti politique.mdavid@ledevoir.com Le mélange des genres A L E X A N D R E S H I E L D S L e vieux cargo Kathryn Spirit, en partie démantelé et désormais à l\u2019abandon sur le Saint-Laurent, à Beauharnois, risque de se renverser et de déverser ses eaux contaminées dans le fleuve, en amont d\u2019une réserve naturelle et des prises d\u2019eau de Montréal.Tel est le cri du cœur du maire de Beauharnois, qui déplore l\u2019inaction des gouvernements dans un dossier qui traîne pourtant depuis plus de quatre ans.«C\u2019est un problème qui relève du fédéral, mais aussi du provincial.Mais depuis quatre ans, c\u2019est la Ville de Beauharnois qui l\u2019a sur les bras», déplore le maire de Beauharnois, Claude Haineault.La saga du Kathryn Spirit remonte en effet à 2011.À cette époque, l\u2019entreprise Groupe St- Pierre l\u2019a amarré près de la rive du fleuve, à Beauharnois, dans le but de démanteler le cargo en fin de vie, et ce, malgré le refus exprimé par la Ville.Le navire construit en 1967 a par la suite été vendu à la compagnie mexicaine Reciclajes eco- logicos maritimos, qui a alors engagé l\u2019entreprise JRB inc.pour, notamment, pomper les eaux contaminées du bateau, qui menaçait à l\u2019époque de chavirer, parce qu\u2019il était alourdi par l\u2019accumulation d\u2019eau infiltrée dans la coque.Or, comme l\u2019entreprise mexicaine a cessé de payer JRB inc.et a carrément renoncé à ses droits de propriété sur le Kathryn Spirit, l\u2019entreprise québécoise a stoppé les travaux au cours des derniers jours.Risques pour le fleuve Le maire Claude Haineault craint désormais le pire, lui qui se bat depuis quatre ans pour que le navire quitte les rives de Beauharnois.« À court terme, ce qui va se produire, c\u2019est que l\u2019eau va s\u2019infiltrer dans le bateau, ce qui va l\u2019alourdir.Lorsqu\u2019il sera appuyé au fond de l\u2019eau, il va faire comme il a déjà fait, c\u2019est-à-dire se pencher sur le côté.Au final, il pourrait très bien chavirer et se vider dans le fleuve, avec toutes les conséquences qu\u2019on peut imaginer.Il ne faut pas oublier qu\u2019on parle d\u2019une épave qui pourrit depuis des années.» Claude Haineault a aussi fait savoir que des actes de vandalisme ont été perpétrés à quelques reprises sur ce navire.Le service d\u2019incendie de Beauharnois a d\u2019ailleurs dû intervenir, notamment pour éteindre des incendies à bord.Or, il n\u2019est plus possible d\u2019intervenir, en raison de l\u2019état de délabrement du cargo.«Si le feu prend dedans, on va seulement pouvoir le regarder brûler», constate le maire.En plus des risques que poserait la présence de l\u2019épave elle-même, le cargo en partie démantelé contient des eaux contaminées notamment aux hydrocarbures.Or, a rappelé M.Haineault, le navire est amarré à une barge ancrée tout près du barrage de Beauharnois, à la tête du lac Saint-Louis.En plus de la force du courant des eaux du Saint-Laurent à cet endroit, qui pourrait transporter rapidement tout déversement, il faut souligner que le Kathryn Spirit est situé en amont de prises d\u2019eau potable de Montréal.Le cargo est aussi abandonné en amont de la réserve nationale de faune des Îles-de-la-Paix, un milieu naturel protégé depuis 1977 et qui regroupe plus de 150 espèces animales et dont la protection a été établie par le gouvernement fédéral.Inaction gouvernementale C\u2019est justement le gouvernement fédéral qui devrait, au bout du compte, agir dans ce dossier, selon le maire de Beauharnois, qui fait valoir que le navire est désormais officiellement sans propriétaire.Mais les appels répétés de la Ville sont demeurés sans réponse, dénonce M.Haineault.«Nous avons eu des contacts avec Environnement Canada, au ministère de l\u2019Environnement du Québec, à Transports Canada, mais aussi à Pêches et Océans, aux responsables de la voie maritime et à la garde côtière.C\u2019est une colossale partie de ping-pong.Tout le monde se renvoie la balle et personne ne nous donne la moindre réponse.» Le maire de Beauharnois espère que le gouvernement fédéral prendra en charge le navire en fin de vie pour éviter une catastrophe environnementale.Il estime qu\u2019il faudrait rapidement reprendre les opérations de pompage des eaux usées, mais aussi trouver une solution pour la démolition de l\u2019épave.Parallèlement, la Ville de Beauharnois a fait parvenir au Groupe St-Pierre une mise en demeure officielle afin qu\u2019il agisse dans ce dossier.Bien que le bateau ne leur appartienne pas, il se trouve néanmoins sur leur propriété.Le Devoir a fait des demandes d\u2019information auprès de Transports Canada, et notamment du cabinet du ministre Marc Garneau, qui a répondu que la garde côtière est responsable de ce vieux navire rouillé.La garde côtière n\u2019a pas répondu aux demandes du Devoir et n\u2019a pas accusé réception des courriels envoyés lundi.Même silence du côté de Pêches et Océans, mais aussi du cabinet du ministre Hunter Tootoo.À Québec, le ministère de l\u2019Environnement a dit assumer « pleinement » ses responsabilités en vertu de la Loi sur la qualité de l\u2019environnement « en s\u2019assurant que le navire ne présente aucun risque de contamination environnementale.Ce sont toutefois les autorités fédérales (Transport Canada et la Garde côtière) qui assurent le suivi des travaux correctifs requis pour que le navire puisse quitter Beauharnois ».Le ministère a écrit une lettre à Transports Canada le 15 janvier 2016, afin de s\u2019enquérir de la nature du suivi qu\u2019il compte assurer.Le Devoir Un navire abandonné à Beauharnois menace le fleuve Saint-Laurent MICHEL DAVID H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e comité mixte spécial sur l\u2019aide médicale à mourir a pris son envol lundi, avec une composition de députés et de sénateurs enfin finalisée.Deux des trois élus conservateurs qui y siègent sont associés au mouvement pro-vie, mais ils assurent qu\u2019ils garderont l\u2019esprit ouvert.Mark Warawa, député à la Chambre des communes depuis 2004, s\u2019affiche ouvertement contre l\u2019avortement.Il est un habitué de la grande manifestation annuelle pro-vie sur la colline parlementaire.Michael Cooper, pour sa part, est une recrue conservatrice.Pendant la campagne électorale, le groupe Campaign Life Coalition (CLC) a recommandé son élection.« M.Cooper est actif dans le mouvement pro-vie depuis plusieurs années et est connu des dirigeants de CLC », est-il écrit sur le site Internet du groupe.« Je vais garder l\u2019esprit ouvert, a indiqué M.Cooper à son arrivée au comité lundi matin.Nous avons le mandat de proposer un encadrement légal en réponse à la décision Carter de la Cour suprême, alors c\u2019est à travers ce prisme que j\u2019orienterai mon analyse.» Quand on l\u2019interroge sur ses positions pro-vie, M.Cooper se rebiffe.« Je ne pense pas que cet enjeu a quoi que ce soit à voir avec cet enjeu-ci.» Le suicide assisté, l\u2019euthanasie et toutes leurs déclinaisons sont les nouveaux chevaux de bataille du mouvement pro-vie, qui milite pour la protection de toutes les vies, autant celles des fœtus que celles des personnes malades ou handicapées.Bien qu\u2019il soit possible qu\u2019un opposant à l\u2019avortement soit d\u2019accord avec l\u2019aide médicale à mourir, M.Cooper a refusé d\u2019indiquer s\u2019il était du lot.Mike Warawa, de son côté, a promis de « travailler de manière constructive » sur le comité.À quelle enseigne loge-t-il sur cette question ?Est-il d\u2019accord avec l\u2019arrêt Car ter de la Cour suprême, rendu en février 2015?Il refuse de le dire.«Ce n\u2019est pas pertinent.La décision a été rendue.[\u2026] La Cour suprême a décidé qu\u2019il fallait permettre cela au Canada.Alors notre responsabilité en tant que parlementaire est de s\u2019assurer qu\u2019il y a des garde-fous adéquats dans la loi.» Le troisième membre conservateur du comité est finalement Gérard Deltell et non Steven Blaney, comme cela avait été au dépar t prévu.« J\u2019ai été député sept ans [à Québec].J\u2019ai été là du Jour 1 jusqu\u2019au vote à l\u2019Assemblée nationale en juin.Je suis le seul membre du Parlement canadien qui a été témoin de tout le débat au Québec.» Contestation inévitable Le comité mixte a été mis sur pied pour conseiller au gouvernement une façon d\u2019encadrer l\u2019aide médicale à mourir.Le comité composé de 5 sénateurs et de 11 députés doit remettre son rappor t le 26 février.Lundi, deux hautes fonctionnaires du ministère de la Justice sont venues brosser un tableau de la situation.Elles ont rappelé la teneur de la décision de la Cour, de même que l\u2019étendue des questions que les parlementaires pourraient vouloir aborder.Mais elles ont donné un conseil : n\u2019essayez pas de rédiger vos recommandations dans un souci d\u2019éviter une contestation judiciaire.Ce serait en vain.« Il ne serait pas déraisonnable de penser que quoi que le Parlement décide, cela sera contesté devant les tribunaux », a déclaré Joanne Klineberg, de la section du droit pénal au ministère.Mme Klineberg a aussi soutenu que, contrairement à ce que tous les commentateurs disent, il n\u2019est pas clair que la Cour suprême soit allée plus loin que le Québec en autorisant l\u2019aide médicale à mourir même pour des personnes n\u2019étant pas en fin de vie.Certes, la Cour n\u2019a pas parlé de fin de vie dans son jugement, mais elle n\u2019a pas non plus écrit noir sur blanc que l\u2019aide médicale à mourir devrait s\u2019y limiter.Le débat est donc ouvert, selon la fonctionnaire.Enfin, Mme Klineberg a indiqué qu\u2019aucune juridiction où l\u2019aide médicale à mourir est légale n\u2019autorise le consentement anticipé.Une personne en santé ne peut pas écrire qu\u2019elle voudrait un jour mourir si telle ou telle chose lui arrivait.« Il doit y avoir une connexion temporelle très proche, de moins de cinq ans.» Le Devoir Des pro-vie pour encadrer l\u2019aide à mourir Le comité mixte de 5 sénateurs et 11 députés s\u2019est réuni pour la première fois lundi, alors qu\u2019il doit faire rapport au Parlement le 26 février Le Parti québécois aurait pu se simplifier la vie en agissant avec plus de finesse ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La saga du Kathryn Spirit remonte à 2011. L E D E V O I R , L E M A R D I 1 9 J A N V I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services- et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services- et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi AVIS LÉGAUX & APPELS D\u2019OFFRES HEURES DE TOMBÉE AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa responsa - bilité se limite au coût de la parution.Avis selon l'article 14 du Règlement sur l'exercice de la profession de dentiste en société PRENEZ AVIS que les activités de la société en nom collectif Centre Dentaire Fairview ayant comme adresse C27A-6815 autoroute Transcanadienne, Poin- te-Claire (Québec) H9R 1C4 et ayant comme associés les Drs David Fownes, Harold Leiber- man et Dwayne Rahal, ont été poursuivies, en date du 1er janvier 2016, au sein du Centre Dentaire Fairview Inc., une société par actions nouvellement constituée.L'exercice en société par actions ne modifie en rien les obligations déontologiques et civiles de leurs membres à l'égard du public et de l'Ordre des dentistes du Québec.De manière générale, la responsabilité de l'actionnaire est limitée à sa mise de fonds, sauf, dans le cas des sociétés de professionnels, pour les fautes qu'un professionnel commet personnellement dans l'exercice de sa profession.En effet, le dentiste qui exerce au sein d'une société par actions continue d'être personnellement responsable pour les fautes et négligences qu'il pourrait commettre dans l'exercice de sa profession.Toutefois et face aux tiers, il n'est pas tenu personnellement responsable des fautes ou négligences commises par un autre professionnel exerçant au sein de la même société.Montréal, le 15 janvier 2016.SPIEGEL SOHMER INC., Avis est donné qu\u2019une assemblée ordinaire du conseil municipal aura lieu : Date le lundi 25 janvier 2016, à 13 h Lieu Salle du conseil de l\u2019hôtel de ville 275, rue Notre-Dame Est (métro Champ-de-Mars) Veuillez noter que la période de questions du public n\u2019aura pas lieu au début de l\u2019assemblée mais à 19 h.Les personnes qui désirent poser des questions doivent se présenter entre 17 h et 18 h 30 au rez-de-chaussée de l\u2019édifice Chaussegros-de-Léry situé au 303, rue Notre- Dame Est pour obtenir un numéro d\u2019inscription.Toutefois, les personnes à mobilité réduite peuvent se présenter à l\u2019hôtel de ville, situé au 275, rue Notre-Dame Est, en utilisant l\u2019accès situé au 510, rue Gosford.Le tirage au sort déterminant l\u2019ordre dans lequel les personnes pourront poser leur question se déroulera au 303, rue Notre-Dame Est à compter de 18 h 30.Il est impératif d\u2019avoir en sa possession une preuve d\u2019identité avec photo aux fins de son inscription.À défaut, une personne ne pourra être inscrite.Les personnes inscrites recevront une carte d\u2019identification qui leur permettra d\u2019accéder à la salle du conseil municipal afin de pouvoir poser leur question.Prenez note qu\u2019en prévision de la séance du mardi 26 janvier 2016, la période d\u2019inscription débutera à 8 h 30 et le tirage au sort se déroulera à compter de 9 h, et ce, au même endroit, soit dans l\u2019édifice Chaussegros-de-Léry situé au 303, rue Notre-Dame Est.Les personnes inscrites à la période de questions ainsi que les personnes intéressées à assister aux délibérations du conseil accèdent à l\u2019hôtel de ville par la porte du côté est (510, rue Gosford).La salle est équipée d\u2019un système d\u2019aide à l\u2019audition.Pour y avoir accès, il suffit de syntoniser la fréquence 100,3 sur la bande FM de votre baladeur.De plus, un service d\u2019interprétation pour les personnes ayant des limitations auditives est offert sur demande, sous réserve de la disponibilité d\u2019interprètes.Veuillez communiquer, au moins 3 jours ouvrables à l\u2019avance, au 514-872-3142.Montréal, le 19 janvier 2016 Le greffier adjoint, Me Emmanuel Tani-Moore Avis public Avis est donné qu\u2019une assemblée ordinaire du conseil d\u2019agglomération aura lieu : Date le jeudi 28 janvier 2016, à 17 h Lieu Salle du conseil de l\u2019hôtel de ville 275, rue Notre-Dame Est (métro Champ-de-Mars) Une période de questions du public est prévue au début de l\u2019assemblée.Les personnes qui désirent poser des questions doivent se présenter entre 15 h et 16 h 30 au rez-de-chaussée de l\u2019édifice Chaussegros-de-Léry situé au 303, rue Notre- Dame Est pour obtenir un numéro d\u2019inscription.Toutefois, les personnes à mobilité réduite peuvent se présenter à l\u2019hôtel de ville, situé au 275, rue Notre-Dame Est, en utilisant l\u2019accès situé au 510, rue Gosford.Le tirage au sort déterminant l\u2019ordre dans lequel les personnes pourront poser leur question se déroulera au 303, rue Notre-Dame Est à compter de 16 h 30.Il est impératif d\u2019avoir en sa possession une preuve d\u2019identité avec photo aux fins de son inscription.À défaut, une personne ne pourra être inscrite.Les personnes inscrites recevront une carte d\u2019identification qui leur permettra d\u2019accéder à la salle du conseil municipal afin de pouvoir poser leur question.Les personnes inscrites à la période de questions ainsi que les personnes intéressées à assister aux délibérations du conseil accèdent à l\u2019hôtel de ville par la porte du côté est (510, rue Gosford).La salle est équipée d\u2019un système d\u2019aide à l\u2019audition.Pour y avoir accès, il suffit de syntoniser la fréquence 100,3 sur la bande FM de votre baladeur.De plus, un service d\u2019interprétation pour les personnes ayant des limitations auditives est offert sur demande, sous réserve de la disponibilité d\u2019interprètes.Veuillez communiquer, au moins 3 jours ouvrables à l\u2019avance, au 514-872-3142.Montréal, le 19 janvier 2016 Le greffier adjoint, Me Emmanuel Tani-Moore Avis public ASSEMBLÉE PUBLIQUE DE CONSULTATION \u2013 RCA 120 AVIS PUBLIC est par les présentes donné aux personnes intéressées de l\u2019arrondissement d\u2019Anjou et des arrondissements de Rivière-des- Prairies\u2014Pointe-aux-Trembles, Mercier\u2014 Hochelaga-Maisonneuve, Saint-Léonard et Montréal-Nord, demeurant dans une zone contiguë à l\u2019arrondissement d\u2019Anjou, par le projet de règlement numéro RCA 120 intitulé : « RÈGLEMENT MODIFIANT LE RÈGLEMENT CONCERNANT LE ZONAGE (RCA 40), LE RÈGLEMENT SUR LES PLANS D\u2019IMPLANTATION ET D\u2019INTÉGRATION ARCHITECTURALE (RCA 45), LE RÈGLEMENT DE LOTISSEMENT (1528) ET LE RÈGLEMENT SUR LES PERMIS ET CERTIFICATS (1527) DE L\u2019ARRONDISSEMENT D\u2019ANJOU AFIN D\u2019ASSURER LA CONCORDANCE AU SCHÉMA D\u2019AMÉNAGEMENT ET DE DÉVELOPPEMENT DE L\u2019AGGLOMÉRATION DE MONTRÉAL (RCG 14-029) ET D\u2019APPORTER D\u2019AUTRES MODIFICATIONS RÉGLEMENTAIRES CONNEXES »; Que le conseil d\u2019arrondissement, suite à l\u2019adoption à sa séance du 12 janvier 2016 de ce projet de règlement, tiendra une assemblée publique de consultation le mardi 2 février 2016 à 18 h, dans la salle du conseil située au 7701 du boulevard Louis-H.-La Fontaine, en conformité des dispositions de la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme; Que l\u2019objet de ce règlement vise à assurer la concordance au Schéma d\u2019aménagement et de développement de l\u2019agglomération de Montréal (RCG 14-029) adopté le 29 janvier 2015 et entré en vigueur le 1er avril 2015, conformément aux exigences de la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme.Afin de se conformer aux objectifs et dispositions du Schéma, certaines modifications doivent être apportées aux Règlement concernant le zonage (RCA 40), au Règlement sur les plans d\u2019implantation et d\u2019intégration architecturale (RCA 45), au Règlement sur le lotissement (1528) ainsi qu\u2019au Règlement sur les permis et certificats (1527).Ces règlements sont bonifiés par l\u2019ajout de normes, d\u2019objectifs et de critères à l\u2019égard notamment de la lutte aux changements climatiques, à la conservation du patrimoine et des territoires d\u2019intérêts écologiques, à l\u2019amélioration de l\u2019accessibilité universelle, de même qu\u2019à la réduction des nuisances, notamment aux abords des grandes voies de circulation et autoroutes.Les modifications réglementaires contenues dans le présent règlement ont par conséquent un caractère obligatoire; Qu\u2019au cours de cette assemblée publique, le maire d\u2019arrondissement (ou un autre membre du conseil désigné par le maire d\u2019arrondissement) expliquera le projet de règlement ainsi que les conséquences de son adoption et entendra les personnes qui désirent s\u2019exprimer à ce sujet; Que ce projet s\u2019applique à l\u2019ensemble du territoire de l\u2019arrondissement; Que ce projet ne contient pas de dispositions propres à un règlement susceptible d\u2019approbation référendaire; Que ce projet de règlement est disponible pour consultation à la mairie d\u2019arrondissement située au 7701 du boulevard Louis-H.-La Fontaine, dans l\u2019arrondissement d\u2019Anjou, durant les heures d\u2019ouverture.Fait à Montréal, arrondissement d\u2019Anjou, le 19 janvier 2016.La secrétaire d\u2019arrondissement, Louise Goudreault Avis public AVIS PUBLIC ASSEMBLÉE PUBLIQUE DE CONSULTATION PREMIER PROJET DE RÈGLEMENT NUMÉRO 01-279-43 AVIS est par les présentes donné aux personnes intéressées par le soussigné, secrétaire de l\u2019arrondissement de Rosemont?La Petite-Patrie, que le conseil d\u2019arrondissement a adopté lors de sa séance tenue le 18 janvier 2016, le premier projet de règlement numéro 01-279-43 intitulé : « Règlement modifiant le Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement Rosemont-Petite-Patrie (01- 279) » (01-279-43) - Dispositions visant l\u2019aménagement de cafés-terrasses sur le domaine public.Une assemblée publique de consultation sera tenue, concernant ce projet de règlement, le 1er février 2016 à 17 h au 5650, rue D\u2019Iberville, 2e étage, en la Ville de Montréal, conformément aux dispositions de la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme (L.R.Q., c.A-19.1).Au cours de cette assemblée publique de consultation, le maire de l\u2019arrondissement ou un autre membre du conseil désigné par lui, expliquera le projet de règlement ainsi que les conséquences de son adoption et entendra les personnes qui désirent s\u2019exprimer à ce sujet.En résumé, l\u2019objet du présent projet de Règlement vise à modifier le Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement Rosemont-Petite-Patrie (01-279) afin de préciser les secteurs dans lesquels l\u2019aménagement d\u2019un café-terrasse sur le domaine public peut être autorisé, de même qu\u2019à préciser les situations dans lesquelles un tel café-terrasse peut être aménagé dans le contexte d\u2019un terrain de coin adjacent au prolongement d\u2019une voie publique où est autorisée, comme catégorie d\u2019usage principale, une catégorie de la famille habitation.Le territoire concerné par ce règlement comprend les zones visées ainsi que les zones contiguës à celles-ci.Les zones visées par le règlement sont réparties sur l\u2019ensemble du territoire de l\u2019arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie.La liste des zones visées et des zones contiguës à celles-ci, ainsi qu\u2019un plan illustrant ces zones sont disponibles pour consultation au bureau Accès Montréal de l\u2019arrondissement.Ce projet contient des dispositions propres à un règlement susceptible d\u2019approbation référendaire.Le projet de règlement ainsi que les illustrations des zones visées et contiguës sont disponibles pour consultation au bureau Accès Montréal de l\u2019arrondissement, situé au 5650, rue D\u2019Iberville, 3e étage, en la Ville de Montréal, du lundi au vendredi de 9 h à 17 h, et à l\u2019adresse : ville.montreal.qc.ca/rpp, dans la section Mairie d\u2019arrondissement, sous la rubrique Consultations publiques.Fait à Montréal, ce 19 janvier 2016 Karl Sacha Langlois, LL.L., B.A.A., OMA Secrétaire d\u2019arrondissement UNION DES MUNICIPALITÉS DU QUÉBEC APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC # UMQCGRAD-10 Services professionnels de consultant et gestionnaire de risques en assurances de dommages Des soumissions sont demandées en vue de l\u2019acquisition de services professionnels de consultant et gestionnaire de risques en assurances de dommages par l\u2019Union des municipalités du Québec, au nom des municipalités membres du regroupement Agglomération I.Les conditions du présent appel d\u2019offres sont contenues dans le cahier des charges disponible à compter de 11h00 le 19 janvier 2016 auprès du service SEAO.Les soumissions seront reçues avant 10h00 le 10 février 2016 aux bureaux de l\u2019Union des municipalités du Québec, 680, rue Sherbrooke Ouest, bureau 680, Montréal (QC) H3A 2M7.Les soumissions seront ouvertes publiquement le même jour à 10h05, à la même adresse.L\u2019Union des municipalités du Québec ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019encourt aucune obligation envers les soumissionnaires.Seules sont autorisées à soumissionner les entreprises s\u2019étant procuré le cahier des charges auprès du service SEAO.J E A N N E C O R R I V E A U L es policiers montréalais attitrés au service d\u2019ordre entourant les obsèques de René Angélil jeudi et vendredi porteront exceptionnellement leur uniforme réglementaire, délaissant momentanément les pantalons de camouflage.Cette mesure ne touchera que les policiers «directement impliqués» dans le service d\u2019ordre lié à la chapelle ardente et aux funérailles nationales de M.Angélil, a fait savoir la Fraternité des policiers lundi matin par voie de communiqué, sans vouloir commenter davantage.Rappelons que les policiers ont adopté les pantalons de camouflage comme moyen de pression il y a un an et demi afin de protester contre le projet de loi 3 sur la réforme des régimes de retraite.Les policiers s\u2019étaient attiré de nombreuses critiques en juin 2015 lorsqu\u2019ils avaient arboré leurs pantalons colorés pour les funérailles de l\u2019ex- premier ministre Jacques Pa- rizeau.Furieux, le maire Denis Coderre les avait accusés de manquer de classe.Aucune demande concernant le port de l\u2019uniforme n\u2019avait été signifiée au syndicat, avait alors rétorqué la Fraternité.À cer taines occasions, comme lors des obsèques de l\u2019ex-hockeyeur Jean Béliveau en décembre 2014, les policiers avaient opté pour l\u2019uniforme.Tout comme aux funérailles de l\u2019ancien maire de Montréal Jean Doré, même si cer tains avaient gardé leur casquette rouge.Dans le cas des funérailles du cardinal Jean-Claude Turcotte en avril 2015, les poli- c iers avaient gardé leurs pantalons de camouflage.Après la controverse de l\u2019été dernier, le maire Coderre avait demandé au gouvernement Couillard de faire adopter une loi pour obliger les policiers à por ter l\u2019uniforme réglementaire.Mais la mesure ne s\u2019est jamais concrétisée.Les funérai l les de René Angélil, qui fut l\u2019imprésario et l\u2019époux de Céline Dion, auront lieu à la basilique Notre-Dame de Montréal vendredi à 15 h.Il sera auparavant exposé en chapelle ardente jeudi, entre 14 h et 21 h.Le Devoir Des policiers en uniforme pour les funérailles de René Angélil I S A B E L L E P O R T E R à Québec L e maire de Québec, Régis Labeaume, a causé la surprise lundi en annonçant un gel des taxes résidentielles en 2017 et 2018.Une décision qui coûtera 12 millions de dollars à la Ville en 2016 et nécessitera de nouvelles coupes dans l\u2019appareil municipal.La maire a dit vouloir ainsi soutenir les contribuables dans un «contexte difficile».«Le citoyen moyen a l\u2019impression qu\u2019on le rançonne de partout », a-t-il souligné.Pour une résidence unifa- miliale moyenne de 283 000 $, le gel réduira la facture de 57$ en 2016 et de 115$ en 2017.Si la nouvelle a causé la surprise, c\u2019est que M.Labeaume avait critiqué sans ménagement les politiciens qui promettaient des gels ces dernières années.À chaque budget depuis 2007, son administration haussait les taxes au niveau de l\u2019inflation et la même valse reprenait : l\u2019opposition lui reprochait de trop taxer et il rétorquait que les maires qui promettaient des gels de taxes faisaient de la « petite politique » et étaient « irresponsables ».Appelé à justifier cet apparent revirement, M.Labeaume a soutenu lundi que la Ville pouvait désormais se le permettre grâce à la réforme des régimes de retraite qui limite les coûts imprévus.En 2015, elle aura permis à la Ville de libérer 6 millions de dollars.« J\u2019y réfléchis depuis que je suis maire et nous attendions le moment propice pour le faire.» La Ville n\u2019a toutefois pas encore les 12 millions nécessaires pour payer le gel de 2016, a-t-il prévenu.« Ça veut dire qu\u2019il va y avoir encore des coupes de postes.[\u2026] L\u2019argent n\u2019est pas disponible demain matin.» Pas question par ailleurs de faire la même chose dans le secteur commercial.La Ville a déjà réduit le taux de taxation commercial dans le dernier budget et les propriétaires résidentiels sont «ceux qui en ont le plus besoin», a-t-il dit.Pas de gel partout Mais attention, certains contribuables vont subir des hausses de taxes malgré tout.C\u2019est le cas des résidants de l\u2019ancienne ville de Québec qui doivent payer la dette antérieure aux fusions.Les contribuables de cer taines anciennes banlieues continuent en outre de payer le rééquilibrage du taux de taxes découlant des fusions.Là-dessus, le maire en a profité pour écorcher le chef de l\u2019opposition et ex-maire de Sil- lery, Paul Shoiry.«Ça va être très instructif sur ce que les citoyens de Québec paient par rapport aux fusions à chaque année, a-t-il lancé.Les comportements de l\u2019ancienne administration de Sil- lery, les gens vont apprendre des affaires\u2026» La suggestion a fait sourire le principal intéressé.« Y a pas une ville dans la Communauté urbaine qui était mieux gérée que Sillery», a déclaré M.Shoiry.Moqueur, ce dernier a déclaré qu\u2019avec le gel, le maire avait « finalement compris et donné suite à ce que demande l\u2019opposition depuis 2013».Il estime toutefois que la Ville devrait aussi ménager le secteur commercial et que le gel aurait pu être imposé dès 2015 au lieu d\u2019attendre à l\u2019an prochain.Le Devoir QUÉBEC Régis Labeaume promet un gel de taxes sur deux ans RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE Les policiers portent des pantalons non réglementaires depuis juillet 2014, soit plus d\u2019un an et demi, afin de protester contre la réforme de leur régime de retraite.J\u2019y réfléchis depuis que je suis maire et nous attendions le moment propice pour le faire Le maire de Québec, Régis Labeaume « » FRANCIS VACHON LE DEVOIR L E D E V O I R , L E M A R D I 1 9 J A N V I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa À une semaine de la rentrée parlementaire, les partis d\u2019opposition attendent le gouvernement Trudeau de pied ferme et le somment de ne pas gonfler les déficits annoncés en campagne électorale pour répondre au ralentissement économique.Quant à Thomas Mulcair, chef du NPD, il a vivement défendu son avenir politique en martelant qu\u2019il n\u2019avait pas l\u2019intention de quitter son poste si les membres de son parti lui permettent de rester.Malgré la lourde défaite accusée à l\u2019élection d\u2019octobre dernier, Thomas Mulcair assure qu\u2019il n\u2019a jamais songé à abandonner le navire.«Pas du tout.Ce n\u2019est pas mon genre», a tranché le leader du NPD qui bravait les caméras pour la première fois depuis la mi-décembre.Thomas Mulcair s\u2019est dit « plein d\u2019énergie » à la suite du congé des Fêtes.Et il a pris soin de répéter à quelques reprises, en point de presse lundi, qu\u2019il continuerait de consulter et d\u2019écouter la base du parti afin de s\u2019assurer que le travail accompli à Ottawa reflète ses préoccupations.Une déclaration semblant vouloir rassurer ceux-là mêmes qui se prononceront sur son leadership, au congrès du NPD en avril prochain.« Je ne présuppose aucun résultat.Je suis honoré de pouvoir servir un parti de valeurs fondamentales comme le NPD», a déclaré le chef néodémocrate en affirmant qu\u2019il continuerait «de travailler sans relâche et espérer gagner la confiance du parti» au congrès.Les néodémocrates indiqueront alors s\u2019ils souhaitent la tenue d\u2019une course à la chefferie.«Théoriquement, tout ce qu\u2019il faut c\u2019est plus de 50%, a expliqué M.Mulcair.Mais évidemment je m\u2019attends à obtenir bien plus que ça», a-t-il ajouté, sans vouloir préciser le pourcentage d\u2019appuis qu\u2019il espérait décrocher.L\u2019avenir de Thomas Mulcair au NPD a fait couler beaucoup d\u2019encre, depuis que le parti a terminé troisième à l\u2019élection fédérale après avoir entamé la campagne bon premier.La popularité du leader néodémo- crate ne cesse de baisser depuis dans les sondages.Les troupes du NPD insistent pour dire que personne ne le pousse vers la sor tie, mais elles sont également unanimes pour dire que Thomas Mulcair devra leur démontrer qu\u2019il a un plan de match pour renouer avec l\u2019électorat.M.Mulcair retrouvera justement ses députés lors d\u2019une rencontre du caucus à Monte- bello en Outaouais, ce mardi et mercredi.L\u2019occasion de mettre la table pour la session parlementaire qui reprendra lundi prochain, explique-t-on au parti.Affrontements économiques en vue Cette session s\u2019annonce occupée pour les libéraux de Justin Trudeau, qui présenteront notamment leur premier budget sur fond d\u2019instabilité économique.Le contexte ne doit toutefois pas servir de prétexte pour af ficher des déficits dépassant ceux de 10 milliards de dollars annoncés en campagne électorale, ont prévenu conservateurs et néodémocrates.La chef intérim du Par ti conservateur, Rona Ambrose, a d\u2019ailleurs réclamé de rencontrer le premier ministre Trudeau le plus rapidement possible pour causer économie.«Le gouvernement est en place depuis suf fisamment longtemps pour avoir un plan clair sur la situation économique qui prévaut, mais les libéraux de Trudeau n\u2019ont aucun sens de l\u2019urgence » , s\u2019est inquiétée Mme Ambrose par voie de communiqué.Son par ti réclame que le gouvernement limite la taille de la dette qu\u2019il ajoutera au pays, qu\u2019il revienne sur sa décision d\u2019abroger le fractionnement du revenu pour les familles et qu\u2019il ratifie le Partenariat transpacifique conclut par les conservateurs.Thomas Mulcair enjoint à l\u2019inverse aux libéraux de renoncer à cet accord commercial qui menace selon lui des emplois manufacturiers, la gestion de l\u2019offre et le prix des médicaments.Quant à la taille du déficit, M.Mulcair \u2014 qui promettait un budget équilibré en campagne électorale en dénonçant la promesse libérale d\u2019enregistrer des déficits \u2014 s\u2019est contenté de réclamer que les libéraux respectent leurs promesses.Le gouvernement prévoit-il gonfler ses déficits?Le premier ministre a évité la question en répliquant que son ministre des Finances, Bill Morneau, prendra « les bonnes décisions », M.Trudeau disant l\u2019avoir invité à présenter un « budget solide qui traduit les besoins des Canadiens et ceux de l\u2019économie canadienne, qui mise sur la croissance tout en demeurant fiscalement responsable».Avec La Presse canadienne Le Devoir PARLEMENT L\u2019avenir de Thomas Mulcair et de l\u2019économie au menu de la rentrée J E A N N E C O R R I V E A U L\u2019 ex-maire de Montréal- Nord Gilles Deguire fera face à des accusations d\u2019agression sexuelle et d\u2019attouchement sexuel sur une personne mineure de moins de 16 ans.Ex-policier au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pendant 30 ans, Gilles Deguire a notamment travaillé comme enquêteur chargé du dossier des agressions sexuelles au sein de Police-Jeunesse de Montréal-Nord.Selon le mandat d\u2019arrestation rendu public lundi, les actes qui lui sont reprochés se seraient déroulés entre le 1er décembre 2013 et le 23 octobre 2015 «à Montréal et ailleurs au Québec».M.Deguire occupait les fonctions de maire d\u2019arrondissement au moment des faits allégués.Âgé de 66 ans, Gilles Deguire a démissionné de ses fonctions le 6 janvier dernier alors qu\u2019il faisait l\u2019objet d\u2019une enquête criminelle menée par le SPVM.Élu une première fois à la mairie de l\u2019arrondissement de Montréal-Nord en 2009 avec Union Montréal, la formation politique dirigée par Gérald Tremblay, M.Deguire avait été réélu en 2013 sous la bannière d\u2019Équipe Denis Coderre.Avant de faire le saut en politique municipale, M.Deguire a été policier au SPVM pendant 30 ans, de 1969 à 1999.Pendant six ans, il a travaillé au sein de Police-Jeunesse de Montréal- Nord à titre d\u2019enquêteur chargé du dossier des agressions sexuelles, précisaient les informations biographiques fournies aux journalistes en 2009.Il fut par la suite attaché politique au bureau de l\u2019ancienne ministre libérale Line Beau- champ entre 1999 et 2009.Lors du lancement de sa candidature à la mairie de Montréal-Nord en présence de Gérald Tremblay en août 2009, Gilles Deguire avait dit vouloir faire campagne sur les thèmes liés aux familles et aux jeunes.Coderre prudent Lundi, le maire Coderre a été peu loquace, disant ne pas vouloir nuire au processus judiciaire.«Je ne veux pas contaminer le processus.C\u2019est pour cette raison que je ne ferai aucun commentaire.On va laisser les tribunaux faire leur travail», a-t-il dit aux médias en fin d\u2019après-midi.M.Coderre a insisté sur le fait que M.Deguire avait déjà remis sa démission.Quant à la let tre de démission, le maire a précisé qu\u2019il ne l\u2019avait pas encore rendue publique parce que celle-ci faisait partie des éléments de preuve.La semaine dernière, TVA rapportait que dans cette lettre, M.Deguire avait exprimé des regrets sans toutefois donner de précisions sur les gestes qui lui étaient reprochés.Cette lettre devrait être déposée au conseil municipal le 25 janvier.Le maire Coderre a réitéré ne pas avoir parlé avec M.Deguire depuis que celui-ci a quitté ses fonctions.De son côté, l\u2019opposition à l\u2019hôtel de ville n\u2019a pas voulu commenter l\u2019affaire.Gilles Deguire n\u2019a fait aucune déclaration publique depuis sa démission il y a près de deux semaines.Aucune date de comparution n\u2019est précisée dans le mandat d\u2019arrestation.Le Devoir L\u2019ancien maire de Montréal-Nord accusé d\u2019agression sexuelle JACQUES NADEAU LE DEVOIR Halte à l\u2019évaluation des projets de pipelines ! Des citoyens ont dénoncé lundi l\u2019absence de réforme dans l\u2019évaluation environnementale des projets de pipelines.Ils ont d\u2019ailleurs déposé une « injonction populaire » aux bureaux montréalais du premier ministre Justin Trudeau, qui avait promis en campagne électorale de reviser le processus accéléré d\u2019étude des pipelines mis en place sous le gouvernement Harper.Or, les évaluations se poursuivent toujours sans réforme, notamment celle du pipeline d\u2019exportation des sables bitumineux Énergie Est.Plus de médecins actifs au Québec en 2015 qu\u2019en 2014 Le Québec comptait, le 31 décembre dernier, 268 médecins actifs de plus qu\u2019à pareille date en 2014.Plus précisément, 19 808 médecins étaient actifs et exerçaient leur profession au Québec, indiquait lundi le Collège des médecins du Québec.«Le nombre est en croissance constante depuis 1996.Plus ça va, plus ça s\u2019accélère en termes de croissance», a souligné au cours d\u2019une entrevue le président-directeur général du Collège des médecins, le Dr Charles Bernard.Les médecins de famille restent toutefois moins nombreux que les médecins spécialistes, soit 47,4% par rapport à 50,9% \u2014 les autres ont un «permis à usage défini» comme un permis restrictif.Il reste qu\u2019on est encore loin de la proportion souhaitée par les autorités de la santé, soit 60% de médecins généralistes et 40% de spécialistes.La Presse canadienne I S A B E L L E P A R É U n nouveau programme professionnel d\u2019entrepre- neuriat destiné aux créateurs, artistes, producteurs et techniciens du milieu des arts vient d\u2019être lancé par la Commission scolaire Marguerite- Bourgeoys (CSMB) pour pallier le manque de formation entrepreneuriale chez la clientèle adulte qui se destine au domaine des arts.Le nouveau Carrefour des arts de la scène et de l\u2019entrepre- neuriat (CASE), qui a déjà accouché de deux cohortes de finissants depuis son lancement lors d\u2019une première phase d\u2019implantation l\u2019an dernier, vise à doter les artistes ou les gestionnaires d\u2019entreprises artistiques de compétences spécifiques en affaires, en représentation et en développement de projet pour percer dans le milieu culturel.« Nous étions vraiment le chaînon manquant dans l\u2019industrie, car nous sommes pour l\u2019instant le seul programme professionnel public et gratuit qui permet à une personne de recevoir une formation de base en- trepreneuriale dans le domaine des ar ts », af firme Hélène Pilote, directrice du Collège d\u2019informatique et d\u2019administration Verdun-LaSalle (CIAVL), qui dispense déjà de nombreux programmes professionnels à la clientèle adulte.Jusqu\u2019à maintenant, le programme CASE a accuei l l i des artistes ou gestionnaires d\u2019entreprises culturelles âgés de 20 à 45 ans déjà diplômés ou autodidactes, et il a facilité le placement ou le développement de plusieurs projets d\u2019af faires, affirme Mme Pilote.«Ce fut très concluant», dit-elle.Avec plus de 330 heures de formation consacrées à l\u2019entre- preneuriat, et 450 heures à la représentation, le programme prévoit 45 heures destinées à la mise sur pied d\u2019un projet d\u2019af faires en bonne et due forme.«Beaucoup d\u2019écoles forment des artistes, mais dès que les jeunes sont \u201clâchés dans la société\u201d, ils ne savent pas toujours comment en vivre.Notre but, c\u2019est de donner aux artistes les clés pour vivre de leur métier et faire carrière de façon autonome », explique Hubert Mansion, un des deux professeurs du nouveau programme.Pour l\u2019heure, le programme a attiré divers profils d\u2019étudiants, dont des artistes indépendants, des musiciens, des universitaires issus de l\u2019École des médias (UQAM), des conservatoires de théâtre ou de HEC Montréal, souhaitant lancer leur propre entreprise culturelle.Développé par le directeur du théâtre Paradoxe, Pierre Pagé, ex-agent d\u2019artiste, et Hubert Mansion, qui a été avocat spécialisé dans le milieu culturel, le programme devrait accueillir chaque année deux cohortes d\u2019une vingtaine de personnes, affirme la directrice du CIAVL.Le Devoir Devenir entrepreneur culturel Nouveau programme à la CSMB L\u2019Association québécoise des centres de la petite enfance tenait lundi des chaînes humaines devant plusieurs CPE du Québec, protestant contre les compressions de 120 millions dont ils sont menacés.Ils cherchent le gras où couper ?Nous aussi ! Les services de garde sont traités comme un besoin non essentiel par ce gouvernement, alors qu\u2019ils sont un acquis social précieux.la mi-décembre, une étude de l\u2019Institut de la statistique du Québec dressait un constat des plus troublants : 40% des poupons et le tiers des enfants de 18 mois à 5 ans avaient droit à «des services considérés comme insatisfaisants» dans les garderies privées non subventionnées.La nouvelle, relayée par Le Devoir, avait suscité la réaction suivante d\u2019une de nos lectrices : «Si le rapport s\u2019était avéré dévastateur pour le réseau des garderies subventionnées, la ministre s\u2019empresserait de dénoncer les pratiques de gestion des responsables des services de garde.» Mais il n\u2019y a jamais eu de dénonciation, la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, ayant même refusé de commenter ce rapport.C\u2019est pourtant le modèle privé que le gouvernement libéral a en tête quand il s\u2019agit de donner des leçons au monde des ser vices de garde.L\u2019avenir de Mme Charbonneau comme ministre a beau être des plus sombres en vue du prévisible remaniement, son départ ne changera pas la philosophie du gouvernement Couillard.C\u2019est pourquoi les chaînes humaines qu\u2019a commencé à déployer l\u2019Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) sont nécessaires pour témoigner de l\u2019incompréhension ressentie par plusieurs face aux compressions prévues de 120 millions pour l\u2019année qui vient \u2014 qui suivent des coupes qui ont été de la même ampleur en deux ans.Ces coupes sont d\u2019autant plus odieuses que la ministre n\u2019a jamais corrigé son discours qui laisse entendre que les deux tiers des services de garde subventionnés, publics et privés, ne savent pas gérer.Puisque le tiers des services y arrivent, pourquoi pas la totalité ?Certes, au début décembre, Mme Charbonneau avait affirmé à La Presse que se modeler sur le « tiers per formant » (le « tiers moins cher», disent plutôt les CPE) n\u2019était qu\u2019une hypothèse de travail.Mais l\u2019hypothèse était fort détaillée et c\u2019était elle qui était discutée lors des rencontres entre associations de garderies et ministère sur la réforme du financement.Cette table de discussions a pris fin le 18 décembre.Elle a depuis été remplacée par des comités de négociation qui touchent des points spécifiques aux garderies publiques ou privées.L\u2019AQCPE, qui représente 70 % des CPE, a décidé de ne pas participer à ces rencontres.Difficile de la blâmer, puisque l\u2019objectif de devoir trouver 120 millions à couper n\u2019a pas changé.Quand on connaît les CPE, il est pour tant impossible de croire que se cache là un univers de luxe et de gaspillage.Une fois les salaires et le loyer payés, qui représentent 80 % des coûts, la marge de manœuvre des CPE est des plus minces.Plusieurs responsables de CPE ont expliqué sur la place publique les coupes auxquelles ils ont déjà procédé et celles auxquelles ils devront se résoudre si on leur en demande davantage.Chez tous, ce qui est en jeu, c\u2019est la qualité des repas offerts aux enfants, l\u2019achat de matériel pédagogique, le temps réservé à la préparation des journées ou des rencontres de parents.Mais s\u2019ajoutent aussi des caractéristiques propres à chaque CPE, comme la durée d\u2019accueil des enfants le matin, la formation des éducatrices ou des postes particuliers, comme celui d\u2019une éducatrice responsable des enfants handicapés.La ministre a beau dire que les services directs aux enfants ne sont pas touchés, il faut toute une déconstruction mentale pour le croire! Le squelette du service reste, mais son enveloppe \u2014 ce qui fait sa qualité, ce qui explique que le réseau des CPE se distingue depuis sa création en 1997, qu\u2019il soit une fierté pour le Québec, un objet d\u2019étude ailleurs \u2014 est tout entière visée par l\u2019obsession gouvernementale pour le plus petit dénominateur commun.Les CPE ne sont pas une offre commerciale mais un service social, qui permet aux parents d\u2019avoir la paix de l\u2019esprit quand ils y laissent leurs enfants, aux femmes de travailler sans soucis de frais de garde astronomiques, aux petits d\u2019avoir un encadrement pédagogique adapté à leurs besoins, qui ne sont pas ceux de l\u2019école mais qui n\u2019ont rien à voir avec du « gardiennage ».Avec les restrictions qui leur ont été imposées depuis dix ans, chaque nouvelle coupe est comme un coup de couteau dans ce qui était un formidable projet politique, une grande réussite collective.Est-ce si difficile pour les libéraux d\u2019en convenir ?L E D E V O I R , L E M A R D I 1 9 J A N V I E R 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Les événements de Cologne et les féministes Après les agressions commises sur de nombreuses femmes pendant la nuit du 31 décembre dernier à Cologne, certains ont reproché aux féministes de ne pas avoir réagi assez rapidement.Comment l\u2019expliquer ?D\u2019abord, on peut se demander pourquoi ce serait aux femmes, et non à la société entière, de dénoncer la violence exercée à leur endroit.Ensuite, beaucoup de femmes n\u2019avaient pas envie non plus d\u2019être ins- trumentalisées par des populistes qui se servent de cette occasion pour casser du sucre sur le dos des « étrangers » , comme si tout allait bien dans le reste de la société.Il faut savoir qu\u2019en dehors de ces évé- nements, l\u2019Allemagne est loin d\u2019être un paradis en ce qui concerne la situation de la femme.À titre d\u2019exemple, selon des données fournies par le ministère de la Femme et de la Famille, près de 8000 viols et agressions sexuelles y sont commis par année, soit presque 20 par jour ! On estime qu\u2019environ 95 % des harcèlements sexuels et des viols ne sont pas rapportés à la police.Alors oui, il faut se pencher sur le jour de la Saint-Sylvestre à Cologne et punir ceux qui le méritent, mais que cela ne devienne pas une occasion de jeter l\u2019opprobre sur tous les migrants et de fermer ainsi la por te à tout examen de conscience.Améliorer le sor t des femmes concerne toutes les cultures.N\u2019oublions pas tous les Marcel Aubut qui sévissent ici au quotidien, la quasi- indif férence des autorités face aux traitements réser vés aux femmes autochtones, ces plaintes pour harcèlement sexuel à l\u2019UQAM traitées plutôt légèrement (Le Devoir, 15 janvier 2016) et ces jeunes hommes contents de leur « F**k her right in the p***y » en direct devant les caméras de télévision.Beaucoup d\u2019hommes, d\u2019où qu\u2019ils viennent, ont encore bien du chemin à faire.René Bolduc et Bärbel Reinke Québec, le 17 janvier 2016 protection des consommateurs.On n\u2019a qu\u2019à consulter les poursuites judiciaires, les compagnies d\u2019assurances ou La facture pour constater les conséquences parfois extrêmement graves sur la santé et le portefeuille de tous ces consommateurs encore trop souvent aux prises avec des vices de construction.Quelle que soit la rigueur du processus de qualification des entreprises de construction (ce qui n\u2019est pas démontré), cela n\u2019empêche aucunement les entreprises de faire faillite ou de se soustraire à leurs obligations légales par toutes sortes de dérobades, notamment par des coquilles vides.D\u2019autre par t, le meilleur plan de garantie des bâtiments arrivera trop tard et ne fournira qu\u2019une maigre compensation au regard des dommages matériels et parfois des maladies que peuvent engendrer des vices de constr uction, voulus ou non, qui auraient pu être décelés pendant l\u2019exécution des travaux par quelques inspections à des étapes déterminées.L\u2019inspection obligatoire par une tierce partie devrait être une condition préalable à l\u2019émission d\u2019une garantie, les deux processus étant fusionnés dans une fiche personnalisée rattachée à la propriété (avec les principales caractéristiques comme, par exemple, la cote No- voclimat ou LEED).On obtiendrait ainsi une bien meilleure protection du premier acheteur et une forme d\u2019assurance minimale pour les acheteurs subséquents.André Dupuis Laval, le 13 janvier 2016 FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints NELLIE BRIÈRE, PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N À COUPES ET CPE Services socialement rentables G É R A R D M O N T P E T I T Membre du CCCPEM D ans Le Devoir la semaine der nière (14 janvier), nous apprenions que le ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a présenté les grandes orientations de la future politique énergétique du Québec devant un cercle restreint d\u2019invités.Comment se fait-il que cette politique, âprement discutée depuis 2010, ne soit pas présentée à l \u2019ensemble de la population ?Dans une véritable démocratie, cela devrait se faire devant l\u2019Assemblée nationale, pas derrière des portes closes ! Comment se fait-il que tous les citoyens et tous les organismes qui ont présenté des mémoires au BAPE en 2010 (no 273) et en 2015 (no 307), à l\u2019ÉES de 2011 et à celle de 2015, sans oublier la Commission sur les enjeux énergétiques de 2013, n\u2019aient pas été invités ?N\u2019ont-ils pas participé, eux aussi, au débat ?Pourquoi ce deux poids, deux mesures ?Pourtant, sur 200 mémoires présentés au BAPE de 2010, 160 étaient opposés à l\u2019extraction des gaz de schiste.Et les personnes, compagnies et organismes qui ont présenté les 40 mémoires qui y étaient favorables avaient des intérêts financiers à défendre.Cent soixante sur 200, c\u2019est 80 % ; le consensus social est là ! Mais ce résultat n\u2019était pas favorable à l\u2019industrie extractive.D\u2019où la multiplication d\u2019études qui avaient pour but d\u2019épuiser les citoyens et de fabriquer de toutes pièces un « pseudo consensus social ».Dans l\u2019invitation déjà citée, on joue sur les mots : est-ce que ces privilégiés ont été informés du détail de la politique sur les hydrocarbures, ou est-ce qu\u2019ils en ont reçu seulement les grandes orientations ?Avec ces informations, pourront-ils tirer profit de ces connaissances « d\u2019initiés » ?Quoi qu\u2019il en soit, il y aura une perception de favoritisme.On sait que le lobby de l\u2019industrie est très for t et très actif.On peut penser à Dan Ga- gnier qui a dû démissionner du PLC pendant la campagne électorale parce qu\u2019il avait donné de l\u2019information à TransCanada.Ou à Patrice Ryan.Ce fils d\u2019un ancien chef du PLQ milite à la commission politique de ce par ti et est aussi lobbyiste pour TransCanada auprès du gouvernement du Québec ; il va défendre le projet de pipeline Énergie Est.Sommes-nous devant un manque apparent de transparence et d\u2019impar tialité ?Même en l \u2019absence de preuves qui sauraient satisfaire le commissaire Renaud Lachance, cela laisse un mauvais goût dans la bouche du citoyen moyen.La combinaison de la partisanerie politique et du lobbyisme risque d\u2019être néfaste pour la société québécoise.Rappelons que, vers 2004, le projet du Suroît visait la construction d\u2019une centrale thermique alimentée au gaz naturel.Devant le tollé populaire, le gouvernement Charest a dû faire marche arrière.Toutefois, la centrale de TransCanada Énergie a été construite à Bécancour.Comment se fait-il que la planification d\u2019Hydro-Québec ait été déficiente à tel point que cette usine a dû être fermée après 18 mois d\u2019opération parce qu\u2019on n\u2019avait pas besoin de cette énergie ?Et comme cette centrale est un PPP (partenariat public-privé), il faut payer environ 140 millions par année à TransCanada Énergie pour qu\u2019elle ne produise pas d\u2019électricité ! Mais ce n\u2019est pas tout ! Si vous voulez voir le comble du ridicule, visitez le site de Gaz Métro.Le 8 juillet, à Bécancour, cette compagnie a présenté officiellement son projet « de stockage et de regazéification de GNL ».Pour produire de l\u2019électricité pendant une centaine d\u2019heures par année durant les grands froids d\u2019hiver, il faudra débourser 45 millions de dollars.Donc, Hydro-Québec (c\u2019est-à-dire le contribuable) devra verser 140 millions pa année à TransCanada Énergie pour qu\u2019elle ne produise pas d\u2019électricité, et 45 millions de plus pour qu\u2019elle en produise pendant une centaine d\u2019heures ! Au bout de 20 ans, ça fait combien de milliards ?Sont-ce les jeux de coulisses qui ont engendré une telle absurdité ?L\u2019exposition des grandes orientations de la future politique énergétique à un groupe restreint d\u2019industriels rattachés à l\u2019industrie extractive est le symbole que l\u2019opinion de la vaste majorité des citoyens ne compte pas.Tout se décide derrière des por tes closes ! L\u2019annonce du ministre Arcand à un club sélect est le symbole d\u2019une « démocratie » qui est le gouvernement du 1 %, administré par le 1 % et pour les seuls intérêts du 1 %.À moins d\u2019être régulièrement un invité au château de Sagard, votre opinion, ça ne compte pas ! Votre opinion, ça ne compte pas! JOSÉE BOILEAU L\u2019inspection des bâtiments, la santé et le portefeuille des consommateurs L\u2019État manque à son devoir en continuant de se désengager de l\u2019inspection des bâtiments sans en assurer la relève par une tierce partie.Il faut s\u2019inquiéter de la demande du ministre du Travail à la Régie du bâtiment du Québec de réfléchir à « l\u2019allégement réglementaire et administratif des exigences envers [les entrepreneurs] », en par ticulier sur les chantiers.Il est bien possible que la RBQ nous leurre en croyant que son système de qualification professionnelle des entrepreneurs a contribué à leur responsabilisation et que la mise en place d\u2019un plan de garantie obligatoire pour les petits bâtiments résidentiels neufs of fre une meilleure L E D E V O I R , L E M A R D I 1 9 J A N V I E R 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).M A R I O B E A U L I E U Député du Bloc québécois de La Pointe-de-l\u2019Île et président du Bloc québécois e nouveau premier ministre Trudeau et le Parti libéral fédéral clament haut et fort sur toutes les tribunes leur engagement pour la diversité et l\u2019ouverture.Mais leur vision de la diversité canadienne n\u2019inclut pas le peuple québécois.Et là-dessus, Justin Trudeau ne démontre aucune ouverture.Pour lu i , la reconna issance du Québec comme société distincte est une idée dépassée qui crée des divisions : « le nationalisme découle d\u2019une étroitesse d\u2019esprit » et « érige des barrières entre les peuples ».« Toute cette idée d\u2019un statut spécial pour le Québec ou de la reconnaissance du Québec comme société distincte dans la Constitution ou de la reconnaissance des Québécois comme une nation, le problème que j\u2019ai avec cela, c\u2019est que cela crée des divisions, que cela sépare des groupes au sein d\u2019autres groupes.Qui sont les Québécois pour être reconnus comme une nation?», avait-il déclaré dans une entrevue au journal Nouvelles Parc-Extension.Dans son discours du Trône, le nouveau premier ministre s\u2019est empressé de dire qu\u2019il voulait négocier de nation à nation avec les peuples autochtones (ce avec quoi nous sommes d\u2019accord et c\u2019est d\u2019ailleurs ce que le Québec fait depuis l\u2019époque de René Lévesque), mais pas avec le peuple québécois.Malgré l\u2019air bon enfant qu\u2019il affiche dans ses égopor traits, Justin Trudeau a repris à son compte l\u2019attitude arrogante de Pierre Elliott Trudeau à l\u2019égard des indépendantistes québécois.En 2013, il avait comparé le projet de laïcité de l\u2019État du gouvernement Marois à la ségrégation américaine.Récemment, il le comparait au discours où Donald Trump annonçait son désir de fermer les États-Unis aux musulmans! [\u2026] Justin Trudeau reprend de façon dogmatique le discours du multiculturalisme et du bilinguisme officiels élaboré par son père dans les années 1960.Pour Trudeau père, le multicul- turalisme permettait de refuser un statut particulier au peuple québécois, qui se retrouvait à n\u2019être qu\u2019une communauté culturelle parmi d\u2019autres.Le multiculturalisme rejette l\u2019idée d\u2019une culture commune en encourageant la coexistence de multiples cultures.Parallèlement, le bilinguisme officiel n\u2019accordait pas de droits collectifs aux Québécois.Cette politique ne s\u2019applique qu\u2019aux minorités des langues of ficielles.Des ressources sont ainsi allouées pour offrir des services fédéraux en français aux francophones de plus en plus minoritaires au Canada anglais, et pour renforcer la « minorité » anglophone au Québec, pourtant nullement menacée.Comme la Loi sur les langues of ficielles portait exclusivement sur des droits individuels, le Québec restait une «province comme les autres ».La Loi sur les langues officielles était la réponse de P.E.Trudeau au «séparatisme ».Elle était fondée sur l\u2019illusion trompeuse qu\u2019il pourrait faire en sorte «que les Canadiens de langue française se sentent chez eux [\u2026] à Vancouver et à Toronto comme à Montréal ».Quiconque ayant voyagé au pays se rend compte assez vite que c\u2019est loin d\u2019être le cas encore aujourd\u2019hui.Au moment de son adoption en 1977, Pierre Elliott Trudeau déclarait que la Char te de la langue française ramenait le Québec « des siècles en arrière » sinon à « l\u2019âge des ténèbres », vers l\u2019établissement d\u2019une « société ethnique»\u2026 Que ne faut-il pas entendre ! En fait, comme il se produit partout à travers le monde où l\u2019on retrouve ce type de bilinguisme institutionnel (et non pas individuel), la politique fédérale des langues officielles s\u2019est accompagnée d\u2019une assimilation croissante des francophones.Le seul mode d\u2019aménagement linguistique qui permette la coexistence de plusieurs langues nationales est fondé sur les droits collectifs et territoriaux.Comme le constatait le mathématicien et spécialiste de la situation linguistique Charles Castonguay, « le poids du français, langue maternelle aussi bien que langue d\u2019usage, est depuis longtemps en chute libre à l\u2019échelle de l\u2019ensemble du Canada.À l\u2019échelle de l\u2019ensemble du Québec, depuis le début du nouveau millénaire, il recule à une vitesse jamais vue.C\u2019est dire qu\u2019il chute à pic à Montréal».Comme son père et les libéraux d \u2019 il y a 40 ans, Justin Trudeau fait l\u2019autruche et ne trouve pas inquiétante la diminution du poids du français par rappor t à celui de l\u2019anglais, pourtant démontrée par Statistique Canada à chaque recensement.Dans la plateforme électorale libérale, on dit que « les ef forts pour protéger et promouvoir le français ont porté fruit, et que les libéraux veulent poursuivre le travail.[\u2026] Le Canada tient sa force de sa diversité, qu\u2019il doit notamment à sa fière tradition de bilinguisme officiel.» Justin Trudeau a fréquemment pris position contre un renforcement de la loi 101, qu\u2019il considère être un «vieux débat ».Il reprend les mêmes arguments en insistant sur le contexte de la mondialisation néolibérale.Pour lui, un renforcement de la loi 101 aurait pour effet «de punir les Québécois francophones qui veulent que leurs enfants développent une capacité en anglais, la langue du commerce international ».Notons en passant qu\u2019ici, M.Trudeau fait fi de ce que les citoyens québécois sont de loin les plus bilingues en Amérique du Nord.Si Justin Trudeau voulait réellement démontrer de l\u2019ouverture et avoir un dialogue respectueux face au Québec, il devrait montrer qu\u2019il peut comprendre un autre point de vue que le sien et celui que son père défendait il y a 40 ans.Le projet de faire du Québec un pays est tout à fait légitime, moderne et respectueux de la diversité.Le Québec, en tant que seul État majoritairement francophone en Amérique du Nord, est un élément essentiel de la diversité culturelle et linguistique sur notre continent.En fait, le combat du Québec français s\u2019inscrit dans le mouvement pour une mondialisation équitable, alors que la mondialisation néoli- bérale favorise l\u2019uniformisation des cultures nationales et leur réduction au rang de simples marchandises.En protégeant le français au Québec, nous défendons les langues de toutes les nations minoritaires, qui seront d\u2019autant plus ouvertes les unes aux autres que leurs identités respectives ne seront pas menacées.Comme le disait si bien Pierre Bourgault : «Défendre notre langue au Québec, c\u2019est défendre toutes les langues du monde contre l\u2019hégémonie d\u2019une seule.» Une diversité qui exclut le Québec Pour Justin Trudeau, la reconnaissance du Québec comme société distincte est une idée dépassée et à rejeter J O C E L Y N L É T O U R N E A U Professeur à l\u2019Université Laval J O H A N N E D A I G L E Professeure à l\u2019Université Laval C L A I R E C O U S S O N Directrice de la Fondation François-Lamy L U C I E D A I G N A U L T Chargée de recherche au Musée de la civilisation, à Québec haque société est associée à un ensemble de représentations qui en incarnent apparemment l\u2019essentiel.Plus ou moins réalistes ou bricolées, ces représentations ont une incidence sur les consciences populaires et contribuent à la construction de l\u2019identité des peuples.Quelles sont les images qui, au dire des « gens ordinaires», reflètent l\u2019expérience québécoise dans le temps \u2014 ce qu\u2019on pourrait aussi appeler la québécité \u2014 et quelles sont celles qui, selon les mêmes personnes, ne siéent pas à cette québécité ou lui sont censément étrangères ?Menée par des chercheurs de l\u2019Université Laval et du Musée de la civilisation, à Québec, une enquête exploratoire à laquelle ont par ticipé 427 personnes a permis de discerner les représentations emblé - matiques et inconfor tables de la québécité.Images populaires Retenons d \u2019abord les images les plus populaires.René Lévesque, avec 55 % des répondants qui ont choisi sa photo, trône en tête de liste.La chose ne surprend pas.La place occupée par l\u2019ancien premier ministre du Québec concorde avec ce que d\u2019autres enquêtes ont révélé, soit la centralité de l\u2019homme dans le panthéon et l\u2019imaginaire québécois, voire canadien.Au titre des images les plus fréquemment retenues \u2014 plus de 40 % des répondants \u2014 figurent celle du référendum de 1980 (47 %), celle de Maurice Richard (45 %), autre icône du panthéon québécois souvent assoc iée à l \u2019 ident i té cana- dienne-française rebelle, et celle de la prise de Québec par les Britanniques en 1759 (43 %), événement référentiel dans la mémoire collective et la conscience historique des Québéco is, francophones comme anglophones.Dans la catégor ie des images sélectionnées par au moins 30 % des répondants, ce qui n\u2019est pas rien, se range une série d\u2019illustrations qui témo ignent de d i f férentes thématiques liées au passé québécois, qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019autochtonie et des premiers contacts (campement amérindien : 36 % ; Jacques Cartier et Ind iens : 31 %), du nat iona- lisme et de l\u2019indépendantisme (affiche « Français d\u2019abord » : 35 % ; f igure du patr iote : 30 %), de l \u2019 impor tance des ressources naturelles, notamment l \u2019eau et le bo is (érablière : 33 % ; barrage Manic 5: 32 % ; équ ipe de draveurs : 31 %) ou de la culture au sens large du ter me (af f iche « Expo 67 » : 31 %).Enfin, au titre des images conser vées par au moins un cinquième des répondants se retrouvent, par ordre du nombre de cho ix ef fect ifs, une fami l le francophone (29 %), le discours du général de Gaulle au balcon de l\u2019hôtel de ville de Montréal en 1967 (25 %), des paysans (23 %), l\u2019affiche « Maîtres chez nous » (22%), deux religieuses (21%), le marquis de Montcalm (21%), Jean Lesage (21 %) et, pour finir, l\u2019édifice du parlement du Québec avec le fleurdelisé accroché à son mât (20%).Images rejetées Qu\u2019en est-il des images rejetées, qui dénotent le désir conscient des répondants de ne pas considérer ces illustrations comme étant représentatives de l\u2019histoire du Québec ?Les images écar tées qui reviennent le plus souvent sont, dans l\u2019ordre, celle qui met en présence Pierre Elliott Trudeau et la reine Elizabeth II au moment de la signature du document juridique sanctionnant la canadianisation de la Constitution du Canada en 1982 (29 %), celle d\u2019armoiries protestantes (29 %), celle d\u2019un restaurant casher (27 %), celle d \u2019une famille anglophone (21 %) et celle d\u2019une manufacture d\u2019obus (21 %).La recherche effectuée autorise certaines observations intéressantes.Si on se limite aux images choisies par au moins un cinquième des répondants, on constate que l \u2019h isto ire du Québec est associée à une constellation d\u2019idées référentielles qui ne sont pas étrangères à la façon dont est habituellement imaginé et raconté le parcours québécois.Parmi ces idées se trouve d\u2019abord et avant tout celle du nationalisme au sens large du terme, soit la volonté d\u2019un peuple, en dépit d\u2019un événement perturbateur extraordinaire (« La prise de Québec »), de s\u2019affirmer et de s\u2019épanouir comme société moderne, francophone et ouverte sur le monde (« Référendum de 1980 », af fiche « Français d\u2019abord», «Barrage Manic 5 », af fiche « Expo 67 », af fiche « Maîtres chez nous », « parlement du Québec»).Au titre de ceux qui ont porté cette quête d\u2019af firmation et d\u2019émancipation figurent bien sûr René Lé- vesque, mais aussi Maurice Richard, le général de Gaulle, les Patriotes, Jean Lesage et le marquis de Montcalm \u2014 encore que de Gaulle et Montcalm restent dans une position assez controversée comme personnages marquants de l\u2019histoire québécoise.Il est évident que le Québec est perçu à travers certaines images d \u2019Épinal.Il est tout auss i noto ire que d \u2019autres images agissent pour cette société comme antireflet ou contre-miroir.Si, d\u2019un côté, ce qui définit la province, au dire des répondants, est son côté francophone, nationaliste, résistant et plutôt pacifique, ce qui la dédit, par opposition, est son côté non francophone, mul- ticulturel, guerrier et soumis.Dans ce contexte, on ne doit pas se surprendre que le duo Pierre Trudeau/Elizabeth II, que le restaurant casher, que les armoiries protestantes, que la famille anglophone et que la manufacture d \u2019obus so ient dés ignés comme contre-ré férences québé - co ises .Ces c inq images constituent autant d\u2019illustrations de ce que l\u2019on n\u2019associe pas facilement ou spontanément à l\u2019histoire, à la mémoire ou à l\u2019identité québécoise.Précisons que ce n\u2019est pas la présence non francophone au sein de la société québécoise que l\u2019on nie ; ce n\u2019est pas non plus le fait qu\u2019il y ait eu des usines d\u2019obus dans la province que l\u2019on dispute ; et ce n\u2019est pas la réalité selon laquelle le Canada-Québec a été et reste lié à la Grande-Bretagne que l \u2019on conteste .C\u2019est plutôt que l\u2019on considère le Québec comme étant une nation francophone résiliente et résistante, qui ne se complaît pas dans la violence et où la diversité n\u2019est pas une composante majeure.Jusqu\u2019à un cer tain point, cette définition de la québécité créé ce que l \u2019on pourrait appeler un espace du pensable québécois par rap- por t auquel se configure un espace de l\u2019impensable québécois, lequel rend beaucoup plus dif ficiles certaines associations d\u2019idées touchant la québécité.S\u2019il va de soi que toutes les sociétés du monde se constr u isent à coup de mythes et de contre-mythes, ceux qui définissent la québé- cité conjuguent les traits de francophone-nationaliste-ré- sistant et plutôt pacifique tout en rejetant les amalgames de pluralisme, de canadianisme et de bellicisme.?Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à arobitaille@ledevoir.com et à gtaillefer@ledevoir.com.Images emblématiques et inconfortables du passé québécois Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons un extrait de la revue Histoire sociale/Social history (http://hssh.journals.yorku.ca), tiré du numéro suivant : vol XLVIII, no 97, Novembre 2015.DES IDÉES EN REVUES C PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Justin Trudeau reprend de façon dogmatique le discours du multiculturalisme et du bilinguisme officiels élaboré par son père, Pierre Elliott Trudeau, dans les années 1960.L L E D E V O I R , L E M A R D I 1 9 J A N V I E R 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S S aint-Andrews \u2014 Le ministre de l\u2019Immigration, John McCallum, affirme que le gouvernement fédéral cherche à installer des réfugiés syriens nouvellement arrivés dans un plus grand nombre de communautés francophones un peu partout au pays.M.McCallum a déclaré que plus de 90% des réfugiés arrivés au Canada ne parlent ni anglais ni français.Cela crée ce qu\u2019il appelle une «ardoise vierge» pour les réfugiés et pour les provinces, qui peuvent ainsi leur enseigner l\u2019une des deux langues officielles du pays.M.McCal- lum affirme que l\u2019endroit où les réfugiés aboutiront va dépendre des communautés qui ont les moyens de les accueillir.Environ 10 000 réfugiés syriens sont arrivés depuis novembre et 15 000 autres doivent entrer au pays d\u2019ici la fin de février.Les libéraux ont promis durant la campagne électorale d\u2019accueillir au pays plus de 25 000 réfugiés syriens d\u2019ici la fin de 2015.Une fois en poste, ils ont modifié cet objectif, invoquant le défi lié au fait de déplacer tous ces gens sur une courte période de temps, y compris les embûches causées par le mauvais temps, qui n\u2019a pas facilité les vols.Les derniers Syriens du groupe des 10 000 sont arrivés il y a environ une semaine.Le ministre a indiqué que le gouvernement allait « facilement » respecter son échéancier d\u2019accueillir les 15 000 autres d \u2019 ici la fin de février.« Nous pouvons ef fectuer un, deux, trois, quatre et même cinq vols par jour, donc le défi n\u2019est plus d\u2019amener les réfugiés ici», a dit M.McCallum.Le nouveau défi du gouvernement est de relocaliser ces réfugiés dans les communautés canadiennes, a-t-il ajouté.D\u2019ailleurs, Vancouver et Ottawa, n\u2019accepteront plus, pendant quelques jours, de nouveaux réfugiés syriens en raison des problèmes de logements.Une arrivée massive au cours du dernier mois a épuisé les capacités d\u2019hébergement de ces deux villes.La Presse canadienne McCallum veut plus de réfugiés syriens en milieux francophones d\u2019interview, et j\u2019en ai engagé des p.-d.g.dans ma vie, mon instinct me disait que c\u2019était lui.Le comité de sélection l\u2019a rencontré un peu après Noël et a été unanime.On savait tous que c\u2019était lui.Je sais qu\u2019expliquer son instinct, c\u2019est complexe, mais j\u2019ai appris à ne pas aller contre son instinct.» Accentuer la visibilité du quotidien Brian Myles a 42 ans.Il est donc de la génération du nouveau premier ministre du Canada, Justin Trudeau, lui-même né en 1971.Originaire de Trois-Rivières, il avoue ne pas avoir songé au poste de directeur en lisant l\u2019appel d\u2019offres l\u2019automne dernier.«Après le premier appel téléphonique du comité, j\u2019ai cependant vite compris que la première qualité, c\u2019était d\u2019avoir Le Devoir tatoué sur le cœur et d\u2019être capable de ramener un vent d\u2019optimisme dans cette entreprise, dit le jeune patron.Quand je suis parti du journal pour aller enseigner à l\u2019université, j\u2019ai dit aux collègues que Le Devoir n\u2019allait pas couler et que je ne partais pas parce qu\u2019il coulait.Je suis parti parce qu\u2019on m\u2019of frait un poste privilégié d\u2019observateur de la société.[\u2026] Quand j\u2019ai été contacté pour le poste, j\u2019ai compris que je m\u2019y préparais depuis vingt ans.Je valorise la qualité.Je suis capable d\u2019écrire et de penser.» Brian Myles tient une chronique sur le site du magazine L\u2019Actualité.Le nouveau directeur entend devenir éditorialiste en chef et être « très présent » sur la place publique pour accentuer la visibilité du Devoir et y attirer de nouveaux fidèles.« La Presse a largué un bon nombre de lecteurs en abandonnant ses éditions papier en semaine.J\u2019aimerais dire à ces lecteurs qu\u2019ils sont les bienvenus dans nos pages et que nous leur of frons un journal de qualité imprimé.» Il a prouvé ses capacités de rassembleur en devenant président de la FPJQ au moment où le long conflit de travail au Journal de Montréal divisait la profession.Il a été un enseignant et un orateur apprécié.Jean Lamarre rajoute qu \u2019 il fallait aussi quelqu\u2019un avec une vision du média centenaire dans le Québec d\u2019aujourd\u2019hui.«On est dans un changement perpétuel, dit le sélectionneur en chef.Il nous fallait quelqu\u2019un d\u2019énergique, qui voyait les problèmes liés aux nouvelles plateformes, quelqu\u2019un de plus jeune, capable d\u2019assumer ce type de travail.Il fallait aussi que ce soit le premier journaliste du Devoir.Il fallait quelqu\u2019un avec un peu d\u2019expérience de gestion et un leader naturel capable de saisir un problème et de trouver une solution.Il fallait finalement une vision optimiste, avec la volonté d\u2019encourager les jeunes à être un peu partout sur la planète et à contribuer.» Laquelle alors ?Quelle vision le candidat Brian Myles a-t-il défendue ?En entrevue, il demande un peu de patience.Il va d\u2019abord « faire le tour de la boîte» puisqu\u2019il doit « voir plus loin que la rédaction ».Il va ensuite miser sur les forces héritées de l\u2019entreprise médiatique.« C\u2019est un journal de qualité, dit-il.Il faut donc plus de qualité et pas moins.Ce journal est à son summum quand il propose du contenu original et unique.» Nationalisme La recherche active du patron de substitution a commencé l\u2019automne dernier.Robert Racine, chasseur de têtes de la firme Kenniff & Racine, a reçu le mandat de trouver des candidats.«On pensait avoir trouvé la solution au mois d\u2019octobre, dit M.Lamarre.Finalement, ce n\u2019était pas les deux meilleurs candidats.Nous avons continué les recherches et j\u2019ai été fortement impressionné, tout comme le comité de sélection, par la présence de Brian et sa vision du nationalisme aujourd\u2019hui.» Cette fois, Brian Myles précise davantage ses options et sa vision.« Le nationalisme n\u2019est pas que politique, dit-il.Être nationaliste, c\u2019est aussi se préoccuper de l\u2019intégration des nouveaux arrivants et ne pas en faire une punition.Être nationaliste, c\u2019est ne pas accepter qu\u2019on fabrique un million d\u2019analphabètes dans une société comme la nôtre ni accepter les taux de décrochage scolaire encore les plus élevés au Canada.Être nationaliste, c\u2019est accompagner encore et toujours les Québécois dans leur émancipation.C\u2019est ce que Le Devoir a fait historiquement.» Brian Myles sort un morceau de papier de la poche de son veston.Il y a recopié une citation du fondateur du Devoir dont il évoque la figure tutélaire.« Comme le disait Henri Bourassa, ce journal a révélé \u201cdans le peuple, et surtout les classes dirigeantes, le sentiment du devoir public sous toutes ses formes\u201d.C\u2019est ce que nous allons continuer à faire.» Bernard Descôteaux dirige l\u2019entreprise depuis 1999, année où il a succédé à Lise Bisson- nette.Le nouveau directeur Brian Myles entrera en fonction le 8 février.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 DEVOIR JACQUES NADEAU LE DEVOIR Brian Myles entrera en fonction le 8 février.M.Trudeau a condamné de vive voix l\u2019attentat meur trier de Ouagadougou, au Burkina Faso, mais également celui de Jakarta, en Indonésie, où un homme de Laval a trouvé la mort.« C\u2019est un moment extrêmement dif fi- cile pour eux, [les proches des victimes], et le Canada aussi, d\u2019avoir perdu tant de gens dans cette dernière semaine » , a-t - i l déclaré en marge d\u2019une réunion du Conseil des ministres lund i à Sa int-Andrews, au Nouveau- Brunswick.Le chef du gouvernement canadien est toutefois demeuré ferme sur ses positions : les avions de chasse CF-18 resteront à distance des opérations de bombardements contre les positions du groupe armé État islamique en Irak et en Syrie .« La lutte contre le terrorisme à l\u2019échelle mondiale est essentielle et doit se faire de façon intelligente, raisonnable et enthousiaste », s\u2019est-il contenté de dire lors d\u2019une conférence de presse.La chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, avait aussi appelé le chef libéral à revenir sur sa décision, mais en vain.Lutte contre les barbares Les «attaques inqualifiables » de djihadistes à Jakarta et à Ouagadougou, dans lesquelles sept Québécois ont péri au fil du week-end, renforcent la « détermination » du Québec à combattre la barbarie, et ce, «de toutes [ses] forces », a fait valoir de son côté le premier ministre québécois, Philippe Couillard.Il a of fer t ses condoléances lundi aux proches de Tahar Amer-Ouali, mort en Indonésie, ainsi que de Louis Chabot, Suzanne Ber- nier, Yves Carrier et Gladys Chamberland, leur fils Charlélie et sa demi-sœur Maude, décédés au Burkina Faso alors qu\u2019ils y faisaient du travail humanitaire.« Devant ces gestes odieux, nous nous sentons impuissants.Nous cherchons à comprendre ce qui n\u2019est ni explicable ni justifiable.Rien ne peut expliquer des actes gratuits d\u2019une telle lâcheté.Rien ne peut expliquer cette violence aveugle.Rien ne peut expliquer que l\u2019on s\u2019attaque aux gens qui contribuent, avec dévouement, à bâtir un monde meilleur.Cette attaque envers eux, elles, c\u2019est aussi une attaque envers nous tous », a-t-il déclaré lors d\u2019une allocution dans le hall de l\u2019édifice Honoré-Mercier, sis sur la colline parlementaire.Portés par des valeurs de « liberté », de « démocratie » et de « tolérance », les Québécois continueront de « [faire] la dif férence en apportant l\u2019espoir » aux quatre coins du monde, a insisté M.Couillard.« Mais nous ferons tout cela sans illusions, naïveté ou compromis.Ces gestes doivent également renforcer notre détermination à combattre ces barbares de toutes nos forces, aux côtés de nos alliés », a-t-il insisté.M.Couillard a précisé avoir confié à la ministre des Relations internationales, Christine St- Pierre, la tâche de poursuivre la lutte contre la radicalisation de concert avec les alliés du Québec.« Nous réalisons tous, toutes que cette violence barbare qui semblait si loin de nous autrefois peut également toucher le Québec, que le fait de vivre dans une société démocratique, ouverte, plus solidaire ne nous isole pas, ne nous protège pas du terrorisme.Pire encore, nous réalisons que ces caractéristiques dont nous sommes si fiers font partie des cibles que ces assassins veulent détruire.» Le premier ministre québécois a aussi mentionné que le fleurdelisé flottant au-dessus de la tour centrale de l\u2019hôtel du parlement a été descendu à mi-drisse en signe de « respect » et de « solidarité » envers les proches des victimes des événements tragiques survenus à Jakarta et à Ouagadougou.« Ce drapeau est le signe de notre force», a-t-il soutenu.Après avoir encaissé le choc de la disparition de quatre de leurs collègues et amis, les employés des écoles Cardinal-Roy et Jean-de-Bré- beuf, dans la Commission scolaire de la Capitale, tâcheront d\u2019expliquer la tragédie à leurs élèves, qui étaient en congé forcé lundi.Une douzaine de psychologues seront disponibles pour leur prêter main-forte.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 TERRORISME d\u2019abord à l\u2019enseignement de la philosophie, mais échoue au final à ses examens.Il entre alors dans le monde de la radio et de la télévision française.Ami de Gilles Deleuze, de Roger Nimier et de Pierre Boulez, Michel Tournier publie son premier roman, Vendredi ou les limbes du Pacifique, en 1967.Il a quarante-deux ans.Il revient comme tant d\u2019autres auteurs sur les traces de Robinson, selon une lecture rousseauiste de ce classique.Il ne s\u2019attache pas à rétablir la réalité flottante d\u2019un individu laissé seul à lui-même sur une île, mais se livre à une réactualisation critique et morale de l\u2019œuvre de Daniel Defoe.Il reçoit le prix de l\u2019Académie française.Les librairies et les lecteurs applaudissent encore à la parution du Roi des aulnes (1970), vendu à des millions d\u2019exemplaires.Avec un titre tiré d\u2019un poème de Goethe, le roman raconte l\u2019histoire d\u2019Abel Tiffauges, un Français emprisonné en Allemagne à la suite de la défaite française de juin 1940.Ce personnage finira par devenir «l\u2019ogre de la forteresse de Kaltenborn».Il recrutera de force des enfants sans savoir qu\u2019ils seront destinés à devenir de la chair à canon dans la défense vaine de cette forteresse lors de l\u2019invasion soviétique.L\u2019écrivain, au fil des livres, a réinvesti les grands mythes de l\u2019humanité.«Il me faut un grand, un énorme sujet, déclarait-il en entrevue à L\u2019Actualité il y a déjà presque trente ans.Le mythe de Robinson.[.] La guerre de 1939-1945.L\u2019immigration.Le christianisme.La sexualité et le couple humain.» Le coq de bruyère suivra, en 1975.Pour nourrir son inspiration afin d\u2019écrire son roman Les météores, où il retraversera le mythe de Castor et Pollux, Michel Tournier traverse le Canada en septembre 1972.De Montréal à Vancouver, en compagnie du photographe Édouard Boubat, il voyagera.Naîtra ainsi Canada.Journal de voyage (1977), œu- vre à quatre mains.Le romancier note alors un «manque de contact avec un monde extérieur» chez les Canadiens français \u2014 jamais dans ses pages il n\u2019utilise le mot «québécois» \u2014, estime l\u2019accent qu\u2019il entend «caricatural», trouve Montréal trop urbanisée, à l\u2019américaine et, même s\u2019il rencontre Ferron, reste sourd aux revendications nationalistes des Québécois qu\u2019il considère comme «des vestiges d\u2019une ère révolue», ainsi que le précisait Gérard Fabre dans Entre Québec et Canada.Le dilemme des écrivains français (VLB, 2012).Michel Tournier se penchera ensuite sur les rois mages dans Gaspard, Melchior et Balthazar (1980), sur la Pucelle et Gilles de Rais dans Gilles et Jeanne (1983).Mais ses trois premiers romans resteront ses œuvres les plus importantes.Prix littéraires Lecteur assidu de la littérature française, Michel Tournier ne prenait pas pour autant toujours très au sérieux le système éditorial français, même s\u2019il défendait bec et ongles les prix littéraires, à condition, disait-il, de ne pas être aveuglé.«Le prix Goncourt couronne les œuvres réa- listes-naturalistes, qui appartiennent à une tradition tout à fait respectable.On n\u2019y couronne jamais les héritiers du surréalisme ou du nouveau roman.[\u2026] Les œuvres laboratoire de Marguerite Duras n\u2019y avaient pas leur place; par contre, c\u2019est moi qui ai poussé pour que l\u2019on couronne L\u2019amant.» Mélomane, il est aussi passionné de photographie, présentateur d\u2019une émission de télévision consacrée à cet art et il devient l\u2019un des fondateurs en 1970 des Rencontres de la photographie d\u2019Arles, devenues un des rendez-vous du genre les plus importants au monde.Il possédait sa propre chambre noire, maniait volontiers son Rollei- flex, tout en se considérant comme un photographe médiocre.En 2006, il avait adhéré au Parti socialiste «par amitié personnelle pour Jack Lang».L\u2019homme de lettres avait entretenu une amitié avec François Mitterrand, mais son engagement politique n\u2019était pas pour autant connu jusque-là.«À d\u2019autres époques, j\u2019aurais pu être amené à m\u2019occuper de politique.» Il disait que son passé ne l\u2019intéressait pas.À 91 ans, il se voulait homme d\u2019avenir.Il aimait depuis toujours les arbres, la campagne, le calme.Il pestait contre les courses automobiles, contre les rallyes de véhicules tout-terrains imposés aux routes d\u2019Afrique, contre les effets de la publicité sur la société, et ce, même s\u2019il s\u2019était retrouvé à écrire, dans les années 50, des messages publicitaires «de couches-culottes, de démaquillants et de lessive».Ses Œuvres romanesques doivent paraître prochainement dans la collection de la Pléiade de Gal- limard.À propos de cette intronisation prochaine dans ce temple littéraire, il disait préférer de beaucoup l\u2019existence de son œuvre en simple format de poche, tout au contraire d\u2019un Julien Gracq pour qui le passage dans ce format constituait «un malentendu».En juillet 2015, Michel Tournier célébrait au contraire le mauvais papier des éditions bon marché.«Ce qui m\u2019intéresse, c\u2019est d\u2019être lu.Or, pour être lu, il faut être en livre de poche.Le livre de poche, c\u2019est le contraire de la Pléiade.Il ne coûte pas cher, on le met dans sa poche, c\u2019est le cas de le dire, on le lit et on le jette.Tandis que la Pléiade, on la met sur des rayonnages, on la regarde de dos sans l\u2019ouvrir.Elle est faite pour être exposée.C\u2019est mon point de vue, qui n\u2019a aucune importance.» Son œuvre passera-t-elle à la postérité?Au journaliste Louis-Bernard Robitaille, il affirmait en 1986 que rien n\u2019était moins sûr.«Quand on pense qu\u2019avant la guerre, le grand écrivain français s\u2019appelait Henry Bordeaux.Vous vous rendez compte! Bordeaux! Les gens aujourd\u2019hui ont oublié jusqu\u2019à son existence.» Avec Libération Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 TOURNIER Ce qui m\u2019intéresse, c\u2019est d\u2019être lu.Or, pour être lu, il faut être en livre de poche.Michel Tournier « » "]
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