Le devoir, 25 janvier 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 1 3 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 5 J A N V I E R 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S ?w w w .l e d e v o i r .c o m AUJOURD\u2019HUI Le Monde \u203a Le Devoir à Port-au-Prince.La confusion règne en Haïti.Page B 3 Culture \u203a Théâtre.Pour en ?nir avec l\u2019image de Dostoïevski.Page B 8 Les Sports \u203a Football.Denver et la Caroline s\u2019affronteront au 50e Super Bowl.Page B 4 Annonces .B 6 Avis légaux .B 2 Décès.B 6 Grille télé .B 7 Météo .B 5 Motscroisés.B 5 Sports.B 4 Sudoku .B 4 P H I L I P P E O R F A L I Qui, des candidats démocrates et républicains, succédera à Barack Obama à la tête des États-Unis ?Les paris sont ouverts.Littéralement.Loto-Québec permettra dès lundi de miser sur l\u2019issue de l\u2019élection présidentielle américaine, a appris Le Devoir.Une première.Les fervents de politique américaine auront l\u2019occasion de parier sur les résultats de l\u2019élection du 8 novembre 2016 à partir de 10 h lundi, comme les amateurs de sport peuvent le faire depuis de nombreuses années en ce qui a trait aux scores des matchs de hockey ou de football, par exemple.Il s\u2019agit là d\u2019une toute première incursion dans le monde du pari politique pour la société d\u2019État québécoise, confirme son porte-parole Patrice Lavoie.« On tente d\u2019organiser des paris sur ce qui intéresse les gens, sur ce qui fait l\u2019actualité.La politique américaine est sur les lèvres de tout le monde actuellement», fait-il valoir.Si la vaste majorité des paris offerts par Loto- Québec en ligne ou en magasin concernent le sport, d\u2019autres paris non sportifs ont fait leur apparition au cours des dernières années.Loto- Québec a fait son entrée dans les paris non sportifs pour la première fois en 2013, en se tournant vers la culture et le divertissement afin d\u2019attirer une nouvelle clientèle.Les Oscar, les prix Grammy de même que les galas de l\u2019ADISQ et des Olivier ont tour à tour donné lieu à des paris.Ce fut également le cas de l\u2019émission de téléréalité La voix, en 2013 et en 2014.Les paris, qui représentent actuellement 3,5 % des recettes de loteries, ont connu une croissance de 16 % pour les trois premiers trimestres de 2015-2016 comparativement à la même période l\u2019an dernier.Politologue spécialiste de la politique américaine à l\u2019Université Concordia, Graham G.Loto-Québec se lance dans le pari politique Les Québécois pourront miser sur l\u2019issue de l\u2019élection présidentielle américaine FERRANDEZ NE BRIGUERA PAS LA MAIRIE DE MONTRÉAL ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Projet Montréal est en quête d\u2019un chef pour tenter de déloger Denis Coderre lors des élections municipales de 2017.En annonçant dimanche qu\u2019il renonçait à briguer lui-même la chefferie de Projet Montréal, Luc Ferrandez a invité de nouveaux candidats à sauter dans l\u2019arène.Page A 3 A L E X A N D R E S H I E L D S L e gouvernement Couillard a accordé récemment une subvention de 1,7 million de dollars au géant pétrolier albertain Suncor, un important exploitant de pétrole des sables bitumineux qui fait aussi la promotion des projets de pipelines.Les fonds publics ont été octroyés dans le cadre du programme ÉcoPerformance, mis sur pied afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre au Québec.Selon ce qu\u2019a constaté Le Devoir, le gouvernement du Québec a accordé précisément 1 700 376 $ à Produits Suncor Énergie, entité québécoise de la multinationale spécialisée dans l\u2019exploitation, mais aussi le raffinage et la distribution de produits pétroliers.Tout comme pour les autres annonces gouvernementales des der niers mois l iées au programme ÉcoPer formance, l\u2019octroi de cette subvention publique a été divulgué par voie de communiqué.Le communiqué, publié le vendredi 15 janvier, est passé totalement inaperçu.En tout, cinq entreprises «de la région de Montréal» ont reçu à cette occasion un total de 2,2 millions de dollars, peut-on lire dans le communiqué dif fusé par le ministre des Transports et ministre responsable de la région de Montréal, Robert Poëti, ainsi que le ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable du Plan Nord, Pierre Arcand.De l\u2019argent vert pour un géant pétrolier Suncor se voit attribuer 1,7 million dans le cadre d\u2019un programme visant à réduire les émissions de GES F A B I E N D E G L I S E T rop réactifs.Trop émotifs.Et un peu trop opaques ! L\u2019avènement du citoyen numérique, celui censé participer au renouveau de la démocratie, ne passera pas par les réseaux sociaux les plus populaires du moment, Facebook, Twitter et consor ts.Pour se développer, cette figure de changement aurait plutôt besoin de nouveaux outils moins commercialement intéressés, d\u2019espaces en ligne façonnés spécialement pour elle afin de stimuler son esprit de collaboration, de cocréation et de réflexion en groupe.Et ce, loin des invectives et des raccourcis intellectuels habituels qui altèrent les débats du moment en ligne, estime Armel Le Coz, le fondateur du collectif Démocratie ouver te, un groupe francophone de réflexion et d\u2019expérimentation d\u2019une démocratie plus participative.«Il est illusoire de croire que l\u2019avenir de la démocratie va passer par Facebook ou Twitter [comme plusieurs experts des mutations tendent à le laisser croire depuis quelques années], a indiqué au Devoir la semaine dernière le jeune penseur de la modernité qui, mardi, doit prendre par t à Longueuil à une conférence sur les communautés intelligentes et la révolution citoyenne pilotée par l\u2019Institut de gouvernance numérique.Ces réseaux sont des porte-voix intéressants, mais ce sont également l\u2019équivalent en ligne de comptoirs du café du coin sur lesquels les citoyens tiennent des conversations de comptoir.Ce ne sont pas des endroits où l\u2019on retrouve le plus d\u2019intelligence collective, pas l\u2019endroit non plus où l\u2019on peut se construire un avis citoyen éclairé».Cela tiendrait à la structure de ces réseaux, dit-il, des régies publicitaires se faisant passer pour P?INT CHAUD La renaissance démocratique par le numérique Entrevue avec Armel Le Coz, fondateur du collectif Démocratie ouverte DÉMOCRATIE OUVERTE/FLICKR Séance de remue-méninges dans le cadre de l\u2019événement Gouvcamp : Quelle démocratie sur nos territoires ?organisé en 2014 par le collectif Démocratie ouverte.VOIR PAGE A 8 : NUMÉRIQUE VOIR PAGE A 8 : SUNCOR Transport La plaie du harcèlement Page B 5 Préparer sa retraite et hériter d\u2019un parti.Entrevue avec le chef du Bloc, Rhéal Fortin Page A 2 VOIR PAGE A 8 : PARI Société Ces râleurs incompris.Page A 5 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 5 J A N V I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Récemment, le gouvernement du Québec et l\u2019Union des municipalités du Québec annonçaient une entente (pacte fiscal) dans laquelle les municipalités acceptaient de recevoir moins d\u2019argent en échange du pouvoir de décréter dorénavant et pour les décennies à venir les conditions de travail de leurs employés municipaux.Il est important de savoir qu\u2019au Canada et au Québec, le droit à la liberté d\u2019association, incluant le droit à la négociation, est élevé au rang de droit constitutionnel au même titre que la liberté de religion et la liberté d\u2019expression.De même, le Code du travail encadre les relations du travail afin de maintenir la paix industrielle.Par conséquent, si ce projet de loi voit le jour et est adopté, il sera forcément déclaré inconstitutionnel puisque nous avons choisi de vivre dans un état de droit.De plus, il coûtera aux contribuables des millions de dollars en frais juridiques.Pire encore, ce projet créera une brèche incroyable dans notre société, comme si un parti au pouvoir pouvait décider de violer des droits fondamentaux si chèrement acquis.Il ne s\u2019agit pas simplement d\u2019une bataille qui doit être menée par les travailleurs syndiqués du secteur municipal mais bien par tous les travailleurs de tous secteurs confondus, aussi bien que par la société dans son ensemble.Le gouvernement s\u2019attaque à ce secteur mais les répercussions seront désastreuses pour tous.Dernièrement, le tribunal déclarait inconstitutionnel un règlement municipal de la Ville de Montréal interdisant de manifester dans les rues.Combien d\u2019autres projets de loi devront être encore déposés et combien d\u2019argent injecté dans des procès futiles doit-on accepter avant de se mobiliser?Pendant que nos factures augmentent dans tous les domaines et que nos salaires ne suivent plus, le gouvernement invente des batailles inutiles dans une société libre et démocratique comme la nôtre.L\u2019exécutif du Syndicat des Cols bleus regroupés de Montréal, SCFP, local 301 AVIS AUX TRAVAILLEURS M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa E n l \u2019 e s p a c e d e q u e l q u e s m o i s , Rhéal For tin est passé de la préretraite à un emploi du temps surchargé.L\u2019avocat des Laurentides, militant sou- verainiste de longue date, a décidé de faire le saut en politique active l\u2019été dernier.Un premier saut réussi.M.Fortin est devenu député.Mais à peine sa victoire célébrée, il s\u2019est vu confier une tout autre tâche : assurer l\u2019intérim à la direction du Bloc québécois.Il fera ses premières armes au Parlement lors de la rentrée, ce lundi.«J\u2019en étais à commencer à regarder comment ralentir mes activités au bureau, pour travailler moins souvent.Et là, tout d\u2019un coup en juillet, le téléphone sonne.Et le bal part.Et je me retrouve député le 19 octobre.Et au lendemain, on m\u2019annonce qu\u2019on voudrait que je prenne la chefferie par intérim.C\u2019est des gros changements.Je ne m\u2019attendais pas à ça», confie Rhéal For tin, en admettant qu\u2019il n\u2019a pas eu une seule journée de congé depuis le printemps dernier.«Je pensais faire du ski, de la raquette, du vélo, plein de choses qu\u2019on n\u2019a pas le temps de faire quand on travaille trop.Et, bon, je reporte ça de quelques années.» Mais le jeune politicien novice de 57 ans ne s\u2019en plaint pas.Loin de là.«Je dis merci la vie.Parce que c\u2019est toujours agréable de relever de nouveaux défis.» Moins connu sur la scène politique fédérale, M.For tin a néanmoins une longue feuille de route en tant que militant bloquiste depuis les premières heures du parti il y a plus de vingt ans.Il a en outre été président d\u2019une association de circonscription pour le Parti québécois de même que de la section régionale du Bloc québécois.Parallèlement, il a siégé au Barreau de Laurentides-Lanau- dière et en a été le bâtonnier il y a trois ans.Période critique Apprendre à la fois à être député et chef d\u2019un parti comporte son lot de défis, consent Rhéal Fortin en entre- t ien té léphonique.Mais il parle de son nouveau métier avec beaucoup d\u2019enthousiasme, en se disant « fier du parti, du programme, de pouvoir assumer ce rô le - là » .Même si, sur le plan personnel par exemple, il raconte à la blague qu\u2019enchaîner les entrevues médiatiques depuis son entrée en fonction a amené son lot d\u2019émotions.« J\u2019imagine que vous vous doutez bien que ça peut générer son lot de stress.On ne veut pas se mettre les pieds dans les plats ! » Rhéal Fortin a hérité, sans y avoir été préparé, de la chefferie d\u2019un parti qui a enregistré les pires résultats électoraux de son histoire.Bien que le Bloc québécois ait fait élire 10 députés \u2014 contre 4 en 2011 \u2014, il a en revanche récolté un moindre pourcentage des votes exprimés \u2014 19,3 %, contre le plancher précédent de 23,4 % en 2011.Le chef intérimaire refuse cependant de parler de résultats décevants.« On est 10 [députés].C\u2019est quand même mieux que 2 ou 4.» Soit, mais c\u2019est deux députés de moins que le seuil minimum pour être un par ti reconnu à la Chambre des communes.Rhéal For tin continuera donc de se battre, dès la rentrée parlementaire ce lundi, pour obtenir néanmoins les privilèges auxquels aurait eu droit le Bloc s\u2019il avait fait élire 12 députés plutôt que 10.Les bloquistes réclament notamment un budget de recherche, car à l\u2019heure actuelle ils doivent payer ces employés à même le salaire de leurs députés plutôt que de profiter d\u2019une enveloppe supplémentaire comme les plus gros partis.Pour l\u2019instant, le parti souve- rainiste n\u2019a pas obtenu de verdict des libéraux, des conservateurs et des néodémocrates qui doivent s\u2019entendre pour déroger à cette règle parlementaire.Et Rhéal Fortin ne cache pas sa frustration, lui qui représente pourtant, martèle-t-il, la voix de près de 818 700 électeurs québécois.«On vient dire quoi à ces électeurs-là?Que si vous n\u2019êtes pas un groupe de deux millions d\u2019électeurs, on ne veut pas vous entendre?Vous n\u2019avez pas votre place au Parlement?Que quand vous serez assez nombreux pour nous faire trembler, à deux millions dans votre par ti, on va vous écouter ; mais jusque-là, achalez-nous pas ?[\u2026] Je trouve ça odieux ! C\u2019est pas ça, la démocratie.Et ce n\u2019est pas ça le parlementarisme.» Les bloquistes n\u2019ont pas chif fré leur demande budgétaire.« Ce n\u2019est pas le chif fre qui m\u2019impor te.C\u2019est d\u2019être traité équitablement », tranche M.Fortin, qui réclame en outre que ses députés aient davantage de droit de parole aux Communes et le droit de siéger à certains comités parlementaires d\u2019intérêt pour le Québec, comme celui sur l\u2019aide à mourir.Lorsqu\u2019il aura la parole aux Communes, le parti souverai- niste entend s\u2019opposer farouchement au projet d\u2019oléoduc Énergie Est.Là encore, Rhéal Fortin déplore le manque de respect qu\u2019ont réservé certains élus de l\u2019ouest du pays aux maires de la région de Montréal qui ont officiellement rejeté le pipeline jeudi dernier.Pourtant, personne ne s\u2019est indigné lorsque la Colombie-Britannique a rejeté le tracé de Kinder Morgan sur son territoire, ou lorsque les États-Unis se sont opposés à Keystone XL.«Comment ça se fait qu\u2019au Québec on n\u2019a pas le droit de dire non, nous?», demande le chef bloquiste, agacé.Autre sujet de l\u2019heure, les transfer ts fédéraux en matière de santé.Le Bloc québécois réclamera de nouveau qu\u2019Ottawa revienne à la formule de f inancement prévoyant une hausse de 6 % par année que les conservateurs ont modifiée.Chef permanent?À peine en sel le , Rhéal For tin semble bien à l\u2019aise dans sa nouvelle carrière.Au point de prolonger son poste temporaire, pour briguer la direct ion per manente du par t i ?« Je n \u2019ai pas eu le temps de ré f léchir à cet te question-là, et je ne veux même pas y ré f l échir » , rép l ique M.Fortin.Les députés Xavier Barsalou-Duval et Mario Beau- lieu (ex-chef de la formation) ont indiqué qu\u2019ils songeaient à se lancer.La course à la direction n\u2019est pas encore à l\u2019horaire des bloquistes, note toutefois M.Fortin.Quand elle le sera, «on verra rendu là».Le Devoir Préparer sa retraite et hériter d\u2019un parti Rhéal Fortin espérait sortir de sa préretraite pour devenir député; il s\u2019est retrouvé chef du Bloc québécois JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gilles Duceppe avait démissionné de son poste de chef du Bloc québécois quelques jours après les élections du 19 octobre 2015, où le parti avait obtenu le plus faible appui de son histoire.Rhéal Fortin L E D E V O I R , L E L U N D I 2 5 J A N V I E R 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 D es avocats des Laurentides viennent de faire brasser une bière à la gloire de leur cabinet.Baptisée L\u2019Objection, cette bière, disent ces jeunes avocats avec un humour digne du temps des tavernes, «est créée à partir d\u2019extraits de toges vieillies de dix ans dans un vestiaire de palais à laquelle nous avons délicatement ajouté de la crédibilité».La belle affaire! En moyenne, un adulte boit 470 verres de bière par année au Canada.D\u2019autres indicateurs parlent de 80 litres par individus chaque année.À noter que les adolescents qui rentrent bourrés chez leurs parents le vendredi soir ne sont pas comptabilisés.Les bikinis de Budweiser autant que l\u2019allure faussement rétro des nouvelles pin up de l\u2019Old Milwaukee continuent d\u2019occuper l\u2019avant-plan des campagnes publicitaires pour la bière.« Une fille gratuite avec chaque bouteille », annonçait même l\u2019Old Milwaukee il n\u2019y a pas si longtemps.Ce rétro donne l\u2019impression de faire un pas en arrière alors qu\u2019il ne fait que pousser plus loin la bêtise.En marge des géants, les micro-brasseries font miroiter l\u2019idée d\u2019un univers plus raffiné.Messieurs, aimez-vous La Diable au corps ?Sentez-vous L\u2019Obscur Désir remonter du fond de votre bouteille ?Peut-être aimez-vous davantage L\u2019Af franchie ?L\u2019Entêté ?La Libertine ?Ou encore La Désérables, ce brillant jeu de mots qui offre l\u2019occasion de montrer une jolie blonde au dos nu, les cheveux savamment décoiffés ?On trouve bien d\u2019autres clichés embouteillés.La Noire Sœur, La Chipie, La Matante, La Joufflue, La Ciboire, La Valkyrie : toutes sont illustrées par des femmes sorties de chez un costumier pour fantasmes houblonnés.Le marketing de la bière, y compris dans sa variante micro-domestique pseudo-cool, continue de mettre en scène comme avant un vieil imaginaire parfaitement réactionnaire destiné aux hommes de demain.?En 1841, Mgr de Forbin-Janson traverse l\u2019Atlantique.Il vient de France avec son grand cirque de la foi.Arrivé à New York, il remonte ensuite vers le nord tandis qu\u2019on s\u2019agenouille sur son passage.Arrivé à Québec, Mgr de For- bin-Janson parle de soumission en une époque déjà dure et difficile.Il asperge d\u2019eau bénite autant que de son éloquence tout un peuple qui, à genou, prosterné, reste coi devant lui.Les soulèvements révolutionnaires de 1837- 1838 viennent d\u2019être écrasés.L\u2019armée de la foi dont Mgr de Forbin-Janson est un des nouveaux généraux s\u2019empare sans résistance d\u2019une terre brûlée, désormais sans défense.De Québec, du haut de sa grandeur, il se place en tête d\u2019une longue procession où vingt-deux prélats se rendent élever une croix noire de la tempérance à Beauport.L\u2019alcool, voilà un ennemi consensuel.Charles Chiniquy, le prêtre extravagant de Beauport, va publier un Manuel de la société de tempérance.Il obtient un énorme succès, puis finit par être excommunié.Devenu ennemi des catholiques, Chiniquy échappe à sa mise en bière prématurée alors qu\u2019on tente de le tuer près de Montréal.Les Églises se disputent la prédominance du show-business de la foi.Le nom de Chiniquy, à peu près oublié, ressuscite pourtant de temps à autre, notamment dans l\u2019œuvre de l\u2019intempérant Victor-Lévy Beaulieu.?En 1919, la population du Québec vote massivement Oui à un référendum contre la prohibition.La Commission des liqueurs est créée.Les coudes se lèvent.Des tavernes ouvrent.À la fin des années 1960, le photographe Henri Cartier-Bresson visite le Québec, l\u2019œil toujours attentif, son petit Leica lui ser vant d\u2019arc pour sa chasse aux images.De ses photographies prises au pays, l\u2019ONF tire un film : Le Québec vu par Cartier-Bresson.À Montréal, Cartier-Bresson visite une taverne.Les femmes n\u2019y sont toujours pas admises.Des hommes nombreux, souvent assis seuls, dissolvent leurs pensées dans des grands verres stérilisés remplis à ras bord de bière blonde.Ils regardent dans le vide le plus absolu, posés là en apparence pour l\u2019éternité, assis dans les nuages.Pour ne pas troubler la complainte intérieure de leurs clients, les serveurs apportent d\u2019un seul coup à leurs clients plusieurs verres ou bouteilles de bière.De temps à autre, quelqu\u2019un rit tout seul, avant que la suite des interminables minutes ne continue de s\u2019égrener dans le vide.Parfois, quelqu\u2019un rit encore ou se met à parler fort, bien que seul.La bière des tavernes est d\u2019abord une complainte offerte à soi-même.On recommande des bières.Et d\u2019autres encore.Ce rituel éthylique se pratique en retrait des femmes, bien qu\u2019elles soient associées déjà de près à la publicité des brasseries : calendriers, pochettes d\u2019allumettes, jeux de cartes, promotions diverses montrent des femmes sous les traits de divinités du temps présent.La modernité faisant tout de même son chemin hors des verres de bière, les femmes finiront par entrer dans les brasseries.La parole aussi.Mais le langage de la bière reflète encore l\u2019acte commercial qui le fonde au nom de quelques fantasmes masculins.La manière se raf fine, du moins en apparence, pour ne plus laisser, le plus souvent, qu\u2019un étrange arrière-goût.Oui, d\u2019hier à aujourd\u2019hui, la bière et son show- business restent une af faire d\u2019hommes.Tout comme les funérailles nationales.jfn@ledevoir.com En bière JEAN-FRANÇOIS NADEAU J E A N N E C O R R I V E A U P rojet Montréal est en quête d\u2019un chef pour tenter de déloger Denis Coderre lors des élections de 2017.En annonçant dimanche qu\u2019il renonçait à briguer lui-même la chef ferie de Projet Montréal, Luc Ferrandez a invité de nouveaux candidats à sauter dans l\u2019arène.Celui qui dirige Projet Montréal par intérim depuis le départ de Richard Bergeron, en octobre 2014, a admis qu\u2019il n\u2019avait pas réussi à se défaire de son image jugée trop radicale à l\u2019extérieur du Plateau Mont-Royal.« La dernière car te qui reste à M.Coderre, c\u2019est de prétendre qu\u2019il est un homme de gros bon sens par rapport à l\u2019opposition qui, elle, serait radicale.Je ne veux pas lui donner ce plaisir de jouer cette dernière car te », a-t-il expliqué dimanche, à l\u2019issue du congrès de Projet Montréal.« Je sais que ce que nous faisons sur le Plateau, ça peut faire peur à la population dans les autres quartiers.Mais ça ne s\u2019applique pas dans d\u2019autres quartiers de toute manière, a précisé M.Ferrandez.Je veux laisser la place à quelqu\u2019un qui va avoir le champ libre, qui n\u2019aura pas de boulet de réputation à porter et qui ne risque pas de faire peur aux Montréalais.» Luc Ferrandez, qui est maire du Plateau-Mont-Royal depuis 2009, ignore encore s\u2019il sollicitera un autre mandat à la tête de cet ar rondissement pour les élections de 2017.Les changements susceptibles de toucher les pouvoirs des arrondissements dans le cadre des discussions engagées par l\u2019administration Coderre sur le statut de métropole de Montréal pourraient influer sur sa décision, a-t-il dit.Un «dragon» candidat?M.Ferrandez a invité les candidats potentiels, qu\u2019ils viennent des rangs du parti ou non, à ne pas hésiter à se lancer dans la course qui se tiendra à l\u2019automne.Il a même suggéré que des personnalités «montent au front» pour Montréal.« Je souhaite que, même s\u2019ils ne se présentent pas, Karel Mayrand, Laure Waridel, Alexandre Taillefer donnent leur appui à un candidat, proposent des solutions, viennent à un meeting.» Directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki, Karel Mayrand, a indiqué au Devoir qu\u2019il ne souhaitait pas diriger Projet Montréal.« On me l\u2019a demandé, mais j\u2019ai refusé.Je considère que je n\u2019ai pas suf fisamment de connaissances sur l\u2019ensemble des dossiers », a-t-il expliqué.Il a toutefois vanté ce par ti \u2014 dont il est membre \u2014, car il permet une réelle réflexion sur Montréal, a-t-il fait valoir.S\u2019il se dit ouvert à l\u2019idée d\u2019aider le parti lors des prochaines élections, il n\u2019écar te pas l\u2019idée d\u2019être lui-même candidat pour un poste de conseiller.Quant à Alexandre Taillefer, dont le nom avait été évoqué pour briguer la mairie en 2013, il serait peu probable qu\u2019il se lance en politique à brève échéance, a indiqué un de ses collaborateurs.M.Taille- fer est déjà for t occupé avec les nombreux projets qu\u2019il pilote, dont celui de Téo Taxi, a-t-il signalé.La lune de miel Denis Coderre Des élus de Projet Montréal pourraient tenter leur chance afin de diriger le parti fondé en 2004 par Richard Bergeron.Quelques noms circulent comme potentiels candidats, dont ceux des conseillers Guillaume Lavoie, François Limoges et Valérie Plante.M.Limoges et Mme Plante ont confirmé être en réflexion à ce sujet.Selon M.Ferrandez, la lune de miel entre Denis Coderre et les Montréalais est terminée, et le maire est « en chute libre ».Dans son discours prononcé devant les militants en après-midi, Luc Fer- randez s\u2019est attardé aux décisions controversées du maire Coderre au cours des derniers mois.Il lui a reproché son manque de vision et son « faux progressisme».Plusieurs élus ont salué la « dignité » avec laquelle M.Ferrandez s\u2019est adressé aux militants.« Il a fait passer le bien de Montréal avant ses intérêts personnels.Jamais l\u2019ancien chef Richard Berge- ron n\u2019a fait preuve d\u2019autant d\u2019humilité », a commenté le maire de Ro- semont\u2013La Petite-Patrie, François Croteau.Plus tôt en matinée, les membres de Projet Montréal avaient convenu de mandater leur comité de direction afin de tenir leur course à la chefferie à l\u2019automne, soit un an avant les élections du 5 novembre 2017.Ils ont aussi élu Nathalie Goulet à la présidence du Conseil de direction de Projet Montréal.Le Devoir ÉLECTIONS MUNICIPALES 2017 Projet Montréal se cherche un chef pour affronter Coderre ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le chef par intérim de Projet Montréal, Luc Ferrandez, était très ému, dimanche, en annonçant qu\u2019il ne briguerait pas la chefferie du parti.Je veux laisser la place à quelqu\u2019un [\u2026] qui ne risque pas de faire peur aux Montréalais Luc Ferrandez, maire du Plateau-Mont-Royal « » F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S L es quelque 8000 cols blancs de la Ville de Montréal entameront une grève tournante de 37 jours à compter de lundi, pour faire pression sur l\u2019administration du maire Coderre pour le renouvellement de leur contrat de travail venu à échéance le 31 décembre 2011.Cette nouvelle vague de moyens de pression atteindra son paroxysme lors de la grève générale prévue le 1er mars.Tour à tour, tous les services, bureaux et arrondissements de la métropole devraient être concernés.Dès lundi, la grève tournante touchera le Bureau du vérificateur général, le Secrétariat de liaison de l\u2019agglomération de Montréal, le Service de la direction générale, le Service des communications, de même que les arrondissements d\u2019Ahuntsic-Cartier ville et Saint-Laurent.Pas d\u2019heures supplémentaires En plus de la grève tournante, les cols blancs n\u2019effectueront aucun travail en heures supplémentaires durant toute la période de débrayage.Seuls les services essentiels prescrits par la loi (le service de police, celui des incendies, du 311 et celui des technologies) doivent être maintenus.Le président du Syndicat des cols blancs de la Ville de Montréal, Alain Fugère, a rappelé, par voie de communiqué, que les cols blancs sont sans contrat de travail depuis maintenant quatre ans, ce qui est «honteux pour une grande ville ».Selon lui, «Denis Coderre est [toutefois] le seul responsable» puisqu\u2019il «a refusé d\u2019entamer des discussions sérieuses et fructueuses avec le syndicat».Le syndicaliste est aussi d\u2019avis qu\u2019il «est plus que temps que la Ville démontre plus de respect envers ses employés et qu\u2019elle laisse tomber ses demandes excessives qui visent notamment à appauvrir ses travailleurs d\u2019un bord et privatiser l\u2019ensemble des services de l\u2019autre».M.Fugère a déploré l\u2019intention de la Ville de réduire la rémunération globale des cols blancs de 12 à 14 % et d\u2019éliminer les limites qui existaient jusqu\u2019alors en matière de sous-traitance, et ce, malgré les risques révélés par la commission Charbonneau.Depuis le 15 janvier, les parties sont devant un conci l ia teur nommé par Québec pour tenter un rapprochement.Le Devoir MONTRÉAL Les cols blancs entrent en grève Tour à tour, tous les services, bureaux et arrondissements de la métropole devraient être touchés Fiscalité : Péladeau sur la sellette De nouvelles informations sur les stratégies d\u2019évitement fiscal de Qué- becor obtenues par l\u2019équipe de l\u2019émission Enquête placent Pierre Karl Péladeau devant ses contradictions.La semaine dernière, le chef du Parti québécois a réitéré, sur page Facebook, le fait qu\u2019il n\u2019a jamais «mis en place de structure d\u2019optimisation fiscale de nature \u201cexotique\u201d» lorsqu\u2019il était président et chef de la direction de Québecor et Québecor Média.Quelques jours auparavant, La Presse avait publié un reportage remettant en question les pratiques de certaines filiales de l\u2019entreprise.Un autre reportage, qui doit être diffusé jeudi sur les ondes de Radio-Ca- nada et dont un extrait était présenté au téléjournal dimanche, pourrait remettre le chef du Parti québécois sur la sellette.Selon Enquête, une trentaine de compagnies semblant avoir un lien avec Québecor auraient été ou sont toujours actives dans une dizaine de pays reconnus comme des paradis fiscaux.Un certain nombre d\u2019entre elles auraient été mises sur pied sous la présidence de Pierre Karl Péladeau.Le Devoir D es données rendues publiques par Statistique Canada, cette semaine, déboulonnent certains mythes sur la violence conjugale.L\u2019Enquête sociale générale de 2014 sur la victimisation révèle que si les femmes victimes de violence conjugale demeurent deux fois plus nombreuses à avoir subi les violences les plus graves (34 % contre 16 % chez les hommes), soit avoir été agressées sexuellement, battues, étranglées ou menacées avec une arme à feu ou un couteau, les hommes sont trois fois et demie plus nombreux (35 % contre 10 %) à avoir subi des voies de fait sous la forme de coups de pied, de morsures, de coups et de coups avec un objet contondant.Le criminologue et spécialiste des questions de violence conjugale Stéphane Guay, de l\u2019Université de Montréal, s\u2019étonne de la nature des violences subies par les hommes.«C\u2019est la première fois que je vois un rapport de Statistique Canada qui dit que les hommes ont été plus souvent victimes de ces formes de violence grave que les femmes.Ça me surprend.Je n\u2019aurais pas pu prédire ça», a-t-il expliqué.En baisse Le taux de violence conjugale a diminué de près de la moitié depuis 2004.Selon l\u2019Enquête, sur un peu plus de 19 millions de Canadiens qui avaient un conjoint ou un ex-conjoint en 2014, environ 4%, soit 760 000 personnes, ont déclaré avoir été victimes de violence physique ou sexuelle, ou les deux, de la part de leur partenaire au cours des cinq années précédentes, tant chez les hommes que chez les femmes.Cette proportion est bien inférieure à celle de 7% enregistrée 10 ans plus tôt, en 2004, une chute dont l\u2019ampleur étonne aussi Stéphane Guay.« Qu\u2019il y ait une baisse, c\u2019est normal et on s\u2019y attend parce que c\u2019est un problème qui a été pris au sérieux et il y a eu beaucoup d\u2019actions qui ont été prises.Mais 3 points de dif fé- rence?C\u2019est presque une diminution de 50 %.Ça, je ne vous aurais pas gagé un 2 $ là-dessus », a-t-il confié en entrevue avec La Presse canadienne.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E L U N D I 2 5 J A N V I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Résultats des tirages du : Résultats des tirages du : En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité.compl.compl.l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s COMPL.20 21 22 34 42 43 45 01 60 000 000 $ Prochain gros lot (approx) : 25 7567882 14 000 000 $ 21 31 34 37 38 44 09 10 14 21 32 45 49 39 2016-01-23 2016-01-22 + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 40349408-01 Prochain gros lot (approx.) : 6729579 + lots de 1 million $ (APPROX.) Résultats complets sur lotoquebec com F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S E nviron 200 personnes se sont rassemblées dimanche devant les bureaux de circonscription de la députée libérale Véronyque Tremblay, à Québec, pour manifester leur désaccord à l\u2019égard du projet de loi 64, qui vise l\u2019implantation d\u2019un registre québécois des armes à feu.Les bureaux de la députée de Chauveau n\u2019ont pas été choisis par hasard par le mouvement « Tous contre un registre des armes à feu », instigateur du rassemblement de dimanche.De fait, cette dernière, avant de rejoindre les rangs du Parti libéral, alors qu\u2019elle était journaliste au FM 93, a déjà fait savoir qu\u2019elle jugeait la création d\u2019un nouveau registre inutile et trop coûteuse.L\u2019avis des électeurs Venue rencontrer les manifestants en fin de matinée, Vé- ronyque Tremblay a indiqué qu\u2019elle n\u2019était plus là pour faire valoir son opinion personnelle, mais plutôt pour défendre les avis de ses électeurs.«Quand je me promène dans ma circonscription, j\u2019ai des gens qui disent : \u201cCe qui est important, c\u2019est qu\u2019on ait le meilleur registre possible, qui coûte le moins cher possible et qui soit le moins contraignant possible pour les chasseurs\u201d.Ce que j\u2019entends le plus, c\u2019est ça.J\u2019entends respecter ça et faire valoir ce que j\u2019entends », a déclaré aux journalistes la députée de Chauveau.Bien que la majorité des députés de l\u2019Assemblée nationale semblent appuyer le projet de loi déposé le 3 décembre dernier par le ministre intérimaire de la Sécurité publique, Pierre Moreau, certaines réticences ont été mises en avant la semaine dernière, tant du côté du Parti québécois, du Parti libéral que de la Coalition avenir Québec.La semaine dernière, plusieurs élus n\u2019excluaient d\u2019ailleurs pas la possibilité de s\u2019opposer à l\u2019adoption du projet de loi 64.À l\u2019heure actuelle, seule la députée indépendante Sylvie Roy a indiqué formellement qu\u2019elle s\u2019opposerait à la création d\u2019une version québécoise du registre.Le projet de loi 64 fait suite à la décision du gouvernement fédéral de Stephen Harper d\u2019abolir le registre national.Son démantèlement, amorcé en 2011, a finalement été mené à terme en mars 2015 lorsque la Cour suprême a donné le feu vert au gouvernement conservateur pour détruire les données contenues dans son registre, et ce, malgré la vive opposition du Québec.S\u2019il est finalement adopté, toutes les armes d\u2019épaule présentes sur le territoire québécois devront être enregistrées et burinées, au grand dam d\u2019une partie de la population.Plusieurs organisations \u2014 dont le Groupe des étudiants et diplômés de Polytechnique pour le contrôle des armes \u2014 militent cependant pour un meilleur contrôle des armes à feu De nombreux opposants souhaiteraient que le projet de loi fasse l\u2019objet d\u2019un vote libre, sans ligne de parti.Une pétition s\u2019opposant à la Loi sur l\u2019immatriculation des armes à feu en ligne sur le site Internet de l\u2019Assemblée nationale a récolté jusqu\u2019ici plus de 22 000 signatures.Le Devoir ARMES À FEU La libérale Véronyque Tremblay reçoit la visite des opposants au registre Philippe Couillard courtise l\u2019Italie Après un séjour écourté dans les Alpes suisses au Forum économique de Davos en raison des funérailles de René An- gélil, le premier ministre Philippe Couillard termine lundi, à Milan, sa mission entamée la semaine dernière.C\u2019est la deuxième fois en moins d\u2019un an que M.Couillard effectue une mission économique en Italie.Lundi, dans la capitale économique italienne le premier ministre s\u2019adressera notamment à la Confindustria, la principale organisation nationale des entreprises manufacturières et de services au pays.Il prendra également part à une série de rencontres à saveur économique, notamment avec l\u2019ex- président italien Mario Monti.Philippe Couillard devrait remanier son gouvernement cette semaine.La Presse canadienne Karl Bélanger devient directeur national du NPD Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a désigné comme directeur national du parti Karl Bé- langer, qui était secrétaire principal du chef Thomas Mulcair depuis mars 2012.M.Bélanger, un natif de Québec, entrera en fonction lundi.Il occupera le poste de directeur national par intérim jusqu\u2019à la fin du mois de juin, sa nomination devant être entérinée par le Conseil fédéral du NPD.Il succède à Anne McGrath, qui a quitté ses fonctions à la fin de 2015 pour devenir chef de cabinet adjointe de la première ministre néodémo- crate de l\u2019Alberta, Rachel Not- ley.M.Bélanger a intégré le NPD à 18 ans et a été candidat pour la première fois lors des élections fédérales de 1993.La Presse canadienne Burkina Faso : les six Québécois rapatriés mardi Les corps des six travailleurs humanitaires de la région de Québec qui ont été tués dans l\u2019attaque terroriste du 15 janvier dernier à Ouagadougou, au Burkina Faso, devraient être rapatriés mardi.C\u2019est ce qu\u2019a indiqué Frédéric Carrier, qui a perdu son père et sa sœur dans l\u2019attentat qui a fait au total 30 morts.M.Carrier se dit soulagé puisqu\u2019il craignait que les dépouilles soient retenues au Burkina Faso pendant une longue période, pour les besoins de l\u2019enquête.Les funérailles pourront maintenant être planifiées.La Presse canadienne Éducation : la FSE entérine l\u2019entente de principe Après un an et demi de négociations ardues avec Québec, les membres de syndicats qui représentent 73 000 enseignants des écoles publiques de la province, dont ceux de la FSE-CSQ, ont finalement entériné vendredi soir l\u2019entente de principe conclue à la fin du mois de décembre avec le gouvernement Couillard.Les 65 000 enseignants de la Fédération des syndicats de l\u2019enseignement (FSE-CSQ) ainsi que ceux de l\u2019Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ-QPAT) obtiennent ainsi une nouvelle convention collective d\u2019une durée de cinq ans.À la FSE, la présidente, Josée Scalabrini a reconnu samedi qu\u2019il «ne s\u2019agit pas d\u2019une entente historique», mais elle estime que cette entente a permis d\u2019aller chercher «le maximum dans les circonstances».La Presse canadienne L e premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, a confirmé dimanche, en début de soirée, que les sept personnes blessées lors de la fusillade qui a coûté la vie à quatre membres de la communauté autochtone de La Loche, sont toujours dans un état critique.De passage en compagnie du ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, et du chef national de l\u2019Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, le premier ministre saskatchewanais a of fert ses condoléances aux familles des victimes et a af firmé que la communauté obtiendrait tout le soutien dont elle aura besoin pour aider les habitants dans cette épreuve dif ficile, mais aussi à long terme pour l\u2019infrastructure, l\u2019éducation et les soins de santé.«Les jeunes ont besoin d\u2019un sentiment d\u2019espoir, et je crois que plusieurs problèmes de santé mentale découlent du manque d\u2019espoir des gens [\u2026] Ce sont des enjeux liés à la qualité de vie qui concernent l\u2019éducation et les soins de santé», a-t-il déclaré.Le ministre Ralph Goodale a pour sa part indiqué que le gouvernement Trudeau serait à l\u2019écoute afin de retenir des leçons du drame.Le ministre s\u2019attend à ce que Justin Trudeau visite prochainement La Loche.«Cette communauté est l\u2019épicentre de la plus récente tragédie, mais c\u2019est un ensemble d\u2019enjeux auxquels ce pays doit s\u2019attaquer et M.Trudeau est déterminé à le faire», a-t-il ajouté.Besoin d\u2019une stratégie Perry Bellegarde croit, pour sa part, qu\u2019il est impératif que le pays se dote d\u2019une stratégie à long terme pour améliorer la qualité de vie dans les communautés autochtones.La Gendarmerie royale du Canada de la Saskatchewan a indiqué que neuf personnes avaient été atteintes par balles durant une période de huit minutes à l\u2019école communautaire La Loche vendredi après-midi.Le jeune suspect, dont l\u2019identité ne peut être divulguée conformément à la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, doit comparaître pour la première fois lundi devant la cour provinciale de Meadow Lake.Avec La Presse canadienne Le Devoir Une fusillade de trop, un drame de plus À La Loche, les politiciens mettent en cause les conditions de vie des autochtones VIOLENCE CONJUGALE Beaucoup d\u2019hommes victimes de voies de fait JASON FRANSON LA PRESSE CANADIENNE Des membres de la communauté à majorité autochtone se réconfortaient, dimanche, près d\u2019un mémorial en l\u2019honneur des victimes.L e projet de loi 70 qui, selon le gouvernement provincial, vise entre autres choses «à favoriser l\u2019intégration en emploi» a été vertement dénoncé par un regroupement d\u2019une vingtaine d\u2019organisations baptisé la Coalition Objectif Dignité ainsi que par de nombreux syndicats.Leurs représentants ont tiré à boulets rouges sur ce texte législatif, dimanche avant- midi, lors d\u2019un point de presse tenu à Montréal.Selon le porte-parole de la Coalition, Serge Petitclerc, ce qui est problématique, c\u2019est l\u2019«approche punitive» préconisée par Québec.M.Petitclerc a souligné que le gouvernement souhaite «réintroduire l\u2019obligation de participation aux mesures d\u2019employabilité pour les premiers demandeurs d\u2019aide sociale » aptes à travailler, et ce, même s\u2019« il n\u2019y a jamais de dénouement heureux avec ça».À son avis, si Québec persiste à vouloir réduire les prestations des bénéficiaires potentiels qui se montreraient réfractaires à cette contrainte, les résultats escomptés ne seront certainement pas au rendez-vous.Il a prédit qu\u2019en misant sur une telle façon de faire, «les conditions de vie des gens ne s\u2019amélioreront pas, l\u2019État ne réalisera pas réellement d\u2019économies, la population ne sera pas mieux instruite et il n\u2019y aura pas moins de pauvreté».«Politique à courte vue» La vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux, Véronique de Sève, a laissé entendre, pour sa part, que l\u2019approche coercitive si chère aux libéraux est plutôt simpliste.«C\u2019est de la politique à courte vue.C\u2019est comme s\u2019ils disaient: \u201cil y a des postes qui sont disponibles, il y a du monde qui ne travaille pas.Alors, on met ça ensemble\u201d».Mme de Sève a ajouté que si le gouvernement entretient vraiment le désir d\u2019améliorer le marché provincial de l\u2019emploi, il devrait plutôt s\u2019efforcer de favoriser la mise en place «de conditions de travail acceptables, dignes ».« Si on augmentait le salaire minimum, peut-être bien qu\u2019on aurait des personnes qui sortiraient de la pauvreté beaucoup plus facilement », a-t-elle cité comme exemple.La colère entourant le projet de loi 70 sera de nouveau palpable prochain alors que se déroulera une manifestation qui se terminera à deux pas de l\u2019Assemblée nationale.À l\u2019intérieur de l\u2019édifice, des consultations particulières et des audiences publiques portant sur cette pièce législative se dérouleront durant cette même journée, jusqu\u2019à vendredi.La Presse canadienne AIDE SOCIALE Une vaste coalition se forme contre la réforme L E D E V O I R , L E L U N D I 2 5 J A N V I E R 2 0 1 6 SOCIETE A 5 Et ces retardataires impénitents\u2026 Profond besoin de flexibilité et perfectionnisme alimentent les lambins compulsifs C A M I L L E D E S T R A Z «J e t\u2019attends, tout le temps, chaque instant\u2026 », s\u2019époumonait Johnny Hallyday au mitan des années 1980.Ces paroles \u2014 en l\u2019occurrence destinées à la énième femme de sa vie \u2014 auraient pu devenir un hymne pour les personnes qui fréquentent les retardataires maladifs.Ceux à qui l\u2019on donne rendez-vous à 18 heures pour être certain qu\u2019ils arriveront à 19, ou qui repoussent sans arrêt leurs prises de décisions.Ceux qui ont systématiquement l\u2019impression qu\u2019ils ont encore «vite le temps de faire une bricole », et finissent par dire « ça m\u2019a pris plus de temps que je pensais ».D\u2019où vient ce fonctionnement qui semble profondément ancré ?Pour donner une partie d\u2019explication \u2014 car, comme lors d\u2019une réaction cutanée, les causes peuvent être multiples \u2014, la psychologue du travail FSP Annabelle Péclard mentionne une approche s\u2019appuyant sur la théorie de la personnalité selon Jung : « Certaines personnes d\u2019approche dite \u201cflexible\u201d [par opposition à « structurée »] aiment repousser le début de l\u2019action jusqu\u2019au moment où elles disposent de suffisamment d\u2019informations pour être certaines d\u2019agir en connaissance de cause.» Il s\u2019agit pour elles de laisser un maximum de portes ouvertes, en toute situation, que ce soit avant un rendez-vous chez des amis ou avant de prendre un avion.« Je n\u2019ai aucun plaisir à prendre une décision, raconte Robert*, 46 ans.Si l\u2019on me propose cinq possibilités, je préfère en ajouter une plutôt que de choisir.Pour les départs en vacances, c\u2019est flagrant.Je mets des affaires dans ma valise, puis je change d\u2019avis.Même si je m\u2019y prends à l\u2019avance, je sais que je vais finir à l\u2019arrache.Au lieu d\u2019être de plus en plus ef ficace, c\u2019est le contraire.C\u2019est incontrôlable, la partie réfléchie de mon cerveau est bloquée.Le pire est d\u2019arriver en avance à l\u2019aéroport ! Je me dis : mince, j\u2019aurais pu faire un truc de plus ! » Le luxe de pouvoir décider Une heure de tombée stricte est donc difficilement gérable, que ce soit dans le privé ou le professionnel.« Lorsque c\u2019est envisageable, ces personnes cherchent à repousser le délai donné afin de rendre le meilleur travail possible, commente Annabelle Péclard.Si néanmoins le délai fixé ne peut pas être dif féré, alors elles persistent à travailler de manière non structurée, faisant tout à la dernière minute.Cette tendance peut encore être accentuée selon d\u2019autres traits de personnalité.» La notion de liberté, par exemple, fait par tie du « problème » de Robert.« C\u2019est agréable de se dire qu\u2019on se fout du temps et c\u2019est un luxe de pouvoir décider de se mettre en retard», avoue celui qui, paradoxalement, collectionne les montres\u2026 Toujours selon la psychologue, le fait de se rendre conscience de son propre fonctionnement permet de comprendre et de déculpabiliser.Mais il est très difficile de contrer ce problème.Généralement, les tentatives de changement portent leurs fruits quelque temps, puis le naturel revient au galop.Une bonne idée Philippe*, 62 ans, a réussi à inverser la vapeur voilà quelques années.« J\u2019arrivais au travail à n\u2019importe quelle heure, et en retard à tous mes rendez-vous.Évidemment, j\u2019avais sans arrêt des remarques.J\u2019ai changé en devenant père ! Tu ne peux pas faire attendre un enfant à la sortie de l\u2019école.Je me suis dit que, finalement, c\u2019était pareil pour les autres.C\u2019est une question de respect.Maintenant, je ne prends qu\u2019un rendez-vous au lieu d\u2019en coller un juste après.Ceux qui m\u2019ont connu par le passé sont sciés ! » La psychologue précise que certains caractères obsessionnels ont aussi cette fâcheuse tendance à se mettre en retard.Ces personnes veulent que tout soit parfait, et s\u2019attardent sur de petits détails.Mais comme il est impossible de tout contrôler, cela provoque des angoisses.Robert, lui, a récemment trouvé une bonne idée pour contourner son souci de non-ponctua- lité lors de soirées : «Apporter un dessert au lieu d\u2019une entrée.Sinon, quand j\u2019arrive deux heures après tout le monde, j\u2019ai l\u2019air malin avec mes amuse-gueules ! » * Prénoms d\u2019emprunt Le Temps Handicapés des horaires, retardataires perpétuels : ils ont un fonctionnement qui les met constamment dans l\u2019embarras.D\u2019où vient ce problème et peut-il être résolu ?C A M I L L E D E S T R A Z E ncore ce réveil qui sonne trop tôt.Personne n\u2019a pensé à racheter de café, les enfants ont laissé des miettes sur la table, le chien du voisin nous saoule en aboyant sous la fenêtre, les gens sur la route conduisent tous comme des pieds (sauf moi bien sûr), au boulot l\u2019ordinateur est toujours aussi lent, la semaine s\u2019annonce pourrie.«Ça m\u2019énerve», chantait Hel- mut Fritz à la fin des années 2000.Du lever au coucher, il y aurait des dizaines d\u2019occasions de râler.Et certains ne s\u2019en privent pas.Un cercle destructeur qui, en plus de plomber celui qui en est à l\u2019origine, contamine l\u2019entourage.Si le rouspéteur professionnel est assez vite repéré par ses lamentations, soupirs et grognements (pfff, rhoooo, raaaah\u2026), il est plus compliqué de comprendre les raisons de cette attitude, et de l\u2019aider à s\u2019en sortir.Oui oui, de l\u2019aider.Car même si l\u2019on aurait tendance à se dire «quel pénible celui-là, qu\u2019il aille ronchonner ailleurs», il y a moyen de casser cette négativité ambiante.« Le râleur est plutôt en colère, explique Pascale Roux, psychologue spécialiste en coaching.Au lieu d\u2019exprimer ce qu\u2019il voudrait, il va exprimer ce qui le fait souf frir.» Un conjoint qui formule des reproches à longueur de journée ?Un collègue qui peste à la moindre occasion ?Faites-lui remarquer que vous avez noté que quelque chose n\u2019allait pas pour lui, et deman- dez-lui sur quels points vous pouvez lui donner un coup de main.Encouragez-le à faire des demandes.Une démarche qui paraît toute bête, mais qui n\u2019est pas si facile à adopter.« Demander, c\u2019est accepter que l\u2019autre puisse dire non.Alors qu\u2019en faisant des reproches, la personne en face ne peut pas répondre.C\u2019est une forme de rapt», analyse Pascale Roux.Si tu m\u2019aimes, tu dois savoir de quoi j\u2019ai besoin! « Si je vois quelque chose qui ne me plaît pas, je rouspète, raconte Jacqueline*, qui pense avoir hérité de son père ce côté bougon.Mais c\u2019est vrai que je ne dis pas souvent ce que je veux.Le problème, c\u2019est que si je demande, je sais que mon mari va me répondre : \u201cSi tu n\u2019es pas contente, fais-le toi-même.\u201d » Jacqueline serait- elle tombée sur un os?On ne naît pas forcément râleur, on le devient.À travers l\u2019éducation, la culture, un environnement positif ou non.Mais selon la psychologue, ce fonctionnement vient de très loin.«Le bébé râle pour manger, pleure pour exprimer son inconfort, sa frustration.C\u2019est aux parents de déterminer ce qui ne va pas.Un raccourci se crée alors dans sa tête : s\u2019il râle, on lui apporte ce qu\u2019il veut.Certains adultes n\u2019ont pas fait la mise à jour de cette information\u2026» Ce qui, en couple, peut provoquer des situations dramatiques.Un homme qui aimerait que sa femme lui offre des fleurs de temps en temps (ou l\u2019inverse) traduira sa frustration par une phrase comme: «De toute façon, tu ne m\u2019aimes plus, je ne suis pas assez bien pour toi.» La conclusion catastrophique qui se forme dans son esprit étant : « Si tu m\u2019aimais vraiment, tu saurais de quoi j\u2019ai besoin pour me sentir aimé.» 21 jours pour créer une connexion neuronale C\u2019est souvent l\u2019entourage qui fait remarquer à un râleur son attitude infernale.Le râleur, lui, aura du mal à juger son comportement tout seul.Une fois que l\u2019on sait que l\u2019on fait partie du clan des rouspéteurs, il faut retrousser ses manches et se mettre au travail pour inverser la vapeur.Repérer la frustration qui monte, comprendre le besoin qui se cache derrière cet agacement, régler le problème soi-même et apprendre à faire des demandes, même si l\u2019on est peu habitué à ça.«On peut s\u2019entraîner à formuler, par exemple, cinq demandes par jour.Il y a une plasticité cérébrale qui permet de changer de comportement.» Il faut 21 jours pour créer une connexion neuronale.Que ce soit pour arrêter de râler, ou pour d\u2019autres fonctionnements simples, mais bien ancrés.L\u2019histoire ne dit pas si le chanteur Helmut Fritz a suivi les conseils des psys après avoir sorti son tube « Ça m\u2019énerve », mais il semble que plus personne ne l\u2019entend râler depuis quelques années\u2026 * Prénom d\u2019emprunt Le Temps Ils rouspètent à longueur de journée, pour tout et rien.Mais au fond, que cherchent-ils à communiquer ?Ces râleurs incompris.La frustration serait le moteur de tous ces grognons PEDRO RUIZ LE DEVOIR T out ça pour ça ! Plus de 40 ans après son inauguration, la Maison de Radio-Ca- nada, dans l\u2019est de Montréal, pourrait perdre son principal propriétaire qui envisage, a-t-on appris la semaine dernière, de déménager ses activités de diffusion et de production médiatique ailleurs dans la métropole.Une décision qui, si elle se concrétise, va poursuivre l\u2019écriture d\u2019un échec d\u2019urbanisme gênant nourri un demi-siècle plus tôt par de la petite politique, des mauvaises décisions guidées par le goût mesquin de nuire à l\u2019autre plutôt que l\u2019urgence de bien construire pour tous, et ce, au mépris d\u2019une population locale sacrifiée.Un passé pas très glorieux qu\u2019il n\u2019est jamais mauvais de revisiter, comme pour éviter de laisser son triste esprit se réapproprier le présent.C\u2019est un peu pour les 5000 expropriés du Faubourg à m\u2019lasse, territoire du quartier Sainte- Marie, sur lequel la tour a été érigée en 1973, qu\u2019il faut le faire.Pour Mme Kwolton, qui a perdu en 1963 sa maison et surtout son vaste jardin plein d\u2019arbres après 71 ans de vie dans ce quartier qu\u2019on appelait aussi le Faubourg Québec.Elle s\u2019en désolait, avec ce mélange de timidité et d\u2019abnégation qu\u2019affichent parfois les « petites gens» ne pouvant qu\u2019envisager de plier sans résistance face aux décisions venant de plus haut qu\u2019eux.C\u2019était au micro du journaliste de Radio- Canada Jean Ducharme dans les années 60.Pour Yvon Labbé et André Lajoie, de l\u2019Épicerie Côté, aussi, forcés la même année d\u2019aller se re- tricoter un tissu social ailleurs.Avec plusieurs décennies de recul : pour pas grand-chose.Ruiner pour bâtir C\u2019est qu\u2019à l\u2019époque, la localisation de Radio- Canada à cet endroit n\u2019a, malgré les apparences, rien à voir avec du développement urbain.Elle s\u2019inscrit surtout dans ces intrigues politiques sans grandes envergures dont le milieu du siècle dernier n\u2019a pas été avare avec, d\u2019un côté, Jean Drapeau, maire de Montréal, qui rêve de créer sa Cité des ondes à Montréal en installant les nouveaux bureaux de Radio- Canada à la place des taudis du Red Light de Montréal, entre Sanguinet et Saint-Dominique, Sainte-Catherine et Ontario, sur l\u2019emplacement actuel des Habitations Jeanne-Mance.De l\u2019autre, Maurice Duplessis, qui a l\u2019élu local dans le nez, va profiter de l\u2019arrivée de Sarto Fournier en 1957, un autre «monsieur mou», à la tête de Montréal pour pourrir l\u2019existence de Drapeau, miner son projet progressiste de Cité, et ce, dans le désintérêt de tous.C\u2019est la politique des ego, de l\u2019intimidation, du combat de coqs et de celui qui pisse le plus loin, avec ses conséquences délétères en héritage.L\u2019adoption en 1956 du plan du ministre des Finances de l\u2019Union nationale, Paul Dozois, sur l\u2019éradication des taudis à Montréal scelle le destin du terrain de la Cité des ondes, un an plus tard, en laissant un complexe d\u2019habitations sociales s\u2019emparer du terrain du centre-ville que Drapeau lui destinait.Effet domino : plus à l\u2019est, des résidences populaires de 678 familles du Faubourd Québec sont condamnées à la destruction pour faire place aux étages et au basilaire franchement brutalistes de la Maison de Radio-Canada, mais aussi à deux vastes terrains de stationnement où la tôle sur quatre roues a fait disparaître méthodiquement en 40 ans toute forme de vie dans un secteur de la ville qui n\u2019en manquait pourtant pas.Dégâts durables Tout cela relevait de considérations un peu trop personnelles.Et le bien commun doit encore aujourd\u2019hui en assumer les dégâts : les habitations Jeanne-Mance ont bloqué définitivement le développement naturel du centre-ville vers l\u2019est \u2014 ce que la Cité des ondes n\u2019aurait pas fait, en théorie \u2014, donnant au Montréal de l\u2019est de Saint-Denis, à ce niveau, ce caractère fragile, incer tain, oublié, pas très inspirant, qu\u2019on lui connaît encore aujourd\u2019hui.Sur le Faubourg à m\u2019lasse, à la place des 262 immeubles rasés, la tour n\u2019a, elle, jamais réussi à offrir un environnement de vie ou de travail à la hauteur d\u2019une Cité, de devenir le point de départ d\u2019un quartier neuf.Trop aseptisée au bé- ton, forçant les humains qui la fréquentent à alimenter les déplacements en voiture, au milieu d\u2019un nulle part qu\u2019elle a contribué à faire apparaître, elle incarne surtout aujourd\u2019hui ce grand vide urbain qui apparaît dans une ville, là où on laisse les élus faire n\u2019importe quoi, là où leurs règlements de comptes se substituent tragiquement à la vision.L\u2019annonce d\u2019un possible abandon de la tour par Radio-Canada a fait place, la semaine dernière, à ces voix appelant de manière récurrente à sa destruction, pour oublier ce triste pan de l\u2019histoire de Montréal, chose impossible puisque le bâtiment se trouve dans une aire protégée en plus d\u2019être considéré comme un immeuble à «valeur patrimoniale exceptionnelle».Une valeur qui réside d\u2019ailleurs un peu dans sa forme et sa structure, mais surtout dans ce qu\u2019ils ont fini par raconter sur l\u2019héritage, la politique rancunière pratiquée dans le noir, l\u2019indolence, les sacrifices inutiles, l\u2019arrogance, la vanité et qui mérite du coup de rester bien affichée dans la ville, pour ne pas être oublié.Sur Twitter : @FabienDeglise #CHRONIQUEFD La tour et la honte FABIEN DEGLISE Lundi prochain dans l\u2019Iowa s\u2019ouvre le long processus des caucus et des primaires qui débouchera en juin sur le choix des candidats démocrate et républicain à l\u2019élection présidentielle de novembre.Dans une course guettée par l\u2019ennui, aux antipodes du vacarme que fait Donald Trump, Hillary Clinton s\u2019est beaucoup investie dans l\u2019Iowa dans l\u2019espoir de disqualifier le plus tôt possible la candidature de Bernie Sanders, son principal et pour ainsi dire seul rival.Sauf que, tout à coup, l\u2019affaire n\u2019est plus tout à fait dans le sac\u2026 De l\u2019influence utile sur le parti de cet impénitent socialiste descendu du Vermont.Iowa, situé dans le Midwest, ne joue peut-être pas un rôle politique décisif, mais son importance est au moins symbolique en ce que le caucus électoral qui s\u2019y tiendra lundi prochain amorce le processus compliqué et populaire par lequel chacun des partis choisit un candidat à la présidence.Qui a intérêt à partir du mauvais pied?La semaine suivante auront lieu les primaires du New Hampshire, un autre petit État, doté celui-là d\u2019un électorat dont l\u2019indépendance d\u2019esprit est notoirement supérieure à la moyenne.Deux petits États autour desquels, donc, les commentateurs politiques de tout poil soulèveront assurément beaucoup de poussière de mots.L\u2019Iowa, lui, est muni d\u2019un électorat (deux millions de personnes) particulièrement polarisé : les conservateurs y sont très conservateurs ; et les « liberals » ont tendance à y être très libéraux.Pour ne pas dire carrément « socialistes », ce qui est singulier dans un pays où ce terme provoque des réactions négatives épidermiques chez une grande partie de l\u2019opinion publique.Avec le résultat que Trump l\u2019outsider s\u2019y fait chauffer par encore plus à droite que lui, le sénateur texan Ted Cruz, préféré des in?uents électeurs évangéliques, et que Bernie Sanders, gauchiste bon teint, talonne dans les sondages Mme Clinton, plutôt gauchiste de salon, aussi proche ?nale- ment de Wall Street que le sont les bonzes du Parti républicain.Arrêt sur image : à l\u2019échelle nationale, Mme Clinton mène toujours largement devant M.Sanders (52 % contre 37 %, selon un sondage de l\u2019Université Monmouth), encore que son avance a considérablement diminué dans toutes les catégories d\u2019électeurs, sauf parmi les Noirs et les Latinos.Ce qui explique que, suivant les sondages recoupés par The New York Times, M.Sanders fasse statistiquement aussi bonne ?gure en Iowa et au New Hampshire, deux États du nord des États-Unis dont les populations sont très majoritairement blanches.?Bernie Sanders contre Donald Trump à la présidentielle?Sait- on jamais.Qu\u2019il en soit ainsi et cela ne ferait au fond qu\u2019à nouveau éclairer la division par le milieu des voix de l\u2019électorat américain, une division souvent masquée par le système électoral alambiqué qu\u2019est celui des États-Unis.Reste qu\u2019il demeure pour l\u2019instant tout à fait chimérique que M.Sanders parvienne à décrocher l\u2019investiture démocrate, alors qu\u2019il devient apparemment possible, plus les jours passent, que M.Trump soit sacré l\u2019été prochain candidat républicain.À tel point d\u2019ailleurs que, selon un récent papier du Washington Post, l\u2019establishment du GOP se résignerait lentement mais sûrement à l\u2019idée \u2014 aussi démente qu\u2019elle puisse paraître \u2014 que la popularité de M.Trump fait de lui le républicain le mieux placé pour accéder à la Maison-Blanche.Si la vulgarité politique de M.Trump traduit, à faire peur, l\u2019état d\u2019esprit de l\u2019électorat républicain, l\u2019enthousiasme que suscite l\u2019appel de M.Sanders à la « révolution politique » montre d\u2019éloquente manière que le Parti démocrate y gagnerait à défendre de façon plus af?rmée un programme de gauche.À pourfendre l\u2019injustice économique, à dénoncer un système électoral « corrompu » et un Congrès « contrôlé par l\u2019argent » ; à défendre des positions progressistes en matière d\u2019immigration et de soins de santé, ce socialiste de la vieille école a le mérite de réussir à mobiliser la gauche et de lui donner de la crédibilité.Avant d\u2019être menotté par la majorité républicaine au Congrès, Barack Obama a bien déçu la gauche qui l\u2019a élu en 2008.Souhaitons que Mme Clinton ne perde pas de vue les forces qui l\u2019appuieront.Auquel cas M.Sanders aura rempli sa mission.Car c\u2019est à elle qu\u2019au final se rallieront les militants, par raisonnable pragmatisme.L E D E V O I R , L E L U N D I 2 5 J A N V I E R 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Les lamentations d\u2019un marchand d\u2019art Dans son édition du 20 janvier, Le Devoir nous annonçait la fermeture de la Galerie Donald Browne après dix ans d\u2019existence («Le Belgo perd un autre espace», Le Devoir du 20 janvier).La perte d\u2019un lieu de diffusion de l\u2019art contemporain est toujours une triste nouvelle.Mais il y a la manière dont M.Browne l\u2019a faite qui est encore plus déplorable, en accusant certains grands collectionneurs d\u2019avoir boudé sa galerie.Les collectionneurs achètent selon leur goût esthétique, et je pourrais également reprocher à certains d\u2019entre eux de ne pas porter attention à mes artistes ou de ne pas visiter L\u2019étau, conte pour notre temps J\u2019habite dans un étau, entre deux enclumes dont l\u2019une s\u2019appelle les Banques et l\u2019autre les Clergés.Ces deux enclumes m\u2019éduquent à leurs règles à coups de formules absconses, mathématiques et morales.Banques et Clergés ont en commun d\u2019avoir une très haute opinion de la valeur de leur propre ver tu, et je les entends souvent me répéter qu\u2019il est dans mon intérêt de me soumettre à leur code de bonne conduite.Cet étau a toujours existé et je voyais bien les enclumes à l\u2019horizon, mais pendant 30-40 ans, on élisait des politiciens qui s\u2019efforçaient de les tenir à distance.Mais depuis une quinzaine d\u2019années, on dirait que les politiciens manquent de tonus et ont baissé les bras, si bien que les Banques et les Clergés se sont rapprochés, m\u2019enserrant de plus près et me bouchant la vue.On me dira que je suis quand même chanceux de vivre dans un étau, car je pourrais, comme la moitié de l\u2019humanité, habiter une prison.Dans l\u2019étau, je peux encore jouir d\u2019une certaine mobilité.Je peux me tourner vers les ouvertures latérales pour respirer quand j\u2019étouffe et regarder un petit coin de ciel pour me reposer de la grisaille.Mais je me sens coincé quand même et je m\u2019ennuie du temps où les Banques et les Clergés restaient à distance et s\u2019occupaient de leurs petites affaires sans trop faire obstacle aux miennes.Il y avait plus de place pour les désirs, la spontanéité et les élans de liberté.On pouvait se laisser aller un peu plus facilement, le regard s\u2019ouvrait plus largement sur l\u2019horizon.Je voyais même le fleuve Saint-Laurent scintiller au soleil, je voyais sa nature et non pas son actuel statut de simple véhicule à pétrole.Je me payais même le luxe, avec des milliers d\u2019autres, de défendre la culture comme moteur de civilisation et je croyais au sourire, au talent, à la démocratie et au bien commun.Il y avait de la place pour tous et pour chacun et il flottait dans l\u2019air que je respirais une certaine idée de liberté tranquille, idée qui paraît bien lointaine aujourd\u2019hui.Gilbert Turp Le 18 janvier 2016 La sympathie de Justin Trudeau est plurielle Justin Trudeau apprend de ses erreurs.Lors de la tuerie de Paris, il avait offert «nos sympathies et nos condoléances».Son entourage lui a probablement fait remarquer qu\u2019il n\u2019était pas nécessaire d\u2019utiliser les deux expressions.Malheureusement, il a retenu la mauvaise.Dans son communiqué diffusé à l\u2019occasion du décès de René Angélil, il offre ses « sympathies les plus sincères ».Justin Trudeau devrait pourtant savoir qu\u2019à des gens qui ont perdu des êtres chers on offre ses condoléances et non ses sympathies si, évidemment, on tient à s\u2019exprimer en français correct.On peut cependant assurer ces personnes de sa sympathie (au singulier).Louis Dion Le 15 janvier 2016 FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints NELLIE BRIÈRE, PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N L\u2019 ÉTATS-UNIS De l\u2019heureuse influence de Bernie J O C E L Y N C A R O N Auteur de La police au Québec : soumise au pouvoir politique ?(voir L\u2019État du Québec 2012, Boréal) D epuis quelques années, les Québécois se demandent si leurs services policiers sont soumis au pouvoir politique.Plusieurs épisodes où des enquêtes proches des élus auraient été avortées, mais aussi le fait que les politiciens provinciaux soient sortis quasi indemnes des travaux de la commission Charbonneau et des enquêtes de l\u2019UPAC laissent à penser qu\u2019il y a une complaisance des corps policiers à l\u2019endroit des élus.Le rapport de la commission Charbonneau critique d\u2019ailleurs directement le travail des policiers.Les événements des dernières semaines nous poussent à croire que les relations entre le pouvoir politique libéral et les corps policiers sont, au Québec, symbiotiques.Nous avons récemment appris que l\u2019ancien ministre libéral de la Sécurité publique Jacques Dupuis était devenu conseiller syndical auprès de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec (FPMQ).Dès que ses fonctions ont été connues du public, M.Dupuis a démissionné, soutenant que son mandat risquait de porter « préjudice » à sa « conjointe ».Cette dernière est\u2026 l\u2019attachée de presse de l\u2019actuel ministre Pierre Moreau.Tout cela d\u2019ailleurs sans compter que, depuis 2014, un ancien policier \u2013 Robert Poëti \u2014 siège au Conseil des ministres.Le Devoir révélait samedi que M.Moreau \u2014 avec l\u2019aval du premier ministre \u2014 menait depuis sa nomination intérimaire au mois de novembre une véritable opération de sabotage du nouveau Bureau des enquêtes indépendantes (BEI).Le ministre bloque sciemment depuis deux mois les nominations des enquêteurs qui n\u2019ont jamais travaillé au sein de la police.L\u2019équipe d\u2019enquêteurs est donc totalement composée d\u2019actuels et anciens membres des corps policiers.On voudrait détruire le BEI que l\u2019on ne s\u2019y prendrait pas autrement.Pourtant, le BEI \u2014 bien que honni des syndicats de policiers comme la FPMQ \u2014 constitue une avancée majeure qu\u2019il faut soutenir.Confiance ébranlée Le public québécois a, au fil des ans, été choqué de constater que lorsque des policiers en fonction commettaient des gestes présumé- ment répréhensibles, les enquêtes étaient confiées à d\u2019autres corps de polices.Des policiers enquêtaient sur d\u2019autres policiers.De manière non surprenante, il était très rare que des accusations soient portées : les policiers mis en cause, même dans des cas d\u2019homicides par balle, étaient blanchis.La confiance du public à l\u2019égard de la police a été, à juste titre, régulièrement mise à mal.Face à cette situation, l\u2019Assemblée nationale a décidé il y a trois ans de rejoindre le groupe des États s\u2019étant dotés d\u2019organismes visant à surveiller la police.Cette « police des polices » devait compter des civils en son sein, afin de mettre fin à la pratique de policiers qui enquêtent sur leurs camarades.Strict minimum On s\u2019en doute, la naissance du BEI n\u2019a pas été facile.Les corps policiers ont tout fait pour faire capoter le projet, en mettant notamment en cause la capacité des civils à mener des enquêtes.Malgré ces prévisibles réticences, l\u2019Assemblée nationale a réussi à le créer.Cependant, celui-ci a été conçu de manière à n\u2019avoir qu\u2019une indépendance minimale.Si la loi prévoit que le directeur du BEI doit n\u2019avoir jamais été un agent de la paix, elle précise que les nominations de l\u2019équipe d\u2019enquêteurs doivent favoriser « la parité entre les enquêteurs n\u2019ayant jamais été agents de la paix et ceux qui l\u2019ont déjà été ».Ainsi, la loi prévoit que l\u2019équipe du BEI devrait être à moitié composée d\u2019anciens policiers : voilà une bien étrange conception de l\u2019indépendance.Or, la présence de civils au sein des enquêtes concernant la police est une avancée qu\u2019il faut saluer.La fonction d\u2019un organe comme le BEI est double.Il s\u2019agit d\u2019abord de contrôler les seules organisations qui disposent de l\u2019usage de la force dans leur fonction.L\u2019État, par le truchement des corps policiers, possède le monopole de la « violence légitime » : toute forme de débordement doit donc être réprimée afin d\u2019éviter que la police puisse croire qu\u2019elle peut agir en toute impunité.Par son effectivité, le BEI participe donc à raf fermir la confiance que les citoyens ont dans leurs institutions policières.Ainsi, lorsque le ministre Moreau contourne la Loi sur la police afin de « paqueter » le BEI d\u2019anciens policiers, il mine son indépendance et le BEI risque de devenir une fumisterie.Qu\u2019il le veuille ou non, le ministre, par ses gestes, obéit à la volonté des corps policiers.Nous pouvons légitimement nous attendre à mieux d\u2019un expert en droit administratif qui devrait connaître sur le bout des doigts l\u2019importance des contrepoids institutionnels.Mentionnons au passage que la non-nomina- tion de personnes qui sont en processus de recrutement depuis le printemps dernier est indigne d\u2019un État qui cherche à attirer des gens de qualité dans le ser vice public.Dans ce contexte, il devient de plus en plus dif ficile pour le citoyen de ne pas penser que les élus libéraux et les corps policiers se grattent mutuellement le dos.Il y a donc lieu de parler de symbiose, au détriment total de l\u2019intérêt général.Le sabotage du BEI, fruit d\u2019une symbiose police-PLQ ?GUY TAILLEFER ma galerie.Mais je m\u2019en garde, car je comprends leur réticence et elle est réciproque: je ne partage pas leurs choix.C\u2019est ce qui fait la diversité et la vitalité d\u2019un milieu artistique.Le métier que nous avons embrassé est difficile, particulièrement dans un petit marché comme le nôtre.Et ce n\u2019est pas en jetant la pierre aux consommateurs d\u2019art contemporain que Donald Browne soutiendra le travail de ses collègues qui persistent à exposer nos artistes malgré l\u2019économie chancelante du pays.Eric Devlin, directeur d\u2019une galerie d\u2019art contemporain Le 21 janvier 2016 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 5 J A N V I E R 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).C ela fait 20 ans qu\u2019on en rêve : la Francophonie créera son système d\u2019indexation des articles scientifiques francophones \u2014 enfin ! Mieux : ce projet, financé par l \u2019Agence universitaire de la Francophonie (AUF), sera québécois.Il s\u2019agit d\u2019un partenariat avec Érudit, la plateforme québécoise de revues scientifiques en ligne, et l\u2019Observatoire des sciences et des technologies (OST) de l\u2019UQAM, spécialisé dans la bibliométrie.L\u2019indexation scientifique, cela consiste à décrire qui cite qui, quoi, comment et combien de fois.Cette pratique est devenue LE critère pour établir le salaire des professeurs, des chercheurs, les budgets des centres de recherche et des universités.Selon Vincent Larivière, directeur scientifique chez Érudit et directeur scientifique adjoint à l\u2019OST, les bibliothèques universitaires paient jusqu \u2019à 100 000 dollars par an pour s\u2019abonner à un ser vice d\u2019indexation comme Web of Science, propriété du groupe Thomson Reuters.Pour le « Classement de Shanghai », qui évalue plus de 500 universités dans le monde, 20 % de la note est attribuée au nombre d\u2019articles publiés dans Science ou Nature.L\u2019indexation provient du droit coutumier anglais, qui est fondé sur la jurisprudence.Dès le XIXe siècle, juges et avocats se sont organisés pour savoir exactement qui était cité par qui, et combien de fois.En 1945, l\u2019ingénieur Vannevar Bush, un des pionniers d\u2019Internet, s\u2019en inspire pour formuler le concept de « mémoire scientifique collective ».L\u2019idée frappe un jeune linguiste, Eugene Garfield.Il créera, dès 1955, l\u2019Institution pour l\u2019information scientifique avant de lancer, en 1964, l\u2019Index des citations en science couvrant 6500 publications.Garfield se révèle un brillant homme d\u2019affaires et l\u2019indexation devient vite une poule aux œufs d\u2019or.Fait peu connu: ce système se voulait multi- lingue, au départ, mais il a été rapidement dominé par l\u2019anglais.Il existe d\u2019autres systèmes rivaux.Le Néerlandais Scopus couvre 21 000 publications scientifiques ! SciELO balaie l\u2019ensemble de la sphère luso-hispanique.Les Russes ont monté leur propre système.Les Chinois en ont plusieurs.Les francophones sont les grands absents de cette sphère bibliométrique.Normalement, les Français auraient dû y parvenir, mais les gué- guerres de clocher et les chasses gardées ont miné leurs tentatives.Les Québécois à la tâche «Au Québec, toutes les conditions étaient réunies », explique Stéphane Grivelet, coordonnateur pôle francophonie universitaire et langue française à l\u2019AUF.« Depuis 20 ans, Érudit rassemble presque toutes les publications scientifiques.Et l\u2019OST a la maîtrise technique.Il n\u2019en coûtera que 100 000dollars et un an de travail pour monter le prototype.» « Actuellement, la meilleure indexation en français vient de Google Scholar, mais les résultats sont loin d\u2019être bons», dit Vincent Larivière, qui cite le cas de son propre mémoire de maîtrise dont les auteurs seraient, selon Google Scholar, « Vincent Larivière », « exigence partielle », et «de la matière en histoire» ! Cet exemple par l\u2019absurde résume les pièges d\u2019une mauvaise indexation.Alors que le robot de Google Scholar y va à la louche, le bon algorithme devrait tenir compte des formats de citation de chaque publication.Certains vont nommer le titre, avant les auteurs; d\u2019autres, le contraire.Dans certaines, l\u2019auteur principal d\u2019un texte apparaît en premier ; ailleurs, il vient en dernier.« Après le développement du prototype québécois, le vrai défi sera d\u2019étendre son adoption inter- nationalement », dit Tanja Niemann, directrice générale d\u2019Érudit.« Le fait d\u2019être passés par l\u2019AUF va nous aider à fédérer ce qui existe déjà.» Cette tentative francophone n\u2019arrive-t-elle pas 25 ans trop tard ?Les autres espaces linguistiques ont mis du temps à s\u2019organiser \u2014 et même à comprendre quelle partie se jouait \u2014 tandis que les anglophones installaient une indécrochable aura de prestige autour de leur langue.Vincent Larivière a mesuré des reculs sidérants dans l \u2019usage du français dans la recherche, même en sciences humaines où la langue est pourtant quasi indissociable du sujet.En France, il y a 35 ans, 70 % des articles scientifiques étaient écrits en français ; c\u2019est tombé à 20 %.(L\u2019allemand connaît exactement la même courbe.) Au Québec, le recul est moins brutal, parce qu\u2019on partait de plus loin.L\u2019anglais comptait pour 70 % des articles scientifiques en 1980 ; c\u2019est maintenant 90 %.Cela dit, il serait fou de ne pas essayer.Les Brésiliens, les Russes, les Chinois ont mis au point des systèmes qui fonctionnent et qui alimentent désormais les banques anglophones en contenu non anglophone.Et puis, la francophonie scientifique a encore des forces vives : publier n\u2019est que l\u2019aspect le plus visible de la science, qui comprend aussi la recherche proprement dite, la vulgarisation, l\u2019enseignement, les services rendus \u2014 des secteurs beaucoup plus fondamentaux où la langue française continue de peser.Le Québec se met à l\u2019index JEAN-BENOÎT NADEAU L O U I S E M A I L L O U X Féministe et militante laïque es crimes sexuels de masse dont des femmes européennes ont été victimes au Nouvel An soulèvent une question essentielle ; si ces femmes avaient été voilées, auraient-elles été agressées par ces hommes arabes ?Je pense que non.Ces événements scandaleux illustrent à quel point le voile islamique est bien plus qu\u2019un simple vêtement religieux ou culturel, comme le prétendent les militantes pro-voile, en ce qu\u2019il participe d\u2019une idéologie patriarcale et comporte une fonction sociale et politique que nous aurions tort d\u2019ignorer.Le voile fait de la femme un objet sexuel Cacher ses cheveux, son cou, ses oreilles, ses bras et ses jambes, c\u2019est reconnaître que la femme est un objet sexuel.C\u2019est s\u2019afficher ostensiblement comme une proie sexuelle au regard des hommes.C\u2019est se définir comme objet du désir des hommes, tout en transformant ceux-ci en de vulgaires prédateurs.C\u2019est reconnaître que le sexe n\u2019appartient qu\u2019aux hommes et que le désir sexuel ne se conjugue qu\u2019au masculin.C\u2019est témoigner publiquement de la négation de son propre désir dans ce qu\u2019il a de plus sauvage et de plus intime.C\u2019est consentir à son refoulement le plus violent, dont la version sublimée se drape dans la vertu, la respectabilité et la pudeur.Cacher ainsi son corps, c\u2019est accepter de n\u2019être définie que par le regard des hommes.C\u2019est se constituer en objet au lieu de se comporter en sujet libre et autonome.C\u2019est se poser comme l\u2019inessentiel, l\u2019accessoire, le factice en face de l \u2019essentiel masculin.Tout le contraire de la liberté.C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019une des grandes leçons du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir.C\u2019était en 1949\u2026 Le voile islamique est un formidable pied de nez à toutes ces femmes qui se sont battues pour la reconnaissance de leur désir et de leur sexualité.Il représente la triste et silencieuse liquidation de plusieurs décennies de luttes féministes qui ont permis aux femmes d\u2019aujourd\u2019hui d\u2019avoir droit au sexe.Le voile comme prolongement de l\u2019espace domestique La femme, c\u2019est le sexe, et le sexe, c\u2019est le désordre.Très tôt, l\u2019on apprend aux femmes que leur corps est une menace pour les hommes.Lorsque Khomeini prit le pouvoir en 1979 en Iran, il a d\u2019abord exigé que les femmes soient voilées sur les lieux de travail, puis quelques mois plus tard, i l a étendu l\u2019obligation du por t du voile à tout l\u2019espace public.Par le voile des femmes, Khomeini a chassé le sexe de l\u2019espace public et aseptisé le regard, minimisant ainsi les occasions de séduction.Ce voile islamique avait pour fonction principale de prolonger l\u2019espace domestique dans l\u2019espace public et de confiner le sexe au mariage et à la famille.Il devenait ainsi le rempart contre la dislocation de la famille et la dépravation des mœurs, le socle sur lequel se fondera la morale islamique.Encore aujourd\u2019hui dans nos démocraties occidentales, ce voile renvoie au sexe et à cette morale étriquée avec pour ambition de purifier l\u2019espace public de tout ce qui n\u2019est pas conforme à celle-ci.Pour ces femmes voilées que nous croisons dans la rue, liberté d\u2019étudier, oui, liber té de travailler, oui, mais liber té sexuelle, non.Le sujet est tabou, même dans l\u2019islam ; le Coran interdit aux femmes musulmanes d\u2019épouser un non-musulman sauf si l\u2019époux se convertit à l\u2019islam.Les codes de la famille marocain et algérien reprennent d\u2019ailleurs cet interdit.Sachant que l\u2019enfant aura la religion du père, on comprend mieux pourquoi les femmes ne doivent épouser que des musulmans.Cette limitation à leur liberté sexuelle et affective montre bien à quel point la sexualité des femmes demeure soumise aux exigences de la communauté pour être mise au ser vice de l\u2019Oumma.Le voile islamique n\u2019est qu\u2019un puissant révélateur de cette instrumentalisation de leur sexualité et d\u2019une morale patriarcale et an- tiféministe qui refuse aux femmes le droit individuel à disposer de leur propre corps.Contrairement à ce que prétendent les pro-voile, celui- ci n\u2019est pas un symbole d\u2019émancipation, mais bien un prodigieux symbole d\u2019aliénation.Exit le féminisme, on naît femme Par choix ou non, il n\u2019y a que les femmes qui portent le voile.Naturaliser les différences entre les sexes et essentialiser les identités sexuées ; voilà une des principales fonctions du voile islamique qui contribue à renforcer la thèse voulant que ce soit la nature qui détermine le destin des femmes.Parce que dans l\u2019islam comme dans toutes les autres religions, on naît femme.Du XVIIIe siècle jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, tout le féminisme s\u2019est bâti sur une contestation radicale de cette thèse voulant que la vie des femmes soit basée sur leur anatomie.C\u2019était d\u2019ailleurs la thèse centrale de Simone de Beauvoir dans Le deuxième sexe : « On ne naît pas femme, on le devient.» Le féminin est bien davantage une construction sociale qu\u2019un donné de la nature.Tout le contraire de ce qu\u2019affirment les religions, qui n\u2019ont jamais été un facteur d\u2019émancipation pour les femmes.Et le voile islamique nous fait reculer de quelques siècles.Cologne, et après?Quel rapport avec les événements de Cologne, me direz-vous ?Ces agressions nous donnent une indication sur la vision islamique de la sexualité et sur le sens du port du voile.Porter et défendre le voile, c\u2019est partager la même v is ion, la même idéologie que ces hommes arabes qui ont agressé des milliers de femmes non voilées.Le voile islamique n\u2019est que l\u2019autre face d\u2019une même médaille.Dans le but de mettre un terme à ces agressions, plusieurs pays européens ont mis sur pied des cours de relations hommes-femmes pour les migrants.Mais on ne peut pas éduquer ces hommes arabes d\u2019un côté et laisser des éducatrices musulmanes en garderie et des enseignantes musulmanes dans nos écoles publiques porter un symbole sexiste.Est-ce ainsi que l \u2019État québécois entend éduquer nos jeunes et protéger les droits des femmes ?On devrait également interdire le por t du voile pour les filles fréquentant l\u2019école publique.Protéger les mineures et envoyer un message clair sur l\u2019égalité des sexes.Cologne, et après ?Ces agressions nous donnent une indication sur la vision islamique de la sexualité M A R T I N E B .C Ô T É Montréal près les agressions en série de Cologne, nombre de chroniqueurs ont décrié la supposée absence des féministes.« Où sont les féministes ?», scandaient-ils.Elles sont là, mais elles sont fatiguées, les féministes.Fatiguées d\u2019être critiquées quand elles sont trop bruyantes ; et de l\u2019être aussi quand elles agissent sans chercher l\u2019attention médiatique.Fatiguées de se faire dire qu\u2019elles devraient absolument décrier l\u2019origine des agresseurs de Cologne ; mais de bien faire attention à ce qu\u2019elles vont dire sur Monsieur Aubut\u2026 Plusieurs féministes ont reçu les agressions de Cologne comme un uppercut au visage.Et on ne réagit pas à un uppercut comme à une gifle.Ça coupe le souffle.Les agressions de Cologne ont fait monter d\u2019un cran le niveau de la lutte.Nous savons que toute notre vie, au-dessus de nos têtes, plane la menace d\u2019une agression sexuelle, par un inconnu ou par un proche, alors que nous sommes seules.Mais voilà : nous faisons la découverte que nous pouvons désormais être victimes d\u2019agressions alors que nous sommes en groupe ; que des individus planifient de telles attaques contre les femmes dans une des rares situations où elles se sentent en sécurité, parce qu\u2019elles sont en groupe.Permettez qu\u2019on prenne le temps d\u2019encaisser la nouvelle.Le temps d\u2019être un peu tristes Nous devrons rehausser, encore une fois, notre système d\u2019alerte personnel.Cette maudite peur qui nous habite en permanence, qui se manifeste dans les rues sombres, les stationnements souterrains, va dorénavant se pointer même quand nous sommes en groupe.Non seulement nous sommes «agres- sables» pendant une grande partie de notre vie, mais nous le sommes maintenant dans un nombre de plus en plus grand d\u2019occasions.Permettez qu\u2019on prenne le temps d\u2019être un peu tristes.La réflexion qui s\u2019impose autour des agressions sexuelles, celles qui sont #nondénoncées, celles de Cologne, celles que commettent les hommes de pouvoir, celles qui se passent dans l\u2019intimité des chambres à coucher et les autres, se doit d\u2019être collective.Les hommes doivent participer à une réflexion commune sur les agressions et la culture du viol.Toutes les femmes qui s\u2019impliquent dans la lutte contre les agressions sexuelles n\u2019ont pas été agressées ; pourquoi les hommes, sous prétexte qu \u2019 ils ne sont pas tous des agresseurs, n\u2019en feraient-ils pas de même ?Comment ?Par exemple, en ne laissant pas passer les remarques sexistes d\u2019un ami, en ayant des discussions père-fils sur la notion de consentement, etc.Nous peinons à nous faire entendre des hommes qui réfutent la présence d\u2019une culture du viol ; les alliés masculins y parviendront peut-être, par de petits gestes quotidiens.AGRESSIONS SEXUELLES Où sont les hommes ?JOEL CARILLET / ISTOCK Dans une gare d\u2019Helsinki, en Finlande Cacher ainsi son corps, c\u2019est accepter de n\u2019être définie que par le regard des hommes; c\u2019est se constituer en objet au lieu de se comporter en sujet libre et autonome Les hommes doivent participer à une réflexion commune sur les agressions et la culture du viol A L L E D E V O I R , L E L U N D I 2 5 J A N V I E R 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Dodds, lui-même américain, croit qu\u2019il est tout naturel que Loto-Québec se tourne vers la politique des États-Unis, compte tenu de la fascination que celle-ci exerce au Canada.« Il y a cette perception dans l\u2019électorat québécois et canadien, parfois à tort à mon avis, que la politique américaine est plus intéressante que celle d\u2019ici.Et c\u2019est impossible de le nier, elle prend actuellement des allures de cirque avec la candidature de Donald Trump, qui est une célébrité et qui amène avec lui cet aspect \u201cspectacle\u201d.Ce sera très excitant pour les gens qui vont parier, probablement plus que pour certains sports », dit-il.« Je vais certainement y jouer.» De 1$ à 100$ par question Loto-Québec emboîte ainsi le pas à d\u2019autres sociétés de loteries et de jeux provinciales ou régionales, telles que Loto Atlantique et la BCLC, en Colombie-Britannique, qui ont toutes les deux mis sur pied, au cours des dernières années, des paris consacrés à la politique américaine ou étrangère.BCLC offre aussi la possibilité de parier sur le nom du prochain monarque britannique, celui de la future épouse du prince Harry, l\u2019identité de la prochaine rédactrice en chef du magazine Vogue et\u2026 l\u2019existence de vie extraterrestre.Sur le site Mise-o-jeu de Loto-Québec (ou chez un détaillant), les parieurs seront appelés à répondre à quatre questions visant à déterminer qui remportera les courses à l\u2019investiture des partis démocrate et républicain, le parti qui l\u2019emportera en novembre et le nom du nouveau président américain.Les parieurs pourront jouer de 1$ à 100$ par question, et l\u2019argent remporté variera en fonction de la «cote» rattachée à chacun des choix possibles.« Quelqu\u2019un qui miserait 100$ sur le Parti démocrate remporterait 155$ si la cote est de 1,55», dans l\u2019éventualité d\u2019une victoire démocrate, expose M.Lavoie.Le taux de retour varie entre 70% et 90%, selon la question.Plusieurs opérateurs privés offrent déjà ce genre de paris en ligne, bien que le site de Loto-Québec soit le seul site où il est « légal » pour les Québécois de jouer.Des paris épineux T itulaire de la Chaire de recherche sur l\u2019étude du jeu, la professeure Sylvia Kairouz rappelle que les paris politiques existent depuis plus d\u2019un siècle.Ceux-ci avaient même une certaine « utilité sociale », puisque la tendance observée dans le cadre de ces paris permettait de mesurer les préférences de l\u2019électorat, des décennies avant l\u2019apparition de sondages scientifiques.Les paris politiques ont depuis perdu cette «utilité», croit-elle.«Il faut aussi se demander si on est en train de récupérer un marché qui existe déjà auprès de ces opérateurs privés, ou si on n\u2019est pas plutôt en train de créer une nouvelle offre, afin d\u2019inciter la population à jouer, à parier plus.Plus on va s\u2019approcher des élections, plus les gens vont la suivre, s\u2019y intéresser», note l\u2019experte.Bien qu\u2019elle instrumentalise un acte démocratique pour en faire l\u2019objet d\u2019un jeu, cette première immixtion du côté du pari politique présente toutefois l\u2019avantage de ne pas toucher directement à la démocratie canadienne, juge Mme Kairouz.Loto-Québec se dit d\u2019ailleurs bien consciente de cet aspect épineux.«On n\u2019exclut pas de [lancer un pari sur la politique fédérale canadienne] un jour, mais évidemment, on est ici dans un contexte où la politique américaine ne nous concerne pas directement [\u2026] Si on était en politique canadienne ou même québécoise, comme société d\u2019État, ça deviendrait délicat.Nous n\u2019avons pas l\u2019intention de nous embarquer là-dedans pour l\u2019instant.» «Tous nos parieurs ne sont évidemment pas des amateurs de galas de remise de prix ou encore de politique américaine, mais nous offrons ce type de questions parce qu\u2019elles savent plaire à une clientèle précise», conclut M.Lavoie.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PARI des espaces de socialisation, et qui, en stimulant le partage et la réaction instantanée pour définir avec plus de précision le profil d\u2019un consommateur, ses intérêts et sa communauté, « favorisent l\u2019invective, la confrontation, les échanges fondés sur l\u2019émotion plus que sur la raison ».« Ce n\u2019est pas représentatif de ce que pensent vraiment les citoyens, parce que c\u2019est une communication uniquement dans l\u2019émotionnel induite par des gens qui réagissent à chaud.Ça donne un biais à la réflexion», ajoute Armel Le Coz, qui a lancé l\u2019an dernier Territoires hautement citoyens, un projet appelant à une « transition démocratique», dit-il, en « inversant la pyramide de pouvoir dans les collectivités locales », afin d\u2019y faire plus de place au citoyen.Normaliser l\u2019exception «La démocratie représentative est arrivée au bout de son modèle, résume le trentenaire qui a étudié le design à l\u2019Université de Montréal en 2007, avant de repartir en France lancer son collectif, auquel participent plusieurs organismes de la francophonie, dont quelques-uns du Québec.Dans l\u2019intérêt général, nous devons faire muter cette démocratie vers un État plus ouvert et plus participatif, avec plus de collaboration entre le peuple et ses représentants.Et pour cela, il faut former le citoyen pour que cet engagement ne soit plus une exception, le fait d\u2019une poignée de conscientisés, mais devienne une norme, une règle fondamentale.» Les univers numériques peuvent y contribuer, mais en partie, estime M.Le Coz.Comment?Avec l\u2019ouverture d\u2019espaces favorisant la co- écriture par les internautes de projets de loi, comme le propose actuellement le site Parlement et citoyens en France.Élus et citoyens s\u2019y retrouvent dans un processus de «mobilisation de l\u2019intelligence collective de manière ouverte » pour légiférer sur la « reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages» ou pour réfléchir ensemble sur «comment rendre la prison utile?».Entre autres sujets.Ailleurs, c\u2019est laprimaire.org qui propose, lui, l\u2019organisation de primaires ouvertes afin de faire émerger des candidats, à la tête de partis politiques, issus de mouvements citoyens plutôt que des grenouillages à l\u2019intérieur de ces mêmes par tis.« Cela répond à un besoin des électeurs qui ne veulent plus se prononcer sur l\u2019intérêt commun une fois tous les cinq ans et se plaindre le reste du temps», dit M.Le Coz.Entre 2014 et 2015, il a d\u2019ailleurs sillonné les routes de France pour partir à leur rencontre, mais également visiter les villes où la démocratie participative est désormais une composante du vivre-ensemble.«Le citoyen a été formé pour être un consommateur, y compris face à la politique, et ce rôle, qui rend la démocratie dysfonc- tionnelle aujourd\u2019hui, il ne le veut plus.Il veut avoir son mot à dire», et commence à réclamer de pouvoir le faire, loin des coups de sang habituels du Web 2.0, avec retenue et intelligence, à condition qu\u2019on lui offre les espaces qu\u2019il faut pour le faire.Zéro troll « Sur Parlement et citoyens, on a des milliers de contributions, et zéro troll [ces internautes souvent aigris qui pourrissent le débat public avec leurs attaques de messagers plutôt que des discussions sur le message], dit M.Le Coz.Quand l\u2019espace de discussion est imaginé pour favoriser la collaboration, l\u2019invective n\u2019apparaît pas.Il y a plus de rationalité, moins de biais.» Il ajoute : « Il faut favoriser ces espaces d\u2019autoorga- nisation, de cocréation tournés vers le bien collectif et l\u2019intérêt commun pour qu\u2019au final la démocratie en sorte gagnante.» Là où la démocratie représentative place le citoyen en attente d\u2019une décision, après un choix de candidat s\u2019apparentant de plus en plus, en raison du marketing politique, au choix d\u2019une saveur de pizza au rayon des surgelés, croit-il, la démocratie participative convoque aujourd\u2019hui des changements induits par les citoyens eux-mêmes, dans une sorte de renaissance de la démocratique sur le point de nous faire sortir du Moyen Âge démocratique dans lequel nous serions en train de nous enliser, estime Armel Le Coz.«Et ce sont les Lumières du numérique qui vont permettre cette transition», conclut-il avec conviction.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 NUMÉRIQUE L\u2019attribution de cette «aide financière» vise à « soutenir des mesures en ef ficacité énergétique dans plusieurs entreprises de la région », y pré- cise-t-on.« L\u2019ef ficacité énergétique constitue un moyen à privilégier pour favoriser le développement durable de notre économie.On constate que les entreprises québécoises sont de plus en plus soucieuses de faire de bons choix, soit des choix environnementaux responsables.C\u2019est pourquoi notre gouvernement continuera d\u2019affirmer son leadership en offrant aux gens d\u2019affaires le soutien nécessaire à la mise en place de mesures d\u2019ef ficacité énergétique permettant la réduction des gaz à effet de serre», y affirme d\u2019ailleurs le ministre Arcand.Le programme ÉcoPerformance, géré par le ministère de Pierre Arcand, a trois objectifs précis, dont la réduction des émissions de gaz à ef fet de serre (GES) et la réduction de « la consommation de combustibles fossiles ».L\u2019enveloppe réservée par le gouvernement sert notamment à répondre à des demandes de financement présentées par des entreprises pour des projets ou des mesures « liés à la consommation et à la production d\u2019énergie, de même qu\u2019à l\u2019amélioration des procédés ».Des milliards de revenus C\u2019est donc en vertu des lignes directrices de ce programme financé dans le cadre du Plan d\u2019action 2013-2020 sur les changements climatiques que Suncor a obtenu 1,7 million de dollars de fonds publics.Le communiqué ne précise pas à quoi doit servir cette subvention à la pétrolière, qui détient au Québec la raffinerie de l\u2019île de Montréal et le réseau de stations-service Pétro-Canada.Chose certaine, le gouvernement de Philippe Couillard se trouve à financer un important exploitant des sables bitumineux albertains.Selon les résultats de Suncor pour le troisième trimestre de 2015, l\u2019entreprise a produit chaque jour 430 300 barils de ce pétrole, soit environ 36 millions de barils sur trois mois.Si l\u2019on ajoute à cela les autres sites d\u2019extraction de la multinationale des énergies fossiles, le total quotidien s\u2019élève à 566 100 barils.Selon le président et chef de la direction de Suncor, Steve Williams, il s\u2019agissait d\u2019un « excellent trimestre», au cours duquel les revenus d\u2019exploitation ont atteint 1,9 milliard de dollars.Plus globalement, selon le classement « Global 500 » des plus grandes entreprises de la planète publié en 2015 par le magazine Forbes, Suncor se classait en 317e position, avec des revenus de 36,6 milliards de dollars.Énergie Est La pétrolière albertaine vise d\u2019ailleurs la croissance.Elle participe ainsi au développement de projets d\u2019exploitation des sables bitumineux, dont le projet Fort Hills, évalué à 13,5 milliards de dollars.Ce site pourrait produire plus de trois milliards de barils au cours des prochaines décennies.Suncor s\u2019est également entendue récemment avec un autre important exploitant des sables bitumineux, Canadian Oil Sands, dans le cadre d\u2019une offre de prise de contrôle évaluée à 6,6 milliards de dollars.Steve Williams, qui est inscrit comme lob- byiste au registre québécois, a par ailleurs fait la promotion du projet de pipeline Énergie Est.Il faut dire que ce pipeline pourrait permettre d\u2019approvisionner en partie la raffinerie mont- réalaise de Suncor, où des investissements ont été annoncés en 2013 dans le but de permettre le raffinage du pétrole de l\u2019Ouest.Fait à noter, cette portion secondaire du pipeline de Trans- Canada devra impérativement traverser le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal, qui s\u2019oppose catégoriquement au projet.Les 18 lobbyistes de Suncor inscrits au registre ont aussi un mandat lié à la promotion du projet d\u2019inversion du flux de pétrole du pipeline 9B d\u2019Enbridge, qui est déjà en vigueur.Ce pipeline alimente la raf finerie de Montréal.C\u2019est aussi Suncor qui a mis en avant le projet de transport par train de pétrole brut jusqu\u2019aux installations portuaires Kildair, à Sorel-Tracy, dans le but de l\u2019exporter par bateaux.Ce n\u2019est pas la première fois que le gouvernement Couillard finance une entreprise liée à l\u2019expansion de l\u2019industrie des énergies fossiles, dans le cadre du programme ÉcoPerformance.En juillet 2015, Québec avait accordé une subvention de près de 350 000 $ à l\u2019entreprise Ca- nadoil Forge, qui fabrique des portions de pipelines pour TransCanada et dont les dirigeants font la promotion du projet Énergie Est.Une autre subvention de 2,2 millions de dollars a été offerte à Alcoa, troisième producteur d\u2019aluminium de la planète, pour son usine de Deschambault.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SUNCOR Armel Le Coz en cinq dates : 1985 Naissance à Dourdan, en France 2007 Étudie le design à l\u2019Université de Montréal 2012 Lancement du collectif Démocratie ouverte 2013 Début d\u2019un tour de France des villes ouvertes 2015 Lancement de Territoires hautement citoyens «Quand l\u2019espace de discussion est imaginé pour favoriser la collaboration, l\u2019invective n\u2019apparaît pas» JEFF MCINTOSH LA PRESE CANADIENNE Les installations de Suncor près de Fort McMurray, en Alberta ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR 1,9 milliard Revenus d\u2019exploitation de Suncor au troisième trimestre de 2015 "]
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