Le devoir, 9 février 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 2 6 L E D E V O I R , L E M A R D I 9 F É V R I E R 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le Monde \u203a Primaires du New Hampshire.Test crucial dans l\u2019État qui défait les candidats à la présidentielle.Page B 7 Actualités \u203a 3,5 millions pour accélérer les départs à la Commission scolaire de Montréal.Page A 2 Avis légaux.A 6 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Desjardins Monique Leroux plaide pour un Québec riche et novateur Page B 1 Le Canada retire ses avions de Syrie\u2026 mais gon?e ses troupes au sol Page A 5 DARREN CALABRESE LA PRESSE CANADIENNE Les libéraux de Justin Trudeau écrasent leurs rivaux et relèguent le Nouveau Parti démocratique dans l\u2019ombre.R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec L es employés du fabricant Vêtements Peerless, de Montréal, n\u2019ont plus de service de francisation dans leur milieu de travail.Les cours de français qui leur étaient offerts depuis 20 ans ont été supprimés cette année faute de fonds.Et ce n\u2019est qu\u2019une des dizaines d\u2019entreprises touchées par les récentes coupes dans la francisation en entreprise.En 2014-2015, une cinquantaine d\u2019employés, répartis en quatre groupes, suivaient des cours de français à raison de deux heures par jour, deux fois par semaine, après leur journée de travail, a indiqué Mario Ayala, un employé de Peerless et directeur de la division vêtements des Teamsters (FTQ).Arrivé en 1987 du Salvador, Mario Ayala, qui est responsable de la francisation chez Peerless, a appris le français grâce à des cours donnés dans cette entreprise pour laquelle il travaille depuis près de 30 ans.Peerless compte quelque 800 salariés syndiqués qui sont, pour la plupart, des immigrants allophones.Les deux tiers sont des femmes.«Les gens sont très intéressés à apprendre le français», a fait valoir Mario Ayala.Il en veut pour preuve la liste d\u2019attente qui comptait 90 noms quand les cours furent abolis.Les fleurs avant le pot Quelques mois avant que le couperet ne tombe en septembre dernier, le ministère de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion (MIDI) avait décerné à Mario Ayala le Mérite en francisation des personnes immigrantes.Deux travailleuses de chez Peerless, Phi My Hien Bo, d\u2019origine vietnamienne, et Joconda Guevara, d\u2019origine nicaraguayenne, se sont dites très déçues de la suppression des cours qu\u2019elles FRANCISATION EN ENTREPRISE Québec ampute son aide de moitié G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É C\u2019 est une lune de miel qui dure depuis quatre lunes\u2026 Quelque 100 jours après l\u2019entrée en fonction du gouvernement Trudeau, les libéraux et le premier ministre profitent d\u2019un niveau d\u2019appuis exceptionnel au Canada \u2014 y compris au Québec \u2014, révèle un sondage Léger.Et le NPD paie cher le prix de cette popularité.Le coup de sonde pancanadien réalisé pour Le Devoir, Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec indique que, si des élections avaient eu lieu entre le 1er et le 4 février, le Parti libéral du Canada (PLC) aurait obtenu 49 % des intentions de vote, très loin devant le Parti conservateur (27 %), dirigé par Rona Ambrose.Le Nouveau Parti démocratique (NPD) se trouve quant à lui relégué à une forme de SONDAGE LÉGER-LE DEVOIR-LE JDEM Le Canada n\u2019en a que pour Trudeau VOIR PAGE A 10 : LANGUE VOIR PAGE A 10 : SONDAGE C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris C\u2019 est un peu comme si Montréal organisait un vaste concours d\u2019architecture.La métropole inviterait les meilleurs architectes du monde à réfléchir à la façon de rénover nos vieux silos à grains, une station- service abandonnée rue Saint-Denis, une usine désaf fectée sur Saint-Laurent ou la bibliothèque Saint-Sulpice.Voilà à peu de chose près le luxe que vient de se payer la Ville lumière.Cette semaine, la mairesse de la capitale, Anne Hidalgo, était rayonnante.L\u2019initiative était « un peu folle », reconnaissait-elle en dévoilant les lauréats des 22 projets architecturaux sélectionnés qui verront le jour à l\u2019horizon de 2020.Le projet associant architectes, urbanistes et promoteurs est sans précédent par sa nature et surtout par son ampleur.Soucieuse d\u2019en faire une réalisation emblématique de son mandat, peu après son élection en 2014, Anne Hidalgo avait invité les architectes du monde entier à Quand Paris se réinvente 800 architectes du monde entier dessinent la capitale de demain DGT ARCHITECTS L\u2019ancienne gare Masséna, dans le 13e arrondissement.Le projet Réalimenter Masséna, L\u2019Alimentation de la fourche à la fourchette se veut un lieu consacré à l\u2019agriculture urbaine, l\u2019alimentation, la recherche et l\u2019art.VOIR PAGE A 10 : PARIS L E D E V O I R , L E M A R D I 9 F É V R I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 INSCRIVEZ-VOUS \u2022 WWW.CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 Thèmes abordés : Secrétaire générale, Organisation de l\u2019aviation civile internationale (OACI) Mardi 16 février 2016 De midi à 14 h Marriott Château Champlain 1050 Rue de la Gauchetière Ouest La croissance de l\u2019aviation et le développement économique durable au 21e siècle P H I L I P P E O R F A L I L a Commission scolaire de Montréal (CSDM) n\u2019a pas fini de voir ses rangs se vider en raison des compressions budgétaires.En plein redressement financier, l\u2019organisme vient de recevoir 3,5 millions de dollars du gouvernement du Québec afin d\u2019accélérer le départ à la retraite de dizaines d\u2019employés, a appris Le Devoir.Les départs volontaires s\u2019annoncent à nouveau nombreux cette année à la CSDM, grâce à une nouvelle injection de fonds de la part du gouvernement Couillard.En quête de «mesures d\u2019optimisation», la plus importante administration scolaire du Québec s\u2019apprête à faire des offres alléchantes à des dizaines d\u2019employés pour accélérer leur départ à la retraite.«Ça s\u2019adresse aux cadres, ça s\u2019adresse aux professionnels.Ça nous donne une marge de ma- nœuvre, à partir du printemps, afin d\u2019aller de l\u2019avant avec des départs qu\u2019on appelle \u201cassistés\u201d», a confirmé la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, en entrevue.Depuis la reprise des classes en janvier, chaque service du quartier général est à pied d\u2019œuvre afin d\u2019évaluer ses besoins et les moyens d\u2019optimisation possibles.«Chaque département regarde son travail actuellement, et cherche à voir ce qu\u2019ils peuvent retirer, par exemple s\u2019il y a des dédoublements avec d\u2019autres départements.On essaie ensuite de déterminer de combien de personnes on a besoin pour offrir ce service, et éventuellement on détermine s\u2019il y a des gens à qui on peut dire au revoir», résume Mme Harel Bourdon.Le budget annuel de la CSDM s\u2019élève à près de 1 milliard de dollars.De cette somme, pas moins de 78 % sont consacrés aux salaires ou aux avantages sociaux, une proportion importante, même pour un organisme de cette taille.Elle compte en outre 16 000 employés, dont un peu plus de la moitié sont des enseignants.Mme Harel Bourdon af firme qu\u2019il est trop tôt pour savoir combien d\u2019employés seront admissibles à ces offres de retraite anticipée ou indemnités pour dépar t volontaire.« Les ressources humaines rencontrent les dif férentes associations [de cadres] et les syndicats, le personnel fait valoir ses demandes.» Les départs dits « assistés » ne sont pas la seule mesure d\u2019optimisation à laquelle Québec donne son feu vert \u2014 et son coup de pouce \u2014 à la CSDM.L\u2019organisme pourra par exemple achever la privatisation de son transport d\u2019élèves par autobus avec le départ de la poignée de chauffeurs qu\u2019il lui restait encore, une mesure qui coûtera 180 000$ au Trésor québécois.Une somme de 700 000 $ servira à « rehausser les pratiques d\u2019entretien ménager », notamment en permettant les achats groupés de produits d\u2019entretien et la réorganisation de certaines tâches.Enfin, Québec accorde un demi-million de dollars à la CSDM pour la poursuite de la mise en œuvre du plan de redressement proposé par la firme Raymond Chabot Grant Thornton dans le rapport dévastateur qu\u2019elle avait remis au gouvernement Couillard sur l\u2019organisation interne de la CSDM.Cette enveloppe permettra aussi de financer le bureau de projet chargé de la transformation organisationnelle de l\u2019organisme.«Ça signifie que tout le travail qu\u2019on fait pour améliorer nos pratiques et notre fonctionnement, c\u2019est couver t » par les fonds de Québec, dit Mme Harel Bourdon.« Ces investissements ne représentent donc pas de l\u2019argent en moins» pour les services aux élèves.Président du Syndicat des professionnelles et des professionnels du milieu de l\u2019éducation de Montréal (SPPMEM), Michel Mayrand, croit que ces départs à la retraite, bien que déplorables, sont inévitables.« Sachant que des postes peuvent être abolis cette année comme ce fut le cas l\u2019an dernier et la précédente, on pense que ça permet de maintenir en poste des plus jeunes, des gens qui commencent et qui représentent l\u2019avenir de la CSDM.C\u2019est un bon arrangement, même si ce sont des mesures extrêmes.» L\u2019an dernier, une dizaine de membres du SPPMEM ont pu bénéficier du programme, sur près de 70 postes abolis.Le Devoir 3,5 millions pour accélérer les départs à la CSDM Québec consacrera des millions de dollars pour encourager des employés à quitter le navire Alors qu\u2019elle dispose de l\u2019un des parcs immobiliers les plus vétustes de la province toutes catégories confondues, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) peine à procéder aux rénovations qui s\u2019imposent, d\u2019autant plus que le gouvernement Couillard lui a arraché 20 millions de dollars autrefois destinés à cette fin, l\u2019été dernier.Il s\u2019agirait d\u2019une réduction de 37 millions de dollars pour l\u2019ensemble du Québec, a confirmé le gouvernement lundi.Cela représenterait une diminution de près de 30% du budget de résorption du déficit de maintien d\u2019actif d\u2019immobiliers, selon Radio-Canada.Cette enveloppe doit servir à rattraper le retard accumulé au fil des années dans l\u2019entretien et la rénovation des écoles.Actuellement, le déficit d\u2019entretien cumulé des écoles de la CSDM s\u2019élève à environ 1,1 milliard, près de 80% des établissements de la commission scolaire obtenant un «E», soit la pire note possible en matière de vétusté d\u2019édifice public.Pas moins de 95% des quelque 200 écoles de la CSDM sont dans un état jugé insatisfaisant selon l\u2019échelle du gouvernement québécois.La CSDM touche 18% du budget d\u2019environ 500 millions consacré à la lutte contre la vétusté des écoles du Québec.Cette proportion est appelée à croître, avait affirmé l\u2019ex-mi- nistre de l\u2019Éducation François Blais, lors de son unique visite dans une école de la métropole, à la mi-janvier.37 millions de moins pour rénover les écoles ?A L E X A N D R E S H I E L D S À l\u2019instar du gouvernement de la Colombie-Britannique, la Ville de Vancouver a décidé de s\u2019opposer fermement au projet de pipeline d\u2019exportation Trans Mountain, qui doit permettre de transporter du pétrole albertain vers la côte ouest.Un geste qui n\u2019a pas provoqué de tollé contrairement au refus d\u2019Énergie Est par les 82 municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).Au terme d\u2019une évaluation de deux ans du projet d\u2019expansion du transpor t de pétrole br ut de la pétrolière Kinder Morgan, Vancouver a demandé vendredi dernier à l\u2019Of fice national de l\u2019énergie (ONE) « de ne pas recommander l\u2019approbation » du projet au gouvernement Trudeau.Le projet Trans Mountain prévoit la construction d\u2019un pipeline qui permettrait de faire passer la capacité quotidienne de transport de pétrole alber- tain de 300000 à 890000 barils.Ce projet est donc moins ambitieux que le projet Énergie Est, de TransCanada.Il est aussi moins long, puisque le pipeline aurait une longueur d\u2019environ 1000 kilomètres, contre 4600 kilomètres pour Énergie Est.Arguments similaires Fait à noter, plusieurs des arguments évoqués par la grande ville de la côte ouest canadienne rejoignent ceux soulevés par la Communauté métropolitaine de Montréal.Le plaidoyer livré devant les commissaires de l\u2019ONE fait ainsi état des « risques » liés à un déversement de pétrole des sables bitumineux pour les cours d\u2019eau traversés par le futur pipeline.Ce projet signifierait également une augmentation significative du trafic de pétroliers dans le secteur de Vancouver.La Ville insiste d\u2019ailleurs sur les risques qui seraient assumés par les autorités municipales et les citoyens en cas de déversement, faisant valoir que les retombées économiques ne font pas le poids face à ces risques.Selon ce qu\u2019a également souligné l\u2019avocat représentant Vancouver lors des plaidoiries finales devant l\u2019Office national de l\u2019énergie, John Hunter, Kinder Morgan n\u2019a pas suffisamment collaboré avec la Ville, en plus de ne pas la rassurer quant aux risques environnementaux de son projet.Un aspect soulevé également par le président de la CMM, Denis Coderre, qui a carrément accusé TransCanada d\u2019être « arrogante » dans sa gestion du projet Énergie Est.La pétrolière n\u2019a pas participé aux audiences de la CMM.Aucun tollé Toujours à l \u2019 instar de la CMM, Vancouver a avancé la nécessité de tenir compte de la lutte contre les bouleversements climatiques.Dans ce contexte, elle estime que « les niveaux de production des sables bitumineux vont bientôt plafonner, pour ensuite décliner ».La Ville en conclut qu\u2019il n\u2019est donc pas nécessaire d\u2019accroître la capacité de transport par pipeline.Vancouver a enfin souligné les résultats d\u2019un sondage mené auprès de 5000 personnes et qui indique que 80% des répondants s\u2019opposent au projet de Kinder Morgan.Un tel sondage a été mené par la CMM à l\u2019automne 2015.Quelque 94% des 4000 répondants ont rejeté le projet.Cette prise de position de Vancouver n\u2019a pas provoqué de levée de boucliers des par tisans des sables bitumineux, contrairement au flot de crit iques adressées à Montréal et au Québec dans la foulée du refus d\u2019Énergie Est par la CMM.Le refus du projet de Kinder Morgan par la Colombie-Britannique, il y a quelques semaines, n\u2019a pas non plus provoqué de tollé.« Il est difficile de ne pas voir là une logique de \u201cdeux poids deux mesures\u201d , souligne le porte-parole d\u2019Équiterre, Steven Guilbeault.Les constats sont pour tant similaires à bien des égards.Qui plus est, la Colombie-Britannique a dit non à deux projets de pipelines.» Le Devoir Vancouver dit non à un projet de pipeline moins ambitieux qu\u2019Énergie Est Ce refus de la métropole de la Colombie-Britannique n\u2019a soulevé aucun tollé JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE Le projet Trans Mountain prévoit la construction d\u2019un pipeline qui permettrait de faire passer la capacité quotidienne de transport de pétrole albertain de 300000 à 890000 barils.Le porte-parole d\u2019Équiterre, Steven Guilbeault, estime qu\u2019il est faux de présenter le pipeline Énergie Est comme une solution de remplacement au transport de pétrole par train.L\u2019argument, mis en avant par les partisans du projet, qui évoquent parfois la tragédie de Lac-Mégantic pour souligner les risques des wagons-citernes, ne serait tout simplement pas valable.« La réalité, c\u2019est que malgré l\u2019augmentation du transport de pétrole par train, le rail ne peut transporter qu\u2019une fraction de ce qui est transporté par pipeline », affirme M.Guilbeault.Le pipeline de TransCanada est donc, selon lui, essentiellement conçu dans le but de faciliter la croissance de la production des sables bitumineux.Pour « remplacer » Énergie Est, il faudrait faire circuler chaque jour pas moins de 1570 wagons de pétrole vers le Nouveau-Brunswick, sur le réseau ferroviaire du Québec.Une telle hypothèse est techniquement impossible.D\u2019autant plus qu\u2019il faudrait aussi ramener chaque jour autant de wagons vers l\u2019Alberta.Le train ou le pipeline ? L E D E V O I R , L E M A R D I 9 F É V R I E R 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 C e devait être le printemps, puis l\u2019automne, mais la saison « chaude » pour le gouvernement Couillard n\u2019est jamais venue.Les conséquences de l\u2019austérité ont beau se faire sentir de plus en plus concrètement, les sondages laissent présager un hiver tout aussi clément, comme si le courant El Niño influençait aussi l\u2019opinion publique.Les dossiers controversés ne manquent pas : vente de Rona, Uber, registre des armes à feu, exploitation des hydrocarbures, prostitution juvénile, réforme de la gouvernance scolaire, politique d\u2019immigration\u2026 Le tout sur fond de croissance économique poussive, apparemment imperméable à l\u2019effet magique que devait avoir le retour au pouvoir des libéraux.C\u2019est pourtant moins le premier ministre que le chef de l\u2019opposition officielle qui se retrouve sur la sellette à l\u2019aube de la session parlementaire qui reprend à Québec.Les récents sondages de CROP et de Léger Marketing font le même constat : la perte de confiance envers Pierre Karl Péladeau plombe les intentions de vote du PQ.Au-delà des partis et des programmes, la question que se posent ultimement les électeurs quand ils se retrouvent dans l\u2019isoloir est la suivante : quelle est la personne la plus apte à gouverner ?L\u2019insatisfaction à l\u2019endroit du gouvernement a beau être en hausse, la cote de popularité de M.Péla- deau ne cesse de baisser.Lors de son élection à la direction, en mai 2015, 30 % des personnes interrogées par Léger Marketing voyaient en lui le meilleur premier ministre potentiel ; elles ne sont plus que 17 %.À la fin de novembre, le chef du PQ avait reconnu avoir encore « des croûtes à manger », mais les bourdes à répétition des dernières semaines ne donnent pas l\u2019impression d\u2019un grand progrès dans son apprentissage de la politique.Il reste encore deux ans et demi avant les prochaines élections, mais il ne faudrait pas laisser s\u2019incruster dans les esprits l\u2019impression qu\u2019il n\u2019est pas fait pour ce métier.À cet égard, les prochains mois auront valeur de test.Son aura d\u2019homme d\u2019af faires milliardaire avait convaincu de nombreux péquistes qu\u2019il saurait vaincre les préjugés qui font du PLQ le champion de l\u2019économie dans l\u2019esprit de plusieurs, mais cela ne suffit manifestement pas.Même si cela ne se traduit pas dans les intentions de vote de la CAQ, les inter ventions moins intempestives de François Legault sont généralement plus convaincantes.?Dans l\u2019immédiat, c\u2019est cependant moins l\u2019ensemble de la population que les péquistes qu\u2019il devient urgent de rassurer.Seulement 68 % d\u2019entre eux croient que leur chef ferait le meilleur premier ministre, alors que Philippe Couil- lard et François Legault ont la confiance de 74 % et 75 % de leurs partisans respectifs, selon le dernier sondage Léger Marketing\u2013Le Devoir.Dans ses prises de position, le PQ devrait garder à l\u2019esprit que 13 % de ses électeurs voient Françoise David comme la meilleure première ministre, alors que seulement 4 % préfèrent M.Legault.La performance de M.Péladeau au conseil national de novembre, alors qu\u2019il avait malencontreusement évoqué la possibilité d\u2019une partition du territoire québécois, avait semé un doute sur son jugement politique, mais il était également resté très vague sur son « plan » pour faire du Québec un pays, qui tarde à se concrétiser.Jusqu\u2019à présent, son élection à la tête du PQ n\u2019a eu aucun effet positif sur le vote référendaire.Le conseil national se réunira à nouveau durant la dernière semaine de février.M.Péla- deau aurait intérêt à ne pas se présenter les mains vides devant les militants.De la désillusion à la rébellion, il n\u2019y a qu\u2019un pas.Il faudrait of ficialiser au plus vite la création du nouvel institut de recherche sur la souveraineté.La difficulté que cela semble poser n\u2019est pas très rassurante pour la suite des choses.?De tous les chefs du PQ, M.Péladeau est sans aucun doute celui qui s\u2019est montré le plus ouvert à une «convergence » des différents partis souverainistes, mais il constitue aussi un des principaux obstacles.Le dernier sondage Léger Marketing\u2013Le Devoir fait éloquemment écho aux réser ves de Françoise David : 0 % des électeurs de Québec solidaire voient en lui le meilleur premier ministre.La députée de Joliette, Véronique Hivon, à qui M.Péladeau a confié le mandat de favoriser un rapprochement, doit faire face à une autre réalité : si l\u2019appui de QS au projet souverainiste n\u2019a jamais été remis en question dans ses instances, les électeurs solidaires sont très divisés : leur appui au Oui est de 53 % contre 47 %.Ceux qui croient que l\u2019avenir du mouvement souverainiste passe plutôt par un déplacement du PQ vers la droite, en tablant sur l\u2019attirance que les électeurs caquistes pourraient éprouver pour M.Péladeau, devraient prendre acte que seulement 1 % d\u2019entre eux voient en lui le meilleur premier ministre \u2014 5 % préfèrent même Françoise David ! \u2014 et que 75 % voteraient Non.mdavid@ledevoir.com La session test M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L\u2019 élu solidaire Amir Khadir accuse Pierre Karl Péladeau d\u2019avoir perdu de vue les « intérêts de la nation du Québec » en cautionnant par son silence le recours à de l\u2019évitement fiscal par des filiales de Québecor.À ses yeux, l\u2019ex-chef d\u2019entreprise a commis un acte de «déloyauté » à l\u2019égard du Québec.« Il a un grand problème, là», a déclaré le député de Mercier à la veille de la reprise des travaux parlementaires à l\u2019Assemblée nationale.L\u2019état-major de Québec solidaire n\u2019accorde aucune crédibilité aux explications du chef du Parti québécois après la dif fusion de reportages de La Presse et de Radio-Canada relatant l\u2019ouverture de succursales de Québecor dans des «paradis fiscaux».«Ses compagnies, lors de sa direction, ont voulu éviter de payer de l\u2019impôt au Québec, ont créé des sociétés écrans au Delaware et ailleurs pour échapper à l\u2019impôt, que moi et vous, nous nous faisons un devoir et un honneur de payer, d\u2019accord?[\u2026] Je n\u2019achète aucune de ses explications », a lancé M.Khadir lors d\u2019une conférence de presse dans le foyer de l\u2019hôtel du Parlement lundi après-midi.Dans ce contexte, les solidaires repoussent la main tendue de la responsable de la convergence du mouvement indépendantiste, Véronique Hi- von.« C\u2019est sûr que le meilleur choix dans un congrès à la chefferie, ce n\u2019était pas M.Péladeau, hein?On s\u2019entend là-dessus», a ajouté M.Khadir.Les solidaires refusent de s\u2019asseoir avec le chef du PQ, Pierre Karl Péladeau, ou encore avec le leader parlementaire du PQ, Bernard Drainville, en vue de la naissance d\u2019une «collaboration » qui pourrait à terme mener à la conclusion d\u2019un «pacte électoral ».Près de deux ans après la défaite électorale du PQ, les solidaires ne digèrent toujours pas le projet de charte des valeurs québécoises, dont l\u2019un des plus ardents défenseurs au sein du gouvernement Marois était M.Drainville.QS rejette aussi le « dogme du déficit zéro » dans lequel le PQ est enfermé depuis 1998.« Malheureusement, d\u2019un point de vue des grandes idées, il y a des divergences importantes entre les partis souverainistes », a résumé le président de QS, Andrés Fontecilla, rappelant qu\u2019il n\u2019a pas le mandat de négocier un rapprochement avec le PQ de la part des membres de QS.Cela dit, il y a un « débat permanent » sur des projets d\u2019alliance entre QS et d\u2019autres partis politiques indépendantistes dans les rangs solidaires, a-t-il fait remarquer.En revanche, M.Fontecilla voit les « véritables perspectives de dialogue » avec d\u2019autres « souverainistes et progressistes » au sein de regroupements non partisans comme les Organisations unies pour l\u2019indépendance (OUIQué- bec) ou les Intellectuels pour la souveraineté (IPSO), avec lesquelles QS entretient déjà un «dialogue très fécond».Enfin, M.Fontecilla a exprimé de sérieuses réserves à l\u2019égard du projet d\u2019institut de recherche appliquée sur l\u2019indépendance dans les cartons de M.Péladeau.«En soi [\u2026], c\u2019est une bonne idée», a-t-il fait valoir.Cependant, il se demande « [à] qui appartien[dra] » le groupe de recherche : au mouvement souverainiste, au PQ ou encore à Pierre Karl Péladeau, qui serait son «principal bailleur de fonds» ?Le Devoir PACTE ÉLECTORAL Québec solidaire repousse la main tendue du Parti québécois J E A N N E C O R R I V E A U I l faudra peut-être attendre deux semaines avant d\u2019entendre les premiers témoins dans le procès du Faubourg Contrecœur qui débutait lundi.Plusieurs requêtes devront être débattues d\u2019ici là, dont celle de l\u2019un des accusés, Frank Zampino, ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, qui pour rait demander l \u2019ar rêt des procédures.La journée de lundi a été consacrée à déterminer les dates pour la présentation des requêtes par la Couronne et par les avocats de la défense.Des huit coaccusés impliqués dans ce dossier, seul Daniel Gauthier, ex-président de la firme Groupe Gauthier Biancamano Bolduc (devenue Plania en 2009), était présent.Parmi les autres accusés figurent, outre Frank Zampino, Bernard Trépanier, ancien collecteur de fonds du parti de l\u2019ex-maire Gérald Tremblay, et Paolo Catania, ancien président de Construction F.Catania.Ils font face à des accusations de fraude, complot et abus de confiance en lien avec la vente à rabais d\u2019un terrain appartenant à la Ville de Montréal, dans Mercier\u2014 Hochelaga-Maisonneuve, à Construction F.Catania pour la réalisation d\u2019un vaste projet immobilier baptisé le Faubourg Contre- cœur.Les accusés sont soupçonnés d\u2019avoir manœuvré frauduleusement pour favoriser Catania.L\u2019avocat de Daniel Gauthier, Jean- Claude Hébert, a indiqué au juge que son client devrait s\u2019absenter vendredi puisqu\u2019il l\u2019avait inscrit au rôle pour une autre audience, mais il n\u2019a pas voulu confirmer ses intentions.Arrêt des procédures?Le juge Yvan Poulin, qui préside le procès, a fait savoir que les deux prochaines semaines seraient consacrées aux débats sur les requêtes.Même si la Couronne et la défense convenaient que les accusés n\u2019avaient pas à assister à ces débats, le juge a exigé leur présence dès mercredi matin.Certaines requêtes de la défense concernent la divulgation d\u2019éléments de preuves.L\u2019avocate de Frank Zampino, Isabel Schurman, s\u2019est d\u2019ailleurs plainte d\u2019avoir reçu, au cours des dernières semaines, des preuves qui auraient pu être transmises à la défense bien plus tôt.« Ce n\u2019est vraiment pas équitable », a-t-elle avancé, indiquant l\u2019intention de son client de réclamer l\u2019arrêt des procédures.Rappelons que cela fait maintenant près de quatre ans que des accusations ont été portées contre eux.De son côté, la Couronne entend demander des amendements à certains chefs d\u2019accusation afin de prolonger la période d\u2019infraction jusqu\u2019en octobre 2008, plutôt qu\u2019en janvier 2007.Récusation demandée Pour sa part, Daniel Rock, avocat de Bernard Trépanier, a annoncé qu\u2019il porterait en appel la décision rendue jeudi dernier par la Cour supérieure qui a rejeté sa requête demandant la récusation du juge Yvan Poulin.Me Rock souhaitait que le juge cède sa place, estimant qu\u2019il pourrait manquer d\u2019impartialité envers lui et son client.L\u2019avocat avait fait l\u2019objet d\u2019une filature en 2008 par des policiers alors qu\u2019Yvan Poulin était procureur de la Couronne dans l\u2019opération antimafia Colisée.À l\u2019issue de l\u2019audience, Daniel Rock a mentionné qu\u2019il déposerait sa requête en appel mardi ou mercredi.Les autres accusés dans cette affaire sont Mar tin D\u2019Aoust, Pasquale Fedele, André Fortin et Pascal Patrice, tous des employés de Construction F.Catania au moment des faits reprochés.Martial Fillion, ex-directeur général de la Société d\u2019habitation et de développement de Montréal (SHDM) qui a réalisé la vente du terrain au nom de la Ville, faisait aussi partie des accusés, mais il est décédé en 2013.Les audiences reprendront mercredi matin et le procès devrait durer trois mois.La Couronne a indiqué qu\u2019elle envisageait d\u2019appeler à la barre une cinquantaine de témoins civils.Le Devoir PROCÈS DU FAUBOURG CONTRECŒUR La défense envisage de demander l\u2019arrêt des procédures L\u2019avocate de Frank Zampino se plaint de retards indus dans la transmission de la preuve MICHEL DAVID ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019élu de Québec solidaire, Amir Khadir, accuse Pierre Karl Péladeau d\u2019avoir perdu de vue les « intérêts de la nation du Québec» en cautionnant par son silence le recours à de l\u2019évitement fiscal par des filiales de Québecor.C\u2019est moins l\u2019ensemble de la population que les péquistes qu\u2019il devient urgent de rassurer Les députés effectuent ce mardi leur retour à l\u2019Assemblée nationale après deux mois de relâche parlementaire.Les partis d\u2019opposition garderont à l\u2019œil le gouvernement de Philippe Couillard dans plusieurs dossiers, dont ceux-ci : Services de garde Le nouveau ministre de la Famille, Sébastien Proulx, est aux prises avec la grogne des opposants à la modulation des tarifs de garde, qui se traduira par des revenus supplémentaires de 170 millions de dollars par année pour l\u2019État, ainsi qu\u2019aux coupes budgétaires de 120 millions de dollars.Le gouvernement poursuit l\u2019objectif d\u2019offrir « les meilleurs services possible aux meilleurs coûts possible », a expliqué M.Couillard lundi, au lendemain de manifestations de quelque 20 000 défenseurs des centres de la petite enfance.Commissions scolaires En plus de réorganiser la gouvernance du réseau scolaire, le nouveau ministre de l\u2019Éducation, Pierre Moreau, est confronté à la vétusté des écoles québécoises, qui ont pâti d\u2019une diminution de 40 % du financement consacré à leur réfection.Aide sociale Tout en réfléchissant à l\u2019insertion du revenu minimum garanti au Québec, l\u2019an- cien-nouveau ministre de l\u2019Emploi, François Blais, devra trouver une piste d\u2019atterrissage au projet de loi 70 visant à obliger les quelque 17 000 personnes dites «aptes à l\u2019emploi » demandant l\u2019aide sociale pour la première fois chaque année à participer à une démarche d\u2019insertion au travail.Statut particulier Le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, sentira vite l\u2019impatience des villes de Montréal et de Québec qui réclament respectivement le statut de métropole et de capitale.La rentrée parlementaire en quatre points L E D E V O I R , L E M A R D I 9 F É V R I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S L\u2019 an dernier, ils étaient environ 500 cyclistes de tout acabit à enfourcher leur vélo malgré le froid intense.Cette année, Vélo Québec espère attirer 1000 adeptes du vélo le 14 février dans le cadre du troisième Vélo sous zéro.Lancé par l\u2019association cycliste en 2014 à l\u2019occasion des 30 ans du bien connu Tour de l\u2019île, son pendant hivernal, qui s\u2019étire sur un peu plus d\u2019une quinzaine de kilomètres, se veut une occasion de démystifier la pratique et de la rendre, par la même occasion, plus accessible.« À Montréal, même si l\u2019engouement pour le vélo quatre saisons est de plus en plus visible depuis quelques années, beaucoup de gens pensent encore que c\u2019est une sorte de sport extrême et que c\u2019est dangereux, soutient Magali Bebronne, agente de liaison pour les transports actifs chez Vélo Québec.Avec cet événement [gratuit], nous espérons donc aller au- delà de notre communauté \u201chabituelle\u201d.Pour cer tains, ce sera l\u2019occasion de tenter l\u2019expérience de façon encadrée, c\u2019est une chance d\u2019essayer dans un cadre sécuritaire et ludique.» Déjà, l\u2019an dernier, quelques familles s\u2019étaient prêtées au jeu, emmitouflant leur progéniture pour l\u2019occasion.Petite nouveauté cette année, l\u2019événement qui se déroulait jusqu\u2019à présent sur le territoire des arrondissements du Plateau et de Rosemont \u2014 fiefs du vélo hivernal montréa- lais \u2014 se transposera dans les rues du centre- ville et du Sud-Ouest, poussant la promenade jusqu\u2019aux rives du canal Lachine.« Ça nous permettra de nous faire voir dans un autre secteur de la ville et de montrer, en même temps, qu\u2019il existe des dif férences significatives entre les dif férents quar tiers », explique celle qui fait elle-même du vélo 365 jours par année depuis environ cinq ans.D\u2019autant que le trajet emprunte autant des voies cyclables en site propre \u2014 comme la piste cyclable du boulevard De Maisonneuve \u2014 que des rues dépourvues de toutes installations, comme les rues de la Montagne ou Notre-Dame.Malgré cela, et contrairement à son grand frère estival, Vélo sous zéro n\u2019est pas encadré par les policiers, et le parcours n\u2019est pas isolé de la circulation automobile habituelle.Le cortège cycliste aura donc l\u2019obligation \u2014 comme à tout moment de l\u2019année \u2014 de se plier au Code de la sécurité routière.« Ce n\u2019est pas plus mal, estime Magali Bebronne.C\u2019est même bien compte tenu de la réalité quotidienne des cyclistes d\u2019hiver qui côtoient les voitures tous les jours.» Parfois même encore plus que l\u2019été, puisque le réseau cyclable demeure, malgré les améliorations des dernières années, considérablement plus petit durant la saison froide.Le Devoir VÉLO SOUS ZÉRO La féria du vélo hivernal de retour pour une 3e année Montréal a été choisie pour accueillir la cinquième édition du Winter Cycling Congress, le congrès international sur le vélo d\u2019hiver, en février 2017.Cette année, l\u2019événement s\u2019est tenu à Minneapolis-Saint Paul, dans le nord des États-Unis.L\u2019événement qui réunit utilisateurs, chercheurs, professionnels et décideurs est l\u2019occasion pour les amoureux du vélo d\u2019hiver de réfléchir aux manières de faire et d\u2019envisager les meilleures pratiques à mettre en place pour faciliter la vie des cyclistes quatre saisons.Congrès hivernal RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Il y a une « forte présence de cyanobactéries» dans le lac, selon une étude réalisée à l\u2019été 2013 par l\u2019APEL.I S A B E L L E P O R T E R à Québec L es efforts de la municipalité de Lac-Beau- por t pour protéger le lac ces dernières années n\u2019ont pas suffi, selon une étude.Même si sa dégradation est moins dramatique que celle du lac Saint-Charles, on y trouve quand même davantage de cyanobactéries.Il y a une « forte présence de cyanobactéries », selon une étude réalisée à l\u2019été 2013 par l\u2019Association pour la protection de l\u2019environnement du lac Saint-Charles et des Marais du Nord (APEL).Ces algues bleu-vert sont plus nombreuses dans le lac Beaupor t que dans le lac Saint- Charles, mais sont moins visibles à cause du brassage causé par la circulation des dizaines de bateaux qui l\u2019arpentent l\u2019été, selon la directrice de l\u2019APEL, Mélanie Deslongchamps.Les bateaux à moteur ne sont pas permis sur le lac Saint-Charles.Selon Mme Deslongchamps, la contamination découle en bonne partie des apports en phosphate et en azote en provenance des fosses septiques, mais aussi des engrais que les riverains utilisent sur leurs terrains.Presque la totalité des résidences autour de ce lac n\u2019est pas reliée à un réseau d\u2019égout, mais dépend de fosses septiques privées.« Il y a déjà eu un plan pour raccorder toutes les maisons autour du lac à l\u2019égout il y a une dizaine d\u2019années, mais ça n\u2019a jamais été fait », note Mme Deslongchamps.Elle souligne que l\u2019étude de l\u2019APEL est une première étape et qu\u2019il faudrait étudier davantage les cyanobac- téries et documenter les concentrations en phosphore et en azote sur le plan d\u2019eau.Les auteurs de l\u2019étude ne s\u2019intéressent pas à l\u2019impact du lac sur la prise d\u2019eau de Québec mais sur sa santé propre.« La croissance des herbiers pourrait devenir problématique, entre autres pour les activités aquatiques, si elle devenait trop importante », peut-on lire.«Elle pourrait cer tainement représenter une contrainte pour les activités motorisées et la baignade.» La Ville a déjà fait des efforts L\u2019étude en question a été résumée lors du comité plénier de la semaine dernière devant les élus de la Ville de Québec, mais elle est passée sous le radar probablement en raison des nombreux autres enjeux soulevés alors.Le même jour, un conseiller municipal de Lac-Beauport, Marc Bertrand, avait déclaré au Devoir que sa ville était un exemple en matière de vigilance environnementale.«Ça fait dix ans que les gens ici, on se force à mettre ça clean», a-t-il dit.Il cite l\u2019exemple de la nouvelle réglementation adoptée sur l\u2019usage des engrais à base de phosphate et le service municipal de vidange des fosses septiques.«Les normes sur les fosses septiques sont déjà très sévères », a-t-il souligné.Il plaidait dès lors que le maire Régis La- beaume n\u2019avait aucune leçon à donner à la municipalité de Lac-Beauport.Au-delà de la santé du lac lui -même, le débat des dernières semaines a davantage por té sur la contribution du lac Beaupor t à la pollution de la prise d\u2019eau de Québec.Dans un nouveau communiqué publié lundi, M.Bertrand et trois collègues avancent que personne n\u2019a prouvé que les fosses septiques situées autour du lac Beauport contribuaient à la pollution de la prise d\u2019eau de la Ville de Québec.Ils reprochent en outre à Régis Labeaume d\u2019user de son rôle de président de la Communauté urbaine pour « usurper leur autonomie municipale » et demandent au gouvernement du Québec «de se manifester ».La mairesse de Lac-Beauport, Louise Brunet, est minoritaire au conseil municipal et fait face depuis le début à de l\u2019opposition de la part de M.Bertrand et de ses collègues.La semaine dernière, elle a laissé entendre que M.Bertrand n\u2019avait pas toute l\u2019information dans ce dossier et qu\u2019elle comptait diffuser «des rapports» sur le site Internet de la Ville au cours des prochains mois.Ces documents vont « aider les gens à comprendre et donner des solutions de rechange aux fer tilisants et tout ça pour l\u2019entretien des pelouses », a-t-elle souligné.Selon l\u2019étude de l\u2019APEL, malgré les ef forts des dernières années, la grande majorité des aménagements sur les rives du lac Beauport demeurent inadéquats et contribuent à aggraver l\u2019érosion tout en favorisant le réchauffement du plan d\u2019eau.De plus, la norme de 10 à 15 mètres de bandes végétalisées ne serait pas respectée partout, précise Mme Deslongchamps.Le Devoir POLLUTION Le lac Beauport inquiète aussi A L E X A N D R E S H I E L D S L es bélugas retrouvés morts en 2015 étaient surtout des nouveau-nés et des femelles ayant connu des complications mortelles au moment de la mise bas.Une situation qui compromet encore davantage la survie de cette espèce en voie de disparition.Pendant ce temps, le gouvernement fédéral n\u2019a toujours pas désigné l\u2019habitat essentiel du béluga.Une telle désignation, qui va de pair avec des mesures de protection, aurait dû être officialisée il y a plus de trois ans.Les données produites par Pêches et Océans Canada confirment une tendance lourde pour ces cétacés résidents permanents du Saint-Lau- rent.Sur les 14 carcasses retrouvées en 2015, 6 étaient des nouveau-nés, tandis que trois femelles retrouvées étaient mortes à la suite de complications liées à la mise bas.Les autopsies pratiquées par l\u2019équipe du Dr Stéphane Lair, de la Faculté de médecine vétérinaire de l\u2019Université de Montréal, ont notamment permis de constater qu\u2019une femelle retrouvée l\u2019été dernier avait subi une rupture de l\u2019utérus.Les autres étaient mortes avant, pendant ou après l\u2019accouchement.C\u2019est le cas d\u2019une femelle retrouvée à la dérive, en juillet 2015, avec un bébé mor t coincé dans sa fente génitale.Quant aux jeunes bélugas, ils sont beaucoup plus nombreux que par le passé à être retrouvés mor ts.Entre le début des années 1980 et 2007, de 0 à 3 carcasses de veaux étaient repêchées chaque année.Ce chiffre a bondi à 8 en 2008.Selon ce qu\u2019a précisé au Devoir le président du Groupe de recherche et d\u2019éducation sur les mammifères marins, Robert Michaud, les chercheurs ont aussi recueilli 8 jeunes bélugas morts en 2010, 16 en 2012, 5 en 2013 et 7 en 2014.Pour une population qui se limite à environ 880 individus, les impacts sont sérieux.D\u2019autant que, depuis que les bélugas bénéficient d\u2019une protection officielle, leur population n\u2019a jamais augmenté.Une population en santé aurait dû doubler.« Chaque année qui s\u2019ajoute à cette série noire est un peu catastrophique », résume M.Michaud, qui étudie l\u2019espèce depuis les années 1980.Menaces multiples Plusieurs facteurs pourraient expliquer ces mortalités élevées, qui risquent de contrecarrer tout rétablissement de l\u2019espèce, de l\u2019aveu même des chercheurs qui étudient les bélugas depuis plusieurs années.Le dérangement dont sont victimes les bélugas dans leur habitat estival pourrait peser lourd dans la balance.Il faut savoir que les lieux fréquentés par les bélugas, et notamment les femelles et leurs jeunes, sont soumis à une circulation maritime intense.On peut penser à la navigation commerciale, mais aussi aux plaisanciers, de plus en plus nombreux en période estivale.Toute cette circulation peut nuire aux animaux en les privant de l\u2019environnement adéquat dont ils ont besoin pour leurs activités quotidiennes, mais aussi pour communiquer.« Le bruit constitue une dégradation de l\u2019habitat », souligne d\u2019ailleurs Robert Michaud.Le problème, c\u2019est que même si le béluga est inscrit sur la liste des espèces en péril, le gouvernement canadien tarde à désigner l\u2019habitat essentiel de l\u2019espèce.Cela aurait dû être fait en 2012.Il faut savoir que si l\u2019habitat essentiel était officiellement désigné, le gouvernement aurait l\u2019obligation de le protéger, et donc d\u2019évaluer les projets susceptibles de nuire aux bélugas.Outre la menace que représente le dérangement continuel des animaux, le recul des glaces dans le golfe pourrait aussi nuire aux femelles gestantes durant les mois qui précèdent la naissance de leurs veaux.Un phénomène qui pourrait d\u2019ailleurs bien prendre de plus en plus d\u2019importance en raison des bouleversements climatiques.Les chercheurs mettent aussi en lumière la nécessité de mieux comprendre les impacts d\u2019une diminution des stocks de harengs, une proie pour les bélugas, mais aussi de l\u2019accumulation de certains agents contaminants dans les animaux.Le Devoir La situation du béluga du Saint-Laurent s\u2019aggrave PEDRO RUIZ LE DEVOIR Petite nouveauté cette année, Vélo sous zéro se transporte dans les rues du centre-ville de Montréal et du Sud-Ouest, poussant la promenade jusqu\u2019aux rives du canal Lachine.SOURCE GREMM Les jeunes bélugas sont beaucoup plus nombreux que par le passé à être retrouvés morts. H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa C\u2019 est parce qu\u2019il a en tête l\u2019effet déstabilisant qu\u2019ont eu les bombardements occidentaux sur l\u2019Irak en 2003 et sur la Libye en 2011 que Justin Tr udeau veut rapatrier les avions canadiens déployés en Irak et en Syrie.Selon le premier ministre, il faut penser à la stabilité à long terme de la région, ce à quoi l\u2019aide humanitaire canadienne contribuera davantage que des bombes.Cette réorientation de la mission implique cependant que le Canada aura désormais beaucoup plus de soldats sur le terrain qu\u2019avant.«L\u2019expérience en Irak, l\u2019expérience en Libye, les expériences dans des endroits semblables pendant les dernières années, y compris nos ef for ts et nos accomplissements en Afghanistan, soulignent le fait que la meilleure façon de promouvoir une stabilité à long terme dans la région, c\u2019est d\u2019aider les gens locaux à combattre contre les terroristes et à regagner leurs terres et leur pays », a lancé M.Trudeau au cours d\u2019une conférence de presse lundi.D\u2019ici deux semaines, les six avions CF-18 qui participaient aux bombardements en Irak et en Syrie reviendront au pays.Toutefois, les deux avions de surveillance Aurora et l\u2019avion de ravitaillement en vol Polaris resteront sur place.N\u2019est-ce pas hypocrite de retirer nos avions tout en continuant d\u2019aider ceux des autres pays?« Les avions de ravitaillement et de surveillance m\u2019ont été mentionnés à plusieurs reprises comme étant extrêmement importants pour nos alliés.Nous voulons être de bons partenaires de la coalition », a répondu M.Trudeau.Situation de combat Les troupes canadiennes déployées dans la région seront plus nombreuses qu\u2019avant : de 650, le nombre de militaires passera à 830, et ce, malgré le retour au pays des quelque 300 soldats assignés aux six CF-18.Cela s\u2019explique, d\u2019une part, parce qu\u2019Ottawa triple, à 210, le nombre de militaires af fectés à la formation des troupes locales et, d\u2019autre part, parce qu\u2019il augmente d\u2019environ 300 le nombre de soldats en poste dans la région, y compris en Jordanie et au Liban, dans diverses fonctions.« Nous allons augmenter de manière significative les ressources af fectées au renseignement à la fois dans le nord de l\u2019Irak et partout dans le théâtre des opérations », a expliqué le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan.La mission de ces 210 formateurs militaires ne sera pas de tout repos.Si le premier ministre assure qu\u2019il « ne s\u2019agit pas d\u2019une mission de combat », le discours tout en subtilités du chef d\u2019état-major permet de conclure le contraire.« Je soupçonne qu\u2019il y aura des combats », a reconnu Jonathan Vance en évoquant l\u2019hypothèse que les troupes locales accompagnées d\u2019entraîneurs canadiens soient attaquées et appelées à se défendre.« J\u2019estime que ce n\u2019est pas une mission de combat puisque nous ne sommes pas le combattant principal.Nous sommes en soutien à ceux qui le sont.Nous serons à proximité des dangers auxquels ils sont exposés.» En janvier 2015, le gouvernement conser vateur s\u2019était retrouvé dans l\u2019embarras justement parce qu\u2019on avait appris que des soldats canadiens avaient essuyé des tirs ennemis en s \u2019approchant de la ligne de front.En décembre, ils se sont retrouvés au cœur d\u2019un échange de tirs au sol ayant duré près de 17 heures.« Il est vrai que nous allons courir des risques accrus », a reconnu le chef d\u2019état-major.Et là est toute l\u2019ironie de la situation, selon David Perry, analyste militaire à l\u2019Institut canadien des af faires mondiales.«La partie la plus risquée de la mission était celle se déroulant au sol en Irak [la formation] et c\u2019est celle qui est la plus élargie.» En outre, le Canada continuera d\u2019identifier des cibles à attaquer, a reconnu le chef d\u2019état-major Vance.Ottawa allouera 306 millions de dollars supplémentaires à cette mission mil i ta ire au cours de la prochaine année.Pour l\u2019instant, la mission est prolongée jusqu\u2019en mars 2017, mais le premier ministre a indiqué que l\u2019intention était qu\u2019elle dure une année de plus.Plus d\u2019humanitaire\u2026 et de critiques L\u2019autre volet important de la contribution canadienne annoncée lundi concerne l\u2019aide humanitaire dans les régions concernées.Au total, Ottawa consacrera 1,1 milliard de dollars en trois ans à ce volet humanitaire, dont seulement 130 millions étaient déjà budgé- tés par le gouvernement précé- dent.Une partie de cette aide (840 millions de dollars) servira à répondre aux besoins de base des personnes touchées par le conflit (vivres, abris, eau, etc.) tandis que le reste visera à consolider la capacité des gouvernements locaux à offrir des services sociaux de base (éducation, santé, etc.) La chef par intérim du Parti conservateur n\u2019a pas mâché ses mots pour condamner la décision du gouvernement libéral.Rona Ambrose estime qu\u2019en retirant ses avions de combat, le Canada envoie le message que cette guerre « n\u2019est pas notre guerre ».Or, déplore-t-elle, quand « nos amis sont attaqués », quand « les droits de la personne sont bafoués », « c\u2019est notre guerre».Mme Ambrose a qualifié le conflit dans la région de «guerre juste » à laquelle le Canada se doit de participer.Justin Trudeau avait, de manière préventive, contrecarré cet argument en matinée.«Il y a ceux qui croient que nous devrions adopter une rhétorique enflammée en parlant de l\u2019État islamique.» Or, a-t-il ajouté, «nous croyons que nous devrions éviter de faire précisément ce que notre ennemi souhaite que l\u2019on fasse.[\u2026] L\u2019ennemi mortel de la barbarie n\u2019est pas la haine, c\u2019est la raison.Les gens qui sont terrorisés par l\u2019EI tous les jours n\u2019ont pas besoin de notre vengeance.Ils ont besoin de notre aide.» Le NPD a applaudi à l\u2019augmentation de l\u2019aide humanitaire, mais il a reproché au gouvernement par communiqué «d\u2019ancrer plus profondément les Forces canadiennes en Irak dans une mission de combat militaire sans durée prédéterminée».L\u2019ambassadeur américain à Ottawa a pour sa part diffusé une déclaration dans laquelle il se dit «heureux» de la contribution canadienne.« Le Canada demeure un partenaire essentiel dans la mission contre Daesh.» Le Devoir L E D E V O I R , L E M A R D I 9 F É V R I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 Pour annoncer, communiquez avec Evelyne De Varennes au 514.985.3454 ou edevarennes@ledevoir.com 3 JOURS 129$ 6 JOURS 224$ 269$ à tx incl.819 376-5439 · www.villaducarmel.ca Excursion · Explorateur · Aquatique · Immersion anglaise CAMPS D\u2019ÉTÉ (pour les 6 à 17 ans) Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Le Canada retire ses avions de Syrie\u2026 mais gonfle ses troupes Le gouvernement de Justin Trudeau consacrera 1,1 milliard de dollars sur trois ans à son plan d\u2019aide humanitaire La décision du gouvernement Trudeau de mettre un terme à la participation canadienne aux frappes aériennes contre le groupe État islamique divise la population.Selon un sondage Léger réalisé pour Le Devoir, Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, 46 % des répondants se disent d\u2019accord avec la position d\u2019Ottawa, alors que 37 % y sont opposés.Les sympathisants libéraux (62 %), néodémocrates (50 %) et verts (67 %) sont les plus en faveur, alors que les bloquistes (57 %) et les conservateurs (69 %) sont contre la position du gouvernement.Le sondage a été réalisé en ligne entre le 1er et le 4 février (donc avant l\u2019annonce de lundi) auprès de 1524 Canadiens.Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d\u2019erreur de plus ou moins 2,1 % dans 19 cas sur 20.Guillaume Bourgault-Côté Les Canadiens sont divisés SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Justin Trudeau, entouré du ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, de la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, et du ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a dévoilé lundi en conférence de presse à Ottawa son plan pour lutter contre le groupe État islamique, évoquant une mission «digne de nos forces armées et digne du Canada».S T E V E L A M B E R T W innipeg \u2014 La ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, a rencontré les familles de femmes autochtones disparues ou assassinées, lundi, à Winnipeg, et dit avoir perçu un ton différent par rapport aux rencontres dans les autres villes.« Aujourd\u2019hui [lundi], nous avons entendu plusieurs choses un peu différentes des autres endroits.Ici, à Winnipeg, il semble y avoir une énorme colère et du cynisme», a-t-elle déclaré en milieu de journée, avant que les entretiens ne se poursuivent.Mme Bennett a af firmé que les gens se méfiaient de la police et du gouvernement, et qu\u2019ils demeuraient sceptiques sur les retombées de la prochaine enquête publique sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.La ministre parcourt le pays pour rencontrer les familles de victimes et d\u2019autres inter venants afin de déterminer les paramètres de l\u2019enquête, qui devrait être lancée d\u2019ici l\u2019été.Mme Bennett a décrit la capitale du Manitoba comme le «point de départ» de la sensibilisation des Canadiens au sort des femmes autochtones.Elle a cité les histoires tragiques de Tina Fontaine, 15 ans, dont le corps a été retrouvé dans la rivière Rouge en 2014, et de l\u2019attaque presque mortelle contre une adolescente de 16 ans qui s\u2019est fait battre alors qu\u2019elle marchait le long de la rivière Assiniboine.La ministre s\u2019est entretenue avec environ 170 personnes dans un l ieu clos et fermé aux médias.Willie Starr, dont la sœur Jennifer Catcheway a disparu en 2008, a témoigné qu\u2019il y avait beaucoup de tension dans la salle.« Il y a beaucoup de douleur et des blessures que les gens transportent depuis des dizaines d\u2019années, dans certains cas», a-t-il ajouté.Lui et sa famil le avaient tenté de signaler immédiatement la disparition de sa jeune sœur âgée de 18 ans, mais la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ne les avait pas pris au sérieux, selon lui.« Ils nous ont dit qu\u2019elle était partie s\u2019enivrer, qu\u2019elle reviendrait dans une semaine\u2026 et c\u2019est un moment crucial pour enquêter sur une affaire», a-t-il expliqué.M.Starr souhaite que l\u2019enquête se penche sur la façon dont les policiers traitent les signalements de disparition, et sur le soutien qui est fourni aux familles pendant ce temps.Il espère que cet exercice permettra aux autres Canadiens de mieux comprendre les problèmes auxquels font face les membres des Premières Nations, dont la pauvreté et le racisme.Mm e Bennett a confirmé qu\u2019on l\u2019avait interpellée sur ce type d\u2019enjeux, tels que les stéréotypes des Autochtones dans les médias.La ministre a expliqué que le gouvernement devrait trouver un équilibre sur le mandat, qui se doit d\u2019être clair et ciblé sur les enjeux clés, tout en étant assez large pour aborder les inquiétudes de tous.« Nous devons travailler à trouver le bon équilibre entre être trop large et être trop précis», a-t-elle précisé.La Presse canadienne FEMMES AUTOCHTONES La ministre Bennett dit avoir entendu la colère des familles La FAE va rencontrer le gouvernement La Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE), dont les membres n\u2019ont toujours pas de convention collective, a accepté de rencontrer la partie patronale ce mardi afin de recevoir une nouvelle proposition globale.«À la suite des récents propos du premier ministre Couillard, qui a annoncé la fin de la période de rigueur budgétaire et le retour des investissements en éducation, la FAE espère que cette rencontre témoignera d\u2019un réel désir de répondre aux besoins des profs, des élèves, et de l\u2019école publique», a indiqué le syndicat, qui représente le tiers du personnel enseignant au Québec.Le Devoir ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Nous avons entendu plusieurs choses un peu différentes des autres endroits.Ici, à Winnipeg, il semble y avoir une énorme colère et du cynisme.La ministre des Affaires autochtones Carolyn Bennett « » L E D E V O I R , L E M A R D I 9 F É V R I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 6 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé - dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa responsa bilité se limite au coût de la parution.AVIS PUBLIC Arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie AUX PERSONNES INTÉRESSÉES AYANT LE DROIT DE SIGNER UNE DEMANDE DE PARTICIPATION À UN RÉFÉRENDUM SECOND PROJET DE RÈGLEMENT NUMÉRO 01-279-43 OBJET DU PROJET ET DEMANDE DE PARTICIPATION À UN RÉFÉRENDUM À la suite de l\u2019assemblée publique de consultation tenue le 1er février 2016, le conseil d\u2019arrondissement a adopté, lors de la séance tenue le 1er février 2016, le second projet de Règlement 01-279-43 intitulé : « Règlement modifiant le Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement Rosemont-Petite-Patrie (01-279) - Dispositions visant l\u2019aménagement de cafés-terrasses sur le domaine public » (CA16 26 0050).L\u2019objet du présent projet de Règlement vise à modifier le Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement Rosemont-Petite-Patrie (01-279) afin de préciser les secteurs dans lesquels l\u2019aménagement d\u2019un café-terrasse sur le domaine public peut être autorisé, de même qu\u2019à préciser les situations dans lesquelles un tel café-terrasse peut être aménagé dans le contexte d\u2019un terrain de coin adjacent au prolongement d\u2019une voie publique où est autorisée, comme catégorie d\u2019usage principale, une catégorie de la famille habitation.Ce second projet contient des dispositions s\u2019appliquant dans des zones particulières du territoire de l\u2019arrondissement de Rosemont\u2013La Petite-Patrie, lesquelles dispositions peuvent faire l\u2019objet d\u2019une demande de la part des personnes intéressées afin qu\u2019un règlement qui les contient soit soumis à l\u2019approbation de certaines personnes habiles à voter, conformément à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités.Une copie du second projet de règlement peut être obtenue, sans frais, par toute personne qui en fait la demande.DESCRIPTION DES DISPOSITIONS ET DES ZONES CONCERNÉES L\u2019article 1 du projet de règlement est susceptible à l\u2019approbation de certaines personnes habiles à voter puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une disposition relative à un usage.En effet, cet article précise que l\u2019aménagement d\u2019un café-terrasse en plein-air est autorisé s\u2019il est rattaché à un restaurant ou à un débit de boissons alcooliques situé dans un secteur où est autorisée la catégorie de la famille commerce.Les zones visées par le règlement touchent l\u2019ensemble du territoire de l\u2019arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie.La liste des zones visées et des zones contiguës à celles-ci, ainsi qu\u2019un plan illustrant ces zones sont disponibles pour consultation au bureau Accès Montréal de l\u2019arrondissement, situé au 5650, rue D\u2019Iberville, 2e étage, du lundi au vendredi de 9 h à 16 h 30.Cette disposition est réputée s\u2019appliquer particulièrement à chaque zone mentionnée.Une telle demande vise à ce que le règlement contenant cette disposition soit soumis à l\u2019approbation des personnes habiles à voter de la zone à laquelle le règlement s\u2019applique, ainsi que de celles de toute zone contiguë d\u2019où provient une demande valide.CONDITIONS DE VALIDITÉ D\u2019UNE DEMANDE Pour être valide, toute demande doit : ?indiquer clairement la disposition qui en fait l\u2019objet et la zone d\u2019où elle provient; ?être reçue au bureau d\u2019arrondissement dans les huit jours suivant le présent avis, soit au plus tard le 17 février 2016 à 16 h 30, à l\u2019adresse suivante : Secrétaire de l\u2019arrondissement Arrondissement de Rosemont\u2013La Petite-Patrie 5650, rue D\u2019Iberville, 2e étage Montréal (Québec) H2G 2B3 ?être signée par au moins 12 personnes intéressées de la zone d\u2019où elle provient ou par au moins la majorité d\u2019entre elles si le nombre de personnes intéressées dans la zone n\u2019excède pas 21.PERSONNES INTÉRESSÉES Les renseignements permettant de déterminer quelles sont les personnes intéressées ayant le droit de signer une demande et les modalités d\u2019exercice par une personne morale du droit de signer une demande peuvent être obtenus au bureau Accès Montréal de l\u2019arrondissement, situé au 5650, rue D\u2019Iberville, 2e étage, du lundi au vendredi de 9 h à 16 h 30.ABSENCE DE DEMANDE En l\u2019absence de demande valide provenant d\u2019une ou de plusieurs zones, les dispositions du second projet pourront être incluses dans un règlement qui n\u2019aura pas à être approuvé par les personnes habiles à voter.CONSULTATION DU PROJET Le second projet de règlement numéro 01-279-43 est disponible pour consultation au bureau Accès Montréal de l\u2019arrondissement, situé au 5650, rue D\u2019Iberville, 2e étage, du lundi au vendredi de 9 h à 16h30 h.Le présent avis est également disponible sur le site Internet de l\u2019arrondissement dont l\u2019adresse est : ville.montreal.qc.ca/rpp, en cliquant sur « Nos avis publics ».Fait à Montréal, ce 9 février 2016 _________________________________________ Me Karl Sacha Langlois, LL.L., B.A.A., OMA Secrétaire d\u2019arrondissement Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 11 h à la date ci-dessous, au comptoir Accès Ville-Marie situé au 800, boulevard De Maisonneuve Est, 17e étage, Montréal H2L 4L8, pour : Appel d\u2019offres : VMP-16-006 - Travaux de réfection routière sur différentes rues du Vieux-Montréal Date d\u2019ouverture : 24 février 2016 Dépôt de garantie : 10 % de cautionnement.Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 9 février 2016 par le biais du Système électronique d\u2019appel d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site internet www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Renseignements : Domenico Zambito \u2013 dzambito@ville.montreal.qc.ca Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires préparés à cette fin par l\u2019arrondissement de Ville-Marie et placée dans une enveloppe cachetée portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.L\u2019arrondissement de Ville-Marie ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 9 février 2016 Le Secrétaire d\u2019arrondissement Me Domenico Zambito APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC AVIS D'AUDITION AU TRIBUNAL SUR LA REQUÊTE EN RECONNAISSANCE DE LA PROPOSITION CONCORDATAIRE ÉTRANGÈRE DE LBI HF.Le 22 février 2016, une audience sera tenue devant la cour Supérieure du district judiciaire de Montréal, salle 16.12, à 9h00, au Palais de justice situé au 1 Rue Notre Dame Est, a?n de se prononcer sur l'Application pour reconnaissance d'une proposition concordataire étrangère présentée par LBI hf.(anciennement dénommée Landsbanki Islands hf.).Quiconque souhaiterait obtenir des informations ou formuler un commentaire peut communiquer avec Me Robert Korne ou Me Frank Schlesinger, avocats chez Spiegel Sohmer Inc., situé au 1255 rue Peel, bureau 1000, Montréal (Québec) H3B 2T9, (514) 875- 2100.Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 15-14814 Réfection de chaussée par remplissage mécanisé de nids-de-poule L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 10 février 2016 est reportée au 17 février 2016 à 14 h dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Montréal, le 9 février 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Appel d\u2019offres public Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h, à la date ci-dessous, à la mairie de l\u2019arrondissement située au 6854, rue Sherbrooke Est, Montréal, pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 2016-009 Aménagement des aires de jeux et d\u2019un chemin de service au parc Honoré-Mercier Date d\u2019ouverture : Jeudi, le 25 février 2016 à 14 h.Renseignements : Monsieur Pierre Bilodeau, architecte paysagiste au 514 872-5415.Cautionnements : Chaque soumission doit être présentée avec un cautionnement de soumission représentant une somme de 10% du montant soumissionné, émis par une compagnie d\u2019assurances autorisée par l\u2019autorité des marchés financiers, conformément au cahier des charges, et accompagné d\u2019une lettre d\u2019intention d\u2019une compagnie d\u2019assurances de fournir le cautionnement d\u2019exécution des travaux égal à 50 % et de paiement des matériaux, des sous-contrats et de la main d\u2019œuvre égal à 50 % du coût de la soumission.Pour être considérée, toute soumission devra être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin.Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 9 février 2016.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux de la mairie de l\u2019arrondissement située au 6854, rue Sherbrooke Est, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.DONNÉ À MONTRÉAL, CE 9E JOUR DE FÉVRIER 2016.Monsieur Magella Rioux Secrétaire d\u2019arrondissement Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi AVIS LÉGAUX & APPELS D\u2019OFFRES HEURES DE TOMBÉE J É R Ô M E C A R T I L L I E R à Washington L e président des États-Unis, Barack Obama, a af fiché lundi sa volonté de passer à la vitesse supérieure au sujet du virus Zika, à l\u2019origine d\u2019une vaste épidémie en Amérique latine, tout en appelant à éviter la panique.La Maison-Blanche va demander au Congrès de débloquer 1,8 milliard de dollars de financement d\u2019urgence pour la prévention et la recherche, sur les tests, mais aussi de possibles vaccins.« C\u2019est quelque chose que nous devons prendre au sérieux », a souligné M.Obama dans un entretien dif fusé sur CBS, en appelant toutefois à se garder de tout affolement face à cette maladie soupçonnée de provoquer des malformations cérébrales chez les fœtus.« La bonne nouvelle est que ce n\u2019est pas comme Ebola, les gens ne meurent pas du Zika», a-t-il rappelé.« Nombre de personnes l\u2019attrapent et ne savent pas qu\u2019elles l\u2019ont.» L\u2019agence européenne du médicament EMA a de son côté annoncé au même moment la constitution d\u2019un groupe d\u2019exper ts destiné à accélérer la mise en place de traitements ou de vaccins contre le virus.Cette épidémie a été qualifiée d\u2019« urgence de santé publique de portée internationale » par l\u2019Organisa- t ion mondiale de la santé (OMS).Au Brésil, pays le plus touché au monde, Rio de Janeiro se préparait lundi à sa seconde nuit de défilés sur le sambo- drome, aspergé d\u2019insecticide pour ne pas laisser le virus Zika jouer les trouble-fête.L\u2019essentiel des cas d\u2019infection par le virus aux États-Unis concerne des gens qui ont voyagé dans les zones infestées par les moustiques vecteurs de la maladie.Néanmoins, les autorités américaines ont confirmé un cas de transmission du virus par voie sexuelle.Les fonds doivent ser vir à mieux préparer le pays à l\u2019impact de la maladie qui se répand extrêmement rapidement en Amérique du sud et centrale mais aussi à Por to Rico, territoire américain.Le gouverneur de Por to Rico, Alejandro Garcia Padilla, a décrété vendredi l\u2019état d\u2019urgence sanitaire dans cette île des Caraïbes où vingt-deux personnes ont été infectées, dont une femme enceinte.Ana Rius, secrétaire à la Santé, qui avait déjà conseillé aux femmes le mois dernier d\u2019éviter de tomber enceintes, a aussi annoncé qu\u2019une période de quarantaine avait été établie pour les dons du sang.Craintes pour le printemps Les autorités sanitaires américaines craignent particulièrement qu\u2019avec l\u2019arrivée du printemps et de l\u2019été, les moustiques porteurs du Zika n\u2019atteignent les États méridionaux des États-Unis.«Nous ne pensons pas qu\u2019il y aura une épidémie explosive en raison de l\u2019historique que nous avons sur les virus de la dengue ou du chikungunya », a cependant souligné le Dr Anthony Fauci, directeur de l\u2019Institut américain des allergies et maladies infectieuses (NIAID).Si la somme proposée par la Maison-Blanche est votée par le Congrès, l\u2019essentiel des fonds (1,48 milliard) iront au ministère de la Santé.L\u2019une des priorités assignées aux Centres de contrôle et de prévention des maladies sera d\u2019augmenter les infrastructures permettant de mener à bien les tests.« Il y a encore beaucoup de choses que nous ne connaissons pas sur le virus Zika », a souligné l\u2019exécutif américain.« La bonne nouvelle est que nous avons déjà développé avec succès des vaccins contre des fla- vivirus tels que la fièvre jaune ou la dengue », a souligné le Dr Fauci, tout en réaf firmant qu\u2019un vaccin anti-Zika ne serait pas disponible à grande échelle avant plusieurs années.Quelque 335 millions de dollars seront par ailleurs accordés à l\u2019Agence américaine pour le développement international (USAID) pour aider les pays les plus touchés à lutter contre la transmission du virus et à renforcer la formation dans le secteur de la santé avec un accent particulier mis sur les femmes enceintes.L\u2019agence obtiendrait aussi plus de flexibilité pour utiliser les fonds initialement consacrés à la lutte contre Ebola qui n\u2019ont pas été employés.Barack Obama cite régulièrement la lutte contre Ebola comme un exemple de leadership américain.Fin 2014, depuis la Maison-Blanche ou à la tribune de l\u2019ONU, il avait lancé un appel à la mobilisation internationale face à l\u2019épidémie qui ravageait alors le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée.Agence France-Presse Obama veut débloquer 1,8 milliard pour lutter contre Zika MANDEL NGAN AGENCE FRANCE-PRESSE «La bonne nouvelle est que ce n\u2019est pas comme Ebola, les gens ne meurent pas du Zika», a dit le président américain Barack Obama, lundi.A lors que les contrevérités concernant la prétendue «réforme de l\u2019orthographe» n\u2019en finissent plus, l\u2019Académie française a tenu à apporter quelques éclaircissements.Montrée du doigt depuis quelques jours par des Français mécontents de la graphie « ognon » et autre « nénu- far » (qui ne sont en rien obligatoires, rappelons-le), l\u2019inst i tution a précisé dans un communiqué qu\u2019« elle n\u2019est pas à l\u2019origine » de ces changements.C\u2019est le Conseil supérieur de la langue française qui l\u2019est, dont le texte a été publié dans le Journal officiel du 6 décembre 1990.L\u2019Académie française avait eu connaissance des « idées directrices du projet » en amont et en avait « approuvé l\u2019inspiration et le principe ».Après moult débats, elle avait, en 1991, «assorti son approbation d\u2019une invitation à la mesure et à la prudence dans la mise en œuvre des mesures préconisées, mettant en garde contre toute imposition impérative des recommandations ».Nulle question, donc, de forcer qui que ce soit à écrire quoi que ce soit.Au contraire, l\u2019Académie se dit «hostile à toute réforme visant à modifier autori- tairement l\u2019usage » et préfère «des ajustements appelés par les évolutions de la langue».Et l\u2019Académie de dénoncer l\u2019emploi du terme « réforme » quand il ne s\u2019agit que de «rectifications» orthographiques, qui « ne consistent en aucune manière à simplifier des graphies résultant d\u2019une évolution étymologique ou phonétique, mais visent à mettre fin à une anomalie, à une incohérence, ou, simplement, à une hésitation».Dans son Dictionnaire, dont la neuvième édition est « en cours de publication», l\u2019Académie utilise comme entrée principale la graphie actuelle des mots.Puis précise, quand c\u2019est le cas, qu\u2019une graphie rectifiée, celle proposée par le Conseil supérieur de la langue française, existe également.Seul le temps permet ensuite de dire si la nouvelle graphie est réellement usitée, et donc si elle mérite de rester dans le Dictionnaire.L\u2019usage étant le « législateur suprême».Libération RECTIFICATIONS DE L\u2019ORTHOGRAPHE L\u2019Académie française met les points sur les î L es anciens fumeurs demeurent plus à risque de souf frir d\u2019un cancer du poumon 15 ans et plus après avoir grillé leur dernière cigarette, selon une étude américaine publiée récemment par le Journal of Thoracic Oncology.L\u2019auteure de l\u2019étude, la doc- teure Ping Yang, du Centre de cancérologie de la clinique Mayo, recommande que les tests de dépistage soient élargis au-delà des règles actuelles, qui les recommandent pour les fumeurs ou les anciens fumeurs qui ont écrasé depuis 15 ans ou moins.L\u2019étude réalisée par la doc- teure Yang et ses collègues a déterminé que les sujets qui ont cessé de fumer depuis 15 à 30 ans représentent le plus important pourcentage de patients ayant souffert d\u2019un cancer du poumon mais n\u2019ayant pas profité d\u2019un test de dépistage.L\u2019incidence de cancer du poumon au sein de ce sous- groupe était plus élevée qu\u2019au sein d\u2019autres sous-groupes, a-t- elle précisé.Elle a ajouté qu\u2019il est faux de croire que l\u2019incidence de cancer du poumon après autant d\u2019années sans fumer sera si faible qu\u2019elle sera à peine mesurable, et qu\u2019il faudrait donc porter attention aux fumeurs qui ont écrasé depuis 15 ans et plus.La docteure Yang estime qu\u2019il est important de revoir les critères de dépistage au fur et à mesure que chute le taux de tabagisme au sein de la population.La Presse canadienne CANCER DU POUMON Les anciens fumeurs restent plus à risque 15 ans plus tard JACQUES NADEAU LE DEVOIR L E D E V O I R , L E M A R D I 9 F É V R I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 7 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les porte-parole péquistes en matière de condition féminine et de protection de la jeunesse, Carole Poirier et Jean-François Lisée D I A N A M E H T A à Toronto L a troisième plaignante à témoigner dans le cadre du procès de Jian Ghomeshi pour agression sexuelle a révélé, lundi, qu\u2019elle avait rencontré l\u2019ancien animateur vedette de la radio de CBC à un festival de danse de Toronto au début des années 2000.La femme, dont l\u2019identité ne peut être dévoilée, a précisé qu\u2019elle avait déjà été présentée rapidement à Ghomeshi, mais qu\u2019elle avait réellement fait sa connaissance au festival.Elle a raconté qu\u2019il s\u2019était approché d\u2019elle par-derrière, avait passé ses bras autour de ses épaules et, à quelqu\u2019un qui lui demandait comment ils s\u2019étaient rencontrés, avait répondu qu\u2019ils étaient fiancés.La femme a ajouté qu\u2019elle avait soupé avec lui un soir durant le festival et l\u2019avait plus tard rejoint dans un coin retiré d\u2019un parc voisin où ils s\u2019étaient embrassés.La plaignante a expliqué qu\u2019alors qu\u2019ils s\u2019embrassaient, elle avait senti sa main et ses dents sur son épaule puis ses mains remonter vers son cou et l\u2019entourer.Elle a confié avoir eu l\u2019impression qu\u2019un changement s\u2019était produit chez Jian Ghomeshi, comme s\u2019il n\u2019était plus la même personne.Lorsqu\u2019elle a essayé de se libérer de son étreinte, il a placé sa main sur sa bouche, « l\u2019étouf fant, en quelque sorte».Par la suite, aucune parole n\u2019a été prononcée.La femme a dit avoir quitté le parc et pris un taxi pour rentrer chez elle.Après le présumé incident, le témoin a admis avoir revu Jian Ghomeshi, expliquant qu\u2019ils étaient allés au restaurant et prendre quelques verres avant de se rendre chez elle pour un échange «romantique».Le procureur Michael Callaghan a indiqué que la plaignante n\u2019avait pas fait part de cette histoire aux policiers lorsqu\u2019elle a porté plainte pour agression sexuelle.Interrogée à ce sujet, elle a répondu n\u2019avoir rien dit au départ parce qu\u2019elle ne croyait pas que c\u2019était pertinent et aussi parce qu\u2019elle avait honte.Audience à huis clos Le témoignage de la femme, lundi, avait été précédé par une audience à huis clos réclamée par l\u2019avocate de Ghomeshi, qui a déclaré que la déposition faite à la police par la dame, vendredi, n\u2019avait pas été transmise intégralement à la défense avant dimanche.Marie Henein a précisé que la plaignante avait ef fectué la déposition après avoir pris connaissance de reportages sur le procès, ce qu\u2019elle n\u2019était pas censée faire.Me Callaghan a affirmé qu\u2019il n\u2019y avait eu aucune tentative de la part de la poursuite pour induire la défense en erreur.Il a ajouté que la Couronne avait d\u2019abord fourni à la défense un résumé des nouveaux renseignements avant de lui donner une version détaillée, dimanche.Jian Ghomeshi fait face à quatre chefs d\u2019accusation d\u2019agression sexuelle et un chef d\u2019avoir tenté d\u2019étouf fer, de suf foquer ou d\u2019étrangler une personne dans le but de vaincre sa résistance.Il a plaidé non coupable.La Presse canadienne PROCÈS Ghomeshi aurait «étouffé» la troisième plaignante M A R I E - M I C H È L E S I O U I A lors qu\u2019une cinquième adolescente fréquentant le Centre jeunesse de Laval a été portée disparue lundi, le Parti québécois (PQ) a accusé le gouvernement Couillard de faire preuve de négligence dans le dossier de l\u2019exploitation sexuelle.De l\u2019avis des porte-parole péquistes en matière de condition féminine et de protection de la jeunesse, Carole Poirier et Jean-François Lisée, non seulement le gouvernement libéral n\u2019a « rien fait » pour lutter contre l\u2019exploitation sexuelle, mais il a ignoré les moyens de lutte contre la traite des femmes qui étaient à sa disposition.« Ce qu\u2019on reproche au gouvernement libéral, c\u2019est d\u2019avoir cassé un élan.[\u2026] On était prêts à agir en 2014, et le gouvernement Couillard n\u2019a pas agi », a déclaré Jean-François Lisée dans une conférence de presse.Peu de temps après, la police de Laval a médiatisé une nouvelle disparition : celle de Vanessa Ticas, 17 ans, qui devait rentrer au Centre jeunesse de Laval en fin d\u2019après-midi dimanche.La jeune femme, qui n\u2019en est pas à sa première fugue, est la cinquième à disparaître de l\u2019établissement lavallois en un peu plus d\u2019une semaine.Ses quatre consœurs ont été retrouvées saines et sauves.Du laxisme Selon le PQ, les jeunes femmes comme Vanessa Ticas sont en partie victimes du laxisme du gouvernement actuel en matière de lutte contre l\u2019exploitation sexuelle.Un rapport découlant des travaux d\u2019un comité interministériel mis sur pied par le gouvernement péquiste \u2014 et auquel avaient participé 260 groupes, dont le Service de police de Montréal (SPVM) \u2014 attendait le gouvernement libéral à son arrivée au pouvoir.Mais ce dernier l\u2019a ta- bletté, ont reproché les députés péquistes.«C\u2019est un rapport dans lequel des pistes de solution sont indiquées.[\u2026] Nous le demandons immédiatement», a exigé Carole Poirier.«On a perdu deux ans», a ajouté M.Lisée.Ce dernier a ensuite dénoncé le refus, par le gouvernement Couillard, de créer l\u2019escouade policière mixte qu\u2019avait demandée en juin 2014 l\u2019ex-directeur du SPVM, Marc Parent.Le plan prévoyait la création d\u2019une équipe de lutte contre l\u2019exploitation sexuelle composée de policiers de Longueuil, de Laval et de Montréal, de même que la mise sur pied d\u2019un Centre intégré pour les victimes et un soutien supplémentaire à l\u2019équipe de soutien aux urgences psychosociales.La demande a été refusée « pour des raisons strictement budgétaires », a regretté M.Lisée.Trois leviers d\u2019action Sa collègue et lui ont aussi déploré les coupes de 20 millions de dollars imposées aux centres jeunesse du Québec en 2014-2015.« Ce qu\u2019il [le gouvernement] fait, c\u2019est désinvestir sur les trois leviers d\u2019action contre la prostitution juvénile, c\u2019est-à-dire : couper dans les centres jeunesse, couper face aux demandes de la police et couper dans les organismes qui luttent sur le terrain contre les gangs de rue et pour venir en aide aux jeunes filles qui sont prises dans les filets de ces groupes», a pesté Jean-François Lisée.Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a rencontré le SPVM et le Service de police de Laval pour discuter des cas récents de fugues d\u2019adolescentes qui seraient sous l\u2019emprise de proxénètes.Ni le SPVM ni le ministre n\u2019ont souhaité commenter le dossier dans l\u2019immédiat.M.Coiteux devrait cependant répondre aux questions à ce sujet mardi, a fait savoir son attachée de presse.Le Devoir Les libéraux accusés de négliger la lutte contre l\u2019exploitation sexuelle Selon le PQ, le gouvernement a un plan, mais il ne le met pas en action O ttawa \u2014 La plus grande organisation d\u2019étudiants au Canada enjoint au gouvernement fédéral de financer l\u2019éducation de niveau collégial et universitaire de la même façon que la santé et de l\u2019enchâsser dans la législation.La Fédération canadienne des étudiants demande un projet de loi sur l\u2019éducation postse- condaire qui mènerait le fédéral à être plus actif dans un domaine de juridiction provinciale.Le groupe étudiant affirme que le gouvernement fédéral devrait réaf fecter l\u2019argent de programmes tels que les régimes enregistrés d\u2019épargne-études et plutôt créer un transfert annuel de 3,3 milliards aux provinces pour rendre l\u2019éducation postsecondaire gratuite.La fédération affirme que les fonds existants et les programmes d\u2019épargne-études n\u2019aident pas les étudiants à faibles revenus à payer pour leur éducation.L\u2019effort de lobbying de la fédération envers les libéraux fédéraux, afin qu\u2019ils incluent le financement de l\u2019éducation dans leur premier budget, sera suivi par une autre semaine de lobbying étudiant à la fin du mois.L\u2019Alliance canadienne d\u2019associations étudiantes va aussi faire du lobbying auprès des parlementaires pour s\u2019assurer que les libéraux donnent suite à leurs engagements électoraux pour aider les étudiants, financer la recherche et l\u2019innovation et réduire le chômage chez les jeunes.La Presse canadienne Des étudiants demandent 3 milliards pour la gratuité scolaire Jian Ghomeshi P aris \u2014 Le taux de naissances de jumeaux a presque doublé dans les pays développés en quarante ans en raison du retard des maternités et de l\u2019assistance médicale à la procréation, une hausse préoccupante, ces bébés étant plus fragiles, selon une étude diffusée lundi.« Nous avons passé en revue toutes les statistiques d\u2019état civil des pays disposant de tableaux détaillés pour les accouchements distinguant les naissances simples des naissances multiples : jumeaux, triplés, etc.» de 1970 à 2012, 2013 ou 2014 selon les pays, a expliqué à l\u2019AFP Gilles Pi- son, professeur au Muséum national d\u2019histoire naturelle et chercheur associé à l\u2019Institut national d\u2019études démographiques.Après 35 ans, les poly-ovulations sont fréquentes chez les femmes.Parallèlement, de plus en plus de couples ont recours à l\u2019assistance médicale à la procréation (AMP).Le professeur Pison et ses collègues néerlandais Christiaan Monden (Université d\u2019Oxford) et Jeroen Smits (Nimègue, Pays-Bas) ont constaté que l \u2019ef fet de l \u2019AMP est en moyenne trois fois plus important que celui du retard des maternités dans « ce boom des jumeaux » sur la base des données de 32 pays, dont une majorité de pays européens, mais aussi l\u2019Australie, le Canada, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, etc.«Toutefois, cette moyenne recouvre une grande diversité de situations», a souligné M.Pison.Un plateau, puis une diminution Au Japon, l\u2019effet de l\u2019AMP est ainsi dix fois plus important que le retard des maternités.En Pologne, où l\u2019AMP est encore peu développée, celle-ci ne joue que pour un tiers des naissances gémellaires.En Hongrie et en Nouvelle-Zélande, l\u2019ef fet des maternités tardives et celui de l\u2019AMP sont égaux.Les chercheurs se sont aussi demandé si ce boom des naissances de jumeaux allait se poursuivre.«Dans un pays sur quatre, le taux de gémellité a cessé d\u2019augmenter.On constate un plateau, suivi d\u2019une diminution», a détaillé le Pr Pi- son.Pour autant, dans trois pays sur quatre, il continue d\u2019augmenter, comme en France, aux États-Unis ou au Royaume-Uni.«Nous ne savons pas si cette hausse va se poursuivre, mais celle-ci est de plus en plus perçue comme un problème de santé publique», a souligné le chercheur.Car les grossesses gémellaires sont plus à risque (par exemple, risque de diabète gestationnel et de dépression postnatale pour la mère).Les accouchements sont souvent déclenchés et les jumeaux naissent souvent prématurés avec des taux de mortalité infantile plus élevés.Au regard de ces risques, la pratique recommande l\u2019implantation d\u2019un seul embryon.Cette étude a été publiée dans la revue américaine Population and Development.Agence France-Presse SCIENCE Les naissances de jumeaux ont doublé dans les pays développés FRED TANNEAU AGENCE FRANCE-PRESSE Des frères jumeaux lors d\u2019une fête à Pleucadeuc, en France Le revenu minimum garanti : voilà un thème récurrent qui vient de réapparaître avec la nomination de François Blais à la tête du ministère de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale.Mais de quoi parle-t-on au juste ?e concept de revenu minimum garanti (RMG), aussi nommé allocation universelle, circule dans les cercles de la droite autant que de la gauche depuis des décennies, en Europe et en Amérique.Au Québec, on se rappellera qu\u2019il a fait l\u2019objet de quelques discussions animées lors de la campagne électorale de 1998 alors que le chef de l\u2019ADQ, Mario Dumont, et le syndicaliste Michel Chartrand proposaient chacun une formule diamétralement opposée.C\u2019est aussi à cette époque que l\u2019actuel ministre François Blais a conçu sa propre version d\u2019un RMG canadien.Pour résumer simplement, tout individu adulte aurait droit à une allocation annuelle non imposable, disons de 10 000 $, à laquelle s\u2019ajouteraient ses autres revenus imposables.Plus besoin d\u2019aide sociale ni même de pension fédérale\u2026 si Ottawa entrait dans la danse.Avec une telle allocation universelle non imposable, le travail des femmes au foyer serait reconnu, tout comme celui des bénévoles, des artistes en devenir, des étudiants et de tous ceux qui sont exclus du marché du travail, volontairement ou non.Un hic cependant : pour financer une telle allocation versée aux 6,8 millions de Québécois adultes, il en coûterait pas moins de 68 milliards par année\u2026 soit beaucoup plus que le système de santé.Soyons plus modestes et ramenons l\u2019allocation à 5000 $.Total : 34 milliards.Rappelons que l\u2019aide sociale qu\u2019on veut ainsi remplacer coûte actuellement 3 milliards.?On comprend donc que, pour financer un RMG, il faudrait abolir non seulement l\u2019aide sociale, mais toutes les prestations sociales, y compris la pension fédérale, les bourses d\u2019études, les crédits pour enfants et conjoint, crédits de solidarité, crédits pour dons de charité et pour la retraite et jusqu\u2019aux déductions de base de l\u2019impôt sur le revenu.Une seule allocation pour remplacer tout cela, quelle simplicité ! Or, on comprend vite que, même non imposable, le montant de 5000 $ en désavantagerait plusieurs.À titre d\u2019exemple, les familles avec enfants dont les deux parents travaillent, et les aînés les plus pauvres ont droit à beaucoup plus à l\u2019heure actuelle (jusqu\u2019à 16 000 $ dans ce dernier cas).Même les prestataires d\u2019aide sociale seraient pénalisés avec un revenu aussi bas qui les priverait en plus des crédits de solidarité, de TPS et pour enfants.En fait, le genre de RMG qu\u2019un gouvernement comme celui du PLQ pourrait envisager ne pourrait pas être universel ni non imposable.Il s\u2019apparenterait davantage à un autre modèle préconisé par la droite américaine, soit celui de l\u2019impôt négatif : en l\u2019absence de revenu de travail, l\u2019État verse une allocation de base (un impôt négatif) qui diminue à mesure que le revenu augmente, jusqu\u2019à être totalement remplacée par l\u2019impôt (positif) à payer.Voilà une autre formule dont les effets sont encore plus négatifs pour bien des ménages.Finis la sécurité de la vieillesse pour tous, les déductions pour la retraite et les crédits pour enfants dès lors que le revenu dépasse un certain seuil, disons de 40 000, 50 000 $ ou 60 000 $.Ottawa a déjà tenté d\u2019appliquer cette formule aux pensions de vieillesse, et il a dû reculer.La formule de RMG défendue par la droite répond au critère d\u2019équité verticale entre riches et pauvres, mais elle ne tient pas compte de l\u2019équité verticale entre les ménages aux revenus identiques dont les responsabilités sont dif férentes, comme d\u2019avoir des enfants.Pire, elle amène les riches à combattre l\u2019État qu\u2019ils financent désormais seuls sans en tirer d\u2019avantages pour eux-mêmes.Souvent présenté comme un idéal de simplicité, le RMG pourrait se révéler beaucoup plus complexe que prévu, et ses effets pervers très nombreux par rapport au système actuel, dont les cibles sont bien définies et facilement modifiables.Au lieu de chercher à réinventer « la roue à trois boutons », pour reprendre la formule de son prédécesseur Sam Hamad, le ministre Blais ferait mieux d\u2019accorder toute son attention et ses ressources à la recherche d\u2019une approche positive d\u2019accompagnement des assistés sociaux sur le dif ficile parcours de retour aux études et au travail.L E D E V O I R , L E M A R D I 9 F É V R I E R 2 0 1 6 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Fin de la récréation Le gouvernement albertain a, au cours des deux dernières décennies, fait preuve de négligence fiscale et environnementale.Fiscalement, il n\u2019a pas profité de la manne pétrolière pour se constituer un fonds souverain digne de ce nom : il a préféré les baisses de taxes et d\u2019impôts ! Cela l\u2019a récemment amené à nous demander une aide financière «d\u2019urgence» et à se plaindre publiquement de la position du Québec concernant la construction de l\u2019oléoduc Énergie Est.Évidemment, la position québécoise n\u2019est pas étrangère à la gestion irresponsable du dossier environnemental en Alberta en regard de l\u2019exploitation des sables bitumineux.Il apparaît donc impératif que l\u2019Alberta améliore les pratiques de son industrie et qu\u2019elle constitue un fond environnemental qui lui permettra de nettoyer le gâchis laissé par les pétrolières lorsqu\u2019elles repartiront.[\u2026] Durant la même période, nous n\u2019avons eu aucun soutien du gouvernement canadien pour lutter contre le «mal hollandais» qui a mis notre industrie manufacturière à genoux, entraînant avec elle la destruction de dizaines sinon de centaines de milliers d\u2019emplois.Nos difficultés économiques actuelles sont reliées à ce déficit manufacturier qu\u2019il n\u2019est pas trop tard de corriger par une série de programmes, dont la relance de la recherche et du développement et le réinvestissement massif en éducation.Et maintenant, que l\u2019on cesse de casser du sucre sur le dos des Québécois! Luigi Bouchard Saguenay, le 5 février 2016 FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints NELLIE BRIÈRE, PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N REVENU MINIMUM Simple ou simpliste ?L A R N O L D A B E R M A N Médecin D epuis longtemps, nous souhaitons une solution au débordement des urgences.Une solution qui permettra aux patients malades d\u2019être vus dans un lieu approprié et dans un délai respectable.Pour le gouvernement, cette solution sera les supercliniques (GMF-R).Alors qu\u2019une cinquantaine ont été promises lors des dernières élections, les premières devraient ouvrir leurs portes au début de 2016.Chacune sera composée d\u2019une trentaine de médecins, d\u2019infirmières, d\u2019un service de radiologie, d\u2019un accès rapide aux spécialistes, d\u2019un service de laboratoire ainsi que de toutes les autres personnes nécessaires.Comment pourrions- nous critiquer ces supercliniques ?Ne sont- elles pas une réponse au besoin criant de la population d\u2019avoir accès aux médecins quand elle en a besoin, surtout les personnes sans médecin de famille ou celles dont le médecin n\u2019est pas disponible ?Depuis une quinzaine d\u2019années, la solution prônée par le gouvernement pour répondre au manque de services de première ligne et aux retards dans les interventions chirurgicales (les genoux, les hanches et les cataractes) est d\u2019utiliser des cliniques privées.La création des GMF (les Groupes de médecine familiale) et les CMS associés (les Centres médicaux spécialisés) étaient la solution retenue.Mais attendez : les GMF et les CMS associés ne sont pas privés ! Quand nous fréquentons ces cliniques, elles prennent nos cartes de la RAMQ.Nous payons quelques frais accessoires, mais le gros de la facture est assumé par la RAMQ, n\u2019est-ce pas?Certes.Mais ces cliniques, qu\u2019on parle de GMF, de CMS associé, ou même les vieilles polycliniques sont des entités privées.Elles n\u2019appartiennent pas à l\u2019État.Elles sont la propriété d\u2019investisseurs privés qui louent les bureaux aux médecins (avec ou sans un service administratif inclus).Elles peuvent aussi être des cliniques avec des médecins comme propriétaires gérants (avec ou sans d\u2019autres investisseurs privés).Les médecins qui participent à notre régime public de santé ont le droit de facturer la RAMQ pour leur travail.En conséquence, le financement du roulement quotidien de ces cliniques vient surtout de la facturation à la RAMQ, des frais accessoires et de la facturation aux patients des services de radiologie non assurés.Examinons surtout cette option du réseau privé où les médecins sont propriétaires ou gérants (les GMF, les CMS, les su- percliniques, etc.), ce qui est plus nuisible à notre système de santé public.Le gouver nement prend une décision consciente et calculée de développer ce réseau privé financé par les contribuables.Ce qu\u2019on appelle une prestation privée (l\u2019offre de service par une clinique privée) avec un financement public (payé par nos impôts).Cette brèche profitant à la prestation privée a des conséquences néfastes pour notre système de santé public : moins d\u2019investissements dans le réseau public, une migration des médecins et du personnel professionnel vers le privé, plus de coûts assumés par les patients (les frais accessoires sont interdits en établissement public) et l\u2019ouverture encore plus grande à un système à deux vitesses.De plus, en clinique privée, les employés, qui ne proviennent pas d\u2019un établissement public, ne sont pas syndiqués.En conséquence, leurs salaires et leurs avantages sociaux sont moindres.Cela permet aux cliniques privées de faire du profit au détriment des conditions de travail des employés de santé.Les médecins ne font que ce que les cadres légaux déterminés par le gouvernement leur permettent de faire.Le gouvernement, sans débat public, décide d\u2019encourager la vision d\u2019un système de santé où le réseau public a de moins en moins de la place.Une vision d\u2019un réseau de la santé comme aux États Unis, où le réseau public dessert les pauvres et la classe moyenne sans assurance privée, et un réseau privé pour les autres.Notre réseau de santé est à la croisée des chemins.Prendrons-nous la voie de The Children\u2019s Clinic, une clinique privée (avec ses frais accessoires, ses laboratoires privés, etc.) à la por te du Centre de santé universitaire de McGill, ou suivrons-nous l\u2019exemple du CLSC et centre de services ambulatoires de Vaudreuil- Dorion ?Dans ce dernier cas, afin de répondre aux besoins d\u2019une population de 125 000 personnes, sans hôpital, le ministère a fait construire un centre ambulatoire avec les services de laboratoire, de radiologie, d\u2019électrophysiologie, une clinique de spécialistes, etc.avec les mêmes règles que celles appliquées dans un établissement public (pas de frais accessoires, employés syndiqués, etc.).Un débat public s\u2019impose sur la vision de notre système de santé au Québec : un système accessible, gratuit et universel ou un système qui profite aux intérêts particuliers.Les supercliniques, une brèche qui profite au privé JEAN-ROBERT SANSFAÇON Tricher, c\u2019est\u2026 innover ?Je n\u2019ai rien contre les innovations qui cherchent à s\u2019implanter dans des marchés vierges, mais, ici, il n\u2019y a aucun marché pour UberX si UberX ne triche pas avec les règles, les règlements et les obligations que doivent suivre les membres de l\u2019industrie du taxi.Ce que partage UberX, ce sont les obligations qu\u2019elle ne paie pas! En laissant entendre systématiquement que UberX ferait partie d\u2019une espèce d\u2019industrie du partage, les journalistes tombent dans un piège sémantique qui est un véritable sophisme.Quelle différence y a-t-il entre un client qui appelle un taxi ou UberX avec son cellulaire?Un chauffeur de taxi ne partage pas son véhicule ?Ce qui est troublant, c\u2019est que ce concept d\u2019autopar- tage qui exclurait l\u2019industrie du taxi est pour le moins fallacieux et n\u2019est pratiquement jamais dénoncé par les journalistes! Dans le dossier de l\u2019implantation du répartiteur et voiturier UberX à Montréal, le Bureau de la concurrence du Canada à Ottawa a tout faux.M.John Pecman, commissaire à cet organisme, [\u2026] espère nous convaincre que la modernité de l\u2019industrie du voiturage passe nécessairement par UberX et la déréglementation de l\u2019industrie du taxi.Ce faisant, il fait ce qu\u2019on appelle du lobbying afin de créer un espace entrepreneurial pour UberX.La véritable question est la suivante : pourquoi Uber, une compagnie multimilliardaire, ne rachète-t-elle pas les permis des propriétaires de taxi?[\u2026] Jacques Tremblay Sainte-Luce, le 8 février 2016 Un registre pour les mauvaises raisons Ne possédant aucune arme, je suis peu concerné par le registre des armes d\u2019épaule qu\u2019envisage d\u2019instaurer le gouvernement du Québec.Néanmoins, je suis profondément troublé par un aspect de la question.En effet, de nombreux journalistes, de même que des politiciens et des politiciennes, aiment rappeler le drame de Polytechnique pour justifier l\u2019ajout de ce contrôle.Ce faisant, on donne dans la démagogie.Il est tout à fait faux de prétendre qu\u2019un registre comme celui qui est prévu aurait empêché l\u2019événement en question, incompréhensible, de se produire.C\u2019est là une fausse prémisse.Les loups solitaires, les tueurs à gages et les bandits professionnels n\u2019enregistreront jamais leurs armes.De plus, comme en font foi les statistiques, la majorité des homicides commis avec des armes à feu au Canada le sont avec des armes de poing.Or, leur enregistrement est obligatoire depuis 1934! Les personnes qui croient qu\u2019un registre mettra fin aux tueries insensées rêvent en couleur.Il faut être conscient des limites, de la portée et de la réelle efficacité de la mesure envisagée.Pour prévenir le crime, il vaut mieux compter sur des parents responsables, capables d\u2019aimer leurs enfants et d\u2019en faire des adultes équilibrés.Et cela ne coûte rien, contrairement aux millions de dollars que l\u2019on s\u2019apprête à dépenser inutilement.Bruno Landry Sherbrooke, le 7 février 2016 D A V I D L E R O U X Étudiant en science politique et géographie à l\u2019Université McGill automne 2015 fut morne et interminable pour les indépendantistes québécois.Au terme de la plus longue campagne de l\u2019histoire du Canada, après que le Bloc québécois eût chaussé ses bottines électorales et parcouru le Québec pour une huitième fois depuis 1993, les résultats du scrutin d\u2019octobre nous forcent à admettre que l\u2019incarnation politique du mouvement indépendantiste n\u2019a plus la faveur populaire qu\u2019on lui connaissait jadis.Pendant que certains se réjouissent d\u2019avoir quintuplé la députation bloquiste à Ottawa, la réalité objective d\u2019une baisse du pourcentage de bulletins de vote appuyant le seul parti fédéral indépendantiste nous oblige, encore cette année, à nous questionner sur l\u2019avenir du projet national.À l\u2019heure où nombre de commentateurs médiatiques se pâment devant le vent de fraîcheur qu\u2019incarne à leurs yeux Trudeau fils, ses égoportraits, son cabinet au goût du jour, la robe de sa femme et la nounou de ses petiots, le consensus approbateur par rapport à l\u2019entreprise de mise en marché qui se déroule sous nos yeux semble impossible à ébranler.Derrière ce décor canadien et les sourires béats qu\u2019il suscite se cachent les principaux défis que nous devrons af fronter dans les prochaines années en tant qu\u2019indépendantistes.Je veux éclairer ici tout un pan de notre époque grâce à la lucide et fascinante lecture de notre ère que fait Philippe Mu- ray dans son essai L\u2019empire du bien (Belles Lettres, 2002) ainsi que dans la plupar t de ses écrits.Cette analyse des tendances auxquelles notre modernité occidentale nous confronte, en plus de l\u2019explication de l\u2019impossibilité de critiquer la grande «mosaïque mul- ticulturelle » canadienne sans se faire accoler l\u2019étiquette indélébile du racisme, est à considérer sérieusement dans la mise à jour de notre projet d\u2019indépendance.Elle permet aussi d\u2019anticiper les critiques auxquelles nous devrons répondre et d\u2019apprécier la difficulté de le faire de façon convaincante.La thèse de Muray consiste à présenter notre monde occidental comme entrant dans une ère « hyperfestive ».Mu- ray entend par-là que notre univers social est por té par une obsession de la fête, de la célébration de tout et de rien, d\u2019une négation du négatif résultant en une condamnation à vivre au présent et dans la certitude.Plus encore, notre temps serait por té par l\u2019établissement d\u2019un consensus bien-pensant dans lequel évoluent les citoyens, qu\u2019il désigne comme « homo festi- vus ».Ces derniers, face à ce que Muray considère comme la fin de l\u2019histoire, touchent au Nir vana en entrant dans une béatitude vide de doute et de réflexion.Le soleil doit toujours briller de ses stables feux : le temps s\u2019ar rête.Le bien a gagné.On ne réfléchit plus à ses positions, on s\u2019oppose à des cibles choisies d\u2019avance, désignées par défaut, et en général associées à la pensée conservatrice, réactionnaire, nostalgique, ces trois qualificatifs étant devenus des étiquettes dont personne n\u2019oserait se réclamer.Cette chasse aux sorcières procure à l\u2019homo festivus une jouissance extraordinaire, car elle entretient cette idée d\u2019un passé regrettable et tr uf fé d\u2019hor reurs condamnables.Elle incite à son ef facement, et donc à l\u2019anéantissement de toute valeur qui soit reliée à une observation non a priori négative de ce qui fut.[\u2026] Revenons maintenant à ce qui nous intéresse : donner un État souverain à la nation québécoise.Comment mettre de l\u2019avant ce projet, comment susciter sympathie et adhésion chez nos concitoyens ?Comment convaincre que de faire du Québec un pays soit, aujourd\u2019hui, un enjeu prioritaire ?La tâche est colossale, et les bâtons dans nos roues argumentatives sont innombrables.On peut parler du rapport Durham, on peut faire lire Speak White.On peut produire des documentaires sur les fraudes intellectuelles et les nombreux manques d\u2019honnêteté du camp fédéraliste depuis 45 ans.On peut dénoncer la loi sur les mesures de guer re d\u2019octobre 1970, la confédération signée dans notre dos.On peut parler du référendum de 1995, du Love-In, de la violation des lois électorales québécoises par le gouvernement Chrétien, de la loi sur la clarté.Il le faut, en fait, mais notre époque joue contre nous.Qui sommes-nous aux yeux du festivocrate pour nous plaindre de la sorte ?La légitimation d\u2019actions d\u2019af fir- mation nationale par l\u2019observation du passé et la contestation du présent, même s\u2019il n\u2019est pas lointain et même si cette approche est immensément pertinente, s\u2019inscrit très mal dans le monde hyperfestif d\u2019aujourd\u2019hui, et ce, pour plusieurs raisons.[\u2026] Une seule solution semble por teuse d\u2019espoir : il s\u2019agit, pour les acteurs politiques qui défendent le projet indépendantiste, d\u2019inverser les pôles et de proposer un plan concret, sans équivoque aux Québécois, en étant prêts à le défendre avec conviction jusqu\u2019au bout et sans compromis.Il faut que les composantes de ce projet s\u2019inscrivent dans une perspective de nation-building républicaine et laïque, et que la fédération de la sainte tolérance se révèle enfin aux yeux de tous comme l\u2019outil répressif par excellence.En festivosphère, on n\u2019a d\u2019autre choix que de mettre la fête de notre côté et d\u2019enfermer notre adversaire dans le rôle rigide de celui qui grogne.La promesse d\u2019une date de référendum en 2018 ne suffira pas.Il faut s\u2019atteler à faire en sorte que le Canada de la Charte ne cesse de montrer ses dents et de rugir sa fondamentale intolérance envers les peuples.Il est urgent de revoir notre stratégie de fond en comble, sans quoi une lente et douloureuse agonie nous guette.?Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à arobitaille@ledevoir.com et à gtaillefer@ledevoir.com.L\u2019indépendance au temps du carnaval Notre époque hyperfestive où les festivocrates règnent joue contre les indépendantistes L E D E V O I R , L E M A R D I 9 F É V R I E R 2 0 1 6 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).Y V A N A L L A I R E F R A N Ç O I S D A U P H I N Respectivement président exécutif du conseil et directeur de la recherche de l\u2019Institut sur la gouvernance d\u2019organisations privées et publiques (IGOPP) acquisition de Rona par le géant américain Lowe\u2019s suscite, avec raison, bien des inquiétudes et des interrogations.Comment Rona en est-il ar rivé à ce que sa mise en vente soit présentée par sa direction comme la seule option logique pour ce réseau?La direction évoque les faibles perspectives de croissance et même une possible décroissance dans un avenir rapproché, surtout si Lowe\u2019s devenait un concurrent direct au Québec.Or, est-il plausible de conclure que Rona était condamné à se vendre tôt ou tard en raison d\u2019erreurs stratégiques commises il y a quelques années?À l\u2019origine et pendant une longue période, Rona fut abord et avant tout un distributeur, un groupe d\u2019achats desservant l\u2019ensemble de ses franchisés.La majorité des franchisés tenaient leurs établissements dans des villes n\u2019ayant pas une population assez élevée pour justifier la présence de concurrents directs, bénéficiant ainsi d\u2019un statut de monopole local.Cet avantage de localisation a longtemps assuré à Rona un volume de ventes important et relativement à l\u2019abri de toute nouvelle forme de concurrence américaine ou locale.L\u2019expertise en commerce au détail, malgré tout le soutien of fer t par Rona, demeurait essentiellement l\u2019affaire des franchisés qui avaient un contact direct avec leur clientèle.En 2003, après son premier appel public à l\u2019épargne, Rona s\u2019est porté acquéreur de Réno- Dépôt, un réseau d\u2019établissements de grande superficie.Puis il a multiplié les acquisitions hors Québec dans le but d\u2019atteindre une masse critique d\u2019achats.Ces acquisitions ont amené Rona à devoir exploiter des magasins en mode corporatif, ce qui exigeait des habiletés nouvelles et mal maîtrisées au siège de Rona.Ainsi, en quelques années, Rona rassembla sous un même toit un ensemble de magasins, cer tains en franchise, d\u2019autres sur le mode « corporatif », ainsi que de réseaux disparates, répar tis dans plusieurs régions du Canada.Cette complexité et cette diversité s\u2019avérèrent difficiles à gérer profitablement et les ventes des magasins Rona montrèrent des signes d\u2019essoufflement.En fait, c\u2019est à la suite de plus d\u2019une dizaine de trimestres consécutifs de baisse des ventes par établissement que Lowe\u2019s a manifesté une première velléité d\u2019acquisition en 2012.Vision ou erreur Pendant que Rona s\u2019évertuait à développer un concept visionnaire du commerce de détail pour rivaliser avec des géants comme Home Depot ou Lowe\u2019s, des entreprises comme la société BMR, Patrick Morin et d\u2019autres réseaux ont, étrangement et avec succès, adopté des modèles de commerce de quincaillerie similaires à ceux qui avaient fait le succès de Rona par le passé.Ces réseaux de quincailleries ont donc occupé l\u2019espace laissé libre par le groupe de Boucherville, celui-ci ayant désormais abandonné le concept d\u2019origine de l\u2019entreprise.Bien sûr, Rona a tenté quelques projets au fil des ans.Réno-Dépôt a été « réinventé » en centre de liquidation des stocks avant de revenir à un modèle plus traditionnel ; on a ouvert des Studio Rona, qui devaient livrer concurrence aux spécialistes en peinture, mais l\u2019expérience s\u2019est rapidement soldée par un échec.Après les événements de 2012, la pression s\u2019est grandement accentuée sur le conseil et la direction.La stratégie visionnaire, parce qu\u2019elle était soit mal conçue soit mal exécutée, ressemblait de plus en plus à une lubie.Le p.-d.g.a été remercié et un nouveau p.-d.g.a été embauché au terme d\u2019un long processus de recrutement.Celui-ci, d\u2019entrée de jeu, a annoncé qu\u2019il ne s\u2019engageait que pour quelques années tout au plus.La rémunération incitative qu\u2019on lui a accordée à son arrivée était arrimée à la per formance financière et boursière de Rona au cours des trois années subséquentes (plusieurs éléments de sa rémunération devenaient «encaissables» en début d\u2019année 2016).Quel était donc le mandat de la nouvelle direction?Au départ, la direction a cru pouvoir mener \u2014 du moins, c\u2019est ce qu\u2019elle a annoncé \u2014 un renouveau stratégique, un repositionnement des bannières et de la marque.Or, dans les faits, la direction en poste depuis 2013 a essentiellement mis en œuvre un vigoureux plan de redressement financier.Ainsi, la direction de Rona, au cours des deux ou trois dernières années, a fermé quelque 300 établissements, racheté 20 franchisés en juillet 2015 (ceux qui exploitaient des magasins- entrepôts), réduit le personnel de quelque 5000 personnes, réduit les dépenses en capital de 60 % et utilisé la trésorerie de Rona pour racheter 12 % de ses actions (19 % si le programme de rachat annoncé en fin de 2015 avait été réalisé ; c\u2019est un peu plus de 200 millions de dollars qui ont été utilisés à cette fin au cours des trois dernières années).Les marchés financiers ont bien réagi à ces mesures financières durant les premières années, mais ce genre de traitement ne peut être répété indéfiniment.L\u2019action de Rona, après être passée de 12 $ à près de 17 $, est redescendue au niveau de 2012, ces mesures financières ne donnant aucune assurance de croissance des revenus et des bénéfices à long terme.Toutefois, ces démarches ont contribué à faire de Rona une cible encore plus attrayante pour un éventuel acquéreur dans le secteur du commerce de détail.Rappelons que le prix of fert de 14,50 $ par action ordinaire en 2012 donnait une valeur de 1,76 milliard à l\u2019entreprise (et 1,72 milliard en dollars américains d\u2019alors).Le prix de 24 $ offer t en 2016 donne une valeur de 2,57 milliards puisque le nombre d\u2019actions a grandement diminué (et 1,83 milliard en dollars américains ; cette valeur est établie pour les seules actions ordinaires, sans tenir compte de la valeur des actions privilégiées et autres frais afférents à la transaction).Clairement, Lowe\u2019s ne voulait pas payer plus pour Rona (en dollars américains) que ce qui avait été offert en 2012 ! La véritable raison de la vente de Rona tient donc au fait que l\u2019entreprise a fait naguère des choix stratégiques inoppor tuns, n\u2019a pu se réinventer, s\u2019adapter ou innover.Une erreur stratégique pèse lourd et longtemps.En définitive, Rona a opté pour des mesures financières à cour t terme qui ont dopé le titre pour un temps, le temps de négocier une offre d\u2019achat pour une entreprise nettoyée de tout ce qui aurait pu déplaire à un acheteur américain.L\u2019erreur stratégique de Rona L\u2019entreprise fut victime d\u2019une stratégie déficiente ainsi que d\u2019une gestion à court terme L\u2019 Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, un extrait du numéro de janvier 2016 (vol.CVI, no 1) de L\u2019Action nationale (action-nationale.qc.ca).DES IDÉES EN REVUES L\u2019 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La véritable raison de la vente de Rona tiendrait au fait que l\u2019entreprise a fait des choix stratégiques inopportuns et n\u2019a pu se réinventer.La stratégie visionnaire, parce qu\u2019elle était soit mal conçue soit mal exécutée, ressemblait de plus en plus à une lubie [en 2012] « » L E D E V O I R , L E M A R D I 9 F É V R I E R 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S venir redonner vie à une vingtaine de lieux de la capitale.Ces lieux étaient situés dans tous les quar tiers, des plus prestigieux aux plus ordi - naires.On y trouvait pêle-mêle des terrains vagues, des immeubles industriels, des constr uctions modernes et des hôtels particuliers à réhabiliter.La plupar t concernaient des immeubles et des terrains appartenant à la Ville ou à des organismes publics.Un an et demi plus tard, plus de 815 architectes et promoteurs du monde entier ont répondu à l \u2019appel.Une première sélection a été faite au printemps.L\u2019idée née dans l\u2019esprit de l\u2019adjoint au maire Jean-Louis Missika voulait d\u2019abord favoriser l\u2019innovation.« Aucune ville n\u2019a osé faire ce que nous avons fait, déclarait Anne Hidalgo.Aucune ville n\u2019est allée aussi loin.Nous avons été un catalyseur d\u2019imaginations et pas seulement prescripteurs de projets.Nous avons donné de la liberté aux créateurs.» Les travaux, qui se dérouleront sur 23 sites répartis dans tous les ar rondissements, créeront 1341 nouveaux logements, dont 675 logements sociaux.Ils devraient drainer 1,3 milliard d\u2019euros d\u2019investissements privés de sociétés françaises et étrangères.Ils exigeront plus de 2000 ouvriers pendant trois ans et les nouveaux aménagements devraient employer plusieurs milliers de personnes.Un «village flottant» L\u2019opération se veut tellement « innovante» que le commun des mortels n\u2019est pas toujours certain de comprendre ce que les concepteurs entendent par « aquaponie », « habitat participatif », «biofaçades », « fermes urbaines», « espaces de co-fooding», « co-working», « co- living » ou « campings urbains».Difficile de savoir pour l\u2019instant s\u2019il ne s\u2019agit que d\u2019un effet de mode.Mais peu importe.Parmi les projets acceptés, on trouve des lots de quelques centaines de mètres carrés, comme ce terrain du 20e arrondissement qui accueillera une auberge de jeunesse et des espaces consacrés à la musique .Mais on trouve aussi des espaces de deux hectares.Le projet le plus extravagant, baptisé Mille Arbres, sera érigé près de la porte Maillot, dans le 17e arrondissement.Pour reprendre les mots des architectes, un « village » et sa « forêt » seront bâtis sur l\u2019autoroute périphérique qui ceinture Paris et feront le pont entre Neuilly et la capitale.Les promoteurs parlent de « jardins habités ».L\u2019architecte japonais Sou Fujimoto a conçu le tout comme une sorte de «village flottant », qui a la forme d\u2019un gigantesque paquebot naviguant au cœur d\u2019un nouveau parc.Il s \u2019élèvera sur ce qui n\u2019est aujourd\u2019hui qu\u2019un parc de stationnement et une gare désaffectée surplombant une autoroute.Nombre de projets veulent créer la symbiose entre le bâti et l\u2019environnement.En tout, 26 000 mètres carrés de nouvelles surfaces seront plantés, multipliant un peu partout les parcs et les jardins.Sur l\u2019ancienne gare Masséna, dans ce nouveau quartier du 13e arrondissement à deux pas d\u2019un immeuble construit par Le Cor- busier, s\u2019élèvera ce que l\u2019on qualifie déjà de « tour de Babel écolo».Sur les terrasses de cet immeuble consacré à l\u2019alimentation, on fera pousser des légumes.À deux coins de rue de là, l \u2019agence XTU devrait couvrir d\u2019algues les façades sud de ces logements consacrés à de jeunes chercheurs.Selon les architectes, ces algues sont un excellent isolant thermique et elles produisent «une biomasse utile et va- lorisable dans l\u2019industrie pharmaceutique, des cosmétiques, ou de l\u2019alimentation».Une opération rentable Certains réaménagements seront plus classiques.L\u2019ancienne centrale électrique Voltaire, où loge actuellement un collectif d\u2019artistes, accueillera plusieurs salles de cinéma surplombées d\u2019une grande terrasse créant un «écrin végétal».L\u2019hôtel de Coulanges, qui abrite actuellement la Maison de l\u2019Europe, dans le Marais, sera consacré aux jeunes créateurs.On y trouvera un lieu de création de 600 mètres carrés où les espaces seront modulables.L\u2019un des projets les plus ambitieux consiste à réhabiliter l\u2019immeuble Morland, situé au centre de Paris, entre le Marais et l\u2019île Saint-Louis.Le hall de cet immeuble des années trente accueillera un marché alimentaire.Le sommet de l\u2019immeuble, qui of fre une des plus belles vues de Paris, sera transformé en terrasse.Mais le plus étonnant dans cette opération, c\u2019est qu\u2019elle ne coûtera pas un sou à la Ville.Elle rapportera même 600 millions d\u2019euros pour la vente des terrains et la location par bail emphytéotique.Du moins, c\u2019est ce qu\u2019on dit.Selon Les Échos, la Ville aurait pu tirer plus de ses terrains, mais le jury a voulu mettre l\u2019accent sur la qualité des projets.Le quotidien économique n\u2019hésite pourtant pas à qualifier l\u2019opération de «coup de maître».Le succès est tel qu\u2019un deuxième appel à projets est attendu l\u2019an prochain.Il portera sur des sites encore plus hétéroclites, comme une boîte de nuit souterraine désaffectée.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PARIS Rectificatif Dans l\u2019article «Les prix Opus, en toute logique» paru dans notre édition de lundi sous la plume de Christophe Huss, nous regrettions l\u2019absence aux prix Opus 2016 de l\u2019œuvre A Globe Itself Infolding, de Samy Moussa.Or, l\u2019œuvre musicale a bel et bien été finaliste, mais lors de l\u2019édition 2015.M.Moussa avait été par ailleurs honoré du titre de compositeur de l\u2019année.marginalité, avec 15 % d \u2019appuis au pays.La formation de Thomas Mulcair obtient 17 % au Québec, à égalité statistique avec les conservateurs et le Bloc québécois (15 %).Les dif ficultés de M.Mul- cair se lisent également dans les résultats à la question «qui ferait le meilleur premier ministre?».Une personne sur dix cite alors M.Mulcair\u2026 soit quatre fois moins que Justin Trudeau (40 %).Les chif fres sont semblables au Québec (40 % contre 16 %).La domination libérale s\u2019exprime pleinement dans les provinces de l\u2019Atlantique (75 % d\u2019appuis), au Québec (49 %), en Ontario (50 %) et en Colom- bie-Britannique (45 %).Les libéraux détiennent une mince avance au Manitoba et en Saskatchewan (43 %, quatre points devant les conservateurs), et sont deuxièmes en Alber ta avec 32 %.Les conservateurs sont toujours au plus fort dans cette province-bastion, avec 55 % d\u2019appuis.Comparé aux résultats de l \u2019élection du 19 octobre, le sondage montre que les libéraux ont engrangé 10 points d\u2019appuis de plus, alors que les conservateurs et les néodémo- crates en ont perdu environ cinq chacun.Globalement, les « voies ensoleillées » de Justin Trudeau plaisent à la population.Une majorité de répondants au sondage (54 %) se disent ainsi satisfaits du gouvernement, alors que 33 % sont au contraire insatisfaits.«Passer la gratte» «On voit que le bloc conservateur résiste bien [aux libéraux], note Christian Bourque, vice-président chez Léger.Mais sinon, Justin Trudeau a volé la base électorale du NPD en octobre, et il continue à ravager cette base, à passer la gratte au centre et à gauche.» Au terme de la traditionnelle période de grâce de 100 jours qui suit l\u2019élection d\u2019un nouveau gouvernement, le plébiscite est donc presque complet pour Justin Tr udeau.Mais quel constat peut en tirer Thomas Mulcair, dont le leadership pourrait être remis en question lors du congrès du NPD en avril ?Christian Bourque fait valoir que le recul du NPD et de M.Mulcair est plutôt normal\u2026 mais néanmoins inquiétant.« Après une défaite électorale, les gens punissent souvent [le perdant], dit-il .Nous sommes encore dans cette phase post-électorale qui fait mal au NPD et à son chef.Mais il y a place à l\u2019inquiétude, oui.» M.Bourque rappelle toutefois que la principale qualité que l\u2019on prête à M.Mulcair est sa grande ef ficacité comme parlementaire.En ce sens, « il est temps que les travaux reprennent [il y a eu trois semaines de travaux depuis l\u2019élection], car l\u2019ef fet du temps aidera M.Mulcair » à se repositionner, estime l\u2019analyste.« Pour l\u2019instant, il n\u2019y a de la place que pour M.Trudeau.» Réfugiés Le sondage permet par ailleurs de mesurer que l\u2019accueil de réfugiés syriens par le Canada divise la population.À la question de savoir s\u2019ils sont satisfaits de « l\u2019accueil de 10 000 réfugiés syriens [c\u2019était essentiellement l\u2019objectif d\u2019accueil pour le 31 décembre 2015] par le Canada », 41 % des répondants ont dit oui, et 38 % ont plutôt signalé leur insatisfaction.Les sympathisants blo- quistes (61 %) et conser va- teurs (69 %) sont plus largement opposés.Sinon, les répondants estiment dans une proportion de 39 % que les « actions du nouveau gouvernement Trudeau sur la scène internationale ont amélioré» l\u2019image du Canada à l\u2019étranger.Une personne sur cinq (22 %) pense qu \u2019au contraire, ces actions ont «détérioré» l\u2019image canadienne.Le sondage, non probabiliste, a été réalisé en ligne entre le 1er et le 4 février auprès de 1524 Canadiens.Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d\u2019erreur de plus ou moins 2,1 % dans 19 cas sur 20.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SONDAGE Intentions de vote Élections 2015 Aujourd\u2019hui Total Québec Parti libéral du Canada 39,4% 49% Parti conservateur 31,9% 27% NPD 19,7% 15% Bloc québécois 4,7% 3% Parti vert 3,4% 5% Autre parti \u2014 1% Source : Sondage Léger-Le Devoir-Le Journal de Montréal-Le Journal de Québec mené en ligne entre le 1er et le 4 février 2016 auprès de 1524 Canadiens de toutes les provinces.Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d\u2019erreur de plus ou moins 2,1% dans 19 cas sur 20.Meilleur premier ministre du Canada Total Québec Justin Trudeau 40% 40% Thomas Mulcair 10% 16% Rona Ambrose 9% 5% Elizabeth May 4% 3% Autre 8% 5% Aucun 12% 17% Ne sais pas 14% 13% Préfère ne pas répondre 2% 2% Source : Sondage Léger-Le Devoir-Le Journal de Montréal-Le Journal de Québec mené en ligne entre le 1er et le 4 février 2016 auprès de 1524 Canadiens de toutes les provinces.Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d\u2019erreur de plus ou moins 2,1% dans 19 cas sur 20.49 % 15% 17% 15% 4% 1% Hillary Clinton a peut-être perdu des plumes de popularité dans la course à l\u2019investiture du Parti démocrate aux États-Unis, mais elle demeure la candidate préférée des Canadiens.Le sondage Léger publié ce mardi montre que 54% des répondants ont une «bonne opinion» de Mme Clinton, alors que 24% ont plutôt une mauvaise opinion d\u2019elle.Son adversaire démocrate, Bernie Sanders, obtient 31% de réponses positives, contre 9% de mauvaise opinion (un tiers des répondants ne le connaissent pas, contre 4% pour l\u2019ancienne sénatrice et secrétaire d\u2019État).Chez les candidats à l\u2019investiture républicaine, on se distingue surtout par de forts taux de mauvaise opinion\u2026 et de «je ne connais pas».Donald Trump fédère 70% d\u2019opinion négative, devant Jeb Bush (37%) et Ted Cruz (22%).Ce sont les trois seuls candidats connus de plus d\u2019un tiers des répondants.Selon 55% des répondants, c\u2019est Hillary Clinton qui sera élue présidente des États-Unis à l\u2019automne.Une personne sur cinq (19%) pense au contraire que Donald Trump triomphera, une possibilité qui inquiète 65% des répondants.Le sondage, non probabiliste, a été réalisé en ligne entre le 1eret le 4 février auprès de 1524 Canadiens.Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d\u2019erreur de plus ou moins 2,1% dans 19 cas sur 20.Présidentielle américaine : Oui à Clinton, non à Trump SOU FUJIMOTO/MANAL RACHDI-OXO/AFP Le projet Mille Arbres sera érigé près de la porte Maillot, dans le 17e arrondissement.Il s\u2019élèvera sur ce qui n\u2019est aujourd\u2019hui qu\u2019un parc de stationnement et une gare désaffectée surplombant une autoroute.suivent depuis trois ans.« Je parle anglais avec mon patron et je veux parler français », a dit Mme Bo, dont l\u2019anglais, selon ses dires, est rudimentaire, tout comme son français.Les deux mères de famille ont dû travailler dès leur arrivée au Québec, si bien que les cours offerts par l\u2019État, à temps complet ou à temps partiel, ne leur convenaient pas.«J\u2019ai travaillé tout de suite.La priorité, c\u2019est la famille avant la langue », a dit Mme Guevara.Dans les entreprises syndiquées, ce sont les syndicats, affiliés à la FTQ ou à la CSN, qui se chargent d\u2019organiser les cours de francisation sur les lieux de travail ou, encore, dans les locaux des syndicats quand la francisation est offerte dans certains secteurs, l\u2019entretien ménager, par exemple .La plupar t des em - ployeurs jugent que la francisation de leurs employés n\u2019est pas de leur ressort.Ce ne sont pas les professeurs du MIDI qui donnent les cours.Les syndicats font appel aux services de l\u2019organisme à but non lucratif Formation de base pour le développement de la main-d\u2019œuvre (FBDM).Pour la francisation chez Peerless, la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) versait au syndicat une subvention annuelle de 100 000$, ce qui couvrait la rétribution des professeurs et le salaire minimum aux employés qui assistaient aux cours.La CPMT est alimentée par le Fonds de développement et de reconnaissance des compétences de la main-d\u2019œuvre, qui recueille les sommes que les employeurs n\u2019ont pas investies annuellement dans la formation de leur personnel, comme l\u2019exige la Loi.Cela représente un montant équivalant à 1% de la masse salariale.Moitié moins d\u2019heures Selon les données colligées par la directrice générale de FBDM, Judith Giguère, son organisme a fourni plus de 9000 heures de francisation en 2014-2015 contre 4700 pour l\u2019année financière en cours.Le nombre d\u2019entreprises visées est passé de 39 à 25 tandis que le nombre de par ticipants a presque chuté de moitié, de 627 à 321 personnes.Le président de la CPMT, Florent Francœur, a confirmé que le budget de son organisme avait été réduit de moitié en 2015-2016, chutant à 35 millions.Toutes les activités de formation financées par la CPMT sont touchées, y compris la francisation.Le Fonds avait un surplus de 96 millions qui devait être dépensé en quatre ans : il est maintenant épuisé, ce qui explique les coupes.Ce qu\u2019on appelle le «soutien régionalisé » à la francisation s\u2019élèvera à 4 ou 4,5 millions pour l\u2019année en cours, a précisé le directeur du développement de la main-d\u2019œuvre de la CPMT, Éric Gervais.Selon lui, si la CPMT fait moins de francisation, le MIDI prendra la relève.Éric Gervais croit d\u2019ailleurs que la francisation en entreprise est moins efficace que les cours à temps partiel dans les écoles.Jud ith Giguère n \u2019est pas d\u2019accord.D\u2019une part, le MIDI n\u2019a pas pris la relève; d\u2019autre par t, il a des exigences auxquelles ne peuvent satisfaire les entreprises.La francisation en entreprise permet de briser les « petits guettos » linguistiques, de faire en sorte que l \u2019ang la is ne so it pas la langue que le chef d\u2019équipe emploie pour s\u2019adresser aux travailleurs immigrants, a-t- elle souligné.Alléger les exigences En vertu du projet 77, la ministre Kathleen Weil souhaite alléger les exigences de français pour certains travailleurs très demandés, quitte à les franciser sur les lieux de travail.En commission parlementaire, le patronat a réclamé que la possibilité lui soit offerte d\u2019embaucher des travailleurs immigrants qui ne parlent pas le français.Le président de Manufacturiers et exportateurs du Québec, Éric Tétrault, a soutenu qu\u2019avec ou sans cours, le travailleur immigrant typique apprend le français à l\u2019usine en six mois ou un an.«Ça m\u2019a choqué [cette déclaration] parce que moi, j\u2019ai des employés ici que ça fait 20, 30 ans qu\u2019ils sont assignés à des machines et qui ne savent pas parler français », s\u2019est insurgé Mario Ayala.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 LANGUE Ces projets représentent un investissement privé totalisant plus de 1,3 milliard d\u2019euros "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.