Le devoir, 15 février 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 3 1 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 5 F É V R I E R 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Société \u203a Quand le ventre fait mal au cerveau.Notre microbiote intestinal in?uerait sur l\u2019apparition de pathologies.Page A 5 Actualités \u203a Abitibi.Un policier est tué et le suspect est retrouvé sans vie à Lac-Simon.Page A 2 Avis légaux.B 6 Décès.B 2 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 2 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m GLACIAL VÉLO SOUS ZÉRO ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Environ 300 cyclistes de tout acabit ont bravé le froid glacial dans le cadre de Vélo sous zéro, féria hivernale de 17km organisée par Vélo Québec pour une troisième année consécutive.Emmitou?és de la tête aux pieds, ils ont pris d\u2019assaut les rues du centre-ville de Montréal dimanche au bruit des klaxons enthousiastes et des encouragements des automobilistes qui ont croisé leur chemin.J E A N N E C O R R I V E A U Québec viendra à la rescousse des églises modernes jugées exceptionnelles et étendra son programme d\u2019aide financière à la rénovation de lieux de culte construits entre 1945 et 1975, a indiqué la ministre de la Culture, Hélène David, en entrevue au Devoir.Mais ce coup de pouce pourrait arriver trop tard pour certaines églises déjà condamnées à la démolition, comme Notre-Dame-de-Fatima, dans l\u2019arrondissement de Jonquière, à Saguenay.Jusqu\u2019à maintenant, seules les églises classées en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel et datant d\u2019avant 1945 étaient admissibles au programme qui permet aux fabriques d\u2019obtenir jusqu\u2019à 85% du financement de la rénovation de leurs bâtiments.Désormais, les églises cotées A, qualifiées d\u2019« incontournables» par le Conseil Au secours des églises modernes Québec augmentera de 30 ans la période d\u2019admissibilité pour l\u2019aide financière à la rénovation J E S S I C A N A D E A U A près avoir aboli la gratuité de la fécondation in vitro, Québec s\u2019apprête à faire de même pour les médicaments nécessaires pour ces traitements, a appris Le Devoir.En attendant que le couperet tombe, les patientes en attente d\u2019un traitement se dépêchent de faire des provisions de médicaments, dont la facture s\u2019élève souvent à plusieurs milliers de dollars.Depuis l\u2019adoption de la loi 20 en novembre dernier, les traitements de fécondation in vi- tro ne sont plus couverts par la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec (RAMQ).Mais les médicaments, nécessaires pour les traitements, étaient encore remboursés.Cela est toutefois sur le point de changer, confirme le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).«L\u2019Institut national d\u2019excellence en santé et en services sociaux [INESSS], sur demande du ministre [de la Santé], revoit les médicaments qui sont actuellement inscrits aux Listes de médicaments et produira un avis au ministre afin d\u2019assurer une cohérence avec la loi [20], affirme la porte-parole Caroline Gingras.Les travaux devraient être réalisés pour la mise à jour des Listes de médicaments devant entrer en vigueur le 15 mars 2016.Ainsi, pour l\u2019instant, les médicaments requis pour la fécondation in vitro sont toujours inscrits aux Listes de médicaments et sont donc couverts.» À l\u2019INESSS, la por te-parole, Kim Tardif, confirme que «chaque médicament [lié à la FIV] est évalué».Elle ajoute toutefois que plusieurs éléments sont pris en considération et «qu\u2019on ne va pas arrêter de rembourser pour tout».Kim Tardif donne l\u2019exemple d\u2019un médicament utilisé pour la fécondation in vitro qui servirait également pour la stimulation ovarienne, un traitement toujours couvert par la RAMQ.MÉDICAMENTS FAVORISANT LA FERTILITÉ Vers la fin de la gratuité Les patientes en attente d\u2019un traitement font des réserves de médicaments Fugues d\u2019adolescentes, club social de pédophiles, prostitution juvénile : la sexualité et sa domination font les manchettes jusqu\u2019à n\u2019en pouvoir plus.Elles sont renommées Tania, Lorie ou Leyla et elles apparaissent dans des listes où on les dit coquines, espiègles, adolescentes, pures.Dans cet univers, elles n\u2019existent que pour l\u2019argent.Et pour les clients.P?INT CHAUD Sexe déviant, sexe payant VOIR PAGE A 8 : GRATUITÉ VOIR PAGE A 8 : ÉGLISES M A R I E - M I C H È L E S I O U I L e sexe qui normalise les vices et qui rassasie les déséquilibres, le sexe illégal, le sexologue et psychothérapeute Yves Paradis y est confronté tous les jours.Dans les séances de thérapie qu\u2019il anime, il défait les illusions.Non, ces enfants ne sont pas «que des pixels».Non, cette fillette nue ne sourit pas parce qu\u2019elle a du plaisir.Et non, cette adolescente n\u2019est pas assez «mature» pour avoir des relations sexuelles avec un adulte.Depuis qu\u2019il a mis sur pied le Centre d\u2019intervention en délinquance sexuelle de Laval (CIDS), en 1997, Yves Pardis défait les croyances.« Si tu crois que tu éduquais l\u2019enfant en le touchant sexuellement ; si tu crois que ce n\u2019est pas grave parce qu\u2019il n\u2019y a pas eu de pénétration\u2026 appelle-nous, car tes pensées favorisent les abus sexuels », lit-on sur le site Web de son organisme.Le sexologue le dit d\u2019entrée de jeu: il ne défend pas les abu- seurs d\u2019enfants, pas plus qu\u2019il ne les conforte dans leur comportement.Il est conscient que, «du point de vue de la société», ça semblerait plus «winner» de VOIR PAGE A 8 : SEXE ISTOCK Le Devoir à la 66e Berlinale Téchiné, Kiberlain et les autres Page B 8 Transport adapté Un cadre ?nancier contraignant pour les organismes Page B 5 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 5 F É V R I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 L A U R A K A N E à Vancouver Q uand le système laisse tomber une v i c t ime d\u2019agr ess ion sexuel le , ce t abandon aggrave encore plus le traumatisme lié à l\u2019attaque, selon une experte américaine qui se prépare à présenter une conférence à Vancouver.Jennifer Freyd, qui enseigne la psychologie en Oregon, s\u2019exprimera sur le sujet de la « trahison institutionnelle» à l\u2019occasion d\u2019un congrès de deux jours devant avoir lieu à l\u2019Université de la Colombie-Britannique à compter de lundi.Ce sont des professeurs qui ont choisi d\u2019organiser l\u2019événement après avoir constaté que la direction de l\u2019institution avait mis 18 mois à réagir à de nombreuses allégations visant un étudiant au doctorat.Mme Freyd a soutenu que les universités devraient être des environnements sûrs.Elle a mentionné qu\u2019aux États-Unis, « ces établissements sont dépeints publiquement comme étant des endroits où l\u2019on se sent protégé et surveillé ».Or, d\u2019après cette spécial iste, lorsque ce n\u2019est pas réellement le cas, les victimes sont plongées dans un grand désarroi.Critiques Plusieurs étudiants et diplômés de l\u2019Université de la Co- lombie-Britannique avaient tenu une conférence de presse, en novembre, parce qu\u2019ils estimaient que la direction de l\u2019établissement mettait beaucoup trop de temps à traiter les plaintes déposées contre un étudiant du troisième cycle.Par la suite, la présidente par intérim de l\u2019institution, Martha Piper, avait présenté des excuses et elle avait promis l\u2019élaboration d\u2019une politique indépendante en lien avec les agressions sexuelles.Pour l\u2019instant, l\u2019Université de la Colombie-Britannique dispose d\u2019une politique générale englobant les divers cas de harcèlement et de discrimination.La professeure de philosophie Carrie Ichikawa Jenkins espère que les choses pourront changer dans la foulée de la conférence.«Le but ultime [de l\u2019événement] est d\u2019en venir à avoir une politique ef ficace et fonctionnelle en lien avec les agressions sexuelles à l\u2019Université de la Colombie-Britannique», a-t-elle dit.Au Québec, l\u2019Université du Québec à Montréal a aussi été critiquée pour sa gestion de ce genre de plaintes.Jennifer Freyd a souligné que dif férents mécanismes peuvent être ef ficaces pour protéger les victimes.À son avis, il faut, par exemple, que les responsables institutionnels réagissent lorsqu\u2019ils reçoivent des plaintes, qu\u2019ils offrent de l\u2019éducation par rapport aux dommages associés aux agressions, qu\u2019ils encouragent les dénonciations et, surtout, qu\u2019ils fassent preuve de transparence.La Presse canadienne « Trahies » par le système Les victimes d\u2019agression sexuelle qui se heurtent à des institutions indifférentes vivraient un traumatisme encore pire ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La 7e Marche commémorative en hommage aux femmes autochtones disparues et assassinées s\u2019est tenue dimanche, à Montréal.A lors qu\u2019avai t l ieu la 7e Marche commémorative en hommage aux femmes autochtones disparues et assassinées dimanche à Montréal, la députée Manon Massé a interpellé le gouvernement Couillard pour qu\u2019il agisse avec plus de détermination dans ce dossier.Mme Massé, de Québec solidaire, estime que le gouvernement fédéral n\u2019est pas le seul à devoir agir contre les violences envers les femmes autochtones.Elle souligne que les services aux autochtones qui vivent à l\u2019extérieur des réserves, en milieu urbain, sont de responsabilité provinciale.Manon Massé rappelle les données de la Gendarmerie royale du Canada selon lesquelles au moins 46 homicides de femmes autochtones ont été répertoriés entre 1980 et 2012 au Québec, des drames qui ne sont pas seulement l\u2019apanage des réserves.Selon elle, c\u2019est la responsabilité du gouvernement du Québec de faire le nécessaire pour enrayer ce fléau, et que s\u2019y refuser relèverait de la «négligence criminelle».Plus de la moitié des autochtones du Québec vivent en milieu urbain.La députée de Québec solidaire admet qu\u2019après la récente crise de Val-d\u2019Or, le gouvernement s\u2019est mobilisé pour « éteindre les feux ».Dans la foulée, les Centres d\u2019amitié autochtone de Montréal, de Val- d\u2019Or et de Sept-Îles ont reçu un financement ponctuel d\u2019environ 50 000 $ pour embaucher des spécialistes.Mais ils attendent maintenant que ce financement soit renouvelé.Pour Manon Massé, si ces subventions prennent fin après seulement trois mois, «ce serait la preuve que les actions annoncées pour apaiser la crise de Val-d\u2019Or n\u2019auront été qu\u2019une opération stérile de relations publiques ».Mme Massé af firme que le gouvernement Couillard a la responsabilité de démontrer aux organisations autochtones et aux familles des victimes « qu\u2019il ne leur a pas menti et qu\u2019il a une réelle volonté d\u2019agir dans ce dossier».La Presse canadienne Femmes autochtones : le gouvernement du Québec sommé d\u2019apporter sa contribution U n policier a été tué par un suspect qui se serait ensuite enlevé la vie au cours d\u2019une inter vention policière qui a mal tourné samedi soir dans la communauté autochtone de Lac-Simon, à une trentaine de kilomètres de Val- d\u2019Or, en Abitibi.Une cellule de crise a été mise sur pied dans les heures qui ont suivi le drame.Le Conseil de bande de la région s\u2019est d\u2019ailleurs réuni dimanche après-midi pour faire le point sur la situation et pour permettre aux membres de la communauté d\u2019absorber le choc après les événements de la veille.Appelés à se rendre dans une résidence pour un conflit entre un nombre indéterminé de personnes, deux patrouilleurs de la police locale ont été accueillis par au moins un coup de feu.Selon la Sûreté du Québec, qui a été chargée de l\u2019enquête, les agents n\u2019auraient pas répliqué.Le suspect a été découvert sans vie à l\u2019intérieur du domicile.Il aurait retourné l\u2019arme contre lui.La SQ a donné son identité: il s\u2019agit d\u2019Anthony Raymond Papatie, 22 ans.L\u2019un des policiers a succombé à ses blessures.I l s \u2019agit de Thier r y Leroux, 26 ans, a indiqué un porte-parole de la SQ, le sergent Benoît Coutu.Le jeune homme du Lac-Saint-Jean était à l\u2019emploi du Conseil de la Nation Anishnabe de Lac-Simon depuis à peine six mois.La vie de l\u2019autre policier n\u2019est pas en péril.Par contre, il a subi un choc nerveux, a indiqué le syndicat.Condoléances Une marche d\u2019une soixantaine de personnes s\u2019est également mise en branle di - manche après-midi à la mémoire du jeune policier, mais aussi en soutien à la famille du tireur.Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représentait le défunt, a publié un bref communiqué en réaction à la triste nouvelle, dimanche après-midi.L\u2019un des conseillers du SCFP y a écrit que les collègues de M.Leroux étaient « secoués » par sa fin brutale.Stéphane Lachance a ajouté qu\u2019ils offraient « leurs plus sincères condoléances à la famille et aux proches de Thierry».M.Lachance a également indiqué qu\u2019ils se promettaient de suivre de près l\u2019enquête indépendante devant être menée par la SQ.En début d\u2019après-midi dimanche, le premier ministre Philippe Couillard a présenté ses condoléances aux familles et aux proches des victimes sur son compte Twitter.La Presse canadienne LAC-SIMON Un policier tué lors d\u2019une intervention [Les universités] sont dépeintes publiquement comme étant des endroits où l\u2019on se sent protégé et surveillé Jennifer Freyd, chercheuse en psychologie « » FACEBOOK/LA PRESSE CANADIENNE Le policier Thierry Leroux L e décrochage scolaire coûterait plus de 1,9 milliard de dollars chaque année à la société québécoise.Cette estimation dramatique est faite par les intervenants qui participent aux Journées de la persévérance scolaire au Québec, du 15 au 19 février.Chômage, aide sociale, délinquance, les répercussions du décrochage scolaire sont multiples.Toutefois, la situation s\u2019améliore au Québec.Avec un taux de diplomation de 77,7 %, la province est sur le point d\u2019atteindre son objectif de diploma- tion de 80%, d\u2019ici 2020.La population est invitée à se mobiliser pour la réussite éducative.Plusieurs centaines d\u2019activités sont organisées cette semaine à travers le Québec.L\u2019objectif est « d\u2019activer » la communauté autour des jeunes pour leur parler d\u2019ef- for ts, de persévérance, des risques du décrochage scolaire et des avantages d\u2019un diplôme.Mais il s\u2019agit aussi de rappeler à la population que la persévérance scolaire, « c\u2019est l\u2019af faire de tous » et que chaque jeune a besoin d\u2019encouragements quotidiens.Cette année, les élus et les gens d\u2019affaires sont particulièrement sollicités, pour mettre en place des environnements favorables à la persévérance et à la réussite scolaire.La Presse canadienne Le Québec paie cher le décrochage scolaire L E D E V O I R , L E L U N D I 1 5 F É V R I E R 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 U n lecteur d\u2019Acadie m\u2019écrit.Il me parle d\u2019une histoire de sang qui continue de faire couler de l\u2019encre chez lui.Le récit de cette af faire met depuis un moment à l\u2019épreuve la patience de mes oreilles.L\u2019Acadie nouvelle vient de rapporter que des analyses d\u2019ADN, cette carte du patrimoine génétique, concluent que les Nadeau sont bel et bien liés à la couronne des Bourbons\u2026 Et il s\u2019en trouve encore, paraît-il, pour croire que des hommes de mon patronyme sont liés par le sang à Louis XVII, dauphin de la couronne française.Les oreilles et les bras m\u2019en tombent.Quand bien même cela serait, le sang n\u2019explique rien, sinon l\u2019arrogance de ceux qui doivent le mérite qu\u2019on leur prête à la seule lignée de leurs ancêtres.Et la royauté n\u2019en constitue pas moins un crime de lèse-humanité.Mais en lisant plus attentivement, je comprends que l\u2019ancêtre qui lie la famille royale aux Nadeau vivait il y a 4300 ans.Or le nombre de nos ancêtres double à chaque génération.Après onze générations, ce qui nous conduit à la fin du XVIIe siècle, nous avons déjà plus de 2000 ancêtres.Reculez davantage et les chiffres deviennent vertigineux.Au temps de l\u2019empereur Charlemagne, le père analphabète de notre système scolaire, vous auriez en théorie plus de mille milliards d\u2019ancêtres.Vous n\u2019êtes pourtant rendus qu\u2019en l\u2019an 800.Imaginez le nombre devenu hallucinant si vous remontez jusqu\u2019à vous trouver du sang royal d\u2019il y a 4300 ans.En définitive, cela ne donne qu\u2019un sens encore plus sérieux à cette phrase juste de Montaigne: «Sur le plus haut trône du monde, on n\u2019est toujours assis que sur son cul.» Le genre humain forme une grande ronde, largement apparentée, du moins jusqu\u2019à un certain degré.En accord avec cette réalité profonde, la Révolution française promettait d\u2019asseoir ce principe d\u2019égalité de l\u2019humanité.Il s\u2019agissait d\u2019abord de démolir un système bâti pour entretenir une culture d\u2019obéissance monarchique vouée au seul profit de quelques- uns.En 1789, la Déclaration des droits de l\u2019homme et du citoyen proclame l\u2019égalité entre tous : «Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.» Cette déclaration de principes est tellement applaudie qu\u2019on en oublie de lire la phrase suivante : «Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l\u2019utilité commune.» Mettez les inégalités à la porte et quelque législateur rusé se charge, semble-t-il, de vite les faire revenir par la fenêtre\u2026 Tout le monde continue donc de soutenir son rang, de se battre pour ne pas en déchoir tandis que des inégalités vertigineuses se développent à nouveau entre riches et pauvres.Ces dernières années, cette peur du déclassement a favorisé la naissance de populismes exacerbés.À croire les Donald Trump et les Marine Le Pen, l\u2019ennemi du bien commun n\u2019est pas un système qui favorise la concentration de la richesse.Ce serait plutôt ceux qui, déshérités par lui, se battent pour espérer y survivre: les étrangers, les minorités, les femmes, les petits, les sans- grade.Les nouveaux professeurs de haine enseignent en somme aux victimes à se manger entre elles comme solution à un système qui les avale.La mondialisation qui annonçait le bonheur onctueux a créé un parcours miné pour presque toutes les sociétés au moment même où l\u2019humanité était savamment dressée à s\u2019éblouir devant la magnificence des puissants qui se nourrissent des faiblesses sociales.La lutte des classes?Officiellement, on n\u2019en parle plus, comme si cela n\u2019existait pas.Le grand travail de conditionnement des dernières années aura été de convaincre que cela a disparu au moment pourtant où l\u2019on retourne allègrement vers les fortes inégalités des siècles passés.Dans un contexte pareil, aux États-Unis de surcroît, le succès d\u2019un Bernie Sanders détonne.Bien que doux, le socialisme bon teint du sénateur du Vermont a de quoi surprendre.On s\u2019étonne même qu\u2019il puisse réussir à rappeler à tant de gens que le socialisme est une protestation concrète contre la réduction du potentiel humain et des valeurs d\u2019une société aux dimensions restreintes de la production marchande.Contre toute attente, l\u2019écho des discours de Sanders résonne soudain jusqu\u2019à l\u2019étranger.Mais on ne peut hélas s\u2019empêcher de penser, comme son compatriote John Steinbeck, que « le socialisme ne s\u2019est pas implanté aux États-Unis parce que les pauvres ne se considèrent pas comme des prolétaires exploités, mais comme des millionnaires qui sont temporairement dans l\u2019embarras».Si bien que les plus riches continuent de se réunir derrière des portes closes, et ensemble, à quelques-uns, sans utiliser de gros mots, conviennent d\u2019utiliser des fers qui laissent des marques sur les vies qu\u2019ils dirigent à leur guise.Est-il anodin de remarquer que même les chefs de partis sont tous issus désormais de cette petite fratrie produite par la haute finance ?Péla- deau, Couillard, Legault, Trudeau, tous des multimillionnaires.Les ultrariches, eux, n\u2019ont pas oublié ce pour quoi ils luttent.Warren Buffett, figure type du milliardaire américain, ne s\u2019y trompe pas lorsqu\u2019il déclare ceci sur les ondes de CNN : « Il y a une guerre de classe, d\u2019accord, mais c\u2019est ma classe, la classe des riches, qui mène la guerre et qui la gagne.» Bien que cette guerre se fasse aujourd\u2019hui le plus souvent en silence, est-il bien raisonnable de continuer de croire que nous vivons en temps de paix ?Bernie Sanders sonne à sa façon un réveil.jfn@ledevoir.com La guerre F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S P lus que sa remise en place, Québec solidaire exige que le gouvernement Couillard injecte aussi davantage d\u2019argent dans le Programme de prévention et d\u2019intervention en matière d\u2019exploitation sexuelle des adolescents qu\u2019il a aboli en 2014.Alors que la disparition de plusieurs adolescentes de centres jeunesse ramène sur la place publique le phénomène de l\u2019exploitation sexuelle des jeunes filles, la députée de Sainte- Marie\u2013Saint-Jacques, Manon Massé, a dénoncé dimanche le fait qu\u2019il y a, selon elle, de moins en moins de programmes et d\u2019argent pour lutter contre ce fléau.L\u2019élue montréalaise a indiqué que le programme en question, avec son enveloppe budgétaire de 1,4 million, finançait plusieurs organismes afin qu\u2019ils élaborent des projets pour prévenir l\u2019exploitation sexuelle.Or, déplore-t-elle, ces organismes se sont fait annoncer récemment la fin de leur financement.De fait, L\u2019Anonyme, organisme communautaire qui s\u2019attelle depuis plus de 25 ans à promouvoir les relations saines, a vu le financement de son projet Orbite supprimé l\u2019été dernier.Annuellement, dit-il, plus de 2500 jeunes de Montréal ont reçu des ateliers en prévention de l\u2019exploitation sexuelle.De son côté, l\u2019organisme Stella qui travaille auprès des travailleuses du sexe s\u2019est fait dire que son financement ne serait pas renouvelé au 31 mars prochain.Projets avortés, interventions de terrain suspendues et employés mis à pied sont quelques- unes des conséquences de la suppression de ce programme.Plus encore, ces compressions budgétaires compliquent grandement le travail de prévention et d\u2019intervention, soutient Ma- non Massé.«C\u2019est un milieu où il est primordial d\u2019établir des liens de confiance pour pouvoir intervenir ef ficacement, explique-t-elle.Sans financement, ces organismes n\u2019ont plus les moyens d\u2019avoir des intervenants professionnels sur le terrain à temps plein et, sans ces professionnels, ça devient très dif ficile d\u2019entrer en contact avec les jeunes à risque.» Courage politique Pour la députée solidaire, les récentes sorties dans les médias des ministres libéraux ne sont que de « la poudre aux yeux».«S\u2019il est vraiment sérieux, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, va arrêter de patiner et il va remettre de l\u2019argent dès maintenant pour faire en sor te que la coupure de service soit la moins longue possible, a indiqué Manon Massé en entrevue avec Le Devoir.Parce qu\u2019en ce moment, ce gouvernement fait preuve de négligence, encore plus lorsqu\u2019on sait qu\u2019on avait un programme efficace.L\u2019austérité libérale ne doit pas mettre en danger nos adolescentes.» «Le développement d\u2019une société, ça ne se fait pas toujours avec des colonnes de chiffres, ce n\u2019est pas toujours un choix économique, a-t-elle ajouté avec aplomb.C\u2019est un choix politique.Ça prend du courage politique ! » Travailler en amont Pour les organismes communautaires, la crise des centres jeunesse, bien que fortement médiatisée, n\u2019est que la partie visible de l\u2019iceberg.« Ça va plus loin que les fugues, plus loin que le proxénétisme, soutient la directrice générale de L\u2019Anonyme, Sylvie Boivin.Ça commence dans les écoles la prévention, avec un programme d\u2019éducation sexuelle adéquat.» «Notre objectif est de dépasser la violence et de travailler en amont, ajoute-t-elle.Si on fournit aux jeunes assez d\u2019outils, les risques sont considérablement réduits, et ce, même s\u2019ils se retrouvent en situation d\u2019extrême vulnérabilité.» Même son de cloche du côté de Sandra Wesley, la directrice générale de l\u2019organisme Stella, qui déplore ce désinvestissement de la part du gouvernement.« La jeunesse a des besoins constants.En coupant le financement, on leur barre des portes, alors qu\u2019il faudrait travailler à jeter des ponts.» Le Devoir EXPLOITATION SEXUELLE Réinvestir pour aller au-delà de la crise Un chapelet d\u2019organismes demandent le rétablissement des budgets en prévention MARTIN DIMITROV GETTY IMAGES Les récents cas de fugues dans les centres jeunesse ont mis en lumière la complexité de la question de l\u2019exploitation sexuelle des adolescents.F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S L e Parti québécois demande au gouvernement québécois de suspendre le ser vice UberX, du moins pendant la durée de la Commission parlementaire sur le transport de personne qui doit s\u2019amorcer jeudi.La por te-parole en matière de transpor t pour l\u2019opposition of fi- cielle, Martine Ouellet, a af firmé éprouver un «gros malaise» avec le fait que les dirigeants d\u2019Uber soient invités à témoigner dans le cadre d\u2019une commission parlementaire alors qu\u2019ils « font encore des pratiques illégales sur le terrain».«C\u2019est la moindre des choses que les intervenants qui viennent nous rencontrer à l\u2019Assemblée nationale ne soient pas, en même temps, en train de bafouer nos lois», a-t-elle indiqué en point de presse dimanche matin.Le PQ joint ainsi sa voix à celles des chauf feurs de taxi, du maire de Montréal Denis Coderre et des municipalités de la région de Montréal qui ont déjà fait savoir qu\u2019ils souhaitaient voir le service suspendu rapidement.Injonction Pour la députée de Vachon, il est plus que temps que le gouvernement libéral agisse fermement vis- à-vis d\u2019Uber et qu\u2019il prenne les moyens nécessaires pour mettre un terme « aux activités de trans- por t illégal qui ont cour t sur son territoire».«À Vancouver, on a eu recours à l\u2019injonction pour faire cesser les activités illégales, c\u2019est un moyen qui est disponible pour le gouvernement du Québec, a-t-elle rappelé.Lorsqu\u2019ils [le ministre des Transports, Jacques Daoust, et le premier ministre, Philippe Couillard] se disent impuissants, ce n\u2019est pas le cas.Ils ont des moyens à leur disposition.S\u2019ils ne veulent pas les utiliser, c\u2019est une autre question !» Mar tine Ouellet a également profité de la tribune pour rappeler qu\u2019en plus de ne pas se plier aux règles de l\u2019industrie du transport de personnes, le géant cali- fornien ne paye pas de taxes ni d\u2019impôts.« C\u2019est une véritable insulte au gouvernement », a-t-elle ajouté avec véhémence.Uber réagit Le porte-parole d\u2019Uber Canada, Jean-Christophe De Le Rue, a accusé la députée péquiste de « faire de la désinformation».En agissant ainsi, Martine Ouellet « souhaite utiliser tous les prétextes possibles pour empêcher le covoiturage urbain au Québec».Il a d\u2019ailleurs réitéré l\u2019intention de l\u2019entreprise d\u2019arriver à «une solution qui sera bénéfique pour les consommateurs et équitable pour les intervenants impliqués ».En ce sens, Uber souhaite que « cette commission parlementaire soit un pas de plus en vue de la réglementation du covoiturage urbain».M.De Le Rue a a jouté que, contrairement aux dires de M m e Ouel let , « i l n \u2019y a pas eu d\u2019injonction à Vancouver » .Le gouvernement britanno-colom- bien « entretient un dialogue positif avec Uber afin de développer une réglementation ».Le Devoir Le PQ réclame la suspension d\u2019UberX La commission parlementaire sur l\u2019industrie doit commencer jeudi ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Uber accuse la porte-parole péquiste en matière de transports, Martine Ouellet, de faire de la désinformation.JEAN-FRANÇOIS NADEAU L e chef de la direction d\u2019Agropur a présenté ses excuses, dimanche, pour avoir « laissé croire » qu\u2019il sous-estimait l\u2019importance du français dans les communications avec les employés.Le syndicat représentant les employés de l\u2019usine Aliments Ultima, qui produit le yogourt Iögo, a déploré que le vice- président aux opérations, Dan Jewell, soit incapable de s\u2019adresser aux employés en français.La question a fait sur face mercredi dernier à la conférence de presse suivant la 77e assemblée d\u2019Agropur \u2014 qui se déroulait à huis clos \u2014, mais elle n\u2019a pas semblé déranger le chef de la direction de la coopérative, Rober t Coallier.Il a répondu qu\u2019Agropur et Ultima étaient « des entreprises de taille internationale » qui engageaient des gens pour leurs compétences, et non pour leur langue.Agropur et Agrifoods détiennent à par ts égales Aliments Ultima, qui exploite également une usine en Co- lombie-Britannique.«Des faiblesses» Dans un communiqué publié dimanche, le président d\u2019Aliments Ultima, Mar tin Parent, a reconnu que l\u2019utilisation du français dans l\u2019entreprise a connu « des fai - blesses » et a af firmé que les cadres concernés commencent immédiatement à suivre des cours de français.« Nous nous assurerons dorénavant d\u2019embaucher des cadres qui, s\u2019ils travaillent au Québec, puissent communiquer adéquatement en français.» « Je suis désolé que mes propos du 10 février aient laissé croire que je sous-estimais l \u2019 impor tance de la langue française dans les communications avec les employés, a dit M.Coallier.[\u2026] Nous ne ferons pas de compromis quant au respect du français comme langue de travail au Québec.» À la suite du débat soulevé en conférence de presse, la ministre responsable de la Char te de la langue française, Hélène David, avait invité les chefs de l\u2019entreprise à apprendre le français.La Presse canadienne M I C H E L L E M C Q U I G G E à Toronto D e toute évidence, le tapis rouge n\u2019est pas déroulé pour tous les réfugiés voulant s\u2019installer au Canada.La directrice du Conseil canadien pour les réfugiés, Janet Dench, craint que les récents ef for ts déployés par Ottawa pour recevoir de nombreux Syriens ne finissent par entraîner la création d\u2019un système à deux vitesses.Mme Dench a rappelé que l\u2019obtention du statut de réfugié au pays est normalement un processus bureaucratique complexe comportant des règles, des quotas et des restrictions de toutes sortes.Or, plusieurs de ces barrières ont été retirées pour faciliter l\u2019arrivée des Syriens.Selon elle, cette disparité peut nuire aux réfugiés venant d\u2019autres pays.«Le système a été établi pour décourager les gens.Il est difficile, sinon impossible, de parrainer des réfugiés [d\u2019autres nationalités].» Listes d\u2019attente Une communauté mennonite de Montréal en a fait l\u2019expérience après avoir décidé de parrainer un réfugié.Le pasteur John Docherty raconte que sa communauté était déchirée entre le choix qui se posait à elle : parrainer une famille syrienne ou une famille d\u2019un autre pays.Or, elle a constaté que le délai pour faire approuver la candidature d\u2019un réfugié non syrien est beaucoup plus long que pour un Syrien.Pour sa part, le ministre fédéral de l\u2019Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, affirme que même si beaucoup d\u2019attention est portée aux Syriens, les réfugiés provenant d\u2019autres pays ne sont pas négligés pour autant.Il reconnaît, toutefois, que ces derniers doivent malheureusement s\u2019armer de patience puisque son équipe et lui-même doivent composer avec d\u2019interminables listes d\u2019attente.«Un de nos principaux défis est de les réduire et de diminuer les délais de traitement.C\u2019est que nous nous ef forçons de faire, mais ça ne se réglera pas du jour au lendemain», précise-t-il.Selon lui, la faute en incombe au gouvernement précédent.« Les gens attendent tant de choses depuis de si nombreuses années», a-t-il déclaré.Cinq ans plus tard Selon des données de Citoyenneté et Immigration Canada, le temps moyen d\u2019attente pour un réfugié africain ou venant du Proche-Orient et bénéficiant d\u2019un parrainage privé était de 45 mois en 2015.Dans certains cas, l\u2019attente pour obtenir le visa d\u2019entrée peut même atteindre 69 mois, soit un peu moins de six ans.Ce délai est si long que le pasteur Docherty reconnaît que son groupe pourrait jeter son dévolu sur une famille syrienne.«Les gens qui ont l\u2019énergie aujourd\u2019hui n\u2019en auront peut-être pas autant dans cinq ans, dit-il.En raison de cet enthousiasme, de cette motivation, de cette volonté et de la facilité avec laquelle nous pouvons trouver l\u2019argent, la tentation est for te de se lancer dans ce processus.Dans cinq ans, tout ça aura assurément disparu.» La Presse canadienne L E D E V O I R , L E L U N D I 1 5 F É V R I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 xi é Ale Andr e le dé?elè s r seller am - est b e à la façon d rir c é \u2019 d .N I A EM D LIRE À AN NN ÉTO TE TEX UN ain.éric un \u2019 v T Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Résultats des tirages du : Résultats des tirages du : En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité.compl.compl.l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s COMPL.19 20 26 31 34 39 48 18 40 000 000 $ Prochain gros lot (approx) : 0009520 02 09 25 27 31 42 18 01 13 22 25 30 36 11 2016-02-13 2016-02-12 + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 48121994-01 Prochain gros lot (approx.) : 8011222 Consultez les résultats du tirage du Lotto 6/49 à loto-quebec.com, avec l'application mobile ou chez votre détaillant.Pierre Moreau reprend le travail Après deux semaines de convalescence, le nouveau ministre de l\u2019Éducation, Pierre Moreau, sera de retour au travail cette semaine.M.Moreau a indiqué à La Presse que sa santé s\u2019était améliorée, même si ses médecins ignorent toujours quel virus a pu provoquer la chute de tension dont il a été victime lors de son assermentation.Le ministre ajoute qu\u2019il subira d\u2019autres examens, mais il est déjà exclu qu\u2019il ait fait une mononucléose ou une méningite.Pierre Moreau participera cette semaine à la commission parlementaire sur la réforme de la démocratie scolaire.La Presse canadienne Conciliation travail- famille : une loi- cadre est réclamée La Coalition pour la conciliation famille-travail-études presse le gouvernement québécois de voter une loi-cadre afin de concilier les exigences du travail avec les responsabilités parentales.Après deux ans de consultations, la coalition, qui regroupe une quinzaine de syndicats nationaux et groupes d\u2019intérêt, a annoncé son programme au cours d\u2019une conférence de presse, dimanche matin.Elle recommande certaines mesures pour faciliter la conciliation dans la société.Selon l\u2019organisme, une loi-cadre aurait l\u2019avantage notamment «de favoriser le maintien en emploi des parents et des proches ai- dants, en particulier les femmes, de diminuer la précarité en emploi et, surtout, d\u2019obliger tous les acteurs de la société à s\u2019engager à l\u2019amélioration des conditions de vie et de travail de l\u2019ensemble de la population».La plateforme de revendications sera remise à l\u2019ensemble de la députation à l\u2019Assemblée nationale, dont les ministres du gouvernement Couillard.La Presse canadienne JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une famille de réfugiés syriens à son arrivée à l\u2019aéroport Montréal-Trudeau vendredi.Nous nous assurerons dorénavant d\u2019embaucher des cadres qui, s\u2019ils travaillent au Québec, puissent communiquer adéquatement en français Martin Parent, président d\u2019Aliments Ultima « » Réfugiés : un système canadien à deux vitesses ?Certains dénoncent la différence de traitement entre les dossiers syriens et ceux des réfugiés venus d\u2019ailleurs A R N A U D S T O P A Q ue ce soit pour lever des fonds pour un organisme communautaire, chercher une mise de fonds pour un projet d\u2019entreprise d\u2019économie sociale ou tout simplement lancer une idée pour améliorer son quartier, une nouvelle pla- teforme virtuelle montréalaise a été créée pour faciliter le financement du développement local rendu plus dif ficile par les compressions.Mobilisons local fonctionne à la manière d\u2019un site de sociofi- nancement, à la différence que cette plateforme-ci souhaite créer des liens dans la communauté.«Nous voulons mobiliser nos ressources sur nos territoires pour nos projets », indique Ra- chad Lawani, idéateur de la pla- teforme et conseiller aux entreprises collectives auprès de la Corporation de développement de l\u2019Est (CDEST), elle-même partenaire du projet.Donner son argent\u2026 ou son temps L\u2019interface vise surtout les petits projets de quelques milliers de dollars, disqualifiés par les critères de subventions.Ainsi, pour cette raison, Mobilisons local a fait le choix de demander un certain nombre d\u2019appuis aux entrepreneurs intéressés par l\u2019outil, avant de pouvoir lancer une campagne de sociofinancement.Cinquante personnes prêtes à aider sont donc nécessaires à l\u2019inscription d\u2019un projet.Pour les organismes communautaires et entrepreneurs, l\u2019intérêt se trouve dans la possibilité de récolter les fonds promis lors de la campagne de financement, et cela, même si leur objectif n\u2019est pas atteint.«Sur beaucoup de plateformes, c\u2019est tout ou rien, alors qu\u2019un organisme qui reçoit 3000$ sur un objectif de 5000 $ en aura tout autant besoin », explique Rachad Lawani.Il y a aussi la possibilité pour les personnes intéressées de proposer des services en temps, plutôt qu\u2019en argent, afin d\u2019inclure celles qui n\u2019ont pas forcément les moyens de soutenir un projet, mais qui souhaitent of frir une expertise.«Ça valorise l\u2019engagement et le bénévolat, soutient Francine Labelle, directrice de la CDEST.C\u2019est l\u2019une des raisons principales pour lesquelles on a jugé bon de soutenir ce projet.» Drôle de moment pour dévoiler son projet, selon son géniteur.Le lancement du site s\u2019est fait quelque temps après la restructuration dans l\u2019aide au développement local à Montréal.En 2014, les mesures d\u2019austérité du gouvernement libéral avaient fait péricliter ces fonds.À Montréal, l\u2019enveloppe est ainsi passée de 17,5 à 6,8 millions de dollars.«Les entreprises d\u2019économie sociale ont toujours eu une source de financement très petite, même avant cette réduction de financement.[\u2026] C\u2019est sûr que l\u2019outil devient, avec la situation actuelle, hyperpertinent.» Rebrassage En plus de la diminution de l\u2019enveloppe, le Pacte fiscal remettait entre les mains du maire Denis Coderre la gestion des 18 Corporations de développement économique communautaire (CDEC) et les Centres locaux de développement (CLD).En octobre 2015, le maire a lancé PME MTL, qui remplace l\u2019ancien maillage des CLD par une structure centralisée autour de six pôles territoriaux, comme la CDEST pour l\u2019est de l \u2019 î le.Un coup dur pour Mobilisons local, qui a dû réduire ses ambitions par manque de par tenariat durant la restructuration.« Si les CDEC étaient comme elles étaient avant le pacte fiscal, j \u2019aurais eu plus de financements, déplore Rachad La- wani.J\u2019ai dû moi-même financer le projet, parce que les autres sources de financement privées n\u2019étaient pas au rendez-vous.» Sa démarche a été pourtant reconnue par l\u2019opération « Je vois Mtl» tenue par la Chambre de commerce de Montréal et la Ville en 2014, qui l\u2019avait sélectionnée avec 180 autres projets pour «accroître la prospérité de la métropole».Mais il déplore encore le manque de soutien.« Dans beaucoup de régions à l\u2019extérieur du Canada, ce sont les collectivités locales qui financent les plateformes collaboratives pour des projets locaux.À Montréal, on est encore loin de cette vision, de faire du développement de manière innovante, même si on se targue d\u2019être une ville intelligente.» Le Devoir DÉVELOPPEMENT LOCAL Le sociofinancement arrive en renfort La plateforme Mobilisons local voit le jour AGROPUR Les cadres unilingues suivront des cours de français LA PRESSE CANADIENNE Le ministre Pierre Moreau L E D E V O I R , L E L U N D I 1 5 F É V R I E R 2 0 1 6 SOCIETE A 5 S Y L V I E L O G E A N Y a-t-il un lien entre notre microbiote, ces centaines de milliards de bactéries qui colonisent notre intestin, et notre cerveau ?Des évidences préliminaires issues de dif férents travaux sur l\u2019homme tendent aujourd\u2019hui à montrer que les microbes vivant dans notre ventre pourraient avoir une influence sur la survenue de maladies neurodégénératives ou neu- ropsychiatriques, comme la maladie d\u2019Alzheimer, Parkinson ou l\u2019autisme.L\u2019existence du microbiote \u2014 qu\u2019on qualifie désormais d\u2019organe \u2014 a été découverte il y a seulement quelques années.Celui-ci est unique pour chacun d\u2019entre nous, à l\u2019image d\u2019une empreinte digitale.Il pèserait entre un et deux kilos, et serait composé de 50 à 100 000 espèces de bactéries dif férentes.Logées dans notre tractus intestinal, ces dernières seraient dix fois plus nombreuses que la totalité des cellules qui constituent le corps humain.Non seulement elles sont indispensables à la digestion des aliments et à la synthèse des vitamines, mais elles interviennent aussi dans la maturation du système immunitaire et jouent un rôle crucial dans l\u2019équilibre des fonctions physiologiques.Un dialogue avec le cerveau Lorsque ce délicat équilibre est rompu, des troubles peuvent apparaître, aussi divers que le diabète, les maladies inflammatoires intestinales, l\u2019obésité, ou, justement, des affections de type neurologiques.Car il apparaît aujourd\u2019hui que notre système ner veux entérique, qui contrôle le système digestif à l\u2019aide de ses 200 millions de neurones, dialogue en permanence avec le cerveau, et serait ainsi en mesure d\u2019influer sur la façon dont il fonctionne.La maladie de Parkinson, par exemple, pourrait trouver son origine dans le ventre, selon des études récentes présentées à Genève.« L\u2019intestin est touché dans une phase précoce de la maladie, probablement des dizaines d\u2019années avant l\u2019apparition des troubles moteurs, confirme Filip Scheperjans, neurologue à l\u2019Hôpital universitaire d\u2019Helsinki.Pour 30 à 50 % des patients, les premiers symptômes de Parkinson se traduisent par une atteinte de l\u2019olfaction, des problèmes de déglutition et de la constipation.» Le chercheur finlandais a aussi observé des différences entre le microbiote intestinal de patients atteints et celui de personnes en bonne santé, qui dépassent les simples disparités interpersonnelles.Il existerait en outre une corrélation directe entre la quantité de microbes de genre Enterobacteriaceae (un type de bactérie pouvant être pathogène ou ne causer aucun mal selon son sous-type) et le degré de gravité des problèmes de mobilité et d\u2019équilibre chez les patients atteints.Autre découverte : la majorité des malades auraient les mêmes lésions propres à Parkinson dans leur système nerveux intestinal et leur cerveau.Cette avancée dans la compréhension de la maladie laisse entrevoir la mise en place de nouveaux outils de diagnostic précoce.Il devient en ef fet possible d\u2019imaginer qu\u2019une simple biopsie du colon permettrait de dépister cette affection avant même l\u2019apparition des signes moteurs.« L\u2019inoculation du micro- biote de ces patients à des souris susceptibles de développer la pathologie pourrait également représenter un énorme raccourci dans le temps, car, en quelques semaines, on pourrait voir l\u2019évolution de cette af fection chez l\u2019animal, et ainsi mieux évaluer le risque réel du patient face à la maladie », complète le professeur Jacques Schrenzel, responsable du laboratoire central de bactériologie aux Hôpitaux universitaires de Genève.Alzheimer aussi Des modifications du microbiote ont aussi été observées dans le cas de la maladie d\u2019Alzheimer.Selon Angela Kamer, du Center for the Brain Health de l\u2019Université de New York, « il pourrait y avoir un lien entre les maladies paro- dontales, qui touchent les tissus de soutien des dents, et des troubles cognitifs ».Cette corrélation s\u2019appuie, entre autres choses, sur une observation réalisée en 2013 au Royaume-Uni, où la présence de la bactérie Porphyromonas gingi- valis a été détectée dans le cer veau de plusieurs patients atteints de la maladie d\u2019Alzheimer.Ce microbe, responsable des lésions paro- dontales avancées, aurait également comme caractéristique de bloquer le mécanisme naturel de régénération des cellules.De plus, selon des travaux réalisés en Lom- bardie sur 270 patients atteints de troubles cognitifs associés à la maladie d\u2019Alzheimer, le dépôt d\u2019amyloïde, l\u2019un des marqueurs prédominants de cette pathologie, serait également associé à un déséquilibre du microbiote, lorsque des bactéries entraînant des phénomènes inflammatoires prennent le dessus dans la flore intestinale.Génération microbiote Les liens entre le microbiote et certaines affections neuropsychiatriques ne s\u2019arrêtent pas là.Des travaux réalisés notamment en Californie ont ainsi pu prouver qu\u2019en modulant la flore intestinale, il était possible d\u2019influer sur les symptômes de l\u2019autisme chez l\u2019animal.Des extrapolations chez l\u2019homme restent toutefois encore difficiles à réaliser.Pour en savoir davantage, une vaste étude baptisée « génération MB », dont le but est de mieux comprendre le lien entre le microbiote et dif férentes maladies inflammatoires, dont l\u2019autisme, devrait être lancée à Genève dès l\u2019année prochaine.Elle réunira une large cohorte de nouveau-nés, en les suivant depuis leur vie intra-utérine (par un prélèvement de selles chez la mère), jusqu\u2019à environ 2 ans, âge auquel le microbiote intestinal se stabilise.Les bébés, stériles in utero, développent leur flore intestinale au cours des deux premières années de leur vie, en entrant tout d\u2019abord en contact avec les bactéries maternelles à la naissance, puis avec les microbes présents dans l\u2019environnement.Selon divers travaux, un accouchement par césarienne, l\u2019allaitement par biberon ou encore la prise d\u2019antibiotiques pourraient modifier le microbiote de l\u2019enfant en affaiblissant sa diversité, générant ainsi une plus grande sensibilité aux maladies inflammatoires.Pour Jacques Schrenzel, l\u2019un des instigateurs du projet, « cette étude permettra de remonter dans le temps.Certains de ces enfants vont probablement développer une maladie inflammatoire, comme l\u2019autisme.En ayant accès à leur microbiote à des moments précoces de leur vie, on espère pouvoir avoir une idée plus précise des interactions en jeu et envisager, à terme, des études thérapeutiques».Quels traitements?Si les scientifiques semblent convaincus du rôle pathogène des bactéries dans l\u2019apparition de certaines maladies neurologiques, l\u2019aspect thérapeutique reste, quant à lui, un champ d\u2019étude à défricher.Nous disposons de plusieurs outils pour intervenir sur notre flore intestinale et ses bactéries : antibiotiques, probio- tiques (des bactéries et levures bénéfiques pour le microbiote), prébiotiques (des molécules rétablissant son équilibre), l\u2019alimentation ou encore les transplantations fécales, qui consistent à remplacer la flore intestinale d\u2019un malade par celle d\u2019un donneur.Mais les effets de certains de ces moyens sont complexes à évaluer, et l\u2019on ignore encore leurs possibles effets secondaires.Des études précliniques conduites à l\u2019Université de Los Angeles ont cependant identifié plusieurs mécanismes selon lesquels les probiotiques pourraient influer sur les interactions entre le microbiote intestinal et le cerveau.Mais ces résultats sont encore à confirmer à plus large échelle.« C\u2019est tout de même assez excitant, car il est probablement plus facile de manipuler le micro- biote que nos cellules sur un plan génétique, s\u2019enthousiasme Jacques Schrenzel.Certes, il est nécessaire de mieux comprendre les mécanismes en cause avant d\u2019aborder l\u2019aspect thérapeutique, mais on avance rapidement dans ce domaine.» Le Temps Quand le ventre fait mal au cerveau Notre microbiote intestinal influerait sur l\u2019apparition de pathologies L\u2019 un des problèmes les plus épineux du nucléaire reste l\u2019enfouissement des déchets dans un lieu qui restera longtemps sécuritaire.Un groupe américain propose de nouveaux sites, tout en émettant une crainte bien de notre temps : et si, dans un lointain avenir, quelqu\u2019un effectuait un forage sans savoir ce qui dort là-dessous ?Le problème est que le principal site d\u2019enfouissement des États-Unis, à Carlsbad, au Nouveau-Mexique \u2014 qui accueille du plutonium, mais aussi de l\u2019équipement de laboratoire contaminé \u2014 sera rempli en 2033.Et la demande pour de l\u2019espace neuf ne risque pas de diminuer, avec les traités de réduction des arsenaux nucléaires.C\u2019est de là qu\u2019est venu en 2015 un rapport du ministère de l\u2019Énergie qui, contrairement à ses prédécesseurs, s\u2019inquiète davantage des risques humains que géologiques.Par exemple, comment s\u2019assurer que, dans quelques milliers d\u2019années, les gens de la région sauront qu\u2019il ne faut pas forer pour le sel qui dort dans le sous- sol ?Des estimations du nombre de forages par kilomètre carré sur un siècle permettent en effet de croire que, si une surveillance sévère n\u2019est pas maintenue indéfiniment, il y aura tôt ou tard un puits qui passera au travers du dépôt de déchets nucléaires\u2026 Agence Science-Presse Le risque à long terme des matières radioactives enfouies SÉBASTIEN BOZON AGENCE FRANCE-PRESSE Des recherches permettent de croire qu\u2019il y aurait une relation entre le microbiote et certaines maladies dégénératives comme l\u2019Alzheimer, le Parkinson ou encore l\u2019autisme.L a solution est rarement là où on la cherche.Crise de la représentation politique, crise des médias, absurdité de la socialisation numérique, uberisation de l\u2019économie, exploitation de jeunes filles par des réseaux obscurs, trouble des nationalismes, crise des flux migratoires\u2026 Depuis quelque temps, il faut avoir des lunettes roses solidement accrochées sur le bout du nez pour ne pas voir le présent s\u2019enliser dans tous ses travers sans qu\u2019il donne pour autant l\u2019impression d\u2019être arrivé au début d\u2019un commencement pour s\u2019en sortir.L\u2019austérité, la récession ne sont pas juste économiques, elles sont aussi intellectuelles et idéologiques.Et si c\u2019était par la création artistique, par l\u2019intervention déstabilisante, mais évocatrice, de l\u2019art dans l\u2019espace public que les portes de sortie, que les mécaniques d\u2019un renouveau, que les fondements d\u2019un véritablement changement pouvaient finalement être révélés?Vous savez, cet art, malmené dans les années sombres et conservatrices, et dont les subversions qu\u2019il expose en ce moment, quand on regarde un peu autour de nous, mériteraient d\u2019être un peu plus soutenues et encouragées.Pour le bien commun.Ce n\u2019est certainement pas l\u2019artiste New-Yor- kaise Lauren McCarthy qui pourrait s\u2019en plaindre, elle qui vient de faire apparaître il y a quelques jours dans les univers numériques l\u2019application Follower, un bijou d\u2019introspection par l\u2019art, qui propose à ses utilisateurs de se faire suivre dans leur quotidien, épier et même photographier pour de vrai par un inconnu, dans la rue, à travers la fenêtre de leur appar tement ou la vitrine d\u2019un café où l\u2019on est venu rencontrer un ami, et ce, pendant 24 heures.L\u2019idée derrière cette « intervention ar tistique » plus qu\u2019une prouesse technologique, assure celle qui l\u2019a façonnée, est de forcer la réflexion sur la mise en exposition de notre intimité, livrée à des amis tout comme à des anonymes dans les univers numériques.Elle part d\u2019une préoccupation de l\u2019artiste qui, depuis des années, cherche à décoder ce marqueur de réussite sociale qui tient désormais dans le nombre d\u2019abonnés accumulés sur un compte et sur les conséquences d\u2019une telle recherche d\u2019attention sur les comportements humains tout comme sur les frontières entre vie privée et vie publique.Écouter pour troubler Le projet de McCarthy, qui pour le moment ne peut s\u2019incarner que dans la ville de New York, n\u2019est pas sans rappeler celui de Kyle McDonald et Brian House qui, il y a quelques années, ont mis au point une lampe de chevet en apparence anodine capable d\u2019écouter les conversations se jouant autour d\u2019elle pour en reproduire le contenu sur un compte Twitter.Conversnitch \u2014 c\u2019est son nom \u2014 a été pensé pour mettre en lumière cette nouvelle écologie sociale qui se nourrit désormais de la confidence hasardeuse, et ce, dans un conformisme, un aveuglement collectif que d\u2019autres interventions artistiques cherchent de plus en plus à surligner.C\u2019est le cas, en par tie du projet Dada- data.net, dont il a été question dans ces pages la semaine dernière.Cette création en ligne tente de rappeler l\u2019esprit du dadaïsme, cette contre-révolution intellectuelle, artistique et littéraire qui célèbre son centenaire ce mois-ci, au bon souvenir du présent.Et pourquoi au juste ?Pour mieux l\u2019aider à cerner, pour s\u2019en défaire, les contraintes sociales et l\u2019homogénéisation des rapports humains imposés par une poignée de multinationales qui ont commercialisé la socialisation en ligne.Pour se sortir aussi de tous ces conformismes, ces conventions, cette poussière qui paralysent les mutations politiques, économiques ou sociales, en empêchant d\u2019envisager autre chose que la reproduction de modèles, de structures, de principes étant probablement arrivés au bout de leur vie utile.Le mouvement Dada, mutin à dessein, avait cet objectif il y a 100 ans, dans une époque sclérosée et dont les blocages, estiment les promoteurs de son renouveau, ne sont pas sans rappeler, d\u2019une manière troublante, les impasses d\u2019au- jourd\u2019hui.L\u2019absurde d\u2019une guerre contre une entité insaisissable, les replis identitaires, l\u2019accroissement des inégalités sociales, les entraves à la liberté ou l\u2019appropriation du bien public par des intérêts commerciaux, peuvent en faire partie.Le spécialiste de la murale sauvage et urbaine Banksy, en un pochoir à Calais, dans le nord de la France, force la question sur le traitement inhumain réservé à des réfugiés humanitaires.Son proche cousin, l\u2019artiste chinois Ai Weiwei, en rejouant dans une photo la scène du petit Alan Kurdi sur une plage de Lesbos, en Grèce, tente de ranimer une compassion qui s\u2019est évaporée.À moins qu\u2019ils ne cherchent, comme le Follower de McCarthy ou les Dada du «data», à dérouter cette trajectoire collective menant dans un cul-de-sac dont il serait temps, à les voir grouiller, de se sortir.Sur Twitter : @FabienDeglise #CHRONIQUEFD Subversions salvatrices FABIEN DEGLISE L\u2019austérité, la récession ne sont pas juste économiques, elles sont aussi intellectuelles et idéologiques Faut-il enseigner l\u2019histoire comme un récit ou, au contraire, la décortiquer avec les élèves pour qu\u2019ils développent des compétences?Au moment où l\u2019on prépare une nouvelle version du cours d\u2019histoire au secondaire, cet intéressant débat a ressurgi la semaine dernière dans nos pages.Selon nous, un compromis est possible.Malheureusement, les tenants du programme de 2006 le rejettent totalement.l y a quelques jours, l\u2019enseignant François-Xa- vier Delorme publiait un intéressant texte dans notre page Idées (Le Devoir, 6 février), où il se réjouissait de la transformation prochaine (à l\u2019automne 2016) du cours d\u2019histoire de 3e et 4e secondaires.Depuis l\u2019adoption du programme de 2006, on enseigne l\u2019histoire de matière chronologique en 3e secondaire.L\u2019année suivante, en 4e secondaire, on réétudie la même histoire selon des thèmes (politique, économie, population et culture).Certains élèves se plaignent de nombreuses redondances.Les professeurs admettent que le peu de temps disponible en 3e secondaire les contraint à passer de grands pans de l\u2019histoire du Québec sous silence.Le nouveau programme adopte une présentation chronologique sur deux ans avec 1840 comme date charnière.C\u2019est là un progrès.Mais M.Delorme souligne que l\u2019esprit dans lequel le contenu doit être présenté est toujours celui qui rejette le récit.Or, comme il le soulève de manière pertinente: «Les élèves du secondaire n\u2019ont pas comme préoccupation première de décortiquer scientifiquement la matière en se souciant des données quantifiables de l\u2019histoire économique et sociale.Ces élèves veulent d\u2019abord qu\u2019on leur raconte une histoire.» En effet, le cours d\u2019histoire au secondaire n\u2019est pas un séminaire de doctorat.Les énoncés de compétences de notre école du renouveau pédagogique donnent parfois l\u2019impression de catapulter les élèves aux études postsecondaires poussées.D\u2019accord pour orienter une ?lle ou un garçon de 14 ou 16 ans vers l\u2019idéal d\u2019«interroger les réalités sociales à l\u2019aide de la méthode historique» ; mais encore faut-il qu\u2019elle ou il ait un minimum de connaissance des « réalités sociales» et de la «méthode historique».On sait à quel point le renouveau pédagogique a eu tendance à mettre les connaissances au second plan.Par peur de ce repoussoir caricatural quali?é d\u2019«encyclopédisme».Pourquoi ce qui va de soi en mathématiques (apprentissage par cœur de tables de multiplication) ou en français (conjugaisons) est-il considéré comme de l\u2019encyclopédisme abominable en histoire (quelques dates, quelques personnages, un récit)?Les craintes « des critiques du récit » sont compréhensibles.Veut-on revenir à une époque où l\u2019on chantait que notre «histoire est une épopée des plus brillants exploits » ?Personne ne le suggère ! Ni M.Delorme, ni Jacques Beauchemin et Nadia Fahmy- Eid, coauteurs d\u2019un rapport nuancé à l\u2019origine de la présente réforme du cours d\u2019histoire.Cette dernière consiste en une réforme synthèse proposant justement un compromis entre l\u2019histoire dite « sociale » et l\u2019histoire nationale ; entre l\u2019approche par compétences et l\u2019histoire-récit.Mais les tenants du programme de 2006 n\u2019en démordent pas: ce sera leur vision ou le nationalisme «endoctrineur».Dans une réponse au texte de M.Delorme, une doctorante, Chantal Rivard, écrit «l\u2019enjeu est clair: savoir penser, critiquer la société ou lui appartenir, l\u2019aimer, l\u2019admirer» (Le Devoir, 11 février).Aucun compromis possible: «Ce n\u2019est pas le rôle de l\u2019enseignement de l\u2019histoire que d\u2019entretenir les mythes fondateurs de notre identité», dit Mme Rivard, non sans raison.Mais pourquoi réintégrer le récit dans l\u2019enseignement de l\u2019histoire ainsi que l\u2019étude de quelques grands personnages \u2014 qui, par exemple, marquent notre toponymie \u2014 équivaudrait-il nécessairement à un endoctrinement encyclopédique suspect des élèves du secondaire?Dans sa réplique, Mme Rivard se moqua des professeurs- conteurs «fredpellerinisés».D\u2019autres vont plus loin que le simple mépris.Un des penseurs du programme de 2006, Jocelyn Létour- neau, en juin, dans un blogue, après avoir amalgamé maladroitement des commentaires du chef péquiste, Pierre Karl Péladeau, et des phrases écrites ici même dans cette page, concluait que si ces idées devaient l\u2019emporter, «l\u2019horizon s\u2019annonce brun».Oui, «brun»! Comme dans «chemises brunes nazies»! M.Létourneau souhaite peut-être secrètement recevoir une mise en demeure de la part du chef péquiste.Ou alors, plus simplement, ce chantre de la complexité historique, du passé «ni simple, ni clair, ni léger, ni docile», a \u2014 paradoxe! \u2014 atteint son point Godwin.Chose certaine, l\u2019histoire nationale ou post-nationale, l\u2019histoire comme récit, comme méthode, mérite mieux que ce manichéisme universitaire.L E D E V O I R , L E L U N D I 1 5 F É V R I E R 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Frères ennemis Les victoires respectives des « outsiders » Donald Trump et Bernie Sanders aux primaires du New Hampshire \u2014 ce petit État de taille démographique relative, mais souvent considéré comme influant lors de l\u2019élection présidentielle \u2014 ont pu surprendre en raison de l\u2019opposition idéologique de ces deux candidats aux clientèles fort différentes.Ce résultat extrême dans le laboratoire politique du New Hampshire traduit une nouvelle tendance dans le système bipartite américain à la polarisation des options.Face à un candidat républicain xénophobe et réactionnaire, les électeurs du parti démocrate se sentent poussés à rétablir la balance en favorisant une «Némésis» socialiste située de l\u2019autre côté du spectre politique.Ce phénomène nous remémore une autre époque, celle de l\u2019Europe d\u2019avant- guerre des années 30, dans laquelle deux idéologies aux antipodes s\u2019af frontaient dans une civilisation en proie à une crise sociale et économique en proposant chacune sa solution radicale.Le socialisme et le fascisme étaient alors considérés selon certains penseurs comme des frères ennemis\u2026 tout comme Sanders et Trump peuvent l\u2019être aujourd\u2019hui.Jimmy St-Gelais Saint-Jérôme, le 14 février 2016 La liberté de conscience avant la discipline de parti Le gouvernement fédéral veut imposer la ligne de parti à sa majorité parlementaire concernant l\u2019aide médicale à mourir.Dans les dossiers sensibles ayant trait à la vie et à la mort, il serait approprié de respecter la liber té de conscience des parlementaires, principe premier de notre Char te.L\u2019aide médicale à mourir n\u2019est pas un simple projet de lo i re lat i f au budget ou à l\u2019aménagement du territoire.Il en va de notre vision de la société et de notre conception de la vie et de la dignité humaine.Quel que soit notre point de vue en la matière \u2014 et l\u2019auteur de ces lignes est pour l\u2019aide médicale à mourir telle qu\u2019elle est prévue par la loi du Québec \u2014, il est essentiel que ce projet de loi soit adopté (ou pas) selon un principe qui lui est conséquent, celui de la liber té de conscience.Imposer le vote serait un accroc à notre Charte et une faute de style.La majorité du vote ne vous donne pas raison : la liber té de conscience, elle, est le gage de la légitimité de la loi.Sam Haroun Montréal, le 14 février 2016 Un environnement sain\u2026 aussi pour l\u2019économie L\u2019utilisation douteuse des sommes amassées grâce au Fonds vert a de quoi scandaliser.Il faut avoir une idéologie passablement élastique pour y voir un gain réel pour la cause environnementale.Mais au-delà de son effet relatif sur les émissions de GES, il serait bon de regarder de plus près le tort causé par ce fonds à l\u2019environnement\u2026 économique.En payant plus cher leur essence que leurs voisins \u2014 et concurrents \u2014, les entrepreneurs québécois sont condamnés à perdre la face.En terme sportif, si les dix provinces canadiennes sont sur la ligne de dépar t du 100 mètres économique, l\u2019entraîneur québécois a décidé de lester de plomb les chevilles de son coureur.Les impôts québécois, également plus élevés, sont l\u2019équivalent de lui servir un gros repas tout de suite avant le départ.Pas étonnant qu\u2019il soit plus près de l\u2019hôpital que du podium.Il faudrait donc faire comprendre à notre premier ministre vert que, l\u2019économie, c\u2019est un peu comme une fleur : il lui faut un environnement sain pour qu\u2019elle croisse.Daniel Castonguay Le 12 février 2016 FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints NELLIE BRIÈRE, PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N ENSEIGNEMENT DE L\u2019HISTOIRE Nécessaire « récit » I D I A N E M A T T E Organisatrice communautaire et fondatrice de la Concertation des luttes contre l\u2019exploitation sexuelle D epuis deux semaines, nous vivons au Québec une crise nous mettant face aux réalités de l\u2019exploitation sexuelle.Depuis deux semaines, l\u2019accent est mis sur les centres jeunesse et le besoin de revoir les mécanismes d\u2019encadrement des jeunes femmes se trouvant dans ces institutions.Tout le monde cherche LA solution pouvant « protéger » les mineures des proxénètes.Pendant ce temps, très peu, trop peu de gens s\u2019intéressent à l\u2019industrie du sexe qui engrange des millions tous les jours et à ceux qui sont au cœur de l\u2019équation, c\u2019est-à-dire les hommes achetant, jour après jour, des actes sexuels de mineures (filles et garçons) et de femmes de tous âges parce qu\u2019ils ont de leur bord l\u2019argent, le pouvoir social et le silence ou la complaisance de la société.On peut comprendre l\u2019indignation vécue, au premier chef, par les parents.Quinze pour cent des nouveaux appels reçus en 2015 par la Concertation des luttes contre l\u2019exploitation sexuelle provenaient de mères ou de pères inquiets et démunis devant le fait que leurs filles se retrouvent dans l\u2019industrie du sexe.Il faut noter que la plupart de ces filles n\u2019étaient pas mineures et n\u2019étaient pas dans un centre jeunesse.Ces parents, tout comme les intervenants et les personnes souhaitant of frir plus aux jeunes femmes, ont besoin d\u2019aide pour lutter contre la banalisation de la prostitution et l\u2019industrie qui appâte de plus en plus de jeunes dans son giron.Revoir les mécanismes de contrôle des jeunes filles est un réflexe compréhensible, mais on ne pourra jamais combattre l\u2019industrie du sexe en enfermant les jeunes, tout comme on ne combat pas les agressions sexuelles en disant aux femmes de rester à la maison ou de garder leurs distances des hommes dans l\u2019espace public ! Brimer la liberté des jeunes n\u2019aurait pour effet que de donner encore plus de valeur aux promesses d\u2019une vie de rêve et de liberté, telle que le promettent recruteurs, proxénètes et industrie du sexe.Plan d\u2019action manquant En 2016, il est inquiétant de voir l\u2019exploitation sexuelle présentée comme la face sombre de la prostitution laissant ainsi planer l\u2019idée qu\u2019il existe une prostitution exempte d\u2019exploitation.On dénonce aisément la prostitution juvénile qui nous of fusque et nous inquiète, sans dénoncer la prostitution pour ce qu\u2019elle est réellement : une forme de chosification et de violence envers les femmes de tous âges.L\u2019exploitation sexuelle est une pratique par laquelle une personne (ou un groupe de personnes) abuse ou profite de la sexualité d\u2019une autre personne (généralement une femme ou une fille).Elle comprend la pornographie, la sexualisation de l\u2019espace public et médiatique, le tourisme sexuel, la prostitution sous toutes ses formes, etc.Elle se situe dans le continuum de violence envers les femmes.Cela, la politique québécoise sur l\u2019égalité entre les femmes et les hommes, adoptée en 2006, le reconnaît.C\u2019est d\u2019ailleurs dans son deuxième plan d\u2019action, celui de 2011-2015, que le gouvernement s\u2019engageait à adopter un plan pour contrer l\u2019exploitation sexuelle et venir en aide aux femmes souhaitant sortir de la prostitution.C\u2019est ce plan qui fait défaut présentement.Le gouvernement doit présenter un plan d\u2019action gouvernemental spécifique pour contrer l\u2019exploitation sexuelle sous toutes ses formes, avec des actions touchant les milieux institutionnels et communautaires et accompagné d\u2019argent.Défaire les mythes Oui, on doit revoir l\u2019intervention dans les centres jeunesse et les doter de mécanismes permettant d\u2019assurer une réelle protection.Mais ce plan, pour être durable et ef ficace, doit aussi prévoir des campagnes sociétales pour défaire les mythes et préjugés entourant la prostitution, af firmant haut et for t que la prostitution est incompatible avec l\u2019égalité pour toutes les femmes.Il doit mettre en avant des programmes de prévention s\u2019adressant aux filles et aux garçons (les hommes ne viennent pas au monde clients de la prostitution, ils le deviennent !) donnés dans les institutions scolaires, les centres jeunesse, etc.Il doit mettre des bâtons dans les roues des clients et des proxénètes en donnant les ressources nécessaires aux services policiers pour appliquer la nouvelle loi canadienne sur la prostitution qui concorde avec la politique québécoise, qui reconnaît que la prostitution n\u2019est pas un crime sans victime et qu\u2019il est de notre responsabilité collective de s\u2019y attaquer.Finalement, il doit offrir des outils aux femmes et aux filles aux prises avec la prostitution pour en sor tir et pouvoir obtenir le soutien nécessaire dans le processus de maintien de la sortie.Toutes ces actions, s\u2019attaquant aux prob lèmes de fond tout en soutenant les femmes dans l\u2019ici et maintenant, se conjuguent très mal avec austérité.Au contraire, la prostitution est souvent tributaire de la grande pauvreté des femmes, on pense ici à la prostitution de sur vie qui est le lot de plus en plus de femmes.Les solutions doivent donc, quant à elles, résolument rimer avec égalité.PROSTITUTION S\u2019attaquer à la demande ANTOINE ROBITAILLE L E D E V O I R , L E L U N D I 1 5 F É V R I E R 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 6500 caractères (y compris les espaces), ou 1000 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@le- devoir.com), mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.Y O L A N D E C O H E N Professeure à l\u2019Université du Québec à Montréal epuis une semaine, on a le triste privilège d\u2019assister en direct à la mise en pièces des témoignages des victimes par une avocate de la défense soucieuse d\u2019exposer tous les détails des relations « amoureuses » que son client, l\u2019ex-animateur vedette de la CBC Jian Gho- meshi, a eues avec les trois plaignantes.La tenue d\u2019un tel procès et sa médiatisation extrême auront, n\u2019en doutons pas, un impact certain sur le traitement judiciaire des violences à caractère sexuel.C\u2019est pourquoi il importe d\u2019en décoder certains des mécanismes, en particulier celui qui fonde la plainte, à savoir l\u2019exercice d\u2019une violence dans les rapports à caractère sexuel.Cette première semaine de procès suscite d\u2019interminables questionnements concernant la mémoire des plaignantes, mettant ainsi en cause la validité de plaintes déposées par ces femmes qui auraient «oublié » de signaler dans leur déposition à la police qu\u2019elles avaient revu Ghomeshi après avoir subi des agressions, étouf fe- ments, violences, etc.Dans les trois cas cités jusqu\u2019ici, les plaignantes décrivent un Ghomeshi, qui se livre à ces actes de violence de façon tout à fait inappropriée, brusquement et de façon totalement imprévisible.Interloquées, elles ne réagissent toutefois pas immédiatement et poursuivent leur relation avec lui, le revoient, lui écrivent, et ont des relations intimes avec lui.Il n\u2019en faut pas plus à l\u2019accusation pour mettre en doute leur plainte et leur jugement.Éluder l\u2019objet du procès Si c\u2019est le rôle de la défense de choisir cette procédure, il faut dire à quel point c\u2019est une façon d\u2019éluder l\u2019objet du procès et d\u2019ignorer ce qui caractérise ce type de relations sentimentales.En effet, les relations que des femmes (et des hommes) entretiennent avec des vedettes telles que Ghomeshi s\u2019inscrivent d\u2019abord et avant tout dans des relations de pouvoir.La séduction qu\u2019exerce le pouvoir d\u2019une vedette est démesurée et se traduit bien souvent par une aliénation consentie de ses fans.C\u2019est un phénomène bien connu, mais ce n\u2019est pas parce que l\u2019on sait que l\u2019on est prémuni ! Toutefois, dans le cas de Ghomeshi, il n\u2019y a pas que cette violence symbolique qu\u2019il exerce sur ces femmes.Il veut en outre les dominer physiquement, leur enlever toute autonomie, en leur infligeant des violences corporelles, de façon séquentielle.Elles disent bien chacune à leur manière combien elles sont médusées par un tel comportement : pourquoi de telles violences alors qu\u2019elles sont déjà séduites ?L\u2019exercice de la violence démontre ici une volonté de domination sans partage.C\u2019est cet anéantissement de la conscience de l\u2019autre qui est visé par l\u2019exercice de la violence à caractère sexuel.C\u2019est pourquoi ces trois femmes qui osent lever le voile sur l\u2019aliénation qu\u2019elles ont vécue durant leurs relations avec Ghomeshi doivent être soutenues et remerciées.Elles osent revivre ces moments douloureux où elles ont été séduites et manipulées par un homme qui ne les a pas seulement séduites et abandonnées.Il les a aussi violentées.Pas de quoi pavoiser\u2026 Comment s\u2019étonner alors qu\u2019elles n\u2019aient pas vu ni compris immédiatement ce qui leur arrivait ?Cela prend plusieurs mois, plusieurs années avant de pouvoir s\u2019avouer à soi-même et aux autres qu\u2019on est une victime de violence sexuelle.Ce procès dérange, on le voit, l\u2019ordre établi d\u2019une violence qui ne va plus de soi, ce que la défense de Ghomeshi a choisi d\u2019«oublier».AFFAIRE GHOMESHI Quel procès pour la violence à caractère sexuel ?C\u2019est celui d\u2019une tentative d\u2019anéantissement de la conscience de l\u2019autre Ce procès dérange l\u2019ordre établi d\u2019une violence qui ne va plus de soi D L U I S A L M A G R O L\u2019auteur est le Secrétaire général de l\u2019Organisation des États américains (OEA).l y eut un premier pas \u2014 avec le départ du président Michel Martelly le 7 février et le transfert du pouvoir au président de l\u2019Assemblée nationale tandis que le premier ministre et ses ministres restaient en fonction \u2014, et le pire fut évité.Cependant, il est essentiel de continuer à œuvrer en vue d\u2019une solution démocratique durable à la crise politique haïtienne aggravée à la suite de la suspension du second tour des élections du dimanche 24 janvier.L\u2019Organisation des États américains (OEA), à la demande du président Martelly, a déployé une mission qui a œuvré pour que les Haïtiens eux-mêmes trouvent des solutions viables en ce sens.L\u2019OEA a assumé ce rôle dans un contexte complexe, dans un pays qui a subi une érosion progressive de la démocratie, dans lequel le travail de la communauté internationale n\u2019a pas été le plus efficace.Ainsi, un système dépourvu de garanties et de transparence en a découlé.Le manque de transparence des éléments de la classe politique, qui soulève des questions sur l\u2019enrichissement illicite, se reflète également dans l\u2019incapacité de donner des cer ti- tudes aux citoyens face à la constante conspiration sous forme de messages étrangers à la vérité et à l\u2019éthique.Les premières réactions sur la mission de l\u2019OEA en ont été un bon exemple, sans chercher à laisser en chemin les responsabilités de l\u2019institution dans les erreurs du passé.Dialogue pluraliste Même face à toutes ces dif ficultés, la mission, dirigée par l\u2019ambassadeur Ronald Sanders d\u2019Antigua-et-Barbuda et président actuel du Conseil permanent de l\u2019OEA, a mené de manière impartiale un dialogue pluraliste pour que le peuple haïtien puisse s\u2019exprimer librement et légitimement sur ceux qui devraient être ses leaders.À la suite de l\u2019accord signé le 6 février par l\u2019ancien président Martelly et les présidents des deux chambres législatives, des progrès ont été réalisés dans la formation d\u2019un gouvernement de transition représentatif et pluriel avec un président de transition.Le choix \u2014 un premier ministre de consensus, par le président et approuvé par l\u2019Assemblée nationale \u2014 devrait mettre en œuvre les recommandations de la Commission électorale établie par le président Martelly et dont la composition pluraliste comprenait cinq membres et un observateur désigné par l\u2019exécutif.La Commission a conclu que le processus électoral devait être amélioré et a suggéré la mise en œuvre immédiate d\u2019une série de mesures.Certaines ont été appliquées ; d\u2019autres ont été ignorées et devront être prises en considération pour les prochaines élections prévues le 24 avril.La légitimité et la viabilité de ce gouvernement de transition doivent être garanties par la participation et l\u2019engagement de tous les acteurs politiques et sociaux pertinents de la société haïtienne.Il est essentiel que les acteurs politiques créent des forums de dialogue.L\u2019absence de dialogue entre Haïtiens ne permettra pas de construire un indispensable accord politique à long terme.Il est opportun de rappeler que depuis août 2015, l\u2019OEA a déployé une Mission d\u2019observation électorale (MOE) en Haïti.Le 9 août dernier, l\u2019OEA a observé le premier tour des élections législatives.Par la suite, le 25 octobre 2015, trois élections différentes ont eu lieu: le premier tour de la présidentielle; le second tour de la plupart des élections législatives et le premier tour des élections municipales/locales.Processus électoral érodé La MOE/OEA a publié des déclarations préliminaires sur les différents processus.De faibles taux de participation, des tensions croissantes, la polarisation, la violence ainsi qu\u2019un retard excessif dans la publication des résultats officiels doublé d\u2019une présence excessive de représentants des partis dans les bureaux de vote sont quelques-uns des éléments qui ont contribué à éroder la crédibilité du processus électoral.La démission successive de plusieurs de ses membres, notamment de son président, est l\u2019un des facteurs qui ont miné le rôle du Conseil électoral provisoire (CEP) en sa qualité d\u2019organe impartial et technique habilité à mener et super viser le processus électoral en cours.Le Secrétariat général de l\u2019OEA et sa MOE ont adopté, lors des dernières élections, une position neutre, professionnelle et impartiale.Notre engagement envers Haïti et son peuple ne cessera d\u2019être guidé par la protection des droits politiques et l\u2019objectif ultime de contribuer au renforcement de la démocratie électorale comme seule source légitime de l\u2019exercice démocratique du pouvoir.La garantie la plus absolue des droits civils et politiques est indispensable dans cette construction.Écraser les différences ne résoudra pas les problèmes politiques.Les coûts sociaux de cette opération sont trop élevés et enlisent les pays dans le passé, les privant de la possibilité de progresser.Vers une solution démocratique et durable en Haïti É R I C G E R V A I S - D E S P R É S Directeur technique en animation, Longueuil undi dernier, le premier ministre Couillard et une délégation de plusieurs ministres ont fait l\u2019annonce de l\u2019ouverture d\u2019un tout nouveau studio d\u2019animation à Montréa, excellente nouvelle en soi.Tous les médias ont souligné les avantages de la création de 500 nouveaux emplois permanents et bien rémunérés.Développer un pôle technologique en animation 3D, c\u2019est un ajout naturel aux industries du jeu vidéo et des effets visuels qui font déjà la fierté de nombreux Québécois.Je suis dans le domaine de l\u2019animation depuis près de 25 ans.J\u2019ai été l\u2019un des premiers Québécois à travailler aux studios Disney à Los An- geles.Depuis mon retour à Montréal en 2001, j\u2019ai travaillé sur de nombreux films à effets visuels, car aucun long métrage d\u2019animation n\u2019était réalisé au Québec.J\u2019ai dû m\u2019exiler à Toronto pendant quelques années afin de travailler sur deux films d\u2019animation, avec l\u2019espoir un jour d\u2019exercer mes talents sur un long métrage d\u2019animation québécois.Un jour, mon espoir devint réalité grâce au travail acharné de producteurs et d\u2019entrepreneurs québécois qui partageaient le même rêve.Sarila et La guerre des tuques 3D sont ainsi nés.Quelle logique?Vous penserez donc que l\u2019annonce de l\u2019arrivée du studio britannique Cinesite en terre montréalaise et de ses neuf films d\u2019animation devait sûrement me faire sauter de joie ?Je dois avouer que je n\u2019ai pas sauté très haut.En fait, je me questionne surtout sur la logique de notre gouvernement.Ce dernier, représenté par Investissement Québec, a accordé un prêt de 2,4 millions et une garantie de prêt additionnel de 19,6 millions à une compagnie britannique.Il est vrai que Cinesite créera des centaines d\u2019emplois et qu\u2019il aidera à la formation d\u2019une main-d\u2019œuvre qualifiée.Mais je ne peux m\u2019empêcher de penser aux studios québécois, créés par des entrepreneurs d\u2019ici, qui n\u2019ont jamais pu bénéficier d\u2019une telle générosité de la part de notre gouvernement.Effectivement, depuis que je suis revenu à Montréal, j\u2019ai vu cinq de mes employeurs, des entreprises québécoises, fermer boutique les uns après les autres.J\u2019espère sincèrement que la multiplication d\u2019emplois disponibles par ces studios étrangers, financés par le Québec, ne forcera pas trop d\u2019entrepreneurs québécois \u2014 qui n\u2019ont pas droit à la même aide financière \u2014 à fermer leurs portes, pour cause d\u2019incapacité à égaler les salaires.De plus, un petit producteur ne peut offrir la même sécurité d\u2019emploi qu\u2019une multinationale.Il doit souvent être très imaginatif et débrouillard pour gérer ses liquidités.Entre deux projets, il n\u2019est pas rare de devoir investir tous ses profits afin de garder son entreprise en vie.Il y a bien sûr des organismes qui viennent en aide aux producteurs d\u2019ici, comme la SODEC ou Téléfilm Canada.Cependant, ce système finance les projets et non les infrastructures.Les studios locaux sont en mode survie de façon permanente.Si jamais\u2026 Depuis quelques années, plusieurs studios européens ont ouvert des bureaux à Montréal, employant plusieurs centaines de personnes.Ils peuvent bénéficier d\u2019un taux de change avantageux et de crédits d\u2019impôt alléchants.Je ne doute pas de leur bonne volonté, mais qui sait ce qui arrivera si le dollar prend trop de valeur ou si les crédits d\u2019impôt deviennent plus alléchants ailleurs sur la planète ?Il y a de fortes chances qu\u2019un propriétaire de studio québécois restera au Québec malgré tout.Et qui sait ce qu\u2019il pourrait accomplir avec une garantie de prêt de 20 millions ! De plus, la recherche et développement, de même que toute propriété intellectuelle, resterait au Québec.C\u2019est peut-être valorisant d\u2019aider à l\u2019implantation de gros studios au Québec, mais il ne faudrait surtout pas oublier l\u2019industrie locale.Nous sommes très compétents dans le domaine.Nous en voyons le résultat avec l\u2019annonce de cette semaine.Nous pourrions probablement faire des miracles avec un soutien similaire à celui que Cinesite a reçu.Mais à bien y penser, afin de se faire aider par le gouvernement du Québec, il serait peut-être plus avantageux pour un entrepreneur d\u2019ici de déménager son siège social à Londres\u2026 ANIMATION Le gouvernement oublie l\u2019industrie locale Depuis mon retour à Montréal, j\u2019ai vu cinq de mes employeurs, des entreprises québécoises, fermer boutique les uns après les autres JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le nouveau studio d\u2019animation Cinesite Nous pourrions faire des miracles avec un soutien similaire à celui que Cinesite a reçu La légitimité et la viabilité de ce gouvernement de transition doivent être garanties par la participation et l\u2019engagement de tous les acteurs politiques et sociaux pertinents de la société haïtienne I L L E D E V O I R , L E L U N D I 1 5 F É V R I E R 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S « Ce sont des choses qui ont été prises en compte.C\u2019est sûr que si c\u2019est un médicament qui ne ser t pas qu\u2019à la fécondation in vitro, qui a aussi une autre indication, on n\u2019ira pas sabrer et tout couper, il faut avoir du jugement quand même.» Cette dernière ajoute que la décision définitive appartient toutefois au ministre de la Santé, Gaétan Barrette.« Nous, de toute façon, on va fournir une recommandation au ministre, mais ça va être sa décision.» Réserves Très critique de la loi 20, qui abolit la couverture publique pour la fécondation in vitro, le Dr Pierre Miron, propriétaire de la clinique Ferti- lys, estime que le ministre Barrette « utilise l\u2019INESSS pour justifier sa décision» de ne plus rembourser les médicaments qui peuvent coûter entre 2500 et 4000$ par cycle.Ce serait, selon lui, encore une mauvaise décision de Québec.« Si Québec abolit le remboursement des médicaments, ce sera un deuxième coup dur pour les patients infertiles qui sont déjà touchés très sévèrement.» Depuis des mois, il réclame de la transparence et un message clair de Québec afin de donner l\u2019heure juste aux patients.« Dès le lendemain de l\u2019adoption de la loi 20, j\u2019ai demandé au ministère si ce serait toujours couvert, mais on n\u2019était pas en mesure de me répondre.On a fini par me dire que pour l\u2019instant, c\u2019était toujours couvert.C\u2019est le \u201cpour l\u2019instant\u201d qui nous inquiétait.» Devant le flou qui persistait au fil des mois, le Dr Miron raconte que plusieurs patientes ont fait des réserves en prévision d\u2019un traitement prévu pour les mois à venir.«Du fait que le gouvernement risquait d\u2019abolir la couver ture des médicaments à tout moment, les patientes disaient qu\u2019elles allaient acheter tout de suite leurs médicaments, même si leur traitement est prévu pour le mois de mai.» Le docteur François Bissonnette, qui travaille au CHUM et à la clinique OVO, constate le même phénomène.«L\u2019exclusion de certains médicaments très dispendieux est à prévoir pour la prochaine révision de la Liste des médicaments.Alors, la recommandation que l\u2019on fait aux couples dont le cycle est planifié, c\u2019est de remplir leur ordonnance rapidement.On leur dit : ne tardez pas à aller chercher vos médicaments, n\u2019attendez pas à la dernière minute comme c\u2019est généralement le cas.» Pour aider ses patientes à obtenir les médicaments remboursés, il remplit les ordonnances dès la planification du cycle de traitement.«Que ce soit dans un mois ou deux, je n\u2019ai aucun problème à prescrire le médicament.» À l\u2019Association des couples infertiles, on dénonce ce «poids additionnel » que le gouvernement libéral entend faire porter aux couples infertiles.« Déjà que plusieurs doivent faire une croix sur leur projet d\u2019avoir un enfant parce qu\u2019ils n\u2019ont pas les moyens de payer pour les traitements de fécondation in vitro, si en plus on doit payer pour la médication, ça bloque encore un peu plus l\u2019accès à la fécondation in vitro », dénonce la présidente, Céline Braun.Cette dernière affirme que cette décision a été prise sans consulter les patients qu\u2019elle représente.« Jamais il n\u2019a été question de couper les médicaments pendant l\u2019étude du projet de loi 20 en commission parlementaire.» Mais la nouvelle n\u2019arrive tout de même pas comme un choc, puisque des rumeurs circulaient depuis un certain temps dans le milieu.«Des patientes nous ont avisés en janvier parce que les pharmaciens commençaient déjà à préparer leur clientèle à la désassurance des médicaments », affirme Mme Braun.Elle craint que les assureurs privés n\u2019emboîtent le pas à Québec.Assurance privée À l\u2019Association canadienne des compagnies en assurance de personnes, la présidente, Line Du- haime, confirme les craintes de Mme Braun.En effet, les assureurs privés sont obligés d\u2019offrir dans leurs régimes d\u2019assurances collectives tous les médicaments qui sont sur la Liste des médicaments remboursés par Québec.Si Québec retire un médicament, l\u2019assureur le fera lui aussi.Certains assureurs offrent un régime «plus généreux» pour lequel l\u2019employeur paye un supplément, mais on peut déjà prévoir que les médicaments pour la fécondation in vitro disparaîtront de cette liste également en raison de leur prix très élevé.« Je ne peux pas vous dire comment les assureurs et les employeurs vont se comporter, mais c\u2019est certain qu\u2019on parle quand même de médicaments très coûteux et qu\u2019il y a des frais importants associés à ça.Je ne dis pas que ce ne sera jamais couvert, mais la règle va probablement être que ce ne sera pas couvert.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 GRATUITÉ travailler avec les victimes.Mais les abuseurs et les abusés, qui n\u2019existeraient pas l\u2019un sans l\u2019autre, ont tous deux besoin d\u2019être pris en charge, affirme-t-il.« Le meilleur moyen de travailler sur un phénomène, c\u2019est de travailler sur l\u2019ensemble d\u2019un phénomène, et non juste d\u2019un côté », explique Yves Paradis, quand on le rencontre dans les bureaux anonymes du CIDS, un jour de tempête de neige.« Notre mission ici, c\u2019est d\u2019aider ces gens-là, pour qu\u2019ils ne récidivent plus ou n\u2019abusent plus.Mais on protège aussi les victimes.Un client qu\u2019on traite adéquatement, c\u2019est presque deux victimes [protégées]», calcule-t-il.Victimes réelles et virtuelles Toutes les semaines, des hommes qui ont agressé des enfants s\u2019assoient sur les chaises grises alignées le long des murs d\u2019un grand local du CIDS.Leurs victimes peuvent avoir 7 ans, 12 ans, 15 ans.Elles sont parfois de l\u2019autre côté d\u2019un écran d\u2019ordinateur, parfois figées entre les mains de leur agresseur.«Mais il n\u2019y a pas de différence, croit Yves Paradis.Parce que la jeune fille dans l\u2019ordinateur, c\u2019est aussi une victime.Et elle est revictimisée, revictimisée\u2026» Elle peut être l\u2019enfant d\u2019une conjointe, ou encore une adolescente sous la coupe d\u2019un proxénète.Qu\u2019importe.«Nos clients ne regardent pas l\u2019âge mental [des victimes]», constate le sexologue.«Ils regardent les seins, les fesses, le vagin.» Et qui sont-ils, ces clients ?Des « Messieurs Tout-le-Monde », constatent les chercheurs et les inter venants.Au Ser vice de police de la Ville de Montréal, on le confirme : il n\u2019y a pas un profil socioénomique clair, un âge, une nationalité, une religion ou une couleur de peau qui distingue les abuseurs d\u2019enfants.Le seul point commun entre ces hommes qui achètent des prostituées mineures, qui agressent sexuellement des enfants ou qui collectionnent la pornographie juvénile, c\u2019est la distorsion cognitive.« Il n\u2019y a pas un adulte sain et responsable, qui se sent bien dans sa peau d\u2019adulte, qui va avoir des contacts sexuels avec un enfant », tranche Yves Paradis.Certains de ses clients sont immatures sur le plan émotionnel.« Ils nous disent : \u201cdans ma tête, je me sens comme si j\u2019avais 14 ans\u201d.Et ils vont chercher de la pornographie qui est à cette hauteur émotionnelle », illustre le sexologue.D\u2019autres ont connu peu de succès avec les femmes pendant l\u2019adolescence et « réparent le passé » en abusant de mineures.D\u2019autres, encore, tombent sur la pornographie juvénile par hasard.« Il y a la notion de compulsion sexuelle », observe le clinicien.« Une personne va consommer toutes sortes de pornographie et le phénomène de satiété va s\u2019installer.Elle va aller voir des choses plus hard, de la zoophilie, toutes sortes de paraphilies, et tout à coup, elle va voir un onglet teen\u2026» «C\u2019est normal» Ensuite, la normalisation opère.« L\u2019individu se fait interpeller par des gens, par des pop-ups», illustre Yves Paradis.Le client, à ce moment, se rend compte qu \u2019 il n \u2019est plus seul.Et pour cause : sur un site montréalais de petites annonces, par exemple, la recherche par le mot- clé « young » donne accès à une cinquantaine d\u2019annonces de services sexuels par jour ! « Tant et aussi longtemps qu\u2019on rendra disponible à ce point l\u2019exploitation des jeunes adolescentes, eh bien, il va y avoir des clients », croit le sexologue.Encore, la surabondance de « marchandise » joue sur l \u2019empath ie des consommateurs.« Le besoin de satisfaire la pulsion sexuelle prend le dessus de la considération pour l\u2019autre », constate aussi Yves Paradis.« L\u2019individu se permet de manquer de limites.Il va s\u2019accorder des droits.» Ces « droits » peuvent être ceux qui consistent à agresser sexuellement un enfant, à payer pour avoir une relation sexuelle avec une mineure ou à exploiter une adolescente pour qu\u2019elle nous rapporte de l\u2019argent.Pour Yves Paradis, tant les proxénètes que les consommateurs de pornographie juvénile ou les clients des réseaux de prostitution juvénile sont des abuseurs.« Ils voient les adolescentes [ou les jeunes filles] comme des objets, comme de la marchandise», observe-t-il.« Ils ont des relations utilitaires avec elles.» Souvent, l\u2019« utilité » de ces victimes est de combler des failles.Le recours à la pornographie ou à la prostitution juvénile est un symptôme, confirme le sexologue.«On a des individus qui se sentent davantage comme des petits gars [devant certaines situations] : ils ont des problèmes au travail, ils manquent de confiance face aux femmes », illustre Yves Paradis.« Mais une fois qu\u2019ils sont sur les sites de pornographie juvénile, ils sont soulagés.Ils sont à la même hauteur que les enfants.» Pour un moment, les insécurités disparaissent, explique le sexologue.Puis, Yves Paradis se lève.Il dépose une chaise d\u2019enfant en plastique au sol.Juste devant, il place une chaise ordinaire, bien plus grande.«Le processus thérapeutique a pour objectif de rappeler [aux abuseurs] que la réalité, c\u2019est qu\u2019ils sont des adultes face à des enfants », dit-il en désignant les deux chaises.Tout à coup, le contraste est frappant.Face à la petite chaise, la chaise d\u2019adulte a l\u2019air immense.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SEXE MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Selon l\u2019Association des couples infertiles, les pharmaciens ont commencé à préparer leur clientèle à la désassurance des médicaments.Du fait que le gouvernement risquait d\u2019abolir la couverture des médicaments à tout moment, les patientes disaient qu\u2019elles allaient acheter tout de suite leurs médicaments, même si leur traitement est prévu pour le mois de mai Dr Pierre Miron, propriétaire de la clinique Fertilys « » du patrimoine religieux du Québec, pourront se prévaloir de ce programme.La ministre David acquiesce ainsi aux demandes formulées depuis des années par les défenseurs du patrimoine religieux.Du même coup, la ministre a confirmé l\u2019octroi d\u2019un budget de 10 millions de dollars pour 2015- 2016 destiné au patrimoine à caractère religieux.«Ces 10 millions, c\u2019est pour le patrimoine bâti et non bâti de dif férentes confessions religieuses», a précisé la ministre en soulignant que ces fonds pourraient être utilisés pour la préservation d\u2019archives de congrégations religieuses, la restauration de mobilier, d\u2019orgues, d\u2019œuvres d\u2019art ou de vitraux, par exemple.«On est presque à un point de rupture au niveau du patrimoine religieux, avec les changements de vocation des églises, des couvents et de lieux où les religieux ont œuvré, comme les hôpitaux», explique-t-elle.Des églises menacées Le Québec compte une quarantaine d\u2019églises modernes cotées A dont la qualité et l\u2019originalité architecturales sont reconnues, mais elles demeuraient jusqu\u2019à maintenant exclues du programme.C\u2019est le cas de l\u2019église Saint- Gérard-Majella, à Saint-Jean-sur- Richelieu, construite en 1962 selon les plans de l\u2019architecte Guy Desbarats et que la fabrique a vendue l\u2019automne dernier à un promoteur, se disant incapable d\u2019assumer seule les frais de rénovation estimés à 3 millions.Le promoteur qui s\u2019en est por té acquéreur compte la démolir afin de construire sur le site un complexe domiciliaire.Pour l\u2019instant, le dossier est en suspens puisque le ministère de la Culture examine la possibilité de classer l\u2019immeuble, ce qui empêcherait sa démolition.Mais il est vraisemblablement trop tard pour l\u2019église No- tre-Dame-de-Fatima, une église à la forme évoquant un tipi amérindien conçue au début des années 1960 par les architectes Léonce Desgagné et Paul-Marie Côté.Condamnée à la démolition par le promoteur qui l \u2019a achetée, cette église avait pourtant été protégée par la Ville de Saguenay qui l\u2019avait citée en 2006 avant de lui retirer son statut patrimonial en 2014 pour permettre la réalisation du projet immobilier.Au cours des dernières années, le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, avait milité activement pour la préserver, mais Hélène David indique que son ministère n\u2019a pas l\u2019intention d\u2019intervenir dans ce dossier.«La Ville est déjà passée à autre chose.[\u2026] Cette église aurait été admissible [au programme], reconnaît-elle.Mais là, on est rendus assez loin dans le processus.Mais je serai très heureuse si on récupère les vitraux pour les valoriser.» Minuit moins une Si la question des églises est problématique, avec la désertion des fidèles et les difficultés financières des fabriques, l\u2019enjeu plus large du patrimoine au Québec demeure tout aussi épineux.Au cours des dernières années, les dossiers litigieux se sont succédé: la démolition de la maison Redpath, la mise en vente du studio Ernest-Cor- mier, le projet de la Maison Al- can, les menaces qui planent sur la maison Chénier-Sauvé, à Saint-Eustache, et la maison Tourigny, à Magog, ainsi que les dommages importants causés au Mount Stephen Club dans le cadre de travaux de transformation.La ministre David af firme qu\u2019elle fera du patrimoine un volet important de la nouvelle Politique culturelle qu\u2019elle promet pour 2017.Ce lundi, elle compte d\u2019ailleurs dévoiler en conférence de presse les détails des travaux qui seront réalisés pour dépoussiérer la Politique culturelle qui date de 1992 et qui traite de nombreux enjeux, dont la langue, le soutien aux créateurs et les lieux de diffusion.Le patrimoine fera l\u2019objet d\u2019un chantier, dit-elle.« Je vais demander aux mandataires de ce chantier d\u2019examiner les moyens pour qu\u2019on n\u2019arrive pas toujours à minuit moins une et, dans certains cas, à minuit et cinq, explique-t-elle.Je pense qu\u2019on doit montrer l\u2019exemple en termes de gouvernance d\u2019État.» Plusieurs bâtiments patrimoniaux considérés comme étant d\u2019intérêt régional relèvent des villes, qui peuvent les protéger en leur accordant une citation, mais qui peuvent aussi, à leur gré, leur retirer leur statut de protection.Hélène David ne croit pas opportun que le ministère de la Culture inter vienne dans tous les dossiers : «Avec la Loi sur le patrimoine culturel, l\u2019État, dans ses interventions, n\u2019a pas voulu nécessairement \u2014 et je crois que c\u2019est sage \u2014 être le maître d\u2019œuvre et en autorité pour tous les niveaux de protection, des plus locaux aux plus nationaux.» « Les municipalités réclament ce genre d\u2019autorité de citer des éléments du patrimoine qui leur paraissent importants au niveau plus régional.Ce sont des élus.Oui, ça change avec les administrations, mais il reste que ce sont des élus et ils ont des commettants.Il faut qu\u2019ils se gouvernent au niveau régional comme nous, au niveau de l\u2019État.» Cela dit, la ministre laissera aux mandata ires du chantier du patrimoine la liber té de se pencher sur les enjeux de classement, relevant du gouver nement du Québec, et des citations de compétence municipale.La ministre entend de plus rencontrer les représentants de l\u2019Union des municipalités du Québec pour discuter des enjeux de gouvernance et de financement.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ÉGLISES ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La ministre de la Culture, Hélène David "]
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