Le devoir, 18 février 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 3 4 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 F É V R I E R 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Les mères porteuses bénévoles reçoivent l\u2019aval du Conseil du statut de la femme.Page A 3 Actualités \u203a Valeur des permis de taxis: l\u2019effet UberX demeure timide.Page A 2 Avis légaux.A 6 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S L e Québec fera table rase de la mémoire du cinéaste Claude Jutra.Exit le gala et les prix éponymes, de même que les rues, les places et les parcs qui, aux quatre coins du Québec, portaient son nom jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.Quelques heures à peine après la publication du témoignage troublant d\u2019une des présumées victimes du réalisateur dans le quotidien La Presse, la ministre de la Culture, Hélène David, a exigé mercredi matin que Québec Cinéma, responsable des feus prix Jutra, renomme la soirée consacrée au cinéma québécois.Dans son témoignage, l\u2019homme qui a accepté de parler raconte qu\u2019il a été agressé par Claude Jutra, qui était alors un ami de ses parents, pendant une dizaine d\u2019années, et ce, dès l\u2019âge de six ans.Visiblement ébranlés par les plus récentes révélations, les responsables de l\u2019organisme culturel ont rapidement obtempéré.« Nous avons pris la décision de modifier le nom à cause des nouveaux événements du dernier jour», a déclaré le président du conseil d\u2019administration de Québec Cinéma, Patrick Roy, en conférence de presse, indiquant que la décision avait été prise avant la demande de la ministre.«La réflexion avait été amorcée à la suite de la lecture de la biographie, mais nous avions besoin de patience, de recul, de temps pour réfléchir, a dit M.Roy.Nous avions annoncé la décision de créer un comité de sages pour prendre une décision.[\u2026] Mais la lecture [\u2026 ] du témoignage de la victime présumée nous a poussés à prendre une décision plus rapide.J\u2019ai été bouleversé par le courage dont a fait preuve cette personne.C\u2019est ce qui nous a ALLÉGATIONS DE PÉDOPHILIE Jutra rayé de la mémoire collective M A R I E - M I C H È L E S I O U I à Lac-Simon L a mort était loin d\u2019avoir quitté la communauté algonquine de Lac-Simon, mercredi.Mais elle révélait soudainement une étonnante part de beauté.Dans les bureaux du conseil de bande de la nation établie en terre abitibienne, le conseiller Gilles Wabanonik venait de recevoir deux grandes car tes colorées.Entre les dessins d\u2019enfants, on pouvait lire des messages de sympathie.L\u2019un d\u2019eux était adressé à la famille d\u2019Anthony Raymond Papatie, ce résidant de 22 ans qui aurait abattu, sans raison apparente, le policier Thierry Leroux, samedi.L\u2019autre carte, elle aussi remplie de signatures et de messages d\u2019encouragement, était destinée aux proches du jeune policier, mort après à peine six mois de service.«La personne est venue ici travailler pour nous, et il faut lui donner quelque chose en retour », a commenté le conseiller Jean-Marie Papatie.Il connaissait Thierry.Il le saluait dans la rue, il appréciait sa facilité d\u2019approche.«Travailler comme policier, ce n\u2019est pas toujours drôle», a-t-il souligné.S\u2019il l\u2019a dit, c\u2019est parce qu\u2019il en sait quelque DRAME DE LAC-SIMON Une carte pour Thierry, une carte pour Anthony A L E X A N D R E S H I E L D S D es groupes environnementaux déposeront ce jeudi une action en justice pour tenter de soumettre le pipeline Énergie Est à la réglementation du Québec, comme le prévoit justement la Loi sur la qualité de l\u2019environnement.Dans un geste sans précédent, le gouvernement Couillard a décidé de contrevenir à cette loi, parce que TransCanada refusait de s\u2019y conformer.La convocation de presse envoyée mercredi soir précise que les groupes déposeront « un recours judiciaire demandant au tribunal de déclarer que le projet de pipeline Énergie Est de TransCanada est assujetti à la législation québécoise en matière d\u2019évaluation environnementale ».Cette action est porté par le Centre québécois du droit en environnement (CQDE).C\u2019est aussi lui qui a représenté des groupes environnementaux lors des démarches menées dans le but de stopper les travaux de forage de TransCa- nada à Cacouna en 2014, en plein cœur de la pouponnière des bélugas du Saint-Laurent.Le CQDE avait finalement eu gain de cause.Cette fois, l\u2019action est appuyée par Équiterre, Nature Québec et la Fondation Coule pas chez nous.Même si la convocation précise clairement l\u2019objet de la conférence de presse, tous les groupes ont refusé de préciser au Devoir les demandes exactes inscrites dans leur démarche judiciaire.Les détails seront ENVIRONNEMENT Le pipeline Énergie Est attaqué en justice JACQUES NADEAU LE DEVOIR Tricia Brazeau se recueille devant le cercueil de son frère Anthony Raymond Papatie, dans la maison familiale de Lac-Simon.En piste pour un nouveau départ Bombardier supprime 7000 emplois, malgré un engagement majeur d\u2019Air Canada Pages A 8 et B 1 VOIR PAGE A 10: JUTRA Lire aussi \u203a Jutra, un nom toxique.Un éditorial de Brian Myles.Page A 8 Lire aussi \u203a De héros à proscrit.Une chronique d\u2019Odile Tremblay.Page B 10 VOIR PAGE A 10 : LAC-SIMON SERGEEV SERGEY / GETTY IMAGES VOIR PAGE A 10 : PIPELINE L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 F É V R I E R 2 0 1 6 I N D U S T R I E D U T A X I A 2 G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É Les effets de l\u2019arrivée du service de transport UberX sur le marché des échanges de permis de taxi à Montréal commencent à peine à se faire sentir, révèlent des statistiques obtenues par Le Devoir.À la fin 2015, les permis se négociaient en moyenne à 175 000 $, soit quelque 15 000 $ de moins qu\u2019un an plus tôt.Cette baisse de 8 % n\u2019est pas considérée comme « substantielle » par la Commission des transports du Québec (CTQ), qui enregistre chaque transaction réalisée.« On commence à voir une fluctuation potentielle de la valeur, mais c\u2019est encore trop tôt pour tirer des conclusions formelles », indique Guy Mailhot, directeur des communications.Alors que s\u2019ouvre à Québec ce jeudi la commission parlementaire sur le «transport rémunéré de personnes par automobile», les chiffres transmis par la CTQ montrent que l\u2019effet UberX \u2014 un service disponible à Montréal depuis la fin octobre 2014 \u2014 demeure timide: les permis se vendent encore au même rythme, et à bon prix.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que remarque FinTaxi, une entreprise qui finance depuis 2003 l\u2019achat de permis en of frant des hypothèques aux acheteurs.«On voit des fluctuations, mais ce n\u2019est pas la première fois, indique la vice-présidente Josée Patry.La qualité du crédit est là, ça demeure un bon créneau de marché.» Dans l\u2019agglomération du centre de Montréal (où 3919 des 4522 permis de l\u2019Île sont recensés), la CTQ a enregistré entre le 1er avril 2014 et le 31 mars 2015 un total de 241 transfer ts, d\u2019une valeur moyenne de 189 000 $ (certaines transactions incluent un véhicule).Par rapport à l\u2019année précédente, tant la valeur que le nombre de transactions sont semblables.En remontant plus loin dans le temps, on note que les acheteurs avaient payé en moyenne 179 000 $ pour un permis en 2012-2013, et 198 000$ en 2010-2011.La légère baisse de la valeur des permis échangés à Montréal s\u2019obser ve seulement par le fléchissement du marché dans les der niers mois de l\u2019année 2015.Outre le centre, Montréal compte deux autres agglomérations de taxis : dans l\u2019Est (332 permis délivrés), les permis s\u2019échangeaient à la fin 2015 exactement au même prix qu\u2019un an plus tôt (180 000 $).Dans l\u2019Ouest (271 permis), on remarque une variation négative de près de 13 000$, pour une valeur moyenne de 211 000$.De gré à gré Au Québec, les permis de taxi s\u2019échangent de gré à gré entre vendeurs et acheteurs.Le nombre de permis en cir- culat ion est décidé par la CTQ (qui délivre des quotas pour chaque agglomération), mais la valeur des permis ne t ient qu\u2019à la lo i de l \u2019o f fre et de la demande.C\u2019est pourquoi p lusieurs craignent que les per mis perdent leur valeur si le service UberX \u2014 où une application jumelle des clients à des citoyens-chauf feurs \u2014 est régularisé.Dans un rapport préparé en 1982 (De nouvelles avenues pour le taxi), le ministère des Transports constatait que « la limitation du nombre de permis » a eu comme « effet secondaire malheureux » de provoquer une « surenchère de la valeur » de ces permis.« Cela a contribué à la création d\u2019un marché spéculatif », notait le ministère.À l\u2019origine, les permis avaient été octroyés gratuitement par Québec \u2014 mis à part des frais administratifs.Mais le même rappor t notait que si Québec libéralisait la délivrance des permis, cela « entraînerait un bouleversement total de l\u2019économie de l \u2019industrie et ne serait pas équitable pour les nombreux artisans ayant récemment procédé à l\u2019acquisition d\u2019un permis ».Une analyse qui s\u2019entend de nouveau depuis l\u2019apparition d\u2019UberX.Historique La commission parlementaire convoquée par le ministre des Transports, Jacques Daoust, se penchera sur tout l\u2019écosystème du transport de personnes par automobile.Plusieurs thèmes alimenteront les débats : responsabilités de l\u2019État quant à la sécurité des usagers ; améliora- t ion des ser vices of fer ts ; mise en place d\u2019un environnement d\u2019af faires équitable (Québec demande notamment aux par t ic ipants : « Quelles devraient être les actions gouvernementales liées au marché secondaire de la revente de permis ?»).Le point UberX est implicite au quatrième thème étudié, l\u2019«émergence de nouveaux modèles d\u2019affaires facilitée par l\u2019arrivée de nouvelles technologies»\u2026 Si l\u2019arrivée d\u2019UberX dans le décor du transpor t a bouleversé l\u2019industrie du taxi \u2014 les chauf feurs montréalais ont encore manifesté mercredi \u2014 , c\u2019est loin d\u2019être la première fois que cette industrie fait face à des turbulences.Dans dif férents rappor ts produits au fil des ans, le ministère des Transports situe la première crise importante touchant le taxi à\u2026 1930, soit au début de la Grande Dépression.Partant de là, de nombreuses commissions se sont penchées sur des moyens d\u2019améliorer le service et les conditions de travail des chauf feurs : Schu- ber t en 1940, Assel in en 1946, Wilson en 1953, Dawson en 1961, Harold en 1963, Bossé en 1970\u2026 La question du nombre de permis délivrés a souvent été au cœur des discussions.Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, Montréal comptait un ratio « permis par habitant » 3,5 fois supérieur à celui des autres grandes villes américaines.Le nombre de permis est demeuré stable entre 1952 et le milieu des années 1980, quand un programme de rachat a fait en sor te de réduire de 25 % le nombre de permis en circulation.À l\u2019époque, ce sont les titulaires des permis restants qui se sont partagé la facture des rachats (entre 10 000 et 30 000 $ par permis).La commission parlementaire tiendra ses travaux du 18 février au 10 mars.Le Devoir Valeur des permis : l\u2019effet UberX demeure timide À Montréal, on note une baisse de 8 % entre 2014 et 2015 M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a dit éprouver un profond malaise à l\u2019idée de voir les représentants d\u2019Uber Québec \u2014 une compagnie menant des activités illégales \u2014 être reçus dans « le foyer de la démocratie [québécoise]», c\u2019est-à-dire l\u2019Assemblée nationale.«Ça nous met extrêmement mal à l\u2019aise», a-t-il déclaré lors d\u2019un point de presse à la veille du coup d\u2019envoi de la commission parlementaire sur le transport rémunéré de personnes par automobile.Il n\u2019entend pas pour autant commander aux élus péquistes de boycotter l\u2019audition des représentants d\u2019Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, Xavier Van Chau et Jean-Chris- tophe de Le Rue, qui aura lieu jeudi après-midi.La députée péquiste de Vachon, Mar tine Ouellet, et le député solidaire de Mercier, Amir Khadir, ne leur feront pas de quartiers.À l\u2019extérieur, les agents de sécurité seront aux aguets de tout coup d\u2019éclat de chauffeurs de taxi échaudés par les per tes qu\u2019ils ont subies depuis l\u2019arrivée des véhicules d\u2019Uber X sur les routes québécoises.Entendre tout le monde Le ministre des Transports, Jacques Daoust, a réitéré mercredi l\u2019importance d\u2019«entendre tout le monde» à la commission parlementaire spéciale.Il souhaite trouver des pistes de réponse à un bon nombre de questions, dont celles-ci : «Comment le gouvernement doit-il contrôler l\u2019offre en transport?Doit-il plutôt laisser le libre marché opérer?» Selon le gouvernement, la commission parlementaire ouvrira la voie à l\u2019élaboration d\u2019un cadre législatif et réglementaire «égal et équitable» pour l\u2019ensemble des acteurs de l\u2019industrie du taxi.«La loi n\u2019a pas suivi l\u2019évolution technologique.Ce cadre juridique est là depuis longtemps.Ici, il sera non seulement question d\u2019Uber.Uber pourrait s\u2019en aller le mois prochain.Mais, trois, quatre, cinq nouvelles applications pourraient apparaître», a fait valoir le premier ministre Philippe Couillard lors d\u2019un impromptu de presse mercredi.Il trouve «injuste» que des individus puissent ef fectuer du transpor t rémunéré de personnes à l\u2019aide d\u2019une automobile d\u2019Uber sans détenir de permis de propriétaire de taxi ou de permis de conduire de la classe 4C et sans soumettre leur véhicule deux fois par année à une inspection mécanique obligatoire.En revanche, le chef du gouvernement reproche aux détenteurs de permis de taxi d\u2019avoir tardé à embrasser les nouvelles technologies.«Si vous offrez ce que le client veut, vous réussirez dans les affaires», a-t-il conclu.Le Devoir La présence d\u2019Uber rend le PQ « mal à l\u2019aise » J E A N N E C O R R I V E A U La commission parlementaire chargée de se pencher sur le transport par taxi amorcera ses travaux jeudi, avec, comme principal sujet de conversation, l\u2019arrivée d\u2019Uber dans les platebandes d\u2019une industrie en difficulté.Les représentants des chauffeurs s\u2019insurgent déjà que le gouvernement ait ouvert la porte du Parlement à une entreprise qui opère en marge de la légalité.« Comment se fait-il qu\u2019on soit reçus au Parlement sur le même pied que des illégaux ?» se demandait mercredi Benoît Jugand, por te-parole du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM), comparant Uber à des « vendeurs de drogue ».« C\u2019est comme si on demandait à tous les vendeurs de drogues de chaque coin de rue d\u2019aller s\u2019asseoir au Parlement pour discuter de comment ils pourraient vendre de la drogue mieux.Voyons donc, ça n\u2019a pas de bon sens », avait-il dit plus tôt dans la journée alors que des chauffeurs en colère manifestaient au centre-ville de Montréal.Le RTAM, tout comme d\u2019autres représentants de l\u2019industrie du taxi, s\u2019adressera aux parlementaires jeudi après-midi, suivi par les porte-parole d\u2019Uber.Pour Benoît Jugand, aucun compromis n\u2019est possible quant au respect des lois et règles qui encadrent l\u2019industrie du taxi.Les modifier pour accommoder Uber est inacceptable et il craint que le gouvernement ait déjà fait son nid à ce sujet.«Tout ce qui vise une déréglementation entraîne une baisse de la qualité», prévient-il.De son côté, Uber entend faire valoir que les deux systèmes peuvent coexister.« On souhaite être réglementés comme ailleurs dans le monde », a réitéré Jean-Chris- tophe de Le Rue, porte-parole d\u2019Uber, en citant le cas d\u2019Edmonton, qui a autorisé Uber tout en obligeant l\u2019entreprise à obtenir un permis d\u2019exploitation ainsi que des assurances pour ses chauf feurs en plus d\u2019imposer une taxe de 6 cents par course.En matinée, l\u2019homme d\u2019affaires Alexandre Taillefer présentera sa position, au nom de son entreprise, Taxelco, qui dispose d\u2019une flotte d\u2019une cinquantaine de taxis électriques.En novembre dernier, M.Taillefer avait soutenu qu\u2019Uber disparaîtrait d\u2019ici cinq ans.Jean Vachon, porte-parole de l\u2019entreprise, indique que M.Taillefer plaidera en faveur de règles communes pour tous et d\u2019une simplification du cadre actuel jugé trop lourd.Des absents L\u2019horaire publié par l\u2019Assemblée nationale prévoit que plus d\u2019une trentaine de personnes ou groupes sera entendue au cours des cinq jours d\u2019audition, qui se dérouleront jusqu\u2019au 10 mars.Mais certains d\u2019entre eux, parmi lesquels l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ) et la Ville de Québec, ont indiqué qu\u2019ils n\u2019avaient pas l\u2019intention de présenter de mémoire.Dans le cas de l\u2019UMQ, on a indiqué que les villes n\u2019avaient pas pris de position commune sur cet enjeu.Précisons qu\u2019à l\u2019heure actuelle, Uber n\u2019est présente qu\u2019à Montréal, Québec, Laval et Longueuil.Le maire de Montréal, Denis Coderre, présentera la position de Montréal le 24 février prochain.« Je serai à Québec pour déclarer haut et fort mon souhait d\u2019établir des standards et une concurrence loyale.Il ne s\u2019agit pas de défendre une industrie pour défendre une industrie, mais il s\u2019agit d\u2019avoir un environnement qui est sain», a-t-il expliqué mercredi, en rappelant qu\u2019il avait demandé une trêve à Uber pendant la commission parlementaire.«UberX, pour moi, est un transport illégal.J\u2019ai demandé une trêve et on a cavalièrement rejeté du revers de la main cette offre», a-t-il rappelé.Parmi les autres organisations qui seront entendues figurent Aéropor ts de Montréal, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et l\u2019entreprise de covoitu- rage Netlift.« L\u2019État devra déterminer comment encadrer l\u2019économie du par tage », note Marc-An- toine Ducas, président fondateur de Netlift, un ser vice créé en 2012 pour jumeler des automobilistes et passagers.Selon lui, cer taines entreprises \u2014 comme la sienne \u2014 existent pour « rendre service » , alors que d\u2019autres, comme Uber, sont là pour « faire de la business ».Le Devoir COMMISSION PARLEMENTAIRE Une atmosphère sous haute tension JACQUES NADEAU ARCHIVES LE DEVOIR Le nombre de permis en circulation est décidé par la CTQ, mais la valeur des permis ne tient qu\u2019à la loi de l\u2019of fre et de la demande.ANNIK MH DE CARUFEL ARCHIVES LE DEVOIR «UberX, pour moi, est un transport illégal.J\u2019ai demandé une trêve et on a cavalièrement rejeté du revers de la main cette of fre», a rappelé le maire de Montréal, Denis Coderre.Échanges de permis de taxi Agglomération du centre de Montréal Année Transactions Valeur moyenne 2010-2011 186 198 000$ 2012-2013 226 179 000$ 2014-2015 241 189 000$ Groupes qui seront entendus jeudi Taxelco Regroupement des travailleurs autonomes \u2013 Métallos Regroupement des intermédiaires du taxi de Québec Uber Québec Comité provincial de concertation et de développement de l\u2019industrie du taxi L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 F É V R I E R 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 E st-il normal qu\u2019après des mois de recherches intensives, personne dans la grande famille souverainiste n\u2019ait voulu se porter volontaire pour diriger le futur institut de recherche sur la souveraineté, à tel point que Pierre Karl Péladeau en soit réduit à payer un chasseur de têtes pour dénicher la perle rare ?De toute évidence, quelque chose semble faire hésiter les éventuels candidats.Sur le plan légal, il appartiendra à la directrice générale des élections du Québec de déterminer si le nouvel organisme est indépendant du PQ ou s\u2019il doit être soumis aux dispositions de la Loi sur le financement des partis politiques.Peu importe le statut qui lui sera accordé, il est cependant évident que des liens étroits l\u2019uniront au PQ.Non seulement M.Péladeau assurera-t-il une bonne partie son financement, mais il en a déjà défini le mandat dans sa plateforme durant la course à la chefferie.C\u2019était même le seul élément concret du chapitre consacré à la souveraineté.Ses responsabilités incluront non seulement les questions de contenu, mais également la communication et l\u2019organisation.L\u2019institut sera en outre chargé de « cerner les gestes devant conduire à l\u2019indépendance du Québec», ce qui devrait normalement relever du politique.Un mandat aussi étendu fera de son directeur un véritable contremaître non élu du projet souverainiste.À ce titre, il sera appelé à travailler en étroite collaboration avec le chef du parti, pour ne pas dire sous ses ordres.M.Péla- deau a la réputation d\u2019être un gros travailleur, mais aussi de ne pas mettre de gants blancs avec ses adjoints quand les choses ne vont pas à son goût.Un emploi qui s\u2019annonce périlleux.?Dans sa plateforme, M.Péladeau s\u2019engageait à «définir, au terme des travaux de recherche et de réflexion et avant la prochaine élection générale, la démarche visant à conduire le Québec à l\u2019indépendance nationale».On ne peut certainement pas lui reprocher de vouloir s\u2019appuyer sur un argumentaire solide.Pour être crédibles, ces travaux devront toutefois être confiés à des experts reconnus, qu\u2019il faudra d\u2019abord recruter et qui auront besoin de temps pour faire le tour de questions souvent complexes et s\u2019assurer que leurs conclusions résisteront aux contestations du camp fédéraliste, qui fera tout pour les démolir.L\u2019expérience enseigne qu\u2019il faut se garder de toute précipitation.En 1995, les études effectuées sous la supervision du ministre délégué à la Restructuration, Richard Le Hir, avaient fait plus de mal que de bien, même si plusieurs d\u2019entre elles étaient d\u2019une réelle qualité.Plutôt que de chercher à séparer l\u2019ivraie du bon grain, Lucien Bouchard avait préféré expédier le tout à la déchiqueteuse quand il avait pris les commandes de la campagne du Oui.Un institut faisant correctement les choses peut certainement être utile, mais les attentes paraissent démesurées.Si compétent qu\u2019il soit, cela ne sera jamais qu\u2019un support.On a loué la qualité du livre blanc qui décrivait ce que serait une Écosse indépendante, mais le principal atout du camp du Oui lors du référendum de septembre 2014 était la crédibilité et l\u2019habileté de son chef, Alex Salmond.?Le retard à mettre les choses en branle en inquiète néanmoins plusieurs au PQ, en raison de l \u2019ef fet que cela pour rait avoir sur l\u2019échéancier référendaire.Durant la course à la chef ferie, Bernard Drainville avait eu le malheur de dire que le PQ ne disposait pas de suffisamment de temps pour préparer et tenir un référendum dans un premier mandat.Les militants ne lui avaient pas pardonné ce qu\u2019ils avaient interprété comme un manque de détermination, mais la tournure des événements pourrait bien lui donner raison.D\u2019ici le début de l\u2019été, la direction du PQ devra rendre publique, aux fins de discussion dans les instances locales et régionales, ce qu\u2019on appelle la «proposition principale», c\u2019est-à-dire le projet de programme qu\u2019elle souhaite voir adopter par les délégués au prochain congrès national, qui aura lieu au printemps 2017.La nouvelle mouture de l\u2019article 1, qui traite de l\u2019accession à la souveraineté, devra donc demeurer suffisamment vague pour préserver la marge de manœuvre de M.Péladeau.On voudra sans doute éviter de reprendre intégralement le libellé du programme de 2011, qui prévoit la tenue d\u2019un référendum «au moment jugé approprié par le gouvernement», mais le PQ est depuis longtemps passé maître dans les formules dilatoires.M.Péladeau possède un avantage rare pour un chef péquiste : même chez ses détracteurs, personne ne doute de sa volonté absolue de faire du Québec un pays.S\u2019il arrive à la conclusion que le référendum doit être repor té, les militants vont sans doute l\u2019accepter.De toute manière, peu importe ce qu\u2019il décidera, les libéraux vont mener la prochaine campagne électorale comme s\u2019il en promettait un.mdavid@ledevoir.com Un emploi périlleux MICHEL DAVID G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É L e recours aux mères porteuses est « une réalité » qui ne « peut continuer à [être] ignorée» : après des décennies d\u2019opposition à la maternité pour autrui, le Conseil du statut de la femme (CSF) estime maintenant qu\u2019il faut reconnaître le phénomène et encadrer sa pratique, plutôt que la condamner.« Les études conduites au cours des dernières années dans les pays occidentaux indiquent que la maternité pour autrui [MPA] n\u2019entraîne généralement pas de conséquences psychologiques négatives pour les mères porteuses et pour leurs enfants », soutient le CSF dans un avis de 170 pages préparé à la demande du gouvernement.Partant de ce constat, le Conseil estime qu\u2019il doit assouplir la position qu\u2019il défend depuis la fin des années 80.Ainsi, pour les mères porteuses qui ne sont pas rétribuées \u2014 ce qui est de toute façon illégal au Canada \u2014, le Conseil considère désormais que « la meilleure option à privilégier est d\u2019instaurer des balises afin de mieux protéger les droits des mères porteuses et des enfants ».«Notre réflexion doit évoluer compte tenu de la réalité, indique en entretien la présidente du CSF, Julie Miville-Dechêne.Quoi qu\u2019on en dise, la pratique a lieu et se passe.Alors encadrons-la.» Intégré au code de la famille Dévoilé ce jeudi, l\u2019avis du Conseil s\u2019ajoute à une série de décisions judiciaires (trois au Québec depuis 2014) et au volumineux rapport du Comité consultatif sur le droit de la famille (déposé au printemps 2015) qui abordaient tous la question des mères porteuses.Le CSF pense qu\u2019il serait «étonnant» que ces réflexions multiples «aboutissent au maintien du statu quo législatif», d\u2019autant que le gouvernement québécois est à revoir son code de la famille.Le Conseil suggère donc à Ottawa d\u2019adopter une réglementation précise quant aux dépenses qui peuvent être remboursées aux mères porteuses \u2014 cela, de manière à éviter une rémunération déguisée.Québec devrait quant à lui revoir l\u2019article 541 du Code civil, qui dit que toute entente entre une mère porteuse et les parents d\u2019intention est «nulle de nullité absolue».En soit, cet article a du bon : il garantit la possibilité que la mère porteuse demeure la mère légale de l\u2019enfant, et il permet aux mères de « sortir » d\u2019un contrat dont elles ne voudraient plus.«Mais la nullité comprend aussi un inconvénient majeur, écrit le CSF : les parents d\u2019intention n\u2019ont pas d\u2019obligations envers la mère porteuse et l\u2019enfant s\u2019ils changent d\u2019idée.» Il n\u2019y a ainsi « aucune conséquence négative de leur irresponsabilité », écrit le Conseil.Ce dernier voudrait voir Québec introduire une responsabilité financière pour les parents d\u2019intention qui se retireraient d\u2019un projet de MPA.Le CSF plaide aussi pour que Québec trouve un mécanisme administratif facilitant l\u2019établissement de la filiation de l\u2019enfant à l\u2019égard de ses parents d\u2019intention \u2014 quelque chose qui serait différent du processus d\u2019adoption habituel.«L\u2019enfant ne doit pas être pénalisé par le choix de conception des parents», dit Julie Miville-Dechêne.Parmi les autres balises souhaitées par le Conseil pour «minimiser les risques» entourant la MPA, on note celle qui concerne l\u2019expérience maternelle des mères porteuses.« Pour avoir une compréhension réelle de ce qu\u2019implique une grossesse sur le plan psychologique et médical, il est primordial que les mères porteuses aient déjà vécu au moins une grossesse et un accouchement s\u2019étant déroulé normalement», suggère le CSF.On ajoute aussi qu\u2019une évaluation psychosociale des parents d\u2019intention devrait être obligatoire, comme c\u2019est le cas pour les projets d\u2019adoption.En filigrane de tout le processus : s\u2019assurer que les mères porteuses sont pleinement informées de leurs droits.Angélisme?Mme Miville-Dechêne se défend de « faire preuve d\u2019angélisme» par rapport à une pratique qui demeure controversée.«On continue à dire non à la pratique des mères porteuses commerciales », dit-elle.Le CSF associe cela à une «marchandisation du corps des femmes», et demande aux deux ordres de gouvernement d\u2019accroître les efforts pour lutter contre cette pratique \u2014 tant au Canada qu\u2019à l\u2019étranger.Mais pour les mères porteuses qui le font bénévolement, le CSF remarque que « dans la grande majorité des cas documentés, aucune difficulté majeure n\u2019est rapportée », même si tout ne se «déroule pas toujours sans problème».« Les témoignages de nombreuses mères porteuses indiquent que la décision de porter un enfant pour autrui peut être le fruit d\u2019un choix libre et éclairé.» Règle générale, ces mères porteuses ne regrettent pas leur geste, note-t-on.« C\u2019est bien vécu par les mères et les enfants », pense Julie Miville-Dechêne.«Dans ce contexte- là, avec les balises que l\u2019on propose, on peut considérer que les femmes font un choix valide qui n\u2019est pas de l\u2019exploitation», dit-elle.C\u2019est la deuxième fois en deux ans que le Conseil du statut de la femme modifie une position qu\u2019il défendait depuis longtemps.En 2014, il avait plaidé pour une protection juridique de tous les couples, mariés ou pas, parents ou non.Le Devoir Les mères porteuses bénévoles reçoivent l\u2019aval du Conseil du statut de la femme ALLISON JOYCE ASSOCIATED PRESS La gestation pour autrui est souvent décriée comme une forme d\u2019exploitation.Plusieurs pays en développement, comme l\u2019Inde, en ont fait une industrie.J E A N N E C O R R I V E A U D ans l\u2019espoir de récupérer des millions de dollars présumément perdus en raison de la fraude et de la corruption, Laval a embauché six spécialistes afin d\u2019éplucher les contrats octroyés par la Ville au cours des 20 dernières années.Les six analystes, dont deux sont des policiers retraités de la Ville de Laval alors que les quatre autres faisaient partie de l\u2019équipe d\u2019enquête de la commission Charbonneau, auront pour tâche de passer au peigne fin tous les contrats octroyés par la Ville depuis 1996, et ce, dans tous les services.Ils devront débusquer toute opération s\u2019apparentant à une manœuvre frauduleuse.Laval a donné un mandat de six mois aux analystes et le coût de l\u2019opération est estimé à 380 000 $.La Ville souhaite dresser un bilan rapidement afin que les entreprises fautives puissent déposer une proposition dans le cadre du programme de remboursement volontaire mis sur pied en novembre dernier par le gouvernement québécois.Ce programme vise la récupération de sommes payées injustement à la suite de fraude dans le cadre de contrats publics.La date limite pour y par ticiper a été fixée au 31 octobre 2016 par Québec.L\u2019administration du maire Demers dit privilégier cette option plutôt que le recours devant les tribunaux, mais n\u2019exclut pas l\u2019option judiciaire.Sans fixer de cible précise, l\u2019administration croit être en mesure de récupérer des millions de dollars.Rappelons que le programme mis en place par le gouvernement permet aux entreprises de se réhabiliter si elles acceptent de rembourser les montants perçus en trop pour des contrats gonflés par la corruption et la collusion.Le remboursement a été fixé à 20 % du coût du contrat, car le programme s\u2019appuie sur la présomption que les contrats marqués par la fraude ont été gonflés de 20 %.Les entreprises qui confesseront leurs fautes pourront bénéficier d\u2019une certaine confidentialité puisque leur nom ne sera connu que lorsque le programme prendra fin en novembre 2017.Tentatives de récupération La Ville de Laval n\u2019en est pas à ses premières tentatives pour récupérer l\u2019argent payé en trop.En juillet dernier, elle avait expédié quelque 200 mises en demeure à des entrepreneurs et à des firmes de génie.Par la suite, la Ville avait intenté une poursuite de 12,8 millions contre l\u2019entreprise de construction Nepcom et d\u2019anciens hauts dirigeants de la Ville ainsi que l\u2019ex-maire Gilles Vaillancourt.Le Devoir FRAUDE Laval fouillera ses contrats des 20 dernières années La meilleure option à privilégier est d\u2019instaurer des balises a?n de mieux protéger les droits des mères porteuses et des enfants Extrait d\u2019un avis préparé par le CSF « » La tournure des événements pourrait bien donner raison à Bernard Drainville JACQUES NADEAU LE DEVOIR La Ville use de plusieurs moyens pour récupérer l\u2019argent payé en trop.L\u2019ex-maire Gilles Vaillancourt a notamment fait l\u2019objet d\u2019une poursuite. L I S A - M A R I E G E R V A I S A rriver à sa première journée d\u2019école sans chaussettes dans ses bottes ou encore sans pantalon sous la salopette de neige.Oui, ça s\u2019est vu chez les petits Syriens nouvellement arrivés à l\u2019école François-de-La- val de Ahuntsic-Car tier ville.«Tout au début, il faut retourner à la base.Il y a toute une routine à apprendre », souligne Evelyn Bissonnette, jeune enseignante en classe d\u2019accueil pour les 6 à 8 ans.Et que dire des défis que représente la langue?Sur 15 de ses élèves, 11 sont des réfugiés syriens et la quasi-totalité ne parlait pas français à son arrivée.«La première semaine, je parle toute seule en faisant des gestes.Je fais le singe.Et je ris», rigole madame Evelyn.Le pouce en l\u2019air pour dire qu\u2019on est d\u2019accord, le pouce en bas pour signifier qu\u2019on désapprouve.Les enfants développent vite des moyens de s\u2019exprimer.Bien que parler sa langue ne soit pas défendu.«Je leur lis beaucoup d\u2019histoires et je leur en fais écrire.Ils utilisent des mots qu\u2019ils connaissent en français et ils ont le droit d\u2019écrire des mots dans leur langue maternelle, note madame Evelyn.Je l\u2019utilise comme levier.» Pour le petit Ryad, qui vivait sa première journée d\u2019école lors de la visite du Devoir, l\u2019aide de ses petits camarades syriens, qui lui parlent bien sûr en arabe, était bienvenue.L\u2019entraide est d\u2019ailleurs une belle valeur que les enfants développent rapidement, observe l\u2019enseignante.Et pour peu que l\u2019un d\u2019entre eux soit plus vite sur ses patins pour apprendre le français, il sert aussitôt d\u2019exemple et de traducteur aux autres.« Les premières journées, ils me parlent spontanément en arabe.Ils mettent du temps à comprendre que je ne comprends rien, raconte madame Evelyn.Il y a toute une période d\u2019adaptation.» Francine Caron, une intervenante qui fait le lien entre le milieu communautaire, la famille et l\u2019école, constate que ces moments de grâce sont bénéfiques pour l\u2019enfant nouvellement arrivé.«Il y a eu un petit de maternelle qui venait de Homs [en Syrie], un endroit qui a été beaucoup bombardé.Et tout à coup, il s\u2019est mis à parler en arabe tout seul dans sa classe.Il a raconté toute son histoire de guerre, la prof l\u2019a laissé aller et il s\u2019est senti soulagé.Il ne faut pas mettre de barrière à ça.» Bien que les experts s\u2019entendent pour dire qu\u2019il faut sept ans pour bien maîtriser une langue, les élèves mettent à peine trois mois pour s\u2019exprimer avec aisance.Et très vite, ils deviendront des poètes de la langue française, comme ce jeune élève qui s\u2019était adressé à Mme Caron en lui demandant : «Madame, est-ce que la cloche a cloché?» Soutien familial George, un jeune Syrien âgé de 8 ans, est arrivé au Canada il y a à peine deux mois, après un passage au Liban, et a intégré la classe d\u2019accueil de madame Evelyn, qui a ouvert début janvier.Avec ses parents et son frère, il a fui Damas, sa ville natale, parce que « mon papa a eu peur », raconte-t-il en anglais.«Une roquette est tombée sur la maison de mon grand-père», dit-il en faisant le bruit de l\u2019engin.George dit pourtant avoir une fascination pour les avions, qu\u2019ils adorent voir passer très bas dans le ciel de son quartier d\u2019adoption.« Je sais qu\u2019ici, les avions ne nous feront pas de mal», confie-t-il avec un sourire.Les intervenants de l\u2019école François-de-Laval s\u2019étonnent de ne pas voir énormément d\u2019enfants syriens aux prises avec de lourds traumatismes.D\u2019abord, la plupart d\u2019entre eux sont passés par un pays mitoyen et ont déjà connu un premier déracinement, note Evelyn Bissonnette.Elle constate aussi que les Syriens qui viennent d\u2019arriver, et qui ont été parrainés au privé, sont particulièrement bien reçus et encadrés par les membres de leurs familles déjà au pays.Cela pourrait changer prochainement, alors que bon nombre de familles arriveront grâce à un parrainage gouvernemental.N\u2019empêche, cette arrivée massive de réfugiés syriens bouleverse le milieu scolaire de Car- tierville, où les Syriens vivent en grand nombre.«Ça ne s\u2019est jamais vu, autant de classes d\u2019accueil», souligne Francine Caron, qui a une longue expérience comme intervenante communautaire scolaire.La plupart des 200 élèves (enfants et adultes) syriens nouvellement inscrits à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) fréquentent des écoles de ce quartier, déjà aux prises avec des problèmes de surpopulation.Rien qu\u2019à l\u2019école François-de-Laval, il y a 11 classes d\u2019accueil, presque autant que des classes habituelles.Une classe comme les autres Même si elles sont flexibles et veillent à la bonne in- tégrat ion des élèves, les classes d\u2019accueil n\u2019ont pas des horaires dif férents des classes habituelles, et les enfants doivent obl igatoire- ment suivre des cours de spécialité, comme l \u2019éducation physique, les ar ts plastiques et la musique.« Je leur fais faire de petits examens pour évaluer leur niveau.Par exemple, en mathématiques, ils peuvent faire des exercices sans qu\u2019ils aient besoin de savoir bien lire.» Le bulletin est aussi obligatoire, mais le premier prendra la forme d\u2019une communication aux parents, tandis que le suivant leur attribuera des notes, non pas en pourcentages, mais en lettres (A-B-C- D-E).L\u2019école pour ra alors s\u2019ajuster et of frir le soutien linguistique nécessaire aux enfants qui en ont besoin et inscrire en classe ordinaire l\u2019an prochain ceux qui auront rapidement progressé.Peu avant le dîner, la classe de madame Evelyn est soudainement interrompue par deux élèves qui arrivent en trombe, se chamaillant.« Qu\u2019est-ce qui s\u2019est passé ?» demande la jeune ensei - gnante.Les yeux écarquillés, la bouche grande ouver te, les deux gamins sont demeurés muets, incapables de s\u2019expl iquer en français .Faute de mots, le conflit s\u2019est aussitôt dégonflé et les enfants se sont rassis sagement.Par fois, ne pas parler une langue compor te cer - tains avantages.Le Devoir L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 F É V R I E R 2 0 1 6 É D U C A T I O N A 4 Les premiers réfugiés syriens arrivent dans les écoles de Montréal.Le Devoir est allé les visiter en classe d\u2019accueil.Petit cours 101 d\u2019intégration.De la dévastation à l\u2019intégration PHOTOS ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les élèves d\u2019Evelyn Bissonnette, ignorant pour la plupart le français à leur arrivée, ont mis peu de temps à l\u2019utiliser avec aisance.«Les premières journées, ils me parlent spontanément en arabe.Ils mettent du temps à comprendre que je ne comprends rien.Il y a toute une période d\u2019adaptation.» I S A B E L L E P A R É Q uébec rate le coche avec son plan d\u2019action contre l\u2019exploitation sexuelle ciblant les centres jeunesse de cinq villes du Québec, puisque dans certains quartiers, c\u2019est dès l\u2019école primaire que de jeunes filles tombent sous les grif fes des gangs de rues et des proxénètes.« Des filles se font recruter dans les cours d\u2019écoles primaires à Montréal-Nord », a insisté mercredi Lilia Gold- farb, directrice des ser vices jeunesse du Y des femmes de Montréal, formulant de grandes réser ves quant au plan d\u2019action contre l\u2019exploit a t ion sexue l l e p résen té cette semaine par Québec.Cette dernière déplore que la réelle prévention ne soit pas au cœur du plan « Préven- t ion jeunesse » annoncé mardi par le ministre de la Sécurité publique, Mar tin Coiteux, en réponse aux nombreuses fugues de jeunes filles mineures survenues au Centre jeunesse de Laval.Pour plusieurs organismes qui œuvrent sur le terrain, les mesures prises par Québec, qui allieront intervention en centres jeunesse et répression policière, ne ciblent «qu\u2019une infime partie du problème».«C\u2019est minime, les jeunes recrutées dans les centres jeunesse pour l\u2019exploitation sexuelle par rap- por t au por trait global », affirme Richard Desjardins, directeur de la Maison Kek- par t, qui inter vient depuis des années en Montérégie auprès de jeunes filles exploitées ou à haut risque de le devenir.200 filles exploitées Selon ce dernier, au moins 200 j eunes filles ont « travaillé » au cours de la dernière année pour une dizaine de gangs de rue de la Montérégie, comptant plus de 200 membres actifs.Pas moins de 90 jeunes filles seraient toujours sous l\u2019emprise de ces gangs.Le recr utement dans les centres jeunesse «est une toute pe t i t e par t i e de c e qu i s e passe », confirme Diane Matte, de la Concertation des luttes contre l\u2019exploitation sexuelle (CLES).« Le recrutement se fait dans les écoles, les stations de métro, les commerces.C\u2019est une erreur de se concentrer uniquement sur les centres jeunesse», dit-elle.À la Maison d\u2019Haïti, qui intervient dans le quartier Saint- Michel, Émilie Martinak soutient qu\u2019il faut apprendre très jeunes aux filles qui grandissent notamment dans les quartiers où sévissent les gangs de rue à « se sécuriser, à développer une estime d\u2019elle-même.Tous les jours, des filles viennent nous raconter qu\u2019elles ont été sollicitées ».Un programme efficace?Selon Richard Desjardins, le nouveau plan d\u2019action proposé par Québec est directement calqué sur le programme de lutte contre la traite des personnes, appelé Mo- bilis, mis en place à Longueuil en 2008 au coût de 2 millions de dollars par année.Bien qu\u2019applaudi par certains, comme la mairesse de Longueuil, ce programme, dont le gros des fonds allait au volet policier, s\u2019est à son avis avéré peu ef ficace sur le plan de la répression avec seulement huit arrestations et un proxénète condamné en un an.«C\u2019est beaucoup d\u2019argent pour peu d\u2019intervention», estime ce dernier.En revanche, plus de 7000 jeunes ont été rencontrés dans les écoles dans le cadre de son volet préventif.Le programme, sabré depuis par Québec, ne dispose plus que de deux des huit policiers de départ.Quant aux organismes de prévention, ils ont perdu leurs subventions.Comme bien d\u2019autres organismes de prévention, la Maison Kekpart a vu son budget provenant de la Sécurité publique amputé de 85 000 $.La CLES, elle, a vu ses subventions réduites de 125 000 $, soit 25 % de son budget.Malgré l\u2019ampleur connue de la traite des mineurs à des fins sexuel les , tous ces organismes de prévention ont dénoncé les coupes assenées à leur financement au cours de la dernière année.Plusieurs ont dû recourir à des fonds privés pour poursuivre leur mission de prévention de l\u2019exploitation sexuelle auprès des jeunes filles et des jeunes garçons, et auprès des femmes.«Le gouvernement agit en toute bonne foi pour réagir à l\u2019indignation, mais il faut un plan gouvernemental complet sur l\u2019exploitation sexuelle.Ce qu\u2019on voit, c\u2019est qu\u2019on est encore dans l\u2019intervention et la répression, et pas la prévention », déplore Li l ia Goldfarb, du Y des femmes de Montréal.Le Devoir L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 F É V R I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 M A R C O F O R T I E R C e fut la campagne des espoirs déçus.Tous les ingrédients étaient réunis pour une percée au Québec du Parti vert du Canada aux élections d\u2019octobre der nier, mais le manque de sensibilité du parti envers la «culture distincte» et le peu de place faite au français ont anéanti les chances de la formation d\u2019Elizabeth May.Des membres influents du parti, y compris d\u2019ex-candidats, ont fait ce constat sans complaisance après l\u2019échec des verts à faire des gains au Québec.Dépliants publicitaires unilingues anglais, appels aux électeurs en anglais, communications internes en anglais, erreurs d\u2019organisation, tensions entre candidats: des membres du Parti vert ont informé la chef Elizabeth May de « l\u2019occasion ratée » au Québec, a appris Le Devoir.Le par ti écologiste a remporté 2,3 % des voix au Québec le 19 octobre dernier, à peu près le même résultat que quatre ans auparavant (2,1 %).Pour la première fois de son histoire, la petite formation avait pourtant des candidats vedettes comme le comédien JiCi Lauzon et les militants écologistes Daniel Green et André Bélisle, qui ont tous mordu la poussière, loin derrière leurs adversaires.«J\u2019ai découvert un parti qui connaît mal le Québec et qui communique en anglais avec les Québécois, dit JiCi Lauzon, qui a démissionné de son poste de vice- président du Parti vert après le scrutin.Le parti m\u2019a déçu.J\u2019ai dit à Elizabeth : \u201cCe n\u2019est pas d\u2019un vice-président francophone dont tu as besoin, mais d\u2019un traducteur!\u201d» ajoute-t-il.Le comédien et humoriste a remporté 8,5% des voix dans la circonscription nationaliste de Pierre-Boucher\u2013Les Patriotes\u2013 Verchères, dans la vallée du Richelieu.C\u2019est le meilleur résultat d\u2019un candidat vert dans l\u2019histoire du Québec.Ce succès d\u2019estime, JiCi Lauzon le doit à sa notoriété et à son travail acharné sur le terrain.Il croit que le parti a nui à sa campagne.Deux solitudes En plein sprint électoral, le quartier général du parti à Ottawa a ainsi demandé à Lauzon de produire quatre messages télévisés et quatre messages pour la radio à\u2026 48 heures d\u2019avis.Deux journées perdues: les huit clips ont été produits en catastrophe, mais n\u2019ont pas été diffusés, raconte JiCi Lauzon.Le «war room» d\u2019Ottawa était «déconnecté» de la réalité québécoise, estime Corina Bastiani, directrice de campagne de JiCi Lauzon \u2014 qui a aussi remplacé au pied levé un candidat qui s\u2019est désisté dans la circonscription de Bécancour\u2013Nicolet\u2013Saurel.Les stratèges du Parti vert insistaient sur la nécessité de faire du pointage à l\u2019aide du logiciel GVote.Elle croit plutôt que les candidats devaient se faire connaître des électeurs et répandre le message vert, dans une province où le parti n\u2019a pas de racines.Devant l\u2019insubordination de l\u2019organisation Lauzon, la permanence du parti a coupé une partie de son financement.Daniel Green, chef adjoint du Par ti ver t, reconnaît que les critiques sur la faible présence du français sont fondées.Il a lui-même traduit des documents et produit un site Web francophone, mais le parti n\u2019avait ni le temps ni les moyens d\u2019en faire davantage en deux mois de campagne.«Le parti est conscient que s\u2019il n\u2019améliore pas son français dans ses communications, il ne va jamais percer au Québec.On le reconnaît », admet-il sans détour.«Le Parti vert du Canada a été dominé par la langue anglaise.Le parti ne voyait pas la nécessité d\u2019investir dans le français avant la campagne de 2015.Ce n\u2019est pas de la méchanceté, mais c\u2019est une réalité.Ma directrice de campagne m\u2019a dit que la campagne lui a fait comprendre c\u2019est quoi les deux solitudes», ajoute le chef adjoint.Au cabinet d\u2019Elizabeth May, on nous dirige vers l\u2019analyse de Daniel Green.La chef a confiance en la capacité de son adjoint québécois pour redresser la barre, indique-t-on.Envie du «pays» JiCi Lauzon et sa directrice de campagne restent membres du Par ti ver t, mais ont cessé de militer de façon partisane.Ils seront ce jeudi à Ottawa, avec Elizabeth May et des représentants du Bloc québécois, pour lancer une pétition contre le pipeline Énergie Est de TransCanada.Le comédien avait mis de côté ses convictions indépendantistes pour militer pour l\u2019environnement.Le projet de pipeline lui redonne envie du « pays ».« Si le Canada, c\u2019est un pipeline qui transporte des millions de barils de pétrole qui risque de nous empoisonner, ce n\u2019est pas mon pays.Ce pipeline, c\u2019est un argument massue pour le Bloc québécois », dit JiCi Lauzon.Le militant et candidat vert André Bélisle \u2014 qui dit avoir voté Oui aux référendums de 1980 et 1995 \u2014 est convaincu que le Parti vert reste le bon véhicule pour les environnementalistes, malgré les dif fi- cu l tés avec l e f r ança i s .« Quand je me suis présenté, j\u2019ai exigé que le par ti reconnaisse le droit à l\u2019autodétermination du Québec, et une victoire du Oui avec 50 % des voix plus un.Ce n\u2019est pas facile de militer pour l\u2019environnement, les écologistes n\u2019ont jamais eu de grands moyens, mais on doit se retrousser les manches et travailler fort.» Le Devoir «L\u2019occasion ratée » du Parti vert au Québec La méconnaissance de la culture francophone est montrée du doigt par des écologistes influents ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR JiCi Lauzon et Corina Bastiani critiquent le parti.M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L a présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), Julie Miville-Dechêne, qualifie d\u2019«impensable» l\u2019idée de couper de moitié les prestations d\u2019aide sociale des jeunes refusant de participer à une séance d\u2019information dans un organisme spécialisé en employabilité.« Le chèque étant ce qu\u2019il est, 616 $, le couper de moitié, comme l\u2019avait mentionné [le ministre précédent, Sam] Hamad, semble impensable.On est déjà à la moitié du seuil de la pauvreté avec le chèque actuel », a-t-elle déclaré à l\u2019occasion de son passage à l\u2019Assemblée nationale mercredi soir.Le CSF est toutefois pour l\u2019instauration d\u2019«une forme d\u2019engagement automatique dans un programme d\u2019accompagnement vers l\u2019intégration en emploi» des adultes âgés de 18 à 25 ans sans contraintes à l\u2019emploi.Il s\u2019agirait d\u2019un «parcours obligatoire» tracé pour eux, précise l\u2019organisme de promotion et de défense des droits et des intérêts des Québécoises.Continuum scolaire Mme Miville-Dechêne a invité mercredi les membres de la commission de l\u2019économie et du travail à y voir « une continuation de l\u2019obligation scolaire» pour les jeunes demandeurs d\u2019aide sociale qui, selon elle, ont «d\u2019abord et avant tout besoin de compétences pour pouvoir intégrer le milieu du travail».«On a l\u2019impression qu\u2019on va pouvoir limiter le décrochage, l\u2019abandon dans la formation qu\u2019on constate jusqu\u2019à maintenant.Mais ça demande clairement une mobilisation du milieu», a-t-elle averti.La présidente du CSF s\u2019est abstenue de proposer une solution de rechange à la coupe de 308 $ de la prestation prévue dans le projet de 70 pour les nouveaux demandeurs d\u2019aide sociale ne participant pas au programme Objectif emploi, ou à tout le moins à une séance d\u2019information organisée dans un organisme spécialisé en employa- bilité.«Il y a comme une relation obligation/sanction.Les choses peuvent être faites un peu différemment», a soutenu Mme Mi- ville-Dechêne.Diversification professionnelle La por te-parole du CSF a également pressé le ministère de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, de mener une analyse dif férenciée selon le sexe du projet de loi 70, afin de cerner les effets de la réforme sur l\u2019autonomie économique des femmes.Elle croise les doigts afin que les initiatives gouvernementales de soutien à l\u2019intégration en emploi comprennent un «volet de diversification professionnelle chez les jeunes femmes afin de ne pas entretenir une division du travail entre les sexes, qui les condamne souvent à la pauvreté, malgré leur présence en emploi ».Pour sa par t , le Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l\u2019exclusion sociale a mis en garde M.Blais contre l\u2019adoption d\u2019un projet de loi assorti de «pénalités qui viendraient réduire une aide financière déjà trop faible pour assurer la couverture des besoins de base des personnes» par l\u2019Assemblée nationale: celui-ci contreviendrait à la fois à la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l\u2019exclusion sociale, à la Charte des droits et libertés de la personne ainsi qu\u2019au Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels.Enfin, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain a invité M.Blais à « aller de l\u2019avant» avec le programme Objectif emploi.Le Devoir AIDE SOCIALE Forcer la participation sans réduire le chèque EXPLOITATION SEXUELLE De jeunes filles sont recrutées dès le primaire Des organismes relèvent que les centres jeunesse sont une infime partie du problème ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Lilia Goldfarb, du Y des femmes de Montréal, ne voit pas de réelle prévention dans le programme Prévention jeunesse.J\u2019ai découvert un parti qui connaît mal le Québec et qui communique en anglais avec les Québécois JiCi Lauzon, ex-candidat du Parti vert « » «Tous les jours, des filles viennent nous raconter qu\u2019elles ont été sollicitées» L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 F É V R I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 6 Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services- et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services- et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi AVIS LÉGAUX & APPELS D\u2019OFFRES HEURES DE TOMBÉE AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa responsa bilité se limite au coût de la parution.CANADA PROVINCE DE QUEBEC DISTRICT DE MONTREAL COUR SUPERIEURE No 500-05-083465-144 No ETA-11144-14 AGENCE DU REVENU DU QUEBEC Partie deman- deresse CHEMDUR INDUSTRIES LTD Partie défenderesse PRENEZ AVIS que le 29/02/2016 à 10:00 AU 140, BOUL.ST-JOSEPH LA- CHINE District de MONTREAL seront vendus par autorité de justice les biens et effets de CHEMDUR INDUSTRIES LTD saisis en cette cause soit VEHICULE TOYOTA CAMRY 2008 GRIS ET VEHICU- LE KIA RONDO 2008 ROUGE CONDITIONS ARGENT OU CHEQUE VISE.JASTINDER BHANDAL HUISSIER DE L'ETUDE PHILIPPE ET ASSOCIES HUISSIERS DE JUSTICE 165 DU MOULIN ST-EUSTA- CHE QUEBEC J7R 2P5 TEL 450-491-7575 AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Yvaine NA- DEAU (BRIDEAU), en son vivant domiciliée au 6-1025, boul.Va- nier, Laval, Québec, H7C 2M9, est décédée à Laval le 1er novembre 2014.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés, à l'étude de Me Isabelle MARTIN, notaire, au 401-1600A, boul.St- Martin Est, Laval, Québec, H7G 4R8.Donné ce 9 février 2016.Carole BRIDEAU, liquidatrice successorale AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis de la clôture de l'inventaire des biens de la succession de Charles-Arthur Martin, en son vivant domicilié au 1414-3055, boulevard Notre- Dame à Laval, province de Québec, H7V 4C6, lequel est décédé à Laval, province de Québec, le 10 octobre 2015.Ledit inventaire peut être consulté par les intéressés à l'étude BERGERON DORAIS NOTAIRES s.e.n.c.au 700, avenue Sainte-Croix, Montréal (arrondissement Saint-Lau- rent), Québec, H4L 3Y3.Me Jacques Dorais, notaire AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis de la clôture de l'inventaire des biens de la succession de Réjeanne PROULX, en son vivant domiciliée au 350, rue du Régent, Deux-Montagnes, province de Québec, J7R 3V6, décédée le 21 novembre 2015, lequel inventaire peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Ted MALEK, notaire, sis au 2183, boulevard des Laurentides, suite 215, Laval, province de Québec, H7K 2J3.Me Ted Malek, notaire AVIS PUBLIC EN VERTU DE L\u2019ARTICLE 192 DE L\u2019ANNEXE C DE LA CHARTE DE LA VILLE DE MONTRÉAL 3e avis À sa séance du 27 janvier 2016, le comité exécutif a approuvé la description des immeubles suivants afin que la Ville en devienne propriétaire en vertu de l\u2019article 192 de l\u2019annexe C de la Charte de la Ville de Montréal : - les lots 5 599 264, 5 599 265, 5 599 266, 5 599 267, 5 599 268, 5 599 271, 5 299 817, 5 599 818, 5 633 768, 5 633 769, 5 633 770, 5 633 771 et 5 633 772 du cadastre du Québec, faisant partie de l\u2019emprise du boulevard Décarie et de la rue Sherbrooke Ouest, situés entre la rue Saint-Jacques et le chemin de la Côte-Saint- Antoine, dans l\u2019arrondissement de Côte-des- Neiges\u2013Notre-Dame-de-Grâce (CE16 0156) Les propriétaires de l\u2019immeuble exproprié en vertu de l\u2019article 192 peuvent réclamer une indemnité de la Ville.À défaut d\u2019entente, l\u2019indemnité est fixée par le Tribunal administratif du Québec à la demande des propriétaires ou de la Ville, et les articles 58 à 68 de la Loi sur l\u2019expropriation (RLRQ, chapitre E-24) s\u2019appliquent, compte tenu des adaptations nécessaires.Cet avis est le troisième de trois que la Ville est tenue de publier.Montréal, le 18 février 2016 Le greffier de la Ville, Me Yves Saindon Avis public Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 16-14470 Installation temporaire, entretien et exploitation pour le volet récréatif, d\u2019un anneau de glace réfrigéré de 400 mètres, au parc Angrignon L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 17 février 2016 est reportée au 24 février 2016 à 14 h dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Montréal, le 18 février 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres ENTRÉE EN VIGUEUR DE RÈGLEMENTS A v i s e s t d o n n é q u e l e c o n s e i l d\u2019agglomération, à son assemblée du 26 novembre 2015, a adopté le règlement suivant : RCG 15-079 Règlement autorisant un emprunt de 28 000 000 $ afin de financer les travaux de réaménagement du square Viger Ce règlement a été approuvé par le ministre des Affaires municipales et de l\u2019Occupation du territoire le 15 février 2016.Il entre en vigueur en date de ce jour et est disponible pour consultation durant les heures normales de bureau au Service du greffe, 275, rue Notre-Dame Est.Il peut également être consulté en tout temps sur le site Internet de la Ville : www.ville.montreal.qc.ca/reglements Montréal, le 18 février 2016 Le greffier de la Ville, Me Yves Saindon Avis public S T É P H A N I E M A R I N D es enfants sourds qui ont été victimes d\u2019agressions sexuelles, alors qu\u2019ils étudiaient dans une école spécialisée tenue par les Clercs de Saint-Viateur à Montréal de 1940 à 1982, ont obtenu 30 millions de dollars en compensation dans le cadre d\u2019une entente, sans avoir à se rendre en procès.Ces anciens élèves \u2014 tous des garçons \u2014 ont obtenu 10 millions de dollars de plus la semaine dernière après une entente conclue avec l\u2019Institut Raymond-Dewar (autrefois appelé l\u2019Institution des sourds de Montréal).Ils avaient auparavant obtenu 20 millions de dollars des Clercs de Saint-Viateur, des religieux qui dirigeaient l\u2019institution et y enseignaient.Un montant de dommages record, selon le cabinet d\u2019avocats Kugler Kandestin, qui représente le Centre de la communauté sourde du Montréal métropolitain ayant intenté l\u2019action collective.«Ce règlement de 30 millions de dollars représente de loin l\u2019indemnisation la plus élevée jamais payée au Québec pour des agressions sexuelles commises sur des mineurs.Le règlement est excellent, et il permettra aux victimes d\u2019être indemnisées dans le cadre d\u2019un processus de réclamation simplifié et confidentiel», a déclaré Me Robert Kugler dans un communiqué.«Nous espérons que ce règlement puisse non seulement aider les victimes de notre groupe, mais également donner confiance aux autres victimes dans notre système de justice», a ajouté Me Pierre Boivin, qui agit depuis de nombreuses années pour le compte de victimes d\u2019agressions sexuelles.La juge Eva Petras, de la Cour supérieure du Québec, a approuvé ce règlement mardi, rapporte le cabinet.Réclamations confidentielles Intentée en 2010, la demande d\u2019action collective visait les Clercs de Saint-Viateur et l\u2019Institut Raymond-Dewar.Les victimes réclamaient des dommages individualisés, mais aussi 100 000$ chacune pour dommages punitifs.Un juge va plus tard déterminer le montant auquel aura droit chacune des victimes.Et pour les protéger, le règlement prévoit que les défendeurs \u2014 les Clercs et l\u2019Institut Raymond-Dewar \u2014 n\u2019auront aucun droit de connaître les noms des victimes et aucun droit de contester leurs réclamations.Dans certains cas, les agressions ont duré des années, et des victimes disent avoir été battues pour avoir tenté de dénoncer leurs agresseurs.La Presse canadienne AGRESSIONS SEXUELLES Les victimes des Clercs de Saint-Viateur se partageront 30 millions JOE RAEDLE AGENCE FRANCE-PRESSE Le FBI veut avoir accès au contenu du iPhone d\u2019un des meurtriers de San Bernardino.Ci-dessus, des agents aménagent la scène du crime, le 7 décembre dernier.F A B I E N D E G L I S E C e serait une question de principes et de sécurité.La multinationale américaine Apple a décidé de tenir tête au FBI et refuse de lui donner les clefs de cryptage nécessaire af in d \u2019accéder au contenu du iPhone d\u2019un des meurtriers de la tuerie de San Bernar- dino, en Californie, en décembre dernier.Mercredi, le géant a reçu l\u2019appui de l\u2019importante Electronic Frontier Fondation.Pour Tim Cook, grand patron d\u2019Apple, permettre une telle intrusion créerait un précédent qui mettrait en péril la sécurité et la protection de la vie privée de tous les propriétaires de iPhone 6.Il réclame d\u2019ailleurs au passage un débat public sur le chif frement des données personnelles qui selon lui, pour être efficace, doit se faire sans compromission.«Nous témoignons un grand respect aux professionnels du FBI et nous croyons que leurs intentions sont bonnes, explique Cook dans une lettre ouverte dévoilée mardi dans la foulée de l\u2019ordre du tribunal reçu à ses bureaux.Or, ce que le gouvernement américain nous demande aujourd\u2019hui de créer, et qui n\u2019existe pas, nous le jugeons trop dangereux à faire : il nous demande de construire une porte dérobée pour lui permettre d\u2019entrer dans nos iPhone.» Une porte qui, une fois ouverte, pourra être utilisée sur tous les appareils, par le gouvernement américain sur son territoire comme ailleurs sur la planète, mais également par des techniciens ou pirates moins bien intentionnés, dit-il.«Ce que le gouvernement réclame, ce n\u2019est pas de l\u2019aide, c\u2019est l\u2019écriture d\u2019un tout nouveau code informatique qui va faire disparaître les composantes de sécurité des iPhone 6 qui protègent les données de tous les usagers de ces téléphones à travers le monde», estime l\u2019Electronic Frontier Fondation, chien de garde de la vie privée aux États-Unis, qui appuie la multinationale dans sa résistance.L\u2019autre Big Brother L\u2019inflexibilité d\u2019Apple est louable, est ime le sociologue de l\u2019UQAM André Mondoux, spécialiste de l\u2019impact social des technologies, mais elle s\u2019inscrit davantage dans une logique de relations publiques que dans une volonté de protéger la vie privée des citoyens.« Avec Google, Apple est ce qui se rapproche le plus de Big Brother [figure de la surveillance étatisée], dit-il.Un débat public sur l\u2019accès aux données d\u2019un iPhone devrait aussi porter sur le flux de données induit par le vivre-ensemble qu\u2019Apple capte ou peut capter et sur le réel degré de transparence qui entoure cette collecte d\u2019information».Dans l\u2019enquête sur le massacre de San Bernardino, qui a coûté la vie à 14 personnes, les autorités se butent actuellement au iPhone 6 d\u2019un des meurtriers.L\u2019appareil, équipé du système d\u2019exploitation iOS 9, est protégé en effet par un système de chiffrement dit «de bout en bout» développé par Apple dans la foulée des révélations d\u2019Edward Snowdon sur les intrusions de la NSA dans la vie privée des citoyens ordinaires, révélations qui ont passablement ébranlé la confiance des internautes quant aux géants de la communication.La clef d\u2019encodage n\u2019est détenue que par le propriétaire de l\u2019appareil.Apple n\u2019en possède pas de copie.Pis, après dix tentatives infructueuses d\u2019accès au contenu de l\u2019appareil, l\u2019ensemble de ce contenu est automatiquement effacé.Selon le FBI, Apple a l\u2019obligation de collaborer à son enquête en fournissant les moyens techniques d\u2019entrer à l\u2019intérieur de ce iPhone verrouillé.Apple s\u2019oppose toutefois à cette demande jugeant qu\u2019elle a des implications qui vont au-delà du cas criminel cité.Depuis son apparition, le nouveau système de chiffrement d\u2019Apple est régulièrement remis en question par les autorités américaines qui y voient une menace pour la sécurité nationale.Le Devoir VIE PRIVÉE Apple reçoit des appuis dans son bras de fer contre le FBI Québec : le nouveau code d\u2019éthique des élus dans l\u2019impasse Les membres de la Commission des institutions ont tenu, mercredi, une séance de travail afin de mener des consultations sur des modifications au code d\u2019éthique et de déontologie des parlementaires, à la suite des recommandations du commissaire Jacques Saint-Laurent.Le Parti québécois a proposé que comparaissent les 15 personnes et organismes entendus en 2009 lors des consultations sur le projet de loi 48 instaurant le code d\u2019éthique, ce que tous les députés présents ont accepté.Or, les libéraux et les ca- quistes ont présenté une liste de six autres personnes, dont cinq furent rejetées par les élus péquistes qui craignent le procès politique de leur chef.Bernard Drainville a affirmé que la règle de l\u2019unanimité devait s\u2019appliquer pour toute modification au code d\u2019éthique, d\u2019où l\u2019impasse.Le Devoir Trudeau défendra seul sa mission contre le groupe EI Ottawa \u2014 Le gouvernement Trudeau portera seul le prochain pan de la mission canadienne contre le groupe armé État islamique (EI).Conservateurs et néodémocrates ont, sans surprise, confirmé qu\u2019ils voteraient contre la proposition libérale.Critiqué par les deux partis, le premier ministre a rétorqué qu\u2019il était temps pour le Canada de «se concentrer sur les prochaines étapes de la lutte contre le groupe EI, ce qui veut dire encourager les gens locaux sur le terrain à avoir la capacité [\u2026] d\u2019affaiblir et de vaincre EI».La chef conservatrice, Rona Ambrose, l\u2019a accusé de retirer le Canada de la lutte internationale en rapatriant les six CF-18 d\u2019Irak et de Syrie (qui ont cessé leurs bombardements lundi), pour tripler le nombre de soldats entraînant les forces locales.Une décision «indigne», d\u2019autant plus que de fournir de l\u2019aide humanitaire et diplomatique n\u2019empêche pas de bombarder également EI, a-t-elle martelé.Thomas Mulcair a reproché à Justin Trudeau de «prolonger pour une durée inconnue une mission de combat, au front».Le débat se poursuivra jusqu\u2019à la semaine prochaine.Le Bloc québécois pourra alors «sûrement» s\u2019exprimer, a-t-on indiqué au parti.Le Devoir P H I L I P P E O R F A L I R ien ne va plus à la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ).Courroucés par l\u2019appui de leur regroupement à l\u2019abolition des élections scolaires, certains comités \u2014 et pas les moindres \u2014 menacent carrément de claquer la porte, a appris Le Devoir.Se désaffilier de l\u2019organisme qui représente l\u2019ensemble des comités de parents des commissions scolaires du Québec?«C\u2019est à l\u2019ordre du jour de chacune de nos rencontres depuis le début de l\u2019année», lance sans ambages la présidente du Comité de parent de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Mélanie Taillefer, qui représente à elle seule 10 % des élèves de la province.«La Fédération aujourd\u2019hui sert ses propres intérêts, elle ne sert ni les parents, ni les comités, ni les enfants.» Depuis de nombreux mois, des prises de position de la FCPQ et de sa présidente, Corinne Payne, font sourciller dans les rangs, notamment du côté de la CSDM, mais aussi dans Charlevoix, à Rouyn-No- randa et dans la région de la Ca- pitale-Nationale.On reproche à la Fédération d\u2019adopter des points de vue trop proches de ceux du gouvernement Couil- lard, son principal bailleur de fonds, et, surtout, de ne pas attendre de consulter les membres avant de se prononcer.En septembre, à la surprise générale, la FCPQ avait dénoncé la tenue de journées de grève par les enseignants, tout en encourageant les parties patronales et syndicales à s\u2019entendre rapidement.Mal à l\u2019aise, Mme Taillefer et d\u2019autres avaient alors dû nuancer les propos de Mme Payne, assurant reconnaître la légalité des moyens de pression des enseignants.Le projet de loi de la discorde Puis vint le projet de loi 86 sur la réforme de la gouvernance.La goutte qui fit déborder le vase, aux yeux du comité de parents de la CSDM.«Ça ne faisait pas une heure que le projet de loi était déposé que déjà, Mme Payne annonçait que c\u2019est une bonne nouvelle.Est-ce qu\u2019on aurait pu, au moins, attendre qu\u2019on étudie ensemble cette mesure?» déplore Mme Taillefer.«La Fédération défend un projet auquel on ne croit pas.Et elle ne nous écoute pas.Elle ne veut pas de démocratie scolaire, alors qu\u2019on pense que la meilleure façon d\u2019assurer une école de qualité, c\u2019est d\u2019avoir des commissaires qui sont redevables à l\u2019ensemble de la population», ajoute Sylvain Tremblay, du Comité de parents de la Commission scolaire de Charlevoix.Idem à Rouyn-Noranda.Ces positions ont de quoi étonner puisque les libéraux répètent que le projet de loi 86 donnera davantage de pouvoir aux parents en leur offrant un rôle accru dans les nouveaux conseils scolaires, qui doivent remplacer les commissaires élus.Ceux-ci seront composés de parents, de directeurs d\u2019école et de professionnels de l\u2019éducation, notamment.Pourquoi s\u2019y opposer, donc?Parce que l\u2019école n\u2019appartient pas qu\u2019aux parents, aux directions d\u2019école et aux enseignants, fait valoir Mélanie Robinson, commissaire-parent à la CSDM.Les élus scolaires sont là pour «humaniser les décisions administratives.Comme société, on ne peut laisser des groupes d\u2019intérêts guider les décisions».Le comité de parents est composé d\u2019un représentant élu par les parents de chaque école primaire et secondaire d\u2019une commission scolaire.La totalité des comités est actuellement membre de la Fédération, chaque commission scolaire obtenant un vote, peu importe sa taille, une autre source de frustration pour la CSDM.En entrevue, Mme Payne soutient avoir consulté ses membres avant de prendre position officiellement par rapport à la réforme de la gouvernance scolaire.Elle se range derrière l\u2019opinion de la majorité, selon elle.Le fait que Québec soit son premier bailleur de fonds n\u2019influence en rien les prises de position de la Fédération, ajoute-t-elle.«La Fédération, c\u2019est une démocratie.On représente l\u2019avis de la majorité.C\u2019est normal que tout le monde ne soit pas d\u2019accord.[\u2026] S\u2019ils veulent partir, il y a un processus.» Le Devoir L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 F É V R I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 7 LE DEVOIR DE DÉBATTRE Le mercredi 24 février 2016, 19 h elle condamn , PQ QS u : la ga e ch p op l\u2019 à - est aille obit e R oin Ant De e du st iali or édit \u2019 Animé par l v osition oir ?e é Québec solidair vid se Da çoi an Fr ev ipale inc iée pr assoc e et sident é -pr ice V e oir g é Marie Gr oir Le D ur ueur po oniq Chr vid el Da Mich uin o ée de G déput e, ur osemont po é de R Déput s Li çoi an ean-Fr J conseil - ence ellig CT Int A T , e sé 8 5 1 2 3- 18 64 4 u ez a v ser é R ue, Québec iq abr e de la F 2, côt Des comités de parents menacent de faire cavalier seul La Fédération s\u2019attire les foudres de ses membres pour ses positions en harmonie avec celles du gouvernement libéral JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les comités mécontents reprochent notamment à la Fédération sa position tranchée contre les journées de grève des enseignants.Ci- dessus, la marche du 30 septembre 2015, où 34 000 enseignants avaient voté un débrayage.M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e ministre de l\u2019Éducation, Pierre Moreau, a évoqué mercredi la possibilité d\u2019amender le projet de loi 86 afin de lever l\u2019interdiction faite aux parents de siéger à dif férentes instances d\u2019une commission scolaire.«Ça peut être changé», a-t-il souligné au lendemain du coup d\u2019envoi des consultations publiques sur le projet de réorganisation de la gouvernance des commissions scolaires.Le Comité de parents de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) avait, mardi après- midi, déploré la volonté du gouvernement libéral d\u2019interdire à un membre d\u2019un conseil scolaire de faire partie d\u2019un conseil d\u2019établissement, d\u2019un comité de parents ou encore d\u2019un comité consultatif des ser vices aux élèves handicapés et aux élèves en difficulté d\u2019adaptation ou d\u2019apprentissage (CCSEHDAA).Cette «interdiction» forcerait les parents siégeant à un conseil scolaire à « [se] couper de leur réseau de soutien et d\u2019information », ont soutenu les représentantes du comité de parents de la CSDM, Julie Wagner et Mélanie Robinson, en commission parlementaire.«Si c\u2019est le seul problème que nous avons, c\u2019est très facile à arranger», a lancé M.Moreau lors d\u2019un impromptu de presse en marge du caucus des élus libéraux mercredi avant-midi.En revanche, le ministre ne s\u2019est pas montré aussi prompt à acquiescer à la demande de la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, et des représentantes du comité de parents de préser ver la « démocratie représentative, participative et de proximité » en maintenant les élections scolaires \u2014 quitte à les faire coïncider avec les élections municipales afin de tirer vers le haut le taux de participation.Confusion « Il y a un gros problème, qui n\u2019est pas lié à l\u2019ouver ture du ministre, d\u2019aucune façon », a mentionné M.Moreau, avant de pointer la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ), qui sont « en totale opposition » à cette possibilité.Le milieu craint notamment de semer la « confusion » dans l\u2019esprit des électeurs québécois en tenant simultanément des élections municipales et scolaires.« Ce n\u2019est pas mon opinion à moi » , a précisé M.Moreau aux journalistes.« Éventuellement, il faudra décider si on veut l\u2019imposer ou pas.Je pense qu\u2019on n\u2019est pas rendu là», a-t-il ajouté.La Commission de la culture et de l\u2019éducation reprendra l\u2019étude du projet de loi 86 mardi prochain avec l\u2019audition, notamment, de la Coalition pour l\u2019avenir du réseau scolaire anglophone.Le Devoir GOUVERNANCE SCOLAIRE Le ministre Moreau enclin à modifier le projet de loi M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, réfléchit aux moyens de briser l\u2019«obstruction systématique du Parti québécois» à la Commission des institutions, qui passe au crible le projet de loi visant à bannir les discours haineux ou incitant à la violence.«Il y a plusieurs scénarios possibles», a expliqué M.Fournier dans un échange avec Le Devoir mercredi.Le gouvernement libéral peut notamment forcer une étude à vitesse grand V du projet de loi 59 grâce à une motion de suspension des règles de procédure, c\u2019est-à-dire un bâillon.«Il y a différentes options.On n\u2019a pas arrêté encore de décision finale», a indiqué M.Fournier avant de filer à une séance du Conseil des ministres.La péquiste Agnès Maltais s\u2019est lancée dans une opération d\u2019« obstruction intelligente » lors du coup d\u2019envoi de l\u2019étude détaillée du projet de loi 59 en novembre dernier.À ce jour, la députée a proposé à la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, pas moins de 18 amendements à l\u2019article un, plongeant les élus de la Commission des institutions dans de longs débats.Après plus de 35 heures de travail parlementaire, ceux-ci poursuivaient mardi l\u2019étude de l\u2019article 1\u2026 sur 43.Antidémocratique M.Fournier n\u2019a pas manqué de dénoncer l\u2019attitude «antidémocratique» de Mme Maltais.«Le Parlement devrait servir à présenter des propositions et à voter, mais elle empêche que le vote arrive parce qu\u2019elle ne fait que prolonger le débat à ne plus savoir qu\u2019en faire.Elle empêche que le Parlement exprime par ses députés un vote.On est élus pour ça!» a lancé le ministre libéral.De son côté, Mme Maltais n\u2019ose pas imaginer que le gouvernement puisse imposer le bâillon pour faire adopter un projet de loi restreignant la liberté d\u2019expression.Le projet de loi 59 vise à prévenir et lutter contre les discours haineux et les discours incitant à la violence tenus ou diffusés publiquement, mais également les «enseignements» du même registre, visant un groupe de personnes identifié à l\u2019article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne \u2014 femmes, homosexuels, minorités visibles, groupes religieux, etc.Le Devoir DISCOURS HAINEUX Les libéraux soupèsent leurs options devant l\u2019«obstruction» de Maltais Nuit blanche : neuf bars pourront fermer à 6 h Pour la première fois au Québec, neuf bars du Quartier latin à Montréal pourront rester ouverts jusqu\u2019à 6 h du matin lors de la Nuit blanche du festival Montréal en lumière qui se tiendra dans la métropole le 27 février prochain.Les neuf établissements ont obtenu une dérogation auprès de la Régie des alcools, des courses et des jeux.Il s\u2019agit des bars Pub Quartier latin, le Bistro à Jojo, Saint- Bock Brasserie artisanale, Saint-Houblon, En cachette, Cinko, Café Hookah Lounge, Patrick\u2019s Pub Irlandais et L\u2019Île noire.Il s\u2019agit d\u2019une mesure exceptionnelle directement liée à l\u2019événement, l\u2019horaire normal reprendra dès le lendemain.Le Devoir ucun parc, bout de rue, ruelle, ni gala ne devrait être associé au talentueux mais ténébreux cinéaste Claude Jutra.Les allégations de pédophilie qui pèsent contre le créateur décédé en 1986 sont trop graves pour être ignorées.En quelques jours, La Presse+ a fait preuve de la rigueur et du courage qui ont manqué à l\u2019auteur Yves Lever et à son éditeur, Boréal, en donnant la parole à une victime présumée du réalisateur.De l\u2019âge de 6 à 16 ans, le garçon aurait été agressé par le « père de mon oncle Antoine ».Le récit d\u2019horreur est corroboré notamment par une des sœurs et une amie de la jeune victime.Voilà le fardeau de preuve qui manquait dans la biographie de M.Lever pour enfin passer à l\u2019action.La ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, en avait d\u2019abord appelé à la prudence et à la vérification des faits lors de la publication de l \u2019ouvrage.Elle exhorte maintenant la Commission de toponymie du Québec à faire des démarches, notamment auprès des municipalités, pour effacer le nom de Claude Jutra de la mémoire collective.Quelques villes, comme Lévis, Québec et Montréal, ont déjà fait part de leur intention de retirer le nom de Jutra de leurs rues et parcs.La Cinémathèque québécoise a décidé de changer le nom de la salle Claude-Jutra.Le conseil d\u2019administration de Québec Cinéma a aussi entendu l\u2019appel du pied de la ministre David en acceptant de retirer le nom de Jutra de son gala annuel.Mme David a fait preuve d\u2019une conduite sage et exemplaire à tous les instants de cette affaire.Il ne s\u2019agit nullement d\u2019adopter une posture moraliste ou révisionniste, comme le prétendent des pleureurs exaltés dans nos propres pages Idées, mais de faire preuve d\u2019une certaine cohérence.Une société ne peut prétendre qu\u2019elle encourage la dénonciation des agressions sexuelles d\u2019un côté, en acceptant de l\u2019autre que l\u2019un des plus imposants prix en culture porte la marque d\u2019un pédophile allégué.L\u2019incohérence dans laquelle voudraient nous enfermer certains esthètes du milieu culturel, si prompts à amalgamer la condamnation de l\u2019homme à la répudiation de son œuvre, ne fait que renforcer le sentiment d\u2019impunité que connaissent trop bien les voleurs d\u2019enfance et leurs victimes fragilisées à jamais.C\u2019est bien mal connaître le système judiciaire que d\u2019évoquer le droit à la présomption d\u2019innocence de Claude Jutra.Il ne reviendra pas d\u2019entre les morts pour subir un procès juste et équitable.Ne reste plus que le poids des symboles.Le nom de Claude Jutra est toxique.Le milieu culturel doit accepter qu\u2019il soit gommé de l\u2019espace public.En revanche, il faut bien reconnaître que son œu- vre, magistrale, restera fréquentable.Les temps sont durs pour Bombardier.Après deux années de retard et des dépassements de coûts de 2 milliards de dollars pour développer le programme CSeries, voilà qu\u2019on annonce 7000 mises à pied à travers le monde.Mais tout ne va pas mal, heureusement, puisque la commercialisation du nouvel aéronef commence enfin.almenée en Bourse depuis plusieurs mois, l\u2019action de Bombardier a pris du mieux mercredi avec l\u2019annonce de l\u2019achat de 45 appareils CSe- ries par Air Canada.Il était temps puisqu\u2019aucune autre promesse du genre n\u2019avait été enregistrée depuis un an et demi.Cela dit, la bonne nouvelle était accompagnée d\u2019une bien mauvaise celle-là, soit la mise à pied de 2400 employés au Québec, la plus grande partie dans les divisions du transport ferroviaire, de l\u2019aviation d\u2019affaires et de la conception des produits.Nous sommes ici dans un secteur hautement cyclique de l\u2019industrie manufacturière.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on procède à une réduction de 3200 employés dans le transport ferroviaire que ce dernier est au bord de la faillite.Au contraire, cette division est la plus rentable et c\u2019est pour être en mesure de traverser les périodes creuses qu\u2019on agit de la sorte.Quant au CSeries, il faudra plutôt embaucher de la main-d\u2019œuvre pour lancer la phase de production.En plus d\u2019acquérir 45 CS300 et de prendre une option d\u2019achat pour 30 autres, Air Canada a annoncé s\u2019être entendue avec le gouvernement du Québec pour que celui-ci abandonne les procédures judiciaires pour le retour du centre d\u2019entretien d\u2019avions disparu en 2012.À cette époque, Air Canada avait délocalisé les travaux d\u2019entretien de sa ?otte vers un sous-traitant américain en contravention de la loi fédérale de privatisation de la compagnie.Par l\u2019entente intervenue cette semaine, Air Canada s\u2019engage à installer son futur centre d\u2019entretien de CSeries au Québec.On ne connaît pas le nombre d\u2019emplois ainsi créés, certainement moins que les 1700 perdus en 2012, mais comme Québec a déjà remporté les deux premières manches devant les tribunaux, on peut croire qu\u2019Air Canada a voulu régler le dossier en installant son futur centre d\u2019entretien ici, mais surtout en faisant le choix de l\u2019avion lui-même dans lequel l\u2019État vient d\u2019investir 2,5 milliards.?Le CSeries est l\u2019un des plus ambitieux projets de haute technologie de l\u2019histoire industrielle canadienne.Af?rmer comme certains, surtout au Canada anglais, qu\u2019il faut abandonner l\u2019aventure malgré les 5 milliards investis, c\u2019est faire preuve d\u2019à-plat- ventrisme, voire d\u2019un grand mépris à l\u2019endroit des industriels québécois.Quant à prétendre comme le conservateur Maxime Bernier qu\u2019Ottawa ne doit pas venir en aide à Bombardier mais plutôt baisser les impôts, quelle bêtise ! Les Américains autant que les Européens subventionnent leur industrie aérospatiale à coups de dizaines de milliards, directement, par l\u2019intermédiaire des programmes militaires ou en forçant les compagnies d\u2019aviation nationales à acheter le produit.Le gouvernement Trudeau a raison de chercher la meilleure façon de soutenir Bombardier, mais le temps presse.Quoi qu\u2019on en dise, l\u2019avenir de la compagnie et celui de toute l\u2019industrie aérospatiale canadienne et québécoise sont intimement liés au succès de Bombardier et du CSeries.Québec a largement contribué, c\u2019est au tour d\u2019Ottawa de soutenir ce joyau de l\u2019industrie manufacturière canadienne dans sa guerre contre les géants mondiaux de l\u2019aéronautique.L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 F É V R I E R 2 0 1 6 A 8 EDITORIAL L E T T R E S À la défense de Claude Jutra La déferlante médiatique s\u2019est emballée à bride abattue sur une malheureuse condamnation énoncée par le dernier biographe de Claude Jutra (1930-1986), qui a cru bon jouer au psychiatre en donnant son verdict alors qu\u2019il n\u2019est pas de son ressort, encore moins de sa compétence, de diagnostiquer son sujet à l\u2019étude.En effet, nul ne peut s\u2019aventurer sur le terrain de la sexualité de quelqu\u2019un sans connaître le dossier à fond, dans ce cas-ci médical, au risque de perdre toute crédibilité.En fait, il ne relève pas du travail de l\u2019historien du cinéma d\u2019entrer dans les replis de la vie privée de quelqu\u2019un, à moins que certains traits ou pratiques viennent éclairer son œuvre ou ses activités, qui doivent nécessairement se mesurer à l\u2019aune de l\u2019objectivité.Il est malheureux de voir la presse se laisser déchaîner par une affirmation allusive qui ne repose sur aucune preuve.D\u2019emblée, on doit reconnaître que le procédé est douteux et que, dans ce contexte, il ne faudrait pas céder aux abois de la rumeur alors qu\u2019il est question d\u2019une accusation grave \u2014 le terme «pédophile » n\u2019est pas innocent \u2014 et qu\u2019à ce jour, personne n\u2019a témoigné de ce fait malgré les efforts répétés du biographe et auteur, en quelque sor te, de ce lynchage public.Une réputation, c\u2019est comme du linge blanc, c\u2019est facile à salir pour qui va jouer dans la boue.Quand il s\u2019agit de détruire la réputation d\u2019un homme qui n\u2019est plus là pour se défendre, c\u2019est totalement insupportable, surtout lorsqu\u2019il est question d\u2019une figure tutélaire du cinéma d\u2019ici.Ne cédons pas à la tentation de joindre les mauvaises harangues de la foule à condamner quelqu\u2019un sans l\u2019ombre d\u2019un procès.Nous sommes toujours dans une société civile fondée sur le droit qui édicte la part des responsabilités de chacun.Philippe Dubé, acteur dans le film Wow (1969) de Claude Jutra Le 15 février 2016 La prétention de Pétrolia La remise en cause par le premier ministre Couillard de l\u2019exploitation pétrolière sur Anticosti concerne des aspects à la fois contractuels, administratifs, juridiques et politiques, ainsi que la complexité de leurs interconnexions.Lors de son point de presse du lundi 15 février, le p.-d.g.de Pétrolia, M.Alexandre Gagnon, fut à plusieurs reprises interrogé par les journalistes sur l\u2019intention que pourrait avoir la pétrolière de poursuivre devant les tribunaux le gouvernement en cas de rupture de contrat.M.Gagnon a refusé de faire état des intentions de la pétrolière.Il a néanmoins fait entrevoir la possibilité de poursuites en soutenant que les certificats d\u2019autorisation permettant de procéder aux forages déjà prévus au contrat devaient être délivrés par des fonctionnaires selon les procédures administratives habituelles, prétendant que cela exclut toute ingérence politique, dont celle du premier ministre ayant af firmé que les fonctionnaires feraient ce que le gouvernement leur dirait de faire.C\u2019est également sur la base de cette prétention que les porte-parole du PQ et de la CAQ ont condamné l\u2019intervention de M.Couillard.Or, c\u2019est là passer sous silence les prérogatives du pouvoir politique en le subordonnant aux fonctions administratives des fonctionnaires.Il appartient au gouvernement d\u2019établir la politique énergétique dans l\u2019intérêt du bien commun.Il se peut que le gouvernement soit avec le temps justifié de rectifier le tir grâce par exemple à de meilleures connaissances techniques sur les effets des forages hydrauliques ou à une plus grande sensibilité à l\u2019égard de l\u2019acceptabilité sociale, comme cela s\u2019est déjà produit dans le cas du gaz de schiste dans la vallée du Saint- Laurent.Il serait étonnant que le contrat détenu par Pétrolia interdise au gouvernement de jouer son rôle.Le gouvernement devrait par contre prévoir des dédommagements pour les victimes d\u2019une réorientation de sa politique énergétique.Gérard Lévesque Lévis, le 15 février 2016 L\u2019utilité d\u2019une biographie Un biographe ne peut évoquer à mot couver t le terme pédophile en prétendant, sans fournir de preuves, qu\u2019il l\u2019emploie à bon escient.Il n\u2019est pas sans savoir que ce mot à forte connotation frappe de plein fouet l\u2019imaginaire.Plus le personnage est illustre, plus il aura l\u2019effet d\u2019une bombe.En quoi, est-il essentiel de placer au banc des accusés Claude Jutra trente ans après son suicide ?Qu\u2019entend-on au juste par « aimer les jeunes garçons » et en quoi cette part de sa vie privée a-t-elle imprégné hors de tout doute sa vie artistique, son œuvre cinématographique ?N\u2019est-ce pas, dans toute biographie, ce qu\u2019il vaut la peine d\u2019élucider de manière bien étayée ?En ce qui a trait à Jutra, le mal est fait, mais on ne saurait encore dire lequel.Chose certaine, qu\u2019on modifie ou non la dénomination d\u2019un gala et d\u2019un trophée, cela ne changera rien à ce qui mérite d\u2019être célébré dans le monde du cinéma et à ce que nous devons à Claude Jutra quoi qu\u2019il advienne.Carol Patch-Neveu Montréal, le 17 février 2016 FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints NELLIE BRIÈRE, PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N BOMBARDIER À Ottawa d\u2019agir Jutra, un nom toxique M A S T E V E N G U I L B E A U L T Directeur principal d\u2019Équiterre J\u2019 étais assis dans la salle où se déroulait la conférence de presse du gouvernement du Québec annonçant un don de 25 millions de dollars pour l\u2019aide aux pays en voie de développement dans le cadre de la conférence de Paris, le 5 décembre dernier.La conférence de presse allait bon train jusqu\u2019à ce qu\u2019une journaliste de Radio-Ca- nada pose une question sur la cohérence de l\u2019action climatique du Québec en regard du projet d\u2019Anticosti.C\u2019est alors que M.Couil- lard a lancé cette réponse qui en a surpris plus d\u2019un: «Je n\u2019ai aucun enthousiasme pour les hydrocarbures [\u2026].J\u2019espère qu\u2019il n\u2019y a plus d\u2019ambiguïté sur cette question-là.» S\u2019agit-il d\u2019un virage aussi soudain que certains voudraient le laisser croire?Déjà en 2014, Philippe Couillard avait émis plusieurs réser ves sur le projet d\u2019Anticosti, dont la rentabilité était encore à prouver malgré un investissement massif de 115 millions de fonds publics, alors que d\u2019autres criaient haut et for t que des milliards de dollars y étaient enfouis.On sait maintenant que ce qui se trouve dans le sol d\u2019Anticosti est majoritairement du gaz à environ 80 %.Le gouvernement est tout à fait dans son droit de mettre fin à cette entreprise d\u2019exploitation non rentable et surtout loin de nos objectifs collectifs de transition énergétique.Si la compagnie pétrolière s\u2019entête à poursuivre juridiquement le gouvernement du Québec et qu\u2019elle remporte la bataille, cela serait tout de même immensément moins cher que d\u2019engloutir 100 millions de dollars ! L\u2019été dernier, le premier ministre avait déclaré qu\u2019il n\u2019y aurait plus beaucoup de place pour le pétrole dans cet avenir peu friand en carbone lors de la signature d\u2019une entente entre le Québec, l\u2019Ontario et la Californie, où ces états s\u2019engagent à réduire leurs émissions de GES de 80 à 95 % d\u2019ici 2050.Certains ont avancé que M.Couillard aurait été « contaminé » par son passage à Paris\u2026 À cela, je réponds « pourquoi pas » ! Pourquoi ne pas se ranger derrière les arguments de Mark Carney, président de la Banque centrale d\u2019Angleterre, qui nous met en garde contre les risques financiers d\u2019investir dans les combustibles fossiles alors que nous ne pourrons brûler les réser ves actuellement connues ?Et pourquoi ne pas se joindre à ces 50 pays qui ont annoncé qu\u2019ils seraient 100 % renouvelables d\u2019ici 2050 ?Et qui sait, peut-être que de dire non à l\u2019exploitation de notre pétrole facilitera la tâche de M.Couillard lorsqu\u2019il sera temps de dire non au passage de l\u2019oléoduc des sables bitumineux Énergie Est de Trans- Canada sur notre territoire ?On peut toujours espérer ! Et si Philippe Couillard avait raison ?JEAN-ROBERT SANSFAÇON BRIAN MYLES L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 F É V R I E R 2 0 1 6 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).R O B I N P H I L P O T Éditeur chez Livres Baraka, l\u2019auteur a interviewé M.Boutros-Ghali à deux reprises pour son livre Ça ne s\u2019est pas passé comme ça à Kigali.eu Boutros Boutros-Ghali a eu la malchance d\u2019occuper le poste de secrétaire général de l\u2019ONU au moment où les États-Unis venaient de proclamer le «nouvel ordre mondial».En gros, cela voulait dire le nouvel ordre mondial américain, un monde où une superpuissance décidait de tout.Boutros-Ghali croyait encore en un monde multipolaire, sinon au moins bipolaire.Voici comment l\u2019ancien secrétaire général a décrit ses relations avec les États-Unis pendant qu\u2019il était à la tête de l\u2019ONU: «Ils ne voulaient pas quelqu\u2019un qui discute de leurs décisions.Ils voulaient tout, et tout de suite.Quand on est très puissant \u2014 j\u2019ai travaillé avec des souverains absolus toute ma vie \u2014, they cannot accept discussion, they cannot accept even a minimum of contradiction.Je veux ça, fini! Comment ça?Discuter?C\u2019est moi le dieu des dieux, je veux ça.Et vous me dites que \u201cje vais réfléchir\u201d?» Boutros-Ghali a commencé son mandat de secrétaire général de l\u2019ONU en janvier 1992.Premier Africain à ce poste, il a dû faire face à son plus grand défi en 1994 lors de la guerre au Rwanda.À ce sujet, il n\u2019y allait pas par quatre chemins.Selon lui, «le génocide au Rwanda était à 100% de responsabilité américaine».Il a précisé que « les États-Unis, avec l\u2019appui énergique de la Grande-Bretagne, ont tout fait pour empêcher les Nations unies pour empêcher la mise en place d\u2019une force des Nations unies, et ils y sont parvenus».Washington exécrait tant M.Boutros-Ghali \u2014 la secrétaire d\u2019État Madeleine Albright le traitait de « Frenchie » \u2014 qu\u2019ils ont ourdi un plan pour l\u2019éjecter du poste, culminant par l\u2019imposition de leur veto contre son deuxième mandat.Kofi Annan l\u2019a remplacé en 1996.À l\u2019instar d\u2019autres dirigeants balancés, le gouvernement de Bill Clinton lui avait offert divers honneurs, dont une réception à la Maison- Blanche offerte par le président, des doctorats honorifiques dans de prestigieuses universités, mais à condition qu\u2019il parte de son propre gré dans un an.Et Boutros-Ghali de répondre : « Je leur ai dit que je refusais les pourboires.» Quand on songe à ses déclarations et à son indépendance d\u2019esprit dans ce nouvel ordre mondial, est- ce surprenant qu\u2019il ait été si grossièrement congédié du plus haut poste de l\u2019Organisation des Nations unies?Qu\u2019il repose en paix! BOUTROS BOUTROS-GHALI 1922-2016 Un secrétaire général à l\u2019esprit indépendant D E N I S S A I N T - M A R T I N Professeur titulaire, Département de science politique, Université de Montréal Le 23 février, l\u2019auteur participera à une Table ronde sur les recommandations de la commission Charbonneau à l\u2019UdM.a dissidence de Renaud Lachance a porté un coup dur à la crédibilité du rap- por t de la commission C h a r b o n - neau.Dans sa lettre d\u2019explication, M.Lachance s\u2019est dit «victime de sa rigueur».Il a recherché dans les témoignages un lien de causalité entre le financement politique et l\u2019obtention de contrats publics et n\u2019en a pas trouvé.Or, s\u2019il avait été aussi rigoureux qu\u2019il le prétend, l\u2019ancien vérificateur général aurait appliqué un standard de preuve mieux adapté à la nature informelle et secrète de la corruption.Il aurait consulté la recherche et la jurisprudence et constaté que la quête d\u2019intentionnalité et de causalité entre un acte et son résultat n\u2019est qu\u2019une chimère en matière de lutte contre la corruption.Les réseaux de corruption se déploient toujours loin des regards dans les soubassements de la société et du marché.La définition de la corruption ne fait l\u2019objet d\u2019aucun consensus en sciences sociales.La seule mesure de corruption disponible est un indicateur de perceptions développé par Transparency International.En ce qui concerne la corruption, les humains ne perçoivent encore que des ombres, comme dans la caverne de Platon.M.Lachance a appliqué un standard de preuve typique de la mens rea en droit criminel.Il est pourtant reconnu qu\u2019un tel standard sied fort mal à la corruption, car celle-ci s\u2019observe rarement de façon directe, mais sur tout au travers des « ombres » qu\u2019elle projette.C\u2019est pourquoi si peu d\u2019individus et d\u2019entreprises sont condamnés pour corruption par les tribunaux.La preuve est si complexe à établir que les procureurs hésitent à s\u2019engager dans des poursuites criminelles.L\u2019exemple américain Pour pallier ces limites, les États-Unis ont développé une approche de rechange : les « deferred prosecution agreements » (DPA) sont des accords passés avec le gouvernement, par lesquels une entreprise qui fait l\u2019objet d\u2019une enquête pour corruption paie une amende et reconnaît les fa its, et reço it en échange l \u2019annulation des poursuites contre elle.Pour les procureurs, les DPA sont un moyen d \u2019éviter de coûteuses poursuites à l\u2019issue souvent incertaine.Pour les entreprises, ces ententes représentent une police d\u2019assurance contre le sort réservé à Arthur Andersen, le cab inet d \u2019aud it qu i s\u2019est ef fondré en 2002 après avo ir été trouvé coupable dans l\u2019affaire Enron.De 2000 à 2013, le ministère américain de la Justice a conclu 257 DPA, pour un total de 37 milliards de dollars payés en amendes par les compagnies corrompues.Le recours à ce type d\u2019ententes est devenu si répandu que 80% des causes de corruption d\u2019entreprise sont maintenant résolues par l\u2019intermédiaire de DPA.Les DPA sont comme un programme de réhabilitation pour les entreprises corrompues.Celles-ci acceptent de collaborer avec les autorités et de mettre en place des mesures strictes pour prévenir la corruption et obtiennent l\u2019immunité en contrepartie.Dans son rappor t, la commission Charbonneau ouvre la porte à ce type d\u2019approche lorsqu\u2019elle recommande des programmes d \u2019immunité et de clémence pour les personnes physiques et morales impliquées dans la corruption.À Ottawa, SNC-Lavalin et le chef du puissant lobby du Conseil canadien des affaires pressent le gouvernement de donner aux entreprises corrompues le pouvoir de négocier des ententes hors cour.Ils estiment que la possibilité d\u2019être tenus criminellement responsables et de finir comme Arthur Andersen place les entreprises canadiennes en situation de désavantage par rapport à leurs concurrents aux États-Unis.Malgré leur popularité, rien dans la recherche ne permet de conclure à l\u2019efficacité des DPA dans la lutte contre la corruption.Certes, les procureurs engrangent les sommes négociées avec les entreprises corrompues, et celles-ci, en retour, évitent les conséquences potentiellement dévastatrices d\u2019une poursuite criminelle.Mais leur effet de dissuasion sur la corruption demeure inconnu.Avec seulement 20% des causes qui se retrouvent devant les tribunaux et le reste qui bénéficie d\u2019amnistie, certains croient plutôt que les DPA encouragent la corruption.Les amendes versées par les entreprises fautives ne seraient qu\u2019un coût supplémentaire à amortir pour faire des affaires \u2014 une sorte de taxe à la corruption payée au gouvernement.Aux États-Unis, l\u2019implosion d\u2019Arthur Andersen a transformé la lutte contre la corruption d\u2019entreprises.Les procureurs doivent soupeser les intérêts économiques et s\u2019assurer que les pénalités imposées n\u2019endommagent pas la santé d\u2019un secteur de l\u2019industrie.Au Québec, le même argument est repris par le milieu d\u2019af faires et le ministre Daoust, qui, en 2015, invitait à la prudence dans les enquêtes pour protéger «les grands fleurons» de l\u2019économie.Le soutien public est essentiel à la lutte contre la corruption.Il faut éviter de punir les petits et épargner les gros.D\u2019un côté, l\u2019ancienne représentante de la reine, qui, à 76 ans, écope de 18 mois de prison pour avoir fraudé le Trésor de quelque 200000 ou 300000$.Et de l\u2019autre, des multinationales qui ont surfacturé des millions et qui négocient en secret des ententes leur permettant de reprendre plus rapidement leurs affaires avec les gouvernements.Une justice discrétionnaire à deux vitesses ne fait rien pour rétablir la confiance dans les institutions.L\u2019APRÈS-CHARBONNEAU Les intérêts économiques sapent la lutte contre la corruption Condamner Lise Thibault et s\u2019entendre avec des compagnies qui ont fraudé, c\u2019est condamner le petit et épargner le gros A L E C L A R O S E Conseiller à la vie professionnelle et pédagogique de la FSE e Devoir nous apprenait récemment que la FEEP réclamait sans ironie «sa part» d\u2019un éventuel réinvestissement de l\u2019État.Dans le contexte actuel, cette initiative laisse perplexe.Faut-il rappeler que c\u2019est l\u2019école publique qui tient le système à bout de bras, accueillant sans discrimination tous les enfants, comptant les sous pour optimiser ses services?Une école québécoise dont le niveau de qualité a été maintes fois établi dans les tests internationaux.L\u2019estimation du coût collectif de l\u2019école privée est une polémique récurrente qui montre bien à quel point on peut omettre des chiffres importants, mais également l\u2019analyse d\u2019impacts.Le Comité d\u2019experts sur le financement, l\u2019administration, la gestion et la gouvernance des commissions scolaires, créé par le gouvernement en 2014, a fait le même exercice.En prenant la peine de comparer le coût d\u2019élèves équivalents, il en est arrivé aux chiffres suivants: 5471$ par élève au public (même en incluant des milieux où la faible démographie tire le coût à la hausse, mais où il n\u2019y a pas de privé de toute manière), tandis que la subvention au privé se situe à 4090$.La Commission de révision permanente des programmes, souvent citée en référence par les partisans du privé, en arrivait respectivement à 8520 $ (en incluant le coût majeur d\u2019élèves handicapés et en difficulté) et 4068$.On voit à quel point le calcul peut être mal fondé.Le Comité d\u2019experts a donc conclu que le privé est subventionné à hauteur de 75%.L\u2019entière élimination de ces subventions se ferait à coût nul même si les trois quarts de ces élèves passaient au public, et un gain n\u2019importe où en deçà de cette proportion.Et ce, à partir d\u2019un chiffre qui ne comprend même pas la valeur des avantages fiscaux ni les importantes économies d\u2019échelle que suppose le transfert d\u2019élèves à des écoles existantes.Ni même les coûts engendrés actuellement, comme le souligne le Comité, par la concentration inefficiente d\u2019élèves à risque et ses impacts à long terme sur les besoins de services sociaux de toutes sortes.Rappelons qu\u2019en Ontario, ce soutien est quasi inexistant.Dans une recherche datant de 2007, le chercheur Vermot-Desroches situe ainsi le revenu familial des enfants du privé en 2005 : 32,3 % de 110 000 $ et plus ; 28,4 % entre 70 000 $ et 109 999 $ ; 31,2 % entre 30 000,00 $ et 69 999 $; 6,34 % de 30 000 $ et moins.Toujours selon lui, le revenu familial de l\u2019ensemble des familles québécoises, en 2001, se partageait ainsi, à l\u2019inclusion de celles qui inscrivent leur enfant au privé : 27,2 % de 75 000 $ et plus ; 50 % entre 30 000,00 $ et 74 999 $; 22,8 % de 29 999 $ et moins.Cette comparaison parle d \u2019elle-même.Les membres de ce regroupement devraient donc faire comme toute entreprise désirant couvrir ses dépenses : augmenter leurs revenus autonomes.Il s\u2019agit d\u2019ailleurs du meilleur moyen d \u2019assumer leurs responsabilités sociales, comme ils disent vouloir le faire.Cela dit, de tels calculs sont secondaires au regard de la gravité des enjeux en présence.Pensons-y : au Québec, 21 % des enfants fréquentent désorma is le seconda ire pr ivé , jusqu \u2019à 42 % (MEESR, 2015) .En 1970-1971, cette proportion était de 5 %, comme la moyenne canadienne actuelle\u2026 En ajoutant ceux qui vont dans des projets par ticuliers, c\u2019est donc dire que la moitié des élèves ont désormais quitté la classe ordinaire dans la majorité des milieux.Pourtant, la littérature scientifique récente démontre qu\u2019à élève égal, les deux réseaux font aussi bien, leurs écarts étant « systématiquement imputables à deux facteurs : les élèves qui fréquentaient des écoles secondaires privées étaient plus susceptibles d\u2019avoir des caractéristiques so- cioéconomiques positivement associées au succès scolaire et d\u2019avoir des pairs dont les parents avaient fait des études universitaires » (Statistique Canada, 2015).Elle montre également que la concurrence scolaire n\u2019améliore pas le taux de réussite global tout en accroissant les inégalités sociales (OCDE, Schofield, Ben Ayed, Hir tt, etc.), ce qui a évidemment des conséquences à long terme.Le Comité d\u2019experts a d\u2019ailleurs retenu, après une vaste recension des écrits, que «favoriser l\u2019hétérogénéité des classes et des établissements apparaît donc comme un moyen peu coûteux d\u2019améliorer l\u2019efficience d\u2019un système scolaire, alors que la pratique du placement sélectif des élèves dans des classes ou des écoles différentes sur la base de leurs résultats scolaires, résultats qui sont intimement liés à leur origine sociale, entraîne des coûts supplémentaires dus à la concentration d\u2019élèves à risque dans les mêmes groupes».Le principal obstacle à la réussite est le déséquilibre qu\u2019on a instauré dans les classes, qui fonctionne comme un cercle vicieux dont les conséquences indéniables auront des coûts en éducation, en santé et en services sociaux.Surtout, il nous interpelle quant à l\u2019expérience que nous faisons vivre à nos enfants, en particulier aux plus vulnérables.Comment peut-on laisser notre système glisser vers une forme de ségrégation d\u2019une autre époque: une moitié favorisée désormais séparée de l\u2019autre, comme dans certains pays du Tiers-Monde?Ce qui se trouve réduit à un dilemme parental devrait avant tout se poser comme un choix collectif cohérent, lucide et courageux, centré sur une mission vitale : offrir à chaque enfant des chances équivalentes de s\u2019instruire.La question n\u2019est pas simple et ne devrait pas être analysée de manière simpliste.Pour accroître réellement la réussite scolaire au Québec dans des conditions d\u2019apprentissage dont nous n\u2019aurons pas à rougir, il est temps, plus que jamais, de remettre en question l\u2019utilisation privée des goussets de l\u2019État.À la lumière de la réalité actuelle et non de décisions prises il y a un demi-siècle.LA RÉPLIQUE \u203a FINANCEMENT DE L\u2019ÉDUCATION Écoles privées et publiques, vers la ségrégation ?Bientôt, une moitié favorisée sera séparée de l\u2019autre, comme dans certains pays du Tiers-Monde\u2026 LE DÉCLENCHEUR «Une étude commandée par la Fédération des établissements d\u2019enseignement privés (FEEP) conclut qu\u2019une réduction du financement public des écoles privées subventionnées se traduirait par une augmentation des coûts pour l\u2019ensemble du système d\u2019éducation québécois.» \u2014 «Le secteur privé veut sa part du réinvestissement promis », Le Devoir, 4 février 2016 PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Renaud Lachance a appliqué un standard de preuve typique de la mens rea en droit criminel.Il est pourtant reconnu qu\u2019un tel standard sied fort mal à la corruption.F L L JACQUES NADEAU ARCHIVES LE DEVOIR Le principal obstacle à la réussite est le déséquilibre qu\u2019on a instauré dans les classes.La littérature scientifique récente démontre qu\u2019à élève égal, les deux réseaux font aussi bien L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 F É V R I E R 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le parc Claude-Jutra, à Montréal.La sculpture érigée en 1997 à la mémoire du cinéaste rappelle la forme des trophées remis au gala.Tous deux sont l\u2019oeuvre de l\u2019artiste Charles Daudelin.J E A N N E C O R R I V E A U L\u2019 ensemble des rues et des parcs au nom de Claude Jutra à travers le Québec pourraient bientôt être rebaptisés pour ef facer la mémoire du cinéaste de la toponymie.Après Montréal et Québec, plusieurs municipalités ont annoncé qu\u2019elles rayeraient le nom du réalisateur de Mon oncle Antoine, au centre d\u2019allégations de pédophilie.« Je ne défendrai pas l\u2019indéfendable », a déclaré le maire Denis Coderre mercredi matin, peu après que la ministre de la Culture, Hélène David, eut invité Québec cinéma à retirer le nom de Claude Jutra du gala récompensant les ar tisans du cinéma québécois.« Je veux saluer et féliciter la ministre de la Culture ce matin.[\u2026] Je la soutiens totalement », a-t-il affirmé.Montréal changera le nom du parc Claude- Jutra, situé à l\u2019angle des rues Clark et Prince- Arthur, dans le Plateau-Mont-Royal, et celui du croissant Claude-Jutra, dans Rivière-des- Prairies\u2013Pointe-aux-Trembles, afin d\u2019éliminer toute référence au cinéaste dans sa toponymie.Le maire a indiqué que la Ville allait remplacer ce nom par « un autre qui reflète bien ce qu\u2019est Montréal ».Le parc compte aussi une statue signée par Charles Daudelin en l\u2019honneur de Claude Jutra et elle sera retirée, a précisé le maire.Ces décisions font suite à la publication dans La Presse, mercredi matin, d\u2019un témoignage d\u2019une présumée victime d\u2019agressions sexuelles du réalisateur, au lendemain de la parution d\u2019une biographie de Claude Jutra écrite par Yves Lever et dans laquelle il évoquait ces relations avec de jeunes garçons.Deux villes réfléchissent Les V illes de Lévis et de Saint-Bruno-de- Montar ville, qui comptent aussi une r ue Claude-Jutra, ainsi que Candiac avec une rue Jutra, ont emboîté le pas aux Villes de Montréal et de Québec et ont fait savoir que le nom serait modifié sous peu.Blainville et Repentigny, qui ont respectivement une rue et une place Claude-Jutra sur leur territoire, soutiennent qu\u2019elles prendront une décision sous peu.«On en conviendra, nous vivons tous un malaise quant à ces révélations.Il y a donc lieu de s\u2019interroger et de poser les gestes appropriés le cas échéant», a expliqué par voie de communiqué le maire de Blainville, Richard Perreault, qui demandera au Comité de toponymie de lui formuler des recommandations à cet égard.Le Devoir Des rues et des parcs rebaptisés poussés à prendre la décision de changer le nom du gala.» On décidera « très rapidement » du nouveau nom, a assuré la directrice générale de Québec Cinéma, Ségolène Roederer.« Le gala a lieu dans un mois, on va trouver un titre temporaire, non définitif, pour cette année, a-t-elle précisé.Ça s\u2019est décidé extrêmement rapidement.Tout le monde vit une grande tristesse en ce moment, un choc important.Il fallait le faire pour que le gala demeure une fier té pour les gens du cinéma.» La directrice générale de l\u2019organisme a toutefois refusé de révéler au Devoir si le nouveau nom rendra, à son tour, hommage à une figure emblématique du septième art québécois ou s \u2019 i l sera plus géné - rique, à l\u2019image d\u2019autres cérémonies comme les Oscar aux États-Unis ou l\u2019Ours d\u2019or remis à la Berlinale allemande.Pareils changements entraîneront nécessairement des coûts impor tants .Compte tenu des délais par ticulière- ment serrés, Québec Cinéma n\u2019avait cependant pas déjà été en mesure d\u2019évaluer à combien s\u2019élèvera la facture.Car, outre le nom du gala à changer, ce sont les statuettes dorées qui devront être rebaptisées, toute la papeterie of fi- cielle, réimprimée, le logo et l \u2019 image de marque, revam - pés\u2026 « Nous n\u2019avons pas encore eu le temps de faire tous les calculs nécessaires, avoue Ségolène Roederer.Mais on sait déjà que ce sera un gros morceau.» Onde de choc Ce branle-bas de combat ne se fera toutefois pas sans heur ts, le petit milieu du cinéma québécois étant manifestement sous le choc, et ce, même si on y est nombreux à avoir avoué entretenir des soupçons à l\u2019égard de «l\u2019amour de Jutra pour les garçons».Le directeur général de la Cinémathèque québécoise, où une salle por te le nom de Claude Jutra depuis 1987, a fait savoir au Devoir que « les membres du conseil d\u2019administration se sont consultés [mercredi] et ont pris la décision de retirer la dénomination de [leur] principale salle de projection ».« La renommée d\u2019un agresseur faisait porter sur ses victimes un poids dont il est difficile de se dégager, a indiqué Marcel Jean par courriel.Ceux qui contribuent à sa renommée portent collectivement une responsabilité dont ils doivent s\u2019acquitter.» D\u2019ici au moment où son nouveau nom sera choisi, l\u2019espace sera désigné sous le nom de « salle de projection principale ».Même son de cloche du côté de l\u2019Académie canadienne du cinéma et de la télévision qui, à la suite des récentes révélations concernant le passé du cinéaste, a annoncé par voie de communiqué qu\u2019il renommerait, lui aussi, « son prix [Claude-Jutra, qui deviendra le prix du] meilleur premier long métrage dans le cadre des prix Écrans canadiens».Réactions politiques La volte-face rap ide de Québec Cinéma a été accueillie avec un réel soulagement par la classe politique, tous paliers confondus.La ministre de la Culture, Hélène David, a af firmé qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une « sage décision ».Elle a aussi fait savoir que, s\u2019il y en a, « tout bâtiment administré par le gouvernement et qui porte le nom de Claude Jutra sera renommé ».À Ottawa, la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, s\u2019est aussi dite «bouleversée » par le témoignage de la présumée victime.«C\u2019est extrêmement choquant comme histoire », a-t-elle af firmé alors qu\u2019elle s\u2019apprêtait à entrer à la période des questions aux Communes.« J\u2019appuie non seulement la décision de Québec Cinéma, mais aussi les démarches de Mme David, ministre de la Culture du Québec», a- t-elle ajouté , indiquant du même souf fle qu\u2019elle procédait aussi à une révision au niveau fédéral.Surprise chez Boréal Ces multiples dommages collatéraux, répercussions découlant directement des allégations de pédophilie à l\u2019endroit de Claude Jutra, ont pris une ampleur que les éditions du Boréal n\u2019avaient pas du tout envisagée.«On ne s\u2019imaginait pas que ça aurait ces répercus- sions-là», concède le responsable du projet chez Boréal, Jacques Godbout.«On s\u2019attendait à une petite bombe, mais jamais à ce que ça explose comme ça ! » renchérit l\u2019auteur Yves Lever.Le biographe avoue pourtant qu\u2019il n\u2019a pas du tout été surpris par le témoignage publié mercredi dans La Presse.« Ce sont toutes des choses que je savais, admet-il.J\u2019en sais même plus\u2026 » Pourquoi alors ne pas l\u2019avoir inclus dans son ouvrage ?« Il y a des choses qu\u2019on ne peut pas dire, laisse- t-il tomber, avec un léger soup ir.Je me suis intéressé à l\u2019homme derrière le mythe.Ce que j\u2019ai découvert, c\u2019est essentiel, mais ce n\u2019est pas tout.[\u2026] Et, sans le défendre, Jutra a aussi été une source d\u2019inspiration pour le milieu pendant des années.» Questionné à savoir si, à la lumière des récents changements fracassants, il referait la même chose, le critique assure que oui.«Le terme \u201cpédophile\u201d aurait quand même été là.Je trouve que tout va trop vite, mais c\u2019est une dimension importante de l\u2019homme.Après, malheureusement, on peut difficilement séparer l\u2019homme de l\u2019œuvre.Et c\u2019est ce qu\u2019on voit ces jours-ci.» Avec Odile Tremblay, Marie Vastel et Marco Bélair-Cirino Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 JUTRA dévoilés jeudi, a-t-on simplement répondu.Arguments légaux Chose certaine, les groupes s\u2019appuieront sur la Loi sur la qualité de l \u2019environnement pour faire valoir la pertinence de leur démarche.Le Devoir révélait en ef fet la semaine dernière qu\u2019en ver tu du Règlement sur l \u2019évaluation et l\u2019examen des impacts sur l\u2019environnement inscrit dans la Loi, « la construction d\u2019un oléoduc d\u2019une longueur de plus de 2 km dans une nouvelle emprise » est « obligatoirement » assujett ie à la procédure d\u2019évaluation et d\u2019examen des impacts sur l\u2019environnement.En vertu de cette procédure, TransCanada aurait donc dû déposer un «avis de projet» au ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC).À la suite de la présentation de cet avis, le ministre de l\u2019Environnement aurait donné une «directive » qui précise tous les éléments qui doivent faire partie de «l\u2019étude d\u2019impact» qu\u2019aurait dû produire la pétrolière albertaine.C\u2019est seulement une fois que cette étude est réalisée à la satisfaction du MDDELCC que peut commencer le processus du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE).Or, le gouvernement n\u2019a pas respecté cette démarche inscrite dans la loi depuis plus de 35 ans.Il n\u2019ignorait pourtant pas la procédure qui aurait dû être suivie.Le ministre de l\u2019Environnement, David Heurtel, avait d\u2019ailleurs invoqué les dispositions du Règlement sur l\u2019évaluation et l\u2019examen des impacts sur l \u2019environnement dans une lettre envoyée à TransCanada en novembre 2014.Dans cette lettre, il réclamait le dépôt d\u2019une étude d\u2019impact.Il avait également demandé à l\u2019entreprise de déposer un avis de projet pour le pipeline Énergie Est.TransCanada a toujours refusé les demandes du ministre Heurtel.La pétrolière alber- taine juge en ef fet qu\u2019elle n\u2019a pas à se soumettre à la réglementation en vigueur au Québec, puisque son pipeline est selon elle sous la seule responsabilité du gouvernement fédéral.L\u2019entreprise a tout de même inscrit 27 lobbyistes au registre québécois.Le mandat de certains d\u2019entre eux se lit comme suit : « Représentation afin qu\u2019une orientation soit prise dans le but d\u2019obtenir l\u2019appui du gouvernement provincial et des instances municipales quant à l\u2019acceptabilité sociale des projets de pipelines de gaz naturel et de pétrole au Québec.» Devant le refus de collaborer de la multinationale, le gouvernement Couillard a finalement baissé les bras.Le BAPE annoncé en juin 2015 se tient donc en ver tu de l\u2019article 6.3 de la Loi sur la qualité de l\u2019environnement.Celui-ci précise que le BAPE peut se pencher sur un dossier que lui soumet le ministre de l\u2019Environnement.Québec a du même coup autorisé la pétrolière à réaliser des « travaux préliminaires » en sol québécois, dont des levés sismiques dans le fleuve Saint-Laurent.Refus répétés Au cabinet de M.Heurtel, on a admis vendredi dernier que le controversé projet de pipeline devrait être évalué en vertu des dispositions prévues par la Loi sur la qualité de l\u2019environnement.Mais le ministre aurait été forcé de la contourner parce que TransCanada a refusé à plusieurs reprises de s\u2019y conformer.Un geste sans précédent depuis la création du BAPE.Mardi, les libéraux ont par ailleurs refusé d\u2019appuyer une motion présentée par le Parti québécois et qui demandait que «l\u2019Assemblée nationale rappelle que le projet Énergie Est de TransCanada doit respecter les lois québécoises».Le gouvernement Couillard a du même coup refusé de modifier le mandat du BAPE pour obliger TransCanada à suivre la procédure légale pour Énergie Est.Les audiences du BAPE doivent débuter le 7 mars.Le rapport doit être remis au ministre Heurtel au plus tard en novembre prochain.Il doit ser vir à l\u2019élaboration de la position que le Québec ira présenter dans le cadre des audiences de l\u2019Office national de l\u2019énergie.À moins que l\u2019action en justice déposée ce jeudi ne vienne bousculer le processus en cours.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PIPELINE chose.Au début des années 80, Jean-Marie Papa- tie a lui aussi été policier à Lac-Simon.À l\u2019époque, la communauté comptait seulement deux officiers.Mais le grand Algonquin est devenu le seul policier en poste quand on a découvert le corps de son partenaire, inerte dans une chambre d\u2019hôtel.«On n\u2019a jamais su ce qui s\u2019est vraiment passé», a dit le conseiller.Ce qu\u2019il sait, par contre, c\u2019est à quel point la perte d\u2019un confrère peut faire mal.«J\u2019ai pensé tout de suite au policier qui était avec lui ce soir-là.Je sais comment il se sent, a avancé l\u2019Algonquin.Moi, pas longtemps après [la mort de mon partenaire], j\u2019ai dû lâcher la police, parce que je suis tombé dans l\u2019alcool.» Jean-Marie Papatie est sobre depuis près de 28 ans.Après avoir touché le fond, il a travaillé fort pour se relever.Il a payé une thérapie de sa poche.Il s\u2019est inspiré de toutes les fois où on l\u2019avait traité de «moins que rien» \u2014 à l\u2019école, dans les pensionnats \u2014 pour se motiver.Son moteur, c\u2019était ce puissant besoin de prouver sa valeur.Quatre jours après le drame qui a secoué sa communauté, Jean-Marie a voulu encourager ses pairs à trouver, eux aussi, leur place dans la lumière.«Je veux démontrer qu\u2019on peut travailler dans l\u2019harmonie quand il y a un événement spécial.C\u2019est un bel exemple qu\u2019on veut donner», a-t-il déclaré.La dépouille du policier Thierry Leroux sera exposée les 21 et 22 février dans une maison funéraire de Val-d\u2019Or, où il est né.Le corps du policier sera exposé une seconde fois le 25 février, à Chi- coutimi.Des funérailles civiques auront lieu le lendemain, toujours dans la ville saguenéenne.Des familles de Lac-Simon ont déjà exprimé le désir de se rendre à Chicoutimi pour appuyer la famille.«Un des policiers nous a demandé si notre groupe traditionaliste pouvait aller jouer du tambour.On attend la réponse des parents du jeune policier», a confié Jean-Marie Papatie.En entrevue avec Le Devoir, le père de Thierry Leroux, Michel Leroux, a affirmé qu\u2019il n\u2019était pas prêt à accueillir des membres de la communauté aux funérailles.«J\u2019espère qu\u2019ils vont comprendre.C\u2019est juste que ça prend du temps, a-t-il affirmé.Il y a du bon monde dans cette communauté», a ajouté l\u2019homme, qui est natif de Val-d\u2019Or.À son avis, la tragédie ne doit pas être vaine.«Je veux faire en sorte que mon fils ne soit pas décédé pour rien, a-t-il déclaré d\u2019un ton ferme.Il y a des leçons à tirer de ça, pour ne pas qu\u2019il y en ait un 188e qui meure en service.Il faut améliorer la protection des policiers, les façons de faire.» Et il faut, enfin, s\u2019attaquer à la misère qui ronge les communautés autochtones, selon lui.« Il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable », a insisté Michel Leroux, qui trouvera sans doute des alliés au sein de la communauté de Lac-Simon.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 LAC-SIMON Ensemble, c\u2019est tout Le cercueil contenant le corps d\u2019Anthony Raymond Papatie est arrivé en fin d\u2019après-midi, mercredi, devant la petite maison grise où habite une dizaine de membres de sa famille.Il a été installé au milieu du salon, là où il restera pour les trois prochains jours.Dans la grande pièce aux murs fragiles, le cercueil était imposant.Le bois avec lequel il a été fabriqué contrastait avec les cloisons de contreplaqué.Jusqu\u2019à vendredi, la communauté veillera sur Anthony Raymond Papa- tie, qui aurait abattu le policier Thierry Leroux avant de se donner la mort, samedi.Les portes de la maison familiale resteront toujours ouvertes, malgré le froid.«On peut y aller n\u2019importe quand, même la nuit.Quelqu\u2019un reste là et donne du café, des sandwichs à ceux qui ont faim», a expliqué le conseiller Gilles Wabanonik.Une tradition À Lac-Simon, c\u2019est la tradition.Quand une personne meurt, tous les membres de la communauté se serrent les coudes.Au moment de dire adieu à Anthony Raymond Papatie, plusieurs apporteront des sous pour aider la famille.«La communauté donne 2500$.Le reste vient des dons», a dit M.Wabanonik.Ces dons prennent toutes sortes de formes.Le conseil de bande, sorte de gouvernement qui gère la communauté, offre l\u2019essence à ceux qui se portent volontaires pour aller chasser.À leur retour, les hommes dépècent la viande.Les femmes, elles, s\u2019occupent de la cuisine.Elles préparent le repas que les membres de la communauté vont partager une fois que le corps du jeune homme de 22 ans aura été mis en terre.À ce moment, ils seront environ 300 à s\u2019entasser dans la salle communautaire.Au terme des trois journées de visite dans le salon de la famille Papatie, un résidant de Lac-Simon utilisera sa camionnette pour transporter le cercueil au cimetière.D\u2019autres bénévoles iront creuser la terre.«Ensuite, il arrive qu\u2019on dépose une boîte sur le cercueil, a relaté M.Wabanonik.Chaque membre de la famille peut y enfoncer un clou pour fermer le cercueil.» Au souper communautaire, les Algonquins de Lac-Simon vont rire et pleurer.Pleurer la mémoire de leur ami Anthony Raymond Papa- tie; rire parce qu\u2019aucun drame n\u2019a encore réussi à briser leur solidarité.Gilles Wabanonik "]
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