Le devoir, 29 février 2016, Cahier A
[" S A R A H R .C H A M P A G N E L es bourgeons sor ti- raient-ils les humains de la mor t ?Quand viennent les sucres et la lumière, des chercheurs de l\u2019Université Laval trouvent le salut par les arbres.Shyam Suwal fait partie de cette équipe en voie d\u2019enrichir le sirop d\u2019érable grâce aux meilleures molécules de l\u2019écorce et des bourgeons.Arrivé du Népal en plein hiver il y a quatre ans, il ne connaissait ni cette sève ni le printemps nordique.Quand le jeune homme a débarqué pour réaliser son doctorat sur le crabe des neiges, il n\u2019avait pas tout à fait compris que ces bestioles ne marchent pas sur le manteau immaculé.« Je voyais de la neige par tout, c\u2019était vraiment blanc, mais pas de crabes», dit- il en riant aujourd\u2019hui.Maintenant passé au post-doctorat, ce Népalais de 31 ans offre un condensé du Québec actuel, où la diversité culturelle côtoie la recherche scientifique de pointe, et où l\u2019histoire d\u2019un fluide emblématique parle d\u2019avenir.V O L .C V I I N o 4 3 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 F É V R I E R 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Lise Thériault hésite à se dire féministe.La ministre de la Condition féminine estime qu\u2019elle est «beaucoup plus égalitaire que féministe».Page A 5 Médias \u203a Dans l\u2019océan politico- médiatique, qui pilote qui?Stéphane Baillargeon sur le besoin de jouer avec les élus comme avec n\u2019importe quelles autres vedettes.Page B 8 Avis légaux.B 6 Décès.B 4 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 4 Sudoku.B 2 ?w w w .l e d e v o i r .c o m LES OSCAR RIENT JAUNE MARK RALSTON AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019humoriste et animateur de la 88e cérémonie des Oscar, Chris Rock, a sauté à pieds joints dans la controverse en émaillant ses interventions de blagues sur la place des Noirs dans l\u2019industrie du cinéma.Lisez le compte rendu d\u2019Odile Tremblay sur le site Web et l\u2019application tablette du Devoir.G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É S\u2019 unir devant Dieu ne veut pas nécessairement dire être mariés aux yeux de l\u2019État : c\u2019est du moins l\u2019interprétation étonnante que Québec a faite de son droit de la famille dans une cause récente qui sera portée en appel ce lundi.L\u2019affaire sidère celui que le gouvernement a chargé de la réforme du Code de la famille.«On n\u2019a jamais interprété le droit comme ça au Québec, jamais ! s\u2019exclame Alain Roy, président du Comité consultatif sur le droit de la famille.C\u2019est un jugement très étonnant, mais encore plus quand on pense qu\u2019il donne raison à un argumentaire plaidé par la procureure générale.» Près d\u2019un mois après un jugement rendu par la juge de la Cour supérieure Christiane Alary, le professeur de droit à l\u2019Université de Montréal n\u2019en revient toujours pas : l\u2019État a plaidé avec succès le fait que les « ministres du culte peuvent célébrer des mariages à portée uniquement religieuse ».L\u2019avocate du plaignant dans ce dossier, Ma- rie-Laurence Brunet, reste elle aussi très surprise de la position adoptée par Québec.« La jurisprudence ne semble pas soutenir cette pré- tention-là, confiait-elle dimanche.Il a toujours été clair qu\u2019il y a une obligation de déclarer tous les mariages à l\u2019état civil.Québec vient de changer son fusil d\u2019épaule, sans justification.» Contrairement à la croyance populaire \u2014 et à la compréhension des juristes, de même qu\u2019à celle de l\u2019Église catholique \u2014, se marier religieusement n\u2019entraînerait donc pas «nécessairement des conséquences civiles ».Celles-ci in- Québec permet le mariage sans les obligations Il n\u2019y a pas nécessairement de conséquences juridiques à un mariage religieux, dit la procureure générale Ce texte s\u2019inscrit dans la série « Un hiver avec Félix Leclerc » qui, jusqu\u2019au 21 mars prochain, explore des mutations, des perspectives, des enjeux sociaux, politiques ou culturels du Québec contemporain tout en faisant un clin d\u2019œil à l\u2019artiste.Aujourd\u2019hui, la diversité culturelle pour développer l\u2019emblème du Québec, sur l\u2019air de L\u2019hymne au printemps.Enrichir la sève d\u2019une nation JIM COLE ASSOCIATED PRESS L\u2019équipe qui travaille avec le Népalais Shyam Suwal cherche à créer un super sirop d\u2019érable en étudiant les meilleures molécules de l\u2019arbre.S T É P H A N E B A I L L A R G E O N F aut-il parler de l\u2019affaire Jutra ?Bien sûr que non ! Ou alors juste un peu, pour très vite passer à autre chose de beaucoup plus intéressant pour la suite des choses.La controverse entourant l\u2019appellation contrôlée des prix remis dans le cadre du gala annuel du cinéma québécois a frappé de plein fouet Québec cinéma, organisme qui chapeaute l\u2019événement, mais qui pilote aussi les Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ).Le nom du gala a rejeté le 17 février la référence au cinéaste Claude Jutra, maintenant réputé pédophile.Le festival ouvrait le lendemain.«On avait eu peur qu\u2019un vent de déprime s\u2019installe et, au contraire, nous avons senti dès l\u2019ouverture des Rendez-vous l\u2019envie des gens du milieu et des cinéphiles de passer à l\u2019essentiel », dit Dominique Dugas, directeur des RVCQ depuis quatre ans et responsable de sa programmation depuis 2007.«Le cinéma québécois ne se résume pas à cette affaire.» La confidence a été faite à la dernière journée des Rendez-vous, samedi, après une bonne heure de discussion avec le directeur sur beaucoup de sujets cinématographiques, y compris ce que disent de nous les images en surproduction, un tas de sujets, sauf celui-là.Les prix des César étaient distribués la veille de l\u2019entretien à Paris.Les Oscar allaient l\u2019être le lendemain, dimanche, à Los Angeles.Le temps mondial était au 7e art.De la salle à l\u2019événement Dominique Dugas recevait à une petite table dans le hall d\u2019entrée du quartier général éphémère de son événement, rue Émery, dans le Quartier latin, à Montréal, juste à côté des salles de projection.Les employés, les festivaliers et les invités de marque défilaient et s\u2019activaient, surtout des jeunes en fait, autre preuve de l\u2019attrait renouvelé de cet événement dans sa 34e année.L\u2019an dernier, la billetterie a gonflé ses ventes du cinquième, une réussite énorme dans le foisonnement exponentiel de l\u2019offre culturelle.Les chiffres de l\u2019édition 2016 seront dévoilés demain, mardi, mais le directeur annonce que la fréquentation a «très, très bien été» encore une fois.Ce qui peut étonner alors que la popularité des films québécois en salle fluctue depuis des années.L\u2019an dernier, les indicateurs étaient à la P?INT CHAUD Juste la suite du monde Ce que disent de nous les Rendez-vous du cinéma québécois PQ Péladeau relance la machine Page A 3 Iran François Brousseau jauge la portée des élections pour les réformistes Page B 1 Le Devoir lance ce lundi une version améliorée de son application tablette.Un mot de Brian Myles.Page A 3 VOIR PAGE A 8 : CINÉMA VOIR PAGE A 8 : MARIAGE VOIR PAGE A 8 : SÈVE DISPONIBLE SUR Téléchargez dès maintenant / Effectuez votre mise à jour COMME VOUS NE L\u2019AVEZ JAMAIS LU.À découvrir dans la nouvelle version de l\u2019application : L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 F É V R I E R 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 J e ne suis pas encore allé au cinéma voir L\u2019invasion américaine, le nouveau film de Michael Moore.Irai-je ?Je commence à me demander quoi penser de ces rares documentaires, aux forts accents militants, qui sont à l\u2019occasion glissés entre deux blockbusters.Parmi les tonnes d\u2019insignifiances produites en série par Hollywood, la projection de documentaires pareils constitue tout au plus un ajout joli au fonds de commerce du cinéma d\u2019aujourd\u2019hui.Voici en quelque sorte le sac de chips que l\u2019on tente de faire passer pour une portion de légumes.Pour tous ceux qui ont un appétit plus soutenu pour ce que le cinéaste Pierre Perrault appelait le « cinéma vérité », il faut souvent se résoudre à ne compter que sur soi pour se nourrir et chasser en conséquence les projections dans les festivals ou ailleurs, sur le Web par exemple.À propos de Perrault, je signale au passage la parution d\u2019Une vie sans bon sens, un livre d\u2019Olivier Ducharme et Pierre-Alexandre Fradet, peut-être le premier à plonger si profondément, depuis Gilles Deleuze, dans la pensée et l\u2019œuvre du grand documentariste, au-delà de sa légende.Ces derniers jours, j\u2019ai eu le privilège rare de voir et de revoir quinze documentaires à titre de juré au prix Pierre-et-Yolande-Perrault.Ce prix récompense chaque année, dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois, le meilleur premier ou deuxième long métrage documentaire.La démolition familiale, un film de Patrick Damien, s\u2019est mérité les honneurs.Le jury a convenu du caractère étonnant de cette œuvre où le réalisateur s\u2019est approché tout en douceur de son sujet pendant plus de vingt ans.Il faut voir ce film.Mais je doute fort, hélas, que vous puissiez le voir bientôt.Il sera présenté en avril seulement à la Cinémathèque québécoise, un lieu plus que jamais nécessaire au cinéma d\u2019ici, bien qu\u2019insuf fi- sant à l\u2019échelle des besoins.S\u2019of frir les moyens de regarder notre monde n\u2019apparaît pas à l\u2019ordre du jour.Il en résulte qu\u2019on connaît souvent mieux les paysages de Star Wars que ceux, physiques et mentaux, de son propre pays abandonné entre les mains de l\u2019hiver.À force de gonfler la fiction, on finira peut-être par crever la réalité pour de bon.J\u2019en reviens à La démolition familiale.Voici un film qui parle de la vie simple de deux familles populaires issues d\u2019un village comme il s\u2019en trouve tant au Québec.Les personnages appartiennent en quelque sorte à un prolongement de la propre enfance du réalisateur, lui aussi originaire du même lieu et ami intime de surcroît d\u2019un des protagonistes au destin aussi tragique qu\u2019inattendu.Patrick Damien a filmé avec beaucoup d\u2019affection la parole br ute de ces gens ordinaires.Nous ne sommes ni devant un fleuve de mots ni devant les mots du fleuve, comme dans les documentaires de Pierre Perrault.Mais c\u2019est ici aussi le cinéma d\u2019un pays que nous ne soupçonnons pas, un cinéma attentif à la parlure d\u2019un monde loin de l\u2019écriture, un monde que l\u2019on n\u2019entend à peu près jamais s\u2019exprimer librement dans la complexité de ses sentiments.Le documentariste obser ve sans la commenter la passion commune et renouvelée de ces fratries : rafistoler des automobiles banales, toutes en très piètre état, trouver de la sorte à les solidifier suffisamment pour pouvoir les lancer ensuite dans l\u2019arène féroce et sans pitié de derbys de démolition r ugis- sants.Nous voici au Festival de la truite, du poulet, du cochon ou de que sais-je encore.Ces étranges pilotes y sont acclamés comme des idoles de passage.Devant ce spectacle déconcer tant de voitures cabossées et sacrifiées auxquelles sont conf iées des v ies , on se trouve en quelque sorte devant le négatif de cette passion qu\u2019éprouvent nos sociétés pour les automobiles neuves aux carrosseries immaculées.Sans qu\u2019 i l y paraisse, cet univers étrange des tôles fracassées permet d\u2019examiner tout à la fois la mor t qui rôde et les solidarités humaines qui s\u2019emploient à la combattre.À travers ce bal let de mécaniques blessées apparaissent les structures d\u2019un humanisme universel.Dans notre monde où les individus se retrouvent sans cesse placés en compétition les uns contre les autres pour toutes sortes de motifs invraisemblables, dans ce monde où les rapports sociaux sont réduits à leur plus simple expression, les devoirs de chacun envers la collectivité apparaissent de plus en plus se résumer à la valse tragique des seules transactions financières.Un tel film nous rappelle au contraire, et de façon singulière, que l\u2019homme est d\u2019abord à la recherche des raisons de vivre et de se vivre dans une suite de nouveaux commencements capables de le préser ver des danses de la mort.La démolition familiale ne jouit pas de propriétés stylistiques exceptionnelles.Mais il a pour lui toute la grandeur de gens que l\u2019on croit à tort petits.Et c\u2019est déjà énorme.jfn@ledevoir.com La démolition JEAN-FRANÇOIS NADEAU À force de gonfler la fiction, on finira peut- être par crever la réalité pour de bon C\u2019 est avec un mélange de fierté et de fébrilité que nous présentons aujourd\u2019hui à nos fidèles lecteurs une version améliorée de notre application pour la tablette.La navigation gagne en simplicité et en fluidité.Et les contenus rédactionnels sont bonifiés.Sous la responsabilité de Christianne Benjamin, vice-présidente au développement, les artisans du Devoir travaillaient depuis quelques mois à ce projet d\u2019amélioration de l\u2019application pour la tablette.Ces changements étaient attendus et espérés des utilisateurs de notre application, que Le Devoir a sondés en amont du projet.Nous avons répondu à leurs souhaits, en améliorant considérablement l\u2019expérience de consultation.La version 2 de notre application est plus fluide, et son téléchargement a gagné en rapidité.Les utilisateurs pourront consulter les horaires cinéma et télé.Les contenus rédactionnels de nos cahiers spéciaux seront aussi disponibles, à partir de la vitrine des éditions.Nos lecteurs à l\u2019œil avisé remarqueront vite que la présentation des dossiers et des photorepor- tages a également été améliorée.Du premier au dernier écran, la photographie est à l\u2019honneur.Cette nouvelle version permet en outre de recourir aux alertes et aux notifications, afin d\u2019attirer l\u2019attention de nos utilisateurs sur des sujets brûlants d\u2019actualité.Pour marquer le coup, Le Devoir offre trois articles gratuits par jour pour les non-abonnés.Seul quotidien indépendant au Québec, Le Devoir ne peut se permettre d\u2019offrir son contenu gratuitement.Il doit compter sur le soutien financier de ses lecteurs et de ses nombreux amis pour prospérer.Engagement intact Que nos lecteurs soient rassurés.La mise à jour de notre application pour la tablette ne change rien à notre engagement à of frir un journal imprimé de qualité, six jours sur sept.Avec la disparition de La Presse en semaine, Le Devoir est maintenant le seul quotidien imprimé bénéficiant d\u2019une distribution nationale au Québec.Malgré un contexte difficile dans l\u2019industrie des médias, Le Devoir envisage l\u2019avenir avec un optimisme prudent, en raison du soutien indéfectible de ses lecteurs et du dévouement de son équipe.Le Devoir se permet même une campagne de publicité sur Tou.tv et dans le métro, pour promouvoir la nouvelle application pour la tablette.Redécouvrez-nous.Et sur tout, transmettez la passion du Devoir à vos amis pour qu\u2019ils deviennent aussi les nôtres.Brian Myles, directeur du Devoir Le Devoir lance une version améliorée de son application pour la tablette ANNIK MH DE CARUFEL ARCHIVES LE DEVOIR Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, s\u2019est dit « gonflé à bloc» devant les militants péquistes réunis à Trois-Rivières.M A R C O B É L A I R - C I R I N O à Trois-Rivières À deux ans et demi du prochain scrutin, le chef péquiste, Pierre Karl Péladeau, a lancé la machine électorale du Parti québécois.« Je suis gonflé à bloc » , a-t-il lancé aux quelque 400 militants réunis samedi et dimanche à Trois- Rivières.« Je suis comme vous.J\u2019aime gagner ! » Il n\u2019a toutefois dit mot sur les modifications à apporter, d\u2019ici au scr utin de 2018, à l\u2019« ar ticle 1 » du programme électoral.«On va laisser le soin à la commission politique de faire son travail », a-t-il répété à l\u2019issue d\u2019un conseil national dimanche après-midi.D\u2019ici à septembre prochain, la commission politique fera connaître une « proposition principale » de programme électoral \u2014 dans lequel apparaîtra un «article 1» fort probablement remanié.En ce moment, l\u2019«article 1» prévoit la tenue d\u2019un référendum sur l\u2019indépendance «au moment jugé approprié par le gouvernement».L\u2019état-major du PQ s\u2019abstiendra de « téléguider» les travaux de la commission politique, a poursuivi le président du PQ, Raymond Archambault.« On ne dira pas aux militants quoi faire.On n\u2019empêchera pas le débat», a-t-il affirmé au côté de M.Péladeau.Le dépôt de la «proposition principale » de la commission politique ouvrira une période d\u2019âpres débats \u2014 sans doute accompagnés de maux de tête \u2014 dans les différentes instances du PQ.Ceux-ci s\u2019échelonneront jusqu\u2019au 17e congrès du PQ, qui se tiendra en juin 2017.À cette occasion, les membres adopteront le programme que défendront les candidats péquistes à l\u2019occasion des élections générales de 2018.Le président de la commission politique, Philippe Dufort, a appelé au cours du week-end les militants péquistes à proposer «une idée claire [et] inspirante» du pays du Québec, afin de «provoquer une large coalition d\u2019indépendantistes ».« Il faut tracer ensemble l\u2019architecture de la République indépendante du Québec.Nous serons en mesure après [\u2026] de proposer au peuple québécois une image for te de ce que sera ce nouveau pays», a-t-il soutenu.Derrière les portes closes, le PQ s\u2019est doté d\u2019un « plan d\u2019affaires» triennal ouvrant la voie vers la «victoire» aux élections générales de 2018, a fait remarquer M.Péladeau.« C\u2019est un plan d\u2019af faires solide ! [\u2026] Les militants et les militantes sont extrêmement mobilisés, extrêmement motivés à nous engager vers la victoire», a-t-il fait valoir, dans une forme redoutable.«On a retrouvé notre homme», s\u2019est réjouie l\u2019ex-députée de Champlain Noëlla Champagne, tout en saluant la concrétisation de deux de ses projets : l\u2019École de formation et l\u2019Institut de recherche sur l\u2019autodétermination des peuples et des indépendances nationales.Après un début d\u2019année difficile, M.Péla- deau a « récupéré tous ses moyens», a-t-elle conclu.Militante blâmée Aucun des cent « jeunes et moins jeunes» qui ont appelé la semaine dernière le PQ à «repen- serla stratégie vers l\u2019indépendance » \u2014 en s\u2019inspirant du modèle catalan, par exemple \u2014 n\u2019a déposé au cours du week-end une proposition d\u2019urgence en ce sens, contrairement à ce que plusieurs membres prévoyaient.L\u2019instigatrice du mouvement, Camille Goyette-Gin- gras, a plutôt été l\u2019objet d\u2019un blâme du comité national des jeunes du Par ti Québécois (CNJPQ), a appris Le Devoir.Dans une réunion à huis clos, l\u2019aile jeunesse du PQ a reproché à Mme Goyette-Gingras, responsable des communications au sein du CNJPQ, d\u2019avoir tenu dans l\u2019ignorance ses confrères et ses consœurs sur sa sortie médiatique de la semaine dernière.Le Devoir CONSEIL NATIONAL DU PQ Péladeau refuse de se prononcer sur le mode d\u2019accession à l\u2019indépendance Quelques propositions Le conseil national du PQ est en faveur de : La mise sur pied d\u2019une «unité spécialisée dans l\u2019évasion fiscale internationale» par Revenu Québec La multiplication des interventions à l\u2019Assemblée nationale sur le «recul du français et des difficultés de francisation des néo-Québécois» Une réforme du mode de scrutin actuel pour inclure un aspect proportionnel La gestion de la vente et de la distribution de la marijuana, «advenant sa légalisation», par une société d\u2019État québécoise.Énergie Est : c\u2019est «non», du moins pour l\u2019instant La position du PQ à l\u2019égard du projet de pipeline Énergie Est de TransCanada pourrait changer, a convenu Pierre Karl Péladeau dimanche.« Pour l\u2019instant, je réitère que le Parti québécois s\u2019est opposé au projet.Maintenant, est-ce qu\u2019il va s\u2019y opposer à jamais, je ne peux pas vous donner la réponse définitive.C\u2019est au parti et aux militants de décider », a-t-il déclaré lors d\u2019un impromptu de presse.« Toutes les choses peuvent changer.La vie est un perpétuel changement », a-t-il ajouté.Mais, à l\u2019heure actuelle, les péquistes sont contre le projet de pipeline.Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a, lui, exclu sans ambages la possibilité d\u2019appuyer l\u2019« autoroute du pétrole » proposée par TransCanada.« On n\u2019a pas de conditions [à fixer pour l\u2019acceptation du projet].On est contre ! » a-t-il dit aux journalistes.« Il coulerait du Quick aux fraises dedans, puis on serait contre le projet Énergie Est.C\u2019est-tu clair ?», a-t-il laissé tomber.Le PQ s\u2019est doté d\u2019un «plan d\u2019affaires» triennal ouvrant la voie vers la «victoire» aux élections générales de 2018 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 F É V R I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Résultats des tirages du : Résultats des tirages du : En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité.compl.compl.l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s COMPL.06 09 22 23 36 38 47 12 55 000 000 $ Prochain gros lot (approx) : 10 1747068 5 000 000 $ 04 11 20 23 41 45 22 07 14 23 34 40 43 37 2016-02-27 2016-02-26 + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 67935615-01 Prochain gros lot (approx.) : 3638074 + lots de 1 million $ (APPROX.) Résultats complets sur lotoquebec com C O L I N P E R K E L à Toronto Un média canadien affrontera le gouvernement fédéral, lundi, dans le cadre d\u2019une bataille juridique opposant la liberté de presse à la capacité des forces de l\u2019ordre d\u2019enquêter sur les actes terroristes.Vice Media et son journaliste Ben Makuch veulent que la Cour supérieure de l\u2019Ontario infirme une décision rendue par un tribunal inférieur les obligeant à remettre le matériel relatif à des entrevues réalisées avec un présumé terroriste à la Gendarmerie royale du Canada (GRC).Dans leur mémoire, Vice et M.Makuch affirment que les tribunaux ne devraient pas autoriser la police à recruter les repor ters comme personnel d\u2019enquête par l\u2019entremise d\u2019ordonnances de communication parce que cela risque de miner le rôle important joué par les médias, leur crédibilité et leur capacité à recueillir de l\u2019information.Il y a un an, le juge de la Cour de justice de l\u2019Ontario Jack Nadelle avait ordonné au média en ligne de fournir le matériel utilisé par Ben Ma- kuch pour écrire trois articles en 2014 concernant Farah Shir- don, un résidant de Calgary.Les textes por taient notamment sur le fait qu\u2019il avait quitté le Canada pour se joindre au groupe État islamique.Les textes étaient basés sur des conversations que le journaliste avait eues avec M.Shirdon grâce à une application de messagerie instantanée appelée «Kik Messenger».La police soutient avoir besoin des renseignements pour rassembler encore plus de preuves contre le présumé terroriste.Le magistrat Nadelle a sommé Vice de donner à la GRC des versions intégrales des échanges avec Farah Shir- don, ainsi que toutes les notes relatives aux moyens employés pour communiquer avec lui.Accusations récentes Né à Toronto, M.Shirdon, qui est âgé de 22 ans, est le neveu d\u2019un ancien premier ministre de la Somalie et a déjà proféré publiquement des menaces contre le Canada et les États-Unis.En septembre dernier, la GRC avait accusé le jeune homme par contumace de plusieurs infractions, y compris d\u2019avoir quitté le Canada pour par ticiper aux activités d\u2019un groupe terroriste, d\u2019avoir participé aux activités d\u2019un groupe terroriste et d\u2019avoir menacé le Canada et les États-Unis.« Il est dans l\u2019intérêt de tous les membres du public, y compris les médias, que ces crimes fassent l\u2019objet d\u2019enquêtes et de poursuites », a indiqué le gouvernement fédéral dans sa présentation au tribunal.Cette affaire rappelle le bras de fer dans lequel le FBI et Apple se sont engagés aux États- Unis, le premier tentant de forcer le second à pirater le téléphone de l\u2019un des auteurs de la fusillade de San Bernardino, en Californie, qui a fait 14 morts et 22 blessés en décembre dernier.La Presse canadienne Bras de fer juridique entre Vice et la GRC La police fédérale veut obtenir du matériel concernant un présumé terroriste L A U R A P E L L E T I E R Après le refus de l\u2019ancien gouvernement canadien, la Foire du livre de Francfor t donne une seconde chance au Canada d\u2019être son invité d\u2019honneur, cette fois en 2019.Les éditeurs pensent qu\u2019ils mèneront à bien le projet, même si, à deux jours de la date limite pour offrir une réponse, ils n\u2019ont pas encore eu de nouvelles de la part de la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly.La nouvelle of fre pour être l\u2019invité d\u2019honneur de la plus grande foire du livre au monde, rappor tée par Radio-Canada vendredi, était envisagée depuis octobre 2015 et a été officialisée «très peu de temps après l\u2019élection du nouveau gouvernement» libéral, indique au Devoir Frédéric Gauthier, cofondateur des éditions La Pastèque et membre du comité d\u2019expertise en exportation de Livres Canada Books.Les organisateurs de la Foire du livre de Francfort attendaient l\u2019issue de l\u2019élection pour confirmer leur offre.Cette deuxième chance n\u2019est pas si surprenante, selon M.Gauthier.« Les gens de Francfort étaient conscients que le refus avait été dû à un manque de volonté politique clair et net [du gouvernement précédent], et non à un manque de préparation du dossier.» Le gouvernement de Stephen Harper avait évoqué des raisons budgétaires \u2014 puisqu\u2019il aurait dû débourser plus de 6 millions de dollars \u2014 pour justifier son refus d\u2019être l\u2019invité d\u2019honneur de 2017.Pour 2019, Livres Canada Books a abaissé ses demandes financières au gouvernement du Canada à 4,2 millions de dollars.M.Gauthier pense que le gouvernement acceptera le projet, cette fois, puisqu\u2019il s\u2019était engagé en ce sens durant la campagne électorale.Six candidats libéraux, également auteurs, avaient alors dénoncé conjointement la décision d\u2019Ottawa de refuser l\u2019invitation de Francfort et s\u2019étaient engagés à appuyer le milieu du livre.Si le Canada refusait l\u2019offre, la Norvège serait prête à prendre sa place.Un atout majeur «L\u2019occasion est belle, voire nécessaire, après une décennie de grisaille culturelle et sociale, estime Antoine Tanguay, président et fondateur des éditions Alto et adepte de la Foire depuis dix ans.Le milieu a besoin de cette vitrine.» Être invité d\u2019honneur à cette foire apporte « beaucoup, et à long terme », assure M.Gauthier.«Depuis que la Finlande a été l\u2019invité d\u2019honneur de cette foire, les ventes de droits ont augmenté d\u2019un for t pourcentage», cite-t-il en exemple.En février dernier, le Québec était l\u2019invité d\u2019honneur à la Foire du livre de Bruxelles et les auteurs québécois ont connu une année exceptionnelle en matière de ventes de livres, ajoute-t-il.Occuper ce rôle donne aussi «une visibilité exceptionnelle», un «prestige politique intéressant» et «un développement accéléré des relations d\u2019affaires avec les éditeurs de tous les marchés mondiaux», énumère l\u2019éditeur.Cela serait une occasion en or de développer des relations avec l\u2019Allemagne, conclut M.Tanguay.La ministre Joly n\u2019a pu préciser dimanche si le Canada accepterait l\u2019invitation ou non, indiquant que « le dossier [\u2026] est présentement à l\u2019étude».Son attaché de presse a toutefois rappelé l\u2019engagement du Parti libéral de contribuer «au rayonnement » de la culture et a précisé que « la promotion des arts et de la culture, au Canada comme à l\u2019étranger, est une priorité pour la ministre».Le Devoir FOIRE DU LIVRE DE FRANCFORT Le Canada obtient une seconde chance Ottawa a deux jours pour dire s\u2019il accepte d\u2019être l\u2019invité d\u2019honneur de la plus grande foire du livre au monde DANIEL ROLAND AGENCE FRANCE-PRESSE Le gouvernement conservateur de Stephen Harper avait refusé l\u2019of fre de la Foire du livre de Francfort.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Le Canada tient sa promesse et franchit le cap des 25 000 réfugiés syriens Le Canada a accueilli 25 000 réfugiés syriens, respectant un calendrier révisé et une promesse électorale du premier ministre Justin Trudeau, a-t-on appris dimanche auprès du ministère de l\u2019Immigration.«Nous avons 25 000 raisons d\u2019être fiers d\u2019être Canadiens, bienvenue aux réfugiés », a écrit le ministre de l\u2019Immigration, John McCallum, sur son compte Twitter après l\u2019arrivée samedi soir d\u2019un vol nolisé à Montréal.Le premier ministre avait promis pendant sa campagne électorale d\u2019accueillir 25 000 réfugiés syriens avant la fin 2015 se trouvant au Liban, en Jordanie et en Turquie.Cet objectif ambitieux s\u2019était heurté à des problèmes administratifs et logistiques, si bien que, fin novembre, le gouvernement canadien s\u2019était donné deux mois de plus pour l\u2019atteindre.Depuis le 11 décembre, quand Justin Trudeau avait accueilli le premier avion de réfugiés, environ une centaine de vols ont été spécialement affrétés par le gouvernement canadien pour cette opération humanitaire à partir du Liban et de la Jordanie.Un peu plus de la moitié des 25 000 réfugiés syriens ont été acheminés grâce au programme du gouvernement.Les autres ont été parrainés par le secteur privé ou divers organismes de bienfaisance, selon le ministère de l\u2019Immigration.S I D H A R T H A B A N E R J E E U ne pétition demandant le retrait du projet de loi pour créer un registre provincial des armes d\u2019épaule a récolté plus de 36 000 signatures et devrait être présentée à l\u2019Assemblée nationale à la mi-mars.Ce projet de loi, qui semblait pourtant bien en selle, suscite une opposition inattendue sur le terrain.Le gouvernement Couillard a présenté en décembre dernier un projet de loi pour la création d\u2019un registre provincial des armes, trois ans après l\u2019abolition du registre national pour les armes d\u2019épaule sans restrictions.Les députés provinciaux s\u2019étaient montrés en faveur d\u2019un registre.Certains commencent toutefois à reconsidérer leur position, maintenant que le projet de loi est déposé.Des membres du Parti québécois et de la Coalition avenir Québec ont admis qu\u2019il y avait des tensions au sein de leurs caucus respectifs sur le sujet, et certaines informations qui circulent laissent croire que les libéraux, au pouvoir à Québec, ont également des dif fé- rends.La possibilité d\u2019un vote libre, une procédure rarement utilisée, a même été évoquée si le projet de loi progresse.Des groupes opposés au registre soutiennent qu\u2019il y a un fossé entre l\u2019opinion populaire urbaine et rurale, et les divisions des caucus semblent le refléter.Le lobby national des armes, l\u2019Association canadienne pour les armes à feu (ACAF), se dit aussi inquiet des répercussions d\u2019un registre québécois sur d\u2019autres provinces.L\u2019association a donné son appui au mouvement québécois pour l\u2019abolition du projet de loi, « Tous contre un registre québécois des armes à feu».«Les propriétaires d\u2019armes à feu de toutes les provinces ont les yeux tournés vers le Québec», affirme Francis Tenta, représentant pour le Québec de l\u2019ACAF.«Si le Québec adopte [le projet de loi], les autres provinces pourraient être tentées de faire la même chose.» Guy Morin, le vice-président du groupe formé au Québec, dit avoir reçu quelques dons de l\u2019Ouest canadien, et des propriétaires d\u2019armes de l\u2019Ontario prévoyaient se rendre à Maniwaki, samedi, pour une manifestation devant le bureau de circonscription de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.« Ils savent que si ça passe au Québec, ils pourraient être les prochains», dit-il pour expliquer ce soutien du reste du Canada.Pour M.Morin, l\u2019argent devrait plutôt être investi en santé mentale.Il croit que les règles en place, notamment le permis de possession et d\u2019acquisition d\u2019arme à feu, sont suf fisantes.Ce permis renouvelable tous les cinq ans est refusé notamment aux gens ayant un dossier criminel, un passé violent ou dépressif, explique-t-il.La Presse canadienne REGISTRE DES ARMES D\u2019ÉPAULE Plus de 36 000 personnes contre le projet de loi Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Un suspect lié aux attentats de Paris arrêté en Algérie Paris \u2014 Les autorités algériennes ont arrêté un homme soupçonné d\u2019avoir des liens avec l\u2019organisateur des attentats de Paris, Abdelhamid Abaaoud.Selon APS, l\u2019agence de presse officielle de l\u2019Algérie, un tribunal de la province de Bejaia a annoncé que le suspect, un citoyen algérien vivant en Belgique, avait été placé en détention, mardi, dans la ville d\u2019Akbou, dans le nord du pays.L\u2019identité de l\u2019individu et les accusations pesant contre lui n\u2019ont pas été divulguées.D\u2019après la déclaration du tribunal, l\u2019homme serait lié aux attaques terroristes survenues dans la capitale française l\u2019automne dernier.Associated Press Uber menace de cesser ses activités en Alberta Edmonton \u2014 Uber cessera ses activités en Alberta mardi si la province n\u2019apporte pas de changements aux assurances et aux permis, a indiqué le directeur de l\u2019application dans la province.Ramit Kar a déclaré samedi, devant environ 150 partisans du service Uber rassemblés sur les marches du parlement de l\u2019Alberta, que le gouvernement devrait faire preuve de plus de flexibilité pour permettre aux chauffeurs de travailler sans permis commercial.Il a affirmé que la province devait aussi approuver une police d\u2019assurance sur le covoiturage qu\u2019Uber a obtenue d\u2019un assureur privé.La Presse canadienne le cadre d\u2019une enquête sur un possible réseau de combats de chiens organisés.Les détails concernant les allégations font partie d\u2019un document de près de 100 pages remis au tribunal par l\u2019organisme le 16 janvier.Une affaire criminelle, qui en est encore à ses débuts, a aussi été lancée à la suite de cette enquête et met en cause quatre personnes faisant face à plus de 300 accusations de cruauté envers les animaux et d\u2019infractions relatives aux armes.Aucune de ces allégations n\u2019a été prouvée en cour.La Presse canadienne Le sort de 21 chiens de combat entre les mains de la cour Vingt et un présumés chiens de combat attendent dans un refuge ontarien qu\u2019un tribunal décide s\u2019ils vivront ou mourront.La Société pour la protection des animaux de l\u2019Ontario (OS- PCA) a demandé à une cour de Chatham, dans le sud-ouest de la province, la permission d\u2019eu- thanasier les bêtes, qui ont été saisies l\u2019automne dernier dans L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 F É V R I E R 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 Sommaire des rapports des dépenses électorales des partis politiques autorisés et des rapports des candidats indépendants autorisés (CIA) Élection partielle du 15 novembre 2015 dans l\u2019arrondissement de Saint-Léonard Nom des candidats et des agents of?ciels Total des dépenses électorales faites ou autorisées Date de réception CONSEILLER DE VILLE DU DISTRICT ÉLECTORAL DE SAINT-LÉONARD EST (8 464,80 $) ¹ 1.Patricia Lattanzio, Équipe Denis Coderre pour Montréal Robert Richard, agent of?ciel 7 897,31 $ 15-02-2016 2.Giuseppe (Joe) Mormina, CIA Giuseppe (Joe) Mormina, agent of?ciel 2 750,20 $ 16-02-2016 3.Antonio (Tony) Di Dio, CIA Antonio (Tony) Di Dio, agent of?ciel 997,98 $ 01-02-2016 4.Roberta Peressini, Projet Montréal Carole Leroux, agente of?cielle 1 783,31 $ 11-02-2016 1 Montant maximum des dépenses électorales permis par la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités Veuillez noter que les partis politiques autorisés doivent déposer leurs rapports ?nanciers, au plus tard, le 1er avril de chaque année.AVIS PUBLIC Péladeau rencontre la direction de Bombardier ce lundi Québec \u2014 Le chef péquiste, Pierre Karl Péladeau, rencontrera la haute direction de Bombardier lundi.M.Péla- deau a réclamé une nouvelle fois que le gouvernement rende publique l\u2019entente qui prévoit son investissement de 1 milliard $US dans le projet d\u2019avion CSeries.Il n\u2019a pas exclu la possibilité que l\u2019entreprise elle-même en dévoile le contenu.Vendredi, le chef ca- quiste, François Legault, a été le premier à rencontrer les dirigeants de la société.Quelques minutes avant un conseil national péquiste à Trois-Rivières, M.Péladeau a répété que l\u2019entente d\u2019investissement doit être renégociée.La Presse canadienne Le SETUE s\u2019affiche à la Nuit blanche Le Syndicat des étudiants employés de l\u2019UQAM (SETUE) a profité de la Nuit blanche du festival Montréal en lumière pour attirer l\u2019attention des citoyens sur leur conflit de travail qui persiste avec l\u2019administration et les coupes dans le budget des universités.Postés à l\u2019entrée de l\u2019institution située au niveau du métro et vêtus de masques à l\u2019effigie du premier ministre Philippe Couillard, ils ont brièvement distribué des tracts aux passants qui se dirigeaient vers les projections architecturales, les installations interactives et les expositions organisées à l\u2019UQAM.L\u2019action syndicale n\u2019a pas perturbé les activités.«Nous voulions faire une action de visibilité, pas une action de perturbation.Les activités étaient organisées par des étudiants et nous sommes solidaires envers eux», explique la porte-parole du syndicat, Chloé Fortin-Côté.La prochaine rencontre de négociation entre le SETUE et l\u2019UQAM aura lieu le 2 mars, indique la porte-parole.Le Devoir Cocktail météo pour la relâche Une vague d\u2019intempéries frappera le Québec cette semaine.Ces conditions jugées dangereuses exigeront de la prudence sur les routes.Alors qu\u2019une tempête hivernale ouvrira la semaine, des précipitations mixtes sont attendues par la suite: neige, pluie et pluie verglaçante, selon les secteurs.Des accumulations de neige de 15 à 25cm sont attendues au Québec, et près de 30cm sur les sommets des Laurentides et dans la région de Québec.La neige se changera en pluie ver- glaçante dans le sud du Québec, lundi à l\u2019heure de pointe matinale.Des vents forts pouvant atteindre 70km/h à Montréal produiront de la poudrerie qui réduira la visibilité.Mardi sera la plus belle journée de la semaine dans la majorité des secteurs, avec un ciel ponctué d\u2019éclaircies, mais à Montréal, ce sont les journées de vendredi et dimanche qui s\u2019annoncent les plus ensoleillées.Au milieu de la semaine, la température sera douce, pouvant grimper jusqu\u2019à 2°C, mais accompagnée de verglas et de vents forts.Le Devoir Inondations : Québec vient en aide aux sinistrés Beauceville \u2014 Le gouvernement du Québec consent une aide financière aux résidants et aux commerçants qui ont été touchés par les inondations à Beauceville et dans cinq autres municipalités au cours des derniers jours.Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a indiqué samedi qu\u2019il avait signé l\u2019arrêté ministériel allant en ce sens en matinée.Il a toutefois spécifié que le gouvernement n\u2019avait pas encore chiffré cette aide financière.Les autorités devront d\u2019abord constater l\u2019étendue des dégâts, a-t-il ajouté.Les cinq autres municipalités qui pourront bénéficier de cette aide financière sont Compton, Saint-Ludger, Sainte-Cécile-de-Milton, Wa- terville et Wickham.La Presse canadienne JACQUES NADEAU LE DEVOIR La ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, estime que la réalité d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019est plus celle des années 1970.M A G D A L I N E B O U T R O S Malgré les récentes ententes conclues entre Québec et les associations représentant les garderies de la province, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) lance une nouvelle campagne de mobilisation pour défendre les services de garde subventionnés.Cette campagne, qui a pour thème « Un réseau qui fait grandir ! », a été dévoilée dimanche matin devant quelque 200 parents, enfants et éducatrices qui étaient réunis pour l\u2019occasion au cinéma Quartier latin, à Montréal.L\u2019offensive, qui est appuyée par un budget de 100 000$, comprend notamment une vidéo qui sera lancée sur les réseaux sociaux, une campagne de cartes postales et des panneaux publicitaires.Des activités de visibilité sont également prévues.La CSN veut ainsi exercer de la pression sur le gouvernement Couillard avant le dépôt du prochain budget à Québec.Le Parti québécois devrait agir comme porte-voix de la campagne à l\u2019Assemblée nationale.«Même si le gouvernement a signé une entente avec les garderies, il n\u2019y a rien de réglé », s\u2019indigne en entrevue la vice- présidente de la CSN, Véronique De Sève.Entente récente L\u2019entente conclue plus tôt cette semaine entre le gouvernement et l\u2019Association québécoise des centres de la petite enfance maintient les compressions de 120 millions dans le réseau des ser vices de garde subventionnés.Une allocation de transition de 60 millions a toutefois été consentie par Québec aux garderies privées et publiques.Mme De Sève rappelle que les associations représentant les employés des services de garde n\u2019ont jamais donné leur aval à ce compromis.«Ce sont les associations patronales qui ont accepté l\u2019entente, précise-t- elle.Nous, on n\u2019a jamais fait partie de ces discussions-là.» La CSN refuse donc de baisser les bras.La bataille pour maintenir la qualité, la viabilité et l\u2019accessibilité du réseau des services de garde doit se poursuivre dès maintenant, croit-elle.« Il n\u2019y a plus de gras [dans les budgets des garderies].Et ce sont les enfants qui vont faire les frais d\u2019une idéologie politique d\u2019austérité du gouvernement.» La centrale syndicale, qui représente 10 500 éducatrices en CPE et 3200 responsables de service de garde en milieu familial, fait le pari que les parents se mobiliseront à nouveau pour cette campagne, malgré la rebuffade que vient de leur servir le gouvernement Couillard.La Presse canadienne GARDERIES La CSN poursuit sa lutte, malgré les ententes J O C E L Y N E R I C H E R à Québec L a ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, refuse l\u2019étiquette de féministe.Son approche envers la cause des femmes se veut beaucoup plus pragmatique que théorique, plus terre à terre que militante, plus individuelle que collective.Son style s\u2019apparente à celui d\u2019un motivateur.Le conseil de la vice-première ministre aux femmes est le suivant : « Tu veux prendre ta place ?Faire ton chemin?Let\u2019s go, vas-y ! ».C\u2019est par nature une fonceuse, qui n\u2019a peur de rien ni de personne, et elle aimerait bien que son énergie, réputée débordante, soit contagieuse et contamine d\u2019autres femmes.Elle n\u2019est pas du genre à avoir réfléchi longtemps à sa position sur le mouvement féministe, ou à se demander quelle étiquette elle était prête à assumer.« Je suis beaucoup plus égalitaire que féministe », confiera Lise Thériault à La Presse canadienne, au cours d\u2019une entrevue d\u2019une heure visant à tracer ses priorités d\u2019action dans ses nouvelles fonctions, à l\u2019approche de la Journée internationale des femmes, le 8 mars.Elle croit à l\u2019« individu » qui décide de « prendre sa place ».Quand elle parle d\u2019égalité entre hommes et femmes, elle pense surtout à réduire l\u2019écart entre les hommes et les femmes aux postes de commande, sa priorité pour les prochaines années.Par rapport au mouvement féministe et à son influence, Mme Thériault demeure évasive, paraissant l\u2019associer davantage au passé qu\u2019à l\u2019avenir.«La réalité des années 70 et la réalité d\u2019aujourd\u2019hui, ce n\u2019est plus pareil.Les gens ont évolué.Des choses ont été faites », dit Mme Thériault, ajoutant cependant « qu\u2019il en reste encore à faire », sans donner de précisions, pour faire avancer la cause des femmes.« Il y a encore des limites à repousser pour les femmes », a d\u2019ailleurs dit Lise Thériault, lors d\u2019une entrevue accordée au Devoir lundi dernier.Pas de modèle précis Alors qu\u2019on lui demandait si une des grandes figures du mouvement féministe avait été pour elle une source d\u2019inspiration, un modèle à suivre, Mme Thériault réfléchit un moment, puis laisse tomber : «S\u2019il y en a une qui m\u2019inspire plus que les autres?À première vue, je vous dirais non.» Elle se dit intéressée par la campagne de solidarité pour l\u2019égalité des sexes « He for She », lancée par l\u2019ONU Femmes et personnifiée par la jeune actrice britannique Emma Watson, «qui joue dans Harry Potter », précise-t-elle.La campagne vise à sensibiliser les hommes au combat pour l\u2019égalité des sexes.« Je regarde ça avec beaucoup d\u2019intérêt », persuadée qu\u2019hommes et femmes doivent travailler « vers un but commun », l\u2019égalité de fait.D\u2019ici la fin du mandat, la ministre entend présenter un plan d\u2019action sur la prévention de la violence faite aux femmes et un autre pour la promotion de l\u2019égalité entre hommes et femmes.La ministre se dit aussi « très à l\u2019aise » avec les compressions imposées au Conseil du statut de la femme, qui a dû fermer ses bureaux régionaux, et au Secrétariat à la condition féminine, dont le budget est passé de 7,2 millions à 5,3 millions.« L\u2019impor tant, c\u2019est d\u2019avoir l\u2019argent pour appliquer les mesures sur le terrain», selon elle.La Presse canadienne Lise Thériault considère qu\u2019elle est «beaucoup plus égalitaire que féministe» M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa U n site Web, une vidéo promotionnelle, une équipe de partisans vêtus de t-shirts à son ef figie : Maxime Bernier s\u2019est présenté au rassemblement conservateur du weekend tel un candidat menant sa campagne à la chefferie tambour battant.Mais le député beauceron ne confirme toujours pas qu\u2019il se lancera dans la course, quoiqu\u2019il ricane lui- même lorsqu\u2019il parle de sa candidature au conditionnel.L\u2019image était frappante, samedi, à la conférence du Centre Manning qui rassemble chaque année des conser va- teurs de partout au pays.Trois potentiels candidats à la succession de Stephen Harper étaient invités à s\u2019adresser à la foule.Maxime Bernier s\u2019est présenté entouré d\u2019une vingtaine de jeunes, arborant un t- shirt affichant son visage et un slogan : « J\u2019appuie Maxime ».L\u2019équipe distribuait des cartes publicisant un site Internet «Maxime2017.ca».Le suspens était quasi inexistant.Pourtant, Maxime Bernier persiste à parler de sa candidature au conditionnel.Il attend les règles de la course, qui devraient être annoncées d\u2019ici la fin du mois de mars.« Ce que je peux vous dire, c\u2019est que je prends tous les moyens pour être capable de dire oui », a-t-il toutefois fini par admettre à la suite de son allocution.Maxime Bernier a repris son plaidoyer pour le libre marché et la fin des subventions aux entreprises, comme Bombardier et GM.Une philosophie qui n\u2019exclut pas de revoir le système de gestion de l\u2019offre, M.Bernier n\u2019ayant pas fermé la porte.Il milite en outre pour revoir la formule de péréquation.« Ça ne fait pas de sens qu\u2019une province qui a flir té avec l\u2019indépendance politique depuis des décennies est financièrement plus dépendante que jamais du reste du pays.» Le principe « est noble », « sain », mais la formule «doit être révisée pour s\u2019assurer qu\u2019elle soit équitable pour toutes les régions du pays, et surtout qu\u2019elle permette la prospérité dans toutes les régions du pays».Le Québec étant la seule province où le PC a augmenté son nombre de sièges en octobre dernier, Maxime Bernier estime que cela fait de lui un candidat potentiel idéal.« Je sais que je peux vendre des idées conservatrices aux Québécois et à tous les Canadiens.» Le Devoir CHEFFERIE CONSERVATRICE Maxime Bernier s\u2019organise pour dire « oui » Le comité parlementaire mixte sur l\u2019aide médicale à mourir (AMM) avait un mandat quasi impossible.Étudier, consulter et recommander au gouvernement fédéral la réponse à donner au jugement de la Cour suprême sur l\u2019AMM, tout cela, en six petites semaines.Au lieu, dans ces conditions, d\u2019opter pour la retenue et de s\u2019en tenir à l\u2019essentiel, il a décidé d\u2019aller au-delà de l\u2019avis de la Cour alors que rien ne l\u2019exigeait.n ne peut pas blâmer le comité d\u2019avoir ouvert d\u2019autres pistes de réflexion, mais le gouvernement fédéral n\u2019a que trois mois et des poussières pour modifier le Code criminel afin de respecter le jugement de la Cour.Il doit boucler le tout pour le 6 juin prochain.Voilà qui est bien insuf?sant pour soupeser les tenants et aboutissants du consentement préalable à l\u2019AMM ou l\u2019accès à cette aide pour les mineurs et les personnes souffrant de maladie mentale.Le Québec a mis cinq ans à accoucher de sa Loi concernant les soins de fin de vie, et rien de tout cela n\u2019y est permis.En fait, le cadre québécois est même plus restrictif que celui autorisé par la Cour suprême.Il est vrai que Québec était contraint par le Code criminel existant, comme le rappelle l\u2019instigatrice du processus québécois, la députée Véronique Hivon.Mais les parlementaires étaient aussi soucieux de respecter le consensus social sur le sujet, un élément essentiel, explique-t- elle, abasourdie que l\u2019acceptabilité sociale n\u2019ait même pas été une préoccupation du comité fédéral.Le travail de ce dernier reste utile, mais distrait de l\u2019objectif central.Le gouvernement fédéral a un rôle dans cette affaire : déterminer quand l\u2019AMM est légale en vertu du Code criminel.Bref, de dé?nir qui peut en faire la demande, qui peut y répondre et quelles sont les balises minimales pour assurer une protection de base mais uniforme aux personnes vulnérables partout au Canada.?Le comité propose que la demande soit écrite (sauf pour les personnes incapables d\u2019écrire), qu\u2019elle soit faite devant deux témoins n\u2019ayant rien à gagner de la mort du patient, que deux médecins con?rment que toutes les conditions sont remplies, en particulier la capacité de la personne de prendre cette décision et le caractère volontaire de celle-ci.Jusque-là, il y a peu à redire, les principes étant ceux généralement acceptés là où l\u2019AMM est autorisée.Le comité s\u2019aventure toutefois beaucoup plus loin que la Cour suprême lorsque vient le temps de définir qui aura accès à l\u2019AMM.Le jugement parle d\u2019« une personne adulte capable qui [1] consent clairement à mettre fin à sa vie ; et qui [2] est af fectée de problèmes de santé graves et irrémédiables [y compris une affection, une maladie ou un handicap] lui causant des souf frances persistantes qui lui sont intolérables au regard de sa condition ».Le comité, lui, demande qu\u2019après étude, les mineurs matures et capables y aient accès d\u2019ici trois ans.La Belgique a pris 12 ans pour en arriver là.Il serait injuste de laisser souffrir un adolescent au fait de son état et capable de prendre pareille décision, mais le consensus n\u2019y est tout simplement pas.Dans le cas des personnes capables mais souffrant de maladie mentale, le comité dit avec justesse que leur maladie ne devrait pas servir de prétexte à leur interdire l\u2019accès à l\u2019AMM.Mais la souffrance provoquée par la maladie mentale elle-même devrait- elle permettre le recours à l\u2019AMM?Le comité dit oui, alors qu\u2019il reconnaît que cela ne fait pas consensus.Il voudrait aussi qu\u2019on permette le consentement préalable aux personnes qui ont obtenu un diagnostic de maladie incurable pouvant à terme leur faire perdre leurs facultés.Là encore, il reconnaît que cela pose des dé?s particuliers.C\u2019est peu dire.Qui décidera, par exemple, que le moment est venu de respecter la demande ?Ou encore que la personne, malgré le changement de sa condition, désire encore mourir ?Il y a des raisons valables derrière toutes ces recommandations, mais ces dernières semblent prématurées, car, malgré sa bonne volonté, le comité n\u2019a pas fait le tour de la question.Au contraire.Les parlementaires fédéraux devraient poursuivre leur ré- ?exion, à tête reposée cette fois, en prenant le temps de vraiment consulter les Canadiens, de s\u2019assurer de leur appui et de tirer des leçons de l\u2019expérience québécoise.L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 F É V R I E R 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Une coopérative citoyenne pour gérer la Maison Radio-Canada ?C\u2019est une propriété collective que l\u2019on s\u2019apprête à vendre.Au final, elle appar- t iendrait à une compagnie privée, contre environ 100 millions de dollars.Aussitôt qu\u2019elle sera vendue, l\u2019argent disparaîtra à travers les dépenses que fait la SRC chaque année.Elle avait coûté près de 65 millions en 1973, ce qui équivaudrait à 365 millions en dollars d\u2019aujourd\u2019hui.En plus, au fil des ans, beaucoup de deniers publics ont été investis pour entretenir cette installation radio-canadienne.Oubliez les économies, les dirigeants d\u2019Ici Radio-Canada sont prêts à payer 27 millions par an pour se loger dans trois fois plus petit.Les dépenses d\u2019exploitation actuelles sont de 20 millions par an, avec des travaux estimés à 170 millions, mais l\u2019immeuble ne semble pas aussi désuet qu\u2019ils le prétendent, alors on pourrait avoir surestimé le coût des rénovations en évaluant mal les solutions de rechange.Comme je les connais, ils n\u2019ont sûrement pas retenu l\u2019option la moins chère dans leur calcul.Or, si une coopérative citoyenne était propriétaire et gestionnaire de l \u2019 immeuble, elle élirait des administrateurs plus compétents en gestion immobilière que ceux en place présentement.El le pour rai t louer le t iers (à long terme) à Radio-Canada et les deux autres tiers (à court terme) à des écoles pour y préparer de l\u2019audiovisuel, à des productions indépendantes, ainsi qu\u2019à des producteurs américains.La coopérative disposerait de 7 millions par an pour rénover.Par ticiperiez-vous à cette lucrative coopérative citoyenne radio-cana- dienne ?Si nous étions 200 000 membres, il nous en coûterait 50 $ chacun pour disposer d\u2019une mise de fonds initiale de 10 millions, ce qui nous permettrait d\u2019obtenir du financement sur une hypothèque de 90 millions.Je crois qu\u2019il y a beaucoup de potentiel locatif dans ces installations, car Québecor a acheté des actifs comparables pour une somme similaire en 2014 (les ex-studios de Vision Globale).Guy Beaumont Longueuil, le 28 février 2016 conserve ou encore l\u2019origine du terroir sur ses bouteilles ou ses boîtes de sirop.Autrement dit, que soit établie une appellation contrôlée de la production.Qu\u2019est-ce à dire ?Que les hectares utilisés pour fabriquer le sirop sont certifiés et que le sirop fabriqué vient de ces terres-là et uniquement de ces terres-là, en indiquant le millésime sur chaque boîte ou chaque bouteille.Comment fait-on actuellement pour savoir que le sirop acheté a été mis en conserve en 2016, 2015 ou 2000 ?Impossible à savoir.Tout est mélangé.Il faut protéger la provenance d\u2019origine du sirop d\u2019érable comme cela se fait pour le vin.Imaginez un Bordeaux mélangé à un Bourgogne qu\u2019on appellerait : piquette contrôlée ?Une cabane à sucre peut bouillir l\u2019eau d\u2019érable d\u2019une autre production voisine, mais elle ne peut pas l\u2019incorporer à sa production et lui donner le même nom.Chaque terroir doit avoir sa spécificité et le consommateur doit le savoir avant d\u2019acheter.On aurait donc, par exemple, une appellation ambré de l\u2019Hermine contrôlée, millésime 2016, ou une appellation clair de Lanaudière contrôlée 2013, et non plus quelque chose de mélangé dont on ne connaît pas la provenance et surtout l\u2019année de mise en boîte.Réal Gingras Outremont, le 25 février 2016 Il faut traiter le sirop d\u2019érable comme le vin Je suis avec grand intérêt le débat actuel sur le sirop d\u2019érable comme suite au rapport Gagné.Je connais l\u2019Hermine, une cabane à sucre dans le Suroît, et j\u2019ai souvent mentionné à ses propriétaires qu\u2019en tant que consommateur, j\u2019aimerais bien que soit indiquée l\u2019année de mise en FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints NELLIE BRIÈRE, PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N AIDE MÉDICALE À MOURIR Ne rien précipiter O G I L L E S L E V A S S E U R Avocat et professeur, Université d\u2019Ottawa L a première ministre de l\u2019Ontario a présenté au nom du gouvernement de l\u2019Ontario ses excuses à tous les Franco-Ontariens, dont les familles et les communautés ont été touchées par un règlement de 1912 qui rendait illégale l\u2019éducation publique en langue française dans les écoles primaires pendant plus d\u2019une décennie.Ce règlement avait comme principal objectif d\u2019améliorer la qualité de l\u2019éducation de langue anglaise dans les écoles primaires, au détriment des francophones.Ainsi, il était interdit aux écoles primaires d\u2019utiliser le français comme langue de formation ou de communication après la 2e année et limitait à une heure par jour l\u2019enseignement des matières des écoles primaires en langue française.La conséquence de cette restriction a été la perte de valorisation de la langue française et une crise identitaire auprès des francophones à un point tel que plusieurs se sont assimilés à la majorité anglophone afin d\u2019éviter l\u2019humiliation ou la discrimination.À une époque où être catholique romain et francophone était une misère assurée dans bien des secteurs de la vie ontarienne, les francophones se sont repliés sur eux-mêmes, retranchés dans des villages et des secteurs des villes afin de s\u2019isoler des réalités de la vie courante ontarienne dominée par une élite anglophone attachée à des valeurs très britanniques.Avec l\u2019énergie, la volonté et le courage de plusieurs militants, les francophones ont su naviguer contre vents et marées afin de se faire reconnaître.Grâce à l\u2019étapisme dans les secteurs de l\u2019éducation, de la justice et du parlementarisme, les francophones ont fait adopter des mesures législatives afin de se voir reconnaître leurs droits fondamentaux.Cette reconnaissance s\u2019est par la suite développée dans les domaines de la santé, des ar ts et de la culture et des services gouvernementaux.On ne pourrait reconnaître l\u2019Ontario d\u2019aujourd\u2019hui de cette période sombre pour les francophones.Cette province a su au cours des quarante dernières années faire une place aux francophones au point que, dans plusieurs secteurs de la vie ontarienne, les Franco-Ontariens possèdent les mêmes droits que le groupe majoritaire.Le bilinguisme institutionnel au sein du gouvernement de l\u2019Ontario est omniprésent aujourd\u2019hui, des plaques d\u2019immatriculation aux enseignes électroniques sur les autoroutes en passant par les panneaux d\u2019affichage et la prestation des services gouvernementaux.Torts encore présents Les torts causés par cette réglementation sont encore présents, d\u2019où la nécessité de continuer à développer des mesures correctives afin de contrecarrer les effets de l\u2019assimilation.Ce qui est nouveau depuis une trentaine d\u2019années en Ontario est la volonté politique d\u2019assurer une place aux francophones à l\u2019égalité de la majorité anglophone.Certes, il reste dans plusieurs domaines beaucoup à faire, mais il est important de noter comment l\u2019Ontario a changé et n\u2019est plus cette province assimilatrice des francophones et gérée par des valeurs coloniales du passé.L\u2019immigration, l\u2019ouverture politique et le respect qu\u2019ont acquis les Franco- Ontariens dans leurs combats ont permis que la langue française soit très souvent à égalité de la langue anglaise dans les instances gouvernementales provinciales et d\u2019autres secteurs clés de la vie ontarienne.Demander un service en français au sein du gouvernement provincial n\u2019est plus une honte, mais est devenu un droit.L\u2019Ontario a changé et n\u2019est plus la province de cent ans passés.Comme le disait la première ministre, la communauté franco-ontarienne a fait preuve d\u2019un remarquable courage et de ténacité dans sa longue lutte pour s\u2019assurer que la langue et l\u2019identité francophones fassent partie intégrale de l\u2019Ontario d\u2019aujourd\u2019hui.Les excuses provinciales doivent être une occasion de corriger le passé en fermant une porte sur cette volonté assimilatrice de l\u2019époque.Il faut en ouvrir une nouvelle avec un pacte social permettant de renverser l\u2019effet des conséquences de cette réglementation scolaire.Les francophones ne peuvent réécrire l\u2019histoire, mais peuvent s\u2019assurer que ce triste épisode ne se reproduise plus.Ultimement, ce pacte social doit comprendre l\u2019enchâssement des droits des francophones dans la Constitution, mesure de protection ultime, mais aussi de reconnaissance de la réalité franco-ontarienne.L\u2019avenir est à ceux qui luttent, et les francophones sont une force vive de l\u2019Ontario de demain.Leur histoire est aussi celle de tous les Ontariens.Leurs réalisations, leurs luttes et leurs succès sont l\u2019œuvre de ceux qui ont cru en leur destin pour devenir aujourd\u2019hui des Franco-Ontariens fiers de leur identité, de leur place et leurs réalisations en Ontario.Comme le disent les plaques d\u2019immatriculation onta- rienne en langue française, il y a «Tant à découvrir », car l\u2019Ontario a changé afin d\u2019accueillir cette nouvelle réalité franco-ontarienne.Langue française : la situation s\u2019est améliorée en Ontario MANON CORNELLIER Les excuses provinciales doivent être une occasion de corriger le passé en fermant une porte sur cette volonté assimilatrice de l\u2019époque L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 F É V R I E R 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).J e trouve désolant qu\u2019un scandale public soit nécessaire pour qu\u2019Agropur réalise l\u2019ineptie d\u2019embaucher deux vice-présidents unilingues anglophones au Québec.Malheureusement, cette situation se répète de plus en plus, particulièrement à l\u2019heure où les entreprises québécoises se mondialisent.Le fond de l\u2019affaire est que trop de Québécois imaginent, à tort, que la langue française est une petite langue ridicule qui n\u2019intéresse personne.Or, redisons-le: la langue française est une importante langue d\u2019affaires, de science, d\u2019industrie, de commerce.Elle constitue un véritable espace de mondialisation.C\u2019est aussi la langue internationale la plus enseignée dans le monde \u2014 moins que l\u2019anglais, certes, mais davantage que l\u2019espagnol et le mandarin.Aucun obstacle matériel n\u2019empêche une entreprise québécoise d\u2019imposer la connaissance du français comme critère d\u2019embauche pour sa haute direction.Les deux vice-présidents d\u2019Agropur sont deux Ontariens.Et?Au Canada, 10% des élèves anglophones fréquentent un programme d\u2019immersion française à l\u2019école anglaise.Aux États-Unis, le français reste la deuxième langue étrangère parmi les plus enseignées après l\u2019espagnol et devant le mandarin.Vous voulez embaucher au Royaume-Uni : 16% des Britanniques déclarent parler français.La myopie francophone des Québécois s\u2019explique par une espèce d\u2019atavisme culturel.Il y a 50 ans, le Québec francophone s\u2019est libéré de la marginalisation et de la discrimination.Mais nous percevons encore, collectivement, le français comme une petite chose souffreteuse et mal en point.Or, le portrait est plus nuancé: au Canada, l\u2019immersion française est perçue comme une espèce de programme enrichi ; ce sont les meilleurs éléments anglophones qui gravitent vers elle.C\u2019est vrai aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Inde, en Australie, partout où l\u2019on parle anglais.Et c\u2019est partout pareil: aucun des grands espaces linguistiques n\u2019est imperméable au français.Une firme québécoise qui tient à embaucher un anglophone n\u2019a donc aucune raison de penser qu\u2019elle ne trouvera pas un cadre talentueux capable de minimalement comprendre le français \u2014 à condition qu\u2019elle se donne ce critère.Mieux même: ce critère d\u2019embauche permet de trouver les candidats les plus prometteurs! Une politique linguistique d\u2019entreprise Chaque entreprise québécoise qui investit à l\u2019extérieur devrait avoir une politique linguistique qui va au-delà des comités de francisation, pour toucher également les critères d\u2019embauche des cadres supérieurs et des administrateurs.Et la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui investit dans tout ce qui bouge \u2014 dont Agropur \u2014, devrait pouvoir l\u2019imposer.Des politiques linguistiques d\u2019entreprises, cela existe: Michelin l\u2019a fait.À l\u2019étranger, elle fait affaire dans la langue du pays.Mais si les cadres étrangers veulent monter au siège social à Clermont- Ferrand, ils monteront en français.Le message devrait être: nous voulons les meilleurs et nous considérons la maîtrise d\u2019au moins deux langues, en particulier le français, comme un critère essentiel.Car franchement, comme Québécois, peut-on concevoir qu\u2019une personne instruite avec une tête bien faite et qui a fait trois, quatre, cinq années d\u2019université n\u2019ait pas pu, su, voulu apprendre une autre langue?«Nous, on est contre la discrimination», disent ceux qui s\u2019opposent à cette idée.La question n\u2019est pas d\u2019être contre une langue, mais d\u2019être pour le français, ce qui n\u2019est pas la même chose.Les To- rontois sont bien pour l\u2019anglais et ils ne s\u2019en excusent pas.Et puis, disons-le: l\u2019absence de politique linguistique constitue en soi une politique \u2014 celle où l\u2019on se plie aux limites des plus ignorants ou des plus intolérants.Si la finance québécoise n\u2019est pas capable d\u2019avoir un peu de bon sens, il faudra bien qu\u2019on le lui impose.À mon avis, il serait urgent de réviser notre Charte de la langue française.Elle fut pensée à une époque où l\u2019entrepreneuriat québécois cherchait à prendre sa place au Québec.Mais actuellement, il est question d\u2019entreprises québécoises qui évoluent sur les marchés extérieurs alors que les anglophones ont imposé l\u2019idée que l\u2019anglais est l\u2019unique langue des affaires.La Charte de la langue française devrait affirmer non seulement que la langue française est la langue du Québec, mais que cette langue est une langue mondialisée qui est présente partout.Lorsqu\u2019une entreprise demande de l\u2019aide publique pour prendre son expansion hors du Québec, les agences et organismes publics devraient exiger qu\u2019elle établisse une politique linguistique cohérente avec les intérêts du Québec.Il sera difficile de revenir en arrière pour tous les CGI, Couche-Tard, SNC-Lavalin, Bombardier dont nous avons financé l\u2019expansion internationale sans souci de la langue.Mais rien n\u2019interdit de revenir à la charge, puisqu\u2019elles quémandent des aides régulièrement.Cadres francophones recherchés JEAN-BENOÎT NADEAU C L A U D E V A I L L A N C O U R T Écrivain et enseignant es caprices de la destinée ont rapproché deux très grands écrivains, Michel Tournier et Umber to Eco, décédés à près d\u2019un mois d\u2019intervalle.Ces auteurs ont peu en commun et ont développé des univers qui pouvaient difficilement les rapprocher.Dans mon musée imaginaire, ils occupent cependant une place incontournable.Leur disparition, bien qu\u2019attristante, ne créera pas un bien grand vide, tant leurs œuvres continueront à m\u2019habiter.Umberto Eco est sans doute le plus solaire d\u2019entre les deux.Il a réussi à s\u2019imposer dans des domaines très variés de l\u2019écriture et de la connaissance : il était médiéviste de grand renom, sémioticien reconnu, romancier à succès, brillant commentateur de l\u2019actualité (entre autres dans la revue L\u2019Espresso).Dans notre monde d\u2019experts et d\u2019hyper-spécialistes, rarement un auteur s\u2019est attiré un si grand respect en œuvrant dans des domaines aussi distincts.Son écriture était portée par une bouleversante érudition qui offrait une matière inépuisable à ses réflexions et prenait tout naturellement place dans chacun de ses textes.En trame de fond à ses œu- vres, aussi, un humour subtil donnait une forme de détachement amusé à la plupart de ses propos.Ce qui ne diminuait en rien la portée de ses messages.Eco nous disait plutôt, tout bas: «Regardez comme je ne me prends pas au sérieux, et comprenez comment cela m\u2019empêche de tomber dans les pièges détestés du sectarisme et du dogmatisme.» Rappelons que son chef-d\u2019œuvre, Le nom de la rose, se termine par un superbe hommage au rire.Plus sombre Michel Tournier est un écrivain plus sombre, même s\u2019il tenait à ne pas donner une telle image.Son entreprise de remettre à jour certains grands mythes occidentaux, comme celui de l\u2019ogre ou de l\u2019individu abandonné sur une île dé- ser te, lui ont permis d\u2019explorer des facettes mystérieuses de l\u2019être humain.Les mythes expriment à la fois le sublime et l\u2019horrible, et Tournier ne fait pas abstraction de l\u2019un ou l\u2019autre de ces aspects.Il a pris comme devise la belle phrase paradoxale de Roger Nimier : « Il faut vivre sous le signe d\u2019une désinvolture panique, ne rien prendre au sérieux, tout prendre au tragique.» Tournier avait un faible pour les personnages monstrueux et excessifs.En eux, on retrouve la caricature et le rire chers à Eco.Mais aussi, inévitablement, des aspects pernicieux de l \u2019humain, qu \u2019 il a tenté de rendre presque acceptables par son écriture d\u2019une incomparable élégance.Eco faisait figure de sage, Tour- nier d\u2019« oncle scandaleux », comme il voulait lui-même se qualifier.Eco scrutait de son regard de médiéviste le monde contemporain.Il décrivait avec finesse des phénomènes aussi diversifiés que les médias, l\u2019évolution technologique, voire les musées de cire ou les paradis fiscaux, qui, sous ses mots d\u2019une grande justesse, s\u2019ajoutaient à des préoccupations plus larges et révélatrices de la complexité du monde.Tournier préférait rester dans le presbytère qu\u2019il habitait pas très loin de Paris, se nourrissait de souvenirs et de grands archétypes et, lorsqu\u2019il voyageait \u2014 par exemple lors d\u2019un grand périple au Canada \u2014, il s\u2019intéressait d \u2019abord et avant tout à ce qu \u2019 il pourrait utiliser dans son œuvre.Transcender les genres populaires Ces deux auteurs se rejoignaient cependant dans leur volonté de transcender les genres populaires pour les rapprocher de la philosophie qui les a formés et qu\u2019ils tenaient en haute estime.Ainsi, Eco a adopté les codes du roman policier dans Le nom de la rose, tout en réfléchissant, entre autres, sur l\u2019œuvre d\u2019Aristote.Tournier tenait à raconter des histoires « que tout le monde connaît déjà», ce qui correspondait à sa définition d \u2019un mythe, pour rappeler leur universalité et leur donner une nouvelle pertinence.Eco et Tournier se ressem - blaient aussi, dans une cer taine mesure, par leur savoir encyclopédique, par l\u2019acuité avec laquelle ils obser vaient le monde, par leur écriture par faitement maîtrisée, bien que très différente.Tournier écrivait comme un académicien qui aurait mal tourné, avec un sens de la métaphore et de l\u2019analogie rarement aussi bien exploité.Eco utilisait une écriture taillée au scalpel, d\u2019une grande précision, d\u2019une délicate ironie, alors que chaque mot, sans peser, était pour tant lourd de sens.On peut se demander au- jourd\u2019hui si notre monde «épris du plaisir jusqu\u2019à l\u2019atrocité », comme disait Baudelaire, et bombardé de textes lancés en nombre infini sur Internet, laisserait autant de place à des auteurs à l\u2019écriture aussi subtile, nuancée et clairvoyante.Ce que l\u2019on souhaite sur tout, c\u2019est qu\u2019ils engendrent encore des disciples en grand nombre.Tournier et Eco, l\u2019ombre et la lumière C H R I S T I A N S I M A R D Directeur général de Nature Québec l y a quelque chose d\u2019un peu surréaliste dans le débat actuel sur l\u2019utilisation du Fonds vert pour subventionner les améliorations technologiques du secteur industriel en vue d\u2019abaisser leurs émissions de gaz à effet de serre.Le ministre Arcand défend fièrement une subvention récente à Arcelor Mittal, à même le Fonds ver t, pour faire transiter du gaz naturel liquéfié par camion jusqu\u2019à Sept-Îles pour améliorer le bilan de GES de l\u2019entreprise.À première vue, même si ce type de transition (le fait de passer d\u2019une énergie fossile à une autre) nous semble peu efficace, cette décision relève d\u2019une certaine logique.En y regardant de plus près cependant, ce subventionnement vient saper les fondements mêmes du marché du carbone qui lie le Québec, la Californie et bientôt l\u2019Ontario, et risque de se retourner contre ses auteurs.La base même du marché du carbone est d\u2019inciter les entreprises à réduire fortement leurs émissions de GES en fixant un plafond d\u2019émissions de GES, qui s\u2019abaissera graduellement.Cela permet aux entreprises per for- mantes, qui sont situées sous ce plafond, de vendre sur le marché des droits d\u2019émissions.Ce qui les aide à rembourser en partie les investissements qu\u2019elles ont faits pour être plus propres.A contrario, elles obligent celles qui ont traîné la patte à acheter des droits d\u2019émission ou des crédits compensatoires.C\u2019est un système basé sur les incitatifs et les désincita- tifs qui est régulé par un marché.Les revenus excédentaires issus du marché du carbone sont versés au Fonds vert et réinvestis dans la mise en œuvre du Plan d\u2019action 2013- 2020 sur les changements climatiques.Le Fonds vise la réduction des émissions de GES, l\u2019adaptation du Québec aux conséquences des changements climatiques, «en plus d\u2019accélérer le virage vers une économie forte, novatrice et de plus en plus sobre en carbone».Au plus fort du marché, Québec espère recueillir jusqu\u2019à 800 millions par année, plus de 3 milliards d\u2019ici 2020.Un cercle vicieux C\u2019est là où le bât blesse.En utilisant les revenus générés par le marché du carbone et stockés dans le Fonds vert pour financer, par la porte arrière, les entreprises qui y ont contribué en raison de leurs mauvaises per for- mances en matière d\u2019émissions de GES, on vient pervertir le système.On joue à qui perd gagne.Le signal envoyé aux grands émetteurs est qu\u2019on n\u2019a pas besoin de faire de bien grands efforts, car notre paresse à innover, qui nous a conduits à payer des droits d\u2019émission, nous sera finalement « remboursée » à même le Fonds vert pour faire les innovations qu\u2019on a tardé à réaliser.C\u2019est un peu comme si un automobiliste recevait une subvention pour améliorer sa conduite, prise à même les revenus des contraventions qu\u2019il a dû payer\u2026 La question de l\u2019utilisation actuelle du Fonds ver t soulève un autre élément essentiel : fi- nance-t-on des mesures marginales ou des mesures structurantes?Prenons l\u2019exemple de l\u2019oléoduc de la raffinerie Valero, financé à hauteur de 6 millions de dollars par le Fonds vert.Oui, il permet de diminuer les émissions à la marge (quelques kilotonnes par année peut-être), mais à moyen terme, si l\u2019on veut réellement respecter les engagements de Paris, ce n\u2019est pas des kilotonnes qu\u2019il faudra réduire, mais des mégatonnes.Dans ce contexte, il vaut mieux utiliser le Fonds vert pour réduire radicalement le parc automobile et notre consommation de pétrole raffiné.Le Fonds ver t n\u2019est pas là pour récompenser les canards boiteux, les non-inno- vants ou les pro jets margi - naux, ma is pour bât ir une économie décarbon isée, f i - nancer les nouvelles infrastructures de transpor t collectif, les électrifier, agir sur l\u2019aménagement des villes, aider à modifier les comportements, à déployer un nouveau modèle industriel et des emplois durables.Ce n\u2019est pas en subventionnant la pétrolière Suncor, en finançant une entreprise de fabrication de pipeline, en songeant à subventionner à même le Fonds ver t TransCanada et Ciment McCinnis qu\u2019on arrivera à transformer en profondeur nos sociétés.Ce n\u2019est pas comme ça qu\u2019on relèvera le défi des changements climatiques et qu\u2019on réduira nos émissions de 37,5 % à l\u2019horizon 2035, comme s\u2019y est engagé le gouvernement.FONDS VERT Québec est-il en train de corrompre le marché du carbone ?SOURCE ARCELOR MITTAL La compagnie Arcelor Mittal a bénéficié du Fonds vert pour faire transiter du gaz naturel liquéfié par camion jusqu\u2019à Sept-Îles.Le Fonds vert n\u2019est pas là pour récompenser les canards boiteux, les non-innovants ou les projets marginaux, mais pour bâtir une économie décarbonisée I FRED DUFOUR AGENCE FRANCE-PRESSE Michel Tournier DANIEL DAL ZENNARO ANSA AP Umberto Eco L L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 F É V R I E R 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par 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propriétés anti-inflammatoires importantes.Mais si le précieux liquide prend de la puissance en goût boisé et en polyphénols, ces fameux antioxydants, Shyam Suwal pourra en récolter le mérite.Avec trois autres étudiants étrangers, ils ont extrait, caractérisé et isolé des molécules prometteuses de l\u2019érable rouge et de l\u2019érable à sucre.« On sait que les Amérindiens faisaient des infusions, surtout avec l\u2019écorce, peut-être aussi les bourgeons.Les recherches sont souvent basées sur l\u2019histoire», détaille-t-il.Les manipulations en laboratoire sont structurées autour du doctorat d\u2019un autre Né- palais, Sagar Bhatta.Elles devraient culminer avec un pro- du it à ingérer, un type de pet ite poudre anticancer à dissoudre dans le sirop ou dans les aliments traditionnels.Le résultat bousculera les orthodoxes du sirop d\u2019érable, avertit le jeune homme.«Ce sera plus santé, c\u2019est ça le but! Et ça changera le goût aussi et la couleur », pour le mieux cro i t - i l .« Pense à l\u2019odeur du bois et au sucré du sirop, c\u2019est exactement ça.» La science des aliments, première spécialité de M.Suwal, s\u2019associe à celle du bois et de la forêt, dépar tement qui chapeaute ces recherches.Il s\u2019agit ainsi de trouver par la même occasion une utilité aux résidus de foresterie, dont l\u2019écorce.La lignine qui y est présente pourrait par exemple être utilisée en tant que source d\u2019énergie ou produit d\u2019amendement des sols forestiers.En décrivant cette boucle qui se boucle, M.Suwal retourne à ses crabes.«On n\u2019en mange que 60 à 70%, et le Canada est le plus grand producteur de crabe des neiges dans le monde, alors 30 % de millions de tonnes, ça fait beaucoup de déchets ! », détaille-t-il.Attendre son printemps Défricheur d \u2019un nouveau « sirop du pays » peut-être, il fait aussi figure de pionnier chez lui : premier de sa famille à décrocher un diplôme universitaire supérieur, il est aussi le seul à être parti du Népal.«Ma nièce me suit maintenant, et je l\u2019encourage.» Son ex i l est- i l une forme d \u2019hibernation où les souvenirs du pays natal sont ses « seules joies pour passer le temps », comme dans l\u2019hymne de Leclerc ?De son pays d\u2019origine, il n\u2019a pas perdu la réserve de ses habitants.Le trentenaire ne s\u2019épanche pas longtemps quand il raconte que le gouvernement a refusé un v i sa de tour i s te à s a femme, restée au pays.Les étudiants étrangers comme lui sont la sève de la recherche scientifique à l\u2019Université Laval, indique-t-il .Pourquoi ces vies en orbite et pas des Québécois ?« Ils préfèrent travailler.Nous n\u2019avons pas nécessairement ces possibilités », nuance le Népalais dans un très bon français.Malgré deux ans et demi à Toulouse, en France, c\u2019est ici qu\u2019il a « switché au français », dit-il sourire en coin.M.Suwal se tient loin des débats linguistiques et préfère célébrer la diversité.«Ça fait plus de six ans que je suis par ti, j\u2019ai tellement changé.Je connais plein d\u2019autres cultures dont j\u2019ignorais l\u2019existence.C\u2019est normal que mes paren t s me trouvent un peu étrange!» Et des amis du pays ?Le lien est plus long à faire avec les Québécois : « On dirait qu\u2019ils ne veulent pas déranger, alors ils ne viennent pas nécessairement nous parler», croit-il.L\u2019Université Purdue, aux États-Unis, a retenu sa candidature pour un autre post- doctorat, ce qui fait qu\u2019il voguera bientôt vers le sud.Mais c\u2019est ici qu\u2019il voudrait s\u2019établir, pour être chercheur ou professeur.Et le Népal?«Mon choix de repartir est à 30% environ», évalue-t-il.À l\u2019instar du québécol, qui ne se retrouve pas dans l\u2019eau d\u2019érable mais se crée pendant la fabrication du sirop, l\u2019identité de Shyam Suwal se synthétise au fil du temps.Il espère avoir l\u2019occasion de retourner percer tous les secrets des cabanes à sucre, de l\u2019entaillage, à la récolte de la sève puis à sa concentration par évaporation.Il y a découvert la musique traditionnelle québécoise, la percussion des cuillères et les « oreilles de crisse » (qu\u2019il n\u2019aime pas).Il espère retourner arpenter la route 138 vers le fjord du Sa- guenay, pour ses courbes et ses (petits) ver tiges qui lui rappellent son pays natal.Le Devoir L\u2019hymne au printemps (Paroles et musique de Félix Leclerc) Les blés sont mûrs et la terre est mouillée Les grands labours dorment sous la gelée L\u2019oiseau si beau, hier, s\u2019est envolé La porte est close sur le jardin fané\u2026 Comme un vieux râteau oublié Sous la neige je vais hiverner Photos d\u2019enfants qui courent dans les champs Seront mes seules joies pour passer le temps Mes cabanes d\u2019oiseaux sont vidées Le vent pleure dans ma cheminée Mais dans mon cœur je m\u2019en vais composer L\u2019hymne au printemps pour celle qui m\u2019a quitté Quand mon amie viendra par la rivière Au mois de mai, après le dur hiver Je sortirai, bras nus, dans la lumière Et lui dirai le salut de la terre\u2026 Vois, les fleurs ont recommencé Dans l\u2019étable crient les nouveau-nés Viens voir la vieille barrière rouillée Endimanchée de toiles d\u2019araignée Les bourgeons sortent de la mort Papillons ont des manteaux d\u2019or Près du ruisseau sont alignées les fées Et les crapauds chantent la liberté Et les crapauds chantent la liberté\u2026 cluent normalement le partage des biens à la fin du mariage et la possibilité de demander une pension alimentaire à l\u2019autre époux.La juge a estimé que « dans la mesure où des conjoints font appel à un ministre du culte pour célébrer un mariage uniquement religieux, le Tribunal ne voit pas pourquoi ce ministre devrait faire parvenir au Directeur de l\u2019état civil la déclaration de mariage ».Dans de tels cas, «bien que les époux soient mariés religieusement, les autorités civiles ne leur reconnaissent tout simplement pas le statut de gens mariés ».La juge Alary note bien que l\u2019article 118 du Code civil indique que « la déclaration de mariage est faite sans délai au Directeur de l\u2019état civil par celui qui célèbre le mariage ».Mais de l\u2019avis du Tribunal, « le Code habilite, sans obliger, les ministres du culte à célébrer des unions qui sont à la fois religieuses et civiles ».Résultat : il serait donc possible d\u2019être marié religieusement avec une personne qui demeurerait un simple conjoint de fait aux yeux de l\u2019état civil.Conséquences importantes Le jugement Alary pourrait avoir un « impact social extrêmement important, soutient Alain Roy.Il risque d\u2019y avoir des gens lésés dans le futur.Il n\u2019y a pas d\u2019infrastructure pour soutenir l\u2019interprétation du gouvernement et de la juge.» M.Roy poursuit : «Si le couple se marie devant un ministre du culte, est-ce que le ministre du culte doit envoyer la déclaration de mariage au directeur de l\u2019état civil par défaut ?Ou le contraire ?En toutes circonstances, comment s\u2019assurer de la qualité des consentements ?Comment cro ire que les conjoints seront tous les deux conscients des conséquences juridiques liées à l\u2019absence de transmission de la déclaration de mariage au directeur de l\u2019état civil ?» Selon lui, c\u2019est comme si Québec «n\u2019avait pas pensé aux dangers suivant une plaidoirie comme ça ».Il s\u2019explique mal que les « groupes de femmes n\u2019aient pas réagi» depuis que le jugement a fait l\u2019objet d\u2019un re- por tage (qui ne mentionnait pas que c\u2019est la position de Québec que la juge a avalisée).D\u2019une certaine façon, le jugement touche la question du droit de retrait (opting out) des obligations liées au mariage.Au Québec, il est impossible depuis 1989 de s\u2019exclure des règles du patrimoine familial avant un divorce.Cette protection avait été revendiquée comme une grande victoire du mouvement féministe.Dans son volumineux rap- por t remis à Québec en juin dernier, le comité d\u2019exper ts présidé par Alain Roy recommandait de réintroduire un droit de retrait pour permettre des mariages sans les effets juridiques assortis.Mais pour assurer l\u2019intégrité des consentements, le comité prévoyait un cadre légal important (notamment l\u2019établissement d\u2019un contrat de mariage notarié).Cause La cause à l\u2019origine du jugement implique un couple de comptables dont l\u2019homme \u2014 de confession baptiste \u2014 souhaitait absolument se marier religieusement.Madame n\u2019y voyait pas d\u2019objection, et les deux ont convolé en 2001.Il semble que Monsieur a exprimé dès le début des critiques face aux obligations juridiques liées au mariage.Il a expliqué à la juge qu\u2019«en tant que comptable», il trouvait que le mariage «impose d\u2019un point de vue économique [des obligations] qui ne tiennent pas la route».Mais selon Monsieur, il lui était impossible d\u2019échapper à ces règles : pour vivre en couple, sa foi l\u2019obligeait à se marier.Dès lors, il se faisait imposer un régime juridique que les couples non croyants n\u2019ont pas à subir.En cour, l\u2019avocate de Monsieur a plaidé que deux ar ticles du Code civil [118 et 366] portent atteinte à la liber té de religion et au droit à l\u2019égalité « parce qu\u2019ils privent les croyants du libre- choix de leur conjugalité».Après avoir soutenu que le «raisonnement de Monsieur repose sur la prémisse suivant laquelle les ministres du culte ont l\u2019obligation de transmettre » la déclaration de mariage (ce qui serait faux), la juge a rejeté les arguments du demandeur quant aux atteintes à sa liberté de religion.«Ce ne sont pas les convictions religieuses de Monsieur qui sont heurtées par l\u2019application des règles du patrimoine familial, mais l\u2019évaluation qu\u2019il en fait en tant que comptable », dit-elle.L\u2019appel contestera les principaux éléments du jugement, soit ceux sur la liberté de religion et l\u2019interprétation voulant qu\u2019un ministre du culte peut ne pas transmettre une déclaration de mariage.Le Devoir hausse, avec 7% de plus de revenus aux guichets par rapport à 2014.La part de marché frisait ainsi les 8 % en 2015.Dix ans plus tôt, l\u2019année de C.R.A.Z.Y., le record s\u2019établissait à 18%.«Un festival et une programmation annuelle sont deux réalités très dif férentes, dit le directeur, sans juger ces films précis.Les habitudes de consommation de la culture depuis quelques années favorisent aussi l\u2019événement, l\u2019expérience unique.Nous, c\u2019est ce que nous of frons depuis plus de trente ans.[\u2026] Depuis que nous sommes à Québec cinéma, la présidente, Ségolène Roederer, et moi, nous avons pris de manière très sérieuse cette notion de rendez-vous.Nous y arrivons de trois manières : en favorisant la rencontre du public avec les films, du public avec les créateurs et des créateurs entre eux.Je dirais que 98% de nos projections s\u2019accompagnent d\u2019une présentation par un artiste ou un artisan.» La grande fête annuelle dure une dizaine de jours.On y projette plus de 300 films, dont une centaine de primeurs, en plus de recevoir quelque 400 professionnels.La finale s\u2019arrime à Montréal en lumière, grande fête urbaine nocturne.On peut aussi voir les RVCQ comme la grande synthèse de l\u2019année précédente avant la distribution des films au gala, en mars.«Depuis quinze ans, avec les nouvelles technologies numériques, il y a une explosion de productions, explique le programmateur.Au dépar t des Rendez-vous, il se tournait une centaine de films par année au Québec.Maintenant, il y en a au moins 600 en tous genres, des courts métrages, des films d\u2019animation, c\u2019est même dif ficile de les répertorier.On ne peut plus présenter toutes les productions, mais on continue de faire une proposition sélective tout en projetant des primeurs.» Surproduction ou sous-distribution?Est-ce trop ?C\u2019est un peu comme demander à un sommelier s\u2019il a trop de bouteilles dans son cellier.Pour le boulimique Dugas, la véritable difficulté provient plutôt des failles dans la démocratisation de l\u2019accès à ce très riche pan de la culture nationale.Ce problème touche d \u2019ailleurs de nombreux secteurs culturels.« Le plus impor tant enjeu pour notre secteur concerne l\u2019accessibilité aux œuvres sur tout le territoire, dit Dominique Du- gas.Il faut se concentrer sur la diffusion et la distribution.Trop de films d\u2019ici n\u2019ont pas d\u2019accès aux salles.Notre cinéma irait mieux si nous avions plus de contrôle des écrans.Il faut aussi se concentrer sur l\u2019éducation.Trop de jeunes ne connaissent pas les films d\u2019ici.» Qu\u2019y découvriront-ils, par exemple dans les ateliers scolaires organisés par Québec cinéma ?Que disent ces images de nous?M.Dugas se présente lui- même comme « le spécialiste au contenu de la boîte».À ce titre, il voit tout, en mange et en redemande .Ce qui le rend apte à recenser de grandes tendances de fond, du bonbon pour les journalistes, ces spécialistes de la généralisation.Il observe qu\u2019au tournant de la décennie, les thématiques du deuil et du retour aux racines, souvent en région, ont obsédé les cinéastes québécois.Il cite Route 132 (Louis Bélanger, 2010), par exemple.« Ça ne pouvait pas juste être un hasard.Je me suis toujours demandé si ce n\u2019était pas une crise de conscience en rapport à la fin du rêve du pays.Le deuil du pays s\u2019exprimait.» Le vent tourne depuis deux ans.Les écrans renvoient maintenant une autre image.«Je sens une ouverture, un cinéma québécois plus ouvert à d\u2019autres réalités, sur le monde.Des cinéastes d\u2019ici vont chercher des comédiens étrangers.Les personnages ne sont plus blancs et francophones.Je pense que notre cinéma est en train de se décomplexer, et ses films deviennent beaucoup plus lumineux.» Il donne l\u2019exemple du film d\u2019Anne Émond Les êtres chers (2015), traitant de la dépression atavique dans les familles, mais ouvrant sur une fin heureuse et positive.« C\u2019est beaucoup moins gris et sombre que [la série télévisée] Unité 9 », résume le pro du cinéma.Il cite aussi Avant les rues, de Chloé Leriche, film de clôture des RVCQ 2016, campé dans une communauté attikamek.« Il y est question d\u2019un meurtre et, pourtant, c\u2019est lumineux là encore.Je crois en fait qu\u2019il y a quelque chose de plus généreux vis-à-vis du public dans notre cinéma depuis quelques années, et j\u2019attribue cette posture à l\u2019électrochoc créé par Xavier Dolan.Il est sans complexe et exubérant.Outre ses films à lui, je crois que le plus bel héritage de ce jeune cinéaste, c\u2019est d\u2019avoir entraîné dans sa suite une sor te de dé- complexification du milieu.» Son prochain film, Juste la fin du monde, adapté d\u2019une pièce Jean-Luc Lagarce, a été tourné à Montréal avec un carré d\u2019as franco-français, Marion Cotillard, Vincent Cassel, Nathalie Baye et Léa Seydoux.Il ne faut plus parler des Jutra.Il faudra par contre beaucoup parler de Dolan.Le Devoir VIVIEN GAUMAND Au cours des dernières années, Dominique Dugas a vu le cinéma québécois s\u2019ouvrir sur le monde.Dominique Dugas en cinq dates 1969 Naissance à Dolbeau 1989 Découvre La dolce vita, de Fellini, a le coup de foudre pour le cinéma, qui sera confirmé l\u2019année suivante avec Au clair de la lune, d\u2019André Forcier.1995 Obtient son baccalauréat en communications (profil cinéma) de l\u2019UQAM 1999 Devient conservateur de la télévision et de la vidéo à la Cinémathèque 2007 Nommé directeur de la programmation des RVCQ SUITE DE LA PAGE 1 CINÉMA SUITE DE LA PAGE 1 MARIAGE SUITE DE LA PAGE 1 SÈVE Droit de la famille : Québec doit agir, plaide Véronique Hivon Le dossier de la portée juridique du mariage religieux et le débat récent entourant les mères porteuses montrent que le droit de la famille est mûr pour une réforme en profondeur, estime la députée péquiste Véronique Hivon.La porte-parole en matière de Justice plaide ainsi pour que Québec mène une large consultation autour du rapport du Comité consultatif présidé par Alain Roy, déposé en juin, mais resté sans suite.Les jugements récents des tribunaux montrent que le Code de la famille actuel est au bout de sa durée de vie, pense-t-elle.« Ce sont des enjeux qui touchent tout le monde, a-t-elle indiqué au Devoir.Il faut se donner toutes les chances de faire ce débat sereinement et de développer les consensus nécessaires, comme on l\u2019a fait pour l\u2019aide à mourir.» Québec n\u2019a toujours pas indiqué quel type de consultation il entend mener, ni quand.À l\u2019instar du québécol, qui ne se retrouve pas dans l\u2019eau d\u2019érable mais se crée pendant la fabrication, l\u2019identité de Shyam Suwal se synthétise au fil du temps "]
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