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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-03-03, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I N o 4 6 L E D E V O I R , L E J E U D I 3 M A R S 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le Monde \u203a L\u2019ONU sanctionne lourdement Pyongyang.En réaction aux essais nucléaires de janvier et février, même la Chine a approuvé de nouvelles sanctions.Page B 5 Économie \u203a Les thèses libérales ne produisent pas le progrès social escompté.Une chronique de Gérard Bérubé.Page B 1 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.A 2 Mots croisés.B 2 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Mariages L\u2019Église catholique conteste la compréhension de la ministre Page A 3 Francisation en entreprise L\u2019Immigration envoie ses professeurs en renfort Page A 2 LES MEILLEURS FONDEURS FILENT SUR LE MONT ROYAL JACQUES NADEAU LE DEVOIR La brise glaciale n\u2019a pas empêché la Norvégienne Therese Johaug de devancer ses concurrentes par plus d\u2019une minute, mercredi, lors de l\u2019arrêt montréalais de la Coupe du monde de ski de fond.Sur le mont Royal, le favori des Québécois, Alex Harvey, a terminé neuvième, tandis que le Norvégien Emil Iversen remportait l\u2019étape.Les fondeurs se dirigent maintenant vers Québec.Lisez le compte rendu de Jean-François Nadeau.Page A 4 M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L es demandes de changement de sexe auprès du gouvernement du Québec ont bondi au cours des cinq derniers mois.Le Directeur de l\u2019état civil a reçu pas moins de 253 demandes entre le 1er octobre et le 31 décembre 2015.Il a traité davantage de requêtes durant ces trois mois que dans les trois années précédentes.Depuis le 1er octobre, une personne trans peut réclamer des documents officiels reflétant sa véritable identité de genre sans avoir préalablement subi une chirurgie de réattribution sexuelle ni même avoir obtenu une lettre de recommandation d\u2019un professionnel de la santé.Elle doit toutefois joindre à sa demande une déclaration sous serment d\u2019une personne majeure la connaissant depuis plus d\u2019un an qui reconnaît le sérieux de sa démarche.Les nouvelles règles ont été saluées par la communauté LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres).«C\u2019est beaucoup», souligne la fondatrice de l\u2019Aide aux trans du Québec (ATQ), Marie-Marcelle Godbout, qui a été de toutes les luttes de la communauté trans québécoise.Une carte d\u2019identité avec le crochet dans la bonne case \u2014 F ou M \u2014, «c\u2019est le plus beau diplôme que tu peux recevoir dans ta Des centaines de Québécois ont enfin la bonne identité sexuelle Le nombre de demandes de changement de sexe explose J E S S I C A N A D E A U Q uébec s\u2019apprête à transférer une partie des activités des CLSC vers les groupes de médecine de famille (GMF).En effet, dans les prochaines semaines, les centres intégrés de santé et de services sociaux se verront amputés d\u2019une bonne partie de leurs professionnels, qui seront transférés dans les GMF du territoire.Et ce, aux frais des établissements de santé.«Il demeure des services en CLSC, mais c\u2019est vrai qu\u2019il y a un transfert de services vers la première ligne dans les GMF, confirme la porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux, Noémie Vanheuverzwijn.C\u2019est un déplacement d\u2019une partie de la clientèle pour que [les services Québec atrophie les CLSC Le ministère force le transfert des professionnels vers les groupes de médecine de famille I S A B E L L E P O R T E R à Québec L e débat sur la contamination de la source d\u2019eau potable à Québec a mis en évidence une cause de pollution méconnue en provenance des centres de ski.Surnommée «ciment à neige », elle contribue à hausser les concentrations d\u2019azote dans les cours d\u2019eau.À la Station touristique Stoneham, près de Québec, on confirme que des engrais à base d\u2019azote (ou nitrate d\u2019ammonium) sont utilisés pour durcir les bosses lors des compétitions.«Nous en faisons un usage très minime et je tiens à clarifier que ça n\u2019a aucun lien avec la fabrication de la neige en début de saison», souligne la porte-parole Lisa Marie Lacasse.Le nitrate d\u2019ammonium ou l\u2019urée permettent de solidifier les bosses lorsque la température excède le point de congélation.« Nous l\u2019utilisons lors de situations exceptionnelles, Quand le ski contamine les cours d\u2019eau Un « ciment à neige » contribue à la détérioration du lac Saint-Charles JACQUES NADEAU LE DEVOIR Benoît Lacroix était un grand homme d\u2019Église, mais surtout un grand humaniste.O D I L E T R E M B L A Y S es yeux bleus pétillants, son sourire lumineux, sa faculté de remettre en question le long règne et les excès du clergé au Québec lui avaient attiré le respect et l\u2019amour collectifs.Le père Benoît Lacroix, baptisé sous le prénom de Joachim, hospitalisé depuis quelques jours pour une pneumonie, est 1915-2016 Le père Benoît Lacroix entre dans la nuit étoilée JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les changements législatifs permettent un changement de sexe sans opération.VOIR PAGE A 8 : IDENTITÉ VOIR PAGE A 8 : CLSC VOIR PAGE A 8 : LACROIX VOIR PAGE A 8 : SKI L E D E V O I R , L E J E U D I 3 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec L e ministère de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion (MIDI) recourt à ses propres professeurs pour pallier les compressions effectuées par la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) dans les cours de francisation en entreprise.Cette semaine, les cours de français ont repris chez Vêtements Peerless, de Montréal, après leur suppression l\u2019an dernier quand la CPMT a réduit les sommes qu\u2019elle consacrait aux cours de français sur les lieux de travail.Le 9 février dernier, Le Devoir révélait que la CPMT, qui gère le Fonds de développement et de reconnaissance des compétences de la main-d\u2019œu- vre, avait amputé de près de 50 % les subventions qu\u2019elle verse pour la francisation des travailleurs sur les lieux de travail ou dans les locaux des syndicats.Ces compressions, appliquées à la faveur d\u2019un durcissement des critères d\u2019acceptation des projets de francisation, ont entraîné une diminution de la moitié des heures de cours de français en entreprise.Le nombre de travailleurs qui assistent à ces cours organisés par les syndicats est passé de 627 à 321, selon les données de Formation de base pour le développement de la main-d\u2019œuvre (FBDM), un organisme à but non lucratif mandaté par les syndicats de la FTQ et de la CSN pour se charger de la presque totalité de ces cours.Or, le lendemain de la parution de l\u2019article du Devoir, le directeur de la division vêtements des Teamsters et le responsable de la francisation chez Peerless, Mario Ayala, a reçu un appel du MIDI.Quelques jours plus tard, le ministère dépêchait un fonctionnaire sur place pour évaluer les besoins.Au cabinet de la ministre Kathleen Weil, on a confirmé qu\u2019elle était inter venue personnellement pour que son ministère prenne les choses en main.Cette semaine, des professeurs du MIDI ont donné leurs premiers cours à cinq classes, soit trois classes les lundis et mercredis et deux classes les mardis et jeudis.Ces cours se déroulent après la journée de travail, de 16 h à 18 h.En tout, 104 travailleurs \u2014 surtout des travailleuses \u2014 se sont inscrits aux cours, alors que Peerless compte 800 employés, des immigrants pour la grande majorité.Auparavant, quand c\u2019était la CPMT qui était la bâilleuse de fonds, les travail leurs étaient payés au salaire minimum pendant les heures de cours.Maintenant que les professeurs du MIDI remplacent ceux du FBDM, les travailleurs n\u2019ont plus droit à ce modeste appoint.Ils sont tout de même plus nombreux maintenant à suivre les cours.Quand les activités de francisation furent abandonnées l\u2019an dernier, 54 travailleurs y participaient et 90 personnes étaient inscrites sur une liste d\u2019attente.Cas d\u2019exception L\u2019initiative qu\u2019a manifestée le MIDI dans le cas de Peerless est une exception.De nombreux cours de francisation furent abolis dans d\u2019autres fabriques de vêtements sans que le ministère lève le petit doigt, a signalé Raymond Larcher, le président de l\u2019Union des employés et employées de service, section locale 800 de la FTQ (UES 800).La suppression du salaire payé pour les heures de cours a entraîné plusieurs abandons des travailleurs, a-t-il souligné.En revanche, les employés d\u2019entretien ménager représentés par l\u2019UES 800 ont toujours droit à cette rémunération.La CPMT a cessé toutefois de payer leurs avantages sociaux.Elle a usé aussi de maintes tracasseries à l\u2019endroit du syndicat, a mentionné Raymond Larcher, dans l\u2019optique de réduire le nombre d\u2019heures de cours offerts.Selon les données fournies par le MIDI, les professeurs de l\u2019État n\u2019ont pas pris la relève des professeurs du FBDM pour les cours que ceux-ci ne donnent plus.L\u2019activité des professeurs du MIDI en entreprise a même diminué cette année.Ainsi, en 2014-2015, les professeurs de l\u2019État enseignaient à 469 travailleurs sur les lieux de travail alors que ce nombre, au lieu d\u2019augmenter après les compressions de la CPMT, a chuté à 262 pour l\u2019année en cours.Le Devoir FRANCISATION EN ENTREPRISE Le MIDI envoie ses professeurs en renfort pour pallier les coupes L\u2019intervention du gouvernement Couillard représente une exception, fait remarquer un représentant syndical J E A N N E C O R R I V E A U La toponymie montréalaise compte 6000 noms, mais seulement 6% d\u2019entre eux honorent la mémoire d\u2019une femme.Montréal souhaite faire plus de place aux femmes et a annoncé, mercredi, la création d\u2019une banque de noms.La Ville a fait cette annonce à quelques jours de la Journée internationale des femmes.La responsable du dossier de la culture au comité exécutif, Manon Gauthier, y voit l\u2019occasion de sor tir de l\u2019ombre les nombreuses femmes qui ont participé au développement de Montréal.Elle invite d\u2019ailleurs les citoyens à suggérer des noms pour alimenter la banque nouvellement créée et baptisée «Toponym\u2019Elles».Cette banque compte pour l\u2019instant 375 noms féminins, une référence au 375e anniversaire de Montréal, qui sera célébré en 2017.«On veut démontrer qu\u2019il ne manque pas de noms de femmes à qui on peut rendre hommage», indique Mme Gauthier.Si les femmes représentent 6 % de la toponymie montréa- laise, les hommes occupent une part de 51%.Les autres toponymes se rapportent à des noms de famille ou à des appellations neutres.La Ville précise que depuis 2010, les noms de femmes représentent 21 % des nouvelles dénominations toponymiques.Lieux possibles Mme Gauthier reconnaît que Montréal compte peu de nouvelles rues à nommer, mais elle suggère que la Ville regarde du côté des lieux qui ne portent pas des noms évocateurs, comme les parcs identifiés par des numéros, les rues ou les centres communautaires aux appellations neutres, explique- t-elle.« L\u2019idée n\u2019est pas de dénommer des lieux qui portent des noms de personnes pour y nommer des femmes», dit-elle.La conseillère a elle-même des suggestions à faire pour honorer des femmes négligées par l\u2019histoire.Elle cite le cas de Jessie Kathleen Fisher, première femme élue au conseil municipal de Montréal en 1940 : « J\u2019ai fait le saut en politique municipale grâce à des femmes comme elle.» La banque de noms, qui peut être consultée sur le site Internet de la Ville, a notamment été constituée avec l\u2019aide de Gabriel Martin, linguiste de l\u2019Université de Sherbrooke, précise Manon Gauthier.Rappelons que certaines règles s\u2019appliquent en matière de toponymie.La Ville a notamment déterminé que la personne honorée devait être décédée depuis plus d\u2019un an et que les noms susceptibles d\u2019alimenter la controverse dans la population étaient à éviter.Dans la foulée de la controverse entourant Claude Jutra, la Ville a fait savoir qu\u2019elle effacerait le nom du cinéaste de sa toponymie, mais elle n\u2019a toujours pas indiqué quels noms le remplaceraient.Le Devoir TOPONYMIE Montréal veut honorer davantage de femmes Seulement 6 % des rues et des lieux de la métropole portent un nom féminin Admission Été 2016 fep.umontreal.ca CERTIFICATS Communication appliquée Coopération internationale Criminologie Droit Études individualisées Français langue seconde Gérontologie Gestion police et sécurité Gestion services de santé et services sociaux Gestion philanthropique Intervention auprès des jeunes Intervention en déficience intellectuelle et en TSA Petite enfance et famille Rédaction professionnelle Relations industrielles Santé communautaire Santé et sécurité du travail Santé mentale Toxicomanies Traduction II Victimologie AUSSI OFFERT COURS EN LIGNE ÉCOLE DE LANGUES \u2013 Anglais et Français FORMATION CONTINUE PROGRAMME ACCÈS-FEP RECONNAISSANCE DES ACQUIS EXPÉRIENTIELS FEPUdeM M É L A N I E M A R Q U I S à Vancouver L a conversation entourant l\u2019étiquette féministe que refusent de porter les ministres Lise Thériault et Stéphanie Vallée n\u2019intéresse guère Philippe Couillard.« Ce n\u2019est pas un débat utile pour moi», a résumé le premier ministre du Québec en entrevue à Vancouver, mardi soir.« Le débat véritable, c\u2019est de croire profondément à des gestes concrets pour assurer l\u2019égalité des chances, l\u2019égalité des occasions, la progression des femmes dans la société», a-t- il insisté.M.Couillard se trouve dans la métropole britanno-colom- bienne pour participer à des rencontres avec ses homologues provinciaux et le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, qui se dit résolument féministe.Lorsqu\u2019on demande au premier ministre du Québec s\u2019il se décrirait ainsi, il esquive la quest ion : « Je ne voudrais pas qu\u2019on embarque sur les étiquettes.» «L\u2019important pour moi, c\u2019est l\u2019action, et que l\u2019on croie profondément à l\u2019égalité, à l\u2019égalité des femmes, à la possibilité d\u2019accéder à n\u2019impor te quel poste, à n\u2019importe quel type de profession», a-t-il enchaîné.« Et c\u2019est de cette façon-là, je crois, que beaucoup de femmes, maintenant, voient les choses aussi », suggère M.Couillard.Déclaration controversée Il cite en exemple la nouvelle ministre de la Condition féminine, Mme Thériault, qui s \u2019est at t irée de nombreuses critiques après avoir confié en entrevue à La Presse canadienne qu\u2019elle refusait de porter l\u2019étiquette de féministe.« Je pense que si vous regardez, par exemple, [Lise] Thé- riault, sa vie même est un témoignage de la capacité des femmes d\u2019accéder aux plus hautes fonctions, et on veut rendre ça possible pour toutes les femmes», fait valoir le premier ministre.Mercredi, Mme Thériault a rectifié le tir dans une lettre ouver te.La prédécesseure de Mme Thériault à la barre du ministère, Stéphanie Vallée, a quant à elle réclamé le droit de militer pour l\u2019égalité hommes-femmes sans pour autant por ter l\u2019étiquette de féministe.« Je suis davantage une humaniste, c\u2019est davantage ce qui m\u2019anime», a-t-elle dit en entrevue à La Presse canadienne, mardi.La Presse canadienne ÉTIQUETTE FÉMINISTE Un débat peu utile, selon Couillard GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE La ministre Kathleen Weil est intervenue personnellement pour que son ministère prenne les choses en main.Quelques jours après avoir refusé l\u2019étiquette de féministe, la ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, se ravise.Dans une lettre ouverte publiée mercredi dans La Presse+, Mme Thériault souligne qu\u2019elle est bel et bien féministe, mais «à sa manière», sans opposer les hommes et les femmes.La ministre affirme qu\u2019elle ne souscrit pas à la vision «polarisante» de certaines féministes qui veulent confronter les hommes plutôt que les inclure dans leur cause.Elle dit défendre un féminisme «inclusif et rassembleur» pour assurer «l\u2019égalité de fait» entre les hommes et les femmes.Mme Thériault rappelle qu\u2019elle s\u2019est «toujours battue pour l\u2019égalité des femmes et des hommes» et elle concède qu\u2019il y a encore beaucoup de chemin à faire pour y arriver.Elle ajoute qu\u2019elle a «pour mission», en tant que ministre, de défendre les intérêts de «toutes les femmes du Québec».«Au- delà de la rectitude politique et des étiquettes», conclut-elle, c\u2019est la cause de l\u2019égalité entre les sexes qui demeure importante.«À celles et ceux qui s\u2019en étonneraient, je rappelle que cette vision s\u2019inscrit en droite ligne avec la plus récente campagne de sensibilisation des Nations unies pour l\u2019égalité des sexes et l\u2019autonomisation des femmes», note-t-elle.La ministre Thériault se défend L E D E V O I R , L E J E U D I 3 M A R S 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É Q uoi qu\u2019en dise la ministre de la Justice ou la juge Alary de la Cour supérieure, il ne saurait y avoir de mariage religieux sans conséquences civiles au Diocèse de Montréal : les prêtres refuseront toute demande en ce sens, a appris Le Devoir.Au passage, le chancelier écorche la rhétorique de Stéphanie Vallée.Si un couple se présente muni du jugement de Christiane Alary pour demander que l\u2019Église célèbre un mariage religieux qui ne serait pas déclaré au Directeur de l\u2019état civil, « il faudrait le refuser », indique François Sarrazin, chancelier du Diocèse de Montréal.La chancellerie est l\u2019équivalent du contentieux pour l\u2019Église.M.Sarrazin fait valoir que l\u2019Église est « soumise à la législation telle qu\u2019elle est actuellement».Et aux yeux du chancelier, le Code civil est clair : tout mariage célébré à l\u2019Église par un ministre du culte doit être enregistré par l\u2019état civil \u2014 acte qui confère à ce mariage ses protections juridiques.C\u2019est d\u2019ailleurs la position que le vice-chancelier, Francesco Giordano, avait défendue lorsqu\u2019il a témoigné dans la cause qui a mené au controversé jugement.«Selon la compréhension de l\u2019Église catholique romaine, les prêtres sont tenus, du point de vue civil, à remplir la déclaration de mariage une fois le rite complété », reconnaît le jugement.La juge a toutefois conclu que « dans la mesure où des conjoints font appel à un ministre du culte pour célébrer un mariage uniquement religieux, le Tribunal ne voit pas pourquoi ce ministre devrait faire parvenir au Directeur de l\u2019état civil la déclaration de mariage».Ainsi, de l\u2019avis du Tribunal, « le Code habilite, sans obliger, les ministres du culte à célébrer des unions qui sont à la fois religieuses et civiles ».Stupéfaction Ce faisant, la juge retenait des arguments développés par la procureure générale du Québec \u2014 dont la position a stupéfié le monde des juristes spécialistes du droit de la famille.Les explications fournies mardi au Devoir par la ministre Vallée ont aussi laissé perplexe le chancelier Sarrazin.Mme Vallée affirmait en substance que le jugement ne change rien au fait qu\u2019un mariage célébré selon les prescriptions du Code civil doit toujours être déclaré à l\u2019état civil.D\u2019après son argument, si la déclaration de mariage n\u2019est pas transmise, on parle plutôt d\u2019une « union spirituelle », ce qui « n\u2019a jamais porté à conséquence».Or, l\u2019Église ne célèbre pas « d\u2019union spirituelle », rétorque François Sarrazin.« Il n\u2019y a pas de sous-célébration, on ne joue pas ce jeu-là, dit-il.Le mariage n\u2019est pas qu\u2019un contrat [aux yeux de l\u2019Église] : c\u2019est un sacrement.» Commencer à célébrer des unions semi-clandes- tines «mettrait en péril la dignité du sacrement du mariage», fait valoir M.Sarrazin.Pas d\u2019exemple Professeure de sciences des religions et membre de l\u2019Institut de recherches et d\u2019études féministes de l\u2019UQAM, Marie-Andrée Roy indique qu\u2019aucune religion ne célèbre autre chose que des « mariages ».« Que ce soit aux yeux de la religion catholique, protestante, juive ou musulmane, un mariage est un mariage, soit l\u2019union de deux personnes.» Point barre.Si Québec veut vraiment ouvrir la porte à des mariages religieux sans conséquences civiles, Mme Roy estime que cela marquerait «un recul majeur pour les femmes».«Cela pourrait vouloir dire qu\u2019une femme serait mariée selon les seules règles de la charia, illustre-t-elle.Le fait qu\u2019au Québec le mariage religieux est aussi civil assure une égalité de droit aux femmes.» Le jugement Alary \u2014 qui a été porté en Cour d\u2019appel lundi \u2014 découle d\u2019une poursuite entamée par un comptable québécois de confession baptiste.Il a plaidé que sa liberté de religion était brimée par deux articles du Code civil, qui indiquent que les ministres du culte doivent transmettre la déclaration de mariage au Directeur de l\u2019état civil.Selon lui, le Code impose ainsi aux croyants \u2014 qui seraient obligés de se marier pour vivre leur conjugalité \u2014 des contraintes financières que les couples non croyants n\u2019ont pas à subir.Le Devoir L\u2019Église ne célébrera pas de « sous-mariage » Le chancelier du Diocèse de Montréal conteste l\u2019interprétation de la ministre Vallée JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Justin Trudeau a évité de montrer ses cartes, mercredi, à la suite de la rencontre avec ses homologues provinciaux.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa A lors que Justin Trudeau espérait s\u2019entendre avec les provinces pour promettre une tarification du carbone à l\u2019issue de leur rencontre jeudi, ses homologues provinciaux l\u2019ont prévenu qu\u2019un plan pancanadien ne pourra pas leur être imposé.Surtout que quelques-uns d\u2019entre eux ne veulent rien savoir d\u2019un prix sur le carbone.Les rencontres des premiers ministres tenues à Vancouver cette semaine ont été lancées sur fond de profond désaccord mercredi.Les espoirs du gouvernement Trudeau étaient grands: clore les pourparlers en annonçant la mise sur pied de groupes de travail qui permettraient au fédéral et aux provinces de convenir d\u2019ici six mois d\u2019un plan de tarification du carbone.Mais déjà, les dirigeants de la Saskatchewan, Brad Wall, du Manitoba, Greg Selinger \u2014 tous deux se préparent à une élection \u2014 et Darrell Pasloski, du Yukon, ont martelé qu\u2019ils ne voulaient pas d\u2019une «taxe sur le carbone».Justin Trudeau pourrait-il forcer la main de ses homologues ?Sa ministre de l\u2019Environnement, Catherine McKenna, a laissé entendre que ce pourrait être le cas, plaidant en entrevue avec La Presse canadienne qu\u2019il fallait «un prix sur le carbone qui est dans le pays entier».Son patron s\u2019est abstenu de répondre en point de presse.«Toutes les provinces ont pris l\u2019engagement à Paris de faire partie de la solution, a-t-il toutefois noté.Je sais que les Canadiens sont unis dans leur désir de voir de l\u2019action concrète et positive en matière d\u2019environnement et d\u2019énergies propres.» Le premier ministre Trudeau a reconnu que certaines provinces avaient déjà entamé le travail, lors d\u2019un discours devant la conférence GLOBE sur les technologies vertes, qui se mettait en branle à Vancouver.L\u2019Ontario et l\u2019Alberta espèrent supprimer progressivement l\u2019utilisation du charbon, le Québec et la Colombie-Britannique ont fixé un prix sur le carbone.Des provinces aux premiers ministres d\u2019allégeances politiques différentes, a noté M.Trudeau.«Parce que l\u2019environnement ne doit pas être un enjeu partisan», a-t-il tranché.M.Wall est le dernier premier ministre de droite au pays, M.Selinger est du NPD.Flexibilité exigée Or, si M.Trudeau a évité de montrer ses cartes, le premier ministre québécois Philippe Couillard a prévenu que l\u2019imposition d\u2019une solution unique par Ottawa serait « une très mauvaise idée», car les façons de faire varient selon les spécificités des provinces.«Ces approches-là sont équivalentes et se valent.L\u2019important, c\u2019est qu\u2019on soit ensemble et réunis autour du principe de tarification du carbone.» Le président du Conseil de la fédération, le premier ministre terre-neuvien Dwight Ball, a repris le même discours à la suite de la rencontre de ses partenaires provinciaux.« L\u2019objectif, c\u2019est d\u2019avoir une économie à faibles émissions de carbone.La façon de s\u2019y prendre à certains endroits pourrait comprendre un prix sur le carbone, ailleurs non.» Mais au terme des conversations avec Ottawa, les provinces devront avoir de la flexibilité pour agir sans nuire à leur économie, a-t-il statué, en évitant de préciser sa propre opinion sur une tarification du carbone.M.Trudeau s\u2019attend à «des discussions franches et robustes» lorsqu\u2019il rencontrera à son tour les provinces jeudi.Mais il a voulu rester optimiste, affirmant avoir hâte d\u2019en venir à un «résultat positif» couronné «d\u2019annonces positives».La première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, s\u2019est aussi montrée confiante, consentant qu\u2019« il y aura des sujets de discorde », mais prédisant que les provinces par viendront à s\u2019entendre.Justin Trudeau a argué dans son discours en matinée que la lutte contre les changements climatiques passait aussi par les « investissements verts ».Il a annoncé l\u2019octroi de 75 millions pour aider les municipalités à répondre aux changements climatiques et de 50 millions pour améliorer la « résilience au climat » des infrastructures du pays.Le Devoir TARIFICATION DU CARBONE Ottawa se bute aux réticences des provinces Les dirigeants de la Saskatchewan, du Manitoba et du Yukon sont contre toute « taxe sur le carbone » Énergie Est : l\u2019Ontario à la rescousse du Québec Le premier ministre québécois est venu calmer le jeu dans le dossier d\u2019Énergie Est, avant sa rencontre avec ses homologues du pays.Sa demande d\u2019injonction contre Trans- Canada n\u2019est «pas une dispute Est-Ouest », mais une simple question de processus, a-t-il dit.Et il a eu droit à un coup de main de sa voisine Kathleen Wynne, qui a rappelé que l\u2019Ontario avait lui aussi mené sa propre évaluation environnementale.Pas pour «miner le processus national», mais pour le bonifier.«C\u2019est simplement logique d\u2019obtenir en amont l\u2019opinion des communautés, des provinces, afin qu\u2019il y ait une compréhension lors de la prise de décision au niveau national de ce que sont les barrières, ce que sont les préoccupations», a fait valoir Mme Wynne en point de presse avec M.Couillard.J E S S I C A N A D E A U D evant les difficultés vécues par les couples infertiles de l\u2019Outaouais, la députée libérale de Hull, Maryse Gaudreault, dirige ceux-ci vers une clinique de l\u2019Ontario.Ses déclarations, sur les ondes de Radio-Canada lundi, ont semé l\u2019ire chez les patients.«C\u2019est impardonnable de la part d\u2019une députée québécoise, s\u2019emporte la présidente de l\u2019Association des couples infertiles du Québec, Céline Braun.Il me semble que quand tu es élue au Québec, tu travailles pour les patients du Québec, pour les gens de ta circonscription, tu n\u2019es pas là pour aller prôner le système de santé de la province voisine.» La députée libérale, vice-présidente de l\u2019Assemblée nationale, était en entrevue à Radio-Canada lundi pour réagir au fait que le projet de clinique privée en fertilité de Gatineau était «sur la glace» en raison de la loi 20, qui a sonné le glas du programme de procréation assistée en novembre dernier.«Ça peut mettre au défi les finances de futurs parents, mais je pense qu\u2019on va s\u2019adapter, a soutenu Maryse Gaudreault.En attendant, il y a encore la clinique de fertilité d\u2019Ottawa qui peut accommoder les familles de l\u2019Outaouais.» Cette réponse est «pathétique», affirme Céline Braun.«On ferme les cliniques au Québec et on envoie les patients en Ontario.La députée ne fait donc pas confiance au ministre de la Santé pour aller jusqu\u2019à envoyer les patients chez nos voisins?» Montréal ou Ottawa?Questionnée à ce sujet, la députée de Hull précise qu\u2019elle voulait simplement informer la clientèle qu\u2019elle avait toujours accès à la clinique d\u2019Ottawa avec le crédit d\u2019impôt, comme c\u2019était le cas auparavant.«Les gens vont peut-être préférer aller chercher le service plus près à Ottawa plutôt que de faire la route jusqu\u2019à Montréal, mais loin de moi l\u2019intention de détourner les couples du système de santé du Québec.Je voulais simplement qu\u2019ils sachent qu\u2019ils ont toujours accès à cette clinique, même si la loi est venue un peu changer les paramètres pour la fécondation in vitro.» Jusqu\u2019à tout récemment, la majorité des patients de l\u2019Outaouais se rendait à Montréal pour ne pas avoir à débourser pour ces traitements.S\u2019ils choisissaient de se faire traiter «de l\u2019autre côté du pont», ils avaient plutôt droit à un remboursement d\u2019impôt.Mais l\u2019attrait pour les services onta- riens risque d\u2019augmenter maintenant que Québec ne rembourse plus l\u2019intégralité des traitements.Lors des débats sur le projet de loi 20, plusieurs médecins avaient justement soulevé cette crainte, faisant valoir qu\u2019il était plus facile de se faire implanter plusieurs embryons en Ontario qu\u2019au Québec.Si cela augmente les chances de tomber enceinte, le risque de grossesse multiple augmente également, ce qui entraîne un risque plus élevé de complications, qui seront gérées par les médecins québécois.«Il y a un article de la loi qui dit qu\u2019on ne peut pas obtenir un service différent que celui prescrit par la loi du Québec dans une clinique hors Québec, répond Mme Gaudreault.Ce qui veut dire que si une famille du Québec va en Ontario, si on lui donne un service différent que celui prescrit par la loi 20, il ne pourra pas être remboursé.» Le Devoir PROCRÉATION ASSISTÉE Une députée libérale invite les couples à se tourner vers l\u2019Ontario M A R I E - M I C H È L E S I O U I Excédés par l\u2019attitude de l\u2019administration, la moitié des professeurs et maîtres de langue de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) ont signé une pétition qui implore le recteur Robert Proulx d\u2019accélérer la cadence des négociations.Après 55 séances de négociation infructueuses, les professeurs estiment que « le manque de volonté de la part de la direction se fait de plus en plus sentir », a expliqué au Devoir le professeur et directeur du Département de communication sociale et publique, Gaby Hsab, pour justifier le dépôt de cette pétition, mercredi.Dans le climat ambiant, le professeur Hsab n\u2019est pas surpris de voir autant de signatures apposées au bas du document.«Même si le corps professoral n\u2019est pas du même avis quant aux moyens de pression à exercer, il y a une conviction profonde et partagée par l\u2019ensemble des professeurs selon laquelle la direction tergiverse et tourne intentionnellement en rond», a-t-il déclaré.La principale demande des professeurs consiste à augmenter la fréquence des négociations.Les employés déplorent que seulement quatre rencontres soient prévues d\u2019ici la fin du mois d\u2019avril, puisque certains membres du comité de négociation de l\u2019université auraient des disponibilités restreintes.Les professeurs de l\u2019UQAM sont sans convention collective depuis le 31 mai 2013.Un premier projet de convention collective a été déposé le 11 juin 2014.Pas moins de 55 rencontres de négociation, dont plusieurs avec une conciliatrice \u2014 nommée le 18 novembre 2015 \u2014 ont eu lieu jusqu\u2019ici.Le Devoir UQAM Plus de 500 professeurs veulent accélérer les négos Il n\u2019y a pas de sous-célébration, on ne joue pas ce jeu-là.François Sarrazin, chancelier du Diocèse de Montréal « » L E D E V O I R , L E J E U D I 3 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 L E D E V O I R , L E J E U D I 3 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 DISPONIBLE SUR À découvrir dans la nouvelle version de l\u2019application?: COMME VOUS NE L\u2019AVEZ JAMAIS LU.J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U Alex Har vey, le favori des Montréalais, a pris le neuvième rang de la deuxième étape du Tour de ski du Canada couru sur un parcours urbain façonné spécialement pour l\u2019occasion dans les neiges fraîches du mont Royal.C\u2019est le Norvégien Emil Iversen qui a remporté l\u2019étape, devant son compatriote Petter Northug fils et du Russe Sergey Ustiugov.Ce dernier avait déjà rempor té mardi l\u2019épreuve du sprint à Ga- tineau.Sa performance lui permet de conserver le statut de meneur au classement général de l\u2019épreuve.En apparence très détendu, salué tout au long du parcours comme le héros du jour, Harvey a connu un excellent début de course.Il a tenu un moment avec le groupe de tête, avant de glisser à 45 secondes des meneurs qui imposaient au peloton un rythme infernal.Pour cette épreuve de 17,5km, «chaque athlète essaye d\u2019ordinaire quatre ou cinq paires de skis avant de choisir celle qui convient le mieux aux conditions de course», explique Lisa Patterson de l\u2019équipe canadienne.Mme Patterson compte au nombre de la douzaine de personnes qui préparent chaque jour l\u2019équipement des skieurs de l\u2019équipe canadienne.«Chaque athlète transporte en moyenne une vingtaine de paires de skis pour ce tour.» Les cambrures, les bases, la rigidité des skis varient selon les disciplines et les conditions.«Pour Alex Harvey, nous transportons, je dirais, environ 40 paires de skis.» Pourquoi plus de skis pour lui ?« Il a de bons commanditaires !» À l\u2019arrivée, plusieurs fondeurs se sont laissés tomber sur le sol, vidés, exténués, l\u2019écume de leurs efforts gelée au visage.Les muscles et le cœur auraient-ils pu aller plus loin et plus vite?Le rictus de douleur disparaît vite.Les athlètes ne traînent pas pour se couvrir.Puis ils disparaissent dans leurs quartiers, installés dans une suite de roulottes.Alex Harvey était soutenu à l\u2019arrivée par son père, Pierre Harvey, légende vivante du cyclisme et du ski de fond au Canada.Podium norvégien Chez les femmes, les Norvégiennes se sont imposées en avant-midi sur un parcours de 10,5 km.Therese Johaug, une athlète exceptionnelle, a obtenu une 16e victoire cette saison.Son avance sur ses poursuivantes était considérable.Elle a devancé ses compatriotes Heidi Weng et Astrid Uhrenholdt Jacobsen par plus d\u2019une minute.Sa performance est d\u2019autant plus impressionnante qu\u2019elle était plutôt mal placée lors du départ collectif, cette immense poussée groupée qui donne l\u2019impression, pour un bref instant, d\u2019une vague de couleurs qui roule sur la neige.Therese Johaug mène désormais ce tour.À l\u2019arrivée, plusieurs compétitrices se sont ef fondrées.Certaines pleuraient à chaudes larmes, le visage giflé par des brises glaciales.L\u2019effort investi dans la course avait été, à l\u2019évidence, absolument total.Therese Johaug, elle, accordait déjà des entrevues en souriant.Chez les Québécoises, c\u2019est Cendrine Brown qui a obtenu la meilleure place, avec un 48e rang.À 18 ans, Marie Corriveau, de Saint-Ferréol-les-Neiges, a obtenu la 72e place.Elle ne cachait pas sa joie, malgré une per formance relative.La semaine dernière, Marie Corri- veau était au Championnat du monde junior, en Roumanie.Ses résultats lui ont donné le droit de participer aujourd\u2019hui à cette compétition internationale du plus haut niveau.« Je savais que j\u2019étais du niveau des meilleures juniors, mais là je suis avec les meilleures au monde ! Tout a mal été ! Je suis tombée deux fois, toute seule, en pleine face ! Je ne sentais plus mes jambes.Rien n\u2019allait bien ! Ce n\u2019était vraiment pas une bonne journée pour moi.Mais c\u2019était formidable ! Je pense que cet événement va beaucoup aider le ski chez nous.» Marie Corriveau avait son lot de partisans massés près des clôtures qui bordaient le parcours.Venu de Saint-Ferréol- les-Neiges avec ses trois enfants, Patrick Bédard s\u2019arrachait les poumons pour l\u2019encourager.«Elle a enseigné le ski à mes enfants», expliquait-il.La jeune fondeuse a commencé à skier à l\u2019âge de quatre ans.À sept ans, explique-t- elle, les compétitions débutaient.Elle a fait de la compétition de vélo, mais le ski est devenu sa vie.« Je fais des cours par correspondance pour le cé- gep », dit-elle, en attendant de pouvoir revenir aux études.La foule était peu nombreuse en avant-midi près de l\u2019avenue du Parc, mais on comptait passablement de monde en après- midi, malgré une température peu clémente.Beaucoup de visiteurs étrangers avaient été attirés par l\u2019événement.Des gens venus spécialement de l\u2019État de New York ou du Vermont, par exemple.En visite à Montréal pour y voir ses petits-enfants, la Finlandaise Maiga Heinoken se félicitait de voir un tel événement au beau milieu de la ville.Après une journée de récupération, les fondeurs poursuivront ce Tour de ski vendredi et samedi à Québec.La compétition qui conclut la Coupe du monde 2015-2016 se transportera pour la grande finale à Canmore, en Alberta, du 8 au 12 mars.Le Devoir Du ski de fond relevé au pied du mont Royal Acclamé par la foule, le Québécois Alex Harvey termine la course en 9e position JACQUES NADEAU LE DEVOIR Lors du départ, l\u2019immense poussée groupée donne l\u2019impression d\u2019une vague de couleurs sur la neige.J E A N N E C O R R I V E A U A près avoir congédié deux fois la directrice de l\u2019arrondissement de L\u2019Île-Bizard\u2013 Sainte-Geneviève, l\u2019administration de Denis Coderre se voit maintenant forcée de réintégrer l\u2019employée dans ses fonctions à la suite d\u2019une décision du Tribunal du travail.Dès 2014, la nomination de Nancy Bergeron au poste de directrice par intérim par le maire de l\u2019arrondissement, Normand Marinacci, avait provoqué la désapprobation du directeur général de la Ville, Alain Marcoux, qui soutenait que l\u2019employée n\u2019avait pas les qualifications requises pour être cadre.À la suite de plaintes de harcèlement d\u2019employés de l\u2019arrondissement et à la lumière d\u2019une enquête menée par le contrôleur général, Alain Bond, l\u2019administration Co- derre a décidé de congédier Mme Bergeron, en août 2015.Or, depuis les défusions, ce sont les arrondissements qui ont juridiction en la matière.Mme Bergeron a contesté son congédiement devant la Commission des relations du travail en alléguant que la ville centre n\u2019avait pas le pouvoir de la destituer.Pour être certaine de ne pas voir sa décision déboutée par le Tribunal, l\u2019administration a même fait adopter une résolution par le conseil municipal en octobre 2015 afin de faire déclarer la ville centre compétente en matière de suspension ou de destitution de directeurs d\u2019arrondissement pour une période de deux ans.Le lendemain, l\u2019administration congédiait une deuxième fois Nancy Bergeron.Dans une décision rendue le 26 février, le juge administratif Pierre Flageole conclut que ni la Loi sur les cités et villes ni la Charte de la Ville ne permettent aux élus du comité exécutif de la ville centre de congédier des employés.Seul le conseil municipal aurait pu le faire.Décision contestée Normand Marinacci est ravi de la décision.Les allégations de harcèlement étaient non fondées, affirme-t-il en s\u2019appuyant sur une enquête indépendante menée à sa demande.« Pour moi, c\u2019est un abus de pouvoir de la part de l\u2019administration Co- derre.Je suis content de m\u2019être tenu debout devant le maire », dit-il.Mme Bergeron doit revenir à son poste ce jeudi.Pour sa par t, la Ville de Montréal a indiqué mercredi qu\u2019elle contesterait la décision du Tribunal en intentant un pourvoi en contrôle judiciaire devant la Cour supérieure.Il n\u2019a pas été possible d\u2019obtenir les commentaires d\u2019Alain Fugère, président du Syndicat des fonctionnaires de la Ville de Montréal, qui avait dénoncé auprès de la ville centre le compor tement de Nancy Bergeron à l\u2019endroit des employés de l\u2019arrondissement.Le Devoir Montréal doit réintégrer une employée congédiée à deux reprises Le FRAPRU expulsé de chez Bombardier Des membres du Front d\u2019action populaire en réaménage- ment urbain (FRAPRU) ont été expulsés mercredi matin des bureaux de Bombardier, où ils s\u2019étaient rendus pour dénoncer l\u2019imposante aide financière accordée à l\u2019entreprise par le gouvernement.« Si le gouvernement Couil- lard est capable d\u2019investir 1,3 milliard dans une compagnie qui annonce simultanément la perte de 2400 emplois, pourquoi ne pourrait-il pas poursuivre et augmenter le financement du logement social ?» a demandé le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant.Le Service de police de la Ville de Montréal a expulsé les manifestants, mais n\u2019a remis aucun constat d\u2019infraction.Le Devoir Secteur public : la FSSS a rejeté l\u2019entente de principe Les membres de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN ont rejeté l\u2019entente de principe qui était intervenue avec Québec pour renouveler les conventions collectives dans les secteurs public et parapublic, a appris La Presse canadienne.Ce rejet ne met toutefois pas en péril l\u2019entente de principe conclue en décembre dernier, puisque celle-ci a déjà reçu l\u2019approbation de la plupart des autres membres du front commun intersyndical qui se sont prononcés.Ce rejet n\u2019est guère surprenant, puisque déjà, le 22 décembre dernier, le conseil fédéral de négociation de la FSSS avait recommandé à ses membres de rejeter cette entente de principe.La Presse canadienne KIRILL KUDRYAVTSEV AGENCE FRANCE-PRESSE «L\u2019air est tellement bon ici », a lancé Scott Kelly en sortant de la capsule avec l\u2019aide des équipes d\u2019évacuation.T rois astronautes de la Station spatiale internationale (ISS), dont l\u2019Américain Scott Kelly et le Russe Mikhaïl Kor- nienko qui ont passé quasiment un an en orbite pour mener des expériences en vue de futurs périples vers Mars, sont revenus mercredi sur Terre.Vers 4 h 30 temps universel, comme prévu, la capsule Soyouz transportant le Russe Sergueï Volkov, son compatriote Mikhaïl Kornienko et l\u2019Américain Scott Kelly, ces deux derniers ayant passé 340 jours à bord de l\u2019ISS pour préparer de futures missions habitées vers Mars, s\u2019est posée dans les steppes kazakhes.«L\u2019air est tellement bon ici.Je me demande pourquoi vous êtes tous emmitouflés ! » s\u2019est exclamé Scott Kelly en sortant de la capsule, selon les images de la télévision de la NASA.Alors qu\u2019ils devaient sortir eux-mêmes du Soyouz pour imiter les conditions d\u2019un atterrissage sur Mars, les astronautes ont échoué et ont dû recevoir l\u2019aide des équipes d\u2019évacuation pour s\u2019extraire, a précisé le Centre de contrôle russe à l\u2019agence de presse TASS.Mikhaïl Kornienko, 55 ans, et Scott Kelly, 52 ans, étaient arrivés sur l\u2019ISS le 27 mars 2015.Ils sont restés quasiment un an à bord de la Station internationale, la plus longue période ininterrompue passée dans la station depuis que celle-ci est capable d\u2019accueillir des passagers, en 2000.Batterie de tests Pendant leur long séjour, les deux hommes ont été soumis régulièrement à des examens médicaux ainsi qu\u2019à une batterie de tests et d\u2019analyses pour étudier les effets à long terme de la microgravité sur l\u2019organisme humain.Des échantillons de fluides corporels ont été prélevés avant leur départ, puis durant la mission et seront recueillis pendant plus d\u2019un an après leur retour sur Terre.Le frère jumeau de Scott Kelly, l \u2019ancien astronaute Mark Kelly, a également participé au sol à cette expérience.Les données recueillies sur les deux frères devraient fournir des points de comparaison précis et utiles sur les ef fets physiologiques du voyage de longue durée dans l\u2019espace.Agence France-Presse Les astronautes Kelly et Kornienko de retour sur Terre Les deux hommes ont passé près d\u2019un an à bord de la Station spatiale internationale Donald Trump persiste et signe, au grand désespoir et à la grande surprise de l\u2019establishment du parti qui s\u2019attendait à voir sa candidature imploser d\u2019elle-même.Mais c\u2019est un désespoir et une surprise qui sonnent faux.C\u2019est qu\u2019en Donald Trump, le Parti républicain ne fait que récolter ce qu\u2019il sème depuis des décennies.e « super mardi » rapproche un peu plus « The Donald » de l\u2019investiture républicaine à l\u2019élection présidentielle, même s\u2019il en est encore mathématiquement loin en ce qui concerne les délégués.Il s\u2019en rapproche d\u2019autant plus que ses principaux adversaires n\u2019ont pas particulièrement brillé.L\u2019archiconservateur religieux Ted Cruz l\u2019a bien remporté dans «son» Texas, ainsi que dans l\u2019Oklahoma voisin et en Alaska, mais ce ne sont pas des victoires qui menacent de grever la persistante popularité de M.Trump.Encore plus maussade a été la performance du sénateur de la Floride, Marco Rubio, sur lequel, ce faisant, l\u2019establishment républicain peut manifestement de moins en moins compter pour assurer sa rédemption.Si la tendance se maintient, M.Trump aura décroché l\u2019investiture républicaine en mai.Ce qui est parlant dans la performance de M.Trump à l\u2019issue des primaires et des caucus qui se tenaient mardi dans 12 États, c\u2019est aussi le succès tous azimuts qu\u2019il a obtenu auprès des électeurs blancs de classe moyenne modeste, indiquaient les sondages de sortie des urnes.Il a été dominant parmi les républicains plus modérés et plutôt laïques du Massachusetts comme au sein de l\u2019électorat conservateur et évangélique des États du Deep South, épine dorsale traditionnelle du Parti républicain.Ce n\u2019est pas donc tant M.Trump qui est en train d\u2019imploser que le parti lui-même.Le GOP pourrait être en train d\u2019atteindre un point de rupture devant l\u2019émergence de M.Trump, porte-voix \u2014 diabolique \u2014 d\u2019une colère sociale qui n\u2019est pas sans légitimité, par ailleurs.Une colère, fait notamment valoir le chroniqueur du New York Times, Thomas B.Edsall, qui est le résultat de la lente érosion de la qualité de vie économique de la classe moyenne américaine depuis 40 ans, érosion aggravée par la Grande Récession de 2008.C\u2019est ainsi que le nombre d\u2019emplois dans le secteur manufacturier a chuté de 36 % aux États-Unis entre 1979 et 2015 \u2014 pendant que la population croissait 43 %.À partir des années 2000, note encore M.Edsall, la classe moyenne ne continue pas seulement de rapetisser ; elle voit aussi diminuer la part des familles plus aisées (100 000 $ par année) qui en font par tie.En fait, la seule catégorie sociale qui s\u2019est agrandie depuis 15 ans concerne les foyers dont les revenus annuels sont de 35 000 $ et moins\u2026 Avec le résultat qu\u2019une large part de l\u2019électorat républicain prend aujourd\u2019hui acte de l\u2019échec d\u2019une doxa de droite fondée sur le libre-échange, la déconstruction de l\u2019État et la déréglementation de l\u2019économie.Et se rebelle contre les ?nanciers de Wall Street et les élites politiques de Washington.Là se trouvent les racines du mal qui ébranle le Parti républicain.Vrai du reste que le mal secoue également le Parti démocrate \u2014 Bernie Sanders en est l\u2019expression \u2014, mais de façon, jusqu\u2019à preuve du contraire, autrement moins déchirante.À ceci pour rait ainsi se résumer l \u2019argumentaire de M.Trump : ce dernier continue avec une violence verbale inouïe à utiliser les vieux arguments républicains, consistant à promouvoir une conception militariste de la politique étrangère américaine et à diaboliser l\u2019« autre » \u2014 le musulman, le Latino, le Noir\u2026 En même temps qu\u2019il mange au même râtelier que M.Sanders en ce qu\u2019il se pose, entre autres choses, en garant du système de sécurité sociale et en ce qu\u2019il dénonce l\u2019impact sur les petites gens des accords de libre- échange signés ces 20 dernières années.Il est d\u2019ailleurs concevable, dans la mesure où M.Sanders et lui ont à leur corps défendant des positions politiques parfois convergentes, que M.Trump voudra maintenant commencer à pacifier son discours, tandis que semble se dessiner, lentement mais sûrement, un affrontement électoral avec Mme Clinton en vue de la présidentielle de novembre prochain.« Je suis un rassembleur », a prétendu M.Trump mardi soir, comme s\u2019il n\u2019avait rien à voir avec la « guerre civile » que se livrent les républicains.Sauf que, pour l\u2019heure, c\u2019est Mme Clinton qui est en train de réunir autour d\u2019elle la base électorale du Parti démocrate, à en juger par les résultats du super mardi.Elle aura réussi là à coaliser les démocrates d\u2019à peu près tous les horizons.Dans cette veine et à brève échéance, le défi est de ménager M.Sanders afin de ne pas faire fuir les jeunes et les électeurs blancs à revenu modeste qui se sont entichés du vieux sénateur du Vermont.L E D E V O I R , L E J E U D I 3 M A R S 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Souriez ! Bienheureux le citoyen qui ne s\u2019est pas retrouvé entre les mains du matricule 728, en 2012.Je dis «citoyen», puisque sa rage ne semblait pas s\u2019adresser qu\u2019aux gratteux de guitare ou aux carrés rouges et autres miséreux de même nature, mais bien à tout le monde en général.Là-dessus, sans vouloir m\u2019étendre sur son comportement inacceptable, tout a été déjà dit sur le sujet.Il est bon de se souvenir que c\u2019est bien le gouvernement Charest qui, à ce moment, avait laissé se détériorer le climat social de façon telle que c\u2019est le SPVM, qui s\u2019était retrouvé seul au bâton pour tenter de ramener de l\u2019ordre dans la cité.On connaît la suite.Manifestations au quotidien, présence de casseurs, parades de casseroles, etc.Policiers à bout de nerfs, poivre à volonté, situations qui tournent à la vinaigrette et grandes brassées dans le panier à salade.Depuis ces événe- ments marquants, chaque fois qu\u2019il y a une intervention policière quelque part en ville, quelqu\u2019un brandit son téléphone portable Gêné par mes ancêtres de Sainte-Adèle Pauvre Claude-Henri Grignon ! Combien de fois, par lundi soir, doit-il se retourner dans sa tombe devant la triste adaptation de son magnifique roman Un homme et son péché ?Le péché n\u2019est pas là où l\u2019on pense : une gênante défiguration d\u2019un chef-d\u2019œuvre.Tous les lundis, on nous propose des personnages d\u2019une vulgarité inouïe, à l\u2019exception de Donalda et de Séraphin, curieusement.La goutte d\u2019eau à faire déborder le vase, elle nous vient du frère de Donalda qui lui dit, dans son mécontentement d\u2019imbécile: «Si tu n\u2019m\u2019donnes pas les 50$, m\u2019â t\u2019péter la yeule.[sic]» On est à des années-lumière de Downton Abbey! Pas de saison 2, de grâce.Un summum de honte et de gêne à endurer une telle addition d\u2019une langue écorchée, d\u2019un vocabulaire de «gars de chantier», de femmes aux airs de putain ou de menteuse ou de voleuse, d\u2019une fausse représentation de l\u2019argent, d\u2019un déluge de consommation de boisson, d\u2019une violence de gars d\u2019arène au moindre problème.On pourrait mettre quelques bémols: la prestation des acteurs, la qualité des costumes, la beauté de rares paysages, la musique, fort bien.Mais il n\u2019était pas nécessaire de vouloir concurrencer la conduite «du coureur des bois canadien-français» méthode Hollywood, tant décriée récemment.Le petit train du Nord aura mille fois raison de perdre le Nord et de crier «chou»\u2026 À l\u2019âge de «Siffleux», j\u2019ai connu le curé Simon Bluteau dans son beau presbytère de Saint-Félicien ; il ferait rougir de honte pour filmer la scène.C\u2019est devenu automatique.À tel point que les autorités pensent désormais munir de caméras les policiers, pour que ceux-ci puissent filmer à leur tour.Je filme, tu filmes, nous filmons.Mais où s\u2019en va donc la vie privée dans tout ça?On ne le sait pas.Souriez, vous êtes filmés.Alain Petel Le 1er mars 2016 le grotesque curé Labelle, presque un voyou ! Quand on entrait au presbytère de Mgr Bluteau, on n\u2019y voyait que beauté, calme, culture, silence, échanges polis\u2026 Comment Radio-Canada a-t-elle pu accepter une telle relecture d\u2019une œuvre légendaire?Cette déplorable version mériterait une mise à l\u2019index si c\u2019était encore possible! S\u2019il vous plaît et de grâce, n\u2019allez pas tenter d\u2019exporter un tel ouvrage.À remettre sur le métier de M.et Mme Poudrier pour sauver une parcelle de leur honneur! Martin Girard Sainte-Thérèse, le 1er mars 2016 «Quebexit » Le gouvernement du Québec est incohérent.Il veut accroître la richesse, mais il vote pour la pauvreté.Il ferme la porte économique partout tout en proclamant qu\u2019il est ouvert aux investissements privés pouvant accélérer la croissance.Ce scénario ressemble étrangement à ce qui se passe en Grande-Bretagne, où se pose la question de savoir si oui ou non le pays doit continuer à faire partie de l\u2019Union européenne : Britain out or in ?Brexit ?Porteur d\u2019une promesse électorale de 250 000 emplois en cours de mandat, le premier ministre Couillard se ceint maintenant de la vertu verte et affirme que tout développement au Québec doit être subordonné à l\u2019acceptabilité sociale, ce qui signifie que tout projet d\u2019importance est condamné aux pétitions, aux condamnations et aux injonctions.Quel partenaire d\u2019af faires voudra s\u2019impliquer au Québec sachant d\u2019avance qu\u2019il peut perdre son temps et son capital?Quel investisseur voudra prendre le risque de se voir, en fin de course, comme tous les Pétrolia du monde, se faire botter le cul comme un dégénéré?Jean-Guy Laurendeau Le 1er mars 2016 FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints NELLIE BRIÈRE, PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N SUPER MARDI Les racines du mal L L U C I E N H U O T * Doyen de la Faculté des sciences et de génie de l\u2019Université Laval (1977-1985) L a journaliste Isabelle Porter du quotidien montréalais Le Devoir signait, le 5 février dernier, un article intitulé «Mégahôpital de Québec.Les premiers contrats ont été accordés».On y apprenait que le coût prévu pour la construction du nouveau complexe hospitalier serait de 2,1 milliards, limite fixée par le ministre de la Santé et des Services sociaux, et que les premiers contrats relatifs aux études professionnelles avaient été accordés.À la fin de l\u2019automne 2014, le ministre avait commandé une étude de quelque 30 millions destinée à mieux cerner le coût du nouveau complexe hospitalier.Nous ne voulons pas être pessimistes, mais une fois la construction lancée, la réalité d\u2019un milieu d\u2019accueil mal choisi, alors qu\u2019il est un des moins propices dans la région de Québec pour une construction de cette taille, ne pourra faire autrement que conduire à une facture réelle supérieure.Il serait chimérique de croire le contraire.Rappelons que le 3 juin 2014, le journal La Presse publiait un article intitulé «Hôpitaux universitaires montréalais : un prix réel de 7 milliards», soit bien plus que les 5,2 milliards initialement annoncés par le Dr Philippe Couil- lard lorsqu\u2019il était ministre de la Santé.Quoi que l\u2019on pense, quoi que l\u2019on dise, il n\u2019y a pas là de quoi rassurer les citoyens payeurs actuels et ceux des générations futures.Insouciance Aller de l\u2019avant, pour un investissement d\u2019une pareille ampleur, sans avoir considéré objectivement plus d\u2019un site est une triste nouvelle.Il est difficile de comprendre que, depuis près de trois ans, l\u2019on n\u2019ait pas jugé pertinent de procéder à une étude comparative d\u2019au moins deux sites, celui de l\u2019Enfant-Jésus et celui du Campus de l\u2019Université Laval.Refuser de franchir cette étape, pour tant usuelle, relevait de l\u2019insouciance et amenait à laisser douter du bien-fondé du choix retenu a priori.Vu les nombreux avantages inhérents au site du campus, il était entièrement justifié de recourir à un Comité d\u2019experts indépendants et crédibles pour ef fectuer l\u2019étude comparative suggérée.On ne pouvait pas présumer de ce qu\u2019aurait été leur choix.Mais, tout au moins, les contribuables auraient eu la satisfaction d\u2019être témoins d\u2019un processus marqué de transparence, plutôt que d\u2019être amenés par les circonstances que l\u2019on connaît à soupçonner que certains des tenants du site de l\u2019Enfant-Jésus jouaient dès le départ le rôle de juge et partie.C\u2019est aussi une triste nouvelle pour l\u2019Université Laval et sa Faculté de médecine.Le 9 avril 2013 (soit il y a près de trois ans), leurs autorités avaient été invitées à considérer le site du campus pour la construction du nouvel hôpital de Québec.Il est regrettable, et proprement incompréhensible, qu\u2019au cours de cette longue période elles n\u2019aient pas voulu s\u2019exprimer sur le futur site, du moins publiquement.Un tel silence de la part de personnes bénéficiant a priori de crédibilité demeure pour nous une énigme.Malgré tout le respect que nous leur devons, nous ne pouvons taire notre forte déception quant à une apparente absence de leadership par rapport au choix optimal d\u2019un nouveau site hospitalier.L\u2019Université Laval avait une occasion extraordinaire de se mettre en valeur en formant et confortant l\u2019assise propre à apporter excellence, succès, respect et notoriété de bon aloi.Ce sont des valeurs que l\u2019on retrouve dans les institutions bien connues comme Harvard, Yale, Johns Hopkins et Michigan, dont chacune a saisi l\u2019importance de réunir sur son campus un hôpital universitaire et une faculté de médecine.Dans un dossier aux retombées évaluables en siècles, Laval vient d\u2019échouer malheureusement au test de capacité à saisir la chance exceptionnelle, voire unique, qui se présentait.En d\u2019autres mots, elle a échappé le ballon\u2026 si jamais elle a réellement essayé de le saisir ! Est-il possible que la crainte d\u2019avoir un différend passager avec le Réseau de la santé et des services sociaux ait empêché les autorités universitaires de s\u2019exprimer sur la pertinence du choix effectué pour le site du nouvel hôpital?C\u2019est à peine pensable.En plus d\u2019une sensible diminution de coût, il s\u2019agissait du sort de la recherche biomédicale moderne dans la grande région de Québec ; ce n\u2019était pas seulement de la proximité de la Faculté de médecine avec le nouvel hôpital dont il était question, mais aussi, et surtout, des effets de synergie et d\u2019interaction résultant de la présence immédiatement voisine et active d\u2019un vaste et riche milieu scientifique interdisciplinaire déjà engagé en recherche médicale et en sciences de la vie.L\u2019aurait-on oublié?Espérons que c\u2019était accidentel.* Ont également signé cette lettre : André-G.Côté, directeur du Département de génie civil (1972-1978) ; Jean-Louis Lavoie, vice-doyen de la Faculté des sciences et de génie (1989-1993) ; et Robert Ledoux, directeur du Département de géologie et génie géologique (1971-1977).Le futur hôpital de Québec : de tristes nouvelles GUY TAILLEFER L E D E V O I R , L E J E U D I 3 M A R S 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).M A R C - A N D R É H O U L E Saint-Ambroise-de-Kildare es derniers jours, le Mouvement Desjardins, en pleine course à la succession de sa présidente, a cherché à redorer son blason auprès de ses membres et de la population québécoise par l\u2019entremise d\u2019une missive publiée dans les grands quotidiens québécois par un ancien président, Alban D\u2019Amours, dans laquelle il cherchait à nous convaincre que « l\u2019âme de Desjardins est toujours vivante ».Il s\u2019agit là d\u2019une réponse directe à un autre ancien dirigeant de Desjardins, Claude Béland, qui critique depuis un certain temps déjà les transformations qui ont cours au sein de la coopérative et affirme à qui veut l\u2019entendre que Desjardins a perdu son âme, notamment en ce qui concerne le fonctionnement de l\u2019institution (qui, à son avis, se fait de plus en plus sur le mode des banques) et le traitement qui est réservé au simple épargnant en regard du respect des principes d\u2019équité et d\u2019égalité.Nous, membres de la caisse de Kildare, qui avons mené de front une lutte au cours des derniers mois pour protéger et conser ver nos ser vices, sommes bien placés pour témoigner de la manière dont fonctionne la démocratie chez Desjardins, principe supposé- ment cardinal de l\u2019institution.Petit rappel de notre mouvement : le 18 août dernier s\u2019est tenue à Saint-Ambroise-de-Kil- dare, dans Lanaudière, une assemblée générale extraordinaire des membres de six localités regroupés au sein de la caisse de Kildare afin de procéder à un vote sur la destitution de l\u2019ensemble du conseil d\u2019administration.Cette assemblée générale extraordinaire a fait suite à une démarche entamée après l\u2019assemblée générale annuelle tenue au printemps 2015, lors de laquelle le processus démocratique a fortement été entaché, alors que, par diverses ma- nœuvres, le conseil d\u2019administration a tenté de brimer le droit de s\u2019exprimer des membres.Devant un enjeu aussi délicat que la fermeture de deux centres de services, il a été refusé à l\u2019assemblée d\u2019en appeler de la décision.Exercice frustrant Compte tenu de nos modestes moyens, la tenue de l\u2019assemblée extraordinaire sur la destitution du CA (un fait rarissime dans l\u2019histoire de Desjardins) était une victoire en soi, et nous sav ions d \u2019emblée que la su ite des choses serait dif ficile face à la grosse machine de Desjardins.Tout au long du processus, le conseil d\u2019administration en place a pu compter sur l\u2019appui ainsi que sur les ressources de la direction de la caisse de Kildare, en plus de l \u2019appu i et des ressources de la haute direction de Desjardins.Les employés du siège social de la caisse de Kildare ont notamment été mobilisés pendant leurs heures de travail afin de faire campagne en faveur du CA auprès des épargnants.Lors de l\u2019assemblée du 18 août, les règles dites de régie interne, garantes de la démocratie de Desjardins, ont avantagé les membres du CA en place.Était-il normal, par exemple, que la présidence de l\u2019assemblée extraordinaire fût assurée par le directeur général de la caisse de Kildare, le faisant juge et par tie ?Seuls les membres du CA visés par la destitution ont eu la possibilité de s\u2019adresser à l\u2019assemblée pour expliquer leur point de vue, et ce, sans limite de temps imposée.Le respect des principes démocratiques aurait bien sûr commandé que les deux positions (pour et contre la destitution) puissent être entendues.Si la fiabilité du système électronique utilisé pour le vote peut être remise en doute en raison du fait que rien ne permettait de savoir si un vote avait véritablement été enregistré, la cerise sur le gâteau fut que les résultats du vote sur la destitution n\u2019ont jamais été dévoilés\u2026 L\u2019assemblée a bel et bien été informée que le CA n\u2019avait pas été destitué, mais sans connaître le taux de par ticipation ni l\u2019appui reçu (en votes ou en pourcentage) pour chacune des options.Tout cet exercice fut donc très frustrant du point de vue de la démocratie.Le CA, la direction et les employés de Desjardins Kildare ont utilisé tous les moyens possibles pour arriver à leurs f ins .Des jard ins a agi dans ce cas comme le font les pires citoyens corporatifs.Alors, l\u2019âme de Desjardins ?Désormais celle d\u2019une banque.LA RÉPLIQUE \u203a MOUVEMENT COOPÉRATIF Desjardins a bel et bien l\u2019âme d\u2019une banque Le débat qui a éclaté à Saint-Ambroise-de-Kildare en dit long sur le mode de fonctionnement de l\u2019institution financière M I C H E L G A R I É P Y Urbaniste émérite et professeur émérite à l\u2019Université de Montréal P H Y L L I S L A M B E R T Architecte n 1986, à la suite de consul- tat ions publ iques comme Montréal n \u2019en avait jamais connu, le Plan directeur du Vieux-Por t était adopté.Ce plan s \u2019est inscrit à contre- courant des deux tendances dominantes à l\u2019époque pour le réaménagement des friches portuaires : celle des Festival Market Places, qui consistait en la transposition sur des espaces portuaires devenus obsolètes de centres d \u2019achats, par exemple, le Quincy Market de Boston ou le Baltimore Harbor ; et celle d\u2019un développement immobilier intensif et privatif d\u2019espaces très convoités parce que situés à la fois en bordure de cours d\u2019eau et à proximité des centres-villes, la perspective initialement favorisée par le gouvernement fédéral.Il devait se concrétiser de 1989 à 1992 et doter Montréal, à par tir d\u2019un budget limité et d\u2019équipements modestes, toutes proportions gardées, d\u2019un site original, polyvalent et en harmonie avec l\u2019histoire du lieu, d\u2019un site que la population s\u2019est rapidement approprié et qui devait devenir sa destination touristique première.Ce résultat a été obtenu de haute lutte : le conseil d\u2019administration de la société Le Vieux- Port de Montréal d\u2019alors a persuadé le gouvernement fédéral de faire appel au génie créatif d\u2019ici plutôt que d\u2019y parachuter des idées venues d\u2019ailleurs, et sur tout d\u2019arrimer la démarche d\u2019élaboration aux volontés exprimées par la société civile.Le processus mis en place pour consulter la population fut tout à fait original.Avec trois autres dossiers d\u2019aménagement urbain, ceux de l\u2019avenue McGill College, du Quartier international de Montréal et de Mil- ton-Parc, il devait être à la base de cette tradition d\u2019urbanisme participatif qui caractérise depuis les aménagements urbains d\u2019envergure à Montréal.Nouveau plan directeur La Société immobilière du Canada (SIC), à laquelle a été amalgamée la société Le Vieux- Port, a lancé, il y a quelques mois, une opération pour élaborer un nouveau plan directeur pour la revitalisation du V ieux-Por t.Tout d\u2019abord, le site à l\u2019étude incorpore cette fois la Pointe-du-Moulin et le Silo no 5, un terri- to ire complémenta ire et essent iel à une pleine mise en valeur du Vieux-Port.Surtout, la démarche veut à nouveau prendre pleinement appui sur la société civile pour réactualiser la définition des besoins et parvenir à ce nouveau plan directeur.Ainsi, s\u2019est tenu, en 2010, un exercice de prospective, de « visioning [sic] » ayant mis à contribution plusieurs acteurs de la communauté montréalaise et permis de dégager cinq « piliers » d\u2019une vision d\u2019avenir.Un comité- conseil qui compte des représentants de groupes d\u2019intérêt ou de la communauté touchés par le dossier a été mis sur pied pour accompagner la SIC dans l\u2019opération.Les étapes de consultation sont bien balisées, la documentation est pleinement accessible, les nouveaux modes électroniques de participation sont mis à contribution.Les huit principes Toutefois, le document qui présente les grandes lignes de la démarche de la SIC résume de façon beaucoup trop succincte et expéditive, à notre avis, les principes qui avaient émergé des consultations et régi le premier plan directeur.Ces principes, au nombre de huit, nous semblent toujours pertinents trente ans plus tard.Le premier principe prônait la nécessité d\u2019insérer le réaménagement du Vieux-Port dans la problématique de l\u2019aménagement du centre- ville élargi, en complémentarité et non en concurrence avec les secteurs environnants : ce principe conserve une grande pertinence, entre autres, alors que Montréal doit procéder au cours des prochains mois à la révision de son Plan d\u2019urbanisme.Le second renvoyait au libre accès du public sur le site : c\u2019est l\u2019essentiel du résumé fait par le document de consultation.Deux des principes de 1986 demandaient, outre le maintien du caractère historique et maritime du lien, la mise en valeur des vestiges archéologiques et la préservation des vues exceptionnelles sur le site, le plan d\u2019eau, la rue de la Commune et la ville : la gestion de cette exigence s\u2019est avérée difficile à travers le temps, relativement à la profusion de projets ayant surgi à un moment ou un autre (par exemple, l\u2019af fichage commercial, l\u2019implantation d\u2019une grande roue ou d\u2019un téléphérique).Deux autres parmi ces principes semblent implicites dans la démarche actuelle, mais nécessiteraient d\u2019être réaf firmés, et ce, avec force : le maintien des espaces sous contrôle public et l\u2019implication des différents paliers de gouvernement dans la planification et l\u2019aménagement.Le septième principe demandait un aménagement en réponse à des besoins réels, un principe que rencontre manifestement la démarche actuelle, mais qui exigeait aussi de retenir, parmi ces besoins, ceux pour lesquels le Vieux-Port était véritablement le site approprié, un tamis clair pour choisir entre les multiples projets commerciaux ou résidentiels que soumettent les développeurs.Enfin, le dernier principe revêt peut-être la plus grande importance aujourd\u2019hui : il demandait que l\u2019aménagement se fasse à l\u2019intérieur d\u2019un plan directeur, mais sans que les nouvelles adjonctions nuisent aux réalisations antérieures.En continuité avec ces principes, il serait essentiel que la démarche en cours, avant de parler de revitalisation, dresse un bilan systématique et éclaire les questions suivantes : En fonction de quels critères et de quel bilan un des cinq piliers dégagés du « visioning » de 2010 pour la partie Pointe-du-Moulin et le Silo no 5, celui de créer « un nouvel ensemble urbain exceptionnel sur le plan de l\u2019architecture, du paysage et du développement durable », devient-il l\u2019objectif d\u2019ensemble de l\u2019opération et est-il étendu à l\u2019ensemble du territoire du Vieux-Port ; La place que la revitalisation veut faire à la mixité d\u2019usages ; La signification et la portée pour la SIC de cette volonté «d\u2019assurer à long terme la viabilité du territoire».L\u2019objectif de créer « un nouvel ensemble urbain exceptionnel sur le plan de l\u2019architecture, du paysage et du développement durable » est louable en soi, certes, mais il faut que cet aménagement se situe en cohérence et en continuité avec les principes et les réalisations antérieures, des réalisations qui ont subi avec succès l \u2019épreuve du temps.Le secteur du Vieux-Port doit continuer d\u2019être un modèle à tous égards.REVITALISATION DU VIEUX-PORT DE MONTRÉAL Le défi de la cohérence ou comment innover dans la continuité OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR Le site présentement à l\u2019étude incorpore la Pointe-du-Moulin et le Silo no 5, un territoire essentiel à une pleine mise en valeur du Vieux-Port.LE DÉCLENCHEUR «Les caractéristiques du modèle [coopératif] n\u2019ont pas changé.Il se distingue toujours du modèle d\u2019affaires des banques à charte par son modèle de propriété collective, sa gouvernance démocratique et sa logique d\u2019affaires qui en est une de service et inscrite dans une proximité attentive aux besoins des membres et à l\u2019accessibilité aux services financiers.» \u2014 Alban D\u2019Amours, «L\u2019âme du Mouvement Desjardins est toujours vivante», Le Devoir, 26 février E C Desjardins a agi dans ce cas comme le font les pires citoyens corporatifs L E D E V O I R , L E J E U D I 3 M A R S 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S vie», ajoute-t-elle.Entre le 1er avril 2010 et le 31 mars 2015, le Directeur de l\u2019état civil avait traité à peine 291 demandes de changement de la mention du sexe, soit 21 en 2010-2011, 49 en 2011-2012, 56 en 2012-2013, 76 en 2013-2014 et 92 en 2014- 2015.Plusieurs personnes attendaient patiemment l\u2019entrée en vigueur des modifications au Règlement relatif au changement de nom et d\u2019autres qualités de l\u2019état civil, le 1er octobre dernier, afin de déposer leur formulaire de « Demande de changement de la mention du sexe figurant à l\u2019acte de naissance » au Directeur de l\u2019état civil.Une amie septuagénaire de Marie-Marcelle Godbout faisait partie du lot.Elle vivait depuis plus de 50 ans sous les traits d\u2019une femme sans pour autant avoir subi d\u2019interventions chirurgicales.«Elle a dû vivre toute sa vie avec des papiers contraires à [son] identité », se désole Mme Godbout, qualifiant sa camarade de « sans papiers ».« Il y a des places où tu ne peux pas avoir de faux papiers, comme des hôpitaux, où on va crier les noms [des patients].\u201cJoseph Beaulieu !\u201d La personne est obligée de se lever devant tous les autres patients.Joseph Beaulieu a l\u2019air d\u2019une catin.C\u2019est un peu dur moralement», souligne-t-elle dans une entrevue téléphonique avec Le Devoir.Des trans étaient « condamnés à vivre dans une mascotte toute [leur] vie ».Certains ont été traités comme « moins que des zéros » ou encore ont été « persécutés ».Les trans qui optaient pour une chirurgie de réattribution sexuelle « voulaient tellement devenir quelque chose qui pouvait vivre parmi tout le monde ».Elle fut l\u2019un d\u2019eux.« On s\u2019en allait vers la liber té totale.On sor tait de l\u2019hôpital pleins de rêves.[Mais, certains] arrivaient devant une réalité tellement cruelle : rejet de leur famille, rejet de leurs amis, pas de travail », relate Mme Godbout.«Maintenant, c\u2019est beaucoup plus facile de vivre.La société a évolué, se réjouit l\u2019ex-magi- cienne, qui est mariée depuis 43 ans, a un fils de 40 ans et deux petits-enfants de 12 et 13 ans.J\u2019ai eu la chance de ne pas faire briser mes rêves.» Les mineurs La bénévole à l\u2019ATQ Marie-Marcelle God- bout invite aujourd\u2019hui le gouvernement libéral à étendre la por tée du règlement aux personnes mineures.« Je le savais, à cinq ans, que je n\u2019étais pas un petit gars.Moi, dans le plus profond de mon être, j\u2019ai toujours été une fille\u2026 qui a été étouffée dans le fond», insiste-t-elle à l\u2019autre bout de fil.Aujourd \u2019hu i , « 73 % des jeunes trans au Québec vivent dans la détresse psychologique \u2014 ça n\u2019aide pas à la persévérance scolaire, ça \u2014 53 % ont une faible estime d\u2019eux-mêmes et 70 % af firment être victimes de violence », a indiqué l\u2019élue solidaire Manon Massé la semaine dernière à l\u2019Assemblée nationale, tout en brandissant un ar ticle de la revue Santé mentale au Québec.En mai 2015, la Commission des institutions a appelé le gouvernement libéral « à entreprendre dès maintenant des actions afin de faciliter la vie de ces enfants », a aussi rappelé la députée de Sainte- Marie\u2013Saint-Jacques.La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, s\u2019est engagée à faire connaître «des pistes de solution rapidement».« Il s\u2019agit là de modifications importantes à apporter à notre droit, à notre Code civil.Nous travaillons ce dossier-là avec toute la rigueur qui est nécessaire.[\u2026] Les équipes sont déjà à pied d\u2019œuvre dans le dossier», a-t-elle déclaré en Chambre.Manon Massé s\u2019est aussi dite favorable à l\u2019idée d\u2019ajouter une case «autre» sur les formulaires de l\u2019état civil, en plus des cases «masculin» et «féminin».«Y a-t-il un besoin de toujours se genrer?» de- mandait-elle dans un entretien avec Le Devoir.Mme Godbout n\u2019est pas de cet avis.«On se bat pour sortir d\u2019un tiroir, ne nous mettez pas dans un autre.Le F et le M sur les papiers, ça fait longtemps qu\u2019on dit que ça ne devrait pas exister.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 IDENTITÉ de première ligne] soient là où les patients en ont besoin dans les GMF.Mais ce n\u2019est pas la totalité des services [des CLSC] qui s\u2019en vont.» Selon elle, ce transfert est une «pièce maîtresse» de la réforme des services de première ligne pour sortir de l\u2019hospitalo-centrisme.«Ça ne veut pas dire qu\u2019il n\u2019y aura plus personne dans les CLSC, mais disons qu\u2019on détermine qu\u2019un patient a besoin de services psychosociaux, plutôt que le médecin lui dise d\u2019appeler au CLSC pour prendre un rendez-vous et que le patient y soit réévalué, là, il va avoir tout sur place, ça va améliorer la fluidité du GMF.» Directive ministérielle C\u2019est la confirmation de ce que plusieurs craignaient depuis que le sous-ministre adjoint, Louis Couture, a envoyé une directive aux p.- d.g.des centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) pour les informer de la nouvelle orientation pour favoriser l\u2019interdisciplinarité dans les GMF.«Concrètement, des travailleurs sociaux et des pharmaciens se joindront systématiquement aux infirmières cliniciennes déjà présentes dans tous les GMF », écrit le sous-ministre dans le document dont Le Devoir a obtenu copie.En fonction du nombre de patients, chaque GMF se verra attribué jusqu\u2019à 5 infirmières, 2,5 travailleurs sociaux et 2,5 professionnels de leur choix.Cela touchera de façon plus spécifique les inhalothérapeutes, kinésiologues, nutritionnistes et physiothérapeutes.Pour les infirmières et les pharmaciens, c\u2019est le ministère de la Santé qui assumera le coût des salaires, mais pas pour les autres professionnels de la santé, précise le sous-ministre.« Le financement spécifique à l\u2019attribution des travailleurs sociaux et des autres professionnels de la santé et des services sociaux devra être assumé à même les budgets et ressources» des centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) et des centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS).Dans un autre document, le ministère parle d\u2019une «migration des professionnels de la santé de l\u2019établissement vers les GMF».Ces derniers resteront des employés du CISSS, mais dans de nouveaux bureaux, payés eux aussi par Québec.Détournement de ressources «On est en train de détourner les ressources du public vers des GMF qui sont gérés par des médecins de façon privée.On déshabille Pierre pour habiller Jean, mais ce ne sont pas nécessairement les mêmes gens qui vont être servis », dénonce un gestionnaire de longue date, sous le couvert de l\u2019anonymat.Ce dernier parle de «compressions déguisées» et s\u2019inquiète du sort de la clientèle plus vulnérable, qui ne trouvera pas nécessairement de place en GMF.«Dans les GMF, les clients ne seront pas soumis à une priorisation dans un guichet d\u2019accès comme en CLSC», affirme-t-il.Il n\u2019est pas le seul à s\u2019inquiéter de cette «migration» des services.«Cette volonté d\u2019avoir des ressources professionnelles dans les GMF, si on regarde ça strictement sous cet angle, c\u2019est un apport important dans les services à la population.Mais quand on voit que c\u2019est un transfert de ressources, ça, c\u2019est inquiétant, parce qu\u2019on ne sait pas ce qu\u2019il va advenir des services qui étaient rendus par ces professionnels dans les établissements de santé», affirme Carolle Dubé, présidente de l\u2019Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).«On a développé les CLSC pour offrir des services de première ligne et des ressources dévouées à la prévention de la santé.Comme les médecins n\u2019y sont pas allés, on amène aujourd\u2019hui les professionnels aux médecins dans les GMF.Mais notre crainte, c\u2019est qu\u2019on est en train de mettre en danger tout le cœur de la mission des CLSC», affirme Mme Dubé.À Laval, la présidente de l\u2019exécutif local de l\u2019APTS, Josée Blanchard, estime qu\u2019il faudra 20 travailleurs sociaux et tout autant de professionnels des autres catégories pour répondre à la demande des nouveaux GMF.Or, on compte exactement 22 travailleurs sociaux répartis dans les 4 CLSC de la région.« Les listes d\u2019attente vont encore s \u2019allonger » , cra int Mme Blanchard.Au CISSS de Laval, on n\u2019était pas en mesure de confirmer ces chiffres mardi, puisque les besoins des GMF n\u2019ont pas encore été signifiés officiellement.On affirme travailler sur dif fé- rents scénarios, mais ne pas savoir encore avec précision dans quels services on ira chercher ces professionnels.«Est-ce qu\u2019on va les prendre dans les CLSC, en santé mentale ?Est-ce qu\u2019on va les prendre ailleurs?On va voir le nombre de personnes dont on aura besoin et où on ira les placer.Mais c\u2019est sûr que pour la population, c\u2019est une meilleure utilisation des professionnels parce qu\u2019ils vont être dans des GMF.» D\u2019autres options David Levine, ancien directeur de l\u2019Agence de la santé de Montréal, aujourd\u2019hui lobbyiste pour les cliniques privées, croit que ces changements sont de bon augure.« J\u2019ai toujours prôné qu\u2019on devait transférer de l\u2019argent de notre système actuel vers un autre modèle plutôt que d\u2019injecter de l\u2019argent neuf dans le système », af- firme-t-il en entrevue au Devoir.Pourtant, il espère que les gestionnaires du réseau ne feront pas l\u2019erreur de prendre l\u2019essentiel des ressources dans les CLSC.« Au départ, ce type de déplacement de ressources peut avoir un effet très positif, ça va dépendre de comment on utilise cette main-d\u2019œuvre.Mais j\u2019espère que ce ne sera pas uniquement de la main-d\u2019œuvre qui provient des CLSC.J\u2019espère que les p.-d.g.des CISSS vont être sérieux et regarder aussi du côté des cliniques externes à l\u2019hôpital.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CLSC décédé dans la nuit du 2 mars.Actif jusqu\u2019au bout, l\u2019érudit et grand communicateur qu\u2019il fut avait publié à 100 ans en novembre dernier le recueil de réflexions Rumeurs à l\u2019aube (Fides).En cette ère de laïcité triomphante, ce dominicain aura presque fait goûter l\u2019Église aux Québécois les plus réfractaires, rare prêtre à avoir autant investi l\u2019espace public en abordant la spiritualité avec humour, ouverture d\u2019esprit et humanisme, allergique à tous les dogmatismes qui enferment l\u2019esprit dans une cage et le tuent.«À la brunante, il faut savoir intégrer l\u2019ombre, en attendant la nuit qu\u2019on espère pleine d\u2019étoiles », écrivait-il en 2012.Sa curiosité, son hyperactivité et sa foi profonde avaient maintenu sa longévité, sans déclin intellectuel, avec une ironie au coin de lèvres et de l\u2019œil.« Ma vieillesse est une amie qui m\u2019attend chaque matin comme la lumière», confiait-il à son amie Josée Blanchette, chroniqueuse au Devoir.Et « l\u2019ef fet de l\u2019âge sur la réflexion, c\u2019est qu\u2019on accepte mieux que les autres soient ailleurs».C\u2019est un grand homme qui disparaît, en tunique ou en col roulé.Et un sage pour qui le sacré et la culture se complétaient dans l\u2019harmonie des sphères.Le père Benoît Lacroix fut un oiseau rare et précieux sous nos cieux, théologien érudit doublé d\u2019un médiéviste, d\u2019un exégète de l\u2019œuvre du poète Saint-Denys Garneau, d\u2019un amant de la nature en contemplation du fleuve et des oies en envol, d\u2019un philosophe, d\u2019un fou de la vie, d\u2019un spécialiste de la langue française, longtemps grand joueur de tennis.Il fut aussi une voix à la radio Ville-Marie, jusqu\u2019à tout récemment, au rendez-vous d\u2019une sagesse à prodiguer quant aux enjeux contemporains, de l\u2019immigration aux familles reconstituées, en passant par la violence et les spasmes d\u2019en finir.Sa devise : carpe diem (profite du jour).Son souhait : « Que le Québec devienne de plus en plus francophone dans sa langue et universel dans sa culture.» Le Devoir a publié de 1987 à 2010 ses éditoriaux de Pâques et de Noël, autant d\u2019invitations à plonger en soi pour y trouver l\u2019espoir et la générosité de vivre, par l\u2019œcuménisme et les bras grands ouverts à l\u2019autre.Les racines d\u2019un homme d\u2019esprit Juché sur son siècle, ce prêtre dominicain aura vu neiger sur sa paroisse et sa société.Il avouait avoir vécu comme un vrai deuil la perte de sa chaire d\u2019enseignant au Centre d\u2019études médiévales de l\u2019Université de Montréal après 40 ans de pratique.Il aura publié au long de sa vie une quarantaine d\u2019ouvrages à teneur théologique, philosophique, littéraire et historique.Ses racines rurales (il est né dans la ferme de son père, Caïus, dans un rang de Saint-Michel- de-Bellechasse) lui maintenaient les pieds sur terre, en plus de lui avoir donné le sens du travail qui n\u2019attend pas, à Noël et à Pâques non plus.À 12 ans, dans le Québec de 1927, en un cri de rébellion, il ne voulut plus travailler sur la terre paternelle ni poursuivre ses études.Son père ne l\u2019entendait pas de cette oreille : «Que ça te plaise ou non, tu iras au pensionnat.Le pays a besoin de toi.Moi pas ! » Il a fait son cours classique au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, entra au noviciat des Dominicains à Saint-Hyacinthe.Benoît Lacroix devait enseigner au Centre d\u2019études médiévales de l\u2019Université de Montréal, entre 1945 et 1985, être professeur invité aux universités de Kyoto, de Butare, de Caen, etc.En 1981, il quittait l\u2019enseignement pour se consacrer à la communication tous azimuts.Il adorait les films de Bernard Émond, la poésie du conteur Fred Pellerin, les chansons de Gilles Vigneault et la musique classique, mais se sentait hérissé par un certain humour vulgaire.La culture constituait à ses yeux l\u2019avenir d\u2019un Québec qui aurait intérêt à s\u2019inspirer du meilleur apport de l\u2019immigration.Ce disciple de Teilhard de Chardin ne se considérait pas comme un mystique, mais précisait trouver son inspiration dans un catholicisme de dialogue avec la science, la culture populaire et les autres confessions spirituelles.Presque animiste dans sa conviction que le divin se pose partout : dans une herbe, un regard, un nuage au loin.«La religion a été et peut encore être trop puissante », confiait-il au Devoir, avant d\u2019ajouter : «La laïcité ne me fait pas peur, elle est positive : avant d\u2019être catholique, juif, musulman, je suis laïque.» Et aussi : «Pour mieux connaître ma religion, j\u2019ai besoin de connaître les autres, aussi bien l\u2019islam que le bouddhisme.» À ses yeux, l\u2019Église n\u2019était pas là pour s\u2019immiscer dans la vie privée des gens, mais pour accompagner leur quête de sens, qui passe beaucoup par le don.« Notre forme obsessive du catholicisme ne pouvait plus durer», avouait-il.Dans son recueil d\u2019entretiens La mer récompense le fleuve : parcours de Benoît Lacroix, publié en 2009 chez Fides, il abordait les aspirations de son peuple.« Pour être un meilleur pays, le Québec devrait chercher aussi à élargir les lieux de sa pensée\u2026 et de ses rêves, et s\u2019asseoir avec les autres francophones d\u2019Amérique pour recréer une nouvelle unité politique, mais sans partisanerie exagérée.» Jacques Grand\u2019Maison commentait déjà, au moment où lui était attribué le prix Léon-Gérin en 1981, l\u2019apport de Benoît Lacroix : « L\u2019un des meilleurs témoins, au Québec, à titre de médiéviste et d\u2019historien, de la tradition intellectuelle qui a façonné la pensée occidentale.» Un grand homme de cœur aussi, la plume préférée parmi toutes celles qu\u2019il porta à son chapeau.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 LACROIX pour la sécurité de la clientèle », précise Mme Lacasse.C\u2019est l\u2019Association pour la protection de l\u2019environnement du lac Saint-Charles et des marais du Nord (APEL) qui avait évoqué le problème lors d\u2019une séance du comité plénier en février.Dans le cas de Stoneham, son utilisation est par ticulièrement dommageable, parce que la rivière qui borde la station (la rivière Hibou) se déverse dans le lac Saint-Charles, principal réservoir d\u2019eau potable de la ville de Québec.La porte-parole de la station de ski signale que la station comptait déjà aménager des bandes de végétalisation autour de son stationnement pour « réduire l\u2019ap- por t en sédiment à la rivière » .Elle cherche en outre un « substitut au produit d\u2019engrais ».À Québec, ces « c iments à neige » viennent ainsi s \u2019ajouter aux nombreux agresseurs qu i menacent actuellement le lac et à la prise d\u2019eau comme les fosses septiques, les rejets des stations d\u2019épuration inadéquates, les sels de déglaçage des autoroutes, les carrières et sablières ou encore les produits utilisés sur les terrains de golf.À l\u2019Association des stations de ski du Québec, on signale que ce sont d\u2019abord les organisateurs de compétitions sportives qui recourent à ces produits.«Souvent, c\u2019est un tiers parti qui a la responsabilité de la zone de compétition, comme Gestev ou comme la Fédération internationale de ski [FIS]», explique son directeur Yves Juneau.Utilisés par les promoteurs À S t o n e h a m , M m e L a c a s s e confirme que ces produits sont utilisés à la demande des organisateurs d\u2019événements.« Nous, on n\u2019achète pas ce genre d\u2019engrais-là.Mais on accepte que les clubs ou organisateurs d\u2019événements en fassent l\u2019usage lors de situations exceptionnelles.» Une station comme Stoneham peut accueillir une bonne dizaine de compétitions par saison.Du 17 au 20 mars, elle doit par exemple présenter les Championnats canadiens des maîtres alpins et une autre épreuve d\u2019élite féminine au début avril.Or, la porte-parole insiste sur le fait que l\u2019usage du produit dépend beaucoup du contexte et qu\u2019il arrive qu\u2019on en fasse « aucun usage» pendant la saison.« Nous, on ne tient pas à utiliser ce produit-là, et s\u2019il y avait une recommandation disant que c\u2019est très nocif et qu\u2019il faut arrêter d\u2019en faire l\u2019usage, on va arrêter ça.On va dire aux organisateurs d\u2019événements d\u2019arrêter d\u2019en faire l\u2019usage.» Les voitures pointées du doigt Par ailleurs, les stations de ski font de plus en plus d \u2019ef for ts pour réduire leur empreinte écologique, et leur Association travaille sur un projet de Charte du développement durable .Pour l \u2019heure, l \u2019accent est beaucoup mis sur la réduction des GES en provenance des automob i les .« La plupart des adeptes de ski et de planche à neige se rendent aux stations en véhicule.C\u2019est de ce côté-là qu\u2019est la plus grosse empreinte écologique », note son p.- d.g., Yves Juneau.Des stations comme Val Saint- Côme et Mont-T remblant ont dé jà fa i t instal ler des bor nes pour les vo itures é lectr iques .L\u2019Association a aussi lancé une campagne baptisée « Coupe ton moteur » pour encourager les gens à ne pas la isser tour ner leur moteur trop longtemps dans le stationnement.Sinon, l\u2019impact écologique des stations reste limité, conclut-il.« On a fait des analyses pour voir s\u2019il n\u2019y avait pas moyen de faire des gains en électrifiant les da- meuses, et ça demeure marginal comme impact, poursuit-il.La fabrication de neige, c\u2019est de l\u2019eau et de l\u2019air, et il n\u2019y a pas une grosse empreinte là non plus.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SKI Une réflexion sur l\u2019occasion de modifier ultérieurement le règlement pour y inclure les personnes mineures est nécessaire et urgente.Il en est de même pour les personnes immigrantes, laissées pour compte dans ces changements réglementaires.Commission des institutions de l\u2019Assemblée nationale, mai 2015 « » "]
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