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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-03-04, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I N o 4 7 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 4 M A R S 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Week-end \u203a Les papillons vibrionnent partout dans la grande serre du Jardin botannique.Page B 1 Économie \u203a Marché du travail.La situation des femmes s\u2019est grandement améliorée au cours des trois dernières décennies, selon l\u2019ISQ.Page A 7 Avis légaux.B 6 Décès.B 8 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 8 Sudoku.A 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m THE WALL EN OPÉRA À MONTRÉAL ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019Opéra de Montréal présentera l\u2019an prochain Another Brick in the Wall \u2014 L\u2019opéra, d\u2019après la célèbre œuvre The Wall de Pink Floyd.L\u2019auteur-compositeur Roger Waters, ex-bassiste de la formation britannique, était de passage à Montréal jeudi a?n de faire la promotion de cet opéra qui fera l\u2019objet de sept représentations dans le cadre du 375e anniversaire de la métropole.Page B 2 M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa J ustin Trudeau aura réussi à convaincre les provinces d\u2019appuyer une tarification du carbone partout au pays.Mais le premier ministre canadien a en revanche dû accepter de remettre à plus tard la mise en œuvre de telles mesures dans les provinces qui ont refusé jusqu\u2019ici d\u2019emboîter le pas à leurs voisines.Pour l\u2019instant, les provinces étudieront les «mécanismes » envisageables\u2026 pour discuter davantage de l\u2019épineux dossier cet automne.La rencontre des premiers ministres du pays à Vancouver jeudi s\u2019annonçait pour le moins corsée.Le premier ministre fédéral tenait mordicus à ce que le pays entier se dote d\u2019un prix sur le carbone comme promis lors des élections et que les pourparlers sur le sujet ne s\u2019éternisent pas.Mais plusieurs provinces refusaient catégoriquement d\u2019envisager l\u2019idée et sommaient Ottawa de faire preuve de flexibilité.Mécanismes variables Justin Trudeau et ses homologues ont fini par convenir que le plan pancanadien de lutte contre les changements climatiques comptera des «mécanismes de tarification du carbone».Il y a eu « des moments d\u2019échanges francs », a consenti M.Trudeau.« Chaque premier ministre a adhéré à la déclaration de Vancouver, qui note qu\u2019il y aura différentes approches, mais que la tarification du carbone fait partie de la solution que ce pays et tous ses premiers ministres mettront en avant », a-t-il cependant tranché à l\u2019issue des pourparlers.Les détails se feront toutefois attendre.Cette même déclaration prévoit la création d\u2019un groupe de travail qui étudiera « les mécanismes d\u2019instauration d\u2019un prix sur le carbone adaptés CLIMAT Entente mitigée sur le carbone Trudeau et les provinces conviennent de reparler de tarification de carbone\u2026 dans six mois C A T H E R I N E L A L O N D E L e Conseil des arts du Canada (CAC) fait le pari de transformer les résidences en ateliers pour les créateurs en arts visuels.Pour 2016, le CAC abandonne ses baux de location dans six grandes villes du monde afin de réinvestir les quelque 250 000 $ économisés annuellement dans des résidences et des destinations partout dans le monde, au choix des artistes.Un modèle Airbnb sur mesure, plutôt que « tout inclus», en quelque sorte.Le modèle de la résidence d\u2019artiste en atelier est issu du XIXe siècle, comme le mentionnait en entrevue au Devoir la chef du Service des arts visuels du CAC, Sylvie Gilbert.Il est né de ce moment où l\u2019on croyait ici dur comme fer que les artistes canadiens avaient besoin d\u2019être vus d\u2019abord en Europe afin de Viser l\u2019international, un studio à la fois Le Conseil des arts du Canada change son approche pour les studios-résidences en arts visuels Mariage religieux Couillard désavoue le ministère de la Justice Pages A 3 et A 8 Zeitgeist Le mot en F ou comment faire une folle de soi sans être féministe Page B 10 C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris E ntre deux nuages, elles apparaissent au loin autour de la fontaine.De simples chaises éparpillées destinées à accueillir « les amours débutants », aurait dit Brassens.Des chaises aussi discrètes que leur auteur, le sculpteur Michel Goulet, qui inaugure ce vendredi matin au cœur de la capitale française ces dix causeuses poétiques qui orneront dorénavant, à deux pas du ministère de la Culture, l\u2019un des lieux publics les plus prestigieux de la capitale.« J\u2019ai toujours voulu être discret, investir un lieu sans rien imposer, ne rien brusquer», dit le sculpteur québécois dont les œuvres, en Europe, ont déjà conquis les villes de Lyon, Na- mur, Le Havre et Charleville- Mézières.Pour la discrétion, le pari est réussi.L\u2019œuvre s\u2019intitule d\u2019ailleurs Les confidents.Les passants s\u2019approchent sans se douter de rien.C\u2019est au moment de s\u2019asseoir qu\u2019ils découvrent les vers gravés sur le dossier en hommage à une vingtaine de poètes, dont Gaston Miron, Anne Héber t, Éluard et Rimbaud.Les poètes sont regroupés par deux puisqu\u2019il s\u2019agit de causeuses.Entre les deux sièges est posé un objet de la vie quotidienne sculpté en Des chaises en hommage à la poésie Le sculpteur Michel Goulet inaugure ses causeuses au Palais Royal, à Paris CENTRE DES MONUMENTS NATIONAUX Le sculpteur Michel Goulet sur l\u2019une de ses chaises VOIR PAGE A 10 : CLIMAT VOIR PAGE A 10 : CHAISES VOIR PAGE A 10 : AR TISTES L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 4 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 OSSIER LE PIPELINE DE LA DERNIÈRE CHANCE IRE L À ALEX \u2019 D SS O D N U DEMAIN S SHIELD NDRE A ER I eurs r icult ue du Nor iq ér st construit e tion et de ent sa construc ut edo ue la pétr s q andi d.T ojet Énergie Est de T , le pr s de m aine s diz efuse de se plier a e r olièr viendr da de ansCana r posent s s\u2019y op é ipalit unic s du Québec, de ux loi os pipeline en a le plus gr .s CO LE ET LE UR O P VINCENT E U CQ A J - RIE A M RA TE NTEX TE TEX .RIN LA ET U A DE A N S , IER PP F PIER , F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S N\u2019 en déplaise aux ministres Lise Thériault et Stéphanie Vallée, il reste aux femmes encore beaucoup de batailles à mener avant que le mouvement féministe ne soit plus essentiel, ont souligné d\u2019une même voix plusieurs personnalités en ouver ture du Sommet des femmes, jeudi.« On en a fait du chemin, c\u2019est cer tain, a concédé Elsie Lefebvre, conseillère de ville pour Coalition Montréal dans le district municipal de Villeray.Mais est-ce qu\u2019on en a fait assez pour cesser de s\u2019associer au mouvement féministe ?Je ne pense pas ! » a-t- elle lancé sous les murmures approbateurs de la foule.S ecoué en début de semaine par la réticence des ministres libérales de la Condition féminine et de la Justice à se dire féministes, le mouvement ne paraissait nullement affecté ou démotivé jeudi.« Il est évident que nous dérangeons, mais nous n\u2019allons pas faire comme si nous n\u2019existions pas », a lancé l\u2019ancienne ministre Lise Payette, l\u2019une des nombreuses têtes derrière l\u2019événement.Elles étaient plus d\u2019un millier à avoir répondu à l\u2019appel du collectif apolitique mis sur pied l\u2019automne dernier.Mille à s\u2019être déplacées des quatre coins du Québec pour participer aux deux jours du sommet qui doit réunir des femmes et des hommes de tous les horizons, de tous les partis politiques.Ces féministes \u2014 elles tiennent au titre \u2014 seront invitées à se questionner sur la place des femmes en 2016.«Est-ce que nos luttes ont toujours valu la peine?Est-ce qu\u2019il faut défendre les positions de nos élus?Des fois oui, des fois non», a renchéri l\u2019ancienne présidente de l\u2019organisme Femmes autochtones du Québec Michèle Audette, déclenchant de légers rires dans l\u2019assistance.En politique depuis une dizaine d\u2019années, Elsie Lefebvre \u2014 qui demeure la plus jeune femme à avoir été élue à Québec \u2014 constate que les choses ont peu bougé depuis ses débuts.Dans certains cas, elles ont carrément régressé.« Quand j\u2019ai commencé en politique, je me disais que les batailles des femmes étaient derrière nous, que celles qui m\u2019avaient précédée avaient réussi.Pourtant, encore aujourd\u2019hui, même si nous avons obtenu la parité au fédéral, ce sont à peine 26 % des députés qui sont des femmes\u2026 Force est de constater qu\u2019on est loin d\u2019avoir gagné ! » Pour faire avancer la cause des femmes, les conférencières qui ont brisé la glace jeudi \u2014 Michèle Audette, Elsie Lefebvre, la fiscaliste Brigitte Alepin et la spécialiste en droit fiscal Allison Christians \u2014 ont toutes souligné que des changements majeurs, autant sur le plan politique qu\u2019économique, devront être apportés.Engagement politique Le Sommet doit se poursuivre toute la journée vendredi, alors que les participants pourront assister à une dizaine d\u2019ateliers.Parmi les sujets qui seront abordés, notons la représentation politique, la violence et les responsabilités familiales.Dans l\u2019optique de « laisser les participantes s\u2019exprimer librement », les médias ne seront toutefois pas autorisés à assister aux différents débats prévus.Au terme du Sommet vendredi soir, les chefs des partis politiques seront appelés à se prononcer sur les moyens concrets qu\u2019ils souhaitent mettre en place pour favoriser l\u2019accession des femmes aux postes de pouvoir.Pierre Karl Péladeau, François Legault et Françoise David seront présents.Quant à Philippe Couillard \u2014 qui est à Vancouver avec ses homologues provinciaux et fédéral \u2014, il n\u2019a pas répondu à l\u2019invitation, selon Lise Payette.Le Devoir Féministes.et fières de s\u2019afficher comme telles Le Sommet des femmes s\u2019est ouvert jeudi sur fond de remise en question du mouvement ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR « Il est évident que nous dérangeons», a lancé la chroniqueuse Lise Payette.M A R I E - M I C H È L E S I O U I L e torchon brûle entre le Conseil de presse du Québec (CPQ) et la blogueuse Dje- mila Benhabib, blâmée sévèrement pour plagiat par le tribunal d\u2019honneur des médias dans une décision qu\u2019il a rendue publique il y a une semaine.La blogueuse, qui avait déjà qualifié la décision du CPQ de « grossière job de bras » , a convoqué les médias, jeudi, pour dénoncer, encore une fois, les attaques dont elle dit être victime.« Il y a eu une charge politique qui a été orchestrée contre moi.Il y a eu une charge médiatique qui a été orchestrée contre moi.La preuve en est la dimension [de la nouvelle] relayée de façon extrêmement insistante », a rapporté Radio-Canada.La veille, la présidente du Conseil de presse, Paule Beau- grand-Champagne, répliquait dans une lettre ouver te aux premières critiques qu\u2019avait formulées Mme Benhabib, sur sa page Facebook cette fois.« La vérité, c\u2019est que le Conseil de presse existe d\u2019abord et avant tout pour défendre le droit du public à une information de qualité, et non pour défendre des intérêts privés », a écrit Mme Beaugrand-Champagne.Trois réactions Jusqu\u2019ici, Djemila Benhabib a réagi en trois temps à la décision du CPQ : une première fois dans ces pages, vendredi dernier ; puis sur sa page Facebook ; et, enfin, devant les médias jeudi.Chaque fois, elle a utilisé des mots durs à l\u2019endroit du tribunal d\u2019honneur des médias, auquel elle a reproché de par ticiper à une « tentative d\u2019exécution publique » et de «manquer de rigueur», en plus de le soupçonner d\u2019entretenir des « accointances » avec des médias qui ont diffusé la décision du CPQ avant qu\u2019elle ne soit rendue publique.« Je reçois ça assez mal », a déclaré au Devoir Paule Beau- grand-Champagne, à propos des intentions que prête la blogueuse au CPQ.« S\u2019il y a quelqu\u2019un qui est en train de politiser cette affaire-là, c\u2019est un peu elle.Tout ce que le comité des plaintes du Conseil de presse a fait, c\u2019est analyser cinq textes qu\u2019elle avait publiés sur Sympatico.ca et vérifier s\u2019il y avait plagiat ou pas, inexactitude ou pas.» Un processus rigoureux Le processus d\u2019étude d\u2019une plainte est long et rigoureux, a souligné la présidente.À preuve, le CPQ a rendu une décision en janvier à propos d\u2019une plainte déposée en mai.«Elle [Mme Benhabib] a décidé que c\u2019était un complot contre elle, mais ce n\u2019est certainement pas un complot du Conseil de presse», a poursuivi Mme Beau- grand-Champagne.«Nous, on défend le droit du public à l\u2019information, et c\u2019est tout.» Quant aux « accointances » présumées avec les médias, la présidente a suggéré de regarder du côté de ceux à qui la décision a été envoyée une fois qu\u2019elle a été rendue.« La façon de procéder, c\u2019est qu\u2019on envoie la décision à la plaignante et, en même temps, à la mise en cause et à son patron de presse, s\u2019il y a lieu », a- t-elle expliqué.« Si quelqu\u2019un a coulé quelque chose, il faut que ce soit une des trois personnes en question.» Aux critiques de Djemila Benhabib, qui a avancé dans sa réplique que le blogue « est beaucoup moins à cheval sur l\u2019identification précise des sources que [\u2026] la chronique ou l\u2019information factuelle », Mme Beaugrand-Champagne a répliqué que le plagiat est interdit dans tous les cas.« Le code de déontologie journalistique est très clair.Qu\u2019on écrive dans un blogue ou sur papier, ce sont les mêmes règles de journalisme qui doivent s\u2019appliquer.» Le plagiat, d\u2019ailleurs, n\u2019est pas accepté dans les universités ou dans les publications, « quelles qu\u2019elles soient », a-t-elle rappelé.Le Devoir Guerre de mots entre Djemila Benhabib et le Conseil de presse YAN DOUBLET LE DEVOIR Djemila Benhabib lors d\u2019un débat politique en 2013 Beaugrand-Champagne estime que Benhabib «est en train de politiser cette affaire-là» Il est bien trop tôt pour cesser de se dire féministes, estime Elsie Lefebvre L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 4 M A R S 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 I l est rare qu\u2019Hollywood évoque une page de notre histoire.C\u2019est pourtant ce que fait le film d\u2019Alejandro Gonzalez Iñárritu The Revenant, récompensé la semaine dernière par trois Oscar.Inspiré très librement du livre du même nom de Michael Punke, il met en scène, sous les traits de Leonardo DiCaprio, l\u2019histoire du trappeur Hugh Glass, qui aurait dit-on parcouru 300 km pour rejoindre le for t le plus proche après avoir été attaqué par un grizzli.En 1823, Glass marchait sur les traces des coureurs des bois canadiens (français) qui avaient arpenté ces régions dès le milieu du XVIIIe siècle.Leurs descendants, dont le célèbre Toussaint Charbonneau, qui guida Lewis et Clark jusqu\u2019au Pacifique, sont représentés dans le film comme de vils égorgeurs, tout juste bons à faire ripaille et à violer les Amérindiennes.Dans cette caricature, le réalisateur pousse le ridicule jusqu\u2019à af fubler Toussaint d\u2019un accent parisien.Notre collègue Louis Ha- melin faisait remarquer l\u2019incongruité d\u2019un scénario où Toussaint et ses complices agissent comme des membres du Ku Klux Klan en lynchant un membre de la tribu Pawnee, traditionnellement alliée aux Français.Le comédien Roy Dupuis, qui a eu la bonne idée de refuser le rôle de Toussaint, a critiqué dans la presse française et québécoise cette vision antihistorique des coureurs des bois.Il n\u2019est évidemment pas question de prétendre que nos « voyageurs » ont été des saints, mais on se demande comment ils auraient pu commercer sur des territoires aussi vastes où ils étaient très minoritaires en exerçant une telle violence.Au contraire, comme l\u2019a montré l\u2019historien Denis Vaugeois, le commerce des fourrures demandait des talents de négociateur et la connaissance des langues autochtones.On sait que plusieurs eurent des épouses et des enfants amérindiens.Ce n\u2019est pas un hasard si 50 ans plus tard naîtra au Manitoba une nation métisse, française et catholique qui fut écrasée dans le sang.On ne trouve pas trace d\u2019un tel métissage chez les Anglo-Américains.Or justement, en Nouvelle-France, « la vie n\u2019était pas ethniquement compartimentée», écrivent les historiens français Gilles Havard et Cécile Vidal dans leur magistrale Histoire de l\u2019Amérique française (Flammarion).Ce long pensum où Leonardo DiCaprio rampe, éructe et grogne pendant deux heures et demie dans une nature de carte postale ne fait que reprendre la vision des French and Indian Wars assaisonnée à la sauce écolo-protes- tante.Car l\u2019un des péchés les plus impardonnables des papistes établis sur les bords du Saint- Laurent aura toujours été d\u2019avoir eu l\u2019odieux de combattre les Britanniques en s\u2019alliant à des Amérindiens et en adoptant parfois les mêmes techniques de combat.On peut trouver sommaire la réflexion de l\u2019historien américain du XIXe siècle Francis Parkman, mais elle contient une part de vérité: «La civilisation hispanique a écrasé l\u2019Indien, la civilisation britannique l\u2019a méprisé et négligé, la civilisation française l\u2019a adopté et a veillé sur lui.» ?Binaire du début à la fin, The Revenant ne met en scène que deux personnages : une nature souveraine et sublime face à l\u2019Homme qui incarne tout le mal.Loin de participer à la nature, les humains que peint Iñárritu ne peuvent que lui nuire comme l\u2019affirme une certaine écologie antihumaniste.L\u2019histoire aurait d\u2019ailleurs pu être tournée dans le désert tant la culture des habitants de ces contrées, leur imaginaire, leurs techniques de survie sont ignorés.C\u2019est à peine si Glass connaît une chanson, une prière, sait se construire un abri ou panser une plaie.Les Amérindiens eux-mêmes ne sont que de purs esprits qui traversent l\u2019écran comme des zombies.Peut-être pour s\u2019excuser de les avoir si longtemps démonisés, Hollywood les transforme en bons sauvages.Entre l\u2019ange et le démon, leur existence réelle est toujours aussi évanescente.Transformer l\u2019Amérindien en divinité, n\u2019est-ce pas une autre façon de lui refuser une humanité?On pourrait d\u2019ailleurs faire une critique semblable du documentaire L\u2019empreinte, réalisé l\u2019an dernier par Carole Poliquin et Yvan Dubuc avec Roy Dupuis.Malgré des intentions louables, mais aveuglés par le désir de repentance, les réalisateurs ne sont pas loin de prétendre que tout ce qu\u2019il y a de bon dans l\u2019identité québécoise vient au fond des Amérindiens : solidarité, égalité, tolérance, éducation libérale des enfants et rôle des femmes.Une autre façon de se dissoudre dans l\u2019autre.Nulle place pour la culture de ces Français d\u2019Ancien Régime qui peuplèrent la Nouvelle- France et qui sont vaguement qualifiés à l\u2019américaine d\u2019« Européens ».Une culture où justement les femmes occupaient un rôle important et dont le goût des festins et des palabres, l\u2019ouverture au métissage et la culture religieuse ont séduit nombre d\u2019autochtones.Il n\u2019est pas question de reprocher à un cinéaste de travestir l\u2019histoire ou de la magnifier.Mais bien de nous imposer toujours et encore la sempiternelle histoire anglo-américaine avec ses mêmes obsessions puritaines, rédemptrices et antiracistes.Une histoire qui ne saurait résumer à elle seule celle d\u2019un continent.Bref, le film sur «nos» coureurs des bois reste à faire.crioux@ledevoir.com L\u2019Amérique selon Hollywood CHRISTIAN RIOUX à Paris L e premier ministre Philippe Couillard a désavoué jeudi la position sur le mariage défendue par le ministère de la Justice et sa procu- reure générale, Stéphanie Vallée.Pour lui, le mariage religieux vient avec une « contrepartie civile », point à la ligne.La confusion qui règne actuellement inquiète les milieux juridiques et les mouvements féministes.Elle est aussi dénoncée par les partis d\u2019opposition.Le Parti québécois (PQ) exige que Stéphanie Vallée clarifie sa position.Selon la Coalition avenir Québec (CAQ), la ministre est maintenant «humiliée» et doit faire son mea culpa publiquement.Dans un jugement récent dont Le Devoir faisait état lundi, la Cour supérieure a donné raison à la procureure générale du Québec, qui défend une position singulière selon laquelle un mariage religieux n\u2019est pas nécessairement un mariage, mais peut aussi être une « union spirituelle » \u2014 sans les conséquences juridiques prévues par le Code civil.La Cour d\u2019appel est saisie de l\u2019affaire depuis lundi.Un enjeu pas complexe\u2026 Dans un point de presse à Vancouver mercredi, Philippe Couillard a tenté de refermer cette brèche possible dans l\u2019ordre juridique québécois.Selon le premier ministre, un mariage est un mariage, et les époux doivent en connaître les conséquences.«Quand on se marie, ce qui a été mon cas, on se marie et on sait qu\u2019on est marié, a déclaré le premier ministre.Il y a un enregistrement de l\u2019état civil, il y a un contrat de mariage.» Il a aussi donné son opinion sur les positions défendues dans cette cause en affirmant qu\u2019«on essaie de mettre beaucoup de complexité dans un enjeu qui n\u2019est pas si compliqué que ça ».M.Couillard a rappelé que le mariage est d\u2019abord et avant tout un acte prévu par le Code civil, assorti d\u2019obligations, et que la règle est établie de longue date au Québec : la cérémonie religieuse est indissociable du contrat civil.« Il faut rappeler qu\u2019il est important d\u2019avoir la contrepartie civile des mariages, qui est un enregistrement à l\u2019état civil, qu\u2019un contrat de mariage soit établi, et c\u2019est ce que font les gens partout maintenant lorsqu\u2019ils décident d\u2019unir leurs vies.[\u2026] Ça me paraît la bonne façon de faire parce que c\u2019est la plus naturelle.On a le goût de se marier, on se marie.Il y a un versant de droit civil associé à ça, il y a le versant religieux et spirituel également, et les deux, de tout temps, ont coexisté », a-t-il dit.En vertu du Code civil, seul un célébrant reconnu par le ministère de la Justice peut célébrer un mariage et transmettre la déclaration de mariage au Directeur de l\u2019état civil.Le mariage comporte des droits et des obligations juridiques, notamment en matière de partage de patrimoine familial.Nouvelle position en Cour d\u2019appel?Toutefois, dans la cause qui provoque actuellement la tourmente, Québec plaidait le fait que des « ministres du culte peuvent célébrer des mariages à por tée uniquement religieuse », et la ministre Vallée a reconnu que des représentants religieux peuvent faire des mariages sans avoir à transmettre une déclaration au Directeur de l\u2019état civil.Autant la CAQ que le Par ti québécois ont tonné contre cette position.La CAQ estime qu\u2019elle est irresponsable, dangereuse, menace l\u2019ordre public ainsi que l\u2019égalité entre les hommes et les femmes.Le Parti québécois a appelé la ministre à clarifier rapidement la situation.«Maintenant que le premier ministre a désavoué sa ministre de la Justice, Mme Vallée doit indiquer clairement si elle changera de position devant la Cour d\u2019appel », a exigé Véronique Hivon, dans un message transmis au Devoir.Le porte-parole caquiste en matière de justice, Simon Jolin-Barrette, a soutenu que le premier ministre, « qui est médecin, montre qu\u2019il comprend mieux le droit familial que la ministre elle- même» par ce «désaveu».L\u2019ex-ministre de la Justice Paul Bégin exige quant à lui la démission de la ministre.«Voilà maintenant que c\u2019est le chancelier du Diocèse de Montréal qui déclare que le Code civil est clair, que tout mariage célébré à l\u2019Église par un ministre du culte doit être enregistré par l\u2019état civil, acte qui confère à ce mariage ses protections, écrit-il dans une lettre envoyée au Devoir.Pourquoi en sommes-nous rendus à ce que ce soit l\u2019Église, et non la ministre de la Justice, qui se porte à la défense des institutions civiles et des lois du Québec?» De son côté, le ministère de la Justice a rappelé que la ministre avait diffusé une «clarification » par voie de communiqué.« Il n\u2019existe qu\u2019une seule institution du mariage, soit le mariage civil » et « les règles du Code civil prévalent et prévaudront toujours», peut-on lire, sans toutefois y retrouver mention de la notion d\u2019«union spirituelle» utilisée par la ministre en entrevue.Plus tôt cette semaine, le Comité consultatif sur le droit de la famille et le Conseil du statut de la femme avaient exprimé leur préoccupation quant à la position de la ministre Vallée.La Presse canadienne Avec Le Devoir Philippe Couillard désavoue Vallée Tout mariage religieux doit avoir des conséquences civiles, dit le premier ministre JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Philippe Couillard a tenté jeudi de clarifier la position de Québec dans un dossier qui a placé sa ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, sous le feu des projecteurs cette semaine.M A R I E - M I C H È L E S I O U I L a subvention d\u2019un demi-million de dollars octroyée par Québec au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV) afin qu\u2019il puisse intensifier ses ef forts de prévention en milieu scolaire n\u2019a rien à voir avec les événements qui sont survenus au collège de Maisonneuve dans les derniers mois, ont assuré jeudi le ministre de la Sécurité publique, Mar tin Coiteux, et le maire de Montréal, Denis Coderre.La somme, qui s\u2019ajoute aux 2 millions de dollars qu\u2019ont déjà investis, conjointement, Québec et Montréal pour les années 2015 à 2017, sert tout de même à « favoriser la prévention, notamment en milieu scolaire », selon l\u2019annonce officielle du ministère de la Sécurité publique.«Ce n\u2019est pas lié à un événement en particulier.C\u2019est lié à la reconnaissance que ce que fait le centre est extrêmement valable, que c\u2019est une approche qui doit être soutenue, qui doit être reconnue », a affirmé le ministre Coiteux, en insistant sur le « virage préventif » qu\u2019il souhaite préconiser dans « tous les volets de la sécurité publique».Pas de publicité à Charkaoui La direction du collège de Mai- sonneuve a sollicité le soutien du maire de Montréal, la semaine dernière.Depuis le début de l\u2019année 2015, le cégep fait les manchettes, tantôt parce que certains de ses élèves auraient quitté le pays pour s\u2019engager auprès du groupe armé État islamique, tantôt en raison des ententes de location de locaux qu\u2019il avait avec le prêcheur Adil Charkaoui.« Je ne donnerai pas de publicité à cette personne», a déclaré le maire Coderre au sujet de M.Charkaoui.« Ce qui m\u2019impor te aujourd\u2019hui, c\u2019est que le personnel enseignant, le personnel étudiant, la haute direction puissent avoir non seulement une oreille attentive, mais des partenaires, advenant des situations qu\u2019ils vivent.» Depuis son ouverture il y a un an, le CPRMV a reçu 647 appels de personnes qui s\u2019inquiétaient de la radicalisation d\u2019un de leurs pairs.Du nombre, 147 ont mené à une intervention directe de l\u2019équipe du centre et 9 ont été transmis aux autorités policières.«Ça ne sert absolument à rien de focaliser sur Maisonneuve», a encore insisté le directeur du CPRVM, Herman Deparice-Okomba.«On a fait plus de 140 interventions directes auprès de personnes ou d\u2019individus qui étaient déjà au début du processus de radicalisation [et auprès desquels] on a dû intervenir très, très rapidement.Nous, on travaille avec l\u2019ensemble des écoles, des institutions au Québec.» Selon M.Deparice-Okomba, le centre consacre 40 % de ses ressources à la formation dans les écoles.«Ce qu\u2019on regarde avec les jeunes, c\u2019est quelle est la meilleure façon de contrer le discours, par exemple, [du groupe] État islamique», a- t-il illustré.« [La subvention] vient nous donner du tonus pour nous concentrer sur la clientèle jeunesse», a-t-il résumé.Le Devoir Québec bonifie la lutte contre la radicalisation Les efforts seront concentrés en milieu scolaire.mais ce ne serait pas lié à Maisonneuve Quand on se marie, ce qui a été mon cas, on se marie et on sait qu\u2019on est marié Le premier ministre Couillard « » JACQUES NADEAU LE DEVOIR Martin Coiteux et Denis Coderre L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 4 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 P H I L I P P E O R F A L I L e débat sur la création d\u2019une première université de langue française en Ontario a donné l ieu à de cinglants échanges entre l\u2019oppo- sit ion néodémocrate et le gouver nement l ibéral à Queen\u2019s Park jeudi.Alors que son gouver ne- ment avait approuvé à l\u2019automne le principe du projet de loi 104 du NPD visant à créer une université franco-onta- rienne, la ministre des Affaires francophones, Madeleine Meilleur, a estimé jeudi que celui-ci était « vide de sens », ajoutant qu\u2019un « processus est en place » pour augmenter l\u2019offre de programmes universitaires en français.« On ne mettra pas [sur pied] une université francophone demain, parce qu\u2019on devra [l\u2019]établir sur des bases très solides pour assurer la pérennité de l\u2019université francophone.» Elle a réitéré que son gouvernement travaille depuis quelques années à accroître l\u2019offre de programmes francophones dans les huit établissements bilingues of frant de telles formations.La région du Grand Toronto, qui connaît une hausse importante de sa population francophone, demeure un secteur prioritaire.Les propos de la ministre Meilleur ont piqué au vif le député néodémocrate Gilles Bis- son.« Tu ne connais rien » et «va-t\u2019en chez vous», a-t-il lancé, en colère, à l\u2019élue libérale.Auteure du projet de loi, la députée France Gélinas est sortie elle aussi ébranlée de cette période de questions.« Le projet de loi est solide et s\u2019il était adopté, il mènerait certainement à la création d\u2019une université de l \u2019Ontario français, a-t-elle fait valoir à la chaîne publique TFO.Ça devient de plus en plus clair qu\u2019il y a de la zizanie [au] Parti libéral.Je crois que [Mme Meilleur] a encore le cœur à la bonne place.Elle veut faire avancer le dossier.Mais elle rencontre beaucoup de dif ficul- tés à l\u2019intérieur de son parti.» Malgré de nombreuses avancées sur le plan de l\u2019éducation ces dernières décennies, une université unilingue échappe toujours à la minorité franco-ontarienne.L\u2019enseignement primaire, secondaire et collégial est déjà of fert dans des établissements gérés par et pour les francophones.Le Devoir ONTARIO L\u2019université francophone divise les élus Dernière conférence le 21 mars \u2013 chateauremezay.qc.ca ÊTRE COUTURIÈRE À MONTRÉAL AU 18e SIÈCLE pratique d\u2019un métier trop peu connu Conférence donnée par Suzanne Gousse Le 7 mars à 13 h 30 Membre ami : gratuit | Non membre : 5 $ I S A B E L L E P O R T E R à Québec L a station de ski Stoneham et Skibec ont pris la décision de bannir les engrais à base d\u2019azote utilisés pour faire durcir les pistes lors de certaines courses.«On a décidé d\u2019abolir carrément cette pratique-là », a indiqué la porte-parole de la station, Lisa Marie Lacasse, en fin de journée jeudi.La décision a été prise de concert avec le regroupement des clubs de ski de compétition de la région, Skibec.« Dans la mesure où l\u2019utilisation des engrais chimiques qu\u2019on fait est assez limitée, ça ne pose pas de problèmes, a soutenu quant à lui son président, Nicolas Mazelier.Dans le contexte actuel de tout ce qui se passe avec le lac Saint-Charles, on va arrêter d\u2019en utiliser.» Jeudi matin, Le Devoir rapportait que les engrais azotés utilisés sur les pistes contribuaient à la dégradation de l\u2019état du lac Saint-Charles, réservoir d\u2019eau potable de la ville de Québec.La rivière Hibou, qui se trouve en bas de la station de Stone- ham, se déverse dans le lac.L\u2019article a suscité beaucoup de réactions dans le milieu du ski.L\u2019organisateur d\u2019événements Ges- tev a tenu à faire savoir qu\u2019il n\u2019était pas responsable de l\u2019utilisation de ce genre de produits et que cela relevait des fédérations sportives ou des clubs de skis.« Ce sont les of ficiels qui nous arrivent avec un constat de dégradation de neige et obligent le club local à se procurer le produit pour l\u2019épandre », a déclaré Patrice Demers, son président.En 25 ans, M.Demers se souvient qu\u2019on en a exigé l\u2019usage seulement une fois.Produit irremplaçable?La veille, la porte-parole de Sto- neham avait, elle aussi, souligné que le produit était utilisé rarement et en petite quantité.Or, selon un ancien parent bénévole de la station qui a contacté Le Devoir, ça n\u2019a pas toujours été le cas.« J\u2019ai été témoin il y a une dizaine d\u2019années de l\u2019épandage à grande échelle de centaines de poches d\u2019engrais dans le parcours de la piste no 1 de Stoneham, a écrit Sylvain Sauvé.Il s\u2019y déroulait une compétition printanière comme celle qui aura lieu du 17 au 20 mars prochain.Les organisateurs, le Club de ski de Stone- ham, avaient acheté de pleines palettes de poches d\u2019engrais pour les trois jours de la compétition.» Interrogé là-dessus, M.Mazelier s\u2019en est étonné et a souligné que, de toute façon, on n\u2019en utiliserait plus du tout.« Je vous garantis que dans les dernières années, on en a très peu utilisé », a-t-il dit en soulignant que la dernière fois que du ciment à neige a été utilisé en grande quantité remonte à 2010.«Il ne faut pas oublier que nous, on faisait ça pour la sécurité», a-t-il dit.La Fédération hésite À la Fédération québécoise de ski alpin (SQA), on s\u2019est montré moins prompt à sévir.Le responsable du développement régional, Ugo Catudal, ne voit pas comment on pourrait se passer de ce produit dans les compétitions de haut niveau.« Les deux seuls qui fonctionnent, c\u2019est l\u2019urée et le sel de table », dit-il, en soulignant que ces produits sont utilisés partout dans le monde.« Si on veut avoir des athlètes compétitifs et les avoir aux Olympiques, on n\u2019a pas le choix.C\u2019est le sport qui le demande.» Il souligne toutefois que le produit est déjà utilisé en petites quantités et en dernier recours parce qu\u2019il est coûteux, et que la plupart des clubs de ski n\u2019ont pas le budget nécessaire pour en acheter en grandes quantités.Le Devoir Stoneham bannit le « ciment à neige» Les engrains à base d\u2019azote ne seront plus utilisés à la station de ski J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U D es agents des services correctionnels fédéraux ont manifesté jeudi à Renous, situé dans l\u2019est du Nouveau-Brunswick, pour dénoncer ce qu\u2019ils considèrent comme des attaques de détenus à leur endroit.Des gardiens ont récemment été aspergés de sang, d\u2019urine, de sperme ou d\u2019excréments.Les agents du pénitencier fédéral s\u2019inquiètent pour leur intégrité physique.Bien que cette situation ne soit pas nouvelle, elle représente des risques physiques importants.Les agents se montrent inquiets.Leur syndicat, affilié à la CSN, a réclamé pendant des années le prélèvement d\u2019échantillons sanguins obligatoires pour les détenus afin de connaître leur état de santé en cas de gestes de ce genre.Travail sécuritaire Nouveau-Bruns- wick (TSNB) a rejeté ces réclamations.Le secret médical est aussi respecté dans les prisons de compétence provinciale.Les agents touchés par ces agressions doivent souvent attendre plusieurs semaines avant de connaître les résultats de tests capables de confirmer qu\u2019ils n\u2019ont pas été infectés par une maladie transmissible par divers fluides corporels.Des morsures, des projections de sang ou de sperme constituent par exemple des menaces d\u2019infection par le VIH ou l\u2019hépatite.Ce n\u2019est pas du tout une situation nouvelle, considère pour sa part Mathieu Lavoie, le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ), un autre syndicat affilié à la CSN.«C\u2019est une situation similaire à celle que nous vivons au Québec.Nous nous plaignons aussi du peu d\u2019accompagnement qu\u2019offre l\u2019employeur dans ces situations.» Mais ces situations deviennent plus courantes aujourd\u2019hui, estime Mathieu Lavoie, parce qu\u2019«avec le sous-financement, les tensions sont beaucoup plus perceptibles à cause de situations de surpopulation.Il faut dire aussi qu\u2019il y a plus de cas qui relèvent de la santé mentale qu\u2019avant en prison».Mathieu Lavoie réclame au nom du SAPSCQ un meilleur appui des membres de la direction des prisons dans des circonstances pareilles.Ses confrères des établissements fédéraux demandent eux aussi qu\u2019un plan d\u2019action soit mis en place afin d\u2019éviter et de mieux gérer ce genre d\u2019agression à l\u2019avenir.Avec La Presse canadienne Le Devoir NOUVEAU-BRUNSWICK Les gardiens de prison dénoncent des attaques par fluides corporels Des centaines d\u2019icebergs dérivent au large du Labrador La photo présente un iceberg près de Bonavista, mais ce n\u2019est là que la pointe d\u2019un phénomène : près de 600 icebergs dérivent vers le sud le long des côtes du Labrador.Il s\u2019agit d\u2019une très forte augmentation du nombre d\u2019icebergs au nord du 50e parallèle par rapport aux années précédentes, indiquent les autorités.Il faut habituellement entre un an et demi et deux ans pour qu\u2019un iceberg quitte le Groenland, atteigne la baie de Baffin et descende ensuite le long de la côte du Labrador.Dans le contexte actuel de tout ce qui se passe avec le lac Saint-Charles, on va arrêter d\u2019en utiliser Nicolas Mazelier, président de Skibec « » Bernard Trépanier est débouté en Cour d\u2019appel La Cour d\u2019appel vient de débouter Bernard Tré- panier, qui tentait de faire remplacer le juge Yvan Poulin qui doit présider son procès.L\u2019ancien collecteur de fonds Bernard Trépanier, surnommé «Monsieur 3%» par certains témoins devant la commission Charbonneau, doit subir son procès pour divers chefs d\u2019accusation dans l\u2019affaire du Faubourg Contrecœur, un projet immobilier dans l\u2019est de Montréal.M.Trépanier a toutefois demandé à ce que soit remplacé le juge Poulin sous prétexte que celui-ci aurait entretenu des préjugés défavorables à l\u2019endroit de son avocat.La Presse canadienne La situation est similaire au Québec, soutient un syndicat de gardiens de prison ERIC ABBOTT LA PRESSE CANADIENNE L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 4 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 A L E X A N D R E S H I E L D S L\u2019 ex-premier ministre Jean Charest a tenté d\u2019organiser une rencontre entre des représentants de TransCanada et le cabinet du premier ministre Justin Trudeau.Ottawa aurait refusé en faisant valoir que l\u2019ancien chef du Parti libéral du Québec ne respectait pas les règles qui régissent les activités de lobbying au Canada.Selon des informations publiées jeudi dans le Globe and Mail, l\u2019ancien premier ministre du Québec aurait voulu organiser un entretien plus tôt cette année.Le bureau du premier ministre Trudeau a d\u2019ailleurs confirmé au Globe qu\u2019au cours d\u2019une conversation sur dif férents sujets avec Gerald Butts, secrétaire principal de Justin Trudeau, M.Charest avait évoqué la possibilité d\u2019organiser une telle rencontre.Le cabinet du premier ministre canadien aurait toutefois décliné la demande de celui qui travaille maintenant pour le cabinet d\u2019avocats McCarthy Tetrault.Selon les précisions obtenues, le bureau de M.Trudeau aurait décliné la demande en faisant valoir que Jean Charest ne respectait pas les règles qui régissent les activités de lobbying au Canada.Ce dernier n\u2019est tout simplement pas inscrit au registre des lobbyistes.Jean Charest et le cabinet McCarthy Tetrault ont refusé de commenter les informations du Globe and Mail .« M.Charest a occasionnellement agi à titre de conseiller en communications auprès de TransCanada.Notre entente avec lui s\u2019est terminée le 30 septembre 2015», a tout de même admis TransCanada jeudi.Interpellé au cours d\u2019un point de presse tenu à Vancouver à la suite de la rencontre des premiers ministres sur le climat, M.Trudeau a simplement fait valoir que «notre gouvernement est ouvert, transparent et entend respecter toutes les règles.C\u2019est ce à quoi on s\u2019attend de toute personne qui voudrait aborder le gouvernement, quel que soit le dossier».La commissaire au lobbying du Canada, Karen E.Shepherd, a affirmé dans une déclaration aux médias qu\u2019elle prend « toutes les allégations au sérieux ».« Cependant, la Loi sur le lobbying stipule que les examens et enquêtes doivent être menés en secret.Je n\u2019of frirai donc aucun commentaire», a-t-elle fait savoir.Lobbying libéral Premier ministre du Québec de 2003 à 2012, Jean Charest avait participé en 2014 à un souper privé organisé à Montréal par TransCanada pour faire la promotion de son projet de pipeline Énergie Est.Le ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles Pierre Arcand y était lui aussi.Des joueurs importants du milieu économique québécois étaient également présents à cette activité privée, dont le président de la Caisse de dépôt et placement, Michael Sabia, et la présidente du Mouvement Desjardins, Monique Leroux.Le président d\u2019Hydro- Québec, Thierr y Vandal, a aussi pris part à l\u2019événement, de même que le maire de Montréal, Denis Coderre.TransCanada a par ailleurs embauché en 2015 le lobbyiste Patrice Ryan, un membre de la commission politique du Parti libéral du Québec depuis plusieurs années.Et en 2014, le por te-parole au Québec de TransCanada pour Énergie Est était Philippe Cannon, ancien candidat libéral et ancien attaché de presse de Line Beau- champ lorsque celle-ci était ministre de l\u2019Environnement.À quelques jours de la fin de la dernière campagne électorale fédérale, le coprésident du comité de campagne nationale de Justin Trudeau, Daniel Gagnier, avait en outre été forcé de démissionner après qu\u2019il eut donné de précieux conseils à TransCanada, l\u2019invitant à mener des ef for ts de lobbyisme dès l\u2019élection du prochain gouvernement pour éviter tout retard dans le projet de pipeline Énergie Est.Le Devoir ÉNERGIE EST Charest a voulu organiser une rencontre entre TransCanada et Ottawa D I A N A M E H T A à Toronto Mohammad Shafia, sa femme Tooba Yahya et leur fils Hamed, qui ont été reconnus coupables du meurtre des trois filles du couple et de la première épouse de Mohammad, ont demandé jeudi au plus haut tribunal de l\u2019Ontario de leur accorder un nouveau procès.Ils soutiennent que le premier procès avait été injustement influencé par un témoignage «hautement préjudiciable » sur les prétendus crimes d\u2019honneur.Le couple Shafia et son fils avaient été reconnus coupables en janvier 2009 de quatre chefs d\u2019accusation de meur tre prémédité pour des assassinats qui, selon le juge présidant le procès, avaient été motivés par leur « conception tordue de l\u2019honneur».Les avocats du trio ont toutefois fait valoir jeudi que le témoignage d\u2019une experte de la Couronne sur les soi-disant crimes d\u2019honneur n\u2019aurait pas dû être admis et qu\u2019il comptait parmi les nombreuses er reurs commises par le magistrat.Me Frank Addario a déclaré devant les trois juges de la Cour d\u2019appel ontarienne que ce type de preuve était absolument interdit et que le témoin n\u2019aurait pas dû être autorisé à raconter au jury comment les crimes d\u2019honneur étaient habituellement exécutés ou lire des textes les dénonçant.Originaire de l\u2019Afghanistan, la famille Shafia a fui le pays lorsque la guerre a éclaté et a par la suite émigré au Canada, s\u2019installant à Montréal.En juin 2009, les corps des trois filles des Shafia, Zainab, âgée de 19 ans, Sahar, âgée de 17 ans, et Geeti, âgée de 13 ans, ainsi que celui de la première femme de Mohammad, Rona Amir Mohammad, âgée de 52 ans, ont été retrouvés dans une voiture au fond du canal Rideau à Kingston, en Ontario.Lors du procès, la Couronne avait avancé que les meurtres avaient été commis après que les filles eurent fait « honte » à la famille en sortant avec des garçons et en tenant tête à leurs parents.Quant à Rona Amir Mohammad, les procureurs avaient affirmé que le couple Shafia avait simplement voulu se débarrasser d\u2019elle.Pour étayer ses arguments, la Couronne avait fait appel à Shahzrad Mojab, une professeure spécialisée dans la viol e n c e c o n t r e l e s femmes, particulièrement au Moyen-Orient.Les preuves de Mme Mojab compor taient un « raisonnement stéréotypé par rappor t aux Afghans musulmans », a plaidé Me Addario, alors que son témoignage sur la manière dont les crimes d\u2019honneur étaient normalement perpétrés n\u2019avait « aucune per ti- nence sur le plan légal ».L\u2019avocat de Hamed Shafia a par ailleurs demandé au tribunal d\u2019admettre de nouvelles preuves qui, selon lui, montrent que son client était mineur au moment du décès de ses sœurs et de la première épouse de son père.La Presse canadienne Les Shafia veulent un nouveau procès Un témoignage sur les crimes d\u2019honneur n\u2019aurait pas dû être admis, disent-ils GRAHAM HUGUES LA PRESSE CANADIENNE Jean Charest aux côtés de la première ministre de l\u2019Alberta, Rachel Notley, en septembre dernier J E S S I C A N A D E A U L e ministre de la Santé, Gaétan Barrette, estime que les CLSC ont échoué dans leur mandat d\u2019of frir des services de première ligne.C\u2019est la raison qui le pousse à se tourner plutôt vers les groupes de médecins de famille (GMF) pour of frir des services de proximité en forçant le transfer t des professionnels vers les GMF, comme le révélait Le Devoir jeudi.« Le concept initial du CLSC, ça n\u2019a pas été réussi, ça a été un échec, a réagi le ministre Barrette en entrevue au 15-18 sur les ondes de Ra- dio-Canada.Maintenant, ce qu\u2019on a réussi à faire au Québec, c\u2019est de mettre en place les GMF.Mais il leur manque un pas, le travail en équipe.Et ça, il y en a qui diraient qu\u2019on l\u2019impose, probablement, oui, on l\u2019impose.Et c\u2019est le modèle qu\u2019on veut développer.» Le ministre convient que le modèle GMF qu\u2019il veut développer, en misant sur l\u2019interdisciplinarité, était la première vocation des CLSC.Aurait-il pu forcer les médecins à aller travailler en CLSC plutôt que de déplacer des équipes de professionnels pour aller leur prêter main-forte dans des cliniques privées gérées par des médecins ?« Pour ce faire, il aurait fallu que j\u2019augmente de façon spectaculaire le nombre de CLSC», répond-il.Pour lui, l\u2019offre de services des CLSC doit être complémentaire à celle qui sera désormais offerte en GMF.«Si la mission première du CLSC, lorsque ça a été mis en place, ne s\u2019est pas réalisée, il n\u2019en reste pas moins que les CLSC ont développé au fil du temps une certaine expertise dans laquelle ils sont très bons, par exemple tout ce qui est communautaire, santé mentale, prévention, ce genre de choses là.» Selon lui, le CLSC devra conserver une « approche plus populationnelle » alors que les GMF se concentreront davantage sur la prise en charge et « le curatif au sens large».Soins à domicile Pour expliquer les besoins de professionnels et, plus particulièrement de travailleurs sociaux, en GMF, le ministre a utilisé l\u2019exemple des soins à domicile.« Prenons les soins à domicile, pour une clientèle qui est prise en charge par un GMF, ça demande souvent qu\u2019il y ait une coordination entre le médecin, l\u2019infirmière et le travailleur social pour faire des évaluations.Plus on va être dans des quartiers défavorisés, plus on va avoir besoin du travail de cette équipe-là.» Questionnée par Le Devoir sur l\u2019avenir des soins à domicile dans les CLSC, l\u2019attachée de presse du ministre précise qu\u2019ils sont là pour rester.« Nous n\u2019avons pas l\u2019intention de transférer les soins à domicile des CLSC aux GMF, répond par courriel Julie White.Ce que nous voulons, c\u2019est une meilleure complémentarité des services.Il existe déjà des liens entre les CLSC et le GMF et ces liens vont demeurer.» Mais rien, dans les plans de transfert, n\u2019a été mis en place pour préserver ces soins de façon spécifique dans les CLSC, confirmait la porte-parole du ministère en entrevue au Devoir mercredi.«C\u2019est la responsabilité de l\u2019établissement de santé de répondre aux besoins de la clientèle de son territoire, que ce soit en première ligne ou en soins à domicile, c\u2019est vraiment la responsabilité de l\u2019établissement.» À Québec, les par tis d\u2019oppositions ont dénoncé avec vigueur jeudi ce transfer t des ressources professionnelles du public vers des cliniques gérées de façon privée par des médecins.Le Devoir Les CLSC?Un échec, selon Barrette DISPONIBLE SUR Téléchargez dès maintenant / Effectuez votre mise à jour COMME VOUS NE L\u2019AVEZ JAMAIS LU.À découvrir dans la nouvelle version de l\u2019application : JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, aimerait que les CLSC et les GMF travaillent davantage ensemble. L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 4 M A R S 2 0 1 6 A 6 É C O N O M I E Titre Symbole Fermeture Variation Volume ($) (%) (000) Titre Symbole Fermeture Variation Volume ($) (%) (000) Alim.Couche-Tard ATD.B 60.16 -1.64 -2.65 802 Canadian-Tire CTC.A 131.82 -1.41 -1.06 278 Cogeco CCA 64.90 1.13 1.77 83 Corus CJR.B 10.58 -0.02 -0.19 370 Groupe TVA TVA.B 4.40 -0.35 -7.37 4 Jean Coutu PJC.A 19.89 -0.82 -3.96 422 Loblaw L 69.81 0.36 0.52 599 Magna MG 53.96 0.71 1.33 1310 Metro MRU 42.82 -0.22 -0.51 529 Quebecor QBR.B 33.64 -0.06 -0.18 150 Rona RON 23.67 0.05 0.21 288 Saputo SAP 39.45 0.19 0.48 492 Shaw SJR.B 23.23 0.04 0.17 934 Dollarama DOL 75.60 -1.90 -2.45 576 Tim Hortons THI 99.00 0.00 0.00 0 Transat A.T.TRZ 8.10 -0.36 -4.26 76 Yellow Media Y 19.19 -0.06 -0.31 61 S&P TSX SPTT13123.65 105.72 0.81 343297 S&P TX20 TX20 512.69 11.85 2.37 161329 S&P TX60 TX60 768.14 5.24 0.69 158054 S&P TX60 Cap.TX6C 849.40 5.79 0.69 158054 Cons.de base TTCS 515.35 -2.82 -0.54 4784 Cons.discr?©.TTCD 160.46 0.44 0.27 10024 ?ânergie TTEN 164.62 4.51 2.82 115560 Finance TTFS 230.95 1.53 0.67 26536 Aurif?®re TTGD 183.70 5.60 3.14 90017 Sant?© TTHC 103.90 0.47 0.45 3066 Tech.de l\u2019info TTTK 52.95 0.08 0.15 6249 Industrie TTIN 162.42 1.78 1.11 28485 Mat?©riaux TTMT 199.73 4.84 2.48 125321 Immobilier TTRE 272.23 0.52 0.19 5401 T?©l?©coms TTTS 139.79 -0.67 -0.48 4356 Sev.collect.TTUT 217.71 0.45 0.21 6352 M?©taux/minerals TTMN 431.47 5.29 1.24 41109 TSX Venture JX 552.90 6.67 1.22 89078 Cameco CCO 16.93 0.29 1.74 1058 Canadian Natural CNQ 32.85 2.68 8.88 7441 Canadian Oil Sands COS 9.33 0.00 0.00 3480 Enbridge ENB 47.32 0.57 1.22 2379 EnCana ECA 6.59 0.45 7.33 9500 Enerplus ERF 4.75 0.36 8.20 1782 Pengrowth Energy PGF 1.14 -0.04 -3.39 9694 P?©troli?®re Imp?©riale IMO 43.73 0.25 0.57 791 Suncor Energy SU 33.41 0.02 0.06 4710 Cenovus Energy CVE 16.34 0.18 1.11 3198 TransCanada TRP 49.29 0.37 0.76 1162 Valener VNR 19.19 -0.12 -0.62 38 Air Canada AC 8.04 0.41 5.37 7256 Bombardier BBD.B 1.22 0.11 9.91 11602 CAE CAE 15.01 0.05 0.33 1888 Canadien Pacifique CP 163.37 1.98 1.23 343 Chemin de fer CN CNR 77.55 -0.10 -0.13 1186 SNC-Lavalin SNC 45.51 1.45 3.29 765 Transcontinental TCL.A 19.44 -0.33 -1.67 104 TransForce TFI 21.13 0.00 0.00 237 B.CIBC CM 92.69 0.48 0.52 1041 B.de Montr?©al BMO 76.34 0.65 0.86 1058 B.Laurentienne LB 46.44 0.11 0.24 128 B.Nationale NA 38.67 0.74 1.95 1515 B.Royale RY 70.75 0.62 0.88 2460 B.Scotia BNS 58.62 0.87 1.51 1960 B.TD TD 53.47 0.29 0.55 2469 Brookfield Asset BAM.A 41.87 -0.11 -0.26 720 Cominar Real CUF.UN 15.80 -0.01 -0.06 344 Corp.Fin.Power PWF 30.89 -0.29 -0.93 611 Fin.Manuvie MFC 18.39 -0.23 -1.24 4618 Fin.Sun Life SLF 40.61 0.04 0.10 1083 Great-West Lifeco GWO 34.37 0.07 0.20 499 Industrielle All.IAG 36.84 -0.06 -0.16 190 Power Corporation POW 28.67 -0.31 -1.07 765 TMX X 42.30 0.95 2.30 67 Agrium AGU 118.11 0.84 0.72 289 Barrick Gold ABX 18.64 0.41 2.25 5895 Goldcorp G 20.04 0.73 3.78 4903 Kinross Gold K 4.12 0.23 5.91 13824 Mines Agnico-Eagle AEM 46.04 0.53 1.16 1267 Potash POT 24.97 0.48 1.96 2561 Teck Resources TCK.B 9.76 0.25 2.63 7998 Fortis FTS 38.87 0.22 0.57 917 TransAlta TA 6.01 0.03 0.50 1602 BlackBerry BB 10.49 0.03 0.29 1529 CGI GIB.A 57.98 0.10 0.17 555 BCE BCE 57.05 -0.72 -1.25 2157 Manitoba Telecom MBT 33.29 0.02 0.06 200 Rogers RCI.B 50.00 -0.47 -0.93 949 Telus T 39.20 0.07 0.18 1050 iShares DEX XBB 31.57 0.13 0.41 45 iShares MSCI XEM 24.20 0.20 0.83 6 iShares MSCI EMU EZU 33.12 0.00 0.00 0 iShares S&P 500 XSP 22.91 0.07 0.31 572 iShares S&P/TSX XIC 20.87 0.16 0.77 289 FIRST QUANTUM FM 6.64 0.02 0.30 21405 ALGONQUIN POWER & AQN.IR 34.15 -0.60 -1.73 11187 ENCANA CORP ECA 6.59 0.45 7.33 9500 TECK COMINCO CL B TCK.B 9.76 0.25 2.63 7998 CANADIAN NATURAL CNQ 32.85 2.68 8.88 7441 AIR CANADA AC 8.04 0.41 5.37 7256 MEG ENERGY CORP MEG 5.84 0.93 18.94 6932 EMERA INC EMA.IR 39.88 0.48 1.22 6165 BARRICK GOLD CORP ABX 18.64 0.41 2.25 5895 GOLDCORP INC G 20.04 0.73 3.78 4903 MEG ENERGY CORP MEG 5.84 0.93 18.94 6932 PRETIUM RESOURCES PVG 7.16 0.86 13.65 1255 PRECISION DRILLING PD 5.49 0.61 12.50 4108 AMALCO CL A AGI 6.88 0.76 12.42 1184 HUDBAY MINERALS HBM 5.11 0.53 11.57 2752 AG GROWTH INTL INC AFN 27.50 2.73 11.02 210 SEABRIDGE SEA 14.82 1.36 10.10 183 AETERNA ZENTARIS AEZ 5.33 0.48 9.90 174 CANADIAN NATURAL CNQ 32.85 2.68 8.88 7441 PARAMOUNT RES LTD POU 7.77 0.60 8.37 2657 GREAT CANADIAN GC 17.49 -1.48 -7.80 431 HORIZONS BETAPRO HVU 34.20 -2.42 -6.61 413 GRANITE REIT GRT.UN 36.55 -2.48 -6.35 173 CCL INDUSTRIES INC CCL.B 219.50 -14.67 -6.26 235 HORIZONS BETA HGD 5.10 -0.34 -6.25 2744 KINAXIS INC KXS 36.38 -2.19 -5.68 163 HB S&P TSX BEAR HED 17.53 -1.01 -5.45 142 CASCADES INC CAS 8.87 -0.46 -4.93 203 HB NYMEX NG BULL HNU 6.32 -0.29 -4.39 2318 VALEANT VRX 86.91 -3.85 -4.24 746 AG GROWTH INTL INC AFN 27.50 2.73 11.02 210 CANADIAN NATURAL CNQ 32.85 2.68 8.88 7441 CANADIAN PACIFIC CP 163.37 1.98 1.23 343 S&P TSX GLOBAL HGU 31.41 1.87 6.33 914 BOARDWALK EQUITIES BEI.UN 53.16 1.75 3.40 423 AUTOCANADA INC ACQ 19.21 1.46 8.23 255 SNC-LAVALIN GROUP SNC 45.51 1.45 3.29 765 SEABRIDGE SEA 14.82 1.36 10.10 183 HB NYMEX NG BEAR HND 33.36 1.29 4.02 497 BADGEER BAD 26.33 1.27 5.07 255 CCL INDUSTRIES INC CCL.B 219.50 -14.67 -6.26 235 VALEANT VRX 86.91 -3.85 -4.24 746 GRANITE REIT GRT.UN 36.55 -2.48 -6.35 173 HORIZONS BETAPRO HVU 34.20 -2.42 -6.61 413 KINAXIS INC KXS 36.38 -2.19 -5.68 163 DOLLARAMA INC DOL 75.60 -1.90 -2.45 576 ALIMENTATION ATD.B 60.16 -1.64 -2.65 802 GREAT CANADIAN GC 17.49 -1.48 -7.80 431 CANADIAN TIRE CORP CTC.A 131.82 -1.41 -1.06 278 HB S&P TSX BEAR HED 17.53 -1.01 -5.45 142 ENTREPRISES DE CONSOMMATION DISCRÉTIONNAIRE ÉNERGIE FINANCIÈRES INDUSTRIELLES ENTREPRISES DE MATÉRIAUX SERVICES PUBLICS TECHNOLOGIE TÉLÉCOMMUNICATIONS FONDS NÉGOCIÉS EN BOURSE LES PLUS ACTIFS DE LA BOURSE DE TORONTO LES GAGNANTS EN % LES PERDANTS EN % LES GAGNANTS EN $ LES PERDANTS EN $ LES INDICES DE LA BOURSE DE TORONTO TSX CROISSANCE Consultez toutes les cotes boursières sur www.decisionplus.com M A R C H É S B O U R S I E R S TORONTO S&P TSX 13 123,65 ?+105,72 +0,8% New York S&P 500 1993,40 ?+6,95 +0,4% NASDAQ 4707,42 ?+4,00 +0,1% DOW JONES 16 943,90 ?+44,58 +0,3% PÉTROLE 34,57 -0,09 $US -0,3% ?OR 1258,20 +16,40 $US +1,3% ?DOLLAR CANADIEN 74,65 +0,17 $US +0,2% ?1$US = 1,3396 68,10 -0,44 EURO 1 EURO = 1,4684 INDICES QUÉBÉCOIS Indice Fermeture var.pts var.% IQ30 2098,23 -19,40 -0,92 IQ120 2120,76 -11,99 -0,56 CENTRE D\u2019ANALYSE ET DE SUIVI DE L\u2019INDICE QUÉBEC L\u2019indice Québec est une initiative du Département de finance de l\u2019Université de Sherbrooke et de l\u2019Institut de recherche en économie contemporaine G É R A R D B É R U B É L\u2019 économiste qui a abaissé ses prévisions canadiennes à deux reprises en un mois invite les investisseurs à se détendre.Il constate un excès de pessimisme dans le marché et entrevoit des signes avant-coureurs d\u2019inversion de tendance.« Les perspectives économiques ne sont pas aussi sombres que le craignent nombre d\u2019entre eux», écrit Avery Shen- feld, économiste en chef de la Banque CIBC, dans un message aux investisseurs.Le 28 janvier, Marchés mondiaux CIBC abaissait ses prévisions 2016 pour la deuxième fois en un mois.L\u2019institution estimait alors que la progression du PIB canadien ne sera que de 1,3 % cette année, alors que le mois précédent, elle misait sur une croissance de 1,7 %.Avery Shenfeld invitait alors à ne pas sombrer dans « une surdose de pessimisme ».Mais la chute persistante des prix des matières premières, pétrole en tête, forçait une révision en chaîne des scénarios.« Il est inhabituel pour nous de réévaluer les perspectives d\u2019une année complète à peine un mois après les avoir publiées, mais d\u2019un autre côté, nous traversons une période inhabituelle », avait souligné l\u2019économiste.« Même si le PIB du pays est moins lourdement exposé au secteur des ressources naturelles qu\u2019il ne l\u2019était il y a un an, nous n\u2019en sommes qu\u2019aux premières étapes des effets négatifs de débordement dans les autres secteurs.» Jeudi, l\u2019économiste admettait qu\u2019il a constamment rétrogradé ses perspectives de croissance canadienne et mondiale epuis le deuxième semestre de 2014.Or, « la clameur du marché lui donne désormais l\u2019impression d\u2019être un optimiste qui voit la vie en rose», peut-on lire dans le communiqué de la CIBC.«Les perspectives ne sont pas aussi sombres que le craignent certains, et les taux [d\u2019intérêt] ne sont pas à la tendance négative partout.» Avery Shenfeld met notamment en exergue ce scénario largement véhiculé sur le marché obligataire évoquant un recours de la Ré- ser ve fédérale américaine à l\u2019arme des taux d\u2019intérêt négatifs.Ces anticipations ne font qu\u2019ignorer un trop grand nombre de faits sur le terrain, dit-il.«Ces derniers jours, nous observons ce qui pourrait être des signes avant-coureurs de l\u2019inversion de cette tendance [\u2026] Les États-Unis ne prennent pas le chemin du Japon, loin de là.Ils ne sont pas non plus assis sur un écar t de production massif comme celui qui ronge encore l\u2019Europe.» Dans son analyse déposée jeudi, Avery Shenfeld anticipe une croissance du PIB canadien de 1,4 % cette année, contre 1,2 % en 2015.Pour les États-Unis, la croissance attendue est de 2,2 % en 2016, contre 2,4 % l\u2019an dernier.Pour 2017, le PIB canadien pourrait croître de 2,3 %, surpassant la cible de 2,1 % retenue pour les États-Unis.Mais pour y parvenir, un coup de pouce fiscal devra venir du budget fédéral.«La politique monétaire est ici sans influence, étant donné l\u2019endettement du secteur des ménages et le tassement de l\u2019essor immobilier », écrit l\u2019économiste, qui estime qu\u2019Ottawa dispose de la marge de ma- nœuvre requise.Le Devoir CROISSANCE Le pessimisme est mauvais conseiller Les investisseurs sont trop frileux, dit un économiste qui a réduit ses prévisions de croissance deux fois en un mois L\u2019année 2016 devrait être favorable pour Montréal et Québec du point de vue économique, selon une analyse du Conference Board du Canada dévoilée jeudi.Montréal et Québec devraient croître respectivement de 2,3 et 2%.Selon le codirecteur du Centre d\u2019études municipales de l\u2019organisation, Alan Arcand, «la dépréciation du dollar canadien et la vigueur de l\u2019économie américaine sont de bonnes nouvelles» pour les deux plus grandes villes de la province et leurs industries axées sur l\u2019exportation.L\u2019embellie économique de Montréal sera principalement attribuable au renforcement du secteur manufacturier, au rebond de la construction et aux gains constants dans le secteur des services.À Québec, les secteurs de l\u2019hébergement, des services alimentaires et du commerce de détail devraient continuer à profiter d\u2019un huard plus faible.Sur une note moins positive, les mesures d\u2019austérité du gouvernement provincial freinent la croissance de l\u2019administration publique dans la capitale.La Presse canadienne Perspectives favorables pour Montréal et Québec ARCHIVES LE DEVOIR P I E R R E S A I N T - A R N A U D S NC-Lavalin continue de vivre sous l\u2019épée de Damo- clès que représentent les multiples poursuites et accusations dont elle fait l\u2019objet.En rendant publics ses résultats financiers du quatrième trimestre terminé le 31 décembre 2015, le géant québécois de l\u2019ingénierie a dû ajouter cinq pages d\u2019avertissements divers touchant les différentes enquêtes, accusations, recours collectifs et autres litiges dont il fait l\u2019objet.En conférence téléphonique, jeudi, le président et chef de la direction de SNC- Lavalin, Neil Bruce, a d\u2019abord salué les efforts de son équipe « qui a travaillé sans relâche avec Travaux publics et Services Canada pour la conclusion d\u2019une entente administrative » qui permettra à l\u2019entreprise «de continuer à offrir des services à tous les ministères et agences fédéraux canadiens».Il a cependant réitéré son espoir de voir le Canada adopter une mesure législative qui permettrait la conclusion d\u2019ententes de procédures suspendues, comme c\u2019est le cas ailleurs dans le monde, ce qui lui permettrait d\u2019éviter des condamnations en échange d\u2019une conformité à des conditions strictes de fonctionnement.SNC-Lavalin a engrangé un profit de 49,2 millions, ou de 33 ¢ par action, au quatrième trimestre, en recul par rapport à la période correspondante de l\u2019année précédente, alors que les résultats avaient été gonflés par la vente de sa participation dans le réseau de transpor t d\u2019électricité albertain AltaLink à Berkshire Hathaway.«Nous amorçons 2016 avec un bilan solide et un portefeuille de commandes stable et diversifié qui me donne confiance dans la stratégie que nous avons élaborée », a déclaré M.Bruce en présentant ces résultats.Les revenus pour le trimestre ont légèrement reculé, passant de 2,8 milliards il y a un an à 2,6 milliards cette année.Le bénéfice ajusté a été moindre qu\u2019en 2014, à 101,4 millions ou 67 ¢ par action, contre 106,7 millions ou 70 ¢ par action il y a un an.Pour l\u2019exercice, SNC-Lavalin af fiche un bénéfice net de 404,3 millions ou 2,68 $ par action, comparativement à 1,3 milliard ou 8,74 $ par action l\u2019année précédente.Ses revenus sont passés à 9,6 milliards, après avoir atteint 8,2 milliards il y a un an.SNC-Lavalin a augmenté son dividende trimestriel de 4 % pour le porter à 26 ¢ par action, payable le 31 mars.La principale division de SNC-Lavalin \u2014 qui fournit des ser vices d\u2019ingénierie et de construction à diverses industries \u2014 a engrangé un bénéfice de près de 14 millions, ou 9 ¢ par action, au quatrième trimestre.Le profit ajusté du secteur a été de 44 ¢ par action.Au quatrième trimestre de 2014, cette division avait af fiché une per te nette de 255,6 millions, ou 1,67 $ par action, et un profit ajusté de 15 ¢ par action.Pour l\u2019exercice 2015, la division de l\u2019ingénierie et de la construction a enregistré un bénéfice de 95,8 millions, ou 64 ¢ par action, comparativement à une perte de 300,5 millions, ou 1,97 $ par action, en 2014.La Presse canadienne SNC-Lavalin affiche un profit moindre Le gouvernement du Québec injecte 300 millions afin de soutenir le développement de zones industrielles en périphérie des zones portuaires.L\u2019investissement, annoncé jeudi à Québec, s\u2019inscrit dans la Stratégie maritime du gouvernement Couillard.L\u2019objectif de ces investissements est d\u2019offrir aux industries des secteurs reliés tant aux infrastructures portuaires qu\u2019aux in fras - truc tu res routières et ferroviaires afin de faciliter le transit des marchandises.L\u2019argent provient de l\u2019enveloppe de la Stratégie maritime et vise, selon le gouvernement, à « soutenir des projets d \u2019 i n v e s t i s s e m e n t s p r i v é s dans les zones industrialo- portuaires.» Une autre enveloppe de 200 millions est également disponible dans les coffres du ministère des Transports pour soutenir, là aussi, « les projets d\u2019infrastructures portuaires et intermodales consacrés au transport des marchandises.» Québec prévoit développer 16 « zones industrialo-por- tuaires » et doit conclure d\u2019ici le mois de juin des ententes pour créer des comités locaux où seront notamment représentés les municipalités, les administrations portuaires et les ministères concernés.Ces comités devront entre autres délimiter les zones en question et préparer un plan de développement comprenant.L\u2019administration portuaire de Montréal a aussitôt réagi avec satisfaction à cette annonce, af firmant par voie de communiqué que cette démarche « cadre par faitement avec sa stratégie d\u2019affaires.» La Presse canadienne Québec injecte 300 millions pour des zones industrialo-portuaires L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 4 M A R S 2 0 1 6 ECONOMIE A 7 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le taux de syndicalisation des femmes sur le marché du travail a rejoint celui des hommes.Et elles se hissent également dans la hiérarchie syndicale, atteignant parfois le sommet dans des organisations dominées par les hommes.Il en va ainsi du Syndicat des cols bleus de Montréal, qui est dirigé par Chantal Racette (au centre).Derrière elle, Lucie Levasseur, présidente de la section québécoise du Syndicat canadien de la fonction publique.K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I L a situation des femmes s\u2019est grandement améliorée à presque tous points de vue sur le marché du travail québécois au cours des trois dernières décennies.Emploi, taux de chômage, rémunération, syndicalisation : la majorité des voyants sont au vert, mais des dif férences subsistent avec les hommes, tout par ticulièrement pour les femmes moins scolarisées.À quelques jours de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, l\u2019Institut de la statistique du Québec (ISQ) a publié jeudi un portrait de la situation des Québécoises sur le marché du travail au cours des 35 dernières années, soit entre 1980 et 2015.Même si certaines tendances s\u2019observent depuis déjà quelques années, le retour en arrière permet de mesurer l\u2019étendue du chemin parcouru.« Un des faits les plus marquants du marché du travail des 35 dernières années est la forte progression de la participation des femmes», souligne le document de l\u2019ISQ.Entre 1980 et 2015, la croissance de l\u2019emploi féminin a été de l\u2019ordre de 86 %, comparativement à 25 % pour l\u2019emploi masculin, ce qui permet aujourd\u2019hui aux Québécoises de détenir près de la moitié de l\u2019ensemble des emplois.Plus touchées par le chômage que les hommes il y a 35 ans, les femmes ont renversé cette tendance depuis le début des années 1990.Près d\u2019une Québécoise sur quatre occupe aujourd\u2019hui un emploi à temps par tiel, une proportion demeurée relativement stable au cours des dernières décennies, mais la croissance de l\u2019emploi permanent a été près de deux fois plus for te chez les femmes que chez les hommes entre 2000 et 2015.L\u2019an dernier, les femmes ont pour la première fois rattrapé les hommes au chapitre du taux de couverture syndicale, à environ 39 %.Au fil des ans, elles ont également ef fectué d\u2019importants gains en matière de rémunération : l\u2019écart entre le salaire horaire des hommes et des femmes qui sont salariés et qui travaillent à temps plein est cependant resté constant au cours des 15 dernières années.En 2015, les travailleuses ont gagné environ 3 $ dollars l\u2019heure de moins que les travailleurs.De manière plus spécifique, l\u2019emploi des Québécoises a plus que doublé dans le secteur des services entre 1980 et 2015, de sor te que les femmes y sont désormais plus nombreuses que les hommes.Les professions liées à l\u2019enseignement, au droit ou aux services sociaux, communautaires et gouvernementaux sont celles qui se sont le plus féminisées en 35 ans.Inégalités qui persistent L\u2019amélioration de la plupart des indicateurs est réjouissante, admet la professeure à l\u2019École des sciences de l\u2019administration de la TELUQ Marie- Josée Legault, qui étudie notamment l\u2019équité en emploi.Mais certaines inégalités persistantes se cachent derrière les chiffres, juge-t-elle.Les données dévoilées par l\u2019ISQ indiquent par exemple que la proportion de travailleuses québécoises ayant un diplôme de niveau collégial ou plus est passée d\u2019environ 40 % à plus de 70 % entre 1990 et 2015.Chez les hommes, cette proportion frôle les 65 %.« Il reste une proportion importante de femmes et d\u2019hommes qui n\u2019ont pas un niveau de scolarité élevé, souligne Mme Legault.C\u2019est incroyable de voir à quel point la qualité des emplois des hommes qui n\u2019ont pas un haut niveau de scolarité est meilleure que celle des femmes qui ont le même niveau de scolarité.» Ces hommes moins scolarisés peuvent par exemple trouver des emplois bien rémunérés en construction, un milieu qui peine à gonfler son effectif féminin.La professeure remarque également que le taux d\u2019emploi des femmes ayant des enfants de moins de six ans demeure inférieur à celui des hommes qui se trouvent dans une situation semblable, bien que l\u2019écart ait grandement diminué au cours des dernières décennies.« Ça révèle une division du travail qui est encore très influencée par le sexe », af firme Mm e Legault.À son avis, le gouvernement devrait fournir toutes les ressources nécessaires aux mères (soutien financier, accès à un CPE) pour leur permettre de travailler, si elles le désirent.Le Devoir 8 MARS La moitié du monde (du travail) est une femme Trente-cinq années de luttes ont porté leurs fruits, constate l\u2019ISQ Loblaw augmentera ses prix Toronto \u2014 George Weston, société mère de Loblaw notamment, augmentera le prix de certains de ses produits cette année pour faire face à la baisse du dollar canadien.La compagnie prévoit augmenter ses prix dans les rayons des produits frais et surgelés, a indiqué jeudi le président de George Weston, Pavi Banning, au cours d\u2019une conférence téléphonique avec des investisseurs, lors de la publication de ses résultats trimestriels.La compagnie a affiché jeudi un Le PIB du Brésil chute de 3,8 % Rio de Janeiro \u2014 Le PIB du Brésil a reculé de 3,8 % en 2015, la plus forte depuis 25 ans, a annoncé jeudi l\u2019Institut brésilien de géographie et statistiques (IBGE).Cette chute du PIB est la plus sévère depuis 1990, le PIB ayant alors chuté de 4,3 %, mais, selon les calculs en vigueur actuellement, c\u2019est la plus forte depuis 1996, souligne l\u2019IBGE.L\u2019économie brésilienne connaît le pire résultat parmi les pays d\u2019Amérique latine Agence France-Presse France sur une légère baisse (-0,1 point), redescendant au quatrième trimestre à 10 % de la population active en métropole et à 10,3 % avec l\u2019outremer, a annoncé l\u2019INSEE jeudi.Au total, l\u2019INSEE a comptabilisé, fin 2015, 2,86 millions de chômeurs en métropole (-1,6 % sur un trimestre, -1,8 % sur un an).L\u2019indicateur de l\u2019INSEE, le seul reconnu à l\u2019international, est moins sévère que celui de l\u2019organisme Pôle emploi, qui comptabilisait 3,58 millions d\u2019inscrits sans aucune activité en métropole fin décembre, soit 88 200 de plus que fin 2014 (+2,5 %).Agence France-Presse bénéfice de 138 millions, ou 1,08 $ par action, au quatrième trimestre, comparativement à 151 millions, ou 1,18 $ par action, à pareille date l\u2019an dernier, qui comptait une semaine de plus.Les ventes de ce trimestre terminé le 31 décembre 2015 ont totalisé 11,25 milliards, comparativement à 11,73 milliards en 2014.La Presse canadienne Le taux de chômage à 10 % en France Paris \u2014 Le taux de chômage a terminé l\u2019année 2015 en Les résultats de DSF en hausse de 52 % Pour l\u2019exercice terminé le 31 décembre 2015, Desjardins Sécurité financière (DSF), filiale du Mouvement Desjardins spécialisée en assurance vie, en assurance santé et en épargne-retraite, a comptabilisé un résultat net qui s\u2019élève 448,4 millions, en hausse de 52 % comparativement à 2014.Les activités acquises de State Farm en début d\u2019année et les changements d\u2019hypothèses d\u2019évaluation réalisés dans le cours normal des affaires ont aussi généré un écart favorable sur le résultat net.Le taux de rendement des capitaux propres est de 16,5 %.Au 31 décembre 2015, l\u2019actif sous gestion et administration présente une augmentation de 10,8 % pour atteindre 45,7 milliards.Le Devoir JACQUES GRENIER G É R A R D B É R U B É I l n\u2019y a pas de corrélation mesurable entre une bonne gouvernance fiduciaire et une performance boursière supérieure.Mais l\u2019association tient lorsqu\u2019il y a présence d\u2019actions à vote multiple.« Les scores de gouvernance ne montrent aucune association significative avec la performance boursière », conclut Yvan Allaire.Le président exécutif du conseil de l\u2019Institut sur la gouvernance d\u2019organisations privées et publiques publie une petite étude de huit pages cosignée avec François Dauphin, directeur de la recherche de l\u2019IGOPP, dans laquelle ils revisitent ces exercices visant à établir une corrélation entre gouvernance et performance boursière.« La per formance économique et boursière d\u2019une entreprise est la résultante de tant de facteurs, conjoncturels, stratégiques, concurrentiels, de tant d\u2019impondérables, de décisions prises dans un passé plus ou moins lointain qu\u2019il serait surprenant que l\u2019on puisse établir une relation statistique entre la qualité de la gouvernance fiduciaire et la per formance boursière», conclut l\u2019étude.Les auteurs ont poussé leur réflexion en s\u2019attardant sur l\u2019incidence de la présence d\u2019actions à droit de vote multiple.«Quelle que soit la période (un an, trois ans, cinq ans), que l\u2019on compare des moyennes ou des médianes, les sociétés com- por tant des classes d\u2019action avec votes inégaux montrent des per formances boursières largement supérieures aux performances des entreprises conventionnelles », concluent- ils, tout en précisant que l\u2019observation n\u2019atteint cependant pas le seuil habituel de signification statistique.Lorsque bien encadrées juridiquement, les actions à droit de vote multiple sont reconnues pour apporter une vision à plus long terme, pour éloigner les prises de contrôle hostiles et autres tentatives d\u2019investisseurs prédateurs ; pour décourager les assauts spéculatifs d\u2019actionnaires activistes n\u2019ayant que la valorisation à court terme de l\u2019actionnaire, sans autre préoccupation pour les autres par ties prenantes ; et pour pérenniser la contribution du fondateur ou d\u2019un membre de sa famille dont la compétence serait reconnue pour assurer la relève.« Il faut que les membres du conseil soient non seulement \u201cindépendants\u201d, mais surtout légitimes et crédibles, toutes qualités qu\u2019un score de gouvernance, aussi exhaustif soit-il, ne peut capter», ont ajouté les auteurs.Le Devoir ÉTUDE DE L\u2019IGOPP Il n\u2019y aurait pas de corrélation entre gouvernance et performance boursière Calgar y \u2014 Le géant espagnol de l\u2019énergie Repsol réduit de 10 à 15% ses effectifs à Calgary, une mesure attribuée à la chute des prix du pétrole.Le por te-parole Brent Anderson a refusé de préciser, jeudi, combien d\u2019employés comptait l\u2019entreprise avant cette nouvelle vague de coupes \u2014 et donc combien de personnes seraient mises à pied exactement.Il a admis que les employés avaient connu une semaine dif ficile mais il a indiqué que la décision avait été mûrement réfléchie par la direction.Rep- sol a complété en mai dernier l\u2019acquisition de la compagnie canadienne Talisman Energy, de Calgar y, au coût de 13 milliards.Également jeudi, Calfrac Well Services a indiqué avoir coupé 500 emplois de plus.L\u2019entreprise de ser vices aux groupes pétroliers, établie à Calgar y, a af firmé compter désormais 2300 travailleurs de moins en Amérique du Nord qu\u2019au début de 2015.L\u2019Association canadienne des entrepreneurs en forage pétrolier estime que 100 000 emplois ont été perdus dans le secteur du pétrole et du gaz au Canada depuis la dégringolade des prix sur les marchés mondiaux.Le prix de référence du pétrole est actuellement dans les environs de 35 $US le baril, alors qu\u2019il était d\u2019environ 108 $US au milieu de 2014.La Presse canadienne L\u2019espagnole Repsol réduit ses effectifs à Calgary ous mangeons mal, nous mangeons trop et nous ne bougeons pas assez.Résultat, près des deux tiers des adultes et le tiers des enfants canadiens souf frent d\u2019obésité ou d\u2019embonpoint, nous rappelait un rapport sénatorial cette semaine.Les raisons sont à la fois simples et complexes.Les enfants participent de moins en moins à des activités physiques non structurées.Les commodités de la vie quotidienne favorisent la sédentarité.Dans bien des quartiers, les infrastructures urbaines n\u2019incitent pas au transport actif.Les aliments ultratransformés représentent maintenant 62% de l\u2019alimentation canadienne.Le coût des aliments sains est un problème pour les Canadiens démunis.L\u2019étiquetage nutritionnel est confus, le guide alimentaire, dépassé.La recommandation d\u2019une taxe sur les boissons sucrées et édulcorées faite par le comité a distrait de l\u2019essentiel.Le fédéral, les provinces et une foule d\u2019acteurs doivent collaborer pour élaborer une stratégie similaire à celle adoptée pour combattre le tabagisme, recommande-t-il avec raison.L\u2019obésité entraîne un chapelet de maladies chroniques, comme le diabète de type 2, les accidents vasculaires cérébraux ou cer taines formes de cancer.Et pas seulement chez les adultes.Selon le comité, il en coûterait entre 4,6 et 7,1 milliards par année en soins de santé et perte de productivité.Le gouvernement du Québec, qui a amputé le budget de la santé publique, aurait intérêt à prendre note.Les économies qu\u2019il cherche à faire aujourd\u2019hui pourraient lui coûter très cher demain.Le même avertissement vaut pour le gouvernement fédéral.Ottawa a des devoirs à faire, relève avec raison le comité.Il doit entre autres revoir le Guide alimentaire canadien, qui est désuet selon les experts entendus, et s\u2019appuyer sur la science pour ce faire.Point de place ici pour les lobbys du secteur agroa- limentaire, comme ce fut le cas par le passé.Ottawa doit aussi agir pour limiter la présence de sel et de gras trans dans nos aliments.Il a reçu des avis scienti?ques ces dernières années, mais les a ignorés pour ne pas imposer un « fardeau réglementaire » à l\u2019industrie, disait la ministre de la Santé de l\u2019époque, Leona Aglukkaq.Dans la lettre de mandat de l\u2019actuelle ministre de la Santé, Jane Philpott, le premier ministre Trudeau lui demande de «promouvoir la santé publique» en adoptant une foule de mesures suggérées dans les différents avis, dont des règlements plus stricts «pour éliminer les gras trans et réduire le sodium dans les aliments transformés».Espérons que ce soit plus que des mots, car il est temps que la santé des Canadiens ait préséance sur la santé des états ?nan- ciers des champions de la malbouffe.Philippe Couillard a désavoué sa ministre de la Justice jeudi au sujet du statut du mariage au Québec.Il n\u2019avait plus le choix, Stéphanie Vallée avait semé une profonde confusion autour d\u2019une institution sociale fondamentale.Il serait temps que Québec redéfinisse son droit familial, chancelant depuis la cause Lola contre Éric.l fallait envoyer un signal clair : il n\u2019y a qu\u2019un type de mariage au Québec.C\u2019est ce que le premier ministre a dû faire jeudi.Depuis A.D.c.G.M., cause tranchée le 2 février en Cour supérieure par la juge Christiane Alary, chacun avait compris que Québec permettait désormais le mariage sans effet juridique.Le jugement, qui suit l\u2019argumentation de la procureure générale Vallée, contredit le Code civil (art.118) ! Celui-ci contraint en effet tout célébrant qui unit deux personnes à avertir l\u2019état civil a?n que toute nouvelle union soit enregistrée.Or, A.D.contestait cette obligation, y voyait une atteinte à ses droits.En tant que croyant, il avait l\u2019obligation de se marier.Par conséquent, il devait se soumettre, en raison de l\u2019enregistrement automatique de son union, aux effets civils du mariage.Notamment le partage du patrimoine familial, ce qu\u2019il rejetait.Cela éradique à ses yeux « le droit au libre choix des ef fets de sa conjugalité » et « l\u2019autonomie de la volonté des croyants».Pour esquiver l\u2019accusation, la procureure générale (Stéphanie Vallée, avocate de droit familial) eut la « bonne » idée de soutenir devant le tribunal que la déclaration n\u2019était pas vraiment obligatoire.Autrement dit, un mariage religieux pouvait ne pas avoir d\u2019effets civils ! Et la juge Aubry en fut convaincue (paragraphe 55 du jugement).En mai 2005, l\u2019Assemblée nationale appuya unanimement la motion de Fatima Houda-Pepin contre l\u2019application de la charia au Québec.Le but était d\u2019empêcher que se développe ici un droit familial parallèle, religieux, inégalitaire.En 2015, la ministre Vallée déposa le projet de loi 59, dont un des objectifs est d\u2019empêcher les mariages forcés.Or, ces deux gestes parlementaires importants sont minés par l\u2019arrêt A.D.c.G.M., mais aussi par les propos confus de la ministre.Après avoir sorti d\u2019on ne sait où le concept d\u2019«union spirituelle» en début de semaine pour désigner un mariage religieux sans effets civils, la ministre expliqua jeudi qu\u2019au fond, il s\u2019agissait d\u2019une simple «bénédiction».Un imam, un prêtre, un rabbin ou un imitateur d\u2019Elvis pourrait se borner à «bénir » une union, laquelle n\u2019aurait pas d\u2019effets en droit.L\u2019Église catholique, comme nous l\u2019apprenait Le Devoir jeudi, est insultée; refuse évidemment d\u2019offrir des «sous-mariages».Que M.Couillard ait «recadré» Mme Vallée est un premier pas, mais ne règle au fond presque rien.Cette ministre est-elle à sa place?Plus important encore: A.D.a interjeté appel.La procureure du Québec osera-t-elle contredire l\u2019argumentation qu\u2019elle a défendue précédemment?Chose certaine, il est temps que Québec lance une grande ré?exion sur notre droit familial.Lorsque la Cour suprême trancha l\u2019affaire Lola c.Éric, promesse avait été faite de le revoir.Certes, Lola avait perdu, les conjoints de fait n\u2019étaient pas mariés automatiquement; mais le ministre de la Justice d\u2019alors avait promis de revoir le droit a?n de protéger les plus vulnérables.Un rapport étoffé a été déposé par Alain Roy en juin.Depuis, on n\u2019a jamais entendu Mme Vallée parler de ces questions.Des rumeurs veulent qu\u2019elle songe à lancer bientôt une consultation en ligne\u2026 Le droit familial mérite mieux.Pourquoi pas un exercice non partisan, inspiré de Mourir dans la dignité?La porte-parole péquiste Véronique Hivon le propose avec raison.Plus le temps passe, plus on risque de voir les tribunaux, se référant aux chartes, redessiner, souvent de manière chaotique, notre droit familial.L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 4 M A R S 2 0 1 6 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Merci, Madame Thériault ! Depuis bientôt plusieurs jours, la presse et les médias sociaux se sont enflammés à la suite des propos que vous avez tenus, Madame la Ministre, concernant le féminisme.C\u2019est la première fois depuis fort longtemps que le féminisme est autant à l\u2019honneur.Il est analysé, décortiqué, critiqué, louangé.Plusieurs articles nous rappellent toutes les luttes que nos aïeules ont faites, et comment tout cela est encore fragile.Le Petit Robert et le Larousse y vont de leurs définitions, qui, soit dit en passant, sont fort simples.Toutes les féministes du Québec n\u2019auraient jamais pu rêver attirer l\u2019attention sur la cause des femmes comme vous l\u2019avez fait en cette veille du 8 mars! C\u2019est pour cette raison que je vous dis merci, Madame la Ministre, d\u2019être ce que vous êtes.Une personnalité publique capable de faire en sorte que l\u2019ensemble du Québec réfléchisse et débatte sur un sujet, qui comme vous le mentionniez semblait pour plusieurs venir d\u2019une époque révolue, rétrograde et même dépassée.Je suis persuadée que les Québécoises et Québécois en sortiront grandis.Pour ma part, j\u2019ai lu pratiquement tous les billets, blogues, articles et commentaires et je suis réellement heureuse de constater que le féminisme est toujours d\u2019actualité et en mouvement.Dites-moi, Madame la Ministre, est-ce que nous pourrons encore compter sur votre appui la prochaine fois qu\u2019on aura besoin de parler de la cause des femmes?Une couverture médiatique comme celle que nous avons eue grâce à votre intervention à La Presse canadienne vaut de l\u2019or! En cette période d\u2019austérité, c\u2019est plus que bienvenu! Dans l\u2019espoir que nous pourrons encore réfléchir collectivement à l\u2019atteinte de l\u2019égalité entre les femmes et les hommes, veuillez agréer, Madame, mes plus sincères remerciements.Sylvie Ostigny Pointe-aux-Outardes, le 3 mars 2016 Casino de Charlevoix, dernière chance ?La magnifique région de Charlevoix, malgré la chaleur et l\u2019hospitalité des citoyens entourés de décors bucoliques, ne cesse silencieusement d\u2019encaisser les coups.Après l\u2019échec du Club Med, le festival des affiches «Maison à vendre» à Pe- tite-Rivière-Saint-François se poursuit.Il y a de l\u2019eau dans le gaz! Voilà que Loto-Qué- bec annonce qu\u2019elle peine à relancer le Casino de Charlevoix, qui voit encore ses revenus chuter de 8%.Un rapport accablant ! Malgré tout, Loto-Québec assure qu\u2019elle investira 6 millions pour remettre à niveau l\u2019établissement de jeu avec un concept de jeux d\u2019arcade et d\u2019habileté, un bar ainsi qu\u2019un nouveau restaurant ; espérons que la mise sera gagnante ! Charlevoix mérite une industrie touristique qui foisonne en regorgeant d\u2019offres alléchantes.Cette région est-elle trop proche ou trop loin de Québec ?Pour le Casino, est-ce une dernière chance sans quoi rien n\u2019ira plus?Michel Beaumont Québec, le 3 mars 2016 Dérapage sur le mariage Monsieur le Premier Ministre, Une des missions essentielles d\u2019un ministre de la Justice est de protéger les lois et les institutions qui en découlent.Vous ne pouvez plus longtemps laisser la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, semer la confusion et l\u2019inquiétude tant dans la population en général que dans le milieu juridique.Appelée à défendre la constitutionnalité des articles du Code civil du Québec prévoyant que le mariage, civil ou religieux, emporte toujours des conséquences quant aux droits des époux, elle a sorti de son chapeau qu\u2019il pouvait y avoir un mariage uniquement religieux («union spirituelle») qui serait sans effets juridiques sur le plan civil.Voilà maintenant que c\u2019est le chancelier du diocèse de Montréal qui déclare que le Code civil est clair, que tout mariage célébré à l\u2019Église par un ministre du culte doit être enregistré par l\u2019état civil, acte qui confère à ce mariage ses protections.Il ajoute que «l\u2019Église ne célèbre pas d\u2019\u201cunion spirituelle\u201d.Il n\u2019y a pas de sous-célébration, on ne joue pas ce jeu-là».Pourquoi en sommes-nous rendus à ce que ce soit l\u2019Église, et non la ministre de la Justice, qui se porte à la défense des institutions civiles et des lois du Québec?Pourquoi en sommes-nous à nous demander si la position de la ministre n\u2019ouvrira pas toute grande la porte à la reconnaissance qu\u2019un mariage, assujetti à la charia par exemple, pourrait priver la femme de jouir en pleine égalité des avantages et des protections du Code civil ?Monsieur le Premier Ministre, vous avez le devoir de mettre fin à ce gâchis, à ce dérapage qui ne saurait être réglé autrement FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints NELLIE BRIÈRE, PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N MARIAGES RELIGIEUX ET CIVIQUES Vallée de confusions OBÉSITÉ La prévention a bien meilleur goût I N J E A N - G U Y R O Y Journaliste et directeur général d\u2019Auvidec Média Depuis l\u2019annonce de la mort du père Benoît Lacroix, dominicain, ce mercredi 2 mars 2016, les hommages affluent de partout.Les réseaux sociaux ont été littéralement pris d\u2019assaut.La vie et l\u2019engagement de ce religieux centenaire représentent un parcours hors du commun, voire exceptionnel.Né en 1915 à Saint-Michel-de-Belle- chasse, dont il était très fier, le père Benoît se disait un vrai fils de la terre: «Ce que je retiens de mon enfance, c\u2019est la terre, l\u2019eau, le fleuve, la montagne puisque nous étions tout près.Et les vents qui nous venaient de l\u2019Atlantique, l\u2019air et cette rencontre mystérieuse des Amérindiens qui habitaient à côté de chez nous.» Benoît Lacroix était habité de cette force tranquille, issue du terroir, qui rassure et inspire au gré des vents contraires.Entré chez les Frères prêcheurs en 1936 pour y faire son noviciat, il sera ordonné prêtre le 5 juillet 1941.Une carrière longue et fructueuse attendait ce jeune dominicain venu des ter res fécondes de Chaudière-Appalaches.Théologien, philosophe, médiéviste, essayiste.Docteur en sciences médiévales, Benoit Lacroix poursuivra des études à Paris, Harvard et Cambridge.Pendant quarante ans, il enseignera à l\u2019Institut d\u2019études médiévales de l\u2019Université de Montréal.Il donnera aussi des cours aux universités de Butare (Rwanda), de Caen (France) et de Kyoto (Japon).Doué d\u2019une vive intelligence et d\u2019une saine curiosité, le père La- croix était un érudit.Il aimait raccorder le fil de l\u2019histoire dans un continuum qui nous ouvre sur plus grand que nous.Témoin privilégié de l\u2019évolution du Québec, il s\u2019est montré au fil des décennies tumultueuses de notre coin de pays un excellent passeur, celui qui fait le pont entre les générations qui se succèdent.Il se sentait aussi à l\u2019aise avec un groupe d\u2019intellectuels qu\u2019avec une bande de jeunes ou encore une assistance bigarrée.Le plus remarquable, c\u2019est que tous, nous étions sous le charme de ce prêtre ouvert, optimiste et rayonnant.Benoît Lacroix avait ce don merveilleux de raconter notre histoire commune, d\u2019y faire des liens et de nous situer tout bonnement au cœur de cette humanité en marche vers sa destinée.Il y avait une parcelle d\u2019infini chez ce légendaire historien aux yeux bleus et au sourire radieux.Certes, il avait un côté charmeur, ce communicateur de la Bonne Nouvelle.Homme de grande culture, il aura marqué la vie culturelle québécoise par ses nombreuses interventions dans les médias et ses réflexions toujours empreintes d\u2019équilibre et de bon sens.Le Québec perd sans contredit une importante figure intellectuelle et un homme réputé d\u2019une grande sagesse.Il laisse certes une cinquantaine de publications, mais sur tout le souvenir d\u2019un homme de cœur au goût d\u2019éternité.Quel homme d\u2019exception que ce Benoît Lacroix ! Il aura marqué l\u2019histoire récente du Québec comme pas un.Pour bien des gens, il fut ce rappel incessant de nos racines profondes, ce réverbère tant recherché dans nos moments de doute et d\u2019égarement, ce regard inspirant dans nos périodes d\u2019accommodements existentiels, cette main tendue dans nos épisodes de détresse collective et ces paroles ajustées dans notre ère de questionnements sans fin.Merci à vous, père Benoît, «l\u2019être étonnant » dont parle avec éloge le psalmiste (ps.138).À Dieu, homme d\u2019espérance! Le père Benoît Lacroix, un être d\u2019exception ANTOINE ROBITAILLE MANON CORNELLIER que par un changement de ministre et des déclarations claires de l\u2019état du droit.Paul Bégin, ex-ministre de la Justice Le 3 mars 2016 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 4 M A R S 2 0 1 6 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).I l s\u2019agit d\u2019une maladie venue d\u2019ailleurs et qu\u2019on appelle l\u2019austérité.Nous ne pensions jamais en être atteints au point où nous le sommes en ce moment.Nous avons beau examiner tous les effets pervers d\u2019une telle maladie, nous n\u2019arrivons pas à comprendre pourquoi elle s\u2019est jetée sur nous comme la misère sur le pauvre monde avec l\u2019appui de tout un gouvernement dont les membres ont sans doute été vaccinés contre la maladie en question, car les dégâts touchent tout le monde excepté eux, les élus du peuple.Les bons conseils ont beau nous arriver de partout dans le monde affirmant que l\u2019austérité, ça ne marche pas, que c\u2019est une grave erreur de se lancer dans une telle expérience qui s\u2019avérera forcément douloureuse puisque personne ne se lève pour dire que ça a marché chez lui.Sauf que nous, on ne nous a pas demandé notre opinion.Une fois l\u2019élection des libéraux assurée, une fois plein de promesses faites, une fois les résultats de l \u2019élection connus, on a sor ti le chat du sac.Et nous l\u2019avons reçu en pleine face.Les Québécois sont déçus et ils sont fatigués.Ils en ont assez d\u2019être soumis au règne d\u2019une sorte d\u2019empereur qui agit comme s\u2019il était le maître suprême de notre pays, alors qu\u2019il a été élu pour administrer correctement les dossiers quotidiens sans jamais oublier qu\u2019il le fait en notre nom.Le trip de pouvoir finit toujours par être de mauvais conseil.Les femmes sont encore plus découragées que les hommes d\u2019ici.Elles ont été plus pénalisées que les hommes par les décisions insensées d\u2019austérité qui les touchent directement et les empêchent trop souvent d\u2019apporter le meilleur de ce qu\u2019elles savent faire dans des milieux qui en ont bien besoin.Les femmes ont déjà perdu une grande partie de ce qu\u2019elles avaient acquis péniblement sur une longue période.Retour à la case départ dans bien des cas.Retour à la maison, aussi, dans bien des cas où d\u2019autres solutions sont impossibles.Ce qui conduit à l\u2019appauvrissement des femmes en général et au découragement devant le manque flagrant de compréhension af fiché sans gêne par nos élus.Comment pouvons-nous garder le moral devant les insignifiances que notre gouvernement nous sert régulièrement concernant l\u2019avancement des femmes dans une société comme la nôtre, où les femmes ont réussi à faire reconnaître leurs qualifications dans tellement de domaines qu\u2019elles sont devenues essentielles et qu\u2019elles méritent notre admiration pour leur courage et leur ténacité ?C\u2019est vrai que nous sommes par ties de loin et que nous devons beaucoup à celles qui nous ont précédées pour nous montrer la voie, mais nous avons tenu bon malgré les obstacles, le mépris, souvent, et les injustices flagrantes.Jamais rien ne nous a été accordé parce que nous le méritions.Ça aurait été trop simple.?À quelques jours seulement de la célébration de la Journée internationale des femmes, le 8 mars prochain, il serait bon de nous souvenir que les combats que nous menons encore ici même serviront peut-être à d\u2019autres femmes ailleurs dans le monde où la situation est encore pire que la nôtre.Tendons-leur la main pour qu\u2019elles comprennent, comme nous l\u2019avons fait ici, que c\u2019est quand nous sommes unies que nous représentons une force véritable.Les hommes de partout dans le monde ont beaucoup exploité les situations où les femmes se retrouvaient dans une éternelle compétition pour trouver des maris pourvoyeurs ou des patrons gentils et compréhensifs.Les femmes autonomes financièrement n\u2019ont plus besoin de jouer à ces jeux dangereux qui en font des ennemies les unes des autres.Les femmes ont acquis une perception d\u2019elles-mêmes complètement dif férente de celle de nos mères et de nos grands-mères, dont l\u2019horizon était tellement bloqué qu\u2019elles avaient du mal à imaginer que leur rôle pourrait changer dans un avenir prévisible.Nous avons fait quelques acquis qu\u2019on ne peut pas nous enlever.Nous en avons perdu d\u2019autres dans le fleuve de l\u2019austérité.Aujourd\u2019hui, nous devons affirmer que le féminisme n\u2019est pas mort, qu\u2019il est comme une porte ouverte sur un monde meilleur où nous aurons un rôle à jouer et des solutions à proposer à nos compagnons quand l\u2019égalité homme- femme sera une chose acquise.En attendant ce grand jour, il nous reste à porter la bonne nouvelle aussi loin qu\u2019à des ministres, femmes québécoises, qui ont, encore une fois, ser vi de courroie de transmission pour certains de leurs collègues qui se bidonnent dans leurs dos.C\u2019est triste.Bon 8 mars quand même.Le Québec est malade LISE PAYETTE Le féminisme n\u2019est pas mort, il est une porte ouverte sur un monde meilleur F R A N Ç O I S T E R R O U X Avocat en droit de la famille et en droit international privé Avec la collaboration de Sophie Orssaud, détentrice d\u2019une maîtrise en bibliothéconomie a procureure générale du Québec, Stéphanie Vallée, vient de prendre parti en faveur de la scission entre le mariage religieux et ses effets civils.Au- delà de sa portée symbolique, cette prise de position, en apparence laïque et progressiste, constitue le prélude à une « brèche » autrement plus importante, soit la dissociation du mariage civil de ses effets économiques telle que recommandée par le Comité consultatif sur le droit de la famille, présidé par Me Alain Roy.La mise en pratique de cette recommandation pourrait ramener la cause des femmes québécoises aux heures les plus sombres du gouvernement Duplessis.Les récentes coupes du gouvernement actuel démontrant le peu de cas qu\u2019il fait de la position, et du maintien, de la femme sur le marché du travail.Le comité préconise l\u2019application quasi intégrale des principes de l\u2019autonomie de la volonté et de la liberté contractuelle au droit de la famille québécois.Or, si cette réforme a lieu, elle sera radicale.D\u2019abord parce que le mariage ne générera plus d\u2019obligation financière entre les époux.À cet égard, le nouveau droit de la famille entend dissocier le mariage lui-même des obligations économiques qui en découlent.Les Québécois(es) pourront toujours procéder à la cérémonie du mariage, pour des raisons personnelles, religieuses ou sociales, mais, au nom de l\u2019autonomie de la volonté et de la liberté contractuelle, ils devront désormais négocier «à la car te » les ef fets économiques qui leur conviennent et pourront se soustraire aux autres.Le nouveau droit de la famille s\u2019intéressera davantage à l\u2019individu qu\u2019au couple.En effet, l\u2019« assiette de partage » de la société d\u2019acquêts ayant été jugée « beaucoup trop large » par le comité, le nouveau régime « patrimonial » se limitera, lui, aux résidences familiales, aux régimes de retraite, aux véhicules automobiles et aux meubles du ménage.Ce régime n\u2019aura rien de contraignant, les époux, comme les conjoints de fait, étant libres de s\u2019y soustraire ou d\u2019y adhérer.La seule obligation financière à laquelle nul ne pourra se soustraire découlera de la naissance d\u2019un ou de plusieurs enfants.Ce qu\u2019on appellera le « régime parental impératif » est un concept nouveau qui vise à compenser la perte pécuniaire subie par un parent dont l\u2019emploi ou la carrière aura été mis en veilleuse en raison de son implication auprès de l\u2019enfant.Ce parent pourra réclamer à l\u2019autre une «prestation compensatoire parentale», à condition que sa perte soit «non proportionnelle» à celle subie, le cas échéant, par l\u2019autre parent.Autrement dit, aucune compensation lorsque les revenus de chaque parent diminuent dans une proportion égale, et ce, sans considération pour le fait que la baisse de revenu puisse être beaucoup plus névralgique pour l\u2019un que pour l\u2019autre.Voilà toute la protection législative qui sera offerte, le comité préconisant l\u2019abolition quasi totale de garde-fou législatif pour les conjoints vulnérables.La position du CSF De son côté, à juste titre, le Conseil du statut de la femme (CSF) se dresse contre l\u2019abandon des mesures législatives en faveur des conjoints économiquement faibles.Et pour tant, ce même Conseil, lors de sa création en 1973, se montrait favorable aux principes de l\u2019autonomie de la volonté et de la liberté contractuelle.Il faut dire qu\u2019à cette époque, il y avait tout lieu de croire que, dans un avenir rapproché, l\u2019accès aux études supérieures et au marché du travail permettrait aux femmes de concilier leur rôle de mère de famille avec un emploi qui assurerait l\u2019équilibre financier dans le couple.Le CSF constate aujourd\u2019hui que la « révolution des valeurs» n\u2019a pas généré une «organisation égalitaire entre les sexes », et ce, «même au sein de cette génération qui a grandi dans la foulée des changements sociaux engendrés par le mouvement féministe ».Il ajoute que «pour les hommes, le taux d\u2019activité et d\u2019emploi augmente avec le nombre d\u2019enfants, alors que celui des femmes diminue.[\u2026] La division sexuelle du travail continue de façonner dif féremment les aspirations des femmes et des hommes, les femmes étant préparées par leur socialisation à assumer la majeure partie du travail familial non rémunéré».Le CSF se montre aussi par ticulièrement sceptique à propos de l\u2019« autonomie de la volonté» chez un jeune couple en voie de se former.Il s\u2019interroge sur l\u2019image que se font les jeunes de la conjugalité.Il s\u2019inquiète du fait qu\u2019ils soient «réticents à discuter des questions légales et financières qu\u2019ils jugent incompatibles avec l\u2019état amoureux», et qu\u2019ils refusent d\u2019«envisager une éventuelle rupture et encore moins de parler d\u2019argent ou de contrat», ce qui équivaudrait pour eux à «admettre ou à introduire un doute dans la relation de confiance qui prévaut entre eux».Bref, le Conseil considère qu\u2019il incombe au législateur de leur aménager des garde-fous.Faudrait-il croire que nous avons atteint un niveau de civilisation tel que, après plusieurs siècles d\u2019autorité maritale et de puissance paternelle, l\u2019équilibre économique entre maris et femmes serait rétabli au point de rendre superflue toute mesure de protection législative à cet effet ?Cette réforme constituera-t-elle un progrès ou un retour, très loin en arrière, du balancier législatif vers un capitalisme sauvage où, avec les lois du marché comme seul régulateur, et sans autres barrières, le maillon le plus faible du couple subira la loi du plus fort ?Selon nous, les propositions du Comité consultatif sur le droit de la famille ne s\u2019adressent, au bout du compte, qu\u2019aux universitaires, aux professionnels et aux bien nantis, et elles causeront un tort, peut-être irréversible, à l\u2019équilibre des forces au sein des autres couples.DROIT DE LA FAMILLE Une brèche qui en cache une autre M A T H I E U J A C Q U E S Avocat et maître en droit de l\u2019université McGill n février dernier, le secrétaire à la défense des États-Unis, Ash Carter, remerc ia it le Canada d\u2019avoir triplé le nombre de ses conseillers militaires en Irak.En effet, si le retrait des CF-18 canadiens du front syrien a pu être interprété comme un désengagement dans la lutte contre le groupe État islamique, force est d\u2019admettre que le Canada a décidé d\u2019envoyer un signal clair et d\u2019intensifier sa lutte en Irak.Chaque pays membre de la coalition qui lutte contre le groupe État islamique doit jouer son rôle, et il est de notre responsabilité collective de fournir notre part d\u2019efforts pour endiguer ce fléau.Toutefois, le Canada ayant choisi de concentrer ses efforts en Irak, il est important qu\u2019il fasse des changements sur le terrain pour refléter cette nouvelle orientation politique.Les peshmergas kurdes ont offer t une des plus robustes résistances aux forces du groupe État islamique.Au moment où les troupes fédérales irakiennes ont été contraintes d\u2019abandonner une partie importante du nord de l\u2019Irak, les guerriers kurdes ont su tenir tête.L\u2019automne dernier, ceux-ci ont même repris la ville de Sinjar, coupant ainsi un lien important entre la capitale du groupe État islamique en Irak, Mossoul, et sa principale place forte en Syrie, Raqqa.Le Canada dispose d\u2019une mission diplomatique à Bagdad, mais n\u2019a toujours pas de représentation diplomatique à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien.Cette situation est problématique et doit être corrigée.Si, comme annoncé par le gouvernement Trudeau, l\u2019objectif est d\u2019accroître l\u2019effort en Irak et la formation aux forces fédérales irakiennes et kurdes, il est logique d\u2019établir une ligne de communication civile directe avec ces acteurs sur le terrain.Cela n\u2019a rien de révolutionnaire, les États-Unis disposent déjà d\u2019un consulat à Erbil et le Canada devrait faire de même.On ne peut adéquatement mesurer les besoins d\u2019un allié comme les Kurdes si on n\u2019établit pas des canaux de communication clairs avec ceux-ci.Il est certain qu\u2019il faut ménager les sentiments d\u2019un Irak qui a perdu le contrôle de larges parties de son territoire, mais les Kurdes font partie de la solution pour que cette région retrouve un peu de stabilité.Le ministre des Affaires étrangères du Kurdistan irakien, Falah Mustafa Bakir, a visité le Canada en novembre dernier et il était très clair que le Kurdistan est à la recherche d\u2019investisseurs, et l\u2019aide canadienne est appréciée et doit continuer.Les besoins du Kurdistan irakien ne sont pas que militaires.Il n\u2019est donc pas adéquat que le seul lien de communication entre le gouvernement canadien et le Kurdistan irakien soit de nature militaire.Il serait logique d\u2019avoir un représentant diplomatique civil canadien sur le terrain.Le Canada doit aussi déjà penser à l\u2019Irak après le groupe État islamique.La violence interethnique qui a sévi dans le nord de l\u2019Irak et qui continue en ce moment rend les perspectives sombres sur l\u2019avenir d\u2019un Irak uni.Si jamais la dislocation de fait de l\u2019Irak venait à se confirmer en droit, il sera important à ce moment que le Canada soit déjà présent sur le terrain.L\u2019ouver ture d\u2019un consulat ou d\u2019une autre forme de représentation diplomatique à Erbil est une piste que le Canada devrait sérieusement envisager compte tenu de sa nouvelle stratégie en Irak et des efforts qu\u2019il compte déployer là-bas.Également, il s\u2019agirait d\u2019un geste concret et fort qui montrerait que le Canada est de retour et qu\u2019il compte bien jouer un rôle actif pour contribuer à sa manière à résoudre la crise occasionnée par la montée en puissance du groupe État islamique.Pour un dialogue direct avec les Kurdes L Le comité [consultatif] préconise l\u2019abolition quasi totale de garde-fou législatif pour les conjoints vulnérables « » E SAFIN HAMED AGENCE FRANCE-PRESSE Les peshmergas kurdes ont of fert une des plus robustes résistances aux forces du groupe État islamique. L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 4 M A R S 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S bronze : une petite maison en Lego, un bout de bois, un livre ou une pomme.Le badaud peut même brancher ses écouteurs sur un lecteur alimenté à l\u2019énergie solaire pour entendre réciter les textes d\u2019une vingtaine de poètes.Dès vendredi, on pourra donc y écouter les Québécois Jean-Paul Daoust et Denise Desautels au milieu d\u2019une faune disparate où l\u2019on retrouve aussi bien Baudelaire et Apollinaire que Charles Juillet et Yves Bonnefoy.Les enregistrements seront renouvelés régulièrement.Une passion née à Paris Le sculpteur, qui a semé des chaises aux quatre coins du monde, rappelle que c\u2019est à Paris que cette passion lui est venue.«À vingt ans, quand je venais à Paris, je traînais dans les parcs.Nous transpor tions les chaises d\u2019un bout à l\u2019autre pour les rassembler là où nous voulions nous réunir.C\u2019est la seule ville où l\u2019on pouvait faire ça.Partout ailleurs, il y avait des bancs qu\u2019on ne pouvait pas bouger.» C\u2019est un peu cette impression de liberté qu\u2019a voulu restituer Michel Goulet .Pour meubler le jardin du Palais Royal, il a fait appel à Louis- Alber t de Brog l ie, descendant d \u2019une prestigieuse famille française qui possède dans son château de Touraine la plus grande collection de plants de tomates du monde.Cet aristocrate excentrique qui vend de luxueux objets de jardin (Prince Jardinier) et fait dans la taxidermie (Dey- rolle) a auss i récupéré les chaises des squares de Paris qu\u2019il recycle à sa façon.«Il faut voir l\u2019état dans lequel il les recueille, dit Michel Goulet.Elles sont rouillées, brisées, arrachées.Une fois rénovées, elles sont méconnaissables.L\u2019objet de bronze posé entre les deux chaises crée l\u2019impression qu\u2019il a été oublié là par quelqu\u2019un.D\u2019ailleurs, une chaise évoque toujours la présence ou l\u2019absence.Une chaise vide est toujours en attente d\u2019un corps.» Discrétion L\u2019ar tiste n\u2019en revient toujours pas de débarquer à Paris dans un lieu aussi prestigieux situé entre la Comédie-Fran- çaise, les célèbres colonnes de Daniel Buren et la Banque de France.Si le square est central, il demeure pourtant discret tant il est bien abrité.Le lieu est propice au recueillement et l\u2019on y voit rarement les hordes de touristes qui circulent aux Tuileries et au Luxembourg.Au Québec, le Conseil des arts et des lettres et divers organismes gouvernementaux ont fourni 25 000 dollars pour la réalisation de cette œuvre qui en a coûté au moins le triple.Ce vendredi, son inaugu- rat ion lancera le 18e Pr in- temps des poètes sur le thème Le grand XXe, d\u2019Apollinaire à Bonnefoy, cent ans de poésie.Pour Michel Goulet, qui prépare une œuvre pour le Centre Bell de Laval et une autre pour la ville de Namur, tout cela est encore un peu irréel.« Mon idée, en invitant les gens à s \u2019asseoir, en les confrontant à un objet ordinaire et un texte inédit, c\u2019est que ce soit eux qui deviennent les créateurs.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CHAISES CENTRE DES MONUMENTS NATIONAUX Guillaume Apollinaire est au nombre des poètes et écrivains dont les écrits sont repris sur les chaises de Michel Goulet.devenir des artistes canadiens de valeur.Des résidences ont commencé à être offertes par son organisme au début des années 1980, une masse critique de demandes pour ces ateliers culminant autour de 2002.L\u2019an dernier encore, des studios étaient loués à Paris, Londres, Sydney, Berlin, New York et Santa Fe (pour les artistes autochtones).Ils ont été occupés par Romeo Gongora, Thérèse Mastroiacovo, Richard Ibghy et Marilou Lemmens, entre autres.« On imagine qu\u2019on va pouvoir subventionner ainsi entre 20 et 25 artistes par année, plutôt que de 12 à 15, a précisé Sylvie Gilbert.Ça nous permet carrément de doubler notre aide, en portant l\u2019enveloppe à 500 000 $ par année.» Les ar t istes pour ront auss i aller vers les destinations de leur choix, selon leurs réseaux, leurs intérêts de recherche ou les cur ios ités que les conservateurs et collectionneurs d\u2019art leur témoignent.« Le paysage international a beaucoup changé , a-t -el le ajouté.On a fait en 2014 une grande consultation publique sur le futur de nos investissements en arts visuels.On a entendu que les artistes veulent plus de flexibilité dans les programmes, qui étaient assez paramétrés, rigides même.Maintenant, l\u2019intérêt envers les artistes d\u2019ici ne vient pas nécessairement des pays européens, mais plutôt de l \u2019Asie, de l \u2019Amérique du Sud, et même de l\u2019Afrique, où de grandes biennales maintenant ont lieu.» La vie d\u2019artiste 2.0 La responsable du secteur poursuit : «On n\u2019a malheureusement pas les moyens d\u2019avoir des résidences partout à travers la planète.Si on veut avoir un impact intéressant, il faut doubler, tripler, quadrupler la présence des artistes canadiens, partout.» Trois subventions sont offertes aux artistes visuels : celle pour les artistes professionnels, une au programme « résidences internationales » et une subvention de voyage.Par contre, les artistes doivent composer leur résidence eux-mêmes, et obtenir une lettre de confirmation de l\u2019organisme-hôte.La formule perd donc un côté « clé en main ».Pour l\u2019instant, toutes les demandes doivent encore être déposées pour le 1er avril.Ce sont les mutations des pratiques artistiques qui imposent ce mouvement au programme.« Les studios étaient pensés pour les techniques traditionnelles comme la peinture, le dessin, et pas pour la photographie, la performance ou même les métiers d\u2019ar t, explique Mme Gilbert.Plusieurs artistes maintenant ont une pratique \u201cpost-studio\u201d et travaillent sur leur ordinateur.On s\u2019est fait dire aussi que certains, en résidence, se retenaient de produire parce qu\u2019il faut ramener les œuvres ensuite, et que le transpor t de l\u2019étranger coûte cher.Et quand on est ailleurs, ce peut être la conversation et la rencontre avec les autres qui priment, plutôt que le désir d\u2019être seul dans son atelier à créer.» Même la vie d\u2019ar tiste n\u2019est plus la même : plusieurs cumulent les jobs à temps partiel, ont des enfants, ne peuvent ou ne veulent pas partir trois ou six mois (longueur imposée par la résidence de Londres, par exemple) à une date fixée d\u2019avance par les partenaires du CAC.« Il nous faut absolument répondre au nouveau contexte de production », indique Sylvie Gilbert.En découvrant le changement sur le site Internet du CAC, certains artistes ont réagi fort négativement sur les réseaux sociaux.«Le Canada ne soutient plus la représentation d\u2019un artiste si l\u2019organisme d\u2019un autre pays ne l\u2019a pas choisi d\u2019abord, s\u2019est ainsi insurgée Caroline Cloutier.Le Canada ne va pas s\u2019assurer de réserver un minimum de vitrines pour ses ar tistes dans des villes culturelles importantes.Le Canada ne s\u2019engage plus à créer des partenariats pour le développement à long terme de la représentation de notre culture à l\u2019étranger.» Au CAC, on répond que rien n\u2019empêche un artiste de demander accueil dans les lieux qui servaient de résidence \u2014 la Cité internationale des arts de Paris ou la Künstlerhaus Bethanien de Berlin, par exemple \u2014, qui demeurent de fidèles partenaires.Des réseaux comme Res Artis recensent déjà les résidences accessibles de par le monde.« Les artistes peuvent encore obtenir le même service du CAC.Mais oui, ils doivent prendre certaines responsabilités, et avoir une certaine autonomie.La génération émergente est beaucoup plus branchée sur l\u2019international, estime Sylvie Gilbert.Ils ont compris que pour avoir une voix en art contemporain, il faut embrasser une vision globale.On voit de plus en plus d\u2019artistes de la relève qui habitent et créent ici, mais qui n\u2019ont jamais exposé au Canada, seulement ailleurs.Dans nos demandes de bourses et de voyages, 80% des demandes qu\u2019on nous fait sont pour aller à l\u2019étranger.» C\u2019est à ces besoins-là que les résidences espèrent répondre.Inquiétudes Le Regroupement des artistes en arts visuels du Québec (RAAV) accueille la transformation elle-même avec un brin d\u2019inquiétude.« Les changements dans les programmes des organismes subventionnaires sont souvent suspects, tout spécialement dans les périodes où des coupes sont effectuées dans le soutien gouvernemental à ces organismes, a indiqué le directeur général, Christian Bédard.Toutefois, le nouveau gouvernement s\u2019est engagé à bonifier l\u2019enveloppe du CAC, et cela peut nous rassurer pour le futur.Et d\u2019après les explications données par le CAC, il s\u2019agit d\u2019utiliser autrement les sommes consacrées aux résidences à l\u2019étranger afin de permettre à presque deux fois plus d\u2019artistes d\u2019en profiter, ce qui est une bonne chose selon nous.Bien sûr, ce changement ne plaira pas à tous, et il soulève des craintes.Il faudra juger de la validité de ce changement à l\u2019usage.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ARTISTES PAUL LITHERLAND Détail de l\u2019installation Each Number Equals One Inhalation and One Exhalation de Richard Ibghy et Marilou Lemmens aux circonstances de chaque province » notamment « aux réalités des peuples autochtones et des régions arctiques ».Ses conclusions seront présentées aux provinces d \u2019ici octobre prochain.Le premier ministre canadien n\u2019a pas précisé à quel moment le pays compterait un plan final, ni ce qui constituerait un « mécanisme » acceptable aux yeux du fédéral.Ottawa envisage-t-il d\u2019imposer un prix pancanadien sur le carbone et de forcer la main des provinces récalcitrantes ?Justin Trudeau n\u2019a pas précisé non plus.Le cas saskatchewanais Mais le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, qui s\u2019est opposé le plus farouchement \u2014 et publiquement \u2014 à l\u2019idée d\u2019une tarification du carbone, ne semblait pas croire que l\u2019entente fédérale-provin- ciale le forcerait à rentrer dans le rang.Une flexibilité dont il se réjouissait, justement.Car la déclaration parle de « mécanismes » qui peuvent prendre diverses formes, a-t-il insisté à la suite de la rencontre.«Si certains en viennent à l\u2019idée que cela représente une sorte d\u2019autorisation à chercher une taxe nationale sur le carbone, je serai en désaccord avec cela.Car ce n\u2019est pas ma compréhension.» Certaines provinces ont fait valoir qu\u2019elles avaient déjà agi pour réduire leur empreinte carbone.M.Wall a argué que sa province avait un système de captage et stockage de carbone.Son collègue Stephen McNeil a plaidé que la Nou- velle-Écosse avait investi en hydroélectricité.« Je ne crois pas que quiconque en a déjà fait assez.Mais nous devons reconnaître qu\u2019il y a plus d\u2019une façon de gérer les émissions de carbone.» Chez les territoires nordiques, on refuse aussi de hausser le coût de la vie déjà élevé en créant une nouvelle taxe.Le premier ministre du Yukon, Darrell Pasloski , a noté qu\u2019améliorer l\u2019efficacité énergétique des infrastructures permettrait déjà de réduire grandement les émissions de gaz à ef fet de serre dans le Nord.Or, de l\u2019avis de Steven Guil- beault d\u2019Équiterre, la notion de tarification du carbone n\u2019est pas à ce point élastique.« Il y a deux mécanismes, il n\u2019y en a pas 60.Une taxe ou un système de plafond et d\u2019échanges.» Certaines provinces «peuvent bien faire preuve de toute la créativité qu\u2019elles veulent, si ça ne tient pas la route, ça ne tient pas la route ».À son avis, la patience de Justin Trudeau aura ses limites, et si des provinces traînent de la patte, Ottawa interviendra.Le premier ministre canadien a toutefois confirmé que le fédéral ne viendrait pas refaçonner les mécanismes mis en place dans les provinces qui ont déjà tarifé le carbone.«Le gouvernement fédéral ne devrait pas être en train de défaire le bon travail des provinces.On devrait être en train d\u2019ajouter d\u2019autres mesures en complément.» La déclaration finale de la rencontre n\u2019évite pas par ailleurs l\u2019autre sujet de discorde de l\u2019heure \u2014 la construction d\u2019oléoducs au pays.Les premiers ministres du pays « se sont entendus sur l\u2019importance et l\u2019urgence d\u2019acheminer les ressources du Canada jusqu\u2019aux marchés en ayant recours à des moyens responsables, opportuns, prévisibles et durables qui inspirent confiance aux Canadiens».Éloges et critiques La rencontre de Vancouver aura été une victoire, selon M.Guilbeault, qui ne s\u2019attendait pas de toute façon à un plan de tarification du carbone national dès jeudi.«On est vraiment au début de la conversation.» Et Ottawa a en outre promis des investissements en infrastructures vertes et en transports en commun, et les premiers ministres du pays «s\u2019entendent sur le fait qu\u2019ils ont une obligation de résultats».Le premier ministre québécois, Philippe Couillard, a lui aussi salué cette promesse d \u2019 invest issements qu i devraient se préciser dans le budget fédéral du 22 mars.Et il a souligné, à l\u2019instar de ses collègues, qu \u2019une telle rencontre fédérale-prov in- c iale sur l \u2019env ironnement « est déjà en soi une partie de la réussite ».Le groupe Environmental Defence a applaudi une «étape impor tante » et un « changement apprécié » quant aux ef- for ts du fédéral pour lutter contre les changements climatiques.Mais la stratégie ne pourra pas être uniquement transversale, « qu\u2019une simple somme de ce que sont prêts à faire les secteurs, les industries et les provinces », a réagi un membre de l\u2019organisme Dale Marshall.« Le gouvernement fédéral a l\u2019autorité légale d\u2019atteindre ses engagements internationaux et l\u2019obligation de réglementer les émissions de carbone», a-t-il estimé.Du côté politique, les néodé- mocrates ont accusé les libéraux fédéraux de ne pas en faire assez et de prolonger les pourparlers sans passer à l\u2019action.« Nous avons besoin d\u2019ob- jecti fs ambitieux, d\u2019un plan pour les atteindre et d\u2019enchâsser la reddition de comptes dans la loi», a argué Nathan Cullen du NPD.Avec La Presse canadienne Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CLIMAT Sylvie Gilbert JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Justin Trudeau en discussion avec les premiers ministres provinciaux "]
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