Le devoir, 5 mars 2016, Cahier J
[" ALIMENTATION MANGER SAINEMENT C A H I E R T H É M A T I Q U E J \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A R S 2 0 1 6 Le règlement pro-santé d\u2019un arrondissement montréalais Page J 5 L\u2019 Expo manger santé et vivre vert, toujours plus vaste Page J 3 Une définition de la saine alimentation « Une alimentation saine est constituée d\u2019aliments diversifiés et donne priorité aux aliments de valeur nutritive élevée sur le plan de la fréquence et de la quantité.En plus de leur valeur nutritive, les aliments ont une valeur gastronomique, culturelle ou af fective.La saine alimentation se traduit par le concept d\u2019aliments quotidiens, d\u2019occasion et d\u2019exception, de même que par des portions adaptées aux besoins des personnes.Les divers milieux doivent présenter une of fre alimentaire en concordance avec leur mission où la proportion des aliments quotidiens, d\u2019occasion et d\u2019exception pourra varier.» Selon le document de référence de 2010 « Vision de la saine alimentation », publié dans le cadre du Plan d\u2019action gouvernemental de promotion des saines habitudes de vie et de prévention des problèmes reliés au poids 2006-2012 \u2014 Investir pour l\u2019avenir.S O P H I E S U R A N I T I C\u2019 est pourquoi l\u2019industrie agro - alimentaire s\u2019engage vers plus de qualité.Certes, le portrait est loin d\u2019être parfait.Mais les choses bougent.Clairement ! On l\u2019obser ve avec la réduction de gras (le gros du travail ayant été accompli avant 2010), de sel (en cours) et de sucre (nous sommes en plein dedans).Avec toutefois certaines limites que ne peuvent franchir les transformateurs.Car « un saucisson restera toujours un produit de charcuterie avec du gras dedans ! » clame Annick Van Campen- hout, directrice générale du Conseil des ini- t iat ives pour le progrès en al imentation (CIPA).Cet organisme mis sur pied en 2011 gère le programme Melior, un projet financé par Québec en forme visant à accompagner les entreprises agroalimentaires dans leur démarche volontaire pour « mieux » produire (en réduisant par exemple le sel ou le sucre dans leurs produits).Le consommateur devance la demande ?Peut-être.Mais il navigue aussi dans un univers informationnel nébuleux malgré les bonnes volontés ou les initiatives publiques et privées.Toutes ces informations présentes sur les étiquettes ! Cet alignement de logos ! Ces « mange-ceci-et-pas-ça » que l\u2019on nous martèle quotidiennement ! Moins d\u2019ingrédients La surenchère informationnelle aurait-elle atteint ses limites, elle aussi ?La liste des ingrédients tend à se réduire.Tant mieux.D\u2019autant que cet allègement s\u2019accompagne d\u2019une demande pour plus de transparence.Cinq ou six ingrédients, c\u2019est bien ; et c\u2019est encore mieux si on les connaît tous ! Exit les composés chimiques aux noms incompréhensibles.Simplification, transparence et\u2026 authenticité.Authentique ?« Les gens ne sont pas dupes, ils finissent par comprendre que l\u2019industrie travaille d\u2019abord pour elle, ses propres bénéfices, plutôt que pour la santé des citoyens.Toutefois, je suis convaincu qu\u2019un changement s\u2019opère dans la conscience des consommateurs », affirme le jardinier Yves Gagnon, qui sème ses trucs et recettes écologiques dans son onzième livre, Le festin quotidien, aux éditions Colloïdales.D\u2019où vient ce produit ?Comment a-t-il été cultivé, transformé, trans- por té ?L\u2019industrie doit donc s\u2019adapter pour répondre à ce type de questions.De saines (ou naturelles) questions.Même constat pour Renée Frappier, qui prêche depuis le milieu des années 1980 pour une alimentation naturelle et qui organise le plus impor tant « salon ver t » annuel, l \u2019Expo manger santé et v ivre ver t .Sans compter que les informations filent et défilent.« Les réseaux sociaux incitent les gens à cuisiner davantage, à varier leurs menus.Grâce au Web, je trouve qu\u2019il y a une belle circulation d\u2019idées et de services, comme tous ces outils d\u2019aide pour faire son épicerie, calculer les appor ts nutritionnels, etc.», com- mente- t-elle.Mais il y a aussi possibilité de ma- linformation et de désinformation\u2026 Une chose lue tel jour, contredite le lendemain.« Scène » alimentation ! Même le lait est un produit transformé ! Qui peut se targuer de le boire aujourd\u2019hui directement du pis de la vache, hormis le fermier ?Bienvenue dans notre monde des produits alimentaires majoritairement transformés ! Inutile de se voiler la face.Par contre, le bout de la chaîne, nous le tenons encore par notre capacité à (inter)agir.VOIR PAGE J 3 : SANTÉ L\u2019industrie favorise de plus en plus la qualité ISTOCK Sain(t)e alimentation ISTOCK P ossédant une chaire riche et crémeuse pouvant être apprêtée de mille et une façons, l\u2019avocat est un aliment qui ne cesse de gagner en popularité au Canada.À preuve, au cours des deux dernières années, les exportations d\u2019avocats du Mexique, soit le plus important producteur de ce fruit au monde, ont augmenté de 27 % au pays ! Il y a là de quoi se réjouir, puisque la consommation de ce super-aliment polyvalent et disponible à l\u2019année est excellente pour la santé.Bon pour le cœur Très nutritif, l\u2019avocat est un fruit riche en gras mono-insaturés et polyinsaturés, deux types de gras considérés comme béné?ques pour la santé cardiovasculaire.Contrairement aux gras trans et saturés, qui peuvent faire augmenter le taux de mauvais cholestérol et les risques de souffrir de maladies cardio-vasculaires, ces bons gras favorisent le contrôle de la pression artérielle et l\u2019absorption des nutriments liposolubles comme les vitamines A, D, E et K.« Un demi-avocat fournit sept grammes de gras mono-insaturés et un gramme de gras polyinsaturés, précise Mme Stefanie Senior, diététicienne.Lorsque les avocats sont intégrés dans une alimentation saine, ils peuvent donc contribuer à réduire le taux de mauvais cholestérol, ce qui diminue les risques de maladies cardiaques.» Antioxydant Outre leur richesse en bons gras, les avocats regorgent d\u2019antioxydants.Sortes de boucliers pour l\u2019organisme, ils ont la propriété d\u2019empêcher certaines réactions néfastes provoquées par les radicaux libres.Surtout formés d\u2019oxygène, ces derniers sont des composés instables qui peuvent endommager les autres atomes et contribuer à l\u2019apparition de différentes maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires, le diabète, l\u2019Alzheimer et la perte de vision.Mais ce n\u2019est pas tout ! L\u2019avocat est aussi une excellente source de ?bres, la moitié de cet aliment fournissant environ 25 % de l\u2019apport quotidien recommandé (pour un régime alimentaire équilibré de 2000 calories).Une alimentation riche en ?bres contribue à prévenir le diabète, les maladies du cœur et certains types de cancers, notamment celui du colon.« Les ?bres favorisent également une digestion saine en évacuant les déchets du corps, signale Mme Senior.Elles peuvent aussi aider à faire durer le sentiment de satiété entre les repas, ce qui permet de manger moins au cours de la journée.» Comment intégrer l\u2019avocat - cat peut être incorporé de toutes sortes de façons à l\u2019alimentation.Sa chair ayant un goût s\u2019apparentant à celui de la noisette, il peut être autant utilisé dans les hors- d\u2019œuvre que les entrées, les collations, les plats principaux et les desserts ! - ments comme le beurre, la margarine, le fromage et la mayonnaise.Pour éviter le brunissement de la chair, il suf?t d\u2019ajouter un peu de citron à la purée.aussi d\u2019épaissir les mélanges.L\u2019utiliser dans des smoothies, des potages et des trempettes est donc une excellente idée.aliments riches en nutriments, l\u2019avocat permet de mieux absorber les pigments des légumes-feuilles, des carottes, des tomates et d\u2019autres légumes.L\u2019utiliser en salade s\u2019avère donc un choix éclairé.Vous ne savez par où commencer ?Voici une savoureuse recette de salade d\u2019avocat, kale et quinoa.En plus de régaler vos papilles, elle saura combler une bonne part de vos besoins nutritionnels de la journée ! Pour plus d\u2019idées de recettes: de riz non cuit Une cuillère à thé de moutarde de Dijon ¼ de cuillère à thé pour la garniture 1 Combiner le quinoa, l\u2019eau et le sel dans une casserole.Porter l\u2019eau à ébullition et réduire ensuite à basse température.2 Couvrir et laisser mijoter doucement pendant 15 minutes (il restera possiblement de l\u2019eau non absorbée).Retirer du feu.3 Tout en gardant la casserole couverte, laisser reposer 5 minutes ou jusqu\u2019à ce que l\u2019eau soit absorbée.4 Enlever le couvercle et remuer doucement le quinoa avec une fourchette.Laisser refroidir à température ambiante.5 Dans un bol, fouetter ensemble l\u2019huile d\u2019olive, le vinaigre balsamique, le zeste de citron, le jus de citron, la moutarde, le sel et le poivre.Réserver.6 Retirer les grains des épis à l\u2019aide d\u2019un couteau tranchant.7 Dans un grand bol, mélanger le quinoa cuit, le kale, les fèves noires, le maïs et la chair d\u2019avocat.Ajouter la vinaigrette et mélanger.Servir à température ambiante ou refroidie.Garnir de coriandre et de quartiers de lime.PRÉPARATION INGRÉDIENTS SALADE D\u2019AVOCAT, KALE ET QUINOA PUBLIREPORTAGE P H O T O S : M A R T I N C L A I R M O N T ALIMENTATION L E D E V O I R , L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A R S 2 0 1 6 J 3 S O P H I E S U R A N I T I C ette recette idéale, Renée se met à l\u2019enseigner dans le cadre de formations qu\u2019elle propose en alimentation naturelle et à la coucher sur papier (comme dans son Guide de l\u2019alimentation saine et naturelle).En créant en 1985 l \u2019Associat ion manger santé bio, cette pionnière aide à la construction de tout un réseau spécialisé.Entreprises et détai l lants en santé bio du Québec, elle les connaît tous.Bien sûr, ils sont un peu moins nombreux à l \u2019époque.Quoique.On pense à tor t que la première édition de l\u2019Expo manger santé et vivre vert s\u2019est faite discrètement, dans une petite salle laissée vacante pour l\u2019occasion au Collège de Maisonneuve.Pas du tout ! Déjà, en 1997, Renée réussit à entraîner dans cette activité grand public une centaine d\u2019entreprises, 90 pour être exact, et à occuper les locaux du collège presque au complet.Dans l\u2019auditorium et dans une autre salle prévue à cet effet, une série de conférences abordant les thèmes de l\u2019alimentation naturelle se tiennent avec des invités de marque.On est donc bien loin d\u2019une causerie confidentielle ! 2016, 350 exposants.Quatre fois plus d\u2019entreprises, 125 000 pieds carrés.Avec des coûts de location d\u2019espace beaucoup plus conséquents.D\u2019où la réticence de Renée à changer de lieu.Le salon se tiendra quatre années de suite au Collège de Maisonneuve.«Mais à un moment donné, il y avait trop de monde, ce n\u2019était plus possible, alors j\u2019ai fait le saut.J\u2019ai dit : d\u2019accord, allons au Palais des congrès.» Entreprises, détaillants, visiteurs.Tout le monde a suivi.Les fidèles des débuts, et de nouvelles compagnies du Québec, du Canada, des États- Unis, d\u2019Europe\u2026 À une condition : que leurs produits soient distribués ici.Au fil des éditions, l\u2019achalandage ne fait que croître.« On voit bien que cette progression suit l\u2019ou- ver ture des citoyens envers une alimentation plus végétale, moins transformée.» Mais pour celle qui prône et enseigne l\u2019alimentation naturelle depuis plus de trente ans, cette progression est-elle assez rapide ?« C\u2019est sûr que les choses évoluent trop lentement à mon goût, mais elles évoluent quand même.Avec le Web, les réseaux sociaux, les émissions, des initiatives comme Aliments du Québec, les gens posent plus de questions, trouvent des réponses et font des choix.» Et ce, même s\u2019il y a un décalage entre les intentions (généralement bonnes) et la réalité de l\u2019acte d\u2019achat\u2026 Car, malgré les bons dires, le critère décisionnel numéro 1 reste le prix.« D\u2019où l\u2019impor tance de l\u2019éducation ! » rétorque Renée.Où l\u2019aliment a-t-il été produit ?De quelle manière ?Développer une conscience de l \u2019al iment s\u2019 impose donc si l\u2019on veut éviter ce type d\u2019incohérence au moment de choisir et d\u2019acheter.« Nous n\u2019en sommes pas encore là, mais c\u2019est mon désir ultime : qu\u2019il y ait, dès la maternelle, des cours qui abordent l\u2019alimentation, l\u2019agriculture, la nutrition, l \u2019environnement.De vrais cours intégrés, avec des examens, de la pratique.On formerait alors des individus extraordinaires.» Collaboratrice Le Devoir 19E ÉDITION DE L\u2019EXPO MANGER SANTÉ ET VIVRE VERT 11, 12 et 13 mars au Palais des congrès de Montréal 19 et 20 mars au Centre des congrès de Québec expomangersante.com Association manger santé bio : mangersantebio.org Dans une autre vie, Renée Frappier a été professeure de chimie au secondaire.« J\u2019étais dans la vingtaine.J\u2019enseignais les sciences, mais j\u2019avais aussi une troupe de danse contemporaine et j\u2019étais professeure de hatha-yoga.Tout cela a formé une recette idéale.» «Pour moi, cette démarche est comme une belle danse» L\u2019organisatrice de l\u2019Expo manger santé et vivre vert parle de l\u2019engouement pour l\u2019alimentation naturelle SOURCE EXPO MANGER SANTÉ ET VIVRE VERT Tenue au Palais des congrès, à Montréal, l\u2019Expo manger santé et vivre vert proposait 80 conférences aux visiteurs l\u2019an dernier.C\u2019est sûr que les choses évoluent trop lentement à mon goût, mais elles évoluent quand même.Avec le Web, les réseaux sociaux, les émissions, des initiatives comme Aliments du Québec, les gens posent plus de questions, trouvent des réponses et font des choix.Renée Frappier, organisatrice de l\u2019Expo manger santé et vivre vert « » « Si une allégation sur un produit s\u2019avère plus ou moins exacte, l\u2019entreprise en question sera rapidement jugée.À produit égal, le consommateur se tournera vers celui du concurrent ! » remarque Annick Van Campen- hout.Mais si le consommateur souhaite plus de transparence, il doit être cohérent avec sa demande.Ce qui est loin d\u2019être le cas.Un exemple ?Déposer la salière sur la table alors qu\u2019on a choisi la version allégée en sel du produit.Comment s\u2019explique ce type d\u2019incohérence ?« Cela relève d\u2019une grande dif fi- culté à changer nos habitudes.Dans le cadre d\u2019un sondage mené par la firme CROP pour le programme Melior [entre le 13 et le 19 août 2015 auprès de 1000 Québécois âgés de 18 ans ou plus], plus de la moitié des personnes interrogées trouvent dif ficile d\u2019améliorer leurs habitudes, et la routine demeure l\u2019ennemie numéro 1 », commente Annick Van Campenhout.Changer sans changer En fait, on veut du changement, mais sans changement ! Une autre tendance « saine » qui se manifeste ?L\u2019intérêt croissant pour l\u2019aspect global de l\u2019aliment, à savoir l\u2019environnement dans lequel il s\u2019inscrit.Pour beaucoup d\u2019entre nous, la saine alimentation va de pair avec la qualité nutritionnelle du produit.Mais son environnement global, comme la provenance ou l\u2019emballage, nous importe.Ainsi, à proposition égale, le local sera privilégié, même s\u2019il n\u2019est pas lié directement à l\u2019amélioration de l\u2019offre alimentaire.On veut des aliments sains qui à la fois procurent du plaisir et ont du goût ?OK ! Par contre, revoyons nos réglages gustatifs qui ont un gros faible pour les taux de sucre, de sel et de gras élevés ! Déconstr uire pour mieux reconstruire\u2026 Le plaisir, hormis celui que donne le goût des aliments, c\u2019est aussi se retrouver à table.Prendre son temps a des effets bénéfiques sur le métabolisme digestif, les quantités de nourriture ingérée, etc.Cette notion temporelle, auparavant absente des radars, est une nouveauté.Le temps de la consommation donc, de la dégustation, mais aussi celui du calendrier végétal, du rythme des saisons, de la nature.Comme vendeur de semences, Yves Gagnon remarque depuis plusieurs années un regain d\u2019intérêt pour les cultures horticoles à la campagne ou en ville, sur de petits lopins de terre, dans des contenants posés sur les galeries des condos\u2026 « Les gens ont besoin de reprendre contact avec la terre, avec le règne végétal.Les jeunes aspirent à une vie maraîchère à petite échelle.» Et on renoue ainsi avec le gros bon sens.Finalement, on n\u2019invente rien en alimentation.« C\u2019est pour cela que c\u2019est formidable ! On répète depuis des années qu\u2019il faut manger le plus frais possible ! Si j\u2019ai des betteraves, je les prépare de suite, je n\u2019attends pas qu\u2019elles flétrissent ! » s\u2019anime Renée Frappier.La saine alimentation, c\u2019est donc aussi et surtout reconsidérer notre rappor t au temps (celui d\u2019une consommation immédiate qui nous permettra par là même d\u2019agir sur le gaspillage alimentaire) et notre rapport au ventre que l\u2019on a démesurément enflé.Collaboratrice Le Devoir SUITE DE LA PAGE J 1 SANTÉ «On voit bien que cette progression suit l\u2019ouverture des citoyens envers une alimentation plus végétale, moins transformée» SOURCE CIPA La directrice générale du Conseil des initiatives pour le progrès en alimentation, Annick Van Campenhout ALIMENTATION L E D E V O I R , L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A R S 2 0 1 6 J 4 M A R T I N E L E T A R T E Pousses de tournesol fraî - ches, avocats géants, tomates bien rouges, petits pots de basilic pétants de santé, poivrons de toutes les couleurs, curcuma frais, papayes, pamplemousses: tout bio.Le client arrive dans le rayon des fruits et légumes frais lorsqu\u2019il met le pied chez Rachelle-Béry, à Boucherville.À sa droite, le coin bistro et les mets préparés.Des sections particulièrement mises en valeur dans le nouveau concept d\u2019épiceries.« Le midi, c\u2019est bondé de monde ici, tellement qu\u2019on a dû enlever les paniers à l\u2019entrée pour ajouter des tables », affirme Daniel Dubé, directeur général de Rachelle-Béry, rencontré par Le Devoir au magasin de Boucherville ouvert depuis l\u2019automne 2013.Soupes, salades, sandwichs, choix de plats chauds végétariens ou avec viande.« Notre menu change chaque jour.Nos mets ne sont pas certifiés biologiques parce que pour obtenir une certification, il faut faire approuver chaque recette.» En fin d\u2019après-midi, les gens déferlent après le travail pour se procurer des plats de prêt-à- manger.On y retrouve même des poulets BBQ comme dans les épiceries habituelles, mais en version bio.« C\u2019est bien meilleur, parce que le poulet bio contient moins d\u2019eau que le traditionnel, alors la texture est dif férente », affirme Daniel Dubé.Les plats de prêt-à-manger ne sont pas toujours biologiques.«Mais ils sont toujours naturels: nous avons une liste de plusieurs pages de tout ce que nous ne voulons pas retrouver dans nos produits, ce qui inclut tous les noms imprononçables dont on ne sait pas ce que c\u2019est, de même que les colorants», précise-t-il.Certification biologique Tous les fruits et légumes sont biologiques chez Ra- chelle-Béry.La raison est simple : l\u2019entreprise ne veut pas risquer de mettre en jeu la certification bio Écocer t de ses mets préparés.« Ainsi , c \u2019es t impos s ible qu\u2019un cuisinier prenne des carottes non biologiques pour réaliser une recet te », explique M.Dubé.C\u2019est plutôt rare qu\u2019on retrouve des mets préparés certifiés biologiques faits maison en épicerie et ce n\u2019est pas un hasard.La gestion des stocks doit être très rigoureuse.« Lorsqu\u2019on achète des paquets de carottes par exemple, on en vend en paquet, on en vend râpées, on en vend en jus, on en met dans les plats : il faut qu\u2019on calcule tous ces grammes et qu\u2019à la fin on arrive au même nombre que ce qu\u2019on a acheté, ou moins, si on en a jeté, explique M.Dubé.Mais on ne peut pas arriver à plus ! Tout est informatisé, le suivi est serré.» Une fois par année, Écocert choisit quelques produits au hasard pour l\u2019inspection.«Par exemple, s\u2019il prend les sandwichs au poulet, il prend toutes les factures de l\u2019année et s\u2019assure que tout concorde avec les dif férents ingrédients », indique Daniel Dubé.La gestion des épices, des thés et des tisanes en vrac est aussi laborieuse.« Tout ce qu\u2019on reçoit, qu\u2019on défait de l\u2019emballage originel et qu\u2019on met dans autre chose, que ce soit des mets préparés ou des silos pour le vrac, c\u2019est compliqué, indique M.Dubé.En même temps, c\u2019est souhaitable, puisque tout se joue sur la crédibilité.Le consommateur qui re- par t avec son petit sac de thé biologique en vrac veut pouvoir être certain qu\u2019on ne lui a pas refilé autre chose.» À l\u2019avant-garde Achetée par Sobeys en 2005, Rachelle-Ber y, dont le siège social est à Montréal- Nord, joue un rôle de leader dans le groupe qui comprend aussi au Québec les IGA.Les produits santé et biologiques connaissent une augmentation de la demande dans les épiceries en général.« Rachel le -Bér y se doit d\u2019être à l\u2019avant-garde, parce que nous avons une grande enseigne à faire avancer », affirme Daniel Dubé.D\u2019ailleurs, pour garnir la section biologique d\u2019IGA Extra, on regarde les meilleurs vendeurs de Rachelle-Béry.Avec les ef for ts de démocratisation des produits biologiques, et en s\u2019installant dans de grandes banlieues de la région métropolitaine, Rachelle- Béry voit aussi arriver de nouvelles clientèles.Comme les jeunes familles soucieuses de leur alimentation.« Dans notre nouveau concept d \u2019épiceries , nous avons fai t les al lées plus larges pour que deux poussettes puissent circuler côte à côte sans problème », indique M.Dubé.Croissance contrôlée À Montréal, le nom Ra- chelle-Bér y est bien connu, mais en banlieue et dans d\u2019autres villes du Québec, l\u2019épicerie doit se faire connaître.« À Montréal, se bâtir une clientèle dans un nouveau magasin se fait rapidement, mais en banlieue, il faut un peu de temps pour apprivoiser la clientèle, remarque M.Dubé.Mais on réalise que ça fonctionne partout.Le marché a beaucoup changé depuis cinq ans.Les gens sont rendus là.C\u2019est la même chose avec nos boutiques de produits naturels qu\u2019on installe dans les IGA Extra.» Ces boutiques santé sont installées à proximité de la section bio des IGA Extra et les conseillers agissent dans les deux rayons.« Nous avons beaucoup investi depuis quelques années dans la formation de nos conseillers avec la création de l\u2019Académie Rachelle-Béry », affirme le directeur général.Après avoir ouvert plusieurs nouvelles adresses récemment, Rachelle-Béry travaillera à standardiser ses dif férents magasins.«On veut s\u2019assurer qu\u2019on retrouve la même base de produits et la même qualité de services dans tous nos magasins.» Rachelle-Béry comptera 13 magasins au Québec avec l\u2019ouver ture de celui de Vau- dreuil en avril .L\u2019enseigne compte aussi 24 boutiques santé dans les IGA Extra et en a six dans ses projets.Collaboratrice Le Devoir L\u2019épicerie Rachelle-Bér y à Boucher ville, avec ses 10 000 pieds carrés, était la première du concept à superficie étendue, développé par l\u2019équipe de direction à la suite d\u2019un voyage d\u2019inspiration sur la côte ouest canadienne et américaine.Le succès est au rendez-vous et Rachelle-Béry, partenaire de l\u2019Expo manger santé et vivre vert, ouvrira en avril un nouveau magasin sous la même formule à Vaudreuil.Rachelle-Béry poursuit sa conquête du Québec ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le directeur général de Rachelle-Béry, Daniel Dubé.Avec les ef forts de démocratisation des produits biologiques, et en s\u2019installant dans de grandes banlieues de la région métropolitaine, Rachelle-Béry voit aussi arriver de nouvelles clientèles.À Montréal, se bâtir une clientèle dans un nouveau magasin se fait rapidement, mais en banlieue, il faut un peu de temps pour apprivoiser la clientèle Daniel Dubé, directeur général de Rachelle-Béry « » M A R T I N E L E T A R T E S\u2019 approvisionner en produits biologiques québécois : c\u2019est une priorité pour Daniel Dubé, président de la Filière biologique du Québec et directeur général des épiceries santé Rachelle-Béry.Il sait que les consommateurs veulent acheter québécois.Mais, malgré sa volonté et ses efforts, il n\u2019y arrive pas toujours et, dans bien des sections de ses épiceries, les producteurs de l\u2019Ouest canadien, des États-Unis et du Mexique prédominent.«Plusieurs types d\u2019aliments biologiques ne sont pratiquement pas produits au Québec encore, ex- plique-t-il.Les produits secs sur les tablettes, comme les céréales, se font encore beaucoup dans l\u2019Ouest, où la tendance du bio a été lancée et où les producteurs sont engagés dans ce secteur depuis longtemps.» La campagne de valorisation signalera aux producteurs québécois que l\u2019intérêt est réel pour les produits biologiques dans la province et qu\u2019on travaille à stimuler la demande.« Les producteurs ont besoin du signal qu\u2019on travaille à valoriser ces produits, affirme Daniel Dubé.On demande beaucoup de temps et d\u2019efforts à un producteur qui entreprend une transition vers le bio.Il doit être convaincu que ça en vaut la peine.» La campagne, qui devrait démarrer cet automne, comprendra des publicités, ainsi qu\u2019un site Web où on donnera beaucoup d\u2019informations et démystifiera différents concepts liés au bio.C\u2019est le fruit d\u2019un long travail de collaboration.« À la Filière, on a des producteurs, des transformateurs, des distributeurs, des détaillants, des certificateurs, énumère M.Dubé.Il faut être rassembleur, s\u2019assurer que toutes les parties y adhèrent.C\u2019est un défi, mais c\u2019est important d\u2019y arriver.» Dans un sondage réalisé auprès des membres de la Filière il y a quelques années, la valorisation des produits biologiques québécois trônait au sommet des priorités.Le directeur général de Rachelle-Béry s\u2019est justement proposé comme président de la Filière parce que cet enjeu lui tenait particulièrement à cœur.Offre insuffisante Une autre priorité de la Filière : s\u2019assurer d\u2019une cohérence entre l\u2019offre en produits biologiques et la demande.«Pour plusieurs produits en ce moment, la demande est plus grande que l\u2019offre», affirme Daniel Dubé.C\u2019est le cas de la viande.« Ça ne sert à rien de valoriser le bœuf bio québécois si on n\u2019a pas assez de producteurs qui en font et qu\u2019on en manque sur les tablettes des épiceries», dit-il.La Filière travaille sur cet enjeu avec la Table de développement de la production biologique, chapeautée par l\u2019Union des producteurs agricoles (UPA).«Leur rôle est de convaincre les producteurs d\u2019aller vers le bio, af firme M.Dubé.Il faut vraiment avancer en même temps.» Il remarque que les mentalités ont beaucoup évolué au Québec depuis cinq ans.«Le développement de l\u2019agriculture biologique fait partie de la vision du président de l\u2019UPA, Marcel Groleau.C\u2019est une priorité également du MAPAQ.Les astres s\u2019alignent.Tous comprennent maintenant que le développement du bio au Québec est bénéfique pour l\u2019agriculture québécoise.» Certification stricte Le Québec est par ailleurs un chef de file au Canada dans le domaine de la certification biologique, d\u2019après Daniel Dubé.« Le Québec est très strict et c\u2019est essentiel, parce que le développement des produits biologiques se base énormément sur une question de crédibilité aux yeux des consommateurs », explique M.Dubé.Il existe plusieurs logos de certification biologique.Lorsqu\u2019un détaillant décide de se procurer un produit, il doit s\u2019assurer que son certificateur est reconnu par le Conseil des appellations réser vées et des termes valorisants (CARTV).« CARTV régit à la fois les certifications étrangères et québécoises : il audite le travail d\u2019audit qui a été fait, explique M.Dubé.Par exemple, il peut débarquer demain matin dans une épicerie Rachelle-Béry pour vérifier qu\u2019Écocer t a bien fait son travail de certification de mes mets préparés.» Pour passer le test, tous les processus doivent être écrits, informatisés.« La simple réception d\u2019une boîte de patates en magasin est quelque chose de complexe : il faut s\u2019assurer que les patates sont bien biologiques, qu\u2019on ne nous a pas envoyé une boîte non biologique par erreur », dit-il.L\u2019enjeu du prix Si la crédibilité du bio augmente, il en est de même pour le prix du panier d\u2019épicerie.Alors que le chou-fleur traditionnel s\u2019est vendu à 8 $ cet hiver, manger bio n\u2019est pas à la portée de tous les ménages.«C\u2019est vrai que le bio est plus cher, mais plus le temps passe, moins il y a de dif férences avec les produits traditionnels, remarque Daniel Dubé.Les gens ne passent pas non plus d\u2019aucun produit bio dans leur panier à uniquement du bio.Ils y vont par étapes.Ils achètent trois ou quatre produits biologiques, puis l\u2019année suivante, on aimerait que ce soit 10, puis 15.» Le président constate que les consommateurs de produits biologiques ne sont pas tous riches.«Ils le font par conviction, dit-il.Ils font des choix.Au lieu de manger quatre repas de bœuf dans la semaine, ils en mangent deux, mais bio, pour la même dépense à la fin de la semaine.» La viande est le produit où l\u2019écart de prix entre le bio et le traditionnel est le plus grand.«Par contre, de plus en plus de consommateurs sont prêts à payer le prix parce qu\u2019ils s\u2019inquiètent des hormones de croissance, des antibiotiques et du colorant qu\u2019on retrouve dans la viande traditionnelle, affirme M.Dubé.L\u2019écart de prix pourrait toutefois être réduit si on arrive à une production de masse et à une consommation de masse des produits biologiques.» Collaboratrice Le Devoir Valoriser les produits biologiques québécois : c\u2019est le grand mandat donné par le ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation du Québec (MAPAQ) à la Filière biologique du Québec.Une campagne pour sensibiliser le grand public se prépare pour l\u2019automne et du travail est fait avec les producteurs pour s\u2019assurer que l\u2019of fre suivra la demande.Une campagne pour valoriser les produits biologiques québécois JACQUES GRENIER LE DEVOIR Les produits bio sont encore plus chers que les produits traditionnels, mais cet écart de prix s\u2019amenuise avec le temps. ALIMENTATION L E D E V O I R , L E S S A M E D I 5 E T D I M A N C H E 6 M A R S 2 0 1 6 J 5 S O P H I E S U R A N I T I Parmi les neuf objectifs de ce règlement santé qui s\u2019inscrit dans la lignée de la Déclaration pour un arrondissement en santé de CDN-NDG, adoptée en 2013, deux visent particulièrement l\u2019amélioration de l\u2019offre alimentaire sur le territoire de l\u2019arrondissement.L\u2019objectif 3, tout d\u2019abord, qui entend « favoriser une saine alimentation en limitant l\u2019implantation de nouveaux restaurants rapides aux artères autoroutières».Dans la pratique ?Cela veut dire que l\u2019installation de nouveaux restaurants rapides sera dorénavant circonscrite à trois secteurs de l\u2019arrondissement.Qui sont : la zone Décarie entre Queen-Mary et Vé- zina, la zone Saint-Jacques entre Benny et West Broadway et la zone Plaza Côte- des-Neiges.Le service au volant \u2014 qui relève de l\u2019objectif 4, à savoir «réduire les déplacements en voiture» \u2014 sera également confiné à ces trois secteurs.Bien entendu, l\u2019arrondissement ne chasse pas les fast-foods (appelons un chat un chat !) actuels.Ces derniers peuvent continuer de fonctionner en raison de leurs droits antérieurement acquis.Comme l\u2019explique le maire de l\u2019arrondissement, Russell Copeman, «nous avons en fait traduit certaines orientations politiques en matière de zonage.L\u2019aspect novateur de notre démarche est d\u2019avoir réussi à rassembler neuf mesures différentes dans un seul et même règlement, d\u2019avoir une vision globale, et ce, à deux niveaux d\u2019intervention: par l\u2019ajout de nouveautés et par des modifications au règlement d\u2019urbanisme existant, comme la délimitation des nouveaux établissements de restauration rapide».Un «restaurant rapide»?Mais avant de refuser, il faut aussi et surtout se mettre d\u2019accord sur ce qui est visé.Lorsqu\u2019on réglemente, chaque terme pèse son poids.Il est question ici de restauration rapide.Comment les élus de CDN-NDG s\u2019en sont-ils sortis avec cette désignation ?En fait, l\u2019arrondissement s\u2019est doté d\u2019une définition en accord avec le service du contentieux de la Ville de Montréal.La restauration rapide y est définie par deux éléments indissociables : l\u2019absence de ser vice aux tables ET l\u2019utilisation majoritaire de contenants ou types d\u2019emballages de nature jetable.Aux oubliettes donc les débats autour de l\u2019af fichage nutritionnel plus ou moins visible, compréhensible ou pas desdits établissements.Cette définition est une manière de « coincer » les intéressés par d\u2019autres critères que ceux relatifs à la nature des aliments servis et à leurs apports (ou plutôt non-apports !) nutritionnels.Il va y avoir des mécontents\u2026 Favoriser l\u2019accès à des aliments frais L\u2019autre mesure incitative quant à l\u2019amélioration de l\u2019offre alimentaire au sein de l\u2019arrondissement est le point 7, à savoir «favoriser l\u2019accès à des aliments frais en facilitant l\u2019implantation de jardins communautaires, de potagers, d\u2019épiceries santé et des marchés saisonniers sur une plus vaste portion de l\u2019arrondissement.Par exemple, un marché saisonnier pourrait s\u2019installer dans une cour d\u2019école pendant le congé estival.Aussi, dans certains secteurs, afin d\u2019inciter les dépanneurs à vendre des fruits et légumes frais, ils pourront doubler la superficie de leur local s\u2019ils vendent ces produits».Dans la pratique ?Si, par exemple, un dépanneur vend des fruits et des légumes frais, il pourra prétendre à une superficie de plancher plus importante \u2014 beaucoup de commerçants se plaignant d\u2019être limités par les mètres carrés.Et si l\u2019agrandissement ne peut se faire intra-muros, il pourra possiblement empiéter un tantinet sur l\u2019espace public (comme un étal sur le trottoir), mais toujours de façon provisoire.On s\u2019en doute, les choses se feront au cas par cas, après examen détaillé de la demande de permis.Prêcher par l\u2019exemple Si l\u2019on souhaite faire avancer le dossier de la prévention en santé publique, il est bon de prêcher par l\u2019exemple ! Cela fait plus de cinq ans que CDN-NDG opère un virage santé.Déjà, l\u2019arrondissement avait fait du ménage au sein de ses installations sportives ou culturelles en mettant par exemple des aliments plus sains dans les machines distributrices des arénas, des parcs, des bibliothèques, etc.Depuis l\u2019arrivée en 2013 du maire Russell Copeman et de son équipe, le processus semble être dans une voie d\u2019accélération.«C\u2019est surtout le fruit d\u2019une collaboration et d\u2019un consensus sur ce règlement ; une chose plutôt rare en politique municipale ! » se réjouit le maire.Il est vrai que trois formations politiques différentes (Coalition Montréal, Projet Montréal, Équipe Denis Coderre pour Montréal) plus un élu indépendant qui s\u2019entendent à l\u2019unanimité sur un ensemble de mesures, cela ne court pas le bitume ! Décision\u2026 Action\u2026 Alors, novateur, l\u2019arrondissement CDN-NDG, qui annonce que ces deux mesures en faveur d\u2019une saine alimentation sont des premières, du jamais vu ?! «C\u2019est sûr qu\u2019on s\u2019est inspirés de certaines bonnes pratiques observées ailleurs.On ne réinvente pas la roue.Par contre, circonscrire l\u2019installation de nouveaux établissements de restauration rapide et limiter le service au volant, oui », af firme M.Copeman.Décider est une chose.Mettre en place en est une autre.« Il n\u2019y a pas de date précise pour l\u2019entrée en vigueur du règlement, [qui] se fera lors de l\u2019émission du certificat de conformité au plan d\u2019urbanisme.Ce certificat est délivré par la ville centre et l\u2019étude préalable prend généralement quelques semaines.Toutefois, un ef fet de gel est en vigueur sur l\u2019ensemble du territoire », précise Étienne Brunet, conseiller politique de l\u2019arrondissement CDN- NDG.Et derrière cette batterie de mesures incitatives, y a-t-il des résultats attendus, chif frés, en matière d\u2019 impacts sur la population ?« Nous allons suivre cer tains indicateurs comme la réduction du nombre de places de stationnement dans les nouveaux édifices, la création de nouveaux espaces pour les supports à vélos, l\u2019implantation de nouveaux établissements de restauration rapide, ou encore la présence des marchés saisonniers.Mais pour des indicateurs sur la santé corporelle des résidents, ce n\u2019est pas possible.Cela nécessiterait une étude épidémiologique », fait savoir Russell Cope- man.Qui sait, peut-être que l\u2019un des services de santé publique de Montréal mènera une telle étude ?Collaboratrice Le Devoir Le 15 février dernier, les élus de l\u2019arrondissement Côte-des-Neiges\u2013Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG) ont adopté unanimement la troisième lecture d\u2019un règlement pro-santé qui veut encourager sa population à bouger davantage, à se déplacer plus activement et à manger mieux.Bienvenue aux vélos et bye bye les combos burger-frites-soda au volant ! Une série de mesures, nouvelles ou modificatives, qui s\u2019insèrent dans le règlement d\u2019urbanisme actuel.MONTRÉAL Un arrondissement se dote d\u2019un règlement pro-santé Russell Copeman OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR Dans certains secteurs, les dépanneurs pourront doubler la superficie de leur local s\u2019ils se mettent à vendre des fruits et des légumes frais.A N N E G A I G N A I R E C hez Véronique et Alain, la cuisine est une af faire de famille.Au quotidien, les jumelles, âgées de 6 ans, préparent les assaisonnements, aident à préparer les salades.Tous les week-ends, leur frère, Cory, 10 ans, et elles doivent préparer un plat de leur choix pour le repas.Cuisiner avec ses parents est, selon les experts, la meilleure façon d\u2019apprendre à bien manger.Des études ont montré que les personnes qui cuisinent souvent à la maison consomment moins de malbouf fe, plus de grains entiers, plus de fruits et légumes et moins de gras, et que les enfants mangent plus de légumes lorsqu\u2019ils participent à la préparation des repas avec leurs parents.Une étude très récente, réalisée par l\u2019Université du Delaware et un centre hospitalier pour enfants de Cincinnati, a aussi révélé que le fait que les parents cuisinent avec leurs enfants pouvait faire baisser de plus de la moitié (56 à 25 %) le nombre de repas que cer taines familles avaient l\u2019habitude de prendre à l\u2019extérieur de chez elles.C\u2019est d\u2019autant plus important que « ce que les enfants prennent comme habitudes alimentaires étant petits sera leur norme, leur point de repère pour le reste de leur vie », estime Stéphanie Côté, nutritionniste chez Ex- tenso, le centre de référence en nutrition de l\u2019Université de Montréal, et auteure du livre Bébés, 21 jours de menus.Or, « même s\u2019il ne faut pas culpabiliser les familles qui consomment des produi t s préparés , c \u2019 e s t quand même mieux de manger des plats qu\u2019on a cuisinés soi-même, car les autres sont généralement plus salés, plus gras et contiennent moins de légumes et de viande », poursuit la nutritionniste.Offrir un regard critique Cuisiner avec ses enfants permet aussi «d\u2019inculquer un regard critique sur les recettes en diminuant la quantité de sucre ou de gras indiquée, par exemple, mais aussi par rapport aux approches marketing lorsqu\u2019on fait l\u2019épicerie », avance Karine Desserre-Pezé, auteure d\u2019un blogue sur l\u2019éducation alimentaire des enfants.C\u2019est aussi l\u2019occasion « de les sensibiliser à la pêche durable, par exemple quand ils doivent choisir le poisson à l\u2019épicerie », ajoute Patrick Emedy, chef formateur et responsable de l\u2019évaluation des programmes à la Tablée des chefs.Mais force est de constater que « l\u2019habitude de cuisiner avec les enfants est encore rare », regrette Patrick Emedy.La Tablée des chefs organise notamment de nombreux ateliers de cuisine dans des centres de jeunesse et a mis en place des Brigades culinaires dans 60 écoles secondaires au Québec ; elle devrait le faire dans 80 l\u2019année prochaine.« Ce qui empêche souvent les parents de cuisiner avec leurs enfants, c\u2019est le manque de temps et la peur que les enfants se blessent en travaillant dans la cuisine», poursuit Karine Desserre- Pezé.Ce qui explique peut-être que 56 % des enfants québécois disent ne pas cuisiner régulièrement avec leurs parents.Pourtant, 79 % d\u2019entre eux aimeraient le faire plus souvent.Apprentissage à tout âge Il semblerait que les adultes aient pris conscience de cette opportunité, car de nombreuses initiatives se mettent en place pour inciter les enfants à cuisiner.Ricardo a lancé un livre de cuisine pour les enfants avant les Fêtes, Mon premier livre de recettes.L\u2019Académie culinaire, institut privé, offre des ateliers de cuisine pour les enfants à Québec, Montréal et Shawinigan \u2014 celui sur la confection d\u2019œufs de Pâques maison à Montréal affiche complet.Karine Desserre-Pezé, qui a commencé sa carrière dans la communication en santé et a participé à la mise en place d\u2019un programme de prévention de l\u2019obésité en France, a lancé début janvier le blogue 1, 2, 3, je cuisine (www.123jecuisine.com) afin de «montrer qu\u2019on peut cuisiner avec des enfants et que c\u2019est important pour leur éducation».Elle indique dans chaque recette qu\u2019elle met en ligne comment les enfants peuvent participer selon leur âge (simplement passer les tomates sous l\u2019eau pour les laver pour les plus jeunes) et a également écrit un texte pour expliquer comment apprendre aux enfants à se mouvoir dans une cuisine et à utiliser les ustensiles dangereux pour éviter les accidents.Au-delà de ces initiatives individuelles, « le Québec profite d\u2019un véritable continuum dans l\u2019éducation alimentaire des enfants dès leur plus jeune âge et jusqu\u2019à l\u2019adolescence », assure Patrick Emedy.Si la Tablée des chefs s\u2019adresse aux adolescents et jeunes adultes dans les écoles secondaires et les centres de jeunesse, d\u2019autres organismes comme Croquarium, qui forme des éducatrices et met en place des jardins pour que les enfants puissent manipuler des légumes en terre, ou les Ateliers cinq épices, qui proposent des ateliers culinaires dans les garderies et les écoles primaires, visent les enfants dès l\u2019âge de 2 ans.Des initiatives salutaires puisque, au Québec, la proportion de jeunes de 2 à 17 ans ayant un surpoids a augmenté de 55 % entre 1978 et 2004 pour atteindre 22,6 %.Développer le goût sans culpabiliser Il n\u2019est pas question de baser l\u2019éducation alimentaire des enfants sur les valeurs nutritionnelles des aliments, mais plutôt sur le plaisir du goût.«Le discours dominant, c\u2019est de se concentrer sur les informations nutritionnelles, mais on a bien vu que les comportements ne changent pas et que les problèmes de santé persistent.Nous, on privilégie l\u2019éducation au goût.Il n\u2019y a pas d\u2019aliments bannis.On n\u2019est pas dans la culpabilisation, mais bien dans la diversité alimentaire pour que le rapport à l\u2019alimentation redevienne sain», affirme Mélanie Mercier, coordonnatrice aux communications et développement des affaires de Croquarium, qui apprend par exemple aux éducatrices de services de garde comment faire des collations mystères en faisant goûter divers aliments aux enfants les yeux bandés.Avec les adolescents, les chefs des Brigades culinaires se méfient même de cette approche nutritionnelle qui pourrait avoir des répercussions sur les jeunes, attentifs à leur image corporelle.«On ne veut pas qu\u2019ils se mettent à calculer les calories qu\u2019ils prennent tous les jours.Ça pourrait avoir l\u2019effet inverse», met en garde Patrick Emedy.Manger par plaisir s\u2019apprend en touchant les aliments, en sentant les odeurs, en épluchant, coupant des légumes, des fruits, en mettant à la bouche un morceau de fruit, une préparation.Du chocolat, des hamburgers, des brocolis, du poisson.Tout est bon.Rien n\u2019est tabou.Sans excès.« Il n\u2019y a pas à opposer la cuisine gourmande et la cuisine santé.Pourquoi on ne pourrait pas avoir du plaisir en goûtant de tout modérément?» s\u2019interroge Karine Desserre-Pezé.Collaboratrice Le Devoir Pour adopter une alimentation saine et équilibrée, rien de mieux que de prendre les bonnes habitudes étant petit en cuisinant avec ses parents.L\u2019habitude est pourtant encore peu ancrée dans les familles, mais les incitations se multiplient.Cuisiner en famille pour adopter les bons réflexes KARINE DESSERRE-PÉZÉ De nombreuses initiatives se mettent en place pour inciter les enfants à cuisiner. Imaginez faire l\u2019épicerie l\u2019esprit tranquille.Plus besoin de lire chaque liste d\u2019ingrédients, de vérifier la présence d\u2019additifs arti?ciels ou de vous demander si votre poisson provient de la pêche responsable.Avouez, ça simpli?e la vie! TROUVEZ TOUT SOUS UN MÊME TOIT RACHELLE-BÉRY épiceries santé Pour en savoir plus sur les bienfaits des noix et des graines, visitez le kiosque Rachelle-Béry à l\u2019Expo Manger Santé et Vivre Vert.11-12-13 mars à Montréal \u2022 19-20 mars à Québec Consommer 4 noix du Brésil crues par jour est suf?sant pour obtenir la dose quotidienne recommandée en sélénium.Cet oligo-élément a un effet antioxydant et contribue au bon fonctionnement du système immunitaire.BOUCHERVILLE 100, boul.de Mortagne GRANBY 132, rue Principale MONTRÉAL 505, rue Rachel Est 905, rue Fleury Est 1150, rue Sainte-Catherine Est MONTRÉAL (suite) 2346, rue Beaubien Est 4810, boul.Saint-Laurent 7055, boul.Saint-Laurent MONT-TREMBLANT 909, rue de Saint-Jovite QUÉBEC 2700, boul, Laurier SAINT-SAUVEUR 377, rue Principale VILLE DE MONT-ROYAL 1289, boul.Laird OUVERTURE 21 AVRIL 2016 VAUDREUIL-DORION 22800-1, ch.Dumberry É pice rie complète naturelle & 13 épiceries à travers le Québec rachellebery.ca "]
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