Le devoir, 7 mars 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 4 9 L E D E V O I R , L E L U N D I 7 M A R S 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Les Sports \u203a Soccer.L\u2019Impact de Montréal remporte son premier duel de la saison.Page B 4 Société \u203a Le journal intime, version Web.Un pied de nez à l\u2019instantanéité des réseaux sociaux.Page A 5 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Aide sociale Les laissés pour compte du projet de loi 70 Page A 3 Transport intelligent Rêver de la mobilité urbaine de demain Page B 5 Ce texte s\u2019inscrit dans la série «Un hiver avec Félix Leclerc» qui, jusqu\u2019au 21 mars prochain, explore des mutations, des perspectives, des enjeux sociaux, politiques ou culturels du Québec contemporain tout en faisant un clin d\u2019œil à l\u2019artiste.Aujourd\u2019hui, la flânerie comme acte de résistance sur la musique des mots du Calepin d\u2019un flâneur.UN HIVER AVEC FÉLIX LECLERC De la flânerie comme acte de résistance L O U I S E - M A U D E R I O U X S O U C Y E nnoblie par les textes de Baudelaire et de Benjamin, la figure du flâneur a fleuri à contre-courant.Jamais pourtant elle n\u2019aura paru aussi en décalage avec son époque que dans nos sociétés obnubilées par le rendement et la disponibilité absolue au travail et aux autres.Flâner serait-il devenu dépassé, voire impossible, en 2016?Anachronique, le flâneur l\u2019est assurément, répond David Le Breton, professeur de sociologie à l\u2019Université de Strasbourg.«Le temps n\u2019est plus au goût de vivre, mais à la nécessité de légitimer son existence.» Et tant pis pour la contemplation, la rêverie ou la curiosité.«Il suffit de regarder un trottoir ou une terrasse de café pour voir une immense majorité de passants ou de clients les yeux rivés sur leur por table, et non plus sur le monde environnant.Seuls une poignée de résistants regardent autour d\u2019eux et refusent que les écrans absorbent leur vie.» PIXABAY / CC VOIR PAGE A 8 : FLÂNERIE F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S A lors que l\u2019OTAN s\u2019apprête à lancer sa première opération de surveillance frontalière depuis le début de la crise migratoire, l\u2019Union européenne tient lundi un important sommet à Bruxelles sur fond de tensions qui menacent son unité.D\u2019un côté, les pays fermant leurs frontières aux migrants sont de plus en plus nombreux.De l\u2019autre, la Grèce qui peine à garder le cap alors que 100 000 nouveaux réfugiés doivent y affluer d\u2019ici la fin du mois.Un mouvement de masse qui, la plupar t du temps, se solde par une fin tragique.Dimanche, alors qu\u2019au moins 25 migrants, dont 10 enfants, ont encore péri dans un naufrage au large de la Turquie, la Grande-Bre- tagne a annoncé, quelques jours après la France, l\u2019envoi de trois navires militaires pour participer aux opérations de l\u2019Organisation du traité de l\u2019Atlantique nord (OTAN) contre les trafics illicites de migrants en mer Égée, principal point de passage de centaines de milliers de migrants entrés sur le sol européen depuis plus d\u2019un an.Pression sur la Turquie Aux termes du sommet annoncé, l\u2019Union européenne (UE) entend faire pression sur la Turquie pour que celle-ci l\u2019aide à régler cette crise.La communauté européenne espère trouver une solution efficace pour mettre un frein définitif au flux de migrants le long de la «route des Balkans ».« Le flux des migrants irréguliers le long des Balkans occidentaux arrive à son terme.Cette route est désormais fermée », est-il écrit dans le projet de déclaration finale de ce sommet extraordinaire de l\u2019UE.Ce nouveau sommet survient dans un climat de frictions récurrentes entre l\u2019UE et la Turquie, candidate de longue date à l\u2019adhésion, les Européens s\u2019inquiétant de la répression contre les médias critiques du président islamo- conservateur, Recep Tayyip Erdogan.Le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, était à CRISE MIGRATOIRE Un sommet vital entre l\u2019UE et la Turquie UNIES CONTRE L\u2019OLÉODUC ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Des dizaines de femmes ont manifesté dimanche devant les installations pétrolières Kildair, à Sorel-Tracy, à la veille du début des audiences du BAPE sur le projet d\u2019oléoduc Énergie Est.Page A 4 A N N A B E L L E C A I L L O U D e Montréal à Cologne en passant par la Tunisie, Alexa Conradi consacre son temps et son énergie à défendre les droits des femmes d\u2019ici et d\u2019ailleurs.À la veille de la Journée internationale des femmes, elle dénonce le manque de vision en matière d\u2019égalité du gouvernement Couillard.« Une ministre de la Condition féminine qui ne se considère pas comme féministe ?Ce n\u2019est pas un comble, c\u2019est surtout désolant », confie l\u2019ancienne présidente de la Fédération des Femmes du Québec (FFQ) Alexa Conradi jointe par Le Devoir.Installée depuis quelques mois à Stuttgart, en Allemagne, elle n\u2019a pu s\u2019empêcher de suivre attentivement, et non sans une petite pointe d\u2019exaspération, le débat sur le féminisme qui enflamme le Québec depuis quelques jours.La semaine dernière, la ministre libérale de la Condition féminine, Lise Thériault, confiait à La Presse canadienne être «beaucoup plus égalitaire P?INT CHAUD L\u2019union fait la force féministe L\u2019ex-présidente de la FFQ Alexa Conradi revient sur les propos des ministres libérales VOIR PAGE A 8 : CRISE VOIR PAGE A 8 : CONRADI L E D E V O I R , L E L U N D I 7 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 L es réfugiés qui sont récemment arrivés à Montréal, à Laval et à Longueuil et qui sont déconcer tés par leur terre d\u2019accueil ont eu droit à un coup de main dimanche.L\u2019Alliance canadienne d\u2019aide aux Syriens a organisé une séance d\u2019information dans la métropole spécialement pour eux, avec une panoplie de conférenciers, dont des médecins, des travailleurs sociaux, des spécialistes du secteur immobilier, des consultants financiers et des professionnels de l\u2019éducation.Tout ce beau monde a fourni des renseignements de base aux réfugiés qui éprouvent, dans bien des cas, de grandes difficultés à s\u2019acclimater à leur nouvel environnement de vie.Le porte-parole de l\u2019Alliance et directeur du Conseil syro- canadien de Montréal, Faisal Alazem, soutient que cette rencontre se veut «une chance de les mettre sur le droit chemin et de leur dire quels sont les services offerts » au pays.Il ajoute que les réfugiés « sont souvent perdus parce qu\u2019ils ont de la misère avec les langues, qu\u2019ils ne maîtrisent pas la géographie [et] qu\u2019ils ne connaissent personne».Dans les circonstances, ils ont besoin d\u2019obtenir des réponses à certaines questions de base.Pour ne citer que deux exemples, ils veulent savoir comment s\u2019y prendre pour intégrer le marché du travail ou encore pour apprendre le français et l\u2019anglais rapidement.Faisal Alazem insiste sur le fait que les Syriens fraîchement arrivés au Canada ont certes beaucoup d\u2019interrogations, mais qu\u2019ils ne sont pas insatisfaits pour autant.« Je n\u2019ai pas envie de présenter les réfugiés comme des gens qui ne sont pas contents de ce qu\u2019on leur of fre.Le premier mot qui sort de leur bouche c\u2019est toujours \u201cmerci\u201d », conclut-il.La Presse canadienne MONTRÉAL Des réfugiés syriens reçoivent un cours «Canada 101» JEFF MCINTOSH LA PRESSE CANADIENNE Le président et chef de la direction de TransCanada, Russ Girling, lors d\u2019une conférence de presse en 2013 P our la Coalition avenir Québec (CAQ), il est grand temps de mettre un terme à l\u2019incorporation des médecins.Selon le por te-parole ca- quiste en matière de santé et de services sociaux et député de Lévis, François Paradis, la marge de ma- nœuvre financière qui serait dégagée grâce à l\u2019imposition d\u2019une telle mesure pourrait servir à améliorer le financement des soins à domicile dans la province.M.Paradis estime que ce ne serait vraiment pas un luxe.Il précise que, s\u2019il se fie aux données colligées par la CAQ, «il y a 16 500 personnes au bas mot» qui patientent pour avoir accès à des soins à la maison.Le député caquiste de Lévis juge qu\u2019il faut que les médecins fassent leur bout de chemin, à l\u2019instar des Québécois moyens, afin de raccourcir cette liste d\u2019attente.Aux yeux de François Paradis et de ses collègues de la Coalition avenir Québec, c\u2019est carrément « une question de bien commun».«On le sait tous comment ça se passe.Les Québécois ont un fardeau.Ils ont un pouvoir d\u2019achat diminué.Le gouvernement leur en demande toujours davantage avec 1001 taxes directes et indirectes.[Dans ce contexte], on veut que les médecins [payés par la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec] n\u2019aient plus la possibilité, comme la majorité des citoyens, de s\u2019incorporer et d\u2019aller chercher des avantages fiscaux », lance-t-il.M.Paradis avance qu\u2019en injectant les fonds qui pourraient ainsi être obtenus dans les soins à domicile, bien des « gens vulnérables » éviteraient de voir leur quotidien être bouleversé.« [Pour eux, ça ferait] la différence entre continuer à la maison ou se retrouver en centre d\u2019hébergement ou à l\u2019hôpital », souligne-t-il.La Presse canadienne SOINS À DOMICILE La CAQ veut financer les services en mettant fin à l\u2019incorporation des médecins Saguenay \u2014 Le Parti libéral du Québec sera représenté par Francyne T.Gobeil, une proche du maire de Saguenay, Jean Tremblay, lors de l\u2019élection par tielle qui se tiendra dans Chicoutimi dans quelques semaines.La circonscription, un bastion péquiste, est vacante depuis la démission en octobre du député Stéphane Bédard, qui occupait ce poste depuis 17 ans.Mm e Gobei l a eu l \u2019appui d\u2019une majorité des libéraux en battant Serge Bergeron, directeur général d\u2019une commission scolaire, seul rival au congrès de mise en nomination qui a attiré environ 300 personnes à Saguenay, dimanche.La candidate libérale a dit souhaiter devenir députée et être le lien entre les citoyens de la région et le gouvernement du Québec.Mais son élection n\u2019est pas gagnée : Chicoutimi n\u2019a jamais envoyé un député libéral à l\u2019Assemblée nationale depuis 1931.Aux élections de 2014, la majorité de Stéphane Bédard n\u2019était que de 1605 voix.Le libéral Michel Mallette avait terminé au deuxième rang.La Presse canadienne ÉLECTION PARTIELLE Francyne T.Gobeil représentera le PLQ dans Chicoutimi La circonscription est vacante depuis la démission du péquiste Stéphane Bédard C hristine Black, la directrice du Centre des jeunes L\u2019Escale, sera la candidate de l\u2019Équipe Denis Coderre au poste de mairesse de l\u2019arrondissement de Montréal-Nord.Le maire de Montréal Denis Coderre en a fait l\u2019annonce samedi matin.Il a dit voir en sa candidate une personne « ou- ver te et à l\u2019écoute », « qui sait faire bouger les choses ».Directrice de L\u2019Escale depuis dix ans, Mm e Black connaît bien les acteurs locaux à Montréal-Nord et le fonctionnement de l\u2019administration publique, a ajouté M.Coderre.En plus de son implication au centre des jeunes, Mme Black siège également à plusieurs tables de concertation de Mont- réal-Nord.Elle est diplômée en travail social et en sciences et poursuit une maîtrise en administration publique.Christine Black affirme que sa priorité sera de s\u2019assurer que toute la communauté de Montréal-Nord travaillera en concertation.L\u2019élection partielle, qui aura lieu le 24 avril, a dû être déclenchée à la suite de la démission de l\u2019ancien maire Gilles Deguire, accusé d\u2019agression sexuelle sur une mineure.M.Deguire a quit té ses fonctions le 7 janvier dernier.Il était devenu maire de Montréal-Nord en 2009.La Presse canadienne MONTRÉAL-NORD Coderre choisit sa candidate à la mairie Résultats des tirages du : Résultats des tirages du : En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité.compl.compl.l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s COMPL.04 14 24 41 42 44 48 26 60 000 000 $ Prochain gros lot (approx) : 19 7081197 9 000 000 $ 07 13 27 33 35 36 05 02 03 07 13 32 40 42 2016-03-05 2016-03-04 + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 68035984-06 Prochain gros lot (approx.) : 2249821 + lots de 1 million $ (APPROX.) Résultats complets sur lotoquebec com DEAN MITCHELL GETTY IMAGES Selon la CAQ, au moins 16 500 personnes patientent actuellement pour avoir accès à des soins à la maison.Le député François Paradis juge qu\u2019il faut que les médecins fassent leur bout de chemin L évis \u2014 Le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE) tient lundi soir à Lévis ses premières consultations sur le controversé projet d\u2019oléoduc Énergie Est.La commission sera présidée par Joseph Zayed, qui est responsable du champ de recherche en prévention des risques chimiques et biologiques de l\u2019Institut de recherche Rober t-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) depuis 2009.M.Zayed sera secondé de deux commissaires : Michel Germain, qui a notamment présidé des audiences du BAPE sur certains autres projets d\u2019oléoducs, et Gisèle Grandbois, qui a été commissaire à la commission d\u2019enquête sur les enjeux liés à l\u2019exploration et l\u2019exploitation du gaz de schiste dans le shale d\u2019Utica des basses-terres du Saint-Laurent.Les audiences se dérouleront à la salle Desjardins du Complexe deux glaces, à Lé- vis.Des salles de vidéoconfé- rence sont également prévues à Laval (au Centre Embassy Plaza), à Trois-Rivières (au Musée québécois de culture populaire) et à La Pocatière (au centre Bombardier).Le promoteur du projet, TransCanada, doit faire une présentation, lundi.Deux parties La première partie des audiences sera consacrée à l\u2019étude d\u2019enjeux relevant du mandat de la commission, dont les impacts potentiels sur l\u2019approvisionnement en eau potable et des scénarios potentiels de déversement de pétrole.Les présentations seront fa i tes par des per- sonnes-ressources et des experts.Le BAPE espère ainsi « favoriser l\u2019obtention d\u2019une information de pointe sur les dif férents enjeux et faciliter la compréhension du dossier par le public ».La deuxième partie s\u2019amorcera le 25 avril.C\u2019est à compter de cette date que la commission entendra l\u2019opinion et les suggestions de la population.Pour ce faire, les commissaires se déplaceront dans cinq villes : Montréal, Laval, Trois- Rivières, Lévis et La Pocatière.Les commissaires devront remettre leur rapport en novembre au ministre de l\u2019Environnement, David Heurtel.Vendredi, la Cour supérieure a rejeté une demande d\u2019injonction de groupes écologistes qui souhaitaient suspendre la tenue des audiences.TransCanada n\u2019a pas remis d\u2019avis de projet malgré les demandes répétées du ministère de l\u2019Environnement, qui a donc maintenu la décision de tenir des audiences limitées en attendant d\u2019obtenir davantage de la pétrolière.Le gouvernement québécois a cependant déposé une requête en injonction pour forcer TransCa- nada à se conformer à la Loi sur la qualité de l\u2019environnement, ce qui déclencherait un processus complet d\u2019évaluation et d\u2019examen des impacts environnementaux.Mais cela n\u2019empêche pas le BAPE d\u2019aller de l\u2019avant.L\u2019organisme peut, en vertu de l\u2019article 6.3 de la Loi québécoise sur la qualité de l\u2019environnement, tenir des audiences limitées moins contraignantes, généralement qualifiées de «BAPE générique ».L\u2019oléoduc Énergie Est de TransCanada est un projet de pipeline de 4500 kilomètres qui transpor terait environ 1,1 million de barils de pétrole par jour, de l\u2019Alberta et de la Saskatchewan vers les raffineries de l\u2019est du Canada et le terminal por tuaire de Saint- Jean, au Nouveau-Brunswick.Au Québec, la canalisation principale s\u2019étendrait sur 625 kilomètres.La construction du terminal por tuaire de Ca- couna, initialement envisagée par TransCanada, ne fait plus partie du projet.La Presse canadienne ÉNERGIE EST Les audiences du BAPE débutent ce lundi Le promoteur du projet, TransCanada, entrera en scène avec une présentation du projet ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les besoins des réfugiés sont nombreux à leur arrivée au pays. L E D E V O I R , L E L U N D I 7 M A R S 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 D ire une chose le matin sans s\u2019embarrasser d\u2019affirmer le contraire le lendemain, voire le jour même au besoin.Pour justifier cela, prétendre qu\u2019on n\u2019a que faire de la rectitude politique et des étiquettes.C\u2019est la manière employée par un Donald Trump.La manière aussi de tous ceux-là qui, démagogues comme lui, entretiennent dans leur discours des rapports de plus en plus vagues avec la cohérence, dans un parfait mépris de la vérité, afin de profiter au mieux des peurs, des colères et d\u2019un manque d\u2019espoir généralisé en l\u2019avenir.Les étiquettes ne sont pas anodines.En politique, elles désignent des forces en mouvement.Ceux qui, sans rire, prétendent ne pas avoir de camp se trouvent en règle générale dans celui des dominants.À se croire au-dessus de tout, on les voit soudain qui marchent sur la tête.Le refus de toute allégeance, de toute adhésion à une vision de la société qui émerge d\u2019un mouvement ou d\u2019une tradition intellectuelle est tenu aujourd\u2019hui pour une preuve irréfutable d\u2019indépendance d\u2019esprit.Les trahisons de la pensée ont ainsi fini par correspondre à une fidélité à soi-même d\u2019un nouveau genre.Le mépris de la cohérence est envisagé tel un gage d\u2019une vigoureuse disponibilité de l\u2019esprit.Sous ce nouvel éclairage, les plus sombres reculs peuvent être considérés comme des avancées.Ces gens qui disent refuser toute étiquette se croient libres comme l\u2019air.Ils finissent d\u2019ailleurs par faire croire qu\u2019ils le sont.Ne pas être soumis eux-mêmes à des jeux de forces qui font de leur vie de la bouillie leur suffit.Leur définition de la liberté se confond pourtant avec la seule liber té marchande, toujours plus prompte à aliéner qu\u2019à émanciper.À force de soutenir tous les revirements possibles, ils ne se voient même plus ramper au quotidien dans les antichambres de la servitude.Notre temps engendre une vaste quantité de ces êtres bifaces, grands habitués des courts-circuits de la pensée.Prenons Lise Thériault, la ministre de la Condition féminine, celle qui insiste pour dire qu\u2019elle n\u2019est pas féministe, af firmant être « beaucoup plus égalitaire que féministe », puis « féministe à sa manière».Bien entendu, il ne faut pas s\u2019embarrasser d\u2019étiquettes ni d\u2019allégeances\u2026 D\u2019ailleurs, Philippe Couil- lard, volant au secours de sa ministre, le dit très bien : ce qui compte, ce ne sont pas les débats d\u2019idées, mais les gestes concrets.Cette élite qui s\u2019agite dans la rhétorique de l\u2019action pour mieux récuser tout débat politique au nom de « l\u2019indépendance d\u2019esprit » n\u2019arrive même pas ce faisant à masquer sa triste ignorance.Nous voici donc devant une ministre de la Condition féminine qui, alors qu\u2019elle est questionnée à ce propos, se trouve incapable de nommer une seule féministe qui l\u2019inspire.Louise Michel, Simonne Monet-Chartrand, Madeleine Parent, Voltairine de Cleyre, Émilie du Châtelet, Éva Circé-Côté, Harriet Beecher Stowe, Virginia Woolf, Olympe de Gouges, Simone de Beauvoir, vraiment aucune ne mérite sa considération?Quant aux « gestes concrets » dont parle Philippe Couillard, son gouvernement ne cesse pourtant de s\u2019en prendre à tous les secteurs et à toutes les institutions qui, chez nous, se portent garants de l\u2019égalité entre les sexes.En ce pays où règnent tant de petits esprits qui méprisent toute idée propre à nous grandir, le féminisme comme le reste apparaît de trop.On le regarde de haut, au même titre que tout ce qui se devrait pourtant se trouver dans le coffre à outils des luttes pour l\u2019avancement collectif.La polarisation des luttes sociales a peut-être perdu de sa netteté, mais ce n\u2019est certainement pas parce que ces luttes ont disparu.Simplement, ceux qui les nient ont gagné encore du terrain.Mais sur nombre de ces terrains, les raisons de la colère demeurent.Pour les femmes, ce n\u2019est pas parce qu\u2019on est une personnalité connue, que l\u2019on occupe un ministère ou que l\u2019on porte des jupes et des talons aiguilles tout en estimant avoir réussi au pays des hommes que les conditions communes globalement défavorables à nos sœurs ne nous concernent plus.Une étude de l\u2019Université de la Caroline du Sud (USC) a montré que les femmes, même au cinéma, obtiennent moins de répliques à l\u2019écran que les hommes.Elles sont aussi moins présentes derrière la caméra.En réaction, les actrices Juliette Binoche, Jessica Chastain et Freida Pinto viennent de créer une société de production cinématographique féministe.Baptisée « We Do It Together », l\u2019entreprise veut financer et promouvoir des films qui changent l\u2019image des femmes.Fort bien.Mais qui formera une compagnie de production pour parler du démantèlement des garderies publiques, des femmes traitées comme du bétail en prison, des mères célibataires qui rament, seules et souvent en rond?On discute aujourd\u2019hui du féminisme comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une simple coquetterie, d\u2019un accessoire de la pensée propre à un temps passé.On laisse croire ainsi que cette force sociale majeure ne nous concerne plus.Et de fait, on trompe.Autant qu\u2019on se trompe.jfn@ledevoir.com Se tromper JEAN-FRANÇOIS NADEAU F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S Quand Vincent est arrivé au Tournant il y a près de quatre mois, il était à bout de souffle.Sans emploi et sans ressources, il avait quitté son Sept-Îles natal pour la grande ville, avec la conviction qu\u2019il trouverait un travail une fois posé dans la métropole.«J\u2019ai fait un arrêt de quelques semaines à Drummondville, mais là non plus je n\u2019ai pas trouvé d\u2019emploi, raconte le jeune homme de 22 ans, en se passant nerveusement la main dans les cheveux.J\u2019ai donc décidé de continuer jusqu\u2019à Montréal, des amis devaient me louer une chambre.Mais quand je suis arrivé, ils avaient trouvé quelqu\u2019un d\u2019autre.Je ne connaissais personne, je n\u2019avais nulle part où aller.J\u2019ai fini dans un refuge pour sans-abri.C\u2019était ça ou la rue.» Ce n\u2019est qu\u2019au bout de quelques jours que Vincent a trouvé les coordonnées du Tournant.Presque anonyme de l\u2019extérieur, cette auberge du cœur située rue Wolfe, à quelques minutes à pied du centre-ville, tente d\u2019offrir depuis plus de 40 ans un espace de répit pour les jeunes hommes en difficulté.«Ceux qui trouvent refuge ici n\u2019ont généralement pas d\u2019autre endroit où aller, explique calmement Isabelle Renaud, la coordonnatrice à l\u2019intervention de cette maison de fortune.Ils sont sans revenu ou enchaînent les jobs précaires, ont souvent un lourd bagage familial, ont connu la violence, ont parfois eu des problèmes de dépendance\u2026 Ils ont besoin d\u2019un lieu sécuritaire pour se reposer, pour réfléchir.Et c\u2019est ce que le Tournant leur offre : une maison où ils peuvent se poser le temps de se fixer un but vers lequel ils pourront avancer.» Le projet de loi «va tout bousculer» Attablés dans la cuisine commune du centre d\u2019hébergement, les intervenants de l\u2019auberge expliquent comment le projet de loi 70 \u2014 la fameuse réforme proposée par le gouvernement libéral en novembre 2015 qui obligerait les prestataires de l\u2019aide sociale à trouver un travail sous peine de réduire de moitié leurs maigres revenus (623 $ par mois) \u2014 pourrait complètement transformer les dynamiques des ressources d\u2019aide.«Nos garçons ne sont pas prêts à aller sur le marché du travail, soutient avec fermeté Mme Renaud.C\u2019est un processus qui prend du temps, qui nécessite des ressources.Ils veulent y aller, mais ça doit être fait au bon rythme.Sinon, il y a de bonnes chances que tout soit à recommencer dans six mois.» «Le projet de loi 70 va tout bousculer, renchérit la députée de Québec solidaire Françoise David, qui est à l\u2019initiative de cette visite matinale.Les gens sont inquiets, c\u2019est normal.Avec cette réforme, le gouvernement s\u2019attaque à ceux qui sont déjà les plus vulnérables dans notre société.» Assis en face d\u2019elle, Marc l\u2019écoute avec attention.À 23 ans, ce sont des problèmes de consommation, puis une perte d\u2019emploi, qui l\u2019ont mené à la porte du Tournant.Le jeune homme y vit depuis maintenant deux mois et demi.Comme il en est à sa première demande d\u2019aide sociale \u2014 procédures qui s\u2019éternisent depuis son arrivée à l\u2019auberge \u2014, il serait un des premiers à être poussés vers le marché du travail si le projet de loi était adopté demain matin, sans aucun égard à son état psychologique ou physique.« Vous savez le pire ?s\u2019insurge Tristan Oui- met-Savard, coordonnateur au Regroupement des Auberges du cœur du Québec.Le ministre [du Travail], nous dit que, si un prestataire n\u2019est finalement pas en mesure de travailler, ils développeront des ressources pour les aider.C\u2019est déjà ce que nous faisons ! » Une question de motivation À quelques kilomètres au nord, au troisième étage d\u2019un ancien bâtiment industriel, une quinzaine de jeunes s\u2019activent.Le doux roulement des machines est ponctué de légers rires que l\u2019on entend dès que l\u2019on pénètre dans les vastes locaux d\u2019Imprime-Emploi.Offert depuis une vingtaine d\u2019années dans Rosemont, ce programme de réinsertion à l\u2019emploi est un tremplin vers le marché du travail pour les jeunes adultes malmenés par la vie.C\u2019est le genre de ressource qui se fait une joie d\u2019accueillir les jeunes des auberges du cœur, lorsqu\u2019ils sont prêts.De manière générale, huit jeunes sur dix vont au bout du programme, et ce, malgré leur vie parfois «un peu chaotique».«Vous voulez connaître notre secret ?demande le directeur général de l\u2019organisme Michel Morin.C\u2019est la motivation! Ils choisissent d\u2019être là, ils sont prêts à se prendre en main, à faire quelque chose pour eux-mêmes.» Or, avec le projet de loi 70, cet élément-clé pourrait bien être mis à mal, selon celui qui œuvre dans le milieu depuis près de dix ans.«Cet engagement personnel est primordial parce que nous offrons à ces jeunes un suivi personnalisé.Nous sommes la ressource de deuxième ligne, celle qui accueille les jeunes une fois qu\u2019ils ont fait du ménage dans leur vie, dans leur tête.Si le gouvernement, avec sa réforme, en force à venir travailler chez nous, ce n\u2019est pas juste leur réussite personnelle qui sera mise en péril.C\u2019est l\u2019ensemble du programme qui en subira les conséquences.» Le Devoir Les laissés pour compte du projet de loi 70 La réforme de l\u2019aide sociale obligerait des prestataires à intégrer le marché du travail trop tôt, préviennent des intervenants qui œuvrent auprès de jeunes adultes en difficulté F R A N Ç O I S L É V E S Q U E L es comités logement de Montréal affiliés au Front d\u2019action populaire en réaménagement social (FRAPRU) lancent ce lundi une nouvelle campagne intitulée « À Montréal, le logement social, c\u2019est vital ! ».Le but de cette initiative est d\u2019enjoindre à la Ville de réserver des terrains, des bâtiments et des infrastructures qui serviront au développement de logements sociaux.Avec l\u2019explosion du coût des terrains à Montréal, il devient de plus en plus difficile de mener à terme de tels projets, rappellent les organisateurs.Or, 25 100 ménages sont actuellement inscrits sur la liste d\u2019attente de l\u2019Office municipal d\u2019habitation pour une habitation à loyer modique (HLM).Qui plus est, quelque 102 500 ménages dépensent plus de la moitié de leur revenu pour se loger.«La ville ne se développe pas pour nous.Les coopératives et les organismes sans but lucratif d\u2019habitation se retrouvent carrément écartés de l\u2019immobilier, qui est entièrement laissé entre les mains des promoteurs», explique Émilie Lecavalier, du Comité de base pour l\u2019action et l\u2019information sur le logement social d\u2019Hochelaga-Maisonneuve.D\u2019autant que les programmes présentement en place seraient insuffisants, voire inadaptés, au contexte actuel.«Les groupes qui veulent développer des projets sont dans l\u2019impasse : les terrains sont hors de prix et les subventions ne sont plus là.Résultat : impossible de viabiliser nos projets, qui stagnent depuis des années », souligne Sébastien Laliberté du Comité-logement Rosemont.Ce dernier précise que les sommes dévolues au logement social par le gouvernement provincial ont été ramenées aux montants non indexés de 2009 au cours des dernières années.Une stratégie trop timide Du côté de la Ville de Montréal, on déclarait en décembre 2015 vouloir bonifier la Stratégie d\u2019inclusion de logements sociaux et abordables.Auparavant, les promoteurs construisant plus de 200 logements devaient prévoir 15 % de logements sociaux et 15 % de logements abordables.En cas d\u2019impossibilité de construire lesdits logements sur le site, le promoteur était invité à payer un montant équivalant à 15 %.Dorénavant, le seuil sera de 100 logements et la contribution financière proposée, de 20 %.Sans décrier cette politique, les deux porte- parole en signalent les limites.«Cette stratégie mise en place en 2005 est incitative et non coercitive», note M.Laliberté.«C\u2019est loin d\u2019être suf fisant, renchérit Mme Lecavalier.Ça ne répond pas du tout aux besoins puisque les projets de logements sociaux sont à la remorque du [secteur] privé.» Davantage de « gentrification », mais pas assez de logement social, résume-t-elle.Trois demandes À terme, la campagne « À Montréal, le logement social, c\u2019est vital ! » formule trois demandes principales à la Ville de Montréal.Primo, que celle-ci réserve à des fins de logement social 100 % des terrains destinés au développement résidentiel qui lui appartiennent.Secundo, qu\u2019elle crée et finance une réserve foncière vouée à l\u2019acquisition de sites qui serviront ultimement à des projets de logement social.Tertio, que les propriétaires de sites publics ou collectifs, comme le Gouvernement du Canada, les commissions scolaires ou encore les communautés religieuses, priorisent le logement social dès lors qu\u2019ils songent à redévelopper leurs sites excédentaires.Au cours des prochains mois, dif férents événements se dérouleront jusqu\u2019à ce qu\u2019une grande manifestation commune, point culminant de la campagne du FRAPRU, se tienne le 29 juin.Le Devoir MONTRÉAL Le FRAPRU exige des espaces réservés au logement social L\u2019organisme lance ce lundi une nouvelle campagne qui culminera avec une manifestation le 29 juin JACQUES NADEAU LE DEVOIR Offert depuis une vingtaine d\u2019années dans Rosemont, le programme de réinsertion à l\u2019emploi Imprime-Emploi est un tremplin vers le marché du travail.On discute aujourd\u2019hui du féminisme comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une simple coquetterie, d\u2019un accessoire de la pensée propre à un temps passé JACQUES NADEAU LE DEVOIR Tristan Ouimet-Savard, un des coordonnateurs au Regroupement des Auberges du cœur du Québec L E D E V O I R , L E L U N D I 7 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Les professeurs de l\u2019UQAM en grève mardi Les membres du Syndicat des professeurs et professeures de l\u2019Université du Québec à Montréal (SPUQ) seront en grève le 8 mars afin de «permettre à tous les professeurs [\u2026] d\u2019être informés de l\u2019état de la négociation et de se prononcer sur les propositions actuelles de l\u2019employeur», a annoncé son comité exécutif vendredi par voie de communiqué.Au cours de cette journée de débrayage, les professeurs pourraient être amenés à se prononcer sur la possibilité de poursuivre la grève les 9 et 10 mars, comme cela avait été évoqué plus tôt en février.Le mandat du comité exécutif était alors de faire pression pour accélérer les pourparlers avec l\u2019université.Rappelons que les professeurs de l\u2019UQAM sont sans convention collective depuis trois ans.Le Devoir Une mère torontoise reconnue coupable du meurtre de sa fille handicapée Toronto \u2014 Une mère toron- toise a été reconnue coupable du meurtre au premier degré de sa fille handicapée âgée de 16 ans qui, souffrant de paralysie cérébrale, était incapable de marcher, de parler et de se nourrir toute seule.Âgée de 45 ans, Cindy Ali, qui avait plaidé non coupable, a été condamnée à une peine d\u2019emprisonnement à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.Les procureurs ont convaincu le jury que l\u2019accusée avait étouffé sa fille Cynara avec un oreiller en février 2011.Elle avait ensuite élaboré une série de mensonges afin de déguiser ce meurtre en violation de domicile avec agression.Les avocats de la défense soutenaient que l\u2019adolescente était aimée de sa mère.Selon eux, Cynara est morte après une série de convulsions provoquées par une présumée violation de domicile ou d\u2019une infection pulmonaire.La Presse canadienne Groupe EI : l\u2019armée canadienne souligne la fin des frappes aériennes Ottawa \u2014 Les Forces armées canadiennes ont organisé un rassemblement au Koweït, samedi, pour souligner la transition de la force opérationnelle aérienne qui lutte contre le groupe armé État islamique en Irak et en Syrie.L\u2019événement, présidé par le commandant de l\u2019Aviation royale canadienne, le lieutenant-général Michael Hood, visait à souligner officiellement la contribution des militaires canadiens à la coalition internationale.Les CF-18 Hornet canadiens ont cessé de mener des frappes aériennes le 15 février, conformément à l\u2019engagement pris par le gouvernement de Justin Trudeau.Les avions de combat quitteront graduellement la région au cours des prochaines semaines.La Presse canadienne Le Collectif du 8 mars dévoile ses attentes Le Collectif 8 mars a défini ses attentes à l\u2019approche d\u2019une rencontre avec la ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault, qui se déroulera à Montréal lundi.La porte-parole de ce regroupement féministe et syndical a soutenu que cette réunion sera le moment tout indiqué pour aborder trois dossiers, à savoir le processus d\u2019analyse différenciée selon les sexes, le retrait préventif chez les femmes enceintes ou qui allaitent et les services de garde éducatifs.Mélanie Sara- zin, qui est également la présidente de la Fédération des femmes du Québec, a ajouté qu\u2019il s\u2019agira d\u2019un tout premier contact entre le Collectif 8 mars et cette élue.La Presse canadienne ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le rassemblement s\u2019est déroulé devant les réservoirs de pétrole de l\u2019entreprise Kildair, à Sorel-Tracy, en Montérégie.S orel-Tracy \u2014 À la veille du début des audiences du BAPE sur le projet d\u2019oléoduc Énergie Est, des groupes de la société civile, surtout composés de femmes, ont manifesté dimanche à Sorel-Tracy, en Montérégie, contre ce projet controversé de TransCanada.Le rassemblement, qui visait à dénoncer les conséquences environnementales du projet, s\u2019est déroulé devant les réser voirs de pétrole de l\u2019entreprise Kildair.Le Réseau québécois des femmes en environnement estime qu\u2019il est impératif d\u2019aborder les questions d\u2019environnement et de la lutte contre les changements climatiques dans une perspective d\u2019égalité entre les hommes et les femmes.La députée de Québec solidaire Manon Massé rappelle que ce sont souvent les femmes qui por tent les responsabilités liées à la santé et aux besoins de base de leurs proches et de leur famille.Lorsque des communautés font face à des catastrophes naturelles causées par les changements climatiques, ce sont les femmes qui se retrouvent à por ter la plus grande part du fardeau, affirme-t-elle.Québec solidaire avait demandé au gouvernement Couil- lard de faire preuve de pragmatisme et de ne pas tenir les audiences du BAPE sur le projet Énergie Est.Audiences «bidon» Le par ti politique qualifie ces audiences de « bidon » parce que, selon lui, elles « ne respectent pas les lois du Québec et n\u2019ont aucune force de loi ».Manon Massé souligne que ces audiences ont été amputées d\u2019éléments fondamentaux, comme l\u2019étude d\u2019impact.La Cour supérieure a rejeté vendredi la demande d\u2019injonction de groupes environnementaux qui souhaitaient suspendre la tenue de ces audiences.Elles débuteront comme prévu lundi.Le gouvernement québécois a cependant déposé une requête en injonction pour forcer TransCanada à se conformer à la Loi sur la qualité de l\u2019environnement, ce qui déclencherait un processus complet d\u2019évaluation et d\u2019examen des impacts environnementaux.La Presse canadienne ÉNERGIE EST Des groupes de femmes craignent les conséquences environnementales du projet Une impor tante mission commerciale, culturelle et touristique ayant pour objectif de faire rayonner Montréal en France a débuté dimanche à Paris.Jusqu\u2019au 10 mars, Tourisme Montréal, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et son équipe d\u2019experts en commerce international, le World Trade Centre Montréal, tiendront dans la capitale française la semaine « Montréal à Paris».Cette mission, qui en est à sa 2e édition, vise à créer des occasions d\u2019af faires durables entre les entreprises des deux métropoles dans dif férents secteurs.Les par ticipants veulent aussi présenter les meilleurs atouts culturels de Montréal et le potentiel touristique de la métropole.«Potentiel immense» Les entreprises par tici- pantes auront l\u2019occasion d\u2019assister à plusieurs activités de réseautage, afin de les aider à exporter leurs produits ou services vers le marché français.Pour Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Paris représente un « potentiel immense», et «Montréal à Paris» est une vitrine exceptionnelle pour permettre aux entreprises de promouvoir leur expertise et leurs produits, et de se positionner en vue de l\u2019entrée en vigueur de l\u2019accord de libre-échange Canada-Union européenne.Quant au président-directeur général de Tourisme Montréal, Yves Lalumière, il estime que l\u2019événement est une occasion unique d\u2019inviter les Français à visiter la métropole, à l\u2019aube de ses 375 ans.Il souligne que les entrées de touristes français aux frontières du Québec ont augmenté de près de 15 % depuis cinq ans.L\u2019ancien premier ministre du Québec Pierre Marc Johnson accompagne la délégation.La Presse canadienne Une délégation montréalaise à Paris pour courtiser les Français J I M B R O N S K I L L à Ottawa A lors que le gouvernement libéral progresse dans la législation de la marijuana, Santé Canada a signalé neuf points importants à considérer, tant sur le plan de la santé que de l\u2019expérience d\u2019autres juridictions, révèlent des documents récemment obtenus.Une présentation d\u2019information ministérielle de novembre 2015 a été remise à La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.Certaines conclusions et recommandations ont été retenues, mais le document offre néanmoins une fenêtre sur ce que le nouveau gouvernement devra considérer dans l\u2019élaboration d\u2019une loi.Neuf sujets sont soulevés par Santé Canada.Les statistiques de 2013 révèlent que 11 % de la population âgée de 15 ans et plus ont consommé de la marijuana au cours de l\u2019année précédente.Les 20-24 ans étaient les plus grands consommateurs, avec 26% de cette tranche d\u2019âge.Le document indique qu\u2019il s\u2019agit de taux de consommation «relativement bas» et que la consommation diminue avec l\u2019âge.Des études montrent aussi que la marijuana thérapeutique a une capacité limitée à soulager les symptômes de la chimiothérapie, la douleur neuropathique et l\u2019épilepsie chez les enfants résistants aux traitements.Mais un consensus existe, au sein de la communauté sanitaire, sur le fait que la consommation récréative régulière entraîne des risques, notamment à long terme, sur les capacités cognitives pour les consommateurs de moins de 25 ans.Le troisième sujet abordé est celui du cadre réglementaire international.Le Canada est signataire d\u2019ententes juridiques internationales sur les drogues psychotropes, dont la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, convoquée par l\u2019Organisation des Nations unies (ONU).Elle ne permet pas la légalisation, mais offre un peu de latitude sur les sanctions imposées.L\u2019Organe international de contrôle des stupéfiants a exprimé des regrets lorsque l\u2019Uruguay a annoncé sa décision de légaliser le cannabis, mais les impacts pratiques sur le pays demeurent nébuleux, note Santé Canada.Une rencontre spéciale de l\u2019ONU est prévue le mois prochain.Implications légales Le régime canadien régissant la marijuana médicale est aussi à considérer.Le Règlement de 2013 sur la marijuana à des fins médicales a tenté de donner seulement à des producteurs accrédités la permission de faire pousser de la marijuana thérapeutique.Mais des milliers de Canadiens possédant une ordonnance ont obtenu la permission de la faire pousser eux-mêmes grâce à une décision de la Cour suprême déposée le mois dernier.Le contexte juridique intérieur est donc également à prendre en considération par le gouvernement, note Santé Canada, puisque cette décision et d\u2019autres pourraient influencer les choix à faire.Une fois la loi canadienne élaborée, les gouvernements provinciaux et ter ritoriaux pourront établir des règles locales.Ottawa pourrait établir des exigences minimales, mais les provinces et ter ri- toires pourraient ajouter des règles au jeu, par exemple sur les lieux de consommation, les points de vente et l\u2019âge minimal d\u2019achat.D\u2019autres juridictions ont légalisé la marijuana.Elles offrent donc dif férents modèles.L\u2019Uruguay a adopté un contrôle gouver nemental étroit, alors que les États du Colorado et de Washington ont choisi des modèles favorisant la par ticipation des commerces locaux, ce qui peut potentiel lement augmenter le r isque pour la santé publique.Peu impor te le modèle adopté par Ottawa, il entraînera des conséquences sur l\u2019application des lois.Le crime organisé est très impliqué dans le commerce de la drogue douce.Des cultures illégales existent partout au Canada.La conduite sous l\u2019influence de la marijuana est également à considérer : les incidents de conduite sous l\u2019influence de la drogue représentent une fraction des arrestations pour conduite en état d\u2019ébriété, car ils sont plus difficiles à reconnaître.Ainsi, une approche nationale sera nécessaire pour faire collaborer tous les corps policiers.Finalement, la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents exige des policiers de remettre des avertissements aux jeunes ou de les référer à des programmes communautaires.La nouvelle loi légalisant la marijuana devra donc considérer avec soin comment elle sera appliquée auprès des jeunes.La Presse canadienne LÉGALISATION DE LA MARIJUANA Santé Canada soulève une série d\u2019impacts potentiels Le gouvernement Trudeau devra tenir compte des implications sociales et légales de sa réforme GETTY IMAGES En 2013, 11% de la population âgée de 15 ans et plus disait avoir consommé de la marijuana au cours de l\u2019année précédente. L E D E V O I R , L E L U N D I 7 M A R S 2 0 1 6 SOCIETE A 5 Le journal intime, version Web Un pied de nez à l\u2019instantanéité des réseaux sociaux I S A B E L L E B U R G U N Vous trouvez que certaines personnes traînent, et ça vous agace.Ou au contraire, les gens qui vous entourent sont constamment pressés, et vous vous questionnez sur les raisons de cette course perpétuelle.Des chercheuses de l\u2019Université McGill viennent de trouver une partie de la réponse : une meilleure coordination s\u2019opère lorsque les gens bougent à la même vitesse.Pédaler, taper des mains ou converser en bonne harmonie avec autrui tient de notre capacité à coordonner les différents rythmes interpersonnels.«Cela se fait de manière spontanée.Notre objectif est de s\u2019accorder, particulièrement avec nos amis», explique la doctorante Anna Zamm du Sequence Production Lab, un laboratoire d\u2019étude sur les bases cognitives \u2014 apprentissage, mémoire, attention, etc.\u2014 de la production de séquences auditives, telles la parole et la musique.Si vous jouez d\u2019un instrument ou si vous chantez, il importe de pouvoir s\u2019accorder à la vitesse du groupe.Mises sur la piste de l\u2019harmonie grâce à certaines études, les chercheuses ont pris le «beat » personnel des pianistes.Elles ont mesuré le nombre de notes produites par seconde lors d\u2019une mélodie type.Ceux qui possèdent un rythme similaire auront plus de facilité à jouer ensemble que les autres, et cela, dès le début des pièces.Chez chacun, il existe une fréquence naturelle.Ce rythme est constant au fil du temps et d\u2019une main à l\u2019autre.« Ce n\u2019est pas une question de talent, mais d\u2019accordance des rythmes.Le rendu musical sera meilleur si les r ythmes des musiciens se ressemblent », confirme-t-elle.Dans la vie de tous les jours, synchroniser notre rythme personnel avec celui des autres nous rendrait même plus heureux.La pratique d\u2019un sport, et le plaisir qui en découle, augmenterait lorsque le partenaire emboîte notre petite foulée ou nous renvoie les balles de tennis à la même cadence.La coordination entre deux personnes dépendra donc de la vitesse de mouvements propre à chacune et de sa capacité à adapter son rythme à celui d\u2019autrui.Une capacité que l\u2019on acquiert dès l\u2019enfance.«La majorité des bébés réagissent aux chansons en tentant de bouger au même rythme, des études le montrent.Et mettez deux personnes dans des chaises berçantes, elles vont synchroniser leurs mouvements», ajoute la chercheuse.De petites jambes, de petites mains, un cerveau en développement ou le vieillissement viendront toutefois modifier notre performance et notre capacité à suivre un rythme trop rapide.Et le contexte de nos interactions \u2014 maladie, dépression, etc.\u2014 pourrait influer également sur notre volonté à résonner en phase avec le monde.Agence Science-Presse L\u2019harmonie, une question de rythme ! I S A B E L L E C A M P O N E D iariste.Cet anglicisme fait référence à celui qui tient ce que l\u2019on appelle en français un journal intime.Écrire sa vie rien que pour soi ?L\u2019activité est sans doute aussi ancienne que l\u2019invention du papier.De saint Augustin à Hervé Guibert en passant par le Genevois Henri-Frédé- ric Amiel, nombreuses sont les figures de l\u2019histoire ou de la littérature à avoir laissé des œu- vres majeures sous cette forme de chronologie personnelle.Elle n\u2019est cependant pas l\u2019apanage des écrivains.Le journal intime est aussi un exercice ordinaire pour tous ceux qui veulent coucher dans ces cahiers secrets les faits de leur vie quotidienne, leurs pensées et leurs tourments.« La plupart des diaristes choisissent de noter une infime partie de leur vécu, correspondant à des lignes d\u2019attention particulières, changeantes, explique Philippe Lejeune, universitaire français spécialiste de l\u2019autobiographie et des journaux.Très rares sont les diaristes systématiques qui écrivent tous les jours en notant tout ; la plupart des journaux sont elliptiques, allusifs, ont des lacunes énormes ; beaucoup sont passagers, vite abandonnés, ou détruits après coup sans avoir été forcément relus.» Pour mémoire Si la pratique est multiforme et par fois contraignante, ceux qui s\u2019y adonnent sont pourtant unanimes quant à ses bienfaits et à son côté extrêmement épanouissant.Souvent démarré à l\u2019adolescence pour s\u2019y épancher sur les ingratitudes liées à l\u2019âge, le journal sera plus tard ce compagnon à qui on peut tout dire et tout confier.Le temps passe, l\u2019effet cathartique reste.Car, au-delà du soulagement de les avoir exprimés, écrire ses sentiments permet ainsi de mieux les comprendre et, sur la durée, de se connaître soi-même davantage.Savoir qui l\u2019on est, mais aussi qui l\u2019on a été, c\u2019est l\u2019autre grande finalité des diaristes.Et ce, sans pour autant nourrir l\u2019ambition, comme les grands auteurs, de laisser sa trace dans l\u2019Histoire.À l\u2019heure où l\u2019on documente sa vie en permanence, où l\u2019on partage en direct chaque moment important de son existence, l\u2019introspection et le travail de construction de notre mémoire seraient-ils plus nécessaires que jamais ?Aux États-Unis, le journal intime connaît un nouvel engouement, notamment grâce aux applications mobiles qui permettent une approche simple et très complète pour répondre aux défis de cette écriture quotidienne.La flexibilité numérique permet enfin de pouvoir écrire n\u2019importe où et n\u2019importe quand sur tablette, téléphone intelligent et ordinateur.Elle autorise aussi la possibilité d\u2019associer des photos et des sons à ses notes.Une mémoire complète, à laquelle s\u2019ajoutent d\u2019autres fonctionnalités, comme des options de rappel qui encouragent à l\u2019écriture, la géolocalisation du lieu et de la météo, ou encore des outils de recherche capables de retrouver facilement la dernière fois que vous avez dîné dans ce restaurant japonais.Un confort qui passe aussi par une sécurité implacable.Toutes ces applications garantissent à l\u2019usager que son journal ne sera lu par personne d\u2019autre que lui.L\u2019une des plus populaires, Day One, est née de l\u2019envie de son créateur, Paul Mayne, de réussir enfin à écrire son journal au quotidien.«Nous sommes tous débordés, explique-t-il, on prend rarement le temps de s\u2019arrêter et de réfléchir à notre journée.Avoir un outil qui nous permet de le faire et de penser, sans filtre, la direction que l\u2019on donne à sa vie est très libérateur.» Comme DayOne, Penzu a été créée par un diariste qui voulait s\u2019affranchir des limites imposées par le journal intime sur papier.«Tenir un journal est lié à l\u2019extension de notre mémoire, observe son créateur, Alexander Mimran, écrire ce que l\u2019on vit au jour le jour capture le moment mieux que n\u2019importe quel autre média.Écrire pour soi-même permet de s\u2019ouvrir de la plus honnête des manières et préserve des idées et des sentiments que l\u2019on oublierait.La technologie permet d\u2019étendre nos mémoires et d\u2019y retrouver tout ce que l\u2019on cherche dans notre passé.» Retour vers le passé Utilisation privée et préservation de la mémoire : voilà qui s\u2019oppose donc aux réseaux sociaux qui fonctionnent sur un concept exactement inverse où le moindre instant présent est partagé avec la communauté.Pas tout à fait.Car cette prolifération de données personnelles peut aussi fonctionner comme des time capsules, avec le même ef fet de retour vers le passé.Ainsi, Memoir ou Timehop butinent chaque jour dans les comptes de leurs utilisateurs les posts Facebook, Instagram ou Twitter, publiés à la même date, mais les années précédentes, et les renvoient, comme un souvenir instantané.En faisant remonter ces archives publiées au moment où elles ont été vécues, ces applications rendent finalement les réseaux sociaux complémentaires du journal qui compile les événements a posteriori.C\u2019est ainsi que le journal intime évolue.Et que les adolescents plébiscitent Diary.com, mélange entre le carnet confidentiel et le réseau social.Ils y trouvent à la fois le réconfort de l\u2019écrit personnel et celui du soutien de ceux qui partagent les mêmes tourments.Sans oublier One Second Everyday qui construit le film de votre vie à par tir d\u2019une seconde prélevée chaque jour.Laquelle choisir ?Comme à l\u2019écrit, c\u2019est au diariste de décider la plus pertinente, celle qui résume en un clin d\u2019œil toute une journée.Plus intergénérationnel, StoryWorth permet de recréer une mémoire collective en incitant tous les membres d\u2019une même famille à écrire.Une belle manière d\u2019assurer la transmission du souvenir de nos parents et de la nôtre à nos propres enfants.Le Temps Il est depuis des siècles le compagnon des grands hommes comme des illustres inconnus.Des applications mobiles facilitent au- jourd\u2019hui la pratique du journal intime.ANZE BIZJAN/GETTY IMAGES On peut encore tenir son journal intime sur papier, mais on peut aussi le protéger des regards indiscrets grâce au Web.I l y a un truc bizarre qui se joue en ce moment sur les planches du théâtre Espace Libre à Montréal, et c\u2019est le midi qu\u2019il faut y aller pour le voir.Animaux \u2014 c\u2019est son titre \u2014 est une pièce écrite et imaginée par Daniel Brière et Alexis Martin qui se présente comme une réflexion philosophico-poétique sur la part de l\u2019humain dans l\u2019animal, et inversement.Sur scène, entre Sophie Cadieux et Huber t Proulx, des poules, un cochon, une vache, une chèvre, des fourmis, un chat, tous vrais de vrais, se promènent en liberté pour tisser un récit singulier qui demande ce que l \u2019humain a conservé de son animalité, ce qu\u2019il fait et où cela l\u2019amène.En gros.Il y est question de son évolution, de sa socialisation et des limites qui viennent forcément avec.Limites qui en sortant de la salle peuvent apparaître d\u2019ailleurs comme une révélation, d\u2019un coup sec, lorsqu\u2019on se surprend à regarder d\u2019un peu plus près l\u2019actualité du moment.Vous avez entendu jeudi soir dernier, le candidat républicain, aspirant au poste de chef des armées des États-Unis, Donald Trump, faire référence à la taille de son pénis en plein débat politique entre les participants à la primaire de son parti ?Avant, il avait été question de la taille de ses mains.Pour élever le débat d\u2019une course présidentielle, on a déjà fait mieux.Pour démontrer que l\u2019animal est finalement très proche de l\u2019humain, on ne pouvait pas mieux faire, en laissant un homme prouver en une référence qu\u2019il n\u2019a pas la pleine conscience de lui\u2013 même, des gestes qu\u2019il porte ou des paroles qu\u2019il profère.La meute et sa proie Par les temps qui courent, la bête, celle dont on cherche tant à se distinguer pour afficher une certaine supériorité, rôde un peu partout autour de nous.C\u2019est elle qui est dans la meute qui traque sa proie, qui saute en groupe dessus pour la manger, autant dans la savane que sur la place publique ou dans les réseaux sociaux.C\u2019est elle aussi que l\u2019on retrouve en train de rire instinctivement en Allemagne devant un centre d\u2019hébergement en feu avec à l\u2019intérieur des exilés syriens tentant de se sortir du bâtiment devant l\u2019immobilisme de cette foule hilare.Ailleurs, la bête peut également avoir donné l\u2019ordre de détruire la seule par t d\u2019humanité que ces mêmes exilés se sont construite sur un terrain vague baptisé la « jungle », dans le nord de la France.Et ce, devant d\u2019autres bêtes qui n\u2019ont pas été nombreuses à bouger pour dénoncer l\u2019odieux de la chose.L\u2019animal, n\u2019en déplaise aux adeptes de l\u2019anthropomorphisme \u2014 vous savez, ceux et celles qui croient que le chat est capable de sentiments comme la joie, la tristesse, la mesquinerie\u2026 \u2014, n\u2019a pas conscience de lui-même.Par effet domino, il n\u2019a pas non plus conscience des autres.Lâcheté en sous-traitance Il n\u2019y a pas besoin de creuser trop profond pour atteindre l\u2019animal qui sommeille dans chaque homme (et même femme, tiens, pour être égalitaire !) et auquel cherche à s\u2019adresser la compagnie canadienne The Breakup Shop (traduction libre : la maison des séparations).Il y a quelques mois, le magazine américain The Atlantic qualifiait ce ser vice d\u2019« Uber de la rupture ».Comment ça fonctionne ?Simple.L\u2019entreprise se charge pour vous d\u2019envoyer un texto ou de faire l\u2019appel téléphonique qu\u2019il faut dans un couple pour annoncer une séparation.Parce qu\u2019on est 2016, la lâcheté aussi peut être sous- traitée dans les univers numériques.À une époque où l\u2019amour se magasine sur Tinder, cette application pour rencontres géolocalisées, comme on se choisit un vélo, une voiture ou une tuque tricotée par un artisan et exposée sur Pinterest, il est un peu normal de voir la séparation rencontrer elle aussi son service dématérialisé.Service qui per met du coup de s \u2019é lo igner d \u2019une an- c ienne f lamme sans avoir à prendre la pleine conscience du cœur que l\u2019on est en train de briser.Après tout, le chien choisit bien sa par te- naire en lui sentant l\u2019arrière-train \u2014 c\u2019est son Tinder à lui \u2014 et s\u2019en sépare sans lui envoyer de bristol.Dans Animaux, vers la fin, l\u2019œuvre dramatur- gique se demande si les animaux ne seraient pas gardiens d\u2019une connaissance, d\u2019un savoir, d\u2019une sagesse que l\u2019humain aurait fini par oublier ?C\u2019est possible.Et à force de chercher, par le pire, à se rapprocher de lui, on va peut- être finir par le savoir.chroniquefd@ledevoir.com Sur Twitter : @Fabien Deglise #CHRONIQUEFD Les vrais animaux FABIEN DEGLISE Il n\u2019y a pas besoin de creuser trop profond pour atteindre l\u2019animal qui sommeille dans chaque homme Arrivé au pouvoir il y aura bientôt deux ans sur promesses tonitruantes de création d\u2019emplois et de remise en ordre de l\u2019économie, le gouvernement de Narendra Modi peine à concrétiser ses engagements.Preuve que la seule croissance du PIB ne fait pas de miracle.n mai 2014, le Parti du peuple indien (BJP), parti de droite dont Narendra Modi est le berger autoritaire et charismatique, prenait le pouvoir dans un grand tsunami électoral, s\u2019emparant de la majorité absolue des sièges à la Lok Sabha.Victoire phénoménale dans un contexte politique éclaté où il est devenu de plus en plus dif?cile de former un gouvernement, dans cette immense démocratie, sans procéder par coalition.C\u2019est dire à quel point fut puissante la vague qui lui était favorable.Chassant du pouvoir le vieux Parti du Congrès, terrassé par les scandales de corruption, M.Modi allait ainsi avoir les coudées franches pour relancer la croissance, industrialiser le pays et créer des emplois pour les dix millions de jeunes qui entrent chaque année sur le marché du travail.Tel est le rêve qu\u2019il a réussi à vendre à l\u2019électorat indien.Ou, plus précisément, à la majorité hindoue.Le BJP est un parti conservateur aux tendances ultranationa- listes et ultrareligieuses \u2014 un parti qui cultive depuis toujours les sentiments anti-musulmans au sein de la majorité et qui s\u2019inscrit en faux contre l\u2019idée de laïcité qui fonde le projet social indien.M.Modi a bien fait l\u2019effort en campagne d\u2019envelopper ses convictions idéologiques dans un discours économique modernisateur et inclusif.Ce dont personne n\u2019était dupe, à vrai dire.Mais le jupon de ses orientations profondes a commencé à dépasser dès qu\u2019il est arrivé au pouvoir, lentement mais sûrement.La démocratie indienne est, par dé?nition, un monde compliqué, excentrique et violent, auquel se superpose une dictature, celle du système de castes.Mais s\u2019installe actuellement en Inde sous ce nouveau gouvernement un climat d\u2019intolérance particulièrement préoccupant à l\u2019égard de tous ceux et toutes celles \u2014 intellectuels, médias, société civile, mouvement étudiant \u2014 qui osent user de leur esprit critique.Les signes de dérive sectaire se sont multipliés : conversions forcées, diabolisation des médias, attaques contre des écoles et des églises chrétiennes, adoption de lois contre la consommation de viande de bœuf (grand tabou de l\u2019hindouisme)\u2026 À ce jour, le premier ministre Modi n\u2019a dénoncé que du bout des lèvres les violences et les excès commis par les fondamentalistes du BJP.Un épisode, parmi bien d\u2019autres, a récemment mis le feu aux poudres avec l\u2019arrestation pour sédition d\u2019étudiants de la Jawa- harlal Nehru University, la grande université laïque de Delhi.Leur crime?Avoir participé à un rassemblement à la mémoire du Cachemiri Afzal Guru, exécuté il y a trois ans \u2014 à l\u2019issue d\u2019un procès dont la qualité avait d\u2019ailleurs été largement contestée \u2014 pour avoir participé à un attentat terroriste commis en 2001.Dans la foulée, le BJP a monté l\u2019affaire en épingle, traitant les étudiants d\u2019« antinationaux » et organisant une grande campagne contre les vues «antipatriotiques ».Voici un gouvernement qui «criminalise la dissidence», se scandalisait la revue Outlook dans son dernier numéro.?Une situation dont M.Modi peut dif?cilement penser qu\u2019elle redore son blason à l\u2019échelle internationale, lui qui cherche par tous les moyens à attirer l\u2019investissement étranger.Les astres économiques sont pourtant favorables à ses desseins néolibéraux : croissance attendue de 7,5% du PIB (supérieure à celle de la Chine !), taux d\u2019in?ation maîtrisé, bas prix du pétrole (puisque l\u2019Inde est importateur d\u2019or noir)\u2026 Mais deux ans après son élection, il est aussi paralysé que l\u2019était l\u2019ancien gouvernement, s\u2019agissant de procéder à d\u2019essentielles réformes structurelles, notamment dans le domaine ?scal.Comme il est encore loin de réussir à dynamiser le secteur de l\u2019emploi, dans un pays où les trois quarts de la population sont pauvres! À quoi peut bien lui servir, en ce pays en mal de développement économique, de laisser la droite radicale du BJP empoisonner le climat social en toute impunité ?Pour l\u2019heure, l\u2019homme reste très populaire, en dépit de l\u2019hystérie nationaliste ambiante.Preuve que ce qui lui est politiquement utile ne l\u2019est certainement pas à la démocratie indienne.L E D E V O I R , L E L U N D I 7 M A R S 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Couillard féministe ?Ni en mots ni en actions Mon dictionnaire encyclopédique dit que le mot féministe est épicène: il a les deux genres.Et en voici la définition: quelqu\u2019un «qui travaille à assurer l\u2019égalité des femmes et à leur épanouissement dans la société\u2026» Les féministes, hommes et femmes, agissent donc afin d\u2019améliorer la condition et les droits des femmes dans notre société.Pas l\u2019inverse.Or, on sait qu\u2019avec leurs mesures d\u2019austérité, les libéraux ont fait beaucoup de tor t aux femmes.Dans Le Devoir du 25 avril 2015, Marie- Hélène Alarie a écrit à juste titre que « les femmes consentiront près de 7 milliards de dollars de plus que les hommes à l\u2019effort d\u2019austérité » imposé par le gouvernement Couillard.Et l\u2019auteure Aurélie Lanctôt a bien eu raison d\u2019intituler son essai sur les conséquences de l\u2019austérité libérale Les libéraux n\u2019aiment pas les femmes.En effet, depuis 2012, on constate que les femmes ne font pas partie des «vraies affaires » libérales.Pas étonnant alors que Couillard et Cie s\u2019en prennent à ce qui touche davantage les femmes : la santé, l\u2019éducation, les garderies, etc.Le 4 mars, Anne-Marie Dussault nous a révélé que la ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, n\u2019avait pas voulu participer à une simple discussion sur l\u2019état du féminisme à l\u2019émission 24/60.Trouvez l\u2019erreur! Les libéraux ont aussi refusé de participer au Sommet des femmes tenu les 3 et 4 mars.Invitée à l\u2019émission Deux hommes en or du 4 mars, Sophie Brochu, présidente et chef de la direction de Gaz Métro, a dit que « toute personne ayant une tête sur les épaules doit être féministe», et qu\u2019on devrait être reconnaissants «envers les premières féministes qui nous ont précédées et tracé le chemin vers l\u2019égalité des sexes».À juste titre, Mme Brochu a aussi dit que, côté féminisme, les gestes parlent.En effet, les gestes parlent.Et ils parlent beaucoup.Le 2 mars, quand une journaliste a demandé à Philippe Couillard s\u2019il était féministe, il a refusé de répondre.Il a bien fait : étant donné tout ce qu\u2019il a fait subir aux femmes depuis 2012, Philippe Couillard aurait été bien malvenu de se prétendre féministe! Lise Warren Shawinigan, le 6 mars 2016 Aveos: Québec et Aéro Montréal ont failli à la tâche L\u2019annonce sauvage de la fermeture d\u2019Aveos a pris tout le monde par surprise un dimanche après-midi de mars 2012.Le lendemain, 19 mars, l\u2019entreprise était définitivement fermée.En tout, 1800 personnes perdaient leur emploi.Air Canada avait pourtant l\u2019obligation légale de maintenir un service d\u2019entretien d\u2019aéronefs à Montréal.Il faut se rappeler qu\u2019Air Canada employait en 2007 3500 personnes pour faire l\u2019entretien de ses avions à sa division ACTS de Dorval ; division qui deviendra l\u2019année suivante Aveos.Une fermeture d\u2019usine, par ticulière- ment dans un secteur industriel de pointe, est toujours un événement dramatique.Le plus triste est toutefois que les gouvernements Charest et Couillard ne se sont jamais souciés des conséquences de cette fermeture.Pire encore, les entreprises québécoises du secteur aérospatial, regroupées au sein de la grappe industrielle Aéro Montréal, ne se sont pas mobilisées pour ravoir cette activité à Montréal et défendre les travailleurs mis à pied.Depuis dix ans, la grappe Aéro Montréal est financée en grande partie par les deniers publics.Elle a été mise sur pied pour rassembler tous les acteurs du secteur aéronautique et spatial afin qu\u2019ils travaillent ensemble à promouvoir et à développer ce secteur.Quels intérêts Aéro Montréal a-t-il représentés et défendus dans ce dossier aéronautique?Malgré les belles déclarations du genre « on travaille très for t pour maintenir et créer des emplois », dans ce cas, tous ont ignoré l\u2019important potentiel de création d\u2019emplois par la relance de l\u2019entretien des avions d\u2019Air Canada à Montréal.Le manque de vision du gouvernement Couillard dans ce dossier est évident ; une décision favorable de la Cour suprême du Canada aurait grandement amélioré sa position de négociation face à Air Canada.[\u2026] Serge Tremblay Le 25 février 2016 FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints NELLIE BRIÈRE, PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N INDE Climat croissant d\u2019intolérance E S Y L V I E G O N E A U Fondatrice, Regroupement des élus municipaux indépendants pour la démocratie L e Regroupement des élus municipaux indépendants (REMI) pour la démocratie est un organisme à but non lucratif provincial qui s\u2019est constitué en janvier 2016.Il est issu d\u2019un besoin, celui de donner une voix aux élus indépendants sur le plan municipal, qui ne sont justement pas constitués en partis politiques.Nous croyons que l\u2019élu indépendant est le mieux placé pour représenter les intérêts des citoyens qu\u2019il représente et donc, mieux placé pour assurer la vitalité de la démocratie.Il est à la fois libre de la contrainte que constitue la ligne de parti et plus près des préoccupations des citoyens.Il agit comme collaborateur constructif au conseil municipal.Le candidat ou l\u2019élu indépendant est le serviteur de ses concitoyens.Le REMI pour la démocratie voit donc dans cette réalité une grande force pour assurer le lien direct entre la ville et ses citoyens, et par le fait même, la vitalité de la démocratie municipale.Étant libre de ligne de parti à respecter, il est libre de présenter les intérêts de ses électeurs de façon pragmatique et efficiente.Le REMI pour la démocratie croit que la proximité telle qu\u2019elle existe entre les candidats indépendants et les citoyens devrait être encouragée dans notre système municipal en éliminant autant que possible les avantages excessifs dont bénéficient les partis.Ces avantages minent les chances de succès des acteurs politiques indépendants.L\u2019élu indépendant doit donc être perçu comme un atout inestimable pour notre démocratie par sa capacité et sa liber té à por ter toutes les opinions à l\u2019ordre du jour dans un conseil municipal.Loin de freiner la capacité de décision d\u2019un gouvernement ou d\u2019une administration, il enrichit ces décisions en élargissant la réflexion sur laquelle elle se fonde et en l\u2019arrimant aux préoccupations concrètes du peuple.L\u2019élu indépendant est donc un collaborateur précieux au fonctionnement de nos démocraties municipales.Déséquilibre de financement Le REMI pour la démocratie est très préoccupé par les effets négatifs des sources de financement exclusives aux partis politiques municipaux.En effet, les partis politiques municipaux de Montréal, de Québec et des autres villes québécoises de 50 000 habitants et plus ont bénéficié en 2014 d\u2019un soutien financier réservé totalisant plus de 2,7 millions.Ce financement octroyé aux partis politiques est assumé par les contribuables.Le projet de loi 83, à l\u2019étude à l\u2019Assemblée nationale du Québec, comprend par ailleurs deux dispositions importantes qui touchent au financement des élus municipaux indépendants.L\u2019article 50 du projet de loi propose une nouvelle allocation réservée aux partis autorisés.Le REMI pour la démocratie considère que le projet de loi devrait prévoir un crédit similaire destiné aux candidats et élus indépendants.Nous sommes par ailleurs heureux de voir inscrites, à l\u2019article 75 du projet de loi, des dispositions permettant aux élus indépendants de bénéficier d\u2019un remboursement des dépenses de recherche équilibré par rapport à celui des élus membres de partis.Le projet de loi, avec cette disposition, tient compte de la réalité selon laquelle des budgets pour la recherche et la documentation sont déjà octroyés aux partis.Ouvrir la porte de la mairie Le REMI pour la démocratie souhaite également que l\u2019on permette à un candidat indépendant de pouvoir présenter sa candidature à la mairie d\u2019une municipalité en inscrivant un colistier au poste de conseiller, le cas échéant.C\u2019est une mesure qui permettrait manifestement à plus de candidats indépendants de tenter leur chance pour le poste de maire d\u2019une municipalité, améliorant potentiellement la qualité de notre démocratique municipale.Enfin, nous proposons que les frais de re- comptage soient à la charge des candidats et non des partis afin de mettre fin à l\u2019iniquité qui provient du fait qu\u2019un candidat membre d\u2019un parti voit ses frais de recomptage remboursés par le parti, et donc indirectement par le financement public, alors qu\u2019un candidat indépendant doit prendre ces frais à sa charge.Cela crée une iniquité qui est facilement corrigible.Lors du début de l\u2019étude projet de loi 83 en commission parlementaire, nous notons que le ministre Martin Coiteux a exprimé que le projet de loi visait à assurer « aux candidats indépendants et aux partis un financement raisonnable, stable et prévisible ».Au-delà du projet de loi 83, nous recommandons que le gouvernement révise toutes les lois et les règlements pertinents afin d\u2019établir un financement raisonnable, mais aussi équitable et équilibré à l\u2019égard des candidats et des élus municipaux indépendants.Nous proposons d\u2019ailleurs au gouvernement, après la commission, de s\u2019asseoir ensemble, comme par tenaires, afin d\u2019établir une réelle équité pour tous aspects de nos règles qui touchent aux indépendants et à la gouvernance municipale.Plus d\u2019élus municipaux indépendants pour le bien de la démocratie GUY TAILLEFER L E D E V O I R , L E L U N D I 7 M A R S 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).P endant quelques instants, l\u2019espoir d\u2019un miracle populaire porté par la candidature de Bernie Sanders s\u2019est répandu à travers les médias.Normalement cyniques, la presse et la télévision éprouvaient un authentique bonheur à voir la victoire prétendument « inévitable» de Hillary Clinton bloquée par un insurgé de gauche.Un «socialiste» âgé de 74 ans avec une tête de prof, renversant la domination du couple Clinton et leur machine à argent, avait saisi l\u2019imagination de certains journalistes à la recherche d\u2019un «récit» équivalant à celui des républicains et Donald Trump : «Les petites gens en ont ras le bol de l\u2019establishment.Plus jamais les Bush, plus jamais les Clinton.Plus jamais quelque politicien typique que ce soit.» Et voilà Trump et Sanders à la rescousse, annihilant l\u2019ennui des éditorialistes fatigués.Mais le mois dernier, l\u2019entente cordiale entre la presse et Sanders s\u2019est brusquement rompue.Peut-être était-il trop menaçant, notre Bernie si poli, si sincère, surtout après sa victoire écrasante sur Hillary dans le New Hampshire.En tête de file était le doyen de la presse américaine, le New York Times, qui joue de plus en plus le rôle de porte-parole des Clinton et du Parti démocrate traditionnel.L\u2019enthousiasme du New York Times Après la victoire serrée de Clinton dans les caucus du Nevada, la rédaction du Times s\u2019est montrée beaucoup plus que satisfaite, voire joyeuse.«Soulevée par l\u2019appui enthousiaste des électeurs des minorités et les ouvriers des casinos, Hillary Clinton a vaincu le sénateur Bernie Sanders\u2026 contrecarrant son élan et prouvant au Parti démocrate anxieux qu\u2019elle pouvait rassembler une grande coalition qui la porterait à l\u2019élection générale.» Dans cette coalition, on retrouvait un groupe baptisé «Hookers 4 Hillary», dont 500 ouvriers de l\u2019industrie du sexe basés à Carson City.L\u2019aspect cocasse du ralliement de ce groupe au couple Clinton \u2014 lequel, il y a longtemps, s\u2019est carrément vendu aux pouvoirs financiers de New York, Los Angeles, Chicago (et Las Vegas) \u2014 aura échappé au Times.«L\u2019équipe de Mme Clinton, rapporta le journal, a poussé un soupir de soulagement.» En fait, c\u2019est au quartier général du Times, dans la 8e avenue de Manhattan (ainsi que dans la rue K de Washington, demeure du pouvoir non élu de la capitale) que l\u2019on put entendre de véritables soupirs de soulagement.Le statu quo de Wall Street était préservé; le consensus militariste sur la politique étrangère, protégé; les pots-de-vin et la corruption du congrès, sécurisés.Soulagement d\u2019une oligarchie qui rejette toute réforme et tous les réformateurs comme s\u2019ils étaient des virus.Sanders est un virus; le couple Clinton est le système immunitaire du Parti démocrate et des médias conformistes.Le dimanche 21 février, le journal des élites américaines couronna Clinton: «Le décompte des délégués laisse Sanders sur une pente raide ».Après seulement trois primaires donc \u2014 égalité presque dans l\u2019Iowa, nette victoire pour Sanders dans le New Hampshire et 52,6% pour Hillary au Nevada \u2014, voilà la Clinton qui se voit garantir l\u2019investiture par le quotidien de référence.Comment?Quoi?Je comprends que le couple Clinton possède de grands avantages par rapport à Sanders \u2014 énormes dons venant des banques et des riches, appui d\u2019une énorme majorité des chefs démocrates (et le conséquent soutien de la grande majorité des «super délégués» nommés par le parti), reconnaissance de nom \u2014, mais le Times allait un peu vite en affaire.Le lendemain du Super Tuesday, c\u2019était la même histoire.Manchette à la une : «Trump et Clinton se régalent alors que douze États votent».Certes, Trump a dominé ses rivaux, remportant sept États sur douze dans des régions diverses.Par contre, Clinton a gagné dans sept États \u2014 grâce notamment au soutien des électeurs noirs \u2014, dont six dans le Sud, une région dominée depuis longtemps par le Parti républicain.Ni Clinton ni Sanders ne va vraisemblablement remporter l\u2019Alabama, l\u2019Arkansas, la Géorgie, le Tennessee ou le Texas en novembre.Clinton aurait plus de chance dans la Virginie.Sanders, cependant, a remporté le Colorado, le Minnesota, l\u2019Oklahoma et son fief du Vermont, États géographiquement et démographiquement divers.Le Colorado reste très vulnérable pour un démocrate.Le Massachusetts, où Hillary a gagné de justesse, votera pour un démocrate, quel qu\u2019il soit.Alors, comment justifier la déclaration du Times selon lequel le Super Tuesday «prouvait pour la première fois qu\u2019elle peut construire une coalition nationale d\u2019électeurs de diverses races qui serait cruciale pour l\u2019élection en novembre»?Deux semaines plus tôt, après le Nevada, le Times avait claironné combien la «solidarité» exprimée par Mme Clinton avec «les électeurs des minorités» contrastait avec le message «plus ésotérique» de Sanders contre le pouvoir excessif de Wall Street.Les minorités, donc, deviendront magiquement une majorité qui portera Clinton à la Maison-Blanche?Et la colère anti-Wall Street ?Serait-elle un sentiment minoritaire ?C\u2019est du grand n\u2019importe quoi.John R.MacArthur est éditeur de Harper\u2019s Magazine.Sa chronique revient le premier lundi de chaque mois.Le virus JOHN R.MACARTHUR N A D I A R O Y Montréal ernièrement, juste avant la «crise Ju- tra », une nouvelle culturelle s\u2019est trouvée écartée des projecteurs, alors qu\u2019elle méritait une meilleure attention.La ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, annonçait une vaste consultation publique, dans toutes les régions, pour doter Québec d\u2019une nouvelle politique culturelle en 2017.Pour justifier cette entreprise participative d\u2019envergure, on a cru bon de rappeler aux citoyens et aux médias que la politique en vigueur actuellement date de 1992 ! On en conviendra, évoquer l\u2019époque des vieux modems qui grésillaient comme des télégraphes suffit, pour plusieurs, à susciter la pitié et à décréter l\u2019état d\u2019urgence.Les artistes, travailleurs et gestionnaires du milieu culturel ont généralement le réflexe d\u2019applaudir (c\u2019est poli) et de se plier à l\u2019exercice.Quelques cyniques sourient tristement en voyant peut-être là un stratagème usé, mais efficace, pour reporter les investissements à plus tard, pour faire taire les revendications sous prétexte qu\u2019on consulte et qu\u2019on écoute, surtout, pour pouvoir dire qu\u2019on a travaillé très fort AVEC les gens.Ce discours, en temps opportun, sera musique aux oreilles des électeurs.Ces cyniques se souviennent certainement de l\u2019Agenda 21 de la culture.Pas vous ?Même pas un peu ?Pour tant, on parlait alors d\u2019un «chantier» de la culture.Sur le site Web, conçu justement pour favoriser la par ticipation citoyenne, mais laissé en plan depuis 2013, on peut notamment lire ceci : «De novembre 2010 à avril 2011, un total de 98 rencontres ont été organisées dans 44 municipalités, auxquelles ont par ticipé plus de 5000 personnes.Le 6 mai 2011, un forum interministériel s\u2019est tenu et, le 30 mai suivant, un forum national a réuni 220 participants de toutes les régions sur le thème \u201cL\u2019avenir de la culture au Québec, un engagement de tous les secteurs de la société\u201d.» On parle de cadre de référence, de trois principes, de 21 objectifs, de renouvellement, d\u2019une adhésion à une charte, etc.Chic et pratique Pour les fins stratèges des relations publiques qui travaillent pour le gouvernement (n\u2019est-ce pas le ministère de la Culture et des Communications), parler de « chantier » et de vaste consultation publique, c\u2019est chic et pratique.«Vous comprenez, nous ne pouvons annoncer d\u2019investissements, nous attendons la fin des consultations\u2026 » « Vous savez, si vous vouliez nous faire part de votre point de vue, vous auriez pu rédiger un mémoire et par ticiper à notre vaste consultation\u2026 » « Vos préoccupations sont importantes pour nous, nous pourrons y répondre dès que nous terminerons nos consultations.» Un chantier, ça évoque le labeur, le ter rain concret, la sueur.Pour peu, on imagine les excavatrices, les F-150 qui tirent de la roche et Bob le Bricoleur qui pousse son cri de ralliement : « On peut le faire ?» Ceux qui connaissent le refrain répondront, avec un enthousiasme réel ou feint : « Oui, on peut ! » Or, un chantier, par définition, est un espace généralement fermé au public pour des raisons de sécurité\u2026 On y construit et on y démolit.Peut-être suis- je cynique, mais y a-t-il quelqu\u2019un, parmi les 5000 personnes des 44 municipalités ayant participé à l\u2019une des 98 rencontres d\u2019il y a 5 ans à peine, qui peut me dire ce que le chantier de consultation a vraiment construit en culture ?Et de manière générale, à la fin de son mandat, qui peut me dire si les réformes et travaux que ce gouvernement a entrepris en santé, en éducation, par exemple, ne nous laisseront pas dans un champ de ruines?Chantier ou champ de ruines ?R O L A N D - Y V E S C A R I G N A N Journaliste et étudiant à la maîtrise en communication n doit remercier les témoins d\u2019une brutale intervention de la policière Stéfanie Trudeau, alias matricule 728.Ce sont leurs enregistrements vidéo et non les déclarations des policiers, dont le juge a dit douter, qui ont mené à sa condamnation pour voies de fait, il y a un peu plus d\u2019une semaine.Victoire, en somme, pour les simples citoyens munis de caméras.Faut-il en conclure, comme le font plusieurs, qu\u2019équiper tous les policiers de tels dispositifs pourrait avoir le même ef fet ?Calmer leurs ardeurs?Ce n\u2019est pas si simple.Il y a ici un mythe qu\u2019il est nécessaire de déboulonner : la caméra des policiers, comme celle que souhaite tester le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour éventuellement en étendre l\u2019usage, ne peut pas remplacer celle des citoyens.Il y a d\u2019une part la caméra de nos téléphones, celle des témoins, qui peut montrer toute la scène où se déroule l\u2019interaction entre policiers et citoyens et dont la vidéo peut facilement être médiatisée \u2014 comme ce fut le cas dans l\u2019affaire 728.Et il y a d\u2019autre part la caméra corporelle des policiers.Épinglée au torse ou à l\u2019épaulette de l\u2019agent, cette caméra ne filme que ce qu\u2019il y a devant elle : les citoyens.Elle ne montre pas l\u2019ensemble de la scène et surtout, elle ne montre pas le policier, seulement ce qu\u2019il voit.La vidéo produite sera consignée dans un dossier parmi les autres informations recueillies et conservées par le service de police.Contrairement à ce que l\u2019on est tenté de croire, le rôle premier de la caméra de police n\u2019est pas tant de sur veiller les policiers : ils n\u2019apparaissent même pas dans l\u2019image.Il s\u2019agit surtout de surveiller les citoyens.Si elle produit malgré tout un effet « pacificateur » sur les policiers, c\u2019est par une technique bien particulière qui s\u2019explique en deux temps.Diminution de la violence Le premier consiste à enregistrer les faits et gestes du citoyen devant un policier, et seulement lui, dans le but d\u2019obtenir un comportement « normalisé » de sa part, c\u2019est-à-dire qu\u2019il obéisse à tout ordre venant du policier, qu\u2019il ne résiste pas et qu\u2019il ne tente pas de fuir, par exemple.On joue ici sur la crainte que l\u2019enregistrement puisse être utilisable contre le citoyen.Surveillés, filmés, enregistrés, nous sommes tous plus dociles, craignant la punition, dont celle, ici, d\u2019un système judiciaire ayant maintenant obtenu la capacité de voir en dif féré.On parle, dans les termes du philosophe Michel Foucault, d\u2019autodiscipline produite par un système qui peut surveiller et punir.Le deuxième temps découle du premier : devant un citoyen rendu docile, le policier n\u2019a plus aucune raison d\u2019élever le ton ou le bâton \u2014 et dans les faits ne le fera pas.La logique étant que, si l\u2019autorité du policier n\u2019est pas contrariée, celui-ci risque moins de se fâcher, de faire usage de violence ou de faire dérailler l\u2019intervention par des agissements résultant de son stress.Et ça marche.De nombreuses études l\u2019ont montré.L\u2019une des plus poussées a été effectuée à Rialto, en Californie, où, en un an, on a constaté une diminution de 60 % des épisodes d\u2019usage de violence par les policiers et de 88 % des plaintes envers eux.Les chercheurs indiquent que c\u2019est essentiellement en s\u2019interposant dans la « dynamique situationnelle » entre le policier et le citoyen que l\u2019on en arrive à ces résultats.Ils constatent que c\u2019est parce que la situation est moins tendue, grâce à la plus grande docilité des citoyens en présence du policier, qu\u2019on évite la violence policière et les plaintes contre eux.Vigilance citoyenne La caméra corporelle de police donne les résultats attendus, mais il est cependant clair que la technique utilisée participe d\u2019une logique de surveillance du citoyen \u2014 celle révélée par Edward Snowden.Au cœur de cette logique, il y a l\u2019idée d\u2019obtenir toujours plus d\u2019informations sur les citoyens, plus de données, afin de mieux évaluer le risque et y apporter une réponse adéquate \u2014 comme celle que l\u2019on souhaite de la part des policiers.Grâce aux développements technologiques en matière de reconnaissance faciale, de biométrie, d\u2019analyse de corpus vidéo, etc., les données issues des enregistrements vidéo peuvent être partagées avec toutes les institutions fonctionnant sur le calcul du risque, comme les services de sécurité, les agences de renseignement nationales et internationales, les compagnies d\u2019assurance, les banques, etc.Dans ces réseaux, un hasard banal peut vous rendre suspect et les preuves peuvent être utilisées en justice.Il n\u2019est pas encore acquis que la caméra policière servira ce système dans les faits : les règles d\u2019utilisation ne sont pas encore fixées.Disons seulement que l\u2019adoption de cette technologie par les corps de police est faite dans une logique de surveillance.Il faudra maintenant que les citoyens s \u2019assurent de règles d \u2019utilisation équilibrées et contraignantes, respectueuses de la vie privée, non seulement des caméras, mais également des enregistrements et des données extraites.Il faudra par exemple s\u2019assurer que les policiers ne puissent pas voir l\u2019enregistrement avant de rédiger un rapport d\u2019incident \u2014 ce qui pourrait constituer une contamination croisée de preuves \u2014, et trouver des mécanismes pour que ce ne soient pas des policiers qui continuent à enquêter sur des policiers.Il est donc important, collectivement, de voir la caméra de police pour ce qu\u2019elle est : un outil de surveillance des citoyens visant à améliorer la réaction sur place du policier.Il faudra s\u2019assurer que les règles qui l\u2019entourent soient écrites avant tout pour « protéger et servir » et non pour alimenter le Big Data.Dans l\u2019affaire 728, ce sont des caméras de témoins qui ont fait la dif férence.La vigilance et la pression exercée par les citoyens, entre autres munis de leurs téléphones cellu- la ires, seront donc tou jours nécessa ires contre les écar ts de conduite des policiers.La caméra corporelle de police ne les remplacera jamais.INTERVENTION POLICIÈRE La caméra de police peut-elle remplacer celle des témoins?JONATHAN HAYWARD Il est donc important, collectivement, de voir la caméra de police pour ce qu\u2019elle est : un outil de surveillance des citoyens visant à améliorer la réaction sur place du policier.La vigilance et la pression exercée par les citoyens, entre autres munis de leurs téléphones cellulaires, seront donc toujours nécessaires contre les écarts de conduite des policiers Y a-t-il quelqu\u2019un, parmi les 5000 personnes des 44 municipalités ayant participé à l\u2019une des 98 rencontres d\u2019il y a 5 ans à peine, qui peut me dire ce que le chantier de consultation a vraiment construit en culture?D O L E D E V O I R , L E L U N D I 7 M A R S 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S La société elle-même réprime le défaut d\u2019implication dans le travail et dans la responsabilité, surtout chez ceux qui sont en âge d\u2019être productifs, rappelle l\u2019écrivain André Carpentier dont Moments de parcs, le troisième tome de sa trilogie du flâneur montréalais, paraîtra l\u2019automne prochain, chez Boréal.« Un retraité flânant dans un centre commercial ne sera pas inquiété, mais un jeune qui est réputé être à l\u2019école ou au travail sera jugé et tracassé par les forces de la bien-pensance.En ce sens, il est vrai que la flânerie a toujours été déplacée par rapport au comportement dominant de son époque.Et c\u2019est justement là sa vertu.» La flânerie, dans son sens le plus pur, est un acte de création qui engage à la fois le corps et l\u2019esprit.Alors que le badaud se contente de passer sans toucher ni être touché, le flâneur, lui, marche dans un état d\u2019éveil constant.Cette force est aussi son talon d\u2019Achille dans un monde qui organise jusqu\u2019à ses loisirs, poursuit le professeur associé au département de création littéraire de l\u2019UQAM.« Flâner ne semble pas de l\u2019ordre d\u2019un exercice ; ce n\u2019est pas cardio, ça ne gonfle pas les muscles, ne fait pas fondre le surplus de graisse.La flânerie agit dans un registre non comptabilisable.» En cela, la flânerie peut être carrément subversive, croit David Le Breton qui a notamment signé Éloge de la marche et Disparaître de soi.Une tentation contemporaine, tous deux publiés chez Métailié.« La flânerie déroge aux principes de vitesse, de rendement, d\u2019utilité, de profit, de disponibilité, etc.qui hantent nos sociétés contemporaines.Elle ouvre ainsi une dissidence dans les valeurs néolibérales qui nous régissent.» Tare ou appel d\u2019air?Pas étonnant que la flânerie soit alors perçue comme une tare sociale que l\u2019on peut condamner à travers divers règlements régissant la paix et l\u2019ordre.Le vocabulaire québécois a même forgé un mot, flânage, pour distinguer le marcheur socialement acceptable de celui qui gêne, résume André Carpentier.« La société craint les extrêmes que représentent aussi bien ceux qui restent immobiles dans un lieu public que ceux qui y rôdent sans cesse.» Au point où des citoyens de la Ville de Québec ont dû protester contre un règlement interdisant de flâner, rappelle-t-il.«Ce qui est en jeu dans ce genre de débat, c\u2019est le droit de chacun d\u2019occuper l\u2019espace public, y compris les sans-abri que notre société fabrique.» Outre la réglementation municipale, la structure tentaculaire des villes et ses nombreuses scarifications (zones de travaux, espaces clôturés, autoroutes bétonnées, etc.) peuvent décourager la flânerie.Les lieux de prédilection du flâneur (cafés, parcs, places publiques, etc.) sont en effet « desservis par des des réseaux de circulation qui ne sont pas toujours aménagés pour les familles ni des plus sécuritaires pour les citoyens, surtout pour les femmes et les enfants », poursuit l\u2019auteur de Ruelles, jours ouvrables et d\u2019Extraits de cafés.Dans Mégapolis.Les derniers pas du flâneur paru chez Stock, la sociologue Régine Robin posait crûment la question : la flâneuse a-t-elle une place dans les quartiers chauds de New York, de Londres ou de Tokyo?Cela lui est très dif ficile, convient David Le Breton.« En Europe, des recherches montrent que les équipements collectifs sont souvent squattés par les garçons qui harcèlent les filles qui passent trop près.Il est essentiel de souligner cette inégalité qui est aussi celle de la marche ou du voyage.» Le sociologue n\u2019est pas prêt à sonner le glas du flâneur (ou de la flâneuse) pour autant.Chaque flâneur possède une définition dif fé- rente de la même ville, pense David Le Breton.Cette géographie intime, qui se construit au fil des pas, peut même se poser comme un refuge devant la fureur du monde.« Il y a des manières douloureuses de lâcher prise et de disparaître : dépression, burn-out, fatigue», énumère le sociologue.Et puis il y a l\u2019appel d\u2019air de la marche et la flânerie qui, loin d\u2019être subies, sont choisies et cultivées celles-là.André Carpentier croit lui aussi que le flâneur a toujours sa place en 2016.Flâner reste une belle façon d\u2019apprivoiser la ville, si intimidante puisse-t-elle paraître aux premiers abords, fait-il valoir.D\u2019autant qu\u2019il y a chez le flâneur «une lenteur qui contribue à faire venir l\u2019espace urbain à la lisibilité.C\u2019est en ce sens que la flânerie incite à habiter davantage».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 FLÂNERIE Leçons de flânerie Paru d\u2019abord en 1961 chez Fides, Le calepin d\u2019un flâneur est le premier de quatre recueils qui rendent compte de la pratique de la maxime par Félix Leclerc.Il y fait parler les mots dans une forme condensée qui n\u2019est pas sans rappeler ses chansons, tout en appelant à la contemplation, à la poésie, à l\u2019errance, à la liberté.En voici quelques extraits.«Quand c\u2019est intéressant, ce n\u2019est pas payant.Quand c\u2019est payant, c\u2019est ennuyeux à faire.Alors, quêteux heureux ou monsieur malheureux?» «La vie.On se lève, on part au pas, puis au trot, puis au galop, puis au trot, puis au pas, puis on se recouche.» «Abuse du présent.Laisse le futur aux rêveurs et le passé aux morts.» «On vit dans une société où les gens libres (qui font ce qui leur plaît) sont devenus des curiosités.Pourquoi?Parce que la mode est de se caser au plus tôt, par peur du risque et de l\u2019aventure, se mettre à l\u2019abri dans une petite prison jusqu\u2019à la fin de ses jours.La civilisation commence par des pionniers et finit par des prisonniers.C\u2019est pourquoi le rêve, le hobby, l\u2019alcool, l\u2019espérance ont tant de fidèles en 1961.» que féministe ».Une position que sa prédécesseure, la ministre de la Justice Stéphanie Vallée, n\u2019a pas hésité à appuyer.En lançant «Tu veux prendre ta place?[\u2026] Let\u2019s go, vas-y !», Mme Thériault laisse entendre que les femmes peuvent s\u2019organiser individuellement pour réussir professionnellement.Pourtant, c\u2019est faire fi de tous les obstacles que ces dernières rencontrent au quotidien, d\u2019après l\u2019ancienne présidente de la FFQ.Loin d\u2019être surprise, elle s\u2019est dite plutôt «choquée» par une telle prise de position.«Ça reflète un manque flagrant de solidarité envers l\u2019ensemble des femmes du Québec.C\u2019est irresponsable.» C\u2019est toutefois sur l\u2019ensemble du Conseil des ministres que cette féministe af firmée rejette la faute.Elle estime que la politique d \u2019austérité adoptée par le gouvernement Couillard touche de plein fouet les femmes et démontre un manque de vision considérable sur l\u2019égalité.«L\u2019austérité remet en question trente années de progression des femmes dans la sphère professionnelle.On fragilise le système de services de garde par exemple, alors qu\u2019il a permis aux femmes d\u2019accéder au marché du travail », explique-t-elle.Dans un gouvernement qui « vise à privatiser les services publics et à responsabiliser les individus dans leur bien-être économique », rien d\u2019étonnant à ce que les ministres Thé- riault et Vallée appliquent cette philosophie en parlant de féminisme, selon Mme Conradi.Une lutte du passé ancrée dans le présent À l\u2019instar de nombreuses femmes ayant réussi à percer le plafond de verre, elles tendent à oublier que leur réussite ne vient pas uniquement de leur force de travail individuelle.«Elles sont là parce qu\u2019il y a eu un mouvement féministe fort au Québec depuis des dizaines d\u2019années, un mouvement qui a contribué à leur ouvrir une voie.On a besoin de femmes qui réussissent à accéder à des postes de responsabilités, mais on a surtout besoin que ces femmes se soucient de celles restées en arrière, qui vivent encore de fortes injustices.» Si le ton de sa voix laisse imaginer une personne calme, à l\u2019intérieur la colère monte, et Alexa Conradi s\u2019inquiète.« Je me demande sur tout ce que Mme Thériault va faire de son mandat?Est-ce qu\u2019elle va vraiment jouer ce rôle de chien de garde de l\u2019égalité entre hommes et femmes?» À la veille de la Journée internationale des femmes, l\u2019ancienne présidente de la FFQ se désole de constater que certains stéréotypes sur les féministes persistent encore au Québec et qu \u2019 ils peuvent même être renforcés par des représentants politiques.« [Lise Thériault] nous renvoie l\u2019image du féminisme construite par les journalistes il y a plus de 30 ans.Dire que les féministes vouent une haine aux hommes, c\u2019est ne rien comprendre.On critique surtout un système de pouvoir qui accorde des privilèges bien souvent aux hommes et des injustices aux femmes», explique-t-elle.«Il y a une vingtaine d\u2019années, c\u2019est vrai qu\u2019il y avait une tendance à se dissocier de l\u2019imposition de la féminité, en considérant que les femmes féminines participaient au système de stéréotypes en place, reconnaît-elle.Mais avec le temps, on a su créer un espace pour laisser à toutes la possibilité d\u2019être une femme de façons multiples.» Bien plus qu\u2019une lutte du passé, le féminisme ne cesse d\u2019évoluer et de se renouveler, alimenté par l\u2019adhésion grandissante de jeunes femmes, de femmes immigrantes, et de femmes des régions, selon Mme Conradi.«C\u2019est une belle période pour être féministe au Québec.Des collectifs de femmes autochtones, racisées ou musulmanes poussent le mouvement à laisser tomber une approche trop eurocentrée et blanche.Le mouvement se diversifie à vue d\u2019œil et il cherche à créer une place véritablement égale à chacune», ajoute-t-elle fièrement.En l \u2019espace de quelques mois, Alexa Conradi a pu constater que d\u2019un continent à l\u2019autre, les luttes féministes se rejoignent et les problèmes se ressemblent.Les violences faites aux femmes se retrouvent souvent au cœur du sujet.En Allemagne, les agressions commises sur de nombreuses femmes pendant la nuit du 31 décembre dernier à Cologne en témoignent .Mme Conradi regrette que la société allemande n \u2019ait pas adopté un angle plus féministe pour analyser le problème.Au lieu de remettre en question les lois punissant les violences faites aux femmes, le débat public s\u2019est concentré sur la question des réfugiés et de leur intégration.«La loi allemande contre le harcèlement est limitée et ne criminalise que les pires gestes.Cela aurait été l\u2019occasion de revoir la loi, ce qui est une des plus grosses revendications des femmes ici.» Elle s\u2019est également of fus- quée lorsque la mairesse de Cologne, Henriette Reker, a conseillé aux femmes de se tenir à bonne distance des inconnus pour se protéger d\u2019une éventuelle agression.« Pourquoi donner un code de conduite aux femmes ?Ce n\u2019est pas à elles de se protéger des potentiels agresseurs.C\u2019est aux hommes de comprendre que ce n\u2019est pas normal d\u2019agresser une femme», lance-t-elle agacée.Défendre les femmes Entre deux cours d \u2019allemand, Alexa Conradi s\u2019intègre progressivement à son nouveau pays d\u2019accueil, prenant part dès qu\u2019elle en a l\u2019occasion à des manifestations pour continuer de défendre les droits des femmes de ce côté de l\u2019océan Atlantique.Depuis quelques mois, elle endosse également le rôle de consultante pour une ONG canadienne soutenant la transition démocratique en Tunisie à travers la dimension de l\u2019égalité entre hommes et femmes.« J\u2019apprends énormément de ces rencontres.Je fais travailler les gens sur les problèmes qu\u2019ils ont sur le terrain, les obstacles à surmonter pour construire une société civile plus for te et améliorer les droits des femmes à l\u2019égalité », raconte-t-elle enjouée à l\u2019idée de partir pour la quatrième fois en Tunisie cette semaine.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CONRADI Bruxelles dès dimanche soir pour «préparer le sommet » à huis clos avec la chancelière allemande, Angela Merkel.Avant son départ d\u2019Istanbul, il a affirmé que son pays avait fait des « pas importants » pour respecter sa par t du «plan d\u2019action» conclu en novembre avec l\u2019UE afin d\u2019empêcher les migrants de quitter par milliers la côte anatolienne à destination des îles grecques.«Consensus européen» Après une récente tournée dans les Balkans, en Grèce et en Turquie, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a cru déceler « un consensus européen [\u2026] autour d\u2019une stratégie globale, qui, si elle est mise en œuvre de façon loyale, peut aider à endiguer les flux» migratoires.Sa solution : appliquer à la lettre les règles de libre circulation de l\u2019espace Schengen, en ne laissant entrer en Grèce que les seuls demandeurs d\u2019asile.Ce qui doit permettre de lever d\u2019ici à fin 2016 les contrôles frontaliers mis en place unilatéralement à l\u2019intérieur de l\u2019UE, puis d\u2019expulser tous les « migrants économiques » vers la Turquie qui les renverra à son tour vers leur pays d\u2019origine.Ankara devrait ainsi s\u2019engager à accepter au 1er juin des «réadmissions» en Turquie de migrants en situation irrégulière venant des îles grecques.«On peut réduire le flux par des retours à grande échelle et rapides de tous les migrants» déboutés de leur demande d\u2019asile, veut croire M.Tusk.Un des objectifs du sommet, selon un projet de déclaration finale, est de «fermer dans les jours qui viennent la route des Balkans», par laquelle des migrants rallient l\u2019Allemagne et la Scandinavie, a confirmé dimanche soir un diplomate européen.Les Européens veulent aussi que la Turquie renforce la lutte contre les passeurs, avec l\u2019aide de navires de l\u2019OTAN en mer Égée.« L\u2019Union européenne doit et va soutenir la Grèce de façon solidaire », a de son côté jugé Mme Merkel.De 15 000 à 20 000 migrants continuent d\u2019arriver chaque semaine de Turquie sur les côtes grecques, moins qu\u2019à l\u2019automne mais en nombre « beaucoup trop élevé », s\u2019alarment les dirigeants européens, qui craignent de nouvelles vagues lorsque le printemps rendra la traversée moins périlleuse.Crise grecque Pendant que les pourparlers s\u2019éternisent, la situation en Grèce continue toutefois de s\u2019envenimer.Déjà aux prises avec l\u2019une des pires crises économiques de son histoire, le pays se débat maintenant avec une situation humanitaire dramatique, alors que plus de 30 000 migrants demeurent bloqués sur son territoire dans des conditions misérables en raison des restrictions imposées par la macédoine et plusieurs pays d\u2019Europe centrale.Dimanche, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a d\u2019ailleurs qualifié d\u2019«urgence absolue» le transfert de milliers de migrants vers d\u2019autres pays de l\u2019UE.«La Grèce est en train de se transformer en prison à ciel ouvert pour migrants désespérés », a renchéri le ministre grec de l\u2019Immigration, Yannis Mouzalas, en entrevue avec Libération.«Cette situation ne concerne pas seulement la Grèce, mais toute l\u2019Europe, a-t-il ajouté.Le président du Conseil, le Polonais Donald Tusk, avait promis que les frontières resteraient ouvertes.Pourtant, l\u2019Autriche, les pays de Visegrad [Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie] et la Macédoine, qui n\u2019est pas membre de l\u2019Union, ont unilatéralement décidé de violer les décisions européennes qui avaient, elles, été adoptées d\u2019un commun accord.Voilà pourquoi les migrants, qui continuent d\u2019arriver en Grèce, sont aujourd\u2019hui bloqués à la frontière.Malgré ses propres dif ficultés, le pays fait tout pour aider ces gens.Des centres d\u2019hébergement provisoire sont construits sur l\u2019ensemble du territoire.Le gouvernement a donc demandé of ficiellement l\u2019aide de l\u2019Union européenne.» « Depuis septembre, le gouvernement grec répète que seul un contrôle des flux migratoires à partir des côtes turques peut donner des résultats, a rappelé le ministre grec.L\u2019UE a fini par le comprendre, maintenant elle doit donc exiger que la Turquie respecte son engagement à réduire ces flux ! » Avec Agence France-Presse et Libération Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CRISE Alexa Conradi en 5 dates 1994-1995 Marcheuse et co-coordonna- trice de la marche Du pain et des roses en Estrie.1999-2002 Coordonnatrice de la Marche mondiale des femmes au Québec et responsable des dossiers politiques de la FFQ.2006 Maîtrise en études des médias avec un mémoire portant sur la Commission royale sur les peuples autochtones.2011-2013 Instigatrice des États généraux de l\u2019action et de l\u2019analyse féministes.2009-2015 Présidente de la FFQ.BART MAAT/ANP/AFP La chancelière allemande, Angela Merkel, et le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, se sont rencontrés dimanche à Bruxelles en préparation du sommet de lundi.Des demandes centralisées Londres \u2014 Bruxelles devrait proposer de centraliser les demandes d\u2019asile au niveau de l\u2019UE, selon le Financial Times dimanche.La Commission européenne devrait faire cette proposition dans le cadre d\u2019une révision radicale de sa politique envers les réfugiés, qui sera présentée lors d\u2019un sommet des dirigeants de l\u2019UE le 17 mars, indique le journal, citant une ébauche du projet de réforme.«Selon le projet de réforme consulté par le Financial Times, la prise en charge de toutes les demandes d\u2019asile pourrait être transférée au Bureau européen d\u2019appui en matière d\u2019asile», écrit le journal britannique.À l\u2019heure actuelle, les demandeurs d\u2019asile doivent déposer leur demande dans le premier pays de l\u2019UE où ils arrivent, une règle mise à mal l\u2019an dernier par Angela Merkel, qui a décidé de ne pas l\u2019appliquer.Agence France-Presse "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.