Le devoir, 21 mars 2016, Cahier B
[" Les plantes sont-elles des animaux comme les autres?Page B 3 LE MONDE Théâtre: l\u2019esprit du lieu Page B 7 C A H I E R B \u203a L E D E V O I R , L E L U N D I 2 1 M A R S 2 0 1 6 E n se rendant aujourd\u2019hui à Cuba, Barack Obama se montrerait-il trop pressé de passer à l\u2019Histoire?Le 14 décembre 2015, un an après l\u2019annonce sensationnelle du dégel des relations cubano- américaines, le président américain avait déclaré dans une interview à Yahoo News qu\u2019il ne ferait pas ce voyage «avant que l\u2019état des droits et libertés à Cuba ne se soit amélioré».Il précisait que sa présence à Cuba viserait alors à «donner un coup de pouce» à un mouvement de libéralisation déjà enclenché.Or, du strict point de vue de la situation à Cuba telle que l\u2019enregistrent les organisations non gouvernementales spécialisées, la répression des opposants ne se dément pas dans l\u2019île communiste, 15 mois après la grande annonce du dégel entre Washington et La Havane.Juste en janvier et février 2016 (oui, 2016), selon la Commission nationale des droits de l\u2019homme (ONG officiellement illégale mais tolérée à Cuba), il y a eu \u2014 tenez-vous bien \u2014 pas moins de 2555 détentions arbitraires d\u2019opposants.Pour le mois de décembre 2014, au moment de l\u2019annonce de la reprise des contacts officiels avec Washington, le chiffre était de 489 arrestations.Durant l\u2019année 2015 et les deux premiers mois de 2016, le nombre mensuel était souvent supérieur à 500, atteignant parfois les quatre chiffres.Bien entendu, il s\u2019agit surtout de brèves détentions, avec dans beaucoup de cas une libération immédiate et un avertissement\u2026 Simple harcèlement policier, qui peut aussi témoigner de la détermination nouvelle de ceux qui s\u2019opposent à ce régime, et osent désormais le dire.Malgré ces chiffres impressionnants, une évaluation «qualitative» de la répression à Cuba peut également aboutir à la conclusion paradoxale d\u2019un relatif adoucissement de la dictature.Il n\u2019empêche: le régime du parti unique, avec sa presse et son appareil répressif aux ordres, est toujours là, bien en selle, et se fait fort de le rappeler quotidiennement aux récalcitrants.Mercredi dernier, le journal Granma, la «Pravda» locale, écrivait en éditorial qu\u2019Obama sera bien entendu le bienvenu dans l\u2019île, mais que Cuba «ne doit pas céder un pouce dans son engagement inconditionnel envers ses principes révolutionnaires et anti-impérialistes».?Peut-être qu\u2019à la fin, ce ne sera plus qu\u2019une rhétorique vide, et que cette ouverture bien ci- blée \u2014 qui cherche d\u2019abord et avant tout à relancer une économie à bout de souffle et à court d\u2019investissements \u2014 finira par avoir des effets politiques réels qui mettront à mal la dictature cubaine.Tel est sans doute le calcul de Barack Obama, alors qu\u2019il découvre, avec sa femme et ses deux filles, les charmes surannés de la Vieille Havane, pendant que Raul Castro leur chante la pomme.Des lieux bien connus des Québécois, mais que les Américains, à la manière d\u2019enfants dans un terrain de jeu longtemps interdit, s\u2019apprêtent à « envahir »\u2026 au point que les autres touristes vont peut-être se mettre à regretter le bon vieux temps du boycottage économique et des interdictions américaines ! L\u2019intense couverture médiatique qui accompagne ce voyage, notamment sur les chaînes américaines, en donne un bon avant-goût\u2026 ?Ces retrouvailles à grand déploiement sont spectaculaires.Un président américain dans les rues de La Havane, ça fait de belles images\u2026 et M.Obama n\u2019a pas pu résister à la tentation.Mais si le symbole est fort, compte tenu de l\u2019histoire entre ces deux pays, l\u2019importance géopolitique et économique de ce dégel ne doit pas être surestimée en 2016.Son économie en ruine en fait un «chantier» juteux, mais Cuba n\u2019en reste pas moins un petit pays, de la taille de la République dominicaine voisine.Son peuple, plus ses ressortissants et ses descendants aux États-Unis, ont beau être de bons entrepreneurs potentiels, le pays n\u2019a qu\u2019une douzaine de millions d\u2019habitants.Le prestige de la révolution est un souvenir empoussiéré; Cuba n\u2019est plus un «pivot» géopolitique.Restent tout de même des interrogations pertinentes, que nous renvoie ce voyage haut en couleur\u2026 De quoi sera fait l\u2019après-castrisme?Le Parti unique se maintiendra-t-il tout en ouvrant l\u2019économie?L\u2019opposition pourra-t-elle s\u2019organiser ?Le retour des «Cubains de Miami» ira-t-il sans heurts ?Cuba passera-t-il de la dictature communiste au capitalisme pur et dur?Dépêchez-vous de visiter ce musée à ciel ouvert ; le pays sera méconnaissable dans cinq ou dix ans\u2026 François Brousseau est chroniqueur d\u2019information internationale à Radio-Canada.francobrousso@hotmail.com Passer à l\u2019Histoire FRANÇOIS BROUSSEAU PABLO MARTINEZ MONSIVAIS ASSOCIATED PRESS Dès son arrivée à La Havane, le président des États-Unis, Barack Obama, et son épouse, Michelle Obama, ont été accueillis par le ministre des Affaires étrangères cubain, Bruno Rodriguez.F R É D É R I C A U T R A N à Miami E n posant le pied, dimanche, sur le tarmac de l\u2019aéroport de La Havane, Barack Obama devait ressentir le poids de l\u2019Histoire et savourer le symbole de l\u2019instant.Pour la première fois depuis la visite de Calvin Coolidge en 1928, un président américain en exercice se trouve à Cuba.Une visite de trois jours pour sceller le rapprochement entre les deux voisins ennemis de la guerre froide.Le premier président noir des États-Unis, qui effectue le voyage en compagnie de sa femme, Michelle, et de leurs deux filles, rêvait-il de fouler le sol cubain depuis son accession à la Mai- son-Blanche ?En janvier 2009, lors de son discours d\u2019investiture, il avait fait l\u2019éloge d\u2019une diplomatie de l\u2019ouverture, rompant avec « l\u2019axe du mal» des années Bush.À la lumière des événe- ments d\u2019aujourd\u2019hui, cette phrase revêt un sens particulier : «A ceux qui s\u2019accrochent au pouvoir par la corruption, la tromperie, en faisant taire l\u2019opposition, sachez que vous êtes du mauvais côté de l\u2019Histoire, mais que nous vous tendrons la main si vous êtes prêts à desserrer le poing.» Relations détendues Entre Washington et La Havane, les poings se sont progressivement détendus, ouvrant la voie à une série de premières fois.Première poignée de main entre Barack Obama et Raúl Castro lors des obsèques de Nelson Mandela en 2013.Première conversation téléphonique, fin 2014, pour officialiser le rapprochement entre les deux pays.Premier entretien formel lors du sommet des Amériques, à Panama, en avril 2015.Si l\u2019on prend au mot le discours d\u2019Obama en 2009, Cuba reste pour l\u2019heure du mauvais côté de l\u2019Histoire.Régime autoritaire, liberté de la presse bafouée, opposition réprimée : l\u2019ouverture politique demeure marginale sur l\u2019île communiste.Si le gouvernement cubain a relâché plusieurs dizaines de prisonniers politiques \u2014 comme le prévoyait l\u2019accord de rapprochement avec les États-Unis \u2014, il a de plus en plus recours à des détentions de courte durée pour empêcher les opposants de participer à des marches pacifiques ou à des réunions.Pendant la visite du pape François en septembre 2015, entre 100 et 150 dissidents ont été arrêtés.La Commission cubaine des droits de l\u2019homme et de la réconciliation nationale (organisme indépendant interdit, mais toléré par les autorités) a recensé plus de 8500 cas de détention arbitraire en 2015, et plus de 2500 au cours des deux premiers mois de 2016.Dissidents Dans ce contexte, la visite d\u2019Obama suscite de nombreuses critiques aux États-Unis, y Visite historique d\u2019Obama à Cuba Pour la première fois depuis 1928, un président américain foule le sol de l\u2019île S I M O N V A L M A R Y à Bruxelles L\u2019 avocat belge de Salah Abdeslam, seul survivant des attentats djihadistes de novembre à Paris, a lancé dimanche sa bataille judiciaire contre les autorités françaises qui réclament son transfèrement en France.Et le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a révélé qu\u2019après Paris, le jeune djihadiste de 26 ans «était prêt à refaire quelque chose à Bruxelles» : «Nous avons trouvé beaucoup d\u2019armes, des armes lourdes au cours des premières investigations et nous avons trouvé un nouveau réseau autour de lui à Bruxelles», a-t-il expliqué.Arrêté vendredi à Bruxelles après quatre mois de cavale, Salah Abdeslam a été inculpé de «participation à des assassinats terroristes» et de «participation aux activités d\u2019un groupe terroriste» par la justice belge.Le Français d\u2019origine marocaine est désormais incarcéré dans la prison de haute sécurité de Bruges (nord-ouest).Dimanche, l\u2019avocat du jeune homme de 26 ans, Me Sven Mar y, s\u2019est livré à de nouvelles escarmouches contre la justice française qui veut récupérer ce suspect clé.Ce ténor du barreau bruxellois a annoncé son intention de porter plainte contre le procureur de Paris, François Molins, pour violation du secret de l\u2019instruction.Selon le procureur Molins, Abdeslam a affirmé aux enquêteurs belges durant ses premières auditions qu\u2019il «voulait se faire exploser au Stade de France » le soir des attentats mais qu\u2019il avait finalement fait «machine arrière».« La lecture d\u2019une par tie de l\u2019audition de M.Abdeslam en conférence de presse constitue une violation », s\u2019est indigné Sven Mary dans le quotidien belge Le Soir.«Nous ne sommes pas tenus par ce qui se passe en France.Par contre, eux sont tenus par le secret de l\u2019instruction en Belgique », a déploré l\u2019avocat sur la télévision RTBF.Cette plainte a toutefois peu de chances d\u2019aboutir, les codes de procédure pénale français et belge offrant des dérogations au secret de l\u2019instruction.La prochaine étape de la procédure conduira ATTENTATS DE PARIS Bataille judiciaire autour d\u2019Abdeslam Le juge belge du suspect s\u2019oppose à son transfèrement en France VOIR PAGE B 2 : CUBA VOIR PAGE B 2 : PARIS La remise à la France pourra être suspendue en attendant le développement de l\u2019enquête en Belgique Me Sven Mary, avocat de Salah Abdeslam « » L E D E V O I R , L E L U N D I 2 1 M A R S 2 0 1 6 LE MONDE B 2 compris dans son camp.« Je comprends le désir d\u2019inscrire cette visite dans son héritage politique, mais le problème fondamental de la liberté et de la démocratie reste entier», a déclaré la semaine dernière Robert Menendez, sénateur démocrate d\u2019origine cubaine.À la Maison-Blanche, on reconnaît que « de profonds désaccords » persistent avec le gouvernement cubain en matière de droits de la personne.Mais pour le conseiller du président Ben Rhodes, « le rapprochement diplomatique place les États-Unis dans une meilleure position pour soulever ces problèmes avec le gouvernement cubain, tout en en discutant directement avec la société civile ».Outre une rencontre en tête-à-tête avec Raúl Castro et un dîner d\u2019État, Barack Obama doit rencontrer des dissidents.Il s\u2019adressera également au peuple cubain dans un discours retransmis à la télévision.« Son message sur les droits de l\u2019homme devra être fort et spécifique », estime José Miguel Vivanco, directeur Amériques à l\u2019ONG Human Rights Watch.Dans un éditorial au parfum d\u2019avertissement publié par le quotidien officiel Granma, les autorités cubaines ont mis en garde Washington contre toute ingérence : «Les États-Unis doivent renoncer à leurs velléités de créer une opposition politique intérieure», martèle le texte.En dépit de cette fermeté affichée et du récent durcissement du régime, certains spécialistes appellent à ne pas sous-estimer l\u2019impact symbolique de la visite.« Du point de vue cubain, cette visite est très risquée, analyse Richard Feinberg, spécialiste de l\u2019Amérique latine à la Brookings Institution.Vous avez Barack Obama, un dirigeant jeune, vigoureux et métissé qui ressemble au Cubain moyen.La comparaison est gênante pour la classe dirigeante cubaine, vieillissante, distante et majoritairement blanche.» Tourisme Selon Richard Feinberg, par sa simple présence, le président américain menace les fondements du régime Castro : «Le paradigme de sécurité nationale à Cuba était basé sur la peur de l\u2019impérialisme américain.C\u2019était leur excuse pour le manque de pluralisme et les pénuries économiques.Quand vous recevez le président des États-Unis, qu\u2019advient-il de ce paradigme ?Il s\u2019évapore.Et cela, à mon sens, est une réussite majeure pour le gouvernement Obama.» Débarrassés de l\u2019étiquette d\u2019ennemi juré, les États-Unis espèrent renforcer leur présence économique sur l\u2019île.Plusieurs p.-d.g., dont ceux de Xerox et des hôtels Marriott, accompagnent Obama à Cuba, tout comme les secrétaires américains à l\u2019Agriculture et au Commerce.Depuis dix-huit mois, les restrictions sur les échanges commerciaux et les voyages ont été allégées par Washington.Samedi, Starwood est devenu le premier groupe hôtelier américain à signer un accord avec Cuba depuis 1959.Mais pour l\u2019heure, peu de contrats majeurs ont été conclus en raison des lois restrictives et de la bureaucratie cubaine, mais aussi, et surtout, de l\u2019embargo économique américain en vigueur depuis 1962.Et dont le régime cubain et Barack Obama réclament d\u2019une seule voix la levée.Le Congrès, contrôlé par les républicains, s\u2019y refuse catégoriquement.À Cuba, les besoins et les occasions sont pourtant énormes.Fragilisée par les difficultés de son parrain vé- nézuélien, l\u2019économie cubaine a plus que jamais besoin des dollars américains.Particulièrement dans le secteur du tourisme, où l\u2019afflux de visiteurs \u2014 notamment américains \u2014 met en lumière le manque chronique de capacités d\u2019accueil.Libération SUITE DE LA PAGE B 1 CUBA P H I L I P P E A L F R O Y à Istanbul B U R A K A K I N C I à Ankara L es autorités turques ont mis en cause dimanche le groupe État islamique (EI) dans l\u2019attentat suicide qui a tué quatre touristes étrangers à Istanbul, dernier en date d\u2019une série d\u2019attaques meurtrières qui ont placé le pays en état d\u2019alerte maximale.Une menace «sérieuse» d\u2019attentat a également amené le gouverneur d\u2019Istanbul à annuler, deux heures avant le coup d\u2019envoi, un match de soccer prévu dimanche soir entre les deux grands clubs rivaux de la ville, Galatasaray et Fenerbahçe.Le ministre de l\u2019Intérieur Ef- kan Ala a affirmé que le kamikaze qui s\u2019est fait exploser samedi sur l\u2019avenue Istiklal, une artère fréquentée chaque jour par des centaines de milliers de personnes, était un Turc né en 1992, Mehmet Öztürk.«L\u2019auteur a été formellement identifié.Il a des liens avec l\u2019organisation terroriste Daech [acronyme arabe du groupe EI]», a indiqué M.Ala devant la presse.Le ministre a précisé qu\u2019il ne « figurait pas dans notre liste de personnes recherchées » .Mais plusieurs médias turcs, dont le quotidien Hürriyet, ont toutefois affirmé que son nom était parfaitement connu de la police, qui le soupçonnait d\u2019avoir combattu en Syrie et de faire par tie d\u2019une cellule dsturque du groupe EI.Cinq suspects ont également été arrêtés dans le cadre de l\u2019enquête, a ajouté M.Ala.Selon l\u2019agence de presse Do- gan, le père et le frère de l\u2019auteur de l\u2019attentat, originaire de la ville de Gaziantep (sud), ont ainsi été placés en garde à vue.Le président islamo-conser- vateur Recep Tayyip Erdogan a pour la première fois réagi dimanche à l\u2019attentat.« Nous savons très bien que ces attentats perpétrés sur des lieux publics visent à provoquer la peur et l\u2019abattement de la population », a-t-il dit, mais « la Turquie ne cédera jamais aux exigences du terrorisme».Dimanche, l\u2019avenue Istiklal et la place Taksim toute proche, d\u2019habitude bondées, ont été largement boudées par des Stambouliotes et des touristes sous le choc.Selon le dernier bilan turc, l \u2019attentat a tué trois Israéliens, dont deux ayant également la nationalité américaine, et un Iranien et fait 39 blessés, dont 24 étrangers.Le ministère de la Santé a précisé que 15 blessés étaient toujours hospitalisés di - manche à la mi-journée, dont quatre en soins intensifs.Agence France-Presse L\u2019attentat d\u2019Istanbul attribué au groupe État islamique YASIN AKGUL AGENCE FRANCE-PRESSE Un mémorial a été dressé dans la rue Istikial non loin de l\u2019explosion qui a coûté la vie à quatre personnes.M A R I N A R A F E N B E R G à Lesbos C A T H E R I N E B O I T A R D à Athènes D es centaines de migrants ont rallié dimanche les îles grecques de l\u2019Égée, au premier jour de l\u2019entrée en vigueur de l\u2019accord UE-Turquie censé couper cette route migratoire et dont la mise en œu- vre démarrait laborieusement en Grèce.Ces traversées ont fait quatre morts selon des sources policière et humanitaire : deux fillettes d\u2019environ un et deux ans, noyées après être tombées d\u2019un canot au large de l\u2019île de Ro, dans le sud-est de l\u2019Égée, et deux réfugiés syriens, victimes d\u2019une crise cardiaque à leur arrivée sur l\u2019île de Lesbos, au nord.Dans un autre drame, 9 migrants par tis de Libye vers l\u2019Europe se sont noyés et environ 600 autres ont été secourus samedi, ont annoncé des responsables libyens.À Lesbos, principale porte d\u2019entrée en Europe pour des milliers de migrants syriens, irakiens et afghans fuyant la guerre, la police dénombrait dans l\u2019après-midi quelque 800 nouvelles arrivées.Flou de l\u2019accord Cette poursuite des flux pourrait s\u2019expliquer par le flou régnant encore sur la mise en œuvre de l\u2019accord UE-Turquie, jugeait à Lesbos un agent français de l\u2019Agence européenne des frontières, Frontex.« L\u2019information va vite circuler que le passage est désormais dif ficile à cause de l\u2019accord », qui prévoit le renvoi en Turquie de tous ceux arrivés à par tir de dimanche en Grèce, y compris les demandeurs d\u2019asile syriens, voulait- il espérer, a-t-il fait valoir.Selon l\u2019organe de coordina- t ion de la polit ique migratoire en Grèce (SOMP), les nouveaux entrants seront soumis comme prévu à l\u2019accord et « ne pourront pas quitter les îles, où ils attendront l\u2019arrivée des experts étrangers qui lanceront les procédures pour leur renvoi ».À Lesbos, ils étaient dirigés dans la journée sur le centre d\u2019enregistrement de Moria qui attendait toujours « plus de directives » sur la mise en œuvre de l\u2019accord UE-Turquie, selon le directeur policier, Dimitris Amoutzias.« Les nouveaux sont enregistrés comme d\u2019habitude.Nous ne savons pas encore comment l\u2019accord de retour va être appliqué», a-t-il affirmé à l\u2019AFP.Le porte-parole, du SOMP, Giorgos Kyritsis, avait reconnu samedi que les modalités pratiques n\u2019étaient pas encore en place, alors que le pays attend 2300 exper ts étrangers promis en renfor t par ses partenaires européens.Jusque-là, Paris et Berlin ont of fer t jusqu\u2019à 600 policiers et experts de l\u2019asile, tandis que la Roumanie s\u2019est engagée dimanche à envoyer 70 experts et deux embarcations de patrouille.Premiers renvois La chancelière allemande, Angela Merkel, a avancé la date du 4 avril pour les premiers renvois, ce que la Grèce n\u2019a toujours pas confirmé.En Turquie, pays qui s\u2019est engagé à réduire les départs de migrants à par tir de ses côtes en échange d\u2019un soutien financier et politique européen, la police portuaire a annoncé dimanche l\u2019arrestation la veille de 210 partants.Agence France-Presse CRISE MIGRATOIRE L\u2019accord UE-Turquie peine à se mettre en œuvre Les migrants continuent d\u2019arriver sur les îles grecques mercredi Salah Abdeslam devant la Chambre du conseil, une juridiction d\u2019instruction belge, qui statuera sur son maintien en détention.« Le mandat d\u2019arrêt belge sera prolongé [mercredi] et l\u2019enquête continuera », avait précisé Me Mary samedi, estimant qu\u2019« il y a d\u2019abord un dossier en Belgique [\u2026] où il doit s\u2019expliquer, et la remise à la France pourra être suspendue en attendant le développement de l\u2019enquête en Belgique».Pour son avocat, Salah Ab- deslam « vaut de l\u2019or.Il collabore, il communique [\u2026] Il serait intéressant de laisser maintenant le temps au temps, pour que je puisse en parler avec lui, pour que les enquêteurs puissent parler avec lui », a-t-il dit à la RTBF.La France réclame son transfèrement à Paris dans le cadre d\u2019un mandat d\u2019arrêt européen, une procédure qui doit déboucher sur une décision définitive dans un délai de 60 jours à compter de son arrestation, ou 90 jours s\u2019il devait exercer un recours.François Molins fera le point de l\u2019enquête lundi à Br uxelles, « dans le cadre d\u2019une rencontre prévue de longue date » avec le parquet fédéral belge, a-t-on appris de source proche de l\u2019enquête.Salah Abdeslam apparaît « comme ayant eu un rôle central dans la constitution des commandos du 13 novembre», en participant à l\u2019arrivée de certains djihadistes en Europe, et «dans la préparation logistique des attentats», avait souligné le procureur français samedi.Il a notamment acheté le matériel nécessaire à la confection des ceintures explosives et loué le véhicule utilisé par le commando du Bataclan et un appartement en banlieue parisienne, avait-il détaillé.Salah Abdeslam a été capturé vendredi dans la commune bruxelloise de Molenbeek, où il a grandi.Il n\u2019était pas armé.Selon des sources proches de l\u2019enquête, les policiers qui surveillaient les lieux ont eu la certitude qu\u2019il s\u2019y était réfugié avec des complices quand une femme qui vivait là a commandé inhabituellement cinq pizzas.Au poste frontière de Neu- ville-en-Ferrain (nord de la France), les véhicules qui veulent passer de France en Belgique étaient soumis à des contrôles dimanche.Agence France-Presse SUITE DE LA PAGE B 1 PARIS L A U D E S M A R T I A L M B O N M A R C J O U R D I E R à Brazzaville Coupés du reste du monde, les Congolais ont voté dimanche pour une élection présidentielle opposant huit candidats au chef de l\u2019État sortant Denis Sassou Nguesso, qui cumule plus de 32 ans de pouvoir dans ce petit état pétrolier d\u2019Afrique centrale.Les autorités avaient décidé de couper toutes les télécommunications (téléphone, Internet, SMS) dans le pays pour 48 heures dimanche et lundi «pour des raisons de sécurité et de sûreté nationales » afin d\u2019empêcher l\u2019opposition de publier des «résultats illégaux».Communications interdites En l\u2019absence de communications téléphoniques, les journalistes de l\u2019AFP présents à Brazzaville n\u2019ont pas été en mesure d\u2019obtenir d\u2019informations de sources indépendantes sur le déroulement du scrutin dans le reste du pays.Dans la capitale, la journée a été calme, mais vers 18 h 30 (17 h 30 GMT), dans ce qui semble avoir été un bref moment isolé de violence, la police antiémeutes a dispersé avec des gaz lacrymogènes quelque 200 jeunes partisans du candidat d\u2019opposition Guy-Brice Parfait Kolélas qui insistaient pour assister au dépouillement à l\u2019intérieur d\u2019un bureau de vote de Makélékélé, quartier sud.Le scrutin était ouver t de 7 heures à 18 heures (6 heures à 17 heures GMT).M.Sassou a voté dans le centre de Brazzaville vers 11 h 15.Les résultats pourraient être connus à partir de mardi.Dans un pays marqué par un taux de chômage avoisinant 40 % (60 % chez les jeunes), les questions économiques et sociales avaient été au centre de la campagne électorale, tous les candidats promettant diverses mesures pour créer des emplois.Agence France-Presse Le Congo a voté pour ou contre Sassou Nguesso L E D E V O I R , L E L U N D I 2 1 M A R S 2 0 1 6 SOCIETE B 3 WIKICOMMONS La sensitive ou, de son nom latin, Mimosa Pudica, possède une mémoire qui varie de quelques jours à plus d\u2019un mois.Les plantes sont-elles des animaux comme les autres ?S A B A H R A H M A N I L oin des clichés sur la plante verte et passive, la biologie végétale ne cesse d\u2019observer depuis une quinzaine d\u2019années des facultés surprenantes que l\u2019on croyait réservées au monde animal.Les végétaux ont de multiples capacités sensorielles qui leur permettent de communiquer entre eux et avec des insectes, de s\u2019adapter aux situations de crise et de mémoriser.À la grande surprise des chercheurs, leurs activités biochimiques sont liées à de mystérieuses activités électriques.Au Département de biologie moléculaire de la plante à l\u2019Université de Lausanne, l\u2019équipe dirigée par Edward Farmer travaille sur l\u2019une des dernières découver tes qui émer veillent le monde de la recherche : l\u2019activité électrique des plantes.Lorsque celles-ci sont blessées par exemple, elles émettent des signaux électriques qui passent d\u2019un point à l\u2019autre.« On s\u2019est demandé si ces signaux électriques générés quand on blesse la plante peuvent déclencher des mécanismes biochi- miques de défense », précise Edward Farmer.Car les protéines de défense sont produites non seulement dans les par ties attaquées, mais aussi dans les parties saines.Système nerveux, vraiment?Grâce au modèle de l\u2019arabette des dames (Ara- bidopsis thaliana), l\u2019équipe a réussi à identifier les gènes qui déclenchent le signal électrique et à confirmer le lien avec l\u2019activation des protéines de défense loin de la blessure.Les résultats publiés en 2013 dans Nature ont identifié trois gènes, semblables à ceux des animaux, impliqués dans ce processus électrophysiologique.«Ce qui est surprenant, c\u2019est que ces gènes sont très similaires aux gènes dans les synapses rapides du cerveau humain, alors qu\u2019une plante n\u2019a aucun neurone.C\u2019est très intrigant et stimulant », explique le professeur Farmer avec enthousiasme.Toute cellule biologique a un potentiel électrochimique de membrane qui agit comme une petite pile polarisée, mais la transmission électrique d\u2019une cellule végétale à l\u2019autre sur une longue distance reste une énigme.Avec une moyenne de 8 à 10 cm par minute \u2014 «un peu la vitesse d\u2019une chenille qui marche sur une feuille » \u2014, le signal électrique a une vitesse hétérogène et « cet entre-deux est un vrai casse-tête pour la recherche», ajoute-t-il.Les plantes ont aussi des processus d\u2019information, de mémoire, de décisions, de résolution de problèmes.Les nombreuses et déroutantes similitudes entre l\u2019activité électrique des plantes et le système nerveux des animaux suscitent encore des débats, parfois houleux, dans la communauté des biologistes.Bien avant les travaux d\u2019Edward Farmer, Stefano Mancuso de l\u2019Université de Florence, et Frantisek Baluska, de l\u2019Université de Bonn, soulignaient dans leurs travaux l\u2019importance de l\u2019activité «synaptique» des plantes.À tel point qu\u2019en 2005, Mancuso utilise pour la première fois l\u2019expression «neurobiologie» végétale en fondant avec Baluska le Laboratoire international de neurobiologie des plantes.À l\u2019instar de nombreux collègues, Farmer réfute cette appellation, car la plante n\u2019a pas de neurone et qu\u2019il n\u2019est pas selon lui scientifique de faire de telles comparaisons.Cerveau diffus A contrario, Baluska souligne que «ce qui est important, c\u2019est que la plupart des molécules responsables de la communication et des activités neuronales dans le cerveau humain sont aussi présentes chez les plantes avec des fonctionnements très similaires.Le processus est très proche et implique d\u2019une cer taine manière que les plantes ont aussi des processus d\u2019information, de mémoire, de décisions, de résolution de problèmes ».Comment expliquer ce mécanisme alors que la plante n\u2019a pas de cerveau?« Les plantes sont capables de produire et d\u2019émettre des signaux électriques sur toutes les cellules de leur corps.De ce point de vue, il y a une sorte de cerveau dif fus, alors que chez les animaux tout est concentré dans un seul organe», ajoute Mancuso.Directeur de recherche à l\u2019Institut national de la recherche agronomique (INRA) en France, Bruno Moulia quant à lui relativise, car « le piège des végétaux est qu\u2019ils assurent de nombreuses fonctions \u2014 comme le mouvement vasculaire, le musculaire \u2014 avec les mêmes tissus.La question de l\u2019activité synaptique des plantes est troublante, mais on ne peut pas encore trancher.» Des arbres sismographes Au Japon, des chercheurs observent depuis longtemps que les arbres ont une activité électrique anormale qui se manifeste de trois à quatre jours avant un séisme et s\u2019intensifie à l\u2019approche du jour J.Mais le mécanisme ne permet pas encore de localiser l\u2019épicentre et l\u2019ampleur d\u2019un séisme.La mémoire ou l\u2019apprentissage des plantes ne sont pas comparables aux nôtres.Grâce à plus de 700 capteurs sensoriels répertoriés dans le monde végétal, les plantes analysent en permanence leur environnement pour mesurer la température, l\u2019humidité, la lumière, etc.Elles n\u2019ont pas d\u2019yeux et pourtant elles voient, elles n\u2019ont pas de nez et pourtant elles sentent, elles n\u2019ont pas d\u2019oreilles et pourtant elles réagissent aux ondes sonores\u2026 De nombreuses études ont également montré qu\u2019à la suite d\u2019un stress (climat, torsion, etc.) les plantes sont capables de s\u2019en souvenir et de s\u2019adapter à leur environnement.Par exemple, cette mémoire varie de quelques jours à une quarantaine de jours pour la sensitive (Mimosa pudica) qui, selon l\u2019équipe de Mancuso, montre aussi des capacités d\u2019apprentissage.La mémoire des plantes Au laboratoire de Bruno Moulia, à Clermont- Ferrand, on a montré que la plante est même capable de faire certains « calculs ».Pour autant, Francis Hallé, botaniste français, prévient qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une « mémoire ou d\u2019un apprentissage comparables aux nôtres.Une plante que vous n\u2019arrosez que rarement par exemple, aura l\u2019habitude de vivre au sec, elle s\u2019en souvient.Par contre, si vous l\u2019arrosez beaucoup, eh bien, le jour où vous ne l\u2019arrosez plus, elle meurt.Car la plante dépend aussi de ce qu\u2019il lui est arrivé dans les époques antérieures.» Cette mémoire est généralement activée avec l\u2019expression d\u2019un gène jusqu\u2019alors inactif.« Les gènes peuvent être modifiés chimiquement par des facteurs environnementaux, tels que le stress, et ces modifications épigénétiques peuvent dans certains cas être transmises à la génération suivante.Cette sensibilité du génome est surprenante et nous commençons à peine à explorer la por tée du contrôle épigénétique du développement de la plante », explique Lincoln Taiz, professeur émérite à l\u2019Université de Californie.Si l\u2019être humain a près 25 000 gènes, les végétaux en ont souvent beaucoup plus, comme le riz qui en compte plus de 40 000.Alors que l\u2019animal a la possibilité de se déplacer, la plante a finalement trouvé ses réponses dans la richesse et la variabilité génétique.« Un gage de longévité», assure Francis Hallé, pour qui le plus important reste sans doute encore à découvrir.Le Temps Mémoire, douleur, vision, odorat\u2026 Les botanistes découvrent chez les végétaux toujours plus de capacités qu\u2019on pensait propres au monde animal.Les débats sont passionnés.YOSHIKAZU TSUNO AGENCE FRANCE-PRESSE Au Japon, des chercheurs observent que les arbres ont une activité électrique anormale qui se manifeste de trois à quatre jours avant un séisme.L es femmes qui vieillissent deviennent des invisibles dans nos sociétés qui carburent à la jeunesse, au paraître et à la joie de vivre permanente affichée dans le culte du beau, de l\u2019action, du festif et de la réaction, particulièrement dans les univers numériques.Et si l\u2019on voulait encore en douter, une artiste australienne, Ella Dreyfus, vient d\u2019en faire une nouvelle démonstration en subissant la censure du réseau Facebook pour avoir publié des photographies d\u2019art exposant le corps nu, à la peau burinée, d\u2019une femme d\u2019âge plus que mûr.Cela s\u2019est passé la semaine dernière.Les clichés faisaient par tie d\u2019une série de photos, prises en 1999, intitulée « Age and Consent » (l\u2019âge et le consentement).Elles ont été retirées par la multinationale américaine qui a invoqué ses règles de vie en communauté pour justifier la chose, règles qui cherchent à lénifier son espace de socialisation en combattant les grands tabous qui divisent et dont le sexe et la nudité peuvent faire partie, au mépris de l\u2019art et de la nature humaine.Le tableau L\u2019origine du monde, de Gustave Courbet, ce gros plan sur un sexe féminin, a récemment goûté à cette médecine, tout comme les photos de femmes en train d\u2019allaiter leurs nourrissons.L\u2019horreur de la vie dans son plus simple appareil, quoi ! Cachez donc ce sein fripé que Facebook ne veut pas voir.Dans le Sydney Morning Herald, l\u2019artiste s\u2019insurge et se questionne.Dix-sept ans plus tôt, ses photos témoignant du temps qui passe et qui laissent l\u2019épiderme d\u2019une femme raconter sa vie ont en effet été publiées dans plusieurs médias austral iens sans troubler les foules, rappelle- t-elle en ajoutant : « Nous voic i en 2016 e t la p lus grande entreprise du monde contrôle vraiment avec précision ce que nous sommes autorisés à voir.Et la diversité n\u2019est pas au rendez-vous.» Ouvrir les yeux Il faut parfois se frotter à la sagesse d \u2019une v ie i l le femme, comme celle à l\u2019origine des photos censurées, pour entendre ce qui n\u2019est pas audible de manière évidente : au-delà des apparences, Facebook n\u2019of fre pas seulement un cadre technologique, agréable, drôle et pratique, pour nous aider à socialiser sans trop nous engager.Il impose également un cadre moral imperceptible qui modifie nos représentations du monde, qui oriente nos conversations, qui convoque l\u2019autocensure, qui homogénéise nos façons de nous exprimer, de raconter notre présent, et ce, en rapprochant de manière sournoise la socialisation du registre commercial avec ses images soignées, jeunes et bien éclairées, et sa lutte contre toutes les aspérités, y compris celles que l\u2019on retrouve sur un corps vieillissant.Ce sont les codes narratifs d\u2019une publicité de yogourt imposés au vivre-ensemble.Et c\u2019est tout, sauf réjouissant ! Dans ce monde où les rapports sociaux sont devenus une marchandise, effacer le nu et les femmes qui vieillissent n\u2019est sans doute qu\u2019un commencement qui risque de faire tomber d\u2019autres composantes de la diversité humaine qui nous entoure jugées dérangeantes, selon la morale de Facebook et des autres réseaux dominants : les vieux, les handicapés, les dissidents, les originaux, les images de la guerre, de la violence ordinaire, de la souffrance, de l\u2019oisiveté, alouette.Une atteinte à cette richesse qui façonne notre monde et qui ne peut qu\u2019appauvrir les représentations que l\u2019on s\u2019en fait en ces lieux, tout comme notre capacité à affronter la complexité qui nous entoure.À la fin des années 90, il y avait cette blague qui circulait allègrement dans le milieu de la publicité : un homme arrive au ciel après un accident mortel.Saint Pierre regarde son dossier et lui dit : « Comme vous avez mené une vie banale, ni mauvaise, ni bonne, vous avez le choix : entrer au paradis \u2014 il désigne alors une série de nuages sur lesquels les gens s\u2019adonnent à des activités paisibles \u2014 ou bien aller en enfer.» Il montre alors un gros nuage où les gens s\u2019amusent, dansent, boivent et rient au son d\u2019une musique enivrante.Le gars réfléchit, se remémore son existence morne et ennuyeuse, regarde le gros nuage et répond : « Ce sera l\u2019enfer.» Claquement de doigts.Il se retrouve projeté dans un couloir sombre, humide et froid qu\u2019il doit arpenter pieds nus alors que des diablotins lui piquent les fesses avec des pics.Au bout d\u2019un moment, il regarde l\u2019un de ses bourreaux qui semble trouver un malin plaisir à l\u2019humilier et lui demande : «Le gros nuage, la musique, l\u2019alcool, la fête, c\u2019est bientôt ?» « Ah, répond le diablotin : vous avez vu notre campagne de pub?» Le piège, particulièrement quand il est bien dissimulé, ne devient malheureusement perceptible qu\u2019une fois que l\u2019on est tombé dedans et que l\u2019on ne peut plus en sortir.chroniquefd@ledevoir.ca Twitter : @FabienDeglise #CHRONIQUEFD La disparition FABIEN DEGLISE Facebook impose également un cadre moral imperceptible qui modifie nos représentations du monde, qui convoquent l\u2019autocensure L E D E V O I R , L E L U N D I 2 1 M A R S 2 0 1 6 LES SPORTS B 4 C\u2019est ce lundi que nous mettons le point final à notre série « Un hiver avec Félix Leclerc » qui, depuis le 21 décembre dernier, explore des mutations, des perspectives, des enjeux sociaux, politiques ou culturels du Québec contemporain tout en faisant un clin d\u2019œil à l\u2019artiste.Aujourd\u2019hui, la place de plus en plus grande qu\u2019occupe le sport de défi dans notre société d\u2019hyper- performance sur l\u2019air de Moi, mes souliers et Tu te lèveras tôt.UN HIVER AVEC FÉLIX LECLERC Des coureurs pas ordinaires PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Le Tricolore subit un troisième revers d\u2019affilée au Centre Bell Les Flames de Calgary ont in?igé au Canadien un deuxième revers en deux soirs, l\u2019emportant par la marque de 4-1 dimanche au Centre Bell.Dans la défaite, cette troisième consécutive du Tricolore devant ses partisans, le seul moment de réjouissance est venu à mi-chemin du troisième vingt quand Michael McCarron a inscrit le premier but de sa carrière dans la LNH.En photo, le capitaine du Canadien, Max Pacioretty, a vu ses efforts contenus par le défenseur des Flames, Tyler Wotherspoon, devant le filet de Niklas Backstrom en première période.Notre compte rendu est publié sur l\u2019application tablette et le site Web du Devoir.L I S A - M A R I E G E R V A I S «T ous les souliers qui bougent dans les cités », chantait Félix.S\u2019il était encore là pour le constater, il verrait qu\u2019il ne pouvait pas mieux dire.Les marathons affichent complet et les événements sportifs se multiplient.L\u2019épreuve dite «ultra» ou «extrême», comme les Iron man, triathlon, ultra- marathon de course à pied et bien d\u2019autres ont atteint un niveau de popularité inégalé.Gisèle Mpaka a été emportée dans la foulée.En moins de cinq ans, elle est passée de sportive du dimanche ignorant pourquoi le pont Jacques-Cartier était bloqué durant un avant-midi de septembre par année à ultra-marathonienne (60 km).« Je me suis d\u2019abord entraînée pour un 10 km avec une copine.Ça a semé une graine en moi, je suis devenue impossible à stopper », raconte la technicienne en travail social au Cégep du Vieux-Montréal.Jeune trentenaire et père de trois enfants, Joan Roch cumule les exploits hors du commun en course à pied \u2014 il a entre autres parcouru les 250 km entre Montréal et Québec \u2014, m a i s s e d é c r i t comme « ultra-ordi- naire » dans un livre tout chaud portant ce titre, qui caracole depuis dans le top 10 des ventes des grandes librairies.«Au départ, je voulais trouver une activité physique.[\u2026] Mais quand on apprend qu\u2019une nouvelle distance existe, il y a une petite idée qui se met à germer dans notre esprit.» Paradoxe s\u2019il en est, les gens qui se disent «ordinaires» réalisent pourtant des défis hors du commun.Pourquoi?Docteure en psychologie et professeure à l\u2019Université du Québec à Chi- coutimi, Linda Paquette reconnaît le besoin de certains à vouloir dépasser leurs limites.Selon la théorie de l\u2019autodétermination (1970), trois grands besoins psycholo - giques sont à la base de la motivation des êtres humains soit ceux d\u2019autonomie, d\u2019appartenance sociale et de compétence.« N\u2019importe quelle activité qui amène à combler ces trois besoins peut être investie et saine.Et quand, dans notre vie, on n\u2019est pas capable de les combler, c\u2019est tout à fait logique qu\u2019on aille vers des activités qui nous amènent à le faire », sou- tient-elle.Si le lien entre le spor t et l\u2019excès est à l\u2019étude, elle met en garde contre les conclusions trop hâtives.«Si toute notre vie tourne autour d\u2019une activité au point de nous isoler et nous causer des problèmes dans d\u2019autres sphères de notre vie, on peut peut-être parler d\u2019addiction.Mais pas si ça amène l\u2019individu à se connecter socialement.» L\u2019humain est une «bibitte sociale », explique-t-elle.Soit.Gisèle Mpaka dit ef fectivement trouver du plaisir et de la motivation à courir dans les cris d\u2019encouragement des supporters, les petites tapes dans les mains des enfants le long des parcours et les rencontres qu\u2019elle fait avec ses semblables au Club sportif les Titans.« La course, c\u2019est pour moi un chemin où je vais à la rencontre de moi-même, mais aussi des autres.» À l\u2019entraînement\u2026 comme au travail Pour réaliser ces défis hors du commun, l es spor t i f s d\u2019endurance doivent toutefois consacrer beaucoup de temps à l \u2019 en t ra înement .G isè le Mpaka court le midi ou pour ses déplacements.Quant à Joan Roch, il se rend systématiquement au travail en courant, soit 20 km aller et retour.« Beaucoup de mes amis ultra- marathoniens n\u2019ont pas de programme précis, mais ils courent quatre, cinq ou six fois par semaine.C\u2019est intégré à leur routine.» Cet entraînement inévitable auquel se soumettent les sportifs d\u2019endurance rappelle les exigences qu\u2019on peut avoir envers soi dans notre vie professionnelle, a constaté le sociologue Francisco Toledo, qui enseigne à l\u2019Université de Montréal.« Tout devient gestion, y compris ce qu\u2019on fait de ses temps libres.» Dans sa thèse étudiant la pratique des sports extrêmes et son impact sur l\u2019habitus des jeunes professionnels, il note un certain paradoxe entre les personnes qui font du sport pour se relaxer dans le plaisir et s\u2019évader du quotidien et la discipline à laquelle s\u2019astreignent ces mêmes personnes.«J\u2019ai analysé par exemple des gens qui jouaient à l\u2019ultimate frisbee, ou qui faisaient de l\u2019escalade.J\u2019arrivais à voir comment les week-ends, qu\u2019ils consacraient aux loisirs, étaient pourtant des moments très rationalisés.Il faut tout planifier, ses déplacements, le temps de pratique de l\u2019activité, y compris son capital corporel.C\u2019est ce que les sociologues du sport, plus bourdieusiens, constatent.» Ainsi, le dépassement de soi pourrait, dans certains cas, devenir une norme plutôt qu\u2019une réelle évasion.Quoi qu\u2019il en soit, les souliers de ces ultra-sportifs ne sont pas près d\u2019arrêter «d\u2019user les planchers.» Gisèle Mpaka avalera 100 km de bitume en juin prochain et Joan Roch se prépare à une course de 330 km dans les Alpes italiennes.Des releveurs de défis extraordinaires à qui les mots de Félix Leclerc s\u2019adressent encore : « Tu te lèveras tôt, tu mettras ton capot et tu iras dehors.» Le Devoir Tu te lèveras tôt Tu mettras ton capot Et tu iras dehors L\u2019arbre dans ta ruelle Le bonhomme dans le port Les yeux des demoiselles Et le bébé qui dort C\u2019est à toi tout cela Tu toucheras la terre La mer porteuse d\u2019îles Tu verras les bateaux La barrière et le moine Le château et le pont Et tous les champs d\u2019avoine C\u2019est ton pays [.] Tu te lèveras tôt Paroles et musique de Félix Leclerc COREY PERRINE NAPLES DAILY NEWS AP B E T H H A R R I S à Indian Wells Novak Djokovic s\u2019est facilement débarrassé de Milos Raonic 6-2, 6-0, dimanche, pour mettre la main sur un cinquième titre en carrière à Indian Wells, un record, tout en améliorant sa fiche en 2016 à 22-1.Il s\u2019agit du troisième titre consécutif du Serbe dans le désert de la Californie et il a brisé une égalité avec Roger Federer, qui comptait aussi quatre titres à Indian Wells.Federer avait perdu en finale contre Djokovic en 2014 et 2015, mais il était absent cette année en raison d\u2019une blessure à un genou.De son côté, Raonic s\u2019est présenté en f inale après avoir été victime de seulement quatre bris de ser vice depuis le début du tournoi.Djokovic a toutefois rarement semblé embêté par le service du Canadien.Le tennisman de Thornhill, en Ontario, a réussi seulement q u a t r e a s e t a c o m m i s 27 fautes directes.« Je dois travailler encore plus for t et mieux jouer, a dit Raonic.Je suis sur le bon chemin.Mais je dois être capable de tout mettre ensemble, ce que je n\u2019ai pas pu faire aujourd\u2019hui.Je pense que j\u2019en suis capable, mais je vais devoir continuer à puiser encore plus creux dans mes ressources pour atteindre le niveau suivant.» Raonic a quitté le terrain après la première manche pour recevoir des traitements, mais il n\u2019a pas été en mesure de ralentir les élans de Djoko- vic, qui a mis fin au match après seulement 87 minutes.Raonic s\u2019est retrouvé sur la touche en février en raison d\u2019une blessure à un muscle adducteur subie lors des demi- finales des Inter nationaux d\u2019Australie, en janvier.« J\u2019ai l\u2019impression que c\u2019est la même chose, mais moins grave, a expliqué Raonic au sujet de sa blessure.Ça pourrait être une situation frustrante, mais tout pourrait être correct.Peut- être que c\u2019est juste ma tête qui veut protéger mon corps.» Finale féminine La finale féminine a aussi été à sens unique.Victoria Azarenka a surpris Serena Williams 6-4, 6-4, la propulsant du même coup dans le top 10 mondial pour une première fois depuis août 2014.Williams a offert très peu de moments réjouissants à la foule qui s\u2019était réunie sous un soleil de plomb dans le désert de la Californie, commettant un total de 33 fautes directes.Après avoir rapidement tiré de l\u2019arrière 3-0 au deuxième set, l\u2019Américaine est retournée vers son siège et a fracassé sa raquette contre le sol.Elle a ensuite accusé un déficit de 5-1, mais a rebondi en gagnant trois jeux consécutifs avant d\u2019obtenir deux balles de bris aux dépens d\u2019Azarenka dans le dernier jeu du match.Williams a cependant commis trois fautes directes consécutives pour sceller l\u2019issue de la rencontre.« J e deva i s p r endre de s chances, a dit Azarenka.Elle n\u2019est pas le type de joueuses qui va vous laisser des chances si vous jouez de prudence.Il faut vraiment lui limiter les occasions d\u2019attaquer parce qu\u2019elle ne va jamais rendre les choses faciles.» Il s\u2019agissait de la première victoire d\u2019Azarenka aux dépens de la numéro un mondiale depuis la finale du tournoi de Cincinnati en août 2013.Elle se hissera au huitième échelon mondial lors de la publication du prochain classement de la WTA lundi.Williams était de retour à Indian Wells après avoir mis un terme à son boycott des 14 dernières années en 2015.Associated Press TENNIS Raonic s\u2019incline contre Djokovic en finale au tournoi d\u2019Indian Wells A vec tous les chandails immortalisés dans les hauteurs du Centre Bell et tous ces rappels devenus nécessaires en raison d\u2019une imposante liste d\u2019éclopés, le Canadien va commencer à manquer de numéros ! Le défenseur Joel Hanley est devenu, dimanche soir, le 42e joueur dif férent à por ter l\u2019uniforme du Tricolore en 2015-2016.Rapatrié d\u2019urgence du club école des IceCaps de Saint-Jean Terre-Neuve, Hanley a remplacé Victor Bartley lors de la visite des Flames de Calgary et pris part à son premier match dans la Ligue nationale.La liste de joueurs en 2015- 2016 inclut le gardien Zachary Fucale, qui a revêtu l\u2019uniforme lors de trois matchs à titre d\u2019adjoint à Mike Condon, au début de décembre, sans toutefois avoir à protéger le filet de l\u2019équipe.Il faut reculer à la saison 2000- 2001 pour retracer une campagne où le Canadien a eu besoin d\u2019autant de patineurs.Cette année-là, le Tricolore avait requis les services de 46 joueurs, incluant quatre gardiens de but.La formation montréalaise avait complété le calendrier régulier avec un dossier de 28-40-8-6 pour un total de 70 points.Elle avait raté les séries pour une troisième saison de suite.Hanley a accepté un contrat du Tricolore à titre de joueur autonome le 1er juillet, après avoir évolué pour les Pirates de Portland dans la Ligue américaine de hockey la saison dernière.L\u2019Ontarien de 24 ans n\u2019a jamais été repêché et a passé une partie de la dernière campagne dans l\u2019ECHL avec les Gladiators de Gwinnett avant de se joindre aux Pirates.La Presse canadienne HOCKEY Le Canadien fait appel à un 42e joueur cette année Joel Hanley a été appelé en renfort L E D E V O I R , L E L U N D I 2 1 M A R S 2 0 1 6 SUR LA ROUTE B 5 De Los Angeles à Stockholm, en passant par Berlin, les grandes villes du monde cherchent de plus en plus des solutions de rechange au pétrole pour propulser leur réseau de transport collectif.Au Québec, alors que la Politique d\u2019électrification se met tranquillement en place, de petites municipalités se tournent vers d\u2019autres sources d\u2019énergie.F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S L es Maskoutains compostent leurs résidus de table depuis près de dix ans.En 2008, alors que Saint-Hya- cinthe cherchait activement une solution de remplacement au transport des boues issues de son usine d\u2019épuration, l\u2019administration municipale a décidé de tenter sa chance dans la biométhanisation.Depuis 2010, un biodigesteur, installé au cœur de la ville, transforme les matières organiques provenant des poubelles des 50 000 habitants de la municipalité et de celles d\u2019une vingtaine de villes avoisinantes en un gaz naturel moins dommageable pour l\u2019environnement.Ce dernier a permis à cette ville de la Montérégie de faire un impor tant virage ver t constr uit sur le modèle de l\u2019économie circulaire.Et depuis, les choses s\u2019accélèrent.Les partenariats avec les entreprises agroalimentaires de la région se multiplient.Le plus récent, signé avec Yoplait Liber té, date d\u2019ailleurs du mois de janvier et permettra à la ville de récolter jusqu\u2019à 5600 tonnes de yogourts.En plus de réussir à chauf fer une bonne partie de son parc immobilier, la ville compte, à ce jour, onze véhicules \u2014 dont les camions du service des incendies \u2014 alimentés grâce à son gaz naturel.Trois de plus devraient s\u2019ajouter à la petite flotte d\u2019ici la fin 2016 et une quarantaine d\u2019autres au cours des deux prochaines années.Alors qu\u2019on lui demandait si la Ville compte à terme offrir un transport en commun propulsé au biogaz, la directrice des communications a indiqué qu\u2019il s\u2019agissait, effectivement, d\u2019une avenue envisagée pour l\u2019avenir.« C\u2019est quelque chose qui s\u2019en vient, c\u2019est cer tain, a assuré Brigitte Massé.Des discussions avec des partenaires régionaux sont en cours.» Expérience louperivoise Au Québec, une seule autre municipalité produit actuellement du gaz à partir des matières organiques.Située à plus de 400 kilomètres de Montréal, accrochée sur les rives du fleuve Saint-Laurent, Rivière-du-Loup s\u2019est dotée il y a un peu plus de deux ans d\u2019une usine de biométhanisa- tion qui vient tout juste d\u2019entrer en fonction.La petite ville ramasse désormais les matières résiduelles de 72 municipalités réparties sur les territoires de sept municipalités régionales de comté de la région et récolte les émanations de méthane produites par le dépotoir sur lequel elle a pris racine.« La transformation de ces déchets devrait nous permettre de produire plus d\u2019un million de mètres cubes de gaz naturel chaque année » , explique Serge Forest, le directeur général de la Société d\u2019économie mixte d\u2019énergie renouvelable de la région de Rivière-du-Loup (SEMER).Contrairement à Saint-Hya- cinthe qui concentre ses efforts dans l\u2019alimentation de petits véhicules de moins de dix tonnes, la SEMER a, pour sa part, plutôt décidé de produire du gaz pour le transport lourd comme le camionnage.Transport lourd à l\u2019ouest Aux États-Unis, c\u2019est aussi vers le camionnage que la plupart des centres urbains ont choisi de se tourner.«Les villes commencent à se rendre compte qu\u2019elles ont un rôle à jouer et que la production de gaz naturel est un filon qu\u2019elles peuvent exploiter », explique Matthew Tomich, président d\u2019Energy Vision, un organisme à but non lucratif qui fait, entre autres, de la recherche en développement durable.De passage à Montréal à l\u2019invitation de Transport 2000 à l\u2019occasion d\u2019une conférence sur l\u2019utilisation des énergies renouvelables dans les autobus, le gestionnaire de formation explique qu\u2019il y a toutefois toujours un peu de résistance au début.« C\u2019est une question d\u2019éducation.Les gens pensent que ça va sentir mauvais, que ça va ruiner le paysage, que c\u2019est dangereux.C\u2019est comme n\u2019importe quoi, il faut les sensibiliser, les familiariser à cette nouveauté.» C\u2019est au même genre de problèmes que s\u2019est butée la Ville de Saint-Hyacinthe au tout début.« Les gens étaient craintifs, note la directrice des communications de la municipalité.Mais aujourd\u2019hui, une fois les premières réticences passées, les citoyens sont fiers du résultat.Ils ont l\u2019impression de participer à quelque chose de plus grand qu\u2019eux.» Audace régionale Plusieurs autres villes québécoises souhaitent emboîter le pas à Saint-Hyacinthe.Parmi celles-ci, notons Laval, et des villes situées sur la Rive- Sud, dont Saint-Hilaire, dans la Vallée-du-Richelieu, Sainte-Ca- therine, Beauharnois, Varenne et Longueuil.La Ville de Québec compte, elle aussi, faire le saut d\u2019ici 2020, et ce, même si l\u2019administration municipale tergiverse depuis quelques mois sur les tenants et aboutissants du projet.De son côté, Montréal vise 2022.Rares sont toutefois celles qui ont déjà entrepris des actions concrètes.Tout au plus, elles se mettent tranquillement au compost.Selon Philippe Cousineau Morin, de Transport 2000, une association qui fait la promotion des moyens de transport efficaces et durables, les municipalités gagneraient à aller de l\u2019avant rapidement avec ces projets.Plus encore, elles auraient tout intérêt à diversifier leurs approches quand vient le temps de trouver des solutions de rechange au pétrole.« Les villes n\u2019ont pas toutes les mêmes besoins ni les mêmes ressources, insiste-t-il.Au Québec, on a tendance à penser que l\u2019électricité est la panacée, qu\u2019elle est la seule avenue envisageable, alors que, dans certains cas, d\u2019autres types d\u2019énergies alternatives ont, elles aussi, du potentiel.» Sans remettre en cause la pertinence de l\u2019électrification, le coordonnateur aux affaires publiques de l\u2019organisme est convaincu que la diversité des approches est au cœur d\u2019une solution globale.« Ça fait plus de cinq ans que les gouvernements qui se succèdent nous présentent des plans d\u2019électrification, avance-t-il.D\u2019année en année, ils sont de plus en plus réalistes, mais c\u2019est quand même un procédé qui se fait en plusieurs étapes et qui ne prendra pas forme du jour au lendemain.C\u2019est un processus qui est long, à la limite, il y a peut-être des solutions intermédiaires.» Au-delà de la technologie Selon Mathieu Gillet, de l\u2019Association québécoise pour la maîtrise de l\u2019énergie, un organisme indépendant qui tente, depuis 1985, d\u2019établir des liens entre les dif férents acteurs du virage énergétique, il est primordial que les municipalités de partout au Québec se mobilisent pour faire avancer les choses.« C\u2019est à leur échelle que ça se joue, insiste l\u2019urbaniste de formation.Elles sont les pièces maîtresses de la transition.» Par contre, à son sens, il est essentiel que les débats et les discussions aillent plus loin que les simples innovations technologiques.«Trouver une alternative au pétrole, ce n\u2019est pas suffisant, lance-t-il avec un léger soupir.Il faut repenser nos villes, les transformer en lieu de vie.La clé est dans l\u2019aménagement du territoire et dans notre capacité à apprendre à travailler ensemble.Et tout ça doit se faire rapidement parce que, contrairement à avant, nos actions n\u2019affectent pas juste les générations futures au sens large.Elles ont un impact direct sur la suivante!» Même son de cloche du côté de Philippe Cousineau Morin.«L\u2019autobus qui carbure au pétrole, mais qui transporte 50 personnes sera toujours plus écologique que les 50 voitures électriques qui ne transportent qu\u2019une personne chacune.» Le Devoir ÉNERGIE Les villes, moteur de la transition ROBERT GOSSELIN Un biodigesteur, installé au cœur de la ville de Saint-Hyacinthe, transforme les matières organiques provenant des poubelles en un gaz naturel qui sert à chauf fer une bonne partie de son parc immobilier et onze véhicules, dont les camions du service des incendies.2020 À compter de cette année- là, toutes les municipalités du Québec devront avoir mis fin à l\u2019enfouissement des matières putrescibles.Source : Politique québécoise de la gestion des matières résiduelles 13 millions C\u2019est environ le nombre de tonnes de matière résiduelle produite au Québec annuellement.Source : Politique québécoise de la gestion des matières résiduelles Mettre de l\u2019eau dans son gaz À Stockholm, depuis la fin des années 1990, ce sont les eaux usées qui font avancer les autobus.Fermenté dans une usine inaugurée en 1941 \u2014 d\u2019abord dans une optique de fournir du chauffage \u2014, le biogaz produit est ensuite injecté dans les réservoirs des navettes du transport collectif.Le procédé, qui prend entre 15 et 20 jours, permet à la capitale suédoise de recycler plus de 850 000 mètres cubes d\u2019eaux souillées chaque année. L E D E V O I R , L E L U N D I 2 1 M A R S 2 0 1 6 É T H I Q U E E T R E L I G I O N S B 6 L E S P E T I T E S A N N O N C E S AVIS DE DÉCÈS Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 À PROXIMITÉ DE L'HÔPITAL MAISONNEUVE-ROSEMONT.Haut de Duplex, ensoleillé, face à un parc.Personne tranquille, non fumeur.860$/mois pour juillet.160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER AHUNTSIC / FLEURY O.Beau 5 1/2, h-duplex, très lumineux, frais peint, entrées lav./séc., pers.tranq., pas animaux.Occ.imm.ou Avril.900 $ 514-387-1605 DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.NOUVEAU - ROSEMONT 4 1/2 sur Place Beaubien.Belle luminosité.Secteur paisible avec terrasse.820 $ 514-255-0347 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER OUTREMONT - 5, Vincent d'Indy 11/2, 31/2, 41/2, Penthouse 51/2, rénovés, près métro, UdeM.Poêle/frigo.Chauffé, eau chaude.Ascenceur.514 737-8055 514 735-5331 SAINT-LAMBERT Spacieux, chauffé-éclairé, entrées lav./séc., 2 CAC, 2 SDB., garage int., pisc.chauffée.À 5 min.des 3 ponts et DIX30.À 15 min.du Centre-Ville.Animaux petite taille acceptés.LIBRE.1 300 $ 450-613-0020 164 CONDOMINIUMS À LOUER 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER *Librairie Bonheur d'Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre.514 914-2142 1317, ave du Mont-Royal Est 165 PROPRIÉTÉS À LOUER 307 LIVRES ET DISQUES VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.10 ans d'exp.Service à domicile.514 573-7039 Julien 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE OUTREMONT 445 St-Joseph Ouest, près Laurier Immeuble béton, ascenseurs Chauffé, eau chaude et électroménagers inclus.Garages intérieurs 125 $/mois SURINTENDANT 514-276-5949 4½ (petit) 1 400 $/mois 4½ (grand) 1 750 $/mois CHARLEVOIX-MAISON À LOUER Sabbatique?Période d\u2019écriture?Saison de ski?Projet spécial?Retraite?Maison dans la montagne à La Malbaie (Pointe-au-Pic) avec une vue magnifique sur le fleuve.Entièrement meublée, incluant literie et vaisselle.À proximité du Mont Grand-Fonds, du Massif de Charlevoix, du centre de plein air Les Sources joyeuses, du casino et de tous les services.438 491-2301 / 450 677-8046 precourt.gagne@gmail.com 564 DÉCORATION INTÉRIEURE 564 DÉCORATION INTÉRIEURE 564 DÉCORATION INTÉRIEURE BAIN EN BOIS 100 % QUÉBEC ARTECO INC arteco.ca 438.397.1560 arteco.inc@gmail.com PARCE QUE VOUS ÊTES UNIQUE À en croire une école politico-historique, seul un parti au pouvoir peut exiger des quémandeurs de l\u2019État de quoi garnir sa caisse électorale.Car n\u2019ayant ni ouvrages olympiens à faire bâtir en ville ni garnotte bitumineuse à répandre en campagne, un parti d\u2019opposition est condamné, dit-on, à la plus haute intégrité électorale.Ainsi s\u2019expliquerait une corruption atavique au Par ti libéral (voué aux « vraies af faires »).Et la pureté originelle du Parti québécois (mobilisé, lui, pour « l\u2019indépendance nationale»).En somme, au Québec, les vendeurs de quincaillerie et les firmes d\u2019avocats en quête de contrats ne seraient pas stupides au point de gaspiller de substantielles oboles pour l\u2019amour de la démocratie.Autrefois, il est vrai, à l\u2019époque coloniale, des compagnies «étrangères» ont financé au Québec des partis prêts à leur céder pour une chanson les ressources de la nation.Mais c\u2019était, dira-t-on, au temps de la Grande Noirceur.Or, une Révolution même tranquille ne va pas sans espèces sonnantes et trébuchantes.Avant le Front de libération du Québec et ses premières bombettes, un autre FLQ, libéral celui- là, signait le 15 mai 1959, dans la Vieille Capitale, une « déclaration de raison sociale » à la Cour supérieure.Signataires : Jean Lesage, avocat, André Rousseau, industriel, Alcide Courcy, agronome, Guy Desjardins, Antoine Geoffrion et Claude Ducharme, avocats.Leur but : établir et maintenir un «Fonds de la libération».Il s\u2019agit de «pourvoir et subvenir, dans la mesure du possible, aux dépenses courantes et aux besoins de certains organismes permanents du Parti libéral du Québec, écrivent-ils, \u201ctel que stipulé et prévu dans la convention d\u2019association et de fiducie\u201d intervenue entre eux le 31 mars 1959.Ils sont constitués \u201cen association de bonne foi, sans but lucratif ou commercial\u201d».Et, déclarent- ils, «nous en sommes les seuls membres».En juin 1960, « c\u2019est le temps que ça change», clament les libéraux : l\u2019Union nationale est battue.«Maîtres chez nous» entonnent-ils peu après dans une élection surprise : c\u2019est la nationalisation de la Shawinigan.Mais un ministre libéral, un cer tain René Lévesque, découvre que la caisse du parti est garnie par des « trusts», alors dominants au Québec.Devenu souverainiste et chef du PQ, Lévesque ne cache pas son intention d\u2019en finir avec cette république bananière ! Les libéraux perdent le pouvoir en 1967 alors qu\u2019un «accident électoral» ramène l\u2019Union nationale au gouvernement.L\u2019histoire ne dit pas qui a financé un PLQ triomphant en 1970 et 1973.Mais en 1976, un sondage indiquant une possible victoire du Parti québécois, on s\u2019agite en haut lieu.Des patrons de la Royal Bank of Canada, Seagram Ltd, Bank of Montreal, Power Corporation, Canadian Pacific Railway, Stein- berg Ltd se réunissent chez Paul Desmarais, le propriétaire de La Presse.Power Corp et Steinberg envoient des chèques et les autres, des ordres de transfert bancaire au sénateur Louis de Gonzague Gi- guère.L\u2019af faire n\u2019éclatera au grand jour qu\u2019après un procès.Le sénateur avait déposé une partie de l\u2019argent à son compte et en avait tiré des chèques à Jean Marchand et à sa secrétaire.La GRC avait eu vent de l\u2019af faire, et Gi- guère fut accusé d\u2019abus de confiance.Ces détails ne furent connus qu\u2019en 1979.Entre-temps, René Lévesque ayant gagné l\u2019élection, fit voter une loi interdisant les contributions politiques d\u2019entreprises.C\u2019était compter sans les mœurs des faiseurs d\u2019élections et surtout de ces entreprises habituées à «récompenser » les élus et les fonctionnaires «compréhensifs».Des professionnels de la comptabilité et du droit allaient bientôt ajouter aux billets verts des enveloppes brunes des chèques de prête-noms.La Commission d\u2019enquête sur le crime organisé (CECO) n\u2019avait pas le mandat d\u2019examiner le financement des partis politiques.Mais ayant découvert que les brasseries du pays brassaient aussi des dons politiques, elle en avait fait rap- por t au ministre de la Justice, Jérôme Cho- quette.Quand Le Devoir étale ce système à l\u2019élection de 1976, le PLQ est aux abois.Le PQ, peut-être informé du rapport de la CECO, reste silencieux.On soupçonna un financement trouble là aussi ! La Commission d\u2019enquête sur les Olympiques de 1976 en aura détecté, elle aussi, chez les libéraux.Mais faute de mandat, le juge Albert Malouf n\u2019a pu tirer la chose au clair.Un président du comité exécutif de la Ville, mêlé aux préparations, sera condamné pour des cadeaux d\u2019entrepreneurs.Mais le Parti civique de Jean Drapeau ne fut pas inquiété.Archives du parti disparues dans un incendie, secret professionnel des avocats de la Ville, une pieuse légende politique fut sauve à Montréal.Pourtant, la légende du financement politique au Québec allait tôt ou tard être anéantie.Que des partisans du PQ et même des élus se soient, des années durant, retenus de faire éclater le scandale, passe encore.Il n\u2019est pas facile de reconnaître qu\u2019un héros national comme René Lé- vesque ait échoué dans son rêve d\u2019intégrité politique.Tel est aussi le risque des «alliances» : on se condamne à rester muet sur les turpitudes de ses partenaires.Mais la décrépitude n\u2019est pas moins sévère chez les libéraux.Que des ministres bafouent la loi en se faisant collecteurs de fonds à 100 000 par an, sans oser dire non au chef du parti et du gouvernement, ou encore que des élus et des militants, juristes compris, n\u2019aient pas la conscience ou le courage de s\u2019opposer à pareil mépris des citoyens et des institutions, cela dépasse l\u2019entendement.Il faudra plus qu\u2019un procès ou deux pour enrayer ce cancer québécois, qui n\u2019est pas uniquement politique.redaction@ledevoir.com Jean-Claude Leclerc enseigne le journalisme à l\u2019Université de Montréal.L\u2019argent sale du Parti libéral JEAN-CLAUDE LECLERC M O U N I R S O U I S S I à Tunis Confrontée à un essor de la mouvance djiha- diste, la Tunisie lance dimanche une campagne destinée en particulier aux jeunes pour tenter de contrer l\u2019extrémisme religieux, qui a poussé des milliers d\u2019entre eux à rejoindre des organisations comme le groupe État islamique (EI).Cette initiative gouvernementale a été saluée comme étant le signe d\u2019une « prise de conscience» du phénomène par les autorités.Mais alors que le pays a été frappé par quatre attentats majeurs en un an, tous perpétrés par des djihadistes tunisiens, des analystes ont aussi réclamé une approche globale contre le terrorisme, religieuse mais aussi sociale, économique et politique.Ces dernières années, des milliers de Tunisiens, en majorité des jeunes, ont rejoint des groupes extrémistes comme le groupe EI en Syrie, en Irak et en Libye, constituant l\u2019une des principales menaces à la sécurité du pays selon les autorités.Un an pour convaincre La campagne, qui doit durer un an, vise à propager « les vraies valeurs de l\u2019islam [\u2026] modéré» afin de «protéger nos jeunes et leur pensée du terrorisme», a fait valoir le ministère des Affaires religieuses.Dans le cadre de cette initiative baptisée « Ghodwa khir » (« Demain sera meilleur » en arabe dialectal tunisien), un site Internet rassemblant des prêches et des conférences religieuses enregistrées sera notamment mis sur pied.Le ministère des Af faires religieuses doit aussi financer des programmes de sensibilisation contre le terrorisme sur les radios et les télévisions.Un centre d\u2019appels sera en outre chargé de « répondre aux questionnements des jeunes sur les af faires religieuses » et davantage de cours seront organisés dans les mosquées sous la supervision d\u2019imams et de prédicateurs autorisés.En sus de ces démarches, le ministre de la Justice Omar Mansour a indiqué vouloir « réformer » la pensée des détenus pour terrorisme, en faisant « entrer dans les prisons des compétences cultivées, pas [seulement] dans les questions religieuses ».Agence France-Presse TERRORISME La Tunisie agit contre l\u2019extrémisme religieux ALAIN RENAUD LE DEVOIR Après sa victoire aux élections de 1976, René Lévesque a fait voter une loi interdisant les contributions politiques d\u2019entreprises.J érusalem \u2014 Plus d\u2019un millier de juifs israéliens d\u2019origine éthiopienne ont manifesté dimanche à Jérusalem pour dénoncer l\u2019annulation par le gouvernement d\u2019un plan autorisant leurs proches en Éthiopie à les rejoindre, condamnant une mesure discriminatoire.Le gouvernement israélien avait voté en novembre un projet autorisant l\u2019immigration en Israël de quelque 9100 juifs éthiopiens connus comme les falasha, mais le 7 mars un responsable du bureau du premier ministre, Benjamin Nétanyahou, a informé les membres du Parlement que, faute de moyens budgétaires, le plan ne serait pas appliqué.Racisme et discrimination Quelque 2000 personnes ont participé à la marche qui s\u2019est achevée devant les bureaux de M.Nétanyahou, selon la police et les organisateurs.« Arrêtez les souf frances, le racisme et la discrimination », ont scandé les manifestants dont certains arboraient des photos de leurs proches en Éthiopie.Antaihe Cheol, 30 ans, qui réside, dans le nord d\u2019Israël, a indiqué que son père et son frère attendaient d\u2019émigrer depuis 20 ans.« C\u2019est tout simplement de la discrimination », a-t-il lancé à l\u2019AFP.Son ami Ashebo observe, lui, que le gouvernement encourage activement l\u2019émigration des juifs de France, des États-Unis, de la Russie.« Mais quand il s\u2019agit des juifs d\u2019Éthiopie, tout le monde refuse », a-t-il déploré.Revital Swid, un élu de l\u2019Union sioniste qui a participé à la manifestation, a aussi dénoncé des décisions racistes et discriminatoires.«Est-ce que le gouvernement peut se permettre de dire à un juif de Russie, d\u2019Europe ou d\u2019Amérique qui a une famille en Israël, qu\u2019il n\u2019a pas les moyens de les accueillir », s\u2019est-il interrogé.Aucun commentaire n\u2019a pu être obtenu auprès des responsables du bureau de M.Nétanyahou.Ce n\u2019est pas la première fois que des juifs d\u2019origine éthiopienne manifestent pour dénoncer le racisme et les discriminations sociales auxquelles ils font face.La communauté juive éthiopienne regroupe 135 500 personnes, dont plus de 50 000 sont nées en Israël.Ils descendent de communautés restées coupées des autres juifs pendant des siècles, que les autorités religieuses d\u2019Israël ont tardivement reconnues comme membres de la foi juive.Cette reconnaissance a entraîné la mise en place de deux ponts aériens, en 1984 et 1991, et l\u2019émigration vers Israël de 80 000 Éthiopiens, qui ont dû franchir un énorme fossé culturel pour s\u2019intégrer dans la société israélienne.Cette communauté est notamment confrontée à des problèmes d\u2019intégration dans le domaine de l\u2019éducation, du logement et de l\u2019emploi.Agence France-Presse ISRAËL Les juifs éthiopiens descendent dans la rue La Jordanie va installer 55 caméras sur l\u2019esplanade des Mosquées Amman \u2014 La Jordanie a annoncé dimanche qu\u2019elle allait installer au cours «des prochains jours» 55 caméras de surveillance sur l\u2019esplanade des Mosquées à Jérusalem pour documenter, selon Amman, les «violations» israéliennes.La Jordanie, qui est la gardienne des lieux saints à Jérusalem-Est occupée, a précisé qu\u2019un «centre de contrôle» sera mis en place pour gérer la vidéosurveillance du site 24 heures sur 24, selon le ministre des Affaires islamiques et du Waqf (biens religieux), Hayel Daoud.Les images seront diffusées en ligne pour «documenter toutes les violations et agressions israéliennes», a ajouté le ministre dans un communiqué, précisant que les caméras ne seront pas installées à l\u2019intérieur des mosquées.Un accord pour la mise en place d\u2019une surveillance vidéo 24 heures sur 24 de tous les secteurs de l\u2019esplanade des Mosquées avait été annoncé en octobre par le secrétaire d\u2019État américain, John Kerry.Agence France-Presse L E D E V O I R , L E L U N D I 2 1 M A R S 2 0 1 6 C U L T U R E B 7 À L A T É L É CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 minuit SRC Le Téléjournal 18 h 30 vies Les Parent L'auberge du chien noir Les pays d'en haut Le Téléjournal Marina Orsini Entrée Prin.TVA 17h55 TVANou.Le Tricheur Piment fort La Voix Yamaska Testé sur des humains TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque 23h35 Signé M 0h05 J.E.TQ Les Argonautes Subito texto Ça vaut le coût La mafia Les grands documentaires Les grands documentaires Mad Men / Pure pitié Deux hommes en or Chef cabane V Atomes Souper parfait Les détestables Les détestables Ces gars-là Recettes pom ComediHa! / Mike Ward En mode 22h50 Ménage à trois 23h50 Vidéocli Infopublicité RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National 24/60 Grands rep.TV5 17h50 Champi.Journal FR On passe à l'histoire / Borgia Secrets d'histoire / Elizabeth Ire: La reine vierge Apocalypse: Hitler / Le Führer TV5 le journal 23h40 Quartz 0h20 La vie D Douanes: Can Enchères Transports Transports Déconstruire la ville Secrets Terre Secrets Terre Transports Transports Enchères Enchères Garage d'élite VIE Pimp garage ByeMaison S.O.S.Mamies Pas le choix de rénover! On a échangé Célibataires Quel âge Big Love Maman gére MX Taxi payant Taxi payant Séduction L'index québéc Les années / Jeans Souper parfait Souper parfait Scorpion La danse des étoiles Danse étoiles VRAK.TV Arrange-toi ça Rencard À la recherche de Carter Les 100 / Conseil de guerre Code F.Rencontrée Jérémie Awkward.Code F.Degrassi Hors d'ondes RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Hommes forts Boxe Terence Crawford c.Hank Lundy L'antichambre (D) Sports 30 Trajectoires Jeter l'ancre HISTORIA Profession / Place au théâtre Marty et Bam Bam brocantent Perdus en Alaska La malédiction d'Oak Island La preuve manquante / Bigfoot Cash Cowboys / Sport national Cash Cowboys ARTV Les belles histoires Nouveau Catherine Gala du cinéma Gala du cinéma / L'après-gala ARTVStudio Broadchurch Lumière sur.Catherine EXPLORA Îles de beauté / Zanzibar Découverte Mortellement vôtre Escroc en Amérique / New York Big History Forces nature Mégastructures nazies Vérité infection SÉRIES+ Castle / Une soirée qui tue Heartland / Dilemme Nouvelle-Orléans / Les évadés Les enquêtes du NCIS NCIS: Los Angeles Blue Bloods / Le roi de l'esquive Hawaii 5-0 ZTÉLÉ Les pires chauffards canadiens Les pires chauffards québécois Killjoys / Faille dans le système Le Transporteur / Chimère Beauty & the Beast / Liam Bêtes charme Carbornaro Les stupéfiants C.SAVOIR Cogito Pouvoirs et contre-pouvoirs 10 découvertes Enjeux opportunités Rencontre Publication uni.Quartier Latin Between Pages McGill Talks Sciences Les moyens ÉVASION Hôtels et restos d'exception Structures insolites Les nouveaux explorateurs Hotel impossible À vos risques et périls / Jackson Hotel impossible / Le Triangle T Hotel TFO PetzClub ClubCinq Subito texto Boum, canon Flip TFO 24.7 J'AI TUÉ MA MÈRE (2009) Anne Dorval.22h45 Homme TFO 24.7 Boum, canon Flip Cinépop 17h15 QUI EST GILBERT GR.19h15 L'ÉVADÉ DU FUTUR (1984) Tom Selleck.PRIVATE RESORT (V.F.) (1985) Johnny Depp.22h25 TUEUR À GAGES (2007) Cinéma SÉcran 17h15 MER NOIRE (2014) 19h10 LE VRAI DU FAUX (2014) Stéphane Rousseau.GUROV ET ANNA (2015) Sophie Desmarais.22h55 MORTDECAI (V.F.) (2015) Johnny Depp.Planète Au coeur des Rocheuses Arsène Lupin et les Visite Guidée Shamwari Fourchette Plats cuisinés, fast Gendarmerie 4 rescapés MATV Libre-service Montréalité Billboard Profil d'athlète Le guide de l'auto Cours toujours Laboratoire Libre-service Montréalité Champs libres Claudia reçoit.Libre-service CBC CBCNews The Exchange marketplace Coronation St.Murdoch Mysteries Jekyll and Hyde CBC News: The National CBCNews Coronation St.Rick Mercer CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Gotham / Mad Grey Dawn Lucifer Blindspot / Rules in Defiance CTV National News Montreal 0h05 Daily S.GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Supergirl / Manhunter Limitless / A Dog's Breakfast NCIS: Los Angeles News Final 23h35 Stephen Colbert ABC News at 6 World News Local 22 News Inside Edition Dancing With the Stars Castle / Fidelis Ad Mortem News at 11 23h35 Jimmy Kimmel Live CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Supergirl / Manhunter Scorpion / Djibouti Call NCIS: Los Angeles Ch.3 News 23h35 Stephen Colbert NBC NC5 at 6 p.m.NBC News Jeopardy! Wheel Fortune The Voice / The Battles / Sean 'P.Diddy' Combs , Tori Kelly.Blindspot / Rules in Defiance News 5 at 11 23h35 The Tonight Show PBS (33) PBS NewsHour This Old House Ask-Old House Antiques Roadshow Antiques Roadshow Royalty Close Up Business Charlie Rose PBS (57) News America Business PBS NewsHour Great Performances / Andrea Bocelli: Cinema 30 Days Young Heart Charlie Rose UNIS Pense vite! Oiseaux Goût du pays Elles pêchent Couleurs locales Agrofolie Les Lavigueur / Le procès Vu intérieur Pense vite! Six pieds HBO 17h30 HELLIONS (2015) 18h55 THE LIFE AND DEATH OF PETER SELLERS (2004) Everything Is Copy 22h35 Vinyl 23h35 Girls 0h05 Together AddikTV Les pouvoirs de Toby Les passages de l'espoir Haven / Ici et maintenant Les américains / La clé Les Témoins Hannibal Le trône de fer TVA Sports 17h00 TVA sp.LHJMQ Avant-match LNH Hockey / Flyers de Philadelphie c.Islanders de New York (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports LHJMQ LNH Hockey 03/21 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 minuit Nos choix ce soir ÊTRE FEMME DANS L\u2019ARMÉE Sexisme, intimidation, agressions, viol, justice militaire partiale\u2026 Dans le reportage Femmes au combat, cinq femmes membres des Forces canadiennes témoignent du climat hostile qui perdure à l\u2019égard des femmes dans l\u2019armée et du chemin difficile pour s\u2019y faire une place.Les grands reportages, RDI, 20 h MORTS DU MONDE Comment la mort se vit-elle autour du monde ?Cette série documentaire voyage dans 25 pays et cinq dimensions (physiologique, créative, politique, économique et commerciale) pour montrer ce que la culture change dans l\u2019approche du grand «néant».Mortellement vôtre, ICI Explora, 20 h HOMMAGE POSTHUME Par la voix de ceux qui l\u2019ont connue, l\u2019écrivaine, journaliste, scénariste et productrice américaine Nora Ephron, décédée en 2012, revit à l\u2019écran dans ce documentaire réalisé par son fils Jacob Bernstein.Everything Is Copy, HBO, 21 h Geneviève Tremblay L e cinéma québécois était à l\u2019honneur dans 11 pays en ce 20 mars, Journée internationale de la Francophonie.Grâce au soutien du gouvernement du Québec et de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), une vingtaine d\u2019œuvres québécoises ont été présentées dans le contexte d\u2019une centaine de projections qui ont eu lieu dimanche en Allemagne, au Brésil, en Chine, en Espagne, aux États-Unis, en Inde, au Mexique, en Autriche, en France, au Japon et en Italie.La ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, appuyait et saluait l\u2019initiative qui, «en plus d\u2019offrir une occasion de mettre en valeur ces œuvres, permet de faire rayonner le Québec sur la scène internationale».Les films québécois ont été sélectionnés par des membres du réseau des représentations du Québec à l\u2019étranger ainsi que par leurs partenaires sur les territoires concernés.On y retrouve entre autres Gabrielle, de Louise Archam- bault, Inch\u2019Allah, d\u2019Anaïs Bar- beau-Lavalette, La chasse au Godard d\u2019Abbittibbi, d\u2019Éric Morin, La petite reine, d\u2019Alexis Durand-Brault, Le règne de la beauté, de Denys Arcand, et Louis Cyr, de Daniel Roby.Le 20 mars de chaque année, quelque 274 millions de francophones des cinq continents célèbrent la Journée internationale de la Francophonie.Cette date a été choisie en référence au 20 mars 1970, m o m e n t o ù a é t é c r é é e l\u2019Agence de coopération culturelle et technique, aujourd\u2019hui devenue l\u2019Organisation internationale de la Francophonie.La Presse canadienne JOURNÉE DE LA FRANCOPHONIE Le cinéma du Québec à l\u2019honneur dans 11 pays ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Se décrivant comme rationnelle, la tête dirigeante de la compagnie The Other Theatre, Stacey Christodoulou, dit tout de même croire à une mémoire des lieux.A L E X A N D R E C A D I E U X À sa mort en 1937, alors qu\u2019il n\u2019est âgé que de 46 ans, Howard Phillips Lovecraft laisse derrière lui près d\u2019une centaine de nouvelles, quelques essais et ar ticles ainsi que plus de 80 000 lettres témoignant notamment de sa xénophobie rampante, de sa rigidité morale, de son anglophilie et surtout de sa grande solitude.Empêché dans ses ambitions premières de devenir astronome, de santé trop fragile pour s\u2019enrôler lorsque la guerre éclate, essentiellement pauvre, il aura vécu en marge de son siècle.On le considère aujourd\u2019hui comme le chaînon manquant entre Edgar Allan Poe et Stephen King dans la riche histoire de la littérature fantastique américaine.«Durant des années, je suis passée quotidiennement devant cette librairie où était affichée une immense photo de Lovecraft», se souvient la metteure en scène Stacey Christodoulou.«J\u2019étais fascinée par son visage intense, très carré, ce nom entre amour et sorcellerie [witchcraft].J\u2019en avais lu, mais à peine; je l\u2019associais aux amateurs d\u2019horreur vraiment hardcore, plutôt geek.» Dans La couleur tombée du ciel, un jeune architecte s\u2019intéresse à une région particulièrement désolée de la Nouvelle-Angleterre où la végétation semble avoir subi d\u2019étranges mutations.«Ce n\u2019est pas de l\u2019horreur particulièrement sanglante, avec des meurtres et tout.On est plutôt dans la création d\u2019une atmosphère de doute, d\u2019angoisse.» Si le spectacle luv u lovecraft n\u2019est pas une adaptation fidèle de cette nouvelle \u2014 « la préférée de Lovecraft lui-même », précise la metteure en scène \u2014, elle a servi d\u2019inspiration à l\u2019équipe d\u2019interprètes et de concepteurs.Même si l\u2019écrivain originaire de Providence dans le Rhode Island af fichait de nombreux partis pris réactionnaires, Christodoulou reconnaît dans cer tains aspects de son œuvre un souffle moderne, voire postmoderne.« Toute son écriture date de l\u2019époque où Einstein énonçait la théorie de la relativité, qui a vraiment modifié notre manière de regarder l\u2019univers.Tout ce qu\u2019on pensait constant, tout à coup, ne l\u2019était plus.Nous vivons dans un chaos qui est amoral par nature ; c\u2019est nous qui nous acharnons à lui donner un sens, à espérer une justice.Notre croyance reste très naïve, très chrétienne : le bien et le mal, la récompense et la punition\u2026» Un espace de transition luv u lovecraft est planté dans une chambre où se croisent sans nécessairement se voir une pluralité de figures, suggérant ainsi un télescopage des temporalités.C\u2019est un espace transitionnel, où les personnages sont suspendus, « in limbo » comme disent les anglos.Stacey Christodoulou reconnaît une certaine parenté avec En manque (Crave) de Sarah Kane, qu\u2019elle a monté il y a une douzaine d\u2019années : « Je retrouve un peu ici ces gens qui tentent de combler un grand besoin d\u2019être aimés mais qui, à cause d\u2019un traumatisme ou autre chose, sont empêchés de donner ou de recevoir.» Se décrivant comme rationnelle, la tête dirigeante de la compagnie The Other Theatre dit tout de même croire à une mémoire des lieux.Il faut l\u2019entendre raconter sa visite du camp de concentration de Sachsenhausen, tout près de Berlin, un lieu conçu pour la mort.« Qu\u2019est-ce qui reste dans ces endroits où ont sévi de grandes injustices, des meurtres de masse, les champs de bataille?Dans La couleur tombée du ciel, il y a de toutes petites allusions aux chasses aux sorcières, cette grande hystérie collective de la fin du XVIIe siècle\u2026» On en revient au désir de justice qui nous pousse souvent à nous inventer des coupables, à nos instincts narratifs qui exigent des réponses souvent primaires.« Je me souviens quand le sida est arrivé, c\u2019était horrible : plusieurs ont cherché des gens à blâmer plutôt que des explications scientifiques, ils parlaient sans rire d\u2019une punition divine ! » Ne sont-ce pas ironiquement les mêmes qui vont avoir tendance à nier les changements climatiques, que Lovecraft anticipe en quelque sorte ?«On ne fait toujours rien, alors que tout autour de nous nous dit : \u201cFix it ! Get out ! Do something !\u201d» C\u2019est le schéma classique de la maison hantée dans le récit d\u2019horreur, l\u2019endroit qu\u2019on s\u2019obstine à habiter malgré les présages, les assauts, les messages.Stacey Christodoulou y voit un mélange d\u2019apathie et de défiance : «On ne veut jamais quitter les lieux qu\u2019on a investis de nous-mêmes, même s\u2019ils sont menacés.Protéger son territoire revient à protéger son identité.» Parfois jusqu\u2019à l\u2019aveuglement.Collaborateur Le Devoir LUV U LOVECRAFT Texte : collectif, librement inspiré de La couleur tombée du ciel de H.P.Lovecraft.Une production de The Other Theatre présentée à La Chapelle du 22 mars au 2 avril.THÉÂTRE L\u2019esprit du lieu F R A N Ç O I S L É V E S Q U E L a 20e édition de Regard, festival international du court métrage au Saguenay, s\u2019est terminée dimanche après avoir affiché complet depuis le jeudi.Même les projections extérieures ont connu du succès en dépit d\u2019un froid résolument hivernal.Le chocolat chaud servi sur place a sans doute aidé.La veille de la clôture, le jury a procédé au dévoilement des lauréats.Coups de cœur des festivaliers également, les courts métrages Alles Wird Gut (Everything Will Be Okay) et La voce ont respectivement remporté le Grand Prix international et le Grand Prix national.Réalisé par l\u2019Allemand Patrick Voll- rath, qui repar t avec une bourse de 5000 $, Everything Will Be Okay conte l\u2019anxiété croissante d\u2019une fillette dont le père divorcé paraît cacher quelque chose.Anxiogène et déstabilisant, ce film de 30 minutes a été dévoilé à Cannes le printemps dernier.Œuvre satirico-lyrique très recherchée sur le plan formel relatant l\u2019éveil amoureux d\u2019un boucher timide, La voce a pour sa part valu au Québécois David Uloth une bourse de 3000 $ ainsi que 15 000 $ en services techniques.Le prix de la Meilleure réalisation, bien mérité, a été dé- cer né à Patrice Laliber té pour son très émouvant Viaduc, ou les motifs insoupçonnés qui poussent un adolescent à risquer sa peau pour dessiner un graf f it i sur le flanc de ladite structure.Le cinéaste s\u2019est vu octroyer une bourse de 2000 $ ainsi qu\u2019une somme de 10 000 $ en services de postproduction.Annie St-Pierre a quant à elle décroché le Prix du meilleur scénario, et 1000 $, pour son film Jean-Marc Vallée, un hommage délicieusement décalé dans lequel un commerçant chinois ne vend que les films \u2014 et les produits dérivés qui en sont issus \u2014 du cinéaste québécois.Dans la catégorie Meilleur cour t métrage d\u2019animation, c\u2019est Le repas dominical, de Céline Devaux, qui s\u2019est illustré, avec à la clé une bourse de 1000 $ aussi.Dans celle du Meilleur documentaire, c\u2019est sans surprise le bouleversant Elle pis son char, de Loïc Darses , qu i s \u2019es t s i - gnalé.À par tir du jour nal filmé que sa mère a tenu autrefois comme une sor te de thérapie au quotidien, le jeune cinéaste a reconstruit son parcours résilient.Au total, onze catégories se sont par tagé des prix totalisant une valeur de plus de 65 000 $.Cette année, le jury professionnel était composé de la réalisatrice Louise Ar- chambault (Familia, Gabrielle), de l\u2019auteur François Avard (Les Bougon), du directeur général de la cinémathèque québécoise, Marcel Jean, du cinéaste d\u2019animation Piotr Dumala (Franz Kafka), et de la comédienne Ève Landry (Unité 9).Le Devoir François Lévesque se trouvait à Saguenay à l\u2019invitation du Festival Regard.FESTIVAL REGARD Vollrath et Uloth l\u2019emportent COURONNE NORD Viaduc a valu à son réalisateur, Patrice Laliberté, le prix de la Meilleure réalisation.L\u2019Euguélionne lance sa campagne de financement Une campagne de financement pour créer une librairie féministe à Montréal vient d\u2019être lancée.Pour voir le jour, le projet de l\u2019Euguélionne devra amasser au moins 25 000 $ par la plateforme « Indiegogo» d\u2019ici le 23 avril.Plus de 5000 $ ont déjà été recueillis en quelques jours.Selon Camille Toffoli, membre du collectif de démarrage, une librairie féministe est de plus en plus essentielle au Québec, à la lumière des récents débats enflammés sur le féminisme.La Presse canadienne L\u2019écrivain péruvien Mario Vargas Llosa entre de son vivant dans la Pléiade Paris \u2014 Pour son 80e anniversaire, le 28 mars, l\u2019écrivain péruvien Mario Vargas Llosa pourra, comme chaque année, s\u2019offrir un volume de la prestigieuse «Bibliothèque de la Pléiade», mais, cette année, il aura le rare privilège de pouvoir choisir une Pléiade rassemblant ses propres œuvres.L\u2019auteur de La tante Julia et le scribouillard est le premier écrivain étranger à entrer de son vivant dans la célèbre collection de l\u2019éditeur français Gallimard qui réunit le nec plus ultra de la littérature mondiale.« Je n\u2019aurais jamais osé rêver qu\u2019un jour mes livres pourraient faire partie de cette collection.La réalisation de ce rêve m\u2019émerveille, me comble de joie et de reconnaissance envers ceux qui ont rendu possible ce miracle», s\u2019extasie le lauréat du Nobel de littérature en 2010.En fait, ce sont deux volumes de Mario Vargas Llosa qui seront publiés jeudi.Ces deux tomes rassemblent, par ordre chronologique, 8 des 18 romans publiés à ce jour par l\u2019écrivain sud-américain.Agence France-Presse L E D E V O I R , L E L U N D I 2 1 M A R S 2 0 1 6 CULTURE B 8 L a tablette n\u2019est pas encore tablettée, mais représente-t-elle toujours le saint Graal pour certains médias d\u2019information?Le Toronto Star, journal le plus lu au pays, a révélé au début du mois la faible et décevante performance de sa version dématérialisée pour ardoises électroniques.Mercredi dernier, le directeur et éditeur John Cruickshank, qui a lancé le média dans cette aventure, annonçait qu\u2019il quitterait ses fonctions en mai.Faut-il seulement faire des liens entre ceci et cela?Le démissionnaire, arrivé à la tête du média il y a sept ans, a plutôt estimé qu\u2019il avait su «trouver des solutions innovantes pour relever les défis».Comme tous ses concurrents, le Toronto Star voit ses revenus publicitaires chuter et son lectorat sur papier décliner.Le groupe TorStar, propriétaire du journal, a perdu 233 millions au dernier trimestre de 2015.La tablette devait au moins ralentir l\u2019hémorragie.Le Toronto Star a lancé l\u2019application Star Touch en septembre 2015.Des employés de La Presse, qui a vendu sa belle mais complexe mécanique brevetée, ont aidé à l\u2019installer.Le résultat s\u2019avère tout aussi impressionnant.Comme La Presse +, Star Touch représente le nec plus ultra des versions pour écrans portables.Le Toronto Star a abandonné son mur payant il y a moins d\u2019un an.Il donne son édition pour iPad, comme les numéros de La Presse + sont gratuits.Le Star souhaitait rejoindre 180 000 personnes par jour avec sa déclinaison en ligne.Aux derniers comptes, ils étaient environ 26 000 abonnés à se brancher quotidiennement.Pourtant, l\u2019application a été téléchargée près de 200 000 fois, dont la moitié en novembre.Les déclarations officielles restent optimistes.«Même si la taille de l\u2019audience est plus faible que ce qui était espéré au départ, nous faisons des progrès constants en développement du lectorat, écrit la compagnie dans son dernier rapport trimestriel.Les mesures de la fidélité de l\u2019audience sont fortes et les réponses des annonceurs ont été très positives.» Bien sûr.La Presse +, alliée dans l\u2019aventure, reprend la même rengaine.Par contre, La Presse ne fournit pas les chiffres de ses frais, gains ou pertes, comme TorStar.Impossible donc de savoir si la tablette montréalaise vit sur l\u2019ardoise de sa propriétaire Power Corp, à coûts de millions de pertes par mois, comme le prétendent certaines extrapolations.«En ce qui a trait à La Presse +, elle poursuit sur sa lancée, notamment avec une augmentation de 22% de son lectorat au cours des derniers mois, écrit Caroline Jamet, vice-présidente communications de La Presse.Elle est désormais consultée, en moyenne, par plus de 250 000 tablettes uniques chaque jour en semaine.En comparaison, le tirage quotidien de La Presse papier en semaine a atteint son sommet en 1971 avec 221 250 exemplaires.» La mère de l\u2019application fait tellement confiance à son nouveau vaisseau numérique que, depuis janvier, elle a abandonné le papier les jours de semaine.La bouderie de l\u2019app à Toronto peut d\u2019ailleurs en bonne en partie s\u2019expliquer par la conservation de l\u2019impression du Toronto Star.L\u2019édition du samedi tire encore à 375 000 exemplaires.En se lançant dans cette stratégie, Guy Cre- vier, président-éditeur de La Presse, a souvent expliqué que son pari découlait de trois constats jugés imparables.Il prenait d\u2019abord acte de la fin du vieux modèle d\u2019affaires liant le papier, la distribution de masse et la publicité.Il ajoutait que la nouvelle règle de consommation reposait sur la gratuité.Il misait finalement sur la technologie de la tablette sans exclure d\u2019autres mutations de plateforme dans le futur.Et alors?La règle de la distribution gratuite des informations s\u2019effrite.Les murs payants deviennent la norme.En même temps que TorStar dévoilait l\u2019échec relatif de sa stratégie tablette, l\u2019American Press Institute révélait que 77 des 98 journaux tirant à plus de 50 000 exemplaires tarifent maintenant leurs informations d\u2019une façon ou d\u2019une autre.La moyenne des frais mensuels est de 4 $.En 2010, il n\u2019y avait que six sites payants dans le même pool.La tablette elle-même perd du terrain par rapport aux téléphones.Le Toronto Star et La Presse semblent bien seuls à miser à fond sur cette pla- teforme plutôt que sur le téléphone.La vente et l\u2019usage des tablettes déclinent tandis que les su- perphones (phablets) accaparent de plus en plus de parts de marché.Samsung vient de lancer le Galaxy S7 qui fait de l\u2019ombre à l\u2019iPhone 6s.Les enquêtes de ComScore montrent qu\u2019aux États- Unis l\u2019internaute moyen passait près du tiers de son temps sur les écrans verticaux (29%) en 2015 par rapport à 8% en 2010.Cette mutation n\u2019annonce rien de bon pour la vente publicitaire.Les belles publicités spécialement préparées pour l\u2019app de La Presse + et du Star Touch se vendent bonbon.Elles valent dix voire cent fois moins sur les téléphones.En plus, la faible popularité de la tablette torontoise complique l\u2019extension au marché publicitaire national du modèle breveté à Montréal.Faut-il vraiment rappeler que les journaux de Posmedia, dont The Gazette, ont abandonné leurs non moins belles éditions pour tablette en octobre, 18 mois après leur lancement?Une nouvelle application pour tous les écrans portables les a remplacées.La tablette n\u2019est pas tablettée, mais c\u2019est tout comme\u2026 MÉDIAS La tablette moins O D I L E T R E M B L A Y A près un débat autour des nombreuses nominations pour ce gala à des films d\u2019auteur peu fréquentés, c\u2019est, ironie du sort, l\u2019œuvre la plus grand public du lot ; La passion d\u2019Augustine de Léa Pool, qui sort en conquérante de ce Gala du cinéma québécois, ef façant le nom de Jutra.Meilleur film, meilleure réalisation, meilleure actrice à Céline Bonnier pour un premier rôle, meilleure actrice de soutien pour Diane Lavallée en sœur Lise, meilleurs costumes, meilleures coiffures.Six statuettes en tout.L\u2019Alleluia en trompette pour les religieuses musiciennes.Une seule femme cinéaste avait remporté le prix de la meilleure réalisation auparavant : Lyne Charlebois pour Borderline en 2009, mais Léa Pool est la première lauréate du meilleur film en dix- huit éditions de ce gala rebaptisé.Quant au sujet chaud sur le cinéaste dont on n\u2019ose dire le nom, il fut abordé en préambule à l\u2019émission par Pénélope McQuade et Stéphane Bellavance le plus sobrement possible.«L\u2019événement qui a ébranlé le cinéma québécois en ne laissant personne indif fé- rent » s\u2019est transformé en plaidoyer pour « les victimes enfermées dans le silence depuis longtemps.» Exit Claude Jutra.Même son fantôme s\u2019effaçait du bal.Quant au trophée provisoire, sous une autre forme l\u2019an prochain, il a des airs de bûche à moitié fendue.« Pas évident d\u2019animer un gala dans ces cir- constances-ci », ironisait Pénélope McQuade.Mais le Monument-National était plein, les gens endimanchés : le nouveau ministre de la Culture et des Communications, Luc Fortin, au poste ainsi que Mélanie Joly, son pendant au Patrimoine canadien.L\u2019animation fut allègre, à défaut de fracasser des sommets d\u2019humour.Et le prix hommage récolté par le compositeur François Dompierre ému.D\u2019excellents films comme le politique Corbo, de Mathieu Denis, autant de fois cité que le film de Léa Pool, dix, l\u2019émouvant Les êtres chers, d\u2019Anne Émond (sept citations), La chanson de l\u2019éléphant, de Charles Binamé (huit), Les démons, de Philippe Lesage, nommé à la fois pour le meilleur film et la meilleure réalisation, sont restés sur la touche.Félix et Meira, magnifique rencontre de deux solitudes de Maxime Giroux, repart du moins avec le prix du meilleur scénario coécrit avec Alexandre Laferrière, qu\u2019ils n\u2019ont pas volé.En plus de récolter le prix du film s\u2019étant le plus illustré hors Québec.Effet de pendule En gros, à croire que les votants des diverses associations professionnelles avaient voulu rectifier leur tir qui penchait vers le film d\u2019auteur au profit des œuvres à portée populaire.Effet de pendule, à tout le moins.Le sujet des films d\u2019auteur contre les productions commerciales a fait l\u2019objet de quelques gags amusants.Drôle aussi le numéro servi à Xavier Dolan, qui s\u2019est fait of frir, par Passion d\u2019Augustine interposée, le titre «Son Éminence»! Peu cité au départ, Paul à Québec de François Bouvier, adapté de la bédé de Michel Rabagliati, vaut à Gilbert Sicotte, bouleversant en patriarche en fin de vie, le laurier du meilleur acteur.Il avait déjà reçu le Jutra en 2012 pour un premier rôle dans Le vendeur et pour un rôle de soutien dans Continental, un film sans fusil en 2008.La comédie Guibord s\u2019en va-t-en-guerre, de Philippe Falardeau, absente des catégories supérieures, est une des grandes lauréates de la soirée.Meilleur acteur de soutien au délicieux Irdens Exantus en conseiller politique de haut vol, meilleur montage à Richard Comeau, meilleure musique originale à Martin Léon.Brooklyn, de John Crowley, sur une immigrante irlandaise à New York, trois fois en nomination aux Oscar et primé ailleurs, coproduit ici, ne pouvait repartir les mains vides après sa reconnaissance planétaire.À Yves Bélanger (comme aux Écrans canadiens) la statuette de la meilleure photographie, assortie cette fois du prix de la meilleure direction artistique à François Séguin.Brooklyn et Montréal : même combat! La post-apocalyptique romance Turbo Kid aux inquiétantes créatures abîmées et cernées, sinon déjà rigidifiées par l\u2019hiver nucléaire et la malice des hommes se voit primé à travers les maquillages d\u2019Olivier Xavier, qui n\u2019avait pas chômé.Parmi une forte concurrence, le remarquable Ouïghours, prisonniers de l\u2019absurde, de Patri- cio Henriquez, sur des victimes collatérales de Guantánamo, s\u2019est démarqué en récoltant le prix du meilleur documentaire.«Quelqu\u2019un qui vient de la vieille France se promène à droite et dit des choses qui ne correspondent pas à la réalité.» En ciblant ainsi Marine Le Pen, Henri- quez fut chaudement applaudi.Maurice, de François Jaros, abordant la lente préparation à la mor t d\u2019un homme malade, nourrissant les réflexions sur les choix de mourir dans la dignité, déjà primé à Fantasia, est couronné meilleur court ou moyen métrage de fiction, alors que le désopilant et grinçant Autos Portraits de Claude Cloutier (ONF) reçoit le laurier, versant animation.Le Billet d\u2019or revient à l\u2019animation La guerre des Tuques 3D, de Jean-François Pouliot et François Brisson, qui a conquis le public avec ce remake du célèbre Conte pour tous d\u2019André Melançon.Le Devoir LE GALA DU CINÉMA QUÉBÉCOIS La passion d\u2019Augustine balaie tout Adaptation de Sept péchés capitaux, à la poursuite de Lance Armstrong du journaliste irlandais David Walsh, Le programme, de Stephen Frears, raconte l\u2019ascension spectaculaire et la chute vertigineuse de celui qui remporta sept fois le Tour de France.M A N O N D U M A I S Le cinéaste anglais Stephen Frears (Les liaisons dangereuses, The Queen) méprise les journalistes et ne s\u2019en cache pas.Toutefois, quand il flaire la bonne histoire, il laisse ses préjugés défavorables au vestiaire.Ainsi, coup sur coup, a-t-il adapté au grand écran deux scénarios s\u2019inspirant d\u2019enquêtes journalistiques, Philo- mena, touchant récit d\u2019une dame partant à la recherche de son fils, et Le programme, où il déboulonne sans merci le champion cycliste Lance Armstrong (Ben Foster).Bien qu\u2019il s\u2019apprête à lancer le «biopic» Florence Foster Jenkins, dans lequel Meryl Streep incarne la pire chanteuse d\u2019opéra de l\u2019histoire, Frears se défend de préférer les cas vécus aux récits de fiction, comme ses récentes œuvres semblent l\u2019attester.« Je pensais que c\u2019était une histoire très dure et, ce qui m\u2019intéressait, c\u2019était sa dimension criminelle », confie-t-il au téléphone.«Cette histoire-là est si incroyable que, si cela avait été une fiction, personne n\u2019aurait embarqué.Au-delà du cyclisme et de la compétition, ce qui me fascinait, c\u2019est que pendant des années, cet homme a menti sans se faire prendre.Il était au sommet et intimidait tout le monde, or aujourd\u2019hui, on raconte que, lorsqu\u2019on le regarde, il baisse les yeux.Sa chute vertigineuse me paraissait bien plus intéressante que ses exploits sportifs.» Campé au début des années 1990, Le programme commence avec la rencontre entre David Walsh (Chris O\u2019Dowd) du Sunday Times et le jeune cycliste.Impressionné par l\u2019aplomb et la détermination de l\u2019Américain, le journaliste irlandais sera cependant le premier à douter de son intégrité lorsque Armstrong reviendra en force, après avoir souffert d\u2019un cancer des testicules, et gagnera sept années consécutives le Tour de France.Avec la complicité du médecin Michele Ferrari (Guillaume Canet), l\u2019entraîneur du US Postal Johan Bruyneel (Denis Ménochet) et ses coéquipiers, le cycliste aura fait usage de nombreuses drogues de performance.Tandis que Walsh mènera son enquête, au risque de perdre toute sa crédibilité, Armstrong fera ce qui est en son pouvoir pour que le programme de dopage ne soit pas révélé au grand jour : « Ce que l\u2019on voit dans le film, c\u2019est ce que les gens l\u2019ayant connu ont raconté.Armstrong était un bully.Oui, il a lutté dignement contre le cancer et il a créé sa propre fondation, Livestrong, afin d\u2019aider les gens souf frant d\u2019un cancer, mais en dehors de cela, c\u2019était un bully qui intimidait les gens se dressant contre lui.» D\u2019une esthétique clinique, Le programme offre un portrait sans merci de Lance Armstrong.À l\u2019exception de quelques rares scènes où surgit furtivement une part d\u2019humanité, le champion déchu apparaît comme un froid calculateur, un monstre d\u2019ambition et un pervers narcissique.Alors que la reine d\u2019Angleterre était humanisée dans The Queen, le Lance Armstrong décrit par le scénariste John Hodge (Trainspotting, Trance) et Stephen Frears pourrait passer pour un cousin éloigné de la marquise de Merteuil ou du vicomte de Valmont.À l\u2019instar des Liaisons dangereuses, certains gros plans silencieux du personnage central donnent littéralement froid dans le dos.On ne saurait toutefois dire que l\u2019auteur et le réalisateur ont forcé la note quant à la dimension psychologique du protagoniste.« Si les gros plans provoquent cet ef fet, c\u2019est tout simplement que j\u2019ai engagé un acteur puissant pour incarner Lance Armstrong et que les situations sont hors du commun.Je ne voulais pas du tout explorer sa psyché ni tenter d\u2019expliquer pourquoi il avait agi ainsi, je n\u2019ai fait que raconter les faits.J\u2019aurais trouvé cela présomptueux de ma part de faire autrement et de lui faire son procès.» Le programme est présentement à l\u2019affiche.Le Devoir La chute de l\u2019ange Stephen Frears dépeint un Lance Armstrong qui glace le sang dans The Program STÉPHANE BAILLARGEON FREDERICK M.BROWN GETTY IMAGES NORTH AMERICA AFP Stephen Frears of fre un portrait sans merci du cycliste Lance Armstrong.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Léa Pool a reçu les prix du meilleur film et de la meilleure réalisation pour La passion d\u2019Augustine.Lysandre Ménard (à gauche) était en nomination pour la meilleure actrice de soutien dans le même film, mais c\u2019est sa collègue Diane Lavallée qui a remporté la statuette.Gilbert Sicotte "]
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