Le devoir, 26 mars 2016, Cahier I
[" CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL LE 31E GRAND PRIX C A H I E R T H É M A T I Q U E I \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 Le Musée d\u2019art contemporain de Montréal et Les 7 doigts de la main, lauréats 2016 ex aequo Page I 2 Le Conseil des arts de Montréal souf?e ses 60 bougies Page I 5 PEDRO RUIZ LE DEVOIR Détail de la verrière Histoire de la musique à Montréal (1967) de Frédéric Back, installée à la station de métro Place-des-Arts CONSEIL DES ARTS L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 I 2 A N D R É L A V O I E L es superlatifs parsèment les propos de John Zeppetelli au moment d\u2019évoquer l\u2019été 2015, celui qui a accueilli Flux, l\u2019imposante rétrospective consacrée au sculpteur montréalais David Altmejd au Musée d\u2019art contemporain de Montréal (MAC).Pour le directeur de cette institution que l\u2019on croit trop souvent, à tort ou à raison, hermétique et élitiste, la saison estivale ne fut rien de moins que « fantastique, inoubliable, éclatante et exceptionnelle ».Le dixième directeur du MAC depuis sa fondation en 1964 ne cache pas que faire partie des finalistes du 31e Grands Prix du Conseil des arts de Montréal (CAM) représente un magnifique point d\u2019orgue à cette année sans doute charnière pour le musée, dont il a pris les rênes en 2013.Les 120 000 visiteurs venus admirer les œuvres démesurément extravagantes et provocantes d\u2019Altmejd, pour ensuite se plonger dans celles, plus intimistes, de Jon Rafman, un autre artiste montréalais, ont rassuré celui qui a fait de l\u2019accessibilité un des objectifs principaux de son mandat.Au moment de notre entretien, John Zeppe- telli ignorait qu\u2019il récolterait les grands honneurs du CAM, qui ont été remis le jeudi 24 mars au Palais des congrès de Montréal, ex aequo avec la troupe circassienne Les 7 doigts de la main.Il admet que l\u2019aventure David Alt- mejd a véritablement « testé les limites financières du MAC », mais le jeu en a valu la chandelle.«On savait que ça allait marcher», ajoute- t-il sur un ton sincère.Mais à ce point ?Il y a fort à parier que personne au musée, situé au cœur du Quartier des spectacles, aurait pu imaginer pareil engouement, même pas John Zeppetelli, qui savait mieux que quiconque que la cote de David Altmejd montait en flèche sur le marché de l\u2019art contemporain.« À l\u2019époque où je travaillais à la galerie d\u2019art contemporain DHC/Art auprès de la mécène Phoebe Greenberg [la fondatrice du Centre Phi], j\u2019ai participé à l\u2019élaboration du budget du Pavillon canadien alors que David représentait le Canada.J\u2019ai eu la chance de le connaître, et je n\u2019ai jamais cessé de suivre son travail.» Le directeur était également au fait que le Mu- dam du Luxembourg et le Musée d\u2019ar t moderne de Paris préparaient une exposition imposante, « et que le rêve de David était qu\u2019elle aboutisse à Montréal ».Dompter les monstres Le rêve est non seulement devenu réalité, mais il a comblé toutes les attentes: celles de l\u2019artiste, qui a pu modifier et enrichir les deux précédentes expositions pour sa venue triomphale à Montréal, sa ville natale, et celles de l\u2019équipe du MAC, dont Josée Belisle, la conservatrice attitrée de cet exploit, qui a maintenant pris sa retraite après 30 ans de bons et loyaux services.Quant à ceux qui ont eu la chance d\u2019admirer ces œuvres aux dimensions démesurées, certaines en plexiglas, d\u2019autres en miroirs savamment fracassés, ils ont pu constater qu\u2019elles ne se déplacent pas si facilement d\u2019un pays à l\u2019autre.John Zeppetelli confirme que le transport des œuvres faisait partie des grands défis à relever pour l\u2019exposition Flux, évoquant la pièce de résistance, The Flux and the Puddle, une installation impossible à embrasser d\u2019un seul coup d\u2019œil, fourmillant d\u2019objets de toutes sor tes, dont cer tains par ticulièrement macabres.« Cette œuvre se décline en 65 caisses », précise le directeur pour souligner le casse-tête logistique qu\u2019ont constitué les visions cauchemardesques d\u2019un artiste qui s\u2019est beaucoup gavé de films d\u2019horreur et de science-fiction.Cela n\u2019empêche pas David Altmejd, diplômé de l\u2019UQAM et de l\u2019Université Columbia, à New York, réputé timide et qui pourtant a su conquérir les médias montréalais, de disserter sur autre chose que ses simples préférences cinématographiques.Voilà d\u2019ailleurs un autre élément important du succès de Flux, et John Zeppe- telli en est particulièrement fier.« Ce n\u2019est pas une personne qui aime se prêter au jeu médiatique, dit-il sans l\u2019ombre d\u2019un reproche.Nous lui avons demandé de le faire, pour le Musée.Il a même accepté, malgré lui, d\u2019aller à Tout le monde en parle\u2026 une expérience qu\u2019il a finalement aimée.Ce qui me fascinait, c\u2019est qu\u2019il a donné de nombreuses entrevues et chaque fois, il disait des choses absolument délicieuses et per tinentes.» Pour John Zeppetelli, David Altmejd possède tous les atouts d\u2019un fantastique porte-parole de l\u2019ar t contemporain, pas du tout contaminé par ce que le conser vateur en chef du MAC appelle le «mumbo jumbo», c\u2019est-à-dire «un jargon spécialisé qui est intéressant pour 15 personnes, même si c\u2019est important aussi de s\u2019adresser à elles».L\u2019agrandissement, du rêve à la réalité?L\u2019histoire du MAC compte bien sûr d\u2019autres grands succès populaires tout au long de son histoire (The Dinner Par ty de Judy Chicago en 1982 ; l\u2019exposition Alfred Pellan en 1993 ; l\u2019événement photo de Spencer Tu- nick en 2001 ; The Clock de Christian Mar- clay en 2014), mais celui impliquant David Altmejd, de même que le coup de chapeau tout aussi précieux offert par le CAM, arrive à un moment important.Car John Zeppetelli, tout comme ses prédécesseurs, rêve de voir le musée s\u2019agrandir, même si, au fil des années, les ambit ions ont été revues à la baisse.Pour tout dire, il a les yeux maintenant rivés vers Ottawa, attendant fébrilement le premier budget du gouvernement libéral de Justin Trudeau.« Vous savez, Mélanie Joly, la ministre du Patrimoine, a débuté sa carrière publique au Musée », précise celui qui croit que cette présence au cabinet des ministres ne peut pas nuire pour obtenir l\u2019équivalent de la contribution du gouvernement du Québec (18,5 millions de dollars) pour cette transformation majeure.Celle-ci consiste bien sûr à augmenter les espaces d\u2019expositions, entre autres pour la collection permanente (on ne peut présenter que 500 œuvres parmi les 8000 que compte le MAC).Il faudra pour cela déménager dans un autre édifice les salles d\u2019entreposage, situées au sous-sol.Autre ambition pour celui qui a fait du rapprochement avec les visiteurs un de ses chevaux de bataille : une entrée plus près de la rue Sainte-Catherine, et plus chaleureuse, reprenant ainsi le message d\u2019ouverture qui fut si bien entendu au cours de l\u2019été 2015.Collaborateur Le Devoir MUSÉE D\u2019ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Un été si merveilleux LES 7 DOIGTS DE LA MAIN Jongler et danser avec les humains JOHN LONDOÑO 120 000 visiteurs sont venus admirer les œuvres démesurément extravagantes et provocantes de David Altmejd au Musée d\u2019art contemporain qui vient de remporter le 31e Grand prix du Conseil des arts, ex aequo avec Les 7 doigts de la main.R É G I N A L D H A R V E Y S amuel Tétreault est un homme occupé par les temps qui courent : artiste de cirque, mais aussi codirecteur ar tistique des 7 doigts de la main, il est en pleine répétition pour Triptyque, spectacle dont il dirige la production et dont la grande première aura lieu les premier et deux avril à Londres.C\u2019est notamment pour cette création, « magnifique exploration entre cirque et danse », que le Conseil a récompensé les 7 doigts de la main.Et qu\u2019en était-il au dépar t de ce collectif ?« Il a évolué au fil des années, mais à la fondation de la compagnie, on était sept col lègues, artistes de cirque et amis ; on s\u2019était croisé soit à l\u2019École de cirque pendant notre formation, soit avec le Cirque du Soleil durant une tournée ou dans les cabarets à l\u2019occasion d\u2019un numéro », se remémore Samuel Tétreault.Une idée commune germe et les rassemble : « On a décidé de former un groupe parce qu\u2019on avait envie de s\u2019exprimer en tant qu\u2019auteurs, que créateurs et que metteurs en scène, et pas seulement en tant qu\u2019interprètes sur scène.» C\u2019est ainsi qu\u2019est né le premier spectacle : « Il a été écrit, chorégraphié et dirigé à sept mains, et on était à la fois tous présents sur scène à titre d\u2019interprètes.» Quelques années plus tard, le collectif en deviendra un de directeurs artistiques : « On détermine ensemble quels projets ar tis - tiques on va réaliser chaque année, tout en essayant toujours de travailler en tandem pour chacun d\u2019eux.» Avec le temps, il était devenu évident que le fait de constamment monter des productions à MOUVEMENT CITOYEN POUR LES ARTS ET LA CULTURE culture montreal .ca Soutenez la culture au cœur du développement de Montréal Devenez membre CULTURE MONTRÉAL FÉLICITE TOUS LES FINALISTES DU 31E GRAND PRIX DU CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL.Ils étaient sept qui formaient un collectif, en 2002 ; depuis ce temps, ils ont fait apparaître la « vraie vie» sur des scènes variées, par le biais d\u2019une vingtaine de créations et de collaborations.Ils excellent dans la manière de conjuguer diverses formes d\u2019art pour mieux montrer les travers de l\u2019existence humaine.Ces gens de cirque ont fait porter leurs gestes et parler leurs inventions sur plusieurs scènes à travers le monde.On les célèbre partout où ils passent\u2026 et le Conseil des arts de Montréal faisait de même le jeudi 24 mars en leur décernant ex aequo son Grand Prix.ALEXANDRE GALLIEZ C\u2019est notamment pour Triptyque, «magnifique exploration entre cirque et danse», que le Conseil a récompensé les 7 doigts de la main.VOIR PAGE I 3 : JONGLER John Zeppetelli CONSEIL DES ARTS L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 I 3 Notre Conseil des arts un acteur incontournable de Montréal métropole culturelle 60 ANS ET PLUS QUE JAMAIS ACTUEL «La culture est le ciment de notre identité » sept était devenu trop laborieux: «C\u2019était magnifique cette énergie-là, cet esprit-là de tout faire ensemble au début, mais c\u2019est devenu utopiste : on a appris à se faire confiance et à savoir qu\u2019il y a vraiment quelque chose qui nous relie dans une vision artistique commune.» Un cirque à caractère humain Qu\u2019en est-il de cette vision ?«Ce que l\u2019on fait au-delà de tout, c\u2019est de parler de l\u2019être humain et d\u2019aller explorer l\u2019humanité des artistes qu\u2019on met sur scène.En réalité, on essaie d\u2019aborder nos spectacles comme du cirque d\u2019auteurs où il se passe quelque chose de personnel.» Samuel Tétreault pousse plus loin quant à la marque de commerce qui distingue la compagnie et sur l\u2019esprit qui l\u2019anime : il parle d\u2019un éventail de productions qui vont du numéro solo de clown à caractère original et expérimental de Patrick Léonard (un des membres fondateurs) présenté au théâtre La Chapelle (une centaine de places), à des collaborations pour les Jeux olympiques de Sotchi ou de Turin, en passant par la mise en scène d\u2019un spectacle présenté dans une salle de 12 000 personnes en Colombie.Mais il n\u2019en démord pas et assure que « le dénominateur commun dans tout ce qu\u2019on fait, c\u2019est qu\u2019on est toujours dans une quête pour parler de l\u2019être humain et montrer ultimement ce qui nous rassemble et nous rejoint tous en tant que tel».Le talent et la diversité salués Les 7 doigts de la main reçoivent le Grand Prix pour la production de Triptyque et pour leur mise en scène de Queen of the Night qui a été récompensé du prest igieux Drama Desk Award.Samuel Tétreault situe Triptyque dans la diversité caractéristique de la compagnie : « J\u2019avais envie de faire un spectacle qui marie le cirque et la danse.Dans à peu près tous nos spectacles, il y a toujours eu un rapport au mouvement, mais c\u2019était la première fois qu\u2019on se lançait dans une collaboration avec des chorégraphes autres que nous-mêmes ; on en fait, de la chorégraphie, mais notre formation de base ne relève pas d\u2019elle.On a donc exploré une rencontre et une fusion entre cirque et danse dans le but de développer un nouveau langage de cirque.Je crois que cette expérience nous a encore une fois amenés ailleurs par rapport à ce que les gens avaient été habitués à voir dans nos spectacles au cours des dernières années.» Il aborde en ces termes le spectacle Queen of the Night créé par Shana Carroll, une autre des fondatrices de la compagnie : « Il était plutôt unique en soi et il a été joué dans le sous-sol de l\u2019hôtel Paramount à New York.C\u2019était assez fabuleux; je n\u2019avais jamais rien vu d\u2019aussi poussé sur le plan de la création d\u2019une expérience pour le spectateur qui est presque un \u201cone on one\u201d.» Il rapporte en détail son déroulement pour conclure que « les spectateurs vivaient des moments très intimes avec les interprètes et que chacun d\u2019eux a participé à une expérience complètement différente».La grif fe des 7 doigts apparaissait là encore : « C\u2019était un mariage très théâtral : il y avait quelques personnages qui parlaient, puisque c\u2019était inspiré de l\u2019opéra La flûte enchantée de Mo- zar t ; celui-ci était traité de façon assez déjantée en mode cirque.» Et ça continue de plus belle\u2026 Les 7 doigts de la main, dont les activités artistiques se déroulent à l\u2019échelle planétaire, caressent chaque année, chacun de leur côté, un ou deux projets en développement.Aussi bien dire qu\u2019il y a «beaucoup de choses dans le fourneau en ce moment » , comme le laisse savoir Samuel Tétreault.Sans entrer dans une liste exhaustive, notons qu\u2019un opéra appelé La princesse du cirque sera monté à Moscou par un autre des fondateurs, Sébastien Soldevila, qui s\u2019attellera à la tâche en mai prochain.Une autre création plus traditionnelle et conforme à l\u2019esprit de la compagnie est prévue pour l\u2019automne : Réversible sera présenté à la Tohu, sous la direction de trois des fondatrices, soit Gypsy Snider, Isabelle Chassé et Shana Carroll.Pour sa par t, Samuel Té- treault se consacrera à la réalisation d\u2019un projet dans le cadre du 500e anniversaire de la mort du peintre hollandais Jérôme Bosch : « Il s\u2019agira d\u2019un spectacle de cirque que j \u2019ai écrit et d\u2019une coproduction danoise, hollandaise et québécoise fortement axée sur la vidéo, qui sera à l\u2019af fiche du théâtre Re- publique de Copenhague.» Collaborateur Le Devoir SUITE DE LA PAGE I 2 JONGLER Les 7 doigts de la main reçoivent le Grand Prix pour la production de Triptyque et pour leur mise en scène de Queen of the Night P R O P O S R E C U E I L L I S P A R H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Qu\u2019est-ce que cela signifie, pour vous, que Montréal soit une métropole culturelle?Montréal est un lieu d\u2019effervescence, un pôle extraordinaire de créativité et de design, reconnu à la fois par l\u2019UNESCO et par mes pairs à t ravers le monde .Par sa d i versité, elle a une signature unique.C\u2019est une ville d\u2019une très grande authenticité, la créativité y est chaleureuse, hospitalière.On a auss i l a Soc ié té des ar ts technologiques (SAT) ici, on parle donc de créativité numérique.I l y a sur tout, et sur ce terrain le Conseil des ar ts fait un travail fabuleux, une magnifique relation entre les créateurs, les artistes et à la fois le secteur privé et le secteur institutionnel.Vous évoquez la participation du secteur privé.C\u2019est fondamental selon vous que le milieu des affaires investisse dans la culture?La culture est l\u2019af faire de tous, c\u2019est un phénomène qui doit être inclusif.La culture fait par tie de l\u2019économie de Montréal.Ce n\u2019est pas une dépense, c\u2019est un investissement.C\u2019est un outil de développement social, durable, mais aussi économique.Il y a des dizaines de milliers d\u2019emplois qui s\u2019y rattachent.Montréal est une plaque tournante en Amérique du Nord de par ses festivals, ses musées, son savoir, ses organisations culturelles, sa gastronomie également.Cette effervescence favorise bien évidemment le tourisme, mais il y a aussi de très nombreux congrès qui sont organisés à Montréal, parce que c\u2019est une ville où il fait bon vivre.Comment définissez-vous cette signature?La culture est ici très citoyenne.Elle est historique, elle vient des différentes communautés qui se sont installées petit à petit à Montréal et qui ont appor té leur bagage culturel avec elles.Ici, comme le dit mon ami Gilbert Rozon, Molière rencontre Shakespeare.Ce métissage, cette mixité, cette diversité sont dans l\u2019ADN de Montréal et c\u2019est donc très logiquement qu\u2019ils vivent dans les quartiers.C\u2019est le ciment de notre identité.Il y a une véritable démocratie culturelle à Montréal et on va bien le voir notamment à l\u2019occasion des festivités du 375e.Oui, il y aura des célébrations dans la ville centre, mais tous les districts seront également fêtés.Ce qui est intéressant aussi dans les quartiers, c\u2019est la dimension intergénérationnelle.La culture est un passage intergéné- rationnel assez exceptionnel.Selon vous, le Conseil des arts accompagne bien toute cette diversité?Tout à fait, et d\u2019ailleurs, je trouve qu\u2019il vieillit bien du haut de ses soixante ans.Il ne faut pas que cette institution soit perçue juste comme un salon d\u2019élite et elle y par vient très bien.Il y a aujourd\u2019hui une plus grande démocratie à l\u2019intérieur.Il y a cette volonté de collaborer avec le milieu des affaires.Il y a aussi tout le travail qu\u2019elle fait sur le plan de la relève.Une relève diversifiée et populaire.Ailleurs dans le monde, on a parfois l\u2019impression que la culture est très élitiste.Ici, elle paraît effectivement se construire avec la population\u2026 Je vais vous raconter une anecdote.Il y a quelques semaines, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki- moon, était à Montréal.On fait un banquet et on demande à Gregory Charles de chanter.Ça finit par un blues de Montréal.Les corps consulaires étaient là et on avait malgré tout vraiment l\u2019impression que c\u2019était une fête familiale.Mais on a eu aussi une jeune de 13 ans, une virtuose, qui a interprété une pièce magnifique au violon.Ce mélange des genres et cette accessibilité font par tie de la mission de Montréal sur le plan culturel.Et le Conseil des arts y répond bien, je trouve.Vous parliez également de la SAT et de l\u2019ar t numérique.C\u2019est une pièce maîtresse de la vie culturelle montréalaise\u2026 C\u2019est majeur ! Le numérique, c\u2019est l\u2019avenir, c\u2019est le XXIe siècle, c\u2019est l\u2019intelligence, ce sont des outils de développement qui font reculer les frontières et qui nous mènent encore plus loin dans l\u2019émancipation et la définition de notre culture.Mais ce qui est intéressant encore là, c\u2019est le métissage, c\u2019est de mélanger le numérique avec d\u2019autres arts.Je me rappelle avoir vu dans le dôme de la SAT Kent Na- gano faire un événement qui mêlait sa musique à de l\u2019ar t numérique.Ça la rendait plus accessible.Je parlais de notre signature culturelle et d\u2019innovation :là, on est en plein de dedans.La culture montréalaise est donc en perpétuel mouvement.La ville doit d\u2019ailleurs se doter d\u2019une nouvelle politique culturelle.Où en est-on?On travaille là-dessus.Mais aujourd\u2019hui, tout va plus vite.Il ne s\u2019agit pas de faire un plan pour les cinq prochaines années.Tout change rapidement et ce que je souhaite être, c\u2019est le catalyseur, le facilitateur.Plus qu\u2019une politique, nous mettons sur pied une stratégie d\u2019accompagnement pour faire en sorte que la créativité puisse s\u2019exprimer, pour nous assurer que l\u2019environnement est fertile.Il y a de plus en plus de festivals, de plus en plus de jeunes entreprises, de plus en plus de relève, tant sur le plan musical que multimédia, que dans le domaine de l\u2019audiovisuel ou de l\u2019art contemporain.Nous travaillons au- jourd\u2019hui à un statut de métropole et ce statut doit nous donner les moyens et les outils pour assurer l\u2019épanouissement et l\u2019émancipation des artistes.À vous entendre, l\u2019ar t sous toutes ses formes est un pilier de votre administration, mais trouvez-vous que les Montréa- lais sont assez fiers de leur culture?Tout à fait, oui ! Les Mont- réalais sont curieux, ils sont perméables.On est ouver ts sur tout.On aime les événe- ments.Dans tous les festivals, il y a toujours du monde, pareil pour les premières de films.En cela, nous sommes très latins, mais notre diversité nous amène ailleurs.On aime expérimenter.On est des « es- sayeux ».C\u2019est pour ça que nous sommes des créatifs.Collaboratrice Le Devoir En deux ans, l\u2019administration Coderre a injecté un million de dollars supplémentaires dans le budget du Conseil des arts.En entrevue au Devoir, le maire de la métropole québécoise explique en quoi, selon lui, sa ville peu se targuer d\u2019avoir une signature culturelle unique au monde et comment le Conseil des arts favorise cette ef fervescence créative.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Selon le maire de Montréal, Denis Coderre, l\u2019art sous toutes ses formes est un pilier de son administration. CONSEIL DES ARTS L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 I 4 1 6 A U 2 7 N OV E M B R E Billets en vente maintenant TOHU.CA IBERVILLE JARRY « Une des plus fameuses compagnies de cirque du monde.» \u2014 Le Monde (France) R É V E R S I B L E N O U V E L L E C R É AT I O N PA R L E S 7 D O I T S D E L A M A I N e du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal! Alors que le Conseil des arts de Montréal célèbre cette année ses soixante années d\u2019existence, la responsable de la culture à la Ville, Manon Gauthier, revient sur l\u2019importance que revêt cette institution dans le paysage culturel montréalais et sur ses principales réalisations.La culture, composante essentielle du bonheur H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N « L a culture et les ar ts sont essentiels à la notion même de communauté montréalaise, croit Manon Gauthier, responsable de la culture, du patrimoine et du design à la V i l le de Montréal.Et le Conseil des ar ts vient fédérer, aux côtés de la Ville, cette notion de développement culturel que promeut notre administration.» La V il le f inance ainsi le Conseil des arts pour près de 14 millions de dollars cette année, soit un million de plus qu\u2019il y a deux ans, un engagement pris durant la campagne électorale qui s\u2019est concrétisé.Le budget dévolu à la culture est lui aussi en progression.« La culture n\u2019a pas écopé des contraintes budgétaires auxquelles n o u s f a i s o n s f a c e , commente Mme Gauthier.Car pour nous, la culture est un investissement, elle contribue au développement é c o n o m i q u e .N o u s voulons nous assurer que nos artistes et nos organismes culturels puissent continuer à s \u2019épanouir et à of frir aux Montréalais la meilleure qualité de vie qui soit.Car la culture est une composante essentielle du bonheur.» D\u2019autant plus à Montréal, croit-elle, parce que la notion de citoyenneté culturelle y est très for te.Ainsi, la Ville, comme le Conseil des ar ts, souhaite amener la culture aux citoyens, là où ils vivent, là où les artistes créent, là où les familles choisissent de s\u2019établir.« On a un cœur culturel très fort avec de grandes manifestations dans le Quartier des spectacles et dans dif férents endroits d\u2019envergure, concède-t- elle.Mais la culture à Montréal rayonne à travers tous les arrondissements.Nous souhaitons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour développer cette notion de quartier culturel.Et c\u2019est la synergie qui existe entre la Ville et le Conseil des arts qui nous permet d\u2019aller là où les citoyens vivent.Car le développement culturel des quartiers a forcément des retombées, notamment sur les commerces de proximité.» Mme Gauthier pense notamment au réseau Accès Montréal, aux maisons de la culture, aux bibliothèques, ou encore à la tournée du Conseil des arts, ce programme qui, chaque année, supporte et regroupe cinq cents présentations environ, circulant d\u2019un bout à l\u2019autre de l\u2019île de Montréal.Les citoyens ont ainsi accès, près de chez eux, gratuitement ou à peu de frais, à une diversité d\u2019expositions, de concerts, de spectacles, d\u2019activités littéraires et de films.Et du même coup, le Conseil aide les artistes à prolonger la vie de leurs œuvres et à accroître leur rayonnement.Et ce, depuis 1983.« Quand on arrive à trans- por ter l\u2019Orchestre Métropolitain avec Yannick Nézet-Sé- guin à l\u2019église Notre- Dame-des-Sept-Dou- leurs de Verdun, c\u2019est sûr que ça a un impact sur la communauté, af firme la Madame culture de la Ville de Montréal.Eh bien, ça, sans le Conseil des ar ts, ce ne serait pas forcément accessible aux Montréalais.Or, lorsqu\u2019on assiste à un événement de cette envergure dans un quar tier, inévitablement, après le concert, on souhaitera manger une petite bouchée au restaurant ou passer chez son libraire.Chaque événement, aussi petit soit-il, qui permet de créer des moments de rencontre, génère, de manière générale, un impact économique dans le quartier dans lequel il se déploie.» Toujours selon la responsable de la culture, les bibliothèques jouent également un très grand rôle dans le dispositif mis en place.La V ille souhaite ainsi en enrichir la programmation.« Ça dépasse la littérature, précise-t-elle.Nous souhaitons que les bibliothèques deviennent le troisième lieu de vie après la maison et le travail ou l\u2019école.On dit souvent que l\u2019intégration passe par la par ticipation.Alors la citoyenneté culturelle doit elle aussi être représentative de sa diversité.Lorsqu\u2019on arrive à Montréal et qu\u2019on s\u2019établit dans un quartier, notre premier contact avec la vie culturelle se fait souvent par l\u2019entremise du réseau des bibliothèques.On y va pour lire mais aussi pour avoir accès à la technologie.Les jeunes notamment.Il faut arriver à leur rendre ces lieux plus accessibles.Les bibliothèques ne sont plus, par exemple, les lieux de silence qu\u2019ils ont été, et c\u2019est tant mieux.» Autre geste important, les mesures d\u2019appui aux ateliers d\u2019artistes.Que ce soit dans le Mile-End sur l \u2019avenue de Gaspé, dans l\u2019édifice Bovril, au coin de Parc et de Van Horne, ou plus récemment sur la rue Sainte-Catherine d a n s H o c h e l a g a - M a i s o n - neuve ou encore dans l\u2019ancienne tour d\u2019aiguillage Well ington dans Grif f intown, transformée en espace culturel por teur d\u2019innovation, la Ville souhaite permettre aux ar tistes de s\u2019approprier des lieux propices à l\u2019échange et à la créativité.«Bien sûr, les nouvelles technologies et le numérique font partie intégrante de toutes ces dispositions, précise Mme Gauthier.Aujourd\u2019hui, la culture évolue très vite et nous devons en ternir compte.C\u2019est d\u2019ailleurs pour cela qu\u2019en collaboration toujours avec le Conseil des arts, nous sommes actuellement en consultation en vue de renouveler la politique culturelle de la Ville.La dernière a au- jourd\u2019hui dix ans.Il s\u2019est passé beaucoup de choses depuis et la prochaine, que nous envisageons sur un horizon de cinq ans, devra intégrer toutes les nouvelles formes d\u2019art.» Tous les milieux, tant institutionnels que communautaires, les industries, les mécènes, les philanthropes, les jeunes et moins jeunes sont donc aujourd\u2019hui consultés.Montréal compte aussi sur l \u2019appui de Québec et d\u2019Ottawa.Une première mouture de la nouvelle politique culturelle sera déposée un peu plus tard ce printemps et la version finale sera adoptée dans le courant de l \u2019année prochaine.«Nous avons démarré le processus très en amont afin de pouvoir consulter tous les milieux concernés, conclut Ma- non Gauthier.Mais tout ce que nous pouvons dire à ce stade, c\u2019est que cette nouvelle politique sera résolument axée sur l\u2019économie de la créativité.» Collaboratrice Le Devoir Manon Gauthier LINOCIPRESSO Le spectacle The Rendez-Vous de la compagnie de cirque Le Radiant sera présenté dans le cadre du Conseil des arts de Montréal en tournée les 16, 17 et 23 avril prochains.Il y a un conseil des arts du Québec et un du Canada, mais celui de Montréal se targue d\u2019être celui où tout commence pour les artistes qu\u2019il repère, accompagne et soutient.En plus de sillonner les quartiers pour savoir tout ce qu\u2019il s\u2019y fait d\u2019un point de vue artistique, le Conseil des arts de Montréal (CAM) y attire des productions.Entrevue avec Nathalie Maillé, la directrice générale arrivée en poste en 2013.M A R T I N E L E T A R T E D es spectacles de fin d\u2019année, des programmes de musique, des clubs de jazz, des petits restaurants du quartier portugais où des musiciens se produisent, des fêtes communautaires, des sous-sols d\u2019église : ce sont tous des lieux que fréquentent assidûment les sept membres du comité d\u2019évaluation Musique du Conseil des arts de Montréal.Leur mission ?Repérer des talents.« Le repérage et l\u2019accompagnement d\u2019artistes ont été ajoutés à notre mission en 2013, parce que ce sont vraiment nos éléments distinctifs », affirme Nathalie Maillé.Chaque soir, donc, les membres des comités d\u2019évaluation, tous des bénévoles sélectionnés avec soins pour assurer une diversité de points de vue, se présentent dans des lieux de diffusion traditionnels et non traditionnels.«Les spécialistes des disciplines, de la diversité ou de la relève peuvent ensuite accompagner des collectifs d\u2019artistes pour leur permettre d\u2019éclore, leur faire connaître des organismes, des lieux de dif fusion montréalais, des programmes et des stages offerts pour les aider», explique Mme Maillé.Puis, le CAM peut décider de leur verser des subventions, qui vont de quelques milliers de dollars pour les petites organisations à quelques centaines de milliers de dollars pour les grandes institutions montréalaises comme le Musée des beaux-arts de Montréal et l\u2019Orchestre symphonique de Montréal.« C\u2019est à partir de ce qu\u2019ils voient, et non de dossiers qu\u2019ils lisent, que les bénévoles font leurs recommandations au conseil d\u2019administration du CAM, précise Mme Maillé.Souvent, c\u2019est du CAM qu\u2019un organisme artistique reçoit sa première subvention, puis les autres conseils des arts suivent.» Dans les quartiers Le CAM se rend dans les différents quartiers de Montréal pour aller à la rencontre des artistes, mais il va aussi à la rencontre des publics.Depuis 32 ans, grâce à son programme de tournées, il présente des spectacles à Ho- chelaga-Maisonneuve comme à Pointe-Claire, en passant par Ahuntsic.« Nous travaillons avec tous les arrondissements et les villes liées pour nous assurer que les résidents peuvent assister à des spectacles d\u2019envergure près de chez eux, à prix réduit ou gratuitement, l\u2019année après que le spectacle a été présenté au centre-ville », explique Nathalie Maillé.Le CAM subventionne ainsi 400 événements par année pour s\u2019ancrer dans les communautés.Souvent, il organise aussi des rencontres entre le public et les artistes.Il y a aussi plusieurs programmes de résidence d\u2019artistes, notamment d\u2019écrivains jeunesse dans des écoles.«C\u2019est une forme de médiation culturelle, mais d\u2019abord, à la base, c\u2019est un travail de création qui se fait dans un lieu public », explique Mme Maillé.Pour arriver à réaliser cet ancrage dans les communautés, le CAM travaille avec une centaine de partenaires de différents horizons et il agrandit son réseau en ce moment en commençant à travailler avec des villes de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) comme Longueuil, Sainte-Julie et Terrebonne.« Nous avons mis sur pied un programme de cocréation où on s\u2019échange des artistes, explique la directrice générale du CAM.Par exemple, un artiste de Longueuil s\u2019est installé dans un quartier de Montréal et travaille sur un projet qui implique des citoyens, alors qu\u2019on envoie un artiste de Montréal à Sainte-Julie.L\u2019objectif est d\u2019établir le dialogue entre Montréal et les villes de la communauté.Nous croyons que les arts et la culture sont un vecteur de rapprochement.» Les priorités Pour prendre le pouls du terrain et cibler des enjeux stratégiques, le CAM consulte régulièrement ses bénévoles.Dernièrement, la question de l\u2019équité a fait surface.« Il a fallu réfléchir au type de soutien qu\u2019on of frait aux artistes, indique Nathalie Maillé.Nous avons décidé en décembre dernier d\u2019augmenter le financement accordé aux artistes de la relève et issus des dif férentes communautés culturelles.» Le CAM a aussi des programmes pour mettre à la disposition des artistes issus de la relève ou de l\u2019immigration ses studios de répétition dans la Maison du Conseil des arts, l\u2019ancienne Bibliothèque centrale de Montréal face au parc Lafontaine.Il a ainsi commencé à travailler par priorités plutôt que par disciplines artistiques.Autre priorité : stimuler la philanthropie culturelle auprès de la communauté d\u2019af faires montréalaise.« On joue les entremetteurs pour aider le milieu artistique montréalais à se développer un réseau auprès des gens d\u2019af faires », précise Mme Maillé.Des projets par discipline ont tout de même encore leur place.Par exemple, Composite a été lancé l\u2019automne dernier pour permettre à des organisations du domaine des arts numériques, comme Mutek et Electra, de rencontrer des gens de l\u2019industrie provenant d\u2019entreprises comme Ubisoft et Moment Factory.«L\u2019objectif est que les différents acteurs sachent mieux ce qui se fait dans le grand domaine du numérique à Montréal pour que des partenariats puissent se faire», précise Mme Maillé qui a rem- por té en novembre un prix du Réseau des Femmes d\u2019affaires du Québec.Le CAM, qui célèbre son 60e anniversaire cette année, voit son budget accordé par l\u2019agglomération de Montréal croître depuis plusieurs années, malgré les temps d\u2019austérité.Il a cru d\u2019un demi-million de dollars cette année.« Cela confirme qu\u2019on reconnaît la place prépondérante des arts et de la culture dans l\u2019agglomération de Montréal, croit Mme Maillé.On sent que le maire de Montréal, son administration et toutes celles des villes liées sont convaincus de l\u2019importance de soutenir les artistes.» La CAM a un budget annuel de 14 millions de dollars, dont 12 sont consacrés aux subventions.En plus de ses 23 employés, il peut compter sur 80 bénévoles.Collaboratrice Le Devoir Le conseil des arts de la proximité Il a fallu réfléchir au type de soutien qu\u2019on offrait aux artistes, indique Nathalie Maillé.Nous avons décidé en décembre dernier d\u2019augmenter le financement accordé aux artistes de la relève et issus des différentes communautés culturelles.Nathalie Maillé, directrice générale du Conseil des arts de Montréal « » Nathalie Maillé CONSEIL DES ARTS L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 I 5 Le Conseil des arts de Montréal souffle ses 60 bougies Investir en culture entraîne un cercle vertueux.On n\u2019a pas le luxe de s\u2019en priver.Cependant, on ne peut s\u2019en remettre uniquement au gouvernement pour soutenir la culture.Il faut réinventer des façons de faire en impliquant le privé.Tout est dans la juste part des choses.Le président du Conseil des arts de Montréal, Jan-Fryderyk Pleszczynski « » M A R I E L A M B E R T - C H A N E n 1956, le Conseil des arts du Canada n\u2019existait pas e n c o r e .P a s p l u s q u e l e Conseil des arts et des lettres du Québec.Seuls Vancouver et la Saskatchewan avaient le leur.On peut dire que Montréal a alors fait figure de précurseur en instaurant le sien.Soixante ans plus tard, le Conseil des arts de Montréal (CAM) est toujours là, plus vivant que jamais.« Cet anniversaire nous donne l\u2019occasion de souligner cer tes notre longévité, mais d\u2019abord et avant tout de célébrer les artistes qui nourrissent la vitalité culturelle montréalaise.C\u2019est à eux qu\u2019on la doit : ils nous font rêver, nous bouscu- l e n t , n o u s p r o v o - quent\u2026», déclare bien humblement le président du CAM, Jan- Fryderyk Pleszczynski.Cela dit, il reconnaît que le Conseil a joué un rôle non négligeable dans cette dynamique, « puisqu\u2019il a lui-même participé à la naissance de plusieurs organisations artistiques, grandes et petites, qui ont aussi atteint un âge vénérable ».Certaines d\u2019entre elles se retrouvent d\u2019ailleurs en lice pour le 31e Grand Prix du CAM : le Centre des auteurs dramatiques (CEAD), la maison de distribution Les Films du 3 mars et la compagnie Louise Bédard Danse font partie du paysage culturel de la métropole et de la province depuis respectivement 50, 10 et 25 ans.« Côté aide financière, nos moyens sont plus limités que ceux du Conseil des ar ts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec.En revanche, notre coup de pouce financier agit souvent comme une bougie d\u2019allumage qui attire par la suite l\u2019intérêt des élus et du mécénat privé », es- t ime Jan-Fr yder yk Pleszc- zynski.Il ajoute que les interventions du CAM se décli - nent au-delà du financement et prend en exemple la création de programmes de men- torat et de jumelage.« Je me souviens d\u2019avoir eu des entretiens avec des artistes et des organisations qui ont bénéficié du soutien du CAM, rap- porte-t-il.Plusieurs m\u2019ont alors répété : \u201cVous avez été là depuis nos débuts.C\u2019est ce qui nous a permis de nous lancer et d\u2019être encore là après toutes ces années.\u201d Chaque fois, c\u2019est un pari remporté ! » Retombées multiples Jan-Fryderyk Pleszczynski rappelle que la culture est un levier économique important et que l\u2019industrie culturelle montréalaise en témoigne.En 2013, le secteur culturel représentait 82 000 emplois \u2014 près du double de la main- d\u2019œuvre de l\u2019industrie aérospatiale ou celle des sciences de la vie \u2014 et a généré 11 milliards $ en valeur ajoutée dans l\u2019économie, soit environ 6 % du PIB montréalais, selon une étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain publiée en 2015.« C\u2019est majeur ! s\u2019exclame le président du CAM.On a tendance à réduire les politiques publiques en matière culturelle à des dépenses alors que c\u2019est tout l\u2019inverse.C\u2019est un véritable investissement et ces chif fres nous le prouvent.» L\u2019économie n\u2019est pas la seule à en profiter.« La diversité du paysage culturel est le reflet de l\u2019âme d\u2019une société, affirme Jan- Fryderyk Pleszczynski.Ses retombées sont majeures pour la santé publique, la persévérance et la réussite scolaires, la productivité, l\u2019engagement social et j\u2019en passe.» Il cite des recherches montrant que l\u2019éducation en art améliore les résultats scolaires, augmente les chances de réussite professionnelle et encourage l\u2019engagement des citoyens dans leur communauté ; que la participation à des activités culturelles bonifie la santé et le bien-être ; que les œuvres d\u2019art en milieu de travail font grimper la productivité et diminuent le stress des travailleurs.« Investir en culture entraîne un cercle ver tueux, constate Jan-Fr yder yk Pleszczynski.On n\u2019a pas le luxe de s\u2019en priver.Cependant, on ne peut s\u2019en remettre uniquement au gouvernement pour soutenir la culture.Il faut réinventer des façons de faire en impliquant le privé.Tout est dans la juste part des choses.À ce chapitre, il y a du bon qui émerge.» La relève philanthropique à la rescousse S\u2019il s\u2019opère divers changements dans l\u2019univers de la philanthropie culturelle, aucun ne retient autant l\u2019attention que l\u2019émergence des jeunes mécènes.« Il y a une nouvelle génération qui s\u2019installe et prend de plus en plus sa place.Ils donnent à la hauteur de leurs moyens et, pour avoir plus de poids, se regroupent.Mais ils ne sont pas là que pour signer des chèques.Ils mettent sur pied toutes sortes de projets comme des initiatives pour supporter les œuvres d\u2019ar t publiques et pour soutenir de nouvelles bourses.On ne voyait pas ça il y a quelques années », obser ve Jan-Fryderyk Pleszczynski qui a reçu l\u2019an dernier le prix Arnold Edinborough, une récompense soulignant l\u2019engagement bénévole d\u2019un jeune professionnel de moins de 40 ans dans le monde des arts.D é s o r m a i s , à p e u p r è s toutes les institutions culturelles ont leur comité de jeunes philanthropes, qu\u2019on songe aux Jeunes Premiers du Théâtre du Nouveau Monde, au Club des jeunes ambassadeurs de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal ou au Cercle des Printemps du Musée d\u2019art contemporain de Montréal.«Les plus petites organisations en bénéficient également, car ces jeunes cherchent aussi à les aider », fait remarquer M.Pleszczynski.Cette relève s\u2019annonce très «prometteuse», ajoute-t-il.«Non seulement ils réussiront à instiller ce désir de redonner chez d\u2019autres jeunes, mais leurs moyens augmenteront avec les années.Ils seront plus à même de soutenir les causes qui leur sont chères.Et ce sera drôlement stimulant pour Montréal !» Collaboratrice Le Devoir PAVILLON POUR LA PAIX MICHAL ET RENATA HORNSTEIN OUVERTURE : NOVEMBRE 2016 MBAM.QC.CA P H O T O D O U G & W O L F Le MBAM est le plus important musée d\u2019art au Canada.Depuis 1956, l\u2019organisme participe à l\u2019épanouissement du Montréal culturel.Il a vu naître et croître des artistes connus aujourd\u2019hui de par le monde.Sans son apport, la métropole ne pourrait jouir d\u2019une telle vitalité artistique, dont les retombées sont aussi diverses qu\u2019importantes.Entretien avec son président, Jan-Fryderyk Pleszczynski.SOURCE CAM Premier conseil d\u2019administration du Conseil des arts de la région métropolitaine de Montréal, 7 décembre 1956 : (1re rangée) John Sullivan, Roger Duhamel, Mme William Budden, Jean Drapeau, maire de Montréal, Mgr Olivier Maurault, Gratien Gélinas, Annette LaSalle-Leduc, (2e rangée) Jacques Laroche, John Pratt, Ruben Lévesque, Léon Lortie, Ferdinand F.Biondi, (3e rangée) Robert Élie, Rupert Caplan, Lactance Roberge, Philippe Ferland et Walter O\u2019Hearn.Jan-Fryderyk Pleszczynski CONSEIL DES ARTS L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 I 6 A N D R É L A V O I E O btenir une nomination d a n s l e c a d r e d e s 31es Grands Prix du Conseil des ar ts de Montréal représente une véritable consécration pour Pierre Labbé, l\u2019âme dirigeante de Sacré Tympan, une compagnie vouée aux délices de la musique pour petits et grands.Il y a plus de dix ans que ce compositeur et multi-instru- mentiste, jouant principalement de la flûte et du saxophone, a décidé d\u2019avoir le plein contrôle sur ses projets, même s\u2019il ne refuse jamais de collaborer avec d\u2019autres musiciens ou troupes de théâtre.Pour le fondateur et directeur, celui qui tient à bout de bras cet organisme depuis ses débuts, cette tape sur l\u2019épaule du Conseil souligne autant sa persévérance que le caractère festif de Parlures et parjures, un spectacle créé en 2014 avec le conteur Michel Faubert et les musiciens Bernard Falaise et Pierre Tanguay.Pierre Labbé rêve de trimballer ce spectacle, présenté à douze reprises au courant de l\u2019année 2015, en Europe francophone, convaincu que cet heureux mélange de « textes traditionnels et d\u2019accompagnements musicaux aux sonorités contemporaines » peut charmer d\u2019autres publics.Il lui souhaite une vie aussi longue que certaines de ses créations destinées à la jeunesse, dont Pierre et le pou, déjà couronnée d\u2019un Prix Opus pour la meilleure production jeune public.Or, il le sait, « tout cela demande des moyens », d\u2019où l\u2019impor tance de la reconnaissance du Conseil des arts de Montréal pour relancer la curiosité autour de Parlures et parjures.À la base de tous ses spectacles, et peu importe à qui il s\u2019adresse, Pierre Labbé est animé d\u2019un profond désir de métissage doublé d\u2019une volonté de susciter des rencontres, tout en étant allergique aux étiquettes.Un jeu d\u2019équilibriste pas toujours facile à suivre aux yeux de certains, alors que lui s\u2019y sent à l\u2019aise comme un poisson dans l\u2019eau.« Dans certains milieux, on dit que je fais de la pop, tandis que d\u2019autres trouvent mon approche pointue, regrette le fondateur de Sacré Tympan.Ma musique est une rencontre entre le rock, le jazz, les musiques classiques et les musiques contemporaines.Je suis vraiment sur tous les fronts, peu importe que j\u2019écrive pour la jeunesse, un orchestre de 12 musiciens ou un chœur.Ma démarche est très organique, proche du monde.» Il en veut pour preuve l\u2019enthousiasme autour de Par- lures et parjures, « qui n\u2019est pas un one-man-show de Michel Fauber t ».« Michel, c\u2019est d\u2019abord un ami, précise Pierre Labbé, mais c\u2019est surtout un formidable conteur, une encyclopédie de la poésie québécoise et un artiste qui a très bien compris mon ambition, celle de mélanger toutes sortes de disciplines et de styles pour aller ailleurs.» Avec un nom tel que Sacré Tympan, on pourrait croire que Pierre Labbé, en baptisant ainsi sa compagnie, souhaitait y donner une connotation quasi religieuse.«Oui, c\u2019est religieux, mais c\u2019est aussi auditif, et ça évoque également l\u2019idée d\u2019une bonne blague, d\u2019une tape dans le dos, décrivant quelque chose d\u2019à la fois sérieux et humoristique.Au fond, je trouvais que ça sonnait bien !» Collaborateur Le Devoir SACRÉ TYMPAN L\u2019oreille musclée PATRICK LAROQUE Parlures et parjures avec Pierre Labbé, Michel Faubert, Pierre Tanguay et Bernard Falaise C L A U D E L A F L E U R L es Films du 3 mars (F3M) ont été retenus comme finaliste du 31e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal « pour le caractère unique de son mandat, pour l\u2019accompagnement exemplaire de chaque titre de son catalogue ainsi que pour son flair à dénicher des œuvres impor tantes de créateurs indépendants, connus, issus de la relève ou de la diversité culturelle».Il s\u2019agit d\u2019une OSBL qui propose une démarche originale en ce qu\u2019elle dif fuse, distribue et fait la promotion d\u2019œuvres audiovisuelles, sur tout support existant, de nos cinéastes indépendants.«Les Films du 3 mars sont nés de la volonté de cinéastes, de producteurs et d\u2019auteurs indépendants de créer un organisme à but non lucratif pour faire la distribution de courts et de longs métrages ainsi que de documentaires indépendants, explique Anne Paré, directrice générale de F3M.Et le 3 mars [2005], c\u2019est la journée de fondation de notre organisme!» F3M n\u2019est pas une boîte de production, poursuit-elle, mais c\u2019est le seul organisme de distribution ayant une expertise de sortie de films en salle.Sa collègue Clotilde Vatrinet, directrice des projections publiques, précise : « Nous nous sommes donné comme mission de dif fuser les longs métrages documentaires en salle puisque, à l\u2019époque, il n\u2019y avait pas beaucoup de distributeurs privés qui voulaient prendre le risque de porter à l\u2019écran des documentaires québécois.Il s\u2019agissait donc de projets orphelins.» Par conséquent, F3M est soutenu financièrement par les trois conseils des arts (de Montréal, du Québec et du Canada) afin justement de dif fuser le cinéma indépendant.« Le cinéma qu\u2019on dit un peu plus à risque », comm e n t e M m e P a r é .N o u s sommes donc les seuls à Montréal qui possédons une expertise de sor tie en salle et sur tous les autres marchés ».Accompagnement Selon les besoins, l\u2019équipe de F3M accompagne aussi les cinéastes et producteurs à toutes les étapes de la réalisation d\u2019un projet, de la scénari- sation jusqu\u2019au montage final.Comme le décrit Anne Paré, F3M accueille tout type de projet à diverses étapes.«Certains sont encore à l\u2019étape de projet ou de l\u2019écriture, d\u2019autres en sont au premier montage ou déjà finis, dit-elle, et nous, nous avons cette par ticula- rité d\u2019accompagner le cinéaste dans toute sa démarche.» Clotilde Vatrinet ajoute que le fait de se joindre à un projet encore à l\u2019étape du scénario permet de mieux l\u2019accompagner.«Parfois, nous allons \u201cenligner\u201d un cinéaste sur comment faire son film, dit-elle, puisque certains viennent nous voir avec un besoin d\u2019accompagnement.» Par la suite, Les Films du 3 mars s\u2019occupent de la mise en marché du film.Clotilde Vatrinet se charge des projections publiques partout dans le monde, y compris dans les festivals, ainsi qu\u2019un peu partout à travers le Québec.De son côté, Sarah Junique sollicite le plus grand nombre possible de salles de cinéma, ainsi que les télédiffuseurs, le marché éducatif, les commerces spécialisés, etc.De plus, F3M conclut des partenariats avec des agents internationaux, tout en offrant ses films sur DVD ou via iTunes, Amazon et par l\u2019entremise de sa propre plateforme, f3msur- demande.ca.«Alors là, nous rendons vraiment très accessible le cinéma indépendant québécois », lance joyeusement Anne Paré.Collaborateur Le Devoir LES FILMS DU 3 MARS Donner accès à notre cinéma indépendant Anne Paré C L A U D E L A F L E U R «O n ne se le cachera pas, les temps sont dif ficiles, tout le monde se plaint du manque d\u2019assistance dans les salles, que ce soit au théâtre comme en danse.De nos jours, les gens préfèrent louer des films ou passer leur temps sur les réseaux sociaux, mais nous, nous of frons de l\u2019émotion à fleur de peau ! Nous offrons toutes sortes de couches par rapport au corps, aux émotions, à l\u2019esthétisme\u2026» C\u2019est le constat que dresse Louise Bédard, qui a fondé il y a vingt ans sa compagnie de danse.Cel le -c i se retrouve f inal iste au 31e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal «pour la contribution artistique constamment renouvelée de sa directrice au paysage artistique montréalais, dont le cycle Série Solos et la reprise de Cartes postales de chimère, une œuvre phare de son répertoire qu\u2019elle confiait à deux interprètes de la nouvelle génération, illustrent toute la richesse».« Ma compagnie est vouée à la recherche et à la création en danse contemporaine, explique la directrice générale.Ce n\u2019est pas une école de danse, mais une compagnie de création.» Avant de fonder Louise Bédard Danse, Mme Bédard dansait pour dif férents chorégraphes, tout en créant ses propres œuvres.« Mais je n\u2019avais pas beaucoup de suppor t pour ce faire, dit-elle, et on m\u2019a suggéré de fonder une compagnie, ce qui me permettrait d\u2019obtenir des subventions.» Voilà donc qui lui permet d\u2019exprimer sa « propre voix » comme chorégraphe et interprète, dit-elle.Ainsi, dès le départ, Louise Bé- dard a présenté ses propres solos, puis elle a conçu des pièces de groupe.« Et depuis, je procède par alternance\u2026 » Créativité Qu\u2019est-ce qui fait sa particularité ?Louise Bédard estime n\u2019avoir jamais versé « dans le goût du jour » .« Je n \u2019ai jamais cherché à présenter quelque chose parce que je savais que le public aimerait cela, précise-t-elle.Je fais avant tout les choses parce que j\u2019y crois.» De la sorte, elle considère présenter des œuvres « authentiques », c\u2019est- à-dire non pas un «produit » mais bien de la création, «quelque chose d\u2019original que personne d\u2019autre n\u2019a fait, dit-elle.J\u2019essaie toujours de passer beaucoup de choses aux danseurs et je pense que ça fait quelque chose d\u2019unique.» Mme Bédard donne en exemple sa plus récente création, La Demarquise, dif fusée à la mi-mars à l\u2019Agora de la danse.« Je me suis inspirée de femmes créatrices qui ont fait des œu- vres \u2013 autant d\u2019une photographe que d\u2019une peintre ou d\u2019une collagiste \u2014 et j\u2019aime faire connaître ces sources d\u2019influence.Je n\u2019essaie pas d\u2019illustrer ce qu\u2019elles ont fait, parce que c\u2019est impossible, mais ça m\u2019inspire et j e p a r s d e l e u r s i m a g e s , d e c e s femmes, et mon imaginaire tout de suite se met en branle.Je suis stimulée par leur travail\u2026 » De la sorte, Mme Bédard nous présente un cycle d\u2019œuvres dédiées à des femmes créatrices.Mais il y bien d\u2019autres sources qui influencent son travail, s\u2019empresse-t-elle d\u2019ajouter : « des gens que je croise sur la rue, des femmes avec qui j\u2019ai déjà travaillé, des livres que j\u2019ai lus, etc.».« Et je puis dire que, même après vingt-cinq ans de carrière, je me pose toujours des tas de questions, que je suis toujours en réévaluation, lance-t-elle en riant.Pour moi, ce qui impor te avant tout, c\u2019est la chorégraphie, la création, la recherche ! » Collaborateur Le Devoir Louise Bédard Danse, ou l\u2019art de créer de la sensibilité Pour souligner son 10e anniversaire, la Grande Bibliothèque accueille Gilbert Turp à titre d\u2019écrivain en résidence.Venez le rencontrer tous les mardis de 13 h 30 à 17 h 30 jusqu\u2019au 26 avril.La réalisation de cette activité est rendue possible grâce à un partenariat avec le Conseil des arts de Montréal.banq.qc.ca félicite tous les ?nalistes du 31e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal.Phot o : S a s h a B r u n e l l e VALESKA G.« Ma compagnie est vouée à la recherche et à la création en danse contemporaine », explique la directrice générale de Louise Bédard Danse, Louise Bédard.«Pour moi, ce qui importe avant tout, c\u2019est la chorégraphie, la création, la recherche!» CONSEIL DES ARTS L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 I 7 robate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 cost er \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monte maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écriva dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeu lairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 choré phe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepte monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpte écriva éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compo ur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseu orégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 conce ur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpte écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compo ur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseu orégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 conce ur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpte écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compo Rejoignez-nous sur Facebook www.facebook.com/caissedelaculture Siège social \u2013 215, rue Saint-Jacques Ouest, Bureau 200, Montréal (Québec) H2Y 1M6 (514) CULTURE - 1 800 305-ARTS caissedelaculture.com Félici ations ux gagn n s et à ous le fin list s! LA SERRE-ar ts vivants appuie dans leurs démarches de création des artistes en émergence en provenance de dif férentes disciplines.Ses activités se déploient sous les volets du soutien aux ar tistes et de la production d\u2019événements à caractère national et international.R É G I N A L D H A R V E Y L e Conseil des arts de Montréal a retenu LA SERRE à titre de finaliste du Grand Prix «pour une année de rayonnement international inédit et pour son rôle de catalyseur d\u2019innovation auprès de la jeune création d\u2019avant-garde en arts vivants ».Cet organisme lance de cette manière une « invitation au dialogue entre ar tistes de toutes disciplines».Jasmine Catudal et Vincent de Repentigny sont codirecteurs de LA SERRE-arts vivants, dont ils décrivent ainsi la mission : «On met à la disposition des artistes émergents des environnements favorables à la création d\u2019œuvres fortes et à leur rayonnement, par toutes sor tes de moyens», fait savoir la première.Son codirecteur intervient : « Il y a le volet d\u2019accompagnement dans les dif férentes étapes de la création, dont celles de la recherche, de la production et du développement de l\u2019œuvre ; on est là du tout début à la fin, soit jusqu\u2019à la dif fusion et à la rencontre avec le public.» Vincent de Repentigny poursuit avec l\u2019autre aspect des activités : « On produit des événements.Il y a, par exemple, le OFFTA qui existe depuis dix ans et qui est vraiment une plate-forme pour le rayonnement national et international des artistes émergents.» Le OFFTA est une manifestation artistique annuelle créée dans l\u2019environnement du Festival TransAmériques (FTA) ; elle est consacrée à la jeune création d\u2019avant- garde en arts vivants.M.de Repentigny fournit l\u2019exemple d\u2019une autre réalisation appelée « Nous sommes ici » : «Elle s\u2019adresse aux diplômés des écoles d\u2019art qui viennent passer une première semaine de résidence pour développer un projet de création pluridisciplinaire au Théâtre Aux Écuries.» Un rayonnement inédit Le Conseil a choisi LA SERRE pour son rayonnement sur le plan national et international.Quels en ont été l\u2019objet et la por tée ?« L\u2019année dernière, dans le cadre du OFFTA, aux jardins Gamelin, on a of fert une présentation extérieure avec presque une trentaine d\u2019artistes.Ce fut pour nous, et par ticulièrement pour eux, une occasion unique de montrer leur travail à un public qui n\u2019a pas l\u2019habitude de le côtoyer ; il s\u2019est créé sur le plan local des liens humains entre les gens et les artistes », souligne Vincent de Repentigny.Jasmine Catudal se tourne vers la Belgique : « Il y a dans ce pays Mons, qui est la capitale européenne de la sculpture.Dans le cadre d\u2019« Ailleurs en folie », on y a envoyé 80 artistes québécois de dif férentes disciplines (théâtre, danse, arts visuels et numériques, musique, cinéma et arts culinaires), pour présenter leurs œuvres là- bas, ce qui s\u2019est avéré un dix jours d\u2019arts québécois extraordinaire.Ces artistes ont eu accès à une belle vitrine.» Collaborateur Le Devoir LA SERRE Accompagner les jeunes créateurs d\u2019avant-garde SOURCE OFFTA Quelques projets du OFFTA 2015 : OFFTA, projet MixOFF; Ailleurs en Folie Montréal/Québec, Mons, Belgique; Le OFF aux Jardins Gamelin, projet Plyball; Nous Sommes Ici/We Are Here, projet Carcasse J É R Ô M E D E L G A D O Féminisme et art médiatique, ça ne rime peut-être pas tout à fait, mais ce n\u2019était pas une hérésie langagière qui allait e m p ê c h e r u n g r o u p e d e femmes de fonder, en 1996, Studio XX.Vingt ans plus tard, l\u2019organisme, membre du Réseau des centres d\u2019artistes autogérés du Québec, est toujours là, à promouvoir l\u2019art numérique au féminin.Une entité unique en son genre, en lice pour le Grand Prix du Conseil des ar ts de Montréal, en tant que «seul centre de ressources médiatiques pour les femmes au Canada».À l\u2019instar de bien des initiatives féministes, Studio XX est né pour combler un vide.«Il a démarré au moment où Internet faisait son apparition.Les fondatrices [Sheryl Hamilton, Patricia Kearns, Kathy Kennedy, Kim Sawchuk] s\u2019étaient rendu compte qu\u2019il y avait très peu de place pour les femmes, y compris celles de la communauté anglophone », explique Gwenaëlle Denis, l\u2019actuelle coordonnatrice au développement.Vingt ans plus tard, le centre sis sur le Plateau-Mont- Royal se déclare d\u2019abord « bilingue», puis «engagé dans l\u2019exploration, la création, la dif fusion et la réflexion critique en art technologique ».Il est surtout connu pour son festival d\u2019ar t web HTMlles, dont la 12e édition prendra place en novembre.Au départ, Studio XX était un centre de production et de formation.On y tenait des rencontres à la bonne franquette, du type 5 à 7, qui permettaient aux ar tistes d\u2019échanger sur leurs pratiques.Puis, ça s\u2019est muté en un événement de type festival, ouvert au public.En fa i t , dès 1997 , le fes t iva l HTMlles est apparu comme sa principale vitrine.Féministe pour toujours, Studio XX ne s\u2019est pas cantonné à un seul front des luttes sociales.Aujourd\u2019hui, on y parle de féminismes, au pluriel, car on y défend les pratiques d\u2019une multitude de groupes, autant celles des femmes dites dissidentes, ou exclues pour de multiples raisons, que celles des transgenres.E n d e h o r s d u f e s t i v a l HTMlles ou des ateliers de production, Studio XX a mis en place des suppor ts pour toutes sortes d\u2019expression, de l\u2019écrit, avec la revue électronique.dpi, à l\u2019audio, avec la radio XX Files.Le salon Femmes br@nchées propose un programme varié au rythme des saisons qui inclut conférences, per formances ou présentations de travaux.Le centre est aussi une banque : accessible depuis 2008, le projet en ligne Matr icu les rassemble un grand nombre d \u2019archives d\u2019œuvres numériques au point d\u2019être devenu l\u2019un des plus gros en son genre.Malgré toutes ces activités, Studio XX demeure à la marge.« On est peu connues.C\u2019est déjà une petite niche, les ar ts numériques.Même s\u2019il y en a de plus en plus, ça reste encore [un domaine] à découvrir.Un travail de reconnaissance reste à faire », dit Gwe- naëlle Denis, qui espère que la nomination au Grand Prix servira de carte de visite.En cette vingtième année, les femmes artistes en art numérique en auront besoin.«Le 20e anniversaire, on y travaille très fort.On prépare une thématique sur l\u2019espace public et la place des femmes.Montrer comment les pratiques et théories féministes ont redéfini la notion d\u2019espace public », résume celle qui s\u2019apprête, en ces premiers jours de printemps, à établir les grandes lignes de la programmation spéciale.Collaborateur Le Devoir STUDIO XX Deux chromosomes identiques à l\u2019assaut des technologies MARTINE FROSSARD Fondé en 1996, Studio XX promeut l\u2019art numérique au féminin.J É R Ô M E D E L G A D O S es invités viennent de France, du Liban, de la Côte d\u2019Ivoire et même d\u2019au- delà de la francophonie, de l\u2019Argentine par exemple.Or, plus qu\u2019international, il est, comme son nom l\u2019indique, interculturel.Placé au carrefour des cultures, des temps et même des genres ar tis- tiques, le Festival intercultu- rel du conte du Québec se retrouve en 2016 finaliste du Grand Prix du Conseil des ar ts de Montréa l pour la deuxième fois de son his - toire.La première remonte à 1997, quatre ans après sa fondation.Le Festival interculturel du conte est bilingue, fait remarquer au téléphone sa directrice, Stéphanie Bénéteau.C\u2019est d\u2019ailleurs elle qui s\u2019occupa i t du volet anglophone jusqu\u2019à ce qu\u2019elle prenne, en 2012, la direction de l\u2019événement, en relève de Marc La- berge, son fondateur.Le Festival est bilingue, mais cela ne l\u2019empêche pas de recevoir les Fred Pellerin du monde entier.« L\u2019idée de l\u2019interculturel, c\u2019est que, dans tous les pays, les traditions racontent des traditions d\u2019ailleurs et de dif férentes cultures.C\u2019est la caractéristique du conte : il voyage et change de version, mais l\u2019histoire de l \u2019humanité est la même.On se retrouve toujours dans l\u2019humain.» C\u2019est une histoire sans fin, d\u2019éternel recommencement et de réinterprétation.Le conte, en spectacle, peut aujourd\u2019hui être musical ou théâtral, en partie dansé ou avec marionnettes.« Et pourquoi pas avec le cirque?» suggère Stéphanie Bénéteau.Pour elle, des sections du festival comme « Audacieux et allumés », très portée par la culture urbaine, ou comme «Histoires au musée », inaugurée en 2015, offrent de nouveaux contextes à un ar t qui se transmet, encore au- jourd\u2019hui, par tradition orale.L\u2019avenir de la discipline passe par le métissage.C\u2019est un peu ce qu\u2019a observé le jury du Conseil des arts de Montréal en soulignant que cette marmite du conte a su «se réinventer au fil de treize éditions grâce à une programmation ouverte sur l\u2019interculturalisme».Un pied dans le passé, un autre dans le futur ?Plutôt une tête dans le présent.Car, pour Stéphanie Bénéteau, si le festival a du succès, c\u2019est parce que le conte est « un ar t vivant, qui se vit dans le moment, avec les bruits en salle ».À l\u2019heure des réseaux sociaux, le conte séduit, croit- elle, par simple contraste avec nos habitudes : « On passe beaucoup de temps devant l\u2019écran et on a de moins en moins de moments pour écouter une voix humaine, dans le silence.La parole du conteur, sans grand déploiement, est très puissante, fait voyager.» Ni passéiste, ni futuriste, le conte est intemporel.Dans le vidéoclip lancé en promotion de l\u2019édition 2015 du festival, Mathieu Lippé, de la même génération que Fred Pellerin, affirme que « le conte n\u2019a jamais eu d\u2019avenir, il s\u2019est toujours installé dans le moment présent».Son vénérable confrère, Michel Faubert, estime raconter «des histoires sans âge».«Il existe encore certains préjugés, le poêle à bois, le violoneux, le bûcheron.Pour tant, s\u2019insurge Stéphanie Bénéteau, prenez L\u2019Odyssée [d\u2019Homère], qui parle de condition humaine, de guerre, d\u2019amour.Ce n\u2019est pas juste une vieille histoire.» Dans le fond, dit la directrice du festival, il faut s\u2019en tenir à ce que défend Heidi Dahlsveen, une conteuse danoise qu\u2019elle rêve d\u2019inviter.« Le conteur, avance-t -elle, p e u t d i r e c e q u \u2019 i l v e u t à condit ion que le publ ic le croie, qu\u2019il embarque.» Qu\u2019il provienne de Saint-Élie-de- Caxton ou de Buenos Aires importe peu.Collaborateur Le Devoir FESTIVAL INTERCULTUREL DU CONTE Pas juste des vieilles histoires CONSEIL DES ARTS L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 M A R S 2 0 1 6 I 8 31e GRAND PRIX du Conseil des arts de Montréal Des artistes.Des univers.LE CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL MARQUE 60 ANS CETTE ANNÉE ! Nous sommes heureux de remettre un 31e Grand Prix pour souligner l\u2019audace, l\u2019originalité et le talent des organismes artistiques qui font notre fierté.Célébrons la vitalité artistique d\u2019une métropole résolument culturelle.FÉLICITATIONS AUX FINALISTES 2015 Centre des auteurs dramatiques [CEAD] Festival interculturel du conte du Québec LA SERRE \u2013 arts vivants Les 7 doigts de la main Les Films du 3 Mars Louise Bédard Danse Musée d\u2019art contemporain de Montréal Sacré Tympan Studio XX partenaire of?ciel #GPcam J É R Ô M E D E L G A D O I l est d\u2019usage de dire que le théâtre québécois se porte bien \u2014 en excluant peut-être la précarité financière de ses institutions.Reconnus et appréciés, nos dramaturges brillent même au-delà de nos frontières.C\u2019est un peu, beaucoup, grâce au travail accompli depuis cinquante ans par le Centre des auteurs dramatiques (CEAD), finaliste 2016 du Grand prix du Conseil des arts de Montréal (CAM).Notons que le milieu du théâtre est généralement représenté dans cette prestigieuse liste annuelle par un organisme habitué aux projecteurs, tel qu\u2019Orange Noyée/Mani Soley- manlou, le Théâtre de l\u2019Œil ou le Festival TransAmériques, pour ne nommer que ces précédents finalistes.Or, le CEAD agit dans l\u2019ombre, loin de la scène.Les auteurs testent leurs textes au CEAD, puis les y déposent pour d\u2019éventuelles reprises.L\u2019organisme est à la fois un laboratoire et une précieuse banque.On estime que son centre de documentation regroupe 3000 pièces, publiées ou inédites, écrites par des auteurs de toutes les générations, de Michel Tremblay à Sarah Berthiaume, en passant par Daniel Danis.Laboratoire, banque ou\u2026 grotte ?Pour l\u2019au- teure Lise Vaillancourt, c\u2019est cette dernière image qui décrit le mieux le CEAD, une entité qu\u2019elle connaît de l\u2019intérieur en tant que présidente du conseil d\u2019administration depuis dix ans.« C\u2019est une grotte alchimique, dit-elle, une chambre de réflexion pour aider la naissance de nouvelles œuvres.On y soutient la création et les auteurs y viennent pour entendre une première fois leurs textes.Car le théâtre, c\u2019est un propos, une musique, et les auteurs doivent l\u2019entendre.Le CEAD est une grotte, oui, et se trouve forcément dans l\u2019ombre.» Le Centre, aime-t-elle cependant préciser, est, d\u2019une cer taine manière, à l\u2019origine du théâtre québécois, celui conscient de sa voix sociale \u2014 auparavant, on parlait de théâtre ca- nadien-français.L\u2019éclosion de la dramaturgie québécoise surgit au milieu des années 1960, alors que naîtront, comme auteurs, les Michel Tremblay et Yves Sauvageau.À l\u2019époque, non seulement le Québec manque de structures capables de supporter la création et la diffusion d\u2019une dramaturgie locale, mais il souffle au-dessus du milieu théâtral un fort vent de préjugés.On n\u2019en a que pour les textes d\u2019ailleurs et, comme l\u2019exprime Robert Gunk, un des cofondateurs du CEAD, on qualifie d\u2019anomalies les pièces d\u2019ici.«En 1965, de l\u2019avis quasi unanime des directeurs de théâtre, un auteur dramatique québécois était une ano malie, un accident de parcours, lit- on dans le dossier présenté au CAM.L\u2019idée de créer une vitrine pour les auteurs, et de favoriser l\u2019émergence d\u2019un patrimoine dramatique québécois, s\u2019est imposée.» Depuis, les mentalités ont évolué, le théâtre québécois a pris sa place, notamment lors des années 1990 \u2014 «un boom de diffusion et de succès », analyse Lise Vaillancourt.Le CEAD, lui, est devenu incontournable, cité en exemple même en Europe.Ses différentes activités, du festival Dramaturgie en dialogue aux séminaires de traduction, sont aujourd\u2019hui un véritable poumon pour la création.Le théâtre québécois se porte bien.Lise Vail- lancourt s\u2019en félicite, ravie que la création soit prolifique et diversifiée.Il est désormais temps, croit la présidente sortante du CEAD, que le Québec se préoccupe aussi de ses racines dramatur- giques, qu\u2019il se dote enfin d\u2019un théâtre de répertoire national.Le CEAD ne peut à lui seul suffire.«Maintenant que l\u2019inédit existe, à quoi ressemble notre répertoire?On ne parle pas assez de Ré- jean Ducharme, donne-t-elle en exemple.C\u2019est pourtant lui qui nous permet d\u2019entrer dans le théâtre contemporain, qui fait bouger l\u2019écriture.» Collaborateur Le Devoir CENTRE DES AUTEURS DRAMATIQUES L\u2019alchimie du théâtre commence ici ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019éclosion de la dramaturgie québécoise surgit au milieu des années 1960, alors que naîtront, comme auteurs, les Michel Tremblay et Yves Sauvageau.Ci-dessus : le metteur en scène Gill Champagne et le comédien Denis Bernard pour la pièce À toi pour toujours, ta Marie-Lou."]
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