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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-03-30, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I N o 6 8 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 3 0 M A R S 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Autopsie d\u2019un ?asco.Notre chroniqueuse Francine Pelletier revient sur l\u2019acquittement de Jian Ghomeshi des accusations d\u2019agressions sexuelles.Page A 9 Économie \u203a Cotisations à l\u2019assu- rance-emploi.Trudeau brise une promesse faite pour favoriser l\u2019emploi des jeunes.Page B 1 Culture \u203a Café Society, dernier ?lm du réalisateur Woody Allen, sera projeté en ouverture du 69e Festival de Cannes.Page B 10 Avis légaux.B 4 Décès.A 6 Météo.B 6 Mots croisés.B 6 Petites annonces .A 6 Sudoku.B 3 ?w w w .l e d e v o i r .c o m K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I M A R C O F O R T I E R «U ne tragédie épouvantable » : la mort du chroniqueur Jean Lapierre et de quatre membres de sa famille, venus assister aux funérailles du patriarche décédé au cours des derniers jours, a provoqué une onde de choc qui s\u2019est fait sentir dans tout le Canada.La cause de l\u2019écrasement du petit avion Mitsubishi MU-2B- 60, qui a tué les sept personnes à bord \u2014 cinq passagers et deux membres d\u2019équipage \u2014, restait à déterminer au moment d\u2019écrire ces lignes, tard mardi soir.L\u2019avion a percuté le sol à Havre-aux-Maisons, à environ 4 kilomètres de l\u2019aéroport des îles de la Madeleine, vers 11 h40 (12 h40 aux Îles) mardi.Jean Lapierre, 59 ans, sa conjointe Nicole Beaulieu, ses frères Marc et Louis Lapierre et sa sœur Martine Lapierre ont perdu la vie dans l\u2019accident.Les deux autres victimes sont les membres de l\u2019équipage, Fabrice Labourel et Pascal Gosselin, qui était pilote et président de l\u2019entreprise Aéro Teknic, établie à l\u2019aéroport de ÎLES DE LA MADELEINE Tragédie aérienne aux Îles Le chroniqueur et ancien politicien Jean Lapierre est parmi les sept victimes YOANIS MENGE Le petit avion Mitsubishi MU-2B-60 s\u2019est sectionné en trois parties sous la force de l\u2019impact.I S A B E L L E P O R T E R à Québec L a réforme des services de première ligne du ministre de la Santé Gaétan Barrette commence à se faire sentir dans la région de Québec où 46 % des travailleurs sociaux des CLSC se préparent à être transférés dans les groupes de médecine familiale (GMF).Sur les 59 travailleurs sociaux qui travaillent dans la région de Québec, 27 seront transférés vers les groupes de médecine familiale au cours des prochains mois.En ajoutant les autres professionnels (nutritionnistes, psychologues, physio- thérapeutes, personnel infirmier, etc.), ce sont 42 professionnels qui déserteront les CLSC de la région au cours des prochains mois.Une situation vivement dénoncée par les syndicats.«On savait que ça s\u2019en venait, mais la hauteur des ressources [déplacées] nous a fait sursauter», explique Danny Roy, le président du Syndicat des professionnel(le)s de la santé et des services sociaux (SPSSS) affilié à la CSN.Les syndicats sont particulièrement préoccupés par le sort des patients sans médecin de famille.« Si on extrait la moitié des ressources en CLSC, on va créer nécessairement un engorgement.» À l\u2019heure actuelle, les personnes qui se présentent dans un CLSC peuvent voir un travailleur social en moins d\u2019une heure.Or, M.Roy souligne que les « familles qui viennent RÉGION DE QUÉBEC Deux fois moins de travailleurs sociaux en CLSC ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le réalisateur et producteur Jean Bissonnette en 2013 C A R O L I N E M O N T P E T I T J ean Bissonnette, le grand timonier de la télévision québécoise moderne, est mort mardi à l\u2019âge de 82 ans.Celui qui a fait rire le Québec, de Moi et l\u2019autre à La petite vie, en passant par le Bye Bye ou Appelez-moi Lise, celui qui a produit les grands de la chanson québécoise, de Gilles Vigneault à Roch Voisine, s\u2019est éteint à l\u2019hôpital.Guy A.Lepage, qui se considérait comme le fils spirituel de Jean Bisson- nette, a écrit sur son fil Twitter, à l\u2019annonce de ce décès : « Mon ami et papa de remplacement Jean Bissonnette est décédé aujourd\u2019hui.Il était le producteur de Un gars, une fille.Entre autres.» L\u2019automne dernier, Jean Bissonnette recevait le prix Guy-Mauffette des Prix du Québec, qui récompense un artisan de la radio et de la télévision.«Le star-system qu\u2019il contribue à édifier constitue d\u2019ailleurs la clé de voûte du succès de notre télé des variétés», écrivait-on de lui à cette occasion.Déjà, en 1955, c\u2019est Jean Bissonnette qui était derrière l\u2019émission pour enfants JEAN BISSONNETTE 1934-2016 Un pionnier de la télé moderne VOIR PAGE A 10 : TRAGÉDIE VOIR PAGE A 10 : CLSC VOIR PAGE A 10 : PIONNIER Jean Lapierre Décarboniser l\u2019économie prendra du temps, dit McKenna Page A 4 Attentat de Lahore Ra?e policière chez les extrémistes Pages A 8 et B 7 Lire aussi \u203a Jean Lapierre, 1956-2016.Le décès tragique de Jean Lapierre a provoqué une onde de choc dans le milieu politique et médiatique.Portrait de la carrière de ce Madelinot d\u2019origine qui fut un libéral de longue date, mais aussi un fondateur du Bloc québécois, en plus d\u2019être un communicateur passionné, populaire et influent.Page A 3 MonPharmacien.ca 2 un © oO CD Monsieur le Premier Ministre Couillard Monsieur le Ministre Barrette Vos compressions forcent les pharmaciens a abolir des postes et à réduire l'accessibilité pour les patients.En imposant des compressions de près Les ponctions dans les pharmacies du de 50 M$ aux pharmaciens depuis plus Québec font très mal et ont un impact de six mois sans mettre en place les direct sur la santé des Québécois.mesures d'atténuation prévues, vous mettez en péril la première ligne de Les pharmaciens et leurs patients soins qui fonctionne le mieux dans méritent mieux que l'indifférence du notre système de santé.gouvernement! Honorez votre parole.ASSOCIATION QUÉBÉCOISE #7 QPP I DES PHARMACIENS PROPRIETAIRES L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 3 0 M A R S 2 0 1 6 JEAN LAPIERRE 1956-2016A 3 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e commentateur et ex-poli- ticien Jean Lapierre s\u2019est éteint mardi sur ces mêmes îles de la Madeleine où, 26 ans plus tôt, il avait concocté l\u2019initiative qui allait le plus marquer sa carrière politique : la fondation du Bloc québécois.Jean Lapierre n\u2019est âgé que de 23 ans lorsqu\u2019il entre pour la première fois à la Chambre des communes en 1979, dans l\u2019opposition.Il est réélu en 1980 sous un Pierre Elliott Trudeau revenu de sa retraite et il obtient son premier poste de ministre d\u2019État (Jeunesse, Santé et Sport amateur) en toute fin du règne libéral, lorsque John Turner prend la direction du Parti libéral (PLC).Il résistera à la vague bleue de Brian Mulroney, qui balaie le Québec en 1984, en conservant son siège de Shefford.Il se fait remarquer par le caractère incisif de ses questions au Parlement.Mais c\u2019est à cause du rôle qu\u2019il joue dans la guerre intestine tiraillant le PLC que Jean Lapierre devient un personnage incontournable de la scène politique fédérale québécoise.Jean Lapier re est un inconditionnel de Paul Martin et\u2026 ne piffe pas Jean Chrétien.Aussi, lorsque la course à la chef ferie oppose les deux hommes en 1990, il choisit son camp facilement.L\u2019époque est houleuse : Brian Mulroney échoue au même moment à faire accepter l\u2019accord du lac Meech.Le 23 juin 1990, jour de la mort officielle de l\u2019accord, Jean Chrétien est élu chef du PLC à Calgar y.Il est embrassé par Clyde Wells, le premier ministre de Terre-Neuve qui a refusé de soumettre l\u2019accord à un vote et qui incarne aux yeux des Québécois son fossoyeur.L\u2019image est forte.Des délégués québécois, dont Jean La- pierre, nouent un brassard noir autour de leur bras.Lui et Gilles Rocheleau claquent la porte du PLC.« J\u2019ai trop de fier té pour m\u2019associer, même une minute, à Jean Chrétien », dira-t-il.Il écrira même à Jean Chrétien une lettre ouver te pour expliquer sa décision.« Il ne fait aucun doute dans mon esprit que, sans vos basses et tortueuses manœuvres, nous aurions le 23 juin proclamé le retour du Québec dans la grande famille canadienne.Aujourd\u2019hui, comme tous les Québécois, je suis déçu, je me sens humilié et je sais que vous nous avez trahis.» C\u2019est bien là tout le sens de l\u2019action politique sur la scène fédérale de Jean Lapierre, estime le député bloquiste Louis Plamondon, qui a été avec lui aux premières loges de la création du Bloc québécois.«Souverainiste, il ne l\u2019a été que pour mettre de la pression sur Ottawa pour que le fédéralisme soit renouvelé.Comme le veut la formule populaire, il voulait un Québec indépendant dans un Canada fort ! » Gilles Duceppe abonde.« Il était souverainiste.Il était un peu comme les Québécois : ça change selon le contexte.C\u2019est ce qui s\u2019est passé.» Bloc québécois créé Comme le raconte le livre The Bloc, écrit par la collègue Manon Cornellier, M.Lapierre s\u2019en retourne aux îles de la Madeleine dans la foulée de l\u2019élection de Jean Chrétien et de la mor t de Meech.Là, il parle avec des conservateurs ayant claqué la porte de leur parti, en premier lieu Lucien Bouchard.Il planche sur un document fondateur.À son retour, il rencontre le premier ministre Robert Bourassa pour lui faire valoir que c\u2019est dans son intérêt d\u2019avoir un bloc de députés à Ottawa faisant pression pour obtenir des droits pour le Québec.Le 25 juillet 1990, Jean La- pier re est donc présent en compagnie de M.Bouchard à l\u2019événement public auquel est dévoilé le manifeste du Bloc québécois et est annoncée la candidature de M.Duceppe à l\u2019élection partielle dans Laurier\u2013 Sainte-Marie.Selon Mme Cornel- lier, c\u2019est Jean Lapierre qui a l\u2019idée du nom «Bloc», en référence au Bloc populaire qui avait existé un demi-siècle plus tôt pour contester au Québec la conscription.«Lapierre était notre courroie entre Bourassa et Ottawa, se rappelle M.Plamondon.Il était encore libéral dans l\u2019âme.» Jean Lapierre ne portera jamais les couleurs du Bloc à une élection : il quitte la formation en 1993, quelques semaines avant le déclenchement électoral, pour devenir commentateur.Louis Plamondon ne garde de lui que de bons souvenirs, autant du politicien habile que de l\u2019analyste politique équitable.«Il donnait une chance à tout le monde.Il n\u2019était pas partisan.[\u2026] C\u2019est un type qui pouvait se promener au congrès du Parti québécois et tout le monde le saluait pareil.C\u2019est le politicien le plus habile que j\u2019ai rencontré.» Gilles Duceppe se souvient de lui comme « le collègue dont j\u2019étais le plus proche ».« Je lui avais parlé d\u2019un camping où j\u2019étais allé en 1972 et il m\u2019avait dit : \u201cMaudit ! J\u2019ai ramassé les vidanges là !\u201d On avait neuf ans de dif férence.» Il estime que le rôle de Jean Lapierre au Bloc «était important.Il connaissait mieux la Chambre et il amenait un équilibre plus progressiste que ceux qui venaient de chez les conservateurs».Jean Lapierre fera un retour en politique fédérale active en 2004 lorsque Paul Martin est enfin chef du PLC.«Quand il avait des amis, il était fidèle à ses amis », a relaté Michel C.Auger sur les ondes de Radio- Canada.Aussi, même si des gens lui avaient dit qu\u2019il ne pouvait retourner en politique après être passé du PLC au BQ, Lapierre aurait répondu: «Oui, c\u2019est correct, mais Paul veut que j\u2019y aille, alors je vais y aller.» Jean Lapierre se fera élire dans Outremont, deviendra ministre des Transpor ts et surtout lieutenant québécois alors que fait rage le scandale des commandites.Jean La- pierre sera réélu en 2006, mais partira l\u2019année suivante pour retourner à ses micros.Mardi, plusieurs politiciens actifs ont voulu souligner son départ.L\u2019ancien premier ministre Jean Chrétien a déclaré que « Jean Lapierre s\u2019est distingué par son grand attachement à la vie publique.Il était trop jeune pour nous quitter ».Le premier ministre Justin Trudeau a déploré une «grande perte pour le monde politique».Un héritage salué aussi par le chef du NPD, Thomas Mulcair, pour qui le pays s\u2019ennuiera «des chroniques hautes en couleur de ce communicateur né qui, la plupart du temps, réussissait à dicter l\u2019enjeu politique du jour ».Le conser vateur Gérard Deltell s\u2019est souvenu de celui qui « était le confessionnal de tous les politiciens, de quelque palier que ce soit ».Quant au maire de Montréal, Denis Coder re, i l a décrit Jean Lapier re comme un « passionné » qui a redéfini le mot « incontournable ».Avec Marie Vastel Le Devoir Ce libéral fondateur du Bloc québécois ANDRÉ PICHETTE LA PRESSE CANADIENNE Jean Lapierre fera un retour en politique fédérale active en 2004 lorsque Paul Martin est élu chef du Parti libéral du Canada.S T É P H A N E B A I L L A R G E O N C e n\u2019était pas seulement un chroniqueur : c\u2019était un formidable communicateur capable de rendre intéressantes (et souvent amusantes) toutes les informations politiques, des plus pertinentes aux plus insignifiantes.L\u2019animateur Paul Houde, qui le recevait quotidiennement à son émission Montréal maintenant du 98,5 FM, la plus écoutée dans la région métropolitaine, a résumé autrement, en ondes, mardi, ce simple et imparable constat en parlant de Jean Lapierre comme «du conteur du village».En entrevue au Devoir, il a rajouté d\u2019autres métaphores habiles et éclairantes.« Jean traitait la politique comme si c\u2019était du sport professionnel, dit l\u2019animateur en deuil.On écoute un Ron Fournier qui parle par exemple du Canadien de Montréal : c\u2019est drôle, c\u2019est passionné, mais c\u2019est fait avec travail et recherche.Jean La- pierre allait auprès des gens et les gens allaient auprès de lui.C\u2019est pour ça que je dis qu\u2019il faisait un peu penser à un conteur.C\u2019était une sorte de Fred Pellerin politique.» Il avait aussi un sens aigu et original de la formule.M.Houde en cite de célèbres, sans compter le fameux « salut, salut » lancé à ses interlocuteurs.Il disait, par exemple : « Le discours était tellement plate qu\u2019il était plus excitant de regarder la peinture sécher sur un mur.» Ou encore : « On est pauvre comme un crucifix plumé.» Son ami en rigole encore, mais ajoute aussitôt : « Je dis ça et j\u2019ai le goût de brailler.» L\u2019animateur rappelle que Jean Lapierre passait ses journées et ses week-ends à courir le Québec pour couvrir des événements et ramasser des informations qu\u2019il inscrivait dans son « missel » (dixit M.Houde), un petit carnet noir.« Je me souviens, il y a quelques années, il s\u2019est débarrassé de sa petite Mercedes parce qu\u2019elle était rendue à 500 000 km au compteur.On ne retrouvera pas quelqu\u2019un de passionné comme lui dans les prochaines années.Il est irremplaçable.» Paul Arcand se souvient lui aussi d\u2019un passionné, qu\u2019il considérait comme « le chroniqueur politique le plus influent au Québec».Il ressentira un vide immense en animant son émission au 98,5 FM, ce mercredi matin.« Ce sera sans doute l\u2019émission la plus difficile à faire.» «Facile d\u2019approche» Liza Frulla appuie aussi cet aspect du communicateur de terrain.« Il parlait à tout le monde tout le temps, branché, et les gens voulaient lui parler aussi, dit l\u2019ex-politicienne devenu commentatrice, comme son ami décédé.Il était très facile d\u2019approche.Et c\u2019est sa grande force.C\u2019était un gars qui était très facile d\u2019approche, et qui n\u2019avait aucun filtre par rapport aux autres.Il était content.Combien de congrès politiques on a faits ensemble ; les militants, tout le monde adorait lui parler, adorait le voir.» La réaction médiatique suivant la confirmation de son décès tragique a permis de prendre la mesure de l\u2019importance du personnage.Aucun autre chroniqueur spécialisé du Québec toutes disciplines confondues ne pourrait susciter autant de réactions, autant de couverture, autant d\u2019éloges venus de tous bords, y compris des politiciens qu\u2019ils couvraient.« La politique ne sera plus la même », a résumé le député péquiste Bernard Drainville.Il faut dire que Jean Lapierre était partout, omniprésent en anglais comme en français, à la télé comme à la radio.Son compte Twitter @jean_la- pierre (88 000 abonnés) rappelle qu\u2019il travaillait pour neuf médias québécois: TVA, CTV, 98,5FM, FM93, 106,9 FM, CJAD, et les émissions Salut Bonjour, Mario Dumont et 100% Nouvelles.Ses trois employeurs médiatiques principaux (le 98,5, TVA et Québecor) ont réagi de concert, avec un communiqué commun pour saluer le « grand communicateur », un « être unique » et un « compagnon de travail engagé, passionné».En fait, il était tellement connu qu\u2019il avait son « bonhomme » à l\u2019émission Et Dieu créa Laflaque d\u2019ICI Radio-Canada Télé.Son talent d\u2019homme-pont jeté entre les différentes factions politiques et les partis de tous bords (ou presque) avait récemment servi à stimuler et recueillir les confidences de 18 personnalités majeures autour du référendum de 1995.Le livre cosigné avec la chroniqueuse Chantal Hébert, Confessions post-référendaires (éditions de l\u2019Homme), sorti il y a deux ans, rassemblait des entrevues avec Lucien Bouchard, Jean Chrétien, Jacques Parizeau ou Preston Manning.Avec Marie Vastel Le Devoir Un « Fred Pellerin politique », se souvient Paul Houde Décès d\u2019un communicateur passionné, populaire et influent PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Jean Lapierre, devenu animateur à la radio, s\u2019apprête à faire une interview avec Jean Chrétien, alors premier ministre du Canada, en novembre 2000.Québec \u2014 La classe politique québécoise a rendu hommage mardi à un commentateur incontournable, Jean Lapierre.« Quand il parlait, on l\u2019écoutait », a résumé l\u2019ex-chef adéquiste Mario Dumont sur les ondes de TVA.Le bourreau de travail, qui était doté d\u2019un carnet de contacts sans pareil, était toujours « apprécié », mais parfois « craint », a souligné M.Dumont, qui l\u2019a côtoyé au fil des 25 dernières années.« Jean était devenu une référence.» Le chroniqueur «passionné et passionnant» employait de « très bonnes tactiques» pour arracher des confidences aux acteurs de la scène politique, se remémorait l\u2019ex-première ministre Pauline Marois.L\u2019ancien élu fédéral donnait régulièrement des leçons de «gros bon sens» au «monde politique» qu\u2019il «aimait » et qui l\u2019aimait, a-t-elle fait remarquer.Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a décrit M.Lapierre comme «un politicien et un analyste politique respecté» doté d\u2019«un vocabulaire coloré et [d\u2019]un franc-parler».Le chef caquiste François Legault a rendu hommage à «un grand Québécois » qui «était bien plus qu\u2019un redoutable commentateur : il était un confident, une oreille attentive, un compagnon de tous les jours».«Tu étais aimé et admiré.Merci pour tout ce que tu nous as donné», a écrit le premier ministre Philippe Couillard sur Twitter.Marco Bélair-Cirino Un acteur de premier plan de la scène politique RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE Lucien Bouchard écoute Jean Lapierre, alors membre du Bloc québécois, parler aux médias, en septembre 1990 à Montréal. L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 3 0 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 A L E X A N D R E S H I E L D S L a ministre fédérale de l\u2019Environnement, Catherine McKenna, ne voit pas d\u2019incohérence entre la croissance de la production pétrolière canadienne et la volonté du gouvernement Trudeau de lutter contre les changements climatiques.Il faut décarboniser notre économie, a-t-elle plaidé mardi, mais cela prendra du temps.« C\u2019est cer tain que nous devons décarboniser [notre économie].C\u2019est certain que ça ne se passera pas tout de suite, mais nous avons toujours dit que l\u2019économie et l\u2019environnement vont ensemble », a fait valoir mardi la ministre en répondant aux questions des journalistes, en marge d\u2019une allocution à la tribune du Conseil des relations internationales de Montréal.«C\u2019est une période de transition, a-t-elle ajouté.Nous avons vu dans le budget que nous avons fait des investissements dans les infrastructures vertes et dans les technologies propres.C\u2019est la direction de notre gouvernement.Mais nous avons aussi besoin d\u2019emplois.» Mme McKenna a aussi rappelé que l\u2019Alberta s\u2019est dotée d\u2019un plan de lutte contre les changements climatiques qui prévoit un plafond d\u2019émissions de gaz à effet de serre pour le secteur pétrolier, plafond qui permet d\u2019ajouter au moins un million de barils de pétrole par jour à la production actuelle.Un tel plan permet donc une croissance du secteur des énergies fossiles dans une province déjà responsable de 37 % des émissions de gaz à ef fet de serre du Canada.À elles seules, les émissions fugitives du secteur pétrolier et gazier dépassent celles du secteur québécois des transports.Qui plus est, l\u2019Alberta est responsable de 73 % de la hausse des émissions canadiennes observée depuis 1990.Pipelines et économie Questionnée sur la per ti- nence d\u2019autoriser la construction de pipelines dans un contexte de lutte contre les changements climatiques, la ministre McKenna a répété essentiellement les mêmes arguments que ceux invoqués pour la croissance de l\u2019industrie pétrolière de l\u2019Ouest canadien.« Nous devons voir comment nous allons atteindre nos engagements internationaux et comment nous allons décarbo- niser notre économie à long terme.Mais ça n\u2019arrivera pas en un jour », a ainsi souligné Catherine McKenna au cours d\u2019un bref point de presse.Les projets de pipel ines comme Énergie Est feront l\u2019objet d\u2019une évaluation de leurs « impacts environnementaux », a promis la ministre.Elle a d\u2019ailleurs rappelé que le gouvernement Trudeau a déjà annoncé des mesures de « transition» pour l\u2019évaluation des projets de pipelines, en attendant une éventuelle réforme du processus fédéral.Une de ces mesures fait en sorte que l\u2019Office national de l\u2019énergie tiendra compte des émissions de gaz à effet de serre liées à un projet.« Mais nous devons faire croître notre économie, donc nous ne pouvons pas dire du jour au lendemain qu\u2019il n\u2019y aura pas de développement », a insisté la ministre responsable du dossier climatique au sein du gouvernement canadien.Dans un contexte où les projets de pipelines sont bloqués vers la côte ouest, mais aussi vers le sud, est-ce que le Québec est obligé de dire oui au controversé pipeline Énergie Est ?« Je suis heureuse qu\u2019il y ait un débat, a dit Mme McKenna.C\u2019est nécessaire dans le cas des grands projets et il faut s\u2019assurer, pour tous projets, qu\u2019ils soient menés de façon à respecter l\u2019environnement.» «Je ne plaide pas en faveur de quelque projet que ce soit.Je dis simplement que l\u2019économie et l\u2019environnement doivent aller de pair.Nous devons nous assurer que tout projet qui va de l\u2019avant a la confiance des Canadiens et est mené de façon durable.» Pas question, selon la ministre, de faire comme le précé- dent gouvernement et de peser dans la balance en faveur d\u2019un projet comme Énergie Est.« Ce n\u2019est pas au gouvernement de jouer les meneurs de claques pour un projet.» Le gouvernement Trudeau avait promis en campagne électorale d\u2019éliminer les subventions au secteur des énergies fossiles.Or, son premier budget ne touche pas à cet acquis de l\u2019industrie.La ministre Catherine McKenna a néanmoins réitéré mardi que ces subventions seraient à la longue éliminées, sans toutefois donner de précisions.Le Devoir CLIMAT Le Canada a «besoin » des emplois pétroliers, dit la ministre Catherine McKenna Ottawa promet de décarboniser l\u2019économie, mais cela prendra du temps I S A B E L L E P O R T E R à Québec L es problèmes de pollution au site d\u2019enfouissement d\u2019Armagh (MRC de Belle- chasse) pourraient être réglés en par tie grâce aux cendres de l\u2019incinérateur de Québec, avancent des scientifiques.Des chercheurs du Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) suggèrent d\u2019utiliser ces cendres (ou «mâchefer »), au lieu du sable, pour recouvrir les montagnes de déchets d\u2019Armagh.Étant donné que ces cendres ont un pH élevé (alcalin), on pense qu\u2019elles pourraient neutraliser les fortes concentrations de sulfure d\u2019hydrogène (H2S) sur le lieu d\u2019enfouissement technique (LET).Selon le responsable du dossier à la Ville d\u2019Armagh, David Loranger-King, cette solution devra d\u2019abord faire l\u2019objet d\u2019une analyse plus poussée et être évaluée par tous les groupes concernés (les résidants voisins du LET, la Santé publique, etc.).Une rencontre doit d\u2019ailleurs avoir lieu au début du mois, notamment avec les résidants touchés.« On est rendus à l\u2019étape de présenter le rapport aux intervenants concernés », a-t-il dit.En plus des bénéfices environnementaux, cette solution pourrait « générer des économies » en réduisant les coûts de fonctionnement, ajoute-t-il.Le mâchefer représente les résidus solides produits par la combustion des déchets dans l\u2019incinérateur.Avant de les envoyer dans les sites d\u2019enfouissement, on retire le métal qu\u2019ils contiennent.La Ville de Québec aussi y trouverait son compte, selon son porte-parole Jacques Perron.En transférant du mâchefer à Armagh, elle pourrait limiter les quantités qu\u2019elle envoie à son propre site d\u2019enfouissement à Saint-Joachim, et dès lors, prolonger sa durée de vie.«On est encore à l\u2019étape de l\u2019analyse», précise-t-il.L\u2019incinérateur de Québec produit entre 55 000 et 65 000 tonnes de mâchefer par an.Une partie pourrait se substituer aux quelque 13 000 tonnes de sable utilisées comme produit de recouvrement par le site d\u2019Armagh chaque année.Ironiquement, les problèmes d\u2019odeurs de sulfure d\u2019hydrogène à Armagh découlent du recours à un autre matériau de recouvrement : le résidu de gypse.L\u2019utilisation entre 2009 et 2012 de ce matériau est à l \u2019origine du problème d\u2019odeurs nauséabondes (œufs pour ris) qui perdure aux abords du LET.Un petit groupe de citoyens menace même d\u2019intenter une action collective à cause des désagréments qu\u2019ils ont subis ces dernières années.Ils n\u2019ont pas voulu faire de commentaires sur l\u2019étude du CRIQ ces derniers jours.Pas trop de COV, encore trop de H2S L\u2019étude avait été produite à la demande de la MRC.Outre le mâchefer, le rappor t demandé suggère une forme de compost produit par l\u2019entreprise Englobe comme nouveau matériau de recouvrement.Il recommande aussi de rendre les torchères plus efficaces puisque les épisodes d\u2019odeurs sont plus intenses lorsqu\u2019elles sont déficientes.Le document apporte aussi des éclaircissements sur la pollution qui accompagne les odeurs fétides.Selon les chercheurs, les concentrations dans l\u2019air des composés organiques volatiles (COV) qui préoccupaient la Direction de la santé publique (DSP) ne dépassent pas les normes sur le site comme à l\u2019extérieur.Ce n\u2019est toutefois pas le cas du H2S qui est à l\u2019origine des odeurs.« Il apparaît que les seuls paramètres susceptibles de causer des impacts sur la qualité de l\u2019air dans le voisinage du site sont le H2S et les odeurs.» Les chercheurs n\u2019ont pas mesuré l\u2019impact sur la santé des émissions de H2S, ce n\u2019était pas dans leur mandat.Ils ont toutefois fait des modélisations qui suggèrent un « dépassement théorique» de la norme permise par le Règlement sur l\u2019assainissement de l\u2019atmosphère (RAA).Le Devoir Les cendres de l\u2019incinérateur de Québec pour dépolluer le site d\u2019Armagh ?JACQUES NADEAU LE DEVOIR La ministre Catherine McKenna était l\u2019invitée du Conseil des relations internationales de Montréal, mardi.A L E X A N D R E S H I E L D S T ransCanada tentera ce- mercredi de faire rejeter la demande en justice lancée par des groupes écologistes pour forcer la pétrolière à respecter les lois environnementales du Québec.L\u2019entreprise réclame aussi que ses frais de justice soient payés par les groupes.La requête présentée par la multinationale albertaine, et obtenue par Le Devoir, fait valoir que l\u2019action judiciaire lancée en février «est irrecevable puisque les demandeurs n\u2019ont manifestement pas l\u2019intérêt requis pour agir en justice».Selon ce que font valoir les avocats de TransCanada, « il n\u2019appar tient pas à des organismes privés ou à des individus de prendre en main l\u2019application d\u2019une loi publique.Seules la pro- cureure générale ou une personne autorisée par la loi peuvent s\u2019adresser aux tribunaux pour forcer l\u2019application de la loi».Selon ce qui se dégage de la requête, les groupes auraient pu tenter de faire valoir la pertinence de leur action en démontrant qu\u2019il n\u2019existait pas d\u2019autre moyen de saisir les tribunaux qu\u2019en procédant à leur propre initiative.Or, dans ce cas-ci, le gouvernement a déposé une demande d\u2019injonction contre TransCa- nada pour exiger l\u2019application des dispositions des lois environnementales québécoises.La pétrolière juge donc que la demande déposée par le Centre québécois du droit de l\u2019environnement, Équiterre, Nature Québec et la Fondation Coule pas chez nous serait «irrecevable».« Cette question à elle seule est fondamentale et mérite que les principes soient réitérés au bénéfice des citoyens et des groupes environnementaux, à qui la Loi confère spécifiquement un droit à la protection de leur environnement », a fait valoir mardi l \u2019avocat des groupes, Me Michel Bélanger.Ironiquement, la demande d\u2019injonction déposée par le ministre David Heurtel l\u2019a été seulement le 1er mars dernier, soit une dizaine de jours après le dépôt de la demande en justice par les groupes environnementaux.Les deux poursuites partent toutefois du même principe, à savoir que TransCanada refuse de se conformer à la Loi sur la qualité de l\u2019environnement (LQE), qui prévoit que tout pipeline de plus de deux kilomètres est assujetti à une procédure d\u2019évaluation environnementale qui est en vigueur depuis plus de 35 ans.En vertu de celle-ci, la pétrolière aurait dû déposer un avis de projet au gouvernement, puis réaliser une étude d\u2019impact de son projet de pipeline en répondant aux questions du ministère de l\u2019Environnement du Québec.Même si David Heur tel a fait valoir cette demande dès novembre 2014, TransCanada a toujours refusé de respecter les dispositions de la LQE.Dans la requête qui sera présentée en Cour ce mercredi, l\u2019entreprise af firme être soumise seulement à la législation fédérale, à savoir la « Loi constitutionnelle de 1867».Devant les refus répétés de TransCanada de respecter la LQE, le gouvernement Couil- lard a mandaté le BAPE pour qu\u2019il étudie le projet Énergie Est sans avoir en main d\u2019étude qui fasse état des impacts du pipeline pour le Québec.Dès la fin de 2020, ce tuyau d\u2019un mètre de diamètre doit transporter chaque jour une moyenne de 1,1 million de barils de pétrole en provenance de l\u2019Ouest canadien, mais aussi du Dakota du Nord.Plus de 80 % du pétrole serait, pour le moment, destiné à l\u2019exportation.TransCanada n\u2019a pas voulu faire de commentaires mardi.Le Devoir TransCanada tente de stopper la demande en justice d\u2019écologistes RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR En transférant du mâchefer de l\u2019incinérateur à Armagh, la Ville de Québec pourrait limiter les quantités qu\u2019elle envoie à son propre site d\u2019enfouissement à Saint-Joachim. M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa N ouvel argument d\u2019Ottawa dans le dossier de la vente de véhicules blindés à l\u2019Arabie saoudite : si le Canada n\u2019est pas celui qui fournit ces appareils au régime saoudien, d\u2019autres le feront de toute façon, plaide le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion.Un argument « très, très faible », selon l\u2019ancienne juge Louise Arbour.Bien qu\u2019elle estime que le nouveau gouvernement libéral n\u2019a eu d\u2019autre choix que de composer avec un contrat déjà ratifié, elle espère à tout le moins qu\u2019Ottawa s\u2019en servira pour aider la cause du blogueur Raïf Badawi.Invité à une conférence de l\u2019Université d\u2019Ottawa pour présenter sa philosophie des affaires étrangères, le nouveau ministre en a profité pour défendre à nouveau la décision de son gouvernement d\u2019honorer ce contrat de 15 milliards de dollars conclu par le précédent gouvernement conservateur.L\u2019annuler « pourrait entraîner des amendes salées», la perte de milliers d\u2019emplois à l\u2019usine on- tarienne qui fabriquera les appareils et « nuire à la crédibilité » du Canada en tant que partenaire commercial, a réitéré M.Dion.Tout cela en vain, car «un équipement semblable serait presque cer tainement vendu à l\u2019Arabie saoudite» par un autre pays, a-t-il ajouté.«Vu de Riyad, il impor te peu que l\u2019équipement vienne d\u2019une usine de Lima, en Ohio, ou de Stirling Heights, au Michigan, plutôt que d\u2019une usine de London, en Ontario», a plaidé le ministre.Arme de négociation Un raisonnement qui est loin d\u2019avoir convaincu Louise Arbour, qui a été haute-com- missaire des Nations Unies aux droits de l\u2019Homme.«Si on se servait de ça comme argument, on pourrait excuser les pires compor tements », a déploré cette ancienne juge à la Cour suprême, en tranchant que ce nouvel argument était « le plus faible » de ceux avancés par le ministre Dion.Mme Arbour suggère maintenant qu\u2019Ottawa se serve au moins de ce controversé contrat comme arme de négociation.« On pourrait espérer que le Canada puisse faire avancer le dossier de Raïf Ba- dawi dans ses relations avec l\u2019Arabie saoudite, a-t-elle suggéré à la suite du discours du ministre Dion.Ça ferait plaisir aux Canadiens de voir un pays cocontractant faire un geste qui ne coûterait pas beaucoup, mais qui aurait beaucoup d\u2019impact dans l\u2019opinion canadienne envers l\u2019Arabie saoudite.» Le bureau du ministre s\u2019est contenté d\u2019une réaction succincte à cette demande.« Nous souhaitons vivement la libération de M.Badawi et le ministre Dion va continuer de réclamer la clémence dans son cas », a réitéré son attachée de presse Chantal Gagnon, en rappelant les positions du gouvernement.« Le Canada surveille la situation des droits de la personne en Arabie saoudite et fait régulièrement part de ses préoccupations à ce sujet auprès des hauts représentants saoudiens.» Mais reste que l\u2019ancien ministre des Affaires étrangères Lloyd Axworthy persiste à dire que l\u2019entente négociée par les conservateurs aurait dû être révisée par les libéraux de Justin Trudeau à leur arrivée au pouvoir.Certains pays songent à interdire l\u2019exportation d\u2019armes vers Riyad \u2014 un régime qui devient « très agressif », selon M.Axworthy.Les Pays-Bas ont voté une telle interdiction ce mois-ci.« J\u2019espère que nous ferions partie de ces discussions», a avancé M.Axworthy, qui venait lui aussi d\u2019entendre le discours du ministre.Pas de place à la négociation Le politologue Jean-Chris- tophe Boucher note cependant que le contrat de vente de véhicules blindés au gouvernement saoudien avait donné lieu à une compétition féroce et qu\u2019il serait « étonnant », selon lui, que l\u2019entente conclue permette à Ottawa de retarder certaines étapes de livraison, par exemple, pour faire pression sur Riyad dans d\u2019autres domaines, comme les droits de la personne.« Si quelqu\u2019un pouvait influencer l\u2019Arabie saoudite, sa feuille de route en matière de droits de la personne, les Américains l \u2019auraient fait.Et les États-Unis sont incapables de la faire bouger sur plusieurs enjeux », a relaté M.Boucher, professeur adjoint à l \u2019Université MacEwan en Alberta.Qui plus est , outre les conséquences f inancières d\u2019une résiliation de contrat, Ottawa verrait également «des problèmes diplomatiques » avec les pays du Golfe qui se rangeraient derrière la puissante Arabie saoudite dans un conflit entre les deux États, prévient M.Boucher.Le tout, alors que le Canada fait partie d\u2019une coalition luttant contre le groupe armé État islamique dans la région.Les pays du Golfe s\u2019étaient unis pour voter contre l\u2019obtention par le Canada d\u2019un siège au Conseil de sécurité de l\u2019ONU, après qu\u2019Ottawa eut refusé des droits d\u2019atterrissage supplémentaires aux Émirats arabes unis.«Ce n\u2019est pas juste 15 milliards de dollars [en contrat].Ça devient en matière diplomatique un casse-tête important », a-t-il expliqué au Devoir.Le Devoir M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L\u2019Association coopérative d\u2019économie famil iale (ACEF) du Nord de Montréal appelle les familles à y penser à deux fois avant de contracter un prêt auprès d\u2019une caisse Desjardins pour encaisser le choc fiscal lié à la modulation des tarifs de garde.«On utilise sa carte de crédit pour financer un service public», a déploré la conseillère budgétaire Carole Laberge mardi.À l\u2019approche de la date limite pour produire sa déclaration de revenus, l\u2019ACEF a cru bon de rappeler la possibilité de conclure une « entente de paiement avec les gouvernements au taux de 6 % ».« C\u2019est beaucoup plus avantageux qu\u2019un emprunt dans une institution financière à 16 %, comme l \u2019a proposé une de celles-ci à plus de 25 000 familles récemment » , note-t - elle, faisant allusion à une publicité d\u2019un prêt personnel accordé via AccordD \u2014 dont le taux d\u2019intérêt varie entre 11 % et 16 % \u2014 du Mouvement Desjardins.« Bonne nouvelle.Il y a AccordD pour régler la contribution additionnelle pour les frais de garde », indiquait la publicité.L\u2019ACEF du nord de Montréal voit d\u2019un mauvais œil l\u2019endettement des familles québécoises.Celles-ci sont aux prises avec une hausse du coût de la vie, mais connaissent une «stagnation» de leurs revenus.«Lorsque le gouvernement augmente les tarifs, que ce soit en santé, en éducation, en électricité et cette fois-ci les tarifs de frais de garde, les familles n\u2019ont déjà plus la marge de manœu- vre nécessaire pour faire face à toutes ces nouvelles hausses.» Proposition d\u2019entente De son côté, Revenu Québec a rappelé au Devoir que toute personne dont la situation financière ne permet pas de payer les sommes dues en un seul versement « [peut lui] faire une proposition d\u2019entente de paiement par débits préauto- risés en fonction de [sa] capacité à payer ».« Vous pourrez ainsi payer les sommes dues, si elles sont d\u2019un montant maximal de 100 000 $, au moyen de paiements mensuels égaux répar tis sur un maximum de 12 mois consécutifs », indique l\u2019agence sur son site Web.Le taux d\u2019 intérêt de Revenu Québec, fixé à l\u2019heure actuelle à 6 %, est « déterminé selon la moyenne des taux de base des prêts bancaires consentis aux entreprises ».Le Devoir L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 3 0 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 ARABIE SAOUDITE Les blindés devraient aider à négocier le sort de Raïf Badawi Dans son discours, Stéphane Dion a confirmé quelques ruptures avec ses prédécesseurs conservateurs.Voici quelques extraits : «Le Canada doit retourner en Iran pour jouer un rôle utile dans cette région du monde.» Ottawa «demeurera vigilant» quant à la sécurité de son ambassade, les droits fondamentaux des Iraniens et les engagements de Téhéran sur le nucléaire.«Le Canada doit cesser d\u2019être pour ainsi dire seul à pratiquer la politique de la chaise vide face à la Russie, car ce faisant, il se pénalise lui- même.» Le ministre Dion a indiqué qu\u2019il voulait reprendre le dialogue, en citant notamment les dossiers de la Syrie, de l\u2019Ukraine et de l\u2019Arctique.Le Bureau de la religion, créé par Stephen Harper, sera démantelé.M.Dion a évoqué « la liberté de religion ou de croyance, que nous défendrons bec et ongles, mais non par le bureau que le gouvernement Harper a créé expressément à cette fin».Changements de cap libéraux SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le maintien du contrat de véhicules blindés entre le Canada et l\u2019Arabie saoudite découle de la doctrine de la « conviction responsable» que le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, dit avoir l\u2019intention de suivre.TARIFS DE GARDE Québec doit offrir un taux de 6 % pour les parents incapables de payer le CPE, dit l\u2019ACEF CHRISTIAN LUTZ ASSOCIATED PRESS L\u2019épouse de Raïf Badawi, Ensaf Haidar, poursuit son combat pour la libération du blogueur emprisonné en Arabie saoudite.O ttawa \u2014 Une contestation constitutionnelle d\u2019une loi adoptée par les conservateurs est tombée dans les limbes.Cette loi rétroactive était entrée en vigueur après que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) eut détruit des données du registre des armes à feu.Trois ministres libéraux ont cependant demandé à rencontrer la commissaire à l\u2019information fédérale, Suzanne Legault, pour discuter du dossier suspendu, suggérant qu\u2019une résolution est peut-être en vue.Suzanne Legault poursuit cette contestation qui provient d\u2019une demande de Bill Clen- nett.M.Clennett avait demandé l\u2019accès aux données du registre des armes à feu en 2012.Cette demande avait alors été contrecar rée, puisque la GRC avait détruit les données \u2014 violant ainsi la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.Plutôt que de prendre des mesures contre ces actes illégaux, le gouvernement conservateur avait réécrit rétroactivement la loi en remontant à octobre 2011 et enterré l\u2019amendement dans un projet de loi omnibus adopté au début de l\u2019été, avant la fin de la session parlementaire.C\u2019est la Police provinciale de l\u2019Ontario qui menait une enquête sur les activités de la GRC.Les audiences de la contestation de Mme Legault \u2014 que les juristes disent être sans précé- dent \u2014 devaient débuter en décembre.Elles ont cependant été suspendues pour une période de trois mois, à la demande du nouveau gouvernement libéral.Cette période de trois mois a été prolongée depuis.Le site Internet du Commissariat à l\u2019information du Canada a indiqué, le 9 mars, qu\u2019il n\u2019y avait aucun calendrier pour un retour en cour, en raison de la suspension des négociations.«L\u2019horloge tourne» Un porte-parole du ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a dit mardi que trois ministres, y compris M.Goo- dale, le président du Conseil du trésor, Scott Brison, et la ministre de la Justice, Jody Wilson- Raybould, avaient demandé à rencontrer Mme Legault pour discuter d\u2019une « résolution qui satisferait les deux parties».Dan Brien a toutefois indiqué qu\u2019aucune date n\u2019était prévue.« J\u2019espère que quelque chose va arriver très bientôt », a lancé Bill Clennett en entrevue à La Presse canadienne.«L\u2019horloge tourne.Nous avons une entente pour mettre les choses sur la glace, mais je ne crois pas que ça tiendra encore longtemps », a-t-il ajouté.M.Clennett a indiqué qu\u2019aucune négociation n\u2019avait été entamée.Il croit toujours que le gouvernement libéral de Justin Trudeau adoptera une nouvelle loi pour renverser les changements prévus par les conservateurs.Seules les données du Québec ont été sauvegardées sur un disque dur sous la garde du tribunal après qu\u2019un juge eut ordonné à la GRC de les lui remettre.M.Clennett a expliqué qu\u2019il était interdit d\u2019aller devant les tribunaux pour obtenir ces données restantes jusqu\u2019à ce que la question de la constitutionnalité de la loi rétroactive soit réglée.La Presse canadienne Une loi conservatrice sur le registre des armes à feu tombée dans les limbes Carrières & professions 1 2 3 1 SERVICES PRIX mcote@ledevoir.com 514.985.3313 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 3 0 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 6 AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.LE DEVOIR ne sera pas respon sable des erreurs répétées.Merci de votre attention.160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.NOUVEAU - ROSEMONT 4 1/2 sur Place Beaubien.Belle luminosité.Secteur paisible avec terrasse.820 $ 514-255-0347 OUTREMONT - 5, Vincent d'Indy 11/2, 31/2, 41/2, Penthouse 51/2, rénovés, près métro, UdeM.Poêle/frigo.Chauffé, eau chaude.Ascenceur.514 737-8055 514 735-5331 OUTREMONT - 6 1/2 2e étage, 3 CAC., pl.bois, stat.JUILLET.1 420 $ chauffé.514 276-0700 514 913-1096 VILLERAY - 3 1/2 - Bien éclairé Bas de duplex, entrée lav./séc., frais peint, n.-fumeur, près parc, métros et services.JUIL.490 $ 514-729-5193 (entre 17h et 21h) 165 PROPRIÉTÉS À LOUER PARIS VII - XV Champ-de-Mars Site exceptionnel - 2 1/2 rénové 08 Tt équipé, très ensoleillé.Sur jardin 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l?édition du lendemain.Téléphone: 514-985-3322 Télécopieur: 514-985-3340 petitesannonces@ledevoir.com Conditions de paiement : cartes de crédit 5 9 9 9 25-7 4 5 1 : c.é l é T 9 4 1 1 1 - 5 52 4 5 é: l é T Q 2 H c, l, a é r Mont u e, r v Ha u D e r , 5 85 1 o l ie r m é e M L (comptoir à la clientèle fermé le dimanche) Sam Dimanche à vendredi:10h à12h et de 1 ar téléphone, télécopieur ou par courriel P Pour une publication s m el.co i olog r ie@lememo cr ne rmé 4 X 2 K edi: fe Heure de tombées 15h15 à 17h00 3h ection décès dans A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L e ministre de la Santé et des Services sociaux Gaé- tan Barrette pensera d\u2019abord aux patients avant de prendre une décision concernant l\u2019avenir du Centre de prélèvement d\u2019organes (CPO) de l\u2019hôpital du Sacré-Cœur.Une décision sera prise sous peu concernant son financement, affirme-t-il.Inquiet pour la sur vie du centre, son coordonnateur, le Dr Pierre Marsolais, lançait mardi un cri d\u2019alarme.Il craint que le centre perde son statut et son financement.Ce projet, le ministre Barrette dit qu\u2019 i l y « croit » .I l était à la tête de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) quand les négociations entourant l\u2019octroi de sommes à même l\u2019enveloppe de rémunération des médecins à ce projet se sont conclues.« Je l\u2019ai négocié envers et contre tous», a expliqué le ministre mardi en entrevue avec Le Devoir.« J\u2019y croyais, et j\u2019y crois encore.» Le CPO, c \u2019est toute une équipe prête 24 heures sur 24 à procéder au prélèvement d\u2019organes et une salle d\u2019opération toujours disponible.Mis sur pied en 2013 sous forme de pro- jet-pilote, le centre bénéficie d\u2019un financement conjoint de 1,4 million de dollars du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et de la FMSQ.Et c\u2019est un succès: la première année, le CPO a prélevé 39% de tous les organes destinés au don au Québec.Plus cher qu\u2019ailleurs Le financement du CPO est assuré jusqu\u2019en juin.Ombre au tableau : un rapport du ministère de la Santé et des Services sociaux de mars 2015 estime que le coût moyen d\u2019une transplantation au CPO est plus élevé qu\u2019ailleurs d\u2019environ 24 000 $, selon La Presse.Le ministre Gaétan Barrette lui-même af firme avoir des réser ves concer nant les conclusions de ce rappor t.«Nous sommes en train de l\u2019analyser et une décision sera prise avant juin, promet le ministre.À moins qu\u2019on me démontre que ça ne fonctionne pas, ça va continuer, ajoute-t-il.La décision sera prise d\u2019abord et avant tout en fonction des bénéfices pour les patients, et ensuite selon le critère des coûts-bénéfices.» Le coordonnateur du centre, le Dr Pier re Marsolais, explique que le centre se situe parmi les meilleurs au monde avec son taux de 125 gref fes par million d\u2019habitants par an.« Nos résultats sont formidables », dit-il.Ce succès est même scruté par des équipes ailleurs dans le monde qui veulent s\u2019en inspirer.« Le ministère doit maintenant décider comment il veut financer le prélèvement d\u2019organes au Québec», affirme le Dr Jean- François Lizé.Pour l\u2019intensi- viste, directeur médical intérimaire de Transplant Québec, il faut voir comment aider chacun des cinq principaux centres de prélèvement au Québec.Tous ont amélioré leurs performances ces dernières années, se réjouit-il.«L\u2019important, c\u2019est de répondre aux besoins de la population et des patients.» L\u2019année 2015 a été une année record en matière de don d\u2019organes, 549 patients ayant subi une transplantation.Le nombre de donneurs a augmenté de 12 %.Mais plus de 800 personnes sont toujours sur une liste d\u2019attente.Le Devoir Don d\u2019organes : la survie du meilleur centre au Québec en jeu La reconduction du financement du Centre de prélèvement d\u2019organes de l\u2019hôpital du Sacré-Cœur est incertaine Les funérailles nationales de Claire Kirkland-Casgrain auront lieu samedi Québec \u2014 Les funérailles nationales de l\u2019ex-députée, ministre et juge Claire Kirkland-Cas- grain seront célébrées samedi à 11 h en la cathédrale Marie- Reine-du-Monde à Montréal.Cette pionnière de la sphère politique québécoise est décédée le 24 mars à l\u2019âge de 91 ans et six mois.Le premier ministre Philippe Couillard avait annoncé la semaine dernière la tenue de funérailles nationales pour souligner l\u2019engagement et le dévouement de Mme Kir- kland-Casgrain.Il avait souligné qu\u2019elle avait été la première femme à exercer des fonctions dans les domaines politique et juridique au Québec et qu\u2019elle avait mis ses convictions au service de l\u2019égalité entre les femmes et les hommes.La Presse canadienne JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le financement du Centre de prélèvement d\u2019organes de l\u2019hôpital du Sacré-Cœur est assuré jusqu\u2019en juin.M A R C O B É L A I R - C I R I N O L a Coalition avenir Québec dénonce une « explosion » des coûts de projets routiers.Le ministère des Transports s\u2019est résigné à l \u2019 idée de 265 millions de dollars de plus pour 15 projets, ont déploré les élus Éric Caire et Claude Surprenant après avoir comparé les deux dernières versions du Plan québécois des infrastructures (PQI).«Comment peut-on avoir des dépassements de coûts aussi faramineux dans un laps de temps aussi court?On pose cette ques- tion-là au gouvernement : comment peut-on s\u2019être trompés autant en si peu de temps?» ont-ils demandé lors d\u2019une conférence de presse mardi.À la lecture des PQI 2015- 2025 et 2016-2026, ils ont notamment constaté que le coût anticipé du maintien de l\u2019échangeur Saint-Pierre est passé de 96,3 à 131,8 millions (+36,86 % ou 35,5 millions) et celui des tunnels Ville-Marie et Viger a bondi de 93,5 à 117,8 millions (+26% ou 24,3 millions).« C\u2019est la pointe de l\u2019iceberg», a fait valoir M.Caire, déplorant du même souffle l\u2019absence dans le PQI de la liste des projets de 50 millions de dollars et moins.Ces derniers, qui ne sont pas détaillés, totalisent 9 milliards de dollars.«C\u2019est 9 milliards de projets qui sont perdus dans le Triangle des Bermudes libéral, et donc sur lesquels on est incapables d\u2019avoir quelque contrôle que ce soit.» La CAQ ne remet toutefois pas en question l\u2019attribution des contrats eux-mêmes puisqu\u2019elle ne dispose pas de preuve qu\u2019il y aurait eu des irrégularités.Le Devoir La CAQ constate une « explosion de coûts » dans les infrastructures routières J E A N N E C O R R I V E A U E n raison des traitements qu\u2019il doit subir pour son cancer, l \u2019un des coaccusés dans l\u2019af faire du Faubourg Contrecœur, Bernard Trépa- nier, a demandé la tenue d\u2019un procès séparé.Absent mardi alors que débutaient ses traitements de chimiothérapie, l\u2019ancien collecteur de fonds pour le parti Union Montréal était représenté par son avocat.Me Daniel Rock a expliqué au juge Yvan Poulin qu\u2019il était dif ficile de dire si l\u2019état de santé de son client lui permettrait d\u2019être présent aux audiences au cours des prochaines semaines.De son côté, la Couronne a fait valoir qu\u2019il faudrait des preuves avant de statuer sur l\u2019avenir du procès.Rappelons qu\u2019il y a deux semaines, un rapport médical sur la condition de M.Trépanier avait été transmis au tr ibunal, mais la Couronne avait jugé le document trop sommaire.En mi- jour née mardi, la Couronne s\u2019est entretenue au téléphone avec la médecin de M.Trépanier.Celle-ci aurait indiqué que l\u2019accusé pourrait assister à son procès s\u2019il réagit bien à la chimiothérapie, a relaté Me Nicole Martineau.L\u2019avocate a donc suggéré que le procès se poursuive et que la médecin témoigne la semaine prochaine afin qu\u2019elle éclaire le tribunal sur l\u2019état de l\u2019accusé.« Pour nous, M.Tré- panier peut assister à son procès sauf les journées de chimiothérapie », a-t-elle dit.Selon la Couronne, le fardeau de la preuve repose sur Me Rock.La décision de tenir deux procès séparés ne peut être prise à la légère, d\u2019autant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un dossier d\u2019envergure, a souligné le juge Poulin.« Je suis conscient du fait que de tels traitements peuvent être très éprouvants pour les personnes qui les subissent», a-t-il dit.Jusqu\u2019en décembre?Il a toutefois convenu que, pour l\u2019instant, la preuve était insuf fisante pour justifier la tenue de procès séparés.Les trois mois prévus pour le procès du Faubourg Contre- cœur ne suf firont pas.Alors qu\u2019il devait se conclure à la fin du mois d\u2019avril, le procès pourrait se poursuivre jusqu\u2019en décembre compte tenu de la difficulté pour certains avocats d\u2019être disponibles aux mois de mai et juin.Rappelons que les huit coaccusés font face à des accusations de fraude, complot et abus de confiance concernant la vente d\u2019un terrain de la Ville de Montréal à l\u2019entreprise Construction F.Catania.Le Devoir FAUBOURG CONTRECŒUR Bernard Trépanier demande un procès distinct Craintes non fondées à Pierrefonds Une vidéo potentiellement inquiétante diffusée sur les réseaux sociaux a déclenché une vaste opération policière mardi dans l\u2019arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, où 200 résidants ont été évacués.Les policiers ont interpellé deux résidants et procédé à la fouille de leur résidence à la recherche d\u2019engins explosifs ou dangereux.N\u2019en ayant pas trouvé, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a conclu que les craintes étaient non fondées et a mis un terme à l\u2019opération qui avait aussi mobilisé des policiers de la Sûreté du Québec et la Gendarmerie royale du Canada.Le Devoir Des manifestants bloquent une réunion du C.A.de l\u2019UQAM Des manifestants ont forcé mardi le report d\u2019une rencontre du conseil d\u2019administration de l\u2019Université du Québec à Montréal après que le journal étudiant Montréal Campus eut révélé que l\u2019université s\u2019apprêtait à renouveler son contrat avec le Groupe de sécurité Garda.D\u2019une valeur de près de 48 millions de dollars, la durée du nouveau contrat serait de cinq ans avec possibilité de prolongement de deux ans et concernerait des services de gardiennage dans les pavillons du centre-ville de Montréal.Son adoption devait être discutée au conseil d\u2019administration, a confirmé une porte-parole de l\u2019UQAM.Le Devoir Terrorisme : un Ontarien accusé Brampton \u2014 Un Ontarien qui avait été arrêté vendredi de crainte qu\u2019il ne commette un acte terroriste a été formellement accusé, mardi.La police allègue que Kevin Omar Mohamed a participé ou contribué aux activités d\u2019un groupe terroriste sur une période de deux ans.L\u2019accusé âgé de 23 ans, qui n\u2019a pas d\u2019adresse fixe, demeurera en détention provisoire jusqu\u2019au 19 avril, date à laquelle devrait se tenir son enquête sur remise en liberté.La procureure de la Couronne, Sarah Shaikh, estime que cette étape pourrait s\u2019étirer sur deux ou trois jours.Par voie de communiqué, la GRC a indiqué qu\u2019à la suite d\u2019une enquête criminelle «exhaustive», l\u2019Équipe intégrée de la sécurité nationale de la GRC à Toronto a déposé une accusation de terrorisme contre Kevin Omar Mohamed «en vertu de l\u2019article 83.18 du Code criminel du Canada, pour participation à une activité d\u2019un groupe terroriste ».La Presse canadienne CONTENANTS EMBALLAGES ET IMPRIMÉS C\u2019EST TOUT CE QUI VA DANS LE BAC POUR TROUVER LE POINT DE CHUTE DE TOUT CE QUI NE VA PAS DANS LE BAC RECREER.CA Le placement publicitaire de la présente campagne s\u2019inscrit dans le cadre de la Loi sur la qualité de l\u2019environnement (chapitre Q-2) et de la réglementation relative.Les journaux assujettis sont tenus de contribuer en espaces publicitaires à leur juste part.CECI N\u2019EST PAS UN CONTENANT CECI N\u2019EST PAS UN EMBALLAGE CECI N\u2019EST PAS UN IMPRIMÉ élection fédérale du 19 octobre devait être la dernière à se tenir en vertu du mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour.Pour démontrer son sérieux, le chef libéral Justin Trudeau a même promis de soumettre au Parlement un projet de loi dans les 18 mois suivant son arrivée au pouvoir, projet qui serait le fruit d\u2019une vaste consultation menée par un comité parlementaire spécial sur un large éventail de réformes possible.Cinq mois plus tard, on attend toujours le début du commencement de cette consultation dont l\u2019échéancier était déjà jugé peu réaliste par les experts, surtout à la lumière des tentatives faites par plusieurs provinces.Au Québec, en Ontario, en Co- lombie-Britannique, au Nouveau-Brunswick et à l\u2019Île-du-Prince-Édouard, on a pris des années pour consulter la population et en arriver à des propositions précises.Dans plusieurs cas, on a même tenu des référendums pour trancher la question.Pour se faire dire non, répète-t-on toujours, alors qu\u2019en Colom- bie-Britannique, l\u2019échec était attribuable aux règles en vigueur et non à la volonté des électeurs.Après deux ans de consultations et d\u2019éducation populaire, ces derniers ont appuyé dans une proportion de 57,69% le changement proposé lors du référendum tenu en 2005.Mais la loi, elle, exigeait un appui de 60%.Il ne reste que 13 mois aux libéraux pour respecter leur promesse.En privé, on indique que l\u2019échéancier tient toujours et que la motion nécessaire à la création du comité sera présentée bientôt, mais comme le Parlement fait relâche jusqu\u2019au 11 avril, il ne verra pas le jour avant au moins trois semaines.On aura donc perdu un autre mois.La ministre des Institutions démocratiques, Maryam Monsef, a été accaparée par la mise en place du nouveau processus de sélection des sénateurs, dit-on, mais ce dernier a été établi à la mi-janvier et on ne voit pas en quoi cela a pu l\u2019empêcher de rédiger une simple motion.Le NPD en a d\u2019ailleurs proposé une qui avait le mérite d\u2019empêcher un parti d\u2019imposer ses vues puisque tous les partis représentés aux Communes, dont le Bloc québécois et le Parti vert, seraient représentés et auraient le droit de vote.Comme les libéraux, les néo- démocrates proposaient par contre un échéancier trop serré pour permettre une consultation large et démocratique.Le système électoral n\u2019appartient pas aux élus mais aux citoyens, et ils doivent avoir le temps de soupeser les options soumises et de faire entendre leurs opinions.Pour cela, ledit comité a besoin de temps.Le gouvernement lui en laisse toujours un peu moins, au risque, s\u2019il ne modi?e pas son échéancier, de procéder à une consultation précipitée ou, pire, de façade.Est-ce ce qu\u2019il veut ?L\u2019onde de choc provoquée par l\u2019attentat qui avait fait quelque 130 morts parmi les élèves de l\u2019école militaire de Peshawar, en décembre 2014, avait donné à penser que l\u2019establishment pakistanais avait enfin compris qu\u2019il lui fallait en finir avec sa stratégie de complaisance à l\u2019égard des organisations terroristes.L\u2019attentat suicide commis dimanche dans un parc de Lahore, capitale culturelle du pays, met en évidence le fait que l\u2019appareil d\u2019État n\u2019a pas surmonté ses ambivalences.L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 3 0 M A R S 2 0 1 6 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Mais on n\u2019a vraiment rien compris Le Parti libéral québécois est favorisé et gardera le pouvoir longtemps parce qu\u2019il jouit, peu importe le contexte, de l\u2019appui inconditionnel des anglophones et d \u2019une grosse majori té des immigrants qui démontrent de moins en moins d\u2019 intérêt à parler français , comme une étude nous le démontrait il y a quelques semaines.Il est devenu très dif ficile, voire impossible de faire él ire des députés d \u2019autres par t is à Montréal ou en banlieue.Ce qui ajoute au problème, c\u2019est le vote des francophones éparpillé entre les libéraux, le PQ, la CAQ, QS et le Parti vert.Et on voudrait créer un nouveau parti politique pour diviser ce vote davantage\u2026 Aucun de ces partis ne disparaîtra d\u2019ici à l\u2019élection de 2018 et je ne comprends pas cette stratégie qui ne mènerait qu\u2019à assurer l\u2019élection des libéraux, ce que ces stratèges veulent sûrement éviter.Ce qu\u2019il faut, c\u2019est favoriser l\u2019union de toutes les forces souverainistes et nationalistes et non la division telle qu\u2019on la vit actuellement.Il faut travailler sur ce qui les rapproche, et le seul dénominateur commun est leur amour de la langue française et leur désir de la protéger, ainsi que l\u2019urgence d\u2019intégrer tous les nouveaux arrivants à la majorité francophone du Québec.L\u2019ouver ture nationaliste manifestée par la CAQ, qui veut que le Québec détienne l\u2019exclusivité de tous les pouvoirs liés à l\u2019identité québécoise, c\u2019est-à-dire les pouvoirs sur la langue, la culture et évidemment l \u2019 immigration, apparaît comme une belle occasion à saisir pour renforcer le Québec et assurer la pérennité de la langue française.Le Par ti québécois devrait oser et prendre l\u2019initiative d\u2019annoncer que s\u2019il est élu, il tiendra un référendum sur un tel rapatriement de pouvoirs.Ce référendum a de bonnes chances d\u2019être gagnant, puisque la CAQ est déjà favorable à un tel rapatriement, et je ne vois pas comment QS et Option nationale pourraient être dans le camp du non.Je persiste à croire que beaucoup de fédéralistes nationalistes pourraient aussi être tentés de voter oui.On peut faire un référendum sur autre chose que la souveraineté complète du Québec.L\u2019impor tant, pour le moment, c\u2019est de réunir les francophones de droite ou de gauche autour de la défense de la langue française et de la culture québécoise, de battre les libéraux et de faire avancer et progresser le Québec.On verra pour la suite.Mais de grâce, n\u2019ajoutez pas de nouveaux partis politiques qui vont nous diviser FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N L\u2019 PAKISTAN Un parc à Lahore MODE DE SCRUTIN On tarde trop M I C H E L I N E D U M O N T Historienne L e décès récent de Marie-Claire Kir- kland-Casgrain remet à l\u2019ordre du jour les anciennes prescriptions du Code civil sur les femmes mariées, puisque c\u2019est elle qui a fait adopter la loi 16 qui les a profondément modifiées en 1964, avant l\u2019émergence des nouveaux mouvements féministes (1966, 1969, etc.) et le déblayage du terrain par quelques-unes de leurs pionnières.Mais la question intéressait les féministes depuis longtemps.Dès 1893, dans Le Coin du feu, magazine féminin publié par Joséphine Marchand-Dandurand, Marie Gérin-Lajoie publiait une série d\u2019articles pour dénoncer les articles du Code civil qui signaient l\u2019effacement social et économique des femmes mariées.Estimant qu\u2019elle devait informer les jeunes filles de la perte de liberté que représentait pour elles le mariage, elle publiait en 1903 un Traité de droit usuel, ouvrage qu\u2019elle faisait distribuer dans les académies et les pensionnats.Deux décennies après la fondation de la première association féministe québécoise, la Fédération nationale Saint-Jean- Baptiste, en 1907, le gouvernement libéral d\u2019Alexandre Taschereau établissait la commission Dorion pour examiner la question et proposer éventuellement des amendements au Code civil.Tous les groupes féministes ont présenté des mémoires, mais ils n\u2019ont obtenu que des miettes : le droit pour les femmes mariées de conserver leur salaire (sic !!!) et le droit pour les femmes séparées d\u2019obtenir la tutelle de leurs enfants.La demande de séparation pour cause d\u2019adultère du mari n\u2019était possible que s\u2019il entretenait sa concubine sous le toit conjugal.Par contre, un mari pouvait toujours obtenir la séparation en cas d\u2019adultère de son épouse.« Le pardon, estimaient les commissaires, était plus naturel au cœur de l\u2019épouse et l \u2019humiliation était plus grande pour le mari.» Ce double standard était donc maintenu.En 1945, il a fallu la détermination et l\u2019astuce de Thérèse Casgrain pour obtenir que les chèques d\u2019allocation familiale soient adressés à la mère de famille au Québec.Estimant qu\u2019il était temps, après cet épisode, de réactiver le dossier des droits civils des épouses, elle a obtenu du gouvernement Duplessis une nouvelle commission d\u2019enquête, la commission Méthot, en 1946.De nouveau, les féministes s\u2019activent, mais cette fois, elles ont des alliés : quelques membres du Barreau, où désormais on trouve des femmes.L\u2019une d\u2019elles, Élisabeth Monk, en compagnie de Jacques Perrault, publie une série d\u2019articles dans Le Devoir et réunit les textes en brochure.Celle-ci est largement distribuée.La seule retombée directe de cette nouvelle activité militante est l\u2019abolition du double standard, en 1954, article qui confirmait le caractère ouvertement désuet des prescriptions du Code civil.Les recommandations de la commission Méthot, à ce jour, ne sont pas connues.Les femmes actives au sein du Parti libéral, dont Marie-Claire Kirkland-Cas- grain et Lise Bacon, obtiennent, à la fin des années 1950, que les modifications au Code civil figurent au programme du Parti libéral.Mais il ne suffit pas de placer une revendication dans le programme.Certes, les comités du barreau sont à l\u2019œuvre, notamment le Comité de révision du Code civil.Mais il faut aussi la volonté politique.Ce sera le rôle de la première femme ministre de convaincre ses collègues de placer les modifications attendues à l\u2019agenda et de faire adopter la loi 16.Moralité : il faut d\u2019abord la conscience des femmes de l\u2019injustice qu\u2019elles vivent.Il faut ensuite la militance et surtout la persévérance (1893-1964) des féministes pour la contrer.Il faut enfin des femmes au pouvoir, des femmes convaincues de l\u2019importance des droits des femmes, pour procéder aux modifications indispensables.Femmes mariées, féminisme et pouvoir MANON CORNELLIER Nos écoles ou les SAQ?Nul ne peut le nier, la situation des écoles vieillissantes au Québec devient un problème gênant.Imaginez, rien de moins que 478 bâtiments scolaires, dont 37 à Québec, sont considérés comme étant en mauvais état.De plus, 55 coûteraient moins cher à démolir qu\u2019à rebâtir.Le système est en péril et le besoin est criant ! Je prendrai soin de ne pas trop insister sur les nombreuses réquisitions pour des réparations mineures qui exacerbent les autorités en place ni sur des directions d\u2019écoles qui vocifèrent auprès des commissions scolaires pour accélérer les travaux.Le gouvernement a choisi l\u2019échelle de A à E pour classer les établissements scolaires.N\u2019allez surtout pas croire que les écoles classées D et E, les pires, seront rénovées au niveau A.Vous faites erreur en ayant de telles attentes.Le gouvernement les replacera dans la cote C; nous sommes loin des miracles! Par ailleurs, combien d\u2019écoles ont subi le test du radon récemment?Croyez- moi, le gouvernement ne laisserait jamais une succursale de la SAQ en piteux état.Michel Beaumont Québec, le 29 mars 2016 davantage.Ne faites pas ce cadeau aux libéraux.Claude Bachand Laval, le 26 mars 2016 attentat de dimanche visait des Pakistanais de dénomination chrétienne, mais aura surtout tué des musulmans.Ce qui vient brutalement nous rappeler que les musulmans, au Pakistan comme dans l\u2019ensemble du Proche-Orient, demeurent les principales victimes de l\u2019intolérance terroriste.Mais ce qui vient aussi souligner une réalité non moins probante: à savoir que les minorités religieuses, notamment la minorité chrétienne, font l\u2019objet de visées nommément géno- cidaires de la part des talibans et du groupe État islamique (EI).À l\u2019échelle de la région, ce «nettoyage» religieux à l\u2019égard de la minorité chrétienne n\u2019est pas récent.En Irak, il s\u2019est accentué avec l\u2019invasion américaine et le renversement de Saddam Hussein.Les chrétiens y formaient une communauté très ancienne de plus d\u2019un million de personnes avant 2003 ; ils y seraient maintenant à peine 300 000.Semblable drame s\u2019est produit dans la Syrie voisine, dont 10% de la population était chrétienne avant que la guerre civile n\u2019éclate en 2011.À Homs, selon Human Rights Watch, c\u2019est toute la communauté chrétienne qui a été poussée à l\u2019exil par les islamistes fondamentalistes.Au Pakistan, l\u2019attentat de dimanche a été accueilli par une grande partie de l\u2019opinion publique, que ce climat de violence épuise, avec un mélange de colère et de désillusion à l\u2019égard de l\u2019armée et du gouvernement civil du premier ministre Nawaz Sharif, lancés depuis les événements de Peshawar dans une offensive tous azimuts contre les organisations radicales qui empoisonnent de plus en plus la vie nationale.Prétendument lancés, pourrait-on dire, comme le commun des Pakistanais ne sait que trop bien à quel point sont ancrées et dangereuses les liaisons qui ont uni l\u2019establishment militaire à certains des groupes composant la nébuleuse extrémiste.L\u2019attaque contre l\u2019école militaire de Peshawar a bouleversé la conscience collective et a manifestement marqué un tournant.Certains ont voulu croire que, pour avoir instrumentalisé pendant des décennies des organisations militantes armées dans sa guerre larvée contre l\u2019Inde voisine, l\u2019establishment militaire prend aujourd\u2019hui la mesure du monstre à têtes multiples qu\u2019il a laissé grandir et prend en?n conscience de la nécessité de le menotter.On ne demande, en effet, qu\u2019à y croire.Il se trouve, cela dit, que les connivences sont objectivement trop profondes pour imaginer qu\u2019elles puissent être déracinées à brève échéance.L\u2019attentat de Lahore, qui a fait au moins 73 morts, dont des dizaines d\u2019enfants, traduit le déchirement culturel que vit le Pakistan, au-delà des complicités militaires et du seul facteur d\u2019intolérance religieuse.On a vite analysé que la coïncidence n\u2019était pas fortuite entre cet attentat et la récente exécution de l\u2019homme reconnu coupable du meurtre, commis en 2011, du gouverneur libéral du Pendjab, Salman Taseer.Deuxième ville du pays, Lahore est le foyer de ses courants progressistes.Frapper là, comme les ultra- conservateurs l\u2019ont fait en ce dimanche de Pâques, c\u2019était s\u2019en prendre, par obscurantisme, à l\u2019idée d\u2019une société ouverte et à une certaine conception de la modernité.Comme d\u2019autres sont allés le faire à Paris et à Bruxelles.GUY TAILLEFER L\u2019 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 3 0 M A R S 2 0 1 6 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).V I C T O R M O Z O Exilé cubain, traducteur à la retraite, Saint-Jean-de-Matha a récente visite du président Barack Obama à Cuba a été qualifiée, avec raison, d\u2019historique.De plus, son discours devant des invités triés sur le volet et le commandant-prési- dent Raúl Castro accompagné de ses plus proches collaborateurs, en plus de passer à l\u2019histoire, a pu toucher directement presque tous les Cubains puisque le gouvernement en place, qui contrôle tous les médias du pays, leur a donné la permission de diffuser le discours.Par contre, il n\u2019a fallu que quelques heures après le départ d\u2019Obama pour que la machine de propagande castriste critique l\u2019illustre visiteur et surtout son discours.Fidel Castro lui-même vient de publier un article qui dit entre autres, et je cite : «Nous n\u2019avons pas besoin que l\u2019impérialisme nous fasse cadeau de quoi que ce soit.» Pour lui, la confrontation vaut plus que la réconciliation, et le passé est plus acceptable que ce qui s\u2019annonce pour l\u2019avenir.En fait, le discours d\u2019Obama, qui avait démonté en l\u2019espace d\u2019une demi-heure une vieille rhétorique rigide et agressive et ouvert de ce fait la porte à une politique de la main tendue, a soulevé tout un branle-bas de combat médiatique.Par ailleurs, si on se fie aux commentaires des Cubains dans l\u2019île et même à ceux des plus récalcitrants de Floride, le discours d\u2019Obama a laissé de bonnes traces.Habitués à entendre depuis des décennies des discours hostiles aux Américains, les Cubains se retrouvaient devant un chef d\u2019État qui leur adressait la parole et qui n\u2019avait pas peur de dire ce qu\u2019il était venu dire, un homme charismatique au sourire facile face à une nomenklatura devenue plus que fade avec les années.Le peuple cubain a su l\u2019apprécier.Son allure décontractée faisait ombre à ceux qui dirigent d\u2019une main de fer les destins de leur pays depuis presque 58 ans.Si la visite a commencé sous la pluie et sans Raúl Castro pour l\u2019accueillir, les Cubains ont pu voir le premier président noir des États-Unis tenant lui-même son parapluie, comme l\u2019ont fait sa femme et ses filles.Tout un symbole de simplicité.Les Cubains sont friands de symboles.Et ils ont senti le vent tourner.Ce ne sera plus comme avant, même si la propagande castriste essaie de dire le contraire.Sí se puede Je suis sûr que si le président Obama avait été reçu comme les dirigeants cubains ont reçu par le passé les Kadhafi, Chávez et autres dirigeants de cette gauche populiste, le peuple aurait été présent pour l\u2019acclamer.Cependant, son arrivée a été soigneusement planifiée pour qu\u2019il ait le moins de contact possible avec la population.Mais peu importe, la population a compris : son lien avec les États-Unis n\u2019en est pas qu\u2019un de confrontation ou d\u2019agressivité.Une grande partie des Cubains de l\u2019île ont de la famille aux États-Unis et celle-ci les aide à vivre et à survivre.Il y a plus d\u2019amour que de haine.La preuve la plus vivante de cela sont ces jeunes qui rêvent toujours de quitter l\u2019île pour aller vivre aux États-Unis.J\u2019ai vu un avant et un après.J\u2019ai vu aussi le commandant-président Raúl Castro sortir de ses gonds quand un journaliste lui a demandé s\u2019il y avait des prisonniers politiques à Cuba.Il bafouillait, faisant semblant de ne pas comprendre pour finalement donner une réponse digne d\u2019un seigneur féodal.Pourtant, monsieur le commandant-président ne répond jamais aux journalistes étrangers à moins de connaître d\u2019avance les questions qu\u2019on va lui poser.On se perd en conjectures depuis le rétablissement des relations entre les États-Unis et Cuba.Par exemple, on évoque une invasion américaine par les McDonald\u2019s et autres Burger King.La mainmise impérialiste, quoi ! Mais on oublie que le capitalisme est aussi français, italien, canadien, et que tout le monde veut avoir sa part du butin.Or, il n\u2019y a pas de syndicats encombrants à Cuba.Donc peu de droits à respecter et une main-d\u2019œuvre bien formée et soumise.Un point qu\u2019a évoqué le président Obama dans son discours quand il a dit : « Un travailleur devrait obtenir un emploi en traitant directement avec les entreprises qui investissent à Cuba.[\u2026] La prospérité dépend de l\u2019éducation, de la santé et de la protection de l\u2019environnement.Mais elle dépend aussi de la circulation libre et ouverte des idées.» Même si tous ses problèmes quotidiens sont loin d\u2019être résolus, le peuple cubain gardera l\u2019image d\u2019un président américain souriant, capable de faire des blagues, venu avec sa famille et saluant ceux et celles qu\u2019il pouvait, comparé à un commandant octogénaire toujours prêt à se bagarrer à la moindre contradiction.Merci donc, Monsieur le Président Obama, bon boulot.La balle est maintenant dans le camp des Cubains.Et comme vous dites : «Sí se puede.» VISITE D\u2019OBAMA La balle est dans le camp des Cubains F R A N C I N E A L L A R D Écrivaine vivant à Oka a population okoise touchée a voté à 62 % contre l\u2019exploitation de la mine par la NIOCAN qui est tou jours propr iéta ire des lieux.La mémoire trop courte de certains ingénieurs miniers fait que mes concitoyens et moi sommes de nouveau aux prises avec cet enjeu que je qualifie de destructeur : Eco-Niobium, une autre compagnie minière, récemment const ituée (2015), a convaincu le conseil municipal d\u2019Oka et le chef du territoire mohawk de Kanesatake, à force de promesses pour la population de chacun des camps, de laisser ses exploiteurs miniers reprendre les travaux.Transpor t lourd, dynamitage, empoisonnement ou assèchement des nappes phréatiques, réveil de matières dangereuses, sans parler du réveil des cauchemars anciens.Eco-Niobium rejoue la scène de Jacques Cartier avec ses cadeaux, ses miroirs, en échange de la paix avec les Premières Nations.On vous prend votre quiétude en échange de votre territoire.C\u2019est une image, bien sûr.Depuis le début, les Okois de tendance écologiste, qui sont de plus en plus nombreux, peuvent compter sur leurs concitoyens autochtones pour protéger l\u2019âme des ancêtres.Voici que Michel Gaucher et ses collègues ont commencé à rencontrer en groupes spécifiques, donc potentiellement embobinés selon les tactiques proposées par Pierre Bouchard, spécialiste en communications travaillant pour Eco-Nio- bium.Ils tentent de convaincre la population d\u2019Oka de les laisser forer, à coups de millions, dans une plaie encore ouverte, afin de s\u2019enrichir.Ils promettent que le projet de la mine ne sera possible qu \u2019avec l \u2019acceptat ion soc iale, donc sans opposition majoritaire.Brillant.Eco-Niobium veut l\u2019assentiment général des citoyens, ma is envo ie son armada pour convaincre, of frir des cadeaux, des pots-de-vin, des bonnes paroles pour s\u2019assurer que la population lui accordera son aval.Il y aura trois autres rencontres (en plus d\u2019une rencontre à Kanesatake) la sema ine prochaine, et déjà, un groupe de citoyens se mobilise pour s\u2019opposer à la mine Eco-Niobium.Non, nous ne sommes pas des ingé - n ieurs, ma is des gens qu i ont choisi Oka pour y déposer leurs valises, élever leurs enfants, respirer de l\u2019air sain, entendre les oiseaux, vivre assez loin du tohu- bohu de la ville, boire de l \u2019eau pure, aller au village, voir arriver la traverse remplie de touristes s \u2019émer veillant de la beauté de l\u2019église aussi blanche que la paix.Avons-nous besoin de toute la pollution que nous offre une mine qui promet du travail à 250 Okois en leur assurant des salaires de 80 000 $ et même une formation minière ?Mais sur tout, comme Kanesatake et Oka forment deux entités, me semble-t-il, qu\u2019arrivera- t-il si le grand chef et ses conseillers acceptent les propositions mirobolantes d\u2019Eco-Niobium, mais que les citoyens blancs d\u2019Oka refusent la mine ?Que faut-il craindre ?Que cette pa ix entre les deux camps nécessite une autre raison de s\u2019af fronter.Le grand chef Simon est un pacifiste.Mais dans sa lettre envoyée aux Okois, il explique à quel point Eco-Niobium a promis une meilleure éducation pour leurs enfants, de meilleures conditions de vie, et le paradis à la fin de leurs jours.Il semblerait que notre voisin dans-le-tipi-d\u2019à-côté cessera d\u2019être le protecteur de la terre d\u2019Oka.Pour la première fois, les Premières Nations risquent d\u2019accepter le miroir en échange de leur territoire.Je suis très inquiète.Plusieurs citoyens d\u2019Oka font des pieds et des mains pour ouvrir le dialogue avec Kanesa- take, et je m\u2019excuse d\u2019avance au grand chef Simon si jamais un projet de forage minier venait de nouveau brouiller notre dialogue.Comme l\u2019a écrit la poète Sylvie Sicotte, fille de Gratien Gélinas, qui a vécu à Oka : Oui notre territoire se venge Il disparaîtra sans laisser trace Si les jeunes le délaissent Il coulera comme amante à la dérive Si les jeunes le trahissent (Femmes de la forêt, Leméac, 1975) Eco-Niobium, une compagnie racoleuse J ian Ghomeshi a été acquitté de toutes les accusations qui pesaient contre lui lors d\u2019un premier et combien spectaculaire procès.Le dénouement est le contraire de ce à quoi on aurait pu s\u2019attendre il y a un an et demi, alors qu\u2019on découvrait les nombreuses agressions sexuelles que l\u2019animateur de radio aurait commises.Au fur et à mesure que les informations coulaient, on a vu l\u2019indignation monter, les réseaux sociaux s\u2019enflammer, jusqu\u2019au chef de police de Toronto inviter les femmes à porter plainte.Du jamais vu.Jamais n\u2019avait-on tant parlé de ce type insidieux de violence ; jamais n\u2019avait-on vu un chef de police en encourager la dénonciation.Que s\u2019est-il donc passé ?Les plaignantes se sont contredites en cour et le juge, se disant incapable de «distinguer la vérité du mensonge », dut conclure à l\u2019absence de « tout doute raisonnable ».Vu cette exigence tatillonne et par ailleurs tout à fait légitime du système de justice criminelle, le juge ne pouvait pas conclure autrement.Tout le monde s\u2019entend là-dessus.Seulement, fallait-il qu\u2019il reprenne le plaidoyer, parfois au mot près, de la défense ?Qu\u2019il passe au tordeur les plaignantes sans égard pour le contexte psychologique, médiatique et juridique dans lequel elles ont baigné ?Compre- nez-moi bien, ces trois femmes ont chacune fait des erreurs monumentales, impardonnables vu l\u2019importance de ce procès, mais elles ne devraient pas être seules à en porter l\u2019odieux.Qui sont les autres coupables ?La frénésie médiatique, d\u2019abord.Vu la célébrité de l\u2019accusé, les médias sont tombés à bras raccourcis sur cette histoire.Lucy DeCoutere, la seule plaignante à s\u2019être identifiée, a accordé à elle seule 24 entrevues et a même engagé une relationniste pour gérer la demande.Non seulement les micros se tendaient, mais on sentait une certaine sympathie pour celles qui osaient aujourd\u2019hui dénoncer.Rapidement, des femmes qui n\u2019avaient jamais eu l\u2019intention de porter plainte, d\u2019autant plus que les gestes allégués remontaient à plus de dix ans, se sont senties investies d\u2019une mission.Celle de porter sur la place publique une cause perdue que ni le temps ni le féminisme n\u2019ont su amé- l iorer : contra irement aux autres cr imes contre la personne, l\u2019agression sexuelle est en hausse aujourd\u2019hui.Le procès Ghomeshi est un exemple patent de comment les médias et les tribunaux travaillent à contre-courant.Nous tirons dans deux directions opposées : les médias vers une divulgation toujours plus grande, les tribunaux vers un silence d\u2019or.L\u2019ironie, évidemment, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y aurait pas eu de procès sans le rôle des médias.En même temps, la posture « d\u2019héroïne » encouragée par l\u2019attention médiatique et adoptée par les plaignantes, une attitude vindicative qui tranche avec l\u2019ambivalence qui caractérise souvent les victimes d\u2019agression sexuelle et qui était aussi celle des plaignantes avant que les médias s\u2019emparent de l\u2019histoire, a beaucoup contribué aux dites « déceptions » et « incohérences » relevées par le juge.La collusion dont il les accusera découle aussi de cette posture de Jeanne d\u2019Arc.Quoi de plus normal pour des femmes qui mènent une offensive de se tenir les coudes ?La sol idarité est d \u2019ailleurs la grande leçon de la campagne #Agressions- NonDenoncées.Mais aux yeux du tribunal, cette perception de « conspiration » les coulera encore davantage et empêchera, d\u2019ailleurs, la Couronne de souligner la similarité et donc la véracité des gestes allégués.Dans sa hâte de redorer son blason en matière de lutte contre l\u2019agression sexuelle, la police semble aussi avoir été victime de la su- pramédiatisation de l\u2019af faire Ghomeshi.À moins que ce soit la norme de mener mollement les entrevues avec les femmes violentées.Dans les extraits d\u2019entrevues obtenus par l\u2019émission The Fifth Estate, on entend des enquêteurs demander s \u2019 il y a autre chose qu\u2019ils devraient savoir.Mais sans plus.On apprend aussi que l\u2019enquête du premier cas se résume à une entrevue de 35 minutes avec la plaignante.« Les policiers ne sont pas des travailleurs sociaux.Leur travail consiste à recueillir la preuve et sonder la vérité », dit l\u2019avocat au criminel Daniel Rechtshaffen.Bien que le travail de la Couronne dépende beaucoup de celui de la police, plusieurs sont d\u2019avis qu\u2019elle a aussi mal travaillé, sans prévoir les coups et, surtout, sans ouvrir sur la problématique de l\u2019agression sexuelle comme telle.Après tout, ce procès devait être l\u2019occasion de donner un coup de barre pour ce qui est de la façon de traiter ce délit en cour.Il fallait y mettre le paquet ! Prise de court, la Couronne a laissé au contraire le procès devenir celui des plaignantes plutôt que celui de l\u2019accusé.Si un jugement implacable s\u2019ensuivit, la justice, elle, n\u2019a pas encore été rendue.fpelletier@ledevoir.com Suivez-moi sur Twitter : @fpelletier1 Autopsie d\u2019un fiasco FRANCINE PELLETIER L PABLO MARTINEZ MONSIVAIS ASSOCIATED PRESS Le président américain Barack Obama et le commandant-président Raúl Castro ont partagé plusieurs moments la semaine dernière à Cuba.L L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 3 0 M A R S 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S consulter en CLSC sont souvent en situation de crise».En ver tu du nouveau système, les travailleurs sociaux à l\u2019intérieur des GMF verraient les patients que les médecins du groupe leur confient.C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019un des aspects qui irrite le plus la profession, qui craint en outre de perdre une bonne part de son autonomie.Selon nos informations, ceux qui suivaient déjà des patients précis en CLSC pourraient continuer à les voir durant une période de transition.Les patients seraient ensuite confiés à des collègues.Une travailleuse sociale touchée par la réforme de Québec croit toutefois que cela risque de ne pas trop se produire parce qu\u2019on ciblerait pour les transferts des travailleurs sociaux affectés à l\u2019accueil dans les CLSC.Des transferts dans Lanaudière L\u2019une des travailleuses sociales touchées à Québec a confié au Devoir qu\u2019elle voyait mal comment le nouveau système sera plus ef fi- cace.« Le docteur Barrette dit qu\u2019il veut avoir une seule porte d\u2019entrée dans le système mais il n\u2019est pas cohérent », a déclaré cette professionnelle qui a requis l\u2019anonymat.«Lorsqu\u2019on est en GMF, il n\u2019y a que la clientèle du GMF à l\u2019interne qui peut fréquenter les professionnels du GMF.Or si on n\u2019a pas accès aux GMF, on se tourne vers les CLSC.[\u2026] C\u2019est la clientèle la plus vulnérable qui va écoper.Elle va se présenter en CLSC mais le rendement en CLSC va être moindre.» La CSN s\u2019attend à ce que le modèle déployé à Québec soit à l\u2019image de ce qui se profile pour tout le territoire québecois.On sait notamment que dans Lanaudière, 34 professionnels doivent être transférés, dont 19 travailleurs sociaux.Début mars, le ministre de la Santé Gaétan Barrette a déclaré que le modèle des CLSC était à son avis un «échec».Il compte désormais sur les GMF pour offrir des services de proximité de qualité.Du côté du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Na- tionale (CIUSSS), on cherche à tempérer les inquiétudes.« Il n\u2019y aura pas moins de travailleurs sociaux.Ils vont être déployés autrement », a commenté Isabelle Simard, directrice des services multidisciplinaires au CIUSSS.Elle souligne qu\u2019à l\u2019heure actuelle, les médecins des GMF confient leurs patients à des travailleurs sociaux en CLSC et que le nouveau système permettra de simplifier les trajectoires.Interrogée sur le sort des patients sans médecin de famille, Mme Simard souligne qu\u2019il y aura encore des professionnels dans les CLSC.« C\u2019est sûr que l\u2019objectif, c\u2019est de ne pas faire ça au détriment de la clientèle vulnérable.Il faut s\u2019assurer que cette of fre de services-là va être maintenue.» Le CIUSSS n\u2019était pas en mesure de dire quand exactement le transfert de personnel se réalisera, mais prévoit que cela se fera « au cours des prochains mois ».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CLSC Pépinot et Capucine, à l\u2019antenne de Radio-Canada, avant même l\u2019avènement de la télévision en couleurs.Après avoir été réalisateur et metteur en scène, il devient producteur, et fonde notamment Avanti Ciné Vidéo, qui produira La petite vie, de Claude Meunier, et Un gars, une fille, de Guy A Lepage.Ce dernier a d\u2019ailleurs dit que M.Bisson- nette lui avait « tout appris » à l\u2019occasion de cette collaboration.Il arrivait d\u2019ailleurs encore récemment que Bissonnette téléphone à Lepage pour lui faire des commentaires sur l\u2019émission Tout le monde en parle.On dit de Jean Bissonnette que tout ce qu\u2019il touchait se transformait en succès.Et que son secret était de ne jamais se prendre au sérieux tout en travaillant sérieusement .« J\u2019étais bon public et je le suis encore», disait-il.Show-business En 2011, Radio-Canada consacre à Bissonnette un documentaire de 90 minutes, Le show-business québécois, du big bang à aujourd\u2019hui.On y apprenait entre autres que c\u2019est Jean-Pierre Ferland qui lui a présenté Gilles V igneault, pour que Bissonnette l\u2019engage à l \u2019émission Music-hall , en 1960.Jean Bissonnette racontera aussi que l\u2019un des numéros les plus comiques qu\u2019il a mis en scène, celui d\u2019Olivier Guimond et Denis Drouin sur les mesures de guerre, dans le Bye Bye de 1970, avait été tourné en une seule prise à 7 h30 du matin.Pour Lise Payette, qui a travaillé avec lui sur le plateau d\u2019Appelez-moi Lise, Jean Bis- sonnette était un réalisateur encourageant, mais qui poussait toujours les gens avec qui il travaillait plus haut, plus loin.Il excellait dans l\u2019art de former des gens au métier, mais aussi de leur faire confiance.Il avait le don de donner l\u2019envie aux gens de travailler ensemble.« C\u2019est la fin d\u2019une façon de faire de la télévision», dit-elle.« J\u2019ai vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup d\u2019admiration pour les gens avec qui j\u2019ai travaillé, disait Bissonnette.Être seul devant Vigneault qui me faisait les chansons qu\u2019il créait pour les spectacles que l\u2019on montait ensemble, ça a été de grands moments pour moi.Je me considère comme privilégié d\u2019avoir été le premier public de ces ar tistes.» Jean Bisson- nette a été entre autres derrière les fêtes de la Saint-Jean de 1975, présidées par Lise Payette.Il a ensuite mis au point les premiers galas Juste pour rire, propulsant la carrière de nombreux humoristes québécois.Succès colossaux À Radio-Canada, le vice-président Louis Lalande a diffusé des condoléances pour la famille de Jean Bissonnette.« Toute la grande famille de Radio-Canada est profondément attristée par le décès de Jean Bissonnette et se joint à moi pour souhaiter à ses proches nos plus sincères condoléances.Jean Bissonnette a contribué à faire de la télé publique un des principaux moteurs de notre show-business.Il a joué un rôle de premier plan tant comme réalisateur d\u2019émissions de variétés marquantes des années 50 aux années 80 que comme cofonda- teur et producteur d\u2019Avanti Ciné Vidéo, qui est à l\u2019origine de succès colossaux à Radio- Canada tels La petite vie et Un gars, une fille.En outre, tous ceux qui ont eu le privilège de le côtoyer ont pu apprécier sa passion pour les artistes, son flair infaillible et sa grande générosité.» Denise Filiatrault, qui a travaillé avec Jean Bissonnette dès les débuts de la populaire télésérie Moi et l\u2019autre, où elle partageait la vedette avec Dominique Michel dans les années 1960, a exprimé son chagrin sur la page Facebook du Théâtre du Rideau Vert.« Denise Filiatrault et le Théâtre du Riveau Vert sont très attristés par le décès de Jean Bisson- nette, réalisateur qui a produit Moi et l\u2019autre et qui a produit Un gars, une fille.» Jean Bis- sonnette a récemment légué ses archives à Bibliothèque et archives nationales du Québec.Il était aussi le père, entre autres, de la danseuse étoile des Grands Ballets canadiens Anik Bissonnette, qui dirige aujourd\u2019hui l\u2019École supérieure de ballet du Québec.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PIONNIER Saint-Huber t.Par une cruelle coïncidence, M.Lapierre et ses proches allaient assister aux funérailles de leur père, Raymond C.Lapierre, décédé à l\u2019âge de 83 ans des suites de la maladie de Parkinson.La classe politique canadienne a salué la mémoire de Jean Lapierre, un des chroniqueurs québécois les plus influents, qui a aussi été un acteur politique impor tant du dernier quart de siècle, à titre de député et ministre fédéral.Mais les gens les plus secoués par la tragédie se trouvent aux îles de la Madeleine, cet archipel du golfe du Saint- Laurent qui a vu naître et mourir Jean La- pierre, ses frères et sa sœur.« On perd un ambassadeur des Îles.C\u2019est toujours une fierté quand un des nôtres per forme dans le monde spor tif, culturel ou politique.Nous sommes tous en deuil », a réagi Jonathan Lapierre (aucun lien de parenté avec les victimes), maire des îles de la Madeleine, joint par Le Devoir en fin de journée.La communauté des Îles se mob i l isa it mardi soir pour soutenir la mère et une autre sœur de Jean Lapierre, qui vivent des moments d\u2019une tristesse inimaginable.La famille Lapierre, véritable institution aux Îles, peut compter sur la solidarité de ses concitoyens, indique le maire.«C\u2019est une catastrophe» Réginald Poirier, qui habite les îles de la Madeleine «depuis toujours», ne trouve pas de mots assez forts pour décrire ce qu\u2019il ressent.«C\u2019est vraiment triste.On est saisis.C\u2019est dif ficile à expliquer», raconte le propriétaire du Domaine du Vieux Couvent, une auberge située à quelques centaines de mètres du lieu de l\u2019écrasement.« C\u2019est une catastrophe, ajoute-t-il.Tout le monde est bouche bée.» M.Poirier n\u2019a que de bons mots pour Jean Lapierre, un « chic type » apprécié de tous.« Il était coloré de son langage et il reflétait bien les Îles », se rappelle-t-il.Un autre Madelinot, Anatole Chiasson, a bien connu l\u2019ex-politicien devenu chroniqueur.La nouvelle de mardi a eu sur lui, comme sur bien d\u2019autres, l\u2019effet d\u2019un coup de poing.« Je suis du même patelin que Jean.Je l\u2019ai côtoyé au primaire, se souvient-il.C\u2019est une catastrophe pour nous autres.On a beaucoup de peine.En plus, il venait pour les funérailles de son père.C\u2019est comme illogique.» « Jean Lapierre était un ambassadeur incomparable des îles de la Madeleine », renchérit le directeur général de la Chambre de commerce des îles de la Madeleine, Sony Cormier.Il se dit touché par la solidarité dont ont fait preuve les Québécois dans les heures suivant l\u2019annonce du drame.«De mémoire, de mes 45 ans, c\u2019est le premier accident du genre à se produire [aux îles de la Madeleine].Nous vivons quotidiennement notre insularité avec fierté.Ce drame, cette carcasse au milieu du champ, ne nous fera que travailler plus fort.» Circonstances nébuleuses Antonin Valiquette, journaliste à la radio CFIM, était dans sa cuisine lorsqu\u2019il a entendu un bruit d\u2019avion «exceptionnellement fort » qui a attiré son attention.« J\u2019ai vu l\u2019avion amorcer une descente assez abrupte, il est passé très près des toits voisins et des lignes électriques avant de faire une chute rapide d\u2019altitude.Il a frappé le sol au pied d\u2019une côte, relate-t-il.L\u2019impact a été assez violent, ça a laissé une traînée au sol sur une longueur de 80 pieds.Au sommet de la petite élévation, le choc a été particulièrement solide.L\u2019avion a été sectionné en plusieurs parties.» Lorsqu\u2019il est arrivé sur les lieux, une quinzaine de minutes plus tard, les premiers répondants étaient déjà sur place.« Je n\u2019ai vu aucun blessé, ni sur civière ni sur pied.De ce qu\u2019on pouvait voir, les passagers ne semblaient pas être conscients : il n\u2019y avait pas de voix, pas de cris, pas de mouvements à l\u2019intérieur de l\u2019appareil.» Jean-Claude Larouche, qui travaille aux communications pour la CSN aux îles de la Madeleine, a pour sa part été témoin des évé- nements depuis l\u2019île du Cap-aux-Meules, située plus à l\u2019ouest.« Ce qui nous a embêtés un peu, c\u2019est que l\u2019avion était dans une trajectoire perpendiculaire de la piste, pas dans le sens de la piste.» On en sait pour l\u2019instant très peu sur les circonstances de l\u2019accident.Y a-t-il eu une défaillance technique ?S\u2019agirait-il d\u2019une erreur de pilotage ?Les conditions météorologiques seraient-elles en cause ?Il est pour l\u2019instant trop tôt pour le dire.Mardi soir, la Sûreté du Québec n\u2019avait pas donné plus de détails.De son côté, le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a indiqué qu\u2019il mènera une enquête pour tenter de déterminer les causes de la tragédie.Les enquêteurs devraient arriver sur les lieux de l\u2019accident ce mercredi matin.Chose certaine, le rapport d\u2019incident publié par Transports Canada indique qu\u2019un avion tur- bopropulsé de marque Mitsubishi (MU-2B-60), immatriculé aux États-Unis et construit en 1982, a décollé de l\u2019aéroport de Saint-Hubert mardi matin.Il s\u2019est écrasé dans un champ, près de l\u2019aéroport des Îles, vers 12 h 40 mardi, heure locale (11 h40, heure de l\u2019Est).Environnement Canada a diffusé une alerte faisant état de forts vents dans la région.Selon plusieurs témoins, la brume recouvrait le secteur.« Ça brassait, mais ce n\u2019étaient pas des conditions inhabituelles.On a vu pire», juge Ré- ginald Poirier, qui voit régulièrement des avions emprunter un trajet semblable à celui de l\u2019appareil qui s\u2019est écrasé.Les «conditions météorologiques défavorables » ont pourtant forcé Jazz Aviation, qui exploite des vols au nom d\u2019Air Canada, à annuler un vol aller-retour Gaspé -îles de la Madeleine, a confirmé au Devoir la porte-parole de Jazz Aviation, Manon Stuart.Le vol d\u2019aller devait partir de Gaspé à 12 h 30 et le vol de retour en partance des Îles était prévu à 14 h40.Avec Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Lisa-Marie Gervais Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 TRAGÉDIE JACQUES NADEAU LE DEVOIR Février 2004.Jean Lapierre annonce son retour au sein du Parti libéral du Canada.PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Jean Lapierre et sa conjointe, Nicole Beaulieu I l se décrivait lui-même comme une «mémère».Jean Lapierre avait le sens de l\u2019autodé- rision.Et il était humble : en réalité, il était une machine à attirer les confidences.À l\u2019automne 2008, Le Journal de Montréal et TVA avaient nolisé un autobus de campagne électorale qui sillonnait le Québec en vue du scrutin provincial du 8 décembre.J\u2019étais le gars du Journal.Jean Lapierre était celui de TVA.Cohabiter avec Jean Lapierre durant plus d\u2019un mois a été un bonheur.C\u2019était un plaisir de débarquer dans une petite ville, n\u2019importe où.On allait au resto de la rue principale et au centre commercial, puis on jasait avec le monde.C\u2019était simple : on n\u2019avait qu\u2019à se pointer quelque part et tout le monde venait saluer Jean Lapierre.«Quand j\u2019étais en politique, les gens venaient me dire qu\u2019ils étaient fâchés ; là, ils viennent me dire qu\u2019ils m\u2019aiment ! » disait-il en riant.Il n\u2019était pas journaliste et ne voulait pas l\u2019être.Mais Lapierre savait humer l\u2019air du temps en «placotant» avec le monde.Il savait écouter.Après notre tournée du Québec, on savait que les libéraux de Jean Charest allaient gagner l\u2019élection.C\u2019était clair.Lapierre savait aussi parler aux gens avec des mots simples, sans prétention.Il était un peu le Claude Poirier de la chronique politique.Toujours en devoir, jour et nuit, d\u2019un côté ou de l\u2019autre de la clôture, à jouer son propre rôle.À un moment donné, durant notre périple sur la route électorale de 2008, l\u2019autobus a fait un détour d\u2019une semaine à Ottawa : une coalition des partis d\u2019opposition menaçait de faire tomber le gouvernement Harper, sur fond de crise financière mondiale.Ottawa vivait des moments dramatiques.Chaque jour, on allait garer notre bus sur la colline parlementaire, à côté de la Chambre des communes.L\u2019autobus TVA/Le Journal était devenu un véritable confessionnal où les élus de tous les partis venaient donner \u2014 et prendre \u2014 des nouvelles ! Tout le monde parlait à « Jean» pour connaître les derniers potins.Ça lui faisait toujours des histoires à raconter.Bien avant Facebook et Twitter, Jean Lapierre était une sorte de réseau social à lui tout seul.Marco Fortier Dans le confessionnal avec la mémère "]
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