Le devoir, 31 mars 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 6 9 L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A R S 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Économie \u203a Investissements.Cuba ouvre ses bras aux entreprises canadiennes.Page B 1 Actualités \u203a Euro 2016.La France prévoit des « conditions de sécurité exceptionnelles » à 70 jours du grand rendez-vous.Page A 7 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.B 8 Mots croisés.B 8 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Musique Gianmaria Testa, poète italien des autres latitudes, n\u2019est plus Page B 10 Sciences La ministre Duncan promet la ?n de l\u2019ingérence d\u2019Ottawa Page A 6 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L es policiers doivent faire face à des situations à haut risque lorsqu\u2019ils se trouvent devant un individu aux prises avec des problèmes de santé mentale ou encore de drogue ou d\u2019alcool.En effet, près de 80% des personnes visées par une intervention policière durant laquelle une personne meur t ou subit des blessures graves étaient dans un «état de conscience altéré», révèle une étude de l\u2019École nationale de police du Québec (ENPQ) dévoilée mercredi.«Dès qu\u2019on est en présence d\u2019une personne qui est en crise, qui est atteinte de troubles mentaux, qui a un comportement qui permet de détecter cet état-là ou qui est en état d\u2019intoxication, à ce moment-là, il devrait déjà y avoir une première lumière qui s\u2019allume », soutient la chercheuse Annie Gendron, appelant les policiers à la plus grande «prudence» dans ces situations pouvant «dégénérer» en quelques secondes.Elle souligne à gros traits le haut degré de volatilité des opérations au terme desquelles un policier dégaine son arme et ouvre le feu.«Il faut toujours être à l\u2019affût.[\u2026] Ça va très vite.Parfois, le \u201cback-up\u201d est appelé, mais [\u2026] n\u2019a pas le temps d\u2019arriver avant que malheureusement les blessures surviennent», explique-t-elle, avant de préciser qu\u2019à peine dix minutes s\u2019écoulent \u2014 dans un cas sur deux \u2014 entre l\u2019arrivée des policiers, les coups de feu, puis l\u2019appel des secours.Le cas des régions La membre du Centre de recherche et de développement stratégique (CRDS) de l\u2019ENPQ a passé au peigne fin 143 dossiers d\u2019enquêtes indépendantes sur des interventions policières 80 % des victimes perturbées ou confuses Une étude lève le voile sur l\u2019impact de la santé mentale et la toxicomanie lors des interventions policières M A R C O F O R T I E R I l a la réputation d\u2019un « faiseur de veuves ».L\u2019avion qui s\u2019est écrasé aux îles de la Madeleine avec sept personnes à bord, dont le chroniqueur Jean Lapierre et quatre membres de sa famille, est considéré comme un appareil « capricieux» et vulnérable au givrage des ailes.Pas moins de 27,7 % des 704 avions de la série Mitsubishi MU-2 ont subi un accident depuis la mise en service du modèle en 1963, a estimé le réputé magazine Flying.Des experts de l\u2019industrie du transpor t aérien décrivent ce bilan comme inquiétant.Seul le petit avion Merlin a un taux d\u2019accident plus élevé parmi les aéronefs de cette catégorie : 30,2 % des appareils mis en service ont eu un accident.Une meilleure formation des pilotes depuis les huit dernières années \u2014 imposée par l\u2019Administration fédérale de l\u2019aviation aux États- Unis \u2014 a toutefois amélioré le bilan de sécurité du MU-2, a insisté la société Mitsubishi dans un communiqué diffusé mardi.Le MU-2 « est plus intolérant au givrage que n\u2019importe quel avion de sa catégorie », affirme Jean Laroche, directeur de la recherche et du développement aéronautique au Centre québécois de formation aéronautique, l\u2019école de pilotage du cégep de Chicoutimi.« Plus du quart des MU-2 construits se sont écrasés, ce qui en fait un exemple de dangerosité.La conséquence ultime d\u2019un excès de givrage est le décrochage des ailes, qui peut entraîner l\u2019avion quasi verticalement, parfois jusqu\u2019à impact au sol », a précisé M.Laroche au Devoir.Ce petit bimoteur à hélices, d\u2019une capacité d\u2019une dizaine de passagers, est considéré comme « très rapide» pour un appareil de cette ÉCRASEMENT AUX ÎLES DE LA MADELEINE Le MU-2, un avion « capricieux » et vulnérable Lire aussi \u203a Jean Lapierre, 1956-2016.Un parcours sinueux.Une chronique de Michel David.L\u2019archétype du « joueurnaliste ».L\u2019ex-élu a pavé la voie pour d\u2019autres politiciens.Page A 3 ANNIK MH DE CARUFEL ARCHIVES LE DEVOIR Bernard Lamarre a été un acteur de premier plan dans l\u2019émergence du Québec inc.F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S G éant du génie québécois, visionnaire, philanthrope, passionné de l\u2019ar t : le fleuve de réactions qui a déferlé mercredi à la suite du décès de Bernard Lamarre est celui réservé aux gens qui ont marqué leur époque.Car tout en construisant une collection de 1300 tableaux, acquise par le Musée d\u2019art contemporain de Montréal dans les années 90, celui qui a piloté Lavalin jusqu\u2019à sa fusion avec SNC était un acteur de premier plan dans l\u2019émergence du Québec inc.Sa disparition, à l\u2019âge de 84 ans, survient au terme d\u2019un combat acharné contre une maladie fulgurante.Du premier ministre Philippe Couillard à l\u2019Ordre des ingénieurs en passant par les partis d\u2019opposition, le maire de Montréal, les chambres de commerce et le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), tous ont salué sa contribution et son rôle dans des projets comme le développement de la baie James, la construction de l\u2019autoroute Ville-Marie et la réalisation du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine.Outre le MBAM, dont il a présidé le conseil de 1982 à 1991 et de 1997 à 2008, M.Lamarre a été président de l\u2019Ordre des ingénieurs du BERNARD LAMARRE 1931-2016 Un grand bâtisseur du Québec inc.VOIR PAGE A 10 : AVION VOIR PAGE A 10 : POLICE VOIR PAGE A 10 : BÂTISSEUR L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa Nathalie Normandeau et les autres ministres libéraux de Jean Charest devaient récolter 100 000$ par an pour financer le Parti libéral du Québec?Il semble que ce ne soit que de la « petite bière ».En Ontario, les cibles sont jusqu\u2019à cinq fois plus élevées, a révélé le Toronto Star.Une situation qui pervertit le système politique en octroyant à quelques riches gens d\u2019af faires un accès privilégié aux décideurs, mais en les exposant aussi à une forme d\u2019extorsion politicienne, estiment des spécialistes.Le quotidien s\u2019est fait confirmer par plusieurs sources au sein du gouvernement libéral de Kathleen Wynne que chaque ministre se voit imposer une cible de financement propor tionnelle à l\u2019attrait qu\u2019exerce son ministère.Ainsi, les ministres Charles Sousa et Eric Hoskins, aux Finances et à la Santé, doivent chacun récolter 500 000$ par année.Le ministre de l\u2019Énergie Bob Chiarelli, qui peut harnacher l\u2019opulence des secteurs de l\u2019électricité et de l\u2019énergie nucléaire, doit amasser entre 250 000$ et 300 000 $.Steven Del Duca (Transports), qui voit à l\u2019attribution de contrats routiers, doit rapporter 300 000 $.Inversement, ceux qui président aux destinées de ministères à vocation sociale ont une cible d\u2019environ 100 000$.Deux anciens ministres ont confié au Star leur inconfort, dont John Gerretsen.«Si un enjeu majeur survenait et que vous aviez été financé par un lobbyiste représentant une quelconque industrie, cela allait vous affecter.C\u2019est humain.» La première ministre de l\u2019Ontario, Mme Wynne, a refusé mardi de confirmer les cibles établies, mais a rappelé que la politique et les campagnes électorales coûtaient cher.«Tout le monde doit faire sa part.[\u2026] Nous sommes une équipe, nous avons besoin de récolter une certaine quantité d\u2019argent afin d\u2019être en mesure de faire des publicités et de mener la campagne dont on a besoin.» Réformes à venir Mme Wynne a néanmoins révélé qu\u2019elle songeait à changer graduellement le système et qu\u2019un «plan» serait déposé «à l\u2019automne».« Il inclura un délaissement des dons des entreprises et des syndicats, une diminution des plafonds annuels de contribution et, en même temps, le maintien des mesures de divulgation en place qui permettent la transparence.» Son entourage a refusé de dire si elle songeait à instaurer un financement étatique pour compenser les pertes de revenus.Car là se trouve le nœud du problème, selon le professeur de l\u2019Université Laval Louis Massicotte, spécialisé dans les questions de financement politique.Le Québec a été le premier à interdire les dons des entreprises au pays.«Le bilan qu\u2019on fait, c\u2019est que ce fut un énorme échec, dit-il sans ambages.En réalité, le système n\u2019est pas bon, car comme les partis n\u2019arrivent pas à se financer par les dons des citoyens, ils se financent par des dons corporatifs déguisés par des prête- noms, entre autres.» C\u2019est pour cette raison que même s\u2019il y voit une poignée d\u2019effets pervers, il estime que le financement des par tis politiques par l\u2019État doit nécessairement accompagner l\u2019abolition des dons corporatifs et syndicaux.Son avis est partagé par l\u2019ancien directeur général des élections, Jean-Pierre Kingsley.«Je suis heureux d\u2019entendre que Mme Wynne a l\u2019intention de revoir cette situation.Personnellement, je crois que la seule solution qui s\u2019impose quand on éliminera la possibilité de financement corporatif et syndical est que ça provienne des deniers publics.» Extorsion M.Massicotte estime que les cibles imposées aux ministres créent une impression de conflit d\u2019intérêts.«C\u2019est une très mauvaise pratique» qui incite les ministres « à tourner les coins ronds».Le problème inverse se pose aussi à son avis.«Si vous refusez la charité à quelqu\u2019un sur la rue, le pauvre ne peut rien contre vous.Mais quand ceux qui viennent vous voir détiennent le pouvoir politique, ce n\u2019est pas la même chose\u2026» Il rappelle qu\u2019à la commission Charbon- neau, un entrepreneur a soutenu avoir perdu des contrats de Québec après que la ministre Julie Boulet lui eut dit être «très, très, très déçue» qu\u2019il ne donne plus au PLQ.Monnayer l\u2019accès Contrairement au Québec, les dons provenant des entreprises et des syndicats sont permis en Ontario.La limite est de 9775$ par année, par parti.Ce montant peut être doublé en année électorale.Chaque entité peut en plus financer jusqu\u2019à cinq associations de circonscriptions et cinq candidats, à raison de 1330$ chacun.Mercredi soir, Mme Wynne a par ticipé à une collecte de fonds qui à elle seule devait rapporter 3 millions.La première ministre a soutenu que l\u2019argent des entreprises n\u2019avait pas d\u2019influence en citant les dons totalisant 275 000$ en 2013 et 2014 de Beer Store, le regroupement des brasseurs détenant un monopole sur la vente de bière dans la province.«Nous avons fait exactement ce qu\u2019ils ne voulaient pas qu\u2019on fasse [assouplir le monopole].» Le Globe and Mail a cependant mis à jour un contre- exemple.En décembre, le groupe de banques qui avaient participé à la privatisation d\u2019Hydro One (transaction leur ayant rapporté près de 30 millions) a moussé une collecte de fonds libérale ayant permis de récolter 165 000$.Au Canada, les dons des entreprises et des syndicats sont interdits au fédéral, mais autorisés dans six provinces (Co- lombie-Britannique, Saskatchewan, Ontario, Nouveau- Brunswick, Terre-Neuve et Île-du-Prince-Édouard).Des plafonds de contribution variant de 100 $ (Québec) à 15 000 $ (Alberta) existent partout sauf dans quatre provinces (Colombie-Britannique, Saskatchewan, Terre-Neuve et Île-du-Prince-Édouard).En Colombie-Britannique, a révélé le Globe and Mail, les rencontres privées avec la première ministre Christy Clark se monnaient jusqu\u2019à 20 000 $ par personne.Le Devoir FINANCEMENT Des cibles élevées pour les ministres du gouvernement ontarien DÉJEUNERS-CAUSERIES DESJARDINS HEC MONTRÉAL : AU SERVICE DE L\u2019ENTREPRENEURIAT ET DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DU QUÉBEC DES STRATÉGIES POUR UN QUÉBEC EN CROISSANCE MICHEL PATRY Directeur HEC Montréal GAÉTAN MORIN Président et chef de la direction Fonds de solidarité FTQ C R É AT E U R S D \u2019 A F FA I R E S RÉSERVEZ DÈS MAINTENANT : 514 871-4001 - WWW.CCMM.QC.CA/AVRIL_DC En collaboration avec : Présentés par : PROFITEZ DE NOS TRIBUNES PUBLIQUES D\u2019AVRIL MARDI 12 AVRIL de midi à 14 h VENDREDI 22 AVRIL de midi à 14 h M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa Un groupe faisant la promotion de campagnes de boycottage contre Israël met le gouvernement Trudeau au défi de le sanctionner.L\u2019organisme Canadiens pour la justice et la paix au Moyen- Orient (CJPMO) a pris au mot les élus libéraux, qui ont appuyé le mois dernier une motion conservatrice appelant le gouvernement à «condamner» toute entité qui ferait la promotion, au Canada ou à l\u2019étranger, du mouvement BDS \u2014 une campagne de boycottage, désinvestissement et sanctions contre Israël.Le président du groupe CJPMO, Thomas Woodley, s\u2019est ainsi photographié en train d\u2019apposer des autocollants sur des produits israéliens provenant des territoires occupés.«N\u2019achetez pas ce produit.[\u2026] Défendez les droits de la personne», somment les autocollants.Les images, accompagnées d\u2019une lettre explicative, ont été envoyées au premier ministre Justin Trudeau, à son ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion, de même qu\u2019aux conservateurs Michelle Rempel et Tony Clement et au chef du NPD, Thomas Mulcair.Thomas Woodley somme les élus, dans sa missive, de condamner les Canadiens qui font la promotion du mouvement BDS, comme l\u2019exige la motion parlementaire, ou de « renoncer à cette motion absurde et insultante».«Si vous ne faites ni l\u2019un ni l\u2019autre, alors vous démontrerez que l\u2019objectif de cette motion était, tout simplement, d\u2019intimider les critiques d\u2019Israël, ou pire, de générer du capital politique au détriment de notre droit à la liberté d\u2019expression», stipule la lettre.Le Bureau du premier ministre n\u2019a pas mordu à l\u2019hameçon mercredi.Car Justin Trudeau a déjà condamné le mouvement BDS, a-t-on rappelé.En novembre, M.Trudeau s\u2019était « inquiété» de voir de l\u2019Union européenne approuver une norme d\u2019étiquetage forçant Israël à identifier ses produits provenant de ses colonies en territoires occupés.« Je pense que c\u2019est important que les consommateurs aient de l\u2019information sur la provenance de leurs produits, mais dans un contexte global, pas dans un contexte qui cible précisément un pays ou un autre», avait-il fait valoir.L\u2019entourage de Stéphane Dion n\u2019a pas non plus voulu réagir à la sortie du groupe CJPMO.Son bureau a plutôt rappelé que M.Dion avait affirmé en marge du débat sur la motion que, bien que le mouvement compte «certains extrémistes, racistes et antisémites», d\u2019autres approuvent le boycottage BDS par «erreur de bonne foi » et ne méritent pas d\u2019être «condamnés à la moindre occasion».Près de 140 députés libéraux \u2014 dont Justin Trudeau \u2014 ont appuyé la motion conservatrice le 22 février, tandis qu\u2019une quinzaine de leurs collègues avaient refusé, comme les néodémo- crates et les bloquistes.Le Devoir BOYCOTTAGE D\u2019ISRAËL Un groupe nargue le gouvernement Trudeau ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Le ministre fédéral de l\u2019Infrastructure, Amarjeet Sohi L e gouvernement du Québec dit s \u2019être entendu avec Ottawa sur les 109 mill ions de dollars des fonds pour les projets d\u2019infrastructure au Québec qui dormaient dans les coffres du fédéral.Ces sommes prévues pour le Québec par le Fonds Chantiers Canada de 2007- 2014 devaient être attribuées d\u2019ici le 31 mars.Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, a annoncé, mercredi, que les gouvernements du Québec et du Canada se sont entendus pour l\u2019utilisation de l\u2019« enveloppe résiduelle » provenant du Fonds Chantiers Canada.M.Leitão a voulu rappeler que son gouvernement s\u2019était déjà entendu avec l \u2019ancien gouvernement conservateur quant aux modalités d\u2019utilisation des sommes résiduelles de 109 millions réservées au Québec.Le ministre a af firmé que cela dissipait les inquiétudes véhiculées quant à l\u2019obtention de ces sommes par Québec, ajoutant que des annonces auront lieu « prochainement » concernant les projets d\u2019infrastructure qui bénéficieront de ces fonds.Mercredi dernier, au lendemain du dépôt du budget fédéral, le maire de Montréal, Denis Coderre, et son homologue de Québec, Régis Labeaume, avaient témoigné de leur impatience de voir les projets enfin débloquer.M.Coder re avait af - f ir mé que les choses devaient se faire « correctement, mais rapidement ».Québec mieux placé Le ministre fédéral de l\u2019Infrastructure, Amarjeet Sohi, s \u2019était aussi montré impatient, indiquant d\u2019ailleurs que « ces fonds [731 mill ions à l\u2019échelle du Canada], s\u2019ils ne sont pas attribués, seront transférés aux municipalités rapidement ».« L\u2019argent versé par le gouvernement fédéral permettra d\u2019appuyer les priorités identifiées par le gouvernement du Québec en matière d\u2019infrastructures.Québec est le mieux placé pour déterminer les principaux projets sur son territoire [\u2026] », a affirmé le ministre Leitão, en annonçant l\u2019entente avec Ottawa à la veille de la date butoir.La Presse canadienne FONDS CHANTIERS CANADA Québec s\u2019entend avec Ottawa L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A R S 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 L\u2019 unanimité du concert de louanges qu\u2019a provoqué la mort tragique de Jean Lapierre ne lui ressemble pas.Il aurait été le premier à y mettre quelques bémols.Malgré le choc causé par cet épouvantable drame et le caractère indéniablement attachant de l\u2019homme, le sens critique qu\u2019il se faisait un devoir d\u2019exercer dans ses commentaires sur la classe politique doit aussi prévaloir dans l\u2019examen de son parcours sinueux, qu\u2019on pourrait facilement prendre pour de l\u2019opportunisme.J\u2019ai rencontré le jeune député libéral de Shef- ford pour la première fois sur une plage de la baie des Chaleurs durant l\u2019été 1979, alors que Le Soleil m\u2019avait af fecté à la couverture d\u2019un colloque camping des jeunes libéraux fédéraux, organisé par son collègue de Bonaventure\u2013Îles- de-la-Madeleine, Rémi Bujold.Cet été-là, l\u2019avenir politique du Québec semblait bien incertain.Après la défaite libérale de mai 1979, Pierre Elliott Trudeau avait annoncé son départ, mais il n\u2019avait pas encore été remplacé.On ne connaissait pas la date du référendum que projetait le gouvernement Lévesque, mais cela ne pouvait pas tarder beaucoup et le gouvernement conservateur minoritaire de Joe Clark ne comptait que deux députés au Québec.Sa chute inopinée en décembre de la même année et le retour inattendu de Trudeau allaient bouleverser le cours des choses.Au coin du feu, Lapierre avait l\u2019âme nationaliste, mais il n\u2019a pas protesté l\u2019année suivante contre les fausses promesses faites par Trudeau durant la campagne référendaire ni contre la «nuit des longs couteaux» et le rapatriement unilatéral de la Constitution.Des 74 députés libéraux du Québec à la Chambre des communes, Louis Duclos (Montmorency) a été le seul à oser voter contre le rapatriement, au risque de compromettre sa carrière.?Certes, Lapierre a appuyé l\u2019accord du lac Meech en 1987, mais c\u2019était aussi la position du chef du parti, John Turner.Les moutons noirs étaient plutôt ceux qui s\u2019y opposaient, à l\u2019instigation de Trudeau et de son principal homme de main, Jean Chrétien, alors réfugié sur Bay Street.En 1990, il s\u2019est dit trop fier pour s\u2019associer à Chrétien.C\u2019était tout à son honneur, mais après choisi le camp de Paul Martin lors de la course à la succession de Turner, son avenir paraissait bien sombre avec le nouveau chef.C\u2019est avec la bénédiction de Robert Bourassa qu\u2019il s\u2019est joint à Lucien Bouchard pour fonder le Bloc québécois.L\u2019ancien premier ministre, qui ne voulait surtout pas voir le nouveau héros des nationalistes débarquer à Québec, misait sur la présence d\u2019un parti souverainiste à Ottawa pour forcer le reste du pays à accepter un nouvel accord constitutionnel, mais l\u2019entente de Charlottetown a également échoué.Lapierre n\u2019a pas voulu se présenter devant l\u2019électorat sous les couleurs du Bloc.Jacques Parizeau présentait l\u2019élection fédérale d\u2019octobre 1993 comme la première période d\u2019une partie dont la troisième, après une victoire du PQ, serait un autre référendum, mais le député de Shefford a préféré observer la partie de la galerie de presse.Soit il se sentait incapable de participer à la rupture du Canada, et il n\u2019aurait jamais dû aller au Bloc, soit il préférait ne pas se mouiller.S\u2019il avait combattu dans le camp du Oui, toute l\u2019amitié de Paul Martin n\u2019aurait pas suffi à assurer sa réintégration au PLC en 2004.?Depuis deux jours, on a vanté avec raison les talents de communicateur et de vulgarisateur uniques de Jean Lapierre, sa connaissance intime du milieu politique, son ardeur au travail, sa simplicité et sa générosité avec ses collègues.Il faut également lui savoir gré d\u2019avoir intéressé à la politique des gens qui y seraient autrement demeurés indifférents.Tous les chroniqueurs aimeraient bénéficier de son exceptionnel auditoire et de la grande affection que la population lui portait.Son statut très spécial n\u2019en créait pas moins un malaise au sein de la profession.Lui-même ne se présentait pas comme un journaliste, mais simplement comme un commentateur.Il se sentait dès lors autorisé à mélanger les genres d\u2019une manière interdite aux journalistes « normaux ».Je n\u2019en connais aucun autre qui a agi comme conseiller auprès d\u2019entreprises aussi diverses qu\u2019Onex, Loblaws, Imperial Tobacco, Cisco Systems Canada ou Rogers.Cela aurait immédiatement été perçu comme une situation de conflit d\u2019intérêts inacceptable.En 2012, l\u2019ancien directeur des émissions d\u2019af faires publiques de Radio-Canada, Pierre Sormany, avait été condamné à payer 22 000 $ à Lapierre pour avoir lancé sur Facebook qu\u2019il conseillait aussi son « ami » Tony Accurso.La commission Charbonneau a cependant fait entendre l\u2019enregistrement d\u2019une conversation avec l\u2019ancien président de la FTQ, Michel Arse- nault, dans laquelle il évoquait le controversé entrepreneur avec une sollicitude tout amicale.Que ses auditeurs ne lui en aient pas tenu rigueur démontre à quel point ils lui faisaient confiance.mdavid@ledevoir.com Un parcours sinueux MICHEL DAVID Le premier ministre du Québec, Philippe Couil- lard, a encore une fois salué le talent de communicateur et d\u2019analyste politique de Jean La- pierre, mercredi matin, au lendemain de son décès subit, des suites d\u2019un écrasement d\u2019avion aux îles de la Madeleine.« Jean Lapierre avait son style à lui, sa façon d\u2019être à lui, sa vie à lui, son passage politique à lui.Tout ça en faisait un personnage unique», a lancé le premier ministre, à Québec.Dans ses chroniques et ses analyses, «il donnait le ton» aux sujets qui allaient dominer la journée, a-t-il estimé.Le premier ministre du Québec a aussi noté qu\u2019il n\u2019a jamais senti de mesquinerie chez le commentateur, qui était apte à «prendre une distance par rapport à sa propre expérience politique».Et il a fait remarquer que comme homme, Jean Lapierre était aussi «un homme jovial, un bon vivant».De son côté, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a souligné que le décès de Jean Lapierre « laissera un grand vide dans le monde politique et médiatique, au Québec comme dans le reste du pays ».«J\u2019ai eu le plaisir et la chance de côtoyer Jean à plusieurs reprises au cours des années passées.Le pays se souviendra de lui comme un homme politique doué, connu et aimé de tous.Nous garderons en mémoire l\u2019engagement et le dévouement dont il a fait preuve tout au long de sa carrière», a-t-il dit.Puis, le premier ministre du pays s\u2019est fait plus philosophe, dans le contexte où M.Lapierre est décédé en même temps que son épouse, deux de ses frères et sa sœur.«Ces moments difficiles nous rappellent à quel point la vie est précieuse.Nous nous devons de profiter de la vie et d\u2019apprécier chaque jour qui s\u2019offre à nous», a-t-il conclu.À son tour, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a donné une idée de l\u2019importance qu\u2019il accordait aux analyses politiques de Jean Lapierre à la radio de Cogeco: «Je n\u2019en ai pas raté une depuis que je suis en poste, même en vacances \u2014 parce qu\u2019elles sont sur Internet \u2014, et le matin et le soir», a-t-il lancé.Jean Lapierre «avait une influence sur l\u2019opinion générale», a conclu le ministre de la Santé.Le ministre des Transports, Jacques Daoust, a voulu faire ressortir un aspect moins connu des nombreux «contacts» qu\u2019avait Jean Lapierre: «Je peux vous dire, pour avoir côtoyé le monde des affaires pendant 43 ans: c\u2019était aussi le confident de grands présidents d\u2019entreprises.» Le ministre des Finances, Carlos Leitão, l\u2019a dépeint comme «quelqu\u2019un qui était toujours respectueux; c\u2019est un choc, c\u2019est bouleversant».La vice-première ministre, Lise Thériault, a dit croire que « M.Lapierre avait le don de nous faire réfléchir ».La ministre de l\u2019Économie, Dominique An- glade, était encore secouée: «On a de la difficulté à penser qu\u2019il n\u2019est plus avec nous aujourd\u2019hui parce que son image est tellement vivante.On le sent très présent encore.» La Presse canadienne Le monde politique salue un homme « influent » S T É P H A N E B A I L L A R G E O N C ommenter, chroniquer, critiquer, ça se fait beaucoup et de plus en plus.Être écouté, compter et finalement faire une différence, c\u2019est beaucoup plus rare et d\u2019autant plus remarquable.Jean Lapierre, décédé mardi, était de ces commentateurs qui trouvent écho au sein du pouvoir.Le premier ministre lui-même a confirmé son rayonnement assez unique.« La question qu\u2019on posait le matin, vers 10-11 h, c\u2019était : de quoi Lapierre a-t-il parlé ?a dit mercredi Philippe Couillard en rendant hommage à l\u2019ex-politi- cien devenu commentateur politique.Parce qu\u2019il donnait le ton.Le sujet dominant de la journée, le plus souvent, était celui sur lequel il s\u2019était prononcé.» Cette révélation n\u2019étonne pas Thierr y Giasson, professeur de science politique de l\u2019Université Laval, spécialiste de la communication politique.« Le premier ministre a dit que M.Lapierre donnait souvent le ton.C\u2019était donc un joueur extraordinairement important dans le cycle de l\u2019information politique au Québec.Jean Lapierre agissait sur la ligne d\u2019action politique, il fixait certaines des priorités et il attirait l\u2019attention sur des enjeux précis par ce qu\u2019il disait.C\u2019est rare et c\u2019est notable.» Cette capacité d\u2019influence tenait à plusieurs facteurs, dont un indéniable talent à saisir l\u2019humeur des électeurs et la puissance des médias pour lesquels il travaillait.« C\u2019est le chroniqueur politique qui avait l\u2019auditoire le plus vaste, le plus diversifié, dit le professeur.Il avait une sor te de don d\u2019ubiquité qui lui permettait d\u2019être partout en même temps pour rencontrer et écouter les gens.Il avait aussi un immense réseau de contacts et un accès privilégié à un nombre impressionnant de sources.Bref, c\u2019est quelqu\u2019un dont la voix portait, mais je ne sais pas à quel point il s\u2019en rendait compte.» Écouté par tous L\u2019aspect souligné par le politicien semble aussi assez unique au savant : Jean Lapier re était écouté de tous bords, par tous les par tis, ou presque.« Il était respecté et, visiblement, les gens ne craignaient pas de se confier à lui.Son travail, c\u2019était de parler des coulisses du pouvoir, et pour y arriver, évidemment, il devait recevoir des confidences.» Le livre Confessions post-référen- daires (éditions de l\u2019Homme) produit en 2014 avec Chantal Hébert le prouve.Jean Lapierre a servi de facilitateur pour attirer des révélations de tous les grands acteurs du référendum de 1995, de Paul Martin à Frank McKenna, de Lucienne Robillard à Lucien Bouchard.«C\u2019est facile d\u2019être méchant et vi- triolique quand on parle de politique, note Thierr y Giasson.Ce n\u2019était pas son créneau et les acteurs politiques le reconnaissaient.» Son parcours renforçait ce trait de personnalité por té vers l\u2019écoute et le respect des autres.Ancien élu, libéral devenu blo- quiste, puis retourné aux libéraux, il était devenu une sorte de « joueurnaliste » de la politique capable de susciter la confiance chez les souverainistes comme chez les fédéralistes.« Dans un sens, il est l\u2019archétype de ce modèle, dit le professeur en citant les autres exemples, Mario Dumont, Liza Frulla et les collaborateurs de l\u2019émission Le club des ex à ICI RDI.Mais lui est devenu presque journaliste.Il n\u2019y en a pas des tonnes avec ce parcours.Il chroniquait, il faisait des analyses et il incarnait ce que les Québécois étaient au début des années 1990 dans la crise référendaire.L\u2019hésitation québécoise, Jean La- pierre pouvait la revendiquer, parce qu\u2019il l\u2019avait vécue aux premières loges en par ticipant à la fondation du Bloc, puis en retournant dans sa famille libérale.Cette posture l\u2019a peut-être aidé à établir sa crédibilité auprès des citoyens qui se reconnaissaient en lui, et à devenir le commentateur le plus influent du Québec.» Le Devoir JEAN LAPIERRE 1956-2016 L\u2019archétype du « joueurnaliste » L\u2019ex-élu a pavé la voie pour d\u2019autres politiciens devenus commentateurs C\u2019est facile d\u2019être méchant et vitriolique quand on parle de politique.Ce n\u2019était pas son créneau et les acteurs politiques le reconnaissaient.Thierry Giasson, professeur de science politique de l\u2019Université Laval « » JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jean Lapierre en janvier 2006, alors qu\u2019il faisait campagne pour être réélu député d\u2019Outremont.DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE Le ministre Gaétan Barrette a affirmé qu\u2019il n\u2019a manqué aucune des interventions de Jean Lapierre à la radio de Cogeco depuis qu\u2019il est en poste. L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Hôtel Rimouski > Centre de congrès Rimouski Inscription jusqu\u2019au 16 mai 2016 · arts-ville.org 29e Colloque de Les Arts et la Ville Du rêve Des visions créatives, des alliances gagnantes P H I L I P P E O R F A L I L orsqu\u2019un citoyen a rapporté qu\u2019un jeune homme d\u2019origine arabe de Pierrefonds avait diffusé sur Internet une vidéo dans laquelle il semblait manipuler un explosif, les policiers n\u2019ont pris aucun risque.Mais l\u2019homme de 20 ans, dont le frère a combattu aux côtés d\u2019une importante organisation terroriste en Syrie, pourrait bien être relâché, jeudi.Omar Elabi a comparu au palais de justice de Montréal, mercredi, pour faire face à deux chefs d\u2019accusation liés au terrorisme.Il est le responsable de la vaste opération policière menée dans l\u2019arrondissement Pierrefonds-Roxboro la veille, qui a conduit à l\u2019évacuation de quelque 200 résidants à proximité de la demeure de la famille Elabi, qui fut fouillée de fond en comble pendant de nombreuses heures.En plus de M.Elabi, sa mère a également été interviewée par les policiers.C\u2019est que le frère d\u2019Omar, Sami Elabi, traîne, lui, un lourd passé criminel.Après avoir accumulé les condamnations pour des crimes de faible importance dans sa jeunesse à Montréal, il a peu à peu adopté une interprétation très radicale de l\u2019islam, avant de partir en Syrie, le pays d\u2019où est originaire son père, en 2013.Là, il aurait combattu au sein du Front al-Nosra, une organisation terroriste djihadiste af fi- liée à al-Qaïda, selon La Presse.Les policiers n\u2019ont rien trouvé, mais ils ont tout de même jugé nécessaire de porter des accusations pour «avoir commis un acte qui faisait craindre un attentat terroriste» contre Omar Elabi.Ne prendre aucun risque « Il a comparu mercredi et doit comparaître à nouveau jeudi » pour être éventuellement remis en liberté, a déclaré le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal, Ian Lafrenière.La police n\u2019a voulu prendre aucun risque à la suite de la mise en ligne de cette vidéo sur Facebook, a-t-il expliqué.«On a cherché à établir le mobile.» Jeudi, les autorités exigeront devant la cour que M.Elabi s\u2019engage à respecter certaines conditions s\u2019il est remis en liberté.Tout le branle-bas de combat occasionné par l\u2019opération policière à Pierrefonds et les accusations qui en résultent n\u2019impressionnent en rien Stéphane Leman-Langlois, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en surveillance et professeur à l\u2019Université Laval.«On commence à être de plus en plus frileux quant à la diffusion de telles vidéos.La définition de terrorisme est devenue depuis quelque temps plutôt élastique, au point où chaque microdérapage comme celui-ci mène à des arrestations et à l\u2019évocation d\u2019articles du Code criminel lié au terrorisme.Ce qu\u2019on reproche, concrètement [à M.Elabi], c\u2019est bien peu.» «Je ne veux surtout pas minimiser la gravité de la situation, par exemple des attentats de Bruxelles, mais je pense que malgré le sérieux de l\u2019acte posé [à Pierrefonds], notre réponse est démesurée», ajoute le criminologue, qui s\u2019intéresse notamment aux questions de terrorisme, de surveillance, et de renseignement de sécurité nationale.Le Devoir OPÉRATION POLICIÈRE Le suspect arrêté à Pierrefonds pourrait être relâché ce jeudi JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019opération policière menée mardi dans l\u2019arrondissement Pierrefonds-Roxboro a entraîné l\u2019évacuation de quelque 200 résidants à proximité de la demeure de la famille Elabi.Q uelque 700 policiers ont été mobilisés pour une opération majeure contre un réseau d\u2019importation de tabac, de trafic de stupéfiants et de blanchiment d\u2019argent qui a mené à l\u2019arrestation de près de 60 individus liés au crime organisé.La Sûreté du Québec (SQ) a annoncé mercredi le déploiement de cette opération qui se déroule simultanément en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et en Europe.Les personnes arrêtées font partie d\u2019une organisation criminelle très structurée, reliée aux bandes de motards et au crime organisé autochtone, a indiqué la SQ.Plus de 70 perqui- si t ions ont par ai l - leurs eu l ieu dans des résidences et des commerces, situés principalement dans la grande région de Montréal , les Laurentides, La- naudière, la Monté- régie, ainsi que sur la réserve de Six Nations, en Ontario.Des enquêteurs, des patrouilleurs, des maîtres- chiens et des membres des équipes tactiques d\u2019intervention ont participé à l\u2019opération.La tête dirigeante du réseau, Sylvain Ethier, 40 ans, de Sainte-Thérèse, a été arrêtée.Envergure inégalée « Ce projet d\u2019enquête est le plus important jamais réalisé à ce jour en Amérique en matière de contrebande de tabac, mais aussi en matière de criminalité transfrontalière entre le Canada et les États-Unis », a déclaré une porte-parole de la SQ, Ingrid Asselin.«L\u2019enquête tend à démontrer que les individus achetaient du tabac aux États-Unis, en Caroline du Nord, et l\u2019importaient illégalement au Canada, modifiaient le tabac et en faisaient la vente ici avec des profits assez importants», a-t-elle expliqué.Il était ensuite vendu sur les territoires de Kahnawake au Québec et de Six Nations en Ontario.Importantes saisies Au cours de l\u2019enquête, d\u2019importantes saisies ont été réalisées, notamment plus de 52 800kg de tabac, représentant une fraude de près de 13,5 millions de dollars, plus de 1,5 million en argent comptant provenant des transactions illicites au Canada, près de 3 millions en argent comptant américain, de même que de la cocaïne, des métham- phétamines, du Fen- tanyl et du cannabis.Selon la SQ, l\u2019organisation criminelle aurait importé au Canada entre août 2014 et mars 2016 au moins 158 cargaisons \u2014 soit 2 085 600kg ou 2294 tonnes de tabac \u2014, ce qui représente une fraude de plus de 530 millions de dollars pour le gouvernement du Québec et du Canada.Les quelque 700 policiers qui ont participé à l\u2019opération Mygale font partie de la SQ et de la GRC, mais aussi de plusieurs forces policières municipales, entre autres.La Presse canadienne CRIME ORGANISÉ Près de 60 arrestations lors d\u2019une vaste opération policière Plus de 70 perquisitions ont eu lieu au Québec et en Ontario P ikangikum \u2014 Neuf membres d\u2019une même famille, dont trois jeunes enfants, ont péri mercredi dans l\u2019incendie d\u2019une maison à Pikangikum, dans le nord-ouest de l\u2019Ontario, une réser ve autochtone déjà frappée depuis des années par une impor tante vague de suicides.Selon un résidant de Pikan- gikum qui n\u2019a pas voulu être identifié, les neuf victimes sont membres d\u2019une même famille, sur trois générations.Il s\u2019agit de Dean et Annette Strang, leur fils Gilbert, leur fille Faith et ses trois enfants, ainsi que deux conjoints.Selon cette source, les enfants étaient tous âgés de moins de cinq ans.Une agente de la Police provinciale de l\u2019Ontario, Diana Cole, a indiqué que l\u2019incendie s\u2019était déclaré un peu avant minuit, mardi, dans une seule maison de cette communauté ojibwée d\u2019environ 2100 habitants, située près de la frontière entre le Manitoba et l\u2019Ontario.Mme Cole a précisé que la police poursuit son enquête afin de déterminer la cause de l\u2019incendie.Infrastructures déficientes Alvin Fiddler, grand chef de la nation Nishnawbe-Aski, qui représente les autochtones du nord de l\u2019Ontario, a indiqué qu\u2019il avait parlé mercredi avec le chef de Pikangikum, Dean Owen, qui semblait selon lui épuisé.« Le choc est immense lorsque tant de gens meurent lors d\u2019un seul événement tragique», a-t-il expliqué.Selon le grand chef, tout reste à faire à Pikangikum en matière d\u2019infrastructures comme le logement, l\u2019accès à l\u2019eau potable ou la lutte contre les incendies.En visite à Edmonton, mercredi matin, le premier ministre Justin Trudeau a offert ses condoléances à la communauté et a indiqué que son gouvernement continuerait à œu- vrer avec la province et les leaders autochtones afin d\u2019améliorer les infrastructures.Il a rappelé que le budget de la semaine dernière prévoyait une enveloppe de plus de 8 milliards pour les communautés autochtones.La Presse canadienne ONTARIO Une famille autochtone périt dans un incendie Selon la SQ, il s\u2019agit du projet d\u2019enquête le plus important jamais réalisé en Amérique en matière de contrebande de tabac et de criminalité transfrontalière entre le Canada et les États-Unis J E A N N E C O R R I V E A U L a Ville de Montréal était justifiée de congédier Yves Themens en 2013, conclut le Tribunal administratif du travail, qui reproche à l\u2019ingénieur d\u2019avoir manqué de loyauté envers son employeur en acceptant des cadeaux d\u2019entrepreneurs et d\u2019avoir menti au sujet d\u2019un voyage au Mexique.Embauché par la Ville en 1991, M.Themens occupait les fonctions de chef de groupe au Service des travaux publics au moment des faits qui lui sont reprochés.C\u2019est le témoignage de l\u2019entrepreneur Lino Zambito, d\u2019Infrabec, devant la commission Charbonneau qui amènera la Ville à ouvrir une enquête et à interroger M.Themens concernant des voyages qu\u2019il a effectués avec des entrepreneurs, dont Tony Conte et Lino Zam- bito, entre 2005 et 2008.Yves Themens s\u2019était adressé au Tribunal administratif du travail pour contester son congédiement.Dans sa décision rendue le 24 mars dernier, le juge administratif Pierre Cloutier rejette les prétentions de l\u2019ex-em- ployé qui affirme n\u2019avoir eu aucune influence sur l\u2019octroi de contrats.« Il faut soit être naïf, manquer de jugement ou faire preuve d\u2019aveuglement volontaire pour croire que des entrepreneurs organisent des activités auxquelles les employés de la Ville pouvaient participer gratuitement ou leur faire des cadeaux, sans l\u2019espoir qu\u2019à un moment donné cet investissement leur rapporterait », écrit le juge Cloutier, tout en rappelant que d\u2019autres employés, dont Luc Leclerc et Gilles Surprenant, avaient bénéficié de ces avantages.De plus, à cette époque à la Ville, « la ligne à tracer entre les bonnes relations et le par tenariat d\u2019af faires n\u2019était pas très bien définie».Trois versions différentes Au sujet d\u2019un séjour au Mexique, Yves Themens a prétendu avoir payé le voyage alors que selon Lino Zambito, c\u2019est Infrabec qui aurait assumé la facture de l\u2019hôtel Mari- val, chèque à l\u2019appui.«Malgré la preuve documentaire, le plaignant persiste à dire qu\u2019il a payé ce voyage.Le problème, c\u2019est qu\u2019il donne, avec assurance à chaque fois, trois versions différentes de la même histoire, ce qui porte à croire qu\u2019il invente une nouvelle vérité au fur et à mesure de ses besoins», indique le juge Cloutier.La troisième version «ne tient pas la route», ajoute le juge en concluant que M.Themens a menti en af firmant qu\u2019il avait payé les frais de ce voyage.La Ville reprochait également à son ex-employé d\u2019avoir utilisé son ordinateur à des fins personnelles en y conservant quelque 2890 photos, dont plusieurs à connotation sexuelle.« Il s\u2019agit sans contredit de l\u2019usage inapproprié d\u2019un outil de travail», convient le Tribunal.« Il lui faut conclure que les manquements du plaignant à son obligation de loyauté sont à ce point graves qu\u2019ils justifient la rupture irrémédiable de la relation de confiance et son congédiement», écrit le juge en rejetant la requête du plaignant.Le Devoir VILLE DE MONTRÉAL Le congédiement d\u2019Yves Themens était justifié, tranche le Tribunal administratif du travail New York \u2014 L\u2019Associated Press est accusée par une historienne allemande d\u2019avoir collaboré avec le régime nazi entre 1935 et 1941 pour maintenir une présence en Allemagne, assertions réfutées mercredi par l\u2019agence de presse américaine.Selon l\u2019historienne Harriet Scharnberg, dont l\u2019article a été publié sur le site Zeithistorische Forschungen (études d\u2019histoire contemporaine), l\u2019Associated Press a fait une série de concessions au pouvoir nazi.L\u2019agence s\u2019est ainsi pliée à la loi sur l\u2019édition (Schriftleiterge- setz), entrée en vigueur en 1934, qui imposait à tous les éditeurs de presse de s\u2019abstenir de publier tout ce qui «pouvait affaiblir [\u2026] le Reich allemand à l\u2019étranger ou [en Allemagne]».En acceptant cette condition, l\u2019AP aurait «octroyé au ministère de la Propagande une influence considérable sur la production de ses photos d\u2019actualité».À partir de 1935 et jusqu\u2019à la déclaration de guerre de l\u2019Allemagne aux États-Unis en décembre 1941, l\u2019agence a été le seul média occidental étranger accrédité en Allemagne.« AP réfute la thèse selon laquelle il aurait collaboré avec le régime nazi à quelque époque que ce soit », a écrit, dans un communiqué publié mercredi, le directeur des relations presse, Paul Colford.« AP a subi des pressions du régime nazi» entre 1933, année de l\u2019accession d\u2019Adolf Hitler au pouvoir, et 1941, a-t-il affirmé.«L\u2019équipe d\u2019AP a résisté à ces pressions tout en faisant de son mieux pour proposer une information exacte, impor tante et objective pour le monde lors d\u2019une période sombre et dangereuse», a-t-il assuré.Agence France-Presse Une historienne accuse l\u2019Associated Press d\u2019avoir collaboré avec les nazis L\u2019agence de presse réfute les allégations L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 L e Groupe St-Hubert, c\u2019est 120 restaurants, 33 millions de repas servis chaque semaine, de nombreux produits vendus en épicerie et plus de 10 000 employés.C\u2019est aussi une entreprise chouchoute des Québécois.St-Hubert a toujours posé des gestes avant-gardistes en responsabilité sociale, comme interdire de fumer dans ses restaurants avant l\u2019application de la loi, installer des bornes de recharge pour les véhicules électriques dans ses stationnements et implanter le compostage.Jean-Pierre Léger, fils des fondateurs de l\u2019entreprise, aujourd\u2019hui président du conseil d\u2019administration, est à la tête de ce grand succès entrepreneurial depuis les années 1990.Rares sont ceux qui savent qu\u2019il a grandement souffert de troubles d\u2019apprentis sage lorsqu\u2019il était enfant.Il a accepté de raconter son histoire.Jean-Pierre Léger se souvient qu\u2019en deuxième année du primaire, l\u2019enseignante avait suspendu à un fil, accroché au plafond de la classe, un jockey sur un cheval pour chacun de ses élèves.Pour mobiliser son groupe, elle faisait avancer chaque cheval selon les progrès de chacun.«Mon cheval n\u2019avançait pas tellement», se souvient Jean-Pierre Léger comme si c\u2019était hier.Il était alors pensionnaire au collège Durocher, à Saint-Lambert, parce que ses parents étaient très pris par la petite rôtisserie de 78 places qu\u2019ils venaient de démarrer sur la rue Saint-Hubert, à Montréal.Il a tout de même réussi sa deuxième année, puis il a refait sa troisième deux fois.Les sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, à la tête du collège, ont fait de leur mieux pour aider Jean-Pierre Léger.En vain.«Pour que je passe ma troisième année, j\u2019ai fait mes examens seul avec une sœur qui me soufflait les réponses! Ensuite, les sœurs ont dit à mes parents qu\u2019elles ignoraient ce que j\u2019avais, mais qu\u2019elles ne savaient plus quoi faire pour m\u2019aider.» À l\u2019époque, on ne connaissait pas les troubles d\u2019apprentissage.«Par contre, c\u2019était évident que j\u2019avais quelque chose, raconte M.Léger.Même moi, comme enfant du primaire, je réalisais bien que les autres enfants avaient du plaisir à apprendre, que ça fonctionnait pour eux.Mais ça ne fonctionnait pas pour moi.» Les sauveurs Les parents de Jean-Pierre Léger ont alors décidé d\u2019amener leur enfant se faire évaluer au Centre d\u2019orientation et de réadaptation de Montréal dirigé par Jeannine Guindon, enseignante, psychologue et mère de la psychoéducation au Québec.Le verdict ?« Comme prix de consolation à mes difficultés, on a dit que j\u2019étais un enfant d\u2019une intelligence supérieure à la moyenne et on voulait me prendre comme pensionnaire à ce centre.J\u2019y ai été pour mes 4e, 5e et 6e années.Ça a été une vraie bénédiction.C\u2019est dans ce centre que j\u2019ai vécu les plus beaux moments de ma jeunesse.J\u2019avais beaucoup de soutien et cela m\u2019a donné l\u2019élan nécessaire pour terminer mon secondaire en doublant tout de même quelques années!» Lorsqu\u2019il est arrivé au préuniversitaire toutefois, ça ne fonctionnait plus.Il a quitté les bancs d\u2019école pour rejoindre ses parents à la rôtisserie, un lieu qu\u2019il avait toujours aimé.Il avait 20 ans.Il a fait tous les métiers : de la plonge au rôtissage de poulet.Au travail, tout se passait bien puisque l\u2019apprentissage se faisait en action.Jean-Pierre Léger a eu 70 ans cet automne et il célèbre ses 50 ans chez St-Hubert.La seconde moitié de ces années, il était président-directeur général.Dans ce rôle toutefois, il sait que ses troubles \u2013 il croit que c\u2019est un déficit de l\u2019attention, mais il n\u2019a jamais été diagnostiqué \u2013 lui ont nui.«Comme président du conseil de direction, si une collègue avait le malheur de faire une intervention et que je savais ce qu\u2019elle allait dire, c\u2019était automatique, je partais dans mes pensées! J\u2019essayais de le cacher et après 10 minutes, lorsque je revenais, je me retrouvais en regardant les points à l\u2019ordre du jour, mais ça paraissait sûrement et mes collègues ont dû me pardonner.» Jean-Pierre Léger, qui mange encore tous les midis dans un de ses restaurants pour les affaires, question de s\u2019assurer de la qualité de l\u2019expérience, avait aussi le complexe de ne pas être allé à l\u2019université alors qu\u2019il embauchait des gens avec des Maîtrises en administration.«Mais, avec le temps, je me suis rendu compte qu\u2019on apprend aussi beaucoup sur le marché du travail et j\u2019ai su toujours bien m\u2019entourer.J\u2019ai énormément appris en discutant avec d\u2019autres entrepreneurs et avec différents consultants embauchés pour réaliser des réflexions stratégiques.» Coordonner les efforts Jean-Pierre Léger siège au conseil d\u2019administration de l\u2019Institut des troubles d\u2019apprentissage (Institut TA) parce qu\u2019il aimerait arriver à une concertation des efforts pour soutenir les jeunes avec des troubles d\u2019apprentissage.«L\u2019Institut TA fait des actions, les associations PANDA* aussi, les écoles font ce qu\u2019elles peuvent et il y a beaucoup de bénévolat, énumère-t-il.J\u2019aimerais que nous arrivions d\u2019abord à recenser tout ce qui se fait, pour ensuite travailler de façon plus concertée.» Il souhaite, bien sûr, interpeler le gouvernement du Québec sur la question.« Le gouvernement veut lutter contre le décrochage?Il y a 800 000 personnes au Québec avec des troubles d\u2019apprentissage : il faut agir sur les enfants qui en souffrent et on en sauvera plusieurs du décrochage!» Appelé à intervenir dans différents événements liés aux troubles d\u2019apprentissage, il constate le grand désarroi des parents d\u2019enfants vivant avec des troubles d\u2019apprentissage.Sa propre fille a d\u2019ailleurs un garçon qui souffre d\u2019un trouble du déficit de l\u2019attention avec hyperactivité (TDAH), alors il voit aussi, dans sa vie personnelle, comment cette situation est difficile pour les parents.«Il faut savoir exactement ce qu\u2019on offre et ce dont on a besoin pour soutenir tous ces jeunes pour ensuite déployer des efforts de façon concertée.Ça vaut la peine d\u2019investir pour donner une chance à ces enfants de réussir.Ça peut donner de belles surprises.» * Regroupement d\u2019associations de soutien aux personnes et aux parents d\u2019enfants vivant avec un trouble déficitaire de l\u2019attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).Photo: Annik MH De Carufel « Le gouvernement veut lutter contre le décrochage?Il y a 800 000 personnes au Québec avec des troubles d\u2019apprentissage : il faut agir sur les enfants qui en souffrent et on en sauvera plusieurs du décrochage!» \u2013 Jean-Pierre Léger, président du conseil d\u2019administration du Groupe St-Hubert Les chemins de la réussite D\u2019ÉLÈVE MÉDIOCRE À ÉMINENT HOMME D\u2019AFFAIRES L\u2019Institut des troubles d\u2019apprentissage poursuit, en collaboration avec Le Devoir, sa série de chroniques sur le parcours exceptionnel de personnes qui ont réussi malgré des troubles d\u2019apprentissage.L\u2019objectif est double : démystifier le sujet tout en démontrant le potentiel des 10% d\u2019entre nous aux prises avec de telles difficultés.Bonne lecture! En collaboration avec EN COLLABORATION AVEC L\u2019INSTITUT DES TROUBLES D\u2019APPRENTISSAGE Comme M.Léger le témoigne, les troubles d\u2019apprentissage touchent un grand nombre d\u2019individus et une action concertée est donc nécessaire pour leur venir en aide.C\u2019est pourquoi l\u2019Institut des troubles d\u2019apprentissage tiendra, du 6 au 8 avril 2016, son 41e congrès annuel sur le thème « Comprendre et accompagner l\u2019apprenant ».De nos jours, grâce à l\u2019avancement des recherches, il est beaucoup plus facile de déceler les différents troubles d\u2019ap - prentis sage.Un dépistage précoce permet la mise en place des mesures d\u2019aide et d\u2019interventions ciblées selon les besoins des apprenants.On se doit de venir en aide et de soutenir les 800 000 Québécois qui vivent avec un trouble d\u2019apprentissage.En tant que société, peut-on se priver de futurs Jean- Pierre Léger?Source : Institut TA A L E X A N D R E S H I E L D S L a Cour a rejeté mercredi la requête présentée par TransCanada et qui visait à faire stopper l\u2019action en justice lancée par des groupes écologistes pour forcer la pétrol ière à respecter les lois environnementales du Québec.La requête présentée par la multinationale alber taine faisait valoir que l\u2019action judiciaire lancée en février « est ir recevable puisque les demandeurs n\u2019ont manifestement pas l\u2019intérêt requis pour agir en justice » .La Cour a plutôt conf ir mé que les groupes qui ont lancé cette action ont un intérêt à agir ainsi.Selon ce que faisait valoir TransCanada, « il n\u2019appartient pas à des organismes privés ou à des individus de prendre en main l\u2019application d\u2019une loi publique.Seules la procureure générale ou une personne autorisée par la loi peuvent s\u2019adresser aux tribunaux pour forcer l\u2019application de la loi ».Dans ce cas-ci, le gouvernement a ef fective- ment déposé une demande d\u2019injonction contre Trans- Canada pour exiger l\u2019application des dispositions des lois environnementales québécoises.La pétrolière jugeait donc que la demande déposée par le Centre québécois du droit de l\u2019environnement, Équi- terre, Nature Québec et la Fondation Coule pas chez nous serait « irrecevable ».Fusion des actions Ironiquement, la demande d\u2019injonction déposée par le ministre David Heur tel l \u2019a été seulement le 1e r mars dernier, soit une dizaine de jours après le dépôt de la demande en just ice par les groupes environnementaux.La Cour a d \u2019a i l leurs or - donné mercredi que les deux actions, soit celle des groupes écolo - gistes et celle du g o u v e r n e m e n t , soient fusionnées.Les deux pour- sui tes par tent d \u2019a i l leurs du même principe, à savoir que Trans- Canada refuse de se conformer à la Loi sur la qualité de l \u2019environnement (LQE), qui prévoi t que tout pipel ine de plus de deux ki lomè- tres est assujetti à une procédure d\u2019évaluation environnementale qui est en v i - gueur depuis plus de 35 ans.En vertu de celle-ci, la pétrolière aurait dû déposer un avis de projet au gouvernement, puis réaliser une étude d\u2019impact de son projet de pi- pel ine en répondant aux questions du ministère de l\u2019Environnement du Québec.Même si David Heur tel a fait valoir cette demande dès novembre 2014, T ransCa- nada a toujours refusé de respecter les dispositions de la LQE.Dans la requête présentée en Cour ce mercredi, l\u2019entreprise af firme être soumise seulement à la législation fédérale, à savoir la « Loi constitutionnelle de 1867 ».Devant les refus répétés de TransCanada de respecter la LQE, le gouvernement Couillard a mandaté le BAPE pour qu\u2019 i l étudie le projet Énergie Est sans avoir en main d\u2019étude qui fasse état des impacts du pipeline pour le Québec.Dès la f in de 2020, ce tuyau d\u2019un mètre de diamètre doit transpor ter chaque jour une moyenne de 1,1 million de barils de pétrole en provenance de l\u2019Ouest canadien, mais aussi du Dakota du Nord.Plus de 80 % du pétrole serait, pour le moment, destiné à l\u2019exportation.Le Devoir ENVIRONNEMENT La Cour rejette la requête de TransCanada La pétrolière plaidait pour le rejet de la demande des groupes qui veulent la forcer à respecter les lois du Québec ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Manifestation contre le projet d\u2019oléoduc Énergie Est de TransCanada à Sorel-Tracy, le 7 mars dernier L\u2019entreprise affirme être soumise seulement à la législation fédérale, à savoir la «Loi constitutionnelle de 1867» L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 6 P A U L I N E G R A V E L L\u2019avenir s\u2019annonce franchement meilleur pour les chercheurs et les scientifiques canadiens.Non seulement la recherche fondamentale et les changements climatiques redeviennent des priorités pour le gouvernement fédéral, mais la ministre fédérale des Sciences, Kirsty Duncan, s\u2019interdit toute ingérence dans les politiques des trois agences de financement qui ont dû favoriser les projets de recherche plus ciblée au détriment de la recherche fondamentale sous l\u2019ère des conservateurs.En entrevue au Devoir, la ministre a affirmé qu\u2019Ottawa procédera prochainement à une révision du soutien financier que le gouvernement fédéral consent à la science et à l\u2019innovation dans un souci d\u2019appuyer plus efficacement la recherche.Selon la ministre, la volonté du gouvernement de financer davantage la recherche fondamentale s\u2019est déjà manifestée dans le premier budget de son gouvernement.«Le budget de la semaine dernière incluait la plus grande augmentation [du financement] consentie aux agences fédérales de financement depuis dix ans », a-t-elle rappelé avant d\u2019ajouter qu\u2019elle a reçu du premier ministre « le mandat de renforcer la recherche fondamentale et de s\u2019assurer que les investissements actuels et futurs répondent bien aux besoins des chercheurs».En entrevue, la ministre s\u2019est engagée à redonner aux agences de financement \u2014 les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et le Conseil de la recherche en sciences humaines (CRSH) \u2014 leur complète indépendance et à ne pas les forcer à subventionner des secteurs particuliers ou des recherches plus appliquées.« Les chercheurs sentaient l\u2019ingérence du gouvernement précédent, et ils avaient l\u2019impression qu\u2019on ne financerait leur projet que s\u2019il impliquait une application commerciale», explique-t- elle.Et cette impression était probablement juste, car à par tir de 2006, 9 % du budget du CRSH étaient attribué sous forme de subventions conditionnelles à l\u2019engagement d\u2019un partenaire privé.Ces subventions conditionnelles ne sont accordées qu\u2019aux chercheurs qui se sont associés à une entreprise qui financera une partie de leur projet.En 2015-2016, 37 % du budget du CRSH était consacré aux subventions conditionnelles.« Les 95 millions que nous venons d\u2019accorder aux agences de financement ne sont soumis à aucune condition et visent à financer la recherche fondamentale [qui a écopé de cette politique]», a précisé la ministre Duncan tout en soulignant que son gouvernement désire favoriser « le continuum entre la découverte, issue de la recherche fondamentale, et la commercialisation de cette découverte».Changements climatiques «Les changements climatiques sont également une priorité pour notre gouvernement.La preuve : le premier ministre et Mme McKenna [la ministre de l\u2019Environnement et du Changement climatique] ont assisté à la COP21.De plus, une partie de mon mandat est d\u2019étudier l\u2019impact des changements climatiques sur l\u2019écosystème marin de l\u2019Arctique », a souligné la ministre des Sciences.En matière d\u2019aide apportée à ce secteur de recherche qui a été malmené par les conservateurs, seule la création de deux chaires d\u2019excellence en recherche du Canada sur les technologies propres et durables d\u2019une valeur de 10 millions chacune sur sept ans a été annoncée pour le moment.La ministre des Sciences confirme qu\u2019elle préservera les « programmes actuels de financement» des recherches portant sur l\u2019environnement et le climat, mais elle ne peut s\u2019avancer davantage.Elle s\u2019en remet à sa collègue Catherine McKenna et nous invite à discuter avec cette dernière.Mme Duncan signale par ailleurs que son gouvernement entreprendra sous peu un examen du financement que le fédéral accorde aux sciences et à l\u2019innovation.Du même souffle, elle veut rassurer les chercheurs qui pourraient s\u2019inquiéter d\u2019une telle démarche : « Le précédent gouvernement parlait de \u201crationalisation ef ficace\u201d, une expression qui concrètement faisait référence à des coupes.Ce n\u2019est pas avec de telles intentions que nous effectuerons une révision du financement.Nous voulons plutôt nous assurer que le financement actuel répond aux besoins de la communauté des chercheurs et que notre investissement est optimal, et s\u2019il ne l\u2019est pas, nous apporterons des changements aux programmes de recherche actuels.Par exemple, nous voulons nous assurer que l\u2019équilibre entre les investissements à la recherche menée par les chercheurs et ceux dédiés aux infrastructures de recherche est adéquat », a indiqué la ministre, qui n\u2019a pu nous préciser pour l\u2019instant comment et sous quelle forme s\u2019effectuera cette révision.La ministre prévoit néanmoins de préserver les programmes de la Fondation canadienne à l\u2019innovation (FCI) ainsi que celui des chaires de recherche du Canada, car il s\u2019agit de « deux excellentes initiatives qui aident à réduire le fuite des cerveaux que le Canada veut freiner ».Détentrice d\u2019un doctorat en géographie, Kirsty Duncan défendra une communauté qu\u2019elle connaît bien puisqu\u2019elle a enseigné la météorologie, la climatologie et les changements climatiques à l\u2019Université de Windsor, en Ontario, a été membre du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019évolution du climat (GIEC) en 2007 et a effectué des recherches sur la santé à l\u2019Université de Toronto, avant d\u2019être élue députée de la circonscription toron- toise d\u2019Etobicoke-Nord.« Promouvoir la science et la technologie auprès des jeunes et du public est une grande priorité pour moi », déclare la ministre, qui veut prendre le temps d\u2019examiner les dif férents moyens de nourrir la curiosité des jeunes pour la science et de développer leurs compétences afin qu\u2019ils soient de plus en plus nombreux à envisager une carrière scientifique.Le Devoir SCIENCES Kirsty Duncan promet la fin de l\u2019ingérence d\u2019Ottawa En entrevue au Devoir, la ministre des Sciences s\u2019engage à assurer l\u2019indépendance des agences de financement LE DEVOIR DE DÉBATTRE Le mercredi 13 avril 2016, 19 h Immigr : n ation elle ouv oblèm pr ou éfugiés, solutions r olitique p ?es égr , int ation, aille obit e R oin Ant De e du st iali or édit \u2019 Animé par l oir v al é ontr é de M ersit v ni \u2019U l s de elle cultur er tions int ela r Rachida Azdouz e ginair e ima d emè Le r e vr eur du li ut et coa aphie gr eur en démo t Doc s oi e Mar um Guilla e ook é de Sherbr ersit v ni \u2019U de l u oussea e R um Guilla é de Sherb ersit v ni \u2019U ial de l soc oussi aar atz-L èle V Mich e ook r tion gr a v ser é (R 819 8 u ez a v ser é R sent é ur pr s étudiants s ur le e po tuit a cultur e centr au u o 1000 - 20 2500 e) e étudiant t ar tion de la c a a c eludes.é, Sherbr ersit v ni \u2019U ul.de l , bo e ook SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE La ministre Kirsty Duncan, applaudie par ses collègues libéraux en décembre dernier J O C E L Y N E R I C H E R à Québec L a nouvelle politique jeunesse du gouvernement Couillard compte de nombreux axes d\u2019intervention, orientations et stratégies, mais aucun engagement précis.La politique québécoise de la jeunesse 2030, rendue publique mercredi par le premier ministre Philippe Couillard, sera suivie à l\u2019automne d\u2019un plan d\u2019action, qu\u2019on promet plus détaillé en matière de mesures concrètes.Le document, qui fait environ 80 pages, énumère une série de vagues objectifs consen- suels, comme de favoriser de saines habitudes de vie, encourager la lutte contre le décrochage scolaire ou promouvoir la par ticipation citoyenne des jeunes de 15 à 29 ans.Un exemple parmi d\u2019autres : le gouvernement dit vouloir « favoriser le développement des capacités des jeunes à faire des choix éclairés en matière de consommation d\u2019alcool, de drogues et de boissons énergisantes ».On veut aussi « soutenir la promotion de comportements sexuels sains et sécuritaires » et « contribuer à la promotion d\u2019un mode de vie sans tabac».Mais on ne dit pas dans le document comment on s\u2019y prendra, avec quels moyens ni quelles ressources, et en visant quelles cibles avec quels échéanciers.Le gouvernement estime que l\u2019application de sa nouvelle politique jeunesse pourrait nécessiter jusqu\u2019à 200 millions de dollars de fonds publics d\u2019ici 2021.Cette somme devrait servir à mettre sur pied divers programmes de subventions à des organismes œuvrant auprès des jeunes et dont les objectifs rejoignent ceux du gouvernement, qui a aboli l\u2019an dernier les Forums jeunesse en région.Inciter plutôt qu\u2019interdire Il n\u2019est pas question pour autant de forcer la main aux jeunes ou d\u2019augmenter le nombre d\u2019interdits.Devant les médias et un parterre d\u2019invités, le premier ministre Couillard s\u2019est montré rassurant, disant qu\u2019il voulait « inciter » les jeunes à adopter de bons comportements en général, mais qu\u2019il ne voyait pas la pertinence de leur « interdire» quoi que ce soit.Une bonne partie de la somme (75 millions sur cinq ans) sera réservée aux projets d\u2019aide à la persévérance scolaire ou encore pour la création d\u2019entreprises ou des projets de bénévolat.La Coalition avenir Québec a jugé le document gouvernemental «plutôt timide».«Le gouvernement vient d\u2019accoucher d\u2019une souris.L\u2019heure n\u2019est plus aux vœux pieux, mais aux actions et aux mesures structurantes pour faire une place aux jeunes dans notre société.Or, les libéraux échouent une fois de plus à montrer l\u2019exemple », selon le député caquiste Jean-François Roberge.La Presse canadienne Québec dévoile une nouvelle politique jeunesse sans engagement précis NATHAN DENETTE LA PRESSE CANADIENNE Derniers adieux à l\u2019ex-maire de Toronto Rob Ford L\u2019ancien maire de Toronto Rob Ford a été décrit comme un politicien accompli et un père aimant au cours de ses funérailles qui ont été célébrées à la cathédrale St.James, mercredi.Proches, dignitaires et membres du public ont rempli au maximum de sa capacité la cathédrale située au centre-ville de Toronto pour rendre un dernier hommage au leader de la «Ford Nation», un homme qui aura réussi à attirer l\u2019attention jusqu\u2019à son dernier souffle. L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A R S 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 7 Promotion spéciale Petites annonces Pour les annonces textes de 5 lignes et moins 7 jours de parution : 100 $ Pour les encadrés À l\u2019achat de deux obtenez le troisième gratuitement Pour information Téléphone : 514 985-3322 Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 MARTIN BUREAU AGENCE FRANCE-PRESSE Les policiers étaient nombreux mardi aux abords du Stade de France lors du match amical entre la France et la Russie.C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris « J amais un événement sportif mondial n\u2019avait été autant sécurisé.» C\u2019est le ministre français de la Ville, de la Jeunesse et des Sports qui l\u2019assure.Mardi, au Stade de France, où les Bleus disputaient à la Russie leur premier match depuis les attentats du 13 novembre, Patrick Kanner se faisait photographier avec le président François Hollande et le premier ministre Manuel Valls.Une semaine après les attentats de Bruxelles, tous étaient radieux.Le message était clair : pour l \u2019Euro 2016, tout est sous contrôle ! François Hollande n\u2019avait pas revu ces lieux depuis le 13 novembre, alors qu\u2019il avait été discrètement évacué dès la première explosion aux abords du stade.À 70 jours de l\u2019événement, qui se déroulera du 10 juin au 10 juillet, pas question de laisser planer le moindre doute sur la tenue de ces 51 matchs qui attireront 2,5 millions de spectateurs et pourraient rapporter 1,2 mill iard d\u2019euros, dont 180 mill ions de seules entrées fiscales.Mardi, pour atteindre les « 100 % de précaution » annoncés par le ministre de l\u2019Intérieur, Bernard Cazeneuve, il aura fallu déployer 575 policiers.Près de trois fois les effectifs normaux.Sans compter une équipe d\u2019intervention d\u2019urgence (RAID), 1200 agents de sécurité et même trois tireurs d\u2019élite juchés sur les toits à l\u2019extérieur du stade.Tirant les leçons du 13 novembre, alors que les kamikazes se sont fait exploser près des entrées, des agents faisaient un double filtrage en contrôlant une première fois les spectateurs bien avant qu\u2019ils atteignent les abords du stade.Zones maintenues Mais le 10 juin, à l\u2019occasion du match France-Roumanie qui lancera l\u2019Euro 2016, il devrait y avoir 20 000 partisans de plus.Et ce sera comme cela pendant un mois entier dans dix grandes vil les de France (Lille, Lens, Paris, Saint -Denis, L yon, Saint - Étienne, Bordeaux, Toulouse, Marseille et Nice).De quoi faire passer la COP21, qui s\u2019est tenue en novembre, pour une petite fête de quartier.« Nous n\u2019avons jamais travaillé sur l\u2019hypothèse d\u2019une annulation ou d\u2019un report de l\u2019Euro, comme cela a été le cas pour la COP21 , a renchéri le ministre Kanner dans le quotidien L\u2019Équipe.L\u2019Euro aura bien lieu, avec il est vrai des conditions de sécurité exceptionnelles.» À l\u2019Élysée, la directive est claire, on ne veut rien annuler.Pas question donc de matchs à huis clos comme l\u2019avait évoqué brièvement le vice-président de l\u2019UEFA et ancien président de la Fédération italienne, Giancarlo Abete.Malgré les pressions, le gouvernement refuse aussi de supprimer la dizaine de zones dotées d\u2019écrans géants et destinées dans autant de grandes villes de France à accueillir les admirateurs qui n\u2019auront pas pu se procurer de billets.Ces zones situées sur des places publiques ou dans des espaces ouverts posent pourtant un immense défi sécuritaire.On y attend sept millions de spectateurs.À Bordeaux, place des Quinconces, on en prévoit 60 000.Partout, les partisans devront franchir des portiques de détection métallique et subir des palpations.On annonce aussi l\u2019installation de centaines de caméras de sécurité pour un surcoût total de 17 millions d\u2019euros.Selon le député des Républicains Éric Ciotti, ces zones risquent de « démultiplier la présence des forces de l\u2019ordre», qui en auront déjà plein les bras.À Paris, le député des Républicains Philippe Goujon se dit « totalement opposé» à ce qu\u2019on accueille les partisans sur le Champ-de-Mars.Moins catégorique que son premier ministre, le ministre de l\u2019Intérieur, Bernard Cazeneuve, admet tout de même qu\u2019« il faut avoir la souplesse qui permettrait, le cas échéant, de reconsidérer nos positions sur telle ou telle [\u2026] zone», dit-il.Répétitions générales En attendant la date fatidique, les forces de l\u2019ordre se préparent depuis des mois.Des simulations ont été organisées un peu par tout impliquant les policiers, les services de santé et les transports publics.Il y a deux semaines, à Nîmes, une attaque au gaz sarin a été simulée.L\u2019exercice a mobilisé plus de 2000 figurants, dont 180 dans le rôle des victimes.À Nice, le 8 mars der nier, on avait imaginé un drone sur volant le stade.Mercredi, à Sens, des policiers du rail européens ont simulé un assaut contre un homme retranché dans un wagon avec une kalachnikov.Pendant ce temps, les autres policiers dispersaient les partisans.Des simulations semblables se sont déroulées ou se dérouleront dans chacune des villes où auront lieu des matchs et où des zones d\u2019accueil de partisans ont été prévues.Chaque fois, la simulation est dif férente.Les résultats seront centralisés afin d\u2019apporter des correctifs.Les attachés de presse du ministère de l\u2019Intérieur ont par ailleurs vei l lé à bien faire connaître à l \u2019étranger ces exercices préparatoires afin de rassurer les éventuels voyageurs.Depuis au moins deux décennies, les hooligans ont été la hantise des forces de sécurité des stades.Dans plusieurs grandes villes de France, on a même créé des «brigades anti- hooligans ».Aujourd\u2019hui, la crainte des hooligans semble envolée.À côté des terroristes islamistes, ils pourraient presque passer pour des enfants de chœur.Ce qui n\u2019empêchera pas les équipes de jouer à guichets fermés.Le Devoir EURO 2016 La France ne laisse pas place au doute À 70 jours du grand rendez-vous, le gouvernement prévoit des « conditions de sécurité exceptionnelles », mais exclut toute annulation Nous n\u2019avons jamais travaillé sur l\u2019hypothèse d\u2019une annulation ou d\u2019un report de l\u2019Euro, comme cela a été le cas pour la COP21 Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, en entrevue au quotidien L\u2019Équipe « » M A R I E B É A T R I C E B A U D E T Le drapeau belge est en berne à l\u2019hôpital militaire Reine-As- trid, un centre de soins pour grands brûlés à Neder-Over- Heembeek (NOH), dans le nord de Bruxelles.Des soldats en treillis montent la garde autour de l\u2019immense bâtiment de béton gris, bâti en 1981, tout à côté de l\u2019aéroport de Zaventem, pour une intervention rapide en cas de catastrophe aérienne.Une semaine s\u2019est écoulée depuis les attentats du 22 mars, qui ont fait 32 morts, mais dès les portes vitrées franchies, c\u2019est comme si les sirènes des ambulances se mettaient de nouveau à hurler aux oreilles.Dans le grand hall d\u2019entrée, le poste médical avancé, qui a permis d\u2019accueillir 93 blessés le jour des attaques, n\u2019a pas encore été démonté.Pour gagner les étages, il faut passer entre deux longues rangées de lits médicalisés, vides.Les tuyaux d\u2019arrivée d\u2019air comprimé et d\u2019oxygène sortent encore du faux plafond.Le mardi fatal, les premières victimes, celles de Zaventem, arrivent dès 8h30 à l\u2019hôpital.Puis viendront celles de la rame de métro après l\u2019explosion de 9h11, à la station Maelbeek.Le flux des gyrophares ne cessera que vers 14 h.Les patients sortis des ambulances et des camions de pompiers sont couverts de suie et de poussière.Chacun por te une étiquette où sont inscrits un numéro et une lettre \u2014 «Z» pour Zaventem ou « M » pour Maelbeek.Beaucoup présentent de vilaines brûlures au visage, aux mains et sur les jambes.Dans les plaies à vif, des vis et des boulons que les kamikazes avaient placés dans leurs ceintures d\u2019explosifs pour meurtrir davantage.« Il faut imaginer des corps criblés d\u2019objets métalliques reçus à la même vitesse que des balles.Nous avons parfois trouvé 20 impacts par membre inférieur.Des troncs ont été transpercés », décrit Serge Jennes, chef de service du centre des brûlés.Il y a aussi énormément de fractures ouvertes.Il faut soigner des enfants, des adultes, des personnes âgées.Dans le grand hall s\u2019opère un premier tri : les « T1 » doivent être pris en charge en priorité, dans l\u2019heure; les «T2» dans les deux heures.Et les «T3», les blessés légers, dans les quatre heures.Plus de 80 médecins, infirmiers et autres intervenants sont à pied d\u2019œuvre.«Vous êtes en sécurité» Mardi 29 mars, l\u2019urgence est retombée.Au 5e étage du NOH, 14 victimes sont encore hospitalisées : 5 en soins intensifs, 9 en soins intermédiaires.Assise derrière le bureau d\u2019une des salles d\u2019hospitalisation de jour, l\u2019infirmière spécialisée en soins intensifs Eugénie Verhamme n\u2019a oublié aucune seconde de cette journée.Ses premières paroles sont pour raconter les gestes prodigués en toute hâte et les mots prononcés pour rassurer les blessés : «Vous êtes en sécurité chez nous, vous ne risquez plus rien.» La jeune femme parle technique : surveillance de la fréquence cardiaque, oxygénation du sang, intubation\u2026 On comprend qu\u2019elle plonge dans son univers professionnel pour mieux garder à distance l\u2019émotion qui risquerait de la submerger.Sous le bureau, l\u2019un de ses pieds commence pourtant à s\u2019agiter, elle si calme jusqu\u2019à présent.«Les patients ne gémissaient pas, ne pleuraient pas.Les seuls bruits qu\u2019on entendait, c\u2019étaient ceux des appareils.Et puis, j\u2019ai entendu un monsieur qui allait bientôt être opéré dire : \u201c Ne vous occupez pas de moi, soignez quelqu\u2019un d\u2019autre.\u201d Comment imaginer cela\u2026» Beaucoup des victimes ont eu les tympans percés par la violence de l\u2019explosion.«En plus des doses de morphine perfusées, je pense qu\u2019il y a aussi une sorte de mutisme qui s\u2019est installé, car c\u2019est vrai que le calme régnait dans les services », confirme Serge Jennes.Mais l\u2019horreur, comment la supporter, comment la surmonter ?« Si je vois la photo d\u2019un brûlé dans un magazine, j\u2019ai beaucoup de mal à la regarder, répond Eugénie Verhamme.Mais quand je me trouve devant un patient, mon seul souci, c\u2019est de le soigner, de le soulager.C\u2019est comme si le mental était mis sur off.Nos gestes sont instinctifs.» Le plus difficile, dit-elle, fut d\u2019avoir à affronter le regard d\u2019un père, d\u2019une mère ou d\u2019un proche inquiets de ne pas recevoir de nouvelles d\u2019un des leurs.Si les personnes décédées à Zaventem furent rassemblées à l\u2019hôpital universitaire de Louvain, à l\u2019est de Bruxelles, le NOH a reçu les morts de Maelbeek.Puis l\u2019établissement est devenu l\u2019endroit où toutes les demandes d\u2019information sur les disparus devaient être centralisées.Depuis une semaine, Eugénie Verhamme ne regarde plus la télévision, éteint la radio dès qu\u2019il y est question des attentats.Elle préfère se passer en boucle Je veux, une chanson de l\u2019artiste française Zaz.On soupçonne, en la regardant, qu\u2019elle fredonne l\u2019air dans sa tête : « Je veux de l\u2019amour, de la joie, de la bonne humeur\u2026 Moi, je veux crever la main sur le cœur.» Le Monde ATTENTATS Le long combat des blessés de Bruxelles DIRK WAEM AGENCE FRANCE-PRESSE Une ambulance arrive à l\u2019aéroport de Zaventem après les attentats.«Les patients ne gémissaient pas, ne pleuraient pas.Les seuls bruits qu\u2019on entendait, c\u2019étaient ceux des appareils.» Comme promis, le premier budget du gouvernement Trudeau présenté la semaine dernière est venu annuler la décision prise en 2012 par Stephen Harper de repor ter de 65 à 67 ans l\u2019âge pour percevoir la Sécurité de la vieillesse.Une bonne décision qui comporte un prix.a prestation de Sécurité de la vieillesse (SV) constitue la base de la pyramide des revenus de retraite au Canada.Fixée à 6846 $ par année à l\u2019heure actuelle, elle est indexée et versée à tous les Canadiens à partir de 65 ans.Contrairement au régime des rentes (second étage de la pyramide) auquel seuls les travailleurs qui cotisent ont accès, la pension de SV est donc universelle.Mais quiconque gagne plus que 71 600 $ de revenus individuels dans une année doit en rembourser une partie l\u2019année suivante, jusqu\u2019à l\u2019annuler complètement à 116 000 $.Depuis 2013, il est possible de retarder le moment de recevoir la pension, auquel cas celle-ci est boni?ée de 7,2 % par année jusqu\u2019à un maximum de 36 % atteint à 70 ans.Une option avantageuse pour qui travaille passé 65 ans.À l\u2019époque où il était ministre des Finances, le libéral Paul Martin avait voulu modi?er le programme pour en réduire les coûts en modulant la pension en fonction des revenus du couple et non plus des individus.Cela aurait annulé son caractère universel, atteint à l\u2019indépendance ?nancière des femmes et transformé la SV en un gros programme d\u2019aide sociale auquel seuls les plus pauvres auraient eu accès.Faute d\u2019appui, il a fait marche arrière.En 2012, Stephen Harper a voulu, à son tour, s\u2019y attaquer en reportant de deux ans l\u2019âge de la pension à partir de 2023.Encore là, l\u2019objectif était de réduire les coûts dans un contexte où les gens vivent plus vieux et où on tente de les inciter à travailler plus longtemps.Selon l\u2019évaluation des conservateurs, la réforme allait faire économiser 10 milliards par année à l\u2019horizon 2030.Ce faisant, Ottawa aurait cependant fait grimper le taux de pauvreté de 6 % à 17 % chez les 65 et 66 ans, les privant non seulement de la SV, mais aussi du Supplément de revenu garanti (SRG) qui s\u2019ajoute au montant de base chez les ménages les plus pauvres.Du coup, les provinces auraient vu leurs propres dépenses d\u2019aide sociale exploser pour cette tranche d\u2019âge.?Dans un rapport publié en 2012, le Directeur parlementaire du budget à Ottawa prévoyait que le gouvernement fédéral aurait la marge de manœuvre nécessaire à long terme pour maintenir l\u2019âge de la retraite à 65 ans.Cependant, son analyse tenait pour acquis qu\u2019Ottawa maintiendrait une autre décision prise à l\u2019époque, celle de limiter la hausse annuelle des transferts aux provinces en santé à la croissance du PIB au lieu des 6 % consentis par Paul Martin.Cette nuance invite à croire que le gouvernement Trudeau ne sera pas pressé de rehausser le transfert en santé de façon importante et durable comme les provinces le demandent.Car s\u2019il est vrai qu\u2019il y aura de plus en plus de vieux, qu\u2019ils vivront plus longtemps et que cela pèsera lourdement sur les coûts de la santé, ce sont ces mêmes facteurs qui imposeront un poids supplémentaire au plus gros programme fédéral qu\u2019est la Sécurité de la vieillesse.Selon les dernières données disponibles, les coûts de la SV qui sont entièrement couverts par les recettes ?scales passeront de 45,6 milliards à 60 milliards d\u2019ici cinq ans, puis à 100 milliards en 2030, soit 3 % du PIB au lieu de 2,3 % aujourd\u2019hui.C\u2019est beaucoup d\u2019argent, et cela fait dire à certains que le gouvernement a agi de façon précipitée.Mais notre ?let de sécurité sociale et celui des retraites sont construits en fonction d\u2019un âge cible de 65 ans dif?cile à déplacer à moins de revoir la totalité du système.De toute façon, il existe aujourd\u2019hui plusieurs moyens ef?caces pour inciter les gens à repousser volontairement le moment de partir.En maintenant le statu quo, on évite que des milliers de personnes passent entre les mailles du ?let.Cela dit, le statu quo ne suf?t pas.À partir d\u2019aujourd\u2019hui, il faut s\u2019assurer que tous, les plus démunis mais aussi cette fameuse classe moyenne à laquelle M.Trudeau nous renvoie continuellement, disposeront de revenus de remplacement suf?sants pour leurs vieux jours.Car si la SV est la base de la pyramide, le régime des rentes et les régimes d\u2019entreprises en constituent les étages les plus importants.Or, c\u2019est à ce niveau que le bât blesse et qu\u2019il faut intervenir.L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A R S 2 0 1 6 A 8 EDITORIAL L E T T R E S J.Lapierre, l\u2019homme de roc Le triste sor t entourant la mor t de M.Jean Lapierre aura voulu qu\u2019il meure là où il est né, aux îles de la Madeleine, en 1956.Cet homme, fier ambassadeur de ses Îles, aura gravi les échelons de la politique avec un sens de l\u2019orientation peu commun, car la montée des sommets fut rapide et toujours par le bon chemin.Communicateur hors pair, je me souviendrai de lui, avec son œil de lynx, comme étant l\u2019analyste politique le plus branché au Québec, probablement au Canada également.Y a-t-il quelque chose ou quelqu\u2019un qu\u2019il ne connaissait pas ?Son autre trait caractéristique se trouvait, comme un grand ténor, dans sa voix énergiquement porteuse pour émettre des commentaires de grande saveur, jamais dans la complaisance, très imagés et bien dosés dans la justesse des mots.Jean Lapierre était fait de roc.Michel Beaumont Québec, le 29 mars 2016 raux.Certains commentateurs politiques auraient intérêt à s\u2019inspirer de Lapierre, particulièrement ceux des médias traditionnellement amis des libéraux.La- pierre a refusé de tomber dans la facilité de la partisanerie aveugle.Cela a fait de lui un individu respectable et c\u2019est, selon moi, la raison pour laquelle la population lui rend hommage aujourd\u2019hui.David Doyon Québec, le 29 mars 2016 Félix et sa plume diversifiée ! Nous savons tous que Félix Leclerc a écrit de magnifiques chansons, dont plusieurs sont de grands classiques de la chanson québécoise.J\u2019évoque ici, entre autres, Le p\u2019tit bonheur, Moi, mes souliers, Attends- moi ti-gars, Bozo, Le tour de l\u2019île, Le roi heureux et L\u2019hymne au printemps.Cette dernière chanson a d\u2019ailleurs inspiré le titre donné à un événement fondé en 1998, en son honneur, soit la Journée de l\u2019Hymne au printemps, qui se tient le 21 mars de chaque année.Une chanson qui lui était très chère et qu\u2019il avait composée en 1949, alors âgé de 35 ans.En fait, un an avant ses débuts à Paris où il a chanté la première fois en spectacle le 22 décembre 1950 au Théâtre l\u2019ABC, là où il a reçu un accueil inespéré par le public français qui l\u2019a adopté sur-le-champ et qui en a fait, en l\u2019espace de quelques années, un monstre sa- FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N RETRAITE Promesse tenue a son prix L F R A N C E H O U L E Clinique juridique sur la reconnaissance des qualifications professionnelles G E N E V I È V E S T - L A U R E N T Chercheuse postdoctorale Faculté de droit de l\u2019Université de Montréal L a situation dif ficile vécue par des médecins d\u2019origine syrienne, relatée récemment par Radio-Canada, a mis en lumière les obstacles auxquels se butent les professionnels formés à l\u2019étranger qui souhaitent exercer une profession réglementée au Québec.Ces derniers étant sélectionnés par le ministère de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion, notamment dans le but explicite de pourvoir à des postes vacants, il est inéquitable de ne pas leur donner accès à ces postes en leur imposant des conditions d\u2019accès au travail déraisonnables.Comme le reconnaît la nouvelle Politique québécoise en matière d\u2019immigration, de participation et d\u2019inclusion, les obstacles à la reconnaissance des compétences peuvent entraîner une déqualification professionnelle dont les coûts humains et sociaux sont majeurs.Sur le plan juridique, une question centrale de ce débat est celle du respect des droits fondamentaux des personnes vivant sur le territoire québécois, dont le droit à l\u2019égalité, qui s\u2019impose à tous, y compris aux ordres professionnels.Mais là n\u2019est pas le seul principe de droit que les ordres professionnels doivent respecter, puisque ces derniers sont tenus d\u2019assurer la protection du public en vertu du Code des professions.Lorsque les ordres professionnels déterminent les conditions d\u2019accès applicables aux professionnels formés à l\u2019étranger, ils doivent atteindre un équilibre entre, d\u2019une part, l\u2019obligation de protéger le public et, d\u2019autre part, l\u2019obligation de ne pas restreindre l\u2019accès à un permis d\u2019exercice d\u2019une profession de manière non conforme au principe d\u2019égalité.Pour atteindre cet équilibre, les ordres professionnels se sont dotés de procédures réglementaires qui encadrent légalement la reconnaissance des qualifications professionnelles des professionnels formés à l\u2019étranger.Deux procédures Deux types de procédures sont ainsi prévus.La première a été instituée par l\u2019Entente Qué- bec-France sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, signée en 2008 par le premier ministre Charest et le président Sarkozy.Cette procédure s\u2019applique uniquement aux professionnels détenant un permis d\u2019exercice d\u2019une autorité professionnelle québécoise ou française.Cette procédure est la plus rapide, car toutes les conditions d\u2019octroi d\u2019un permis d\u2019exercice d\u2019une profession sont prescrites dans des arrangements de reconnaissance mutuelle (ARM) conclus par les organismes québécois et français qui réglementent une profession donnée.Elle s\u2019applique à tous les professionnels d\u2019une même catégorie et, en général, sans distinction fondée sur l\u2019institution ayant décerné le diplôme au candidat qui fait une demande de reconnaissance de ses qualifications professionnelles.La deuxième procédure s\u2019applique à tous les autres candidats, quel que soit leur pays d\u2019origine.Elle est prescrite par un Règlement sur les normes d\u2019équivalence de diplômes et de la formation qui doit être adopté par chacun des ordres professionnels québécois.Comme son nom l\u2019indique, la formation de niveau universitaire ou collégial suivie par un candidat est au cœur de l\u2019évaluation de son dossier.Il en résulte que deux professionnels formés dans le même pays, mais non dans la même institution d\u2019enseignement, pourront être soumis à des conditions distinctes de reconnaissance de leurs qualifications professionnelles avant d\u2019obtenir un permis pour exercer leur profession.Ordres professionnels Que ce soit par application de l\u2019une ou l\u2019autre procédure, le professionnel formé à l\u2019étranger peut ainsi se voir imposer des mesures de compensation qui peuvent prendre la forme d\u2019un stage, d\u2019une épreuve d\u2019aptitude ou d\u2019une formation complémentaire.Dans certains cas, ces mesures peuvent être très exigeantes et onéreuses.Dans tous les cas, le fait de remplir ces exigences ne mène qu\u2019à l\u2019émission d\u2019une attestation d\u2019équivalence et non à l\u2019octroi d\u2019un diplôme universitaire ou collégial provenant d\u2019une institution d\u2019enseignement québécoise.Ce point est impor tant, car l \u2019attestation d\u2019équivalence peut, par la suite, être mal perçue par d\u2019éventuels employeurs qui préféreront des postulants à un emploi possédant un diplôme québécois.En somme, il y a plusieurs difficultés à surmonter pour le professionnel formé à l\u2019étranger et celles-ci engendrent des frustrations chez ce dernier que l\u2019on peut aisément comprendre.S\u2019il est crucial d\u2019améliorer leurs chances de contribuer à leur société d\u2019accueil, il importe néanmoins de ne pas faire porter tout le fardeau sur les épaules des ordres professionnels qui sont souvent soupçonnés de n\u2019être mus que par des intérêts corporatistes.Sans nier que cela puisse se produire, il ne faut pas non plus tomber dans une argumentation facile, car les ordres professionnels ont avant tout l \u2019obligation légale de protéger le public.Professionnels formés à l\u2019étranger : les murs qu\u2019il leur faut franchir JEAN-ROBERT SANSFAÇON Lapierre le juste Jean Lapierre n\u2019était pas de ma famille politique, mais je reconnais en lui la capacité à transcender la politique par tisane.Lapierre était juste.Le chroniqueur était capable de critiquer fermement les politiciens de son allégeance politique, soit les fédéralistes et les libé- cré de la chanson.Bref, depuis, Félix Leclerc aura marqué la chanson d\u2019expression française sur la scène internationale.Mais rappelons aussi que Leclerc a connu une carrière marquante en tant qu\u2019écrivain.Outre ses chansons, il nous a légué une œuvre qui comprend des romans, des contes, des pièces de théâtre, des poèmes, des maximes, des fables, etc.Son roman Pieds nus dans l\u2019aube, publié en 1946, est une œuvre vibrante et marquante de notre littérature.D\u2019ailleurs, dans les années 50 et 60, des livres de Félix Leclerc étaient à l\u2019étude dans les écoles du Québec.Le constat que je fais, ayant lu ces œu- vres littéraires souvent écrites bien avant sa carrière de chansonnier, est que les différentes facettes de son talent de romancier, de conteur ou de fabuliste ont influencé sa façon d\u2019écrire ses textes de chansons.Tellement que ces mêmes chansons sont souvent des œuvres littéraires en elles-mêmes, mises en musique fort habilement, nous les rendant ainsi accessibles.Félix était un grand compositeur, je tiens aussi à le souligner.Félix Leclerc n\u2019aurait sans doute pas pu écrire ses grandes chansons n\u2019eût été ce sens inné qu\u2019il a toujours eu pour le conte, la fable et l\u2019écriture de maximes et de pièces de théâtre.Il y a donc une grande cohérence et une belle diversité dans son œuvre tout entière.Yvan Giguère Saguenay, le 30 mars 2016 L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A R S 2 0 1 6 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire 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Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 6500 caractères (y compris les espaces), ou 1000 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com), mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.C H R I S T I A N E D U P O N T Rédactrice en chef du Journaldesvoisins.com es hebdomadaires de quartier pourraient disparaître à Montréal parce que Transcontinental « réévalue son modèle d\u2019af faires », nous apprenait un repor tage de La Presse canadienne le 10 mars.Apparemment, l\u2019information de quartier n\u2019est plus assez « rentable » à Montréal.« Dans les régions, nos hebdos sont en très bonne forme, a expliqué le président et chef de la direction de Transcontinental, François Olivier.Dans les grands centres comme Montréal, où l\u2019on a plusieurs publications, c\u2019est plus dif fi- cile.Il faudra réévaluer si chaque quartier peut avoir son hebdo.» Or, nous sommes cinq médias principalement Web (également papier dans le cas de Journaldesvoisins.com) à Montréal à croire qu\u2019au contraire, chaque quar tier doit avoir son journal.Nous sommes ce que les observateurs des médias appellent des « hyperlo- caux » : des médias centrés sur un quartier, offrant une information de qualité, réalisée, notamment, par des jour na- listes professionnels et par des résidants, et sans cette publicité omniprésente (entre 75 à 80 % du contenu) qui est devenue la norme chez les hebdos Transcontinental.Nous ne sommes pas contre la publ ic ité , au contra ire .Ma is nous croyons qu\u2019un journal ne devrait pas avoir pour premier souci la quête du profit.Une information de quartier de qualité, c\u2019est à nos yeux, d\u2019abord et avant tout, un service public.Certes, les journaux hyperlocaux indépendants (collaboratif dans le cas de QuartierHo- chelaga.com et communautaire dans le cas du Journaldesvoisins.com) ont du mal à garder la tête hors de l\u2019eau.Pour prendre la place qui leur revient, ils ont besoin du soutien de leurs lecteurs, des organismes communautaires, des associations de commerçants et des autorités de leurs quartiers, ce qui nous manque souvent à l\u2019heure actuelle.Au fil des années, nous avons fait la preuve de notre per tinence, mais il est assez paradoxal que nous ayons encore du mal à aller chercher des revenus lorsqu\u2019on décode les intentions de Transcontinental : en dépit du fait que leurs hebdos à eux offrent \u2014 comparativement à nous \u2014 peu d\u2019informations locales, et en dépit du fait qu\u2019ils s\u2019apprêtent manifestement à en offrir encore moins si la direction décide de mettre fin à certains de ses hebdos, ils continuent de ramasser le gros des recettes publicitaires allouées aux journaux locaux.Il est temps de lancer un appel à l\u2019action dans nos communautés respectives sur le type d\u2019informations que veulent les citoyens pour leur quartier.Le modèle du Publisac ou celui des hyperlocaux ?Lettre également signée par les journalistes de Pamplemousse.ca \u2013 Mercier, Pamplemousse.ca \u2013 Plateau, QuartierHochelaga.com et RueMasson.com MÉDIAS Place aux « hyperlocaux » D Une information de quartier de qualité, c\u2019est à nos yeux, d\u2019abord et avant tout, un service public OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR L\u2019application tablette du journal Pamplemousse J A C Q U E S B E A U C H E M I N Professeur au Département de sociologie de l\u2019UQAM l y a 150 ans mourait Fran- çois-Xavier Garneau, auteur de L\u2019histoire du Canada de sa découverte jusqu\u2019à nos jours, dont le premier tome fut publié en 1845.Garneau fut très tôt après sa mort élevé au statut d\u2019«historien national ».Ce titre glorieux ne renvoie pas simplement au fait que le récit qu\u2019il propose au cours des années 1840 retrace le parcours historique de la nation canadienne-française.Ce que cela signifie davantage, c\u2019est le fait que Garneau écrit non seulement l\u2019histoire de la nation, mais qu\u2019il a le sentiment d\u2019en porter en lui-même le destin.Car après l\u2019échec des rébellions de 1837-1838 et la promulgation en 1841 de l\u2019Acte d\u2019Union, qui semblait sceller pour le pire le destin canadien-français, Garneau et tous les siens sont aux abois.La menace de l\u2019assimilation que fait peser sur eux le rapport Durham et l\u2019Union qui en est la concrétisation appelle la mise en œuvre d\u2019une stratégie identitaire visant à contrer la menace.Garneau assume alors ce qui lui apparaîtra relever d\u2019une responsabilité : montrer aux Canadiens français la valeur de leur collectivité et leur fournir le motif de leurs luttes à venir.Cette collectivité, que Garneau inscrit dans le sillage de la grande race incarnée par Guillaume le Conquérant avant de l\u2019appeler à demeurer fidèle à ses traditions et à laisser les « grands peuples faire l\u2019épreuve des nouvelles théories », trouvera la recette de la survivance dans cette description à la fois flatteuse et inquiète.Nous aurons traversé le temps arc- bouté à cette représentation ambivalente faite de résilience, de soumission à la force des choses et de désir de durer.Garneau avait bien vu que la définition de la collectivité exigeait qu\u2019on l\u2019inscrive dans la durée.Il fallait lui trouver un point d\u2019origine et ce que l\u2019on pourrait appeler un destin.Entre les deux, il fallait la dépeindre dans la singularité d\u2019une personnalité collective.On pourra toujours dire que Garneau a forcé le trait dans la fresque qu\u2019il dessine de la « race intrépide » alors qu\u2019il s\u2019échine à trouver dans les tréfonds de notre histoire les raisons pour lesquelles nous serions, à notre manière, un grand peuple malgré les défaites et les déconvenues.Mais il ne fait rien d\u2019autre que de forger une représentation de l\u2019identité canadienne-fran- çaise sur laquelle s\u2019appuiera notre collectivité durant un siècle afin de surmonter les écueils d\u2019une histoire qui ne nous avait pas réservé la meilleure part.Que se lève le prochain «historien national» Le Québec contemporain pourrait-il voir émerger un nouvel « historien national » ?Encore faudrait-il que nous soyons capables de nous représenter la nation québécoise à l\u2019image d\u2019un peuple inscrit dans l\u2019histoire.Encore fau- drait-il que nous reconnaissions dans notre parcours collectif le fil conducteur de ce que Lionel Groulx appelait en 1958 notre «grande aventure ».Ces conditions ne me paraissent plus réunies aujourd\u2019hui.Le paradoxe de la situation actuelle du Québec tient au fait qu\u2019au terme de ce que Fernand Du- mont a appelé l\u2019«hiver de la survivance», et au moment où notre société pourrait achever dans la souveraineté politique le long parcours qui l\u2019a amenée jusqu\u2019ici, on ne trouve plus d\u2019historiens, et plus généralement d\u2019intellectuels, capables comme Garneau de brosser une représentation d\u2019ensemble de la réalité de notre temps.L\u2019histoire nationale est à la fois discréditée et suspecte.Ne signifierait-elle pas repli sur soi et fermeture à l\u2019autre?Les imprécations partout présentes sur le respect de la différence et le caractère pluriel et métissé du Québec contemporain semblent frapper d\u2019obsolescence sinon de suspicion toute tentative de ressaisissement de l\u2019aventure québécoise sous la figure de l\u2019histoire nationale.Qui aujourd\u2019hui comme Garneau en son temps est disposé à embrasser le destin québécois dans la perspective d\u2019une responsabilité à assumer?Américanité L\u2019américanité du Québec, dont on nous dit qu\u2019elle serait au fondement de l\u2019identité collective, ouvre l\u2019aventure canadienne-française et québécoise à celle du continent tout entier.Elle fait de nous les bâtisseurs d\u2019un pays neuf à l\u2019image de tous ceux qui en Amérique ont entrepris cette même aventure.Pour séduisante qu\u2019elle puisse être, cette représentation ne nous dépouille-t-elle pas du caractère singulier de notre expérience historique?Ce que les Canadiens français et Québécois ont vécu en Amérique est unique du fait de l\u2019expérience minoritaire qui a toujours été au cœur de leur histoire sur ce continent.Cette histoire nous a faits tout à la fois résilients et inquiets de l\u2019issue de ce que l\u2019histoire nous réserve, fiers d\u2019avoir pu conjurer jusqu\u2019ici la disparition à laquelle nous étions promis, mais incapables d\u2019achever le destin dans la souveraineté, geste ultime d\u2019un possible ressaisissement de nous-mêmes.D\u2019autres nous disent que cette ambivalence identitaire n\u2019est pas une tare, mais une disposition qui nous aura permis de traverser l\u2019histoire sans coup férir.C\u2019est en contournant les obstacles et en manœuvrant habilement dans le jeu des rapports de force que nous serions parvenus à tirer notre épingle du jeu.Mais cette vision nous confine au maintien précaire de notre collectivité dans l\u2019histoire du monde et se refuse à ériger le Québec d\u2019aujourd\u2019hui en sujet politique capable de donner un sens au désir de durer qui ne nous a pas quittés depuis la défaite des plaines d\u2019Abraham et la funeste prophétie du rapport Durham.Une table ronde réunira le 2 avril prochain au musée Pointe-à-Callière divers spécialistes de l\u2019œu- vre de ce grand historien et de la période troublée, celle des rébellions, au cours de laquelle il rédigea son ouvrage.Elle sera l\u2019occasion de revenir sur l\u2019influence de ce livre sans doute le plus marquant du XIXe siècle canadien-français.François-Xavier Garneau, historien national en mal de postérité Y V E S L A F R A M B O I S E Québec ar ticle paru dans Le Devoir de samedi dernier ayant pour titre « La francophonie, facteur clé de la radicalisation djihadiste », faisant état d\u2019une étude réalisée par des chercheurs de la Brookings Institution, me semble plus relever du fantasme que d\u2019une recherche sérieuse.Un tel énoncé venant de chercheurs de cet institut paraît impressionnant au premier abord, mais c \u2019est une vieille rengaine qui me semble mettre en scène deux philosophies en compétition : l \u2019approche libérale américaine d\u2019une part et l\u2019approche républicaine d\u2019autre part.La Brookings Institution a pour objectif principal de valoriser et de mettre en valeur la démocratie à l\u2019américaine.La francophonie ne fait sûrement pas par tie de leurs priorités.Au contraire, selon eux, la langue française serait porteuse d\u2019un gène dangereux.Quant à la laïcité à la française, basée sur la loi de 1905, c\u2019est une mesure virulente.Un peu plus et nous pourrions parler de racisme.Parlons au moins de francophobie.Leur analyse ne tient pas la route.Les États-Unis eux-mêmes ont probablement le record des attaques terroristes, non pas seulement avec les tours du World Trade ou autres, mais avec toutes les attaques subies soit par leurs ambassades, soit par le biais de leurs biens à l\u2019étranger.Pourtant, ils sont loin d\u2019être laïques.Au contraire.Ils baignent dans la liberté religieuse tous azimuts.La laïcité à la française est un concept unique à la France.Pourtant, les événements actuels révèlent la présence d\u2019une nébuleuse islamiste radicale concentrée surtout en Belgique, même si présente aussi en France, en Allemagne et possiblement en Italie.Elle a aussi été présente en Espagne.On la trouve aussi en Turquie, là où on parle le turc.On ne peut dissocier les mouvements radicaux présents en France de son histoire coloniale.Par exemple, elle a abrité, lors de la guerre civile algérienne (années 1980-1990), nombre d\u2019opposants au régime socialiste en place.Ainsi, beaucoup d\u2019intégristes islamistes, radicaux, membres du FIS et du GIA ont été accueillis en France à titre de réfugiés politiques.Ils ont fait le lit des premiers terroristes islamistes en France.Affirmer un lien entre laïcité et radicalisation en Europe relève d\u2019un imaginaire ridicule.Mais il permet surtout à ces néolibéraux de passer sous silence la responsabilité première des États-Unis (et de leur allié de circonstance, l\u2019Arabie saoudite) dans la formation d\u2019al-Qaïda lors de la guerre en Afghanistan (par leur aide aux talibans contre les Russes), et leur responsabilité dans la formation du groupe État islamique (EI, sunnite) en Irak, après avoir décidé de mettre en place un pouvoir dominé par les chiites.Les sunnites se sont reformés au nord de l\u2019Irak, ont absorbé des éléments de l\u2019armée irakienne dissoute, ainsi que des éléments d\u2019al-Qaïda, et formé le groupe EI.Ces chercheurs devraient commencer par se demander pourquoi leur libéralisme extrême et leur démocratie à l\u2019américaine permettent actuellement l\u2019émergence d\u2019un politicien radical comme Trump\u2026 Ils seraient plus utiles.LA RÉPLIQUE \u203a DJIHADISME Francophonie et laïcité, deux maux dangereux ?SOURCE MUSÉE MCCORD Au XIXe siècle, Garneau assume ce qui lui apparaît relever d\u2019une responsabilité : montrer aux Canadiens français la valeur de leur collectivité et leur fournir le motif de leurs luttes à venir.LE DÉCLENCHEUR «Les valeurs politiques et culturelles françaises jouent paradoxalement un rôle clé dans la radicalisation islamiste, affirment deux chercheurs aux États-Unis qui ont étudié la mouvance extrémiste sunnite autour du monde», La Presse canadienne, 26 mars I L\u2019 Le Québec contemporain pourrait-il voir émerger un nouvel «historien national»? L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A R S 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Québec de 1993 à 1997.L\u2019implication allait plus loin.En 2001, avait signalé le magazine L\u2019actualité, il en comptait pas moins de 22.Outre l\u2019Université de Montréal, l\u2019école Polytechnique, la Société du Vieux-Port et la Société de la faune et des parcs du Québec, il a aussi siégé à celui du Devoir inc., dont l\u2019actuel président est son fils Jean.« Quand on parle de nationalisme québécois, ce qu\u2019il voyait, ce n\u2019était pas une question d\u2019indépendance, c\u2019était de prouver que les Québécois étaient capables de réussir à travers le monde, qu\u2019on était assez bons, qu\u2019on avait d\u2019excellents ingénieurs, d\u2019excellents artistes capables de se développer.Et il les a toujours encouragés à mieux réussir, a dit Jean Lamarre.C\u2019était un éternel optimiste, généreux de son temps.» De Lalonde & Valois à Lavalin Né à Chicoutimi et diplômé en génie civil de l\u2019École polytechnique de l\u2019Université de Montréal, M.Lamarre entame sa carrière en 1955 chez Lalonde & Valois, l\u2019ancêtre de Lavalin.Il en devient le président en 1972, poste qu\u2019il occupe jusqu\u2019en 1991 au moment où SNC en fait l\u2019acquisition pour donner naissance à la multinationale que l\u2019on connaît aujourd\u2019hui.« J\u2019aimais pouvoir me dire, quand je passais au square Dominion par exemple et que je voyais l\u2019édifice Lavalin : \u201cC\u2019est moi qui ai fait ça\u201d », ra- conte-t-il en 2001 à Georges-Hébert Germain dans un por trait publié à la une du Devoir.« J\u2019éprouvais beaucoup de satisfaction et de fierté pour ce que nous avions réalisé.» C\u2019est à ce même Georges-Hébert Germain qu\u2019il avait confié, une vingtaine d\u2019années plus tôt dans L\u2019actualité, son amour sans bornes du développement de projets et de leur réalisation.«Autant que possible, il faut créer ses projets soi- même», dit-il alors au journaliste.«C\u2019est ça, le secret.Il faut qu\u2019ils germent dans la tête.Il faut que tu connaisses les besoins de ton client avant même qu\u2019il les ressente.» À l\u2019époque, Lavalin, qui a aussi collectionné des mégaprojets comme le Stade olympique et des alumineries, compte 6000 employés et des projets dans plus de 50 pays.Au milieu des années 80, son chiffre d\u2019affaires tourne autour de 650 millions.« Bernard Lamarre était l\u2019homme des grands projets, un visionnaire, un homme audacieux à l\u2019intelligence peu commune, a dit le premier ministre Couillard.Grâce à lui, cer tains de nos plus grands chantiers hydroélectriques ont vu le jour, ce qui a permis au Québec d\u2019acquérir une renommée mondiale dans le domaine.» Dominique Anglade, ministre de l\u2019Économie et ingé- nieure de formation, a dit qu\u2019il « a inspiré de nombreuses générations d\u2019ingénieurs».Le Conseil des ministres n\u2019avait pas étudié mercredi la possibilité de tenir des funérailles nationales pour M.Lamarre.Le chapitre SNC En 1991, il quitte la direction de Lavalin.L\u2019entreprise, dont il est actionnaire, fait face à une économie en pleine récession et a cumulé une dette de 370 millions dans la division génie.Elle se fait racheter par SNC, la grande rivale dirigée par Guy Saint-Pierre.Les quatre actionnaires écopent durement.M.Lamarre reviendra chez SNC -Lavalin plus tard à titre de consultant, et son frère Jacques en deviendra le président en 1996.Au moment où SNC avale Lavalin, Bernard Lamarre connaît M.Saint-Pierre depuis longtemps.Ce dernier a été ministre sous Robert Bourassa de 1970 à 1976.Mais avant la politique, il est vice-président d\u2019Acres Québec, une autre firme d\u2019ingénierie.«Au lendemain de ma défaite en 1976, le premier appel que j\u2019ai reçu est venu de Bernard.Il m\u2019of frait de travailler pour Lavalin, aux Philippines.Je ne pouvais pas, car j\u2019avais des enfants, mais j\u2019ai apprécié le geste, a dit M.Saint-Pierre au Devoir.C\u2019est un homme que je respectais.» L\u2019épisode SNC fait couler beaucoup d\u2019encre.Lors d\u2019une rare entrevue au magazine de l\u2019Ordre des ingénieurs du Québec, M.Lamarre affirme à l\u2019automne 1991 que la diversification a été « la seule mésaventure» de Lavalin et que sans son incursion dans la pétrochimie, avec l\u2019achat de Kemtec, l\u2019entreprise tiendrait encore seule debout.«Dans la plupart de nos diversifications, que ce soit MétéoMédia ou le domaine de la santé, ce furent des réussites», dit-il.La fusion avec SNC permet de pérenniser les emplois et d\u2019«affronter la concurrence internationale».Plus récemment, au sujet de la tourmente dans laquelle SNC-Lavalin a été plongée au cours des dernières années, M.Lamarre avait af firmé à La Presse en 2015 que cette inconduite aurait été « impensable » à son époque, jetant le blâme sur des «escogrif fes cupides».Au fil des ans, les honneurs se succèdent.En 1985, il reçoit l\u2019Ordre du Canada.La même année, on le nomme officier de l\u2019Ordre national du Québec ; il deviendra grand officier en 2013.Dans sa notice biographique, l\u2019Ordre mentionne précisément son engagement constant envers la collectivité.«Outre son apport au monde des affaires, Bernard Lamarre laisse la métropole en deuil d\u2019un de ses grands mécènes.M.Lamarre était considéré comme un véritable pilier de la philanthropie au sein de la communauté francophone, a affirmé la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.Son implication remarquable de près de 25 ans au conseil du MBAM, à titre de membre, puis de président, mérite d\u2019être soulignée et citée en exemple.» Son épouse, Louise Lalonde-Lamarre, est décédée en 2002.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 BÂTISSEUR Bernard Lamarre était un collectionneur et un philanthrope passionné d\u2019art.En plus de s\u2019être engagé durant près de 20 ans dans diverses instances du Musée des beaux-arts de Montréal, il avait monté, au sein même de la Société Lavalin qu\u2019il dirigeait, une imposante collection d\u2019œuvres d\u2019art principalement canadiennes.Cette collection, de quelque 1300 œu- vres, a été rachetée par l\u2019État en 1992 pour être donnée au Musée d\u2019art contemporain de Montréal, qui la possède toujours.Au moment de cette acquisition, elle comptait déjà pour autour du quart de la collection entière du musée.Bernard Lamarre avait monté cette collection «au gré de sa fantaisie», comme il le disait au magazine Vie des arts en 1994.Mais la collection compte des pièces remarquables.John Zeppetelli, directeur du Musée d\u2019art contemporain, mentionne le Jean-Paul Riopelle qui trône à l\u2019entrée du musée, et un Charles Gagnon qui orne la Salle du conseil du musée.On y trouve aussi des pièces de Paul- Émile Borduas, de Marcelle Ferron, de Marcel Barbeau et d\u2019Edmund Alleyn, qui fera d\u2019ailleurs l\u2019objet d\u2019une exposition du Musée d\u2019art contemporain au printemps.Du côté du Musée des beaux-arts de Montréal, on a tenu mercredi à saluer le «géant», le philanthrope et à l\u2019amateur d\u2019art qu\u2019était Bernard Lamarre.Déjà, en 2011, le Musée avait rendu hommage à l\u2019homme en lui dédiant la sculpture monumentale en bronze de David Altmejd L\u2019œil.Bernard Lamarre a déjà dit être tombé amoureux des arts visuels lors d\u2019un voyage en Europe dans les années 1950.«J\u2019ai privilégié l\u2019art contemporain parce qu\u2019en général, il s\u2019agissait d\u2019artistes pas encore très connus, que je pouvais rencontrer plus facilement.Je trouvais qu\u2019il valait la peine de les encourager de leur vivant.Et, au départ, leurs œuvres étaient davantage à la portée de ma bourse», disait-il lors d\u2019une entrevue effectuée en 2007.Son fils, Jean Lamarre, confie au Devoir qu\u2019«en 1952, il s\u2019est marié et est parti en Angleterre pour faire sa maîtrise.Il y avait des églises et des musées, ma mère connaissait ça plus que lui, il s\u2019est embarqué là-de- dans, il a commencé à savoir ce qu\u2019était un Rubens, un Rembrandt, etc.» Au Musée des beaux-arts de Montréal, Bernard Lamarre a été l\u2019instigateur et le réalisateur du pavillon Jean-Noël Desma- rais.«Concernant l\u2019agrandissement du pavillon Jean-Noël Desmarais, raconte Jean La- marre, il s\u2019est retrouvé un jour dans le Transsibérien avec M.Desmarais.Ils étaient sept jours ensemble dans le train et il n\u2019y avait pas d\u2019autre endroit où aller.À force de se faire demander de l\u2019argent pour le nouveau pavillon, au bout de quatre jours M.Desmarais lui a dit : \u201cJe te le donne, et on ne parle plus de ça pour le reste du voyage.\u201d Il était tenace\u2026» Il a également donné naissance au projet d\u2019expansion incorporant l\u2019église Erskine and American pour devenir le pavillon d\u2018art québécois et canadien du musée.Pour Nathalie Bondil, directrice du Musée des beaux-arts de Montréal, Bernard Lamarre avait pour ambition de soutenir le milieu culturel montréalais, en s\u2019y engageant lui-même mais aussi, et peut-être surtout en persuadant tout un milieu de s\u2019y intéresser.Il est à l\u2019origine du Centre des sciences et du réaménagement du Vieux- Port de Montréal.Il a été président du conseil d\u2019administration de l\u2019Institut de design de Montréal.Caroline Montpetit Bernard Lamarre, philanthrope et ami des arts taille.La configuration rend toutefois les ailes vulnérables au givre, selon des experts.Mardi, au moment de la tragédie, les conditions météo étaient les suivantes, selon le Bureau de la sécurité des transports (BST) : pluie légère et brume, visibilité de 4 km et plafond nuageux à 61 mètres.La température était de 0 °C et les vents soufflaient de l\u2019est-nord-est à 20 km/h, avec des rafales jusqu\u2019à 30 km/h.Rien d\u2019exceptionnel pour les îles de la Madeleine, mais les sociétés Air Canada et Pascan avaient tout de même annulé leurs vols au départ et à l\u2019arrivée des Îles ce jour-là.Le pilotage d\u2019un avion MU-2 est réservé aux pilotes expérimentés et très prudents, indiquent des sources.Depuis 2008, les pilotes de MU-2 doivent suivre un entraînement sur simulateur de vol au centre d\u2019entraînement Simcom, en Floride.Il s\u2019agit d\u2019un entraînement inusité pour un petit avion comme le MU-2.Les simulateurs de vol servent généralement à former les pilotes d\u2019avion de ligne.Des sources indiquent que Pascal Gosselin, président de la firme Aéro Teknic, qui pilotait l\u2019avion qui s\u2019est écrasé mardi aux îles de la Madeleine, a suivi cette formation sur simulateur.L\u2019enquête sur l\u2019écrasement de l\u2019avion, survenue mardi midi à Havre-aux-Maisons, s\u2019intéressera à la formation des pilotes.Transports Canada et le Bureau de la sécurité des transports (BST) ont indiqué mercredi qu\u2019ils scruteraient les dossiers de formation du pilote, Pascal Gosselin, et du copilote Fabrice Loubarel.Celui-ci était instructeur à l\u2019école de pilotage CPAQ Aéro, de Saint-Hubert.Les fichiers d\u2019entretien de l\u2019avion Mitsubishi MU-2B-60 seront aussi fouillés dans le cadre de cette enquête.Mercredi, le BST a laissé entendre qu\u2019il étudie toutes les hypothèses pour déterminer les causes de la tragédie : erreur de pilotage, bris mécanique ou conditions météo dif ficiles, notamment.Six représentants du BST sont arrivés aux îles de la Madeleine pour mettre en marche l\u2019enquête, qui prendra plusieurs semaines, a indiqué André Turenne, enquêteur principal, lors d\u2019un point de presse.« Il importe de ne pas tirer de conclusion ni de faire des suppositions quant aux causes de l\u2019accident à l\u2019heure actuelle.Un accident est rarement le résultat d\u2019un seul problème», a indiqué le BST.L\u2019avion et le pilote dans la ligne de mire Les enquêteurs doivent photographier la carcasse de l\u2019avion sous tous les angles, y compris par voie aérienne, avec l\u2019aide de la Garde côtière canadienne.Dans les prochains jours, le BST arrangera le transport des morceaux de l\u2019avion à son laboratoire d\u2019Ottawa, pour analyser les débris de façon plus poussée.Le BST et Transports Canada doivent aussi vérifier si l\u2019avion, immatriculé aux États-Unis, répond aux règles canadiennes.L\u2019enquête doit aussi déterminer si les pilotes avaient les permis pour transporter des passagers.Selon nos sources, le père du pilote est un ami de Jean Lapierre.Les enquêteurs cherchent à déterminer de quelle façon l\u2019offre ou la sollicitation de services de transport s\u2019est faite.Le vol qui a pris fin de façon dramatique était-il commercial ou privé ?L\u2019entreprise Aéro Teknic a refusé de répondre aux questions du Devoir, mercredi.Transports Canada a envoyé deux inspecteurs à Saint-Hubert pour vérifier si la firme Aéro Tek- nic agissait conformément au Règlement de l\u2019aviation civile au moment de l\u2019accident.« L\u2019aéronef de type MU-2B-60 impliqué dans l\u2019accident est immatriculé aux États-Unis.Des représentants du ministère travaillent en étroite collaboration avec leurs homologues de la Federal Aviation Administration (FAA) des États- Unis pour examiner tous les renseignements concernant ce cas complexe », a précisé Transports Canada au Devoir.Le pilote Pascal Gosselin, bien connu dans le milieu de l\u2019aviation, a une réputation sans faille.«C\u2019était un homme très prudent, ça fait des années qu\u2019il vole», dit Michel Beaudoin, directeur général de l\u2019aéroport de Saint-Hubert.«Pascal était même un peu pépère.Il n\u2019aurait jamais pris les commandes s\u2019il avait jugé que c\u2019est dangereux.Il était père de trois enfants.Je ne l\u2019ai jamais vu prendre de risque inutile », dit Christian Guy, vice-président de l\u2019entreprise Cakemail, un ami de longue date du pilote.Avec Jessica Nadeau Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 AVION qui ont tourné au vinaigre entre 2006 et 2010.Elle a notamment observé des taux plus élevés d\u2019interventions policières durant laquelle une personne est blessée ou tuée dans les régions les moins populeuses du Québec.« On a des problématiques sociales importantes.On a peut- être aussi une moins grande of fre de services, soupçonne Mme Gendron.Ça dépend [également] des outils qui sont à la disposition des policiers », poursuit-elle.L\u2019expert-conseil en matière d\u2019emploi de la force à l\u2019ENPQ Bruno Poulin résume la « règle d\u2019or » à appliquer dans pareilles circonstances par les policiers : «prendre son temps».«S\u2019il n\u2019y a pas d\u2019urgence d\u2019agir, c\u2019est d\u2019essayer de rentrer en contact avec la personne.On sait que la crise va monter, monter, monter, mais à un moment donné, elle va redescendre», indique-t-il.Dans les 143 cas examinés par le CRDS, les policiers ont ouvert le feu alors qu\u2019ils étaient à une distance moyenne de 4,3 mètres de l\u2019individu présentant « une menace de lésions corporelles graves ou mortelles ».«Les tirs policiers se font à très très courte distance, ce qui montre que nos policiers font feu à la toute dernière minute», fait remarquer Mme Gendron.Cependant, leurs tirs ont atteint la cible moins d\u2019une fois sur deux (46%).«Moi, ça m\u2019a surpris que ce soit aussi haut que ça», lance M.Poulin, pointant les conditions parfois extrêmes dans lesquelles se déroulent ces événements \u2014 «prise de décision rapide», «stress», «tir en déplacement», «tir en pénombre».«Il ne faut pas aussi faire l\u2019erreur de comparer ça directement à du tir sportif.La cible est immobile en tir sportif.Le tireur est immobile en tir sportif.On n\u2019a pas peur de mourir en tir sportif», insiste-t-il.Cela dit, la direction de l\u2019ENPQ a convenu de la nécessité d\u2019intégrer le « tir réactif » dans son programme de formation initiale en pa- trouille-gendarmerie.Plus de Taser?Selon M.Poulin, le rapport de recherche de près de 250 pages du CRDS incitera sans doute plus d\u2019un corps de police à réfléchir à l\u2019idée de recourir davantage à des armes à impulsion électrique (Ta- ser), d\u2019autant plus que 41% des agressions ou des menaces d\u2019agression envers les policiers sont perpétrés par des individus ayant sur eux une arme blanche ou un objet contondant.«Dans certaines circonstances, [le Taser] peut sauver des vies, et ça peut éviter des blessures, c\u2019est clair, mais ça ne va pas remplacer une arme à feu», soutient-il.Les collisions routières sont la deuxième cause de blessures et de décès liés aux interventions policières ayant fait l\u2019objet d\u2019une enquête indépendante en vertu de la politique ministérielle.« C\u2019est une mauvaise manœuvre du fuyard, donc un dérapage qui va entraîner un impact, la plupart du temps contre un objet stationnaire : un arbre, une clôture, un muret, un immeuble même parfois.C\u2019est très, très rapide.La durée moyenne des poursuites policières qui se terminent en collision routière, c\u2019est 3,4 minutes », note Mme Gendron.Après avoir parcouru l\u2019étude de Mme Gendron, la direction de l\u2019ENPQ a convenu d\u2019ajouter un séminaire sur la gestion du stress et des émotions, ainsi que des mises en situation «auprès de personnes en crise et vulnérables : sujet armé, non armé, suicidaire, suicide par personne interposée, délire agité, état de conscience altéré».«L\u2019objectif est d\u2019axer l\u2019intervention sur l\u2019utilisation des techniques de désescalade, de la communication tactique, de l\u2019intervention physique et tactique», a expliqué l\u2019ENPQ par voie de communiqué.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 POLICE CANAL D Bernard Lamarre JACQUES GRENIER LE DEVOIR Bernard Lamarre, en 2001 "]
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