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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-04-09, Collections de BAnQ.

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[" RECHERCHE C A H I E R T H É M A T I Q U E H \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 A V R I L 2 0 1 6 Récupération du CO2 À la recherche du Saint-Graal Page H 4 Université Concordia Repenser l\u2019enseignement de la chimie Page H 2 M A R T I N E L E T A R T E U ne pile solaire, c\u2019est génial.Ce l\u2019est encore plus si elle est fabriquée avec des matériaux et des procédés peu dommageables pour l\u2019environnement et peu coûteux, pour arriver à un produit mince et flexible.Ainsi, en plus d\u2019être verte, cette pile pourrait être utilisée beaucoup plus couramment comparativement à la pile traditionnelle à base de silicium qu\u2019on retrouve dans les panneaux solaires.Cette pile solaire, c\u2019est le projet sur lequel travaille depuis de nombreuses années Benoît Marsan, chercheur au Dépar tement de chimie de l\u2019Université du Québec à Montréal.Après avoir testé plusieurs matériaux, il a arrêté son choix sur une solution d\u2019électrolyte efficace, sans danger pour l\u2019environnement et recyclable.Puis il a jeté son dévolu sur le sulfure de cobalt, à la fois abordable et performant.Il a publié les résultats de ses recherches dans de prestigieuses revues scientifiques et a été sélectionné parmi les découvertes de l\u2019année 2010 par l\u2019équipe du magazine Québec Science.«Ces dernières années, nous avons beaucoup amélioré nos méthodes de fabrication et notre pile commence à avoir un rendement intéressant, dit-il.Ce n\u2019est pas comparable à la pile au silicium, mais comme elle est flexible et peu coûteuse, on pourra l\u2019utiliser dans beaucoup plus de créneaux.» Les grands principes de la chimie verte La pile solaire développée par Benoît Mar- san et son équipe est l\u2019un des nombreux exemples d\u2019applications de la chimie verte.Son collègue Jérôme Claverie, également professeur au Département de chimie de l\u2019Université du Québec à Montréal, a pour sa part mis au point un nouveau type de matière plastique thermodurcissable époxy sans bisphé- nols, des composés toxiques.On retrouve les thermodurcissables dans dif férents éléments, comme les composantes électroniques des ordinateurs et les matériaux composites de l\u2019aéronautique.Benoît Marsan avait ces grands principes de chimie verte en tête lorsqu\u2019il a développé son procédé de fabrication pour le sulfure de cobalt.«Nous utilisons une méthode électrochimique, qui est une méthode propre, dit-il.Cela ne cause pas de déchets.» M.Marsan, qui est membre du Centre québécois sur les matériaux fonctionnels dans lequel on trouve plus de 70 chercheurs et 350 étudiants, souligne que d\u2019autres secteurs d\u2019activités peuvent tirer avantage de la méthode électrochimique.Par exemple, le domaine minier.L\u2019industrie aurifère rejette généralement des cyanures et c\u2019est très toxique.Pour s\u2019en débarrasser, on peut utiliser une méthode chimique pour oxyder les cyanures, par exemple en ajoutant du chlore gazeux ou du peroxyde d\u2019hydrogène.«Par contre, on reste avec une grande quantité de déchets, des produits chimiques qu\u2019il faut gérer, même s\u2019ils ne sont pas toxiques, affirme le chercheur.En utilisant plutôt une méthode électrochimique, on peut oxyder les cyanures sans créer de déchets.On produit en fait de l\u2019azote gazeux qui constitue 79 % de l\u2019air qu\u2019on respire et des ions carbonates inof fensifs.De la recherche est faite dans le domaine.» Engouement Plusieurs grands événements se tiennent maintenant dans le monde dans le domaine de la chimie verte.Par exemple, l\u2019Annual Green Chemistry & Engineering Conference de l\u2019American Chemical Society se déroule cette année à Portland et la Green and Sustainable Chemistry Conference vient tout juste de se terminer à Berlin.« On sent vraiment un engouement depuis quelques années pour les dif férents créneaux de la chimie ver te, af firme Benoît Marsan.Les chercheurs sont encouragés à aller dans cette direction en phase avec les enjeux environnementaux et de santé dans notre société.» De nombreux produits issus de la chimie verte sont aussi disponibles sur les tablettes pour les consommateurs.Notamment pour l\u2019entretien ménager.« On voit d\u2019ailleurs des certifications pour informer les consommateurs qui souhaitent aller vers ce genre de produits, et ça fonctionne bien, même si cela a un coût, remarque Benoît Mar- san.Les consommateurs ont cette conscience maintenant.» Quant à la pile de Benoît Marsan, des discussions sont en cours pour arriver à une commercialisation.« C\u2019est toujours un long processus qui implique plusieurs partenaires, mais nous avons bon espoir d\u2019y arriver, indique le chercheur.Pendant ce temps, nous continuons d\u2019améliorer les propriétés des matériaux et la per formance de la pile solaire.Ainsi, on dit souvent que la chimie cause des problèmes, mais elle apporte aussi des solutions.» Collaboratrice Le Devoir La chimie peut paraître nébuleuse, voire louche.Parce que, dans la tête de bien des gens, les produits chimiques, c\u2019est nécessairement mauvais.Or, des chercheurs, soutenus bien souvent par l\u2019industrie, travaillent d\u2019arrache-pied pour arriver à développer une chimie plus verte.Dans toutes sortes de domaines.Tour d\u2019horizon avec un chercheur bien actif dans ce secteur au Québec, Benoît Marsan.Pour en savoir plus La chimie verte est en fait un concept très large sur lequel travaillent différents types de scientifiques, du chimiste à l\u2019ingénieur en passant par le biologiste.L\u2019UNESCO a même adopté 12 principes de la chimie verte.On y trouve notamment la volonté de ne produire aucun déchet, l\u2019adoption de méthodes de synthèse peu ou pas toxiques pour l\u2019homme et l\u2019environnement, et la production de produits chimiques moins toxiques avec l\u2019utilisation de ressources renouvelables en dépensant peu d\u2019énergie.Benoît Marsan ISTOCK «On sent vraiment un engouement depuis quelques années pour les dif férents créneaux de la chimie verte, af firme Benoît Marsan, chercheur au Département de chimie de l\u2019UQAM.Les chercheurs sont encouragés à aller dans cette direction en phase avec les enjeux environnementaux et de santé dans notre société.» La chimie du terrain verte gagne RECHERCHE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 A V R I L 2 0 1 6 H 2 La chimie verte, qui cherche à être aussi performante que la nature, s\u2019implante petit à petit.Mais il faudra du temps, précise un spécialiste, de la patience\u2026 et même changer la façon dont on enseigne la chimie ! C L A U D E L A F L E U R « L a chimie ver te n\u2019est pas une nouvelle branche de la chimie \u2014 telle que la chimie organique ou la chimie analytique \u2014, mais c\u2019est une nouvelle façon de penser, déclare Xavier Ottenwaelder, professeur associé au Département de chimie et de biochimie de l\u2019Université Concordia.En gros, il s\u2019agit de changer la mentalité des acteurs de la chimie, notamment des chercheurs, mais également des industriels ainsi que des politiques et du public.» C\u2019est toutefois une nécessité qui sera difficile à implanter, estime-t-il.Par exemple, dit-il, les chimistes et les industriels « ne sont pas trop dif ficiles à convaincre » puisqu\u2019ils réalisent très bien que toute pollution entraîne des coûts considérables tant pour eux que pour la société.Par contre, poursuit le professeur Ottenwaelder, une cer taine réticence surgit lorsqu\u2019on songe à remplacer les processus actuels, car cela exige de nouveaux réactifs, de nouvelles infrastructures, de nouvelles chaînes d\u2019approvisionnement, etc.« En fait, cela demande de changer complètement les structures en place\u2026 et ça, c\u2019est bien entendu difficile », observe-t-il.Il s\u2019agirait même à terme de remplacer la chimie basée sur le pétrole \u2014 la pétrochimie \u2014 par une chimie basée sur de la matière biore- nouvelable.Tout un défi, estime ce professeur de chimie de Concordia.Percer les mécanismes de la nature D\u2019origine alsacienne, Xavier Ottenwaelder s\u2019est installé chez nous après avoir ef fectué ses études en France puis aux États-Unis.« Je suis devenu chimiste, car, comme ça arrive souvent, j\u2019ai eu un super prof de chimie, absolument charismatique et génial, lance-t-il.Puis c\u2019est le Canada qui m\u2019a le plus plu et je suis arrivé ici en 2006.» L\u2019équipe qu\u2019il dirige à Concordia \u2014 le Xavier Ottenwaelder Research Group (XoRG) \u2014 étudie les réactions d\u2019oxydation.«Nous essayons de comprendre comment la nature procède, explique le chercheur.Nous partons du principe que la nature fait tout mieux que nous, notamment les réactions chimiques qui se passent dans le corps humain et dans tout organisme vivant.» Son équipe cherche par conséquent à comprendre ces mécanismes et à les reproduire.« Nous nous concentrons principalement sur les métaux de transition \u2014 le cuivre, le zinc, le fer, etc.\u2014 qui jouent notamment un rôle dans le mécanisme de la respiration, explique M.Otten- waelder.On cherche en fait à comprendre comment la nature ef fectue des réactions très dif fi- ciles alors que, nous, on n\u2019y parvient pas ! Et qui plus est, la nature fait cela tout simplement dans de l\u2019eau, à température ambiante et de manière très ef ficace\u2026 Nous, nous cherchons à reproduire ces caractéristiques-là.» C\u2019est dire que ces travaux s\u2019inscrivent tout droit dans la chimie verte puisque les procédés que cherche à mettre au point l\u2019équipe XoRG ne recourent pas à des solvants, «produits chimiques dangereux et coûteux», souligne au passage le professeur Ottenwaelder.« Si on pouvait travailler avec de l\u2019eau comme solvant, ça serait super, dit-il.Et si on pouvait utiliser l\u2019oxygène de l\u2019air comme oxydant, ce serait évidemment plus propre\u2026 Bref, tout cela s\u2019inscrit dans les principes de la chimie verte.» La nature, obser ve Xavier Ottenwaelder, produit ces réactions au sein d\u2019enzymes, « des centres où tout a été optimisé par l\u2019évolution afin que les réactions se fassent avec la plus grande rapidité possible.On parle ici de catalyse enzymatique ».Changer les mentalités Pour Xavier Ottenwaelder, la première étape pour changer notre façon de voir la chimie consiste à délaisser l\u2019idée qu\u2019on se fait du travail des chimistes.« Je crois que la plupart des gens voient la chimie comme une activité de pollution.On a très mauvaise réputation ! constate-t-il.Il nous faut donc démonter le mythe qui veut que la chimie soit sale et polluante [et montrer] que le travail des chimistes, c\u2019est extrêmement utile.» Ce qu\u2019on oublie souvent, fait-il valoir à titre d\u2019exemple, c\u2019est que les médicaments sont mis au point par des chimistes et fabriqués selon des procédés chimiques.« Et on oublie aussi que sans pesticides ni engrais, il n\u2019y aurait pas grand-chose sur les étals », ajoute-t-il.Mais les chimistes et l\u2019industrie ont aussi leur part à faire, poursuit-il : « Il faut qu\u2019on intègre le développement de la chimie à la protection de l\u2019environnement.On ne peut plus prendre la pétrochimie comme source pour fabriquer nos matériaux.Il faut recourir à de la matière qui soit biorenouvelable.» Mais voilà qui nécessitera qu\u2019on repense tout l\u2019arsenal de réactions chimiques en se basant sur de nouvelles sources de matière première.«On ne peut plus partir de la chimie du pétrole, il faut qu\u2019on trouve autre chose.Par exemple, la biomasse extraite des ressources forestières.» Xavier Ottenwaelder constate d\u2019ailleurs qu\u2019il y a déjà un énorme pan de la chimie industrielle qui se développe.« Mais c\u2019est extrêmement difficile et ça va prendre du temps, dit-il.Et c\u2019est là que ça devient difficile, difficile de réconcilier les visions des politiques à court terme avec la vision des scientifiques à long terme.» Par contre, fait-il remarquer, le Québec est réputé à travers le monde pour sa chimie liée au développement durable.« Nous avons été l\u2019une des premières sociétés à faire autant d\u2019efforts pour soutenir la chimie verte, indique le chercheur.Entre autres, nous nous sommes dotés d\u2019un Centre en chimie verte et catalyse, un regroupement de chercheurs provenant de toutes les universités et tous les instituts.C\u2019est une force importante.» Et au Québec comme ailleurs, on forme de plus en plus de jeunes chimistes qui pensent en termes de chimie verte et d\u2019environnement.Il faudra néanmoins changer la façon même selon laquelle on enseigne la chimie, rapporte le chercheur.Or, intégrer ces changements sera un défi de taille qui nécessitera des décennies, prévoit-il.Collaborateur Le Devoir UNIVERSITÉ CONCORDIA Repenser l\u2019enseignement de la chimie JACQUES NADEAU LE DEVOIR « Il faut qu\u2019on intègre le développement de la chimie à la protection de l\u2019environnement.On ne peut plus prendre la pétrochimie comme source pour fabriquer nos matériaux.Il faut recourir à de la matière qui soit biorenouvelable», af firme Xavier Ottenwaelder.La chimie verte n\u2019est pas une nouvelle branche de la chimie \u2014 telle que la chimie organique ou la chimie analytique \u2014, mais c\u2019est une nouvelle façon de penser Xavier Ottenwaelder, professeur associé au Département de chimie et de biochimie de l\u2019Université Concordia « » UNIVERSITÉ BISHOP\u2019S Chimique ne veut pas toujours dire toxique A L I C E M A R I E T T E « I l n \u2019y a pas de raison d\u2019avoir peur de la chimie, lance le professeur.Ces temps-ci, sur Internet, dans les publicités ou les journaux, on a l\u2019impression que c\u2019est le diable, mais en fait ce n\u2019est pas ça du tout ! On essaie de trouver des solutions à plusieurs problèmes.» Sa présentation à la semaine de la recherche de Bishop\u2019s \u2014 du 18 au 24 mars dernier \u2014 était pour lui une façon de mont r e r q u e s o n d o m a i n e d\u2019études peut être plus ver t.Mais aussi que les produits chimiques ne sont pas toujours synonymes de produits toxiques.« En fait, je voulais dire aux gens que la chimie était leur amie », résume-t-il.Professeur à l\u2019Université Bishop\u2019s depuis quatre ans, Alexandre Drouin étudie des réactions qui permettront de trouver des processus plus respectueux de l\u2019environnement, mais aussi moins chers.« Ce que j\u2019essaie de faire, c\u2019est de privilégier des composés organiques, donc qui sont soit réutilisables, soit moins chers, et qui sont moins dommageables pour l\u2019environnement lorsqu\u2019il faut s\u2019en débarrasser », explique-t-il.C\u2019est au cours de ses recherches que le professeur a réalisé qu\u2019il se dirigeait vers l\u2019organocatalyse, soit le fait de se servir d\u2019un catalyseur d\u2019origine organique pour modifier la vitesse de la réaction chimique.Ainsi, puisque moins de réactifs sont utilisés, la production de déchets est, elle aussi, moindre.«Mais c\u2019est un avantage que je n\u2019avais pas vu au départ », confie-t-il.Aujourd\u2019hui, M.Drouin essaie de développer de nouvelles méthodes de synthèses qui ne vont pas utiliser de métaux, en les remplaçant par des acides aminés, ou des dérivés.« Tous les métaux ne sont pas mauvais, mais dans tous les cas, cela coûte plus cher de s\u2019en débarrasser », affirme-t-il.Il cherche à former des réactions pe ?ricycliques, qui n\u2019ont pas d\u2019intermédiaires.«C\u2019est un type de réaction qui va se passer à travers un cycle, explique le professeur.L\u2019intérêt de ces réactions est qu\u2019elles sont sélectives, donc elles permettent d\u2019éviter la formation de produits secondaires, et c\u2019est un grand avantage lorsqu\u2019on essaie de faire de la chimie verte.» Alexandre Drouin cite aussi la méthode de l\u2019économie d\u2019atomes, qui implique qu\u2019au cours de la synthèse tous les atomes des produits de départ sont transférés dans les produits finaux.« On crée moins de déchets de cette façon», précise-t-il.Produits naturels, mais toxiques « On a tendance à dire que, quand les produits sont naturels, ils sont bons pour la santé, alors qu\u2019il y a des milliers d\u2019exemples de produits naturels qui sont des poisons assez virulents », rappelle le professeur.Il cite le cyanure, qui se trouve dans les pépins de plusieurs fruits, mais aussi la str ych- nine, qui, isolée de la plante du vomiquier, un arbuste d\u2019Inde, est un composé naturel très toxique.«Être naturel n\u2019est pas synonyme d\u2019être bon pour la santé ou bon pour l\u2019environnement», ajoute-t-il.Andrew Turk, son étudiant au baccalauréat en chimie à l\u2019Université Bishop\u2019s, s\u2019intéresse lui aussi aux processus verts et aux produits naturels.À par tir de plantes, notamment de l\u2019aloe vera, il a lui- même extrait les éléments qu\u2019il utilise pour faire une crème hydratante pour les mains.Au cours de ses recherches, Andrew a réalisé que dans les crèmes actuelles se trouve l\u2019aloïne, un composé jugé toxique et cancérigène.« J\u2019ai trouvé une façon d\u2019enlever cette composante, explique l\u2019étudiant.Puis de prendre le reste pour produire une crème pour les mains saine et moins dangereuse.» Le but pour lui est aussi de faire des produits de beauté à bas prix.« Ce que je propose peut facilement réduire de 50 % le coût d\u2019une crème pour les mains», affirme- t-il.Il cherche maintenant à ajouter d\u2019autres composantes, afin de rendre sa préparation plus efficace.«Par exemple, en ce moment, je suis en train d\u2019enlever la capsaïcine de la sauce piquante sriracha et de l\u2019inclure dans ma crème, indique Andrew.La capsaïcine, c\u2019est la molécule dans la sauce piquante qui fait que c\u2019est piquant justement.» Il af firme que cela pourrait avoir un effet positif, notamment pour les douleurs d\u2019arthrite.Des pratiques durables Lors de sa propre présentation pendant la semaine de la recherche de Bishop\u2019s, Andrew Turk voulait prouver qu\u2019il est possible en étant au baccalauréat de mener des projets intéressants et qui ont de la valeur.Pour lui, il était aussi très important de montrer que la chimie n\u2019est pas synonyme de toxicité.« C\u2019est avec la chimie ver te que l \u2019on va voir s i , même dans les thés 100 % naturels que font nos grands-parents, il n\u2019y a pas quelque chose de dangereux pour la santé » , ajoute-t-il.L\u2019étudiant estime que le but des chimistes doit être de trouver des mécanismes pour que la chimie de demain soit plus ver te que celle d\u2019aujourd\u2019hui.« Ça serait contre-productif de ne pas faire de la chimie verte », pense Andrew.Alexandre Drouin indique que certaines méthodes existent déjà.Plusieurs chercheurs réduisent par exemple la quantité de solvants ou en utilisent des aqueux, soit à base d\u2019eau, qui sont beaucoup moins dommageables pour l\u2019environnement.«Ce n\u2019est pas motivé seulement par la protection de la nature, c\u2019est moins cher d\u2019utiliser de l\u2019eau par exemple, estime-t-il.Donc ça va faire avancer la recherche beaucoup plus rapidement, car on se rend compte que ça coûte moins cher, non seulement pour acheter, mais aussi pour se départir des composés restants.» Le professeur rappelle que la chimie est un domaine de science relativement récent.Au début, peu se souciaient de l\u2019environnement et de ce qu\u2019il se passait avec le rejet de déchets.Ainsi, il faudra encore quelques années de recherche pour que les pratiques d\u2019une chimie ver te soient entièrement adoptées.Collaboratrice Le Devoir Le professeur à l\u2019Université Bishop\u2019s Alexandre Drouin cherche des méthodes pour que la chimie soit plus verte et durable.Il se compare à un constructeur immobilier, car pour lui, les nouvelles approches de synthèses doivent, comme celles de l\u2019isolation d\u2019une maison, éviter les métaux toxiques et réduire la production de déchets. RECHERCHE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 A V R I L 2 0 1 6 H 3 Deux chercheurs de l\u2019UQAM créent un nouveau type de plastique écologique.L\u2019une des 10 découvertes de l\u2019année selon Québec Science.#uqam inspirée par l\u2019innovation « Si aujourd\u2019hui on devait introduire le pétrole dans la société, ça ne serait absolument pas acceptable », lance un professeur de chimie.Pourquoi ?Parce qu\u2019on pratique une chimie de plus en plus consciente de ses impacts sur l\u2019environnement : la chimie verte.C L A U D E L A F L E U R Probablement que plus de 95% de tout ce que nous utilisons dans une journée est le fruit d\u2019un processus chimique, ainsi que l\u2019essentiel de ce que nous mangeons, rappor te Bruce Lennox, professeur de chimie et doyen de la Faculté des sciences de l\u2019Université McGill.«En fait, on n\u2019a généralement pas conscience à quel point la chimie est omniprésente dans nos vies», remarque-t-il.Or, les procédés chimiques employés couramment ne tiennent compte ni des déchets qu\u2019ils génèrent ni de leurs impacts sur l\u2019environnement et sur la planète.Comme l\u2019explique le professeur Lennox, pour fabriquer un produit, « on prend, disons, une substance A qu\u2019on ajoute à une substance B pour fabriquer une substance C\u2026 qu\u2019on ajoute à une substance D\u2026 qu\u2019on mélange à une substance E\u2026 et ainsi de suite, de dix à quinze fois, disons ».Or, le produit qu\u2019on obtient au bout du compte \u2014 un médicament par exemple \u2014 peut ne représenter que 1 % de toute la matière utilisée ! Le reste, ce sont des déchets chimiques.La chimie n\u2019en est pas moins une activité formidable, enchaîne Robin Rogers, autre professeur de chimie de l\u2019Université McGill.«Lorsque j\u2019étais enfant, dans les années 1960, les chimistes étaient considérés comme des gens formidables, dit- il, puisqu\u2019ils créaient toutes sortes de produits miracles, des médicaments et des tas de matériaux nouveaux.Mais lorsque je suis entré à l\u2019Université de l\u2019Alabama, en 1975, la profession était très mal perçue\u2026» En fait, explique- t-il, à la suite de la publication du livre de Rachel Carson, Printemps silencieux, « les chimistes sont passés de héros à vilains!» Le problème, poursuit M.Rogers, c\u2019est que les chimistes ne prennent pas en compte les conséquences écologiques des molécules et des matériaux qu\u2019ils développent.« C\u2019est pour cela, par exemple, que dans les années 1970 on a ajouté du plomb dans l\u2019essence\u2026 sans réfléchir aux conséquences que cela aurait sur l\u2019environnement ! » Mais voilà que la chimie s\u2019amende avec l\u2019apparition du concept de chimie ver te.« Par exemple, si aujourd\u2019hui on devait introduire le pétrole dans la société, ça ne serait absolument pas acceptable », lance le chercheur.Une chimie tout à fait nouvelle « La chimie ver te propose une approche qui vise à utiliser des procédés et des produits qui ont le moins d\u2019impacts possible sur l\u2019environnement » , poursuit Bruce Lennox.« Il s\u2019agit d\u2019intégrer dès le départ les concepts de toxicité, de cycle de vie, de risques écologiques, ajoute Robin Rogers.Nous nous devons de tenir compte des impacts éventuels de ce que nous faisons.» La chimie ver te préconise même une façon totalement nouvelle de faire les choses, poursuit-il, l\u2019idée maîtresse n\u2019étant pas tant de chercher à nettoyer la pollution générée par les vieux procédés chimiques que de développer des procédés qui ne polluent pas du tout et qui n\u2019auront aucune conséquence toxique à la longue.Bruce Lennox établit ainsi une comparaison avec la cuisine : «Lorsque vous confectionnez un repas, normalement, vous ne mangez qu\u2019une portion de ce que vous avez utilisé.Mais nous, nous cherchons à concevoir des façons de faire où on consommerait tout ce qu\u2019on utilise pour concocter notre repas!» Pourtant, le concept de chimie verte n\u2019est pas si nouveau puisqu\u2019il remonte à 1991, lorsque Paul Anastas, de l\u2019Université Yale, a créé le terme dans un ouvrage où il définissait les douze principes de base.Pour sa part, Robin Rogers mettait sur pied dès 1998 un Centre de production manufacturière verte alors qu\u2019il enseignait à l\u2019Université de l\u2019Alabama.« Je fais de la chimie verte depuis vingt ans maintenant, mais ce n\u2019est que depuis une dizaine d\u2019années qu\u2019on commence à comprendre ce que je fais ! » lance-t-il en riant.Créer le futur\u2026 au Canada Robin Rogers est l\u2019une des sommités de la chimie verte, et l\u2019Université McGill a marqué un bon coup en le recrutant en 2014 pour diriger la Chaire d\u2019excellence en recherche du Canada sur la chimie et les produits chimiques écologiques.Pour le professeur Rogers, le défi de la chimie ver te ne consiste pas tant à développer de nouveaux procédés chimiques, ni même à améliorer les procédés existants, qu\u2019à imaginer de toutes nouvelles approches, sinon même des technologies inédites.Il cite ainsi l\u2019exemple du procédé photographique : « Durant des décennies, les chimistes ont constamment cherché à améliorer les pellicules [.].Mais voilà qu\u2019un jour on a inventé une tout autre façon de faire \u2014 la photographie numérique \u2014 qui a complètement remplacé les procédés chimiques.» «En venant m\u2019installer au Canada, c\u2019est exactement ce que je désire faire, poursuit cet Américain.Vous ne le réalisez peut-être pas, mais ici, au Canada, on dispose de toutes les ressources nécessaires, y compris de l\u2019énergie, des matières premières et du brain power.» Nous avons donc tout ce qu\u2019il faut pour créer les technologies du futur qui utiliseront nos ressources de façon intelligente, efficace et sans danger pour l\u2019environnement.Et si nous faisons cela intelligemment, énonce le spécialiste, le Canada deviendra l\u2019un des leaders économiques de la planète.« Je suis venu m\u2019installer au Canada en raison de tout ce que vous avez ici, renchérit-il.Et je me suis joint à McGill, car c\u2019est incontestablement le leader mondial de la chimie verte.» Collaborateur Le Devoir UNIVERSITÉ MCGILL À l\u2019avant-garde de la chimie verte ARCHIVES LE DEVOIR «Par exemple, dans les années 1970 on a ajouté du plomb dans l\u2019essence\u2026 sans réfléchir aux conséquences que cela aurait sur l\u2019environnement ! » assure Robin Rogers, professeur de chimie à l\u2019Université McGill.De l\u2019université vers l\u2019industrie En 1997, l\u2019Université McGill décidait de développer la meilleure équipe de spécialistes en chimie verte.«Cela nous a demandé dix ans, mais oui, on peut dire aujourd\u2019hui que nous sommes l\u2019université la plus avancée au monde dans ce domaine, aucun doute là- dessus!» affirme Bruce Lennox, doyen de la Faculté des sciences de cette université.Disons aussi qu\u2019au départ McGill s\u2019enorgueillissait de compter quelques-uns des pionniers du domaine, dont Robert Marchessault, qui a créé des plastiques biodégradables, ainsi que Tak-Hang «Bill» Chan, qui a inventé de nombreux procédés chimiques suivant les principes de la chimie verte.«Nous avions donc de solides bases sur lesquelles bâtir notre projet», résume M.Lennox.De surcroît, l\u2019Université McGill compte nombre de chercheurs de calibre international dans les domaines de l\u2019environnement, de l\u2019entrepreneuriat et des enjeux légaux.«Nous possédons donc l\u2019expertise pour faire progresser le domaine de la chimie verte sur des bases multidisciplinaires», explique Bruce Lennox.C\u2019est ainsi que l\u2019Université McGill attache une grande importance à la sensibilisation des entreprises du Québec et du Canada aux applications de la chimie verte.«La prochaine étape de notre stratégie, poursuit le doyen de la Faculté des sciences, c\u2019est de transférer les connaissances que nous développons à l\u2019industrie et à la société.Et c\u2019est quelque chose sur lequel nous travaillons très fort en ce moment.» INNOVER POUR LA SOCIÉTÉ Découvrez en vidéo les projets de nos chercheurs polymtl.ca/innovatio UN FIL TENACE COMME LA SOIE D\u2019ARAIGNÉE Les Prs Frédérick Gosselin et Daniel Therriault parviennent à produire une ?bre de polymère ultra-tenace, en s\u2019inspirant directement de la structure de la soie d'araignée.Les applications envisageables sont nombreuses : enveloppe de moteur d'avion, dispositifs chirurgicaux, etc.UN TRACÉ RÉVÉLATEUR DE LA MOTRICITÉ Saviez-vous qu\u2019une simple signature pouvait révéler beaucoup sur votre état de santé ?En effet, la vitesse à laquelle vous la tracez est fonction de votre état neuromusculaire, ont révélé les travaux du Pr Réjean Plamondon.Ceux-ci mènent à la réalisation d\u2019outils très ?ables et non-invasifs d\u2019évaluation de l\u2019état de santé de patients, telles que des applications utilisables avec des tablettes ou des téléphones intelligents.VERS L\u2019ÉLECTRONIQUE COMPATIBLE AVEC LE VIVANT Le Pr Fabio Cicoira et son équipe développent des procédés de fabrication de dispositifs électroniques organiques, imprimés sur supports ?exibles ou étirables et compatibles avec les tissus biologiques.Ceux-ci promettent des applications telles que des capteurs adhérant directement aux tissus biologiques, aux cellules ou aux organes. RECHERCHE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 A V R I L 2 0 1 6 H 4 \u2022 Université du Québec à Montréal \u2022 Université du Québec à Trois-Rivières \u2022 Université du Québec à Chicoutimi \u2022 Université du Québec à Rimouski \u2022 Université du Québec en Outaouais \u2022 Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue \u2022 nstitut national de la recherche scienti ue \u2022 cole nationale d administration ubli ue \u2022 École de technologie supérieure \u2022 Télé-université www.uquebec.ca » Ensemble, les établissements du réseau de l\u2019UQ se classent parmi les 50 premières universités de recherche au Canada; » Ils réunissent 2863 professeurs-chercheurs mobilisés dans 472 groupes et laboratoires de recherche, incluant 196 chaires; » Et béné cient de plus de 200 M$ par année en subventions et contrats de recherche.Une force en recherche Les 10 établissements de l\u2019Université du Québec RENDEZ-VOUS EN LIGNE POUR LES INSCRIPTIONS P I E R R E V A L L É E C e n\u2019est pas le dioxyde de c a r b o n e ( C O 2 ) q u i manque dans l\u2019atmosphère terrestre.L\u2019activité humaine en produit tellement que ce gaz menace sérieusement l\u2019équilibre climatique de la planète.Mis à par t en réduire l\u2019émission, y a-t-il autre chose à faire avec le CO2 rejeté dans l\u2019atmosphère ?F r é d é r i c - G e o r g e s F o n - taine, professeur de chimie à l\u2019Université Laval et membre du Centre de recherche en c a t a l y s e e t c h i m i e v e r t e (C3V), croit que oui.Il travaille présentement avec son équipe à mettre au point un procédé chimique qui permettrait de transformer le CO2 en méthanol (CH3OH), un alcool combustible qui pourrait servir, entre autres, comme carburant.« En puisant le CO2 directement à la source, c\u2019est-à-dire à partir de celui émis dans l\u2019atmosphère, et en le transformant en méthanol, on viendrait en quelque sorte boucler la boucle, explique-t-il.Le carbone émis pas la combustion du méthanol ne serait pas un nouveau carbone mais un carbone recyclé.De plus, le métha- nol ainsi produit serait un carburant qui n\u2019aurait pas été élaboré à par tir d\u2019une source d\u2019énergie fossile.» Mais pour ce faire, il faut d\u2019abord une source d\u2019hydrogène, et à cet égard, le Québec est particulièrement bien placé.« Nous avons au Québec la possibilité de produire de l \u2019é lectricité en grande quantité et à faible coût, et ce, de façon verte grâce à l\u2019hydro- électricité.Il suf firait de se servir de cette électricité pour produire de l\u2019hydrogène par l\u2019électrolyse de l\u2019eau.» Le second élément nécessaire est le CO2.«Évidemment, il n\u2019est pas envisageable de capter le CO2 qui se trouve à l\u2019air libre, comme celui émis par les automobiles, et c\u2019est la raison pour laquelle nous croyons que la source la plus exploitable est celle des grands émetteurs.Nous collaborons avec une entreprise, CO2 Solutions, qui a développé une technologie capable de capter le CO2 émis par les cheminées des grands émetteurs.» Un procédé chimique vert Il se produit bon an mal an une impor tante quantité de méthanol en utilisant des procédés chimiques industriels, généralement à par tir d\u2019une source d\u2019hydrocarbure fossile, dont notamment le gaz naturel, qui contient du méthane.Chimie ver te oblige, le procédé chimique mis au point par Frédéric-Georges Fontaine s\u2019éloigne des procédés traditionnels et industriels.Il s\u2019agit d\u2019élaborer un procédé chimique capable de combiner la molécule de CO2 à une molécule d\u2019hydrogène (H2) et de les remodeler en une molécule de méthanol (CH3OH).Pour ce faire, le procédé chimique doit utiliser un catalyseur afin de provoquer la réaction chimique désirée.Une bonne partie de la recherche porte donc sur l\u2019élaboration de ces catalyseurs.Le professeur Fontaine et son équipe en ont développé deux, le borane, composé de bore, de carbone et d\u2019hydrogène, et la phos- phine, composée de phosphore, de carbone et d\u2019hydrogène.L\u2019apport en hydrogène est fourni par un autre composé, l\u2019hydroborane (BH3).Au final, le procédé chimique doit accomplir trois choses : produire une molécule de métha- nol facilement détachable du catalyseur, faire en sorte que le catalyseur soit réutilisable et produire le moins de déchets possible.« Nous sommes ici dans le domaine de la recherche fondamentale et encore loin d\u2019un procédé de nature industrielle, mais nos résultats sont très encourageants.Nous avons parcouru environ 90 % du chemin.Nous sommes capables de produire du méthanol, mais éprouvons encore une petite dif ficulté à le détacher du catalyseur.De plus, la synthèse de l\u2019hydroborane est trop coûteuse et fait que le procédé chimique n\u2019est pas encore rentable.Il nous reste donc du peaufinage à faire.» De nouveaux catalyseurs Les deux catalyseurs développés par le professeur Fontaine et son équipe ont ceci de particulier qu\u2019ils ne sont pas élaborés à partir de métaux, le bore et le phosphore n\u2019étant pas des métaux.Ceci est contraire à la pratique généralisée en chimie industrielle où la majorité des catalyseurs contiennent des métaux.C\u2019est particulièrement vrai pour les catalyseurs utilisés dans les procédés chimiques où l\u2019on trouve une liaison carbone-hy- drogène, réputée solide et peu manipulable.Pour y arriver, la chimie a développé un arsenal de catalyseurs à base de métaux.« Mais les métaux sont toxiques, et si cette toxicité peut être tolérable dans certains procédés chimiques, elle ne l\u2019est pas du tout dans d\u2019autres.Je pense notamment à l\u2019industrie pharmaceutique où les molécules d\u2019un médicament ne peuvent pas être accompagnées de traces de métaux.L\u2019industrie pharmaceutique doit donc purifier ses composés chimiques, ce qui est très coûteux.L\u2019utilisation de catalyseurs sans métaux réglerait ce problème.» Mais comment s\u2019assurer que les catalyseurs sans métaux sont aussi ef ficaces que ceux avec métaux ?Frédéric- Georges Fontaine croit avoir trouvé une piste du côté de la paire de Lewis.La paire de Lewis est une liaison entre un acide et une base, les deux molécules en présence l\u2019une de l\u2019autre voulant à tout prix échanger des électrons.Le professeur Fontaine a eu l\u2019idée d\u2019introduire une barrière d\u2019atomes entre ces deux molécules d\u2019acide et de base, cette barrière empêchant les deux molécules de réaliser leur liaison.On parle donc ici de paire de Lewis frustrée.« Ces deux molécules de la paire de Lewis veulent tellement réaliser leur liaison qu\u2019elles en deviennent frustrées et cette frustration les rend par ticulièrement réactives, capables ensuite de servir de catalyseurs.Nos recherches en laboratoire avec des composés à partir d\u2019azote ou de bore ont démontré l\u2019ef ficacité du procédé.C\u2019est une piste prometteuse pour la chimie verte dans son désir d\u2019éliminer le plus possible les métaux des procédés chimiques.» Collaborateur Le Devoir RÉCUPÉRATION DU CO2 À la recherche du Saint-Graal À Polytechnique Montréal, le professeur Abdellah Ajji et son équipe mettent au point des emballages alimentaires intelligents qui interagiront avec les consommateurs afin de leur indiquer si les produits sont comestibles ou non.ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTRÉAL Les emballages alimentaires intelligents sont à nos portes M A R I E L A M B E R T - C H A N Un film de plastique qui vous signale si votre longe de porc a dépassé sa date de péremption.Un contenant qui vous informe du degré de fraîcheur de vos amandes.Ou encore un emballage qui indique la présence de salmonelle dans votre jambon.L\u2019industrie et les consommateurs en rêvent : des emballages intelligents qu i rédu i ra ien t l es risques d\u2019intoxication alimentaire et lutteraient contre le gaspillage.D\u2019ici quelques années, tout cela deviendra réalité, notamment grâce aux travaux d\u2019Abdellah Ajji, professeur au Département de génie chimique de Polytechnique Montréal et titulaire de la Chaire de recherche industriel le CRSNG/Saputo/Excel-Pac sur les matériaux et films pour des emballages sécuritaires, intelligents et durables.« La mission première de l\u2019emballage est de contenir et de protéger le produit alimentaire.Avec les emballages intelligents, nous souhaitons aller un peu plus loin pour permettre une interaction avec les consommateurs.À l\u2019aide de détecteurs chimiques de toutes sor tes appliqués sur leur sur face, on peut montrer si le produit est comestible, périmé ou même contaminé», explique le chercheur.À l\u2019heure actuelle, on trouve dans les magasins des emballages qu\u2019on appelle passifs.Faits de plusieurs couches invisibles à l\u2019œil nu \u2014 par fois jusqu\u2019à une dizaine \u2014, ils empêchent des éléments externes de détériorer l\u2019aliment, comme l\u2019oxygène, la vapeur d\u2019eau ou des éraflures.« Les emballages sont devenus multi- couches, car aucun matériau n\u2019of fre à lui seul tous les types de protection, dit M.Ajji.Par exemple, les plastiques ont une bonne barrière à l\u2019oxygène, mais pas à la vapeur d\u2019eau.» Sur les étalages, des emballages actifs font aussi leur apparition.Ils ont la particularité d\u2019interagir avec l\u2019atmosphère du produit emballé.Grosso modo, on les classe en deux catégories : les absorbeurs et les émetteurs.Les premiers capturent des produits qui, avec le temps, dégraderont l\u2019aliment.Encore une fois, on parle d\u2019oxygène et de vapeur d\u2019eau, mais aussi de gaz carbonique.Le second type d\u2019emballage actif relâche des composantes qui préservent l\u2019aliment ou lui donnent un petit coup de pouce pour apparaître appétissant aux yeux des clients.On pense entre autres à l\u2019éthylène qui, en petite quantité, aide au mûrissement des fruits.Trois techniques de détection Dans son laboratoire, le professeur Ajji étudie « la détection des sous-produits de la détérioration des aliments ».«Les produits alimentaires dégagent des gaz lorsqu\u2019ils atteignent un certain niveau de dégradation, indique-t-il.Pour le poisson, ce sera l\u2019ammoniac.Dans le cas du poulet, ce sera du sulfure d\u2019hydrogène.Des fruits qui commencent à pourrir émettront de grandes concentrations d\u2019éthylène.Nous développons donc des outils pour repérer ces gaz et envoyer un message aux consommateurs.» L\u2019ingénieur s\u2019intéresse particulièrement à trois techniques.La première consiste à insérer des nanopar ticules dans des nanofibres qui résultent en une membrane ayant la propriété de changer de couleur au contact des gaz.« C\u2019est une réaction acide-base qui agit comme le papier utilisé pour mesurer le pH d\u2019une piscine, illustre-t-il.Si le gaz est basique, comme l\u2019ammoniac, on a recours à des par ticules acides.Au fur et à mesure que le gaz s\u2019échappe de l\u2019aliment, la membrane introduite dans l\u2019emballage passera du bleu au VOIR PAGE H 8 : POLY ISTOCK Frédéric-Georges Fontaine, professeur de chimie à l\u2019Université Laval et membre du Centre de recherche en catalyse et chimie verte (C3V), travaille présentement avec son équipe à mettre au point un procédé chimique qui permettrait de transformer le CO2 en méthanol, un alcool combustible qui pourrait servir, entre autres, comme carburant.Abdellah Ajji RECHERCHE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 A V R I L 2 0 1 6 H 5 Important projet d\u2019ozonation des eaux usées de Montréal VOIR L\u2019AVENIR EN VERT La chimie est partout.Mais de nombreux processus chimiques utilisés dans la fabrication de micropuces, de matières plastiques, de médicaments et de carburants nécessitent l\u2019emploi de substances toxiques ou produisent des déchets dangereux.À l\u2019Université McGill, nous traçons un nouvel avenir durable pour cette science ancestrale.Depuis Tak-Hang Chan, pionnier de la chimie verte, jusqu\u2019à Robin Rogers, Chao-Jun Li et plus de 25 autres experts, les chercheurs de McGill développent des composés et des processus chimiques qui seront le gage d\u2019une nouvelle prospérité économique dans un monde plus propre, plus e?cace et plus vert.MCGILL, CHEF DE FILE MONDIAL EN CHIMIE VERTE.É T I E N N E P L A M O N D O N É M O N D Si l\u2019ozonation est déjà utilisée à Montréal dans les traitements associés à la production d\u2019eau potable, elle ne l\u2019est pas encore pour les eaux rejetées dans la nature.Le 23 mars 2015, la Ville de Montréal a annoncé l\u2019octroi d\u2019un contrat de fourniture de près de 99 millions de dollars à Degrémont, une filiale de Suez Envrionnement, pour la fabrication, la livraison et la mise en ser vice d\u2019une unité d\u2019ozonation dont l\u2019objectif consiste à désinfecter, six mois par année, les eaux usées rejetées par l\u2019agglomération dans le fleuve Saint-Laurent.L\u2019automne prochain, les travaux de préparation du site de l\u2019unité d\u2019ozona- tion devraient s\u2019amorcer.La Ville prévoit lancer, d\u2019ici la fin de l\u2019année, un appel d\u2019offres pour la construction des bâtiments d\u2019ozonation et un autre pour la construction du bâtiment de production d\u2019oxygène nécessaire à ce procédé.Cette dernière phase dans la chaîne de traitement semble donc sur le point de se concrétiser.Mais l\u2019analyse de cette façon de faire pour les besoins montréalais remonte à près de 25 ans.Au début des années 1990, les données révélaient que l \u2019utilisation du chlore avait un effet nocif sur la faune et la flore aquatiques du fleuve Saint-Laurent.La Ville de Montréal s\u2019est alors tournée vers deux solutions de rechange qui ne semblaient pas générer de sous- produits indésirables : le traitement à l\u2019ozonation et celui aux rayons ultraviolets.Les deux techniques ont fait l\u2019objet d\u2019une série d\u2019essais parallèles avec les eaux usées mont- réalaises au cours des années suivantes.En 2002, un laboratoire écotoxicologique a été mis en place à la station d\u2019épuration Jean-R.-Marcotte.Après analyse des résultats, la Ville de Montréal, le ministère de l\u2019Environnement du Québec ainsi que le ministère des Affaires municipales ont recommandé en 2007 l\u2019ozonation.Les résultats des tests indiquaient que cette dernière technique présentait davantage de bénéfices environnementaux.Robert Hausler, professeur à l\u2019École de technologie supérieure (ETS), est l\u2019un des experts qui ont été consultés à partir de 2005 au sujet des procédés d\u2019ozonation.Il les a notamment expérimentés directement dans les eaux usées de la métropole.Selon lui, il s\u2019agit d\u2019un bon choix.«En tant que chimiste et ingénieur, je suis persuadé que c\u2019était la meilleure décision, parce que ce sont les poissons qui nous l\u2019ont dit, déclare-t-il.L\u2019eau devenait claire, avait une odeur agréable et les poissons étaient un peu dodus, parce qu\u2019ils étaient bien oxygénés.À l\u2019œil, on voyait qu\u2019il y avait un ef fet bénéfique.Ensuite, les dissections et les autopsies ont montré que les perturbations, les cellules cancéreuses et les mutations avaient diminué.Elles n\u2019avaient pas été enlevées totalement, mais c\u2019était beaucoup mieux qu\u2019avec les eaux usées ou le traitement aux ultraviolets.» À ses yeux, le traitement aux rayons UV et celui à l\u2019ozonation ont à peu près le même coût, le même rendement et les mêmes besoins en énergie.Mais dans le cas des eaux montréalaises, l\u2019ozonation répond davantage, d\u2019après lui, aux critères du développement durable.L\u2019ozona- tion permettrait, selon la Direction de l\u2019épuration des eaux usées de Montréal (DEEU), d\u2019enlever 85 % des per turba- t e u r s e n d o c r i n i e n s q u i , lorsqu\u2019ils se retrouvent dans le fleuve, bousculent la reproduction de diverses espèces.En plus d\u2019éliminer l\u2019essentiel des coliformes fécaux, des entérocoques ou des coliphages pour protéger la santé humaine, « la désinfection à l\u2019ozonation a cet avantage d\u2019avoir pour effet secondaire de dégrader les contaminants émergents », explique Viviane Yargeau, professeure à l\u2019Université McGill, dont les recherches portent sur l\u2019ozona- tion des eaux usées.Les contaminants émergents sont notamment issus des drogues illégales, des produits pharmaceutiques et des pesticides.La DEEU estime que 75% des antidépresseurs et anticonvulsifs dans les eaux usées seront éliminés grâce à l\u2019ozonation.«Ce n\u2019est pas le cas avec le traitement aux UV, qui a une efficacité très faible au niveau de l\u2019enlèvement des contaminants émergents », précise Mme Yargeau qui, comme M.Hausler, faisait partie du groupe d\u2019experts mandaté pour présenter un avis scientifique à Environnement Canada sur le déversement des eaux usées de la Ville de Montréal en octobre dernier.M.Hausler souligne aussi que l\u2019ozonation s\u2019adapte plus facilement « à la variation de la qualité de l\u2019eau de Montréal », provoquée par le mélange d\u2019eaux industrielles et domestiques sur le territoire, lequel « explique pourquoi les UV étaient moins performants que sur papier».Le chercheur de l\u2019ETS reconnaît que certaines municipalités d\u2019Europe et des États- Unis ont laissé tomber l\u2019ozona- tion dans les dernières décennies.Mais « les abandons d\u2019il y a cinq ou dix ans s\u2019expliquent plus parce que la technologie n\u2019était pas prête à être installée », note Robert Hausler.Il souligne que les ozoneurs sont désormais plus efficaces en fonctionnant à l\u2019oxygène plutôt qu\u2019à l\u2019air ambiant.Il reste néanmoins la question du dosage de l\u2019ozone injecté, qui demande une certaine vigilance.Dans le cas d\u2019une eau avec une for te concentration de matières organiques, mettre de l\u2019ozone en quantité insuffisante risquerait de générer de nouveaux sous- produits.«Tu te retrouves avec des molécules intermédiaires ou des molécules pas complètement oxydées qui peuvent être plus dangereuses que les premières», indique M.Hausler.En revanche, le chercheur affirme avoir observé ce phénomène lors d\u2019essais avec des eaux de lixiviation, mais jamais dans ses expérimentations avec les eaux usées de Montréal.« Tu dois bien connaître ton eau et le procédé pour bien doser », pré- vient-il tout de même.La dose d\u2019ozone qui sera injectée par le système prévu à Montréal tournera autour de 16,5 milligrammes par litre, pour un débit d\u2019ozone de 57 tonnes métriques par jour.Au sujet du dosage approprié pour ne pas créer de nouveaux problèmes, Mme Yargeau, de l\u2019Université McGill, précise que « c\u2019est un élément dont la Ville de Montréal est consciente.On est déjà en discussion avec elle pour avoir accès à des échantillons après l\u2019installation et la mise en marche de l\u2019unité pour pouvoir faire un suivi de l\u2019enlèvement des contaminants émer- gents et du changement de toxicité, ainsi que pour s\u2019assurer qu\u2019une dose plus élevée ou plus faible pourrait permettre la désinfection, mais sans risque d\u2019avoir un impact au niveau de la toxicité.[La Ville] semble ouverte à l\u2019idée de considérer ces choses».Collaborateur Le Devoir ISTOCK La Ville de Montréal prévoit la mise en service d\u2019une unité d\u2019ozonation dont l\u2019objectif consiste à désinfecter, six mois par année, les eaux usées rejetées par l\u2019agglomération dans le fleuve Saint- Laurent.Si tout se déroule comme prévu, la station d\u2019épuration Jean- R.-Marcotte, située dans l\u2019est de l\u2019île de Montréal, devrait mettre en service la plus importante unité d\u2019ozonation au monde en 2018 pour traiter les eaux usées rejetées dans le fleuve Saint-Laurent.Aperçu des ef fets de cette approche avec deux chercheurs universitaires spécialisés en la matière. RECHERCHE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 A V R I L 2 0 1 6 H 6 NOTRE MOTEUR.LA RECHERCHE S O P H I E S U R A N I T I C\u2019 est le but ultime de ce projet.Améliorer les rendements agricoles et, par là même, réduire la pauvreté en milieu rural grâce à l\u2019apport et à l\u2019utilisation d\u2019énergies vertes telles que l\u2019énergie éolienne et l\u2019énergie solaire.Pourquoi le Sénégal ?Parce que depuis plusieurs années l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) entretient des par tenariats de recherche avec cer taines universités du pays, dont une, particulièrement, l\u2019Université Gaston Berger située à Saint-Louis.Cette université possède une ferme agricole d\u2019une trentaine d\u2019hectares ayant servi de modèle grandeur nature dès la mise en branle du projet.Des tests de plantations ont ainsi été effectués, hors saison ou selon des variables climatiques, en conditions réelles.«Nous voulions notamment développer l\u2019expertise du pompage d\u2019eau, ainsi que le principe d\u2019alimentation au goutte-à-goutte qui permet d\u2019arroser en tout temps les plantations de cette ferme pilote», précise le porteur de projet pour la partie Québec, Kodjo Agbossou, professeur et directeur de l\u2019École d\u2019ingénierie de l\u2019UQTR.Car les régions du Sahel connaissent une forte déforestation et une importante diminution de leur pluviométrie depuis les années 1970, conséquence entre autres des déboisements intensifs.À quel moment je stocke l\u2019eau, à quel moment j\u2019arrose mes plantations, à quel moment je ne fais rien car l\u2019humidité ambiante suffit, etc.Tout ce processus se met en œuvre dès que l\u2019on parvient à utiliser l\u2019excédent d\u2019énergie solaire pour pomper de l\u2019eau \u2014 en fait, on stocke cette énergie sous forme d\u2019eau \u2014 en vue d\u2019une production réfléchie et maîtrisée.Grâce à un système peu onéreux développé à l\u2019UQTR, le projet, qui a débuté en 2014, est au- jourd\u2019hui arrivé à la phase dite d\u2019intégration des modules.C\u2019est-à-dire qu\u2019il faut maintenant réussir à instaurer une bonne gestion de la production d\u2019énergie renouvelable pour les besoins d\u2019une ferme agricole.Car l\u2019une des principales difficultés reste la logistique entre les différents partenaires, notamment parvenir à boucler les choses dans les temps impartis.Or, les contextes d\u2019un pays à l\u2019autre peuvent être très différents.«Par contre, nous n\u2019avons pas eu à relever de défis scientifiques.Seules quelques adaptations technologiques ont été appor tées », confirme son responsable, M.Agbossou.Quant au transfert d\u2019expertise, il s\u2019est notamment réglé avec la venue l\u2019été dernier d\u2019un enseignant et doctorant de l\u2019École supérieure polytechnique de l\u2019Université Cheikh Anta Diop à Dakar, l\u2019autre partenaire universitaire sénégalais du projet.Le doctorant, Oumar Cissé, devrait d\u2019ailleurs revenir cet été au Québec.Même si le modèle de ferme agricole reste pour le moment dans le giron universitaire, sur le campus de Saint-Louis, il est prévu d\u2019organiser des forums de sensibilisation auprès des gens du milieu (agriculteurs, coopératives agricoles, organismes soutenant le secteur agricole, ONG\u2026) afin de pouvoir l\u2019intégrer ailleurs au Sénégal.Ce projet se termine officiellement en 2017, mais un microprojet est déjà prévu pour prendre la relève \u2014 sous réserve de financement.«Si l\u2019énergie est là, nous pouvons penser à la mise en place d\u2019un cer tain nombre d\u2019outils supplémentaires », explique Kodjo Agbossou.Par exemple, pour conserver les produits agricoles et maraîchers, les transformer pour les besoins locaux.Sans oublier d\u2019autres produits alimentaires comme ceux issus de la pêche, une activité économique majeure au Sénégal.Mais avant de se lancer dans une suite, une extension du projet, encore faut-il parvenir à boucler la phase d\u2019intégration.À savoir la vulgariser (transmettre les connaissances auprès des populations cibles) et la chiffrer (combien ça coûte ?).Les partenaires locaux doivent de leur côté manifester un intérêt réel pour que le projet bascule dans la sphère publique.Et puis il y a le financement.Crucial.« Une partie du projet est liée au fait qu\u2019on doit trouver un partenaire financier.Ce qu\u2019on n\u2019a pas trouvé pour l\u2019instant et qui compromet l\u2019aboutissement complet du projet.Nous en sommes précisément là avec mon coresponsable, Mamadou Lamine Doumbia, professeur au Département de génie électrique et génie informatique de l\u2019UQTR », précise M.Agbossou.Ce partenaire local, capable et désireux d\u2019injecter de l\u2019argent dans un tel projet, pouvant être privé.Une fois le financement réglé, le transfert de technologies d\u2019énergie renouvelable pour l\u2019amélioration de la production agricole pourra être ainsi dupliqué à plusieurs endroits.Car la zone subsaharienne est vaste (une cinquantaine de pays), avec des régions qui partagent la même réalité agricole, c\u2019est-à-dire qui sont dépendantes des précipitations et du pétrole.Grâce aux énergies renouvelables d\u2019origine solaire et éolienne, le rendement des récoltes sera amélioré.«Le système d\u2019électrification et de régulation de périodes d\u2019utilisation de l\u2019eau de pompage peut être commercialisé.Cela devient un gain mutuel pour les partenaires sénégalais et pour l\u2019UQTR», se réjouit Kodjo Agbossou.Selon le professeur-chercheur et directeur de l\u2019École d\u2019ingénierie de l\u2019UQTR, voir une approche globale se concrétiser sur le terrain dans le cadre d\u2019un projet d\u2019énergies vertes pour des applications agricoles est relativement inédit.Car souvent, dans beaucoup de pays, les projets se réalisent dans un contexte de coopération internationale.Par exemple, des ONG viennent installer des panneaux solaires ou des lampadaires.«Le projet de technologies d\u2019énergie renouvelable pour l\u2019amélioration de la production agricole est un beau défi universitaire, car il demande une certaine synergie entre les dif fé- rentes universités partenaires dans le but d\u2019un transfert de connaissances.Bien sûr, il y a toujours l\u2019argent qui reste le nerf de la guerre, mais ce n\u2019est pas le but », confie M.Agbossou.Collaboratrice Le Devoir En 2014, l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières s\u2019est vu octroyer une enveloppe d\u2019environ 450 000 $ par l\u2019Agence universitaire de la Francophonie dans le cadre du programme des Grandes initiatives de recherche, d\u2019animation et de formation pour un projet au Sénégal nommé Technologies d\u2019énergie renouvelable pour l\u2019amélioration de la production agricole.ÉNERGIES VERTES Du soleil et du vent pour aider la production agricole sénégalaise SOURCE KODJO AGBOSSOU Kodjo Agbossou, professeur et directeur de l\u2019École d\u2019ingénierie de l\u2019UQTR (au milieu), avec la représentante de l\u2019AUF, Virginie Mesguich, et le directeur du Bureau de l\u2019international et du recrutement, Sylvain Benoit RECHERCHE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 A V R I L 2 0 1 6 H 7 TIESS Une recherche consacrée à l\u2019innovation et à l\u2019économie sociales Le TIESS travaille en étroite collaboration avec les chercheurs pour systématiser les apprentissages et les expériences vécues sur le terrain R É G I N A L D H A R V E Y L e Québec compte trois organismes de liaison et de transfert en innovation sociale (OLTIS).Le TIESS est l\u2019un d\u2019eux, et son directeur général, Vincent van Schendel, en esquisse le portrait : «On est en innovation sociale, donc c\u2019est finalement tout ce qui relève ou émerge sur le terrain \u2014 souvent de façon inconsciente, en dehors des éprouvettes et des laboratoires \u2014 des mouvements de citoyens ou des petites organisations qui éprouvent des problèmes.Il faut les aider à trouver des solutions parce qu\u2019il n\u2019y a pas de livres de recettes pour le faire.» Le TIESS s\u2019occupe d\u2019innovation dans le domaine spécifique d\u2019une économie sociale qui, depuis 30 ans, connaît un essor en territoire québécois.Cette innovation a connu des vagues dont « les plus importantes sont survenues dans les années 1980 et 1990 avec l\u2019avènement des centres de la petite enfance [CPE], des corporations de développement économique communautaire [CDEC], des centres locaux de développement [CLD] et avec l\u2019arrivée d\u2019innombrables réseaux un peu partout en habitation communautaire, en loisir et en culture», indique le DG.Cette tendance est plutôt en déclin en raison du sort que lui a réservé l\u2019actuel gouvernement libéral sur bien des plans, mais elle reprend du mordant dans les secteurs du numérique, de la sécurité alimentaire et des pratiques environnementales.Il y a aussi un changement qui est survenu et il se manifeste largement en matière de communication entre les partenaires : « Les gens se parlent beaucoup plus par des forums informels et par Internet, d\u2019où les nouvelles pratiques qui sont en train d\u2019émerger.» Et qu\u2019en est-il des interventions des Ter ritoires inno- vants dans cette autre façon de mener des projets et de faire des af faires, M.Schen- del ?« On a été créé pour faire de la liaison, de la veille et du transfer t en économie sociale dans le but de favoriser le partage des connaissances issues de la recherche et de l\u2019expérimentation entre, d\u2019une par t, les milieux de la recherche et ceux sur le terrain, et, d\u2019autre par t, les milieux entre eux et les chercheurs entre eux.» La mission consiste à réunir les 70 réseaux membres relevant, d\u2019un côté, de l\u2019enseignement supérieur et, de l\u2019autre, de l\u2019économie sociale et du développement des territoires : « On apprend à définir ensemble quels sont les besoins, les aspirations et les enjeux identifiés ; et on s\u2019applique aussi à faire en sorte que les apprentissages des uns puissent servir aux autres.» À ce propos, il assure que « le TIESS travaille beaucoup avec le milieu de la recherche pour sys tématiser les expériences vécues et les apprentissages, de manière à les transmettre dans le fonctionnement même des organisations et pas seulement dans la tête des individus ».L\u2019initiative prend le pas Il recour t à cet exemple d\u2019un modèle innovateur de financement pour mieux éclairer la nature des inter ven- tions : « Parmi les nouvelles formes de financement qui tentent d\u2019apparaître pour remplacer celles qui sont taries, notamment en raison de la presque disparition des CLD et de celle des CDEC [elles viennent d\u2019être rayées de la car te de Montréal], il y a ce qu\u2019on appelle des obligations communautaires : en recourant à celles-ci, des organismes à but non lucratif [OBNL] peuvent émettre des obligations.» Une telle initiative s\u2019est répandue en Europe, mais elle demeure marginale ici, alors «nous, on réunit les chercheurs, les entreprises qui ont besoin de financement et les réseaux de soutien pour leur montrer ce qui a été fait ailleurs il y a 15 ans.On situe en quelque sor te la démarche type pour accompagner par la suite l\u2019entreprise qui va émettre les obligations, en lui indiquant dans un guide ce qu\u2019elle doit faire et ne pas faire».Il en résulte que « l\u2019apprentissage des petites expériences complètement isolées vécues il y a 15 ans va servir à d\u2019autres organisations pour émettre des obligations pour se financer à plus large échelle ».Les franchises de type social Maude Léonard, profes- seure et chercheuse à l\u2019École des sciences de la gestion (ESG/UQAM), est associée aux Territoires innovants pour la conduite de deux projets de recherche : «En tant qu\u2019organisation de transfer t des connaissances, ces gens- là font le pont entre les organisations d\u2019économie sociale dans le milieu et les chercheurs qui se tournent vers cette forme d\u2019économie sur les territoires.» Elle se penche sur l\u2019un de ses travaux de recherche : « J\u2019ai accompagné une étudiante à la maîtrise.Elle a procédé à un bilan de connaissances sur la notion de franchise sociale qui s\u2019inscrit dans le cadre plus large du changement d\u2019échelle des entreprises d\u2019économie solidaire ou collective.Il s\u2019agissait de cibler dans la littérature les éléments qu\u2019il serait pertinent de transférer à celles-ci, tout en décortiquant chacun des termes et en dégageant quels sont les avantages et les inconvénients contenus dans chacune des approches de changement d\u2019échelle.» Un groupe de travail formé de l\u2019étudiante, de la profes- seure, de deux porteurs de projets au TIESS et de l\u2019organisation Lange bleu (couches lavables pour bébés) a ef fectué l\u2019étude sur la franchise sociale : après avoir consacré beaucoup d\u2019énergie sur le plan de la recherche et du développement pour fabriquer un produit efficace d\u2019une grande absorption, les gens de Lange bleu voulaient que ce produit performant profite à un plus grand nombre de personnes et souhaitaient en maximiser l\u2019impact : « C\u2019est pourquoi l\u2019idée de mettre sur pied des franchises sociales leur est apparue comme une avenue intéressante, mais, dans l\u2019ignorance du sujet, ils ont fait appel au TIESS.» Mm e Léonard appor te ce supplément d\u2019information : « Au cours de la première étape, on s \u2019est appliqués à faire le bilan de connaissances en collaboration avec des gens du domaine de la recherche.Par la suite, Lange bleu va se lancer dans une démarche d\u2019essaimage de franchisés à l \u2019extérieur du territoire de Montréal pour atteindre le but visé de changement d\u2019échelle.De notre côté, on va les accompagner tout au long de ce processus.» Collaborateur Le Devoir Il se trouve des innovations sociales susceptibles de procurer une meilleure qualité de vie aux citoyens à la faveur de la croissance de l\u2019économie sociale.Et, pour assurer le maintien et le rayonnement de telles innovations, les chercheurs apportent de l\u2019eau au moulin.Pour sa part, l\u2019organisme Territoires innovants en économie sociale et solidaire (TIESS) orchestre l\u2019existence de telles initiatives ayant des impacts positifs sur la société.QU\u2019ONT EN COMMUN GOOGLE, FACEBOOK CE SONT TOUS DES LEADERS MONDIAUX DE L\u2019INTELLIGENCE ARTIFICIELLE.UMONTREAL.CA/INTELLIGENCEARTIFICIELLE DÉCOUVREZ COMMENT NOUS AVONS RÉUSSI À NOUS TAILLER UNE PLACE ENVIABLE DANS CE DOMAINE.ET L\u2019UDEM ?OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR Un groupe de travail formé notamment de deux porteurs de projets au TIESS et de l\u2019organisation Lange bleu (couches lavables pour bébés) a ef fectué l\u2019étude sur la franchise sociale.Vincent van Schendel Maude Léonard RECHERCHE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 9 E T D I M A N C H E 1 0 A V R I L 2 0 1 6 H 8 www.fsg.ulaval.ca @FSGulaval FSGUL Nos chercheurs contribuent à rendre notre air plus pur.Par leur expertise et leur collaboration avec des partenaires industriels comme CO2 Solutions, ils donnent vie à des technologies innovantes qui permettront, non seulement de capter le CO2 présent dans l\u2019air, mais également de le convertir en produits à valeur ajoutée comme les biocarburants.Une façon concrète d\u2019améliorer notre santé collective.#FiertéUL NOS CERVEAUX RESPIRENT À PLEIN POUMON L a c B é d a r d à l a F o r ê t M o n t m o r e n c y mauve, informant ainsi le client de l\u2019état de comestibilité du produit.» Une deuxième technique fait appel à la conductivité.Le gaz émis altère ou bloque carrément le courant électrique.L\u2019emballage transmet cette information à l\u2019aide d\u2019une petite lumière dont l\u2019intensité faiblit selon la concentration du gaz.Ce pourrait être aussi au moyen d\u2019une puce dont le contenu est déchiffrable grâce à un téléphone intelligent.Il y a enfin la technique de fluorescence dévolue à la reconnaissance de bactéries comme l\u2019E.coli, la listeria et la salmonelle.« Une fois en contact avec la bactérie, le détecteur chimique émet un signal fluorescent pouvant être lu par un téléphone ou par la caisse enregistreuse », dit Abdellah Ajji, qui a récemment reçu près d\u2019un million de dollars de la Fondation canadienne pour l\u2019innovation et du gouvernement du Québec pour poursuivre ses recherches.Le défi des emballages intelligents et verts Le professeur Ajji et son équipe se sont lancé un autre défi : réduire la quantité de matière ut i l isée dans ces mêmes emballages et augmenter leur durabilité et leur dégradabilité.« Ce n\u2019est pas évident, car les matériaux biodégradables ne présentent pas les per for- mances que nous recherchons, remarque-t-il.Par exemple, i l s n \u2019o f frent pas une très bonne barrière à l\u2019oxygène.Il faut donc augmenter l\u2019épaisseur du matériau pour s\u2019assurer que l\u2019aliment ne s\u2019oxyde pas.Mais ce faisant, on utilise beaucoup plus de matière, ce qui n\u2019est pas nécessairement avantageux.» S\u2019il reste encore des progrès à faire en matière d\u2019emballages verts et intelligents, le chercheur révèle avoir per fectionné sa technique pour détecter l\u2019ammoniac, au point où il considère cette dernière comme commercialisable.« Dans deux à trois ans, nous aurons mis au point des solutions pour le gaz carbonique, l\u2019éthylène, le sulfure d\u2019hydrogène et les aldéhydes, déclare-t-il.Quant aux techniques ciblant les bactéries, on en est encore pas mal loin.Ça fait déjà plusieurs années qu\u2019on y travaille, et chaque fois qu\u2019on avance, d \u2019autres enjeux émergent.Cela dit, c\u2019est la nature même de la recherche.On ne baisse pas les bras ! » Collaboratrice Le Devoir SUITE DE LA PAGE H 4 POLY GETTY IMAGES Le professeur Ajji et son équipe se sont lancé un autre défi : réduire la quantité de matière utilisée dans ces mêmes emballages et augmenter leur durabilité et leur dégradabilité.ÉTUDIANTS AU 3E CYCLE L\u2019UdeM veille à faciliter l\u2019insertion professionnelle É M I L I E C O R R I V E A U L ancées à l\u2019automne 2014, les Saisons de la FESP constituent un programme destiné aux étudiants inscrits aux cycles supérieurs de l\u2019UdeM et aux stagiaires postdoctoraux.Son objectif est double : promouvoir le développement des compétences professionnelles chez les étudiants des cycles supérieurs et faciliter leur intégration sur le marché de l\u2019emploi.Car dans un contexte où le nombre de titulaires de doctorats ne cesse de croître \u2014 au Canada, on parle d\u2019une hausse d\u2019environ 13 % depuis les 25 dernières années \u2014, mais où parallèlement, les opportunités d\u2019emplois offertes par les universités tendent à se raréfier, de plus en plus de doctorants et de postdoctorants doivent se détourner du milieu universitaire pour dénicher un travail au terme de leurs études.«Lorsqu\u2019on s\u2019intéresse aux doctorants diplômés et aux postdoctorants, on s\u2019aperçoit qu\u2019ils sont environ 90 % à exercer aujourd\u2019hui un emploi en lien avec leurs études, et ce, dans tous les milieux.Par contre, entre 70% et 85% d\u2019entre eux font carrière dans l\u2019administration publique, dans le secteur privé ou dans des organismes sans but lucratif », précise Michèle Brochu, vice-rectrice adjointe aux études supérieures de l\u2019UdeM et administratrice exerçant les fonctions de doyenne de la FESP.Or, les programmes de doctorat traditionnels ne comportent que rarement des formations permettant aux étudiants d\u2019acquérir spécifiquement des compétences professionnelles extérieures à leur domaine de recherche.« Notre objectif avec les Saisons de la FESP, c\u2019est que les étudiants prennent conscience des autres possibilités qui s\u2019of frent à eux.Nous leur enseignons des choses qu\u2019ils n\u2019apprennent pas forcément au contact de leur superviseur ni à celui de leurs pairs qui œuvrent dans le même milieu universitaire.Nous voulons qu\u2019ils réalisent leur valeur, qu\u2019ils élargissent leurs horizons au contact d\u2019étudiants de dif férents domaines et qu\u2019ils développent les compétences transversales nécessaires pour bien intégrer le marché du travail », souligne la vice-rectrice adjointe aux études supérieures de l\u2019UdeM.Un programme à la carte S\u2019articulant autour de quatre thématiques, soit l\u2019enseignement et le transfert des connaissances, l\u2019efficacité personnelle, l\u2019organisation de la recherche ainsi que la responsabilité sociale, l\u2019innovation et la créativité, les Saisons de la FESP permettent aux étudiants qui s\u2019y inscrivent de se constituer une formation à la carte.Réunissant des doctorants et des postdocto- rants d\u2019une myriade de domaines d\u2019études, le programme est conçu pour que tous les étudiants de troisième cycle, peu importe leur champ de compétences, puissent y trouver leur compte.« Nous tenons plus de 75 activités dif férentes chaque année, commente Mme Brochu.Les étudiants sont invités à s\u2019inscrire à celles qui les interpellent et qui répondent à leurs besoins particuliers.» Trois types d\u2019activités Ces activités prennent pour l\u2019instant trois formes : les ateliers, l\u2019École d\u2019été doctorale et postdoctorale, ainsi que le projet emploi.Favorisant le renforcement de cer taines compétences dont le développement a déjà été entamé au moyen de différentes activités universitaires ou professionnelles, les ateliers sont offerts avec la collaboration de professeurs et peuvent prendre la forme d\u2019enseignements théoriques, de mises en situation ou de travaux pratiques.Par exemple, cet hiver, des ateliers intitulés « Entrevue avec les médias et rédaction administrative » ont été offerts aux étudiants.L\u2019École d\u2019été doctorale et postdoctorale comporte pour sa part deux journées de formation intensives et s\u2019adresse plus spécifiquement aux étudiants qui désirent planifier leur projet d\u2019avenir tout en élargissant leur réseau de contacts.Chaque année, son programme se déploie autour d\u2019un thème dif fé- rent, mais ce dernier est toujours en lien avec les compétences professionnelles.En 2016, par exemple, les activités de l\u2019École d\u2019été seront tenues sur le thème « Pédagogie et enseignement supérieur ».«Ce qui est fantastique avec l\u2019École d\u2019été, c\u2019est qu\u2019il y a des gens de tous les horizons qui y assistent, signale la vice-rectrice adjointe aux études supérieures de l\u2019UdeM.Les étudiants de sciences de la santé et de sciences humaines se mêlent aux étudiants de HEC et de Polytechnique.Ça leur permet de commencer à se créer un réseau tout de suite et d\u2019aborder certaines problématiques avec un regard différent.» Quant aux activités de projets d\u2019emploi, elles sont organisées en collaboration avec le Service des étudiants et des partenaires externes de l\u2019UdeM.Prenant dif férentes formes, elles procurent des pistes de réflexion et des outils concrets pour permettre aux étudiants de mieux aborder leur passage du milieu universitaire au marché du travail.Et le mentorat?De concert avec l\u2019Association des diplômés de l\u2019UdeM, la FESP travaille ces jours-ci à ajouter des activités de mentorat à son programme de développement des compétences professionnelles.«Les anciens nous disent qu\u2019ils sont intéressés à l\u2019idée de rencontrer nos doctorants et postdoctorants et qu\u2019ils sont prêts à faire du mentorat, indique Mme Brochu.C\u2019est quelque chose qui nous enthousiasme beaucoup.Les étudiants n\u2019apprennent pas la même chose au contact d\u2019un superviseur qu\u2019au contact d\u2019un mentor.Nous pensons que ce sera un grand avantage pour eux de pouvoir profiter du savoir et des expériences de leurs prédécesseurs.» Dans le même esprit, la FESP s\u2019affaire à l\u2019élaboration d\u2019une poignée d\u2019activités de formation pour enrichir son offre actuelle.Ces dernières s\u2019ajouteront au programme au cours des prochains mois.Collaboratrice Le Devoir Chaque année, des milliers de Canadiens obtiennent un diplôme de troisième cycle.Or, comme les of fres de postes permanents de professeurs ou de chercheurs sont trois fois moindres à travers le pays que le nombre de diplômés, seule une minorité d\u2019entre eux parviennent à décrocher un emploi en milieu universitaire au terme de leurs études.Très au fait de cette situation et désireuse de mieux outiller ses étudiants en vue d\u2019une insertion professionnelle réussie, l\u2019Université de Montréal (UdeM) a mis sur pied le programme des Saisons de la Faculté des études supérieures et postdoctorales (FESP).Tour d\u2019horizon.ISTOCK Le programme des Saisons de la Faculté des études supérieures et postdoctorales (FESP) aide les étudiants titulaires d\u2019un doctorat à mieux faire face au monde du travail."]
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