Le devoir, 14 avril 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 8 1 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 4 A V R I L 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Les crachats dans la soupe.La peur de l\u2019indépendance engendre-t-elle la corruption?s\u2019interroge notre chroniqueur Michel David.Page A 3 Actualités \u203a Tuer le Web pour le faire renaître de ses cendres.Une entrevue avec son inventeur, Tim Berners-Lee.Page A 7 Avis légaux.A 6 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Québécoise BRADERIEdeMODE La G r a n d e À MONTRÉAL - du 14 au 17 AVRIL Ne manquez pas l\u2019événement MODE et magasinage le plus attendu de la saison! Liquidation d\u2019échantillons et surplus d\u2019inventaire BERTRAND LANGLOIS AGENCE FRANCE-PRESSE Le cinéaste Xavier Dolan sera de retour à Cannes en mai.Il y était l\u2019an dernier à titre de membre du jury.A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T S alaire gelé à vie s\u2019ils refusent, prime de 20% s\u2019ils acceptent: les médecins de famille payés à l\u2019heure ou à salaire annuel fixe, notamment en CLSC, sont pressés par Québec et leur fédération de changer le mode de rémunération.On les incite fortement à inclure une composante à l\u2019acte, à l\u2019image de leurs collègues qui pratiquent en clinique ou en GMF.Et certains médecins estiment qu\u2019on leur force la main.L\u2019intention derrière ce changement est de tenir compte de la productivité de ces médecins.Selon les données de 2013 de la RAMQ, il y avait 614 omnipraticiens à salaire annuel fixe et 6200 payés sur une base honoraire, en tant que travailleurs autonomes.Ils travaillent dans les établissements, en CLSC, à l\u2019hôpital, en CHSLD ou en centre de réadaptation, par exemple.C\u2019est la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) qui a convenu de ce Les omnis en CLSC poussés à être plus productifs Québec et la FMOQ pressent les médecins à renoncer à la rémunération horaire O D I L E T R E M B L A Y P our la seconde fois (après Mommy), le Québécois Xavier Dolan verra un de ses films, Juste la fin du monde, atterrir en compétition au Festival de Cannes, en selle du 11 au 22 mai pour sa 69e édition.Adapté d\u2019une pièce du dramaturge français Jean-Luc Lagarce, ce film, tourné surtout à Laval, fait briller une constellation d\u2019étoiles du cinéma français : Marion Cotillard, Vincent Cas- sel, Léa Seydoux, Nathalie Baye et Gaspard Ul- liel au milieu d\u2019une confrontation familiale qui n\u2019est pas sans rappeler l\u2019univers de Tom à la ferme.À 27 ans, Xavier Dolan est un vieil habitué du Festival de Cannes.Son premier long métrage, J\u2019ai tué ma mère, avait été lancé sur la Croisette à La Quinzaine des réalisateurs en 2009.Dans la section Un certain regard allaient suivre Les amours imaginaires en 2010 et Laurence Anyways en 2012.Son Mommy en compétition fut coiffé du Prix du jury en 2014.Il était membre du jur y l\u2019an dernier.La baie, le palais, les charmes et les revers du rendez-vous, ça le connaît.On ne s\u2019habitue pas à tout pourtant : voir son film concourir en compétition à Cannes, par Juste la fin du monde en compétition à Cannes Le dernier film de Xavier Dolan sera du prestigieux festival cinématographique LUIS ROBAYO AGENCE FRANCE-PRESSE C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris Justin Trudeau aurait-il fait des émules en France ?Toujours est-il qu\u2019à un an des élections présidentielles, des responsables du Par ti socialiste rêvent d\u2019emboîter le pas au Canada et de légaliser la marijuana.Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a beau affirmer que ce n\u2019est « pas la position du gouvernement », dans les of ficines socialistes, on jongle de toute évidence avec cette idée.Comme si, après le mariage homosexuel, la légalisation du cannabis pouvait permettre à la gauche de renouer avec une partie de sa clientèle.Notamment les jeunes qui manifestent depuis quelques semaines dans les rues contre la réforme du Code du travail.Le secrétaire d\u2019État aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, qui est aussi médecin, a relancé le débat cette semaine.« Le cannabis est une très mauvaise chose pour la santé publique, en particulier chez les jeunes, a-t- il déclaré sur BFM-TV.Mais la prohibition n\u2019amène pas une diminution de la consommation.» Partisan de la levée de l\u2019interdiction chez les adultes pour un «usage privé», le secrétaire d\u2019État réclame l\u2019ouverture d\u2019un débat « sur la fin de la prohibition du cannabis ».FRANCE Le cannabis déchire la gauche Un ministre propose de légaliser la marijuana.Un ballon d\u2019essai pour la présidentielle ?La surpopulation sonne la ?n du libre choix pour des centaines d\u2019élèves Page A 2 Les femmes, ces machines à fabriquer des djihadistes pour le groupe armé EI Page A 3 VOIR PAGE A 10 : CANNABIS VOIR PAGE A 10 : CANNES VOIR PAGE A 10 : MÉDECINS L E D E V O I R , L E J E U D I 1 4 A V R I L 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 J E S S I C A N A D E A U L e libre choix, qui permet aux enfants de fréquenter une école autre que l\u2019école de quartier, est en voie de disparition à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) en raison de problèmes de surpopulation.« Ça va s\u2019éliminer par soit même, comme ça s\u2019est fait ailleurs, parce que [le nombre d\u2019élèves en libre choix] diminue comme peau de chagrin», constate Alain Perron, porte-parole de la Commission scolaire de Montréal.L\u2019an dernier, quelque 12000 élèves fréquentaient une école primaire autre que l\u2019école de desser te.Cette année, ils ne sont plus que 6500.Et ce chif fre tend encore à baisser.Au cours des dernières semaines, quelque 600 parents ont reçu un avis pour les informer qu\u2019ils devraient retourner leur enfant dans leur école de quartier.Et c\u2019est sans compter les nouvelles demandes d\u2019inscription en libre choix qui sont refusées de façon presque systématique.« Pour les parents qui veulent inscrire leur enfant en libre choix, on leur signifie tout de suite au moment de l\u2019inscription que ce n\u2019est plus possible », ajoute M.Perron.Des écoles qui débordent Le problème, explique-t-il, c\u2019est que les écoles primaires de la CSDM ne suffisent plus à la demande en raison d\u2019un baby-boom, de l\u2019immigration et des ratios imposés par le ministère de l\u2019Éducation qui obligent les écoles à avoir moins d\u2019élèves par classe.Certaines écoles sont à 140%, voire 160% de leur capacité, précise M.Perron, qui rappelle qu\u2019on transforme des bibliothèques en salle de classe tellement les besoins sont criants, particulièrement dans les arrondissements de Rose- mont, Ahuntsic et Notre-Dame-de-Grâce.Une trentaine d\u2019écoles sont en chantier d\u2019agrandissement, alors que la CSDM prévoit accueillir 10 000 enfants de plus d\u2019ici la prochaine décennie.Dans ce contexte, des choix s\u2019imposent, répond le porte-parole de la CSDM.«Les écoles débordent, on a de moins en moins de latitude.Alors c\u2019est certain qu\u2019on donne la priorité à l\u2019élève qui habite le quartier.Imaginez si on refusait l\u2019accès à un enfant qui habite en face de l\u2019école pour un élève qui vient d\u2019un autre quartier.Ça crierait deux fois plus fort que maintenant.» Mécontentement Cette situation crée beaucoup de « mécontentement » chez les parents directement concernés par cette relocalisation forcée, constate Ève Kirlin, présidente du comité de parents de la CSDM.Mais celle-ci rappelle que c\u2019est un « risque » que les parents prennent en toute connaissance de cause lorsqu\u2019ils inscrivent leur enfant en libre choix, car il est bien indiqué dans la politique d\u2019admission de la CSDM que les enfants du quartier ont priorité.Les parents doivent même signer une lettre dans laquelle ils acceptent que leur place ne soit pas garantie, explique la maman d\u2019Hochelaga-Maisonneuve qui inscrit ses propres enfants en libre choix.«C\u2019est quand même normal que l\u2019on donne la priorité aux enfants du quartier», concède-t-elle.Ève Kirlin se réjouit toutefois de voir que la CSDM semble avoir appris de ses erreurs.En effet, l\u2019an passé, quelque 150 élèves ont appris qu\u2019ils devraient retourner dans leur école de quartier au début des classes à l\u2019automne.Cette année, au moins, les parents vont avoir le temps de s\u2019organiser en conséquence, affirme-t-elle.«Déraciné» Mais tous ne sont pas de cet avis.Sylvie Lavoie, dont le fils ne pourra plus fréquenter l\u2019École Sainte-Bibiane dans Rosemont, estime que les enfants n\u2019ont pas à souffrir des problèmes logistiques de la CSDM.« Nos enfants fréquentent cette école depuis plusieurs années, c\u2019est leur école ! » écrit-elle dans une lettre publiée par RueMasson.com.Elle demande à la CSDM de ne pas « déraciner les enfants » par des « mesures d\u2019expulsion » et de les laisser terminer leur primaire dans leurs écoles respectives.Le Devoir ÉDUCATION La surpopulation sonne la fin du libre choix De plus en plus, les enfants sont forcés à fréquenter l\u2019école du quartier F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S P lutôt que de débattre du nombre d\u2019immigrants à accueillir \u2014 les fameux seuils qui divisent les partis politiques depuis quelques jours \u2014, le gouvernement devrait se concentrer sur les manières d\u2019appliquer sa nouvelle politique d\u2019immigration sur le terrain, autant à Montréal qu\u2019en région, ont souligné d\u2019une même voix les quatre exper ts réunis à l\u2019Université de Sherbrooke dans le cadre du Devoir de débattre sur les questions d\u2019immigration mercredi soir.« Les seuils d\u2019immigration sont toujours un peu arbitraires », déplore Guillaume Marois, docteur en démographie et coauteur du livre Le remède imaginaire, un ouvrage qui déconstruit l\u2019idée que l\u2019immigration est une «solution miracle » pour contrer les problèmes économiques du Québec.« Surtout que, sur le terrain, la différence entre 50 000 et 60 000 immigrants est assez marginale.» Selon lui, le gouvernement devrait plutôt se fixer des objectifs réalistes en matière d\u2019intégration, notamment sur le marché du travail.Polémique « Cette question de chif fres mise sur la table par le premier ministre, c\u2019est plus pour lancer une polémique, insiste Michèle Vatz-Laaroussi, professeure titulaire à l\u2019École du travail social à l\u2019Université de Sherbrooke sous les murmures approbateurs de l\u2019assistance.Parce que dans la réalité, ce seuil ne sort pas de nulle part, il est le résultat de nombreuses discussions et de rapports d\u2019experts.Ça ne relève pas juste de la ministre.Mais c\u2019est certain que ça fait image.» « C\u2019est un débat vain, renchérit son collègue de l\u2019Université de Sherbrooke, le professeur adjoint à la Faculté de droit Guillaume Rousseau sous les regards entendus de ses collègues.Quand vient le temps de parler d\u2019immigration, le chiffre qui devrait attirer notre attention ne devrait pas être le seuil, mais plutôt le taux d\u2019immigration.» En ce sens, le Québec n\u2019a pas à rougir, soutient celui qui s\u2019est souvent penché sur les questions identitaires.« Je vous assure que nous ne sommes pas fermés, bien au contraire.Même si on décidait de geler ces fameux seuils, le taux d\u2019immigration du Québec demeurerait très élevé par rapport aux autres pays de l\u2019OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques].» Tout comme Guillaume Ma- rois, M.Rousseau estime d\u2019ailleurs que c\u2019est dans la mise en œuvre de la politique que le bât blesse.«La question ne devrait pas être : est-ce qu\u2019on augmente le nombre d\u2019immigrants admis ou non ?mais plutôt comment on le fait ?comment on peut bien le faire ?» À son sens, des investissements majeurs devront être faits rapidement pour faciliter l\u2019emploi des nouveaux arrivants, leur francisation et leur régionalisation.« Est-ce qu\u2019on a tendance à limiter le débat de l\u2019immigration à la grande région de Montréal ?Oui, absolument ! Peut-être que la solution serait que le prochain ministre de l\u2019Immigration vienne des régions », lance-t-il en riant, suscitant les applaudissements nourris de la foule.Débats inachevés Ces objectifs doivent toutefois être considérés avec prudence, estime Rachida Az- douz, psychologue spécialiste en relations interculturelles de l\u2019Université de Montréal.« Il y a des choses qu\u2019on ne peut pas mettre sur les épaules des immigrants, explique-t-elle avec aplomb.Par exemple, on peut dif ficilement demander aux nouveaux arrivants d\u2019occuper le territoire, alors qu\u2019on a de la dif ficulté à le faire nous- mêmes.Il faudrait déjà mettre en place une politique de rétention des jeunes en région.» Même son de cloche du côté de sa collègue de l\u2019Université de Sherbrooke.« Qu\u2019on parle de la laïcité ou de la place du français, pour ne nommer que ceux-là, le Québec a de nombreux débats qui ne sont pas réglés, renchérit Michèle Vatz- Laaroussi.Ce qui est dommage, c\u2019est qu\u2019on a tendance à prendre les immigrants au piège là-de- dans.Comme société, nous avons la responsabilité d\u2019arrêter de leur faire porter l\u2019odieux de nos débats inachevés.» Le Devoir LE DEVOIR DE DÉBATTRE Les cibles migratoires occultent les vrais enjeux, disent les experts R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec M ême si son gouver ne- ment r e nonce pour l\u2019heure à hausser de 50 000 à 60 000 le nombre d\u2019immigrants admis annuellement au Québec, le premier ministre Philippe Couillard caresse toujours l\u2019objectif de relever les seuils d\u2019immigration.«On manque de travailleurs qualifiés, on manque de monde pour occuper les emplois disponibles.Il n\u2019y a pas que l\u2019immigration comme réponse, mais c\u2019est une réponse incontournable.Il faudra progressivement augmenter notre accueil au Québec», a déclaré Philippe Couillard à l\u2019Assemblée nationale en réponse à une question du chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.La ministre de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion (MIDI), Kathleen Weil, a confirmé qu\u2019elle n\u2019avait pas l\u2019intention de proposer de hausser l\u2019an prochain à 60 000 le nombre d\u2019immigrants reçus.S\u2019amorceront à la fin de l\u2019été des consultat ions sur les seuils d\u2019immigration que le gouvernement fixera pour les prochaines années «À court terme, c\u2019est impossible d\u2019imaginer un scénario de ce genre et les gens qui ont mis ça en avant ne comprennent pas l\u2019immigration », a af firmé Kathleen Weil.Le 9 mars dernier, quand un journaliste lui a demandé s\u2019il avait décidé de hausser le nombre d\u2019immigrants reçus à 60 000, Philippe Couillard avait répondu : «C\u2019est notre proposition.» Le 8 mars, à une question du Devoir sur la politique d\u2019immigration qui présentait les avantages d\u2019augmenter le seuil à 60 000 personnes, le premier ministre af firmait : « On a besoin de le faire.» Au congrès du Par ti libéral du Québec de juin 2015, le chef libéral avait annoncé que le Québec accueillerait davantage d\u2019immigrants pour contrer « la réalité implacable» de la réduction de la population active.Mercredi, à l \u2019Assemblée nationale, Kathleen Weil a semblé croire que jamais son chef n\u2019a abordé la question de la hausse de 50 000 à 60 000 du nombre d\u2019immigrants.« Si j\u2019écoute bien la ministre, on a tous rêvé, et les chroniqueurs qui ont écrit là- dessus ont tous rêvé, a lancé François Legault .I l m\u2019a même accusé de souf fler sur les braises de l\u2019intolérance.Ce matin, le premier ministre a l\u2019air de se dessouf fler.» Réforme en attente La ministre a fait valoir qu\u2019une « période de transition » était nécessaire alors que s\u2019amorce une réforme de l\u2019immigration.Cette réforme passe par la création d\u2019une banque de candidats aptes à occuper rapidement un emploi au Québec et l\u2019abandon des listes d\u2019attente ainsi que de la règle du « premier arrivé, premier servi ».Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a insisté sur l\u2019importance de former la main-d\u2019œuvre native et de franciser les immigrants.Il a aussi rappelé « le fléau qui s\u2019appelle le chômage, qui, malheureusement, frappe les nouveaux arrivants ».Philippe Couillard n\u2019a pas manqué d\u2019accuser la CAQ de vouloir forger une « impression d\u2019assiégés » et de présenter « à mots couverts » l\u2019immigration comme une menace.Le Devoir Les seuils d\u2019immigration gelés temporairement Québec se retient de hausser les cibles pour l\u2019instant, mais reviendra à la charge FLORENCE SARA G.FERRARIS LE DEVOIR Antoine Robitaille (à gauche) animait le Devoir de débattre sur le thème de l\u2019immigration.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Quelque 600 élèves de la CSDM seront renvoyés vers leur école de quartier à l\u2019automne. L E D E V O I R , L E J E U D I 1 4 A V R I L 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 L ors du récent colloque organisé par l\u2019UPAC pour souligner son cinquième anniversaire, le professeur Denis Saint-Mar- tin expliquait que la crainte de l\u2019incertitude politique et économique associée à la souveraineté avait pu amener les milieux d\u2019affaires à contribuer systématiquement à la caisse électorale du PLQ au cours des dernières décennies et favoriser ainsi la corruption de nos mœurs politiques.Que la question nationale puisse être un vecteur de corruption ne devrait d\u2019ailleurs étonner personne.Le scandale des commandites a clairement démontré que le camp fédéraliste était prêt à utiliser tous les moyens, y compris celui- là, pour préserver l\u2019unité du pays.Certes, le PQ a aussi pratiqué le financement sectoriel, comme se plaisent à le rappeler les libéraux dans l\u2019espoir que la turpitude des uns arrive à justifier celle des autres.Il n\u2019en demeure pas moins que les péquistes font presque figure d\u2019amateurs quand on les compare aux grands collecteurs de fonds du PLQ.À l\u2019exception de l\u2019intermède de 18 mois du gouvernement Marois, les libéraux ont été au pouvoir de façon ininterrompue depuis 2003.Il semble tomber sous le sens que les entreprises sont plus enclines à favoriser le parti dispensateur de contrats.Cette apparente logique ne s\u2019applique toutefois que lorsque les libéraux sont au pouvoir.Une comparaison faite par Le Devoir en 2010 à partir des données du Directeur des élections du Québec avait donné des résultats étonnants.Entre 1994 et 2002, le PLQ, alors dans l\u2019opposition, avait r e c u e i l l i e n m o y e n n e 4,37 millions de dollars par année.Entre 2003 et 2008, années de pouvo i r, l es contributions à la caisse libérale ont explosé, passant à 8,3 millions en moyenne.Pourtant, qu\u2019il soit au pouvoir ou dans l\u2019opposition, le PQ a recueilli sensiblement les mêmes sommes et même un peu moins lorsqu\u2019il formait le gouvernement: 4,68 millions entre 1994 et 2002, 4.86 millions entre 2003 et 2008.Jean Charest soutient qu\u2019il dirigeait un gouvernement «honnête, intègre», mais il est clair que les entreprises n\u2019attendaient pas les mêmes retours d\u2019ascenseur du PQ.?Outre la question nationale, on peut penser que le « préjugé favorable envers les travailleurs », dont l\u2019adoption de la loi antibriseurs de grève par le gouvernement Lévesque s\u2019était voulue le symbole, n\u2019est pas étranger à l\u2019engouement des milieux d\u2019affaires pour le PLQ.Un parti qui s\u2019engage à «élargir la syndicalisation», présentée comme la «voie privilégiée» vers une société juste et plus humaine, comme on pouvait jadis le lire dans le programme du PQ, est nettement moins susceptible de s\u2019attirer leurs faveurs.Dans sa vie antérieure, Pierre Karl Péla- deau était d\u2019ailleurs un des plus féroces détracteurs des syndicats, dont il déplorait le pouvoir excessif dans la société québécoise.Chose cer taine, les milieux d\u2019af faires ont clairement affiché leurs couleurs lors du référendum de 1995.Excédé de voir la classe d\u2019entrepreneurs qu\u2019il s\u2019était employé à faire naître se ranger systématiquement dans le camp du non, Jacques Parizeau avait fustigé l\u2019égoïsme de ces millionnaires qui crachaient dans la soupe après avoir largement bénéficié de l\u2019appui de l\u2019État et qui partageaient le même « mépris des Québécois ».Rien ne permet de croire qu\u2019ils agiraient différemment s\u2019il y avait un autre référendum.?Si les souverainistes se sont tournés vers M.Péladeau, quitte à fermer les yeux sur son passé antisyndical, c\u2019est dans l\u2019espoir qu\u2019il réussira à conjurer le sentiment d\u2019insécurité économique qui demeure le principal obstacle à la réalisation de leur projet.Le principal avantage du futur institut de recherche qu\u2019il s\u2019emploie à mettre au monde sera moins de renouveler l\u2019argumentaire souverai- niste que de forcer la reprise du débat sur une base plus rationnelle que la «catastrophe» que le premier ministre Couillard évoque régulièrement à l\u2019Assemblée nationale.Il ne faut cependant se faire aucune illusion: aussi sérieuses que puissent être les études produites, elles seront immanquablement contredites par d\u2019autres études qui se prétendront tout aussi rigoureuses.Pour se faire une opinion, une grande partie de la population se tournera vers les gens d\u2019affaires.Après tout, s\u2019ils croyaient bénéficier de la souveraineté, ils l\u2019appuieraient, non ?Or, à l\u2019exception de M.Péladeau, presque personne ne semble être de cet avis, ni même penser qu\u2019elle aura un impact négligeable.Et si certains le pensent, ils le font le plus bas possible.Si ses qualités de gestionnaire ne font pas l\u2019unanimité chez les analystes, le maître de Québecor constitue un symbole de réussite aux yeux de plusieurs.Il n\u2019en reste pas moins qu\u2019il a toujours fait figure de loup solitaire dans le monde des affaires.S\u2019il n\u2019arrive pas à convaincre ses collègues du Québec inc.que l\u2019indépendance les enrichira et de le dire, il aura bien du mal à en persuader les Québécois.mdavid@ledevoir.com Les crachats dans la soupe MICHEL DAVID Il est clair que les entreprises n\u2019attendaient pas les mêmes retours d\u2019ascenseur du PQ M A R C O F O R T I E R S ans faire de bruit, la machine de guerre du groupe armé État islamique (EI) a mis en place une stratégie redoutable pour recruter des femmes en Occident, y compris au Québec.Ces combattantes ser vent principalement à faire des enfants, appelés à devenir à leur tour des soldats.Elles travaillent aussi au recrutement de nouvelles adeptes du djihad.Les femmes représentent 18 % des djiha- distes recrutés en Occident au cours des dernières années.Elles sont souvent décrites comme de pauvres victimes, mais en réalité, la plupart assument leurs gestes et s\u2019engagent activement dans cette organisation qui commet des atrocités contre des civils, rappellent des chercheurs de l\u2019Université Concordia.«On paraît toujours surpris que des femmes se joignent à des groupes comme l\u2019État islamique, mais ça ne devrait pas nous surprendre.Ça fait longtemps que des femmes commettent des actes pour des groupes extrémistes, au Pakistan, en Indonésie et dans le conflit israélo-palestinien notamment», dit Kyle Matthews, directeur adjoint de l\u2019Institut montréalais d\u2019études sur le génocide et les droits de la personne (MIGS).La machine de propagande du groupe EI cible les femmes, qui jouent un rôle central dans la guerre visant à fonder un califat sur la frontière entre la Syrie et l\u2019Irak, précise Marie La- mensch, chercheuse au MIGS.L\u2019experte doit livrer ce jeudi une présentation sur la place des femmes dans le djihad, lors d\u2019une conférence sur la radicalisation à l\u2019Université Concordia.Bien qu\u2019elles soient à peu près absentes des combats \u2014 les extrémistes de l\u2019EI préfèrent les femmes dans leur cuisine \u2014 les militantes qui joignent le djihad jouent un rôle actif dans la machine de guerre contre les « infidèles».Elles acceptent volontiers leur première mission \u2014 celle de faire des enfants voués à devenir des soldats pour le califat, explique Marie Lamensch.Le rôle de mère est central dans l\u2019organisation du califat.Des femmes servent aussi dans la «police de la moralité» chargée de surveiller le code vestimentaire et le comportement des femmes, comme en Iran et en Arabie saoudite, souligne la chercheuse.Ces jeunes femmes djihadistes venues d\u2019Europe ou d\u2019Amérique du Nord, qui sor tent à peine de l\u2019adolescence, cherchent à donner un sens à leur vie, explique Marie Lamensch.Comme les hommes, qui croient se lancer dans un combat de libération nationale à la manière de Che Guevara, les femmes sont sensibles aux arguments du groupe EI, qui propose l\u2019appartenance à une communauté.Piégées De façon générale, les femmes du groupe EI se mettent au service des hommes, y compris sur le plan sexuel.Elles excellent aussi dans le recrutement de femmes : des vidéos de propagande montrent des femmes (portant le voile intégral) qui vantent la « qualité de vie » dans les régions contrôlées par le groupe EI.De façon paradoxale, le groupe EI cherche à fonder une société pure, loin des excès de l\u2019Occident, mais ses vidéos de propagande montrent des gens qui mangent des hamburgers, des frites et du chocolat, et se déplacent dans de grosses voitures hors de prix, souligne la chercheuse.La propagande dépeint aussi les soldats du dji- had comme des «princes charmants» qui se battent pour la patrie et protègent femmes et enfants.Curieusement, des vidéos montrent même des soldats qui caressent un chaton.L\u2019image du lion et de ses lionceaux \u2014 les enfants soldats \u2014 revient aussi dans la propagande islamiste.«Une fois en Syrie, les femmes réalisent que la réalité est tout autre : elles se retrouvent dans un pays en guerre, où des bombes explosent tous les jours et où il n\u2019y a ni électricité ni eau courante.Mais il est encore plus dif ficile pour une femme que pour un homme de sortir du groupe EI», explique Marie Lamensch.En Afrique, le groupe Boko Haram, qui se réclame désormais de la nébuleuse EI, embrigaderait dans le djihad les jeunes femmes kidnappées par centaines.Les analystes croient que des femmes prises en otage par Boko Haram, possiblement droguées, servent à commettre des attentats-suicides.Des pays comme le Niger, le Tchad et le Cameroun ont banni la burqa dans les lieux publics pour empêcher que ce vêtement ample serve à cacher des armes ou des explosifs, souligne Kyle Matthews.Les gouvernements fédéral et provincial sont en lien avec les chercheurs du MIGS de l\u2019Université Concordia, qui servent de conseillers dans la lutte contre la radicalisation.Le conseil des chercheurs : mettre en place rapidement une unité chargée de contrer la propagande des groupes extrémistes dans les réseaux sociaux.Parce qu\u2019à ce jeu des perceptions, les terroristes sont plus habiles que les États démocratiques.Le Devoir Les femmes, ces machines à fabriquer des djihadistes Près d\u2019une recrue occidentale sur cinq est de sexe féminin, révèle l\u2019Université Concordia JOSE JORDAN AGENCE FRANCE-PRESSE Les femmes enrôlées par le groupe EI servent principalement à faire des enfants et à recruter d\u2019autres femmes sur les réseaux sociaux.Ci-dessus, une Espagnole de 18 ans est arrêtée, en septembre 2015, pour avoir fait du recrutement sur Internet.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L e ministre des Af faires étrangères, Stéphane Dion, a été obligé de défendre une fois de plus le contrat de vente de blindés à l\u2019Arabie saoudite, après qu\u2019il fut révélé qu\u2019il avait lui-même signé les permis d\u2019exportation de ce matériel vers Riyad.M.Dion persiste et signe : son gouvernement ne révoquera pas ce contrat.Mais le ministre se réserve le droit de révoquer sa signature si jamais la situation des droits de la personne change dans la région.Un document secret du ministère des Affaires étrangères, déposé en cour dans le cadre d\u2019une poursuite intentée pour invalider la transaction, a révélé que Stéphane Dion avait approuvé de sa propre signature six licences d\u2019exportation de blindés la semaine dernière.Le ministère dresse une évaluation du contrat de 15 milliards de dollars \u2014 dont 11 milliards sont couver ts par ces six premières licences \u2014 et conclu qu\u2019il ne voit pas de risque à ce que ce matériel militaire soit utilisé pour « commettre des violations des droits de la personne ».Le Canada a vendu près de 3000 blindés du genre à l\u2019Arabie saoudite depuis 1993 et «n\u2019a connaissance d\u2019aucune violation de droits civils et politiques» liée à ces appareils.Quant au Yémen, où des ONG et les Nations unies ont accusé rebelles et Saoudiens d\u2019avoir violé le droit international et ciblé des civils, «il n\u2019y a aucune indication que de l\u2019équipement d\u2019origine canadienne, y compris des blindés, puisse avoir été utilisé», stipule le mémo du ministère.Le gouvernement Trudeau martèle, depuis la campagne électorale, qu\u2019il ne répudiera pas le contrat entre l\u2019Arabie saoudite et une compagnie ontarienne, approuvé par ses prédécesseurs conservateurs.Le ministre Dion a réitéré cette position, mercredi.«Si j\u2019ai connaissance d\u2019une information crédible au sujet de violations [des droits de la personne en Arabie saoudite ou chez ses voisins] liée à ces équipements, je suspendrai ou révoquerai la licence d\u2019exportation», a toutefois promis le ministre pour la première fois.Ottawa pourrait donc cesser l\u2019envoi de ces équipements, de pièces ou renoncer à en faire l\u2019entretien au fil du contrat de 15 ans.Avis d\u2019amis Thomas Mulcair a accusé les libéraux d\u2019avoir «menti au public» en affirmant qu\u2019ils s\u2019étaient retrouvés devant un fait accompli en héritant de ce contrat.Car ils ont eu à franchir une nouvelle étape en approuvant ces licences d\u2019exportation, a fait valoir le chef du NPD.«C\u2019est un fait accompli dans le sens que le contrat est signé», a argué Stéphane Dion.L\u2019approbation de licences d\u2019exportation n\u2019est qu\u2019une formalité à ce processus déjà entamé, selon le gouvernement.Les libéraux ont par ailleurs rappelé que M.Mul- cair avait lui-même indiqué qu\u2019il ne révoquerait pas le contrat.«Vous n\u2019annulez pas un contrat manufacturier comme ça, quand vous arrivez [au pouvoir]», disait-il en campagne électorale, le 12 octobre.Le conservateur Tony Clement, dont le gouvernement a approuvé le contrat en 2014, prévient que s\u2019il y a des preuves que les blindés pourraient être utilisés contre des civils «l\u2019entente ne tient plus».Or, Daniel Turp, qui a intenté la poursuite contre Ottawa dans ce dossier, est «convaincu» qu\u2019il saura prouver qu\u2019il existe des risques que les blindés sévissent contre des civils.Cet ancien député blo- quiste et péquiste, devenu professeur de droit à l\u2019Université de Montréal, n\u2019accorde pas grande crédibilité aux assurances du ministère des Affaires étrangères.«Ce n\u2019est pas très objectif comme évaluation.On n\u2019a pas fait appel à des sources extérieures», a-t-il déploré.M.Turp plaide en Cour fédérale que l\u2019approbation du contrat était illégale, car elle contrevient à l\u2019interdiction de vendre du matériel militaire à un pays violant les droits fondamentaux.Le Devoir ARABIE SAOUDITE La vente des blindés va de l\u2019avant\u2026 pour l\u2019instant Le PQ s\u2019en mêle À l\u2019Assemblée nationale, les élus libéraux ont opposé une ?n de non-recevoir mercredi à une motion présentée par le Parti québécois et appuyée par Québec solidaire consistant à «dé- plor[er] la décision du gouvernement du Canada de donner le feu vert à la vente de blindés à l\u2019Arabie saoudite, pays reconnu pour ses violations des droits de la personne».L\u2019instigatrice de la motion, Carole Poirier, s\u2019est désolée de voir «le gouvernement Couillard complice du gouvernement du Canada».«Aujourd\u2019hui, le gouvernement de M.Couillard vient d\u2019abandonner Raif Badawi», a laissé tomber l\u2019élue péquiste.Le PQ cherche par tous les moyens à «compenser la faiblesse du Bloc [québécois] à Ottawa», a rétorqué la ministre des Relations internationales, Christine Saint-Pierre.«Notre appui à Raif Badawi est inconditionnel.[Le prisonnier d\u2019opinion en Arabie saoudite] doit être libéré», a-t-elle insisté.Marco Bélair-Cirino H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa T homas Mulcair persiste et signe.Il restera en poste à titre de chef du NPD jusqu\u2019à ce que son remplaçant soit choisi.Les quelques députés qui avaient des réticences quant à ce scénario ont soit été convaincus, soit ont accepté de se rallier à la majorité.« Je suis ici pour m\u2019assurer que nous avons la stabilité et la continuité alors que nous nous préparons à avoir un nouveau chef.C\u2019est ce que les membres ont décidé», a déclaré M.Mul- cair au sortir d\u2019une réunion de son caucus, particulièrement longue, de près de quatre heures.Pendant cette rencontre, chaque député s\u2019est exprimé à tour de rôle sur la question.« Le caucus m\u2019a demandé de rester d\u2019ici à ce changement de leadership et je suis fier d\u2019être capable de faire cela», conclut M.Mulcair.Le chef sortant a très clairement indiqué qu\u2019i l avait l\u2019intention de rester en poste non pas quelques mois, mais tout au long des deux années que pour rait durer la course à la chef fer ie .« Je va i s ê t r e t e l l emen t f i e r lorsque les membres du NPD vont avoir trouvé le nouveau chef, la nouvelle personne qui va me remplacer, d \u2019ê tre la première personne à l \u2019ac - cueillir sur la scène, lui passer justement cet extraordinaire honneur de présider au destin du seul parti social-démocrate au Canada.» Une des personnes à qui il ne passera pas le flambeau est l\u2019ex-députée Megan Leslie.En entrevue avec CBC, celle qui est souvent citée comme candidate potentielle à la chefferie s\u2019est dite « fatiguée ».« Je n\u2019ai pas en ce moment la passion pour la politique.Le NPD mérite un chef qui a cette passion, qui le veut.Et je ne le veux pas.» Outremont dans l\u2019incertitude Par ailleurs, M.Mulcair ne s\u2019est pas engagé à conserver son siège de député d\u2019Outre- mont jusqu\u2019à l\u2019élection de 2019.«C\u2019est trop tôt pour répondre à cela», a-t-il dit bien qu\u2019il a pris la peine de souligner qu\u2019il avait « tenu à finir » son mandat après avoir quitté le Conseil des ministres de Jean Charest en 2006 et que le passé était «parfois garant de l\u2019avenir».Malgré les nombreuses questions qui lui ont été posées, Thomas Mulcair a évité de dire comment il s\u2019est senti, dimanche, en apprenant qu\u2019à peine 48 % de ses troupes l\u2019appuyaient encore.« Je vous avoue que c\u2019était pour moi\u2026 ça avait le mérite d\u2019être clair », s\u2019est-il borné à dire.Comme l\u2019indiquait Le Devoir dans son édition de mardi, une très grande majorité de députés néodémo- crates approuvent le maintien en poste du chef sor tant.Trois députés en poste avaient cependant exprimé des réticences.Don Davies était du lot, soutenant « qu\u2019il est très dif ficile pour un chef de continuer encore un an et demi s\u2019il a reçu un appui de 48 % des délégués ».Le député de Vancouver n\u2019a pas changé d\u2019avis.Mitraillé de questions par les journalistes, il s\u2019est contenté de répéter qu\u2019il avait « exprimé très clairement sa position lundi ».« Nous avons eu une discussion très vigoureuse et nous sommes ressortis du caucus unis.[\u2026] Unité ne signifie pas uniformité.» Convaincu\u2026 ou absent Pierre-Luc Dusseault, pour sa part, avait dit ne pas encore s\u2019être fait une idée.La réunion de mercredi l\u2019a convaincu.« Je l\u2019appuie sans réserve.[\u2026] J\u2019ai mentionné que je souhaitais avoir une discussion au caucus, et la discussion qu\u2019on a eue a été extrêmement intéressante, productive et rassurante pour tout le monde.» Quant à Pierre Nantel, qui se demandait si M.Mulcair pourrait rester en poste aussi longtemps après le désaveu des membres, il ne s\u2019est pas présenté avec la trentaine d\u2019autres collègues au point de presse du chef après la réunion du caucus.Le Devoir L E D E V O I R , L E J E U D I 1 4 A V R I L 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Le caucus du NPD appuie Mulcair comme chef ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Thomas Mulcair sur la colline parlementaire, à la sortie du caucus du NPD M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa S i le gouvernement fédéral veut réellement enrayer l\u2019évasion fiscale, il doit s\u2019en prendre au système fiscal plutôt qu\u2019aux individus, somme le Bloc québécois.Et pour ce faire, Ottawa devrait imposer les profits rapatriés de la Bar- bade par des compagnies canadiennes, propose le par ti souverainiste.Le Bloc profitera d\u2019une journée d\u2019opposition, aux Communes ce jeudi, pour déposer une motion réclamant que le fédéral modifie la Loi de l\u2019impôt sur le revenu afin de corriger une brèche contenue dans un accord fiscal de 1980 avec la Bar- bade, et fasse en sorte que « toute entreprise qui a droit à un avantage fiscal spécial accordé par la Barbade n\u2019est pas exonérée de l\u2019impôt par un traité fiscal ».«Lorsque les compagnies canadiennes vont rapatrier leur profit, elles seront imposées ici.Comme n\u2019importe quel revenu de n\u2019importe quel contribuable qui n\u2019a pas les moyens de se payer un fiscaliste un peu créatif et un peu tordu », a résumé le député bloquiste Gabriel Ste- Marie, qui présentera la motion à la Chambre des communes.Le paradis des paradis Pourquoi s\u2019en prendre qu\u2019à la Barbade?«C\u2019est LE paradis fiscal du Canada, 40% de l\u2019argent des paradis fiscaux en Barbade vient du Canada», a fait valoir M.Ste-Marie en point de presse mercredi.La petite île des Caraïbes serait la deuxième destination des investissements canadiens à l\u2019étranger, selon le Bloc.En 2014, 71 milliards de dollars canadiens y auraient été placés.Les bloquistes exhor tent donc le gouvernement Trudeau à cesser d\u2019exempter d\u2019impôts les recettes rapatriées de paradis fiscaux, à commencer par celui de la Barbade.Autrement, s\u2019il vote contre, ce serait la première fois que le Parlement approuve les paradis fiscaux et leur utilisation, prévient la formation souverainiste.La ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, n\u2019a pas voulu se prononcer sur l\u2019initiative bloquiste.«Nous allons attendre de prendre connaissance de la motion dans son ensemble avant de prendre position», a indiqué son bureau au Devoir.La ministre Lebouthillier a annoncé lundi que l\u2019Agence du revenu userait d\u2019enquêteurs supplémentaires et d\u2019outils technologiques pour augmenter les vérifications menées contre des Canadiens «à haut risque ».Le Bloc québécois argue cependant \u2014 à l\u2019instar de plusieurs observateurs \u2014 que les gouvernements doivent en outre agir en amont et s\u2019en prendre aux conventions fiscales et accords signés avec des paradis fiscaux qui permettent aux Canadiens de rapatrier des capitaux sans qu\u2019ils soient imposés au pays.Le Devoir PARADIS FISCAUX Le Bloc québécois veut qu\u2019Ottawa s\u2019en prenne à la Barbade P H I L I P P E O R F A L I L e débat d\u2019urgence aux Communes passé, des manifestants ont entrepris mercredi d\u2019occuper les bureaux to- rontois d\u2019Affaires autochtones et du Nord Canada.Au-delà des promesses de la classe politique, ils réclament des actions concrètes pour venir en aide à la communauté nord-onta- rienne d\u2019Attawapiskat, aux prises avec une vague de suicide sans précédent.Le jour même, le ministre de la Santé de l\u2019Ontario, le Dr Eric Hoskins, ef fectuait une tournée de la communauté autochtone afin de constater l\u2019ampleur de la situation, quelques jours après que le conseil de bande y eut déclaré l\u2019état d\u2019urgence.Queen\u2019s Park débloquera immédiatement deux millions de dollars pour aider cette communauté aux prises avec des problèmes de santé mentale, où pas moins d\u2019une trentaine de résidents, pour l\u2019essentiel des jeunes, ont tenté de s\u2019enlever la vie depuis deux mois.Ces deux millions permettront dès maintenant d\u2019employer 13 personnes, pour une période de 30 jours, « afin de fournir du soutien en santé mentale 24 heures sur 24, sept jours sur sept, ainsi que du soutien clinique infirmier le soir et la nuit », a dit le ministre Hoskins.En tout, quatre travailleurs de soins psychologiques, jusqu\u2019à cinq infirmières, deux agents de sécurité, un agent des communications et un gestionnaire des incidents seront dépêchés sur les lieux.Insuffisant Cette annonce ne semblait pas avoir convaincu une vingtaine de manifestants affiliés au mouvement d\u2019af firmation autochtone Idle No More, qui ont commencé à occuper mercredi après-midi des bureaux du ministère fédéral des Affaires autochtones.Ils insistent pour dire qu\u2019ils refuseront de partir tant et aussi longtemps que le gouvernement n\u2019annoncera pas des mesures additionnelles pour venir en aide à la collectivité de 2000 âmes.« On demande de l\u2019aide immédiate, mais aussi de l\u2019aide à long terme », a déclaré sur les ondes de CBC Radio l\u2019une des occupantes, Sigrid Kneve.Af faires autochtones assure faire tout ce qui est en son pouvoir.« C\u2019est toujours la même rengaine.» Déjà , l e gouver nement Trudeau s\u2019est engagé à prendre des mesures concrètes pour extirper Attawapiskat de la précarité.Selon Santé Canada, près d\u2019une vingtaine de travailleurs de la santé auraient été dépêchés sur les lieux depuis mardi.En plus de s\u2019attaquer aux problèmes immédiats, Ottawa entend s\u2019attaquer à des problèmes à moyen et long termes, afin d\u2019of frir un meilleur accès à un logement adéquat, à l\u2019eau potable, à des ser vices de soutien en éducation, en services sociaux et en aide à l\u2019enfance.Cinq heures de débat Mardi soir, les communes avaient tenu un débat d\u2019urgence de près de cinq heures à ce sujet.« Nous avons eu une très bonne session de travail.Tous les partis sont conscients qu\u2019il faut travailler ensemble.L\u2019autre bonne nouvelle, c\u2019est que de nombreux jeunes d\u2019Atta- wapiskat veulent faire par tie de la solution.Ils travaillent avec les travailleurs de la santé de la communauté et ont décidé de former un conseil des jeunes, un groupe d\u2019action », s\u2019est félicitée la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, mercredi.Le Devoir CRISE À ATTAWAPISKAT Des autochtones s\u2019invitent au ministère S\u2019il vote contre, ce serait la première fois que le Parlement approuve les paradis fiscaux et leur utilisation, prévient le Bloc Je vous avoue que c\u2019était pour moi\u2026 ça avait le mérite d\u2019être clair Thomas Mulcair, à propos du vote de confiance de dimanche « » Cri du cœur pour les soins à domicile Le manque criant de ressources en maintien à domicile oblige les personnes âgées à piger dans leurs poches pour obtenir des services privés ou, à défaut de moyens, de s\u2019en passer si elles ne peuvent se fier à des proches aidants.Plusieurs organismes représentant les aînés, les malades, les proches aidants et des professionnels de la santé ont réclamé mercredi une réal- location des ressources afin de combler le sous-financement chronique des soins à domicile et de réduire les imposantes listes d\u2019attente.Le Conseil pour la protection des malades va même jusqu\u2019à réclamer d\u2019Ottawa qu\u2019il demande des comptes à Québec sur la diminution des soins à domicile et qu\u2019il précise dans la Loi sur la santé que les soins et le soutien à domicile doivent aussi être universels.La Presse canadienne Prostitution juvénile : dix hommes arrêtés La police de Laval a procédé à l\u2019arrestation de 10 hommes qui auraient sollicité les services sexuels de jeunes filles mineures.Cette opération visant spécifiquement les clients de mineures serait une première au Québec, a dit une porte-parole de la police de Laval, Évelyne Boudreau.Depuis le début de l\u2019année, plusieurs cas de jeunes filles ayant fugué du Centre jeunesse de Laval ont été rapportés dans les médias.Mais l\u2019opération policière avait été mise sur pied avant, car la police avait de l\u2019information voulant qu\u2019il y ait un problème de prostitution, a fait savoir Mme Boudreau.La police n\u2019a toutefois donné aucune information selon laquelle des jeunes séjournant au centre jeunesse auraient été contactées par les accusés.Les arrestations des individus âgés de 37 à 72 ans ont été effectuées les 22 et 23 mars dernier, quelques mois après le début de l\u2019enquête.La Presse canadienne Réfugiés syriens : des dons sous les objectifs Les Canadiens ont versé 32 millions de dollars en aide humanitaire aux victimes du conflit en Syrie dans le cadre d\u2019un fonds d\u2019urgence créé par l\u2019ancien gouvernement conservateur, l\u2019automne dernier.Le montant s\u2019avère bien moins élevé que la somme maximale de 100 millions que le fédéral avait promis d\u2019égaler.Quoi qu\u2019il en soit, Ottawa apportera sa contribution en déboursant un montant additionnel de 68 millions, dont 57 millions d\u2019argent frais.Le financement restant provient d\u2019une enveloppe d\u2019aide qui avait déjà été annoncée en février par le gouvernement dans le cadre de sa stratégie d\u2019intervention contre le groupe armé État islamique.Les dons seront directement injectés dans les programmes d\u2019éducation du Fonds des Nations unies pour l\u2019enfance (UNICEF) pour les réfugiés en Jordanie et les enfants en Syrie.La Presse canadienne Aide à mourir : les députés libéraux libres de voter Face au tollé suscité à l\u2019intérieur de son caucus, le gouvernement Trudeau se résigne à ne pas imposer la ligne de parti à tous ses députés dans l\u2019épineux dossier de l\u2019aide médicale à mourir.Les députés libéraux pourront finalement voter comme ils le souhaitent, sauf pour les membres du Conseil des ministres, selon Radio-Canada.En février, le leader en chambre Dominic Leblanc en avait étonné plusieurs, dans la députation libérale, en annonçant que celle-ci devrait voter à l\u2019unisson en faveur du projet de loi sur l\u2019aide médicale à mourir, qui doit être présenté jeudi à Ottawa.Le Devoir Le DGE enquête sur Péladeau Le Directeur général des élections du Québec mènera une enquête sur un point de presse du chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, qui s\u2019est déroulé près d\u2019un bureau de vote lors de l\u2019élection partielle dans la circonscription de Chicoutimi, a indiqué Radio-Canada, mercredi.Selon la Loi électorale, aucune activité partisane ne peut se tenir près d\u2019un bureau de scrutin, le jour du vote.M.Péladeau avait rencontré les journalistes devant une école lundi après- midi.Si le DGE conclut que le chef péquiste a contrevenu à la loi, celui-ci pourrait recevoir une amende.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E J E U D I 1 4 A V R I L 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É L es Québécois qui veulent « s\u2019unir devant l\u2019éternel » peuvent le faire comme ils le veulent : l\u2019État n\u2019a rien à voir dans l\u2019encadrement de ce type de cérémonie à géométrie variable.Telle fut la position défendue par Québec dans le dossier ayant provoqué le débat sur les mariages religieux, révèle l\u2019enregistrement de la plaidoirie du procureur.« Quelqu\u2019un qui va voir son célébrant religieux et qui décide d\u2019être uni devant l\u2019éternel, peu importe comment il l\u2019appelle, comment est-ce que ça peut avoir une incidence pour l\u2019État ?a soutenu le procureur Luc-Vincent Gendron-Bou- chard devant la juge Alary de la Cour supérieure.Comment est-ce que ça peut intéresser l\u2019État que les gens fassent ça ?C\u2019est comme prier, à la limite.Ça ne concerne personne d\u2019autre.Il n\u2019y a pas de disposition [dans la loi qui donne une valeur jur idique à ce type d\u2019union], pas d\u2019intérêt de l\u2019État à ce sujet-là.» Plus loin, le procureur a précisé que « le législateur n\u2019a prévu aucune obligation pour les célébrants religieux de donner des effets civils aux célébrations religieuses ».L\u2019écoute de l\u2019enregistrement obtenu par Le Devoir montre ainsi que le procureur a pris soin de ne pas parler de « mariage » religieux dans sa plaidoirie, mais plutôt de « célébration » ou d\u2019« union » religieuse.Cela rejoint le discours de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui a de son cô té cho is i l \u2019 expr ess ion « union spirituelle » lorsque le débat a éclaté, début mars.Ce sont là autant de façons pour Québec de décrire une sorte de sous-mariage où des gens pourraient s\u2019unir à l\u2019église sans que le ministre du culte soit obligé de transmettre la déclaration de mariage au Directeur de l\u2019état civil, comme le prévoit normalement le Code civil.L\u2019argumentaire de Québec ouvre donc la porte à la célébration de mariages qui n\u2019en por tent pas le nom\u2026 ni les conséquences juridiques.Par tant de là, Québec a plaidé que la liber té de religion du plaignant impliqué dans ce dossier n\u2019était pas brimée par les articles du Code civil portant sur les mariages.Cette cause est présentement en appel.Mariages forcés La plaidoirie de Québec donne l\u2019impression qu\u2019on ouvre la porte à des célébrations religieuses quasi occultes où le droit ne pourra s\u2019appliquer, estime le président du Comité consultatif sur le droit de la famille, Alain Roy.« Un mariage forcé ne respecte pas les règles du Code civil et de la loi fédérale, précisément celles relatives au consentement», dit-il.Mais parce qu\u2019il est considéré comme un « mariage », il est assujetti à des « mécanismes légaux qui [peuvent permettre] d\u2019en obtenir l\u2019annulation dans la protection du conjoint lésé.Et le célébrant sera criminellement responsable d\u2019avoir ainsi célébré un mariage forcé».Tant la Coalition avenir Québec que le Par ti québécois s\u2019étaient déjà inquiétés de la possibilité que la position de Québec entraîne des dérives religieuses.«Le gouvernement Couillard ne s\u2019en rend probablement pas compte, mais il ouvre toute grande la porte à la normalisation des mariages forcés », avait notamment indiqué le député caquiste Simon Jolin- Barrette.Nuance Au-delà de cette question, l\u2019enregistrement met en relief que la nuance linguistique employée par le représentant de la procureure générale a échappé à la juge Alary \u2014 qui donne pourtant raison à Québec sur le fond dans le dossier visé.« Dans la mesure où des conjoints font appel à un ministre du culte pour célébrer un mariage uniquement religieux, le Tribunal ne voit pas pourquoi ce ministre du culte devrait faire parvenir au Directeur de l\u2019état civil la déclaration de mariage, écrit la juge dans son jugement.Certes, les parties ne seront pas alors mariées civilement et ne pourront nullement réclamer ce statut juridique du point de vue civil.» Alain Roy s\u2019étonne au- jourd\u2019hui d\u2019entendre le procureur employer des mots qui, au final, décrivent tous un\u2026 mariage \u2014 du moins au sens où il s\u2019entend généralement.« Je ne suis pas sûr qu\u2019il y avait une nuance, dit-il, d\u2019autant que la cause por tait sur un mariage.» Révélé il y a six semaines, le dossier a soulevé un vif débat sur la portée juridique des mariages religieux.Après quelques jours de confusion, le premier ministre Couillard était intervenu pour affirmer que si «on a le goût de se marier, on se marie.Il y a un versant de droit civil associé à ça, il y a le versant religieux et spirituel également, et les deux, de tout temps, ont coexisté ».C\u2019est aussi la compréhension du Diocèse de Montréal, qui a indiqué que l\u2019Église ne célèbre pas autre chose que des mariages en bonne et due forme.Le Devoir MARIAGE Les cérémonies religieuses n\u2019intéressent pas Québec Comment est-ce que ça peut intéresser l\u2019État que les gens fassent ça ?C\u2019est comme prier, à la limite.Ça ne concerne personne d\u2019autre.Le procureur du Québec, à propos des cérémonies de mariage religieux « » M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L\u2019 Assemblée nationale a obser vé une minute de silence mercredi en l \u2019honneur du « grand entrepreneur et bât isseur » Ber nard La- marre, qui s\u2019est éteint il y a trois semaines.La ministre de l\u2019Économie, Dominique Anglade, a salué le legs d\u2019« un visionnaire, un homme audacieux doté d\u2019une intelligence et d\u2019une énergie \u2014 surtout d\u2019une énergie \u2014 redoutables».«M.Lamarre a contribué, tout au long de sa carrière, à ériger des monuments.Avec son départ, c\u2019est justement un monument du génie québécois qui nous qu i t t e , mais , soyons sans crainte, son legs perdurera », a-t-elle d é c l a r é e n chambre.Le député péquiste Alain Therrien a souligné que l\u2019ambition du fondateur de la firme Lavalin ne connaissait «pas de limite» : complexe hydroélectrique de la Baie James, parachèvement du Stade olympique de Montréal, estacade du pont Champlain, autoroute Ville-Marie, pont-tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine sans compter de «nombreux projets à l\u2019étranger».«M.Lamarre demeurera à jamais associé à l\u2019émergence du Québec inc., il représente une véritable fierté pour toutes les Québécoises et tous les Québécois», a-t-il dit.Bernard Lamarre a permis au «Québec francophone» de «lever la tête», a poursuivi le chef ca- quiste, François Legault.«C\u2019était un visionnaire, quelqu\u2019un qui n\u2019était pas satisfait de la situation économique au Québec.Moi, il m\u2019a toujours dit : \u201cFrançois, on peut faire beaucoup mieux que ce qu\u2019on fait actuellement.\u201d Et il croyait en l\u2019éducation, il croyait en l\u2019innovation\u2026» M.Legault a profité de l\u2019hommage à M.Lamarre pour inviter le gouvernement libéral à « suivre de près la situation de SNC-Lavalin qui [\u2026] est vulnérable à une prise de contrôle étrangère».Le Devoir BERNARD LAMARRE 1931-2016 L\u2019Assemblée nationale rend un dernier hommage JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le ministre de l\u2019Environnement, David Heurtel, rejette les allégations de la CAQ.M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L\u2019 entreprise Premier Tech a bénéficié du monopole dans un marché de fosses septiques pendant près de deux ans, et ce, grâce au gouvernement libéral, soupçonne la Coalition avenir Québec.Le parti politique de François Legault a reproché mercredi au ministre de l\u2019Environnement , David Heur tel , d\u2019avoir favorisé l\u2019entreprise Premier Tech \u2014 où l\u2019ex-collec- teur de fonds libéral Marc- Yvan Côté était administrateur jusqu\u2019à son arrestation par l\u2019Unité permanente anticor- r uption (UPAC) il y a près d\u2019un mois \u2014 au moyen d\u2019un décret sur l\u2019évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées, qui a été adopté par le Conseil des ministres le 16 juillet 2014.« Est-ce que le ministre de l\u2019Environnement a subi des influences de la par t de Marc- Yvan Côté, des dirigeants de Premier Tech ?» s\u2019interrogeait à voix haute l\u2019élu caquiste François Bonnardel, tout en pointant un échange de cour- riels datant de la campagne électorale de 2008 qui mêlent des dirigeants de Premier Tech et de Roche, dont Marc- Yvan Côté.« Charrest [sic] et Norman- deau arbore [sic] dans la volonté du Conseil des Îles de traiter les eaux usées et le candidat Chevarie en fait un cheval de bataille, souligne André Côté de Roche à Henri Ouellet de Premier Tech.Il faudrait deux [chèques] personnels de 1000 $ (75 % de crédit d\u2019impôt) faits au nom du Parti libéral du Qc», ajoute-t-il.Plus de cinq ans plus tard \u2014 « coïncidence», selon la CAQ \u2014, le ministre David Heurtel recommande de nouvelles normes de rejet des eaux usées pour les résidences isolées qui bénéficient à première vue à Premier Tech.Le Conseil des ministres les entérine le 16 juillet 2014.«Ce règlement avait eu le malheur d\u2019instaurer un monopole pour le système DpEC de Premier Tech.À cause de celui-ci, il y a des citoyens du Québec qui étaient dans l\u2019obligation de se procurer un tel système qui pouvait coûter jusqu\u2019à 40 000dollars», a déploré le député caquiste Mathieu Lemay en commission parlementaire.Autre «coïncidence», selon la CAQ: «Tech a aussi obtenu [ce même 16 juillet 2014] son certificat de conformité du Bureau de la nor mal i sa t i on du Québec pour cet te technologie DpEC», a- t-il ajouté, tout en précisant que l\u2019un des membres du conseil d\u2019administration du Bureau de normalisation était au même moment employé par Premier Tech.«Est-ce pour cette raison que vous avez présenté une révision du règlement dimanche dernier ?» a demandé M.Lemay à M.Heurtel moins d\u2019une semaine après le retrait de Sam Hamad du Conseil des ministres.M.Heurtel a dit avoir toujours révisé la réglementation de « bonne foi ».Il a accusé la CAQ de « faire de la petite politique » à coups « [d\u2019]associations, [d\u2019]amalgames qui n\u2019ont aucun lien avec la réalité ».«Ce qu\u2019insinue le député est assez sérieux.[\u2026] S\u2019il a quelque preuve que ce soit qu\u2019il y a eu une intervention ou une forme d\u2019ingérence, je demande qu\u2019il les dépose dès maintenant», a-t- il tonné tout en tapant du doigt sur une table.Avant la CAQ L\u2019ancien ministre péquiste Richard Le Hir a questionné \u2014 48 heures avant la CAQ \u2014 les motivations du gouvernement libéral derrière le décret du 16 juillet 2014.« Dimanche, à Val -D\u2019Or, aussi discrètement que possible , [M.] Heur tel, a annoncé des mesures qui ont pour e f fe t d\u2019éliminer le monopole, un peu trop voyant dans le contexte actuel, mais d\u2019of frir \u201cun crédit d \u2019 impôt de 20 % dont le montant pourra atteindre 10 000 $ sur les travaux excédant 2500 $\u201d, ce qui est le cas de la solution Premier Tech », a-t-il écrit dans un article hébergé sur le site Web vigile.quebec avant de conclure : «Les magouilles amorcées sous le gouvernement Charest se poursuivent.» Le Devoir EAUX USÉES La CAQ soupçonne les libéraux d\u2019avoir favorisé Premier Tech Bernard Lamarre R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec L es grandes chaînes multinationales tout comme les commerces locaux pourront continuer à af f icher leur marque de commerce en anglais seulement.Le gouvernement Couillard, qui doit publier sous peu un règlement sur l\u2019af fichage commercial, évitera de toucher aux marques de commerce anglaises.Les entreprises ne seront pas tenues d\u2019y apposer un descriptif, ou encore un slogan, en français.L\u2019affichage en français serait requis ailleurs sur la façade des entreprises.C\u2019est le ministre responsable de la Promotion et de la Protection de la langue française, Luc Fortin, qui doit en faire l\u2019annonce.En l\u2019absence d\u2019une modification législative en bonne et due forme de la Charte de la langue française, le gouvernement, en contraignant par règlement les entreprises à ajouter dans l\u2019af fichage des mots français à leur marque, se serait exposé à des contestations en Cour.Il a donc décidé de se plier aux souhaits des multinationales.Le règlement a fait l\u2019objet d\u2019intenses consultations avec leurs représentants.Jugement défavorable L\u2019an dernier, la Cour d\u2019appel du Québec avait confirmé un jugement de première instance qui statuait que la Charte de la langue française, à défaut de changements apportés à la loi 101, ne permettait pas à l\u2019Office québécois de la langue française (OQLF) de forcer des détaillants à ajouter des descriptifs en français à leur marque anglaise.Best Buy, Costco Wholesale, Cur ves, Guess, Gap, Old Navy, Toys «R» Us et Walmar t avaient eu gain de cause.Le gouvernement avait décidé de ne pas demander la permission d\u2019en appeler en Cour suprême.Philippe Couil- lard avait dit de toutes ces entreprises au nom anglais qu\u2019elles manquaient de «délicatesse » en refusant d\u2019y ajouter un peu de français.Pour la Coalition avenir Québec et Québec solidaire, il existe une solution simple: que le gouvernement ouvre la loi 101.«Visiblement, le gouvernement recule, a indiqué Françoise David, de QS.Un explicatif en français, je pense que c\u2019est la moindres des choses.» Avant de crier victoire, le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) attend de lire le règlement.« Le diable est dans le détail», a livré au Devoir Nathalie St-Pierre, vice-présidente du CCCD.Le Devoir AFFICHAGE Le gouvernement Couillard cède devant les entreprises étrangères Les marques de commerce n\u2019auront pas à être francisées JACQUES NADEAU ARCHIVES LE DEVOIR Une manifestation pour l\u2019affichage en français, à Montréal «Ce règlement avait eu le malheur d\u2019instaurer un monopole pour le système DpEC de Premier Tech» L E D E V O I R , L E J E U D I 1 4 A V R I L 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 6 Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi AVIS LÉGAUX & APPELS D\u2019OFFRES HEURES DE TOMBÉE AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa responsa - bilité se limite au coût de la parution.AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné que, à la suite du décès de Neil Dufresne, en son vivant domicilié au 2175, Avenue Étienne- Brûlé, Montréal, Québec, H2B 1Z1, survenu le 28 novembre 2015, un inventaire des biens du défunt a été fait par les liquidateurs, Cécilia Dufresne et Normand Dufresne, le 11 avril 2016, devant Me Danielle A.Bertrand, notaire à Montréal, Québec, Canada, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés, à l'étude de Me Danielle A.Bertrand, notaire, sise au 410, boulevard Henri- Bourassa est, bureau 204, Montréal, Québec, H3L 1C4 Donné ce 11 avril 2016 Cécilia Dufresne et Normand Dufresne AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE AVIS est par les présentes donné par Nicole et Michèle Moren- cy, liquidatrices de la succession de Céline Morency, décédée le 14 novembre 2015 et domiciliée au numéro 66, boul.René-Lé- vesque Est, chambre 808, Montréal, H2X 1N3, que l'inventaire successoral a été dressé et qu'il peut être consulté par les intéressés à l'étude de Liliane May- rand-Provencher, notaire, 3714, Ontario Est, suite 101, Montréal, H1W 1R9 AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Claude Haris- sart, en son vivant domicilié au 300 Place Juge-Desnoyers, TC512, Laval, Québec, H7G 4R1, est décédé à Laval, Québec, le 3 novembre 2015.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Daniel Théorêt, notaire au 3095, Boul.Dagenais Ouest, Laval, Qc, H7P 1T8.Donné à Laval, Québec, ce 11 avril 2016.Francine Harissart, liquidatrice Appel d\u2019offres AVIS est donné que le secrétaire d\u2019arrondissement recevra, sous pli cacheté, avant 14 heures, le 29 avril 2016, au 201, avenue Laurier Est, rez-de-chaussée, Montréal (Québec) H2T 3E6, des soumissions pour le contrat suivant : Soumission DDTTP54-16-03 Réaménagement géométrique de diverses intersections Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 14 avril 2016.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Toute soumission doit être présentée avec un cautionnement de soumission égal à 10 % du montant total de la soumission, conformément au cahier des charges.Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires préparés à cette fin et placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement au bureau d\u2019arrondissement situé au 201, avenue Laurier Est, rez-de-chaussée, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation ni aucun frais d\u2019aucune sorte envers le ou les soumissionnaires.Renseignements : Monsieur Luc Martel Courriel : luc.martel@ville.montreal.qc.ca Montréal, le 14 avril 2016 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Me Claude Groulx Services institutionnels Gestion et planification immobilière Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : travaux Appel d\u2019offres : 5831 Descriptif : Aménagement du Grand Costumier, Phase 2 Date d\u2019ouverture : 02 mai 2016 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission (cautionnement, chèque visé ou garantie bancaire) Renseignements : pour toute question, s\u2019adresser à immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Visites : Les visites sont individuelles.La date limite pour prendre rendez-vous est le 19 avril 2016, à 15h.Les visites auront lieu du 21 au 22 avril 2016 inclusivement, selon l\u2019horaire suivant : à chaque heure de 9h à 12h et de 13 à 15h.pour prendre rendez-vous, s\u2019adresser à immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 14 avril 2016 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fourni en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 14 avril 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 16-14944 Services professionnels pour l\u2019hébergement, l\u2019exploitation et l\u2019évolution du système imagétique de la cour municipale L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 20 avril 2016 est reportée au 25 avril 2016 à 14 h dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Montréal, le 14 avril 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019intérêt : 16-00004 Avis d\u2019appel d\u2019intérêt pour la fourniture d\u2019équipements de signalétique et d\u2019information aux voyageurs statiques et dynamiques, avec ou sans composantes interactives L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 15 avril 2016 est reportée au 20 avril 2016 à 11 h dans les locaux du Service de l\u2019approvisionnement.Montréal, le 14 avril 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Services institutionnels Gestion et planification immobilière Catégorie : travaux Appel d\u2019offres : 5832 Descriptif : Construction d\u2019un nouvel atelier et bâtiment administratif sur le site du complexe Atwater L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 20 avril 2016 est reportée au 4 mai 2016 à 14 h au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6.Montréal, le 14 avril 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Les documents de cet appel d\u2019offres pourront être obtenus par le Système électronique d\u2019appel d\u2019offres (SEAO) à partir du mercredi 13 avril 2016 en consultant le site Internet www.seao.ca.Les documents seront obtenus au coût établi par le SEAO.Les soumissionnaires peuvent également obtenir plus d\u2019informations sur cet appel d\u2019offres en visitant le site Internet de la SPJD www.parcjeandrapeau.com 20160414INVSP Services professionnels, code-norme-sécurité, PAMV APPEL D\u2019OFFRES Avis public ADOPTION ET ENTRÉE EN VIGUEUR AVIS PUBLIC est par les présentes donné que le conseil d\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint- Michel\u2013Parc-Extension a adopté, lors de sa séance ordinaire tenue le 2 février 2016, les règlements suivants : RCA04-14003-3 : Règlement sur les projets particuliers de construction, de modification ou d\u2019occupation d\u2019un immeuble de l\u2019arrondissement (RCA04-14003).RCA06-14001-12 : Règlement sur les plans d\u2019implantation et d\u2019intégration (RCA06-14001).RCA14-14005-1 : Règlement sur le lotissement (RCA14-14005).01-283-88 : Règlement de zonage de l\u2019arrondissement (01-283).En date du 8 avril 2016, un certificat de conformité a été délivré relativement à ces règlements.Toute personne intéressée peut consulter ces règlements au Bureau Accès Montréal situé au 405, avenue Ogilvy, du lundi au vendredi, aux heures habituelles de bureau.Les règlements peuvent également être consultés sur le site internet de la Ville www.ville.montreal.qc.ca/reglements.PRENEZ EN OUTRE AVIS que lesdits règlements sont entrés en vigueur le 8 avril 2016.Le 14 avril 2016 La secrétaire d\u2019arrondissement, Danielle Lamarre Trignac, avocate, M.A.Appel d\u2019offres public Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 11 h, le 2 mai 2016, à la mairie de l\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc- Extension, 405, avenue Ogilvy, bureau 100, Montréal.Catégorie : Exécution de travaux Appel d\u2019offres : PARCS-15-02 Descriptif : Réaménagement d\u2019un terrain de balle - parc Villeray Date d\u2019ouverture : Le 2 mai 2016 Documents : Les personnes et les entreprises intéressées par ces contrats peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par SÉAO.Renseignements : appelsdoffres.infos.dgpv@ville.montreal.qc.ca Pour être considérée, chaque soumission doit être placée dans les enveloppes appropriées cachetées et porter l\u2019identification indiquée dans les instructions aux soumissionnaires.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement à la mairie d\u2019arrondissement, 405, avenue Ogilvy, bureau 200, Montréal, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal (arrondissement de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc- Extension) ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Le 14 avril 2016 La secrétaire d\u2019arrondissement, Me Danielle Lamarre Trignac C H R I S T I A N R I O U X à La Flèche et au Mans Quelle place occuperont les motifs profonds de la fondation de Montréal lorsque viendra, dans quelques mois à peine, le temps de célébrer le 375e anniversaire de la métropole?Nul ne le sait encore précisément.À La Flèche et au Mans, on n\u2019a pas attendu de connaître le programme détaillé des festivités du 375e anniversaire de Montréal pour commencer à s\u2019intéresser aux fondateurs de Ville-Marie.Les 8 et 9 avril, un colloque organisé par le diocèse de Mans réunissait une douzaine d\u2019historiens autour de la figure de Jérôme Le Royer de la Dauversière.Si Maisonneuve a fondé politiquement et défendu pied à pied Ville-Marie, si Jeanne Mance a fondé l\u2019Hôtel-Dieu et secondé Mai- sonneuve, c\u2019est sans nul doute Jérôme Le Royer qui doit être considéré comme le maître d\u2019œuvre de cette opération.C\u2019est à lui que l\u2019on doit non seulement la fondation des Hospitalières de La Flèche, qui prendront en main l\u2019Hôtel- Dieu de Montréal, mais sur tout l\u2019idée même de fonder Montréal, qui se concrétisera par la création de la Société Notre-Dame de Montréal avec le sulpicien Jean- Jacques Olier.C\u2019est sur les quais de l\u2019ancien port de La Flèche, aujourd\u2019hui devenu une promenade, explique l\u2019historien Jean Petit, professeur honoraire au Collège du Prytanée à La Flèche, que Jérôme Le Royer a dit au revoir aux Tremblay et aux Cadieux qui allaient rejoindre Nantes et La Rochelle avant de s\u2019embarquer pour Montréal.C\u2019est Jérôme Le Royer qui recruta lui-même Maisonneuve et Jeanne Mance, ainsi que la plupart des premiers colons, tout en assurant la survie financière du projet.Selon Jean Petit, jamais Jérôme Le Royer ne se serait intéressé à la Nou- velle-France s\u2019il n\u2019avait fait sa scolarité au collège jésuite de La Flèche.L\u2019institution avait alors un rayonnement international.Dans les mêmes années, elle a formé René Descartes et François de Montmorency de Laval.Le missionnaire canadien Jérôme Lallemant en fut aussi recteur.C\u2019est là que le jeune Jérôme croisera père Ennemond Massé, qui avait séjourné deux ans en Acadie.«Peut- être faut-il voir dans les récits de ce dernier l\u2019origine et l\u2019enthousiasme premier de Jérôme Le Royer de la Dau- versière pour la mission évangélisatrice de la Nouvelle-France, en dehors de tout esprit de colonisation mercantile», dit Jean Petit.Une œuvre spirituelle Car, contrairement à Québec, Montréal est le pur produit de la Réforme catholique issue du concile de Trente et de son nouvel esprit missionnaire.Pendant 20 ans, Montréal eut essentiellement pour mission d\u2019évangéliser les «sauvages», jusqu\u2019au rapatriement de Maisonneuve en 1665.Jérôme Le Royer est ce qu\u2019on appelle un «dévot», un laïc avide de perfection spirituelle et de réévangélisation.Au collège, dit Jean Petit, il reçoit une formation littéraire et scientifique et s\u2019engage, comme le voulait la pédagogie des Jésuites, dans des «congrégations» où de «jeunes gens de divers âges devaient s\u2019entraider régulièrement en s\u2019engageant à pratiquer en commun des œuvres de charité spirituelle et matérielle ».Une sorte de «pédagogie nouvelle» avant la lettre.À cette époque, ce qu\u2019on nomme la «reconquête catholique» prend la forme d\u2019une œuvre missionnaire qui s\u2019étend aussi bien à la Bretagne et à l\u2019Auvergne qu\u2019au Canada.«Le catholicisme redevient alors une religion conquérante », dit l\u2019historien Olivier Landron, de l\u2019Université catholique de l\u2019Ouest.Des dizaines de nouvelles communautés religieuses se créent.On ouvre des hospices et des hôpitaux.La Flèche, à 50 kilomètres de la grande capitale intellectuelle protestante qu\u2019est Saumur, joue un rôle capital.C\u2019est dans ce contexte que Jérôme Le Royer va concevoir l\u2019idée de fonder Montréal, dit Catherine Marin, maître de conférences à l\u2019Institut catholique de Paris.Pour cela, il devra s\u2019allier à Jean-Jacques Olier, « l\u2019homme incontournable de l\u2019Église de France, qui est déjà très impliqué dans l\u2019évangélisation de la Bretagne et de l\u2019Auvergne», dit-elle.« Cela fait vingt ans qu\u2019il entend parler du Canada.[\u2026] Il s\u2019agit pour lui de fonder au Canada une nouvelle Jérusalem, une nouvelle société primitive proche du Christ qui retrouverait l\u2019esprit des premiers chrétiens et qui pourrait même avoir un ef fet boomerang sur notre vieille société, qui n\u2019a pas su être fidèle à son message.» «Une seule race» Avec Sillery, fondé par les Jésuites pour sédentariser les autochtones, Montréal est un des rares endroits en Amérique du Nord où les colons ont conçu le projet de fusionner avec les populations autochtones.À Montréal, «on favorise la sédentarisation des Indiens et on veut fusionner les populations indienne et française pour fonder \u201cune seule race\u201d, comme l\u2019écrit Marie de l\u2019Incarnation.Il s\u2019agit d\u2019opérer une fusion sur un soc spirituel solide [\u2026] pour le salut du monde».Pour la théologienne de l\u2019Université Laval Marie-Thérèse Nadeau-La- cour, il ne fait pas de doute que «le projet Montréal est une épopée qui prend racine dans le cœur des mystiques ».D\u2019ailleurs, que fait-on le 17 mai 1642, alors que l\u2019on vient de débarquer des canots?On chante le veni creator, on dit une messe et on expose le Sacré-Cœur.Tout cela avant d\u2019abattre le premier arbre et de construire la première palissade.Plus fondamentalement, pour la théologienne, c\u2019est vraiment l\u2019esprit des Jésuites, qui allie la foi et l\u2019action, qui influencera la plupart des fondateurs de Montréal.«En tout, une trentaine de Jésuites ont participé d\u2019une façon ou d\u2019une autre à la fondation de Montréal.Jérôme Lalle- mant fut notamment le directeur spirituel de Jeanne Mance et de Marie de l\u2019Incarnation.» On ne s\u2019étonnera pas que plusieurs aient conçu le projet de faire canoniser Jérôme Le Royer.L\u2019affaire est d\u2019ailleurs déjà engagée, puisque celui-ci a été déclaré «vénérable» le 6 juillet 2007.À quand la canonisation?Pour cela, il faut «s\u2019en remettre à la providence», conclut diplomatiquement le père Bernard Ardura, président de la Commission pontificale des sciences historiques.Pourquoi pas un miracle en 2017\u2026 Le Devoir Ces «dévots » qui ont fondé Montréal À l\u2019aube du 375e anniversaire, un colloque rappelle que la fondation de Montréal fut d\u2019abord l\u2019œuvre de la Réforme catholique ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Une statue de Jérôme Le Royer à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, dont il a fondé l\u2019organisation administratrice, les Hospitalières de La Flèche.N\u2019oublions pas les dimensions historique et spirituelle Lorsqu\u2019en 1998, les commissions scolaires sont devenues linguistiques, la Commission scolaire Jérôme-Le-Royer a été renommée Commission de la Pointe-de-l\u2019Île.«Ce n\u2019est pas un nom qui vous incite à découvrir vos racines, dit l\u2019archevêque de Montréal, Mgr Lépine.[\u2026] Cacher, couper, ignorer nos racines, voilà où nous en sommes ! » Invité à La Flèche et au Mans pour le colloque sur Jérôme Le Royer, Mgr Lépine dit s\u2019inquiéter de la place de l\u2019histoire et de la dimension spirituelle dans les célébrations du 375e anniversaire de Montréal.La dimension historique du 375e est-elle importante pour vous?Sur le plan humain, on gagne toujours à garder contact avec nos sources et notre histoire.Il faut conserver le sens de l\u2019histoire, autrement, on risque de penser que tout a commencé avec nous.On peut apprendre des grandeurs, on peut corriger certaines choses, mais il faut avoir le sens de nos racines.Sommes-nous dans un creux à cet égard?On est à la fois dans un creux et dans une ouverture.Je crois que la soif des racines demeure, même si chacun vit une vie un peu trop rapide et qu\u2019on n\u2019a pas toujours le temps de s\u2019en occuper.Je ne crois pas qu\u2019on puisse résumer notre histoire aux seules dimensions économiques et sociales.Les gens qui se sont engagés dans cette œuvre de la fondation d\u2019un pays étaient aussi motivés par des facteurs spirituels.D\u2019où est venue cette idée unique de fonder «une seule race» à Montréal, comme disait Marie de l\u2019Incarnation et comme l\u2019écrivait Champlain?Cela vient de Français qui étaient aussi chrétiens.C\u2019est vraiment particulier à la civilisation française et catholique, pour qui la dimension économique n\u2019était pas exclusive.Il y avait le facteur humain, le fait de rencontrer d\u2019autres civilisations, d\u2019autres aspects de l\u2019humanité qu\u2019on ne connaissait pas.On voulait les découvrir et apprendre à vivre avec eux.Il y a eu des conflits, mais cela faisait partie de la motivation des premiers colons.La dimension historique sera-t-elle présente dans les célébrations du 375e?Je sais qu\u2019il y a un souci d\u2019accueillir l\u2019histoire.Des gens qui ont ce souci et qui nous aident à découvrir nos racines, il y en a.Mais il faudra prendre le temps de le faire. L E D E V O I R , L E J E U D I 1 4 A V R I L 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 7 J E A N N E C O R R I V E A U L a Ville de Montréal a enregistré un surplus de 145,8 millions de dollars en 2015 grâce à des revenus de taxes plus élevés qu\u2019anticipé, notamment au chapitre des droits de mutation.Un tel ex- cédent ne signifie pas pour autant que les Montréalais auront droit à une baisse de taxes l\u2019an prochain, a prévenu le président du comité exécutif, Pierre Desrochers.Le surplus, annoncé lors du dépôt des états financiers par la Ville mercredi, est moins élevé que celui de 2014, qui atteignait 214 millions.Pour 2015, les revenus de la Ville ont totalisé 4,9 milliards, dont 3,17 milliards en recettes d\u2019impôts fonciers, soit une augmentation de 58,5 millions par rapport au budget anticipé et une hausse de 109 millions si on les compare à 2014.Les grands projets hospitaliers du CUSM et du CHUM, qui ont généré des compensations tenant lieu de taxes de 14 millions, ont contribué à hausser les revenus de la Ville.Les droits de mutations immobilières (communément appelés «taxe de Bienvenue») se sont chiffrés à 162 millions, soit 31,8 millions de plus que les prévisions.Concernant la rémunération des employés, qui a atteint 2,4 milliards, la Ville note que la loi sur la réforme des régimes de retraite lui a permis de dégager 32,8 millions.En revanche, les revenus d\u2019amendes et de pénalités, dont les contraventions de circulation et de stationnement, se sont avérés moins élevés qu\u2019anticipé.Ils ont atteint 170 millions (contre 178 millions en 2014), alors que la Ville avait budgété près de 200 millions.L\u2019administration Coderre est déjà à couteaux tirés avec la Fraternité des policiers concernant cette question.« On est préoccupés par ces diminutions, pas tellement du point de vue financier, mais parce que les contraventions, c\u2019est un signe de sécurité », a souligné M.Desrochers.Quant à la rémunération des heures supplémentaires, elle a atteint 104,1 millions, soit 32,2 millions de plus que prévu.Pas de baisse de taxes Malgré les surplus de 2015, Pierre Desrochers ne s\u2019aventure pas à promettre un gel de taxes pour les Montréalais l\u2019an prochain, et encore moins une baisse de l\u2019impôt foncier.« On verra en fonction du budget, mais il est clair qu\u2019on a un engagement de ne pas augmenter les taxes plus que l\u2019inflation », a-t-il dit.Les surplus de la Ville de 145,8 millions se partagent entre la ville centre (61,7 millions), les arrondissements (72,1 millions) et le conseil d\u2019agglomération 12 millions.Ils ont fait en sorte que les surplus accumulés ont grimpé à 472 millions \u2014 de 706,9 millions si on tient compte des réserves pour l\u2019eau, la voirie et les immobilisations.De cette somme, 209,8 millions n\u2019ont pas été réaffectés.À l\u2019échelle du budget de la Ville, ce montant demeure « fragile», soutient M.Desrochers.« Il restera toujours un cer tain montant d\u2019argent qui va être conservé juste pour suppléer aux urgences et aux éléments qui seraient vraiment hors de notre contrôle», a-t-il expliqué.Comptabilité créative L\u2019opposition à l\u2019Hôtel de Ville signale qu\u2019en administration publique, un surplus n\u2019est pas nécessairement synonyme de « bonne gestion ».« Ou bien tu es allé chercher plus de revenus que ce dont tu avais besoin.C\u2019est ce que l\u2019administration Coderre a fait.Ou tu as coupé des services que tu ne donnes plus.C\u2019est ce que l\u2019administration a fait » , a expliqué le conseiller Guillaume Lavoie.Selon lui, l\u2019administration Co- derre fait preuve de «comptabilité créative».À titre d\u2019exemple, dit-il, les revenus de 14 millions pour les superhôpitaux étaient prévisibles et ont été volontairement ignorés dans la confection du budget 2015 : « Denis Co- derre devait être le seul citoyen à Montréal qui ne savait pas que le CHUM et le CUSM s\u2019en venaient et qu\u2019on aurait des revenus de taxes.» Guillaume Lavoie s\u2019inquiète aussi de voir la dette nette grimper à 4,6 milliards en 2015.« Où est le plan de remboursement à long terme du maire?[\u2026] Soit il n\u2019en a pas, soit il en a un et il ne veut pas nous le partager.» Le Devoir VILLE DE MONTRÉAL Un surplus de 146 millions, sans baisse de taxes en vue F A B I E N D E G L I S E Le monopole d\u2019une poignée de réseaux sociaux, l\u2019info- nuagique et les servitudes imposées aux internautes par quelques entreprises privées sont en train de tuer la créativité, tout comme la sécurité et la vie privée en ligne, estime l\u2019inventeur du Web, Tim Berners-Lee.De passage à Montréal mercredi, dans le cadre de la 25e Conférence internationale du World Wide Web, WWW 2016, l\u2019homme a d\u2019ailleurs appelé à une refondation complète de l\u2019Internet pour en refaire cet outil de partage ouvert, décentralisé et stimulant qu\u2019il n\u2019aurait jamais dû cesser d\u2019être.«L\u2019actuelle génération du Web [que Tim Ber- ners-Lee a imaginé et mis au monde au début des années 90, alors qu\u2019il était employé par le Conseil européen pour la recherche nucléaire] doit désormais faire place à une nouvelle plateforme, qui va faire naître la prochaine plateforme» de partage de l\u2019information en réseau, a indiqué l\u2019illustre informaticien, au- jourd\u2019hui professeur à la School of Electronics and Computer Science de l\u2019Université de Southampton en Grande-Bretagne.L\u2019homme est optimiste, mais il voit également très bien les failles qui se sont formées sur son réseau, et ce, sous la dictature, entre autres, des Facebook, Twitter, LinkedIn et consorts, qui sont en train de tuer l\u2019innovation, la richesse et le partage sous couvert de convivialité, d\u2019interconnectivité sociale et de divertissement, dit-il.Ces réseaux transforment les internautes «en télézards [couch potatos], à nouveau», estime M.Berners-Lee.«Ils nous enferment dans la facilité et la passivité» tout en cultivant cet Internet fonctionnant en silos dans lequel le partage, la collaboration, l\u2019ouverture sur le savoir et sur le monde ne peuvent, du coup, être qu\u2019illusoire, ajoute-t-il.Centralisation néfaste La centralisation des nouvelles habitudes numériques, entre les mains d\u2019une petite caste de fournisseurs de services, est d\u2019ailleurs néfaste à plus d\u2019un titre, a indiqué Tim Berners-Lee que le gouvernement britannique a nommé récemment gardien de la neutralité de l\u2019Internet, particulièrement lorsqu\u2019il est question de sécurité et de protection de la vie privée.«L\u2019architecture de l\u2019Internet doit être repensée pour renforcer le droit des internautes sur leurs données personnelles, dit-il.Lorsque vous mettez une par tie de ces données dans l\u2019infonua- gique [c\u2019est ce qui se passe avec des services comme Facebook, Gmail, Drop- box et autres services connectés sur plusieurs appareils], vous devez vous battre pour revendiquer vos droits sur ces données.Une serrure [pour accéder à ses données personnelles] placée sur un serveur distant [appartenant à une entreprise cali- fornienne, à titre d\u2019exemple] représente un risque inutile », ajoute-t-il, tout en militant pour que ces données personnelles et ces clefs soient à l\u2019avenir la seule propriété et le seul privilège des internautes.Un appel à peine caché à la révolution, à un profond changement de paradigme, à l\u2019écouter, puisque «l\u2019Internet monopolisé par les gouvernements et les compagnies privées», plutôt que par les citoyens, assure, selon lui, un environnement parfait non pas pour changer le monde de la connaissance, comme il l\u2019a rêvé, mais pour « tuer l\u2019innovation » par la contrainte et la soumission\u2026 Le Devoir Tuer le Web pour le faire renaître de ses cendres 4,9 milliards de dollars : c\u2019est le montant qu\u2019ont atteint les revenus de la Ville de Montréal pour l\u2019année 2015.J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U Le Conseil d\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Car tier ville a maintenu à l\u2019unanimité sa décision de démolir une ancienne usine de munitions datant de la Seconde Guerre mondiale, la Montreal Works.Entre 1943 et 1945, quelque 9000 femmes ont travaillé dans cette industrie de guerre, avant que la fabrique soit reconvertie pour divers usages.La démolition de ces vastes salles de bois, entérinée par une assemblée le 11 avril, doit permettre d\u2019établir un stationnement pour les camions de la Ville.«Ça peut paraître pas intéressant, des camions.C\u2019est probablement le cas », a dit la conseillère Émilie Thuillier, tout en appuyant rapidement comme ses collègues la démolition du lieu.Émilie Thuillier explique que l\u2019arrondissement cherchait depuis longtemps un terrain pour établir une cour de voirie.Personne selon elle «n\u2019avait dit que c\u2019était intéressant».Mais elle reconnaît désormais l\u2019intérêt du lieu, tout en justifiant la démolition.La conseillère de Projet Montréal a tenu à prendre la parole lorsque le conseil d\u2019arrondissement a tout d\u2019abord voulu expédier la décision parmi d\u2019autres affaires courantes.Le permis de démolir l\u2019ancienne usine de munitions était contesté par la Société historique d\u2019Ahuntsic-Car- tierville (SHAC), tout en soulevant l\u2019intérêt de divers groupes, dont Action patrimoine.«Malgré les appuis et la solidité de nos arguments, les élus de l\u2019arrondissement ont voté à l\u2019unanimité pour la démolition », a commenté mardi avec regret la Société historique d\u2019Ahuntsic- Car tier ville (SHAC).Tout comme Héritage Montréal, elle s\u2019opposait vivement à cette démolition, entamée avant même que le permis à cet effet ait été délivré.La SHAC accepte à contre- cœur de collaborer à un éventuel projet de commémoration du lieu qui doit comprendre une œuvre d\u2019ar t publique conçue à partir d\u2019éléments récupérés de la démolition.«Moi, c\u2019est ça qui me rassure, entre guillemets», a dit la conseillère Émilie Thuillier.De nouveaux projets Quelque 9000 ouvrières ont travaillé à l\u2019effort de guerre en cet endroit.«Moi, je trouve ça formidable que ça se soit passé là mais qu\u2019on puisse le souligner.» On s\u2019entend, affirme la conseillère de projet Montréal, qu\u2019il ne faut pas que ce soit une simple plaque commémorative placée entre deux tas de gravier de ce futur espace voué à la voirie municipale.« Mais le fait que les femmes aient travaillé dans les usines pendant que les hommes étaient partis au front, au combat, c\u2019est un fait majeur, incroyable, dans l\u2019histoire des femmes occidentales.N\u2019eût été cela, on serait peut-être encore peut-être toutes dans nos foyers.[\u2026] Je pense que c\u2019est un fait majeur.» Elle soutient qu\u2019une commémoration plutôt qu\u2019une conservation des lieux suffit.Pour historien Paul-André Linteau, professeur à l\u2019UQAM, le patrimoine montréalais «n\u2019est mis en valeur nulle part, sauf quelques exceptions, à l\u2019initiative de groupes.La Ville ne s\u2019investit pas beaucoup pour dégager la valeur historique des lieux.» À son avis, démolir cette usine «n\u2019est peut-être pas une bonne idée», bien qu\u2019on puisse trouver ailleurs d\u2019autres bâtiments plus importants.À son sens, en matière de patrimoine bâti, Montréal devrait plutôt s\u2019inspirer de ce qui se fait en Italie.«Il y a des milliers de bâtiments anciens qui sont réutilisés en Italie.Il faut proposer des d\u2019autres projets.C\u2019est clair qu\u2019à Montréal il n\u2019y a pas de volonté politique en ce sens.Et il est clair surtout que le personnel politique n\u2019est pas sensibilisé.» Le Devoir AHUNTSIC-CARTIERVILLE L\u2019ancienne usine Montreal Works sera démolie, confirme l\u2019arrondissement C A R O L I N E M O N T P E T I T M ark Landry, l\u2019itinérant du métro Joliette qui cour t dans les médias depuis quelques jours, avait récupéré ses trois violons mercredi.L\u2019homme de Moncton, qui vit dehors, dans un abri de fortune, à côté du métro Joliette, à Montréal, a dit avoir retrouvé le premier violon, initialement perdu, dans une ruelle de la rue Morneau, là où, dit-il, des filles s\u2019injectaient de la drogue.Le second violon, probablement celui qui avait été donné à Landr y par l\u2019Orchestre métropolitain de Montréal mardi, avait été confié à une amie.Cette femme, Annie Pineault, est une amie du réalisateur Guy Saint-Pierre, qui a réalisé en octobre un court métrage sur Landry, Un homme et son violon, présenté aux Rendez-vous du cinéma québécois.Annie avait accepté de garder le violon chez elle à la demande de Landr y.«Deux violons pour lui, c\u2019était trop difficile à gérer», dit-elle.Annie Pineault a déjà accueilli Landry chez elle au moment du tournage du court métrage.Elle lui a dit qu\u2018il pouvait venir le chercher n\u2019importe quand.Mais Landry, qui souffre de problèmes de santé mentale, ne trouvait plus sa porte ce matin.Il est passé par les médias pour signaler la perte de ce violon.Le troisième violon, celui qui avait été offert à Landry mardi par un citoyen, Guillaume Delisle, a lui aussi été confié à un ami, selon ce que Landry a dit à Annie Pineault mercredi.Un homme démuni Il faut dire, donc, que Mark Landry est un homme démuni, tant psychologiquement que financièrement.«Il couche au métro Joliette à l\u2019extérieur.Il a un matelas bien installé », dit Annie Pineault.Après la dif fusion de son documentaire, Guy Saint-Pierre a été en contact avec le fils et le frère de Landry, qui vivent tous deux à Moncton et qui font de la musique.«Son frère m\u2019a dit que contrairement à ce que Mark m\u2019avait dit, il n\u2019a pas suivi de cours de musique.Il a appris tout seul.C\u2019est un autodidacte.» «Ils connaissaient ses problèmes de santé mentale, dit Saint-Pierre.Sa famille a essayé de l\u2019aider.» Mark Landry a dit à Guy Saint-Pierre qu\u2019il souhaitait trouver un logement, entre autres pour avoir une adresse pour recevoir de l\u2019aide sociale.Mais ses problèmes rendent son intégration difficile, semble-t-il, même dans les refuges qu\u2019il fréquente parfois l\u2019hiver.Il a déjà raconté à Guy Saint-Pierre avoir cassé une vitre dans un de ces refuges.«Quand on lui parle, il part dans des hallucinations », dit Saint-Pierre.Mark Landry joue pourtant avec beaucoup d\u2019intensité différentes œuvres, raconte-t-il.S\u2019il était suivi, il pourrait sans doute faire des choses extraordinaires, avec son « talent et son côté intelligent», dit-il.Mais même avec tous les violons du monde, il ne semble pas que monsieur et madame Tout-le-Monde soient vraiment outillés pour le faire.«Ça n\u2019est pas facile d\u2019aider» ces gens-là, dit Saint-Pierre.«Il faut faire appel à des spécialistes.» Le Devoir Un homme et ses violons Souffrant de problèmes de santé mentale, l\u2019itinérant Mark Landry a récupéré ses violons, égarés JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les problèmes de Mark Landry rendent son intégration dif ficile, même dans les refuges qu\u2019il fréquente parfois l\u2019hiver venu.KEVEN LAVOIE (K PRODUXION)/SOCIÉTÉ D\u2019HISTOIRE D\u2019AHUNTSIC-CARTIERVILLE L\u2019ancienne usine de munitions datant de la Seconde Guerre mondiale fera place à un stationnement pour les camions de la Ville.Tim Berners-Lee Les talibans afghans ont annoncé mardi le début de leur « offensive du printemps » \u2014, en même temps que s\u2019amorcent les récoltes, immensément utiles à l\u2019ef fort de guerre, du pavot à l\u2019opium.Jamais, depuis leur renversement en 2001, les talibans n\u2019ont été en pareille position de force, sont obligés de reconnaître les généraux américains.in septembre 2015, les talibans avaient brièvement pris la ville de Kunduz, dans le nord du pays.Succès éphémère, néanmoins important, du moins sur le plan symbolique, comme c\u2019était la première fois qu\u2019ils s\u2019emparaient d\u2019une capitale provinciale depuis le début de la guerre lancée par les États-Unis et ses alliés dans la foulée du 11-Septembre.La prise de cette ville de 300 000 habitants était en tout cas venue doucher le mensonge américain voulant que la paci?cation du territoire afghan ait progressé malgré tout.Après quoi le président Obama s\u2019était rendu à l\u2019évidence qu\u2019il ne pourrait pas ramener à la maison les 10 000 GI qui s\u2019y trouvent encore avant la ?n de sa présidence, en janvier 2017, comme il l\u2019avait promis.Un bourbier en chassant un autre dans les bulletins de nouvelles, de l\u2019Irak à la Syrie, il reste que la situation dans laquelle se trouve la société afghane demeure terriblement violente et bloquée, et que le projet d\u2019État de droit dont l\u2019Occident aime tant draper ses interventions militaires à l\u2019étranger n\u2019a jamais été qu\u2019une vue de l\u2019esprit.Les talibans sont ces jours-ci aux portes de Lashkar Gah, capitale de la province d\u2019Hel- mand, qui est aussi la première région productrice au monde d\u2019opium et d\u2019héroïne.Ce qui n\u2019est évidemment pas un hasard, comme le commerce du pavot, dont la récolte vient de commencer, est devenu une formidable et essentielle source de financement pour les talibans.Quelque 90 % de la production mondiale d\u2019opium est afghane et les deux tiers de cette production proviennent d\u2019Helmand, province du Sud- Ouest collée sur la frontière du Pakistan.D\u2019importants efforts d\u2019éradication du pavot ont été faits ces dernières années, non sans succès.Or, signe de pourrissement chronique de la situation sécuritaire, pourrissement qui se mesure en milliers de morts parmi les forces gouvernementales, les autorités ont renoncé cette année à mener des opérations d\u2019éradication devant l\u2019avancée des talibans, qui contrôlent maintenant la moitié du territoire provincial.Qu\u2019elles renoncent serait également le signe qu\u2019en parallèle, la corruption qui gangrène la police et l\u2019armée a pris des proportions que le nouveau président Ashraf Ghani, élu en 2014 sur promesses creuses de mise en ordre institutionnelle, n\u2019arrive pas à endiguer.C\u2019est ainsi que le nouveau chef de la sécurité au ministère de la lutte antidrogue, le major Alokozai, aurait apparemment acheté son rang et son poste \u2014 puisque de tels postes sont monnayables en Afghanistan \u2014 pour la somme impressionnante de 100 000 $US, selon un récent papier du New York Times.Ce qui donne à penser, plausiblement, que ce monsieur manifestement peu quali?é aurait été soudoyé pour que soient annulés les programmes d\u2019éradication.?Ce qui fait que le projet de nation building que les néoconser- vateurs de l\u2019ex-président George W.Bush et qu\u2019un certain nombre d\u2019ONG faisaient miroiter dans les années 2000 aux opinions occidentales s\u2019en va à vau-l\u2019eau, si tant est que ce projet ait déjà été viable.Dans les circonstances actuelles, les talibans afghans, qui sont apparemment très divisés sur la question, ont au fond peu intérêt sur le plan tactique à accepter d\u2019ouvrir des négociations de paix avec le gouvernement pro-occidental de Kaboul.D\u2019autant que leur rigorisme ne les empêche pas de disposer de larges soutiens culturels et religieux au sein de la société \u2014 une société conservatrice, patriarcale, tribale, majoritairement rurale\u2026 Ils continuent toujours, d\u2019autre part, à bénéficier de l\u2019appui, plus ou moins trouble à vrai dire, de cercles influents au sein de l\u2019armée et des services de renseignement du Pakistan voisin.Et c\u2019est donc dans ce climat délétère, auquel se mêle le groupe État islamique de manière « virale », selon un rapport d\u2019experts de l\u2019ONU, que les talibans viennent de lancer leur «offensive du printemps».Et qu\u2019ils peuvent toujours penser que leur machine de guerre les ramènera au pouvoir.L E D E V O I R , L E J E U D I 1 4 A V R I L 2 0 1 6 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Le retard scientifique quant au progrès social Chez nos voisins du Sud, plusieurs États ont reconsidéré la législation relative à l\u2019usage de la marijuana.Que ce soit permis aux fins médicales ou récréatives, son usage modifie la perception du public envers cette plante.Toutefois, tandis que plusieurs constatent ses bienfaits médicaux pour traiter des dizaines de syndromes et maladies allant de l\u2019anxiété à l\u2019épilepsie, la compréhension de ses impacts sur l\u2019humain tarde à suivre sa libéralisation.À vrai dire, le gouvernement fédéral s\u2019est tiré dans le pied en classant la plante «Schedule 1» dans la foulée au Controlled Substances Act signé par le président Nixon en 1970.Curieusement, cette catégorisation place la marijuana au même rang que l\u2019héroïne et la mescaline pour ce qui est de ses vertus médicinales et de la dangerosité de son usage.En plus des conséquences légales que de nombreux utilisateurs ont subies ces dernières décennies, sa classification restreint grandement la recherche scientifique à son égard.En effet, pour étudier les bienfaits potentiels de la marijuana, un chercheur doit affronter les obstacles bureaucratiques de la DEA (Drug Enforcement Admnistra- tion), de la FDA (Food and Drug Administration) et de la National Institute on Drug Abuse, ce qui s\u2019est avéré problématique pour nombre d\u2019entre eux.Ce qui résulte de ces nombreux bâtons dans les roues des scientifiques est un retard grandissant entre la légalisation de la substance et la compréhension de ses impacts sur l\u2019utilisateur.Tandis que la consommation de marijuana et son usage médical se démocratisent et prennent de l\u2019ampleur dans le pays, ses effets à court, moyen et long terme sur les usagers restent ambigus.En empêchant les scientifiques de faire leur travail, les citoyens américains se font maintenant cobayes un État à la fois, une «puff » à la fois.Rali Jamali Université Laval Québec, le 11 avril 2016 conceptrice de sites Web avec une couturière expérimentée.Résultat : une demande accrue pour les programmes sociaux, des gens jetés à la r ue ou contraints de quitter leurs régions.Cet exercice au début des années 2000 ne s\u2019est pas fait à coûts nuls.Le développement de secteurs de pointe ne peut rester l\u2019apanage des pays évolués très longtemps.On le découvre maintenant avec les grandes avancées des pays de l\u2019Asie depuis le début du siècle.Nos secteurs stratégiques sont en voie de disparition.Même le secteur aéronautique se tourne vers les pays à bas salaire.Rien n\u2019est plus difficile pour un entrepreneur que de voir disparaître, ou être délocalisée, l\u2019œuvre de sa vie.Pourtant il est possible de faire autrement.Le libre- échange peut avoir du sens pour les pays évolués lorsqu\u2019il est pratiqué par des entités ayant des systèmes sociaux équivalents et qui respectent les mêmes règles du jeu.Par exemple, l\u2019accord Canada-Europe : une simple dévaluation de notre monnaie causée par la baisse des cours du pétrole nous rend tout à coup compétitifs.Cela n\u2019ar rivera jamais avec le Par tenariat transpacifique.Certains pays membres de cet accord ne suivront pas les mêmes règles du jeu que nous.Donnons une chance à nos coureurs ! N\u2019acceptons que les accords où ceux-ci ont une chance de tirer leur épingle du jeu.Jacques Plante Le 10 avril 2016 FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L I B R E O P I N I O N AFGHANISTAN Des armes et de l\u2019opium F N O R M A N D C H A T I G N Y M I C H E L H É R O U X D E N Y S L A R O S E J E A N - N O Ë L T R E M B L A Y Les auteurs sont des retraités des secteurs municipal et de l\u2019éducation L es dernières semaines ont été plutôt chargées en politique québécoise.Arrestations pour des motifs de corruption de sept personnes proches de la politique (cinq libéraux et deux péquistes) par l\u2019UPAC, parmi lesquels Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté, cour- riels de ce même Marc-Yvan Côté révélés à l\u2019émission Enquête et qui ont impliqué le ministre Sam Hamad qui a fini par démissionner du Conseil des ministres après une bien étrange « fuite » en Floride.De son côté, le grand patron de l\u2019UPAC, Robert Lafrenière, a été nommé pour un second mandat de cinq ans par un gouvernement qui, à cet égard, n\u2019avait pas vraiment le choix de le renommer ou non.Il faut dire qu\u2019au mépris de tout devoir de réserve, le commissaire Lafre- nière avait abondamment dit et redit sur la place publique son désir d\u2019être reconduit dans ses fonctions.Dans le monde du haut mandarinat public, une telle cabale, ça ne se fait pas.Cette énumération de faits ne doit pas occulter une situation plutôt malsaine créée par l\u2019UPAC elle-même.Ainsi, les arrestations des sept personnes le 17 mars dernier, le matin du budget du Québec, peuvent être interprétées de deux façons.Ou bien cela démontre l\u2019entière indépendance de l\u2019UPAC, ce qui est une excellente chose ; ou bien cela indique une intention de faire dérailler la stratégie de communication du gouvernement, ce qui est une moins bonne chose, car l\u2019UPAC n\u2019a pas à faire directement ou indirectement de la politique.Si, faisant preuve de bonne volonté, on accepte l\u2019hypothèse de la «coïncidence » pour les événements du 17 mars, jour des arrestations plutôt spectaculaires, cette hypothèse, toutefois, ne tient plus la route avec le coulage des courriels de Marc-Yvan Côté à l\u2019émission Enquête de Radio-Canada.On peut penser que cette fuite de courriels a vraisemblablement été orchestrée par quelqu\u2019un à l\u2019UPAC.Pour les gens qui ne connaissent pas le réel fonctionnement des médias, il ne faut pas toujours croire les médias quand ils disent ou écrivent qu\u2019ils ont « découvert » des documents compromettants.En réalité, ces documents sont très souvent fournis aux médias par des personnes qui ont leurs propres visées.On peut douter que les journalistes ou les re- cherchistes de l\u2019émission Enquête aient «découvert » les courriels de Marc-Yvan Côté.C\u2019est vraisemblablement une ou des personnes de l\u2019UPAC qui a ou ont fourni ces documents aux artisans de l\u2019émission.Il n\u2019y a pas «d\u2019accident» ou de «coïncidence» ici.Cela fut «arrangé avec le gars des vues», pour reprendre une vieille expression.Tout cela soulève quelques questions sur cette Unité permanente anticorruption.Des questions gênantes La première de ces questions concerne le commissaire Lafrenière lui-même.Manifestement, M.Lafrenière aime la publicité et les médias.Pour celui qui dirige l\u2019Unité permanente an- ticorruption du Québec, cela, en soi, est malsain.Le commissaire Lafrenière doit retourner dans une certaine pénombre qu\u2019il n\u2019aurait jamais dû quitter.Il doit apprendre à cesser de placoter avec les journalistes chaque fois qu\u2019il en rencontre.Nous savons qu\u2019il ne fait probablement pas cela, mais c\u2019est la perception qu\u2019il a créée dans le public.Qu\u2019il rencontre la presse une ou deux fois par année, c\u2019est une bonne chose.C\u2019est prévu dans la loi.Qu\u2019il soit régulièrement dans les médias en est une autre, plutôt mauvaise.L\u2019UPAC doit être présente dans les esprits par les actions qu\u2019elle accomplit en vertu de son mandat, et non en raison du placotage de son grand patron.Deuxième question : y a-t-il à la direction de l\u2019UPAC des personnes ayant une vision stratégique des coups spectaculaires que cette unité doit réaliser périodiquement?Arrêter des politiciens, c\u2019est spectaculaire, et pour cause.C\u2019est la tâche de l\u2019UPAC, c\u2019est sa mission même lorsque la preuve s\u2019avère suffisante.Mais le faire sans prêter la moindre attention au paysage événementiel ambiant, c\u2019est faire preuve d\u2019une arrogance dont l\u2019UPAC, avec son mandat, n\u2019a pas vraiment besoin.L\u2019arrestation de Nathalie Nor- mandeau et de Marc-Yvan Côté le matin du budget a ouvert la porte à toutes sortes d\u2019hypothèses.Pourquoi fallait-il que ce soit ce matin-là?Nous n\u2019aurons jamais de réponse à cette question, mais nous avons le droit de la poser.Troisième question: les fuites délibérées.Le cas des courriels fournis à Enquête laisse entrevoir qu\u2019à l\u2019UPAC, certains ont le goût d\u2019intervenir en politique, de provoquer des choses.Or, cela n\u2019est pas le mandat de cette unité.Il est nécessaire qu\u2019au sein de l\u2019UPAC une enquête ait lieu sur cette fuite.Si des gens en son sein se comportent ainsi et se permettent ce genre de fuite aux sérieuses conséquences, ces personnes se trouvent à corrompre le mandat même de l\u2019Unité.Le travail de l\u2019UPAC doit, ultimement, s\u2019accomplir devant la cour, et non sur les plateaux de télévision.Trois questions sur l\u2019UPAC GUY TAILLEFER Le libre-échange : donner sa chance au coureur Conseiller en développement économique, j\u2019ai parcouru la province pendant 28 ans.À mon avis, il faut repenser notre façon de concevoir le libre-échange.L\u2019application de l\u2019accord de l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC) au début des années 2000 a introduit la Chine avec son système économique hybride.Les industries du textile, de l\u2019habillement et de la chaussure, qui étaient une force économique de certaines régions du Québec, ont été anéanties.Il n\u2019est pas logique de sacrifier un secteur entier de l\u2019économie pour en faire bénéficier un autre.Vous ne ferez pas une L E D E V O I R , L E J E U D I 1 4 A V R I L 2 0 1 6 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).G E O R G E S L E R O U X Professeur émérite à l\u2019Université du Québec à Montréal e projet de l\u2019éducation au pluralisme, implanté dans les écoles du Québec à la rentrée de 2008 avec le programme Éthique et culture reli - gieuse, est un projet jeune et ouvert sur l\u2019avenir.Il a certes des défauts, mais pas tous ceux que M.Daniel Baril lui impute dans un article récent, où il attaque le livre que j\u2019ai consacré à en discuter plusieurs aspects, Différence et liberté : l\u2019éducation au pluralisme dans le Québec de demain (Boréal).La position de M.Baril relève d\u2019un groupe d\u2019objections, celles qui expriment le refus de toute connaissance des religions et des morales historiques qui leur sont associées dans l\u2019école publique.En se réclamant d\u2019un humanisme athée, ces critiques soutiennent que même une présentation culturelle et non confessionnelle contient un endoctrinement religieux caché, qualifié par M.Baril de « multiconfessionnel ».L\u2019école publique doit-elle être une arène où les bons athées éclairés dénonceraient les croyants obscurantistes et où les membres de communautés de foi tireraient la leçon de cette intolérance pour se retourner contre une laïcité aussi mal comprise?Arrimage imparfait Non, l\u2019école est déjà \u2014 et cela dès le primaire \u2014 la société pluraliste où de jeunes citoyens doivent apprendre les principes de la démocratie: la reconnaissance de l\u2019autre, qui engage le respect dû à la conviction sincère et la recherche du bien commun, qui commande un dialogue rigoureux entre tous les citoyens.Ces finalités citoyennes, le programme Éthique et culture religieuse (ECR) les partage avec le programme d\u2019Histoire et éducation à la citoyenneté, avec lequel il a en commun la recherche de la connaissance et l\u2019apprentissage de la réflexion sur de grandes questions comme la démocratie et les droits.L\u2019arrimage de ces deux programmes demeure imparfait, mais nous devons y travailler.Dans mon livre, je discute les privilèges patrimoniaux du christianisme et du judaïsme, retenus par le législateur comme religions historiques du Québec et méritant à ce titre une forme de prépondérance dans la connaissance de notre culture.L\u2019identité québécoise plonge ses racines dans cette culture ; on ne peut que vouloir la renforcer.Je loue également la place nouvelle accordée aux spiritualités amérindiennes, une reconnaissance réparatrice des préjudices historiques engendrés par le mépris et l\u2019ignorance entretenus, ici et ailleurs, à l\u2019endroit de la culture autochtone.Je déplore cependant, et cela, M.Baril le comprend à contresens, que l\u2019islam n\u2019ait pas fait l\u2019objet d\u2019une recommandation explicite de prépondérance, au même titre que les deux autres monothéismes historiques.Compte tenu de l\u2019importance de l\u2019islam aujourd\u2019hui, j\u2019estime qu\u2019il devrait jouir d\u2019une prescription quant au contenu beaucoup plus affirmée.Que peut comprendre à l\u2019islamisme politique un jeune qui ne sait pas ce qu\u2019est, par exemple, le djihad, ou la différence entre le sunnisme et le chiisme?Généralisations abusives Il est toujours facile de citer des exemples de dérives pédagogiques ou de manuels défectueux, et M.Baril évoque depuis vingt ans les mêmes prières inventées et les mêmes chakras! Ces généralisations sont évidemment abusives, sachant que le Québec compte plus de cinq mille écoles où le programme ECR est donné, et on peut prévoir que le livre qu\u2019il annonce en sera rempli.Les enseignants, que M.Baril ne manque jamais de soupçonner du pire, ont pris avec beaucoup de détermination le tournant séculier.Leur association, l\u2019AQECR, fait un travail formidable, malgré tous les obstacles.On peut regretter qu\u2019après les avoir soutenus fortement sur le plan de la formation, le ministère de l\u2019Éducation les prive désormais de ressources pour approfondir leur pratique.On peut en dire autant des commissions scolaires, dont le soutien pédagogique, au moyen de conseillers, varie beaucoup.Il faut à cet égard soutenir les syndicats d\u2019enseignants dans leurs revendications contre les coupes: les enseignants sont engagés dans la mise en place de la laïcité scolaire, il faut les accompagner.La première cohorte complète d\u2019élèves de ce programme sortira de nos écoles au mois de juin 2019, mais, dès à présent, le ministère de l\u2019Éducation devrait préparer l\u2019évaluation qui permettra d\u2019en mesurer les succès et les lacunes.C\u2019est la seule manière d\u2019éviter les diatribes personnelles et les jugements tirés d\u2019un exemple isolé, voire des intentions militantes des uns et des autres.Le Québec peut être fier de cette structure normative qui relie le programme ECR à l\u2019enseignement collégial de la philosophie, tous deux placés par le législateur au service de finalités citoyennes.Dans cette séquence, l\u2019éthique et le dialogue sont les bases de cette culture publique commune qui constitue l\u2019exigence la plus importante de notre temps.L\u2019inculture, philosophique, morale et religieuse, n\u2019est pas une option.Les théoriciens américains parlent des conséquences néfastes de ce qu\u2019ils appellent «religious illiteracy», et ils ont raison.Nous ne voulons pas que nos enfants soient illettrés.Menant une lutte d\u2019arrière-garde contre une laïcité de culture, M.Baril prône plutôt une laïcité de méconnaissance: il juge en effet préférable de méconnaître ce qu\u2019il prétend combattre ou critiquer.Humanisme universel Mon approche est celle d\u2019un philosophe et non d\u2019un idéologue.Je ne traite personne d\u2019ignorant et j\u2019attends de l\u2019école qu\u2019elle renforce le dialogue et la réciprocité, pas l\u2019insulte et l\u2019argument ad ho- minem.Je crois possible d\u2019énoncer les raisons que nous avons au Québec de favoriser l\u2019éducation au pluralisme, dans toutes ses dimensions.Je ne soutiens ni la croyance ni l\u2019athéisme dans l\u2019école, mais la culture et la réflexion.L\u2019école a rompu tout lien avec l\u2019ère confessionnelle, il s\u2019agit d\u2019un acquis historique, et elle se concentre désormais sur la recherche d\u2019un vivre-ensemble harmonieux.Je crois possible enfin de soutenir un humanisme de la différence, ouvert sur la diversité et source de respect des convictions de tous, et cela dans le cadre de nos lois et de nos chartes.Tel est en effet le meilleur chemin pour accéder à un humanisme universel.LA RÉPLIQUE \u203a COURS ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE Évitons diatribes personnelles et généralisations abusives ! Au fond, Daniel Baril prône une laïcité de méconnaissance LE DÉCLENCHEUR «Leroux a-t-il jeté un coup d\u2019œil aux manuels utilisés en classe?Est-il au courant des devoirs que l\u2019on fait faire aux élèves?[\u2026] Sait-il que le volet religieux est en flagrante contradiction avec le volet éthique quant aux valeurs comme l\u2019égalité des sexes, la liberté de conscience et l\u2019égalité des religions?Manifestement non.De toute façon, tout cela, c\u2019est de la culture, n\u2019est-ce pas?Chercher à nous faire passer ces contenus confessionnels et doctrinaires au nom de la culture est une véritable aberration intellectuelle.» \u2014 Daniel Baril, «Cours ECR: la surprenante ignorance de Leroux», Le Devoir, 11 avril 2016 D A V I D R I S S E Philosophe, sociologue et acteur communautaire, l\u2019auteur est président-fondateur du Centre de recherches et d\u2019activités culturelles et communautaires pour les diversités isparue il y a trente ans jour pour jour, Simone de Beauvoir était surnommée Castor, parce que les castors vont en bande et ont l\u2019esprit constructeur.Le patronyme de la jeune fille rangée fit l\u2019objet d\u2019une interprétation anglaise: Beauvoir \u2014 Beaver \u2014 Castor.Parce que Sartre la désignait ainsi; parce qu\u2019on fit d\u2019elle sa seconde et parce qu\u2019il la motiva à écrire Le deuxième sexe, tout porterait à croire qu\u2019il est l\u2019auteur du fameux surnom.Mais c\u2019est à René Maheu (André Herbaud dans ses Mémoires) qu\u2019on le doit.Cette croyance erronée illustre aussi les stéréotypes entourant la difficile réception de son œu- vre, notamment Le deuxième sexe.Invité à contribuer au dossier « Où en sont les féministes ?», référant sa coordonnatrice à une collègue afin de traiter de Beauvoir, nous avions constaté que la juste origine du surnom de Castor lui avait échappé.Au courant d\u2019une très attendue comédie dramatique à venir sur nos ondes, « les Simone », nous pensions alors contribuer autrement à ce survol féministe qu\u2019à ce dossier : parler d\u2019un défi particulier des femmes d\u2019aujourd\u2019hui, d\u2019une question qui travaille particulièrement nos sœurs autochtones : la liberté sexuelle.À l\u2019intersection de la vie et de l\u2019œuvre de Beauvoir, la liberté sexuelle nous apparut alors le concept tout désigné pour mesurer toute l\u2019actualité de sa pensée et de sa vie pour nous aujourd\u2019hui.Des Simone, il en faut encore malheureusement et il en manque.Anticipant avec le Deuxième sexe ce qui pouvait advenir de la liberté sexuelle féminine (qu\u2019elle écarta de la liberté reproductive au nom de la liberté érotique), Beauvoir a révolutionné l\u2019histoire, la vie et la sexualité des femmes.Sa liberté sexuelle avec les hommes Voulant tout, dont avoir une vie utile et être libre, Castor voulait d\u2019abord les autres libres.Ses écrits et sa vie démentent la légende qui voudrait que Sartre ait préser vé une sorte de liberté sexuelle qu\u2019elle aurait subie.Son épouse morganatique tenait en effet à cette liberté, dont elle a aussi beaucoup profité.Le pacte d\u2019amour passé avec son tout cher petit homme ajoutait alors à la permissivité sexuelle discrétionnaire des mœurs bourgeoises l\u2019exigence morale de tout dire, dans la transparence et la simultanéité.Partageant leurs pensées sans écrire la même œuvre et leur vie sans vivre ensemble, ils en ont aimé d\u2019autres sans jamais cesser de s\u2019aimer: assumant ainsi le désir de l\u2019autre et privilégiant leur amour nécessaire sur leurs amours contingentes.Ce pacte éthique fera triompher le couple ouvert comme un couple philosophique.Et cette vie philosophique permettra à Castor de se distinguer en propre, de l\u2019intime au politique, déployant sa capacité supérieure de saisir la concrétude du réel.\u2026 et avec les femmes Que le chapitre «La lesbienne» du Deuxième sexe soit ou non basé sur sa vie et que Castor répugnât à enfermer la femme dans un «ghetto féminin» permet-il de conclure au clivage entre théorie et pratique?Ce serait oublier son précoce éblouissement pour la hardiesse garçonnière de Zaza, dont elle pensera longtemps avoir payé sa liberté de sa mort ; ou son admiration pour la tendresse et la loyauté d\u2019Olga, malgré les sursauts de jalousie impliqués par le partage de l\u2019invitée avec Sartre ; sa vie sensuelle avec Bianca, terriblement intéressée, suicidaire neurasthénique, qui se dira dérangée par sa séparation (orchestrée par Castor) d\u2019avec Sartre ; ou Nathalie, charmante étudiante nihiliste et aristocrate sympathique comme le tonnerre, que sa petite guêpe (Beauvoir) essaiera de repousser vers Bost et dont la mère tentera de lui faire amèrement regretter son soutien financier en l\u2019accusant de détournement de mineure (accusation doublement démentie par sa fille en alliance avec Beauvoir).Ces amours triangulaires n\u2019étaient pas sans nouveauté érotique ni sans débordements amoureux.Castor dut s\u2019affirmer comme la seule femme avec qui Sartre pouvait former le double que chacun et chacune disait être l\u2019un pour l\u2019autre.Malgré le partage consenti de jeunes femmes avec Sartre, qui obéissait aux règles de leur pacte, Castor se rangea du côté de celles qui faisaient une place aux hommes dans leur existence et dans leur lit.Castor et nous?Si elle n\u2019appelait pas encore publiquement les femmes à la liberté, Beauvoir se dégageait déjà du modelage culturel ambiant du sentiment amoureux.Une Simone polyamoureuse avant l\u2019heure?En dégageant la voie pour une pensée et une vie tout autre, elle inaugurait le sentiment égalitariste d\u2019une époque à venir : si toutes avaient été dans l\u2019erreur, aucune ne pouvait se proposer davantage comme modèle de réussite, à commencer par elle.Écrivant aussi pour se comprendre et pour arriver à une universalité concrète, Beauvoir apparaît comme une étoile filante, une guide dans la noirceur de la vie des femmes, aujourd\u2019hui plus que jamais.Par ce continuel débordement de sa vie sur son œuvre et de son œuvre sur son existence, elle a indéniablement marqué les rapports sociaux de sexe de son empreinte de femme libre et d\u2019un effet d\u2019entraînement et de transmission de sa pensée.En assumant courageusement sa vie intellectuelle avec Sartre (vie qui avait priorité sur sa vie sexuelle et amoureuse avec d\u2019autres), elle a réussi à faire de sa vie un moteur d\u2019émancipation des femmes, et de son œuvre un des outils de leur libération.Commandée par l\u2019entreprise de vivre et d\u2019écrire, elle a fait œuvre utile de sa vie et a révolutionné le social par l\u2019intime: sa vie allait servir à tous comme elle l\u2019avait toujours voulu, et son œuvre marquer indéfiniment le génie féminin de sa lucidité solidaire.30 ANS APRÈS SON DÉCÈS La liberté sexuelle de Simone de Beauvoir ILLUSTRATION TIFFET La philosophe Simone de Beauvoir a indéniablement marqué les rapports sociaux de sexe de son empreinte de femme libre.D L L E D E V O I R , L E J E U D I 1 4 A V R I L 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Alors qu\u2019elles soulevaient un tollé à droite, ces déclarations ont aussitôt ranimé une vieille polémique à gauche où plusieurs ministres, comme Jean-Michel Baylet et Jean-V incent Placé , y sont favorables.Il n \u2019a pas fallu 24 heures pour que Le Figaro se demande avec humour si, après le mariage pour tous, François Hollande ne tenterait pas l\u2019opération «cannabis pour tous».« Les choses bougent enfin, dit Christian Ben Lakhdar de l\u2019Université de Lille et auteur d\u2019une étude favorable à la légalisation.On a les yeux rivés sur le Canada et sur l\u2019Uruguay.La France a une des politiques les plus répressives, pourtant, la consommation de cannabis y progresse comme une véritable épidémie.» Quel cannabis?La France est en effet l\u2019un des pays les plus touchés en Europe, selon l\u2019Observatoire français des drogues et des toxicomanies.En 2014, 17 millions de Français déclaraient avoir déjà pris du cannabis.Les consommateurs seraient au nombre de 4,6 millions, dont 700 000 ont une consommation quotidienne.La moitié des jeunes de 17 ans dit avoir « essayé».La plupart des experts médicaux s\u2019entendent pour dire que les chiffres ont explosé entre 2011 et 2014.Le débat est devenu particulièrement virulent au début du mois à Marseille, où le trafic de drogue a fait trois morts dans une cité du 15e arrondissement.Le député socialiste Patrick Mennucci a aussitôt appelé à la légalisation.Selon lui, la lutte contre ces homicides ne peut être menée « si on ne crée pas une filière d\u2019État pour la distribution du cannabis ».Sa collègue Samia Ghali , sénatrice des Bouches-du-Rhône et maire du 8e arrondissement de Marseille, n\u2019est pas du tout de cet avis.«En aucun cas ça [la dépénalisation] ne résoudra la problématique du trafic, a-t-elle déclaré sur Europe 1.[\u2026] Il faut savoir que, dans le cannabis, il y a plusieurs niveaux de puissance.Ceux qui viennent chercher ce cannabis-là dans les quartiers, justement pour la puissance qu\u2019il procure, je ne pense pas qu\u2019ils s\u2019accommoderont du cannabis qu\u2019on aura au supermarché ou dans certains bars-tabacs.» Les opposants invoquent tous l\u2019apparition de nouveaux produits beaucoup plus concentrés que jamais l\u2019État ne se permettra de distribuer.«C\u2019est vrai, dit Christian Ben Lakhdar.Mais on ne peut pas laisser le monopole de l\u2019offre aux trafiquants qui font la loi dans certains quartiers.» Les experts divisés Même chez les experts en santé publique, l\u2019unanimité est loin d\u2019être faite.En janvier dernier, le pneumologue Bertrand Dautzenberg a soulevé un tollé dans la profession médicale en prenant position pour la légalisation.«La légalisation d\u2019une drogue ne calme pas les sujets trans- gressifs, a répliqué le professeur de pharmacologie Jean Costentin, président du Centre national de prévention, d\u2019études et de recherche sur les toxicomanies.Elle les contraint surtout à effectuer la transgression vers une drogue encore plus dure : la cocaïne?les amphétaminiques?les morphiniques?» Pour nombre d\u2019observateurs, la polémique déclenchée par Jean-Marie Le Guen est un ballon d\u2019essai qui vise à tâter le terrain pour le programme de la présidentielle en 2017.Les économistes ont beau estimer que la commercialisation par l\u2019État rappor terait deux milliards d\u2019euros par an en taxes, contrairement au Canada, en France, le cannabis n\u2019a pas très bonne presse.Selon un sondage CSA réalisé en janvier 2014, 55 % des Français se disaient opposés à sa légalisation.19 % seulement y étaient favorables.À l\u2019Observatoire français des drogues et des toxicomanies, on est d\u2019avis qu\u2019il n\u2019y a pas nécessairement de corrélation entre la dépénali- sation et la baisse de la consommation de cannabis.En Europe, le pays qui obtient les meilleurs résultats en la matière est le Portugal.Or, celui-ci n\u2019a ni légalisé le cannabis, comme compte le faire le Canada, ni criminalisé la consommation.En 2000, il a simplement dépénalisé la possession de petites quantités et maintenu de très fortes peines pour les trafiquants et les revendeurs.Les consommateurs sont auss i tenus de par t ic iper à des programmes de désintoxication.Le Portugal est depuis le pays de l\u2019Union européenne où la consommation de cannabis est la plus faible.Même le nombre d\u2019héroïnomanes a chuté de 60 % en une décennie.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CANNABIS changement de philosophie avec Québec et qui commence à l\u2019appliquer depuis l\u2019automne.Le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin, ne s\u2019en cache pas : « On veut lier la rémunération au volume, au nombre de consultations.» «Le médecin de CLSC qui voit six patients par demi-journée ne mérite pas la même rémunération que celui qui en voit huit », dit-il d\u2019emblée.D\u2019où la rémunération dite mixte qu\u2019on demande désormais aux médecins salariés et payés à l\u2019heure d\u2019adopter.La mécanique : le tarif horaire est diminué, passant d\u2019environ 100 $ à 57 $.Pour chaque patient, le médecin touchera en plus de ce tarif horaire environ 60 % de la valeur des actes qu\u2019il a posés.L\u2019augmentation de rémunération que cela devrait entraîner pour ces médecins est de l\u2019ordre de 20 %, dit le Dr Godin.Dans le cas des médecins salariés, moins nombreux, la composante salaire ne sera pas diminuée, pour ne pas influer trop négativement le régime de retraite.Ils recevront une prime par acte moins importante.Les nouveaux diplômés ne peuvent plus choisir le salariat depuis quelques années, mais la rémunération horaire leur est toujours ouverte.Comme toutes les futures augmentations ne seront appliquées qu\u2019à la rémunération mixte, les rémunérations horaires et à salaire se retrouvent gelées, pour ainsi dire, pour toujours.Des médecins résistent Cela n\u2019est guère tentant, mais certains médecins résistent à ce changement, expose l\u2019un d\u2019entre eux, qui ne souhaite pas être identifié.Selon ce médecin de CLSC, cette conversion est avantageuse seulement si on voit plus de trois patients par heure, et plusieurs de ses collègues ont refusé de faire le changement.« Ce n\u2019est pas exactement une pression, mais pas loin » , témoigne un autre médecin concerné.Il a senti qu\u2019on l\u2019incitait fortement à faire la transition sans attendre en lui faisant valoir que la rémunération horaire allait « disparaître» dans les prochaines années.Le message de Québec : « Seuls les incitatifs financiers vont décider les médecins à tarif horaire, vus comme des paresseux, à augmenter la cadence et la prise en charge des patients », observe ce médecin.Réfractaire à ce changement, notamment en raison de la bureaucratie qu\u2019il implique, il a fini par céder et confier la gestion de sa facturation à une agence spécialisée.La rémunération mixte permettra à Québec de mieux suivre les statistiques de productivité des médecins, reconnaît le Dr Godin, et donc de montrer que les objectifs du projet de loi 20 sont atteints \u2014 ou non.D\u2019ailleurs, les médecins qui décideront de conserver une rémunération horaire devront tout de même fournir les noms et numéros d\u2019assurance maladie des patients qu\u2019ils voient afin que Québec puisse suivre leur productivité et le taux d\u2019assiduité de leurs patients, a indiqué un médecin au Devoir.La mesure ne doit pas coûter plus cher au Trésor public en dépit des augmentations de 20 % promises aux médecins, affirme le Dr Go- din, car les enveloppes de rémunération globales seront ajustées en conséquence.Pour le Dr Godin, la rémunération mixte n\u2019a que des avantages.«Quand on regarde la littérature scientifique, c\u2019est ce qui est vu comme le plus avantageux», fait-il valoir.Productivité et surveillance Le chercheur à l\u2019Université de Montréal et observateur de longue date de la rémunération médicale Damien Contandriopoulos abonde dans le même sens.Mais avec des nuances.« Oui, le mode mixte est meilleur, mais tout dépend de la recette.Ce qui est central dans la littérature scientifique, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas une bonne recette qui s\u2019applique à tous », dit-il.Une clientèle demandant un grand investissement de temps, notamment en santé mentale, est mieux servie par des médecins salariés, illustre-t-il, alors que le paiement à l\u2019acte est plus compatible avec la radiologie.M.Contandriopoulos souligne que la plupart des médecins qui choisissent la pratique en CLSC et le tarif horaire le font pour pouvoir suivre une clientèle vulnérable qui ne serait pas « payante » en clinique, avec le paiement à l\u2019acte, car demandant beaucoup de temps.« On peut comprendre que ces médecins qui consacrent beaucoup de temps à une clientèle dif ficile soient frustrés qu\u2019on les force à entrer dans un moule dont ils ne voulaient pas au départ », souligne-t-il.À cet égard, le passage à la rémunération mixte pourrait poser un risque de fragilisation de la mission des CLSC avec ces clientèles vulnérables.Selon lui, il est par contre clair que la rémunération mixte permettra à Québec de colliger les données nécessaires pour suivre la productivité des médecins.Mais était-ce le meilleur moyen pour atteindre cet objectif ?Peut-être pas.« Aurait-on pu avoir ces mêmes données pour moins cher?Peut-être bien.Les dossiers médicaux électroniques auraient été une voie à explorer», selon M.Contandriopoulos.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MÉDECINS Des changements graduels La rémunération mixte n\u2019est pas accessible à tous les médecins, la FMOQ procédant par secteur d\u2019activité pour une implantation graduelle.Si elle a séduit 220 des 250 omnipraticiens travaillant en santé publique, elle a été très peu populaire en CLSC, avec 142 médecins adhérant sur plusieurs centaines, indique la FMOQ.En Unité de médecine familiale, 331 médecins ont accepté le changement.Les médecins qui œuvrent en gériatrie et en soins palliatifs ont encore quelques semaines pour y adhérer.Les prochains secteurs où la rémunération mixte sera offerte sont les soins à domicile et la santé mentale.Les médecins qui travaillent auprès des itinérants et en toxicomanie ne sont pas visés par ces changements.La France a une des politiques les plus répressives, pourtant, la consommation de cannabis y progresse comme une véritable épidémie Christian Ben Lakhdar de l\u2019Université de Lille « » exemple : «L\u2019honneur, le prestige, le privilège de cette expérience ne perdent pas leur éclat, assure-t-il.Être convié aux côtés de cinéastes dont j\u2019ai admiré les œuvres est un luxe.Il y a aussi un amusement, une curiosité.Comment mon style s\u2019inscrit-il dans cet agenda?» Xavier Dolan sait bien que les cinéastes de la course rêvent tous à la Palme d \u2019or ; grand fantasme.« Les ego, les signatures qui se côtoient à Cannes ne s\u2019inscrivent pas dans l\u2019esprit de participation, rappelle le jeune cinéaste.C\u2019est mal vu de dire : \u201c J\u2019aimerais gagner \u201d, pourtant, chacun y songe.Ce sont des Olympiques artistiques.On ne s\u2019en va pas courir le 100 mètres dans l\u2019espoir de se classer 9e\u2026» N\u2019empêche ! « J\u2019ai déjà vécu la compétition une fois.J\u2019ai été dans le jury aussi, mais Cannes demeure un lieu de mémoire qui me complexe.Je n\u2019ai pas l\u2019ADN d\u2019un cinéaste de compétition qui a toute une carrière dans le cinéma d\u2019auteur.Mon éducation n\u2019est pas cinéphilique.Je viens de Titanic, marqué il est vrai aussi par La double vie de Véronique de Kies- lowski, par les films de Paul Thomas Andersson, de Claude Sautet, de Woody Allen, mais j\u2019ai vu deux Truffaut seulement, deux Godard\u2026» Un passage vers autre chose Le tournage avait commencé tout de suite après son expérience au jury cannois.Au plateau s\u2019est vécue la chimie de l\u2019appropriation : « Plus j\u2019avançais dans Juste la fin du monde, moins c\u2019était mon histoire et plus c\u2019était personnel.Ce film-là me ressemble.Les couleurs, les textures, les tonalités.Pourtant, tout est dif férent de mes anciens films.Il constitue un passage vers quelque chose d\u2019autre.Je sais maintenant qu\u2019il clôt un chapitre de ma vie.Désormais, je ferai plus d\u2019exploration, davantage de films de genre thriller, des œuvres qui parlent moins de ma vie, toujours personnelles, mais moins intimes.» À la veille de lancer sur la Côte d\u2019Azur ce film adapté de la pièce d\u2019un dramaturge français joué par des interprètes de l\u2019Hexagone, et coproduit par MK2, il ne crie pas cocorico ! «J\u2019ai toujours perçu le film comme québécois, et jamais comme un produit exotique, répond-il.J\u2019ai travaillé avec ces acteurs de la même façon qu\u2019avec Anne Dorval ou Suzanne Clément, à travers mes indications, les scènes que je mimais, les prenant dans mes bras quand c\u2019était formidable\u2026» Ce film s\u2019est mis en branle après le lancement de Mommy à Cannes.Il y avait croisé Gaspard Ulliel, un acteur qui l\u2019intéressait depuis longtemps, rencontré Marion Cotillard, rêvé de les mettre en scène.En comprenant que son premier film en anglais The Death and Life of John F.Donovan ne se ferait pas immédiatement, il a ressuscité ce projet déjà caressé et mis de côté : adapter la pièce de Lagarce.«J\u2019ai compris que j\u2019avais besoin d\u2019un film transitoire.» Au jour le jour, il précise ne s\u2019attarder ni à ses 27 ans ni à ses cinq passages à Cannes, bientôt six.«Je pense plutôt aux tissus, aux costumes à acheter pour Jessica Chastain dans John F.Donovan, quel chorégraphe engager.Je fais mes dossiers de presse pour Juste la fin du monde.Je suis tout le temps occupé.» Se délester Raconter : tout est là.« Plus le temps avance, plus tel est mon moteur.Les aspects esthétiques, cérébraux deviennent secondaires.Je veux raconter une histoire, définir des personnages.Avant, j\u2019étais trop jeune pour comprendre ce que je désirais vraiment.J\u2019ai emprunté, j\u2019ai exploré.Aujourd\u2019hui, je déleste.» Ce jury de Cannes l\u2019an dernier, sous la prés idence des frères Coen, fut une expérience fondamentale pour Xavier Dolan.« Jamais n\u2019ai-je eu des réflexions aussi abouties sur des films qu\u2019à travers ce contexte-là : tant de conversations humaines, par fois enflammées et profondes qui venaient du cœur.Je souhaite à n\u2019importe quel cinéaste de faire parler ainsi de son film un jour\u2026 » «Never a dull moment », comme dirait l\u2019autre.Le 9 juillet, le jeune cinéaste entamera donc le tournage de The Death and Life of John F.Donovan, à Montréal, New York, Prague et Londres ; son projet le plus ambitieux à ce jour, difficile à monter, enfin sur ses rails.À travers une relation épistolaire, il abordera les pièges, splendeurs et misères du show-business à Hollywood.Un budget de 38 millions américains, à la distribution : Jessica Chastain, Natalie Portman, Kit Harrington, Susan Sarandon, Kathy Bates, Nicolas Hoult.Les enjeux d\u2019un nouveau défi, les débuts d\u2019un cycle de tonalité inédite : « Ça s\u2019attardera sur les impacts d\u2019Hollywood dans la vie personnelle des gens, mais j\u2019ai un tas de projets québécois aussi.N\u2019ayez crainte ! » Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CANNES MÉTAFILMS Marion Cotillard dans une scène de Juste la fin du monde C\u2019est mal vu de dire : \u201c J\u2019aimerais gagner \u201d, pourtant, chacun y songe.Ce sont des Olympiques artistiques.On ne s\u2019en va pas courir le 100 mètres dans l\u2019espoir de se classer 9e\u2026 Xavier Dolan « » RYAN MCVAY/PHOTODISC "]
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