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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-04-16, Collections de BAnQ.

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[" L I S A - M A R I E G E R V A I S C\u2019 est Maude Mé- nard-Dunn, jeune maman étudiante à la maîtrise en travail social à l\u2019UQAM, qui a d\u2019abord eu l\u2019idée de se lancer dans l\u2019aventure d\u2019un parrainage privé.Terrassée par son impuissance devant le conflit, elle s\u2019est rabattue sur un groupe Facebook pour en savoir plus.Les bombes, les explosions, les morts.«J\u2019avais l\u2019impression de suivre ce qui se passait non pas du point de vue d\u2019un journaliste, mais d\u2019un citoyen, de quelqu\u2019un qui nous ressemblait», raconte-t- elle dans sa cuisine ensoleillée, baignée des effluves des crêpes du dimanche matin.Au fil de cette correspondance, les questions de la résidente du paisible Rosemont ont trouvé les réponses de Feras Dar wish, sous les bombes d\u2019Alep.Pourquoi la guerre ?Combien de temps encore?Feras lui racontait la fatigue, ses sept déménagements en trois ans, ses nuits (trop) courtes, où il tentait d\u2019amuser ses enfants réveillés par les raids aériens.Des milliers de gens fuyaient la Syrie, mais Feras et J E A N - F R É D É R I C L É G A R É - T R E M B L A Y à New York U n mercredi matin d\u2019avril, dans un vieil entrepôt aux murs de briques blanches et aux larges poutres de bois suspendues, quelques dizaines de bénévoles dont la plupart n\u2019ont pas plus de 40 ans s\u2019af fairent au téléphone ou à AUJOURD\u2019HUI Jardins \u203a La saison du jardinage tarde à commencer, mais Lise Gobeille est de retour avec ses conseils.Page D 6 Perspectives \u203a Couillard tente de reconstruire le triangle Bourassa.Une chronique de Michel David.Page B 3 Avis légaux.C 6 Carrières .C 4 Décès.C 8 Mots croisés .D 4 Petites annonces .C 8 Sudoku .D 5 V O L .C V I I N o 8 3 - L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 A V R I L 2 0 1 6 2 , 8 3 | S + T A X E S = 3 , 2 5 | S Philippe Girard passe de la bédé au roman Page F 1 L\u2019arsenal judiciaire conservateur s\u2019effrite Page A 3 Tourisme Charlie Chaplin entre au musée Page D 1 ?w w w .l e d e v o i r .c o m 50 QUÉBEC 418-654-8677 LÉVIS 418-654-8677 TROIS-RIVIÈRES 819-696-8677 MONTRÉAL 514-231-8677 LAVAL 450-627-3716 LONGUEUIL 450-445-9829 .CA Certifié 5 Étoiles® TOILES À ROULEAUX \u2022 PANNEAUX COULISSANTS \u2022 PERSIENNES \u2022 STORES VOILAGE \u2022 STORES ROMAINS STORES HORIZONTAUX \u2022 STORES MOTORISÉS \u2022 STORES DE VERRIÈRES \u2022 STORES VERTICAUX ESTIMATION GRATUITE 1 855 770-8677 OPAQUES TRANSLUCIDES SOLAIRES MOTORISATION DISPONIBLE L\u2019Artisan du Store Claude Bouchard Québec, Lévis, Montréal, Trois-Rivières, Repentigny, Laval, Boisbiand, Mont-Tremblant, Longueuil, Beloeil, Magog % de rabais ou INSTALLATION GRATUITE A L E X A N D R E S H I E L D S L es projets d\u2019exploration pétrolière et gazière que le gouvernement Couillard finance et encourage en Gaspésie pourraient générer des émissions de gaz à effet de serre aussi intenses que celles du pétrole et du gaz de schiste, conclut une étude du ministère de l\u2019Environnement.Mais il sera difficile d\u2019avoir l\u2019heure juste, puisque aucun des projets ne fera l\u2019objet d\u2019une évaluation environnementale indépendante.Pour le premier ministre Philippe Couillard, le gaz naturel constitue une source d\u2019énergie de « transition» vers une économie « sobre en carbone».Il l\u2019a d\u2019ailleurs souligné à plusieurs reprises au moment de présenter la nouvelle politique énergétique du Québec, une stratégie qui prévoit une plus grande utilisation de cette ressource fossile au cours des prochaines années.Philippe Couillard a du même coup réitéré son appui indéfectible aux projets gaziers et pétroliers en développement en Gaspésie.Son gouvernement, actionnaire important des entreprises Junex et Pétrolia, a d\u2019ailleurs injecté des millions de dollars dans la recherche d\u2019éventuels gisements d\u2019énergies fossiles.C\u2019est le cas du projet gazier Bourque, de Pétrolia, qui pourrait donner TRANSITION ÉNERGÉTIQUE Québec mise sur des gisements à fortes émissions MARY ALTAFFER ASSOCIATED PRESS L\u2019engouement pour le candidat démocrate Bernie Sanders est palpable à Brooklyn.Ci-dessus, un rassemblement tenu le 8 avril dernier.Des militants pur jus de Bernie Sanders dans Brooklyn au fief de Hillary Clinton dans Harlem, en passant par les jeunes républicains de Manhattan, New York se prépare pour les primaires du 19 avril.Le Devoir est allé tâter le pouls de la ville-monde, en commençant par le Brooklyn de «Bernie».Le quartier général de la « révolution » Sanders Ils sont cinq Montréalais dans la trentaine.À l\u2019automne dernier, ils ont décidé de parrainer des réfugiés syriens, les Darwish.Voici le premier volet de l\u2019histoire de deux familles qui ne se sont jamais rencontrées, mais dont le destin est soudé à jamais.D\u2019ALEP À ROSEMONT (1 DE 4) Parrainer pour tromper les bombes JACQUES NADEAU LE DEVOIR Maude, Philippe et Rafaëlle parrainent une famille d\u2019Alep, en Syrie.VOIR PAGE A 10 : PARRAINER PRIMAIRES AMÉRICAINES : LA BATAILLE DE NEW YORK Dossier «Harlem, ?ef des Clinton», et «Le village républicain au cœur de l\u2019empire démocrate ».Pages A 4 et A 5 Consultez notre guide des primaires américaines à ledevoir.com/primaires.VOIR PAGE A 10 : SANDERS VOIR PAGE A 10 : GES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 A V R I L 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 AIRFRANCE.CA UN RÉSEAU ÉBOURIFFANT Plus de 1000 destinations grâce à l\u2019un des plus vastes réseaux au monde avec KLM et nos partenaires SkyTeam.R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec P our Philippe Couillard, les pénuries de main-d\u2019œuvre sont un problème beaucoup plus criant que le chômage au Québec.« Dans mes déplacements, je rencontre beaucoup plus souvent des petits entrepreneurs qui me disent qu\u2019ils manquent d\u2019employés qualifiés, de travailleurs qualifiés, que des personnes qui ne sont pas capables de trouver de job », a affirmé le premier ministre dans une allocution qu\u2019il a prononcée, vendredi, devant les membres de la Chambre de commerce de Lévis.Philippe Couillard avait choisi une région \u2014 Chaudière-Appalaches \u2014 et une ville \u2014 Lévis \u2014 où le taux de chômage est de 5 % \u2014 le plein emploi ou presque \u2014 pour livrer un discours consacré à l\u2019économie.À titre de comparaison, le taux de chômage est de 7,6 % pour l\u2019ensemble du Québec et de 10,9 % à Montréal (ou 8,6 % pour la grande région de Montréal).Le nombre d\u2019emplois offerts au Québec est passé de 38 500 en 2014 à 56 000 en 2016, a signalé Philippe Couillard.«Le problème qu\u2019on a, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas la rencontre entre l\u2019emploi offert et l\u2019employé disponible», juge-t-il.Mais il a présenté la démographie, c\u2019est-à- dire le vieillissement de la population et son effet sur la population active, comme le principal enjeu pour l\u2019économie du Québec.« C\u2019est un problème très important, extrêmement important au Québec, qui n\u2019a pas encore l\u2019attention qu\u2019il mérite », s\u2019est-il inquiété.La différence de croissance du groupe des 15-64 ans au Québec et en Ontario explique «une bonne partie de l\u2019écart » entre les deux économies, selon lui.Il a par ailleurs affirmé que « le grand problème de l\u2019économie du Québec, c\u2019est la productivité ».M.Couillard a premièrement cité l\u2019immigration comme solution aux problèmes de pénurie de main-d\u2019œuvre.«L\u2019immigration bien intégrée, l\u2019immigration bien sélectionnée», a-t-il précisé.Il a ensuite mentionné la réussite scolaire et l\u2019adéquation entre la formation et le marché du travail.Le Devoir Couillard dit voir plus d\u2019entrepreneurs en manque de travailleurs que de chômeurs Lévis \u2014 Philippe Couillard a pris la défense de Jean Charest vendredi: il a affirmé n\u2019avoir «jamais rien vu d\u2019autre» qu\u2019un gouvernement honnête et intègre quand il a servi sous son ancien chef.Il réagissait aux déclarations de l\u2019ancien premier ministre libéral, qui avait affirmé lundi qu\u2019il avait dirigé un gouvernement «honnête et intègre», malgré les soupçons, les allégations et les accusations qui entachent certains anciens membres de son cabinet.Or, M.Couillard a soutenu qu\u2019il n\u2019a été témoin que de pratiques exemplaires dans l\u2019exercice de ses fonctions de ministre du cabinet Cha- rest.«Pendant les années où j\u2019étais dans ce gouvernement [.], il n\u2019y a jamais personne qui est venu me voir pour me parler de projets en échange de contributions financières, de tout ce qu\u2019on lit parfois dans les journaux», a-t-il dit.La Presse canadienne «Un gouvernement intègre » L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 A V R I L 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa U n autre pan de l\u2019héritage juridique de Stephen Harper s\u2019est effondré vendredi à la Cour suprême du Canada alors que les juges ont invalidé une seconde peine minimale qu\u2019il avait instaurée.Le revers donne au gouvernement de Justin Trudeau un argumentaire puissant pour réviser dans son ensemble \u2014 et possiblement défaire \u2014 la réforme conservatrice en matière de justice pénale.Deux causes se trouvaient devant les juges.La première concerne Joseph Ryan Lloyd, un toxicomane et trafiquant de drogue de Vancouver.Accro notamment à la cocaïne et à l\u2019héroïne, M.Lloyd vendait des substances pour « satisfaire son besoin de consommation» et non pour s\u2019enrichir.Il a été reconnu coupable une première fois de possession de méthamphéta- mine pour en faire le trafic.Un mois après sa remise en liberté, il a été de nouveau arrêté en possession de drogues dures.En vertu d\u2019une loi instaurée par les conservateurs de Stephen Harper, cette infraction passée le condamnait à une peine minimale d\u2019emprisonnement d\u2019un an.Les juges de la majorité font valoir qu\u2019on peut imaginer une foule de cas de figure où la peine minimale serait démesurée.Ces scénarios «raisonnablement prévisibles » les conduisent à invalider la loi (même si, dans le cas de M.Lloyd, la peine d\u2019un an est maintenue).La majorité évoque le cas d\u2019un toxicomane qui aurait partagé avec sa conjointe une petite quantité de cocaïne et qui écoperait d\u2019un an de prison « parce qu\u2019il a déjà été reconnu coupable de trafic, une seule fois, neuf ans auparavant, après avoir partagé de la marijuana lors d\u2019une réunion sociale ».« La plupart des Canadiens seraient consternés » par une telle peine, est-il écrit.Ce concept de scénarios « raisonnablement prévisibles » a été élaboré dans un précédent jugement rendu il y a exactement un an.La Cour suprême avait alors invalidé une peine minimale conservatrice s\u2019appliquant aux armes à feu en évoquant le cas hypothétique d\u2019une veuve qui écoperait de trois ans de prison pour avoir omis de renouveler l\u2019enregistrement des armes de son époux.À l\u2019époque, les juges y étaient allés d\u2019une charge à fond de train contre les peines minimales en général.Plusieurs juristes avaient prédit que ce jugement, le jugement R.c.Nur, ferait école.De fait, dans leur arrêt de vendredi, les juges le citent abondamment, ce qui laisse présager d\u2019autres invalidations.Chez les conservateurs, on déplore que ce revers plombe leur héritage.« C\u2019est une déception », a dit le député Alain Rayes, qui estime que M.Lloyd « n\u2019est pas le genre de personne qu\u2019on souhaite avoir dans les rues ».« Les libéraux revoient tout ce que les conservateurs ont fait [\u2026].Ils ont un objectif clair, c\u2019est d\u2019anéantir dix années des conservateurs.» C\u2019est une erreur, selon M.Rayes, car les gens « sont au même diapason» que les conservateurs.Le bloquiste Luc Thériault abonde dans le même sens, mais s\u2019en réjouit.« Le gouvernement est en train de défaire ce que le populisme conservateur essayait de faire, peu importe si ça allait à l\u2019encontre de la Charte.» Ménage en vue Ce n\u2019est que la troisième fois de son histoire que la Cour suprême invalide une peine minimale, mais deux de ces trois cas concernent des lois adoptées sous le régime de Stephen Harper.Le gouvernement conservateur s\u2019était souvent fait reprocher de présenter des lois inconstitutionnelles dans le seul but de plaire à un électorat lui étant favorable.C\u2019est pour cette raison que Justin Trudeau a promis de faire le ménage dans le Code criminel.La lettre de mandat de sa ministre de la Justice lui demande de «réviser les changements apportés depuis dix ans à notre système de justice pénale ainsi que les réformes de la détermination des peines apportées ».Vendredi, M.Trudeau a indiqué que cet autre jugement le confortait dans sa volonté d\u2019aller de l\u2019avant.« Il y a des cas où les peines minimales sont per tinentes », a-t-il dit, évoquant celles instaurées par des gouvernements libéraux.«Mais il y a une impression générale, renforcée par cette décision de la Cour suprême, que les peines minimales instaurées par le précédent gouvernement dans un certain nombre de cas vont trop loin.C\u2019est là-dessus que nous réfléchissons.» Il a indiqué qu\u2019il aurait plus de choses à dire «dans les jours et les semaines à venir».Du côté du NPD, on s\u2019impatiente, estimant que cette réforme tarde.«On parle de quelques semaines depuis déjà six mois », déplore le député Guy Caron.Une deuxième invalidation La seconde cause tranchée vendredi par la Cour suprême concernait Hamidreza Safarzadeh- Markhali, un homme qui n\u2019avait pas eu le droit d\u2019être libéré en attendant son procès car il avait déjà un casier judiciaire.Lors de la détermination de la peine, le juge prend en compte le temps passé derrière les barreaux avant un procès et le majore généralement de 50 %.Mais en vertu d\u2019une loi adoptée par les conservateurs en 2009, cette majoration n\u2019est pas autorisée si la remise en liberté a été refusée pour cause d\u2019antécédents judiciaires.La Cour suprême a aussi invalidé cette loi parce qu\u2019elle ne prend pas en compte les cas particuliers.La cause était théorique car M.Safar- zadeh-Markhali a déjà été renvoyé en Iran.Avec Marie Vastel Le Devoir Le démantèlement de l\u2019arsenal pénal conservateur se poursuit La Cour suprême invalide deux autres réformes de Stephen Harper A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L e projet de loi fédéral ouvre la porte, Québec la refermerait immédiatement.Pour le Collège des médecins du Québec (CMQ), pas question de laisser les patients partir à la maison avec une prescription létale pour se l\u2019administrer sans supervision médicale.Le «modèle de l\u2019Oregon, c\u2019est l\u2019histoire d\u2019horreur que nous ne pouvons pas tolérer au Québec», tranche le secrétaire du CMQ, le Dr Yves Robert.Dans cet État américain, les patients ont accès à l\u2019aide au suicide sous forme d\u2019une prescription d\u2019une substance mortelle qu\u2019il leur est possible de prendre au moment qui leur convient.Cet aspect de la loi interpelle aussi le gériatre David Lussier.« Ce n\u2019est pas l\u2019idée de la mort dans la dignité sous-entendue dans la loi, dit-il.De plus, ça met des substances létales en circulation.Ça règle plutôt le problème des médecins qui ne se sentent pas à l\u2019aise de l\u2019administrer», observe le membre de la Commission sur les soins de fin de vie.Pour Yves Robert, l\u2019affaire est limpide : le projet de loi fédéral «n\u2019oblige pas les provinces à y donner accès ».« C\u2019est le Collège qui gère l\u2019exercice professionnel des médecins, et pour nous, il est clair que l\u2019aide médicale à mourir ne peut se faire qu\u2019en présence d\u2019un médecin», dit-il.Selon lui, cette manière de faire ferait l\u2019af faire de « médecins qui voudraient s\u2019en laver les mains ».« Ça me fâche énormément, car ça va totalement à l\u2019encontre de l\u2019esprit de la loi, qui est d\u2019of frir un soin à un patient et de l\u2019accompagner jusqu\u2019aux derniers moments.» Il relate que l\u2019expérience de l\u2019Oregon a donné lieu à des dérapages, notamment des personnes pour qui la mort n\u2019est pas venue comme prévu et qui ont dû être admises à l\u2019hôpital d\u2019urgence.«De plus, qu\u2019est-ce qui nous dit que cette ordonnance serait consommée par la bonne personne au bon moment?C\u2019est une question de sécurité », dit le Dr Robert.Un cheminement graduel Comment la loi fédérale pourrait-elle changer la façon dont l\u2019aide médicale à mourir est pratiquée au Québec?Le Dr Robert, comme d\u2019autres observateurs, voit d\u2019abord une ouverture plus grande en matière d\u2019accès.« Au Québec, nous avions exclu d\u2019ouvrir l\u2019aide médicale à mourir pour la seule raison d\u2019avoir un handicap, car il faut garantir la protection des personnes vulnérables », explique-t-il.Mais le projet de loi fédéral retient le handicap comme critère d\u2019admissibilité, à condition de satisfaire les autres critères, dont ceux de souf frances intolérables et de mort raisonnablement prévisible.«En principe, une personne vivant avec un handicap qui aurait aussi une af fection mettant sa vie en péril, comme une infection, deviendrait admissible, interprète le Dr Robert.Il y a là une zone grise qui était d\u2019emblée exclue dans la loi québécoise.» Le concept de mort prévisible, par rapport à celui de fin de vie utilisé dans la loi québécoise, peut aussi élargir l\u2019admissibilité des patients.«On peut penser qu\u2019une personne avec une sclérose latérale amyotrophique pourrait devenir admissible avec la loi fédérale», dit le Dr Robert.Le projet de loi fédéral ouvre aussi la porte à l\u2019administration de l\u2019aide à mourir par les infirmières praticiennes spécialisées.Le Dr Robert ne croit pas que Québec doive l\u2019autoriser pour autant.« Nous avons assez de médecins qui acceptent de le faire pour l\u2019instant», dit-il.Il se réjouit que le fédéral se penche, au cours des prochaines années, sur les cas beaucoup plus délicats, éthiquement parlant, des personnes mineures ou inaptes, ainsi que sur les directives médicales anticipées.Ces dernières sont au cœur des préoccupations de la population sur l\u2019aide médicale à mourir, observe le Dr George L\u2019Espérance, qui préside l\u2019Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité.«Les gens veulent savoir s\u2019ils y auront accès advenant une maladie cognitive dégénérative comme l\u2019alzheimer.C\u2019est ce dont on nous parle le plus, et nous devrons faire face à cette question éventuellement.» Le Devoir AIDE MÉDICALE À MOURIR Malaise autour de l\u2019autoadministration M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L\u2019 élue péquiste Carole Poirier a dénoncé sans retenue vendredi la « politique économique et sociale ouvertement antifemmes » du gouvernement libéral.« Ne jouons pas sur les mots : depuis deux ans, ce gouvernement s\u2019emploie à mettre en œuvre des actes de violence et de discrimination sexistes, qui peuvent être physiques, psychologiques, verbaux, économiques, sexuels, sociaux et politiques », a-t- elle lancé rapidement après le coup d\u2019envoi de l\u2019étude des crédits dévolus à la Condition féminine.Le ton était donné.La liste des programmes visant à favoriser l\u2019émancipation des femmes endommagés au cours du redressement des finances publiques « est longue » : « Chapeau, les filles ! », « À égalité pour décider», «Mauriciennes d\u2019influence», a souligné Mme Poirier.« L\u2019élection d\u2019un gouvernement libéral à la tête du Québec a marqué le tournant de l\u2019austérité et le recul des conditions de vie des femmes du Québec.» Autre exemple : les femmes ont mis la main sur à peine 20 % des emplois créés au Québec en 2015, a-t-elle mentionné, citant un rapport d\u2019étude de L\u2019R des centres de femmes du Québec.Le réquisitoire antiaustérité de la porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de Condition féminine a fait sursauter les élues libérales Marie-Claude Nichols, Nicole Ménard et Véronique Tremblay.«Wow! Je suis sans mots.[\u2026] Je n\u2019en reviens tout simplement pas », a dit Mme Nichols, frappée d\u2019indignation.Ce type de dérapage verbal de la députée d\u2019Hochelaga- Maisonneuve nuit à « la cause des femmes » , est -el le d\u2019avis.« Je m\u2019adresse à ma fille, qui a 15 ans.Je ne suis pas sûre qu\u2019elle va avoir le goût de faire de la politique si elle regarde ce qui se passe ici au- jourd\u2019hui», a dit l\u2019ex-mairesse de la ville de Notre-Dame-de-l\u2019Île-Perrot.La ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault, a aussi appelé les partis d\u2019opposition à ne pas faire de « la partisanerie à outrance» en matière de condition féminine.La vice-première ministre s\u2019était pourtant décrite, quelques minutes plus tôt, comme « la meilleure alliée des femmes».Des conservateurs à Québec?Le programme des libéraux de l\u2019équipe Couillard en matière de Condition féminine est la « même chose» que celui des conservateurs de l\u2019équipe Harper chassée du pouvoir en novembre dernier, a lâché la présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Mélanie Sarazin, à la sortie de l\u2019Assemblée nationale.Elle a été «choquée» de constater de visu que Mme Thériault se distancie de la «vision féministe de l\u2019égalité entre les hommes et les femmes» en «gard[ant]» les « yeux fermés» sur les impacts des coupes budgétaires dans les programmes voués notamment à la santé et à l\u2019éducation des femmes.«On est en train de mourir», a-t-elle laissé tomber.Mme Sara- zin a exhorté, en vain, le gouvernement libéral «de tout remettre ce qui a été coupé, point à la ligne».«À l\u2019échelle du gouvernement, ces coupes-là sont des économies de bouts de chandelles, qui ont des conséquences dramatiques sur le pouvoir d\u2019agir des organismes de défense des droits des femmes », a ajouté la directrice générale du Conseil d\u2019intervention pour l\u2019accès des femmes au travail (CIAFT), Nathalie Goulet.L\u2019élue solidaire Manon Massé a fait valoir vendredi que les femmes méritent réparation «en cette année de surplus budgétaire», puisqu\u2019elles étaient les «premières victimes» de l\u2019atteinte du déficit zéro.Mononcle Guy?Mesdames Poirier et Massé ont reproché au président de la Commission des institutions, Guy Ouellet, d\u2019avoir accordé un droit de parole jeudi à la députée Marie Mont- petit après avoir souligné qu\u2019elle pourra ajouter une « touche féminine » aux échanges.« Le discours de mononcle, on n\u2019est plus capables.Alors, il faut que ça arrête », a fait valoir Mme Poirier.«Ça, c\u2019est le quotidien», a poursuivi Mme Massé, invitant toutefois les médias à ne «pas monter ça en épingle».Mme Thériault a quant à elle déploré que Mme Poirier ait « ri » du député Marc H.Plante, qui a été le premier élu libéral à prendre la parole lors de l\u2019étude des crédits octroyés la Condition féminine.« Je trouve ça dommage !» Le Devoir CONDITION FÉMININE Les partis d\u2019opposition demandent réparation au nom des femmes du Québec JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE La ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault, a appelé les partis d\u2019opposition à ne pas faire de « la partisanerie à outrance » en matière de condition féminine.La fille de Kay Carter affirme qu\u2019en vertu du projet de loi fédéral sur l\u2019aide à mourir, sa mère n\u2019aurait pas été admissible.Le combat de Kay Carter, épaulée par sa fille Lee, est derrière la contestation judiciaire qui est à l\u2019origine de l\u2019arrêt Carter de la Cour suprême.Se disant fâchée, triste et déçue, Lee Carter a exprimé au magazine Maclean\u2019s sa sincère déception.Souffrant d\u2019une maladie neurologique, Kay Carter, âgée de 89 ans, vivait avec des souffrances «persistantes» et « intolérables», comme l\u2019exige le projet de loi pour être admissible à l\u2019aide à mourir, mais sa mort naturelle n\u2019était pas «devenue raisonnablement prévisible».Mme Kay Carter a obtenu l\u2019aide médicale à mourir en Suisse en 2010.«C\u2019est décevant, nous avons été surpris par cette frilosité de la loi», opine le Dr George L\u2019Espérance, le président de l\u2019Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité.Kay Carter\u2026 inadmissible ?Cette manière de faire ferait l\u2019affaire de « médecins qui voudraient s\u2019en laver les mains », selon le Dr Robert Lire aussi \u203a Prudence mal dosée.L\u2019éditorial de Manon Cornellier.Page B 4 Chez Sylvia\u2019s, la mecque du soul food sise sur le boulevard Malcolm X, au cœur de Harlem, les murs sont tapissés de photos de politiciens.Normal, le diner est un passage obligé pour tous les candidats qui courtisent les électeurs du quartier.« Vous avez vu nos cadres ?demande la caissière au moment de facturer l\u2019assiette de gaufres et de poulet frit.On en a un avec Bill Clinton !» C\u2019est que celui que l\u2019écri- vaine afro-américaine Toni Morrison a surnommé le «premier président noir» des États- Unis jouit encore d\u2019une popularité immense dans Harlem.Le fait qu\u2019il y ait installé ses bureaux après sa présidence, sur le boulevard Mar tin Luther King, ne lui a cer taine- ment pas nui.Et à l\u2019ancienne première dame non plus, pour qui le nom « Clinton » ne peut être qu\u2019un atout dans cette communauté.« Je suis une grande fan de Hillar y », confie Carla Wrighte, une Noire de 38 ans qui habite et travaille dans Harlem pour le gouvernement de l\u2019État.«C\u2019est une femme, on connaît les Clinton et j \u2019approuve les politiques de Bill.J\u2019ai confiance qu\u2019elle poursuivra son œuvre, avec ses nuan - ces à elle.» Au local électoral de « Hillary » dans Harlem, Kathleen McCadden, une Noire de 30 ans originaire de Virginie, porte fièrement son t-shirt « I miss Bill ».« Nous l\u2019adorons ! lance-t-elle en épinglant des affiches \u201c Hillary \u201d sur les murs du local.Et ce n\u2019est pas juste parce qu\u2019il joue du saxophone ! Il a du charisme, il serre les gens dans ses bras, il mange notre bouffe [le soul food], il vient de l\u2019Arkansas [un État du Sud qui compte beaucoup d\u2019Afro- Américains] et il a été le premier président à faire de réels ef for ts pour s\u2019allier le caucus noir au Congrès.» Proche de Bill Et Hillar y dans tout ça ?« Les gens savent qu\u2019elle est proche de Bill et de ses politiques », répond Ny Whitake, une entrepreneure de Harlem âgée de 41 ans qui travaille pour la campagne de la démocrate.«Elle n\u2019est pas Bill, elle a ses problèmes, elle n\u2019est pas aussi chaleureuse et ne serre pas les gens dans ses bras, mais c\u2019est O.K.» Même si Hillary ne semble pas soulever le même enthousiasme que son mari dans la communauté, un récent sondage lui concède néanmoins les deux tiers des intentions de vote des Afro-Américains à travers l\u2019Empire State, contre un tiers pour Bernie Sanders.Cette avance n\u2019est pas aussi écrasante que dans les primaires du Sud, où Clinton a raflé en moyenne 73 % du vote noir, mais reste dif ficilement surmontable.Ici, pas de mystère, selon Bill Perkins, l\u2019un des rares politiciens locaux qui appuient Bernie Sanders.« Les Clinton sont implantés dans la ville de New York et auprès des personnes de couleur depuis longtemps.Mais\u2026 qui est Bernie ?Moi, je le connais, mais les gens de Harlem ne le connaissent pas ! C\u2019est le nouveau joueur sur la scène.C\u2019est dommage qu\u2019il n\u2019ait pas eu le temps de se familiariser avec le quartier », confie au Devoir le représentant de Harlem au Sénat de l\u2019État de New York lors de l\u2019ouver ture du bureau de campagne de Sanders dans le quartier.L\u2019appui des bonzes locaux La machine politique de Harlem, qui a été pendant des décennies le centre nerveux de la black politics aux États- Unis, a perdu de son influence au fil des ans.N\u2019empêche, Hil- lar y Clinton et son mari ont longuement et patiemment cultivé leurs liens avec ses leaders.La « machine Clinton » est si forte qu\u2019elle avait même réussi le tour de force d\u2019obtenir la faveur de la machine politique de Harlem lors des primaires de 2008, alors que son opposant n\u2019était nul autre que Barack Obama\u2026 Aujourd\u2019hui, l\u2019ancienne sé- natrice de New York conserve l\u2019appui des bonzes locaux tels que le vieux routier et représentant au Congrès Charles Rangel, l\u2019influent révérend Calvin O.Butts III, de l\u2019Abyssinian Baptist Church, et la conseillère municipale Inez Dickens.Lorsqu\u2019on lui demande les raisons de son appui à l\u2019ex-pre- mière dame, la conseillère Dickens répond tout de go qu\u2019elle a derrière elle une longue histoire de collaboration avec « Hillar y ».« J\u2019ai connu Hillary Clinton en 1996 alors qu\u2019elle était la première dame et qu\u2019elle œuvrait auprès des communautés qui n\u2019avaient pas suf fisamment de financement en éducation \u2014 comme bien des communautés de couleur.Clinton a ensuite été ma sénatrice à Washington [de 2001 à 2009].Nous avons appris à nous connaître » , ex- plique-t-elle au Devoir.Malgré le préjugé favorable dont elle jouit dans cette communauté, Hillar y Clinton ne tient rien pour acquis.Les Afro-Américains, qui forment 13 % de l\u2019électorat américain, représentent un appui crucial pour qui veut rempor ter les primaires démocrates et, ensuite, la Maison-Blanche.Voilà pourquoi la candidate a notamment lancé sa campagne new-yorkaise dans Harlem au Apollo, une salle de spectacle mythique de la culture noire, et fait la tournée des églises noires de la ville.En mettant le problème du racisme au cœur de ses discours, elle martèle que son rival du Vermont a voté en 2005 pour une loi qui donne une quasi-immunité à l\u2019industrie des armes à feu, une question très sensible dans la communauté noire.Une loi sur le crime Le camp Sanders, qui tente de faire une percée dans cet électorat, rétorque que l\u2019ancienne première dame a été complice d\u2019une loi sur le crime adoptée sous la présidence de son mari, en 1994, et qui revient aujourd\u2019hui au cœur du débat électoral.Cette loi, qui a permis de mettre plus de policiers dans les rues et d\u2019ériger plus de prisons, est jugée responsable de l\u2019emprisonnement massif des Noirs par ses critiques.Après des débuts tendus, la campagne de Bernie Sanders a aussi réchauf fé ses liens avec Black Lives Matter, un groupe militant qui manifeste depuis 2013 contre le profilage racial et la violence policière contre les Afro-Américains.Un vibrant plaidoyer Erica Garner, proche du groupe et fille d\u2019un homme noir qui a été étranglé à mort par des policiers de New York en 2014, est d\u2019ailleurs venue déclamer un vibrant plaidoyer en faveur de Sanders lors de l\u2019ouver ture de son bureau électoral dans Harlem.« Bernie n\u2019est pas notre sauveur, mais il est le seul candidat qui n\u2019a pas peur de s\u2019en prendre aux politiciens racistes », a-t-elle lancé, avant de crier avec la foule «Bern ! Fire ! Bern ! Fire ! Bern ! Fire ! » Selon Inez Dickens, il est possible que les plus jeunes au sein de la communauté noire soient séduits par le discours militant de Bernie Sanders, mais chez les plus âgés, la méfiance règne.«Ce n\u2019est pas que la communauté afro-améri- caine soit à ce point enchantée par Hillary Clinton et qu\u2019elle croie qu\u2019elle a la solution à tous les problèmes, concède-t-elle.Mais ils ont peur du discours de Sanders, qui semble trop beau pour être vrai, et qui l\u2019est généralement.» Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 A V R I L 2 0 1 6 PRIMAIRES : LA BATAILLE DE NEW YORK A 4 A 5 ISTOCK En bleu foncé Harlem est un territoire bleu très foncé.Lors de la dernière présidentielle, en 2012, Barack Obama y a remporté «ce qui est très près d\u2019un vote unanime», écrivait alors The New York Times.Cette prouesse, il ne la devait pas nécessairement à la couleur de sa peau (bien que sa popularité ait fait grimper le taux de participation des Noirs), car l\u2019ensemble des Afro-Américains à travers le pays jette son dévolu, élection après élection, sur les démocrates dans des proportions stratosphériques.Si Hillary ne semble pas soulever le même enthousiasme que son mari, un sondage lui concède les deux tiers des intentions de vote des Afro-Américains de l\u2019Empire State Les Afro-Américains, qui forment 13% de l\u2019électorat états-unien, représentent un appui crucial pour qui veut remporter les primaires démocrates, puis la Maison-Blanche La «machine Clinton» est si forte qu\u2019elle avait réussi à obtenir la faveur de celle de Harlem aux primaires de 2008, et son opposant n\u2019était nul autre que Barack Obama\u2026 L\u2019État dans son ensemble vote massivement et invariablement «bleu» depuis la présidentielle de 1988 À l\u2019échelle de l\u2019Empire State, les sondages mettent Trump largement en tête parmi les républicains, avec environ 53% des intentions de vote À Manhattan, dans un campus résolument à gauche de surcroît, être républicain et conservateur est un stigmate qui peut valoir son lot d\u2019intimidation et de discrimination JUSTIN SULLIVAN AGENCE FRANCE-PRESSE Hillary Clinton, candidate aux primaires du Parti démo - crate pour l\u2019élection présidentielle de 2016.Harlem, fief des Clinton L\u2019ex-sénatrice de New York tente de conserver son avance auprès de la communauté noire T E X T E S : J E A N - F R É D É R I C L É G A R É - T R E M B L A Y à New York A u théâtre, on dirait que Kelsey Tr um- bach joue un rôle de composition.Jeune femme, hispanique, new-yor- kaise, étudiante en politiques de santé mondiale et\u2026 présidente des College Republicans de la New York University, qui a la réputation d\u2019être l\u2019un des campus les plus à gauche des États-Unis.Pour la primaire new-yorkaise, entre Ted Cruz et Donald Trump son cœur balance, maintenant que Jeb Bush, son préféré, n\u2019est plus dans la course.Mais\u2026 pourquoi ?! L\u2019étudiante de 21 ans originaire de Miami répond, calme et tout sourire, qu\u2019elle aime combattre les stéréotypes.« Les gens ne s\u2019attendent pas à ce que je me déclare républicaine.Ou que je dise dans mes classes de santé mondiale que je suis contre l\u2019avortement.On me regarde comme si j\u2019étais cinglée, comme si je ne devais pas être dans un tel programme.Mais c\u2019est faux parce que les gens peuvent \u2014 et doivent \u2014 avoir des points de vue dif férents.C\u2019est sain.» Assis sur un banc de Washington Square, au cœur du campus de la New York University dans Greenwich Village, Kelsey et ses trois confrères conservateurs des NYU College Republicans savent qu\u2019ils sont ici une minorité.Histoire de le leur rappeler, une jeune joggeuse por tant un t-shir t « The Future is Feminine » courait en boucle sur le square et un gribouillis à la craie « Deport Trump 2016 » les narguait sur le trottoir.Dans cette mégapole de 8,4 millions d\u2019habitants, seulement 470 000 électeurs sont inscrits en tant que républicains.Les démocrates, eux, sont 3,1 millions.Et l\u2019État dans son ensemble vote massivement et invariablement « bleu » depuis la présidentielle de 1988.En 2012, Barack Obama l\u2019avait rem- por té contre Mitt Romney avec 63 % des voix.Et dans la Grosse Pomme : avec 81 %.Persona non grata en ville Pas que les républicains soient persona non grata dans la mégapole, mais pres - que.Fils du Queens et roi de l \u2019 immobilier à Manhattan, Donald Trump n\u2019y a pratiquement pas mis les pieds pendant la campagne, même si son quar tier général est juché au sommet de la tour de verre noir qui porte son nom sur la 5e Avenue.Il mise surtout sur les banlieues, le nord et l\u2019ouest de l\u2019État, où l\u2019économie plombée par la désindustrialisation représente pour lui un ter reau électoral plus fertile.Quant à Ted Cr uz, qui a soulevé l\u2019ire des locaux pour avoir vilipendé les « valeurs de New York » (lire : progressistes), ses chances sont plus que minces et il s\u2019est donc limité à quelques événements peu courus.John Kasich, loin derrière dans la course aux délégués, s\u2019en est lui aussi tenu à quelques événements, aussi peu achalandés.À l \u2019échel le de l \u2019Empire State, les sondages mettent T r ump largement en tête parmi les républicains, avec environ 53 % des intentions de vote.Suivent, loin derrière, Kasich (22 %) et Cruz (18 %).Tout ce que tentent de faire ces derniers est d\u2019empêcher T r ump d\u2019amasser plus de 50 % du vote, ce qui, dans les règles particulières au camp républicain dans New York, per mettrai t au vainqueur de cueillir encore plus de délégués.Pas de «mystère Trump» Est-ce qu\u2019il y a là un « mystère Trump » ?« Pas du tout ! lance Dylan Perera, le seul partisan du milliardaire parmi les quatre.Les médias l\u2019ont dépeint comme un radical fou d\u2019extrême droite ; or, même The New York Times a reconnu que ses positions sont pour la plupart modérées.» À moins d\u2019y être forcé, « The Amazing Donald » ne parle à peu près jamais de l\u2019avortement, du mariage gai ou d\u2019autres questions chères aux conser vateurs sociaux comme Ted Cruz, fait remarquer Eli Nachmany, un étudiant de 20 ans en gestion des affaires sportives, qui refuse de divulguer ses préférences électorales.« Ses positions sur ces questions le mettent vraiment au diapason avec les républicains plus modérés et pro- af faires types du Nord-Est américain.» De fait, Trump a ravi des États comme le Massachusetts, le Vermont et le New Hampshire avec des scores écrasants.Seul le petit Maine est allé au sénateur du Texas.Intimidation et discrimination Mais au cœur de Manhattan, dans un campus qui pen - che résolument à gauche de surcroît, être républicain et conservateur est un stigmate qui peut valoir son lot d\u2019intimidation et de discrimination, assurent les quatre républicains.Le pro-Tr ump Dylan Perera a fait les plateaux de CNN et de Fox News pour dénoncer ce qu\u2019il perçoit comme deux poids, deux mesures dans un campus qui se targue pourtant d\u2019être tolérant et ouvert à la diversité.L\u2019étudiant de 22 ans inscrit dans un programme de génie affirme qu\u2019on l\u2019a traité en public de « raciste » et de « fasciste ».« D\u2019autres partisans de Trump ont même vu leur allégeance être dévoilée en classe par un professeur et se font ridiculiser.» « Lorsque tu es un conservateur, on te dit, dès que tu arrives à l\u2019université, de ne pas laisser les professeurs le savoir.Ou alors de t\u2019assurer que c\u2019est OK pour eux que tu le sois.Autrement, il y a la crainte qu\u2019ils baissent tes notes », renchérit Kelsey, qui affirme essuyer de sales regards dans les couloirs et les ascenseurs lorsque ses allégeances politiques sont détectées.Un parti en santé Dans ce contexte tendu et polarisé, qu\u2019ils observent aussi à l\u2019échelle nationale, les quatre étudiants se désolent de la pauvreté du débat politique.« C\u2019est ça, le problème : on ne parle pas des enjeux et des politiques, on parle de l\u2019apparence de Heidi Cruz et de Melania Trump, de la taille des parties génitales des candidats et de choses stupides comme ça ! » s\u2019indigne Ben Swinehart, un étudiant de 22 ans en gestion et finances qui a jeté son dévolu sur Ted Cruz.Mais n\u2019est-ce pas en partie la faute des candidats eux- mêmes, qui insultent la femme de leur adversaire un jour et font obliquement référence à leurs parties génitales le lendemain?« Trump a récemment dévoilé son plan expliquant comment il comptait faire payer Mexico pour le mur qu\u2019il veut voir construire à la frontière.Personne n\u2019en a parlé, intervient Eli.Trump a aussi rendu public son programme en santé il y a deux mois.Personne n\u2019en a parlé non plus, sinon certains qui ont crié : \u201c Oh, c\u2019est de la médecine socialisante ! \u201d Avons- nous de la matière à discuter de la part des candidats ?Absolument.Les médias s\u2019y attardent- ils ?Aucunement.» Les apparences sont aussi trompeuses, selon eux, sur l\u2019état de santé du Grand Old Party lui-même.« Un parti en crise ?Pas du tout ! » répon- dent-ils en chœur.« Si vous voulez voir un parti en crise, allez voir les démocrates.Ce sont eux qui ont perdu le Sénat, la Chambre des représentants, la plupart des postes de gouverneurs et les législatures d\u2019État à travers le pays.Et dans les primaires, le taux de par ticipation est nettement plus élevé chez les républicains que chez les démocrates dans tous les États qui ont voté », rappelle Eli.« C\u2019est sain dans un par ti d\u2019avoir des divisions, de voir différentes visions s\u2019af fronter », conclut Ben, cer tain qu\u2019au terme des primaires, quelqu\u2019un saura rassembler les «conservateurs», les «nationalistes-po- pulistes », les « centristes » et « l\u2019establishement », toutes les factions réunies sous la tente républicaine.Le Devoir Le village républicain au cœur de l\u2019empire démocrate Jeunes, éduqués, new-yorkais et républicains.Et fiers de l\u2019être.470 000 C\u2019est le nombre d\u2019électeurs inscrits en tant que républicains à New York.Ils sont 3,1 millions inscrits du côté des démocrates.JEAN-FRÉDÉRIC LÉGARÉ-TREMBLAY LE DEVOIR Kathleen McCadden, une Noire de 30 ans originaire de Virginie, porte fièrement son t-shirt « I miss Bill »: «Nous l\u2019adorons ! » JEAN-FRÉDÉRIC LÉGARÉ-TREMBLAY LE DEVOIR Dylan Perera, Kelsey Trumbach, Eli Nachmany et Ben Swinehart, des College Republicans de la New York University, qui a la réputation d\u2019être l\u2019un des campus les plus à gauche des États-Unis.Les républicains ne sont pas persona non grata dans la mégapole, mais presque.Les délégués en jeu Républicains: 95 4e État en importance pour le nombre de délégués Démocrates: 233 Excluant les superdélégués, qui ne sont pas liés par le résultat 2e État en importance pour le nombre de délégués L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 A V R I L 2 0 1 6 PRIMAIRES DE NEW YORK A 6 LE DEVOIR DE DÉBATTRE Le mercredi 27 avril 2016, 19 h 15 ans après le r ort p ap éril a en p , le fr ose ar L De e du st iali or édit \u2019 Animé par l v u Qué çais est an oir ?c e b -il e t ec e et codir st onstitutionnali C d ar ér édéric B Fr e M ur s ue stiq oits lingui e de dr tièr ma tional en e na oir t a v Obser \u2019 de l s s Québécoi tional de na dins esjar e D tin Mar ice tr a e et comment st urnali o J son w o agacé D e L Ann evoir D pondant du s e orr C stian Rioux Chri 8 5 1 2 3- 18 64 4 u ez a v ser é R ue, Québec iq abr e de la F 2, côt ENTRÉE GRATUITE \u203a MARDI 4 MAI 2016 À 19 H À la Société des arts technologiques, 1201 boulevard Saint-Laurent, métro Saint-Laurent Les Amis du Devoir vous invitent à rencontrer les artisans du journal à l\u2019occasion de la JOURNÉE MONDIALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE Marie-Maude Denis Animatrice et journaliste à l\u2019émission Enquête Conférence animée par Brian Myles Directeur du Devoir Plaidoyer pour la presse indépendante ; qu\u2019attend l\u2019État pour la soutenir ?Josée Blanchette Chroniqueuse au Devoir L\u2019audace, la meilleure amie de la liberté dans une presse en santé Invités spéciaux J E A N - F R É D É R I C L É G A R É - T R E M B L A Y à New York P erché dans son bureau de Brooklyn, non loin de l\u2019East River qui le sépare du Financial District de Manhattan, Dan Cantor admet sans ambages qu\u2019il a été renversé par l\u2019ampleur de la vague progressiste soulevée par Bernie Sanders.«Elle est bien plus grosse qu\u2019on ne l\u2019avait cru, dit-il.Et elle nous montre qu\u2019il y a aujourd\u2019hui un auditoire plus vaste et réceptif que jamais à ses idées.» Directeur national du Working Families Par ty (WFP), une formation de gauche qu\u2019il a cofondée en 1998, Dan Cantor veut nourrir cette vague afin de catapulter le Parti démocrate vers la gauche.Exactement comme l\u2019a fait le Tea Party avec le Parti républicain, mais vers la droite.«Nous voulons être le Tea Par ty de la gauche, clame-t-il.Nous pouvons être en parfait désaccord avec leurs positions, mais on ne peut que reconnaître qu\u2019ils sont parvenus à amasser beaucoup de pouvoir en peu de temps et qu\u2019ils ont réussi à pousser les républicains loin à droite.» Selon lui, le fruit est mûr pour une renaissance du progressisme américain.La stratégie du Parti démocrate, qui a été de gouverner « juste un millimètre à gauche du Parti républicain » sous l\u2019assaut constant de la droite pendant une quarantaine d\u2019années, a fait long feu.« Sanders a montré que ça ne rallie plus les gens, du moins pas les jeunes, estime M.Cantor.Les mouvements sociaux [Occupy, Black Lives Matter, etc.] jouent un plus grand rôle depuis la crise de 2008, ce qui suggère qu\u2019il y a une prise de conscience que les inégalités sont devenues la caractéristique principale de l\u2019économie politique américaine.» Le WPF a ainsi, entre autres chevaux de bataille, l\u2019accroissement des fonds publics pour l\u2019éducation, pour les plus pauvres, pour la création d\u2019emplois et pour les infrastructures, et la hausse des impôts pour les plus riches.Candidats progressistes Le WFP n\u2019est pas un tiers parti of ficiel comme le Parti vert ou le Parti libertarien, des formations qui, selon Dan Cantor, sont réservées aux «idiots» ou aux « rêveurs » qui vouent leur cause à l\u2019échec dans ce système farouchement bipartisan.«Nous voulons influencer ce qui se passe au gouvernement.Et la gauche ne peut pas uniquement se mobiliser sans arrêt dans la rue.Il faut remporter des élections et gouverner», affirme celui qui a travaillé pour la campagne présidentielle du révérend Jesse Jackson en 1988.Leur stratégie principale, identique à celle du Tea Party, est de battre les démocrates de l\u2019establishment avec des candidats progressistes lors des primaires.« Si nous réussissons cela dans suf fisamment de campagnes électorales, nous allons changer la façon dont les démocrates gouvernent », assure Dan Cantor.La formation de gauche a déjà plusieurs victoires en banque.Au fil des années 2000, l\u2019organisation est notamment par venue à faire élire près d\u2019une dizaine de ses candidats au conseil municipal de New York, mettant ainsi la table pour la victoire du progressiste Bill de Blasio à la mairie en 2013.Pour la primaire démocrate de New York, la machine électorale du WFP pousse à la roue pour « Bernie » en faisant du pointage, du porte-à-porte, en mobilisant les foules lors des activités de campagne et en lui négociant des appuis parmi les élus locaux.Elle fait la même chose dans tous les États où l\u2019organisation est active.Du local au national Le WFP est présent dans 11 États américains.Mais Dan Cantor espère voir sa formation essaimer dans une vingtaine d\u2019États d\u2019ici cinq ans.Ce n\u2019est qu\u2019à ce moment, selon lui, qu\u2019elle pour - ra être un joueur national et inf luencer la poli t ique à Washington.Pour l\u2019instant, le WFP travaille essentiellement à l\u2019é - chel le municipale et des États, où les deux tiers des fonds publics (excluant la défense) sont dépensés aux États-Unis, rappelle-t-il.« C\u2019est énormément d \u2019argent, et beaucoup plus proche de la vie des gens.Aux États- Unis, tout ce qui a été fait de bon \u2014 assurance-chômage, sécuri té sociale , e tc .\u2014 a commencé dans quelques États .Tout comme l \u2019assurance maladie universelle au Canada, qui a débuté en Saskatchewan.» La politique canadienne est d\u2019ailleurs une source d\u2019inspiration pour Dan Cantor, qui y voit un modèle de social-démocratie qu\u2019il voudrait bien voir émuler aux États-Unis.Les fondateurs du parti entretiennent aussi, depuis les débuts, quelques liens avec le Nouveau Parti démocratique et l\u2019Institut Broadbent, un think tank progressiste canadien, confie M.Cantor.Mais du côté sud du 49e parallèle, il constate que la gauche reste très faible.« Il nous reste beaucoup de chemin à parcourir», reconnaît-il.Le Devoir Le Tea Party de la gauche Le Working Families Party veut faire triompher l\u2019aile progressiste du Parti démocrate JEAN-FRÉDÉRIC LÉGARÉ-TREMBLAY LE DEVOIR Dan Cantor, directeur national du Working Families Party.Selon lui, le WFP n\u2019est pas un tiers parti of ficiel comme le Parti vert ou le Parti libertarien, des formations réservées aux « idiots» ou aux « rêveurs» qui vouent leur cause à l\u2019échec dans un système farouchement bipartisan.10 millions C\u2019est le budget annuel du Working Families Party, qui compte quelque 70 employés, en plus de nombreux travailleurs à temps partiel.La gauche ne peut pas uniquement se mobiliser dans la rue.Il faut remporter des élections et gouverner.Dan Cantor, directeur national du Working Families Party « » I S A B E L L E P O R T E R à Québec E n Haute-Côte-Nord, des élus se mobilisent pour empêcher la fermeture de trois points de ser vices des Caisses Desjardins à Longue- Rive, à Colombier et à Por t- neuf-sur-Mer.Ils craignent que ce dépar t crée un ef fet d\u2019entraînement.«Pour notre communauté, ce n\u2019est pas juste un service de Caisse populaire, explique le maire de Longue-Rive, Donald Perron.On se bat pour garder notre village ouvert.» Desjardins a pris la décision de regrouper ses ser vices à Forestville, à 25 kilomètres de là.On invoque la faible utilisation des points de ser vices, l\u2019augmentation des transactions sur le Web, un discours entendu maintes fois ces dernières années un peu partout au Québec.Or dans ce cas-ci, le niveau d\u2019alerte est renforcé parce qu\u2019il s\u2019agit de trois municipalités dévitalisées.« Nous autres, on se bat pour nos églises, nos bureaux de poste, nos écoles et nos postes d\u2019essence et là, les Caisses populaires viennent enfoncer le clou encore un peu plus.» Le village de Longue-Rive compte un peu plus de 1200 habitants.Le maire Perron s\u2019inquiète tout par ticulièrement pour ses personnes âgées.« Ça touche les personnes les plus vulnérables.» Il craint sur tout un ef fet d\u2019entraînement.« Les gens qui vont aller au point de service de Forest- ville, ils vont en profiter pour aller au supermarché là-bas.Ils ne viendront pas à la coop alimentaire ici.» «Valeurs coopératives» Cette semaine, les trois maires ont écrit au nouveau président du Mouvement, Guy Cormier, pour le sensibiliser à leurs problèmes.Ils rappellent au nouveau patron sa «déclaration visant à ramener Desjardins vers ses valeurs coopératives» et son souci des régions.Ils disent que « la colère gronde dans leur région », qu\u2019ils « ne lâcheront pas » et « sont prêts à aller jusqu\u2019au bout».Invité à préciser, M.Perron demande au moins un compromis comme un « service itinérant ».« On nous dit que la décision est irrévocable.Tout ce qu\u2019on nous propose, c\u2019est qu\u2019une personne vienne une fois par semaine pour enseigner aux personnes âgées à utiliser les ordinateurs [et les sites] comme Accès D», déplore-t-il.Les administrateurs locaux de la Caisse doivent s\u2019expliquer lors d\u2019une assemblée générale prévue pour le 26 avril.En attendant, le bureau national de Desjardins a fourni au Devoir quelques explications vendredi.« Ce sont toujours des décisions qui sont dif ficiles à prendre pour les dirigeants de Caisses de ces municipali- tés-là, souligne la por te-pa- role Valérie Lamarre.La présence de Desjardins sur la Côte-Nord est quand même plus élevée que celle de toutes les banques réunies », dit-elle en précisant que le réseau régional compte « une trentaine » de points de services.À la grandeur du Québec, Desjardins compte 1078 points de services et 2083 guichets.C\u2019est 29 % de moins que ce qui était offert en 2010.Au cours de la même période, le nombre de transactions au comptoir est passé de 125 millions à 89 millions par année.Au guichet, il est passé de 245 millions à 175 millions.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 A V R I L 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 7 Vous êtes importants pour nous.C\u2019est pourquoi nous avons décidé de prolonger les heures d\u2019ouverture de nos services à la clientèle pour mieux vous servir.DÈS LE 25 JUIN Du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h 30 Samedi et dimanche, de 9 h à 17 h Découvrez aussi nos nouveaux services en ligne et notre application mobile : hydroquebec.com.Aussi le 1er juillet Fermetures de caisses Desjardins : cri d\u2019alarme en Haute-Côte-Nord I S A B E L L E P O R T E R à Québec L es règles du jeu pour les utilisateurs de plateformes comme Airbnb se précisent.La nouvelle loi, qui entrait en vigueur vendredi, permettra aux gens de louer leur propriété sans certification de façon ponctuelle pendant les vacances ou la durée d\u2019un festival par exemple.Sur son site Web, Tourisme Québec a précisé vendredi ce qu\u2019il considérait comme n\u2019étant pas de l\u2019hébergement touristique.Les gens qui offrent leur «maison à louer chaque année lors d\u2019un seul festival», ceux qui louent leur condo pendant leurs vacances, ou leur chalet durant la semaine de relâche n\u2019ont donc pas besoin d\u2019avoir une certification.«La publicité pour ces of fres doit clairement démontrer que l\u2019hébergement est disponible uniquement pendant cette période et une répétition de cette publicité serait considérée comme régulière », signale toutefois Tourisme Québec sur son site Web (voir tous les détails au www.tourisme.gouv.qc.ca).Quant à ceux qui font de l\u2019hébergement touristique dit « régulier », ils peuvent le faire seulement si la résidence se trouve dans un secteur de la ville où le zonage le leur permet (secteur touristique).L\u2019hôte doit en outre obtenir une certification de la Corporation de l\u2019industrie touristique, imposer les taxes et avoir une assurance en responsabilité civile de 2 millions de dollars.Les règles rendues publiques vendredi précisent aussi la procédure.On apprend par exemple qu\u2019il est interdit d\u2019exploiter son établissement « en attendant d\u2019obtenir une attestation de classification».Rappelons que les gens qui ne respectent pas la loi s\u2019exposent à des amendes de 2500 $ à 25 000 $ par jour.Le Devoir Airbnb : de l\u2019air pour les locateurs occasionnels JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le retour de Bixi annonce le printemps Le système de vélopartage Bixi est de retour depuis vendredi dans les rues de Montréal.Le réseau comprend 5200 vélos et 460 stations sur le territoire montréalais, ainsi qu\u2019à Longueuil et Westmount.La présidente du conseil d\u2019administration de Bixi Montréal, Marie Elaine Farley, signale que cette année, le système Bixi sera gratuit tous les derniers dimanches du mois, à partir du 29 mai, durant une période de 24 heures pour tous les déplacements de moins de 30 minutes et selon les modalités de location habituelles.D\u2019autre part, une nouvelle application mobile pour téléphones intelligents peut être téléchargée dès maintenant.M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e malheur s\u2019abat une nouvelle fois sur le Conseil des ministres.Le premier ministre Philippe Couillard a dû vendredi relever temporairement de ses fonctions le ministre de la Culture et des Communications, Luc Fortin, qui connaît un ennui de santé sérieux.Ordre de son médecin : M.Fortin, 33 ans, demeurera à l\u2019écar t de la colline parlementaire pour une période indéterminée.M.Couillard s\u2019est dit « préoccupé » de l\u2019état de santé du cadet de son équipe ministérielle.« [Il] a besoin de s\u2019éloigner pour des raisons de santé.On n\u2019entrera pas dans les détails.Il doit se reposer», a- t-il déclaré en marge d\u2019une allocution devant la Chambre de commerce de Lévis.M.Couillard s\u2019est abstenu de hasarder la date de retour de M.Fortin \u2014 «un jeune homme très talentueux», selon lui \u2014 à l\u2019Assemblée nationale afin de ne pas appliquer une pression indue sur lui.«On veut qu\u2019il revienne bien.On ne veut pas qu\u2019il revienne n\u2019importe quand, tout de suite parce qu\u2019il sent qu\u2019on a besoin de lui», a-t-il affirmé.Le chef du gouvernement a confié temporairement ses responsabilités à l\u2019ancienne titulaire du ministère de la Culture et des Communications, Hélène David, afin de « maintenir la direction et la stabilité des décisions » du gouvernement québécois.Le Conseil des ministres a été ébranlé par une série de départs imprévus depuis le remaniement du 28 janvier dernier.M.For tin avait accédé au Conseil des ministres à l\u2019occasion de cet exercice de «rebras- sage des car tes ».Moins d\u2019un mois plus tard, il avait été élevé au rang de ministre de la Culture et des Communications à la suite du retrait temporaire de Pierre Moreau, affaibli par la maladie, de l\u2019arène politique.« Vous conviendrez avec moi qu\u2019on n\u2019a pas grand contrôle sur ce genre d\u2019événements », a affirmé M.Couillard vendredi, rappelant que M.Fortin était en pleine forme lors de son arrivée au Conseil des ministres.Le rôle de ministre québécois est «exigeant», a souligné la vice-première ministre Lise Thériault vendredi.« On fait tous des grosses journées de travail.[\u2026] Demandez-moi si je suis essouf flée.Quelques fois , je vais vous répondre \u201coui\u201d ! » Mme Thériault avait été quitte pour un congé forcé de trois mois \u2014 de fin octobre à fin janvier \u2014 alors qu\u2019elle dirigeait le ministère de la Sécurité publique.Dans l\u2019opposition, le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, est cloué au lit.Il souffre d\u2019une pneumonie.Avec Robert Dutrisac et Dave Noël Le Devoir Le ministre de la Culture doit s\u2019absenter pour des raisons de santé 26 février 2015: Démission d\u2019Yves Bolduc.29 octobre 2015: La vice-pre- mière ministre Lise Thériault se retire momentanément du Conseil des ministres.28 janvier 2016: Remaniement du cabinet libéral, qui passe de 26 à 28 membres.Pierre Moreau est évacué de l\u2019Assemblée nationale en raison d\u2019un malaise.22 février 2016 : La maladie de Pierre Moreau entraîne la scission de son ministère.Le ministre de la Famille, Sébastien Proulx, est nommé à l\u2019Éducation, tandis qu\u2019Hélène David prend les rênes de l\u2019Enseignement supérieur.Luc Fortin se place derrière les commandes du ministère de la Culture.2 avril 2016: Le ministre des Finances, Carlos Leitão, remplace temporairement Sam Hamad à la tête du Conseil du trésor.15 avril 2016: Sur la recommandation de son médecin, Luc Fortin se retire du cabinet pour une durée indéterminée.La chaise musicale ministérielle LA PRESSE CANADIENNE Luc Fortin lors de la cérémonie d\u2019assermentation le 28 janvier V I N C E N T L A R I N A près les États-Unis, où des centaines de milliers de travailleurs ont défilé jeudi à New York, Chicago et Los Angeles, entre autres, pour l\u2019augmentation du salaire minimum à 15$ l\u2019heure, c\u2019était au tour d\u2019organisations communautaires et syndicales québécoises de demander, vendredi, une telle mesure.À l\u2019occasion de la journée pancanadienne d\u2019action pour un salaire minimum à 15 $ l\u2019heure, ces organisations tenaient des activités à l\u2019échelle de la province pour faire valoir leurs revendications.À Montréal, plusieurs organisations communautaires et syndicales s\u2019étaient donné rendez-vous pour tenir un rassemblement, suivi d\u2019une marche dans le quartier La Petite-Pa- trie.Des travailleurs d\u2019une cinquantaine de résidences privées pour personnes âgées ont également manifesté dans différentes villes du Québec.Les syndiqués sont appelés à s\u2019exprimer ces jours-ci sur une escalade des moyens de pression qui pourrait déboucher sur une grève au mois de mai.Maintenir l\u2019équilibre Au Québec, le salaire minimum est révisé tous les ans par le ministère du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, qui décide par la suite s\u2019il doit être modifié.Cette année, il sera ainsi haussé de 20 cents à compter du 1er mai pour passer de 10,55$ à 10,75$ l\u2019heure.Questionné sur la faisabilité d\u2019établir le salaire minimum à 15$ l\u2019heure, l\u2019attaché de presse de la ministre responsable du Travail, Florent Tanlet, insiste sur l\u2019importance de maintenir l\u2019équilibre entre le salaire des employés et la capacité des entreprises à payer ces salaires.« Il ne faudrait pas, dans une volonté d\u2019augmenter le salaire minimum, créer davantage de chômage », explique-t-il.Selon lui, des employés pourraient voir leur nombre d\u2019heures de travail réduit ou même perdre leur emploi si le salaire minimum est augmenté et que les entreprises ne sont plus en mesure de les rémunérer.Pour la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN), Dominique Daigneault, il s\u2019agit plutôt d\u2019aider les travailleurs les plus pauvres de la société.« La vraie question, c\u2019est : est-ce que c\u2019est réaliste de continuer à vivre avec un salaire aussi bas?Ça met des gens dans des situations insoutenables.Il y a des personnes qui travaillent à temps plein au salaire minimum et qui sont encore sous le seuil de la pauvreté», explique-t-elle.Présentement, au Québec, 207 000 travailleurs gagnent le salaire minimum, soit 10,55 $ l\u2019heure, selon les chif fres du MTESS.Au Canada, des rassemblements se sont tenus d\u2019un bout à l\u2019autre du pays, vendredi, pour faire fléchir les gouvernements et les grandes entreprises.Avec La Presse canadienne Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 A V R I L 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 8 Montréal : 4875, Jean-Talon Ouest · (514) 344-8555 · 1 (866) 747-8555 Laval : 2267, boul.Le Corbusier · (450) 682-8280 www.abatjourillimites.ca \u2022 Plus de 5,000 abat-jour en magasin.\u2022 Le plus grand choix au Canada.\u2022 Service de recouvrement sur mesure.\u2022 Apportez votre pied de lampe pour un ajustement parfait.Présentez ce coupon au moment de 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insiste sur le fait qu\u2019il n\u2019y a pas de zone d\u2019impunité à Montréal.Il faut que ce soit clair dans l\u2019esprit des gens, a indiqué le sergent Laurent Gingras, des relations médias au SPVM.Le fait qu\u2019une opération soit en cours ne veut pas dire que c\u2019est le bon temps pour la commenter.» De passage à l\u2019hôtel de ville, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, s\u2019est montré prudent : « J\u2019ai pleinement confiance dans le professionnalisme du Service de police de la Ville de Montréal, qui doit faire respecter les lois et assurer la sécurité des citoyens.Comment ils vont le faire sur leur territoire?Ça leur appartient.» Quant au maire Denis Co- derre, il a réitéré ne pas vouloir se mêler des décisions opérationnelles.« Les opérations policières relèvent du SPVM.Le directeur Philippe Pichet a été très clair cette semaine : pas de zone de non-droit à Montréal-Nord», a-t-il indiqué sur son compte Twitter.Tensions Les relations sont tendues au sein du SPVM.Plus tôt cette semaine, la Fraternité des policiers avait dénoncé la décision de l\u2019état-major d\u2019ordonner aux policiers de ne pas inter venir alors que des individus saccageaient le poste de police et des commerces dans Montréal-Nord le soir du 6 avril dernier.Piqué au vif, le directeur du SPVM, Philippe Pichet, a nié qu\u2019un tel ordre ait été donné aux policiers, affirmant plutôt que la stratégie visait à ce que les policiers soient moins visibles pour ne pas provoquer les casseurs.Il a aussi accusé le président de la Fraternité, Yves Francœur, de tenir des propos irresponsables.Ces événements sur viennent alors que des élections à la mairie de Montréal-Nord sont prévues le 24 avril.Le vote par anticipation se déroulera dimanche.Avec Caroline Montpetit Le Devoir Pas de zone d\u2019impunité à Montréal, affirme le SPVM JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les funérailles de Bernard Lamarre ont eu lieu en la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde.J U L I E N A R S E N A U L T P lusieurs centaines de personnes se sont réunies vendredi pour les funérailles de Bernard Lamarre, cet architecte du Québec inc.et philanthrope influent décédé le 30 mars à l\u2019âge de 84 ans.Pendant plus de 90 minutes, en la basilique- cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal, de vibrants hommages ont été rendus à celui qui a laissé une « empreinte indélébile » sur le génie québécois en contribuant à le faire rayonner à l\u2019international.En revenant sur la carrière de M.Lamarre, l\u2019ex-premier ministre péquiste Lucien Bou- chard a notamment qualifié le défunt de « pilier » de la société québécoise.«Avec lui disparaît une époque davantage animée par la volonté de construire que par les angoisses du principe de précaution », a raconté M.Bouchard, au podium, non loin du cercueil de M.Lamarre.Au Québec, l\u2019ingénieur a entre autres contribué à la réalisation du pont-tunnel Louis-Hippo- lyte-La Fontaine, de l\u2019échangeur Ville-Marie, du Complexe Desjardins et du Stade olympique.L\u2019ancien premier ministre n\u2019a également pas manqué de souligner la passion de M.Lamarre pour le Musée des beaux-ar ts de Montréal, dont il a occupé la présidence de 1893 à 1991 pour ensuite prendre la tête du conseil d\u2019administration de 1997 à 2008.« Son cher musée, il l\u2019a entouré de tous ses soins avec une ferveur d\u2019amour», a dit M.Bouchard.Collègue de travail depuis 1962 à l\u2019époque de Lalonde, Valois, Lamarre, Valois et Associés, Armand Couture a raconté avoir perdu un ami, qui a été un «grand visionnaire» et une « figure dominante» du Québec moderne.Dans son discours, M.Couture a dit que son ami avait su combiner plusieurs talents, rappelant au passage que malgré ses difficultés dans les années 1980, la firme Lavalin avait apporté beaucoup à SNC dans le cadre de la fusion ayant mené à la création du géant SNC-Lavalin.« L\u2019importance du carnet de commandes de Lavalin à l\u2019international a apporté beaucoup à SNC», a souligné M.Couture.Le frère de M.Lamarre, François, ainsi que les enfants du disparu, Monique et Jean, se sont également adressés aux personnes présentes.Avant la fin de la cérémonie, Jean Lamarre a livré une rétrospective des grands moments de la vie de son père, du début de sa carrière, en passant par la rencontre de sa femme Louise \u2014 décédée en 2002 \u2014, ainsi que des semaines avant qu\u2019il ne rende son dernier souffle.«Rien n\u2019était à son épreuve, a dit Jean Lamarre.Toutefois, le toit du Stade olympique [ouvrage sur lequel M.Lamarre a œuvré] est toujours demeuré une énigme pour lui.» En plus des gens d\u2019affaires comme Paul Des- marais, Henri-Paul Rousseau, Michel Nadeau et Thierry Vandal, de nombreux dignitaires politiques sont venus rendre un dernier hommage à M.Lamarre.Les ex-premiers ministres Bernard Landry, Jean Charest et Pauline Marois étaient présents, tout comme les chefs péquiste, Pierre Karl Péladeau, et caquiste, François Legault.La Presse canadienne La mémoire de Bernard Lamarre saluée par des centaines de personnes SALAIRE MINIMUM Des travailleurs québécois réclament 15 $ l\u2019heure M A G D A L I N E B O U T R O S L e Rwandais Léon Mugesera, qui a lutté pendant 16 ans pour éviter sa déportation du Canada, a été condamné à la prison à vie au Rwanda pour avoir incité ses compatriotes à commettre un génocide, rappor tent plusieurs médias, vendredi.L\u2019ancien résidant de la vi l le de Québec était accusé d\u2019avoir livré un discours en- f lammé au Rwanda, en 1992, dans lequel il traitait les Tutsis de coquerelles, suggérant qu\u2019 i ls devaient être exterminés.Certains extraits de ce discours \u2014 dont aucun enregistrement complet n\u2019existe \u2014 ont été joués en boucle sur les radios r wandaises, dont la radio des Mille Collines.Les propos de M.Mugesera sont perçus comme ayant été un élément déclencheur du massacre de 800 000 Tutsis et Hutus modérés en 1994.Extradition Léon Mugesera était conseiller politique au Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement du président de l\u2019époque, Ju- vénal Habyarimana.Il avait fui le Rwanda avec sa famille avant le début des violences.Il s\u2019était réfugié avec sa famille à Québec en 1992 et était devenu chargé de cours en linguistique à l\u2019Université Laval.Le gouvernement canadien avait entamé des procédures judiciaires en 1995 pour qu\u2019il soit extradé vers le Rwanda, qui voulait le juger relativement au génocide.Après une longue bataille judiciaire qui l\u2019a mené jusqu\u2019à la Cour suprême, M.Mugesera avait été expulsé du pays en janvier 2012.Son procès avait débuté en novembre 2013 à Kigali.Selon l\u2019avocat Guy Bertrand, qui a représenté Léon Mugesera au Canada de 1995 à 2012, le gouvernement canadien a fait « une grave erreur » en ne se méfiant pas davantage du gouvernement rwandais de Paul Kagame.M.Mugesera n\u2019a pas eu droit à un procès équitable et a été tout simplement condamné d\u2019avance, s\u2019insurge-t-il.« Son discours était un discours très dur, mais qui n\u2019était pas une incitation au meurtre ou au génocide ou à la haine», a soutenu Me Bertrand en entrevue avec La Presse canadienne.Il ajoute que M.Muge- sera est «un grand démocrate» qui aurait pu devenir président du Rwanda.La Presse canadienne Mugesera condamné à la prison à vie pour son rôle dans le génocide rwandais P H I L I P P E O R F A L I L\u2019 Université du Québec à Montréal est en deuil de son recteur fondateur, Léo Aimé Dorais, décédé cette semaine à Ottawa.Il avait 87 ans.Léo Dorais n\u2019a que 40 ans lorsqu\u2019il devient en 1969 le premier recteur de l\u2019UQAM.Alors professeur à l\u2019Université de Montréal, il aura été peu de temps avant directeur associé du Service des audiences de la Commission royale sur le b i l ingu isme et le biculturalisme (Lauren- deau-Dunton).À la tête de l \u2019 U Q A M jusqu\u2019en 1974, il joue un rôle crucial dans la constr uction du campus central, finalement inauguré en 1979.Il déménagera ensuite à Ottawa, où il occupera la vice-présidence de l\u2019Agence canadienne de développement international, puis sera sous-ministre.Il fut par la suite vice-président des Musées nationaux du Canada, participant à ce titre à la création des musées de l\u2019aviation, des civilisations et des beaux-ar ts.Pédagogue dans l\u2019âme, il retournera enfin à l\u2019enseignement de 1987 à 1994, cette fois à l\u2019Université d\u2019Ottawa.Présidente du C.A.de l\u2019UQAM, Lise Bissonnette estime qu\u2019il faut contextualiser son entrée en poste en 1969.« Des universités publiques, il n\u2019y en avait pas au Québec à l\u2019époque.Tout était à faire, et ce, en l\u2019espace de quelques mois à peine.» Elle garde le souvenir d\u2019un homme polyvalent « à l\u2019extrême ».« Si on pense que l\u2019UQAM est aujourd\u2019hui agitée, il faut se dire que c\u2019est incomparable à l\u2019atmosphère survoltée de l\u2019époque.M.Dorais était capable de faire face à ces choses-là tout en pilotant la naissance de l\u2019université et tout ce que ça comporte.» Les obsèques de M.Dorais ont lieu ce samedi dans la capitale fédérale.Le Devoir L\u2019UQAM en deuil de son fondateur VINCENT LARIN LE DEVOIR Cette campagne de revendications prend de l\u2019ampleur au Canada et a connu des succès politiques aux États-Unis.Léon Mugesera Léo Dorais L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 A V R I L 2 0 1 6 CULTURE A 9 Achetons immédiatement tableaux canadiens et européens.Antiquités haut de gamme.Grande valeur offerte.Évaluation verbale gratuite pour les noms ci-haut mentionnés, selon la disponibilité.Claude Lafitte évaluateur et expert conseil depuis 1975 \u2022 514.842.1270 2160 rue Crescent, Montréal, www.lafitte.com Borduas Ferron Fortin Gagnon Krieghoff Lemieux Letendre McEwen Pellan Riopelle Suzor-Côté et autres\u2026 Jean- Pau l L e m i e u x « P o r t r a i t d e j e u n e f i l l e » H u i l e s u r t o i l e 445, rue St-Sulpice, Vieux-Montréal Téléphone : 514 845-4980 Heures d\u2019ouverture : du lundi au vendredi de 10 h 00 à 18 h 00 les samedis et dimanches de 10 h 00 à 16 h 30 Papeter ie Casse - Noisette Nous tenons en inventaire agendas, papiers Lalo, papier St-Gilles, cartes, plumes et stylos, albums de photos, articles de bureau, sceaux, cires à cacheter .Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 MARILOU BROUSSEAU Au coeur de l\u2019être CLAUDINE BERTRAND Arts et lettres radiovm.com !\" #$ !%& 91,3 FM MONTRÉAL 100,3 FM SHERBROOKE 89,9 FM TROIS-RIVIÈRES 89,3 FM VICTORIAVILLE 104,1 FM RIMOUSKI FRANCIS VACHON LE DEVOIR Les collégiens choisissent Daniel Grenier C\u2019est finalement Daniel Grenier qui a remporté le Prix des collégiens cette année pour son premier roman, L\u2019année la plus longue (Le Quartanier).Très ému lors de la cérémonie vendredi, l\u2019auteur, qui sera bientôt père, a dit souhaiter que son petit ait la chance, plus grand, de participer à ce genre de concours.Près de 700 étudiants de 57 cégeps québécois et un collège français ont participé au Prix cette année.Les autres auteurs en lice étaient Clara B.-Turcotte, Nicolas Dickner, Patrick Nicol et Monique Proulx.C A R O L I N E M O N T P E T I T L e président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, suggère d\u2019avoir recours au so- ciofinancement auprès des citoyens pour soutenir la production culturelle montréa- laise.M.Leblanc a fait cette suggestion à l\u2019occasion de la présentation du bilan du Plan d\u2019action de Montréal, métropole culturelle, qui se déploie de 2007 à 2017.De son côté, la responsable de la culture, du patrimoine et du design à la Ville de Montréal, Manon Gauthier, a aussi rappelé la nécessité d\u2019ancrer la culture de Montréal dans chacun de ses quar tiers.À cet égard, elle a salué le projet La Chasse-Balcon, une initiative de Catherine Planet par laquelle les citoyens peuvent convier des musiciens de musique traditionnelle à venir jouer sur leur balcon de façade ou de ruelle.Si le nouveau ministre de la Culture et des Communications du Québec, Luc Fortin, était absent pour des raisons de santé, la conférence de presse réunissait vendredi matin la ministre fédérale du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, le ministre québécois de la Sécurité publique, des Affaires municipales et responsable de la région de Montréal, Martin Coiteux, et le maire de Montréal, Denis Coderre.Alexandre Taillefer, qui présidait le comité de pilotage de ce plan d\u2019action, a fait valoir qu\u2019au cours des dix dernières années, la ville s\u2019était renouvelée, grâce à un « dynamisme culturel rare».Chaque participant à l\u2019événement avait choisi sa réalisation culturelle et montréalaise coup de cœur des dernières années : des jardins Gamelin au Festival Vue sur la relève, en passant par l\u2019espace danse du Wilder, qui verra le jour sous peu, ou le rayonnement du studio de design mont- réalais Daily tous les jours à New York.Consultations publiques En marge de cet événement, la ministre Mélanie Joly a annoncé son intention de tenir sous peu des consultations publiques pour définir les meilleures façons de porter la culture canadienne sur les différents suppor ts numériques.Interrogée sur le sor t de la Biosphère sur l\u2019île Sainte-Hé- lène, alors que l\u2019on s\u2019apprête à célébrer le 50e anniversaire de l\u2019expo, elle a reconnu qu\u2019« on pourrait faire mieux» avec cet édifice.Son ministère, dit-elle, vient de recevoir le projet de la Société des ar ts technologiques d\u2019en faire un haut lieu de recherche et de dif fusion artistique autour de l\u2019environnement.La ministre Joly doit d\u2019ailleurs se concerter dans ce dossier avec sa collègue de l\u2019environnement, Catherine McKenna.De son côté, l\u2019ancienne présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, a dit s\u2019apprêter à annoncer un investissement privé de 15 millions de dollars pour son projet de construction d\u2019un musée dans le Quartier des spectacles pour accueillir les collections du Musée McCord et du Musée Stewart.Le gouvernement du Québec a déjà financé la conception d\u2019un plan pour ce futur musée.Un terrain de la ville de Montréal est d\u2019ailleurs réservé à cet effet.Le Devoir MONTRÉAL, MÉTROPOLE CULTURELLE Du sociofinancement pour soutenir la culture?JACQUES NADEAU LE DEVOIR Alexandre Taillefer, qui présidait le comité de pilotage du plan d\u2019action, avec le maire Denis Coderre.Lire aussi \u203a La critique du concert de l\u2019Orchestre de la Radio bavaroise.sur l\u2019application tablette et le site Web du Devoir.MEISEL Lire aussi \u203a La critique du spectacle d\u2019Isabella Rossellini sur l\u2019application tablette et le site Web du Devoir.ANDREW MEDICHINI AP Loi transphobe : le Cirque annule des spectacles Le Cirque du Soleil emboîte le pas à de nombreuses célébrités en annulant ses spectacles en Caroline du Nord, en protestation contre une loi s\u2019attaquant aux droits des personnes trans- genre et gaies.Les représentations des spectacles Ovo du 20 au 24 avril, et celles de Toruk \u2013 Avatar prévues du 22 au 26 juin et du 6 au 10 juillet ont été annulées, a indiqué vendredi après- midi l\u2019entreprise.Adopté le 23 mars dernier, le House Bill 2 (HB2) stipule que l\u2019accès à une toilette publique est permis uniquement selon le sexe indiqué sur l\u2019acte de naissance.Une femme transgenre ne pourrait ainsi utiliser une toilette pour femmes et devrait se résigner à utiliser la toilette des hommes.Le gouverneur de l\u2019État, qui a signé la loi, a introduit de nouvelles mesures législatives réitérant la notion d\u2019égalité pour les personnes gaies et transgenres.Mais le HB2 demeure.Le Devoir 66 000 nouveaux abonnés au forfait de télé de base Gatineau \u2014 Selon le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, plus de 66 000 Canadiens se sont abonnés au nouveau forfait de télévision de base en cinq semaines, soit depuis que les fournisseurs canadiens de services de télévision titulaires d\u2019une licence sont dans l\u2019obligation de l\u2019offrir.Par ailleurs, plus d\u2019un de ces Canadiens sur trois a aussi profité des nouvelles options en s\u2019abonnant à des canaux individuels, à de petits forfaits, ou aux deux.Les fournisseurs de services, dont Bell, Rogers, Shaw et Cogeco, ont commencé à offrir les nouveaux forfaits le 1er mars en vertu de nouvelles règles imposant une limite de 25$ par mois pour le forfait de base.La Presse canadienne transporter un nouvel arrivage de tracts vantant les vertus de Bernie Sanders.L\u2019image du héraut des démocrates progressistes décore les murs, ici sur une affiche clamant «Enfin une raison de voter», là sur une photo le montrant menotté par deux policiers lors d\u2019une manifestation contre la ségrégation.Bienvenue dans le quartier général de la «révolution», au cœur du quartier hipster de Gowanus, dans Brooklyn.Le choix de l\u2019emplacement n\u2019a rien d\u2019aléatoire.Les «yuge» (huge) et les « fuhgeddaboudit» (forget about it) qui sortent de la bouche de Bernie Sanders trahissent à tout coup ses racines brookly- noises.Et plusieurs quartiers de Brooklyn, dont Park Slope, à un jet de pierre du quartier général, demeurent des bastions du progressisme new-yorkais.«Malgré l\u2019embourgeoisement, Brooklyn a conservé son identité proche des classes ouvrières et des syndicats, et son caractère militant», explique Nancy Romer, une résidante de Park Slope retraitée de l\u2019enseignement collégial qui fait du bénévolat pour «Bernie».«Il y a un esprit communautaire très fort ici», poursuit-elle, citant les diverses associations de résidants, les coopératives alimentaires et les marchés fermiers vendant leurs produits locaux.À bien des égards, Park Slope et d\u2019autres quartiers du borough repiquent l\u2019éthos écolo et communautaire « crunchy» (tel qu\u2019on les surnomme aux États-Unis) du Vermont, où Bernie Sanders a été maire de Burlington et sénateur, ajoute-t-elle.Incarnation de cet éthos, Nancy Romer a fondé la Brooklyn Food Coalition, un organisme qui promeut un «système alimentaire équitable» pour les personnes de couleur, et prête le dernier étage de son appartement à des militants étrangers de passage à New York.Elle avait notamment hébergé l\u2019environnementaliste hondurienne Berta Cá- ceres, qui a fait les manchettes en mars dernier lorsqu\u2019elle fut assassinée.Brooklyn, incontournable Pour tout démocrate, la ville de New York dans son ensemble est un incontournable.Contrairement aux républicains, qui comptent bien peu d\u2019électeurs en ville (voir autre texte en page A 5), les démocrates font leur pain et leur beurre dans la Grosse Pomme.Un peu plus de la moitié des 5,8 millions d\u2019électeurs inscrits comme démocrates dans l\u2019Empire State y vivent et y votent.Mais Brooklyn, borough le plus populeux de New York avec ses 2,6 millions d\u2019habitants, est une ville en soi.Ses résidants se plaisent d\u2019ailleurs à rappeler que s\u2019il était une ville indépendante, leur borough serait la quatrième municipalité en importance aux États-Unis, derrière New York (et ses quatre boroughs restants), Los Angeles et Chicago.Chez les démocrates, c\u2019est pas moins d\u2019un électeur new-yorkais sur trois qui y est inscrit.S\u2019il veut surprendre Hillary Clinton le 19 avril, «Bernie» doit miser sur l\u2019esprit progressiste et militant de bien des Brooklynois.L\u2019État de New York a pendant un temps semblé acquis à celle qui y fut sénatrice de 2000 à 2008.Jusqu\u2019au tout début d\u2019avril, elle écrasait son rival dans les sondages avec un écart de 33%.Or Sanders a réduit le fossé à quelque 13%, gonflant d\u2019espoir ses partisans, qui rêvent de reproduire ici le scénario du Michigan, où «Bernie» a coiffé l\u2019ex- secrétaire d\u2019État au fil d\u2019arrivée malgré les sondages qui donnaient 20% d\u2019avance à sa rivale.L\u2019espoir des militants pro-Sanders est aussi requinqué par les sept victoires consécutives remportées par le sénateur «démocrate socialiste» du Vermont lors des derniers caucus et primaires.Militants enthousiastes Toujours dans Brooklyn, l\u2019homme politique de 74 ans peut miser sur une armée de jeunes militants dont l\u2019enthousiasme n\u2019a pas son pareil dans le camp Clinton.Les « milléniaux », ces jeunes de 35 ans et moins, ont d\u2019ailleurs formé jusqu\u2019ici le groupe d\u2019électeurs le plus fidèle de Sanders.Et plusieurs d\u2019entre eux sont passés d\u2019apolitiques à militants à temps plein.C\u2019est le cas de Joseph Thomas, un futur étudiant en droit de 24 ans qui n\u2019a jamais voté, mais qui cette fois a pris une pause sans salaire de son boulot déjà peu payant pour travailler à temps plein \u2014 et bénévolement \u2014 pour Sanders.Lui et quelques militants n\u2019ont pas attendu que la campagne officielle débarque en ville, en mars, pour lancer les «Bushwick Berners» (du nom d\u2019un quartier de Brooklyn).Dès juillet dernier, la vingtaine d\u2019organisateurs « très actifs», aidés par quelque 200 membres bénévoles, se sont attelés à faire du pointage téléphonique dans tous les États où se tenaient des primaires et du porte-à-porte dans Brooklyn, en plus de tenir leurs propres activités de financement, tout cela dans leur salon.Même Obama, qui rejoignait pourtant les jeunes et bien des groupes sociaux lors de ses campagnes électorales, ne suscitait pas d\u2019enthousiasme chez Joseph Thomas.«Il était inspirant, mais il demeure un politicien traditionnel et fortuné, tandis que Bernie n\u2019est ni riche ni connecté à tous ces intérêts financiers et politiques.Son bilan est constant.Pendant 30 ans, il s\u2019est battu pour des salaires décents et pour les droits des travailleurs.C\u2019est vraiment le jour et la nuit.» Nikolas Kozloff, un auteur indépendant dans la quarantaine qui a écrit quelques ouvrages sur la nouvelle gauche en Amérique du Sud et sur les changements climatiques, a lui aussi été happé par la vague.Se décrivant lui-même comme un anarchiste, il ne s\u2019était pas impliqué en politique depuis qu\u2019il avait distribué des tracts dans son école pour le candidat démocrate Gary Hart dans les années 1980\u2026 Aujourd\u2019hui, il donne du temps à la campagne de Sanders dans Brooklyn et peine encore à croire qu\u2019il s\u2019est rendu en Caroline du Sud en février pour y faire du bénévolat lors de la primaire.C\u2019est à ce moment qu\u2019il a découvert l\u2019existence d\u2019un «gigantesque» réseau de soutien communautaire pour les bénévoles qui volent d\u2019État en État pour aider «Bernie».Un exemple?Le service de cohé- bergement en ligne «BernieBnB».À quelques jours de la primaire de New York, Nikolas Kozloff craint par-dessus tout, comme bien d\u2019autres militants rencontrés, que l\u2019énergie qui a mobilisé les mouvements sociaux et les jeunes s\u2019évanouisse après la campagne.« Je ne me fais pas d\u2019illusion, nous ne vivrons pas dans une utopie anarchiste sous peu», concède-t- il d\u2019emblée après son quart de bénévolat à la Park Slope Food Coop, la plus grande coopérative alimentaire des États-Unis.«Mais de façon pragmatique, nous devons continuer le débat philosophique et politique, nous imposer des objectifs et des échéanciers », affirme Kozloff, qui a lancé une pétition en ligne afin de garder ouvert le quar tier général de Sanders dans Brooklyn après la campagne et de conserver l\u2019énorme banque de bénévoles recrutés jusqu\u2019à présent.«L\u2019erreur d\u2019Obama a été d\u2019abandonner le flanc gauche du parti et tous les mouvements sociaux qui l\u2019ont porté, renchérit Joseph Thomas.Sanders, lui, comprend bien les mouvements sociaux.Sans eux, il n\u2019a aucun pouvoir.Mais il nous faudra absolument continuer à nous battre pour les causes qui nous sont chères.Bref, ne pas répéter la même erreur.» Le Devoir sa famille \u2014 et leurs deux chats blancs \u2014 restaient.«Ils étaient très attachés à leur pays.C\u2019est chez eux.Pour Feras, rester était comme un acte de résistance», explique Rafaëlle Sinave, enseignante au cégep du Vieux-Montréal, qui est l\u2019une des «marraines» de la famille.À Maude, qui insistait pour l\u2019aider, il disait simplement d\u2019encourager la pression politique sur le régime de Bachar al-Assad.«Il disait que c\u2019était trop tard pour lui et sa famille, qu\u2019il n\u2019y avait rien à faire.» La jeune maman s\u2019est entêtée.Elle en a parlé à son chum Philippe et a écrit à des amis un courriel intitulé «Entre déraison et révolution».Pour ses idées, Maude avait décidé, elle aussi, de se battre.Des doutes À l\u2019heure actuelle, 9000 réfugiés syriens sont parrainés au privé et 15 000 le sont par le gouvernement.Si les amis de Maude l\u2019ont vite épaulée dans son projet de parrainage, étonnamment, c\u2019est le principal intéressé qu\u2019il a fallu convaincre.«Il y avait beaucoup d\u2019incrédulité de la part de Feras.Il me demandait pourquoi j\u2019allais lui faire confiance et l\u2019aider comme ça, gratuitement.Après tout, on ne se connaissait pas», raconte la jeune femme.Plus tard, Feras lui a avoué la raison de sa méfiance: il a cru qu\u2019elle était un agent double du gouvernement al-Assad.À un certain moment, il a même demandé à sa sœur, qui vit en Arabie saoudite, d\u2019appeler Maude pour vérifier ses intentions.«Les deux, on est assez estomaqués de voir comment on a réussi à finalement se faire confiance mutuellement», souligne Maude, qui a dû affronter quelques commentaires et craintes au sujet du terrorisme.Rafaëlle s\u2019indigne.«On dirait qu\u2019on est tellement brainwashés qu\u2019il faut automatiquement se méfier quand c\u2019est quelqu\u2019un qui vient de Syrie.» Reste que cet engagement ne doit pas être pris à la légère.Les parrains sont financièrement responsables de la famille qu\u2019ils accueillent pendant un an.Tout est allé très vite.Pendant que Maude et ses acolytes se dépatouillaient dans les formulaires l\u2019automne dernier, une campagne de sociofi- nancement a été lancée: dès les premiers jours, des dizaines de personnes ont répondu à l\u2019appel et 10 000$ ont été amassés.L\u2019objectif de 29 700$ \u2014 soit l\u2019argent que le gouvernement exige pour parrainer des réfugiés \u2014 a été atteint en trois semaines.«Feras ne comprenait pas pourquoi toute cette générosité.Il a bien vu que son histoire touchait les gens.Ça l\u2019a convaincu de faire le saut.» Après la rencontre, la fuite Les deux trentenaires ont vite été récompensées de leurs ef for ts : une première conversation Skype avec la famille.« Ça a été le moment le plus émouvant de toute ma vie », lance Rafaëlle, encore fébrile.Cela faisait un mois que la famille montréalaise avait entamé les démarches de parrainage.Feras, craignant de ne pouvoir s\u2019exprimer suffisamment bien en anglais, a plutôt fait parler son père.« C\u2019était tellement poignant.Tu voyais tout l\u2019amour de ce père-là envers son fils et sa famille.J\u2019ai fondu en larmes.» « I salute the humanity in you [Je salue l\u2019humanité en vous] », a renchéri Maude tout sourire, imitant l\u2019accent syrien en roulant ses « r ».« Il nous remerciait.Il était tellement touché.» Depuis, Feras et elle s\u2019écrivent tous les jours, s\u2019envoient photos et vidéos, des dessins de leurs enfants et beaucoup d\u2019émoticônes de bon- hommes sourire.Puis, est venu ce jour de novembre où Feras et sa famille ont quitté la Syrie pour toujours et fui en Turquie.C\u2019était quelques jours après les attentats du vendredi 13 en France.Dans le monde, la tension venait de monter d\u2019un cran.« Nous voulons t\u2019informer que nous quittons Alep demain matin.Si quelque chose nous arrivait, sache que nous ne vous oublierons jamais.Take care.» C\u2019est le message que Feras a écrit à Maude le jour de son dépar t.L\u2019angoisse.Deux jours plus tard, Feras a rappelé depuis la Turquie.Ils étaient sains et saufs.« Nous, on pleurait.Feras ne comprenait pas pourquoi.Il nous disait : \u201cDon\u2019t be sad.Be proud [Ne soyez pas tristes.Soyez fiers]\u201d», raconte Rafaëlle.Jeudi dernier, une autre bonne nouvelle est tombée : la famille Darwish a été convoquée à l\u2019entrevue à l\u2019ambassade canadienne d\u2019Ankara, à peine six mois après le début des démarches.Tout le monde est aux anges.Y compris le petit chérubin de Maude, Rémi, âgé de 5 ans, qui a hâte de rencontrer ses nouveaux amis qui viennent « du pays de l\u2019arabe ».Et attendant, pour tromper cette attente insoutenable, Maude rêve en boucle à la scène de l\u2019aéroport.« Peu importe comment ça va cliquer avec eux, ça va être mission accomplie», conclut Rafaëlle.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 6 E T D I M A N C H E 1 7 A V R I L 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Boréal 440 pages \u2022 29,95 $ \u2022 PDF et ePub : 21,99 $ « [Ce livre ] devrait être inscrit à tous les programmes de sciences politiques de nos universités.On y apprend plein de choses.» Gilbert Lavoie, Le Soleil « Extrêmement instructif et passionnant.» Jean-Philippe Cipriani, Plus on est de fous, plus on lit !, Radio-Canada © J e a n - R e n é P a r e n t e a u Venez rencontrer Dominique Lebel au Salon du livre de Québec Vendredi 15 avril 18 h à 19 h Samedi 16 avril 14 h à 15 h DOMINIQUE LEBEL SUITE DE LA PAGE 1 PARRAINER Cette paperasse qui rend fou «On ne veut pas faire peur au monde, mais c\u2019est assez épouvantable comme processus», déplore Maude Ménard-Dunn.L\u2019information est dif?- cile à obtenir et la paperasse à remplir, abondante.Premier problème: comprendre les documents du ministère de l\u2019Immigration, et surtout savoir quels formulaires remplir (provincial et fédéral).Autre dif?culté: la quantité d\u2019informations précises exigées.La famille syrienne doit par exemple fournir toutes les adresses des endroits où elle a résidé, chose dif?cile dans un pays en guerre.Pour les «parrains» québécois, ce sont les emplois occupés, la durée, à quel taux horaire, etc.Et sur du papier à en-tête, s\u2019il vous plaît! Il y a l\u2019absurdité de certaines demandes, comme celle d\u2019exiger des Syriens des photos étampées du logo de l\u2019endroit où elles ont été prises \u2014 «Ce n\u2019est pas comme chez Jean Coutu là-bas!» dit Maude, qui a réussi à boucler le dossier de parrainage en un mois et demi à peine.N\u2019empêche, elle ne veut surtout pas démotiver ceux et celles qui voudraient se lancer dans l\u2019aventure.Il existe des avocats en immigration qui travaillent pro bono pour la cause.«Et j\u2019ai acquis tellement d\u2019expérience que j\u2019aide une autre famille qui veut faire comme nous!» le coup d\u2019envoi d\u2019autres projets en territoire gas- pésien, selon ce qu\u2019a fait valoir récemment la pétrolière dans le cadre d\u2019une entrevue au Devoir.Or, une étude du ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques conclut que les gisements gaziers qu\u2019on retrouverait en Gas- pésie pourraient générer des émissions de gaz à effet de serre nettement plus importantes que ce qui a été dit jusqu\u2019à présent pour faire la promotion de ces projets dits «conventionnels».La même analyse est d\u2019ailleurs valable pour les éventuels gisements pétroliers gaspésiens qui pourraient être exploités sous peu.En fait, l\u2019étude produite dans le cadre de l\u2019évaluation environnementale stratégique (EES) souligne que les émissions de gaz à effet de serre (GES) découlant de l\u2019exploitation des structures Bourque, Galt et Haldimand (les trois cibles de l\u2019exploration en Gaspésie) se situeraient «dans la moyenne des émissions liées à l\u2019exploitation du gaz de schiste et du pétrole de schiste nord-américain».Les auteurs de cette «Estimation des intensités d\u2019émissions de gaz à effet de serre de différents bassins géologiques du Québec» précisent qu\u2019il n\u2019est pas possible, pour le moment, de calculer «les émissions absolues» de GES qui pourraient résulter de l\u2019exploitation, puisque les potentiels réels n\u2019ont toujours pas été démontrés.Néanmoins, «les intensités d\u2019émissions de GES représentent les meilleures approximations pouvant être réalisées en fonction du niveau actuel des connaissances».D\u2019ailleurs, en se basant sur une étude de l\u2019Institut national de la recherche scientifique (INRS) sur les formations géologiques analogues, produite elle aussi dans le cadre de l\u2019EES, « il est possible d\u2019estimer l\u2019intensité d\u2019émissions de GES d\u2019une potentielle exploitation des hydrocarbures pour ces structures».L\u2019intensité d\u2019émissions de GES est le rapport entre les émissions de GES et la quantité d\u2019énergie produite.«L\u2019évaluation de ce paramètre permet de comparer les structures géologiques en termes d\u2019empreinte carbone et pourrait mener à une évaluation des émissions de GES absolues si des données sur la production d\u2019hydrocarbures s\u2019avéraient disponibles dans le futur», souligne le rapport.Dans le cas des structures Bourque et Galt, on retrouve une structure similaire dans le sud des États-Unis.Celle-ci s\u2019étend sur le territoire de l\u2019Oklahoma, du Kansas et du Texas.Selon les données compilées dans le document du ministère, les émissions de GES du gaz qui serait exploité en sol québécois pourraient donc être «du même ordre de grandeur» que celles produites dans le cadre de l\u2019extraction de gaz de schiste dans cette formation géologique située aux États-Unis.En ce qui a trait à la structure Haldimand, soit celle que Pétrolia explore en plein cœur de Gaspé, les auteurs de l\u2019étude dressent un parallèle avec la formation de Bakken, exploitée pour son pétrole de schiste au Dakota du Nord.Pas de BAPE «Malgré l\u2019existence d\u2019un nombre élevé de pratiques qui rendent l\u2019industrie des hydrocarbures moins émettrice de GES, l\u2019estimation de l\u2019intensité des émissions découlant de l\u2019exploitation des hydrocarbures a été réalisée en prenant des paramètres d\u2019émission standards et des pratiques actuelles de l\u2019industrie, prennent en outre soin de préciser les auteurs.Étant donné le degré d\u2019incertitude actuel quant à l\u2019exploitation d\u2019hydrocarbures au Québec, nous considérons qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une approche réaliste.» Le hic, c\u2019est qu\u2019il sera difficile d\u2019avoir l\u2019heure juste sur le bilan des émissions de GES des projets de Pétrolia et Junex en Gaspésie, s\u2019ils sont lancés un jour.Le gouvernement Couillard a décidé de les étudier uniquement dans le cadre de l\u2019EES.Aucune évaluation indépendante n\u2019est prévue, par exemple sous l\u2019égide du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement.Pour le porte-parole de la campagne Climat- énergie de Greenpeace, Patrick Bonin, les conclusions de l\u2019étude démontrent pourtant que les projets devraient alourdir substantiellement le bilan de GES du Québec.«Cette étude met aussi en évidence le manque de cohérence de la nouvelle politique énergétique du gouvernement du Québec, qui ouvre la porte à l\u2019exploitation des hydrocarbures et prévoit une augmentation importante de la consommation et des infrastructures de gaz au Québec d\u2019ici 2030.» Plusieurs groupes environnementaux et citoyens demandent eux aussi au gouvernement de mettre de côté l\u2019idée d\u2019accroître le recours au « gaz naturel fossile », comme le prévoit la nouvelle politique énergétique.Est-ce que Pétrolia a bon espoir de pouvoir produire du gaz naturel et du pétrole qui émettent moins de gaz à effet de serre que le gaz et le pétrole de schiste ?«Pour chacun de nos projets, nous cherchons à émettre le moins de GES possible en nous inspirant de meilleures pratiques observées ailleurs.Les prochaines étapes d\u2019exploration nous permettront d\u2019évaluer avec plus de précision la quantité de GES émis adve- nant une production», a répondu l\u2019entreprise.Le Devoir Rectificatif La photo accompagnant l\u2019article «Un homme et ses violons» publié le 14 avril 2016 en page A 7 a été erronément attribuée à Jacques Nadeau.Elle a plutôt été prise par Annie Pineault.Nos excuses.SUITE DE LA PAGE 1 GES SUITE DE LA PAGE 1 SANDERS "]
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