Le devoir, 4 mai 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 9 8 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 4 M A I 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Une exposition retrace l\u2019histoire des douloureuses migrations indiennes à travers des objets transportés par les exilés.Page B 9 Médias \u203a L\u2019État doit-il soutenir les médias d\u2019information ?Quatre patrons de presse québécois se prononcent.Page B 10 Avis légaux.A 6 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec M A R C O F O R T I E R M oins de 24 heures après le départ abrupt de Pierre Karl Péladeau, la course à la chefferie du Parti québécois (PQ) s\u2019est mise en branle.La garde rapprochée d\u2019Alexandre Cloutier \u2014 considéré comme l\u2019un des favoris \u2014 croise les doigts pour que Véronique Hivon s\u2019y rallie une nouvelle fois, mais la députée de Jo- liette songe à se porter candidate.La décision de Véronique Hivon de plonger ou non dans la course pèse lourd dans la balance.La présence d\u2019un tandem Cloutier-Hivon pourrait dissuader les autres candidats pressentis \u2014 Martine Ouellet, Nicolas Marceau, Jean-Martin Aussant \u2014 de tenter leur chance, suggère-t-on.« Il n\u2019y aurait pas de course coûteuse.Il y aurait un couronnement.Les [péquistes] pourraient rapidement concentrer leurs attaques sur le gouvernement libéral », indique un membre influent du parti.En parallèle, le chef de la jeune formation Option nationale (ON), fondée par Jean-Martin Aussant, verrait d\u2019un bon œil le retour d\u2019Aus- sant au PQ.Sol Zanetti ouvre la porte à une fusion d\u2019ON et du PQ advenant un retour de l\u2019ancien député, considéré comme l\u2019un des meilleurs atouts du mouvement indépendantiste.«À Option nationale, on ne le verrait pas du tout comme une trahison si Aussant allait présenter au Parti québécois les idées qu\u2019il a défendues au sein d\u2019ON», affirme-t-il.Jean-Mar tin Aussant représenterait un La course est lancée au PQ Véronique Hivon se rangera-t-elle derrière Alexandre Cloutier ?Syrie Résolution sur les hôpitaux Page B 6 États-Unis La voie de l\u2019investiture grande ouverte pour Donald Trump Page A 10 La réforme de l\u2019af?chage en français accueillie comme un pas dans la bonne direction Page A 6 Lire aussi \u203a Nos textes sur les suites de la démission de Pierre Karl Péladeau.Page A 3 O D I L E T R E M B L A Y M arin Karmitz, légendaire producteur parisien, fondateur de la maison MK2, n\u2019avait pas mis les pieds à Montréal depuis quarante ans.Son fils Natha- naël, qui a repris les rênes de l\u2019entreprise en 2005, lui suggéra de venir sentir l\u2019atmosphère en nos parages.Elisha Karmitz, responsable du volet événementiel de MK2, revient sur les lieux, comme son frère.Leur triumvirat, pour la première fois réuni chez nous, semble parler parfois d\u2019une seule voix.« Je pense être arrivé à transmettre », sourit Marin Karmitz en regardant ses garçons.Rien de tel qu\u2019un petit repas à l\u2019Express avec les trois Karmitz pour tâter les désirs d\u2019expansion des dirigeants de MK2 à Montréal.Des membres de la Société de développement Angus (SDA), qui pilotent leur démarche, sont de la tablée.« Nos projets à Montréal sont sérieux », assure Marin Karmitz.Il CINÉMA Le clan Karmitz s\u2019amène avec la manière MK2 VOIR PAGE A 10 : PQ VOIR PAGE A 10 : MK2 P H I L I P P E O R F A L I L es résidants de la ville albertaine de Fort McMurray se préparaient au pire, mardi soir.Près de 80 000 d\u2019entre eux ayant été forcés d\u2019évacuer d\u2019urgence leur domicile, laissant toutes leurs possessions derrière eux, en raison de gigantesques incendies de forêt que les autorités ne par venaient plus à contrôler et ayant tout détruit sur leur passage.Alors que Le Devoir s\u2019entretenait avec lui mardi soir, Eddie Godin, né à Montréal, était sur le point d\u2019abandonner sa résidence, quelques minutes après avoir reçu l\u2019ordre d\u2019évacuation.Du parterre de sa maison, le retraité voyait d\u2019énormes colonnes de fumée qui s\u2019élevaient vers le ciel tantôt noir, tantôt orangé.Les feux de forêt devraient atteindre sa maison d\u2019ici le milieu de l\u2019avant-midi mercredi, poussés par de puissants vents, a-t-il estimé au téléphone.« On se prépare comme on peut, on ramasse nos papiers officiels, des vêtements essentiels.On Le brasier pousse les résidants sur la route LA PRESSE CANADIENNE/CAOS91,1 Plusieurs foyers d\u2019incendie étaient allumés sur tout le territoire de Fort McMurray, une ville du nord de l\u2019Alberta au cœur de la production de sables bitumineux.FOR T MCMURRAY ASSIÉGÉE PAR UN INCENDIE DE FORÊT ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le producteur français Marin Karmitz est à Montréal avec ses fils Elisha et Nathanaël.VOIR PAGE A 10 : INCENDIE F A N N I E O L I V I E R à Ottawa L es fraudeurs filent entre les doigts du gouvernement fédéral, alors que cer tains d\u2019entre eux parviennent à obtenir la citoyenneté canadienne même s\u2019ils n\u2019y ont pas droit.Dans son rappor t déposé mardi aux Communes, le vérificateur général Michael Ferguson tape sur les doigts d\u2019Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, qui n\u2019arrive pas à détecter ou prévenir la fraude de la part de ceux qui font une demande pour devenir citoyen canadien.Les problèmes sont multiples, signale-t-il.Non seulement Ottawa peine à détecter des méthodes de fraude, comme de fausses adresses de résidence ou des passeports falsifiés, mais il ne peut compter sur la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour le renseigner sur les crimes de certains demandeurs.Le constat n\u2019est pas anodin, car s\u2019il y a fraude, c\u2019est que des gens qui n\u2019ont pas le droit à la citoyenneté canadienne l\u2019obtiennent malgré tout.Et si la fraude est découverte après l\u2019acquisition de la citoyenneté, le processus de révocation s\u2019avère « très long et coûteux », indique le vérificateur.Pour devenir citoyen canadien, un résident permanent doit démontrer entre autres qu\u2019il habite bel et bien au pays depuis un cer tain temps et qu\u2019il ne fait pas l\u2019objet d\u2019une interdiction pénale.Le vérificateur s\u2019est notamment penché sur un échantillon de 38 crimes documentés par la GRC \u2014 certains assez graves, comme voies de fait ou trafic de drogues \u2014 et qui ont été commis par des résidents permanents ou des ressortissants étrangers.La police a transmis aux agents de la citoyenneté les informations nécessaires dans seulement deux de ces 38 cas.Le ministère a pu obtenir des informations d\u2019autres façons pour la majorité des 36 autres cas, mais dans quatre cas de demandeurs, le ministère n\u2019avait aucune idée des accusations criminelles qui pesaient contre eux.Deux de ceux-là ont fini par obtenir leur citoyenneté canadienne.« Il est manifeste que certains demandeurs ont obtenu la citoyenneté canadienne même si des interdictions pénales auraient dû les rendre inadmissibles », écrit M.Ferguson.Contrefaçon Des problèmes existent également en ce qui a trait à la détection des documents falsifiés.Certains peuvent par exemple modifier les tampons ou les visas dans un passeport pour réduire le nombre de jours passés en voyage et ainsi sembler accumuler le temps nécessaire passé au Canada pour avoir le droit de devenir citoyen.Or, les procédures à suivre par les agents pour détecter la contrefaçon ne sont ni claires ni uniformes.Résultat : «certaines personnes qui utilisent de tels documents pourraient échapper à la justice ou ne pas être inculpées», note M.Ferguson.Les agents peinent également à détecter les fausses adresses, soit en raison d\u2019un problème dans leur base de données, soit parce que la liste des adresses dites « problématiques» n\u2019est pas à jour.« Par exemple, une même adresse a été utilisée par 50 personnes pour demander la citoyenneté, mais elle n\u2019est pas ressortie comme étant problématique, a indiqué le vérificateur.Sept de ces personnes ont obtenu la citoyenneté canadienne.» Enfin, le manque de communication entre l \u2019Agence des ser vices frontaliers du Canada (ASFC) et le ministère de l \u2019Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté fait en sorte que d\u2019autres demandes frauduleuses passent entre les mailles du filet.Le vérificateur général recommande par ailleurs à Ottawa d\u2019analyser en profondeur les risques de fraude et les tendances afin d\u2019en faire la lutte de façon plus efficace.Le ministre de l\u2019Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, accepte toutes les recommandations de M.Ferguson.« C\u2019est moins de 1 % qui ont de tels problèmes, mais pour nous, [même] si c\u2019est juste un petit nombre de personnes frauduleuses qui reçoivent la citoyenneté, c\u2019est trop », a-t-il soutenu en point de presse.Des enquêtes ont par ailleurs été lancées «et c\u2019est possible qu\u2019une ou plusieurs de ces enquêtes mènent à une révocation de citoyenneté », a signalé M.McCallum.Agir prestement En 2014, pas moins de 260 000 personnes ont obtenu la citoyenneté canadienne.M.Ferguson n\u2019est pas en mesure d\u2019estimer combien de ces nouveaux citoyens ont déposé des demandes frauduleuses.Il croit toutefois qu\u2019il ne devrait pas être trop difficile pour Ottawa de mettre la main au collet des tricheurs, puisque les fraudes qu\u2019il a décelées n\u2019étaient pas spécialement sophistiquées.Les par tis d\u2019opposit ion croient que le gouvernement libéral devrait se presser d\u2019agir.«Ça affecte notre capacité d\u2019être ouvert et accueillant quand les règles ne sont pas respectées, même par un petit nombre», a fait valoir le chef néodémocrate Thomas Mulcair.Le chef intérimaire du Bloc québécois, Rhéal Fortin, s\u2019inquiète pour sa part que la sécurité au pays soit compromise par les lacunes du système.«Il y a des gens qui ont des dossiers criminels et le ministère n\u2019est même pas au courant», a-t-il dit.Environ 700 cas de révocation de citoyenneté étaient en cours au ministère en date de janvier 2016.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 4 M A I 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Des fraudeurs passent entre les mailles du filet Dans son rapport déposé mardi aux Communes, le vérificateur général, Michael Ferguson, tape sur les doigts d\u2019Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Selon le vérificateur, il est beaucoup plus complexe d\u2019agir à l\u2019endroit de personnes à qui la citoyenneté a été accordée alors qu\u2019elles ont fait des demandes frauduleuses.P H I L I P P E O R F A L I C\u2019 est du jamais vu ou presque dans l\u2019histoire de l\u2019Alberta : un gouvernement qui se dit non seulement à l\u2019écoute des francophones de la province, mais qui, de surcroît, promet de passer de la parole aux actes pour assurer le respect de leurs droits.Près d\u2019un an après l\u2019élection inattendue de la néodémocrate Rachel Notley à la tête de la province pétrolifère, les Franco-Albertains se remettent peu à peu de leur surprise.Après des années à tenter en vain d\u2019attirer l\u2019attention des progressistes-conservateurs, ils ont eu droit à un premier tête à tête en privé avec la première ministre, il y a un mois.La nomination en début d\u2019année du Canadien d\u2019origine nicaraguayenne Ricardo Miranda à titre de ministre de la Culture et du Tourisme et de responsable des Af faires francophones a permis de clarifier les intentions du gouvernement quant aux services offerts aux quelque 82 000 Franco-Albertains.«Contrairement aux gouvernements conservateurs, nous avons [la volonté] de créer une première politique pour la communauté francophone», a confié M.Miranda au Devoir, de passage à Montréal.Cette politique, que le gouvernement souhaite faire adopter d\u2019ici le 150e du pays, en 2017, devrait préciser dans quels domaines le gouvernement offrira des services en français.Outre l\u2019éducation \u2014 l\u2019Alberta, comme toutes les provinces à majorité anglophone, doit of frir des programmes d\u2019éducation de langue française destinés aux francophones, en plus de programmes d\u2019immersion destinés aux anglophones \u2014, des programmes d\u2019accès à la justice ou des garderies destinées aux enfants franco-albertains pourraient être envisagés, selon M.Miranda.Les consultations entourant cette nouvelle politique gouvernementale sur les ser vices en français doivent débuter au cours des prochaines semaines.«En ce moment, la loi albertaine ne me donne même pas le droit de signer un document officiel en français.C\u2019est complètement bizarre.Le [contexte économique] ne nous permet pas de créer de grands programmes, mais cette politique sera une première étape.On veut aussi établir de meilleures relations avec le gouvernement du Québec, pour améliorer les occasions culturelles et linguistiques », explique ce fils de réfugiés, ex-agent de bord d\u2019Air Canada éduqué dans l\u2019un des très nombreux programmes d\u2019immersion française de la province.Pour Jean Johnson, le président de l\u2019Association canadienne-française de l\u2019Alberta (ACFA), cet engagement tombe à point nommé, la province ayant accueilli des milliers de Québécois et d\u2019autres francophones du pays au cours de la dernière décennie en raison du boom pétrolier, sans compter l\u2019arrivée d\u2019un nombre sans cesse croissant d\u2019immigrants originaires de l\u2019Afrique francophone.«Avec les prédécesseurs de M.Miranda, c\u2019était toujours des paroles, des petites paroles.Et il n\u2019y avait aucune action.On sent clairement l\u2019intention d\u2019agir, maintenant.C\u2019est déjà en train de se faire, puisque dif férentes directives commencent à être changées», observe-t-il.Il est vrai que l\u2019ACFA aurait préféré une Loi sur les services en français plutôt qu\u2019une politique qui pourra plus facilement être modifiée par les successeurs de Mme Notley.Mais celle- ci constituera déjà un pas de géant, selon M.Johnson.« On part de loin.À vrai dire, on n\u2019a carrément rien, à l\u2019exception des écoles, et ça, c\u2019est parce que c\u2019est une obligation imposée par la Constitution.» Le Devoir Vers une première politique de services en français en Alberta Lire aussi \u203a Gérer à l\u2019aveuglette.L\u2019éditorial de Manon Cornellier.Page A 8 JASON FRANSON LA PRESSE CANADIENNE Ricardo Miranda a été nommé ministre de la Culture et du Tourisme et responsable des affaires francophones de l\u2019Alberta, en début d\u2019année.Pendant que la communauté franco-alber- taine se réjouit de l\u2019ouverture témoignée par le nouveau gouvernement néodémocrate, la nomination du nouveau Conseil des ministres du Manitoba, mardi, suscite nombre d\u2019inquiétudes chez les francophones de cette province.C\u2019est que la nouvelle ministre responsable des Affaires francophones, Rochelle Squires, est unilingue anglophone.Aussi nommée ministre responsable du Sport, de la Culture et du Patrimoine et de la Condition féminine, la députée progressiste- conservatrice de Riel \u2014 une circonscription à forte proportion francophone \u2014 a été assermentée au cours d\u2019une cérémonie tenue en anglais seulement.En outre, le gouvernement de Brian Pallister n\u2019a pas créé de noms officiels en français pour les nouveaux ministères, contrairement à son prédécesseur.Une ministre des Affaires francophones unilingue anglophone au Manitoba Ottawa \u2014 Les coûts liés au remboursement de la marijuana destinée à des ?ns médicales pour les vétérans sont en train d\u2019exploser et Ottawa devrait mettre un couvercle sur la marmite au plus vite.Le vérificateur général du Canada, Michael Ferguson, tire la sonnette d\u2019alarme devant la hausse de l\u2019utilisation de la marijuana chez les anciens combattants et le montant astronomique de la facture refilée aux contribuables.Il presse Anciens Combattants Canada de fixer une limite pour le remboursement au plus vite.Le gouvernement fédéral rembourse aux vétérans le prix de certains médicaments, un programme qui coûte bon an mal an environ 80 millions de dollars pour 51 000 vétérans.Mais si rien n\u2019est fait, près du tiers du coût des médicaments couverts ira au remboursement de la marijuana l\u2019an prochain.En effet, on s\u2019attend à ce qu\u2019en 2016-2017, les dépenses pour le remboursement de la marijuana s\u2019élèvent à pas moins de 25 millions, alors qu\u2019il n\u2019était que de 400 000 $ il y a trois ans.Deux facteurs expliquent cette croissance fulgurante des coûts : le prix du gramme de pot, auparavant ?xé à 5 $ par Santé Canada et qui oscille désormais entre 6 et 14 $, et la popularité de la substance.Certains vétérans peuvent avoir droit jusqu\u2019à 10 grammes de pot par jour.Hausse des coûts de la marijuana thérapeutique pour les vétérans L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 4 M A I 2 0 1 6 DEMISSION DE PELADEAU A 3 J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U E st-il plus difficile désormais de concilier la vie politique avec le travail de parlementaire ?Pour l\u2019ancienne députée Elsie Lefebvre, aujourd\u2019hui conseillère municipale, « la société a évolué », mais « le Parlement fonctionne encore comme dans les années 1950».« C\u2019est en par tie vrai seulement », rétorque Pauline Marois, jointe à l\u2019étranger.L\u2019ex-pre- mière ministre estime que beaucoup a été fait pour rendre la vie plus simple aux députés.« Il y a plus de semaines de relâche, moins de comités qui se terminent aux petites heures du matin.Mais il faut savoir qu\u2019il a toujours une part d\u2019imprévisible en politique et qu\u2019il y en aura toujours.» Et même quand il n\u2019y a rien, « comment expliquer à quelqu\u2019un qu\u2019on n\u2019ira pas à son activité parce qu\u2019on s\u2019occupe des enfants?C\u2019est en général très mal reçu.On peut bien prendre un soir l\u2019engagement de récupérer les enfants, mais il arrive beaucoup d\u2019imprévus en politique.Le conjoint doit le comprendre».Elsie Lefebvre observe que les femmes de 18 à 40 ans sont absentes des lieux décisionnels.«C\u2019est parce que la conciliation n\u2019est pas tellement possible.Il n\u2019y a pas de ministre de moins de 40 ans à Québec.À Ottawa, on pense à Mélanie Joly comme exception.Je pense que c\u2019est parce que la conciliation entre la famille et le travail de député n\u2019est pas adaptée.Le modèle ancien, les gens ne souhaitent pas forcément le reproduire.Beaucoup d\u2019hommes font ce choix aussi maintenant.» Qu\u2019en pense François Legault, lui qui a connu à la fois la vie trépidante de l\u2019homme d\u2019affaires et de chef de parti ?« Ce ne sera pas possible pour M.Legault de vous répondre, puisqu\u2019il a justement pris quelques jours de repos avec sa famille à l\u2019occasion de la relâche parlementaire», explique son attachée de presse.En 2005, François Legault était pressenti comme successeur à Bernard Landry.Il ne le fit pas pour être à même de consacrer plus de temps à sa famille.Au micro de Paul Arcand, en janvier, Isabelle Brais, sa conjointe, rappelait que son couple partage une passion dévorante pour la politique.Elle af firmait néanmoins que la place d\u2019une femme en politique, même aux côtés de son mari, reste bien difficile.« Je pense qu\u2019il est encore difficile pour une femme de trouver sa place en politique.» Et elle précisait qu\u2019« à partir du moment où les femmes ont la responsabilité de leurs enfants, et excusez-moi, mais ce sont encore les femmes qui ont cette responsabilité, alors c\u2019est difficile\u2026 À moins d\u2019avoir une assistante.» Pour fortunés seulement Voilà justement une par tie du problème, plaide Elsie Lefebvre : les hautes fonctions ne sont plus dès lors accessibles qu\u2019à des familles fortunées capables de financer leur vie politique en se payant de l\u2019aide à la maison.Elle cite les cas de Pauline Marois, Justin Trudeau et Philippe Couillard.« Est-ce que de telles carrières politiques peuvent tenir sans une intendance qui pallie l\u2019absence des parents ?Ce sont des gens qui viennent de familles aisées.Ils ont des standards familiaux hors de la moyenne.» L\u2019exemple de Pierre Karl Péladeau « est grandiose », dit-elle.«Mais beaucoup d\u2019élus ont vécu les mêmes dilemmes, à une échelle plus terre à terre.Ce n\u2019est pas avec un salaire de député que tu peux faire cette vie-là.» Au 24 Sussex, la résidence du premier ministre du Canada, le rôle des gouvernantes est majeur.Les enfants du couple Justin Trudeau-Sophie Grégoire comptent sur au moins trois personnes pour veiller directement sur eux, sans compter le personnel de soutien, étant entendu que le premier ministre ne fait pas le ménage ou le lavage.Pauline Marois estime que lorsqu\u2019on devient ministre, les revenus plus importants permettent une meilleure organisation.De ses enfants, elle dit : «Mon mari s\u2019en est occupé beaucoup plus que moi, même s\u2019il avait lui aussi une vie très active.Il allait aux rendez-vous chez le médecin, pour les bulletins, tout ça.Et j\u2019ai beaucoup été aidée, c\u2019est vrai, notamment par mon entourage.On me réservait des plages de temps à l\u2019agenda pour la famille.» Ce qui compte d\u2019abord est l\u2019entente entre les conjoints, insiste-t-elle.« Il est vrai que ça prend des moyens supplémentaires.Tout à fait.On ne peut pas dire que Julie et Pierre Karl n\u2019en avaient pas.Mais ça ne remplace pas pour autant les compromis nécessaires dans le couple.Je ne voudrais pas décourager personne, les femmes surtout, d\u2019aller en politique.J\u2019ai tout fait dans ma carrière pour les encourager.» Est-ce suffisant pour permettre à tous d\u2019accéder aux hautes sphères du pouvoir ?Pour Elsie Lefebvre, «quand on est jeune député et sans enfant, ça va».« J\u2019ai été élue à 25 ans.J\u2019avais juste des idéaux à porter.Ensuite, avec des enfants, je me suis heurtée à l\u2019idée de retourner sur la scène nationale.Ce n\u2019était même pas envisageable.La vie de député, lorsqu\u2019on n\u2019habite pas à Québec avec les enfants, ce n\u2019est pas possible.» Elle plaide pour revoir le mode de fonctionnement du monde politique.«Sinon, on va se retrouver avec des élus qui sont désincarnés de la réalité, qui vivent loin de ce que tout le monde vit.» Le Devoir Comment concilier travail, famille et patrie?L\u2019ancienne députée Elsie Lefebvre estime que le système avantage les plus fortunés JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les enfants de Pierre Karl Péladeau sont montés sur scène lors d\u2019un événement organisé lors de la dernière course à la chefferie du PQ.R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec À moins d\u2019un couronnement, le président du Parti québécois, Raymond Archambault, écarte la possibilité que le successeur de Pierre Karl Péladeau soit choisi à temps pour l\u2019ouverture de la session parlementaire d\u2019automne, le 15 septembre prochain.« C\u2019est trop tôt, ce scénario-là, a indiqué, mardi, au Devoir, Raymond Archambault.Il faut quand même se donner du temps pour préparer un nouveau texte de règles de la course, un nouveau calendrier.» Le président du PQ croit toutefois que la course à la direction du parti sera plus courte que la dernière.Il s\u2019était écoulé onze mois entre la démission de Pauline Marois en avril 2014 et l\u2019élection de Pierre Karl Péladeau comme chef du parti en mai 2015, alors que la course, qui fut of ficiellement lancée en octobre, a duré sept mois.« Nous ne sommes plus dans le même contexte.Les gens disaient : \u201cNe nous précipitons pas, prenons notre temps, les élections sont dans quatre ans.\u201d », a relaté Raymond Archambault.La dernière course à la direction du PQ avait coûté 400 000 $ au par ti.Une course moins longue sera nécessairement moins coûteuse, a- t-il souligné.Vendredi soir, l\u2019exécutif du PQ se réunira pour entériner le choix du chef intérimaire du par ti et pour discuter des modalités et des échéanciers de la course.Une proposition sera soumise pour approbation en juin à la Conférence nationale des présidentes et présidents (CNPP), convoquée tout spécialement, a indiqué le président péquiste.Les militants péquistes pourraient élire leur nouveau chef au cours de l\u2019automne.La nouvelle mouture de la « proposition principale », qui devait être dévoilée cet automne en vue du congrès au printemps 2017, devra attendre.Le congrès lui-même pourrait être reporté à l\u2019automne suivant.C\u2019est au terme de la période de mise en candidature et si un seul candidat se manifestait qu\u2019un couronnement pourrait être déclaré.Lors de la dernière course à la direction, les candidats ont eu quatre mois pour présenter leur bulletin de candidature.En 2005, la course à la chefferie pour remplacer Bernard Landry s\u2019était étendue sur cinq mois, dont trois mois pour la période de mise en candidature.Le Devoir À moins d\u2019un couronnement, le PQ n\u2019aura pas de nouveau chef pour le début de la session d\u2019automne M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L es bloquistes, qui se préparent à se choisir eux aussi un nouveau chef, ne craignent pas que la course à la direction du Parti québécois leur fasse ombrage.Au contraire, le Bloc québécois estime que la campagne du parti grand frère servira de mise en bouche à sa propre course à la chefferie.Ni les bloquistes ni les péquistes n\u2019ont encore fixé les dates des courses à la direction de leur formation, mais selon l\u2019avis de plusieurs, le Parti québécois risque de se choisir un chef le premier.Notamment parce que l\u2019élection provinciale arrivera avant la fédérale, à l\u2019automne 2018 pour la première, comparativement à l\u2019automne 2019 pour la seconde.L\u2019ancien chef bloquiste Gilles Duceppe \u2014 qui croit que les péquistes devraient se choisir un nouveau chef d\u2019ici les Fêtes \u2014 n\u2019anticipe pas d\u2019inconvénients à la tenue de deux courses chez les indépendantistes.«Si la campagne va bien au PQ, ça peut au contraire donner de l\u2019enthousiasme à la course suivante au Bloc», a fait valoir M.Duceppe en entretien avec Le Devoir mardi.Son successeur, Rhéal Fortin, partage son analyse.«Les indépendantistes souverainistes du Québec risquent de s\u2019impliquer au PQ comme au Bloc québécois.C\u2019est clair, on va vers la même clientèle, il ne faut pas se le cacher», a consenti le chef intérimaire.Mais deux campagnes à la direction, menées en tandem, peuvent aussi créer cette « synergie» des forces souverainistes que proposait justement Pierre Karl Péladeau il y a dix jours.Du sang neuf Qui plus est, cette mobilisation indépendantiste pourrait créer une conjoncture favorable au Bloc québécois, selon le député Xavier Bar- salou-Duval, qui songe à briguer la chefferie de son parti.« Les courses peuvent aussi amener une dynamique ou des débats, qui peuvent amener de nouveaux militants qui s\u2019impliquent, de nouveaux candidats qui se révèlent au public.» Un espoir partagé par son collègue et ancien chef Mario Beaulieu, qui a constaté lors de sa propre campagne que les courses à la chefferie permettent de « décupler le nombre de membres ».« Il y a souvent beaucoup de nouveau monde qui s\u2019implique, qui embarque.[\u2026] Plus il y a de l\u2019action, plus il y a de membres, plus il y a de l\u2019argent qui rentre», a résumé M.Beaulieu.Ce n\u2019est pas la première fois, depuis la création du Bloc québécois, que les deux formations souverainistes tiendront une course à la chefferie à quelques mois d\u2019intervalle.À la suite du référendum de 1995, Lucien Bou- chard a quitté la formation qu\u2019il avait aidé à fonder à Ottawa pour succéder à Jacques Parizeau \u2014 sans opposition \u2014 à la tête du PQ et du gouvernement du Québec.Le Bloc a tenu une course à sa succession, mais au PQ, aucune campagne n\u2019a été nécessaire.Gilles Duceppe a ensuite dirigé les bloquistes pendant 14 ans, après une courte chefferie de Michel Gauthier, jusqu\u2019à 2011, quand Pauline Marois menait le PQ.Mais les deux partis se sont retrouvés sans chef permanent pendant quelques mois, entre avril et juin 2014, à la suite du départ de Mm e Marois et avant l \u2019élection de Mario Beaulieu.La course péquiste a débuté en octobre 2014, soit quatre mois après la fin de la course bloquiste.Casse-tête de chefferies Les bloquistes ont prévu se choisir un chef en 2017.«On est moins pressés que le PQ», observe le doyen bloquiste Louis Plamondon.Le Bloc pourrait donc s\u2019adapter à la course péquiste.Pour l\u2019instant, il est cependant trop tôt pour prédire les dates des deux courses, ob- serve-t-on à l\u2019unisson au Bloc québécois.Or, s\u2019ajoutent à ce calendrier politique les courses au Parti conservateur \u2014 au printemps 2017 \u2014 et au Nouveau Parti démocratique \u2014 à une date encore indéterminée.Le Québec tiendra en outre des élections municipales à l\u2019automne 2017, et des élections provinciales à l\u2019automne 2018.Suivra le scrutin fédéral à l\u2019automne 2019.«Il commence à y avoir du trafic», note M.Pla- mondon.Mais lui aussi est d\u2019avis qu\u2019une course au PQ, suivie d\u2019une lune de miel pour un nouveau chef, peut «dynamiser» les forces sur le terrain.Seul inconvénient, deux courses entraînent deux dépenses supplémentaires.Il faudra courtiser davantage les mêmes militants.Mais cela ne compromet pas pour autant les courses à la chefferie ou les élections subséquentes, insiste M.Plamondon.Il suffira de soutirer une «contribution spéciale » aux souverainistes.Et le Bloc québécois pourrait récolter sa part des fonds, car Québec limite les dons à 100$ et n\u2019offre pas le même crédit d\u2019impôt de 75% que le fédéral.Le Bloc, contrairement au PQ, ne traîne pas de dette électorale.Le Devoir CHEFFERIE Le Bloc compte sur la course du PQ pour dynamiser la sienne Comment expliquer à quelqu\u2019un qu\u2019on n\u2019ira pas à son activité parce qu\u2019on s\u2019occupe des enfants ?C\u2019est en général très mal reçu.Pauline Marois, ex-première ministre du Québec « » CLÉMENT ALLARD PC Le président du PQ, Raymond Archambault Lire aussi \u203a L\u2019ultimatum.Une chronique de Francine Pelletier.Page A 9 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 4 M A I 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L\u2019 avocat des patients, Jean-Pierre Ménard, a dégainé « l\u2019arme ultime » contre les frais accessoires abusifs en déposant une poursuite judiciaire contre le gouvernement fédéral.« Nous sommes prêts à aller jusqu\u2019en Cour suprême » pour qu\u2019Ottawa oblige Québec à respecter la Loi canadienne sur la santé, a assuré l\u2019avocat en conférence de presse mardi.Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette, a immédiatement qualifié la démarche de «coup d\u2019épée dans l\u2019eau».Restant vague sur les actions qu\u2019elle pourrait mener, la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, a réitéré son intention de «préserver » la Loi canadienne sur la santé.Si cette bataille juridique est perdue, « la Loi canadienne sur la santé n\u2019aura plus de sens.Nous assisterons à la fin du système de santé universel», a de son côté affirmé Me Ménard, confiant en l\u2019argumentaire qu\u2019il présentera à la Cour.La requête présentée au nom du Réseau FA- DOQ obtient l\u2019appui d\u2019une vingtaine d\u2019organisations et individus.La demande en mandamus vise à obliger le fédéral à faire respecter sa loi, qui stipule que si des soins de santé assurés font l\u2019objet de surfacturation, les transferts en santé vers les provinces sont déduits à la hauteur des sommes facturées aux patients.«Toutes les démarches ont été épuisées.La loi canadienne interdit de façon absolue la surfactu- ration», a expliqué Me Ménard.Pour lui, Québec a fait le «choix délibéré» de contrevenir à la loi canadienne.D\u2019abord en fermant les yeux pendant des années sur les frais payés par les patients, et ensuite en normalisant ses frais par le biais du projet de loi 20, adopté à l\u2019automne.« Maintenant, le ministre de la Santé, Gaé- tan Barrette, expose le Québec à des coupes du fédéral, coupes dont les patients vont faire les frais au profit d\u2019un petit groupe de médecins qui ponctionne le système », dénonce Me Ménard.Des patients lésés La demande est aussi déposée au nom de deux patients.Liette Halaca Meunier, 64 ans, est soignée pour une rétinopathie par un ophtalmologiste.Chaque fois, des frais de 30 $ lui sont facturés pour des gouttes qui valent quelques dollars.Marc Ferland, 79 ans, doit voir son ophtalmologiste deux fois par mois depuis une opération pour des cataractes.Des frais de 40 $ lui sont imposés chaque fois.Après s\u2019être plaint auprès du Collège des médecins du Québec, l\u2019homme a même dû changer de médecin traitant, même si l\u2019ordre professionnel a reconnu que les frais étaient «disproportionnés».Les frais accessoires sont aussi fréquents dans les cabinets des dermatologues ou pour des examens diagnostics en cabinet comme la côlonoscopie.Pourquoi faire appel au fédéral ?« C\u2019est le rappor t de force le plus impor tant », plaide Me Ménard.Et le plus rapide.Il espère que la démarche aboutisse en 9 à 12 mois.Ou que les politiciens « mesurent ce qui se passe » entre- temps et agissent.Québec et Ottawa réagissent La ministre fédérale de la Santé, Jane Phil- pott, a indiqué qu\u2019elle prendrait le temps d\u2019examiner la requête de 90 pages avec le procureur général du Canada.« Le fait d\u2019assurer que les Canadiens ont accès aux services de soins de santé médicalement nécessaires en fonction du besoin et non de la capacité de payer est une caractéristique centrale de notre système de soins de santé », a-t-elle commenté.Elle n\u2019a pas voulu préciser devant les journalistes si oui ou non son gouvernement serait prêt à retenir des sommes dues au Québec dans le cadre des transferts en santé.Qualifiant la démarche de « coup d\u2019épée dans l\u2019eau » par la voix de son attachée de presse Julie White, le ministre Gaétan Barrette a rappelé mardi qu\u2019il comptait négocier avec les fédérations médicales pour inclure les frais accessoires à leur rémunération pour les épargner aux patients.« L\u2019article 32 du projet de loi 20 interdit les frais accessoires », répond Julie White.Cette loi permet cependant au ministre d\u2019autoriser des frais accessoires.Ce « pouvoir réglementaire » ne sera pas exercé, dit l\u2019attachée de presse.Cette réponse n\u2019a pas satisfait Jean-Pierre Ménard.Il qualifie le changement de ton soudain du ministre dans ce dossier, lundi, de réaction directe à la démarche judiciaire entreprise.« Rien n\u2019a changé depuis [lundi] pour les patients, a soutenu le directeur général du Réseau FADOQ, Danis Prud\u2019homme.Monsieur le Ministre, c\u2019en est assez de jouer avec nos vies.» À Québec, les par tis d\u2019opposition on tous pressé Gaétan Barrette d\u2019agir.Si Québec devait négocier cet enjeu avec les fédérations médicales, cela ne doit pas se traduire par une autre hausse de leur rémunération, a averti le Parti québécois.De plus, d\u2019ici à ce que Québec s\u2019entende avec les fédérations médicales, pour libérer les patients, Québec devrait rembourser aux médecins uniquement le prix coûtant de certaines fournitures médicales, a avancé le député ca- quiste François Paradis.« Peu importe les prétentions du ministre, les frais accessoires facturés aux patients sont illégaux, a fait valoir le député solidaire Amir Kha- dir par voie de communiqué.La loi 20 qui a autorisé la facturation de frais pour des soins de santé assurés contrevient à l\u2019esprit de la loi canadienne et ne résistera pas longtemps à l\u2019analyse d\u2019une cour fédérale.» Le Devoir FRAIS ACCESSOIRES Le recours contre le fédéral, « l\u2019arme ultime» L\u2019avocat des patients, Jean-Pierre Ménard, se dit prêt à aller jusqu\u2019en Cour suprême pour faire respecter la Loi canadienne sur la santé A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T U ne pénurie d\u2019antibiotiques contre la syphilis force l\u2019Agence de la santé publique du Canada à dif fuser un avis pour que les stocks soient utilisés à bon escient.La pénurie pourrait s\u2019étirer jusqu\u2019en juillet, estime l\u2019agence fédérale.Dans un avis publié la semaine dernière, l\u2019agence précise les cas pour lesquels l\u2019antibiotique Bicillin devrait être administré.C\u2019est une forme de pénicilline commercialisée par la pharmaceutique Pfizer.La pénurie découle d\u2019un «problème de fabrication», indique l\u2019avis.L\u2019agence recommande « la conservation du stock disponible» de l\u2019antibiotique et «l\u2019utilisation de traitements alternatifs dans la mesure du possible ».Elle détaille les différentes situations où d\u2019autres traitements peuvent être administrés.À Montréal, le Dr Réjean Thomas doit déjà composer avec l\u2019épuisement des stocks de cet antibiotique depuis deux semaines.Il déplore la situation.Le Bicillin pouvait être administré par injection dès le diagnostic.«Le traitement alternatif de deux semaines est plus préoccupant, car il laisse une fenêtre de transmission plus grande», indique-t-il.À la clinique l\u2019Actuel où il pratique, on traite un cas de syphilis chaque jour, en plus des nombreux autres cas d\u2019infections transmissibles sexuellement ou par le sang (ITSS).« Toutes les ITSS sont en augmentation, rappelle le Dr Thomas.Nous avions déjà de la difficulté à contenir la propagation de la syphilis avec le traitement de pénicilline.La pénurie ne risque pas d\u2019améliorer notre bilan.» « L\u2019épidémie de syphilis infectieuse, initialement concentrée dans la région de Montréal, touche maintenant la plupar t des régions du Québec», indique le plus récent rapport de l\u2019Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) sur les ITSS.En forte hausse depuis le tournant des années 2000, l\u2019infection semble se stabiliser depuis 2012, indique le rapport publié en février.Il y a eu 586 cas en 2014.La maladie était pour tant presque dispar ue, avec trois cas déclarés seulement en 1998.La presque totalité des cas, soit 94 %, concerne des hommes.L\u2019infection est plus fréquente chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, mais des cas chez des femmes et des hommes hétérosexuels ont aussi été rapportés.Le Devoir Pénurie d\u2019un antibiotique contre la syphilis D ix-sept manifestants qui occupaient les bureaux de Citoyenneté et Immigration Canada à Montréal mardi matin ont été arrêtés et devraient faire face à la justice.Les militants de l\u2019organisme Solidarité sans frontières s\u2019étaient introduits dans l\u2019édifice gouvernemental situé sur la rue Saint-Antoine près de la rue Peel, au centre-ville de Montréal, aux alentours de 9 h.Un manifeste qui a été rendu public indique qu\u2019ils souhaitaient ainsi dénoncer les politiques canadiennes d\u2019immigration et exiger la fin des expulsions.Un porte-parole de la police de Montréal, Manuel Couture, indique que les policiers ont été appelés sur les lieux peu après 9 h.Vers 11 h, un avis d\u2019expulsion a été lu aux personnes qui occupaient les locaux gouvernementaux.Selon la police de Montréal, la plupart des manifestants ont alors accepté de quitter les bureaux.Un groupe de 17 manifestants est toutefois resté sur place.Les policiers du groupe d\u2019intervention ont alors procédé à leur arrestation.L\u2019agent Couture a précisé que des accusations de méfait et de voies de fait seront possiblement déposées contre eux.Selon des photos qui circulaient sur les réseaux sociaux, les manifestants auraient déroulé des banderoles, joué de la musique et posé des affiches sur les fenêtres de l\u2019édifice pendant l\u2019occupation.Alors que plusieurs de leurs camarades étaient entrés dans les bureaux, quelques manifestants sont demeurés à l\u2019extérieur de l\u2019édifice pour scander des slogans exigeant la régularisation du statut des sans-papiers.L\u2019un d\u2019entre eux a été arrêté et devrait être accusé de méfait sur une voiture de police.En fin d\u2019après-midi mardi, 17 des 18 personnes appréhendées avaient été libérées sous promesse de comparaître.Plusieurs organismes, dont la Fédération des femmes du Québec, le Centre des femmes sud- asiatiques de Montréal et le Comité pour les droits humains en Amérique latine, ont appuyé ce geste d\u2019éclat.Selon les manifestants, l\u2019édifice de la rue Saint-Antoine est « un lieu synonyme d\u2019angoisse, de peur et d\u2019anxiété quotidienne pour des centaines de personnes migrantes vivant à Montréal ».«Les membres de Solidarité sans frontières demandent la mise en place d\u2019un processus de régularisation pour toutes les personnes non documentées vivant au Canada, et ce, de manière immédiate, inclusive et continue », peut-on lire dans le communiqué diffusé par l\u2019organisme.La Presse canadienne IMMIGRATION Occupation d\u2019un édifice gouvernemental : une vingtaine d\u2019arrestations à Montréal JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les policiers du groupe d\u2019intervention ont procédé à l\u2019arrestation de 17 manifestants, mardi au centre-ville de Montréal.Toutes les démarches ont été épuisées.La loi canadienne interdit de façon absolue la surfacturation [\u2026] Maintenant, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, expose le Québec à des coupes du fédéral, coupes dont les patients vont faire les frais au profit d\u2019un petit groupe de médecins qui ponctionne le système.Me Jean-Pierre Ménard « » Toutes les ITSS sont en augmentation.Nous avions déjà de la difficulté à contenir la propagation de la syphilis avec le traitement de pénicilline.La pénurie ne risque pas d\u2019améliorer notre bilan.Dr Réjean Thomas, de la clinique l\u2019Actuel « » L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 4 M A I 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 recensement.gc.ca VOTRE RECENSEMENT.VOTRE VOISINAGE.VOTRE AVENIR.des services comme les hôpitaux, les écoles et le transport en commun.Remplissez votre recensement en ligne aujourd\u2019hui.H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e projet de loi d\u2019Ottawa sur l\u2019aide médicale à mourir fait l\u2019objet d\u2019une autre série de critiques.Cette fois, c\u2019est le délai de réflexion devant s\u2019écouler entre la demande du patient et l\u2019acte médical fatidique qui dérange.Le projet de loi C-14 impose aux médecins de « s\u2019assurer qu\u2019au moins 15 jours francs se sont écoulés » depuis la demande du patient avant de passer aux actes.Le projet de loi prévoit cer tes une « période plus courte [\u2026] indiquée dans les circonstances » si les médecins « jugent que la mort de la personne ou la perte de sa capacité à fournir un consentement éclairé est imminente », mais il semble que ce soit l\u2019existence même d\u2019un délai qui pose problème.« C\u2019est un problème, cette notion de 15 jours » , lance Georges L\u2019Espérance, président de l\u2019Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité.«Pourquoi pas 13, pourquoi pas 18 ?[\u2026] Dans la grande majorité sinon la totalité des patients qui ont une maladie qui les amène vers la fin, ça fait longtemps qu\u2019ils ont eu le temps de réfléchir à leur problème.Ça ne se fait pas en 15 jours.» M.L\u2019Espérance comparaissait devant le comité parlementaire étudiant le C-14.Il a expliqué que le délai pourrait aussi rendre le patient inadmissible.Un « médecin bien intentionné » pourrait, dans l\u2019intervalle, soulager ses douleurs avec de puissants médicaments.«Lorsqu\u2019il vient le revoir et qu\u2019il a de bonnes doses de narcotiques, le patient n\u2019est peut-être plus aussi apte à donner son consentement.» Nacia Faure, une ancienne endocrinologue et médecin en soins pal l iat i fs , est du même avis.« Dans mon expérience de soins palliatifs, il y a une grande fluctuation.Les patients sont bien une journée, le lendemain sont en delirium, trois jours après sont à nouveau bien.[\u2026] Ce sera sûrement à amender, car dans la vie réelle, c\u2019est très souvent inapplicable.» Les témoins répondaient à une question du député libéral Chris Bittle.La veille, M.Bittle avait formulé des doutes sur la constitutionnalité de ce délai de 15 jours, estimant qu\u2019i l pourrait être jugé «arbitraire» et même «cruel et inusité».La ministre de la Santé, Jane Philpott, avait répondu qu\u2019« il n\u2019existe aucune autre juridiction dans le monde qui, en matière d\u2019aide à mourir, ne s\u2019est pas dotée d\u2019un délai réglementaire ».Mardi, la ministre a précisé qu\u2019elle voulait dire « juridiction fédérale ».En effet, la loi québécoise n\u2019en prévoit aucun.Tout au plus est-il écrit que le patient doit avoir « réitéré » sa volonté de mourir au cours de dif férents entretiens « espacés par un délai raisonnable ».Sur le terrain, on dit qu\u2019il s\u2019écoule en général quelques jours.Mme Philpott a assuré mardi qu\u2019« il n\u2019y a aucune obligation pour le Québec de changer quoi que ce soit à sa loi.Ils voudront peut-être jeter un œil sur les distinctions qui existent par rapport à la loi fédérale proposée, mais il n\u2019y a pas d\u2019obligation de changer la leur.Même pour ces 15 jours.» Pas d\u2019accusations Par ailleurs, les députés ont entendu mardi le témoignage de Theo Boer, un professeur d\u2019éthique qui a siégé neuf ans à un comité mis en place par les Pays-Bas pour vérifier que l\u2019aide médicale à mourir est administrée dans le respect de la loi.M.Boer, au départ favorable à la loi autorisant l\u2019aide à mourir dans son pays d\u2019origine, s\u2019y oppose aujourd\u2019hui devant la recrudescence du nombre de cas.Les Pays-Bas ont légalisé l\u2019aide médicale à mourir en 2002.À l\u2019époque, mois de 2000 cas étaient recensés par année.Il y en a eu 5516 en 2015.M.Boer a cependant rassuré les médecins qui craignent d\u2019être poursuivis.Cela n\u2019est jamais arrivé aux Pays- Bas.« Il y a eu 42 000 cas [depuis la légalisation].Il est arrivé à 75 reprises qu\u2019un médecin soit interpellé par le directeur des poursuites criminelles et pénales, mais dans aucun cas des accusations n\u2019ont été déposées, a relaté M.Boer.Le médecin en général disait qu\u2019il ne recommencerait jamais de la même façon.» Le Devoir Aide à mourir: un délai inutile J O R D A N P R E S S à Ottawa U n sénateur conservateur haut placé qui a été qualifié de gourou des règles du Sénat par le juge lors du procès de Mike Duffy affirme que la vision qu\u2019ont beaucoup de gens de son rôle dans toute cette affaire relève plus de la fiction que de la réalité.Le sénateur David Tkachuk insiste pour dire qu\u2019il n\u2019a jamais conseillé M.Duffy au sujet de son allocation de logement et de ses frais de déplacement, même si le juge au procès s\u2019est fait relater le contraire.M.Tkachuk dit qu\u2019il n\u2019a donné qu\u2019un seul conseil, lors d\u2019une rencontre pour les nouveaux sénateurs au sujet des responsabilités du caucus, tenue en janvier 2009, avant qu\u2019il ne soit nommé à l\u2019exécutif du comité de régie interne du Sénat, qui supervise les règles de dépenses.M.Duffy a raconté au procès qu\u2019il avait parlé à M.Tkachuk seul à seul après cette rencontre et lui avait demandé s\u2019il pouvait ou non réclamer des dépenses pour sa maison d\u2019Ottawa en tant que résidence secondaire.Cette question a fait surface lorsque des médias ont soulevé des questions au sujet de l\u2019admissibilité constitutionnelle de M.Duf fy de pouvoir siéger comme sénateur pour l\u2019Île-du- Prince-Édouard.M.Duf fy a témoigné que M.Tkachuk lui avait dit que ces réclamations étaient essentielles pour les questions d\u2019admissibilité et que M.Duffy devrait réclamer pour ses repas dans la capitale, même si M.Duffy a dit que personnellement, il ne considérait pas cela comme justifié.M.Tkachuk dit que cette rencontre n\u2019a jamais eu lieu.En entrevue avec La Presse canadienne, M.Tkachuk a soutenu avoir dit à M.Duffy de parler aux avocats du Sénat ou à quelqu\u2019un du comité de régie interne s\u2019il devait répondre à des questions le 7 janvier 2009 au sujet des règles du Sénat.Le sénateur Tkachuk dit qu\u2019il ne s\u2019est pas joint au comité de régie interne avant le 10 février 2009.«C\u2019est important que les gens sachent que je n\u2019étais pas là en train de donner des conseils au sénateur Duf fy sur ce qu\u2019il devait faire au sujet de ses allocations de logement lors d\u2019une rencontre que je n\u2019ai jamais eue avec lui parce que je n\u2019étais pas membre du comité de régie interne.» À la fin du mois dernier, le juge Charles Vaillancour t a rejeté 31 accusations criminelles de fraude, de corruption et d\u2019abus de confiance qui avaient été déposées contre M.Duffy, toutes en lien avec ses réclamations de dépenses au Sénat.M.Tkachuk ajoute que les faits exposés au procès criminel ont présenté son rôle de façon biaisée et qu\u2019il parle maintenant pour donner sa version de l\u2019histoire.M.Duffy est retourné sur la colline du Parlement pour la première fois lundi depuis qu\u2019il a été acquitté des 31 accusations.Le sénateur a l\u2019occasion, mardi, de reprendre pour la première fois son siège à la Chambre haute et de faire face à ses collègues qui ont voté pour le suspendre sans paie à la fin de 2013.La Presse canadienne Le sénateur David Tkachuk dit qu\u2019il n\u2019a jamais conseillé Duffy Ottawa \u2014 Des députés conservateurs suggèrent subtilement au gouvernement libéral d\u2019invoquer la disposition de dérogation au lieu de légiférer dans le dossier de l\u2019aide médicale à mourir.L\u2019allusion au recours à la « clause nonobstant », qui permet au Parlement de déroger à la Charte canadienne des droits et libertés, a été formulée deux fois en autant de jours depuis la reprise du débat à la Chambre des communes.Les conservateurs Harold Al- brecht et Bob Zimmer, qui sont opposés à l\u2019euthanasie volontaire et au suicide assisté, ont tous deux lancé l\u2019idée, plaidant que les parlementaires devraient songer à emprunter cette avenue plutôt que d\u2019adopter le projet de loi C-14.Le premier l\u2019a fait lundi lorsqu\u2019il avait été invité par le député libéral Anthony Hou- sefather à préciser certains éléments de son discours.Le second l\u2019a évoqué mardi, reprochant du même souffle à la Cour suprême du Canada (CSC) d\u2019imposer des lois au Parlement plutôt que de les « faire respecter ».La plupart des députés conservateurs qui ont pris la parole en Chambre ou autour de la table du Comité de la justice et des droits de la personne, qui étudie C-14, offrent des discours assez hostiles au projet de loi des libéraux, même si celui-ci est plus restrictif que la décision de la CSC.Plusieurs d\u2019entre eux sont considérés comme proches des mouvements pro-vie.À l\u2019époque où il était ministre de la Justice, le conservateur Peter MacKay avait affirmé que le recours à la disposition de dérogation serait « l\u2019équivalent juridique de la bombe nucléaire».La Presse canadienne Des conservateurs suggèrent le recours à une disposition de dérogation SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le sénateur Mike Duf fy est retourné sur la colline parlementaire pour la première fois lundi depuis qu\u2019il a été acquitté de 31 accusations. L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 4 M A I 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 6 AVIS LÉGAUX & APPELS D\u2019OFFRES HEURES DE TOMBÉE Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services- et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services- et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa responsa - bilité se limite au coût de la parution.DEMANDE DE DÉROGATION À L\u2019INTERDICTION DE CONVERTIR RÈGLEMENT SUR LA CONVERSION DES IMMEUBLES EN COPROPRIÉTÉ DIVISE (R.R.V.M.c.C-11) Le conseil de l\u2019arrondissement de Côte-des-Neiges\u2014 Notre-Dame-de-Grâce, à sa séance ordinaire fixée au lundi 6 juin 2016 à 19 heures, au Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce, 6400, avenue de Monkland, Montréal, étudiera la demande de dérogation à l\u2019interdiction de conversion d\u2019un immeuble en copropriété divise relative à l\u2019immeuble suivant : 4559-4561, avenue Coolbrook Toute personne intéressée peut se faire entendre par le conseil d\u2019arrondissement relativement à cette demande.Toute personne intéressée peut également faire parvenir au secrétaire d\u2019arrondissement les commentaires écrits qu\u2019elle désire faire valoir dans les dix (10) jours suivant la publication du présent avis, soit au plus tard le 16 mai 2016, en remplissant et en signant le formulaire fourni par la Ville à cet effet et disponible dans les bureaux Accès Montréal.Ces commentaires doivent être reçus à la Division du greffe, 5160, boulevard Déca- rie, bureau 600, Montréal (Québec) H3X 2H9.Pour de plus amples renseignements, veuillez vous adresser à la Direction de l\u2019aménagement urbain et des services aux entreprises, Division des permis et inspections, au 514 872-5160.Fait à Montréal, le 4 mai 2016.La secrétaire d\u2019arrondissement, Geneviève Reeves, avocate Avis public Arrondissement de Côte-des-Neiges Notre-Dame-de-Grâce Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Biens et services Appel d\u2019offres : 16-15219 Descriptif : Installation et démontage d\u2019équipements de radiocommunications vocales et numériques dans les véhicules d\u2019urgence Date d\u2019ouverture : 25 mai 2016 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Youness Faouzi, agent d\u2019approvisionnement : 514 868-5852 Catégorie : Services professionnels Appel d\u2019offres : 16-15159 Descriptif : Services professionnels multidisciplinaire en ingénierie pour la réfection des sites de régulation de la 25e Avenue, de la 54e Avenue et de St-Laurent Date d\u2019ouverture : 25 mai 2016 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Matthieu Crôteau, agent d\u2019approvisionnement : 514 872-6777 Documents : Les documents relatifs à ces appels d\u2019offres seront disponibles à compter du 4 mai 2016 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669- 7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 4 mai 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous, au bureau d?arrondisse- ment d?Ahuntsic-Cartierville à l?attention du secrétaire d?ar- rondissement, 555, rue Chabanel Ouest, bureau 600, Montréal, H2N 2H8, pour : Catégorie : Travaux d?aménagement dans les parcs Appel d?offres : S-AC-2016-010 Descriptif : Travaux d?aménagement des berges - Parc Raimbault Date d?ouverture : 24 mai 2016 Dépôt de garantie : Cautionnement représentant 10 % du montant de la soumission Renseignements : Ysabelle Filiatreault, architecte paysagiste ysabelle.filiatreault@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d?offres seront disponibles à compter du 4 mai 2016 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s?adressant au Service électronique d?appels d?offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7236 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Internet www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement au bureau de l?arrondissement immédiatement après l?expi- ration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s?engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n?assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.DONNÉ à Montréal, ce quatrième jour de mai deux mille seize.Chantal Chateauvert Secrétaire d?arrondissement Appel d\u2019offres public Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h, à la date ci-dessous, à la mairie de l\u2019arrondissement située au 6854, rue Sherbrooke Est, Montréal, pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 2016-019 Éclairage du terrain de football / rugby au parc Saint-Donat.Date d\u2019ouverture : Jeudi le 19 mai 2016 à 14 h.Renseignements : Monsieur Pierre Bilodeau, architecte paysagiste, au 514 872-5415.Cautionnements : Chaque soumission doit être présentée avec un cautionnement de soumission représentant une somme de 10% du montant soumissionné, émis par une compagnie d'assurances autorisée par l'autorité des marchés financiers, conformément au cahier des charges, et accompagné d\u2019une lettre d\u2019intention d\u2019une compagnie d\u2019assurances de fournir le cautionnement d\u2019exécution des travaux égal à 50 % et de paiement des matériaux, des sous-contrats et de la main d\u2019œuvre égal à 50 % du coût de la soumission.Pour être considérée, toute soumission devra être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin.Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 4 mai 2016.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux de la mairie de l\u2019arrondissement située au 6854, rue Sherbrooke Est, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.DONNÉ À MONTRÉAL, CE 4E JOUR DE MAI 2016.Monsieur Magella Rioux Secrétaire d\u2019arrondissement Société de développement commercial District central Avis de convocation 4 mai 2016 Assemblée générale d\u2019organisation Assemblée du budget Par la présente, les membres de la Société de développement commercial District central sont convoqués à l\u2019assemblée générale d\u2019organisation et à l\u2019assemblée générale du budget, lesquelles se tiendront le : Mercredi, le 18 mai 2016 à 17h au 555, rue Chabanel Ouest - Salle du rez-de-chaussé - Montréal (Québec) Nous vous invitons à arriver à l\u2019avance pour l\u2019inscription des membres.Si vous ne pouvez participer vous-même à l\u2019assemblée, vous pouvez désigner, par procuration, une seule personne pour vous représenter.Copie du projet de règlement de régie interne est disponible pour consultation au bureau Accès-Montréal au 555, rue Chabanel Ouest, 6e étage, Montréal (Québec) H2N 2H8 Au nom du comité provisoire des gens d\u2019affaires du District central, je vous invite à venir nombreux à ces deux assemblés.Enrico Perugini Société de développement commercial District central Assemblée générale d\u2019organisation 18 mai 2016, 17h Ordre du jour 1.Élection du président et du secrétaire d\u2019assemblée 2.Comité plénier pour discussion sur le projet de SDC 3.Lecture de la résolution constituant la société 4.Étude et adoption du règlement de régie interne 5.Élection du président et du secrétaire d\u2019élection et de 2 scrutateurs 6.Élection de 6 administrateurs 7.Rémunération des administrateurs 8.Nomination d\u2019un vérificateur 9.Levée de l\u2019assemblée Société de développement commercial District central Assemblée du budget 18 mai 2016, 18h30 Ordre du jour 1.Élection du président et du secrétaire d\u2019assemblée 2.Adoption du budget 2016 3.Levée de l\u2019assemblée Avis public AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S P H I L I P P E O R F A L I U n pas, « un tout petit pas » dans la bonne direction.L\u2019approche privilégiée par le gouvernement Couillard afin d\u2019accroître la place du français dans l\u2019af fichage des marques de commerce en a laissé plusieurs sur leur faim, mardi, même si les libéraux avaient déjà annoncé leur intention de ne pas modifier la Charte de la langue française pour forcer les entreprises à franciser leur nom au moyen d\u2019un générique.Les Toys \u201cR\u201d Us, Starbucks, Best Buy et autres Burger King du Québec n\u2019auront pas à traduire leur image de marque ni à y apposer un générique tel que «restaurant» ou «café», a confirmé le gouvernement, mardi.Tout au plus, ces multinationales devront assurer « une présence suf fisante » du français sur leur façade, qui pourra prendre la forme tantôt d\u2019un slogan, tantôt d\u2019un descriptif ou d\u2019une autre mention située sur la devanture, mais pas nécessairement au même endroit que le logo.On pourrait par exemple voir apparaître sous peu « les matériaux de construction » Home Depot, ou encore un Old Navy dont la marque de commerce demeurerait unilingue, mais où figurerait, ailleurs sur la façade, un grand panneau annonçant des rabais sur les vêtements pour enfants, a exposé, plantée devant un «supercentre» Walmart, la ministre suppléante de la Culture et responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Hélène David.« Je souhaite que par tout et sans équivoque, l\u2019af fichage des marques de commerce nous fasse sentir bel et bien au Québec et pas dans le Maine ou le Massachusetts [\u2026].Peu importe si l\u2019on se trouve sur l\u2019autoroute, dans un parc industriel ou tout autre lieu, peu importe s\u2019il s\u2019agit d\u2019un hôtel, d\u2019un restaurant, d\u2019une chaîne de magasins», a déclaré la ministre David.Le gouvernement aurait toutefois pu aller beaucoup plus loin, selon l\u2019avocat et titulaire de l\u2019Observatoire national en matière de droits linguistiques Frédéric Bérard.Il juge que les changements réglementaires proposés sont bien timides.«C\u2019est faux de dire qu\u2019on n\u2019aurait pas pu modifier la loi 101 comme le gouvernement le laisse entendre, explique le professeur de droit.Le gouvernement ne voulait pas perturber la paix linguistique en modifiant la Charte de la langue française, et c\u2019est la raison pour laquelle il agit ainsi.Cela leur donne l\u2019occasion de dire qu\u2019ils agissent, qu\u2019ils font quelque chose, mais on aurait pu s\u2019attendre à mieux.» Trois ans pour agir Les commerces et restaurants ayant poursuivi Québec pour préserver l\u2019intégrité de leur marque et tous les autres dont l\u2019affichage ne correspond pas aux nouveaux critères auront trois ans pour modi- f ier les af f ichages devant leurs adresses existantes, tandis qu\u2019ils devront s\u2019y conformer dès l\u2019adoption du règlement \u2014 probablement d\u2019ici à l\u2019été \u2014 dans le cas de nouveaux commerces ou restaurants.Quelque 1800 commerces seraient visés.Le Conseil du patronat a accueil l i favorablement la mesure, qui laisse suf fisam- ment de temps et de latitude aux entreprises, selon le président Yves-Thomas Dor val.Elle «valoriser[a] davantage la langue française [\u2026] sans pour autant pénaliser les entreprises et les commerces avec une augmentation du fardeau administratif », selon lui.Même son de cloche au Conseil québécois du commerce de détail, et chez Walmart, qui avait poursuivi Québec pour obtenir le droit de décider elle-même comment s\u2019adapter au « contexte québécois ».« Le règlement ne s\u2019attaque pas aux marques de commerce.[\u2026] Si une marque comme Sears avait dû changer ses devantures dans 15 centres d\u2019achat, ça aurait fait beaucoup.» Près de 80 % de ses 5000 membres respectent déjà l\u2019esprit du règlement présenté mardi, a estimé la porte-parole du Conseil, Françoise Paquet.L\u2019avocat Maxime Lapor te, président de la Société Saint- Jean-Baptiste, espérait quant à lui beaucoup plus.« C\u2019est une politique de façade, littéralement, parce que rien ne change pour l\u2019intérieur des magasins, pour les biens meubles comme les camions ou les présentoirs, ou sur Internet, par exemple.Je trouve ça dommage qu\u2019on se limite ainsi, car la défense du français aurait mérité qu\u2019on en fasse davantage», dit-il.À défaut de pouvoir forcer les entreprises à franciser leur image de marque comme l\u2019ont fait volontairement Shoppers Drug Mar t (Pharmaprix) et Staples (Bureau en gros) au fil des années, Québec français aurait souhaité que le gouvernement oblige la présence d\u2019un descriptif français «collé» au nom de marque, a expliqué son por te-parole Éric Bou- chard.«C\u2019est sûr qu\u2019on est heureux, mais on aurait voulu que le gouvernement aille encore plus loin et ne se limite pas à du français \u201cdans le même champ visuel\u201d que l\u2019image de marque, sur la façade uniquement.» Ces règles devraient entrer en vigueur à la suite d\u2019une brève période de consultation, probablement avant l\u2019été.Rappelons qu\u2019en juin 2015, le gouvernement Couillard annonçait son intention de modifier la Charte de la langue française afin de forcer des détaillants comme Walmart, Costco Wholesale ou Best Buy à ajouter un descriptif en français à leur marque de commerce en anglais.Cette annonce faisait suite au jugement de la Cour d\u2019appel, qui concluait que la Charte de la langue française ne permettait pas à l\u2019Office québécois de la langue française (OQLF) d\u2019imposer l\u2019affichage d\u2019un descriptif en français à des détaillants dont la marque de commerce est exclusivement en anglais.Québec a toutefois dû battre en retraite, sur le conseil de ses avocats.On modifiera finalement le règlement sur la langue du commerce plutôt que la loi 101, en évoquant notamment le fait que les marques de commerce sont de compétence fédérale.Le Devoir Une «politique de façade » Québec propose de nouvelles règles sur le français des enseignes commerciales JACQUES NADEAU LE DEVOIR La ministre Hélène David a présenté mardi le nouveau règlement lors d\u2019un point de presse devant une bannière Walmart. L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 4 M A I 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 7 C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris À l\u2019heure où, après deux mois de débat et de manifestations, la réforme du Code du travail a enfin été soumise au Parlement ce mardi, le gouvernement français apparaît une fois de plus au bord de la paralysie.Un décompte rapide laisse en effet penser que, en l\u2019état actuel, il manque toujours une quarantaine de votes à la majorité pour faire adopter sa réforme controversée.Après l\u2019échec de la réforme constitutionnelle sur la déchéance de nationalité, ce serait la deuxième fois en quelques mois à peine que le gouvernement ne trouverait pas de majorité pour gouverner le pays.Nul ne saurait dire dans quel état le projet de loi \u2014 qui vise notamment à assouplir les conditions de licenciement \u2014 sor tira des deux semaines de débat parlementaire qui s\u2019amorcent.La partie s\u2019annonce plus que dif ficile pour le gouvernement puisque 5000 amendements ont été soumis, soit autant que lors de la discussion du projet de loi controversé sur la réforme ouvrant le mariage aux couples homosexuels.Pour sauver la face, François Hollande pourrait se trouver dans l\u2019obligation de faire adopter sa loi par une procédure expéditive surnommée le 49-3.Après avoir brandi cette menace, le gouvernement tente aujourd\u2019hui de calmer le jeu.Il y a un an à peine, c\u2019est ainsi qu\u2019il avait fait voter la loi Macron visant à libéraliser plusieurs secteurs de l\u2019économie.Mais, alors que les troupes commencent à se mettre en place pour la présidentielle, une récidive serait un grave aveu d\u2019échec.Il manque 40 voix « C\u2019est un texte qui a tellement heur té la majorité que tout peut arriver », a déclaré la présidente socialiste de la Commission des af faires sociales, Catherine Lemorton, dans le quotidien L\u2019Opinion.Certes, l\u2019explosion de colère qu\u2019avait suscitée la première mouture du projet de loi il y a deux mois et demi s\u2019est en partie calmée.Mais ce n\u2019est que pour mieux mécontenter la droite et continuer à susciter l\u2019opposition de l\u2019extrême gauche.« François Hollande a lâché un nouvel amendement après chaque manifestation.Tous les points for ts de la réforme sont partis en fumée.Et je ne connais pas un député de gauche satisfait du texte», a déclaré le député des Républicains, Christian Jacob (LR).Alors qu\u2019à droite, on estime qu\u2019il faudrait revenir au texte d\u2019origine, qui faisait même sauter la durée maximum hebdomadaire de travail, les frondeurs socialistes, le Parti communiste et les verts se refusent toujours à voter la loi.« Il manque près de 40 voix pour obtenir une majorité», a admis le rapporteur du texte, le député socialiste Christophe Sirugue.Comme pour la réforme constitutionnelle, c\u2019est au sein de la gauche que le débat fait rage.À la gauche de la gauche, on réclame qu\u2019une entreprise multinationale ne puisse pas licencier si ailleurs dans le monde ses filiales n\u2019éprouvent pas de difficultés économiques.D\u2019autres s\u2019opposent aussi à ce que les règles de licenciement soient assouplies pour les PME, qui sont celles qui souffrent le plus de la difficulté de licencier.Enfin, certains députés refusent que des accords locaux ou sectoriels puissent prévaloir sur les règles nationales et que les employés puissent de plus accepter de rogner leurs conditions de travail afin de permettre à une entreprise de conquérir de nouveaux marchés.Majorité incontrôlable Depuis la fronde qui avait poussé 119 socialistes à s\u2019opposer à la déchéance de nationalité, la majorité gouvernementale semble de plus en plus incontrôlable.Depuis deux mois, la jeune ministre du Travail qui parraine le texte, Miriam El Khomri, marche sur des œufs.À un an de la présidentielle, on soupçonne certains opposants de vouloir affaiblir le gouvernement afin de voir émerger une autre candidature que celle de François Hollande ou provoquer une primaire à gauche.Selon l\u2019institut COE-Rexe- code, proche du patronat, la nouvelle loi pour rait créer « au moins 50 000 emplois et vraisemblablement nettement plus ».Mais l\u2019institut précise qu\u2019une majoration des taxes imposées aux contrats courts risque de réduire ce chif fre.Cette surtaxe avait été annoncée par le premier ministre Manuel Valls pour calmer les manifestations étudiantes des dernières semaines.À cause des casseurs, ces dernières se sont récemment terminées dans la violence.Plusieurs députés n\u2019hésitent pas à parler d\u2019un vote à « pile ou face » tant la majorité gouvernementale semble incertaine.Le texte qui risque d\u2019être la dernière grande réforme du quinquennat de François Hollande devrait être soumis au vote le 17 mai.Le Devoir FRANCE Le gouvernement au bord de la paralysie La controversée réforme du Code du travail se jouera à « pile ou face » PHILIPPE LOPEZ AGENCE FRANCE-PRESSE Les manifestants se sont de nouveau réunis mardi à la place de la République, à Paris, pour dénoncer la réforme du Code du travail.I S A B E L L E P A R É L es médias mitraillent souvent l\u2019image d\u2019une société qui carbure à plein et de travailleurs croulant sous le travail.Et si l\u2019on avait tout faux ?Alors que la réforme du Code du travail déchire la France, l\u2019ennui et l\u2019inactivité seraient la nouvelle plaie dans l\u2019Hexagone, frappant plus de 43 % des employés salariés.Gros plan sur le bore-out syndrom, un mal invisible qui fait tache d\u2019huile.Spécialiste en psychologie du travail, Christian Bourion ignorait tout de l\u2019onde de choc que provoquerait une découverte fortuite réalisée en 2005, alors qu\u2019il sondait la France à la recherche de données sur le burn-out au travail.En scr utant des milliers de conversations tenues sur les réseaux sociaux à l\u2019aide de puissants logiciels, il découvre que la majorité des échanges sur Internet ne traitent pas de l\u2019épuisement professionnel, mais d\u2019ennuis et d\u2019employés excédés de se tourner les pouces.En 2010, une faute de frappe le mène à nouveau sur cette piste, après avoir inopinément tapé dans son logiciel de recherche bore-out, plutôt que burn-out.Sept articles scientifiques allemands défilent alors à l\u2019écran.En comparant ses observations aux statistiques du ministère du Travail, Christian Bou- rion en arrive à la conclusion qu\u2019au moins le tiers des travailleurs français frôlent le bore-out syndrom.Payée à ne rien faire, dévalorisée et sous-utilisée, une masse «non laborieuse» endure en silence ce mal « honteux », peu avouable en temps de disette, pour toucher un chèque tant convoité par d\u2019autres.Économie au ralenti Bourion, professeur à l\u2019INC Business School de Nancy- Metz, a mis le doigt sur «une plaie sensible», puisque depuis janvier, son récent livre, Le bore- out syndrom.Quand l\u2019ennui au travail rend fou, fait un tabac.« Les médias parlent tout le temps du burn-out, mais notre époque fait que l\u2019économie tourne plus lentement.En fait, en plus du chômage, il y a partout dans la structure des gens dont l\u2019activité ralentit», affirme Bourion.L\u2019auteur parle même d\u2019un système « d\u2019absorption sociale de l\u2019inactivité» incrusté dans l\u2019économie française, système dont l\u2019État et les entreprises s\u2019accommodent, même s\u2019il maquille l\u2019état réel du chômage et coûte très cher sur les plans social et économique.Avec 10% de chômeurs et 30 % « d\u2019inactifs » à l\u2019emploi, la France compte 40% de chômeurs réels, avance le professeur.Ralentissement économique, transfert des emplois vers les pays émergents, informatisation massive des tâches : les causes du manque de travail sont légion, dit-il.Une enquête menée l\u2019automne dernier par le ministère français du Travail confirme que 43,5 % des employés s\u2019ennuient au boulot.Mais pourquoi tolère-t-on qu\u2019autant de gens soient payés à ne rien faire?Selon Bourion, les lois françaises «ont fossilisé » le marché du travail, puisqu\u2019il en coûte trop cher de congédier un employé.Résultat, on engage en parallèle de jeunes recrues pour abattre le boulot des «moins performants».Dans un monde où la réussite sociale se mesure à l\u2019aulne de la performance au boulot, avouer piteusement «être tabletté » plonge plusieurs travailleurs dans le désespoir, explique ce professeur en psychologie du travail.Première cause En mars 2014, le jeune employé d\u2019une société française de par fums, Frédéric Des- nard, a d\u2019ailleurs été le premier à poursuivre ses patrons, les accusant de l\u2019avoir projeté dans le «bore-out syndrom», en ne lui confiant que « 20 à 40 minutes de boulot » par jour.Miné par l\u2019anxiété, il a fait une crise d\u2019épilepsie et se trouve depuis en arrêt de travail.Le tribunal rendra sa décision en juillet prochain dans cette première cause évoquant le bore- out syndrom.Plus qu\u2019un tremplin vers la détresse psychologique, l\u2019inactivité prolongée au travail mène aussi les gens vers l\u2019inemployabilité.« Ils ne sont pas des fainéants, ils veulent travailler.Ils sont laissés à eux- mêmes, ne peuvent développer leurs compétences et finissent, à terme, par devenir incompétents », insiste Bourion.Les Français ne seraient pas seuls à compter les nuages au travail.Environ 39 % des Allemands, 33% des Belges, 29% des Suédois et 21% des Danois, soit environ un Européen sur trois, n\u2019auraient pas assez de boulot pour combler leurs journées.« Je ne crois pas que cela existe au Canada, du moins pas dans cette amplitude, et encore moins aux États-Unis, où les lois du travail sont bien dif fé- rentes, précise Bourion.En France, il existe une immobilité à ce sujet.On le voit bien, la réforme du Code du travail ne passe pas du tout.» Le Devoir LE BORE-OUT SYNDROM.QUAND L\u2019ENNUI AU TRAVAIL REND FOU Christian Bourion Albin Michel Paris, 2015, 241 pages L\u2019ennui au travail, ce mal invisible Le bore-out syndrom frapperait plus de 30 % des travailleurs français C O L I N P E R K E L L es militants islamistes d\u2019Abou Sayyaf, aux Philippines, ont publié une vidéo montrant la décapitation du Canadien John Ridsdel, a annoncé mardi un groupe américain qui surveille les sites Web des djihadistes.M.Ridsdel, un résidant de Calgary âgé de 68 ans, est l\u2019un des quatre touristes à avoir été enlevés le 21 septembre dernier par les combattants d\u2019Abou Sayyaf dans une marina située sur l\u2019île de Samal, dans le sud de l\u2019archipel.Les autres personnes enlevées sont le Canadien Robert Hall, le Nor végien Kjar tan Sek- kingstad et la Philippine Ma- rites Flor.Dans une série de messages sur Twitter, la directrice de SITE Intelligence Group, Rita Katz, a rapporté que, selon la vidéo, John Ridsdel avait été exécuté le 25 avril parce que le gouvernement canadien n\u2019avait pas respecté les demandes de l\u2019organisation islamiste.Elle a ajouté que la vidéo était «cruelle, barbare, extrêmement explicite et très dérangeante».Une autre vidéo diffusée par Abou Sayyaf montre MM.Hall et Sekkingstad ainsi que Mme Flor en compagnie de militants qui menacent de les décapiter aussi si leurs exigences ne sont pas satisfaites.Dans cette deuxième vidéo, qui a été fournie à La Presse canadienne par SITE, les trois otages implorent le gouvernement du Canada et des Philippines de les aider alors que des combattants armés et masqués se tiennent debout derrière eux.Pas de rançon M.Ridsdel a été exécuté après qu\u2019Abou Sayyaf eut réclamé une somme colossale pour sa libération.Le premier ministre Justin Trudeau a affirmé que le Canada ne verserait pas un sou aux ravisseurs.« Payer une rançon pour des Canadiens mettrait en danger la vie de chacun des millions de Canadiens qui vivent, travaillent et voyagent à travers le monde chaque année », avait-il déclaré la semaine dernière.Un haut dirigeant de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait révélé sous le couver t de l\u2019anonymat, la semaine dernière, que la police nationale avait ouvert une enquête criminelle concernant le meurtre de John Rids- del.Il avait précisé que la GRC avait invoqué les dispositions extrater ritoriales du Code criminel pour mener son investigation outre-mer.Le corps de M.Ridsdel a été retrouvé par des villageois près de la ville de Talipao, dans la province de Sulu.La police avait découvert sa tête dans la ville de Jolo, aussi dans la province de Sulu.Affaires mondiales Canada a recommandé aux Canadiens d\u2019éviter tout voyage dans la région de l\u2019archipel de Sulu et dans la portion méridionale de la mer de Sulu en raison des risques d\u2019enlèvements et de la présence de pirates.Nombreux attentats Les enlèvements ont poussé des milliers de soldats philippins à fouiller la jungle de Sulu à la recherche des militants, qui sont soupçonnés de détenir environ 22 autres étrangers en otages.Abou Sayyaf est considéré comme un groupe militant violent dans le sud-ouest des Philippines, qui est aux prises avec un soulèvement musulman depuis plusieurs années, et a été accusé d\u2019avoir commis de nombreux attentats terroristes dans le pays.La Presse canadienne PHILIPPINES La vidéo de la décapitation d\u2019un otage canadien diffusée sur le Web Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Les lois françaises «ont fossilisé» le marché du travail Initiative contre la «discrimination génétique » Ottawa \u2014 Un projet de loi destiné à protéger les Canadiens contre l\u2019utilisation par des tiers de résultats de tests génétiques a été adopté à l\u2019unanimité en troisième lecture au Sénat, et est maintenant confié à la Chambre des communes.En vertu de ce projet de loi, les citoyens qui passent des tests génétiques pour des motifs médicaux ne seraient plus tenus d\u2019en révéler les résultats à des tiers, comme des compagnies d\u2019assurance ou de futurs employeurs.Le député libéral Robert Oliphant, qui appuie le projet de loi, a expliqué mardi que le risque de «discrimination génétique» était bien réel au- jourd\u2019hui.Selon le député onta- rien, ces craintes peuvent pousser certains patients à renoncer à subir des tests génétiques, qui sont pourtant recommandés par leur médecin.Les compagnies d\u2019assurance s\u2019opposent à ce projet de loi, parce que les tests génétiques leur permettent de déterminer les risques liés à chaque assuré.La Presse canadienne Chaque rapport du vérificateur général recèle son lot d\u2019horreurs, et celui rendu public mardi par Michael Ferguson n\u2019y échappe pas.Les lacunes mises en lumière ont toutefois un point en commun.Dans tous les cas, le problème trouve sa source en tout ou en partie dans un manque de données ou la présence de données inutilisables ou simplement inutilisées.e problème n\u2019est pas nouveau.Des vérifications passées l\u2019ont relevé.Souvent en vain.« Ce ne sont pas les exemples qui manquent pour justifier mon inquiétude au sujet de la manière dont les organisations collectent et utilisent ou non les données », a d\u2019ailleurs déclaré M.Ferguson en conférence de presse.On dira qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un obscur problème de gestion, mais ce sont les citoyens qui en subissent les contrecoups en plus d\u2019en payer la facture.Des données manquantes ou inadéquates mènent à des programmes mal ficelés, des services plus coûteux que nécessaires, des lois bafouées, des vies mises en suspens, sinon en danger.Oui, en danger.Prenez le cas de la réserve qui a sa part de difficultés.Eh bien, ses unités n\u2019ont pas de directives claires pour se préparer pour des missions internationales d\u2019importance, alors que les réser vistes peuvent représenter 20 % du personnel militaire de ces déploiements.Pire, l\u2019armée n\u2019a pas de renseignements à jour sur la préparation de ces mêmes réservistes, ce qui peut mettre leur vie en péril une fois sur le terrain.?La Loi sur la citoyenneté a fait jaser en campagne électorale, mais la lutte contre la fraude en la matière n\u2019a pas l\u2019efficacité prétendue.Certaines mesures ne sont pas appliquées de façon systématique ou le sont mal.Beaucoup d\u2019adresses sont mal colligées.À partir d\u2019un échantillon de 150 adresses utilisées sur une période donnée, le vérificateur a découvert une centaine d\u2019erreurs en plus d\u2019en trouver une qui avait servi à 50 personnes.L\u2019échange de renseignements avec la GRC et l\u2019Agence des services frontaliers est lui aussi déficient.La gestion du programme d\u2019assurance-mé- dicaments des anciens combattants génère une masse de données, mais le ministère ne s\u2019en sert pas pour corriger le tir.Ainsi, il a vu venir la hausse des coûts associés à l\u2019utilisation croissante de la marijuana à des fins médicales, mais n\u2019a pas fixé de limite au montant couvert.Il n\u2019a pas non plus de stratégie arrêtée pour surveiller l\u2019utilisation des médicaments sur ordonnance afin de détecter les tendances et les abus.L\u2019information est pour tant là, puisque le vérificateur a découvert, à partir des données du ministère, que 53 % des quelque 1400 vétérans autorisés à utiliser de la marijuana en 2015 avaient obtenu leur autorisation des mêmes quatre médecins.?Le rappor t du vérificateur recèle d\u2019autres perles qui lui donnent toutes raison lorsqu\u2019il dit que le gouvernement doit « se pencher de toute urgence » sur cette gestion déficiente des données, car « les conséquences peuvent être graves ».Un gouvernement ne peut évaluer ses programmes, ses services et ses politiques, combler les lacunes, combattre les abus et s\u2019ajuster en fonction des besoins des citoyens s\u2019il n\u2019a pas l\u2019information nécessaire pour guider son action.Et en pareil contexte, que valent les comptes qu\u2019il dit rendre à la population et au Parlement ou la transparence dont il dit faire preuve ?Comment le croire quand il se révèle incapable de documenter ses prétentions ?Le recensement 2016 a démarré cette semaine.Son but : collecter des statistiques crédibles qui aideront décideurs, chercheurs et organismes à faire des choix éclairés.Et pour y parvenir, le gouvernement a rétabli le formulaire long, dont l\u2019abolition, en 2011, avait soulevé un tollé, tout le monde prédisant avec justesse une détérioration de la qualité des données.La controverse a toutefois eu le mérite de sensibiliser la population à un enjeu que soulève le rapport de M.Ferguson.Les ministres dont l\u2019organisation était mise en cause mardi ont dit être déjà au travail.Quelques gestes ont effectivement été posés, mais on a trop souvent vu le vérificateur général devoir revenir sur le sujet quelques années plus tard et rappeler la machine gouvernementale à l\u2019ordre.Pour cette raison, la vigilance s\u2019impose.Elle s\u2019impose pour une autre raison.L\u2019expérience passée démontre que les ministères visés ne sont pas les seuls à avoir oublié leur compas.Les autres aussi doivent retenir la leçon.mcornellier@ledevoir.com L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 4 M A I 2 0 1 6 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Vers union des souverainistes ?Dans les derniers mois, tous les intervenants de la gauche québécoise ont admis la nécessité de s\u2019unir pour battre le Parti libé- L I B R E O P I N I O N J E A N - P I E R R E G I R A R D Expert-conseil international en entreprises collectives et chargé de cours à l\u2019École des sciences de la gestion de l\u2019UQAM L e Geneva Health Forum (GHF) est un prestigieux forum international favorisant le dialogue nord-sud sur une variété de sujets liés à la santé.Se tenant tous les deux ans dans la ville éponyme de Suisse, il ne s\u2019agit pas d\u2019une rencontre portant sur une dimension précise de la santé, mais ouverte à une pluralité d\u2019innovations techniques et sociales s\u2019inscrivant dans les grands enjeux qui touchent les systèmes de santé.On y dénombre plus de 1000 par tici- pants, professionnels de la santé, administrateurs, élus, intervenants terrain provenant de plusieurs dizaines de pays.Les organisateurs sont les hôpitaux universitaires de Genève et la Faculté de médecine de l\u2019Université de Genève.Ayant eu le privilège d\u2019y faire une présentation récemment dans le cadre d\u2019un atelier, je rappelais le caractère novateur de la coopérative de solidarité SABSA (Service à bas seuil d\u2019accessibilité) à Québec.Je ne reprendrai pas ici des dimensions déjà évoquées dans le cadre d\u2019une recherche toute récente menée par des chercheurs de l\u2019Université de Montréal et de l\u2019Université Laval, par exemple le nombre de personnes rejointes, leur situation de vulnérabilité, leur difficulté d\u2019accéder à des ressources du réseau public, l\u2019impact sur les coûts, mais je souhaiterais exposer d\u2019autres aspects moins connus qui en font aussi un cas exemplaire ayant suscité un vif intérêt chez les participants.Ainsi, il s\u2019agit d\u2019une coopérative de solidarité, une formule juridique très inclusive à l\u2019apport des diverses parties prenantes concernées par la raison d\u2019être de l\u2019organisation.De ce fait, les patients peuvent devenir membres et donc, avoir une participation tant à la propriété qu\u2019au pouvoir.Ils ont un impact dans l\u2019organisation des services.On convient que ce n\u2019est pas le mode dominant dans le système de santé au Québec\u2026 la vaste majorité des cliniques appartenant à des intérêts privés et la plupart du temps, à des chaînes de pharmacies.Le patient n\u2019y est qu\u2019un simple consommateur de services.C\u2019est manifestement la même chose dans le réseau public de santé où la récente réforme du ministre Barrette a réduit sensiblement le nombre de sièges réservés à des citoyens dans les conseils d\u2019administration des établissements publics.C\u2019est un euphémisme de dire qu\u2019en 2016, la participation citoyenne dans l\u2019organisation des services de santé au Québec ne figure pas en tête de liste des priorités\u2026 Une hybridation En outre, parce qu\u2019elle est por tée par un idéal de bien commun, la coopérative SABSA compose avec une hybridation des ressources, c\u2019est-à-dire qu\u2019elle compte non seulement sur des employés salariés, mais aussi sur l\u2019apport d\u2019infirmières qui donnent de leur temps.On ne parle pas de ses dirigeants bénévoles qui depuis des mois multiplient les gestes et actions pour assurer la pérennité de cette organisation unique.Pour l\u2019intérêt de quelques actionnaires?Non, pour celui d\u2019une population vulnérable qui a pris goût à cet efficient service de proximité perméable à leur humanité.La coopérative, faut-il insister, a pu bénéficier d\u2019un soutien financier substantiel de la FIIQ, un exemple qu\u2019il faut saluer : une organisation syndicale appuie le fonctionnement d\u2019une coopérative à titre de projet démonstratif pour améliorer le système de santé, rejoindre plus efficacement des populations à risque et valoriser un statut professionnel qui peine à prendre sa place, le statut d\u2019infirmière praticienne.Cette situation est d\u2019autant surréaliste que les besoins sont immenses ! Clin d\u2019œil à l\u2019histoire, SABSA est aussi située à quelques rues d\u2019où fut ouverte la première clinique de la coopérative de services de santé de Québec.Constituée en 1944, à l\u2019époque où régnait la médecine libérale, cette coopérative, comme le souhaitait son principal animateur, le docteur Jacques Tremblay, visait justement à rejoindre des ouvriers et leur famille éprouvant des dif ficultés à assumer le coût d\u2019une assurance maladie privée pour leur of frir à moindre coût l\u2019accès à un médecin.Des laissés-pour-compte, un peu comme l\u2019est une partie importante de la clientèle actuelle de SABSA.L\u2019édifice abrite aujourd\u2019hui l\u2019organisme Pignon bleu, un ser vice socio- éducatif s\u2019adressant aux familles à faible revenu habitant la basse ville de Québec\u2026 Tant au Geneva Health Forum que dans le cadre d\u2019un séminaire que j\u2019animais la semaine précédente à Paris, une question s\u2019est fait récurrente : devant la fermeture imminente de SABSA, son remarquable ancrage dans le milieu et sa contribution incontestable au mieux- être des plus vulnérables, pourquoi donc l\u2019État québécois réputé social-démocrate vis-à- vis d\u2019autres provinces, ne reconnaît-il pas l\u2019apport unique de cette coopérative ?Pourquoi ?SABSA, un modèle exemplaire FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET ral provincial aux élections de 2018.Il y avait cependant un obstacle de taille.Bien que l\u2019élection de PKP à la tête du PQ fût considérée par plusieurs comme une acceptation du mouvement souverainiste par le Québec inc., elle était cependant vue comme un virage à droite de ce parti.La présence de PKP rendait donc difficile une union des forces de gauche du Québec pour soutenir collectivement ce qu\u2019elles prêchaient individuellement.Amir Khadir avait d\u2019ailleurs récemment exclu une collaboration avec l\u2019homme qu\u2019il jugeait déloyal envers le Québec en raison des tactiques d\u2019évitement fiscal de filiales d\u2019entreprises qu\u2019il possédait.Québec solidaire se disait cependant ouvert au dialogue pour créer un regroupement de sou- verainistes non partisans.Le départ de ce chef identifié à la droite rend plus envisageable une entente politique de ces partis qui disent dans leur programme électoral vouloir l\u2019indépendance du Québec.Ils pourraient alors construire une alliance solide dans la perspective de la rencontre électorale de 2018.Cette démission apporte donc de l\u2019eau au moulin des membres des OUI Québec, qui veulent offrir un lieu d\u2019animation pour ce dialogue.Cette union pourrait être la meilleure chance que les partisans de cette option ont de réaliser la souveraineté du Québec.Comme le montrent les derniers sondages, il semble actuellement impossible de détrôner les libéraux sans une quelconque alliance des forces de gauche.Michel Gourd L\u2019Ascension-de-Patapédia, le 3 mai 2016 Moins d\u2019un an après son élection à titre de chef du Parti québécois, la voix étranglée par l\u2019émotion, c\u2019est un PKP visiblement ébranlé qui nous annonce qu\u2019il a fait le choix de consacrer davantage son temps à ses jeunes enfants dans l\u2019espoir de «demeurer un exemple pour eux».Un choix qui lui appartient et qui doit être respecté.À mon sens, PKP s\u2019est vite rendu compte que le monde accaparant de la politique lui laissait très peu de latitude pour être présent auprès de ses enfants, sa situation de couple en médiation avec Julie Snyder n\u2019ayant rien pour lui faciliter la vie.Le temps consacré pour la «cause» qui lui tenait tellement à cœur lui manquait, et PKP n\u2019a pas le tempérament pour faire les choses à moitié.Conséquemment, il fut placé devant un choix déchirant, et il a opté pour son rôle de père.Par ailleurs, sur la scène politique, il laisse en plan un dossier qui lui tenait à cœur, à savoir la convergence des forces souverainistes qui passe par la reconnaissance d\u2019un PQ ouvert à tous les militants pour l\u2019indépendance du Québec, peu importe leur allégeance politique\u2026 Le défi est maintenant entre les mains de la relève! Henri Marineau Québec, le 3 mai 2016 Le choix d\u2019un homme Monsieur Péladeau, contrairement à plusieurs autres personnes, s\u2019est présenté en politique par conviction et non pas par intérêt personnel.Il avait fait ce choix pour la grande famille québécoise.Lundi, il a choisi plutôt de consacrer sa vie à sa famille immédiate, en particulier à ses enfants.S\u2019il était demeuré comme chef du PQ, il est évident que les membres des autres partis n\u2019auraient jamais arrêté de l\u2019assaillir avec le fait qu\u2019il est toujours impliqué chez Quebecor.La pression aurait sans doute eu raison de lui, car il aurait consacré toutes ses énergies à justifier ses actes.Il est fort probable aussi que les propos tenus par Julie Snyder à Tout le monde en parle l\u2019ont fait réfléchir quant à la vie familiale «normale» à laquelle nous aspirons tous.D\u2019accord ou pas avec ses convictions et ses actions politiques, il faut admettre que PKP aura fait de son mieux pour tenter de rassembler les Québécoises et Québécois autour de la cause souverainiste.Jean Bottari Le 2 mai 2016 VÉRIFICATEUR GÉNÉRAL Gérer à l\u2019aveuglette L MANON CORNELLIER Le choix de PKP Comme plusieurs d\u2019entre vous, j\u2019ai été à la fois surpris et déçu de la décision de Pierre Karl Péladeau de se retirer de la scène politique québécoise, celui-là même qui avait suscité tout un émoi lorsqu\u2019il avait soulevé le poing lors de son entrée en politique en guise de volonté de «faire du Québec un pays». L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 4 M A I 2 0 1 6 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).L O U I S G E R M A I N Commission politique du Parti québécois haque fois que je vois la vidéo, l\u2019émotion m\u2019étreint.Ce Pierre Karl, que j\u2019ai toujours vu optimiste, déterminé, vif, précis, enjoué souvent, fringant, le voilà éteint, le visage crispé, le regard triste.Puis il parle, visiblement au prix d\u2019ef- for ts considérables.Bouleversé.Bouleversant.Je l\u2019ai rencontré pour la première fois en novembre 2014.Il m\u2019avait reçu chez lui, à Outre- mont, dans son solarium en semi-désordre de salle familiale.Il m\u2019avait écouté, me regardant droit dans les yeux.À la fin de l\u2019entretien, il m\u2019avait donné son numéro de cellulaire et son adresse courriel.Nous nous étions jaugés.Puis il a gagné sa course à la chefferie.Peu de temps après, lors d\u2019une rencontre dans son bureau, je lui ai dit : «Une de tes forces, c\u2019est de ne pas encore être pollué par la politique, par le parti politique.Conserve ça.» Parce que Pierre Karl Péla- deau parlait franc.Il n\u2019avait pas la langue de bois.Il disait ce qu\u2019il pensait devoir être dit, sans penser à toutes les entraves et aux autres bâillons conventionnels de la politique.Il a dit la simple vérité quand il a laissé entendre que les frontières seraient un sujet de discussion légitime lors d\u2019éventuels pourparlers avec les autochtones.On lui est tombé dessus\u2026 Et après ça, on parle de faire la politique autrement ?Lui arrivait avec la bonne attitude .Ces derniers temps, je me demandais s\u2019il n\u2019avait pas commencé à être pollué par la politique.Les uns disaient que c\u2019était le métier qui entrait.Oui, le métier entrait, mais peut-être aussi, avec lui, la politique politicienne ; la politique de coin de patinoire, de mise en échec, la politique que les médias et les partis politiques croient inévitable, mais qui éloigne les électeurs des urnes.PKP agissait « autrement » au début.Avait-il commencé à fléchir ?Serait-il demeuré en poste que je l\u2019aurais exhorté à se cramponner à son franc-parler.Je crois qu\u2019il aurait réussi, car ce qu\u2019il voulait le plus au monde, c\u2019est d\u2019y inscrire un nouveau pays, le Québec.Et ça, ça ne peut se fa ire sans que les gens a ient confiance en leurs politiciens.Des politiciens qui ne sont pas toujours dans la manœuvre langagière, des politiciens qui parlent vrai.On vient d\u2019en perdre un.Étiquette injuste Un jour, dehors à côté du Parlement, nous avons passé une demi-heure ensemble, pendant qu\u2019il grillait trois cigarettes en rafale.À brûle-pourpoint, il s\u2019était lancé dans un exposé sur les politiques sociales et la solidarité.Il était simplement sincère.J\u2019ai acquis alors la conviction qu\u2019il n\u2019était pas l\u2019agent de la droite que la majorité des gens tiennent pour acquis, sur la seule foi de quelques lockouts ressassés hors contexte.Quelques lockouts font-ils d\u2019un patron un ennemi des travailleurs ?Quelques grèves font-elles d\u2019un syndicat un ennemi du patronat ?Si PKP était demeuré à la tête du PQ, il aurait été essentiel, et facile, de démontrer que cette étiquette de « roi du lockout » était non fondée, outrancière et injuste.Pierre Karl Péladeau était authentiquement à l\u2019aise dans un parti social-démocrate.Pierre Karl a laissé un Parti québécois en bien meilleur état qu\u2019il était à son arrivée.Désormais, au PQ, l\u2019axe est clair.Le plan, c\u2019est de préparer le pays et de le concrétiser.Point.Plus question de prendre le pouvoir pour ensuite commencer à parler d\u2019indépendance.Non, on parle d\u2019indépendance pour prendre le pouvoir.On va gagner les élections en proposant un pays.Pas en proposant un référendum.PKP n\u2019a jamais voulu s\u2019engager à préciser le moment du référendum.Il considérait que le référendum n\u2019était que le point final d\u2019une longue démarche et que ce qu\u2019il fallait promettre, c\u2019est la démarche, sans qu\u2019on puisse vraiment prévoir sa durée.Trois ans ?Six ans ?Pierre Karl Péladeau laisse le Parti québécois en bonne posture.Il lui a donné un plan d\u2019action, clair, qui a enthousiasmé les militants, plan qui va continuer d\u2019être mis en œuvre malgré son départ.Il lui a donné un excellent directeur général, à l\u2019écoute des gens, axé sur les résultats et qui ne s\u2019embarrasse pas des commérages et des vagues à l\u2019âme.Mais sur tout, il a revigoré un par ti dont tous les membres sont maintenant fiers parce qu\u2019ils le sentent et le savent libéré des atermoiements quant au projet d\u2019indépendance, animé par l\u2019enthousiasme de construire un pays.Les médias et, par conséquent, la population en général n\u2019ont pas pris la mesure de cet élan et de l\u2019unité réelle au sein du parti, mais pour tous les membres, c\u2019est tout simplement vécu.Le départ de Pierre Karl Péladeau ne fera pas vaciller la flamme qu\u2019il a allumée.Il est arrivé mû par ses convictions.Il par t pour les mêmes raisons qu\u2019il est venu.Pour faire ce qu\u2019il sent qu\u2019il doit faire.Par conviction.Chapeau ! Merci Pierre Karl, de ton court mais efficace passage à la direction du parti.Pierre Karl Péladeau, homme de convictions Le départ du chef du PQ ne fera pas vaciller la flamme qu\u2019il a allumée J E A N - F R A N Ç O I S D A O U S T Doctorant en science politique à l\u2019Université de Montréal e départ de Pierre Karl Péladeau à la tête du Parti québécois est lourd de sens pour l\u2019avenir de la formation politique.Il est nécessaire de rappeler ce que représenta it l \u2019homme pol i - tique afin d\u2019entrevoir les dif férentes voies que pourrait prendre le PQ.Premièrement, il s\u2019agissait bel et bien de la candidature de la «dernière chance » pour les fervents souverai- nistes.Lors de la course à la chefferie, PKP incarnait le mieux l\u2019urgence de faire un pays alors que, par exemple, Bernard Drainville proposait ouvertement de ne pas tenir de référendum lors d\u2019un premier mandat de gouvernement péquiste.Plusieurs militants ont donc pris le pari d \u2019accepter quelques aspects moins populaires de l\u2019homme politique (notamment ses anciennes positions antisyndicales) en échange d\u2019un espoir incertain qui les conduirait vers la construction d\u2019un Québec indépendant.Deuxièmement, PKP était la candidature pour le poste de chef du Parti québécois qui était la seule à propulser son parti devant les libéraux.Par moments, le PQ obtenait 37 à 40 % d\u2019appuis avec l\u2019hypothèse de l\u2019homme d\u2019affaires à sa tête, doublant les libéraux, à 30- 32 %.Toutes les autres candidatures n\u2019attiraient pas suffisamment de nouveaux sympathisants pour passer devant le Parti libéral.De plus, à la traditionnelle question « qui ferait le meilleur premier ministre du Québec ?», PKP était le seul qui pouvait devancer Philippe Couillard et François Legault.Et malgré tout\u2026 Constat d\u2019échec En se remémorant tous ces signes qui faisaient de Pierre Karl Péladeau le « sauveur » tout indiqué, un constat d\u2019échec politique s\u2019impose.Évidemment, l \u2019ancien chef a eu quelques bons moments (le dernier étant certainement l\u2019éclatante victoire dans l\u2019élection par tielle de Chicoutimi).Ma is somme toute, i l n \u2019a jama is construit une coalition d\u2019électeurs qui lui aurait permis de devancer les libéraux de manière durable.D\u2019une part, PKP n\u2019a pas séduit les électeurs de la CAQ.Selon le dernier sondage, il n\u2019y avait aucune différence statistique entre le score du PQ et celui de la CAQ.Autrement dit, il a encaissé les accusations de la gauche québécoise sans même obtenir de nouveaux appuis à sa droite.D\u2019autre part, il n\u2019a pas su rallier davantage de souverainistes sous l\u2019égide du Parti québécois.Au contraire, Québec solidaire continue de croître avec un score qui s\u2019élève à plus de 10% (14% lors du dernier coup de sonde).Les chiffres indiquaient que Pierre Karl Péla- deau était la personne la mieux placée pour replacer le Parti québécois au cœur de la politique québécoise .Or, les militants d \u2019au- jourd\u2019hui font face à un échec.De ces constats, deux avenues potentielles se présentent au parti.La première consiste à se concentrer à devenir une solution de rechange aux libéraux, et pour ce faire, cacher sous le tapis l\u2019idée d\u2019un référendum.Or, c\u2019est précisément l\u2019option que la CAQ occupe dans l\u2019espace politique.Des rapprochements entre le PQ et la CAQ seraient-ils possibles ?Ce n\u2019est pas impensable.La deuxième avenue consiste à élargir la convergence souverainiste.Pour cela, le PQ devra reléguer au second plan son idéal d\u2019indépendance et élaborer une feuille de route bien à gauche.Dans tous les cas, l\u2019accent ne devra plus être mis sur la souveraineté du Québec.La dernière carte sur ce thème a été jouée et, aujourd\u2019hui, nous savons qu\u2019elle n\u2019est pas gagnante.Les voix et voies de la modération Le Parti québécois devra reléguer au second plan son idéal d\u2019indépendance «J\u2019 ai choisi ma famille.» Surprenant tout le monde, maîtrisant mal ses émotions, le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a décidé de lancer la serviette et, ce faisant, de se faire respecter, voire aimer, comme jamais.Bien plus que son arrivée en politique le poing en l\u2019air, c\u2019est sa sortie la larme à l\u2019œil que l\u2019histoire retiendra.Comme si, n\u2019ayant pas trouvé l\u2019amour qu\u2019il cherchait dans l\u2019arène publique, PKP choisissait l\u2019amour qui lui reste encore, celui de ses enfants, à défaut de sa partenaire et bénévole en chef, sa Julie des beaux jours.Cependant, tout le monde qui a vu les images du chef démissionnaire aura remarqué combien l\u2019homme avait l\u2019air misérable.Émotif, c\u2019est une chose, torturé, c\u2019en est une autre.Qui ou quoi lui tordait le bras ?Et que peut bien vouloir dire cette énigmatique « absence d\u2019alternative» à laquelle il fait référence ?A-t-il vraiment été frappé par le bel exemple de parentalité que son ex-compagne a tenu à donner, la veille, à TLMEP ?Ou lui a-t-on tout simplement servi un ultimatum au cours du week-end ?La question se pose étant donné le changement radical de M.Péladeau en l\u2019espace de quelques jours.Car on le disait moins stressé, beaucoup moins préoccupé depuis sa rupture en janvier, plus enclin aussi à mordre à pleines dents dans le métier ardu de chef de par ti.Que s\u2019est-il donc passé entre vendredi et lundi ?Je ne remets pas du tout en doute la sincérité de M.Péladeau à vouloir le bien de ses enfants \u2014 ce qui est d\u2019ailleurs tout à son honneur.Seulement, le fameux «changement de mœurs» qui expliquerait ce dénouement-surprise n\u2019est peut- être pas exactement celui qu\u2019on pense.Le changement ne commence pas avec PKP, à mon avis, mais avec celle qui avait, elle aussi, de grandes ambitions : sa compagne depuis 15 ans, Julie Snyder.S\u2019il y a quelque chose à retenir du témoignage de Mme Snyder à TLMEP, c\u2019est moins le «défi» de la médiation de couple ou encore sa dévotion envers Pierre Karl.Le passage le plus marquant, certainement le plus émotif, c\u2019est lorsqu\u2019elle parle du prix à payer à être la compagne de l\u2019homme fort de Québe- cor et dénommé sauveur du PQ.Faisant référence à sa maison de production, l\u2019animatrice dit : «Mais j\u2019ai fondé cette boîte pour être indépendante !» Sa description d\u2019elle- même après la course à la chef ferie, accrochée à une cigarette et un café, se demandant « je suis qui, moi?» est une pièce d\u2019anthologie pour ce qui est des nouveaux rapports amoureux dans l\u2019ère de l\u2019égalité hommes-femmes.Mine de rien, devant son ami Guy A., Julie a fait l\u2019inventaire de tout ce que lui avait coûté son alliance avec PKP : la perte de crédits d\u2019impôt pour sa boîte de production, ensuite un engagement à temps plein (et bénévole) comme la femme de l\u2019autre et, finalement, la cerise, un statut ambigu au sein de l\u2019empire Québecor à cause de l\u2019entrée en politique de son chum.Ne vous demandez pas pourquoi le mariage de conte de fées entre la reine de TVA et l\u2019aspirant roi du « projet de pays » n\u2019a duré que cinq mois.Il fallait que les tensions dans le couple précèdent de beaucoup le passage en politique.Le défi de se réaliser soi-même tout en ne sacrifiant rien de sa vie de couple, de sa famille, est ce qui pend au bout du nez de la majorité des femmes depuis 25 ou 30 ans.Julie Snyder semble avoir décidé qu\u2019elle ne serait plus la seule à faire des compromis déchirants, qu\u2019elle ferait une femme de ce réputé dur à cuire qui a l\u2019habitude de ne faire qu\u2019à sa tête, qu\u2019elle l\u2019obligerait à sacrifier à son tour une partie de son identité : son rêve de mener le PQ à bon port.Après tout, elle aussi s\u2019est sentie investie d\u2019une mission, ra- conte-t-elle à TMLEP, celle de devenir la « numéro un » du divertissement à TVA.Et comment ne pas remarquer qui des deux, entre la femme du divertissement et l\u2019homme de la politique, excellait dans son rôle ?Loin d\u2019être une déclaration d\u2019amour à rebours, comme certains ont considéré l\u2019entretien, c\u2019est plutôt à une habile reddition de compte à laquelle s\u2019est livrée Julie Snyder, devant un auditoire gaga, dimanche dernier.Sans doute un brin cruelle envers son ex et un exemple de manipulation hors pair, la manœuvre a le mérite de mettre à nu le nouveau désordre amoureux de bien des couples d\u2019aujourd\u2019hui.On dit de la politique qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un sport extrême, on oublie de dire que les compromis exigés le sont aussi.Et que les femmes sont toujours plus nombreuses à porter ce fardeau.Grâce à la saga Sny- der-Péladeau, on ne pourra plus jamais parler de conciliation travail-famille de la même façon.fpelletier@ledevoir.com Suivez-moi sur Twitter : @fpelletier1 L\u2019ultimatum FRANCINE PELLETIER JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pierre Karl Péladeau laisse le Parti québécois en bonne posture, estime Louis Germain.C Pierre Karl Péladeau parlait franc.Il n\u2019avait pas la langue de bois.Il disait ce qu\u2019il pensait devoir être dit.L L\u2019accent ne devra plus être mis sur la souveraineté du Québec.La dernière carte sur ce thème a été jouée.Julie Snyder semble avoir décidé qu\u2019elle ne serait plus la seule à faire des compromis déchirants, qu\u2019elle ferait une femme de ce réputé dur à cuire qui a l\u2019habitude de ne faire qu\u2019à sa tête essaie de se préparer à tout ça.Le gros stress, c\u2019est de ne pas savoir quand on va revenir, si la maison va être là, ce qu\u2019on va faire si ce n\u2019est pas le cas», a-t-il confié.Face à ce désastre naturel d\u2019une ampleur sans précédent en Alberta, la première ministre de l\u2019Alberta, Rachel Notley, a indiqué mardi soir que la province faisait tout en son pouvoir pour assurer la sécurité de ses citoyens.Tempête parfaite Elle a incité les habitants de cette ville grande comme Trois- Rivières à suivre les instructions des autorités en évacuant leurs maisons.Lundi, déjà, un parc de maisons mobiles avait dû être évacué en raison des risques d\u2019incendie.Il a finalement été réduit en cendres mardi, alors que les flammes progressaient dangereusement.L\u2019autoroute 63, la principale artère de Fort McMurray, a été fermée à l\u2019entrée sud de la ville lorsque les flammes se sont propagées sur la route.Des photos partagées sur Twitter montrent un immense embouteillage sur les routes et le ciel, noirci par la fumée épaisse.Nombre d\u2019automobilistes avaient battu en retraite en prenant la fuite vers le nord, dans les camps miniers, avant que la route soit ouverte de nouveau, selon M.Godin.«On savait que les conditions météo ne nous aideraient pas, dit-il.Le bois est sec, le terrain est sec, c\u2019est très venteux.Tous les facteurs sont là\u2026» Pourtant, lundi et mardi, les équipes d\u2019incendie semblaient avoir fait des progrès considérables pour maîtriser l\u2019incendie, qui s\u2019est allumé la fin de semaine dernière, mais les perspectives se sont assombries rapidement.En après-midi, les résidants de trois quartiers ont dû quitter immédiatement leur résidence.Puis quatre, et cinq, et enfin toute la ville.Les dirigeants du ser vice d\u2019incendie avaient déjà prévenu plus tôt, mardi, que les hautes températures et le taux d\u2019humidité bas pourraient alimenter l\u2019incendie.Risques extrêmes Le temps chaud et sec a transformé la forêt boréale en véritable poudrière.Le degré de danger des incendies de forêt pour les zones boisées de l\u2019Alberta et de la Saskatchewan voisine est passé d\u2019« élevé » à « extrême ».Le gouvernement albertain a interdit tous les feux en plein air en raison de la menace, alors qu\u2019environ 30 incendies brûlaient dans la province.«C\u2019est la pire journée de ma carrière», a lâché Darby Allen, le chef régional des pompiers, dont le service a rapidement été dépassé par les événe- ments.L\u2019Alberta prévoyait envoyer plus de renforts à Fort McMurray, dont 100 pompiers supplémentaires et un hélicoptère géant qui peut larguer plus de 2000 litres d\u2019eau à la fois.Les équipes d\u2019incendies s\u2019affairaient à couper une série d\u2019arbres sur le chemin du brasier, espérant stopper la propagation de celui-ci.Des avions laissaient tomber des produits ignifuges, alors que d\u2019autres arrosaient d\u2019eau la zone touchée.Bernie Schmitte, un représentant de la gestion des incendies, a expliqué que les épinettes et les pins répandus à cet endroit brûlaient facilement.Les vents changeants demeurent également une inquiétude, a-t-il dit.«Cela va nous mettre à l\u2019épreuve pendant la journée.À ce point-ci, nous ne pouvons pas dire qu\u2019il y a une partie ou une portion (du territoire) qui est à 100 pour cent sécurisée ou maîtrisée», a-t-il déclaré.Fort McMurray est la capitale des sables bitumineux de l\u2019Alberta.Les autorités surveillaient attentivement la situation en Saskatchewan, où une douzaine d\u2019incendies étaient actifs dans des régions éloignées.L\u2019année dernière, les incendies de forêt en Saskatchewan avaient forcé l\u2019évacuation de 13 000 résidants et ravagé 17 000 kilomètres carrés de la forêt.Avec La Presse canadienne Le Devoir L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 4 M A I 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S « atout » pour le PQ, estime la députée Mar tine Ouellet.«C\u2019était un atout pour le Parti québécois et ça pourra encore être un atout au PQ, a-t-elle dit à La Presse canadienne.Mais à quel poste et comment.Je pense qu\u2019il faisait partie de notre équipe et je pense que malgré son départ, le PQ et lui, on par tage un grand nombre de valeurs et d\u2019idéaux.» En privé, les péquistes considèrent comme acquise la candidature d\u2019Alexandre Cloutier.Le député de Lac-Saint- Jean s\u2019était illustré en terminant deuxième (avec 29 % des voix) dans la course à la chefferie de 2015.Martine Ouellet, elle, avait terminé troisième.Si elle se présente, elle devra peut-être affronter Véronique Hivon, étoile montante du PQ qui a piloté la Loi concernant les soins de fin de vie.L\u2019effet Hivon L\u2019entrée en scène de la députée Hivon brouillerait les cartes, conviennent des stratèges péquistes.«Si elle plonge, elle enlève [à Alexandre Cloutier] le tiers, voire la moitié de ses appuis», fait valoir un membre du parti qui est hors de l\u2019orbite de Véronique Hivon.La députée de Joliette, elle, écarte à ce moment-ci tout scénario dans lequel elle jouerait le rôle de «faiseur de roi».Ni pour Alexandre Cloutier ni pour Jean-Martin Aussant.Véronique Hivon étudie sérieusement la possibilité de prendre part à la course à la direction du PQ.« Il y a une réflexion à faire et je vais la faire», a-t-elle répété sur les ondes du 98,5 FM mardi matin.« Il ne faut fermer aucune porte en ce moment [\u2026] sur le \u201cqui\u201d, le \u201cquoi\u201d [\u2026] et le \u201cpourquoi\u201d», a-t- elle dit.Elle invite le PQ à accepter les candidatures provenant autant de « l\u2019intérieur que de l\u2019extérieur du parti».Le député de Saint-Jean, Dave Turcotte, estime de son côté que le PQ «n\u2019a pas le luxe de se payer une longue course» assortie de débats.Il n\u2019est «pas contre » un couronnement.Il dissuade seulement le PQ de s\u2019engager dans un débat de consensus, entre des personnes correspondant à un « même profil » et par tageant des «mêmes idées».«Avant de se présenter, toute personne doit réfléchir à ce qu\u2019elle apporterait de plus ou de dif férent des autres», a-t-il soutenu.La députée de Vachon, Martine Ouellet, n\u2019écarte pas la possibilité de sauter dans la mêlée.« Souf flée » par la démission- choc de Pierre Karl Péladeau, elle juge qu\u2019« il est encore un peu trop tôt » pour décider si elle briguera une seconde fois la chefferie du PQ.Martine Ouellet appelle à la tenue d\u2019une « réflexion plus large » sur l\u2019ADN du PQ : projet d\u2019indépendance du Québec, une « social-démocratie pragmatique».«Au-delà des individus et des personnalités, il faut travailler sur la capacité du PQ de rassembler plus large pour battre les libéraux.Il faut avoir une idée d\u2019où est le PQ et d\u2019où il ira», fait-elle valoir dans un entretien avec Le Devoir.Aussant «rassembleur» Sol Zanetti af firme que les militants d\u2019ON seraient tentés de militer au Parti québécois si Jean-Martin Aussant revenait au PQ.«Il est extrêmement rassembleur.Avec son approche cohérente et claire sur la question de l\u2019indépendance, je trouve que [son retour] serait une excellente nouvelle», dit le chef d\u2019Option nationale.Jean-Martin Aussant a fondé ce parti indépendantiste après avoir claqué la porte du PQ de Pauline Marois, en juin 2011.Sa tentative de se faire réélire député de Nicolet-Yamaska, au scrutin de septembre 2012, avait échoué.Aussant avait abandonné la politique \u2014 et la direction d\u2019ON \u2014 à l\u2019été 2013 en évoquant lui aussi des «raisons familiales», comme Pierre Karl Péladeau.Il avait ensuite accepté un poste chez Morgan Stanley Capital International, à Londres.L\u2019économiste de 45 ans est revenu au Québec en juillet dernier, deux ans après s\u2019être exilé au Royaume-Uni.Il est devenu directeur du Chantier de l\u2019économie sociale.Cet organisme sans but lucratif fait la promotion de plus de 7000 entreprises qui emploient 150 000 personnes et injectent 35 milliards par année dans l\u2019économie québécoise \u2014 plus que l\u2019industrie minière ou le secteur de la construction.Chef intérimaire Pour l\u2019instant, c\u2019est le choix d\u2019un chef intérimaire qui fait l\u2019objet d\u2019un « bon débat » au sein de l\u2019aile parlementaire.Sylvain Gaudreault a pris de vitesse Agnès Maltais, qui était à l\u2019extérieur du pays pour quelques jours de la relâche parlementaire.Il a multiplié les appels téléphoniques afin de solliciter des appuis.Le député Mathieu Traversy appuie la candidature de M.Gaudreault.L\u2019ex-ministre a «fait ses preuves».Il projetterait l\u2019«image d\u2019un PQ renouvelé [\u2026] dans les médias tous les jours».Le député Bernard Drainville réfléchirait de son côté à se présenter comme chef intérimaire.Le Devoir J E A N - F R É D É R I C L É G A R É - T R E M B L A Y D onald Tr ump a gagné mardi.Et il a gagné gros.En rempor tant une victoire écrasante en Indiana, il est parvenu à évincer son principal rival, Ted Cruz, qui a annoncé mardi soir qu\u2019il jetait l\u2019éponge.Le milliardaire s\u2019est ainsi assuré, à toutes fins utiles, de remporter l\u2019investiture du Parti républicain en vue de la présidentielle du 8 novembre.Ted Cr uz, qui éta i t en deuxième position dans la course républicaine, a annoncé mardi soir, dans la foulée de sa défaite cinglante, qu\u2019il suspendait sa campagne.«Nous avons tout donné, mais les électeurs ont choisi une autre voie.Et c\u2019est le cœur lourd, mais avec un optimisme sans limites pour l\u2019avenir de notre pays, que nous suspendons notre campagne», a- t-il déclaré devant ses partisans à Indianapolis.Prenant acte de la nouvelle configuration au sein de l\u2019arène républicaine, le président du par ti, Reince Priebus, s\u2019est rendu à l\u2019évidence en déclarant tout de suite après, sur Twitter : «Donald Trump sera le candidat probable du GOP, nous devons tous nous unir pour battre Hillary Clinton », ajoutant le mot-clic «#NeverClinton».L\u2019establishment du parti, qui a longtemps été à couteaux tirés avec le milliardaire, se range ainsi derrière lui et appelle les membres du parti à faire de même.Dans son discours de victoire, Trump a semblé prendre la balle au bond en rangeant les tirades chargées au vitriol qu\u2019il lançait encore à son rival plus tôt en journée.Il a ainsi salué Cruz en le qualifiant de compétiteur « féroce» et de personne « intelligente» et « forte», avant d\u2019appeler à l\u2019unité du parti.Du reste, le candidat a adopté un ton calme pour marteler ses objectifs politiques.John Kasich, qui était jusqu\u2019à mardi le troisième joueur dans la course républicaine, a pour sa part signalé qu\u2019il ne jetait pas l\u2019éponge.État charnière Avec ses 57 délégués en jeu, la primaire de l\u2019Indiana était largement considérée comme celle de la dernière chance pour les adversaires du milliardaire new-yorkais.Trump ne pouvait atteindre mardi les 1237 délégués nécessaires pour obtenir l\u2019investiture du parti, mais Ted Cruz y avait ses meilleures chances parmi les 10 primaires restantes.Avec sa forte proportion d\u2019évangéliques (31 %), cet État devait en effet lui être favorable.Or, Trump a obtenu quelque 53 % des voix, ne laissant que 37 % au sénateur du Texas et 8 % au gouverneur de l\u2019Ohio.Pour celui qui a à présent toutes les chances d\u2019être le candidat républicain à la présidentielle, le principal défi est de «recentrer le discours et de fédérer les divers segments de l\u2019électorat républicain», soutient Fré- dérick Gagnon, directeur de l\u2019Obser vatoire sur les États- Unis de la Chaire Raoul-Dandu- rand à l\u2019UQAM.« Il devra notamment convaincre les plus conservateurs au sein de son parti, lui qui s\u2019est montré plutôt modéré sur plusieurs questions, tout en ralliant les catégories de gens qui l\u2019ont délaissé jusqu\u2019à maintenant, dont les femmes», poursuit M.Gagnon, qui fait remarquer au passage que sa base électorale s\u2019est déjà élargie au cours des primaires.Victoire de Sanders Chez les démocrates, Bernie Sanders est parvenu à remonter légèrement la pente mardi après une série de défaites écrasantes en remportant la majorité des 83 délégués en jeu en Indiana.Mais avec une marge victorieuse relativement faible par rapport à Hillar y Clinton (53 % contre 47 %), la côte vers l\u2019investiture démocrate demeure quasi impossible à remonter pour le sénateur du Vermont.L\u2019ancienne secrétaire d\u2019État a maintenant en poche environ 1700 délégués, contre un peu plus de 1400 pour Sanders , sans compter l es quelque 700 superdélégués, dont la forte majorité penche jusqu\u2019ici en faveur de Clinton.Il en faut 2383 pour ravir l\u2019investiture démocrate.Tout se dessine donc pour un duel Trump-Clinton lors de la présidentielle.Le Devoir PRIMAIRES AMÉRICAINES La voie de l\u2019investiture est grande ouverte pour Trump précise fonctionner à l\u2019intuition, découvre la complexité de la ville, aux quartiers si dif fé- rents les uns des autres.Ça l\u2019inspire.Son fils Nathanaël se déclare ouvert aux offres de collaboration du milieu.Rien n\u2019a débouché pour Excentris, mais les Karmitz espèrent bel et bien construire ici un ou des complexes de salles, avec aires de restauration, librairies, etc.Christian Yaccarini de la SDA admet que trois sites précis (encore secrets) sont dans leur mire à Montréal.«On avait déjà une relation avec Xavier Dolan.Ça crée des liens», précise Marin Karmitz, qui n\u2019a que des bons mots à l\u2019endroit du cinéaste québécois et de son Juste la fin du monde, en compétition à Cannes.«C\u2019est intéressant de voir comment il évolue, sans se répéter.Son film est à la fois très jeune et très adulte.Lui aussi.Un talent comme le sien, il en existe quatre ou cinq dans le monde.» MK2 a coproduit Laurence Anyways, distribué Mommy, coproduit Juste la fin du monde, diffuse les films de Dolan en France.Pour mémoire, rappelons que MK2 comme exploitant de salles occupe 20% du marché parisien avec des œuvres en version originale, à travers dix complexes.Il s\u2019étend, déjà les deux pieds en Andalousie, l\u2019an prochain au Brésil à São Paulo.Après Montréal, ses visées semblent planétaires.«MK2 n\u2019est pas un concept français, mais universel, face aux nationalismes, aux Daech [groupe État islamique] de ce monde.On fait face aujourd\u2019hui à des volontés délibérées de massacrer la culture et la pensée», lance Marin Karmitz.Du maoïsme à l\u2019empire En France, on l\u2019accuse de changer d\u2019allégeance politique.Il a l\u2019habitude, refuse le clivage gauche-droite, affirme se battre pour la culture.Né à Bucarest de parents juifs, arrivé en France à 9 ans, passionné de septième art, il fut aussi un maoïste de la première jeunesse.Diplômé de l\u2019Institut des hautes études cinématographiques, Marin Karmitz assista Jean-Luc Godard et Agnès Varda, réalisa des films militants au cours des années 70.Il allait créer MK2 en 1967 pour diffuser des œu- vres orphelines, devint par la suite producteur (plus de 90 films), distribua au-delà de 300 films avant de développer un réseau de salles, au premier point de chute, quartier de la Bastille en 1974.MK2 possède un catalogue de 400 titres, dont des œuvres de Chaplin, Truffaut, Kieslowski, Kia- rostami, Chabrol, Godard, etc.Une grande partie de la mémoire du 7e art français et hors frontières repose entre leurs murs.Ne demandez pas à un membre de cette smala de s\u2019incliner devant les nouvelles plate- formes de diffusion, qui enferment les humains devant la solitude de l\u2019ordi.«On a besoin de l\u2019expérience de la collectivité, dit Nathanaël.Notre métier, c\u2019est de faire sortir les gens de chez eux.On est comme la salle de concert qui se bat contre You- Tube.Nous ne faisons pas de cinéma, nous créons des milieux de vie.» Son frère Elisha poursuit : «Ce qui nous singularise, chez MK2: nous possédons un point de vue sur ce qu\u2019est un bon film.C\u2019est celui qui s\u2019interroge sur le monde et sur la façon de renouveler le cinéma.Nos concurrents n\u2019ont pas cette grille de lecture.» En 2014, à travers une déclaration qui fit grand bruit dans l\u2019Hexagone, Marin Karmitz avait annoncé son retrait de la production, égratignant au passage le cinéma français, qualifié par ses lèvres de petit bourgeois en repli sur lui-même.«J\u2019ai eu la chance de travailler avec les plus grands metteurs en scène de ma génération, Resnais, Godard, Chabrol, Malle, Kieslowski, Haneke, etc., ex- plique-t-il.Mon regard est blasé, trop exigeant.C\u2019est ce qui fait que j\u2019apprécie Xavier Dolan.» Et de rappeler que la cinéphilie en France s\u2019est bâtie sur la durée.«Méliès et les frères Lumière y ont tracé les deux lignes historiques du cinéma.» Sa fierté : avoir contribué à transformer certains quartiers empêtrés dans la drogue, le 19e arrondissement de Paris, par exemple, entre autres choses, grâce à l\u2019implantation de complexes de cinéma avec de bons films doublés de minicentres culturels.Si Marin Karmitz s\u2019est retiré de la production, pas son fils Nathanaël : « On travaille autrement, juste sur des coups de cœur.» Le cinéma comme action collective La salle, Marin Karmitz y croit plus que jamais : «Après les attentats du 13 novembre à Paris, on a fermé un seul jour nos salles.La ville était morte, mais nous sommes demeurés ouverts.Une femme est venue avec ses jeunes enfants, une autre a acheté son billet en disant à la caissière : \u201cRésistance !\u201d » Ce pouvoir du cinéma, lui et ses fils ne le voient qu\u2019au sein des lieux de partage, en action collective sur le monde.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 INCENDIE SUITE DE LA PAGE 1 PQ SUITE DE LA PAGE 1 MK2 C\u2019était un atout pour le Parti québécois et ça pourra encore être un atout Martine Ouellet, députée « » «MK2 n\u2019est pas un concept français, mais universel, face aux nationalismes, aux Daech de ce monde» DARRON CUMMINGS ASSOCIATED PRESS Ted Cruz a jeté l\u2019éponge après avoir perdu dans l\u2019Indiana."]
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