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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-05-09, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I N o 1 0 2 L E D E V O I R , L E L U N D I 9 M A I 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Radiohead lance son neuvième album.Qu\u2019en pense notre critique musical ?Page B 8 Actualités \u203a Panama Papers.Une importante partie des documents sont dévoilés au public.Page A 5 Avis légaux.B 6 Décès.B 4 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 4 Sudoku.A 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m FOR T MCMURRAY SCOTT OLSON/GETTY IMAGES/AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019évacuation des derniers sinistrés coincés au nord de Fort McMurray s\u2019est ?nalement terminée dimanche alors que l\u2019incendie a moins progressé que prévu.Devant cette apparente accalmie, la première ministre de l\u2019Alberta, Rachel Notley, a annoncé qu\u2019elle se rendrait lundi dans la ville sinistrée a?n d\u2019évaluer les dommages.En photo, les policiers munis de masques en raison de la piètre qualité de l\u2019air contrôlent toujours la route 63 traversant Fort McMurray.Page A 3 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa D ans le chœur rouge qui a entonné à l\u2019unisson le «oui» législatif, il a été le seul à briser les rangs et à dire «non».Robert-Falcon Ouellette est l\u2019unique libéral à s\u2019être levé mercredi soir dernier pour s\u2019opposer au projet de loi C-14 de son gouvernement légalisant l\u2019aide médicale à mourir.Le député autochtone ne pouvait appuyer ce qu\u2019il considère comme un aval étatique au suicide alors que ce mal ravage les siens.Et l\u2019anthropologue diplômé de l\u2019Université Laval se demande si ce n\u2019est pas la vie qui s\u2019en trouve dévalorisée.«C\u2019est une décision mûrement réfléchie», ex- plique-t-il au Devoir \u2014 dans un excellent français \u2014 le lendemain du vote.«Après avoir vu ce qui se passait à Attawapiskat, Cross Lake, dans les communautés autochtones, je ne suis pas convaincu qu\u2019on prend les bonnes décisions pour notre société.C\u2019est bien de prendre une décision pour le monde de Montréal ou de la ville de Québec ou la personne moyenne de la société en général.Mais les lois ne sont pas faites seulement pour eux.Elles ont un impact sur toute la société, sur tous les groupes qui composent la société.» Rober t-Falcon Ouellette souligne que les grandes villes offrent un anonymat permettant à P?INT CHAUD Aide à mourir : Robert-Falcon Ouellette, le libéral qui a dit non A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L a course à la chefferie du Parti québécois sera celle d\u2019une nouvelle génération.Véronique Hivon deviendra lundi la toute première candidate déclarée à vouloir prendre la tête du parti souverainiste.Les candidatures de Martine Ouellet et d\u2019Alexandre Cloutier semblent assurées alors que Nicolas Marceau se dit pour sa part toujours en réflexion.Véronique Hivon sera la première à plonger officiellement dans l\u2019arène, une semaine seulement après la démission-surprise de Pierre Karl Péla- deau.Elle doit annoncer sa candidature lundi après-midi dans sa circonscription de Joliette.Martine Ouellet ne devrait pas tarder à lui emboîter le pas.En entrevue avec Le Devoir dimanche, elle a affirmé que sa décision est «enlignée».«Mon équipe est enthousiaste, j\u2019ai beaucoup d\u2019appui», a-t-elle confié.Elle doit faire lundi une annonce économique «d\u2019envergure», laquelle était prévue avant le départ de M.Péladeau.«L\u2019objectif est d\u2019amener cette proposition importante jusqu\u2019au congrès national en 2017», a indiqué Mme Ouellet, sans donner davantage de précisions.« Ma décision est prise », a réitéré Alexandre Cloutier sur Facebook samedi.«C\u2019est une décision qui a été sagement réfléchie et nous l\u2019annon- CHEFFERIE DU PQ La nouvelle génération se lance Véronique Hivon devient la première députée à entrer dans la course Mode d\u2019emploi pour le cycliste victime d\u2019un accident Page B 5 Soins à domicile Des professionnels de CLSC lancent un cri du cœur Page A 3 VOIR PAGE A 8 : CHEFFERIE C A R O L I N E M O N T P E T I T R ien ne laissait présager que Camille, une adolescente française sensible et drôle, deviendrait en quelques mois une disciple du groupe armé État islamique, prête à tuer ses parents et à partir pour la Syrie.Et que Sarah, sa meilleure amie, se sentirait complètement impuissante devant elle.Sarah et Camille sont les deux héroïnes du roman Ma meilleure amie s\u2019est fait embrigader, de Dounia Bouzar, qui sort cette semaine au Québec.Ce sont des personnages de fiction, mais Dounia Bouzar a puisé, pour les décrire, directement dans le suivi qu\u2019elle a fait auprès d\u2019un millier de Français qui ont été embrigadés dans l\u2019organisation terroriste depuis deux ans.Après avoir signé nombre d\u2019essais sur le sujet, l \u2019anthropologue française a décidé de s\u2019adresser directement aux adolescents avec ce roman.«Le but de ce livre, c\u2019est vraiment de les outiller, de faire en sorte qu\u2019ils sachent représenter une camarade qui se fait embrigader, qui est en LIVRE Au secours des jeunes embrigadés pour le djihad JOSE JORDAN AGENCE FRANCE-PRESSE Septembre 2015.Une rabatteuse d\u2019origine marocaine est arrêtée en Espagne.Dounia Bouzar signe un roman sur le risque d\u2019embrigadement visant les adolescentes.VOIR PAGE A 8 : LIBÉRAL VOIR PAGE A 8 : DJIHAD CONTENANTS EMBALLAGES ET IMPRIMÉS C\u2019EST TOUT CE QUI VA DANS LE BAC POUR TROUVER LE POINT DE CHUTE DE TOUT CE QUI NE VA PAS DANS LE BAC RECREER.CA Le placement publicitaire de la présente campagne s\u2019inscrit dans le cadre de la Loi sur la qualité de l\u2019environnement (chapitre Q-2) et de la réglementation relative.Les journaux assujettis sont tenus de contribuer en espaces publicitaires à leur juste part.CECI N\u2019EST PAS UN EMBALLAGE CECI N\u2019EST PAS UN IMPRIMÉ CECI N\u2019EST PAS UN CONTENANT L E D E V O I R , L E L U N D I 9 M A I 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 I nstallés au flanc d\u2019une colline des Cantons de l\u2019Est, Louis et sa famille travaillent jour et nuit.L\u2019entretien de leurs 185 vaches ne leur permet pas de s\u2019éloigner de la ferme.Ils ne s\u2019en plaignent pas.Toute leur vie est là.Et ils sont heureux.Quand Louis arrive à prendre une journée de congé, par-ci par-là, il se rend au bout de ses champs humer le vent et scruter dans le silence le bleu du ciel.En cette saison, il peut encore observer le vol des oiseaux migrateurs qui dessinent leur avenir dans le vent, à la pointe de leurs ailes blanches.Dans un monde qui a faim, pourquoi parle-t- on si peu de ceux qui nous permettent de manger ?«L\u2019homme heureux, écrivait Tchekhov, vit en paix et les menus soucis de l\u2019existence l\u2019agitent à peine, comme le vent agite le tremble, et tout va bien.» « Je suis de la quatrième génération sur cette ferme », dit Louis.Ces derniers jours, il a ramassé les roches que le gel fait apparaître chaque printemps à la surface des champs.Il a semé jusqu\u2019à tard le soir le trèfle, les rangs de luzerne, le maïs.Il a fait tout ça entre ses visites habituelles à l\u2019étable.Depuis un an, dit-il, le travail s\u2019avère plus intense.Les quotas ont été changés.« On a dû augmenter la production de lait de 60 000 litres.» Pourtant, l\u2019entreprise familiale récolte environ 45 000$ de moins qu\u2019avant.Sa ferme produit 710 000 litres de lait.Chaque litre est payé désormais 8 cents de moins, même si à l\u2019épicerie le lait est désormais vendu plus cher.Environ 8500 familles comme la sienne vivent de l\u2019agriculture au Québec.Selon Marcel Groleau, président de l\u2019Union des producteurs agricoles, ces entreprises familiales font face à des pertes de 30 à 50 % par rapport à leurs revenus habituels.Pourquoi ?Un orage de lait américain les inonde.Les producteurs américains profitent de la déréglementation qui prédispose à la libéralisation des marchés au nom des bienfaits supposés d\u2019une supra-économie qui flotterait prétendument au-dessus de tous les pays.Avec leurs surplus de lait, les producteurs américains fabriquent un dérivé hyper-concentré en protéines : le lait diafiltré.Celui-ci est exporté à petit prix depuis les États-Unis au profit des gros transformateurs d\u2019ici, comme Parmalat, Saputo ou Agropur, même si ce dernier fait par tie d\u2019une coalition qui demande une réglementation plus stricte.«Les petites fromageries ne peuvent pas en utiliser parce que ça rentre des États-Unis par vans.C\u2019est un trop gros volume pour les petites fromageries.Ce n\u2019est bon que quelques jours seulement.» Comprenne donc qui voudra : ce sont les fromages les plus fins et désirables qui sont aussi écrasés par cette opération de dumping.Et que fait-on du lait soudain invendu ici ?«On le jette dans les champs ou dans des fosses », m\u2019explique Louis devant son tracteur rouge.Aux douanes, le lait diafiltré est considéré comme un simple ingrédient plutôt que tel du lait véritable.«Les usines remplacent notre protéine par celle des Américains qui leur revient à moitié prix de la nôtre.» Par un tour de passe- passe, les tarifs douaniers sont évités : ce lait est considéré comme un simple ingrédient.Donc pas de taxes.Mais une fois parvenu aux usines de transformation, le même produit est à nouveau considéré comme du lait, mais cette fois par l\u2019Agence canadienne d\u2019inspection des aliments.« Si c\u2019est considéré comme du lait, ils ont droit d\u2019utiliser 70% de diafiltré.» « L\u2019Agence canadienne d\u2019inspection et les douanes doivent s\u2019entendre: si c\u2019est du lait, les Américains devront payer des frais d\u2019importation qui ne donneraient aucun avantage aux usines ; s\u2019ils le considèrent plutôt comme un ingrédient, alors ils ne pourront pas en utiliser plus de 18% en usine, selon les normes fromagères.» En attendant, les producteurs d\u2019ici coulent à pic dans leur petit lait.« Le pire est que les Américains n\u2019utilisent même pas ce produit chez eux.Il a été créé juste pour contourner la loi au Canada » et écouler leurs surplus.Toutes les façons sont bonnes, semble-t-il, pour envahir des marchés.En Haïti, ces derniers jours, les Américains ont annoncé le don de 500 tonnes de pistaches.Un don généreux?Un don capable en tout cas d\u2019écraser définitivement la production locale.Le lait américain soudain quasi donné n\u2019est guère dif férent de ces pistaches; il appartient aussi à des visées commerciales plus vastes qui font bien peu de cas de la vie de tous les Louis du monde.Ces derniers jours, les fermiers québécois ont manifesté devant de grandes industries de transformation à Montréal et à Granby.Mais l\u2019homme heureux, celui qui boit son petit lait bleu comme de l\u2019eau, ne remarque pas le bruit que font ces paysans.Voilà pourtant un titre noble, puisque dans paysan il y a d\u2019abord le mot pays.Tout est trop souvent silence autour de ces gens-là.Tchekhov encore : «Sans doute l\u2019homme heureux se sent-il bien que parce que les malheureux portent leur fardeau en silence, car sans ce silence le bonheur serait impossible.C\u2019est une anesthésie générale.Il faudrait que derrière la porte de chaque homme satisfait, heureux, s\u2019en tînt un autre qui frapperait sans arrêt du marteau pour lui rappeler qu\u2019il existe des malheureux.» Nous vivons hélas dans un monde qui se délecte de son petit lait et de sa petite vie, quitte à en oublier complètement de nourrir ses vaches et son pays.jfn@ledevoir.com Le petit lait JEAN-FRANÇOIS NADEAU GRC ALBERTA/AGENCE FRANCE-PRESSE Des policiers de la GRC examinent les ruines de maisons détruites par l\u2019incendie qui sévit à Fort McMurray.K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I A près avoir travaillé d\u2019arrache-pied au cours de la dernière semaine sans voir tous leurs efforts récompensés, les autorités de l\u2019Alberta ont eu deux raisons de se réjouir dimanche : les sinistrés coincés au nord de Fort McMurray ont tous été évacués et l\u2019incendie qui ravage une partie de la province a progressé moins que prévu grâce à un temps plus favorable.La première ministre de l\u2019Alberta, Rachel Notley, a commencé dimanche son point de presse avec une rare bonne nouvelle.« Notre objectif premier hier [samedi] était de compléter l\u2019évacuation des 25 000 résidants qui étaient déplacés au nord de Fort McMurray.Et je suis heureuse d\u2019af firmer que cette opération est un succès », a-t-elle déclaré, en précisant que le transport des sinistrés sur la route 63 ou par la voie des airs s\u2019est conclu dimanche matin.Elle a une fois de plus salué le travail effectué par les pompiers et remercié les Canadiens pour leur générosité \u2014 «Merci pour votre solidarité, nos amis de Lac-Mégantic», a-t-elle glissé en français \u2014, mais son visage s\u2019est assombri en évoquant les décès d\u2019Emily Ryan et Aaron Hodgson, qui ont tous deux perdu la vie mercredi dernier dans un accident de la route en tentant de fuir Fort McMurray.«C\u2019est la fête des Mères.J\u2019espère, malgré cette crise, pouvoir passer quelques minutes avec mes enfants, a-t-elle confié, les larmes aux yeux.Le fait que tout le monde ne puisse pas en faire autant est une tragédie épouvantable.» Mme Notley se rendra à Fort McMurray ce lundi pour constater l\u2019ampleur des dégâts.Elle sera accompagnée de quelques représentants des médias, qui transmettront aux résidants les premières images de leur ville dévastée.Ceux-ci ne pourront cependant pas réintégrer leur demeure avant plusieurs jours.Lorsque le danger sera totalement écarté, les inspecteurs devront vérifier l\u2019état des bâtiments toujours debout.Aucun échéancier de réintégration de la ville n\u2019est arrêté, mais « nous voulons procéder le plus rapidement possible », a dit Scott Long, de l\u2019Agence de gestion des urgences de l\u2019Alberta.Progression freinée L\u2019autre bonne nouvelle concerne l\u2019ampleur du brasier, dont la progression a été moins fulgurante que prévu.La superficie couverte par les feux de forêt atteint maintenant plus de 1600 kilomètres carrés et s\u2019étend vers l\u2019est, à une trentaine de kilomètres de la frontière saskatchewanaise.Grâce au travail des pompiers déployés sur le terrain et au temps plus frais et humide, l\u2019incendie a été maintenu «mieux que prévu», a affirmé Chad Morrison, de l\u2019agence albertaine de lutte contre les incendies de forêt.Dimanche, 31 des 34 feux actifs sur le territoire de l\u2019Alberta étaient maintenus ou contrôlés.Avec les températures en deçà des normales saisonnières qui sont prévues dans les prochaines semaines, les pompiers ont bon espoir de réaliser d\u2019importants progrès, a ajouté M.Morrison.Cela dit, il faudra encore des mois pour venir à bout de l\u2019incendie qu\u2019on surnomme «la bête».«Nous franchissons peut-être une étape importante, mais il est trop tôt pour crier victoire, a déclaré le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale.Il y a encore beaucoup de travail à faire.» M.Goodale a rappelé que la route dans laquelle s\u2019engagent les sinistrés «sera longue et difficile», mais il a promis que le gouvernement fédéral sera «là aussi longtemps qu\u2019il le faudra pour bien faire les choses».Dimanche, la fumée provoquée par le vaste incendie a par ailleurs forcé Environnement Canada à publier des avertissements concernant la dégradation de la qualité de l\u2019air et de la visibilité pour les régions du nord-est de l\u2019Alberta et du nord- ouest de la Saskatchewan.Suncor, qui a suspendu ses activités, a annoncé de son côté avoir évacué 10 000 personnes.La pétrolière a indiqué que le feu avait «rejoint l\u2019extrémité est de la mine à l\u2019usine de base des sables pétrolifères».Face à l\u2019avancée des feux, Suncor, en contact avec les services de secours, a aménagé les abords des sites «pour protéger les employés et nos actifs» en dégageant de larges bandes de forêts et de broussailles.«Aucun actif de Suncor n\u2019a subi de dommages», a-t-on précisé.Déchets radioactifs L\u2019incendie soulève également des inquiétudes en ce qui concerne les quelque 43 200 mètres cubes de déchets radioactifs de faible activité qui se trouvent dans un dépotoir de Fort McMurray.«Il semble que le site ait été affecté par les feux», a indiqué à Radio-Canada la directrice des communications d\u2019Énergie atomique du Canada Limitée, Maude-Émilie Pagé.Ces feux «ne posent aucun risque immédiat pour la santé et la sécurité de la population et de l\u2019environnement», puisque la cellule qui contient les déchets en question n\u2019est pas directement touchée par les flammes.«Nous continuons à suivre la situation de près», a-t-elle précisé.Avec Agence France-Presse Le Devoir FORT MCMURRAY Les autorités entrevoient une accalmie La forêt boréale québécoise en observation Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a profité dimanche de son point de presse sur la situation en Alberta pour adresser une mise en garde à l\u2019ensemble des Canadiens.Il a prédit un «été chaud» à travers le Canada, évoquant notamment le besoin de surveiller la forêt boréale québécoise.Du côté de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), on affirme qu\u2019il est trop tôt pour craindre des incendies de grande ampleur.«On aime mieux analyser ce qui se présente au fur et à mesure.Nous ne sommes pas à l\u2019abri, mais pour l\u2019instant, on n\u2019en est pas là.On reste vigilants», a expliqué le porte-parole Robert Lemay.La forêt boréale québécoise est à risque puisqu\u2019elle est composée de conifères, qui s\u2019enflamment plus rapidement que les feuillus.A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T E lles sont physiothérapeute, ergothérapeute et travailleuse sociale en soins à domicile.Mais depuis quelque temps, elles peuvent de moins en moins exercer leur métier, débordées par des dossiers qui relèvent, selon elles, des soins infirmiers.Pendant ce temps, les patients qui auraient besoin de leur expertise attendent.Trois professionnelles œuvrant en CLSC dans la grande région de Montréal ont confié leur désarroi au Devoir.Elles dénoncent ce qu\u2019elles estiment être une dérive tant pour les patients que pour leur responsabilité professionnelle.C\u2019est sous le couvert de l\u2019anonymat qu\u2019elles ont accepté de partager leur histoire avec Le Devoir.Interchangeables Tout a commencé il y a quelques mois, racontent les trois femmes, entre deux visites à domicile.Déjà débordées, les professionnelles de la santé ont vu atterrir sur leur bureau des dossiers de patients pour lesquels on leur demandait d\u2019exercer le rôle d\u2019intervenant pivot, sans que les patients en question correspondent à leur domaine de compétence.En soins à domicile, l\u2019intervenant pivot est responsable de l\u2019évaluation des patients et de la coordination de leurs soins.Les évaluations doivent être mises à jour aussi souvent que l\u2019état du patient évolue.Andrée* est physiothérapeute.Apparaît il y a quelques mois un premier dossier.La problématique du patient : polymédication, ou le fait de prendre de nombreux médicaments en même temps.«C\u2019est très, très loin de mon champ d\u2019expertise, soupire-t-elle.On me l\u2019a imposé.» Inquiète pour sa responsabilité professionnelle, elle a commencé par refuser.En pure perte.« Je suis pourtant imputable.L\u2019autre intervenante au dossier me demande quelle est la meilleure intervention pour abus de substance\u2026 Je ne me sens pas tout à fait dans mon élément!» Joannie, qui est ergothérapeute, a vécu une situation similaire avec un patient en fin de vie dont l\u2019état nécessitait des prises de sang fréquentes.« Ce patient avait clairement besoin d\u2019une infirmière pivot.Je n\u2019avais même pas accès aux résultats», relate-t-elle.Il devenait compliqué de coordonner l\u2019envoi d\u2019infirmières pour ses prélèvements et la gestion des résultats dans ce contexte.Elle estime qu\u2019entre le cinquième et le quart des patients pour lesquels elle assure le pivot sont en dehors de son champ de compétence.«Dans la tête des gestionnaires, nous sommes interchangeables parce que nous faisons toutes des soins à domicile», déplore Chantal, qui est travailleuse sociale.Des listes d\u2019attente parallèles Une fois un patient évalué, «il disparaît de la liste d\u2019attente même s\u2019il n\u2019a pas de services», dénonce Andrée.Pour les trois professionnelles, c\u2019est dans l\u2019objectif de faire fondre les listes d\u2019attente en soins à domicile qu\u2019on leur confie autant de dossiers qui ne relèvent pas de leur expertise.Pendant ce temps, des patients qui auraient besoin de physiothérapie ou d\u2019ergothérapie attendent.Elles ont de moins en moins de temps à leur consacrer.Elles appellent ces patients qui attendent dans l\u2019ombre la liste d\u2019attente parallèle.Cette dernière «n\u2019intéresse pas le ministère, dit Chantal.Nous devons délaisser notre travail pour être pivot.» «Je suis de moins en moins physio», affirme Andrée, qui en est venue à se demander, malgré les nombreuses années passées dans le réseau, s\u2019il ne serait pas mieux pour elle de quitter le métier, dans ces conditions.Ses deux collègues opinent du chef.Elles y pensent, elles aussi.Pas pour aller au privé.Pour faire autre chose, carrément.«S\u2019occuper des chevaux, tiens», lance Joannie.«Avant, j\u2019avais 20 à 25 patients actifs.Maintenant, on me demande d\u2019en suivre 50 et d\u2019être pivot dans les trois quarts des cas, relate-t-elle.Je ne peux plus prendre de nouveaux dossiers en ergothérapie, juste de nouveaux dossiers de pivot.» Elles sont à bout de souffle.«On s\u2019entraide, car nous sommes toutes en mode survie», confie Andrée.«Je tremble comme une feuille quand je pense à tout ce que j\u2019ai à faire », dit d\u2019ailleurs Joannie avant de partir terminer sa journée de travail.Le Devoir *Les prénoms ont été modifiés SOINS À DOMICILE Des professionnels de CLSC lancent un cri du cœur L E D E V O I R , L E L U N D I 9 M A I 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Résultats des tirages du : Résultats des tirages du : En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité.compl.compl.l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s COMPL.01 08 10 24 26 37 45 47 12 000 000 $ Prochain gros lot (approx) : 8105134 7 000 000 $ 06 08 25 31 32 33 01 05 12 16 36 43 48 28 2016-05-07 2016-05-06 + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 93357191-01 Prochain gros lot (approx.) : 7083727 Résultats complets sur lotoquebec com P A T R I C E B E R G E R O N à Québec U ne autre voix s\u2019ajoute au concert des opposants au projet Énergie Est de Trans- Canada : l\u2019Union des producteurs agricoles (UPA) prend position contre l\u2019oléoduc qui traverserait des terres agricoles sur l\u2019essentiel de son tracé québécois.Après la Communauté métropolitaine de Montréal, de nombreux groupes écologistes et plusieurs villes, le puissant syndicat agricole exprime à son tour de nombreux griefs contre le projet dans son mémoire obtenu par La Presse canadienne et destiné au Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE).Cette instance mandatée par le gouvernement doit évaluer ce vaste chantier qui vise à acheminer le pétrole des sables bitumineux de l\u2019Al- ber ta et du Dakota du Nord vers une raf finerie du Nou- veau-Brunswick, en transitant par le Québec.L\u2019UPA souligne que c\u2019est la première fois qu\u2019elle prend officiellement position contre un projet énergétique.L\u2019organisation a soutenu que son rôle historique n\u2019a jamais été de se positionner pour ou contre un projet au motif de son bien- fondé, mais elle fait désormais une exception.« Ce projet-là ne nous apparaît pas comme un projet qui s\u2019inscrit dans le développement du Québec, la protection de son environnement, au sens large, parce qu\u2019il faut décarboniser notre économie », a déclaré le président de l\u2019UPA, Marcel Groleau, au cours d\u2019un entretien téléphonique avec La Presse canadienne.Le Québec ne peut pas prendre des engagements internationaux en faveur de la réduction des gaz à ef fet de serre (GES) et investir dans une économie verte tout en acceptant un projet qui va ternir son bilan d\u2019émissions de GES, pour du pétrole en bonne partie destiné à l\u2019expor tation, a fait valoir M.Groleau, au nom de la cohérence.Impacts considérables Tous les projets de pipeline nuisent aux entreprises agricoles et forestières, les agriculteurs sont soumis à un « stress important », leurs propriétés sont dépréciées, et ils sont exposés à un plus grand risque de nuisances et d\u2019incidents, peut-on lire dans le mémoire.Dans le cas d\u2019Énergie Est, 75 % du tracé passe dans des milieux agricoles en culture ou boisés, alors que les terres agricoles ne constituent pourtant que 2 % de l\u2019ensemble du territoire québécois.«Nos membres sont parmi les plus affectés», a résumé le président de l\u2019UPA.En cas d\u2019incident, de fuite ou de déversement, les nappes phréatiques et les sols pourraient être « contaminés à jamais » par l\u2019oléoduc de plus d\u2019un mètre de diamètre enfoui sous terre, a-t-il prédit.«Selon l\u2019étendue que la fuite peut avoir, cela pourrait être catastrophique», a dit M.Groleau.Négociations difficiles Parallèlement, l\u2019UPA rencontre déjà depuis plusieurs années TransCanada et tente difficilement de négocier une en- tente-cadre au bénéfice de ses membres.Le syndicat agricole exige notamment pour la première fois un loyer annuel pour le passage de la canalisation, outre les indemnités.En outre, l\u2019UPA veut que les propriétaires fonciers soient dégagés de responsabilité en cas de faute non intentionnelle qui entraînerait des conséquences, sinon ils ne seront plus assurables, mais l\u2019entreprise reste inflexible.De même, le syndicat agricole exige un enfouissement plus profond de l\u2019oléoduc à 1,6 mètre, pour limiter les risques, en raison du passage de la machinerie, et aussi pour élargir les possibilités de culture.«Ce sont tous des éléments qu\u2019ils [les représentants de TransCanada] n\u2019ont pas acceptés », a déploré M.Groleau.Et malgré les exigences émises ou les possibilités d\u2019indemnités, voire de loyer, les producteurs agricoles qui ont pris part à des consultations demeurent réfractaires, a-t-il rapporté.Il soutient que ses membres réagissent «fortement» au projet.«Plusieurs producteurs ont dit qu\u2019ils n\u2019en voulaient pas, a constaté le président de l\u2019UPA.Ce n\u2019est pas une question d\u2019argent pour eux.Ils disent: je n\u2019en veux pas sur ma terre.» Les agriculteurs illustrent ainsi le niveau « très faible » d\u2019acceptabilité sociale du projet Énergie Est au Québec, et même si TransCanada accepte les conditions de l\u2019UPA, les positions resteront irréconciliables, a résumé M.Groleau.« Sur le principe, même si TransCanada se conformait à nos exigences, on n\u2019appuiera pas davantage le projet.» L\u2019UPA représente 41 000 agriculteurs qui exploitent plus de 28 000 entreprises agricoles.Le gouvernement Couillard a mandaté le BAPE pour un examen environnemental du projet d\u2019oléoduc qui traverse sur 650 km le territoire québécois.Au terme de l\u2019exercice, c\u2019est le conseil des ministres qui tranchera en accordant son autorisation ou non.La Presse canadienne L\u2019UPA sort de sa réserve et s\u2019oppose à Énergie Est JACQUES NADEAU LE DEVOIR C\u2019est la première fois que l\u2019UPA s\u2019oppose à un projet énergétique, alors que 75% du tracé du pipeline passe dans des milieux agricoles.Des véhicules électriques branchés flambent Quatre véhicules électriques qui étaient branchés à leur borne ont pris feu, dans la nuit de vendredi à samedi, à Shawinigan, en Mauricie.Les véhicules étaient garés à la Promenade du Saint-Maurice.Le feu aurait éclaté vers 0 h15.Les quatre véhicules, qui seraient de propriété gouvernementale, ont été détruits.La cause est indéterminée, et des enquêteurs ont été dépêchés sur les lieux.La Presse canadienne Une marche pour les victimes de génocides Des milliers de personnes ont participé à la Marche pour l\u2019humanité et la prévention des génocides, dimanche, dans le centre-ville de Montréal afin d\u2019honorer la mémoire des victimes des génocides survenus au XXe siècle.Créé en 2015 à l\u2019occasion du 100e anniver- P I E R R E S A I N T - A R N A U D «P armi toutes les formes de violence que les infirmières vivent, la pire et la plus dévastatrice, c\u2019est celle qu\u2019elles reçoivent de leurs collègues.» Ce constat brutal et étonnant, c\u2019est celui que trace Hélène Durocher, chargée de cours et doctorante à la faculté des sciences infirmières de l\u2019Université de Montréal à l\u2019issue de travaux qui lèvent le voile sur l\u2019intimidation que vivent les infirmières dans leur milieu de travail.La forme que prend cette intimidation a de quoi donner des sueurs froides et ce qui la cause soulève des questions troublantes sur la culture de travail dans les milieux de soins de première ligne ainsi que ses conséquences non seulement sur les infirmières qui en sont victimes, mais aussi sur les patients.« Celles qui dénoncent par conviction, pour protéger le public, se font souvent congédier parce qu\u2019elles ont osé parler », explique M m e Durocher en entrevue.Elle n\u2019hésite pas à montrer du doigt la résistance au changement et les attitudes de fermeture comme déclencheurs du phénomène.« Se questionner [sur les soins prodigués] fait par tie de la formation, mais si elles voient qu\u2019il y a des choses qui pourraient être améliorées, les infirmières n\u2019osent pas parler.La peur de parler ressor t clairement auprès de mes participants », note-t-elle.Entraves et congédiement Les exemples qu\u2019a recueillis Hélène Durocher au moyen d\u2019entrevues de fond auprès de plus d\u2019une cinquantaine d\u2019infirmières et infirmiers sont aussi variés qu\u2019ef frayants : « Les gens refusent carrément d\u2019aider une autre infirmière à donner des soins et c\u2019est là qu\u2019on voit que, pour les patients, cela a des impacts et c\u2019est extrêmement inquiétant.» Les conséquences professionnelles peuvent aller beaucoup plus loin, notamment par un frein à toute promotion ou la « condamnation » aux quarts de travail les plus ingrats la nuit ou les fins de semaine, et même jusqu\u2019au congédiement.«On va les surveiller au quotidien pour trouver une erreur et remettre en cause leur compétence pour finalement les prendre en défaut et monter un dossier contre elles.Elles sont ensuite congédiées pour incompétence, mais elles ne font l\u2019objet d\u2019aucune plainte à l\u2019Ordre des infirmières et n\u2019ont pas perdu leur permis », souligne Mme Durocher.Menaces de mort Cependant, c\u2019est dans la sphère privée que l\u2019atteinte est la plus dramatique.« Il y en a pour qui ça se transpor te sur Facebook, les fameux \u201cpetits amis Facebook\u201d deviennent des intimidateurs sur le Web.Pour certains, on est tombés dans des aspects qui touchent un peu l\u2019usurpation d\u2019identité.Pour d\u2019autres on crève les pneus, d\u2019autres, c\u2019est la tête de poisson dans le frigo, les menaces de mort.» « J\u2019ai des par tici- pantes qui ont été jusqu\u2019à avoir des idées suicidaires », laisse tomber la chercheuse, qui en rajoute en relatant ce qu\u2019elle a constaté en menant la recherche dans dix régions du Québec.«Ça peut aller jusqu\u2019à mettre leur vie en danger : en région, il y a un hôpital, un CLSC.Quand vous y travaillez et que vous êtes malade\u2026 » Elle raconte le cas de deux infirmières qui ont ainsi été stigmatisées et qui, lorsqu\u2019elles ont besoin de soins pour elles et leur famille, doivent quitter la région pour consulter.« Dans mes cas extrêmes, c\u2019est un problème épouvantable parce qu\u2019un coup qu\u2019elles sont \u201cbarrées\u201d par la direction, où peuvent-elles travailler ?Nulle part.Elles ne peuvent plus se replacer.Il y a une espèce de liste noire et leur seule référence, c\u2019est cette région.» Mme Durocher et ses collègues Chantal Caux et Marie Alderson présenteront cette semaine les résultats préliminaires de cette recherche intitulée Intimidation au sein de la profession infirmière : une réalité sociale de la première ligne du réseau public de la santé et des services sociaux dans le cadre du congrès annuel de l\u2019Association francophone pour le savoir qui s\u2019ouvre ce lundi à Montréal.La Presse canadienne INTIMIDATION Les infirmières victimes de leurs collègues Une étude lève le voile sur un climat de travail délétère dans les milieux de soins de première ligne Ce projet-là ne nous apparaît pas comme un projet qui s\u2019inscrit dans le développement du Québec Marcel Groleau, président de l\u2019Union des producteurs agricoles « » Les exemples qu\u2019a recueillis Hélène Durocher sont aussi variés qu\u2019effrayants saire du génocide arménien, l\u2019événement englobait cette année tous les génocides et crimes contre l\u2019humanité commis au siècle dernier.Selon les organisateurs, la Marche a attiré plus de 10 000 personnes issues, entre autres, des communautés juive, tutsie, cambodgienne, ukrainienne et libanaise.Mélanie Joly, la ministre du Patrimoine canadien, Christine St-Pierre, la ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie, ainsi que Kathleen Weil, la ministre québécoise de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion, étaient aussi présentes.« Il faut apprendre des leçons de ces génocides-là pour éviter à terme la répétition de l\u2019histoire », a déclaré Apraham Niziblian, l\u2019un des instigateurs de l\u2019événement, ajoutant que la violence était de plus en plus présente dans le monde, notamment au Moyen-Orient et en Afrique.M.Niziblian a exhorté les gouvernements, dont ceux du Québec et du Canada, à ne pas rester passifs par rapport à ces conflits.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E L U N D I 9 M A I 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 recensement.gc.ca VOTRE RECENSEMENT.VOTRE VOISINAGE.VOTRE AVENIR.des services comme les hôpitaux, les écoles et le transport en commun.Remplissez votre recensement en ligne aujourd\u2019hui.K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I P rès d\u2019un mois après avoir ébranlé la planète pour une première fois, les Panama Papers pourraient provoquer une nouvelle secousse.Comme promis, le Consortium international des journalistes d\u2019investigation (ICIJ) dévoilera ce lundi une imposante masse d\u2019informations provenant de cette fuite historique, ce qui permettra à tous de plonger tête première dans l\u2019univers habituellement opaque des paradis fiscaux.Les Panama Papers, c\u2019est cette fuite de 11,5 millions de documents confidentiels du cabinet panaméen Mossack Fon- seca, lequel a permis à de riches clients de cacher des millions de dollars dans des paradis fiscaux.Ces documents ont d\u2019abord été obtenus par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, puis relayés à l\u2019ICIJ et à ses médias partenaires, qui ont enquêté pendant près d\u2019un an pour en arriver aux révéla- tions-chocs du mois d\u2019avril.Les présidents russe, Vladimir Poutine, argentin, Mauricio Macri, tout comme le premier ministre britannique, David Cameron, et l\u2019étoile du soccer international Lionel Messi se sont notamment retrouvés dans le collimateur des Panama Papers.Le premier ministre islandais, Sigmundur David Gunn- laugsson, a carrément été contraint de démissionner sous la pression populaire.Poussant l\u2019exercice plus loin, l\u2019ICIJ mettra donc à la disposition du public ce lundi à 14 h (heure de l\u2019Est) une base de données révélant de l\u2019information sur plus de 200 000 sociétés mises sur pied dans des paradis fiscaux, qui font partie de l\u2019enquête des Panama Papers.Cette base de données ne contiendra pas de numéros de téléphones, de courriels ou de passeports qui permettraient de mettre la main sur des données personnelles.«L\u2019information sélectionnée et limitée est publiée dans l\u2019intérêt public », précise le consortium.Comprendre le système Que faut-il attendre de cette masse de données accessible à tous ?« Tout dépend de celles et ceux qui voudront sonder le filon, af firme Alain Deneault, philosophe et auteur de plusieurs ouvrages sur les paradis fiscaux.Il faut espérer qu\u2019à chaque fois qu\u2019on en tire quelque chose, ce soit l\u2019occasion non pas seulement de braquer les projecteurs sur untel ou un- tel, mais de comprendre le fonctionnement d\u2019un système qui permet à des acteurs nantis et à de grandes sociétés de contourner la loi.» M.Deneault, qui s\u2019est retrouvé sur toutes les tribunes pour éclairer le scandale des Panama Papers il y a un mois, croit que la plus importante fuite de l\u2019histoire du journalisme n\u2019a pas révélé tous ses secrets.«Si on cherche absolument des têtes d\u2019affiche, je ne sais pas s\u2019il y a encore matière à découverte.Mais peut- être que l\u2019intérêt est de sonder ces documents pour comprendre quels sont les stratagèmes à l\u2019œu- vre, dit-il.On avance toujours dans la compréhension des paradis fiscaux par fuite interposée.On n\u2019a pas un accès direct à ce qui se passe dans les paradis fiscaux et dans les législations de complaisance puisque le secret bancaire nous empêche de savoir ce qui se trame.» La base de données rendue disponible par l\u2019ICIJ pourrait intéresser des universitaires ou des enquêteurs en tout genre, estime M.Deneault.Il est heureux de constater une cer t a ine pr i se de conscience internationale depuis l\u2019éclatement des Panama Papers, mais il dénonce l\u2019« approche gestionnaire » du gouvernement canadien dans cette affaire.«Il y a quelque chose de gênant dans le fait que les lanceurs d\u2019alerte fournissent aux États des données que ces États ne sont pas capables d\u2019obtenir eux-mêmes», fait-il valoir.Radio-Canada et le Toronto Star \u2014 les deux seuls médias canadiens qui ont eu accès aux données initialement partagées par l\u2019ICIJ \u2014 ont trouvé dans les Panama Papers un total de 2106 sociétés enregistrées pour des clients ou des intermédiaires ayant une adresse au Canada, 625 actionnaires affichant une adresse canadienne et 350 passeports canadiens.Le Devoir Les Panama Papers passent dans les mains des citoyens Une importante partie des documents sera publiée ce lundi A L E X A N D E R P A N E T T A à Washington L e gouvernement fédéral s\u2019apprête à présenter un projet de loi qui établira de nouvelles règles sur le passage de la frontière canado-américaine qui pourraient modifier les habitudes des voyageurs qui entrent aux États-Unis.Le projet élargira le système de prédédouanement déjà en place pour les voyages aériens, en vertu duquel les passagers aux aéroports importants du pays doivent traverser les douanes américaines avant l\u2019embarquement, ce qui permet d\u2019éviter une attente encore plus longue lors de leur arrivée aux États-Unis.Les nouvelles règles de pré- dédouanement, qui avaient été annoncées lors de la première visite officielle de Justin Trudeau à Washington, seront donc appliquées pour les voyages par voie terrestre.Un projet pilote sera d\u2019abord implanté dans les gares ferroviaires de Vancouver et de Montréal.Le projet de loi devrait être déposé ce printemps, a indiqué la ministre libérale Chrystia Freeland, qui dirige le sous-comité du Cabinet sur les relations canado-américaines.Élargissement La ministre a indiqué que les nouvelles mesures s\u2019inspireraient de celles qui sont déjà en vigueur dans les aéroports.Le prédédouanement est déjà implanté dans huit grands aéro- por ts du pays, dont celui de Montréal, et est en cours d\u2019implantation dans les aéroports de Québec et du centre-ville de Toronto.«[Le prédédouanement] fonctionne très bien pour les Canadiens et c\u2019est pourquoi nous sommes ouverts à l\u2019élargir et à formaliser la structure un peu plus», explique Mme Freeland.Le prédédouanement pourrait donc devenir la norme dans les gares de train et d\u2019autocar à destination des États-Unis, et même sur le bord des autoroutes avant que les voyageurs n\u2019arrivent à la frontière.C\u2019est le Canada qui paiera la note pour implanter les mesures en sol canadien.«Nous voulons avoir le meilleur afflux possible de gens, de biens et de services.Alors, faire un investissement en ce sens serait judicieux», avait déclaré le ministre des Finances, Bill Morneau, le mois dernier, à Washington.La Presse canadienne Les gares canadiennes pourraient accueillir des douanes américaines JACQUES NADEAU LE DEVOIR Planter sa tente en attendant les logements sociaux Le Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) a lancé dimanche une semaine nationale d\u2019occupation de terrains et de bâtiments dans plusieurs villes du Québec.L\u2019objectif de cette mobilisation est de démontrer qu\u2019il existe bon nombre de lieux où des logements sociaux pourraient être construits.Des occupations auront lieu notamment à Montréal (notre photo, près du canal de Lachine), Québec, Gatineau, Sherbrooke, Trois-Rivières et Rouyn-Noranda.«Le nombre de projets qui démarrent, systématiquement, depuis plusieurs années, est inférieur au nombre d\u2019unités qu\u2019on annonce.Alors, il y a quelque chose dans les programmes actuels qui ne fonctionne pas», avait déclaré le ministre Martin Coiteux en annonçant une réforme il y a quelques semaines.2106 C\u2019est le nombre de sociétés enregistrées pour des clients ou des intermédiaires ayant une adresse au Canada trouvées dans les Panama Papers. Finalement, Régis Labeaume a décidé (seul) que Québec ne serait pas candidate aux Jeux olympiques d\u2019hiver de 2026.Les raisons (ou les prétextes ?) de cette énième volte-face du maire sont pertinentes : des doutes quant à l\u2019intégrité du processus de sélection de la ville hôte.Quelles leçons tirer de cette autre tentative sportive avortée ?our abandonner le projet d\u2019une candidature olympique, Régis Labeaume a carrément invoqué des apparences de con?its d\u2019intérêts.Il a souligné que les présidents de deux fédérations sportives dominantes, Gian-Franco Kasper (ski) et René Fasel (hockey), font aussi partie d\u2019un comité spécial (« task force») mis sur pied par l\u2019organisation suisse (Swiss Olympic) chargée de déterminer quelle ville défendra le projet helvétique de candidature pour 2026.La maire a-t-il travesti des faits en prétexte?Il y a deux semaines, après tout, il nous certi?ait que l\u2019«Agenda 2020» \u2014 40 promesses du Comité international olympique (CIO) \u2014 avait révolutionné le vieil organisme.Sauf qu\u2019à l\u2019époque, la «task force» suisse était déjà en place.Le maire devait le savoir, non?Un des principaux intéressés, Gian-Franco Kasper, a, à Radio-Canada, quali?é d\u2019«idiots» les propos du maire et a con?é sa colère d\u2019avoir servi de prétexte pour que Québec se retire du processus.Un spécialiste en candidature olympique a quant à lui souligné que les deux présidents ne peuvent ni s\u2019engager ni voter pour une candidature suisse.Leur statut de président de fédération les empêche d\u2019avoir un « rôle actif dans une candidature».N\u2019empêche, les apparences étaient contre eux.Le souvenir amer de 1995, aussi, année où le rêve olympique de Québec pour 2002 a été anéanti par la candidature dopée, corrompue, de Salt Lake City.Après enquête sur celle-ci, le CIO avait même expulsé plusieurs de ses membres.Mais il reste bien du ménage à faire au CIO et, s\u2019il souhaite vraiment obtenir à l\u2019avenir des candidatures autres que celles venant de pays autoritaires, il lui faudra aller plus loin que son «agenda 2020».?Pour Régis Labeaume toutefois, quel temps perdu, que d\u2019énergie dépensée en vain pour un projet risqué, potentiellement ruineux, qui ne passionnait de toute façon à peu près personne dans la capitale.On serait tenté de dire: encore\u2026 Contrairement aux Olympiques, le retour des Nordiques fait rêver.Mais que d\u2019énergie, que d\u2019encre gaspillées là aussi.Il suf?t de googler pour s\u2019en rendre compte.Les titres sont innombrables.Octobre 2013: «Labeaume croit au retour des Nordiques en septembre 2015».Janvier 2014: «Nordiques: Labeaume \u201ctrès con?ant\u201d pour 2015».Parfois, M.La- beaume fait la une en disant\u2026 qu\u2019il ne dira rien.Septembre 2015 : «Nordiques: \u201cTrop près du but pour commenter\u201d, dit Labeaume».Voilà qui con?ne à la stratégie de diversion, dont le maire semble être le maître.Est-ce cela qu\u2019il cherchait encore une fois, en allant à Lausanne?Exciter l\u2019opinion avec un autre projet obsessionnel lors d\u2019une campagne électorale?Cette fois, semble-t-il, une bonne partie de la population a résisté.Et a réclamé d\u2019être consultée.«Les Jeux olympiques, ça fait peur», aura ?nalement conclu le maire.En effet.À cause des dérapages passés (Montréal 1976), à cause de la corruption.Mais aussi parce que bien des citoyens ont le sentiment que le maire s\u2019agite et promet beaucoup, rêve d\u2019évé- nements et de festivals grandioses, mais que, pendant ce temps, des problèmes municipaux fondamentaux \u2014 ordures, déneigements, routes, patrimoine \u2014 en pâtissent.Fin avril, 13 scienti- ?ques de l\u2019Université Laval enjoignaient encore au maire d\u2019agir «le plus rapidement possible» pour protéger le lac Saint-Charles, une des principales sources d\u2019eau potable de Québec.Les Olympiques et le sport professionnel sont aussi, peut-être, des projets de développement d\u2019une autre époque: celle des Drapeau, Pelletier, L\u2019Allier (pour les Olympiques).Aujourd\u2019hui, bien qu\u2019ils aiment encore être à l\u2019occasion spectateurs de manifestations sportives, une bonne partie des citoyens des villes modernes souhaitent de plus en plus être des acteurs du sport.Marche, course à pied sur route ou en sentier, vélo de route, utilitaire, cross, ou de montagne, ski de fond, etc., leurs villes doit accueillir et encourager ces saines passions.Les aménagements?Re?éter ces nouvelles priorités qui ont aussi des effets sur les choix quotidiens de transport.Le maire aurait-il compris cela?Le Journal de Québec rapportait le 4 mai que M.Labeaume souhaitait désormais offrir une «qualité de vie» aux gens de Québec (avant, ce n\u2019était pas une priorité?), avec du «raffinement de l\u2019aménagement de la ville», que ce soit en «aménageant le littoral et l\u2019abord des rivières en milieu urbain».Les citoyens de Québec peuvent se réjouir.À moins qu\u2019une autre volte- face ne vienne tout bouleverser rapidement, encore une fois.L E D E V O I R , L E L U N D I 9 M A I 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Toponymie : nommer pour faire oublier Dans l\u2019excellent dossier sur la toponymie paru dans Le Devoir samedi, on rapportait l\u2019argument selon lequel les promoteurs immobiliers se rabattent sur des noms de rue communs, afin d\u2019éviter la polémique.J\u2019irai jusqu\u2019à dire qu\u2019ils cherchent à nous faire oublier qu\u2019ils ont dû les raser, les érables et les bouleaux, et qu\u2019ils les ont fait fuir, les pinsons et les lièvres, pour construire votre beau condo ou votre maison de ville.À Gatineau, un très bel exemple est le tout nouveau secteur du Vieux Verger, qui a complètement détruit ledit verger qui s\u2019y trouvait.On y a remplacé les rangées de pommiers par des maisons en rangée, dans les rues de la Spartan, rue de la Lobo et rue de la Cortland.Mais les pommes, c\u2019est au supermarché que vous les trouverez, pas dans ce quartier! Claude L.Normand Gatineau, le 6 mai 2016 L I B R E O P I N I O N L O U I S F O U R N I E R Journaliste et syndicaliste à la retraite, l\u2019auteur a écrit plusieurs ouvrages sur l\u2019histoire du mouvement ouvrier au Québec.«A u Québec, il n\u2019y a qu\u2019un seul par ti à gauche, et c\u2019est nous », af firmait ex ca- thedra Françoise David, l\u2019âme dirigeante de Québec solidaire, dans une entrevue que publiait Le Devoir il y a tout juste un an, le 30 mai 2015.Une telle déclaration excessive illustre bien à quel point il sera dif ficile de faire alliance avec des gens aussi dogmatiques et qui se croient en possession de la vérité, héritage des vieilles certitudes de leur passé marxiste-léniniste.Si Françoise David disait vrai, le Québec serait bien la seule nation au monde où l\u2019électorat de gauche serait si peu nombreux.En effet, QS a recueilli à peine 7,6 % des voix lors du dernier scrutin, en avril 2014, et les derniers sondages lui donneraient environ 10 % des suffrages.Se pourrait-il que la grande majorité de l\u2019électorat de gauche ait voté pour une autre formation politique social-démocrate, le Parti québécois ?En fait, Mme David aurait été mieux avisée de dire : « Au Québec, il n\u2019y a qu\u2019un seul parti d\u2019extrême gauche, et c\u2019est nous.» Dans une entrevue au Journal de Montréal, elle a bien montré l\u2019ampleur de son radicalisme.QS, a-t-elle dit, est « le par ti le plus à gauche en Amérique du Nord ».Plus à gauche, donc, que tous les petits partis radicaux qui participent à des élections au Québec, au Canada, aux États-Unis et au Mexique.Cela commence à faire très à gauche\u2026 À son dernier congrès, QS n\u2019a invité que des représentants de la gauche radicale socialiste et communiste comme Syriza en Grèce, Podemos en Espagne, Die Linke en Allemagne et les amis du populiste rouge bon teint Jean-Luc Mélenchon en France.C\u2019est le seul par ti qui accueille en son sein des collectifs mar xistes, dont des groupes trotskystes qui se qualifient de révolutionnaires.Comme modèles politiques, QS se réfère à la Bolivie et à l\u2019Équateur, des sociétés fort semblables au Québec de 2016, comme chacun sait\u2026 Pas étonnant que ce petit parti gauchiste, qui exècre la social-démocratie, reste marginal depuis sa fondation il y a dix ans ; et qu\u2019il le demeurera.Il faut bien appeler un chat un chat : QS se situe à la gauche de la gauche, là où l\u2019on préfère l\u2019opposition pure et dure plutôt que le pouvoir qui oblige à des compromis.Dans tous les pays du monde, un tel parti s\u2019appelle un par ti d\u2019extrême gauche et non pas de gauche.Et ce, contrairement à ce qu\u2019on peut souvent lire et entendre dans nos médias qui ne font pas la dif férence entre la gauche et ses extrêmes.Le PQ social-démocrate En réalité, la grande majorité de l\u2019électorat de gauche vote, encore et toujours, pour le Parti québécois.Comme en témoignent ses réalisations lorsqu\u2019il fut au pouvoir, le PQ est un parti de centre gauche, progressiste et également pragmatique, qui appartient à la grande famille de la social-démocratie.Celle-ci accepte l\u2019économie de marché qu\u2019elle choisit de réguler grâce à l\u2019intervention de l\u2019État.Elle favorise aussi la concertation entre les partenaires sociaux, en premier lieu les syndicats et le patronat.Le PQ a réaf firmé récemment ses orientations de base lors d\u2019un Conseil national.Outre l\u2019indépendance de notre patrie, le Québec, il s\u2019engage à promouvoir la social-démocratie, la justice sociale, la langue française, la culture québécoise et la protection de l\u2019environnement.Dans un message adressé aux jeunes, il propose de « façonner avec eux le projet d\u2019un pays vert et ouvert sur le monde».La réussite économique et sociale du Québec lui tient à cœur.Comment en effet maintenir et améliorer notre système d\u2019éducation et nos programmes sociaux, parmi les plus généreux en Amérique du Nord, si notre économie n\u2019est pas plus forte et plus prospère?Comment redistribuer la richesse si on n\u2019en produit pas davantage?Il faut donc stimuler la création d\u2019emplois, l\u2019entre- preneuriat, notre économie nationale et ses fleurons, comme le fit en son temps le grand Jacques Parizeau qui apporta notamment son soutien à la création du Fonds de solidarité de la FTQ.À cet égard, la Coalition avenir Québec paraît plus proche du PQ que ne l\u2019est Québec solidaire, pour qui une telle approche relève du capitalisme néolibéral.Au sein du PQ, des militants radicaux du SPQ Libre défendent souvent des positions socio-économiques proches de celles de QS.Le parti de Lévesque En terminant, j\u2019aimerais rappeler que le PQ d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019est pas différent, sur le fond, du parti fondé par René Lévesque en 1968.En plus d\u2019être une large coalition d\u2019indépendantistes de tous horizons qui s\u2019unissent pour réaliser leur idéal, il est toujours cette formation réformiste dont M.Lévesque avait bien tracé les contours à l\u2019époque.Le PQ, écrivait-il, se situe «dans la mouvance d\u2019une social-démocratie à la scandinave, ce qui est le maximum de progressisme pour une gauche sérieuse dans le contexte nord-américain».Quel que soit son nouveau chef, je suis convaincu que le PQ restera fidèle à la voie tracée par son fondateur, l\u2019homme politique le plus aimé du peuple québécois.QS c.PQ : extrême gauche contre gauche réformiste FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Affichage en français : la Tire Canadienne Je doute fort que la ministre Hélène David se laissera convaincre de changer en Pneu Canadien la bannière du ferronnier ontarien connu.Je suggère à l\u2019éditorialiste Antoine Robitaille (« Pneu Canadien », 5 mai 2016) d\u2019accepter en compensation d\u2019un «champ visuel» insignifiant une «présence suf fisante» dans le champ spirituel LABEAUME ET LES OLYMPIQUES L\u2019athlète de la diversion P ANTOINE ROBITAILLE avec un reste de plaisanterie comme le pratiquait notre bien-aimé Pierre Perrault avec sa bande d\u2019amis, soit : La Tire Canadienne.On y retrouverait plaisir de troubadour, fine bouche et langue française.Claude Saint-Laurent Val-Morin, le 6 mai 2016 Le patrimoine, le 375e et les quartiers excentrés À l\u2019aube du 375eanniversaire de Montréal, force est d\u2019admettre que, parmi les projets de restauration, de construction, de revitalisation de toutes sortes qui ont été annoncés, peu (sinon aucun) sont situés dans des arrondissements éloignés du centre-ville.Dans le quartier Ahuntsic, un des premiers peuplements de notre ville, subsistent de peine et de misère quelques rares vestiges patrimoniaux de grande valeur dans un secteur appelé le Sault-au-Récollet.Récemment, la ministre du Patrimoine et députée fédérale du coin, Mélanie Joly, déclarait vouloir s\u2019y consacrer pour le revitaliser.Hormis cette intention, aucun élu de l\u2019arrondissement ne s\u2019est prononcé publiquement et avec quelque vigueur que ce soit pour l\u2019obtention de fonds destinés à sauver le peu qu\u2019il reste de patrimoine.Le secteur des Moulins de l\u2019île de la Visitation tombe en ruine, Cité Historia dont la mission était de justement valoriser l\u2019histoire du Sault a fait faillite, l\u2019église de la Visitation, joyau de 1751, a besoin de fonds de manière urgente.On gère à la petite semaine en constatant les dégâts.Et puis, un exemple patent du laisser-aller et du manque de vision des administrateurs de notre ville : un peu plus à l\u2019ouest, les vestiges d\u2019un autre bâtiment historique, celui de l\u2019Externat Sainte-So- phie.Il est laissé à l\u2019abandon par la Commission scolaire de Montréal (CSDM) depuis qu\u2019en 2012 un superbe projet de restauration, la Maison des arts Sophie-Ba- rat, est tombé à l\u2019eau après qu\u2019un référendum citoyen a fait avorter le tout, pour des motifs discutables de zonage et de circulation automobile.Depuis plus de 18 mois, je tente de convaincre les élus, ainsi que les directions de la CSDM et de l\u2019école Sophie-Ba- rat, propriétaires du bâtiment, de déposer un nouveau projet.Peine perdue: sourde oreille, arguments financiers bidon, refus d\u2019entendre les offres de subventions fédérale et provinciale.Pourtant, avec de la volonté et l\u2019appui du politique, il y aurait moyen de remettre le projet sur les rails dans un contexte propice aux célébrations entourant notre histoire.Le 375e est une occasion unique de revitaliser un secteur patrimonial en très mauvais état, d\u2019injecter des fonds dans un quartier marquant de l\u2019histoire de Montréal, éloigné du centre-ville.Malheureusement, aucune voix ne se fait entendre assez fort, pas un leader ne se lève.Laissé à lui-même, le citoyen baisse malheureusement les bras, et constate les ravages du temps.Marc Coiteux Montréal, le 7 mai 2016 L E D E V O I R , L E L U N D I 9 M A I 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recher- chistes photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives), Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Mélisande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim).N ormalement, j\u2019aurais dû vous parler de Jean-Marc Fournier dans ma précédente chronique.Je l\u2019avais même interviewé fin avril pour faire le bilan de ses deux ans au ministère des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne.Or, ce qui était ressorti de cet entretien m\u2019avait paru tellement bizarre, sur le coup, que j\u2019en ai remis la rédaction à plus tard.Vérification faite, je peux maintenant l\u2019écrire : la francophonie canadienne aime le ministre Jean-Marc Fournier.C\u2019est extraordinaire parce qu\u2019au Québec, on associe plutôt le nom du ministre Fournier au « Yukon ».Cela remonte à janvier 2015, quand le Québec avait créé tout un scandale en témoignant devant la Cour suprême pour une interprétation restrictive des critères d\u2019admission à l\u2019école française.Le ministre Fournier avait reçu une volée de bois vert des 42 organismes membres de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA).Pourtant, 16 mois plus tard, non seulement les francophones le lui ont pardonné, mais il est perçu comme l\u2019un des meilleurs ministres en titre depuis Benoît Pelletier, qui a laissé une marque indélébile dans la francophonie canadienne pendant les cinq ans qu\u2019il a occupé le poste avant son départ en 2008.En fait, l\u2019affaire des écoles françaises au Yukon est le seul passif à son dossier.Certes, Jean-Marc Fournier tient le coup depuis deux ans, une constance inouïe à un ministère carrousel où six ministres se sont succédé entre 2009 et 2014.Mais il y a plus.Le min istre Four n ier prend très au sérieux le volet « Francophon ie canadienne » de son ministère.Il en fait une promotion soutenue auprès de tous les gouvernements provinciaux.Si l\u2019Alberta envisage de se doter d \u2019une lo i sur les Services en français, il y a un peu de Jean-Marc Fournier là-dessous.Ses prises de position, souvent très for tes, sur l\u2019immigration, sur l\u2019éducation, sur Radio-Ca- nada ou sur les médias communautaires sont bien notées.« Il suit notre évolution, et son message aux provinces est qu\u2019elles ont intérêt à mieux nous comprendre », explique Sylviane Lanthier, la présidente de la FCFA.« Il tient un discours étof fé sur la promotion de la francophonie et la valeur ajoutée qu\u2019elle représente, d\u2019abord parce que c\u2019est le fait français qui définit l\u2019identité canadienne.Le Canada, sans le français, ce serait les États-Unis, il n\u2019y aurait plus de dif férence.» Vision actuelle Sa vision de la francophonie canadienne est aussi très actuelle, puisqu\u2019elle inclut les immigrants francophones et les Canadiens anglais passés par l\u2019immersion et qui se réclament de la francophonie.Jean-Marc Fournier, qui affirme que le Canada compte 10,6 millions de francophones, se défend de rosir le portrait.«Des problèmes, il y en a, beaucoup même, je ne veux pas les occulter, mais le mouvement pour le français est réel et je veux voir jusqu\u2019où ça ira et comment on va l\u2019aider.» « Il y a une légitimité nouvelle à l\u2019égard du français », constate le ministre.«Qu\u2019on y songe : au Yukon, par exemple, 52% des élèves sont soit dans une école française, soit en classe d\u2019immersion française dans une commission scolaire anglophone.Partout au Canada, la demande pour des cours en français n\u2019a jamais été aussi forte.Les écoles sont pleines.» L\u2019éducation revient constamment dans sa conversation \u2014 en particulier le manque de ressources des écoles francophones et des programmes d\u2019immersion des conseils scolaires anglophones.« Il faut que les gouvernements provinciaux répondent à la demande de français et ils doivent y mettre les moyens.Il est illogique de pousser l\u2019immigration francophone et ensuite de procéder par tirage au sort pour savoir qui aura droit à l\u2019éducation en français.» Depuis un an, le Québec a signé trois ententes de coopération sur la francophonie avec l\u2019Ontario, le Manitoba et le Yukon.Jean-Marc Fournier convient que de telles ententes comportent leur lot de vœux pieux, mais elles sont importantes pour deux raisons.«D\u2019abord, parce qu\u2019elles poussent les provinces impliquées à s\u2019engager, sur le plan budgétaire, dit-il.Et aussi parce qu\u2019elles forcent les gouvernements provinciaux à parler au milieu associatif.» En 2016, il jouera fortement la carte de l\u2019immigration francophone, ciblée depuis dix ans à 4 % du total des immigrants dans le ROC.« À l\u2019automne, nous tiendrons le premier forum ministériel sur cet enjeu, qui réunira tous les ministres provinciaux responsables de la francophonie et de l\u2019immigration.Le mot impor tant ici est \u201cpremier\u201d.On ne s\u2019était jamais réunis, tous les ministres, pour établir un plan détaillé sur l\u2019immigration.On avait une cible sans plan.Là, on va avoir un plan.» Après le Yukon Si l\u2019Alberta envisage de se doter d\u2019une loi sur les Services en français, il y a un peu de Jean-Marc Fournier là-dessous JEAN-BENOÎT NADEAU PEDRO RUIZ LE DEVOIR Les sciences sociales et humaines posent les termes de la délibération continue que chaque société doit entretenir avec elle-même et posent le problème des conditions de la vie en commun.P I E R R E N O R E A U G U Y R O C H E R Université de Montréal a question de l \u2019avenir des sciences sociales revient périodiquement comme une interrogation sur nous-mêmes et sur nos sociétés.Aux États- Unis, l\u2019American Academy of Arts and Sciences publiait, en 2013, un important plaidoyer en faveur des sciences sociales et humaines, des arts et des lettres.On s\u2019y inquiète des compressions imposées au secteur des «Humanities», en tant que champ de connaissance.En France, une importante mobilisation autour de l\u2019avenir des sciences sociales et humaines a conduit à la création de l\u2019Alliance Athéna, un collectif voué à la défense et à la promotion de ces sciences destinées à l\u2019étude de la « constitution de l\u2019humain et du fonctionnement du monde social».Des sciences pour quoi?Les sciences sociales sont nées au XIXe siècle et se sont développées au XXe en même temps que se déployait la série des révolutions industrielles et qu\u2019émergeaient les démocraties.Ce n\u2019est pas un hasard.Ces deux grandes mutations, à la fois économiques, sociales et politiques, ont transformé en profondeur la vie individuelle, domestique et collective d\u2019une grande partie de la population, ainsi que les institutions dans lesquelles elle se déroulait.On assista alors du même coup à l\u2019explosion des sciences de la société.Celles-ci venaient répondre au besoin des personnes et des collectivités de mieux comprendre les bouleversements qu\u2019elles vivaient, de se les expliquer en les conceptualisant ; de proposer une réflexion qui nous permette d\u2019échapper à un total déterminisme.Ce qu\u2019apportaient, ce qu\u2019apportent toujours les diverses disciplines des sciences sociales, c\u2019est un éclairage, une mise en perspective des conditions concrètes de la vie humaine en société.Cet éclairage, en ce début du XXIe siècle, est plus nécessaire que jamais.La postmodernité que nous vivons est caractérisée par une fragmentation et une diversification des structures sociales et économiques, par une accélération du changement, une actualisation de l\u2019information, une mondialisation aux effets encore inconnus.Une autre mutation de la civilisation est en cours, dans la multiplicité de ses contextes.C\u2019est la fonction, voire la mission, des sciences sociales que d\u2019apporter le regard le plus objectif possible sur ces réalités, à la fois institutionnelles et mouvantes, pour mieux les révéler, pour les appréhender dans une perspective critique et pour contribuer à une juste appropriation des futurs possibles.La nécessité de se comprendre soi-même En effet, l\u2019essentiel des changements observables aujourd\u2019hui mettent en cause notre connaissance de l\u2019humain.Si les changements climatiques doivent être compris dans leurs effets attendus, c\u2019est leur origine sociale qui devrait le plus nous interpeller et la façon dont l\u2019humain s\u2019y adaptera.Si les communications numériques révolutionnent notre monde, c\u2019est moins à cause des changements technologiques que des modalités de leur réappropria- tion sociale.Certains des grands problèmes de santé que connaissent nos populations prennent leur origine dans le comportement humain, sinon dans les habitudes collectives et trouveront des solutions dans le changement de nos pratiques et de nos perceptions.Il s\u2019agit dans tous les cas de questions de nature sociale.Elles touchent au sens que nous donnons à la vie et aux contraintes symboliques ou idéologiques qui pèsent sur notre agir.Dans ce sens, les sciences sociales et humaines posent les termes de la délibération continue que chaque société doit entretenir avec elle-même et posent le problème des conditions de la vie en commun.Elles permettent que chaque société parvienne à se comprendre elle-même.Elles comportent dans ce sens une fonct ion pol it ique et posent les termes des décisions que nous devons prendre collectivement.Or, au Québec, cette nécessité est d\u2019autant plus impérative que notre exception linguistique et culturelle nous rend vulnérables.La globalisation des références, la mondialisation des échanges, l\u2019effacement graduel de ce qui, sur le plan historique, a permis le développement de la diversité sociale et culturelle ne peuvent nous laisser indif férents.Comment intégrer ces nouvelles réalités sans appauvrir l\u2019humanité de ce qui fait sa richesse et sa diversité ?Ce sont ces questions lancinantes que posent quotidiennement les chercheurs et les penseurs issus des sciences sociales et humaines.S\u2019interroger sur ce qui semble parfois s\u2019imposer comme une fatalité, voilà la première fonction des sciences sociales et humaines, et leur raison d\u2019être.Des sciences invisibles Cette fonction est en fait assurée continûment dans nos sociétés, sans qu\u2019on s\u2019en rende toujours compte.Les sciences sociales et humaines sont des sciences invisibles parce qu\u2019elles sont parvenues à occuper tous les espaces sociaux.Le monde des médias (sous toutes ses déclinaisons) illustre tous les jours les effets de cette pénétration et les journalistes font essentiellement porter aujourd\u2019hui leur travail sur leur connaissance des mécanismes sociaux et des institutions publiques, sur leur observation souvent très fine des tensions qui opposent les courants d\u2019idées et les mouvements sociaux.Ces analyses s\u2019appuient sur le travail exigeant de milliers de chercheurs et de professeurs engagés dans l\u2019enseignement et la recherche en sociologie, en anthropologie, en sciences économiques, en criminologie, etc.Sur le plan de la formation collégiale, l\u2019essentiel de la formation générale que reçoivent les étudiants s\u2019appuie d\u2019ailleurs sur le développement des sciences sociales et humaines.Cette pénétration explique que les connaissances tirées de ces domaines du savoir passent inaperçues alors qu\u2019elles déterminent la vaste majorité de nos politiques publiques.Évidemment, on ne peut attendre de ces disciplines qu\u2019elles s\u2019illustrent quotidiennement par quelque découverte étonnante qui frapperait l\u2019imagination parce qu\u2019elles s\u2019intéressent à l\u2019évolution souvent imperceptible de nos sociétés.De même, la majorité des innovations sociales ne peuvent être observées et comprises que sur une très longue période.Toutes ces mutations ont été d\u2019abord observées et étudiées par des chercheurs audacieux qui ont voulu rompre avec ce qui semblait évident.Pour l\u2019avenir des sciences sociales Les études de l\u2019UNESCO haut explorent les effets directs que le sous-financement de la recherche comporte pour les sciences sociales et humaines.Au Québec, il s\u2019agit du secteur le moins bien financé de tous les secteurs de recherche.Comme l\u2019indiquent les auteurs du Plan de développement stratégique 2014-2017 du Fonds québécois de recherche Société et Culture (FQRSC) : «Pendant que la moitié des professeurs universitaires et étudiants de 2e et 3e cycles du Québec spécialisés en sciences sociales et humaines, en arts et en lettres se partageaient 182 millions de dollars, l\u2019autre moitié, qui œuvre en sciences naturelles et en génie et en santé, se partageait 1463millions.C\u2019est près de dix fois plus par année.» Contrairement à d\u2019autres domaines de la connaissance, la recherche en sciences sociales et humaines, en arts et en lettres ne bénéficie que de très peu de financement privé, n\u2019étant pas immédiatement utile à l\u2019industrie.Elle doit donc être soutenue par les fonds publics, ce qui, compte tenu de la nature même de ces domaines de recherche, se justifie totalement.En effet, on l\u2019a dit, la vaste majorité des politiques publiques trouvent appui sur ces domaines de connaissance.La création du récent ministère de l\u2019Économie, de la Science et de l\u2019Innovation laisse cependant entendre que la recherche continue d\u2019être spontanément associée au monde de l\u2019économie et, par extension, à celui de l\u2019industrie.Cette orientation a pour principale conséquence de nier l\u2019intérêt de travaux qui n\u2019apporteraient pas de résultats immédiatement utiles au monde de l\u2019entreprise.Or ces aveuglements ont d\u2019autant plus de chances de s\u2019imposer qu\u2019on s\u2019interdit d\u2019en étudier les effets.Rien n\u2019empêchera dès lors que nous nous retrouvions aux prises avec un monde dont nous ne voulons pas.Les sciences sociales et humaines ont partie liée avec l\u2019avenir.Qu \u2019on les soutienne.Elles permettent d\u2019éclairer les chemins difficiles où, autrement, nous nous dirigeons et of frent la base à une question qu\u2019il faut toujours savoir se poser : dans quelle société voulons-nous vivre ?Les sciences sociales et humaines, pour quoi faire ?Les sciences sociales et humaines permettent d\u2019éclairer les chemins dif ficiles où nous nous dirigeons et offrent la base à une question qu\u2019il faut toujours savoir se poser : dans quelle société voulons-nous vivre?L L E D E V O I R , L E L U N D I 9 M A I 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Rectificatif La légende de la photo accompagnant l\u2019article «Apprendre le français en même temps que le reste» publié en une de notre édition du 5 mai 2016 comportait une erreur.On y voit des élèves de la polyvalente Hyacinthe-Delorme, dont des réfugiés syriens, en compagnie d\u2019étudiants en travail social du cégep du Vieux-Montréal et de leur enseignante (qui n\u2019est pas Ann Richer).un malade ou à une personne âgée de demander de mettre fin à ses jours sans que le voisinage en sache un mot.Il en va tout autrement dans une petite communauté.Il donne l\u2019exemple de Sheridan Hookimaw, une jeune fille de 13 ans qui s\u2019est suicidée près de la rivière traversant At- tawapiskat, dans le nord de l\u2019Ontario, et dont le corps a été retrouvé en octobre dernier.Dans une vidéo enregistrée à l\u2019intention de sa famille, elle explique qu\u2019elle n\u2019en pouvait plus de souffrir, elle dont la situation médicale l\u2019obligeait à recevoir des soins chaque semaine en dehors de la communauté.Robert-Falcon Ouellette perçoit cet événement comme l\u2019étincelle ayant déclenché la vague de suicides dans la communauté de 2000 âmes.«Le système était incapable de gérer la douleur qu\u2019elle subissait.[.] Elle, en posant ce geste, a fait en sorte qu\u2019une chaîne a commencé tout de suite après, avec une centaine de tentatives de suicide dans la communauté.» Le suicide étranger Robert-Falcon Ouellette, un Cri de la première nation sas- katchewanaise Red Pheasant, a travaillé 19 ans au sein des Forces armées canadiennes, notamment à Valcartier.Père de cinq enfants, l\u2019homme de 39 ans a été élu pour la première fois au Parlement comme député de Winnipeg-Centre.Pendant un bref instant, il a convoité le poste de président de la Chambre des communes, mais une déclaration malheureuse sur le fait qu\u2019il pourrait ainsi «convoquer le premier ministre à sa chaise» de président pour obtenir des fonds pour sa circonscription, alors que la fonction se doit d\u2019être non par tisane, l\u2019a forcé à retirer sa candidature.M.Ouellette a vécu à Québec et a même fait partie de la fanfare ambulante Fanfar- niente della Strada qui se produisait au Festival d\u2019été et dans laquelle il jouait de l\u2019eupho- nium (tuba ténor).Il a obtenu un doctorat à l\u2019Université Laval sur l\u2019évaluation des CV autochtones dans une perspective crie et métisse.C\u2019est ce pedigree d\u2019anthropologue que Robert-Falcon Ouel- lette invoque pour appuyer sa position sur l\u2019aide médicale à mourir.Il soutient que le suicide ne fait pas partie de la culture autochtone.«Ce n\u2019est pas quelque chose que les gens faisaient.Le suicide n\u2019existait pas dans les communautés autochtones traditionnellement.» Vraiment?N\u2019y a-t-il pas des récits de sociétés nomades qui laissaient derrière elles, seuls et livrés aux éléments, les membres âgés, malades ou fatigués parce qu\u2019ils ralentissaient dangereusement le groupe?«Oui, ça se passe, concède le député.Mais ce n\u2019est pas un suicide comme tel.C\u2019est la nature qui reprend son cours.[\u2026] Personne ne va dire \u201cJe vais mettre un sac sur ta tête pour te tuer\u201d.» Culture autochtone L\u2019aide médicale à mourir n\u2019est-elle pas, alors, seulement l\u2019incarnation moderne de cette façon de faire?Non, il ne le croit pas.Une version «moderne» serait de ne pas intervenir.«Vous n\u2019êtes pas obligés de manger.Vous n\u2019êtes pas obligés de prendre de l\u2019eau», dit-il philosophiquement.«Des fois, il y a une noblesse à vivre la vie au complet, au début dans sa difficulté quand vous naissez, dans sa beauté quand vous grandissez et jusqu\u2019à la fin de vos jours et allez au fond de la nature.» L\u2019anthropologue établit un corollaire entre ce désir de mettre fin aux vies douloureuses et la société de consommation dans laquelle on vit.«On est dans une société où tout est jetable.Nos cellulaires, nos produits, tout.On ne répare même plus, on jette et on remplace nos affaires achetées à bon prix.Est-ce maintenant rendu dans nos valeurs plus profondes au sujet des personnes et la valeur qu\u2019elles ont dans la société?», demande-t-il.«La vie n\u2019est pas toujours belle.Les personnes qui grandissent le mieux dans la société sont celles qui ont subi des contrecoups et ont été obligées d\u2019être résilientes.On commence à oublier ça.On veut que tout soit facile, tout cuit dans le bec.Mais quand tout est facile, ça n\u2019a pas de valeur.» Il donne alors l\u2019exemple des danses du soleil qui s\u2019organisent dans sa communauté et auxquelles il participe en tant que danseur.Pendant trois jours et trois nuits, Robert-Falcon Ouel- lette ne mange ni ne boit.«C\u2019est dif ficile», avoue-t-il, car il faut quand même danser sous le soleil de juin ou de juillet.Il s\u2019agit de célébrer le soleil comme source de vie «et du sacrifice qui s\u2019incarne dans la vie».Alors malgré la difficulté, Robert-Falcon Ouellette continuera à prôner la vie même dans la grandeur de ses misères.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 LIBÉRAL Robert-Falcon Ouellette en cinq dates 22 novembre 1976 Naissance à Calgary d\u2019un père alcoolique ayant vécu l\u2019enfer des écoles résidentielles et d\u2019une mère dépressive.Abandonnée par son père, sa famille a vécu dans une tente un été durant alors qu\u2019il était à l\u2019école primaire.Sa mère réussit à l\u2019inscrire dans une école privée huppée en obtenant des prêts bancaires sur la foi d\u2019une lettre de son employeur gonflant son salaire.Été 1994 De retour d\u2019Afrique du Sud pour assister à l\u2019élection de Nelson Mandela, il rencontre à l\u2019aéroport de Vancouver la Québécoise Catherine Cantin, qui deviendra son épouse.Ils n\u2019ont que 17 ans.13 juin 2011 Obtention de son doctorat en anthropologie à l\u2019Université Laval, après deux maîtrises, l\u2019une en musique et l\u2019autre en éducation.22 octobre 2014 M.Ouellette se présente à la mairie de Winnipeg, mais perd.Il gagne cependant en notoriété.Il en conserve l\u2019habitude de porter des chemises violettes, couleur de sa campagne.16 novembre 2015 Assermentation en tant que député à la Chambre des communes, le même jour que le 130e anniversaire de la pendaison de Louis Riel pour qui il dit avoir beaucoup d\u2019admiration.JAKE WRIGHT Multi-instrumentiste, Robert-Falcon Ouellette jouait de l\u2019euphonium (tuba ténor) dans la fanfare de rue qui se produisait pendant le Festival d\u2019été de Québec, la Fanfarniente della Strada.train de basculer, pour qu\u2019ils sachent quelle attitude avoir pour faire en sor te qu\u2019ils basculent moins », explique-t-elle en entrevue.En 2014, Dounia Bouzar a fondé le Centre contre les dérives sectaires liées à l\u2019islam, à la demande du ministre de l\u2019Intérieur de la France.Avec un groupe de professionnels, elle y a conçu des outils qui permettent de déradicaliser les jeunes.À ce jour, dit-elle avec prudence, aucun jeune parmi le millier que le centre a suivis ne s\u2019est envolé pour la Syrie.Certains sont cependant en contention pour éviter les contacts avec « la tribu numérique » des djihadistes, qui agissent très largement sur Internet.Recrutement numérique Ainsi, la Camille du roman de Mme Bouzar entre en lien avec un rabatteur djihadiste après avo ir fa it une recherche sur Internet sur la malbouffe.De clic en clic, de vidéo YouTube en vidéo You- Tube, elle finit par adopter le discours du complot de sociétés secrètes, d ir igeant un monde corrompu, que seul le dj ihad peut sauver de sa per te.« Plus l\u2019adolescent se sent persécuté, plus il est dangereux », dit Mme Bouzar en entrevue.Le niqab qu\u2019elle déc ide de por ter donne l \u2019 im - pression à Camille d \u2019être à l\u2019abri de la corruption extérieure.D\u2019abord sensibilisée au sort des « enfants gazés par Bachar al-Assad », elle est ensuite gagnée par le discours selon lequel tous ceux, musulmans compris, qui n\u2019adhèrent pas au djihad sont des mécréants.À cet égard, son amie Sarah, qui est musulmane, est jugée parce qu\u2019elle ne fa it pas ses pr ières à l\u2019heure, par exemple, en raison de son horaire scolaire.Pour Camille, « l\u2019islam, c\u2019était devenu une passion, comme une série télévisée.Chaque jour, on se retrouvait et on construisait le scénario de demain».Selon Mme Bouzar, contrairement à al-Qaïda, qui recrutait surtout des hommes forts, le groupe armé État islamiste cherche des femmes, des enfants, des adolescents, pour peupler le territoire.Pour ce faire, il adopte une approche beaucoup plus personnalisée que ce qu\u2019al-Qaïda faisait.À l\u2019adolescente qui a besoin d\u2019être protégée et qui rêve du prince charmant, le recruteur promettra un homme barbu qui la protégera de tout danger.Au jeune homme frustré, il fera miroiter la possibilité d\u2019une vengeance contre une société qu \u2019 il hait.Au jeune sensible aux causes humanitaires, on brandira la possibilité de bâtir un monde meilleur et d\u2019aider son prochain.C\u2019est précisément en utilisant cette clé de la psychologie de l\u2019embrigadé que Dou- nia Bouzar propose de l\u2019aider.« Ils ont individualisé l\u2019embrigadement : chaque jeune choisit une raison bien à lui de s \u2019engager, d it une psychologue dans son roman.Donc, pour détricoter ce processus, il faut bien l\u2019identifier.Et proposer au jeune une autre façon de s\u2019engager.» Environ 50% des jeunes suivis par le centre de prévention fondé par Mme Bouzar n\u2019étaient pas musulmans au moment de leur embrigadement.Et ceux qui l\u2019étaient n\u2019étaient pas près de la religion, dit-elle.On rap- por te d\u2019ailleurs avoir trouvé des exemplaires du Coran pour les nuls dans les effets de personnes qui s\u2019étaient engagées pour le djihad.Ma meilleure amie s\u2019est fait embrigader se déroule au moment des attentats de Paris de novembre dernier.La jeune Sarah se dirige d\u2019ailleurs vers le Bataclan au moment où ils explosent.« Les attentats ont galvanisé ceux qui étaient en fin de processus de rad ical i té , parce qu\u2019 i l s ont l \u2019 impress ion que c\u2019est une aide divine qu\u2019il y ait eu autant de mor ts.À l \u2019inverse, ceux qui étaient en début de processus se sont déra- dicalisés tout seuls », à la suite des attentats, remarque Mme Bouzar.Elle affirme par ailleurs que des commandos sont toujours à l\u2019œuvre en France pour commettre d\u2019autres attentats.Des cibles de choix Les adolescents sont une cible de choix pour l\u2019endoctrinement parce que l \u2019adolescence est une époque où l\u2019on découvre la dure réalité du monde et où il est tentant de se perdre.La psychologue du roman travaille d\u2019ailleurs à faire reprendre son individualité à Camille, ce qui la force à faire des constatations douloureuses.« Oui, j\u2019ai compris que je n\u2019étais qu\u2019une ado qui voulait mourir», dit-elle dans le roman.Et Mme Bouzar constate que ce sont les jeunes adolescents, entre 14 et 16 ans, qui sont les plus dif ficiles à déradicaliser.« Ils ont tout le temps besoin du groupe», dit-elle.Et c\u2019est le cas même si ce groupe est souvent composé de gens qu\u2019ils n\u2019ont jamais rencontrés autrement que dans le cadre de communications sur Internet.Le Devoir MA MEILLEURE AMIE S\u2019EST FAIT EMBRIGADER Dounia Bouzar La Martinière Jeunesse Paris, 2016, 240 pages SUITE DE LA PAGE 1 DJIHAD JOËL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE Dounia Bouzar cerons donc en famille, en bonne et due forme, prochainement», a-t-il écrit.Sur les réseaux sociaux, l\u2019ex-ministre des Finances Nicolas Marceau a indiqué que sa réflexion n\u2019était pas terminée et que, dès que ce sera fait, il fera connaître sa décision de se lancer ou non dans la course.La course se dessine Première à plonger dans la course officiellement, Véronique Hivon n\u2019accordait pas d\u2019entrevues aux médias, dimanche.Elle a reçu l\u2019appui du député de Labelle, Sylvain Pagé.«Si je veux que la souveraineté se réalise, nous avons besoin de faire confiance à une personne qui saura rassembler, rassurer, inspirer et convaincre.Je crois donc fermement que nous avons besoin de Véronique Hivon », a-t-il écrit sur sa page Facebook.Il sera à ses côtés lundi.Le député de Bertrand, Claude Cousineau, a été le premier député à appuyer la semaine dernière la candidature éventuelle de Mme Hivon.Le député de Berthier, André Villeneuve, et la députée de Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, sont aussi du nombre.Des militants se réjouissent qu\u2019elle ait décidé de se lancer, elle qui s\u2019était ralliée à Alexandre Cloutier lors de la dernière course.La page Facebook «Rassemblé-e-s pour Véronique Hivon à la direction du Parti québécois» recueillait plus de 2300 «j\u2019aime», dimanche.Martine Ouellet estime que le parti doit se centrer sur ses deux «piliers » : l\u2019indépendance et la social-démocratie.« Il faut agir pour rassembler les forces souverainistes et progressistes », a-t-elle dit en entrevue.Cette course, qui se jouera vraisemblablement autour de jeunes politiciens, «est une démonstration assez éclatante que le PQ est aussi le parti de la nouvelle génération, où il y a plein de talents diversifiés, où il y a de la relève», a-t-elle ajouté.Alexandre Cloutier n\u2019a pas rappelé Le Devoir dimanche.Pour l\u2019instant, le jeune parti Option nationale ne compte pas se ranger derrière l\u2019un ou l\u2019autre des candidats.Le chef, Sol Zanetti, aurait appuyé un retour de Jean-Martin Aussant, mais ce dernier ne se présentera pas.«Nous sommes devant des candidats qui sont jeunes, ef fective- ment, constate M.Zanetti.Mais celui qui a le plus renouvelé les idées en Amérique du Nord dans la dernière année a 74 ans, c\u2019est Bernie Sanders.Ce qui est important, ce sont les idées, et non pas l\u2019âge des personnes.» Pour séduire M.Zanetti, un candidat à la direction du PQ devrait prendre un «engagement clair à faire l\u2019indépendance».«Il ne suffit pas de meet- tre des gens jeunes, il faut des idées courageuses.Nous avons une ouverture à collaborer avec un candidat qui aurait ce courage.» Vers un chef en octobre L\u2019appel au « couronnement » d \u2019Alexandre Cloutier lancé par Bernard Landry n\u2019aura donc pas de suite.Ce n\u2019est pas dans l\u2019ADN du parti, selon le tout nouveau chef intérimaire, Sylvain Gaudreault.« Le Parti québécois a été le premier au Canada à faire en sorte que son chef soit élu au suffrage universel des membres », a-t-il rappelé en entrevue, dimanche.«Les autres partis ont emboîté le pas.C\u2019est donc dans la culture même du parti.M.Landry, et je le respecte, peut plaider pour un couronnement.Mais il n\u2019y a rien dans nos statuts qui le permettent, si des gens souhaitent se présenter.» Comme chef intérimaire, Sylvain Gaudreault fera de l\u2019équité un principe fondateur alors que les différents aspirants chefs se lanceront dans une opération séduction tout en assumant leurs fonctions de députés.« Il est normal que chaque candidat souhaite tirer son épingle du jeu.Mais il faudra trouver un équilibre entre les interventions de chacun.Je prône l\u2019équité tout en tenant compte de l\u2019actualité et des dossiers de chacun», a expliqué M.Gaudreault.Assiste-t-on à un certain renouveau du parti avec ces candidatures de politiciens plus jeunes ?Pour Sylvain Gaudreault, c\u2019est dans l\u2019ordre des choses.« Il y a plusieurs députés de cette génération, et j\u2019en suis, qui arrivent à stade où c\u2019est leur tour d\u2019assumer des responsabilités plus importantes.» Même si la dernière course au leadership est récente, les militants répondent présents, ob- serve-t-il.« Pas que les gens soient satisfaits du départ de M.Péladeau.Mais les membres du parti aiment débattre.» Samedi, le président du PQ, Raymond Ar- chambault, a annoncé que le prochain chef serait élu au plus tard le 15 octobre prochain.La Conférence nationale des présidents et des présidentes, le 27 ou le 28 mai prochain, permettra de déterminer la marche à suivre.Les représentants des 125 circonscriptions détermineront les modalités de la course, notamment les règles de financement, la tenue des débats, le nombre de signatures nécessaires pour se présenter ainsi que le calendrier.Avec La Presse canadienne Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CHEFFERIE Aussant s\u2019explique L\u2019ancien député péquiste et fondateur d\u2019Option nationale, Jean-Martin Aussant, a confirmé les rumeurs, dimanche, affirmant sur Facebook qu\u2019il ne briguera pas la direction du PQ.«Bien que mes convictions et ma passion pour la cause souverainiste soient toujours intactes et que je suive de près tout ce qui concerne l\u2019avenir du Québec, un retour en politique est exclu à ce moment-ci», a-t-il écrit.Outre le fait que sa présence soit essentielle à ses deux enfants de cinq ans, men- tionne-t-il, il explique apprécier son travail comme directeur général du Chantier de l\u2019économie sociale du Québec.M.Aussant a nié donner son appui à Véronique Hivon, comme cela avait été écrit par La Presse, qui citait une source anonyme.«Mes fonctions actuelles demandent que je demeure neutre sur le plan de la politique partisane», écrit-il.M.Aussant laisse la porte ouverte à un retour éventuel en politique, affirmant que « l\u2019avenir dure longtemps»."]
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