Le devoir, 14 mai 2016, Cahier A
[" O D I L E T R E M B L A Y à Cannes Q ue pareille démesure fantaisiste, sur fond d\u2019anthropophagie, d\u2019unions consanguines et de parc à huîtres sur côte de la France du Nord, soit enfantée par le jadis austère Bruno Du- mont montre la bonne santé d\u2019un cinéma hexagonal capable de rebondir aussi loin.Longtemps abonné aux tragédies, ce cinéaste aura basculé du côté de la comédie déjantée à travers le formidable P\u2019tit Quinquin en 2014.Depuis, sa folie retrouvée le nourrit et l\u2019enivre.Nous de même.Si le jury demeure insensible aux charmes de Ma loute, ce sera pour cause d\u2019aveuglement et de surdité.Bientôt au palmarès ; on M A R I E - M I C H È L E S I O U I I l y a eu les inondations au Manitoba, le verglas au Québec, les séismes en Colombie-Britannique\u2026 La liste des endroits bouleversés par les catastrophes naturelles est longue, mais qui subit un désastre ne choisit pas toujours de se relever.AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Référendum: Alexandre Cloutier n\u2019est pas pressé.Le député de Lac-Saint- Jean se lance dans la course à la chefferie du PQ.Page A 3 Avis légaux.C 6 Carrières .C 5 Décès.C 9 Mots croisés .D 4 Petites annonces .C 9 Sudoku .D 5 V O L .C V I I N o 1 0 7 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 2 , 8 3 | S + T A X E S = 3 , 2 5 | S Culture Le MAC lance une rétrospective Alleyn Page E 1 Aérodromes Une autre ville se voit forcer la main Page A 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m 50 QUÉBEC 418-654-8677 LÉVIS 418-654-8677 TROIS-RIVIÈRES 819-696-8677 MONTRÉAL 514-231-8677 LAVAL 450-627-3716 LONGUEUIL 450-445-9829 .CA Certifié 5 Étoiles® TOILES À ROULEAUX \u2022 PANNEAUX COULISSANTS \u2022 PERSIENNES \u2022 STORES VOILAGE \u2022 STORES ROMAINS STORES HORIZONTAUX \u2022 STORES MOTORISÉS \u2022 STORES DE VERRIÈRES \u2022 STORES VERTICAUX ESTIMATION GRATUITE 1 855 770-8677 OPAQUES TRANSLUCIDES SOLAIRES MOTORISATION DISPONIBLE L\u2019Artisan du Store Claude Bouchard Québec, Lévis, Montréal, Trois-Rivières, Repentigny, Laval, Boisbiand, Mont-Tremblant, Longueuil, Beloeil, Magog % de rabais ou INSTALLATION GRATUITE JASON FRANSON LA PRESSE CANADIENNE Justin Trudeau a visité la zone sinistrée, vendredi, en compagnie du chef des pompiers, Darby Allen.Il a annoncé une bonification de l\u2019assurance-emploi.C\u2019est la ville-dortoir des uns, la maison des autres, mais Fort McMurray est surtout une boom- town, une ville de pétrolières que même un énorme incendie ne réussit pas à arrêter.Or, une partie de la communauté est aujourd\u2019hui ef fondrée.Doit-on absolument la réédifier ?Doit-on reconstruire Fort McMurray ?A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T F avorisés par le ministre Barrette pour augmenter l\u2019accès à un médecin pour la population, les groupes de médecine de famille (GMF) récolteront en moyenne le double en financement public, incluant les ressources financières et humaines.C\u2019est du moins ce qu\u2019a calculé Le Devoir à partir de données fournies par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).Avec le nouveau cadre financier des GMF, le financement moyen par patient inscrit par an passera de 16 à 33 $, ce qui signifie que la subvention moyenne par GMF par an bondira de 277 000 à 565 800 $.L\u2019enveloppe globale de ressources consacrées aux GMF augmentera de 95 millions en 2014-2015 à environ 145 millions en 2016-2017, démontrent les données fournies par le MSSS.Les plus gros GMF, qui suivent plus de 30 000 patients, récolteront plus de 1,1 million de dollars en ressources.En devenant aussi des cliniques réseau, ils pourraient ajouter jusqu\u2019à 232 966 $ à ce financement, pour une subvention théorique maximale de 1,3 million de dollars.Annoncées récemment par le ministre Barrette, les cliniques réseaux, ou « su- percliniques », doivent garantir des heures de RÉFORME BARRETTE Les GMF recevront deux fois plus par patient ANNE-CHRISTINE POUJOULAT AGENCE FRANCE-PRESSE Juliette Binoche, Fabrice Luchini et Valeria Bruni Tedeschi se prêtent au jeu loufoque de Ma loute.FESTIVAL DE CANNES À l\u2019école du burlesque et des enchantements Dossier \u203a Remodeler les esprits après le désastre.Les citoyens devront s\u2019adapter aux nouvelles conditions.Page A 6 Trudeau offre de boni?er l\u2019assurance-emploi pour les chômeurs de la région.Page A 7 Livres S\u2019il suf?sait d\u2019aimer Céline Dion Page F 1 VOIR PAGE A 12 : CANNES VOIR PAGE A 12 : FOR T MCMURRAY VOIR PAGE A 12 : GMF Mai 2016 Une Lettre Ouverte au Secteur de la Ges tion de Placements Malgré la volatilité récemment observée sur les marchés, la plupart des dommages éco nomiques Bien que le secteur de la gestion de placem ents, un important sous-ensemble des serv ices de sujets concernant les clients, notammen t la conduite que les gestionnaires doivent a dopter, les Caisse de dépôt et placement du Québe c California Public Employees\u2019 Retirement System California State Teachers\u2019 Retirement Sy stem Illinois Municipal Retirement Fund Massachusetts Pension Reserves Invest ment Management Board State Board of Administration of Florida Virginia Retirement System Washington State Investment Board © 2016 CFA Institute.Tous droits réservés.Ce communiqué a été payé par CFA Institute, commanditaire du Code déontologique du gestionnaire de fonds.Aucune des organisations signataires de cette lettre n\u2019a été rémunérée par CFA Institute pour sa participation. M A R C O B É L A I R - C I R I N O à Alma L e candidat à la direction du Par ti québécois, Alexandre Cloutier, n\u2019était pas pressé vendredi de redémarrer la machine référendaire.« Notre niveau de préparation actuel est insuffisant », a-t-il affirmé sans ambages aux dizaines de personnes agglutinées dans la Boîte à Bleuets, à Alma.L\u2019élu de 38 ans a officialisé sa candidature à la succession de Pierre Karl Péladeau dans cette salle multifonctionnelle du chef-lieu de la région du Sa- guenay\u2013Lac-Saint-Jean.Il était entouré de l\u2019ex-chef intérimaire Stéphane Bédard et de huit membres du caucus péquiste.En moins de deux semaines, M.Cloutier a réussi le tour de force d\u2019obtenir l\u2019appui du doyen de l\u2019Assemblée nationale, François Gendron, ainsi que des députés Agnès Maltais, Harold Lebel, Dave Turcotte, Martin Ouellet, Sylvain Roy, Sylvain Rochon et Guy Leclair dans sa deuxième tentative pour prendre les commandes du PQ.«Le Parti québécois est et demeurera, sous ma gouverne, une vaste coalition nationale, mais il le fera cependant en étant clair dans ses orientations et en restant fidèle à son ADN: un parti progressiste et souverainiste», a déclaré le député de Lac-Saint- Jean à un jet de pierre de la rivière La Petite Décharge.L\u2019ex-ministre délégué à la Gouvernance souverainiste a décidé de mettre au rancart la proposition de tenir un référendum après qu\u2019un million de Québécois aient apposé leur signature dans un registre officiel.« Je crois toujours à cette idée fondamentale de créer une grande mobilisation citoyenne en faveur de l\u2019indépendance.[\u2026] On aura des discussions entre autres sur la meilleure façon de créer cette mobilisation populaire », a expliqué le Bleuet diplômé de l\u2019Université Cambridge, se disant largement inspiré par la démarche référendaire écossaise.« En Écosse, il y en avait un registre et ils ont eu leur million et malgré tout ils n\u2019ont pas atteint leur objectif », a-t-il fait remarquer.Les indépendantistes québécois ne doivent pas s\u2019y tromper : « le travail à accomplir est énorme», a-t-il soutenu à deux ans et demi des prochaines élections générales québécoises.«L\u2019heure est au travail, au rassemblement des Québécois et à la préparation d\u2019un nouveau projet de pays.» Selon lui, l\u2019Institut de recherche sur l\u2019indépendance légué par l\u2019ex- chef Pierre Karl Péladeau sera fort utile pour y arriver.« Je ne me présenterai pas aux Québécois sans leur dire concrètement ce qui va arriver en votant pour le PQ», a-t-il conclu.La «priorité nationale»: l\u2019éducation S\u2019il se voit confier les rênes du pouvoir, M.Cloutier accorderait la «priorité nationale» à l\u2019éducation, ainsi qu\u2019au développement économique de tout le Québec.L\u2019avocat s\u2019était drapé vendredi avant-midi dans les habits d\u2019un défenseur acharné du «nationalisme économique » déterminé à « poursuivre les grands chantiers » entrepris par l\u2019ancien chef péquiste Pierre Karl Péladeau.« La prospérité économique et la création d\u2019emplois doivent aussi être au cœur de notre action politique», a-t-il ajouté.M.Cloutier a aussi insisté sur l\u2019importance d\u2019assurer non seulement la protection, mais également la promotion de l\u2019«identité», la «langue» et la «culture» de la nation québécoise.Deux candidats en lice, pour l\u2019instant M.Cloutier a été présenté à la centaine de personnes agglutinées dans la Boîte à Bleuets par l\u2019homme fort \u2014 et «fébrile» \u2014 de Chicoutimi Stéphane Bédard.«C\u2019est un joueur d\u2019équipe.C\u2019est surtout un leader», a fait valoir l\u2019ex-chef intérimaire du PQ.« On le voit au- jourd\u2019hui: Alexandre rassemble!» D\u2019ailleurs, M.Cloutier a rejeté l\u2019étiquette de «candidat de l\u2019establishment » du PQ, se disant fort d\u2019une «diversité d\u2019appuis tout à fait exceptionnelle ».En mai 2015, le « jeune premier » du Lac-Saint-Jean avait terminé un « véritable marathon de sept mois » au second rang, obtenant 29 % des votes des membres du PQ \u2014 contre 58 % pour Pierre Karl Péladeau et 13 % pour Martine Ouellet.«Cette course m\u2019a beaucoup appris.Elle m\u2019a fait évoluer.Elle a forgé l\u2019homme politique que je suis devenu », a-t-il soutenu, précisant du même souf fle « suppor te[r] mieux la pression » aujourd\u2019hui.« Je pense que ma femme est d\u2019accord.» Alexandre Cloutier a of fi- cialisé sa candidature à la chefferie du PQ quatre jours après son « amie » Véronique Hivon.«À la fin [de la course], comme l\u2019a si bien écrit Shakespeare, nous pourrons toutes et tous dire : \u201cTout est bien qui finit bien\u201d », a écrit la députée de Joliette sur le réseau social Facebook.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 Achetons tableaux de qualité canadiens et européens.Grande valeur offerte ODETTE YACCARINI Décédée le 11 mai 2016 Nous avons le regret d\u2019annoncer le décès de madame Odette Yaccarini survenu au Caire, en Egypte, le 11 mai 2016.Fille de feu Marie Thomas et de feu Antoine Yaccarini, elle était la sœur de feu Marcelle Yaccarini, feu Georges Yaccarini, feu Maurice Yaccarini, feu Jean Yaccarini, feu Benoit Yaccarini, feu Emile Yaccarini et feu Edmond Yaccarini.Elle laisse dans le deuil ses nièces et neveux, Huguette, Thérèse (Jacques Ménard), Danièle, Norma (Didier Bonaventure), Antoine (Monique Yaccarini), Jean-Marie, André, Christian (Nathalie Cardin), feu Claude et feu Yves.Elle laisse également dans le deuil deux petites-nièces qu\u2019elle adorait, Laila et Julia.Le service a eu lieu au Caire, terre natale d\u2019Odette et de ses sœurs et frères.MARCO BÉLAIR-CIRINO LE DEVOIR Alexandre Cloutier en compagnie de sa mère, Lise Duchesne, vendredi à Alma RÉFÉRENDUM Alexandre Cloutier n\u2019est pas pressé Les candidats devront déposer, au plus tard le 30 juin, leur bulletin de mise en candidature assorti de deux chèques de 10 000 $ chacun \u2014 datés du 30 juin et du 30 août \u2014 en plus d\u2019une liste de 1500 signatures à la permanence du PQ, selon un scénario qui sera soumis à la conférence nationale des présidentes et des présidents (CNPP) à la fin mai.Le PQ compte organiser deux débats \u2014 un à Montréal, un autre à Québec \u2014 en septembre, puis convier les membres de la formation politique à se prononcer sur le successeur de Pierre Karl Péladeau, par téléphone, entre le 5 et le 7 octobre.La marche à suivre R O B E R T D U T R I S A C à Drummondville L\u2019 enjeu d\u2019Uber a continué à diviser le Parti libéral lors de son conseil général, qui s\u2019est ouvert vendredi.La Commission-Jeunesse du PLQ (CJPLQ) et son président, Jonathan Marleau, persistent et signent : ils s\u2019opposent toujours avec énergie à la réglementation d\u2019Uber telle qu\u2019énoncée dans le projet de loi 100 présenté par le ministre des Transports, Jacques Daoust.Samedi, la CJPLQ entend faire adopter une résolution sur l\u2019économie de par tage qui exige « un cadre législatif et réglementaire qui prend en compte et qui s\u2019inscrit dans la logique des nouveaux modèles d\u2019affaires des acteurs de l\u2019économie du partage et collaborative ».Dans son discours d\u2019ouverture, le chef libéral, Philippe Couil- lard, n\u2019a pas mentionné la controverse.Mais il y a fait allusion en brandissant le livre sur les valeurs libérales de Claude Ryan, des valeurs libérales « construites avec équilibre », a-t-il dit.« Alors, les libertés individuelles, oui.Certainement dans le mot libéral, il y a le mot liberté.[\u2026] Mais la liberté dans le respect d\u2019une société démocratique, de ses lois, de ses règlements.» La journée de dimanche du conseil général du PLQ sera consacrée à l\u2019étude d\u2019une réso- lution-cadre sur l\u2019éducation.Comme en 1964 au moment de la création du ministère de l\u2019Éducation \u2014 un 13 mai \u2014, « soyons le parti de l\u2019éducation, le gouvernement de l\u2019éducation.Moi, je veux être le premier ministre de l\u2019Éducation », a lancé Philippe Couillard.En revanche, les militants risquent de sentir que leur contribution n\u2019est pas des plus utiles, puisque les grandes orientations en matière d\u2019éducation sont déjà arrêtées.Le ministre de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, en a dévoilé les détails en entrevue.Ce ne peut être le fruit du hasard : les propositions contenues dans la résolution-cadre coïncident parfaitement avec les visées ministérielles.D\u2019entrée de jeu, le document critique les projets de chambardements de str uc- tures comme s\u2019il anticipait la décision du ministre de ne pas procéder à l\u2019abolition des élections scolaires et aux changements dans la gouvernance des commissions scolaires.«Alors que les dernières années ont été monopolisées par les questions de structures, de gouvernance et de ressources, trop peu d\u2019ef for ts ont été déployés autour de ce qui impor te le plus, c\u2019est-à-dire l\u2019apprenant, son milieu et les facteurs reconnus pour favoriser sa réussite scolaire », peut-on lire dans la résolution-cadre.On y retrouve également le projet de Sébastien Proulx d\u2019of frir graduellement la maternelle dès quatre ans à tous les enfants au Québec.Le document suggère aussi d\u2019évaluer la possibilité d\u2019augmenter l\u2019âge de l\u2019instruction publique obligatoire à 18 ans, ce que le ministre entend justement faire.Et comme le ministre l\u2019a évoqué, la résolution-cadre propose de rehausser les exigences d\u2019admission des programmes de formation des enseignants et d\u2019obliger les enseignants à suivre des programmes de formation continue.Enfin, tout comme Sébastien Proulx, le document exprime le vœu que le gouvernement mette fin à l\u2019ancienneté comme unique facteur pour déterminer l\u2019attribution des classes.Samedi, les militants auront 81 résolutions à étudier, mais compte tenu du temps imparti, ils ne pourront se pencher que sur une fraction d\u2019entre elles.L\u2019immigration fait partie des préoccupations des militants : six propositions por tent sur cet enjeu.La Commission des communautés culturelles du PLQ propose que le Québec accueille au moins la par t d\u2019immigrants reçus au Canada qui correspond au poids de sa population.Il faudrait que le Québec admette 70 000 immigrants pour maintenir le même r ythme que le reste du Canada en 2016.Le Devoir CONSEIL GÉNÉRAL DU PLQ Uber continue à diviser les libéraux Lire aussi \u203a Un projet de loi plus nocif que bénéfique, disent des experts.Un texte de notre journaliste Jeanne Corriveau.Page A 10 Les militants risquent de sentir que leur contribution n\u2019est pas des plus utiles, puisque les grandes orientations en matière d\u2019éducation sont déjà arrêtées L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Montréal : 4875, Jean-Talon Ouest · (514) 344-8555 · 1 (866) 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nouvelles règles que venait tout juste d\u2019annoncer son gouvernement en promettant la fin des publicités partisanes aux frais des contribuables.Or, la vidéo mettant en vedette Justin Trudeau est une simple « communication » du gouvernement, et non pas une « publicité », ce qui la rend conforme aux dites règles selon les libéraux.Le gouvernement libéral annonçait jeudi que les messages publicitaires du fédéral ne devront désormais pas présenter de slogan ou d\u2019image identifiant une formation politique, ni la couleur associée au parti au pouvoir, et ils ne pourront pas vanter une mesure avant que celle-ci ait été adoptée par le gouvernement.L\u2019annonce libérale promettait en outre qu\u2019il en serait terminé des publicités présentant un parlementaire \u2014 par la voix ou l\u2019image.La société d\u2019État Destination Canada \u2014 un organisme de marketing touristique du pays \u2014 s\u2019apprête toutefois à lancer une vidéo mettant en vedette\u2026 Justin Trudeau.Le premier ministre y cause restaurants avec une chef américaine fort connue, dans la salle à manger du restaurant montréalais le Garde Manger.«C\u2019est une vidéo qui fait la promotion du Canada, mais ce n\u2019est pas de la publicité par tisane », a fait valoir le secrétaire parlementaire du ministre des Finances, François-Philippe Champagne, à sa sortie des Communes après que son gouvernement eut été bombardé de questions par l\u2019opposition.Conservateurs et néodémocrates ont accusé M.Trudeau d\u2019enfreindre le premier les toutes nouvelles normes qu\u2019il venait d\u2019annoncer.Les libéraux ont rétorqué que la vidéo ne transgressait rien du tout.Pourtant, la veille, le président du Conseil du trésor, Scott Brison, martelait que « la politique s\u2019applique à toutes nos publicités et communications.Et on va agir en conséquence, y compris pour nos campagnes publicitaires dans les médias sociaux».Le gouvernement a cependant rétorqué, vendredi, que l\u2019interdiction de mettre en vedette un ministre dans une vidéo gouvernementale ne s\u2019appliquait qu\u2019aux publicités «payé[es] par le gouvernement pour un placement dans des médias ».Destination Canada ne paiera pas pour dif fuser sa vidéo sur Twitter.Et le message ne vante pas le premier ministre lui- même, mais invite plutôt les Américains \u2014 à qui la vidéo sera destinée \u2014 à faire un voyage au nord de la frontière pour découvrir le Canada, a-t-on argué au gouvernement.« Encore une fois, ce gouvernement se gargarise de beaux grands principes et fait exactement le contraire », a reproché le conservateur Gérard Deltell en qualifiant l\u2019explication des libéraux de «grotesque».«Destination Canada, c\u2019est une société de la Couronne qui fait de la publicité sur les réseaux sociaux.C\u2019est de la publicité.» Un avis partagé par le néodémocrate Peter Julian, qui a accusé les libéraux d\u2019avoir concocté une «politique qui est pleine de trous» et qui permet au gouvernement de défendre une « vidéo promotionnelle produite aux frais des contribuables ».Les libéraux ont souligné que le reste des changements \u2014 interdiction de logo, de slogan et de la couleur du parti au pouvoir \u2014 s\u2019appliquait quant à eux tant aux publicités payées qu\u2019à toutes les communications du gouvernement.Le Devoir PUBLICITÉS PARTISANES Trudeau accusé d\u2019esquiver ses propres règles J E S S I C A N A D E A U L a Fédération des commissions scolaires crie «victoire » : après des mois de tergiversations, le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, abandonne complètement le controversé projet de loi 86, qui visait à réformer la gouvernance scolaire.«Le ministre présentera un nouveau projet de loi avec les éléments qui font consensus dans l\u2019actuel projet de loi », confirme l\u2019attachée de presse du ministre, Marie-Ève Dion.Questionné à son arrivée à Drummondville, où se tient le conseil général du Parti libéral, le premier ministre Philippe Couillard s\u2019est défendu d\u2019avoir commis une erreur à la base avec ce projet de loi.« Dans le projet de loi 86, il y avait l\u2019essentiel : la décentralisation et l\u2019autonomie de l\u2019école.Mais il y avait également ce que [le ministre] Sébastien Proulx appelle des voies qui conduisent plus à des conflits qu\u2019à des solutions pour la réussite des enfants, notamment la composition des conseils scolaires, la question des élections.On veut revenir à l\u2019essentiel et rester sur l\u2019essentiel, qui est la réussite des enfants.[\u2026] On s\u2019occupera des structures quand ce sera prioritaire, ce n\u2019est pas le cas présentement.» Ce dernier démontre par ailleurs une ouverture de plus en plus grande envers l\u2019idée d\u2019imposer l\u2019école obligatoire jusqu\u2019à l\u2019âge de 18 ans, une proposition de la CAQ qui avait tout d\u2019abord été rejetée du revers de la main par les libéraux.Le premier ministre af firme aujourd\u2019hui que cela est non seulement envisageable, mais nécessaire, au même titre que les efforts d\u2019alphabétisation, le soutien aux enfants en difficulté et la maternelle à quatre ans pour tous.«Tout ça est important, incluant la prolongation de la fréquentation scolaire chez les jeunes.» Non coercitif Au cabinet du ministre de l\u2019Éducation, on était incapables de dire vendredi comment cette obligation légale se traduirait dans la réalité et comment on comptait s\u2019assurer que la loi est respectée.«Le ministre évaluera la façon de faire, mais contrairement à la [proposition de la] CAQ, il n\u2019y aura pas de mesures coercitives », répond l\u2019attachée de presse du ministre, Marie-Ève Dion.Mais ce n\u2019est pas encore chose faite.Questionnée sur la volonté du ministre à s\u2019engager dans cette direction, Mme Dion se fait prudente.« Il s\u2019agit d\u2019une ouverture à explorer l\u2019idée», pré- cise-t-elle.Le cabinet était également dans l\u2019impossibilité de quantifier le nombre d\u2019étudiants que cela toucherait.« La question de fréquentation scolaire sera étudiée dans le cadre de la réflexion de la politique.» CSDM À la commission scolaire de Montréal, la présidente, Catherine Harel Bourdon, estime que cette idée d\u2019obliger les jeunes à rester à l\u2019école jusqu\u2019à l\u2019âge de 18 ans constitue un «aspect très important » pour les aider à obtenir leur diplôme d\u2019études secondaires.«On a beaucoup de 16 ans et plus qui décrochent et qui se retrouvent plus tard à la formation aux adultes avec la pensée magique que ça va être plus facile, affirme-t-elle.Si c\u2019est dans la loi, il y a une forme de coercition pour obliger l\u2019élève à fréquenter l\u2019école, parce qu\u2019en ce moment, à partir de 16 ans, le parent n\u2019a plus de prise.» Selon elle, il est faux de croire que cette obligation n\u2019est pas respectée à l\u2019heure actuelle.Selon elle, il arrive «régulièrement» que des signalements soient faits à la DPJ par des directions d\u2019école lorsqu\u2019un élève s\u2019absente trop souvent.Divers moyens sont alors mis en branle pour tenter de le ramener à l\u2019école ou lui offrir des solutions sur mesure, répond-elle.«Mais l\u2019idée, c\u2019est d\u2019essayer qu\u2019il ne parte pas.Il faut travailler le plus en amont possible.» Fédérations «La commission parlementaire a fait ressortir que le Québec n\u2019avait pas besoin de débats de structure et qu\u2019il fallait se consacrer à la réussite des élèves.C\u2019est une belle victoire », af firme la présidente de la Fédération des commissions scolaires, Josée Bouchard.Du côté de la Fédération des comités de parents, on place de grands espoirs dans le prochain projet de loi.«On a donné beaucoup de pistes de solutions au ministre pour lui permettre de faire de bons changements, soutient la présidente Corinne Payne.Il a dit qu\u2019il avait entendu les parents, j\u2019ai hâte de voir ce qui va sortir de cela.» Le Devoir L\u2019abandon du projet de loi 86 réjouit les commissions scolaires JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les ministres Hélène David et Mélanie Joly en conférence de presse, vendredi à Montréal M A N O N D U M A I S J eudi, en présence de John Zeppetelli, directeur général et conservateur en chef du Musée d\u2019art contemporain de Montréal (MAC), et d\u2019Alexandre Taillefer, président du conseil d\u2019administration du MAC, Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien, et Hélène David, ministre suppléante de la Culture et des Communications du Québec, ont annoncé chacune des contributions financières de 18,9 millions de dollars pour la transformation du MAC.À cette somme de 37,7 millions s\u2019ajoute une contribution de 7 millions de la Fondation du MAC, total isant ainsi 44,7 millions.« La parité par faite ! » s\u2019est exclamée la ministre David.« Une nouvelle glorieuse qui marque une nouvelle ère pour le MAC », a lancé le d.g.du MAC.«On a imaginé un MAC plus fréquenté, plus connecté avec les jeunes et les amoureux de l\u2019ar t, a expliqué l\u2019homme d\u2019affaires Alexandre Taillefer.Aujourd\u2019hui, ce rêve-là est déjà réalité.Les musées sont des lieux plus fréquentés que les stades sportifs et nous souhaitons faire du MAC non pas une cathédrale, mais un lieu d\u2019accueil, un musée inspirant qui mérite d\u2019être habité et fréquenté quotidiennement.» Au cours de la conférence de presse, la ministre du Patrimoine canadien (au nom d\u2019Amarjeet Sohi, ministre de l\u2019Infrastructure et des Collectivités) a expliqué que l\u2019annonce, laquelle faisait suite à celle du 20 février 2014 où le ministre des Finances de l\u2019époque, Nicolas Marceau, avait donné le feu ver t à l\u2019agrandissement du MAC, avait tardé puisque le Fonds Chantiers Canada ne soutenait pas les infrastructures culturelles.Il a donc fallu que le ministre Sohi et la ministre Joly en fassent modifier les critères pour que le MAC puisse enfin entreprendre ses travaux de réaménagement.Doubler l\u2019espace Les travaux, qui doivent débuter en 2018 et se terminer en 2020, période durant laquelle le musée sera semi- fermé, permettront au MAC de doubler ses espaces d\u2019exposition, de présenter un plus grand nombre d\u2019œuvres de sa collection permanente, d\u2019accroître la flexibilité des installations, de créer un auditorium, d\u2019accroître l\u2019accessibilité au service éducatif et de permettre une meilleure interrelation avec la Place des Arts et le Quartier des spectacles.Faute d\u2019espace, le MAC ne peut qu\u2019exposer 1,5 % de sa collection permanente, laquelle comporte près de 8000 œuvres : «On va au minimum doubler, potentiellement tripler l\u2019espace dédié à la collection permanente, a expliqué John Zeppetelli en entrevue.Chaque musée ne peut que présenter une partie minimale de sa collection permanente et c\u2019est dommage parce que nous faisons des acquisitions pour la pérennité et les générations futures.Nous voulons un musée dynamique avec des expositions temporaires et ponctuelles, qu\u2019il y ait un bon équilibre entre les deux.Les salles de l\u2019aile nord vont accueillir les expositions temporaires ; les salles de l\u2019aile sud et celles du sous-sol accueilleront la collection du MAC.» « Nous voulons rester dans l\u2019art actuel.Chaque année, notre collection ne fait que grandir, mais c\u2019est aussi important de mettre en contexte les pratiques actuelles.Nous avons donc une exposition que l\u2019on considère comme historique, celle d\u2019Edmund Alleyn, qui couvre quatre ou cinq décennies de son travail, des années 1950 jusqu\u2019à sa mort », conclut le directeur général du MAC.Le Devoir CULTURE Un MAC transformé pour 2020 Accident impliquant un autobus scolaire: une femme perd la vie Une collision entre un autobus scolaire du collège Mont-Saint-Hilaire et une voiture a fait un mort et plusieurs blessés, vendredi en début de soirée sur le boulevard Sir-Wilfrid-Laurier, à Mont-Saint-Hilaire.Peu avant 17 h, l\u2019autobus qui sortait du chemin Authier est entré en collision avec la voiture qui circulait sur la route 116.L\u2019autobus qui transportait une quarantaine d\u2019écoliers a été renversé sur le côté.L\u2019accident a fait 39 blessés.Les écoliers s\u2019en sont tirés avec des blessures mineures, mais les deux occupants de la voiture, un homme et une femme, Décès de l\u2019ex-ministre libéral Denis Hardy L\u2019ancien ministre des Affaires culturelles et des Communications sous le gouvernement libéral ont été grièvement blessés.La femme, âgée de 18 ans, a succombé à ses blessures en soirée, tandis que l\u2019homme reposait toujours dans un état critique au moment d\u2019écrire ces lignes.La Régie intermunicipale de police Richelieu Saint-Laurent se chargera d\u2019enquêter sur les circonstances de l\u2019accident.La Sûreté du Québec est venue lui prêter main-forte.Le Devoir de Robert Bourassa, Denis Hardy, est décédé jeudi à l\u2019âge de 80 ans.M.Hardy a été élu pour la première fois en 1965 en tant que député de la circonscription de Terrebonne lors d\u2019une élection partielle.Défait en 1966, il a été réélu en 1970, puis en 1973.Avocat de profession, il a successivement occupé les fonctions de vice-président de l\u2019Assemblée nationale, d\u2019adjoint parlementaire du ministre des Affaires culturelles, de ministre des Affaires culturelles et de ministre des Communications, jusqu\u2019à son ultime défaite politique en 1976.Il s\u2019est par la suite impliqué au sein de différentes organisations.Il a notamment été nommé gouverneur de la Fédération des sociétés d\u2019histoire du Québec en 2011.Le Devoir I S A B E L L E P O R T E R à Québec M algré ses réticences, une petite municipalité de Lanaudière est forcée d\u2019accepter le développement d\u2019un vaste projet récréotouris- tique.En ef fet, la présence d\u2019un aérodrome dans les plans du promoteur place le projet dans les mains du gouvernement fédéral.Après Neuville, c\u2019est donc au tour de Saint- Cuthbert de se faire imposer un aéroport, et ce, malgré l\u2019opposition de la municipalité.Le promoteur, Guillaume Narbonne et son entreprise Gestion DGNE ont acquis le terrain à la fin mars et comptent y réaliser leur projet en 2017.«Son projet ne respecte pas le règlement de zonage et il va de l\u2019avant quand même, déplore le directeur général de la Ville, Richard Lauzon.Le zonage est [pour le] résidentiel et la villégiature et il veut construire un aérodrome avec une piste d\u2019atterrissage sur ce site-là.» Le maire Bruno Vadnais souligne que l\u2019opposition est forte dans la petite municipalité de 1800 habitants.« On a organisé une rencontre d\u2019information avec la population et les gens se sont opposés farouchement.[\u2026] On a laissé aller la rencontre pendant une heure et ça dégénérait, alors on a arrêté ça.À part le promoteur et sa famille, je n\u2019ai vu personne pour.» L\u2019aérodrome serait aménagé sur un site non habité où se trouvait dans le passé une sapinière où on vendait des arbres de Noël.Le promoteur veut y aménager une piste d\u2019atterrissage sur gazon de 200 pieds de large et 3000 pieds de long.Il prétend que « la majorité » des appareils qui s\u2019y poseront seront des appareils ultralégers, dont le son «porte très peu».«Notre projet va se faire, ce n\u2019est pas une hypothèse, il va se réaliser», insiste M.Narbonne.Le jeune entrepreneur souligne qu\u2019il respecte la loi et dénonce une «campagne de salissage».«Je peux comprendre que la municipalité ne soit pas d\u2019accord avec la loi en vigueur, mais doit-on nous reprocher en tant qu\u2019entreprise familiale de la respecter?» Contrairement au maire, il estime que l\u2019opposition n\u2019émane que d\u2019une minorité d\u2019opposants.«Nous avons plusieurs résidants qui se disent favorables au projet, et en particulier les commerçants.» Saint-Cuthbert et Neuville Par opposition au projet de Neuville, qui cible surtout le transport de personnes, son projet est récréotouristique.Le plan inclut des chalets avec stationnements pour avion, des spas.Rappelons qu\u2019à Neuville, des regroupements citoyens et la Ville militent depuis 2011 contre l\u2019aérodrome implanté par Neuville Aéro sur leur territoire.Or, plusieurs de leurs démarches judiciaires ont été déboutées devant les tribunaux parce qu\u2019un jugement de la Cour suprême de 2010 fait en sorte que les aérodromes ne sont plus soumis aux lois provinciales ni municipales.«On est très au courant du dossier de Neuville, résume le por te-parole du comité Vigilance Saint-Cuthbert, Réal Dansereau.Dans un rayon de quatre kilomètres, il y a pas loin de 150 maisons, fait-il valoir.Des avions, ça vole dans les airs, mais ça peut s\u2019écraser aussi.On a peur pour les résidences dans le secteur.» Quand on lui fait remarquer qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un projet récréotouristique qui valorise le plein air, M.Dansereau rétorque que le promoteur dit vouloir avoir cinq écoles de pilotages.« Cinq écoles de pilotage, c\u2019est un décollage aux dix minutes.Quand tu vis dans une région rurale et paisible, t\u2019as pas envie de ça.» Le PQ dénonce le projet Le 23 avril, environ 150 personnes ont manifesté dans les rues du village pour dénoncer le projet.L\u2019opposition déborde aussi du côté de Saint-Norbert, le village voisin.Pour le Parti québécois, le gouvernement du Québec doit intervenir.«Nous avons au Québec le devoir de dire haut et fort que nous ne sommes pas locataires de notre territoire.Nous sommes propriétaires et on a un mot à dire, plaide le député péquiste local, André Villeneuve.On met beaucoup d\u2019efforts pour aménager notre territoire.Est-ce que c\u2019est normal que tout à coup, en un claquement de doigts, le fédéral puisse décider de ne pas tenir compte de cela et autoriser un projet comme ça?» La municipalité a également obtenu l\u2019appui de la députée néodémocrate Ruth Ellen Brosseau, de la MRC de D\u2019Autray et de l\u2019Union des producteurs agricoles (UPA).Rappelons qu\u2019en plus d\u2019avoir préséance sur les lois municipales, les lois fédérales qui encadrent les aérodromes outrepassent les lois québécoises sur la protection du territoire agricole.Selon le directeur général de la Ville, une autorisation du ministère du Développement durable aurait également été requise, parce que le projet prévoit le déplacement d\u2019un petit ruisseau en vertu de la Loi sur la qualité de l\u2019environnement.Le ministre Garneau interpellé Les opposants espèrent maintenant que le ministre des Transports, Marc Garneau, usera de son pouvoir discrétionnaire pour intervenir.En mars, il a bloqué un projet similaire à Mas- couche et Terrebonne.Dans un arrêté ministériel, il a assujetti la construction de l\u2019aérodrome à une consultation publique et à une série d\u2019ajustements.Le Devoir a cherché à avoir ses commentaires dans le dossier cette semaine, mais on ne nous a pas rappelés.Quant au promoteur, il espère finir par convaincre la municipalité des bienfaits de son projet.Passionné d\u2019aviation depuis l\u2019enfance, M.Nar- bonne affirme que c\u2019est le rêve de sa vie et qu\u2019il compte investir 19 millions de dollars dans l\u2019aventure.«Ça fait depuis 2002 que je travaille là-dessus.J\u2019ai donné toute ma vie à ce projet», dit-il.Il croit avoir fait la preuve de sa bonne foi en prenant l\u2019initiative d\u2019organiser une consultation sur son projet, alors qu\u2019il n\u2019en avait pas l\u2019obligation.Les gens ont jusqu\u2019au 24 mai pour lui soumettre leurs commentaires par courriel.Il compte par la suite aller défendre son projet publiquement.Le Devoir J E A N N E C O R R I V E A U L\u2019 opposition à l\u2019Hôtel de Ville met en garde l\u2019administration Coderre contre le mégaprojet immobilier Quais De Lorimier, qui doit voir le jour au pied du pont Jacques- Cartier.Selon Projet Montréal, l\u2019ensemble commercial et résidentiel ne répond pas aux besoins du quartier Sainte-Marie.Ceinturé par les r ues Sainte-Catherine et Par the- nais, et par l\u2019avenue De Lori- mier et le boulevard René-Lé- vesque, le projet a été dévoilé la semaine dernière par les promoteurs Michael et Claudio Bertone, de la Société de développement Ber tone.Il comprend des bureaux, des commerces, un hôtel, des espaces de divertissement ainsi que deux tours résidentielles de 40 et 28 étages.Des investissements de 500 millions de dollars sont prévus.Signature architecturale La Société de développement Bertone avait fait l\u2019acquisition du vaste terrain après l\u2019échec du projet baptisé Porte Sainte-Marie, qui devait se réaliser conjointement avec la Société des alcools du Québec et qui a finalement été abandonné en 2005.La Chambre de commerce du Montréal métropolitain a salué le projet Quais De Lori- mier, qu\u2019elle a qualifié de « structurant ».« La signature architecturale unique du projet, ajoutée à l\u2019illumination du pont Jacques-Cartier, permettra d\u2019agrémenter l\u2019une des principales portes d\u2019entrée de la métropole », a souligné son président Michel Leblanc la semaine dernière.Immense centre commercial L\u2019opposition à l\u2019Hôtel de Ville ne par tage pas cet enthousiasme.Même si l\u2019arrondissement de Ville-Marie n\u2019a pas encore reçu de demande de permis de constr uction pour les Quais De Lorimier, Projet Montréal s\u2019inquiète.« Les promoteurs proposent un centre d\u2019achats qui aura quatre fois la capacité du Centre Eaton avec quatre étages le long de la rue Sainte-Catherine, sur un lot qui va être impénétrable », a fait valoir le chef de l\u2019opposition, Luc Ferrandez.Le vaste périmètre sera en rupture avec la trame urbaine du secteur, souligne-t-il.«Tout le monde, dans le quartier Sainte-Marie et dans l\u2019arrondissement Ville-Marie, souhaite qu\u2019on développe ce terrain, explique la conseillère dans Sainte-Marie, Valérie Plante.C\u2019est un immense terrain, et on veut que ça se fasse de la bonne façon en respectant les besoins du quartier, c\u2019est-à-dire que ce soit ouvert sur la rue Sainte-Ca- therine, mais également ouvert sur le fleuve et que ça réponde aux besoins de logements pour familles, d\u2019espaces ver ts et de places publiques.» Les Panama Papers Projet Montréal compare le projet au Royalmount, un mé- gacentre de diver tissement surnommé le Quinze40, qui doit être construit dans Mont- Royal, et croit qu\u2019un tel modèle ne devrait pas être reproduit à Montréal.Le par ti d\u2019opposition rappelle que le précédent projet, Porte Sainte-Marie, avait été rejeté par l\u2019Office de consultation publique de Montréal en raison des garanties insuf fi- santes en matière de logements sociaux et abordables.Luc Ferrandez s\u2019inquiète aussi des liens qu\u2019auraient les promoteurs avec une compagnie figurant dans la liste de données des Panama Papers et basée aux îles Vierges britanniques, comme le rapportait Le Journal de Montréal cette semaine.Projet Montréal presse donc le promoteur de retourner à sa table à dessin afin de proposer un projet qui serait plus acceptable.Luc Ferrandez espère que le maire Denis Coderre, qui est aussi maire de Ville-Ma- rie, se prononcera « fermement» contre la réalisation d\u2019un projet commercial de ce type.Les promoteurs soutiennent que le projet respecte le programme par ticulier d\u2019urbanisme (PPU) adopté par l\u2019arrondissement de Ville-Ma- rie en 2012.Ils ont par ailleurs fait appel à Convercité pour consulter les citoyens et organismes du quartier au cours des prochains mois.Il n\u2019a pas été possible, vendredi, d\u2019obtenir de confirmation quant à l\u2019intégration de logements sociaux et abordables.Le projet comportera un lien piéton couvert en parallèle de la rue Sainte-Catherine afin de relier l\u2019avenue De Lori- mier à la rue Parthenais.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 Admission Automne 2016 CERTIFICATS UNIVERSITAIRES Communication appliquée Coopération internationale Criminologie Droit Études individualisées Français langue seconde Gérontologie Gestion police et sécurité Gestion services de santé et services sociaux Gestion philanthropique Intervention auprès des jeunes Intervention en déficience intellectuelle et en TSA Journalisme Petite enfance et famille Publicité Rédaction professionnelle Relations industrielles Relations publiques Santé communautaire Santé et sécurité du travail Santé mentale Toxicomanies Traduction I et II Victimologie fep.umontreal.ca fepudem Jumelez travail et études Saint-Cuthbert forcée de se plier à la volonté d\u2019un promoteur Le fédéral aura le dernier mot pour l\u2019implantation d\u2019un projet récréotouristique composé d\u2019un aérodrome MONTRÉAL Un mégaprojet suscite la controverse SOCIÉTÉ DE DÉVELOPPEMENT BERTONE Ceinturé par les rues Sainte-Catherine et Parthenais, et par l\u2019avenue De Lorimier et le boulevard René-Lévesque, le projet comprend des bureaux, des commerces, un hôtel, des espaces de divertissement ainsi que deux tours résidentielles de 40 et 28 étages.A N T I C O S T I La fracturation hydraulique est reportée d\u2019un an Gérée par Pétrolia, la société en commandite Hydrocarbures Anticosti reporte à l\u2019été 2017 les travaux de fracturation hydraulique qu\u2019elle avait l\u2019intention de réaliser prochainement sur l\u2019île d\u2019Anticosti.L\u2019entreprise a indiqué par voie de communiqué vendredi que trois forages étaient toujours prévus au cours de la saison estivale.Les travaux doivent débuter en juin.Le report de la fracturation hydraulique, qui n\u2019était pas prévue aux contrats initiaux, permettra d\u2019allonger la période d\u2019essai de la production prévue une fois la fracturation hydraulique terminée, en plus d\u2019analyser plus en profondeur certaines données de production.Initialement, on prévoyait des travaux de fractu- ration hydraulique en septembre 2016.Hydrocarbures Anti- costi attend toujours l\u2019octroi du certificat d\u2019autorisation par le gouvernement Couillard pour la deuxième phase des travaux exploratoires.La Presse canadienne Le bilan routier s\u2019est un peu détérioré en 2015, mais les jeunes s\u2019améliorent Les usagers de la route au Québec n\u2019ont pas réussi en 2015 à maintenir la baisse constante du nombre de décès dans des accidents, mais le bilan routier demeure tout de même excellent et, surtout, les jeunes semblent commencer à saisir les multiples messages sur les risques et les responsabilités qu\u2019implique la conduite automobile.Le bilan présenté par la présidente et directrice générale de la Société de l\u2019assurance automobile du Québec (SAAQ), Nathalie Tremblay, vendredi à Québec, fait état de 361 décès dans des accidents de la route, soit 39 de plus qu\u2019en 2014, une augmentation de 12,1%.Cependant, 2014 avait présenté le meilleur bilan depuis 1945, après huit années consécutives de baisse du nombre de décès, et l\u2019augmentation du nombre de décès de l\u2019an dernier place tout de même l\u2019année 2015 au deuxième rang, ce qui n\u2019a pas empêché la SAAQ de prendre bonne note du recul.«Il nous donne un signal clair qu\u2019en sécurité routière, on ne doit rien tenir pour acquis», a affirmé Mme Tremblay.Mais il serait difficile de déterminer si ce sont les comportements des conducteurs qui doivent être montrés du doigt ou des facteurs externes, telles la baisse des prix de l\u2019essence et une météo favorable en 2015.«Les déplacements peuvent avoir augmenté et, donc, occasionner une plus grande exposition au risque d\u2019être impliqué dans un accident», a fait valoir la présidente.Elle a toutefois souligné à grands traits l\u2019amélioration du bilan chez les jeunes de 15 à 24 ans, qui a connu une troisième année consécutive d\u2019amélioration, avec une baisse significative de 12,7% des décès en 2015.La Presse canadienne M A R I E - M I C H È L E S I O U I L es sites des pétrolières installées dans le secteur de For t McMur ray ont été relativement épargnés par les incendies de forêt, mais l\u2019économie du pétrole s\u2019en ti- rera-t-elle indemne pour autant ?Pour le savoir, Le Devoir s\u2019est livré à un petit exercice de calcul avec Luc Vallée, stratège en chef chez Valeurs mobil ières Banque Laurentienne.Le Canada produit quatre millions de barils de pétrole par jour, dont trois millions proviennent de l\u2019Alberta.Les incendies de forêt causent des pertes de 1,2 million de barils de production par jour.Est-ce la catastrophe ?Pas encore, car il y a 30 millions de barils en réser ve dans l\u2019ensemble de l\u2019Alberta, souligne M.Vallée.«Si on est prudent et que l\u2019on considère qu\u2019on perd un million de barils par jour pendant quatre semaines, ça fait un total d\u2019environ 30 millions.Ça veut donc dire qu\u2019on a une réserve suffisante», calcule le stratège.Autrement dit, des per tes semblables à celles que subissent actuellement les pétrolières seraient « soutenables » pendant un maximum d\u2019un mois, selon M.Vallée.« Tout laisse penser que ça n\u2019ira pas plus loin que ça [dans le temps]», prévoit-il.Avant de pousser un soupir de soulagement, il faut jeter un coup d\u2019œil aux prévisions de l\u2019équipe de M.Vallée.En se basant sur le scénario d\u2019un mois de ralentissement, l\u2019équipe a revu à la baisse ses prévisions pour la croissance canadienne en 2016, les faisant passer de 1,7 % à 1,5 %.Un impact minime, direz-vous?Pas tout à fait.En dollars, cette diminution de deux dixièmes de point équivaut à des pertes de\u2026 3,6 milliards pour l\u2019économie canadienne en 2016! « Et la baisse de 0,2 % que nous avons prévue est un impact net parce qu\u2019il tient compte des impacts positifs sur l\u2019économie qu\u2019aura la reconstruction de Fort McMurray », précise M.Vallée.À ceux qui doutent encore de l\u2019ampleur de l\u2019industrie des sables bitumineux, Luc Vallée propose ces chiffres\u2026 « On estime que 25 000 travailleurs tombent au chômage [en raison des incendies].Or 25 000 employés, c\u2019est l\u2019équivalent de 1 % de la force de travail de l\u2019Alberta.» C\u2019est assez de travailleurs pour faire passer le taux de chômage de l\u2019Alberta de 7,2 à 8 %.Du jamais vu depuis les années 1990.Le Devoir Petits calculs, grosses pertes B O R I S P R O U L X à Edmonton AP l a m o n d o n , petit village de quelque 350 âmes situé à deux heures de voiture au sud de For t McMurray, le gymnase de l\u2019école francophone a été utilisé pour héberger des familles au moment de l\u2019évacuation chaotique de la ville pétrolière.Une semaine plus tard, les évacués ont plié bagage pour se rendre à Lac La Biche ou à Edmonton, plus au sud.Jean Piquette, superviseur dans un site de sables bitumineux Syncrude, est toutefois resté dans le village de son enfance.Attablé au Pélican, seul restaurant et taverne du village, il s\u2019excuse de ne pas maîtriser le français suffisamment pour l\u2019entrevue.Il a quitté les camps du nord de For t McMurray avec un convoi d\u2019évacués et a traversé la ville, dont un bâtiment sur dix a été détruit par les flammes.Il raconte qu\u2019il a porté les mêmes chaussettes et les mêmes bottes pendant cinq jours.«Vous imaginez l\u2019odeur!» Souriant, il semble presque en vacances parmi les siens, alors même que les incendies sont toujours actifs, quoique s\u2019éloignant de Fort McMurray vers l\u2019est.Il a retrouvé à Pla- mondon son cousin, Denis Germain, avec qui il échange des souvenirs de ce qu\u2019était la ville quand ils s\u2019y sont rendus pour la première fois.«On est allés à Fort McMurray du temps où il n\u2019y avait pas de route, raconte Denis.On devait y aller par chemin de fer, le Muskeg Express.» C\u2019était dans les années 1970.Pas peur du retour du feu Maintenant, Jean Piquette considère For t McMurray comme son chez soi, lui qui a vu la ville croître au fil du développement pétrolier.Il comprend que certains travailleurs aient une mauvaise expérience de l\u2019endroit.« C\u2019est une boom town.Les travailleurs ont beaucoup de temps, beaucoup d\u2019argent.C\u2019est une ville un peu folle et ça dépend de ce que tu en fais.» Selon lui, beaucoup de travailleurs de l\u2019Est vont quitter Fort McMurray.«Le drame n\u2019est pas du tout terminé, avance-t-il.Certains souffriront de stress post-traumatique.» Ce n\u2019est pas un retour du feu qui lui fait peur.Au contraire, il est cer tain que les autorités trouveront une manière d\u2019assurer leur sécurité, s\u2019imaginant déjà la mise en place d\u2019un grand mur antifeu.C\u2019est plutôt l\u2019adaptation psychologique qui risque d\u2019être plus ardue.Vu la reprise des principaux sites d\u2019extraction des sables bitumineux, il entrevoit pour les travailleurs une vie dans des camps de logement temporaires dans les bois, pour les semaines, voire les mois à venir.La famille, elle, devra rester derrière.« Ce sera dur pour les relations humaines.» Aaide financière d\u2019urgence À Edmonton, la distribution de l\u2019aide financière d\u2019urgence en milieu de semaine a fait du bien aux déplacés.Ceux qui ne peuvent être hébergés par de la famille ou des amis et qui n\u2019ont pas l\u2019argent nécessaire pour une chambre d\u2019hôtel habitent toujours dans les sites mis en place par les autorités, soit au Centre d\u2019exposition Northlands ou à l\u2019Université de l\u2019Alberta.« C\u2019est beaucoup de stress pour nous, les immigrants », confie Amiel Manan- sala, arrivé des Philippines il y a cinq mois à peine.Avec en main un grand sac à ordures contenant l\u2019essentiel de ses possessions, il explique que sa femme a perdu son emploi peu avant les incendies à cause du ralentissement économique.« Je ne suis pas sûr que je veux y retourner», lâche- t-il.Même son de cloche chez Mohamed Jama, d\u2019Ottawa.« Je veux trouver un travail dans une ville normale comme Edmonton.Je suis tanné de la vie à Fort McMurray.» D\u2019autres n\u2019ont cependant pas le choix de miser sur la re- constr uction.Ceux qui ont contracté une hypothèque pour l\u2019achat d\u2019une maison, par exemple.Le père de famille John-Paul Mweshi est du lot.Installé dans un hôtel du sud d\u2019Edmonton avec sa femme et ses trois enfants depuis une dizaine de jours, le Congolais d\u2019origine sera de ceux qui reconstruiront la vie normale à Fort McMurray.Entretemps, toutefois, il a la lourde tâche d\u2019imaginer une solution un peu plus permanente pour trouver une école où ses deux plus vieux pourront terminer l\u2019année scolaire.Il s\u2019inquiète déjà de l\u2019ef fet psychologique d\u2019un départ aussi brusque pour les enfants.«Nous, les adultes, nous comprenons ce qui se passe.Les enfants, pas nécessairement.C\u2019est la reconstruction émotionnelle qui prendra du temps.» L\u2019aide psychologique, c\u2019est justement la spécialité d\u2019Angé- lina Gionet, directrice de l\u2019Association canadienne-française de Wood Buffalo, la municipalité qui inclut Fort McMurray.Elle- même évacuée de la ville alors que sa maison était la proie des flammes, elle s\u2019est réfugiée à Edmonton où elle organise maintenant le soutien psychologique des membres de sa communauté temporairement installés dans la capitale.«À Fort McMurray, nous avons l\u2019habitude d\u2019aider les gens en détresse.En temps normal, nous aidons ceux qui nous arrivent avec rien, qui sont en bas de l\u2019échelle.» Même si les détails du plan de la province pour un retour à Fort McMurray ne seront pas connus avant près d\u2019une semaine, elle espère pouvoir y retourner au plus vite pour la reconstruction.Déjà, elle a fait le deuil de la forêt qui entoure la ville, dans laquelle elle a l\u2019habitude de marcher tous les jours.«La vie va continuer.Et nous serons là pour aider les gens, comme nous l\u2019avons toujours fait.» Même si ses biens sont maintenant réduits à l\u2019état de cendres, elle préfère ne pas y penser.«Je viens d\u2019une famille de 12 enfants et j\u2019ai toujours été celle qui aide les autres.C\u2019est ma manière à moi de faire mon deuil.» Collaboration spéciale Le Devoir Remodeler les esprits après le désastre Après avoir misé sur l\u2019urgence de replacer les sinistrés, il faut maintenant songer à préserver les relations humaines dans le retour à la ville CHRIS WATTIE AGENCE FRANCE-PRESSE Un véhicule et des maisons carbonisés dans le secteur Beacon Hill de Fort McMurray, en Alberta.Ci-dessous, à droite : deux femmes déambulent le long de maisons mobiles dans un camp juste en dehors de Wandering River.K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I V isitant For t McMurray pour la première fois depuis que des feux de forêt ont réduit en cendres une portion de la ville alber taine, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé une bonification des prestations d\u2019assurance-em- ploi pour trois régions touchées par la tragédie.M.Tr udeau a indiqué en soirée que les régions d\u2019Edmonton, tout comme celles du sud de la Saskatchewan et du sud-est de la Colombie-Britannique, seront ajoutées au programme permettant d\u2019avoir accès à des prestations d\u2019assu- rance-emploi prolongées.Le budget fédéral du mois de mars avait écourté les périodes d\u2019attente pour recevoir des prestations et avait ajouté quelques semaines de couverture dans 12 régions du Canada qui ont été frappées de plein fouet par la chute des prix de l\u2019énergie.Les régions ajoutées vendredi ne se qualifiaient pas pour cette aide supplémentaire, ce qui avait suscité plusieurs critiques à l\u2019endroit des libéraux.Les chômeurs de ces régions recevront c inq se - maines supplémentaires de prestations jusqu\u2019à un maximum de 50 semaines.Les travailleurs de longue date se ver ront of frir 20 semaines supplémentaires, pour un total de 70 semaines.«Nous avons regardé les chiffres et ils démontrent qu\u2019une aide additionnelle est justifiée», a précisé le premier ministre Trudeau.Avec cette aide, « votre gouvernement apporte une importante contribution à la reprise économique de notre province», s\u2019est réjouie la première ministre de l\u2019Alberta, Rachel Notley.«Vous n\u2019êtes pas seuls» M.Trudeau a profité de son passage en Alberta pour rendre hommage aux premiers répondants et la première ministre albertaine pour leur travail depuis le début de la crise.Il a également salué la générosité de la population albertaine et de l\u2019ensemble des Canadiens, qui ont versé des dons de 86 millions de dollars à la Croix-Rouge canadienne en l\u2019espace de 11 jours.« Ces dons ne remplaceront pas tout ce qui a été perdu, mais avec ces cadeaux, vous avez montré que vous soutenez vos compatriotes », a-t-il déclaré.Ottawa s\u2019est engagé à égaler les dons individuels versés d\u2019ici le 31 mai.M.Tr udeau a également voulu rassurer les sinistrés, qui ne savent pas à quel moment ils pourront réintégrer leur demeure.«Vous n\u2019êtes pas seuls.Les Canadiens sont à vos côtés.Vous pouvez vous appuyer sur nous et compter sur nous.Notre gouvernement fera tout ce qu\u2019il peut pour que vous puissiez rentrer chez vous de manière sécuritaire, dès que ce sera possible.» En plus de bonifier les dons reçus par la Croix-Rouge, le gouvernement fédéral offrira assurément un soutien financier supplémentaire, mais il faut d\u2019abord évaluer les besoins, a dit Justin Trudeau.Avec les feux de forêt qui ont grandement ralenti la production pétrolière, la relance économique de l \u2019Alber ta passe-t-elle plus que jamais par la construction d\u2019un nouveau pipeline ?« J\u2019ai toujours dit que pour l\u2019économie de l\u2019Alberta et pour l\u2019économie canadienne, c\u2019est important d\u2019amener nos ressources vers les marchés », a-t-il répondu, disant vouloir le faire de manière « responsable ».« L\u2019Alberta a appuyé de façon significative l\u2019économie canadienne pendant une bonne décennie où les choses allaient bien.Maintenant que ça va mal pour les familles en Alberta, le Canada en entier se penche sur des façons de créer de la croissance économique tout en protégeant l\u2019environnement.» Visite des lieux Plus tôt en journée, le premier ministre a pu constater par lui-même l\u2019ampleur des dégâts causés par l\u2019incendie.Il a d\u2019abord rencontré le chef des pompiers de Fort McMurray, Darby Allen.Il lui a dit être conscient de l\u2019importance de maîtriser le feu actuel, mais aussi de minimiser les impacts du prochain.Il s\u2019est ensuite envolé à bord d\u2019un hélicoptère, survolant à la fois les zones dévastées et les portions de la ville épargnées par les flammes.En après- midi, il a parcouru la ville à pied en compagnie de la première ministre Notley et de M.Allen.M.Trudeau dit avoir été marqué par l\u2019odeur émanant des lieux, les arbres réduits en cendre, les étendues de terrain calcinées.«Nous avons vu un tricycle sur le trottoir dans un quartier qui a été complètement brûlé.Peu importe quel garçon ou quelle fille utilisait ce tricycle avant d\u2019être évacué, il ou elle est en vie, a-t-il souligné.Nous savons que ce fut un terrible désastre, mais il y a de l\u2019espoir.» Incompréhension La visite a aussi été l\u2019occasion pour lui de rencontrer quelque 150 pompiers et premiers répondants après son survol de la ville.«Je ne crois pas que les Canadiens comprennent pleinement ce qui s\u2019est passé.Ils savent qu\u2019il y a eu un incendie.Ils commencent à entendre la fantastique nouvelle selon laquelle une bonne partie de la ville a été sauvée, a-t-il déclaré.Ils ne comprennent pas que ce n\u2019est pas un coup de chance, de la pluie ou du vent.Il s\u2019agissait d\u2019une intervention extraordinaire par des gens tels que vous.» Au total, quelque 2400 structures ont été détruites et 500 autres ont été endommagées.Mais plus de 25 000 structures ont été sauvées des flammes.L\u2019incendie dans la région de Fort McMurray, qui couvrait vendredi une superficie d\u2019environ 2400 kilomètres carrés, s\u2019est éloigné de la ville, mais devrait continuer à brûler dans des zones boisées pendant encore plusieurs semaines.Avec La Presse canadienne Le Devoir Justin Trudeau offre de bonifier l\u2019assurance-emploi En visite dans les zones sinistrées vendredi, le premier ministre a annoncé que les chômeurs de la région auront accès à des prestations prolongées SCOTT OLSON AGENCE FRANCE-PRESSE Des évacués grappillent parmi les dons de jouets dans un centre pour évacués de Lac La Biche.SCOTT OLSONAGENCE FRANCE-PRESSE Tara Payne et ses fils cherchent de quoi se divertir dans un centre pour évacués de Winding River.JASON FRANSON LA PRESSE CANADIENNE Justin Trudeau a visité les quartiers en ruines en compagnie du chef des pompiers, Darby Allen.1,5 % En se basant sur le scénario d\u2019un mois de ralentissement, on a revu à la baisse les prévisions pour la croissance canadienne, les faisant passer de 1,7 % à 1,5 %.En dollars, cette diminution de deux dixièmes de point équivaut à des pertes de 3,6 milliards pour l\u2019économie canadienne en 2016 ! Pendant la reconstruction, les compagnies vont héberger les employés dans les camps de travail, alors que les familles devront rester derrière.Ce sera dur pour les relations humaines.Jean Piquette, habitant de Fort McMurray et travailleur du secteur pétrolier.« » L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 RECONSTRUIRE FORT MCMURRAY A 6 A 7 Les adultes, nous comprenons ce qui se passe.Les enfants, pas nécessairement.La reconstruction émotionnelle prendra du temps.John-Paul Mweshi, père de famille « » COLE BURSTON AGENCE FRANCE-PRESSE F A B I E N D E G L I S E Beaucoup plus de boulevards ou de rues Jacques-Pari- zeau, comme celle que Québec se prépare à lui attribuer.Beaucoup plus de rues Pierre-Bourgault, Benoît-Lacroix, Anne-Hébert, Madeleine-Parent ou Denys Arcand?Dans la foulée du dossier du Devoir sur les grands absents et la faible diversité de la toponymie du Québec (« 101, rue de l\u2019Amnésie collective») publié samedi dernier, des dizaines de lecteurs se sont prononcés, à notre invitation, sur les toponymes qu\u2019ils rêveraient de voir un peu plus se multiplier dans leur environnement.Une consultation, aucunement scientifique, qui expose beaucoup de figures masculines, quelques artistes, deux dates marquantes et une poignée d\u2019étrangetés pas forcément dénuées d\u2019intérêt.« Comme la toponymie of fi- cielle, les propositions sont en grande partie composées de personnages masculins », constate la géographe Caroline Des- biens, professeure à l\u2019Université Laval mais également membre de la Commission de toponymie du Québec.Un Louis Guertin, dit Le Sabotier, passager no 70 d\u2019un des navires de Maisonneuve parti de Saint-Nazaire, en France, le 20 juillet 1653, en fait partie.Il est aux côtés d\u2019un Gaston Mi- ron, poète national, d\u2019un Pier - re Falardeau, réalisateur trublion, ou d\u2019un Dédé For tin, chanteur suicidaire du groupe Les Colocs.Autre constat : « Il n\u2019y a pas beaucoup de surprises », ajoute- t-elle, tout en précisant que, dans celles qui ont été exposées par les lecteurs, quelques- unes méritent toutefois de faire du chemin.Ce ne serait pas le cas de la très décalée «rue Anne-Bonny» proposée par un lecteur ou une lectrice en hommage à cette femme pirate d\u2019origine irlandaise, décédée en Caroline du Sud en 1782.Son mythe, tout comme le souvenir de sa passion avec un certain Rackham, puis avec une Mary Read, est nouvellement nourri par les amateurs de pirates, particulièrement ceux qu\u2019Hollywood situe dans les Caraïbes.Le cas de la rue du Grand- Antonio serait toutefois à prendre avec un peu plus de sérieux, croit Mme Desbiens, puisqu\u2019il rappellerait le passage sur terre d\u2019Antonio Barichie- vich \u2014 son véritable nom \u2014, homme fort, lutteur, artiste de son état, puis composante itinérante de la trame urbaine mont- réalaise jusqu\u2019à sa mort en septembre 2003.Un lecteur l\u2019a ramené au bon souvenir du présent, entre une rue La-Bolduc et une autre visant à célébrer la militante et féministe Simonne Monet-Char trand, deux femmes dont les récurrences dans la toponymie nationale ne seraient pas, selon les répondants à notre appel, à la hauteur de leur contribution.«Une rue au nom du Grand Antonio serait un geste intéressant vers cette petite histoire souvent peu visible dans la toponymie, résume Mme Desbiens.Elle témoignerait aussi d\u2019un parcours d\u2019immigrant et d\u2019itinérant qui est, en soi, une chose encore exceptionnelle dans le paysage toponymique du Québec.» Pas de poésie Du côté des dates, la récolte est plutôt mince avec deux propositions seulement : une rue du 25-avril 1849 pour rappeler l\u2019incendie du parlement de Montréal, et une rue du 22- mars 2012 qui prête à confusion sans justification : elle peut en ef fet faire référence autant au coup d\u2019État au Mali, d\u2019où proviennent plusieurs Néo-Québécois, qu\u2019à la grande manifestation étudiante nationale qui a marqué le 100e jour de grève du Printemps érable.«Cette manière de nommer est pourtant particulièrement riche pour ce qui est de maintenir la mémoire collective, et encore plus lorsqu\u2019elle active cette mémoire en la liant à autre chose que des batailles militaires, comme c\u2019est souvent le cas », rappelle Mme Desbiens, qui se dit que nos rues gagneraient à en faire apparaître davantage.Dernier constat : les propositions font ressor tir un grand vide poétique qui « désole » la géogra - phe.«Une toponymie créative, une toponymie susceptible de nous rattacher au territoire se doit d\u2019évoquer l\u2019esprit du lieu», dit-elle, ce que serait en mesure de faire une « rue du Coureur-des-bois» \u2014 étrangement absente de la toponymie du Québec \u2014, tout comme, d\u2019ailleurs, la rue des Amélan- chiers, la rue des Bouscueils \u2014 nom donné aux glaces en mouvement en hiver sur le fleuve \u2014, ou la rue de la Mouffette, animal de compagnie de l\u2019automobile sur les routes du Québec, que personne n\u2019a encore songé à inscrire sur un panneau de rue ici.Aucun lecteur n\u2019en a d\u2019ailleurs proposé l\u2019ajout, à l\u2019exception de Rachel Bouvet, profes- seure de littérature à l\u2019UQAM et spécialiste de la géopoé- tique, cet ar t qui cherche à rapprocher les lettres et la géographie, en réponse à des questions du Devoir.Outre ces références singulières au territoire, étrangement oubliées, elle propose que davantage de rues de la Drave, des Draveurs, du Gla- ciel \u2014 cette météorisation de la roche par les glaces \u2014 fassent leur apparition.«Le vocabulaire propre au climat nordique a sa place dans notre toponymie», dit-elle.Le lexique du Nord, de la forêt, tout comme les composantes toponymiques innues, at- tikameks, inuites, estime-t-elle, en rêvant de voir ces façons de nommer le territoire diversifiées et ancrées dans le terroir s\u2019imposer un peu plus face aux Colibris, Moulin, Rivière ou Principale, qui dictent leur suprématie sur nos panneaux.«La Commission de la toponymie du Québec a intégré la mise en valeur de toponymes autochtones dans son plan stratégique 2013-2015 », poursuit Mme Desbiens.Dans les derniers mois, une cinquantaine de noms inuits ont d\u2019ailleurs été officialisés par la Commission, qui reconnaît qu\u2019en dehors des communautés ou des territoires autochtones, cette toponymie peine encore à se révéler.L\u2019ouverture pourrait passer par une rue Sachem, proposition d\u2019un de nos lecteurs, que des villes «du sud» du Québec pourraient commencer à faire entrer dans leur toponymie.Le nom est générique, cer - tes, mais il désigne, tout com - me les mots «sagamore», «sa- gamo», «saqamaw», le chef suprême d\u2019une tribu amérindienne, dont plusieurs ont occupé le territoire avant la Découverte, qui semble être le seul point de départ historique du peu de mémoire qu\u2019exprime la toponymie nationale.Le Devoir Pourquoi pas une rue du Coureur-des-bois ?Dans la foulée de notre dossier publié la semaine dernière, les lecteurs du Devoir se prononcent sur les toponymes à inscrire davantage dans le paysage québécois L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 T O P O N Y M I E A 8 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 MATHIEU BOCK-CÔTÉ La vie des idées JEAN-PHILIPPE TROTTIER, CHEF D\u2019ANTENNE Questions d\u2019actualité radiovm.com !! \"#$ %& #'() 91,3 FM MONTRÉAL 100,3 FM SHERBROOKE 89,9 FM TROIS-RIVIÈRES 89,3 FM VICTORIAVILLE 104,1 FM RIMOUSKI PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Certains aimeraient voir s\u2019imposer un peu plus les appellations du terroir face aux Colibris, Moulin, Rivière ou Principale, qui dictent leur suprématie sur nos panneaux.Comme la toponymie officielle, les propositions sont en grande partie composées de personnages masculins Caroline Desbiens, géographe, professeure à l\u2019Université Laval et membre de la Commission de toponymie du Québec « » On veut des noms\u2026 En vrac, voici quelques propositions toponymiques soumises par nos lecteurs.Pierre Bourgault Jacques Parizeau Gaston Miron Benoît Lacroix Michel Chartrand Guillaume Couture Simonne Monet-Chartrand La Bolduc (1849-1941) Grand Antonio Du 25 avril 1849 Anne Hébert Madeleine Parent Sachem Pierre Falardeau Robert et Wolfred Nelson Anne Bonny du Vietnam Louis Guertin Du moulin Émile Bernier Père Lindsay Robert Lebel de Salières Du côté des dates, la récolte est plutôt mince avec deux propositions seulement L I S A - M A R I E G E R V A I S L e constat est le même à la télévision, au théâtre et\u2026 dans la littérature jeunesse au Québec : loin d\u2019occuper l\u2019avant-scène, les personnages issus de l\u2019immigration sont quasi inexistants.Et quand il s\u2019en trouve, ils sont représentés de façon très stéréotypée, ont constaté des chercheurs spécialistes de l\u2019enseignement et de didactique dans un colloque présenté à l\u2019Acfas jeudi.Pire, la situation serait demeurée inchangée depuis 30 ans, après qu\u2019une étude de la Faculté de l\u2019éducation de l\u2019Université de Sherbrooke eut révélé la quasi-absence de la figure de l\u2019Étranger dans les romans jeunesse québécois entre 1980 et 1990.Refaisant l\u2019exercice 30 ans plus tard, Rachel DeRoy-Rin- guette, doctorante en sciences de l\u2019éducation à l\u2019Université de Montréal, arrive pratiquement au même constat.Sur les 600 titres publiés chaque année en littérature jeunesse, elle a étudié de près la figure de l\u2019Étranger dans un corpus d\u2019environ 200 titres pour les 0-11 ans, soit la sélection de Communi- cation-Jeunesse, un palmarès des livres préférés des jeunes.Résultat?18% des livres avaient des personnages issus de l\u2019immigration, et seulement 8 % d\u2019entre eux avaient réellement un rôle « acti f » .« Ce n\u2019est pas beaucoup », souligne Mme DeRoy-Ringuette.Stéréotypes et clichés Trop souvent, les livres regorgent d\u2019allusions clichées et d\u2019illustrations caricaturées (les petits asiatiques sont toujours représentés comme des intel- los à lunettes, les femmes musulmanes sont voilées, les personnages russes sont des espions) et de jeux de mots douteux (un enfant syrien se fait dire que son père est un assassin et un « tueur en Syrie »).Certes, «pour déconstruire les stéréotypes, il faut savoir les reconnaître», avance Mme DeRoy- Ringuette.Or, certains albums ne font que les accentuer, comme ce livre où un petit garçon fait un tour du monde en visitant les quartiers de sa ville.Il s\u2019extasie devant les Fiat et Ferrari dans le quartier italien, mange des baklavas dans le quartier libanais, etc.Quand on s\u2019adresse à des enfants, où est la ligne entre l\u2019apprentissage élémentaire et le stéréotype ?« Je n\u2019ai pas de réponse, mais souvent, elle est dans le trait du dessin, la façon de raconter », dit la doctorante.Encore bien des livres genrés représentent les petits garçons en pompiers et les fillettes en infirmières.« Tout est dans l\u2019accompagnement de la lecture.» Somme toute, plus les livres s\u2019adressent à un public plus âgé, plus ils font de place à la diversité et aux nuances.Et certains ouvrages sont plus inclusifs, comme La clé ou Une petite bouteille jaune (2010), d\u2019Angèle Delaunois, qui raconte l\u2019histoire de Marwa et Ahmad face aux af fres de la guerre.Plus ancien et destiné aux adolescents, La route de Chli fa (1992), de Michèle Marineau, a aussi été cité en exemple par les chercheurs.À qui la faute?Pourquoi la littérature jeunesse reflète-t-elle si peu la diversité des classes dans les écoles du Québec, surtout celle de la métropole?Sachant qu\u2019à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), la plus grosse au Québec, 52 % n\u2019ont pas français comme langue maternelle et que 159 langues différentes sont parlées, Mme DeRoy-Ringuette s\u2019en étonne.«Les auteurs ne voient-ils pas qu\u2019ils ont un public m u l t i e t h n i q u e lorsqu\u2019ils présentent leur livre dans les classes?» s\u2019interroge-t- elle, en émettant l\u2019hypothèse qu\u2019ils viennent de l \u2019extérieur de Montréal ou qu\u2019ils n\u2019ont peut-être pas l\u2019occasion de visiter les milieux scolaires.Selon Suzanne Pouliot, les auteurs font le choix de parler des dif férences plutôt de ce qui se ressemble.« On est semblables en justice, en amour, dans plein de choses.Mais peu d\u2019auteurs misent sur ça.Ils montrent plutôt les oppositions », dit-elle.Elle remarque que les auteurs ne procèdent pas non plus par enquête sur les milieux, en posant des questions aux immigrants, par exemple.« On saupoudre les stéréotypes, on met des baklavas ici et là pour dire : \u201cVoyez ?On ne vous oublie pas.\u201d » Au-delà des auteurs, c\u2019est surtout l\u2019éditeur qui a le der nier mot, croit pour sa part Rachel DeRoy-Ringuette.Les choix des profs Les profs ont aussi leur rôle à jouer pour la diversité, a soutenu Mar tin Lépine, spécial iste de didactique.Dans le cadre de son doctorat en éducation à l\u2019Université de Montréal, il a mené une vaste enquête sur les pratiques des enseignants au primaire lorsqu\u2019il s\u2019agit de faire apprécier la lecture.Grâce aux données de plus de 500 questionnaires retenus, le chercheur a constaté que ce qui influence le plus les profs dans le choix des livres qu\u2019 i ls enseignent est leurs goûts personnels.L\u2019autre grand constat est que les enseignants interrogés \u2014 sur tout des femmes, du secteur public, dont une minorité issue de l\u2019immigration \u2014 ne donnent pas à lire des ouvrages faisant une place à la diversité culturelle.« Si j\u2019arrive de la Syrie et que je me cherche dans les œuvres littéraires, je vais me chercher longtemps », note M.Lépine.Les œuvres les plus enseignées \u2014 chacun des profs devait en nommer deux ou trois \u2014 sont très diverses et ne se répètent pas beaucoup.Sur 1101 entrées, force est d\u2019admettre que les personnages sont surtout très Blancs et francophones.La formation des maîtres varie énormément d\u2019une université à l\u2019autre et, bien souvent, cer tains enseignants passent à côté d\u2019une formation sur l\u2019appréciation et la diversité de la littérature jeunesse, ont fait remarquer les chercheurs présents au colloque.Il semble qu\u2019il faudra s\u2019armer de patience pour voir un changement.« Plus il y aura d\u2019enseignants issus de l\u2019immigration récente, peut-être y aura-t- il plus de place faite à l\u2019étranger dans les livres », conclut Martin Lépine.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 9 DÉCOUVREZ LE NOUVEAU EVOX CITY UN VÉLO ÉLECTRIQUE INSPIRANT evoxbikes.com P A U L I N E G R A V E L Q ue deviennent les antibiotiques qui sont ajoutés à l\u2019alimentation des porcs d\u2019élevage ?L\u2019équipe de Sébastien Sauvé, professeur en chimie environnementale à l\u2019Université de Montréal, a découvert que les produits de la dégradation de ces antibiotiques sont présents à des concentrations largement supérieures à celles des antibiotiques eux-mêmes dans les sols et les eaux de drainage des champs sur lesquels on avait répandu du lisier de porc.Étant donné que de faibles doses d\u2019antibiotiques sont ajoutées de façon systématique à la moulée offerte aux animaux afin d\u2019accélérer leur croissance, M.Sauvé, qui est aussi directeur de l\u2019Institut de l\u2019environnement, du développement durable et de l\u2019économie circulaire (EDDEC), s\u2019attendait à trouver des antibiotiques de la famille des tétracyclines dans le lisier de porc répandu dans les champs, ainsi que dans les sols et les eaux de drainage de ces champs, soit dans les fossés bordant les champs et qui servent à recueillir et éliminer le surplus d\u2019eau des champs.Produits de dégradation des antibiotiques Il a toutefois été étonné de découvrir la présence d\u2019abondantes quantités de substances issues de la dégradation de ces antibiotiques par les mécanismes microbiens se déroulant dans la fosse à purin et dans le sol des champs, ou sous l\u2019action des rayons ultraviolets du soleil.Qui plus est, les concentrations de ces sous-produits étaient largement supérieures à celles des molécules initiales dans les eaux de drainage d\u2019un champ agricole sur lequel on avait répandu une quantité de lisier de porc respectant les normes du plan de fer tilisation d\u2019un éleveur de porcs.Rappelons que les éleveurs procèdent à l\u2019épandage de lisier sur leurs terres dans le but de les enrichir en azote et phosphore.« Chaque producteur est tenu d\u2019avoir un plan de fertilisation qui lui permet d\u2019évaluer la quantité d\u2019azote et de phosphore qu\u2019il peut répandre dans ses champs sans trop contaminer les cours d\u2019eau environnants.Or, ces plans de fertilisation ne tiennent pas compte du fait que le lisier contient aussi des antibiotiques et leurs sous- produits », a fait remarquer M.Sauvé lors d\u2019une conférence présentée dans le cadre du congrès de l\u2019Acfas.Il s\u2019agit pourtant d\u2019un élément important à considérer, puisque deux sous-produits d\u2019antibiotiques étaient jusqu\u2019à 100 fois plus abondants que les molécules mères de la famille des tétracyclines et des chlortétra- cyclines.De plus, alors que certains sous-produits étaient moins toxiques que les molécules initiales, d\u2019autres étaient aussi toxiques, voire jusqu\u2019à deux fois plus toxiques.«Ces résultats nous indiquent qu\u2019il ne faut pas juste s\u2019intéresser aux molécules qui sont ajoutées à l\u2019alimentation des animaux, mais également à leurs sous-produits.Et cette leçon devrait s\u2019appliquer aussi à toutes les autres substances, telles que les pesticides et les herbicides, qui sont utilisées sur les fermes», a souligné le chimiste.Un an après l\u2019épandage de lisier, les chercheurs ont également détecté des antibiotiques, et plus encore leurs produits de dégradation, jusqu\u2019à 40 centimètres de profondeur, et ce, même si le lisier est déposé à la surface des sols.La concentration de cer taines molécules diminuait rapidement en fonction de la profondeur, alors que pour d\u2019autres, elle demeurait élevée même en profondeur, « ce qui signifie que ces molécules se retrouvaient fort probablement dans les eaux souterraines ».« Les concentrations de substances antibiotiques mesurées dans les sols un an après l\u2019épandage \u2014 lesquelles étaient passablement élevées \u2014 représentent les concentrations de base présentes en permanence dans les champs, soit le moins mauvais des scénarios puisque les concentrations augmentent lors d\u2019un nouvel épandage », a précisé M.Sauvé.Conséquences « La présence de résidus de substances antibiotiques dans les sols fait en sorte que les mi- croorganismes qui vivent dans le sol y sont constamment exposés.Il y a aussi la possibilité que ces molécules soient absorbées par les plantes, qui sont habituellement destinées à l\u2019alimentation des porcs.Également, la présence de ces mêmes substances dans les eaux de drainage est particulièrement problématique parce qu\u2019elles sont exportées directement dans les cours d\u2019eau environnants et plus largement dans l\u2019environnement », a indiqué le chercheur.«Notre inquiétude est que ces antibiotiques, ainsi que leurs produits de dégradation qui se retrouvent dans l\u2019environnement, contribuent à la résistance aux antibiotiques.En présence d\u2019antibiotiques, les organismes les plus faibles sont tués ou empêchés de croître, tandis que certains autres, qui sont plus forts, survivront.Les souches survivantes se reproduiront et développeront une résistance aux antibiotiques.Plus on expose un grand nombre de bactéries aux antibiotiques, plus nombreuses seront celles qui développeront des mécanismes physiologiques pour résister aux antibiotiques », a expliqué le chercheur.Hormone stéroïdienne L\u2019équipe de M.Sauvé a par ailleurs été très surprise de trouver dans le lisier de porc de l\u2019acétaminophène et de la médroxyprogestérone, une hormone qui est utilisée dans les thérapies de remplacement prescrites aux femmes ménopausées et qui est administrée par voie orale aux truies d\u2019une même production afin de synchroniser leur cycle de reproduction et de faciliter ainsi l\u2019insémination.Or, les chercheurs de l\u2019Université de Montréal ont mesuré dans les eaux de drainage des concentrations de médroxy- progestérone supérieures à celles rencontrées dans les eaux usées de station d\u2019épuration.« Bien que l\u2019acétamino- phène soit plutôt inof fensif pour les humains, il s\u2019avère toxique pour les chats domestiques et peut-être aussi pour d\u2019autres espèces de la faune.Le médroxyprogestérone est quant à lui un perturbateur endocrinien [susceptible de causer des anomalies physiologiques chez l\u2019humain et ses descendants]», s\u2019est inquiété M.Sauvé.Le Devoir Le fertilisant de porc chargé d\u2019antibiotiques Des sous-produits d\u2019antibiotiques présents en abondance dans le lisier contaminent les sols agricoles et les eaux de drainage LITTÉRATURE JEUNESSE Des pages blanches sans diversité JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les résultats de l\u2019étude indiquent qu\u2019il ne faut pas juste s\u2019intéresser aux molécules qui sont ajoutées à l\u2019alimentation des animaux, mais également à leurs sous-produits.Et cette leçon devrait s\u2019appliquer aussi à toutes les autres substances, dit Sébastien Sauvé.CONGRÈS DE L\u2019ACFAS La doctorante Julie Bergeron-Proulx s\u2019est intéressée à la question du port du voile dans la littérature jeunesse francophone.Très peu de livres québécois pour jeunes existent sur le sujet, le corpus étudié a donc été constitué d\u2019ouvrages de fiction français, disponible chez nous.Le constat ?Une majorité écrasante de livres parle du port du voile comme d\u2019une soumission de la femme.«Ici, la liberté ne peut consister qu\u2019à retirer le voile, pas à décider de le porter», a remarqué la chercheuse de l\u2019Université Concordia, qui explique que cette vision de la laïcité est, depuis longtemps, largement prônée en France.Voilées et soumises M É L A N I E M A R Q U I S à Ottawa L e projet de loi sur l\u2019aide médicale à mourir expose les médecins à un « risque » que le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette, leur enjoint de ne pas prendre.D\u2019après l\u2019analyse qu\u2019en fait le ministre, la mesure législative concoctée par le gouvernement libéral, dans sa mouture actuelle, compor te des critères flous \u2014 en particulier, celui de la mort naturelle raisonnablement prévisible.«Je n\u2019invite aucun médecin à embarquer là-dedans, a-t-il tranché en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.Raisonnablement prévisible, c\u2019est une notion qui n\u2019existe pas.C\u2019est une notion qui, pour moi, n\u2019a pas de sens médical.» M.Barrette conseille ainsi aux médecins d\u2019opter pour la prudence et d\u2019évaluer leurs gestes « en fonction des paramètres de la loi québécoise », parce que « c\u2019est la meilleure façon d\u2019éviter des problèmes de nature juridique».Car « n\u2019impor te quelle situation où le contexte et les constats faits par un médecin ne sont pas clairs, ça le met à risque», a-t-il insisté.« Alors moi, je dis aux médecins du Québec : laissez donc faire ça, regardez ça sous notre angle à nous, parce que c\u2019est le même registre, c\u2019est le même terrain d\u2019application, qui est la fin de vie.Nous, c\u2019est clair.Eux autres, c\u2019est pas clair », a constaté le ministre.Par extension, Gaétan Barrette recommande aux infirmières praticiennes spécialisées \u2014 qui pourraient prodiguer l\u2019aide médicale à mourir en vertu du projet de loi C-14, mais pas selon les dispositions de la loi québécoise \u2014 d\u2019éviter de s\u2019aventurer sur ce terrain.Au Parlement d\u2019Ottawa, la ministre de la Justice, Jody Wil- son-Raybould, n\u2019a pas réagi directement à ces mises en garde en provenance de l\u2019Assemblée nationale.Elle a soutenu que le langage du projet de loi avait été soigneusement choisi, justement pour les médecins.« Nous avons délibérément injecté une flexibilité afin de permettre aux professionnels de la santé, qui ont une relation directe avec leurs patients [\u2026], d\u2019avoir des discussions et de voir ce que la mort raisonnablement prévisible signifie », a-t-elle argué.Les préoccupations formulées par le ministre Barrette s\u2019ajoutent à celles émises la veille par le Collège des médecins du Québec \u2014 le secrétaire de l\u2019organisation, le docteur Yves Rober t, a carrément accusé les législateurs fédéraux de se «contreficher» des médecins.Querelles partisanes autour du débat Pendant ce temps, au Parlement, le torchon brûle entre le gouvernement et les par tis d\u2019opposition, qui ont refusé vendredi d\u2019appuyer une motion visant à permettre au débat sur C-14 en Chambre d\u2019être prolongé jusqu\u2019aux petit matin, mardi et mercredi prochains.L\u2019opposition a voté contre la motion pour des raisons distinctes.Du côté conservateur, le député Gérard Deltell a plaidé que le gouvernement ne s\u2019était pas formellement engagé à donner la parole à tous les députés qui souhaitent le faire.Il a soutenu qu\u2019en l\u2019absence d\u2019une telle promesse, il ne pouvait appuyer la motion.Chez les néodémocrates, le leader parlementaire Peter Julian n\u2019a pas apprécié la tactique procédurale employée par le gouvernement pour déposer la motion \u2014 le règlement invoqué pour déposer la motion vise à forcer la main de l\u2019opposition, a-t-il argué.Le député britanno-colom- bien n\u2019aimait pas non plus l\u2019 idée que les électeurs de l\u2019Ouest ne pourraient possiblement pas écouter leur député s\u2019exprimer en Chambre en raison du décalage horaire.La Presse canadienne J E A N N E C O R R I V E A U L e projet de loi du ministre Daoust visant à serrer la vis à Uber ne réglera pas à long terme les problèmes qui affligent l\u2019industrie du taxi.Mais surtout, il nuira à la mobilité et à l\u2019innovation en matière de co- voiturage, estiment des experts consultés par Le Devoir.Uber devra se plier aux mêmes règles que celles imposées aux compagnies de taxi.Dans le projet de loi présenté jeudi par le ministre des Transports, Jacques Daoust, les «par- tenaires-chauffeurs» devront notamment détenir un permis de taxi (qu\u2019ils pourront louer) et percevoir la TVQ et la TPS pour chaque course effectuée.L\u2019entreprise californienne n\u2019a toujours pas dévoilé ses intentions, mais il semble peu probable que son ser vice UberX survive dans les conditions décrétées par Québec.Tout en reconnaissant que les chauffeurs subissaient une iniquité qui devait être corrigée, Pierre-Olivier Pineau, professeur titulaire à HEC Montréal, croit que le gouvernement commet une « erreur grave» : «Ce que je reproche au projet de loi, c\u2019est qu\u2019il vient perpétuer la protection d\u2019un service de taxi qui pose problème depuis des années.On va peut- être régler pour quelques mois le problème des chauf feurs de taxi, mais ça nous éloigne de la solution à long terme, qui est de rendre les places vides dans les voitures plus disponibles aux gens qui n\u2019ont pas de voiture.» Selon lui, il aurait mieux valu alléger les frais et la bureaucratie imposés à l\u2019industrie du taxi, plutôt que de contraindre Uber à des règles désuètes.« Au Québec, on a tellement de défis à relever pour atteindre nos objectifs de réduction des gaz à effets de serre.Le faire sans pouvoir accéder à cette mise en commun de ces véhicules, c\u2019est une erreur majeure, lance-t-il.C\u2019est la voiture individuelle qui devrait être l\u2019ennemi numéro un.» Professeure à la Faculté de l\u2019aménagement de l\u2019Université de Montréal, Paula Negron abonde dans le même sens.« Le projet de loi n\u2019est pas si dif férent de la loi actuelle.Il ne résout pas les problèmes qui avaient été soulevés tant du côté d\u2019Uber que de l\u2019industrie du taxi, dit-elle.On aurait dû faire un projet de loi pour améliorer le service et essayer de comprendre pourquoi les gens s\u2019en vont chez Uber ou d\u2019autres entreprises ailleurs.» Modulation des tarifs Le projet de loi prévoit que les tarifs des taxis pourront être modulés en fonction de la demande, de plus ou moins 50 %, s\u2019apparentant aux variations de prix décrétés par Uber.Les deux professeurs s\u2019entendent pour dire que la modulation des prix a du bon.«La variation de tarifs n\u2019est pas mauvaise en soi tant et aussi longtemps que les gens sont au courant [avant de monter dans le taxi].Si vous voulez gérer la congestion, il faut jouer dans les tarifs.Ça se fait ailleurs, dans le transport en commun dans d\u2019autres villes notamment», signale Paula Negron.« C\u2019est gagnant », croit pour sa part Pierre-Olivier Pineau.Il est fréquent de voir les chauffeurs de taxi qui font la file à leur station de taxis.«Entre ne rien faire ou faire 5$, le chauffeur va préférer faire 5$», dit-il.Le projet de loi du ministre Daoust a consterné la Com- mission-Jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ).Mais vendredi, le premier ministre ne semblait pas se formaliser de cette dissidence.«Je voulais refaire du Parti libéral un parti de débats et un par ti d\u2019idées.Tant mieux si les gens veulent débattre.[\u2026] Ça peut arriver qu\u2019un gouvernement, qui a une perspective plus large, ne soit pas nécessairement au même endroit», a-t-il indiqué.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 10 LES CAVALIERS DE L\u2019APOCALYPSE .musique mixte.ECM+Flutes présente BILLETTERIE - ecm.qc.ca | 514 524-0173 Véronique Lacroix, chef ECM+Flutes, e e ec Chloé Dominguez, ce e Marie-Hélène Breault, e e e e e Marjolaine Beauchamps 18 mai 2016 | 19h30 Salle de concert du Conservatoire 4750 a e e e - e a SERVICE DE TRANSPORT PAR TAXI Un projet de loi plus nocif que bénéfique, disent des experts AIDE MÉDICALE À MOURIR Le ministre Barrette invite les médecins à être prudents Lire aussi \u203a Un bon début.L\u2019éditorial d\u2019Antoine Robitaille.Page B 4 R O B E R T D U T R I S A C à Drummondville L e ministre de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, se défend de vouloir retarder l\u2019implantation du nouveau programme d\u2019histoire du Québec et du Canada au secondaire.C\u2019est « par souci de cohérence » que le cours d\u2019histoire ne sera pas étendu à l\u2019ensemble des écoles secondaires dès septembre, a expliqué au Devoir Sébastien Proulx.Le programme d\u2019histoire s\u2019étend sur deux ans, en 3e secondaire et en 4e secondaire.Depuis septembre dernier, le cours de 3e secondaire, qui porte sur la période allant des origines à 1840, a fait l\u2019objet de projets-pilotes dans une trentaine d\u2019écoles.En septembre prochain, comme prévu, la deuxième partie du cours, qui relate l\u2019histoire de 1840 à nos jours, fera l\u2019objet de projets-pi- lotes dans les mêmes écoles.Toutefois, la partie du cours en 3e secondaire ne sera pas obligatoirement of ferte dans toutes les écoles à compter de septembre prochain.Comme les élèves ne sont soumis à l\u2019examen du ministère pour le programme qu\u2019à la fin des deux années, soit en 4e secondaire, il semblait prudent d\u2019attendre que les projets pilotes en 4e secondaire soient terminés.Si jamais quelque chose n\u2019allait pas avec la deuxième partie du cours et qu\u2019on devait cesser de l\u2019of frir pour le revoir, ce que personne ne prévoit, il n\u2019y aurait pas d\u2019étudiants qui se retrouvaient Gros Jean comme devant avec la moitié du cours de fait.«Ce qu\u2019on me dit, c\u2019est que ça va très bien, le déploiement des cours en 3e secondaire, et qu\u2019on ne prévoit pas de difficulté avec le cours de 4e secondaire», a-t-il souligné.Le nouveau d\u2019histoire devrait être of fert dans toutes les écoles secondaires à compter de septembre 2017, croit le ministre.Avant que Sébastien Proulx n\u2019entre en poste, le ministère a appor té des modifications au programme à la suite de consultations.« C\u2019est sûr qu\u2019il y a eu des sensibilités de la communauté anglophone.Je sais qu\u2019il y a eu, à l\u2019époque de la rédaction, des sensibilités de la communauté autochtone », a-t-il signalé.Ces changements seraient toutefois mineurs.«On me dit que ce sont de petites modifications.Ce n\u2019est vraiment pas des choses substantielles », a indiqué le ministre.Le Devoir Proulx se défend Le ministre dit ne pas vouloir entraver l\u2019implantation du nouveau cours d\u2019histoire.Des raisons techniques expliquent le retard.MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Selon le professeur Pierre-Olivier Pineau, il aurait mieux valu alléger les frais et la bureaucratie imposés à l\u2019industrie du taxi, plutôt que de contraindre Uber à des règles désuètes. ASSEMBLÉE PUBLIQUE SUR L'AVENIR D£ L\u2019 Conférenciers : ÔTEL-DIEU ©Michel Carra Depuis 2003, des organismes tels que le Centre des Femmes de Montréal, la Coalition communautaire Milton-Parc pour I'accés au logement et a la santé, le Chaînon, la Mission Old Brewery, Atelier habitation Montréal, l'Action Solidarité Grand-Plateau, la firme Rayside Labossière Architectes et plus de 50 autres, se sont mobilisés pour d\u2019abord s'opposer à la vente des immeubles de l\u2019Hôtel-Dieu au privé, et ensuite voir comment transformer ce lieu pour qu'il réponde le mieux possible aux besoins du milieu.lls ont élaboré un vaste projet novateur qui comprend des logements à diverses clientèles, des services de santé, des espaces verts et communautaires, des petits commerces et des ateliers d'artistes.Jeudi 19 mai 2016 de 18h30 à 20h30 Sous-sol de l\u2019Église Notre-Dame-de-la-Salette 3535, avenue du Parc, Montréal, QC H2X 2HS8 Dimitri Roussopoulos, Lucia Kowaluk, Carole Boucher, Ron Rayside Organisé par la Coalition communautaire Miltfon-Parc pour l'accès au logement et à la santé C.P.35788, suce.Léo-Pariseau, Montréal (Québec) H2X0A4 514 842-7432 https://cemp-mpcc.com hitps://www.facebook.com/events/1733633713587677/ Ne D Cultiver Montréa www.cultivermontreal.ca Plusieurs arrondissements de Montréal prendront part a Cette grande tête de l'alimentation et dé l'agriculture : Cultiver Lachine, le 7 mai, de 11 h à 15 h, à l\u2019École secondaire Dalbé-Viau.Cultivons Peter-McGill, le 14 mai, de 9 h à 13 h, au square Cabot.Cultiver Centre-Sud, le 14 mai, au parc Médéric-Martin.Événement horticole de Rivière- des-Prairies\u2014Pointe-aux- Trembles, le 14 mai de 13 h à 16 h 30 à la Maison du citoyen.Marché de mai, le 14 et le 15 mai, de 10 h à 17 h, à Esplanade.Cultiver LaSalle, le 20 mai, de 10 h à 14 h, au Centre d\u2019éducation des adultes Clément.Fête du printemps de Villeray, le 21 mai, de 9 h à 13 h, au parc Le Prévost.Cultivons NDG, le 27 mai de 14 h à 19 h, au Dépôt alimentaire NDG.Cultivons le Plateau, le 28 mai de 10 h à 16 h sur la rue Duluth Ouest.La fête des plantes au parc Ahuntsic, le 28 mai à partir de 10 h.Cultiver Verdun, le 4 et le 5 juin, de 9 h à 17 h, à l\u2019intersection Wellington et Galt.Cultiver notre voisinage, le 11 juin, au 260 rue Marcotte.JARDINIÈRE PRÊT-À-POUSSER De Montréal à Port-au-Prince, la jardinière d'Alternatives contribue, depuis plus d'une dizaine d'années, à verdir les espaces urbains.Avec sa réserve de quatorze litres, elle favorise la croissance des plantes et y assure un apport constant en eau et en oxygène.Voilà une solution pratique à l\u2019'arrosage quotidien et au gaspillage d'eau! C\u2019est le temps de semer Tout le mois de mal, et jusqu'au 11 juin prochain, Alternatives et ses partenaires organisent une série de foires dans plusieurs arrondissements de Montréal afin de célébrer l\u2019agriculture urbaine et l'alimentation locale.Cette deuxième édition de Cultiver Montréal réunit des entreprises, des associations communautaires, des fermiers urbains et des citoyens-jardiniers en vue d'encourager la diversité des pratiques en agriculture et de promouvoir les commerces d'alimentation de proximité.Pour les Montréalaises et les Montréalais, c'est l'occasion de se procurer du matériel nécessaire au jardinage, de s'inscrire auprès d'un jardin collectif, de participer à des ateliers d'horticulture et de profiter ainsi de conseils d'experts en jardinage.Cultiver Montréal est rendue possible grâce au soutien et à l'appui financier de Québec en Forme et de la Direction du développement durable de la Ville de Montréal.L'initiative s'Inscrit dans le volet «Système alimentaire montréalais » (SAM) du Plan d'action régional 2014-2016 de la Table intersectorielle régionale en saines habitudes de vie (TIR-SHV).(; AS y CULTIVONS LE PLATEAU ve > vie cultivonsleplateau.org \u201cEye De 10 h a 16 h, \"avenue Duluth (entre les rues Coloniale et Hôtel-de-Ville) sera fermée pour accueillir une foule d'activités autour de l\u2019agriculture urbaine et de l'alimentation.Il y aura la vente de semis et de semences biologiques, la distribution gratuite de fleurs et de compost, des ateliers éducatifs, ainsi que des animations spéciales (parcours guidé à vélo et partage végétal).Le 28 mai prochain, le Plateau fêtera aussi l\u2019agriculture en ville! Les visiteurs auront aussi la possibilité de s'inscrire à des paniers de fruits et de légumes et de se procurer la jardinière prêt-à-pousser d\u2019Alternatives.La jardinière est disponible à Alternatives (3720 avenue du Parc, bureau 300), du lundi au jeudi (entre 10 h et 16 h).A Itern atives Renseignements complémentaires : LESJARDINS.ALTERNATIVES.CA a solidarité en acti L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 M A I 2 0 1 6 A 12 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S sans rendez-vous étendues pour la clientèle sans médecin de famille.Par souci d\u2019obtenir un portrait exhaustif de l\u2019ensemble des ressources consenties aux GMF, Le Devoir a inclus dans ces estimations les salaires de base moyens des travailleurs sociaux et autres professionnels qui seront assignés aux GMF.Ces derniers proviendront essentiellement des CLSC et ne seront pas remplacés.En les excluant des calculs, l\u2019enveloppe totale atteint 106 millions environ par an et 405 000$ de financement moyen par GMF.Ces montants ne constituent donc pas un chèque donné par Québec directement aux GMF, puisqu\u2019une par tie des ressources sont octroyées sous forme de personnel infirmier ou professionnel.Certaines sommes constituent un nouvel investissement réel, comme la bonification de la subvention de fonctionnement et l \u2019enveloppe dédiée aux pharmaciens.Cette dernière coûtera près de 11,7 millions de dollars à Québec.Un programme populaire Les GMF avaient jusqu\u2019à la mi-mars pour présenter une demande d\u2019accréditation au MSSS.Ils ont répondu présents.Au 1er avril 2016, 242 GMF ont été reconnus par Québec en ver tu du nouveau programme, alors que 28 migreront en 2017, indique le MSSS.La majorité, soit 72 %, est des GMF qui suivent entre 6000 et 18 000 patients.Dix GMF ont obtenu leur accréditation pour suivre plus de 30 000 patients.Des GMF avaient été accusés par le passé de ne pas respecter leurs contrats avec Québec tout en récoltant le financement.Le processus de vérification amorcé en 2013 n\u2019a mené à aucun retrait d\u2019accréditation, indique le MSSS.En 2014-2015 et 2015-2016, 49 GMF ont vu leur financement réduit en fonction du nombre réel de patients suivis.« Avec le nouveau pro - gramme GMF, 100% des GMF sont financés au niveau correspondant de patients inscrits », précise Caroline Gingras, responsable des relations avec les médias au MSSS.À la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Serge Du- lude a qualifié de tout à fait plausibles les estimations du Devoir.«Ce n\u2019est pas de l\u2019argent dans les poches des docteurs», tient à préciser le directeur de la planification en entrevue.« Quand nous avons négocié avec le ministère, l\u2019évaluation était une bonification de l\u2019ordre de 30%.Ces bonifications se justifiaient en bonne par tie par l\u2019ajout de personnel», explique-t-il.Il y aura plus d\u2019infirmières et d\u2019autres professionnels dans les GMF.«Il faut installer ces gens-là, explique le Dr Dulude.De plus, il y a plusieurs années que les montants octroyés n\u2019avaient pas été indexés.» Cet investissement dans la première ligne est intimement lié aux attentes qu\u2019a le ministre Gaétan Barrette envers les médecins de famille, qui doivent inscrire 85 % de la population d\u2019ici la fin de 2017.Ils doivent aussi atteindre un taux d\u2019assiduité de 80 %, c\u2019est-à-dire voir leurs patients pour leurs problèmes de santé ponctuels et leur éviter une visite à l\u2019urgence autant que possible.Promesse de rendement Le nouveau cadre financier des GMF avait été annoncé au printemps dernier.La veille, la FMOQ et Québec avaient annoncé s\u2019être entendus pour reporter l\u2019entrée en vigueur de la coercitive loi 20.Cette dernière entrera en vigueur si les médecins n\u2019atteignent pas leurs cibles en décembre 2017.«Au-delà des sommes consenties, dit le Dr Dulude, pour nous, c\u2019était un signe qu\u2019aux yeux du gouvernement, dans un contexte d\u2019austérité, on donne plus de soutien aux GMF car on croit à ce modèle-là.» « Ce n\u2019est pas un cadeau », poursuit-il.Les GMF ont en effet des obligations intimement liées à leur financement, en matière de nombre de patients suivis, d\u2019heures d\u2019ouverture, d\u2019assiduité et d\u2019informatisation.Le «rendement sur investissement» sera au rendez-vous, est persuadé le Dr Dulude.En annonçant le nouveau programme de financement, l\u2019an dernier, Gaétan Barrette avait été ferme.«C\u2019est un partenariat, celui que la population attend [\u2026] On investit, on nous donne en retour le service, avait-il averti.S\u2019il n\u2019y a pas adéquation entre les deux, la conséquence est dans l\u2019année.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 GMF La ville chinoise de Beichuan, vidée de ses habitants et complètement détruite par un séisme en 2008, ne sert à présent que la fonction de musée, de «monument commémoratif » grandeur nature.Plus près, le glissement de terrain qui a emporté en 1971 la municipalité de Saint-Jean-Vianney, au Saguenay\u2013Lac-Saint- Jean, a aussi charrié avec lui des bâtiments qui n\u2019ont jamais été reconstruits.Puisque Fort McMurray est située au cœur d\u2019une forêt, construite autour d\u2019une seule route vulnérable aux catastrophes naturelles, devrait- on l\u2019abandonner?« Je ne crois pas qu\u2019il soit raisonnable de penser qu\u2019il ne faudrait pas reconstruire dans des endroits où il y a des risques d\u2019incendie, parce qu\u2019il y en a par tout où on construit\u2026 sauf au Nunavut ! » répond Kelly Johnson, directeur associé de Partners in Protection, qui administre le programme Intelli-feu à travers le Canada.Et, de toute façon, « une bonne partie des infrastructures publiques a été sauvée, et la Ville a mis en avant des mesures de protection contre le feu », ajoute Russell Dauk, ex-employé de la municipalité de Wood Buf falo, dont fait partie Fort McMurray, et directeur des ser vices d \u2019aménagement chez Rohit Group of Companies, à Edmonton.« Je ne crois pas qu\u2019il y aura une réévaluation majeure», poursuit-il.Reconstruction à l\u2019automne Déjà, Russell Dauk prévoit que la construction résidentielle reprenne à l\u2019automne si les bâtiments publics sont bel et bien intacts, comme le laisse entendre la première ministre de l\u2019Alberta, Rachel Notley.«Le caractère de la ville restera le même parce que 90% des bâtiments sont restés et que les pertes sont surtout au niveau résidentiel », souligne-t-il.Mais, perdre 10 % de sa ville, « c\u2019est pas mal», nuance Alan March, professeur associé au Département d\u2019urbanisme de l\u2019Université de Melbourne, où les incendies de forêt sont fréquents.«Les villes qui évoluent rapidement changent de 1% par année, et c\u2019est considéré comme énorme», fait-il remarquer.Selon lui, Fort McMurray doit saisir l\u2019occasion pour se réinventer.À ce sujet, le plan de restructuration du cen- tre-ville de Fort McMurray, présenté en 2012 par des urbanistes de la municipalité de Wood Buffalo, est éloquent.Davantage de place pour les piétons et les cyclistes, quar tiers plus concentrés pour réduire la dépendance à la voiture, recours aux énergies vertes pour limiter les besoins en pétrole : le document de près de 100 pages propose une vision complètement renouvelée de la communauté née de l\u2019industrie des sables bitumineux.Mais cette industrie laissera-t-elle « sa » ville devenir verte ?«La durée de vie de la ressource, le pétrole, influencera le niveau d\u2019implication des pétrolières », croit Alan March.Russell Dauk n\u2019est pas d\u2019accord : « Les pétrolières ne sont jamais intervenues dans le design de la ville.Elles sont des entreprises citoyennes exemplaires.» Les pétrolières, faut-il le rappeler, ont pour source de revenus les quelque 166 milliards de barils qui se trouvaient dans les sables bitumineux en 2014, selon les données du gouvernement de l\u2019Alberta.Les habitants au cœur du changement Reconstruire Fort McMurray ne se fera pas sans ses habitants, et ceux-ci devraient être au cœur des changements, croient l\u2019ensemble des intervenants à qui Le Devoir a parlé.Russell Dauk propose d\u2019entendre d\u2019abord les familles, celles qui ont perdu leur maison dans les flammes.« Si j\u2019avais un souhait à formuler, ce serait de pouvoir reconstruire les maisons des familles qui les ont perdues de la manière qu\u2019elles le souhaitent », dit-il.Danielle Maltais, professeure en sciences humaines et sociales à l\u2019Université du Québec à Chicoutimi, propose plutôt une consultation citoyenne comme elle l\u2019a observée à Lac-Mégan- tic.« Il faut relever les lieux auxquels les gens étaient attachés et leur permettre de revivre», af- firme-t-elle, en soulignant que les personnes qui retournent vivre dans leur communauté après une catastrophe développent moins de problèmes, physiques et psychologiques, que ceux qui vont vivre ailleurs.Alan March propose aussi de placer les résidants au cœur du projet de reconstruction, mais il va jusqu\u2019à faire de ceux-ci des acteurs dans la lutte contre les incendies de forêt.« Ici, en Australie, on parle de responsabilité partagée.On dit aux gens : c\u2019est évident que les pompiers ne peuvent pas tout faire», explique-t-il.Au feu, ne fuyez pas! Le hic, c\u2019est que les communautés transitoires, comme celle que forment les travailleurs saisonniers de For t McMurray, ne sont pas bien préparées pour faire face aux catastrophes, remarque le professeur.«À l\u2019inverse, une petite ville d\u2019agriculteurs va bien connaître le territoire, va savoir comment gérer les incendies », ajoute-t-il.La solution passe donc par la sensibilisation et l\u2019éducation, au point où il devient parfois possible, en Australie, de dire à certaines personnes de rester dans leur maison pour se protéger des flammes.« Les incendies n\u2019ont rien d\u2019aléatoire.Il y a une raison qui explique leurs trajets », insiste- t-il.Par-delà les caractéristiques d\u2019un quart ier, qui peuvent fa ire en sor te qu \u2019 i l sera épargné par les flammes (en raison des arbres ou des types de matériaux, par exemple), la présence humaine peut aussi sauver des quar tiers, selon Alan March : « Il suf fit par fois d\u2019un seul tison pour qu\u2019une maison prenne feu et entraîne le reste du quar tier dans un ef fet domino.» Loin de recommander d\u2019ignorer les consignes d\u2019urgence, le professeur propose plutôt de tirer profit des leçons australiennes et de ne pas minimiser l\u2019impor tance de former des citoyens aler tes et aver tis, afin que leur sor t ne dépende pas entièrement de l\u2019expertise de ceux qui se portent à leur secours.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 FORT MCMURRAY l\u2019y espère du moins.Français tant qu\u2019on voudra, sur combat des prolétaires et des bourgeois, ce film capture en douce des accents d \u2019humour poético-absurde très britannique.Il rappelle les romans de G.K.Chester ton (sur tout Le nommé Jeudi), qu\u2019on vous recommande en prime.Ajoutez des réminiscences du Mon oncle de Jacques Tati.Le tout avec un énorme inspecteur nommé Machin à l\u2019accent improbable venu enquêter avec son comparse Malfoy sur d\u2019étranges disparitions : des Dupondt du Nord mâtinés de Laurel et Hardy, en clin d \u2019œil aux policiers du P\u2019tit Quinquin.Entre les dunes, la demeure « pure parvenue » de style néoégyptien des Van Pe- teghem, la ferme en ruine des Brufort, pêcheurs et passeurs cannibales, af freux, sales et méchants, devant lesquels le beau, beau monde s\u2019extasie : « Si pittoresques ! » Alors, quand la jeune androgyne de la haute s \u2019éprend du fiston grand dadais de la fosse qui bouf fe du bourgeois au souper, ça soulève les tempêtes.Les bruissements, craquements qui accompagnent les pas et les culbutes de tout un chacun ajoutent au comique.Ce film dadaïste de bord de mer, drôle, puissant, rafraîchissant, coloré, situé au début du XXe siècle, est une fable jouissive et explosive sur les conflits de classes.« J\u2019ai voulu mêler une histoire de dingue avec une histoire d\u2019amour, une histoire policière, une histoire cruelle, une histoire merveilleuse » , précise Br uno Du- mont.Mission accomplie ! L\u2019heure de l\u2019«apéri» N\u2019empêche que le projet fit renâcler ses acteurs, du moins les professionnels, mêlés ici à des gens du pays, fabuleux au demeurant.Doute déjà confessé dans Comédie française, son récent ouvrage confidence, Fabrice Luchini s\u2019est demandé ce qu\u2019il était venu faire dans la galère du film de Dumont.Les autres vedettes à ses côtés se sont senties déconcer tées de concert.Tous craignaient le ridicule de pareille outrance.D\u2019ailleurs, ni Juliette Binoche, ni Valeria Bruni Tedeschi, ni l\u2019homme de théâtre Jean-Luc Vincent n\u2019avaient grand-chose à dire devant la presse à Cannes, marchant sur des œufs.Valeria évoqua bien en creux le supplice de n\u2019avoir pu rien exprimer, ni physiquement ni émotionnellement, à travers le non-jeu de son personnage.Oui, mais encore ?À son habitude, Luchini prit le crachoir au nom des autres.«Il fallait ne pas avoir peur d\u2019aller dans un truc qui pouvait se révéler très mauvais\u2026 On te met une bosse sur le dos, on te met un chapeau, on te demande de dire : \u201cUn doigt de wisseky.\u201d Le premier mois fut dur.» Il fallait le voir s\u2019autoparodier devant nous en bourgeois grotesque, chef du clan dégénéré et incestueux des Van Pete- ghem, chantonnant : « C\u2019est l\u2019heure de l\u2019apéri, c\u2019est l\u2019heure de l\u2019apéri, c\u2019est l\u2019heure de l\u2019apéritif.» Dur pour l\u2019ego d\u2019un interprète de Nietzsche et de Céline\u2026 «Moi qui déteste les apéritifs, gémissait l\u2019illustre cabotin.Après ça, tu te dis : c\u2019est mon dernier film, alors.Non, je ne remettrai pas le couver t avec Bruno Dumont, que j\u2019adore pourtant.Je préfère le cinéma de Christian Vincent.» Le comique comme succédané du drame En quoi il a bien tort.Vrai, le pari de Ma loute était risqué, mais le mobile tourne bel et bien.Jamais il n\u2019aura autant étonné au cinéma, Fabrice Lu- chini, en caricature de bourgeois affublé d\u2019accoutrements impossibles, vraie figure de bande dessinée.Juliette Bi- noche, sorte de marquise de Grand-Air sortie tout droit de Bécassine, exaltée, violente, à moitié folle, émerge de ses marques aussi, tout comme Valer ia Br un i Tedesch i en épouse au bord de l\u2019évanouissement qui lévite en ses moments de grâce.Une process ion en faveur de Notre- Dame-de-la-Mer s\u2019of fre des airs felliniens.Le mal judéo-chrétien, incarné dans les films précédents de Dumont, se vo it servi cette fois à la sauce grotesque.Pourtant, rien de plus sérieux que la comédie, Du- mont en conv ient, r ien de plus chirurgical, de plus délicat non plus.« Le comique est un succédané du drame, estime le cinéaste.Il rend la violence acceptable, même le cannibalisme, devenu drôle.Je fais des films pour penser, mais comme il est possible d\u2019amuser en même temps, je m\u2019éloigne de la veine naturaliste.» Pour Ma loute, il s\u2019est basé sur des car tes posta les d\u2019époque, fit parler les paysages venteux, aux horizons angoissants, s\u2019aidant de savants cadrages, de bruitages élaborés, de ce Nord brut et poétique, jouant du symbole quant au reste.«Enfant de Bailleul, j\u2019allais au carnaval, dit-il.Les garçons se déguisaient en filles.Ça allait chercher sous le masque quelque chose de très fort socialement.Mais tout dans le film doit travailler à dire la même chose: les dunes, la musique, la maison\u2026» Pagnol avait atteint l \u2019universalité en s \u2019ancrant dans les réal ités marse i l la ises, ainsi Bruno Dumont estime ne pouvoir rejoindre autrui qu\u2019en posant sa caméra sur un cadre local devenu métaphorique.« Il ne faut pas essayer de faire des films européens, résume le cinéaste.Ils sont tous mauvais.» Le Devoir Notre journaliste est invitée à Cannes par le Festival.Combien coûtent les groupes de médecine de famille?Coût moyen par patient* Ancien cadre 15,88 Nouveau cadre 33,69 Coût moyen par GMF Ancien cadre 277 127 Nouveau cadre 565 798 *Si les GMF atteignent la cible maximale de patients de leur niveau, excluant les GMF du niveau inférieur et du niveau supérieur.Financement d\u2019un nouveau GMF Pour une clinique moyenne de 18 000 patients Financement total Composition 725 408$ 233 718$ en subvention de fonctionnement 222 681$ pour 3 in?rmières 207 000$ pour 3 professionnels (des travailleurs sociaux, par exemple) 62 009$ pour un pharmacien SUITE DE LA PAGE 1 CANNES Méthode de calcul Pour arriver à ces estimations, Le Devoir a utilisé le nombre de GMF accrédités par niveau au 1er avril 2016 (donnée fournie par le MSSS), l\u2019ancien et le nouveau cadre de gestion des GMF (qui détaillent le financement et les ressources associées aux différents niveaux) et un salaire de base moyen des professionnels travailleurs sociaux et autres professionnels de 69 000 dollars (donnée publique pour 2014-2015).Le coût des GMF de niveau 1 dans l\u2019ancien cadre a dû être estimé, puisque ces derniers faisaient l\u2019objet d\u2019un financement au cas par cas.Le calcul du coût moyen par GMF et par patient exclut les niveaux 1 et 7 (ancien cadre) et 1 et 9 (nouveau cadre) afin d\u2019être représentatif de la majorité des GMF.Les GMF ont des obligations intimement liées à leur financement en matière de nombre de patients suivis, d\u2019heures d\u2019ouverture\u2026 ANNE-CHRISTINE POUJOULAT AGENCE FRANCE-PRESSE Tourner Ma loute, du réalisateur Bruno Dumont, a été une expérience dif ficile pour les acteurs.Les communautés transitoires, comme celles que forment les travailleurs saisonniers de Fort McMurray, ne sont pas bien préparées pour faire face aux catastrophes Lire aussi \u203a Un combattant nommé Ken Loach.Il n\u2019en avait pas fini avec le cinéma.Page C 8 "]
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