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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-06-04, Collections de BAnQ.

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[" S Y L V A I N C O R M I E R U ne fin.Vingt-cinq ans après le décès d\u2019un artiste, fût-il aussi vénéré, influent, cultissime qu\u2019un Serge Gainsbourg (par ti rejoindre son dieu fumeur de havanes le 2 mars 1991), il y a comme qui dirait une péremption.Une der des ders, pour célébrer.Ça tient au chiffre : on a dûment souligné les dix ans, les vingt ans, on rempile forcément pour le quart de siècle.Mais ensuite ?On entre dans une autre ère d\u2019éphémérides, celle de la peau de chagrin, inévitable raréfaction des proches et contemporains.Il y aura certes d\u2019autres dates incontournables pour évoquer l\u2019œuvre et l\u2019homme.Le centenaire de la naissance, en 2028.Les cinquante ans de la disparition, en 2041.Mais on sera de plain-pied dans l\u2019Histoire.Le gros bon sens parle : si le programmateur Laurent Saulnier voulait pour ses Francos une Jane Birkin chantant à nouveau « le meilleur de Gainsbourg» avec l\u2019OSM, c\u2019était maintenant.Et c\u2019était le moment idoine pour convaincre un Arthur H d\u2019interpréter intégralement l\u2019album des albums du canon Gainsbourg, mythique Histoire de Melody Nelson, avec le même OSM dirigé par Simon Leclerc.«Un programme double comme ça, pour moi, c\u2019est l\u2019apothéose, considère Saulnier.Avoir Jane, Arthur, l\u2019orchestre, la chorale et tout, réaliser ce fantasme absolu d\u2019entendre Histoire de Melody Nelson à la Maison symphonique, je pense que c\u2019est pas mal le bout, on ne peut plus rien faire après.» Et «comme si c\u2019était pas assez», ajoute un Laurent pas mécontent, il y aura «Gainsbourg gratis, dans la rue» : le spectacle du récent album- hommage de Stefie Shock, sur la grande scène extérieure : Chansons de Gainsbourg \u2013 Douze belles dans la peau.Le plus bel écrin, le plus vaste espace : on s\u2019autorise tout pour l\u2019adieu des adieux au beau Serge.En cela, beau symbole, il est certainement significatif qu\u2019un Stefie, un Arthur s\u2019y collent\u2026 finalement.Eux qui ont pendant longtemps, surtout à leurs débuts, joué plus que pianissimo les inévitables comparaisons avec l\u2019homme à la tête de chou, rapport aux timbres enfumés et aux gueules assor ties.« Je sais, c\u2019était dans chaque papier », se souvient Arthur H en rigolant comme d\u2019autres toussent.« J\u2019aurais refusé une telle proposition après mes premiers albums.Déjà que je me façonnais une identité musicale propre par rapport à mon père [Jacques Hige- lin, faut-il rappeler], ça faisait beaucoup à porter.Maintenant, j\u2019assume tout, y compris mon côté gainsbourrien.» L\u2019interdit a été levé en 2012 : Ar thur s\u2019est lancé lors du festival Europavox à Clermont- Ferrand, le temps de reprendre L\u2019homme à la tête de chou, justement, dans une version orchestrale que l\u2019on avait d\u2019abord destinée à Bas- hung le regretté.« On me l\u2019avait demandé avant Bashung, et j\u2019avais alors dit non.Je ne Vigée Le Brun, la grande portraitiste de l\u2019histoire Page E 3 Tyrannie des apparences, côté ?lle, côté garçon Page E 5 L'exposition Des chevaux et des hommes, mettant en valeur des objets de la collection Émile Hermès de Paris, est réalisée par Pointe-à-Callière en collaboration avec la maison Hermès.350, place Royale Vieux-Montréal (Québec) H2Y 3Y5 pacmusee.qc.ca Œuvre de Christian Renonciat © Studio Sébert Jane Birkin, Arthur H et l\u2019OSM réalisent un fantasme francofou pour une célébration qui pourrait être la dernière LA DER DES DERS C A H I E R E \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 J U I N 2 0 1 6 PIERRE ANDRIEU AGENCE FRANCE-PRESSE Jane Birkin et Arthur H chantant Bashung, en 2009.Complices, ils se retrouveront cet été à Montréal dans un Gainsbourg symphonique en compagnie de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal.FRANK PERRY AGENCE FRANCE-PRESSE Serge Gainsbourg en concert lors du Printemps de Bourges, le 3 avril 1986 28ES FRANCOFOLIES DE MONTRÉAL VOIR PAGE E 2 : GAINSBOURG CULTURE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 J U I N 2 0 1 6 E 2 L\u2019 humour occupe u n e t e l l e p l a c e dans notre société, sur scène, à l\u2019écran grand ou petit, côté pub et côté animation de galas, qu\u2019explorer l \u2019 imaginaire comique d\u2019un Québec mor t de rire relève de la thérapie collective.Ça rigole et c\u2019est tant mieux sur la planète entière et depuis toujours \u2014 bien fol qui irait faire le procès de Molière, ou chez nous celui d\u2019Yvon Des- champs \u2014 mais la par t de tar te culturelle occupée par l\u2019industrie de l\u2019humour ne cesse ici de croître devant nos yeux.Sur pâte plus ou moins fine et par fois bien grasse.On reste poli, mais on s\u2019inquiète.Car enfin, pourquoi le Québec ri- gole-t-il autant et davantage qu\u2019ailleurs ?Pour s\u2019éviter les remises en question, en mettant ses forces et ses failles sur le même plan ?Parce qu\u2019il se sent trop petit pour cogner son poing sur la table ?Pour traverser la déprime l\u2019hiver ?Pour apaiser la mémoire des défaites passées?Ouvre la télé.Ah ! Ah ! Tout le monde se bidonne.J\u2019arrive de France.Ils y échangent des idées parfois aussi.Un drôle de fossé ! Or me voici le nez entre les pages de L\u2019imaginaire comique dans le cinéma québécois de Rober t Aird et Marc-André Rober t, publié chez Septentrion.Cherchant à mieux cerner l\u2019affaire, comme un limier.Ce tandem a exploré avec les égards dus à son rang notre humour cinématographique sur une période de p lus de so ixante ans , en - t r e 1952 e t 2014 .Lour de tâche ! Surtout quand des œu- vres aussi disparates que Deux femmes en or, Le déclin de l\u2019empire américain, Les boys, IXE 13, Le temps des bouffons, Star- buck, La grande séduction et Cruising Bar sont du party.Veut, veut pas, le Québec se révèle en creux à travers ses hilarités devant l\u2019écran.Notre humour au septième ar t demeure très majoritairement masculin, autodérisoire, peuplé d\u2019antihéros qui rêvent de couper les racines, mais pataugent dans leur cour.Miroir, méchant miroir ! Il méritait bien son chapitre, notre épouvantail à moineaux national.Elvis Grat- t o n , q u i d \u2019 a u t r e ?Pierre Falardeau et son interprète Julien Poulin avaient mis au monde au début des années 1980 ce King de la poutine en gargouille de repoussoir : raciste, misogyne, aliéné, épais, bourré de préjugés et de clichés, incapable de s\u2019exprimer comme du monde, fier d\u2019être « fluent dans les deux langues».Think big, s\u2019tie ! Ironie du sort, cette caricature à grands favoris allait ravir le cœur des Québécois.Au grand dam de Falardeau.Il eut beau offrir à ses premières incarnations des suites immondes, le jeter dans la merde jusqu\u2019au cou, lui faire lécher les pieds des riches et des puissants, la critique hurlait.Pas grave ! Son public suivait.Reflet adopté, icône canonisée.Saint Elvis Gratton, patron des colonisés , pr iez pour nous ! Avancée en zigzag Quand même : le rire québécois chemine.N\u2019allez pas croire\u2026 Ces chercheurs l\u2019observent : «La vulgarité de La pomme, la queue et les pépins, le sexisme d\u2019Après ski, la représentation des homosexuels dans Les chats bottés et J\u2019en suis sont dépassés aujourd\u2019hui.On peut l\u2019expliquer par la rectitude politique, mais on ose croire que ces préjugés grossiers véhiculés dans ces comédies sont, en partie du moins, derrière nous.» L\u2019évolution d\u2019une société se mesure aux cibles de sa moquerie.Ça avance en zigzag, mais pas à pas.L\u2019espoir vacille ou luit.C\u2019est selon.En plus de 60 ans, les Québécois eurent le temps de briser leurs chaînes, de se déniaiser devant les comédies érotiques, de s\u2019engager politiquement, de se désengager.Au burlesque de naguère succéda un comique de dialogues.On ne bouffe plus, mine de rien, du curé comme dans Seul ou avec d\u2019autres, mais la quête du père persiste à hanter l\u2019imaginaire collectif et le couple, la famille, les voisins demeurent des sujets d\u2019hilarité, de O.K\u2026 Laliberté à Québec-Montréal en passant par Cruising Bar, Mambo Italiano et Le mirage.Tandis qu\u2019en France la comédie adore squatter les salons bourgeois et qu\u2019aux États- Unis toutes les couches sociales se voient conviées à la fête, ici le gag se pose sur une banlieue sans horizon ou à l\u2019extrémité cuisine d\u2019un escalier en tire-bouchon.D\u2019abord en famille, on l\u2019a compris, là où le visage de l\u2019autre, de l\u2019étranger, du diffé- rent, ne s\u2019encadre pas sous le linteau de la por te, du riche non plus.N\u2019en déplaise aux puristes, les deux pieds dans son milieu populaire, notre comédie parle joual à tous les vents, puisant au sonore exercice des ressorts humoristiques sans fin.La dérision du Arcand du Déclin et des Invasions tient de la variation sémantique pour in- tellos sur fond d\u2019une même défaite identitaire.Au centre de cette défaite : le mâle, qui n\u2019a pas su protéger sa tribu des dérives de l\u2019histoire.«L\u2019image de l\u2019homme québécois est souvent négative et pathétique dans l\u2019ensemble de la cinématographie, notent les analystes avec raison.Il est celui qui fuit ses responsabilités, qui reste au stade juvénile, qui subit les événements, les échecs\u2026» Éclaircie dans ce ciel viril embrouillardé : la comédie offre parfois, et de plus en plus, aux héros masculins de petites victoires, que le drame leur refuse.«Tranchant avec l\u2019inertie de l\u2019Homo quebecus.» Au rendez-vous du rire, ces antihéros parviennent par le hasard et par la ruse à déjouer l\u2019adversité, à l\u2019instar des villageois de La grande séduction.Après tout, même le looser de Starbuck finit par trouver sa rédemption.Éclaircie en vue ! À quelle auge mangeront Les 3 p\u2019tits cochons 2, comédie québécoise de l\u2019été et suite neuf ans plus tard du succès de Patrick Huard ?La libido des frères pourra s\u2019épanouir sans doute, par la voie royale du rire.Car sans lui, semble-t- il, notre société se sent bien désemparée.Rien n\u2019est parfait : l\u2019humour salvateur permet aussi d\u2019éviter de se faire une opinion tout seul sur l\u2019évolution des mœurs.Culs par-dessus têtes, les gens sérieux deviennent de facto les vrais marginaux.Mais rendus à penser ça, on a trop réfléchi.La tête chauf fe.On bâille un peu.Faute d\u2019une injection d\u2019humour immédiate, vivement ce soir qu\u2019on se couche! otremblay@ledevoir.com Saint Elvis Gratton, priez pour nous ! CARL VALIQUET Elvis Gratton, mis au monde dans les années 1980 par Pierre Falardeau et Julien Poulin, a longtemps ravi le public québécois et fait hurler la critique.me sentais pas encore prêt.Mais quand je l\u2019ai fait, ça s\u2019est bien passé, j\u2019ai pu me glisser dans les mots de Gainsbourg et faire quelque chose qui marchait.Ça m\u2019a libéré : je l\u2019avais fait une fois, je pouvais le refaire.» La «proposition malhonnête de Laurent Saul- nier » n\u2019était pas de celles que l\u2019on refuse : « Je prends vraiment un plaisir inouï à plonger dans cette Histoire de Melody Nelson.Bien sûr, c\u2019est se mettre à la place du commandeur, avec le risque ef fectivement qu\u2019il y ait une machine qui vous coupe la tête.Un gros défi, surtout au niveau de la prise de son.Ce disque étincelant et magnifique n\u2019a jamais été destiné à la scène.Il y a cet orchestre, cette rythmique, tout à l\u2019avant- plan, et un mec qui chante tout doucement dans un micro qui capte très, très fort : c\u2019est impossible en vrai.Ça ne peut pas marcher, quoi.» Il pouffe comme on s\u2019étouffe.«Moi, je vais m\u2019insérer là- dedans, avec mon phrasé, c\u2019est tout, mais pour le sonorisateur, c\u2019est de l\u2019ordre du miracle.» Jane et Serge, à la vie à la mort Jane Birkin ne pouvait pas non plus dire non à ce Gainsbourg symphonique, même si on pouvait présumer qu\u2019après Gainsbourg, poète majeur, la « lecture à trois voix » présentée au FIL (Festival international de la littérature) en septembre 2015, la mission était accomplie.«Moi aussi, j\u2019ai pensé ça, admet-elle volontiers.Mais j\u2019ai toujours pensé aussi que ce serait plutôt très beau, ses chansons en philharmonique : j\u2019ai toujours parlé des mots de Serge, mais il était aussi un très bon mélodiste.Très inspiré par la musique classique, il en avait utilisé beaucoup.Et mon ami Nabu [le pianiste Nabuyuki Nakajima] avait déjà fait toutes les orchestrations, et quand je les ai entendues, j\u2019ai été ravie, alors j\u2019ai dit oui, d\u2019accord, encore une fois je vais chanter Serge.» Ont-ils jamais été vraiment séparés, même s\u2019il y eut rupture, d\u2019autres couples et d\u2019autres enfants après leur Charlotte ?« Il y a une chanson qui s\u2019appelle Une chose entre autres [écrite pour elle en 1987].Ça dit : «Une chose entre autres/Que tu n\u2019sais pas/Tu as eu plus qu\u2019un autre/L\u2019meilleur de moi.» Je pense que j\u2019ai eu le meilleur de Serge, et pas seulement mes 13 ans avec lui.On a réussi, grâce à lui, à continuer ensemble après, ce qui était assez compliqué pour Bambou et pour Jacques [Doillon].Je me rends compte en relisant mes journaux intimes à quel point on ne s\u2019est jamais quittés.Il venait tout le temps chez moi, se mettait au piano.Et on a continué ensemble même après sa mort.Le Casino de Paris, le Bataclan, toutes ces tournées, Arabesque\u2026 C\u2019est une chance magnifique.C\u2019est vraiment un cadeau qu\u2019il m\u2019a fait.On est demeurés amis jusqu\u2019à la fin, c\u2019est à cause de ça que je peux aller faire le philharmonique chez vous, 25 ans plus tard.Il aurait été ravi.» Le Devoir GAINSBOURG SYMPHONIQUE À la Maison symphonique de Montréal, les 10 et 11 juin, à 20 h.STEFIE SHOCK : 12 BELLES DANS LA PEAU Place des Festivals, le 13 juin à 21 h.SUITE DE LA PAGE E 1 GAINSBOURG ODILE TREMBLAY La comédie offre de plus en plus aux héros masculins de petites victoires que le drame leur refuse ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Stefie Shock et Laurence Nerbonne monteront sur la grande scène extérieure pour of frir Chansons de Gainsbourg \u2013 Douze belles dans la peau avec onze autres interprètes. E X P O S I T I O N CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 J U I N 2 0 1 6 E 3 Popula ire de son v ivant , Élisabeth Vigée Le Brun a été oubliée peu après sa mor t avant d\u2019être réhabilitée et considérée aujourd\u2019hui à sa juste valeur.La por traitiste attitrée de Marie-Antoinette n \u2019aura pas que décr i t le monde mondain qui l\u2019entourait.Ses toiles transpirent l\u2019histoire.J É R Ô M E D E L G A D O P lus grande portraitiste de son époque, Élisabeth Vigée Le Br un (1755-1842) s \u2019 e s t f r a y é u n c h e m i n d a n s u n m o n d e d\u2019hommes, celui de la peinture.Elle a séduit les hautes sphères de la société, y compris Marie-Antoinette, épouse de Louis XVI, et traversé une époque tumultueuse à sa manière, à coups de pinceau.La longue et prolifique carrière de celle qui a parcouru une bonne partie de l\u2019Europe, de Rome à Saint-Pétersbourg, a été suivie du pire : l\u2019oubli et le mépris.Près de 175 ans a p r è s s a m o r t , v o i l à s a grande rétrospective, celle qui la réhabilite.Après Paris (au Grand Palais) et New York (au Metropolitan Museum of Ar t), où e l l e a é t é f o r t c o u r u e (240 000 et 165 000 visiteurs, respectivement), l\u2019exposition Élisabeth Louise V igée Le Brun.La por traitiste de Ma- rie-Antoinette s\u2019arrête à Ottawa.C\u2019est l\u2019expo de l\u2019été du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), for te de ses 90 tableaux, dont certains jamais présentés.Élisabeth Vigée Le Brun est la victime type d\u2019une histoire de l\u2019art un brin misogyne.Selon les langues sales, elle n\u2019a que bénéficié de sa coquetterie et de son flirt avec le pouvoir.Doublement victime : les premières féministes la rejettent aussi.Trop féminine.«Vigée Le Brun a promu son art avec sa beauté, sa féminité, sa sociabilité et sa maternité.Simone de Beauvoir n\u2019approuvait pas qu\u2019elle ne se soit pas battue avec les moyens des hommes » , commente Paul Lang, conservateur en chef au MBAC et co-commissaire de l\u2019expo.Ses autopor traits ont été dénigrés par le mouvement féministe parce qu\u2019elle se représentai t en mère plutôt que devant son chevalet , c o m m e l \u2019 a u r a i t f a i t u n peintre mâle.L\u2019image de la femme, décidément\u2026 « Ce n\u2019est pas négatif qu\u2019elle utilise des charmes féminins.Elle est dans le monde où elle est femme et joue le jeu.Quand elle se peint en mère, elle montre qu\u2019elle peut être créatrice c o m m e f e m m e e t c o m m e ar tiste, contrairement aux hommes », note Ersy Conto- gouris, historienne de l\u2019ar t spécialisée dans le XVIIIe siècle et dans les études féministes et queer.La professeure de l\u2019UQAM, qui n\u2019a pas collaboré à l\u2019exposition du MBAC, parle souvent dans ses cours d\u2019Élisabeth Vi- gée Le Brun.Elle lui apparaît comme un cas symptomatique de cette obsession à scinder le monde en deux sexes.Or les exemples de soutien mutuel qui prouvent le contraire sont nombreux.Chez Vigée Le Brun, l\u2019appui de la figure masculine est venu de son père, le peintre Louis Vigée.Trois périodes Comtesses, marquises, duchesses, baronnes et bien sûr la reine : la galerie de femmes qui ont posé pour Élisabeth Vi- gée Le Brun impressionne.L\u2019exposition les montre toutes, et bien plus, y compris des hommes.Trois sections la divisent, inspirées par les grands pans de la vie de l\u2019artiste : la période de l\u2019Ancien Régime, la plus courte mais la plus dense (1778-1789) ; ses années d\u2019exil (1789-1802) ; son retour à Paris, une longue époque (40 ans), marquée par la publication de ses mémoires davantage que par sa production picturale.«Elle revient et ne reconnaît plus Paris, dit Paul Lang.Tous les gens que vous verrez [dans la première section] ont été soit guillotinés, ou tués autrement, soit exilés.Ceux qu\u2019elle peint, comme Caroline Murat [sœur de Napoléon], Vigée Le Brun les considère comme des parvenus.» Pour cette présentation essentiellement chronologique, le commissaire se permet des « tricheries », contrairement à ses collègues parisien et new-yorkais.Sa plus im- por tante, en ouver ture, est consacrée à l\u2019image de l\u2019artiste, soit à ses autoportraits et aux por traits d\u2019elle réalisés par d\u2019autres.«Oui, elle était une femme de pouvoir, reconnaît-il, mais ses portraits, ce sont des exercices de peinture.Un travail chromatique extraordinaire, une liber té de la touche et une fluidité qui font quasiment disparaître l\u2019identité du modèle.» Une peintre importante Le portrait, c\u2019est une coche au-dessous du tableau d\u2019histoire, et Élisabeth Viger Le Brun souffrira de la hiérarchisation des genres.Sa production est néanmoins parsemée de références-clés.Ainsi, l\u2019allégorie La Paix ramenant l \u2019Abondance (1780) est un hommage à la politique extérieure de Louis XVI, engagé dans la guer re d\u2019Indépendance des États-Unis.«Au-delà de son maniérisme, elle est une peintre importante, estime Ersy Contogouris.Tout est joli, mais c\u2019est plus intéressant si on prend le temps de l\u2019étudier.» Pour la chercheuse universitaire, Por trait en atelier de Lady Hamilton en Sibylle de Cumes (1792) est emblématique chez celle qui a renouvelé le portrait d\u2019apparat.Ce tableau, sa carte de visite lors de son pèlerinage européen, ne décrit pas une femme reconnue alors comme la plus sensuelle.Il respire la contradiction, à l\u2019instar de l\u2019Europe mouvementée de l\u2019époque.« Sibylle [prophète souvent v i e i l l e e t l a i d e ] , c \u2019 e s t l e contraire de la féminité sensuelle, dit-elle.Vigée Le Brun évacue les traits de son modèle, s\u2019approprie le tableau.Avec Sibylle, elle interroge la place du génie féminin dans l\u2019histoire de l\u2019art, elle assoit son génie.» La paternité de la « redécouverte d\u2019une œuvre aussi significative», comme le résume Paul Lang, revient à Joseph Baillio, historien de l\u2019art new-yorkais qui travaille sur Viger Le Brun depuis\u2026 1968.Ses recherches lui ont permis notamment de localiser des tableaux documentés, mais perdus.Et après la rétrospective, on attend de lui le catalogue raisonné.Collaborateur Le Devoir ÉLISABETH LOUISE VIGÉE LE BRUN Musée des beaux-arts du Canada, 380, promenade Sussex, Ottawa, du 10 juin au 11 septembre.Élisabeth Vigée Le Brun, la grande portraitiste de l\u2019histoire Près de 175 ans après sa mort, voilà sa grande rétrospective, celle qui la réhabilite Le commentaire politique: Charles Alexandre de Calonne (1784).Ce portrait d\u2019un ministre de Louis XVI n\u2019est pas seulement emblématique du «motif d\u2019interruption» propre à Vigée Le Brun.Les détails, tels que la lettre adressée au roi ou le style Louis XV du fauteuil (et non XVI), dressent un constat de la crise économique.«Il y a de la poudre blanche sur les épaules.Si vous aviez un bon coiffeur, la poudre ne maculait pas les vêtements.C\u2019est très ambigu.» La commande la plus importante: Marie- Antoinette et ses enfants (1787) (illustration de gauche).Le tableau devait rétablir la réputation de la reine, la montrer en mère et non en femme frivole.«Artistiquement, ç\u2019a marché; politiquement, il était trop tard.» Le chef-d\u2019œuvre «absolu»: La marquise de Pezay et la marquise de Rougé avec ses deux fils (1787) (illustration de droite).Rare portrait de groupe, et sur fond de paysage, une première chez Vigée Le Brun, il exalte l\u2019amitié et l\u2019amour maternel.«À la fois dans sa monumentalité et son intimité, la conception est un hommage à [Joshua] Reynolds.» Trois portraits-clés de Vigée Le Brun, selon Paul Lang IMAGES MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA La Paix ramenant l\u2019Abondance (1780) Vigée Le Brun a promu son art avec sa beauté, sa féminité, sa sociabilité et sa maternité.Simone de Beauvoir n\u2019approuvait pas qu\u2019elle ne se soit pas battue avec les moyens des hommes.Paul Lang, conservateur en chef au MBAC et co-commissaire de l\u2019expo « » S T É P H A N E B A I L L A R G E O N La danse, Pia Savoie, fondatrice de Dance Profiler est entrée dedans quand elle était petite et elle n\u2019a jamais eu envie d\u2019en sortir, mais alors pas du tout.Après une solide formation comme gymnaste, en ballet classique, en danse contemporaine et en hip-hop, la jeune Montréalaise a complété une formation universitaire en communication.Elle participait à un programme d\u2019échange étudiant en Australie quand un cours de journalisme culturel l\u2019a obligée à créer et à alimenter un blogue.Le choix du sujet n\u2019a pas été compliqué, mais alors pas du tout.« J\u2019écrivais déjà de temps en temps pour le site Bachtrak, qui est vraiment très axé sur le ballet classique.Je voulais traiter d\u2019une plus grande variété de spectacles, explique-t-elle au Devoir.J\u2019ai donc créé mon blogue, où je suis libre.» Elle a fondé Dance Profiler (wordpress.com) en mars 2014.Son slogan annonce «A contemporary world of dance».Le site en anglais propose d\u2019assez longs articles regroupés autour de très habiles divisions (« review», «preview», «interview» et des reportages en prime).Pia Savoie critique des spectacles, rencontre et portraitise des artistes, relaie différentes infos plus ou moins pratico-pra- tiques sur le milieu.Elle est particulièrement intéressante quand elle décortique et analyse les créations pour en tirer des significations enfouies, par exemple sur le féminisme dans la société contemporaine à partir du spectacle Je te vois me regarder présenté à La Chapelle de Montréal en mai.« J\u2019ai deux objectifs, dit-elle.Mon but premier est d\u2019écrire sur la danse de façon à intéresser quelqu\u2019un qui ne s\u2019y connaît pas.Si je peux inspirer une ou deux personnes à aller voir un show de danse, je suis super-heureuse.Je trouve que la représentation médiatique de la danse est trop bornée, surtout avec ce qu\u2019on voit à la télé depuis une décennie.» Et le second objectif ?« Ça me concerne personnellement : écrire sur la danse, c\u2019est un exercice d\u2019apprentissage pour moi.Comme je ne suis plus dans le milieu, le blogue me donne l\u2019occasion d\u2019apprendre, de rester à l\u2019affût.» Mort et vie Le recul, jusqu\u2019à la quasi- disparition de la couver ture jour nalistique de la danse dans les grands médias traditionnels, a fait l\u2019objet d\u2019une table ronde au Festival Trans- Amériques (FTA) de Montréal, mercredi soir.Les sites et les blogues spécialisés peuvent aider à compenser, y compris quand un nouveau média chasse l\u2019autre.Le critique François Dufort a fondé dfdanse.com quand est mort l\u2019hebdomadaire culturel montréalais Ici en 2001.C\u2019est le plus vieux des nouveaux médias spécialisés.«J\u2019animais aussi une émission à CIBL sur la danse, dit- il.La crise des médias commençait à prendre de l\u2019ampleur et l\u2019espace pour la danse diminuait, sauf au Devoir.On était au début du Web et j\u2019ai eu cette idée de créer mon magazine.» Il l\u2019a baptisé de ses initiales (DF) et a défini un objectif s impl i ss ime : « couvr i r la danse ».Il la couvrait seul la première année.Maintenant, le site recense une dizaine de signatures.Au moins une trentaine de collaborateurs sont passés par DFDanse.Sylvain Verstricht aussi a sauté d\u2019une plateforme à l\u2019autre.« Concrètement, j\u2019ai lancé Local Gestures parce que le site pour lequel j\u2019écrivais était sur son lit de mort », explique-t-il par écrit.Lui aussi en fait une a f f a i r e t rès personne l l e , comme Pia Savoie.« Au-delà de ça, c\u2019était pour me permettre d\u2019écrire sur la danse comme bon me semblait, en anglais ou en français, sans nécessairement faire de la critique conventionnelle ; en gros, pour ne pas avoir de comptes à rendre à personne.Local Gestures me permet d\u2019avoir un espace de réflexion où je peux tenter de comprendre et d\u2019expliquer comment la danse crée du sens pour moi.» Pour faire quoi?Ce qui revient à se demander comment désigner cette démarche.Est-ce de la médiation culturelle, de la critique, du journalisme?«J\u2019y réfléchis, j\u2019y écris, j\u2019y crée, répond Sylvain Verstricht en parlant de son site et de ce qu\u2019il y fait.Je dirais que je fais de la critique horizontale plutôt que de la critique verticale, c\u2019est-à-dire une critique qui ne cherche pas à prononcer un jugement sur l\u2019œu- vre, mais à être en dialogue avec celle-ci.Ce que les anglophones appelleraient du \u201cpopular criticism\u201d plutôt qu\u2019une review.» François Dufor t reconnaît que la production de son site est inégale tout en affirmant que le meilleur de celle-ci se compare à ce que proposaient autrefois les imprimés gratuits.Pia Savoie, elle, se réclame du journalisme ar tistique et surtout d\u2019un travail de documentariste engagée.«C\u2019est un travail de journaliste, dans une optique de documentation mais with a bias, dit-elle en passant brièvement à l\u2019anglais.Je laisse des traces.Et je ne suis pas en concurrence mais en complémentarité avec les médias traditionnels.Surtout que mes articles sont toujours très longs par opposition à beaucoup de médias qui annoncent les spectacles et nous disent si c\u2019est censé être bon.» Ce travail de relais ne lui semble pas incompatible avec une perspective critique et même sociocritique.« J\u2019ai des opinions et je les assume, mais j\u2019essaie aussi de considérer une perspective culturelle plus large.Cette façon de faire connecte avec le quotidien des gens qui sont aussi confrontés au féminisme, à la reconnaissance des minorités, aux conditions économiques difficiles.» Son collègue Verstricht enchaîne : en allant encore plus loin.Au fond, son blogue se défend par lui-même et ne «sert» aucune cause, commerciale ou autre.« Je dirais que le site est pour les lecteurs qui veulent une réflexion, un point de vue sur la danse, et qui ne lisent pas des critiques afin de déterminer s\u2019ils devraient aller voir ou non un spectacle comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un produit de consommation, dit-il.Qu\u2019ils aient vu le spectacle ou non, qu\u2019ils en aient l\u2019intention ou non, cela n\u2019a aucune importance.La lecture du texte devrait idéalement être une expérience en soi.» Et ça paye?Cette attitude se veut d\u2019autant plus détachée \u2014 autotélique, disaient les Anciens pour désigner «ce qui s\u2019accomplit par lui- même» \u2014 qu\u2019elle ne génère aucun profit, rien de sonnant et trébuchant, ou presque.Au début, Local Gesture attirait des pubs de Google sans bénéfices.«Après avoir aperçu une publicité de produits soi-disant amincissants adressée aux femmes, j\u2019ai décidé de retirer les publicités», explique son créateur.Ce site a reçu 790 visiteurs uniques cette semaine et totalise 7094 visites depuis sa création.Danse Profiler reçoit environ 200 visites par mois.Le DFDanse, champion du lot, revendique « entre 12 000 et 15 000 visites par mois».Celui-là survit en partie grâce à une petite subvention du ministère du Patrimoine canadien, environ 7000 $ par année.M.Dufort ne présentera pas de demande de soutien au Conseil des arts et des lettres du Québec en 2016, puisque ses demandes précédentes ont toutes été refusées.La pub fournit le reste pour «faire ses frais».Les collaborateurs de DFDanse reçoivent 25$ pour l\u2019équivalent de chaque feuillet, mais uniquement pour les papiers de présentation des shows ou des artistes, pas pour les critiques.François Dufort, jeune sexagénaire, n\u2019écrit presque plus et de moins en moins.Lui aussi est entré en danse il y a longtemps et maintenant, regrette-t- il, la danse le quitte.«En fait, je n\u2019en vois presque plus parce que le médium chorégraphique a changé.On a régressé vers la performance et ça m\u2019énerve un peu.Ce qu\u2019on nous propose n\u2019utilise plus le langage de la danse contemporaine.Ça m\u2019intéresse de moins en moins.Je n\u2019ai plus de passion.Mes collaborateurs sont aussi dans l\u2019embarras.Ils viennent presque tous de l\u2019École de la danse contemporaine de Montréal.Ils connaissent le mouvement et là ils doivent produire des descriptifs de spectacle où il n\u2019y a pas de vocabulaire de danse , où i l n \u2019 y a pas de danse.» Le Devoir M A R I E L A B R E C Q U E «S e pencher sur Hydro-Québec, c\u2019est s\u2019intéresser à nous, à notre histoire», affirme Christine Beaulieu.Après avoir incarné l\u2019alter ego de la documentariste Annabel Soutar dans Grain(s), la comédienne s\u2019est vu confier par celle-ci un rôle autrement exigeant : l\u2019enquête et l\u2019écriture de J\u2019aime Hydro.Durant sa recherche pour le récent Le partage des eaux, la directrice artistique de Porte Parole se serait heurtée à la dif ficulté de communiquer avec Hydro-Québec.«Parfois, la société d\u2019État refuse d\u2019aller à des tables de discussion.Pour Annabel, cette fermeture devient un sujet de spectacle ! » Sauf que l\u2019auteure de Fredy était débordée.Et la vedette des films Le mirage et Ceci n\u2019est pas un polar partage une qualité avec cette ar t i s te qu \u2019e l l e cons idèr e comme une mentore : la ténacité.Plus un désir de «rassembler dans leurs dif férences» les camps antagonistes d\u2019un Québec qu\u2019elles estiment trop divisé.Grâce à cette approche ouverte, ce souci d\u2019écouter et de donner la parole à tous les points de vue, d\u2019équilibrer la discussion, Christine Beaulieu n\u2019a pas eu de mal à obtenir des entrevues avec les différents acteurs du dossier.Et elle se réjouit que, lors de la création au Festival TransAmériques, tout ce beau monde, dont certains «ne se parlent pas dans la vie», sera réuni dans la même salle.Beaucoup de contestation grouille autour d\u2019Hydro-Québec ces dernières années.La pièce sonde l\u2019état de la relation entre les Québécois et leur société d\u2019État, symbole d\u2019une prise en charge collective lors de la Révolution tranquille, et longtemps objet de fierté.«Il y a une sorte de brisure de ce long lien.Beaucoup de citoyens croient que le pacte social est rompu.» Au-delà de tous les «conflits latéraux», le principal point de discorde actuel porte sur la nécessité de continuer à construire des barrages, étant donné nos surplus d\u2019énergie.«Certains pensent que cette entreprise n\u2019a plus de sens, non seulement pour des raisons environnementales, mais même sur le plan économique.Est-ce que ça en vaut la chandelle, les milliards qu\u2019on met pour produire de la nouvelle électricité?» À une ère où la confiance des Québécois envers leurs institutions est ébranlée, le spectacle pose donc cette question essentielle : est-ce qu\u2019Hydro-Québec agit encore pour le bien commun ?« Il y a un sentiment de trahison chez plusieurs groupes.C\u2019est très émotif.C\u2019est un sujet qui a tout ce qu\u2019il faut pour être dramatiquement intéressant.» Like-moi pour vrai La comédienne s\u2019est donc immergée dans un milieu qui l\u2019éloignait drôlement de sa zone de confort, et dans un sujet sur lequel elle était très peu infor mée au dépar t .« Ma recherche m\u2019a transformée comme citoyenne.J\u2019ai appris énormément de choses.Et le spectacle aborde aussi la place que chacun d\u2019entre nous fait à l\u2019engagement social.Suis-je responsable de l\u2019avenir de ma société ?» En passant, le titre fait référence à la tendance contemporaine à liker un peu trop à la légère sur Facebook.« On dirait qu\u2019on ne sait plus trop ce que ça veut dire \u201cj\u2019aime\u201d aujourd\u2019hui.Pourtant, c\u2019est im- por tant.Une fois qu\u2019on aime quelque chose, on ne peut pas y être indif férent, ça signifie qu\u2019on en est responsable.» Mais s\u2019engager n\u2019est pas facile, a-t-elle constaté.«Ça prend du temps.Qui a la possibilité d\u2019aller s\u2019informer sur la nouvelle politique énergétique lors d\u2019une consultation publique, un lundi après-midi à Shawinigan?» Guidée à l\u2019écriture par la dramaturge Annabel Soutar, la comédienne a intégré dans son texte son propre parcours, ses doutes, sa vie.«Elle me pousse beaucoup à revenir à moi.Elle pense que plus la quête devient personnelle, plus on en sait sur l\u2019enquêtrice, et plus le spectateur s\u2019attache au récit.Mais à mesure que j\u2019avance dans mon projet, je veux qu\u2019il devienne une entreprise collective.» Ne seront ainsi présentés au FTA que trois des cinq épisodes de l\u2019enquête, afin que les spectateurs viennent nourrir la suite de la démarche : ils pourront suggérer des questions à poser aux intervenants que la comédienne interviewera après chaque représentation.S\u2019adressant directement au public (un peu à la manière de Robert Lepage dans son solo 887, compare-t-elle), Christine Beaulieu va donc incarner son propre rôle, tandis que Mathieu Gosselin campera tous ses interlocuteurs.La créatrice est ravie de la forme légère, qu\u2019elle dit inédite au théâtre, développée dans J\u2019aime Hydro.Centré sur le contenu, ce show parfois « très drôle » passe essentiellement \u2014 sauf pour des illustrations poétiques \u2014 par le son.«On va enregistrer le spectacle pour en faire des balados.On veut que l\u2019enquête soit accessible à tous les Québécois.» Un désir qui coule de source.Collaborateur Le Devoir J\u2019AIME HYDRO Un spectacle de Porte Parole + Champ gauche.Texte et idéation : Christine Beaulieu.Dramaturge : Annabel Soutar.Mise en scène : Philippe Cyr.Du 6 au 8 juin, au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui.F TA CULTURE \u203a M É D I A S L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 J U I N 2 0 1 6 E 4 Les blogues et les sites spécialisés en danse avancent tandis que la couver ture médiatique traditionnelle recule.Mais est-ce bien l\u2019objectif ?La danse en ligne Comment un trio de nouveaux médias couvre les corps émouvants Pour son troisième spectacle en moins d\u2019un an, la compagnie de théâtre documentaire Porte Parole aborde un autre sujet chaud, Hydro-Québec, mais cette fois avec une nouvelle au- teure/enquêtrice, Christine Beaulieu.Énergie positive Avec J\u2019aime Hydro, Christine Beaulieu sonde l\u2019état de la relation entre les Québécois et leur société d\u2019État DAVID AFRIAT LE DEVOIR La comédienne Christine Beaulieu signe et interprète le texte de J\u2019aime Hydro, dans lequel elle a intégré son propre parcours, ses doutes, sa vie.Il y a une sorte de brisure de ce long lien.Beaucoup de citoyens croient que le pacte social est rompu.Christine Beaulieu « » Je fais de la critique horizontale plutôt que de la critique verticale, c\u2019est-à-dire une critique qui ne cherche pas à prononcer un jugement sur l\u2019œuvre, mais à être en dialogue avec celle-ci Sylvain Verstricht, fondateur du site Local Gesture « C\u2019est un travail de journaliste, dans une optique de documentation mais with a bias.Je laisse des traces.Pia Savoie, fondatrice de Dance Profiler » » « PIA SAVOIE M U S I Q U E F T A CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 J U I N 2 0 1 6 E 5 FONDATEUR ET DIRECTEUR ARTISTIQUE : DENIS BROTT, C.M.9\u201319 JUIN 2016 2 1e É DITION FESTIVALMONTREAL.ORG \u2014 514.489.7444 \u2014 #FMCM BEN HEPPNER MEASHA BRUEGGERGOSMAN FINE ARTS QUARTET ALBERT MILLAIRE PAQUITO D\u2019RIVERA SALLE BOURGIE MUSÉEDES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL SALLE POLLACK UNIVERSITÉ MCGILL 3 pour 2 ! 33 % de rabais jusqu\u2019à mardi festivalmontreal.org/3pour2 S E R G E T R U F F A U T U ne fois n\u2019est pas coutume, mais bon\u2026 on a enf in trouvé une réponse au dilemme antique se formulant comme suit : s\u2019il n\u2019en reste qu\u2019un, je serai celui-là.Qu\u2019un quoi ?a demandé oncle Tati.Un organiste ! Un organiste vitaminé, qui plus est, à la B3.On sait, oui, oui, on sait qu\u2019au tableau de la détestation, cet instrument est toujours bon premier.Mais lorsqu\u2019il est bien manipulé, lorsqu\u2019il est entre les mains, comme par hasard, du Dr Lonnie Smith, alors là, il en va tout autrement.Car immanquablement on se dit : chapeau l\u2019artiste ! De la grande génération des soutiers de la B3 \u2014 oui, des soutiers ! \u2014 il ne reste plus que Smith Lonnie, qui, soit dit en passant, n\u2019est pas plus docteur que le signataire de ces lignes est chef du pupitre obligations à terme de Goldman Sachs.Souvenez- vous : dans les temps anciens, ceux des années 60 et 70, il y avait Jimmy Smith, ceinture noire de karaté afin de casser du Ku Klux Khan, c\u2019est pas des blagues, Brother Jack McDuf f, Shirley Scott et Jimmy Soul Man McGriff.Notre sujet du jour, donc, qui se produira les 4 et 5 juillet à l\u2019Upstairs dans le cadre du Festival de jazz, fit partie de cette bande qui inventa, si l\u2019on peut dire les choses ainsi, un style particulier.Oui, Lonnie fut l\u2019un des forgerons de l\u2019acid- jazz, qui n\u2019est pas le jazz sous LSD ou autres camomilles chimiques, mais bien une définition noire-noire du jazz.Une conception faite de gospel et de ghetto.Oui, le jazz qui se jouait au St.Nick\u2019s Jazz Pub ou au Lenox Club de Harlem n\u2019était pas tout à fait le jazz qui se joue au Blue Note.Mettons que le premier était plus âpre et pesant que le second.Il y a peu, après avoir signé un contrat avec Blue Note, étiquette à laquelle il fut lié il y a 40-50 ans, il a sorti un album propre à séduire ceux qui nourrissent le scepticisme à l\u2019endroit de l\u2019orgue.Le titre ?Evolution.À cette production, le saxophoniste Joe Lovano et le pianiste Robert Glasper ont contribué sur un certain nombre de morceaux, parmi lesquels on a retenu notamment Straight no Chaser de Thelo- nious Monk et My Favorite Things , si cher à John Coltrane, que Smith détaille en plus de 11 minutes.Comme c\u2019est toujours le cas avec les organistes, la place accordée à la guitare est toujours plus marquée que pour les autres instruments.Ici, et ce sera le cas à l\u2019Ups- tair\u2019s, la six-cordes est entre les mains de Jonathan Kreis- berg.La batterie ?Elle est entre celles de Joe Dyson qui, comme il se doit lorsqu\u2019on sout ien t l a B3 , j oue avec puissance.Bien.En un mot comme en mille, le jazz du Dr Lonnie Smith est celui de l\u2019ardeur, de l\u2019enthousiasme, du transport.?Sur l \u2019excellent site All About Jazz , on peut lire un long article consacré à la dernière édition du Festival international de musique actuelle de Victoriaville signé par Mike Chamberlain.Le titre est tout simplement : « Festival international\u2026 » ?Afin de souligner le 50e anniversaire du Vanguard Jazz Orchestra fondé par le trompettiste et arrangeur Thad Jones et le batteur Mel Lewis, le réseau NPR a réalisé une captation de cet orchestre.Parmi les membres actuels de cette formation, notons la présence de Rich Perry, de Gary Smu- lyan et du vieux Jerry Dodgson aux saxes.?Le fameux New England Conser vator y (NEC) vient d\u2019accorder des doctorats hono- ris causa au compositeur et saxophoniste d\u2019avant-garde Anthony Braxton et à l\u2019organiste et cofondateur de Parliament- Funkadelic Bernie Worrell.Ce dernier avait étudié et obtenu son diplôme du NEC en 1967.Un an plus tard, Braxton publiait son premier album : 3 Compositions of New Jazz.Collaborateur Le Devoir JAZZ Lonnie Smith, s\u2019il n\u2019en reste qu\u2019un\u2026 M É L A N I E C A R P E N T I E R À première vue, les démarches respectives de la Québécoise Manon Ol igny e t du Flamand Pieter Ampe paraissent inconciliables.D\u2019un côté, l\u2019illusion de la perfection au féminin avec une série de femmes-prototypes formatées pour correspondre aux attentes d\u2019une hégémonie écrasante.De l\u2019autre, une ode à la sexualité, à travers l\u2019effeuillage des désirs loufoques d\u2019un grand dadais barbu.Au milieu, le poids du regard d\u2019autrui dans la construction de soi et la pression de correspondre à une image lisse et préfabriquée.Aussi bien chez Oligny que chez Ampe le corps sexué devient champ de bataille.Il se pose en résistance face aux représentations d\u2019une normalité rigide qui continue d\u2019enfermer l\u2019individu dans un culte de la perfection et dans le règne des apparences.Les piliers d\u2019un manifeste dansé Fin de série est une course à l\u2019émancipation de cinq prototypes féminins pour une pièce de groupe à la distribution exclusivement féminine.« Les danseuses portent comme mandat un manifeste politique, affirme Manon Oligny.C\u2019est une pièce féministe, bien sûr, mais au-delà du genre, elle nous rejoint tous, elle est humaniste.» C\u2019est en 2008 que Manon Oligny commence à aborder dans ses travaux le phénomène de sérialité, notamment avec le projet in situ Où est Blanche-Neige ?(2012).Alors en pleine recherche sur la sé- rialité des corps féminins, elle découvre l\u2019essai Les filles en série.Des barbies aux Pussy Riot (Remue-ménage), dont la force du propos va influencer le processus créatif de Fin de série.En entrant en contact avec son auteure, Mar tine Delvaux \u2014 qui l\u2019assiste aussi dans la dramaturgie \u2014, elle s\u2019inspire de son étude sociologique et retient comme visuel l\u2019idée du moule d\u2019une chaîne de montage emprisonnant le corps de la femme dans un idéal inatteignable.« Les femmes que les interprètes incarnent se complaisent par fois dans le formatage, parce qu \u2019 e l l e s y t r ouven t quelque chose de rassurant.Elles sont piégées dans le paradoxe de vouloir rentrer dans le carcan et sortir de l\u2019anonymat du groupe», ajoute la créatrice.Depuis des années, et notamment à travers ses collaborations avec les écrivaines Nelly Arcan et Christine Angot, la chorégraphe se penche de manière récurrente sur la représentation du féminin et du corps-objet, entre résistance et soumission au conformisme.« Dans mes autres créations, je posais les femmes en compétition ou isolées les unes des autres, dans l\u2019incapacité de s\u2019entraider tant leur détresse est forte.C\u2019est la première fois que j\u2019intègre l\u2019idée de solidarité féminine.Dans la sérialité, ces femmes recherchent des espaces de liberté et à sortir de l\u2019aliénation.C\u2019est aussi un combat contre la mort, où leur propre fin se joue», explique-t-elle.« Dans l\u2019essai de Mar tine [Delvaux], l\u2019image des poupées russes, soit l \u2019 idée que dans chaque femme il y ait une armée de petites filles, a particulièrement retenu mon attention», ajoute-t-elle.Dans la sé- rialité se rejoignent des communautés de femmes qui, en prenant conscience des diktats qui les restreignent, adhèrent au moule pour mieux le faire éclater de l\u2019intérieur.Une sexualité positive et polymorphe Dans le duo masculin Still Standing You, présenté en 2011 au FTA, c\u2019est sur fond de «bromance » et de masculinité que Pieter Ampe expérimentait la nudité en scène.Cette fois, avec pour seul partenaire le public, il dessine un parcours où il explore les multiples personnalités présentes en lui et les dif férentes facettes de sa sexualité.Se riant des stéréotypes et faisant fi du carcan des identités de genre, So You Can Feel est une ode à la découverte de soi, à travers la représentation d\u2019une sexualité multiforme et hors codes.« Pourquoi ressent-on une pression à correspondre à une certaine image ?» s\u2019interroge Pieter Ampe.Dans sa performance, il ne cherche pas à se centrer sur la masculinité, m a i s s u r l e f a i t d \u2019 ê t r e confronté sans cesse aux stéréotypes.« Je sais que cette énorme barbe que je por te est très connotée et représente quelque chose de fort masculin, déclare-t-il.À travers la performance, j\u2019espère qu\u2019elle sera de moins en moins au centre de l\u2019attention.J\u2019essaie de me défaire de cette image.Au-delà des différences de genre, il y a des choses basiques que nous partageons tous en tant qu\u2019êtres humains, et les questionnements autour de la sexualité en font partie.» C\u2019est à Berlin, lors d\u2019un festival alternatif de pornographie, que le chorégraphe a pu mesurer la valeur que renferment les nombreuses dif férences existantes d\u2019un individu à un autre.« Je voulais parler de la sexualité d\u2019une autre manière que ce qu\u2019on fait d\u2019habitude.Généralement, on met en avant les problématiques de l\u2019exploitation commerciale des corps et d\u2019asservissement dans la représentation de la sexualité.C\u2019est une dénonciation nécessaire, mais on parle très peu du plaisir d\u2019être sexuel de manière explicite, et c\u2019est ce que je me permets sur scène.» Alors qu\u2019il estime que la sexualité dans l\u2019art de la performance est généralement utilisée pour provoquer, il s\u2019agit pour lui de faire reconnaître la sexualité comme une partie intégrante de nos vies, une énergie de création comme les autres.«Je crois qu\u2019on peut parler de sexualité sans que forcément ça glisse dans la vulgarité ou que ça mène à l\u2019acte sexuel,» déclare-t-il.Dans un désir de connexion avec les spectateurs, il se confronte au rejet et à l\u2019inconfort.«Le rejet vient principalement du fait de ne pas reconnaître et accepter la dif férence.Je fais en sorte que ça fasse partie de ma performance, et cela à travers un parcours parsemé d\u2019expériences intimes et personnelles dans lesquelles le specta- t eur peu t r econnaî t r e de s moments aussi bien dif ficiles que fantastiques.» Collaboratrice Le Devoir FIN DE SÉRIE De Manon Oligny, du 4 au 6 juin, à l\u2019Agora de la danse.SO YOU CAN FEEL De et avec Pieter Ampe, du 5 au 8 juin, au théâtre Prospero.Dans le cadre du Festival TransAmériques.La tyrannie des apparences, côté fille, côté garçon Incursion dans les esthétiques socialement engagées de Manon Oligny et de Pieter Ampe DAVID AFRIAT LE DEVOIR La chorégraphe Manon Oligny se penche de manière récurrente sur la représentation du féminin et du corps-objet.PHILE DEPREZ Pieter Ampe s\u2019interroge sur la pression à correspondre à une certaine image.On parle très peu du plaisir d\u2019être sexuel de manière explicite, et c\u2019est ce que je me permets sur scène Pieter Ampe « » SUSAN STOCKER Dr Lonnie Smith EDMUND ALLEYN.DANS MON ATELIER JE SUIS PLUSIEURS Au Musée d\u2019art contemporain de Montréal jusqu\u2019au 25 septembre.ORCHESTRÉ De Jean-Pierre Gauthier et Ryoji Ikeda jusqu\u2019au 30 octobre M A R I E - È V E C H A R R O N L\u2019 œuvre d\u2019Edmund Alleyn (1931-2004) , après sa mort, a été préservée de l\u2019oubli grâce aux ef for ts conjugués de la succession, de la fille de l\u2019ar tiste, la cinéaste Jennifer Alleyn, et de la galerie Simon Blais.Avec la rétrospective posthume en cours, le Musée d\u2019art contemporain de Montréal (MAC) ajoute sa contribution avec l\u2019exercice de la synthèse, discours savants à l\u2019appui, autour d\u2019une œuvre éclect ique reconnue pour avoir pratiqué une r upture avec le modernisme de son contexte d\u2019émergence, les années 1950 et 1960.Jusqu\u2019au bout, la peinture semble avoir été le véhicule de prédilection en proposant des avenues à l\u2019écart des traditions, à commencer par celle, mythique, de l\u2019abstraction.L\u2019exposition adopte une progression chronologique par périodes et construit un parcours étonnamment sobre à par tir d\u2019œuvres souvent hautes en couleur ou tirées de séries profuses.Avec cette approche en retenue, le commissaire Mark Lanctôt a misé sur des choix ci- blés faisant apparaître plus clairement les démarcations d\u2019une phase à l\u2019autre, qui ensemble regroupent une soixantaine d\u2019œuvres.Classique, la démonstration gagne en efficacité et fait ressortir le mérite d\u2019œu- vres spécifiques parmi des corpus souvent caractérisés par la répétition de motifs.Dans cet esprit, la période dite indienne (1962-1965), réalisée à Paris, tranche par ses coloris et son iconographie \u2014 truffée de motifs archétypaux prélevés dans une imagerie des autochtones de l\u2019Ouest canadien \u2014 avec les premières abstractions des années 1950, tout en partageant avec elles une facture gestuelle vigoureuse.De la série a cependant été écarté un tableau tel que l\u2019emblématique Au-dessus du lac # 1 (1965), où le faire est plus contrôlé avec des aplats et des figures nettement découpées préfigurant pour cette raison la période «technologique» (1965-1970).C\u2019est elle au demeurant qui surprend le plus dans l\u2019exposition, tant l\u2019artiste s\u2019inscrit en pionnier avec ses peintures au fini lisse, imprégnées par la culture des médias et de l\u2019hybridation de l\u2019humain à la machine.De là, il n\u2019y avait qu\u2019un pas, semble-t-il, à franchir pour en arriver au fameux Introscaphe (1970), la sculpture ovoïde si avant-gardiste par sa dimension immersive et interactive faisant des médias leur critique.Avec cette période, comme la suivante, Les suites québécoises, mettant en relation des personnages hyperréalistes peints sur plexiglas face à des parodies de toiles, Alleyn jetait un regard à la fois amusé et lucide sur une société en transformation.Dans ces deux épisodes de sa production, l\u2019artiste se démarque pour avoir délaissé la peinture ou pour en avoir repensé le dispositif dans le but de démocratiser l\u2019art et son accès.Le processus et l\u2019impact de ces recherches de nature sociologique, fort captivants, sont d\u2019ailleurs révélés à la fin de l\u2019exposition.Dans une salle traitée comme un cabinet d\u2019archives s\u2019entassent, il est vrai un peu trop à l\u2019étroit, des extraits d\u2019entrevues, des coupures de journaux et des esquisses de travail qui donnent un aperçu de moments déterminants, comme le canular imaginé par Alleyn lors de La matière chante, l\u2019expo scellant l\u2019aventure automatiste en 1954, et la réception des œuvres à leur époque.Tout concourt ici également à faire surgir l\u2019aura de l\u2019artiste, dont la présence justement est plus manifeste dans les œuvres des années 1980 et 1990.Les séries Indigo, Vanitas et Éphémérides optent pour un registre introspectif, l\u2019ordinaire des paysages au chalet familial et des objets du quotidien sont auscultés à l\u2019envi dans des camaïeux les drapant d\u2019un voile sibyllin.Fragment, cadrage et répétition disent combien ces œu- vres découlent de la photographie, dont la mécanique symbolise également les processus de la mémoire, du souvenir et de la psychanalyse.Souvent montrée dans le sous-sol du Musée des beaux-arts de Montréal qui en est le propriétaire, mais jamais aussi bien mis en valeur qu\u2019en ce moment au MAC, L\u2019invitation au voyage (1989-1990) est un exemple éloquent au magnétisme inaltérable.Le bateau pétrifié, sombre et lumineux, ne laisse pas de doute sur la force d\u2019un travail parcouru par de riches contradictions.Gauthier et Ikeda Le MAC présente également des installations d\u2019envergure de Jean-Pierre Gauthier et de Ryoji Ikeda.Récemment acquises par le Musée, les deux œuvres campent des univers très contrastés, mais qui entrent bellement en dialogue.La projection sonore englobante data.tron (2007) de l\u2019artiste japonais subjugue par son défilement frénétique de données, sorte de paysage abstrait minimaliste où foisonne pourtant un ordre mathématique rendu à la lisière du visible.L\u2019orchestre à géométrie variable de Jean-Pierre Gauthier se compose plutôt de graciles instruments électroacoustiques inventés, à corde et percussifs, qui, en plus d\u2019épouser les surfaces murales, intègrent tout l\u2019espace environnant.Les automates s\u2019ébranlent pour faire entendre une séquence de 19 pièces musicales de styles différents.Remarquable, l\u2019œuvre, présentée en 2014 à Expression et à B-312, trouve ici un écrin qui la fera perdurer alors qu\u2019elle pose de véritables défis à la conservation : son installation pourrait dif ficilement au départ se passer de la présence de l\u2019artiste tant les ajustements sont nombreux et précis.Son acquisition par le MAC est donc un geste audacieux qu\u2019il faut saluer et dont le mérite revient en grande partie à Josée Bélisle, ex-conservatrice des collections, qui a mené le dossier avant de tirer sa révérence.Collaboratrice Le Devoir Regard social et introspection chez Edmund Alleyn L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 J U I N 2 0 1 6 DE VISU MUSIQUE E 6 C U L T U R E Importante exposion Maîtres Québécois : Alleyn, Ferron, Gagnon, Hurtubise, Lemieux, McEwen, Riopelle, Suzor?Côté Jusqu\u2019au 18 juin, du mardi au samedi, de 11h à 17h Toutes les oeuvres sont disponibles pour achat 2160, rue Crescent, Montréal, H3G 2B8, (514) 842-1270 lafitte@lafitte.com \u2013 www.lafitte.com Jean McEwen, \u201cCages d\u2019île n°3\u201d 1974, huile sur toile, 50\u201d x 70\u201d Y V E S B E R N A R D L\u2019 un des plus grands flûtistes indiens est en ville : Pandit Ronu Majumdar est un maître du bansuri, cette flûte magique que plusieurs considèrent comme le plus vieil instrument du monde.Ici, le « pandit » est la forme de respect que l\u2019on accole au nom des plus importantes figures de la musique classique de l\u2019Inde.Il y en a deux types : la carnatique du Sud et l\u2019hindoustani du Nord.Ronu Ma- jumdar est du Nord, issu du Maihar gharana, l \u2019une des principales écoles du pays, de laquelle viennent également les regrettés Ravi Shankar et Ali Akbar Khan.Le v i r tuose du bansur i s\u2019amène donc ce samedi à la salle Bourgie, accompagné par le tabliste Indranil Mallick, un rendez-vous à ne pas manquer pour les amateurs de musique apaisante, délicate et finement tissée.Nous rejoignons Ronu Ma- jumdar par téléphone directement en Inde et la ligne est mauvaise, ce qui nous fera perdre une large partie de la conversation.Nous retenons toutefois des éléments passionnants de sa vie artistique, parfois par bribes, mais suffisamment pour construire autour : « La par ticularité du Maihar gharana?C\u2019est le style dhrupad, un chant très ancien qui est à l\u2019origine de la forme la plus ancienne du raga », dit-il.Effectivement, le Dictionnaire thématique des musiques du monde d\u2019Étienne Bours décrit le dhrupad comme un chant austère, religieux et dévotion- nel qui remonte au XVe siècle.Ce chant amène à une musique de recueillement et son esprit est adapté musicalement par les grands porteurs de l\u2019école Maihar.Avec son instrument, Ronu Majumdar en canalise le caractère spirituel : « Musicalement, le raga n\u2019est pas seulement une combinaison de notes, explique-t-il.Tout est intégré et la méditation est dans la respiration.Vous ne pouvez pas ressentir la force du raga sans vous placer dans un état spirituel.» L\u2019 é c o u t e d e q u e l q u e s disques et de plusieurs vidéoclips de Ronu Majumdar permet d\u2019apprécier la puissance de l\u2019œuvre : des climats méditatifs, des intros (alaap) avec de longues notes qui défient le temps, d\u2019abord sans percussion, puis au très lent développement ; des notes à la fois mélodiques et r ythmiques, des variations impressionnantes avec des passages très aériens et des moments de gravité comprenant de profondes résonances ; une façon de s\u2019envoler en serpentant avec douceur ; des contrastes entre les accélérat ions r ythmiques spectaculaires et l\u2019intimité du bansuri qui ralentit le tempo.Il y a aussi cette flûte qui surfe comme sur un enchantement et cette lumière qui pénètre toujours les mélodies jusqu\u2019au paroxysme et la rapidité spectaculaire du soliste.Lorsqu\u2019il joue en duo avec un autre joueur de bansuri, les flûtes se répondent, font les harmonies et se lancent en hé- térophonie, alors que l\u2019un des deux prend des liber tés par rappor t à la mélodie principale.Sinon, l\u2019impro est reine.Ronu Majumdar s\u2019adapte parfois aux styles des autres écoles indiennes et il est également reconnu comme un spécialiste de la musique de Bollywood.À cela s\u2019ajoutent des collaborations internationales et on le retrouve comme partie intégrante de plusieurs disques de fusion : Fascinoma avec Ry Cooder, Tabula Rasa avec Bela Fleck, Moonlight Whispers avec Larry Coryel et One Giant Leap avec une pléiade de collaborateurs, dont Robbie Williams, Asha Bhosle et Baaba Maal.Mais le pandit indien ne s\u2019est pas arrêté là puisque sa flûte enchantée a fait chanter Bach et un autre grand compositeur classique occidental : au début de l\u2019année, il a fait paraître le minial- bum Flûte Symphony-A Tribute to Mozart.Avec Ronu Majumdar, nous tentons d\u2019aborder le lien entre musique hindoustani et musique classique occidentale, mais la qualité de la ligne téléphonique ne nous a permis de comprendre que l \u2019é tat d\u2019esprit de la réponse et non son contenu.Cette question est celle qui a suscité chez lui le plus d\u2019enthousiasme pendant l\u2019entrevue.Le reste sera pour la prochaine.Collaborateur Le Devoir À la salle Bourgie, samedi 4 juin à 19 h MONDE La flûte enchantée de Pandit Ronu Majumdar Un grand maître de la musique hindoustani s\u2019amène à Montréal AGENCE FRANCE-PRESSE Ronu Majumdar (à droite) en concert improvisé à Mumbai, en 2015, avec Mohan Veena et Vishwa Mohan Bhatt.COLLECTION DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL Edmund Alleyn, L\u2019invitation au voyage, 1989-1990 JEAN-PIERRE GAUTHIER L\u2019orchestre à géométrie variable de Jean-Pierre Gauthier, tel que présenté en 2014 chez Expression Vous ne pouvez pas ressentir la force du raga sans vous placer dans un état spirituel Ronu Majumdar « » www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec Aux États-Unis, les 12 et 13 août Musique et marionnettes L\u2019OISEAU DE FEU de Stravinsky le BREAD AND PUPPET MUSEUM au Vermont _____________ Au Québec, la Côte-du-Sud, du 1er au 4 septembre le MUSÉE DE LA MÉMOIRE VIVANTE les cors de chasse de la Messe de Saint-Hubert _____________ En France, du 24 septembre au 9 octobre HONFLEUR, PARIS ET LA CAMPAGNE FRANÇAISE Satie, Ravel, Debussy, concerts, jardins, musées Places disponibles.Détails sur demande. C I N É M A C L A S S I Q U E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 J U I N 2 0 1 6 E 7 ERIC FEFERBERG AGENCE FRANCE-PRESSE Menuhin, né en 1916, fut l\u2019un des plus grands phénomènes parmi les instrumentistes du XXe siècle.C H R I S T O P H E H U S S W arner Classics publie, sous la direction artistique de Bruno Monsaingeon, un cof fret en hommage à Yehudi Menuhin.L e v i o l o n i s t e a u r a i t e u 100 ans le 22 avril dernier.Le concours du plus beau coffret consacré à un musicien de légende est engagé depuis quelques années entre les anciennes « majors » du disque.La boîte RCA de l\u2019intégrale d\u2019Arthur Rubinstein a longtemps été une référence, battue toutefois par le cof fret Callas publié par EMI juste avant sa reprise par Warner.En 2015, le coffret Glenn Gould de Sony marquait une nouvelle gradation dans le luxe éditorial.Davantage que Deutsche Grammophon, dans les somptueux coffrets Karajan et Bernstein, qui misent sur les pochettes originales des disques, Warner et Sony investissent beaucoup sur la qualité (textes et iconographies) des livres qui accompagnent leurs coffrets de prestige.De ce point de vue, le coffret The Menuhin Century surpasse tout ce qui s\u2019est fait jusqu\u2019ici.C\u2019est le «bel objet» par excellence.Il contient un «coffee table book» relié trilingue de 250 pages, Passion Menuhin.L\u2019album d\u2019une vie, ouvrage de Bruno Monsaingeon.On connaît la qualité du travail de documentariste de Monsaingeon.Son sujet de prédilection fut Glenn Gould, mais il a investi autant de passion vis-à-vis de Yehudi Menuhin, menant avec lui de fréquentes entrevues.Il nous livre donc ici un produit «optimal», œu- vre d\u2019une vie et d\u2019une sincère admiration, mais aussi d\u2019une grande lucidité.Document pour l\u2019histoire Je ne vous cache pas que je n\u2019ai guère d\u2019affinités avec Yehudi Menuhin, surtout ce personnage onctueux et vénéré de Gandhi musical ambulant, à l\u2019origine sincère (cf.son engagement pour des artistes allemands tels le chef Wilhelm Furtwängler après la guerre), mais à mon sens outrancièrement exploité à toutes les sauces dans les années 1980 et 1990 pour mieux cacher la cruelle réalité : la « légende du violon » jouait faux depuis plus de deux décennies.Dans les faits, Menuhin, né en 1916, fut l\u2019un des plus grands phénomènes, si ce n\u2019est le plus grand, parmi les instrumentistes du XXe siècle.À l\u2019âge de 13 ans, Bruno Walter le dirigeait à Berlin, avec le Philharmonique, dans un programme regroupant en un même soir le 2e Concer to de Bach, le concerto de Beethoven et le concerto de Brahms! Les enregistrements jusque dans les années 1947-1949 tiennent souvent du miracle.Il y a de grandes choses jusqu\u2019au milieu des années 1950, quelques éclairs jusqu\u2019au début des années 1960 et beaucoup de catastrophes ensuite.De fait, Menuhin est un artiste de l\u2019ère monophonique.Il est illusoire de penser entendre le « grand Menuhin » dans un enregistrement stéréo.Le coffret ne nous inflige donc heureusement pas une intégrale qui aurait contenu une moitié d\u2019enregistrements bénis et une autre moitié à jeter.Il est conçu par un grand documentariste comme un document pour et à travers l\u2019histoire, et renferme six coffrets thématiques : Enregistrements historiques ; Enregistrements inédits et raretés ; Le virtuose et ses enregistrements légendaires ; Concerts et festivals ; Intégrale des enregistrements avec Hephzibah Menuhin [sa sœur cadette, pianiste] et Films 1947-1997.Cette dernière boîte, qui offre un complément documentaire, illustre bien aussi la déchéance instrumentale, qui nous est épargnée autant que faire se peut dans les CD sélectionnés et les nombreux incunables des années 1930.Renouer avec la légende « En juin 1945, se réunit à San Francisco la Conférence générale des Nations unies qui aboutira à la signature de la Charte de l\u2019ONU.Menuhin est invité à s\u2019y produire.Il est déjà un symbole universel et on voit alors commencer à se dessiner les contours d\u2019une nouvelle dimension de son rayonnement : au-delà du violoniste, l\u2019image qui va peu à peu s\u2019imposer sera celle de l\u2019artiste engagé, de l\u2019humaniste, de l\u2019homme de la réconciliation.» Bruno Monsaingeon a raison de mettre cette dimension en exergue.Cette quête sincère de la réconciliation est la plus noble facette de Menuhin.Le sommet émotionnel de ce coffret se niche au cœur du septième CD du coffret Enregistrements historiques avec la révélation de bribes à la sonorité précaire du concert de la libération de Paris, le 7 octobre 1944.Il est édifiant de relater une par tie du témoignage de Menuhin sur cette période.« Un hasard heureusement provoqué fit que je me trouvais à Londres lors du débarquement allié en Norman- die.Je me débrouillai alors pour prendre pied sur le continent presque dans la foulée des libérateurs.J\u2019avais en ef fet élaboré un système tout simple et qui marchait toujours.Les problèmes de transport étant inextricables, comme on peut facilement l\u2019imaginer, où que je me trouvasse j\u2019appelais le général américain responsable de la base aérienne du lieu et lui of frais un concert pour ses troupes en échange d\u2019un avion qui me transporterait là où je le souhaitais.C\u2019est ainsi que je débarquai d\u2019abord à Anvers.La ville venait d\u2019être libérée, on ne s\u2019y battait plus, mais elle était encore bombardée chaque soir à neuf heures.J\u2019y donnais un concer t à cinq heures de l\u2019après-midi, de sorte que chacun pût rentrer chez soi avant le bombardement.» Menuhin raconte de même son arrivée à Paris, et sur tout son dépar t précipité après le concer t, que l\u2019on devine à l\u2019écoute de son adresse au public : « Il fallait impérativement que l\u2019avion décollât de Villacoublay avant la tombée de la nuit, car des tirs sporadiques de la DCA allemande étaient toujours à craindre\u2026» C\u2019est un grand Monsieur auquel est rendu ici dignement hommage.Le Devoir THE MENUHIN CENTURY Warner Classics 80CD et 11 DVD.825646782741.CLASSIQUE Yehudi Menuhin sous son meilleur profil Le coffret The Menuhin Century surpasse tout ce qui s\u2019est fait jusqu\u2019ici JANIS (JANIS : LITTLE GIRL BLUE) ?1/2 Réalisation : Amy Berg.Musique : Joel Shearer.Image : Francesco Carrozzini, Jenna Rosher.Montage : Joe Beshen- kovsky, Garret Price, Billy McMillin.Documentaire, 2015, 103 minutes.O D I L E T R E M B L A Y E n attendant la bio filmée de Jean-Marc Vallée, qui veut se colleter à l\u2019étoile de Janis Joplin, ce documentaire, qui fait écho, par sa tragédie et son thème, à celui sur Amy Winehouse, bouleverse.Avec plusieurs images inédites, entre autres dans sa famille texane et en retrouvailles de ses anciens camarades de classe (qui l\u2019avaient harcelée et élue au collège l\u2019homme le plus laid de l\u2019année), l\u2019accent est placé sur les manques émotifs de cette immense interprète qui révolutionna le blues en l\u2019ancrant dans la modernité.Plusieurs lettres écrites à sa famille en contrepoint à sa carrière fulgurante, du festival de Montery Pop qui la lança à San Francisco, sa ville d\u2019élection, en passant par New York, la terre entière et le fameux train musical qui traversa le Canada, of frent un angle intime, sans doute parcellaire, mais hors du champ de l\u2019hagiographie pure.Retour aussi sur toutes les formations qui l\u2019ont accompagnée puis reniée, de Big Brother and the Holding Company à The Full Tilt Boogie Band, comme sur ses amours, dont le plus touchant fut son union éphémère avec le voyageur David Niehaus.Cette admiratrice de la grande Bessie Smith aura carburé à la musique comme à l\u2019héroïne et aux bouteilles de Souther n Comfor t, ses voleuses de vie.C\u2019est Janis elle-même qui illumine le film, sa voix et son incandescente présence sur scène.Également cette plongée dans le Flower Power dont elle fut une égérie vibrante, enflammée, tison éphémère à l\u2019instar des Jimi Hendrix, Jim Morrison, etc., disparus comme elle à 27 ans.Des documents d\u2019archives inédits nous of frent de nouveaux éclairages sur elle.Ici, les images de concer t sont formidables, celles des répét i t ions auss i , per for - mances dérobées au temps.Me and Bobby McGee, Summertime, Ball and Chain, Piece of My Heart, etc., retrouvent leur caisse de résonance humaine.Et on sort nos albums ensuite pour la réécouter.Certes, les témoignages de ses proches, recueillis en têtes parlantes, ne renouvellent pas le genre documentaire, mais il y a davantage : un portrait d\u2019humanité d\u2019une artiste solaire et solitaire, heureuse sur scène mais incapable de vivre l\u2019atterrissage à l\u2019heure où s\u2019éteignent les projecteurs, inadaptée émotive quant au reste, en souffrance déchirante.Janis Joplin symbolise tout le courant d\u2019intensité des années 60, destiné à se consumer, en majesté, dans la puissance d\u2019une voix issue des profondeurs, qui traversa le ciel comme une étoile filante, et dont on retrouve à l\u2019écran plusieurs lueurs.Le Devoir L\u2019étoile de Janis Un touchant et vibrant documentaire sur la plus grande voix de femme du Flower Power AGENCE FRANCE-PRESSE Yehudi Menuhin, tête en bas, conduisant \u2014 avec les pieds ! \u2014 le Philharmonique de Berlin CINÉMA DU PARC Le film est aussi une plongée dans le Flower Power, dont Janis Joplin fut une égérie vibrante, enflammée, un tison éphémère. LES DEUX AMIS ?1/2 Comédie sentimentale de Louis Garrel.Avec Golshifteh Fara- hani, Vincent Macaigne, Louis Garrel, Mahaut Adam.France, 2015, 102 minutes.A N D R É L A V O I E Depuis ses premiers pas avec Bernardo Bertolucci (The Dreamers), Louis Garrel traîne la même tronche d\u2019intello blasé, d\u2019amoureux à la fois volage et transi, arborant aussi le veston noir défraîchi du Parisien revenu de tout.Sur sa route d\u2019acteur, il a vite croisé le cinéaste Christophe Honoré (Ma mère, Dans Paris, La belle personne, Les chansons d\u2019amour) qui, grâce à ou à cause de lui, a cristallisé cette image.Garrel n\u2019a pas cherché à la renier en faisant ses débuts de cinéaste, tenant Honoré tout près, cette fois comme coscé- nariste ; Les deux amis, c\u2019est aussi un titre qui évoque explicitement cette complicité.Par contre, on le sait, les relations ne sont jamais simples dans leur univers marqué à la fois par la fougue débridée de la Nouvelle Vague et des influences ouver tement littéraires (ici, on badine et on s\u2019inspire d\u2019Alfred de Musset).Les deux copains de ce film par fois maniéré, par fois débridé, ignorent une chose sur la femme qui fera vaciller leur amitié, et surtout leur raison : Mona (la superbe et incandescente actrice iranienne Golshif- teh Farahani, jonglant avec un délicieux accent français) travaille tous les jours dans une sandwicherie de la gare du Nord\u2026 mais rentre tous les soirs en prison.Ce détail, établi dès les premières images, explique son urgence à ne jamais rater son train et son refus de céder aux avances maladroites de Clément (Vincent Macaigne, d\u2019une lourdeur totalement assumée), un paumé de première classe comptant sur son alter ego sophistiqué, Abel (Garrel, bien sûr\u2026), pour la conquérir.La suite se laisse aisément deviner : Abel passera de donneur de leçons à Don Juan, lui qui ne manque pas de conquêtes, dont l\u2019une, très jeune, disparaît vite du radar du cinéaste.Au centre de ce curieux duel alimenté par la rage, la solitude et le mensonge, il y a Mona , une f igur e mys té - rieuse, déséquilibrée, sortie tout droit d\u2019un film de Leos Carax ou d\u2019Andrzej Zulawski (dans ses mauvaises années).Cette femme, qui sourit rarement, sait sor tir ses grif fes, hurler à pleins poumons ou s\u2019abandonner à la musique dans un bar miteux, tout cela pour troubler deux hommes qui semblaient jusque-là en totale hibernation.Même lorsque les trois comparses deviennent figurants sur le plateau de tournage d\u2019un film évoquant les manifestations de Mai 68, clin d\u2019œil luxueux à une époque et à un cinéma dont Garrel et Honoré se réclament, ils bousillent tout par leur seule présence et leurs pulsions morti- fères.La métaphore apparaîtra forte pour les uns, lourde pour beaucoup d\u2019autres, au diapason de la posture d\u2019un ar tiste qui fi lme comme il joue.Chez Louis Garrel, étaler ses souf frances existentielles relève de la routine, mais il donne sur tout l \u2019 impression tenace de vouloir ressusciter un cinéma qui n\u2019existe plus.Au lieu de se nourrir de cet héritage, il préfère en déterrer les artefacts et en reproduire les manières.Avec une tête d\u2019enterrement.Collaborateur Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 J U I N 2 0 1 6 CINEMA E 8 C U L T U R E theatreoutremont.ca 514 495-9944 LA BELLE SAISON 8,50 $ de Catherine Corsini (France) 1971.Les tribulations amoureuses de deux femmes aux débuts du féminisme.Le lundi 6 juin | 16 h et 19 h 30 « volubile, vif et tendre.Étonnant de liberté.» Les Inrockuptibles PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE CONSULTEZ LES GUIDES- HORAIRES DES CINÉMAS AMIS DEUX LES UN FILM DE LOUIS GARREL LOUIS GARREL VINCENT MACAIGNE GOLSHIFTEH FARAHANI SCÉNARIO ET DIALOGUES LOUIS GARREL CHRISTOPHE HONORÉ MUSIQUE ORIGINALE PHILIPPE SARDE IMAGE CLAIRE MATHON AFC MONTAGE JOELLE HACHE DÉCORS JEAN RABASSE DIRECTION DE PRODUCTION JULIETTE LAMBOURS ASSISTANTE MISE EN SCÈNE VALÉRIE ROUCHER COSTUMES JUSTINE PIERCE ANAÏS GUGLIELMETTI SON LAURENT BENAÏM LÉO BANDERET BENJAMIN JAUSSAUD MIXAGE MÉLISSA PETITJEAN UNE COPRODUCTION LES FILMS DES TOURNELLES ARTE FRANCE CINÉMA EN ASSOCIATION AVEC COFINOVA 11 INDÉFILMS 3 SOFICINEMA 11 AVEC LA PARTICIPATION DE CANAL + ARTE FRANCE ET DU CENTRE DU CINÉMA ET DE L\u2019IMAGE ANIMÉE AVEC LE SOUTIEN DE LA FONDATION GAN POUR LE CINÉMA PRODUIT PAR ANNE-DOMINIQUE TOUSSAINT RÉALISÉ PAR LOUIS GARREL « Vif, intelligent, souvent drôle, touchant aussi.» Le Nouvel Observateur INTO THE FOREST ?Réalisation et scénario : Patricia Rozema, d\u2019après le roman de Jean Hegland.Avec Ellen Page, Evan Rachel Wood, Max Min- ghella, Callum Keith Rennie.Image : Daniel Grant.Musique : Max Richter.Montage : Matthew Hannam.Canada, 2015, 101 minutes.O D I L E T R E M B L A Y P atricia Rozema est la cinéaste d\u2019un mer veilleux premier long métrage, I\u2019ve Heard the Mermaids Singing (Le chant des sirènes) en 1987, pu is d \u2019œuvr es de qua l i té comme Mansfield Park en 1999, d\u2019après Jane Austen, et 00g en 1995, sans vraiment avoir renouvelé sa grif fe depuis.La réalisatrice ontarienne s\u2019était beaucoup tournée, il est vrai, du côté des séries télé depuis une décennie.Into the Forest, en manque de tonus et de souf fle, ne redorera pas son blason au cinéma.Pourtant, bien des éléments de cette histoire post-apocalyp- tique, adaptée du roman de Jean Hegland, auraient pu fa ire exploser l \u2019écran.Le manque d\u2019inspiration, de fantaisie visuelle et psychique, maintient au ras des pâquerettes ce nid familial collé à un récit de survivance.L\u2019action se situe dans un avenir aux portes du présent, alors que, pour des raisons inconnues, toutes les sources d\u2019alimentation \u2014 carburant, Internet, électricité, etc.\u2014 viennent à manquer.Le film, comme le roman à sa source, concentre son action sur un huis clos.Le père et ses deux jeunes filles, dans un chalet au fond des bois, viennent se mettre à l\u2019abri en attendant des jours meilleurs, mais tout se morpionne.Les deux sœurs, Nell (Ellen Page, en ado mi-révoltée mis t u d i e u s e ) e t E v a ( E v a n Rachel Wood, qui pratique sans relâche ses pas de danse contemporaine pour entrer dans une troupe nationale), bientôt orphelines d\u2019un père adoré (Callum Keith Rennie), auront à laisser tomber leurs peurs et leurs habitudes afin de devenir des adultes en marche vers l\u2019inconnu.Elles auront aussi à se passer d\u2019Internet, de musique, de tout l\u2019attirail moderne.La maison est parfaite pourtant, vaguement japonaise, pétrie de charme et de mystère.Le film commence sur la belle image d\u2019une danseuse captée par la fenêtre.Mais Into the Forest ne tient pas ses promesses.Les personnages sont mal développés, le fantôme de la mère disparue, trop flou.Le spectateur se désintéresse de leur sort.Deux figures masculines, l\u2019une positive l\u2019autre agressive, semblent placées là pour tester les liens des deux sœurs, solides, il est vrai, mais encore?Durant toute la première partie, Ellen Page et Evan Rachel Wood apparaissent sous- utilisées, réduites à un registre d\u2019une banalité navrante.Ce n\u2019est qu\u2019à la toute fin du film, après traversée d\u2019épreuves, que ces actrices pourront plonger en elles-mêmes pour manifester plus d\u2019émotion.Visuellement, la caméra de Daniel Grant ne manifeste aucune originalité, ni point de vue.Quant à la sirupeuse musique de Max Richter, elle empêche le suspense psychologique de trouver son rythme.Une poésie aurait pu éclore, une mise en garde contre l\u2019arti- ficialité de la vie contemporaine résonner en sourdine, la forêt revêtir sa charge métaphorique du conte traditionnel, mais la réalisation ringarde de Patricia Rozema retire au film son poids de symbole.Le Devoir Perdue au fond des bois Patricia Rozema apparaît en panne de métaphores pour Into the Forest M A N O N D U M A I S P ar sa légèreté, son humour et, surtout, la présence de la lumineuse Greta Ger wig dans le rôle-titre, Maggie\u2019s Plan pourrait très bien passer pour un film de Noah Baum- bach (Frances Ha).Or il s\u2019agit bel et bien d\u2019un film de Rebecca Miller (La ballade de Jack et Rose, Les vies privées de Pippa), d\u2019après une histoire de Karen Rinaldi.Un tournant dans la carrière de la fille du dramaturge Arthur Miller ?« Il est sans doute trop tôt pour le savoir, confie-t-elle au bout du fil.C\u2019est une expérience que je voulais tenter en changeant le ratio de légèreté et de sérieux dans mon film.Il y a toujours eu de l\u2019humour dans mes films et je savais que c\u2019était en moi.Comme j\u2019avais cette merveilleuse armature pour soutenir cela, je me suis donc lancée.» Au centre de ce récit campé dans le milieu universitaire new-yorkais brille Maggie, qui enseigne la littérature à l\u2019université.Sans attaches sentimentales, la jeune femme confie à son ex (Bill Hader) et à la conjointe de ce dernier (Maya Rudolph) qu\u2019elle souhaite ardemment avoir un enfant.Pour ce faire, elle demande à un ami (Alex Morf), prospère entrepreneur spécialisé dans le cornichon, de lui donner de sa semence.Au même moment, elle croise un collègue, John (Ethan Hawke), aspirant romancier en panne d\u2019inspiration marié à Georgette (Julianne Moore), brillante intellectuelle danoise avec qui il a deux enfants.Tous deux tombent amoureux.Trois ans plus tard, parents d\u2019une fillette, Maggie et John voient le train-train quotidien tuer peu à peu leur couple.Opiniâtre de nature, Maggie confie à ses amis qu\u2019elle veut rabibocher John et Georgette.« Je crois que Maggie voit sa vie comme un roman, mais elle réalise qu\u2019elle n\u2019y est qu\u2019un personnage, et non l\u2019auteure », suggère Miller.Acteurs et scénaristes Sur le plateau de Maggie\u2019s Plan évoluaient deux acteurs ayant une expérience de scénariste plus qu\u2019honorable : Ger- wig, muse et coscénariste de Baumbach, et Hawke, fidèle complice avec Julie Delpy de la sublime trilogie sentimentale Before\u2026 de Richard Linklater.Au dire de Miller, tous deux étaient heureux d\u2019avoir un scénario écrit par un tiers et de ne pas avoir à improviser leur dialogue.Ce qui ne signifie toutefois pas qu\u2019ils n\u2019aient pas eu à mettre leur grain de sel.«Nous avons eu beaucoup de discussions en amont, révèle la cinéaste.J\u2019ai écrit le scénario en entier, mais certains détails ont été suggérés par les acteurs.Par exemple, Julianne Moore a demandé à ce que l\u2019on voie son personnage travailler.J\u2019ai alors écrit la scène se déroulant dans l\u2019auditorium.Ethan Hawke avait aussi plusieurs idées fantastiques pour la fin du récit.» À propos du personnage de Moore, mégère apprivoisée aux manières raf finées, elle poursuit : « À l\u2019origine, Georgette devait être Française.Avec Julianne, on a d\u2019abord pensé qu\u2019elle pourrait être Allemande ou Suédoise, puis on a décidé qu\u2019elle serait Danoise, car ce serait plus intéressant de jouer avec un accent qu\u2019on n\u2019entend pas si souvent.Julianne a suggéré d\u2019attacher ses cheveux en chignon puisqu\u2019on la voit rarement ainsi ; le chignon est devenu par tie intégrante du personnage.Elle s\u2019est plu dans ce rôle parce qu\u2019elle a rarement l\u2019occasion d\u2019être ab- surdement drôle, enfin pas depuis Le grand Lebowski.» Durant l\u2019écriture du scénario, Rebecca Miller confesse qu\u2019il y a eu une si grande complicité entre Greta Gerwig et elle-même qu\u2019elle n\u2019arrive plus à départager certaines idées de l\u2019une et de l\u2019autre.« C\u2019est comme si nos esprits avaient fusionné.Par exemple, je ne me souviens plus qui, de Greta ou de moi, est arrivée avec l\u2019idée que Maggie est quaker.C\u2019est étrange, parce que je savais dès le départ qu\u2019elle allait avoir un fond religieux et, pour nous, il était naturel qu\u2019elle soit quaker étant donné le peu de rituels que pratique cette communauté, dont les grands principes son t ba sé s sur l e s bonne s actions.À sa façon, Maggie s\u2019avère une personne modeste et simple, donc tout allait de soi.» N\u2019ayant pas tourné durant cinq ans, le temps d\u2019écrire l\u2019ambitieux roman Jacob\u2019s Folly, lequel pourrait faire l\u2019adaptation d\u2019une minisérie, et de s\u2019occuper des deux fils qu\u2019elle a eus avec Daniel Day- Lewis, Rebecca Miller reconnaît qu\u2019il y a une par t d\u2019elle dans chaque personnage, notamment dans celui de John.« À un moment donné , j e me suis dit que John n\u2019arriverait pas à finir d\u2019écrire son roman.Puis, on a eu l\u2019idée qu\u2019il était incapable de le commencer.Des auteurs narcissiques qui se perdent dans leur histoire, qui sont totalement obsédés par le livre qu\u2019ils écrivent, je connais ! » Le Devoir À l\u2019affiche le 10 juin Combines de nana Dans Maggie\u2019s Plan, Rebecca Miller traite avec légèreté du désir de créer Nouvelle Vague, vieilles rengaines Louis Garrel pour la première fois derrière la caméra, et toujours sur la même note REMSTAR Durant toute la première partie du film, Evan Rachel Wood (notre photo) et sa collègue Ellen Page apparaissent sous-utilisées.FUNFILM Vincent Macaigne dans le rôle de Clément MATTHEW EISMAN GETTY IMAGES AGENCE FRANCE-PRESSE Rebecca Miller reconnaît qu\u2019il y a une part d\u2019elle dans chaque personnage de son film Maggie\u2019s Plan."]
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