Le devoir, 11 juin 2016, Cahier A
[" AUJOURD\u2019HUI Littérature \u203a La muse de Réjean Ducharme s\u2019éteint.Page C 7 FrancoFolies \u203a Souchon-Voulzy: réunion sentimentale.Page C 7 Avis légaux.C 8 Carrières .C 3 Décès.C 9 Mots croisés .D 4 Petites annonces .C 9 Sudoku .D 5 V O L .C V I I N o 1 3 0 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 1 E T D I M A N C H E 1 2 J U I N 2 0 1 6 2 , 8 3 | S + T A X E S = 3 , 2 5 | S Montréal se met à l\u2019heure de l\u2019Euro Page A 8 Culture Pierre Lapointe revisite ses mal-aimés Page E 1 Lectures d\u2019été L\u2019imaginaire du bar Page F 1 ?w w w .l e d e v o i r .c o m 50 QUÉBEC 418-654-8677 LÉVIS 418-654-8677 TROIS-RIVIÈRES 819-696-8677 MONTRÉAL 514-231-8677 LAVAL 450-627-3716 LONGUEUIL 450-445-9829 .CA Certifié 5 Étoiles® TOILES À ROULEAUX \u2022 PANNEAUX COULISSANTS \u2022 PERSIENNES \u2022 STORES VOILAGE \u2022 STORES ROMAINS STORES HORIZONTAUX \u2022 STORES MOTORISÉS \u2022 STORES DE VERRIÈRES \u2022 STORES VERTICAUX ESTIMATION GRATUITE 1 855 770-8677 OPAQUES TRANSLUCIDES SOLAIRES MOTORISATION DISPONIBLE Claude Bouchard Québec, Lévis, Montréal, Trois-Rivières, Repentigny, Laval, Boisbiand, Mont-Tremblant, Longueuil, Beloeil, Magog % de rabais ou INSTALLATION GRATUITE JONATHAN BOULET-GROULX Vie immobile dans le batey Canutillo.La décision d\u2019annuler la nationalité de tous les Dominicains nés de parents étrangers « en situation irrégulière» a chamboulé la vie de dizaines de milliers d\u2019Haïtiens qui ne peuvent obtenir ni acte de naissance, ni carte d\u2019identité, ni passeport.M A R C O F O R T I E R A lexandre Cloutier marque des points en regard des autres aspirants à la chefferie du Parti québécois (PQ), mais la campagne d\u2019idées de Jean-François Lisée vient brouiller les cartes.Le député de Lac-Saint-Jean a gagné 10 points par rapport au mois dernier.Alexandre Cloutier obtient l\u2019appui de 37 % des sympathisants péquistes, comparativement à 27 % au début du mois de mai, révèle un sondage Léger mené pour Le Devoir et Le Journal de Montréal.Ce coup de sonde a été mené par Internet auprès de 990 personnes entre le 6 et le 8 juin.Le sondage confirme que Jean-François Lisée o c c u p e d é s o r m a i s l e deuxième rang parmi les aspirants chefs du PQ (15 %), à égalité statistique avec Véronique Hivon (14%).La députée Martine Ouellet suit à 7%, et l\u2019avocat Paul Saint-Pierre Plamondon obtient 2%.Plus du quar t (26 %) des sympathisants péquistes reste toutefois indécis, ce qui fait dire au sondeur Christian Bourque que la course reste ouverte malgré l\u2019avance d\u2019Alexandre Cloutier.«Il y a un certain momentum dans la campagne de M.Cloutier.Il consolide son avance, mais Jean- François Lisée peut certainement jouer les trouble- fête», dit le vice-président et associé chez Léger.Il rappelle le résultat étonnant de la course à la direction du Parti libéral du Canada en 2006 : Stéphane Dion, qui partait loin derrière les favoris, s\u2019était faufilé et avait été couronné au quatrième tour, avec l\u2019appui du candidat Gerard Kennedy.SONDAGE LÉGER Cloutier et Lisée font leur effet A N T O I N E D I O N - O R T E G A à Quisqueya, République dominicaine L e soleil écrasant de l\u2019après-midi s\u2019est adouci au batey Canutillo.Ses habitants sortent graduellement de leur torpeur.Les jeunes hommes se dirigent vers le terrain de basketball, les enfants, vers les gradins.Les plus vieux, revenus des plantations de canne à sucre ou de leur potager, font claquer les dominos dans l\u2019air frais du soir.Du magasin près de la place, deux gigantesques haut-parleurs inon - dent le village de merengue, lui imposant un air de fête même quand il n\u2019y a rien à fêter.En septembre 2013, le tribunal constitutionnel a annulé la nationalité de tous les Dominicains RÉPUBLIQUE DOMINICAINE Zonbi, ou comment vivre quand on n\u2019existe pas L\u2019apatridie est devenue une maladie héréditaire pour la main-d\u2019œuvre haïtienne J E A N D I O N D ans le temps, les années 1950 et 1960, l\u2019âge d\u2019or du hockey de la Ligue nationale à six équipes, le numéro 9 était une affaire de poids lourds.À Montréal, bien sûr, on retrouvait Maurice Richard.À Boston, Johnny Bucyk.À New York, Andy Bathgate.À Chicago, Bobby Hull.Tous entreraient un jour au Temple de la renommée, et pas en achetant un billet.Et à Detroit, le 9 avait pour nom Gordie Howe.Lui, décédé vendredi à l\u2019âge vénérable de GORDIE HOWE 1928-2016 La planète hockey en deuil RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE La légende de Gordie Howe s\u2019est notamment bâtie lors de ses af frontements contre Maurice Richard et Jean Béliveau.Ci-dessus, Howe et Béliveau lors d\u2019une cérémonie au Centre Bell en 2007.Dossier \u203a Le retour vers nulle part.Page A 4 Le commerce de la migration.Page A 5 Le cheval de Troie haïtien.Page A 6 Plus du quart des sympathisants péquistes demeure indécis VOIR PAGE A 10 : ZONBI VOIR PAGE A 10 : HOWE VOIR PAGE A 10 : SONDAGE Lire aussi \u203a Les hommages pleuvent pour Howe.Page C 9 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 1 E T D I M A N C H E 1 2 J U I N 2 0 1 6 F I N D E S E S S I O N P A R L E M E N T A I R E A 2 M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec Les élus libéraux n\u2019étaient pas mécontents vendredi de tirer un trait sur une rude session parlementaire marquée par des crises à répétition.Les chefs des par tis d\u2019opposition Sylvain Gaudreault, François Legault et Françoise David ont tour à tour récité comme une litanie les controverses dans lesquelles s\u2019est retrouvé le gouvernement libéral depuis le début de l\u2019année.« Crise majeure au MTQ, graves contradict ions dans l \u2019a f faire Rona, manquement à l\u2019éthique du côté de Sam Hamad, déclaration inconsidérée de la ministre De Santis\u2026 », a énuméré le chef de l\u2019opposition of fi- cielle, Sylvain Gaudreault, sans manquer de souffle.À ses yeux, le premier ministre Philippe Couillard dirige un gouvernement «dysfonctionnel», gangrené par la «chicane», qui est « incapable d\u2019avancer ».«C\u2019est un gouvernement sans envergure qui se contente de gérer le Québec sans ambition, alors que le Parti québécois a l\u2019ambition de faire du Québec un pays», a-t-il dit.Nombreuses crises Depuis le début de l\u2019année, le gouvernement libéral a fait face à la vente du fleuron québécois Rona à des intérêts américains, au point de vue égalitaire de la ministre de la Condition féminine, Lise Thé- riault, à un bras de fer avec Pétrolia au sujet de l\u2019exploration pétrolière et gazière sur l\u2019île d\u2019Anticosti, sans oublier l\u2019arrestation de l\u2019ex-vice-pre- mière ministre libérale Nathalie Normandeau, la mise à l\u2019écart du Conseil des ministres de Sam Hamad, éclaboussé par des allégations de trafic d\u2019influence, et la crise de confiance ébranlant le ministère des Transports.Sur le front législatif , la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, s\u2019est avouée vaincue face à l \u2019é lue péquiste Agnès Maltais et a retiré les dispositions anti-dis- cours haineux prévues dans le projet de loi 59.Le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, a, lui, renoncé à réorganiser les commissions scolaires et à abolir les élections scolaires.Le chef caquiste, François Legault, n\u2019a pas manqué de reprocher vendredi au gouvernement de « tourner en rond en éducation» depuis son arrivée aux commandes de l\u2019État, en avril 2014.Il a par la suite dépeint M.Couillard comme un premier ministre « cérébral », « passif » \u2014 « des méchants diraient \u201cennuyant\u201d», a-t-il ajouté \u2014 qui est plombé par un « manque de vision » ainsi que de « passion » et de « leadership ».Le gouvernement libéral est «en panne d\u2019idées ».«On se retrouve actuellement avec un gouvernement libéral usé, un Parti québécois déconnecté et une CAQ sur sa lancée», a-t- il résumé, présentant sa formation politique comme « la seule \u201calternative\u201d» au PLQ.De son côté, Philippe Couil- lard a insisté sur les succès de la première moitié de son mandat, notamment la croissance de l\u2019emploi et la bonne tenue de la cote de crédit du Québec, plutôt que sur les événements « imprévisibles » ou « incontrôlables » auquel il a été confronté.Le chef du gouvernement n\u2019entendait pas faire acte de contrition.« Ce n\u2019est jamais facile, gérer un gouvernement.Il y a toutes sortes d\u2019intérêts divergents, a-t- il af firmé.J\u2019adore ce que je fais », a-t-il cependant assuré à la presse.Fin de session houleuse Le gouver nement Couil - lard a dû imposer des mesures d\u2019exception pour faire adopter, avant la relâche parlementaire, le projet de loi 100 sur l\u2019industrie du taxi en raison du refus de Québec solidaire de donner son consentement à des procédures accélérées.Les solidaires et les péquistes ont dénoncé un amendement « surprise » visant à accommoder Uber en ouvrant la por te à un régime spécial pour cette « multinationale voyou ».M.Daoust est « tellement affaibli » par la crise au MTQ et la controverse sur la vente des actions de Rona par Investissement Québec qu\u2019il a dû « concocter un amendement pour faire plaisir aux jeunes libéraux et caquistes et à Uber », a déploré la députée péquiste Martine Ouellet.Le projet de loi a été adopté en soirée sur fond de mésentente.Le Devoir Les libéraux concluent une session semée d\u2019embûches JACQUES NADEAU LE DEVOIR De nombreuses crises ont animé les débats à l\u2019Assemblée nationale au cours des derniers mois.M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e chef de l\u2019opposition officielle, Sylvain Gaudreault, ne se préoccupe pas de la stagnation des appuis à l\u2019égard du Parti québécois, et ce, malgré un taux d\u2019insatisfaction grandissant envers le gouvernement libéral.La course à la direction du PQ explique en grande partie le maintien des intentions de vote, a-t-il soutenu en marge du bilan de la dernière session vendredi.«On est dans une période au Parti québécois où on a une course au leadership qui est extrêmement suivie par la population.Moi, je suis là comme chef intérimaire.Alors, je maintiens les choses », a-t-il déclaré lors d\u2019une conférence de presse.M.Gaudreault a toutefois prédit que « le ou la » chef élu en octobre prochain mènera les troupes péquistes à la victoire lors des prochaines élections générales, en 2018.En un mois, le Parti libéral du Québec a reculé de trois points (32%), la Coalition avenir Québec a avancé de trois points (24%), tandis que le PQ fait du surplace (30%), selon un sondage Léger effectué pour Le Devoir et Le Journal de Montréal.À la lumière de celui-ci, l\u2019effritement des appuis des libéraux, empêtrés dans des crises à répétition depuis le début de l\u2019année, a profité exclusivement à la CAQ.«Si on prend trois points chaque mois, d\u2019ici le 1er octobre 2018, on va se retrouver comme en Russie.Donc, moi, je vois ça positif», a lancé le chef caquiste, François Legault, avant d\u2019esquisser un large sourire.La CAQ «sur une lancée» M.Legault affichait une tout autre mine il y a un an, après avoir encaissé une douloureuse défaite lors de l\u2019élection partielle dans la circonscription de Chauveau.Le chef caquiste décèle aujourd\u2019hui une « tendance très positive » dans les derniers sondages d\u2019opinion.« Il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour dire que la CAQ n\u2019est pas sur une lancée», a-t-il poursuivi, les yeux rivés sur le scrutin du 1er octobre 2018.L\u2019homme de 59 ans croise les doigts afin que la CAQ passe, d\u2019ici là, du troisième au premier rang, ce qui lui permettrait de «déménager dans l\u2019édifice Price ».La résidence officielle du premier ministre s\u2019y trouve.Pour y arriver, la CAQ a établi une « stratégie très claire » visant notamment à égrener des « propositions constructives sur dif férents sujets » au cours des deux prochaines années.Par ailleurs, M.Legault intensifiera ses efforts pour convaincre les fédéralistes fidèles au PLQ de se rallier à la CAQ, et ce, sans craindre de favoriser indirectement les péquistes.« Ça fait 40 ans que les gens votent libéral parce qu\u2019ils ne veulent pas de la souveraineté.Donc, on a encore du travail à faire pour leur expliquer qu\u2019il y a une solution de rechange.Ça s\u2019en vient », a déclaré M.Legault.D\u2019ailleurs, les appels, peu nombreux, à la tenue rapide d\u2019un référendum sur l\u2019indépendance du Québec l\u2019incitent à croire que « c\u2019est la fin du Par ti québécois comme parti qui aspire à gouverner ».Il ne paraît pas s\u2019inquiéter de la perspective de l\u2019élection du député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, à la tête du PQ.Plusieurs estiment que l\u2019élu trentenaire pourrait faire souf fler un vent de jeunesse à Québec\u2026 comme l\u2019a fait Justin Tr udeau à Ottawa.« [Alexandre Cloutier] n\u2019est pas aussi beau », a lancé à la blague M.Legault à la presse.« Il s\u2019en va cet été se promener par tout au Québec.Quand il fait chaud et on se met à parler de souveraineté, ce n\u2019est pas facile », a-t-il ajouté.Sylvain Gaudreault a invité « Jojo Legault » à cesser de hasarder des prédictions.Il a en outre reproché au chef du deuxième groupe d\u2019opposition d\u2019être mû par ses ambitions personnelles.«François Legault a plus d\u2019ambition pour lui-même que pour le Québec.François Legault a dit à sa femme de se préparer à aller habiter l\u2019édifice Price.Avec autant d\u2019arrogance, ne vous inquiétez pas, il va rester troisième longtemps», a-t-il affirmé, le ton sec.Le premier ministre Philippe Couillard s\u2019est quant à lui refusé de commenter l\u2019insatisfaction populaire exprimée envers son gouvernement (68 %) par le biais du coup de sonde ef fectué par Léger.« Je ne commente jamais les sondages, mais le chiffre, pour moi, qui est important, c\u2019est les emplois », s\u2019est-il contenté de dire.Le Devoir INTENTIONS DE VOTE Pas de panique dans le camp péquiste PHOTOS JACQUES BOISSINOT PC Le PQ cherchera encore le moyen de proposer un référendum sans en proposer un [.].La CAQ continuera à se chercher.Philippe Couillard, premier ministre du Québec « » Chaque fois que ce gouvernement bouge, c\u2019est pour reculer ou s\u2019enfoncer davantage dans des sables mouvants Sylvain Gaudreault, chef intérimaire du PQ « » Qu'est-ce que M.Couillard veut faire comme premier ministre du Québec?Pourquoi est-il en politique?Ce n\u2019est pas clair.François Legault, chef de la CAQ « » [Avec] le gouvernement libéral, [.] les scandales, il y en a tout le temps, il y en a toutes les semaines Françoise David, coporte-parole de QS « » Lire aussi \u203a Le calme de Couillard devant l\u2019incontrôlable.Un texte de notre journaliste Robert Dutrisac.Page B 3 Adoption du premier projet de loi de QS Pour : 109, contre : 0, abstention : 4 ; l\u2019Assemblée nationale a adopté vendredi, dans un véritable marathon législatif, le premier projet de loi solidaire.« Il y a quelques bonnes nouvelles, et de bonnes nouvelles auxquelles Québec solidaire est intimement associé.Nous ne sommes pas peu fiers », a lancé la députée de Gouin, Françoise David, dans la foulée de l\u2019adoption de la Loi modifiant le Code civil afin de protéger les droits des locataires aînés, dont elle est l\u2019auteure.«Ces locataires aînés sont désormais protégés de l\u2019éviction», s\u2019est-elle réjouie au terme de deux ans d\u2019efforts.«Voilà, Québec solidaire fait beaucoup de choses dans la vie, mais Québec solidaire est même capable, et c\u2019est rarissime, d\u2019amener un projet de loi jusqu\u2019à son accomplissement, jusqu\u2019à son adoption.On fait ça à trois, imaginez-vous si on était 20, 30, ou 62», a conclu Mme David, entourée de Manon Massé et Amir Khadir. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 1 E T D I M A N C H E 1 2 J U I N 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa On pourrait l\u2019appeler l\u2019amendement du verre d\u2019eau.Les sénateurs ont une fois de plus modifié le projet de loi sur l\u2019aide médicale à mourir vendredi, cette fois pour interdire à un proche d\u2019aider un malade à s\u2019administrer le cocktail létal lui ayant été prescrit.Le projet de loi C-14 prévoit qu\u2019un malade désireux d\u2019en finir peut soit obtenir l\u2019aide d\u2019un médecin, soit se faire prescrire un médicament qu\u2019il s\u2019administrera lui-même, potentiellement à domicile entouré de ses proches.Le projet de loi stipule que dans ce cas, « quiconque fait quelque chose » (« anything » \u2014 quoi que ce soit \u2014 dans la version anglaise) pour aider le malade à s\u2019administrer la substance ne commet pas un crime.C\u2019est ce passage que le sénateur conservateur Don Plett a fait changer.Toute personne bénéficiaire de la succession du malade ou qui se « croit » susceptible de tirer un avantage matériel de sa mort est désormais exclue.En d\u2019autres mots, un fils ou une conjointe susceptible d\u2019hériter du chalet ou du REER du malade ne pourra pas l\u2019aider à prendre ses cachets mortels.C-14 exige déjà que la demande d\u2019aide à mourir soit approuvée par deux médecins et signée en présence de deux témoins qui ne sont pas bénéficiaires testamentaires.Mais M.Plett fait valoir qu\u2019en cas d\u2019autoadministration, le patient peut conserver le médicament à domicile jusqu\u2019à trois ans.Il pourrait attendre et finalement changer d\u2019avis.Un scénario d\u2019autant plus plausible que les sénateurs ont changé C-14 pour rendre admissibles les personnes n\u2019étant pas en fin de vie.« Il n\u2019y a personne [sur place] qui puisse confirmer le consentement au moment de la prise de la prescription, et encore moins juger de la capacité du malade à y consentir, a fait valoir le sénateur Plett.Il n\u2019y a aucun mécanisme pour s\u2019assurer que la personne n\u2019est pas forcée à prendre la prescription.» Dans un cadre hospitalier, le médecin a l\u2019obligation, selon C-14, de vérifier le consentement du malade juste avant de poser le geste final.Témoin neutre M.Plett préférerait que l\u2019aide médicale à mourir n\u2019ait lieu qu\u2019à l\u2019hôpital.Il s\u2019incline devant la volonté du gouvernement de permettre l\u2019autoadministration à domicile, mais estime nécessaire que le geste fatidique soit posé en présence d\u2019un témoin neutre.« Soyons clairs : cet amendement n\u2019exclut pas que les êtres chers soient rassemblés autour de leurs parents.[\u2026] Mais il faut qu\u2019une personne indépendante soit sur les lieux», a-t-il dit.Le libéral George Baker a tenté de faire prendre conscience de la portée de cet amendement à ses collègues.«Si quelqu\u2019un fait quoi que ce soit pour aider \u2014 donner un verre d\u2019eau pour avaler une pilule \u2014, [\u2026] alors cette personne sera sujette à une peine de prison ou une mise en accusation.» Son argument n\u2019a pas porté.L\u2019amendement a été massivement appuyé, à 49 voix contre 20.Pierre-Hugues Boisvenu s\u2019est opposé à cet amendement.«Cela est inapplicable à mon avis sur le plan juridique», a-t-il dit à sa sortie du Sénat.Selon lui, il aurait fallu définir ce qu\u2019on entend par «aider».«Est- ce qu\u2019un conjoint qui accompagne sa conjointe qui est très, très malade, est-ce que l\u2019accompagnement sera considéré comme de l\u2019aide?» Suite incertaine Le sort du projet de loi C-14 sur l\u2019aide médicale à mourir est des plus incertains.Le Sénat reprendra son étude lundi soir prochain.D\u2019autres amendements sont attendus, dont un, délicat, sur les directives anticipées.Plus tôt cette semaine, les sénateurs ont modifié C- 14 pour rendre admissibles les personnes qui ne sont pas en fin de vie, au grand dam des ministres du gouvernement Trudeau.Ces amendements rendent obligatoire le retour du projet de loi devant la Chambre des communes.Les députés s\u2019in- clineront-ils devant la volonté des non-élus en endossant les changements ?Ou rétabliront- ils le projet de loi dans sa version originale ?Le Sénat sert déjà une mise en garde.« Si la Chambre des communes décide de n\u2019accepter aucune des recommandations et des amendements et nous le retourne dans sa forme originale, je pense que c\u2019est un projet de loi qui peut être défait au Sénat », a soutenu le leader conservateur au Sénat, Claude Carignan.Cela signifierait la mort du projet de loi.Le représentant du gouvernement Trudeau au Sénat, Peter Harder, estime qu\u2019un tel geste serait « inacceptable ».«Le peuple du Canada veut que le Parlement fonctionne et nous ne pouvons pas complètement rejeter un projet de loi», a-t-il dit.La Cour suprême a invalidé les portions du Code criminel interdisant l\u2019aide médicale à mourir en février 2015 et avait donné aux législateurs jusqu\u2019au 6 juin dernier pour concocter un encadrement à cette pratique.L\u2019aide médicale à mourir est légale depuis ce jour et seul le jugement de 2015 ser t de guide pour l\u2019instant, sauf au Québec, où une loi sur les soins de fin de vie est déjà en vigueur.Le Devoir De l\u2019aide pour mourir\u2026 mais pas de la part d\u2019un proche Le Sénat modifie le projet de loi C-14 pour qu\u2019un bénéficiaire testamentaire ne puisse pas aider un malade à s\u2019administrer un médicament mortel Achetons tableaux de qualité canadiens et européens.Grande valeur offerte SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le sénateur conservateur Don Plett estime nécessaire que le geste fatidique soit posé en présence d\u2019un témoin neutre.I S A B E L L E P O R T E R à Québec A vec le nouveau pouvoir gouvernemental de décréter les conditions de travail des employés municipaux, Régis Labeaume vient d\u2019obtenir le dernier des changements qu\u2019il réclamait en matière de relations de travail.Trois ans après sa campagne électorale sur ce thème, c\u2019est une victoire sur toute la ligne pour le maire de Québec.« On est extrêmement satisfaits, c\u2019est des années de bataille qu\u2019on a démarrées à Québec qui finissent de la façon dont on voulait, a lancé M.Labeaume en mêlée de presse vendredi après-midi.Il fallait rééquilibrer les rapports de force entre les contribuables et les employés municipaux.» Le projet de loi présenté vendredi par le ministre des Af faires municipales, Mar tin Coiteux, donne à l\u2019Assemblée nationale le pouvoir de décréter les conditions de travail dans les municipalités lorsqu\u2019une ville et ses employés ne parviennent pas à s\u2019entendre.Pour les policiers et pompiers, une nouvelle instance (le conseil de règlement des différends) devra trancher en tenant compte notamment de la «situation financière et fiscale de la municipalité concernée».Vendredi, le maire de Québec a rappelé qu\u2019il avait longtemps été le seul à réclamer de tels changements.«On a roulé dans la gravelle, et n\u2019eût été l\u2019appui de la population, on n\u2019aurait jamais pu y arriver.» Rappelons que M.Labeaume l\u2019avait emporté avec 74% des voix lors de l\u2019élection de 2013, après une campagne axée exclusivement sur le dossier des relations de travail.Or à l\u2019origine, M.Labeaume voulait que le pouvoir de décréter soit donné aux villes et non au gouvernement.Il a aussi déjà réclamé le droit au lockout.Lorsqu\u2019on lui a demandé s\u2019il n\u2019était pas déçu que ce pouvoir aille plutôt aux élus provinciaux, il a rétorqué qu\u2019il n\u2019avait pas le choix.«Légalement, ça ne fonctionnait pas.Il y avait deux hypothèses : ça aurait pu être battu par la Cour suprême, mais ça aurait pu être battu aussi par une injonction interlocutoire, a-t-il dit.L\u2019Assemblée nationale est souveraine.Ils ont le droit de décider.» Rappelons qu\u2019en plus de cela, le maire de Québec avait eu gain de cause dans le dossier des régimes de retraite des municipalités avec la loi sur le partage des déficits des régimes de retraite, adoptée en décembre 2014.Les syndicats sidérés Le nouveau projet de loi sur le régime de négociation des conventions collectives change en profondeur les règles du jeu.Désormais, les parties pourront demander au gouvernement d\u2019intervenir après quatre mois de négociations.Un médiateur nommé par le ministre intervient ensuite pendant une période pouvant aller jusqu\u2019à deux mois.En cas d\u2019échec, on peut faire appel à un « mandataire spécial », également nommé par le ministre pour lui fournir un avis.Dans le cas des policiers et des pompiers, on remplace les mécanismes d\u2019arbitrage du ministère du Travail par un nouveau système, « le conseil de règlement des différends».Constitué de trois personnes nommées par le gouvernement, ce tribunal fait lui aussi rapport au ministre.Comme on pouvait s\u2019y attendre, les syndicats ont vivement dénoncé le projet de loi vendredi.Le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Daniel Boyer, l\u2019a qualifié d\u2019«anticonstitutionnel » parce qu\u2019il limite, dit-il, la liberté de négocier et le droit d\u2019association qui sont protégés par les chartes.Le délai de 120 jours pour négocier est carrément « ridicule », selon Denis Bolduc du Syndicat canadien de la fonction publique.«Les quatre premiers mois de négociations, ça sert à s\u2019apprivoiser, à commencer à danser», a-t-il dit.M.Boyer plaide en outre que les syndicats tenaient déjà compte du cadre financier des villes lorsqu\u2019ils négociaient.Ses collègues et lui ont martelé que la négociation, « ça marche » et que 85 % de leurs membres avaient des conventions collectives signées dans le système actuel.« C\u2019est sûr qu\u2019on ne laissera pas passer quelque chose comme ça, a lancé le nouveau président du Syndicat canadien de la fonction publique pour le Québec, Denis Bolduc.On se sert des travailleurs municipaux pour financer des transferts de responsabilités vers les municipalités.» Le Devoir RELATIONS DE TRAVAIL Régis Labeaume savoure sa victoire Québec dépose un projet de loi conférant à l\u2019Assemblée nationale le pouvoir de trancher un litige entre une ville et ses employés Reprise du débat sur le projet de loi de Mauril Bélanger Ottawa \u2014 Les conservateurs ont finalement mis un peu d\u2019eau dans leur vin, vendredi, après avoir refusé la veille d\u2019appuyer une motion qui aurait pu éviter au député Mauril Bélanger, gravement malade, de se présenter en Chambre.Les élus de la formation ont accepté de passer au débat en troisième lecture du projet de loi visant à modifier les paroles du Ô Canada pour éliminer toute distinction de genre.Le député néodémocrate David Christopherson ne s\u2019est pas privé de servir une volée de bois vert aux conservateurs, se disant «extrêmement déçu» de leur manque de «respect, de civilité et d\u2019humanité» dans cette histoire.Le Parti conservateur a refusé jeudi de consentir à une motion visant à substituer le nom de Mauril Bélanger pour celui d\u2019Andrew Leslie comme parrain du projet de loi d\u2019initiative parlementaire C-210.Les libéraux agissaient «par mesure de précaution», n\u2019ayant pas l\u2019assurance que le député atteint de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie dégénérative incurable, serait en état de venir au Parlement pour la reprise du débat.La Presse canadienne Régis Labeaume a l\u2019intention d\u2019interdire les pitbulls sur le territoire de la ville de Québec.Conforté dans ses intentions par le décès de la dame qui a été attaquée cette semaine, il s\u2019est montré résolu vendredi.« Je ne sais pas ce qu\u2019on va faire, mais il faut qu\u2019on s\u2019organise pour qu\u2019ils [ne] soient plus là».Reste, dit-il, à établir précisément quelle «marque» ou «race» de chien sera bannie.Pas question non plus de se contenter d\u2019une législation visant les propriétaires de chiens, plutôt que les animaux eux-mêmes.«S\u2019il en tue un autre et on va avec une amende après, on n\u2019est pas bien, bien avancés.[\u2026] Il faut plus qu\u2019il y en ait.On est aussi bien d\u2019aller en amont.» Le maire veut bannir les pitbulls Régis Labeaume Un fils ou une conjointe susceptible d\u2019hériter du chalet ou du REER du malade ne pourra pas l\u2019aider à prendre ses cachets mortels L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 1 E T D I M A N C H E 1 2 J U I N 2 0 1 6 DES MIGRANTS APATRIDES A 4 A 5 Régulariser les étrangers Le Plan national de régularisation des étrangers est entré en vigueur le 1er janvier 2014 et s\u2019est terminé le 17 juin 2015.Son objectif était de régulariser la situation de quelque 450 000 immigrants haïtiens en République dominicaine.Pendant ces 18 mois, 280 000 ont tenté de s\u2019inscrire, 230 000 demandes ont été acceptées et 184 000 visas temporaires ont été émis.Mais une poignée d\u2019Haïtiens seulement ont obtenu la résidence permanente, essentielle pour enregistrer leurs enfants comme Dominicains.Les autorités avaient prévenu : à partir du 17 juin 2015, tout immigrant qui n\u2019aurait pas régularisé sa situation serait passible de déportation.À l\u2019approche de la date fatidique, une véritable campagne de peur grondait dans tout le pays, relayée par les médias, qui ont rapporté des violences, des lynchages, des massacres.Ceux-ci font rarement la différence entre Haïtiens et Dominicains nés de parents haïtiens, renforçant les amalgames racistes et ciblant l\u2019ensemble de la communauté haïtienne plutôt que les seuls sans-papiers.En deux mois à peine, 70 000 immigrants sont retournés «volontairement » en Haïti.Puis, en août 2015, les déportations commençaient officiellement.Selon les derniers chiffres des autorités dominicaines, 35 000 personnes auraient été « rapatriées» depuis.Avec les départs «volontaires», ce sont 113 000 Haïtiens qui auraient quitté le pays depuis juin dernier.À Malpasse, République dominicaine A vec les fortes pluies printanières, le sol rocailleux s\u2019est recouvert d\u2019un étang de boue grise.Il est à peine 10 h et le soleil plombe déjà sur le poste frontalier de Malpasse.Trois militaires de la sécurité frontalière, mitrailleuse en bandoulière, font entrer au compte-gouttes les Haïtiens massés au portail.La plupart sont venus faire le plein de denrées dominicaines au marché binational pour le compte de commerçants de Port-au-Prince.Mais certains ont une autre idée en tête : entrer illégalement en territoire dominicain et, avec un peu de chance, atteindre la capitale, Santo Domingo.Angelín, un agent de l\u2019immigration assis à l\u2019ombre, en est bien conscient.« S\u2019ils n\u2019ont pas leurs documents, ils devront payer, dit-il.À chacun des points de contrôle, ils devront donner 100, 200, parfois 300 pesos [3 à 8 $] aux militaires de garde.» Pour avoir fourni cette information, Angelín demande d\u2019ailleurs « un petit quelque chose», sous prétexte qu\u2019il a faim.Tout près du bâtiment de l\u2019immigration, de jeunes Dominicains, casquette et lunettes fumées, se taquinent et se bousculent sous le regard amusé des militaires.« Ce sont des volontaires, dit un agent du renseignement frontalier en polo rose.Ils aident les Haïtiens avec l\u2019immigration, à s\u2019intégrer au pays.Souvent, les Haïtiens ne savent pas trop où aller.» En réalité, ce sont des buscones, de petits escrocs à la recherche de proies faciles.Se faisant passer pour des agents migratoires, ils confisqueront le passeport des Haïtiens trop crédules et ne le leur rendront qu\u2019après les avoir complètement ruinés.Une dispute éclate parmi eux à propos d\u2019une dette impayée.L\u2019un ramasse une roche, l\u2019autre tire un couteau de sous son t-shirt\u2026 L\u2019officier de la sécurité frontalière, qui sirote à son poste une bière haïtienne tiède, leur ordonne de se calmer.La scène s\u2019évanouit aussitôt dans un bruyant nuage de diesel.Près de la file des voyageurs qui patientent à l\u2019immigration, Miguel aussi attend ses « clients ».« Je les aide à remplir leur formulaire car plusieurs ne savent pas lire », dit-il.Ça tombe bien pour Miguel : le formulaire est disponible en espagnol et en anglais, mais pas en français ni en créole.« Ils me donnent 50 ou 100 pesos [1,50 à 3 $], c\u2019est selon.» Quant aux sans-papiers, ils savent que l\u2019argent ouvre les portes mieux que n\u2019importe quel passeport.Après avoir payé 500 ou 600 pesos (14 à 17 $) pour passer les points de contrôle jusqu\u2019à la ville de Jimaní, ils pourront trouver un chauffeur de bus prêt à les emmener jusqu\u2019à Santo Domingo, moyennant la somme exorbitante de 6000 pesos (170 $).Ils iront alors rejoindre leurs compatriotes illégaux sur les chantiers de construction de la capitale, jusqu\u2019à ce qu\u2019ils se fassent épingler par un agent de mauvaise humeur.D\u2019ailleurs, une camionnette blanche du Contrôle migratoire s\u2019est frayé un chemin parmi les tap-taps et les motoconchos.À son bord, un arrivage de déportés.Une dizaine d\u2019hommes et de femmes \u2014 dont une fillette \u2014 débarquent de la boîte, l\u2019air dépité, et passent la frontière sans se retourner.Pour ceux-là, tout est à refaire.Dans cette région frontalière, la migration clandestine tourne comme une grande roue, et elle fait décidément vivre bien du monde.Comme le disait une dame rencontrée dans un autobus de la capitale, «Ayisyien yo se bysnès nan pèyi a» \u2014 «Les Haïtiens, c\u2019est un business dans ce pays».Collaboration spéciale Le Devoir « Les Haïtiens, c\u2019est un business dans ce pays » Nombreux sont ceux qui s\u2019enrichissent avec la migration clandestine en République dominicaine Haïti République dominicaine Malpasse Anse-à-Pitres Santo Domingo Quisqueya Le retour vers nulle part Réfugiés dans des camps, les « rapatriés » n\u2019ont rien pour eux en Haïti T E X T E S : A N T O I N E D I O N - O R T E G A P H O T O S : J O N A T H A N B O U L E T - G R O U L X Dans le bâtiment de la Direction de l\u2019immigration, poste frontalier de Malpasse.Des voyageurs haïtiens patientent à l\u2019immigration.Cerabel Bonheur Cely Jean et quelques-uns de ses enfants, au camp de Parc Cadeau II.À droite: Wilson Espinal, 26 ans, y passe ses journées assis sur une roche, les yeux vidés par la faim.En haut: la rivière Pedernales et au bout, la République dominicaine.À l\u2019Anse-à-Pitres, Haïti Un jour de juin 2015, Cely Jean a rangé son chaudron et ses assiettes dans sa cuve de plastique, l\u2019a hissée sur sa tête puis a quitté la ville dominicaine de Pedernales avant l\u2019aube, avec son mari Jean-Pierre Jean et leurs sept enfants.La veille, Cely avait vu un homme, un Haitiano, se faire poignarder par une foule en colère.Il était temps de partir.Avec pour seules provisions quatre bananes, ils ont traversé à pied la rivière qui sépare Haïti et la République dominicaine.Il était près de 8 h quand ils ont aperçu un camp formé de huttes éparses, construites avec des branches d\u2019arbre et recouvertes de toiles et de tissus, de bâches, de cartons.Les courtepointes bariolées de la misère.Cely et les enfants ont er ré parmi les arbustes à la recherche de grosses branches pour commencer à se construire à leur tour dans le camp de Parc Cadeau II.La première nuit, ils ont dormi tous les neuf sur des toiles, par terre.Ils ne connaissaient personne.Le deuxième jour, ils se sont fabriqué un abri de toiles et de tissus.Puis des lits, avec des branches et du carton.Cely a trouvé des vêtements parmi les déchets du marché d\u2019Anse-à-Pitres, le village le plus proche.Ils se sont liés avec la voisine, Luciane Charles, une dame qui fredonne des chants d\u2019église.Ensemble, ils veillent les uns sur les autres.Ce n\u2019est pas toujours suffisant.Un jour qu\u2019elle s\u2019était éloignée, Cely s\u2019est fait voler sa cuvette de plastique dans laquelle il y avait ses vêtements, son chaudron et sa vaisselle, mais aussi ses papiers d\u2019identité ainsi que ceux de ses enfants.Eux qui vivent à peine, plus rien maintenant ne témoigne de leur existence.À 29 ans, Cely ignore comment s\u2019écrit son nom.Elle s\u2019occupe des enfants, leur invente des jeux dans ce camp jonché de détritus, cerné de collines rocheuses où pointent les cactus.Son mari, Jean-Pierre, travaille pour un agriculteur dominicain dans un champ de l\u2019autre côté de la frontière.On lui donne 125 pesos par jour (3,50 $) «Si ce n\u2019était que de moi, je resterais ici pour toujours, avec les Haïtiens, et les pagnols [espagnols] pourraient vivre entre eux, chacun de son côté, dit-elle.Mais ce n\u2019est pas comme ça, la réalité.» À l\u2019autre extrémité du camp, Wilson Espinal passe ses journées assis sur une roche, les yeux vidés par la faim.Malgré les lynchages et la rumeur des massacres à venir, il avait décidé de rester en République dominicaine pour travailler sur un chantier près de San Pedro de Macorís, dans l\u2019est de l\u2019île.Mais un jour de décembre qu\u2019il revenait chez lui pour dîner, un minibus s\u2019est arrêté et des agents l\u2019ont embarqué avec une vingtaine d\u2019autres Haitianos.Il avait pour tout bagage 400 pesos (11 $) et ses vêtements de travail.Ils ont roulé toute la journée.Le soir venu, on les a emmenés dans une maison pour la nuit, sans rien leur donner à boire ou à manger.Ils ont dormi directement sur le ciment.Avant l\u2019aube, ils ont repris la route.Ils sont arrivés au poste frontalier de Pedernales vers 9 h.Ils ont marché jusqu\u2019au camp de Parc Cadeau II, silencieux exode de miséreux en haillons.La première nuit, Wilson a dormi chez un étranger.Le lendemain, il a trouvé du bois et du carton pour se bâtir un abri.Pendant quelque temps, il a produit et vendu assez de charbon pour s\u2019acheter des toiles à l\u2019Anse-à-Pitres.Jusqu\u2019au jour où il est tombé d\u2019un cocotier et s\u2019est cassé deux côtes.Depuis, il surveille le charbon des autres.On lui donne 25 gourdes par sac (0,50 $).Wilson regarde sans les voir les collines verdoyantes qui encerclent le camp.Il devra retourner en République dominicaine.« Il n\u2019y a rien pour moi en Haïti », dit-il.Ni pour personne dans ce camp, d\u2019ailleurs.De l\u2019autre côté de la rivière, au moins, il y aura toujours quelqu\u2019un pour les exploiter.Collaboration spéciale Le Devoir Avec pour seules provisions quatre bananes, la famille Jean a traversé à pied la rivière qui sépare Haïti et la République dominicaine Au poste frontalier, des Haïtiens viennent faire le plein de denrées dominicaines au marché.Mais certains ont une autre idée en tête : entrer illégalement et, avec un peu de chance, atteindre la capitale Santo Domingo.Les Haïtiens qui n\u2019ont pas leurs documents doivent payer les militaires de garde à chacun des points de contrôle Angelín, agent de l\u2019immigration à Malpasse, qui demande d\u2019ailleurs «un petit quelque chose» pour avoir fourni de l\u2019information, sous prétexte qu\u2019il a faim.« » L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 1 E T D I M A N C H E 1 2 J U I N 2 0 1 6 DES MIGRANTS APATRIDES A 6 445, rue St-Sulpice, Vieux-Montréal Téléphone : 514 845-4980 Heures d\u2019ouverture : du lundi au vendredi de 10 h 00 à 18 h 00 les samedis et dimanches de 10 h 00 à 16 h 30 Papeter ie Casse - Noisette Nous tenons en inventaire agendas, papiers Lalo, papier St-Gilles, cartes, plumes et stylos, albums de photos, articles de bureau, sceaux, cires à cacheter .Montréal : 4875, Jean-Talon Ouest · (514) 344-8555 · 1 (866) 747-8555 Laval : 2267, boul.Le Corbusier · (450) 682-8280 www.abatjourillimites.ca \u2022 Plus de 5,000 abat-jour en magasin.\u2022 Le plus grand choix au Canada.\u2022 Service de recouvrement sur mesure.\u2022 Apportez votre pied de lampe pour un ajustement parfait.Présentez ce coupon au moment de l\u2019achat.Excluant les 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abordé pendant la campagne.Selon le conseil électoral, le registre des électeurs n\u2019a crû que de 4 % en 2016, alors qu\u2019il progresse normalement de 14 % par année en moyenne.Cette chute s\u2019explique par les dizaines de milliers de Dominicains qui n\u2019ont pas reçu leur document d\u2019inscription.Pour la droite nationaliste, c\u2019est une énorme victoire.Déjà en 2005, le chef du Parti national progressiste Pelegrín Castillo écrivait qu\u2019il fallait « éliminer le vote irrégulier des Haïtiens des processus électoraux », qui, selon lui, expliquait « l\u2019indécision et la faiblesse des politiques publiques face à la question haïtienne».En 2009, il disait craindre l\u2019établissement durable d\u2019une minorité haïtienne capable de se constituer en parti politique «de base ethnique».La communauté internationale Les Dominicains d\u2019origine haïtienne, même s\u2019ils n\u2019ont jamais mis les pieds en Haïti, constituent selon M.Castillo un cheval de Troie par lequel Haïti espère secrètement reconquérir la par tie orientale de l\u2019île, qu\u2019elle a perdue en 1844.«Pour nous, ce n\u2019est plus de l\u2019immigration, c\u2019est de l\u2019occupation, tranche le candidat à la présidence défait aux dernières élections.Ça pourrait causer une guerre.» Il en veut particulièrement à la communauté internationale, qui, au lieu de prendre ses responsabilités historiques vis-à-vis d\u2019Haïti, s\u2019est rabattue jusqu\u2019à maintenant sur une « solution dominicaine» au problème haïtien : encourager l\u2019émigration massive des Haïtiens vers la République dominicaine.« Dans les 20 dernières années, notre pays a assumé le rôle d\u2019État tampon pour Haïti et ça n\u2019a fait qu\u2019alimenter l\u2019irresponsabilité des dirigeants haïtiens et de la communauté internationale », dit-il.Pour signifier aux grandes puissances qu\u2019il n\u2019y aura pas de solution dominicaine à la faillite d\u2019Haïti, M.Pelegrín milite depuis des années pour qu\u2019on érige un mur à la frontière, à l\u2019instar des États-Unis.Le miséreux, bouc émissaire du pauvre Nombreux sont ceux qui ont souligné l\u2019hypocrisie du discours nationaliste dominicain, qui, en montrant du doigt une communauté haïtienne déjà appauvrie et extrêmement vulnérable, a détourné l\u2019attention du public des véritables problèmes que connaît le pays, dont les inégalités de richesse et la corruption qui gangrène toutes les institutions de l\u2019État.L\u2019affaire des « verdicts à vendre », qui a révélé l\u2019existence d\u2019un « car tel » de juges au ser vice des accusés les plus riches, ou encore le détournement de millions de dollars par le sulfureux sénateur Felix Bautista \u2014 le quatrième plus impor tant scandale de corruption de 2015, selon l\u2019organisme Transparency International \u2014 ont ainsi été largement enterrés par les tirades patriotiques sur la menace haïtienne.Dans le quartier populaire de Villa Juana, à Santo Domingo, des lignes de jeunes Dominicains oisifs traînent près des bureaux de vote, adossés aux murs.Qu\u2019attendent-ils donc ?« J\u2019attends qu\u2019un des partis m\u2019of fre 400 ou 500 pesos [11 à 14 $] », dit Felix, 19 ans, casquette des Bulls de Chicago et t-shirt Adidas.« Je vais voter pour le premier parti qui m\u2019of fre de l\u2019argent », ajoute son voisin Alan, 18 ans.La démocratie dominicaine souf fre bel et bien, mais c\u2019est d\u2019un mal beaucoup plus profond que le soi-disant « vote haïtien ».Collaboration spéciale Le Devoir Le cheval de Troie haïtien Ce n\u2019est plus de l\u2019immigration, « c\u2019est une occupation », dénonce la droite nationaliste Plusieurs ont souligné l\u2019hypocrisie du discours nationaliste dominicain, qui, en montrant du doigt une communauté haïtienne déjà appauvrie, a détourné l\u2019attention des problèmes du pays : inégalités de richesse et corruption qui gangrène les institutions de l\u2019État 4 % Selon le conseil électoral, le registre des électeurs n\u2019a crû que de 4 % en 2016, alors qu\u2019il progresse normalement de 14 % par année en moyenne.Cette chute s\u2019explique par les dizaines de milliers de Dominicains qui n\u2019ont pas reçu leur document d\u2019inscription.PHOTOS JONATHAN BOULET-GROULX « Voter blanc pour Danielo Medina.» En République dominicaine, où chaque parti à sa couleur, « voter blanc » au sens de « ne choisir aucun parti » n\u2019est pas une expression courante.Le président Medina a été facilement réélu aux élections du 15 mai dernier.Pelegrín Castillo, candidat présidentiel défait du Parti national progressiste et principal porte-parole des nationalistes dominicains, dans son bureau de Santo Domingo.Ci-dessus, un commerçant haï - tien, dans cette ville. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 1 E T D I M A N C H E 1 2 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 7 \u2022 Casque fermé s\u2019adaptant à votre audition \u2022 Pro?ls personnalisés pour optimiser l'expérience sonore \u2022 Pour la TV, la radio ou les systèmes Hi-Fi RS 195 LE SON QUE VOTRE PÈRE MÉRITE Disponible pour l\u2019achat chez: audiosupport.ca 1-866-411-5623 pour trouver la clinique la plus près Disponible chez les professionnels exerçant dans les cliniques Lobe J E A N N E C O R R I V E A U D ans l\u2019espoir de mettre un terme au rejet de produits toxiques dans le fleuve Saint- Laurent dans le secteur de l\u2019autoroute Bonaventure, Ottawa, Québec et la Ville de Montréal investiront plus de 100 millions de dollars dans un plan de mitigation.Pendant 100 ans, de 1866 à 1966, des tonnes de déchets domestiques et industriels ont été déposées directement sur le lit du fleuve, entre les ponts Champlain et Victoria.De cette accumulation de déchets et de remblayages successifs, qui ont fait avancer la berge de quelque 500 mètres, émane une soupe toxique qui, depuis 20 ans, s\u2019écoule dans le fleuve.Au cours des dernières années, la Ville a tenté diverses méthodes pour contenir les produits toxiques provenant du terrain lui appartenant, l\u2019ancien Technoparc, mais sans grand succès.Estacades flottantes, mur d\u2019interception et décontamination par les plantes n\u2019ont pas suffi.Les polluants sont si toxiques et le volume contaminé est si important que la solution visant le remplacement des sols a été écartée parce que trop coûteuse.Les grands moyens Les trois ordres de gouvernement ont donc convenu d\u2019un plan baptisé « Solution Bonaventure», dévoilé vendredi afin de contenir les contaminants dans les deux secteurs touchés.Ainsi, les eaux souterraines du secteur ouest, situé à l\u2019approche du pont Champlain \u2014 de propriété fédérale \u2014, sont contaminées par de l\u2019azote ammoniacal, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des métaux.La société fédérale Ponts Jacques- Cartier et Champlain (PJCCI) a donc opté pour la construction d\u2019une barrière hydraulique d\u2019une profondeur de 15 mètres le long de la berge et de 33 puits de pompage qui permettront d\u2019intercepter les eaux contaminées et de les traiter sur le site.Le projet sera mené en partenariat public-privé avec la firme Sanexen Services environnementaux et s\u2019échelonnera sur au moins 15 ans.Le système entrera en fonction au printemps 2017, mais il demeure difficile de prévoir pendant combien de temps les équipements seront requis, a indiqué le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau.«On va poursuivre les analyses de l\u2019eau au cours des 15 prochaines années.Nous verrons si les sols sont plus propres à mesure que les contaminants sont retirés.Si, dans 15 ans, ce n\u2019est pas jugé acceptable, nous continuerons le projet», a expliqué le ministre.La facture de 13 millions sera partagée à parts égales entre Ottawa et Québec.Hydrocarbures Le secteur est, qui longe l\u2019autoroute Bonaventure entre les ponts Clément et Victoria, est pour sa part contaminé par des hydrocarbures pétroliers contenant des biphényles polychlo- rés (BPC) qui flottent au-dessus des eaux souterraines.En berge, la PJCCI construira un mur de confinement de 920 mètres de long ainsi qu\u2019une station de récupération au coût de 18 millions afin de recueillir les contaminants qui seront traités et revalorisés.Sur le site de l\u2019ancien Tech- noparc, maintenant connu sous le nom de Parc d\u2019entreprises de la Pointe-Saint-Charles, la Ville de Montréal installera son propre mur, de même que 30 stations de pompage et une usine de traitement.Le projet sera réalisé en collaboration avec SNC-Lavalin au coût estimé de 76 millions sur 25 ans.«Nous avons acquis ce site en 1989 et nous avons la responsabilité de mettre fin à la contamination ultérieure dans le fleuve», a expliqué le responsable du développement durable à la Ville, Réal Ménard, tout en disant avoir bon espoir de voir ce projet se qualifier pour une subvention de Québec dans le cadre du programme Revi-Sols.Scepticisme Coprésident de la Société pour vaincre la pollution (SVP), Daniel Green connaît bien le site de l\u2019ancien dépotoir pour y avoir effectué des échantillonnages d\u2019huiles toxiques s\u2019écoulant de l\u2019ancien Technoparc entre 2008 et 2014.Il demeure sceptique quant au plan présenté par les autorités.«Les administrations Bourque et Tremblay ont fait perdre beaucoup de temps, on aurait pu intervenir avant», dit-il.L\u2019estacade et les boudins flottants mis en place dans les années 2000 par la Ville pour recueillir les hydrocarbures étaient inutiles, dit-il.«Avec les courants, les huiles contournaient les estacades», explique-t-il.Par la suite, les murets installés par la Ville se sont avérés aussi inefficaces, af firme-t-il : «C\u2019était un muret pour la galerie.Les contaminants passaient en dessous.C\u2019est pourquoi il est bien impor tant que tout nouveau muret soit construit jusqu\u2019au roc.» M.Green estime que les solutions présentées par les autorités rejoignent la propo- sit ion qu\u2019i l avait lui -même faite il y a un an.Mais, pré- vient-il, il importe qu\u2019en pompant les eaux souterraines, on s\u2019assure aussi de recueillir et traiter les gaz, car les substances toxiques présentes sont très volat i les, avance-t-il.« On risque de troquer une pollution des eaux souterraines avec une pollution de l\u2019air », dit-il en évoquant les lacunes détectées à la station de pompage des lagunes de Mercier.Daniel Green estime qu\u2019il faudrait aussi mettre en place un système de sur veillance indépendant.« Vu que les pollueurs sont les gouvernements et la Ville de Montréal, qui va les surveiller et s\u2019assurer que les ef forts de décontamination sont bien faits ?Ce n\u2019est pas la firme Sanexen qui va le faire », souligne-t-il.M.Green compte donc s\u2019adresser au gouvernement fédéral et à la Ville de Montréal pour demander qu\u2019un comité formé de groupes environnementaux et d\u2019universitaires soit créé afin de surveiller les résultats des efforts de décontamination.Le Devoir Pour en finir avec le rejet de contaminants dans le fleuve La Ville de Montréal, Québec et Ottawa espèrent que leur nouveau plan commun permettra de contenir une fois pour toutes les produits toxiques dans le secteur de l\u2019autoroute Bonaventure Portes Ouvertes: Les dimanches de 13 h à 16 h Showroom: 215 Redfern, suite 410 (514) 262-9055 \u2022 (514) 651-4410 \u2022 www.215redfern.com Westmount, l\u2019art de vivre à son meilleur Livraison Immédiate JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a présenté trois contenants en conférence de presse vendredi : des eaux du secteur ouest dans celui de gauche, des eaux du fleuve dans celui du centre et des eaux du secteur est dans celui de droite.Un achat très coûteux Montréal a payé la modique somme de 1 $ en 1989 au gouvernement fédéral pour faire l\u2019acquisition d\u2019un terrain autrefois connu sous le nom de Technoparc.Ce site ayant servi de dépotoir jusqu\u2019en 1966, la Ville s\u2019est rendu compte en 1991 que d\u2019importantes quantités d\u2019hydrocarbures provenant du sol étaient rejetées dans le fleuve.D\u2019ici 25 ans, la Ville prévoit qu\u2019elle aura dépensé quelque 84,3 millions pour limiter les rejets toxiques dans le fleuve.Les polluants sont si toxiques et le volume contaminé est si important que la solution visant le remplacement des sols a été écartée L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 1 E T D I M A N C H E 1 2 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 8 M O N T É R É G I E L A N A U D I È R E M O N T R É A L Pour annoncer dans ce regroupement, contactez Caroline Filion au 514 985-3444 ou cfilion@ledevoir.com GOLFENRÉGI N Terrain de Pratique Parcours de Golf Académie À quelques minutes du centre-ville de Montréal PASSE DU SOIR NOUVEAU À PARTIR DE 16 H, sur le 18 trous 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vers sa collègue Stéphanie Vallée.Dans une vidéo rendue publique vendredi, l\u2019Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec interpelle la ministre de la Justice et responsable de l\u2019application des lois professionnelles en raison des conditions de pratique qui se dégradent depuis la mise en place de la réforme Barrette.Les deux lettres que l\u2019ordre a fait parvenir au ministre Barrette depuis un an sont restées sans réponse.La plus récente a été envoyée le 1er avril.Tout en sollicitant une rencontre, l\u2019ordre s\u2019inquiète, dans cette missive, du préjudice causé à la population et aux plus vulnérables depuis la mise en place de la réforme.Intervention réclamée Les travailleurs sociaux sont notamment visés par des transfer ts de personnel des CLSC vers les groupes de médecine familiale (GMF).Ils ont aussi dénoncé dans les derniers mois l\u2019implication de travailleurs sociaux dans des dossiers qui tombent dans les champs de compétence d\u2019autres professionnels, notamment les infirmières.Dans la vidéo mise en ligne vendredi, le président de l\u2019ordre, Claude Leblond, demande à Stéphanie Vallée « d\u2019intercéder auprès de son collègue pour lui rappeler l\u2019obligation de fournir un environnement de travail optimal».Il souhaite pouvoir évaluer les milieux de pratique et mesurer l\u2019impact sur les services rendus à la population.«Je suis bien au fait de l\u2019insécurité et de la détresse vécues par un grand nombre d\u2019entre vous, engendrées en très grande partie par la restructuration profonde, précipitée et non planifiée de notre système de santé et de services sociaux que l\u2019État a décidé d\u2019assujettir à des règles médicales et comptables», affirme M.Leblond.Les travai l leurs sociaux vivent un confl i t de loyauté entre les exigences de leurs supérieurs et leurs obligations déontologiques, observe-t-il.La ministre Stéphanie Vallée, par la voix de son attachée de presse, a indiqué que le dossier concernait au premier chef son collègue Gaétan Barrette, mais qu\u2019elle répondrait à M.Leblond s\u2019il l\u2019interpelle directement.Aucune demande n\u2019avait été reçue vendredi après-midi, a indiqué Émilie Simard.Le Devoir Les travailleurs sociaux tentent leur chance auprès de Vallée Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a ignoré deux lettres dénonçant les impacts de la réforme du système de santé Les travailleurs sociaux disent vivre un conflit de loyauté entre les exigences de leurs supérieurs et leurs obligations déontologiques GUILLAUME LEVASSEUR Des partisans de l\u2019équipe de France se sont réunis au bar L\u2019Barouf, à Montréal, pour assister au match d\u2019ouverture de l\u2019Euro 2016.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée P H I L I P P E O R F A L I «A llez, les Bleus ! » par ci, «oh!» et «ah!» par là: ni le tohu-bohu de la circulation ni même le vacarme des travaux de réfection de la rue Saint-De- nis ne pouvaient enterrer la clameur de la foule, dans les rues du Plateau Mont-Royal, vendredi, jour du match inaugural de l\u2019Euro 2016.Les quinze heures à peine sonnées, de nombreux bars du quartier débordaient déjà, littéralement, des milliers de partisans de l\u2019équipe de France \u2014 et quelques amateurs de l\u2019équipe roumaine \u2014 ayant pris d\u2019assaut les principaux débits de boisson du quartier.Au bar sportif L\u2019Barouf, rue Saint-Denis, certains amateurs de foot ont dû être refoulés sur l\u2019étroit trottoir, coincé entre l\u2019entrée de la brasserie et le grillage installés tout autour des travaux en cours, car l\u2019établissement affichait complet.Sur la pointe des pieds, le cou tendu, on tentait d\u2019apercevoir à l\u2019écran les exploits du milieu de terrain Dimitri Payet, le Réunionnais ayant assuré la victoire des Bleus, ou de l\u2019attaquant Olivier Giroud, auteur du premier but.«C\u2019est toujours comme ça», à chacun des principaux championnats de soccer, lance Mehdi, gérant de L\u2019Barouf.Mais le match de vendredi avait tout de même de quoi réjouir le tenancier de bar.«On est au maximum de notre capacité, on est 300 personnes dans le bar.Surtout avec les travaux, ça se prend très, très bien», dit-il.Une «communion» Béret basque sur la tête, marinière bleue et blanche sur le dos, Loris Benaiteau observait, attentif, les multiples écrans géants de la salle.Impensable pour lui de ne pas se déplacer dans un lieu public pour ce match inaugural du quinzième Championnat d\u2019Europe UEFA de football masculin.«Je pense que c\u2019est l\u2019Allemagne qui gagnera l\u2019Euro, c\u2019est la meilleure équipe.Mais c\u2019est le premier match, il fallait sor tir avec la communauté française! Il y a du monde, de l\u2019ambiance, de la ferveur.Même si on est loin de chez soi.» Frissons à foison L\u2019Euro 2016, comme les autres championnats majeurs de soccer, équivaut à une «communion» entre amateurs de sports, af firme pour sa par t Cyrille Symphorien, expatrié à Montréal depuis à peine deux semaines.«On se sent comme à la maison ici.» «Entonner tous ensemble la Marseillaise, en début de match, j\u2019en avais la chair de poule», ajoute l\u2019un de ses amis.Les frissons s\u2019annoncent nombreux au cours du prochain mois pour les amateurs de soccer.Et chaque pays semble avoir trouvé son ou ses lieux de prédilection pour l\u2019occasion.Tandis que les partisans de la Croatie semblent avoir élu domicile au PJ\u2019s, rue Saint-Jacques, ceux de l\u2019Irlande pourront se rabattre sur de nombreux pubs du centre-ville, alors que le Club Espagnol de Québec, boulevard Saint-Laurent, fera office de domicile pour ceux qui soutiennent la Roja.La Grande-Bre- tagne est à l\u2019honneur au Burgundy Lion, dans la Petite-Bour- gogne, ainsi qu\u2019à Bishop & Bagg, dans le Mile-End, et les partisans de la Mannschaft pourront festoyer au Das Bier, avenue Papineau.Les fervents de la Squadra Azzurra ne sont pas en reste, de nombreux cafés et bars de la Petite-Italie leur ayant ouvert grand les portes.Le Devoir EURO 2016 Frénésie française au cœur de Montréal Les bars du Plateau Mont-Royal ont fait salle comble pour le match d\u2019ouverture Le procureur de la Couronne a demandé, vendredi, au juge présidant le procès de l\u2019affaire Cinar de donner aux trois accusés la peine maximale de 10 ans d\u2019emprisonnement.Matthew Ferguson a soutenu devant le Tribunal que les crimes de Ronald Weinberg, John Xanthoudakis et Lino Matteo, reconnus coupables le 2 juin d\u2019une fraude totalisant quelque 120 millions de dollars, avaient terni la réputation du Canada sur les marchés internationaux et fait un nombre incalculable de victimes.M.Weinberg, le fondateur de Cinar, et son ancien directeur financier Hasanain Panju, qui avait précédemment plaidé coupable, ont détourné des fonds appartenant à l\u2019entreprise dans des portefeuilles de placement, sans l\u2019autorisation du conseil d\u2019administration, afin de s\u2019enrichir.L\u2019argent a ensuite été camouflé aux Bahamas, avec l\u2019aide de M.Xanthoudakis, le p.-d.g.de Norshield, et de M.Matteo, p.-d.g.de la firme d\u2019investissement Mount Real.La fraude s\u2019est produite entre août 1998 et mars 2000.Les trois hommes ainsi que M.Panju avaient été arrêtés en 2011, après une longue enquête menée par la Sûreté du Québec au Canada, aux États- Unis et aux Bahamas.Un jur y a déclaré Ronald Weinberg, John Xanthoudakis et Lino Matteo coupables de la majorité des chefs d\u2019accusation portés contre eux.L\u2019avocate de Ronald Weinberg, Annie Émond, a plutôt suggéré au juge une peine de cinq ans de prison.M.Ferguson a indiqué que les observations sur la peine se poursuivraient probablement la semaine prochaine.La maison de production Ci- nar a notamment créé des émissions de télévision pour enfants comme les séries Caillou et Arthur.La Presse canadienne AFFAIRE CINAR La Couronne réclame 10 ans de prison pour les accusés Lire aussi \u203a Victoire in extremis de la France.Lisez le compte- rendu du match.Page C 8 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 1 E T D I M A N C H E 1 2 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 9 KAZUHIRO NOGI AGENCE FRANCE-PRESSE Le scientifique Kosuke Morita montrant le nouvel élément 113, découvert par son équipe C A M I L L E G É V A U D A N T ant pis pour les 156 278 admirateurs de Mo- törhead qui avaient signé la pétition : aucun élément du tableau de Mendeleïev n\u2019a été nommé « lemmium» en hommage à feu Lemmy Kilmister, leader du groupe de heavy métal.La blague aurait été bonne, car ce sont quatre métaux lourds qui ont rejoint en janvier le grand tableau périodique de tous les éléments chimiques connus\u2026 Désormais, la dernière ligne du tableau est complète.Mais c\u2019est aux découvreurs de ces quatre éléments que revenait l\u2019honneur de proposer un nom.Pour suivre les recommandations officielles, ils devaient s\u2019orienter vers «un concept ou un personnage mythologique, un minéral ou une substance similaire, un lieu ou une région géographique, une propriété de l\u2019élément chimique, ou un scientifique».Souvent, c\u2019est une référence géographique qui est choisie, pour honorer le laboratoire à qui l\u2019on doit la découverte de l\u2019élément.On sait par exemple où furent créés l\u2019américium et le californium\u2026 et à qui rendent hommage le curium et l\u2019einsteinium.Depuis janvier, la division de chimie inorganique de l\u2019Union internationale de chimie pure et appliquée (UICPA) a longuement réfléchi\u2026 et annoncé sa décision ce mercredi.Un nom finaliste est retenu pour chaque élément.Une consultation publique est désormais ouverte jusqu\u2019au 8 novembre 2016, avant que l\u2019UICPA y mette son dernier tampon d\u2019approbation.113: nihonium (Nh).Cet élément porte le numéro 113, car son noyau comporte 113 protons.Il s\u2019appelait provisoirement ununtrium, un nom de code inspiré du latin pour dire « un, un, trois », avec le suffixe « ium », qui va bien pour tous les éléments chimiques.Le 113 vient d\u2019un accélérateur d\u2019ions au Japon.Il a été généré par une collision entre deux ions, et n\u2019a vécu que quelques millièmes de seconde avant de se désintégrer, car il n\u2019est pas stable du tout.Son nouveau nom, nihonium, traduit son origine : Nihon, c\u2019est le Japon\u2026 en japonais.On ne pouvait pas faire l\u2019impasse sur cette référence géographique, car le nihonium est le tout premier élément à avoir été découvert dans un pays asiatique.L\u2019UICPA espère ainsi « que la fierté et la foi dans la science supplanteront la défiance de ceux qui ont souffert du désastre nucléaire de Fukushima en 2011».115: moscovium (Mc).Avec ses 115 protons, il s\u2019appelait ununpentium depuis son officialisation en janvier.Lui est né dans les éprouvettes de l\u2019Institut unifié de recherches nucléaires en Russie, qui compte neuf laboratoires et un centre universitaire.L\u2019institut est implanté à Doubna, dans l\u2019oblast de Moscou.Moscou, moscovium\u2026 On comprend la logique.117: tennessine (Ts).Voilà un nom plus intéressant.Bêtement appelé ununseptium en attendant une meilleure idée, l\u2019élément aux 117 protons est le dernier découvert parmi les quatre petits nouveaux.Il est apparu au laboratoire Flerov de Doubna en Russie en 2010, puis à l\u2019Université Johannes-Gutenberg de Mayence, en Allemagne, en 2014.Mais sa matière première vient des États-Unis : le laboratoire d\u2019Oak Ridge, dans l\u2019État du Tennessee, a fourni l\u2019élément lourd berkélium, qui a été bombardé de faisceaux d\u2019ions calcium.Ce sont les deux parents de bébé 117.Et l\u2019équipe du Tennessee a ainsi été remerciée avec ce nom, tennessine.Placé dans l\u2019avant-dernière colonne du tableau des éléments, le tennessine aurait pu appartenir à la famille des halogènes avec ses confrères le fluor, le chlore, le brome et l\u2019iode, mais ses propriétés chimiques l\u2019en éloignent.On dirait plus un métalloïde, quelque part entre les métaux et les non-métaux.Quoi qu\u2019il en soit, la colonne des halogènes et cie adopte une terminaison en «ine» (en anglais fluorine, chlorine, bromine\u2026).118: oganesson (Og).Un-un-huit, soit ununoc- tium pour le nom de code en latin.L\u2019élément à 118 protons a finalement été baptisé oganesson en hommage au professeur Yuri Oganessian, né en 1933.Il fut «pionnier des recherches sur les éléments transactinides», soit les éléments super- lourds au-delà du numéro 92, explique l\u2019UICPA.«Ses succès incluent la découverte d\u2019éléments super- lourds et des avancées significatives dans la physique nucléaire comme la preuve expérimentale de l\u2019îlot de stabilité.» Quant à la terminaison en « on », elle suit la règle de tous les éléments installés dans la dernière colonne du tableau, les gaz nobles : néon, argon, kr ypton, xénon, radon (sauf l\u2019hélium).« Certains verront peut-être de l\u2019autocongra- tulation dans ces choix de noms, reconnaît Jan Reedijk, qui a coordonné la réflexion à l\u2019IUCPA, mais il est formidable de pouvoir reconnaître que les collaborations internationales sont au cœur de ces découvertes, et que ces nouveaux noms rendent enfin les découvertes plus tangibles.» Libération SCIENCE Quatre nouveaux éléments du tableau périodique sont sur le point d\u2019être baptisés Zika : des risques jugés minimes Rio de Janeiro \u2014 «Moins d\u2019un cas d\u2019infection» au virus Zika est statistiquement prévu parmi les 500 000 touristes étrangers attendus aux Jeux olympiques de Rio, a déclaré vendredi le ministre brésilien de la Santé, Ricardo Barros.«Nous avons fait une comparaison avec la dengue à la Coupe du monde 2014: seuls trois des 1,4 million de touristes ont été infectés par la dengue, a-t-il dit.La prévision statistique, c\u2019est donc que sur les 500 000 étrangers au plus qui viendront aux Jeux de Rio, il y aura moins d\u2019un touriste infecté par le Zika», a-t-il continué, les deux maladies étant transmises dans des conditions similaires par des moustiques.«Le risque est minime pendant les Jeux, on a eu une chute draconienne de cas de Zika au Brésil.» Agence France-Presse Ontario : une nouvelle université franco-ontarienne ?Le gouvernement de Kathleen Wynne pourrait-il aller de l\u2019avant avec la création d\u2019une université franco-ontarienne?C\u2019est ce que propose un rapport commandé par l\u2019Ontario et dévoilé vendredi.Les auteurs recommandent de créer, d\u2019ici 2020, un campus universitaire francophone dans le Grand Toronto.Ils suggèrent aussi d\u2019accorder un financement de démarrage d\u2019au moins 60 millions sur quatre ans, dès le prochain budget, et de nommer un conseil d\u2019administration provisoire dans les six prochains mois.Queen\u2019s Park a accueilli prudemment le rapport, mais n\u2019a pas pris d\u2019engagement pour l\u2019instant.Les francophones ont actuellement accès à deux collèges de langue française et huit établissements universitaires bilingues.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 1 E T D I M A N C H E 1 2 J U I N 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Malgré l\u2019avance d\u2019Alexandre Cloutier, Jean-François Lisée a gagné neuf points depuis le mois dernier.Le député de Ro- semont est un des rares à bousculer les idées reçues au PQ.Encore cette semaine, il a mis en garde le parti contre la tentation de promettre à tout prix un référendum durant un premier mandat péquiste.«Ma prévision, elle est simple, a-t-il dit.Si on s\u2019entête à proposer un référendum dans le premier mandat, nous serons le troisième parti au Québec en 2018.Les libéraux ou la CAQ auront gagné, on se sera marginalisé, et ce sera très dur pour la suite.» Alexandre Cloutier et Véronique Hivon promettent de préciser leur stratégie référendaire avant l\u2019élection générale de 2018, mais Jean-François Lisée va plus loin : il s\u2019engage à ne pas tenir de référendum avant un éventuel deuxième mandat péquiste, qui commencerait en 2022.Paul Saint-Pierre Plamon- don, qui a annoncé sa candidature à la chef ferie du PQ le mois dernier, exclut lui aussi la tenue rapide d\u2019une consultation sur l \u2019indépendance du Québec.Martine Ouellet est la seule candidate à la chefferie à insister sur l\u2019importance d\u2019un référendum dans un premier mandat du PQ.Électeurs indif férents Les électeurs, eux, semblent indif férents à ce débat qui agite le PQ.En gros, au moins la moitié des répondants au sondage se préoccupent peu du calendrier référendaire, souligne Christian Bourque.«Ce n\u2019est pas un enjeu déterminant de la course à la chef fe- rie», explique-t-il.Ainsi, 50 % des électeurs affirment que la promesse d\u2019un référendum dans un premier mandat «ne changerait rien» à leur vote.Chez les sympathisants péquistes, cette proportion des indifférents à un référendum rapide grimpe à 53 %.Par contre, 28 % des pé - quistes indiquent que la promesse d\u2019un référendum imminent les inciterait davantage à voter pour le PQ.Mais 39 % des partisans de la CAQ affirment que ça les inciterait moins à voter pour le PQ.La même relative indif fé- rence anime les électeurs quand ils se font demander si un référendum reporté après 2022 changerait leur opinion : 60 % affirment que ça n\u2019aurait aucun impact sur leur vote.Encore une fois, 52% des péquistes sont du même avis.Ça ne changerait rien à leur opinion; 25% des péquistes indiquent tout de même qu\u2019un report du référendum les inciterait davantage à voter pour le PQ.La proposition de tenir un référendum qui porterait sur la souveraineté ou le renouvellement du fédéralisme, lancée par le député Nicolas Marceau, suscite aussi peu d\u2019enthousiasme ; 55 % des électeurs affirment que ça ne changerait rien à leurs intentions de vote.« Aucune des trois propositions [référendum rapide, référendum reporté après 2022 ou référendum sur l \u2019 indépendance ou le renouvellement du Canada] n\u2019est largement gagnante au PQ.Aucune n\u2019est perdue d\u2019avance non plus », dit Christian Bourque.Trudeau se maintient À Ottawa, la lune de miel de Justin Trudeau avec l\u2019électorat se poursuit de plus belle.Le Parti libéral du Canada maintient sa domination sans partage, avec 51% des intentions de vote au Québec.Les autres partis jouissent d\u2019un appui variant entre 5% et 17% de l\u2019électorat.Le premier ministre Trudeau domine aussi le baromètre des personnalités poli - tiques, publié vendredi dans Le Devoir ; 63 % des Québécois en ont une bonne opinion.La majorité des Québécois reste allergique à un référendum sur l\u2019indépendance, mais les électeurs sont plus enthousiastes envers une consultation sur une réforme du mode de scrutin : 57% des répondants au sondage souhaitent un référendum sur cette question qui déchire le Parlement fédéral.Le sondage a été mené par Internet auprès de 990 québécois entre le 6 et le 8 juin 2016.Ce sondage est non probabiliste, mais un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d\u2019erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20.Le Devoir nés de parents étrangers « en situation irrégulière».Un coup bas dans ce pays qui a toujours profité de l\u2019extrême vulnérabilité de la main-d\u2019œuvre haïtienne, d\u2019abord dans les plantations de canne à sucre, maintenant dans la construction, l\u2019agriculture et le tourisme.Depuis cette sentencia, la plupart des habitants de Canutillo sont plongés dans un cauchemar administratif dont ils ne voient pas la fin.Devant le tollé international provoqué par ce spectaculaire verdict, le gouvernement de Danilo Medina a présenté, en mai 2014, une loi dite de « naturalisation » censée redonner un statut légal aux 210 000 Dominicains visés.Toutefois, l\u2019appareil administratif dominicain a i m p o s é t e l l e m e n t d e contraintes à cette démarche que seuls quelques milliers ont pu s\u2019inscrire au plan dans les délais impartis.Fin 2015, l\u2019Agence des Nations unies pour les réfugiés estimait à 133 000 les personnes sans nationalité au pays.Ce chif fre inclut seulement les descendants directs d\u2019étrangers, car il n\u2019existe aucun décompte sérieux des générations suivantes.Dans ce petit pays de 10,4 millions d\u2019habitants, c\u2019est donc tout un pan de la population qui ne peut obtenir ni acte de naissance, ni carte d\u2019identité, ni passeport.Ces gens ne peuvent pas étudier ; se marier ou déclarer une naissance ; accéder à des soins de santé ou à un emploi formel ; voter.Le tribunal en a bel et bien fait des zonbi.Bourreaucratie Parmi les jeunes qui se bousculent sur le terrain de basket, il y en a un \u2014 Gerardo \u2014 qui dépasse tout le monde d\u2019au moins un pied.Son père haïtien est arrivé au pays dans les années 1970 avec, en main, une fiche remise par l\u2019État pour couper la canne à La Romana, dans l\u2019est de l\u2019île.Il a donné toute sa vie à l\u2019économie sucrière dominicaine.Dominicain de naissance, Gerardo a préféré étudier plutôt que suivre les traces de son père dans les plantations.Étudier et jouer au baseball.Ce colosse de 6 pieds 4 pouces a si bien fait qu\u2019à 18 ans, il s\u2019est fait remarquer lors d\u2019un tournoi par une équipe japonaise, qui l\u2019a aussitôt invité à venir jouer au Japon.Mais les autorités dominicaines lui ont refusé sa carte d\u2019identité, nécessaire pour obtenir son passeport.Son acte de naissance avait « expiré ».Les mois ont passé, l\u2019opportunité s\u2019est doucement refermée sur Gerardo et sa petite maison de tôle ondulée, où un drap cloué au plafond sépare une minuscule salle à manger de la chambre familiale où ils s\u2019entassent tous les quatre.« Je voulais sortir mon père et ma mère d\u2019ici, dit-il.Ce n\u2019est pas une maison pour mes parents, tu comprends?» Le problème ne fait que commencer pour les familles comme celle de Gerardo, car l\u2019apatridie est une maladie héréditaire.Les jeunes parents qui ont perdu leur nationalité dominicaine ne peuvent pas enregistrer leurs propres enfants au registre civil.Sans acte de naissance, ils sont des dizaines de milliers à ne pas pouvoir terminer leur primaire.Éjectée du registre et sans carte d\u2019identité, Yuli, jeune dominicaine de 23 ans, n\u2019a jamais pu enregistrer son fils.«Il ne pourra pas passer au secondaire s\u2019il n\u2019a pas son acte de naissance», dit- elle.Sa voisine Martha non plus ne peut pas inscrire sa fille, car elle-même est réputée «en situation irrégulière».Le batey, un entonnoir C\u2019est d\u2019abord comme cou- peurs de canne que les Haïtiens sont arrivés dans ce ba- tey de Quisqueya.À partir de 1952, des contrats formels entre les gouvernements des deux pays assurent aux sociétés sucrières un approvisionnement de main-d\u2019œuvre haïtienne outrageusement mal payée.Ces contrats, qui évoquent la traite d\u2019esclaves, se perpétuent jusqu\u2019en 1986.D\u2019ailleurs, le président du tribunal constitutionnel Milton Ray Guevara, encensé par les nationalistes pour avoir sauvé le pays de la menace haïtienne, a lui-même négocié, alors qu \u2019 il était secrétaire d\u2019État en 1979, un contrat avec le dictateur haïtien Jean- Claude Duvalier pour faire venir des milliers de braceros (coupeurs de canne) en République dominicaine.Le plus souvent, les travailleurs saisonniers haïtiens finissent par s\u2019installer au batey et y fondent leur famille.Leurs enfants dominicains, en revanche, s\u2019intéressent peu à la canne à sucre.Ils étudient, investissent d\u2019autres secteurs de l\u2019économie.Souvent dégoûtés par les conditions de vie qui prévalent dans les plantations, plusieurs militent pour les droits des braceros, s\u2019organisent, se lancent en politique.Dans les années 1990, les élites conservatrices du pays ont commencé à se sentir menacées par ces jeunes Dominicains noirs qui ont réussi à «s\u2019échapper » de leur batey.«Le seul secteur que l\u2019État dominicain nous réserve, c\u2019est la coupe de la canne ou l\u2019agriculture, dans des conditions infra- humaines, estime Antonio Pol Emile, directeur du Centre culturel dominico-haïtien.Certaines familles très pauvres ont tout de même réussi à sortir un ou deux enfants du batey, malgré l\u2019exploitation, la discrimination et la répression permanente.» Les élites économiques non plus n \u2019aiment pas voir leur main-d\u2019œuvre s\u2019éduquer, s\u2019organiser, monter dans l\u2019échelle sociale.« Il y a encore bien des secteurs qui dépendent de la main-d\u2019œuvre haïtienne bon marché, dit M.Pol Emile.Les entreprises sucrières, par exemple, ont tout intérêt à confiner ces gens sans document dans les bateys, contre leur volonté.» Pour lui, il est clair que la sen- tencia condamne les descendants de braceros à une sphère bien circonscrite de l\u2019économie dominicaine : la canne, les travaux agricoles, la construction.« Pour couper la canne, vous n\u2019avez besoin d\u2019aucun document, dit-il.Pour tout le reste, si.» Et c\u2019est bel et bien avec un regard de condamné que Gerardo retourne maintenant dans le potager de son père.Collaboration spéciale Le Devoir 88 ans, mériterait peut-être qu\u2019on nomme le Temple en son honneur tellement il a marqué le sport par son talent, sa fougue, sa hargne à l\u2019ouvrage et son ahurissante longévité.Les par tisans du Canadien n\u2019étaient sans doute pas d\u2019accord, parce qu\u2019ils se rangeaient unanimement derrière le Rocket, mais on le surnommait «Mr.Hockey », un titre qui lui était à ce point cher que son épouse, Colleen, qui était aussi son agente à une époque où il y avait bien peu d\u2019agents et encore moins de femmes pour exercer le métier, l\u2019avait fait enregistrer comme marque de commerce \u2014 elle-même était d\u2019ailleurs «Mrs.Hockey®».Il excellait dans toutes les phases du jeu, de telle sorte qu\u2019on en est venu à parler d\u2019un «tour du chapeau à la Gordie Howe» lorsque dans un même match, un joueur récolte un but et une mention d\u2019aide et écope d\u2019une punition majeure pour s\u2019être battu.Il n\u2019était pas reconnu pour jeter les gants, mais il n\u2019hésitait pas à le faire lorsque cela se révélait nécessaire, comme ce 1er novembre 1959, quand le dur à cuire des Rangers de New York Lou Fontinato le convoqua en combat singulier.Howe lui servit une si sévère correction que les deux hommes se retrouvèrent en photos dans le prestigieux magazine Life, l\u2019un torse nu et roulant les mécaniques, l\u2019autre le visage tuméfié et couvert de bandages.«Don\u2019t mess around with Gordie», s\u2019intitulait l\u2019article, et pour cause.Howe devait ne plus trop avoir à se livrer au pugilat par la suite, parce qu\u2019à peu près personne n\u2019osait désormais l\u2019affronter.Tous les aspects du jeu : il pouvait battre l\u2019adversaire à la fois en jouant du coude \u2014 il appelait cela « obtenir du respect pour créer de l\u2019espace» \u2014 qu\u2019en marquant un but tout en finesse.Un quart de siècle L\u2019histoire de Gordon Howe, né en 1928 dans la petite agglomération de Floral, en Saskatchewan, aurait pu être bien différente.Alors qu\u2019il n\u2019est âgé que de 15 ans, il est d\u2019abord invité à un camp d\u2019entraînement à Winnipeg par les Rangers de New York, mais il a tôt fait de constater qu\u2019il s\u2019ennuie de chez lui et il décide de rentrer à la maison à Saskatoon.Ce sont plutôt les Red Wings de Detroit qui le convaincront de signer un premier contrat professionnel, et c\u2019est sous leurs couleurs qu\u2019à compter de 1946, il s\u2019imposera comme l\u2019un des plus grands à avoir jamais chaussé les patins \u2014 et manié le bâton : il était naturellement ambidextre.À Detroit, Howe passera 25 saisons.Quatre Coupes Stanley.Six trophées Art Ross de meilleur pointeur de la LNH et six trophées Hart de joueur par excellence du circuit \u2014 deux records à ce moment, que seul surpassera un certain Wayne Gretzky, né en 1961 et qui a grandi en idolâtrant Howe, qu\u2019il a rencontré quand il avait 10 ans, et qui, à son arrivée chez les juniors avec les Greyhounds de Sault-Sainte-Marie, constatera que le numéro 9 est déjà pris et adoptera le 99.Ailier droit, Howe fera partie d\u2019un trio passé à la postérité, la « Production Line », aux côtés de Ted Lindsay, un autre que pas grand-chose n\u2019effraie, et Sid Abel.Il y aura par la suite la «Production Line II», avec Lindsay et Alex Del- vecchio, puis la III avec Delvecchio et Frank Mahovlich.Gordie Howe est le socle inamovible des Wings pendant un quart de siècle.Le grand retour En 1971, à 43 ans, l\u2019heure de la retraite a sonné.Mais deux ans plus tard, la tentation est trop forte : Howe a la possibilité de réaliser un rêve en jouant avec deux de ses fils, Marty et Mark, qui n\u2019ont pas encore 20 ans, et il saute sur l\u2019occasion.Les trois se joignent donc aux Aeros de Houston, de l\u2019Association mondiale de hockey, un circuit rival de la LNH fondé en 1972 .Ils passeront quatre cam - pagnes ensemble avec les Aeros \u2014 Colleen a négocié des contrats de 1 million $US pour le père et de 400 000 $ chacun pour les fistons \u2014, puis deux dans l\u2019uniforme des Whalers de la Nouvelle-Angleterre.Et bien qu\u2019il file vers la cinquantaine et même la franchisse, il parvient quatre fois à accumuler au moins 96 points en une saison.Gordie dira des années passées à Houston qu\u2019elles furent les plus heureuses de sa carrière.En 1979 survient la « fusion» de la LNH et de l\u2019AMH, et Gordie Howe décide d\u2019y aller d\u2019un dernier tour de piste dans le circuit qu\u2019il a tant marqué.Cette saison-là, 1979-1980, il dispute les 80 matchs de saison régulière des Whalers de Hartford et marque 15 buts, dont l\u2019avant-dernier est son 800e en carrière dans la LNH.Encore là, ses 801 filets ne sont dépassés que par Gretzky, auteur de 894.Ses 1850 points ?Seuls Gretzky, avec 2857, Mark Messier, avec 1887, et Jaromir Jagr, avec 1868, le devancent.Quand il annonce de nouveau sa retraite, définitive cette fois, Howe vient d\u2019avoir 52 ans, il est déjà grand-père et il est membre du Temple de la renommée du hockey depuis huit ans.Le président de la LNH à l\u2019époque, John Ziegler, tiendra ce propos : «Gordie Howe ne devrait pas tant être dans un uniforme des Whalers de la Nouvelle-Angleterre que dans les pages du New England Journal of Medicine.» Ceux qui l\u2019ont connu ont dit de Gordie Howe qu\u2019autant il pouvait être acharné sur une patinoire, autant il était affable et courtois dans la vie de tous les jours, ce qui faisait de lui un ambassadeur de choix pour le sport, ce qu\u2019il est en quelque sorte devenu dans son après-carrière.Une vie mise à mal par des ennuis de santé ces dernières années, mais une longue vie à « faire le travail », comme il avait coutume de dire avant de sauter sur la glace.On ne devient pas Monsieur Hockey en se contentant de demi-mesures.Le Devoir JONATHAN BOULET-GROULX Cultivateurs préparant la prochaine récolte de canne à sucre, près de Quisqueya.Une fois les tiges de canne étendues dans les sillons, celles-ci sont hachées en menus tronçons d\u2019un pied de long, afin de maximiser la repousse.Ces cultivateurs, tous haïtiens, sont payés entre 50 et 70 $ par quinzaine.SUITE DE LA PAGE 1 HOWE SUITE DE LA PAGE 1 ZONBI SUITE DE LA PAGE 1 SONDAGE Pour couper la canne, vous n\u2019avez besoin d\u2019aucun document.Pour tout le reste, si.Antonio Pol Emile, Centre culturel dominico-haïtien « » C\u2019est d\u2019abord comme coupeurs de canne que les Haïtiens sont arrivés dans le batey Gordie Howe Intentions de vote selon les candidats à la chefferie du PQ (en %) "]
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