Le devoir, 16 juin 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 1 3 4 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 J U I N 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Le coeur de Homs bat encore.Récit d\u2019un jésuite vivant dans cette ville syrienne ravagée par la guerre.Page A 4 Actualités \u203a Enfants autochtones discriminés.La cour imposera des correctifs rapides.Page A 3 Avis légaux.B 6 Décès.A 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .A 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris U n jour, vous êtes en vacances chez vos parents et vous recevez un courriel anodin : « Bonjour, je suis Joe Blo.Seriez-vous intéressé par des données?Je vous les offrirais volontiers.» C\u2019est ainsi qu\u2019a débuté l\u2019un des plus grands scandales financiers internationaux de notre époque, la révélation des Panama Papers, un nom inspiré des célèbres Pentagon Papers.Pendant plus d\u2019un an, les journalistes de la Suddeutsche Zeitung Bastian Obermayer et Fre- derik Obermaier ont été au centre de révélations qui ont mis en cause plus de 140 personnalités, milliardaires, sportifs et hommes politiques dans une cinquantaine de pays.L\u2019affaire a directement incriminé des proches de Vladimir Poutine et de dirigeants chinois, forcé la démission du premier ministre d\u2019Islande, Sigmundur David Gunnlaugs- son, et fortement embarrassé le premier ministre britannique David Cameron.ENTREVUE AVEC BASTIAN OBERMAYER L\u2019histoire secrète des Panama Papers ED GRIMALDO AGENCE FRANCE-PRESSE Un policier surveille le siège social de Mossack Fonseca, à Panama City.TOULOUSE-LAUTREC S\u2019AFFICHE À MONTRÉAL PETER SCHÄLCHI Certaines des plus célèbres œuvres du peintre et lithographe Henri de Toulouse- Lautrec s\u2019exposent au MBAM.L\u2019événement réunit une collection de lithographies pour la plupart réalisées entre 1890 et 1900, à une époque où la caricature sociale est en plein envol.En image, Mademoiselle Marcelle Lender, en buste, une lithographie au crayon gras, au pinceau et au crachis réalisée en 1895.Page B 8 Repenser la politique culturelle Ré?exion de romancière Page B 10 Aide à mourir Les sénateurs renvoient C-14 aux députés Page A 5 A L E X A N D R E S H I E L D S M A R C O B É L A I R - C I R I N O L\u2019 Assemblée des Premières Nations Qué- bec-Labrador s\u2019oppose catégoriquement à la construction du pipeline Énergie Est.Ce refus constitue d\u2019ailleurs un coup dur pour Trans- Canada, puisque les autochtones ont promis de défendre leur position devant les tribunaux si le gouvernement Trudeau décide malgré tout d\u2019autoriser le projet d\u2019exportation de pétrole des sables bitumineux.« Il s\u2019agit d\u2019une position très claire d\u2019opposition formelle et of ficielle au projet d\u2019oléoduc », a résumé mercredi le chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, lors d\u2019une conférence de presse tenue à Québec pour annoncer l\u2019adoption de la résolution d\u2019opposition au controversé pipeline.«C\u2019est non à Énergie Est, point final», a poursuivi le grand chef de Kanesatake, Serge Simon, invoquant des «raisons sociales, économiques, environnementales» pour s\u2019opposer au projet de la pétrolière albertaine.Les représentants des Premières Nations ont ainsi souligné leur refus de contempler, de loin, le «désastre écologique» imputable à l\u2019exploitation des sables bitumineux.«Les peuples autochtones sont toujours les premiers à souffrir des effets des changements climatiques», a déploré Serge Simon.Recours juridique Les 43 communautés de l\u2019Assemblée des Premières Nations estiment d\u2019ailleurs qu\u2019elles détiennent un droit de veto sur ce type de projet d\u2019infrastructure.«Quand il s\u2019agit d\u2019un projet qui passe sur nos terres, garanties par traité, protégées par le droit international, nous avons absolument le droit de dire non», a insisté le chef de la communauté de Kanesatake.Non seulement il n\u2019est plus question de négocier avec TransCanada, mais le gouvernement Trudeau doit aussi prendre acte du refus exprimé par l\u2019APNQL.« Maintenant que nos chefs ont pris position contre le pipeline, nous allons exiger que le Québec et le Canada respectent cette décision afin de satisfaire à leurs obligations constitutionnelles et afin de respecter la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones », a fait valoir le chef Ghislain Picard.ÉNERGIE EST Un «non » autochtone lourd d\u2019impacts A N N A B E L L E C A I L L O U L a Ville de Montréal sera forcée de déployer ses forces policières lundi soir sur le Mont-Royal afin d\u2019empêcher la tenue d\u2019un lâcher de lanternes volantes, un événement planifié sans autorisation et à son insu sur les réseaux sociaux et qui connaît un engouement monstre.Alors que plus de 40 000 personnes s\u2019intéressent à l\u2019événement «Montreal Wish Lantern Festival » lancé sur Facebook en février dernier, Montréal a préféré prendre ses précautions et se munir d\u2019un plan d\u2019action pour contenir l\u2019événement non autorisé.Des policiers du poste de quartier 20 ainsi que des patrouilleurs des Amis de la montagne se rendront sur place afin de réagir rapidement si certains Montréalais décidaient de matérialiser l\u2019événement.Le Service des incendies sera aussi prêt à intervenir en cas de nécessité.Selon le responsable du développement durable à la Ville, Réal Mé- nard, l\u2019événement contrevient à plusieurs règlements municipaux et n\u2019a fait l\u2019objet d\u2019aucune demande de permis d\u2019occupation du domaine public.S\u2019inspirant des festivals de lanternes célestes traditionnels en Asie, les organisateurs, dont l\u2019identité reste inconnue, ont invité les Montréalais à se rejoindre « au coucher du soleil [lundi] au Belvédère du mont Royal ».« Ce sera le moment pour vous de vous débarrasser de vos soucis, de tout ce stress et de le laisser s\u2019envoler dans le ciel au même moment que vous ferez un vœu», précise l\u2019événement.« Simples à faire et biodégradables, nous assurons que les lanternes ne seront pas nuisibles à l\u2019environnement, ni à la ville », écrivent les Le mont Royal menacé par un lâcher de lanternes ?VOIR PAGE A 10 : ÉNERGIE VOIR PAGE A 10 : LANTERNES VOIR PAGE A 10 : PANAMA L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 L e gouvernement Couillard songe sérieusement à déposer un projet de loi proposant d\u2019interdire les pitbulls sur tout le territoire du Québec.Devant la multiplication récente de cas rapportés d\u2019agressions de pitbulls sur des personnes, le gouvernement s\u2019engage à intervenir dans les prochains mois.Sur le modèle de l\u2019Ontario, Québec évalue la pertinence d\u2019adopter une loi interdisant à quiconque de posséder un pitbull ou tout autre chien d\u2019une race réputée agressive ou issue d\u2019un croisement avec ce type de chiens.Une chose est sûre, a dit le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, c\u2019est que le gouvernement va intervenir, d\u2019une manière ou d\u2019une autre, et plus tôt que tard, c\u2019est- à-dire dès la reprise des travaux parlementaires, en septembre, s\u2019il choisit de privilégier la voie législative.Une rencontre du groupe de travail a eu lieu mercredi, et la cadence devrait s\u2019accélérer au cours des prochaines semaines.Gérer les humains aussi «C\u2019est certain que le gouvernement va bouger », a promis M.Coiteux lors d\u2019une mêlée de presse, faisant le constat que « la population est inquiète et elle a raison ».« On va donner des orientations, très, très, très claires », en vue de régler le problème particulier des pit- bulls, et dans une perspective plus large celui des chiens réputés dangereux.Il faut en ce domaine réglementer à la fois « le comportement animal et le compor te- ment humain», a ajouté de son côté le ministre Pierre Paradis, convaincu qu\u2019il fallait en ce domaine s\u2019inspirer des meilleures pratiques expérimentées ailleurs.Stérilisation Certaines municipalités ont déjà agi en ce sens, dont Lévis et Drummondville, tandis que d\u2019autres s\u2019apprêtent à le faire, notamment Laval et Québec.Quant à lui, le maire de Sague- nay, Jean Tremblay, a suggéré de stériliser les pitbulls.Encore faut-il s\u2019assurer que la réglementation soit appliquée.Mardi, une femme a été mordue aux cuisses par un pitbull à Sainte-Adèle, dans les Lauren- tides, une ville qui interdit pourtant cette race de chiens.La Presse canadienne PITBULLS Québec songe à l\u2019interdiction RAPIDE-BLANC Pétrolia pourra rejeter ses eaux usées traitées à l\u2019embouchure de la rivière Jupiter, reconnue pour sa limpidité.Ci-dessus, une image tirée du documentaire Anticosti : la chasse au pétrole extrême.A L E X A N D R E S H I E L D S A près avoir qualifié Anti- costi de « milieu naturel unique au Québec», le gouvernement Couillard a finalement autorisé mercredi la réalisation de trois forages avec frac- turation sur l\u2019île.Et les millions de litres d\u2019eau nécessaires pour ces travaux seront pompés dans des rivières abritant une population de saumon en voie de disparition.Cette eau sera ensuite traitée sur place et rejetée directement dans le golfe du Saint-Laurent.Malgré la controverse et les réticences maintes fois répétées du premier ministre Philippe Couillard, le ministre de l\u2019Environnement, David Heur- tel, a accordé à Hydrocarbures Anticosti les certificats d\u2019autorisation réclamés depuis le 10 février.Cette société en commandite, dont le gouvernement est le principal bailleur de fonds, pourra donc aller de l\u2019avant avec les forages prévus dans le contrat signé par le gouvernement péquiste en 2014.Fracturation en 2017 C\u2019est l\u2019opérateur des travaux sur le terrain, l\u2019entreprise Pé- trolia, qui dirigera les opérations.Ces forages seront vraisemblablement réalisés en deux phases.Dans un premier temps, les forages horizontaux devraient être menés au cours de l\u2019été.Les opérations de fracturation hydraulique suivront en 2017.Par voie de communiqué, le ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a défendu le processus suivi avant de donner le feu ver t.« Ces autorisations environnementales sont délivrées après que le ministère [de l\u2019Environnement] se soit assuré que les exigences environnementales les plus élevées sont respectées.» Le ministère a par ailleurs précisé qu\u2019il « mettra en œuvre un plan de contrôle et de suivi serré qui permettra de s\u2019assurer du suivi rigoureux des conditions du cer tificat d\u2019autorisation ».Pour cela, il promet d\u2019être présent sur les sites des trois forages prévus sur Anticosti.Rivières à saumons Selon les informations rendues publiques mercredi, les forages seront réalisés dans la por t ion ouest de l \u2019 î le .Comme chacun de ces forages nécessite l\u2019utilisation de millions de litres d\u2019eau, le gouvernement a choisi d\u2019autoriser le « prélèvement » d\u2019eau dans quatre rivières de l\u2019île, dont au moins deux sont reconnues comme des rivières abritant des populations de saumon de l\u2019Atlantique.Fait à noter, la population de saumons atlantiques de l\u2019île est considérée comme en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Le gouvernement Couillard a tout de même autorisé Hydrocarbures Anticosti à pomper de l\u2019eau dans la plus importante rivière de l\u2019île, la rivière Jupiter, qui abrite près de 30 % de tous les saumons d\u2019Anticosti.Le ministère de l\u2019Environnement, qui a publié les détails des autorisations en fin de journée mercredi, n\u2019a pas précisé quelles seront les quantités d\u2019eau qui seront nécessaires pour chaque forage.Traitement sur place Par ailleurs, le gouvernement permettra que les millions de litres d\u2019eaux usées qui sortiront des puits fracturés soient traités directement sur Anticosti.Pour ce faire, trois réservoirs pourront être installés sur trois sites différents.Un « fournisseur» non identifié pour le moment pourra alors utiliser un « système de traitement » pour décontaminer les eaux, qui peuvent contenir plusieurs produits toxiques.Selon les coordonnées de différents «points de rejets », il est clair que les eaux usées qui auront été traitées seront rejetées directement dans le golfe du Saint-Laurent, à partir de la rive sud d\u2019Anticosti.Tout indique qu\u2019un point de rejet sera même situé dans l\u2019embouchure de la rivière Jupiter.Cette rivière est très réputée pour la pêche au saumon.La Société des établissements de plein air du Québec, qui vante la « limpidité sans égale » de ses eaux, vend d\u2019ailleurs des for faits de pêche à 6000 $, sans compter le transport jusqu\u2019à l\u2019île.Malgré plusieurs forages réalisés au fil des ans, aucun gisement d\u2019or noir n\u2019a été dé- couver t sur Anticosti.Selon l\u2019évaluation préliminaire qui a mené à cette saga pétrolière, le sous-sol d\u2019Anticosti pourrait renfermer plusieurs milliards de barils de pétrole de schiste, mais aussi du gaz de schiste.Le Devoir Québec autorise les forages avec fracturation sur Anticosti L\u2019eau nécessaire aux travaux sera puisée dans des rivières à saumons P H I L I P P E O R F A L I L a grande entrevue d\u2019une heure accordée par Philippe Couillard en direct à Ra- dio-Canada s\u2019annonçait costaude, elle s\u2019est révélée périlleuse pour le chef libéral, mercredi soir.Talonné sur son objectif de créer 250 000 nouveaux emplois, sur le sens de l\u2019éthique et de l\u2019intégrité de son gouvernement ou encore sur les compressions dans les écoles, M.Couillard a tenté tant bien que mal de mettre en lumière les réussites de son gouvernement au cours des deux premières années de son mandat.Sam Hamad, la fermeture du centre Mélaric et les conditions de vie dans les centres hospitaliers de soins de longue durée l\u2019ont toutefois rapidement rattrapé.M.Couillard a reconnu du bout des lèvres qu\u2019on ne reverrait pas Sam Hamad de sitôt au sein du Conseil des ministres, même s\u2019il n\u2019a pas été blâmé par le vérificateur général.« Je répète, M.Hamad n\u2019est pas au Conseil des ministres et je n\u2019ai pas de remaniement prévu.» S\u2019il a d\u2019abord affirmé que «sur le plan de l\u2019éthique [.] les choses ont été bien faites», il a toutefois admis par la suite que son équipe pouvait «améliorer» son «comportement» à cet égard.Opération ratée En éducation, M.Couillard a estimé que son gouvernement avait ratissé trop large en tentant d\u2019abolir les commissions et les élections scolaires.«On aurait dû se concentrer sur la réussite», a-t-il affirmé, promettant de s\u2019y appliquer dès maintenant.M.Couillard a en outre rappelé qu\u2019à la suite de ces deux années de serrage de ceinture, les deux suivantes verront le gouvernement investir massivement en éducation et en santé, notamment.À mi-mandat, ce rendez-vous télévisuel présentait plusieurs avantages pour le chef de gouvernement, estime le polito- logue Alain G.Gagnon, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes (CREQC).Pourtant, Philippe Couillard a carrément «raté sa performance», es- time-t-il.«Le premier ministre était là pour essayer de reprendre le contact avec la population, mais on l\u2019a senti à plusieurs moments dans sa bulle, complètement déconnecté de la réalité, analyse-t-il.M.Couillard a semblé incapable de reconnaître ses erreurs, et déphasé par rapport à la réalité du Québec que lui décrivaient les intervenants.» «Déconnecté» Le malaise était palpable lorsque le premier ministre a demandé « de quelle maison parlez-vous ?», après la dif fusion de trois témoignages émouvants d\u2019ex-clients du centre Mélaric, qui of fre des services de thérapie et de ré- i n s e r t i o n s o c i a l e a u x hommes adultes ayant des problèmes de dépendance, abruptement fermé \u2014 avant d\u2019être rouvert à la suite d\u2019un tollé soulevé dans les médias \u2014 par les libéraux.« On peut bien ajouter des budgets, ajouter des budgets [\u2026] mais il fallait faire mieux [au niveau de la gestion de l\u2019organisme] », a ensuite expliqué le premier ministre pour justifier cette décision.On n\u2019aurait pas vu Jean Charest ou d\u2019autres chefs de parti répondre de façon aussi « machinale » à des questions aussi importantes, juge Alain G.Gagnon.« M.Couillard avait une chance inouïe d\u2019être en contact avec la population, mais il risque plutôt d\u2019avoir perdu plusieurs points de sympathie.» Le Devoir ENTREVUE À RADIO-CANADA Philippe Couillard tente d\u2019expliquer une session difficile P H I L I P P E O R F A L I L es automobilistes montréa- lais pourraient trouver la vie dure si l\u2019administration Co- derre met en pratique une série de recommandations formulées mercredi par l\u2019Office de consultation publique de Montréal, portant sur la réduction de la dépendance aux énergies fossiles.Dans un rapport de consultation accompagné de 15 recommandations, l\u2019Office encourage la Ville de Montréal à «réduire l\u2019attractivité de l\u2019automobile », particulièrement au cœur de la métropole.Pour ce faire, elle devrait définir des «cibles de réduction» du nombre de places de stationnement au centre- ville, et interdire la construction de stationnements étagés, proposent les auteurs.L\u2019administration devrait ré- ser ver des voies au covoitu- rage, interdire la circulation des camions de livraison durant les heures de pointe et presser le gouvernement du Québec de débloquer des fonds « afin d\u2019améliorer en priorité l\u2019offre de service d\u2019autobus et de métro», écrivent-ils.En plus de prendre des mesures pour freiner l\u2019étalement urbain, comme encourager le développement des terrains vagues situés dans les secteurs à forte densité, Montréal devrait accélérer le développement des pistes cyclables et le verdissement des artères routières.Participation populaire D\u2019autres recommandations concernent davantage la Ville en tant qu\u2019employeur et organisme.On propose par exemple d\u2019éliminer progressivement le stationnement gratuit des employés municipaux, de transformer le parc automobile pour prioriser les véhicules électriques, et d\u2019avoir des « exigences élevées d\u2019efficacité énergétique et de qualité du bâti».Plus de 3500 personnes ont participé à cette consultation populaire qui s\u2019est échelonnée sur près de cinq mois et qui visait à trouver des « initiatives concrètes, ambitieuses et réalisables » que la Ville de Montréal pourrait mettre en œuvre afin de réduire notre dépendance aux énergies fossiles.« La gestion de la transition énergétique nécessite une approche par étapes, rigoureuse et soutenue.Il ne s\u2019agit pas de bannir les énergies fossiles à court terme, mais de procéder méthodiquement à leur réduction», conclut le rapport.Stationnement intouchable Responsable du développement durable et de l\u2019environnement au sein du comité exécutif de la Ville, Réal Ménard a accueilli «plutôt » favorablement le rapport.Il se garde toutefois de s\u2019engager à mettre en vigueur « l\u2019ensemble» des recommandations de l\u2019Office, notamment celles qui concernent le stationnement.« On va faire analyser le rapport par les services concernés», a-t-il assuré.Le por te-parole de Projet Montréal en matière d\u2019environnement, Sylvain Ouellet, juge pour sa part que Montréal en fait actuellement trop peu pour atteindre ses objectifs environnementaux.« Toutes » les dernières décisions de Denis Co- derre «vont à l\u2019encontre d\u2019une réduction de la dépendance à l\u2019automobile et aux énergies fossiles », soutient-il.« Alors que l\u2019Office recommande à la Ville de réduire l\u2019attractivité de l\u2019auto, le maire Coderre refuse mordicus d\u2019éliminer des espaces de stationnement, allant même jusqu\u2019à sacrifier un trottoir sur la rue de Brébeuf pour construire une piste cyclable en site propre», a-t-il ajouté.Le Devoir Des citoyens montréalais exigent un virage vert L\u2019Office de consultation publique publie son rapport au bout de cinq mois de travaux Il ne s\u2019agit pas de bannir les énergies fossiles à court terme, mais de procéder méthodiquement à leur réduction Extrait du rapport de l\u2019Office de consultation publique « » RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE L\u2019Ontario interdit les pitbulls et les croisements avec cette race.Le ministère a par ailleurs précisé qu\u2019il «mettra en œuvre un plan de contrôle et de suivi serré» L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 J U I N 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 MICHEL DAVID La chronique fait relâche pour l\u2019été.J E S S I C A N A D E A U L e Tribunal des droits de la personne perd patience dans le dossier des enfants autochtones.Dans un important revirement de situation, le Tribunal annonce qu\u2019il imposera lui- même des obligations au gouvernement fédéral pour faire cesser la discrimination.La cour annule donc une rencontre qui devait avoir lieu entre les parties la semaine prochaine pour trouver un terrain d\u2019entente sur les actions à mettre en œuvre.Le Tribunal pourrait ordonner, par exemple, de modifier la formule de financement pour donner une enveloppe fixe par enfant, indique l\u2019avocat Sébastien Grammond, qui représente la Société de soutien à l\u2019enfance dans ce dossier.En février 2007, la Société de soutien à l\u2019enfance et à la famille des Premières Nations déposait une plainte contre le gouvernement fédéral à la Commission canadienne des droits de la personne.En janvier dernier, près de dix ans plus tard, le Tribunal tranchait : le gouvernement s\u2019est rendu coupable de discrimination envers les enfants autochtones en ne leur offrant pas tous les ser vices auxquels ils ont droit.La décision de la cour précisait qu\u2019Ottawa dépensait jusqu\u2019à 34 % de moins pour les soins aux enfants autochtones les plus vulnérables, dont les handicapés, comparativement aux autres enfants canadiens.Le sous-financement chronique dans les réserves entraîne une sur- représentation des enfants autochtones dans les foyers d\u2019accueil, ajoutait le Tribunal.À la suite de ce jugement qui blâme sévèrement le gouvernement, la ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennet, avait promis un changement d\u2019attitude de la part d\u2019Ottawa et un réinvestissement massif pour mettre fin à la discrimination systématique.Des sommes ont notamment été annoncées dans le budget libéral de mars dernier.Mais ce n\u2019était pas suffisant pour le Tribunal, qui a jugé nécessaire, en avril, d\u2019inter venir pour rappeler le gouvernement à ses devoirs.Lundi, le Tribunal est intervenu une deuxième fois pour tenter d\u2019arriver le plus rapidement possible à des actions concrètes afin de mettre fin à la discrimination systématique envers les enfants autochtones.Quels dommages?Dans son jugement de janvier dernier, le Tribunal statuait sur la responsabilité (en déclarant le gouvernement coupable de discrimination), mais non sur les dommages (ce à quoi le défendeur est condamné).« Dans des dossiers très complexes, il arrive qu\u2019on sépare la responsabilité et les dommages, et souvent c\u2019est parce qu\u2019on espère qu\u2019une fois la responsabilité établie, les parties vont être capables de s\u2019entendre sur l\u2019évaluation des dommages», explique Sébastien Grammond.Jouant les médiateurs, le Tribunal avait ainsi prévu une rencontre entre les parties les 23 et 24 juin prochains dans l\u2019espoir d\u2019en arriver à un règlement à l\u2019amiable.Mais après avoir analysé les propositions des parties, le Tribunal a jugé que celles-ci étaient trop éloignées les unes des autres.Réponses réclamées «Le Tribunal estime qu\u2019il y a beaucoup plus de questions irrésolues que ce à quoi on pouvait s\u2019attendre et remet en question la pertinence de tenir une rencontre à ce moment-ci », peut-on lire dans la lettre adressée aux parties.Le Tribunal annule donc la rencontre de médiation, réclame des réponses supplémentaires d\u2019ici la fin du mois et annonce qu\u2019il rendra lui-même une décision sur les correctifs immédiats à apporter dans le programme de services à l\u2019enfance et à la famille des Premières Nations, l\u2019équivalent du Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) pour les Premières Nations.Par la suite, il restera encore à déterminer le montant de la compensation financière.Le cabinet de la ministre des Affaires autochtones n\u2019a pas été en mesure mercredi de commenter cette nouvelle ordonnance de la cour.Le Devoir ENFANTS AUTOCHTONES La cour imposera des correctifs rapides Plusieurs mois après une décision concluant à une discrimination systémique, le Tribunal des droits de la personne constate que le dossier stagne ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Deux jeunes garçons lancent des cailloux à la mer près d\u2019Arctic Bay, au Nunavut.O rlando \u2014 La femme d\u2019Omar Mateen, auteur de l\u2019attentat perpétré dimanche matin dans une boîte de nuit gaie d\u2019Orlando, pourrait être poursuivie pour avoir eu connaissance du projet d\u2019attaque de son mari et n\u2019avoir pas prévenu les autorités.Le procureur fédéral va présenter les éléments de son enquête sur cette femme devant un grand jury, a rapporté la chaîne CNN, qui cite des sources policières non identifiées.Les autorités d\u2019Orlando et les représentants du FBI refusent toutefois de confirmer ces informations.Noor Salman aurait précédemment accompagné son mari chez un marchand d\u2019armes ainsi que dans le club gai, où le tueur avait ses habitudes.La femme a af firmé avoir essayé d\u2019en parler avec son mari, mais elle dit qu\u2019elle n\u2019était pas au courant d\u2019une attaque imminente.Tolérance zéro pour les menaces De leur côté, les autorités américaines ont dû préciser, mercredi, qu\u2019elles ne toléreraient plus aucune menace contre des musulmans après l\u2019attentat d\u2019Orlando, qui a suscité des messages de haine contre cette communauté, notamment dans la ville du tueur, à Fort Pierce.«Proférer ces menaces est non seulement mal, mais dans la plupart des cas, illégal.Il faut arrêter», a déclaré le procureur général Lee Bentley lors d\u2019une conférence de presse qui faisait le point de l\u2019enquête sur la tuerie.«Ces menaces détournent l\u2019attention de ce que les forces de l\u2019ordre doivent faire», a ajouté le procureur.Le représentant du FBI, Ron Hopper, a rappelé lors de la même conférence de presse que les «violations des droits civiques sont une priorité pour le FBI».«Nous enquêterons sur les incidents contre des individus [\u2026] notamment en raison de leur race, leur religion, et leur orientation sexuelle.» Communauté ébranlée Le massacre d\u2019Orlando a notamment mis sous le feu des projecteurs la petite communauté musulmane de Fort Pierce, où résidait l\u2019auteur de l\u2019attentat, au point d\u2019en faire une cible facile.« Allez crever, putain de sacs à merde ! » a entendu un journaliste de l\u2019AFP devant l\u2019Islamic Center de Fort Pierce, une phrase lancée depuis une camionnette.À mesure qu\u2019arrivent les fidèles, coups de klaxon et insultes fusent des voitures, à intervalle assez régulier, du «Mort à Mahomet ! » jusqu\u2019au «putain de cochons ! » Après les attentats de Paris en novembre et San Bernardino en Californie en décembre, le nombre de délits présumés motivés par la haine et visant des musulmans avait triplé aux États- Unis, selon une enquête du New York Times.L\u2019islamophobie y a atteint un niveau sans précé- dent, selon des représentants musulmans.Le président Obama, qui doit se rendre jeudi à Orlando pour rendre hommage aux victimes, avait mis en garde contre la tentation de condamner toute une communauté.«Allons-nous commencer à traiter tous les musulmans américains différemment?Al- lons-nous les soumettre à une surveillance particulière?Allons-nous les discriminer en raison de leur foi?Jusqu\u2019où cela ira-t-il?» avait lancé le président mardi lors d\u2019une allocution passionnée.Cet attentat terroriste, le plus grave depuis celui du 11 septembre 2001, a été perpétré dimanche matin dans un club gai d\u2019Orlando par un Américain ayant fait allégeance au groupe armé État islamique.49 personnes sont mortes et 53 ont été blessées.Agence France-Presse ATTENTAT D\u2019ORLANDO Un jury étudie la possibilité d\u2019accuser l\u2019épouse du tueur M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L e Canada traquera bientôt les entrées et sorties de tous ses citoyens à la frontière américaine et refilera ces informations à Washington.Le tout, sans baliser davantage le partage de ces renseignements.Ce qui fait bondir une fois de plus les groupes de défense des droits civils.Mais le gouvernement Trudeau modifie en outre ses lois pour partager ces données avec ses propres ministères afin de déceler ceux qui fraudent ses programmes sociaux.Justin Trudeau avait annoncé, de passage à Washington ce printemps, qu\u2019il élargirait bientôt le partage d\u2019informations entre le Canada et les États-Unis.Les données biographiques \u2014 nom, sexe, date de naissance, nationalité, et autres informations figurant sur le passeport \u2014 des ressortissants étrangers et des résidents permanents étaient déjà récoltées à la frontière depuis cinq ans.Elles le seront aussi pour les citoyens des deux pays qui traversent par voie terrestre.Surprise, cependant, dans le projet de loi déposé par le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale : l\u2019Agence des services frontaliers pourra également partager ces données avec le ministère de l\u2019Emploi et du Développement social si l\u2019information peut être utile à l\u2019application de la Loi sur l\u2019assurance-emploi ou de celle sur la sécurité de la vieillesse.Un prestataire de l\u2019assurance-emploi pourrait alors être déclaré « inadmissible aux prestations».« S\u2019il y a de la fraude, et que des prestations sont récoltées de façon injustifiée en vertu des programmes sociaux, les contribuables s\u2019attendent à ce que les conditions de ces programmes soient mises en œuvre», a fait valoir le ministre Goodale mercredi.« Tout cela devient épeurant », a jugé Gar Pardy, ancien ambassadeur dans plusieurs pays et ex-diplomate à Washington.M.Pardy s\u2019était inquiété, lors l\u2019annonce de cette entente avec les États-Unis en 2011, qu\u2019elle n\u2019érode les droits civils des Canadiens.Ses craintes demeurent tout aussi vives aujourd\u2019hui.Car Ottawa n\u2019a toujours pas imposé de balises à ce transfert de renseignements.Trop peu de protections Le commissaire à la vie privée s\u2019inquiétait lui aussi il y a cinq ans de voir que les deux pays pouvaient partager avec un pays tiers les informations reçues de leur voisin, sans qu\u2019une autorisation soit exigée ou qu\u2019un avis soit fourni au pays source.Le projet de loi de M.Goodale ne prévoit rien à ce sujet.Mais ses conversations avec le commissaire Daniel Therrien et le processus de révision du système de partage d\u2019informations est «continu», a insisté le ministre.«Une fois que l\u2019information est partagée, on ne peut pas savoir qui pourrait l\u2019avoir », a réitéré Monia Mazig, épouse de Maher Arar (illégalement expulsé en Syrie en 2002) et coordonnatrice nationale de la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles.Le directeur du Conseil des Canadiens, Gary Neil, s\u2019inquiète d\u2019autant plus compte tenu du «climat actuel» aux États-Unis.Si le prochain président voulait hausser le ton contre le terrorisme et «se mettre à identifier les gens parce que leur nom pourrait avoir l\u2019air arabe, on aurait de graves inquiétudes quant à l\u2019utilisation ou les abus potentiels qui pourraient être faits de ces informations.» Droit de retrait Le ministre Goodale a certifié que l\u2019utilisation américaine des informations canadiennes sera balisée dans l\u2019entente entre les deux gouvernements.«Si l\u2019on constate que les autorités américaines ne respectent pas les dispositions en matière de vie privée que nous avons mises en place, nous pouvons mettre un terme à l\u2019entente», a-t-il fait valoir.Gar Pardy s\u2019est montré sceptique.«Si l\u2019information est assez importante aux yeux des Américains, ils l\u2019utiliseront comme ils le jugent approprié.» Et Ottawa baissera les bras, selon lui.De toute façon, il sera trop tard, a noté Gary Neil.«L\u2019information qui a été détournée est là, et elle est là pour toujours.Vous ne pourrez jamais la récupérer», a-t-il noté.Le Devoir FRONTIÈRES Ottawa donnera plus d\u2019informations aux Américains\u2026 et à l\u2019assurance-emploi Le Tribunal estime qu\u2019il y a beaucoup plus de questions irrésolues que ce à quoi on pouvait s\u2019attendre Extrait d\u2019une lettre envoyée aux parties « » Trump veut rencontrer la NRA Le candidat républicain à la présidentielle américaine, Donald Trump, a suggéré mercredi de ne plus vendre d\u2019armes à feu à des personnes figurant sur des listes de surveillance antiterro- riste, au risque de se brouiller avec le lobby des armes à feu et son parti.M.Trump, qui clame son soutien indéfectible au droit des citoyens à porter des armes, a indiqué sur Twitter qu\u2019il allait «rencontrer des responsables du lobby des armes à feu [NRA], qui appuient [sa] candidature, à propos d\u2019une interdiction aux personnes qui sont sur une liste de surveillance antiterro- riste ou sur une liste d\u2019interdiction de vol, d\u2019acheter des armes à feu».Ce puissant lobby, qui twit- tait encore mardi que de telles restrictions seraient «inefficaces, anticonstitutionnelles, ou les deux», a semblé entrouvrir la porte à Donald Trump mercredi, indiquant qu\u2019elle serait heureuse de rencontrer le candidat. L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 JOSEPH EID AGENCE FRANCE-PRESSE Des nouveaux mariés posent pour un photographe devant les ruines de Homs.Alors qu\u2019elle était habitée par 650 000 personnes il y a quelques années, la ville ne compte plus que 200 000 habitants aujourd\u2019hui.L I S A - M A R I E G E R V A I S « J e suis de Homs.» La phrase fait un peu sursauter.Comme si personne ne pouvait plus habiter la 3e ville de Syrie, dont le cœur a complètement été ravagé par la guerre.Encore, il y a quelques mois, un drone russe avait capté les images d\u2019apocalypse : le centre historique de Homs n\u2019est plus que ruines, déser t, poussière et dévastation.Le père jésuite Ziad Hilal, qui vient en aide aux enfants et aux handicapés, y vit encore.Il y était aussi à la fin de l\u2019année 2011 et au début de 2012, quand de nombreuses familles sont parties en montagnes afin de célébrer Noël.« Ces familles sont parties avec un petit sac, sans plus.Elles reviennent et il n\u2019y a plus rien », raconte-t-il, de passage à Montréal après un séjour d\u2019études doctorales en Irlande.« Certains ne sont plus jamais revenus chez eux.Ça fait maintenant cinq ans.» Au printemps 2014 et pendant l\u2019année 2015, cer tains habitants de Homs ont toutefois pu revenir chez eux après un accord.Pour mieux repartir dans de nombreux cas.Constater l\u2019ampleur des dégâts, prendre quelques effets et poursuivre son chemin sans se retourner.« Comment quelqu\u2019un pourrait-il y revivre ?Tout est rasé », souffle le père Ziad, qui a appris le français en Syrie puis en France, où il a fait des études supérieures en théologie.« Les gens n\u2019ont pas seulement perdu leur maison, ils ont perdu leur histoire, qui ils sont.J\u2019ai croisé une femme qui m\u2019a dit qu\u2019elle avait perdu toutes les photos de famille qui étaient gardées depuis des centaines d\u2019années.» Pour lui, il existe de nombreuses raisons pour ne pas quitter la Syrie.Des raisons historiques \u2014 les langues anciennes, etc.\u2014, la fierté et la proximité familiale et parce que les habitants ont envie de transmettre la Syrie des beaux jours qu\u2019ils ont connue.Plusieurs raisons de rester mais une seule, qui pèse lourd dans la balance, pour par tir : la guerre.La guerre qui a vidé le ter ritoire.De 650 000 habitants, la ville de Homs est passée à 200 000.Vivre dans la guerre Pour tant, bien des gens, comme lui, continuent de vivre au cœur de l\u2019indicible.En Syrie, le conflit entre le régime et les rebelles a fait plus de 150 000 morts et près de 9 millions de déplacés et de réfugiés.Le père Ziad s\u2019est d\u2019ailleurs occupé d\u2019un centre d\u2019aide humanitaire qui soutient toujours 6000 familles de Homs et des alentours et gère des centres pour les handicapés mentaux et physiques.Il a aussi transformé les centres de catéchismes de son église en centres d\u2019éducation et de réconciliation pour les enfants de 6 à 14 ans.« Tous les Syriens sont touchés par la violence », estime le père Ziad.Ce curé de la paroisse Saint-Sauveur à Homs raconte avec sérieux comment un attentat perpétré par un kamikaze a tué 80 enfants dans le collège tout juste en face de son église.Une mère y a perdu d\u2019un coup ses quatre enfants.« Notre secrétaire a perdu ses deux frères dans un attentat à la voiture piégée.Avec les religieuses, on a ramassé des morceaux de chair, d\u2019êtres humains.On les mettait dans des sacs.On ne savait pas qui on ramassait comme ça.Ce n\u2019est qu\u2019après l\u2019analyse qu\u2019on a su l\u2019identité des mor ts , dit le père Ziad, l\u2019air grave.Et cette même famille s\u2019est fait détruire son appartement par une roquette.Je l \u2019ai entendue entrer.Il n\u2019y avait personne.Mais ils n\u2019ont plus rien, vous comprenez ?» Vivre dans un pays en guerre est « dif ficile », insiste- t - i l .Et i l n\u2019est pas avare d\u2019images pour faire comprendre ce que c\u2019est.C\u2019est l\u2019électricité trois heures par jour, par fois par mois.Vivre sans mazout en raison des sanctions internationales.L\u2019hiver sans pouvoir se réchauf fer.Mettre huit-neuf heures pour aller à Alep alors que ça en prend normalement deux.Passer son temps à chercher du travail .« On propose de l\u2019argent aux jeunes pour qu\u2019ils deviennent des por teurs d\u2019armes.Pour eux, c\u2019est devenir un héros, mais ils ne savent pas qu\u2019ils risquent d\u2019être blessés ou tués.» Pour le père Ziad, c\u2019est ne plus jamais sor tir sans être accompagné.Son confrère jésuite, le Hollandais Frans Van Der Lugt, a été assassiné par les rebelles en 2014.En mai 2015, le syriaque catholique Jacques Mourad a été enlevé pour plusieurs mois mais est maintenant libre.En tant que minorité, les chrétiens sont vulnérables.« Oui, mais ce n\u2019est pas une guerre de religion, assure le clerc.Ce sont les médias qui font croire ça ».Pas une guerre de religion Dans l\u2019histoire syrienne, il y a cer tes eu des malentendus entre chrétiens et musulmans.Mais à Homs, au- jourd\u2019hui, la réalité est autre.« C\u2019est spécial ici », explique le père Ziad, reconnu pour son travail œcuménique.Lui qui a été éduqué comme chrétiens aux côtés de musulmans soutient que l\u2019hostilité religieuse n\u2019était pas généralisée.Quand les Turcs ont chassé les Arméniens, les Syriens musulmans et chrétiens les ont accuei l l is , après tout .« Aujourd\u2019hui, avec la montée des intégrismes, Daesh, etc.on ne peut pas nier qu\u2019il y a la peur.» N\u2019empêche, son église jésuite est assez for te et jouit d\u2019une bonne réputation parce qu\u2019elle s\u2019ouvre à tout le monde.Dans son équipe, la moitié des gens sont musulmans, l\u2019autre, des chrétiens.Ils travaillent sans relâche pour la réconciliation et la paix.Ils ont même écrit des livres sur le sujet.Lorsque les écoles ont fermé à la suite des bombardements, il s\u2019est chargé d\u2019engager des diplômés universitaires sans travail pour faire la classe aux enfants de toutes les confessions.À partir de 2012, plus de 150 enfants ont pu être scolarisés.Le père Ziad insiste : même s\u2019il y a plusieurs religions, la Syrie ne for me qu\u2019une seule grande communauté.« La bombe qui tombe quelque part en Syrie, elle ne fait pas la dif férence entre un chrétien et un musulman.Dans le centre historique de Homs, on a enterré des centaines de chrétiens et de musulmans, 11 églises ont été endommagées ainsi qu\u2019une trentaine de mosquées\u2026 » Le vrai problème de la Syrie, poursuit le jésuite, ce sont les médias et la provocation des intérêts internationaux à droite et à gauche.« Chaque par tie veut la victoire, sans par tager.Mais on dirait que ça veut dire ef facer l\u2019autre.Du coup, ça finit par détruire tout le pays », se désole le père Ziad, avant de citer un proverbe indien : « Quand il y a deux éléphants qui se battent, ce sont les herbes qui sont écrasées.» Le Devoir Le cœur de Homs bat encore Dans cette ville détruite par la guerre, ses habitants s\u2019unissent, peu importe la religion Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 F A N N I E O L I V I E R à Ottawa Une lettre ouverte de policiers militaires dénonçant de mauvais traitements sur des prisonniers « innocents » en Afghanistan relance le débat sur la nécessité d\u2019une enquête publique.Dans une lettre envoyée à La Presse, des membres de la police militaire qui ont servi en Afghanistan affirment que pas moins de la moitié des Afghans incarcérés au centre de détention de la base militaire de Kandahar étaient innocents.Et contrairement à ce que le gouvernement canadien affirmait, ils n\u2019étaient pas emprisonnés pour une période de 48 à 96 heures, mais restaient derrière les barreaux en moyenne deux mois.La police militaire a par ailleurs tenu plusieurs « exercices» visant à terroriser les détenus, des actes révoltants et indignes d\u2019un corps policier, selon les auteurs.La lettre est anonyme, car ceux qui l\u2019ont rédigée craignent des représailles.La Presse a rencontré l\u2019un des policiers et a confirmé son identité, tout en préservant son anonymat.«Près de 50% des personnes incarcérées par la police militaire n\u2019étaient que des gens comme vous et moi, des époux, pères de famille, fermiers qui n\u2019avaient strictement rien à se reprocher.Pourquoi et comment ce mépris de nos lois et nos valeurs canadiennes peuvent-ils survenir?» demandent les auteurs.Ils n\u2019expliquent pas comment ils sont parvenus à établir cette proportion de prisonniers innocents.Pas de collaboration Ils accusent par ailleurs l\u2019état- major de la police militaire de ne pas collaborer à l\u2019enquête que mène la Commission d\u2019examen des plaintes concernant la police militaire, en lui refusant l\u2019accès à des documents.Cette commission se penche actuellement sur des allégations de mauvais traitements des détenus par la police militaire en Afghanistan, en 2010 et 2011.Les auteurs demandent au ministre de la Défense, Harjit Sajjan, d\u2019ordonner aux hauts gradés de la police militaire de collaborer pleinement à cette enquête.Interrogé à sa sortie d\u2019une réunion de cabinet mercredi, M.Sajjan a laissé entendre qu\u2019il faisait confiance au système de plaintes actuel.«Nous avons de très bons systèmes en place pour enquêter sur tous les types d\u2019allégations», a-t-il assuré.Enquête publique Le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Bloc québécois ont tous deux saisi l\u2019occasion pour relancer le débat sur l\u2019opportunité de faire la lumière sur le traitement des détenus afghans par les Forces canadiennes avec une commission d\u2019enquête publique.La semaine dernière, une coalition de groupes de défense des droits de la personne a interpellé le premier ministre Justin Trudeau pour lui demander une enquête publique sur les détenus afghans transférés par les Forces canadiennes aux autorités locales.Des allégations selon lesquelles ces prisonniers auraient été maltraités ont émergé dès 2007.Le Parlement s\u2019est penché sur la question, mais le gouvernement conservateur de l\u2019époque s\u2019est toujours opposé à la tenue d\u2019une enquête publique.Selon Hélène Laverdière, députée du NPD, l\u2019enquête devrait couvrir la question du transfert de ces détenus aux autorités afghanes, celle du traitement que réservaient les Forces canadiennes elles- mêmes à ces détenus, ainsi qu\u2019un volet sur « d\u2019éventuelles manipulations sérieuses de l\u2019information ».Elle rappelle que les libéraux, alors qu\u2019ils étaient dans l\u2019opposition, étaient favorables à une telle enquête et elle leur enjoint de « mettre leurs culottes » maintenant qu\u2019ils sont au pouvoir.La Presse canadienne DÉTENUS AFGHANS Des policiers demandent une enquête publique La bombe qui tombe quelque part en Syrie, elle ne fait pas la différence entre un chrétien et un musulman.[.] On a enterré des centaines de chrétiens et de musulmans.Le père jésuite Ziad Hilal « » EgyptAir : des débris de l\u2019avion écrasé localisés Le Caire \u2014 Des débris de la carlingue de l\u2019avion d\u2019EgyptAir, qui s\u2019est abîmé en Méditerranée le 19 mai, ont été localisés sur «plusieurs sites», a annoncé mercredi la commission d\u2019enquête égyptienne.Seules les analyses des enregistreurs de vol pourront permettre de connaître les causes de l\u2019écrasement de l\u2019Airbus A320 d\u2019Egyp- tAir, qui s\u2019est abîmé entre la Crète et la côte nord de l\u2019Égypte avec 66 personnes à bord, après avoir soudainement disparu des écrans radar.La commission d\u2019enquête a averti lundi que les deux boîtes noires cesseraient d\u2019émettre leurs «pings» (écho sonar) le 24 juin.Agence France-Presse Un alligator happe un enfant à Disney World Orlando \u2014 Un petit garçon est mort après avoir été happé par un alligator dans le domaine de Disney World, en Floride.La dépouille de Lane Graves, âgé de deux ans, a été retrouvée «intacte» dans les eaux d\u2019un lac artificiel après de longues heures de battue, a déclaré la police.«Je suis presque certain que l\u2019enfant a été noyé par l\u2019alli- Les paroles de l\u2019Ô Canada seront changées Ottawa \u2014 Les députés fédéraux ont adopté mercredi le projet de loi qui changera les paroles anglaises de l\u2019Ô Canada.Par 225 contre 74, les Communes ont voté pour C-210, mesure présentée par Mauril Bélanger.Lorsque le Sénat l\u2019adoptera, le vers «true patriot love in all thy sons command» («un vrai amour de la patrie anime tous tes fils») sera remplacé par «true patriot love in all of us command» («un vrai amour de la patrie nous anime tous»).M.Bélanger avait dit que l\u2019hymne ne devrait pas ignorer la contribution de 52% de la population.Souffrant de la maladie de Lou Gehrig, il avait, difficilement, fait une apparition à la Chambre vendredi dernier, afin que l\u2019ultime étape de l\u2019étude de son projet de loi par les Communes puisse être entamée.La Presse canadienne gator», a précisé le shérif local.L\u2019enfant a été emporté alors qu\u2019il jouait non loin de sa famille sur la plage d\u2019un lac artificiel.Le lac est interdit à la baignade mais rien ne prévient les promeneurs de la présence d\u2019alligators.Or ce bassin est relié à un lac naturel et les alligators, très répandus en Floride, peuvent franchir des langues de terre séparant des cours d\u2019eau.Agence France-Presse J A C Q U E S N A D E A U L E D E V O I R H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e Sénat a finalement terminé son étude du projet de loi sur l\u2019aide médicale à mourir mercredi soir, adoptant le C-14 par une écrasante majorité.La «conversation» entre la Chambre haute et la Chambre des communes sur le sort devant être réservé aux modifications de cette loi peut donc maintenant commencer.C\u2019est par la marque de 64 voix pour, 12 voix contre et une abstention que le Sénat a donné son appui au C-14, dans sa forme amendée.Le Sénat a notamment élargi les critères d\u2019accessibilité de l\u2019aide médicale à mourir pour inclure les personnes n\u2019étant pas en fin de vie.Dans le cas de l\u2019aide médicale auto-administrée à domicile, les sénateurs ont aussi interdit aux proches d\u2019un malade de l\u2019aider s\u2019ils sont susceptibles de tirer des avantages matériels de la mort de celui-ci.Le projet de loi est donc de retour aujourd\u2019hui à la Chambre des communes.Le gouvernement libéral doit maintenant rédiger une seule motion indiquant pour chacun des amendements sénatoriaux s\u2019il est accepté, rejeté ou accepté avec modification.Les députés seront appelés à débattre la semaine prochaine de cette motion et à la voter comme un tout.Tout changement apporté par la Chambre des communes à la version sénatoriale de C-14 nécessitera son renvoi au Sénat, les deux Chambres devant adopter une version identique des législations.Une partie de bras de fer pourrait s\u2019ensuivre si sénateurs et élus ne s\u2019entendent pas sur une version définitive commune.Dilemme La semaine dernière, plusieurs sénateurs avaient indiqué qu\u2019ils ne s\u2019inclineraient pas devant la volonté des élus si cela implique de voter une loi jugée inadéquate.Mais mercredi, le ton avait baissé, du moins dans la bouche de certains.C\u2019est le cas d\u2019André Pratte.«Il y a juste les fous qui ne changent pas d\u2019idée, lance le nouveau sénateur et ancien journaliste.Si on insiste pour que nos amendements soient maintenus, on s\u2019entraîne dans ce que les gens ont appelé une partie de ping-pong.Mais c\u2019est plus grave qu\u2019une partie de ping-pong.Ça veut dire qu\u2019il peut y avoir une sorte de paralysie ou d\u2019impasse qui durerait un certain temps.Je ne suis pas sûr que les Canadiens ont une grande patience pour cela.» M.Pratte dit ne pas avoir pris une décision finale, mais il avoue être placé devant « un dilemme ».« Ce n\u2019est pas facile à décider.Pas de projet de loi du tout, pour moi, ce n\u2019est pas l\u2019idéal non plus.On ne sait pas exactement, sur une longue durée, ce que ça va donner de ne pas avoir de projet de loi du tout.» Le Canada se retrouve dépourvu d\u2019une loi en matière d\u2019aide médicale à mourir depuis le 7 juin dernier, quand le jugement Carter de la Cour suprême a pris effet.Depuis, les professionnels de la santé s\u2019en remettent aux cadres réglementaires concoctés par les collèges de médecins ou les provinces pour trancher les cas se présentant à eux.M.Pratte se demande si ces succédanés seront suffisants à long terme.Le conser vateur Don Plett, qui n\u2019est pas chaud envers l\u2019aide médicale à mourir, est pour sa part catégorique.« Il ne s\u2019agit plus de déterminer si l\u2019aide médicale à mourir est légale ou non.Elle l\u2019est dans notre pays aujourd\u2019hui.Alors ou bien nous avons [l\u2019arrêt] Carter, ou bien nous avons le projet de loi.Le projet de loi est meilleur que Car ter.» M.Plett, comme d\u2019autres collègues, a eu la voix brisée par l\u2019émotion pendant son dernier discours sur le projet de loi mercredi soir.Il s\u2019est dit déchiré, mais qu\u2019il ne fuirait pas la difficulté en s\u2019abstenant.Il a finalement voté contre.Plusieurs des sénateurs ayant voté contre le C-14 ont soutenu que la vie était un don de Dieu et que l\u2019Homme ne pouvait s\u2019arroger le droit de la reprendre (Norman Doyle, Betty Unger ou encore Nick Sibbeston).D\u2019autres sénateurs, cependant, persistent à croire qu\u2019il vaut mieux laisser un vide législatif que d\u2019adopter une loi mal faite.C\u2019est le cas de Pierre- Hugues Boisvenu ou encore Jean-Guy Dagenais.Les deux tiennent mordicus à ce que l\u2019accès de l\u2019aide à mourir, élargi par le Sénat pour inclure des personnes n\u2019étant pas en fin de vie, soit conservé.Contribution symbolique Le leader du gouvernement à la Chambre des communes, qui pilotera la conversation avec le Sénat, s\u2019engage à régler la question avant les vacances estivales, prévues débuter le 24 juin.«Je ne serais pas confortable d\u2019ajourner la Chambre avant que nous ayons un projet de loi sur l\u2019aide médicale à mourir [alors qu\u2019il serait] à quelques moments d\u2019être signé par le gouverneur général ou un juge de la Cour suprême pour la sanction royale», a expliqué Dominic LeBlanc.Le Parlement pourrait-il siéger pendant l\u2019été, alors?«Je pense que c\u2019est possible de faire ça d\u2019ici la semaine prochaine.» M.LeBlanc a refusé de se prononcer sur le sort qu\u2019il réservera aux amendements du Sénat, mais il a laissé entendre que quoiqu\u2019il arrive les sénateurs pourront se féliciter d\u2019une belle victoire morale.«Quelle que soit la réponse que la Chambre des communes servira au Sénat en bout de piste, notre gouvernement croit que le Sénat a enrichi le débat public et approfondi la conscience publique de ces questions», a-t-il dit.Ces propos ont froissé Pierre-Hugues Boisvenu.«C\u2019est très égocentrique! On n\u2019a pas fait ça pour notre image, ou pour gagner ou perdre.On a fait ça pour rendre le projet de loi C-14 meilleur.» Le Devoir L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 LE SON QUE VOTRE PÈRE MÉRITE \u2022 Audio sans ?l premium \u2022 Système d\u2019écoute personnalisable \u2022 Pour la TV, la radio ou les systèmes Hi-Fi SET 840-TV Disponible pour l\u2019achat chez: audiosupport.ca 1-866-411-5623 pour trouver la clinique la plus près Disponible chez les professionnels exerçant dans les cliniques Lobe AIDE MÉDICALE À MOURIR Le Sénat renvoie finalement le projet de loi aux Communes M A R C O F O R T I E R L e gouvernement Couillard s\u2019apprête à fermer une série d\u2019autres bibliothèques de ministères, dont celle des Finances située dans un bâtiment patrimonial du XIXe siècle dans le Vieux-Québec.Selon ce que Le Devoir a appris, le centre de documentation du ministère abrite notamment tous les budgets et les comptes publics du Québec produits depuis plus d\u2019un siècle.Son fonds documentaire est constitué de plus de 60 000 monographies, dont plus de 10 000 en version électronique, et près de 400 titres de périodiques.L\u2019historien Jean-Marie Lebel, spécialiste de la ville de Québec, déplore la fermeture imminente de cette bibliothèque considérée comme un joyau architectural et historique.Les étagères en laiton et en fonte ont été témoins d\u2019un pan important de l\u2019histoire juridique de la capitale.Le bâtiment d\u2019influence Second Empire, inauguré en 1887, a longtemps abrité le palais de justice de Québec.Le ministre des Finances, Carlos Leitão, occupe le bureau de l\u2019ancien juge en chef de la Cour supérieure.Une perte « C\u2019est malheureux que cette bibliothèque ferme à son tour.Notre vieux palais de justice disparaît peu à peu », dit Jean-Marie Lebel en soupirant.« Je peux comprendre que le gouvernement décide de fusionner les bibliothèques des ministères.Les gens de la fonction publique ont de moins en moins besoin d\u2019aller à la bibliothèque, avec les documents numérisés accessibles n\u2019importe où», ajoute-t-il.«C\u2019est triste.On perd non seulement des lieux où consulter des livres, mais on perd aussi des livres, dont aucune autre bibliothèque ne veut.Je veux bien croire que ces livres vont à la Bibliothèque nationale à Montréal ou à Ottawa, mais pour les gens de Québec, ce n\u2019est pas à la porte!» Économies recherchées Selon nos sources, la vaste « rationalisation» des bibliothèques de ministères et organismes du gouvernement se poursuit de plus belle.Le centre de documentation Paul-Gérin-Lajoie du ministère des Relations internationales, inauguré par l\u2019ancien ministre lui-même, aurait fermé ses portes au cours du printemps.Le Devoir a rapporté dans les derniers mois que la bibliothèque Cécile-Rouleau, située dans l\u2019édifice G à Québec, abrite désormais pas moins de 17 centres de documentation de ministères et organismes gouvernementaux condamnés au fil des ans.Le Secrétariat du Conseil du trésor a demandé l\u2019an dernier à tous les ministères d\u2019évaluer des économies possibles dans leurs centres de documentation.Selon un document interne du ministère, le gouvernement espère éliminer des postes et éviter les achats en double de documents ou d\u2019abonnements.On pense ainsi pouvoir économiser 4,5 millions de dollars.Selon nos sources, seule la bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale est assurée de rester en place.L\u2019historien Jean-Marie Lebel s\u2019en réjouit.« Il faut la préserver à tout prix.» Le Devoir QUÉBEC La bibliothèque patrimoniale des Finances ferme à son tour ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE La Chambre haute a voté pour le projet de loi amendé.Aux parlementaires maintenant d\u2019étudier la nouvelle version.Toute modification devra être approuvée de nouveau par le Sénat.A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T I ls se disent poussés par le vent favorable d\u2019appuis qui leur souffle dans le dos depuis qu\u2019ils ont interpellé la vérificatrice générale.D\u2019ex-té- nors du réseau de la santé récidivent et interpellent directement le premier ministre Philippe Couillard, demandant un moratoire immédiat sur la réforme de la santé signée Gaétan Barrette.« Il faut mettre un stop pour prendre le temps de faire une évaluation », dit en entrevue le haut fonctionnaire retraité Pierre Joubert (ex- directeur de la recherche et de l\u2019évaluation du ministère).En 2018, « il sera trop tard pour corriger les dérives », écrit-il avec Paul Lamarche (ex-sous- ministre à la Santé), Marc-André Maranda (ex- directeur du programme de santé publique au ministère) et Maria De Koninck (professeure émérite à l\u2019Université Laval) dans une lettre envoyée à Philippe Couillard mercredi.Loi du silence Après la publication de leur première lettre, qui demandait à la vérificatrice générale d\u2019évaluer les réformes Barrette, les signataires ont reçu environ 150 messages d\u2019appui, rapportent- ils.Parmi eux, de nombreuses personnes qui ne peuvent afficher publiquement leur sympathie par crainte de représailles.«On parle de chercheurs renommés qui craignent pour leurs subventions ou l\u2019accès aux données», dit Pierre Joubert.«Ce sont aussi des cadres actuels du réseau et des fonctionnaires qui ont peur des représailles, ajoute Paul Lamarche.On nous dit : vous nous donnez une voix.» « Le ministère de la Santé et des Services sociaux est devenu une immense machine au service de la pensée du ministre», croit Marc-André Maranda, qui observe que des fonctionnaires ne peuvent exprimer de critiques par rapport aux chantiers, immenses, en cours.Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, compte livrer une évaluation de ses réformes en 2018, a-t-il maintes fois affirmé.Respect de la démocratie Mais bien avant cette date, le premier ministre doit «assurer que cette réforme ne cause pas de dommages irrémédiables ».« Nous attendons du premier ministre une position ferme, claire, transparente et des gestes réinstaurant dans la gestion de notre système de santé le respect de la démocratie et celui des connaissances scientifiques», peut-on lire dans la lettre.Les experts, qui ont servi l\u2019État tant sous des gouvernements libéraux que péquistes, se défendent d\u2019agir par partisanerie, comme l\u2019a laissé entendre Gaétan Barrette lors de leur première sortie publique.«Il semble y avoir consensus sur la perception de la réforme et le style de gestion du ministre, indépendamment de la partisanerie, dit Paul Lamarche.Oui, notre geste est politique, dans le sens que nous agissons dans un esprit démocratique et scientifique, mais pas partisan.» Le Devoir RÉFORME EN SANTÉ D\u2019ex-ténors du réseau se tournent vers Couillard pour un moratoire «F rustrant » et «décourageant» : voilà comment le président et directeur général d\u2019Air Canada a décrit le rapport du commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, à l\u2019égard du transporteur aérien.Calin Rovinescu était attendu de pied ferme au Comité des langues officielles de la Chambre des communes, mercredi après-midi, où il a dû défendre son bilan en matière de bilinguisme.La semaine dernière, M.Fraser a déposé exceptionnellement un rapport portant uniquement sur le transporteur aérien, et demandait du même coup des changements législatifs pour serrer la vis à Air Canada, dont la possibilité d\u2019imposer des amendes.Combatif, M.Rovinescu a rejeté les recommandations du commissaire, rappelant que le nombre de plaintes contre Air Canada était constant (une cinquantaine par année) alors que le nombre de passagers est en hausse.«Avec nos milliers d\u2019employés bilingues, [\u2026] on ose croire qu\u2019Air Canada en fait plus que toute autre entreprise du secteur privé au Canada», a-t-il affirmé.Ainsi, 60% des agents de bord et d\u2019aéroports embauchés au cours des 15 dernières années sont capables de s\u2019exprimer dans les deux langues, a ajouté M.Rovinescu.«Nous devrions éviter de confondre les anecdotes avec les faits», a-t-il envoyé comme critique à peine voilée au commissaire, qui relatait dans son rapport quelques expériences vécues par des plaignants.M.Rovinescu a aussi évoqué des problèmes d\u2019embauche, signalant une perte de vitesse du bilinguisme hors Québec.Les députés siégeant au comité ont paru peu convaincus par les arguments.La conservatrice Sylvie Boucher a même affirmé qu\u2019aucun agent de bord parlant français ne travaillait dans l\u2019avion qu\u2019elle a pris à Montréal pour se rendre au congrès conservateur à Vancouver, le mois dernier.La Presse canadienne FRANÇAIS Air Canada juge qu\u2019elle en fait assez Lire aussi \u203a Pourquoi cette mise à mal du système public ?La lettre des cosignataires.Page A 9 « C\u2019est malheureux que cette bibliothèque ferme à son tour.Notre vieux palais de justice disparaît peu à peu.» L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 J U I N 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 6 L E S P E T I T E S A N N O N C E S Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 AHUNTSIC - GRAND 5 1/2 3 chambres fermées, très éclairé, climatisé, à 5 minutes du métro Crémazie et du centre Claude-Robillard.LIBRE 1er JUIN.1 100 $.Katia Gagnon 514-232-5190 CENTRE-SUD - 3 1/2 RÉNOVÉ 1er, près métro Beaudry, terras.arr.JUIL.640 $.514-524-5697 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour 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clientèle fermé le dimanche) Samedi : fermé Heure de tombée 15h15 I S A B E L L E P O R T E R à Québec Le drapeau de la ville de Québec était en berne mercredi pour rendre hommage à l\u2019ancien maire de Québec Gilles La- montagne décédé mardi à l\u2019âge de 97 ans.Véritable force de la nature, ce héros de la Deuxième Guerre mondiale a permis à la capitale de passer à la modernité dans les années 1960.« C\u2019est le père de la ville de Québec moderne, résume son biographe Frédéric Lemieux.C\u2019est lui qui a construit l\u2019administration municipale, instauré des concours pour les contrats, engagé des gens avec des diplômes, doté la ville d\u2019une fonction publique compétente.» Élu maire en 1965, Gilles La- montagne a dirigé la ville jusqu\u2019en 1977.Il a ensuite été ministre fédéral à Ottawa (1977- 1983) et lieutenant-gouverneur (1984-1990).Mais ses années à la ville sont celles qu\u2019il a le plus appréciées de toute sa carrière politique, écrivait-il en 2010.Cette époque fut marquée par le développement d\u2019infrastructures clés, comme l\u2019usine de filtration, qui permettra le long nettoyage de la rivière Saint-Charles, et les autoroutes vers les banlieues.Gilles Lamontagne fut aussi le premier maire des fusions, faisant passer le nombre de villes de 27 à 13 sur le territoire.Cadet d\u2019une famille de riches commerçants montréalais, Gilles Lamontagne a perdu sa mère très jeune (à six ans), ce qui l\u2019a beaucoup marqué.Pendant la guerre, il s\u2019est enrôlé dans l\u2019aviation et a été prisonnier des Allemands pendant deux ans.«Pour lui, la guerre c\u2019était l\u2019aventure.Il voulait sortir du moule familial, raconte son biographe.La captivité pendant 26 mois a transformé l\u2019adolescent dissipé qu\u2019il était en un homme courageux et organisé.» C\u2019est plus ou moins par hasard qu\u2019il s\u2019est retrouvé dans la capitale après la guerre, où il a épousé une Américaine avec qui il aura quatre enfants.Il était propriétaire d\u2019un magasin de porcelaine quand le par ti du Progrès civique l\u2019a invité à se lancer en politique au milieu des années 1960.Plus récemment, ce fier défenseur de Québec a été très touché par les festivités du 400e anniversaire de Québec en 2008 et s\u2019était réjoui du vent de fierté retrouvée qui avait balayé la ville dans la foulée des célébrations.Les causes de son décès n\u2019avaient pas été rendues publiques au moment d\u2019écrire ces lignes.C\u2019est la Ville de Québec qui a annoncé la triste nouvelle mardi en fin de soirée.Parlant «d\u2019un des grands maires de Québec», Régis Labeaume a souligné combien Gilles Lamontagne l\u2019avait inspiré.«Son départ laisse un grand vide dans l\u2019histoire de notre ville.Je suis bouleversé.J\u2019aimais particulièrement ce sage de qui je m\u2019inspirais dans mes fonctions et comme être humain.» Dès 2007, Gilles Lamontagne avait donné son appui à Régis Labeaume pendant sa première campagne électorale à la mairie.Avec son décès qui suit de près celui de Jean-Paul L\u2019Allier, en janvier, le maire en poste perd le dernier de ses prédécesseurs.Hommage de Trudeau Mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a rappelé que sa contribution dépassait de loin les frontières de la ville de Québec.«Après avoir occupé avec distinction les fonctions d\u2019officier, M.Lamontagne a continué de servir l\u2019intérêt public.Au cours de sa carrière, qui s\u2019est étalée sur plus de 30 ans.[\u2026] C\u2019est avec un dévouement et une bienveillance exemplaires qu\u2019il a réalisé tous ces mandats.» M.Lamontagne avait été ministre des Postes et de la Défense nationale au sein de l\u2019équipe Pierre Elliott Trudeau.Son père l\u2019avait connu sur les bancs d\u2019école au collège Bré- beuf, a rappelé Justin Trudeau.«Sur une note personnelle, je me souviendrai de Gilles grâce aux histoires racontées par mon père, qui parlait de leur temps passé ensemble à Montréal pendant leur adolescence, et de son profond sens moral.» Les funérailles de Gilles La- montagne auront lieu samedi à la basilique de Québec sous la présidence de l\u2019archevêque de Québec, Gérard Cyprien La- croix.Son corps sera exposé en chapelle ardente vendredi et samedi dans la salle du conseil municipal de l\u2019hôtel de ville.Le Devoir Le « père de la ville de Québec moderne » est décédé Gilles Lamontagne, ancien maire, a changé les structures de la capitale J E A N N E C O R R I V E A U B ixi Montréal a le vent dans les voiles.En plus d\u2019enregistrer un surplus en 2015, le système de vélo en libre-service observe déjà pour la saison en cours une hausse du nombre d\u2019utilisateurs et de déplacements.Néanmoins, l\u2019administration Coderre n\u2019envisage pas d\u2019expansion du service pour l\u2019instant.Après des années difficiles, Bixi Montréal se por te de mieux en mieux.L\u2019organisme sans but lucratif (OBNL) qui gère le service de vélos a dégagé un excédent de 281 996 $ pour l\u2019exercice financier de 2015, ce qui a fait grimper son surplus accumulé à 983 847 $.Ses revenus ont atteint 7,987 millions en 2015, alors que ses dépenses ont totalisé 7,705 millions.Bixi a aussi noté une hausse des déplacements de 9,4 % par rapport à l\u2019année précédente avec 3,5 millions de déplacements et une augmentation de 91 % des utilisations occasionnelles.Les résultats sont aussi encourageants pour l\u2019année en cours.Ainsi, au 31 mai 2016, Bixi a enregistré une hausse de 11 % des déplacements par rapport à 2015 et le nombre d\u2019achats membres a grimpé de 9 %.Quant aux achats occasionnels, ils ont augmenté de 61 %.Bixi a aussi connu un record de 30 232 déplacements en 24 heures le vendredi 3 juin dernier.La panne de métro sur venue sur la ligne orange mardi a d\u2019ailleurs fait bondir son achalandage à 108 déplacements à la minute entre 17 h et 18 h.Il s\u2019agit donc d\u2019une embellie pour le service de vélo en libre-service créé par l\u2019ex-maire Gérald Tremblay en 2009.Rappelons qu\u2019en janvier 2014, la Société de vélo en libre-service (SVLS) s\u2019était placée sous la protection de la Loi sur la faillite.La Ville avait par la suite fait l\u2019acquisition des actifs montréalais de Bixi et créé un OBNL pour gérer la saison 2014 avec Marie Élaine Farley à la présidence du conseil d\u2019administration.Étude de KPMG La conseillère de Projet Montréal Marianne Giguère estime que le temps est venu pour Bixi de prendre de l\u2019expansion : «Les résultats dévoilés aujourd\u2019hui sont la démonstration que Bixi est vraiment ancré dans les habitudes de déplacement des Montréalais et que ce n\u2019est plus un outil de loisir, quelque chose de charmant et de ludique.[\u2026] Ayant dégagé des surplus, il n\u2019y a plus de raison de remettre à plus tard une expansion du réseau.» Dans l\u2019immédiat toutefois, l\u2019administration Coderre n\u2019envisage pas d\u2019étendre les activités de Bixi, qui compte 5200 vélos et 460 stations réparties dans 11 arrondissements et deux villes, soit Westmount et Longueuil.La Ville a tout de même commandé une étude auprès de la firme KPMG le mois dernier afin de dresser un inventaire des entreprises canadiennes susceptibles de fournir des pièces et de l\u2019équipement si nécessaire.«Nous nous réjouissions du succès que connaît Bixi depuis sa relance.Pour le moment, les opérations se poursuivent avec l\u2019équipement actuel.Nous sommes à évaluer la situation pour l\u2019avenir et si de nouveaux projets avaient à se concrétiser, nous ferions l\u2019annonce le moment venu», a indiqué par courriel le responsable des transports au comité exécutif, Aref Salem.Le Devoir Bixi Montréal roule sur les surplus J E A N N E C O R R I V E A U Rayé de la toponymie mont- réalaise, le nom de Claude Jutra sera remplacé par celui de deux femmes, Ethel Stark et Alice Guy, pour désigner un parc et une rue de la métropole.Dans la foulée des allégations de pédophilie dont Claude Jutra avait fait l\u2019objet en février dernier, Montréal avait annoncé que le nom du cinéaste serait retiré des lieux publics.Le maire Denis Coderre a profité de la réunion hebdomadaire du comité exécutif mercredi matin pour annoncer que, dans l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal, le parc Claude-Jutra sera rebaptisé à la mémoire d\u2019Ethel Stark (1910-2012), chef d\u2019orchestre, violoniste et cofondatrice la Symphonie féminine de Montréal, un orchestre entièrement féminin qu\u2019elle a dirigé pendant 28 ans.La Ville a précisé que Mme Stark a habité l\u2019avenue du Mont-Royal Ouest de 1939 à 1950 et que le premier concert de son orchestre a été présenté le 29 juillet 1940 à l\u2019auditorium Le Plateau.Dans Rivière-des-Prairies\u2013 Pointe-aux-Trembles, le croissant Claude-Jutra deviendra le croissant Alice-Guy, du nom de la première réalisatrice et productrice de cinéma au monde.Née en 1873 et morte en 1968, Alice Guy avait tourné La fée aux choux en 1896.Ces annonces viendront augmenter le nombre de femmes dans la toponymie montréalaise, elles qui ne représentent que 6 % des 6000 noms de lieux à Montréal à l\u2019heure actuelle.En mars dernier, l\u2019administration Coderre avait d\u2019ailleurs créé la banque de noms «Toponym\u2019Elles» entièrement dédiée aux femmes.Frédéric Back Le maire Coderre a aussi confirmé mercredi que le vaste parc de 153 hectares qui sera aménagé d\u2019ici 2023 sur le site du Complexe environnemental de Saint-Michel, au-dessus de l\u2019ancien dépotoir de la carrière Miron, portera le nom du cinéaste Frédéric Back.En août dernier, lors d\u2019une annonce concernant cet espace vert, le maire Coderre avait évoqué l\u2019idée d\u2019honorer la mémoire du créateur du film d\u2019animation L\u2019homme qui plantait des arbres.Décédé en 2013 à l\u2019âge de 89 ans, Frédéric Back est déjà présent dans la toponymie québécoise puisqu\u2019un parc de Saint-Eustache porte son nom, tout comme des rues à Bois- briand et Lévis.Jacques Parizeau Dans l\u2019arrondissement d\u2019Ou- tremont, le parc de Vimy, situé à l\u2019angle des avenues de Vimy et Kelvin, changera de nom pour celui de l\u2019ex-premier ministre Jacques Parizeau.Chef du Par ti québécois pendant huit ans et premier ministre de 1994 à 1996, Jacques Parizeau est décédé en juin 2015 à l\u2019âge de 84 ans.Précisons que le changement de nom avait déjà reçu l\u2019aval du conseil d\u2019arrondissement d\u2019Outremont en octobre 2015.Vera Danyluk De son côté, la Ville de Mont- Royal a annoncé mercredi que le parc du Centre-des-loisirs changerait de nom pour devenir le parc Danyluk, en l\u2019honneur de Vera Danyluk qui fut mairesse de cette municipalité de 1987 à 1994 et de 2005 à 2010.Le Devoir Deux femmes remplacent Claude Jutra dans la toponymie montréalaise JONATHAN ALLARD LE DEVOIR 30 232 Nombre de déplacements le 3 juin dernier.Il s\u2019agit d\u2019un record pour une période de 24 heures.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Gilles Lamontagne en 1978 CONTENANTS EMBALLAGES ET IMPRIMÉS C\u2019EST TOUT CE QUI VA DANS LE BAC POUR TROUVER LE POINT DE CHUTE DE TOUT CE QUI NE VA PAS DANS LE BAC RECREER.CA Le placement publicitaire de la présente campagne s\u2019inscrit dans le cadre de la Loi sur la qualité de l\u2019environnement (chapitre Q-2) et de la réglementation relative.Les journaux assujettis sont tenus de contribuer en espaces publicitaires à leur juste part.CECI N\u2019EST PAS UN EMBALLAGE CECI N\u2019EST PAS UN IMPRIMÉ CECI N\u2019EST PAS UN CONTENANT est plutôt gênant pour un gouvernement qui prétend vouloir rompre avec l\u2019ère Harper en politique étrangère et renouer avec la tradition de bâtisseur de paix de Lester B.Pearson.Ainsi, le plus récent numéro de la revue Jane\u2019s Defense Weekly indique que le Canada a été l\u2019année dernière le deuxième exportateur d\u2019armes au Moyen-Orient, après les États- Unis et devant la Russie.C\u2019est de l\u2019ordre du jamais vu.La dernière fois que le magazine d\u2019information militaire a véri?é, le Canada occupait le sixième rang.On aura compris que ce boom des ventes militaires canadiennes est largement attribuable au contrat à hauteur de 15 milliards de dollars conclu en 2014 avec l\u2019Arabie saoudite pour la fourniture de véhicules blindés, un contrat signé par l\u2019ancien gouvernement conservateur, certes, mais que les libéraux de Justin Trudeau, arrivés au pouvoir l\u2019automne dernier, ont refusé de renier au nom de l\u2019argument paresseux de la création d\u2019emplois.Paresseux parce qu\u2019il existe sûrement de meilleures façons de rendre le marché de l\u2019emploi canadien utile au développement de l\u2019humanité que de le mettre à la disposition de l\u2019un des régimes les plus abominables au monde en matière de respect des droits de la personne.À l\u2019échelle de la planète, les ventes d\u2019armes ont atteint ces cinq dernières années des sommets inégalés depuis la ?n de la guerre froide, indiquait en mars le réputé Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) dans son rapport annuel.Et si tel est le cas, c\u2019est en grande partie grâce aux achats effectués par les dictatures du Moyen-Orient \u2014 et plus spéci?quement par Riyad, aujourd\u2019hui considéré comme le plus important acheteur individuel d\u2019armes au monde.Que, donc, le Canada se trouve par ses ventes d\u2019équipement militaire à contribuer à aggraver la violence et l\u2019instabilité dans lesquelles s\u2019enfonce le Moyen-Orient n\u2019est pas précisément « pearsonien ».Plutôt immoral, en fait.Il y a d\u2019autant plus lieu d\u2019être agacé par le comportement d\u2019Ottawa qu\u2019il y a quelques jours encore, relevait The Globe and Mail, ses représentants diplomatiques prenaient justement la parole devant le Conseil de sécurité pour insister sur l\u2019importance de protéger les civils dans les zones de guerre\u2026 De ceci à cela, la candidate démocrate à la présidence, Hil- lar y Clinton, a fait preuve d\u2019une semblable inconséquence dans la foulée de la tuerie d\u2019Orlando en réclamant de l\u2019Arabie saoudite et du Koweït, entre autres, qu\u2019ils cessent de soutenir \u2014 ou de laisser fleurir \u2014 des « organisations extrémistes ».C\u2019est faire commodément l\u2019impasse sur les contrats militaires qui lient depuis des décennies les États-Unis, premier vendeur mondial d\u2019armes, à ces régimes intolérants.Est-il naïf de penser qu\u2019il deviendra de plus en plus difficile de fermer les yeux sur toutes ces compromissions ?Ça fait tout drôle de lire un texte où l\u2019on accuse quelqu\u2019un de « racisme» parce qu\u2019il propose qu\u2019on interdise les\u2026 pitbulls.Vrai, le pitbull est une race, quoiqu\u2019il serait plus juste de parler de bâtard, mais l\u2019appel à une réglementation sévère pour en interdire la possession ou la contrôler étroitement relève plutôt du gros bon sens.u ?l des ans, des dizaines d\u2019attaques sauvages, mais dispersées sur le territoire, ont conduit des municipalités à interdire la présence de pitbulls.Malheureusement, il n\u2019existe encore aucune réglementation à l\u2019échelle du Québec, comme c\u2019est le cas en Ontario.Certaines municipalités comme Sherbrooke qui interdisaient les pitbulls ont même fait marche arrière à la suite de pressions de la SPA et des associations de vétérinaires.Dans ce dernier cas, on a plutôt étendu la réglementation à tous les chiens dangereux, ce qui paraît sensé au premier abord.Sauf qu\u2019il faut désormais un incident malheureux pour qu\u2019on procède à l\u2019analyse comportementale du chien, avec pour conséquence la recrudescence des attaques.Ce fut le cas, il y a quelques mois, alors qu\u2019un pitbull con?é à la garde d\u2019un coloc s\u2019est jeté, gueule ouverte, au mollet d\u2019une marcheuse (de notre connaissance) dans cette municipalité dont l\u2019actuel maire refuse de revoir sa réglementation.La marcheuse fut transportée à l\u2019urgence, et le molosse privé de dessert\u2026 Selon l\u2019Ordre des vétérinaires, on ne règle rien en interdisant les pitbulls qui, dans les faits, ne seraient pas plus susceptibles de mordre que les autres chiens.Pour preuve, ce sont les chihuahuas qui mordent le plus souvent en clinique, avance-t-on.Peut-être que les chihuahuas n\u2019aiment pas les vétos, mais dans la rue, dans les parcs et même à la maison, ce sont les pit- bulls et autres chiens de combat qui attaquent, dé?gurent et tuent, comme ce fut le cas de cette pauvre Christiane Vadnais, dévorée par le pitbull d\u2019un voisin la semaine dernière, à Rivière- des-Prairies.Au lieu d\u2019interdire, il faudrait plutôt obliger les propriétaires de chiens dangereux à faire stériliser leur bête, à leur implanter une puce pour les retracer en cas de fugue et à les tenir en laisse, disent les vétérinaires.Or, aucune de ces mesures ne permet de prévenir les attaques à coup sûr.D\u2019autres vont donc plus loin en proposant le port obligatoire du harnais, du licou ou de la muselière, et une formation obligatoire pour les maîtres impossible à faire respecter.À Brossard, on a intelligemment choisi d\u2019interdire carrément les pitbulls et d\u2019imposer des contraintes sévères à ceux qui possèdent déjà l\u2019une de ces bêtes, dont une preuve d\u2019assurance responsabilité de 250 000 $.C\u2019est la voie à suivre.Le problème, c\u2019est qu\u2019aucune compagnie d\u2019assurances ne veut s\u2019engager à couvrir un tel risque.Un risque réel et constant, contrairement à la perception que certains maîtres ont de leur gentil pitou.Dire de son pitbull qu\u2019on « lui fait con?ance » tient de l\u2019anthropomorphisme.Posséder un chien est d\u2019abord affaire de responsabilités, et non de droit fondamental, et chaque propriétaire doit connaître et assumer les conséquences d\u2019un éventuel drame, y compris criminelles.Devant le tollé, Québec a récemment créé un groupe de travail avec les municipalités.Des dizaines d\u2019êtres humains voient leur vie perturbée de façon souvent irrémédiable à cause de l\u2019irresponsabilité de propriétaires de chiens dangereux.Il y a urgence de réduire ce risque, faute de l\u2019éliminer tout à fait.L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 J U I N 2 0 1 6 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Le séparatisme anglais Titre à savourer pour qui a vécu les deux référendums sur la souveraineté du Québec.Oh ! Qu\u2019on nous l\u2019a serinée, cette rengaine : la souveraineté va à contre-courant de l\u2019histoire, l\u2019ère de l\u2019État-nation est révolue.Et voilà que les Anglais, oui, les Anglais d\u2019Angleterre, les premiers sujets de notre reine, pourraient bien décider d\u2019aller à contre-courant de l\u2019histoire ! (À moins qu\u2019on ne se soit trompé sur le sens du courant de l\u2019histoire !) Et il est tout aussi suave d\u2019entendre, comme jadis au Québec, les banquiers et les gens d\u2019af faires aver tir le peuple de graves conséquences économique d\u2019un Brexit.Je n\u2019ai pas les compétences pour conseiller les Anglais sur le choix à faire, mais en attendant, qu\u2019est-ce que je me bidonne ! Sylvain Meunier Écrivain Longueuil, le 15 juin 2016 L I B R E O P I N I O N P I E R R E D R O L E T Neuville Nécessaire de travailler?Hannah Arendt s\u2019exprimait ainsi sur la nécessité de la nécessité dans Condition de l\u2019homme moderne\u2026 publié en 1958: la nécessité et la vie sont si intimement liées que la vie elle- même est en danger lorsqu\u2019on se débarrasse complètement de la nécessité.La loi 70 du gouvernement québécois veut inciter davantage au travail les gens en état de travailler qui pensent à demander l\u2019aide sociale : notamment les moins de 30 ans.Il deviendrait alors nécessaire de travailler pour avoir droit à l\u2019aide sociale.En 1697, le philosophe politique anglais John Locke publie un document sur l\u2019em- ployabilité des pauvres.Le philosophe remarque que le nombre de pauvres augmente, même s\u2019il y a croissance économique.L\u2019Angleterre est alors en pleine révolution industrielle.Que se passe-t-il ?Il af firme qu\u2019il n\u2019y a pas pénurie d\u2019of fres d\u2019emploi, mais une corruption des mœurs de la population laborieuse entraînée par un relâchement de la discipline du travail.Il faut remettre les pauvres au travail, les rendre utiles et ainsi alléger les contribuables.C\u2019est John Locke qui parle ainsi.Il distingue, parmi les pauvres, ceux qui sont aptes au travail, partiellement aptes, et les inaptes.Les aptes au travail doivent être contraints d\u2019accepter tout travail, même s\u2019il est payé au-dessous des normes actuelles.C\u2019est toujours John Locke qui parle ainsi, et non notre ministre du Travail.Dans les faits, certains ouvriers, après avoir amassé un montant d\u2019argent, quittent régulièrement leur emploi aux conditions de travail épouvantables, vivent sans emploi un certain temps, et recommencent à travailler lorsqu\u2019ils sont sans le sou.L\u2019industrie condamne ce roulement de main-d\u2019œuvre qui est totalement improductif.Malgré un niveau de vie à la hausse au XIXe siècle, il y aura une période de 20 ans sans hausse de ce niveau de vie : les salaires furent abaissés volontairement par l\u2019industrie de sorte que l\u2019ouvrier soit contraint de rester à l\u2019usine pour arriver à joindre quotidiennement les deux bouts.C\u2019était le travail comme valeur.Comme quoi le monde du travail était alors très dur, une loi fut votée en 1802 interdisant de faire travailler plus de 12 heures par jour les enfants de moins de 9 ans.Cinq ou sept jours par semaine?D\u2019après vous?Il y a sûrement moyen de mettre en place la nécessaire loi 70 d\u2019une façon respectueuse et progressive, et amener ainsi les gens concernés à cette nécessité de la vie, qui est de travailler.Nécessaire de travailler ?FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Itinérance : une part insuffisante pour Montréal Le 2 juin, le ministre Jean-Yves Duclos, suivi le 6 juin par la ministre Lucie Charle- bois, ont annoncé de bonnes nouvelles concernant le retour à une approche globale pour les fonds nouveaux de la Stratégie de partenariats de lutte contre l\u2019itinérance.Le budget fédéral avait annoncé des fonds accrus de 50% pour 2016-2017 et 2017-2018.Surprise importante, cette augmentation de 50 % ne sera que pour les villes de taille moyenne, les régions métropolitaines de recensement (RMR) de Québec et Montréal n\u2019auront que 25% de plus.Aux 8 millions du budget de la SPLI déjà annoncés par année jusqu\u2019en 2019, c\u2019est 4 millions par an de plus que le budget que le milieu escomptait à Montréal.Avec un hiver marqué par une fréquentation record des refuges, plus de 80 000 nuitées ayant dû être offertes, ces investissements nouveaux étaient fort attendus.En ayant seulement 25 % de hausse de la SPLI, Montréal aura donc 4 millions de moins pour ces deux années.Investir dans les moyennes villes est important, mais pas au détriment de Montréal, où les besoins sont majeurs et croissants.Bonne nouvelle, des sommes résiduelles qui seront à af fecter en 2016-2017 atteignent 3 millions.De même, comme la ministre Charlebois l\u2019avait précisé, tous les volets d\u2019activités de la SPLI seront admissibles à un soutien, en réduction et prévention de l\u2019itinérance, y compris les immobilisations.Les fonds nouveaux annoncés par Ottawa, bien que pour deux ans seulement, demeurent une bonne nouvelle, mais leur affectation moindre à Montréal l\u2019est moins.D\u2019autant plus que cela s\u2019ajoute à une part à la baisse des budgets annoncés par Québec pour les nouveaux logements sociaux et les suppléments au loyer privé, Montréal recevant seulement 35% des unités.Montréal ville métropole\u2026 avec quels moyens?Pierre Gaudreau Coordonnateur au Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal Montréal, le 14 juin 2016 La langue des colonisés Dans Le Devoir du vendredi 10 juin («Une langue à moi-même»), Christian Rioux démontre clairement de quelle manière se fait la dérive de la langue française noyée dans l\u2019océan anglophone canadien ou américain.Il précise: «Les exemples de la Belgique et de la Suisse montrent bien qu\u2019une langue ne survit et ne se développe dans un contexte minoritaire qu\u2019en pratiquant une stricte séparation linguistique.» L\u2019enseignant, dont on s\u2019attendrait à ce qu\u2019il aide à propager la langue de notre «nation distincte», n\u2019hésite pas à faire lire aux élèves du secondaire des romans traduits de l\u2019anglais, en lieu et place d\u2019ouvrages de valeur écrits en français.J\u2019ajoute que les médias, en général, ne se soucient guère de parler ou d\u2019écrire dans une langue soignée comme tel devrait être leur rôle.Bien entendu, on ne reviendra jamais aux temps lointains où ceux qui tiennent un micro ou une plume au profit de la population se faisaient un devoir de maîtriser leur principal outil de travail, mais si l\u2019école elle-même dérive, les Québécois glisseront fatalement du statut de colonisés à celui d\u2019assimilés.C\u2019est grandement dommage que le gouvernement Couillard sabote allègrement le monde de l\u2019éducation, qu\u2019il mène un peu comme s\u2019il était l\u2019exploitant d\u2019une quincaillerie.Bref, même si notre premier ministre se dit satisfait de la session qui se termine, j\u2019affirme que la langue française est en grand danger, «aujourd\u2019hui plus qu\u2019hier et bien moins que demain».Geneviève Laplante Le 10 juin 2016 Je suis Dieu Depuis le massacre de Charlie Hebdo, le nombre d\u2019actes terroristes d\u2019une lâcheté et d\u2019une froideur sans nom n\u2019a cessé de croître, laissant dans notre paysage mental planétaire des traînées de sang infinies.Alors on a été Paris et Charlie, on a été Bataclan, et j\u2019en passe.Aujourd\u2019hui, on peut dire « Je suis Orlando ».On doit dire « Je suis gai ».Quand pourra-t-on dire « Je suis Dieu » ?Le jour où il aura mis fin à toute cette barbarie à visage humain d\u2019une violence extrême, barbarie qui nous tue toutes et tous un peu plus chaque jour\u2026 que le Bon Dieu amène.Alain Petel Le 15 juin 2016 C PITBULLS Raciste, eh oui ! PROCHE-ORIENT Justin en armurier A JEAN-ROBERT SANSFAÇON GUY TAILLEFER \u2019 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 J U I N 2 0 1 6 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.P A U L L A M A R C H E Professeur honoraire en administration de la santé à l\u2019Université de Montréal et ex-sous-ministre associé au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) M A R C - A N D R É M A R A N D A Ex-directeur du programme de santé publique au MSSS P I E R R E J O U B E R T Ex-directeur de la recherche et de l\u2019évaluation au MSSS et ex-directeur de la recherche, de la formation et du développement à l\u2019INSPQ M A R I A D E K O N I N C K Professeure émérite au Département de médecine sociale et préventive de la Faculté de médecine de l\u2019Université Laval Lettre adressée au premier ministre Philippe Couillard epuis l\u2019adoption du projet de loi 10, il ne se passe pas une journée sans que des voix de tous horizons et de toutes tendances se fassent entendre, remettant en question le bien- fondé de cette réforme et décrivant les tensions qu\u2019elle suscite : citoyennes, citoyens, organismes de défense des droits, comités d\u2019usagers, organismes communautaires, syndicats d\u2019employés, représentants du personnel-cadre et des gestionnaires, élus locaux, experts, universitaires, et médecins de plus en plus nombreux.L\u2019opposition, devant les bouleversements sans précédent en cours dans le réseau de la santé et des services sociaux, est importante.Par ailleurs, vous n\u2019êtes pas sans savoir que si on entend moins certaines catégories d\u2019acteurs de ce réseau, c\u2019est qu\u2019ils sont dans l\u2019incapacité d\u2019exprimer des points de vue un tant soit peu critiques, craignant de perdre leur statut ou même leur emploi.Trois principaux éléments de la réforme nous incitent à demander une intervention de votre part.Ses fondements sociopolitiques: la réforme du ministre de la Santé et des Services sociaux ne faisait pas partie de la plateforme électorale de votre formation politique.À plusieurs égards, elle ignore les trois premiers articles de la Loi sur les services de santé et les services sociaux promouvant les principes qui ont toujours orienté les actions du réseau, dont l\u2019équité, la participation, la régionalisation et la responsabilité sociale.Les changements induits impliquent au minimum deux conditions présentement totalement absentes : une vision partagée par les principaux inter venants ; un r ythme d\u2019implantation qui respecte les capacités des personnes et des institutions.Ses fondements scientifiques: dès les premiers instants, les experts ont exprimé leur consternation devant l\u2019absence de fondements scientifiques permettant de justifier les changements décrétés et les façons de les réaliser.L\u2019énormité des structures mises en place, l\u2019uniformité du modèle de fourniture de services, la rigidité des modes de gestion et de gouvernance sont sans commune mesure avec ce qui existe et est reconnu ici comme ailleurs.Le niveau de prise de décisions: la centralisation à outrance, l\u2019ingérence dans les décisions d\u2019instances réputées autonomes et la concentration du pouvoir entre les mains d\u2019une seule personne font en sor te d\u2019imposer par tout une seule vision, une seule formule, une seule méthode.Or, on reconnaît depuis longtemps que le Québec est fait de régions aux populations dotées de caractéristiques particulières et que les communautés locales ont la capacité et le droit de développer les solutions à la mesure de leurs aspirations et de leur connaissance du milieu dans lequel elles évoluent.La réforme actuelle fait fi de ces caractéristiques même si tout le monde reconnaît la nécessité d\u2019un tronc commun de services.Désorientation Monsieur le Premier Ministre, pourquoi cette mise à mal du système public ?Quel type d\u2019organisation peut gagner des orientations privilégiées actuellement ?Combien de voix devront s\u2019élever contre le fait que l\u2019accès aux services soit dicté par la capacité financière des individus plutôt que par celle de la collectivité ?N\u2019est-ce pas là que mènent les coupes répétées de services et les compressions de ressources dans des secteurs pour tant névralgiques comme la prévention, les services sociaux, les ser vices aux personnes handicapées, aux personnes et communautés plus vulnérables, les CHSLD, les CLSC et les organismes communautaires ?Vous connaissez bien celles et ceux qui œu- vrent dans notre système et qui n\u2019ont jamais jusqu\u2019ici baissé les bras, convaincus que les ef- for ts collectifs auxquels ils étaient associés prendraient le dessus sur les lacunes du système.Vous devez prendre en compte la situation de ces milliers de travailleuses et de travailleurs qui ne sont plus en mesure de réagir tellement ils sont désorientés, sans voix pour s\u2019exprimer, dont le quotidien est bousculé et dont l\u2019expertise est ignorée au profit de processus rigides et de méthodes issues directement d\u2019un paradigme comptable.Sans compter ces milliers de personnes vulnérables, en besoin de services, qui n\u2019ont plus la même écoute, les mêmes recours, les mêmes possibilités de se faire entendre pour obtenir le minimum auquel elles ont pourtant droit.Manque de transparence Vous seul pouvez assurer que soient vraiment connus l\u2019évolution des soins et services et le fonctionnement du système de santé à partir d\u2019indicateurs simples, compréhensibles et disponibles rapidement.Vous ne pouvez pas attendre l\u2019évaluation des résultats promise pour 2018.Nulle réforme de cette envergure ne peut en effet réussir sans un monitorage systématique et une évaluation continue et transparente des facteurs influant sur les résultats et les effets.Reposer sur l\u2019exclusivité d\u2019une évaluation en fin de parcours est une option largement dépassée, comme le confirme la science de l\u2019évaluation por tant sur des projets innovants et complexes, domaine, d\u2019ailleurs, dans lequel le Québec possède une solide expertise.En 2018, il sera trop tard pour corriger les dérives que de plus en plus d\u2019acteurs pouvant s\u2019exprimer mettent en évidence au fur et à mesure qu\u2019on avance dans cette entreprise.En campagne électorale, vous nous avez vendu l\u2019idée que votre gouvernement agirait de manière différente de ses prédécesseurs, soit avec transparence et de façon démocratique.Or c\u2019est tout le contraire qui est observé actuellement dans le secteur de la santé.Monsieur le Premier Ministre, vous devez vous assurer que cette réforme ne cause pas de dommages irrémédiables et rassurer la population à cet effet.Vous devez imposer un moratoire à sa mise en œuvre et confier soit à la vérificatrice générale du Québec ou à une instance indépendante, composée d\u2019experts et de citoyens, le mandat de porter un regard critique externe sur ce qui passe sur le terrain dans les divers services de santé et sociaux.Il faut, dès aujourd\u2019hui, suivre de près les conséquences observables sur l\u2019ensemble du territoire québécois des choix qui ont été faits, notamment sur les diminutions de services observées auprès des populations vulnérables et sur la charge de travail imposée au personnel.Nous attendons du premier ministre une position ferme, claire, transparente et des gestes réinstaurant dans la gestion de notre système de santé le respect de la démocratie et celui des connaissances scientifiques.La liste complète des personnes qui appuient cette initiative est publiée sur l\u2019application tablette et le site Web du Devoir.Réforme de la santé : un moratoire s\u2019impose D\u2019ex-ténors du réseau public demandent à Philippe Couillard de rééxaminer la réforme Barrette MICHAËL MONNIER LE DEVOIR «Nulle réforme de cette envergure ne peut réussir sans un monitorage systématique et une évaluation continue et transparente des facteurs influant sur les résultats et les ef fets », écrivent les signataires de ce texte.D M A U D E M A R Q U I S - B I S S O N N E T T E Étudiante au doctorat à la School of Public Policy and Administration (SPPA) de l\u2019Université Carleton e Devoir publiait le 6 juin dernier un texte sur l\u2019évolution des formes de garde et concluait, se basant sur une étude récente produite par Émilie Biland et Gabrielle Schütz, que la garde partagée entre les deux parents est de plus en plus courante parmi les ménages séparés.Or, si le modèle de garde par tagée semble être de plus en plus commun, il ne faudrait pas non plus croire que la formule convient à tous.L\u2019augmentation de la fréquence de la garde par tagée comme mode de par tage des res- ponsab i l ités parentales s\u2019avère de pr ime abord une bonne nouvelle.Elle indique que les pères cherchent plus qu\u2019autrefois à s\u2019impliquer auprès de leurs enfants, comprenant le rôle déterminant qu\u2019ils jouent auprès d\u2019eux.Pour les femmes, le modèle de garde partagée indique aussi qu\u2019elles occupent davantage le marché de l\u2019emploi.En somme, le modèle de garde partagée semble correspondre à l\u2019intérêt de nombreuses familles, en plus d\u2019être un indicateur d\u2019une plus grande parité entre les hommes et les femmes.Les tribunaux québécois cherchent à faire primer l\u2019intérêt supérieur de l\u2019enfant dans leurs décisions.Or, il convient de noter que très peu de recherches ont été conduites sur l\u2019ef fet d\u2019une garde partagée sur les enfants.Formellement, on ignore donc dans quelles situations (âge de l\u2019enfant, relation entre les deux parents, etc.) la garde partagée convient réellement à cour t et long termes.Il n\u2019y a donc pas non plus de conditions très claires à suivre pour recommander qu\u2019une garde partagée soit établie entre les deux parents.Violence conjugale Fait marquant, la violence conjugale n\u2019est pas prise en compte dans le jugement qui est rendu sur la garde de l\u2019enfant.Les tribunaux considèrent que la violence cesse une fois que les parents sont séparés.Or, ce n\u2019est pas le cas, vous répondront les ma isons de femmes qui accueillent celles qui sont encore les principales victimes de toutes les formes de violence conjugale.La littérature tend à démontrer que les enfants ont besoin de leurs deux parents pour se développer sainement.Néanmoins, les données probantes montrent encore plus clairement que les enfants ont besoin d\u2019entretenir un lien af fectif fort avec un adulte aimant, souvent encore d\u2019abord la mère, par ticulièrement à un jeune âge.De plus, la santé psychologique de la mère est un facteur déterminant dans le bien-être des enfants.L\u2019intérêt supérieur des petits pourrait donc être directement lié à celui de la mère.Protéger celle-ci d\u2019un ex-conjoint violent, notamment en réduisant le nombre de contacts entre les deux, pourrait bien correspondre à l\u2019intérêt supérieur de l\u2019enfant.Les cas de violence conjugale concerneraient entre 10 et 15 % des couples en instance de séparation, selon une revue de littérature ef fectuée par Nielsen (2011) dont la recherche de Biland et Schütz fait mention.Ces couples très conflictuels risquent de se retrouver devant les tribunaux.Devant la quasi totale absence de mécanismes pour reconnaître ces cas de violence conjugale et la volonté délibérée d\u2019ignorer ces situations, les tribunaux risquent de rendre ces femmes vulnérables, et donc leurs enfants.L\u2019absence de vigilance revient à perpétrer ces cycles de violence qui, on l\u2019imagine, ne bénéficient d\u2019aucune manière aux enfants coincés dans ces situations.Ce mois-ci marque le premier anniversaire du dépôt du rapport rédigé par le professeur Alain Roy sur la réforme du droit de la famille.Le rapport souligne que plusieurs aspects du Code civil n\u2019ont pas été revus depuis 1980, et ce, alors que le portrait des familles québécoises a largement changé.La question de la garde partagée n\u2019est pas formellement abordée dans le rapport.Toutefois, elle semble être la nouvelle mode en matière de droit de la famille.Il conviendrait sans doute de réfléchir également sur les conditions dans lesquelles on souhaite que les enfants divisent leur temps entre deux maisons, notamment en regard des cas de violence conjugale.Au cours des deux dernières décennies, des pères se sont battus, et avec raison, pour voir et éduquer leurs enfants après une séparation.Maintenant, le balancier est peut-être en train de se rendre à l\u2019autre extrême.En l\u2019absence d\u2019une réflexion commune et documentée, la garde par tagée a rendu vulnérables des enfants \u2014 et leurs mères.LA RÉPLIQUE \u203a GARDE PAR TAGÉE Des enfants rendus vulnérables ?LE DÉCLENCHEUR « La souplesse du congé parental et l\u2019existence du congé de paternité ont transformé les modèles de garde des enfants lors d\u2019une séparation conjugale.Le père québécois, qui s\u2019implique davantage auprès de ses enfants, continue à le faire en cas de séparation.» \u2014 Maude Goyer, « La garde partagée sous toutes ses formes est en train de devenir la norme », Le Devoir, 6 juin.L L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 J U I N 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Ce soir-là, Bastian Obermayer ne se doutait pas qu\u2019il tirait déjà les ficelles d\u2019une des plus grandes fuites de l\u2019histoire du journalisme.Il allait bientôt hériter de 11,5 millions de documents confidentiels du cabinet d\u2019avocats panaméen Mossack Fonseca spécialisé dans les paradis fiscaux et contenant des informations sur plus de 214 000 sociétés offshore.Ceux que l\u2019on surnomme dans leur rédaction «les frères Obermay/ier» publient ces jours-ci en français l\u2019histoire de cette fuite historique.Une histoire certes captivante, mais finalement assez peu rocambolesque puisque comme dans presque toutes les séries policières de notre époque, tout se passe devant un ordinateur.En appuyant sur un bouton De Munich, Bastian Obermayer se souvient de cette fin de soirée terne où il a ouvert son ordinateur.Très vite, il a compris que la fuite en valait la peine, il identifie le cabinet Mossack Fonseca déjà impliqué dans de nombreuses affaires, mais au secret imparable.Jamais il n\u2019aurait pu se douter de l\u2019ampleur des documents qu\u2019on allait lui révéler.«Les Panama Papers sont très dif férents des documents qui ont fuité auparavant.Les Lux Leaks concernaient des multinationales qui tentaient de contourner l\u2019impôt.Les Swiss Leaks ne concernaient que la Suisse.Les Offshore Leaks n\u2019avaient pas la même ampleur.Pour la première fois, nous avons eu une vue d\u2019ensemble des paradis fiscaux.Ce fut la découverte d\u2019un monde où des gens riches et puissants peuvent décider comme ils veulent de l\u2019impôt qu\u2019ils vont payer.Mais c\u2019est aussi une façon de financer le terrorisme et la criminalité.Toutes choses qui exigent de dissimuler des opérations financières.» À une autre époque, il aurait fallu des dizaines de camions et un vaste entrepôt pour abriter ces documents, dit Bastian Obermayer.«Ces fuites de masse sont devenues possibles, d\u2019abord, avec l\u2019invention de la photocopieuse qui représentait un premier pas.Puis, avec la numérisation qui a permis aux \u201cdonneurs d\u2019alerte\u201d de copier des millions de gigabits en quelques minutes et de les envoyer en appuyant sur un bouton.» L\u2019ombre de Soros?Bastian et Frederik vont vite comprendre qu\u2019ils ne viendront jamais à bout seuls de cet énorme gisement.Car il s\u2019agit bien d\u2019un gisement et de rien d\u2019autre.Normalement, un informateur qui veut révéler des informations contacte un journaliste de manière plus ou moins discrète et lui raconte l\u2019histoire.Or, ces millions de documents, personne ne les a jamais lus et ne les liras jamais en entier.Il faudrait pour cela plusieurs vies.Même à plus de 400 journalistes répartis dans 80 pays pendant plusieurs mois, on n\u2019a pu en lire qu\u2019une infime fraction.Voilà pourquoi Bastian Obermayer compare son travail à des forages comme ceux que font les explorateurs miniers : « Il s\u2019agit de forer sans savoir ce qu\u2019on va trouver.» Les « frères Obermayer/ier » se sont donc associé à l\u2019International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ), un organisme américain qui met en relation plus de 180 journalistes d\u2019une cinquantaine de pays, ce qui permet de lancer des enquêtes internationales.C\u2019est là que la polémique a commencé, car l\u2019ICIJ et son organisation sœur, le Center for Public Integrity (CPI), sont notamment financés par le multimillionnaire George Soros, très impliqué en Europe de l\u2019Est.Une information que le fondateur de WikiLeaks (et concurrent de l\u2019ICIJ), Julian Assange, n\u2019a pas manqué de révéler tout en laissant entendre que l\u2019ICIJ avait organisé une fuite contre le président russe, Vladimir Poutine, au profit des États-Unis.« C\u2019est un non-sens, réplique Bastian Ober- mayer.Cette fuite n\u2019a pas pu être organisée.Personne ne pouvait savoir quels noms se cachaient dans une telle masse de documents.S\u2019il s\u2019était agi de viser Poutine, il aurait suf fi de nous remettre les documents le concernant.Même 50 gigabits auraient suffi, pas 2600 ! Ces documents, même notre informateur ne savait pas ce qu\u2019ils contenaient.» Alors, quelles pouvaient donc être les motivations de ce fameux Joe Blo?« Je crois qu\u2019il a fait cela pour dénoncer les paradis fiscaux.À l\u2019époque, Mossack Fonseca était déjà connu dans la presse.On savait que ce cabinet travaillait avec des dictateurs.Je suis convaincu que la seule motivation de notre informateur était de révéler des activités illicites.Il s\u2019est tout simplement senti l\u2019obligation morale d\u2019agir.» Des crapules et des\u2026 innocents À travers des communications cryptées, Bas- tian Obermayer a passé des heures à échanger sur tout et sur rien avec son informateur.Entre deux téléchargements, les deux hommes ont même parlé de films, de culture, de température et des catastrophes naturelles survenues durant cette période.D\u2019ailleurs, Obermayer semble se douter de sa nationalité, mais il n\u2019en dira rien.« C\u2019est un individu très conscient que certaines choses ne marchent pas dans le monde et que nos élites n\u2019agissent pas comme elles devraient.Je crois que c\u2019est sa motivation profonde.» Il n\u2019en demeure pas moins que de nombreuses personnes dont le nom a été révélé dans les médias ont reconnu avoir créé une société offshore, mais sans pour autant avoir jamais pratiqué l\u2019évasion fiscale.Une preuve qui ne sera souvent jamais faite.Fallait-il donc révéler leur nom?Ober- mayer réplique que le choix des noms à divulguer a été fait dans chaque pays.«En Allemagne, nous n\u2019avons nommé personne dont nous n\u2019avions pas la conviction qu\u2019il avait agi illégalement.Peut- être que je n\u2019aurais pas fait les mêmes choix ailleurs, mais chaque équipe a fait les siens en fonction de ses propres critères.» Certains experts annoncent déjà la fin prochaine des paradis fiscaux.En Suisse, ils sont déjà pratiquement chose du passé.L\u2019Union européenne semble enfin déterminée à agir.Barack Obama a dit souhaiter une loi.Même le Panama dit vouloir participer à l\u2019échange automatique de données.Faut-il en conclure que les Panama Papers ont annoncé le début de la fin de cette pratique ?«Je suis un journaliste, dit Obermayer.Pas un militant pour la fin des paradis fiscaux.Mais, la pression publique n\u2019a jamais été aussi forte, car les gens n\u2019ont jamais été aussi au courant.Nous avons certainement semé la panique chez ceux qui dissimulaient leur argent.Aujourd\u2019hui, ils sont inquiets de la sécurité de leurs fonds.Mais, je ne fais jamais confiance aux politiciens.Si dans un an, je découvre que le nombre de paradis fiscaux n\u2019a pas diminué, eh bien je l\u2019écrirai.» Le Devoir LE SECRET LE MIEUX GARDÉ DU MONDE Bastian Obermayer et Frederik Obermaier Édition du Seuil Paris, 2016, 432 pages SUITE DE LA PAGE 1 PANAMA Au temps des Giga Leaks Quantité de données secrètes qui ont fuité lors de récents scandales Panama Papers (2016) 2600,0 Gb Swiss Leaks (2015) 3,3 Gb Lux Leaks (2014) 4,0 Gb Offshore Leaks (2013) 260,0 Gb WikiLeaks (2010) 1,7 Gb Les autochtones n\u2019écartent pas la possibilité de recourir aux tribunaux si Ottawa autorise malgré tout la construction du pipeline.«Pour le moment, je ne veux même pas penser à des actes de violence.Je veux rester paisible dans la situation, a dit Serge Simon.Je n\u2019aurai pas vraiment besoin de lever un poing.Ce sera plutôt un avocat que je vais lever.[Un avocat], c\u2019est plus dangereux qu\u2019une balle.» Le leader autochtone a cité le « précédent » établi plus tôt cette année par la Cour suprême de Colombie-Britannique dans le cadre d\u2019un autre important projet de pipeline, celui de Northern Gateway, de la pétrolière Enbridge.La Cour a statué en janvier que la province avait manqué à ses responsabilités en cédant l\u2019évaluation du projet de pipeline à l\u2019Office national de l\u2019énergie, et que la province avait aussi manqué à son obligation de consulter les Premières Nations.Résultat : cet important projet, lui aussi destiné à l\u2019exportation de brut alber- tain, est toujours bloqué.« Ça nous donne un tracé qu\u2019on va pouvoir suivre », a fait valoir M.Simon, saluant les gains obtenus par les communautés autochtones de la côte ouest.Droit et climat Pour l\u2019avocat Jean Baril, la prise de position très ferme de l\u2019APNQL risque effectivement de peser lourd dans la balance.«C\u2019est une prise de position très importante, c\u2019est une nouvelle épine dans le pied de ce projet, en raison des droits fondamentaux qui sont reconnus dans la Constitution canadienne.Il y a un poids politique et juridique énorme qui vient s\u2019ajouter dans le débat», a expliqué le professeur au Département de sciences juridiques de l\u2019UQAM.Me Baril a aussi rappelé que la Cour suprême du Canada a déjà reconnu que les Premières Nations ont le droit à des « consultations particulières », notamment dans le cas de revendications territoriales.Cet argument pourrait être mis de l\u2019avant, d\u2019autant plus que le tracé du pipeline doit traverser plusieurs territoires revendiqués par des nations autochtones.Qui plus est, la question des changements climatiques pourrait très bien se poser dans le cas d\u2019Énergie Est.« Les autochtones, notamment ceux qui vivent dans le Nord et qui subissent déjà les impacts des changements climatiques, ont une poignée juridique importante, selon Jean Baril.Dans leur cas, les bouleversements du climat ont déjà des impacts sur leur mode de vie traditionnel, et ces impacts peuvent être démontrés.» Il faut dire que le pipeline de TransCanada est conçu pour faciliter l\u2019expansion de l\u2019industrie des énergies fossiles.Il doit transporter chaque année plus de 400 millions de barils pétrole des sables bitumineux et de pétrole de schiste en provenance du Dakota du Nord.L\u2019exploitation de ce pétrole pourrait générer plus de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre annuellement, soit l\u2019équivalent de sept millions de véhicules.Dans ce contexte, Me Baril estime au final que le gouvernement canadien « ouvrirait la porte » à des poursuites judiciaires s\u2019il décidait d\u2019autoriser la construction du plus imposant pipeline en Amérique du Nord, pipeline qui doit traverser le territoire du Québec sur une distance de 650 kilomètres.Un défi, reconnaît TransCanada Réagissant à la sortie publique de l\u2019APNQL, TransCanada s\u2019est voulue rassurante.« Nous comprenons le défi qui se présente à nous et sommes déterminés à échanger de façon ouverte, transparente et respectueuse avec les Premières Nations », a fait valoir leur porte-parole, Jonathan Abecassis, dans une réponse transmise par courriel.«Énergie Est continuera de fournir de l\u2019information complète et à jour sur le projet, afin de permettre aux Premières Nations d\u2019évaluer ses effets potentiels et d\u2019identifier leurs préoccupations de manière à déterminer des façons d\u2019atténuer, de résoudre ou de compenser ces effets», a-t-il ajouté.Si elle obtient le feu vert du gouvernement canadien, la pétrolière espère commencer la construction de son pipeline d\u2019ici environ deux ans, afin qu\u2019il soit en exploitation en 2020 ou 2021, et ce, pour au moins 40 ans.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ÉNERGIE organisateurs.La V ille de Montréal et les Amis de la montagne ne partagent pas cet avis.«On ne souhaite pas le déroulement de ce festival qui n\u2019est pas compatible avec le site.Ça peut porter atteinte à l\u2019écosystème qu\u2019est le Mont-Royal », confie d\u2019un ton grave Réal Mé- nard, en entrevue téléphonique avec le Devoir.« On est en milieu urbain, dans un parc public avec un statut de site patrimonial au Québec.C\u2019est un milieu fragile et c\u2019est contre les règlements du parc de jouer avec le feu, renchérit la directrice des communications des Amis de la montagne, Hélène Panaïoti.Les conséquences d\u2019un grand nombre de lanternes qui par tent dans les airs et atterrissent on ne sait où sont très graves.Ça engendre de la pollution, il y a un danger de déclencher un incendie, et des conséquences tant pour la faune que pour la flore.» Si le Québec ne possède aucune réglementation sur l\u2019utilisation de lanternes volantes, 29 États américains ainsi que plusieurs villes et provinces du Canada ont déjà banni leur utilisation, rappelle Hélène Pa- naïoti.Leur fabrication et leur vente sont même illégales dans certains pays d\u2019Europe et ailleurs dans le monde.Silence radio Devant la popularité grandissante de l\u2019événement, le Bureau du mont Royal et les Amis de la montagne ont tour à tour tenté de contacter les organisateurs à travers leur page Facebook pour les prévenir des règles et des risques de l\u2019organisation de ce lâcher de lanternes.Ils n\u2019ont jamais reçu de réponse.«On n\u2019a eu aucun contact direct avec eux.On ne sait donc pas si cela va avoir lieu mais ça nous prenait définitivement un plan d\u2019action», précise Réal Ménard.Les organisateurs du lâcher de lanternes n\u2019ont pas donné suite aux demandes d\u2019entrevue du Devoir, bien qu\u2019ils en aient pris connaissance.À l\u2019approche du 20 juin, les Montréalais qui souhaitent participer multiplient les messages sur la page Facebook pour obtenir davantage d\u2019informations, mais n \u2019obtiennent pas plus de réponses.La page restant active, le festival des lanternes pourrait donc bel et bien avoir lieu, croit Hélène Panaïoti.«40 000 intéressés et plus de 11 000 personnes qui comptent venir, c\u2019est inquiétant.Le belvédère ne peut pas accueillir physiquement ce nombre de personnes, et imaginez s\u2019ils viennent tous avec une lanterne volante et des allumettes.Que fait-on ?» s\u2019alarme-t-elle.Nouvelle tendance?C\u2019est la première année que la Ville et les Amis de la montagne aux prises avec l\u2019émergence d\u2019événements lancés «au monde entier» sur les médias sociaux et qui contournent les règles en vigueur.Plus tôt en avril, l \u2019événement Facebook « Let \u2019s turn the mountain into a giant dan- cefloor ! » avait invité les Mont- réalais à «regagner [leur] montagne sacrée ».Il rassemblait trois événements en un, mêlant musique électronique, « Silent disco » et performance théâtrale.«Ça a été dif ficile à contenir, ils n\u2019avaient pas de permis et comptaient passer par des sentiers fragiles qu\u2019on ne devrait pas emprunter », explique Hélène Panaïoti.Les policiers ont dû intervenir pour changer le lieu de l\u2019événement pour finalement disperser les quelque 400 participants.Bien que cela reste occasionnel, Hélène Panaïoti s\u2019inquiète de voir cette tendance se répandre.«C\u2019est difficile de les contrôler et de savoir comment ils vont se déployer.D\u2019autant plus lorsqu\u2019on ne connaît pas les organisateurs, précise-t-elle.On doit les attraper sur les réseaux sociaux un peu au hasard.Ce n\u2019est pas notre mandat, mais on doit surveiller ça sur Internet.» Montréal devrait davantage tenir compte de cette nouvelle réalité, selon elle.« C\u2019est une tendance nouvelle, il va falloir que la Ville en tienne compte dans la révision du cadre réglementaire qui régit les activités dans le parc.» Interrogé à ce sujet, Réal Ménard n\u2019a pas voulu préciser si la V ille envisageait un tel changement et a lancé vaguement «on va regarder ça».Selon les Amis de la montagne, le problème c\u2019est la volonté des Montréalais de s\u2019approprier les lieux sans respecter les règles.«On ne veut pas que les activités des uns nuisent à l\u2019expérience des autres, à ceux qui ont pris la peine de demander un permis.» Or, la tâche serait ardue.«Ça n\u2019a pas de bon sens, on ne peut pas profiter de nos parcs publics », déplore Cédric Bisson- nette, qui a participé à l\u2019organisation de l\u2019événement dansant d\u2019avril.Voyant le nombre grandissant de participants sur leur page Facebook, les organisateurs ont tenté d\u2019obtenir un permis auprès de la Ville, un mois avant le grand jour.«Les procédures sont tellement compliquées, ça prend trois mois pour avoir un permis.Et il faut des assurances, donc des dépenses non prévues», souligne-t-il.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 LANTERNES AGENCE FRANCE-PRESSE Les organisateurs de l\u2019événement montréalais s\u2019inspirent des festivals de lanternes célestes traditionnels qui se déroulent en Asie, notamment en Indonésie.CHRISTOF STACHE AGENCE FRANCE-PRESSE Bastian Obermayer et Frederik Obermaier On est en milieu urbain, dans un parc public qui a un statut de site patrimonial au Québec.C\u2019est un milieu fragile et c\u2019est contre les règlements du parc de jouer avec le feu.Hélène Panaïoti, des Amis de la montagne « » "]
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