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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2016-06-25, Collections de BAnQ.

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[" Philosophie Freitag et l\u2019après-projet de loi 59 Page B 2 Québec Faire vivre un amphithéâtre sans hockey Page B 3 PERSPECTIVES C A H I E R B \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 J U I N 2 0 1 6 Idées Un ?eurdelisé trop français, trop catholique, trop royaliste Page B 5 FREDERICK FLORIN AGENCE FRANCE-PRESSE Le président français, François Hollande, et la chancelière allemande, Angela Merkel, se rencontreront à Berlin lundi.C É C I L E D U C O U R T I E U X J E A N P I E R R E S T R O O B A N T S à Bruxelles A u Berlaymont, le siège de la Commission européenne, au Juste Lipse, celui du Conseil, et tout près de là, au Parlement européen, c\u2019était le branle-bas de combat dès l\u2019aube vendredi.À 7 heures, les chefs des principaux groupes politiques du Parlement faisaient le point et évoquaient une mini-session d\u2019urgence, convoquée a priori pour mardi 28 juin.Le président de l\u2019assemblée, Martin Schulz, a exprimé l\u2019espoir qu\u2019il n\u2019y aurait pas de « réaction en chaîne », évoquant le « chemin dangereux » que prendraient les pays tentés de se distancier de l\u2019Union.Donald Tusk, le président du Conseil, invitait à ne pas tomber dans «des réactions hystériques» et affirmait que l\u2019UE était « déterminée à conserver son unité».Les réunions vont se multiplier d\u2019ici le sommet européen des 28 et 29 juin : ministres des Affaires étrangères sociaux-démocrates à Luxembourg, qui avait lieu vendredi après-midi ; collège des commissaires européens convoqué pour dimanche 26 juin ; ministre des Affaires étrangères des six pays fondateurs à Berlin, samedi matin.Le président François Hollande et la chancelière Angela Merkel devraient, eux, se rencontrer lundi dans la capitale allemande.Et Donald Tusk devrait convoquer une réunion informelle à 27, sans le Royaume-Uni, juste avant le sommet européen.Un agenda pulvérisé La machine communautaire, avec ses quelque 40 000 fonctionnaires et ses dirigeants, BREXIT Bruxelles tente d\u2019éviter la contagion BILAN DE SESSION PARLEMENTAIRE Patience, il reste encore trois ans et demi H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa C\u2019 est devenu un lieu commun que de reprocher aux libéraux de Justin Tr u- deau de ne pas avoir accompli grand-chose au cours de leurs (presque) huit mois de pouvoir.La liste des consultations lancées par Ottawa s\u2019allonge sans cesse et le bilan législatif libéral est encore bien mince, bien que plusieurs chantiers aient été mis en branle.Le premier ministre invite tout le monde à la patience.« Une des choses que j\u2019ai dû rappeler à mes ministres plusieurs fois pendant cette session \u2014 parce qu\u2019ils sont arrivés avec énormément de capacités, de motivation, d\u2019enthousiasme \u2014, c\u2019est qu\u2019on a quand même quatre ans dans un mandat et qu\u2019il ne faut pas tout accomplir ou s\u2019attendre à tout accomplir dans les premiers mois », a lancé M.Trudeau au cours d\u2019une conférence de presse de fin de session mercredi.Il est difficile de garder à jour la liste des consultations (de provinces, de citoyens, de spécialistes ou de par ties prenantes) lancées par le gouvernement fédéral.À peu près tout y passe.Les provinces sont consultées sur les changements climatiques, les transferts en santé, la légalisation de la marijuana.Les spécialistes sont invités à se prononcer sur les futures politiques en défense, en sécurité nationale et en aide internationale, ou encore sur le lait diafiltré.Quant aux citoyens, ils sont sondés concernant la future enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées, la réforme électorale, la révision des lois environnementales, l\u2019avenir de Postes Canada, l\u2019accessibilité au Canada, la réforme des politiques culturelles, la politique sur les langues officielles au- delà de 2018, l\u2019accès à l \u2019 information, le programme Nutrition Nord.Ouf ! «L\u2019accumulation de consultations fait en sorte qu\u2019on a plus l\u2019impression que les libéraux veulent pelleter en avant les décisions qui, selon ce qu\u2019on avait entendu en campagne électorale, auraient dû être prises de façon assez rapide après l\u2019élection», a lancé le député Guy Caron au moment du bilan de fin de session du NPD.Inversement, le bilan législatif n\u2019est pas très copieux.Les libéraux ont déposé 23 projets de loi, dont six statutaires.Seulement quatre projets de loi non statutaires ont reçu la sanction royale : celui modifiant les règles pour Air Canada, celui mettant en œu- vre le budget, le C-14 sur l\u2019aide médicale à mourir ainsi que le C-11, très spécifique, permettant aux personnes ayant une déficience visuelle d\u2019avoir accès au matériel protégé par le droit d\u2019auteur.Les projets de loi mettant en œu- vre l\u2019entente avec les États- Unis sur l\u2019échange d\u2019informations à la frontière terrestre, celui créant un comité parlementaire sur la sécurité nationale ou encore celui confirmant les droits des personnes transgenres n\u2019ont pas encore été débattus.Les réalisations libérales n\u2019en sont pas moins réelles.D\u2019abord, le gouvernement de Justin Trudeau s\u2019est évertué à mettre aux poubelles plusieurs éléments de l\u2019héritage conser vateur.Le fractionnement du revenu, la prestation universelle pour la garde d\u2019enfants (PUGE), la loi exigeant l\u2019équilibre budgétaire ou encore le crédit d\u2019impôt pour les activités spor tives et culturelles des enfants sont tous passés à la trappe.Le gouvernement libéral a aussi mis fin à la réforme de l\u2019assurance-em- ploi qui pénalisait les prestataires fréquents, annulé le rehaussement à 67 ans de l\u2019âge de la retraite et rétabli le crédit d\u2019impôt pour les cotisations aux fonds de travailleurs.Les libéraux ont aussi rest a u r é l e P r o g r a m m e d e contestation judiciaire fournissant un appui financier aux groupes minoritaires désireux de s\u2019adresser aux tribunaux pour faire respecter leurs droits, tout comme ils ont ramené l\u2019obligation de remplir le formulaire long du recensement.Enfin, ils sont en voie d\u2019annuler la révocation de la citoyenneté en cas de terrorisme et le prolongement de la période qu\u2019une personne doit avoir vécu au Canada avant La première véritable session parlementaire du gouvernement de Justin Trudeau s\u2019est terminée dans un coup de vent vendredi dernier, à la minute où la Chambre des communes a eu la garantie que le Sénat ne lui renverrait pas sa loi sur l\u2019aide médicale à mourir.Alors que les libéraux se targuent d\u2019avoir atteint leurs objectifs, les néodémocrates leur reprochent de ne pas avoir tenu toutes leurs promesses et les bloquistes les accusent de perpétuer les mêmes injustices envers le Québec.Les conservateurs, eux, ne se donnent pas la peine de dresser un bilan.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Cette première session de l\u2019ère Trudeau a par ailleurs permis de prendre le pouls du nouveau contexte parlementaire engendré par l\u2019indépendance sénatoriale 2.0.VOIR PAGE B 3 : SESSION VOIR PAGE B 3 : BREXIT Le gouvernement de Justin Trudeau s\u2019est évertué à mettre aux poubelles plusieurs éléments de l\u2019héritage conservateur L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 J U I N 2 0 1 6 P H I L O S O P H I E B 2 Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie, d\u2019histoire et d\u2019histoire des idées le défi de décrypter une question d\u2019actualité à partir des thèses d\u2019un penseur marquant.M A T H I E U P E L L E T I E R Sociologue et écrivain L e couperet est tombé en mai.Devant la pression de l\u2019opposition et de la société civile, le gouvernement du Parti libéral du Québec a retiré de grands pans du projet de loi 59 visant à interdire les discours haineux, notamment les discours dits islamophobes.Deux ans après l\u2019épisode de la charte des valeurs québécoises, est- ce à dire que le débat sur la laïcité et sur la neutralité religieuse de l\u2019État est clos ?Rien n\u2019est moins sûr, car le projet de loi 59 a un jumeau un peu plus discret mais non moins déterminant : le projet de loi 62 sur la neutralité religieuse et les demandes d\u2019accommodements religieux.Celui- ci ranime le débat sur la neutralité religieuse de l\u2019État en permettant le port de signes religieux chez les employés de la fonction publique.À n\u2019en point douter, s\u2019il eût encore été des nôtres, le sociologue et philosophe québécois Michel Freitag (1935-2009) se serait invité à un tel débat.Écrivain prolifique aux multiples facettes, grand penseur de la postmodernité et du capitalisme, il est le fondateur d\u2019une théorie générale du symbolique et de la société, longuement déclinée, entre autres, dans une série de volumes intitulée Dialectique et société.Sans doute, encore, peut-on trouver ses pages les plus percutantes dans L\u2019abîme de la liberté (Liber, 2011), un ouvrage posthume critiquant le libéralisme et identifiant une liberté moderne qui enferme l\u2019individu en lui-même.Le système et l\u2019illusion de la liberté libérale Pour bien saisir la pensée de Freitag, il faut d\u2019abord comprendre que la représentation dominante de la liberté, la liberté libérale, est une forme d\u2019illusion colportée par le système, soit une galaxie d\u2019organisations interconnectées in- formatiquement, lesquelles gèrent le quotidien des gens à un niveau d\u2019abstraction tel que ce même système paraît invisible.Il n\u2019y a guère qu\u2019un idéal qui anime le système: la fonctionnalité ou, en d\u2019autres termes, l\u2019automatisme.Le système tend à réorganiser les rapports sociaux en les agençant sous forme de réseaux, où l\u2019humain revient en quelque sorte à l\u2019animalité en se constituant comme une sorte de « machine désirante », conformément à l\u2019expression des philosophes postmodernistes Gilles Deleuze et Félix Guattari.Le système fonctionne lui aussi comme une machine, là où son idéal est de fonctionner, avec le moins de heurts possible, le moins de friction possible, jusqu\u2019à s\u2019affranchir de ceux qui l\u2019ont conçu, à la manière d\u2019une intelligence artificielle qui deviendrait autonome.Le droit libéral et le libre marché sont de bons exemples de la dynamique systémique qui est à l\u2019œuvre.Bien que le droit et le libre marché soient des inventions humaines, leur pouvoir est aujourd\u2019hui tellement diffus qu\u2019aucun État ni aucun peuple ne peuvent substantiellement infléchir leur fonctionnement.Le stade ultime de l\u2019économie comme système est sans doute la financiarisation de l\u2019économie.En la matière, le système boursier incarne une forme de « jeu psychologique » où la finalité est l\u2019appât du gain et où se jouent nos économies personnelles, nos retraites, les transferts de capitaux entre firmes d\u2019un pays à l\u2019autre et les emplois qui en dépendent.Les États occidentaux tendent eux aussi à s\u2019ériger en système.Ils se font gestionnaires des «vraies affaires», soit d\u2019une gestion dite rationnelle prônant le pragmatisme et l\u2019idéal de la fonctionnalité.C\u2019est ainsi que l\u2019État libéral se veut un État axiologiquement neutre.Pour le dire à la manière du philosophe Jean-Claude Michéa, ce type d\u2019État en est un «qui ne pense pas », qui intègre en lui-même le moins de valeurs et d\u2019idéaux possible.L\u2019État axiologique- ment neutre reconnaît donc toutes les valeurs et tous les modes de vie, car il n\u2019en embrasse aucun.Cela revient à dire que c\u2019est une organisation qui est philosophiquement neutre et qui impose un taux d\u2019imposition existentielle le plus bas possible.Philosophiquement neutre, il ne délibère plus sur le bien ou le mal.Il ne délibère que sur le juste, de par une vision mécanique d\u2019un équilibre fonctionnel et pragmatique des rapports sociaux.Par nature, l\u2019État axiolo- giquement neutre tend à délaisser le politique et à céder les conflits de valeurs et d\u2019intérêts au droit libéral, véritable « gouvernement des juges», selon l\u2019expression consacrée.Libertés concurrentes et droit à la différence Le droit libéral, tout comme l\u2019État libéral, est lui aussi philosophiquement neutre.En se donnant pour seule maxime d\u2019arbitrage la nécessité de ne pas nuire à autrui, le droit libéral se trouve rapidement aux prises avec des libertés concurrentes.Le gouvernement des juges en vient à devoir arbitrer les causes d\u2019une pléthore de victimes autoproclamées englobant, comme le dit Freitag, «virtuellement n\u2019importe quel particularisme individuel ou communautaire pouvant faire l\u2019objet d\u2019une quelconque discrimination».S\u2019ensuit paradoxalement, malgré le fait que le libéralisme se doit d\u2019être philosophiquement neutre, un fort climat de conformisme moral où le politiquement correct prend la forme d\u2019une vérité dogmatique purement moraliste et non plus éthique.La pensée dissidente est ainsi disqualifiée, ce qui mine la capacité d\u2019une société d\u2019agir collectivement.Pour le dire plus crûment, la défense des droits particularistes devient littéralement ici un instrument de dissolution de la société.À la manière de la finan- ciarisation de l\u2019économie, les rapports sociaux tendent donc à s\u2019agencer de plus en plus tel un réseau d\u2019intérêts concurrents perpétuellement recomposables.Le droit libéral et sa tendance inhérente à la revendication des droits pose aussi un autre problème de taille : celui des liber tés concurrentes.Cette problématique est aisément identifiable dans le défunt projet de loi 59 qui visait l\u2019interdiction des discours haineux, là où l\u2019on plaçait en concurrence directe le droit à la liberté d\u2019expression et le droit à la religion et à la non-discrimination.En plus des libertés concurrentes, et comme le souligne Freitag à propos des dif férentes controverses relatives au por t du voile islamique, il n\u2019est pas aisé de savoir à qui on pourrait attribuer le droit au por t de ce dernier.Dans le cas du projet de loi 62 permettant aux fonctionnaires de porter le tchador dans l\u2019exercice de leurs fonctions, par exemple, ce droit sanctionne-t-il la volonté du mari voulant sa femme voilée, le droit d\u2019une communauté particulière à contrôler et à sanctionner ses membres, ou véritablement le droit de la femme à disposer de son corps comme elle l\u2019entend ?Pour ceux qui pourraient penser que cette question n\u2019est que théorique, lorsqu\u2019on entend sur le sujet les propos récents de Fatima Houda-Pepin, ancienne députée libérale, on comprend alors que cette question prend véritablement une dimension très pratique.Précisément en ce qui a trait au por t du tchador dans certaines communautés.Sagesse pratique et présence de la tradition Les conditions actuelles d\u2019une ouverture accrue du monde au système recoupant «une interpénétration plus physique que morale des civilisations» exigera une forme de responsabilité individuelle et collective en la matière.La décons- truction de la tradition et des normes au nom des multiples discriminations qu\u2019elles engendreraient aux diverses minorités doit elle aussi se soumettre à la critique.En d\u2019autres termes, le progrès humain ne doit pas se faire seulement en critiquant les normes issues de l\u2019héritage de la tradition.Il doit se faire aussi en réhabilitant certains aspects de cette dernière qui ne sont pas seulement purement arbitraires, mais qui recoupent aussi une certaine sagesse pratique rendant le monde humain habitable.Sans quoi, la dynamique engendrée par les liber tés et les droits concurrents risque bien de devenir une nouvelle lutte de tous contre tous, avec pour seule restriction qu\u2019elle passe par des procédures judiciaires.Qu\u2019il soit clair qu\u2019il n\u2019y a pas de droits individuels possibles sans reconnaissance des devoirs liés à l\u2019ap- par tenance collective.Évidemment, pour Freitag, l\u2019inverse est aussi vrai, là où « toute culture, qui est interprétation du monde, doit aussi interpréter le monde des autres cultures dont la rencontre s\u2019impose à elle, pour pouvoir exiger elle-même d\u2019être reconnue et respectée dans une orientation universalisante et non dans un esprit d\u2019antagonisme ; son refus de le faire, sa fermeture sur soi, sur ses valeurs et ses cer titudes immédiates, implique pour elle comme pour l\u2019individu singulier, l\u2019abandon du droit réciproque à la reconnaissance ».Mais, pour cela, la rationalité critique et la seule interaction par des procédures judiciaires ne suffisent pas.En effet, ces éléments d\u2019interaction sont incapables de déterminer à eux seuls l\u2019ensemble des conditions normatives de l\u2019ordre social.Certes, la raison doit jouer un rôle d\u2019orientation en la matière, « comme le fait l\u2019étoile polaire pour le navigateur dont elle ne détermine pas le cours ».La destination finale de la société est à trouver dans la sagesse pratique issue de la tradition ainsi que dans le politique comme catalyseur.Pour éviter que le pouvoir de l\u2019État se réduise à une gestion pragmatique et désincarnée du social, « l\u2019exercice politique ou simplement public de la raison exige une présence de la tradition pour ne pas tourner à vide ».De la liberté à la responsabilité Nous l\u2019avons dit plus haut : la circulation plus physique que morale des personnes d\u2019un espace civilisationnel à l\u2019autre impose un nouveau principe de responsabilité pour garder notre monde viable et vivable.Bien qu\u2019en Occident on reconnaisse à la liberté individuelle une valeur transcendantale, celle-ci s\u2019avère largement insuffisante pour faire face aux défis écologiques et sociaux que nous impose le système.Pour être abordés sérieusement, ces défis qui nous sont posés «exigeront une forte capacité d\u2019exercer une contrainte juste et raisonnable».Pour le dire autrement, l\u2019État ne pourra plus être philosophiquement neutre et ne délibérer qu\u2019au gré d\u2019un pragmatisme désincarné.Il faudra consentir à un retour du politique qui aura pour tâche de hiérarchiser les valeurs de manière à aménager une nouvelle hiérarchisation principielle des droits.Cela impose, dans le cas qui nous intéresse, un ef facement graduel du « positivisme religieux », soit de la fixation extérieure de la croyance dans des injonctions vestimentaires, alimentaires, comportementales, etc.En la matière, par exemple, on peut citer le relatif succès de l\u2019Inde à interdire « légalement toute manifestation formelle de la division des castes dans la vie et l\u2019espace public».En ce sens, l\u2019affirmation iden- titaire et religieuse suppose un travail d\u2019intériorisation pour acquérir une légitimité renouvelée, une sorte de décence universelle nécessaire en la matière, sans non plus y voir strictement un consentement anticipé à sa disparition.Oui, nous sommes en situation de crise civilisa- tionnelle, et même si l\u2019Occident est le principal responsable «matériellement et spirituellement» de la crise actuelle, il n\u2019en est pas le seul.Mais le travail de l\u2019Occident sur lui-même doit dépasser la fatigue civilisationnelle, corollaire de notre mauvaise conscience justifiant la gouvernance désincarnée et philosophiquement neutre du libéralisme systémique.À n\u2019en point douter, pour que notre quête civilisationnelle, qui est aussi celle de l\u2019humanité de demain, ne se perde pas dans les interstices du système, elle devra nécessairement se faire sous l\u2019aune du principe de responsabilité.À la manière du concept environnemental de développement durable aujourd\u2019hui communément accepté, le principe de responsabilité devra, lui aussi, coïncider avec la vision d\u2019une liberté durable comme siège d\u2019une nouvelle écologie humaine.?Des commentaires ?Écrivez à Antoine Robi- taille : arobitaille@ledevoir.com.Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo ou du Devoir d\u2019histoire : www.ledevoir.com/societe/le- devoir-de-philo Après une pause estivale, Le Devoir de philo vous reviendra en septembre.LE DEVOIR DE PHILO Freitag et l\u2019après-projet de loi sur le discours haineux Le philosophe québécois nous fait comprendre que la défense des droits particularistes peut être un instrument de dissolution de la société SOURCE DÉPARTEMENT DE SOCIOLOGIE DE L\u2019UQAM Michel Freitag (1935-2009) a été sociologue, philosophe et professeur émérite au Département de sociologie de l\u2019Université du Québec à Montréal.FRANCIS VACHON LE DEVOIR Mathieu Pelletier, sociologue et écrivain À la manière de la financiarisation de l\u2019économie, les rapports sociaux tendent donc à s\u2019agencer de plus en plus tel un réseau d\u2019intérêts concurrents perpétuellement recomposables L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 J U I N 2 0 1 6 P E R S P E C T I V E S B 3 Le rejet de la candidature de Québec à la LNH cette semaine n\u2019a pas refroidi les amateurs qui rêvent désormais d\u2019un déménagement des Hurricanes de la Caroline dans la capitale.Et ce, même si le président de la Ligue, Gary Bettman, répète qu\u2019il n\u2019en est pas question.I S A B E L L E P O R T E R à Québec D epuis des années, Jocelle Cauvier, une résidante de Grande-Rivière, en Gaspésie, surveille les vols privés vers Québec pour voir si des dirigeants de la LNH ne trameraient pas quelque chose.Malgré tout, l\u2019annonce de cette semaine ne l\u2019a pas trop déçue.«C\u2019est sûr que c\u2019est une nouvelle qui peut décevoir, mais pour moi c\u2019est clair que le retour des Nordiques se fera par un transfer t des Hurricanes.» Elle en est convaincue depuis qu\u2019elle a su qu\u2019un avion appartenant à la firme chargée de la vente de l\u2019équipe avait atterri dans la capitale l\u2019an dernier.« On n\u2019attendra pas trois, quatre, cinq ans pour le retour des Nordiques, ça va être plus vite qu\u2019on le pense.» Comme beaucoup d\u2019amateurs de hockey, Mme Cauvier préfère le scénario d\u2019un déménagement à celui d\u2019une expansion, parce que l\u2019équipe risque d\u2019être mieux rodée.En plus, pour Québe- cor, la transaction serait moins coûteuse.Quand on lui demande si elle attendra encore dans dix ans, elle répond qu\u2019elle est plus optimiste que ça.«Ça ne prendra pas dix ans, mais si ça devait être le cas, c\u2019est clair que je les surveillerais encore.Je suis une personne déterminée.» Le fait de surveiller les avions, dit-elle, «rend l\u2019attente plus le fun».Le gestionnaire du site de nouvelles Zone Nordiques, Pascal Grenon, est dans le même état d\u2019esprit.«Pour nous, ce n\u2019était pas une immense surprise.Je n\u2019ai jamais vraiment cru à l\u2019expansion, résume ce travailleur dans l\u2019enseignement.Il y a quelque chose qui se passe.La candidature n\u2019est pas rejetée, elle est reportée.» Dans les pages du Journal de Québec jeudi, l\u2019ancien entraîneur des Nordiques Michel Ber- geron invitait les gens de Québec à « garder la foi ».Si c\u2019est de foi qu\u2019il est question, Dieu est ici incarné par Gary Bettman.Même s\u2019il a souligné la qualité du projet de Québecor, beaucoup se demandent s\u2019il garde en vie les attentes de la ville tout en sachant qu\u2019elle n\u2019aura jamais d\u2019équipe.« Ces propos de la LNH, polis, voire élogieux, sont l\u2019équivalent d\u2019un prix de consolation pour Québec, note le professeur en marketing du sport André Richelieu, de l\u2019ESG-UQAM.Mais c\u2019est également cruel, car les gens pourront s\u2019accrocher à \u201cremis à plus tard\u201d, qui est trop vague pour exprimer quoi que ce soit de concret.La réalité est que Las Vegas a obtenu son équipe ; pas Québec, qui est laissée pour compte une autre fois.» Actuellement, les deux tendances principales dans le monde du sport sont la « financiarisa- tion du sport » et le « sportainment », par lequel le sport est présenté comme un divertissement qui vise un public élargi.Las Vegas, dit-il, cadre parfaitement avec cela.Moins riche, Québec n\u2019a pas non plus beaucoup de sièges sociaux, rappelle-t-il.« À Montréal, 75 % des billets de hockey sont payés par des entreprises.» À Toronto, c\u2019est plus de 80 %.Son collègue de l\u2019Université Laval Frank Pons croit que M.Bettman a voulu se garder un maximum de marge de manœuvre.« La Ligue nationale ne peut pas se priver d\u2019une solution de repli comme Québec, note l\u2019expert en marketing.Si on avait dit que l\u2019of fre allait être reconsidérée dans trois ou quatre ans, on se serait alors engagé.En faisant cela, on aurait perdu Québec comme solution de dernière minute pour accueillir un club en difficulté.» Mais si c\u2019est le cas, Gary Bettman cache bien son jeu.Au lendemain de la décision, un journaliste du Journal de Québec rapportait qu\u2019il semblait excédé quand on l\u2019a questionné sur un éventuel transfert des Hurricanes vers Québec.On fait quoi maintenant ?« Rien », répond Frank Pons.« Honnêtement, on a tout fait.Le processus que la Ligue a mis en place était très rigoureux.Il n\u2019y a aucun doute pour moi que Québecor a fait ses devoirs.L\u2019amphithéâtre est là et est très opérationnel pour un club de la Ligue nationale.» Le Centre Vidéotron pas près d\u2019être rentable Or il y aura beaucoup à faire pour rentabiliser le Centre Vidéotron.« Quand les circonstances seront-elles suffisamment favorables pour permettre la venue d\u2019une équipe à Québec?Dieu seul le sait, note la conseillère de l\u2019opposition Anne Guérette.Mais en attendant, on a cette immense infrastructure à faire vivre, qui nous appartient.» Rappelons que les conditions de l\u2019entente entre la Ville et Québecor diffèrent selon qu\u2019il y a une équipe de hockey ou pas.Avec une équipe de hockey, les droits d\u2019identification sont de 63,5 millions (contre 33 millions sans équipe).Le loyer est plus élevé avec une équipe (5 millions au lieu de 3,15 millions) et s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019équipe, Québecor peut en être exemptée en cas de déficit.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui s\u2019est produit cette année.D\u2019où le chèque de 760 000 $ fait cette semaine à Québecor pour les quatre premiers mois d\u2019activité du Centre.«On n\u2019aura jamais de loyer tant qu\u2019il n\u2019y aura pas d\u2019équipe de hockey, tonne la conseillère Gué- rette.C\u2019est 3 millions par année.» Selon elle, «on n\u2019était pas nécessairement si pressés que ça de construire notre amphithéâtre.On aurait pu se donner le temps d\u2019attacher quelques ficelles et de négocier plus serré».L\u2019entente prévoit aussi que la Ville reçoive une partie des bénéfices (10 % sans équipe et 15 % avec équipe) en plus de 4 $ pour chaque billet vendu.Or, en 2015, les revenus de billetterie n\u2019ont pas été assez élevés pour compenser l\u2019annulation du loyer.Pour se justifier, le maire Labeaume a déclaré que la Ville avait « surestimé» le nombre de billets vendus.Une affirmation qui a fait littéralement bondir le professeur André Richelieu.«Dire ouvertement qu\u2019on a fait des erreurs dans la projection des billets vendus ! Voyons, comme si les gens ne savaient pas comment se planifient les grandes tournées et les spectacles.Ça se prépare des mois, voire une année à l\u2019avance ! Franchement, on rit du monde.» Mais l\u2019aspect du dossier qui dérange probablement le plus \u2014 notamment les médias \u2014, c\u2019est le secret qui l\u2019entoure.En mars dernier, la Ville et Québecor ont modifié l\u2019entente originale pour soustraire les résultats du Centre Vi- déotron à l\u2019œil du public.Impossible donc de voir les chiffres qui justifient le fameux déficit dont la Ville doit partager la facture.Ce qui est loin d\u2019empêcher le Centre Vidéo- tron d\u2019être apprécié.Même sans équipe.« Ces derniers mois, on a attiré des spectacles qu\u2019on n\u2019aurait assurément jamais eus dans le Colisée Pepsi, fait valoir Pascal Grenon de Zone Nordiques.On avait besoin de ça.» Oui, le pari était risqué, dit-il, mais c\u2019était un bon risque.« En majorité, les gens de Québec sont d\u2019accord avec ça.Tout le monde était conscient que le hockey était plus payant.» Le Devoir QUÉBEC Faire vivre l\u2019amphithéâtre sans hockey Quand les circonstances seront-elles suffisamment favorables pour permettre la venue d\u2019une équipe à Québec?Dieu seul le sait.Mais en attendant, on a cette immense infrastructure à faire vivre, qui nous appartient.La conseillère de l\u2019opposition Anne Guérette « » d\u2019obtenir sa citoyenneté.Le gouvernement Trudeau a aussi réalisé certaines de ses promesses électorales : en matière d\u2019assurance-emploi, il a réduit à une semaine le délai de carence avant qu\u2019un chômeur puisse toucher une prestation et annulé la règle qui obligeait les jeunes à accumuler plus d\u2019heures de travail que les autres (910) pour se qualifier au programme.Il a éliminé la partisa- nerie des publicités gouvernementales, quoique les règles aient été jugées insuf fi- santes par l\u2019opposition parce que ne s\u2019appliquant pas à certains cas de figure.Les libéraux ont convaincu les provinces de bonifier le Régime de pensions du Canada.Enfin, ils ont procédé comme promis à l\u2019accueil de 25 000 réfugiés syriens et à la modification de la mission canadienne en Irak.Un Sénat indompté Cette première session de l\u2019ère Trudeau a par ailleurs permis de prendre le pouls du nouveau contexte parlementaire engendré par l\u2019indépendance sénatoriale 2.0.L\u2019expulsion des sénateurs libéraux du caucus en janvier 2014 a fait des émules et pas moins de huit sénateurs ont quitté leur caucus respectif pour devenir indépendants, auxquels se sont ajoutés les sept nouveaux sénateurs nommés par le premier ministre.Faut-il y voir un lien de cause à effet ?Le Sénat a tenu tête à la Chambre des communes en refusant d\u2019adopter tel quel le projet de loi sur l\u2019aide médicale à mourir qui restreignait l\u2019accès de cette aide aux personnes déjà en fin de vie.Le projet de loi a fait un aller-retour supplémentaire entre les deux chambres avant que les sénateurs ne s\u2019inclinent, non sans rouspéter.Le NPD, qui réclamait un élargissement de la loi, voit-il désormais une valeur à ce Sénat dont il réclame l\u2019abolition ?«Parfois, on a une vision très négative du travail qu\u2019ils font, par fois un peu moins.Mais ça ne change pas le fait que ce ne sont pas des gens élus, a répondu le député Peter Julian lors du bilan.Que des sénateurs fassent du bon travail ne change pas le fait que ce n\u2019est pas une institution démocratique.» Le scénario pourrait se répéter cet automne : le Sénat a modifié le projet de loi C-7 sur la syndicalisation des policiers de la GRC, ce qui obligera les députés à se pencher à nouveau dessus à leur retour de vacances.Comme pour l\u2019aide médicale à mourir, ce projet de loi était rendu nécessaire à cause d\u2019un jugement de la Cour suprême.Mais rien n\u2019indique que, dans d\u2019autres circonstances, le Sénat s\u2019inclinera aussi docilement devant la volonté des élus.La tradition veut que le Sénat ne modifie pas les lois budgétaires ou celles portant sur une promesse électorale.Cela laisse toute une panoplie de mesures qui pourraient être soumises aux aléas des humeurs sénatoriales.Des reculs Le gouvernement Trudeau a par ailleurs été obligé de reculer à quelques reprises.Alors qu\u2019ils craignaient de rater la date butoir imposée par la Cour dans le dossier de l\u2019aide médicale à mourir, les libéraux ont songé à s\u2019arroger \u2014 par la fameuse motion 6 \u2014 un contrôle absolu de l\u2019ordre du jour parlementaire.Furieuse, l\u2019opposition a manifesté son mécontentement en tentant de retarder un vote.On connaît la suite : l\u2019impatience du premier ministre l\u2019a fait agripper par le bras le whip conservateur et bousculer sur son chemin la néodémocrate Ruth Ellen Brosseau.Justin Trudeau s\u2019est excusé, mais la fureur de ses adversaires était telle qu\u2019il n\u2019a eu d\u2019autre choix, pour que les travaux parlementaires reprennent, que de retirer la motion 6.L\u2019insistance de l\u2019opposition a aussi obligé le gouvernement à revoir la composition du Comité sur la réforme électorale de manière à ce que les députés libéraux n\u2019y forment plus une majorité.C\u2019est la formule pensée par le NPD qui a été retenue.Cette victoire, le NPD la brandit comme la preuve qu\u2019il a encore sa raison d\u2019être à Ottawa, lui qui, sondage après sondage, voit ses appuis s\u2019ef fondrer.Jusqu\u2019à 40 % des électeurs ayant voté pour le NPD disent appuyer désormais les libéraux\u2026 Peter Julian rappelle que son parti est le seul à avoir demandé la décriminalisation temporaire de la marijuana en attendant sa légalisation, par exemple.«C\u2019est sûr que le gouvernement Trudeau continue à avoir une lune de miel», reconnaît M.Julian.Mais son refus d\u2019entendre l\u2019opposition aura des conséquences plus tard, prédit-il.« Plus le gouvernement Trudeau agit comme l\u2019ancien gouvernement Harper, moins il va avoir des appuis à long terme.Et notre travail en tant que parti d\u2019opposition est de démontrer la similitude entre ces deux partis, ces deux façons de gouverner.» De son côté, le Bloc québécois estime que « rien n\u2019a changé depuis les libéraux de Jean Chrétien, sauf le coif feur ».Les bloquistes estiment que les intérêts des Québécois sont peu pris en compte dans le processus décisionnel.À preuve, il évoque les tergiversations pour faire appliquer les règles sur l\u2019importation de lait diafiltré, la lenteur à approuver une aide financière à Bombardier ou encore l\u2019approbation a posteriori des mises à pied chez Aveos.Avec Marie Vastel Le Devoir SUITE DE LA PAGE B 1 SESSION tous habitués à un fonctionnement bien huilé, est entrée en territoire totalement inconnu.Son agenda est à terre, le Brexit l\u2019a fait exploser.Dans l\u2019immédiat, l \u2019objectif est seulement d\u2019éteindre l\u2019incendie, sans dramatiser davantage une situation jugée déjà grave.La crainte immédiate est celle d\u2019une contagion.Le référendum britannique va donner un élan supplémentaire aux partis populistes et eu- rosceptiques, voire europhobes, qui sont désormais aux portes du pouvoir dans plusieurs États membres.Si d\u2019autres quittent le navire, l\u2019Union serait, cette fois, vraiment en danger de mort.Aux Pays-Bas, l\u2019extrême droite emmenée par le député Geer t Wilders, appuyé par divers mouvements populistes et des intellectuels eu- rophobes, compte bien surfer sur la vague britannique.Un peu avant que Marine Le Pen réclame une consultation populaire en France et dans tous les pays de l\u2019Union, le leader du Parti pour la liberté s\u2019imaginait déjà en premier ministre organisant un « Nexit », la sor tie des Pays-Bas de l\u2019Union et même, dans leur cas, de l\u2019euro.En Hongrie, le premier ministre en exercice, Viktor Orban, a déjà promis un référendum sur la politique migratoire de l\u2019Union.«Leave means leave» Paris, Berlin et Bruxelles entendent prendre très vite la main et envoyer un message clair : le Royaume-Uni a choisi de partir et « leave means leave » (partir veut dire partir), comme le dit M.Juncker.L\u2019Union doit en tirer les conséquences et entrer \u2014 malgré les tentations de cer tains \u2014 dans une négociation dure avec Londres.Pour les dirigeants, il faut forcer un divorce net, rapide, tel que le prévoit l\u2019article 50 du traité de Lisbonne, avec sa « clause de retrait » qui n\u2019a jamais été activée.« Les négociations de sor tie doivent être conclues au maximum dans les deux ans.Il ne peut pas y avoir de traitement spécial », a twitté vendredi Manfred Weber, président des conservateurs du PPE, majoritaire au Parlement européen.« On ne peut pas attendre les discussions au sein des tories », précise-t-il en s\u2019inquiétant de la volonté de M.Cameron de ne pas déclencher l\u2019ar ti- cle 50 avant son remplacement en octobre.En théorie, l\u2019Union a deux ans pour détricoter les relations nouées avec Londres depuis 1973.Puis, le Royaume-Uni devra renégocier sa relation commerciale et politique avec les 27.Là aussi, les dirigeants de la Commission ont fait passer un message sans ambiguïté : pas question pour les Britanniques de continuer à profiter comme si de rien n\u2019était, gratuitement qui plus est, du marché intérieur.Sans droits de douane, avec la liberté de circulation des biens, des services, des capitaux et des services.Le pays devra payer son écot au budget de l\u2019UE, se soumettre à ses lois, à la Cour de justice, etc.Dans les faits, les Vingt-Sept sauront-ils faire front et trancher franchement le cordon ?Certains ne risquent-ils pas de reculer au moment de sauter et de plaider la conciliation, voire le statu quo avec Londres?Surtout si les marchés financiers accusent trop violemment le coup ?C\u2019est le pari que faisaient les « brexiters » britanniques.Au cours des derniers jours, certains, à Bruxelles, doutaient même de l\u2019attitude allemande, même si le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, était monté au créneau.«Un avant et un après» Le départ des négociations du divorce pourrait être donné dès le Conseil européen des 28 et 29 juin prochains, à Bruxelles, prévu de longue date mais qui sera, pour le coup, totalement concentré sur le Brexit.À moyen terme, quelle sera la réaction des institutions bruxel- loises ?« Il y aura un avant et un après référendum », répétaient, sur tous les tons, les dirigeants au cours des dernières semaines.Une refondation de l\u2019UE paraît bien nécessaire.Car l\u2019Europe n\u2019en a pas fini avec ses «autres » crises et le dépar t du Royaume-Uni risque, en outre, de peser sur le couple franco- allemand, déjà en très petite forme.Londres était considéré comme l\u2019indispensable « sparing partner» de Paris et de Berlin, l\u2019élément nécessaire à l\u2019équilibre entre les deux capitales.Londres était en ligne avec l\u2019Allemagne sur les sujets économiques, plus en phase avec la France dans les domaines de la défense et des affaires étrangères.Mais quelle réforme pourrait être appliquée à l\u2019Union?M.Tusk appelle à en finir avec ce qu\u2019il estime être l\u2019utopie fédéraliste et à reconnaître que l\u2019euroscepticisme est une réalité qu\u2019il n\u2019est plus possible d\u2019ignorer.«Je ne crois pas que nous devrions faire un pas important dans l\u2019approfondissement ou l\u2019élargissement de l\u2019Union», a expliqué le social-démocrate néerlandais Jerœn Dijs- selblœm, président de l\u2019Eurogroupe.Le Monde SUITE DE LA PAGE B 1 BREXIT JOHN THYS AGENCE FRANCE-PRESSE Le président du Conseil européen, Donald Tusk YAN DOUBLET LE DEVOIR Le réveil a été dur, le 22 juin, pour tous les habitants de la ville de Québec quand ils ont appris que la capitale n\u2019aurait pas d\u2019équipe d\u2019expansion. annonce des résultats du référendum britannique a laissé une grande partie de la planète bouche bée.Après 43 ans, le Royaume-Uni a choisi par une mince marge de quitter l\u2019Union européenne.Pour les partenaires de l\u2019Europe, dont le Canada, cette nouvelle donne bouscule d\u2019importants calculs économiques et commerciaux.La première réaction des grandes capitales non européennes était d\u2019ailleurs entendue: reconnaissance du droit démocratique des Britanniques de décider de leur avenir, respect du résultat et réaf?rma- tion des liens d\u2019amitié avec les uns et les autres.Le premier ministre Justin Trudeau n\u2019a pas fait exception.Pour le gouvernement canadien, cette onde de choc arrive au mauvais moment, lui qui espérait rati?er d\u2019ici le 1er janvier prochain l\u2019Accord économique et commercial global (AECG) conclu entre le Canada et l\u2019Union européenne.Rien n\u2019indique que l\u2019entente soit remise en question par l\u2019UE, mais ses pays membres doivent terminer leur processus d\u2019approbation et certains ont des réserves.Le Royaume-Uni (RU), en revanche, était un des premiers sup- porteurs de l\u2019accord, un fait important puisque le RU est le premier marché du Canada en Europe et le troisième partenaire commercial du Canada après les États-Unis et la Chine.L\u2019AECG ne fait pas l\u2019unanimité au Canada, mais le gouvernement libéral en fait une priorité, avec ou sans la Grande-Bretagne.Il l\u2019a dit durant le référendum et doit le rappeler aux autorités européennes a?n qu\u2019il ne se perde pas dans le tumulte à venir.De son côté, l\u2019UE aurait avantage à réitérer son intérêt.Ce serait un gage de continuité qui rassurerait ses partenaires commerciaux.Cela ne résout toutefois pas le nouvel aspect de l\u2019équation canadienne : l\u2019accès futur au marché britannique.Avant le vote, le premier ministre Justin Trudeau avait fait comprendre aux Britanniques qu\u2019un copier-coller de l\u2019AECG n\u2019était pas une option au lendemain d\u2019un Brexit.Après tout, les compromis faits pour sceller une entente multilatérale ne peuvent être les mêmes que pour une entente bilatérale.Comme le disait Jean Charest à la CBC à la veille du vote, l\u2019UE est passée de 27 à 28 durant les négociations de l\u2019AECG.«Quiconque devient membre embarque dans le train en marche et quiconque [le] quitte saute d\u2019un train qui continue sa route.» Le divorce RU-UE n\u2019étant pas immédiat, les règles du jeu resteront inchangées pour l\u2019instant.Ottawa a donc le temps de jauger l\u2019état des lieux.L\u2019incertitude des entreprises, des exportateurs et des investisseurs canadiens est toutefois bien réelle, et le gouvernement doit, plus tôt que tard, indiquer comment le Canada entend s\u2019y prendre pour protéger ses intérêts commerciaux au Royaume-Uni.Les leaders européens jurent qu\u2019« il n\u2019y aura pas de renégo- ciation » avec Londres et attendent de la Grande-Bretagne qu\u2019elle quitte l\u2019Union « au plus vite ».Question de tenter d\u2019endiguer les oppositions que ce référendum enfièvre à la grandeur du continent.Que Bruxelles le veuille ou non, le stupéfiant vote britannique pour le divorce d\u2019avec l\u2019EU ouvre une boîte de Pandore.es élites pro-européennes s\u2019imaginaient donc pouvoir calmer indé?niment la désaffection populaire sans procéder à un sérieux examen de conscience.Et se contenter de diaboliser les ul- traconservateurs de tous bords.Le vote pro- Brexit avise l\u2019Union européenne (UE) du fait qu\u2019elle a l\u2019impérieux devoir de se démocratiser, de sortir de son opacité et de se faire plus attentive, si tant est que cela soit possible dans l\u2019ordre actuel des choses.Certes, la crise migratoire pollue les débats, en excitant un peu partout les objections identi- taires les plus laides, mais la colère qui vient de se manifester en Grande-Bretagne par une petite majorité de 52% des voix contre 48% est aussi et peut-être surtout un coup de gueule historique contre un capitalisme qui se mondialise aux dépens du commun des citoyens.«Vote Leave, take back control» : les tenants de la sortie de l\u2019Union n\u2019auraient pas vraiment pu trouver un slogan plus proche des angoisses d\u2019une grande partie de la population.C\u2019est un vote qui vient surligner la déconnexion des gouvernements d\u2019avec les réalités du chômage, de la stagnation des salaires et des bouleversements sociaux induits par la révolution technologique.Cet incroyable résultat, une éventualité que les élites pro-européennes \u2014 de Londres à Bruxelles en passant par Paris et Berlin \u2014 n\u2019auront pas eu l\u2019intelligence d\u2019envisager, ouvre une boîte de Pandore : il donne du grain à moudre aux europhobes de tout le continent.« Une victoire pour la liberté !» s\u2019est exclamée sur Twitter Marine Le Pen, chef du Front national.Pour la liberté de se replier sur soi, oui\u2026 S\u2019annoncent pour la communauté européenne des années sous le signe de tous les dangers.Ou elle se désintègre lentement ou elle prend acte de cet électrochoc pour cesser de s\u2019accrocher au statu quo et pour sortir la tête de ses sables bancaires et ?nanciers.?Il ne faut pas perdre de vue, cela dit, que les Britanniques se sont pratiquement séparés par le milieu quant au Brexit.Clivage générationnel : les trois quarts des jeunes auront apparemment voté pour le camp du Remain, selon un sondage YouGove, pendant que les plus vieux ont généralement choisi de rompre.Failles régionales et culturelles: Londres (60% des voix), l\u2019Irlande du Nord (56%) et l\u2019Écosse (dans une proportion de 62%, ce qui annonce la tenue d\u2019un second référendum autour de son projet d\u2019indépendance) ont voté pour le Remain.D\u2019où cette inquiétude exprimée en éditorial par le quotidien The Guardian : c\u2019est l\u2019idée même de la Grande-Bretagne \u2014 et son tissu social \u2014 qui est remise en cause par ce résultat référendaire, avec risque d\u2019implosion à la clé.Horizon d\u2019autant plus troublant et instable que les Britanniques se trouvent à sauter dans un vide que meubleront les forces politiquement et socialement les plus conservatrices du pays, pour ne pas dire les plus réactionnaires.Beaucoup de nostalgiques de l\u2019Empire et de vieux « thatchéristes» parmi tous ces « Brexiters »\u2026 Ce qui ne pré?gure pas un climat social placé sous le sceau de l\u2019ouverture et de la tolérance.Mais à qui les Britanniques sont-ils donc allés faire con?ance ?Et pourquoi faut-il que la critique qui mérite d\u2019être faite de la construction européenne soit à ce point captée par la mouvance ultraconservatrice ?L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 J U I N 2 0 1 6 B 4 EDITORIAL L E T T R E S Québec à vendre : saccage à Anticosti Messieurs Philippe Couillard et David Heurtel, Votre gouvernement vient d\u2019autoriser trois forages exploratoires sur l\u2019île d\u2019Anti- costi : nous sommes outrées.Comment accepter que nos élus aillent à l\u2019encontre du choix démocratique ?Comment se fait-il que votre gouvernement n\u2019entende pas la grogne, le mécontentement et le désir de changement des citoyens ?Comment se fait-il que nos élus ne se tournent pas vers les énergies propres et continuent de se soumettre à quelques lob- byistes pour remplir les poches de quelques-uns ?Nous ne voulons pas prendre les risques liés à l\u2019énergie sale : nappe phréatique sale, terrains contaminés, rejets atmosphériques sales, cours d\u2019eau sales\u2026 Nous en avons assez de salir la planète, d\u2019autant que d\u2019autres solutions sont possibles, comme on peut le voir ailleurs dans le monde et comme en témoigne la science.Comment se fait-il que le Québec, avec sa plus grande richesse qu\u2019est L I B R E O P I N I O N S I M O N D U R I V A G E Journaliste à la retraite A lors que nos écoliers sont en vacances estivales et que nos élus, à Québec, ont entamé le débat sur l\u2019éventualité de rendre obligatoires la maternelle dès 4 ans et l\u2019école jusqu\u2019à 18 ans\u2026 Alors que les élèves québécois obtiennent régulièrement de brillantes notes à l\u2019examen du PISA mis sur pied par l\u2019OCDE en mathématiques, en sciences et en compréhension de texte, je me pose une question : pourquoi avons-nous tant de mal avec la langue française, notre langue, au Québec?Je ne parle pas ici du « joual» ou encore de toutes ces expressions savoureuses de notre terroir, toute langue évoluant, se transformant au fil des ans.Je salue même notre inventivité langagière et les contributions que nous faisons à notre belle langue.Mais au fil de ma longue carrière dans le monde de la communication, j\u2019ai été frappé d\u2019entendre \u2014 et le suis toujours \u2014 dans la rue, dans des conversations, lors d\u2019entrevues ou autrement des milliers de personnes, certaines ayant souvent fait de longues études, nous servir des « quand que», des « ça l\u2019â», des «dont auquel », des « si je ferais ».Pourquoi dit-on «quand que je vas aller là » au lieu de « quand je vais aller là » ou même, à la rigueur, « quand je vas aller là»?C\u2019est le «que » qui est de trop dans le «quand que ».Pourquoi dire « ça l\u2019â pas de bon sens » au lieu de «ça n\u2019a pas de bon sens», voire «ça\u2019a pas de bon sens».J\u2019ai entendu un expert à la radio, la semaine dernière, expliquer que « la phrase à lequel vous dites, c\u2019est pas exactement ce qu\u2019il a dit ».Pourquoi avons-nous tant de difficulté avec les pronoms relatifs ?Pourquoi dire « ce que j\u2019ai de besoin » et non «ce dont j\u2019ai besoin », ou encore « ce qu\u2019il me faut »?Pourquoi avons-nous aussi décidé au Québec, depuis quatre ou cinq ans, que le verbe quitter peut s\u2019employer sans complément ?En français, on quitte quelque chose ou quelqu\u2019un, mais on ne quitte pas tout court.Je pars, alors, serait plus juste.Écoutez-nous, écoutez nos reporters, vos collègues de travail, vos amis : « Je quitte à cinq heures ».Ou tout bonnement : « Je quitte\u2026» Ces défauts langagiers se corrigent facilement.Il suffit, les ayant notés, de faire attention la prochaine fois.Mais nous faisons face à une difficulté plus ancrée, plus ardue à combattre au Québec : celle concernant le genre des mots commençant par une voyelle ou par un h aspiré.Encore une fois, écoutons- nous : «L\u2019autobus, à s\u2019en vient », «L\u2019ascenseur, à l\u2019arrive », « lls la trouvent où, l\u2019argent ?» Ou encore : « J\u2019ai eu un idée », «M\u2019a te dire un affaire», « J\u2019vas te raconter un histoire », « Ça a été une belle évène- ment».On dit «une » aéroport et «un» aérogare », alors que le mot port est masculin et le mot gare, féminin.Mais, où avons-nous appris ça ?À l\u2019école ?Ça ne devrait pas.On imagine mal nos enseignants ne pas connaître le genre des mots.Auraient-ils dû nous donner davantage de dictées, nous pousser à lire davantage ?Est-ce la faute de nos parents ?Est-ce notre faute ?Et, après tout, est-ce si grave de ne pas connaître le genre des mots ?Je me fais souvent dire : «Tu m\u2019as compris pareil.» C\u2019est toujours délicat de lancer ce débat.Personne n\u2019apprécie être pris en défaut.Je ne cherche pas ici à dénigrer qui que ce soit, mais j\u2019aimerais tellement que, comme peuple, nous aimions davantage notre langue, que nous fassions l\u2019effort de la respecter, d\u2019éviter de la malmener.Je ne me considère pas comme un puriste, encore moins comme un connaisseur.Je n\u2019ai de leçon à donner à personne.Je suis simplement convaincu que quelqu\u2019un qui parle bien sa langue fait montre que, sur toute chose, il cherche à bien faire.C\u2019est la Fête nationale des Québécois.Pourquoi ne pas nous faire ce cadeau?Pourquoi avons-nous tant de difficulté avec le genre des mots ?FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L\u2019 BREXIT L\u2019électrochoc BREXIT L\u2019enjeu canadien L GUY TAILLEFER MANON CORNELLIER sa nature luxuriante et merveilleuse, ne soit pas un exemple environnemental ?Nous tenons à informer nos familles, nos amis et nos voisins que nous souhaitons la mobilisation de toutes nos énergies pour dire NON aux « projets pétrole- Anticosti » et au « piège pipeline Énergie Est».Nous sommes deux artistes de Sutton indignées, déçues, inquiètes.Nous souhaitons unir nos voix à ceux et celles qui, comme nous, ont besoin de se faire entendre haut et fort.Josée Barrette et Isabelle Sauvé Le 22 juin 2016 Une décision qui ne tient pas la route La controverse suscitée par la décision du comité exécutif de l\u2019arrondissement d\u2019Outremont de renommer le parc de Vimy « parc Jacques-Parizeau » tient, à mon sens, d\u2019une réalité historique importante attribuée à la bataille de la crête de Vimy en France, en 1917, qui s\u2019est conclue par la prise, par quatre divisions canadiennes, de la position sous le contrôle des Allemands, et dont la Ville de Montréal soulignera le 100e anniversaire en 2017.Dans ces circonstances, il faut se demander pourquoi le comité exécutif d\u2019Ou- tremont a décidé de changer complètement la vocation du parc de Vimy, particulièrement à la veille de cet événement historique, et ce, en utilisant le nom de Jacques Parizeau, pour qui l\u2019histoire représentait la mémoire du passé, abstraction faite de toute allégeance politique.Comme l\u2019a très bien exprimé Lisette Lapointe, « il [Jacques Parizeau] ne souhaiterait certainement pas cette controverse et c\u2019était quelqu\u2019un qui était très intéressé et proche de l\u2019histoire.Et il a toujours eu un énorme respect pour cette grande victoire de l\u2019armée canadienne en 1917».Même si Jacques Parizeau a vécu près de ce parc pendant une grande partie de sa vie et que ses funérailles ont eu lieu dans l\u2019arrondissement d\u2019Outremont, il me semble que d\u2019autres sites pourraient répondre à l\u2019hommage qu\u2019Outremont veut rendre à Jacques Parizeau.C\u2019est pourquoi je suis d\u2019avis que le choix du comité exécutif ne tient tout simplement pas la route\u2026 de l\u2019histoire ! Henri Marineau Québec, le 22 juin 2016 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 J U I N 2 0 1 6 B 5 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.A N T O I N E B A B Y Saint-Antoine-de-Tilly e voudrais profiter de notre Fête nationale pour proposer l\u2019ouver ture d\u2019un débat sur l\u2019opportunité de remplacer le fleurdelisé comme drapeau du Québec par celui des patriotes de 1837, auquel on pourrait ajouter en son centre, comme une marque de notre temps, l\u2019iris versicolore, notre emblème floral par décision démocratique.Évidemment, cette proposition inattendue demande des explications que je m\u2019empresse de fournir.Et d\u2019abord, pourquoi le fleurdelisé ne fe- rait-il plus l\u2019af faire, pourquoi serait-il devenu suranné ?Tout simplement parce qu\u2019il ne correspond plus au Québec d\u2019aujourd\u2019hui, un Québec qui se construit à la fois sur l\u2019histoire, sur le présent et sur l\u2019avenir.Notre cher fleurdelisé a peut-être de bien belles vertus, mais au regard du Québec de maintenant, je lui trouve de plus en plus de vices, le premier et le plus lourd étant qu\u2019il date.Un peu, pas mal, beaucoup, passionnément ! Il n\u2019est plus capable de dire le Québec d\u2019au- jourd\u2019hui.Il nous vient de la France d\u2019avant la révolution de 1789, sans doute en lien avec ce moment d\u2019histoire où nous en étions une colonie.Si j\u2019étais Québécois d\u2019origine chinoise, indonésienne, vietnamienne, indienne, arabe, japonaise ou européenne, si j \u2019étais musulman, bouddhiste, shintoïste ou même protestant, je ne me reconnaîtrais pas du tout dans ce drapeau fait d\u2019une croix chrétienne et de fleurs de lys royales blanches sur fond bleu qui rappelle avec insistance que les pères des pères des pères des pères des Québécois de souche étaient Français, catholiques et royalistes.Néïcites et Nélabas Pourtant, aujourd\u2019hui, le Québec n\u2019est plus, faut-il vraiment le rappeler, une ex-colonie d\u2019une France elle-même ex-catholique et ex- monarchie.Dans la conjoncture actuelle, s\u2019il y a un signe ostentatoire d\u2019une appartenance religieuse spécifique et dépassée, c\u2019est bien le fleurdelisé et la croix chrétienne.Passe encore que la croix subsiste en croix de chemin, comme subsisteront d\u2019ailleurs les symboles appropriés au fronton des mosquées, des synagogues, des temples et des églises, mais sur un drapeau national comme symbole rassembleur par excellence d\u2019un pays pluriel, c\u2019est une tout autre histoire.Accepter de changer de drapeau serait pour les Québécois de souche, que j\u2019aime bien appeler les Néïcites (pour « nés icitte »), une façon de prouver aux autres Québécois, les Nélabas («nés là-bas»), que le lieu de naissance est une ligne de démarcation qui ne tient plus pour marquer le territoire de notre vouloir vivre ensemble, qu\u2019une page de notre histoire est tournée et que, sans nier les origines des premiers arrivants, le pays à venir sera grâce à eux francophone, mais sera aussi le pays de tous les gens d\u2019ici et maintenant.Ce serait une merveilleuse façon pour les Néïcites de s\u2019ouvrir aux Nélabas et de les laisser entrer de plein droit dans la marche vers le Pays.Pour moi, il ne fait pas de doute qu\u2019un attachement ringard aux symboles de nos origines nous oblige à faire ces incohérentes et détestables entourloupettes que sont les accommodements raisonnables.En obligeant tout le monde à se rallier aux symboles nationaux des ancêtres des premiers arrivants, on entretient chez les néo-Québécois le besoin de se replier sur leurs propres origines, retardant d\u2019autant leur adhésion à un projet commun auquel ils pourraient mieux s\u2019identifier.On crée ainsi des communautarismes qui tentent de faire contrepoids à notre propre communauta- risme fondateur.Les Dessouche devraient donner l\u2019exemple d\u2019ouverture sur le Québec à venir et une façon de le faire serait d\u2019accepter cette mise à jour de nos principaux symboles identitaires.Changer notre drapeau, ce serait aussi la preuve irréfutable donnée à nos compatriotes que les Néïcites, conscients de leur contribution majeure à travers la langue française et les valeurs communes de notre charte, renoncent à imposer ce qui était l\u2019essence d\u2019une identité historique statutairement révolue comme déterminant hégémonique de l\u2019identité d\u2019un Québec souverain.Beaucoup plus inclusif Je propose donc de remplacer le drapeau fleurdelisé par le drapeau des patriotes de 1837- 1838, formé des trois bandes horizontales aux couleurs verte, blanche et rouge, auquel nous ajouterions, au centre de la bande blanche, l\u2019iris versicolore, emblème floral contemporain par décision de l\u2019Assemblée nationale.Ce tricolore, qui fit une première apparition en 1832, devint effectivement le drapeau officiel des patriotes en 1837 et fut hissé par Robert Nelson et ses Frères chasseurs lorsqu\u2019ils proclamèrent la République du Bas-Canada en 1838.En ce sens, il est associé à un projet de république laïque très progressiste pour l\u2019époque, à laquelle il ne manquait\u2026 que le droit de vote aux femmes ! De ce fait, le drapeau des patriotes a cet autre avantage insurmontable sur le fleurdelisé qu\u2019il est beaucoup plus près, plus représentatif, du projet d\u2019un Québec souverain, démocratique et progressiste.Faut-il aussi rappeler que de nombreux patriotes n\u2019étaient pas Canadiens français d\u2019origine.Dans Patriotes et loyaux, Gilles Laporte le souligne d\u2019ailleurs de façon convaincante.Il se trouvait même dans leurs rangs des Européens, des descendants de loyalistes et des gens d\u2019origine britannique.Raison de plus pour considérer que le drapeau des patriotes, ainsi amendé, est beaucoup plus inclusif que le fleurdelisé, beaucoup plus rassembleur de toutes les tendances qui nourrissent notre culture commune en cours d\u2019édification.Emblème floral pour emblème floral, on ne m\u2019en voudra pas de préférer l\u2019iris versicolore, qui parle beaucoup mieux de notre démocratie d\u2019aujourd\u2019hui, que la fleur de lys des rois de France.Dans notre tricolore bien à nous, à nous tous et rien qu\u2019à nous, l\u2019iris viendrait à son tour assurer l\u2019enracinement de tous les Québécois dans une modernité intemporelle et pacifique tout en illustrant parfaitement, au dire même du texte de la Loi sur l\u2019emblème floral, « la diversité culturelle du Québec par la variété et l\u2019harmonie des couleurs de sa fleur».Un fleurdelisé trop français, trop catholique, trop royaliste Dans le Québec d\u2019aujourd\u2019hui, nous ferions mieux avec un drapeau plus rassembleur L U C G A G N O N Président Option transport durable, chargé de cours en développement durable à l\u2019École de technologie supérieure J E A N - F R A N Ç O I S B O I S V E R T Représentant de la Coalition Climat Montréal a Caisse de dépôt et placement (CDPQ) a récemment proposé son projet de Réseau électrique métropolitain (REM), comportant 12 nouvelles stations dans la région métropolitaine.Ce projet exige des investissements de 5,5 milliards, sans compter qu\u2019il s\u2019approprie des milliards en infrastructures publiques déjà payées, notamment le tunnel du Mont-Royal.Pour des coûts semblables, nous proposons de remplacer le REM par un Grand Virage composé de 3 stations de métro et 7 lignes de tramway comportant environ 140 stations.Un bref portrait des objectifs et actions du Québec permet de justifier cette proposition.Voici quelques constats qui font consensus: le Québec est trop dépendant du pétrole, donc de l\u2019automobile ; l\u2019étalement urbain coûte très cher et nous rend dépendants de l\u2019auto ; le transport est la principale source de gaz à effet de serre (GES).Et l\u2019objectif du Québec est de réduire ses émissions de GES de 37,5 % d\u2019ici 2030 (dans 14 ans).Considérant la croissance récente des émissions du transport, on doit conclure que des actions vigoureuses sont requises pour inverser les tendances et atteindre l\u2019objectif.Pour réduire les GES en transport Parmi les actions implantées, il y a le développement des véhicules électriques à batterie.Peu importent les mérites de cette option, le taux de pénétration est très faible et progresse lentement, notamment parce que la durée de vie des autos dépasse 10 ans.On doit conclure que cette option réduira faiblement les GES.Une autre option est le développement du transport collectif, basé sur l\u2019autobus diesel.Rappelons que la STM, dans son Plan de développement durable, annonce pour ses autobus des émissions de GES de 216 g CO2 par passa- ger-km.Ce taux est identique à celui d\u2019une auto solo de catégorie intermédiaire.La multiplication des autobus diesel ne peut donc pas réduire sérieusement les émissions.L\u2019écofiscalité est une autre option.Mais le prix mondial du pétrole a causé une baisse du prix des carburants de 20-30¢/litre, ce qui représente une forte incitation à consommer du pétrole.Il serait donc opportun de hausser la taxe pour compenser cette tendance.Cela signifie que, pour changer les tendances et respecter nos objectifs, il faudrait ajouter une taxe de 40 ou 50¢/litre.Un tel montant semble politiquement inacceptable.On arrive au constat suivant, les actions politiquement acceptables ne permettent pas d\u2019atteindre les objectifs, et celles qui le permettraient sont politiquement inacceptables.Heureusement, il y a une exception : le développement majeur du transport collectif électrique qui permet de multiplier l\u2019achalandage du transpor t collectif et de remplacer des centaines d\u2019autobus diesel polluants.Pour atténuer l\u2019étalement urbain Il y a consensus à savoir qu\u2019il faut réduire l\u2019étalement urbain, mais l\u2019atteinte de cet objectif est politiquement très dif ficile.On pourrait faire comme en Europe, c\u2019est-à-dire imposer un zonage strict, mais cela n\u2019est pas dans nos traditions politiques.Une autre option pour atténuer l\u2019étalement est d\u2019imposer des péages substantiels sur les ponts et autoroutes.Voilà une autre mesure difficile à faire accepter.Heureusement, parmi les options, il existe une exception : le développement massif du tramway, qui, partout dans le monde, a servi de puissant facteur d\u2019attraction, permettant de concentrer le développement et d\u2019atténuer l\u2019étalement.Si mauvais, le REM?Alors que le transport collectif électrifié représente la seule option politiquement acceptable, capable de renverser les tendances néfastes, la CDPQ a réussi à concevoir un projet qui augmentera l\u2019étalement urbain et les émissions de GES.Ajoutons à cela que le REM exige de grands investissements, ce qui va paralyser d\u2019autres projets pendant une décennie.Accepter le REM, c\u2019est accepter un très mauvais projet qui nous empêchera de respecter nos objectifs de réduction des GES.Proposition de rechange Nous avons élaboré une proposition de Grand Virage, pour démontrer le potentiel d\u2019électrification basé sur le principe du « bon mode au bon endroit ».Pour un budget semblable au REM, le Grand Virage inclut les lignes suivantes de tramway : 1.Anjou/Pie-IX/CHUM ; 2.Laval (Saint-Martin)/Pie IX/métro Pie-IX ; 3.Métro Lionel-Groulx/Lachine/aéropor t ; 4.Centre-ville/pont Champlain/Dix30 ; 5.Cen- tre-ville/pont Champlain/Taschereau/métro Longueuil ; 6.Centre-ville/Côte-des-Neiges ; 7.Le Carrefour/métro Montmorency/Bois- Francs.Le Grand Virage inclut aussi 3 stations de métro : Pie-IX, Poirier et Bois-Francs.Cette dernière station est importante pour augmenter l\u2019achalandage de la ligne Deux-Montagnes, car une grande propor tion des usagers pourra alors prendre le métro à Bois-Francs.Cer tains nous disent d\u2019abandonner notre Grand Virage, car le réalisme politique exigerait d\u2019accepter le REM tel quel, peu importent ses défauts.On peut voir l\u2019ironie d\u2019une telle position : pour un motif de réalisme politique, il faudrait abandonner (ou retarder de 10 ans) la seule option politiquement réaliste pour réduire les problèmes en transport.Une solution pourtant simple Le Grand Virage a été conçu par plusieurs experts en transport et urbanisme, avec du travail 100 % bénévole.Nous ne prétendons pas que ce Grand Virage est LA solution.Il s\u2019agit plutôt d\u2019un exemple pour démontrer le potentiel du «bon mode au bon endroit ».Pour le gouvernement du Québec, le premier pas est simple : mettre en place un processus de planification transparent et participatif, permettant d\u2019évaluer les mérites des différents projets.L\u2019ef ficacité des projets doit être évaluée en matière de coûts, achalandages et effets sur l\u2019ensemble du réseau.Avec une telle approche, il est possible de générer de grands bénéfices économiques, sociaux et environnementaux.Place au Grand Virage On peut beaucoup mieux que le Réseau électrique métropolitain ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Pourquoi ne pas remplacer le fleurdelisé comme drapeau du Québec par celui des patriotes de 1837, auquel on pourrait ajouter en son centre, comme une marque de notre temps, l\u2019iris versicolore, notre emblème floral par décision démocratique ?J L L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 J U I N 2 0 1 6 B 6 Chaque samedi pendant la saison estivale, et pour une huitième année, les lecteurs peuvent mettre leurs connaissances à l\u2019épreuve, et surtout leur patience, en se livrant aux jeux préparés par notre collaborateur Michel Roy, professeur à la retraite.En règle générale, les amateurs de mots croisés retrouveront aussi leur passe-temps favori dans cette page.S O L U T I O N S V O Y E L L E S A B S E N T E S : 1 .H o u i l l e 2 .A d i p e u x 3 .G l a ï e u l 4 .Y o u p i 5 .A g o n i e 6 .B a b i o l e 7 .M i a o u 8 .K i o s q u e N O M S C O M P O S É S : 1 G , 2 F , 3 C , 4 H , 5 D , 6 I , 7 J , 8 L , 9 K , 1 0 B , 1 1 E , 1 2 A C O N S O N N E D O U B L E : 1 .P P : a p p u i , n a p p e , j a p p e r 2 .R R : v e r r e , b a r r e a u , j a r r e 3 .N N : h o n n i r , d o n n é e , m a n n e 4 .L L : p a i l l e , h o u i l l e , a l l é e 5 .T T : b u t t e , g r o t t e , o m e l e t t e T R I P L E A M P U T A T I O N : 1 .N : C O N S O N N E 2 .A : C A R A P A C E 3 .S : D E S S U S 4 .E : P E R C É E 5 .I : I M A G I N A I R E 6 .C : S U C C I N C T 7 .U : T U B U L U R E 8 .R : F E R R U R E A C T I O N D E .: 1 .O b t e n t i o n 2 .O u v e r t u r e 3 .P a i e m e n t 4 .A d m i s s i o n 5 .D r e s s a g e 6 .É c o u t e 7 .E m b a l l a g e 8 .É v a s i o n 9 .F u s i o n 1 0 .G â c h i s o u g â c h a g e Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 302 Horizontalement I.Habilitation.II.Oligopole.Bu.III.Ménagements.IV.Ove.Batées.V.Lirette.Ardu.VI.On.Hyène.Rab.VII.Gel.Pétulant.VIII.Ase.Haïti.IX.Erre.Or.Inel (lien).X.Scélératesse.Verticalement 1.Homologues.2.Aleviné.Rc.3.Biner.Lare.4.Iga.Eh.Sel.5.Logotype.6.Ipe.Tee.Or.7.Tombent.8.Aléa.Euh.9.Tenta.Laie.10.Terrains.11.Obsédantes.12.Nu.Subtile.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 303 1.Prend tous les risques sur le tournage.2.Travaillent en jouant.3.Fait le canard.Remplace cartes et boussole.4.Respectueux attachement.Ne lâchera pas.5.Vitesse du bâtiment.Cours du Nord.Romains.6.Finira peut-être un jour dans le dictionnaire.7.Facilite les échanges.En rêve.8.Exploitées au travail.9.Possessif.fait l\u2019innocent.Ne supporte pas d\u2019être à l\u2019étroit.10.Dans l\u2019incapacité.Préposition.11.Joliment colorée.Entre Huron et Ontario.12.Fournisseurs de baguettes magiques.I.Travail en chambre chez les banquiers.II.A longtemps creusé la terre.Joli coup sur le tapis.III.Bloque toute évolution.Expression de joie et de douleur.IV.Bien logé en principe.D\u2019un auxiliaire.V.Bien dégagé.Est donc redevable.VI.Fait maintenant partie de la Dcri.Souple et à l\u2019aise.VII.Assure la liaison.Ne rien lâcher.Moderne bâtisseur de pyramides.VIII.Quand ça presse chez les jeunes.Points de rencontre.IX.Sévère à Rome.Entendre comme avant.X.Ne doivent pas laisser de traces au passage.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde MOTS CROISÉS DU SAMEDI MOTS CROISÉS SUDOKU ACTION DE\u2026 Comment désigne-t-on l\u2019action de: EXEMPLE : CHANTER = CHANT Obtenir Ouvrir Payer Admettre Dresser Écouter Emballer S\u2019évader Fondre Gâcher 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 CONSONNE DOUBLE Ici, il faut trouver la consonne double (SS, LL, NN, RR, ou autre) qui a été retirée dans les trois groupes de lettres suivants : EXEMPLE : BEE, VIE ET TUE.LA RÉPONSE EST LL, CE QUI DONNE LES TROIS MOTS BELLE, VILLE ET TULLE AUI = NAE + = JAER = VEE = BAEAU + = JAE = HOIR = DOÉE + = MAE = PAIE = HOUIE + = AÉE = BUE = GROE + = OMELEE = 1 2 3 4 5 NOMS COMPOSÉS Associez un élément (1 à 12, colonne de gauche) à un autre élément (A à L, colonne de droite), de façon à former douze noms composés.1 après- A amendement 2 arrière- B grade 3 avant- C hier 4 chez- D jour 5 contre- E liberté 6 demi- F plan 7 en- G rasage 8 mi- H soi 9 non- I soupir 10 sans- J tête 11 semi- K violence 12 sous- L voix TRIPLE AMPUTATION Voici ce qui reste de huit mots dont chacun a été amputé de trois lettres identiques.Ces lettres sont, par ordre alphabétique : A, C, E, I, N, R, S et U Il s\u2019agit de replacer chacune de ces lettres (triples) dans les mots suivants pour en découvrir le sens.Exemple : CSMLGIE.La lettre manquante est ici le «O», qui permet de découvrir le mot COSMOLOGIE.Si la première lettre du mot amputé est soulignée, cela indique que le mot commence par cette lettre.1 COSOE 2 CRPCE 3 DEU 4 PRC 5 MAGNARE 6 SUINT 7 TBLRE 8 FEUE VOYELLES ABSENTES On vous donne 8 mots (colonne de gauche, à la verticale) qui ont tous été amputés de 4 voyelles différentes.Ces 4 voyelles sont inscrites, en ordre alphabétique, pour chacun des mots, dans la 2e colonne.En?n, les lettres soulignées (colonne de gauche) sont là pour indiquer qu\u2019elles sont des lettres initiales.À la lumière de ces renseignements, vous devriez découvrir le pot aux roses.MOTS AMPUTÉS VOYELLES (EN ORDRE ALPHABÉTIQUE) 1 HLL (E, I, O, U) 2 DPX (A, E, I, U) 3 GLL (A, E, I, U) 4 P (I, O, U, Y) 5 GN (A, E, I, O) 6 BBL (A, E, I, O) 7 M (A, I, O, U) 8 KSQ (E, I, O, U) JEUX DE MOTS "]
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