Le devoir, 26 juillet 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 1 6 6 L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 J U I L L E T 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S ?w w w .l e d e v o i r .c o m AUJOURD\u2019HUI Sports \u203a La Coupe Rogers démarre sous un «ciel si bas».Lisez le texte de Jean Dion.Page B 6 Annonces.A 4 Avis légaux.B 4 Décès .A 4 Grille télé.B 7 Météo.B 5 Motscroisés B 5 Sports .B 6 Sudoku.B 6 Cinéma De «maman d\u2019E.T.» à reine du hurlement Page B 8 Allemagne Le groupe EI revendique l\u2019attentat Page A 2 Opioïdes Québec écarte la solution ontarienne Page A 3 J E A N - F R É D É R I C L É G A R É - T R E M B L A Y A près une convention républicaine marquée par les divisions au sein du Grand Old Party, la convention démocrate devait s\u2019ouvrir lundi à Philadelphie sur le thème de l\u2019unité.C\u2019est plutôt un autre parti désuni que les Américains ont pu voir alors que des partisans de Bernie Sanders ont signifié avec fougue leur refus de se rallier à Hillary Clinton, qui doit être officiellement investie candidate démocrate à la présidentielle cette semaine.Bernie Sanders a beau avoir finalement donné son appui à Mme Clinton il y a deux semaines, plusieurs de ses partisans refusent de suivre son mot d\u2019ordre.Lors d\u2019un discours en après-midi à Philadelphie, peu avant que ne débute la convention, le sénateur du Vermont a essuyé pendant de longues secondes les huées de ses délégués après avoir renouvelé son appel à voter pour la candidate démocrate.« Trump est une brute et un démagogue, a-t-il lancé.Nous devons battre Donald Trump.Nous devons élire Hillary Clinton.» Pendant ce temps, des partisans déambulaient par milliers dans les rues de Philadelphie avec des pancartes « Never Hillary », « R.I.P, DNC » et « Bernie or Bust ».Et en soirée, alors que les orateurs défilaient sur la scène du Wells Fargo Center pour vanter l\u2019ex-secrétaire d\u2019État, les huées de plusieurs délégués pro-Sanders se CONVENTION Des plaies ouvertes chez les démocrates Des partisans de Bernie Sanders refusent toujours de se rallier JEFF J MITCHELL AGENCE FRANCE-PRESSE Les partisans de Bernie Sanders l\u2019ont hué quand il a appelé à voter pour Hillary Clinton.Pour plusieurs d\u2019entre eux, c\u2019est toujours «Bernie ou rien».Certains ont fait grand bruit à la convention démocrate lundi.L\u2019économie collaborative est en plein essor.Plus que les Uber et Airbnb de ce monde, 170 organismes au Québec forgent cette nouvelle donne, propulsée par Internet et une soif de renouer avec la communauté.Gros plan sur un mouvement qui fait boule de neige.Au- jourd\u2019hui : partager son savoir.I S A B E L L E P A R É D émarrer une entreprise, maîtriser la science du kombucha sans empoisonner ses proches, faire du ré- seautage d\u2019affaires, créer un site Internet : l\u2019économie du partage s\u2019intéresse de plus en plus à l\u2019échange de savoirs et de connaissances.Grâce à des entremetteurs nouveau genre, la rencontre des cerveaux fait son petit bonhomme de chemin dans la nouvelle économie du partage.C\u2019est lors de ses études menées pour devenir enseignante que Christine Renaud, fondatrice de l\u2019organisme E-180, a été frappée par la désuétude des méthodes d\u2019enseignement actuelles.« Je ne pouvais pas croire qu\u2019on enseignait encore en plantant un adulte debout devant une classe d\u2019enfants.J\u2019ai commencé à m\u2019intéresser aux écoles alternatives et suis partie faire ma maîtrise à Harvard.» Après une incursion dans le monde des médias, notamment à PBS, où elle s\u2019affaire à promouvoir des baladodif fusions sur les réseaux sociaux, cette férue d\u2019éducation réalise qu\u2019un nombre impressionnant de personnes se tournent vers Internet pour trouver réponse à leurs besoins de combler leur soif d\u2019apprentissage.«Vers la fin des années 2000, beaucoup de gens utilisaient déjà les réseaux sociaux pour obtenir des conseils professionnels, des contacts.En fait, du braindating [rendez-vous de cerveaux] informel se faisait déjà, avant qu\u2019on en invente le nom», dit-elle.De retour à Montréal, elle fonde en 2011 la plate-forme E-180, un site d\u2019échange de savoirs visant le transfert des connaissances de tout acabit et la rencontre entre « grands esprits ».L\u2019AUTRE ÉCONOMIE Recherche humains pour échanges de neurones J E S S I C A N A D E A U U ne nouvelle espèce exotique fait craindre le pire aux agriculteurs du Québec.La punaise marbrée, aussi appelée «punaise diabolique » en raison des dommages qu\u2019elle cause aux États-Unis, est aux portes du Québec.Une équipe de chercheurs tente de documenter le phénomène avant la grande invasion.«D\u2019après moi, on va en trouver cet été, af firme Jacques Brodeur, entomologiste à l\u2019Institut de recherche en biologie végétale de l\u2019Université Laval.C\u2019est écrit dans le ciel, toutes les conditions sont réunies pour que la punaise marbrée s\u2019établisse au Québec.» La punaise marbrée, originaire d\u2019Asie, s\u2019attaque aux pommiers, aux arbres fr ui- tiers, mais également aux grandes cultures de soya et de maïs.« C\u2019est un insecte ravageur très robuste et extrêmement néfaste.Aux États-Unis, c\u2019est l\u2019ennemi public numéro un » , résume le chercheur, alors que nous roulons sur l\u2019autoroute 20 en direction du parc du Mont-Saint-Bruno.C\u2019est en 2001, dans un champ de Pennsylvanie aux États-Unis, que la punaise marbrée a été vue pour la première fois en Amérique du Nord.Depuis, elle AGRICULTURE La «punaise diabolique» aux portes du Québec SOURCE E-180 Le site de partage de connaissances E-180 met en relation des «profs» citoyens et des «élèves» avides de connaissances.L\u2019of fre va des cours de violon à l\u2019a b c de la construction d\u2019une yourte.VOIR PAGE A 8 : ÉCHANGES VOIR PAGE A 8 : DÉMOCRATE VOIR PAGE A 8 : PUNAISE L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 J U I L L E T 2 0 1 6 A T T E N T A T S T E R R O R I S T E S A 2 M A R C P R É E L à Paris L e président français et son premier ministre ont fait bloc lundi pour soutenir leur ministre de l\u2019Intérieur, fragilisé par des accusations sur des manquements à la sécurité lors de l\u2019attentat meurtrier du 14 juillet à Nice.« C\u2019est une polémique purement politique » visant « à déstabiliser le gouvernement », a dénoncé Manuel Valls sur les médias RMC/BFMTV, en ci- blant le patron de la droite ni- çoise, Christian Estrosi, ex- maire de la ville très critique à l\u2019égard du pouvoir.«C\u2019est la justice» qui doit établir la vérité et «personne d\u2019autre », a renchéri le président François Hollande, en promettant à nouveau la « transparence» sur le dispositif de sécurité établi le 14 juillet.Ce soir-là, un Tunisien de 31 ans, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, a fauché des centaines de personnes avec un camion de location de 19 tonnes sur la promenade des Anglais, le front de mer emblématique de Nice.Bilan : 84 tués et plus de 350 blessés.Et depuis, des questions sans réponse se sont multipliées sur le dispositif de sécurité mis en place pour empêcher tout véhicule de pénétrer sur cette large avenue.La controverse est alimentée par deux rapports : le premier, fait par la police municipale de Nice, af firme que le camion du djihadiste est monté sur le trottoir de la promenade des Anglais sans «aucune présence policière».Le second, de la police nationale, assure que le camion a voulu éviter un « barrage » de policiers nationaux « isolant le périmètre piéton».Dès le lendemain de l\u2019attentat, Manuel Valls avait affirmé qu\u2019il n\u2019y avait aucune « faille » à reprocher aux forces de l\u2019ordre pour la sécurisation des familles venues assister à un feu d\u2019artifice au terme duquel le tueur tunisien a fauché des centaines de personnes.Pilier de l\u2019exécutif depuis les attentats de janvier 2015, Bernard Cazeneuve, 53 ans, apparaît ébranlé par les accusations por tées contre lui.Dimanche soir encore, il est intervenu sur une chaîne de télévision pour défendre son honneur, assurer avoir « fait de la rigueur une boussole dans la vie politique».C\u2019est « un homme intègre, un homme d\u2019État, un ministre de l\u2019Intérieur formidable », a martelé lundi Manuel Valls.Une policière mise en cause Dernier rebondissement en date alimentant la polémique : la chef du ser vice de police municipale pilotant la vidéosur- veillance à Nice, Sandra Ber- tin, a accusé le ministère de l\u2019Intérieur d\u2019avoir fait pression sur elle lors de la rédaction de son rapport sur ce qu\u2019elle a vu sur les écrans de contrôle.Lundi, son avocat a saisi le procureur de Nice d\u2019éléments attestant, selon sa cliente, de la pression exercée sur elle pour obtenir un rapport confirmant une présence suffisante de policiers nationaux sur la promenade des Anglais le jour du drame.Dans le passé, Sandra Ber- tin a souvent af fiché sur son compte Twitter son soutien à Christian Estrosi, un compte fermé dans la nuit de dimanche à lundi.De son côté, Bernard Ca- zeneuve a porté plainte pour dif famation envers la police nationale et lui-même contre Mme Bertin.« Il faut que tout cela cesse [\u2026] Cette idée que l\u2019État ment, que l\u2019État a quelque chose à cacher, alimente le doute, fracture le pays », s\u2019est agacé lundi Manuel Valls.Un rapport de la police des polices est attendu dans les jours à venir sur la sécurité à Nice le soir du 14 juillet.Des familles de victimes ont fait part de leur intention de porter plainte contre l\u2019État et contre la mairie de Nice pour manquements à leurs obligations de sécurité.Dans le collimateur du gouvernement figurent l\u2019opposition de droite, qui dirige Nice, et l\u2019extrême droite, qui y est très implantée.Alors qu\u2019une primaire à droite est prévue en novembre pour la présidentielle de 2017, ces partis attribuent depuis le 14 juillet au pouvoir socialiste la responsabilité des failles présumées du dispositif policier lors de la tuerie.Agence France-Presse POLÉMIQUE SUR LA SÉCURITÉ Hollande et Valls font bloc pour soutenir le ministre de l\u2019Intérieur DANIEL KARMANN AGENCE FRANCE-PRESSE Le Parquet fédéral allemand a annoncé prendre en charge l\u2019enquête et confirmé les soupçons concernant « la motivation islamiste de Mohammad D ».P A U L I N E C U R T E T à Ansbach Y A N N I C K P A S Q U E T à Berlin L e demandeur d\u2019asile syrien qui s\u2019est fait exploser près d\u2019un festival de musique dimanche soir en Allemagne avait prêté allégeance au groupe État islamique, commettant le deuxième attentat revendiqué par l\u2019organisation djihadiste dans le pays en une semaine.Le groupe EI a affirmé lundi que l\u2019auteur de l\u2019attentat à Ansbach (sud) était l\u2019un de ses « soldats », selon l\u2019agence Amaq, un organe de propagande de l\u2019organisation extrémiste.Sur une vidéo en arabe retrouvée sur le téléphone portable de ce Syrien, «il a explicitement annoncé [agir] au nom d\u2019Allah, a fait allégeance [au chef du groupe EI], Abou Bakr al-Bagdadi [\u2026 ] et annoncé expressément une vengeance contre les Allemands qui se mettent en travers de la voie de l\u2019islam», avait indiqué auparavant à la presse le ministre régional de l\u2019Intérieur de Bavière.Le Parquet fédéral allemand, compétent en matière de terrorisme, a annoncé prendre en charge l\u2019enquête et confirmé les soupçons concernant «la motivation islamiste de Mohammad D», qui transportait des explosifs dans son sac à dos avant de se faire exploser et de blesser 15 personnes, a-t-il indiqué dans un communiqué.Il y a tout juste une semaine, un demandeur d\u2019asile de 17 ans avait blessé cinq personnes à la hache dans la même région en se réclamant de l\u2019organisation EI.Au lendemain de l\u2019attentat suicide d\u2019Ansbach, la police a découvert en perquisitionnant le foyer pour migrants où le Syrien résidait divers matériaux et équipements «qui auraient pu permettre de construire d\u2019autres bombes », a souligné le ministre de l\u2019Intérieur bavarois.L\u2019auteur de l\u2019attentat était arrivé en 2014, mais sa demande d\u2019asile avait été rejetée il y a un an et il devait être expulsé vers la Bulgarie.État psychologique fragile Il voulait s\u2019en prendre à un festival de musique pop en plein air, auquel par ticipaient plus de 2500 personnes.«S\u2019il avait réussi à rentrer dans l\u2019enceinte, il y aurait eu certainement plus de victimes », a dit un responsable de la police locale.Au-delà de la dimension djihadiste, les autorités pensent que l\u2019état psychologique très fragile du demandeur d\u2019asile a pu jouer un rôle.Le Syrien avait tenté par deux fois de mettre fin à ses jours et séjourné dans une clinique psychiatrique.« Un lien avec le terrorisme international est aussi peu à exclure qu\u2019une instabilité psychologique, ou une combinaison des deux », a estimé le ministre fédéral de l\u2019Intérieur, Thomas de Maizière.L\u2019homme était originaire d\u2019Alep et portait des blessures de guerre.Le gouvernement a appelé à éviter les amalgames avec l\u2019ensemble des migrants.«Nous ne devons pas porter de soupçon généralisé contre les réfugiés, même s\u2019il y a des procédures qui sont engagées dans des cas isolés » contre eux, a affirmé Thomas de Maizière.Le risque criminel représenté par les réfugiés dans le pays n\u2019est proportionnellement « pas plus grand que dans le reste de la population », a renchéri la porte-parole adjointe du gouvernement, Ulrike Demmer.Le gouvernement d\u2019Angela Merkel redoute de voir l \u2019appréhension de la population à l\u2019égard des migrants, dont un nombre record est arrivé l\u2019an dernier, redoubler à la suite des événements des derniers jours : dans plusieurs cas, des demandeurs d\u2019asile sont impliqués.Agence France-Presse Un deuxième attentat revendiqué par le groupe EI en une semaine en Allemagne E S T E L L E P E A R D à Ansbach « I l y a une drôle d \u2019ambiance dans la ville » : à Ansbach, l \u2019attentat suicide commis dimanche par un demandeur d\u2019asile syrien a sonné les habitants de cette petite cité bavaroise et ravivé chez certains les ran- cœurs envers les réfugiés.«Les gens sont sous le choc», explique Kirstin Maier, 49 ans.La veille, cette habitante se trouvait sur son balcon lorsqu\u2019elle a entendu une forte détonation.Vers 20 h, un demandeur d\u2019asile syrien ayant prêté allégeance à l\u2019organisation État islamique est mort en se faisant exploser près d\u2019un festival de musique dont il venait d\u2019être refoulé, en plein cœur de la vieille ville d\u2019Ansbach, dans le sud de l\u2019Allemagne.« C\u2019était un très bel homme, bien habillé, personne n\u2019aurait pensé qu\u2019il avait une bombe dans son sac à dos», a raconté à la télévision publique un témoin, Claudia Frosch, qui a croisé l\u2019auteur juste avant qu\u2019il ne se fasse exploser.Lundi, un calme étrange régnait dans cette ville de 40 000 âmes située non loin de Nuremberg.Le périmètre dressé par la police, qui se faisait discrète, empêchait d\u2019accéder à l\u2019endroit du drame et aucune trace de l\u2019explosion n\u2019était visible.Seule la présence de nombreux médias, allemands et étrangers, trahissait les événements de la veille.Certains badauds tentaient d\u2019apercevoir, en vain, le lieu de l\u2019explosion, tandis que d\u2019autres habitants vaquaient à leurs occupations quotidiennes.Discernement Installée non loin de là, à la terrasse d\u2019un café fréquenté, Kirstin Maier était d\u2019humeur sombre.«Je crois que ce n\u2019est que le début», déclare-t-elle.«La politique concernant les réfugiés a échoué depuis longtemps », estime-t-elle.Une opinion partagée par son compagnon, Rainer Bettigho- fer.« Il y a trop de réfugiés qui arrivent en Allemagne et pas assez de contrôles », regrette ce boucher de 53 ans.D\u2019autres habitants appelaient au contraire à ne pas faire d\u2019amalgames.« Tout le monde est bienvenu », af firme Thomas Trzybinski.Ce trentenaire craint toutefois «que tous les réfugiés soient maintenant considérés comme mauvais ».« On doit faire attention », ajoute cet homme, qui se trouvait tout près du lieu de l\u2019attentat.Comme beaucoup d\u2019autres, il a été très étonné.« Je pensais que cela arrivait plutôt dans les grandes villes comme Berlin, Hambourg, ou comme Munich maintenant.Mais Ansbach, on n\u2019aurait pas imaginé.» « On ne s\u2019attend pas à ce genre de choses dans une petite ville.Munich est une grande ville, mais Ansbach est vraiment tout petit et rural », raconte aussi Gertrud Schmidt, phy- siothérapeute qui a vécu toute sa vie dans la petite cité médiévale.L\u2019attentat d\u2019Ansbach est venu clore une semaine d\u2019horreur en Allemagne et tout particulièrement en Bavière, porte d\u2019entrée pour de nombreux réfugiés fuyant des zones de conflit.Vendredi soir, un forcené germano-iranien de 18 ans a tué neuf personnes à Munich en tirant dans la foule.Le 18 juillet, un demandeur d\u2019asile se disant afghan a blessé à la hache cinq personnes à Wurtzbourg, lors d\u2019une attaque revendiquée par le groupe terroriste EI.Face au risque de détérioration de la situation pour les quelque 600 réfugiés accueillis sur 12 sites par la ville d\u2019Ansbach, la maire, Carda Seidel, a exhorté lundi lors d\u2019une conférence de presse les habitants à « faire preuve de discernement ».La ville a mis en place un programme d\u2019accueil des réfugiés, « Arriver à Ansbach », que Mme Seidel souhaite étendre pour renforcer encore l\u2019intégration des migrants.Agence France-Presse Ansbach, ville sonnée après l\u2019attentat suicide Berlin \u2014 Un jeune Afghan de 16 ans, ami de l\u2019auteur de la tuerie de Munich et qu\u2019il avait rencontré le jour des faits, a été remis en liberté lundi, au lendemain de son interpellation, a annoncé une porte-parole de la police bavaroise.«Le juge n\u2019a pas vu de raison de l\u2019emprisonner », a indiqué la porte-parole.Le tueur, muni de son arme, avait rencontré cet adolescent non loin des lieux du crime, peu avant de passer à l\u2019acte vendredi dernier.La police soupçonne donc ce dernier d\u2019avoir su ce qui se tramait, mais en l\u2019état les éléments n\u2019ont pas été jugés assez probants pour justifier une incarcération.Le jeune Afghan avait aussi effacé une conversation en ligne sur Whatsapp qu\u2019il avait eue avec le tireur, David Ali Sonboly, 18 ans, mais les enquêteurs ont réussi à la faire réapparaître.Leur rencontre le jour du drame a eu lieu alors que le forcené, fasciné par les tueries de masse, était déjà en possession de son arme.De ce fait, « il y a, selon nous, la possibilité que le prévenu ait été au courant de quelque chose», a indiqué le procureur de Munich, Thomas Steinkraus-Koch.Soupçonné de « non-dénon- ciation de crime », l\u2019adolescent afghan avait été interpellé dimanche soir.Pour l\u2019heure, les enquêteurs considèrent néanmoins que David Ali Sonboly, qui s\u2019est suicidé après avoir tué neuf personnes, a agi seul.Les deux garçons avaient fait connaissance lors d\u2019un séjour dans un hôpital psychiatrique il y a un an, au cours duquel David Ali Sonboly a exprimé « une haine des hommes », a détaillé le procureur.Ils auraient échangé à propos de tueries.« Mon impression a été qu\u2019il s\u2019est comporté comme dans un jeu vidéo », a déclaré lors de la conférence de presse le commissaire Hermann Utz.L\u2019enquête a montré que David Ali Sonboly, tout comme son ami afghan, jouait beaucoup à des jeux vidéo violents.Tuerie de Munich : un ami du tueur remis en liberté BORIS HORVAT AGENCE FRANCE-PRESSE Le ministre français de l\u2019Intérieur, Bernard Cazeneuve, a porté plainte pour dif famation envers la police nationale. L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 J U I L L E T 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 P H I L I P P E O R F A L I M ême si leur usage au Canada atteint des «proportions épidémiques», le Québec n\u2019a pas, dans l\u2019immédiat, l\u2019intention de resserrer la réglementation entourant la prescription d\u2019opioïdes tels que le fentanyl ou la morphine, comme l\u2019a annoncé lundi l\u2019Ontario.Inquiétée par le « problème croissant » de la dépendance aux analgésiques, l\u2019Ontario devient la première province à cesser de payer pour les fortes doses d\u2019opioïdes.Dès janvier 2017, ces analgésiques à plus for te concentration (200 mg et plus) seront exclus du Programme de médicaments de l\u2019Ontario (PMO), qui couvre les coûts des médicaments des personnes de 65 ans et plus, et des bénéficiaires de l\u2019aide sociale, notamment.Cette décision est la « première étape » visant à s\u2019attaquer aux problèmes de dépendance aux opioïdes, a indiqué le Dr Eric Hoskins, ministre de la Santé de l\u2019Ontario.Pour tant, son homologue québécois, le Dr Gaétan Barrette, a indiqué au Devoir ne pas souhaiter emboîter le pas à la province voisine, pour l\u2019instant.C\u2019est que l\u2019usage abusif d\u2019opiacés est moins répandu au Québec, explique le ministre de la Santé.« Il y a une tendance [chez les médecins] à aller très vite vers les opiacés à forte dose, c\u2019est ce qui semble poser problème dans d\u2019autres provinces.Le Québec n\u2019est pas rendu aussi loin dans l\u2019évolution de ce problème.On est à une étape [dans les tendances de consommation des opioïdes] où l\u2019on peut réfléchir, avant de légiférer.» Il admet toutefois que certains «signaux» laissent entendre que l\u2019émission d\u2019ordonnances d\u2019opiacés connaîtrait une croissance au Québec.Une limite imparfaite En 2015, les médecins onta- riens ont signé 8,1 millions d\u2019ordonnances pour des opioïdes en tout genre, contre près de quatre millions d\u2019ordonnances au Québec, selon des données compilées à la demande du Devoir par IMS Brogan, qui fournit des données sur les ventes de médicaments.«Le Canada est le premier consommateur d\u2019opioïdes au monde», souligne la Dre Marie-Ève Goyer, du Centre de recherche et d\u2019aide pour narcomanes (CRAN).Elle qualifie l\u2019approche onta- rienne d\u2019arme à double tranchant, la limite de 200mg étant « imparfaite ».Cette dose peut être nécessaire pour certains patients, tandis que d\u2019autres peuvent être dépendants de doses bien inférieures, dit-elle.«L\u2019autre problème, c\u2019est que bien traiter un patient, ça prend du temps.Et présentement, on nous demande d\u2019avoir de plus en plus de patients, et de les voir de plus en plus rapidement», dit-elle.Directeur de la clinique de douleur chronique du Centre universitaire de santé McGill, le Dr Yoram Shir montre lui aussi du doigt le peu de temps dont disposent les médecins pour traiter leurs patients.Il juge que les médecins généralistes québécois et canadiens doivent être mieux formés pour répondre aux besoins de leurs patients souffrant réellement de douleur chronique.«Certains médecins passent aussi peu que sept minutes avec leurs patients.Les narcotiques deviennent dès lors une solution rapide à la douleur, mais parfois ni le médecin ni le patient ne comprennent les risques liés à la dépendance, qui sont très graves.» Il ne se montre pas emballé par l\u2019approche de Queen\u2019s Park.«Si un patient est véritablement dépendant, il se tournera vers le marché noir.» «La douleur chronique, c\u2019est plus qu\u2019une ordonnance, pour- suit-il.La solution à la douleur, c\u2019est le comportement, l\u2019éducation, la physiothérapie, l\u2019exercice\u2026 Mais on est dans un monde où on doit avaler une pilule pour régler son problème.» Pour s \u2019attaquer au problème, un groupe de travail du Collège des médecins planche actuellement sur un nouveau guide de pratiques concernant les opioïdes, à l\u2019intention des médecins québécois.Et la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, entend tenir un sommet sur la question à l\u2019automne.Ottawa a également présenté un plan visant notamment à soutenir l\u2019amélioration des pratiques d\u2019ordonnance, à réduire la facilité d\u2019accès aux opioïdes inutiles et à soutenir l\u2019amélioration des traitements proposés aux patients.Le Devoir Opioïdes : l\u2019Ontario cessera de rembourser, le Québec n\u2019emboîte pas le pas O ttawa \u2014 Les prochains chèques de paie du sénateur Mike Duffy seront amputés, mais ce ne sera pas à cause des ratés du système de paie Phénix, qui cause des maux de tête aux fonctionnaires fédéraux et au gouvernement.Le Sénat commencera dorénavant à déduire du salaire de M.Duffy les sommes qu\u2019il refuse de rembourser pour des dépenses de fonction contestées par la chambre haute.Le sénateur de l\u2019Île-du-Prince- Édouard avait jusqu\u2019à samedi dernier pour rembourser près de 17 000 $, et il a aussi refusé de se faire entendre lors du mécanisme d\u2019arbitrage prévu par le Sénat.La porte-parole du sénateur Leo Housakos, président du Comité permanent de la régie interne, des budgets et de l\u2019administration, a indiqué lundi que la chambre haute devait procéder à ces déductions sur le salaire en vertu de la politique de règlement des litiges, mise en place à la suite du rapport du vérificateur général.Jacqui Delaney n\u2019a pu préciser l \u2019ampleur ni la durée des ponctions sur le salaire de M.Duffy, qui ne sont pas encore entièrement déterminées.Le Sénat avait procédé de la même façon dans le cas de Patrick Brazeau, afin de récupérer environ 49 000 $ en allocations de logement contestées.Il a été impossible de joindre M.Duffy, lundi.Le Sénat a décidé le mois dernier de lui réclamer 16 995 $, après réévaluation de sept réclamations et à la lumière de renseignements nouveaux «apparus dans le domaine public» lors du procès criminel du sénateur Duf fy.La chambre haute conteste notamment 10 000$ de réclamations pour un entraîneur personnel, mais aussi une facture d\u2019aussi peu que 8$ pour des photos personnelles.L\u2019avocat de M.Duf fy avait plaidé devant le Sénat que les dépenses de son client ont été pour ainsi dire validées par son acquittement au criminel, plus tôt cette année.Donald Bayne a aussi expliqué que M.Duffy refusait de participer au mécanisme d\u2019arbitrage parce qu\u2019il ne voulait pas «sanctionner» cette «atteinte collatérale abusive» du verdict de non-culpabilité prononcé par le juge Charles Vail- lancourt, de la Cour de l\u2019Ontario, sur les 31 chefs d\u2019accusation.La Presse canadienne REMBOURSEMENT Le Sénat amorce les déductions sur le salaire de Duffy M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L e gouvernement Trudeau a beau espérer que la réforme électorale fasse consensus, les premiers experts invités à of frir leur avis sur les possibles changements envisageables ne l\u2019ont pas aidé.Car aucun des trois politologues ne s \u2019est entendu quant au mécanisme de vote idéal.En lançant le bal des témoignages au comité parlementaire sur la réforme électorale, la ministre des Institut ions démocratiques, Ma- ryam Monsef, avait invité les députés à faire preuve de compromis afin de s\u2019entendre sur une recommandation.Seul constat par tagé par les trois politologues invités à ce même comité : le système actuel uninominal à un tour n\u2019est pas parfait, mais aucune des autres options ne l\u2019est.Le professeur de sciences politiques de l\u2019Université Wilfrid Laurier à Waterloo, Brian Tanguay, préconise le système proportionnel mixte.Un tel changement permettrait l\u2019élection de députés locaux \u2014 respectant l\u2019importance accordée par l\u2019électeur à une représentativité locale \u2014 et de députés régionaux pigés dans une liste de candidats des partis \u2014 ce qui permettrait d\u2019atteindre une proportionnalité entre le nombre de votes exprimés et le nombre de sièges obtenus au Parlement.Davantage de gouvernements de coalition s\u2019ensuivraient.Certaines études suggèrent qu\u2019un système proportionnel permet de hausser la participation électorale de six à sept points de pourcentage, a noté M.Tanguay.Mais en Nouvelle- Zélande, bien que la participation ait augmenté à la suite de l\u2019adoption de ce modèle, elle a rediminué par la suite, a rectifié Nelson Wiseman de l\u2019Université de Toronto.Ce second politologue estime qu\u2019un système proportionnel mènerait à la création de toutes sor tes de par tis politiques défendant des intérêts particuliers \u2014 comme un parti pour les retraités créé en Israël.Le Canada verrait peut- être même la création de partis d\u2019intérêts provinciaux, défendant les préoccupations précises des citoyens de chaque région, s\u2019inquiète M.Wiseman.Kenneth Carty, de l\u2019Université de Colombie-Britannique, partage ses craintes, prédisant que la proportionnelle morcellerait carrément les partis nationaux qui se fractionneraient en ver tu de préoccupations pointues.« Et comme Humpty Dumpty, ce ne serait pas facile de recoller les morceaux», a-t-il illustré aux députés réunis exceptionnellement fin juillet pour causer réforme électorale.M.Carty n\u2019a pas pour autant émis de préférence.« Il n\u2019y a pas de système parfait, pas plus que de meilleur système électoral.C\u2019est pour ça qu\u2019aucun pays du monde démocratique n\u2019a exactement le même système.» Nelson Wiseman est du même avis.Mais s\u2019il faut en choisir un, il suggérerait un système à vote unique transférable dans des circonscriptions de tailles variables \u2014 plus grosses pour les grandes villes dont les électeurs par tagent les mêmes préoccupations, plus petites pour les régions rurales aux priorités plus variées.Nul besoin de référendum Les politologues ont toutefois été unanimes à rejeter l\u2019indispensabilité d\u2019un référendum.Ce qui a mené à quelques échanges musclés avec les conservateurs, qui en réclament un à tout prix.«Ce n\u2019est pas nécessaire, c\u2019est un gaspillage d\u2019argent et ça va presque certainement échouer», a fait valoir M.Wiseman, qui estime que les électeurs s\u2019adapteront à quelque système électoral que ce soit.En 2004, la Colombie-Britannique a sondé sa population sur une possible réforme.« La grande majorité des gens qui ont voté au référendum ne savaient vraiment rien de l\u2019enjeu sur lequel ils votaient», a relaté M.Carty.Les conservateurs ont malgré tout continué de marteler qu\u2019une réforme aussi « radicale » ne pouvait se faire sans consulter la population.«C\u2019est pour ça que vous êtes élus! Vous êtes élus pour élaborer des politiques publiques, pas pour tenir votre doigt en l\u2019air et voir de quel côté souffle le vent», leur a scandé Nelson Wiseman.Le Devoir RÉFORME ÉLECTORALE Pas de consensus sur un système idéal KARIM SAHIB AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019avion solaire Solar Impulse 2 a atterri à Abou Dhabi au terme d\u2019un tour du monde historique Parti d\u2019Égypte, Solar Impulse 2 a atterri mardi à Abou Dhabi, où cet avion capable de voler jour et nuit avec l\u2019énergie solaire comme unique carburant a bouclé un tour du monde sans précédent.L\u2019avion, piloté par le Suisse Bertrand Piccard, s\u2019est posé sans encombre à 4 h05 (20 h05, heure de Montréal) à l\u2019aéroport Al-Bat- ten, près de la capitale des Émirats arabes unis, d\u2019où il était parti le 9 mars 2015 pour un périple de plus de 42 000 kilomètres à travers quatre continents, effectué sans une goutte de carburant.Saskatchewan Nouvelle-Écosse Québec Colombie-Britannique Île-du-Prince-Édouard Alberta Manitoba Nouveau-Brunswick Ontario Terre-Neuve-et-Labrador 41,62 47 47,84 50,4 50,92 52,9 55,01 57,37 58,35 58,41 Ordonnances d\u2019opiacés par 100 habitants ISTOCK En 2015, les médecins ontariens ont signé 8,1 millions d\u2019ordonnances pour des opioïdes en tout genre.I M S B R O G A N L E D E V O I R L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 À 2 MIN.MÉTRO CRÉMAZIE Grand 6 1/2, RDC, idéal pour professionnels.LIBRE.1 250 $ 514-886-9895 DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER MILE END - LAURIER OUEST Beau grand 6 1/2 chauffé, ensol., très propre, 3e étage, balcons.Réf.requises.AOÛT.1 600 $ 514-272-5683 ou 514-737-3563 NDG - 6 1/2, HAUT DUPLEX Lumineux, chauffé, 3 CAC, 1.5 SDB, 2 balc., 5 électros, rangement s/sol, déneigement.Près métros.1 900 $ 514-483-4866 OUTREMONT - 190 Willowdale 3 1/2 - 4 1/2 réno Près métro UdeM Chauffés, eau ch., poêle/frigo, asc.514 738 5663 - 514 735-5331 OUTREMONT - 5, Vincent d'Indy 11/2, 31/2, 41/2, Penthouse 51/2, rénovés, près métro, UdeM.Poêle/frigo.Chauffé, eau chaude.Ascenceur.514 737-8055 514 735-5331 165 PROPRIÉTÉS À LOUER PARIS VII - XV Champ-de-Mars Site exceptionnel - 2 1/2 rénové 08 Tt équipé, très ensoleillé.Sur jardin Sem/mois 514 272-1803 PROVENCE Vallée du Rhône Maison de village dans le quartier médiéval de Nyons.2 c.c.2 s.de b.Toute équipée.Terrasse ensoleillée.Internet.www.bonnevisite.ca/nyons mariehalarie@gmail.com 170 HORS FRONTIÈRES EUROPE À LOUER *Librairie Bonheur d'Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre.514 914-2142 1317, ave du Mont-Royal Est COMME NEUVES CHAISE ÉLECTRIQUE JAZZY 2013 (moins de 10 km de parcouru) BATTERIES AU GEL 2015 (testées A1 le 3 juin 16) CHARGEUR + DRAPEAU + DOSSARD.Preuves d'achats disponibles.Demandons 2 000 $ Faut voir ! 450-613-0020 Votre PME paie trop cher ses télécommunications?Me Julien Valois-Francoeur 514-667-4860 307 LIVRES ET DISQUES 390 DIVERS 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE 564 DÉCORATION INTÉRIEURE LES PETITES ANNONCES DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 À 17H00 Pour placer, modi?er ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l?édition du lendemain.Téléphone: 514-985-3322 Télécopieur: 514-985-3340 petitesannonces@ledevoir.com Conditions de paiement : cartes de crédit AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s?il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s?y serait glissée.LE DEVOIR ne sera pas respon sable des erreurs répétées.Merci de votre attention.L E S P E T I T E S A N N O N C E S Téléphone: 514-985-3322 Télécopieur: 514-985-3340 Courriel: petitesannonces@ledevoir.com 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER 165 PROPRIÉTÉS À LOUER BAIN EN BOIS 100 % QUÉBEC ARTECO INC arteco.ca 438.397.1560 arteco.inc@gmail.com PARCE QUE VOUS ÊTES UNIQUE 564 DÉCORATION INTÉRIEURE 564 DÉCORATION INTÉRIEURE Promotion spéciale Petites annonces Pour les annonces textes de 5 lignes et moins 7 jours de parution : 100 $ Pour les encadrés À l\u2019achat de deux obtenez le troisième gratuitement Pour information Téléphone : 514 985-3322 Courriel : petitesannonces@ledevoir.com 695 AUTOMOBILES ENCAN Dans le cadre de l\u2019exposition du Granby international des voitures anciennes, qui se tiendra les 30 et 31 juillet 2016, au parc Daniel Johnson à Granby.Un encan de véhicules de 1996 et moins aura lieu le samedi 30 juillet à compter de 10h.Bienvenue aux vendeurs et acheteurs! Pour inscrire un véhicule : 450 659-6209 514 923-6209 695 AUTOMOBILES 5 9 9 9 25-7 4 5 1 : c.é l é T 9 4 1 1 1 - 5 52 4 5 é: l é T Q 2 H c, l, a é r Mont u e, r v Ha u D e r , 5 85 1 o l ie r m é e M L (comptoir à la clientèle fermé le dimanche) Sam Dimanche à vendredi:10h à12h et de 1 ar téléphone, télécopieur ou par courriel P Pour une publication s m el.co i olog r ie@lememo cr ne rmé 4 X 2 K edi: fe Heure de tombées 15h15 à 17h00 3h ection décès dans B R I G I T T E C A S T E L N A U à Paris D es « dizaines de milliers » de bébés risquent de naître avec des malformations du crâne et du cerveau ou d\u2019autres af fections en raison de l\u2019épidémie de Zika en Amérique latine et aux Caraïbes, selon une étude publiée lundi.«Dans le pire des scénarios», 1,65 million de femmes enceintes pourraient contracter le virus au cours de cette épidémie, d\u2019après les auteurs de cette étude, qui jugent « crédible » ce chiffre «plafond».Parmi ces femmes infectées pendant leur grossesse, « des dizaines de milliers » pourraient mettre au monde un enfant atteint de microcéphalie (développement insuffisant du crâne et du cerveau) ou d\u2019anomalies cérébrales sans malformation visible du crâne à la naissance.Parmi les autres risques liés au virus figurent divers troubles neurologiques, des retards de croissance ou même la mort du fœtus.Au total, plus de 90 millions de personnes, dans toute l\u2019Amérique latine et les Caraïbes, pourraient avoir été infectées à la fin de l\u2019épidémie, qui a débuté en 2015 sur le continent, estiment les chercheurs, dont les travaux sont publiés dans la revue Nature Microbiology.Dans 80 % des cas, l\u2019infection reste bénigne et passe même souvent inaperçue, rappellent ces chercheurs.Il n\u2019existe à ce stade aucun vaccin ni traitement spécifique contre le Zika, transmis principalement par des moustiques Aedes aegypti, mais aussi par voie sexuelle et de la mère à l\u2019enfant qu\u2019elle porte.Cette prévision, comme d\u2019autres, comporte cependant une «énorme» part d\u2019incertitude, reconnaît Alex Perkins de l\u2019Université Notre-Dame, en Indiana, principal auteur de l\u2019étude.D\u2019après ces calculs, avec 37,4 millions d\u2019infections, le Brésil devrait se retrouver en tête des pays de la région touchés, devant le Mexique (14,9) ou le Venezuela (7,4), en raison de sa taille et de conditions favorables à la transmission du virus (température).D\u2019autres experts, qui n\u2019ont pas participé à cette étude, jugent « prudentes » ces estimations concernant le nombre de bébés potentiellement atteints.Une recherche récente suggère que jusqu\u2019à 29 % des bébés de mères infectées développent des problèmes, relève ainsi le Dr Derek Gatherer, de l \u2019université britannique de Lancaster.«Si cela se confirme, plus d\u2019un demi-mil- lion d\u2019enfants en Amérique latine pourraient finalement être touchés», ajoute-t-il.Le Zika s\u2019est rapidement propagé en 2015 en Amérique du Sud et dans les Caraïbes.L\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déjà prévenu depuis plusieurs mois qu\u2019elle s\u2019attendait à une propagation « explosive » dans les Amériques, avec 3 à 4 millions de cas cette année.Pour faire les projections publiées lundi dans Nature Microbiology, les chercheurs ont notamment pris en compte l\u2019immunité acquise par la population, au départ totalement vulnérable à l\u2019infection.Cette immunité, dite « immunité de troupeau », sur vient quand le nombre de personnes immunisées a dépassé une masse critique, conférant une protection indirecte au reste de la population, un phénomène de barrière que l\u2019on retrouve dans d\u2019autres épidémies.Les auteurs ont aussi intégré dans leurs calculs les niveaux réels d\u2019infection au Zika dans la population, mesurés à l\u2019aide d\u2019analyses de sang.Par comparaison, 53 millions d\u2019infections par le virus de la dengue ont eu lieu en 2010 dans cette région du monde, d\u2019après une étude parue en 2013.L\u2019épidémie actuelle de Zika devrait s\u2019éteindre d\u2019elle-même dans les deux à trois ans en Amérique latine, ont estimé à la mi-juillet des chercheurs britanniques dans la revue Science.Une autre épidémie de grande ampleur ne devrait pas survenir avant au moins dix ans, le temps nécessaire pour qu\u2019apparaisse une nouvelle génération de personnes qui n\u2019ont pas été exposées au virus et ne sont donc pas immunisées.Agence France-Presse ZIKA Des dizaines de milliers de bébés pourraient naître avec des malformations S T É P H A N I E M A R I N A u procès de Richard Henry Bain, la défense a fait venir lundi à la barre des témoins pour démontrer que l\u2019accusé avait de très bonnes relations avec les francophones dans son entourage et que sa personnalité avait grandement changé lorsqu\u2019il avait pris sa retraite en 2008.L\u2019homme a été accusé pour la fusillade du 4 septembre 2012 \u2014 le soir de l\u2019élection provinciale \u2014 au Métropolis à Montréal, où la chef péquiste Pauline Marois prononçait son discours de victoire.Il a plaidé non coupable aux six chefs d\u2019accusation déposés contre lui, y compris celui de meur tre prémédité pour la mort du technicien de scène Denis Blanchette.L\u2019homme âgé de 65 ans fait face à trois chefs de tentative de meurtre et est aussi accusé de possession de matériel incendiaire et d\u2019incendie criminel.Bain présente une défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.Son état psychologique avant l\u2019attentat est ainsi crucial à sa défense.Un employé «normal» Lundi, la défense a fait entendre quatre témoins, dont le frère aîné de l\u2019accusé.Richard Henry Bain était le superviseur d\u2019Alain Goyer, qui a témoigné que lui-même est francophone, tout comme la majorité des employés de leur usine de cuivre.Il a déclaré qu\u2019il n\u2019y a jamais eu de problèmes ni de tensions entre Richard Bain et les francophones.Un autre collègue de travail, Hans Pearsson, a confirmé le tout.«Pour moi, il était un employé normal.Il n\u2019a jamais été violent.Il n\u2019a jamais parlé des droits des anglophones », a déclaré l\u2019homme qui s\u2019exprime lui-même en anglais.Ses relations avec les francophones ont fait l\u2019objet de nombreuses questions de son avocat, Alan Guttman, vraisemblablement parce que, le soir de son arrestation, Bain a été filmé criant en français « les Anglais se réveillent » et qu\u2019il avait tenu dans le passé un discours pour la par tition de Montréal du reste du Québec.De plus, l\u2019accusé aurait affirmé à la psychiatre Marie-Fré- dérique Allard, après son arrestation, que son plan était de tuer le plus de séparatistes possible ainsi que la chef péquiste Pauline Marois.Bain a toutefois indiqué ne pas se souvenir d\u2019avoir prononcé ces paroles.Interrogé par Me Guttman, M.Goyer a dit que Bain était très humain, qu\u2019il se préoccupait des conditions de travail des employés, les encourageait et avait toujours de bons mots pour eux.Après sa retraite, il a continué d\u2019entretenir des relations avec son ancien superviseur.Mais il indique qu\u2019à cette époque, et même un peu avant en 2007, lorsqu\u2019il y a eu un lockout à l\u2019usine, son attitude a complètement changé.Il serait devenu impatient, autoritaire, ner veux, moins précis, a témoigné M.Goyer.Même son langage corporel a changé.Puis, après sa retraite, Bain s\u2019est séparé de sa conjointe et a vendu sa maison.Le témoin a indiqué qu\u2019il trouvait que l\u2019accusé s\u2019inquiétait du virus H1N1 de façon démesurée.Quant à Roger David, il connaît l\u2019accusé depuis 35 ans parce que ses parents avaient un chalet près de celui de Bain.Durant toutes ces années, il n\u2019a vu aucun problème entre Bain et son père, ni avec d\u2019autres francophones.Lui aussi indique qu\u2019il a changé au moment de sa retraite.Notamment, il s\u2019est joint à un groupe religieux et s\u2019est mis à parler de religion, ce qu\u2019il ne faisait pas auparavant.Et puis, quand la crise du H1N1 est arrivée, Bain craignait que cela ne devienne une pandémie.Il a alors acheté 10 bonbonnes de propane de 100livres et de grosses génératrices, a-t-il relaté.Un autre témoin a souligné qu\u2019il avait aussi entreposé une quantité impor tante de nourriture non périssable.Le frère aîné de Richard Bain, Robert, a confirmé les changements observés chez son frère à cette époque.« Vous ne pouviez plus raisonner avec lui et le faire changer d\u2019avis », a-t-il témoigné.Un jour, devant son comportement inhabituel, il lui a demandé comment il allait.Richard Bain a répondu qu\u2019il se sentait très bien et qu\u2019il prenait des antidépresseurs.« Il était correct puis, une minute plus tard, il devenait très excitable, très émotif », a-t-il dit.Richard Bain lui avait parlé de sa vision pour un Montréal indépendant dans l\u2019éventualité où le Québec se séparerait.Et puis, lorsque sa femme était en attente d\u2019une opération, il a raconté que son frère est venu les voir tous deux à l\u2019hôpital, le jour de l\u2019élection, le 4 septembre 2012.Il aurait quitté l\u2019hôpital vers 18h30, a relaté le témoin.Mais avant de partir, Richard Bain a demandé à son frère s\u2019il savait où se trouvait le Métropolis.« Il était calme, normal», a-t- il dit, ajoutant qu\u2019il n\u2019a pas montré d\u2019hostilité envers les francophones à ce moment ni envers Pauline Marois.« Il était ami avec eux.Il a grandi avec eux.Il vivait parmi eux», a souligné Robert Bain.La défense va faire venir à la barre d\u2019autres témoins mardi, dont la psychiatre Marie-Fré- dérique Allard.La Presse canadienne PROCÈS La retraite aurait changé Richard Bain Barcelone \u2014 Une femme porteuse du virus Zika a donné naissance lundi en Espagne au premier bébé en Europe atteint de microcé- phalie liée à ce virus, selon des responsables de l\u2019hôpital de Barcelone où l\u2019enfant est né.Un autre cas avait été détecté en Slovénie, mais les parents avaient décidé d\u2019avorter.«Le bébé va bien d\u2019un point de vue clinique, ses fonctions vitales sont normales et stables », a déclaré lors d\u2019une conférence de presse Félix Castillo, directeur du service de néonatalogie de l\u2019hôpital Vall d\u2019Hebron de Barcelone.Mais il a une circonférence crânienne en dessous de la normale et « il est atteint de microcépha- lie », a-t-il précisé.La mère du bébé, dont les médecins n\u2019ont pas révélé le sexe, a contracté le virus Zika lors d\u2019un voyage dans un pays d\u2019Amérique latine, a-t-on précisé de source hospitalière, sans révéler le pays concerné.L\u2019enfant est né par césarienne, à terme, a précisé le médecin.Ses parents sont « très heureux», a ajouté la directrice du service d\u2019obstétrique, Elena Carreras.Au total, plus de 90 millions de personnes, dans toute l\u2019Amérique latine et les Caraïbes, pourraient avoir été infectées à la fin de l\u2019épidémie.En Europe, l\u2019Espagne se trouve en première ligne, car près de 21 % des étrangers qui y habitent viennent de cette zone, avec laquelle ils gardent des liens étroits.Au 22 juillet, l\u2019Espagne avait répertorié 190 personnes touchées par le virus.Toutes l\u2019ont contracté lors de déplacements dans des régions touchées, sauf une femme qui a été contaminée par voie sexuelle.Premier cas de microcéphalie due au virus Zika en Espagne CHRISTOPHE SIMON AGENCE FRANCE-PRESSE Plus de 90 millions de personnes, dans toute l\u2019Amérique latine et les Caraïbes, pourraient avoir été infectées à la fin de l\u2019épidémie, qui a débuté en 2015.Fusillade en Floride, la piste terroriste écartée Miami \u2014 Deux adolescents ont été tués et une quinzaine de personnes blessées dans une fusillade ayant éclaté à la sortie d\u2019une fête organisée pour des jeunes en Floride, la police écartant rapidement lundi la piste terroriste dans cet État américain marqué par le massacre récent d\u2019Orlando.Les deux victimes avaient 14 et 18 ans, a annoncé la police de Fort Myers, ville du sud de la Floride où la fusillade a éclaté dans la nuit de dimanche à lundi.«La police de Fort Myers veut confirmer que ces faits ne relèvent pas d\u2019un acte de terreur [comme ils ont été décrits] ou de terrorisme», a-t-elle souligné dans un communiqué.L\u2019enquête se poursuit pour éclaircir les circonstances de la fusillade, qui a également fait entre 14 et 16 blessés, dont certains grièvement, selon la police.Les tirs ont éclaté vers 12 h30 lundi sur le stationnement de la boîte de nuit Club Blu, où était organisée une fête pour des adolescents âgés de 12 à 17 ans, protégée par des gardes armés, a expliqué le club dans un communiqué sur Facebook.Les deux victimes ont été identifiées par la police comme étant Sean Archilles, âgé de 14 ans, et Ste\u2019fan Straw- der, qui venait d\u2019avoir 18 ans en juin.Agence France-Presse L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le ministre fédéral des Transports a confirmé, lundi, que les wagons-citernes DOT-111, comme ceux qui avaient explosé lors du déraillement à Lac-Mégantic, ne pourront plus transporter de pétrole brut dès le 1er novembre.L E E B E R T H I A U M E à Ottawa L e ministre des Af faires étrangères Stéphane Dion s\u2019est entretenu avec son homologue russe, Sergeï Lavrov, en marge de la rencontre annuelle des nations de l\u2019Asie du Sud-Est, au Laos.Cette discussion d\u2019une demi-heure lance les démarches du gouvernement libéral pour décrisper les relations avec le Kremlin.Depuis l\u2019annexion de la Cri- mée par la Russie en mars 2014, les contacts entre les deux pays se sont limités à des discussions entre bureaucrates.Le gouvernement de Stephen Harper refusait toute rencontre avec des représentants de Moscou tant que la péninsule n\u2019était pas rendue à l\u2019Ukraine.La rencontre a eu lieu au Laos, puisque ce pays représente un terrain neutre pour les deux partis, affirment certaines sources.Selon le porte-parole du cabinet de M.Dion, Joseph Picke- rill, le ministre a manifesté son inquiétude par rappor t à la rencontre entre la Russie et l\u2019OTAN en Europe de l\u2019Est, de même que son implication en Ukraine et en Syrie.Les deux diplomates ont également discuté d\u2019une coopération potentielle quant à l\u2019Arctique, l\u2019espace et le contre- terrorisme \u2014 des enjeux fréquemment soulevés par la Russie pour détourner l\u2019attention de la situation en Ukraine.Bien qu\u2019en campagne électorale, les libéraux se soient engagés à renouer avec la Russie, le premier ministre Justin Trudeau a aussi été appelé à maintenir la pression sur Moscou.Dissuasion et dialogue Plus tôt cet été, le gouvernement de Trudeau a annoncé qu\u2019il contribuerait au déploiement de forces de l\u2019OTAN afin de dissuader Moscou de tenter des agressions ou des intrusions dans les pays qui longent ses frontières à l\u2019ouest.Tout comme les États-Unis, l\u2019Allemagne, et le Royaume-Uni, le Canada mènera son propre bataillon en Europe de l\u2019Est \u2014 soit un groupement tactique de 1000 soldats, en Lettonie.Plus tôt ce mois-ci, durant le sommet des dirigeants de l\u2019OTAN à Varsovie, où la mission en Lettonie a été dévoilée, M.Dion avait af firmé à La Presse canadienne qu\u2019il était «terriblement regrettable» que le Canada ait à envoyer des forces militaires en Europe de l\u2019Est.Mais il a aussi affirmé qu\u2019il était dans l\u2019ordre des choses de discuter avec la Russie.«Le Canada se montrera déterminé tant dans la dissuasion que dans le dialogue.Nous nous devons d\u2019agir [sur les deux fronts], a dit M.Dion.C\u2019est important pour nos alliés, incluant l\u2019Ukraine.C\u2019est important pour nos propres intérêts.Après tout, la Russie est notre voisin dans l\u2019Arctique.» La rencontre entre MM.Dion et Lavrov a été saluée par les autorités russes, qui espèrent un nouveau départ dans les relations entre les deux pays.Mais elle a suscité des réactions mitigées du côté de l\u2019opposition au Canada.La Russie doit être mise à l\u2019écart pour son annexion de la Crimée et son soutien persistant aux rebelles séparatistes dans l\u2019est de l\u2019Ukraine, a affirmé le porte-parole conservateur en matière de défense, James Bezan.« Tant que la Russie ne désamorce pas ces activités et ne réduit pas les tensions dans la région, incluant dans les Balkans, nous ne devrions pas discuter avec elle » , a soutenu M.Bezan.La por te-parole néodémo- crate en matière d\u2019af faires étrangères, Hélène Laver- dière, a dit croire qu\u2019en théorie le dialogue est une bonne chose.Néanmoins, elle a aussi appelé le gouvernement libéral à imposer des sanctions contre deux proches alliés du président russe, Vladimir Pou- tine, qui ont des liens d\u2019affaires avec le Canada.Tant Igor Sechin, à la tête de l\u2019entreprise pétrolière propriété de l\u2019État Rosneft, qui a acquis une participation dans le secteur des sables bitumineux albertains en 2012, que Vladimir Yakunin, p.-d.g.de la société fer roviaire d\u2019État russe, qui compte une coen- treprise avec Bombardier, ont fait l\u2019objet de sanctions de la part des États-Unis.La Presse canadienne Dion veut décrisper les relations avec la Russie M A R I E - M I C H È L E S I O U I L\u2019 annonce par Ottawa du retrait anticipé des wagons-citernes DOT-111, mis en cause dans la tragédie de Lac-Mégantic, n\u2019est qu\u2019un « pétard mouillé », estime le por te-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic, Robert Bellefleur.« Tout ce que le ministre fait, c\u2019est s\u2019harmoniser avec les États-Unis », a lancé le Mé- ganticois dans un entretien avec Le Devoir, lundi.Plus tôt dans la journée, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a confirmé le retrait des wagons DOT-111 destinés au transpor t du pétrole brut au 1er novembre 2016, plusieurs mois avant les échéanciers prévus.Pour appuyer cette décision, le ministre Garneau a insisté sur l\u2019importance de « protéger les Canadiens » et d\u2019améliorer « la sécurité des communautés établies le long de nos lignes de chemin de fer ».Des justifications que Robert Bellefleur a prises avec un grain de sel.«Le ministre accélère le retrait des wagons parce que les Américains ont annoncé qu\u2019ils allaient de l\u2019avant un an avant le Canada», a-t-il réagi.En juillet 2014, le département américain des Trans- por ts a bel et bien annoncé qu\u2019il se donnait deux ans pour retirer les wagons-citernes DOT-111 transportant du pétrole brut ou de l\u2019éthanol.L\u2019annonce du gouvernement canadien arrive donc au terme de cette échéance.Pas moins de 28 000 wagons transportant du pétrole brut circulent au Canada et aux États- Unis.Les nouvelles règles canadiennes s\u2019appliqueront à l\u2019ensemble de ceux-ci, même s\u2019ils ne sont qu\u2019en transit au Canada.La réglementation canadienne concerne uniquement le pétrole brut.Elle n\u2019af fecte donc pas le transport d\u2019autres substances dangereuses.Les compagnies ferroviaires qui seront prises en défaut devront payer des amendes, dont les montants n\u2019ont pas été divulgués par le ministre.Voie de contournement Par ailleurs questionné sur la voie de contour nement que réclament depuis trois ans les résidants de Lac-Mé- gantic, Marc Garneau a répété que l\u2019échéancier pour les études en cours était le mois d\u2019avril 2019.« Il reste encore deux phases.Il faut qu\u2019il y ait une évaluation environnementale, que le gouvernement du Québec examine les terres agricoles à travers lesquelles passerait cette voie de contournement, qu\u2019il y ait une détermination plus approfondie des coûts », a-t-il déclaré.Là encore, la réponse a déplu à Rober t Bellefleur, qui n\u2019en peut plus de voir les trains circuler en plein cœur de sa ville.« On parle d\u2019une voie de 12 kilomètres.Je m\u2019excuse du mot, mais on nous niaise », a-t-il lâché.Si le projet de voie de contournement est accepté, la constr uction de la voie de contournement ne commencerait pas avant 2021 ou 2022.« Imaginez, la Caisse de dépôt propose un SLR de 67 km en pleine zone urbaine qui serait fonctionnel en 2020 », a comparé M.Bellefleur.Selon lui, le processus devrait être accéléré afin de soulager les traumatismes qu\u2019a laissés chez la population de Lac-Mégantic le déraillement d\u2019un train qui a fait 47 morts, le 6 juillet 2013.Le Devoir Retrait des DOT-111 : un « pétard mouillé », selon les Méganticois P rince Albert \u2014 La ville de Prince Albert, en Saskatchewan, qui est aux prises avec un déversement de pétrole, a annoncé lundi la fermeture de son usine de traitement des eaux.La décision a été prise parce qu\u2019une nappe de pétrole a été aperçue tôt lundi à la surface de la rivière Saskatchewan Nord, tout près de la ville.L\u2019eau de Prince Albert provient principalement de cette rivière, où de 200 000 à 250 000 litres de pétrole brut se sont déversés, jeudi, à travers une brèche dans l\u2019oléoduc de Husky Energy, près de Maidstone.Le directeur municipal, Jim Toye, af firme que les réservoirs de Prince Albert renferment suffisamment d\u2019eau pour deux jours.L\u2019Agence de sécurité de l\u2019eau de la Saskatchewan (WSA) pourrait également autoriser la municipalité à puiser dans ses bassins de rétention d\u2019eau pluviale.Cette ré- ser ve d\u2019eau supplémentaire pourrait approvisionner la communauté de 35 000 résidants quatre ou cinq jours de plus.Lundi, le conseil municipal de Prince Albert devait tenir une réunion d\u2019urgence afin, dit-on, de faire adopter des mesures draconiennes de conservation des eaux telles que l\u2019interdiction d\u2019arroser les pelouses, les terrains de golf et les parcs publics.Les parcs aquatiques, les lave-autos, les buanderies et les autres entreprises consommant d\u2019importantes quantités d\u2019eau devront suspendre leurs activités.Toute infraction à ce règlement temporaire est passible d\u2019une amende de 1000 $, a souligné M.Toye.Dimanche, la WSA a annoncé la construction d\u2019une conduite d\u2019ir rigation de 20 centimètres de diamètre pour acheminer de l\u2019eau de la rivière Saskatchewan Sud, puisée à une distance de 30 kilomètres de Prince Albert.Du côté de Nor th Battle- ford, les prises d\u2019eau potable ont été fermées vendredi et, depuis, la ville dépend de l\u2019eau emmagasinée dans ses puits.L\u2019oléoduc concerné relie un emplacement de production de pétrole lourd de Husky Energy à ses installations de LLoydminster.Il transportait du pétrole mélangé à un hydrocarbure plus léger, ajouté pour faciliter le flux du pétrole.Depuis la fuite, la compagnie y a coupé la circulation d\u2019hydrocarbures et tente de limiter les dégâts par l\u2019entremise de barrages, installés environ 40 kilomètres en amont de North Battleford.Les autorités de la Saskatchewan ignorent combien de temps nécessitera le nettoyage de l\u2019eau souillée, a indiqué Wes Kotyk, de la division de protection de l\u2019environnement de la province.Seule la moitié du volume de pétrole déversé aurait été recueillie jusqu\u2019à présent.La Presse canadienne MARÉE NOIRE Prince Albert tente de ménager ses réserves d\u2019eau Norman MacMillan, conseiller spécial de Philippe Couillard L\u2019ex-député libéral de longue date Norman MacMillan est de retour à Québec, mais cette fois-ci en tant que conseiller.M.MacMillan sera le nouveau conseiller spécial pour l\u2019entourage au bureau du premier ministre Philippe Couillard.L\u2019ancien ministre délégué aux Transports sera chargé entre autres de resserrer les liens des troupes libérales \u2014 une tâche qu\u2019il connaît bien étant donné sa longue expérience en tant que whip et whip adjoint.Norman MacMillan a été député de la circonscription de Papineau, dans la région de l\u2019Outaouais, de 1989 à 2012.Il avait notamment occupé les fonctions de whip et de président du caucus, avant d\u2019être désigné ministre délégué aux transports de 2008 à 2012 dans l\u2019ancien gouvernement de Jean Charest.M.Mac- Millan avait choisi de ne pas se représenter aux élections générales de 2012.Depuis sa retraite de la politique, il a notamment été gouverneur des Olympiques de Gatineau en 2014.La Presse canadienne T okyo \u2014 Dix-neuf personnes ont été tuées et 25 blessées lors d\u2019une at - taque au couteau dans un centre pour handicapés mentaux au Japon, perpétrée aux premières heures mardi par un ancien employé.« Les médecins ont confirmé la mort de 19 personnes», a déclaré un porte-parole du département des pompiers.Parmi les blessés, 20 sont gravement touchés, a-t-il précisé.Un homme âgé d\u2019une vingtaine d\u2019années s\u2019est rendu à la police après 3 h mardi (14 h à Montréal), disant être l\u2019auteur de la tuerie, a indiqué un porte-parole de la police de la préfecture de Kanagawa, dans la région de Tokyo.« Nous sommes en train d\u2019essayer de déterminer les détails de l\u2019affaire», a ajouté le porte-parole.La police avait auparavant reçu un appel du centre les aler tant de l\u2019agression, qui s\u2019est déroulée à Sagamihara, une ville de plus de 700 000 habitants située à une cinquantaine de kilomètres de Tokyo.Le meurtrier présumé, identifié comme Satoshi Uematsu, 26 ans, a af firmé être un ancien employé, selon l\u2019agence de presse Kyodo.Il aurait dit à la police : «Les handicapés devraient tous disparaître », selon des propos cités par le quotidien Asahi.D\u2019après la chaîne de télévision publique NHK, l\u2019homme est entré dans le bâtiment en brisant une vitre.La police a trouvé « plusieurs » couteaux dans son sac, dont certains recouverts de sang.« J\u2019ai entendu les nouvelles à la radio et je me suis précipité ici, mais je ne peux pas entrer», a déclaré le père d\u2019un enfant pris en charge par le centre, interrogé par la NHK.Environ 160 personnes sont hébergées dans cette installation, d\u2019après les autorités préfectorales, qui devraient s\u2019adresser à la presse dans la matinée.Les tueries de masse sont rares au Japon, qui dispose d\u2019une législation de contrôle des armes très stricte et d\u2019un taux de criminalité relativement faible.Mais des déchaînements de violence aveugle et coups de folie meurtrière endeuillent occasionnellement l\u2019archipel.En juin 2008, un homme de 28 ans, armé d\u2019un couteau et au volant d\u2019un camion, avait semé la panique dans le quartier électronique d\u2019Akihabara, à Tokyo, écrasant des piétons avant de poignarder des passants au hasard dans la foule avec une lame à double tranchant.Sept personnes avaient été tuées et dix blessées.Le meurtrier a été condamné à la peine capitale.Quelques années plus tôt, en juin 2001, un homme avait pénétré dans une école primaire d\u2019Ikeda, une banlieue cossue d\u2019Osaka, où il avait poignardé à mort huit enfants.Agence France-Presse Japon : 19 morts dans l\u2019attaque à l\u2019arme blanche d\u2019un centre pour handicapés O T T A W A Un homme meurt après son interpellation Ottawa \u2014 Un homme d\u2019origine somalienne, hospitalisé dans un état critique à Ottawa après avoir subi dimanche de possibles brutalités policières ayant entraîné l\u2019ouverture d\u2019une enquête, est décédé lundi, ont annoncé les autorités.L\u2019Unité des enquêtes spéciales (UES), organisme civil de supervision, a indiqué avoir ouvert une enquête après l\u2019arrestation dans la nuit de dimanche à lundi de cet homme de 37 ans.Elle a lancé un appel à témoins.Selon sa famille, il a été victime de brutalités lors de son interpellation par plusieurs policiers.Dans un communiqué, l\u2019UES a précisé que les policiers étaient intervenus à la suite d\u2019un appel faisant état de troubles à l\u2019ordre public et qu\u2019au cours de la «confrontation», l\u2019homme est entré dans un «état de détresse médicale».L\u2019homme \u2014 identifié par sa famille comme Abdi- rahman Abdi \u2014 souffrait de problèmes mentaux, a indiqué son frère Abdirizaq Abdi.Agence France-Presse Deux incendies en Californie Los Angeles \u2014 Deux gigantesques incendies faisaient rage en Californie près de Los An- geles et San Francisco, détruisant des dizaines d\u2019habitations et forçant des dizaines de milliers de personnes à fuir les flammes.Le Sand Fire brûlait aux portes de Los Angeles, forçant quelque 20 000 personnes à fuir leur domicile dans les environs de la ville de Santa Cla- rita, et menaçant 2000 logements et bâtiments commerciaux.Lundi, il n\u2019était encore qu\u2019à 10% maîtrisé et avait déjà calciné 134km2 de terrains et forêt, d\u2019après le site d\u2019informations sur les incendies inciWeb.Plus au nord de la Californie, le feu dit de Soberanes avait déjà avalé 60km2 près des célèbres côtes accidentées de Big Sur, détruisant 20 maisons et en menaçant 1650 autres.La saison des feux est particulièrement redoutable cette année en Californie à cause d\u2019une intense chaleur et de forêts desséchées par cinq années de sécheresse.Agence France-Presse Il était écrit dans le ciel que la centrale hydroélectrique de Muskrat Falls au Labrador ne serait jamais rentable.Même si Stephen Harper a déjà garanti un emprunt de 6,4 milliards pour permettre à Terre-Neuve de réaliser le rêve absurde d\u2019un politicien mégalomane, Justin Trudeau n\u2019a pas à faire de même.es Terre-Neuviens ont appris récemment de la bouche du nouveau président de la société d\u2019État Nalcor Energy (l\u2019équivalent d\u2019Hydro-Québec), Stan Marshall, que les coûts du projet Muskrat Falls avaient bondi à plus de 11 milliards au lieu des 7 milliards prévus il y a quatre ans.Muskrat Falls est situé au sud du barrage de Churchill Falls, qui appartient aussi à Terre- Neuve.À la ?n des années cinquante, le premier ministre de Terre-Neuve, le coloré Joey Smallwood, voulait construire un gros barrage avec pour objectif de vendre cette énergie aux États- Unis, ce qui amena l\u2019actionnaire principal de la compagnie d\u2019électricité, la société privée Brinco, à tenter de négocier des contrats d\u2019approvisionnement à long terme avec les Américains, et avec Hydro-Québec pour le transport de cette énergie.Les négociations échouèrent au début des années soixante, et Brinco tenta cette fois de convaincre le gouvernement Lesage d\u2019acheter l\u2019énergie qui serait produite aux chutes Churchill (alors Hamilton Falls).Mais faute d\u2019entente pour revendre cette électricité au sud, Lesage refusa de s\u2019engager à développer le potentiel de Terre-Neuve alors qu\u2019au même moment se poursuivait la construction de la Manic.Brinco dut donc chercher les centaines de millions auprès des ?nanciers de Wall Street, eux aussi rébarbatifs en l\u2019absence de débouché assuré pour l\u2019électricité.C\u2019est avec l\u2019autorisation du premier ministre Smallwood que Brinco reprit les négociations avec le Québec pour en venir, ?nalement, à une entente par laquelle Hydro-Québec s\u2019engageait à participer au ?nancement de Churchill Falls et à acheter la presque totalité de l\u2019électricité produite à un prix jugé raisonnable pour l\u2019époque, mais qui se révéla dérisoire le jour où l\u2019in?ation ?t exploser les prix de l\u2019énergie.?Déjà dans les années cinquante, Joey Smallwood avait imaginé construire une ligne sous-marine entre le Labrador et Terre-Neuve pour éviter le Québec, une idée vite abandonnée à cause des coûts.Or, voilà qu\u2019en 2010 un autre conservateur très coloré, Danny Williams, reprit l\u2019idée de se passer du Québec, qui refusait de renégocier l\u2019entente de 1969 et de prendre à sa charge le ?nan- cement d\u2019une ligne jusqu\u2019en Nouvelle-Angleterre.Lancée dans les grands projets, Hydro-Québec souhaitait participer au développement du Bas-Churchill, mais refusa mordicus de renégocier le contrat de 1969.En 2010, Danny Williams annonce donc une entente avec la Nouvelle-Écosse pour la construction de Muskrat Falls et de la fameuse ligne de transport partiellement sous-marine reliant le Labrador à Terre-Neuve, à la Nouvelle-Écosse et à la Nouvelle- Angleterre.Le tout pour la modique somme de 7,4 milliards, un chiffre jugé optimiste par les analystes (dont Le Devoir), révisé récemment à 11,4 milliards.En avril dernier, le président de Nalcor Energy, Ed Martin, quittait son poste dans un climat de scandale «pour prendre soin de sa famille ».Son successeur, Stan Marshall, reconnut aussitôt que Muskrat Falls était trop gros et trop coûteux pour Terre- Neuve.Quel client américain voudra s\u2019engager pour 25 ans alors que le prix du gaz naturel est au plus bas?Selon les prévisions de M.Marshall, le kWh d\u2019électricité pour les Terre-Neuviens passera à plus de 21 ¢ en 2021 contre 12 ¢ à l\u2019heure actuelle (8 ¢ au Québec), et ce, malgré une aide fédérale qui permet à Terre-Neuve d\u2019économiser plus d\u2019un milliard en intérêts.Car pour réaliser son plan, Terre-Neuve a obtenu de Stephen Harper, un conser vateur comme Danny Williams, qu\u2019Ottawa garantisse l\u2019emprunt de 6,4 milliards, faisant grimper d\u2019autant la dette nationale.Et voilà que Terre-Neuve, dont la population équivaut à celle de la ville de Québec, en appelle encore à Ottawa pour garantir les 4 milliards qui manquent.Cette fois, c\u2019est un premier ministre libéral, Dwight Ball, qui demande à un autre libéral, Justin Trudeau, de subventionner l\u2019impasse des grandeurs.Au nom de quoi ?Au nom du plan canadien de lutte contre le réchauffement climatique ! Eh oui, dans une province où plus du tiers des revenus budgétaires provenait de l\u2019exploitation pétrolière avant la chute des prix.Si Terre-Neuve est une province au sens constitutionnel du terme dans ce Canada où l\u2019on prétend que toutes les provinces ont les mêmes droits, n\u2019est-ce pas à la province responsable de garantir les emprunts de ses sociétés d\u2019État, même si les coûts sont élevés?L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 J U I L L E T 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Mauvaise nouvelle pour le Québec Les 13 provinces et territoires canadiens se sont entendus pour fixer une cible d\u2019immigration francophone hors Québec de 5 %.C\u2019est une mauvaise nouvelle pour la seule province majoritairement francophone du Canada.Pourquoi ?Le Québec peine déjà à accueillir un nombre suf fisant d\u2019immigrés francophones ; or avec la concurrence des autres provinces, ce sera encore plus ardu.Comme l\u2019anglais est la langue majoritaire dans le ROC, les immigrés connaissant les deux langues officielles seront choisis en priorité.Or c\u2019est ce que le Québec recherche le plus : les immigrés bilingues.La cible de 5 % ne sera pas suf fisante pour assurer la survivance des communautés francophones dans le ROC, mais il en résultera que le Québec peinera encore plus à contrer le déclin du français et le progrès de l\u2019anglais ici.Non, décidément, c\u2019est une mauvaise nouvelle pour le Québec.Mais je comprends le sourire béat du ministre des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier.Pour un fédéraliste convaincu, cela concourra à affaiblir le mouvement indépendantiste.Car moins il y aura de francophones au Québec, moins il y aura d\u2019avenir à un Québec libre.Sylvio Le Blanc Montréal, le 25 juillet 2016 L I B R E O P I N I O N Z A B I E N Â Y A T - Z Â D A Auteur de Afghan et musulman, le Québec m\u2019a conquis L es Hazâras représentent un des quatre pr inc ipaux groupes ethniques d\u2019Afghanistan et le plus hétérogène.Leur origine serait turco-mongole.La plupart d\u2019entre eux sont des musulmans chiites.Ils ont leur propre langue, le hazâragi, un dialecte persan.Ce groupe ethnique est le troisième en importance en Afghanistan.Je me souviens de mon enfance dans les années 1970, quand j\u2019habitais Kaboul.Pendant de nombreuses années, il y a eu, chez mes grands-parents, chez mes oncles et chez nous, des Hazâras qui travaillaient au service de notre famille.Quand j\u2019étais jeune, la culture sociale ambiante m\u2019avait fait comprendre qu\u2019il était tout à fait normal et acceptable que les Hazâras fassent les petits boulots au service des Tadjiks, Pachtounes et Ouzbeks.Ces autres groupes ethniques se croyaient privilégiés par Allah et supérieurs aux Hazâras.Le matin, quand je par tais pour l\u2019école et que je croisais de jeunes Hazâras de mon âge travaillant dans des échoppes, transportant de lourdes marchandises sur leur dos ou encore travaillant sur des chantiers de construction, le fait de les voir dans ces conditions créait un malaise chez moi.Je percevais l\u2019injustice sans la c o m p r e n d r e n i , à c e t t e époque, la remettre en cause.Mais j\u2019étais jeune et, dans ma conception des choses, c\u2019était Allah qui en avait décidé ainsi : j\u2019avais eu la chance de naître dans une famille tadjik, donc supérieur aux Hazâras.Ce n\u2019est qu\u2019une fois devenu adulte, après m\u2019être installé au Québec et à la suite du constat d\u2019égalité entre les hommes et les femmes et entre les Québécois de différentes origines, que j\u2019ai réalisé à quel point la discrimination raciale et culturelle était répandue dans mon pays natal.Nettoyage ethnique Aujourd\u2019hui, 35 ans plus tard, le sort des Hazâras en Afghanistan n\u2019a pas changé, et ce, malgré le fait que les jeunes de ce groupe réussissent mieux à l\u2019école que la plu- par t des autres Afghans.Ce peuple se distingue, entre autres, par son ouverture à l\u2019égalité entre les hommes et les femmes et par sa reconnaissance des qualités appartenant aux autres groupes ethniques et linguistiques d\u2019Afghanistan.Malgré ces données positives, les Hazâras continuent de subir la discrimination des autres groupes ethniques.Cette discrimination s\u2019exprime simplement : les régions habitées par les Hazâras n\u2019ont ni électricité ni eau potable.Ils n\u2019ont que rarement accès à des postes de gestion, étant de tout temps relayés aux emplois précaires.N o u s f a i s o n s f a c e , a u - jourd\u2019hui encore, non seulement à de la discrimination systématique, mais aussi à un nettoyage ethnique.Ce nettoyage s\u2019est accentué avec l\u2019arrivée au pouvoir des tali- bans en 1996.Puis, en 2001, les talibans ont détr uit les Bouddhas de Bâmiyân, région habitée majoritairement par les Hazâras, qui, bien qu\u2019ils ne soient pas bouddhistes, considéraient ces bouddhas comme une partie intégrante non seulement de leur paysage, mais aussi de leur héritage culturel.Le nettoyage ethnique ne consiste pas uniquement en la mise à mort d\u2019un peuple, mais aussi dans la destr uction de la langue et de la culture de ce peuple.Ciblés par les attentats Depuis de nombreuses années, les Hazâras sont la cible d\u2019enlèvements et d\u2019attentats gratuits, perpétrés par des groupes, fournis en armement et en argent par le Pakistan et l\u2019Arabie saoudite, dont le but ultime est toujours d\u2019éradiquer, entre autres cibles, tout musulman qui ne soit pas sunnite.En 2016, les appor ts politiques et économiques des Ha- zâras restent minimes, voire inexistants, à cause de la discrimination systématique que subit ce peuple depuis de nombreuses générations.D\u2019autant plus que le gouvernement de Kaboul est contrôlé majoritairement par les représentants de ces mêmes groupes armés et criminels qui visent les Hazâras, et ce, même lors de démonstrations pacifiques de ces derniers.Le peuple hazâra a très peu \u2014 voire aucune \u2014 protection du gouvernement afghan.Le 23 juillet 2016, ils ont encore une fois fait l\u2019objet d\u2019un attentat en plein cœur de Kaboul, faisant 80 morts et plus de 230 blessés.Ils étaient sortis manifester pacifiquement pour demander que les projets de transport de lignes d\u2019électricité viennent aussi alimenter leurs secteurs géographiques.Ce traitement de souf fre- douleur envers les Hazâras perdure depuis trop longtemps.Il est temps que la communauté internationale dénonce ce nettoyage ethnique et que nous, Québécois, démontrions notre solidarité envers le peuple hazâra comme on l\u2019a fait avec les Belges et les Français à la suite des attentats sur venus dans leur pays ces derniers mois.J\u2019espère que les Afghans (Tadjiks, Pachtounes, Ouz- beks) des diasporas d\u2019ici et d\u2019ailleurs prendront position pour cette cause qui mérite que l\u2019on se penche enfin dessus.C\u2019est nous, Afghans vivant à l\u2019étranger, qui pouvons nous exprimer le plus facilement sur ce sujet et amener graduellement les changements nécessaires pour éliminer cette vieille discrimination.Afghanistan : le drame méconnu du peuple hazâra FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET voir compter les téléspectateurs devant un match du Canadien et ceux regroupés devant un match des Predators, les soirs où les deux équipes performeront simultanément.De toute manière, il serait intéressant de savoir si le Canadien et ses Molson ont le pouvoir d\u2019interdire la diffusion au Québec du calendrier complet des matchs des Predators, s\u2019il est prouvé que l\u2019intérêt pour ces matchs est fondé.Réal Pelletier le 25 juillet 2016 Voir Subban, cet hiver\u2026 ?P.K.Subban nous a habitués ces dernières années à des performances exceptionnelles qui menacent de ne pas être remplacées par son successeur, le défenseur Weber.La décision administrative d\u2019expulser Subban de Montréal est à ce point louche qu\u2019on a choisi de l\u2019annoncer avec une extrême douceur, entre la fête du Québec et la fête du Canada, à un moment où un peu tout le monde est absorbé par les vacances ou les déménagements.Depuis les Doug Harvey et autres Jean Béliveau, les amateurs de hockey d\u2019ici ont pris goût à un cer tain raf finement du hockey sur glace et apprécient les rares joueurs qui s\u2019y adonnent, au-delà des performances rigoureusement militaires exigées par les directions d\u2019équipe.Le défenseur P.K.Subban appartient à cette catégorie de joueurs qui défient forcément le plan d\u2019attaque traditionnel, initiative qui enrichit le spectacle offert sans miner pour autant le rendement global de l\u2019équipe.La seule façon d\u2019apprécier les performances de Subban cet automne sera de suivre les matchs des Predators de Nashville sur les chaînes spor tives francophones d\u2019ici, TVA Sports ou TQS.La présentation de ces matchs devrait se révéler beaucoup plus attrayante que celle de matchs disputés par de lointaines équipes comme les Oilers et autres Canucks, pour occuper les chaînes secondaires.Il serait intéressant d\u2019ailleurs de pou- TERRE-NEUVE Folie des grandeurs L JEAN-ROBERT SANSFAÇON Élections justes et honnêtes Le régime de financement public des partis politiques basé sur une allocation par électeur mis en place par Jean Chrétien pour assurer un système électoral juste et équitable a pris fin en 2015.Le gouvernement Harper avait promis d\u2019abolir cette subvention et il l\u2019a fait malgré le protêt des partis d\u2019opposition.Plusieurs craignent que la réforme provoque un retour du financement occulte.Lors de la dernière élection, le parti conservateur a été évincé du pouvoir.Qu\u2019attendent le gouvernement Trudeau et les députés du NPD pour rétablir le système de financement qui faisait du Canada le pays le plus démocratique qui soit ?Gilles Marleau Orléans, le 25 juillet 2016 L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 J U I L L E T 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.R O L A N D B O U R N E U F Écrivain a guerre d\u2019Espagne, comme la Deuxième Guerre mondiale, dont elle fut à bien des égards la préfiguration, continue de hanter la mémoire collective.Et la littérature.À preuve, le for t et émouvant récit Pas pleurer (prix Goncourt 2014) que Lydie Salvayre a recueilli de sa propre mère, qui en fut le témoin et la victime.Rappelons les événements principaux de ces années 1930 en Espagne, mouvementées, confuses et v iolentes, qu i conduisirent à une déflagration européenne, puis mondiale et qui eurent leur écho en particulier dans des romans qui les font revivre.L\u2019Espagne est depuis 1931 une république, mais faible, rongée par le nat ional isme revend icateur dans plusieurs régions qui menace l \u2019un ité du pays, la crise économique et le chômage, séquelles de la grande crise de 1929.La domination de l\u2019Église sur la société alimente en retour un violent anticléricalisme et contribue à entretenir un vif esprit révolutionnaire.Le climat est donc propice en Espagne, comme à la même époque en Allemagne et en Ital ie, à des soulèvements et à des prises de pouvoir fascistes.En juillet 1936, le général Franco avec ses troupes tente un coup de force, qui échoue partiellement, car le gouvernement résiste.Rapidement, le pays va se trouver coupé en deux, et le conflit s\u2019étend par l\u2019intervention des puissances étrangères.D\u2019une par t, les républicains constitués en armée populaire que rejoignent les mythiques Brigades internationales, volontaires venus de 53 pays, mais dont le nombre ne dépassera pas environ 20 000.Parmi eux, des écrivains : André Malraux, Ernest Hemingway, George Orwell, Arthur Koestler comme journaliste .De l\u2019autre, les putschistes bien entraînés et armés, grossis par la Phalange, mouvement fascisant engagé dans une « croisade » nationaliste encouragée par les dignitaires de l\u2019Église.La Russie stalinienne envoie du matériel et des « conseillers » qui font bientôt faire « l\u2019épuration » des trotskistes et des anarchistes.De leur côté, l\u2019Italie de Mussolini et l\u2019Allemagne de Hitler envoient à Franco des armes, des avions et des pilotes.Ce beau monde d\u2019intervenants est évidemment moins soucieux de la destinée des Espagnols que des bénéfices à venir.«La tragédie espagnole est un charnier» (G.Bernanos) C\u2019est là que nous voyons inter venir par le verbe et la plume Georges Bernanos.Les grands cimetières sous la lune \u2014 cités abondamment par Lydie Salvayre et qui constituent une des voix du récit \u2014 assemblent des textes pamphlétaires et des chroniques dans lesquels il ne faut guère chercher un ordre chronologique ni une démonstration articulée.Ber- nanos, dont on connaît les opinions monarchistes et catholiques, volontiers antiparlementaires et non dénuées d\u2019une certaine méfiance envers les Ju i fs ( i l reconna issa i t son maître en Édouard Drumont, l\u2019auteur de La France juive), l\u2019homme de droite convaincu, militant et flamboyant, vivait à Ma jorque au moment du pronunciamento de Franco.Il voyait d\u2019un œil favorable la « croisade » catholico-nationa- liste de la Phalange (à laquelle appartenait son propre fils).Brutalement, la réalité lui saute au visage : les enlèvements et exécutions de malheureux déclarés « républicains » donc ennemis, sur dénonciation, par vengeance ou sans aucune raison, les évêques (dont il fournit la liste) cautionnant les tueries et bénissant les canons de Franco et de ses sbires.Bernanos horrifié dénonce les atrocités commises au nom de la croisade antibolchevique.[\u2026] Ceux qui ont vu Pas pleurer refait la chronique d\u2019un village, qui suit les faits et gestes de quelques personnages représentatifs, ce qui les unit, et ce qui les sépare de plus en plus à mesure que les franquistes gagnent du terrain et que les esprits s\u2019angoissent et se durcissent.Les luttes sourdes ou violentes se précipitent en 1937, l\u2019année de Guernica et de la mort de Dur- ruti, l\u2019irréductible insoumis.La méfiance est dans tous les cœurs au village, véritable microcosme de l\u2019Espagne.Viennent la chute de Barcelone et, ailleurs en Europe, les accords de Munich, où la France et la Grande-Bretagne croient avoir sauvé la paix en capitulant devant les exigences de Hitler, la victoire franquiste et les vengeances, l\u2019exode des républicains vers une France peu disposée à les accueillir (la Reti- rada qui annonce déjà la débâcle de 1940, en France cette fois-ci) .La mère (Montse) part sur la route avec sa fillette (l\u2019auteure), misérables fugitifs traqués comme Gabr ielle Roy les a vus et décrits dans d\u2019émouvantes pages de La détresse et l\u2019enchantement.Ainsi, l\u2019humble histoire de ces femmes résume l\u2019histoire de l\u2019époque, la condense et l\u2019intériorise en déplaçant le regard vers ceux et celles qui l\u2019ont vécue dans le quotidien et dans leur cœur, là où la souffrance est si difficile à effacer.De son côté, Bernanos, ne pouvant plus supporter l\u2019horreur devenue régnante à Palma de Majorque, rentre en France, sans illusion sur l\u2019avenir immédiat, une autre guerre, non pas civile celle-là, mais qui divisera aussi les esprits sous l\u2019Occupation puis gagnera l\u2019Europe et le monde entier.L ydie Salvayre évoque la voix passionnée qui soulève Les grands cimetières sous la lune dans une célébration vigoureuse : « Il croyait avoir touché le fond de la hideur\u2026 Il avait entendu hurler cent fois VIVE LA MORT\u2026 Il avait vu d\u2019honnêtes gens se convertir à la haine\u2026 Longtemps il avait essayé de tenir bon\u2026 Mais il avait atteint le seuil de ce qu\u2019il pouvait humainement souffrir.» Par la concision mordante, l\u2019ironie amère et douloureuse sans apitoiement, la véhémence sans rhétorique, en maintes pages le récit de Salvayre se hausse à la hauteur de son inspirateur.L\u2019éloge qu\u2019elle en fait se conclut laco- n iquement sur un « Sale temps pour Bernanos ».Que dirait-il aujourd\u2019hui ! ?Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à arobitaille@ledevoir.com et gtaillefer@ledevoir.com.La guerre d\u2019Espagne, Salvayre et Bernanos Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, un extrait du numéro d\u2019été (no 143) de la revue Nuit blanche (nuitblanche.com).DES IDÉES EN REVUES L C H R I S E U S T A C E Montréal e dernier avis d\u2019imposition de nombreux propriétaires du Québec ne fait que renforcer l\u2019idée que les commissions scolaires ne doivent plus participer à la gestion de la collecte de la taxe scolaire.Voici pourquoi.Bien que tout le monde s\u2019entende pour dire qu\u2019un système d\u2019éducation publique bien financé est nécessaire pour le bien-être de la société, au Québec, la majorité des citoyens semblent penser que la façon dont la taxe scolaire est prélevée et perçue est injuste.Deux facteurs sont pris en considération dans la perception de la taxe scolaire : la commission scolaire (francophone ou anglophone) auprès de laquelle est enregistré le propriétaire et le lieu de résidence, à savoir s\u2019il se trouve sur l\u2019île de Montréal ou en dehors de cette dernière.La méthode est si confuse que certains propriétaires qui résident à l\u2019extérieur de l\u2019île de Montréal et qui n\u2019ont pas d\u2019enfant à l\u2019école peuvent choisir de verser leur taxe scolaire soit à la commission scolaire francophone, soit à la commission scolaire anglophone de leur localité.Évidemment, ils choisissent invariablement la moins chère.Certaines commissions scolaires du Québec appellent le gouvernement à instaurer un taux d\u2019imposition forfaitaire, comme cela se fait sur l\u2019île de Montréal.La taxe est fixée par le Comité de gestion de la taxe scolaire de l\u2019île de Montréal (CGTSIM), qui est administré par les commissaires des cinq commissions scolaires de l\u2019île de Montréal.Cette année, la taxe scolaire versée par les propriétaires s\u2019élèvera à environ 482 millions de dollars, et une par t impor tante de cette somme sera consacrée aux dépenses administratives des commissions scolaires.Le CGTSIM est une institution bureaucratique coûteuse, inutile et dépassée.De plus, rappelons qu\u2019il a fait de mauvais choix d\u2019investissements qui lui ont fait perdre des millions de dollars destinés aux élèves dans le besoin («Crise financière \u2013 Québec appelé en renfort pour aider les élèves défavorisés», Le Devoir, 4 avril 2009).Il est temps de moderniser la façon dont nous finançons notre système public d\u2019éducation.Il faut mettre sur pied un système plus juste et alléger le fardeau fiscal des contribuables.Le gouvernement devrait délaisser l\u2019idée de financer les écoles au moyen des taxes foncières.Québec devrait d\u2019ailleurs exercer un rôle plus direct dans la gestion du financement des opérations des écoles.Rappelez-vous, l\u2019ex-ministre de l\u2019Éducation François Blais avait envisagé l\u2019an dernier de déléguer à l\u2019État la responsabilité de financer les écoles.Il avait proposé un « taux de taxe unique » pour tout le Québec qui « renflouerait les cof fres de l\u2019État de plus de 2 milliards de dollars en taxe scolaire».En septembre, Québec allouera 195 millions de dollars aux écoles et les commissions scola ires n\u2019auront aucun contrôle sur cette somme.Il s\u2019agit d\u2019une première.Ce qui constituerait également une première, c\u2019est que le gouvernement libéral hausse la taxe de vente provinciale d\u2019environ 1 % et divise équitablement les fonds amassés.Parce qu\u2019 i l en va du b ien commun, et considérant les avantages sociaux et économiques de l\u2019éducation, nous pourrions l\u2019appeler « l\u2019impôt pour l\u2019éducation ».TAXES SCOLAIRES Moderniser le financement des écoles R A R E S B U R L A C U Doctorant et chargé d\u2019enseignement à l\u2019ENAP arrestation récente des deux pilotes turcs qu i ont abattu un av ion r usse i l y a quelques mois est lourde de sens pour comprendre le nouveau cadre qui se dessine au lendemain du coup d\u2019État en Turquie.Le président turc, à l\u2019occasion, fustigeait la Russie, qui était coupable, à ses yeux, d\u2019avoir provoqué l\u2019incident.Des entrées dans l\u2019espace aérien turc ont été invoquées par les Turcs pour justifier l\u2019incident, qui a été suivi par des gestes diplomatiques très durs du côté russe.Mais voilà comment le cours de l\u2019histoire peut changer brusquement.Par l\u2019arrestation de ces deux pilotes (qui ne comptent pas beaucoup, au moins arithmétiquement, dans l\u2019ensemble de la purge de 50 000 personnes qui a suivi le coup d\u2019État), le président Er- dogan veut se donner une marge de manœuvre amplement suf f isante pour entamer des discussions avec son homologue russe.La réconciliation espérée avec le leader russe mettra fin à son ambiguïté quant à la crise syrienne (appui aux factions sunnites modérées, adversité déclarée face au président Assad, etc.).Les vives critiques adressées à son allié américain depuis quelques jours laissent présager, d\u2019une manière pas très diplomatique, qu\u2019il ne faut plus tenir pour acquis son appui indéfectible à l\u2019Alliance nord-atlantique.D\u2019ailleurs, les attaques aériennes contre le groupe État islamique perpétrées depuis la base terrestre d\u2019Icirlik ont été retardées du fait de l\u2019arrestation au lendemain du coup des dirigeants militaires qui l\u2019opéraient.Pas moins de 50 têtes nucléaires sous le contrô le de l \u2019OTAN éta ient a ins i mises hors d\u2019usage pendant plus de 24 heures, scénario digne de la « comédie militaire » de Stanley Kubrick, Docteur Folamour ou : comment j\u2019ai appris à ne plus m\u2019en faire et à aimer la bombe.L\u2019arrestation des deux pilotes prépare donc le terrain à un dialogue à saveur géopolitique avec des implications majeures pour la scène internationale.L\u2019abandon des pratiques libérales (épuration en masse, possible réintroduction de la peine de mort \u2014 abolie en 2004 \u2014, interdiction aux professeurs d\u2019université d\u2019aller en mission à l\u2019étranger, fraudes électorales signalées par l\u2019OSCE, restriction des médias \u2014 il faut obtenir un permis de journaliste auprès du gouvernement pour avoir le droit à une plume \u2014 et j\u2019en passe) ouvre la voie à l\u2019instauration d\u2019un conservatisme pur et dur.Petit détail à noter, le coup raté de l\u2019armée a été reçu comme « un cadeau de Dieu » par Erdogan, lui-même suivi par un appel de sor tie dans les rues lancé au peuple par 80 000 mosquées à l\u2019ordre du président et du Dyanet, le comité directeur des autorités étatiques religieuses.Il est évident alors que l\u2019architecture du pouvoir turc reposera, dorénavant, sur un partage imminent avec les leaders d\u2019inspiration religieuse.Avant que la Turquie devienne un pays séculaire sous la présidence Atatürk dans les années 1920, les puissances occidentales avaient l\u2019habitude de la nommer « l \u2019homme malade de l\u2019Europe».Alliée avec l\u2019Allemagne lors de la Grande Guerre, la Turquie défiait l\u2019ordre existant tant sur des bases administratives que religieuses.À l\u2019époque, l\u2019autorité religieuse appelait néanmoins au djihad contre la France, la Russie et la Grande-Bretagne, coupables «d\u2019attaquer le Califat pour annihiler l\u2019Islam ».Tous les « Mahométans » de partout avaient comme devoir religieux de protéger avec leur corps les possessions de Djat (djihad), demande rejetée par des musulmans de l\u2019Empire britannique ou de l\u2019Inde, entre autres.Finalement, le concept de « dar al-Is- lam » (que l\u2019on pourrait traduire par la Maison de l\u2019Islam ou le règne de la Paix) fut abandonné lorsque les dirigeants nationalistes séculaires de la nouvelle République de Turquie ont aboli la principale institution de l\u2019unité panislamique et proclamé la sécularité de l\u2019État turc.Présentement, le risque d\u2019une dérive vers une théocratie aux accents ottomans est très élevé, entraînant ainsi la possibilité que la Turquie revoie ses engagements en politique étrangère.Le flanc sud de l\u2019OTAN devient subitement un maillon faible de son architecture militaire, dans une Europe qui est déjà affaiblie par le Brexit à l\u2019autre extrémité (ouest) de son continent.Cette mutation indésirable pourrait- elle signifier que « l\u2019homme malade de l \u2019Europe » est de retour ?L\u2019histoire nous le dira.Risque élevé de dérive théocratique La Turquie redevient-elle « l\u2019homme malade de l\u2019Europe » qu\u2019elle était sous les Ottomans ?L L\u2019 PETROS KARADJIAS ASSOCIATED PRESS Présentement, le risque d\u2019une dérive vers une théocratie aux accents ottomans est très élevé, entraînant ainsi la possibilité que la Turquie revoie ses engagements en politique étrangère. L E D E V O I R , L E M A R D I 2 6 J U I L L E T 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Jusqu\u2019à ce que E-180 mette le doigt sur l\u2019esprit qui habite sa plate-forme et lui donne le nom de « braindating » il y a deux ans, le concept demeurait brumeux pour plusieurs.«E-180 n\u2019est pas une entreprise qui gère de la techno, mais d\u2019abord une entreprise sociale qui gère des humains et cherche à leur permettre d\u2019atteindre leur plein potentiel avec les gens qui les entourent», insiste la fondatrice de la plate-forme.En chair et en os Depuis l\u2019arrivée d\u2019Internet, et encore plus avec les réseaux sociaux, les applications de rencontre sont plus associées aux échanges de fluides corporels et aux promesses de rencontres sulfureuses géolocalisées qu\u2019à la progression du savoir.Près de cinq ans après sa naissance, la plate- forme sociale montréalaise af fiche quelque 2700 offres gratuites d\u2019échanges de connaissances et plus de 200 demandes d\u2019informations allant de « comment se construire une yourte » au plus sérieux «comment démarrer sa propre entreprise » ou «créer une webradio».En cette ère d\u2019omniprésence des échanges dématérialisés, Christine Renaud croit dur comme fer à ces rencontres en chair et os et à la valeur ajoutée de l\u2019apprentissage par les pairs.Rita Baker, une des membres de E-180 les plus demandés sur la plate-forme, a depuis fondé sa propre start-up de marketing communautaire, après avoir beaucoup appris au fil des dizaines de rencontres réalisées par le biais de l\u2019intermédiaire numérique.« J\u2019ai trouvé l\u2019idée géniale.J\u2019ai d\u2019abord eu des rencontres sur la méditation, le yoga, avant de me concentrer sur le marketing communautaire.On peut rencontrer quelqu\u2019un, pendant une heure dans un café, puis les échanges peuvent se poursuivre \u2014 au besoin \u2014 par courriel.Des gens m\u2019ont aidé à faire des sites Web, d\u2019autres m\u2019ont donné des conseils de développement d\u2019affaires et sont devenus ensuite membres de mon propre réseau.C\u2019est une magnifique façon de réseauter tout en faisant du bénévolat», insiste l\u2019entrepreneure qui est devenue une mentore très impliquée dans la communauté d\u2019affaires de Montréal.Son rayonnement sur le site de réseautage lui a même valu des demandes venues du Cameroun, de l\u2019Inde et de l\u2019Égypte.Apprendre autrement Loin de se limiter aux savoirs « professionnels », la plate-forme de E-180 recrute des adeptes de tout acabit, dont des spécialistes de la procrastination, du « savoir vivre pour moins cher à Montréal » ou de la détente grâce aux chants de gorge inuit ! « Il y a de tout.Des gens qui par tagent des connaissances de base, mais aussi des gens qui ont des doctorats et des connaissances inouïes dans plusieurs domaines», insiste Mme Baker.Youssef Shoufan, photographe, un des premiers membres à s\u2019être enregistré sur E-180, confie s\u2019y être intéressé davantage pour «donner » que pour recevoir des connaissances.«Beaucoup de gens veulent mieux tirer profit de leur propre appareil photo, alors j\u2019ai offert mes services, raconte-t-il.Mais au bout de dix rencontres, par curiosité, j\u2019ai cherché à rencontrer qui avait des connaissances en dessin.Cela a finalement eu un impact sur ma façon de voir la photo.» «Ce n\u2019est pas du troc, insiste Youssef.Ça ouvre à d\u2019autres façons de voir, de penser.Dans une société où tout est marchandé, ça fait du bien», insiste le photographe, dont la copine, elle, s\u2019est servi de la plate-forme pour apprendre les rudiments du violoncelle.Pour assurer la survie de ce réseau gratuit d\u2019échanges entre érudits, exempt de toute forme de publicité, la fondatrice a créé dans la foulée les Labs E-180, des plates-formes conçues et vendues sur mesure à des congrès, des événements ou des entreprises pour faciliter le réseautage entre participants.Depuis deux ans, la grande rencontre C2MTL a recours à Labs E-180 pour connecter entre eux les milliers de visiteurs inscrits à cette nouvelle mecque de la création et de l\u2019innovation.La plate-forme «affaire » a été utilisée par 35 % des congressistes de C2MTL cette année.« En 2015, j\u2019y ai réalisé 12 rencontres en 3 jours, s\u2019enthousiasme Rita Baker.Cette année, j\u2019avais reçu 45 à 50 demandes de braindating à la fin de la première journée et j\u2019ai pu en réaliser 24.C\u2019est précieux de pouvoir rencontrer des gens qui pensent autrement que moi.» Jointe à Berlin, où elle met en place une plate- forme de réseautage pour Falling Walls, un grand événement international axé sur la rencontre entre l\u2019art, la science et l\u2019innovation, Christine Renaud souhaite maintenant donner un second souffle à son premier bébé, la plate-forme sociale gratuite.«Maintenant que nous avons des sources de financement, on veut recentrer nos énergies sur cette plate-forme gratuite.Mon but reste de faire de chaque rencontre une occasion d\u2019apprentissage.Ma mission, c\u2019est encore de transformer les humains en \u201clife long teachers\u201d [profs à vie].» Le Devoir Une entreprise sociale qui gère des humains et cherche à leur permettre d\u2019atteindre leur plein potentiel avec les gens qui les entourent Christine Renaud, qui décrit E-180 « » SUITE DE LA PAGE 1 ÉCHANGES progresse lentement mais sûrement vers le nord.Elle a atteint l\u2019Ontario il y a environ trois ans.Quelques spécimens ont été vus au Québec, mais ils avaient tous été ramenés par des voyageurs.L\u2019équipe de Jacques Brodeur tente de trouver les premiers lieux d\u2019infestation afin de limiter les dégâts.«On assiste à un changement de mentalité, tant au MAPAQ [ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation] que chez les agriculteurs, qui sont extrêmement inquiets, se réjouit le chercheur.Avant, on attendait toujours d\u2019être devant le fait accompli pour réagir, on était dans le curatif.Mais là, devant l\u2019importance de la menace, ils ont décidé d\u2019investir en recherche pour nous préparer avant l\u2019invasion.C\u2019est de la prévention, en quelque sorte.» Coup de filet La petite Mazda grise s\u2019arrête au verger du Mont-Saint- Bruno.Mathilde Gaudreau et Éric Guerra-Grenier, des étudiants qui travaillent sous la supervision de Jacques Brodeur, sortent leur attirail : des filets, des fioles et des pièges à phéro- mone qui diffusent une odeur synthétique pour attirer les indésirables.S\u2019il y a des punaises marbrées sur les lieux, elles seront vite repérées.«Regardez ! » s\u2019exclame soudainement Mathilde, toute fébrile.Aurait-on trouvé la fameuse punaise marbrée ?Mais non.Fausse alerte.Mathilde était juste trop excitée par le magnifique scarabée japonais qu\u2019elle vient de trouver sur une feuille de pommier et qu\u2019elle emprisonne dans une fiole.«C\u2019est pour ma collection personnelle », précise-t-elle.Dans les herbes hautes, non loin de là, l\u2019étudiante passe exactement 30 coups de filet.Elle s\u2019agenouille ensuite pour examiner son butin à pleines mains : sauterelles, larves de coccinelle, chenilles, araignées et punaises indigènes.Pas de punaise marbrée.Mais cela ne refroidit pas l\u2019enthousiasme de Mathilde.«Regardez celui-là, il a un petit casque noir sur la tête.Et celui- là, on dirait un nez de rhinocéros! Quand on s\u2019intéresse à la diversité de la vie, les insectes, c\u2019est ce qu\u2019il y a de plus fascinant.» Sus aux pesticides L\u2019équipe remballe le matériel.Direction Saint-Mathieu- de-Beloeil, dans un champ de soya, à quelques jets de pierre de l\u2019autoroute 20.«Au Québec, c\u2019est une culture en pleine expansion et payante pour les agriculteurs, car il y a très peu d\u2019insectes nuisibles, ce qui leur permet de produire en grande quantité sans utiliser de pesticides.Cela leur procure un avantage mondial qu\u2019ils ne veulent pas perdre », explique Jacques Brodeur.C\u2019est pourquoi plusieurs agriculteurs permettent aux chercheurs de travailler sur leurs terres, dans l\u2019espoir de ralentir la progression de la punaise marbrée et de trouver une solution durable qui leur permettra d\u2019éviter l\u2019épandage de pesticides.Au-delà de la détection, il faut trouver des solutions.« C\u2019est la force de notre laboratoire », explique fièrement le chercheur.Jacques Brodeur est une sommité en matière de lutte biologique, une approche qui consiste à trouver des solutions de remplacement naturelles aux pesticides.Le chercheur balaie du regard le champ qui s\u2019étend à perte de vue avant de lever les yeux au ciel.«Imaginez ça, les avions qui survolent le champ pour l\u2019arroser de pesticides.Il y a 348 000 hectares de soya au Québec.Ce serait épouvantable, tout cet épandage, pour la qualité de l\u2019air, de l\u2019eau et la santé humaine, d\u2019autant plus que les terres agricoles sont situées en zones urbaines.Il faut se prémunir contre cela.» Importer des parasites Le problème avec la punaise marbrée \u2014 comme pour la majorité des espèces nuisibles \u2014, c\u2019est qu\u2019elle a été importée d\u2019Asie sans ses prédateurs naturels.C\u2019est ce qui lui permet de proliférer à une vitesse si rapide et de déloger les espèces indigènes.Pour contrôler les populations, il faut donc importer des prédateurs du pays d\u2019origine, explique l\u2019entomologiste.«On les importe, on les met en quarantaine, on les relâche dans l\u2019environnement et on espère qu\u2019ils vont se reproduire et s\u2019établir au Québec.» Dans le cas de la punaise marbrée, des équipes américaines sont déjà sur le terrain en Asie pour tenter de trouver le meilleur prédateur.Dans son laboratoire au Jardin botanique, Jacques Brodeur importe des boîtes de parasites sur lesquels il fait également des tests avec son équipe.Mais ne risque-t-on pas de créer un nouveau problème en impor tant de nouvelles espèces de parasites exotiques ?La question s \u2019 impose.« Les gens sont très sceptiques, ils sont méfiants.C\u2019est normal, parce que des erreurs ont été comm ises dans le passé » , concède le chercheur.Il donne l \u2019exemple de la coccinelle asiatique, importée il y a 40 ans pour lutter contre le puceron du blé.C\u2019est elle qui, depuis, enva- h i t les foyers québéco is .« C\u2019était un bon prédateur pour le puceron du b lé , mais i l n\u2019était pas assez spécifique.Il s\u2019est attaqué à tous les pucerons dans les milieux naturels et a délogé les espèces indigènes.» Aujourd\u2019hui, les processus d\u2019importation sont beaucoup plus rigoureux, pré- cise-t-il.«La science a évolué, on ne répétera plus les erreurs du passé.Aujourd\u2019hui, la première qualité d\u2019un parasite en lutte biologique, c\u2019est de s\u2019attaquer uniquement à l\u2019espèce que l\u2019on espère contrôler.» Utopie sans pesticides Jacques Brodeur a un rêve fou, celui d\u2019éliminer les pesticides de la surface de la Terre.«Je sais que c\u2019est utopique, il y a des problèmes qu\u2019on ne peut pas éliminer sans pesticides et il faut nourrir tous ces gens sur la planète, mais on peut à tout le moins tenter de diminuer leur utilisation et y avoir recours de façon plus intelligente en trouvant, notamment, des solutions de remplacement naturelles.C\u2019est ce que j\u2019essaie de faire.» Le Devoir mêlaient aux applaudissements.L\u2019humoriste Sarah Sil- verman a même répondu à ceux qui la huaient qu \u2019 ils étaient «ridicules ».Le ressentiment des « pro- Bernie » à l\u2019égard de Hillary Clinton et de l\u2019establishment du par ti a été alimenté pendant le week-end par la publication par WikiLeaks de cour- riels compromettants écrits par des responsables du parti.Ces courriels, qui ont coûté la tête de la présidente du Parti démocrate, Debbie Wasser- man Schultz, et pour lesquels le parti a offert des excuses à Bernie Sanders, étaient très critiques à l\u2019endroit de ce dernier.Chez les partisans du sénateur de 74 ans, l\u2019incident venait confirmer un préjugé largement répandu pendant les primaires voulant que la campagne était partiale, en faveur de l\u2019ex-sénatrice de New York.Pour panser les plaies encore ouvertes des primaires, le parti avait mis en avant lundi soir certaines de ses figures les plus populaires et, pour plusieurs d\u2019entre elles, issues de son aile gauche.À commencer par Bernie Sanders, qui n\u2019avait pas encore pris la parole au moment d\u2019écrire ces lignes.La sénatrice Elizabeth Warren, égérie des progressistes, montait aussi sur scène à heure de grande écoute.Avec une cote de popularité qui refuse de descendre sous la barre des 60 %, Michelle Obama, qui est l\u2019une des personnalités démocrates les plus aimées au pays, est aussi venue donner son appui à Hillary Clinton.Fougueux et minoritaires Sarah Runge, 34 ans, est de ces partisans enthousiastes du sénateur du Vermont qui refusent de suivre son mot d\u2019ordre et de voter pour Clinton.«Bernie est le seul qui puisse battre Donald Trump », lance-t-elle au bout de la ligne après une manifestation pro-Bernie dans les rues de Philadelphie.Elle espère toujours que les super- délégués du par ti \u2014 qui demeurent libres de voter pour la personne de leur choix \u2014 pencheront pour son candidat favori lors de l\u2019investiture formelle ce mardi.Car voter pour l\u2019ancienne secrétaire d\u2019État le 8 novembre est hors de question, assure cette résidante de la Caroline du Nord venue manifester avec son copain.Si Sanders n\u2019obtient pas l\u2019investiture \u2014 ce qui est bien probable, concède-t-elle \u2014, Sarah Runge songe fortement à jeter son dévolu sur le candidat d\u2019un tiers parti : Jill Stein, du Par ti ver t\u2026 ou Bernie Sanders, qu\u2019elle espère alors voir se présenter comme indépendant.N\u2019est-ce pas là aider le républicain, Donald Trump ?«Non, Hillary Clinton a été son propre ennemi, répond-elle avec aplomb.Elle est incapable de battre Trump clairement dans les sondages malgré tous les avantages qu\u2019elle a eus.C\u2019est vraiment dif ficile de comprendre pourquoi le Parti démocrate a privilégié une personne aussi imparfaite et qui est en plus inquiétée par plusieurs enquêtes à venir.» Bien que très visibles et audibles à Philadelphie, ces manifestants restent minoritaires, si l\u2019on en croit les enquêtes d\u2019opinion.Selon le Pew Research Center, qui a suivi les préférences des électeurs démocrates de décembre à juin, 90% des partisans de Bernie Sanders entendent donner leur soutien à Hillar y Clinton, contre 8% pour Donald Trump, les 2 % qui restent refusant d\u2019appuyer l\u2019un ou l\u2019autre.Nikolas Kozloff, un auteur indépendant de Brooklyn qui a été happé par la « révolution Sanders » pendant les primaires, fait par tie des « réalistes».«Contrairement à d\u2019autres partisans de Bernie qui tendent à sous-estimer Trump et à diaboliser Hillary, je prends très au sérieux l\u2019éventualité d\u2019une présidence Trump, raconte-t-il au Devoir par courriel.Et si Trump parvient à s\u2019installer à la Maison-Blanche, une guerre raciale pourrait éclater, entre autres choses.Le jour de l\u2019élection, je ferai assurément un calcul raisonnable pour décider si je dois voter pour Hillary ou si je peux voter pour le candidat d\u2019un tiers parti [sans risquer de faire élire Trump].» Le Devoir ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les étudiants qui accompagnent le chercheur Jacques Brodeur ratissent un champ de soya avec leurs filets dans le but de récolter des échantillons des insectes présents.SUITE DE LA PAGE 1 DÉMOCRATE SUITE DE LA PAGE 1 PUNAISE MATT ROURKE ASSOCIATED PRESS La punaise marbrée s\u2019attaque à diverses cultures, dont le soya.Des équipes américaines sont déjà sur le terrain en Asie pour tenter de trouver le meilleur prédateur Trump bondit dans les sondages Donald Trump ne pâtit pas d\u2019une convention républicaine marquée par un scandale de plagiat et des divisions qui ont éclaté au grand jour au sein du parti.Au contraire.Selon la moyenne des plus récents sondages agrégés lundi par le site realclearpolitics.com, quatre jours après la ?n de la convention à Cleveland, le candidat républicain recueille 44,3% des intentions de vote, contre 44,1% pour Hillary Clinton.Au début de la convention, lundi dernier, Trump en amassait 40,6% (et sa rivale démocrate, 43,8%).Les sondeurs et analystes rappellent qu\u2019il est normal qu\u2019un candidat présidentiel jouisse d\u2019un sursaut dans la foulée de sa convention, mais celui-ci surprend, vu la kyrielle d\u2019incidents qui ont eu lieu à Cleveland."]
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