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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-07-28, Collections de BAnQ.

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[" J E S S I C A N A D E A U A près son discours de la semaine dernière, Donald Trump a fait un bond important dans les sondages.Ce ne sera ni la première ni la dernière fois qu\u2019un discours prononcé dans le cadre de ces conventions fait bouger les aiguilles dans les intentions de vote, af firme Rafael Jacob, spécialiste des élections américaines à la Chaire Raoul-Dandu- rand en études stratégiques et diplomatiques de l\u2019UQAM.« Ce n\u2019est pas toujours définitif, mais dans l\u2019histoire, depuis des décennies, c\u2019est un des moments les plus importants, sinon le plus important de la campagne.» Ces discours revêtent un caractère unique, constate l\u2019analyste.«Ce ne sont pas des discours comme les autres, parce que toutes les grandes chaînes de télévision nationales ABC, CBS ou NBC, sans compter les chaînes câblées comme Fox News ou CNN diffusent ça de façon intégrale entre 22 h et 23 h, aux heures de grande écoute.Et ce, pendant plusieurs jours d\u2019affilée.» Message intégral Les partis politiques en profitent d\u2019autant plus que pendant les quatre jours que dure leur convention, les projecteurs sont entièrement braqués sur eux, l\u2019autre candidat étant généralement complètement éclipsé.«Le message n\u2019est presque pas dilué, précise le chercheur.Vous n\u2019avez pas des journalistes qui retiennent des clips de 15 secondes, qui analysent le discours et qui passent à un autre topo, V O L .C V I I N o 1 6 8 L E D E V O I R , L E J E U D I 2 8 J U I L L E T 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S ?w w w .l e d e v o i r .c o m Osheaga Le village indie s\u2019installe sur l\u2019île Sainte- Hélène pour un week-end musical Page B 8 Terrorisme Les libéraux reverront l\u2019arsenal législatif dans un contexte tendu Page A 3 M A R I E - M I C H È L E S I O U I L\u2019 identité transgenre n\u2019est pas une maladie mentale.Voilà la proposition que soutient une première étude de terrain publiée mardi dans la revue scientifique The Lancet Psychiatry.Si l\u2019affirmation peut être considérée comme une évidence pour certains, elle ne l\u2019est pas pour l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS), qui classe encore le fait d\u2019être transgenre dans le chapitre « Troubles mentaux et du comportement» de sa bible des diagnostics cliniques.En pleine révision de ce volumineux document, nommée Classification internationale des maladies, ou «CIM-10», des chercheurs de l\u2019Institut national de psychiatrie Ramón de la Fuente Muñiz, à Mexico, ont interviewé 250 adultes transgenres afin de déterminer si leur identité transgenre leur causait de la détresse, cette caractéristique centrale des maladies mentales.Leur trouvaille ?Ce sont le rejet social et la violence qui causent de la détresse chez les transgenres, bien plus que les caractéristiques inhérentes de leurs « incongruences de genre », telles que les chercheurs proposent de les appeler.« La variable la plus influente sur le sentiment de détresse a été le rejet de la famille », a L\u2019identité transgenre n\u2019est pas une maladie mentale L\u2019Organisation mondiale de la santé est sous pression pour modifier sa classification CONVENTION DÉMOCRATE OBAMA VANTE LA COMPÉTENCE DE CLINTON MANDEL NGAN AGENCE FRANCE-PRESSE Barack Obama et Joe Biden ont pesé de tout leur poids mercredi soir en donnant leur appui à Hillary Clinton à la convention démocrate, alors que Tim Kaine acceptait sa nomination comme colistier.Lisez le compte- rendu de Jean-Frédéric Légaré-Tremblay sur le site Web et l\u2019application tablette du Devoir.P H I L I P P E O R F A L I Devant la multiplication des incidents terroristes, de nombreux médias français sautent à pieds joints dans l\u2019autocensure.Afin d\u2019éviter la «glorification posthume» des auteurs d\u2019attentats, TERRORISME La France flirte avec la censure Plusieurs médias ne montreront plus les terroristes Les grands discours politiques, tels que livrés ces derniers jours dans les conventions républicaine et démocrate, marquent souvent un tournant dans les élections américaines.C\u2019est un exercice unique, un «spectacle», et qui n\u2019a aucun équivalent au Québec ou au Canada, notent les experts.L\u2019art de discourir pour nourrir le rêve En politique américaine, un discours peut tout changer AUJOURD\u2019HUI Sports \u203a Bou- chard remporte un match impeccable.Les spectateurs de la Coupe Rogers ont retrouvé l\u2019Eugenie de 2014.Page B 6 Économie \u203a Les provinces sont invitées à harmoniser leurs taxes sur le carbone.Page B 1 Culture \u203a Louis C.K.fait une apparition surprise à Juste pour rire.Le célèbre humoriste américain qui navigue avec ?- nesse entre la grossièreté et les questions existentielles est à la Maison symphonique.Page B 8 Avis légaux.A 4 Décès.B 4 Météo.A 4 Mots croisés.A 4 Petites annonces .B 4 Sudoku.B 6 DOMINIQUE FAGET AGENCE FRANCE-PRESSE La France a été la cible d\u2019une série d\u2019attaques.VOIR PAGE A 8 : CENSURE VOIR PAGE A 8 : DISCOURS VOIR PAGE A 8 : TRANS L E D E V O I R , L E J E U D I 2 8 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 L I S A - M A R I E G E R V A I S L es médecins d\u2019Alep lancent un cri d\u2019alarme, après que des bombardements ont détruit quatre hôpitaux en fin de semaine, plongeant cette ville syrienne dans un état critique.À travers une campagne de vidéos diffusée sur YouTube, ils exigent la fin immédiate des bombardements, la levée du siège \u2014 qui depuis 10 jours est maintenant total puisque l\u2019ar tère principale d\u2019Alep est contrôlée par l\u2019armée syrienne \u2014 et l\u2019ouverture d\u2019un corridor humanitaire.« Si le siège d\u2019Alep continue, avec le personnel et le matériel médical qu\u2019on a, les hôpitaux vont pouvoir durer pendant un mois maximum», s\u2019est inquiété Anas al-Kassem, président de la section canadienne de l\u2019Union des organisations de secours et de soins médicaux (UOSSM), l\u2019une des seules organisations en Syrie à fournir du matériel médical et à gérer des cliniques.Ce chirurgien travaille actuellement en Ontario, mais a fait plusieurs allers- retours à Alep dans les derniers mois et années.Alors, c\u2019est comment soigner sous les bombes ?« C\u2019est vraiment stressant.Très émotif.C\u2019est travailler à sauver des vies dans des conditions impossibles.C\u2019est opérer dans les sous-sols en se sachant ciblés », explique le Dr Al-Kassem.Des conditions difficiles Travailler dans les hôpitaux d\u2019Alep, c\u2019est aussi fonctionner sans eau potable et sans électricité, avec des génératrices qui manqueront bientôt de diesel.C \u2019 e s t o b l i g e r l e s femmes à accoucher par voie naturelle parce qu\u2019aucune césarienne n\u2019est possible, c\u2019est voir des patients décéder dans la salle d\u2019attente parce que d\u2019autres blessés ont été priorisés et des enfants ayant subi un choc nerveux devenir paralysés, parce que le seul scanneur de la ville est en panne et qu\u2019il est impossible de faire quoi que ce soit.«Cela nous déchire le cœur [de] voir le père, un grand monsieur de deux mètres, s\u2019ef fondrer en larmes lorsqu\u2019il apprend que son fils sera amputé de la jambe et sera handicapé à vie», raconte dans une vidéo Bakry Maaz, chir urgien or thopé- dique à l\u2019hôpital M1 d\u2019Alep, évoquant le cas d\u2019un garçon de 10 ans qui a eu une grosse déchirure à la hanche.Qussai al-Halabi travaille depuis quatre ans dans un hôpital de fortune d\u2019Alep.«La plupart des cas sont des femmes et des enfants blessés alors qu\u2019ils étaient chez eux», constate-t-il.Étant donné que Castello, la seule route permettant d\u2019isoler les quar tiers où sont les rebelles, est sous le contrôle du régime, les allées et venues des gens et du personnel des hôpitaux sont rendues impossibles.Certains médecins, qui ont quitté la ville pour aller célébrer la fin du ramadan en famille, ne peuvent plus revenir.D\u2019autres sont prisonniers de la zone rebelle parce que l\u2019armée de Bachar al-Assad veut isoler les insurgés.«Avec ces bombardements et la multiplication du nombre de blessés et de morts, Alep est au bord de la catastrophe médicale, au-delà de la catastrophe humanitaire », poursuit M.Al-Halabi.Des vidéos Prenant la parole dans des vidéos diffusées sur YouTube, le personnel médical d\u2019Alep lance un véritable appel au secours.Dans ces touchantes capsules sur Internet, on y voit les médecins et les infirmiers dans leurs lieux de travail rudimentaires et on y aperçoit même des patients iner tes, branchés sur moniteur.«Cette action, c\u2019était sur tout parce qu\u2019on entendait très peu de témoignages de médecins à Alep, explique Jehan Lazrak-Toub, r e s p o n s a b l e d e s c o m m u n i c a t i o n s d\u2019UOSSM-France.On avait envie de leur donner la parole.Ils sont épuisés et déprimés.» Alep est en agonie, n\u2019hésite-t-elle pas à dire.Infirmier à l\u2019hôpital M1, Ahmed al-Halabi soutient que les hôpitaux croulent sous la quantité d\u2019attaques (jusqu\u2019à une cinquantaine de raids par jour) et de blessés.« Après une attaque massive, nous entamons les opérations.Parfois une, deux, trois, même douze opérations.Ça peut prendre 7-8 heures.À peine terminé, nous avons les blessés d\u2019une 2e attaque, parfois d\u2019une troisième.Le personnel médical ne se repose pas, parfois il travaille pendant 24 heures en continu, voire 36 heures.» L\u2019UOSSM tentera de faire pression lors d\u2019une conférence de presse qu\u2019elle tiendra jeudi à Genève avec d\u2019autres organisations humanitaires.Elle profitera ainsi du passage au siège des Nations unies de Staf fan de Mistura, l\u2019envoyé spécial de l\u2019ONU pour la Syrie, qui, pour sa part, vise une reprise des pourparlers « fin août », après s\u2019être entretenu mardi avec de hauts représentants russes et américains.Le Devoir Les médecins d\u2019Alep appellent au secours Les bombardements d\u2019hôpitaux complexifient une situation déjà critique Les hôpitaux restants fonctionnent souvent sans eau potable ni électricité ARMEND NIMANI AGENCE FRANCE-PRESSE Des réfugiés cheminant en Serbie, en janvier dernier.L\u2019exode de centaines de milliers de Syriens et d\u2019Irakiens vers le continent européen met à mal une partie du discours du groupe État Islamique, qui voudrait les voir rejoindre les terres du «califat».M A D J I D Z E R R O U K Y L\u2019 assassinat d\u2019un prêtre, mardi 26 juillet, à Saint- Étienne-du-Rouvray (Seine- Maritime), lors d\u2019une prise d\u2019otages réalisée par deux hommes, a été revendiqué par l\u2019organisation État islamique (EI).Celle-ci ne fait ainsi qu\u2019assouvir, après plusieurs échecs, le désir de s\u2019en prendre à des églises en France, p a y s q u \u2019 e l l e q u a l i f i e d e « royaume de la croix » : deux attentats avaient été déjoués en 2015, contre deux églises de Villejuif (Val-de-Marne) et la basilique du Sacré-Cœur (Paris), cibles de Sid Ahmed Ghlam, arrêté le 19 avril 2015.«Essaie de trouver une église avec du monde», lui avait alors écrit un commanditaire pour l\u2019instant inconnu.Ce meurtre s\u2019inscrit dans la stratégie et la propagande du groupe, qui fait du choc des civilisations et de la guerre contre les «croisés» l\u2019un des marqueurs de son identité.Le groupe EI a toujours symboliquement présenté son combat contre l\u2019Occident comme une guerre religieuse, en plus de celle qu\u2019il mène contre l\u2019islam chiite.L\u2019intervention de la coalition internationale en Irak et en Syrie est ainsi qualifiée de « croisade », et les actions du groupe djiha- diste sont présentées comme une contre-croisade susceptible de mener les troupes du califat jusqu\u2019à Rome.Il s\u2019agit là d\u2019un « élément de langage » millénariste récurrent dans le discours d\u2019Abou Bakr al-Bagh- dadi, l\u2019autoproclamé calife du groupe EI, qui a annoncé que l\u2019un des buts de son organisation était de marcher sur le Vatican pour y «briser les croix».Conflit chrétienté-islam En octobre 2014, le magazine du groupe EI en langue anglaise, Dabiq, présentait en couverture un drapeau djiha- diste planté au sommet de l\u2019obélisque égyptien qui fait face à la basilique Saint-Pierre, à Rome.Le mouvement djiha- diste voulait, de cette façon, rejouer symboliquement le conflit Chrétienté-Islam qui a structuré les relations entre l\u2019Orient et l\u2019Occident des siècles durant.En plus d\u2019être l\u2019«ennemi historique» de l\u2019islam, les églises sont présentées comme des vecteurs de la décadence supposée de la civilisation occidentale, une décadence qui serait, pour le groupe EI, matérialisée par l\u2019homosexualité: «Ils utilisent leurs églises et le clergé pour bénir ces péchés.[\u2026] Ils nomment des prêtres sodomites.Leur p a p e r e f u s e d e condamner la sodomie en disant : \u201cQui suis-je pour juger ?\u201d », proclame ainsi Dabiq, en ré fér ence à une phrase du pape François sur l\u2019homosexualité.Dans son magazine en langue française Dar Al-Islam, en date de juillet 2015, le groupe djihadiste avait à nouveau désigné les églises, entre autres cibles, comme objectifs pour les terroristes : «Toujours viser les endroits fréquentés, tels que les lieux touristiques, les grandes surfaces, les synagogues, les églises, les loges maçonniques, les permanences des partis politiques, les lieux de prêche des apostats, le but étant d\u2019installer la peur dans leur cœur.» Mais derrière l\u2019idée de « terroriser » les populations ennemies et de déstabiliser leurs États apparaît aussi la volonté de frapper des pays abritant une for te proportion de musulmans dans le but de fragiliser ces sociétés et d\u2019y détruire toute coexistence religieuse.Cet objectif a été théorisé.Dans un éditorial de douze pages publié dans Dabiq début 2015, l\u2019organisation appelait à l\u2019« extinction de la zone grise » : ce terme ser t à décrire une zone crépusculaire où vivraient la majorité des musulmans, entre lumière et obscurité, entre le califat et le monde des infidèles.Parmi les plus représentatifs des « habitants » de la zone grise, dans l\u2019esprit du groupe EI, figurent les citoyens ou habitants européens d\u2019origine m u s u l m a n e , q u \u2019 i l s\u2019agit de détacher de ces pays en retournant l\u2019opinion majoritaire contre eux.L\u2019 a t t aque te r r o - riste, en provoquant un raidissement sécuritaire des États ou « islamophobe » des sociétés, convaincrait les musulmans qu\u2019ils n\u2019ont pas leur place là où ils vivent.La coexistence Occident- Islam étant au cœur de cette «zone» grise à détruire.Un monde «Les musulmans des pays occidentaux vont maintenant rapidement se retrouver face à un choix, soit ils s\u2019apostasient et adoptent la religion mécréante propagée par Bush, Obama, Blair, Cameron, Sarkozy et Hollande pour vivre au milieu des mécréants, [\u2026] soit ils font leur hijra \u2014 émigration \u2014 jusqu\u2019à l\u2019EI et échappent ainsi à la persécution des gouvernements et citoyens croisés, écrit Dabiq.Les opérations bénies du 11-Septembre \u2014 2001 \u2014 ont montré que le monde se divise en deux parties, le camp de l\u2019islam \u2014 à l\u2019époque, le califat n\u2019existait pas pour le représenter \u2014 et le camp de la mé- créance \u2014 la coalition des croisés.Comme Oussama ben Laden l\u2019a dit, le monde au- jourd\u2019hui se divise en deux camps.Bush a dit vrai quand il a dit \u201csoit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes\u201d.Cela veut dire : \u201cSoit vous êtes pour la croisade, soit vous êtes pour l\u2019islam.\u201d» Un discours mis à mal par l\u2019exode, en 2015, de centaines de milliers de Syriens et d\u2019Irakiens fuyant la guerre vers l\u2019Europe, plutôt que de rejoindre les terres du «califat» comme espéré par les djihadistes.« L\u2019accueil généreux de réfugiés syriens représenterait une réponse ef ficace à cette stratégie [du groupe EI] ; à l \u2019inverse, le rejet général des réfugiés est une réponse perdante.Nous aurions intérêt à célébrer la diversité et la tolérance dans la \u201czone grise\u201d », notait ainsi l\u2019anthropologue franco-améri- cain et spécialiste du terrorisme Scott Atran, dans un article publié en février par la revue américaine en ligne Aeon .L\u2019organisation djiha- diste a d\u2019ailleurs très vite pris conscience du danger en multipliant, en début d\u2019année, des vidéos de propagande pour dissuader les candidats à l\u2019exil de rejoindre les « terres des croisés ».Le fait que deux des dernières attaques qui ont frappé l\u2019Allemagne soient l\u2019œuvre de «réfugiés» \u2014 un Afghan et un Syrien \u2014 apparaît dès lors comme une bénédiction pour le groupe djihadiste.Lequel s\u2019est empressé de communiquer sur le sujet en appelant, à travers les vidéos « testaments» des assaillants, à multiplier les attentats dans ce pays.Après les attaques de Würz- burg et d\u2019Ansbach, en Allemagne, les assaillants ont pris soin de faire parvenir une vidéo ou un « testament » de revendications, conformément aux directives du groupe EI : «Faire serment d\u2019allégeance au calife est une obligation pour ne pas mourir d\u2019une mort de la ja- hiliyah \u2014 \u201cl\u2019ignorance\u201d [.]», écrivait par exemple le mouvement djihadiste dans son magazine en français.Le Monde ANALYSE EI veut détruire la coexistence religieuse 300 000 Nombre d\u2019habitants restants dans la ville d\u2019Alep 30 Médecins demeurent en poste dans la zone actuellement com- plétement assiégée.81 Nombre d\u2019établissements de santé bombardés au cours des six premiers mois de 2016.Sommaire des rapports des dépenses électorales des partis politiques autorisés et des rapports des candidats indépendants autorisés (CIA) Élection partielle du 24 avril 2016 dans l\u2019arrondissement de Montréal-Nord Nom des candidats et des agents of?ciels Total des dépenses électorales faites ou autorisées Date de réception MAIRIE DE L\u2019ARRONDISSEMENT DE MONTRÉAL-NORD (27 371,94 $) ¹ 1.Christine Black, Équipe Denis Coderre pour Montréal Robert Richard, agent of?ciel 26 816,10 $ 25-07-2016 2.Jacques Massicotte, CIA Jacques Massicotte, agent of?ciel 3 296,41 $ 25-07-2016 3.Rached Teffaha, CIA Mahmoud Elabidi, agent of?ciel 917,02 $ 28-06-2016 4.Kerlande Mibel, Projet Montréal Carole Leroux, agente of?cielle 18 290,70 $ 13-07-2016 ¹ Montant maximum des dépenses électorales permis par la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités Veuillez noter que les partis politiques autorisés doivent déposer leurs rapports ?nanciers, au plus tard, le 1er avril de chaque année.AVIS PUBLIC 514 861-0469 | ymavocatsmtl.com Bush a dit vrai quand il a dit \u201csoit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes\u201d.Cela veut dire : \u201cSoit vous êtes pour la croisade, soit vous êtes pour l\u2019islam.Éditorial publié par le groupe État islamique « » Attentats de Paris : deux suspects extradés Vienne \u2014 L\u2019Autriche va remettre à la justice française deux hommes soupçonnés d\u2019avoir voulu participer aux attentats de Paris du 13 novembre et qui avaient été arrêtés dans un centre de réfugiés en décembre.Les deux hommes sont âgés de 28 et 34 ans.Agence France-Presse Le mouvement djihadiste veut rejouer le vieux conflit chrétienté- islam L E D E V O I R , L E J E U D I 2 8 J U I L L E T 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L\u2019 Europe a beau resserrer sa sécurité dans la foulée des récents attentats qu\u2019elle a subis, le gouvernement Trudeau n\u2019a pas l\u2019intention de son côté de retarder ses modifications promises à la loi antiterroriste adoptée par les conservateurs.Un expert estime cependant que le contexte des derniers mois devrait convaincre les libéraux de reculer.Car si leurs amendements manquent à prévenir un incident, ce sera à eux d\u2019en porter le blâme.Le bureau du ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale assure que les événe- ments des dernières semaines ne changent rien à la promesse électorale des libéraux de modifier la loi qui a découlé du fameux projet de loi C-51.Le gouvernement compte toujours aller de l\u2019avant afin d\u2019équilibrer sécurité et libertés des Canadiens, et ce, dès cet automne a indiqué le directeur des communications du ministre Dan Brien au Devoir.Mais entre-temps, le NPD s\u2019impatiente.«En l\u2019absence de quelque mesure que ce soit de la part des libéraux, je suggère que l\u2019on commence par abolir la loi », a proposé mercredi le néodémo- crate Randall Garrison en promettant de déposer un projet de loi en ce sens « à la première occasion» cet automne.«Les Canadiens s\u2019attendent toujours à ce que les libéraux agissent pour protéger nos libertés fondamentales », a fait valoir M.Garrison.Le député figure au 234e rang de la liste d\u2019attente pour déposer un projet de loi d\u2019initiative parlementaire\u2026 sur 240 députés.Les libéraux comptent cependant entamer leur travail d\u2019ici là.Le ministre Goodale lancera « bientôt » des consultations sur la sécurité nationale.« [Le ministre] est très déterminé à faire ces consultations pour s\u2019assurer que le programme de sécurité nationale respecte à la fois les besoins de sécurité des Canadiens et les droits dans la Charte», a affirmé Dan Brien.Le projet de loi C-51 a permis plus d\u2019échange d\u2019informations entre les ministères et le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS); a facilité les arrestations préventives; a élargi l\u2019interdiction de vol aux personnes soupçonnées de voyager pour s\u2019adonner à des activités de terrorisme; a et accordé au SCRS un nouveau pouvoir de «perturbation» et même celui de poser des gestes illégaux si un juge y consent.Les libéraux ont promis dans leur plateforme électorale de clarifier «les définitions trop vagues de \u201cpropagande terroriste\u201d» et de «garantir que tous les mandats du [SCRS] respectent la Charte canadienne des droits et libertés».«Ça, ça ne change pas», a certifié M.Brien.Trop risqué?Le politologue Christian Leuprecht estime cependant que le ministre devrait y penser à deux fois.« Le contexte actuel n\u2019of fre pas de raison très convaincante de reculer sur cette loi », fait valoir ce professeur au Collège militaire royal de Kingston et à l \u2019Université Queen\u2019s.« Le gouvernement veut-il vraiment se retrouver dans une situation où s\u2019il se passe quelque chose au Canada, et que l\u2019enquête après coup démontre que s\u2019ils avaient laissé ces mesures en place, l\u2019incident aurait eu peu de chances de se produire ?» Un pari risqué, selon lui, puisque les libéraux risquent d\u2019être au pouvoir \u2014 et tenus responsables de leurs changements \u2014 pendant plusieurs années.M.Leuprecht souligne que pour user de ses pouvoirs de perturbation, le SCRS doit obtenir l\u2019aval d\u2019un juge et donc justifier sa demande.Si de telles mesures peuvent réduire les risques, bien qu\u2019elles enfreignent les droits et libertés, «c\u2019est un compromis raisonnable», a-t-il défendu.Le patron du SCRS, Michel Coulombe, révélait en mars que l\u2019agence avait utilisé ses nouveaux pouvoirs près de deux douzaines de fois.Le SCRS n\u2019avait pas obtenu de mandat d\u2019un juge, avait-il indiqué, suggérant que l\u2019agence n\u2019avait donc pas estimé contrevenir aux droits des individus impliqués.Or, l\u2019analyste en sécurité nationale Stephanie Carvin rétorque qu\u2019une «loi qui permet au service de renseignement de violer les libertés fondamentales de votre pays, telles qu\u2019enchâssées dans la loi, c\u2019est dangereux.C\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire».Et plaider le contraire en citant en exemple la situation en Europe est «erroné», selon cette pro- fesseure adjointe à l\u2019Université Carleton.Car bien que la menace existe au Canada, elle est exponentiellement plus grande en France, où près de 2000 personnes sont parties combattre à l\u2019étranger contre environ 170 ressortissants canadiens.«On parle ici d\u2019améliorer les outils, pas de les détruire», a argué Mme Carvin.La loi antiterro- riste n\u2019est pas pour autant parfaite.Les gestes du SCRS devraient être soumis à davantage de surveillance à son avis.Les libéraux ont déposé un projet de loi en juin proposant la création d\u2019un comité parlementaire chargé de surveiller les opérations des agences de sécurité.Les rapports seront cependant soumis au premier ministre et le gouvernement pourra refuser de fournir certaines informations ou la tenue d\u2019une enquête s\u2019il y a menace à la sécurité nationale.Ce qui fait dire à Randall Garrison que ce comité manquera d\u2019indépendance.Le Devoir LOI ANTITERRORISTE C-51 Ottawa garde le cap, malgré le contexte européen Le contexte actuel n\u2019offre pas de raison très convaincante de reculer sur cette loi Christian Leuprecht, politologue « » P aris \u2014 Une enquête de la « police des polices » française a conclu que le dispositif de sécurité sur la promenade des Anglais de Nice le soir de l\u2019attentat du 14 juillet, objet de vives polémiques avec l\u2019opposition de droite, « n\u2019était pas sous-dimensionné », a af firmé mercredi sa directrice, Marie- France Moneger-Guyomarc\u2019h.Vis-à-vis des critiques de la droite et de l\u2019extrême droite après cet attentat qui a fait 84 morts et 435 blessés, le ministre socialiste de l\u2019Intérieur Bernard Cazeneuve avait demandé un rapport à l\u2019Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », sur ce dispositif de sécurité.Les polémiques « sont le fruit d\u2019une mauvaise compréhension et interprétation des informations», a estimé Mme Mo- neger-Guyomarc\u2019h.Elle a confirmé le nombre de policiers nationaux (64) et municipaux (42) déployés pour l\u2019occasion, annoncés par la préfecture des Alpes maritimes mais contestés par des élus locaux de droite qui dénonçaient un «mensonge d\u2019État» et accusaient les autorités de n\u2019avoir pas su sécuriser les lieux.Dimanche, la chef du service pilotant la vidéosurveillance à la police municipale de Nice, Sandra Bertin, a également affirmé avoir subi des pressions du ministère de l\u2019Intérieur pour modifier son rapport sur le dispositif de sécurité le soir du 14 juillet.Deux enquêtes ont été ouvertes par la justice après ces accusations : l\u2019une à Nice pour « abus d\u2019autorité » après la plainte de cette policière, l\u2019autre à Paris pour « dif famation » après celle du ministre de l\u2019Intérieur Bernard Cazeneuve.En annonçant la remise du rapport un peu plus tôt dans l\u2019après-midi, le ministre a rappelé que «ce rapport administratif, strictement limité à son objet, ne se substitue ni ne préjuge en rien des conclusions des procédures et enquêtes judiciaires en cours» sur cet attentat, revendiqué par le groupe État islamique.Il a souhaité «que la justice puisse poursuivre son travail dans les conditions de sérénité indispensables à l\u2019établissement de l\u2019ensemble des faits».Agence France-Presse NICE La sécurité était suffisante La «police des polices» conclut que le dispositif était correct K A T E L L P R I G E N T à Paris H E R V É L I O N N E T à Saint-Étienne-du-Rouvray L\u2019organisation État islamique (EI) a dif fusé mercredi soir la vidéo d\u2019une déclaration d\u2019allégeance des deux assassins d\u2019un prêtre dans une église en France, alors que responsables religieux et politiques du pays affichaient leur unité quant aux risques de fractures.Cette vidéo dif fusée par l\u2019agence Amaq, organe de propagande du groupe EI, montre deux jeunes hommes à côté d\u2019une bannière de l\u2019organisation, l\u2019un d\u2019eux récitant en arabe avec un for t accent le texte traditionnel d\u2019allégeance à l\u2019« émir des croyants » Abou Bakr al-Baghdadi.Deux hommes ont égorgé mardi un prêtre et grièvement blessé une personne lors d\u2019une prise d\u2019otages dans l\u2019église de Saint-Étienne-du-Rouvray, dans le nord-ouest de la France.Le groupe EI avait revendiqué aussitôt cet attentat.Le président François Hollande, des responsables politiques de la majorité et de l\u2019opposition, dont l\u2019ancien président Nicolas Sarkozy, et des représentants de toutes les religions ont assisté mercredi à une messe à la mémoire de ce prêtre de 86 ans, Jacques Hamel, en la cathédrale Notre-Dame- de-Paris, donnant une image de cohésion à la France ébranlée par une succession d\u2019attentats.Loin des polémiques politiques surgies après l\u2019attentat du 14 juillet sur les conditions de sécurité à Nice (84 morts) et des huées qui avaient accueilli le premier ministre Manuel Valls venu rendre hommage aux victimes, la cérémonie à Notre-Dame était empreinte de gravité et de recueillement.Avant leur sortie de l\u2019édifice religieux, le président socialiste et l\u2019archevêque de Paris, André Vingt-Trois, ont été applaudis.Dans la matinée, les responsables religieux avaient été reçus ensemble par François Hollande.Pour Mgr Vingt-Trois, les croyants de France « ne doivent pas se laisser entraîner dans le jeu politique » du groupe EI, qui «veut dresser les uns contre les autres les enfants d\u2019une même famille ».L\u2019enquête sur l\u2019attaque contre l\u2019église a permis d\u2019établir l\u2019identité d\u2019un premier assaillant, Adel Kermiche, un Français de 19 ans.Issu d\u2019une famille d\u2019origine algérienne sans histoire, mais souffrant de troubles du comportement, il était assigné à résidence avec un bracelet électronique depuis mars, après une dizaine de mois en prison, dans l\u2019attente d\u2019un procès pour avoir tenté à deux reprises, en 2015, de se rendre en Syrie.L\u2019identification de son complice, dont le corps a été criblé par les balles des policiers, n\u2019a pas encore été formellement établie.Les enquêteurs suspectent un homme de 19 ans, Abdel Malik P.Devant les demandes de la droite pour un durcissement de la législation antiterroriste, le ministre de l\u2019Intérieur Bernard Cazeneuve a rejeté l\u2019idée d\u2019une mise en rétention des personnes fichées pour radicalisation : «C\u2019est anticonstitutionnel» et « totalement inefficace».Les appels à la «cohésion» de la société lancés par l\u2019exécutif sont compliqués par la très forte impopularité de François Hollande, et alors que les positions de part et d\u2019autre se durcissent aussi à l\u2019approche de la présidentielle de 2017.Traumatisme La presse française dans son ensemble a demandé des « actes » au gouvernement, et aux Français de « faire bloc » alors que les attentats se multiplient contre le pays, engagé dans la lutte internationale contre le groupe EI en Irak et en Syrie.L\u2019assassinat du prêtre par des djihadistes est une première dans un lieu de culte catholique en Europe.Plusieurs hommages ou cérémonies sont prévus d\u2019ici la fin de la semaine à Saint-Étienne-du-Rouvray, en banlieue de Rouen.Dans un éditorial mercredi, le quotidien Le Monde souligne la nécessité de résister à la violence terroriste.«Ne pas y céder, jamais, est le premier acte de résistance d\u2019une société telle que la nôtre \u2014 c\u2019est aussi son honneur \u2014 et une première défaite infligée à l\u2019ennemi.» La France, parfois qualifiée de « fille aînée de l\u2019Église » catholique, est le pays d\u2019Europe ayant les plus fortes communautés musulmane (environ 5 millions) et juive (plus de 500 000 personnes).L\u2019assassinat du prêtre a traumatisé les Français bien au- delà des catholiques.À Saint- Étienne-du-Rouvray, dont le maire est communiste, roses blanches, ours en peluche et bougies s\u2019accumulaient mercredi devant l\u2019entrée de la mairie, ainsi que des messages, souvent anonymes, tels que : «Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c\u2019est leur connerie, pas leurs différences».«Le vrai risque, c\u2019est une radicalisation d\u2019une par tie de l\u2019opinion catholique, dont une part non négligeable déjà vote Front national », le parti d\u2019extrême droite, juge cependant Odon Vallet, historien français des religions.Frappée trois fois en 18 mois par des attentats djiha- distes sans précédent (17 morts en janvier 2015, 130 le 13 novembre, 84 le 14 juillet), la France reste sous une «menace très élevée » , a répété mardi François Hollande.Agence France-Presse ATTENTATS EN FRANCE Politiques et religieux tentent de faire bloc L\u2019assassinat du prêtre a traumatisé les Français bien au-delà des catholiques CHARLY TRIBALLEAU AGENCE FRANCE-PRESSE Des gerbes de fleurs ont été déposées mercredi devant l\u2019église de Saint-Étienne-du-Rouvray, où un prêtre a été assassiné mardi.À Paris, dignitaires religieux français et politiciens ont assisté à une messe hommage à la cathédrale Notre-Dame-de-Paris.Le monde est «en guerre », estime le pape Cracovie \u2014 Le pape François a estimé mercredi, en arrivant en Pologne au lendemain de l\u2019assassinat d\u2019un prêtre en France, que le monde était «en guerre», mais, a-t-il souligné, pas en guerre de religion.«Le monde est en guerre parce qu\u2019il a perdu la paix», a dit le souverain pontife.[Mais] quand je parle de guerre, je parle d\u2019une guerre d\u2019intérêts, d\u2019argent, de ressources, pas de religions.Toutes les religions veulent la paix, ce sont les autres qui veulent la guerre».«[\u2026] Depuis longtemps le monde est en guerre fragmentée.La guerre qui était celle de 1914, puis de 1939-1945, et maintenant celle-ci.» Le pape utilise souvent le terme de «guerre fragmentée» pour décrire une guerre composée de différents évé- nements violents.L\u2019assassinat du prêtre par des djihadistes est le premier dans un lieu de culte catholique en Europe L E D E V O I R , L E J E U D I 2 8 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi AVIS LÉGAUX & APPELS D\u2019OFFRES HEURES DE TOMBÉE AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa responsa - bilité se limite au coût de la parution.AVIS LÉGAUX AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné que, à la suite du décès de Laure PARENT, domiciliée à Montréal, Québec, survenu le 10 mars 2016, un inventaire des biens de la défunte a été fait par les liquidateurs, Lyne et Alain PERRAULT, le 25 juillet 2016, devant Me Marcella De PIANO, notaire au 5777 Sherbrooke est, #201, Montréal, Québec, H1N 3R5, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés, à l'étude de Me DE PIANO, notaire.Donné ce 26 juillet 2016 Lyne PERRAULT et Alain PERRAULT, liquidateurs Avis de clôture d'inventaire (art.795 C.c.Q.) Prenez avis qu'à la suite du décès de monsieur Roland Gaillar- detz, en son vivant domicilié au 10 988, avenue de Bruxelles, Montréal-Nord, Québec, H1H 4R7, survenu le 5 août 2015, un inventaire de ses biens a été dressé par le liquidateur successoral, monsieur Martin Laliberté, et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Marie- France Carrère, notaire, sise au 10 105, de l'avenue Hamel, en la ville de Montréal; 514-388-3884, sur rendez-vous.Donné ce 26 juillet 2016.Me Marie-France Carrère, notaire Avis de demande de changement de nom Prenez avis que Tara Maureen McAfee, dont l'adresse de domicile est le 1200 avenue Laurier Est #209, Montréal, Qc.H2J 1G9, présentera au Directeur de l'état civil une demande pour changer son nom en celui de Tara Maureen Cazaubon.Cet avis a été rempli et signé à Montréal.le 15-7-2016 par Tara McAfee.Tara McAfee P rince Alber t \u2014 Les estacades mises en place sur la rivière Saskatchewan Nord pour endiguer le déversement de pétrole brut commencent à être moins ef ficaces, ont constaté des responsables gouvernementaux mercredi.Wes Kotyk, du ministère provincial de l\u2019Environnement, a indiqué que le pétrole à la sur face se disperse maintenant à mesure qu\u2019il descend la rivière, ce qui rend sa récupération plus ardue.Il a rappelé que neuf estacades sont en place là où elles pourraient être le plus efficaces.Aucun plan n\u2019a été élaboré jusqu\u2019ici pour récupérer le pétrole qui est passé sous la surface de l\u2019eau, car on ignore comment se comporte ce mélange particulier de brut issu des sables bitumineux.Le bitume acheminé vers les raffineries dans les oléoducs est dilué avec des pétroles extralé- gers pour le rendre plus fluide.Une fuite dans l\u2019oléoduc de la pétrolière Husky Energy, mercredi dernier, a provoqué le déversement de 200 000 à 250 000 litres de pétrole \u2014 l\u2019équivalent de deux wagons- citernes \u2014 dans la rivière Saskatchewan Nord près de Maidstone, selon l\u2019entreprise.La « marée noire » suit depuis le cours de la rivière.Eau Deux municipalités en aval de la fuite, Prince Alber t (35 000 habitants) et Nor th Battleford (14 000 habitants), ont cessé de puiser leur eau dans la rivière et tentent depuis de ménager leurs réserves.Sam Ferris, de l\u2019Agence provinciale de sécurité de l\u2019eau, a précisé mercredi que les réservoirs de North Battleford tiennent le coup pour l\u2019instant pendant la fermeture de l\u2019usine de traitement des eaux, mais que des solutions de rechange sont déjà envisagées, au cas où.On songe notamment à « prétraiter » les eaux polluées de la rivière avant de les acheminer vers l\u2019usine d\u2019épuration de la ville.La Presse canadienne Les estacades arrivent mal à endiguer la marée noire en Saskatchewan C H R I S T O P H E V O G T à Washington L\u2019 abandon mercredi des poursuites contre tous les policiers impliqués dans l\u2019homicide de Freddie Gray, un Noir mortellement blessé l\u2019an dernier dans un fourgon de police à Baltimore, risque d\u2019accroître un peu plus les tensions raciales déjà très vives aux États-Unis.Aucun des policiers initialement poursuivis n\u2019aura donc été condamné dans cette affaire qui avait déclenché de violentes émeutes dans Baltimore, ville portuaire de l\u2019Est américain, et pris une dimension nationale aux États-Unis.«Les services du procureur de la ville de Baltimore ont décidé d\u2019abandonner les poursuites dans les dossiers restants liés à l\u2019arrestation et à la mor t de Freddie Gray », a indiqué une cour du Mar yland, dont dépend Baltimore, dans un bref communiqué.Après les émeutes de Ferguson à l\u2019été 2014, l\u2019affaire Freddie Gray, qui avait éclaté au printemps 2015, était devenue pour beaucoup le symbole des violences policières envers la communauté noire.Freddie Gray, un jeune Noir de 25 ans, avait été installé dans un fourgon de police le 12 avril 2015 pour être emmené au poste.Le jeune homme a subi, dans des circonstances qui n\u2019ont jamais été clairement établies, une fracture des vertèbres cervicales lors du transport avant de succomber à ses blessures le 19 avril.Le premier procès dans cette affaire s\u2019était soldé par un non-lieu-surprise.Les deux procès suivants, y compris celui de Caesar Goodson, le chauffeur du fourgon qui faisait face aux chefs d\u2019inculpation les plus graves, avaient débouché sur des acquittements.Les autorités avaient dû déclarer l\u2019état d\u2019urgence et appeler les militaires de la garde nationale en renfort pour tenter de rétablir le calme dans la ville.Fossé L\u2019affaire Freddie Gray avait souligné une nouvelle fois le fossé qui sépare souvent les forces de l\u2019ordre de la communauté noire aux États-Unis.Depuis Baltimore, les violences policières envers les Noirs n\u2019ont cessé de défrayer la chronique, non pas parce que le phénomène est nouveau mais parce que les téléphones portables ont changé la donne.Là où ces affaires pouvaient plus ou moins facilement être étouffées, les images des violences sont désormais par tagées sur les réseaux sociaux et relayées par les médias.L\u2019interpellation de Freddie Gray, pour un regard de travers, avait d\u2019ailleurs été filmée et les images étaient devenues virales.La communauté noire se mobilise et a réussi à se faire mieux entendre, au point de faire des violences policières l\u2019un des thèmes centraux de l\u2019élection présidentielle.Mardi, lors de la convention du Parti démocrate, neuf mères de victimes ont plaidé pour que l \u2019on s\u2019attaque sérieusement à ce fléau, sous les cris de « Black lives matter ! » , repris par de nombreux délégués.« Black Lives Matter », né lors des manifestations de 2014 pour dénoncer les bavures, est devenu un mouvement influent qui a forcé les candidats aux primaires côté démocrate comme républicain à parler de ce sujet délicat.Agence France-Presse TENSIONS RACIALES La mort de Freddie Gray restera sans suite Tous les policiers impliqués ont été dédouanés Une découverte grâce au « Ice Bucket Challenge » La campagne de financement du défi du seau d\u2019eau glacée, le fameux «Ice Bucket Challenge», a permis à des chercheurs des États-Unis et des Pays-Bas de faire une découverte importante, a annoncé lundi le journal scientifique Nature.Par le biais du Projet MinE, financé par la campagne sur les réseaux sociaux, les chercheurs ont identifié un gène, le C21orf2, qui serait associé au risque de développer la sclérose latérale amyotrophique.C\u2019est sur cette maladie neuromusculaire, qui entraîne la paralysie progressive du corps, que le « Ice Bucket Challenge» souhaitait attirer l\u2019attention.Sur la photo, le futur premier ministre canadien, Justin Trudeau, arrose le député Sean Casey.Rosetta coupe le cordon avec son robot Philae Paris \u2014 Cette fois, c\u2019est un «au revoir» officiel : la sonde européenne Rosetta a coupé mercredi ses communications avec le petit robot Philae posé sur la comète Tchouri, pour économiser de la puissance et se concentrer sur ses tâches scientifiques pendant les deux mois qui lui restent à vivre.«Aujourd\u2019hui, les communications avec Philae ont été coupées», a déclaré Andreas Schuetz, porte-parole de l\u2019agence spatiale allemande DLR.«C\u2019est la fin d\u2019une mission fascinante et couronnée de succès», a-t-il ajouté.«Il est temps pour moi de dire au revoir», a confié Philae mardi soir sur son compte Twitter, animé par l\u2019Agence spatiale européenne (ESA).Rosetta, qui escorte la comète Tchouri depuis août 2014, s\u2019éloigne de plus en plus du Soleil.Elle est actuellement à 520 millions de kilomètres de notre étoile et à 590 millions de kilomètres de la Terre.Ses grands panneaux solaires, qui lui fournissent son énergie, reçoivent de moins en moins de lumière.La sonde perd 4 watts par jour, précise l\u2019ESA sur son blogue.Il est donc nécessaire d\u2019économiser de la puissance pour que Rosetta puisse continuer à faire fonctionner ses instruments scientifiques jusqu\u2019à la fin de son aventure prévue le 30 septembre.Agence France-Presse L\u2019affaire Gray était devenue pour beaucoup le symbole des violences policières envers les Noirs Les plus récentes données de Statistique Canada confirment une baisse graduelle cette année du transport par rail de pétrole brut et de mazout.Les données de mai, publiées mercredi, indiquent que le nombre de wagons-citernes utilisés pour le transport de pétrole au Canada a chuté du tiers comparativement à la même période l\u2019an dernier, avec 6566 wagons.Statistique Canada attribue cette baisse aux gigantesques incendies de forêt dans la région de Fort McMurray, en Alberta, qui ont réduit la production de pétrole de plus d\u2019un million de barils par jour.Mais cette tendance à la baisse était déjà observée depuis janvier.Moins de pétrole par rail JASON FRANSON LA PRESSE CANADIENNE L E D E V O I R , L E J E U D I 2 8 J U I L L E T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 A vec ses troubles d\u2019apprentissage, Louis Charbonneau se levait la nuit pour haïr l\u2019école.Il était alors bien loin de se douter qu\u2019il ?nirait enseignant.Et qu\u2019il aiderait plusieurs jeunes en dif?culté.Lorsqu\u2019il avait sept ou huit ans, Louis Charbonneau était déjà aventurier dans l\u2019âme et pas mal débrouillard.Il passait ses étés sur le voilier familial.Souvent, avant que ses parents se lèvent le matin, il attrapait une pomme ou une banane et partait seul sur une chaloupe munie d\u2019une petite voile pour naviguer sur la rivière Richelieu.Ses parents le reprenaient en passant, plusieurs heures plus tard.Homme d\u2019action et de grand air, il se débrouillait toutefois beaucoup moins bien à son pupitre d\u2019écolier.« Je n\u2019appréciais pas tellement l\u2019école, je réussissais mes années de justesse et j\u2019ai doublé ma quatrième année », indique l\u2019homme de 78 ans.Il se souvient particulièrement des grandes distributions de prix qui se déroulaient à son école dirigée par des religieuses.«Il y avait des prix d\u2019excellence en français, en mathématique, mais moi, j\u2019avais toujours seulement le prix d\u2019assiduité; une forme de prix de consolation pour ma présence», raconte celui qui a changé de collège quatre fois dans l\u2019espoir d\u2019en trouver un où il fonctionnerait mieux.Sans succès.Ses parents, des gens très instruits et de grands lecteurs, l\u2019ont heureusement toujours soutenu et encouragé.Si bien, qu\u2019il a réussi à obtenir un bac ès arts.Puis, il a fait une année en droit : une catastrophe ! « J\u2019ai compris que ce n\u2019était vraiment pas fait pour moi, probablement parce que les cours étaient donnés dans de très grandes classes avec de nombreux étudiants et qu\u2019il fallait apprendre énormément de matière théorique.» Par contre, lorsque Louis Charbonneau a entrepris des études en géographie, il s\u2019est soudainement senti à sa place.« Nous étions peu d\u2019étudiants, nous allions beaucoup sur le terrain, nous apprenions à interpréter des cartes ; ça venait vraiment rejoindre ma nature d\u2019aventurier.» La voie de l\u2019enseignement Sa licence de géographie en poche, il aurait bien aimé devenir chercheur, mais il n\u2019y avait pas de poste dans le domaine à l\u2019époque.Il s\u2019est ?nalement vu offrir un emploi d\u2019enseignant au secondaire.Puis, rapidement, il a obtenu un poste en formation des maîtres à l\u2019École normale Ville-Marie.«C\u2019était un petit département, j\u2019y étais très à l\u2019aise.Je l\u2019ai d\u2019ailleurs un peu secoué en amenant mes étudiants, âgés de quelques années de moins que moi, faire du terrain.J\u2019étais dans mon élément et ça fonctionnait ; mes étudiants adoraient ça.» Lorsque l\u2019École normale Ville-Marie a été intégrée à l\u2019Université du Québec à Montréal en 1969, il s\u2019est fait offrir un poste de fonctionnaire à Québec.«Lorsque j\u2019ai vu le petit cubicule [où j\u2019allais devoir travailler], j\u2019ai su que ce ne serait pas pour moi!» Il est donc retourné à l\u2019enseignement au niveau secondaire.Lui qui avait tant détesté l\u2019école adorait enseigner, ?nalement.Il a vécu toutes sortes d\u2019expériences.Certaines malheureuses, comme lorsqu\u2019il a accepté un poste de direction : « Ce n\u2019était vraiment pas pour moi, mais heureusement, je l\u2019ai compris rapidement.» D\u2019autres expériences ont été beaucoup plus heureuses, comme aller enseigner pour le gouvernement canadien à des enfants de militaires en poste en Allemagne.Pendant ces trois années, il en a pro?té pour faire le tour de l\u2019Europe avec sa famille : ruines romaines, virée londonienne, ski dans les Alpes autrichiennes, etc.À son retour, il avait un poste garanti, mais il s\u2019est retrouvé, question d\u2019ancienneté, à enseigner le français.Ce qui était loin d\u2019être sa force lorsqu\u2019il était lui-même sur les bancs d\u2019école.Sa débrouillardise lui a servi.« J\u2019ai essayé de me souvenir comment je me sentais à l\u2019époque, je me suis mis à l\u2019écoute des jeunes et j\u2019ai réalisé que j\u2019avais dans ma classe environ sept ou huit élèves qui savaient déjà tout ce qu\u2019ils devaient savoir, explique-t-il.Je me suis appuyé sur eux pour m\u2019aider moi et pour aider les autres! » Au lieu d\u2019utiliser des termes savants, dans la classe de Louis Charbonneau, on utilisait des termes que tout le monde comprenait.Les élèves les plus performants ont partagé leurs trucs.« Les jeunes appréciaient beaucoup mon approche, autant ceux en dif?culté que les meilleurs qui aidaient les autres.Ça les valorisait beaucoup.J\u2019ai moi-même amélioré ma grammaire et mon orthographe à travers cette expérience! » Son approche a toutefois fait sourciller la direction à quelques reprises.Particulièrement lorsqu\u2019une enseignante est allée raconter que Louis Charbonneau se faisait aider de ses meilleurs étudiants pour corriger les copies d\u2019examens.« Le directeur m\u2019a dit que je ne pouvais pas faire ça, mais ça faisait trois ans que je le faisais et ça fonctionnait très bien ! Mes élèves corrigeaient sûrement mieux que moi d\u2019ailleurs ! Je crois que le directeur a un peu fermé les yeux par la suite.» À sa façon Louis Charbonneau a réussi à trouver sa place dans la vie professionnelle en faisant les choses à sa façon.« Tout le monde n\u2019a pas toujours été content de ça, mais ce qui importait vraiment ?nalement, c\u2019était les résultats », résume-t-il.Il croit que d\u2019avoir eu la sagesse d\u2019accepter ses dif?cultés lui a permis de développer une approche d\u2019ouverture envers les élèves qui avaient, eux aussi, des dif?cultés.L\u2019enseignement lui a aussi permis de vivre durant les pauses estivales sa passion pour la voile.En 1968, il a ouvert son école de voile.Il a pris sa retraite de l\u2019enseignement au secondaire en 1978 mais il prend toujours des apprentis navigateurs sous son aile.« Mon bateau est sur le lac Champlain, les gens m\u2019y rejoignent, je leur montre un peu de théorie, puis on part et ils la mettent tout de suite en application, explique le passionné.Ma conjointe m\u2019appuie beaucoup, mais elle commence par contre à me tirer un peu la manche pour que j\u2019arrête ! Mais, je crois que je serai occupé tout l\u2019été ! Que ce soit dans une classe ou sur un voilier, j\u2019apprends autant de mes élèves qu\u2019eux apprennent de moi.C\u2019est ce qui est beau avec l\u2019enseignement.» LOUIS CHARBONNEAU, UN PROF PAS COMME LES AUTRES L\u2019Institut des troubles d\u2019apprentissage poursuit, en collaboration avec Le Devoir, sa série de chroniques sur le parcours exceptionnel de personnes qui ont réussi malgré des troubles d\u2019apprentissage.L\u2019objectif est double : démysti?er le sujet tout en démontrant le potentiel des 10% d\u2019entre nous aux prises avec de telles dif?cultés.Bonne lecture! En collaboration avec EN COLLABORATION AVEC L\u2019INSTITUT DES TROUBLES D\u2019APPRENTISSAGE La contribution de tous De nombreuses personnes ayant un trouble d\u2019apprentissage ou un trouble associé, tel le trouble du dé?cit de l\u2019attention, trouvent maintenant leur voie dans notre société.Le soutien offert au cours des études in?uence le cheminement de ces personnes jusqu\u2019au marché du travail.Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et membre du conseil d\u2019administration de l\u2019Institut des troubles d\u2019apprentissage, soulignait à juste titre dans Le Devoir du 10 octobre 2015 qu\u2019« avec le resserrement démographique, on a besoin de la contribution de tout le monde.Il faut considérer ces gens et leur donner les outils pour qu\u2019ils donnent leur plein potentiel ».GRACIEUSETÉ Louis Charbonneau a réussi à trouver sa place dans la vie professionnelle en faisant les choses à sa façon.Une psychiatre qui avait rencontré Richard Henry Bain deux semaines après son arrestation en 2012 soutient que l\u2019homme était manifestement dans un épisode maniaque causé par un trouble bipolaire (psychose maniaco-dépressive).Marie-Frédérique Allard est l\u2019un des témoins appelés à la barre par la défense au procès de Richard Bain, qui a plaidé non coupable aux six chefs d\u2019accusation déposés contre lui.Il est accusé de meurtre prémédité, de trois tentatives de meurtre, de possession de matériel incendiaire et d\u2019incendie criminel, à la suite de la fusillade du Métropolis le soir de l\u2019élection de Pauline Ma- rois, le 4 septembre 2012.La Couronne maintient que le crime de nature politique était prémédité, alors que la défense plaide que son client devrait être reconnu non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux.Marie-Frédérique Allard, une psychiatre judiciaire, a raconté mercredi aux jurés que l\u2019avocat de M.Bain à l\u2019époque lui avait demandé de rencontrer son client dans un centre de détention, le 18 septembre 2012, afin de procéder à son évaluation psychologique.Selon Mme Al- lard, il était évident, à l\u2019issue d\u2019un entretien de trois heures, que Richard Henry Bain était psychotique et présentait les symptômes de manie bipolaire.La psychiatre a aussi remarqué que M.Bain ne semblait pas réaliser qu\u2019il faisait face à la plus grave des accusations criminelles.Il soutenait alors qu\u2019il accomplissait les desseins de Dieu, qui sera son juge, a indiqué Mme Allard.Elle estime que l \u2019accusé était probablement fragile au moment de la fusillade, mais que les compor tements étranges qu\u2019il aurait af fichés dans les jours précédents ne lui permettent pas de poser un diagnostic.Au lendemain de cet entretien, la docteure Allard a appelé le psychiatre traitant de M.Bain pour que l\u2019on cesse l \u2019administration d\u2019antidépresseurs, qui ont tendance à provoquer de tels épisodes maniaques.La Presse canadienne Bain souffrirait d\u2019un trouble bipolaire U ne coroner suggère d\u2019interdire complètement le cellulaire au volant à la lumière du décès d\u2019une piétonne dans le Bas-Saint-Laurent l\u2019automne dernier.Dans son rappor t déposé mercredi, Renée Roussel affirme que bien que le système mains libres \u2014 « Bluetooth » \u2014 permette de rendre les communications cellulaires au volant «moins illégales et périlleuses », cela reste encore une source de distraction qui cause des accidents.La téléphonie cellulaire, «que l\u2019on manipule ou pas le téléphone », est dangereuse lorsque l\u2019on conduit un véhicule moteur et « devrait possiblement être complètement bannie au volant », soutient-elle dans le rapport obtenu par La Presse canadienne.La coroner évoque une « jurisprudence actuelle non dissuasive » et dit croire qu\u2019il faudra probablement des solutions technologiques \u2014 «brouillage des ondes cellulaires à bord des véhicules par exemple » \u2014 plutôt qu\u2019«éducatives » pour venir à bout du danger que cette pratique représente.Le 29 novembre der nier, une piétonne de 75 ans s\u2019est fait heur ter par une voiture venant derrière elle dans la rue du Rocher à Saint-Alexan- dre-de-Kamouraska.Le décès de Florida Castonguay a été constaté à l \u2019hôpital un peu plus de trois heures après la collision.Mme Castonguay est décédée d\u2019un traumatisme craniocérébral sévère, et le rappor t indique que sa fracture du crâne la plaçait dans une « situation gravissime » et « inévitablement mortelle ».La coroner parle d\u2019un «décès accidentel ».Aucune autopsie n\u2019a été ordonnée.Le rappor t fait état d\u2019une distraction évidente, quoique le rôle du cellulaire ne semble pas pouvoir être établi hors de tout doute.Selon l\u2019information recueillie par les policiers, le conducteur, au moment où il s\u2019approchait de Mme Caston- guay, aurait été distrait par le passager à bord de son véhicule « ainsi que par son téléphone cellulaire, tel qu\u2019en témoigne le relevé de son fournisseur de service cellulaire », in- dique-t-on.La coroner ajoute que «ce dernier fait est toutefois catégoriquement nié par le conducteur».Mme Castonguay déambulait sur le côté nord de la chaussée directement dans la rue mais près de l\u2019accotement puisqu\u2019il n\u2019y avait pas de trottoir.Elle aurait été heurtée derrière les genoux par le pare-chocs et une partie de son corps aurait percuté le capot de la voiture.Cet aspect fait dire à la coroner que l\u2019absence de trottoirs représente un autre facteur dans les causes de l\u2019accident.La Société de l\u2019assurance automobile du Québec (SAAQ) a pour sa part fait valoir les difficultés d\u2019application par les forces policières d\u2019une éventuelle interdiction totale du cellulaire au volant.La Presse canadienne Une coroner recommande l\u2019interdiction complète du cellulaire au volant ELAINE THOMPSON ASSOCIATED PRESS La SAAQ estime qu\u2019il serait dif ficile d\u2019appliquer une telle mesure. Le marché immobilier canadien se porte bien dans l\u2019ensemble, disent les experts.À Vancouver pourtant, le prix moyen des maisons a tellement grimpé que la province vient d\u2019imposer une taxe de 15% sur les achats ef fectués par des non-Canadiens.Quelle sera la conséquence pour les autres villes du pays?e marché de l\u2019immobilier se porte bien même au Québec, où la demande est revenue à taux acceptable après quelques années d\u2019extravagance.L\u2019accès à la propriété est plus dif?cile qu\u2019il y a 20 ans, mais la faiblesse des taux d\u2019intérêt et l\u2019augmentation de l\u2019of fre de condos font qu\u2019il est encore possible de devenir propriétaire avec une mise de fonds raisonnable.Ce qui n\u2019est plus le cas à Vancouver et Toronto, où seuls les riches et les gens déjà propriétaires sont en mesure de participer au Monopoly.Au cours des cinq dernières années, le prix moyen des maisons a augmenté de 9,3% à Montréal, comparativement à plus de 50% à Toronto et Vancouver.Une maison unifamiliale banale coûte en moyenne plus d\u2019un million et demi de dollars à Vancouver, où les prix ont grimpé de 32% depuis l\u2019an dernier.Les raisons qui expliquent cette surenchère sont multiples, Vancouver étant une ville prospère dont le climat attire les gens à l\u2019aise à la recherche d\u2019un cadre urbain à dimension humaine situé entre la mer et la montagne.Mais le facteur qu\u2019on ose ouvertement montrer du doigt depuis peu est la présence sur le marché de riches investisseurs étrangers, surtout chinois.Entre la mi-juin et la mi-juillet, une maison sur dix a été acquise par un étranger dans des transactions totalisant pas moins de 885 millions.Plusieurs nouveaux capitalistes chinois achètent dans le seul but de placer leur argent en lieu sûr, hors de leur pays.Certaines propriétés restent inhabitées, ce qui accentue la pénurie de logements dans cette ville où la rareté des terrains disponibles posait déjà problème.Vancouver s\u2019apprête d\u2019ailleurs à imposer sa propre taxe sur les logements inoccupés.Certains accusent même le Programme québécois pour les immigrants-investisseurs, qui force ces derniers à placer 800 000 $ au Québec pendant cinq ans en échange d\u2019un statut d\u2019immigrant.Or, 85 % des « immigrants-investisseurs » d\u2019origine chinoise quittent le Québec, souvent pour Vancouver.?Devant la grogne populaire à moins d\u2019un an des élections, le gouvernement de Christie Clark, qui refusait d\u2019inter venir jusqu\u2019ici pour ne pas déplaire au milieu immobilier qu\u2019on dit généreux envers le Parti libéral, vient d\u2019imposer une taxe de 15 % sur les transactions immobilières des gens qui ne possèdent ni la citoyenneté ni le statut de résident permanent.Ce sont 300 000 $ de plus pour une propriété de 2 millions.Selon deux économistes de la Banque TD, cela devrait faire chuter la demande de 20% et les prix de 5% d\u2019ici l\u2019été prochain.Dans l\u2019ensemble, les économistes approuvent la décision du gouvernement Clark alors que les agents immobiliers crient au meurtre.?Cela dit, une telle taxe ne va pas sans effets secondaires.Le premier, c\u2019est le risque de voir le marché de Vancouver perdre tellement de vitesse que le mouvement haussier prendrait la direction inverse.Ce qui serait bien pour les futurs acheteurs, mais catastrophique pour les propriétaires de fraîche date dont la valeur de la maison chuterait en dessous du montant de l\u2019hypothèque.Un tel mouvement est très peu probable pour l\u2019instant, mais possible advenant une crise ou une remontée des taux.Autre effet secondaire probable : le déplacement de certains investissements vers Toronto, qui est déjà touchée par les prix élevés et la présence d\u2019investisseurs étrangers.D\u2019ailleurs, Queen\u2019s Park suit de près ce qui se passe à Vancouver et jongle avec l\u2019idée d\u2019imposer sa propre taxe dont les recettes rapporteraient des centaines de millions à la province.Quant à Montréal, il est possible que la taxe de Vancouver et surtout celle de Toronto incitent des étrangers à y investir dans le segment de luxe, mais il est trop tôt pour envisager une intervention.À un prix moyen de 350 000$, le marché montréalais ne fait pas face à la surchauffe ni à un af?ux d\u2019investisseurs étrangers.En revanche, s\u2019il est un risque à ne pas négliger, ici comme ailleurs au pays, c\u2019est celui d\u2019une chute généralisée de l\u2019immobilier dans la foulée d\u2019une récession quasi inévitable après la longue période de croissance que nous connaissons depuis 2009.D\u2019où l\u2019importance pour les banques et les familles de surveiller le taux d\u2019endettement de près, comme la Banque du Canada le répète depuis des mois.L E D E V O I R , L E J E U D I 2 8 J U I L L E T 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Qui a toujours 800 bases militaires dans le monde ?Il est de bon ton dans certains milieux de présenter la Chine ou la Russie comme deux puissances nouvelles et bellicistes.Mais qu\u2019en est-il au juste?Qui manifeste le plus d\u2019agressivité de l\u2019OTAN ou de ces deux pays apparus dernièrement dans le paysage politique mondial comme de prétendues menaces?D\u2019abord, qui a la plus longue tradition géopolitique de conquête ou d\u2019hégémonie?Même la défunte URSS a été plus attaquée qu\u2019elle n\u2019a agressé.Et la leçon fut très dure en Afghanistan.De plus, présenter le retour de la Crimée dans le giron russe comme une annexion cache bien des avancés de l\u2019OTAN en Europe vers la Russie elle-même.Vers l\u2019est, là où elle ne devrait pas être pour manifester une stratégie dite « défensive » dans la lointaine Ukraine.La Chine est la prétendante à la succession des États-Unis.Admettons qu\u2019elle est en voie de suivre une pente montante.Mais aura-t-elle l\u2019histoire de ce fameux pays pour son impérialisme et sa défense inconditionnelle de ses arrière- cours?La Chine est encore vue comme un pays en développement associé par des liens historiques au Tiers-Monde et qui manifeste un respect assez remarquable des indépendances politiques de ses partenaires.Elle est réputée ne pas se mêler des L I B R E O P I N I O N O R G A N I S A T I O N T O T O N A Q U E - N A H U A P O U R L A D É F E N S E D E N O T R E T E R R I T O I R E E T D E S E S P E U P L E S C O N S E I L T I Y A T T L A L I ( N O T R E T E R R E ) Lettre adressée aux dirigeants de la compagnie Inner- gex Renewable Resources, basée à Longueuil* Messieurs, Le 27 juin dernier, le président du Mexique, M.Enrique Peña Nieto, parlant devant la Chambre de commerce et d\u2019industrie de Québec, a annoncé que l\u2019entreprise Innergex Renewable Resources, dont le siège social est à Longueuil, au Québec, construira un barrage hydroélectrique dans l\u2019État de Puebla, au Mexique.Votre entreprise y possède déjà un associé, Comexhidro, qui sera de toute évidence votre par te- naire.Vos deux sociétés ont en commun d\u2019être des entreprises privées spécialisées dans la production d\u2019énergie électrique, nées dans les années 1990, lorsque, tant au Québec qu\u2019au Mexique, les grandes entreprises d\u2019État, Hydro-Québec et la Comisión Federal de Electricidad, respectivement, ont décidé la privatisation partielle de leurs activités.Concernant le « développement durable » que vous proposez, les projets de barrages actuels dans la Sierra Norte de Puebla sont nés à la suite de vastes projets de mines à ciel ouver t en haute montagne, mines qui requièrent non seulement d\u2019énormes quantités d\u2019eau (pour la lixiviation du métal), mais beaucoup d\u2019énergie électrique (pour le broyage et la centrifugation du minerai).Il en va de même pour l\u2019extraction d\u2019hydrocarbures par fractionnement hydraulique, qui a déjà commencé dans la plaine côtière voisine.D\u2019autres intérêts s\u2019y sont joints récemment, y compris la transnationale Walmart qui possède au Mexique une vaste chaîne de magasins.Or, le territoire de la Sierra Norte de Puebla n\u2019est pas un ter r i to i re inhabi té .Nous sommes près de 500 000 à y vivre, en majorité des autochtones totonaques et nahuas : la densi té y a t te int souvent 300 habitants au kilomètre carré.Nous y pratiquons depuis des siècles l\u2019agriculture et l\u2019élevage à petite échelle.Les vallées qui entourent nos rivières sont fertiles et il n\u2019est pas un mètre carré qui ne soit planté de maïs, de café ou d\u2019arbres fruitiers.Les rivières elles-mêmes nous fournissent du poisson et des crustacés.La terre et l\u2019eau ne sont pas seulement essentielles à notre sur vie, elles sont aussi sacrées pour nous.C\u2019est ce terroir que nous avons hérité de nos aïeux et que nous voulons transmettre à nos enfants et à nos petits-enfants.Le projet hydroélectrique Puebla 1, déjà en marche, réalisé par votre associé Des- elec 1 Comexhidro, veut harnacher la rivière Ajajalpan, qui traverse les municipalités d\u2019Ahuacatlan, Tepatlan et Tla- pacoya, en pays totonaque.D\u2019après le permis octroyé par la Comission de régulation de l\u2019énergie, il doit produire de l\u2019énergie électrique pour la compagnie Walmar t et ses entreprises associées.D\u2019autres projets sont prévus sur les rivières Zempoala et Apulco (cette der nière en pays nahua).Absence de consultation Nous, les communautés autochtones, reprochons au g o u v e r n e m e n t m e x i c a i n d\u2019avoir déjà octroyé de multiples permis pour la réalisation de ce projet, qui af fecte nos ter ritoires, nos ressources et nos vies, et ce, sans véritable consultation.Par exemple, la Commission nationale de l \u2019eau (CONA- GUA) a concédé à Deselec 1 Comexhidro l\u2019usage et l\u2019exploitation de la rivière Ajajal- pan où on prétend construire le barrage, permis qui inclut ses sources et de ses af - fluents.Que fait-on alors de notre droit à l\u2019eau, garanti par l\u2019ar ticle 4 de la Constitution mexicaine ?En outre, l\u2019Institut national d\u2019anthropologie et d\u2019histoire (INAH) a donné son aval pour la réalisation des travaux, malgré l \u2019existence de sites archéologiques à l\u2019endroit même du barrage.Qu\u2019en est- i l alors de notre droit au territoire et à la culture, garanti par la Convention 169 de l\u2019Organisation internationale du travail, qui fut ratifiée par le Mexique ?Notre opposition nous vaut de vivre sous la menace, on a formulé contre nous de fausses accusations, les entreprises ont essayé de diviser nos communautés en promettant de l\u2019argent à certains si les projets étaient acceptés.On a trompé des gens lors de l\u2019achat de leurs propriétés et on a organisé des consultations bidon, avec l\u2019accord du ministère de l\u2019Énergie.Et malgré les décisions de deux tribunaux en notre faveur, nous savons que le projet va de l\u2019avant.Nous, les communautés autochtones, qui formons la majorité des habitants de la Sierra Norte de Puebla, disons haut et fort que nous sommes prêts à défendre nos ter ri- toires et nos vies.Nous voulons éviter le désastre environnemental et les déplacements forcés de populations qui se produiront si se concrétisent les 14 projets de barrages hydroélectriques autorisés dans l\u2019État de Puebla, ainsi que les projets miniers (300 000 hectares concédés à ce jour) et l\u2019extraction d\u2019hydrocarbures par fracturation hydraulique.La terre et l\u2019eau ne sont pas des marchandises.Nos territoires ne sont pas à vendre.La vie de nos peuples est en danger.C\u2019est pourquoi nous exigeons du gouvernement mexicain qu\u2019il respecte son obligation de protéger et de garantir nos droits, et qu\u2019il annule le projet hydroélectrique Puebla 1 et les autres mégaprojets dans la Sierra Norte de Puebla, que nous qualifions de «projets de mort » car ils signifient la fin de nos peuples.* Texte traduit de l\u2019espagnol par Pierre Beaucage, professeur d\u2019anthropologie à l\u2019Université de Montréal.La terre et l\u2019eau ne sont pas des marchandises FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET affaires internes des autres pays.Réputation dont ne peut se revendiquer son concurrent à l\u2019échelle de la planète.Alors ces appels à la vigilance quant à la Russie et à la Chine cachent pour moi ces traditionnelles volontés de l\u2019Occident et des États-Unis de continuer d\u2019en imposer bien plus que de se présenter en victime dans un monde qui a été trop longtemps leur chasse gardée pour que l\u2019on puisse baisser la garde devant leurs calculs géopolitiques de domination et de préséance sur la planète.Guy Roy Lévis, 25 juillet 2016 Voter directement Ces élans de réforme électorale sont l\u2019équivalent du réaménagement de chaises sur le pont du Titanic.Les électeurs veulent pouvoir voter directement pour les chefs de par ti et non pour quelque obscur candidat dont ils n\u2019ont que faire.Le cas de la «vague orange » au Québec en est une preuve parmi tant d\u2019autres.Les gens votaient pour ce « bon Jack » et non pour cette candidate parachutée qui était en congé à Las Vegas au moment de l\u2019élection fédérale \u2014 je ne la prends à par tie que pour marquer le coup.Qu\u2019on le veuille ou pas, il faudra bien qu\u2019on ait un jour le courage de réviser la Constitution canadienne.P.E.Trudeau l\u2019avait justement rapatriée à cette fin.Réviser l\u2019ensemble de la Constitution, se sortir du carcan qu\u2019est ce débat futile entre le Québec et le ROC.Alain Jarry Dorval, le 26 juillet 2016 IMMOBILIER Vancouver s\u2019enflamme L JEAN-ROBERT SANSFAÇON La liberté de l\u2019Homme Attentats à la mitraillette, au camion, à l\u2019arme blanche, attentats suicides, bombes à fragmentation, égorgements, etc.Mais pourquoi toute cette violence contre des innocents, enfants ou adultes ?Rescapé lui-même des camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale, le regretté Elie Wiesel disait qu\u2019après la barbarie des camps de la mort, il ne pouvait plus croire en Dieu, car celui-ci n\u2019avait pas empêché l\u2019indicible.Mais l\u2019Homme est libre, libre de faire le bien comme le mal.Il peut aimer comme il peut violer et tuer.Il faut bien le reconnaître, l\u2019Homme est binaire ou divisé en lui-même, l\u2019Histoire nous le révèle chaque jour depuis des siècles.Pourquoi donc cette violence ?Parce que l\u2019Homme est tiré vers le bas comme vers le haut.La conquête de la liberté, de la liberté du bien est une longue et difficile construction.Puissance et pulsion d\u2019amour et de haine se mêlent constamment.L\u2019Homme est toujours à libérer.Michel Lebel Entrelacs, le 26 juillet 2016 L E D E V O I R , L E J E U D I 2 8 J U I L L E T 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); 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Nos choix d\u2019aujourd\u2019hui façonnent le monde dans lequel ils vivront.C\u2019est de ces choix dont j\u2019aimerais vous parler.Mais avant, laissez-moi encore un peu vous parler de Delphi et Leucas.Grâce à leurs marques distinctives, j\u2019ai appris à reconnaître un à un des centaines de bélugas.Au fil des rencontres, j\u2019ai appris à les connaître.Au fil des années, ils m\u2019ont raconté leur histoire, l\u2019histoire du Saint-Laurent, et un peu notre histoire aussi.Comme nous, les bélugas ont colonisé le Saint- Laurent.Poussés de l\u2019Arctique par la dernière glaciation, ils ont trouvé refuge ici il y a 10 000 ans.Cartier écrivait en 1535 que moult marsouins blancs vivaient dans cette grande rivière qu\u2019on appelle le Saint-Laurent.Depuis, leur nombre n\u2019a cessé de diminuer et le « fleuve aux Grandes Eaux» a bien changé.Ces changements s\u2019accélèrent et, avec eux, nos inquiétudes! Jamais auparavant n\u2019avons-nous eu autant conscience de ces changements.Jamais comme aujourd\u2019hui n\u2019avons-nous eu autant de science pour définir, comprendre, atténuer et peut-être renverser ces changements.Legs toxique Quand, dans les années 1930, les pêcheurs se plaignaient que les bélugas décimaient les saumons et les morues, nous les avons bombardés.Jusqu\u2019en 1939, on versait des primes aux chasseurs.Cette course à l\u2019extermination prit fin à la suite d\u2019une étude scientifique qui conclut que la morue et le saumon étaient rarement consommés par les bélugas.Quelques centaines de bélugas ont survécu à cette exploitation pour se retrouver dans la période la plus toxique du Saint-Laurent, au cœur de l\u2019ère industrielle.Après des décennies d\u2019efforts pour améliorer la santé du Saint-Laurent, les contaminants bannis au début des années 1970 sont maintenant en régression dans les bélugas et les cancers qui tuaient un quart des bélugas adultes ont disparu.Les bélugas ne sont pour autant pas sauvés des eaux.Leur population est de nouveau en déclin et la mortalité chez les femelles ges- tantes et les nouveau-nés est en hausse.Selon la Loi sur les espèces en péril, une population « en voie de disparition» est exposée à une disparition imminente si rien n\u2019est fait pour contrer les facteurs menaçant de la faire disparaître.Et maintenant, nous ne pouvons plus plaider l\u2019ignorance.Certaines des menaces auxquelles font face les bélugas sont dif ficilement réversibles.Le legs toxique, le réchauffement de l\u2019eau et l\u2019effondrement des stocks de poissons méritent tous notre attention, mais nous aurons besoin de plusieurs décennies pour corriger la situation.Les scientifiques qui étudient les bélugas depuis une trentaine d\u2019années s\u2019entendent : à court terme, nos ef forts doivent être dirigés vers l\u2019élimination des agents de stress d\u2019origine anthropique comme les perturbations dans les zones sensibles.Pour protéger efficacement la rainette faux grillon, il n\u2019a pas été nécessaire d\u2019arrêter la construction domiciliaire au Québec, mais bien juste sur quelques hectares.Pour protéger les bélugas du Saint-Laurent, nul n\u2019est besoin de mettre sous une cloche de verre l\u2019ensemble de son habitat essentiel ou de fermer la voie maritime.Besoins et habitudes On connaît de mieux en mieux les habitudes et les besoins des bélugas.Nous savons que ce n\u2019est pas une bonne idée de développer l\u2019activité portuaire à Cacouna.La construction de nouveaux terminaux dans le Saguenay augmenterait aussi le trafic maritime dans une portion sensible de l\u2019habitat essentiel des bélugas.Il serait malheureux encore une fois d\u2019opposer les bélugas au développement économique.Il serait surtout périlleux de le faire à la pièce, projet par projet.Comme le développement économique, la protection des bélugas a besoin d\u2019une stratégie.Sinon, comme il arrive souvent, nos stratégies de développement économique gagneront de vitesse nos stratégies de rétablissement des espèces en péril.La création d\u2019un réseau de refuges acoustiques sous la forme de zones de protection marine, d\u2019aires marines protégées ou de sanctuaires dans lesquels nous éviterions d\u2019accroître l\u2019activité humaine pourrait protéger les bélugas.Elle nous permettrait aussi de mieux préparer l\u2019avenir, en conjuguant nos aspirations pour un monde meilleur, pour les bélugas et pour nous.La protection des bélugas peut aussi être une fierté et un moteur pour le développement économique.Au cours des dernières années, des millions de visiteurs sont venus à la rencontre des bélugas dans le parc marin du Saguenay\u2013Saint-Lau- rent.De plus, des milliers de Québécois et Canadiens, des entreprises et municipalités ont « adopté » symboliquement des bélugas, montrant ainsi leur attachement et nous donnant leur appui pour mieux les comprendre et mieux les protéger.M.Trudeau, j\u2019aimerais vous confier la garde de Leucas.À vous, M.Couillard, je confie Delphi.Je m\u2019engage à vous donner des nouvelles de vos protégés chaque fois que je les rencontrerai.J\u2019aimerais en échange que vous parveniez rapidement, ensemble, comme pour la création du parc marin du Saguenay\u2013Saint-Lau- rent, à créer les refuges acoustiques dont Delphi, Leucas et leurs familles ont besoin.J\u2019espère que vous raconterez fièrement l\u2019histoire de vos protégés à vos enfants et petits-enfants et qu\u2019ils pourront encore, en 2080, s\u2019émerveiller lorsqu\u2019ils apercevront un troupeau de bélugas et y reconnaîtront Delphi et Leucas.Merci de prendre soin de Delphi et Leucas\u2026 La création d\u2019un réseau de refuges acoustiques, sous la forme de zones où nous éviterions d\u2019accroître l\u2019activité humaine, pourrait protéger les bélugas J O H A N N E C L O U E T Docteure en droit à l\u2019Université de Montréal ans leur texte «Garde partagée par défaut: une pratique s o u h a i t a b l e » , Étienne van Steen- berghe et Lise Bilo- deau énumèrent divers éléments qui, selon eux, militent en faveur d\u2019une présomption légale de garde partagée de l\u2019enfant à la suite d\u2019une rupture conjugale.Sans prendre ici position pour la garde partagée ou exclusive, j\u2019estime que certains de leurs propos méritent d\u2019être nuancés.Quelques mots d\u2019abord sur la garde exclusive afin de souligner, puisque cela est à mon avis souvent occulté ou méconnu, que l\u2019ordonnance de garde exclusive à l\u2019un des parents ne prive pas le parent non gardien de sa qualité de titulaire de l\u2019autorité parentale.Par conséquent, il dispose non seulement d\u2019un droit de sur veillance a posteriori à l\u2019égard des décisions quotidiennes prises par le parent gardien (décisions relatives, entre autres, aux heures de repas et de coucher ou aux habitudes alimentaires ou vestimentaires), mais également d\u2019un droit de participer, en amont, aux décisions importantes relatives à l\u2019orientation de la vie de son enfant.De même, et dans le respect des conventions internationales et du principe énoncé à l\u2019article 16 (10) de la Loi sur le divorce, selon lequel l\u2019enfant doit avoir avec chacun de ses parents le plus de contacts compatibles avec son propre intérêt, le parent non gardien se voit généralement accorder un droit d\u2019accès à l\u2019enfant qui va souvent bien au-delà de « deux fins de semaine par mois», comme le mentionnent les auteurs.Si les statistiques veulent qu\u2019«un enfant sur cinq âgé de six ans et plus, dont les parents se sont séparés, ne voit plus son père», il faut se questionner sur les raisons susceptibles d\u2019expliquer ces statistiques avant d\u2019en imputer la faute à la garde exclusive.Marge de manœuvre En ce qui concerne la garde par tagée, cette modalité de garde n\u2019est possible que si l\u2019intérêt de l\u2019enfant le justifie et que les parents ont des capacités parentales comparables, résident à proximité l\u2019un de l\u2019autre, s\u2019entendent et arrivent à communiquer de façon fonctionnelle.Le niveau hautement indéterminé du concept d\u2019intérêt de l\u2019enfant laisse aux juges une importante marge de manœu- vre quant à la détermination de son contenu.La discrétion dont ils jouissent en cette matière a d\u2019ailleurs donné lieu à des présomptions jurisprudentielles proposant des modèles familiaux complètement opposés.C\u2019est ainsi qu\u2019au nom de la stabilité affective à laquelle se rattache la notion de parent de référence, certains juges semblent privilégier la garde exclusive en octroyant la garde au parent qui, pendant l\u2019union, a été la figure parentale dominante pour l\u2019enfant.En revanche, d\u2019autres semblent plutôt considérer qu\u2019en présence des critères de réussite de la garde partagée, cette modalité de garde constitue, a priori, la formule la mieux à même de ser vir l\u2019intérêt de l\u2019enfant puisqu\u2019elle permet le maintien de la relation avec les deux parents.Cherchant à pallier l\u2019imprévisibilité des litiges relatifs aux modalités de garde dans un contexte post-rupture et d\u2019introduire une cer taine dose d\u2019objectivité aux décisions qui sont rendues en cette matière, il est proposé, sous le couvert de l\u2019intérêt de l\u2019enfant, de faire bénéficier la garde partagée d\u2019une présomption légale.En effet, l\u2019opportunité d\u2019introduire une présomption de garde partagée à la Loi sur le divorce a été proposée par l\u2019ancien député conservateur Maurice Vellacott dans le cadre d\u2019un projet de loi déposé à la Chambre des communes en décembre 2013.Ce projet de loi, fortement critiqué par l\u2019opposition et par le Barreau du Québec, a toutefois été rejeté à l\u2019étape de la deuxième lecture en date du 28 mai 2014.Le principal reproche adressé au projet de loi était de ne pas prioriser l\u2019intérêt de l\u2019enfant, pierre angulaire de toutes décisions qui le concernent.Malgré cet échec au fédéral, les auteurs van Steenberghe et Bilodeau nourrissent toujours le fantasme d\u2019introduire une présomption législative en faveur de la garde partagée en guise de rempart contre l\u2019imprévisibilité et l\u2019arbitraire judiciaire.Ils ont peut-être aussi été étonnés, sinon déçus, du silence du Comité consultatif sur le droit de la famille à ce sujet dans le rappor t produit au terme de ses délibérations.Pour le comité, chargé de «proposer au gouvernement du Québec les grands axes d\u2019une réforme du droit de la famille », cette question n\u2019était pas à l\u2019ordre du jour ou ne représentait pas un enjeu justifiant la discussion.Arbitraire À mon avis, si la norme en matière de garde dans un contexte post-rupture n\u2019a pas été contestée ou remise en cause par le comité , c\u2019est d\u2019abord parce qu\u2019à ce jour, l\u2019état actuel des recherches n\u2019of fre pas le soutien empirique nécessaire permettant de conclure que l\u2019une ou l\u2019autre des modalités de garde est plus bénéfique pour l\u2019enfant.De plus, le fait de maintenir le critère souple de l\u2019intérêt de l\u2019enfant \u2014 malgré tout ce qu\u2019on peut lui reprocher \u2014 permet de prendre en compte les circonstances de chaque espèce.On évite ainsi, d\u2019une par t, de formuler une règle générale qui prétendrait tra- du ire une vér ité ob ject ive transposable à tout enfant et, d\u2019autre part, de prioriser l\u2019intérêt des parents au détriment de celui de l\u2019enfant.Enfin, une présomption légale en faveur de la garde partagée ne ferait que créer l\u2019illusion d\u2019objectivité et de prévisi- b i l i t é q u \u2019 u n e t e l l e r è g l e cherche à atteindre.En effet, si l\u2019on admet la présomption dont il est ici question, il ne pourrait s\u2019agir, on en conviendra tous, que d\u2019une présomption simple, c\u2019est-à-dire com- por tant la possibilité de démontrer que la garde partagée n\u2019est pas dans l\u2019intérêt de l\u2019enfant.On n\u2019échappe donc pas à l\u2019opération mentale et néces- s a i r e m e n t s u b j e c t i v e d e constr uction ou de reconstruction du sens du concept d\u2019intérêt de l\u2019enfant dont on souhaitait se soustraire par l\u2019instauration d\u2019une présomption simple de garde partagée.Si le processus d\u2019interprétation du concept d\u2019intérêt de l\u2019enfant ne peut être totalement déterminé puisque le juge ne peut être réduit à un automate, il n\u2019est pas non plus totalement libre puisqu\u2019il est soumis à des contraintes, à savoir que les jugements doivent être rendus dans le cadre de la loi en toute impartialité, ce qui exige, pour le juge, de lutter contre les préjugés ou les préconceptions dont il est por teur, au risque de se vo ir inf irmer en appel ou même destituer.Comme garanties contre l\u2019arbitraire, cela n\u2019est pas rien.LA RÉPLIQUE \u203a GARDE PAR TAGÉE Maintenir le critère souple de l\u2019intérêt de l\u2019enfant GROUPE DE RECHERCHE ET D\u2019ÉDUCATION SUR LES MAMMIFÈRES MARINS Certaines des menaces auxquelles font face les bélugas sont dif ficilement réversibles.Le legs toxique, le réchauffement de l\u2019eau et l\u2019effondrement des stocks de poissons méritent tous notre attention, mais nous aurons besoin de plusieurs décennies pour corriger la situation, estime l\u2019auteur.LE DÉCLENCHEUR «À défaut d\u2019une indication législative précise, l\u2019interprétation de ses divers points peut varier d\u2019un juge à l\u2019autre, chacun statuant en fonction de sa sensibilité, de sa représentation du rôle du père ou de la mère et de son modèle idéologique propre.» \u2014 Étienne van Steenberghe et Lise Bilodeau, « Garde partagée par défaut : une pratique souhaitable », Le Devoir, 16 juillet.M D L E D E V O I R , L E J E U D I 2 8 J U I L L E T 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S expliqué l\u2019un des auteurs de l\u2019étude, Geoffrey Reed, quand Le Devoir l\u2019a joint à Mexico.Parmi les facteurs ayant provoqué le plus de détresse des par ticipants de l \u2019étude, menée entre les mois d\u2019avril et d\u2019août 2014, un seul est lié à l\u2019incongr uence de genre .Les personnes trans ont in- d iqué avo ir vécu un grand stress au moment d\u2019exiger que l\u2019on réfère à elles en utilisant leur nouvelle identité de genre dans un contexte scolaire ou de travail.Autrement, les violences sexuelles, physiques ou psychologiques ont été beaucoup plus significatives en tant que facteurs entraînant de la détresse.Selon le Dr Reed, les résultats de l\u2019étude viennent appuyer la théorie du « minority stress» (stress de la minorité), qui veut que la stigmatisation de cer tains groupes minori- t a i r e s ( g a i s , l e s b i e n n e s , Noirs, etc.) entraîne des situations de grand stress qui peuvent, à leur tour, mener à des problèmes de santé physique et mentale.L\u2019importance du diagnostic Mais changer de catégorie dans un grand manuel de psychiatrie, qu \u2019est-ce que ça donne ?« Ça réduit le double fardeau que por tent les personnes transgenres, car elles sont transgenres ET aux prises avec ce diagnostic de trouble mental», a répondu la psychiatre Griet De Cuypere, qui signe un commentaire accompagnant l\u2019étude.«Pas que je sois en faveur de la stigmatisation les personnes qui ont des troubles mentaux, a-t-elle précisé, mais c\u2019est comme ça qu\u2019elles sont perçues», a-t-elle observé.Aussi, la majorité des systèmes de santé se basent sur le C IM pour dé ter miner quelles personnes sont admissibles à des traitements, a fait valoir Geof frey Reed.« Pour être admissible à un traitement hormonal ou à une chirurgie de réattribution sexuelle, dans bien des systèmes de santé, il est nécessaire d\u2019avoir un diagnostic», a-t-il illustré.Encore, la classification de l\u2019identité de genre comme étant un trouble mental justifie parfois la croyance voulant que des transgenres ne sont pas aptes à prendre des décisions légales, a noté le chercheur, qui a également remarqué que la classification est utilisée pour refuser des soins de santé aux personnes transgenres.«Il y a cette perception que les transgenres peuvent seulement être évalués ou traités par des psychiatres, a affirmé le Dr Reed.Pourtant, il est tout à fait possible d\u2019entreprendre un traitement hormonal dans un endroit qui of fre des soins de première ligne.» Autrement, les services de santé destinés spécifiquement aux trans sont rares.L\u2019exemple de la clinique Condesa de Mexico, où a été menée l\u2019étude, est patent : elle est la seule institution publique à offrir des soins complets aux personnes trans- genres\u2026 dans une ville de près de neuf millions d\u2019habitants.Quelque 26 ans après que l\u2019homosexualité eut été retirée du CIM, l\u2019OMS se prépare à mettre à jour cette classification, en 2018.L\u2019étude mexicaine \u2014 et les expériences semblables qui ont actuellement cours au Brésil, en France, en Inde, au Liban et en Afrique du Sud \u2014 vise à poursuivre le travail entamé par un groupe de chercheurs, mandatés par l\u2019OMS en 2014 pour formuler des recommandations au sujet des catégories liées à la sexualité qui se trouvent dans le chapitre des troubles mentaux et du comportement du CIM.Nouvelle classification Au terme de son travail, le groupe d \u2019exper ts a recom - mandé le retrait, pur et simple, des troubles liés au développement sexuel et à l\u2019orientation sexuelle du CIM.Les questions d\u2019identité de genre et d \u2019or ientat ion sexuelle s \u2019 inscrivent très bien dans des catégor ies ex istantes, ont-ils fait valoir.Comme ça a été le cas dans le passé, la classification choisie pour le CIM pourrait influencer des questions qui seront sans doute soulevées à la prochaine mise à jour du DSM, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.Dans ce dernier, le «trouble de l\u2019identité de genre» a été remplacé en 2013 par « la dysphorie de genre ».L\u2019homosexualité n\u2019y figure plus en tant que maladie depuis 1973.Le Devoir YURI CORTEZ AGENCE FRANCE-PRESSE Au Mexique, une seule clinique est spécialisée dans les soins pour les personnes trans.Pourtant, selon les conclusions de la recherche, les personnes transgenres pourraient recevoir des traitements hormonaux dans des cliniques qui of frent des soins de première ligne.SUITE DE LA PAGE 1 TRANS Il y a cette perception que les transgenres peuvent seulement être évalués ou traités par des psychiatres.Pourtant, il est tout à fait possible d\u2019entreprendre un traitement hormonal dans un endroit qui offre des soins de première ligne.Geoffrey Reed, chercheur publié dans The Lancet Psychiatry « » le quot id ien Le Monde et quelques-uns des principaux réseaux d \u2019 infor mat ion de l \u2019Hexagone ne dif fuseront plus d\u2019images d\u2019eux, suscitant de nombreuses questions sur le rôle des médias dans la foulée de ces drames.Parallèlement, l\u2019État français songe, lui, à imposer un « code de meilleure conduite » sur le traitement médiatique du ter ro- risme.Du jamais vu.Adel Kermiche, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, Omar Ma- teen.Le nom des auteurs des attentats de Saint-Étienne-du- Rouvray, Nice ou Orlando seront parmi les derniers à être mentionnés à la radio privée Europe 1, qui a décidé de ne plus citer à l\u2019antenne les noms des terroristes.Les quotidiens français Le Monde et La Croix, de même que la chaîne d\u2019information continue BFM-TV ne montreront plus, pour leur part, d\u2019images des auteurs d\u2019attentats.Les médias d\u2019information «ne peuvent s\u2019exonérer d\u2019un cer tain nombre d\u2019introspections », estime le directeur du Monde, Jérôme Fenoglio.Cette décision vise à «briser la stratégie de la haine», selon lui.Désespoir et malaise Ce n\u2019est pas la première fois que certains médias se bâillonnent quant au terrorisme.En juin, à la suite de l\u2019attentat d\u2019Orlando, le journaliste de CNN Anderson Cooper avait refusé de prononcer le nom de l\u2019assaillant, lisant pendant ce qui semblait une éternité le nom des 49 victimes du club Pulse.Mais l\u2019ampleur du phénomène français étonne, même si certaines rédactions, comme celles de France télévisions, résistent à la tentation de «mettre le doigt dans [l\u2019engrenage] de l\u2019autocensure».«Les médias français sont pris dans une sorte de désespoir et cherchent à tout prix à trouver une façon d\u2019éviter l\u2019engrenage de la panique», estime Catherine Saouter, spécialiste de l\u2019image et professeure de sémiologie à l\u2019UQAM.Faut-il tout montrer, tout nommer?La question est légitime, selon elle.Plus inquiétante encore, selon le professeur de communication Marc-François Bernier, est cette volonté du Sénat français \u2014 par le biais du Conseil supérieur de l \u2019audiovisuel (CSA), équivalent du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) \u2014 d\u2019établir un « code de bonne conduite relatif à la couverture d\u2019actes terroristes », à laquelle s\u2019est ajoutée mardi un projet de loi de deux députés visant à « rendre anonymes les terroristes » dans les médias.« Si le CRTC agissait ainsi ici, les médias le contesteraient devant les tribunaux », dit-il.En France, l\u2019État intervient beaucoup plus directement dans la déontologie et les pratiques journalistiques.Au Canada, aucun média ne semble voulo ir su ivre l \u2019 e x e m p l e f r a n ç a i s .A u contraire, même.Connaître l\u2019identité de l\u2019auteur d\u2019un attentat est «éminemment» d\u2019intérêt public, croit le vice-président à l\u2019information de La Presse, Éric Trottier.« C\u2019est impossible de penser qu\u2019on peut éviter la glorification en ne les nommant pas.D\u2019autant plus qu\u2019on a vu à Nice à quel point cela pouvait être important pour l\u2019enquête et l\u2019intérêt public», dit-il.Rédactrice en chef du Devoir, Luce Julien partage ce point de vue.Les médias doivent toutefois s\u2019interroger sur la justesse de leur couverture journalistique, re- connaît-elle.«Nous avons l\u2019obligation de couvrir [ces drames] avec sobriété, sans être alarmistes, tout en offrant un maximum d\u2019éclairage pour bien comprendre ces événements.Le nom et la photo sont essentiels à l\u2019histoire journalistique.» Le quotidien a toutefois pris la décision de ne pas utiliser de photos fournies par le groupe EI ou de photos ne «respectant pas la dignité », une position semblable à celle adoptée par Radio-Canada.« Il y a aussi la réalité des médias sociaux dont il faut tenir compte», souligne le directeur général de l\u2019information de la société d\u2019État, Michel Cormier.Les photos des responsables d\u2019attentats circulent librement sur les plateformes numériques.« En interdire la publication sur nos ondes et nos sites constituerait une position de principe certes louable, mais sans effet réel.» Le secrétaire général du Conseil de presse, sorte de tribunal d\u2019honneur de la profession, Guy Amyot, rappelle que rien ne tend à démontrer que l \u2019autocensure des médias contribue à réduire le nombre d\u2019attaques du genre.Devant un phénomène aussi mal connu que le terrorisme, il avoue avoir de la dif ficulté à comprendre cette « rétention de l\u2019information ».Ce qui s\u2019en rapproche le plus, au Québec, reste le cas du procès de Guy Turcotte, au cours duquel certains médias ont préféré ne pas rappor ter les détails les plus macabres, jugeant qu\u2019ils n\u2019apportaient rien à la compréhension de l\u2019histoire, dit-il.Des précédents Le 8 janvier 2015, dans la foulée des attentats du Charlie Hebdo « et afin de démontrer leur appui aux principes fondamentaux de la liberté d\u2019expression», les quotidiens québécois ont décidé en bloc de publier une caricature de Mahomet du journal satirique.Les médias anglophones avaient préféré ne pas dif fuser ces dessins, tout comme les principaux réseaux télévisés américains.Le magazine britannique The Economist avait fustigé cette décision.« Ne pas les montrer revient à obéir aux terroristes», estimait- on.Les dessinateurs assassinés « savaient qu\u2019ils risquaient la mort, ont refusé d\u2019être censurés et maintenant ils sont morts.Supprimer les dessins pour lesquels ils ont perdu la vie, c\u2019est les tuer à nouveau.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CENSURE comme on voit ici.Quand Bill Clinton veut diffuser le message de sa femme, on lui donne le micro national et il a 45 minutes pour le faire.Il n\u2019y a pas d\u2019autres moments comme ça dans une campagne.» Politique spectacle Au-delà des conventions, la culture des discours politiques est fortement ancrée dans la tradition, que l\u2019on pense au discours sur l\u2019état de l\u2019Union ou au discours d\u2019investiture des nouveaux présidents.« Combien de gens ont regardé, pas seulement aux États-Unis, mais à l\u2019échelle de la planète, le discours de Barack Obama en janvier 2009 lorsqu\u2019il a prêté serment?C\u2019était hallucinant.Chaque Américain a des images bien gravées dans sa mémoire des présidents qui mettent la main sur la bible avant de prononcer un discours devant les foules à Washington.C\u2019est un autre moment fort qu\u2019on n\u2019a pas ici.Quand on a un nouveau gouvernement qui est formé au Canada, disons-le franchement, c\u2019est assez terne.Il n\u2019y a personne qui regarde ça, il n\u2019y a pas de spectacle rattaché à ça.» Exceptions canadiennes Aux États-Unis, il faut nécessairement être un bon orateur pour se frayer une place jusqu\u2019aux hautes sphères de la politique, estime l\u2019analyse, un talent qui n\u2019est pas la marque de commerce des politiciens canadiens.« Je ne veux dénigrer personne, mais regardez les premiers ministres, au provincial comme au fédéral, à quelques exceptions près, on est loin de Bill Clinton!» L\u2019ex-conseiller de Robert Bourassa et ancien sénateur, Jean-Claude Rivest, abonde dans le même sens.Tant au Québec qu\u2019au Canada, les bons orateurs se font rares.Il y a eu «Trudeau père» au fédéral, Jean Lesage, avec qui il a travaillé à Québec, et René Lévesque qui avait «une puissance oratoire exceptionnelle et unique».Mais l\u2019art oratoire, c\u2019est « secondaire» en politique canadienne, croit-il.La nature du discours diffère également des deux côtés de la frontière, constate celui qui en a écrit plus d\u2019un dans sa carrière.«Dans le discours politique américain, il y a le côté preacher, avec des incantations.Ils aiment beaucoup discourir sur les valeurs, les idéaux.Tandis qu\u2019ici, c\u2019est moins enflé.On est beaucoup plus pragmatiques, le discours est centré sur une idée, un projet, des politiques concrètes.Même dans les congrès, c\u2019est beaucoup plus collé sur l\u2019actualité.» Politiques concrètes Les grands discours américains font effet, avec leur côté «hollywoodien», mais ils laissent peu de place pour des politiques concrètes, se désole l\u2019ex-politi- cien.Jusqu\u2019à présent, aucun candidat n\u2019a évoqué de plan d\u2019action pour réduire les tensions raciales ou pour éradiquer la pauvreté, lance-t-il à titre d\u2019exemple.«Un discours comme celui de Donald Trump, peu importe qu\u2019on soit d\u2019accord ou non avec lui, ce sont des fadaises.Il parle de sécurité, mais il n\u2019a jamais donné d\u2019éléments concrets sur la façon dont il entend procéder.Si un leader politique au Québec ou au Canada faisait un tel discours, les gens diraient: mais encore?» Jean-Claude Rivest trouve également étrange cette tradition, toute américaine, de faire discourir les uns et les autres pour vanter la candidature des aspirants présidents.«L\u2019épouse ou le conjoint du chef qui viennent raconter l\u2019histoire de leur vie, comme on a vu avec Bill Clinton mardi, ça ne passerait absolument pas, ni au Québec ni au Canada.Même chose pour ces grandes figures de l\u2019establishment américain qui viennent faire de grands discours incantatoires sur les vertus du candidat, c\u2019est vraiment très, très particulier à la culture politique américaine.» Cette différence dans la nature des discours s\u2019explique principalement par le legs des institutions britanniques, estime M.Rivest.« Ici, on n\u2019élit pas un chef d\u2019État, parce que le chef d\u2019État, c\u2019est la reine.On élit un premier ministre.Un premier ministre, c\u2019est plus près de la réalité et des choses concrètes.Tandis que les Américains, ils élisent un président, qui incarne l\u2019État américain, le rêve américain.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 DISCOURS L\u2019art oratoire, c\u2019est «secondaire» en politique canadienne, juge Jean- Claude Rivest "]
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