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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2016-08-06, Collections de BAnQ.

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[" On investit vos épargnes dans les paradis sociaux, pas ?scaux ! La Caisse d\u2019économie solidaire est l\u2019institution ?nancière des entreprises collectives et des citoyens engagés pour une économie sociale et durable.Contactez-nous ! 1 877 647-1527 caissesolidaire.coop C A H I E R T H É M A T I Q U E F \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 En éducation, le combat doit être mondial Page F 6 Criminalisation: Des défenseurs à la rescousse des populations locales Page F 5 Changer le monde! A près l\u2019Amérique latine, l\u2019Asie, l\u2019Afrique, la 12e édition du Forum social mondial se délocalise pour la première fois en Amérique du Nord depuis sa création à Porto Alegre, au Brésil, en 2001.Durant cinq jours, la ville de Montréal sera l\u2019hôte du plus grand rassemblement al- termondialiste.Avec le slogan « Un autre monde est nécessaire, ensemble il devient possible! », des milliers de personnes de la société civile et d\u2019organisations locales ainsi que mondiales vont se réunir, non seulement pour dénoncer la mondialisation économique, mais aussi pour penser la façon de changer le monde en proposant des solutions et des actions concrètes.I L L U S T R A T I O N T I F F E T FORUM SOCIAL MONDIAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 F 2 NAOMI KLEIN MAITÉ LLANOS ANNE CÉLINE GUYON TADZIO MÜLLER CLAYTON THOMAS-MULLER TRANSITION JUSTE: L\u2019ENVIRONNEMENT ET L\u2019EMPLOI CONTRE LES INÉGALITÉS SOCIALES EXTRACTIVISME, DROITS HUMAINS ET SYNDICAUX EN AMÉRIQUE CENTRALE LA JUSTICE CLIMATIQUE APRÈS PARIS EAUX ET GLACIERS TRANSFRONTALIERS: UNE AUTRE EXPRESSION DE L\u2019EXTRACTIVISME BONDIR ENSEMBLE, CONFÉRENCE SUR LE LEAP MANIFESTO NON AU PIPELINE ÉNERGIE EST LE CHANGEMENT CLIMATIQUE: UN DÉFI POUR LE SUD LA LUTTE POUR LA SURVIE DE LA VILLE MONDIALE POUR UNE RÉELLE TRANSITION JUSTE: RÉSISTER AU CAPITALISME VERT CONFLITS FRONTALIERS ET DROITS DES MIGRANTS DANS UNE PERSPECTIVE GLOBALE Découvrez les kiosques de la Fondation Rosa Luxemburg et d\u2019Alternatives situés près de la Salle RM-130 à l\u2019UQAM.S A P E L CH CLI LE TÈM S Y S G N A T A M , E R E Changer le système, pas le climat Grande conférence internationale: 11 août, 18:00-20:00 l Salle Marie Gérin-Lajoie FSM 2016 l Montréal, UQAM, 315 Ste-Catherine Est T Û O A 0 1 T Û O A 2 1 M M e n e e Sw n ea S r r e K a ann o J u e di a C ge r e S éb u Q du s e s u le c l e v é a s i n a g r O é y x ec t t s e r u e l l i a v a r s t e n d o i t a r é d é a F T Û O A 11 o an ib r c s E a l ce ar M a t C a e c n e u o C i c u L A C L c O e v é a s i n a g r O - l i a v a r s e r r o s T o l r ) r o d a v l a S M ( O C I E t C ) e i l i h C ( k an T ün G o p ilip F o d cun a F ez u q s a V i ñ o T y r dh u ha C i van i h S x u iona t na c e v a é s i n a g r O i h s a r R e g o R al v o N l e ik M s s a non a s t a ic nd y s s de ion t a r édé f on C a l k ce e al P e ik M w lo r a B e d u a M l ie r b a G n e l l E i L v t A n e i e l i K m o a N s i w e o ur an T l e i an D o s o c u é a e s é c R e v é a s i n a g r O un g a al B e mb e az K e t s i l a i c Contact média: Plus d\u2019information: e al z n o G o li u J ra i o M d r a g d E am c ar C e dal I an m e l A a alil D z o r e i t e ll e P e ll i e r i M t e v al B e lin e qu c a J n o y u G e lin é C e nn A n i on B k ic r t a P lé o p o t S ec v a é s i n a g r O a d a n a C e c ea p een Gr t e s c u d o y a w a n e H afa t s o M s anto S y ll e N a s o R k c e H a d Ger i uhar o j l A al il B ahb L al am K inn M e in ab S n o r au L t e t e T e üll M o i z d a T ib r ge in , r r e üll M o i z d a T he c mou a H a z m a H o j e l al V lina o ar C a ab S a lin A am i h T a im ah r b I ne n o r K e i n fa te S Le Forum social mondial (FSM) se déroulera à Montréal du 9 au 14 août.Plus de 1200 activités sont organisées par 1000 groupes de la société civile d\u2019au moins 120 pays.L\u2019objectif des 50 000 participants attendus ?Changer le monde.M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale A u cœur du Mile-End, le petit espace du Forum social mondial commençait à s\u2019animer un peu après 9 h en ce beau matin de juillet.Le cocoordonnateur Raphaël Canet discutait avec quelques responsables de thématiques.Des palettes étaient empilées dans un coin.Elles serviront pour construire le Village social mondial, sur l\u2019esplanade Clark, dans le Quar tier des spectacles.Le défi est de taille : faire de ce rendez-vous altermondialiste tenu pour la première fois dans un pays riche un succès rassembleur et porteur d\u2019espoir.Si le FSM a osé s\u2019aventurer dans un pays du Nord en 2016, c\u2019est parce que ses bases ont été quelque peu ébranlées dans les dernières années.«Le FSM, lancé en 2001 à Porto Alegre au Brésil comme une solution de rechange au Forum économique mondial de Davos, se voulait un lieu où les organisations citoyennes se rassemblaient et unissaient leurs forces pour que leurs actions aient plus d\u2019impact », raconte Raphaël Canet, qui participe aux éditions du FSM depuis 2004.Or, une crise économique mondiale a éclaté en 2008, puis sont ar rivés le printemps arabe et le mouvement des Indignés avec Occupy Wall Street en 2011.« Le FSM a décidé de soutenir le printemps arabe en se tenant à Tunis en 2013 et en 2015, mais il y a quand même eu la prise de conscience que tous ces mouvements sociaux majeurs menés par la nouvelle génération s\u2019étaient organisés à l\u2019extérieur du FSM», explique Raphaël Canet.On a manifesté la volonté de se reconnecter aux mouvements émergents, et Montréal a sauté sur l\u2019occasion.«Nous avions eu une grande mobilisation lancée par les jeunes avec le printemps érable, nous avions eu Occupons Montréal et, auparavant, on avait tenu deux éditions du Forum social québécois, indique Raphaël Canet.Des gens de ces différentes initiatives se sont mis à travailler ensemble, et nous avons réussi à obtenir le FSM à Montréal.» Du problème à la solution?Dans les cercles altermondialistes toutefois, l\u2019Amérique du Nord est vue davantage comme la source du problème que comme la solution.« On trouve en Amérique de Nord les États- Unis, une grande puissance impérialiste, et le Canada, le pire des pays en matière environnementale \u2014 même si ça devrait changer maintenant ! \u2014, avec l\u2019exploitation des sables bitumineux et le fait qu\u2019il est le seul pays à s\u2019être retiré du protocole de Kyoto », affirme Raphaël Canet, également sociologue et professeur en développement international à l\u2019Université d\u2019Ottawa.Toutefois, il y a des mouvements sociaux importants de différents horizons à Montréal, au Québec, au Canada, ainsi qu\u2019aux États-Unis.Mais, encore en 2016, les groupes de femmes travaillent souvent entre eux, les environnementalistes aussi, tout comme les autochtones et les économistes.De plus, des luttes semblables se font dans différentes régions du monde sans nécessairement qu\u2019il y ait une communication entre les gens impliqués.«On souhaite avec le FSM à Montréal rendre encore plus dynamiques ces mouvements, créer des liens entre les groupes et leur permettre de mieux s\u2019entraider, explique le cocoordonnateur.Ensemble, on peut trouver des solutions de rechange pertinentes localement et à plus grande échelle.» Les organisateurs du grand événement alter- mondialiste, soutenus notamment par une subvention du Fonds d\u2019initiative et de rayonnement de la métropole du gouvernement du Québec, souhaitent ainsi proposer des solutions concrètes pour changer le monde.«C\u2019est fondamental pour le FSM de ne pas juste être contre, mais d\u2019être pour, indique Raphaël Canet.On n\u2019est pas seulement contre les changements climatiques, par exemple, on est pour des initiatives concrètes en consommation plus responsable et en énergies propres.On est contre le capitalisme, mais pour une économie sociale et solidaire, qui passe notamment par l\u2019abolition des paradis fiscaux.» Il croit que l\u2019implication de Montréal, plus globalement du Canada, et même de l\u2019Amérique du Nord peut finalement avoir beaucoup de poids dans la création d\u2019un monde meilleur.« L\u2019Amérique latine suscitait beaucoup d\u2019espoir pour les progressistes, mais elle est en crise maintenant avec plusieurs gouvernements de gauche qui tombent, ou qui sont aux prises avec beaucoup de tensions.Même chose pour l\u2019Afrique du Nord.Il y a eu de l\u2019espoir avec le printemps arabe, mais ensuite, de grandes déceptions.L\u2019Europe, n\u2019en parlons même pas ! Je crois que c\u2019est à notre tour de por ter l\u2019espoir.Puis, je crois que si un pays du G8 décide de changer le système, cela peut avoir un gros impact.Mais, les politiciens ne le feront pas seuls.Ils vont le faire si la population se mobilise pour le demander.Le FSM sera le lieu de convergence pour y arriver.» Le FSM à Montréal, une première dans un pays riche PEDRO RUIZ LE DEVOIR Si le FSM a osé s\u2019aventurer dans un pays du Nord en 2016, c\u2019est parce que ses bases ont été quelque peu ébranlées dans les dernières années.Conférenciers vedettes Pour le rendez-vous montréalais, le FSM accueillera plusieurs conférenciers vedettes, dont la figure de proue du mouvement alter- mondialiste, Naomi Klein.Elle s\u2019est fait connaître en 2000 avec son ouvrage à succès No Logo.Il y a deux ans, elle a fait paraître le livre Tout peut changer, adapté en documentaire l\u2019an dernier.Le film, tourné dans neuf pays sur cinq continents, suggère d\u2019utiliser la crise des changements climatiques pour améliorer la société.L\u2019ex-président de l\u2019Uruguay, Pepe Mujica, a aussi confirmé sa présence.« Il a fait partie des gouvernements de la vague de la nouvelle gauche en Amérique latine qu\u2019on a vue apparaître dans les dix dernières années, explique Raphaël Canet, cocoordonnateur du FSM.Il racontera comment il a réussi à mettre en place des programmes progressistes.» La cinéaste Manon Barbeau, créatrice de Wapikoni mobile, des studios de cinéma ambulants qu\u2019elle promène dans les différentes communautés des Premières Nations, donnera une conférence avec Melissa Mollen Dupuis, l\u2019une des fondatrices de Idle No More Québec.Elle fait partie de la relève chez les femmes autochtones revendicatrices.Brûlant d\u2019actualité, le thème du racisme sera aussi abordé avec la présence d\u2019un représentant américain du mouvement Black Lives Matter.La conférence se déroulera à Mont- réal-Nord, en partenariat avec l\u2019événement Hoodstock.Pour en savoir plus sur la programmation des grandes conférences : https ://fsm2016.org/grandes-conferences.L\u2019implication de Montréal peut avoir beaucoup de poids dans la création d\u2019un monde meilleur FORUM SOCIAL MONDIAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 F 3 B O R I S P R O U L X C onçu à l\u2019origine comme le contrepoids du For um économique de Davos, en Suisse, le Forum social mondial s\u2019est transformé, au fil du temps, en un espace de réflexion qui a accompagné tous les mouvements contestataires de notre époque.De l\u2019émergence de la gauche en Amérique latine aux mouvements Occupy et des Indignés, en passant par le printemps arabe, le FSM arrive à Montréal au moment où la lutte est en pleine remise en question.Les débuts : organiser l\u2019indignation Nous sommes au début des années 2000, à la sortie d\u2019un triste moment pour les progressistes.Le socialisme a la mine bien basse depuis la chute du mur de Berlin.La démocratie libérale élitiste et l\u2019économie de marché trônent en rois sur la surface du globe, se réclamant même du seul progrès possible, de la voie unique à suivre.En même temps, les syndicats et autres partis communistes étaient figés, impuissants, dans des structures pyramidales semblables à celles du système capitaliste qu\u2019ils pourfendent.C\u2019est dans ce contexte que naît l\u2019improbable révolution du mouvement révolutionnaire.Pierre Beaudet, professeur à l\u2019École de développement international et mondialisation à l\u2019Université d\u2019Ottawa, passionné par l\u2019histoire du Forum, explique qu\u2019alors que chaque côté des Amériques vit sa contestation, le Nord avec les antimondialistes (pensons au Sommet des peuples, à Québec, en 2001) et le Sud avec la vague socialiste qui déferle au Sommet de la communauté des États latino-américains et des Caraïbes, « un petit groupe de gens, au Brésil, pense que c\u2019est le bon moment de se rencontrer pour faire un contre-sommet à Davos».Parmi eux, Chico Whitaker, l\u2019un des organisateurs du tout premier sommet de Por to Alegre.Joint à son domicile à São Paulo, il se remémore, dans un français sans faute, les tout premiers débuts.« Le succès a été au-delà de nos prévisions.Nous attendions 2000 personnes, et il en est venu 20 000 ! Il a fallu s\u2019adapter.» Ce que les organisateurs n\u2019ont pas calculé, à l\u2019époque, c\u2019est l\u2019engouement de simples citoyens, membres d\u2019aucune organisation ni hiérarchie of ficielle, mais qui ont senti l\u2019urgence d\u2019agir « pour que l\u2019économie redevienne au service des gens ».Les espaces de discussion ont dû s\u2019auto- organiser, sans règles précises.« Le Forum, c\u2019est avant tout un processus , explique Chico Whitaker.Un espace de discussion sans ordre du jour imposé, sans rappor t hiérarchique » , mais plutôt une str ucture « horizontale » de participants qui ont en commun la poursuite du progrès social.Après un tel succès populaire, les organisateurs ont senti l\u2019obligation de récidiver : le Forum social mondial est né.Les hauts et les bas de la lutte sociale L\u2019histoire du Forum social mondial n\u2019est pas un long fleuve tranquille.Au contraire, elle a toujours été au diapason des mouvements sociaux du monde, pour le meilleur et pour le pire.Pierre Baudet décrit les «phases» que le FSM a dû traverser.D\u2019abord, celle des gouvernements socialistes latino-américains.L\u2019enthousiasme suscité par l\u2019arrivée de Hugo Chávez au pouvo i r (1999) était encore frais en mémoire au moment du premier sommet de Porto Alegre.L\u2019accession de Luiz Inácio Lula da Silva à la présidence du Brésil (2002) n\u2019est d\u2019ailleurs pas étrangère à ce sentiment, selon Chico Whitaker.Le FSM s\u2019est nourri de la vague de gauche sud-américaine, bien ancrée à Porto Ale- gre pendant quatre éditions (2001, 2002, 2003 et 2005).« Son in f luence a é té t rè s grande en Amérique du Sud », confirme Chico Whitaker, citant l\u2019arrivée au pouvoir d\u2019Evo Morales en Bolivie (2006), «un fils du Forum».Jusque-là plutôt centré sur l\u2019Amérique latine, le Forum social mondial s\u2019est ensuite exporté en Inde (2004), puis en Afrique subsaharienne (2006, 2007, 2011), intégrant sur son passage de nombreux mouvements sociaux, des revendications féministes à celles des castes inférieures de l\u2019Inde en passant par les droits LGBT.C\u2019est la phase « heureuse, bouillonnante d\u2019idées et d\u2019initiatives, note Pierre Beaudet.Là- bas, la convergence change.Le mouvement altermondialiste se rend compte qu\u2019il doit inclure ces perspectives marginalisées».À la nécessaire inclusion est aussi associée une dilution du message, une perte d\u2019attention envers les objectifs du mouvement, selon Pierre Beaudet.«Le sentiment était qu\u2019on était en train de plafonner.» Des critiques s\u2019élèvent quant au choix fait à ce moment de ne plus organiser le FSM en même temps que le Forum écono- m i q u e d e D a v o s .« N o u s sommes sortis des radars médiatiques à ce moment-là», avance même Chico Whitaker.«Puis, il se produisit quelque chose d\u2019extraordinaire », s\u2019enthousiasme Pierre Beaudet.La contestation enflamme le monde arabe à partir du printemps 2010 (la Tunisie sera h ô t e d u F o r u m e n 2 0 1 3 et 2015).Une seconde phase de contestation balaie aussi le monde occidental, avec les In- dignados (Espagne) et Occupy (États-Unis), mouvement dont se revendique aussi la grève étudiante de 2012 au Québec.Tous connaissent le succès en employant les méthodes mises à l\u2019essai lors du FSM : démocratie participative, horizonta- lisme, décentralisation.Le FSM de Montréal à la croisée des chemins Pour une première fois de son histoire, le Forum social mondial se tiendra en Amérique du Nord, dans l\u2019hémisphère de Black Lives Matter ou de Nuit debout.Il se tient au moment où les mouvements sociaux sont à l\u2019heure du bilan : déception des gouvernements de gauche, détournement du printemps arabe et émergence d\u2019un populisme de droite célébrant les privilèges, à la sauce Le Pen ou Trump\u2026 L\u2019heure est à l\u2019interrogation, voire à l\u2019anxiété pour la lutte.«Les derniers mouvements de contestation n\u2019ont pas renversé le pouvoir, constate Pier re Beaudet.On a gagné la bataille de l\u2019opinion publique, mais on n\u2019arrive pas à changer la structure ! » Pour tant, les menaces, e l les , n \u2019ont pas changé, que ce soit au chapitre de la crise environnementale, des inégalités mondiales, de la guerre permanente ou même de l \u2019 a r mement nu - cléaire.Optimiste, le cofonda- teur du Forum, Chico Whitaker, est convaincu que la façon de lutter continue de s\u2019améliorer, au fil des rencontres citoyennes.Le FSM a d\u2019ailleurs fait des petits, alors qu\u2019émergent des forums régionaux, locaux ou même thématiques.« Il nous faut gagner, conclut le Brésilien.Sinon, le monde va disparaître.» Le Devoir L\u2019antichambre de la contestation de notre époque Le Forum des femmes : place aux luttes féministes MAURICIO LIMA AGENCE FRANCE-PRESSE La ville de Porto Alegre, dans le sud du Brésil, a accueilli le tout premier Forum social mondial en 2001.Chaque édition s\u2019ouvre par une traditionnelle marche rassemblant tous les participants.Il nous faut gagner.Sinon, le monde va disparaître.Chico Whitaker, un des organisateurs du tout premier sommet, qui a eu lieu à Porto Alegre « » M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale I l y a plus de 20 ans maintenant, en mai 1995, marchaient des femmes de Montréal jusqu\u2019à Québec.Elles voulaient contrer la pauvreté.Cette Marche du pain et des roses, mise en œuvre par la Fédération des femmes du Québec (FFQ), a donné lieu à la Marche mondiale des femmes, qui se tenait pour une première fois en 2000.Puis, en 2005, naît la Charte mondiale des femmes pour l\u2019humanité.Chacune de ces avancées se fera en étroite collaboration avec le Forum social mondial (FSM).Deux destins indissociables.La marche comme point d\u2019ancrage Pourquoi une marche rassemblant 850 femmes qui parcourent 200 km a-t-elle eu tant d\u2019échos et continue-t-elle à en avoir 21 ans plus tard ?«Les féministes, de par le monde, avaient besoin de s\u2019ancrer dans quelque chose.On était chacune de notre côté, on rêvait d\u2019un projet féministe de société et on voyait arriver les technologies et la mondialisation, on avait le sentiment que des terres étaient volées au profit d\u2019une économie sauvage.La marche a été le point d\u2019ancrage», affirme Mélanie Sarazin.Cette initiative québécoise a résonné partout dans le monde et deviendra la Marche mondiale des femmes (MMF) en 2000.Aujourd\u2019hui, on constate que la résonance n\u2019est malheureusement pas la même partout dans le monde : «Au Mozambique, où se trouve le secrétariat international, c\u2019est comme si on en était encore en 1995 ; le mouvement est encore très jeune, mais très enthousiaste », raconte la présidente.Elle constate, quand elle assiste à des rencontres internationales, que même si le mouvement est en route et irréversible, il n\u2019est évidemment pas rendu au même endroit partout.La dernière rencontre en date, celle des Amériques, qui se tenait au Pérou, en est un bel exemple : « Au Québec, il va de soi que les lesbiennes sont incluses dans le mouvement depuis longtemps.Au Pérou, c\u2019est complètement nouveau, et le sujet est rarement abordé.On peut imaginer les rencontres où les discussions portent sur les questions lesbiennes.Les Péruviennes n\u2019en reviennent tout simplement pas, de combien le Québec est avant- gardiste sur la question.» Un lieu ouvert Cette année, le Forum accueillera des militantes de la MMF.« Il y aura une douzaine de femmes de la Coordination des États-Unis de la marche avec qui on travaille étroitement, mais qu\u2019on ne voit pas assez souvent.Il y aura aussi des militantes du Mexique, du Guatemala, du Pérou, et des femmes de dif férentes communautés autochtones», précise Mélanie Sarazin.Le FSM est un moment oppor tun pour échanger entre femmes de par tout dans le monde.«C\u2019est pour nous une occasion de voir ce qui se fait ailleurs et de partager ce qu\u2019on fait ici.On y parle des résistances et de la manière dont on mène nos luttes.» Les militantes de la MMF se sont toujours impliquées dans tous les FSM, et cette année ne fera pas exception, même si le contexte est très différent.Pour la première fois, le FSM se tient en Amérique du Nord.« Pour de nombreuses femmes, c\u2019est une toute nouvelle occasion de venir dans le Nord.Pouvoir faire par tie d\u2019une délégation de féministes en Amérique du Nord, pour elles, c\u2019est très important », renchérit la présidente.Le FSM réunit différents groupes ; on pense aux écologistes, aux altermondialistes et à de nombreux mouvements citoyens qui luttent contre le racisme, l\u2019intégrisme religieux, le capitalisme, etc.Parmi ces groupes, quelle est la place du mouvement féministe ?Au FSM, il existe un comité féministe auquel participent la FFQ et la Coordination du Québec de la marche.De plus, différentes actions ont été entreprises pour créer des lieux de convergence féministes, pour participer à des ateliers autogérés, etc.« Il y a aussi la Casa Feminista, un espace qui est disponible pour les féministes et tout au long du Forum; on s\u2019y réunit quand bon nous semble.Il va y avoir des prestations artistiques, de la création de bannières pour la marche de clôture, de la bouf fe\u2026 Ce sera un lieu d\u2019échanges.» Dans cet espace, la FFQ organisera un 6 à 8, où on pourra échanger sur les thématiques de la prochaine marche des femmes.D\u2019autres événements organisés par d\u2019autres groupes auront aussi lieu à la Casa Fe- minista.C\u2019est l\u2019idée même du Forum, tout y Qu\u2019il soit question de pauvreté, d\u2019environnement, d\u2019économie ou de sécurité alimentaire, qu\u2019on soit au Mexique, au Mali, au Québec ou en Turquie, ce sont toujours les femmes qui sont concernées.Rencontre avec Mélanie Sarazin, présidente de la Fédération des femmes du Québec.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE La Marche du pain et des roses, entre Montréal et Québec, en 1995, a donné naissance à la Marche mondiale des femmes en 2000.VOIR PAGE F 4 : FEMMES C\u2019est pour nous une occasion de voir ce qui se fait ailleurs et de partager ce qu\u2019on fait ici Mélanie Sarazin, présidente de la Fédération des femmes du Québec « » FORUM SOCIAL MONDIAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 F 4 La FAE est fi ère de participer activement à plusieurs ateliers du Forum social mondial et d\u2019y défendre les principes et valeurs des 34 000 enseignantes et enseignants qu\u2019elle représente.LA FAE, ENGAGÉE À PROMOUVOIR : un système d\u2019éducation accessible à toutes et tous l\u2019égalité hommes-femmes l\u2019écocitoyenneté les libertés civiles et la justice sociale un syndicalisme de combat, ancré à ses membres Consultez la programmation du Forum social mondial et venez créer l\u2019avenir avec nous ! Pour mieux connaître les positions sociopolitiques de la FAE : lafae.qc.ca/plateforme-sociopolitique NOUS CRÉO NS L \u2019 A V E N I R UN AUTRE MONDE EST NÉCESSAIRE Aidez-nous à faire la différence! H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale «L a majorité des gens qui s\u2019opposent au projet de pipeline le font pour deux raisons, explique Anne-Céline Guyon, coordonnatrice et porte-parole de Stop Oléoduc.D\u2019une part, parce que c\u2019est un envahissement de leur terrain avec des risques de pollution des terres et du fleuve et un véritable danger s\u2019il venait à exploser ; d\u2019autre par t, parce qu\u2019il n\u2019entre pas du tout dans leur conception de ce que devrait être la transition énergétique.Nous devrions plutôt nous départir de notre dépendance aux énergies fossiles.» Sans compter que le pétrole bitumineux de l\u2019Alber ta est sale, que son extraction et son raf finement produisent énormément de gaz à ef fet de serre, et qu\u2019on l\u2019envoie majoritairement vers les pays étrangers, ajoute-t-elle.« L\u2019Europe vient de le déclasser pour pouvoir l\u2019impor ter, précise-t-elle.Et cela, grâce au fort lobbyisme mené par notre ex-chef de gouvernement, Stephen Harper.» À lui seul, le mouvement Stop Oléoduc résume merveilleusement bien les raisons pour lesquelles des centaines de citoyens et activistes se regroupent chaque année ou presque au sein du Forum social mondial.Parce que, selon les par ticipants, les États abandonnent leurs peuples au profit des multinationales.Sciemment ?« Il suffit de regarder la sociologie des élites, répond Amélie Canonne, présidente de Stop TAFTA et Stop CETA, les deux accords de libre-échange que l\u2019Union européenne tente d\u2019établir avec, respectivement, les États-Unis et le Canada.Les gens qui négocient du côté des États et ceux qui représentent les multinationales viennent des mêmes mondes, et ils peuvent passer, d\u2019une fois à l\u2019autre, d\u2019un côté à l\u2019autre de la table.Le cas le plus emblématique, ces dernières semaines, c\u2019est celui de l\u2019ex-président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui s\u2019en va travailler pour Goldman Sachs.Devant ce constat, les citoyens doivent plus que jamais se mobiliser, se saisir des sujets, s\u2019ils veulent avoir une chance de faire valoir leurs intérêts.» « Il y a eu glissement du pouvoir des États, des peuples, entre les mains des grandes entreprises, confirme Pierre-Yves Serinet, coordonnateur national du Réseau québécois sur l \u2019 intégrat ion continentale (RQIC), qui s\u2019oppose lui aussi à toute forme de traité de libre- échange.Le secteur privé est consulté lors de la mise en place de politiques publiques qui viendraient restreindre ses intérêts.Mieux, quand des multinationales considèrent que leurs intérêts sont brimés par des politiques publiques, ils poursuivent les États pour des milliards de dollars, quitte à les mettre en situation de faillite ! Elles ont des droits démesurés, qui sont souvent inscrits au cœur même des traités de libre- échange.» Des enjeux liés Extractivisme, libre-échange, pouvoir des multinationales\u2026 ces trois enjeux sont donc liés.Ces trois fronts de lutte se retrouveront donc à Montréal afin de coordonner leurs actions.Avec, en toile de fond, le combat de tous contre les changements climatiques.« Le Forum est là pour saisir comment nos dif férentes luttes entrent en résonance entre elles pour remettre en question un système néolibéral qui nous mène droit à notre per te, puisqu\u2019il est notamment en train de détruire la planète, indique M.Serinet.Nous allons coordonner des actions pour la rentrée afin de marquer les esprits.Mais nous allons aussi proposer une solution de rechange.» Proposer une nouvelle façon de mettre l\u2019économie au service des gens, en harmonie avec la planète.Faire en sorte que, tout autour de la planète, les gens « vivent bien », pas forcément qu\u2019ils « vivent mieux ».Parce que si de nombreuses populations doivent effectivement améliorer leurs conditions de vie, c\u2019est loin d\u2019être le cas partout sur la planète, notamment dans les pays du Nord.«La question des droits de la personne est fondamentale, affirme Anne-Céline Guyon.Les nations autochtones qui vivent près des sables bitumineux ont des taux de cancer incroyables, par exemple.On peut parler également de tous ces gens qui sont partis travailler pour les pétrolières en Alberta et qui vivent des moments dif ficiles au- jourd\u2019hui du fait de la chute du cours du pétrole.Ils sont de plus en plus nombreux à demander aux gouvernements des aides pour leur reconversion.Ils disent ne plus vouloir travailler pour une industrie qui détruit la planète.» « Les États vendent les accords de libre-échange à leur population en af firmant qu\u2019ils sont bénéfiques en matière d\u2019emploi et qu\u2019ils améliorent le pouvoir d\u2019achat, indique pour sa par t Amélie Canonne.Or, l e s é t u d e s d é m o n t r e n t l e contraire.On nous répond à cela que les ef fets seront mesurables sur le long terme et que si les multinationales sont concurrentielles, ça crée forcément de la richesse.Mais pour les vrais gens, le long terme, ça ne veut rien dire.» « Les mult inationales ne s\u2019identifient pas à une nation, un territoire, renchérit Pierre- Yves Serinet.Leur seul leitmotiv, c\u2019est de faire de l\u2019argent.Et ce n\u2019est pas vrai que cet argent va être redistribué aux populations locales.» Un discours qui sera largement entendu la semaine prochaine au Forum social mondial parmi les participants.Un discours qui, à les croire, est de plus en plus partagé au sein de la société civile.« Au début de notre mouvement, tout le monde nous disait que nous ne pourrions pas gagner contre Énergie Est, raconte la porte-parole de Stop Oléoduc.Aujourd\u2019hui, nombreux sont ceux qui pensent que le pipeline ne passera pas.Entre- temps, nous avons gagné notre combat à Cacouna.Ce n\u2019est pas rien ! De plus en plus de gens osent af ficher leur opposition.Dans le milieu de la santé, parmi les économistes, au sein de cer tains syndicats, l\u2019Union des producteurs agricoles (UPA) même ! On se rend compte que plus les gens sont informés, plus ils sont contre.Alors, certes, David est petit, mais il est quand même fort !» Depuis 2013, Stop Oléoduc multiplie les conférences et les actions citoyennes afin de mettre fin au projet de pipeline Énergie Est.C\u2019est David contre Goliath, en somme, comme ça l\u2019est toujours lorsqu\u2019il est question de lutter contre les accords de libre-échange qui se préparent un peu partout sur la planète, ou contre l\u2019extraction de minerai par des multinationales.Mais comme l\u2019union fait la force, croient-ils, tous ces David se rencontreront à Montréal la semaine prochaine à l\u2019occasion du Forum social mondial.ACTIVISME « David est certes petit, mais il est quand même fort ! » FRANCIS VACHON LE DEVOIR Le pétrole bitumineux de l\u2019Alberta est sale, son extraction et son raffinement produisent énormément de gaz à ef fet de serre, et on l\u2019envoie majoritairement vers les pays étrangers, selon Anne-Céline Guyon, coordonnatrice et porte-parole de Stop Oléoduc.FRANÇOIS BEAUREGARD Pierre-Yves Serinet, coordonnateur national du Réseau québécois sur l\u2019intégration continentale (RQIC) est ouvert, rien n\u2019est vraiment prévu, ce qui donne tout l\u2019espace nécessaire aux possibles.« C\u2019est un peu le bordel, mais on aime ça ! Ça nous permet de participer beaucoup», ajoute la présidente.Trois ateliers de la FFQ C\u2019est tout de même un peu exagéré de prétendre que rien n\u2019est organisé.La preuve : la FFQ tiendra trois ateliers importants.Le premier atelier, donné par le comité de coordination de la MMF sur la thématique «Libérons nos corps, nos terres, nos territoires », sera composé d\u2019un panel de militantes des États-Unis, du Brésil, du Mexique et des communautés autochtones du Québec.«On tentera de trouver un ancrage à la démarche d\u2019éducation politique et populaire», explique Mélanie Sarazin, qui ajoute que la MMF se construit comme sujet politique et tente d\u2019avoir une influence politique.Un second atelier, lié au Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL), au Collectif des femmes de diverses origines, aux Femmes autochtones du Québec et au Projet Accompagnement Solidarité Colombie (PASC), se tiendra dans la continuité de la MMF et du projet Des-terres- minées!.«On vient de terminer une tournée du Québec avec Des-terres-minées ! afin de voir quels sont les enjeux de tous les projets extractifs.Participeront à l\u2019atelier des militantes engagées dans des luttes souvent au péril de leur vie, sort qu\u2019a connu Ber ta Cáceres, une militante écologiste hondurienne qu\u2019on a assassinée dans son village le 3 mars dernier pour avoir mené la lutte pour préserver son territoire.Sa fille viendra témoigner de la lutte de sa mère.» Deux militantes de Maliotenam qui ont érigé un barrage sur la 138 viendront elles aussi témoigner de leur expérience.Le troisième atelier, purement de la FFQ, porte le titre «Vieille au-delà des préjugés».« La FFQ a un comi t é de femmes aînées vraiment actives.Elles viennent de mettre au point des outils intéressants pour contrer les stéréotypes liés à la femme vieillissante.» Ce seront ces femmes qui animeront la discussion autour de cette question du défi d\u2019avancer en âge dans une société qui valorise la performance, la jeunesse et la beauté.On l\u2019aura compris, l\u2019idée au centre du FSM est de créer des liens, des liens internationaux.« On se construit et on consolide un réseau, une adresse courriel à la fois » , conclut Mélanie Sarazin.SUITE DE LA PAGE F 3 FEMMES «Leur seul leitmotiv [aux multinationales], c\u2019est de faire de l\u2019argent.Et ce n\u2019est pas vrai que cet argent va être redistribué aux populations locales.» FORUM SOCIAL MONDIAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 F 5 Ce cahier thématique a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute demande d\u2019information quant au contenu de ce cahier, vous pouvez contacter par courriel Loïc Hamon, directeur des publications spéciales, à lhamon@ledevoir.com.Pour vos projets de cahier ou toute autre information au sujet de la publicité, vous pouvez contacter Lise Millette, vice-présidente des ventes publicitaires, à l\u2019adresse courriel lmillette@ledevoir.com.CRIMINALISATION Des défenseurs à la rescousse des populations locales Les réfugiés syriens et les nouveaux arrivants de divers pays représentent un formidable apport pour le Québec, constate une spécialiste de l\u2019intégration\u2026 elle-même s\u2019avère un bel exemple de réussite.RÉFUGIÉS Un apport précieux pour le Québec C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale L a première chose que veulent faire les réfugiés syriens en arrivant au Québec, c\u2019est de s\u2019intégrer à notre société.À cette fin, leur première requête est d\u2019apprendre le français.Voilà ce qu\u2019observe Anait Aleksanian, directrice générale du Centre d\u2019appui a u x c o m m u n a u t é s i m m i - grantes (CACI).Dans le cadre du For um social mondial, elle fera part de son expérience de terrain.« La mission du CACI, c\u2019est l \u2019accueil et l\u2019intégration des nouveaux arrivants et des réfugiés », indique-t-elle.« Depuis la décision d u g o u v e r n e m e n t Trudeau d\u2019accueillir 25 000 réfugiés syriens, nous en avons profité pour en parrainer 800, précise Mm e Aleksanian.Et durant l\u2019année 2015- 2016, nous avons fourni des services d\u2019accompagnement et d\u2019intégration à 2360 réfugiés syriens.» C\u2019est ainsi que tout nouvel ar rivant se voit offrir une séance intitulée « Première démarche d\u2019installation», sur la façon de trouver un logement, où appeler en cas d\u2019urgence, comment obtenir sa carte d\u2019assurance maladie et d\u2019assurance sociale, l\u2019allocation pour ses enfants, etc.Puis, chacun suit une séance nommée « Objectif intégration », liée au marché du travail.Le CACI offre ensuite une foule de cours de français à temps par tiel ou complet, le matin, l\u2019après-midi, le soir\u2026 « C\u2019est très motivant de travailler avec les réfugiés syriens, poursuit Mme Aleksa- nian, puisque, malgré toute l\u2019horreur qu\u2019ils ont vécue, ils ont une capacité de résilience extraordinaire.En fait, je puis af firmer qu\u2019ils vont très vite s\u2019intégrer à notre société et que le Québec sera enchanté de leurs contributions.» Exemple d\u2019intégration Anait Aleksanian s\u2019avère elle-même un bel exemple d\u2019intégration.D\u2019origine arménienne et arrivée de Russie en 1997, elle parle au- jourd\u2019hui un français impeccable (avec un petit accent tout à fait charmant).«Pourtant, confie-t- elle, lorsque j\u2019ai commencé à suivre des cours de français, j\u2019ai pleuré ! J\u2019ai pleuré parce que je me disais que jamais je ne parviendrais à apprendre le français, puisque je ne comprenais rien ! Vous savez, le russe et l\u2019arménien \u2014 les deux langues que je parle \u2014 n\u2019ont rien à voir avec le français.Ça a été dif ficile\u2026 mais a u j o u r d \u2019 h u i , o n me dit que je parle russe avec un petit accent », lance-t-elle en éclatant de rire.Comme nombre d\u2019immigrants, elle témoigne ainsi de la qualité des nouveaux arrivants que nous accueillons.« J\u2019ai un bac en enseignement et une maîtrise en psychologie, dit- elle, et, arrivée ici, j\u2019ai eu la piqûre pour le milieu communautaire.Je me suis dit que ce serait dans ce milieu que j\u2019allais m\u2019épanouir.Je consacre donc ma vie professionnelle à l\u2019intégration socioprofessionnelle des nouveaux arrivants dans leur société d\u2019accueil.» Elle souligne au passage «Ils [les nouveaux arrivants] veulent apprendre notre langue et c\u2019est même la première chose qu\u2019ils nous demandent : s\u2019inscrire à des cours de français» VOIR PAGE F 7 : RÉFUGIÉS R É G I N A L D H A R V E Y Collaboration spéciale A nne-Catherine Kennedy, chargée de programme auprès de l\u2019organisme de solidarité internationale Développement et Paix, travaille principalement avec des groupes du Brésil et de la Colombie ; elle pose la problématique des enjeux en cause dans ces endroits : « Fondamentalement, ce que l\u2019on retrouve au dépar t, c\u2019est l\u2019implantation d\u2019un maldéveloppement.Les acteurs du développement posent un regard sur la situation à partir de la croissance économique et du produit intérieur brut (PIB).» L\u2019argent est considéré comme la panacée à tous les maux « sans que l\u2019on tienne compte de la qualité de vie ni du bien-être des gens et des populations, qui ont droit à une éducation adéquate, à des soins de santé convenables, à des emplois équitablement rémunérés, à des logements salubres et à un environnement sain».Il est illusoire de croire que la croissance économique et la création d\u2019emplois apportent une solution miracle : «Ça ne fonctionne pas de cette façon, parce qu\u2019on se retrouve avec des environnements où il existe parfois des exploitations sauvages de ressources naturelles depuis des décennies ; on y voit un grand nombre de richesses quitter le territoire sans que les populations locales aient pu bénéficier de celles-ci.» Telle n\u2019est pas la solution, car en agissant de la sorte, «on concentre la richesse dans les mains de certains individus et de certaines entreprises au détriment de ces populations».Les gens qui vivent dans ces endroits travaillent dans des conditions précaires, et leur santé est mise à dure épreuve dans l\u2019accomplissement de leurs tâches ; i l s en pr ennent conscience, mais on tente de les faire taire : «On les retrouve dans des mines, où ils sont exposés à des produits dangereux.Ils vivent dans des conditions misérables, leurs maisons sont polluées et leurs enfants tombent malades.» Une prise de conscience rabrouée et achetée Ils en viennent donc à s\u2019interroger et à remettre en question toutes les promesses qu\u2019on leur avait fait sur la richesse collective dont ils seraient les bénéficiaires et sur leur qualité de vie, censé s\u2019améliorer : « Quand les gens commencent à se plaindre, c\u2019est à ce moment que la cri- minalisation et la répression apparaissent à l\u2019endroit des individus et des dirigeants des mouvements ou des organisations.» Au départ, on tente d\u2019étouffer les critiques en achetant les individus pour qu\u2019ils convainquent les populations du bien-fondé d\u2019un tel modèle ; par la suite, les collectivités servent d\u2019appât : « On met en avant de petits projets, comme la construction d\u2019un terrain de football dans une communauté appauvrie ou encore l\u2019installation d\u2019un petit centre de santé là où il n\u2019en existe pas.» Mme Kennedy s\u2019insurge : « Ils ont besoin de ces services, mais ils devraient leur être fournis par l\u2019État ; ils y ont droit et ça ne devrait pas être un cadeau ou un don en provenance d\u2019une compagnie en échange de leur silence par rapport à des violations de droits ou de normes du travail et environnementales.» Elle remet en question une sorte de déres- ponsabilisation de l\u2019État : « Celui-ci, dans bien des cas, dispose de beaucoup d\u2019argent, même dans des pays où il existe de grandes inégalités et beaucoup de pauvreté.Le problème, c\u2019est que cet argent est fréquemment mal dépensé et qu\u2019il y a beaucoup de corruption.» Criminalisation à outrance Les mouvements de défense des droits de la personne sont victimes d\u2019une répression qui prend différentes formes, comme le rapporte Anne-Catherine Kennedy : « On les mate en les criminalisant, mais ce n\u2019est pas la seule façon de le faire.On les stigmatise aussi, et il existe de plus la violence physique et le harcèlement qu\u2019on exerce envers les gens.» Quant à la criminalisation elle-même, «elle se produit par la non-application de certaines lois ou par l\u2019application injuste ou inégale de celles- ci.On s\u2019attaque à un paysan, mais pas à un grand propriétaire terrien qui pollue, qui contamine et qui exploite ses travailleurs».Elle se penche sur un autre aspect de la question : « Il y a aussi des lois qu\u2019on crée expressément pour être en mesure de criminaliser des mouvements.On voit, de plus en plus, des États qui, dans les Amériques, ont approuvé des lois antiterroristes au langage très flou et vague, ce qui sert à rendre illégale la protestation sociale ou le désaccord avec des modèles de développement économique.» Dans de tels cas, «on assure que c\u2019est le bien commun qui est en jeu, que c\u2019est le progrès et le projet de l\u2019État qui sont remis en cause.Si on proteste contre cela, par conséquent, on est contre la démocratie, contre la loi et contre l\u2019État lui-même; on devient un ennemi de celui-ci, parce qu\u2019on ose s\u2019opposer à un modèle qui ne correspond pas aux aspirations des populations locales».Briser l\u2019isolement Il importe de sensibiliser d\u2019abord ces populations à l\u2019existence de leurs droits, selon elle : « Les gens exclus, appauvris ou marginalisés ne les connaissent pas dans bien des cas ; ils savent qu\u2019ils vivent mal, mais ils ne comprennent pas nécessairement toujours pourquoi ni comment faire pour arriver à mieux vivre».En adhérant à des mouvements, « ils en viennent à aspirer à tous les droits dont ils font l\u2019apprentissage et qui leur sont promis et garantis dans la Constitution ; ils se basent beaucoup sur celle-ci.Au Brésil, par exemple, en vertu de la Constitution de ce pays, pour les paysans, il y a le droit à la santé, à l\u2019éducation, à du travail et à un logement digne.C\u2019est également le droit de pouvoir travailler la terre pour en vivre.» Elle croit donc fermement que les gens prennent davantage connaissance de leurs droits en se regroupant et en s\u2019organisant au sein de mouvements.DÉVELOPPEMENT ET PAIX Anne-Catherine Kennedy (à droite) en compagnie d\u2019une représentante du COCOMACIA (Conseil communautaire majeur de l\u2019Association paysanne de l\u2019Atrato), un partenaire de Développement et Paix, dans le département du Chocó en Colombie De nombreuses communautés vivant à travers le monde dans des milieux plutôt défavorisés aspirent à une meilleure qualité de vie ; elles sont souvent victimes des multinationales insouciantes de leur sort qui ignorent leurs revendications dans l\u2019implantation mercantile de leurs mégaprojets.Développement et Paix dénonce le traitement réservé aux populations locales dans certaines régions du globe. FORUM SOCIAL MONDIAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 F 6 scfp.qc.ca @SCFPQuebec SCFP-Québec SCFP-Québec POUR LA P R O T E C T I O N ET L ' A M É L I O R A T I O N DES SERVICES PUBLICS : LE PLUS GRAND OUTIL D'ÉGALISATION SOCIALE.B O R I S P R O U L X P lus de quinze ans après la mise en place des Objectifs du millénaire de l\u2019ONU, il demeure que 57 millions d\u2019enfants dans le monde sont toujours privés d\u2019éducation primaire, ce qui maintient les plus démunis dans le cycle de la pauvreté.En plus du problème d\u2019accessibilité à l\u2019école, on peut aussi ajouter celui de la «marchandisation» de l\u2019éducation, qui provoque la perte de qualité, l\u2019ingérence du privé dans les contenus et la multiplication des « vitesses » du système scolaire.La grande conférence sur l\u2019éducation du Forum social mondial (FSM) de Montréal, intitulée « Une éducation de qualité pour toutes et tous partout : du rêve à la réalité », est un rappel qu\u2019en matière d\u2019éducation, la lutte est loin d\u2019être terminée.Le combat commun du Nord et du Sud contre la privatisation L\u2019éducation représente « un investissement dans l\u2019humain et dans sa capacité à penser, à décider, à agir et à se protéger dans l\u2019avenir».C\u2019est du moins la vision d\u2019Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali et invitée d\u2019honneur de la grande conférence sur l\u2019éducation du FSM.Elle note que les luttes contre l\u2019austérité en matière d\u2019éducation comme celles que connaît le Québec en ce moment s\u2019inscrivent dans un contexte mondial de réduction des efforts publics.« Il y a beaucoup de similitudes entre les situations [du monde].Les luttes convergent quand il s\u2019agit des préjudices liés aux politiques néolibérales.» L\u2019ex-ministre malienne pointe du doigt les impératifs de rigueur économique imposés par les grandes puissances aux nations moins favorisées.« La quasi-totalité des pays africains est aux prises avec les conséquences du consensus de Washington, qui rime avec moins d\u2019État et plus de privé.L\u2019État, dessaisi de la prérogative de l\u2019éducation, sous-traite avec des acteurs privés généralement motivés par le profit et rien d\u2019autre.Les conséquences sont catastrophiques.Les exclus sont nombreux pendant que les \u201centrepreneurs scolaires\u201d s\u2019enrichissent», explique l\u2019auteure de nombreux livres critiquant les nouvelles formes d\u2019oppression, dont Viol de l\u2019imaginaire (2002), L\u2019Afrique humiliée (2008) et L\u2019Afrique mutilée (2012).Même son de cloche chez Sergio Haddad, directeur de l \u2019organisation brésil ienne Ação Educativa (« Action éducative »).«Après la crise économique de 2008, cer tains gouvernements ont saisi l\u2019occasion pour effectuer des coupes budgétaires aux systèmes d\u2019éducation afin de faire une plus grande place au privé.Ils nient le droit fondamental de la personne à l\u2019éducation », croit le professeur de l\u2019Université de São Paulo, qui sera également entendu lors de la grande conférence sur l\u2019éducation.Au Québec, les syndicats et militants ont pour cible cette même idéologie néolibérale dans leur analyse du système éducatif.« On est dans une dynamique mondiale », af firme Jean Murdock, de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ) et coordonnateur au comité autogéré sur l\u2019éducation du FSM.Il voit des luttes communes entre les parents engagés dans « Je protège mon école publique » au Québec et les professeurs de Chicago qui, de l\u2019autre côté de la frontière, se battent contre les tests de rendements imposés par leur gouvernement.Ces groupes seront représentés dans les différents ateliers de l\u2019Espace éducation du For um (du 10 au 12 août) et pourront échanger notamment sur les défis communs en matière d\u2019éducation.La marchandisation idéologique de l\u2019éducation «On peut voir les solidarités.On est tous pris dans le même contexte : le privé s\u2019immisce à l\u2019intérieur du domaine public », résume Jean Murdock.Cela a des conséquences sur l\u2019accessibilité, mais aussi sur le contenu enseigné, croit S e r g i o H a d d a d , q u i c i t e l\u2019exemple de son pays.«On ne parle que de commerce, que de marché ! Les écoles se font dire d\u2019enseigner uniquement les matières qui ont une valeur marchande », se désole-t-il, ajoutant que la montée des écoles financées par les mouvements évangélistes est également un problème majeur, notamment en Amérique du Sud.« Nous sommes très défaitistes au Bré- s i l quant à l \u2019avenir.Nous sommes engagés dans un processus de résistance contre le néolibéralisme.» Critiquant aussi cette tendance « productiviste et consumériste » des systèmes d\u2019éducation de son continent, l\u2019an- c ienne min is t r e Aminata Traoré constate qu\u2019au Mali, le financement extérieur de l\u2019école dicte le cursus et renforce le néocolonialisme.« L\u2019éducation est aliénation et recolonisation quand elle dépend de financement extérieur et que son contenu obéit aux exigences des bailleurs de fonds, s\u2019insurge-t-elle.La lutte [pour l\u2019éducation] doit être mondiale.» Au Québec, cette lutte contre la mar- chandisation de l\u2019éducation concerne principalement l\u2019éducation collégiale et universitaire, croit le syndicaliste Jean Murdock.« Les gens se mobilisent bien pour le primaire et le secondaire, mais au postsecondaire, c\u2019est là que se fait le plus sentir la marchandi- sation de l\u2019éducation.» C\u2019est, justement, ce que dénonçait le mouvement étudiant en 2012, lors du « printemps érable ».«On doit quelque chose au mouvement étudiant, lance Jean Murdock.Les jeunes étaient dans les rues, nous ont montré que la mobilisation est possible.On doit maintenant mener des actions.» Il ajoute que le mouvement syndical québécois a l\u2019ambition d\u2019utiliser l\u2019exemple du mouvement étudiant pour préparer la prochaine lutte pour l\u2019éducation publique.«Le FSM sera un bon moment pour la réflexion, mais aussi pour la coordination des actions.» Il s\u2019attend, finalement, à ce que ressorte du Forum une stratégie pour que l\u2019éducation devienne un enjeu électoral au Québec pour 2017.Le Devoir Le combat doit être mondial GEORGES GOBET AGENCE FRANCE-PRESSE Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali et invitée d\u2019honneur de la grande conférence sur l\u2019éducation du FSM JACQUES NADEAU LE DEVOIR «On doit quelque chose au mouvement étudiant, lance Jean Murdock, de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ) et coordonnateur au comité autogéré sur l\u2019éducation du FSM.Les jeunes étaient dans les rues, nous ont montré que la mobilisation est possible.On doit maintenant mener des actions.» «On est tous pris dans le même contexte : le privé s\u2019immisce à l\u2019intérieur du domaine public» Le système d\u2019éducation québécois a sévèrement été frappé par les mesures d\u2019austérité du gouvernement libéral : celui qui apparaissait comme un joyau issu de la Révolution tranquille et qui était devenu le fer de lance d\u2019un Québec en mouvement tourné vers l\u2019avenir a subi un profond déclin.Vision syndicale sur la résistance aux dérives dans la gestion des établissements et des réseaux d\u2019éducation.R É G I N A L D H A R V E Y Collaboration spéciale A près avoir été précédemment vice-présidente de la Fédération nationale des enseignants (FNEEQ-CSN), Marie Blais est retournée à l\u2019enseignement et est devenue présidente du Syndicat des chargés de cours de l\u2019UQAM en 2013.Actuellement, le monde universitaire est aux prises avec une sérieuse menace, qui fait en sorte que l\u2019administratif risque de prendre le pas sur l\u2019académique.Elle s\u2019interroge : «Est-ce que la commission des études va toujours avoir autant de pouvoir?C\u2019est le grand questionnement qui se pose, et c\u2019est sur ce plan que se fondent nos inquiétudes.» Les universités ont subi des compressions qui ont davantage touché certains secteurs : « C\u2019est le cas de celui des ar ts et de celui des sciences humaines.Entre guillemets, ce sont les secteurs moins rentables qui sont plus vulnérables.Dans le futur, est-ce qu\u2019on risque donc de voir disparaître la philosophie, les sciences religieuses ou les ar ts ?Je ne sais trop, mais je me pose des questions.» En contrepartie, une telle démarche se déroulera « peut-être au profit des domaines plus proches de l\u2019entreprise, comme celui de la gestion ».Pour contrer cette tendance lourde, la présidente prône la collégialité : « On en veut davantage.On veut que la communauté universitaire puisse se mobiliser sur des dossiers ; ça ne tient pas debout de réduire les heures de bibliothèque le dimanche ou de financer certains immeubles.» Pour faire face à la dérive causée par les compressions, elle invite à la solidarité et fait appel aux divers syndicats et à la communauté étudiante : « Il faut revenir à une vision plus humaniste de l\u2019université.Dans le milieu, on est inquiets pour l\u2019enseignement et pour la recherche.Ce sont les fondements mêmes de l\u2019université qui risquent d\u2019être remis en cause.» Il importe donc de faire comprendre à tout un chacun les préoccupations du milieu, ce que soutient Marie Blais : «On relève un défi d\u2019éducation, et le Forum social mondial nous fournit une tribune.Ce qui se passe au Québec se passe partout : on va donc mettre ensemble nos façons de résister.» Une approche basée sur le quantitatif Mario Beauchemin est vice-président de la Centrale des syndicats du Québec et situe de cette manière les dérives en éducation : « Elles remontent aux années 2000, et plus particulièrement à 2002, alors que le ministre de l\u2019Éducation de l\u2019époque imposait aux cégeps et aux écoles des plans de réussite avec des cibles chiffrées sans obligation de moyens.» Ce fut la première étape, qui allait être suivie d\u2019une autre plus importante, en 2008 : « La loi 88 imposait alors les conventions de gestion.À ce moment, on a véritablement demandé aux écoles et aux commissions scolaires d\u2019avoir des cibles chif frées sur la réussite des élèves.On parle ici d\u2019une approche très anglo-saxonne axée sur le quantitatif.» Pour atteindre cet objectif de réussite, la CSQ prône l\u2019apport de moyens d\u2019une autre nature : « On a besoin d\u2019une approche beaucoup plus globale : il faut établir un bon climat d\u2019apprentissage dans l\u2019école et il faut que les enseignants disposent de temps à consacrer à chaque élève.» Quant aux compressions budgétaires, elles ont eu pour effet de réduire le nombre de professionnels.Après une analyse rigoureuse de la loi 88 par la CSQ, M.Beauchemin rapporte ce qui s\u2019est passé pour enrayer les effets néfastes « d\u2019une approche comptable de l\u2019Éducation» : «On a publié des brochures à l\u2019attention des enseignants, du personnel de soutien, des professionnels et des directions d\u2019établissement, afin de tenter de leur démontrer qu\u2019il fallait résister le plus possible à cette démarche ministérielle.» Et il ajoute que ces brochures proposaient de plus diverses mesures, qui sont toujours d\u2019actualité dans le cadre de la réussite scolaire, parmi lesquelles il cite l\u2019égalité des chances pour tous dès l\u2019entrée en maternelle, la mise sur pied de classes de maternelle dès 4 ans, des services mieux adaptés pour les élèves handicapés, aux prises avec un déficit d\u2019attention ou des difficultés d\u2019apprentissage, et l\u2019amélioration des conditions d\u2019exercice de la profession du personnel dans les écoles.ÉDUCATION Résister aux dérives Entre guillemets, ce sont des secteurs moins rentables qui sont plus vulnérables.Dans le futur, est-ce qu\u2019on risque donc de voir disparaître la philosophie, les sciences religieuses ou les arts?Je ne sais trop, mais je me pose des questions.Marie Blais, vice-présidente de la Fédération nationale des enseignants (FNEEQ-CSN) « » PEDRO RUIZ LE DEVOIR L\u2019administratif risque de prendre le pas sur l\u2019académique dans le monde universitaire. FORUM SOCIAL MONDIAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 F 7 l\u2019« extraordinaire société québécoise ».Ainsi, ra- conte-t-elle, lorsque le CACI a annoncé son intention d\u2019accueillir des réfugiés syriens, « la quantité d\u2019appels et de courriels qu\u2019on a reçus de personnes qui nous demandaient \u201cqu\u2019est-ce qu\u2019on peut faire ?de quoi ont-ils besoin ?peut-on les accompagner ?ont-ils besoin d\u2019un frigo, d\u2019un camion ?\u201d.Ç\u2019a été une mobilisation absolument extraordinaire, quelle sensibilité, quelle collaboration ! » Intégration rime avec francisation On pense souvent que les nouveaux arrivants ne désirent pas apprendre le français, rappelle Anait Aleksanian.«Eh bien, non, c\u2019est tout à fait faux, tranche-t-elle.Bien au contraire, ils veulent apprendre notre langue, et c\u2019est même la première chose qu\u2019ils nous demandent : s\u2019inscrire à des cours de français.» Le CACI accompagne ainsi quelque 13 000 personnes par année.« Auparavant, les nouveaux arrivants provenaient premièrement d\u2019Algérie, puis du Maroc, ainsi que des pays d\u2019Afrique et d\u2019Europe de l\u2019Est, dit-elle.Mais cette année, le premier pays, c\u2019est la Syrie, puis l\u2019Algérie, le Maroc, le Cameroun, Haïti, la Côte d\u2019Ivoire, la Tunisie, le Liban et la Chine.» Elle précise également que ceux-ci ne désirent pas apprendre l\u2019anglais, puisqu\u2019ils sont conscients de vivre dans une société francophone.Ils ont aussi conscience que, pour trouver un emploi, il faut parler français.En plus, ils veulent pouvoir accompagner leurs enfants dans leurs études\u2026 à l\u2019école francophone.Pour la directrice du Centre d\u2019appui aux communautés immigrantes, le Forum social mondial sera une belle occasion de voir comment d\u2019autres collègues et organismes travaillent, ainsi que de leurs bons coups.«Peut-être ont-ils développé des programmes ou des approches auxquels on n\u2019a pas songé et dont on pourrait s\u2019inspirer pour améliorer nos services ?pose-t-elle.Et, bien sûr, on va aussi partager notre expertise.» SUITE DE LA PAGE F 5 RÉFUGIÉS FRANCIS VACHON LE DEVOIR « C\u2019est très motivant de travailler avec les réfugiés syriens, assure Anait Aleksanian, directrice générale du Centre d\u2019appui aux communautés immigrantes, puisque, malgré toute l\u2019horreur qu\u2019ils ont vécue, ils ont une capacité de résilience extraordinaire.» P I E R R E V A L L É E Collaboration spéciale Le Forum social mondial pourra compter sur une importante présence du monde syndical québécois.En ef fet, les grandes centrales syndicales, en plus d\u2019appuyer financièrement l\u2019événement, ont invité leurs fédérations affiliées à y participer en organisant diverses activités.«Le cœur de la présence syndicale se fera sous le chapiteau du monde du travail, où les dif fé- rentes organisations syndicales y auront pignon sur rue, précise Jacques Létourneau, président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).De plus, les différentes fédérations syndicales organiseront tout au long du Forum plusieurs activités sur une foule de sujets concernant le monde ouvrier.Il est trop tôt pour en faire l\u2019inventaire au- jourd\u2019hui, mais on peut être assuré que l\u2019offre sera généreuse et variée.Un des thèmes qui seront certainement abordés est ce que l\u2019on nomme la 4e révolution industrielle, qui pose de nombreux défis aux syndicats et au monde ouvrier en général.Le Forum sera pour nous une occasion de soulever un débat à ce sujet.» C\u2019est aussi la première fois que le Forum social mondial, dont la première mouture remonte à 2001, à Porto Alegre, au Brésil, se tient dans un pays qui n\u2019est pas situé dans l\u2019hémisphère Sud, mais plutôt au nord, et de surcroît dans une contrée fortement industrialisée, en l\u2019occurrence le Québec.Les centrales syndicales ont- elles eu un rôle à jouer dans la tenue au Québec du Forum social mondial ?« En ce qui concerne la CSN, nous n\u2019avons pas fait de lobbying actif à ce sujet, poursuit Jacques Létour- neau.En fait, je crois que l\u2019initiative revient surtout aux citoyens et aux militants québécois, déjà impliqués dans les forums sociaux, qui ont su convaincre le comité international du bien- fondé de tenir l\u2019événement en sol québécois.Leur principal argument fut de démontrer que le Québec dispose d\u2019une société civile forte et organisée.Le régime social que les citoyens se sont donné à travers l\u2019État, le haut taux de syndicalisation au Québec, la forte présence du coopératisme et de l\u2019économie sociale en sont les preuves.» Nouveaux enjeux Pour Louise Chabot, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le Forum social présente l\u2019occasion d\u2019aborder de front les nouveaux enjeux du monde du travail.«Ce n\u2019est pas seulement une occasion pour les organisations syndicales de se saisir de ce dossier, croit- elle, mais aussi pour l\u2019ensemble du monde ouvrier.Je pense à la question du salaire minimum, notamment la fameuse hausse à 15$ l\u2019heure, de plus en plus réclamée.Il est évident que le salaire minimum en vigueur au- jourd\u2019hui est devenu insuffisant et ne permet plus à ceux qui en vivent de répondre même à leurs besoins essentiels.» Les normes minimales du travail seront aussi un autre sujet de débat.« Les normes minimales du travail ont été mises en place pour la plupart dans les années 1950 et 1960 et ne tiennent pas compte des nouvelles réalités du monde du travail, que sont les emplois atypiques et à statut précaire et le travail autonome.Plusieurs travailleurs qui sont dans ces situations ont peu ou pas de protection.Il serait peut-être temps d\u2019envisager des mesures comme une assurance salaire, par exemple.Et deux semaines de vacances payées, en 2016, ce n\u2019est pas très généreux.» L\u2019accès à la négociation et les politiques d\u2019austérité \u2014 issues du néolibéralisme pratiqué au- jourd\u2019hui par de nombreux pays \u2014 seront aussi parmi les sujets traités.«On est chanceux au Québec avec notre forte syndicalisation, mais ce n\u2019est pas le cas dans de nombreux pays.Et même dans les pays où la syndicalisation est présente, comme aux États-Unis, on remarque une forte croissance des mouvements antisyndicaux.L\u2019accès à la négociation, donc à la syndicalisation, est le seul moyen pour améliorer les conditions des travailleurs et d\u2019assurer le maintien d\u2019une classe moyenne for te.Quant aux politiques d\u2019austérité, qui causent du tort partout où elles sont appliquées, surtout pour les jeunes, les syndicats doivent servir de rempart afin de lutter contre ces mesures néolibérales.» Faire du Forum un succès S\u2019il est intéressant de tenir un Forum social mondial au Québec, encore faut-il en faire un succès.« Je crois que nous avons tout ici au Québec pour réussir ce Forum social mondial, croit Jacques Létourneau.La CSN a participé à toutes les éditions du Forum social mondial qui se sont tenues, et j\u2019ai remarqué que ceux qui fonctionnent le mieux sont toujours ceux qui se tiennent dans un pays où il y a une société civile forte.Et c\u2019est le cas du Québec.» Mais comment mesure-t-on le succès d\u2019un tel événement ?Une forte participation est-elle l\u2019unique barème ?« Dans un événement comme le Forum social mondial, les enjeux sont connus d\u2019avance, tout comme les principaux acteurs.Le dialogue est important, mais ce qui compte, selon moi, et qui assure la réussite de l\u2019événement, c\u2019est que ce dialogue se traduise ensuite par une plus grande mobilisation dans la société civile.» Et pour ce faire, cette mobilisation a besoin d\u2019un point de convergence.« Et je crois que le point de convergence, cette année, pourrait bien être la question environnementale.On voit l\u2019impor tance que cela prend actuellement au Québec, avec l\u2019opposition au pipeline de TransCanada et aux forages à Anticosti.De plus, tous les pays et les sociétés se heurtent aux changements climatiques.Il me semble que tout est propice à ce que l\u2019environnement devienne le sujet de convergence.» SYNDICATS Une occasion de rappeler les enjeux du monde du travail VINCENT LARIN LE DEVOIR Le salaire minimum en vigueur aujourd\u2019hui est devenu insuffisant et ne permet plus à ceux qui en vivent de répondre même à leurs besoins essentiels, selon la présidente de la CSQ, Louise Chabot.CSN Jacques Létourneau, président de la CSN JACQUES NADEAU LE DEVOIR Louise Chabot, présidente de la CSQ FORUM SOCIAL MONDIAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 F 8 ORD PEUT CH N SUD C A T H E R I N E G I R O U A R D Collaboration spéciale A u Forum social mondial, la jeunesse n\u2019est pas qu\u2019un thème : elle est partout.Présente en amont, en aval, et au cœur de l\u2019événement, tout autant parmi ses organisateurs et ses conférenciers que ses participants, le FSM veut donner la parole et la place aux jeunes du monde.La moitié de la population mondiale a moins de 30 ans.Parmi ces jeunes, 90 % vivent dans des pays en développement.« Les jeunes sont très nombreux à être touchés par la pauvreté et les inégalités, affirme d\u2019emblée Geneviève- Gaël Vanasse, coordonnatrice des programmes à Oxfam- Québec et facilitatrice du Comité Espace jeunesse (CEJ), un regroupement d\u2019une quarantaine d\u2019ONG et de citoyens engagés à faire rayonner la jeunesse au sein du Forum.Il faut mettre la voix des jeunes en valeur.» « Les jeunes sont et peuvent être encore davantage un levier de changement très fort dans le monde » , continue Mm e Va- nasse.Montréal est d\u2019ailleurs hôte du FSM cette année en partie grâce à ses jeunes, fait- elle remarquer.Alors que les enjeux entourant la jeunesse sont au cœur de l\u2019événement, la mouvance étudiante présente au Québec depuis le printemps érable a joué en faveur de la candidature de la métropole parmi tous les pays en lice.Contrairement aux préjugés souvent véhiculés sur les jeunes, ceux-ci sont nombreux à vouloir s\u2019impliquer, selon la facilitatrice du CEJ.« Les jeunes veulent être entendus, af firme-t-elle.Il y a un for t mouvement depuis cinq ans, entre autres en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Afrique.Les jeunes revendiquent leur place dans les pouvoirs décisionnels.» Elsa Mondésir, nouvellement bachelière en études internationales et stagiaire pour le FSM chez Oxfam-Québec, abonde dans le même sens.« Il y a énormément de jeunes qui ont envie d\u2019apprendre et qui sont prêts à s\u2019investir corps et âme , s\u2019enthousiasme la jeune femme de 23 ans.C\u2019est l\u2019un des aspects les plus inspirants pour moi, dans toute cette expérience.» Les jeunes en amont du Forum Les jeunes ont été impliqués dans tout le processus du FSM.Grâce aux initiatives du Comité Espace jeunesse, plusieurs activités ont été organisées en amont du Forum autant avec des jeunes du primaire que des universitaires.« Le FSM, c\u2019est un processus dans le temps, avec plusieurs étapes préalables de prises de conscience, d\u2019ateliers et de réflexions qui mènent ensuite à l\u2019événement », fait valoir Gene- viève-Gaël Vanasse.Des milliers de jeunes de 18 à 35 ans ont alors pris par t aux diverses activités du Parcours de l\u2019engagement organisé par Oxfam-Québec, les YMCA du Québec, l\u2019Institut du Nouveau Monde, Humanité unie et Mikana.Ce qui ressort de ces échanges : les jeunes sont particulièrement interpellés par les enjeux entourant l\u2019évasion fiscale, le partage de la richesse, l\u2019accès universel et gratuit à l\u2019éducation, l\u2019accès au marché du travail et toutes les questions entourant l\u2019environnement.Et il n\u2019est jamais trop tôt pour participer et être conscientisé aux enjeux sociaux mondiaux, selon le Comité Espace jeunesse.À preuve, 2500 jeunes du primaire ont réfléchi à la part qu\u2019ils peuvent prendre dans le monde à partir de la légende amérindienne du colibri, l\u2019histoire d\u2019un oiseau qui a décidé de faire sa part pour éteindre un feu de forêt en transportant de l\u2019eau dans son bec, une goutte à la fois, inspirant ainsi tous les autres animaux à faire aussi leur part.Les jeunes ont ensuite inscrit sur une goutte d\u2019eau une chose qu\u2019ils peuvent et veulent faire pour s\u2019impliquer dans leur monde d\u2019une façon ou d\u2019une autre.«Lire tous ces mots, c\u2019est une vraie bouf fée de fraîcheur ! se réjouit Mm e Vanasse.On se perd parfois dans des concepts idéologiques, ou on se sent happé par l\u2019apathie parce que ça va trop mal dans le monde, mais avec les enfants, on revient à l\u2019essentiel.» Toutes ces gouttes d\u2019eau seront assemblées par un artiste pour former deux colibris géants dans l\u2019Espace jeunesse du Forum.Les enfants de 5 à 11 ans sont d\u2019ailleurs invités à participer au Forum pour les enfants durant le FSM, spécialement conçu pour eux avec des ateliers, des activités d\u2019arts et une minimarche.Les jeunes durant le Forum L\u2019 e s p a c e r é s e r v é a u x jeunes ne manquera pas durant le Forum.Un lieu physique et une programmation leur seront spécifiquement consacrés du 9 au 14 août, alors qu\u2019un grand chapiteau sera érigé sur l \u2019esplanade Clark, entre les rues Sainte- Catherine et Maisonneuve.Le Comité Espace jeunesse a aussi créé quatre parcours distincts en pigeant dans la vaste programmation de plus de 1500 activités du FSM: Jeunesse et par t ic ipat ion c i - toyenne, Relation des jeunes avec la Terre, Solidarité des jeunes en réponse aux inégalités et Autres enjeux jeunesse, recoupant pour sa par t des thèmes comme la cyber violence, les réfugiés, les questions de genre, la santé reproductive et maternelle ou encore l\u2019éducation.Grâce à ces quatre parcours, les jeunes pourront rapidement trouver un «menu» d\u2019activités et d\u2019ateliers répondant à leurs intérêts particuliers.Chacun des ateliers participatifs et collaboratifs se soldera par un manifeste présentant des pistes d\u2019action sur les principaux enjeux discutés.Tous ces manifestes seront ensuite nommés à la Tribune de la jeunesse, le 12 août, dans un grand coup d\u2019éclat pour que la voix des jeunes soit entendue.Beau hasard, le 12 août est aussi la Journée internationale de la jeunesse.Un grand spectacle de hip-hop et de slam engagé sera aussi présenté gratuitement le 12 août au Métro- polis pour souligner cette journée particulière.Des jeunes inspirants donneront aussi des conférences au Forum, dont Ber tita Ca- ceres, fille de Berta Caceres, militante assassinée au Honduras cette année, qui poursuit la lutte de sa mère pour les droits des femmes et des autochtones.Notons aussi la présence d\u2019Eduardo Taddeo, un rappeur brésilien vivant dans la criminalité et la violence au quotidien, ainsi que de l\u2019Innue Melissa Mollen- Dupuis, entre autres impliquée dans le mouvement Idle No More.Le Sommet Jeunes et inégalités, auquel participeront 300 jeunes leaders venus des quatre coins du monde pour l\u2019occasion, aura aussi lieu les 10 et 11 août dans le cadre du FSM.S\u2019inscrivant dans l\u2019Espace jeunesse, ce sommet visera à articuler et à canaliser les propositions des jeunes afin de combattre les inégalités extrêmes.« Les enjeux sociaux peuvent paraître très théoriques, mais ça devient pratique au Forum, fait valoir Elsa Mondésir.On a l\u2019occasion de se mettre en action, d\u2019être exposé aux erreurs du passé et d\u2019être au cœur de la solution comme tous les groupes d\u2019âges en proposant nos idées.Il y a des jeunes qui sont en train de faire bouger les choses d\u2019une manière extraordinaire, au CEJ.» Selon la militante, par tici- per au Forum est l\u2019occasion parfaite pour les jeunes de démontrer par l\u2019action leur engagement et leur valeur.« Il y a beaucoup d\u2019outils mis en place dans nos sociétés pour que les jeunes soient de plus en plus entendus et représentés, mais de façon générale, ça reste encore trop symbolique, déplore Elsa Mondésir.Même si on veut que les jeunes participent aux projets, on a moins le goût de les entendre quand vient le temps de prendre de vraies décisions.» La jeunesse au cœur du Forum B O R I S P R O U L X L\u2019 édition 2016 du Forum social mondial (FSM) ne fera pas exception à la tradition de ces rencontres citoyennes internationales : l\u2019environnement y tiendra toujours un rôle central.Malgré les avancées notables du sujet dans les sphères politiques et diplomatiques, l\u2019environnement demeure une force de mobilisation de la société civile incontournable.La convergence des luttes devrait d\u2019ailleurs avoir, cette année, une touche locale avec la critique des projets de pipeline de TransCanada et du pétrole d\u2019Anticosti.Un thème incontournable du FSM Chico Whitaker, l\u2019un des organisateurs du tout premier Forum social mondial, à Porto Alegre, au Brésil, retient de cette rencontre les balbutiements de la convergence des luttes, combinant environnement et causes sociales.L\u2019intégration des droits autochtones, par exemple, est caractéristique de ce « nouvel écolo- gisme» du XXIe siècle.« Avant, ce n\u2019était que les excentriques qui parlaient de ça », se souvient l\u2019intellectuel brésilien, joint à son domicile de São Paulo.Force est de constater que le monde a changé au fil des années et des Forums sociaux.L\u2019environnement s\u2019invite de plus en plus dans les campagnes électorales et dans les grandes discussions des chefs d\u2019État internationaux.La société civile est plus que jamais mobilisée sur cette question, à en croire la multiplication des organisations de défense de l\u2019environnement et l\u2019émergence de conférences thématiques sur l\u2019environnement qui ont découlé du FSM.Roger Rashi, militant social et coordonnateur des campagnes chez Alternatives, a participé à plusieurs de ces conférences.L\u2019environnement n\u2019est pas, selon lui, près de disparaître du débat public.« Je crois que le thème est plus central que jamais.» Selon lui, les gouvernements ne sont pas au L\u2019environnement toujours central dans la contestation AGISSONS AVEC LES MILITANTES ET LES MILITANTS PARCE QU\u2019UN AUTRE MONDE EST NÉCESSAIRE, ENSEMBLE IL DEVIENT POSSIBLE.aqoci.qc.ca extractivisme.féminisme solidarité internationale inégalités jeunesse droits humains environnement RAPHAËL CANET «Les jeunes sont et peuvent être encore davantage un levier de changement très fort dans le monde», déclare Geneviève-Gaël Vanasse, coordonnatrice des programmes à Oxfam-Québec et facilitatrice du Comité Espace jeunesse.ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR La convergence des luttes devrait avoir, cette année, une touche locale avec la critique des projets de pipeline de TransCanada et du pétrole d\u2019Anticosti.VOIR PAGE F 11 : ENVIRONNEMENT FORUM SOCIAL MONDIAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 F 9 fondaction.com FONDACTION, UN FONDS DE TRAVAILLEURS ENGAGÉ EN FAVEUR DU DÉVELOPPEMENT DURABLE DU QUÉBEC Créé il y a 20 ans, Fondaction contribue au maintien et à la création d\u2019emplois de qualité.Il recueille de l\u2019épargne-retraite auprès des Québécoises et Québécois pour l\u2019investir dans des projets visant des retombées économiques, sociales et environnementales positives pour le Québec.Contribuez vous aussi à donner du sens à l\u2019argent en choisissant Fondaction.LA JUSTICE CLIMATIQUE APRÈS PARIS 10 août, 13:00-15:30, UQAM, RM-130 Tadzio Müller, Tetet Lauron, Sabine Minninger, Kamal Lahbib, Stefanie Ehmsen LE CHANGEMENT CLIMATIQUE: UN DÉFI POUR LE SUD 11 août, 16:00-18:00, UQAM, RM-130 Ibrahima Thiam, Alina Saba, Carolina Vallejo, Hamza Hamouchene, Tadzio Müller LA LUTTE POUR LA SURVIE DE LA VILLE MONDIALE 12 août, 9:00-11:30, UQAM, RM-130 Shivani Chaudhry, Toñi Vasquez, Facundo Filippo, Gün Tank, Kazembe Balagun CONFLITS FRONTALIERS ET DROITS DES MIGRANTS DANS UNE PERSPECTIVE GLOBALE 12 août, 13:00-15:30, UQAM, RM-130 Bilal Aljouhari, Gerda Heck, Rosa Nelly Santos, Mostafa Henaway, Stefanie Kron LE SYSTÈME, PAS LE CLIMAT CHANGER 11 août, 18:00-20:00, Salle Marie Gérin-Lajoie Naomi Klein, auteure et militante Maité Llanos, Trade Unions for Energy Democracy Anne Céline Guyon, Stop Oléoducs Tadzio Müller, Fondation Rosa Luxemburg (FRL) Clayton Thomas-Muller, 350.org Introduction par Stefanie Ehmsen et Roger Rashi Plus d\u2019informations www.rosalux-nyc.org/wsf Contact presse horn.claudia@rosalux-nyc.org Activités présentées par la Fondation Rosa Luxemburg au Forum Social Mondial 2016 à Montréal Débat: UN AUTRE INTERNET EST POSSIBLE: RENCONTREZ LES FAI PROGRESSIFS DU MONDE ENTIER 12 août, 9:00-11:30, McGill, Local W220, Anne Roth, Nicholas Merrill, Alfredo López, Enrique Rosas, Mallory Knodel, Angela Isphording Ateliers à l'Université McGill, Pavillon des Arts, organisé par Enrique Rosas: AU-DELÀ DU COPYLEFT: L'ÉGALITÉ ET LA RÉCIPROCITÉ EN PARTAGEANT NOS CRÉATIONS 9 août, 10:45-12:30, Ferrier 230 PARTAGER VOTRE CRÉATIVITÉ À TRAVERS DE MEDIAGOBLIN 9 août, 13:45-15:00, Arts 230 AMPLIFIER LE SUD: LA RADIO COMMUNAUTAIRE POUR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ET LES DROITS DE L'HOMME 11 août, 9:00-11:30, L.W5 COOPÉRATION COLLECTIVE AVEC OWNCLOUD 11 août, 13:00-15:30, L.W5 MEXCLA: COMMUNICATION BILINGUE EN LIGNE ASSISTÉE PAR UN.E INTERPRÈTE 12 août, 13:00 - 15:30, L.W220 Organisées avec Alternatives Traduction simultanée en français, anglais et espagnol B O R I S P R O U L X L e comité des « libristes» du For um social mondial (FSM) de Montréal entend propager l\u2019idée qu\u2019il est possible d\u2019émanciper la planète du joug de ces entreprises qui verrouillent leurs codes informatiques et qui génèrent un profit sur les informations personnelles de leurs usagers.À l\u2019heure où l\u2019information peut être copiée à l\u2019infini et à coût pratiquement nul, les lois protégeant la propriété intellectuelle sont contestées par les militants, qui rêvent à l\u2019émergence d\u2019un monde où le savoir se transmet sans barrières.Entre-temps, les solutions « libres de droits » émergent un peu partout, mais sont encore plutôt méconnues, même des autres militants.La liberté, version numérique Rares sont ceux qui n\u2019ont pas encore intégré la technologie dans la routine quotidienne.Ordinateurs, tablettes et téléphones intelligents sont nos compagnons de tous les jours, tout comme les réseaux sociaux numériques et les services de divertissement comme Netflix ou Spotify.«Comme on fait attention à ce qu\u2019on mange, je crois qu\u2019il faut aussi faire attention à la technologie qu\u2019on consomme, pour que ça respecte l\u2019écosystème numérique», apporte comme comparaison Marianne Corvellec, militante du logiciel libre.Tout comme elle n\u2019ingère «pas que du bio», elle croit qu\u2019il est bien normal d\u2019utiliser des logiciels propriétaires.Toutefois, à mesure que l\u2019informatique prend une place prépondérante dans nos vies, nous sommes en droit d\u2019exiger d\u2019y avoir accès, de pouvoir bidouiller ses codes et de s\u2019approprier, finalement, l\u2019outil.«[Les entreprises] mettent des verrous sur la technologie.C\u2019est aussi un verrou économique», explique celle qui est aussi membre du conseil d\u2019administration d\u2019APRIL, un organisme français chargé de la promotion et de la défense du logiciel libre.«Je veux que l\u2019informatique émancipe.Pas qu\u2019il restreigne.» Marianne Corvellec prendra la parole à la grande conférence sur le logiciel libre intitulée « Un autre monde numérique est nécessaire : avec le logiciel libre, il devient possible ! ».Elle partage le podium avec l\u2019une des sommités mondiales du domaine du logiciel libre, Richard Stallman.Président de la Fondation Free Software, aux États-Unis, Stallman est derrière le développement de GNU/Linux et du concept de « copyleft », un pied de nez au droit d\u2019auteur («copyright») sous forme de licence permettant l\u2019utilisation, la copie et la modification de son œuvre, à la condition de maintenir ces privilèges pour le suivant.La révolution sera numérique ou ne sera pas La ph i losophie des « l i - bristes » est résolument anti- système : le rêve d\u2019un univers dans lequel aucune barrière n\u2019empêche l\u2019accès au savoir humain, aux logiciels, à la culture et à la conception du matériel.Le tout serait accessible, gratuit et prêt à être amélioré par la communauté.L\u2019idéal n\u2019est d\u2019ailleurs pas limité au monde niché des programmeurs et « geeks » du Web, mais concerne tous les utilisateurs du numérique.«C\u2019est un véritable mouvement politique qui va bien au-delà de la technique, explique Marianne Corvellec, qui précise son côté militant : il faut se battre contre le modèle américain des brevets.» Selon elle, la protection de la propriété intellectuelle nuit à l\u2019innovation, et non l\u2019inverse.«Certaines compagnies qui en ont les moyens financiers et juridiques peuvent déposer des brevets en masse [aux États-Unis] uniquement pour étouf fer les jeunes pousses.» Si la société profitait des avantages d\u2019un système libre bien établi, encore faudrait- il le favoriser en choisissant des logiciels libres pour les ordinateurs de nos gouvernements et du système public, avance-t-elle.Au Québec, ce combat est mené par l\u2019organisme sans but lucratif FACIL, qui fait notamment la promotion du « pacte du logiciel libre», qui demande aux députés à l\u2019Assemblée nationale de « respecter les standards ouverts dans l\u2019administration publique et dans la livraison des services en ligne ».Mathieu Gauthier-Pilote, président du FACIL, n\u2019a pas de mots tendres à l\u2019endroit de ceux qu\u2019il qualifie de « géants pernicieux du numérique » , comme Apple, Microsoft et autres Facebook.« Google, par exemple, utilise des logiciels libres afin de collecter notre information personnelle.D\u2019autres utilisent les DRM [gestion numérique des droits], comme Apple.Quand tu achètes un vrai livre, tu peux le prêter, le revendre.Pas chez iTunes ! » Selon Mathieu Gauthier-Pi- lote, il existe plusieurs « courants libres », politiquement tant de gauche que de droite.Certains, plutôt extrêmes, ne reconnaissent aucun droit d\u2019auteur.Ce sont ceux derrière le partage illégal de musique et de films via le protocole BitTorrent, par exemple.« Le courant modéré favorise plutôt les licences libres comme les Creative Commons.» En attendant la grande réforme du droit d\u2019auteur, qui va peut-être venir rééquilibrer les droits de chacun, auteurs comme consommateurs, ce courant « modéré » dont il se réclame encourage le développement du logiciel libre, une « troisième voie » : ni piratage ni système.Faire connaître le militantisme numérique\u2026 aux militants Le logiciel libre souffre toutefois d\u2019un manque de reconnaissance du public.« On est un peu comme les écologistes dans les années 1960 , fait comme comparaison Mathieu Gauthier-Pilote.On n\u2019est pas à l\u2019étape où c\u2019est tenu pour acquis que nos comportements doivent changer, encore moins à celle de la connaissance des solutions de rechange.» Ce mal touche même les militants, engagés dans les causes sociales ou environnementales.« Même le Forum social mondial n\u2019utilisait pas des logiciels libres », se désole le li- briste, qui a constaté l\u2019usage généralisé de Google, Facebook ou Skype dans l\u2019organisation du Forum.Faire valoir le rôle du logiciel libre dans la convergence des luttes est aussi un défi pour Marianne Cor vellec, plus habituée à prendre la parole devant des spécialistes du milieu technologique et souvent déjà acquis à la cause.Elle conclut en citant la chanteuse et activiste sociale Bernice Johnson Reagon : « Si vous êtes trop à l\u2019aise dans une coalition, c\u2019est que ce n\u2019est pas une coalition assez large ! » Bref, il est temps d\u2019aller chercher de nouveaux alliés.Comme petite victoire, les libristes ont fait germer l\u2019idée d\u2019utiliser des logiciels libres pour l\u2019organisation des prochains forums.En attendant, il sera possible de les consulter lors d\u2019un atelier destiné à aider le public et les par tici- pants du FSM à se familiariser avec ces logiciels.Le Devoir Un autre monde numérique est possible ISTOCK La philosophie des « libristes» est résolument antisystème : le rêve d\u2019un univers dans lequel aucune barrière n\u2019empêche l\u2019accès au savoir humain, aux logiciels, à la culture et à la conception du matériel. FORUM SOCIAL MONDIAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 F 10 Nourrir pour faire grandir cette solidarité.Celle d\u2019ici et celle que nous bâtissons sur d\u2019autres continents.Les traités de libre-échange que le Canada s\u2019apprête à signer avec l\u2019Europe et les pays du Pacifique seront-ils à notre avantage ?Non, répondront les intervenants du Forum social mondial.C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale C atherine Habel, médecin résidente en santé publique, a obser vé que, lors des deux précédentes éditions du Forum social mondial auxquelles elle a par ti- cipé, on traitait peu de santé « même si on parlait beaucoup d\u2019enjeux liés à la santé », dit- elle.En conséquence, elle a pris par t à l\u2019organisation du Forum de Montréal.« Je suis surtout là pour faciliter les discussions et les échanges, pré- cise-t -elle, afin que tout le monde se mobilise en faveur de la santé.» C\u2019est ainsi que dans le cadre du présent Forum se tiendra le volet Santé et libre-échange, qui comporte deux ateliers : l\u2019un organisé par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec) et l\u2019autre par le Mouvement populaire pour la santé.« Nous parlerons des conséquences de l \u2019Accord économique et commercial global entre le Canada et l\u2019Union européenne ainsi que de l\u2019Accord de partenariat transpacifique, indique Pierre Soucy, vice- président des affaires sociales du SCFP-Québec.Nous considérons que ce genre d\u2019ententes est réellement néfaste pour notre système de santé, puisqu\u2019il favorise la privatisation des services.» Cet atelier réunira non seulement des représentants du SCFP, mais également Adrienne Silnicki de la Canadian Health Coalition, Pierre-Yves Serinet du Réseau québécois sur l\u2019intégration continentale, Emma Woodford du Health and Trade Network, et Leigh Haynes du People\u2019s Health Movement.Ce dont on devrait se préoccuper « Je sais que c\u2019est complexe et que les gens s\u2019en balancent pas mal, déplore M.Soucy, mais c\u2019est très impor tant qu\u2019on prenne tous conscience des dangers que nous font courir ces accords de libre-échange.Ce sont donc des enjeux complexes que nous allons tenter de vulgariser.» Le représentant syndical estime ainsi que les ententes que l\u2019on prévoit conclure avec l\u2019Europe et les pays bordant le Pacifique favorisent avant tout les multinationales plutôt que les PME, qui sont le fer de lance industriel du Québec.« Et pourquoi conclure un traité de libre-échange avec l\u2019Europe, alors que le commerce se fait allègrement de par t et d\u2019autre de l\u2019Atlantique?! » Pour le mouvement syndical, de tels accords risquent fort d\u2019af faiblir notre système de santé.« Nous, nous voulons préserver notre système universel ouvert à tous, dit-il.Dans notre atelier, nous allons donc faire état des conséquences pour les travailleurs et travailleuses de ces accords, et bien sûr, pour les usagers aussi.» Pour sa part, Catherine Ha- bel voit dans le Forum une formidable occasion d\u2019élargir la vision qu\u2019on se fait des enjeux de santé.« Pour avoir par ticipé à deux éditions du Forum social mondial , dit - elle, ce que je trouve passionnant, c\u2019est justement la variété des points de vue qu\u2019on y trouve.» «Cela me permet de confronter mon point de vue de médecin, concernant des enjeux de santé, à celui de gens qui ont davantage une expérience de terrain et qui ne voient pas nécessairement les choses avec des yeux de santé.» TRAITÉS DE LIBRE-ÉCHANGE Des ententes néfastes pour notre santé Depuis les années 1980, nous vivons à l\u2019ère du néolibéra- lisme et, comme le relate le sociologue en sciences politiques Ron Labonté, on constate à présent les conséquences de l\u2019application de cette théorie économique.Néolibéralisme : le mal de notre époque C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale «C e que nous observons actuellement, à l\u2019échelle de l\u2019économie planétaire, repose sur le concept du néolibéralisme, c\u2019est-à-dire sur un ensemble de principes et de politiques économiques qui stipule que la meilleure façon d\u2019apporter la richesse au plus grand nombre, c\u2019est le libre marché et le libre-choix des individus dans une économie aussi peu réglementée que possible.Or, on le constate, le néolibé- ralisme a totalement échoué!» Voilà le constat que dressera Ronald Labonté, sociologue en santé publique et en sciences politiques, à l\u2019occasion de la grande conférence qu\u2019il prononcera au Forum social mondial.Ce professeur enseigne à l\u2019École d\u2019épidémiologie, de santé publique et de médecine préventive de l\u2019Université d\u2019Ottawa, où il dirige également la Chaire de recherche sur la mondialisation et la santé.À ce titre, il étudie l\u2019impact des politiques économiques sur la santé.Tyrannie des gouvernements ou du «1%»?Le concept du néolibéralisme est apparu dans les années 1940, sous l\u2019impulsion d\u2019économistes tels que Milton Friedman, de l\u2019École des sciences économiques de Chicago, rappelle Ronald Labonté.«L\u2019idée de laisser libre cours au marché et aux individus, comme étant la meilleure façon de favoriser le développement économique, vient de ce que cer tains craignent avant tout la tyrannie des gouvernements», explique-t-il.Il faut aussi dire que certains des penseurs du néolibéralisme avaient connu l\u2019oppression stalinienne.« On comprend donc un peu leurs craintes», admet le chercheur.En outre, ceux-ci considéraient que l\u2019économie est une sphère d\u2019activité trop complexe pour être gérée par des politiciens et qu\u2019il valait mieux laisser faire les marchés.« Le néolibéralisme n\u2019a été qu\u2019une théorie jusqu\u2019aux années 1970-1980», fait remarquer Ronald Labonté.Or, à l\u2019époque, il y avait une forte inflation ainsi que d\u2019importants taux de chômage alors que le monde galopait d\u2019une crise économique à l\u2019autre.C\u2019est dans ces circonstances que cette théorie s\u2019est imposée, particulièrement à la suite de l\u2019élection de gouvernements de droite dans trois des grandes puissances économiques que sont les États-Unis, le Royaume-Uni et l\u2019Allemagne.Et depuis cette époque, on assiste à une prodigieuse concentration de la richesse dans les mains d\u2019une poignée d\u2019individus, le fameux 1 % des plus riches.«Une foule d\u2019études montrent clairement que l\u2019apparition de ce 1% découle directement des politiques néolibérales, rapporte M.Labonté.C\u2019est ainsi que cette théorie a totalement échoué dans ce qu\u2019elle devait faire, à savoir répartir la croissance économique au plus grand nombre possible.» On obser ve même que les pays qui ont connu la plus forte croissance sont justement ceux qui n\u2019ont pas appliqué les politiques du néolibéralisme, notamment les pays du Sud-Est asiatique, «qu\u2019on qualifie de tigres économiques », souligne ironiquement le Pr Labonté.Dévalorisation du travail Concrètement, au cours des quarante dernières années, on a assisté à une baisse systématique des taxes et des impôts prélevés par nos gouvernements, les pays étant mis en concurrence les uns contre les autres sur le plan purement économique.«Les sommes qu\u2019on récolte à présent sous forme de taxes et d\u2019impôts sont dérisoires par rapport à ce qu\u2019on prélevait autrefois », constate le chercheur, ce qui affaiblit d\u2019autant nos gouvernements et appauvrit les populations.« Dans les faits, le néolibéra- lisme \u2014 c\u2019est-à-dire la libéralisation des marchés \u2014 a tout droit conduit à la catastrophe financière de 2008, poursuit-il.Et voilà que maintenant \u2014 le néolibéralisme ayant échoué \u2014, on nous impose des mesures d\u2019austérité qui nous appauvrissent davantage ! » Il s\u2019en suit qu\u2019on assiste un peu par tout à travers la planète à des révoltes et à des crises humanitaires majeures.C\u2019est ainsi qu\u2019on dénombre actuellement 65 millions de réfugiés et de déplacés, note M.Labonté, soit davantage qu\u2019en toute autre époque de l\u2019histoire de l\u2019humanité.Une autre conséquence du néolibéralisme a été l\u2019instauration d\u2019une économie basée sur JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pour le mouvement syndical, les accords de libre-échange risquent fort d\u2019af faiblir le système de santé.«Nous, nous voulons préserver notre système universel ouvert à tous», explique Pierre Soucy, vice-président des af faires sociales du SCFP-Québec.Je sais que c\u2019est complexe et que les gens s\u2019en balancent pas mal, mais c\u2019est très important qu\u2019on prenne tous conscience des dangers que nous font courir ces accords de libre-échange Pierre Soucy, vice-président aux affaires sociales au SCFP-Québec « » GREG BAKER AGENCE FRANCE-PRESSE Une des conséquences du néolibéralisme a été l\u2019instauration d\u2019une économie basée sur le capital et la finance, et non plus sur le travail.VOIR PAGE F 12 : MAL FORUM SOCIAL MONDIAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 F 11 diapason de l\u2019opinion publique concernant l\u2019environnement, citant pour preuve le projet de pipeline Énergie Est, appuyé par Justin Trudeau, et les forages à Anticosti, projet du gouvernement du Québec.« La COP21 [conférence de Paris de 2015 sur le climat] a of ficialisé certaines avancées, comme l\u2019idée d\u2019une limite sur le réchauffement, l\u2019ambition d\u2019aller vers un monde sans hydrocarbures et le concept de \u201ctransition juste\u201d.Mais on n\u2019y accorde pas de moyens financiers sérieux », analyse Roger Rashi.Il avance que la question de l\u2019environnement est liée à de nombreuses causes, des conflits mondiaux jusqu\u2019à la lutte pour la justice sociale, en passant par les revendications autochtones.«Bien sûr, [le Forum] parle d\u2019autres causes.Mais l\u2019environnement reste un thème central qui relie toutes ces autres causes.» Comme le théorise la journaliste canadienne Naomi Klein dans son dernier documentaire engagé, Tout peut changer, le problème environnemental est intimement lié au système capitaliste.Naomi Klein sera d\u2019ailleurs du Forum en tant qu\u2019invitée d\u2019honneur de la grande conférence intitulée «Changer le système, pas le climat ».Dans un courriel, elle se réjouit du « grand honneur » de pouvoir participer au Forum social mondial dans sa ville natale, 16 ans après sa toute première participation.«Depuis une décennie et demie, le FSM a été un espace vibrant et déterminant pour que les mouvements sociaux du monde puissent partager des idées et des stratégies sur nos plus pressants défis.C\u2019est là où nous pouvons tous nous rencontrer.» Pleins feux sur les environnementalistes québécois Depuis plus d\u2019un an, Sarah Sultani s\u2019implique dans différents groupes de travail et dans le comité environnement.«C\u2019est comme un deuxième travail, affirme l\u2019éducatrice en environnement.Pour moi, le Forum social mondial est déjà en cours.» Elle a été témoin des rencontres entre les groupes environnementaux du Québec pour préparer le FSM.«Déjà, la convergence au Québec s\u2019est accélérée grâce au Forum.C\u2019est magique en ce moment, parce que ça nous démontre qu\u2019on peut se rencontrer, s\u2019organiser autrement.» Les causes environnementales d\u2019ici, en premier lieu la lutte contre les sables bitumineux, le pétrole de schiste et les pipelines, risquent d\u2019accaparer une part importante des discussions au Forum, dont les participants parviendront en majorité du Québec et du Canada.Ces enjeux trouvent d\u2019ailleurs écho chez nombre de militants engagés dans d\u2019autres causes, dont les causes syndicales, croit Roger Rashi, d\u2019Alternatives.«Le mouvement syndical québécois souhaite tenir des discussions communes sur des questions environnementales, avance-t-il, notant que c\u2019est en particulier le cas pour les jeunes travailleurs.Les mouvements ouvriers pourront profiter de cette convergence des luttes, notamment pour renouveler leur message et pour gagner en popularité auprès d\u2019une nouvelle génération.» Cofacilitatrice du groupe de travail Mobilisation et relations internationales, Sarah Sultani souligne l\u2019importance d\u2019intégrer l\u2019environnement dans les autres thèmes qui animeront les discussions du Forum.« Le but est de faire le pont entre les causes.On ne veut pas travailler en vase clos ! » Près du quart des 1200 activités du FSM sera d\u2019ailleurs à caractère environnemental, soit abordé de manière principale ou transversale avec d\u2019autres sujets.«Les gens vont se connaître, ça va rendre la lutte environnementale plus intéressante au Québec.C\u2019est comme une école pour changer le monde », conclut Sarah Sultani.Les citoyens qui souhaitent voir de plus près les activités du Forum en matière d\u2019environnement sont d\u2019ailleurs invités à passer par la place Pasteur, sur la rue Saint-Denis, près de l\u2019UQAM, dans le cadre d\u2019un espace festif et créatif que les organisateurs comparent à un festival ayant pour thème « Les peuples et la planète avant le profit».Des tables de présentation seront mises à la disposition des participants qui désirent présenter leur organisation ou leurs projets.Le Devoir SUITE DE LA PAGE F 8 ENVIRONNEMENT E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale « U n autre monde est possible avec le commerce équitable », lance Antonia Rodriguez Medrano, fondatrice de l\u2019Asociación Artesanal Boli- viana Señor de Mayo (ASAR- BOLSEM), jointe par téléphone en Bolivie.En 1989, elle a créé cette association pour permettre à des personnes marginalisées de travailler.À ses yeux, le commerce équitable a donné une occasion aux femmes de son association, particulièrement aux autochtones, de devenir autonomes.Certifiés par l\u2019Organisation World Fair Trade, les vêtements et l\u2019ar tisanat conçus par ses 146 membres sont vendus en Italie, en Grande-Bretagne, en Suisse et au Canada.Le prix de vente permet une meilleure rétribution des membres, en plus du versement d\u2019une prime équitable destinée au développement de la collectivité.Invitée par le Centre d\u2019étude et de coopération internationale (CECI) au FSM de Montréal, Mme Rodriguez Medrano participera à un témoignage croisé de partenaires internationaux sur la question le 11 août prochain, à la Maison du développement durable.« Nous ne sommes pas une grande entreprise ou un grand joueur économique.Nous devons nous soutenir entre le Nord et le Sud.Comme producteurs, nous avons besoin des consommateurs.Et les consommateurs ont besoin de nous pour avoir des produits biologiques, écologiques, d \u2019une grande valeur et faits avec cœur », dit-elle.Le commerce équitable demeure pour ASAR- BOLSEM une planche de salut dans le secteur du textile, où la concurrence mondiale à bas prix demeure forte.Dans le vêtement, cette démarche reste peu répandue, entre autres en raison des étapes de transformation, soulève Lis Suarez, fondatrice de FEM International, un organisme soutenant l\u2019entrepreneu- riat féminin dans le domaine du textile.Le 11 août, à la Maison du développement durable, elle organisera un défilé de mode éthique.Elle observe un « momentum » autour de la question depuis le décès de plus de 1000 travailleurs dans l\u2019ef fondrement du complexe Rana Plaza, à Dhaka au Bangladesh, en avril 2013.« Les consommateurs sont conscienti- sés, mais encore sensibles au prix», constate-t-elle.Impacts et limites Les répercussions positives du commerce équitable sont manifestes dans les collectivités impliquées, souligne un rapport publié par Équiterre en avril dernier.Une hausse du revenu, une amélioration des produits, un meilleur accès à la formation, un développement plus considérable de la collectivité, une autonomisa- tion des organisations, ainsi qu\u2019une meilleure protection de la biodiversité, des sols et des cours d\u2019eau figurent parmi les impacts observés de manière généralisée dans les études sur le sujet.En revanche, le rappor t notait que l\u2019ef fet du commerce équitable demeurait limité en ce qui concerne la réduction des inégalités femmes-hommes et l\u2019intégration des producteurs les plus marginalisés.« Ça demeure per tinent, le commerce équitable, mais ce n\u2019est pas par fait », reconnaît Dario Iezzoni, président de l\u2019Association québécoise du commerce équitable (AQCE).«C\u2019est utopique de penser que le commerce équitable va tout régler tout de suite, commente Murielle Vrins, chargée de projet chez Équiterre.Il faut que le système s\u2019établisse et fonctionne.Il faut des consommateurs, des coopératives et une roue qui tourne.Plus il y aura de coopératives, plus il y aura de sensibilisation et plus on pourra rejoindre ces producteurs marginalisés.» Après avoir constaté que les femmes ne représentaient que 25% des exploitants agricoles et travailleurs directement impliqués avec elle, Fairtrade International s\u2019est dotée cette année d\u2019une stratégie d\u2019égalité entre les genres.M.Iezzoni souligne que le Symbole des petits producteurs (SPP) \u2014 ou Símbolo de Pequeños Productores \u2014 a auparavant poussé «plus loin» les standards en la matière.Ce n\u2019est pas le seul enjeu où le SPP a changé la donne.Apparue en 2010 en Amérique centrale, cette certification a été lancée à l\u2019initiative des producteurs du Sud, contrairement aux autres dirigés depuis le Nord.La Brûlerie San- tropol, établie à Montréal, a adopté le SPP pour ses produits.« On voyait d\u2019un bon œil que les petits producteurs du Sud s \u2019 o r gan i s en t , ca r i l s avaient parfois des produits qui étaient équitables et biologiques, mais pour lesquels ils ne pouvaient pas se payer une certification », remarque Katina Bi- net te , v ice -prés idente de l\u2019AQCE.Le SPP vise du même souf fle à stimuler le commerce équitable à l\u2019intérieur même des pays du Sud.L\u2019apparition de ce nouveau joueur ne s\u2019est pas faite au détriment de Fair trade International, qui compte aujourd\u2019hui 1,65 million de producteurs et travailleurs af filiés, soit 450 000 de plus qu\u2019il y a cinq ans.Au bout de la chaîne Après un envol fulgurant entre 2000 et 2010, le commerce équitable a traversé des turbulences au Québec au début de la présente décennie.L\u2019ONG Plan Nagua, for t actif dans le domaine, a fait faillite en 2011.En 2012, O x f a m - Q u é b e c a m i s u n terme aux activités d\u2019Equita, qui distribuait une grande variété de produits équitables.Les mesures de l\u2019ancien gouvernement Harper en matière de développement international, dont l\u2019abolition des fonds consacrés à l\u2019engagement du public, ont mis à mal des activités liées à ce secteur chez certaines ONG.Entre 2009 et 2013, les ventes canadiennes des produits certifiés Fairtrade sont passées de près de 320 millions à moins de 250 millions.La confiance dans les organismes de certification équita- b l e a c h u t é e n t r e 2 0 1 1 et 2014, passant de 50 % à 37 %, selon le Baromètre de la consommation responsable d e l \u2019 O b s e r v a t o i r e d e l a consommation responsable.Dans ce contexte, les acteurs québécois du commerce équitable, les plus militants tout comme les grandes entreprises, se sont regroupés pour former l\u2019AQCE.« On a décidé de se fédérer autour d\u2019enjeux communs.On avait davantage à perdre à débattre des détails de mise en œuvre plutôt que de promouvoir des principes », raconte M.Iezzoni.Le commerce équitable réalisé par des multinationales suscite par fois des débats dans un domaine cherchant à proposer une solution de rechange au modèle économique dominant.L\u2019AQCE, qui compte aujourd\u2019hui 35 organisations membres, les accueille favorablement dans leur mouvement inclusif si les standards respectés sont élevés.Keurig Canada est d\u2019ailleurs membre en raison de ses produits Van Houtte certifiés Fair- trade.La démarche doit surtout, selon M.Iezzoni, respecter l\u2019« essence du commerce équitable», qui est «de créer un lien direct avec les petits producteurs, s \u2019engager à long terme avec eux, s\u2019assurer de ne pas les maintenir dans une relation de dépendance et payer le juste prix».La confiance envers les certifications équitables dans le Baromètre de la consommation responsable s\u2019est redressée en 2015 à 51 %.Les ventes de Fairtrade Canada sont remontées en 2014 à leur ni - veau de 2009 pour ensuite atteindre 354 millions en 2015.Equifr uit af f irme que ses ventes de bananes équitables au Québec et en Ontario ont triplé dans les t r o i s d e r - n ièr es années .L\u2019AQCE estime le chif fre d\u2019af faires actuel de ses membres dans le commerce équitable au Québec à 50 millions.Ses produits cer tifiés seront vendus lors de la Foire Éco- sphère, les 13 et 14 août au parc Jarry, et il fera l\u2019objet d\u2019une douzaine d\u2019activités lors du Forum social mondial de Montréal.Portrait du commerce équitable en 2016.COMMERCE ÉQUITABLE Une pratique imparfaite, mais toujours pertinente 1 888 234-8533 devp.org DÉVELOPPEMENT ET PAIX CÉLÈBRE 50 ANS DE SOLIDARITÉ! Rejoignez-nous au Forum Social Mondial pour bâtir un monde de justice *! 1.Nos rivières et nos montagnes ne sont pas à vendre: des communautés se battent pour la justice écologique Mercredi 10 août, 9h à 11h30 2.Laudato Si\u2018: une invitation au changement Mercredi 10 août, 13h à 15h30 3.Comment influencer les décideurs: outils et stratégies par et pour les jeunes Jeudi 11 août, 9h à 11h30 4.L\u2019agroécologie au service de la planète Vendredi 12 août, 9h à 11h30 * Salle M-050, Pavillon Hubert Aquin (A) Université du Québec à Montréal Nous co-animons également d\u2019autres activités en collaboration avec des organisations participantes.VENEZ NOMBREUX! Ensemble, nous avons le pouvoir d\u2019agir.SOURCE CECI Antonia Rodriguez Medrano, fondatrice de l\u2019Asociación Artesanal Boliviana Señor de Mayo (ASARBOLSEM) FORUM SOCIAL MONDIAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 F 12 le capital et la finance, et non plus sur le travail.Autrefois, la meilleure façon pour un individu comme pour une société de s\u2019enrichir, c\u2019était par le travail.Or, voici que celui-ci est de moins en moins valorisé, avec pour conséquence que les salaires diminuent et les emplois deviennent de plus en plus précaires, alors que l\u2019enrichissement se fait par placements et transactions purement financières.C\u2019est de cette façon que la richesse se concentre dans les mains d\u2019une minorité de gens, alors que la grande majorité est laissée à elle-même.De surcroît, l\u2019économie financière ne comptabilise pas ce que les économistes appellent les « externalités » à leurs activités, c\u2019est-à-dire les impacts non comptables de celles- ci, notamment sur la société et sur l\u2019environnement (pollution, appauvrissement, stress, détresse physique et psychologique, etc.).Or, comme le constate Ronald Labonté, à l\u2019heure des changements climatiques, on ne peut plus ignorer les impacts « externalisés » de nos activités.« Le modèle économique que nous appliquons en ce moment est une faillite totale ! » tranche-t-il.Ce chercheur en sciences politiques n\u2019est pourtant pas démoralisé pour autant ni même pessimiste, puisque des solutions existent.« Si seulement, par exemple, on prélevait une toute petite taxe sur toutes les transactions financières effectuées à travers le monde, on pourrait facilement récolter de 8000 à 9000 milliards par année, ce qui nous permettrait de financer nos programmes de santé et d\u2019éducation, le développement de technologies vertes, notre af franchissement du pétrole et la mise en œuvre d\u2019une économie durable.On n\u2019est donc pas à court de solutions\u2026 à condition toutefois de se défaire du joug que l\u2019économie financière nous impose.» « On a donc de bonnes raisons d\u2019être optimistes, enchaîne Ronald Labonté, comme je le relaterai lors de ma présentation au Forum social mondial, car autrement, jamais nous ne parviendrons à nous sortir du marasme économique dans lequel nous sommes plongés.» SUITE DE LA PAGE F 10 MAL L\u2019idée de laisser libre cours au marché et aux individus, comme étant la meilleure façon de favoriser le développement économique, vient de ce que certains craignent avant tout la tyrannie des gouvernements Ronald Labonté, sociologue en santé publique et en sciences politiques « » P I E R R E V A L L É E Collaboration spéciale L\u2019 agriculture est une activité essentielle à toute l\u2019humanité, puisqu\u2019elle permet de tirer de la terre l\u2019alimentation nécessaire à la survie des êtres humains.On la trouve donc dans toutes les contrées, au nord comme au sud.Si l\u2019agriculture dans les pays émergents et en développement est différente de celle pratiquée dans les pays industrialisés, dans les deux cas, toutefois, des défis se posent, et parfois même se rejoignent.« Pour bien saisir les enjeux de l\u2019agriculture dans les pays émergents et en développement, il faut d\u2019abord comprendre l\u2019impor tance économique de l\u2019agriculture pour ces pays, explique André Beaudoin, de UPA Développement international (UPADI).Si, dans les pays industrialisés, l\u2019agriculture représente environ 2% du PIB, ce chif fre est plutôt de 5 à 10 % pour les pays émergents et grimpe jusqu\u2019entre 25 et 45% pour les pays en développement.De plus, dans les pays en développement, entre 40 et 60 % de la main- d\u2019œuvre nationale se trouve dans le secteur agricole.» C\u2019est dire le poids économique de l\u2019agriculture pour ces pays et l \u2019 impor tance d\u2019en assurer non seulement sa pérennité, mais aussi son développement.Mais ce développement se heurte à cer tains problèmes.« Depuis une vingtaine d\u2019années, la croissance démographique des pays en développement a été plus forte que la croissance agricole.Ceci force ces États nationaux à puiser dans leur cof fre afin d\u2019importer des denrées alimentaires, ce qui met encore plus de pression sur leur devise, déjà faible.» Le second problème est l\u2019accès à la propriété terrienne.« Plusieurs de ces agriculteurs ne sont pas propriétaires de la terre qu\u2019ils cultivent.Ils ne peuvent donc pas la mettre en garantie auprès des institutions financières, ce qui les prive du financement nécessaire à la modernisation de leur ferme.» Des pistes de solution L\u2019UPADI a mis en place des programmes, en collaboration avec des organismes locaux, afin d\u2019apporter une solution à ce problème.« Nous versons des paiements anticipés sur la récolte à venir, au début de la saison, afin de permettre à l\u2019agriculteur d\u2019acheter ses intrants, et à la fin de la saison, afin de lui permettre d\u2019écouler sa récolte au moment où il peut en tirer le meilleur prix, d\u2019augmenter ainsi ses profits et de dégager une marge de manœuvre.Une fois la récolte vendue, il rembourse les paiements anticipés, ce qui lui permet de bâtir sa crédibilité auprès des institutions financières, qui finiront un jour par lui faire confiance et lui donner accès au financement nécessaire à son développement.» Ce programme, aussi louable soit-il, ne peut constituer une solution permanente.« Il faut que ces pays se dotent d\u2019une politique agricole nationale afin de soutenir l\u2019agriculture locale et familiale.Malheureusement, on s\u2019est fait convaincre, là comme ici, que l\u2019État n\u2019a pas à investir dans l\u2019agriculture.Cette absence de l\u2019État a fait en sorte de laisser toute la place aux multinationales, qui, elles, n\u2019hésitent pas à investir en agriculture, au détriment évidemment de l\u2019agriculture familiale.Il faut renverser la situation.Je crois que la nécessaire adaptation aux changements climatiques amènera les nations, peu importe le stade de leur développement, à repenser le rôle de l\u2019État en agriculture et à mettre en place des politiques agricoles favorisant la biodi- versité économique en agriculture et soutenant davantage l\u2019agriculture familiale.» La relève au Québec L\u2019un des problèmes qui guettent l\u2019agriculture québécoise est celui de la relève.Et ici, au Québec, tout comme dans les pays en développement, l\u2019accès aux terres agricoles constitue un réel frein.En effet, nombreux sont les jeunes agriculteurs québécois qui peinent à acheter une entreprise agricole.«La principale raison est le prix élevé des entreprises agricoles au Québec, avance Marie-Ève Arbour, de la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ).Ce qu\u2019on observe au- jourd\u2019hui sur le terrain, c\u2019est que la valeur marchande d\u2019une terre agricole est supérieure à sa valeur économique, c\u2019est-à-dire à ses actifs.En d\u2019autres mots, le vendeur a l\u2019avantage et peut aller chercher un prix de vente supérieur à la valeur du bien vendu.Pour un jeune de la relève, ce prix de vente gonflé représente un obstacle souvent insurmontable.» De plus, croit-elle, cette différence entre la valeur marchande et la valeur économique d\u2019une terre agricole ne fait que pousser vers le haut l\u2019inflation et contribue ainsi à la financiari- sation des terres agricoles.«Les grandes entreprises, comme Pangea, par exemple, l\u2019ont bien compris, et comme elles ont de puissants moyens financiers, la valeur marchande élevée importe peu.Cela ne fait que pousser à la hausse le prix des terres agricoles et introduit des distorsions dans le marché.Par exemple, un agriculteur qui loue une terre agricole à un voisin sera prêt à débourser le gros prix pour l\u2019acquérir de peur de la voir vendue à une grande entreprise.» Et cette situation touche même la relève apparentée, c\u2019est-à-dire le fils ou la fille qui veut reprendre l\u2019exploitation familiale.« Lorsque la relève apparentée arrive à acheter la ferme familiale, elle réussit à le faire grâce au don des parents, qui peut représenter entre 30 à 60% de la valeur marchande de la ferme.Évidemment, seuls les parents qui ne comptent pas sur la vente de la ferme pour assurer leur retraite peuvent se permettre une telle générosité.» Une solution à portée de main serait de limiter le nombre d\u2019hectares que peuvent acheter chaque année les grandes entreprises.« En limitant les achats à 100 hectares, ce que propose la FRAQ, on freinerait la montée des prix tout en favorisant le maintien de la ferme familiale.Parce qu\u2019une fois qu\u2019une terre agricole devient la propriété d\u2019une grande entreprise, celui qui l\u2019exploite n\u2019est plus propriétaire, mais devient plutôt une sorte de salarié.» Les défis agricoles d\u2019ici et d\u2019ailleurs ISSOUF SANOGO AGENCE FRANCE-PRESSE «Si, dans les pays industrialisés, l\u2019agriculture représente environ 2% du PIB, ce chif fre est plutôt de 5 à 10% pour les pays émergents et grimpe jusqu\u2019entre 25 et 45% pour les pays en développement.De plus, dans les pays en développement, entre 40 et 60% de la main-d\u2019œuvre nationale se trouve dans le secteur agricole», assure André Beaudoin, de UPA Développement international (UPADI).L\u2019un des problèmes qui guettent l\u2019agriculture québécoise est celui de la relève FORUM SOCIAL MONDIAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 A O Û T 2 0 1 6 F 13 Pour la 12e édition du Forum social mondial \u2014 soit le plus grand rassemblement altermondialiste à l\u2019échelle planétaire \u2014, accueillie par Montréal, le comité autogéré Diversité, genres et sexualités (DGS), dont le mandat est de promouvoir les enjeux lesbiens, gais, bisexuels, trans*, queer, intersexes, aro- mantiques et asexuels (LGBTQIA*), a prévu une riche programmation.Ce sera la première fois depuis la création de l\u2019événement, en 2001, que les problématiques et spécificités de ces communautés y seront discutées de façon aussi exhaustive.DIVERSITÉ, GENRES ET SEXUALITÉS Un débat inédit depuis la création du FSM DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE Le comité DGS a veillé à ce que des toilettes non genrées soient accessibles aux participants tout au long du FSM.Certaines institutions, comme l\u2019Université Simon Fraser, à Burnaby en Colombie-Britannique, ont adopté des toilettes neutres pour leurs étudiants.maplaceensante.com É M I L I E C O R R I V E A U Collaboration spéciale «N otre objectif, c\u2019est de donner la parole à des gens qui sont marqués par de multiples oppressions, que ce soit par rapport au genre, à la sexualité, à la corporalité, au capacitisme [discrimination fondée sur la capacité physique], etc.», annonce d\u2019emblée Sébastien Barraud, membre du comité DGS.Formé d\u2019une quinzaine de mil i tants, le groupe a été constitué il y a quelques mois spécialement en vue du FSM.Dans l\u2019esprit de ce dernier, ses membres ont décidé d\u2019articuler leur programmation autour de questions peu abordées dans l\u2019espace public.«On s\u2019est dit qu\u2019on essaierait pour une fois de ne pas donner la parole à des hommes gais, blancs, cisgenres [personne dont le genre ressenti correspond au genre qui lui a été assigné à la naissance], qui vivent cer tes toutes sortes de réalités dont il faut discuter, mais qui, selon nous, ont déjà un espace de parole très grand, particulièrement dans les pays occidentaux.Ça se transpose très clairement dans la programmation que nous avons élaborée», précise M.Barraud.Une fête et trois journées d\u2019échanges S\u2019échelonnant sur quatre jours, les activités prévues par le comité DGS seront regroupées en trois thèmes, soit la diversité, les genres et les sexualités.Celles-ci débuteront le mardi 9 août en soirée par une fête d\u2019ouverture donnée au Cabaret Cléo.Plusieurs performeurs et disques-jockeys s\u2019y produiront, et les Sœurs de la perpétuelle indulgence seront présentes pour accueillir les participants.«On a appelé la soirée Fourrons social mondial ou World Social Foursome, note M.Bar- raud.C\u2019est un clin d\u2019œil au côté provocateur et burlesque de notre communauté ! » Le lendemain, la journée sera consacrée aux enjeux de diversité.Les différentes réalités des personnes racisées seront alors par ticulièrement mises en lumière.« Il y aura plusieurs conférences et ateliers sur le sujet, indique Mme Alexandra Picheta, également membre du comité DGS.Ça aura lieu à l\u2019UQAM.» Une table ronde portant sur les réalités des artistes queer et la représentation des personnes queer dans les médias sera aussi tenue à l\u2019occasion de cette première journée d\u2019échanges.Le jeudi 11 août, ce seront les questions de sexualité qui seront au cœur des discussions.La journée débutera par une conférence sur l\u2019intersexualité et se poursuivra avec un atelier sur la santé sexuelle des personnes marginalisées.«Lors de cet atelier, le sociologue Gabriel Girard, qui travaille à l\u2019Université de Montréal, va nous parler de la subjectiva- tion des risques.Nathan Bou- mendil, qui est un militant français travaillant beaucoup sur les nouveaux outils de prévention, nous parlera pour sa part des enjeux des minorités ethniques et des minorités de genres.Il va aussi nous parler des obstacles structurels auxquels ces minorités font face en matière d\u2019accès aux traitements.Thierry Schaf- fauser, qui est un militant très connu en France, sera aussi avec nous.Il nous parlera des questions de sexualité pour les travailleurs et travailleuses du sexe», précise M.Barraud.Lors de cette deuxième journée d\u2019échanges, il sera aussi question de la santé sexuelle des lesbiennes.Valérie Simon, étudiante au baccalauréat à l\u2019Université Concordia, traitera du sujet lors d\u2019un atelier.« C\u2019est également le 11 août qu\u2019aura lieu notre grande conférence de la semaine, souligne Mme Picheta.Elle portera sur la lutte contre l\u2019homophobie à l\u2019échelle internationale.Elle aura lieu en soirée à la Grande- Place du Complexe Desjardins.» Le vendredi 12 août, ce seront les enjeux des personnes trans qui seront mis en lumière.Les participants discuteront notamment de la neuro- diversité chez les individus trans, des dif ficultés vécues par les personnes trans raci- sées, des réalités des enfants trans et des pratiques d\u2019inclusion des gens trans dans le monde communautaire.«La question trans est souvent abordée sous un angle médical ; on parle beaucoup d\u2019accès aux traitements et d\u2019accès aux chirurgies, relève Étienne Cham- berland, membre du comité DGS.Dans le cadre du FSM, on a voulu éviter de traiter le sujet sous cet angle-là, parce que la réalité des personnes trans est loin de se limiter à ça.» Un espace sécuritaire Souhaitant que les personnes minorisées puissent participer à ses activités sans crainte d\u2019être ostracisées, le comité DGS a mis en place plusieurs dispositifs favorisant l\u2019ouver ture.Il s\u2019est notamment doté d\u2019une charte de l\u2019espace sécuritaire.«Le but de la charte, c\u2019est de s\u2019assurer que l\u2019espace soit le plus serein possible pour tous les par ticipants et par tici- pantes.On veut être sûrs que les personnes qui vivent déjà énormément de pression et de discrimination dans la vie de tous les jours se sentent à l\u2019aise», explique Mme Picheta.« Les gens qui évolueront au sein de notre espace devront respecter notre charte, sinon, on leur demandera de quitter les lieux, poursuit M.Barraud.On ne peut évidemment pas garantir qu\u2019il n\u2019y aura aucune oppression pendant le Forum, mais avec cette char te, on se dote d\u2019un cadre pour la limiter.» Dans le même esprit, le comité DGS a veillé à ce que des toilettes non genrées soient accessibles aux par ticipants tout au long du FSM.Ces dernières seront d\u2019ailleurs identifiées clairement sur les plans du Forum.« C\u2019est très impor tant pour nous, indique M.Chamber- land.J\u2019ai souvent été témoin d\u2019incidents dans des toilettes publiques, et nous ne voulions pas que ce genre de chose se produise pendant le Forum.» Le comité DGS a également prévu un service d\u2019écoute active auquel les par ticipants pourront s\u2019adresser en cas de besoin.Un comptoir santé permettra aussi aux visiteurs d\u2019obtenir des informations sur divers sujets, de se procurer des préservatifs et de discuter avec des inter venants du milieu.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le 11 août se tiendra la grande conférence de la semaine, qui portera sur la lutte contre l\u2019homophobie à l\u2019échelle internationale.Elle se tiendra en soirée à la Grande-Place du Complexe Desjardins.Les gens qui évolueront au sein de notre espace devront respecter notre charte « » UNITERRA.CA DEVENEZ VOLONTAIRE ET FAITES UNE DIFFÉRENCE ! ET PARTICIPER À DES PROJETS DE DÉVELOP PEMENT DURABLE ?PARTAGER VOS CONNAISSANCES AUGMENTER LE POUVOIR ÉCONOMIQUE DES FEMMES ET DES JEUNES, VOUS SOUHAITEZ UN MONDE PLUS ÉGALITAIRE, Le programme Uniterra est réalisé grâce à la contribution des Canadiennes et des Canadiens et avec l\u2019appui ?nancier du gouvernement du Canada accordé par l\u2019entremise du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement (MAECD).Retrouvez le CECI au Forum social mondial et joignez-vous aux 50 000 personnes d\u2019ici et d\u2019ailleurs engagées dans la construction d\u2019un monde durable et solidaire Assistez aux conférences Renseignez-vous sur les 200 postes de volontariat à l\u2019étranger Visitez le kiosque du CECI et du programme Uniterra COMMERCE ÉQUITABLE Témoignages croisés de partenaires internationaux LE 11 AOÛT DE 12 H À 14 H Atrium de la Maison du développement durable 50, rue Sainte-Catherine O.LA COOPÉRATION VOLONTAIRE Comment ça marche et qu\u2019est-ce que ça donne ?LE 12 AOÛT DE 13 H À 15 H 30 Pavillon PK (local PK-R650) de l\u2019UQAM 201, avenue du Président-Kennedy LES 10, 11 ET 12 AOÛT DE 9 H À 18 H Espace Solidarité internationale Pavillon PK de l\u2019UQAM 201, avenue du Président-Kennedy LES 13 ET 14 AOÛT DE 10 H À 17 H Foire ÉCOSPHÈRE parc Jarry, près du stade Uniprix 285, rue Gary-Carter P H O T O L y n d s a y M i l e s - P i c k u p P H O T O M i c h e l H u n e a u l t P H O T O V é r o n i q u e K i n g s l e y P H O T O V a l é r i e P a q u e t t e P H O T O M i c h e l H u n e a u l t P H O T O S u n i s h a N e u p a n e "]
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