Le devoir, 13 août 2016, Cahier D
[" G A R Y L A W R E N C E à Rishikesh et Haridwar A vant même le tintement des cloches et les premières intonations, il y a ce frémissement dans l\u2019air quand le ciel s\u2019empourpre subtilement au crépuscule.D\u2019un dévot à un pèlerin, d\u2019un gourou à un sadhu, l\u2019énergie ambiante se propage comme une traînée de poudre mystique aux abords du Gange.Puis, les haut-parleurs se mettent à cracher à tue-tête des chants martelés comme des mantras par un prêtre, le pundit, tandis que les dévots procèdent à leurs ablutions, cer tains accrochés à une chaîne pour ne pas être emportés par le courant.Çà et là, le feu sacré prend vie dans les vasques et un joyeux tintamarre de gongs s\u2019entame.Les prières font place à d\u2019autres chants qui gagnent bien vite en intensité, psalmodiés par les milliers d\u2019âmes agglutinées le long du fleuve.Ceux-ci se transforment bientôt en une douce et languide clameur qui semble portée par le vent chaud, comme les innombrables corbeilles fleuries où vacille la flamme d\u2019une bougie of ferte au Gange, devant les temples illuminés.Impossible de demeurer insensible à tant de voix qui crient leur dévotion à l\u2019unisson, impensable de ne pas être envoûté par la puissance de ce rituel ancestral tout simplement poignant.Et il en va ainsi tous les soirs, lors de la cérémonie du ganga aarti \u2014 l\u2019adoration du fleuve \u2014 sur le ghat de Har- ki-Pairi, à Haridvar.Le pouvoir de purifier Située « là où l\u2019empreinte du pied de Vishnou est inscrite dans une pierre », Haridwar est l\u2019une des sept villes sacrées de l\u2019Inde.C\u2019est aussi ici que le Gange quitte les contreforts himalayens et que se déroule tous les 12 ans la Khumb Mela, plus importante manifestation religieuse de la planète \u2014 en alternance avec d\u2019autres villes.On peine à imaginer la ferveur qui doit alors prévaloir ici : déjà, l\u2019aarti est totalement bouleversant.«Tu verras, les vibrations qui traverseront ton corps seront vraiment for tes, m\u2019avait prévenu mon guide Hari.L\u2019énergie déployée par la foule est phénoménale, comme un ohm à la puissance 1000.» A for tiori quand on sait que, cer tains soirs, pas moins de 30 000 pèlerins prennent part à cette cérémonie du feu.Considéré comme une divinité par les Indiens, le Gange a le pouvoir de purifier le corps, de laver les croyants de leurs péchés et de libérer l\u2019âme des défunts, chez les hindous.Si Gange rime souvent avec « vidanges », ses eaux sont bien plus invitantes à Haridwar qu\u2019à Calcutta : d\u2019abord, le débit du fleuve y est si élevé qu\u2019il charrie sans réserve tout reliquat de lixiviat ; ensuite, il n\u2019est situé qu\u2019à 250 kilomètres de sa source \u2014 soit « les cheveux de Shiva », sous le glacier Gango- tri, dans l\u2019Himalaya.« De toute façon, le Gange s\u2019autonettoie en permanence grâce à de nombreuses infiltrations, mais aussi à toutes les plantes qu\u2019il emporte avec lui et qu\u2019il récolte sur son passage », croient dur comme fer Hari et la plupart des Indiens.Quand on obser ve les teintes sans cesse plus turquoise des eaux de ce fleuve à mesure qu\u2019on remonte vers sa source, on est presque tenté d\u2019abonder, y compris à Rishikesh.Sur une des rives du Gange, droit en face du temple à 13 étages de Trayambakeshwar, un vieux sadhu s\u2019adoucit la peau en procédant à ses ablutions, en contrebas du quartier des routards de High Bank.Devant lui, un bateau de rafting bondé de badauds badins dévale à vive allure sur le dos du fleuve, sous l\u2019œil amusé de hippiesters venus vivre la portion pray de Eat Pray Love.Premières Nations Camping sauvage chez les Atikamekws Page D 4 Jardins Un projet de potager pour non-voyants à Montréal Page D 6 C A H I E R D \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 3 E T D I M A N C H E 1 4 A O Û T 2 0 1 6 Dans le nord de l\u2019Inde, les sites sacrés se suivent et ne se ressemblent pas en Uttarakhand.Outre les nombreux chemins de pèlerinage et temples qui y ponctuent l\u2019Himalaya, deux villes fascinantes, Rishikesh et Haridwar, attirent les dévots, les néohippies et les curieux comme un phare cosmique dans la nuit terrestre.TOURISME INDE Rishikesh et Haridwar, ou le sacre du Gange PHOTOS GARY LAWRENCE Tous les soirs à Haridwar, les dévots se rassemblent aux abords du fleuve pour le ganga aarti, « l\u2019adoration du Gange ».Un dévot en prière aux abords du Gange, à Haridwar.L\u2019énergie déployée par la foule est phénoménale, comme un ohm à la puissance 1000 Le guide Hari « » Située « là où l\u2019empreinte du pied de Vishnou est inscrite dans une pierre», Haridwar est l\u2019une des sept villes sacrées du pays VOIR PAGE D 3 : INDE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 3 E T D I M A N C H E 1 4 A O Û T 2 0 1 6 P L A I S I R S D 2 Les navires à vapeur de la Compagnie générale de navigation sont à la fois des traversiers réguliers et de beaux bateaux de croisière.Ils permettent de faire des escales le long du plus grand lac européen, partagé par la Suisse et la France.SUISSE Pour réserver un espace publicitaire, contactez Caroline Filion au 514 985-3444 ou cfilion@ledevoir.com POUR ANNONCER DANS CETTE SECTION, VEUILLEZ CONTACTEZ CAROLINE FILION AU 514 985-3444 Départ de groupe guidé en français accompagné de Montréal \u2013 22 jours Du 8 au 29 Novembre 2016 4 599 $ par personne en occupation double (frais d\u2019OPC non inclus) ?Accompagnateur de Montréal ?Petit groupe, maximum 17 personnes ?Guides locaux francophones ?Vol au départ de Montréal avec Swiss International Air Lines ?Tous les repas inclus (57 repas), hôtels catégories 4* Tél : 514-844-3616 / 1877 887-7843 www.legroupevip.com info@legroupevip.com 2055 rue Peel #525, Montréal, QC H3A 1V4 Permis du Québec Rabais de 100$ par personne pour réservation effectuée jusqu\u2019au 30 juin 2016.Les Merveilles de l\u2019Inde du Nord et du Rajasthan Voyages Symone Brouty 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com CIRCUITS EXCEPTIONNELS, tous accompagnés avec soin.GRAND AVANTAGE ET VALEUR AJOUTÉ : on couche à L\u2019INTÉRIEUR DES VILLES dans des hôtels soigneusement sélectionnés ; LES ENTRÉES ET VISITES SONT INCLUSES.C\u2019est la force de nos circuits ! POUR DES VOYAGES PAS COMME LES AUTRES.P e r m i s d u Q u é b e c DÉJA 22 ANS ! PROMOTIONS 2016 / 2017 PRIX SPECIAL SEPTEMBRE 2016 Grande Argentine, Patagonie 22 jrs Départ 2016 : 7 novembre (21 jrs) Départs 2017 : 23 février au 16 mars 9 mars au 30 mars Ce magnifique programme est le plus complet.Croisière de luxe au cœur des glaciers (3jrs), Mendoza, salta, Iguazu, route de la Corniche, Grandes salines, Purmamarca, Tilcara, Humahuaca, Buenos Aires (5 nts).Inclus : Hôtels 3 1/2* et 4*, tous les repas, toutes les visites et entrées.Quintessence Indochinoise 25 jrs Départ 2016 : 5 novembre au 29 novembre Départs 2017 : 18 février au 14 mars 11 mars au 4 avril Un circuit de rêve chez VSB.Hanoï (4 nts), Hoa Lu, Croisière en jonque Baie D\u2019Halong Danang, Hoi an, Hué, Hô Chî Mîng, Croisière Delta du Mékong, Cai Bé, Can Thot, Chau Doc Phnom Penh, siem reap, Luang Prabang, Vientiane.Inclus : 62 repas, hôtels 4*, 5* visites et entrées.L\u2019Inde des Grands Empires 29 jrs Départ 2016 : 2 novembre au 30 novembre Départs 2017 : 13 février au 13 mars, 2 novembre au 30 novembre Circuit le plus complet du nord au sud.Delhi, Udaipur, jodhpur, jaipur, Agra, Calcutta, Chennai, Mahabalipuram, Pondicherry, Madurai, Cochin, Mumbai.Inclus : Tous les repas, hôtels 5* au cœur des villes, toutes les visites et entrées, guide locaux.Circuit Espagne Portugal 25 jrs Départ 18 septembre au 12 octobre 2016 Voyage le plus complet sur le marché.Inclus: 44 repas.Hôtels 3*sup, 4* et 5* au cœur des villes.Toutes les entrées et visites, soirées, spectacles.Dégustations et plusieurs autres extras.Aucun facultatif.Petit groupe 20 personnes.Expérience d'immersion interculturelle Albanie, Bénin, Burkina Faso, Dharamsala (Inde), Pérou, Sénégal et Vietnam Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 250 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca TOUS LES DÉTAILS ET VIDÉO DE CE PROGRAMME: WWW.LOUISEDROUIN.COM 1 888 475-9992 Du 30 octobre au 20 novembre 2016 Un circuit exceptionnel de 22 jours en tout inclus et accompagné par un spécialiste du Vietnam et du Cambodge.LE VIETNAM ET LE CAMBODGE EN TOUT INCLUS Groupe exclusif de 20 personne s accompagné par Raymond Pr ovençal P e r m i s d u Q u é b e c B E N O I T L E G A U L T à Lausanne L e lac Léman a beaucoup d\u2019histoire et on peut l\u2019explorer d\u2019une manière unique grâ - ce aux navires à vapeur de la Compagnie générale de navigation (CGN).Ces navires sont à la fois des traversiers réguliers et de beaux bateaux de croisière.Ils permettent de faire des escales le long du plus grand lac européen, par tagé par la Suisse et la France.Ainsi, on peut aller de Genève à Lausanne, en quatre heures, de la façon la plus ludique possible, en regardant l\u2019eau passer et en savourant une fondue suisse ou de la gastronomie française.On peut aussi utiliser ces bateaux pour faire des escales dans certaines des plus belles collectivités d\u2019Europe.Et pour admirer des paysages alpins et le mont Blanc au loin.De Lausanne à Yvoire Par exemple, on peut parcourir Lausanne-Yvoire en deux heures, passant d\u2019une ville suisse moderne à un des plus beaux villages français du Moyen Âge.On passe le temps qu\u2019on veut à Yvoire, à v is i ter la France et à déguster des perches du lac, avant de prendre un traversier vers une autre destination.Pourquoi pas Nyon, du côté suisse ?On y visite un grand château, on se perd dans des rues larges et des places publiques exquises.Et on repart.Passé Lausanne, il y a les Lavaux, la région des vignobles en pente classée au patrimoine de l\u2019humanité.Ils sont beaux de par tout, mais ils sont particulièrement jolis vus d\u2019un bateau.Une flotte unique La CGN exploite la plus grande flotte Belle Époque du monde avec ses huit bateaux à roues à aubes, qui naviguent toute l\u2019année.De nombreux ports font circuler plus de deux millions de passagers par année.Cer ta ins sont des tou - r is tes ébahis par la grandeur des lieux, d\u2019autres sont des employés qui se rendent à leur travail et qui veulent éviter le train- train quoti - dien du rail ou des routes.Les navires, tous construits en 1904 et 1927, font voyager au cœur du temps.Ils glissent doucement et élégamment sur les eaux calmes du Léman.Les places de choix sont sur le pont supérieur, réservé aux passagers de la première classe.Les tarifs de ces traversiers sont assez élevés, comme tous ceux des transports publics suisses.Les détenteurs de la Swiss Travel Pass voyagent l ibrement sur les navires de la CGN.Collaborateur Le Devoir Voyage dans le temps sur le lac Léman B angkok \u2014 La junte militaire au pouvoir en Thaïlande voudrait obliger les millions de touristes visitant chaque année le royaume à utiliser des car tes SIM spécifiques, afin de pouvoir traquer de possibles criminels.« Il ne s\u2019agit pas de limiter les droits des touristes.Au contraire, il s\u2019agit de les localiser, ce qui sera utile si certains touristes restent trop longtemps ou sont en fuite» et sont recherchés par la police, s\u2019est justifié Takorn Tanta- sith, de la Commission de télécommunications, mardi à Bangkok.Il n\u2019a pas précisé quelle technologie serait utilisée pour ce projet controversé.Pas la première fois Actuellement, les touristes peuvent acheter des car tes SIM sans fournir de papiers d\u2019i dentité.Et certaines compagnies aériennes of frent des cartes gratuites à leurs passagers sans enregistrement.Ce ne serait pas la première fois que le régime militaire tente de contrôler plus étroitement les nombreux ressortissants étrangers qui séjournent dans le pays : plus tôt cette année, une base de données recensant les étrangers installés en Thaïlande, avec des informations personnelles, avait fuité dans la presse locale, embarrassant les autorités.En 2014, la junte avait annoncé un projet de bracelet d\u2019identification pour les touristes, officiellement pour les protéger.« S\u2019ils sont saouls et qu\u2019ils s\u2019endorment sur la plage, nous pourrons les ramener à leur hôtel», avait alors fait valoir le chef de la police en charge des touristes, après le meurtre de deux touristes britanniques sur une plage.Le projet avait été rapidement abandonné.Bad guys out, good guys in Mais l\u2019immigration thaïlandaise a mis en place depuis quelques mois une politique baptisée en anglais «Bad guys out, good guys in» (« les sales types dehors, les bons à l\u2019intérieur»).Les touristes qui restent au-delà de la durée autorisée se retrouvent interdits de séjour pour de longues périodes.Officiellement, il s\u2019agit de limiter entre autres le séjour de criminels dans cette plaque tournante des trafics en tous genres, des faux documents à la drogue.Le projet de cartes imposées aux millions de touristes se rendant chaque année sur les plages ne concernerait pas les étrangers vivant au pays: ceux- ci doivent déjà montrer patte blanche pour acheter une carte SIM et fournir une copie de leur passeport.Agence France-Presse THAÏLANDE Un œil sur les touristes par leur carte SIM B erlin \u2014 La justice allemande a ouvert une brè - che dans l\u2019interdiction des locations temporaires à Berlin via des plateformes comme Airbnb, admettant une exception pour les propriétaires de pied-à-terre dans la capitale allemande.Très attendue, cette décision du tribunal administratif survient alors que la jurisprudence reste à établir sur ce règlement local entré en vigueur le 1er mai, qui expose chaque contrevenant à une amende.Les magistrats berlinois, qui avaient validé début juin la constitutionnalité du texte, ont cette fois été saisis par trois re- quérants qui résident principalement à Rostock (nord), au Danemark et en Italie, et possèdent un pied-à-terre à Berlin.Le tribunal leur a accordé une dérogation pour louer à des touristes en leur absence, alors que le règlement berli- nois interdit en principe toute location de son appartement via des portails spécialisés, à moins de se limiter à une seu - le pièce.Dans ce cas précis, « les intérêts privés l\u2019emportent sur l\u2019intérêt public » à conserver cet espace vacant, a expliqué le tribunal.La Ville de Berlin, où les prix de l\u2019immobilier ont fortement grimpé ces dernières années, estime en ef fet que le développement d\u2019Airbnb et d \u2019autres platefor mes a conduit à retirer du marché locat i f des logements qui sont proposés à la place aux touristes, dopant la hausse des loyers.Le texte fait appel au « sens civique» des habitants, invités à se connecter à une page Internet de la Ville pour dénoncer anonymement tout appartement suspect.Mais des cour riers émanant des autorités berlinoises et reçus par certains propriétaires, que l\u2019AFP a pu consulter, montrent qu\u2019elles attendent une décision fixant la jurisprudence pour commencer à sévir.Agence France-Presse ALLEMAGNE Une brèche dans l\u2019interdiction des locations temporaires comme Airbnb SOPHANY KEAL Un bateau à roues à aubes file devant le château de Glérolles sur le lac Léman. Au-dessus, les passants con - tournent une vache affalée sur le pont suspendu Lakshman Jhula, alors qu\u2019en amont, des post-babacools lézardent sur les sables clairs d\u2019une surprenante plage.Bienvenue à Rishikesh, à la fois ville sacrée et sacré point de chute pour décrocher, déconnecter, s\u2019éclater et surtout se ressourcer culturellement, émotivement et spirituellement.Quand on débarque dans le centre-ville de cette cité dominée par des sommets verdoyants, le gentil chaos qui prévaut semble pour tant incompatible avec la quête d\u2019une rassérénante quiétude.Pour le recueillement, on repassera : cacophonie klaxonesque, embouteillages monstres, scooters chevauchant les passages piétonniers ou fonçant sur les passants avant de bifurquer à la dernière minute\u2026 De tout pour tous les goûts De tôt matin, cependant, de part et d\u2019autre des deux ponts piétonniers suspendus de la ville, les klaxons font place au murmure des prières, la pétarade des tuktuks s\u2019étouffe au profit des psalmodies, les temples s\u2019animent aussi lentement que monte au ciel la fumée d\u2019encens et le ramdam généralisé se voit remplacé par les cloches qui tintent dans l\u2019air.Surtout dans Swarg Ashram, le quartier grouillant doucement de vie, de bazars, de pèlerins de l\u2019âme et de touristes, et qui forme le cœur spirituel de cette ville qui l\u2019est tout autant.Située à une vingtaine de kilomètres en amont de Haridwar, Rishikesh n\u2019est pas seulement l\u2019une des sept villes sacrées de l\u2019Inde, c\u2019est aussi un centre fort couru de médecine ayur védique et ce qu\u2019on considère généralement comme la capitale mondiale du yoga (un titre que lui aussi revendique Mysore), certains de ses ashrams étant réputés partout dans le monde.Dans cette ville de 100 000 âmes \u2014 dont plusieurs sont manifestement égarées \u2014, il y a de tout pour tous les goûts en matière d\u2019ashrams, du style dépouillé extrême tendance prison turque comme le Shiva- nand, qui peut accueillir 2000 personnes, au spacieux et fort couru ashram du Sri Sant Seva, avec vue sur le Gange, en passant par le guilleret et riant Par- marth Niketan, dont les pimpants jardins donnent envie de séjourner une semaine pour écouter pousser sa barbe dans la position du lotus.Dans ce dernier ashram, on célèbre chaque soir une version modeste mais ô combien atmosphérique du ganga aarti, face au couchant qui crée presque un pont d\u2019or entre les deux rives du Gange.Rishi- kesh demeure également un haut lieu de l\u2019apprentissage et de la pratique de méditation transcendantale, depuis que le Maharashi Mahesh Yogi l\u2019a mondialement popularisée\u2026 avec un petit peu d\u2019aide de ses amis John, Paul, Ringo et surtout George.En 1968, les Beatles ont en effet séjourné à Chaurasi Ku- tia, alors le plus notoire des ashrams du globe.À l\u2019époque, les Fab Four ont si bien ouvert leurs chakras qu\u2019ils ont composé l\u2019essentiel de l\u2019« Album blanc » avant de pondre quel - que bribe d\u2019Abbey Road dans cet ashram.Subséquemment délaissé par le Maharishi Mahesh Yogi, puis laissé à lui-même pendant une trentaine d\u2019années, l\u2019ashram croulera bientôt sous le pilon de la décrépitude et de l\u2019indifférence, avant de devenir un sanctuaire interlope que les fans des Beatles iront squatter pour méditer sur leurs idoles, et où des muralistes bourrés de talent laisseront leurs splendides marques \u2014 d\u2019abord illégales, aujourd\u2019hui permises \u2014 sur les murs.Désormais, fresques et murales d\u2019art urbain couvrent les façades et les parois de l\u2019ancien ashram, toujours vacant, à commencer par celles de la Beatles Cathedral Galler y, remplie d\u2019œuvres tarabiscotées.Prendre du mieux tout en redonnant vie à ce qui est moribond, n\u2019est- ce pas un peu cela, l\u2019essence karmique de la renaissance et du cycle de la réincarnation?Collaborateur Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 3 E T D I M A N C H E 1 4 A O Û T 2 0 1 6 P L A I S I R S D 3 Rishikesh n\u2019est pas seulement l\u2019une des sept villes sacrées de l\u2019Inde, c\u2019est aussi un centre fort couru de médecine ayurvédique et ce qu\u2019on considère généralement comme la capitale mondiale du yoga (un titre que revendique aussi Mysore), certains de ses ashrams étant réputés partout dans le monde.TOURISME Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec Caroline Filion au 514 985-3444 ou cfilion@ledevoir.com B O N S P L A N S / E S C A P A D E S M A I N E , U .S .A .ELMWOOD RESORT.WELLS, MAINE Vous en aurez plus; Plus de confort et beaucoup plus d\u2019espace! Idéal pour la famille recherchant plus qu\u2019une simple chambre d\u2019hôtel ou pour le couple qui recherche le luxe.Nos confortables et abordables suites de 1 à 3 chambres avec cuisine & salon offrent espace et luxe.À quelques min.de la plage, sur l\u2019itinéraire du «trolleybus», piscines int.& ext.chauffées, sauna, aire de picnic, terrain de jeux, conditionnement physique, Internet sansfil et plus encore! «TripAdvisor Certificate of Excellence».www.elmwood-resort.com 1 800 697-8566 VOYAGES PLEIN AIR SUITE DE LA PAGE D 1 INDE PHOTOS GARY LAWRENCE Le temple Trayambakeshwar, à Rishikesh, compte 13 étages remplis d\u2019alcôves dédiées au panthéon hindou.En 1968, les Beatles ont séjourné dans l\u2019ashram du Maharishi Mahesh Yogi, à Rishikesh.Aujourd\u2019hui, plusieurs fresques ornent les murs des bâtiments abandonnés qu\u2019on a récemment convertis en attraction touristique.À droite : dans les rues de la ville, cet homme se balade déguisé en Hanuman, le dieu à tête de singe, pour soutirer quelques roupies aux passants.En vrac Transports.Entre autres compagnies aériennes, Air France offre cinq vols par semaine pour Delhi (et jusqu\u2019à sept en saison), au départ de Montréal.De Delhi, plusieurs trains gagnent quotidiennement Ha- ridwar, en quatre heures de trajet environ.On peut ensuite gagner Rishikesh en bus, en 45 minutes.air france.ca, indianrail.gov.in.Quand y aller.Les meilleures périodes pour séjourner à Rishikesh et Ha- ridwar s\u2019étendent de septembre (excellent pour le rafting, jusqu\u2019en novembre) à mai.Au-delà, les températures s\u2019élèvent fortement.En février ou mars, le Festival international de yoga bat son plein à Rishikesh, alors que le prochain Kumbh Mela d\u2019Haridwar aura lieu en 2022.Aventure.À Rishikesh, une centaine d\u2019agences proposent des excursions de rafting, de kayak et de trekking, des sauts en bungee, du ski et de la planche à neige (en saison) dans les stations du Garhwal, la partie ouest de l\u2019Uttarakhand.Dormir, boire et manger.Quelques bonnes adresses à Rishikesh: Tapovan Resort, bon rapport qualité-prix, près du cœur de l\u2019action de High Bank (tapovanresort.om).Hotel Ishan, encore mieux situé, avec des chambres donnant sur le Gange et un bon petit resto (hotelishan.com).Café Delmar/Beatles Café pour la vue incroyable qu\u2019offre la terrasse sur le fleuve et des mets simples dans une ambiance sixties (the60s.in).Devraj Coffee Corner pour un excellent café avec vue sur le pont suspendu Laksh- man Jhula.À noter que Rishi- kesh et Haridwar sont des villes sèches: aucun alcool n\u2019y est vendu dans les commerces ou restos.Organiser son séjour.Depuis plus de 15 ans, l\u2019agence montréalaise Les Routes du monde organise des séjours authentiques et sur mesure en Inde.Son propriétaire, Robert Bérubé, y a séjourné au moins 45 fois.Ses guides ne sont plus des guides, ils sont devenus ses amis, et c\u2019est de la sorte qu\u2019on est traité par eux une fois sur place, surtout si on montre patte blanche fleurdelisée.Lors d\u2019un trek dans le Garhwal, mon guide Rohit était non seulement ultragénéreux de son temps, il a été d\u2019une efficacité maladive, allant jusqu\u2019à surveiller les cuistots d\u2019un camp pour s\u2019assurer que les plats étaient cuits avec salubrité.À Rishikesh, ma guide Esha a mitonné un excellent dal chez son patron Hari, que nous avons ensuite dégusté en pique-niquant aux abords du Gange\u2026 tout en éclusant quelques bières achetées en dehors de la ville.routes dumonde.com.À voir.Attenant à l\u2019ashram des Beatles mais également accessible dans les environs d\u2019Haridwar, le Rajaji National Park compte 300 espèces d\u2019oiseaux, une forte population d\u2019éléphants, de singes, de sambars (cervi- dés) et de sangliers, ainsi que quelques très discrets léopards et tigres.rajajina tionalpark.co.in.À lire.Lonely Planet (lonely planet.fr) et le Guide du routard (routard.com) publient tous deux de fort bons ouvrages pratiques et récents sur l\u2019Inde du Nord, complets et à jour.Information: haridwarrishi keshtourism.com.Notre journaliste était l\u2019invité d\u2019Air France et de Routes du monde.Officiellement, le pont Lakshman Jhula de Rishikesh est réservé aux piétons, mais of ficieusement, il est utilisé par d\u2019autres types de passants.Bâtonnet d\u2019encens au temple Trayambakeshwar, Rishikesh.Des vendeurs de fruits dans Swarg Ashram, le cœur spirituel de Rishikesh. C A R O L Y N E P A R E N T Notre séjour en forêt ne s\u2019annonçait pas jojo du tout.Ce week-end-là, début juillet, l\u2019oi- seau-tonnerre laissait entendre qu\u2019il allait pleurer à froides larmes.Les températures, elles, allaient chuter autour de 16 °C le jour et de 9 °C la nuit.Et c\u2019est sans parler des amé- ringouins\u2026 La joie, quoi ! À Saint-Michel-des-Saints, ce fut SAQ last call avant d\u2019emprunter le \u2014 long \u2014 chemin de gravier menant à la réserve de Manawan, où vivent quel - que 2000 Atikamekws en bordure du lac Metapeckeka.Le temps de jeter un coup d\u2019œil à l\u2019église érigée en 1942, de loin la plus jolie constr uction des parages, puis de transférer notre fourbi dans les canots à moteur, et hop ! c\u2019était par ti pour trois quar ts d\u2019heure de navigation vers l \u2019aventure.Notre destination ?Matakan, « le campement » en ati- kamekw.«L\u2019atikamekw est une langue de forêt qui décrit par faite- ment notre environnement, mais qui a été remplacée par un dialecte de réserve qui décrit d\u2019autres réalités\u2026 comme \u201coutil de mémoire\u201d pour ordinateur ! » dit Patrick Moar, le nouveau coordonnateur de Tourisme Manawan, qui nous accompagnait.Nous, c\u2019était un couple de Laval, des campeurs aguerris ; deux Français, Québécois d\u2019adoption ; une curieuse de Rosemont, une autre de Lévis et moi-même.La jeune Lévisienne trentenaire, Annie Caron, m\u2019expliqua avoir choisi ce week-end de plein air par intérêt pour les cultures amérindiennes.« On se côtoie, mais on ne se rend pas souvent visite ! » Une observation ô combien juste.Tourisme et traditions Situé à l\u2019entrée du lac Kempt, un réservoir conçu au temps de la drave pour contrôler les eaux de la rivière Saint-Mau- rice, Matakan occupe la pointe d\u2019une presqu\u2019île.Avant la création de la réserve Manawan, en 1906, toutes les familles atika- mekws s\u2019y retrouvaient l\u2019été avant de repartir chasser dans le bois l\u2019automne venu.(On ne les surnomme pas «peuple de l\u2019écorce» pour rien!) « Il s\u2019agissait d\u2019un nomadisme organisé dans un territoire familial où l\u2019on se déplaçait au fil des saisons et des activités, comme la chasse au castor et à orignal, dit M.Moar.Chaque famille était alors gardienne de ce territoire.» Et aujourd\u2019hui ?«Eh bien, disons que mes grands-parents ont connu cette forêt ; mes parents ont connu le pensionnat ; et moi, le Nintendo à Noël.» Une rapide \u2014 et triste \u2014 transition s\u2019il en est\u2026 «Jusque dans les années 1970, dit le coordonnateur, un agent des Affaires indiennes gérait les affaires des Atikamekws, qui venaient à la réserve pour obtenir des soins de santé et s\u2019en retournaient ensuite dans la forêt.Puis, on nous a offert de prendre en charge les services et de les administrer, mais ce qui est arrivé, c\u2019est que la population a continué d\u2019augmenter, mais pas les budgets.» Résultat?«Parce qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019emplois, on ne se réalise pas et on vit à 80% de transferts gouvernementaux.» Créé en 2008, Tourisme Manawan est une initiative du Conseil de bande qui s\u2019avère donc bienvenue en matière économique.«Oui, c\u2019est un moyen de développer notre économie, tout en préservant et en partageant ce qui nous tient à cœur: la langue, la culture et le territoire, dit M.Moar.Nous espérons que ça deviendra un moteur pour notre communauté, mais pour y parvenir, nous avons besoin d\u2019améliorer encore ce que nous offrons pour pouvoir recevoir plus de visiteurs.Nous aimons la visite !» L\u2019inauguration d\u2019une auberge dans la réserve, en 2010, a permis la création de forfaits de séjour hivernaux comme printaniers, entre autres au temps des sucres, une tradition que nous devons aux Amérindiens.À Matakan, 200 touristes séjournent annuellement (de mai à octobre), le site étant encore passablement confidentiel.En phase d \u2019aménagement , l\u2019île de l\u2019Amour voisine pourra être réservée par un seul couple.Pourront aussi y être célébrés des mariages civils par le chef de la communauté.Mais place au camping, à la pêche, à la balade en rabaska et à la promenade forestière prévus pour notre week-end! Pendant que le masko n\u2019y est pas\u2026 À Matakan, magnifique site tout hérissé qu\u2019il est de sapins baumiers, d\u2019épinettes, de pins, de mélèzes et de bouleaux, nous attendait Jean-Guy Flamand, l\u2019homme de camp.Il avait fait un feu, histoire de tenir en respect le masko, ou l\u2019ours.Il nous avait aussi préparé une délicieuse tisane apaisante à base d\u2019une mystérieuse «plante d\u2019ours».Chacun s\u2019installa dans l\u2019un des trois tipis disponibles.Tapissé de branches de sapin, le nôtre sentait Noël.Les six pouces séparant le bas de la toile du sol n\u2019échappèrent toutefois pas à mon œil de lynx.Kwei, bonjour le courant d\u2019air juste au niveau de mon sac de couchage ! C\u2019est prévu ainsi pour que puisse s\u2019échapper la fumée du feu dressé au milieu de la tente, mais encore faut-il qu\u2019il y ait un feu\u2026 Et puis vint la pluie.La cabane servant de cuisine devint notre refuge le temps du dîner, et on s\u2019y régala du plat de porc concocté par le cuisinier Jean- François Ottawa.À l\u2019heure du dodo, il me vint à l\u2019esprit que nos hôtes, bien au sec et au chaud dans leurs maisonnettes, se disaient peut- être que c\u2019était le monde à l\u2019envers ! Le lendemain, le temps se fit un peu plus clément.Après un petit-déjeuner copieux où M.Ottawa nous a ser vi du « bacon d\u2019orignal» \u2014 «Une blague!» fit-il devant notre air dubitatif \u2014, nous sommes allés nous dégourdir les jambes dans le bois, entre autres pour voir un nouveau projet de la communauté: une hutte de sudation destinée au rituel de la purification.« Comme pour le pow-wow, qu\u2019on ne faisait pas à Manawan il y a seulement 15 ans, c\u2019est une autre forme d\u2019affirmation identi- taire, explique M.Moar.Mon grand-père a connu la hutte, mais pas ma grand-mère, parce qu\u2019elle était plus catholique [que lui] et qu\u2019à l\u2019époque, la religion décourageait cette pratique.» Puis, nous avons levé les filets de pêche, dans lesquels gigotaient une carpe et trois brochets (le dieu du poisson n\u2019é - tait pas vraiment avec nous) ; fait un tour dans l\u2019idyllique île de l\u2019Amour ; et préparé de la banik, un pain très dense que les chasseurs emportent avec eux.Jetée dans l\u2019huile chaude par cuillérées, la même pâte permet de faire des beignets, que nous avons aussi goûtés.Le dimanche, on rembarqua le fourbi dans les canots à moteur.Sous la pluie.« Moi, j \u2019ai tout aimé, a confié Annie Caron pendant le trajet du retour.La nature, le site, les activités, les gens très sympathiques et jusqu\u2019au rythme de notre week-end.Le rappor t au temps des Atika- mekws est tellement dif férent du nôtre\u2026 Ils ne sont pas stressés comme nous ! » Bien vu, et la forêt y est évidemment pour beaucoup.D\u2019ailleurs, comment dit-on, déjà ?On peut sortir le gars du bois, mais pas le bois du gars?Collaboratrice Le Devoir La semaine prochaine : «Les Abénakis, d\u2019Odanak à Ogunquit».L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 3 E T D I M A N C H E 1 4 A O Û T 2 0 1 6 P L A I S I R S D 4 «L\u2019atikamekw est une langue de forêt qui décrit parfaitement notre environnement, mais qui a été remplacée par un dialecte de réserve qui décrit d\u2019autres réalités\u2026 comme \u201coutil de mémoire \u201d pour ordinateur ! » dit Patrick Moar, le nouveau coordonnateur de Tourisme Manawan.TOURISME On connaît bien l\u2019intérêt qu\u2019ont nos cousins français de passage au Québec pour le séjour sous le tipi et le steak de bison, mais nous, que savons-nous vraiment de la culture des Premières Nations ?Notre collaboratrice Carolyne Parent nous fait découvrir le meilleur de l\u2019of fre touristique de quelques communautés autochtones, le temps d\u2019escapades pas \u2014 trop \u2014 loin de Montréal.Cette semaine, elle raconte son séjour dans Lanaudière, à l\u2019ancien lieu de campement estival des Ati- kamekws, le «peuple de l\u2019écorce».Deuxième de trois textes.PREMIÈRES NATIONS (2) Camping sauvage chez les Atikamekws PHOTOS CAROLYNE PARENT Dodo sous le tipi à Matakan.En vrac Le nombre de visiteurs à est limité à 14.Un transport peut être organisé au départ de Montréal.La saison d\u2019accueil sous le tipi se termine vers la mi-octobre.Une sorte de chemin de Compostelle des Atikamekws est présentement en phase de test.D\u2019une durée de 14 jours, cette aventure pédestre (en raquettes l\u2019hiver) traversera les réserves de Manawan, de Wemotaci et d\u2019Opitciwan.Celle-là, située en Haute-Mauricie, fut récemment dans l\u2019actualité, le gouvernement fédéral en appelant d\u2019un jugement ayant donné entièrement raison aux habitants de cette réserve, dans une affaire de terres inondées lors de la création du réservoir Gouin, en 1918.Patrick Moar précise que sa nation, qui fait partie des peuples algonquiens, s\u2019appelle dans les faits Nehirowisiw.Atikamewk est un nom qui lui a été donné et par lequel elle est connue, mais qu\u2019elle n\u2019utilise pas pour se désigner.Renseignements: voyageamerindiens.com.Carolyne Parent était l\u2019invitée de Tourisme Manawan.Jean-Guy Flamand écaille l\u2019un des poissons de notre pêche.Méditation matinale sur le rivage du lac Kempt, à Matakan.À l\u2019entrée du lac Kempt, un réservoir conçu au temps de la drave pour contrôler les eaux de la rivière Saint- Maurice, Matakan occupe la pointe d\u2019une presqu\u2019île C omment résister à ces étalages multicolores qui envahissent les marchés depuis quelques semaines ?Si seulement l\u2019été que nous connaissons pouvait durer, on n\u2019aurait plus besoin d\u2019aller voir ailleurs pour capter ce soleil qui rend le Québec beau et joyeux.Chaque année, pourtant, on veut nous faire croire qu\u2019après les « vacances de la construction», la belle saison est terminée.On ferme les piscines municipales alors qu\u2019il fait encore 30 °C, on sor t les vêtements d\u2019automne et les abris Tempo dans les magasins, les pneus d\u2019hiver font leur apparition pour nous annoncer que la saison froide s\u2019en vient, comme si nous ne le savions pas! Heureusement, il reste la fête du goût, celle des récoltes que procure notre terre nourricière.Huit millions de bouches à nourrir Le Québec, par sa superficie, pourrait contenir trois fois la France ou quinze fois Cuba.Mais avec un peu plus de huit millions d\u2019habitants, soit une population similaire à celle de New York, il s\u2019agit, tout compte fait, d\u2019un tout petit marché.Un marché qu\u2019il faut encore partager avec le reste du monde, ce qui rend la vie des petites entreprises difficile.En effet, la diversité des produits que l\u2019on retrouve au- jourd\u2019hui au Québec est immense.Depuis une vingtaine d\u2019années, l\u2019industrie agroalimen- taire fait face à la concurrence internationale et au libre marché.Aussi, la plupart des régions se sont mises sur le mode de la production, et on y trouve désormais à peu près les mêmes produits qu\u2019à Montréal.Un bel exemple de cela, ce sont les Jardins du Centre, de la famille Leblond, dans Char- levoix, qui produisent au- jourd\u2019hui des légumes qu\u2019on ne connaissait pas dans la région il y a 20 ans.Un peu par tout, des chefs font cultiver leurs produits, comme Louis Pacquelin, du Panache à Québec, qui a pris le relais de François Blais et qui cultive une grande diversité de légumes sur les terrains de la famille Price, à l\u2019île d\u2019Orléans.MM.Brouillard, Birri et Ré- millard, au marché Jean-Talon, se sont créé un réseau d\u2019habitués qui, comme les chefs, les attendent avec impatience pour se procurer fleurs de courgette, crosnes du Japon, échalotes cuisses de poulet ou autres légumes moins connus, comme l\u2019okra, qui porte aussi le nom de gombo.Les Québécois sont devenus des gourmets gâtés qui, lors de chaque visite dans les différents marchés, durant la belle saison, se réjouissent de l\u2019apparition de nouvelles variétés.Des incontournables pour les touristes La plus belle chose qui ait pu arriver au Québec, c\u2019est la multitude de marchés qui ouvrent chaque année un peu partout, dont le principal avantage est de faire affaire directement avec des producteurs.Il en est ainsi pour les artisans en général, qui complètent l\u2019offre des maraîchers et des horticulteurs.De plus, les prix, en général moins élevés que dans les supermarchés, sont un autre attrait des marchés.La même situation existe ailleurs dans le monde.Là où l\u2019on croyait que les marchés allaient disparaître, c\u2019est tout le contraire qui s\u2019est passé.Malgré la législation et les règles de salubrité sévères mises en place en Europe, pas question de supprimer cet art de vivre, qui se raffine de plus en plus.Ainsi, après la destruction de l \u2019ancien marché de la Par t -Dieu, à L yon, pour y construire une halle-marché mieux adaptée à notre époque, certains commerçants avaient des craintes quant au succès du projet.Mais le résultat est sans équivoque.Grâce au nom du pape de la gastronomie, Paul Bocuse, et au choix des commerçants qu\u2019on y retrouve, ce marché est devenu une référence pour tous.Tous les offices de tourisme incluent désormais dans les visites des grandes villes celle des marchés.Tant à Barcelone qu\u2019à Bordeaux, Montréal ou Washington, ils sont devenus des lieux incontournables qui permettent de prendre le pouls de la population.La ville de Québec ne sera bientôt plus en reste grâce à l\u2019aménagement du grand et bel espace Jean-Beliveau.Outre un grand marché, on y trouvera plusieurs activités, tant gastronomiques que sportives ou culturelles.Pour le maire Labeaume, les petits marchés de quartier et régionaux ont leur raison d\u2019être et doivent continuer d\u2019exister, mais la région de la Capitale-Nationale doit se doter d\u2019un marché à l\u2019image de la ville, qui valorise l\u2019ensemble de l\u2019agroalimentaire.Il s\u2019agit aussi d\u2019une merveilleuse vitrine où étaler les richesses de ce que nous produisons au Québec.Ce sera, selon les gestionnaires du projet, un modèle de savoir- faire pour les futures générations.On ne construit pas un grand marché pour une seule saison, mais bien pour profiter d\u2019un certain style de vie à longueur d\u2019année.Pour sentir le pouls de la terre et de ceux qui la font vivre, rien ne vaut l\u2019expérience des marchés, lesquels nous permettent en plus de savourer ce que le Québec a de mieux à offrir.Philippe Mollé est conseiller en alimentation.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 3 E T D I M A N C H E 1 4 A O Û T 2 0 1 6 P L A I S I R S D 5 Tous les of fices de tourisme incluent désormais dans les visites des grandes villes celle des marchés.Tant à Barcelone qu\u2019à Bordeaux, Montréal ou Washington, ils sont devenus des lieux incontournables qui permettent de prendre le pouls de la population.Et la ville de Québec ne sera bientôt plus en reste.SAVEURS Pour réserver un espace publicitaire, contactez Caroline Filion au 514 985-3444 ou cfilion@ledevoir.com Inspections environnementales DES TRANSACTIONS IMMOBILIÈRES EN TOUTE CONFIANCE Spheratest est un fournisseur recommandé par le CAA Habitation et accrédité par les grandes institutions financières canadiennes 5000, rue Iberville, bur.324, Montréal (514)522-5005 / info@spheratest.com www.spheratest.com Sols contaminés Moisissures Géotechnique Démantèlement de réservoirs souterrains Vermiculite Amiante Le grand bal des fruits et légumes Courgettes au bacon et au fromage de chèvre Pour 4 personnes 4 courgettes 100 g de fromage de chèvre 5 ml de romarin haché 30 ml de noix de Grenoble hachées 4 tranches de bacon 30 ml d\u2019huile d\u2019olive Sel et poivre au goût Couper les deux extrémités des courgettes, puis les laver.Découper 4 rectangles de papier d\u2019aluminium, façon papillote.Mélanger le fromage de chèvre, le romarin et les noix.Assaisonner.Ouvrir les courgettes en deux dans le sens de la longueur.Tartiner l\u2019intérieur des courgettes du mélange chèvre- noix-romarin, et refermer comme un sandwich.Entourer les courgettes de bacon.Disposer chaque courgette sur un rectangle de papier aluminium.Verser un peu d\u2019huile d\u2019olive et refermer le papier en papillote.RECETTE DE LA SEMAINE WORKSHOP FRUITS Thierry Molinengo La Martinière Paris, 2016, 311 pages Cet ouvrage des plus intéressants présente sous forme d\u2019atelier les étapes pour préparer les fruits et les intégrer dans différentes recettes de tartes, de gâteaux ou de sauces.Du coup, ce qui semblait compliqué au départ devient un jeu d\u2019enfant.DANS LA BIBLIOTHÈQUE PHILIPPE MOLLÉ PHOTOS JACQUES GRENIER ARCHIVES LE DEVOIR Comment résister à ces étalages multicolores qui envahissent les marchés ? P our une deuxième année, des non-voyants viennent une fois par semaine s\u2019occuper avec enthousiasme de leur potager aux Jardins-jeunes du Jardin botanique de Montréal.Afin de leur procurer le maximum d\u2019autonomie et d\u2019indépendance, leur animatrice, Léna Guézennec, a découvert un livre sur les jardins adaptés et les bienfaits du jardinage, dont l\u2019auteur est un jardinier non voyant, qui l\u2019a beaucoup inspirée.Les Jardins-jeunes, c\u2019est un fantastique programme de jardinage qui accueille cha - que année quelque 150 jeu - nes de 8 à 15 ans.Il y a trois ans, des adultes ont jardiné pour une cuisine collective, et parmi eux se trouvait une non-voyante.Heureuse de l\u2019expérience, son souhait à la fin de la saison fut que d\u2019autres personnes ayant son handicap puissent avoir la même chance qu\u2019elle.Son commentaire a été pour Léna Guézennec l\u2019élément déclencheur du projet.Avec l\u2019accord de Violène Simard, responsable des Jardins-jeunes, elle a réfléchi à la façon de le mettre sur pied.Au cours de l\u2019hiver, elle est tombée sur le livre du Belge Christian Badot Jardintégration.Un rêve devenu réalité, publié aux éditions Nature & Progrès, en Belgique (2009).La rotation des cultures Le livre de Christian Badot, lui-même atteint de cécité complète depuis plus de 30 ans, est le fruit d\u2019une expérience vécue sur le terrain et au quotidien.Pour lui, qui était déjà amateur de jardinage avant de perdre la vue, jardiner dans un lieu adapté permet une véritable réhabilitation.C\u2019est aussi un moyen de retrouver son indépendance et de se construire un avenir en envisageant la rotation des cultures, la récolte des graines, les futurs semis\u2026 L\u2019auteur considère que le jardinage permet de briser la barrière qui sépare les non- voyants des voyants, le jardin devenant un lieu de rencontre et de partage.L\u2019impossibilité du jardinier \u2014 peu impor te son état \u2014 de dominer la nature le rend certainement plus accueillant et plus ouvert à la différence, selon lui.M.Badot officie au jardin didactique de Nature & Progrès à Jambes, en Belgique, où il est bénévole depuis 2004.Ce jardin a été adapté grâce à l\u2019étroite collaboration de l\u2019association pour les handicapés visuels Le Soleil dans la nuit, dont il a été le président jusqu\u2019en 2009, et de l\u2019association Nature & Progrès.Semer, arroser et récolter Chaque mercredi matin, une dizaine de non-voyants se rendent aux Jardins-jeunes avec leur guide pour semer, arroser et récolter leurs légumes sous la supervision de leur animatrice Léna.L\u2019activité leur a été proposée par l\u2019Association des sports pour aveugles de Montréal (ASAM), qu\u2019a sondée Léna il y a deux ans pour savoir s\u2019il y avait un intérêt pour le jardinage chez ses membres.« Le succès de l\u2019activité, a raconté la présidente de l\u2019association, Jocelyne Richard, une non-voyante, lors de mon passage au jardin, va bien au-delà de nos espérances.Nous som - mes enchantés.» Le taux d\u2019absentéisme pres - que nul en est le reflet.Tous les par ticipants avec qui j\u2019ai discuté apprécient grandement leur expérience de jardinage, mais aussi la diversité des légumes produits, les conseils de culture et\u2026 les recettes de Léna, pour qui l\u2019animation de ce groupe a eu un impact intéressant.« Du fait de devoir tenir compte de leur déficience visuelle dans toute sa diversité \u2014 ceux qui voient un peu, ceux qui ont déjà vu, ceux qui n\u2019ont jamais vu \u2014, j\u2019ai dû développer un vocabulaire plus descriptif, plus concis, donner des couleurs et des images.De sor te que mes animations auprès d\u2019autres publics se sont aussi transformées.» Léna fait aussi de l\u2019animation aux Jardins-jeunes.Pour aider les non-voyants, voici quelques adaptations toutes simples des jardins et des outils qui ont été réalisées.D\u2019abord, chacun à sa parcelle de jardin délimitée par des montants de bois afin de pouvoir se repérer dans l\u2019espace.Ensuite, pour que les non-voyants puissent repérer rapidement les légumes, tous les jardins sont identiques et les étiquettes, de grand format, comportent des inscriptions écrites dans un lettrage de bonne tail le et aussi en braille.Finalement, pour faciliter le semis et le désherbage, des guides sous forme de plan - ches ont été fabriqués et sont installés sur les montants au besoin.Voici quelques témoignages de participants à la fin de l\u2019activité : « On sème de l\u2019espoir et on récolte du plaisir » ; « On ne croit pas que c\u2019est réel et que ça va apparaître » ; «Les fèves en crème vont être excellentes cette semaine».Merci à Isabelle et Diane, à Jocelyne et Louis, à France et Claude, à Josée et Monic, à Yves Marie Lefebvre et tous les autres.Comme l\u2019ASAM fonctionne dans un esprit de partage, les récoltes vont aux participants et aux guides bénévoles.Lise Gobeille est horticultrice.On peut l\u2019entendre tous les dimanches à l\u2019émission Dessine-moi un été à ICI Radio-Canada Première.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 3 E T D I M A N C H E 1 4 A O Û T 2 0 1 6 JARDINS D 6 Un potager pour non-voyants Un projet des Jardins-jeunes leur permet de cultiver de façon autonome LISE GOBEILLE Dès que les nuits sont plus fraîches, on entre dans une période idéale pour réparer les zones de pelouse dégarnies au moyen d\u2019un sursemis et pour faire des plantations.Mais comme on a encore souvent des journées chaudes tard en saison, on doit faire un bon suivi d\u2019arrosage pour s\u2019assurer du succès de nos travaux.Si ce n\u2019est pas déjà fait, Lili Michaud recommande, dans son livre Mon potager santé, d\u2019étêter les plants de tomates indéterminés au début d\u2019août, ou quand ils ont atteint 1,5 mètre, au-dessus des deux feuilles qui suivent la dernière grappe.Également à cette période, les feuilles du bas des plants de tomates montrent souvent des symptômes de maladies fongiques.En les coupant et en les détruisant, on diminue les risques de propagation.Le flétrissement bactérien est une maladie qui affecte toutes les cucurbitacées, mais en particulier le concombre.Si les plants sont fanés même s\u2019ils ne manquent pas d\u2019eau, on peut suspecter cette maladie transmise par la chrysomèle rayée, un ravageur des cucur- bitacées.Malheureusement, une fois le plant infecté, mieux vaut le détruire.Et, à moins d\u2019avoir un compost dont la température s\u2019élève, on ne composte pas les végétaux malades.Dans la section «Au jardin cette semaine » du 30 juillet, deux erreurs se sont glissées.Ce n\u2019est pas le chou de Bruxelles qu\u2019on peut semer à la mi-août, mais le chou chinois bok choy, et les courgettes n\u2019auraient simplement pas dû s\u2019y trouver.Au jardin cette semaine QUAND L\u2019INSPIRATION FLEURIT L\u2019ÉTONNANTE HISTOIRE DU PARC MARIE-VICTORIN Véronique Pépin Parc Marie-Victorin, 2016, 109 pages Pour souligner ses 30 ans, le parc Marie-Victorin s\u2019est offert un livre qui raconte dans de courts textes et avec de nombreuses photos ses origines et son histoire.Il rend hommage aux gens qui l\u2019ont construit, présente sa mission et souligne ce qui le distingue.Il explique les liens entre le parc et sa communauté et présente ce lieu de découverte et de rassemblement qui joue un rôle essentiel pour la région.Inauguré pour célébrer le 100e anniversaire de naissance du frère Marie-Vic- torin, natif de Kingsey Falls, le parc est situé dans ce village du Centre-du- Québec.DANS LA BIBLIOTHÈQUE ISTOCK PHOTOS LISE GOBEILLE Un groupe de jardiniers au travail.Un outil tout simple : deux planches qui servent de guide pour le désherbage."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.