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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2016-08-25, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I N o 1 9 2 L E D E V O I R , L E J E U D I 2 5 A O Û T 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a La veillée triste du 40e FFM.Le festival qui commence ce jeudi doit réviser toute sa grille horaire.Page B 8 Actualités \u203a Le verdict contre Richard Henry Bain fait des vagues à Québec.Gaétan Barrette a présenté ses excuses après avoir insinué que les aspirations du PQ avaient provoqué l\u2019accusé.À l\u2019éditorial, Brian Myles revient sur l\u2019«attentat politique» du Métropolis.Pages A 3 et A 6 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.B 2 Mots croisés.B 8 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 8 ?w w w .l e d e v o i r .c o m La Colombie et les FARC parviennent à un accord historique après plus de 50 ans de con?it Page B 5 Découverte d\u2019une exoplanète «voisine» de la Terre Page A 5 SÉISME L\u2019ITALIE CHERCHE LES SURVIVANTS SOUS LES DÉCOMBRES FILIPPO MONTEFORTE AGENCE FRANCE-PRESSE Au moins trois villages ont été détruits par un séisme survenu dans la nuit de mardi dans le centre de l\u2019Italie.Mercredi soir, le bilan grimpait à 159 morts, tandis que les recherches se poursuivaient.Page B 5 A L E X A N D R E S H I E L D S L\u2019 Office national de l\u2019énergie refuse de récuser les deux commissaires qui sont chargés d\u2019étudier le pipeline Énergie Est et qui ont rencontré Jean Charest alors qu\u2019il était consultant pour TransCanada dans le cadre de ce projet.L\u2019organisme fédéral maintient donc la tenue des audiences prévues la semaine prochaine à Montréal.Il ne sera pas permis d\u2019y aborder la question des rencontres avec l\u2019ex-premier ministre libéral.Lundi, les avocats du groupe Ecojustice ont fait parvenir une requête formelle à l\u2019Office national de l\u2019énergie (ONE) exigeant la récusation de deux des trois commissaires chargés de l\u2019examen du projet Énergie Est, soit Jacques Gauthier et Lyne Mercier.Il s\u2019agissait d\u2019une demande similaire à celle envoyée quelques jours plus tôt par un avocat mandaté par l\u2019Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA).Le groupe écologiste exigeait du même souffle la suspension des audiences sur ce pipeline destiné à l\u2019exportation de pétrole albertain.ÉNERGIE EST L\u2019ONE élude les accusations de partialité Deux requêtes en récusation visent les commissaires du comité chargés d\u2019étudier le projet F R A N Ç O I S L É V E S Q U E A ndré Melançon est décédé mardi à l\u2019âge de 74 ans.La leucémie qu\u2019il a combattue de longues années l\u2019a emporté.Réalisateur, scénariste et comédien, André Melançon est arrivé au cinéma par hasard.Il s\u2019y fit néanmoins une place à part, suscitant, sa carrière durant, le respect indéfectible ANDRÉ MELANÇON 1942-2016 Le géant s\u2019assoupit Les amis du réalisateur de La guerre des tuques évoquent un grand homme au propre comme au figuré ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le cinéaste André Melançon a été le réalisateur chouchou des Contes pour tous.À l\u2019orée des célébrations du 375e anniversaire de Montréal, Le Devoir explore en quatre volets les grands courants qui l\u2019ont forgée.C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris L\u2019 historien Denis Vaugeois a l\u2019habitude de décrire les forts anglais du XVIIe siècle en Amérique comme des lieux bien organisés où les Amérindiens ne pénétraient pas.Au contraire, dit-il, les forts français ressemblaient à de véritables «bordels» ! Une façon imagée de dire que les populations française et amérindiennes s\u2019y mélangeaient en permanence.Il n\u2019y a pas de raison d\u2019imaginer la fondation de Montréal autrement.Lorsqu\u2019ils plantent leur croix sur l\u2019île de Montréal, les dévots Paul Chomedey de Maison- neuve et Jeanne Mance, qui rêvent d\u2019une nouvelle Jérusalem où se mélangeraient LA FONDATION DE MONTRÉAL (3/4) Des Amérindiens si proches VOIR PAGE A 8 : MONTRÉAL VOIR PAGE A 8 : MELANÇON VOIR PAGE A 8 : ONE MUSÉE MCCORD Depuis le début, les Français ont été forcés d\u2019avoir des liens forts avec les Amérindiens.Ci-dessus, une représentation de la rencontre de Jacques Cartier avec les autochtones d\u2019Hochelaga en 1535. Ÿ IT F 10} 2 © L\u2019Association , .des Microbrasseries du Québec 20, X 101 20: présente & > fs | | CD 1] F4 hs J & J une immersion F 6 brassicole unique = © ÉPARGNEZ 30%-50% : - AVEC LA PRÉVENTE .EN LIGNE www.ibu-ambgq.ca «« © édition 2016 & dégustation qe QO Ô & Or PLUS DE 60 MICROBRASSERIES f QUÉBÉCOISES bistro fraîcheur station de friture pit à feu bouffe de rue ; DÉCOUVERTES BRASSICOLES 4 FAÇONS: -Dégustations'thématiques IQ = Fx -Les régions du Québec en biere \u2014-De la terre à la bière \u2014É ditions limitiées IBU DJs locaux présentés par S000 4lLll4lléÉ MUTEK/CISM/NEON/ Latina 26-27- 28, oe Oo \u2018 | SUR LA PLACE PUBLIQUE DE LA & \u2018 = < à abri Tor J cas de pluie 2345 Rue Jarry E, Montréal, QC H1Z 4P3 NOS PARTENAIRES = Lee DESIGN | nos va * Québec5E Linie ces?Ve BIERTEK poke MICROBRASSERIES Du quépet DISTRIBOTISN #4) OmniChem Éépenane LEDENOR Go te BRON mutex UEOM ON SEN FOOD UN MEDIA PAS MAL FOOD L E D E V O I R , L E J E U D I 2 5 A O Û T 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec T ant le Parti québécois que Québec solidaire ne se satisfont pas des plates excuses de Gaétan Barrette, qui a affirmé, mercredi, qu\u2019un attentat comme celui commis par Richard Henry Bain au Métropo- lis, « c\u2019est ce qui arrive quand on brasse trop les choses ».Ils exigent que le premier ministre Philippe Couillard semonce son ministre et s\u2019en dissocie.Au cabinet du premier ministre, on juge que les excuses qu\u2019a présentées le ministre de la Santé et des Services sociaux sont suffisantes et constituent un rectificatif.« Les propos de M.Barrette devaient être rectifiés.Ils le sont», a-t-on indiqué.À l\u2019entrée du Conseil des ministres mercredi matin, Gaétan Barrette a commenté en anglais le verdict de culpabilité rendu mardi contre M.Bain.Le ministre a reconnu que l\u2019attentat avait «une connotation politique claire».Puis, il s\u2019est aventuré sur un terrain glissant en soulignant qu\u2019un discours politique qui «brasse trop les choses» entraînera de tels événements, tout en plaidant pour un discours mesuré.«De plusieurs façons, nous devons nous assurer que les arguments et le discours que nous livrons sont mesurés, droits au fait.Et même à ça, tout peut arriver.» En marge d\u2019une conférence de presse en début d\u2019après- midi, Gaétan Barrette, contrit, a reconnu qu\u2019il s\u2019était mal exprimé.« Je le prends sur moi, j\u2019en suis fort désolé et je m\u2019en excuse.» Il a of fert ses excuses sans que le cabinet du premier ministre lui enjoigne de le faire, a-t-il précisé.«Ce sont de tristes événements, et je peux comprendre très bien que cela ait soulevé un certain nombre d\u2019émotions auprès des personnes concernées, politiquement ou non.[\u2026] Si aujourd\u2019hui des gens ont pu être offensés par mes propos, qui visaient tout le monde, moi- même et la classe politique dans son ensemble, je peux comprendre que des gens ont été potentiellement atteints par la chose.» Propos « inacceptables» Le chef de l\u2019opposition officielle, Sylvain Gaudreault, a qualifié les propos du ministre d\u2019« inimaginables », exigeant du premier ministre qu\u2019i l les dénonce.I l est « inacceptable » qu\u2019un élu, et ministre de surcroît, « ait pu faire un lien entre une position politique tout à fait légitime et démocratique et l\u2019attentat au Métropolis », écrit Sylvain Gaudreault dans un communiqué.En demandant aux députés de mesurer leur discours, le ministre parle-t-il du discours souverainiste ?« Doit-on comprendre que le ministre veut ainsi limiter la liber té d\u2019expression des députés souverainistes ?» a-t - i l poursuivi.Dans un communiqué, la porte-parole de Québec solidaire Françoise David estime que les propos de Gaétan Barrette, qui a «cette vieille habitude de responsabiliser la victime pour la violence à son égard et surtout dans le cas des femmes», sont «déplacés et indignes d\u2019un ministre».Selon elle, le premier ministre «a la responsabilité d\u2019expliquer à la population comment il compte agir pour que les propos grossiers et malheureusement récurrents de son ministre de la Santé ne se répètent plus.Il y a longtemps que la coupe déborde.» Sylvain Gaudreault a déclaré au Devoir que « de dire n\u2019impor te quoi et, après ça, dire, bien, \u201cj \u2019aurai juste à m\u2019excuser\u201d, ça devient une façon de faire » pour Gaétan Barrette.En 2014, le ministre avait offert des excuses à son prédécesseur péquiste, Ré- jean Hébert, et, au printemps dernier, à la députée péquiste Diane Lamarre.C\u2019est la candidate à la direction du Parti québécois, Martine Ouellet, qui s\u2019est montrée la plus virulente à l\u2019endroit de Gaétan Barrette, exigeant la démission du ministre.«Ce sont des propos qui sont dangereux, qui cautionnent la haine politique, qui cautionnent la violence, qui méprisent la démocratie», a-t-elle livré au Devoir.La députée a signalé, exemples à l\u2019appui, que des propos haineux, des appels au meurtre de souverainistes, en provenance de lecteurs, sont publiés sur les sites Web des quotidiens anglophones, notamment The Gazette, une pratique qui doit cesser, selon elle.Avec La Presse canadienne Le Devoir PROCÈS BAIN Les excuses de Barrette jugées insuffisantes L\u2019opposition dénonce les propos du ministre de la Santé concernant l\u2019attentat du Métropolis M A R I E - M I C H È L E S I O U I Dave Courage n\u2019est plus le même depuis l\u2019attentat du Métropolis en septembre 2012.En quatre ans, il a appris à vivre avec la douleur, mais surtout à se battre pour ne pas permettre à la colère de gagner.Dans l\u2019appar tement où il vient d\u2019emménager, l\u2019homme de 31 ans a parlé mercredi avec fougue.« Je ne peux pas être fâché contre lui.C\u2019est une perte d\u2019énergie.Tant que je n\u2019ai pas pardonné, je n\u2019ai rien réglé », a-t-il lancé au sujet de Richard Henry Bain.Mardi, le forcené a été reconnu coupable de tentative de meurtre à son endroit, mais aussi du meurtre non prémédité de son collègue, Denis Blanchette.Dans un empressement qui trahit l\u2019homme agité et actif qu\u2019il devait être avant son accident, Dave Courage a expliqué qu\u2019il ne pouvait plus se permettre d\u2019en vouloir à l\u2019homme, mais qu\u2019il n\u2019acceptait pas pour autant les gestes qu\u2019il a commis.«Richard Bain ne m\u2019atteint pas.La mort de Denis m\u2019atteint», a-t-il illustré.Quatre ans après la soirée électorale du 4 septembre 2012, le corps de Dave Courage lui rappelle constamment cette balle, qui a tué son collègue Denis et traversé le bas de son corps.« J\u2019ai beaucoup de douleur.Je n\u2019ai plus de coccyx.J\u2019ai mal dans le dos, dans les jambes, c\u2019est comme si elles étaient extrêmement faibles depuis», a-t-il raconté au Devoir.Le jeune papa de trois enfants a essayé de reprendre le travail, sans succès.«La douleur, c\u2019est pas mal comme un plateau.Même que, des fois, j\u2019ai l\u2019impression que ça empire», a-t-il décrit.Aussi, il sursaute quand une personne s\u2019approche de lui dans son angle mort ou quand il entend certains sons.« J\u2019entends des bruits qui me font penser à des coups de fusil», a-t-il dit.Mais rien ne ser t de chercher le désespoir dans son visage, ni dans ses propos ou dans ses gestes.Dave Courage a eu le temps de cheminer.« Je sais c\u2019est quoi d\u2019avoir mal, de vouloir faire mal.Je sais tout ça.Je sais maintenant comment surpasser ça.J\u2019ai compris, ça vient d\u2019en dedans de toi : la volonté d\u2019être heureux, c\u2019est tout », a-t-il assuré.En septembre, il ira au palais de justice de Montréal pour connaître la peine qui sera imposée à Richard Henry Bain.Il souhaite que l\u2019homme soit condamné à la prison à perpétuité.Mais peu importe la sentence, il continuera à se détacher ; il utilisera l\u2019épreuve qu\u2019il a vécue comme une « catapulte», un moyen d\u2019avancer.En juin, lors de son témoignage au procès, Dave Courage a vu Richard Henry Bain sourire dans le box des accusés.«Il m\u2019a fait ça un peu trop longtemps, ce p\u2019tit sourire-là.Qu\u2019il continue à sourire.Ça ne change rien, tu ne peux pas me briser, je suis solide», a-t-il affirmé.Marois muette Jointe en Floride, où elle vit, la mère de Dave Courage, Yvonne Courage, était fébrile.«On est très soulagés.Cette histoire n\u2019en finissait plus », a-t-elle lancé mardi, quelques heures après le verdict.Le lendemain, elle a rappelé Le Devoir.Elle cherchait une réaction de Pauline Marois.«On est peinés de voir qu\u2019elle ne réagit pas.C\u2019est pour elle que nos enfants ont été blessé ou mort», a- t-elle déclaré.La responsable de l\u2019agenda de l\u2019ex-première ministre, Josée Jutras, a répondu par courriel que Mme Marois avait « pris la décision de ne faire aucun commentaire à la suite du verdict ».Le chef intérimaire du Parti québécois, Sylvain Gaudreault, a assuré que la politicienne retraitée s\u2019était enquise de l\u2019état des familles de MM.Courage et Blanchette.« Je pense qu\u2019elle a senti un soulagement, une certaine sérénité, mais en même temps, elle est aussi très attentive pour la suite, pour la sentence », a-t-il aussi déclaré, au sujet d\u2019une courte conversation qu\u2019il a eue avec son ex- collègue.Le député péquiste de Ri- mouski, Harold LeBel, est quant à lui revenu sur les événe- ments du 4 septembre avec difficulté.Ce soir-là, au Métropolis, il a aperçu Dave Courage au sol.«Je l\u2019ai tiré, rentré à l\u2019intérieur avec un collègue», a-t-il raconté.Il a parlé de la panique qui s\u2019est installée, des scénarios catastrophes qu\u2019il a imaginés depuis.«Si son arme ne s\u2019était pas enrayée, si on n\u2019avait pas fermé la porte, s\u2019il avait lancé le cocktail Molotov plus tôt», a-t-il énuméré.Désormais, il sursaute quand il entend certains bruits, vérifie les portes de sortie quand il entre dans un grand local.Quand même, M.Lebel a affirmé qu\u2019il n\u2019avait pas d\u2019opinion sur le verdict du jur y.«C\u2019est sûr que je lui en veux, a- t-il cependant déclaré.Il y a quelqu\u2019un de décédé, quelqu\u2019un de blessé physiquement.Mais je lui en veux aussi parce qu\u2019il y a beaucoup de personnes qui ont été blessées moralement.» Le Devoir « Richard Bain ne m\u2019atteint pas » Malgré la douleur et les séquelles, Dave Courage refuse de se laisser abattre I S A B E L L E P O R T E R à Québec L e programme Objectif Emploi, qui vise à ramener les jeunes assistés sociaux sur le marché du travail, pourrait coûter jusqu\u2019à 50 millions de dollars au gouvernement.Pour atteindre une telle somme, il faudrait qu\u2019il y ait « une for te par ticipation » au programme, a souligné le ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, en commission parlementaire mercredi.Il a ajouté qu\u2019il fallait y voir non pas une dépense, mais «un investissement dans le capital humain », «comme en éducation».Le programme Objectif Emploi offrirait aux nouveaux demandeurs qui acceptent de participer à une démarche d\u2019accompagnement ou de formation jusqu\u2019a 260$ par mois, en plus de leur prestation de base.Le ministre Blais a évoqué la somme de 50 millions en réponse au député de la Coalition avenir Québec Sébastien Schneeberger, qui souhaitait connaître les coûts du programme.Des économies ou non?Curieusement, le prédécesseur de M.Blais au ministère, Sam Hamad, affirmait l\u2019an dernier que la réforme permettrait plutôt au gouvernement d\u2019économiser 50 millions de dollars.Ces économies, pensait-on, seraient générées par les amendes imposées aux gens qui refusent de collaborer, mais aussi par la réduction prévue du nombre de prestataires de l\u2019aide sociale.Les deux montants pourraient-ils s\u2019annuler ?Non, a précisé l\u2019attaché de presse du ministre, Simon Laboissonnière.« Il n\u2019y a pas de vases communicants entre les deux », a-t-il dit en soulignant que le projet de loi avait été beaucoup modifié depuis que M.Blais a remplacé son collègue.Le montant de 50 millions, a-t- il précisé, est une estimation de ce que le programme pourrait coûter au maximum si l\u2019ensemble des 17 000 nouveaux prestataires acceptait de participer.Le ministère, selon lui, «n\u2019entrevoit pas nécessairement d\u2019économies liées aux sanctions».Mardi, le ministre s\u2019était en outre défendu de viser des économies avec le programme et ses pénalités.«Ce n\u2019est pas ça, l\u2019objectif», avait-il dit.Chaque année, environ 17 000 personnes s\u2019inscrivent sur l\u2019aide sociale au Québec.Près des deux tiers ont moins de 35 ans.L\u2019opposition persiste Mercredi après-midi, les mésententes ont persisté en commission parlementaire, alors que le Par ti québécois et Québec solidaire ont continué de critiquer le principe des sanctions défendu par le ministre.Le député péquiste Harold Lebel a reproché à M.Blais de vouloir « infantiliser » les gens en les forçant à rencontrer les agents de l\u2019aide sociale.Son collègue Dave Turcotte a quant à lui mis en doute la qualité des services offerts dans les centres d\u2019emploi depuis les fusions dans le réseau.« J\u2019ai confiance en leur capacité d \u2019être à l \u2019écoute » , a plaidé le ministre, en soulignant que la plupar t des inter venants viennent des sciences sociales et ont des compétences en « relation d\u2019aide » .Selon lui, ces rencontres pourraient aussi permettre aux agents d\u2019identifier des problèmes de santé mentale non diagnostiqués.Le Devoir AIDE SOCIALE La réforme pourrait coûter jusqu\u2019à 50 millions JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dave Courage, qui est le père de trois enfants, a essayé de reprendre le travail depuis les événements tragiques de septembre 2012, mais sans succès.Je ne peux pas être fâché contre lui.C\u2019est une perte d\u2019énergie.Tant que je n\u2019ai pas pardonné, je n\u2019ai rien réglé Dave Courage, au sujet de Richard Henry Bain « » L E D E V O I R , L E J E U D I 2 5 A O Û T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 P A U L I N E G R A V E L D ans la revue Nature, une équipe internationale d\u2019astronomes affirme avoir repéré une exoplanète tournant autour de Proxima du Centaure, l\u2019étoile la plus près du Soleil.Par le fait même, il s\u2019agit de l\u2019exoplanète la plus proche de nous jamais découverte.Dénommée Proxima b, cette exo- planète rocheuse est d\u2019une taille comparable à notre planète.Elle reçoit de son étoile un flux lumineux à peu près identique à celui que projette le Soleil sur la Terre.Autant de facteurs qui permettent d\u2019y retrouver de l\u2019eau liquide à sa surface et potentiellement la présence de vie.La planète Proxima b a été découverte par la méthode de vitesse radiale, qui permet de détecter des exoplanètes massives et proches de leur étoile grâce à une petite oscillation de l\u2019étoile causée par la force gravitationnelle de la planète tournant autour d\u2019elle.En effet, la force gravitationnelle de la planète tire un peu sur l\u2019étoile lorsqu\u2019elle passe devant elle et la fait ainsi bouger.Ces mouvements se traduisent par une variation périodique de la vitesse de l\u2019étoile, qui est déterminée par des observations du spectre de l\u2019étoile depuis les télescopes, notamment celui de La Silla au Chili.Or, les astronomes ont observé que ces variations de la vitesse radiale de Proxima du Centaure se répétaient tous les 11,2 jours, ce qui signifie que la planète Proxima b effectue une révolution complète autour de son étoile en 11,2 jours.L\u2019analyse des variations du spectre de l\u2019étoile a également permis de savoir que la planète possède une masse d\u2019au moins 1,3 fois celle de la Terre et qu\u2019elle se situe à 7 millions de km de son étoile, soit 20 fois plus près que la Terre ne l\u2019est du Soleil.Toutefois, Proxima du Centaure est très différente du Soleil, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une naine rouge dont la luminosité est nettement moindre.C\u2019est pour cette raison que les astronomes affirment que Proxima b se situe dans la zone habitable, une expression voulant dire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une «planète qui peut garder de l\u2019eau liquide à sa surface de manière stable et durable », explique Martin Turbet, chercheur au Laboratoire de météorologie dynamique du campus Jussieu de l\u2019Université Pierre-et-Marie- Curie, à Paris.Présence d\u2019eau?« Alors que la luminosité du Soleil augmente progressivement, ce qui fait que dans un milliard d\u2019années, il fera trop chaud sur Terre pour que subsiste de l\u2019eau liquide, celle de Proxima du Centaure a diminué et s\u2019est stabilisée », fait remarquer Franck Selsis, directeur de recherche au CNRS dans le Laboratoire d\u2019astrophysique de Bordeaux, en France.« Au début, Proxima b était donc beaucoup plus chaude que maintenant.Pendant 200 millions d\u2019années, elle a subi le sort que subit Vénus dans le système solaire.On a estimé qu\u2019elle a pu perdre un océan terrestre d\u2019eau durant cette phase chaude initiale.Mais nous n\u2019avons aucune idée de la quantité d\u2019eau que cette planète présentait au départ.Elle a pu être sèche dès sa formation, dépourvue d\u2019eau et de gaz comme Mercure, ou bien elle a pu être très riche en eau, et même beaucoup plus que la Terre.» C\u2019est en raison de cette incertitude qu\u2019on ne sait pas s\u2019il y a de l\u2019eau liquide à la surface de Proxima b aujourd\u2019hui, car tout dépend de la quantité d\u2019eau qu\u2019elle possédait au départ, résument les deux chercheurs.«Nous savons juste que la planète se situe dans cette zone où, si elle possède de l\u2019eau, celle-ci peut être à l\u2019état liquide à la sur face, alors que si elle n\u2019était pas dans cette zone dite habitable, ce ne serait pas possible, elle serait soit sous forme de glace si la planète était trop loin de son étoile, soit sous forme de vapeur si elle était trop près », explique M.Selsis.Proxima b se distingue aussi de la Terre par le fait qu\u2019elle reçoit beaucoup plus de rayonnement x et de rayonnement ultraviolet à haute énergie que notre planète.« Ce rayonnement a pour effet de chauffer la haute atmosphère et de provoquer la perte des atomes de l\u2019atmosphère vers l\u2019espace, ce qui a pu épuiser le réservoir de gaz et d\u2019eau de la planète », ajoute le chercheur.Bientôt observable Mais ce qui rend cette nouvelle exoplanète particulièrement intéressante est sa proximité, soulignent les deux chercheurs.Proxima du Centaure se trouve à seulement 4,2 années-lumière de notre soleil.« D\u2019ici une dizaine d\u2019années, grâce au grand télescope E-ELT [European Extremely Large Telescope] de 39 mètres de diamètre qui sera construit au Chili, nous pourrons faire des observations directes de cette planète terrestre \u2014 c\u2019est-à-dire rocheuse \u2014, ce qui nous permettra de savoir si elle possède une atmosphère, et si c\u2019est le cas, de connaître sa composition.Mais seulement si Proxima b existe, car pour le moment, ce n\u2019est qu\u2019une candidate.Il va falloir faire des observations complémentaires pour confirmer que cette planète existe réellement», affirme Martin Turbet.Le Devoir Des scientifiques découvrent l\u2019exoplanète la plus près de la Terre Les caractéristiques de Proxima b permettent d\u2019espérer y trouver de l\u2019eau, et peut-être même la présence de vie SOURCE ESO/M.KORNMESSER Cette représentation de Proxima b of fre un aperçu que ce que les scientifiques pourraient observer à l\u2019aide d\u2019un télescope d\u2019ici une dizaine d\u2019années.L I S A - M A R I E G E R V A I S Gilda et sa mère Katalin La- katos peuvent crier victoire.Après cinq ans d\u2019attente et trois avis d\u2019expulsion chaque fois reportés, le Canada leur permet de rester pour de bon en acceptant leur demande de résidence permanente sur des bases humanitaires.Ce statut ouvre la porte à leur réunification avec le père et le fils Laka- tos, qui ont été expulsés vers la Hongrie en mars dernier.« Ç\u2019a été un soulagement », raconte Mary Foster, de Solidarité sans frontières.La mère et la fille ont appris la nouvelle la semaine dernière de la bouche de leur avocat, mais ont mis un peu de temps avant de publiciser la chose.«On est contents.On a eu pas mal d\u2019appuis et de soutien », poursuit Mme Foster, qui souligne la générosité des bénévoles qui ont donné ce qu\u2019ils ont pu pour que les deux femmes, sans aucune source de revenus, puissent se loger et se nourrir.Le combat des Lakatos n\u2019est cependant pas tout à fait fini.La bonne nouvelle de leur acceptation comme résidentes du Canada vient toutefois avec son lot de délais et de démarches bureaucratiques extrêmement coûteuses.Il y a l\u2019examen médical, par exemple, et la demande officielle de résidence qui, selon Mme Foster, coûte près de 500$ pour un adulte.«Si le père et le fils veulent revenir au pays, ils devront rembourser les billets que le Canada leur a payés pour leur expulsion.C\u2019est au moins 1500$ chacun.» Le hic, c\u2019est que la jeune Gilda, âgée de 17 ans, n\u2019a pas encore obtenu le permis de travail qu\u2019elle a demandé au gouvernement fédéral.Sa mère et elle n\u2019ont pour l\u2019instant pas les moyens de payer pour toutes ces démarches bureaucratiques.Tergiversations Les derniers mois auront été forts en émotions pour les Laka- tos.À l\u2019approche de chacune de leurs expulsions prévues, elles arrivaient à obtenir du gouvernement qu\u2019il suspende l\u2019avis et prolonge leur permis de séjour temporaire, question qu\u2019il étudie leur demande de résidence pour motifs humanitaires, l\u2019ultime recours.Selon Mary Foster, ces revirements de situation et ces sauvetages in extremis sont sur venus notamment parce que deux ministères, Immigration Canada et l\u2019Agence des services frontaliers, qui relève de la Sécurité publique, ont des pouvoirs propres dans ces dossiers.«D\u2019un côté, l\u2019Agence frontalière décide des expulsions, mais c\u2019est Immigration Canada, de l\u2019autre côté, qui doit étudier la demande humanitaire», dit-elle.Les deux femmes et la communauté de Québécois qui les soutient avaient vécu un moment d\u2019intenses émotions le 28 juillet dernier devant les bureaux d\u2019Immigration Canada à Montréal.En pleurs, Gilda et Katalin avaient annoncé dans un point de presse que leur permis de séjour temporaire, qui avait été prolongé une première fois pour deux mois, n\u2019allait pas être renouvelé.Alors qu\u2019elles devaient quitter le Canada deux semaines plus tard, soit le 11 août, un revirement de situation \u2014 un autre ! \u2014 leur a permis de finalement demeurer au pays encore un peu, jusqu\u2019à ce que la demande de résidence sur des bases humanitaires soit analysée, avec le résultat positif qu\u2019on connaît aujourd\u2019hui.Immigration Canada n\u2019a pas voulu dif fuser de commentaires mercredi, indiquant qu\u2019il ne divulgue pas de renseignements personnels sur des dossiers sans autorisation.Le Devoir Victoire pour la famille Lakatos Le Canada accepte la demande de résidence permanente I S A B E L L E P O R T E R à Québec U ne première recherche sur les sablières situées autour du lac Saint-Charles n\u2019a pas permis d\u2019établir qu\u2019elles avaient un impact significatif sur la dégradation du lac, mais les chercheurs veulent poursuivre la recherche.« C\u2019est quelque chose qu\u2019on doit suivre.Il faut modéliser toutes les sablières et carrières», a fait valoir la chercheuse Lu- zie Scheinpflug lors d\u2019une présentation à l\u2019Université Laval mercredi.Plusieurs sablières de grande taille se trouvent à proximité du lac Saint-Charles, principal réservoir d\u2019eau potable de la ville de Québec.Étant donné que la santé du lac s\u2019est dégradée rapidement ces dernières années, les chercheurs essaient de mesurer le rôle des sablières par rapport à d\u2019autres causes, comme le développement immobilier.De mai à août, Mme Scheinp- flug a prélevé des échantillons dans l\u2019air, entre une sablière située au sud du lac et le bassin d\u2019eau.Même si la sablière n\u2019est pas dans le bassin versant du lac, on sait que les vents dans le secteur transportent des matières en suspension jusqu\u2019à l\u2019eau.Reste à savoir combien.L\u2019étude a démontré que les poussières augmentaient à la sortie de la sablière et qu\u2019elles atteignaient le lac, mais les concentrations de sulfate et d\u2019azote trouvées ne dépassaient pas les normes.«Ça ne veut pas dire qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019impact sur l\u2019écosystème, a signalé la chercheuse prêtée par l\u2019Université Louis-et-Maximi- lien de Munich.C\u2019est quand même très grave.» Poursuivre le travail Elle a recommandé qu\u2019on évalue dans le futur l\u2019impact de l\u2019ensemble des sablières sur le territoire et qu\u2019on documente mieux leurs activités pour arrimer les échantillonnages avec les périodes aiguës d\u2019émission.Elle a aussi souligné qu\u2019il avait été difficile d\u2019isoler l\u2019impact des sablières des autres facteurs en raison des poussières découlant des nombreux travaux de construction à proximité du lac durant l\u2019été.Selon la responsable de l\u2019Association pour la protection de l\u2019environnement du lac Saint-Charles (APEL), Mélanie Deslonchamps, il faudra au minimum deux ou trois ans avant d\u2019avoir suf fisam- ment de données pour formuler des conclusions.Le Devoir QUÉBEC Les sablières n\u2019ont pas un impact significatif sur la pollution du lac Saint-Charles D\u2019autres analyses devront être menées pour s\u2019en assurer, soutient une chercheuse ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Katalin Lakatos et sa fille Gilda ont bénéficié de la générosité de Québécois pour être logées et nourries.C\u2019est quelque chose qu\u2019on doit suivre.Il faut modéliser toutes les sablières et carrières.Luzie Scheinpflug, chercheuse à l\u2019Université Louis-et-Maximilien de Munich « » P A T R I C E B E R G E R O N Q uébec demande au fédéral de se pencher sur la criminalisation éventuelle du téléphone cellulaire au volant.Le nouveau ministre des Transports, Laurent Lessard, a évoqué cette possibilité dans un point de presse avant d\u2019entrer à la séance du Conseil des ministres, mercredi matin.Il en discutera prochainement avec son homologue fédéral, Marc Garneau.Son intervention survient à la suite de la publication d\u2019un rappor t du coroner Michel Ferland qui recommande une infraction distincte au Code criminel pour enrayer ce qu\u2019il qualifie de « fléau».M.Lessard a dit que cet enjeu était à l\u2019ordre du jour de son entretien avec M.Garneau et qu\u2019il lui demandera d\u2019examiner ce scénario, puisque le Code criminel relève d\u2019Ottawa.« Qu\u2019il [M.Gar neau] regarde quels sont les éléments de la criminalisation que cela implique, a-t-il dit.C\u2019est sa responsabilité, on va en discuter.Cela va être à l\u2019ordre du jour [\u2026].Je vais lui demander de l\u2019analyser.» Cependant, le gouver ne- ment Couillard envisage du même souf fle d\u2019inter venir sur le plan pénal avec le Code de la route, qui est de sa responsabilité.Des amendes plus salées et des sanctions plus lourdes seront considérées pour dissuader les conducteurs délinquants, a affirmé M.Lessard.Il a également lancé un appel à la population pour lui enjoindre de cesser de texter au volant.La Presse canadienne CELLULAIRE AU VOLANT Québec veut que le fédéral envisage la criminalisation L E D E V O I R , L E J E U D I 2 5 A O Û T 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 Malek vient tout juste d\u2019avoir 8 ans et l\u2019école est un vrai cauchemar pour lui.Il présente une dyspraxie, un trouble du langage et un trouble anxieux sévère.Il a seulement hâte au jour où il ne sera plus obligé d\u2019aller en classe.Il fait endurer un enfer au personnel de l\u2019école.Sa maman, Marie-Claude Arès, s\u2019attend toujours au pire.Elle a accepté de raconter son histoire.Les classes viennent de se terminer et Marie- Claude souf?e un peu.L\u2019école est l\u2019élément anxiogène pour Malek.Il multiplie les comportements agressifs.Il lance des pupitres, blesse son enseignante ou sa technicienne en éducation spécialisée et profère des menaces.Heureusement, depuis plus d\u2019un an, il est dans une classe Phénix, dédiée aux élèves aux prises avec des troubles graves de psychopathologie et des dif?cultés d\u2019adaptation importantes.Ils sont sept élèves dans cette classe, encadrés par une enseignante en adaptation scolaire et une technicienne en éducation spécialisée (TES).« Il y a des bonnes semaines et des mauvaises, con?e Marie-Claude.Mais, il est possible qu\u2019on décide de l\u2019envoyer dans une école sécurisée spécialisée pour les jeunes avec des troubles graves du comportement.» Cette incertitude s\u2019ajoute aux nombreux dé?s du quotidien pour Marie-Claude, qui a aussi deux jumeaux de neuf ans, dont un vit avec une dyslexie et une dysorthographie.Trouble d\u2019apprentissage Rien ne laissait présager ces troubles sévères chez Malek lorsqu\u2019il est venu au monde.Il était un gros bébé de 10 livres, en santé, intelligent et les jumeaux se sont très bien adaptés à son arrivée.Par contre, Marie-Claude, une orthopédagogue, s'est rendu compte rapidement que Malek avait un trouble du langage.« À deux ans et demi, Malek faisait seulement des bruits avec sa bouche, raconte-t-elle.Nous l\u2019avons fait voir par une orthophoniste au privé et à quatre ans, il a eu accès à de l\u2019ergothérapie, à de la physiothérapie et à de l\u2019orthophonie au public grâce au Centre montérégien de réadaptation (CMR).» C\u2019est ?nalement à cinq ans que Malek a été en mesure de prononcer ses premiers mots de façon intelligible.Il n\u2019avait alors aucun problème de comportement et la maternelle s\u2019est bien déroulée.L\u2019enfer de la première année C\u2019est lorsqu\u2019il est entré en première année que le ciel est tombé sur la tête de Malek et de sa petite famille installée à Longueuil.« Les deux premières semaines ont été correctes, puis ça a été l\u2019enfer, raconte Marie-Claude.De septembre à décembre, nous avons tout vu ! Beaucoup de violence et plusieurs fugues de l\u2019école.La directrice a déjà couru après lui pour l\u2019empêcher de partir et nous avons déjà dû appeler la police pour le retrouver.» Puisqu\u2019il n\u2019avait pas encore de diagnostic de trouble anxieux sévère, aucun service spécialisé ne lui était offert dans son école publique de quartier.Une TES dans l\u2019école venait souvent recoller les pots cassés, mais Marie-Claude recevait pratiquement chaque jour un appel de la direction parce que Malek était en crise.« Dès novembre, j\u2019étais en arrêt de travail et j\u2019accompagnais Malek en classe chaque jour », raconte-t-elle.Le passage en pédopsychiatrie Malek est ?nalement entré à l\u2019hôpital en pédopsychiatrie en janvier.Le matin, il avait de l\u2019école et l\u2019après-midi, il passait différentes évaluations pour comprendre pourquoi il avait des ruptures de fonctionnement.Même si cette période a été éprouvante, Marie- Claude était rassurée parce que Malek était en sécurité à l\u2019hôpital.Il ne pouvait plus fuguer et ses crises étaient bien gérées.« Au début, il a essayé de faire comme à l\u2019école : blesser des gens pour qu\u2019on m\u2019appelle, mais les spécialistes à l\u2019hôpital ont établi très clairement que peu importe ce qu\u2019il faisait, maman n\u2019allait pas venir.» C\u2019est ainsi qu\u2019il a obtenu son diagnostic de trouble anxieux sévère et qu\u2019on lui a prescrit de la médication.Toutefois, la recette miracle n\u2019a pas encore été trouvée.« Depuis plus d\u2019un an, nous essayons différentes formules, indique Marie-Claude.Nous en avions trouvé une qui fonctionnait, mais elle lui a fait prendre beaucoup de poids, alors nous avons dû arrêter.Nous cherchons toujours la combinaison parfaite.» Au jour le jour Aujourd\u2019hui, la vie de Malek ressemble encore aux montagnes russes.« Sortir de la maison et être avec des gens qu\u2019il ne connaît pas est anxiogène pour lui, explique Marie-Claude.Il faut tout prévoir, faire un plan B et un plan C pour s\u2019ajuster lorsqu\u2019une situation ne fonctionne pas comme prévu.J\u2019ai toujours l\u2019impression de marcher sur des œufs.» Cet été, elle en pro?te tout de même pour l\u2019emmener faire des activités de plein air en famille.« Chaque petit succès, comme atteindre le sommet d\u2019une montagne, est bon pour améliorer son estime de lui.Pour y arriver par contre, il a besoin de beaucoup d\u2019encouragement.Mais ça lui montre qu\u2019en faisant des efforts et en persévérant, on atteint ses buts.» Par contre, elle ne sait jamais où une crise éclatera et chaque fois, elle subit le jugement social et reçoit des commentaires méprisants.Ce que Marie-Claude Arès trouve le plus lourd toutefois, c\u2019est de gérer tous les services dont Malek a besoin, que ce soit à l\u2019école ou du côté médical.Sans oublier les besoins de ses jumeaux.Pour s\u2019assurer de tenir le coup, elle est suivie par une travailleuse sociale du CLSC.Elle est très consciente qu\u2019elle est la maman d\u2019un futur décrocheur.« Il ne veut pas aller à l\u2019école.Ça lui demande énormément d\u2019efforts sur les plans cognitif, manuel et comportemental.Écrire, respecter les consignes, gérer les autres enfants dans sa bulle, prendre la parole en classe : tout est un effort pour lui.» Il rêve déjà du jour où il trouvera un travail.« Je sais qu\u2019il réussira sa vie, dit la maman.Il a de belles habiletés manuelles qu\u2019il veut développer.Il est très curieux.Mais il ne prendra pas le même chemin que tout le monde.» GRACIEUSETÉ Chaque petit succès renforce l'estime de soi du petit Malek, atteint de dyspraxie et d\u2019un trouble anxieux sévère.LE COMBAT QUOTIDIEN POUR ALLER À L\u2019ÉCOLE L\u2019Institut des troubles d\u2019apprentissage poursuit, en collaboration avec Le Devoir, sa série de chroniques sur le parcours exceptionnel de personnes qui ont réussi malgré des troubles d\u2019apprentissage.L\u2019objectif est double : démysti?er le sujet tout en démontrant le potentiel des 10% d\u2019entre nous aux prises avec de telles dif?cultés.Bonne lecture! En collaboration avec EN COLLABORATION AVEC L\u2019INSTITUT DES TROUBLES D\u2019APPRENTISSAGE L\u2019ANXIÉTÉ, UN OBSTACLE À L\u2019APPRENTISSAGE.L\u2019anxiété peut être un obstacle à l\u2019apprentissage.Pour en diminuer les effets négatifs, il est primordial de tout faire pour préserver l\u2019estime de l\u2019enfant.Il est possible d\u2019y arriver en tentant de rendre prévisibles toutes les situations nouvelles ou connues qui paraissent anxiogènes aux yeux de l\u2019enfant.Il faut travailler les ressources internes de ce dernier pour l\u2019amener à affronter ses craintes, réelles ou non.L\u2019enfant doit pouvoir prendre le volant de sa destinée et avoir le sentiment qu\u2019il a un certain contrôle.Opération sac à dos : collecte de dons jeudi à Montréal La 8e édition de l\u2019Opération sac à dos se déroule jeudi à Montréal dans différents lieux publics.Cette initiative vise à amasser des dons en argent pour faire l\u2019achat de fournitures scolaires et de denrées pour permettre à plus de 4500 enfants de milieux défavorisés de démarrer l\u2019année la tête haute et le ventre plein.Des bénévoles portant des chandails verts seront postés au square Victoria toute la journée, à l\u2019heure du midi au square Philips, coin Papineau\u2013 René-Lévesque à l\u2019heure du retour à la maison, et à l\u2019angle des rues Jean-Talon et Chris- tophe-Colomb, des rues Henri- Bourassa et Lacordaire et au métro Radisson lors des heures de pointe du matin et du soir.«L\u2019Opération sac à dos se veut un geste de solidarité envers les enfants démunis et une façon de leur dire qu\u2019ils sont eux aussi capables de réussir à l\u2019école», souligne Sylvie Ro- chette, cofondatrice et directrice générale du Regroupement des Magasins-Partage.Le Devoir J E A N N E C O R R I V E A U Le train électrique de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pourrait être relié au réseau du métro de Montréal dès sa mise en service en 2020, contrairement à ce qui avait été prévu initialement.La CDPQ a fait savoir mercredi qu\u2019elle demandera aux consortiums qualifiés de lui proposer des solutions techniques et des prix pour l\u2019implantation de trois stations supplémentaires.L\u2019absence de connectivité entre le futur Réseau électrique métropolitain (REM) et le métro de Montréal avait été vivement critiquée.Lorsque le projet avait été dévoilé en avril dernier, CDPQ Infra avait prévu 24 stations pour le réseau, qui couvrira 67 kilomètres afin de relier Brossard à Sainte-Anne-de-Bellevue, avec des liens vers l\u2019aéroport Mont- réal-Trudeau et Deux-Mon- tagnes.Cinq stations présentées comme « potentielles » \u2014 essentiellement sur le territoire montréalais \u2014 devaient voir le jour lors des phases subséquentes du projet.Les critiques semblent avoir été entendues, puisque CDPQ Infra a indiqué mercredi qu\u2019elle demandera aux consortiums qui participeront à l\u2019appel de propositions de lui soumettre des solutions techniques et des prévisions de coûts pour des arrêts aux stations de métro Édouard-Montpetit et McGill, ainsi que pour une station REM dans le secteur du bassin Peel, dans Griffintown.« On est vraiment convaincus de la nécessité de faire ces stations », a insisté Macky Tall, p.-d.g.de CDPQ Infra.Le coût de ces stations supplémentaires n\u2019est toutefois pas inclus dans l\u2019enveloppe budgétaire de 5,5 milliards.L\u2019édifice Rodier La Caisse faisait le point mercredi sur l\u2019état d\u2019avancement du projet qui fera l\u2019objet d\u2019un examen de la part du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE) à compter de lundi.Au cours des derniers mois, elle a pu apporter plusieurs correctifs au projet grâce à une entente intervenue avec le CN qui lui permet de faire l\u2019acquisition du viaduc du Sud, dans Pointe- Saint-Charles, et de ses voies aériennes menant à la Gare centrale.En vertu de cette entente, dont le coût n\u2019a pas été divulgué, la construction de voies parallèles à celles déjà existantes ne sera plus nécessaire, et le RQM pourra utiliser la Gare centrale, a expliqué Macky Tall.Ces changements font aussi en sorte que l\u2019édifice Rodier, dont la démolition par tielle avait été envisagée, pourra être préservé et que la fermeture des rues Saint-Paul, William et Dalhousie ne sera plus requise.CDPQ Infra devra toutefois fermer un tronçon de la rue Ottawa.Le tracé du projet a subi plusieurs modifications dans le but de réduire ses impacts environnementaux.Ainsi , l \u2019entrée du tunnel qui permettra au train de se rendre à l\u2019aéropor t a été déplacée pour épargner le parc-nature des Sources.À Sainte-Anne- de-Bellevue, la station prévue a été déplacée vers l\u2019est pour protéger des milieux humides.Temps réduit et tarifs Les temps de parcours ont également été réduits.CDPQ Infra estime que le trajet entre le centre-ville et l\u2019aéropor t pourra se faire en 20 minutes avec le REM Express au lieu de 30 minutes.Jean-Marc Arbaud, directeur général adjoint de CDPQ Infra, soutient que le projet respecte toujours le budget prévu de 5,5 milliards.Quant aux tarifs, ils devraient être comparables à ceux de l\u2019AMT, mais ils n\u2019ont pas encore été établis, a indiqué Macky Tall.Le Devoir TRAIN ÉLECTRIQUE La Caisse envisage de relier le REM au métro Expropriations à la baisse La Caisse de dépôt a revu à la baisse le nombre de propriétés qui pourraient faire l\u2019objet d\u2019une expropriation.À l\u2019origine, il était question de 30 résidences.La Caisse estime maintenant qu\u2019entre 25 et 27 résidences, dispersées le long du parcours du train, pourraient être touchées par le projet, mais elle dit explorer diverses solutions, dont des ententes de gré à gré et des déplacements, pour éviter les expropriations.CDPQ Le tracé du REM a été révisé depuis l\u2019annonce du projet. n moins de deux semaines, deux ministres vedettes du gouvernement fédéral se sont retrouvées sur la sellette pour des dépenses contestables.Leurs déboursés méritent l\u2019attention qu\u2019on leur accorde, car les dépenses grandes et petites de fonds publics exigent le même degré de rigueur et de prudence.Dans le cas de la ministre de la Santé, Jane Philpott, l\u2019erreur n\u2019est pas d\u2019avoir eu recours à un service de limousine pour sillonner pendant deux jours la grande région torontoise et la péninsule du Niagara, mais d\u2019avoir utilisé les services d\u2019une entreprise appartenant à un bénévole de sa campagne, qui, en plus, lui a facturé le gros prix.La commissaire à l\u2019éthique tentera d\u2019ailleurs de déterminer si les règles en la matière ont été respectées.Quant à Mme Philpott, elle s\u2019est excusée et s\u2019est engagée à rembourser 3700 $.La ministre de l\u2019Environnement et des Changements climatiques, Catherine McKenna, n\u2019a pas pris d\u2019engagement semblable alors que son ministère a déboursé 6600$ pour qu\u2019un photographe la suive, elle et son équipe, lors de la conférence de Paris sur le climat l\u2019an dernier.Mme McKenna a simplement demandé à son ministère de trouver une façon de réduire le coût de ces photographes.Cette manie qu\u2019ont les ministres de se faire photographier pour alimenter les sites gouvernementaux, leur page Facebook ou leur compte Twitter n\u2019est pas nouvelle.Les conservateurs, qui s\u2019insurgent aujourd\u2019hui, s\u2019y adonnaient.Selon une enquête d\u2019iPolitics, ils ont dépensé à cet effet 2,3 millions de dollars entre 2006 et 2015.En 2014, il en a coûté près de 13 000 $ pour suivre l\u2019ancien ministre des Affaires étrangères, John Baird, aux Nations unies.La ministre McKenna n\u2019entend pas mettre ?n à cette pratique.Au contraire, elle la défend.«C\u2019est important d\u2019avoir les photos pour transmettre le message du travail que le gouvernement fait», a-t-elle dit sur les ondes de Radio-Canada.Mais en quoi les multiples clichés pris, par exemple, lors de sa dernière visite à Québec m\u2019infor- ment-ils sur la teneur de ses rencontres?Le communiqué distribué directement à la presse mardi n\u2019offrait qu\u2019un seul lien, celui vers l\u2019album de la ministre sur la page Facebook du ministère.Les citoyens ne sont pas des bambins à qui on offre des livres d\u2019images pour découvrir le monde.Les gens naviguent sur les sites gouvernementaux pour trouver de l\u2019information sur des choses précises.Les photos ont leur fonction, mais quand l\u2019image a préséance sur le contenu, on verse aisément dans la promotion personnelle.(Et que dire de la galerie de photos sur le site du premier ministre?) C\u2019est ce travers qui doit être remis en question et cela aurait l\u2019avantage de réduire les frais de tout le monde.Le jur y qui a déclaré Richard Henr y Bain coupable d\u2019un meurtre non prémédité et de trois tentatives de meurtre a rendu une sage décision dans les circonstances.Cet attentat politique exige maintenant une peine exemplaire.lus le temps passe dans l\u2019affaire Bain et plus il y a de l\u2019espace pour un débat sur la dimension politique et terroriste de ses actes.Cette ré?exion aurait dû avoir lieu bien avant, au moment de déposer des accusations contre le forcené en robe de chambre qui a voulu tuer la nouvelle première ministre du Québec, Pauline Marois, et « le plus de séparatistes possible» lors des élections du 4 septembre 2012.Mme Marois avait l\u2019air bien seule sur le plateau de Tout le monde en parle, trois mois plus tard, lorsqu\u2019elle a dénoncé l\u2019attentat politique, bien réel, contre sa personne.On lui a reproché d\u2019exagérer, alors qu\u2019au contraire les gestes commis par Bain s\u2019apparentaient à du terrorisme au sens du Code criminel.Hélas, ce malaise à nommer le mal pour ce qu\u2019il est subsiste encore, comme en témoigne la sortie épouvantable du ministre de la Santé, Gaétan Barrette.« J\u2019aurais aimé ne pas voir ça arriver, a-t-il dit au sujet de l\u2019attentat du Métro- polis.Mais c\u2019est la société.Quand vous faites trop bouger les choses, des choses comme ça peuvent arriver», a-t-il dit en anglais.Que voulez-vous ?Mme Marois l\u2019a cherché avec ses idées de faire du Québec un pays, aurait pu ajouter le ministre Barrette.On croirait entendre un Donald Trump du Nord.Le ministre Barrette a écarté les motivations du tueur, qui souhaitait manifestement abattre la nouvelle première ministre et tuer ses partisans en mettant le feu à la salle de spectacles.Bain se disait inspiré par l\u2019incendie criminel au Blue Bird, en 1972, un drame qui avait fait 37 morts.«Nous parlons d\u2019un extrémiste qui n\u2019a pas eu une implication politique longue et soutenue», a avancé M.Barrette.Parlons plutôt d\u2019un ministre irresponsable, qui vient de décharger l\u2019assassin de sa responsabilité pour blâmer sa cible.Ses excuses sonnent faux, surtout quand on connaît la sauvagerie dont il fait habituellement preuve pour démolir et démoniser ses adversaires.L\u2019option souverainiste a beau être à bout de souf?e, boudée par une majorité d\u2019électeurs, ses partisans ne méritent pas d\u2019être rabaissés de la sorte.De toutes les époques, le Parti québécois a rejeté l\u2019extrémisme politique et la violence.Dans la droite lignée de ses prédécesseurs, Mme Marois a choisi les voies de la démocratie, du débat et du dialogue pour faire avancer l\u2019option tant bien que mal.Il faut être franchement tordu pour reprocher quoi que ce soit aux souverainistes dans l\u2019affaire Bain.?Bain devra passer au minimum dix ans en détention, au maximum 25 ans, pour ses crimes, à la discrétion du juge.Il mérite une peine de la plus grande sévérité, par respect pour ses victimes, et pour inscrire en?n, dans la mémoire de nos institutions publiques, le fait qu\u2019il a commis un attentat politique motivé par la haine des souverainistes.La détresse psychologique vécue par Bain explique probablement pourquoi le jury ne l\u2019a pas reconnu coupable de meurtre prémédité.Mais elle ne peut pas servir de prétexte pour occulter ses intentions.La Couronne ne disposait pas des déclarations fanatiques de Bain faites à une psychiatre au moment de porter des accusations contre lui.Il ne faut donc pas juger à la lumière d\u2019au- jourd\u2019hui la décision d\u2019hier de ne pas l\u2019accuser de terrorisme.Il n\u2019y a cependant plus d\u2019excuse à banaliser son geste.L E D E V O I R , L E J E U D I 2 5 A O Û T 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S L I B R E O P I N I O N B E N O I T G E N E S T Montréal L a semaine dernière, mon père a été heurté par une voiture pour une seconde fois.Heureusement, cette fois-ci sera la dernière, puisque son vélo sera définitivement « accroché ».Après des années de transpor t écolo (et après sa longue convalescence), sa résilience a été brisée, et il rejoindra malgré lui la horde d\u2019automobilistes qui affluent dans la région de Valleyfield, en par faite concomitance avec la construction de l\u2019autoroute 30.À ma grande surprise, il n\u2019était pas aigri à l\u2019égard de l\u2019automobiliste qui l\u2019a frappé et estimait qu\u2019un facteur comme l\u2019aveuglement du soleil avait nui à la conduite somme toute prudente de cette dernière.Pour ma part, l\u2019indulgence fait défaut.En tant que cycliste n\u2019ayant même pas de permis de conduire, j\u2019essaie de concevoir comment il me serait possible d\u2019envoyer un homme à l\u2019hôpital avec une double fracture du bassin, à moins peut- être de me servir d\u2019un bâton de baseball.Or, un automobiliste peut faire bien pire, sans avoir ni le zèle ni l\u2019intention coupable d\u2019un criminel.À vrai dire, s\u2019il nous fallait réfléchir à la chaîne de responsabilité impliquée par la conduite automobile en contexte urbain, il faudrait bien reconnaître qu\u2019an bout du compte, nous transcendons la responsabilité individuelle pour en arriver à la surexposition du danger, à la multiplication exponentielle des situations où cyclistes et piétons font face à dix mètres cubes de tôle en mouvement.Ceci devrait nous faire frissonner sur les travers de nos sociétés technoindus- trielles avancées.Dans ces circonstances, la question de la responsabilité individuelle est un peu comme l\u2019arbre qui cache la forêt, et les campagnes de sensibilisation ne sont que des succédanés.Nos routes ne sont pas seulement aux prises avec de mauvais conducteurs, mais avec trop de conducteurs.Apprendre à mieux par tager la route ?Mais celles-ci n\u2019ont jamais été aussi accaparées par ces engins massifs qui laissent tout au plus deux mètres aux vélos.Les meilleures intentions, la prudence et la diligence de l\u2019automobiliste et du cycliste sont des conditions nécessaires.Or, c\u2019est insuffisant lorsque le parc automobile grandit de façon constante.Le fait est qu\u2019il faut cesser de réfléchir à l\u2019échelle individuelle et poursuivre la réflexion sur la place de l\u2019automobile dans la société.Le raisonnement est simple.Quelques piétons et quelques cyclistes nécessiteront peut-être la présence d\u2019un panneau d\u2019arrêt.Ajoutez-y quelques voitures et, dès lors, vous aurez besoin de plus de réglementation et de feux de circulation, toutes des mesures qui sont autant de limitations à la liber té de tous.Ces limitations sont maintenant omniprésentes, et ce, même dans les endroits r ustiques, où nous sommes envahis par les VTT et bateaux à moteur.Au demeurant, l\u2019automobiliste a une lecture tronquée de sa liberté, qu\u2019il défend avec des concepts libéraux du XIXe siècle.Il se justifie d\u2019exercer dix mètres cubes de liberté individuelle sans nuire à qui que ce soit, tandis que dans les faits, la nature même de ses activités suffit à rendre son environnement moins hospitalier, plus réglementé, plus opaque, plus coercitif et, enfin, à porter atteinte à la liberté de mouvement et à l\u2019espace de sécurité des autres.L\u2019automobile est le legs moribond de l\u2019urbanisme du milieu du XXe siècle.Toute nouvelle infrastructure la favorisant ne fait qu\u2019alourdir le problème de l\u2019agrandissement constant du parc automobile, qui sature inévitablement l\u2019espace à sa disposition.Ce dont nous avons besoin, c\u2019est d\u2019une mobilisation populaire en faveur des transports collectifs et d\u2019une ré- appropriation de nos quartiers et de nos milieux de vie.Piéton, cycliste : s\u2019habituer au risque ?FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET de spectacle ne bénéficie d\u2019aucun service de transpor t en commun à sa mesure.Que l\u2019on parle de taxis, d\u2019Uber ou de Téo Taxi, cela revient au même : on fonctionne avec des autos.C\u2019est là un moyen de transport totalement inadapté à cette situation.C\u2019est aussi là que l\u2019on voit que la question des transports liée au Centre Vidéotron n\u2019a pas été pensée au-delà de l\u2019auto.Ce qui en soi n\u2019a rien d\u2019étonnant de la part d\u2019une administration municipale dont le seul « grand fait d\u2019armes » dans ce domaine est l\u2019ouver ture de la côte Gilmour à l\u2019année\u2026 En première page du Plan de mobilité durable dévoilé en 2011, on retrouve la ci tat ion suivante de M.Labeaume : « L\u2019heure est venue de faire des choix stratégiques pour FAIRE AUTREMENT.Ensemble, nous y arriverons.J\u2019en suis convaincu.» Il faut croire que comme pour bien d\u2019autres sujets, M.Labeaume a depuis changé d\u2019idée.Eric Alvarez Québec, le 24 août 2016 détruit, et la tolérance avec lui.[\u2026] nous devrions revendiquer le droit de les supprimer [les intolérants], au besoin, même par la force [\u2026] Nous devrions donc revendiquer, au nom de la tolérance, le droit de ne pas tolérer l\u2019intolérant.» Fin de citation de Karl Raimund Popper.Il fut l\u2019un des plus importants philosophes des sciences du XXe siècle.Daniel Creusot, documentariste, journaliste et écrivain Le 24 août 2016 Écouteurs à interdire L\u2019actuel débat sur la criminalisation du cellulaire au volant nous rappelle aussi qu\u2019il est présentement licite pour les automobilistes, bien enfermés dans leur caisse de tôle de quelques milliers de kilogrammes, d\u2019avoir écouteurs et autres bidules Bluetooth visés dans les oreilles pour leurs conversations « mains libres » au téléphone, alors que les cyclistes se voient coller des contraventions salées pour le même geste.Quelle absurdité ! À quand l\u2019interdiction d\u2019écouteurs pour tous, cyclistes et automobilistes?Espérons que le rajeunissement du Code de la sécurité routière promis, et toujours attendu, par le ministère des Transpor ts tiendra compte de cet effrayant non-sens.Martin Beaulieu Montréal, le 24 août 2016 Accroître notre présence aux États-Unis Le Canada ferait bien de prendre part au grand débat des idées qui a cours chez nos voisins du Sud et qui touche toute la planète, et du même coup de favoriser l\u2019expansion du français en Amérique.Au Canada, nous sommes inondés de chaînes et d\u2019émissions américaines.Il faudrait négocier des ententes de réciprocité qui permettent de rendre nos grandes chaînes de radio et télé beaucoup plus facilement accessibles à tous aux États-Unis, sur tout en Nou- velle-Angleterre et en Louisiane.Un plus grand accès aux émissions canadiennes pourra aider les Américains à sor tir de leur isolement culturel, ce dont ils ont grandement besoin, et leur permettre de mieux connaître le Canada et le Québec.Gilles Marleau Orléans, le 24 août 2016 PROCÈS BAIN Justice pour les « séparatistes » DÉPENSES MINISTÉRIELLES La mise en scène P E MANON CORNELLIER BRIAN MYLES Centre Vidéotron : pas la faute des taxis Je trouve injuste que les taxis servent de boucs émissaires aux problèmes de transports à la suite de gros spectacles au Centre Vidéotron.Le problème de base vient du fait que cette immense salle Les limites de la tolérance Voici une inspirante citation : « La tolérance illimitée doit mener à la disparition de la tolérance.Si nous étendons la tolérance illimitée même à ceux qui sont intolérants, si nous ne sommes pas disposés à défendre une société tolérante contre l\u2019impact de l\u2019intolérant, alors le tolérant sera L E D E V O I R , L E J E U D I 2 5 A O Û T 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 6500 caractères (y compris les espaces), ou 1000 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com), mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.H E N R Y W E L S H IXION Communications ndré nous a quittés.C\u2019est avec une très grande tristesse qu\u2019on apprend ce décès, alors que Bach et bottine sera projeté à nouveau à Québec en présence de son producteur Rock Demers pendant le Festival de cinéma de la ville de Québec.En pensant à la carrière formidable d\u2019André, il me revient un souvenir émouvant.Il y a trente ans, Rock Demers produisait Le silence des fusils, le film d\u2019Arthur Lamothe (lui aussi dispar u), avec dans les rôles principaux Jacques Perrin, Michèle Audette, Louisette Dussault et Gabriel Gascon.Inspiré d\u2019un fait réel, le film se passait à Maliotenam et aux environs.De fait, Arthur avait pensé à ce film depuis 1977 à la suite de la mort suspecte de deux jeunes Innus.L\u2019affaire avait fait grand bruit à l\u2019époque au sein de la communauté autochtone, mais avait été classée sans suite.Finalement, la sor tie du film de fiction avait fait rouvrir l\u2019enquête.Pendant le tournage, Arthur avait eu un accident de voiture qui l\u2019avait conduit à l\u2019hôpital et, par conséquent, l\u2019avenir du film avait été compromis.À cette époque, je travaillais avec Rock pour la distribution et l\u2019acquisition de films pour La Fête.Le silence des fusils étant une coproduction avec la France (Jacques Perrin y par ticipait), il y avait une grosse pression pour le bon achèvement du projet.Devant l\u2019immobilisation d\u2019Arthur, il fallait trouver un « remplaçant », et Rock a pensé à André, qui, en accord avec sa grande générosité, a accepté de prendre le tournage au vol, mais il fallait qu\u2019il s\u2019inspire de ce qui avait été filmé par Arthur.Et donc, nous avons organisé le visionnement intégral des épreuves de tournage durant des soirées, parfois jusque dans la nuit.J\u2019étais avec André, car c\u2019était un ami très proche d\u2019Arthur (et son voisin mitoyen), et je connaissais bien sa façon de réaliser.Ces visionnements, hormis la possibilité de se « raccorder » au tournage, furent l\u2019occasion de parler de cinéma de façon très libre et avec une passion qui nous animait tous les deux, André et moi.J\u2019ai pu alors apprécier sa culture formidable, sa précision dans les souvenirs qu\u2019il avait de sa carrière et son humilité quant à ce défi qu\u2019il avait si gentiment accepté.Au bout de quelques jours, il a pris la route pour la Côte-Nord et a commencé à reprendre le film là où il en était, mais très vite, Arthur a recouvré toute sa santé et a pu, l\u2019adrénaline aidant, revenir sur le plateau.André a donc, avec grande élégance, redonné le clap à Arthur.Acteur, réalisateur, scénariste, humaniste, amoureux des arts et gentleman, André laisse le cinéma québécois très orphelin.ANDRÉ MELANÇON 1942-2016 Le « réalisateur- remplaçant » sur la Côte-Nord F R É D É R I C B A S T I E N Professeur d\u2019histoire au collège Dawson et auteur ans ces pages, Pierre Anctil invitait les lecteurs à laisser tomber ce qu\u2019il considère comme les préjugés grossiers véhiculés ici contre les écoles hassi- diques.Le professeur d\u2019histoire de l\u2019Université d\u2019Ottawa se livre à un travail de culpabilisation qui mérite d\u2019être dénoncé.Ce dernier prétend d\u2019abord que le terme « écoles illégales » est injustifié, sous prétexte que celles-ci ont «pignon sur rue» et que « la vie des jeunes n\u2019y est pas menacée ».Il semble suggérer qu\u2019il faudrait que la sécurité physique des élèves soit en cause, au point que ceux-ci soient en danger de mort, pour que de tels établissements soient illégaux.On peine à croire qu\u2019un académicien puisse faire un raisonnement aussi farfelu.La vérité est pourtant simple.Contrairement à d\u2019autres écoles privées à caractère religieux, ces établissements opèrent sans permis du ministère de l\u2019Éducation, sans enseignant qualifié et en dehors du cursus scolaire officiel.Ils sont donc illégaux.Les propos de M.Anctil illustrent par ailleurs une vision radicale des droits individuels.Le fa it pour des parents d\u2019envoyer leurs enfants à des écoles religieuses où ils étudieront de façon quasi exclusive la Torah et le Talmud constituerait une liberté fondamentale, immanente et sacrée .S \u2019é lever contre cette pratique relèverait de l\u2019oppression religieuse.Le fait est que les droits et libertés ne sont pas infinis et ne permettent certainement pas à tout un chacun de faire tout ce qui lui plaît.Pour reprendre le fameux raisonnement d\u2019un ancien juge en chef de la Cour suprême américaine, en l\u2019absence d\u2019un incendie, on ne peut crier au feu dans un cinéma bondé et invoquer ensuite, pour se justifier, sa liberté d\u2019expression.Voilà pourquoi au Canada, par exemple, les témoins de Jéhovah n\u2019ont pas le droit de refuser des transfusions sanguines pour leurs enfants, ce que prescrit pourtant leur religion.L\u2019intérêt de l\u2019enfant et le bien-être général l\u2019empêchent.Il y a toujours une limite.Ajoutons à cela que la société doit travailler à l\u2019intégration et non à l\u2019isolement des individus, quelle que soit leur religion.Les hassidim ont le droit de vivre isolés si ça leur chante.L\u2019État québécois n\u2019a toutefois pas à les encourager en renonçant à ses obligations en matière d\u2019éducation.Avenir sacrifié «Mais qui sommes-nous pour juger?» semble se dire Pierre Anctil, suivant un adage très à la mode ces temps-ci.Une croyance en vaut bien une autre, l\u2019important, c\u2019est le respect, il faut célébrer la diversité, etc.Le problème est que ce genre de raisonnement ne fait aucun cas du bien-être des enfants, dont l\u2019avenir est sacrifié sur l\u2019autel du relativisme moral.Une société qui se respecte a le devoir de transmettre à tous ses jeunes une éducation digne de ce nom.Ceux qui sortent des écoles hassidiques sont malheureusement démunis et incapables de vivre dans le monde moderne.Tellement qu\u2019en Israël, une association d\u2019anciens hassidim poursuit le gouvernement en l\u2019accusant d\u2019avoir failli à ses obligations.Au Québec, Yochonon Lo- wen, qui a étudié dans une école juive illégale à Boisbriand, a lui aussi intenté une action judiciaire semblable.Pour l\u2019instant, le gouvernement québécois a retenu comme solution un enseignement à la maison, avec une supervision à distance par la Commission scolaire English-Montreal.Le tout se fera en plus de l\u2019enseignement religieux.On peut douter de l\u2019efficacité de cette solution.Mauvaise comparaison Venons-en maintenant à l\u2019argument le plus inqualifiable des propos de Pierre Anctil.L\u2019idée de fermer les écoles illégales juives serait tellement contraire aux droits fondamentaux qu\u2019elle «ouvrirait la voie à des abus intolérables », une situation qui lui rappelle les actions de « certains régimes totalitaires ».L\u2019intervention de la police et du DPJ dans certains de ces établissements en serait une illustration.Le Québec serait donc en voie de traiter les juifs comme le faisait l\u2019Allemagne nazie.Faut-il rappeler que le régime hitlérien a causé le conflit le plus meurtrier de l\u2019histoire de l\u2019humanité, cinquante millions de morts, tout en étant responsable du génocide de six millions d\u2019Israélites ?Tracer un parallèle entre cette situation et la question des écoles juives illégales est un exemple complètement outrancier de Québec bashing.Cela constitue également un outrage à la mémoire des victimes juives du nazisme et une banalisation de l\u2019Holocauste.Qu\u2019un professeur spécialiste de l\u2019histoire juive établisse une telle comparaison relève d\u2019une mauvaise foi renversante.LA RÉPLIQUE \u203a ÉCOLES JUIVES Le Québec n\u2019est pas l\u2019Allemagne nazie\u2026 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR André Melançon, lors d\u2019une remise de prix en 2012 A T Ï M L E Ó N Militant de l\u2019indépendance du Québec étais dans la salle du Métropo- lis le soir où Richard Bain a tenté d\u2019assassiner « le plus de souverainistes possible».Et il y a longtemps que je me retiens de commenter ce qui a probablement constitué le seul et unique réel attentat politique de ce début de siècle au Québec.D\u2019une par t, parce que les émotions ne sont pas toujours de bonnes conseillères et que le sujet est délicat.D\u2019autre part, parce qu\u2019à l\u2019époque, tout s\u2019est passé très vite.L\u2019idée qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un acte de folie isolé avait rapidement occupé l\u2019essentiel de l\u2019espace médiatique.J\u2019en étais profondément dérangé, mais la mise en place d\u2019un nouveau gouvernement avec son lot de nouvelles avait tôt fait de reléguer le débat à un second plan.Puis, il fallait laisser le temps à la justice de faire son travail\u2026 Aujourd\u2019hui, je dois le dire : le fin fond de l\u2019affaire, ce n\u2019est pas la folie présumée de Bain.Le fond de cette affaire est l\u2019acceptation sociale ou le rejet, voire la stigmatisation du projet politique d\u2019indépendance du Québec.Depuis que j\u2019habite le Québec et que j\u2019ai épousé la cause de son indépendance, il ne se passe pas une année sans que je sois frappé par le fait qu\u2019appuyer ce projet tout à fait démocratique et pertinent est un fardeau à tous points de vue.C\u2019est un fardeau sur le plan professionnel.C\u2019est un fardeau sur le plan social.C\u2019est un fardeau sur le plan idéologique.Sur le plan professionnel : c\u2019est probablement la dernière chose que vous souhaitez faire connaître à un éventuel employeur tant il est vrai que vous pourriez en être pénalisé.Sur le plan social : mis à part le tout petit univers des militants et militantes de l\u2019indépendance, ce n\u2019est certainement pas une position qui vous attirera des amis.Au pire, on vous invectivera ; au mieux, on vous tolérera.Sur le plan idéologique: c\u2019est un projet qui vous place toujours sur le terrain du fardeau de la preuve.Pourquoi?comment?etc.Les mêmes questions mille fois, les mêmes réponses mille fois.Les fédéralistes, eux, ne connaissent pas ce genre de problème.Ils sont dans la norme sociale.Le Canada est une affaire «tout croche», qui place à dessein le peuple québécois dans une délétère position de minorité historique, mais ce n\u2019est pas grave.Ils n\u2019ont pas à s\u2019en justifier.Ils ont simplement besoin de tabler sur ses apparentes qualités (paix, prospérité, etc.).Le reste \u2014 le système, les institutions, les grands médias\u2026 \u2014 fait le reste de ce travail de normalisation canadienne.Pire, il est devenu normal d\u2019accepter un discours politique qui se construit essentiellement par opposition au «séparatisme».Le gouvernement actuel, dont le ministre Gaétan Barrette fait partie, a remporté les élections de 2014 par défaut, en agitant «l\u2019épouvantail de la séparation» plutôt que pour la valeur de son propre programme politique.Il est donc de bon ton de dénigrer le projet d\u2019indépendance et, par extension, ses partisans.Tolérance et acceptation Nous, militants et militantes indépendantistes, sommes en quelque sorte des marginaux dans une étrange société qui se refuse à elle-même les pleins pouvoirs.Parias à l\u2019échelle du Canada, nous ne sommes des «acceptables» à l\u2019échelle québécoise que lorsque nous ne parlons pas de l\u2019indépendance.Les élites politiques du PQ ont d\u2019ailleurs très bien intériorisé cet «air du temps».Hier, j\u2019entendais Justin Trudeau faire la distinction entre tolérance et acceptation de la différence.Je suis d\u2019ailleurs tout à fait d\u2019accord avec lui.Idéalement, nous voulons vivre dans une société dans laquelle il ne s\u2019agit pas simplement de «tolérer» les personnes différentes, mais plutôt dans laquelle nous souhaitons «accepter les différences ».Paradoxalement, j\u2019ai bien souvent l\u2019impression qu\u2019il a lui-même de la dif ficulté à «tolérer» les indépendantistes québécois\u2026 Bref, j\u2019en arrive à ce commentaire du ministre Barrette qui vient remuer tout cela.Alors qu\u2019il y a un débat sur la culpabilité criminelle ou non de Bain, le ministre laisse entendre que ce sont les indépendantistes eux-mêmes, en raison de leur projet politique, qui ont suscité l\u2019attaque de Bain.Comme disent nos cousins français, c\u2019est bien fait pour leur pomme! J\u2019en suis vraiment soufflé.Le sous-entendu est là.Inévitable.Énorme.Stigmatisant.Reproduisant, précisément et sans même s\u2019en rendre compte, le schéma mental qui a conduit au tragique attentat du Métropolis.Je suis triste et je réalise pleinement à quel point «Nous», les indépendantistes, permettons indirectement à des incompétents du bien public comme M.Barrette et consorts de faire de flamboyantes carrières politiques appuyées sur leur simple capacité d\u2019agiter « l\u2019épouvantail de l\u2019indépendance», plutôt que sur leur capacité à proposer des projets de société enthousiasmants.Une démission serait normale mais inespérée.Un mot du premier ministre pour établir clairement que le projet de l\u2019indépendance est non seulement démocratique, mais tout à fait pertinent dans le débat public québécois serait un minimum.L\u2019APRÈS-PROCÈS BAIN Gaétan Barrette ou la stigmatisation normale du projet d\u2019indépendance Dans les propos du ministre, le sous-entendu est là.Inévitable.Énorme.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a laissé entendre que ce sont les indépendantistes eux-mêmes, en raison de leur projet politique, qui ont suscité l\u2019attaque de Bain.Acteur, réalisateur, scénariste, humaniste, amoureux des arts et gentleman, André laisse le cinéma québécois très orphelin D A J\u2019 LE DÉCLENCHEUR «L\u2019idée d\u2019abolir des écoles fondées par les minorités religieuses, ainsi que l\u2019inscription obligatoire de leurs élèves dans le système public, constitue un déni à l\u2019égard des droits fondamentaux de ces Québécois.[\u2026] Ce genre de mesures rappelle les actions commises dans le cadre de certains régimes totalitaires encore vivement présents dans la mémoire.Ce sont là des souvenirs douloureux que la présence récente de policiers montréalais postés à l\u2019entrée d\u2019une école religieuse juive a ravivés.» \u2014 Pierre Anctil, «Luttons contre les préjugés envers les hassidim», Le Devoir, 19 août 2016 L E D E V O I R , L E J E U D I 2 5 A O Û T 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S França is et Amér ind iens, prennent pied sur une terre qui a longtemps été habitée et cultivée par les Iroquoiens.Comme ces grands producteurs de farine de blé d\u2019Inde ont d ispar u vers 1580, les Français peuvent s\u2019installer sans déloger personne.« On est alors sur le territoire des Algonquins, dit l\u2019historien Denys Delage (Le pays renversé, Boréal, 1991).D\u2019après la tradition orale reprise par les missionnaires, ce sont eux qui ont accueilli les Français à Montréal.Ceux-ci ne pouvaient s\u2019établir que sur les territoires de leurs alliés.Or, ils sont alliés aux Algonquins depuis 1603.Comme pour Québec qui était en territoire montagnais, il fallait une entente.Sinon c\u2019était la guerre ! » Si les Français peuvent s \u2019établir successivement à Québec, à Trois-Rivières et à Montréal, c\u2019est grâce au traité conclu par François Gravé en présence de Champlain à Ta- doussac en 1603 avec le chef montagnais Anadabijou.Gravé ramène alors de France deux Montagnais (Innus), qui y ont appris le français.À cette fête de l\u2019alliance, qui dura deux semaines, participaient aussi des Algonquins et des Malécites.« Par ce premier pacte, les Français entrent dans un vaste réseau d\u2019alliances qui existe depuis des siècles, dit Delage.Les Innus, les Algonquins et les Malécites, qui savent fort bien comment se rendre en canot à la baie James, à New York et aux Grands Lacs, étaient déjà alliés aux Cris, aux Micmacs et aux Hurons.Ils sont allés chercher les Français pour mieux résister aux Iroquois qui veulent avoir accès à la traite des pelleteries à Tadoussac.Les Iroquois veulent devenir les grands intermédiaires tout en maintenant les Européens à la marge.Ils voient donc d\u2019un mauvais œil les Français entrer dans le continent.» Une aventure mystique En pleines guerres amérindiennes, la création de Montréal menée par un groupe de mystiques reste pourtant une «folle aventure».Avec pour résultat que les Iroquois attaquent Montréal en permanence.«À l\u2019époque, c\u2019était une erreur de créer Montréal, dit l\u2019historien Denis Vaugeois.De toute façon, on pouvait rejoindre les Grands Lacs et la baie James par le nord sans passer par Montréal.C\u2019était jeter de l\u2019huile sur le feu par rapport aux Iroquois.» Dès le début, le projet implique une grande proximité avec les Amérindiens.«C\u2019est un projet colonial dans la mesure où il s\u2019agit d\u2019introduire dans la foi des païens et donc de les transformer et d\u2019en faire des sujets du roi, dit Delage.Ce n\u2019est cependant pas une logique d\u2019apartheid, mais d\u2019inclusion, avec aussi un projet d\u2019hôpital qui soignera tout le monde.» Même si Montréal devient vite un lieu stratégique pour la traite, l\u2019aventure demeure avant tout spirituelle.«Les mystiques qui fondent Montréal et leurs alliés amérindiens devaient s\u2019entendre comme Hurons en foire, ironise Denys Delage.Car les Indiens sont intéressés au plus haut point par l\u2019univers spirituel et religieux des Français.Plus que par le protestantisme, qui est plus austère tant qu\u2019on n\u2019a pas accès à la Bible.Les Amérindiens, qui sont des animistes, sont curieux et avides de connaître le monde des esprits.L\u2019Immaculée Conception, par exemple, qui fait intervenir un homme avec des ailes et une colombe, demeure une histoire extraordinaire pour ces animistes chez qui les animaux jouent toujours un rôle majeur.» Privés de Hurons, les missionnaires convertissent des Iroquois qui s\u2019installeront près de Montréal pour défendre la colonie (voir l\u2019encadré).« Au départ, on vient ici pour faire de ces Indiens des Français, dit l\u2019historienne Dominique Des- landres.Dans la conception de l\u2019Ancien Régime, dès que l\u2019on est catholique, on est automatiquement Français et c\u2019est merveilleux.Ça veut dire qu\u2019on n\u2019est pas étranger et qu\u2019on peut léguer ses biens.Pour le roi de France, la richesse d\u2019une nation se calcule au nombre de ses sujets.C\u2019est ainsi que les Français vont s\u2019allier à des milliers d\u2019Amérindiens sur tout le continent.» Plus tard, les Sulpiciens favoriseront une plus grande francisation des mœurs alors que les Jésuites estimeront qu\u2019une simple conversion suffit.De peur peut-être aussi qu\u2019en francisant trop les Amérindiens, ils deviennent comme les colons plus critiques et moins fervents, dit Delage.Selon lui, contrairement au Régime anglais, le Régime français sera toujours obligé d\u2019aller à la rencontre des Amérindiens et de se mêler à eux.«En battant les Hurons, les Iroquois vont obliger les Français à entrer dans le continent.À partir de Montréal, ils vont devoir aller au-devant de leurs alliés, si bien qu\u2019ils seront toujours très proches des nations amérindiennes.» Un métissage sous-estimé Contrairement à plusieurs historiens, Denys Delage soutient que le métissage fut plus important qu\u2019on ne le dit.«Dès le début, les Français ont besoin des Indiens pour passer l\u2019hiver.Les Jésuites apprennent les langues autochtones.Pour cela il faut être proche.Le père Nicolas parle des sauvages et de leurs fidèles amis, les vieux habitants du Canada.Il dit qu\u2019ils sont toujours ensemble.Pour courir l\u2019Amérique ou connaître la géographie et les remèdes, il faut passer par les Indiens.» Au début de Montréal, les Indiens sont donc partout.Ils viennent y vendre des courges, du blé d\u2019Inde, des produits médicinaux et même des produits de contrebande.Selon Delage, les archives démographiques ne sont pas fiables pour mesurer le métissage.Ces actes sont conçus pour des sédentaires avec une filiation patrilinéaire, dit-il.Il souligne aussi que ceux qui ont retranscrit le registre de Tadoussac ne parlaient pas les langues autochtones.Selon lui, le métissage est systématique dans les pays d\u2019en haut.« Au début de la colonie, il y a sept beaux jeunes hommes pour une belle princesse sur la piste de danse.Trois retournent en France et trois autres s\u2019en vont dans les pays d\u2019en haut et épousent des Indiennes.Souvent, ils reviennent et prennent une autre femme ou ils gardent les deux.» L\u2019adoption est aussi largement pratiquée de par t et d\u2019autre.Ce point de vue est aussi partagé par Dominique Deslan- dres, selon qui il y aura beaucoup plus de métissage qu\u2019on ne le pense.Elle en veut pour preuve tous ces sermons contre la débauche et l\u2019ensauvagement.«Montréal, qui doit être la nouvelle Jérusalem, va plutôt devenir à la fin du XVIIe siècle une nouvelle Babylone.C\u2019est ce que dit notamment le Sulpicien Vachon de Belmont.» Incomparable Cette proximité avec les Indiens distingue clairement le Régime français du Régime anglais, croit Denys Delage.« Les Anglais veulent élever les Iroquois au-dessus des autres tribus, qui devront ensuite négocier avec eux.Dans les colonies anglaises, la propriété privée est totale et exclusive.Au contraire, le système seigneurial superpose les droits de tous, si bien que les Indiens auront le droit de chasse sur les terres des colons français.Partout, il y a une proximité incomparable.» Le Devoir de ses collaborateurs.Bien qu\u2019il eût réalisé une trentaine de films, documentaires et séries, c\u2019est d\u2019abord pour La guerre des tuques et Bach et Bottine, deux films jeunesse ayant passé haut la main l\u2019épreuve du temps, que l\u2019on se souviendra de lui.Conjoint de la comédienne Andrée Lachapelle, il eut avec elle deux enfants.Né à Rouyn-Noranda en Abi- tibi-Témiscamingue en 1942, André Melançon vécut au Pérou un an à l\u2019issue de son cours classique.De retour au Québec, il suivit une formation en psychoé- ducation.Réalisé en 1967, son documentaire Le camp de Bosco- ville visait à faire connaître le travail de l\u2019Institut de rééducation de Boscoville, où il œuvra pendant cinq ans auprès des délinquants juvéniles.Ce coup d\u2019essai lui donna la piqûre de la réalisation.Sa préoccupation pour l\u2019enfance l\u2019accompagna cela dit tout au long de cette nouvelle carrière.Trois de ses premiers courts métrages produits par l \u2019 O f f i c e n a t i o n a l d u f i l m (ONF), Le violon de Gaston, Les tacots, et « Les Oreilles » mène l\u2019enquête, traitent justement de dif férentes facettes de l\u2019enfance.Souvenirs de l\u2019acteur C\u2019est d\u2019ailleurs dans les couloirs de l\u2019ONF qu\u2019André Me- lançon croisa le confrère Clément Perron, en 1973.Alors à la recherche du premier rôle masculin pour son film Taureau, chronique sur la médisance villageoise, le second reconnaît dans le premier le physique imposant, mais surtout la sensibilité pour incarner l\u2019homme fort simple d\u2019esprit du titre.« André n\u2019était pas acteur de formation et il est arrivé sans la moindre prétention sur le plateau, se souvient la comédienne Louise Portal.Un tournage merveilleux, en Beauce\u2026 André s\u2019est révélé un par te- naire de jeu tellement généreux.Je jouais sa sœur Gigi.Par la suite, il m\u2019a toujours appelée sa p\u2019tite sœur.Toujours.C\u2019était un géant, pour vrai, mais tellement tendre, tellement doux.» L\u2019expérience plut à André Melançon, qui joua notam - ment dans Réjeanne Padovani et Joyeux calvaire, de Denys Arcand.La rencontre 1978 fut une année charnière.Vint d\u2019abord Les vrais perdants, documentaire crève- cœur sur ces parents qui vivent leurs rêves par procuration à travers leur progéniture.Parut ensuite la fiction Comme les six doigts de la main, centrée sur une bande de gamins convaincus qu\u2019un vieux voisin est un espion, et sacrée meilleur long métrage par l\u2019Association québécoise des cri - tiques de cinéma.C\u2019est Rock Demers, fondateur des productions La Fête, qui lui remit le prix.« Quelques années plus tard, quand je me suis lancé dans l\u2019aventure des Contes pour tous, j\u2019ai tout de suite pensé à lui pour réaliser La guerre des tuques, se remémore Rock Demers.On a poursuivi avec Bach et Bottine, puis on est al- lé s t our ner en Argen t ine Fierro\u2026 l\u2019été des secrets.Il a aussi écrit le scénario de La grenouille et la baleine, qu\u2019a réalisé Jean-Claude Lord.Il a réalisé Daniel et les Super- dogs\u2026 Il a supervisé les doublages français de mes films tournés dans d\u2019autres langues, comme Opération beurre de pinottes.Et il a joué le géant dans C\u2019est pas parce qu\u2019on est pe t i t qu \u2019on peut pas ê t r e grand.Il était grand de taille, mais surtout grand de cœur.» Bouclant la boucle, André Melançon coscénarisa La gang des hors-la-loi, le dernier des Contes pour tous.« André aura été mon collaborateur le plus assidu.Et le plus impor tant.C\u2019était mon ami.Son talent n\u2019avait d\u2019égale que sa modestie», conclut Rock Demers.Bonté et courage Âgée d\u2019à peine 10 ans pendant le tournage de Bach et Bottine en 1986, Mahée Paiement trouva en André Melan- çon bien plus qu\u2019un metteur en scène.«André a été une figure masculine, voire paternelle, marquante pour moi, confie la comédienne.Il savait préserver la spontanéité des enfants acteurs.Sur Bach et Bottine, il trouvait les mots justes ; il me rassurait.Il était envelop- p a n t .E t i l m e r a p p e l a i t constamment que l\u2019interprétation, ça ne s\u2019appelait pas le \u201cjeu\u201d pour rien ; qu\u2019il fallait avoir du plaisir.Il a fait ressortir ce que j\u2019avais de meilleur en moi \u2014 c\u2019était le cas avec tout le monde autour de lui.Je lui dois en grande partie ma carrière.On est restés en contact.On s\u2019appelait et on s\u2019écrivait.Il me demandait des photos de mes enfants.Il me disait souvent qu\u2019il était fier de moi.Il était tellement gentil, André\u2026» Car il était soucieux du devenir de ses jeunes protégés, André Melançon.Parmi ses derniers projets, on signalera ainsi le documentaire de 2007 L\u2019âge de passion, dans lequel il retrouve presque trente ans plus tard les jeunes sujets devenus adultes rencontrés dans Les vrais perdants.Une impression confirmée par l\u2019amie de longue date Ma- rie-José Raymond, cofonda- trice d\u2019Éléphant : mémoire du cinéma québécois, qui se rappelle un homme grand à tous égards.« Il a démontré un tel courage toutes ces années face à la maladie ; toujours positif.Au- jourd\u2019hui, je pense à André, et ce qui me frappe, c\u2019est à quel point il n\u2019y avait pas une once de méchanceté en lui.Il était bon.Foncièrement bon.» Enfin, on ne saurait passer sous silence le vibrant discours que prononça le réalisateur en 2015 lorsque la Soirée des Jutra lui rendit hommage.Pour les cinéastes de la jeune génération, il eut ces mots : « Faites-nous rire, faites- nous pleurer ; c\u2019est important.Faites-nous penser ; c\u2019est im- por tant.Faites-nous rêver ; c\u2019est essentiel.» Tel est le legs d\u2019André Melançon.Le Devoir PRODUCTIONS LA FÊTE André Melançon a dirigé Mahée Paiement dans Bach et Bottine.Les Iroquois de Kahnawake On confond souvent les Iroquois en général et ceux de Kah- nawake qui, très tôt, se convertissent et s\u2019installent près de Montréal pour assurer sa défense.Cette conversion s\u2019explique par le contexte de l\u2019époque.Les Iroquois ayant gagné la guerre contre les Hurons se retrouvèrent avec trop de captifs, explique Denys Delage.Or, «pour les Iroquois, la guerre était destinée à prouver le courage, mais aussi à remplacer les morts.Les années 1630-1660 sont en effet les pires années d\u2019épidémies.On fait donc la guerre à la demande des mères de clans pour remplacer ces morts.Les captifs qui ne sont pas tués seront alors adoptés par un processus de torture qui les métamorphose.» À cette époque, les Iroquois ont trop de captifs.Ils se retrouvent devant le choix difficile de les maintenir en esclavage ou de les laisser partir.Ils accepteront donc de recevoir les missionnaires de Montréal et de laisser partir les convertis qui s\u2019installeront sur l\u2019île à partir de 1667.«C\u2019est eux qui assureront la défense de Montréal, dit Delage, car les Français ont toujours assuré la défense de leurs villes par la présence d\u2019une communauté indienne : les Hurons à Québec, les Abénaquis à Trois-Rivières et les Iroquois convertis à Montréal.» La Ligue iroquoise maintiendra cependant des liens avec eux.À partir de 1695, les Iroquois de Kahnawake refuseront de faire la guerre à leurs anciens frères et informeront même les Iroquois des projets français.« Il y avait alors des espions iroquois dans les tavernes de Montréal», dit Denys Delage.Or, dans une courte réponse transmise mardi à Ecojustice et l\u2019AQLPA, l\u2019ONE a décidé de s\u2019en remettre à un examen ultérieur des requêtes, sans donner davantage de précisions.«L\u2019Office a décidé d\u2019opter pour un processus par écrit afin d\u2019étudier ces requêtes, peut-on lire dans la lettre de l\u2019organisme fédéral.Les commentaires à ce sujet et sur toute question connexe doivent être présentés d\u2019ici le 7 septembre 2016.L\u2019Office les examinera et établira ensuite d\u2019autres étapes.» Les deux requêtes soumises à l\u2019ONE sont fondées sur le fait que M.Gauthier et Mme Mercier ont rencontré personnellement Jean Charest dans les bureaux de McCarthy Tétrault à Montréal en janvier 2015, alors même qu\u2019il était consultant pour Trans- Canada.Jacques Gauthier a d\u2019ailleurs échangé des courriels avec une adjointe chez McCar thy Té- trault afin de planifier la rencontre, courriels obtenus par Eco- justice et transmis au Devoir.À la demande de cette adjointe, il précise, en décembre 2014, qu\u2019il compte «parler des grands enjeux qui toucheront le Québec au n i veau pé t r o l ier (Energy East, etc.) Une rencontre assez générale somme toute».La veille de la rencontre, M.Gauthier souligne en outre les «sujets plus spécifiques» de la rencontre.«Nous ferons le point sur les divers dossiers qui sont en cours et qui af fecteront notamment la province de Québec.Enfin, nous discuterons du processus d\u2019audition qui sera tenu par l\u2019Office et entretiendrons une discussion ouverte avec monsieur Cha- rest sur ces sujets.» Même si l\u2019ONE a d\u2019abord nié que le projet Énergie Est ait été abordé dans le cadre de la réunion avec Jean Charest, et à laquelle a pris part le président de l\u2019ONE Peter Watson, les notes manuscrites disponibles indiquent que le sujet était au cœur de cette «discussion ouverte».Les notes des deux employés de l\u2019ONE soulignent que le «message» doit être que l\u2019ONE a le dernier mot dans le dossier Énergie Est.« Who\u2019s the top dog?The NEB! [l\u2019ONE]» peut- on lire dans les documents, rédigés exclusivement en anglais.Il faut dire qu\u2019à ce moment, TransCanada refusait de se conformer à la législation environnementale du Québec et de produire une étude d\u2019impact pour son pipeline.Les éléments notés lors de la rencontre indiquent qu\u2019il a été question de « l\u2019exemple de Lac- Mégantic» afin de démontrer que les pipelines sont «plus sécuritaires» pour le transport de pétrole.Les échanges ont également porté sur le manque d\u2019information sur le processus de l\u2019ONE, le «besoin» d\u2019investissements et la nécessité de «recommencer» l\u2019aspect de la «communication », en se demandant «quels sont les bénéfices pour le Québec».Audiences maintenues Mê m e s i Eco jus t i ce e t l\u2019AQLPA estiment que ces éléments démontrent que l\u2019impartialité des commissaires Jacques Gauthier et Lyne Mercier a été irrémédiablement compromise, l\u2019ONE a refusé formellement de les récuser.Dans la réponse transmise à Ecojust ice et l\u2019AQLPA, l\u2019organisme affirme en outre que le processus d\u2019évaluation suit son cours.«Puisque la séance du comité d\u2019audience à Montréal doit commencer dès lundi, l\u2019Office a aussi décidé de poursuivre avec les dates prévues à l\u2019origine, soit du 29 août au 2 septembre, précise ainsi la lettre de l\u2019ONE.Il faut savoir que tous les dépôts au sujet des requêtes précitées ou de questions connexes doivent être par écrit.L\u2019Office n\u2019entendra aucun exposé oral à ce sujet pendant la séance du comité.» En clair, il ne sera pas possible de discuter des demandes de récusation ou des rencontres des commissaires avec Jean Charest dans le cadre des audiences à Montréal.Une décision que déplore le président de l\u2019AQLPA, André Bélisle.«On n\u2019a pas le droit d\u2019aborder la question.Donc, ils dictent les sujets qu\u2019on peut aborder.C\u2019est une entrave à la liberté d\u2019expression.» Il réitère d\u2019ailleurs que «le comité ne devrait pas siéger.Il faut stopper cet examen immédiatement».Pour le moment, les audiences sur Énergie Est doivent reprendre lundi prochain.Deux journées et demie d\u2019audiences sont prévues.Parmi les 25 intervenants acceptés par l\u2019ONE, on retrouve la Communauté métropolitaine de Montréal, Équiterre, l\u2019Union des municipalités du Québec et le Conseil mohawk de Kahnawake.La Fédération des chambres de commerce du Québec et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) pourront aussi y prendre la parole.Fait à noter, ces deux organisations favorables au pipeline de TransCanada avaient elles aussi rencontré les commissaires de l\u2019ONE en janvier 2015.Les notes manuscrites indiquent d\u2019ailleurs qu\u2019il a été question de «l\u2019enjeu de la confiance» envers «le secteur privé» dans le cadre de la rencontre avec le président et chef de la direction de la CCMM, Michel Leblanc.TransCanada a présentement 19 lobbyistes inscrits au registre québécois.Leurs mandats inclus des «représentations afin que les orientations prises par le gouvernement provincial et les instances municipales soient favorables au développement du projet de pipeline interprovincial».La pétrolière albertaine a également engagé 10 lobbyistes-conseils, eux aussi inscrits au registre.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ONE SUITE DE LA PAGE 1 MELANÇON SUITE DE LA PAGE 1 MONTRÉAL "]
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