Le devoir, 12 septembre 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 2 0 6 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Les Sports \u203a Tennis.Le Québécois Félix Auger-Aliassime remporte le volet junior des Internationaux des États-Unis.Page B 4 Actualités \u203a Examen de conduite.Québec cherche des solutions pour les réfugiés.Page A 3 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m LE 11-SEPTEMBRE, 15 ANS PLUS TARD SPENCER PLATT/GETTY IMAGES/AFP Les États-Unis ont marqué dimanche dans le recueillement et les appels à l\u2019unité le 15e anniversaire des attentats du 11-Septembre à Ground Zero, à New York, où près de 3000 personnes avaient trouvé la mort.Des milliers d\u2019Américains et de touristes se sont rendus en cours de journée au Mémorial du 11-Septembre où s\u2019élevaient jadis les tours du World Trade Center.Page A 2 M A R C O B É L A I R - C I R I N O à Sherbrooke L e plan d\u2019accession à l\u2019indépendance d\u2019Alexandre Cloutier provoquera un « traumatisme» dont le Parti québécois peinera à se remettre avant le prochain rendez-vous électoral, a prédit Jean-François Lisée lors du premier débat officiel houleux entre les candidats à la direction du PQ dimanche à Sherbrooke.La proposition du favori de la course consistant à donner le dernier mot sur le calendrier référendaire aux participants d\u2019un conseil national sèmera à coup sûr la bisbille au sein du PQ, et ce, à six mois des prochaines élections générales, a averti avec aplomb M.Lisée.S\u2019il est élu chef du PQ, M.Cloutier recommandera aux délégués, au printemps 2018, de tenir \u2014 ou de ne pas tenir \u2014 un référendum sur l\u2019indépendance du Québec dans un premier mandat du PQ, soit entre 2018 et 2022.Le «contexte politique» et l\u2019état de la «mobilisation» PREMIER DÉBAT OFFICIEL POUR LA CHEFFERIE DU PQ Indépendance : les plans s\u2019entrechoquent A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T C entres jeunesse, CHSLD, cliniques externes en pédiatrie, oncologie\u2026 Les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) pourront bientôt exercer dans plusieurs nouveaux milieux, a appris Le Devoir.Les programmes sont prêts, mais le financement des places à l\u2019université se fait attendre.Les universités en sont à peaufiner une refonte complète des programmes de formation pour accueillir les nouvelles cohortes dès l\u2019automne 2017.Québec leur a aussi fixé des cibles d\u2019inscription pour remplir la promesse libérale de former 2000 IPS en dix ans.Mais l\u2019argent pour financer cette révolution dans le monde de la «super-infirmière » tarde.« Nous n\u2019en sommes plus à l\u2019étape des vœux pieux.Il faut passer à l\u2019action.Ça presse», lance la présidente de l\u2019Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), Lucie Tremblay, en entrevue.Elle s\u2019impatiente de voir se concrétiser la promesse du gouvernement de former 2000 IPS sur dix ans.«Ça fait deux ans qu\u2019on nous a fait cette promesse, et le temps passe.C\u2019est maintenant qu\u2019il faut prendre des décisions, ouvrir des places dans les universités, ouvrir des postes dans le réseau.La population du Québec en a besoin.C\u2019est une solution qui a fait ses preuves partout.» Projet de règlement Lucie Tremblay confirme que des travaux communs avec le Collège des médecins du Québec (CMQ) ont permis d\u2019élaborer un projet de règlement qui élargira considérablement le rôle des IPS.Les universités ont revu les programmes de formation en fonction de ces nouveaux rôles.La révolution des «super infirmières» attend son financement Les infirmières praticiennes spécialisées pourront bientôt exercer en oncologie et en pédiatrie notamment TIFF Nelly met en scène Mylène Mackay, démultipliée entre Nelly la romancière, Amy l\u2019amoureuse, Cynthia la putain et Marilyn la star, chaque facette croisant les autres dans l\u2019œuvre mosaïque.O D I L E T R E M B L A Y à Toronto «E n faisant la biographie de quelqu\u2019un qui venait de mourir, j \u2019avais conscience de m\u2019embarquer dans le projet le plus casse-gueule de ma vie, de me jeter dans la gueule du loup », confesse Anne Émond.Voir son film sur la romancière Nelly Arcan, qui s\u2019est enlevé la vie en 2009, lancé ici au Festival international du film de Toronto (TIFF) en première mondiale la rendait nerveuse, forcément.On la retrouve dans un hôtel du centre-ville, à l\u2019ombre réelle de la tour du CN sur un balcon où l\u2019air circule.Ça n\u2019arrête pas ici.Anne Émond ne s\u2019attendait pas à intéresser les journalistes canadiens-anglais avec la vie d\u2019une écrivaine québécoise à leurs yeux inconnue.«Mais ça les a intéressés.Certains se sont commandé ses livres [traduits en anglais] sur Amazon.Moi, j\u2019avais voulu faire ce film à cœur ouvert.» Nelly à cœur ouvert Une vague de films québécois déferle au Festival international du film de Toronto Présidentielle américaine Un week-end éprouvant pour Hillary Clinton Page B 1 Entente entre l\u2019État et Uber Les chauffeurs de taxi se tournent vers la justice Page A 3 Protection de l\u2019eau potable à Québec La CMQ s\u2019apprête à assouplir le règlement Page A 4 Lire aussi \u203a 41e TIFF.Le trou noir du passé esclavagiste.Page B 8 VOIR PAGE A 8 : NELLY VOIR PAGE A 8 : INFIRMIÈRES VOIR PAGE A 8 : DÉBAT J E N N I F E R P E L Z V E R E N A D O B N I K à New York P lusieurs milliers de personnes ont assisté à une cérémonie pour commémorer les événements du 11-Septem- b r e , d i m a n c h e m a t i n , à Ground Zero, à New York, là où les tours du World Trade Center frappées par des avions kamikazes se sont écroulées il y a maintenant 15 ans.Une minute de silence a été observée alors que des cloches ont résonné à 8h46, heure précise où le premier avion dérouté par des terroristes avait heurté la tour nord.Des proches des victimes ont ensuite commencé à lire les noms des quelque 3000 victimes des attentats, survenus au World Trade Center, au Pentagone et en Pennsylvanie.Le 11 septembre 2001, 19 pirates de l\u2019air d\u2019al-Qaïda avaient détourné quatre avions.Il s\u2019agit encore à ce jour de l\u2019attaque terroriste la plus meurtrière perpétrée en sol américain.Les États-Unis répondraient en lançant une « guerre mondiale contre le terrorisme » qui fait rage encore aujourd\u2019hui.La cérémonie du 15e anniversaire a duré près de quatre heures.James Johnson, un policier new-yorkais à la retraite, est revenu pour la première fois sur le site du World Trade Center depuis le début de l\u2019année 2002.« J\u2019ai des sentiments mitigés, mais je suis encore hébété.Je crois que tout le monde a besoin de tourner la page et c\u2019est le moment pour moi de tourner la page», a-t-il soutenu.Des cérémonies se sont aussi déroulées à Washington, en présence du président Barack Obama.À Shanksville en Pennsylvanie, où s\u2019était écrasé un autre avion dérouté par des terroristes, environ 1000 personnes se sont réunies pour assister à la lecture des noms des 40 victimes.Une trêve politique, ou presque La commémoration survient en pleine campagne électorale, mais les deux candidats à la présidence ont convenu de faire trêve de partisanerie, dimanche.La démocrate Hillary Clinton \u2014 qui était sénatrice de l\u2019État lors des attentats \u2014 et son rival républicain, le New-Yorkais Donald Trump, étaient présents à New York, mais aucun des deux n\u2019a parlé en public.Les candidats ont aussi décidé de ne pas diffuser de publicités électorales pendant la journée.C\u2019est « notre devoir solennel d\u2019agir ensemble dans l\u2019unité nationale pour préserver tous les nôtres d\u2019un ennemi qui ne cherche rien d\u2019autre que détruire notre mode de vie», a déclaré M.Trump dans un communiqué, en allusion à la menace djihadiste.« Nous n\u2019oublierons jamais les horreurs du 11 Sep t embre 2001 .Au - jourd\u2019hui, rendons hommage aux vies et au courage extraordinaire des victimes et de ceux qui les ont secourues», a tweeté Mme Clinton.De son côté, le président Barack Obama a souligné lors d\u2019une cérémonie au Pentagone que la « diversité » était la force de l\u2019Amérique, y com- pr i s f ace à des menaces comme l \u2019extrémisme islam i q u e .« A l - Q a ï d a o u l e groupe État islamique savent qu\u2019ils ne pourront jamais vaincre une nation aussi forte que l\u2019Amérique, alors ils essaient de terroriser en espérant que la peur nous dressera les uns contre les autres », a déclaré M.Obama.Dans une allusion indirecte aux propositions controversées de Donald Trump, M.Obama a rappelé que des gens « venus de tous les coins du monde, de toutes couleurs, de toutes religions » avaient fait de l\u2019Amérique ce qu\u2019elle est aujourd\u2019hui.Quelque 75 000 personnes souffrent toujours aujourd\u2019hui de troubles mentaux et physiques liés à ces attaques, dont de nombreux urgent is tes ayant respiré des par ticules cancérigènes en tentant de sauver des vies.Avec Agence France-Presse Associated Press J U L I E N A R S E N A U L T L e premier ministre Philippe Couillard se rendra cette semaine à Cuba dans le cadre d\u2019une mission commerciale, dans l\u2019espoir que le Québec puisse profiter de la relance économique que laisse entrevoir le dégel des relations diplomatiques entre l\u2019île communiste et les États-Unis.Si Cuba est visité par de nombreux vacanciers québécois chaque année, ce sera la première fois qu\u2019un premier ministre du Québec y ef fec- tuera une visite dans le cadre d\u2019un court passage qui se termine mardi soir.Une quarantaine de représentants d\u2019entreprises participeront à cette mission commerciale organisée par Export Québec.Les secteurs de la construction, de l\u2019agroalimentaire, des énergies renouvelables, des sciences et des technologies ainsi que du tourisme devraient être au cœur des discussions.« C\u2019est impor tant d\u2019être sur place lorsque le marché s\u2019ouvrira, souligne Zandra Balbinot, pro- fesseure au dépar tement de marketing à l\u2019École des sciences de la gestion.En allant là-bas, M.Couillard montre de l\u2019intérêt.C\u2019est bon signe.» Elle souligne toutefois que la province a une « faible présence» au pays des Castro, où les Chinois, les Espagnols ainsi que les Brésiliens, notamment, étaient implantés bien avant la visite du président américain Barack Obama en mars dernier.Signe du réchauffement des relations entre les États-Unis et Cuba, un vol commercial \u2014 le premier en plus de 50 ans \u2014 en provenance de la Floride s\u2019est posé à Santa Clara le 31 août.Marché difficile De nombreux investisseurs ont les yeux rivés sur la zone économique spéciale à proximité du port de Mariel, qui se trouve à une cinquantaine de kilomètres de La Havane.En vertu d\u2019une loi sur les investissements étrangers présentée par Raul Castro en 2014, les entreprises peuvent bénéficier d\u2019un bouquet d\u2019incitatifs, par exemple l\u2019exonération de l\u2019impôt sur les bénéfices pour une période donnée.« Il y a un grand paradoxe : on veut y aller et accentuer les relations avant l\u2019arrivée massive des Américains, mais on sait que la libéralisation des affaires n\u2019est pas complétée », explique le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Michel Leblanc.Même si Cuba n\u2019est pas une « panacée » pour l\u2019ensemble des entreprises et demeure un marché dif ficile à développer, M.Leblanc estime que le Québec se doit de profiter de la « fenêtre» afin de prendre les devants sur les États- Unis en établissant des partenariats.Il af firme d\u2019ailleurs que les deux événements organisés par la CCMM depuis l\u2019an dernier ont été parmi les plus fréquentés par les représentants d\u2019entreprises, ce qu\u2019il attribue en partie à la curiosité à l\u2019égard du marché cubain.En dépit d\u2019une légère augmentation des échanges commerciaux entre Québec et Cuba, il reste encore beaucoup de travail à faire.En 2014, ce pays de 11,4 millions d\u2019habitants n\u2019était que le 45e partenaire commercial en importance du Québec.L\u2019an dernier, les exportations québécoises à destination de l\u2019île communiste n\u2019étaient que de 84 millions de dollars \u2014 environ 1 % des expor tations totales de la province vers l\u2019étranger.Les fils de cuivre (21,5 %), la viande de porc fraîche, réfrigérée ou congelée (11,3 %) et les pièces automobiles (9,3 %) représentaient les trois principales catégories de produits exportés par la province vers Cuba l\u2019an dernier.Le Devoir Philippe Couillard à Cuba pour tisser des liens L\u2019ouverture économique intéresse les entreprises québécoises L E D E V O I R , L E L U N D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 I l y aura du nouveau pour la rentrée automnale du Devoir.Du nouveau dans le contenu, dans l\u2019équipe de collaborateurs et dans l\u2019offre numérique.Un automne riche en actualités.Déjà, vous avez pu constater que nous avons amorcé, depuis deux semaines, une couver ture en profondeur de la course au leadership du Parti québécois.Notre équipe éditoriale rencontre chaque candidat dans le cadre de grandes entrevues qui sont publiées le samedi.Le Devoir innove en organisant, pour la toute première fois, un grand débat entre les quatre candidats à la chefferie.Le directeur du Devoir, Brian Myles, animera ce débat au Musée de la civilisation à Québec, le 3 octobre, en compagnie de notre chroniqueur politique, Michel David.Vous pourrez suivre cette soirée d\u2019échanges en webdiffusion.La campagne électorale chez nos voisins du sud nous intéressera également.Une série sur l\u2019Amérique vue par ses écrivains, des reportages sur le terrain et des analyses vous permettront de bien suivre les évé- nements entourant cette élection et de prendre le pouls de la société américaine d\u2019au- jourd\u2019hui.Élisabeth Vallet, directrice scientifique de la chaire Raoul-Dandurand de l\u2019UQAM et spécialiste de la politique américaine, analysera dans nos pages les enjeux de cette élection.Nous accueillons par ailleurs de nouveaux chroniqueurs dans la section Actualités.Pierre Trudel, professeur titulaire au Centre de recherche en droit public de la Faculté de droit de l\u2019Université de Montréal et chercheur associé au CEFRIO, abordera les questions entourant la liberté d\u2019expression, la vie privée en cette ère numérique et aussi le droit des médias.Ses champs d\u2019expertise sont vastes, et les sujets ne manqueront pas.Vous pourrez le lire tous les mardis.Denis Ferland, ex-correspon- dant parlementaire à Radio-Ca- nada et féru de politique canadienne, commentera les dessous de la politique fédérale.Un monde qu\u2019il observe de près depuis plus de vingt ans.On le retrouvera tous les mercredis.Cathy Wong et Fabrice Vil sont deux agents de changement social inspirants à Montréal.Nous sommes heureux de les compter parmi nous.Ils poseront un nouveau regard sur des phénomènes de société de notre temps.Fabrice Vil est cofonda- teur et directeur général de 3 points, un organisme qui transforme les entraîneurs sportifs en « coachs de vie » auprès des athlètes issus de milieux défavorisés.Cathy Wong est devenue en 2013 la plus jeune présidente du Conseil des Montréalaises, et elle a remporté le prix Femme de mérite du Y des Femmes en 2014.Ils seront publiés en alternance les vendredis.Nous espérons que cette pluralité de voix alimentera la circulation des idées et le débat public dans la pure tradition du Devoir.Le Devoir poursuit enfin son virage numérique.Nous lancerons prochainement une application mobile qui répondra aux besoins des citoyens de plus en plus nombreux à s\u2019informer par l\u2019entremise de leur téléphone.Direction culturelle Nous avons aussi confié de nouvelles responsabilités à certains cadres de la rédaction.Paul Cauchon sera désormais responsable de la planification des contenus.Un rôle crucial pour une rédaction comme Le Devoir, qui souhaite offrir une information en profondeur à ses lecteurs.Louise-Maude Rioux Soucy dirigera désormais nos pages culturelles.Elle sera épaulée par Fa- bien Deglise pour tout le secteur des livres, qui seront plus présents que jamais et voyageront sur toutes nos plateformes.Je vous invite, chers lecteurs et lectrices, à nous accompagner dans ces changements.Je vous remercie d\u2019emblée de votre confiance et de votre soutien envers Le Devoir.Cela nous est essentiel.Nous vous souhaitons une excellente rentrée ! Luce Julien Rédactrice en chef Rentrée foisonnante au Devoir Nouveaux chroniqueurs, projets spéciaux et application mobile JUSTIN SULLIVAN AGENCE FRANCE-PRESSE Des milliers de personnes ont assisté à la cérémonie new-yorkaise, plusieurs brandissant des photos des victimes.L a Banque Scotia et la Banque Royale du Canada renoncent à four nir des comptes à des entreprises liées au secteur du cannabis, obligeant cer tains propriétaires à trouver une solution de rechange.Après une relation d\u2019une dizaine d\u2019années avec la Banque Scotia, le propriétaire de Hemp Country Nathan MacLellan dit avoir reçu une lettre de l\u2019institution financière l\u2019informant que son compte avait été fermé.Le commerce situé à Woodstock, en Ontario, vend des articles liés à la marijuana, dont des pipes et des pipes à eau \u2014 mais pas la substance elle-même, assure M.MacLellan.Le propriétaire juge « insultant » de se faire traiter ainsi alors que le gouvernement fédéral envisage la légalisation du cannabis.Des cas semblables ont aussi été signalés à la Banque Royale.Gestion de risques Le por te -par o le de l a Banque Scotia Rick Roth a expliqué dans un courriel que l\u2019institution souhaite « gérer les risques judicieusement tout en prenant des décisions prudentes d\u2019af faires ».« C\u2019est pourquoi la banque a pris la décision de fermer les comptes existants de petites entreprises et de proscrire l \u2019ouver ture de nouveaux comptes pour des clients classés comme des entreprises liées à la marijuana », a-t-il ajouté.La Banque Royale a également confirmé qu\u2019elle ne fournissait plus de ser vices bancaires à des entreprises « impliquées dans la production et la distribution de cannabis ».« Nous confirmons que cela fait par tie de nos pratiques d\u2019af faires.La banque revérifie périodiquement les relations avec ses clients en fonction de plusieurs facteurs afin de mesurer les bénéfices et les risques associés à ces services bancaires », a écrit le porte-parole de la banque, AJ Goodman, dans un courriel.La Presse canadienne Marijuana : les banques prennent leurs distances LE 11-SEPTEMBRE, 15 ANS PLUS TARD Les États-Unis se souviennent dans un climat tendu On croit que certaines choses nous divisent, mais ce n\u2019est vraiment pas le cas.Nous faisons tous partie de cette Terre dans ce vaste univers.Granvilette Kestenbaum, veuve de Howard Kenstenbaum, victime « » Ça ne devient pas plus facile.Le deuil ne disparaît jamais.Tu n\u2019avances pas : ça reste toujours avec toi.Tom Acquaviva, qui a perdu son fils, Paul.« » L E D E V O I R , L E L U N D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 D ans ma campagne aux verts encore huilés du soleil d\u2019été, j\u2019observe de près depuis quelques semaines des colonies de tortues dans des marais veillés par des nichées de grands hérons bleus.Bien qu\u2019elles soient nombreuses dans ces eaux boueuses, il m\u2019a fallu un moment pour les repérer et les identifier.Ce sont des tortues peintes, l\u2019espèce la plus commune d\u2019Amérique, et des tortues serpentines.Ces bêtes maintiennent doucement le rythme de leur vie en commun depuis des millions d\u2019années.Dans les marais, pour voir ces tortues, il faut s\u2019arrêter et donner le temps à ses yeux d\u2019apprendre à distinguer les nuances vivantes au milieu des eaux stagnantes.À les observer sans trop bouger, je finis par leur ressembler tant mes mouvements apparaissent lents et limités.Sans plus me soucier de rien, j\u2019en viens même à laisser aux abeilles qui passent près de mes oreilles le soin de manifester pour moi dans leur bourdonnement ma joie d\u2019être là.Des plaisirs pareils tiennent pour beaucoup au sentiment d\u2019éprouver des changements profonds et salutaires dans la sensation du temps.D\u2019ordinaire, le temps nous avale et nous broie au nom du rythme qu\u2019on nous impose.De retour à Montréal, me voici à chercher des livres consacrés aux tortues à la Grande Bibliothèque.Tandis qu\u2019on nous chante à tue-tête le temps venu de la dématérialisation et de la consultation à distance, les bibliothèques n\u2019ont jamais été aussi pleines.Elles sont devenues des lieux uniques de rencontres, d\u2019échanges, de recueillement.Arrêté pour chercher au milieu d\u2019une rangée, à l\u2019affût de découvertes que la seule consultation d\u2019un catalogue numérique rend souvent impossibles, je goûte là une autre rare rupture avec les cadences de plus en plus resserrées qui président à l\u2019organisation de nos vies.Dans une bibliothèque, on peut faire la tortue.Peut-être est-ce pour cela d\u2019ailleurs que, dans la fureur du monde actuel, un espace comme cette Grande Bibliothèque s\u2019avère plus populaire que jamais : voici un îlot où, sans se donner le mot, des gens de tous les horizons trouvent volontiers refuge à toute heure du jour.Depuis le 9 septembre, la Grande Bibliothèque est ouverte les vendredis soir.On l\u2019a annoncé aux usagers avec tambours et trompettes.« Montréal augmente sa contribution de 3 millions », ce qui permet d\u2019accéder pour quelques précieuses heures à quatre étages de découvertes.La Grande Bibliothèque était pourtant ouverte tous les vendredis soirs, de son inauguration en 2005 jusqu\u2019en 2010.Dans son premier rapport annuel, l\u2019institution soulignait même l\u2019importance d\u2019un «service professionnel d\u2019information et de référence», autant «sur place et à distance», puisque cela constitue un «élément clé du service d\u2019une bibliothèque ressource».L\u2019«augmentation» qu\u2019on nous annonce apparaît en fait à la suite d\u2019une série de compressions.Entre 2009 et 2013, Bibliothèque et archives nationales du Québec (BAnQ) a dû procéder à des compressions de 8 millions dans son budget à la demande du Conseil du Trésor, soit environ 10% de ce qu\u2019elle consacre à son fonctionnement.Les vendredis notamment ont pris le bord.En 2015, les bibliothécaires évoquaient des baisses de subventions de 4 millions et l\u2019abolition de 27 postes à temps plein.Faute d\u2019argent mais auréolée de son succès, la bibliothèque a dû diminuer ses services publics tout en espérant « accroître ses revenus autonomes».Selon la porte-parole de BAnQ, Claire- Hélène Lengellé, «nous avons recours aux commandites et à la philanthropie» et «nous augmentons les contrats de location des espaces disponibles, les tarifs de stationnement et nous imposons désormais des frais d\u2019inscription pour le camp de jour».En un mot, les conditions générales offertes à ceux qui fréquentent ce lieu public se dégradent, même si on célèbre triomphalement le retour de quelques heures d\u2019ouverture jugées il n\u2019y a pas dix ans encore comme allant de soi.Au moment même où se produit une érosion généralisée des services publics, le «plan culturel numérique pour permettre d\u2019améliorer les services en ligne» prévoit dépenser 5 millions de dollars.C\u2019est que dans les bibliothèques aussi flotte désormais cette culture économique et technologique libertarienne au parfum californien qui congédie des siècles de tradition du partage du savoir en commun au profit du mirage d\u2019une vie entièrement individualisée.L\u2019accès à des catalogues en ligne n\u2019est pourtant pas la même chose que d\u2019avoir accès à des espaces de découverte animés où l\u2019on se rend, seul ou en famille.Mais nous vivons sous le règne de l\u2019illusion de la vitesse, de l\u2019extension de la technique, de la performance, de la numérisation de la pensée au nom des diktats de machines vouées moins à nous informer au final qu\u2019à nous divertir.Ces mirages de la technologie veulent faire croire que l\u2019accès à la culture peut être dématérialisé.Comme si les serveurs, les ordinateurs et le prix à payer pour être branché n\u2019étaient pas de l\u2019ordre du matériel.Comme si surtout la culture était désormais à envisager chacun pour soi, à travers l\u2019interface d\u2019un écran aveuglant, privé de conseils et de guides autres que ceux orchestrés par les puissants qui en ont le contrôle.Nous vivons un temps opposé aux tortues.Et après on s\u2019étonne de les voir mourir.jfn@ledevoir.com Le livre et la tortue JEAN-FRANÇOIS NADEAU J E A N N E C O R R I V E A U R éunis dimanche après-midi en assemblée extraordinaire, les chauffeurs et propriétaires de taxi membres du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM) ont convenu d\u2019entreprendre une action collective contre le gouvernement du Québec et de recourir à une injonction pour freiner Uber.Furieux de l\u2019entente conclue par le gouvernement avec la multinationale Uber, les chauffeurs n\u2019ont pas écar té le recours à la grève, mais ils ont dit préférer attendre la tenue d\u2019une rencontre prévue lundi avec le ministre des Transports, Laurent Lessard, avant d\u2019utiliser ce moyen de pression.L\u2019assemblée qui se tenait au Centre haïtiano- canadien La Perle retrouvée a été houleuse par moments, certains membres dans l\u2019assistance réagissant bruyamment aux propos de leurs dirigeants.Certains chauffeurs étaient visiblement déçus qu\u2019une grève ne soit pas déclenchée.«Qu\u2019est-ce qu\u2019on fait ici?», a crié l\u2019un d\u2019eux.Les dirigeants du R TAM ont eu du mal à contenir les quelque 200 chauffeurs et propriétaires en colère.Colère et frustration Ils ont expliqué à l\u2019assistance avoir choisi de déposer, dans les prochains jours, une action collective contre le gouvernement ainsi qu\u2019une injonction provisoire permanente dans le but de forcer l\u2019abandon de l\u2019entente conclue avec Uber.Ils ont également convenu de ne pas perturber les services de transport adapté.«Mais toutes les autres options sont sur la table.La grève n\u2019est pas exclue, mais nous ferons les choses correctement», a indiqué Benoit Jugand, responsable du développement stratégique au RTAM.Le RTAM avait déjà un rendez-vous avec le ministre Lessard lundi à 14 h et compte demander aux autres membres de l\u2019industrie de participer à la rencontre.À l\u2019issue de l\u2019assemblée, certains chauffeurs se sont vidé le cœur, frustrés du traitement accordé à Uber qui pourra légaliser sa position dans le cadre d\u2019un projet-pilote d\u2019un an.Plusieurs en voulaient aussi à Alexandre Taillefer, qui détient 40% de la part de marché du taxi montréalais avec les flottes de Téo Taxi, Taxi Diamond et Taxi Hoche- laga, et qui a salué l\u2019entente intervenue avec Uber, la jugeant raisonnable.L\u2019homme d\u2019affaires a indiqué que les chauffeurs qui perturberaient le service seraient sanctionnés.«Mon permis, je ne l\u2019ai pas acheté 15 000$.Je l\u2019ai payé 200 000$ en 2010», a lancé, excédé, Bouzid, chauffeur-propriétaire, qui se dit en faveur d\u2019une grève illimitée le temps venu.«Ce gouvernement veut nous pousser à la faillite en autorisant Uber, une compagnie illégale qui restera toujours illégale.Ils se sont mis d\u2019accord avec Taillefer pour nous pousser à la faillite.C\u2019est un gouvernement corrompu, un gouvernement d\u2019escrocs.» Benoit Jugand a voulu calmer le jeu et a pressé les chauf feurs qui seraient tentés de perturber les services de respecter le mot d\u2019ordre.«On demande à nos chauffeurs de ne pas se mettre les pieds dans les plats et de respecter ce que les représentants des associations ont décidé.Mais on ne peut pas empêcher la colère des chauffeurs.[\u2026] S\u2019il y a des mouvements spontanés, il n\u2019y aura qu\u2019une seule personne à blâmer, et c\u2019est le premier ministre Couillard.» Valeur des permis Le RTAM avait déjà entrepris une action collective contre Uber afin de tenter d\u2019obtenir des indemnisations pour les chauffeurs et les propriétaires de taxi qui se disent lésés par l\u2019arrivée d\u2019Uber.Soutenant que la valeur des permis de taxi a chuté de 200 000 $ à quelque 120 000 $, le R TAM estime à au moins 300 millions les pertes subies par les chauffeurs de taxi.« S\u2019il fallait que les permis perdent l\u2019ensemble de leur valeur, ce qu\u2019on va voir au cours des prochains mois, on parle d\u2019un recours au bas mot de 1,4 milliard de dollars », a précisé Me Marc-Antoine Cloutier, qui représente le RTAM.Rappelons qu\u2019en vertu de l\u2019entente conclue avec Uber, le gouvernement accorde à l\u2019entreprise 300 permis de propriétaire de taxi, ce qui correspond à 50 000 heures par semaine.Uber devra verser une redevance de 0,90 $ par course, somme qui sera consacrée à la modernisation de l\u2019industrie du taxi.Si le plafond de 50 000 heures par semaine est dépassé, la redevance grimpera à 1,10 $ et à 1,26 $ par course.De plus, Uber devra s\u2019assurer que tous ses chauffeurs détiennent un permis de conduire de classe 4C et que les véhicules font l\u2019objet de vérifications mécaniques.L\u2019entreprise devra de plus procéder à la vérification des antécédents judiciaires de ses chauffeurs.Un tarif minimum de 3,45 $ sera aussi imposé pour chaque course et Uber devra limiter la modulation tarifaire à un facteur maximal de 1,5 en cas de « force majeure ».Le Devoir UBER L\u2019industrie du taxi se tourne vers la Cour En colère, les membres du RTAM n\u2019écartent pas le recours à la grève PEDRO RUIZ LE DEVOIR Les quelque 200 chauffeurs et propriétaires en colère se sont réunis dimanche au Centre haïtiano-canadien La Perle retrouvée, à Montréal.I S A B E L L E P O R T E R à Québec L a ministre de l\u2019Immigration, Kathleen Weil, est en train d\u2019élaborer un plan pour améliorer les chances des immigrants et réfugiés de réussir leur examen théorique de la Société de l\u2019assurance automobile (SAAQ), a appris Le Devoir.«La ministre travaille actuellement à trouver une solution dans les meilleurs délais avec les partenaires impliqués, notamment le ministère des Transports», a indiqué cette semaine son attachée de presse Gabrielle Tellier.Le plan pour améliorer les taux d\u2019obtention du permis de conduire est attendu cet automne.Comme l\u2019a révélé Le Devoir ces derniers mois, certains groupes de réfugiés échouent systématiquement aux examens théoriques de la SAAQ, ce qui réduit de beaucoup leurs chances de s\u2019intégrer à la société, notamment en région.Quand les réfugiés arrivent au Québec, le permis de conduire de leur pays d\u2019origine est valide pendant six mois.S\u2019ils ne parviennent pas à réussir l\u2019examen de la SAAQ au cours de cette période, ils perdent leur droit de conduire.On leur permet aussi de passer l\u2019examen théorique dans leur langue dans les trois années suivant leur arrivée.À Montréal, il est possible d\u2019être assisté par un interprète, toujours pendant les trois premières années.Or une fois ce délai écoulé, ils doivent passer l\u2019examen en français ou en anglais.Récemment, à la suite de l\u2019intervention de la députée péquiste Agnès Maltais, le bureau de la SAAQ de Québec a permis exceptionnellement à un groupe de réfugiés népalais de passer leur examen avec l\u2019aide d\u2019une interprète parlant leur langue maternelle, le népali.Un total de 38 réfugiés ont passé ainsi l\u2019examen le 29 août dernier.Il n\u2019a pas été possible de savoir exactement combien l\u2019avaient réussi.«Sur les 16 qui ont passé le test le matin, on m\u2019a dit qu\u2019au moins 4 personnes» avaient pris rendezvous pour l\u2019examen pratique, a signalé le professeur de francisation, Richard Lepage dont les démarches ont permis de faire venir l\u2019interprète.«J\u2019ai jasé avec d\u2019autres élèves.Ils m\u2019ont dit qu\u2019ils avaient seulement manqué un des trois modules, mais que ça les avait beaucoup encouragés à repasser l\u2019examen.» M.Lepage enseigne le français au Centre Monseigneur Marcoux de façon bénévole.Il a été ravi d\u2019apprendre que la ministre cherchait à aider les réfugiés dans ce dossier.«Si on veut accueillir correctement les immigrants, un des éléments importants, c\u2019est d\u2019avoir un permis de conduire.En ce moment, c\u2019est vraiment décourageant pour eux.» Réfugiés syriens En plus du cas des Népalais, Le Devoir a recensé le cas d\u2019une famille syrienne établie à Lé- vis éprouvant le même problème.Les statistiques montrent par ailleurs que le taux d\u2019échec pour les examens théoriques en langue arabe sont deux fois plus élevés que la norme.Par contre, il semble que le problème ne touche pas tous les milieux.Les réfugiés syriens qui se sont établis en Outaouais par exemple (134 personnes) n\u2019éprouvent pas de problèmes par ticuliers avec l\u2019examen de la SAAQ, selon une intervenante de l\u2019organisme Accueil-Parrainage Outaouais.En entrevue, Mirna Abou Tanos explique que les réfugiés syriens de son secteur avaient mis la main sur une méthode d\u2019apprentissage traduite en arabe.«Ils la photocopient tous, ça circule dans la communauté», précise-t-elle.Le Devoir EXAMEN DE CONDUITE Québec cherche des solutions pour les réfugiés Certains groupes de réfugiés échouent systématiquement aux examens théoriques de la SAAQ, ce qui réduit de beaucoup leurs chances de s\u2019intégrer S\u2019il fallait que les permis perdent l\u2019ensemble de leur valeur, [\u2026] on parle d\u2019un recours au bas mot de 1,4 milliard Marc-Antoine Cloutier, avocat du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos « » L E D E V O I R , L E L U N D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Le juge Robin Camp ne connaissait pas le droit criminel Calgary \u2014 Le juge de la Cour fédérale Robin Camp a admis que sa connaissance du droit criminel canadien était « inexistante » à l\u2019époque où il a demandé à une présumée victime d\u2019agression sexuelle si elle avait « serré les genoux ».Le Conseil canadien de la magistrature (CCM) doit décider du sort de Robin Camp, qui s\u2019est excusé au sujet de son attitude envers une jeune femme âgée de 19 ans durant un procès pour agression sexuelle qu\u2019il présidait en 2014.Robin Camp, qui est né en Afrique du Sud et a déménagé à Calgary en 1998, a d\u2019abord pratiqué dans le domaine de l\u2019aide juridique, ce qui lui a permis de faire un peu de droit criminel, avant de se concentrer sur le droit relatif aux contrats, aux faillites et aux fiducies ainsi que sur les litiges dans le secteur du pétrole et du gaz naturel.Il a été nommé juge à la Cour provinciale de l\u2019Alberta en 2012.« Mes collègues savaient que mes connaissances du droit canadien étaient très minimes.En fait, elles étaient inexistantes », a avoué le magistrat après avoir été questionné par les membres du comité du CCM vendredi.Les conclusions finales du comité doivent être présentées ce lundi.La Presse canadienne Manifestation pour des soins à domiciles publics Laval \u2014 Des auxiliaires en santé et services sociaux ont participé à une marche à Laval pour dénoncer la place de plus en plus grande qu\u2019occupe le secteur privé dans les soins à domicile, dimanche.Ils se sont rendus jusqu\u2019au bureau de la ministre responsable des Aînés au sein du gouvernement Couillard, Francine Charbonneau.Ces syndiqués accusent le gouvernement du Québec de procéder à la privatisation d\u2019une part importante des soins de longue durée aux aînés.L\u2019un des organisateurs du rassemblement, Jean La- charité, vice-président de la CSN, a expliqué que les syndiqués croient que les soins personnels et les soins d\u2019hygiène doivent demeurer dans le giron public, afin d\u2019en assurer la qualité.La CSN demande au gouvernement de renoncer à la sous-traitance de ce type de soins, offert traditionnellement par des auxiliaires familiaux par l\u2019entremise des CLSC.La Presse canadienne Le Bloc rend hommage à Gilles Duceppe Le Bloc québécois rendra hommage à son ancien chef Gilles Duceppe, lundi, à Montréal.Plusieurs ténors souverainistes ont été conviés à une soirée qui se déroulera à l\u2019Écomusée du fier monde.Les anciens premiers ministres du Québec Pauline Marois et Bernard Landry, de même que le chef intérimaire du Parti québécois, Sylvain Gaudreault, seront présents.De nombreuses autres personnalités des milieux politiques et culturels ont aussi été invitées.Gilles Duceppe a été le premier à être élu sous la bannière du Bloc québécois en 1990.Il a été député de la circonscription de Laurier\u2013 Sainte-Marie pendant plus de 21 ans, soit jusqu\u2019à la défaite électorale cuisante du Bloc en 2011.M.Duceppe a été chef du Bloc de 1997 à 2011.Après un retrait de quatre ans de la politique, il a repris les commandes de la formation en juin 2015, pour partir de nouveau, après une autre défaite électorale en octobre 2015.La Presse canadienne I S A B E L L E P O R T E R à Québec L a Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) s\u2019apprête à apporter de nouveaux assouplissements au règlement pour protéger le ré- ser voir d\u2019eau potable, et ce, même dans cer taines zones dites «plus sensibles ».« C\u2019est clair que, nous, c\u2019est l\u2019eau potable qui nous intéresse, l\u2019écoulement de l\u2019eau vers les ruisseaux, les sources souterraines.Évidemment, plus les sols sont impropres à recevoir des installations septiques, plus on va être sévères.Et plus la végétation est fragile pour contenir l\u2019écoulement, plus on va être sévères.À l\u2019inverse, quand les milieux ont de l\u2019aptitude à recevoir des installations septiques, on va lever le pied un peu», a déclaré au Devoir l\u2019expert de la CMQ dans ce dossier, François Morneau.Adopté en mars, le Règlement de contrôle intérimaire (RCI) force un grand nombre de nouvelles résidences de Stoneham à se raccorder à un réseau d\u2019égout.On craint en effet que l\u2019étalement urbain et la multiplication des fosses septiques dans le secteur n\u2019aggravent l\u2019état de santé du lac Saint-Charles, principal réservoir d\u2019eau potable de la ville de Québec.Assouplissements En juillet, la CMQ a déjà assoupli la réglementation dans les zones moins à risque (1 et 2) en annonçant qu\u2019elle respecterait les droits acquis et permettrait le maintien de fosses septiques dans certains cas.Mais dans les zones de vulnérabilité 3 et 4, la CMQ prévoyait être beaucoup plus sévère et carrément interdire les nouvelles constructions.Situées dans des secteurs plus montagneux, ces zones sont plus éloignées du périmètre urbain et proches des cours d\u2019eau du bassin versant de la rivière Saint-Charles.Or comme l\u2019explique M.Morneau, la CMQ tiendra davantage compte du contexte de chaque projet.«Les projets qui arrivent avec égouts et aqueducs, des projets haut de gamme avec d\u2019immenses terrains où la végétation est préservée, c\u2019est clair que ça part bien.Mais il y a aussi des promoteurs qui ont des projets à haute densité sur installation septique sur des sols très minces dans des érablières où la végétation est très fragile.Là, on va peut-être maintenir une certaine sévérité.» Vague de construction Pendant ce temps, le secteur de la CMQ le plus touché par le problème fait face à une véritable ruée vers les permis de construction.En date du 9 septembre, la municipalité avait reçu 155 demandes de permis.C\u2019est presque trois fois plus qu\u2019en 2015 (57).Et ce n\u2019est pas tout, selon le maire, Robert Miller, qui « s\u2019attend» à en recevoir «une centaine» de plus d\u2019ici au 20 octobre.La date du 20 octobre est cruciale puisque c\u2019est à cette date que doit entrer en vigueur la nouvelle réglementation de la CMQ.À l\u2019origine, le règlement devrait entrer en vigueur dès le printemps, mais à la dernière minute, le président de la CMQ, Régis Labeaume, a annoncé qu\u2019il accordait un sursis de six mois aux propriétaires.« Ça fait la file en bas [de l\u2019hôtel de ville] pour les permis », a déclaré le maire de Stoneham au Devoir vendredi.« À la prochaine assemblée publique seulement, on doit en traiter dix ou douze.» Si la hausse est importante, c\u2019est cependant moins que ce qu\u2019avait évoqué M.Miller au printemps en parlant de 400 à 500 permis en six ans.À la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), cette ruée vers la construction suscite des inquiétudes.«C\u2019est clair qu\u2019il y a des dommages collatéraux à tout ça, mais on ne pensait pas qu\u2019il y en aurait autant », a expliqué le coordonnateur François Morneau.« Le sursis de six mois visait des gens qui étaient très avancés dans leur projet.Quand on a un projet domiciliaire, il faut faire l\u2019acquisition, passer un acte notarié, faire des analyses de sol, creuser un puits, avoir un plan de construction, un permis\u2026 Normalement, ça ne se fait pas en six mois, ces af- faires-là.» La CMQ, dit-il, a été surprise que les gens fassent cela « en accéléré » et que les «villes embarquent là-dedans».Interrogé sur la rapidité du processus, le maire Miller rétorque «qu\u2019à partir du moment où le permis est complet, ils vont pouvoir construire ».« Ce qu\u2019on constate, c\u2019est que beaucoup de personnes n\u2019avaient pas le projet de construire immédiatement.Il y a beaucoup de gens qui forcent un petit peu leur dossier.» Patrimoine Selon le maire, on retrouve un mélange de promoteurs et de particuliers parmi les nouveaux demandeurs.Il affirme aussi que les demandes touchent surtout des résidences des zones moins sensibles sur le plan environnemental (les zones de vulnérabilité 1 et 2).Or certaines demandes de permis traitées par Stoneham cet été se trouvaient en zone 3.« On a des terrains qui étaient lotis avec les deux services [égouts et aqueduc] qui étaient dans des zones 3.Ces gens-là ont acheté des terrains pour 100 000 $ et plus.Ils ne veulent pas perdre leur patrimoine, alors ils se dépêchent.» Rappelons que la municipalité des cantons unis de Stone- ham-et-Tewkesbury ainsi que celle de Lac-Beauport ont entrepris des poursuites judiciaires contre la CMQ pour faire invalider le règlement.La cause doit normalement être entendue en janvier.Le Devoir EAU POTABLE La CMQ s\u2019apprête à assouplir les règles S T É P H A N I E M A R I N L e fusil semi-automatique d\u2019aspect militaire dont s\u2019est ser vi Kimveer Gill le 13 septembre 2006 au Collège Dawson est toujours légal dix ans plus tard, malgré les efforts de plusieurs groupes.Et depuis, une version légèrement modifiée de ce fusil a été mise en vente au Canada, ce qui le rend encore plus accessible.L\u2019arme principale de Kimveer Gill, le Beretta CX4 Storm \u2014 qui lui a servi à tirer 72 balles au Collège Dawson \u2014, était classée dans la catégorie «restreinte» à ce moment, ce qui nécessitait un permis spécial de possession, un permis de transport d\u2019arme et qui obligeait son détenteur à être membre d\u2019un club de tir, le seul endroit où il pouvait se servir de ce fusil.Le modèle CX4 Storm est maintenant disponible en version «non restreinte».Seul un permis ordinaire est exigé pour se le procurer.Pour que le fusil puisse entrer dans la catégorie «non restreinte», le manufacturier a augmenté légèrement la longueur du canon (de 40cm à 48 cm).En deçà de 47 cm, ce type de fusil est classé dans la catégorie «restreinte».Cette dif férence de trois pouces ne changerait absolument rien quant à la puissance de l\u2019arme ou à sa précision, selon Tony Bernardo, directeur de l\u2019Association des sports de tir au Canada, contacté au sujet du modèle CX4 Storm de Beretta.D\u2019après cet expert des armes à feu, le modèle non restreint est vendu depuis quatre ou cinq ans.Versions adaptées L\u2019expert en armes à feu et en balistique Alan Voth explique que les fabricants d\u2019armes étudient les lois de chaque pays et créent une version adaptée à la législation de chacun des marchés, ce qui leur donne plus d\u2019occasions de vente.Car une arme non restreinte se vend plus facilement.Kimveer Gill a abattu une jeune femme de 18 ans, Anastasia De Sousa, et blessé 16 personnes au Collège Dawson le 13 septembre 2006.Il s\u2019est donné la mort sur place.Ces décès ont mené à deux rapports du coroner en 2008, qui recommandait notamment de prohiber les armes semi-automatiques et aussi toutes celles dont le chargeur se trouve derrière la détente.«C\u2019est un fusil plus léger, plus facile à manœuvrer, mais qui est quand même très précis, et qui ne devrait pas être accessible aux civils», avait précisé en point de presse le coroner Jacques Ramsay au moment du dévoilement de son rapport.Guy Morin, vice-président du collectif Tous contre un registre québécois des armes à feu croit de son côté qu\u2019il n\u2019y a pas de problème avec les armes semi-automatiques au Canada: les fusillades sont rares, dit-il, et les meurtres sont le fait de criminels qui acquièrent des armes illégales.Ou encore de gens atteints de troubles mentaux.La Presse canadienne TUERIE DE DAWSON L\u2019arme du tueur plus accessible qu\u2019il y a dix ans B O R I S P R O U L X U ne journaliste américaine, de passage ce week-end au Canada pour le Festival international du film de Toronto, fait l\u2019objet d\u2019un mandat d\u2019arrêt aux États-Unis pour s\u2019être introduite avec des centaines de manifestants sur un site de construction d\u2019un controversé pipeline au Dakota du Nord.Amy Goodman, journaliste engagée et animatrice de l\u2019émission Democracy Now (« Démocratie maintenant »), diffusée sur le Web, a couvert le 3 septembre une importante manifestation contre le passage du pipeline Dakota Access près de la réserve sioux Standing Rock.Son reportage, diffusé mardi, est devenu viral et montre des agents de sécurité de Dakota Access utiliser des chiens de garde contre les manifestants autochtones.Mme Goodman se trouvait à Toronto ce week-end pour la présentation du film All Governments Lie («Tous les gouvernements mentent »), samedi.Dans un tweet, la militante al- termondialiste Naomi Klein a écrit, dimanche : « Je viens de parler à Amy Goodman \u2014 elle est en sécurité, de retour du Canada.Aux États-Unis pour gérer toute cette connerie.» Le mandat d\u2019arrêt contre Mme Goodman, délivré par l\u2019État du Dakota du Nord, a été publié en ligne par des journalistes américains.On peut y lire que la journaliste fait face à des accusations criminelles pour une intrusion effectuée le 3 septembre.«C\u2019est une violation inacceptable de la liberté de presse.Je faisais mon travail», a écrit la principale intéressée sur son site de nouvelles alternatives.Le reportage militant intitulé «La compagnie Dakota Access Pipelines attaque des autochtones américains avec des chiens et du poivre » semble montrer la journaliste suivre de près des centaines de manifestants au-delà de la clôture érigée par la compagnie, faisant reculer des bulldozers.Les images de confrontation avec les agents de sécurité de la compagnie, d\u2019une grande violence, sont entrecoupées d\u2019entrevues avec des manifestants.Tracé controversé Le projet de 3,8 milliards de dollars est destiné à relier Stanley, village du Dakota du Nord situé à 90 km de la frontière avec la Saskatchewan, à Patoka, en Illinois, traversant aussi le Dakota du Sud et l\u2019Iowa.Le pipeline de la compagnie Energy Transfer Partners est conçu pour transporter 500 000 barils de pétrole brut par jour.Les af frontements de cette semaine font suite à plusieurs mois de manifestations là où le pipeline doit traverser la rivière Missouri, soit juste en amont de la réserve Standing Rock.Le site est revendiqué par les Sioux comme un lieu de sépulture traditionnel.Un camp a été dressé par les manifestants, qui accueillent depuis la mi-août des autochtones de par tout aux États- Unis, selon les médias locaux.Vendredi, le dépar tement américain de la Justice a suspendu les travaux de construction sur une trentaine de kilomètres de par t et d\u2019autre du Missouri, considérant que la communauté sioux n\u2019a pas été suffisamment consultée dans le processus fédéral d\u2019approbation du pipeline.Cette suspension est survenue à peine quelques minutes après qu\u2019un juge eut rejeté la demande d\u2019injonction de la nation sioux, qui mène aussi sa bataille devant les tribunaux.The Atlantic a révélé qu\u2019au lieu d\u2019attendre la décision de la Cour sur la demande d\u2019injonction, Dakota Access a poursuivi les travaux, détruisant certains sites archéologiques.En plus de l\u2019importance culturelle du lieu, les manifestants craignent qu\u2019une éventuelle fuite compromette la qualité de l\u2019eau, source des 8000 résidants de la réserve.Le Devoir PIPELINE DAKOTA ACCESS Une journaliste qui a couvert les manifestations accusée au criminel C\u2019est une violation inacceptable de la liberté de presse Amy Goodman, journaliste « » RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Le lac Saint-Charles, principale source d\u2019eau potable de la ville de Québec, sera bientôt visé par des règles de protection.Robin Camp L E D E V O I R , L E L U N D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 1 6 SOCIETE A 5 Les espèces, paiement de tous les maux?Sans numéraire, la lutte contre l\u2019évasion fiscale, la corruption et les trafics illégaux serait facilitée M A T H I L D E F A R I N E Dans une société où le numérique envahit tous les domaines au quotidien, un bastion résiste : l\u2019argent comptant.Selon un sondage récent de MasterCard, il reste le moyen de paiement dans près de 85 % des transactions des consommateurs du globe.Environ 14 000 milliards de dollars passent régulièrement de main en main.Il n\u2019y a même jamais eu autant de monnaie en circulation: les États-Unis ont atteint le niveau record de 1400 milliards de dollars, soit une moyenne de 4200dollars par Américain, la plupart du temps en grosses coupures.Et pourtant, ce ne sont pas les autres solutions qui manquent : cartes de débit et de crédit, dont un nombre croissant est équipé de la fonction de paiement sans contact, et, de plus en plus, des applications de paiement mobile, développées aux quatre coins du monde.Ce, alors que les réglementations rendent toujours plus compliquée et coûteuse la détention de liquide.La Banque centrale européenne (BCE) a également décidé de retirer les billets de 500 euros, une façon de pousser les consommateurs à se tourner vers des paiements électroniques pour des achats conséquents.L\u2019utilisation de ces technologies toujours plus efficaces, bon marché et sécurisées augmente.Dans les pays développés, mais aussi dans les marchés émergents.Des chercheurs ont avancé qu\u2019en Chine, plus des deux tiers des paiements du commerce en ligne se faisaient encore en espèces en 2009.Sept ans plus tard, la proportion s\u2019est renversée, sous l\u2019effet de la multiplication des téléphones intelligents et des porte-monnaie électroniques.Ce qui est vrai pour la Chine l\u2019est aussi dans de nombreux pays d\u2019Afrique où les paiements mobiles se multiplient.Fin des billets de 100dollars?L\u2019argent comptant reste cependant roi, et pour des raisons simples, selon Kenneth Ro- goff : «Une large part nourrit l\u2019évasion fiscale, la corruption, le terrorisme, le trafic de drogue ou d\u2019êtres humains, et le reste se trouve dans l\u2019économie souterraine, encore massive dans le monde entier.» Ce professeur de Harvard, ancien chef économiste du Fonds monétaire international (FMI), connu pour son immense travail sur les dettes publiques, vedette parmi les économistes, prône depuis quelques années l\u2019éradication de l\u2019argent comptant.Jeudi, il publiait un livre, The Curse of Cash (Princeton University Press) pour faire avancer ce débat et détailler sa vision d\u2019une société où les porte-monnaie auraient quasiment disparu.Depuis quelques mois, le débat a pris.D\u2019autres économistes de renom ont soutenu Kenneth Rogoff, notamment Larry Summers, ancien président de Harvard et secrétaire au Trésor américain entre 1999 et 2001.Ce conseiller de Barack Obama a écrit plusieurs ar ticles, même s\u2019il se limite à défendre l\u2019abolition des billets de 100 dollars, jugeant les petites coupures moins problématiques.Banques centrales terrifiées Mais surtout, si le sujet occupe les économistes, c\u2019est que d\u2019autres y trouvent un intérêt particulier, au-delà de l\u2019utilisation douteuse de l\u2019argent comptant.Les banques centrales pourraient voir d\u2019un bon œil la disparition de la monnaie physique.Un grand nombre d\u2019entre elles, en Europe et en Suisse, ont introduit des taux d\u2019intérêt négatifs pour relancer la machine économique ou lutter contre la déflation.Or elles pourraient être tentées d\u2019en faire davantage puisque l\u2019activité reste anémique.Sauf qu\u2019«elles sont terrorisées à l\u2019idée que les banques commerciales répercutent les taux négatifs sur leurs clients privés et que ceux-ci décident de vider leurs comptes et garder leur épargne en liquide», explique Charles Wyplosz, professeur d\u2019économie à l\u2019Institut des hautes études internationales et du développement.Mais si l\u2019argent comptant disparaît, ce problème s\u2019efface aussi, poursuit-il.C\u2019est un argument qu\u2019utilise d\u2019ailleurs Kenneth Rogoff, persuadé que cela redonnerait la latitude nécessaire aux grands argentiers pour remettre leur économie sur les rails de la croissance.Interdits bancaires Le fait que des personnes puissent se retrouver marginalisées n\u2019inquiète pas.«Le nombre de personnes n\u2019ayant pas de compte bancaire est extrêmement faible », avance Charles Wyplosz.Quant aux interdits bancaires, « on peut imaginer un service public, qui permette à tous d\u2019avoir un compte sans autorisation de découvert.» Même Kenneth Rogoff, le plus grand pourfendeur des espèces sonnantes et trébuchantes, n\u2019est pas complètement radical : «Dans un avenir proche, je propose une société avec moins d\u2019espèces, pas une société sans espèces.» C\u2019est-à-dire que les petites coupures resteraient en circulation pour une période indéfinie.« Cela permettrait d\u2019évacuer certaines inquiétudes », explique- t-il.Notamment celles sur les coupures de courant (qui bloqueraient les transactions).Cela permettrait de garder le côté pratique pour des achats à petite échelle, juge-t-il aussi.À plus long terme, il suggère de remplacer le papier qui resterait par des pièces particulièrement lourdes et compliquées à transpor ter et à stocker en grande quantité.Des outils peut-être anachroniques, mais qui répondraient à un point qui froissera peut-être davantage les Européens que les Américains.Pouvoir payer en espèces, c\u2019est garder la confidentialité sur quelques transactions.L\u2019exemple de la Suède Théorique, la société sans espèces sonates ?Pas en Suède, affirme Niklas Arvidsson, professeur du KTH Royal Institute of Technology de Stockholm.Ce dernier a mené une étude fin 2015, démontrant que le pays pourrait devenir le premier à voir l\u2019argent comptant disparaître.Ironie de l\u2019histoire, c\u2019est justement dans ce pays que les premières coupures en papier ont été imprimées en 1661.Application à succès « L\u2019argent comptant est encore un important moyen de paiement dans de nombreux pays, mais cela ne s\u2019applique plus à la Suède, où l\u2019utilisation de la monnaie physique est faible et diminue rapidement», affirme ainsi M.Arvidsson.Selon des données de la banque centrale suédoise à la fin 2014, les montants en circulation ont diminué à 80 milliards de couronnes suédoises (l\u2019équivalent de 12 milliards de dollars), contre 106 milliards six ans plus tôt.Soit 2 % du PIB suédois, alors que la moyenne dans la zone euro est de 9,7 % et qu\u2019il représente encore 10 % en Suisse (67,4 milliards de francs).Une évolution qui s\u2019explique par le succès d\u2019une application développée par des banques suédoises et danoises, Swish, pour les transactions entre particuliers.Elle comptait 4 millions d\u2019utilisateurs en février dernier, sur près de 10 millions d\u2019habitants.Mais ce n\u2019est pas la seule explication : M.Arvidsson met en avant une infrastructure technologique particulièrement avancée, un attachement relativement faible à la monnaie papier et la faillite d\u2019un transporteur de fonds qui a semé le doute sur la sécurité de la monnaie en liquide, notamment.Et pour mieux faire avancer la cause : les vendeurs peuvent refuser que les clients paient comptant.Selon la banque centrale, les paiements en liquide ne représentaient plus que 2 % de la valeur de tous les paiements en 2015.Le Temps Des billets sous le matelas ?Il faudrait 298 camions pour stocker tous les euros en circulation.Ou près d\u2019un million de valises.Ou 22 984 lits deux places pour les cacher en dessous.Soit 2075 milliards d\u2019euros (ou l\u2019équivalent de 3045 milliards de dollars).Pourquoi le Financial Times s\u2019est-il mis à faire ces calculs ?Car il n\u2019y a pas que les clients privés qui (re)-commencent à envisager le dessous de leur matelas comme une place privilégiée pour garder leurs économies : nombre de banques se demandent s\u2019il vaut mieux continuer de payer des taux d\u2019intérêt négatifs à la Banque centrale européenne \u2014 ils sont à 0,4 % pour les dépôts depuis mars \u2014 ou si le moment est venu de réfléchir à des stratégies pour les éviter.Les espèces sont largement utilisées pour des opérations illégales, avance un économiste américain de renom, Kenneth Rogof f.Les faire disparaître résoudrait ce problème, de même que les dif ficultés actuelles des banques centrales.JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019argent comptant reste roi, et pour des raisons simples, selon Kenneth Rogoff, professeur de Harvard et ancien chef économiste du Fonds monétaire international : «Une large part nourrit l\u2019évasion fiscale, la corruption, le terrorisme, le trafic de drogue ou d\u2019êtres humains, et le reste se trouve dans l\u2019économie souterraine, encore massive dans le monde entier.» I l est un peu trop souvent question de populisme par les temps qui courent, vous ne trouvez pas?Un peu trop souvent question aussi de démagogie, de censure, d\u2019excès de morale, d\u2019énormités, de rumeurs, de faits erronés posés sur la place publique et érigés en nouvelles, sans que l\u2019on s\u2019en offusque plus que ça.La parole populiste, avec ses nombreux dérivés ou effets pervers, a été libérée dans les dernières années avec la complicité de plusieurs leaders charismatiques.L\u2019évidence en la matière a même son nom : Donald Trump.Sa surexposition médiatique, qui a forcé une course électorale, donne de la force à l\u2019absurde, à l\u2019ineptie, au mensonge, à la stigmatisation, à la haine, à la division, à la morale excessive, à la diabolisation et cautionne surtout l\u2019amplification du phénomène par des milliers d\u2019émules à travers le monde, ici y compris.La bêtise est en train de devenir une référence.L\u2019odieux a trouvé ses instances de crédi- bilisation, parce que beaucoup de grandes gueules le nourrissent et finalement très peu de voix s\u2019en offusquent avec la même vigueur, avec la même conviction.Une tolérance au pire qui commence franchement à devenir gênante.Cet été, sur les ondes de NPR, la radio publique américaine, un débat s\u2019est tenu en après- midi sur l\u2019indolence des médias, courroie de transmission des discours haineux et des mensonges de Trump, dans cet aveuglement, a souligné l\u2019un des intervenants, qui n\u2019est pas sans rappeler celui avec lequel les journalistes américains ont embarqué à une autre époque dans le délire du maccarthysme.Vous savez, cette chasse à la sorcière communiste pilotée par un idiot dogmatique.Un autre invité a appelé à un examen de conscience des médias qui participent à cette propagation du populisme et de la démagogie.Tout ça, malheureusement, dans la confidentialité de NPR qui, comme bien des médias sérieux, prêche à une mince frange de convaincus.La lucidité face aux dérives est bel et bien là.Mais son volume est encore trop bas et surtout trop localisé.Prenez la dénonciation la semaine dernière de la censure érigée en système par Facebook, dénonciation posée en première page de l\u2019Af- tenposten, plus grand quotidien de Norvège, par son éditeur Espen Egil Hansen.Le détonateur ?Le retrait par le réseau social américain de la célèbre photo prise pendant la guerre du Vietnam montrant des enfants fuyants les attaques au napalm.Au centre, vous vous souvenez, une petite fille en peur et en pleurs est nue.L\u2019image est patrimoniale.Son auteur, Nick Ut, a même reçu un prix Pullizer pour avoir immortalisé ce drame.Un journaliste l\u2019a publiée sur son compte pour parler de ces images qui ont troublé les opinions sur les guerres.Facebook a préféré la considérer comme de la nudité qui nuit à l\u2019aseptisation de son réseau, au bon fonctionnement de sa régie publicitaire.En première page, l\u2019éditeur a accusé Facebook « d\u2019abus de pouvoir » et a ajouté : « Je suis très inquiet de voir le plus important média du monde restreindre les liber tés plutôt que de contribuer à les étendre.» C\u2019est inquiétant en effet, mais ce qui l\u2019est encore plus, c\u2019est le nombre élevé de personnes qui se complaisent dans ces espaces et le nombre limité de personnes qui osent aujourd\u2019hui sonner l\u2019alarme face à ces nouvelles configurations médiatiques qui soutiennent le populisme, qui encouragent la censure, qui dénigrent l\u2019intellectualisme et induisent des environnements dans lesquels la rumeur fait loi, le faux et le vrai cohabitent de manière néfaste.Et ce, dans un tout qui fait ce carburant fienteux auquel les populistes s\u2019abreuvent.Le présent n\u2019a pas encore trouvé son Stefan Zweig, journaliste austro-hongrois qui au début du siècle dernier a alerté ses contemporains sur les dangers du populisme xénophobe, des discours clivants, de la peur de l\u2019autre, et qui, entre 1904 et 1933, a fait la chronique éclairée d\u2019une civilisation marchant inéluctablement vers l\u2019obscurité des années radicales.Mais il serait temps qu\u2019il le trouve.Partout, les esprits critiques \u2014 les vrais, pas ceux qui confondent la critique avec la démagogie et qui croient qu\u2019il est préférable «d\u2019avoir de la mauvaise information plutôt que pas d\u2019information pantoute » \u2014, les voix lucides, les regards éclairés devraient se lever, s\u2019unir et surtout se mettre à parler fort pour montrer du doigt tous ces points de convergence avec une histoire déjà écrite, dans laquelle il serait dommage de retomber.La semaine dernière, dans les pages de Libération, le journaliste Alain Duhamel a d\u2019ailleurs évoqué dans un texte bien senti un « retour des années 30» un peu partout en Europe, estimant même que le déni est « impossible ».La montée des extrêmes, l\u2019hostilité affichée sans vergogne contre les immigrés, le délire autour du bur- kini, le populisme crasse qui « imprègne le camp victorieux du Brexit », les dérives sécuritaires, le culte de la désinformation et les excès de la morale incarnent la chose selon lui.Et, dans ce contexte, il y a désormais un risque élevé de voir le silence de l\u2019intelligence, face à ce présent troublé, à la timidité des voix dissonantes, au manque de fermeté pour condamner cette bêtise qui s\u2019institutionnalise, se transformer un jour en crime, un crime contre l\u2019humanité.chroniquefd@ledevoir.com Sur Twitter : @FabienDeglise #CHRONIQUEFD Debout ! FABIEN DEGLISE insi, le Québec n\u2019aurait aucune compétence pour évaluer un projet industriel au Port de Québec.Seul le fédéral l\u2019aurait.Tel est le verdict, dévoilé jeudi, du juge Gilles Blanchet de la Cour supérieure.Le gouvernement Couillard a jusqu\u2019au début octobre pour porter la cause en appel.Il ne devrait pas hésiter à le faire.Dans toute fédération, le partage des pouvoirs entre les ordres de gouvernement est chose complexe.Lequel a le droit de légiférer sur quoi ?Il y aura 150 ans l\u2019an prochain que les tribunaux interprètent et réinterprètent les listes de compétences de l\u2019Amérique du Nord britannique (articles 91 et 92).Il y eut plusieurs périodes d\u2019interprétation centralisatrice.Mais le Conseil privé de Londres et par la suite la Cour suprême ont aussi eu à certains moments tendance à renforcer les compétences de l\u2019ordre provincial.Depuis le milieu des années 1990, une doctrine du « fédéralisme coopératif » a fait ?orès.Les jugements se réfèrent souvent à un fédéralisme « souple », qui tend à favoriser, « dans la mesure du possible, l\u2019application concurrente des lois adoptées » par les deux ordres de gouvernement.Ce courant est-il en train d\u2019être abandonné ?En 2010, une association de pilotes a réussi à faire dire à la cour que la loi sur le zonage agricole ne pouvait limiter un choix d\u2019emplacement pour un aérodrome.Peu après, la querelle de Neuville a éclaté.Un aérodrome a été bâti sur une terre agricole au mépris des règlements municipaux et québécois.Plus récemment, Châteauguay voulait interdire la construction d\u2019une tour de télécommunications ; la cour a donné raison à Rogers contre la municipalité.Dans ces deux derniers cas, un gouvernement cherchait à interdire une construction.Dans le cas du Port de Québec, il s\u2019agissait de l\u2019évaluation d\u2019un projet.Malgré tout, le tribunal (ici la Cour supérieure) a soutenu que le Québec n\u2019avait aucune compétence ; il y aurait un «conflit d\u2019intention» entre les normes québécoise et fédérales.Et l\u2019on doit respecter l\u2019« intention clairement exprimée du Parlement [fédéral] de se réserver le dernier mot advenant [un] conflit sur toute question touchant le réseau portuaire en ce pays».Il s\u2019agit, comme l\u2019a expliqué au Devoir le juriste David Robi- taille de l\u2019Université d\u2019Ottawa, d\u2019un jugement centralisateur fondé sur une vieille théorie selon laquelle lorsque le fédéral légifère de façon détaillée dans un domaine, les réglementations des autres ordres doivent s\u2019incliner.L\u2019aménagement du territoire constitue pourtant une compétence importante de ces gouvernements de proximité que sont les provinces.La nouvelle jurisprudence semble la miner de plus en plus au pro?t d\u2019un gouvernement d\u2019éloignement\u2026 qui aime les oléoducs.De la commission Gomery à la commission Charbonneau en passant par le rapport Moisan, ce qu\u2019on soupçonnait s\u2019est avéré.Des entreprises ont eu recours à des prête-noms pour contourner l\u2019interdiction faite aux personnes morales de financer les partis politiques québécois.Qu\u2019en est-il au fédéral, où la même interdiction a été introduite au milieu des années 2000?On a su jeudi dernier qu\u2019il n\u2019était pas à l\u2019abri.Le gouvernement en ti- rera-t-il les leçons qui s\u2019imposent?es faits sont clairs.De 2004 à 2011, d\u2019anciens hauts dirigeants de SNC-Lavalin ont incité des employés et des membres de leur famille à faire des contributions politiques à des partis fédéraux, contre un remboursement de l\u2019entreprise.Au total, près de 120 000$ ont atterri dans les coffres des libéraux et des conservateurs, le Parti libéral remportant la palme avec près de 110 000$ en dons au parti, à des candidats et à des candidats à la course au leadership de 2006.«Un cas d\u2019une ampleur [\u2026] jamais vue auparavant», con?ait au Devoir l\u2019ancien directeur général des élections Jean-Pierre Kings- ley.Et que personne n\u2019aurait découvert sans le dépôt d\u2019une plainte.Les hauts gradés mis en cause, mais dont on ignore l\u2019identité, ne travaillent plus pour l\u2019entreprise.La direction actuelle a pour sa part reconnu les faits, changé ses pratiques et collaboré avec le commissaire, ce qui lui évite de se faire imposer une amende.Les deux partis ont pour leur part remboursé au Receveur général les sommes en cause.Ils af?rment qu\u2019ils ignoraient tout de ce stratagème avant l\u2019appel du commissaire.Au PLC, on ajoute qu\u2019on est en train de revoir les politiques et les pratiques du parti en matière de dons.Tant mieux, mais cela est nettement insuf?sant.Le PLC doit aussi mettre ?n au ?nancement sectoriel qu\u2019il défend toujours (comme son cousin ontarien).Il est anormal que des ministres, comme celle de la Justice, Jody Wilson-Raybould, participent à des activités de collecte de fonds organisées par des clients de leur ministère.La commission Charbonneau a démontré qu\u2019il y avait souvent un lien entre ce genre de ?nancement et le recours à des prête-noms par des entreprises et des organisations désireuses, à travers un large soutien ?nancier, d\u2019accroître leur accès et leur in?uence.La lutte contre les prête-noms doit être une priorité pour préserver l\u2019intégrité du système, et cela ne peut reposer sur les règles internes des partis.Il faut un cadre uniforme et législatif qui décourage une pratique autrement impossible à détecter sans dénonciation.Échaudés par les scandales passés, les élus québécois ont fait un ménage qui devrait inspirer Ottawa.Au Québec, un citoyen doit maintenant remplir et signer une déclaration disant, entre autres choses, qu\u2019il connaît la loi et que le don est bien le sien.Ce dernier doit être versé au DGE, qui en véri?e la validité avant de le transmettre au parti choisi et de publier l\u2019information sur son site.La limite des dons annuels a été ramenée à 100$ par «entité autorisée», alors qu\u2019elle est de 1500$ au fédéral.Au Québec, le crédit d\u2019impôt a été éliminé et les partis reçoivent un ?nance- ment public.Le gouvernement Trudeau est engagé dans une vaste consultation sur la réforme du mode de scrutin.Cette dernière ne le dispense pas d\u2019un examen et d\u2019un renforcement de la loi existante en matière de ?nancement politique.L\u2019affaire SNC-Lavalin est un avertissement qui ne doit pas être pris à la légère.Qu\u2019il y ait ou non réforme du mode de scrutin, les partis continueront de solliciter des dons.Or personne ne sait si le cas SNC- Lavalin est l\u2019exception ou la partie visible de l\u2019iceberg.La lumière doit être faite et l\u2019encadrement, resserré.Il en va de la con?ance des électeurs en leurs élus et en leurs gouvernements.L E D E V O I R , L E L U N D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S L\u2019amnésie chinoise de l\u2019autre Trudeau Dans l\u2019article «Le pointillisme chinois de l\u2019autre Trudeau», signé par Hélène Buzzetti dans Le Devoir du 10 septembre, à propos du livre d\u2019Alexandre Trudeau, frère du premier ministre, à la suite de ses deux voyages en Chine, la journaliste, citant A.Trudeau, écrit : «L\u2019histoire de l\u2019Occident en est une de colonisation [\u2026] territoriale.Sa violence s\u2019exprime encore dans ces guerres menées à l\u2019étranger [\u2026].» M.Trudeau semble oublier que la guerre, la colonisation\u2026 ne sont pas l\u2019apanage de l\u2019Occident, mais de toutes les races, de tous les peuples, de toutes les nations, de toutes les civilisations.Le premier livre sur l\u2019art de la guerre n\u2019a pas été écrit par l\u2019Allemand Clausewitz entre 1816 et 1830, mais par un Chinois, Sun Tzu, au Ve siècle avant J.-C.Ce sont des barbares venus d\u2019Asie qui ont détruit la civilisation gréco-romaine.Ce sont les Arabes qui ont conquis et colonisé du VIIe au VIIIe siècle l\u2019Afrique du Nord, la Perse, l\u2019Espagne et ils se seraient emparés de l\u2019Europe si Charles Martel ne les avait arrêtés à Poitiers en 732.Ce sont les Turcs venant des steppes d\u2019Asie centrale qui ont détruit l\u2019Empire byzantin, s\u2019emparant de Constantinople en 1453, puis conquérant l\u2019Égypte, l\u2019essentiel de l\u2019Afrique du Nord, L I B R E O P I N I O N G .D A N I E L C A R O N Diplomate en résidence à l\u2019institut des Hautes Études internationales et ancien ambassadeur du Canada en Ukraine (2008 à 2011) P ierre E.Trudeau a déjà dit qu\u2019être voisin des États-Unis, c\u2019était comme dormir avec un éléphant : « Quelque douce et placide que soit la bête, on subit chacun de ses mouvements et de ses grognements.» L\u2019Ukraine a aussi un gros voisin : un ours qui ne fait pas que grogner ! L\u2019Ukraine célèbre ses 25 ans d\u2019indépendance, soulignés particulièrement à Montréal ce week-end alors que se tenait le Festival ukrainien de Montréal.Une indépendance que le Canada fut le premier pays occidental à reconnaître.Mais serait-ce une indépendance sertie de griffes d\u2019oligarques?C\u2019est un pays encore bien jeune, mais qui souffre de vieux problèmes: corruption endémique et institutions post-soviétiques inefficaces.Si nous, au Canada, ne réussissons pas à réformer nos propres institutions comme le Sénat, imaginez le défi devant ceux qui doivent le faire à Kiev, même si certains progrès ont été accomplis depuis 25 ans, surtout du côté de la société civile.L\u2019Ukraine ne partage pas que de vieux problèmes avec ses voisins.C\u2019est un grand pays intégré dans la région par la géographie, l\u2019histoire, l\u2019économie (en particulier en matière d\u2019énergie) et, dans une certaine mesure, par la culture, la religion, la langue et le modèle socio-économique.Avec cette intimité, on devrait s\u2019attendre à plus d\u2019harmonie.Mais gérer ses relations de voisinage demande un minimum de confiance et de respect.Le pays a plutôt été victime de l\u2019arrogance, du cynisme et de l\u2019effronterie allant carrément jusqu\u2019à l\u2019agression.Les grands opportunistes Depuis plusieurs années maintenant, le peuple a clairement exprimé ses ambitions européennes dans l\u2019espoir d\u2019un avenir meilleur.Allant à l\u2019encontre des avis du président George Bush et de la première ministre Margaret Thatcher, c\u2019est ce vif espoir qui a fait voter une large majorité pour l\u2019indépendance en 1991.Puis leurs aspirations ont été alimentées par la rapide expansion de l\u2019OTAN, qui s\u2019étend depuis 2004 jusqu\u2019à la frontière de la Russie, et par l\u2019élargissement de l\u2019Union européenne chez des pays voisins de l\u2019Ukraine : Hongrie, Slovaquie, Roumanie et Pologne.Ces expansions occidentales et les révolutions de couleurs de 2003 et 2004 en Géorgie et en Ukraine ont frustré la Russie, dont les dirigeants ont exprimé leur exaspération à plus d\u2019une tribune.Mais, comme le dit le dicton, si tu fermes ta porte aux cris de ton voisin, ils te parviendront par la fenêtre.Les luttes d\u2019influence demeurent, 25 ans après la chute de l\u2019URSS.Elles sont la source du conflit avec la Russie, qui cherche parfois à refaire l\u2019histoire au profit de la popularité de son président, mais surtout à protéger un système au profit des énormes richesses des oligarques qui font la fortune des agents immobiliers à travers le monde.Depuis trois ans, le pays vit sa plus grave crise depuis son indépendance.La diplomatie a bien fait son travail, mais les troubles demeurent.Les accords de paix de Minsk- 2 ne sont toujours pas mis en œuvre.La tension monte régulièrement à la frontière orientale et à celle avec la Crimée, ce joyau annexé illégalement par la Russie.À court terme, la pression doit demeurer pour que les accords, conclus de peine et de misère, soient enfin respectés par les deux parties.Contrairement à son prédécesseur qui refusait toute discussion, le ministre Stéphane Dion a bien raison d\u2019agir autant dans le dialogue que dans la dissuasion avec la Russie.Car il est trop tôt pour lever les sanctions ou pour appuyer sur le bouton « reset » comme l\u2019avait fait la secrétaire d\u2019État Hillary Clinton avec son homologue russe Sergueï Lavrov en mars 2009 à la suite de l\u2019agression russe en Géorgie.Ce succès russe de 2008 en Abkhazie et en Ossétie du Sud a peut-être inspiré l\u2019invasion de la Crimée au moment opportun en février 2014.Car le président Vladimir Pou- tine et ses leudes ne sont peut-être pas de grands stratèges, mais sont assurément de grands opportunistes.Ukraine : une question de voisinage FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente des ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET incendiant Moscou en 1571, puis colonisant les Balkans, mettant le siège devant Vienne en 1683, etc.Si on passe en Amérique, avant l\u2019arrivée de Colomb, il y avait les petites guerres incessantes entre les différentes tribus d\u2019Amérique du Nord, il y avait l\u2019empire aztèque au Mexique qui guerroyait contre ses voisins pour faire des prisonniers et offrir le cœur de ces derniers à leur dieu sanguinaire.En Amérique du Sud, c\u2019étaient les Incas qui étendaient leurs colonies de la Colombie au Chili, etc.Et je pourrais continuer pendant des pages et des pages; toutes les nations, tous les États, tous les peuples, ont, à un moment ou à un autre, mené des guerres de conquête et de colonisation.Il me semble que M.Trudeau a oublié de suivre quelques cours d\u2019histoire, à moins qu\u2019il se soit assoupi pendant que son professeur d\u2019histoire enseignait, et, comme disait Pierre Foglia il y a quelques années, dans une de ses chroniques dans La Presse : «Les voyages forment la jeunesse\u2026 mais pas autant que l\u2019école.» François Gros d\u2019Aillon, professeur honoraire de l\u2019UQAM Rosemère, le 10 septembre 2016 Tous des abrutis Chère Josée Blanchette, j \u2019ai beaucoup apprécié votre chronique de vendredi, « Vous êtes donc où ?Ma gang de TDA(H).».Vous avez bien décrit notre attitude présente face aux réseaux sociaux et tout ce qui transite sur nos écrans.Si nous n\u2019y prenons garde, nous deviendrons des robots qui « pensent » tous pareil.Nous sommes en train de perdre ce qui fait de nous des êtres humains uniques : la liberté de penser, de réfléchir, d\u2019intégrer les choses et de réagir personnellement à ce qui nous est présenté.Je n\u2019ai rien contre les nouvelles technologies tant qu\u2019elles n\u2019asser vissent pas l\u2019homme, mais au contraire l\u2019aident à grandir, à se développer et à devenir un membre actif de la société.Comme vous le soulignez, en citant Matthew B.Crawford, c\u2019est même la communauté qui est en train de se disloquer et la vie en société qui fout le camp ; obnubilés par notre tablette, nous n\u2019avons plus d\u2019attention pour les autres.Nous devenons, peu à peu, comme Robinson Crusoé, seul sur son île et sans contact humain.En terminant, j\u2019ai envie de traduire le TDA qui figure en tête de votre article par «Tous des abrutis» ! Est-ce cela que nous voulons devenir ?C\u2019est un pensez- y-bien.Rolland Raymond St-Jean-sur-Richelieu, le 10 septembre 2016 FINANCEMENT POLITIQUE Ménage à faire COMPÉTENCES ENVIRONNEMENTALES NIÉES Dépossessions L A ANTOINE ROBITAILLE MANON CORNELLIER L E D E V O I R , L E L U N D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.J A C Q U E S B E A U C H E M I N Professeur au Département de sociologie de l\u2019UQAM e fait pour Bernard Drainville d\u2019avoir porté la charte des valeurs lui aura fait du tort.De là à conclure que l\u2019on devrait rompre définitivement avec ce nationalisme préoccupé par les questions de l\u2019histoire, de la mémoire et de l\u2019identité, il n\u2019y a qu\u2019un pas que semblent s\u2019empresser de vouloir franchir les candidats à la chefferie du Parti québécois dans l\u2019espoir de rallier les plus jeunes qui seraient devenus indifférents à ce discours.À ce jour, seul Jean-François Lisée s\u2019est véritablement avancé sur ces questions.Quoi qu\u2019il advienne de sa candidature, on lui saura gré de ne pas avoir liquidé cet aspect essentiel du nationalisme québécois.On peut ne pas partager la stratégie référendaire qu\u2019il a proposée, mais la valeur de sa candidature ne se limite pas à cette seule question.Qu\u2019un candidat soit capable dans le Québec d\u2019aujourd\u2019hui de prendre position au sujet du modèle d\u2019intégration des nouveaux arrivants, de l\u2019enseignement de l\u2019éthique et de la culture religieuse ou encore des balises devant encadrer les accommodements raisonnables est digne de mention.Lisée a fait connaître en juin dernier sa position au sujet du modèle d\u2019intégration de la diversité sociale que devrait préconiser le Québec.Ce modèle, la «concordance culturelle», suppose que l\u2019accueil des immigrants conjugue hospitalité et efforts d\u2019intégration.La société d\u2019accueil doit alors mettre en œuvre un ensemble de moyens visant l\u2019accueil des immigrants en vue d\u2019un parcours d\u2019intégration réussi (francisation, mesures facilitant l\u2019emploi, etc.).L\u2019immigrant est appelé de son côté à s\u2019intégrer en faisant un pas vers la société d\u2019accueil, en respectant ses valeurs les plus fondamentales, en apprenant et en utilisant la langue commune et, de manière générale, en reconnaissant qu\u2019en faisant du Québec son nouveau pays, il s\u2019inscrit dans une histoire en marche dans laquelle se sont formées une majorité, des valeurs inaliénables et une identité collective particulière.Cours ECR : une position courageuse et raisonnable La proposition de Lisée se distingue de la position vertueuse prônée par les tenants d\u2019un in- terculturalisme incapable d\u2019affirmer clairement la place prépondérante que devrait occuper la majorité dans le processus d\u2019intégration des minorités issues de l\u2019immigration.Lisée affirme ainsi que sa définition de la concordance culturelle « rompt avec la proposition voulant que le néo-Québécois et la société d\u2019accueil aient à faire un effort équivalent l\u2019un envers l\u2019autre».Cela signifie que, tout en respectant la richesse de la diversité, on « crée les conditions de la concordance, en direction du tronc commun bâti ici par l\u2019histoire».Il défend ainsi les attentes normales et légitimes de la société d\u2019accueil désirant affirmer sa prééminence.Il est rassurant de constater la persistance dans cette position d\u2019un certain bon sens politique en vertu duquel l\u2019accueil de l\u2019autre ne signifie pas l\u2019abolition de soi.De même, la position qu\u2019a adoptée le député de Rosemont au sujet du cours éthique et culture religieuse (ECR) est courageuse et raisonnable.Lisée propose de modifier en profondeur ce cours destiné à initier les élèves du primaire et du secondaire à la diversité normative et religieuse.Son programme propose de recentrer cet enseignement autour des questions relatives à la démocratie et à la citoyenneté et de basculer dans la formation en histoire les questions touchant à la diversité religieuse.Il a raison de vouloir laisser plus de place à l\u2019enseignement d\u2019une éthique valorisant la démocratie et la participation citoyenne.Il a raison de resituer l\u2019enseignement des grandes traditions religieuses « de façon objective et dans leur contexte historique» dans la formation en histoire.Sur un autre plan, ses propositions concernant l\u2019encadrement des accommodements raisonnables pourraient à mon sens être plus vigoureuses, mais elles vont dans la bonne direction en affirmant que les institutions publiques devraient afficher clairement leur « nette préférence » pour l\u2019observance d\u2019un « devoir de réserve » quant au port de signes ostentatoires.Encore ici, il faut souligner que, contrairement à ses adversaires dans cette course, Lisée continue de s\u2019intéresser à ces questions difficiles.L\u2019identité: un enjeu essentiel du débat Les enjeux liés à l\u2019identité, l\u2019histoire et la culture ne doivent pas être sous-estimés.Que recouvre en ef fet l\u2019idée de « convergence culturelle » prônée par Lisée ?Elle désigne le droit légitime et respectable pour la majorité de prolonger une cer taine conception de la vie en commun forgée dans une expérience historique par ticulière.Ce parcours historique est celui d\u2019une collectivité dont l\u2019aventure en Amérique a été profondément marquée par une mise en minorité politique qui est à l\u2019origine du vieux nationalisme cana- dien-français et du sursaut indépendantiste des soixante dernières années, par l\u2019omniprésence de l\u2019Église qui appelle aujourd\u2019hui un désir de laïcité, par l\u2019expérience de l\u2019inégalité sociale engendrant par ef fet de retour une soif d\u2019égalité se traduisant notamment dans l\u2019attachement des Québécois pour l\u2019égalité des hommes et des femmes.C \u2019est en cela que la char te des valeurs mor t-née était et demeure nécessaire.Plusieurs arguments ont été invoqués en sa faveur, de la liber té de croyance, à la nécessaire égalité hommes-femmes, en passant par le respect des valeurs civiques les plus fondamentales.Jean-François Lisée s\u2019est distancié de cer tains des aspects de la char te dans la foulée de la défaite de son par ti en 2014.Je ne crois pas cependant qu\u2019il en ait renié le principe : la rencontre désencombrée de l\u2019af firmation identitaire des uns et des autres afin que puisse se consolider une société unique au monde fondée sur l\u2019expérience historique d\u2019une majorité francophone ouver te et accueillante, éprise de laïcité , d\u2019égal ité et préoccupée par la reconna is- sance de sa culture.Ceux qui continuent de croire que le Québec d\u2019aujourd\u2019hui devrait défendre sans complexe le désir de la majorité francophone de voir la suite de l\u2019histoire québécoise garder la mémoire de ce qu\u2019elle a bâti tout au long de son parcours devraient appuyer la candidature de Jean-François Lisée à la chef ferie du Parti québécois.Pourquoi j\u2019appuie Jean-François Lisée À l\u2019heure où Ottawa et Québec révisent de fond en comble leurs politiques culturelles, je dois avouer ma propre conversion sur cette question essentielle.Il y a 20 ans, si vous m\u2019aviez demandé mon opinion, j\u2019aurais dit : « Une culture forte n\u2019a pas besoin de protection ! Quelle bêtise ! Quel aveu de faiblesse ! Quel signe d\u2019agonie culturelle et linguistique ! » En fait, j\u2019en étais tellement convaincu que je suis parti en France avec une bourse d\u2019une fondation américaine pour étudier « pourquoi les Français résistent à la mondialisation».Le sujet était entièrement de mon cru.Notez aussi la prémisse très Elvis Gratton : « Y l\u2019ont-tu, l\u2019affaire, les Amaricains ! » Évidemment, j\u2019avais écrit sans trop y réfléchir avec des idées toutes faites.Et je n\u2019étais pas encore parti que, déjà, j\u2019avais réalisé que les Français sont de gros joueurs dans la mondialisation \u2014 ce qui ne les empêche nullement d\u2019avoir tout un train de politiques de défense.En fait, l\u2019un n\u2019exclut pas l\u2019autre.Au contraire : si les Français exportent leur culture, c\u2019est d\u2019abord parce qu\u2019ils se sont ménagé un beau jardin culturel bien clôturé \u2014 comme les Américains d\u2019ailleurs.Quelques mois après mon arrivée à Paris, j\u2019avais assisté à un symposium sur la francophonie.L\u2019un des participants, l\u2019éditeur Denis Tilli- nac, s\u2019était fendu d\u2019une remarque que je n\u2019ai jamais oubliée : «On a beau épiloguer sur la francophonie, reconnaissons que nos imaginaires sont américains.» En plein dans le mille.Rendons à César ce qui appartient à César : les Américains ont su imposer leur production culturelle au monde \u2014 par la qualité et par la force.Combien de couleuvres nous font-ils avaler parce que leur cinéma et leur littérature véhiculent leurs qualités, leurs idées et leur vision du monde ?Nos imaginaires sont américains.Et tant pis si cette vision du monde est souvent tordue à dessein.En mars dernier, le collègue Christian Rioux s\u2019était indigné du portrait peu flatteur des Canadiens français dans le film Le revenant.Il avait bien raison, même si cela ne constitue qu\u2019un bref épisode du film.La distorsion est souvent immense.Prenez le film U571, qui raconte comment, en 1942, des marins américains ont saisi une machine à crypter allemande à bord d\u2019un sous-marin allemand\u2026 Sauf que la mission avait été menée par des marins anglais en 1941 un an et demi avant que les États-Unis ne déclarent la guerre.Et que dire d\u2019Argo ?Ce film raconte comment, en 1979, la CIA a permis à des diplomates américains cachés à l\u2019ambassade canadienne d\u2019échapper aux islamistes iraniens en les faisant passer pour l\u2019équipe de tournage d\u2019un film de science-fiction de série B.En réalité, c\u2019était la CIA qui était le chevreuil ébloui sur la chaussée, les « Canadiens ayant réalisé 90% du travail » \u2014 dixit Jimmy Carter.Les Américains veulent se donner une vision du monde conforme à leur identité, soit.Mais il est tout aussi normal de se donner la chance de véhiculer la nôtre.Ceux qui s\u2019opposent à la pertinence de politiques linguistiques et culturelles supposent \u2014 comme moi, jadis \u2014 que les Américains ne font rien pour protéger leur langue ou leur culture, ce qui est faux.Pour vous en convaincre, je vous invite à consulter deux sources.Le site Web « Aménagement linguistique dans le monde », créé par le professeur Jacques Leclerc, qui fait l\u2019inventaire des politiques linguistiques et culturelles dans presque tous les pays.Et le livre De la culture en Amérique, de Frédéric Martel.On se moque beaucoup au Québec de la tiédeur des Français en matière de protection linguistique, mais leur politique culturelle est autrement plus convaincue.Il faut reconnaître aux Français d\u2019avoir perçu tôt la nécessité de ne pas s\u2019écraser devant le rouleau compresseur amér ica in .On oubl ie trop souvent qu\u2019une des conditions principales du plan Marshall en 1946 fut justement l\u2019ouverture du marché français au cinéma américain et la diminution des protections françaises (Accord Blum-Byrnes).C\u2019est pourquoi la révision actuelle des politiques culturelles canadiennes et québécoises est si fascinante et si capitale.Quelles que soient les recommandations, j\u2019espère de tout cœur que nos politiciens ne perdront pas de vue l\u2019essentiel, qui est de préserver les deux piliers sur lesquels repose tout l\u2019édifice et qui doivent rester sains : Un solide cadre juridique, en matière de statut de l\u2019artiste ET de propriété intellectuelle (quitte à corriger la dernière réforme fédérale, qui a salement amoché le droit d\u2019auteur).Une protection étoffée du marché culturel intérieur, y compris virtuel.Il ne peut y avoir de promotion internationale de la culture (qui obsède tout le monde actuellement) sans susciter une demande nationale.Faire autrement revient à mettre la charrue devant les bœufs.Nos imaginaires américains JEAN-BENOÎT NADEAU R O B E R T M É N A R D Enseignant de sociologie au Cégep régional de Lanaudière à Terrebonne ans un contexte d\u2019apprentissage, la capacité de concentration d\u2019un individu est primordiale.Force est de constater que celle-ci est mise à rude épreuve dans certaines institutions scolaires de niveau collégial alors qu\u2019une chaleur accablante envahit les salles de classe depuis le début de la session.Un scénario qui se répète chaque année au début et à la fin de l\u2019année scolaire pendant deux à cinq semaines lors de chacune de ces périodes, selon respectivement le prolongement ou la précocité de la saison estivale.Considérant qu\u2019une session collégiale dure 15 semaines, la population estudiantine doit éviter les coups de chaleur tout en tentant d\u2019apprendre lors d\u2019une période qui peut occuper jusqu\u2019à un tiers du temps prévu pour les activités de formation.L\u2019air conditionné étant absent des classes, il semble y avoir une certaine forme d\u2019inégalité puisque ce n\u2019est pas le cas dans tous les locaux.En effet, un tour du côté des bureaux administratifs fait rapidement oublier le phénomène de sudation présent dans les espaces de diffusion du savoir.Un constat s\u2019impose alors : la chaleur et la sueur pour les masses apprenantes, le confort et la quiétude pour l\u2019élite dirigeante.Il s\u2019agit là peut-être d\u2019un apprentissage en soi.Les étudiants peuvent ainsi constater que socialement, l\u2019air conditionné n\u2019est pas accessible à tous.Il ne l\u2019est pas lorsqu\u2019ils apprennent, mais il l\u2019est certainement lorsqu\u2019ils consomment dans les espaces commerciaux, et il le sera lorsqu\u2019ils travailleront, dans la mesure où le statut socio-économique de leur occupation professionnelle comprendra ce privilège.La climatisation s\u2019avère donc impor tante pour la consommation et la production (dans certains cas), mais elle ne l\u2019est pas pour l\u2019éducation.En sociologie, certains courants de pensée considèrent que les conditions matérielles d\u2019existence des individus sont révélatrices des inégalités sociales, mais également des priorités sociétales.Avec l\u2019absence d\u2019air conditionné dans la plupart des cégeps \u2014 qui pourrait mini- malement être compensée par des initiatives environnementales telles que des toits verts qui absorberaient une par tie de la chaleur émise \u2014 et l\u2019état délabré, voire contaminé, de plusieurs écoles primaires et secondaires, il semble, dans cette perspective, que l\u2019éducation soit loin d\u2019être un enjeu social prioritaire au sein de la société québécoise.Bien installés dans leurs bureaux climatisés, certains acteurs sociaux affirmeront peut-être le contraire\u2026 Brève sociologie de l\u2019air conditionné D La proposition de Lisée se distingue de la position vertueuse prônée par les tenants d\u2019un interculturalisme incapable d\u2019affirmer clairement la place prépondérante que devrait occuper la majorité dans le processus d\u2019intégration des minorités issues de l\u2019immigration « » L PEDRO RUIZ LE DEVOIR Quoi qu\u2019il advienne de sa candidature, Jean-François Lisée est le seul candidat à ne pas avoir liquidé l\u2019aspect essentiel du nationalisme québécois. L E D E V O I R , L E L U N D I 1 2 S E P T E M B R E 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Les infirmières estiment que 85 % de leurs espérances sont remplies avec le règlement, qui a été envoyé à l\u2019office des professions pour une première révision.Reste une déception.Elles n\u2019ont pas réussi à s\u2019entendre avec les médecins pour obtenir le droit de prescrire pour la première fois un traitement pour une maladie chronique.« On s\u2019étonne de cela, nous sommes déçues, dit Lucie Tremblay.C\u2019est bien documenté que les IPS peuvent initier un traitement pour le diabète ou l\u2019hypertension par exemple.» Nouvelles spécialités Sur le plan des nouveautés, de nouvelles spécialités IPS en clientèles adultes, en pédiatrie et en santé mentale verraient le jour.Ces spécialités remplaceraient celles en néphrologie et en cardiologie qui sont enseignées actuellement.« Ce sera plus flexible, explique Lucie Tremblay.Une IPS pourrait travailler quelques années en cardiologie puis aller en oncologie par exemple, avec une formation complémentaire.» Autre nouveauté, les IPS en néonatalogie pourraient continuer à soigner les bébés prématurés une fois leur congé de l\u2019hôpital obtenu, puisqu\u2019elles seraient autorisées à faire des visites à domicile.Quant à elles, les nouvelles IPS en pédiatrie pourraient suivre des enfants aux prises avec des maladies chroniques, par exemple.En santé mentale, l\u2019OIIQ espère que les 80 infirmières qui font actuellement une maîtrise pourront obtenir leur titre d\u2019IPS grâce à une formation passerelle.«Elles pourront être très présentes en première ligne avec les omnipraticiens qui traitent 80 % des problèmes en santé mentale », explique France Laflamme, conseillère à la qualité à l\u2019OIIQ.Il y aurait toujours des IPS en première ligne, mais leur champ d\u2019action serait élargi.Elles pourraient désormais travailler en CHSLD et avec la clientèle des centres jeunesse, deux secteurs où l\u2019accès aux soins est déficient.Cette nouvelle manière de diviser les champs d\u2019expertise des IPS est plus souple et répond mieux aux besoins de la population, a indiqué le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) au Devoir.Un beau plan, mais\u2026 Plus ieurs sources ont conf irmé au Devoir que le MSSS a transmis des cibles de formation des IPS qui placent l\u2019atteinte de formation de 2000 d\u2019entre elles à 2025.Lors de la campagne électorale de 2014, les libéraux avaient promis la formation de 2000 IPS sur dix ans.Les programmes de formation des IPS ont eu la commande d\u2019augmenter graduellement le nombre d\u2019admissions, pour passer, à l\u2019échelle du Québec, d\u2019une centaine à 270 nouvelles inscriptions par an.Il y a certains obstacles à cet objectif, dit Patricia Bourgault, qui préside la Table sectorielle nationale des RUIS en soins infirmiers du Québec, mais qui est aussi vice-doyenne aux sciences infirmières à l\u2019Université de Sherbrooke.La commande est claire du côté du MSSS, mais les ressources n\u2019ont pas encore suivi du côté de celui de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur (MEES).«On veut remplir cette commande-là, dit Mme Bour- gault.Mais pour l\u2019instant, on doit se débrouiller.Il y a quand même des coûts à la formation.» Le MEES, questionné à ce sujet par Le Devoir, indique qu\u2019un comité commun avec le MSSS fait actuellement l\u2019évaluation des mesures à mettre en place.Mme Bourgault estime que le recrutement est aussi un défi de taille.«Nous avons commencé à hausser les inscriptions, dit-elle à propos de l\u2019Université de Sherbrooke.Mais le bassin de gens intéressés et qualifiés pour devenir IPS est limité.» Plus la pratique sera intéressante, plus elle attira de candidats.«Notre difficulté majeure, c\u2019est aussi de trouver des stages aux étudiants», ajoute Caroline La- rue, qui est vice-doyenne à la Faculté des sciences infirmières de l\u2019Université de Montréal.«Il y a notamment un problème de place, au même moment où les GMF reçoivent de nouvelles ressources humaines en provenance des CLSC.» Elle confirme que, si le règlement est adopté, l\u2019université serait prête à l\u2019automne 2017 pour mettre en branle les nouveaux programmes de formation.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 INFIRMIÈRES ISTOCK Le ministère de la Santé et des Services sociaux a transmis des cibles de formation des IPS qui placent l\u2019atteinte de formation de 2000 d\u2019entre elles à 2025.Infirmières praticiennes spécialisées en exercice au 1er septembre 2016 SOURCE : OIIQ C\u2019est maintenant qu\u2019il faut prendre des décisions, ouvrir des places dans les universités, ouvrir des postes dans le réseau.La population du Québec en a besoin.La présidente de l\u2019OIIQ, Lucie Tremblay « » La cinéaste raconte avoir travaillé un an sur le scénario d\u2019un biopic classique sur l\u2019au- teure de Putain.Elle avait rencontré ses amis, ses proches, ses amants, son psychologue, lu tous ses livres, d\u2019autant plus intéressée par cette femme fuyante que le drame du suicide traité dans son film Les êtres chers avait bouleversé sa propre vie de famille.« Mais mon scénario était ennuyeux, avoue-t-elle.Il y avait tout\u2026 sauf l\u2019essentiel de sa personnalité excentrique.» Anne Émond a tout repris à zéro, cherchant plutôt à décons- truire le portrait en différents visages de la jeune femme, se concentrant surtout sur l\u2019âge adulte.«Cette énorme recherche initiale a servi au film.» À la première de Nelly, la productrice Nicole Robert précisait avoir voulu adapter Putain du vivant de Nelly Arcan (de son vrai nom Isabelle Fortier).Sans y par venir, et puis la romancière s\u2019est suicidée.«J\u2019étais effondrée », dit-elle.Plus tard, quelqu\u2019un m\u2019a dit : «Tu devrais faire un film sur Nelly Arcan.» Appelons ça le destin.La productrice qui avait aimé Nuit # 1, appela sa cinéaste.Et voilà ! Anne Émond n\u2019avait jamais rencontré son modèle, mais se définit comme une fan de son œuvre.« Aujourd\u2019hui, je la trouve encore plus mystérieuse qu\u2019avant.» Comment concilier ce que tout le monde lui disait de cette femme-là, multiple?Film éclaté En vedette : Mylène Mackay (vue dans Endorphine, d\u2019André Turpin), démultipliée entre Nelly la romancière, Amy l\u2019amoureuse, Cynthia la putain et Marilyn la star, chaque facette cro isant les autres dans l\u2019œuvre mosaïque.L\u2019actrice dit s\u2019être sentie connectée au personnage, déterminée à obtenir le rôle, se jetant à corps perdu dans l\u2019intensité des scènes.Elle n\u2019a pas rencontré la famille.« Je ne voulais pas jouer le personnage, mais aller dans ses zones d\u2019ombre », dit l\u2019interprète.Anne Émond jugeait important de conserver la même actrice, plutôt que de fractionner le rôle entre plusieurs interprètes comme dans la pièce magnifique de Marie Brassard sur l\u2019univers de Nelly Arcan La fureur de ce que je pense en 2013 à l\u2019Espace Go (ou dans I\u2019m Not There, de Todd Haynes, sur Bob Dylan).Et le film ?Plus intéressant et éclaté qu\u2019une biographie traditionnelle, sans les aspects vraiment croustillants que certains peuvent attendre, avec une poésie impressionniste.Mylène Mackay par vient à sembler différente, femme en quatre temps : prostituée coupée d\u2019elle-même, amante jalouse, etc.Le film aurait pu se montrer plus fou dans son exploration de la psyché intérieure de cette femme, mais la proposition cinématographique fragmentée mi-rêvée mi-réelle, dégage une grâce, en laissant suspendues les clés pour saisir l\u2019être de fuite que fut Nelly Arcan.Paysages intérieurs Place chaque année au grand débarquement québécois au TIFF.Certains lancent leurs films ici, d \u2019autres ont cédé la primeur à un festival européen et font ricochet.Xavier Dolan est ici pour l\u2019avant-première nord-améri- ca ine de Juste la f in du monde (Grand Prix du jury à Cannes) d iv isant ma is ré - gnant à Toronto, car tout le monde en parle.Quant à Pays, de Chloé Ro- bichaud, le film ouvrira le bal du Festival de cinéma Québec mercredi.Le Devoir en témoignera alors plus abondam - ment, mais le TIFF fut sa rampe de lancement.La cinéaste de Sarah préfère la course présente son film comme une allégorie sur les cho ix de la v ie, entre concessions et rébellion, sur l\u2019exercice du pouvoir, surtout au féminin à travers trois figures d\u2019autorité dans un pays imaginaire.« Mes films présentent des filles qui font des cho ix pour el les » , résumé Chloé Robichaud.Pays a été tourné à Terre- Neuve, et la caméra en of fre des images magnifiques.Le film cherche toutefois son ton, sans trouver sa satire ou son plein drame : ce qui n \u2019em - pêche pas la jeune Nathalie Doummar en politicienne novice d\u2019impressionner par son charisme et l\u2019acuité de son jeu.Quant à Philippe Falardeau, qui ne court pas les entrevues, le voici à Toronto avec son film américain The Bleeder, après le lancement à Venise.Ce film sur la vie du boxeur Chuck Wepner (d\u2019abord adaptée dans l\u2019oscarisé Rocky avec Sylvester Stallone) tient la route sur ses images délavées à l\u2019ancienne.Le boxeur américain avait quasiment mis K.-O.Mohammed Ali, au cours des années 70.On n\u2019est pas dans la catégorie de Raging Bull, mais d\u2019un très honnête biopic.Le vrai Chuck Wepner est apparu sur scène à la première au TIFF, causant son petit émoi.Cet homme tombé (joué par Liev Schreiber, pas totalement convaincant), qui fit de la prison, dut affronter un ours sur le ring et se laissa dévorer par la drogue, l\u2019alcool, la mégalomanie, les femmes, trouve une rédemption dans l \u2019amour.L\u2019histoire ne sombre pas dans le convenu, mais se développe avec finesse, les références au combat avec Ali et au film Rocky s\u2019insèrent habilement, et les deux interprètes des femmes de sa vie (Elisabeth Moss et Naomie Watts) sont plus que convaincantes.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 NELLY détermineront la teneur de sa proposition.Le conseil national aura le loisir de l\u2019accepter ou de la rejeter.Au cours des 18 prochains mois, le député de Lac-Saint-Jean «veut garder le jeu ouvert et être prêt à toute éventualité».«L\u2019enjeu de cette course au leadership, ça va être de choisir qui est le plus apte à rassembler les Québécois, à gagner la prochaine élection, mais surtout le plus apte à rassembler les trois millions de Québécois qui sont nécessaires pour gagner notre indépendance», a-t- il déclaré, répétant avoir calqué son plan d\u2019accession à l\u2019indépendance sur celui de l\u2019ex-chef Pierre Karl Péladeau.Forcément, les pro-référendum et les anti-ré- férendum se déchireront, pense M.Lisée.Bref, M.Cloutier cherche la «chicane», selon lui.Affrontement intense Les échanges ont été vigoureux.À un moment, l\u2019animateur Gilles Gougeon a même demandé aux techniciens de couper les micros afin de calmer les esprits des aspirants chefs Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée.M.Cloutier a été dans le collimateur de M.Li- sée, mais également dans celui de Martine Ouellet et de Paul St-Pierre Plamondon.Ils lui ont encore une fois reproché son «ambiguïté».« Certains vous diront que, pour battre Philippe Couillard, il faut continuer dans l\u2019ambiguïté et tasser l\u2019indépendance.Ça, c\u2019est la vieille recette qu\u2019on a faite en 2014.C\u2019est exactement la recette perdante qu\u2019on a eue », a mar telé Mme Ouellet, qui est la seule candidate à s\u2019engager à tenir un référendum dans un premier mandat.Il s\u2019agit d\u2019une condition sine qua non à la convergence des indépendantistes éparpillés au PQ, à Québec solidaire et à Option nationale ou encore réfugiés dans le camp des orphelins politiques, a-t-elle martelé.« Essayez donc de mobiliser [en disant l\u2019indépendance] va être dans 10 ans ou dans 15 ans.Les gens vont vous dire : \u201cVous m\u2019en reparlerez dans 10, 15 ans !\u201d» a dit la députée de Vachon, tout en se réclamant de René Lévesque (1976) et de Jacques Parizeau (1994).En revanche, Jean-François Lisée et Paul St- Pierre Plamondon promettent tous deux de ne pas tenir une consultation populaire sur le pays du Québec avant 2022.«Pourquoi on est pour l\u2019indépendance, c\u2019est qu\u2019on aime le Québec.Je veux dire trop: on l\u2019aime trop pour le laisser encore quatre ans au gouvernement libéral le plus toxique de notre histoire», a poursuivi M.Lisée.À ses yeux, «six ans de travail patient» sont nécessaires pour gonfler le nombre d\u2019indépendantistes, «à Québec et en Beauce» et chez les non-francophones, notamment.«[On va] dire aux aînés que les chèques [pension de la Sécurité de la vieillesse] vont juste changer de couleur», a-t-il promis.Paul St-Pierre Plamondon presse les membres du PQ de s\u2019atteler tout d\u2019abord à la tâche de chasser la « culture du mensonge [et de] découragement » promue par le Parti libéral du Québec.« Je ne voudrais pas que mes enfants vivent dans ce Québec-là.» Cloutier laisse tomber les gants M.Cloutier s\u2019en est pris à ses principaux adversaires \u2014 M.Lisée et Mme Ouellet \u2014 à quelques occasions durant le débat de 90 minutes sur le campus de l\u2019Université Sherbrooke.M.Cloutier a longuement rappelé que M.Li- sée avait préconisé la privatisation de 25 % d\u2019Hydro Québec dans son essai Pour une gauche efficace (2008).«Heille », a tonné M.Lisée, cherchant à interrompre son adversaire.«Tu poses une question, écoute la réponse.Plus l\u2019accusation est lourde, plus tu dois écouter la réponse», a-t-il poursuivi, accusant M.Cloutier de bafouer une «règle absolue de bienséance politique».« Jamais sous ma gouverne, moi Jean-François, on va privatiser un de nos joyaux», a par la suite promis, la main sur le cœur, M.Lisée.Anticosti hante le PQ L\u2019Université de Sherbrooke a aussi été le théâtre d\u2019une prise de bec entre M.Cloutier et Mme Ouellet.M.Cloutier n\u2019entendait pas endurer une fois de plus l \u2019ex-ministre des Ressources naturelles lui reprocher d\u2019avoir voté en faveur d\u2019une motion de la Coalition avenir Québec demandant au gouvernement de respecter ses engagements contractuels « relativement à l\u2019exploration gazière et pétrolière sur l\u2019île d\u2019Anticosti ».Promptement, l\u2019élu de 39 ans a rabroué vertement Martine Ouellet pour avoir apposé sa signature au bas du contrat obligeant le gouvernement à investir au moins 57,7 millions de dollars dans des travaux d\u2019exploration \u2014 y compris un nombre non défini de forages avec frac- turation \u2014 sur l\u2019île d\u2019Anticosti avant de se distancier du document une fois reléguée dans l\u2019opposition.« Je ne prendrais jamais une décision qui est contre mes valeurs, contre mes principes.Jamais, je vais signer un contrat avec lequel je suis contre», a lancé M.Cloutier, tout en haussant le ton.M.Cloutier a voté pour la motion caquiste, tandis que Mme Ouellet brillait par son absence dans le Salon bleu.«Ce qui m\u2019agace profondément, Martine, c\u2019est que c\u2019est toi qui étais ministre des Ressources naturelles.C\u2019est toi qui l\u2019a défendu et qui l\u2019a porté [ce contrat].Toi, Martine, tu as décidé de quitter l\u2019Assemblée nationale.Tu n\u2019as pas voté contre.Tu es juste disparue », a mitraillé M.Cloutier.Décontenancée par son adversaire, Mme Ouellet a montré du doigt le cabinet de l\u2019ex- première ministre Pauline Marois, qui avait ficelé en catimini l\u2019entente avec les entreprises Pétrolia, Corridor Resources et Maurel Prom.L\u2019ex-mem- bre du Conseil des ministres a été copieusement huée par plusieurs spectateurs.En point de presse, Mme Ouellet a dit soupçonner des élus péquistes d\u2019avoir prix part au chahut.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 DÉBAT JULIA MAROIS Anne Émond "]
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