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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-09-21, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I N o 2 1 4 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 1 S E P T E M B R E 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Économie \u203a Banque du Canada.Il faut s\u2019adapter à de longues périodes de faibles taux, af?rme Stephen Poloz.Page B 1 Idées \u203a La revanche des matamores.Une chronique de Francine Pelletier sur le phénomène Donald Trump.Page A 7 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.B 2 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 8 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Entente Uber-Québec Le front commun des taxis essuie un revers Page A 5 OMAR HAJ KADOUR AGENCE FRANCE-PRESSE Le convoi touché contenait notamment de l\u2019aide sanitaire et nutritionnelle de l\u2019UNICEF qui devait permettre de venir en aide à 50 000 personnes.P H I L I P P E O R F A L I L a Syrie a sombré à nouveau dans la violence et le chaos mardi, alors que les États-Unis et la Russie s\u2019accusaient l\u2019un l\u2019autre d\u2019avoir sabordé le fragile cessez-le-feu qui avait été instauré sept jours plus tôt.Le monde avait rendez-vous à New York mardi à l\u2019occasion de l\u2019ouverture du débat général de la 71e session de l\u2019Assemblée générale de l\u2019ONU, mais les chefs d\u2019État présents avaient plutôt les yeux rivés vers la Syrie, où un entrepôt du Croissant-Rouge et 18 camions transportant aide, aliments et matériel médical ont été brûlés lundi soir, dans le cadre de raids orchestré selon toute vraisemblance par le régime de Bachar al-Assad ou ses alliés russes, selon les États-Unis.La Syrie replonge dans la guerre Les États-Unis et la Russie s\u2019accusent d\u2019avoir fait avorter la trêve R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec L e premier ministre Philippe Couillard souhaitait placer la rentrée parlementaire sous le signe de la « confiance retrouvée », mais les partis d\u2019opposition sont passés à l\u2019attaque d\u2019entrée de jeu en soulevant des questions d\u2019éthique associées à l\u2019ex-ministre des Transports, Jacques Daoust, et à son successeur à ce poste, Laurent Lessard.Dès la réunion de son caucus, avant la première période de questions de la session d\u2019automne, Philippe Couillard a voulu innover en conviant les médias à assister à une déclaration qu\u2019il a livrée au début de la réunion de ses députés.« On commence une session où on va revenir sur la confiance et la prospérité retrouvée au Québec pour tous les Québécois, pour nos familles, pour les enfants dans nos écoles, pour les patients dans les hôpitaux, pour les entrepreneurs et pour l\u2019emploi, a déclaré le premier ministre sous les applaudissements nourris des élus libéraux.On va parler de la confiance retrouvée des Québécois en nous-mêmes.» Mais les par tis d\u2019opposition voyaient les choses autrement.Le chef de l\u2019opposition officielle, Sylvain Gaudreault, et le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, ont repris là où ils avaient laissé en juin en remettant sur le tapis la vente des actions de Rona par Investissement Québec.RENTRÉE PARLEMENTAIRE L\u2019éthique revient hanter le gouvernement Couilllard PEDRO RUIZ LE DEVOIR Outre son apport artistique et technique, Michel La Veaux veut célébrer la démarche humaniste de Jean-Claude Labrecque (en photo).F R A N Ç O I S L É V E S Q U E à Québec I mpossible de rater Michel La Veaux dans une foule.Grand gaillard, le directeur photo (Pour l\u2019amour de Dieu, Le démantèlement) est de surcroît doté d\u2019un rire reconnaissable entre tous.Invité du Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ), il est du jury de la compétition internationale.Ça tombe bien, car on se demandait où il en était avec son projet de documentaire sur Jean-Claude La- brecque, géant du 7e art et maestro de la direction photo, lui aussi.Eh bien, il se trouve qu\u2019il le tourne en ce moment même, révèle-t-il en se délestant de ses fonctions officielles le temps d\u2019un entretien.Ce film, Michel La Veaux en parlait déjà au moment de la production de son documentaire Hôtel La Louisiane.D\u2019emblée, il faut savoir que Jean-Claude Labrecque est l\u2019une des idoles.«J\u2019ai su assez jeune que je voulais être directeur CINÉMA Mise en lumière Michel La Veaux tourne un documentaire sur Jean-Claude Labrecque, véritable géant du 7e art québécois VOIR PAGE A 8 : ÉTHIQUE Lire aussi \u203a Les remontrances de l\u2019aspîrante-chef Martine Ouellet occultent la rentrée parlementaire du Parti québécois.Page A 5 Nations unies Trudeau s\u2019adresse aux Canadiens.depuis New York Page A 3 VOIR PAGE A 8 : SYRIE VOIR PAGE A 8 : LABRECQUE 0 % 41$ PAR SEMAINE LOUEZ À PARTIR DE PENDANT 60 MOIS ACOMPTE DE 0 $ kia.ca/qualite Prend fin le 30 septembre.Ces offres sont accessibles à tout particulier quali?é qui prend possession d\u2019un modèle Kia 2016/2017 neuf sélectionné chez un concessionnaire participant du 1er au 30 septembre 2016.Le concessionnaire peut vendre ou louer à prix inférieur.Une commande du concessionnaire peut être requise.Des conditions s\u2019appliquent.Visitez votre concessionnaire Kia pour tous les détails.Les véhicules illustrés le sont à titre informatif et peuvent comporter des accessoires et mises à jour offerts à coûts supplémentaires.Ces offres sont sujettes à changement sans préavis.Les offres comprennent les frais de transport et préparation jusqu\u2019à 1 740 $, les droits spéci?ques sur les pneus neufs (15 $) et la surcharge sur le climatiseur (100 $ lorsque applicable).Les frais de permis, les assurances, l\u2019immatriculation et les taxes applicables sont en sus.Le boni gagnant de 750 $ à l\u2019achat comptant, à la location ou au ?nancement est déduit du prix convenu avant les taxes sur tous les modèles Kia 2016 et 2017 neufs entre le 1er et le 30 septembre 2016.Une participation du concessionnaire peut être requise.Des conditions s\u2019appliquent.Visitez votre concessionnaire Kia pour tous les détails.L\u2019offre de location à partir de 0 % est disponible sur les modèles 2016/2017 sélectionnés, sur approbation du crédit.Certaines conditions s\u2019appliquent.Visitez votre concessionnaire Kia pour tous les détails.Exemples applicables à la location : L\u2019offre de location disponible sur le modèle Forte LX BM (FO541H) 2017/Soul LX BM (SO551G) 2016/Sportage LX TA (SP751H) 2017 neuf, avec un prix d\u2019achat de 17 070 $/18 950 $/26 750 $ incluant un crédit à la location de 250 $/un boni gagnant de 750 $/un boni gagnant de 750 $ est basée sur 260/260/208 paiements hebdomadaires de 41 $/36 $/ 61 $.Location 60/60/48 mois au taux de 0 %/ 0 %/ 2,9 % avec un acompte de 0 $/950 $/1 950 $ ou échange équivalent.Dépôt de sécurité de 0 $, premier paiement et frais d\u2019inscription au RDPRM incluant les frais de l\u2019agent (jusqu\u2019à 110 $) exigibles à la livraison.Limite de 16 000 km par année et frais de 12 ¢ le km additionnel.\u2021Le prix d\u2019achat des modèles illustrés Sportage SX Turbo TI (SP757H) 2017/Soul SX Luxe (SO758G) 2016/Forte SX BA (FO747H) 2017 neufs est de 41 450 $/29 350 $/28 970 $.\u2020L\u2019offre « pneus d\u2019hiver sans frais » est disponible à l\u2019achat, au ?nancement ou à la location d\u2019une nouvelle Kia Forte Berline 2017 chez les concessionnaires participants du 9 août au 30 septembre 2016.Les roues ne sont pas incluses.Les frais d\u2019installation et/ou de stockage et les droits sur les pneus neufs sont en sus et peuvent varier en fonction du concessionnaire et de la région.Le concessionnaire se réserve le choix de la marque et de la taille des pneus d\u2019hiver.La valeur des pneus d\u2019hiver varie en fonction du modèle et des ?nitions.L\u2019offre est soumise à des conditions spéci?ques et ne peut être convertie en espèces.Visitez votre concessionnaire Kia pour tous les détails.L\u2019offre prend ?n le 30 septembre 2016.#L\u2019offre « 3 ans d\u2019entretien » est disponible à l\u2019achat, au ?nancement ou à la location d\u2019une nouvelle Kia Forte Berline 2017 chez les concessionnaires participants du 9 août au 30 septembre 2016, et est offerte sous forme de carte de membre Programme privilèges Kia pré-chargée d\u2019une valeur de 496 $ basée sur un coût moyen d\u2019entretien standard sur 3 ans/60 000 km dans votre région.Des conditions s\u2019appliquent.Visitez votre concessionnaire Kia pour tous les détails.La Kia Soul 2016/le Kia Sportage 2016 ont enregistré le plus petit nombre de problèmes par 100 véhicules parmi les véhicules compacts multi-segment/véhicules utilitaires compacts dans le cadre de l\u2019étude de J.D.Power 2016 sur la qualité initialeSM aux États-Unis.L\u2019étude 2016 est basée sur les réponses de 80 157 propriétaires de véhicules neufs, évaluant 245 modèles et re?ète leur opinion après 90 jours d\u2019utilisation.Les résultats de l\u2019étude avec droits de propriété sont basés sur les perceptions et l\u2019expérience des propriétaires sondés de février à mai 2016.Votre expérience personnelle pourrait varier.Visitez jdpower.com.La Soul 2016 de Kia a remporté le prix « Valeurs résiduelles » de l\u2019ALG pour la meilleure valeur de revente dans sa catégorie.ALG est la référence de l\u2019industrie en matière de données relatives à la valeur résiduelle et à la dépréciation, www.alg.com.Le tout nouveau Sportage 2017 a remporté le prix de Meilleur choix sécurité Plus 2016 par la Insurance Institute for Highway Safety (IIHS).La cote de sécurité 5 étoiles fait partie du programme d\u2019évaluation gouvernemental lors de tests de collision de nouvelles voitures effectués par la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) (www.SaferCar.gov).Les renseignements publiés dans cette annonce sont réputés être véridiques au moment de leur parution.Pour plus de renseignements sur la garantie sans souci de 5 ans, visitez kia.ca ou composez le 1-877-542-2886.Kia est une marque de commerce de Kia Motors Corporation.Sportage 2016 « Au premier rang des véhicules utilitaires compacts pour la qualité initiale aux É.-U.» « Un accomplissement grâce aux performances exceptionnelles » - L\u2019Automobile « Kia au top de la qualité » \u2013 AutoJournal « Au premier rang des véhicules compacts multi-segment pour la qualité initiale aux É.-U.pour une 2E année consécutive » MEILLEUR CHOIX SÉCURITÉ + LORSQUE ÉQUIPÉ DE CARACTÉRISTIQUES RELIÉES À LA PRÉVENTION DE COLLISIONS FRONTALES MEILLEURE VALEUR RÉSIDUELLE DE SA CATÉGORIE POUR UNE 3E ANNÉE CONSÉCUTIVE OFFRE SPÉCIALE, PROFITEZ DE SANS FRAIS D\u2019ENTRETIEN # 3 ANS OU OU 4 PNEUS D\u2019HIVER\u2020 NOUVELLEMENT REDESSINÉE 2017 LA COTE DE SÉCURITÉ 5 ÉTOILES 5-Star Safety Ratings More Stars.Safer Cars.GAGNANT DE UN BONI 750 $ LX BM 2016 COMPRENANT UN BONI GAGNANT DE 750 $ CARACTÉRISTIQUES DISPONIBLES : SIÈGES AVANT ET ARRIÈRE CHAUFFANTS TOIT OUVRANT PANORAMIQUE 36$ À PARTIR DE PAR SEMAINE LOCATION 60 MOIS ACOMPTE DE 950 $ 0% Modèle SX Luxe illustré\u2021 Modèle SX BA illustré\u2021 LX TA 2017 LE TOUT NOUVEAU COMPRENANT UN BONI GAGNANT DE 750 $ À PARTIR DE SEULEMENT CARACTÉRISTIQUES DISPONIBLES : SIÈGES AVANT ET ARRIÈRE CHAUFFANTS TOIT OUVRANT PANORAMIQUE ET TRACTION INTÉGRALE 61$ PAR SEMAINE LOCATION 48 MOIS ACOMPTE DE 1 950 $ Modèle SX Turbo TI illustré\u2021 QUALITÉ AU SOMMET - L\u2019ÉVÉNEMENT- BONI GAGNANT SUR TOUS LES MODÈLES L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 1 S E P T E M B R E 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 L e Parlement a repris ses travaux lundi.La chef intérimaire conservatrice, Rona Ambrose, et son vis-à-vis néodémocrate, Thomas Mulcair, étaient en poste pendant que le premier ministre Trudeau se livrait à New York à une autre opération de séduction diplomatique sur les planches des Nations unies.Aucune surprise de la part de l\u2019opposition.À moins que vous ne soyez étonnés de voir les conservateurs dénoncer l\u2019intention du gouvernement d\u2019imposer un prix, une taxe à leurs yeux, sur le carbone.Ou encore d\u2019entendre les néodémocrates crier haut et fort que libéraux et conservateurs, c\u2019est bonnet blanc, blanc bonnet.Pour une certaine fraîcheur, il faudra vraisemblablement attendre que le gouvernement donne suite aux nombreuses consultations sur son ambitieuse plateforme.Ce moment de vérité approche.Le gouvernement libéral doit maintenant penser en termes de résultats, comme l\u2019a expliqué à la fin d\u2019août aux membres du cabinet le Britannique Michael Barber, le pape de la « deliverology », cette nouvelle science de la réalisation des engagements électoraux.Pour cela, le gouvernement doit commencer à trancher, ce qui comporte sa part de risques quand, en toile de fond, la lente croissance rend une partie de la population moins réceptive, sinon plus cynique.À ces gens mécontents s\u2019ajoutent ceux que les décisions du gouvernement vont inévitablement décevoir.Le gouvernement a moins d\u2019emprise sur les victimes des aléas de l\u2019économie, mais il peut choisir qui décevoir avec ses propres décisions.Bref, bien faire ses calculs politiques.La liste de ce qui doit aboutir au cours des prochains mois est imposante : plan de réduction des gaz à effet de serre (GES), projets de pipelines, réforme électorale, entente fédé- rale-provinciale sur les transfer ts en santé, soutien aux autochtones, légalisation de la marijuana, mission de « paix » ou de stabilisation en Afrique\u2026 N\u2019en jetez plus, la cour est pleine.Dans tous ces cas, trancher va vouloir dire mécontenter.Une des équations les plus difficiles à résoudre demeure la promesse libérale de réduire les émissions de GES tout en donnant au pétrole de l\u2019Ouest accès aux marchés étrangers.Tous les ingrédients d\u2019une décision gouvernementale compliquée s\u2019y trouvent réunis : des objectifs politiques apparemment contradictoires et une foule d\u2019acteurs aux intérêts divergents.Voyez vous-mêmes : des entreprises avec des milliards en jeu, des populations locales inquiètes, un organisme réglementaire contesté, des groupes d\u2019intérêt et des autochtones mobilisés et des gouvernements provinciaux et locaux aux barricades.Pour couronner le tout, des recours pendants devant les tribunaux.Deux projets de pipeline nécessitent une décision, dont un avant les Fêtes.Il s\u2019agit de l\u2019expansion de l\u2019oléoduc Kinder Morgan qui reliera l\u2019Alber ta à la côte ouest près de Vancouver.L\u2019autre projet est bien sûr Énergie Est, dont on ne connaît plus l\u2019échéancier depuis la récusation des trois commissaires affectés à son examen.On s\u2019attend à ce que le dossier ne revienne devant le cabinet que dans deux ans, juste avant les élections de 2019.Parallèlement, le gouvernement Trudeau va établir son plan de réduction des GES qui prévoira un prix sur le carbone.Les libéraux ont créé des attentes sur les deux fronts et il y a déjà des déçus.C\u2019est le cas du côté des autochtones et des groupes environnementaux qui ont approuvé l\u2019intention de Justin Trudeau de rétablir un processus crédible d\u2019examen afin de bien asseoir l\u2019acceptabilité sociale des projets de pipeline éventuellement autorisés.On s\u2019attend à ce qu\u2019un seul projet soit approuvé afin de fournir au moins un débouché à l\u2019Alberta.Lequel choisir ?La mobilisation est plus impor tante au Québec et le processus d\u2019évaluation y est enlisé dans les controverses.Sur la côte ouest, Kinder Morgan existe déjà.On ne ferait que doubler la tuyauterie, mais cela voudrait dire plus de navires autour de Vancouver, qui s\u2019y oppose.On parle toutefois de navires d\u2019un tonnage limité, pas de superpé- troliers.Mais l\u2019opposition est vigoureuse au point d\u2019inquiéter plusieurs députés libéraux du coin.En entérinant Kinder Morgan d\u2019ici le 19 décembre, le chef libéral pourrait par contre se vanter d\u2019avoir approuvé dans les règles en un an plus de pipelines que Stephen Harper en dix ans.Une partie de bras de fer s\u2019annonce aussi autour du plan de réduction des GES attendu cet automne.La ministre de l\u2019Environnement, Catherine McKenna, a confirmé qu\u2019un prix sur le carbone sera imposé s\u2019il le faut.Les quatre plus grandes provinces, y compris l\u2019Alberta, en ont déjà un, bien que sous des formes diverses.Les conservateurs parlent quand même « des provinces» qui se feront enfoncer ça dans la gorge mais, dans le fond, c\u2019est la Saskatchewan qu\u2019ils appuient.Un autre calcul.Le même genre d\u2019arithmétique prévaut dossier après dossier.Mais en politique, les satisfaits passent vite à autre chose, d\u2019où l\u2019importance de bien choisir ceux qu\u2019on décevra.Et comme il faut du temps pour parer les coups et ramener les mécontents au bercail, mieux vaut prendre les décisions impopulaires dès maintenant, en deuxième année de mandat.Gérer les déceptions H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa «L e Canada est de retour », avait lancé en octobre 2015 un Justin Trudeau nouvellement élu premier ministre à l\u2019attention de la planète.Pourtant, à l\u2019occasion de son premier passage dans l\u2019enceinte suprême de la communauté internationale mardi, le premier ministre Trudeau s\u2019est adressé d\u2019abord aux Canadiens.De sa tribune onusienne, il a repris ses grands thèmes électoraux, insistant sur l\u2019importance d\u2019élargir la classe moyenne, d\u2019investir dans les infrastructures et de chérir la diversité, tout en réitérant le désir du Canada de se «ré-engager» dans les affaires mondiales.« Il y a exactement un an aujourd\u2019hui, le Canada était en plein milieu d\u2019une longue campagne électorale âprement disputée.78 jours sur la route.Et je peux vous assurer qu\u2019au Canada, on a assez de routes pour rouler 78 jours ! » a lancé d\u2019entrée de jeu M.Trudeau alors qu\u2019il s\u2019adressait à la 71e Assemblée générale de l\u2019ONU, à New York.M.Trudeau a rappelé que, pendant cette campagne, il avait rencontré des jeunes, des aînés, des parents et des travailleurs qui éprouvaient de la dif ficulté à réaliser leurs rêves, à joindre les deux bouts.Il en a tiré la conclusion que « les Canadiens croient encore au progrès.Ou du moins, que le progrès est possible.Mais cet optimisme est mêlé de beaucoup d\u2019inquiétude.» Le premier ministre a soutenu que le rôle d\u2019un leader était de calmer ces inquiétudes, et non de les exploiter.« Pour apaiser les inquiétudes des gens, nous devons créer une croissance économique qui est largement partagée, parce qu\u2019un monde qui est juste est un monde en paix.» Il a répété son intention d\u2019investir dans les infrastructures pour bâtir une économie « qui fonctionne pour tout le monde, pas seulement le 1% des plus riches».Même le dossier des réfugiés a été enrobé du discours sur la classe moyenne si chère à M.Trudeau.« Voyez-vous, les réfugiés sont des gens qui ont les mêmes espoirs et les mêmes rêves que nos citoyens.[\u2026] Et savez-vous où vit la classe moyenne de Syrie?Elle vit dans des camps de réfugiés en Turquie, au Liban et en Jordanie.Elle se déplace à travers l\u2019Europe à la recherche d\u2019un endroit où s\u2019enraciner, retourner ses enfants à l\u2019école, trouver du travail et devenir des citoyens productifs.» À la hauteur?L\u2019ancien ambassadeur du Canada à l\u2019ONU, Paul Heinbecker, ne voit pas pour autant ce discours comme posant un problème, au contraire.« Il a tenté de passer un message qui était le bienvenu à New York, un message d\u2019optimisme, de la foi des Canadiens dans le progrès, qui tranchait avec les discours pessimistes et déprimants servis par les autres leaders.[\u2026] C\u2019était un changement de ton », dit-il en entrevue avec Le Devoir.Le discours d\u2019à peine 12 minutes de M.Trudeau, livré lentement en séparant chaque phrase, tranchait cer tes avec les discours- fleuves de Barack Obama (48 minutes) ou de la Britannique Theresa May (21 minutes).Mais il avait le mérite de sonner sincère et de respecter la limite des 15 minutes imparties à chaque orateur, souligne M.Heinbecker.Celui qui a rédigé les discours internationaux de Brian Mulroney, de Jean Chrétien et même de Pierre Elliott Trudeau rappelle en outre que ces allocutions s\u2019adressent souvent à un auditoire national.«Le président turc a parlé mardi de la tentative de coup d\u2019État », illustre-t-il.Pendant son discours, Justin Trudeau a parlé du désir du Canada «de se ré-engager dans les affaires internationales par le truchement d\u2019institutions comme les Nations unies».«Cela ne sert pas nos intérêts, ni ceux de la planète, de prétendre que nous ne sommes pas profondément af fectés par ce qui se produit au-delà de nos frontières.» Il a alors rappelé que le Canada a contribué à négocier l\u2019Accord de Paris sur les changements climatiques, manifesté son désir d\u2019accroître sa participation dans les missions de paix et tenu la semaine dernière une conférence lors de laquelle la communauté internationale s\u2019est engagée à consacrer 13 milliards de dollars pour combattre le sida, la tuberculose et le paludisme et mettre fin à l\u2019épidémie d\u2019ici 2030.« Nous sommes Canadiens.Nous sommes là pour aider», a lâché M.Trudeau en guise de conclusion.Tous ces rappels, conclut M.Heinbecker, «démontrent que le Canada a un ordre du jour qui correspond à ce que la communauté internationale estime être important».En cela, affirme-t-il, M.Trudeau marque une dif férence marquée par rapport à son prédécesseur, Stephen Harper.Le gouvernement conservateur avait manifesté ouver tement son peu d\u2019estime envers l\u2019ONU.En 2009, par exemple, M.Harper avait ostentatoirement quitté New York pour visiter une usine de Tim Hortons plutôt que de prendre la parole à l\u2019Assemblée générale.Néanmoins, il avait lui aussi livré un discours à l\u2019ONU pendant sa première année de mandat, en 2006.Il en avait profité pour vanter la mission en Afghanistan et pour inviter l\u2019ONU à se réformer pour rendre davantage de comptes.Diversité au menu Par ailleurs, M.Trudeau a profité de sa tribune mardi pour souligner à quel point il fallait respecter la diversité.Ainsi a-t-il pris la peine de mentionner, lorsqu\u2019il a parlé de la campagne électorale, qu\u2019il fallait aller à la rencontre des citoyens là où ils se trouvent, ce qui inclut « les sous-sols d\u2019église, les mosquées et les synagogues».Il a mis en garde contre le risque de « rejeter les autres parce qu\u2019ils ont l\u2019air différent ou parce qu\u2019ils parlent ou prient de manière dif férente de la nôtre », avant de réitérer sa ligne habituelle, soit que «notre pays est fort non pas en dépit de nos différences, mais à cause d\u2019elles ».Le Devoir ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES Justin Trudeau s\u2019adresse aux Canadiens depuis New York A L E X A N D R E S H I E L D S T ransCanada vient d\u2019entamer ses relevés sismiques dans le fleuve Saint-Laurent, dans le but de préciser comment se fera la plus longue traversée de cours d\u2019eau de tout le projet Énergie Est.Mais selon le calendrier actuel de l\u2019évaluation québécoise du pipeline, les audiences du BAPE pourraient débuter avant que ces informations soient publiées.Le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, a confirmé mardi au Devoir que l\u2019entreprise a commencé ses relevés sismiques, des « travaux préliminaires » à la construction du pipeline Énergie Est.Ces opérations, qui toucheront le milieu marin sur une distance de 3,5 kilomètres, doivent être terminées d\u2019ici le 3 novembre, selon le certificat d\u2019autorisation délivré au nom du ministre de l\u2019Environnement, David Heurtel.«L\u2019objectif de ces travaux géophysiques est d\u2019évaluer la composition du lit des cours d\u2019eau pour que nous puissions concevoir des franchissements qui seront les plus sécuritaires et écologiques possible, a fait valoir M.Duboyce.La sécurité et la protection de l\u2019environnement sont nos principales préoccupations lorsqu\u2019il s\u2019agit de franchissements de cours d\u2019eau.Pour y parvenir, nous devons procéder aux sondages géophysiques appropriés.» Réserve naturelle Même si le pipeline doit traverser la réserve naturelle des Battures-de- Saint-Augustin-de-Desmaures avant de franchir le fleuve, TransCanada « évitera d\u2019ef fectuer des travaux géophysiques à l\u2019intérieur » des limites de cette réserve, a précisé le porte-parole de pétrolière.«Des bouées seront installées aux limites de la réserve naturelle des battures afin de nous assurer que notre équipe ne franchisse pas cette zone protégée en bateau», a-t-il ajouté.Le certificat d\u2019autorisation délivré par Québec indique cependant que TransCanada peut utiliser des «explosifs» pour mener ses relevés sismiques «dans le marécage riverain de Saint-Augustin-de-Desmaures».Le maire de Saint-Augustin-de- Desmaures, Sylvain Juneau, s\u2019oppose à ces travaux, mais aussi au passage du pipeline sur le territoire de sa municipalité.Le conseil municipal est d\u2019ailleurs «unanime dans son opposition» à Énergie Est, a-t-il fait valoir mardi.«Même s\u2019ils nous offrent des millions de dollars, nous n\u2019en voulons pas.» Il a ainsi rappelé que ce tuyau d\u2019un mètre de diamètre doit notamment traverser des zones agricoles et des zones aquifères.BAPE à venir Par ailleurs, Tim Duboyce n\u2019a pas été en mesure de préciser quand les citoyens pour ront prendre connaissance des détails concernant la traversée du fleuve.«Nous allons faire un rapport avec les données cueillies pendant cet exercice.Nous allons fournir ce rap- por t le plus rapidement possible, mais je n\u2019ai pas de date précise à signaler», a-t-il expliqué.Selon le calendrier des travaux rendu public par Québec, les audiences publiques du BAPE pourraient avoir lieu en octobre, ce qui signifie que les informations ne seraient vraisemblablement pas disponibles avant le début des audiences.Quant au rapport du BAPE, il doit être terminé pour février 2017.Ce « processus accéléré » pour l\u2019évaluation du Québec a été mis en place pour s\u2019arrimer au calendrier de l\u2019Office national de l\u2019énergie.Or ce processus est actuellement stoppé, en raison de la récusation des commissaires qui menaient l\u2019étude d\u2019Énergie Est.Dans ce contexte, est-ce que Québec pourrait reporter les audiences publiques de façon à attendre d\u2019obtenir les informations de TransCanada concernant la traversée du fleuve ?« Le Québec applique rigoureusement le processus d\u2019évaluation environnementale prévu dans la Loi sur la qualité de l\u2019environnement.L\u2019analyse complète par le ministère de l\u2019étude d\u2019impact déposée par TransCanada suit son cours et prendra le temps nécessaire », a simplement répondu le cabinet du ministre Heurtel.Le Devoir ÉNERGIE EST TransCanada a commencé ses relevés sismiques dans le Saint-Laurent ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR La raffinerie Valero, à Lévis, doit être un client du pipeline Énergie Est.On ne sait toutefois pas combien de pétrole serait destiné à cette usine chaque jour.DENIS FERLAND J E A N N E C O R R I V E A U A près François Limoges, c\u2019est au tour de Valérie Plante de se lancer dans la course à la chefferie de Projet Montréal en prévision des élections de 2017.Conseillère dans l\u2019arrondissement de Ville-Marie, Valérie Plante dit vouloir faire des transports, de l\u2019habitation et de l\u2019alimentation les thèmes principaux de sa campagne avec pour objectif de réduire les inégalités dans l\u2019of fre de services aux Montréalais.À l\u2019occasion du lancement de sa campagne, Mme Plante a évoqué l\u2019idée d\u2019obliger la Ville et ses sous-traitants à offrir un salaire minimum de 15$ l\u2019heure comme l\u2019ont fait les villes de Vancouver et de New Westminster: «C\u2019est un message qu\u2019on envoie en disant que la Ville de Montréal est un bon employeur et qu\u2019on croit au salaire viable.» Selon elle, le coût de cette mesure serait « marginal » pour les finances de la Ville et représenterait moins de 0,1 % du budget.Les grands projets Mme Plante af frontera le conseiller François Limoges, qui avait annoncé son intention de briguer la chefferie de Projet Montréal dès mai dernier.Élu dans Rosemont\u2013La Petite- Patrie, M.Limoges insiste sur l\u2019importance de placer l\u2019équipe à l\u2019avant-scène.«Contre Denis Co- derre, qui fait un one man show, je vais présenter une équipe du tonnerre», a-t-il indiqué mardi.Il entend aussi remettre les grands projets au cœur du programme du parti et dévoilera ses intentions au cours de la campagne.La période de mises en candidature à Projet Montréal prendra fin le 15 octobre.Lundi, le conseiller Guillaume Lavoie a fait savoir qu\u2019il renonçait à briguer la chefferie du parti.Le Devoir C A T H E R I N E T R I O M P H E à New York V oyages en Afghanistan et au Pakistan, notes évoquant Ben Laden ou un idéologue d\u2019al- Qaïda : une série d\u2019informations pointait mardi vers une possible radicalisation de l\u2019Américain d\u2019origine afghane arrêté à la suite des attentats à la bombe de New York et du New Jersey, sur lequel le FBI a reconnu avoir enquêté en 2014.En fin de journée mardi, le suspect, Ahmad Khan Rahami, a été inculpé d\u2019uti l isation d\u2019armes de destruction massive, selon un document transmis par le procureur du district sud de l\u2019État de New York, Preet Bharara.L\u2019homme a également été inculpé d\u2019attaque à la bombe d\u2019un lieu public, de destruction de biens privés et d\u2019utilisation d\u2019un engin de destruction pour commettre un crime violent.C\u2019est le fait nouveau potentiellement embarrassant pour les autorités: alors que la police du New Jersey indiquait lundi qu\u2019Ahmad Khan Rahami n\u2019était «pas sur [son] radar», le FBI a confirmé mardi avoir enquêté sur lui en 2014 \u2014 après que le père du jeune homme l\u2019eut alerté \u2014 sans trouver «aucune indication de liens avec le terrorisme».Rahami, 28 ans, est soupçonné d\u2019avoir placé une cocotte-minute bourrée d\u2019explosifs dans le quartier très animé de Chelsea samedi soir, faisant 29 blessés.Il est aussi soupçonné d\u2019avoir posé une bombe artisanale sur le parcours d\u2019une course à pied à Seaside Park dans le New Jersey samedi, qui n\u2019a pas fait de victimes, et d\u2019avoir caché au total huit autres engins n\u2019ayant pas explosé.Blessé par balles lors de la fusillade qui a mené à son arrestation lundi, il est hospitalisé et se trouve «dans un état critique mais stable», selon le chef de la police new-yorkaise, James O\u2019Neill.M.O\u2019Neill est resté muet sur ses possibles motivations.Mais de nombreuses informations ont émergé sur le passé de ce résidant d\u2019Elizabeth (New Jersey), né en Afghanistan et arrivé aux États-Unis enfant avant d\u2019être naturalisé américain.Le gouverneur de l\u2019État de New York, Andrew Cuomo, a confirmé qu\u2019il était retourné plusieurs fois en Afghanistan et au Pakistan, avec un séjour de près d\u2019un an à Quetta, une ville où les talibans sont très présents.Il s\u2019y serait marié en 2011 et y aurait même eu un enfant, selon un député d\u2019Elizabeth, Albio Sires.Changement après un voyage Sa femme pakistanaise aurait quitté les États- Unis quelques jours seulement avant les attentats, a indiqué CNN, citant une source policière.Les autorités américaines ont contacté le Pakistan et les Émirats arabes unis pour essayer de la retrouver, a-t-elle ajouté.Ahmad Rahami s\u2019est-il radicalisé lors de ces voyages ?Des proches du jeune homme, cités lundi par le New York Times, avaient évoqué « un changement de comportement » au retour d\u2019un de ses voyages en Afghanistan.Surtout, les autorités auraient retrouvé sur Ra- hami un carnet ainsi qu\u2019une note manuscrite qui attesteraient de son goût pour les idéologies radicales, selon plusieurs grands médias américains.Il y ferait référence aux frères Tsarnaev, auteurs de l\u2019attentat à la bombe contre le marathon de Boston qui fit trois morts et 264 blessés en avril 2013, et à Oussama ben Laden et Anwar al-Awlaqi, l\u2019idéologue d\u2019al-Qaïda dans la péninsule arabique tué par un drone américain au Yémen, selon ces médias.Rahami avait aussi fait trois mois de prison en 2014 pour avoir agressé l\u2019un de ses frères à l\u2019arme blanche, avant qu\u2019un jury réuni avant le procès décide de ne pas l\u2019inculper.«Cellule» terroriste Les autorités ont indiqué lundi qu\u2019elles ne recherchaient pas d\u2019autre suspect et n\u2019avaient aucune information sur la présence d\u2019une «cellule» terroriste opérationnelle à New York.M.O\u2019Neill a estimé mardi que le fait que Rahami a été retrouvé blotti dans l\u2019entrée d\u2019un bar était un «bon signe qu\u2019il n\u2019avait nulle part où aller».Mais les enquêteurs continuent selon lui à éplucher ses communications, son activité sur les réseaux sociaux, son entourage, pour vérifier s\u2019il a vraiment agi seul.Ahmad Rahami a apparemment une grande famille : selon des documents enregistrés en 2006 par son père pour leur restaurant de fast-food situé à Elizabeth, il aurait sept frères et sœurs.Il aurait aussi deux enfants, l\u2019un de sa femme pakistanaise, l\u2019autre d\u2019une ex-petite amie qui a demandé après les attentats le retrait de tout droit de garde.Même si beaucoup de ces informations restent à confirmer, elles renforcent la crainte de nouveaux attentats, après ceux d\u2019Orlando en juin (49 morts) et de San Bernardino en décembre 2015 (14 morts).Une crainte alimentée également par l\u2019attaque samedi dans le Minnesota, où un étudiant américain d\u2019origine somalienne a blessé 10 personnes à l\u2019arme blanche dans un centre commercial avant d\u2019être abattu.Cette attaque a été revendiquée par l\u2019organisation État islamique, même si aucune information n\u2019a encore filtré indiquant que l\u2019étudiant était radicalisé.Ces événements ont replacé la question sécuritaire au cœur de la campagne présidentielle.Agence France-Presse L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 1 S E P T E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 À LIRE ÉGALEMENT SUR LE WEB LEDEVOIR.COM/ENTREVUESPQ LES GRANDES ENTREVUES DU DEVOIR La course à la che?erie du Parti québécois Ce samedi Paul St-Pierre Plamondon DÉJÀ PARUES 3 septembre Martine Ouellet 10 septembre Alexandre Cloutier 17 septembre Jean-François Lisée ATTENTATS DE NEW YORK La piste de la radicalisation Le suspect est inculpé d\u2019utilisation d\u2019armes de destruction massive J E A N N E C O R R I V E A U F aute d\u2019entente avec le Canadien Pacifique (CP) dans l\u2019aménagement de passages à niveau, la Ville de Montréal a demandé à l\u2019Office des transports du Canada de trancher le litige.La Ville tente depuis des années de convaincre le CP d\u2019autoriser l\u2019implantation de passages à niveau à six endroits le long des voies ferrées qui divisent Montréal en deux.La Ville a notamment proposé que des traverses soient aménagées dans le Mile-End, angle Henri-Ju- lien et des Carrières, à proximité du futur campus Outremont, ainsi que dans le secteur de la gare Parc, située dans la rue Ogilvy.Mardi, le maire Denis Coderre a indiqué avoir reçu du CP une lettre dans laquelle l\u2019entreprise refuse les propositions de passages à niveau.En raison de l\u2019impasse, la Ville demande maintenant l\u2019arbitrage à l\u2019Office des transports.Le conseiller de Projet Montréal, Richard Ryan, déplore que la Ville ait tant tardé avant de demander l\u2019arbitrage.«On a perdu trois ans.On reprend à la case départ parce que la Ville devra présenter un nouvel argumentaire pour cet arbitrage», a commenté l\u2019élu de l\u2019opposition.M.Ryan croit que l\u2019administration Coderre aurait dû profiter de l\u2019arrivée d\u2019un nouveau gouvernement à Ottawa pour réclamer que la législation encadrant l\u2019aménagement de passages à niveau dans les villes soit revue.L\u2019Office des transports prend des décisions en fonction du transport ferroviaire et non en fonction de l\u2019aménagement urbain, a-t-il souligné.Alors que le litige entre la Ville et le CP perdure, les citoyens continuent de traverser les voies illégalement en passant par des brèches dans les clôtures.L\u2019an dernier, une citoyenne qui avait contesté un constat d\u2019infraction de 146 $ a été déboutée par le tribunal.Le Devoir PASSAGES À NIVEAU Montréal demande l\u2019arbitrage JACQUES NADEAU LE DEVOIR Alors que le litige entre la Ville de Montréal et le Canadien Pacifique perdure, les citoyens continuent de traverser les voies illégalement.CHEFFERIE DE PROJET MONTRÉAL Valérie Plante se lance dans la course Véronique Hivon au repos complet pour une durée indéterminée Québec \u2014 La députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon, ne sera pas de retour à l\u2019Assemblée nationale de sitôt : son congé de maladie est prolongé pour une période indéterminée.Fin août, alors qu\u2019elle était candidate à la succession de Pierre Karl Péladeau, Mme Hivon s\u2019était vu imposer par son médecin un repos complet d\u2019un mois pour récupérer d\u2019une laby- rinthite, une infection virale aiguë.Mais son état ne s\u2019est toujours pas amélioré depuis et elle se voit forcée de prolonger son congé de maladie, en évitant toute activité jusqu\u2019à nouvel ordre.Ses ennuis de santé l\u2019ont forcée à se retirer de la course à la direction du Parti québécois, le 26 août.La Presse canadienne Nouveau report de la fin des exemptions de visas au Canada Ottawa \u2014 Le Canada a soudainement annoncé mardi un nouveau report de l\u2019entrée en application de l\u2019autorisation de voyage électronique (AVE), qui sera désormais obligatoire à partir du 10 novembre pour les voyageurs originaires de pays normalement exemptés de visas, tels que les États européens.Initialement prévu le 15 mars, puis reporté pour des raisons techniques au 30 septembre, ce sésame doit être demandé en ligne par chaque voyageur, à qui il en coûtera sept dollars canadiens.Équivalent canadien du programme de dispense de visa en vigueur aux États-Unis depuis 2008 (Esta), l\u2019AVE devait initialement être obligatoire dès l\u2019hiver dernier.Des problèmes techniques puis les difficultés d\u2019informer les voyageurs ont amené les autorités canadiennes à différer cette mise en place.Par ce nouveau report, le gouvernement dit vouloir «donner aux voyageurs et aux compagnies aériennes plus de temps pour se préparer aux changements ».Pour les ressortissants de la plupart des pays, la demande est traitée en quelques minutes.Faute UNION COUNTY PROSECUTOR ASSOCIATED PRESS Ahmad Khan Rahami a été inculpé d\u2019utilisation d\u2019armes de destruction massive, mardi à New York.de cet AVE, des voyageurs pourraient être interdits d\u2019embarquer à bord d\u2019un avion à destination du Canada dès le 10 novembre.Agence France-Presse L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 1 S E P T E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec M artine Ouellet s\u2019est retrouvée dans l\u2019embarras mardi.Les internautes ont vu apparaître un message surprenant sur son fil Twitter : « Je suis Option nationale ».Celui- ci a aussitôt relancé les rumeurs selon lesquelles la candidate à la direction du Parti québécois s\u2019exilerait vers Option nationale, ou encore le Bloc québécois, si elle essuyait un revers le 7 octobre.Alertée au sujet du malheureux gazouillis, Mme Ouellet a quitté le Salon bleu durant la période des questions pour y revenir escortée par le whip du PQ, Stéphane Bergeron.L\u2019élue péquiste s\u2019est dite victime d\u2019un acte de piratage.« Je suis Parti québécois.Je suis indépendantiste », a-t-elle pris soin de rappeler à ses 17 200 abonnés.À micro fermé, quelques membres du caucus du PQ se sont alors dits franchement exaspérés de la « distraction Ouellet ».En matinée, la députée de Va- chon a reproché à l\u2019état-major du PQ de l\u2019avoir écartée d\u2019une vidéo promotionnelle dans laquelle 24 des 28 élus péquistes se présentent l\u2019un après l\u2019autre sur fond de musique et lancent en chœur: «Nous sommes Parti québécois».Mme Ouellet n\u2019apparaît pas dans la vidéo de 40 secondes, et ce, contrairement à ses deux principaux adversaires dans la course à la chefferie, Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée.« Je suis très surprise de voir que cette pu- blicité-là a été faite sans ma participation.Je trouve ça quand même assez ordinaire dans le cadre d\u2019une course à la chefferie», a-t-elle déclaré dans un impromptu de presse.L\u2019ex-ministre des Ressources naturelles souhaitait dire « Je suis indépendantiste» plutôt que «Je suis Parti québécois», a-t-elle expliqué.La «convergence» des indépendantistes est «vraiment importante», a-t-elle insisté.Mme Ouellet a aussi accusé mardi le chef intérimaire, Sylvain Gaudreault \u2014 qui est téléguidé par l\u2019«establishment» de la formation politique, selon elle \u2014, d\u2019avoir «essa[yé] de restreindre [sa] liberté de parole» au fil des dernières semaines.« Il devrait plutôt parler à mes deux collègues [Alexandre Cloutier et Jean-François Li- sée], qui ont fait beaucoup plus de tort à l\u2019image du Parti québécois», a-t-elle laissé tomber.Le chef de l\u2019opposition officielle, Sylvain Gaudreault, a dit regretter de voir la sortie médiatique de Mme Ouellet occulter, en pleine rentrée parlementaire, la « gestion catastrophique » des affaires de l\u2019État par le gouvernement libéral.Enfin, Mme Ouellet est «une excellente travailleuse d\u2019équipe », a-t-il soutenu après avoir rappelé que « le concept de la vidéo, c\u2019est de mettre l\u2019équipe en valeur ».Force est de constater que celle-ci a plutôt fait ressurgir les tiraillements internes au sein du caucus.Le Devoir Les remontrances de Martine Ouellet occultent la rentrée du PQ JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Martine Ouellet (au centre) a accusé mardi le chef intérimaire du PQ, Sylvain Gaudreault (à gauche) de s\u2019être ingéré dans la course lorsqu\u2019il est intervenu auprès d\u2019elle pour critiquer certaines de ses déclarations publiques.P H I L I P P E O R F A L I L a Cour supérieure a rejeté mardi la demande d\u2019injonction formulée par le Front commun de l\u2019industrie du taxi du Québec.Cette demande visait à interrompre le projet-pilote développé par Uber et le gouvernement Couillard afin de légaliser ce service de transport.Le juge Michel Déziel a rejeté les prétentions de l\u2019industrie du taxi, qui faisait valoir qu\u2019il y avait « urgence d\u2019agir » puisque la situation qui prévaut depuis l\u2019entrée en vigueur du projet-pilote d\u2019Uber cause un important préjudice aux chauffeurs de taxi.Leur demande d\u2019injonction provisoire visait à faire suspendre l\u2019application de l\u2019entente sur le projet-pilote jusqu\u2019à ce que le tribunal débatte de la question sur le fond.Or, il y a «absence de circonstances exceptionnelles requises pour satisfaire au critère de l\u2019urgence», selon le juge Déziel, qui note que la loi «attribue au ministre [des Transports, Laurent Lessard] une grande discrétion dans l\u2019exercice de ses pouvoirs» dans ce dossier.Les représentants des chauf feurs de taxi ont toutefois refusé de voir cette décision comme une défaite mardi après-midi au palais de justice.« Ce n\u2019est que partie remise, a déclaré l\u2019avocat du Front commun, Marc-Antoine Cloutier.En cour, les par ties adverses ont fait des aveux qui favoriseront considérablement notre cause pour la suite des choses », a-t-il notamment soutenu.Il s\u2019est félicité que le juge ait pris la décision d\u2019accélérer les procédures judiciaires visant à déterminer si le gouvernement du Québec pouvait bel et bien conclure ce type d\u2019entente avec Uber dans le cadre légal actuel.La cour doit trancher cette question en janvier.En point de presse, les porte- parole des chauf feurs, Guy Chevrette et Benoît Jugand, ont maintes fois répété que le service Uber « demeure illégal », quoi qu\u2019en dise Québec.«Cas- sez-nous ça tout de suite, a lancé M.Jugand au ministre des Transports.Ayez au moins un peu d\u2019équité envers l\u2019industrie du taxi, mettez vos culottes et faites arrêter Uber maintenant.» Guy Chevrette a toutefois appelé les chauf feurs à faire preuve de patience, le temps que le processus judiciaire suive son cours.Les avocats du gouvernement et d\u2019Uber n\u2019ont pas réagi, au palais de justice, à la décision du juge Déziel.« Le jugement confirme que nous pouvons continuer de servir les Québécois sous l\u2019entente avec le gouvernement.Notre priorité demeure d\u2019offrir une alternative de transport de qualité, sous les conditions définies par le projet-pilote et imposées par le gouvernement », a commenté par courriel le directeur général d\u2019Uber Québec, Jean- Nicolas Guillemette.Au cabinet du ministre des Transports Laurent Lessard, on a dit «prendre acte» du jugement.«On continue la mise en œuvre du projet-pilote.Le ministre a agi dans le cadre légal québécois, et ce projet-pilote va rendre Uber conforme à la loi québécoise», a indiqué le porte- parole Mathieu Gaudreault.Rappelons que dans le cadre de ce projet-pilote d\u2019un an, Uber s\u2019est vu octroyer 300 permis de taxi.En retour, l\u2019entreprise doit payer des taxes et des impôts, en plus de percevoir la TPS et la TVQ et de verser des redevances.Elle devra également contribuer à un fonds de modernisation de l\u2019industrie du taxi et appliquer un tarif minimum de 3,45 $ par course, à l\u2019instar des taxis.Le Devoir Uber : la Cour supérieure rejette la demande d\u2019injonction Jean-François Lisée a reconnu du bout des lèvres avoir eu tort d\u2019écrire vendredi dernier que le prédicateur controversé Adil Charkaoui appuyait son principal adversaire dans la course à la chefferie du Parti québécois, Alexandre Cloutier.« Je regrette toute la journée.Ç\u2019a été une mauvaise journée pour le PQ », a-t-il laissé tomber mardi, flanqué d\u2019un nouveau sympathisant, le député Pascal Bérubé.Le prédicateur controversé Adil Charkaoui n\u2019appuie pas Alexandre Cloutier et encore moins sa proposition d\u2019interdire le port de signes religieux ostensibles pour les employés de l\u2019État en position d\u2019autorité.«Néanmoins, il nous apparaît clairement qu\u2019Alexandre Cloutier demeure la voix la plus modérée au sein du Parti québécois et, surtout, il comporte au sein de son équipe bon nombre de conseillers maghrébins musulmans pratiquants, chose qui est tout à fait à son honneur», a fait valoir le coordonnateur du Collectif québécois contre l\u2019islamophobie sur les réseaux sociaux mardi.« Il n\u2019y a pas de conseillers musulmans pratiquants dans l\u2019entourage immédiat d\u2019Alexandre Cloutier», a fait remarquer l\u2019équipe Cloutier en soirée.Propos au sujet de Charkaoui : Lisée reconnaît avoir eu tort A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L a coopérative de santé sans médecin SABSA a signé son entente avec le réseau de la santé.De « parallèle », la petite clinique infirmière qui a bousculé les façons de faire devient un partenaire officiel.C\u2019est dire le soulagement de l\u2019infirmière praticienne spécialisée Isabelle Têtu, qui avait cru au printemps qu\u2019il faudrait fermer boutique.« Au fond de moi, je savais que ça allait se régler, lance l\u2019optimiste infirmière.On a eu des hauts et des bas, mais on savait que notre modèle fonctionne et qu\u2019on a l\u2019appui du milieu et de la population.» L\u2019entente couvrira le tiers des frais de fonctionnement de la coopérative, qui sont d\u2019environ 300 000 $ par an.Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS) s\u2019est engagé à payer le salaire d\u2019une IPS et d\u2019une travailleuse sociale ainsi que les fournitures médicales comme les seringues ou les pansements.Les salaires des autres employés de SABSA, comme une travailleuse de rue et d\u2019autres infirmières, devront être assumés grâce à d\u2019autres sources de revenus.Une campagne de sociofi- nancement, au printemps, a notamment permis d\u2019amasser 250 000 $.Le tout sera officialisé cette semaine, indique le CIUSSS de la Capitale-Nationale, avec la signature de son p.-d.g.« Nous sommes très satisfaits de cette entente, indique la directrice des soins infirmiers du CIUSSS, Sylvie Bonneau.Ça répond à notre mission, qui est de rejoindre la clientèle vulnérable.» Vers l\u2019avenir Isabelle Têtu a-t-elle conservé son photocopieur ?L\u2019infirmière pouffe de rire.«Oui, et mon fax aussi.Mais je tiens à préciser que ce sont des dons ! » Rappelons que le ministre de la Santé et des Ser vices sociaux Gaétan Barrette avait d\u2019abord refusé de financer la coopérative car il ne voulait pas dédoubler les ressources avec le CLSC situé non loin, comme les photocopieurs ou les réceptionnistes.Après avoir rejeté ce qu\u2019il qualifiait de « réseau parallèle », il a fini par se laisser convaincre, annonçant en juillet dernier qu\u2019une entente serait conclue.Les quelque 1750 patients de SABSA viennent de retrouver leur ser vice sans rendez-vous, fermé temporairement depuis le printemps.Et Isabelle Têtu caresse des projets.Elle voudrait par exemple s\u2019associer à l\u2019ouverture d\u2019un site d\u2019injection supervisée en basse ville de Québec.«Ce serait connexe à SABSA», indique-t-elle.Elle aimerait aussi conclure un partenariat avec un médecin pour le suivi de patients sous méthadone puisque les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) ne peuvent pas prescrire ce produit utilisé pour contrer la dépendance aux drogues opioïdes.« L\u2019entente avec le CIUSSS nous permet de voir plus loin, de développer de nouveaux services où il y a des besoins qui ne sont pas comblés ailleurs dans le réseau de la santé», se réjouit Mme Têtu.D\u2019autres cliniques infirmières pourraient- elles voir le jour ailleurs maintenant que la porte est ouverte aux partenariats ?« Chaque cas est particulier, il faut que ça cadre avec notre mission », indique Sylvie Bonneau, du CIUSSS de la Capitale-Nationale.Un por trait dressé par des chercheurs a montré que la clientèle de SABSA est composée à 40 % de patients présentant au moins une vulnérabilité.Ce sont 14 % de ses patients qui vivent avec le VIH/sida ou l\u2019hépatite C.Le Devoir La clinique SABSA devient partenaire de Québec L\u2019entente couvrira le tiers des frais de fonctionnement de la coopérative O ttawa \u2014 Les partis de l\u2019opposition à Ottawa se disent préoccupés d\u2019entendre que le gouvernement libéral a récemment entamé des pourparlers avec la Chine concernant un possible traité d\u2019extradition.De telles négociations avec un pays où la dissidence est passible d\u2019emprisonnement et où le recours à la peine de mort est si fréquent soulèvent des questions qui ont été posées en Chambre, mardi.La chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, a sonné la charge en accusant le gouvernement d\u2019avoir «complètement abandonné les principes du Canada en matière de droits de la personne».En l\u2019absence du ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, c\u2019est le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, qui s\u2019est chargé d\u2019offrir des explications aux conservateurs et aux néo- démocrates.Il a assuré que le Canada soulèverait l\u2019enjeu de la peine de mort avec les autorités chinoises et signalé que la promotion des droits de la personne était une priorité dans les relations avec la Chine.À l\u2019issue de son discours devant l\u2019Assemblée générale des Nations unies, à New York, le premier ministre Justin Trudeau a voulu se montrer rassurant lorsqu\u2019il a été questionné par les journalistes.« La réalité, c\u2019est que le Canada a un très haut niveau d\u2019exigence par rapport à l\u2019extradition en lien avec nos valeurs [\u2026] et nous allons continuer d\u2019agir de façon responsable », a-t-il of fer t en point de presse.N\u2019empêche, chez Amnistie internationale, on se dit « très, très préoccupé» quant à cette situation.Car la Chine n\u2019est pas exactement un modèle en matière de reddition de comptes, a soulevé en entrevue la porte- parole de l\u2019organisation pour le Canada francophone, Anne Sainte-Marie.«Ce qui entoure la peine capitale \u2014 le nombre d\u2019exécutions, les personnes exécutées \u2014 relève encore du secret d\u2019État en Chine, donc ce serait assez difficile pour le Canada de faire un suivi des personnes qu\u2019il renverrait en Chine .» Si le Canada en venait effectivement à signer un traité avec Pékin, il devrait exiger des garanties très claires et très strictes, a plaidé Mme Sainte-Marie.Les discussions entre Ottawa et Pékin ont eu lieu le 12 septembre dans le cadre de la réunion inaugurale du Dialogue sur la sécurité nationale et la primauté du droit.La Presse canadienne Traité d\u2019extradition avec la Chine : l\u2019opposition à Ottawa est inquiète Moins d\u2019impôt pour les entreprises, propose Bernier Ottawa \u2014 Maxime Bernier propose de libérer les entreprises canadiennes d\u2019une bonne part de leur fardeau d\u2019imposition.Et en contrepartie, pour compenser le manque à gagner, l\u2019aspirant-chef du Parti conservateur éliminerait toutes les subventions aux sociétés.Le candidat libertarien dévoilait mardi un pan de son programme économique.Au menu: réduire l\u2019impôt des entreprises de 15% à 10%.Au taux actuel de 15%, l\u2019impôt des sociétés canadiennes représente environ 39 milliards de dollars par année en revenus pour le fédéral.Il en a aussi contre l\u2019impôt sur les gains en capital, qu\u2019il abolirait carrément.Ottawa récolte, en imposant 50% de la somme totale d\u2019un gain en capital, environ 3 milliards annuellement selon le député québécois.Il propose en outre de rendre permanente la déduction pour amortissement accéléré et de l\u2019étendre à tous les secteurs plutôt que de l\u2019offrir uniquement au secteur manufacturier et des énergies propres comme à l\u2019heure actuelle.Il suggère en contrepartie d\u2019éliminer toutes les subventions directes et indirectes aux entreprises pour «mettre un terme au capitalisme de copinage et au \u201cbien- être social\u201d des entreprises».Ce qui représenterait des économies de 16 milliards de dollars.Le Devoir Le Washington Post a largué son plus célèbre lanceur d\u2019alerte depuis « Deep Throat » en reprochant à Edward Snowden d\u2019avoir compromis la sécurité nationale.Le quotidien fait reculer le journalisme d\u2019enquête avec sa position, même si elle est nuancée.n marge de la sortie du ?lm d\u2019Oliver Stone sur la vie d\u2019Edward Snowden, ce spécialiste de la sécurité informatique qui a divulgué une avalanche de documents con?dentiels de l\u2019ultrase- crète National Security Agency (NSA), un mouvement international réclame qu\u2019il soit gracié par le président Barack Obama.Trois médias qui ont collaboré avec le lanceur d\u2019alerte, The New York Times, The Guardian et The Intercept, militent pour qu\u2019il obtienne ce pardon.Le Washington Post, principal béné?ciaire des secrets de Snowden, fait ?gure d\u2019exception en calquant désormais le discours des hauts gradés de la sécurité nationale à la Maison-Blanche.«Pas de pardon pour Edward Snowden», titrait le Post en éditorial, samedi dernier.Il n\u2019est pas dans l\u2019habitude d\u2019un journal de critiquer l\u2019éditorial d\u2019un autre journal, mais la position défendue par le vénérable quotidien est à ce point dommageable pour le journalisme d\u2019enquête et la protection des sources qu\u2019elle mérite d\u2019être condamnée.Le Post ne reproche pas à Snowden d\u2019avoir coulé des documents con?dentiels sur le programme de collecte de métadonnées téléphoniques de la NSA, sur lesquels le quotidien s\u2019est basé pour mener une série d\u2019enquêtes lui ayant valu un prix Pulitzer pour service public (avec The Guardian).Les révélations de Snow- den étaient à ce point dommageables que le gouvernement américain s\u2019est résigné à circonscrire la collecte de métadonnées par la NSA, en juin 2015, avec l\u2019adoption de l\u2019«USA Freedom Act ».Non, le Post reproche plutôt à Snowden d\u2019avoir éventé le secret sur un autre programme de surveillance (Prism) «parfaitement légal », sur les activités de renseignement visant la Russie, sur l\u2019espionnage de l\u2019épouse de feu Oussama ben Laden, et ainsi de suite.Il s\u2019agit, à quelques nuances près, de la position défendue par un comité bipartisan du Congrès sur la sécurité nationale.Selon cette logique, Edward Snowden a causé «des dommages énormes» à la sécurité nationale des États-Unis et ne mérite aucunement la grâce présidentielle.Qu\u2019il revienne de la Russie, où il s\u2019est réfugié en 2013, pour rentrer aux États-Unis et y subir un procès pour espionnage.Les détracteurs de Snowden ne lui laissent guère d\u2019autre choix que de se cacher sous le manteau protecteur du président russe, Vladimir Poutine.Voilà qui n\u2019est guère rassurant.Le Washington Post passe un mauvais quart d\u2019heure sur les réseaux sociaux, quoique sa position ne soit pas dépourvue de sympathie pour Snowden: celui-ci devrait accepter une responsabilité criminelle pour sa conduite, dans la plus pure tradition de la désobéissance civile, en échange d\u2019une sentence clémente, écrit-on.Cette position ne saurait faire oublier l\u2019essentiel.Comme le souligne le journaliste d\u2019enquête Glenn Greenwald, qui a mis l\u2019affaire Snowden au monde dans The Guardian, le Washington Post est le premier quotidien à exiger des poursuites criminelles contre sa propre source.Snowden n\u2019a jamais rien publié de lui-même.Les médias, dont le Washington Post, portent le fardeau de ce « crime ».Les journalistes qui ont donné vie à l\u2019affaire Snowden mériteraient-ils donc d\u2019être poursuivis en justice ?L\u2019éditorial du Post est une trahison du rôle historique joué par les médias privilégiant le journalisme de qualité.Ils ont toujours protégé leurs sources et leur matériel contre les intrusions de l\u2019État, même lorsque la sécurité nationale était en cause.Ce fut le cas du New York Times lors de la publication des « Pentagon Papers», portant sur les insuccès de la guerre au Vietnam.Idem pour la décision de l\u2019Ottawa Citizen de contester la perquisition abusive au domicile de la journaliste Juliet O\u2019Neill, qui enquêtait sur le renvoi de Maher Arar en Syrie.Les exemples de résistance médiatique ne manquent pas.Le fait qu\u2019une source ait obtenu des documents de manière illégale ne change rien au fait que les médias ont le droit de colliger et de diffuser ce matériel, pourvu qu\u2019il réponde à des critères de véracité et d\u2019intérêt public.Bien sûr, Edward Snowden a commis un geste illégal.Mais son geste en est un de « service public », selon l\u2019expression de l\u2019ancien procureur général des États-Unis Eric Holder.Il est l\u2019instigateur d\u2019un débat national aux États-Unis et ailleurs dans le monde sur l\u2019étendue démesurée des pouvoirs de surveillance des agences de sécurité nationale.Si l\u2019éditorial du Post choque autant, c\u2019est qu\u2019il est en rupture marquée avec les idéaux de défense des libertés civiles dont les médias traditionnels sont habituellement les gardiens.L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 1 S E P T E M B R E 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Les enfants au cœur de nos choix En 1997, le Québec se penchait sur l\u2019état précaire de ses finances publiques.Cela n\u2019a pas empêché le gouvernement du Parti québécois de chercher la voie pour construire une société plus juste.Lors d\u2019un sommet présidé par M.Lucien Bouchard, la décision a été prise de mettre en place une véritable politique familiale en adoptant trois mesures phares : une réforme du soutien financier par l\u2019instauration de l\u2019allocation unifiée pour enfant, le développement de ser vices de garde éducatifs et l\u2019instauration d\u2019un régime d\u2019assurance parentale.Cette politique avait comme objectifs d\u2019assurer l\u2019équité par un soutien universel aux familles et une aide accrue aux familles à faibles revenus, de faciliter la conciliation famille-travail et de favoriser le développement des enfants et l\u2019égalité des chances.Les recherches ont démontré que nous avions misé juste, que l\u2019initiative, en plus de contribuer à construire une société plus juste, avait manifestement favorisé la croissance économique du Québec.Aujourd\u2019hui, l\u2019Association québécoise des CPE nous offre l\u2019occasion de prolonger la réflexion sur cette politique audacieuse.Je souhaite que ce soit aussi l\u2019occasion de nous assurer que le Québec continue de consacrer les ressources essentielles à l\u2019atteinte des objectifs que nous avions fixés et que nous soyons en mesure de garantir à chaque enfant, quel que soit son milieu social et écono- L I B R E O P I N I O N J A C K J E D W A B Président de l\u2019Association d\u2019études canadiennes E n tant que défenseur de la notion du multi- culturalisme, je peux comprendre la frustration de Gérard Bouchard qui prétend que l\u2019interculturalisme, tel qu\u2019il le conçoit, est l\u2019objet d\u2019un faux procès par certains penseurs (« Le faux procès de l\u2019interculturalisme », Le Devoir, 15 septembre).J\u2019ai souvent le sentiment que le concept du multiculturalisme est déformé par ses détracteurs.Cela dit, je ne suis pas de l\u2019avis qu\u2019une défense dogmatique du multicultura- lisme contribue à faire avancer le débat sur la gestion de la diversité.En fait, il y a plus qu\u2019une façon de définir le multiculturalisme et l\u2019interculturalisme.Et contrairement à ce que prétend Gérard Bou- chard, certains types d\u2019interculturalisme ne sont pas incompatibles avec le multicultura- lisme.Ainsi, le candidat à la direction du Parti québécois Jean-François Lisée n\u2019a pas tor t quand il dit que l\u2019interculturalisme est semblable au multiculturalisme.Théoriquement, les deux concepts se rejoignent dans leur valorisation de la diversité, leur rejet de l\u2019assimilation ainsi que dans l\u2019importance accordée à l\u2019interaction entre les personnes issues de diverses cultures.L\u2019interaction entre les individus ou les communautés est au cœur de l\u2019interculturalisme.Selon certains de ses adeptes, le modèle se distingue du multiculturalisme dans l\u2019accent qu\u2019il met sur l\u2019interaction entre diverses cultures.Pourtant, être contre le dialogue entre cultures est comme s\u2019opposer à la vertu, et c\u2019est pourquoi très peu de Canadiens en sont, quel que soit leur modèle préféré de gestion de la diversité.Trois approches Pour ceux qui suivent les débats sur l\u2019inter- culturalisme, il semble y avoir au moins trois approches en matière d\u2019interaction.Les distinctions sont basées sur le type d\u2019interaction qui est favorisée par l\u2019État et les règles qui les accompagnent.Appelons le premier modèle l \u2019 interculturalisme multiculturel, le deuxième, l\u2019interculturalisme bilatéral ou biculturel, et le troisième, l\u2019interculturalisme univoque ou unidimensionnel.Dans le cas de l\u2019interculturalisme multicul- turel, il n\u2019y a pas de règles strictes en matière d\u2019interactions qui peuvent inclure des individus de plusieurs communautés, peu importe leur origine ou leur statut minoritaire ou majoritaire.Selon le programme fédéral intitulé In- ter-Action, le but premier est de créer des occasions concrètes permettant la production d\u2019interactions, entre les collectivités culturelles, religieuses ou ethniques, favorisant la compréhension interculturelle, la commémoration et la fier té civiques, de même que le respect des valeurs démocratiques ancrées dans notre société.L\u2019interculturalisme bilatéral ou biculturel présume qu\u2019il y a interaction entre deux groupes sur un pied d\u2019égalité « relatif » et que chaque par ticipant vise un rapprochement ou une meilleure compréhension de l\u2019autre.L\u2019interaction ne se produit pas dans un espace social et l \u2019 impact est très souvent influencé par le contexte démographique à l\u2019intérieur duquel l\u2019échange a lieu pour ne pas rendre explicite l\u2019identification des participants avec le groupe minoritaire ou majoritaire.L\u2019interculturalisme univoque ou unidimensionnel se rapproche le plus de la vision avancée par Gérard Bouchard, qui propose « la reconnaissance des éléments de préséance ad hoc à la culture majoritaire (par exemple en matière d\u2019histoire nationale et de valeurs patrimoniales), en accordant une primauté contextuelle au noyau francophone et à la tradition chrétienne ».Dans cet échange, le statut des participants dans l\u2019interaction est plus explicite et c\u2019est le devoir des minorités d\u2019en apprendre plus sur la culture majoritaire telle qu\u2019elle est définie par l\u2019hôte de l\u2019interaction.Cette approche est destinée à rassurer une majorité concernée par la pérennité de sa culture.C\u2019est autour de cette vision de l\u2019interculturel qu\u2019il existe un terrain d\u2019entente entre Lisée, et Jacques Beauchemin et Gérard Bouchard, malgré les nuances en matière d\u2019accommodement des cultures minoritaires évoquées par ce dernier.En matière d\u2019interactions entre diverses cultures, il y a un écart important entre la théorie et la pratique dans la capacité de l\u2019État à orienter les interactions entre individus et groupes sur des bases formelles.Il y a beaucoup plus d\u2019échanges informels et non structurés dans nos sociétés (à l\u2019école et en milieu de travail) que des échanges formels qui sont plus souvent sous les auspices des élites.Par conséquent, les théories qu\u2019on avance rassurent de manière illusoire plutôt que de présenter de façon sereine la réalité sur le terrain.Il y a plus qu\u2019une définition de l\u2019interculturalisme FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente des ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET mique, une véritable égalité des chances dans la vie.Pauline Marois Le 20 septembre 2016 Subjectivité et objectivité Le journal Le Devoir en date du 19 septembre 2016, dans un article intitulé «L\u2019impartialité de la commission mise en doute», signé par la journaliste Isabelle Paré, met en doute l\u2019impartialité de la commission chargée de déterminer qui recevra l\u2019aide médicale à mourir ou non, à cause de la présence dans ce comité de personnes qui s\u2019affichent ouvertement contre l\u2019AMM.On suggère que cela pose des problèmes éthiques.Au contraire, cela nous assure de la non-convergence vers des dérapages et l\u2019acceptation systématique de cas même douteux et n\u2019entrant pas dans l\u2019encadrement prévu par la loi.En effet, en cas de litige avec les points de la loi, s\u2019il n\u2019y avait que des gens favorables à l\u2019AMM, on pourrait assister à des dérapages et à un élargissement des personnes admissibles trop facilement, c\u2019est-à-dire que tous les cas litigieux pourraient être acceptés même s\u2019ils ne répondent pas aux critères établis par la loi.On risquerait ainsi de repousser constamment les limites des cas acceptés.Une personne «contre» l\u2019AMM assure de l\u2019étude sérieuse de la situation et de chaque demande.S\u2019il n\u2019y avait que des membres franchement pour, leur analyse de chaque demande pourrait alors soulever des problèmes éthiques et un questionnement.En quoi les membres pour l\u2019AMM seraient-ils plus objectifs que les membres contre?La présence des «contre» assure au contraire une étude sérieuse et approfondie de chaque demande d\u2019AMM et on évite ainsi des dérapages.Jocelyne Dumont Saint-Jean-Port-Joli, le 19 septembre 2016 MÉDIAS Snowden dans l\u2019impasse E BRIAN MYLES Il est né le divin enfin ! La semaine dernière, lors du 31e Gala des prix Gémeaux, Fred Pellerin a remporté deux prix : «meilleur texte : humour» et « meilleur spectacle de variétés ou des arts de la scène».Il s\u2019agit ici d\u2019un grand homme dont le Québec n\u2019a pas fini d\u2019entendre parler.Il persistera dans toutes les têtes, sur toutes les lèvres et dans toutes les oreilles avec ses tournures de phrases maîtrisées à la perfection et son oralité prodigieuse lors des spectacles.Son spectacle Plus tard qu\u2019on pense fut un mélange d\u2019émotions : il a fait rire, pleurer et rêver les gens présents pendus à ses mots.Accompagné de musiciens fort talentueux, il a su livrer une performance au-delà des attentes.Personne ne méritait ces deux récompenses autant que lui : elles lui étaient dédiées.Fred Pellerin représente la culture québécoise dans toutes ses compositions : sa façon de vivre, de parler, d\u2019interagir, d\u2019évoluer, de vivre ensemble en tant que société.Il aide à ne pas oublier d\u2019où l\u2019on vient, où l\u2019on s\u2019en va, et à conser ver sa belle langue, avec laquelle tant d\u2019histoires sont modelées et ancrées dans les racines.Rien n\u2019est plus important que la culture si l\u2019on veut inventer le monde de demain et le rendre plus beau.Claudia Laporte Le 20 septembre 2016 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 1 S E P T E M B R E 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.P H I L I P P E F O U R N I E R Chercheur au CERIUM et chargé de cours en science politique à l\u2019Université de Montréal epuis la fin des primaires, la campagne présidentielle semble vidée de sa substance et se limite souvent aux attaques personnelles.Pourtant, l\u2019économie demeure la préoccupation principale de l\u2019électorat.Les Américains n\u2019ont pas oublié que Wall Street était directement responsable de la crise financière de 2007-2008, mais aussi des millions de pertes d\u2019emploi, des saisies, des expulsions et pertes matérielles en tout genre.Les excès et la cupidité du secteur financier ont grandement contribué à l\u2019émergence de candidats atypiques comme Bernie Sanders et Donald Trump, et ont accentué le ressentiment de la population envers les élites économiques.Même si la « reprise » postcrise aux États- Unis a propulsé les Bourses à des niveaux records et que le taux de chômage oscille maintenant autour de 5 %, 81 % des Américains ont vu leurs revenus stagner ou diminuer depuis 2009, en plus de voir leur sécurité d\u2019emploi s\u2019évaporer, leurs dettes augmenter et leurs avantages sociaux diminuer.À l\u2019inverse, en 2015, le 1 % le plus riche cumulait 22 % du revenu des ménages, comparativement à 10 % en 1980.Si la diminution du chômage a entraîné des gains modestes pour la classe moyenne, elle n\u2019a pas relancé la consommation de manière significative et n\u2019a pas réussi à redynamiser l\u2019économie, qui croît en moyenne de 1,4 % par année depuis 2008, bien en deçà du 3 ou 4 % espéré.Dans le contexte d\u2019une concurrence mondiale sans précédent, d\u2019une baisse générale du revenu disponible pour les particuliers, d\u2019une automatisation toujours plus étendue et d\u2019investissements anémiques dans les entreprises, rien ne permet de croire à une reprise vigoureuse de l\u2019économie américaine à court ou moyen terme.Depuis le début des années 1980, époque à laquelle on a favorisé la renaissance du secteur financier en relâchant la réglementation, la finance exerce une influence économique et politique de plus en plus importante aux États-Unis.La promesse initiale selon laquelle les sommes astronomiques qui changent de mains sur les marchés boursiers ou lors de transactions majeures allaient percoler jusqu\u2019aux citoyens ordinaires et engendrer une richesse collective ne s\u2019est pas réalisée.Dans le sillage de la crise financière, la monopolisation des recettes par une infime minorité, l\u2019éthos des bénéfices à très court terme et les fraudes répétées ont plombé Wall Street dans l\u2019estime populaire.En ef fet, selon un sondage du New York Times réalisé en 2014, 61 % des Américains disaient ne pas faire confiance aux banquiers de Wall Street.Cette hostilité a été alimentée par plusieurs productions culturelles (films, documentaires, etc.) qui ont fait état de la corruption et de l\u2019avidité du secteur bancaire et aussi par plusieurs manifestations et mouvements comme Occupy Wall Street.L\u2019ascension de Bernie Sanders, qui n\u2019a cessé de qualifier les représentants de Wall Street de « criminels » et de « prédateurs » durant les primaires, n\u2019est cer tainement pas étrangère à cette perception collective.Donald Trump et Hillary Clinton ont aussi critiqué le milieu financier à de nombreuses reprises.Si le programme économique de Trump semble a priori plus favorable aux mieux nantis, notamment par l\u2019entremise d\u2019un allégement fiscal pour les entreprises et les plus fortunés, Wall Street est généralement effrayée par son tempérament et ses penchants nationalistes et protectionnistes.Malgré son appropriation du discours de Sanders lors de son investiture, Clinton bénéficie du soutien quasi indéfectible de Wall Street.Encore une fois, la proximité apparente entre la candidate démocrate et l\u2019un des principaux boucs émissaires du moment n\u2019aide pas sa cause, particulièrement auprès des jeunes (les fameux « millennials ») qui ont lui ont largement préféré Sanders.La semaine dernière, Wall Street s\u2019est invitée dans la campagne.Wells Fargo, la troisième banque en importance aux États-Unis, a été condamnée par le bureau américain de protection des consommateurs (CFPB) à payer une amende de 185 millions.Depuis 2011, des conseillers financiers de la banque ont ouvert plus de deux millions de comptes bancaires à l\u2019insu de leurs clients.Wells Fargo aurait perçu des frais sur ces comptes et versé des primes à 5300 employés (qui viennent d\u2019être licenciés), soi-disant parties prenantes de cette gigantesque fraude.Au moment où Elizabeth Warren, figure emblématique de la gauche démocrate, se prépare à interroger Wells Fargo mardi en comité sénatorial, les candidats devront aborder cet enjeu d\u2019ici au 8 novembre.Dans le contexte d\u2019une faible croissance économique et devant la forte probabilité que le Congrès (et peut-être même le nouveau président) s\u2019oppose à toute augmentation des impôts ainsi qu\u2019à toute tentative de réglementer Wall Street et de réduire les inégalités, on peut déjà prévoir que la gauche américaine et le populisme anti-establishment de droite vont poursuivre sur leur lancée après l\u2019élection.Wall Street et la source du populisme Les excès et la cupidité du secteur financier ont contribué à l\u2019émergence de candidats atypiques A u lendemain des deux grand-messes honorant la télévision \u2014 les prix Emmy chez nos voisins et les Gémeaux ici \u2014, rendons grâce aux dieux du petit écran.Après tout, si Donald Trump, 6 pieds 2, 236 livres et, prétend-il, bien pendu par-dessus le marché, devient le 45e président américain, la télévision y aura été pour beaucoup.Trump, on le sait, s\u2019est fait connaître du grand public en jouant le matamore à l\u2019émission de téléréalité The Apprentice à NBC.De 2004 à 2015, sa phrase fétiche \u2014 « you\u2019re fired ! » \u2014 tombait chaque semaine comme une guillotine sur le rêve d\u2019un jeune entrepreneur venu défendre un projet.C\u2019est ce culte de l\u2019intimidation et du regardez-moi-bien-al- ler que Trump a réussi à imposer, malgré les protestations des uns et l\u2019incrédulité des autres, lors de l\u2019actuelle campagne.À quelques semaines de l\u2019élection américaine, on n\u2019est plus à se demander comment le parti d\u2019Abraham Lincoln a pu tomber si bas.On est à tirer les leçons qui s\u2019imposent.Selon Dana Milbank du Washington Post, la campagne de Trump signifie une prise de contrôle «hostile » de la politique américaine par la téléréalité.«Au moment où Trump lança sa campagne, les règles de la téléréalité se sont imposées, celles où la personne qui dit les pires bêtises est récompensée avec le plus de temps d\u2019antenne.Selon ces règles, la célébrité n\u2019a rien à voir avec la réussite.Dans ce monde, vous devenez célèbre surtout si vous êtes le gars ou la fi l le que personne n\u2019aime.Plus vous êtes haïssable, en fait, mieux c\u2019est.» Tout ce qui paraissait inouï, imbuvable, impossible en début de campagne \u2014 les insultes, les mensonges, l\u2019ignorance, le manque de préparation et de sérieux \u2014, tout ça désormais s\u2019explique non pas comme des failles avec lesquelles l\u2019improbable candidat doit composer, mais comme un style sciemment mis en avant.« Trump reflète une mentalité qui est plus crue, plus vulgaire et plus branchée sur la culture populaire.Les attentes ont été baissées à tel point que l\u2019idée de se pointer chez Dr.Oz [émission de pacotille animée par un médecin] est parfaitement acceptable, voire dernier cri », dit le commentateur Matt Lewis.Voilà pour la forme.Mais Trump, dans sa turpitude, a aussi mis le doigt sur quelque chose de beaucoup plus profond.Il a révélé un mécontentement populaire qui a des racines plus lointaines encore que l\u2019anti-establishment du Tea Party ou la grogne des Berniacs (les partisans de Bernie Sanders) contre les milliardaires.Il a révélé une lutte des classes et une lutte des sexes qu\u2019on croyait depuis longtemps révolues.Sans le vouloir, le roi du bling-bling a ouvert la porte à tous ceux qui se sentent tassés par les développements socio-économiques des dernières décennies.Des hommes à 95 % qui ont souf fer t de l\u2019ar rivée massive des femmes sur le marché du travail, du déplacement de la main-d\u2019œuvre vers l\u2019étranger, de la disparition du secteur manufacturier en faveur de l\u2019innovation technologique.Tous ces bouleversements ont miné l\u2019homme blanc d\u2019un certain âge sans grande éducat ion, celu i - là même qui renaît aujourd\u2019hui de ses cendres dans la personne de Donald J.Trump.On n\u2019arrête pas le progrès, dites-vous ?Mais c\u2019est très exactement ce que signifie l\u2019ascension de l\u2019ineffable candidat républicain sur la scène politique américaine.Comme nul autre avant lui, Trump prépare la voie à ce retour en arrière où « les hommes étaient des hommes » et les Blancs étaient les maîtres incontestés du domaine.C\u2019est la revanche de tous ceux qui n\u2019ont jamais avalé le mouvement de la contre-culture, des droits civiques ou du féminisme et qui s\u2019élèvent au- jourd\u2019hui pour proclamer « leurs valeurs».C\u2019est la trouvaille de la campagne de Donald Trump d\u2019avoir compris qu\u2019une bonne partie de l\u2019électorat conservateur ne voulait pas, en fait, parler de libre-échange, de baisse de taxes ou de privatisation, mais plutôt « d\u2019immigration, de sécurité et d\u2019identité ».Les questions identitaires ne font pas seulement des ravages aux États-Unis.La nostalgie pour le passé, pour un temps où les choses étaient plus simples et plus uniformes, secoue également l\u2019Europe et, dans une moindre mesure, le Québec.Les retours de balancier ont la fâcheuse habitude de s\u2019activer quand on s\u2019y attend le moins.«Make America [ou le pays de son choix] great again» n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une incitation à regarder derrière plutôt que devant.fpelletier@ledevoir.com Sur Twitter : @fpelletier1 La revanche des matamores T E X T E C O L L E C T I F * ette année, la Journée internationale de la paix (21 septembre) coïncide avec l \u2019annonce par le gouvernement Trudeau du retour du Canada aux opérations onusiennes de maintien de la paix.Promesse électorale oblige, avec un budget de 450 millions de dollars sur trois ans et une contribution en effectifs de 600 soldats et de 150 policiers ! Pour tant, le monde a b ien changé et s\u2019est dangereusement militarisé depuis Lester B.Pearson, diplomate canadien à l\u2019origine des Forces de maintien de la paix sous l\u2019égide des Nations unies.Au- jourd\u2019hui, le commerce des armes supplante les missions de paix, les dépenses militaires mondiales atteignant la somme colossale de 1676 milliards de dollars en 2015, alors que les opérations de maintien de la paix coûtent annuellement 8 milliards de dollars.Se retrouvant aujourd\u2019hui au 67e rang des pays contributeurs de Casques bleus et par ailleurs au 2e rang des exportateurs d\u2019armes au Moyen- Orient, le Canada n\u2019a pas à pavoiser, ni sur son engagement dans les missions de paix ni sur leur efficacité pour résoudre les conflits.Le gouvernement Trudeau a plutôt choisi, malgré une vive opposition citoyenne, de maintenir le contrat de vente de «véhicules blindés légers » pour plus de 15 milliards de dollars à l\u2019Arabie saoudite, un des grands violateurs des droits de la personne.Ce pays se retrouve à la tête d\u2019une coalition qui bombarde le Yémen depuis des mois.Résultats : plus de trois millions de personnes déplacées, majoritairement à l\u2019intérieur des frontières du pays, 7000 personnes tuées et 30 000 autres blessées.En janvier 2016, l\u2019ONU confirmait que l\u2019Arabie saoudite était la principale destination des exportations militaires canadiennes.Ce faisant, le Canada alimente honteusement la guerre au Yémen et se fait complice de l\u2019une des pires crises humanitaires sévissant actuellement dans le monde.Vers une nouvelle politique canadienne de défense En avril, le gouvernement Trudeau a lancé une consultation publique en vue d\u2019élaborer une nouvelle politique de «défense».Se déroulant en bonne partie pendant la pause estivale, cette consultation qui s\u2019adressait avant tout aux prétendus «experts» en matière de défense n\u2019était pas publique.La participation citoyenne était envisagée strictement sur une base individuelle, et aucune organisation de la société civile n\u2019a été formellement consultée.Plusieurs aspects du document de consultation sur la politique canadienne de défense contrastent étrangement avec l\u2019annonce récente des engagements du Canada en faveur des opérat ions onusiennes de paix.Le document soulève la possibilité d\u2019un réexamen de la décision prise par le Canada en 2005 de ne pas par ticiper au bouclier antimissile des États-Unis et envisage de doter les Forces canadiennes de drones armés pour des missions offensives.De plus, ce document de consultation ne remet nullement en question la par ticipation canadienne à la guerre d\u2019agression menée en Afghanistan durant 13 ans ni dans les déploiements militaires en Ukraine, en Libye ou ailleurs.Au contraire, ces interventions sont présentées comme des contributions «à la paix et à la sécurité internationales» qui protègent les Canadiennes et les Canadiens et qui défendent les intérêts nationaux, sans plus de précision.Appel à nos concitoyens Il est illusoire de faire la promotion de missions de paix sans s\u2019opposer aux missions offensives menées au sein de l\u2019OTAN.Il est tout aussi vain de prôner la paix sans dénoncer la participation du Canada au commerce mondial de l\u2019armement et sans exiger maintenant un débat public sur sa nouvelle politique de défense.Jusqu\u2019au jour du Souvenir, pour signifier l\u2019opposition citoyenne aux visées militaristes du gouvernement Trudeau, nous porterons le coquelicot blanc.Nous invitons chaleureusement ceux et celles qui aspirent à un monde sans guerre à le porter en mémoire de toutes les victimes, majoritairement civiles, des conflits armés.*Signataires : Paul Ahmarani, Omar Aktouf, François Avard, Luc Benoit, Serge Bruneau, Raphaël Canet, Donald Cuccioletta, Françoise David, Ferdinand Djayerombe Vaweka, Mar tin Duckwor th, Ariane Émond, Andrés Fontecilla, Lorraine Guay, André Jacob, Robert Jasmin, Molly Kane, Jooneed Khan, Kelly Krauter, Danièle Lacourse, Régine Laurent, Abby Lippman, Suzanne Loiselle, Alain Long, Alain Marois, Gilles Marsolais, Serge Mongeau, Christian Nadeau, Ed Nap ier, Maude Prud \u2019homme, Louis Rousseau, Isabelle Samson, Mélanie Sarazin, Caroline Toupin, Carmina Tremblay.Le Canada, défenseur de la paix\u2026 vraiment ?FRANCINE PELLETIER D C MARK LENNIHAN ASSOCIATED PRESS Dans un sondage du New York Times réalisé en 2014, 61 % des Américains disaient ne pas faire confiance aux banquiers de Wall Street.Sans le vouloir, le roi du bling- bling a ouvert la porte à tous ceux qui se sentent tassés par les développements socio- économiques des dernières décennies L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 1 S E P T E M B R E 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par 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j\u2019ai constaté qu\u2019aucun documentaire, un vrai documentaire de cinéma, ne lui avait été consacré, juste à lui.Et tout de suite, j\u2019ai pensé à Jean-Claude, et il m\u2019est apparu impératif que cette er- reur-là ne soit pas répétée.» Hommage au bâtisseur Né à Québec en 1938 et fait orphelin deux fois plutôt qu\u2019une après le décès prématuré de ses parents adoptifs, Jean- Claude Labrecque entra à l\u2019ONF à 18 ans.Débrouillard, et vite passionné, il parcourut le pays d\u2019est en ouest, du nord au sud, apprenant ce faisant un métier vis-à-vis duquel il devint extrêmement exigeant.Comme réalisateur, on lui doit des fictions mémorables aux accents de vérité, comme Les smattes et Les vautours, et des documentaires intimes sur des poètes (Michèle Lalonde, Gaston Miron, Marie Uguay), des athlètes (Jeux de la XXe olympiade), des politiciens (À hauteur d\u2019homme)\u2026 Il a souvent monté ses films, les a toujours scénarisés.En tant que directeur photo, notamment sur Le chat dans le sac de Groulx, À tout prendre de Jutra, La vie heureuse de Léo- pold Z.de Carle, et Entre la mer et l\u2019eau douce de Brault, il a brillé.Surtout, il a innové.«Jean-Claude est un bâtisseur de notre cinéma, note Michel La Veaux.Dans ma profession de chef opérateur, de directeur photo, Michel [Brault] et lui ont pour ainsi dire tout inventé ici.Ils n\u2019ont pas eu le choix, mais ce qu\u2019ils ont créé constitue un héritage immense.Jean-Claude est un vir tuose qui aime les extrêmes ; l\u2019entre-deux l\u2019ennuie.Sa maîtrise des instruments est incroyable.Je pense par exemple à son film Essai à la mille : la NASA avait envoyé un objectif de 1000 millimètres [qui contient plusieurs lentilles] à l\u2019ONF, où on devait vérifier les optiques.Dans un outil scientifique destiné à filmer des lancements de fusées, il a tout de suite perçu le potentiel ar tistique, poétique.» Dès le moment de la conception, Michel La Veaux n\u2019envisageait pas un documentaire traditionnel.Cela n\u2019aurait convenu ni à son sujet ni à lui.«Jean-Claude possède une telle rigueur tout en étant complètement, complètement passionné par la lumière.Je par tage ça avec lui : la passion de la lumière.C\u2019est ce qui a guidé mon approche.La recherche de la lumière, la quête de la lumière, à travers une vision du cinéma qui va au-delà de la technique ; qui pousse plus loin.Et comme c\u2019est ça qui nous anime tous les deux, je voulais qu\u2019on parle de ça, à la caméra.Je voulais faire un film de cinéma parce que Jean-Claude ne mérite pas moins que ça.» Fort de la participation enthousiaste de Jean-Claude La- brecque, Michel La Veaux a d\u2019ores et déjà filmé du matériel dont il est heureux.Dans le milieu, c\u2019est connu, le premier est une source inépuisable d\u2019anecdotes de récits de tournages incroyables.«Il a un tel savoir à transmettre.Et il a un front de bœuf ! Pour son documentaire La visite du général de Gaulle au Québec, il a foutu l\u2019aide de camp du général dehors et il a pris sa place dans la limousine.Il a fait stopper le croiseur militaire qui transpor tait de Gaulle sur le fleuve afin que son équipe et lui montent à bord avec de l\u2019équipement.Ça paraît impensable, et pourtant, il l\u2019a fait.Il a fait tout ça, et bien d\u2019autres choses.Mais toujours pour servir son sujet.» Et pour servir les intérêts supérieurs du cinéma.Démarche humaniste Outre son apport artistique et technique, Michel La Veaux veut célébrer la démarche humaniste de Jean-Claude La- brecque.« Il le dit : son but est de filmer à hauteur d\u2019homme.C\u2019est pas pour rien que son film sur Bernard Landry s\u2019intitule comme ça, mais ça s\u2019applique à l\u2019ensemble de son œuvre.Jean- Claude a toujours eu, et a toujours à ce jour, cette préoccupation de trouver la meilleure manière de saisir l\u2019humanité de son sujet.» À cet égard, Michel La Veaux estime que Jeux de la XXe olympiade est exemplaire.« Ceux qui ne l\u2019ont pas vu pensent par fois, à tor t, qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une simple commande.C\u2019est infiniment plus riche.Jean-Claude y filme les athlètes avant et après les compétitions : ç\u2019a l\u2019air de rien maintenant, mais c\u2019était inusité ; on ne faisait pas ça comme ça.C\u2019est un film émouvant.Pendant l\u2019épreuve du 4 x 100 mètres relais, il a placé sa caméra au centre du Stade olympique et il a réussi à filmer la course en un seul plan : un panoramique de 360 degrés hallucinant.Ça, c\u2019est du cinéma.Je suis retourné sur place, avec lui.Je l\u2019ai filmé au milieu de la piste avec la même caméra qu\u2019il avait à l\u2019époque.Je débute sur lui, puis je glisse vers un écran géant sur lequel est projetée la scène en question.À ma manière, en captant le moment, j\u2019ai tâché moi aussi de faire du cinéma.» On a hâte de voir le résultat, un documentaire qui promet d\u2019être, comme il se doit, à hauteur d \u2019homme .D \u2019un grand homme.Le Devoir Notre journaliste se trouve à Québec à l\u2019invitation du FCVQ.SUITE DE LA PAGE 1 LABRECQUE MICHEL LA VEAUX Michel La Veaux en compagnie de Jean-Claude Labrecque Pourtant, tous les groupes impliqués dans ce conflit qui s\u2019enlise avaient été mis au courant de la présence de ce convoi à Or um al-Koubra, dans la province d \u2019Alep, et toutes les autorisations et garanties nécessaires avaient été obtenues par l\u2019ONU, a soutenu une porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l\u2019organisation internationale.De grands drapeaux bleus de l \u2019UNICEF avaient également été fixés sur certains des camions par mesure de précaution.Environ 20 civils ont été tués pendant le raid, selon la Croix-Rouge et le Croissant- Rouge, dont le directeur de la branche locale du Croissant- Rouge syrien, Omar Barakat.Le convoi composé de 31 camions contenait notamment de l\u2019aide sanitaire et nutritionnelle de l\u2019UNICEF, qui devait permettre de venir en aide à 50 000 personnes.Neuf tonnes d\u2019aide médicale, dont des antibiotiques et du matériel chirurgical, se trouvaient également dans ces véhicules.Ban Ki-moon fustige L\u2019ampleur du drame en fait l\u2019attaque la plus meurtrière en Syrie contre un convoi humanitaire depuis 2011.S\u2019adressant à l\u2019Assemblée générale, le secrétaire général de l \u2019ONU, Ban Ki -moon, a tenu des propos d\u2019une rare intensité à l\u2019endroit de ceux qui « alimentent la machine de guerre en Syrie».« Sont présents dans cette pièce aujourd\u2019hui des représentants de gouvernements ayant ignoré, facilité, financé ou même planifié ou ef fectué des atrocités infligées par toutes les par ties du conflit en Syrie à l\u2019endroit de civils syriens», a-t-il déclaré, suscitant la colère de Moscou et de Damas.« Beaucoup de groupes ont tué des civils innocents, mais aucun autant que le gouvernement syrien qui continue d\u2019utiliser des barils d\u2019explosifs contre des zones résidentielles et de torturer systématiquement des prisonniers », a-t-il ajouté.Prenant lui aussi la parole à New York, le président français, François Hollande, a estimé que la tragédie syrienne sera, « devant l\u2019Histoire, la honte de cette assemblée» si elle n \u2019y met pas fin dès maintenant.«Le conflit a fait 400 000 morts, Alep est une ville martyre, des milliers d\u2019enfants sont écrasés sous les bombes.[\u2026] Ça suffit », a-t-il insisté.Constat d\u2019échec onusien Le ministère syrien des Affaires étrangères a rétorqué que M.Ban s\u2019«éloignait» dangereusement de la charte des Nations unies et des obligations d\u2019impartialité qui lui incombent.«Les Nations unies se sont écartées de leur rôle.Sous Ban Ki-moon, elles n\u2019ont réussi à résoudre aucun conflit», a précisé le ministère, cité par l\u2019agence officielle Sana.Damas a nié avec véhémence toute implication dans le raid, tandis que le gouvernement de Vladimir Poutine mettait en doute l\u2019idée que le convoi ait été frappé par un raid aérien.« Nous avons étudié les images vidéo [\u2026] et nous n\u2019avons pas trouvé de signes de frappes sur le convoi par des armes », a estimé le général Igor Konachenkov.Pour l\u2019armée russe, les images ne montrent que le résultat d\u2019un incendie, « qui s\u2019est comme par hasard déclenché au moment d\u2019une of fensive d\u2019ampleur des rebelles vers Alep».Interruption de l\u2019aide Ces accusations de l\u2019Occident semblent avoir été « calculées » pour détourner l\u2019attention d\u2019une charge menée «par erreur » par les États-Unis samedi contre une position de l\u2019armée syrienne dans la région de Deir ez-Zor, faisant au moins 90 morts, a soutenu le porte-parole russe.Les deux puissances et d\u2019autres pays ont néanmoins tenté d\u2019en arriver à un compromis visant à prolonger la trêve, en vain, dans un hôtel new-yor- kais.Ce Groupe international de soutien à la Syrie, auquel par ticipait, « dans une ambiance dramatique et lourde », le secrétaire d\u2019État John Kerry et plusieurs de ses homologues, notamment le russe Sergueï Lavrov, n\u2019a toutefois pas réussi à en arriver à une entente concrète.En réaction au drame, et craignant un nouveau carnage de ses travailleurs humanitaires, l\u2019ONU a suspendu tous ses convois en Syrie, en attendant une nouvelle évaluation de la situation.La Croix-Rouge a pour sa part assuré qu\u2019elle ne stopperait pas ses activités, vu l \u2019ampleur des besoins.Le Programme alimentaire mondial a lui aussi acheminé de l\u2019aide mardi, par largage aérien comme prévu, aux habitants de Deir ez-Zor, dans l\u2019est du pays, encerclé par le groupe État islamique.Pendant ce temps, les hostilités ont repris de plus belle.Selon l\u2019Observatoire syrien des droits de l\u2019Homme, au moins 27 barils d\u2019explosifs, l\u2019arme de prédilection du régime de Damas, ont été largués sur Alep, mardi matin.Dans cette province, près d\u2019une quarantaine de civils auraient été tués depuis l\u2019annonce par l\u2019armée syrienne de la fin du cessez-le- feu, lundi en fin d\u2019après-midi, affirme l\u2019ONG.Avec l\u2019Agence France-Presse et Associated Press Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SYRIE Pour Moscou, qui nie la destruction d\u2019un convoi humanitaire par des bombardements aériens, il s\u2019agit plutôt d\u2019une «offensive des rebelles».Que faut-il penser de cette valse des responsabilités?Personne ne veut bien sûr endosser la responsabilité.Ce qui fait qu\u2019il est difficile de savoir où se situer exactement.Tout ce qu\u2019on peut dire au fond est qu\u2019ils se livrent une guerre où très franchement il n\u2019y a aucune règle qui tienne.Il s\u2019agit de faire le plus mal possible à l\u2019adversaire, d\u2019un côté comme de l\u2019autre.Il s\u2019agit d\u2019une guerre irrégulière.Qu\u2019est-ce qui peut être fait dans une situation où tout glisse de la sorte?Il appartient aux États puissants, que ce soit les États- Unis, la Russie ou d\u2019autres, d\u2019intercéder pour que les convois humanitaires puissent au moins atteindre les gens qu\u2019on veut nourrir ou sauver.Les Russes par exemple serviraient l\u2019image de Ba- char al-Assad en lui évitant de ne pas passer pour totalement ignoble.Après tout, quand il a utilisé une fois du gaz, à Ghouta, M.Poutine lui a dit : «Si tu veux t\u2019en sortir, tu livres la majorité de ton arsenal aux États-Unis et puis c\u2019est fini.» Les Russes disposent de moyens de pression.Bachar al-Assad peut mener la guerre d\u2019une façon différente, si c\u2019est lui qui est en cause avec les convois humanitaires.Et si ce n\u2019est pas lui, les États-Unis peuvent insister avec leurs alliés ambigus, qu\u2019ils soient saoudiens, turcs ou autres, pour qu\u2019on laisse passer l\u2019humanitaire.Est-ce que cela risque d\u2019avoir une incidence sur l\u2019issue de la guerre?On a connu plusieurs exactions du genre par le passé dans des guerres irrégulières, sans quartier.Les exemples sont nombreux à partir du milieu des années 1970.Je dirais que ça commence par les Palestiniens, au Liban.Au moment de la guerre civile libanaise, il y a eu divers convois humanitaires qui se sont fait attaquer.Les uns ont attribué la responsabilité aux Palestiniens, les autres au gouvernement, puis aux chrétiens, etc.C\u2019est le genre d\u2019événements dont personne ne veut assurer la paternité.Mais en vérité, ce genre de pratique n\u2019a en réalité jamais vraiment cessé.Et ce n\u2019est pas ce qui va changer l\u2019issue de la guerre.Jean-François Nadeau Une guerre irrégulière Expert en conflits armés depuis 50 ans, Gérard Chaliand met en perspective la suspension des convois d\u2019aide de l\u2019ONU dans ce baril de poudre qu\u2019est aujourd\u2019hui la Syrie.Entretien.Sylvain Gaudreault a repris un élément du témoignage que l\u2019ancien directeur de cabinet Pierre Ouellet a fait à la fin août en commission parlementaire ; celui-ci a déclaré sous serment qu\u2019il avait informé, le 2 juin, le directeur du cabinet du premier ministre, Jean-Louis Dufresne, que Jacques Daoust savait que le conseil d\u2019administration d\u2019Investissement Québec avait décidé de liquider son bloc d\u2019actions de Rona le jour où cette décision a été prise.«Or le premier ministre a affirmé par la suite à au moins deux reprises, le 3 juin et le 7 juin, qu\u2019il n\u2019avait aucune raison de mettre en doute la parole de son ministre, qui prétendait ne jamais avoir été informé des intentions d\u2019Investissement Québec de vendre toutes les actions de Rona», a souligné le chef intérimaire péquiste, demandant à Philippe Couillard de lui dire quand son chef de cabinet l\u2019avait informé de son échange avec Pierre Ouellet.Le premier ministre a refusé net d\u2019en reparler : « Je ne jouerai pas dans son film.On ne continuera pas ces discussions-là.» Laurent Lessard visé La porte-parole péquiste en matière d\u2019éthique, Agnès Maltais, a par la suite sorti un lapin de son chapeau en mettant en doute l\u2019éthique de Laurent Lessard pour une nouvelle affaire qui touche encore l\u2019ami du ministre et ancien conseiller politique dans sa circonscription, Yvon Nadeau.Déjà, le ministre fait l\u2019objet d\u2019une enquête du commissaire à l\u2019éthique et à la déontologie des membres de l\u2019Assemblée nationale, Jacques Saint-Laurent, relativement à une subvention de 3 millions accordée à une entreprise d\u2019Yvon Na- deau, Pyrobiom Énergies.Le ministre a indiqué, mardi, qu\u2019il rencontrera le commissaire dans le cadre de cette enquête ce mercredi.En 2008, Laurent Lessard a annoncé l\u2019octroi d\u2019une subvention de 1,1 million à la Coopérative de solidarité du mont Adstock pour rénover la station de ski, comme l\u2019a rapporté le Courrier Frontenac à l\u2019époque.La subvention provenait du programme de soutien aux installations sportives qui relevait du ministère de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport dont la titulaire était Michèle Cour- chesne.L\u2019attachée politique du député, Yvon Na- deau, qui animait la conférence de presse, était un membre du conseil d\u2019administration de la coopérative.Un promoteur, Mario Côté, a annoncé au même moment la construction de chalets au mont Astock.Or, une fois les chalets construits, Yvon Nadeau et sa conjointe, Stéphanie Donato, alors qu\u2019ils travaillaient toujours au bureau de circonscription de Laurent Lessard, ont obtenu du promoteur le contrat de gestion des installations, a allégué Agnès Maltais.Si la station de ski du mont Adstock n\u2019est pas rénovée, les chalets n\u2019auraient pas été construits, a avancé la députée dans une mêlée de presse.«Est-ce que c\u2019est normal qu\u2019on retrouve [\u2026] M.Nadeau qui va chercher une subvention pour une coopérative de solidarité \u2014 il est au CA \u2014, mais que toute de suite après, il se retrouve gestionnaire du promoteur?» « M.Lessard ne se rend pas compte à quel point il ne comprend pas ce que c\u2019est que l\u2019éthique», a-t-elle dénoncé.«C\u2019est de la diversion, cette affaire-là», a accusé Laurent Lessard, qui a révélé qu\u2019il avait utilisé son budget discrétionnaire pour aider la coopérative.À son cabinet, on a confirmé qu\u2019Yvon Nadeau avait obtenu «un contrat d\u2019entretien et d\u2019accueil» du promoteur privé.«Les chalets ne lui appartiennent pas.Ce n\u2019est pas lui qui a décidé de les construire.Moi, je ne vois pas le lien», a indiqué son attaché de presse, Mathieu Gaudreault.Un reproche à Daoust Par ailleurs, dans un rapport déposé mardi à l\u2019Assemblée nationale, le commissaire à l\u2019éthique a tapé sur les doigts de Jacques Daoust.Il lui reproche d\u2019avoir violé l\u2019article 25 du code d\u2019éthique des députés en ne déclarant pas son intérêt personnel dans un vignoble \u2014 Les Vignes de Bacchantes \u2014 et en ne s\u2019absentant pas de la Chambre lors de la prise en considération du projet de loi 88 sur le développement de l\u2019industrie des boissons alcooliques artisanales.Pourtant, Jacques Daoust avait quitté le Salon bleu à toutes les autres étapes du projet de loi afin de respecter le code.Le commissaire ne lui a pas imposé de sanction.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ÉTHIQUE Sous la loupe de l\u2019UPAC La Commission de l\u2019administration publique (CAP) compte transmettre à l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) la déclaration sous serment de l\u2019ex-sous-ministre des Transports Dominique Savoie.Elle torpille les témoignages livrés en commission parlementaire par l\u2019ex-enquêteuse Annie Trudel et l\u2019ex- vérificatrice Louise Boily dans un document de 17 pages.«On ne sait trop quoi en faire.Chose certaine, l\u2019UPAC doit l\u2019avoir entre les mains», a confié un membre de la CAP dans la foulée d\u2019une séance de travail mardi.D\u2019autre part, la CAP n\u2019a toujours pas scellé le sort du rapport d\u2019observation de Mme Trudel enregistré sur la clé USB qu\u2019elle a laissé derrière elle au MTQ.Plus d\u2019un élu craint que la diffusion publique des conclusions tirées par l\u2019ex- enquêteuse puisse donner lieu à des poursuites judiciaires, a-t-on expliqué au Devoir.Pendant ce temps, «le gouvernement protège, protège, protège, offre même [\u2026] une espèce de havre de confort et de récompense probablement pour loyauté démontrée.On ne sait pas ce que Mme Savoie a exactement fait, mais on comprend très bien qu\u2019au moment où elle l\u2019a fait, ça permettait au gouvernement d\u2019éviter l\u2019embarras», a fait valoir le député solidaire Amir Khadir.Marco Bélair-Cirino « Sont présents dans cette pièce aujourd\u2019hui des représentants de gouvernements ayant ignoré, facilité, financé ou même planifié ou effectué des atrocités infligées par toutes les parties du conflit en Syrie à l\u2019endroit de civils syriens » "]
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