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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier H
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2016-10-22, Collections de BAnQ.

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[" SCIENCES PRIX DE L\u2019ACFAS C A H I E R T H É M A T I Q U E H \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 O C T O B R E 2 0 1 6 La 72e remise des prix de l\u2019Association francophone pour le savoir, l\u2019Acfas, s\u2019est tenue le mardi 18 octobre à Montréal.Une occasion annuelle de souligner la contribution exceptionnelle à la recherche scienti?que de chercheurs et chercheuses de toutes disciplines.Le Devoir vous présente ici les neuf lauréats de l\u2019édition 2016.C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale L e fait n\u2019est pas nouveau, mais la tendance s\u2019accentue : pratiquement toute recherche scientifique se fait de nos jours à l\u2019échelle internationale.Et, aux dires de Frédéric Bouchard, président de l\u2019Association francophone pour le savoir (Acfas), les chercheurs québécois y participent grandement, grâce à leurs talents et à leur esprit de collaboration.« Pensons, par exemple, aux grands outils de recherche que sont les accélérateurs de particules, avance M.Bouchard.Ce genre d\u2019outils coûte très cher et les pays doivent mettre en commun leurs ressources pour les utiliser.» On pourrait aussi citer le cas des grands télescopes, tant ceux au sommet des montagnes que ceux placés dans l\u2019espace.Mais la science s\u2019internationalise aussi du fait des grandes questions qu\u2019elle aborde, notamment à propos des changements climatiques, rapporte M.Bouchard.«Ainsi, la fonte des glaces due au réchauffement climatique n\u2019a peut-être pas exactement les mêmes ef fets au Québec qu\u2019en Islande ou en Suède, dit-il, mais pour le comprendre, il faut pouvoir comparer la situation dans ces trois pays.» C\u2019est aussi le cas des grandes bases de données en sciences sociales, poursuit-il, qui sont élaborées à la suite d\u2019enquêtes dans plusieurs pays.«On évoque souvent le vieillissement de la population québécoise, cite-t-il en exemple, mais comme il y a d\u2019autres pays qui vivent les mêmes enjeux que nous, c\u2019est à notre avantage d\u2019échanger avec des chercheurs de divers pays.» « Dans tous les cas, il s\u2019agit de recherches essentielles à l\u2019avancement du savoir, mais aussi à l\u2019avancement de notre société, soutient Frédéric Bouchard, afin de nous permettre de résoudre nos problèmes par ticuliers.Il est donc fort important pour nous, au Québec, que nos chercheurs développent des collaborations internationales.» Partager la passion du savoir Voilà, incidemment, l\u2019une des missions de l\u2019Acfas, que préside Frédéric Bouchard.Celui- ci est en outre professeur titulaire au Département de philosophie de l \u2019Université de Montréal et vice-recteur associé à la recherche, à la découver te, à la création et à l\u2019innovation à l\u2019UdeM.La raison d\u2019être de l\u2019Acfas, explique-t-il, est de par tager la passion pour le savoir.« Il s\u2019agit pour nous de montrer comment le savoir rend plus libre et apporte des solutions à nos problèmes», dit-il.En décembre dernier, il a été élu président de l\u2019Acfas pour un mandat de deux ans.« Je me sens extrêmement privilégié, dit- il, puisque la mission de l\u2019Acfas dépasse l\u2019ampleur de ma classe, mais elle est tout à fait cohérente avec ce qui m\u2019a motivé à devenir professeur.» « Je porte plusieurs chapeaux, poursuit-il, mais celui qui m\u2019est le plus naturel, c\u2019est bien d\u2019être professeur de philosophie.Comme enseignant et comme chercheur, ce qui anime ma vie, c\u2019est la passion de la découver te et la transmission de cette passion.» Les atouts de nos chercheurs Comme chercheur et président de l\u2019Acfas, Frédéric Bouchard constate que nos scientifiques «ont plein de choses à offrir » sur la scène internationale.« Ils sont d\u2019ailleurs accueillis à bras ouverts sur la scène internationale.» Au dépar t, ce que le Québec possède le plus, selon lui, c\u2019est du talent.« Nous constatons cela de dif férentes façons puisque nos chercheurs sont invités à prendre part à des collaborations internationales.» Ainsi, plusieurs sont membres des grandes équipes qui exploitent le Grand collisionneur de hadrons, le fameux accélérateur de particules entré en fonction en 2008 et situé à la frontalière franco-suisse.« Et ils ne sont pas là par charité, souligne M.Bou- chard, mais bien parce qu\u2019ils sont excellents ! » De même, le secrétariat général du consortium international pour la recherche en développement durable Future Earth s\u2019est installé à M o n t r é a l p a r c e q u \u2019 o n y trouve une masse critique de chercheurs de haut calibre dans ce domaine.D\u2019autre part, Frédéric Bouchard souligne que nos scientifiques sont en mesure de collaborer aussi bien en français qu\u2019en anglais \u2014 « ce qui n\u2019est pas donné à tout le monde », dit-il.En même temps, le Québec n\u2019a pas de passé colonisateur, « ce qui fait qu\u2019on est judicieusement placé pour collaborer autant en Afrique de l\u2019Ouest que de l\u2019Est, en Afrique du Nord comme subsaharienne ».«Et j\u2019ajouterai que, dans la plupart de nos efforts sur la scène internationale, nos chercheurs arrivent avec un esprit unique : non seulement ont-ils quelque chose à apporter, mais ils ont également le désir d\u2019apprendre, indique le président de l\u2019Acfas.On n\u2019est pas dans un rapport de supériorité, nous sommes plutôt dans une dynamique d\u2019échanges.Les chercheurs québécois témoignent donc d\u2019une ouverture sincère aux autres et aux échanges.» Les gouvernements doivent en prendre note La façon même de faire de la recherche se transforme donc, observe le vice-recteur à la recherche, à la découverte, à la création et à l\u2019innovation.« Et cette transformation de la recherche doit se refléter dans les moyens qu\u2019on y JACQUES NADEAU LE DEVOIR Frédéric Bouchard, président de l\u2019Association francophone pour le savoir VOIR PAGE H 5 : RECHERCHE Cette illustration a été réalisée à partir de la photographie de la matière blanche du cerveau, prise par François Rheault de l\u2019Université de Sherbrooke.Ce cliché, intitulé Matière blanche haute en couleur, a reçu le prix du public au concours La preuve par l\u2019image de l\u2019Acfas.Moins connue que la matière grise, la matière blanche se compose d\u2019une multitude de réseaux de câblages faits d\u2019axones, qui sont les prolongements des neurones.Ces câbles sont recouverts de myéline, une substance blanche facilitant la circulation de l\u2019information électrochimique.ENTREVUE La recherche québécoise s\u2019internationalise «Cette transformation de la recherche doit se refléter dans les moyens qu\u2019on y consacre» SCIENCES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 O C T O B R E 2 0 1 6 H 2 consacre», précise-t-il.C\u2019est ainsi que le Fonds de recherche du Québec établit de plus en plus des collaborations avec des fonds de recherche internationaux, rapporte Frédéric Bouchard.De même, la France a de plus en plus de chercheurs qui désirent travailler avec leurs homologues québécois.« Voilà qui signifie que les fonds de recherche doivent se doter de moyens pour faciliter ces collaborations internationales », souhaite M.Bouchard.Selon lui, il devient nécessaire que les gouvernements comprennent que c\u2019est une tendance croissante en re- cher che e t qu \u2019 i l f au t par conséquent y accorder des ressources en conséquence.« Il ne s\u2019agit pas juste de permettre à nos chercheurs d\u2019assister à des congrès, assure-t-il, mais bien de leur donner les moyens de prendre part aux recherches internationales.» Or, voilà justement le point qu\u2019entend faire valoir l\u2019Acfas à l\u2019occasion des consultations lancées par Ottawa et Québec en vue d\u2019établir la prochaine Stratégie de financement de la recherche.SUITE DE LA PAGE H 1 RECHERCHE PRIX ADRIEN-POULIOT \u2014 COOPÉRATION SCIENTIFIQUE AVEC LA FRANCE Vieillir en santé M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale L es travaux de la docteure Pier rette Gaudreau auraient été tout simplement impossibles à mener sans collaboration avec la France.La chercheuse s\u2019est taillé une solide réputation dans le domaine de la neuroendocrinolo- gie et de la neurobiologie du vieillissement, en particulier pour ses travaux sur le récepteur du facteur de libération de l\u2019hormone de croissance (GHRH).Et l\u2019observation de ce récepteur n\u2019a pu se faire que grâce à une colonie de rats LOU importée du laboratoire de la professeure Josette Alliot de l\u2019université Blaise- Pascal, à Clermont-Ferrand.Cette initiative a permis la poursuite de multiples projets pluridisciplinaires.Mais reprenons depuis le début\u2026 Si la croyance populaire veut que pour vivre vieux et en santé il suf fit d\u2019avoir de très bons gènes, la réalité scientifique est un peu plus complexe : «Plusieurs facteurs sont en jeu quand on parle du bien vieillir, et je ne pense pas qu\u2019à ce jour nous puissions exclure une composante génétique, bien qu\u2019on ait plusieurs types de gènes qui ont été montrés dans des modèles animaux comme ayant un effet positif sur le bien vieillir.Cependant, quand on voit des personnes très âgées en bonne santé, on a de la dif fi- culté à trouver quelques fois les associations génétiques qui feraient en sorte qu\u2019on pourrait identifier précisément les gènes qui sont ceux du bien vieillir », explique la Dre Pierrette Gau- dreau.Elle ajoute qu\u2019elle serait étonnée qu\u2019on trouve un jour un gène unique qui en soit responsable.C\u2019est plutôt un assortiment de gènes qui fonctionnent de façon concertée et en groupe pour réguler au mieux nos fonctions physiologiques et tendre vers le bien vieillir.Génétique et environnement, impacts sur la santé Toutefois, il y a deux grands concepts qu\u2019il faut mettre en parallèle.Il y a bien entendu le côté génétique, mais il y a aussi le côté environnement : l\u2019empreinte de nos chemins de vie a un impact sur notre bien vieillir et les inégalités sociales sont les grandes responsables de certaines disparités.À Montréal seulement, onze ans d\u2019espérance de vie séparent les gens qui vivent dans le quartier le plus défavorisé et ceux qui habitent le plus riche.On montre du doigt les habitudes de vie.Mais tout n\u2019est pas perdu : «On se rend compte que comme ce sont des déterminants modifiables on peut toujours faire mieux pour améliorer son sort, même si on n\u2019a pas bien fait durant toute notre vie.» Comme quoi, l\u2019adoption de saines habitudes, même à un âge avancé, peut faire la dif férence entre vieillir en santé ou malade, ce qui représente quand même une bonne nouvelle ! Pierrette Gaudreau utilise deux modèles animaux pour mieux comprendre la biologie du vieillissement : des modèles animaux de vieillissement réussi (bonne santé générale à un âge avancé) ou non réussi (apparition de dysfonctions métaboliques et cognitives ou de tumeurs).Ces fameux modèles réussis sont les rats LOU, nommés ainsi parce qu\u2019ils ont été découverts à l\u2019Université catholique de Louvain, en Belgique.« Ils vivent presque deux fois plus l ong t emps que l e s au t r e s souches de rats qu\u2019on étudie en laboratoire, ils gardent leur bonne mémoire, leurs fonctions endocriniennes, ils n\u2019ont pas beaucoup de stress oxydant et ils restent minces ! » Pierrette Gaudreau ajoute : « Je vous assure qu\u2019on travaille for t pour trouver chez ce modèle ce qui fait qu\u2019ils restent en bonne santé si longtemps ! » Étudier les personnes âgées Outre l\u2019étude de ces modèles animaux, la lauréate ob- ser ve aussi des cohortes de personnes âgées.Depuis 2010, Pierrette Gaudreau dirige le Réseau québéco is de r e - cherche sur le vieillissement (RQRV), où elle mène des études sur le vieillissement, dont l\u2019étude NuAge.«On a recruté des personnes qui étaient en état général de bonne santé en 2003-2004.Elles devaient être capables de marcher, de monter un escalier et d\u2019être autonomes dans les activités de la vie quotidienne.On a suivi ces personnes chaque année pendant cinq ans et, en 2014-2015, on les a recontactées et certaines ont accepté de répondre à nos questionnaires.» Au- jourd\u2019hui, la Dre Gaudreau et son équipe sont à exploiter ces données pour voir par exemple si ce sous-groupe, qui se dit en bonne santé, était diffé- rent à l\u2019entrée dans l\u2019étude et s\u2019il a un profil génétique diffé- r ent .« On réa l i s e ce t ype d\u2019étude maintenant et on espère avoir des réponses intéressantes au sujet de leurs habitudes de vie», ajoute la chercheuse.Que ce soient les études menées avec les animaux ou celles avec la cohorte de personnes âgées, toutes se font en collaboration avec des collègues français.« Nous travaillons aussi avec des cohortes françaises pour voir s\u2019il y a des différences tangibles ou si on est capable de retrouver un dénominateur commun qui fait en sorte qu\u2019il y a des mécanismes qui sont transversaux.» La première collaboration de Pierrette Gaudreau avec des chercheurs français remonte à 1993, avec le professeur Gérard Morel de l\u2019Institut Pasteur et de l\u2019université Claude-Bernard de L yon.Cette association durera près de vingt ans.Puis, arrive une rencontre extraordinaire avec la professeure Josette Alliot de l\u2019université Blaise-Pascal, à Clermont-Ferrand.C\u2019est cette collaboration qui mènera à l\u2019impor tation à Montréal de quatre couples de rats de souche LOU, alors que la colonie était amenée à disparaître après le départ en retraite de la chercheuse française.«C\u2019est un pôle d\u2019attraction important pour nos collègues chercheurs français.» « Dans nos études sur les humains, mes collègues et moi avons toujours eu la préoccupation de mettre la personne âgée au cœur de la problématique de recherche.» Tout au long de sa carrière, Pierrette Gaudreau a souvent eu la chance de bavarder avec des personnes âgées et invariablement ces dernières répètent que ce qu\u2019il y a de plus important ce sont les jambes et la tête ! En conclusion, elle surenchérit : « Et la troisième chose indispensable pour que nos personnes âgées soient bien, c\u2019est un système de santé adapté , un cont inuum de soins et services de santé est extrêmement impor tant.Ce qu\u2019on veut, c\u2019est que les personnes âgées puissent rester à la maison le plus longtemps possible parce que c \u2019est ce qu\u2019elles souhaitent.On travaille fort là-dessus ! » Cette année, Pierrette Gaudreau reçoit le prix Adrien-Pouliot pour la coopération scientifique avec la France.Elle est pro- fesseure titulaire au Département de médecine de l\u2019Université de Montréal et directrice du Réseau québécois de recherche sur le vieillissement.Ses travaux sur le vieillissement permettront un jour de nous apprendre à vivre longtemps et en bonne santé.La lauréate, spécialiste des mécanismes du vieillissement et de la longévité, s\u2019emploie à ce que nous vivions mieux plus longtemps.Depuis des décennies, le savoir-faire et la créativité de nos chercheurs façonnent le Québec.Grâce à eux, avancées spectaculaires, transferts technologiques et créations remarquables améliorent notre qualité de vie.Félicitations à nos lauréats du Gala de l\u2019Acfas ! Vous êtes les cerveaux du monde et le cœur de Québec.NOS CERVEAUX OCCUPENT LES PREMIÈRES PLACES ulaval.ca #FiertéUL SOURCE ACFAS La professeure titulaire au Département de médecine de l\u2019Université de Montréal et directrice du Réseau québécois de recherche sur le vieillissement, Pierrette Gaudreau Plusieurs facteurs sont en jeu quand on parle du bien vieillir, et je ne pense pas qu\u2019à ce jour nous puissions exclure une composante génétique Pierrette Gaudreau, professeure titulaire au Département de médecine de l\u2019Université de Montréal « » On évoque souvent le vieillissement de la population québécoise, mais comme il y a d\u2019autres pays qui vivent les mêmes enjeux que nous, c\u2019est à notre avantage d\u2019échanger avec des chercheurs de divers pays Frédéric Bouchard, président de l\u2019Acfas, professeur titulaire au Département de philosophie de l\u2019Université de Montréal et vice-recteur associé à la recherche, à la découverte, à la création et à l\u2019innovation à l\u2019UdeM.« » SCIENCES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 O C T O B R E 2 0 1 6 H 3 Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir en collaboration avec l\u2019Acfas.Ce dernier n\u2019a cependant pas eu de droit de regard sur les textes.Pour toute demande d\u2019information quant au contenu de ce cahier, vous pouvez contacter par courriel Loïc Hamon, directeur des publications spéciales, à lhamon@ledevoir.com.Pour vos projets de cahiers ou toute autre information au sujet de la publicité, vous pouvez contacter Lise Millette, vice-présidente des ventes publicitaires, à l\u2019adresse courriel lmillette@ledevoir.com.PRIX ANDRÉ-LAURENDEAU \u2014 SCIENCES HUMAINES Le langage, cette propriété distinctive de l\u2019homme E M I L I E C O R R I V E A U Collaboration spéciale C e n\u2019est pas la première fois que Mme Di Sciullo remporte un prix de l\u2019envergure de celui que lui a remis l\u2019Acfas mardi dernier.En fait, au cours de sa faste carrière, la chercheuse a récolté plusieurs distinctions.Notamment, en 1991, l\u2019Assemblée des gouverneurs de l\u2019Université du Québec lui a octroyé son Prix d\u2019excellence en recherche pour souligner l\u2019importance de ses travaux sur les structures d\u2019arguments.En 1999, elle a aussi été reçue membre de la Société royale du Canada et, en 2015, elle a été honorée par le gouvernement d\u2019Italie pour l\u2019ensemble de sa carrière.Mais bien qu\u2019elle cumule les consécrations, Mme Di Sciullo se dit très touchée de recevoir cette année le prix André-Laurendeau.«Ce qui me fait le plus plaisir, c\u2019est que le prix vienne d\u2019ici, souligne-t-elle avec émotion.J\u2019ai beaucoup donné intellectuellement au Québec et ça me réjouit vraiment qu\u2019on le reconnaisse.Je suis aussi heureuse de la visibilité que cela donne à l\u2019UQAM.» Un parcours épatant Originaire d\u2019Italie, Mme Di Sciullo s\u2019est installée au Canada avec sa famille lorsqu\u2019elle n\u2019était encore qu\u2019une enfant.«C\u2019était un pays qui offrait d\u2019énormes possibilités, qui était jeune et sensible aux choses nouvelles.C\u2019est quelque chose qui a plu à mes parents et qui m\u2019a aussi séduite», relève-t-elle.Aussi, lorsque est venu le temps de faire des études universitaires, c\u2019est à Montréal que Mme Di Sciullo a choisi d\u2019entamer son parcours.Ayant pratiqué la musique toute sa jeunesse, elle a songé à s\u2019inscrire au conservatoire et à faire carrière dans le domaine, mais elle a plutôt opté pour la linguistique.«Dans ces deux disciplines, il y a des propriétés qui sont celles de la forme.Dans la musique, il y a toute une mathématique des sons.C\u2019est très proche du langage humain.Il y a des propriétés formelles qu\u2019on ne perçoit pas, mais qui sont là et qui sont propres à toutes les expressions linguistiques.C\u2019est ce qui m\u2019a attiré dans ce champ d\u2019études», confie-t-elle.Après avoir réalisé un baccalauréat et une maîtrise en linguistique à l\u2019UQAM, elle a entrepris un doctorat à l\u2019Université de Montréal dans le cadre duquel elle a mené des travaux sur les propriétés des structures syntaxiques.Puis, elle s\u2019est penchée sur deux autres composantes grammaticales, soit la structure d\u2019arguments et la syntaxe des mots.Dans la foulée, Mme Di Sciullo s\u2019est intéressée à l\u2019approche développée par le célèbre linguiste américain Noam Chomsky, fondateur de la grammaire générative.«Mon intérêt m\u2019a conduite à visiter régulièrement le MIT [Massachusetts Institute of Technology] quand je faisais mon doctorat et, par la suite, à assister aux cours de Chomsky et à avoir des réunions fréquentes avec lui pour développer des idées.Son apport a été important dans mon développement intellectuel.Aujourd\u2019hui, c\u2019est quelqu\u2019un que je vois régulièrement.Il fait partie de mes projets de recherche.» Une contribution majeure Après ses études, Mme Di Sciullo n\u2019a pas chômé.Dès 1984, elle s\u2019est largement engagée dans l\u2019enseignement et a formé de nombreux étudiants aux cycles supérieurs.Au fil des ans, elle a aussi développé moult théories à l\u2019intersection de la linguistique, de la biologie, de la physique et des mathématiques.Parmi elles, notons la théorie de la modularité relativisée, la théorie de l\u2019asymétrie de la faculté du langage et la théorie des structures d\u2019arguments flexibles.Ces dernières ont transformé les recherches sur la faculté du langage et contribué de manière déterminante à l\u2019avancement des connaissances en linguistique.Ses travaux ont conduit à la publication de nombreux articles scientifiques et ouvrages marquants, dont On the Definition of Word (1987) et Asymmetry in Morphology (2005), tous deux parus aux prestigieuses Presses du MIT.Au cours des décennies 1990 et 2000, entourée d\u2019un réseau international de chercheurs multidisciplinaires, elle a dirigé deux grands travaux de recherche concertée : le premier portait sur les asymétries des langues naturelles et leur traitement par les systèmes de per formance ; le second, sur les asymétries d\u2019interfaces et leur traitement cognitif.Ces derniers ont d\u2019ailleurs tous deux été hautement subventionnés (3,8 millions) par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.Parallèlement, Mme Di Sciullo a aussi dirigé \u2014 et dirige toujours \u2014 un programme sur les interfaces dynamiques subventionne ?à la hauteur de 1,1 million par le Fonds de recherche du Québec.En 2004, elle a fondé la Fédération sur le traitement des langues naturelles afin de faciliter le dialogue entre les chercheurs universitaires et les professionnels en linguistique fondamentale, en linguistique computationnelle et en technologie.Puis, en 2007, elle a créé le Réseau international de biolinguistique, dont l\u2019objectif est de stimuler la recherche sur les bases biologiques de la faculté du langage en créant des liens entre la linguistique, la biologie et la physique.Malgré l\u2019intensité de ses activités professionnelles des 35 dernières années, Mme Di Sciullo se dit loin d\u2019être prête à ralentir la cadence.D\u2019ailleurs, au cours des prochains mois, elle donnera plusieurs conférences à l\u2019international, notamment au Brésil, aux Indes et aux États- Unis, où elle rencontrera à nouveau Noam Chomsky.« Je vais travailler sur un projet de biolinguis- tique, faire des travaux théoriques sur les mathématiques et le langage et poursuivre mes recherches avec mon groupe, signale-t-elle.J\u2019ai aussi le désir de fonder un centre qui permettrait de réunir des gens qui développent la connaissance des propriétés fondamentales du langage humain et des gens qui créent des algorithmes qui simulent ces propriétés.Je ne manque pas de projets et je suis toujours aussi passionnée par mes activités !» Professeure au Département de linguistique de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) depuis plus de 30 ans, Mme Anna Maria Di Sciullo est l\u2019une des plus réputées spécialistes de linguistique théorique et de biolinguistique à travers le monde.Le 18 octobre dernier, sa carrière a été célébrée par ses pairs.À l\u2019occasion de la 72e édition des prix de l\u2019Association francophone pour le savoir (Acfas), elle s\u2019est vu remettre le prestigieux prix André-Laurendeau, lequel vise à récompenser l\u2019excellence et le rayonnement de chercheurs œuvrant dans le domaine des sciences humaines.SOURCE ACFAS Anna Maria Di Sciullo, professeure au Département de linguistique de l\u2019UQAM ISTOCK Anna Maria Di Sciullo a le désir de fonder un centre qui permettrait de réunir des gens qui développent la connaissance des propriétés fondamentales du langage humain et des gens qui créent des algorithmes qui simulent ces propriétés.Son apport [celui de Noam Chomsky] a été important dans mon développement intellectuel.Aujourd\u2019hui, c\u2019est quelqu\u2019un que je vois régulièrement.Il fait partie de mes projets de recherche.Anna Maria Di Sciullo, professeure au Département de linguistique de l\u2019UQAM « » SCIENCES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 O C T O B R E 2 0 1 6 H 4 C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale C atherine Martos Fichten, professeure de psychologie au collège Dawson, poursuit une car rière d\u2019enseignante et de chercheuse pour le moins singulière.Alors qu\u2019elle aurait pu faire carrière à l\u2019université, elle a préféré demeurer au niveau collégial.De surcroît, cette psychologue s\u2019intéresse à une foule de sujets aussi variés que l\u2019insomnie, les préjugés et l\u2019aide aux étudiants en situation de handicap.C\u2019est aussi une véritable passionnée du collège Dawson, dont elle a contribué à la création il y a près de cinquante ans.P o u r s a f r u c t u e u s e e t longue carrière, elle mérite amplement le prix Acfas De- nise-Barbeau 2016 pour la recherche au collégial.Qui plus est, son étonnant parcours de vie comporte un fabuleux parallèle avec le monde d\u2019aujourd\u2019hui.En ef fet, Mme Fichten (née Catherine Martos) est d\u2019origine hongroise.Alors qu\u2019elle n\u2019avait que 10 ans, en 1957, ses parents, des intellectuels, ont dû fuir leur pays à la suite de la fameuse révolte populaire de 1956, qui s\u2019est soldée par l\u2019invasion brutale du pays par l\u2019armée soviétique.Résultat, plus de 2500 Hongrois ont péri alors que 200 000 autres ont dû fuir.« Nous avons traversé la frontière durant la nuit, ra- conte- t -e l le , alors que des gardes-frontières nous tiraient dessus ! Ça a été une expérience vraiment traumatisante.On a en quelque sor te emprunté le même chemin que les réfugiés syriens d\u2019aujourd\u2019hui.» « Lorsque je pense à eux, poursuit-elle, je me dis que ce sera probablement beaucoup plus dif ficile pour eux, car mes parents étaient très instruits et nous provenions d\u2019un pays européen, donc les dif fé- rences culturelles n\u2019étaient pas si grandes.Malgré tout, ça a été très dur pour nous et je pense que ce sera encore plus dur pour les nouveaux réfugiés.» C\u2019est ainsi qu\u2019après avoir passé six mois dans un camp de réfugiés en Autriche, la famille Martos s\u2019est finalement installée au Canada.« Et moi, j\u2019ai été très chanceuse puisque à 10 ans j\u2019ai pu retourner à l\u2019école », poursuit la psychologue.C\u2019est ainsi que, quelques années plus tard, elle entreprend des études de chimie à l\u2019université McGill.« On devait aussi suivre un cours à la Faculté des ar ts, précise-t-elle.J\u2019ai donc choisi la psychologie\u2026 même si cela ne m\u2019intéressait pas vraiment.» Toutefois, à la première occasion pour elle de travailler dans un labo de chimie, elle découvre que ce n\u2019est pas sa vocation.Tout en poursuivant ses études en ce domaine, elle s\u2019intéresse de plus en plus à la psychologie, particulièrement à la psychologie sociale.« Finalement, j\u2019ai changé d\u2019orientation universitaire », résume-t- elle.Elle termine ainsi une maîtrise en psychologie à l\u2019université Concordia.« Aujourd\u2019hui, je conserve dans mon bureau un tableau des éléments périodiques et, lorsque j\u2019éprouve certaines frustrations vis-à-vis de la psychologie, je regarde ce tableau\u2026 et toute frustration disparaît ! » lance-t-elle en riant.«Le collège Dawson, ma maison\u2026» En 1969, Catherine Fichten fait partie de ceux et celles qui fondent le collège Dawson.«C\u2019était très excitant d\u2019être là, se rappelle-t-elle.Je faisais partie du personnel qui développait les programmes et toute l\u2019école\u2026» «Mais après cinq ans d\u2019enseignement et à la tête du Département de psychologie, j\u2019ai commencé à m\u2019ennuyer un peu, poursuit-elle.J\u2019ai donc poursuivi mes études, en faisant un doctorat à l\u2019université McGill.Puis, je suis revenue à Dawson, où je suis toujours.» Comme professeure de psychologie, elle entreprend de mener certaines recherches, même si on ne lui accorde aucune ressource.« En 1972, j\u2019étais la seule chercheuse, dit- elle.J\u2019ai entrepris des études sur l\u2019enseignement de la psychologie alors que ma mère était mon assistante de recherche, puisque je ne disposais d\u2019aucun fonds de recherche ! » Dans les faits, elle crée ainsi le programme de chercheurs à Dawson.« Ça a été encore une tâche de création, com- mente-t-elle.Eh oui, je suis une amoureuse du collège Dawson : c\u2019est ma maison, voyez-vous ! » Des handicapés\u2026 inutiles?Depuis bientôt quarante ans, Catherine Fichten mène une foule de travaux originaux.Ainsi s\u2019est-elle intéressée aux problèmes d\u2019insomnie chez les personnes âgées.« Souvent, ces gens-là se font dire que s\u2019ils souffrent d\u2019insomnie, c\u2019est un peu de leur faute, c\u2019est parce qu\u2019ils se lèvent tard, se couchent tard ou ont un mauvais régime de vie\u2026 mais nous, nous avons montré que leur problème provient souvent d\u2019un dérèglement de leur système circadien.Ils subissent un problème biologique, plutôt qu\u2019un problème de style de vie.» Elle s\u2019est par ailleurs intéressée aux préjugés que vivent les personnes en situation de handicap.Elle a ainsi observé qu\u2019on a souvent des préjugés envers celles-ci, les considérant comme\u2026 moins intelligentes, moins crédibles ou sans grand intérêt, etc.Et dans le cas de personnes plus sérieusement handicapées, on estime même qu\u2019il est inutile de déployer des efforts supplémentaires (et plus d\u2019argent) pour leur permettre de terminer leurs études.« On pense souvent que ce sont là des personnes qui nous coûtent cher, qui n\u2019apprennent pas grand-chose, qui ne trouveront jamais un travail, rappor te Mme Fichten.Pourquoi donc leur fournir une éducation?» «Pourtant, nous, nous avons des données qui montrent que ces étudiants en situation de handicap réussissent bien à l\u2019école \u2014 au secondaire comme au cégep ou à l\u2019université \u2014 et qu\u2019ils se trouvent du travail une fois leurs études terminées.C\u2019est dire que grâce à l\u2019argent que nous leur consacrons, même si c\u2019est davantage que pour les autres étudiants, on fait d\u2019eux des travailleurs, des contribuables et des citoyens qui participent activement à la société.» Et c\u2019est dans cet esprit qu\u2019en collaboration avec une travailleuse sociale (handicapée) et un spécialiste des technologies en éducation (aveugle) la psychologue fonde le Réseau de recherche Adaptech.« Il s \u2019agit d\u2019un réseau de chercheurs et d\u2019étudiants basés au collège Dawson et qui réalisent divers travaux sur l\u2019adaptation des technologies de l\u2019information afin d\u2019aider les étudiants handicapés du collégial et de l\u2019universitaire à réussir », explique Catherine Fichten.PRIX DENISE-BARBEAU \u2014 RECHERCHE AU COLLÉGIAL Pour l\u2019amour de la recherche\u2026 et du collège Dawson ! Presses de l\u2019Université du Québec On a tous besoin de savoir POUR AGIR Remise annuelle de deux bourses d\u2019excellence d\u2019une valeur de 5 000 $ chacune.VOUS ÊTES INSCRIT DANS UN PROGRAMME DE MAÎTRISE OU DE DOCTORAT DANS UNE DES UNIVERSITÉS DU RÉSEAU DE L\u2019UNIVERSITÉ DU QUÉBEC ?Nos bourses d\u2019excellence sont pour vous.Pour tous les détails, visitez notre site à PUQ.CA.Ouverture du concours : 1er décembre 2016 Fermeture du concours : 1er février 2017 Le concours des bourses d\u2019excellence des PUQ est géré par la Fondation de l\u2019Université du Québec (FUQ).Soutenir la relève en recherche SOURCE ACFAS Catherine Martos Fichten, professeure de psychologie au collège Dawson ISTOCK Depuis bientôt quarante ans, Catherine Martos Fichten mène une foule de travaux originaux.Ainsi s\u2019est-elle intéressée aux problèmes d\u2019insomnie chez les personnes âgées.ÉMILIE PÉCO LA PREUVE PAR L\u2019IMAGE Intégrité territoriale de Émilie Péco Nous voici au cœur du système nerveux d\u2019une larve de drosophile, qui fonctionne selon les mêmes principes de base que celui des mammifères (dont l\u2019humain).On y distingue trois couples d\u2019astrocytes (en blanc) délicatement enroulés autour des voies neuronales longitudinales (en bleu).D\u2019autres astrocytes sont présents, mais n\u2019ont pas été révélés par le marquage.Ces cellules gliales aux ramifications complexes sont essentielles au fonctionnement du système nerveux central, mais de nombreux rôles restent encore à découvrir.Cependant, il apparaît clairement que les astrocytes ne se distribuent pas au hasard : ils couvrent systématiquement les mêmes territoires neuraux.Reste à comprendre les mécanismes qui leur montrent le chemin.Prix du jury au concours La preuve par l\u2019image. SCIENCES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 O C T O B R E 2 0 1 6 H 5 Les chercheurs et acteurs de tous les champs d\u2019expertises et d\u2019actions doivent se parler pour permettre au plus grand nombre de bien vivre et le plus longtemps possible, selon le lauréat du prix Acfas Jacques-Rousseau.C A T H E R I N E G I R O U A R D Collaboration spéciale L a santé, c\u2019est l\u2019affaire d\u2019une société tout entière.Plaçant le dialogue entre les disciplines et les acteurs au centre de ses travaux et enseignements en santé publique tout au long de sa carrière, le professeur émérite André-Pierre Contandriopoulos reçoit le prix Acfas Jacques-Rousseau 2016, qui souligne ses travaux de nature multidisciplinaire.«Ce prix me fait particulièrement plaisir, af firme Pierre- André Contandriopoulos, professeur émérite au Dépar te- ment d\u2019administration de la santé de l\u2019École de santé publique de l\u2019Université de Montréal (UdeM), qui n\u2019en est pour tant plus à son premier prix en carrière.C\u2019est qu\u2019il met en avant la multidisciplinarité, qui est au centre de ma façon de concevoir le domaine de la santé et au centre de tout ce que j\u2019ai fait.» À 73 ans, il n\u2019en démord pas encore : impossible d\u2019avoir une santé publique «en santé» en travaillant en silo.«L\u2019enjeu de la santé publique est de permettre à tous de vivre aussi bien et aussi longtemps que possible, résume le professeur émérite.Pour y arriver, on a besoin de plusieurs champs d\u2019exper tise, comme les sciences de la vie, les sciences sociales, l\u2019économie, les sciences politiques, l\u2019anthropologie, mais aussi les sciences du comportement, les sciences de l\u2019environnement et le management pour structurer l\u2019action collective.On ne peut pas comprendre ce qui se passe dans une société si on travaille avec une seule perspective.» Alors qu\u2019il contribue au domaine de la santé publique par sa pratique multidisciplinaire depuis plus de 45 ans, c\u2019est en quelque sorte le hasard qui a orienté sa carrière.Diplômé en droit et en économie en France dans les années 1960, il fait ensuite sa maîtrise et son doctorat en économie au Québec.Il est alors invité à travailler sur l \u2019évaluation du nombre de médecins dont le Québec aurait besoin lors de la mise en place du système d\u2019assurance maladie \u2014 une question qui n\u2019est pas encore résolue au- jourd\u2019hui, blague-t-il.On lui of fre ensuite de travailler au Dépar tement d\u2019administration de la santé de l\u2019Université de Montréal.« Je me suis rapidement aperçu que les fondements mêmes de la microéconomie classique sont remis en question quand on travaille autour des besoins en santé », affirme-t-il.Il enseigne ensuite pendant plus de quatre décennies à l\u2019UdeM, à des étudiants en médecine et en pharmacie, des concepts pour analyser, comprendre et transformer, espère-t-il, les organisations et les systèmes de santé afin de permettre à tous d\u2019avoir accès librement et de façon équitable et efficiente à des soins de qualité.Il a aussi fait connaître les résultats de ses travaux et réflexions par de nombreuses publications.Le financement des hôpitaux et des professionnels, les ef fectifs médicaux et les pratiques professionnelles, la dynamique d\u2019évolution des systèmes de santé, les déterminants de la santé des populations, l\u2019évaluation des interventions dans le domaine de la santé, l\u2019évaluation de la performance et de la gouvernance des systèmes et des organisations de santé\u2026 Les sujets sur lesquels il se penche dans ses ouvrages sont toujours d\u2019actualité.M.Contandriopoulos est inter venu à plusieurs reprises dans les médias sur ces sujets, en plus d\u2019être invité à quelques commissions parlementaires.Même s\u2019il est au- jourd\u2019hui à la retraite, il se fait encore un devoir de participer au débat public.« [Les universitaires] ont à mon avis une responsabilité de contribuer au débat, fait-il valoir.Il ne faut pas s\u2019enfermer dans un discours d\u2019initié, mais plutôt contribuer aux discussions et par ticiper à l\u2019élaboration de politiques publiques.» Là alors ses recherches prennent tout leur sens.M.Contandriopoulos travaille d\u2019ailleurs actuellement sur Analyser, comprendre et transformer le système de santé, un livre qu\u2019il souhaite publier dans les prochains mois.On y retrouvera une synthèse de ses réflexions sur le système de santé.Le reflet d\u2019une société Selon le chercheur, le domaine de la santé publique est au cœur des responsabilités de l\u2019État.« C\u2019est le reflet de la société, dit-il.Car les domaines de compétence directs du Québec sont la santé et l\u2019éducation.Et une société n\u2019est jamais meilleure que ses grandes institutions.Si on n\u2019arrive pas à réformer correctement notre système de soins, il faut se poser des questions sur la nature même de la société, qui est alors aussi malade que son système de santé.» Après toutes ses années à étudier, analyser et enseigner dans le domaine, son diagnostic n\u2019est pas des plus réjouissants.« Notre système de santé actuel va mal, dit-il sans hésiter.Il y a de grandes inquiétudes ici relativement au temps d\u2019attente, à l\u2019accès aux soins, au suivi qui est fait après une hospitalisation et à l\u2019avenir même de notre système.Tout le monde s\u2019entend là-dessus, même le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.» Mais selon M.Contandrio- poulos, l\u2019option proposée par M.Barrette pour répondre à ces enjeux n\u2019est pas adéquate.« Plusieurs études démontrent que ce n\u2019est pas avec une intégration administrative centralisée à Québec qu\u2019on va régler le problème, fait valoir le professeur.L\u2019amplification des dif fi- cultés actuelles n\u2019est probablement pas étrangère aux réformes imposées et qu\u2019on met actuellement en place.» Plusieurs commissions et groupes de réflexion qui ont réfléchi au système de santé au fil du temps arrivent toujours aux mêmes obser va- tions, note le chercheur : la solution passe en grande partie par l\u2019implantation de soins de proximité donnés par des professionnels en qui les patients ont confiance.Ceux-ci agiraient en quelque sor te comme les por te-parole des patients, évitant la coupure entre les soins de première ligne à l\u2019hôpital et le retour à la maison.Et pourquoi n\u2019ar rive-t-on pas à moduler ainsi notre système de santé ?« Beaucoup à cause de visions et de poli - tiques à court terme, ainsi que de la peur d\u2019aller à l\u2019encontre de groupes d\u2019intérêts dominants » , croit André-Pier re Contandriopoulos.Des démocraties du nord de l\u2019Europe comme la Suède, la Norvège, le Danemark et la Hollande ont pour leur par t réussi à mettre en place avec succès des solutions proposées ici.Réussira-t-on aussi chez nous ?« On n\u2019a pas le choix, répond d\u2019emblée le professeur émérite.Si on n\u2019y arrive pas, c\u2019est toute une vision de ce que sont la démocratie et l\u2019état moderne qui est remise en question.» PRIX JACQUES-ROUSSEAU \u2014 MULTIDISCIPLINARITÉ Le dialogue essentiel à la santé publique Prix Pierre-Dansereau Prix André-Laurendeau YOUCEF BIOUD LA PREUVE PAR L\u2019IMAGE Les moissons du ciel de Youcef Bioud Voici un champ de blé sans gluten\u2026 En fait, ces faisceaux de tiges qui se pressent les unes contre les autres sont des nanofils de phosphure d\u2019indium.La procédure pour les obtenir est assez simple.On fait baigner le matériau dans une solution d\u2019acide fluorhydrique, où passe un courant électrique, et les filaments se forment tout naturellement.La structure tridimensionnelle qui en résulte intéresse tout particulièrement l\u2019industrie des cellules photovoltaïques, car la surface de captation des photons émis par le soleil s\u2019en trouve augmentée.De fait, la lumière peut être absorbée aussi bien en surface que dans l\u2019épaisseur du matériau.Une manière encore plus efficace de moissonner l\u2019énergie solaire.Prix du jury au concours La preuve par l\u2019image.ISTOCK Selon le chercheur, le domaine de la santé publique est au cœur des responsabilités de l\u2019État.«C\u2019est le reflet de la société.Car les domaines de compétence directs du Québec sont la santé et l\u2019éducation.Et une société n\u2019est jamais meilleure que ses grandes institutions.» SOURCE ACFAS André-Pierre Contandriopoulos, professeur émérite au Département d\u2019administration de la santé de l\u2019École de santé publique de l\u2019Université de Montréal SCIENCES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 O C T O B R E 2 0 1 6 H 6 CHÉRIF F.MATTA LA PREUVE PAR L\u2019IMAGE Les liaisons ingénieuses de Chérif F.Matta Le biochimiste averti reconnaîtra, au premier coup d\u2019œil, le couple de bases nucléiques gua- nine-cytosine.Cette configuration moléculaire, bien que familière, représente toutefois une première, car, sur cette image, les liaisons entre les noyaux des atomes n\u2019ont pas été dessinées : elles ont été calculées de manière quantique.En effet, nous avons sous les yeux une carte topographique de la densité électronique de chacun des atomes qui partitionnent le territoire.Cette densité est illustrée par les petites lignes qui convergent vers les noyaux.Et c\u2019est l\u2019interaction de ces champs de potentialité qui fait émerger les « chemins de liaisons » optimaux de densité électronique reliant, entre eux, les atomes.Prix du jury au concours La preuve par l\u2019image.P I E R R E V A L L É E Collaboration spéciale E n psychiatrie, le suicide n \u2019 e s t p a s c o n s i d é r é comme une maladie mentale à proprement parler.De ce fait, par le passé, il y a eu peu de recherche psychiatrique sur le sujet.Le psychiatre et chercheur Gustavo Turecki, lauréat cette année du prix Léo- Parizeau, est l\u2019un de ceux qui ont travaillé à renverser cette situation.« En psychiatrie, le suicide est considéré comme un com- por tement.Par contre, il est presque toujours associé à une maladie mentale, notamment la dépression majeure , ex- plique-t-il.En psychiatrie, la recherche a sur tout por té sur les maladies mentales, et moins sur les comportements.» Alors, pourquoi choisir le suicide comme champ de recherche ?« À mon arrivée à Montréal pour faire mon doctorat au milieu des années 1990, le taux de suicide au Québec était très élevé.Le suicide était devenu un enjeu de société et les autorités de santé publique le savaient et voulaient agir.J\u2019ai vu là une occasion d\u2019orienter ma recherche scientifique.Après tout, le suicide est le seul compor tement en psychiatrie qui est fatal.» Né en Argentine, mais éduqué au Brésil, Gustavo Tu- recki fait d\u2019abord sa médecine avant de se spécialiser en psychiatrie.Il complète sa formation médicale avec une maîtrise en épidémiologie psychiatrique et génétique.Arrivé à Montréal, il étudie et obtient son doctorat en neurosciences et génétique en 1999 à l\u2019université McGill.Aujourd\u2019hui, il est devenu une référence internationale dans le domaine du suicide et, à cet ef fet, cumule les fonctions.Il est directeur du Département de psychiatrie de l\u2019université McGill, psychiatre traitant à l\u2019Institut universitaire en santé mentale Douglas, fondateur et direct e u r d u G r o u p e M c G i l l d\u2019études sur le suicide, fondateur et codirecteur de la Banque de cerveaux Douglas\u2013 Bell Canada, qui comprend plusieurs échantillons de cerveaux de suicidés, et directeur du Réseau québécois sur le suicide et les troubles de l\u2019humeur et troubles associés.La recherche scientifique L\u2019une des facettes de la formation doctorale en neurosciences du docteur Turecki, et aujourd\u2019hui l\u2019un des axes de recherche, est l\u2019épigénétique.L\u2019épigénétique est la branche de la génétique qui se penche spécifiquement sur l\u2019expression des gènes et leurs modifications.L\u2019on sait que le code génétique d\u2019un individu est présent dans chaque cellule, mais l\u2019expression de ce code génétique varie, ce qui explique les fonctions différentes qu\u2019ont et assument les cellules.L\u2019on sait aussi que le phénomène épigénétique est influencé par l\u2019environnement.«Le cerveau est l\u2019organe par excellence qui est constamment en dialogue avec l\u2019environnement.Il apprend de l\u2019environnement pour ensuite être en mesure d\u2019adapter l\u2019organisme à cet environnement, entre autres, par le phénomène épigénétique.» La première étude, parue en 2006, qui a établi la réputation de chercheur de Gustavo Tu- recki, por te sur les polyamines.Les polyamines sont des composés organiques présents naturellement chez l\u2019humain, mais que l\u2019on ingère aussi par l\u2019alimentation.Les polyamines jouent souvent un rôle de régulateur.« Notre étude a démontré que les polyamines jouaient un rôle dans la gestion du stress chez l\u2019humain.Notre hypothèse est qu\u2019une dysfonction du système polyami- nique concernant la gestion du stress est reliée au suicide.» Une seconde étude parue en 2009, et qui a valu au docteur Turecki le Prix du scientifique de l\u2019année Radio-Canada, porte sur un phénomène épi- génétique et est directement reliée à la maltraitance chez l\u2019enfant.«Nous avons comparé des échantillons de cerveaux de suicidés ayant connu de la mal- traitance à l\u2019enfance avec des échantillons de suicidés n\u2019ayant pas connu la maltraitance.Et nous avons remarqué une modification épigénétique des récepteurs glucocorticoïdes à la réponse au stress dans le cerveau de suicidés ayant subi de la maltraitance.Cela nous amène à croire que la maltrai- tance à l\u2019enfance est un facteur de risque pour le suicide.» L\u2019approche clinique Malgré tout l\u2019intérêt que représente la recherche en neurosciences et épigénétique pour Gustavo Turecki, il n\u2019a jamais mis de côté sa pratique de psychiatre clinicien.« J\u2019ai toujours gardé ma pratique clinique, car je trouve qu\u2019il est essentiel d\u2019avoir un contact avec les patients.D\u2019une par t, l\u2019on obtient de leur part de la rétroaction, ce qui par la suite peut servir à guider mes recherches.Et d\u2019autre part, lorsqu\u2019on traite un patient et que l\u2019on réussit à le faire aller mieux, c\u2019est très gratifiant sur le plan humain.» D\u2019ailleurs, sa dernière recherche, parue en 2014, est une recherche à la base d\u2019abord clinique.«En psychiatrie, lorsque vous traitez un patient, vous essayez un traitement en premier.S\u2019il ne fonctionne pas, alors vous en essayez un autre et un autre jusqu\u2019au moment où l\u2019on trouve le traitement qui fonctionne pour ce patient.Cet ajustement du traitement peut être long et pénible pour le patient.Il serait donc intéressant de trouver une façon de déterminer dès le départ quel traitement est le bon.» Cette dernière recherche porte sur une classe de molécules, soit les mi- croARN.Un microARN est un court brin d\u2019ARN qui sert de régulateur post-transcription- nel et qui a la capacité d\u2019inhiber l\u2019expression d\u2019un gène.Cette recherche a permis d\u2019identifier un microARN qui semble jouer un rôle dans la réponse d\u2019un patient à la prise d\u2019antidépresseurs.«Si notre hypothèse fonctionne, ce microARN pourrait nous permettre de développer un biomarqueur qui servirait à déterminer le bon traitement pour le bon patient.Mais nous sommes encore loin d\u2019en être là.» Cette attitude de prudence et de modestie caractérise l\u2019approche scientifique de Gustavo Turecki.«Mes recherches proposent des pistes vers une meilleure compréhension des mécanismes psychiatriques associés au suicide.Mais, nous sommes encore au début.Pour avoir des réponses définitives, il y a devant nous encore plusieurs années de recherche.» PRIX LÉO-PARISEAU \u2014 SCIENCES BIOLOGIQUES ET SCIENCES DE LA SANTÉ De la recherche pour comprendre le suicide GETTY IMAGES La première étude, parue en 2006, qui a établi la réputation de chercheur de Gustavo Turecki, porte sur les polyamines.Les polyamines sont des composés organiques présents naturellement chez l\u2019humain, mais que l\u2019on ingère aussi par l\u2019alimentation.Les polyamines jouent souvent un rôle de régulateur.«Notre étude a démontré que les polyamines jouaient un rôle dans la gestion du stress chez l\u2019humain.Notre hypothèse est qu\u2019une dysfonction du système polyaminique concernant la gestion du stress est reliée au suicide.» SOURCE ACFAS Le psychiatre et chercheur Gustavo Turecki SCIENCES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 O C T O B R E 2 0 1 6 H 7 M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale L ucie Lamarche, profes- seure au Département des sciences juridiques de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM), a toujours utilisé le droit afin de transformer la société.Elle s\u2019est notamment battue bec et ongles pour défendre les droits des femmes victimes de violence et des plus démunis.Son engage- m e n t l \u2019 a m ê m e a m e n é e jusqu\u2019aux Nations unies pour étayer que la pauvreté est une violation des droits de la personne.Pour souligner l\u2019excellence et le rayonnement de son travail, qui a contribué à améliorer la qualité de la vie en société, l\u2019Acfas lui remet le prix Pierre-Dansereau.«En 1979, alors que les avocates ne pouvaient même pas porter de pantalon sous la toge, ce n\u2019était pas évident de plaider devant un juge les causes de violence conjugale, de l\u2019amener à croire les femmes et à bien évaluer les risques pour les enfants», se souvient Lucie Lamarche, qui a travaillé à l\u2019ouverture de la première maison d\u2019hébergement francophone pour les femmes victimes de violence.Elle donnait aussi des formations aux policiers pour les amener à traiter de la même façon la femme victime de violence dans sa cuisine que le gars qui s\u2019est fait casser la figure dans un bar.«Tout n\u2019est pas parfait, mais l e s c h o s e s o n t b e a u c o u p évolué», se réjouit-elle.Fille du Sud-Ouest de Montréal, c\u2019est dans ce quartier ouvrier qu\u2019elle a fait ses débuts comme avocate dans le milieu communautaire aux débuts de l\u2019aide juridique.C\u2019est ce milieu qui l\u2019a forgée.« Je travaillais avec des gens extraordinaires et nous faisions de l\u2019aide juridique engagée, ra- conte-t-elle.C\u2019était l\u2019époque où tout le mouvement communautaire se construisait avec plusieurs revendications.Nous faisions moins de volume, mais nous prenions le temps de construire des causes qui pouvaient avoir un ef fet positif sur la population.» Alors qu\u2019à Pointe-Saint- Charles on retrouvait encore plusieurs logements où le linoléum était posé directement sur la terre battue \u2014 « ça gelait l \u2019hiver ! » \u2014, Lucie La- marche s\u2019est beaucoup engagée pour défendre le droit au logement décent.«On voyait des gens dans des situations de grande vulnérabilité, mais il y avait une importante mobilisation pour revendiquer les droits sociaux », se souvient-elle.Le passage à l\u2019université Son arrivée comme chargée de cours à l\u2019UQAM au début des années 1980, qu\u2019elle doit au professeur maintenant retraité Georges LeBel, n\u2019était pas dans son écran radar.Mais elle a tout de suite adoré le contact avec les étudiants.Elle continuait à travailler à l\u2019aide juridique en même temps.Puis, Lucie Lamarche, dont la mère n\u2019avait cessé de répéter que jamais elle ne dépendrait d\u2019un homme, a ouvert le premier bureau d\u2019avocates féministes au Québec avec deux collègues.Après quelques années, elle a finalement décidé de faire le deuil de sa pratique du droit pour s\u2019investir pleinement à l\u2019UQAM à la fin des années 1980.C\u2019est ce qui l\u2019a initiée tranquillement à tout le volet international du droit.La mondialisation bénéfique « Au début des années 1990, on a commencé à parler du droit des femmes et des droits sociaux sans considérer les droits locaux et internationaux comme deux planètes distinctes », explique celle qui est entrée à la Société royale du Canada en 2014.Elle a participé à plusieurs grands événements internationaux.Elle a notamment accompagné le mouvement féministe québécois à la Conférence mondiale des femmes de Beijing de l\u2019Organisation des Nations unies (ONU), en 1995.« C\u2019était la première fois que l\u2019ONU accueillait des organisations non gouvernementales [ONG] à une conférence, ra- conte-t-elle.La présence de ces milliers de femmes avait été spectaculaire.En droit social, la mondialisation a été très positive puisqu\u2019elle a permis une circulation des idées.Le mouvement des femmes au Québec a vu l\u2019intérêt d\u2019utiliser le regard des instances internationales comme l\u2019ONU sur les politiques québécoises.» Elle a fait la même chose avec la Ligue des droits et libertés en 1998 devant un comité de l\u2019ONU responsable du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.« Je me souviens que François Saillant du Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain [FRAPRU] est revenu au Québec en répétant que l\u2019ONU considérait que le gouvernement ne respectait pas ses engagements en matière de droit au logement, raconte-t-elle.Maintenant, on intègre le droit international au travail local, mais à ce moment-là, c\u2019était nouveau.Le gouvernement du Québec considérait que les traités internationaux sur les droits de la personne concernaient seulement les pays pauvres ! » La professeure et chercheuse a ainsi accompagné la société québécoise dans cet arrimage entre les luttes locales et les aspirat ions mondiales.Elle a aussi été membre du Groupe d\u2019accompagnement de la Rappor teuse spéciale des Nations unies sur le thème de l\u2019extrême pauvreté et des droits de la personne pendant plusieurs années.« À l\u2019issue de nos travaux, l\u2019ONU a déclaré que la pauvreté était une violation des droits, indique-t-elle.Et on a examiné particulièrement la situation des femmes, parce qu\u2019elles sont plus vulnérables à l\u2019extrême pauvreté.» Retour aux sources Après avoir accepté le défi de l\u2019Université d\u2019Ottawa de réorganiser le Centre de recherche et d\u2019enseignement sur les droits de la personne, le plus vieux centre de recherche en droits de la personne au Canada, Lucie Lamarche est revenue à l\u2019UQAM il y a trois ans.Très loin d\u2019envisager la retraite, elle est en train de se repositionner pour ses prochains travaux de recherche.« Le droit social a changé et le Québec vit des années fertiles avec les revendications pour une hausse du salaire minimum et pour un revenu minimum garanti, constate-t-elle.Il y a des problèmes d\u2019accès à la justice.Je suis en train de faire l\u2019état des lieux.» Chose certaine, elle prend t o u j o u r s a u t a n t p l a i s i r à enseigner.«L\u2019université, on l\u2019oublie souvent, mais elle existe par et pour les étudiants, dit-elle.Il y a eu de dures compressions budgétaires, l\u2019UQAM a pratiquement traversé le désert.Or, c\u2019est de la cité des étudiants dont il est question.C\u2019est très important de s\u2019en souvenir, parce que ce sont eux qui feront évoluer la société de demain.» PRIX PIERRE-DANSEREAU \u2014 ENGAGEMENT SOCIAL DU CHERCHEUR Une juriste au service des femmes et des plus démunis SOURCE ACFAS Lucie Lamarche, professeure au Département des sciences juridiques de l\u2019UQAM SCIENCES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 O C T O B R E 2 0 1 6 H 8 Les recherches de Diane Poulin-Dubois sur le développement cognitif des enfants en bas âge ne cessent d\u2019étonner.Entretien avec la volubile chercheuse passionnée par les débats scientifiques.E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale D iane Poulin-Dubois reçoit cette année le prix Thérèse-Gouin-Décarie, du nom de son ancienne professeure à l\u2019Université de Montréal, avec qui elle parle encore fréquemment.« Mme Gouin-Décarie m\u2019a beaucoup influencée et impressionnée», dit-elle, assise dans son bureau au Département de psychologie de l\u2019université Concordia.Mme Poulin-Dubois raconte avec amusement avoir insisté auprès de Mme Gouin-Décarie pour qu\u2019elle lui donne un emploi d\u2019été dans son laboratoire.Elle avait ainsi joué le rôle de mère de substitution pour des chimpanzés dans le cadre d\u2019une recherche sur la vocalisation des bébés primates isolés de leurs parents.« J\u2019ai eu la piqûre pour la psychologie comparative, dit-elle.Dans mon métier, quand on étudie des bébés avant qu\u2019ils parlent, on doit créer des épreuves qui sont similaires à celles de nos collègues en primatologie.» Mme Poulin-Dubois est devenue depuis une référence dans le domaine du développement cognitif chez les enfants en bas âge.Ses travaux sur les bénéfices du bilinguisme ont particulièrement fait grand br uit.Si cer taines études d\u2019autres chercheurs comparant les enfants bilingues et unilingues sont actuellement contestées en raison de la difficulté de reproduire les résultats, les travaux de Mme Poulin- Dubois réalisés avec la doctorante Cristina Cri- vello sont récemment arrivés à des conclusions convaincantes en comparant des enfants, âgés de 22 à 28 mois, issus de familles bilingues, mais dont les capacités dans les deux langues variaient.Plus les enfants comprenaient de doublons \u2014 soit deux mots de langues dif fé- rentes pour désigner une même chose \u2014, mieux ils réussissaient des épreuves avec des interférences dans la même lignée de celles du test de Stroop, chez les adultes, à travers lequel on demande de nommer la couleur du mot «rouge » alors que celui-ci est écrit avec une encre bleue.Cette expérimentation est partie de l\u2019hypothèse que les personnes bilingues doivent constamment se contrôler pour parler seulement une langue.« Je vous parle en français, mais j\u2019inhibe l\u2019anglais », explique la profes- seure, qui discutait avec l\u2019une de ses étudiantes dans la langue de Shakespeare tout juste avant l\u2019entrevue pour cet ar ticle.« Cette espèce de danse de l\u2019inhibition d\u2019une langue par rapport à l\u2019autre, ça nous apporte des bénéfices cognitifs.» Comme l\u2019étude s\u2019est étalée sur sept mois avec les mêmes sujets, elle permet d\u2019observer «que l\u2019augmentation de doublons a prédit les fonctions cognitives », plus par ticulièrement en ce qui concerne l\u2019attention sélective permettant à un enfant de poursuivre un but tout en faisant abstraction des distractions.« Ce n\u2019est pas rien, lâche la chercheuse, car il peut y avoir des bénéfices à l\u2019école à être capable de se concentrer sur une tâche plutôt qu\u2019une autre.» Juger la compétence Mais parmi ses études char nières, elle évoque d\u2019entrée de jeu les travaux réalisés avec la doctorante Sabrina Chiarella, pour lesquels le premier article scientifique a été publié en 2008 dans la revue Developmental Science.Ces derniers ont permis de démontrer qu\u2019un nourrisson juge, dès l\u2019âge de 14 mois, la compétence et la crédibilité des autres selon ce qu\u2019ils disent et expriment comme émotion.« Dans notre carrière, c\u2019est rare qu\u2019on puisse dire qu\u2019on était les premiers à montrer quelque chose », dit-elle au sujet de cette recherche.Lors de l\u2019expérience, un adulte s\u2019exclamait « wow ! » à plusieurs reprises en ouvrant une boîte devant les bébés.Ceux du groupe expérimental découvraient ensuite un contenant vide.« Après, l\u2019enfant est moins susceptible de suivre le regard de cette personne dans un autre contexte.Il ne va pas lui faire confiance », indique Mme Poulin-Dubois.En effet, lorsque le même adulte manifestait une exclamation en regardant derrière un panneau, les enfants qui avaient vu une boîte vide dans le premier exercice s\u2019avéraient beaucoup moins enclins à se déplacer pour voir ce qu\u2019il y avait derrière.« En quelques minutes, ils détectent qu\u2019une personne est fiable d\u2019un point de vue émotionnel ou verbal et généralisent ensuite à d\u2019autres contextes.» Les expériences ont aussi permis d\u2019observer que les enfants de 18 mois accordent moins de crédibilité à une personne qui manifeste une émotion contradictoire.Des saynètes ont été présentées devant les enfants, dans lesquels une adulte demandait avec des signes un objet pour compléter une action.Lorsque l\u2019objet lui était donné, l\u2019actrice souriait devant un groupe et af fichait une mine triste devant un autre.Quand cette adulte leur montrait ensuite une technique pour concrétiser une action, comme allumer une lampe de manière irrationnelle avec sa tête, la plupart des jeunes qui avaient vu une réaction incohérente de tristesse n\u2019imitaient pas les gestes et réalisaient la tâche à leur façon.« Quand c\u2019était un modèle \u201cnon fiable\u201d cinq ou dix minutes auparavant, les enfants choisissaient en fonction de leur évaluation de la situation.Quand c\u2019était un modèle crédible, ils avaient tendance à imiter.» Une passionnée des débats scientifiques Ces résultats soulèvent une question avec bien des implications théoriques : est-ce que les bébés humains font le choix d\u2019apprendre d\u2019une personne compétente ?Une réponse af firma- tive pointe « vers des mécanismes cognitifs uniques à l\u2019espèce humaine, comme la théorie de l\u2019esprit », selon laquelle on attribue des états mentaux, des intentions, des croyances et des désirs aux autres.Une réponse négative interprète plutôt les réactions des bébés comme des mécanismes d\u2019apprentissage associatif primitifs similaires à ceux observés chez des chimpanzés, voire des rats.Mme Poulin-Dubois montre sur son ordinateur, tout en parlant sur un ton joyeux, sans rancune ni animosité, les dif férentes répliques qu\u2019elle a échangées à ce sujet avec la chercheuse Cecilia Heyes, de l\u2019Université d\u2019Oxford, et qui ont été publiées dans la revue scientifique Developmental Science.«Actuellement, on est dans un débat.Et ce qui est merveilleux et tellement agréable en science, ce sont les débats », lance-t-elle avec énergie et passion au cours de l\u2019entretien, avant de se dire à haute voix que c\u2019était peut-être ce qui l\u2019avait attirée vers cette carrière scientifique.PRIX THÉRÈSE-GOUIN-DÉCARIE \u2014 SCIENCES SOCIALES Une référence dans le domaine du développement cognitif SOURCE ACFAS «Ce qui est merveilleux et tellement agréable en science, ce sont les débats», lance Diane Poulin-Dubois.L\u2019Association francophone pour le savoir (Acfas) salue l\u2019excellence de la recherche québécoise.McGill est ?ère de souligner le travail du professeur GUSTAVO TURECKI, du Département de psychiatrie et de l\u2019Institut universitaire en santé mentale Douglas.Le Dr Turecki a reçu le prestigieux prix Léo-Pariseau pour ses études sur les racines du suicide.A?n de comprendre pourquoi certaines personnes se suicident, il étudie les traits de personnalité et les particularités neurobiologiques des personnes qui sou?rent de dépression majeure.Félicitations également à notre autre lauréat du Gala de l\u2019Acfas de 2016, ÉMILIE PECO, associée de recherche à l\u2019Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill.Sa photo d\u2019astrocytes délicatement enroulés autour des voies neuronales d\u2019une larve de drosophile lui a valu le prix du concours La preuve par l\u2019image 2016.«J\u2019ai eu la piqûre pour la psychologie comparative.Dans mon métier, quand on étudie des bébés avant qu\u2019ils parlent, on doit créer des épreuves qui sont similaires à celles de nos collègues en primatologie.» SCIENCES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 O C T O B R E 2 0 1 6 H 9 www.uquebec.ca \u2022 Université du Québec à Montréal \u2022 Université du Québec à Trois-Rivières \u2022 Université du Québec à Chicoutimi \u2022 Université du Québec à Rimouski \u2022 Université du Québec en Outaouais \u2022 Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue \u2022 nstitut national de la recherche scienti ue \u2022 cole nationale d administration ubli ue \u2022 École de technologie supérieure \u2022 Télé-université Les établissements de l\u2019Université du Québec s nt ers de s uli ner la c ntributi n scienti ue des c erc eur e s et des étudiant e s ui se s nt distin ué e s l rs du e Gala de l\u2019Acfas et du Lunch de la relève en recherche.GALA DE L\u2019ACFAS Anne-Marie Di Sciullo Prix André-Laurendeau ro esseure au Département de linguisti ue Université du Québec à Montréal Lucie Lamarche Prix Pierre-Dansereau ro esseure au Département des sciences uridi ues Université du Québec à Montréal LUNCH DE LA RELÈVE EN RECHERCHE Alexandra Lecours Prix Acfas \u2013 IRSST Doctorante en sciences biomédicales Université du Québec à Trois-RivièresIO Maude Josée Blondin Prix Acfas \u2013 Ressources naturelles Doctorante en génie électri ue Université du Québec à Trois-Rivières Isabelle Mayer-Jouanjean Concours de vulgarisation de la recherche Chercheure postdoctorale à la Chaire de relations publi ues et communication marketing Université du Québec à Montréal et Ouranos Julie Reinling Concours de vulgarisation de la recherche Étudiante à la maîtrise en biologie Université du Québec à Montréal Donald Gagné Prix ADÉSAQ \u2013 Sciences de la santé Docteur en biologie Institut national de la recherche scienti ue Institut Armand-Frappier aux lauréates et lauréats de l\u2019Université du Québec Félicitations PRIX MICHEL-JURDANT \u2014 SCIENCES DE L\u2019ENVIRONNEMENT Une passionnée de la biologie végétale R É G I N A L D H A R V E Y Collaboration spéciale A nne Bruneau occupe les fonctions de professeur au Département de sciences biologiques de l\u2019Université de Montréal (UdeM) depuis 1995.À titre de chercheuse, elle est aussi à la tête de l\u2019Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) depuis 2010 et elle est devenue directrice scientifique du Centre sur la biodiver- sité, inauguré en 2011.Avant d\u2019en arriver là, elle a obtenu un baccalauréat en biologie de McGill, une maîtrise de l\u2019Université du Connecticut en 1986, un doctorat de Cornell en 1993 et un postdoctorat de l\u2019université Reading, en Angleterre, par la suite.Toute jeune, elle se souvient et raconte qu\u2019elle avait « des tantes avec lesquelles [elle] se promenai[t] dans le bois en cueillant des plantes et des champignons et en ramassant des petits fruits.L\u2019intérêt pour les plantes a certainement commencé à ce moment-là».Et la voilà rendue à l\u2019université McGill pour son baccalauréat en bio, où elle croise le professeur Martin Lechowicz, lui-même lauréat du prix de l\u2019Acfas en 2006 : «J\u2019ai beaucoup aimé travailler sur le terrain avec lui et ses équipes.» Elle fait aussi la rencontre déterminante de l\u2019épouse de ce professeur, qui enseigne au même endroit : Marcia Water way.«Elle était taxonomiste [spécialiste de la classification] et son travail a particulièrement retenu mon attention ; c\u2019est pourquoi j\u2019ai poursuivi dans ce domaine au Connecticut avec une personne pour laquelle j\u2019ai toujours eu beaucoup de respect, Gregory Anderson.» Sa carrière de recherche en systématique débute à ce moment-là.Par la suite, à Cornell, où elle fait son doctorat, elle se tourne vers les légumineuses, sur lesquelles elle se penchera tout au long de sa carrière : «Là-bas, j\u2019ai poussé l\u2019idée d\u2019utiliser des outils génétiques pour bien comprendre leur évolution.» Elle profite d\u2019une bourse pour stimuler les carrières en systématique et taxonomie pour terminer un postdoctorat à Reading, en Angleterre, ce qui marquera la fin de son parcours universitaire, durant lequel elle s\u2019intéresse encore plus à fond aux légumineuses.Dans le feu de l\u2019action Anne Bruneau amorce sa carrière il y a une vingtaine d\u2019années à l\u2019UdeM et son champ d\u2019intérêt demeure centré sur cette catégorie de plantes : « Ces légumineuses sont la troisième plus importante famille de plantes à feuilles en termes de nombres et d\u2019espèces et, sur le plan écologique, elles forment encore là une famille d\u2019importance majeure : on retrouve ces espèces à travers tous les biomes partout dans le monde.» Elles possèdent la propriété «de fixer l\u2019azote et sont donc intéressantes pour l\u2019environnement.» Elle les dépeint plus en détail : « De plus, c\u2019est une famille qui fait preuve d\u2019une adaptation spectaculaire sur le plan de la morphologie florale ; tout a été essayé de leur côté.» Il y a chez ces plantes des lignées qui sont hautement spécialisées, comme celles des haricots et des petits pois, mais son équipe et elle se tournent plutôt vers les premières lignées «qui sont beaucoup plus diversifiées en matière d\u2019évolution florale » : « On se penche sur celles-ci pour tenter de comprendre les grands patrons évolutifs du groupe.» Et qu\u2019en est-il des résultats obtenus?«La famille était sous- divisée en trois sous-familles.L\u2019an dernier, alors que j\u2019étais en sabbatique, on est arrivé, en collaboration avec des chercheurs à travers le monde, à proposer une nouvelle classification pour les légumineuses qui reflète très bien l\u2019histoire et les lignées naturelles évolutives ; chacune a un ancêtre commun et unique.» Il en découle «qu\u2019on propose donc six sous-familles plutôt que trois, ce qui est majeur parce que les sous-familles sont des groupes qui sont utilisés par les écologistes, par les gens en horticulture et en environnement ; les herbiers sont classifiés en utilisant ces groupes ».Un tel projet de recherche revêt une grande impor tance pour la chercheuse.La « leader tranquille et efficace» Anne Bruneau, une fois devenue directrice de l\u2019Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) en 1995, s\u2019inspire d\u2019une expérience vécue en Angleterre pour concocter un projet de Centre sur la biodi- versité : « J\u2019ai passé pas mal de temps au jardin botanique de Kew [Kew Royal Botanic Gardens], où ils possèdent un laboratoire de biologie moléculaire muni de grandes fenêtres qui donnent sur un jardin.» Les chercheurs de l\u2019IRVB travaillent pour leur part dans l\u2019édifice datant de l\u2019époque du frère Marie-Victorin, qui est situé au Jardin botanique ; elle déplore que l\u2019herbier dont ils se ser vent soit logé au sous- sol de ce bâtiment : « C\u2019était pour moi un non-sens d\u2019avoir une collection qui échappait à la vue de tout le monde.Je me suis dit qu\u2019on était au Jardin botanique de Montréal, un des plus importants au monde ; en même temps, j\u2019avais l\u2019impression que les gens ne savaient pas qu\u2019on faisait de la recherche ici et que, au troisième étage de ce magnifique édifice- là, il y avait une équipe de chercheurs : il faut s\u2019en vanter et en parler au grand jour.» Après des années de travail et de nombreuses démarches pour faire évoluer le dossier, son idée de centre fait son chemin et, grâce à un financement de près de 25 millions de dollars, le Centre sur la biodiver- sité de l\u2019Université de Montréal voit finalement le jour en mars 2011 : elle en devient la directrice scientifique : « On a obtenu la collaboration entière des gens du Jardin parce que la construction avait lieu à cet endroit.On a travaillé tous ensemble à ce projet.Ce fut épuisant, mais à la fois un beau défi intéressant.» Un réseau pancanadien Impossible de passer sous silence une autre des réalisations majeures d\u2019Anne Bru- neau: la plate-forme «Canaden- sys », qui met en réseau des collections de sciences naturelles (plantes, insectes et champignons) des universités canadiennes.Chercheurs et exper ts disposent là d\u2019une mine d \u2019 in for m at ions pré - cieuses : «L\u2019idée, d\u2019une certaine manière, c\u2019était d\u2019ouvrir ces collections à tout le monde.» Elle se réjouit de constater que « le réseau a pris forme avec une dizaine d\u2019universités et qu\u2019il y en a maintenant une vingtaine qui sont impliquées.» Anne Bruneau consacre largement son existence professionnelle aux légumineuses : elle se passionne pour la systématique végétale qui sert, au bout du compte, à la classification de ces plantes.Directrice de l\u2019Institut de recherche en biologie végétale, elle participe par l\u2019ensemble de ses travaux, en ces temps de planète fragilisée, à la préservation de la biodi- versité.Le prix Michel-Jurdant 2016 lui est attribué.SENG HOK NGO Anne Bruneau, professeure au Département de sciences biologiques de l\u2019Université de Montréal Le prix Urgel-Archambault, soulignant les travaux en sciences physiques, mathématiques, informatique ou génie a été décerné à Gilber t Laporte, prolifique sommité mondiale de la recherche opérationnelle.A R N A U D S T O P A Collaboration spéciale L orsque l\u2019on rentre dans le bureau de Gilbert Laporte, on est surpris d\u2019une part par la pénombre clairement perturbée par une lumière tamisée, mais surtout par la forte odeur de poussière de brique et de ciment, accompagnée par des discussions inaudibles d\u2019ouvriers.Le pavillon André-Ai- senstadt de l\u2019Université de Montréal est en travaux.Le chercheur à la barbe grisonnante ne se laisse pourtant pas abattre.«Ce n\u2019est pas si terrible comparativement aux bruits des perceuses.Ils devraient avoir fini avant l\u2019hiver.Je suis un optimiste optimisateur.» Car tel est le « travail » de ce professeur de HEC Montréal et titulaire de la chaire de recherche du Canada en distri- butique : concevoir des algorithmes, ces méthodes pour r é s o u d r e d e s p r o b l è m e s concrets de façon intelligente à l\u2019aide d\u2019équations.« J\u2019ai commencé à aimer les mathématiques au secondaire, se sou- vient-il.J\u2019ai alors fait un baccalauréat en mathématiques à McGill et c\u2019est là que j\u2019ai compris que les mathématiques, c\u2019était assez abstrait.Je ne voulais pas faire ça toute ma vie : les mathématiciens purs inventent des choses et des théorèmes.Moi, je voulais faire des choses plus appliquées.Je savais un peu ce qu\u2019était la recherche opérationnelle, j\u2019ai donc regardé les offres des universités dans le monde, et je suis allé faire une maîtrise à Lancaster, en Angleterre.» Il finira sa formation à la réputée London School of Economics avant de revenir à Montréal en 1976.« J\u2019ai toujours fait de la recherche opérationnelle, j \u2019adore ça, parce qu\u2019on peut tout faire ! explique- t-il avec le sourire.Tous les processus dans l\u2019univers peuvent être optimisés.» Pour tant, ses travaux ont principalement porté sur les transpor ts, au sein d\u2019une branche particulière : la distri- butique.L\u2019objectif est de créer des méthodes pour améliorer les processus dans les livraisons de biens à des clients, en s\u2019intéressant aux trajets des camions, de la localisation des entrepôts jusqu\u2019aux horaires des chauffeurs tout en prenant en compte les incertitudes.« Je deviens vert en vieillissant, car je travaille en ce moment sur les problèmes environnementaux des transports, comme la consommation d\u2019essence.Par exemple, l\u2019utilisation d\u2019un véhicule électrique par rapport aux véhicules standards, ça fait économiser quoi, en matière d\u2019essence, d\u2019impact sur les tournées de livraisons?Ça pollue moins, c \u2019 e s t m o i n s b r u y a n t , ç a consomme par contre de l\u2019électricité.Mais ça, on en a beaucoup.Par contre, il y a aussi des désavantages : ça ne peut pas porter la même charge que les voitures à moteur thermique, ça requiert des rechargements plus fréquents.» Bien que ses travaux portent sur des cas spécifiques, le chercheur maintient sa liberté de recherche par rapport aux entreprises qui pourraient utiliser ses travaux.« Je ne cherche pas les clients, dit-il avec expérience.Mes travaux sont repris par les entreprises au travers de mes étudiants qui ne choisissent pas la voie universitaire.» Déjà en 1999, Gilber t La- porte faisait partie des lauréats des prix de l\u2019Acfas.En lui remettant le prix Jacques-Rous- seau, l\u2019association voulait souligner l\u2019appor t impor tant du chercheur à son domaine.La bibliographie du prolifique auteur, de 30 pages, recense 19 livres et 546 articles signés ou cosignés.Selon l\u2019outil Google Scholar, qui référence les articles et travaux universitaires, il fait partie des chercheurs les plus cités dans le monde dans la recherche opérationnelle.Comme expert à la renommée internationale, il reçoit toujours et encore des offres d\u2019autres universités de par le monde.Pourtant, en 41 ans de carrière, il a toujours été fidèle à ce qui s\u2019appelait l\u2019École des hautes études commerciales.Un fait rare de nos jours, où la mobilité des têtes pensantes est perçue comme modèle de vertu.« Je voyage quand même beaucoup.Je suis professeur associé dans plusieurs universités.Je suis très connecté, mais je n\u2019ai jamais pensé à changer d\u2019université de manière permanente, en grande partie parce qu\u2019à Montréal, en transports et dans mon domaine, je suis déjà dans le meilleur endroit au monde.Je ne connais aucun autre endroit où on a atteint un tel niveau d\u2019excellence, même en se comparant à Georgia Tech ou au MIT.» Il est étonnant d\u2019entendre dire que Montréal est le centre d\u2019excellence de l\u2019optimisation des transports, au regard de la réputation que la métropole traîne.Un constat qui provient du processus de décision politique, selon le maître de l\u2019optimisation « Au Québec, on n\u2019a pas de respect dans notre société pour la science et le savoir.On fait plus confiance à des politiciens qui prennent des décisions au pif qu\u2019à des exper ts.Par exemple, le train de la Caisse de dépôt est basé en grande partie sur des considérations numériques : on regarde d\u2019où les gens partent et où ils vont chaque matin, les ef fets sur la congestion, etc.Puis les mairies interviennent : le maire de Mirabel veut un train dans son coin pour développer sa région ; la mairesse de Longueuil préfère un métro parce que Laval a trois stations et qu\u2019elle en veut donc trois.» Nul n\u2019est prophète dans son pays.PRIX URGEL-ARCHAMBAULT \u2014 SCIENCES PHYSIQUES, MATHÉMATIQUES, INFORMATIQUE ET GÉNIE Améliorer la distribution de biens Métro et carte électorale Il n\u2019y a pas que la distributivité qui intéresse Gilbert Laporte.À la liste de ses réalisations, nous pouvons ajouter la conception du tracé de la ligne 2 du métro de Séville.Son rôle portait sur l\u2019emplacement des bouches d\u2019entrée pour les garder proches des monuments historiques sans engendrer de coûts faramineux.Le professeur de HEC s\u2019est aussi penché sur une carte électorale.La ville d\u2019Edmonton, en Alberta, cherchait à modifier ses districts.« Il fallait passer de 6 à 12 circonscriptions tout en respectant des paramètres, comme le nombre de personnes, la contiguïté ou la forme compacte, pour éviter le favoritisme politique.» Le développement de l\u2019algorithme, transposable à tout territoire, permet ainsi d\u2019obtenir un résultat neutre des (en)jeux politiques en une semaine là où un humain mettrait des mois.SOURCE ACFAS Gilbert Laporte, professeur de HEC Montréal et titulaire de la chaire de recherche du Canada en distributique SCIENCES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 2 E T D I M A N C H E 2 3 O C T O B R E 2 0 1 6 H 10 S T É P H A N E G A G N É Collaboration spéciale C ette année, trois étu- diantes-chercheuses ont reçu le Prix de la relève de l\u2019Association francophone pour le savoir (Acfas).Voici une présentation des lauréates et de leurs recherches.Assainir l\u2019air des centres de traitement des eaux Dans les centres de traitement des eaux usées (CTEU), confinés dans des bâtiments fermés, l\u2019air n\u2019est pas toujours de bonne qualité.C\u2019est que les étapes de traitement de ces eaux génèrent des bioaérosols.Ces particules, chargées de virus et de bactéries potentiellement pathogènes, affectent la qualité de l\u2019air et posent un risque pour la santé des travailleurs.L\u2019étudiante à la maîtrise à l\u2019université Laval, Vanessa Dion-Dupont, s\u2019est intéressée au phénomène et a entrepris une recherche visant à évaluer le risque bactérien que présentent ces bioaérosols.Pour cette recherche, elle a remporté le prix Acfas IRSST Maîtrise.«L\u2019exposition à ces bioaérosols entraîne des problèmes respiratoires tels que l\u2019asthme et la pneumonie et des troubles gastro- entériques », dit Mme Dion-Du- pont, qui a développé une expertise en microbiologie en étudiant dans ce domaine et en travaillant au Centre de recherche de l\u2019Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (CRIUCPQ).Dans la présentation de sa recherche, Mme Dion-Dupont mentionne notamment qu\u2019une exposition prolongée à ces substances peut mener au développement de maladies du travail et que les connaissances relatives à la composition de ces bioaérosols, au niveau d\u2019exposition des travailleurs et aux problèmes de santé associés au milieu de travail des CTEU sont incomplètes.Ces lacunes nuisent à la mise en vigueur de seuils d\u2019exposition et à l\u2019adoption de mesures de prévention pour la santé des travailleurs.Le projet de recherche de Mme Dion-Dupont, échelonné sur quatre ans, vise donc à combler ces lacunes en procédant notamment à la caractérisation bactériologique de l\u2019air dans ces installations.La première par tie de cette recherche a consisté à prélever des échantillons dans une dizaine d\u2019installations.«L\u2019échantillonnage et l\u2019analyse qui suivra seront améliorés grâce à une méthode issue de la biologie moléculaire », explique M m e D i o n - D u p o n t .L e deuxième volet de la recherche vise à déterminer le niveau d\u2019exposition des travailleurs aux bioaérosols.Enfin, la dernière étape du projet consiste à documenter les symptômes respiratoires et gastro-entériques ressentis par les travailleurs.Pour ce faire, ceux-ci sont invités à remplir un questionnaire mensuel, disponible en ligne, et à trouver une personne dans leur entourage qui agira comme sujet contrôle.« Les résultats de cette recherche seront très utiles pour les gestionnaires des CTEU qui pourront améliorer leurs stratégies de prévention et de gestion », assure celle qui effectuait pour la première fois ce type de recherche et poursuivra peut-être ses études au niveau du doctorat sur le même sujet.Développer un algorithme plus performant Maude-Josée Blondin, autre lauréate du Prix de la relève Acfas, étudie dans un domaine de très haute voltige scientifique.Cette mère monoparen- tale de trois enfants à plein temps (!) étudie au doctorat en génie électrique à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et travaille sur un projet de recherche qui devrait permettre d\u2019améliorer l\u2019efficacité des véhicules électriques, hybrides et ceux fonctionnant à l\u2019aide de piles à combustible à l\u2019hydrogène.Il y aurait aussi d\u2019autres applications en robotique et en milieu industriel.Derrière ces applications possibles, il y a cependant tout un travail qui se fait en amont.C\u2019est ce sur quoi planche Mme Blondin en développant des méthodes à base de méta- heuristique.Qu\u2019est-ce que la métaheuristique ?C\u2019est un algorithme qui vise la résolution de problèmes d\u2019optimisation dif ficiles pour lesquels on ne connaît pas de méthodes classiques plus ef ficaces.Pour par venir à ses fins, la doctorante compte recourir aux algorithmes « fourmis », appelés ainsi parce qu\u2019ils reproduisent les formes biologiques d\u2019intelligence en essaim telles que pratiquées par les insectes sociaux (comme les fourmis).Sur le plan de l\u2019ingénierie, ces algorithmes sont utiles pour prévoir et couvrir une multitude de situations qui peuvent survenir simultanément.Pour c e p r o j e t d e r e c h e r c h e , Mme Blondin est lauréate du prix Acfas Ressources naturelles 2016.Lauréate de nombreuses bourses d\u2019études en génie depuis 2007, Mme Blondin est bien placée pour remplir ce mandat puisqu\u2019elle a la réputation d\u2019exceller dans le développement d\u2019algorithmes.D\u2019ailleurs, afin de par faire ses connaissances et développer des contacts au niveau international, elle n\u2019a pas hésité à partir en 2015 faire un stage de six mois, avec ses trois enfants, en Espagne et un autre aux États-Unis, de septembre 2015 à juin 2016.Son but ultime est d\u2019obtenir un poste de professeur.Concrètement, comment sa recherche sur la métaheuris- tique se matérialisera-t-elle ?« Cela permettra d\u2019optimiser l\u2019énergie utilisée dans les véhicules propres , dit-elle.Par exemple, cela pourrait accroître la durée de vie et le rendement des batteries utilisées dans ces véhicules.Mais il y a un compromis à faire entre la durée de vie des batteries et leur temps d\u2019utilisation entre les recharges.Je travaille aussi là-dessus.» Sa recherche aura une utilité dans l\u2019amélioration de l\u2019efficacité énergétique de certains systèmes industriels et dans le domaine de la robotique.À l\u2019heure où le monde consomme l\u2019énergie de manière «boulimique» et où les gouvernements cherchent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, les travaux de Mme Blondin sont certes très pertinents.Réduire les risques de blessures au travail Toujours dans le domaine de la recherche appliquée, Alexandra Lecours, étudiante au doctorat en sciences biomédicales à l\u2019UQTR, réalise une recherche qui a pour but d\u2019intégrer une pédagogie axée sur la prévention dans les programmes de formation professionnelle (FP).Pour ce travail, elle a reçu le prix Acfas IRSST Doctorat 2016, remis par l\u2019Institut de recherche Rober t- Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST).Sa recherche sera très utile puisque les blessures au travail demeurent un problème de santé publique important et coûteux.Et cela, malgré l\u2019adoption il y a plus de trente- cinq ans de la Loi sur la santé et la sécurité du travail.En 2014, plus de 88 000 lésions ont été rapportées à la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) et plus de 400 millions ont été versés par l\u2019État pour indemniser les victimes.La recherche d\u2019Alexandra Lecours, aujourd\u2019hui achevée (elle rédige présentement sa thèse), a poursuivi trois objectifs.Dans un premier temps, elle a voulu savoir comment s\u2019ef fectuait le transfer t des compétences en prévention dans les programmes de FP ; ensuite, elle a implanté des formations individualisées dans chacun des programmes étudiés ; enfin, elle a documenté comment les compétences acquises en prévention ont été intégrées par les futurs travailleurs en formation ainsi qu\u2019à l\u2019entrée en emploi.Pour mettre en œuvre le premier objectif, Mme Lecours a choisi cinq programmes de FP différents « pour avoir une diversité dans la mise en œuvre des compétences en prévention », dit-elle.Il s\u2019agit des programmes FP en cuisine, en secrétariat, en coiffure, en réalisation d\u2019aménagements paysagers et en électromécanique des systèmes automatisés.Pour mettre en place le deuxième objectif (qui visait à développer un comportement préventif chez les élèves), Mme Lecours a créé des ateliers adaptés aux particularités de chacun des cinq programmes choisis et le contenu de ceux-ci a été validé par un comité de suivi composé d\u2019enseignants, de conseillers pédagogiques et d\u2019ergonomes.Pour réaliser le troisième objectif, Mme Lecours a utilisé des outils de mesure permettant de documenter la motivation à adopter des comportements préventifs ainsi que les actions prises pour y parvenir.Ces outils ont été administrés à trois reprises pour chacun des groupes, du début de la FP jusqu\u2019à l\u2019entrée en emploi.Des statistiques ont ensuite été produites afin d\u2019évaluer le changement sur la motivation et les compor tements entre les trois temps de mesure.Sa longue expérience clinique comme ergothérapeute (durant laquelle elle a travail lé en réadaptation des membres supérieurs) l\u2019a amenée à proposer ce projet de recherche.« Je souhaitais aller au-delà du curatif et apporter ma contribution pour éviter l\u2019apparition de blessures, dit-elle.Je poursuivrai d\u2019ailleurs ma recherche au niveau post-doctoral en m\u2019intéressant cette fois-ci au développement de compor tements préventifs lors de programmes de FP pour diminuer ensuite les problèmes de santé psychologique au travail.» Son travail aboutira à des applications concrètes.«Un portail Web sera créé dans lequel on trouvera des capsules vidéo sur les comportements préventifs en FP.On y trouvera aussi des exemples de modalités pédagogiques.» Mme Lecours donnera d\u2019ailleurs une conférence qui por tera sur les outils qu\u2019elle a développés dans le cadre de la 4e Journée pédagogique nationale en FP (prévue pour le 11 novembre).« Je veux montrer que mes outils peuvent être utilisés pour tous les types de formation professionnelle.» PRIX RELÈVE Des lauréates motivées SOURCE ACFAS Vanessa Dion-Dupont, étudiante à la maîtrise à l\u2019université Laval, à Québec SOURCE ACFAS Maude-José Blondin, étudiante au doctorat en génie électrique à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) SOURCE ACFAS Alexandra Lecours, étudiante au doctorat en sciences biomédicales à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) Les autres lauréats Prix du concours de vulgarisation de la recherche Parrainés par le Secrétariat à la politique linguistique du Québec Jean-Christophe Bérubé, Université Laval Caroline Dallaire-Théroux, Université Laval Isabelle Mayer-Jouanjean, Université du Québec à Montréal et Ouranos Julie Reinling, Université du Québec à Montréal Prix de thèse en cotutelle France/Québec Parrainés par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie et le Consulat général de France à Québec Vanessa Chenel, Université de Sherbrooke/École centrale de Lyon Elsa Guyot, Université Paul-Valéry de Montpellier/Université de Montréal Prix ADESAQ Parrainés par l\u2019Association des doyens des études supérieures au Québec et le Fonds de recherche du Québec Sciences naturelles et génie : Jonathan Gagné, Université de Montréal Sciences de la santé : Donald Gagné, INRS-Institut Armand-Frappier Sciences sociales et humaines, arts et lettres : Adolfo Agundez-Rodriguez, Université de Sherbrooke."]
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