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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-10-24, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I N o 2 4 1 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 4 O C T O B R E 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Société \u203a L\u2019étonnante histoire de la douleur, d\u2019hier à aujourd\u2019hui.Page A 5 Le Monde \u203a Mossoul et après.Une chronique de François Brousseau.Page B 1 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m M A R I E - M I C H È L E S I O U I E lle a pris la parole spontanément lors d\u2019une vigie en soutien aux victimes d\u2019agressions sexuelles organisée à l\u2019Université Laval, mercredi dernier.Le reste de l\u2019histoire d\u2019Alice Paquet s\u2019est déroulé dans la sphère publique : dans une lettre publiée ce lundi dans Le Devoir, la jeune femme de 21 ans dénonce les incursions dans sa vie privée, car elles occultent à son avis les enjeux les plus importants de la discussion sur les violences sexuelles.Avec son texte, intitulé « Elle a pas l\u2019air d\u2019une fille qui s\u2019est fait violer », Alice Paquet espère mettre fin à son passage médiatique, lancé après qu\u2019elle a formulé des allégations d\u2019agression sexuelle à l\u2019endroit du député Gerry Sklavounos.« J\u2019ai en effet perdu le contrôle sur l\u2019histoire, les faits et leur interprétation : alors que j\u2019avais été présentée d\u2019abord comme une fille confuse, puis comme une ex-prostituée, tout était mis en œuvre pour éroder la force et la crédibilité de ma parole, écrit-elle.Ce qui me choque, c\u2019est qu\u2019on ait fouillé dans ma vie privée pour y repérer des «C\u2019est ensemble que nous avancerons» Alice Paquet déplore que sa vie privée voile le débat sur la banalisation de la violence sexuelle envers les femmes A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T U n va-et-vient de poussettes et de ventres ronds bouscule le paysage habituel, coin Papineau et Ontario, en plein cœur du Centre-Sud, à Montréal.Entre un salon de tatouage, un bar, un restaurant chic et une boulangerie, la maison des naissances Jeanne- Mance, nouvellement inaugurée, a pignon sur la rue Ontario.C\u2019est un défi unique pour ses sages-femmes : elles souhaitent accompagner en priorité les mères qui, dans ce quar tier aussi mixte que défavorisé, vivent souvent en situation de vulnérabilité.Elles se sont donné pour objectif de faire grimper à 20 % la proportion de leurs patientes qui se trouvent dans cette condition.« C\u2019était impor tant de s\u2019installer au sud de Sherbrooke, près du transpor t en commun, confie la responsable des ser vices de sage- femme, Selvi Annoussamy.Les familles vulnérables ne vont pas monter la côte pour recevoir des services.» Pour la responsable du comité de parents, Magali Letarte, après une première surprise, c\u2019était une « victoire », cette adresse rue Ontario.Pas question de se retrancher sur une «chic rue avec de grands arbres », tranche-t-elle, CENTRE-SUD Naître rue Ontario\u2026 avec une sage-femme JACQUES NADEAU LE DEVOIR La sage-femme Selvi Annoussamy (au centre) pratique depuis 22 ans.La maison des naissances Jeanne-Mance assurera 320 suivis de grossesse par an.VOIR PAGE A 8 : NAÎTRE P H I L I P P E O R F A L I À un mois du XVIe Sommet de la Francophonie, Ottawa annonce ses couleurs : tant en matière d\u2019économie que de diplomatie et de développement, la conférence de Madagascar sera celle du « réengagement en francophonie internationale » du Canada, a af firmé la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, en entrevue au Devoir.Le sommet qui doit se tenir à Antananarivo, la capitale malgache, du 21 au 27 novembre revêt une grande importance pour Ottawa, soutient la ministre.Un an après l\u2019arrivée au pouvoir des libéraux, et à quelques mois du second anniversaire de l\u2019élection de Michaëlle Jean au poste de secrétaire générale de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l\u2019élue soutient que l\u2019approche du gouvernement Trudeau tranchera avec celle, plus ef facée, des conservateurs.«On a rencontré Mme Jean à plusieurs reprises dernièrement.[\u2026] Nous voulons jouer un rôle plus actif, plus politique au sein de l\u2019OIF, un rôle plus rassembleur qu\u2019avant.Nous entendons être très présents, sur le terrain.L\u2019OIF est un bon forum pour cela», a-t-elle dit.Plus concrètement, le gouvernement canadien fait preuve d\u2019un vif intérêt envers l\u2019Afrique franco- ENTREVUE AVEC LA MINISTRE MARIE-CLAUDE BIBEAU Le Canada vise un rôle actif dans la Francophonie internationale « JUNGLE » DE CALAIS L\u2019OPPOSITION AVANT L\u2019EXPULSION EMILIO MORENATTI ASSOCIATED PRESS La « Jungle» de Calais, immense campement de milliers de migrants dans le nord de la France, se préparait dimanche à son évacuation à partir de lundi.Ces préparatifs ne se sont pas faits sans heurts, alors que des affrontements ont opposé migrants et forces de l\u2019ordre en soirée.Page B 2 Projet Optilab Les dangers appréhendés de la centralisation Page A 2 VOIR PAGE A 8 : ENSEMBLE VOIR PAGE A 8 : FRANCOPHONIE Aménagement Penser la ville pour les piétons les plus vulnérables Page B 5 A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T U ne porte verrouillée marque la limite entre le grouillant hôpital pour enfants et le calme relatif de ses laboratoires.C\u2019est là que le Dr Christian Renaud accueille Le Devoir.Le microbiologiste-infec- tiologue résume son inquiétude en quelques mots.« On nous parle de réduire de 60% les effectifs des laboratoires.Mais on ne sait rien.» Une collègue à qui il a délégué sa garde du jour passe sa tête dans l\u2019embrasure de la porte du petit bureau.« Est-ce qu\u2019on a trouvé des champignons ?», demande-t- elle avec anxiété.Sur la liste de garde de plusieurs dizaines de patients, un enfant immuno- supprimé.Sa peau est attaquée par un microbe peu ordinaire qui se multiplie à la vitesse grand V.Cela pourrait le tuer, car son système immunitaire n\u2019a pas la force de frappe nécessaire pour combattre.Le coupable est apparu timidement sur une gélose pendant la nuit.Des leucémies, des lym- phomes, des greffes de moelle osseuse, de foie, de cœur, des cas de VIH, de grande prématurité, de tuberculose.Autant d\u2019enfants qui, ce jour-là, sont victimes d\u2019une infection à un des étages.« Ce n\u2019est pas des blagues quand on dit qu\u2019on soigne les enfants les plus malades du Québec », s\u2019indigne le Dr Renaud, qui semble encore incrédule de devoir défendre l\u2019importance cruciale des laboratoires pour un hôpital comme Sainte-Justine.Les principales craintes : que des échantillons se perdent ou se dégradent dans le transport, forçant la reprise de prélèvements souvent complexes ou douloureux.Les médecins dénoncent aussi les effets appréhendés sur le travail interdisciplinaire et l\u2019innovation s\u2019ils sont coupés de leurs laboratoires et que les équipes sont divisées entre le CHUM et Sainte-Justine.«C\u2019est tout le travail d\u2019équipe qui est en péril », selon le Dr Renaud.Des diagnostics critiques Premier arrêt en radiologie.Un adolescent qui vit avec une maladie auto-immune a fait plusieurs heures de voiture avec sa mère pour une biopsie du foie.Le tintement rapide du moniteur cardiaque trahit sa nervosité.C\u2019est douloureux.Son médecin retire un spécimen de la taille d\u2019un cheveu de quelques millimètres.«Il ne faut pas qu\u2019il sèche.Apportez ça au labo au plus vite», lance-t-elle.Traversée des laboratoires d\u2019immunologie, de virologie, de biologie moléculaire, de microbiologie.À leurs côtés, les technologues tiennent une liste de « leurs» patients.Elles connaissent leurs noms par cœur.Dès qu\u2019un résultat se confirme, elles saisissent le téléphone.L\u2019immunologue pédiatre Élie Haddad se tient à côté de l\u2019appareil qui a permis de mettre au point des tests pour diagnostiquer une panoplie de maladies rares : « On est dans le cas par cas, rien ici n\u2019est automatisé ni automatisable.» Que son laboratoire échappe ou non à Optilab, drame il y a, dit- il, car c\u2019est l\u2019interaction avec tous ses collègues qui a rendu possible la mise au point de nombreux tests uniques.En effet, 40 % des nouvelles analyses de laboratoires développées au Québec proviennent de Sainte-Justine.«Nous ne sommes pas des enfants gâtés ! Je n\u2019ai pas à m\u2019excuser d\u2019aimer mes patients», lance le Dr Haddad avec émotion.La Dr e Carine Nyalendo n\u2019est pas moins inquiète.Elle dirige le ser vice de biochimie, dont le laboratoire est la « ruche » centrale de Sainte- Justine.Là transitent des milliers d\u2019analyses sanguines.« Des tests qu\u2019on fait avec une goutte de sang, les hôpitaux pour adultes les font avec 5 ml », explique- t-elle, soucieuse du sort de ces précieux échantillons sur les routes de Montréal puis dans un laboratoire du CHUM.« Ils ne garderont pas nos échantillons pendant des jours comme nous pour pouvoir mener de nouvelles investigations », craint-elle.Et à qui ira la priorité, à quelle vi - tesse ?« On fait tout pour sortir les résultats en quelques heures », explique-t -elle.À l \u2019autre bout du processus, des parents, inquiets, attendent.Entre la routine des tests de glucose, le laboratoire est responsable d\u2019analyses délicates, comme l\u2019identification du virus Zika.Rapidité et spécificité L\u2019hémato-oncologue Yves Pastore termine une consultation.Il a admis un enfant aux soins intensifs.Leucémie.«Ça prend un pronostic rapide.On ne peut envoyer le tube sur la route et attendre deux jours ! », s\u2019exclame-t-il en parlant d\u2019Opti- lab.«On a fait entrer une technicienne d\u2019urgence la fin de semaine.Si c\u2019est un type particulier de leucémie, le traitement est totalement différent.» Selon lui, on peut perdre un enfant très rapidement tant certaines maladies sont fulgurantes.« La démarche de Québec est louable.Mais la réalité pédia- trique est si dif férente.Optilab nous pousserait à diminuer nos standards de soin.» Dans un ser vice voisin, la tournée nous mène à surprendre trois médecins penchés sur le cas d\u2019un patient atteint d\u2019une anomalie au cer veau.Le pathologiste Benjamin El- lezam, le neurochir urgien Claude Mercier, et le neuro- oncologue Sébastien Per- reault délibèrent.Est-ce cancéreux ?« Professionnellement, ce serait une catastrophe si on ne travaillait plus, physiquement, ensemble », constate le Dr Mercier.Les spécimens, il les apporte le plus souvent lui- même au Dr Ellezam, directement de la table d\u2019opération, où le reste de l\u2019inter vention dépend du résultat.Dans le bureau voisin, l\u2019énigme du petit patient im- munosupprimé atteint d\u2019une mystérieuse infection de la peau livre ses secrets.Sous le microscope de la pathologiste Natalie Patey, des colorations de la peau du patient révèlent qu\u2019un champignon agressif est en cause.« Tous les vaisseaux sont infectés ! », lance-t- elle au Dr Renaud.« On a commencé un traitement, on espère que ça va fonctionner\u2026 », répond ce dernier.La chef du ser vice de pathologie, la Dre Dorothée Dal Soglio, ne peut pas croire que des échantillons aussi cr u- ciaux seraient envoyés sur la route.« C\u2019est vrai que certaines analyses peuvent attendre.Mais pas celles d\u2019un enfant gref fé qui peut perdre son foie ! » Le Devoir Les médecins du Centre hospitalier universitaire Sainte-Jus- tine sonnaient l\u2019alarme il y a peu de temps : ils assimilent la centralisation des laboratoires nommée Optilab, qui enverra des prélèvements des jeunes patients au CHUM, à un démantèlement.Les conséquences seront potentiellement graves pour les patients, disent-ils.À leur invitation, Le Devoir a pu se glisser dans les coulisses de l\u2019hôpital, des couloirs que les patients ne fréquentent pas, mais où, souvent, des vies se jouent.Les dangers de la centralisation Les laboratoires uniques de l\u2019hôpital Sainte-Justine sont menacés, plaident ses médecins L E D E V O I R , L E L U N D I 2 4 O C T O B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L e Collège des médecins du Québec suit l\u2019évolution du projet Optilab «de très près » et « dénoncera toute situation comportant un risque pour les patients », a affirmé son président, le Dr Charles Bernard, en entrevue au Devoir.Le projet Optilab, qui est sur les planches à dessin du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) depuis environ cinq ans, est encore nébuleux.On sait que la majorité des analyses serait effectuée dans l\u2019un des onze laboratoires serveurs, alors que les laboratoires des autres hôpitaux verraient leurs ef fectifs réduits.Quelles analyses seraient transférées?Quand?« Pour l\u2019instant, c\u2019est de la spéculation », af firme le Dr Bernard.« Les conditions gagnantes doivent être réunies, soit un transport sécuritaire des spécimens et un système informatique cohérent pour assurer la traçabilité.» Lui comme les autres représentants médicaux à qui Le Devoir a parlé ne rejette pas complètement l\u2019idée de centraliser certaines analyses pour permettre l\u2019achat de coûteuses technologies ou améliorer l\u2019efficience.Mais la qualité doit être au rendez-vous.Du concret La présidente de la Fédéra- t ion des médecins spécialistes du Québec, la Dre Diane Francœur, rencontre le ministre Gaétan Bar rette mardi prochain.« Je suis tannée du bla-bla, j\u2019exige des actions ! », lance-t-elle.Je n\u2019ai aucune garantie pour l\u2019instant.» Elle doute que le projet vise une amélioration de la qualité des analyses au Québec.« On ne voit pas d\u2019autres objectifs que celui de faire des compressions.» Québec estime à 75 millions de dollars les économies à réaliser.Dès avril prochain, les technologues verront leur emploi transféré en fonction des 11 laboratoires serveurs désignés.Le principal syndicat les représentants, craignant 500 à 1000 pertes d\u2019emplois, conteste devant le Tribunal administratif du travail.Pourquoi faire ces changements maintenant, alors qu\u2019Optilab doit se déployer sur trois à cinq ans?«Ils nous tiennent dans le noir», reproche la présidente de l\u2019Alliance du personnel professionnel et technique (APTS), Carolle Dubé.Faux problème Le Dr Yves Giguère met en doute la prémisse même d\u2019Op- tilab.« Il n\u2019a jamais été démontré qu\u2019il y avait un problème de qualité ou de coût avec les laboratoires du Québec», affirme le président de l\u2019Association des médecins biochimistes du Québec.« Jusqu\u2019à preuve du contraire, nos coûts par personne sont parmi les plus bas au Canada et dans les pays de l\u2019OCDE!» Selon lui, la consultation des médecins concernés, jusqu\u2019à maintenant, est cosmétique, et les objectifs, « purement économiques ».Pour tant, il n\u2019est pas contre une cer taine centralisation : lui-même dirige un laboratoire qui traite tous les échantillons du Programme québécois de dépistage néonatal, ces prélèvements faits au talon de tous les nouveau-nés.« On est prêts à travailler avec Québec, on veut rétablir le lien de confiance, voir les données, dit-il.N\u2019oublions pas que 70 % des diagnostics sont faits à partir de résultats de tests de laboratoire.» Le Dr Bernard Mathieu aver tit que le projet pourrait plomber la performance, déjà problématique, des urgences.« Dans le guide de gestion des urgences, on demande que les résultats de laboratoire soient disponibles en moins d\u2019une heure trente.On a installé des systèmes pneumatiques pour un transport rapide au sein de l\u2019hôpital.Et là, on enverrait des échantillons dans le trafic?», s\u2019interroge le président de l\u2019Association des médecins d\u2019urgence du Québec.«On va allonger le temps de séjour des patients.» Alors qu\u2019on lui demandait sur quelles études ou analyses il se basait dans ce projet, le MSSS a répondu au Devoir que « Optilab compor te des avantages considérables, entre autres, l\u2019assurance d\u2019une masse critique d\u2019expertise et l\u2019automatisation des processus à haut volume d\u2019activités ».« Ce modèle d\u2019organisation est basé sur une approche qui respecte les besoins cliniques et tient compte des moyens technologiques requis afin d\u2019assurer des services de qualité à la population », écrit la responsable des communications du MSSS, Marie- Claude Lacasse.Le Devoir Les médecins veilleront au grain, avertissent-ils PHOTOS PEDRO RUIZ LE DEVOIR Les laboratoires de Sainte-Justine sont un exemple de précision et de rapidité.Les médecins de l\u2019hôpital pour enfants ont peur que les bénéfices de la recherche pâtissent du transport et des manipulations engendrés par le projet Optilab.PROJET OPTILAB Optilab fait craindre 500 à 1000 pertes d\u2019emplois aux technologues œuvrant en laboratoire.«Des tests qu\u2019on fait avec une goutte de sang, les hôpitaux pour adultes les font avec 5ml», af firme la Dre Carine Nyalendo, qui dirige le service de biochimie.Le Dr Charles Bernard 40 % des nouvelles analyses de laboratoires développées au Québec proviennent de Sainte-Justine L E D E V O I R , L E L U N D I 2 4 O C T O B R E 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 Q ue puis-je devant tous les DSK, les Aubut, les Ghomeshi, les Cosby et tutti quanti ?Que des salauds, petits et gros, se manifestent encore et toujours, en quoi cela constitue-t-il une surprise, surtout dans un monde médiatique qui fait son miel du sensationnel ?Je m\u2019installe à ma table pour écrire.Bêtement, je me convaincs tant bien que mal qu\u2019il vaut mieux parler d\u2019autre chose que de cela.Parler de Bombardier par exemple, cet éternel assisté social à qui notre société vient d\u2019offrir la bagatelle de 3,3 milliards de dollars pour lui permettre de continuer de planer en rase- mottes.Une bagatelle pour un massacre : 17 250 ouvriers remerciés d\u2019ici 2018, le quart environ au Québec.Une honte qui nous rappelle que le commerce se livre maintenant au mépris des États autant que de ceux qui les constituent.Penché ainsi à ma table, je me dis que je pourrais aussi parler des dernières convulsions de l\u2019AECG, l\u2019accord de libre-échange entre le Canada et l\u2019Union européenne.Un accord bancal, qui penche en faveur des seules multinationales, soutenu malgré tout par des élus qui semblent croire que l\u2019ordre marchand est une fatalité.Quand avez-vous entendu le premier ministre Trudeau offrir à la population la possibilité de débattre de cette entente ?Mais ces sujets, pour impor tants qu\u2019ils soient, me servent tout au plus cette semaine à me refermer, à m\u2019éviter de sonder ma position de poltron qui, allez savoir pourquoi, souhaitait s\u2019épargner de parler pour une fois des rapports sociaux entre hommes et femmes.Au fond, je me suis dit toute la semaine dernière, comme nombre de gars, que je ne tenais pas à parler de la conduite de voyous.Je me ferme ainsi les yeux afin de refuser ce qui me dérange : considérer que je participe bel et bien, même malgré moi, à une société où la violence envers les femmes ne relève pas de comportements strictement marginaux, mais bien de manifestations révélatrices d\u2019un fait culturel : l\u2019homme vu comme le dominant, la femme vue comme la dominée, la sexualité du premier s\u2019épanouissant volontiers aux dépens de la seconde.Une confidente vient de me raconter une scène qui lui est arrivée sur le quai d\u2019une station de métro de la ligne orange.La vie de tous les jours pour bien des femmes.Rien pour autant de banal.Un homme dans la trentaine se plante devant cette amie.Il veut l\u2019inviter à prendre un café sur-le-champ.Oh, il est sympathique, poli, bien mis.Rien de l\u2019homme de Cro-Magnon.Elle lui répond : « non ».Mais devant un refus exprimé bien net, le vieux fond de Cro- Magnon reprend soudain du galon.Cro-Mag- non la suit sur le quai et ne la lâche pas d\u2019un pied.Il monte dans le même wagon.Après deux stations, il débarque avec elle et s\u2019attache à ses pas.Tout du long, il se fait de plus en plus pressant, insistant : « On doit te le dire souvent que t\u2019es belle, hein ?» «C\u2019est juste pour prendre un café, voyons ! » «Sois pas farouche» «C\u2019est quoi, ton problème?» «Fais pas ta gênée, ma belle.» Banal tellement c\u2019est courant, me confirment plusieurs femmes.Justement, je ne trouve pas que cela l\u2019est.Je trouve même cela fort révélateur.En vertu de quoi des types sentent-ils que les débordements de leur sexualité sont autorisés?Il y a certainement une réflexion à avoir sur les rapports de pouvoir.Peut-être ces comportements sont-ils le produit d\u2019une culture de «chambre de joueurs», de ferments d\u2019une masculinité qui gagnerait à s\u2019aérer les idées.On le dit en tout cas ces jours-ci.Mais comme je me méfie des clubs, surtout de ceux qui m\u2019accepteraient pour membre, je ne suis sans doute pas la bonne référence pour parler des «boys\u2019 club».Reste que, de manière générale, à moins de se mettre la tête dans le sable, il est patent que les représentations de la sexualité dans notre société posent encore le consentement comme une chose triviale.Le mâle se sent volontiers le droit de foncer tête baissée, bref de faire l\u2019âne tout en se prenant pour un taureau.Bien sûr, je n\u2019ai pas à me sentir coupable comme individu devant les dérapages de certains de mes congénères.Reste que c\u2019est bien cette condition de dominant que je par tage avec eux qui me permet d\u2019éviter, un bon matin, selon mon bon plaisir, de parler des conséquences de leurs dérapages\u2026 Les femmes, elles, n\u2019ont pas ce choix : elles ploient collectivement sous la charge que leur fait porter la société, sans jamais pouvoir y échapper.Une société où persistent le dénigrement, le harcèlement, les violences et les inégalités de traitement n\u2019est pas tolérable.Pourquoi alors cela se poursuit-il ?Peut-être à cause d\u2019une peur d\u2019envisager les bienfaits du féminisme tandis qu\u2019on trouve toujours des raisons de laisser courir l\u2019irrationnel ?À moins pourtant d\u2019af firmer soudain qu\u2019il faut tourner le dos au progrès social, une société ne devrait pas avoir peur de se dire féministe.N\u2019en déplaise à la vice-première ministre.jfn@ledevoir.com Ne vous en déplaise JEAN-FRANÇOIS NADEAU A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T P as moins de sept ministres s\u2019étaient donné rendez-vous en plein air, dimanche au parc La Fontaine à Montréal, pour lancer une politique gouvernementale de prévention en santé qui vise à améliorer la qualité de vie des Québécois en travaillant en amont des problèmes de santé, que ce soit par l\u2019éducation ou l\u2019aménagement des villes, par exemple.Québec se donne de grands objectifs, et le plan d\u2019action concret qui doit accompagner la politique sera présenté d\u2019ici un an, a promis la ministre déléguée à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, qui a piloté ce dossier.Québec se donne neuf cibles d\u2019ici 2025.Par exemple, on souhaite diminuer de 21 à 10 % la proportion de fumeurs, accroître l\u2019offre de logements abordables sociaux et communautaires de 49 % ou augmenter de 20 % la proportion de jeunes de 12 à 17 ans actifs.L\u2019enveloppe de 76,1 millions sur 10 ans assortie à la politique n\u2019est qu\u2019un début des investissements qui pourront y être consacrés, a-t-elle affirmé.«Il y a déjà 400 millions d\u2019investis en prévention en ce moment, a- t-elle rappelé.Les 76 millions, c\u2019est pour de nouvelles initiatives, mais chaque ministère impliqué a son budget.Par exemple, les maternelles 4 ans, ça participe à la prévention, mais c\u2019est dans le budget du ministère de l\u2019Éducation que c\u2019est assumé».Québec exclut la possibilité de taxer les boissons sucrées pour financer cette politique pour l\u2019instant.« Il y a beaucoup de choses à faire avant de taxer davantage, ce n\u2019est pas la priorité », a indiqué Mme Charlebois.« La politique, c\u2019est la vision, mais d\u2019ici un an nous allons présenter un plan d\u2019action qui sera plus concret », a promis Mme Charlebois.Santé, municipalité, éducation, environnement, les initiatives seront, on l\u2019assure, transversales.Le bref gouvernement du Parti Québécois avait laissé une ébauche avancée d\u2019une politique nationale de prévention au moment des élections, en 2014.L\u2019ancien ministre de la Santé Réjean Hébert l\u2019avait présentée au Conseil des ministres.À son arrivée, la ministre Lucie Charlebois avait confirmé au Devoir que cette politique ne serait pas mise de côté.Il aura fallu plus de deux ans pour en arriver à une annonce.« La politique du Par ti Québécois ne s\u2019accompagnait pas de crédits budgétaires ni de consultation.Là, nous avons approfondi et nous avons les moyens d\u2019agir », a précisé Mme Charlebois.En attente des actions Présente lors de l\u2019annonce, Sylvie Bernier salue l\u2019intersectionnalité de l\u2019initiative.«Ce sont des cibles ambitieuses ; maintenant, ça prendra des investissements ambitieux ! », a déclaré la porte-parole du tout nouveau Regroupement pour un Québec en santé, qui réunit une centaine d\u2019organisations et de décideurs.L\u2019investissement initial de 76 millions peut paraître modeste à cet égard.« Seulement avec une taxe sur les boissons sucrées, on pourrait dégager 2,6 milliards de dollars pour financer cette politique», explique Mme Bernier.Malgré tout, elle a affirmé avoir «beaucoup d\u2019espoir», car la politique «envoie un message clair [disant] qu\u2019on a une responsabilité individuelle, mais que la responsabilité collective est plus importante quand il est question de prévention».Son de cloche semblable du côté du directeur de la Santé publique de Montréal, le Dr Richard Massé.« L\u2019impor tant, ce sera de voir la mise en œuvre.Ce qu\u2019il y a dans la politique, c\u2019est excellent, ça fait très longtemps qu\u2019on le réclamait », a-t-il indiqué.Le Devoir QUÉBEC Une nouvelle politique de prévention en santé PEDRO RUIZ LE DEVOIR Sept ministres ont pris part à l\u2019annonce dimanche, dont Lucie Charlebois, qui a présenté la politique.V I C K Y F R A G A S S O - M A R Q U I S L\u2019 ex-ministre Steven Blaney compte mettre les sujets de la sécurité, de l\u2019agriculture et de l\u2019identité à l\u2019avant-plan dans la course à la direction du Parti conservateur.Après avoir longuement réfléchi, M.Blaney a fait son annonce officielle dimanche midi, lors du brunch annuel de l\u2019association conservatrice de sa circonscription de Bellechasse-Les Etche- mins-Lévis.Le candidat avait déjà déposé ses documents de candidature mercredi dernier.En entrevue à La Presse canadienne, M.Bla- ney a affirmé qu\u2019il prévoyait exposer «sa propre vision» dans les prochains mois qui se démarquera de ses six adversaires déjà dans la course.Il cite en exemple son désaccord avec le député de Beauce, Maxime Bernier, qui s\u2019oppose à la gestion de l\u2019offre dans le secteur de l\u2019agriculture.M.Blaney dit «défendre avec vigueur» la gestion de l\u2019offre, un système qu\u2019il décrit comme un «pilier des économies régionales».M.Blaney compte également axer sa campagne sur la sécurité, un thème qu\u2019il connaît bien puisqu\u2019il a dirigé le ministère de la Sécurité publique et de la Protection civi le de 2013 à 2015.C\u2019est d\u2019ailleurs lui qui avait piloté l\u2019important projet de loi antiterroriste du gouvernement Harper qui a été adopté en 2015 dans la foulée des attentats à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa.La Presse canadienne Blaney dans la course M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L e verdict des électeurs ou celui de militants politiques ne suffit pas pour choisir le premier ministre du pays, de l\u2019avis d\u2019un candidat à la chefferie conservatrice.Michael Chong estime que les députés fédéraux devraient avoir le dernier mot quand vient le temps de choisir un nouveau gouvernement ou un premier ministre héritant du pouvoir en cours de mandat.Le député ontarien dévoilera ce lundi sa proposition de réforme démocratique, dans le cadre de la course à la chefferie du Parti conservateur.En entrevue avec Le Devoir la semaine dernière, à la suite d\u2019une autre annonce à caractère économique, Michael Chong avait dénoncé qu\u2019un simple membre du gouvernement au pouvoir puisse devenir chef du pouvoir exécutif en mi-mandat.L\u2019ex-ministre Chong exigerait, s\u2019il est élu chef conservateur, un vote de confiance des élus fédéraux \u2014 tous par tis confondus \u2014 à la suite du remplacement d\u2019un premier ministre qui quitterait ses fonctions entre deux élections.Des cas comme ceux de Paul Martin, qui a hérité du poste de premier ministre en 2003 après le départ de Jean Chrétien, ou comme Kim Campbell qui a dirigé brièvement le pays en 1993 après la démission de Brian Mulroney.En ver tu de la proposition de Michael Chong, une fois le choix d\u2019un nouveau chef permanent ef fectué par le par ti au pouvoir, la Chambre des communes aurait ensuite à entériner cette décision lors d\u2019un vote de confiance.Même chose, d\u2019ailleurs, après une élection générale.Michael Chong obligerait la reprise des travaux du Parlement au plus tard deux semaines après le jour du scrutin et forcerait le nouveau gouvernement à se soumettre alors à un vote de confiance des élus fédéraux.Michael Chong est ce député qui avait déposé un projet de loi de réforme démocratique adopté en 2014 et permettant aux caucus de tenir un vote secret pour destituer leur chef.Le député conservateur avait aussi suggéré, sans pour autant tenter de légiférer à ce sujet, que les chefs de parti ne puissent pas imposer leur veto aux questions posées en Chambre par les élus, ni au choix de candidats électoraux.Une coalition n\u2019est pas le démon L\u2019aspirant-chef conservateur s\u2019inscrit par ailleurs en faux contre la position de ses collègues, car il estime qu\u2019une coalition de partis d\u2019opposition devrait pouvoir former un gouvernement et que ce dernier devrait être reconnu.L\u2019ancien premier ministre Stephen Harper a failli être renversé par une coalition en 2008 et le Parti conservateur brandissait depuis sans relâche la menace d\u2019une telle coalition pour convaincre les électeurs de lui accorder une majorité.La course conservatrice compte maintenant sept candidats officiellement inscrits : Michael Chong, Maxime Bernier, Kellie Leitch, Deepak Obhrai, Andrew Scheer et Brad Trost et Steven Blaney (voir ci-contre).L\u2019ancien ministre Chris Alexander af firme avoir déposé son bulletin de candidature la semaine dernière.Le Devoir Michael Chong présente sa vision d\u2019une réforme démocratique Tout choix de premier ministre doit être approuvé par le Parlement, dit le candidat ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Michael Chong, à Ottawa, en février dernier COURSE À LA CHEFFERIE CONSERVATRICE Les cibles pour 2025 Augmenter à 80 % la proportion d\u2019enfants qui commencent leur scolarité sans présenter de facteur de vulnérabilité.Atteindre 90 % des municipalités qui adoptent des mesures de prévention diverses.Accroître l\u2019offre de logements abordables, sociaux et communautaires de 49 %.Faire baisser à 10 % la proportion de fumeurs.Atteindre un niveau élevé de bien-être émotionnel et psychosocial chez au moins 80 % de la population.Augmenter de 18 % le nombre d\u2019aînés recevant des services de soutien à domicile.Atteindre une consommation minimale de cinq fruits et légumes chaque jour chez plus de la moitié de la population.Augmenter de 20 % la proportion de jeunes âgés de 12 à 17 ans actifs durant leurs loisirs et leurs déplacements.Réduire de 10 % l\u2019écart de mortalité prématurée entre les personnes les plus défavorisées et les plus favorisées.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Steven Blaney a annoncé sa candidature lors du brunch annuel de l\u2019association conservatrice de Bellechasse-Les Etchemins-Lévis, dimanche. L E D E V O I R , L E L U N D I 2 4 O C T O B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 GÉNÉRATION2016 E E Jeudi 27 octobre 2016 | 19h30 Salle de concert du Conservatoire L\u2019ECM+ est en résidence au Taylor Brook Adam Scime Symon Henry Sabrina Schroeder Véronique Lacroix, | ECM+, Gabriel Dharmoo, | Marie-Hélène Breault, flûte solo Une nouvelle génération de compositeurs Notaires et avocats de l\u2019État en grève dès lundi Sans convention collective depuis plus d\u2019un an et demi, les quelque 1100 avocats et notaires de l\u2019État québécois amorceront une grève générale illimitée dès lundi matin.Ces professionnels sont répartis dans l\u2019ensemble des ministères et organismes du gouvernement provincial.Le président de l\u2019Association des notaires et avocats de l\u2019État québécois (LANEQ), Jean Denis, affirme que la décision de débrayer n\u2019a pas été prise «de gaieté de cœur».Il ajoute que les membres sont toutefois déterminés, car le mandat de grève a été accordé à 84 %.Le débrayage pourrait notamment retarder la rédaction de règlements et d\u2019avis juridiques, de même que ralentir les procédures devant les tribunaux.La Presse canadienne Premier bilan des infractions de tabagisme en terrasse Selon les données du ministère de la Santé, 33 constats d\u2019infraction ont été dressés à des fumeurs fautifs sur les terrasses des bars et des restaurants, et 136 au total, en comptant ceux infligés aux établissements.Les données, obtenues par La Presse canadienne, couvrent la période allant jusqu\u2019au 15 septembre, donc environ trois mois et demi d\u2019inspections.Quelque 1860 terrasses et aires de repos ont été visitées par les inspecteurs du ministère de la Santé, un peu partout dans la province.Davantage de restaurants ont été visités considérant leur plus grand nombre sur le territoire de la province.Le résultat: 13 constats d\u2019infraction pour affichage de l\u2019interdiction déficient ou absent, 90 constats d\u2019infraction pour avoir toléré des fumeurs sur leurs lieux et 33 aux fumeurs directement.La Presse canadienne Flocons et inondations au Québec Quelques régions du Québec ont reçu leurs premiers flocons de neige dans la nuit de samedi à dimanche.Des quantités minimes de neige sont tombées sur certains secteurs de la Montérégie, de l\u2019Estrie et de la Beauce, notamment.Mais en raison des températures qui sont au-dessus du point de congélation, et de la pluie qui tombe encore, la neige ne restera pas au sol.La pluie qui s\u2019abat depuis trois jours provoque par ailleurs la crue de quelques cours d\u2019eau, en Beauce et dans la région de Québec, par exemple.Les rivières Famine, Chaudière, Beaurivage, Etchemin, du Sud, des Hurons, Jaune et Nelson ont débordé dans certains secteurs, causant des inondations mineures.La Presse canadienne É M I L I E B E R G E R O N P aul St-Pierre Plamondon est devenu conseiller spécial du chef du Par ti québécois, Jean-François Lisée.Sa mission sera de mener des consultations auprès de la population dans le but de renouveler cette formation politique.Ce rôle est le « prolongement » de la décision prise par Paul St-Pierre Plamondon de quitter Le mouvement des orphelins politiques pour se joindre au Parti québécois, l\u2019été dernier, a souligné Jean-François Lisée en annonçant la nomination de l\u2019avocat de 39 ans, dimanche à Montréal.L\u2019ancien aspirant chef du Parti québécois est vite devenu « une coqueluche » pendant la course à la direction de la formation politique, lui attirant 5000 nouveaux membres, a poursuivi M.Lisée.M.St- Pierre Plamondon a terminé au dernier rang lors du premier tour de scrutin, récoltant près de 7% des suffrages.«On a fait le tour du Québec, on était souvent ensemble ou avec les autres candidats et des militants et des militantes me disaient, après l\u2019avoir entendu une première fois: \u201cM.Lisée, il faut absolument qu\u2019il soit dans votre équipe!\u201d», a dit le chef du Parti québécois.Paul St-Pierre Plamondon ci- blera dans ses consultations plus précisément des gens d\u2019affaires, des professionnels, des membres des communautés culturelles et des citoyens de moins de 40 ans «pour voir avec eux comment ils perçoivent le par ti, comment le par ti peut changer et peut mieux s\u2019adapter à leur réalité», a précisé M.Lisée.L\u2019avocat s\u2019est réjoui de cette « marque de confiance », qu\u2019il juge cohérente avec le «message d\u2019ouver ture et de rassemblement » prononcé par M.Lisée.Quand on lui a demandé s\u2019il était bien placé pour représenter les moins de 40 ans, M.St-Pierre Plamondon a reconnu qu\u2019il n\u2019était « plus si jeune », mais qu\u2019il avait pu récolter l\u2019appui de nombreux Québécois correspondant à cette tranche d\u2019âge.La Presse canadienne PARTI QUÉBÉCOIS St-Pierre Plamondon choisi par Lisée L\u2019ancien aspirant chef aura une mission de renouvellement de la formation politique A N D Y B L A T C H F O R D à Ottawa I maginez le Canada avec une population de 100 millions d\u2019habitants \u2014 ce qui représente trois fois sa taille actuelle.Ce n\u2019est pas une prédiction fantaisiste, c\u2019est l\u2019objectif réel de deux conseillers économiques importants du gouvernement de Justin Trudeau.Un comité de 14 personnes a été formé par le ministre des Finances, Bill Morneau, pour lui fournir des conseils «audacieux » afin d\u2019orienter l\u2019économie vacillante du Canada et de donner un élan à la croissance économique.L\u2019une des premières recommandations, publiée la semaine dernière, est d\u2019augmenter graduellement le seuil d\u2019immigration à 450 000 personnes par année d\u2019ici 2021 \u2014 avec une concentration particulière sur les immigrants avec une expertise en affaires et les étudiants étrangers.Ce serait une hausse de 50 % par rapport au seuil actuel d\u2019environ 300 000 immigrants.Les membres du comité \u2014 comme plusieurs, dont le ministre du Développement économique, Navdeep Bains \u2014 estiment que cette ouverture aux nouveaux arrivants est un ingrédient essentiel pour stimuler la croissance à l\u2019avenir.C\u2019est d\u2019autant plus important, selon eux, que les baby- boomers quittent graduellement le marché du travail.L\u2019idée d\u2019accueillir plus d\u2019immigrants au pays est particulièrement importante pour au moins deux membres du comité.Obstacle démographique Dominic Barton, le puissant dirigeant de la firme de consultants McKinsey & Company, et Mark Wiseman, directeur principal de la société de gestion d\u2019actifs BlackRock, sont parmi les fondateurs d\u2019un groupe consacré à élargir la population de façon responsable pour aider l\u2019économie du pays.L\u2019Initiative du siècle voudrait voir la population canadienne passer de 36 à 100 millions d\u2019habitants d\u2019ici 2100.Au rythme actuel, si le gouvernement canadien ne changeait pas en profondeur sa politique en immigration, la population canadienne devrait atteindre 53 millions d\u2019individus à la fin du siècle, est-il écrit sur le site du groupe.Ainsi, le Canada serait classé dans les 45 pays les plus populeux du monde.M.Bar ton estime que cet obstacle démographique aura pour effet d\u2019isoler le Canada avec le temps, d\u2019autant que sa population est déjà assez modeste.« La pertinence [d\u2019un pays] n\u2019est pas seulement déterminée par la population, mais c\u2019est un facteur, considérant toutes les forces que nous avons », a-t-il expliqué en entrevue.M.Bar ton croit que l\u2019influence du Canada s\u2019accroîtrait sur le plan international avec une population plus imposante.Mais selon lui, le monde entier bénéficierait aussi d\u2019un Canada plus grand, avec sa stabilité, sa démocratie et son économie.« C\u2019est un gros chif fre, mais pour moi, c\u2019est un objectif ambitieux.Cela changerait évidemment le pays de façon considérable\u2026 C\u2019est un chemin dif fé- rent.Mais je ne crois pas que ce soit fou», a-t-il soutenu.Les discussions qui ont mené à la création de l\u2019Initiative du siècle se sont amorcées en 2011 pendant une fin de semaine entre amis à la résidence de M.Barton, au nord de Toronto.Dans le canton du Lake of Bays, ses amis et lui ont commencé à lancer des idées pour protéger le pays contre cette tempête démographique prévisible.Après plusieurs rencontres informelles, le groupe s\u2019est agrandi et a commencé à financer de la recherche sur le sujet.Dominic Barton estime qu\u2019il existe des similitudes entre les idées de l\u2019Initiative du siècle et celles du comité économique où il siège, mais il assure que ce sont deux entités séparées.La Presse canadienne Un Canada de 100 millions d\u2019habitants d\u2019ici 2100?Un comité fédéral recommande d\u2019augmenter le seuil annuel d\u2019immigration à 450 000 personnes JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les membres voient en l\u2019immigration massive un salut pour l\u2019économie du Canada.R A F C A S E R T à Bruxelles S i la Belgique ne peut pas convaincre le Parlement régional wallon de renoncer à son opposition à l\u2019accord de libre-échange entre l\u2019Union européenne (UE) et le Canada, les dirigeants européens envisagent d\u2019annuler la cérémonie de signature du traité prévue cette semaine, indiquent des sources.Deux of ficiels au courant des négociations ont af firmé que les dirigeants de l\u2019UE envisageaient de discuter de la situation au téléphone avec le premier ministre canadien, Justin Trudeau.Ils lui parleraient par exemple de la possibilité d\u2019annuler le sommet qui doit se dérouler jeudi si la Belgique ne peut pas promettre de trouver un accord avec le Parlement de la Région wallonne d\u2019ici la date limite de ratification.L\u2019entente doit être approuvée par les 28 pays membres de l\u2019UE.En Belgique, le gouvernement doit obtenir l\u2019appui unanime des trois régions.La Région wallonne, dont la population est de 3,5 millions de personnes, a rejeté l\u2019Accord économique et commercial global (AECG).Selon ses dirigeants, l\u2019entente minera les normes gouvernementales en matière de travail, d\u2019environnement et de consommation tout en permettant aux sociétés multinationales d\u2019écraser les entreprises locales.Au cours de la dernière semaine, la Belgique n\u2019a pu respecter ses échéances à deux reprises.Le Canada s\u2019est même brièvement retiré de la table des négociations, vendredi, avant d\u2019y revenir le lendemain.Il ne reste que for t peu de temps avant de ratifier l\u2019accord.Si l\u2019UE ne peut garantir qu\u2019elle est prête à signer l\u2019entente, il n\u2019y a aucune raison pour maintenir la cérémonie de signature, a fait valoir un représentant de l\u2019UE.Plusieurs tentatives ont été menées au cours du week-end pour convaincre le ministre- président de la Région wallonne, Paul Magnette, d\u2019accepter l\u2019accord.M.Magnette a toutefois indiqué qu\u2019il existait encore «quelques difficultés» entre Européens.Selon lui, une meilleure entente sera probablement un modèle pour les futurs accords négociés par l\u2019UE.La ministre canadienne du Commerce inter national , Chrystia Freeland, s\u2019est retirée de la table des négociations, reprochant aux Européens leur incapacité à pouvoir ratifier l\u2019entente, vendredi.Elle est revenue le lendemain pour mener quelques discussions.Les dirigeants de l\u2019UE ont prévenu les Wallons qu\u2019un échec de la ratification de l\u2019AECG pourrait ruiner la crédibilité de l\u2019ensemble du bloc à titre de partenaire commercial.Il nuirait aussi aux futures négociations entre l\u2019UE et les États-Unis, le Japon ou ses autres alliés.Associated Press AECG L\u2019UE et le Canada exhortent la Belgique à sortir de l\u2019impasse THIERRY CHEVALIER AGENCE FRANCE-PRESSE Le ministre-président de la Région wallonne, Paul Magnette Paul St-Pierre Plamondon L E D E V O I R , L E L U N D I 2 4 O C T O B R E 2 0 1 6 SOCIETE A 5 FABIEN DEGLISE Y en a marre de la culture du viol ! Comme expression d\u2019abord, mais aussi pour la réalité qu\u2019elle dénonce : ce cadre social et culturel vicié par des années d\u2019indolence qui justifie, excuse, encourage des gestes avilissants, misogynes et odieux envers des femmes.L\u2019actualité de la semaine dernière a tristement redonné de la force à la violence du concept avec cette histoire d\u2019intrusion dans des chambres d\u2019une résidence universitaire, puis avec cette dénonciation sur la place publique mêlant sexe, agression et politique.Et l\u2019on se dit, face à la redondance des symptômes qui commencent à devenir gênants, qu\u2019il devient urgent de lui por ter le coup de grâce.Sans doute en lui opposant une autre culture, celle du romantisme.Essayons d\u2019y croire, un instant.C\u2019est peut- être dans certains livres et dans les destins sentimentaux qu\u2019ils circonscrivent que se trouve un début de solution.Dans le récit amoureux d\u2019un Gaspard Sauvage, dit Le zèbre, œuvre roman- tico-naïve d\u2019Alexandre Jardin qui suit le quotidien d\u2019un homme tentant, après 15 ans de mariage, de reconquérir le cœur de sa femme, Camille, en déployant des stratagèmes loufoques, mais surtout en lui témoignant cette chose que le présent ne semble plus très bien en mesure de comprendre : le respect de l\u2019autre.Dans les résidences universitaires, dans les écoles secondaires, dans le métro, dans les cercles familiaux, dans les couloirs de l\u2019Assemblée nationale, le temps est sans doute venu de faire réapparaître le Tomas de Milan Kundera qui, dans L\u2019insoutenable légèreté de l\u2019être, af fronte la complexité de ses sentiments dans le liber tinage, oui, mais toujours avec le consentement des cœurs qu\u2019il blesse, ou le Colin de L\u2019écume des jours de Boris Vian, obsédé à ce point par Chloé qu\u2019il va non pas chercher à forcer son corps, mais multiplier les gestes fantasques pour entrer dans son cœur.T i e n s , o n p o u r r a i t même ramener au bon souvenir de la jeunesse connectée la passion entre Ovila Pronovost et Émilie Bordeleau, l\u2019obsession pour la conquête amoureuse d\u2019un Don Juan de Molière ou l\u2019amour impossible qu\u2019une Tita va malgré tout réussir à exprimer à un Pedro par des plats qu\u2019elle confectionne dans Chocolat amer, œuvre importante du réalisme magique signée Laura Esquivel.Là où la culture du viol dresse la recension des dégâts, la culture du romantisme, elle, s\u2019avance sur le terrain des causes pour s\u2019attaquer aux carences, aux manquements, au vide, à l\u2019environnement social et, n\u2019ayons pas peur de le dire, numérique qui permettent à la honte de s\u2019épanouir, dans toutes les strates de la société, y compris celle où se joue l\u2019intime.Que l\u2019on s\u2019entende bien : la romance peut effectivement passer par Tinder, cette application qui permet de « magasiner » l\u2019amour d\u2019une vie ou l\u2019aventure d\u2019un soir, d\u2019un simple glissement de doigt sur un écran tactile, mais elle le fait au prix d\u2019une réduction.Dans ce cadre, le sentiment alimente un marché, l\u2019âme sœur est devenue une marchandise, dont l\u2019accès est aussi facile que la commande d\u2019une course en taxi sur Téo ou Uber.Et ces réalités numériques finissent par contaminer toutes les autres.C\u2019est le désir de l\u2019autre, c\u2019est l\u2019envie de l\u2019autre, qui finissent par être passablement troublés lorsque cet autre est réduit à l\u2019état de morceau de viande que l\u2019on violente, dont on abuse dans une quête de performance, plus que de plaisirs mutuels, dans des capsules sur You- Porn qui, sans éducation au respect, sans décodage, finissent par laisser leur contenu s\u2019imposer chez plusieurs comme des normes.Trop lire Fanfan, autre livre d\u2019Alexandre Jardin, Les cerfs-volants de Romain Gary ou La me- moria de Louise Dupré, c\u2019est mettre plus de chance du côté d\u2019une société où la jeunesse va préférer glisser des mots doux sous une porte de chambre de résidence universitaire plutôt que la forcer pour s\u2019approprier un corps, comme on s\u2019approprie l\u2019assiette de steak après l\u2019avoir vue en photo sur un mur dans une brasserie spécialisée dans les événements sportifs.C\u2019est laisser d\u2019autres formes de fictions imprégner autrement le réel.Bien sûr, l\u2019humanité a déjà porté des agresseurs qui ont lu Tristan et Iseult, qui ont été séduits par l\u2019illégalité de la romance entre Hervé Joncour et une jeune Japonaise dans le Soie de Barrico.Les livres et leurs idées ne sont pas toujours un remède à l\u2019abject et à la bêtise dans une société, mais elles restent malgré tout un bon moyen de les tenir éloignés.chroniquefd@ledevoir.com Sur Twitter : @FabienDeglise #CHRONIQUEFD Culture du romantisme WELLCOME LIBRARY LONDRES La perception du mal a bien évolué dans le temps, et c\u2019est tant mieux.Alors que la douleur était autrefois perçue comme un mal nécessaire, la résilience à la douleur a été longtemps vue comme une preuve de courage, de maîtrise de soi, même par les médecins, rappelle l\u2019historienne Joanna Bourke.Ci-dessus : l\u2019œuvre La naissance de Benjamin et la mort de Rachel (XVIIe siècle) de Francesco Furini.Autrefois considérée comme une épreuve nécessaire, la douleur est aujourd\u2019hui peu tolérée, mais souvent dissimulée.On peine toujours à verbaliser ce sentiment universel.Incursion dans l\u2019histoire d\u2019un sujet qui fait mal.I S A B E L L E P A R É E n mal de maux ou de mots ?La médecine peut soulager presque toutes les souf frances, aidée par une batterie d\u2019analgésiques sans fin, mais le monde moderne cultive toujours un rapport ambivalent avec la douleur.Celle-ci demeure taboue, même si la vieillesse nous y pousse.Inexorablement.Au point que même la langue s\u2019est peu à peu départie des mots pour la décrire.« Ce qui est frappant, dans les recherches menées sur le rapport à la douleur, c\u2019est combien on manque aujourd\u2019hui de mots pour la nommer, combien on cherche à l\u2019isoler.Autrefois, la douleur était un mode d\u2019expression courant, les gens souffrants étaient écoutés et entourés », explique Joanna Bourke, historienne et auteure de The Story of Pain : From Prayer to Painkillers.Ouille ! Diable dans l\u2019estomac, coups de poignard au cœur, flèche dans le crâne : la panoplie des expressions inventées pour contourner le peu de mots existants pour dire la douleur contraste avec la déferlante du vocabulaire existant pour traduire l\u2019amour ou la joie et avec l\u2019abondance des opéras et des œuvres d\u2019art célébrant les bons sentiments, souligne Mme Bourke.Cette absence de mots est le symptôme de notre rapport tordu avec la douleur, lance la professeure d\u2019histoire à l\u2019Université de Londres, qui était de passage à Montréal la semaine dernière dans le cadre du Congrès international sur les soins palliatifs.La perception du mal a bien évolué dans le temps, et c\u2019est tant mieux.Alors que la douleur était autrefois perçue comme un mal nécessaire, la résilience à la douleur a été longtemps vue comme une preuve de courage, de maîtrise de soi, même par les médecins, rappelle Mme Bourke.On arrachait des dents, on extirpait des tumeurs de la poitrine, on tranchait les os à coups de scie, souvent avec la conviction que cela forgeait, aussi, le caractère, lit-on dans The Story of Pain.L\u2019agonie \u2014 antichambre du paradis \u2014 est même érigée comme un devoir chrétien.En plus du fabuleux pouvoir de punition et d\u2019expiation que lui confère l\u2019Église, même les autorités médicales défendent le bon côté du mal.Des traités de médecine du XIXe siècle regorgent de cette conception voulant que la douleur ait des vertus curatives.Le «livre de poche médical des mères», publié en Angleterre en 1827, précise que «les pleurs sont essentiels au développement de l\u2019enfant» et ne «sont rien d\u2019autre qu\u2019un effort pour exercer les poumons et renforcer les organes de la respiration»! Vilains gaz Même si les premiers gaz anesthésiants, notamment le protoxyde d\u2019azote \u2014 aussi appelé gaz hilarant \u2014, sont découverts au tournant des années 1800, ils restent persona non grata dans les cabinets de médecins, toujours englués par la morale religieuse, relève l\u2019historienne.Jusqu\u2019en 1850, les patients sont encore amputés à froid.On ne fait pas grand cas de la douleur chez les enfants et les femmes, conçus « pour accoucher et naître dans la douleur et les cris ».Privilège royal oblige, seule la reine Victoria, accouchant de son huitième enfant en 1853, pourra obtenir des éthers pour supporter la douleur.Bien qu\u2019on connaisse à l\u2019époque les vertus du chloroforme, de l\u2019opium et de la morphine, découverte au milieu du XIXe siècle, on juge que ces substances narcotiques sont susceptibles de «pervertir l\u2019âme du patient », notamment celle des femmes pures.Les hommes pourront se rabattre sur le vin et l\u2019alcool pour tromper les souffrances indicibles.La douleur restera longtemps connotée, surtout quand elle a un sexe et un rang social, af firme Joanna Bourke.Dans un hôpital londonien, au détour du XXe siècle, on salue le flegme des patients britanniques, endurant noblement leur agonie, qui détonne avec le hurlement « hystérique » des gens de « nationalité douteuse », des femmes de mauvaise famille ou des classes moins éduquées.Une souffrance subjective Au fil des décennies, la médecine a peu à peu accaparé le langage de la douleur en des termes édulcorés, aseptisés et hermétiques, qui ont expulsé toute référence aux émotions ressenties par les patients.De termes à 80 % anglais aux XVIIIe et XIXe siècles, les termes de la médecine se sont convertis à 80 % au latin au passage du XXe siècle.« Cela a éliminé les notions qui renvoyaient aux sentiments vécus par le patient, en faveur d\u2019un langage neutre centré sur les symptômes et la maladie », soutient l\u2019historienne.Une chose en attirant une autre, les malades se sont rangés peu à peu derrière ce langage médicalisé, ce qui a creusé, à partir du XXe siècle, le fossé entre le corps et l\u2019esprit.À défaut de mots, la médecine moderne soupèse aujourd\u2019hui la douleur du patient à l\u2019aide d\u2019une échelle de 1 à 10.Mesure totalement subjective, rétorque l\u2019historienne, puisque «mon niveau de douleur à 4 peut être le 8 de quelqu\u2019un d\u2019autre.Qui peut mesurer la souffrance d\u2019un cancer quand on ne l\u2019a jamais vécu ?».Comment mesurer la part du contexte social, de l\u2019apitoiement, de l\u2019héroïsme ou même de la malhonnêteté avec cet outil minimaliste?La douleur évacuée Seulement 1% des livres de formation en médecine sont consacrés au traitement.Selon une étude réalisée au Royaume-Uni, les patients confrontés à une douleur extrême ne passent en moyenne que huit minutes dans le cabinet du médecin.À peine 60 secondes de plus que la consultation standard.Sans montrer du doigt les médecins, Joanna Bourke estime que c\u2019est la pression du système, plus que les seuls médecins, qui évacue toute prise en charge sérieuse de la douleur.Paradoxe ultime, même si l\u2019industrie des analgésiques est devenue un marché florissant, la douleur demeure encore aujourd\u2019hui sous- traitée, surtout chez les femmes, les enfants et les personnes âgées.Des études démontrent que la moitié des patients atteints d\u2019un cancer endureraient des souffrances inutiles.« Inconsciemment, on s\u2019attend à ce que l\u2019on soit de bons patients.Les femmes ont eu peur d\u2019être prises pour des hystériques et les hommes pour des petites natures.Notre société voit la douleur comme un ennemi, quelque chose qu\u2019on exprime avec malaise », assure l\u2019experte de l\u2019Université de Londres.Faut-il voir dans l\u2019aide à mourir un nouveau chapitre de cette éternelle négation de la douleur?«Non, je ne crois pas.Je pense que c\u2019est plutôt la recherche du bonheur à tout prix, combiné au fait que les gens vivent de plus en plus longtemps, qui fait émerger la demande pour l\u2019aide à mourir.Les gens n\u2019attribuent plus de sens ni de valeur à une vie sans bonheur, ce qui n\u2019était pas le cas il y a seulement quelques décennies », croit Mme Bourke.«Je ne suis pas contre l\u2019aide médicale à mourir, je suis même plutôt pour elle, affirme l\u2019auteure.Les gens ont de plus en plus peur de souffrir et ne veulent surtout pas que leurs souffrances rejaillissent sur les autres.Comme société, il est temps que nous parlions de la douleur et de la mort.C\u2019est pourquoi la discussion sur l\u2019aide à mourir est fondamentale, malgré les divergences, car cela nous ramène à notre humanité.» Le Devoir THE STORY OF PAIN : FROM PRAYER TO PAINKILLERS Joanna Bourke Oxford University Press, 2014 L\u2019étonnante histoire de la douleur, d\u2019hier à aujourd\u2019hui Du grand mal aux petits maux, le monde moderne n\u2019a pas fait la paix avec ce sentiment universel, longtemps perçu comme nécessaire Inconsciemment, on s\u2019attend à ce que l\u2019on soit de bons patients.Les femmes ont eu peur d\u2019être prises pour des hystériques et les hommes pour des petites natures.Notre société voit la douleur comme un ennemi, quelque chose qu\u2019on exprime avec malaise.Joanna Bourke, historienne et auteure de The Story of Pain: From Prayer to Pain Killers « » Là où la culture du viol dresse la recension des dégâts, la culture du romantisme, elle, s\u2019avance sur le terrain des causes pour s\u2019attaquer aux carences, aux manquements, au vide, à l\u2019environnement social En 1994, c\u2019est Claude Ryan qui eut pour tâche, non sans réticence, comme ministre de la Sécurité publique, de prendre le contrôle des fameux appareils de loterie vidéo (ALV).Vingt- deux ans plus tard, à la lumière des révélations de La Presse, il est urgent de revoir l\u2019ensemble de la relation État-« ALV », mais aussi de réfléchir au financement de l\u2019État par le « vice».laude Ryan n\u2019aimait pas les appareils de loterie vidéo (ALV).« Si je suivais ma tendance personnelle [\u2026], je souhaiterais que ça disparaisse de par tout » soutenait, en mai 1993, l\u2019ancien directeur du Devoir alors ministre de la Sécurité publique.Mais puisque « ce n\u2019est pas nécessairement un vice » et étant donné que les revenus générés par les ALV sont énormes et échappaient à l\u2019époque aux coffres de l\u2019État, il se résolut à les réglementer.Ces appareils participaient d\u2019un « système où l\u2019on rit de l\u2019ordre organisé », disait Ryan.L\u2019État devait intervenir aussi d\u2019urgence pour empêcher les mineurs, d\u2019aller, « le midi et à la sortie de l\u2019école, [\u2026] gaspiller tout l\u2019argent qu\u2019ils ont gagné par leur travail ou que leur confient leurs parents ».Autre argument : il fallait tenir le crime organisé à distance.En commission parlementaire, la Sûreté du Québec était venue exposer que, « dès 1981 », le crime organisé avait commencé à s\u2019intéresser à l\u2019industrie des loteries vidéo et, depuis, l\u2019avait investie.Fallait- il les interdire ?Inutile.Comme la prohibition de l\u2019alcool n\u2019avait rien donné, sauf ce qu\u2019on appelait, dans le temps, le « bootlegging », notait Ryan, il valait mieux pour l\u2019État permettre, réglementer et même assumer la responsabilité en matière de loterie vidéo.Sinon, c\u2019est la mafia qui ramasse les profits.Claude Ryan était formel : « Vous n\u2019entendez pas parler d\u2019activités croches, d\u2019activités douteuses ou ombreuses dans le secteur des permis d\u2019alcool.C\u2019est parce que nous avons une régie qui se tient debout.[\u2026] Ce que nous avons fait dans le secteur du commerce des alcools, nous allons le faire dans le secteur des vidéoloteries.» Le projet de loi 84 déposé et défendu par Ryan unifiait donc en un seul organisme, pour les « renforcer », la Régie des permis d\u2019alcool du Québec, la Régie des loteries du Québec, la Commission des courses de chevaux.La Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) était née.On en profita au passage pour étatiser la gestion de ce qu\u2019on appelait à l\u2019époque les « vidéopokers », qui seraient réservés aux établissements avec permis d\u2019alcool.Les ALV seraient soumis au contrôle de Loto-Québec.Vingt-deux ans plus tard, une enquête de La Presse révèle non seulement que le crime organisé est redevenu omniprésent dans l\u2019industrie des loteries vidéo, mais, pis encore, que l\u2019État lui-même se trouve à solliciter directement des propriétaires avec des antécédents criminels ! C\u2019est l\u2019État qui verse des commissions plantureuses à des établissements appartenant à la ma- ?a.C\u2019est la Régie qui se trouve à octroyer des permis d\u2019alcool à certaines personnes, de manière plus que complaisante, en faisant totalement ?de l\u2019avis défavorable des policiers sur celles-ci.Questionné en chambre, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a promis de réexaminer l\u2019ensemble de la réglementation par rapport à la RACJ.Il a con?é avoir téléphoné à la présidente de la RACJ a?n que toutes les décisions de l\u2019organisme épinglées par La Presse soient passées au «peigne fin».Or, il faudra plus qu\u2019un «peigne fin» pour redorer les blasons de la RACJ et de Loto-Québec.Les faits mis au jour cette semaine ne sont pas anodins : l\u2019expression «apparence de corruption » ne semble pas trop forte.L\u2019idée du gouvernement Bourassa et de M.Ryan était de permettre «d\u2019orienter vers les coffres de l\u2019État, vers le Trésor public, des sommes qui échappent actuellement à sa prise ».Elle semble avoir eu un effet pervers : l\u2019État a développé une accoutumance à ces sources de revenus.Il en veut toujours plus, au mépris de certaines de ses missions fondamentales, dont la santé, mais aussi \u2014 pour reprendre l\u2019expression de Ryan \u2014 « l\u2019ordre organisé ».Risible serpent qui se mord la queue.Au moment où l\u2019État se prend à rêver d\u2019une nouvelle source de revenus provenant d\u2019un autre « vice », la marijuana, une ré?exion s\u2019impose.Jusqu\u2019où l\u2019État peut-il se ?nancer ainsi sans devenir «drogué» lui-même ?Dans le cas des loteries vidéo, il faudra plus que le peigne ?n de Martin Coiteux et l\u2019indignation de Carlos Leitão.Pourquoi ne pas commencer, comme le réclamait le péquiste Stéphane Ber- geron, par «dépêcher la vérificatrice générale à Loto-Québec afin d\u2019enquêter sur la gestion des appareils de loterie vidéo»?La Régie devrait aussi faire l\u2019objet d\u2019une enquête sérieuse.L E D E V O I R , L E L U N D I 2 4 O C T O B R E 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S L\u2019entrevue Lutte contre la violence ou présomption d\u2019innocence, l\u2019enjeu est plus vaste.La prise de parole d\u2019Alice Paquet, dont la touchante entrevue avec Anne-Marie Dus- sault, nous expose un spectre de teintes entre ombre et lumière.Entre les gestes qui se taisent et les silences qui disent tout, où et quand fixer ce point de basculement qui brise ou confirme le nécessaire consentement sexuel ?Cette question ne peut être auscultée par la seule écoute juridique, mais aussi par celle de la psychologie et de l\u2019éthique.Il y a ces autres questions à entendre, dont le temps et la capacité de porter plainte.Par son exemplarité, l\u2019examen clé ouvert par Mme Paquet L I B R E O P I N I O N B E R N A R D V A C H O N Professeur retraité du département de géographie de l\u2019UQAM Spécialiste en développement local et régional J\u2019 arrive de la Gaspésie.Un périple en escargot, lentement, multipliant les arrêts, déambulant dans les villages, observant, questionnant, explorant l\u2019assise et l\u2019âme de ce pays.La Gaspésie émeut et invite à un regard prospectif.Elle émeut par la solidité sauvage de son socle appalachien, ses paysages majestueux, ses villages paisibles au fond des baies, le mariage tumultueux de la mer et de la montagne, l\u2019horizon bleu qui n\u2019en finit pas de se déployer, son rocher qui défie les millénaires, le contraste marqué entre la rive océane brute et escarpée au nord et celle de la baie des Chaleurs, douce et joyeuse, au sud.Elle invite à la prospective par la frugalité et la simplicité du mode de vie dont les gens d\u2019ici semblent se satisfaire, la faible densité de l\u2019habitat qui laisse toute la place aux éléments naturels, la diversité des initiatives qui foisonnent dans les petites villes et les villages sous l\u2019impulsion d\u2019une population rési- liente et des idées innovantes des nouveaux résidants venus le plus souvent des grands centres.Et s\u2019il y avait là les germes d\u2019un prototype de société durable pour assurer la pérennité de notre planète.Vous me direz que ce por trait idyllique masque une autre réalité faite d\u2019îlots de frugalité subie et d\u2019un « retard de développement » de la région par rapport au reste du Québec que soulignent des indicateurs tels que l\u2019évolution démographique, le vieillissement de la population, le niveau de revenu des ménages, les taux de chômage et d\u2019assistance sociale, le degré de scolarisation, etc.Certes, mais plusieurs de ces indicateurs se sont appréciés au cours des quinze dernières années, traduisant une amélioration des condit ions de la vie quotidienne.Et des jeunes s\u2019installent.Tout aussi fondamental que les critères économiques il y a le degré de satisfaction personnelle qui, sans nier les indicateurs de croissance, prend en compte des variables qualitatives qui renvoient aux valeurs individuelles et collectives partagées par les membres d\u2019une société.Il s\u2019agit du vivre ensemble, de l\u2019appartenance à un lieu et à une communauté, de la promotion de la culture, de la qualité de l\u2019air et de l\u2019eau, de la sécurité, de l\u2019accès libre au milieu naturel, de l\u2019équilibre entre la vie professionnelle et la vie familiale, de la sauvegarde de l\u2019environnement, etc.Gaspésie, région d\u2019avenir Les écosystèmes biophysiques et sociaux retiennent une attention inédite depuis une trentaine d\u2019années alors que des menaces pèsent sur l\u2019équilibre et la « durabilité » des milieux naturels, et que nos modes de vie évoluent vers toujours plus de stress, d\u2019atteintes à la santé et d\u2019insécurité.Des virages importants sont requis pour assurer l\u2019avenir de la planète et de l\u2019humanité.Dans ce contexte, des prises de conscience individuelles et collectives surviennent, modifiant les systèmes de valeurs établis et entraînant des changements dans les attitudes et les comportements des personnes, les modes de production et les organisations économiques et sociales.Ce processus évolutif est appelé à s\u2019amplifier avec l\u2019aggravation des problématiques de croissance.Parallèlement, la structure économique de plus en plus immatérielle du fait de l\u2019apport des technologies de l\u2019information et des communications, et de la révolution numérique qui pénètre dans tous les secteurs de la production et des services, permet une déconcentration (dés- patialisation) d\u2019un nombre croissant d\u2019entreprises et de lieux de travail.La conjugaison des révolutions technologique et numérique avec la dématérialisation accrue de la structure économique et la montée des valeurs environnementales et sociales contribue à accroître l\u2019attractivité des régions, de leurs villes et territoires ruraux.Si l\u2019on ne peut encore parler d\u2019un renversement de tendance dans la courbe de l\u2019exode pour plusieurs régions, les conditions sont de plus en plus réunies pour engager le ralentissement et à terme le renversement.On fait le choix d\u2019une région pour le cadre de vie, pour une meilleure qualité de vie.On y implante son entreprise, on y travaille localement ou à distance, on y fixe sa résidence, on y élève sa famille, on y écoule sa retraite.Pour ces raisons, la Gaspésie est une région d\u2019avenir et doublement, car le développement durable trouve ici un territoire, des organisations sociales, des solidarités, des sensibilités à l\u2019environnement et à la culture, une empreinte écologique faible, des ouver tures à l\u2019innovation\u2026, autant de préalables à ce virage incontournable.Sur le terrain, les initiatives se multiplient : agriculture biologique et transformation agroalimentaire, microbrasse- ries, vergers et vignobles, galeries d\u2019art, restauration et hébergement, coopératives forestières et des pêches, etc.Les pouvoirs publics doivent prendre conscience des atouts et du potentiel d\u2019avenir de la Gaspésie.Des projets industriels comme celui de la cimenterie McInnis de Port-Daniel- Gascons devront se soumettre à un code environnemental des plus rigoureux pour ne pas compromettre l\u2019identité de la région et sa vocation en gestation de figure de proue du développement durable.Émouvante, résiliente, inspirante Gaspésie FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente des ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET La clé de la réussite de l\u2019école privée Tout d\u2019abord, précisons que les écoles privées, qui sont des organismes à but non lucratif, ne sont pas subventionnées à hauteur de 65%, mais plutôt de 40%, comme le souligne le ministère dans le document Indicateurs de gestion \u2014 Établissements d\u2019enseignement privés.Par ailleurs, comme le soulignait récemment une étude de l\u2019Institut Fraser, seules une minorité d\u2019écoles privées effectuent une sélection des élèves en fonction des résultats scolaires.La majorité d\u2019entre elles ont adopté une approche d\u2019ouverture à des élèves aux profils variés, où chacun trouve sa place et un environnement qui lui permet de développer son plein potentiel.Si l\u2019école privée affiche des taux de réussite aussi élevés, ce n\u2019est pas parce qu\u2019elle sélectionne les meilleurs élèves.C\u2019est parce qu\u2019elle sélectionne son personnel et le mobilise autour d\u2019un projet éducatif étoffé et inspirant.C\u2019est parce qu\u2019elle valorise l\u2019autonomie et le développement professionnel de ses enseignants.Au-delà de la diploma- tion, elle offre aux jeunes qui la fréquentent un encadrement serré, du plaisir dans l\u2019effort et différentes possibilités de s\u2019épanouir en classe et à l\u2019extérieur de la classe.Le modèle de l\u2019école uniforme où on fait entrer tous les enfants dans le même moule et où on les fait tous avancer au même r ythme appar tient à une autre époque.Il n\u2019a pas produit les résultats escomptés et ne correspond certainement pas aux attentes des jeunes du XXIe siècle.Plutôt que de rêver à une classe ordinaire et uniforme où tous les élèves font la même chose en même temps, valorisons les initiatives en éducation qui permettent à des élèves aux profils variés de s\u2019engager activement dans leur éducation, de réussir et de devenir des adultes bien équipés pour être heureux et contribuer à améliorer notre société.Jean-Marc St-Jacques Président de la Fédération des établissements d\u2019enseignement privés Le 19 octobre 2016 Le «Québec un pays » ou le «Québec dans le Canada » à revoir Le PQ et la CAQ devraient abandonner la promotion, dans leurs programmes, de leurs options constitutionnelles respectives, pour laisser ça entre les mains d\u2019autres organismes, comme l\u2019Institut de recherche sur l\u2019autodétermination des peuples et les indépendances nationales, l\u2019IRAI, et des instituts qui travaillent pour la promotion du fédéralisme canadien, au Québec.Ces deux partis pourraient seulement promettre un référendum si le « Québec un pays » devient majoritaire dans de futurs sondages des Québécois, sur une période minimum, disons d\u2019un an.Le PLQ n\u2019a pas besoin d\u2019en tenir un, vu qu\u2019il aime le Québec dans le Canada, tel qu\u2019il est là, sans changements.Gilles Bousquet Saint-Hyacinthe, le 22 octobre 2016 aidera à mieux définir les conditions du consentement.Malgré les mises en garde des juristes, on ne peut que soutenir la parole publique de la courageuse plaignante, un peu comme son accompagnatrice pendant l\u2019entrevue.Celle-ci n\u2019a rien dit.Sa seule présence disait tout : je suis là.Pascal Barrette Ottawa, le 22 octobre 2016 LOTERIES VIDÉO, RACJ ET CRIME ORGANISÉ L\u2019État complice C ANTOINE ROBITAILLE L E D E V O I R , L E L U N D I 2 4 O C T O B R E 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François 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N E H I R S C H Université du Québec à Trois-Rivières e 16 septembre dernier, le ministre de l\u2019Éducation a annoncé une consultation publique en vue d\u2019élaborer une Politique de la réussite éducative, de la petite enfance à l\u2019âge adulte.Parmi les thèmes de réflexion, qui font partie des grandes priorités du XXIe siècle, la prise en compte de la diversité, l\u2019adoption de pratiques d\u2019équité et le développement des compétences interculturelles et civiques du personnel scolaire et des élèves sont particulièrement centraux.En ef fet, et malgré l\u2019expertise développée dans les milieux, les intervenants des systèmes éducatifs doivent prendre en compte des réalités de plus en plus complexes, devant lesquelles ils se sentent parfois démunis : discriminations multiples et racisme, accommodements raisonnables, arrivée de réfugiés, radicalisation, et autres.Face à ces enjeux, l\u2019adaptation des institutions pour favoriser le vivre-ensem- ble et garantir des conditions d\u2019équité pour chacun représente un défi permanent.Des carences Le Québec a fait des avancées majeures depuis les années 1960 pour adapter son système éducatif à la diversité, notamment pour accueillir, depuis la loi 101, les jeunes issus de l\u2019immigration dans le secteur français, qu\u2019ils fréquentent aujourd\u2019hui à plus de 90 %.En témoignent un dispositif impressionnant, ainsi que les résultats globalement favorables de ces élèves en matière de persévérance scolaire au secondaire et de cheminement vers les études collégiales et universitaires.À cet égard, les élèves de 2e génération (nés au Canada de parents immigrants) ont un profil plus positif que l\u2019ensemble des élèves québécois, et ceux nés à l\u2019étranger font preuve d\u2019une résilience supérieure à celle de leurs pairs natifs de milieu socio-économique équivalent.La recherche québécoise révèle cependant des «zones de vulnérabilité », qui touchent autant la prise en compte des besoins et réalités de certains de ces élèves que le vivre-ensemble dans les écoles.Elles prennent parfois la forme de représentations, de processus ou de pratiques qui ont des effets involontairement préjudiciables sur les parcours scolaires, tels qu\u2019une offre de services inappropriée au regard des besoins, une «culturalisation» des difficultés scolaires, une faible adaptation des liens école-fa- mille-communauté à la réalité pluriethnique, ou encore une inadéquation des processus d\u2019évaluation et de classement des élèves.Ainsi, plusieurs jeunes arrivés en cours de scolarité secondaire au Québec, souvent allophones ou en situation de grand retard scolaire, sont dirigés dès 16 ans au secteur de la Formation générale des adultes (FGA), où les services sont moins nombreux ou adaptés à leurs besoins.Par ailleurs, de nombreux jeunes des minorités visibles connaissent une construction identitaire difficile, marquée par des sentiments de racisme et d\u2019injustice, et un parcours scolaire moins favorable, af fecté par leur « surétiquetage » comme élèves en difficulté et des mesures disciplinaires plus sévères.Par ailleurs, la formation initiale du personnel scolaire sur la diversité se résume souvent à un seul cours dans les programmes de quelques universités, et les étudiants ne sont pas évalués sur leurs compétences intercultu- relles dans les stages.De plus, le corps enseignant est encore peu diversifié, et le personnel issu de l\u2019immigration récente rencontre des obstacles en emploi.Enfin, les études constatent des difficultés, des malaises ou des résistances chez les enseignants pour aborder des sujets sensibles, notamment les questions religieuses, les rapports entre majoritaires et minoritaires et les droits et libertés, même chez les enseignants d\u2019éthique et culture religieuse ou d\u2019histoire et éducation à la citoyenneté.Rendre obligatoire la formation sur la diversité Une politique nationale d\u2019éducation sur la réussite doit donc orienter les acteurs scolaires vers l\u2019élimination de ces « zones de vulnérabilité » au sein des institutions et, à cet égard, leurs compétences sont centrales.Pour ce faire, et dans la foulée des développements internationaux et nationaux en matière de politiques d\u2019éducation inclusive, elle devrait viser simultanément à lutter contre les discriminations, l\u2019intimidation, la violence et le décrochage, à offrir une éducation de qualité qui développe le plein potentiel de tous dans le respect de l\u2019équité et des droits et libertés, et à préparer les élèves à devenir des citoyens responsables et engagés envers la justice, la résolution des conflits et la protection de l\u2019environnement.Cette nouvelle politique devrait se poser clairement comme inclusive, systémique et holis- tique, afin d\u2019agir comme cadre de référence global, proposant aux écoles une démarche d\u2019implantation et des outils pour mettre au jour les mécanismes préjudiciables et améliorer les pratiques de tous types.Puisque l\u2019équité consiste à soutenir les apprenants tout au long de leur parcours, la politique devrait donc cibler tous les ordres d\u2019enseignement (du préscolaire à l\u2019université) et offrir une continuité de services adaptés aux besoins, en facilitant les transitions entre secteurs.Enfin, une politique inclusive doit favoriser le développement d\u2019une culture de cores- ponsabilité, d\u2019engagement et de responsabilisa- tion de tous, sous forme d\u2019écosystèmes de compétences dans chaque école, fondés sur les apprenants et le personnel comme ressources et sources de savoirs, savoir-faire et savoir-être.À cet égard, elle doit rendre obligatoire la formation sur la diversité dans tous les programmes universitaires pour le personnel scolaire, et intégrer des compétences interculturelles dans les référentiels ministériels.Plus de 200 personnes vont débattre de ces questions du 26 au 28 octobre à Montréal lors de la 2e Rencontre internationale du Réseau international Éducation et diversité, organisée par l\u2018Observatoire sur la formation à la diversité et l\u2019équité, en croisant leurs regards sur les politiques inclusives et les défis de la formation du personnel scolaire sur ces enjeux au Québec, en France, en Suisse et en Belgique.S\u2019attaquer aux « zones de vulnérabilité » Pour une nouvelle politique d\u2019éducation centrée sur l\u2019inclusion et les compétences de tous JACQUES NADEAU LE DEVOIR Malgré des avancées majeures du Québec pour adapter son système éducatif à la diversité, notamment pour accueillir les jeunes issus de l\u2019immigration dans le secteur français, la recherche québécoise révèle cependant des « zones de vulnérabilité», qui prennent parfois la forme de processus ou de pratiques qui ont des effets involontairement préjudiciables sur les parcours scolaires.L A L I C E P A Q U E T a vie publique a débuté avec fracas.Lors de la « vigile en soutien aux sur vivantes » d\u2019agressions sexuelles à l\u2019Université Laval, j\u2019ai voulu apporter mon soutien au mouvement #onvouscroit par mon propre témoignage, dont la portée et le traitement dans l\u2019espace médiatique m\u2019ont rapidement échappé.J\u2019ai en effet perdu le contrôle sur l\u2019histoire, les faits et leur interprétation : alors que j\u2019avais été présentée d\u2019abord comme une fille confuse, puis comme une ex-prostituée, tout était mis en œu- vre pour éroder la force et la crédibilité de ma parole.Ce qui me choque, c\u2019est qu\u2019on ait fouillé dans ma vie privée pour y repérer des détails qui n\u2019ont servi qu\u2019à détourner l\u2019attention publique de l\u2019agression dont j\u2019ai été victime et à camoufler l\u2019enjeu principal \u2014 en l\u2019occurrence la banalisation et la minimisation systématiques des violences sexuelles à l\u2019endroit des femmes.Un article du Journal de Québec indique effectivement que des «révélations troublantes » à mon propos sont par ues à la suite des recherches d\u2019un blogueur.On y apprend notamment que j\u2019ai déjà été escorte, comme si une telle information avait une incidence sur le bris de consentement dont j\u2019ai été victime, à l\u2019instar de tant de femmes.Cette intrusion dans ma vie privée ne m\u2019apparaît pas seulement comme du voyeurisme déplacé, mais constitue bien le prolongement d\u2019une longue tradition de dénigrement des femmes qui osent parler de sujets tels que le viol ou le harcèlement, en public comme en privé.Beaucoup de questions m\u2019ont été posées : pourquoi être remontée à sa chambre ?Pourquoi n\u2019ai-je pas dénoncé immédiatement après les événements ?On m\u2019a interrogée sur ce que je portais, le nombre de verres que j\u2019ai bus ce soir-là.Et celui d\u2019après.Beaucoup de réponses me viennent à l\u2019esprit : parce qu\u2019on m\u2019a fait comprendre qu\u2019une femme qui se fait agresser l\u2019aurait mérité.Parce que j\u2019ai figé, que j\u2019ai eu peur, que j\u2019ai cédé.Cette peur et cette violence sont vécues quotidiennement par d\u2019innombrables femmes, et ce n\u2019est que par une réponse collective que nous saurons vaincre.La culture du viol ne peut être combattue par une seule personne, elle doit être contrée par un mouvement fort, porté par plusieurs voix.J\u2019exige donc qu\u2019on ne réduise pas ce mouvement à une seule femme, et que cette femme ne soit pas réduite à ses attraits physiques, ses choix de vie ou sa santé mentale.J\u2019ai l\u2019impression que le centre du monde est concentré sur l\u2019exclusivité de mon corps.C\u2019est une réalité qui touchera toujours trop de femmes, aussi longtemps qu\u2019une seule d\u2019entre elles sera affectée par celle-ci.Je suis devenue \u2014 un peu malgré moi \u2014 la porte-parole de la riposte féministe en cours, mais je reste spectatrice d\u2019une pente raide qui me terrifie et qui ne semble même plus m\u2019appartenir : ma vie privée.Nous sommes fortes, nous sommes indestructibles, et c\u2019est ensemble que nous avancerons.Courez avec votre corps, pas contre.« Elle a pas l\u2019air d\u2019une fille qui s\u2019est fait violer » JACQUES NADEAU LE DEVOIR Alice Paquet (à droite), en compagnie de Maïtée Labrecque-Saganash, a pris la parole pour dénoncer les agressions sexuelles dont elle a été victime.M L E D E V O I R , L E L U N D I 2 4 O C T O B R E 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S même si le stationnement va poser certains défis.Les sages-femmes offraient leurs ser vices depuis 2008 dans le quartier, à domicile ou à l\u2019Hôpital Saint-Luc, indépendamment des médecins \u2014 mais toujours avec leur collaboration, au besoin.Depuis le 23 septembre dernier, la très attendue maison de naissance a été inaugurée, une fête à laquelle des centaines de citoyens du quar tier se sont joints.Depuis, entre les murs rassurants d\u2019une des quatre chambres, il y a eu déjà 15 naissances, dont la première dès le lendemain de l\u2019ouverture.Attablées à la cuisine lumineuse dont les meubles ont été confectionnés par une mère et artisane qui a bénéficié du suivi des sages-femmes, Selvi Annoussamy et Magali Letarte confient à quel point il était primordial pour elles d\u2019avoir pignon sur rue dans le quartier.Le défi de la vulnérabilité L\u2019emplacement a été difficile à trouver, car les terrains se font chers et rares.Il aura fallu deux appels d\u2019offres pour trouver un propriétaire.Celui qui a accepté de se lancer a fait raser une brocante qui se trouvait sur ces lieux pour y élever un bâtiment moderne et lumineux dont les deux premiers étages sont occupés par la maison des naissances, qui est locataire.Des logements constituent le dernier étage \u2014 bien insonorisé, il va sans dire! La vision communautaire de la pratique de sage-femme prend tout son sens dans cette maison de naissance.«Notre clientèle pourrait être composée de plus de femmes qui vivent dans des situations vulnérables qu\u2019elle ne l\u2019est présentement », reconnaît la sage- femme Alice Montier, au détour du large couloir qui relie les chambres de naissance aux espaces communs.Un jeune couple visite avec elle, avant la naissance de leur premier enfant.Ils habitent le Plateau Mont-Royal voisin.« Nous sommes à la fois sages-femmes, nutritionnistes, infirmières, psychologues, confidentes, constate Mme Montier.On se doit d\u2019aller vers les femmes plus vulnérables, car nous avons beaucoup à leur apporter.On ne portera jamais de jugement sur elles : on leur parle d\u2019égale à égale.Si elles ne prennent pas assez de poids pendant la grossesse, on ne va pas les gronder.On va chercher à comprendre, constater peut-être qu\u2019elles ne mangent pas à leur faim, trouver des solutions ! » Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a implanté dans cette maison de naissance des moyens uniques pour l\u2019aider à remplir sa mission.Les équipes des Services intégrés en périnata- lité et pour la petite enfance (SIPPE) y ont leurs bureaux.Une nutritionniste, une travailleuse sociale et une infirmière doivent se joindre à l\u2019équipe.« C\u2019est la maison de naissance du XXIe siècle », s\u2019exclame Ma- galie Letarte.Partager les lieux permettra aux parents plus vulnérables qui utilisent les SIPPE de se tour ner vers les sages- femmes au moment d \u2019une grossesse s\u2019ils le souhaitent, et à ces dernières d\u2019offrir rapidement un suivi aux mères qui en ont besoin.L\u2019égalité au cœur de la relation « Les sages-femmes travaillent dans une relation continue, dans la confiance et l\u2019égalité.C\u2019est précisément ce qui est le plus gagnant en contexte de vulnérabilité», constate Magali Letar te.Après trois grossesses, dont deux suivies par des sages-femmes, elle a continué à militer pour l\u2019ouverture de la maison de naissance en pensant aux femmes qu\u2019elle côtoie chaque jour dans le quartier.« Ce sont des femmes qui demandent qu\u2019on prenne notre temps, explique Selvi Annous- samy.J\u2019ai vu des patientes qui, en devenant mères, sont devenues des femmes, parce qu\u2019on leur a donné le pouvoir sur leurs choix».Pour Magal i Letar te, les jeunes pères du quartier ont tout autant à gagner d \u2019un suivi avec une sage-femme.« Ils ne sont pas toujours valorisés dans leur rôle de parent.Les sages-femmes peuvent leur redonner confiance, leur montrer que cette place leur appartient, en les incitant à prendre part activement à l\u2019accouchement notamment.» Les sages-femmes n\u2019imposent rien.Elles informent, appuient, soutiennent.À la mère de décider des tests qu\u2019elle accepte de subir, de son accouchement, des soins au bébé, de l\u2019allaitement.Les ser v ices des sages- femmes sont très demandés, et la liste d \u2019attente, réelle .Elles ont le mandat de suivre les grossesses à fa ible r isque .Alors que 80 % de grossesses correspondent à ce cr i tère et que 25 % des femmes souhaitent ce type de suivi, seulement 2 % des suivis sont assurés par des sages-femmes.Québec vise 10 % dans sa Politique de Pé- rinatalité 2008-2018.Pour éviter que toutes les places soient occupées par les femmes souvent éduquées et favor isées qui les contactent dès le test de grossesse positif, il faut réserver des places en priorité aux femmes du quar tier qui vivent dans un contexte de vulnérabilité « Souvent, elles vont appeler à vingt semaines de grossesse, quand le bébé commence à bouger, constate Mme Annoussamy.Plusieurs n\u2019ont même pas le téléphone à la maison ! » Celles-là n \u2019auront qu \u2019à frapper à leur porte, toujours ouverte.Déjà, elle constate avec satisfaction que la mixité est au rendez-vous dans les rencontres d\u2019information qui présentent les services de la maison de naissance aux futurs parents qui manifestent leur intérêt.«Et neuf sur dix décident de poursuivre avec nous ! » Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 NAÎTRE Environ 10 % des femmes qui accouchent présentent un ou plusieurs critères de vulnérabilité les rendant admissibles aux Services intégrés en périnatalité et pour la petite enfance (SIPPE), soit : Avoir moins de 20 ans ; Ne pas avoir de diplôme d\u2019études secondaires ou d\u2019études professionnelles ; Vivre sous le seuil de faible revenu.Plusieurs autres facteurs concomitants peuvent s\u2019additionner à ces critères de base, comme le fait d\u2019être immigrante, mère célibataire, d\u2019être isolée, d\u2019avoir des problèmes de santé mentale, par exemple.Certaines de familles visées par les SIPPE sont en difficultés, d\u2019autres non.Ces critères constituent des facteurs de risque de vulnérabilité.Leur présence peut nuire à la relation parent- enfant ou au développement optimal de l\u2019enfant.Source : Rapport du comité-conseil post-chantiers sur les SIPPE déposé au ministère de la Santé et des Services sociaux, 2011.Quels sont les critères de vulnérabilité ?Les 36 000 personnes qui vivent dans le quartier sont en moyenne plus jeunes et plus pauvres que sur le reste de l\u2019île : Le revenu médian des ménages est de 30 991 $, contre une moyenne de 38 177 $ pour Montréal.48% des familles avec enfants du Centre-Sud sont des familles monoparentales.23% des habitants du quartier sont issus de l\u2019immigration.43% des enfants vivent sous le seuil de faible revenu.12% des résidants ne possèdent aucun diplôme.Source : Table de développement social Centre-Sud, données de Statistique Canada, recensement de 2011.Portrait du Centre-Sud phone, à l\u2019heure où il mène une vaste révision de ses priorités en développement international.Pour la deuxième année d\u2019affilée, et la troisième en quatre ans, l\u2019Afrique francophone subsaharienne a connu, en 2015, les meilleures performances économiques du continent noir, selon la Banque mondiale.Malgré cela, d\u2019énormes défis demeurent, particulièrement pour la jeunesse africaine.«Il y a un grand constat qui se fait : l\u2019explosion démographique en Afrique francophone, et les besoins des jeunes, a af firmé Mme Bibeau.Tous ces jeunes en Afrique ont besoin de croire en l\u2019avenir, d\u2019avoir des opportunités en éducation, en formation, en emploi.Le Canada doit travailler avec ces pays pour créer des emplois, de l\u2019espoir.Ce sera un axe d\u2019intervention important pour nous.» Migration et terrorisme Il s \u2019agit là d \u2019un enjeu économique, mais aussi de paix et de sécurité mondiale, soutient la ministre et ex-entrepreneure, qui a commencé sa carrière à l\u2019Agence canadienne de développement international, séjournant notamment au Maroc et au Bénin.« Tous ces jeunes désespérés qui cessent de croire en l\u2019avenir de leur pays, il y a des risques qu\u2019ils viennent grossir les flots de migrants ou, pire, de groupes armés ou terroristes.» Le Canada pourrait également tirer profit de ces efforts visant à offrir un avenir plus prometteur aux jeunes d\u2019Afrique.Pour la première fois en juillet, les provinces et territoires se sont entendus sur une cible d\u2019immigration francophone à l\u2019extérieur du Québec de 5 %.Un sommet sur l\u2019immigration francophone doit par ailleurs se tenir au printemps 2017, afin de «déterminer les moyens d\u2019action à prendre » pour atteindre la cible.L\u2019Afrique sera certainement au cœur des discussions.Expertise et mariages forcés À Madagascar, Ottawa compte aussi mettre en avant une résolution por tant sur la lutte contre les mariages précoces et forcés d\u2019enfants, l\u2019un de ses chevaux de bataille à l\u2019échelle internationale.Chaque année dans le monde, on estime que 15 millions de filles âgées de moins de 18 ans sont forcées de se marier.Le sort réservé par de nombreux pays aux minorités, quelles qu\u2019elles soient, fera aussi l\u2019objet de pourparlers.Autre signe de ce réengagement en Afrique, Ottawa entend travailler de près avec les gouvernements de plusieurs pays tels que le Burkina Faso, le Sénégal, ou encore le Mali, afin de partager son expertise en matière de santé, d\u2019éducation et de saine gouvernance.« Ils veulent qu\u2019on les aide à développer des compétences pour que leurs gouvernements soient plus autonomes, a résumé Mme Bibeau.Dans cer tains cas, on s\u2019intéresse aussi aux finances.La fiscalité est un élément dans lequel on peut intervenir et fournir notre expertise.» La langue française joue dans ce contexte un rôle rassembleur.«C\u2019est beaucoup plus facile de se comprendre quand on parle la même langue.» Québec veut parler LGBT Québec n\u2019est pas en reste : le gouvernement Couillard fera connaître une proposition concernant la radicalisation menant à la violence, a indiqué en entrevue la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre.À titre de gouvernement participant, le Québec dispose de la plupart des pouvoirs des États membres.Mme St-Pierre souhaite également « sensibiliser », mais « sans que cela passe nécessairement par une résolution », les pays de la Francophonie à la question des droits des personnes lesb iennes, ga ies, b isexuelles ou transgenres (LGBT).Dans certains pays, en Afrique notamment, le simple fait d\u2019être gai peut mener à la prison, voire à la mort, a-t- elle rappelé.« On pense que l\u2019OIF peut et doit se pencher sur cet enjeu de société.Le Québec et le Canada forment un peuple très ouvert, et on doit parler de cet enjeu-là avec les autres membres.» Fondée en 1970, l\u2019OIF compte 80 États ou gouvernements (54 membres de plein droit, 3 associés et 23 observateurs), répartis sur les cinq continents.Michaëlle Jean, l\u2019ex-gouver- neure générale du Canada, est secrétaire générale de l\u2019OIF depuis janvier 2015.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 FRANCOPHONIE L\u2019Ontario bientôt membre de l\u2019OIF En plus de marquer le «retour» du Canada dans la francophonie internationale, le Sommet de Madagascar devrait selon toute vraisemblance confirmer l\u2019adhésion de l\u2019Ontario à l\u2019OIF, après des années d\u2019attentes.La province désire recevoir un statut d\u2019observateur au sein de l\u2019OIF, «et ce, dans l\u2019idée d\u2019y obtenir par la suite le statut de membre de plein droit », révèlent des échanges entre les premiers ministres Kathleen Wynne et Justin Trudeau, dont Le Devoir a obtenu copie.Le Québec et le Nouveau-Brunswick sont déjà membres à part entière depuis les années 1970.Contrairement à son prédécesseur, le gouvernement Trudeau appuie « sans réserve» cette démarche, s\u2019engageant à «préparer une campagne efficace visant à convaincre et rallier les autres membres de l\u2019OIF».Des consultations avec des partenaires clés tels que « la France, la Suisse, la Belgique, ainsi que le Sénégal et Madagascar» sont d\u2019ailleurs en cours, explique M.Trudeau dans sa lettre à son homologue.En coulisse, à Ottawa, on souligne que la demande ontarienne a reçu un « accueil très favorable » chez les États membres au cours des derniers mois.« On n\u2019a pas de raison de croire que quiconque s\u2019y opposera », dit-on.Les quelque 612 000 Franco-Ontariens forment la plus importante communauté francophone du Canada en dehors du Québec.détails qui n\u2019ont servi qu\u2019à détourner l\u2019attention publique de l\u2019agression dont j\u2019ai été victime et à camoufler l\u2019enjeu principal \u2014 en l\u2019occurrence la banalisation et la minimisation systématiques des violences sexuelles à l\u2019endroit des femmes.» Dimanche, elle a remis sa lettre au Devoir \u2014 publiée en page A 7 \u2014 en précisant que tout ce qu\u2019elle souhaitait partager avec le public s\u2019y trouvait.Elle n\u2019a pas souhaité accorder d\u2019entrevue.Tester la crédibilité Au cours des derniers jours, dans les médias traditionnels comme sociaux, la crédibilité de la jeune femme a été testée.Pourquoi est-elle montée dans la chambre du député, écarté du caucus libéral au lendemain de la dénonciation?Lui a-t-elle vraiment dit non?A-t-elle été blessée lors de l\u2019agression présumée?Comme autant d\u2019enquêteurs, des Québécois ont voulu décortiquer les événements présumés pour tenter de leur donner un sens.« Le problème, ou la dif ficulté que posent les situations d\u2019agressions sexuelles, c\u2019est qu\u2019on veut toujours essayer d\u2019expliquer le comportement de la victime.C\u2019est comme si le comportement de la victime allait nous donner de l\u2019information sur le crime qui a été commis », constate la fondatrice et directrice du Centre pour les victimes d\u2019agression sexuelle de Montréal, Deborah Trent.Celle qui œuvre dans le domaine depuis une trentaine d\u2019années n\u2019a pas voulu commenter le cas d\u2019Alice Paquet.Mais elle a partagé des observations qu\u2019elle a cumulées au fil des années.«Comme société, on a toujours eu la perspective voulant qu\u2019une personne qui raconte une agression sexuelle soit une personne qui ment, ajoute-t- elle.C\u2019est beaucoup plus facile, ou acceptable, d\u2019avancer que ce que dit la personne qui dénonce est faux.[\u2026] C\u2019est dur de rester devant le fait que ça s\u2019est passé parce que quelqu\u2019un a décidé qu\u2019il voulait le faire.» Alice Paquet avance une réponse aux questions soulevées par le public dans sa lettre.«Pourquoi être remontée à sa chambre?Pourquoi n\u2019ai-je pas dénoncé immédiatement après les événements?[\u2026 ] Parce qu\u2019on m\u2019a fait comprendre qu\u2019une femme qui se fait agresser l\u2019aurait mérité.Parce que j\u2019ai figé, que j\u2019ai eu peur, que j\u2019ai cédé», écrit-elle.Du «voyeurisme déplacé» Dans son texte, la jeune femme s\u2019en prend aussi au blogueur P.A.Beaulieu, qui a posé des questions sur les allégeances politiques de la jeune femme, abordé l\u2019impact présumé de ses problèmes psychologiques sur sa rencontre avec le député Sklavounos et évoqué la possibilité qu\u2019elle soit (ou ait été) une travailleuse du sexe.«On y apprend notamment que j\u2019ai déjà été escorte, note Alice Paquet dans sa lettre.Comme si une telle information avait une incidence sur le bris de consentement dont j\u2019ai été victime, à l\u2019instar de tant de femmes.» Au blogueur, comme au média qui a repris ses allégations, elle répond en évoquant du «voyeurisme déplacé», qui constitue à son avis «le prolongement d\u2019une longue tradition de dénigrement des femmes qui osent parler de sujets tels que le viol ou le harcèlement, en public comme en privé».Selon Deborah Trent, les risques de dérives sont grands lorsqu\u2019on expose le passé d\u2019une victime.«Ça n\u2019a rien à voir [avec l\u2019agression], dit- elle.On cherche à comprendre quelque chose dans le comportement de la victime qu\u2019on ne ferait pas, pour ensuite se dire: moi, je ne fais pas ça, donc ça ne m\u2019arriverait pas.Donc moi, je fais toutes les bonnes choses pour me protéger.» Au début de sa carrière, elle entendait souvent ce genre de réflexion au sujet des victimes agressées après avoir fait de l\u2019auto-stop.«Les gens disaient: moi, je ne fais pas de pouce, alors je suis correct», illustre-t-elle.Des représentations déformées L\u2019agression sexuelle n\u2019a peut-être pas de définition universelle, incontestée.D\u2019aucuns l\u2019ont souligné dans l\u2019espace public : ils ont offert des visions différentes du consentement ou laissé entendre que les agressions sexuelles étaient hiérarchisées selon leur gravité.À ce titre, les médias \u2014 source principale d\u2019information sur la criminalité et les agressions sexuelles pour la majorité de la population \u2014 peuvent favoriser une perception déformée des agressions sexuelles et véhiculer des mythes à leur sujet, avertit l\u2019Institut national de santé publique du Québec.Dans une étude menée en 2010-2011, l\u2019institut a notamment découvert que les médias sous-représentent les agressions commises à l\u2019intérieur des familles et surreprésentent les agressions sexuelles violentes.Mais les médias peuvent aussi aider les victimes, assure Mme Trent.«Quand il y a une histoire médiatisée, ça génère toujours des appels sur la ligne d\u2019écoute provinciale, observe-t-elle.Il y a des gens qui demandent de l\u2019aide, des gens qui veulent comprendre, qui disent : je pense que j\u2019ai vécu quelque chose.Ils veulent confirmer [des doutes].» De son passage médiatique, Alice Paquet espère que les femmes garderont un message d\u2019unité.«Nous sommes fortes, nous sommes indestructibles, et c\u2019est ensemble que nous avancerons», lance-t-elle dans sa lettre ouverte.La jeune femme doit rencontrer ce lundi les enquêteurs du Service de police de la Ville de Québec.Elle se promet désormais de faire profil bas dans les médias.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ENSEMBLE Deux arrestations Deux étudiants de l\u2019Université Laval ont été arrêtés relativement aux plaintes d\u2019intrusions par effraction dans les résidences de l\u2019établissement la fin de semaine dernière, a annoncé samedi le Service de police de la Ville de Québec.L\u2019un des suspects a été libéré après avoir été interrogé, sous promesse de comparaître.L\u2019autre individu, Thierno-Ourny Barry, âgé de 19 ans, a comparu par vidéoconférence samedi.Il fait face à des chefs d\u2019introduction par effraction.Il pourrait faire face à d\u2019autres accusations liées aux quatre plaintes d\u2019agressions sexuelles que le SPVQ a reçues.Les deux individus se connaissaient.Ils ont été exclus de l\u2019université jusqu\u2019à la fin des procédures judiciaires.L\u2019un des suspects était un résidant du pavillon Parent, où les intrusions ont été rapportées.La Presse canadienne Marie-Claude Bibeau "]
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