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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-10-31, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I N o 2 4 7 L E D E V O I R , L E L U N D I 3 1 O C T O B R E 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Chefferie de Projet Montréal.Luc Ferrandez a une préférence pour la candidate Valérie Plante.Page A 3 Actualités \u203a L\u2019in?uence intellectuelle d\u2019Haïti sur l\u2019histoire du Québec.Page A 4 Avis légaux.B 6 Décès.B 4 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 4 Sudoku.B 2 ?w w w .l e d e v o i r .c o m CHURCHILL, NÉ D\u2019UNE AMÉRICAINE, SE FLATTAIT D\u2019AVOIR DU SANG IROQUOIS.g .or .lfqc www e plaque plus gr avec un ait , il ser es Arm Place d\u2019 acon osse que celle qui r pour M ND TEMPS A GR ort d\u2019un Ir te la mise à m tréal, Québec et Ottawa d on aisonn ois par M oqu er ce f e célébr fondée en 1957 DU QUÉBEC LIGUE DES FEMMES .euve ait Travaux routiers Constats d\u2019infraction en hausse chez les camionneurs Page B 5 Présidentielle L\u2019écart se resserre entre Clinton et Trump Page B 1 P H I L I P P E O R F A L I L e mélodrame wallon étant maintenant chose du passé, le premier ministre du Canada, Justin Tr udeau, et le président du Conseil européen, Donald Tusk, ont enfin pu apposer dimanche leurs signatures à l\u2019Accord économique et commercial global (AECG).En dépit des accolades et des déclarations triomphantes, bien du travail reste néanmoins à faire pour que l\u2019accord de libre-échange Canada-UE entre bel et bien en vigueur.Après sept ans de négociations, après la signature de l\u2019entente de principe en 2014 et celle marquant la fin des négociations en 2015, c\u2019était, dimanche à Bruxelles, l\u2019heure de la signature de l\u2019accord de 1600 pages.Au cours des prochains mois, les Parlements canadien et européen devront donner leur aval pour que s\u2019enclenche sa mise en œuvre provisoire.Cette première ratification permettrait l\u2019entrée en vigueur de 98 % des clauses de l\u2019accord, mais pas moins de 38 Parlements, nationaux ou régionaux, devront ensuite faire de même pour que l\u2019AECG entre en vigueur de façon permanente.« Le travail ne fait que commencer », a reconnu M.Trudeau.Le premier ministre n\u2019a pas fait preuve d\u2019amertume contre le gouvernement socialiste de Wallonie, qui avait semé l\u2019espoir chez les opposants qui fleurissent en Europe, particulièrement en France, en Allemagne et en Autriche, en refusant jusqu\u2019à vendredi de ratifier l\u2019entente, qui touche 29 pays, soit 500 millions d\u2019Européens et 35 millions de Canadiens.«C\u2019est un exemple d\u2019un système qui fonctionne bien.Des gens ont soulevé des questions.On a LIBRE-ÉCHANGE CANADA-UE L\u2019accord est signé, mais beaucoup reste à faire JACQUES NADEAU LE DEVOIR Céline Dion, lors de la remise du Félix honorifique à titre posthume remis au producteur et imprésario René Angélil.S Y L V A I N C O R M I E R U ltramarr qui ne gagne pas le Félix de l\u2019album de l\u2019année \u2013 rock, voyons donc ! Franchement, ça irrite.Oui, bien sûr, Octobre est un bon album des Cowboys Fringants, mais au point de l\u2019emporter dans la catégorie ?Ultra- marr constitue un sommet pour Fred Fortin.Un album essentiel de la chanson québécoise, qui va nous durer toute la vie.Un album salué jeudi dernier lors du « premier gala » des trois de l\u2019ADISQ.Par qui ?Un jury spécialisé.Album de l\u2019année \u2014 choix de la critique.De la même façon, ce dimanche à la grand-messe radiocana- dienne de la chanson d\u2019ici, on a décerné à un Fred Fortin plus qu\u2019estomaqué un autre prix plus qu\u2019important, décidé en petit comité de spécialistes : le Félix « auteur ou compositeur » de l\u2019année (où il n\u2019y avait que du bon et du pas 38E GALA DE L\u2019ADISQ L\u2019audace à moitié récompensée D\u2019un bord, Fred Fortin, Safia Nolin et Jean Leloup, de l\u2019autre Marc Dupré, 2Frères, Marie-Mai C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris D epuis quelques années, le mot «radicalisation» a surgi dans notre vocabulaire.Il est devenu courant de désigner comme des « radicaux » ou même des « radicalisés » (radicalized), ces jeunes qui choisissent de s\u2019engager dans le djihadisme.Au moment où s\u2019ouvre à Québec la conférence de l\u2019UNESCO sur Internet et la radicalisation, le chercheur allemand Günther Jikeli s\u2019interroge à la fois sur l\u2019utilité de ce nouveau concept et le rôle central que joue aujourd\u2019hui l\u2019antisémitisme dans la montée du terrorisme islamiste.Chercheur à l\u2019Université de Potsdam au- jourd\u2019hui professeur invité à l\u2019Institut d\u2019étude de l\u2019antisémitisme contemporain de l\u2019Université ENTREVUE AVEC GÜNTHER JIKELI Aux racines de la « radicalisation », l\u2019antisémitisme JOËL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE Selon Günther Jikeli , il existe une corrélation évidente entre la montée du terrorisme islamiste et la multiplication des actes antisémites en France.VOIR PAGE A 8 : ENTREVUE Lire aussi \u203a Conférence «Internet et la radicalisation».Québec utilisera le Web et les réseaux sociaux pour faire de la prévention.Page A 3 Lire aussi \u203a Restons unis dans l\u2019adversité.Une lettre de la ministre Christine St-Pierre et de la d.g.de l\u2019UNESCO, Irina Bokova.Page A 7 Lire aussi \u203a Lutter contre la radicalisation par la pédagogie.Entrevue avec le professeur de l\u2019Université Concordia Vivek Venkatesh.Page B 3 VOIR PAGE A 8 : AECG VOIR PAGE A 8 : ADISQ « Le pire accord commercial jamais vu » Maude Barlow, présidente du Conseil des Canadiens  : Les accords commerciaux fonctionnent lorsqu\u2019ils protègent et encouragent les emplois et le bien- être de la société, et non lorsqu\u2019ils privilégient les intérêts des sociétés et des plus fortunés.Jerry Dias, président d\u2019Unifor  : Le PTP est un accord bancal qui favorise les droits des sociétés au détriment des citoyens et qui témoigne de la foi aveugle dans le soi-disant libre-échange de l\u2019ancien gouvernement conservateur.Hassan Yussuff, président du CTC  : C\u2019est un accord profondément infondé et nous estimons que les coûts du PTP dépassent de loin les avantages limités que cet accord pourrait procurer.Evangeline Lilly, comédienne dans Lost, The Hobbit et The Hurt Locker  : Si le citoyen canadien moyen savait ce qu\u2019est le PTP et s\u2019il savait qu\u2019il doit obtenir la ratification du Parlement, il protesterait vigoureusement.Tobi Lütke, PDG de Shopify  : Donner [aux États-Unis] les clés pour changer les règles applicables à tous est une immense victoire pour eux sur le plan d\u2019un traité commercial, mais je ne comprends pas vraiment comment ils ont tous accepté de leur accorder aussi facilement.Partout, les Canadiennes et Canadiens dénoncent le PTP.Pour nous assurer que ces voix et d\u2019autres sont entendues, Unifor est à Ottawa afin de prévenir les députés des dangers liés à la ratification du PTP.Voici notre message  : 1.Il doit y avoir un vote libre sur la ratification du PTP afin que les députés votent en fonction du meilleur intérêt de leurs électeurs.2.Le Canada est un pays commerçant et Unifor milite pour le commerce pourvu qu\u2019il soit équitable.Ce qui signifie que les accords doivent aider les Canadiennes et Canadiens à bâtir une meilleure vie.3.Le mécanisme de règlement des différends entre États et investisseurs en vertu du PTP porte atteinte aux lois canadiennes en permettant aux sociétés de poursuivre les gouvernements lorsque les lois nuisent à leurs profits.Ce mécanisme accorde trop de pouvoir aux sociétés.Jim Balsille, fondateur de BlackBerry  : Ne vous y méprenez pas  : votre père n\u2019aurait pas conclu un tel accord commercial.Michael Geist, professeur à l\u2019Université d\u2019Ottawa  : Le PTP est un effort évident des États-Unis d\u2019exporter son cadre règlementaire vers d\u2019autres pays, créant ainsi un avantage économique pour ses compagnies.Dianne Craig, directrice générale de Ford Canada  : Nous ne devons pas rater notre coup avec ces accords commerciaux, et tel qu\u2019il est formulé à l\u2019heure actuelle, le PTP n\u2019aura aucun impact positif sur le secteur manufacturier au Canada.Flavio Volpe, Association des fabricants de pièces d\u2019automobile: Ce gouvernement a hérité du PTP qui ne répond pas aux besoins du secteur des pièces d\u2019automobile.Laura Tribe, directrice exécutive d\u2019Open Media  : Le PTP est un accord antidémocratique qui va nous dépouiller de nos droits en matière de contenu numérique et menacer le réseau ouvert Internet.Les Canadiennes et Canadiens se sont clairement exprimés, ils ne veulent pas de cet accord et s\u2019attendent à ce que le gouvernement libéral le rejette pour élaborer une politique inclusive en consultation avec les intervenants de la société civile.Gus Van Harten, professeur de droit à l\u2019École Osgoode Hall: Le PTP fausserait les règles du marché en faveur des multinationales.Unifor croit en un commerce qui aide les Canadiennes et Canadiens.Le PTP n\u2019est pas ce type d\u2019accord commercial.Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site Unifor.org/ptp Joseph Stiglitz, économiste et lauréat du Prix Nobel, au sujet du Partenariat transpacifique EW:CFU L E D E V O I R , L E L U N D I 3 1 O C T O B R E 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 C omment financer les ser vices sociaux, l\u2019éducation, les arts, la culture, bref tout ce par quoi une société montre sa grandeur autant que sa dignité à la face de l\u2019humanité ?Comment ne pas continuer de se faire croire que c\u2019est à force de déshabiller Pierre à qui mieux mieux qu\u2019on trouvera un jour à habiller Jean décemment ?Ils sont nombreux ceux qui rêvent du jour où cette hémorragie que sont les paradis fiscaux sera au moins stoppée.Comment se fait-il que des milliards de dollars continuent de se la couler douce au soleil tandis que chez nous tout apparaît parfaitement gelé?En avril dernier, le gouvernement Trudeau a dit mettre en place des changements à l\u2019Agence du revenu afin qu\u2019elle soit mieux à même de détecter plus d\u2019évadés de la fiscalité.C\u2019est sans compter sur le fait que les plus grosses évasions se réalisent en fait dans un cadre par faitement légal mis en place par l\u2019État lui-même\u2026 Bien monté à cheval sur l\u2019orthodoxie du lais- ser-faire sans frontière, aucun gouvernement n\u2019ose en fait avouer qu\u2019il favorise de son plein gré de telles échappatoires fiscales.En matière de paradis fiscaux, le gouvernement Trudeau a compris que rien ne sert de courir puisqu\u2019il lui suffit de discourir.La semaine dernière par exemple, une proposition du Bloc québécois a été rejetée du revers de la main à la Chambre des communes.Le Bloc proposait pourtant ceci, qui ne tient pas d\u2019un stérile esprit de parti : que « le gouvernement devrait mettre un terme à l\u2019évitement fiscal généralisé qui se pratique par l\u2019entremise des nombreuses coquilles vides à la Barbade mises en place par des entreprises canadiennes, notamment en modifiant » la loi, «de manière à spécifier que toute entreprise qui a droit à un avantage fiscal spécial accordé par la Barbade n\u2019est pas exonérée de l\u2019impôt par l\u2019ef fet d\u2019un traité fiscal ».Proposition battue, rejetée, écrasée par la majorité libérale.On peut bien pester contre Donald Trump, mais admettons au moins que le candidat républicain n\u2019a pas tout à fait tort d\u2019affirmer, en réponse à ceux qui lui reprochent de ne pas payer d\u2019impôt, qu\u2019il ne fait que profiter de lois permissives que les gouvernements ont sciemment adoptées au profit de leurs amis fortunés.Rien de bien différent d\u2019ailleurs au pays des érables.Un des secteurs qui pâtissent le plus de ces rapines institutionnalisées par des traités est celui de la culture.Pourquoi l\u2019État n\u2019admet-il pas une bonne fois pour toutes la nécessité d\u2019une politique culturelle ferme, diligente et conséquente, puisque cela est au fondement de notre société ?À entendre les appels à l\u2019aide qui se multiplient, on se croirait revenu au temps chaotique du mécénat des empereurs, des rois, des princes, des cardinaux et des pharaons de la finance, lesquels se piquaient de soutenir certains artistes pour autant que cela corresponde à leurs caprices du moment.À quoi assiste-t-on en ce moment?Plusieurs organismes culturels se retrouvent quasi nus, prêts à être dépecés sur une planche à découper.La Médiathèque Gaëtan Dostie, vaste collection vouée à la diffusion de la littérature, se retrouve à la rue puisque la Commission scolaire de Montréal n\u2019a plus les moyens de lui offrir un logement quasi gratuitement.Le Musée de l\u2019imprimerie, véritable trésor pour l\u2019enseignement des arts graphiques, n\u2019a plus non plus d\u2019espace à lui.Les Forges de Montréal, un lieu où l\u2019on enseigne un art millénaire, sont menacées d\u2019expulsion par la Ville.Une librairie indépendante majeure, située à proximité d\u2019une grande université, abandonne la partie pour voir ses dettes épongées par un géant cheminant vers une position monopolistique.Au centre-ville, la librairie Format, spécialisée dans les publications sur l\u2019art actuel, vient de mettre la clé sous la porte.Située à côté d\u2019une radio communautaire pour laquelle on en appelle à des transfusions, la librairie est morte exsangue.Le Musée des ondes Émile-Berliner, logé dans un recoin de l\u2019ancien édifice industriel RCA, n\u2019a pas les moyens pour convenablement rappeler que l\u2019inventeur du gramophone, devenu un géant des enregistrements, s\u2019était installé à Montréal pour que vive la musique en Amérique.La Maison de la poésie se retrouve quant à elle excentrée du côté de Parc-Extension, toujours sans un lieu propre à assurer une diffusion de la littérature.J\u2019en passe.Reste que la situation n\u2019est pas gaie.Pourquoi ne pas regrouper au moins quelques- uns de ces lieux vivants afin de leur donner un nouvel élan?À Londres, durant la Seconde Guerre mondiale, des membres du gouvernement anglais proposèrent de sacrifier le financement de la culture au profit de l\u2019économie de guerre.On prête alors à Winston Churchill cette phrase qu\u2019on ne cesse de citer: «Pourquoi faudrait-il couper dans la culture puisque, après tout, c\u2019est ce pour quoi nous nous battons?» L\u2019ennui est que Churchill n\u2019a vraisemblablement jamais prononcé cette jolie phrase\u2026 Mais en avril 1938, devant la Royal Academy, il avait exprimé quelque chose d\u2019assez semblable.Le vieux lion disait: «Les arts sont essentiels à une vie nationale complète.L\u2019État se doit de les soutenir et de les encourager».D\u2019autant que, pour un État, la culture est un compas qui lui permet de faire le point et d\u2019assurer son équilibre.jfn@ledevoir.com L\u2019hémorragie JEAN-FRANÇOIS NADEAU L I S A - M A R I E G E R V A I S P as de grand gagnant au premier débat des aspirants chefs de Projet Montréal, mais un appui de taille : la conseillère de Ville- Marie Valérie Plante peut compter sur le soutien du chef par intérim, Luc Ferrandez, a appris Le Devoir.Cet appui n\u2019émane pas d\u2019une déclaration publique, mais plutôt d\u2019un message Facebook qu\u2019il a transmis de façon privée à quelques-uns de ses proches, membres du parti.Luc Ferrandez n\u2019a jamais eu et n\u2019a toujours pas l\u2019intention d\u2019appuyer publiquement l\u2019un des trois candidats, qui ont croisé le fer dimanche à l\u2019auditorium du Collège de Maisonneuve.Par respect pour eux, une telle chose n\u2019est pas souhaitable, a-t-il confié au Devoir.Au terme du débat, il a insisté sur les qualités des trois aspirants.« Ce sont trois jeunes magnifiques.Leur niveau de connaissance des enjeux de la ville centre et des arrondissements, la vision qu\u2019ils ont de la ville et des problèmes opérationnels\u2026 Quand M.Coderre est arrivé au pouvoir, il n\u2019avait pas le dixième des connaissances de ces trois personnes-là.» Valérie Plante a semblé étonnée d\u2019avoir été préférée par le chef intérimaire et a dit ne pas être « au courant » des communications qui circulent entre les membres du par ti.Elle a toutefois af firmé que d\u2019autres appuis et « surprises » étaient à venir.Jusqu\u2019ici, 5 élus de Projet Montréal l \u2019ont soutenue, mais Guillaume Lavoie est lo in devant avec 11 appuis .François Li - moges n\u2019en a pas pour l\u2019instant, et 6 des 25 élus n\u2019ont pas encore pris position.De l\u2019humour et des flèches Dans une atmosphère conviviale empreinte de respect et d\u2019humour, les candidats ont parlé de leurs priorités pendant deux heures devant un auditoire de quelques centaines de personnes et ont aussi répondu à de nombreuses questions du public.Invités à dire quelque chose de positif sur le maire Co- derre, les trois candidats ont souri et en ont profité pour décocher des flèches à son endroit.«Il est divertissant», a lancé François Limoges, causant l\u2019hilarité générale.Le débat a été largement ponctué d\u2019attaques dénonçant sa «condescendance», sa «partisanerie», son «manque de rigueur» et son «improvisation».François Limoges, conseiller du district Saint-Édouard dans Rose- mont\u2013La Petite-Patrie, s\u2019est imposé avec des engagements concrets, notamment son plan de mobilité 10-45, qui consiste à faire en sor te que tout citoyen soit à moins de 10 minutes d\u2019un accès au transport collectif et à moins de 45 minutes de sa destination finale.En plus de l\u2019implantation de nouveaux marchés publics, comme Atwater et Jean-Talon, il a annoncé son intention d\u2019imposer aux finissants en techniques policières qui désirent travailler à Montréal une formation supplémentaire de trois mois pour mieux les préparer à cette réalité.Très à l\u2019aise en public, Guillaume Lavoie a tenté de courtiser les membres de Projet Montréal en faisant valoir sa vaste expérience de la politique et des affaires publiques.Le conseiller municipal dans Rosemont\u2013La Petite- Patrie a également détaillé ses idées pour le transport, qui comprennent le déploiement des véhicules en libre-service (VLS) pour les étendre à toute la ville et le développement du transport en commun.« On va nommer des gens compétents plutôt que de nommer les amis du régime», a-t-il dit, critiquant la nomination de Philippe Schnobb à la tête de la STM.Combative mais plus discrète, l \u2019élue de Ville-Marie Valérie Plante a tenté de prendre sa place en mettant en valeur sa proximité avec les citoyens.« Il y a le show de boucane et il y a le travail de terrain », a-t-elle dit, en faisant référence à son adversaire, le maire Coderre.Son cheval de bataille est le logement, mais elle s\u2019est engagée à célébrer la diversité en travaillant au recr utement des femmes et s\u2019est même dite en faveur d\u2019un programme de discrimination positive, notamment au sein du service de police, afin d\u2019y voir une meilleure représentation des minorités.Idéalistes et pragmatiques Idéalistes ou pragmatiques ?Les trois candidats ont refusé de se définir comme étant l\u2019un ou l\u2019autre et ont préféré se décrire comme un mélange des deux.Gauche ou droite ?Guillaume Lavoie s\u2019est défendu d\u2019être de droite, comme le prétend une campagne négative à son sujet sur Internet.«Au municipal, faire une saillie de trottoir, ce n\u2019est pas à gauche ni à droite, c\u2019est au coin de la rue.» Alors que Valérie Plante se dit « résolument progressiste », François Limoges refuse quant à lui les étiquettes «écologique » ou « de gauche » pour lui et pour son parti, mais consent à se dire « social-démocrate».Amel, une néo-Québécoise curieuse mais qui n\u2019est pas membre de Projet Montréal, a apprécié le fait que la diversité soit abordée dans le débat.« Mais ce qui me frappe, là tout de suite, c\u2019est qu\u2019on parle de diversité, mais déjà, il faudrait qu\u2019il y en ait plus dans la salle », a-t-elle constaté.Quant au maire de Rosemont\u2013 La Petite-Patrie, François Croteau, il s\u2019est réjoui du ton du débat.« Malgré une course à la chefferie qui peut amener des frictions, on va en sortir grandis.On va véritablement être un parti plus fort qui va pouvoir of frir quelque chose de crédible aux Montréalais, a-t-il déclaré.J\u2019espère que beaucoup de gens l\u2019ont regardé et qu\u2019on va sortir des caricatures.» La course à la direction de Projet Montréal est la première depuis vingt ans à avoir lieu dans la métropole.Les élections auront lieu le 4 décembre prochain.Le Devoir COURSE À LA CHEFFERIE DE PROJET MONTRÉAL Ferrandez a une préférence pour Valérie Plante Le premier débat entre les aspirants chefs s\u2019est déroulé dans une ambiance de convivialité JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les trois candidats à la chefferie de Projet Montréal, François Croteau, Guillaume Lavoie et Valérie Plante, ont croisé le fer pour la première fois dimanche.J O C E L Y N E R I C H E R Si la radicalisation des jeunes passe par Internet et les réseaux sociaux, la prévention de ce phénomène devra elle aussi passer par les mêmes canaux, selon le gouvernement Couillard.Québec annoncera lundi matin des mesures destinées à prévenir la radicalisation des jeunes, en utilisant les mêmes outils que ceux dont se servent les groupes extrémistes et terroristes pour endoctriner ces jeunes et les convaincre d\u2019adhérer à leur cause.L\u2019annonce sera faite dans le cadre de la Conférence internationale sur la lutte contre la radicalisation des jeunes par Internet, un événement organisé par le Québec et parrainé par l\u2019UNESCO, qui se tient à Québec jusqu\u2019à mardi.« Internet est vraiment le canal par lequel passent les jeunes qui se radicalisent, dans la grande majorité des cas», a dit la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, à l\u2019occasion d\u2019une mêlée de presse, dimanche.Le feu par le feu L\u2019idée consiste donc à utiliser « les mêmes outils que les djihadistes», a renchéri la ministre de la Condition féminine, Lise Thériault.Cette stratégie mise sur les «contre-messages» à transmettre aux jeunes, qui ont accès facilement à quantité de sites Web conçus par des groupes extrémistes cherchant à les attirer dans leurs filets.Les États doivent s\u2019adapter rapidement aux pratiques, aux méthodes et aux outils souvent « sophistiqués » dont se servent les organisations extrémistes pour enrôler les jeunes, « et non pas être à la remorque » de ces groupes, ajoute Mme St-Pierre.Au terme de la conférence, la ministre St- Pierre compte lancer un « appel » solennel à tous les pays et à « toutes les sociétés libres et démocratiques ».Son message : «Donnons-nous la main.Trouvons ensemble des façons de contrer la radicalisation menant à la violence».Cet appel visera à faire en sorte que la conférence ait des suites concrètes partout dans le monde.Au Québec, une dizaine de cas de jeunes ayant choisi d\u2019adhérer à des organisations radicales et violentes ont été recensés jusqu\u2019à maintenant.Mais le nombre est difficile à évaluer, ce phénomène étant par définition clandestin.Explorer la question La conférence réunit plus de 450 participants de 70 pays, dont des experts issus de différents ordres gouvernementaux, d\u2019organisations internationales, du secteur privé, du milieu universitaire, mais aussi de la société civile.Des parents de jeunes ayant frayé avec l\u2019extrémisme, dont la mère d\u2019un ancien suprémaciste blanc, viendront témoigner.Des jeunes touchés de près par ces questions seront aussi invités à prendre la parole.La conférence, qui se tient au Centre des congrès de Québec, a pour but de partager les meilleures pratiques permettant de prévenir la radicalisation menant à la violence et de cibler des pistes de solution communes.La Presse canadienne CONFÉRENCE MONDIALE La déradicalisation doit passer par Internet JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Les ministres Lise Thériault et Christine St-Pierre ont répondu aux questions des journalistes, dimanche, à la veille d\u2019une annonce sur des nouvelles mesures visant à combattre la radicalisation.Valérie Plante a semblé étonnée d\u2019avoir été préférée par le chef intérimaire J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U «L\u2019 i m p o r - t a n c e s y m b o - lique et intellectuelle d\u2019Haïti dans l\u2019histoire du Québec est méconnue», affirme en entrevue l\u2019historien Sean Mills.Dans son livre, Une place au soleil, Haïti, les Haïtiens et le Québec, ce professeur d\u2019histoire à l\u2019Université de Toronto remonte jusqu\u2019aux racines de rappor ts plus anciens qu\u2019on ne le soupçonne entre ces deux États.« En 2010, au moment du terrible tremblement de terre, je vivais à Montréal et je travaillais sur des questions d\u2019empire et de pensée postcoloniale.Les liens entre Haïti et le Québec me sont soudain apparus aussi profonds qu\u2019inexplorés.L\u2019un et l\u2019autre sont d\u2019abord d\u2019anciennes colonies de la France.Et il existe des points de contact entre les deux, de vrais échanges, à par tir des années 1930.Et même avant.» Les premières ébauches de relations modernes entre le Canada français et Haïti remontent au début du XXe siècle.Elles sont tracées par des croisières, des réceptions, des échanges diplomatiques of fi- ciels et d\u2019autres plus intellectuels.Tout cela sera soutenu à compter de la deuxième partie du XXe siècle par une immigration massive.Déjà en 1937, au 2e Congrès sur la langue française tenue à Québec, on invite une délégation haïtienne.L\u2019historien en soutane Lionel Groulx dira à cette occasion : « Notre seul destin, légitime et impérieux ne peut être que celui-ci : constituer en Amérique, dans la plus grande autonomie possible, cette réalité politique et spirituelle\u2026 un État catholique et français.» Cette vision d\u2019un État français et catholique s\u2019accommode bien de l\u2019existence d\u2019un pays comme Haïti.Les nationalistes se façonnent en ef fet une vision française du monde où Haïti tient un rôle dans une possible union latine.Mais on ignore pour ce faire la réalité créole.Le culte pour la langue française s\u2019attache alors à une vision de classe entretenue d\u2019ailleurs par les congressistes haïtiens eux-mêmes de même que des visiteurs subséquents, comme l\u2019ambassadeur Philippe Can- tave.Ces Haïtiens de passage soutiennent une haute culture, au nom d\u2019un modèle social hiérarchisé.Loin du français normalisé, point de salut.Pour des motifs nationaux, le Canada français envisage l\u2019Amérique selon une union d\u2019intérêts entre peuples latins.«Haïti est considéré comme lié au Québec par un rapport particulier, que les intellectuels cana- diens-français conceptualisent en termes de liens familiaux.» Mauvaise langue Voyageant en Haïti dans les années 1930 avec Philippe Cantave, Mgr Camille Roy enfile les remarques défavorables aux cultures populaires et à la langue parlée par la majorité, le créole, dont les possibilités lui apparaissent nettement plus faibles, au point de laisser des traces malheureuses sur les hommes eux- mêmes.On nage en plein dans les projections colonialistes.Au sujet du paysan haïtien et de la langue créole, Mgr Roy écrit : « lorsqu\u2019il travaille, avec quelle lenteur, quelle indif fé- rence il le fait ! » Le lien entre la langue et la capacité au travail est tenu pour conséquent.La réalité du terrain, la politique du pays, avec ses soubresauts, ont peu d\u2019influence sur la façon dont les Canadiens français envisagent leur façon d\u2019envisager Haïti.La lumière dont il éclaire Haïti est en bonne par tie issue d\u2019une vision idéologique du monde.Elle permet, par un ef fet de miroir, un rétroéclairage sur les positions d\u2019une élite installée sur les bords du Saint-Lau- rent.C\u2019est un des intérêts majeurs d\u2019Une place au soleil du professeur Mills.Mission internationale Pour l\u2019historien Sean Mills, il n\u2019est pas possible de bien comprendre les relations internationales du Québec sans les explorer sous l\u2019angle d\u2019un prolongement d\u2019un héritage missionnaire canadiens-fran- çais.« À compter des années 1940, beaucoup de missionnaires canadien-français vont se retrouver en Haïti.» Leur présence est même favorisée pendant la guerre grâce aux actions du président haïtien Élie Lescot.Ces missionnaires vont jouer un rôle majeur dans la propagation d\u2019une certaine image des Haïtiens qui conditionne notre regard jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.Après l\u2019établissement de la dictature Duvalier en 1957, une première vague d\u2019immigration haïtienne arrive au Québec.Ce sont pour beaucoup des immigrants qui ap- par tiennent à des classes éduquées, des locuteurs qui maîtrisent par faite- ment le français.À compter des années 1970, à l\u2019époque de la dictature du fils Duvalier, une seconde vague d\u2019immigration dont les origines sont parfois plus populaires arrive à son tour.«La question des classes sociales est mise en cause à ce moment parce que des gens éduqués qui arrivent deviennent soudain des prolétaires.C\u2019est le cas dans l\u2019industrie du taxi.J\u2019essaye de démontrer que, dans l\u2019histoire intellectuelle, on regarde d\u2019ordinaire ceux qui se disent intellectuels mais que ce n\u2019est pourtant pas tout.Le lien avec le milieu de travail ici pour les Haïtiens suscite des analyses profondes sur la vie à Montréal en lien avec l\u2019histoire, la philosophie, la poésie.» Plusieurs incidents liés à la discrimination raciale mettent en cause les rapports sociaux qui régissent l\u2019inscription de cette nouvelle communauté au sein du monde québécois.En 1979, l\u2019escouade anti-émeute intervient contre des chauffeurs de taxi haïtiens pour des questions liées à un racisme souterrain où pointent par fois des formes de violence manifeste.L\u2019examen de cette présence haïtienne permet de jeter un nouveau regard sur un ensemble de compor tements collectifs.Il sert ainsi de puissant révélateur.On y voit que le racisme est relié à d\u2019autres formes de déshumanisation aux conséquences matérielles et psychologiques impor tantes.L\u2019histoire des manifestations contre le racisme organisées par les chauffeurs de taxi en dit long par exemple sur l\u2019évolution de la société québécoise.Sean Mills en parle d\u2019ailleurs d\u2019abondance.Là ne s\u2019arrête pas son regard scrutateur.Au moment où, dans les années 1960 et 1970, on en appelle à une libération sexuelle, la présence d\u2019une nouvelle communauté noire révèle aussi des questions en lien avec le désir et les rapports sociaux.«Le besoin obsessif de réprimer la sexualité déviante a contribué à justifier la rencontre coloniale ; il constitue aussi l\u2019une des principales justifications de l\u2019activité missionnaire en Haïti, dans les années 1940 et 1950.» À quoi cela conduit- il ?« Tout comme les constructions de la sexualité noire ont façonné les perceptions à l\u2019égard du monde non blanc, ces idées ont exercé une influence sur les perceptions à l\u2019égard des personnes à l\u2019intérieur même du Québec.» Dany Laferrière, fils du premier maire de Port-au-Prince sous la dictature de Jean- Claude Duvalier, immigré au Québec à la fin des années 1970, « s\u2019insère par faitement dans ce débat avec son roman Comment faire l\u2019amour avec un nègre sans se fatiguer », qui obtiendra un grand succès.« Le succès initial du roman repose sur son habileté à recomposer les principales expressions métaphoriques sur la vie intellectuelle et littéraire du Québec.» Plusieurs fois récompensé déjà pour ses travaux originaux, Sean Mills avance sur des terrains relativement peu connus.Il montre que le travail politique et culturel des Haïtiens au Québec aura au final un rôle important sur leur société d\u2019accueil, mais aussi sur leur pays d\u2019origine.Depuis l\u2019effondrement de la dictature des Duvalier, la possibilité de faire des allers-retours entre les deux pays a en ef fet mis en place de nouvelles façons de participer à la vie politique et sociale des deux États.Comme quoi l\u2019histoire d\u2019un pays comme Haïti laisse aussi sa marque dans celle du Québec Le Devoir UNE PLACE AU SOLEIL HAÏTI, LES HAÏTIENS ET LE QUÉBEC Sean Mills Traduction d\u2019Hélène Paré, Mémoire d\u2019Encrier, Montréal, 2016, 369 pages LIVRES Haïti en Québec L\u2019influence du pays des Caraïbes sur le Québec passée à la loupe P H I L I P P E O R F A L I Àdeux jours du début de l\u2019étude du projet de loi sur les hydrocarbures à l\u2019Assemblée nationale, un nouveau sondage commandé par des groupes environnementaux laisse entendre que près des deux tiers des Québécois seraient opposés à des projets d\u2019exploitation pétrolière ou gazière.Pas moins de 65 % des Québécois seraient contre l\u2019extraction de pétrole et de gaz au Québec, selon le sondage mené par le Front commun pour la transition énergétique.De plus, 67 % des répondants s\u2019opposent à la fracturation hydraulique, la fracturation à l\u2019acide ou la stimulation des puits à l\u2019acide et ne souhaitent pas que le gouvernement autorise ces procédés.Près de 9 répondants sur 10 (88 %) se disent en désaccord avec l\u2019idée de « vendre à des compagnies pétrolières et gazières des licences qui leur donnent un droit d\u2019accès aux propriétés des Québécois, pour rechercher du pétrole et du gaz », et qui leur permettent de demander l\u2019expropriation si des propriétaires ne leur accordent pas l\u2019accès pour l\u2019exploitation.« Ce sondage nous dit clairement que le gouvernement n\u2019a pas l\u2019appui de la population pour adopter le projet de loi 106, a indiqué Karel Mayrand, le directeur de la Fondation David Suzuki au Québec.Le gouvernement doit prendre acte de l\u2019absence d\u2019appui et retirer le projet de loi sur les hydrocarbures.» Le coup de sonde a été mené du 6 au 17 octobre auprès de 1020 répondants.La marge d\u2019erreur était de 4,4 %, 19 fois sur 20.Soulignons qu\u2019un sondage commandé par la Fédération des chambres de commerce du Québec avait pourtant, en 2014, démontré un appui important à l\u2019exploration et l\u2019exploitation pétrolière à l\u2019échelle de la province : 68 % des répondants s\u2019étaient alors dits en faveur de l\u2019exploitation des hydrocarbures québécois.Le Devoir SONDAGE Les Québécois opposés aux hydrocarbures L E D E V O I R , L E L U N D I 3 1 O C T O B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Une nouvelle coalition regroupant les trois plus importantes centrales syndicales et les trois principales associations de garderies de la province lancera une campagne lundi afin d\u2019exercer des pressions sur le gouvernement québécois pour qu\u2019il abolisse ce qu\u2019elle qualifie de «taxe famille».L\u2019Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), l\u2019Association des garderies privées du Québec (AGPQ) et le Rassemblement des garderies privées du Québec (RGPQ), la CSN, la CSQ et la FTQ veulent unir leurs efforts pour mettre fin à la modulation des tarifs des services de garde en fonction des revenus des familles.Ils lanceront leur campagne au cours d\u2019une conférence de presse qui se déroulera lundi en présence, selon le communiqué remis aux médias, de l\u2019économiste Pierre For tin et du psychologue et ancien député de Vachon, Camil Bouchard.Négligence La coalition dénonce aussi que le gouvernement ait «complètement ignoré la petite enfance dans sa mise à jour économique».Depuis le 1er janvier 2016, la contribution de base est de 7,55$ par jour, par enfant.Pour les familles dont le revenu était de supérieur à 50 545$ mais inférieur à 75 820 $, une contribution supplémentaire de 0,70 $ par jour était réclamée.Quant aux familles dont le revenu se situe entre 75 820 $ et 158 820 $, la contribution supplémentaire peut varier entre 0,70 $ et 13,15$ par jour.Les familles gagnant un revenu supérieur à 158 820 $, la contribution supplémentaire s\u2019élève à 13,15 $ par jour.La contribution supplémentaire est réduite de 50 % pour un deuxième enfant et n\u2019est pas exigée pour un troisième enfant et ses suivants.Ce n\u2019est pas la première fois que ces organismes dénoncent la politique de tarification des garderies.En février 2015, l\u2019AGPQ et l\u2019AQCPE s\u2019étaient alliés pour dénoncer les mesures que comptait alors faire adopter le gouvernement dirigé par Philippe Couillard \u2014 et qui ont ensuite été adoptées.Les deux associations avaient notamment dénoncé le manque de consultations à ce sujet par la ministre de la Famille, Francine Charbonneau.Le président de l\u2019AQCPE, Louis Senécal, avait alors déclaré que le gouvernement voulait « imposer un choc tarifaire aux familles de la classe moyenne en toute hâte et réformer dans l\u2019urgence une de nos plus importantes réalisations socioéconomiques».Quant au président de l\u2019AGPQ, Samir Alahmad, il avait exprimé l\u2019opinion que la modulation des tarifs était «une aberration».La Presse canadienne La « taxe famille » dans la mire d\u2019une nouvelle coalition BANQ Philippe Cantave s\u2019est illustré par son désir de tisser des liens forts entre Haïti et le Québec : il fut notamment pionnier de la première croisière canadienne dans le pays, organisée en 1937.Après l\u2019établissement de la dictature Duvalier en 1957, une première vague d\u2019immigration haïtienne arrive au Québec Banque d\u2019Angleterre : Carney pourrait partir en 2018 Londres \u2014 Les médias britanniques étaient divisés dimanche quant au sort du gouverneur de la Banque d\u2019Angleterre (BoE), Mark Carney, certains estimant qu\u2019il pourrait annoncer prochainement son départ en raison des tensions autour du Brexit.Le Canadien, dont le contrat expire en 2018, a la possibilité de prolonger jusqu\u2019en 2021 et doit annoncer sa décision d\u2019ici la fin de l\u2019année, selon la BoE.Mark Carney ne choisira pas de rester, estiment certains médias: le Sunday Times juge le gouverneur «désenchanté» par le gouvernement conservateur de Theresa May.Agence France-Presse BANQ Le chauffeur de taxi Willy Cicéron, en 1984 S O P H I E C H A R T I E R M A R I E - P I E R F R A P P I E R N A D I A K O R O M Y S L O V A L e retour célébré des sorcières semble racheter les siècles de terreur où des dizaines de milliers de femmes furent brûlées vives.Pourquoi tant de haine au cours des siècles ?La question continue de faire couler beaucoup d\u2019encre.Tracer des cercles de protection et invoquer les déesses fait sourire aujourd\u2019hui, mais il n\u2019y a pas si longtemps, si on vous soupçonnait de ce genre de pratiques, on pouvait vous visser et griller la langue, écraser vos mains sur une enclume, vous sectionner les pieds ou vous plonger dans l\u2019eau, pieds et main liés, jusqu\u2019à ce que vous couliez (ce qui était une «preuve» de votre innocence).On cherchait par ces techniques barbares à démontrer que vous aviez pactisé avec le diable.Le plus grand spécialiste de l\u2019histoire des sorcières en Europe, Robert Muchembled, est formel: «Ces femmes ont été victimes de l\u2019intolérance religieuse extrême de 1560 à 1640.» Un débat de chiffres Il est dif ficile d\u2019établir le nombre de personnes décédées à la suite d\u2019accusations de sorcellerie depuis le Moyen Âge et la Renaissance.Des sources ont disparu dans plusieurs pays d\u2019Europe.«Les nazis étaient fascinés par le thème de la chasse aux sorcières.Ils ont fait venir beaucoup de documents originaux durant l\u2019Occupation et les meilleures statistiques venaient de là\u2026 mais elles ont disparu », dit Robert Muchembled.Selon l\u2019historien, près de 30 000 personnes ont été brûlées sur le territoire de l\u2019Empire romain germanique entre le XIVe et le XVe siècle.C\u2019est sans compter les cas de persécution collective extrêmement importants dont il ne reste plus de traces.L\u2019historien Brian P.Levach va, quant à lui, jusqu\u2019à parler de 110 000 procès et 60 000 condamnés à mort.Le nombre d\u2019accusations et d\u2019exécutions paraît encore plus flou après la période de «chasse » officielle.Chose certaine, 80 % des victimes étaient des femmes.C\u2019est pourquoi des féministes ont demandé au pape Jean- Paul II, au tournant des années 2000, de condamner le « sexocide » ayant sévi durant deux siècles (1450-1650) sous la bénédiction de l\u2019Église, comme il l\u2019a fait pour l\u2019« infortuné peuple juif, si longtemps persécuté pour la fausse accusation de déicide».En vain.Un débat de fond L\u2019explication généralement acceptée veut que les sorcières aient été persécutées au nom de la guerre contre l\u2019hérésie de la part d\u2019une Église surpuissante.C\u2019est ainsi qu\u2019on s\u2019expliquait ce massacre irrationnel jusqu\u2019à ce que des historiennes féministes amènent de nouveaux éléments de compréhension.L\u2019Italienne Silvia Fe- derici a bouleversé l\u2019interprétation de l\u2019Inquisition en défendant la thèse selon laquelle les causes du phénomène ne sont pas religieuses, mais socio-économiques.« [La chasse aux sorcières] était aussi un instrument pour la construction d\u2019un nouvel ordre patriarcal où le corps des femmes reproductif était mis sous la coupe de l\u2019État et transformé en ressources économiques», écrit-elle dans Caliban et la sorcière, paru pour la première fois en 2004.Entre le XVe et la fin du XVIIe siècle, les sociétés européennes vivent un bouleversement total.Sous la pression d\u2019un capitalisme naissant, un nouvel ordre social voit le jour : les hommes qui devront désormais aller vendre leur force sur le marché du travail, alors que les femmes deviennent des bonnes et des machines à enfanter.Celles et ceux qui se voient persécutés sont avant tout des pauvres, des paysans récalcitrants à la spoliation de leurs droits ancestraux, des femmes indépendantes, des guérisseuses et des sages-femmes.Barbara Ehrenreich et Deirdre English vont aussi dans ce sens dans Sorcières, sages-femmes et infirmières (Remue-ménage, 2016).Elles af firment que les sorcières furent avant tout persécutées parce qu\u2019elles détenaient et transmettaient des savoirs médicaux à la barbe de l\u2019État et de la médecine moderne naissante.Loin d\u2019être un processus tranquille, la victoire de la science et de l\u2019État moderne se serait bâtie sur les cendres de ces milliers de femmes torturées et persécutées.Silvia Federici va plus loin en faisant un pont entre cette époque et la nôtre.«En réalité, il y a un retour des chasses aux sorcières.Des dizaines de femmes, dans dif férents pays, particulièrement en Afrique, en Inde, en Papouasie ont été tuées pour sorcellerie, dit-elle.Juste pour l\u2019Afrique, on parle de plus de 20 000 femmes dans les 15 dernières années.» La persistance des chasses aux sorcières de nos jours dans des pays dits « en développement » démontre, pour Silvia Federici, que la violence de l\u2019accumulation capitaliste est toujours actuelle\u2026 et fait le même genre de victimes.Il faut donc revisiter ce passé, mais pas n\u2019impor te comment.La chercheuse donne comme exemple l\u2019exposition Witches and Wicked Bodies, présentée au British Museum de Londres, l\u2019an dernier.« Toutes ces représentations montrent systématiquement la sorcière vue par les artistes.Il n\u2019y avait aucune image montrant les tor tures.On nous cache ce qui s\u2019est réellement arrivé aux sorcières et la cruauté des peines.Les institutions traitent du sujet en déformant l\u2019aspect le plus important.» Ces omissions prouvent, selon la chercheuse, l\u2019importance du débat historique.Car comprendre les causes des persécutions d\u2019hier peut permettre de comprendre celles d\u2019aujourd\u2019hui.« Des femmes crucifiées et brûlées vives.Ça se passe maintenant et personne n\u2019y prête attention.» Le Devoir Les sorcières sont par tout, pour ceux qui savent les voir.Tremblez, chers lecteurs, les nouvelles sorcières entendent bien passer un coup de balai sur le monde.RETOUR DES SORCIÈRES Mémoire de vaincues L E D E V O I R , L E L U N D I 3 1 O C T O B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 L\u2019écrivain-poète est mort il y a 40 ans Les journalistes du Devoir lui ont rendu hommage en 40 styles.À vous d\u2019écrire les 59 autres! Jusqu\u2019au 5 novembre ledevoir.com/queneau Raymond Queneau s s e yl t 9 9 en C A T H E R I N E L A L O N D E Les grandes chasses au sortir du Moyen Âge auraient, selon certaines théories, produit un terreau fertile à l\u2019éclosion du capitalisme néolibéral.La résurgence des sorcières, ces grains de sable dans le discours rationnel, annon- cerait-elle la révolution inverse?«Au-delà [du fait] de poursuivre ces femmes aux savoirs qui faisaient peur, les chasses aux sorcières ont été une manière d\u2019instaurer comme seul bon sens acceptable la rationalité froide et non sensuelle,» explique en entrevue l\u2019auteure et performeuse Suisse Pamina de Coulon.Elle a beaucoup réfléchi à la figure de la sorcière et à sa pertinence politique actuelle, et l\u2019expliquait fin octobre dans son monologue au festival Actoral à Montréal.«Au Moyen Âge, poursuit-elle, les communautés étaient très soudées, avec des terres mises en collectivité ; en créant un climat de suspicion et de dénonciation, en montant les gens les uns contre les autres, on a atomisé ces communautés jusqu\u2019à l\u2019individu, figure valorisée depuis.Ce qui a fait un super terreau pour la révolution industrielle et capitaliste.» C\u2019est par la lecture de Mona Chollet, puis de La sorcellerie capitaliste, d\u2019Isabelle Stengers et Pierre Pignarre (La Découverte, 2005), que madame de Coulon a commencé à penser la sorcière.«Les auteurs expliquent leur concept du capitalisme comme système sorcier.Plusieurs autres cultures, des peuples colonisés, ont parlé de cette impression que les Blancs étaient possédés par une espèce de pouvoir capable de les capturer, qui réduit et mobilise la pensée et la critique.» Les auteurs présentent ensuite ces féministes nord-américaines actuelles qui, pour s\u2019émanciper des carcans proposés par les féministes blanches, se présentent comme des sorcières néopaïennes.«Elles repensent de nouveaux rituels, parce que c\u2019est une manière de reprendre le pouvoir, au-delà de la prise de conscience.Elles proposent de se remobiliser.» Sten- gers et Pignarre parlent de créer l\u2019événement.«Ainsi, les gens s\u2019emparent d\u2019un problème qui les concerne, ils deviennent proactifs et se le réapproprient, en faisant un livre, une rencontre, un rituel, un spectacle.» Exactement ce que fait Pamina de Coulon avec son spectacle Fire of Emotions : Genesis, même si ce n\u2019était pas son intention de création.Passer par le bas Mais ces actions ne s\u2019avèrent- elles pas plus symboliques que d\u2019aller manifester ou occuper Wall Street?«Ce n\u2019est pas un système d\u2019exclusion : on n\u2019a pas à choisir la manifestation OU le rituel; on peut penser en superposition, avec des ET», rétorque Pa- mina de Coulon, de sa manière rationnelle d\u2019inviter l\u2019irrationnel.Pour elle, le blocage qu\u2019a d\u2019abord fait la Wallonie dans l\u2019accord de libre-échange UE- Canada est un geste sorcier : être l\u2019improbable grain de sable, revendiquer le droit de dire non, retrouver «cette soudaine capacité d\u2019agir, cette mobilité soudaine\u2026» Ce mouvement des nouvelles sorcières, selon celle qui est maintenant belge, démontre une prise par le bas, «une façon d\u2019aller du côté des oppressés et des vaincus.D\u2019aller en solidarité.Je pense que le mouvement est symptôme de plusieurs années à penser le monde autrement, comme par les études post-colo- niales, post-genres, ou le black feminism.» Toutes ces manières, poursuit-elle, de penser depuis l\u2019ailleurs, de se trouver à l\u2019intersection de la femme, du surnaturel, de la pauvreté.« Et de trouver par cette figure une émancipation.Une figure qu\u2019on ne prend peut-être pas au sérieux, qui est un peu mystique- chou.Sauf qu\u2019une fois qu\u2019on a toutes repris conscience de notre propre pouvoir, on va être dif fi- ciles à ébranler, à maîtriser, à immobiliser.» Mais le côté mystique?«Pour moi, c\u2019est une idée conceptuelle que le pouvoir intérieur.Dans le carcan du système capitaliste, les mots pour penser le monde sont galvaudés, froids, très utilisés par la science dure.Aller chercher un vocabulaire qui empêche la mise à distance \u2014 parler sorcières et émotions, comme Frédéric Lor- don va parler des affects du capitalisme (La société des affects, 2013), est intéressant, et c\u2019est un terrain où on peut surprendre le capitalisme.» Le Devoir Un grain de sable dans le rouage capitaliste WIKIMEDIA Une gravure ancienne montrant les techniques d\u2019extermination préconisées par l\u2019Inquisition au Moyen Âge.Il est dif ficile d\u2019établir avec certitude le nombre de femmes qui ont péri par le feu entre le XIVe et le XVe siècle.RETOUR DES SORCIÈRES L e jur y au procès contre Jacques Corriveau n\u2019est toujours pas parvenu à s\u2019entendre sur un verdict, dimanche.L\u2019ancien organisateur du Par ti libéral du Canada, au- jourd\u2019hui âgé de 83 ans, est accusé de fraude envers le gouvernement, de fabrication de faux documents et de recyclage des produits de la criminalité.Les huit hommes et quatre femmes du jury reprendront lundi leurs délibérations amorcées jeudi après-midi.Le juge Jean-François Buf- foni leur avait précisé jeudi matin que, pour reconnaître M.Corriveau coupable, les jurés ne devaient pas seulement conclure que l\u2019accusé était effectivement influent au Parti l ibéral : i ls devront aussi conclure, hors de tout doute raisonnable, que l\u2019ex-organi- sateur avait délibérément joué de cette influence pour en tirer des avantages et des bénéfices.Au procès, la Couronne a plaidé que l\u2019organisateur libéral avait mis au point un stratagème de ristournes sur des contrats accordés dans le cadre du programme fédéral de commandites.La poursuite a aussi soutenu que M.Corri- veau s\u2019était ser vi de l\u2019entreprise Pluri Design Canada pour frauder le gouver ne- ment en empochant lui-même une somme totale de 6,5 millions, entre 1997 et 2003.Selon la défense, la Couronne n\u2019a pu prouver que M.Corriveau s\u2019était servi de ses relat ions au sein de l\u2019état-major du Par ti libéral du Canada afin de décrocher des contrats du gouver ne- ment fédéral.La Presse canadienne PROCÈS DE JACQUES CORRIVEAU Le jury n\u2019arrive pas à s\u2019entendre Lire aussi \u203a L\u2019art d\u2019être sorcière sur l\u2019application tablette et le site Web du Devoir.«Les auteurs expliquent leur concept du capitalisme comme système sorcier» Une « déclaration d\u2019indépendance face à la domination du Québec » : voilà comment, en 2010, Danny Williams, ancien premier ministre de Terre-Neuve, présenta le projet hydroélectrique Muskrat Falls.Six ans plus tard, c\u2019est un tel fiasco que la faillite menace la petite province de quelque 530 000 habitants.Le fédéral, déjà impliqué, se dit ouvert à garantir d\u2019autres emprunts.Le Québec rechigne ?Une ministre terre- neuvienne le somme de respecter les « valeurs canadiennes».Devant cette « concurrence déloyale» à Hydro-Québec, le gouvernement Couillard devrait sortir de son bon-ententisme.e projet de Muskrat Falls, dans le bas du ?euve Churchill, couplé à des lignes de transmission électriques sous-marines de quelque 200 km vers Terre-Neuve, puis la Nouvelle- Écosse, devait désenclaver le pays de Joey Smallwood.Un vieux rêve mégalomane allait en?n se réaliser : contourner le Québec pour vendre de l\u2019électricité aux Américains via les Maritimes.Une revanche pour l\u2019entente ruineuse de 1969 avec le Québec au sujet de l\u2019électricité des chutes Churchill.Aux mépris des habitudes, voire de la Constitution (la production d\u2019électricité est une compétence exclusive des provinces), le fédéral \u2014 en fait le gouvernement Harper qui souhaitait percer à Terre-Neuve\u2026 \u2014 mit le bras dans le tordeur, avec l\u2019appui de tous les partis, sauf le Bloc : il offrit une garantie d\u2019emprunt de 6,4 milliards de dollars.Un de ses prétextes était comique, venant de lui : «réduire substantiellement les émissions de gaz à effet de serre».Trois ans plus tard, les ratés se multiplient : erreurs majeures de conception, accidents, mauvaise plani?cation environnementale, manifestations autochtones, etc.La centrale devait produire de l\u2019électricité dès 2017.L\u2019échéance a été repoussée à 2019.La semaine dernière, de nouveaux délais se sont ajoutés : des manifestants autochtones ont réussi à obtenir que soient réévalués les risques de pollution au mercure.Les coûts explosent.L\u2019« Hydro » de Terre- Neuve, Nalcor, se querelle avec Astaldi Canada, ?rme italienne embauchée pour construire le barrage (pour éviter d\u2019avoir recours à des castors québécois, pourtant experts mondiaux en ces matières?).Aucun contrat d\u2019exportation ne se pro?le à l\u2019horizon, admet Nalcor.De 6,2 milliards de dollars qu\u2019ils devaient être au départ, on en serait, selon les dernières évaluations, à 11,4.Embauchée par le gouvernement terre-neuvien, Ernst & Young évoquait en avril un coût ?nal de 15 milliards.D\u2019où la demande de Terre-Neuve au gouvernement Trudeau: hausser, voire éliminer le plafond de la garantie d\u2019emprunt, ?xé à 6,4 milliards de dollars au départ.Dans une première réaction mercredi, le ministre « responsable des Relations canadiennes », Jean-Marc Fournier, a heureusement condamné la tentation du gouvernement Trudeau d\u2019ajouter à la garantie d\u2019emprunt.Toute nouvelle aide fédérale aggraverait une situation de « concurrence déloyale » déjà créée par le coup de pouce initial.Hydro-Québec, après tout, n\u2019a jamais reçu un sou d\u2019Ottawa pour construire ses barrages.La ministre des Finances de Terre-Neuve, Cathy Bennett, répliqua : elle s\u2019est dite « déçue » de la sortie de M.Fournier, soutenant que « les valeurs canadiennes » devraient l\u2019inciter à « soutenir nos voisins » et rappelant que le Québec touchait beaucoup de péréquation.Étrange quand même : Danny Williams voyait dans Muskrat Falls une « déclaration d\u2019indépendance » par rapport au Québec.Maintenant, les « valeurs canadiennes » signifieraient que le Québec accepte que l\u2019argent fédéral serve à concurrencer de façon déloyale des activités hydroélectriques que le Québec a développées sans l\u2019aide des « voisins ».Comme il devrait accepter sans contrepartie l\u2019aide à l\u2019industrie automobile ontarienne, les contrats pour les chantiers navals dans les maritimes, l\u2019aide à la forêt britanno-colombienne ?Semblant sonné par la réplique terre-neuvienne, M.Fournier, le jeudi, revint à son bon-ententisme habituel.Il refusa de réitérer l\u2019opposition de Québec, de peur de soulever d\u2019autres «polémiques», et interpréta l\u2019appel aux valeurs canadiennes comme le «désir de travailler ensemble [\u2026] à cette activité commerciale qui est l\u2019avenir de nos régions».Qu\u2019a-t-il donc voulu dire ?Qu\u2019il serait prêt à abandonner les revendications québécoises a?n d\u2019éviter toute querelle ?Ce ne serait pas étonnant, quand on pense que M.Couillard, le 20 octobre, af?rmait que son « devoir, comme premier ministre », était « d\u2019avoir une bonne relation de travail avec la personne qui est premier ministre du Canada».Comme le lui a rappelé à juste titre Jean-François Lisée, son devoir premier est de défendre les intérêts du Québec.Et une partie de ceux-ci sont en jeu dans le gâchis de Muskrat Falls.L E D E V O I R , L E L U N D I 3 1 O C T O B R E 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Une importante nouvelle qui aurait pu faire la une J\u2019ai lu dans Le Devoir du jeudi 27 octobre, en page A 2, sous le titre «La Barbade restera un paradis» dans un cour t texte de 16 lignes, une information importante qui, à mon avis, aurait pu faire la une.Les libéraux de Tr u- deau et les conser vateurs ont voté ensemble à 260 voix contre 51, pour maintenir les privilèges aux entreprises canadiennes faisant af faire à la Barbade, ce qui les exonère d\u2019impôts au Canada.La question de la justice fiscale méritait un meilleur traitement.Je comprends que « l\u2019évitement fiscal » est un sujet plus complexe et qu\u2019il risque d\u2019accrocher moins le lecteur que cer tains sujets plus à la mode.Mais l\u2019analyse des ef fets graves de l\u2019évasion fiscale, et de sa forme légale de l\u2019évitement fiscal, sur les ressources de l \u2019État et ses conséquences sur les ser vices à la population ainsi que la dénonciation de cette faille dans le système fiscal canadien et québécois font rarement l\u2019objet de grands reportages, comme sur l\u2019aide à mourir ou la culture du viol.Souhaitons que les enjeux économiques portant sur les conséquences de l\u2019évitement fiscal et sur les législations de complaisance ainsi que leur impact sur nos quotidiens aient une aussi bonne couverture.Robert Comeau, historien Montréal, le 28 octobre 2016 L I B R E O P I N I O N A N D R É A R I C H A R D Auteure de L\u2019essence de la vie (2007), Au-delà de la religion (2009) et Femme après le cloître (2015) ; Éditions Septentrion D epuis la désaffectation des religions et des églises au Québec, on n\u2019entendait plus parler des religions, sauf pour les cérémonies de mariages et d\u2019enterrements, et la voix des évêques se faisait rare.Mais voilà qu\u2019en 2015-2016, presque tous les jours, aux nouvelles des médias, des faits, des opinions, des contradictions venant même des autorités gouvernementales et religieuses font la manchette! En octobre, dans plusieurs journaux, presque quotidiennement un débat religieux apparaît.Les 24, 25 et 26 ont paru dans les journaux différents textes: le Vatican veut interdire la liberté de disposer des cendres, un groupe voit le recours à la religion comme solution pour prévenir la radicalisation et Mme Cécile Rousseau affirme que les cé- geps auraient intérêt à faire une place à la spiritualité.Dans l\u2019article «La pratique religieuse n\u2019est pas un déclencheur [de radicalisme]» (Le Devoir, 26 octobre), Mme Rousseau confie même à la journaliste Lisa-Marie Gervais qu\u2019elle se demande s\u2019il n\u2019y aurait pas lieu d\u2019avoir des espaces de culte et des lieux de prières dans les cégeps.Mais qu\u2019entend-elle par spiritualité?Plusieurs confondent souvent religion et spiritualité.La religion est dogmatique et doctrinale, la spiritualité ne vient pas des religions.La spiritualité peut être un bienfait, mais pas en référence à un Dieu, un ciel ou un enfer.Elle doit être vue comme une culture de l\u2019esprit pour se développer et réussir sa vie de façon épanouissante, positive et constructive.J\u2019invite Mme Rousseau à lire mon livre, L\u2019essence de la vie.À l\u2019émission Médium large de Radio-Canada, le 24 octobre, Daniel Baril et moi étions interviewés par Mme Isabelle Craig, au sujet du contenu du cours Éthique et culture religieuse.Il y avait aussi deux promoteurs de ce cours qui se por taient à sa défense, dont Mme Mireille Estivalèzes.À chacune de nos interventions visant à expliquer ce qui est écrit dans les manuels scolaires, cette professeure d\u2019université, spécialiste de l\u2019enseignement des religions, répondait en disant : « Ce n\u2019est pas vrai ! Parce que ce n\u2019est pas dans le programme.» Mme Estivalèzes, Daniel Baril et moi nous ne l\u2019avons pas inventé.Des monstruosités sont écrites dans les manuels scolaires utilisés pour l\u2019enseignement du cours ECR.Par exemple, dans un manuel, une fillette berbère âgée d\u2019environ sept ans porte le voile et est parée de bijoux parce que c\u2019est son mariage (manuel Vers le monde, CEC p.100).Il est aussitôt ajouté qu\u2019au Québec, des filles de 18 ans ont déjà des enfants et cela est écrit comme si cela était tout à fait normal qu\u2019une jeune enfant se marie très tôt bien avant sa puberté.Le mariage de jeunes enfants est «banalisé», peut-on lire, comme si ce serait acceptable dans certains pays parce qu\u2019on le fait avec la bénédiction de religions.Pas de remises en question concernant le mariage de cette fillette et pas de mises en garde face à des pratiques dégradantes et abusives pour les femmes.À cette émission, l\u2019animatrice m\u2019a présentée comme une ancienne religieuse.Mon expérience personnelle a été confrontée à un des devoirs demandés à l\u2019élève.En effet, il est demandé à l\u2019élève de lire des extraits du Coran et de la Bible et de visiter un prêtre ou un imam (Manuel du maître CEC p.111).Alors que je n\u2019avais que 14 ans, en 1948, la même chose m\u2019a été demandée.Résultat : j\u2019ai été endoctrinée par le prêtre qui m\u2019a même dit que le Bon Dieu m\u2019appelait\u2026 Très fière, je l\u2019ai écouté et cela m\u2019a conduit, en quelque sorte, à perdre ma jeunesse ! Pour ne dire que cela\u2026 Certains voudraient aujourd\u2019hui ce retour en arrière ?Je continuerai à crier haut et fort qu\u2019il faut bannir l\u2019enseignement religieux des écoles.En lieu et place, il faut se tourner vers des cours de civisme, de philosophie pour enfants et adolescents, comme cela se fait déjà en France, et non chercher des solutions dans les religions.De grâce, ne nous engageons pas trop vite sur des chemins risqués en laissant de nouveau une place aux religions, qui sont d\u2019un autre temps.Je le dis et je l\u2019af firme : nous pouvons être heureux en laissant le religieux dans la sphère privée, entre adultes consentants.Et laissons les enfants s\u2019épanouir sans le moindre risque d\u2019endoctrinement.À Ottawa, une prière musulmane a été récitée en grand, au parlement même ! C\u2019est à se demander si c\u2019est bien le gouvernement qui gère la société ou si ce sont les religions qui mènent le gouvernement ?Le projet de loi 62, présenté par la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, veut dicter et affirmer la neutralité de l\u2019État, mais en même temps, cette ministre veut s\u2019ouvrir aux accommodements religieux.Cela est pour moi contradictoire.La neutralité, c\u2019est être ni pour ni contre, et ce, dans le respect.Le favoritisme de la pratique religieuse, au détriment de la laïcité qui unit, c\u2019est le contraire de la neutralité.C\u2019est conforter et cautionner des extrémistes dans leur foi superstitieuse, comme si on y croyait soi-même ! La religion à l\u2019école n\u2019est pas un remède à la radicalisation FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente des ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Un acronyme français digne de ce nom, s\u2019il vous plaît ! L\u2019acronyme anglais « CETA » s\u2019impose rapidement au détriment de l\u2019équivalent français proposé, le sigle « AECG »\u2026 avec raison : présenté de cette façon, cela semble aller de soi.Deux syllabes l\u2019emportent sur quatre lettres pour des raisons pratiques.Ne doit-on cependant pas voir dans cette manifestation un signe flagrant d\u2019insensibilité, voire de soumission culturelle ?Comment se fait-il que les négociateurs n\u2019aient pas passé deux minutes à s\u2019assurer de l\u2019équivalence fonctionnelle des acronymes dans les deux principales langues concernées ?C\u2019est un (autre) symptôme de la grande faiblesse politique de la langue française.S\u2019agit-il d\u2019une manifestation de mépris envers le français ?d\u2019anglomanie ?Avec « AECG », n\u2019importe quel linguiste pouvait prédire que le sigle était condamné.La question n\u2019est pas anodine dans la mesure où l\u2019on assiste à la naissance d\u2019un terme économique majeur qui a vite pris valeur de symbole.Pourquoi « AECG » alors que « AGEC », avec deux syllabes, aurait par faitement fait l\u2019affaire ?La séquence « Accord économique et commercial global » (AECG) n\u2019est pas essentielle.« Accord global économique et commercial » ou « Accord global sur l\u2019économie et le commerce » produisent tous deux un acronyme « AGEC » très efficace.Si cet exemple linguistique simple mais percutant illustre le souci de nos technocrates pour la culture et les langues, il y a sérieusement lieu de s\u2019inquiéter : sept ans de discussions pour accoucher d\u2019un tel avorton ?Pierre Gendreau-Hétu, linguiste Le 30 octobre 2016 Salaire minimum: détruire 20 000 emplois pour aider les plus démunis Admettons que l\u2019IRIS vise juste en estimant que 20 000 emplois (et non 100 000) seraient perdus si on augmentait le salaire minimum à 15 $.Comment ce groupe de recherche, qui prétend se porter à la défense des plus démunis, peut-il justifier une politique publique aux effets aussi tragiques pour ceux-là mêmes qu\u2019il essaie de protéger ?Les auteurs de l\u2019étude admettent que les personnes risquant le plus de perdre leurs emplois sont les jeunes et les femmes peu scolarisées.Pour couronner le tout, les auteurs affirment que la fermeture de PME incapables de s\u2019adapter au changement serait justifiée par leur incapacité à payer des salaires élevés à leurs employés.Il est évident que perdre son emploi ou son petit commerce n\u2019a jamais aidé quiconque à se sortir de la misère.Karl-Javid Lalonde-Dhanji Le 27 octobre 2016 TERRE-NEUVE, MUSKRAT FALLS ET OTTAWA Valeurs canadiennes L ANTOINE ROBITAILLE L E D E V O I R , L E L U N D I 3 1 O C T O B R E 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 6500 caractères (y compris les espaces), ou 1000 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com), mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.C H R I S T I N E S T - P I E R R E Ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec I R I N A B O K O V A Directrice générale de l\u2019UNESCO ans un monde en mutation où les frontières nationales s\u2019estompent, où l\u2019accès à l\u2019information se démocratise, où les opinions se partagent en un clic, où les idées voyagent dans l\u2019espace numérique et où la planète s\u2019ouvre au bout de nos doigts, nous devons miser sur ce qui nous rassemble et nous incite à devenir meilleurs.Alors que des manifestations de violence inouïe se multiplient à travers les continents, la solidarité et la compassion s\u2019imposent comme solutions nécessaires à un phénomène qui prend de l\u2019ampleur.La radicalisation prend racine dans des environnements bien différents et affecte toutes les sociétés, sans discrimination de genre, de race ou de statut, et c\u2019est avant tout avec l\u2019ouverture et le dialogue que nous pouvons la combattre.Le gouvernement du Québec et le Programme information pour tous (PIPT) de l\u2019UNESCO ont choisi de s\u2019unir afin de tenir une conférence internationale pour mieux comprendre le phénomène de la radicalisation et dégager des pistes d\u2019action concrète pour contrer son émergence.L\u2019un des objectifs de cette conférence internationale sera de mettre en lumière les méthodes utilisées dans l\u2019espace numérique par les extrémistes pour attirer de nouveaux adhérents, afin de mieux cibler des moyens de lutter concrètement contre leurs actions criminelles.La conférence se tiendra du 30 octobre au 1er novembre dans la ville de Québec, joyau du patrimoine de l\u2019UNESCO, sur le thème « Internet et la radicalisation des jeunes : prévenir, agir et vivre ensemble».Les zones sombres d\u2019Internet Internet est un véhicule incroyable d\u2019échanges entre les cultures et de partage de connaissances, un lieu de découvertes extraordinaires où la liberté d\u2019expression s\u2019épanouit et se développe.Mais il recèle également des zones plus sombres où l\u2019extrémisme se ramifie et atteint facilement des personnes en situation de vulnérabilité et de fragilité.Les jeunes, par leur goût du risque et leur volonté d\u2019engagement, deviennent souvent des proies faciles pour certains mouvements qui réussissent à mobiliser en faveur d\u2019une cause qui leur apparaît noble et enivrante.Les jeunes générations détiennent la clé pour enrayer la radicalisation de façon durable.Im- pliquons-les, questionnons-les, et écoutons-les, mais surtout outillons-les pour en faire des in- ternautes impliqués et vigilants.Encourageons- les à bâtir un avenir où la tolérance, les droits universels et la dignité prévalent.La lutte contre la radicalisation est un phénomène global qui nécessite un dialogue ouvert et engagé.En ce sens, nos objectifs pour la Conférence s\u2019inscrivent dans la foulée du Plan d\u2019action pour la prévention de l\u2019extrémisme violent, qui fut présenté par le secrétaire général des Nations unies, M.Ban Ki-moon, le 15 janvier dernier.Maintenant, si le talent et la connaissance des experts et des chercheurs du domaine nous permettent d\u2019appréhender la lutte contre la radicalisation de façon plus efficace, ce sont l\u2019écoute, l\u2019empathie et le dialogue qui nous permettront de changer les choses au quotidien au sein de nos réseaux respectifs.Partageons nos défis, démystifions nos expériences, mettons en avant notre vécu.Refusons de faire de la radicalisation un sujet tabou.Lançons un message positif et clair au monde.Restons unis dans l\u2019adversité, ouvrons- nous les uns aux autres et faisons de nos différences une richesse à découvrir et à chérir.LUTTE CONTRE LA RADICALISATION Restons unis dans l\u2019adversité D La lutte contre la radicalisation est un phénomène global qui nécessite un dialogue ouvert « » C A R O L L A N D R Y Professeur retraité, Université Laval arlant de la réussite éducative, le ministre de l\u2019Éducation du Loisir et du Sport affirme, dans le document de consultation (gouvernement du Québec, 2016), «que notre réflexion doit s\u2019inscrire dans une continuité allant de la petite enfance à l\u2019âge adulte, où ils pourront acquérir l\u2019autonomie nécessaire pour développer et maintenir leurs compétences tout au long de la vie».Cette affirmation ouvre la porte à une vision innovante de la réussite éducative qui se concrétise tout au long de la vie, dans une société fondée sur l\u2019acquisition et le partage de savoirs.Aussi, afin de décloisonner l\u2019apprentissage formel et non formel, nous avançons que l\u2019apprentissage tout au long de la vie « impulse » une ouverture et une perspective intégrative, non linéaire de l\u2019éducation et de la formation.L\u2019apprentissage tout au long de la vie représente toute activité d\u2019apprentissage entreprise à tout moment de la vie, dans le but d\u2019améliorer les savoirs, savoir-faire, aptitudes, compétences ou qualifications, dans une perspective personnelle, sociale ou professionnelle.L\u2019application de l\u2019apprentissage tout au long de la vie appartient surtout à l\u2019éducation des adultes et à la formation continue, comme en témoignent la Politique gouvernementale et le Plan d\u2019action adoptés par le gouvernement du Québec en 2002.Cette Politique a permis de mettre en place des mesures qui ont contribué à augmenter substantiellement le niveau de formation de base de la population québécoise.Par ailleurs, en enseignement supérieur, on observe des caractéristiques de plus en plus répandues d\u2019un rappor t non traditionnel aux études pour une bonne par t des étudiants : ceux-ci travaillent ou étudient de plus en plus à temps partiel, changent leurs parcours de formation, interrompant leurs études pour y revenir plus tard.Ces caractéristiques militent en faveur de l\u2019adoption d\u2019une Politique globale de la réussite éducative, dans une perspective de formation tout au long de la vie.Recommandations Dans ce contexte, nos recommandations prennent appui sur quatre prémisses.Premièrement, l\u2019apprenant et son projet de formation sont placés au centre du système éducatif.Deuxièmement, nous affirmons que « l\u2019école » seule ne peut parvenir à augmenter de façon significative la réussite scolaire et éducative des apprenants.Troisièmement, la réussite éducative dépasse les murs du système scolaire et nécessite la collaboration étroite de nombreux acteurs et partenaires.Enfin, cette perspective de l\u2019apprentissage laisse entendre que l\u2019on peut apprendre en tout lieu et en tout temps et à notre rythme.Le contenu de l\u2019apprentissage, la manière d\u2019y accéder et le lieu de son déroulement peuvent varier en fonction de l\u2019apprenant, de ses besoins et intérêts.Dans notre mémoire présenté au MELS, nous avons proposé une trentaine de mesures dont les suivantes apparaissent plus structurantes.Apporter des modifications substantielles à dif férentes politiques et réglementations en éducation et en formation, notamment en accordant à tous les adultes un droit à l\u2019éducation et à la formation tout au long de la vie ; en déterminant la gratuité des services et de la formation au primaire, au secondaire et collégial (formation initiale et continue) ; en élargissant à l\u2019enseignement supérieur la future Politique de réussite éducative ainsi que le renouvellement de la Politique de formation continue et d\u2019éducation des adultes et le Plan d\u2019action l\u2019accompagnant, comme le recommande le Conseil supérieur de l\u2019éducation depuis 2006.Enfin, en augmentant l\u2019accès à temps partiel à la formation professionnelle et technique par des enveloppes ouvertes de financement.Dès lors, nous ne croyons pas nécessaire de prolonger la scolarité obligatoire jusqu\u2019à 18 ans.Valoriser le statut, la formation initiale et continue du personnel scolaire et des formateurs, notamment en relevant les conditions d\u2019admission à l\u2019entrée des formations initiales à l\u2019enseignement à l\u2019université et en adoptant, avec la collaboration de tous les partenaires, une Politique de développement professionnel des enseignants et des formateurs qui ferait une place nécessaire à la formation continue et à des mécanismes d\u2019évaluation formative de leurs pratiques.Prévoir une offre et des parcours éducatifs diversifiés, dont l\u2019aménagement de transitions et de passerelles, facilite les allers et retours en éducation et en formation, notamment en déployant un système global de reconnaissance des acquis et des compétences qui deviendrait, à l\u2019instar de la France, un droit individuel qui participe au mode de diplomation et de qualification ; en augmentant le nombre de formations en alternance.Enfin, en encourageant le regroupement des organisations et des expertises en formation à distance et l\u2019utilisation du numérique, pour optimiser l\u2019offre de formation.Favoriser le développement de pratiques pédagogiques et andragogiques adaptées aux besoins des apprenants et des situations d\u2019apprentissage tout au long de la vie, notamment en subventionnant davantage la recherche collaborative et le partenariat entre chercheurs et praticiens.À ce sujet, le Centre de transfert pour la réussite éducative au Québec joue très bien son rôle.Il ne semble donc pas nécessaire de créer un nouvel organisme, à l\u2019instar de l\u2019INESS.S\u2019assurer de l\u2019appui, de l\u2019engagement et de la collaboration des partenaires et de la communauté, notamment en mobilisant et regroupant, sous l\u2019angle de la concertation et du partenariat, tous les acteurs et partenaires de la réussite éducative autour de nouvelles structures et organisations.Par exemple : une Commission nationale des partenaires pour la réussite éducative, avec des antennes régionales et des Centres locaux de ressources et de conseils pour l\u2019aide à l\u2019apprentissage.VERS UNE POLITIQUE DE LA RÉUSSITE ÉDUCATIVE Apprendre tout au long de la vie Nul besoin de prolonger la scolarité obligatoire jusqu\u2019à 18 ans D A V I D L E R O U X Université McGill endredi matin, Paul Arcand recevait à son émission deux jeunes femmes québécoises s\u2019étant radicalisées et qui se trouvent maintenant en processus de réinsertion sociale grâce au centre de prévention de la radicalisation.On y apprit plusieurs choses extrêmement intéressantes.Le cheminement Tout allait bien pour Anna et Sara au Québec, jusqu\u2019à ce que le Québec leur fasse sentir qu\u2019elles n\u2019étaient pas chez elles et qu\u2019elles devaient choisir entre leur religion et leur citoyenneté à cause de la « charte de Mme Marois ».« J\u2019étais fière d\u2019être Québécoise avant », dira même l\u2019une d\u2019elles.Puis ce fut la lente descente aux enfers.Jour après jour, les Québécois se sont sentis de plus en plus autorisés à les insulter librement dans l\u2019espace public parce qu\u2019elles portaient le voile, au point qu\u2019elles ont maintenant peur de prendre le métro et de se tenir près du bord du quai.Se voyant ainsi rejetées par une communauté qui voyait ses travers xénophobes excités par un projet politique populiste, elles se sont refermées sur elles-mêmes.Grâce à Internet, elles ont trouvé, chacune de leur côté, les discours d\u2019imams et d\u2019idéologues islamisants mettant des mots sur le malaise et le rejet que la société leur faisait ressentir quotidiennement.«J\u2019ai choisi la communauté qui m\u2019acceptait telle que j\u2019étais en tant que musulmane», dira l\u2019une d\u2019elles.La radicalisation leur permettait à la fois de vivre en tant que musulmanes, parce que ce n\u2019était plus vraiment possible au Québec du temps de la charte des valeurs, et de partager la souffrance des peuples opprimés de la terre dont les sociétés occidentales se fichent, refermées qu\u2019elles sont sur leur propre confort.Partir était un geste motivé par une passion inclusive et humanitaire.C\u2019est grâce au centre de prévention de la radicalisation menant à la violence que les deux jeunes femmes prendront finalement conscience que ça n\u2019est pas en attentant à leur vie au nom d\u2019Allah qu\u2019elles pourront atteindre leurs nobles objectifs d\u2019un monde plus juste et délivré de son racisme latent.Le centre les réinsérera donc socialement en leur montrant que mourir n\u2019est pas nécessaire et que «mourir, c\u2019est causer du tort à sa religion, causer du tort aux musulmans».Ce qu\u2019il faut comprendre D\u2019abord, on doit comprendre que ce qui motive la déradicalisation, dans leur cas, semble être avant tout le désir de ne pas faire de tort à leur communauté religieuse.On comprend aussi que cette communauté religieuse semble intrinsèquement por teuse d\u2019intentions d\u2019une noblesse extraordinaire comme le vivre-ensemble, le fait de prendre soin de son prochain, de s\u2019ouvrir sur le monde et d\u2019aider ceux dans la misère.Il faudrait ensuite comprendre que quelque politique que ce soit qui sor te des ornières étroites du libéralisme pour lequel le droit individuel prime tout doit non pas être débattue, mais condamnée illico pour irresponsabilité morale, puisqu\u2019elle engendre la violence de la minorité opprimée.Est-ce là la voie que ce centre de prévention de la radicalisation, maintes fois cité en exemple par le secrétaire général de l\u2019ONU Ban Ki-moon, privilégie pour déradicali- ser les jeunes?Entendons-nous.Prétendre que la « charte de Mme Marois » était une politique visant à exclure de la société les femmes musulmanes témoigne d\u2019une incompréhension absolument sidérante des enjeux politiques et moraux entourant une approche plus républicaine de la laïcité.Pour lutter contre la radicalisation, il faudrait d\u2019abord apprendre à ces jeunes la raison politique, leur redonner des moyens de penser l\u2019espace public ailleurs que dans les ornières tracées par l\u2019étroitesse intolérante du libéralisme mondialisé anglo-protestant sans diaboli- ser l\u2019adversaire et voir en lui un fasciste à combattre par tous les moyens.Cette entrevue devrait nous conduire à nous interroger sérieusement sur le genre d\u2019approche qu\u2019on adopte pour calmer les esprits s\u2019adonnant au dogmatisme théologico-politique.Subversive, la laïcité ?Le débat sur la charte des valeurs pourrait avoir été une des causes de la radicalisation ISTOCK L\u2019apprentissage tout au long de la vie représente toute activité d\u2019apprentissage entreprise à tout moment de la vie, dans le but d\u2019améliorer les savoirs, savoir-faire, aptitudes, compétences ou qualifications, dans une perspective personnelle, sociale ou professionnelle.P V JACQUES NADEAU LE DEVOIR La radicalisation a permis à Anna et à Sara de vivre en tant que musulmanes, chose qui n\u2019était plus vraiment possible au Québec du temps de la charte des valeurs. L E D E V O I R , L E L U N D I 3 1 O C T O B R E 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S d\u2019Indiana, Günther Jikeli n\u2019est pas du tout convaincu de l\u2019utilité de parler de « radicalisation» en général.«Cette idée de \"radicalisation\" est étrange, dit- il.Si on invente des concepts, c\u2019est pour clarifier les choses, pas pour les obscurcir.Or, le problème avec la \u201cradicalisation\u201d, c\u2019est que chacun comprend ce qu\u2019il veut.Sous ce terme, on pourrait ranger des groupes vé- ganes qui ont une conception par ticulièrement radicale en matière d\u2019alimentation.Vous voyez bien qu\u2019il ne s\u2019agit pas de ça ! Nous voulons plutôt parler de ces groupes politiques qui veulent imposer leur idéologie par la violence.Aujourd\u2019hui, les groupes qui correspondent à cette menace sont pour la plupart des groupes islamistes.» En parlant de «radicalisation» en général, on cour t donc le risque de noyer le poisson, dit Günther Jikeli.« Parler de radicalisation sans nommer l\u2019idéologie islamiste et la menace qu\u2019elle représente, revient à discuter du sexe des anges.Qui s\u2019inquiète au- jourd\u2019hui des chrétiens ou des jui fs radicaux ?Bien sûr, il existe des organisations radicales chrétiennes et juives.Mais elles demeurent marginales comparées aux organisations islamistes qui menacent la vie de milliers de personnes.Parler de \u201cradicalisation\u201d dans l\u2019absolu risque de rendre les choses encore plus confuses.» Le nouvel antisémitisme Avant d\u2019être invité aux États- Unis, Günther Jikeli a passé deux ans en France à interviewer de jeunes musulmans des banlieues et à s\u2019interroger sur les attentats qui ont frappé le pays.Il prépare d\u2019ailleurs un livre sur le sujet.Selon lui, il existe une corrélation évi - dente entre la montée du terrorisme islamiste et la multiplication des actes antisé - mites.De Mohammed Merah qui assassine des enfants juifs à Amedy Coulibaly et l\u2019attentat de l\u2019Hyper Cacher, en passant par Mehdi Nemmouche et le Musée juif de Bruxelles, islamisme et antisémitisme sont indissociables, dit-il.« À Paris, j\u2019ai interviewé de jeunes musulmans qui n\u2019hésitaient pas à se dire antisémites.Cer tains allaient jusqu\u2019à m\u2019avouer qu\u2019ils voulaient tuer des Juifs.Cet antisémitisme est omniprésent et il fait intégralement partie de ce qu\u2019on nomme l\u2019islamisme.Je distingue évidemment l\u2019islam de l\u2019islamisme.Mais l\u2019idéologie des Frères musulmans, violente ou pas, est antisémite depuis toujours.» En Europe, l\u2019antisémitisme, traditionnellement d\u2019extrême droite, a migré vers des populations différentes, dit Günther Ji- keli.«Aujourd\u2019hui, très peu de personnes se revendiquent ouvertement de la pureté d\u2019un peuple aryen sur la base des thèses nazies.L\u2019antisémitisme a changé de nature.On n\u2019invoque plus les théories racistes du XIXe siècle.L\u2019antisémitisme s\u2019appuie plutôt sur la dénonciation d\u2019Israël afin d\u2019incriminer tous les Juifs.» On connaît l\u2019antisémitisme endémique qui sévit dans des pays comme l\u2019Arabie saoudite, l\u2019Iran, l\u2019Algérie et le Maroc.Une enquête de l\u2019Agence de l\u2019Union européenne pour les droits fondamentaux réalisée en 2013 a montré que plus de 40 % des gestes antisémites posés dans huit pays européens (Belgique, France, Allemagne, Hongrie, Italie, Lettonie, Suède et Royaume-Uni) pouvaient être attribués à des musulmans alors que seulement 10 % relevaient de sympathisants de l\u2019extrême droite.Une réforme inévitable Mais tous les antisémites ne sont pas des terroristes.Que s\u2019est-il passé pour que certains jeunes passent à l\u2019acte?«Pour que cette radicalisation se produise, il faut des gens disponibles, dit Günther Jikeli.Des jeunes, par exemple, qui s\u2019interrogent sur le sens de leur vie.Mais ce n\u2019est pas suf fisant.Il faut aussi des mouvements qui proposent un projet politique.Il y a quelques années, à moins de rejoindre al-Qaïda, il était beaucoup plus difficile de devenir dji- hadiste.Avec [le groupe armé] État islamique, chacun dans son coin peut décider de passer à l\u2019acte.» Selon Günther Jikeli, l\u2019islam devra un jour faire face à un vaste mouvement de réforme.« L\u2019islam ne pourra pas éviter une réforme qui accepte le pluralisme et le sécularisme.C\u2019est inévitable.C\u2019est une question de temps.La question est de savoir combien de victimes il y aura avant que ça se produise.» Cette réforme pourrait-elle venir d\u2019Europe ?Peut-être, dit Jikeli, mais il en doute.Il s\u2019étonne en ef fet de voir de nombreux intellectuels européens refuser de soutenir des intellectuels arabes, comme Ka- mel Daoud qui risque sa vie en critiquant l\u2019islam.Mais il se réjouit de voir des organisations marocaines, comme Mimouna et Dialogue ONG, dénoncer ouvertement l\u2019antisémitisme.Sortir de la naïveté En attendant, Günther Jikeli estime qu\u2019il est urgent de sortir de la naïveté face à l\u2019islamisme.«On ne combattra pas le radicalisme sans combattre l\u2019antisémitisme qui est un des meilleurs indicateurs de la radicalisation et du refus du pluralisme.» Il importe, dit-il, d\u2019être intraitable à l\u2019égard des organisations islamistes.«Aujourd\u2019hui, on invite ces organisations antisémites dans des cours de religion en Allemagne et on les accepte comme partenaires dans certaines municipalités françaises.Nous avons pourtant toutes les informations nécessaires pour combattre ces organisations qui ne représentent personne et cherchent surtout à être reconnues comme des interlocuteurs valables.» Quant aux réticences des dirigeants politiques à nommer l\u2019islamisme et à le combattre ouvertement, il dit comprendre « pourquoi des hommes politiques comme Obama hésitent à dénoncer l\u2019islamisme.Ils craignent évidemment de heurter les musulmans ordinaires qui sont bien intégrés.Cela part d\u2019une bonne intention, mais ne peut représenter une solution à terme.D\u2019abord, parce que cela n\u2019aide pas les musulmans qui combattent l\u2019islamisme et qui sont les premières victimes.Ensuite, comme on l\u2019a vu à Orlando, l\u2019électorat voit bien que vous refusez de nommer les coupables.Il suffit alors qu\u2019un individu comme Donald Trump surgisse pour dire que, lui, il se débarrassera de tous les musulmans.Ne pas nommer le problème ne fait qu\u2019ouvrir la porte aux populistes».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ENTREVUE travaillé ensemble pour démontrer que ces accords sont réellement dans l\u2019intérêt de la classe moyenne et de ceux qui travaillent fort pour s\u2019y joindre», a dit M.Trudeau.Le négociateur en chef du Québec pour l\u2019AECG, l\u2019ex-pre- mier ministre Pierre Marc Johnson, exultait en entrevue téléphonique au Devoir.«Cela fait dix ans qu\u2019on s\u2019y prépare.Pour le Québec, pour ses entreprises, pour les emplois, cela représente une augmentation des possibilités très importante.Autant par M.Trudeau que par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, la contribution du Québec à la négociation de l\u2019Accord a été reconnue.On est très heureux», a- t-il dit de la capitale belge.Plusieurs étapes L\u2019AECG devrait être facilement ratifié par le Parlement canadien.Mais cela ne sera pas le cas en Europe.Les 28 pays membres de l\u2019UE et une myriade de gouvernements régionaux devront ratifier le texte, un processus qui pourrait durer plusieurs années.De ce côté-ci de l\u2019Atlantique, malgré un accueil très favorable, certaines inquiétudes demeurent.L\u2019industrie laitière a ainsi appelé Ottawa à dévoiler rapidement le programme de compensations qu\u2019il s\u2019est engagé à mettre en place afin d\u2019atténuer l\u2019effet des pertes attendues dans ce secteur à cause de l\u2019AECG.L\u2019UE pourra en effet importer 17 700 tonnes de fromages supplémentaires au Canada, dont 16 000 tonnes de fromages fins, soit l\u2019équivalent de 30 % du marché des fromages fins au pays.« C\u2019est une perte permanente de 2 % de la production laitière totale, soit plus que la production annuelle des quelque 300 fermes laitières du Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean», explique le président des Producteurs de lait du Québec, Br uno Letendre, rappelant que la fabrication canadienne de fromages fins est principalement concentrée au Québec.Alors que le gouvernement Harper avait promis 2,4 milliards sur quinze ans pour couvrir les pertes de revenus des producteurs associées à la fois à l \u2019AECG et au Par tenariat transpacifique, les libéraux n\u2019ont pas laissé filtrer les détails de leur plan.Les choses risquent de se préciser lors du passage du ministre de l\u2019Agriculture, Lawrence MacAulay à Québec, d\u2019ici deux semaines, croit son homologue provincial Pierre Paradis.« Ces com- pensations-là ne sont pas chiffrées à l\u2019heure où on se parle », a-t-il reconnu dimanche.Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, refuse de se contenter d\u2019une promesse « vague ».« Ce qu\u2019on veut, c\u2019est une cer titude.Malheureusement, le gouvernement Couil- lard s\u2019en fiche et se contente d\u2019une promesse.Ça prend un engagement chif fré, sérieux, cer tain pour protéger l\u2019industrie laitière et fromagère du Québec », a-t-il soutenu, rappelant que le gouvernement Ma- rois s\u2019était engagé à entériner l\u2019entente « seulement lorsqu\u2019il sera satisfait de la compensation qu\u2019Ottawa versera aux producteurs ».La Coalition avenir Québec partage elle aussi ces inquiétudes.La porte-parole du parti en matière d\u2019agriculture, Sylvie D\u2019Amours, a dit que l\u2019entente profiterait à certains producteurs québécois comme ceux qui cultivent les canne- berges et les bleuets, mais qu \u2019elle s \u2019 inquiète pour les fermes laitières.« Il faut qu\u2019à la suite de la signature de cet accord, il y ait un engagement du fédéral d\u2019of frir une aide financière aux agriculteurs d\u2019ici, qui se démarquent avec des produits de qualité, souvent artisanaux.Il faut concurrencer les Européens à armes égales », a soutenu Mme D\u2019Amours.Hormis l\u2019industrie laitière, la majorité des associations sectorielles ont applaudi à la signature de l\u2019accord.Industries Pour l\u2019industrie forestière, l\u2019AECG représente un libre accès au marché dans les 28 pays signataires, et l\u2019abolition des droits de douane imposés par l\u2019Union européenne sur les produits forestiers et les produits du bois à valeur ajoutée.Il sur vient tandis que se poursuit le conflit com - mercial avec les États-Unis sur le bois d\u2019œuvre.Près de 50 % de la production québécoise de produits forestiers est actuellement exportée aux États-Unis, le principal marché de l\u2019industrie.La signature de l\u2019AECG constitue donc une occasion privilégiée de diversifier ses marchés, selon le Conseil de l\u2019industrie forestière.Même son de cloche dans l \u2019 industrie de l \u2019aluminium , dont le Canada est le producteur mondial en importance.La Fédération canadienne de l\u2019entreprise indépendante s\u2019est également réjouie de la signature du nouveau traité bilatéral de libre-échange.« Le traité contribuera cer tainement à créer de nouvelles opportunités pour redonner de la vigueur à notre économie, [\u2026] et permettre de donner un coup de pouce à plusieurs PME», a souligné le directeur des af faires économiques, Simon Gaudreault.Avec La Presse canadienne Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 AECG ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le premier ministre, Justin Trudeau, et le président du Conseil européen, Donald Tusk, ont paraphé l\u2019accord dimanche.ordinaire : For tin, Philippe Brach, Bernard Adamus, Sarah Toussaint-Léveillé, Ko- riass).Félix soulignant le matériel de teneur supérieure d\u2019Ultramarr.Pas pour l\u2019ensemble de l\u2019œuvre : on a certainement l \u2019 impression que les membres de l\u2019Académie ont plutôt voté pour les Cowboys que pour leur plus récent album.« Ça fait vingt ans qu\u2019on est ensemble, Octobre est notre neuvième album », a rappelé Marie-Annick Lépine au nom de ses Fringants, devant Wil- frid-Pelletier tout endimanché.«Merci à notre public si fidèle», a ajouté Jean-François Pauzé.Ceci expliquant cela.Marie-Mai et Jean Leloup Dommage pour Fred Fortin.Et un peu injuste, comme la vie.C\u2019est humain, direz-vous, les gens votent pour leurs préférés.Qu\u2019importe si les préférés en question se sont particulièrement dépassés ou pas cette année.Pourquoi Marie- Mai a-t-elle été reconduite interprète féminine de l\u2019année ?Parce que Marie-Mai.Et tant pis pour les Marie-Pierre Arthur, Ingrid St-Pierre\u2026 Ça n\u2019a pas été une grande année Ma- rie-Mai.Ça ne fait rien, allez, on vote Marie-Mai.On a aussi voté pour Jean Leloup, remarquez, c\u2019est à nouveau lui l\u2019interprète masculin de l\u2019année.Et c\u2019est son génial spectacle solo Le fantôme de Paradis City qui a obtenu le Félix, rayon auteur-compositeur-in- terprète.« C\u2019est pour le show solo que j\u2019ai gagné?», s\u2019est demandé un Leloup en compétition avec lui-même (son génial show orchestral).Ça lui en aura fait cinq, avec ceux de jeudi dernier, au cumul des catégories artistiques et industrielles.Belle consolation : oui, on peut être audacieux et plébiscité par le milieu ET le grand public.À condition de s\u2019appeler Leloup.Chanson de l\u2019année, vraiment?Irritation, démangeaison ! Ton départ, décrétée chanson de l\u2019année, vraiment ?Ces couplets sur mesure, histoire de cancer pour faire pleurer dans les chaumières, par Marc Du- pré ?Meilleure que Rien à faire (Marie-Pierre Arthur), Si tu reviens (Louis-Jean Cormier), Voyageur (Jean Leloup), J\u2019aime les oiseaux (Yann Per- reau), Crystel (par Philippe Brach, qui a aussi écrit une chanson autrement forte sur le cancer), sérieusement ?Malgré tous les ef for ts de l\u2019ADISQ pour faire entendre ces chansons au plus grand nombre dans les semaines précédant le gala (par la série En route vers l\u2019ADISQ, notamment), on choisit quand même la plus télégraphiée du lot.Et qu\u2019on ne vienne pas me chanter la sempiternelle chanson de la volonté populaire qui a préséance sur tout.Le problème, c \u2019est que les pièces les plus remarquables ne se rendent pas aux gens.Problème de médias, problème de diffusion.La vague des 2Frères À preuve : pas moyen de résister à la vague des 2Frères, comprend-on.Un Philémon Cimon, une Laurence Ner- bonne ne pouvaient empêcher Nous autres, le d isque aux 80 000 exemplaires desdits frérots, d \u2019empocher la statuette dans la catégorie album de l \u2019année \u2014 pop.Pas plus que Galaxie et les Sœurs Bou- lay n \u2019ava ient la mo indre chance parmi les potentiels groupes de l \u2019année : c \u2019est comme au temps de Mes Aïeux où un Stéphane Ar- chambault s\u2019excusait de gagner automatiquement aux dépens des autres, on n\u2019y peut rien, les 2Frères rallient trop les suffrages, le succès appelant le succès.« Merci à toutes les radios qui ont joué nos tounes\u2026 », a résumé l\u2019un des deux frères (ne me demandez pas lequel).Encore heureux que Safia Nolin \u2014 auteure- compositrice-interprète radicalement dif férente \u2014 ait été proclamée révélation de l\u2019année : c\u2019eût été un comble que les 2Frères ratissent là aussi.Jeudi, Safia n\u2019en revenait pas d\u2019avoir le Félix du clip de l\u2019année.Ça lui en fait deux, et rien qu\u2019à la voir dimanche, on comprenait qu\u2019ils en valaient cent.Elle en cherchait ses mots et il lui en est venu un.« Fuck ! Ah non, j\u2019ai dit fuck ! » Spontanéité du bonheur.Qui perd gagne On s\u2019entendra sur le Félix de l\u2019album de l\u2019année \u2014 folk, attribué aux Sœurs Boulay (qui ont chanté avec Safia, et c\u2019était bien beau les harmonies) .Pareillement, on est tous d\u2019accord pour dire que le trophée du spectacle de l\u2019année \u2014 interprète, revenait à Plus tard qu\u2019on pense, le pari chanson de Fred Pellerin.Il y a heureusement des artistes pour lesquels la qualité intrinsèque et la visibilité médiat ique vont de pa ir.Et Fred Pellerin a battu Marc Dupré dans la catégor ie, comme quoi parfois, une certaine justice prévaut.Période trouble Fédérateur et habile comme toujours, l\u2019animateur Louis- José Houde aura relativisé d\u2019emblée ces enjeux, la victoire ou la défaite se valant un peu dans cette « période trouble » où l\u2019ADISQ demande de l\u2019aide aux deux ordres de gouvernement et croit que «2017 pourrait être l\u2019année fatale ».L\u2019animateur l\u2019a dit : « On perd tout le temps ! », notant qu\u2019un tas d\u2019Olivier lui ont échappé et que Félix Leclerc lui-même, au tour premier gala de l\u2019ADISQ, n\u2019avait pas remporté, dans quatre catégories, les statuettes à son nom.« Il ne faut pas prendre ça personnel.» Sans doute avons-nous été les grands gagnants de cette soirée où, pour la toute première fois, Plume Latraverse a chanté.Une nouvelle chanson, Vieux os, et un bout d\u2019ancienne.« J\u2019vous r\u2019mer- cie ben, gala de l\u2019ADISQ/J\u2019ai eu ben du fun à mon lancement d\u2019disque\u2026» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ADISQ «Pour le Québec, pour ses entreprises, pour les emplois, cela représente une augmentation des possibilités très importante», a dit en entrevue Pierre Marc Johnson Céline et Ginette, là pour René «Un homme qui a su tracer la voie pour toute une industrie\u2026» Ainsi Louis-José Houde a-t-il lancé le segment du Félix honorifique consacré à feu René Angélil.Tout y était, y compris le pot-pourri des Baronets, avec René Simard, An- dré-Philippe Gagnon et Véronic Dicaire.La présence de Ginette Reno, chantant J\u2019ai besoin d\u2019un ami/Ça va mieux/Je ne suis qu\u2019une chanson, a dignement rappelé que le succès mondial du gérant a bien failli arriver avant que survienne Céline Dion.Laquelle était sur place, évidemment, pour recevoir le Félix des mains de Ginette, l\u2019ovation conséquente\u2026 et retenir ses larmes.«L\u2019un des plus fans des artistes qui ait jamais existé [\u2026] René vous aimait et il vous aime encore.» Et Céline de prendre Ferré à témoin.«Avec le temps, va, tout s\u2019en va\u2026» GRAHAM HUGHES PC Fred Fortin "]
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