Le devoir, 8 novembre 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 2 5 4 L E D E V O I R , L E M A R D I 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S ?w w w .l e d e v o i r .c o m AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Le rock contre l\u2019assimilation.Ponteix au Coup de cœur francophone.Page B 9 Annonces.B 6 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.B 8 Motscroisés B 8 Sudoku.B 5 M A R C O F O R T I E R J E A N - F R É D É R I C L É G A R É - T R E M B L A Y à New York L a parole est aux électeurs.Après la campagne présidentielle la plus déchirante de l\u2019histoire des États-Unis, plus de 130 millions de citoyens, selon les estimations, sont attendus aux urnes ce mardi pour élire le successeur de Barack Obama à la Maison-Blanche.La démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump ont lancé un ultime appel aux électeurs, lundi, dans des États-clés qui auront un impact déterminant sur l\u2019issue du scrutin.Mme Clinton, 69 ans, a terminé son marathon électoral par une soirée aux allures de concert rock à Philadelphie.Bruce Springsteen et Jon Bon Jovi sont venus appuyer celle qui aspire à devenir la première femme présidente de l\u2019histoire des États-Unis.Son mari, Bill Clinton, ainsi que Michelle et Barack Obama sont aussi montés sur la scène pour encourager les femmes, les jeunes et les électeurs des minorités noire et hispanique à aller voter.Donald Trump, 70 ans, a de son côté martelé son message en Floride, en Caroline du Nord, en Pennsylvanie et au New Hampshire.De l\u2019avis des observateurs, les résultats dans ces quatre États de la côte est indiqueront la tendance du vote sur le plan national.Les deux camps ont aussi courtisé assidûment l\u2019Ohio, le Wisconsin, le Michigan, le Nevada et l\u2019Arizona, où des luttes serrées sont prévues.Hillar y Clinton détient une mince avance dans les intentions de vote sur son rival.Les experts s\u2019entendent cependant pour dire que tout peut sur venir dans ce scrutin hors de l\u2019ordinaire, qui a été le théâtre de multiples rebondissements et de scènes rocambolesques.« Le jour avant la tempête », prévenait déjà lundi le New York Times.Les Américains sont inquiets : Trump reconnaîtrait-il sa défaite dans une élection qu\u2019il a qualifiée de « truquée » avant même le déroulement du scrutin ?Assistera-t-on à une reprise du scénario de 2000, quand George W.Bush avait été déclaré gagnant après une bataille devant les tribunaux, à cause du résultat extrêmement serré en Floride ?New York en état d\u2019alerte New York se préparait lundi à accueillir les deux candidats présidentiels, qui y tiendront leur rallye avec leurs par tisans.Une première en plus de 70 ans.Hillar y Clinton et Donald Trump habitent tous deux la méga- pole américaine.La conclusion appartient aux Américains Qui de Hillary Clinton ou de Donald Trump obtiendra les clés de la Maison-Blanche ?CHRIS KLEPONIS ET MANDEL NGAN AGENCE FRANCE-PRESSE Les Américains décideront aujourd\u2019hui qui, de la démocrate Hillary Clinton et du républicain Donald Trump, dirigera la plus grande puissance mondiale au cours des prochaines années.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jacques Grand\u2019Maison s\u2019est éteint à l\u2019âge de 84 ans.S T É P H A N E B A I L L A R G E O N U n homme-pont vient de s\u2019effondrer.Chanoine et théologien, sociologue et universitaire, Jacques Grand\u2019Maison se présentait lui-même comme un « réformiste radical » ou encore comme un «progressiste conservateur».Janus à la québécoise, il avait une face tournée vers le passé, l\u2019héritage, les traditions, les mœurs, les valeurs à protéger ; et une autre face regardant vers l\u2019avenir, le progrès, les réformes à entreprendre pour assouvir un appétit de bonheur, une soif de consolation.Jacques Grand\u2019Maison souf frait d\u2019un très douloureux cancer des os depuis plusieurs années.Il est mort dimanche matin à l\u2019âge de 84 ans.Auteur prolifique, il laisse 54 livres sur divers sujets unis par une question fondamentale : comment réconcilier la société contemporaine québécoise en profonde mutation depuis la Révolution tranquille avec son héritage religieux?Les titres de certains de ses essais les plus marquants concentrent ce dilemme : Crise de pro- phétisme (1965), Le monde et le sacré (1967- 1968), Nationalisme et religion (1970), Symboliques d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui (1973) La seconde évangélisation (1974)\u2026 « C\u2019est une des personnes qui ont tenté, dès le début, dès sa thèse de doctorat dans les années 1960, de lier le meilleur de la tradition au meilleur de la modernité », dit au Devoir E.-Martin Meunier, professeur titulaire de l\u2019École d\u2019études sociologiques et anthropologiques de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Le professeur connaît d\u2019autant mieux l\u2019œuvre de Jacques Grand\u2019Maison qu\u2019il prépare sa biographie intellectuelle.« Il espérait que la modernisation du Québec étatique ne se ferait pas sans oublier les racines, JACQUES GRAND\u2019MAISON (1931-2016) Un homme-pont Une œuvre pour réconcilier la tradition canadienne-française et la modernité québécoise Lire aussi \u203a \u203a Mode d\u2019emploi pour le jour J.Page A 2 \u203a Cinq choses à savoir pour avoir l\u2019air d\u2019un expert des élections américaines.Page A 3 \u203a Trois questions à trois experts.Page A 3 \u203a Notes biographiques sur les candidats Hillary Rodham Clinton et Donald J.Trump.Pages A 2 et A 3 \u203a Les États à surveiller au cours du dépouillement du scrutin.Page A 3 \u203a À la rencontre des électeurs new-yorkais.Page A 4 Le groupe EI recule devant la double offensive à Raqqa et à Mossoul Page B 7 Denis Coderre dit n\u2019avoir jamais demandé une enquête sur Patrick Lagacé Page A 5 VOIR PAGE A 10 : RÉCONCILIER VOIR PAGE A 10 : CONCLUSION L E D E V O I R , L E M A R D I 8 ELECTIONS A 2 AK WA MT ND SD MN WI OR ID WY NE IA IL CA NV UT CO KS MO K AZ NM OK AR TX LA M HI M A R I E - M I C H È L E S I O U I Le président Aux États-Unis, le président a un mandat de quatre ans.Pour être éligible, il doit être né aux États-Unis ou être né à l\u2019extérieur des États-Unis de parents citoyens américains.Il doit aussi avoir au moins 35 ans et avoir résidé aux États- Unis pendant au moins 14 ans.Puis, l\u2019aspirant candidat doit être nommé à la présidence par son parti, recueillir l\u2019appui du plus grand nombre de délégués pendant les primaires et les caucus, qui se tiennent dans chacun des 50 États, et être investi candidat à la convention de son parti.Le jour du vote \u2014 toujours le mardi suivant le premier lundi de novembre \u2014, le candidat et son colistier, qui forment un « ticket », doivent être choisis par les votants.Dans l\u2019urne, les votants choisissent leur ticket.Mais leurs votes individuels ne déterminent pas directement le résultat de l\u2019élection.En fait, le parti du ticket ayant recueilli le plus de votes est le parti qui enverra ses « grands électeurs » soutenir son candidat à la présidence.Et pour gagner, un candidat doit avoir reçu l\u2019appui du plus grand nombre de grands électeurs.Grands électeurs Les grands électeurs sont ceux qui votent pour le candidat et le colistier qui ont remporté le vote populaire, dans l\u2019urne.Chaque État a des grands électeurs, qui se sont engagés à soutenir un candidat ou un autre, dans un processus appelé le collège électoral.Le nombre de grands électeurs est choisi en fonction de la taille de sa population (i l correspond au nombre de représentants et de sénateurs dans l \u2019État).Le par ti du t i c k e t q u i rempor te le vote populaire est le parti qui envoie ses grands électeurs voter pour le président.Dans tous les États, sauf le Maine et le Nebraska, remporter le ticket équivaut à remporter l\u2019ensemble des grands électeurs.Il y a 538 grands électeurs aux États-Unis.Quand un candidat reçoit l\u2019appui de la majorité (270) de ces grands électeurs, il devient le président désigné.Officiellement, le président désigné est choisi entre la mi-novembre et la mi-décembre, car c\u2019est dans cette période que les grands électeurs votent.Le président désigné devient enfin président le 20 janvier, jour de l\u2019inauguration officielle.En 2016, les États possédant le plus de grands électeurs sont la Californie (55), le Texas (38), New York (29), la Floride (29), l\u2019Illinois (20) et la Pennsylvanie (20).Le Congrès Par ailleurs, les citoyens votent pour aussi pour les membres du Congrès.Le Congrès est séparé en deux : la Chambre des représentants et le Sénat.Les élus de la Chambre des représentants ont des mandats de deux ans.Chaque État est séparé en districts.Les électeurs de chaque district choisissent un représentant.Le nombre de districts, et donc de représentants, varie selon la taille de la population de cet État (la Californie a 53 districts, donc 53 représentants ; l\u2019Alaska a un district, donc un seul représentant).Le candidat qui reçoit le plus de votes est élu représentant, et le par ti qui a le plus de représentants a le contrôle de la Chambre des représentants.En ce qui concerne le Sénat, ses élus ont des mandats de six ans, mais ne sont pas élus au même moment : tous les deux ans, le tiers des sénateurs sont soumis à une élection.Chaque État a deux sénateurs, peu importe la taille de sa population.Le candidat qui reçoit le plus de votes est élu représentant Vote par anticipation Environ 40 % des électeurs américains ont voté, par la poste ou en personne, avant l\u2019élection du 8 novembre.Leurs votes ne seront cependant pas comptés avant le soir de l\u2019élection.Si un parti prétend être en avance dans les votes par anticipation, c\u2019est donc sur tout parce qu\u2019il sait que certains de ses partisans ont voté et qu\u2019il espère avoir obtenu leur faveur.C\u2019est dif ficile, sinon impossible, de savoir pour qui ont voté les électeurs qui ne sont pas affiliés à un parti.La grande majorité des États américains autorisent désormais le vote par anticipation, dans une période allant de quatre à cinquante jours avant l\u2019élection.Jusqu\u2019ici, environ 22 millions d\u2019Américains se sont prononcés.Voici quelques tendances observées par le New York Times : les plus grandes hausses de participation par rapport à 2012 ont été observées au Texas, en Californie et en Géorgie.Les électeurs hispaniques ont été plus nombreux à voter par anticipation qu\u2019en 2012, dans tous les États où les données sont disponibles.Les électeurs noirs, eux, ont été moins nombreux à voter par anticipation qu\u2019en 2012.Et dans tous les États où des données sont disponibles, sauf au Colorado, la participation des jeunes au vote par anticipation a diminué.Électeurs inscrits Selon le site TargetSmart, cité par Politico, il y aurait près de 200 millions d\u2019Américains inscri ts pour voter (200 081 377 personnes exactement) .En 2012, i l y en avait 184 960 728.En 2008, 146 300 000.Le Devoir Mode d\u2019emploi pour le jour J États-pivots Les États pivots (swing states) sont des États clés où le vote change d\u2019une élection à l\u2019autre.Surtout, ce sont des États qui, à cause de la mécanique du vote américain, décident de la tournure des élections.On en compte plus ou moins dix selon les élections.Tous les quatre ans, les électeurs de ces États sont indécis et sont donc l\u2019objet d\u2019une grande attention de la part des républicains et des démocrates.Lors des dernières élections, la présidence s\u2019est tout particulièrement gagnée dans deux de ces États charnières : la Floride et l\u2019Ohio, qui à eux seuls représentent 49 grands électeurs.Colorado Nombre de grands électeurs: 9 Population: en hausse Électorat: entouré d\u2019états rouges, le Colorado a, lui aussi, majoritairement voté pour les républicains depuis les années 1960.Sa nature indépendante, confirmée par les résultats des deux dernières élections, en fait un état dont le vote est imprévisible.Résultats 2012 : démocrate (51,5 % pour Obama, 46,1 % pour Romney) Résultats 2008 : démocrate (53,7 % pour Obama, 44,7 % pour McCain) Résultats 2004 : républicain (51,7 % pour Bush, 47 % pour Kerry) Floride Nombre de grands électeurs: 29 Population: en hausse Électorat: considéré comme traditionnellement républicain, l\u2019électorat de la Floride a beaucoup changé dans les dernières décennies, notamment sous l\u2019afflux de migrants cubains et hispaniques.On dit de cet État qu\u2019il est un microcosme des États-Unis, de là son statut de «champ de bataille ».Résultats 2012: démocrate (50 % pour Obama, 49,1 % pour Romney) Résultats 2008: démocrate (51 % pour Obama, 48,2 % pour McCain) Résultats 2004: républicain (52,1 % pour Bush, 47,1 % pour Kerry) Iowa Nombre de grands électeurs: 6 Population: en baisse Électorat: historiquement, les démocrates et les républicains s\u2019échangent cet État lors des élections présidentielles.En 2016, l\u2019électorat blanc pourrait voter pour Trump.Résultats 2012: démocrate (52 % pour Obama, 46,2 % pour Romney) Résultats 2008: démocrate (53,9 % pour Obama, 44,4 % pour McCain) Résultats 2004: républicain (49,9 % pour Bush, 49,3 % pour Kerry) JOSHUA LOTT/AFP Nevada Nombre de grands électeurs: 6 Population: en hausse Électorat: la très forte croissance de la population (35%) dans cet État depuis dix ans lui confère une influence croissante d\u2019une élection à l\u2019autre.En 2016, les démocrates et les républicains y sont au coude-à-coude.Résultats 2012: démocrate (52,4 % pour Obama, 45,7 % pour Romney) Résultats 2008: démocrate (55,1 % pour Obama, 42,7 % pour McCain) Résultats 2004: républicain (50,7 pour Bush, 48,1 % pour Kerry) Wisconsin Nombre de grands électeurs: 10 Population: stable Électorat: malgré de multiples tentatives, Trump n\u2019a pas réussi à charmer l\u2019électorat blanc et issu de la classe moyenne de cet État.Les démocrates se dirigent vraisemblablement vers une autre victoire serrée, la 8e depuis 1988.Résultats 2012: démocrate (52,8 % pour Obama, 45,9 % pour Romney) Résultats 2008: démocrate (56,2 % pour Obama, 42,3 % pour McCain) Résultats 2004: démocrate (49,7 % pour Kerry, 49,3 % pour Bush) Donald John Trump est né le 14 juin 1946 dans le Queens, à New York, ville où il a grandi.Son père, Frederick Trump, est un homme d\u2019affaires prospère qui a fait fortune dans le marché immobilier de la grosse pomme.Pendant ses études à l\u2019école de commerce de Wharton de l\u2019Université de Pennsylvanie, Trump s\u2019implique dans l\u2019entreprise paternelle.En 1971, trois ans après la fin de ses études, il en prend la tête et la renomme The Trump Organization.Au fil des décennies Donald Trump multiplie les investissements dans les projets immobiliers d\u2019envergure un peu partout aux États-Unis.Au passage, il baptise les immeubles à son nom: la Trump Tower, la Trump Plaza, etc.L\u2019homme à la chevelure blonde est aussi actif dans le domaine du sport et du divertissement.De 2004 à 2015, il anime et coproduit l\u2019émission de télé- réalité The Apprentice, pour laquelle il reçoit un Emmy.Selon le magazine américain Forbes, la fortune personnelle de l\u2019homme d\u2019affaires se chiffrait à 4 milliards de dollars américains en 2014.Trump ne connaît pas que le succès.Ses entreprises font faillite à quatre reprises entre 1991 et 2009.Elles parviennent à chaque fois à se relever grâce à la vente d\u2019actifs et des restructurations.Cette pugnacité vaut à Trump la réputation de «self-made man».En avril 2011, Donald Trump fait savoir son intention de se lancer dans la course à l\u2019investiture républicaine en vue de la campagne présidentielle de 2012.Il renonce au projet un mois plus tard, après avoir remis en question la citoyenneté du président Obama.La fois suivante est la bonne : en juin 2015, Trump annonce sa candidature aux primaires républicaines.Son slogan: «Make America Great Again !» Il a notamment pour adversaire Jeb Bush, Ted Cruz et Marco Rubio, favoris de l\u2019establishment républicain.Au terme d\u2019une course où les attaques personnelles sont monnaie courante, Donald Trump dépasse, en mai 2016, le nombre de délégués requis pour obtenir la candidature républicaine.Peu de temps après, il annonce que Mike Pence, gouverneur de l\u2019Indiana, est son colistier.Le 8 novembre prochain, Donald Trump pourrait succéder à Barack Obama à titre de 45e président des États-Unis.Maxime Bilodeau Donald J.Trump P H I L I P P E O R F A L I À quelle heure aura-t-on les premiers résultats?Les scores préliminaires devraient provenir de l\u2019est du pays.Les premiers États à fermer leurs bureaux de scrutin seront l\u2019Indiana, le Kentucky et la Floride, notamment, à 19 h (heure de l\u2019Est).Une victoire de Trump démontrerait peu de choses dans les deux premiers États tandis qu\u2019au contraire une victoire de Clinton serait de bon augure pour elle.Dans la même veine, un gain de Tr ump en Floride pourrait être annonciateur d\u2019une victoire républicaine à l\u2019échelle nationale.Dans tous les cas, peu d\u2019information devrait filtrer quant aux résultats en début de soirée, afin de ne pas influencer les électeurs de la côte ouest, où les bureaux de scrutin ferment plus tard.À partir de 20 h la sortie des résultats devrait s\u2019accélérer, avec la clôture des scrutins en Pennsylvanie, au Texas, au New Jersey et au Massachusetts, suivis une heure plus tard du Colorado, du Nouveau- Mexique et de New York.À quelle heure connaîtra-t-on le vainqueur?Difficile à dire ! Si la course est aussi serrée que le prédisent les plus récents sondages, la soirée pourrait être longue.À l\u2019inverse, une avance nette d\u2019Hillary Clinton \u2014 ou de Donald Trump \u2014 sur la côte est pourrait indiquer une victoire moins serrée que prévu.Dans tous les cas, une idée assez claire des résultats devrait émaner aux environs de minuit.À noter : les derniers sondages donnent une légère avance à Hillary Clinton, mais celle-ci se situe généralement dans la marge d\u2019erreur.Tout est donc possible.Est-il possible de devenir président sans une majorité de voix?Comme l\u2019ont démontré les élections de 2000, oui.Cette année-là \u2014 comme à trois autres reprises dans l\u2019histoire \u2014, le nouveau président n\u2019a pas récolté une majorité des votes exprimés par la population.Avec une avance de 0,5 % ou 550 000 voix, Al Gore est tout de même repar ti bredouille face à George W.Bush.Les États-Unis n\u2019ont pas le monopole de cette situation : en 1998, le Parti québécois de Lucien Bouchard l\u2019a empor té contre les libéraux de Jean Charest.Le PQ a obtenu 76 sièges à l\u2019Assemblée nationale, contre 38 pour le PLQ.C\u2019est pourtant ce dernier qui avait récolté le plus de votes.Combien coûte une élection présidentielle?Très, très cher.La campagne de 2016 pourrait bien avoir été la plus coûteuse de l\u2019histoire.En comptant les fonds amassés pour Clinton, Trump, et tous les autres candidats qui se sont depuis désistés, on arrive à la somme de 1,3 milliard de dollars récoltés par les candidats eux-mêmes, en date du 24 octobre.Les « Super PAC » \u2014 ces comités d\u2019action politique, indépendants des candidats, mais qui militent activement en leur faveur \u2014 auraient quant à eux recueilli 594 millions de dollars.De nombreux autres groupes et comités ont vu le jour au cours de la présente campagne afin de militer pour l\u2019un ou l\u2019autre des aspirants présidents.Les fonds injectés par ceux-ci sont plus dif ficiles à estimer.Au total, la campagne aurait ainsi pu coûter jusqu\u2019à 3 milliards de dollars en 2016.En comparaison, les lois permettaient au NPD, aux conservateurs et aux libéraux de dépenser jusqu\u2019à 74 millions lors des dernières élections fédérales.Et puis, après?Une fois les résultats tombés, les discours prononcés et les célébrations terminées, le candidat élu ne deviendra pas président sur-le-champ.Comme au Canada, une période de transition s\u2019amorce au lendemain du scrutin.Cette phase s\u2019achève le jour de l\u2019investiture présidentielle, le 20 janvier 2017.D\u2019ici là, c\u2019est Barack Obama qui demeure président, même si la plupart des têtes seront tournées vers son successeur.Il disposera alors de 73 jours pour boucler la boucle de ses huit ans au pouvoir.Ses prédécesseurs ont pris l\u2019habitude de mettre à exécution certains engagements plus dif ficiles pendant cette période.Obama fermera-t- il finalement Guantánamo?Le Devoir N O V E M B R E 2 0 1 6 AMERICAINES A 3 ME VT NH MA MI NY CT RI N OH PA NJ WV DC MD DE N VA NC AL GA SC FL Entre les grands électeurs, les États-pivots et tout le chaos procédural qui entoure la sélection du prochain leader du monde libre, s\u2019y retrouver le soir des élections américaines peut paraître complexe.Voici cinq éléments à retenir.Cinq choses à savoir afin de passer pour un expert de politique états-unienne Trois questions à trois experts Quel pourraient être les conséquences du 8 novembre pour le Canada?« Trump a adopté un programme extrêmement protectionniste.[\u2026] Même si Clinton est élue, il faut tenir compte des deux tiers des Américains qui croient que les traités de libre- échange n\u2019ont pas été à leur avantage.On peut s\u2019attendre [\u2026] à la mise en application de cer taines barrières tarifaires, de contraintes pour les entreprises canadiennes.Il pourrait y avoir des conséquences sur le Québec et le Canada au niveau de la sécurité des frontières aussi, [\u2026] une possibilité de contrôle accru.» \u2014 Philippe Fournier, chercheur au Centre d\u2019études et de recherches internationales (CERIUM) Des surprises à l\u2019horizon?« Dans le secret de l\u2019isoloir, tout peut arriver.Il y a deux phénomènes.L\u2019ef fet Brexit, on choisit un camp moins admissible.Ça pourrait jouer en faveur de Donald Trump.[\u2026] Il y a aussi l\u2019ef fet Bradley, du nom d\u2019un politicien noir qui caracolait en tête des sondages.Au lendemain du vote, il n\u2019avait pas été élu, parce que les gens ne s\u2019étaient pas résolus à élire un Afro-Américain.C\u2019est ce qui peut jouer avec Hillary Clinton » \u2014 Élisabeth Vallet, pro- fesseure associée à la Chaire Raoul-Dandurand de l\u2019UQAM.Que prévoir concernant le congrès?«On élit le président, mais sa capacité à gouverner dépendra des élections au Congrès.[\u2026] Mme Clinton veut, par exemple, augmenter les impôts des plus riches.Il faut que le Congrès adopte ce genre de politique.M.Trump veut construire un mur entre les États-Unis et le Mexique.Si le Mexique ne paie pas, il faudra que le Congrès paie.[\u2026] Les républicains sont en bonne position pour conserver la Chambre des représentants, et les démocrates ont peut-être de bonnes chances de reprendre le Sénat cette fois-ci.Donc on se dirige vers une situation de cohabitation politique for t probablement.[\u2026] Ce ne sera pas facile de réaliser les promesses formulées en campagne.» \u2014 Frédérick Gagnon, titulaire de la Chaire Raoul- Dandurand.Le Devoir Caroline du Nord Nombre de grands électeurs: 15 Population: stable Électorat: on dit cet État sudiste acquis à la cause républicaine depuis les années 1960.Obama est l\u2019un des rares démocrates à avoir renversé cette tendance, en 2008.Résultats 2012: républicain (50,4 % pour Romney, 48,4 % pour Obama) Résultats 2008: démocrate (49,7 % pour Obama, 49,4 % pour McCain) Résultats 2004: républicain (56,1 % pour Bush, 43,6 % pour Kerry) Faits saillants: État de plus en plus «diversifié » sur le plan ethnique (plus d\u2019Hispaniques surtout) Michigan Nombre de grands électeurs: 16 Population: en baisse Électorat: à moins d\u2019une surprise, cet État de la « rust bell » devrait encore une fois reconduire les démocrates au pouvoir.Le Michigan vote pour eux depuis 1992.Résultats 2012: démocrate (54,2 % pour Obama, 44,7 % pour Romney) Résultats 2008: démocrate (57,4 % pour Obama, 41 % pour McCain) Résultats 2004: démocrate (51,2 % pour Kerry, 47,8 % pour Bush) New Hampshire Nombre de grands électeurs: 4 Population: stable Électorat: entouré d\u2019États «bleus», le New Hampshire est habitué à voter pour les démocrates, chose qu\u2019il a faite aux trois élections précédentes.Pour s\u2019y imposer, Hillary Clinton doit séduire l\u2019électorat progressiste qui était acquis à Bernie Sanders, son adversaire lors des primaires démocrates.Résultats 2012: démocrate (52 % pour Obama, 46,4 % pour Romney) Résultats 2008: démocrate (54,1 % pour Obama, 44,5 % pour McCain) Résultats 2004: démocrate (50,4 % pour Kerry, 49 % pour Bush) Ohio Nombre de grands électeurs: 18 Population: en déclin Électorat: depuis 1944, l\u2019Ohio n\u2019a voté pour le candidat perdant qu\u2019à une seule reprise, ce qui en fait l\u2019État baromètre par excellence.On dit de l\u2019électorat de l\u2019Ohio qu\u2019il est cosmopolite et situé pile au centre de l\u2019échiquier politique.Résultats 2012: démocrate (50,7 % pour Obama, 47,7 % pour Romney) Résultats 2008: démocrate (51,5 % pour Obama, 46,9 % pour McCain) Résultats 2004: républicain (50,8 % pour Bush, 48,7 % pour Kerry) Pennsylvanie Nombre de grands électeurs: 20 Population: en baisse Électorat: cet État, au sixième rang des États les plus populeux du pays, a connu un afflux d\u2019immigrants hispaniques dans les dix dernières années.Cela confère donc une longueur d\u2019avance aux démocrates, très près de cet électorat.Résultats 2012: démocrate (52 % pour Obama, 46,6 % pour Romney) Résultats 2008: démocrate (54,7 % pour Obama, 44,3 % pour McCain) Résultats 2004: démocrate (51 % pour Kerry, 48, % pour Bush) Virginie Nombre de grands électeurs: 13 Population: stable Électorat: après avoir voté pour les républicains pendant une cinquantaine d\u2019années, la Virginie est revenue, en 2008, dans le giron des démocrates.L\u2019État du sénateur et colistier démocrate Tim Kaine a connu plusieurs vagues migratoires dans les dernières années.Résultats 2012: démocrate (51,2 % pour Obama, 47,3 % pour Romney) Résultats 2008: démocrate (52,6 % pour Obama, 46,3 % pour McCain) Résultats 2004: républicain (53,8 % pour Bush, 45,6 % pour Kerry) H illar y Rodham Clinton, née Hillar y Diane Rod- ham, a vu le jour le 26 octobre 1947 à Park Ridge, en banlieue de Chicago.Malgré ses origines modestes, elle est admise à l\u2019école de droit de l\u2019université Yale en 1969.Elle y devient avocate et rencontre son futur mari, Bill Clinton.Hillary adopte le nom de famille de son mari à l\u2019issue de leur mariage, en octobre 1975.Trois ans plus tard, ce dernier devient gouverneur de l\u2019Arkansas, poste qu\u2019il occupera pendant douze ans.Hillar y Clinton se fera connaître du grand public lors des deux mandats de son mari à la Maison-Blanche, entre 1992 et 2000.La première dame y a notamment piloté un groupe de travail sur une réforme nationale des soins de santé.L\u2019échec du projet, bloqué au Congrès, la suit toujours aujourd\u2019hui.En 2000, Clinton est élue comme sénatrice de l\u2019État de New York et lance ainsi sa propre carrière politique.Elle y gère notamment les suites des attentats du 11-Septem- bre et est reconduite à son poste en 2006.Favorite pour rempor ter les primaires démocrates de 2008, Hillar y Clinton mène une campagne en deçà des attentes.Elle se fait finalement ravir l\u2019investiture démocrate par Barack Obama, qui deviendra ensuite le 44e président des États-Unis.Le nouveau président démocrate nomme Hillary Clinton comme secrétaire d\u2019État.À ce poste, elle multiplie les déplacements aux quatre coins de la planète.Elle se retire au terme du premier mandat d\u2019Obama.Hillar y retente sa chance aux primaires démocrates en 2015, où elle est encore une fois favorite pour l\u2019emporter.Elle est rattrapée par le scandale des courriels, alors qu\u2019elle occupait la fonction de secrétaire d\u2019État.Après une course plus serrée que prévu avec le sénateur du Vermont Bernie Sanders, Clinton rempor te la course à l\u2019investiture démocrate.Son colistier est le sénateur de la Virginie Tim Kaine.Si elle est élue mardi prochain, Hillary Clinton deviendra la première femme présidente des États-Unis.Maxime Bilodeau Hillary Rodham Clinton L E D E V O I R , L E M A R D I 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 É L E C T I O N S A M É R I C A I N E S A 4 A L E X A N D R E S H I E L D S L\u2019 élection présidentielle américaine s\u2019est invitée lundi à l\u2019ouverture de la 22e conférence climatique de l\u2019ONU.Et pour cause.Les États-Unis, deuxième pays émetteur de gaz à ef fet de serre de la planète, pourraient élire mardi un président ouvertement climatoscep- tique en la personne de Donald Trump.Mais son adversaire démocrate Hillary Clinton, nettement plus sensible aux enjeux environnementaux, n\u2019en défend pas moins l\u2019exploitation de ressources très controversées, comme le gaz de schiste.Alors que la communauté internationale tentera au cours des prochains jours de s\u2019entendre sur des éléments cruciaux pour la mise en œu- vre de l\u2019accord de Paris sur le climat, les négociateurs réunis au Maroc pour la COP 22 ne cachaient pas leur nervosité lundi, dans l\u2019attente du verdict des électeurs américains mardi.Une victoire de Trump «serait un choc», a résumé la négociatrice française, Laurence Tu- biana, traduisant le sentiment partagé par plusieurs des représentants des 195 États signataires de l\u2019accord de Paris.«Je pense qu\u2019un dirigeant sage devrait prendre des positions conformes aux grandes tendances du monde », a prévenu pour sa part le négociateur chinois, Xie Zhenhua, cité par l\u2019Agence France-Presse, dans une sortie publique pour le moins inhabituelle à propos d\u2019une élection dans un pays étranger.Plus diplomatique, la responsable du dossier climatique à l\u2019ONU, Patricia Espinosa, a souligné que les États-Unis « sont l\u2019un de nos partenaires les plus importants, leur par ticipation à cet accord est donc cruciale».« Nous espérons que nous pourrons avoir une relation très constructive et positive » avec le futur occupant de la Maison-Blanche.Exit Paris En cas de victoire du républicain Donald Trump, rien n\u2019est moins sûr.Ce dernier a multiplié les déclarations dans lesquelles i l remettait en question l \u2019existence même des changements climatiques.« Ça a toujours été comme ça, le temps change, il y a des tempêtes, de la pluie, et des belles journées », a notamment fait valoir M.Trump.«Nous annulerons l\u2019accord de Paris sur le climat, et cesserons tous les paiements d\u2019argent public américain aux programmes de l\u2019ONU sur le réchauf fement climatique », a-t-il aussi, et surtout, laissé tomber en mai dernier.Dans un pays où près de 20 % de la population est clima- tosceptique, une telle affirmation a eu un certain écho.Difficile de savoir s\u2019il mettrait sa menace à exécution.Mais chose certaine, les pays qui ont ratifié l\u2019entente, ce qui est le cas des États-Unis, peuvent s\u2019en retirer «à tout moment après un délai de trois ans à partir de l\u2019entrée en vigueur de l\u2019Accord», précise le texte adopté à Paris en 2015.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que le Canada de Stephen Harper a fait pour le protocole de Kyoto.Au-delà de ce coup de gueule, Donald Trump a plaidé en faveur du recours au charbon pour la production d\u2019électricité tout en critiquant ouvertement les mesures prises par des démocrates pour contrôler les émissions des centrales thermiques.Le candidat républicain a également offert un appui indéfectible au projet de pipeline Keystone XL, à l\u2019exploration pétrolière en milieu marin et à l\u2019exploitation du gaz de schiste en sol américain.Gaz de schiste Sur cette question du gaz de schiste et du procédé de fracturation hydraulique, la candidate démocrate Hillary Clinton a elle aussi défendu cette industrie, y voyant un « pont » vers une économie à plus faibles émissions de carbone.Elle a aussi plaidé en faveur de la production énergétique en sol américain, dont celle du pétrole et du gaz, au nom d\u2019une plus grande « indépendance » par rapport aux importations.Un discours que tient lui aussi le candidat républicain.La candidate démocrate propose aussi des mesures environnementales dans la continuité de celles mises en place par le président sortant Barack Obama.Elle estime ainsi que le gouvernement américain doit être «ambitieux» en matière de lutte contre les changements climatiques.Elle a aussi pris position contre le projet de pipeline Keystone XL, qui servirait à importer du pétrole des sables bitumineux en sol américain.Hillary Clinton pourrait par ailleurs ouvrir un nouveau front de collaboration avec le Canada, cette fois dans le domaine environnemental.Elle a fait valoir il y a quelques mois qu\u2019elle souhaiterait mettre en place un Pacte nord-américain sur le climat, c\u2019est-à-dire un plan coordonné de lutte contre les changements climatiques impliquant les États-Unis, le Canada et le Mexique.Le Devoir COP 22 Le climat de la planète suspendu à la présidentielle?Les États-Unis «sont l\u2019un de nos partenaires les plus importants, leur participation à cet accord est donc cruciale» Bryan Petternoster, 22 ans, étudiant en marketing numérique «Si j\u2019avais su le printemps dernier que je voterais pour Hillary\u2026 Je la hais ! C\u2019est une politicienne comme les autres.Je ne lui fais pas confiance.Elle n\u2019est pas transparente.Mais je n\u2019ai pas le choix, il faut que je vote pour elle.Même si mon vote ne change rien, parce que New York restera bleu [démocrate] mardi soir, je veux envoyer un message : il faut rejeter l\u2019autre [Trump].» Paroles de New-Yorkais À la veille du vote, quelques électeurs de la Grosse Pomme s\u2019expriment Sasha Agranov, 42 ans, ingénieur en informatique «Dieu merci, c\u2019est presque fini ! Clinton va l\u2019emporter \u2014 c\u2019est sûr \u2014 et elle pourra se mettre au travail\u2026 Cette campagne a été horrible, elle a détruit pas mal de choses.Les relations hommes- femmes, par exemple.Avec les propos vulgaires de Trump sur les femmes, ses gestes, il y a une distance et une méfiance qui s\u2019est installée entre les sexes.» Sarah Neil, 21 ans, serveuse « C\u2019était fou, cette élection.Divertissant, même.Mais que 40 % des Américains donnent leur vote à Trump, ça me dépasse.Pour une New-Yorkaise comme moi qui vote démocrate, comme à peu près tout le monde ici, ça montre qu\u2019il y a comme deux pays.On est vraiment divisés.C\u2019est ça qui m\u2019attriste.» Charles Mannings, 71 ans, chef cuisinier à la retraite « J\u2019espère que Trump peut tous nous sauver.J\u2019ai voté pour les démocrates toute ma vie, mais là, c\u2019est terminé.Ils ont mal gouverné pendant des décennies, ils n\u2019ont rien fait pour nous.Il y a un système pour les riches et un autre pour les pauvres.Trump est le seul qui peut changer ça.Tout le monde pense que Hillary va l\u2019emporter, mais je pense qu\u2019ils vont avoir une grosse surprise mardi soir\u2026» Propos recueillis par Jean- Frédéric Légaré-Tremblay PHOTOS JEAN-FRÉDÉRIC TREMBLAY LE DEVOIR L E D E V O I R , L E M A R D I 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 INSCRIVEZ-VOUS \u2022 WWW.CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 Thèmes abordés : 1.L\u2019élection du 45e président des États-Unis 2.La croissance des échanges canado-américains : prospérité et opportunités 3.Un partenariat hors pair basé sur des valeurs communes S.E.David MacNaughton Ambassadeur du Canada aux États-Unis Mercredi 16 novembre 2016 de midi à 14 h Le Westin Montréal 270 rue Saint-Antoine Ouest Avec l\u2019appui de : Canada - États-Unis : Ensemble pour la prospérité et les opportunités Déjeuner-causerie dans le cadre de la Série Aff aires Étrangères présentée par : Q uand il est revenu en politique, Philippe Couillard avait de grandes ambitions pour le PLQ.Très critique de la période Charest, il entendait redonner au parti sa vigueur intellectuelle d\u2019antan et en remettre le contrôle aux militants.Dans un document d\u2019orientation qu\u2019il avait fait distribuer à l\u2019exécutif du par ti au printemps 2013, il écrivait : « Le Parti libéral appartient à ses membres.Le personnel politique et le personnel du parti ne sont pas là pour diriger les membres et les instances du parti.Ils sont là pour les servir».Dans une allusion très claire à ce que le PLQ était devenu au cours de la décennie précédente, il ajoutait : «Les partis politiques ne doivent pas être que des machines organisationnelles et financières servant à faire élire des candidats et des gouvernements.» M.Couillard était bien placé pour savoir ce qu\u2019il en était.Comme tous ses collègues du Conseil des ministres, il avait dû trouver au moins 100 000$ par année pour alimenter la caisse libérale, et l\u2019insignifiance grandissante des débats au sein du parti pouvait difficilement lui échapper.De toute évidence, les bonnes résolutions du futur chef se sont envolées aussi rapidement que les promesses électorales du PLQ.Le rap- por t que le président de la commission politique, Jérôme Turcotte, a présenté cet été à la direction du parti, et dont La Presse a obtenu copie, donne la mesure de sa déconvenue : un effectif en chute libre, des députés déconnectés de la base, un contrôle excessif imposé par le bureau du premier ministre\u2026 «À l\u2019heure actuelle, plusieurs militants, dont moi-même, ont le sentiment que le PLQ est de plus en plus en train de devenir une marque de commerce servant à faire élire une aile parlementaire qui a délaissé le militantisme et est de moins en moins un réel par ti ancré dans une participation citoyenne active», déplorait-il.M.Couillard aurait sans doute signé lui-même ce rapport il y a trois ans.?Tous les partis qui exercent le pouvoir durant une longue période courent le risque d\u2019une déconnexion et le PLQ l\u2019a exercé de façon presque ininterrompue depuis 2003.Plutôt que d\u2019avoir l\u2019ef fet d\u2019un signal d\u2019alarme, l\u2019intermède péquiste a été si court qu\u2019il a conforté les libéraux dans le sentiment qu\u2019ils forment le « par ti naturel de gouvernement» au Québec.Le fossé entre les militants et la direction du par ti s\u2019est creusé dès l\u2019arrivée de Jean Charest, mais il a sauté aux yeux en 2005 lors du débat sur la privatisation du mont Or- ford.Un des plus principaux opposants, Jean-Guy Dépôt, présidait le comité du suivi des engagements électoraux et il avait vivement interpellé le gouvernement Charest, lui rappelant que le conseil général du PLQ avait réclamé deux ans plus tôt que la Loi sur les parcs soit modifiée pour interdire formellement toute opération de ce genre.Au bout du compte, le mont Orford n\u2019a pas été privatisé, mais M.Dépôt a été écarté de la présidence du comité de suivi des engagements électoraux, et cette instance, dont Rober t Bourassa avait approuvé la création en 1985, a été dissoute avec la bénédiction de Jean Charest, qui disait vouloir laisser au PQ le monopole de la «chicane ».Au fil des ans, le comité avait permis aux militants libéraux de prendre le contrepied des positions de leur gouvernement sur des sujets de première importance : le dégel des frais de scolarité, l\u2019entente de Charlottetown, le projet de centrale du Suroît, les promesses de baisse d\u2019impôt non tenues.Ses interventions étaient sans doute agaçantes, mais elles assuraient une certaine vitalité au parti.?Un autre protagoniste du débat sur le mont Orford, Robert Benoît, ancien président du parti et député d\u2019Orford pendant quatorze ans, avait tenu des propos auxquels le rapport de M.Turcotte semble au- jourd\u2019hui faire écho.M.Benoît regrettait l\u2019époque où Claude Ryan avait redonné son tonus intellectuel au PLQ.«Ce n\u2019était plus juste une machine à gagner des élections.C\u2019était une machine à réfléchir sur la société.» Le jugement qu\u2019il portait sur son ancien parti est devenu de plus en plus sévère.« On devrait être capable de discuter, de partager des idées, d\u2019essayer de les faire évoluer et ce n\u2019est pas du tout ce qui se passe en ce moment au PLQ.C\u2019est devenu une machine à ramasser de l\u2019argent», déclarait-il en 2010.La discipline est une belle qualité, mais il ne faut pas la confondre avec la soumission.Cer tains diront que le PQ pèche par excès d\u2019autocritique, mais le rapport de l\u2019ancien président de la commission politique du PLQ fait état d\u2019une torpeur franchement inquiétante.En fin de semaine prochaine, le conseil général sera saisi d\u2019une résolution-cadre sur la justice sociale.Quelqu\u2019un osera-t-il s\u2019interroger sur les conséquences des politiques d\u2019austérité du gouvernement Couillard sur les plus vulnérables ou s\u2019agira-t-il d\u2019une grande dégustation de tarte aux pommes?mdavid@ledevoir.com Un parti éteint MICHEL DAVID J E A N N E C O R R I V E A U A N N A B E L L E C A I L L O U L e maire de Montréal, Denis Coderre, a bel et bien communiqué avec le chef de police Marc Parent en 2014 pour se plaindre de fuites dans les médias concernant des infractions qu\u2019il aurait commises.Mais il blâme les relations tendues avec le syndicat des policiers et af firme n\u2019avoir jamais demandé qu\u2019une enquête soit menée sur le journaliste de La Presse Patrick Lagacé.Dans une chronique publiée lundi, Patrick Lagacé a révélé avoir fait, à deux reprises, l\u2019objet d\u2019une surveillance de ses communications par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).Ses relevés téléphoniques ont été épluchés pendant deux semaines durant l\u2019automne 2014 après qu\u2019il eut enquêté sur un constat d\u2019infraction impliquant Denis Coderre.Des sources du chroniqueur soupçonnaient M.Coderre d\u2019avoir fait annuler une contravention datant de 2012, lorsqu\u2019il était encore député de Bourassa à la Chambre des communes.Ingérence?Le journaliste avait communiqué avec l\u2019attachée de presse du maire pour savoir ce qu\u2019il était advenu de cette contravention, mais il n\u2019avait jamais écrit sur cet événement.Des mois plus tard, il a appris qu\u2019une enquête criminelle avait été déclenchée au sein du SPVM pour savoir qui lui avait parlé.Selon lui, cette enquête a été lancée après que le bureau du maire eut communiqué avec le chef de police.Rappelons que la semaine dernière, le quotidien avait déjà révélé que, dans un autre dossier, son chroniqueur vedette avait été visé par 24 mandats de surveillance policière ayant permis au SPVM d\u2019obtenir les numéros entrants et sortants de son cellulaire entre les mois de janvier et juillet 2016.Le citoyen Coderre Le maire Coderre a reconnu avoir téléphoné à Marc Parent, mais en entrevue au 98,5FM, il a soutenu que «c\u2019était Coderre le citoyen» qui avait contacté le chef de police.Lors d\u2019une mêlée de presse plus tard à Lévis, le maire Coderre a expliqué que trois événements dont les médias avaient été saisis l\u2019avaient conduit à faire ce geste.Il a évoqué une demande qu\u2019il aurait faite en juin 2014 \u2014 et qu\u2019aurait rappor tée Le Journal de Montréal \u2014 pour obtenir la présence de deux policiers afin de se rendre au concert de Corey Hart au Centre Bell.Il a également expliqué que le président de la Fraternité des policiers, Yves Francœur, lui avait montré un constat d\u2019infraction qu\u2019il avait reçu à Laval.Le président de syndicat aurait alors dit ne pas vouloir utiliser cette information.L\u2019existence de cette contravention sera finalement rapportée par un média.Le troisième événement touchait une contravention reçue par le maire et qui, selon la rumeur, n\u2019aurait pas été payée et à laquelle s\u2019est intéressé Patrick Lagacé.« À un moment donné, tu te dis, je veux bien être une cible, mais est-ce que c\u2019est légal ?Est- ce qu\u2019on a le droit, au niveau du corps policier, de fouiller à l\u2019intérieur du registre pour un citoyen et par la suite, sortir des af faires ?J\u2019ai demandé au directeur si c\u2019était légal.Je n\u2019ai pas dit d\u2019enquêter sur Lagacé», a expliqué le maire en insistant sur le fait qu\u2019il ne se mêlait pas d\u2019opérations.M.Coderre affirme que ces fuites sont survenues dans un contexte de relations syndicales dif ficiles et qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019« informations sensibles » : « C\u2019était une situation intenable.Si on se sent surveillé et que les policiers sont avant tout des syndiqués, il y a un problème.» Le maire a soutenu n\u2019avoir aucune responsabilité dans l\u2019espionnage d\u2019un journaliste : « Aucune responsabilité et je n\u2019embarque pas là-dedans.Je ne m\u2019occupe pas des opérations policières.» De son côté, la Fraternité des policiers a rejeté les blâmes du maire : « Contrairement à ce qu\u2019af firme M.Co- derre, les relations de travail ne sont aucunement responsables de la chasse aux sorcières, de l\u2019espionnage de journalistes et de la crise au SPVM », a indiqué le syndicat par courriel.« Il s\u2019agit d\u2019une évidente tentative de diversion pour occulter sa propre responsabilité en tant que maire qui s\u2019ingère en demandant directement des enquêtes au directeur de police.» L\u2019opposition exige des excuses Le chef de l\u2019opposition, Luc Ferrandez, a demandé au maire de s\u2019excuser pour son « manque de jugement » en inter venant auprès du SPVM.« Aujourd\u2019hui on comprend pourquoi le maire Coderre a défendu bec et ongles son directeur de police et pourquoi il a traité l\u2019affaire à la légère : il est personnellement impliqué dans cette af faire d\u2019espionnage de Patrick Lagacé.En fait, c\u2019est lui qui l\u2019a déclenchée», a lancé le chef de Projet Montréal.« Le maire Coderre a violé le sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs.C\u2019est du jamais vu » , a renchéri le vice-président de la Commission sur la sécurité publique Alex Norris.Ce dernier s\u2019interrogeait déjà dimanche sur l \u2019 impar tialité et l \u2019 indépendance de Denis Gallant qui s\u2019est vu confier le mandat pro bono d\u2019examiner les gestes du chef de police Philippe Pichet en lien avec l\u2019espionnage de journalistes.La semaine passée, le SPVM et la Sûreté du Québec ont tour à tour reconnu avoir obtenu l\u2019autorisation de récupérer les relevés téléphoniques de plusieurs journalistes québécois.Le Devoir ESPIONNAGE DES JOURNALISTES Coderre met en cause les relations de travail Le maire se justifie en invoquant une relation tendue avec le syndicat des policiers JACQUES NADEAU LE DEVOIR La semaine dernière, le maire avait réitéré sa confiance au chef de police Philippe Pichet après l\u2019éclatement de « l\u2019af faire Lagacé».Il s\u2019agit d\u2019une évidente tentative de diversion pour occulter sa propre responsabilité en tant que maire qui s\u2019ingère en demandant directement des enquêtes au directeur de police La Fraternité des policiers « » Lire aussi \u203a Un chef sans autorité, l\u2019éditorial de Brian Myles.Page A 8 C I T O Y E N N E T É Demande d\u2019injonction rejetée Ottawa \u2014 La Cour fédérale rejette la demande de groupes de défense des droits des réfugiés, qui souhaitaient une injonction sur les révocations de citoyenneté d\u2019immigrants soupçonnés d\u2019avoir fait de fausses déclarations.Dans une décision rendue lundi, le juge Russell Zinn a refusé la demande d\u2019ordonnance de l\u2019Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique et de l\u2019Association canadienne des avocats et avocates en droit des réfugiés et a donné raison au gouvernement fédéral.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E M A R D I 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 6 C A T H E R I N E L A L O N D E T out est érotiquement possible\u2026 si ce n\u2019était de nos imaginaires érotiques inhibés et notre vision rigide de la sexualité féminine.Voilà une des conclusions parallèles de l\u2019étude menée par James Pfaus, de l\u2019Université Concor- dia.Dans Le tout versus la somme des par ties, lui et son équipe retracent l\u2019histoire des éternels débats sur l\u2019essence \u2014 clitoridienne ou vaginale ?\u2014 des orgasmes féminins.Conclusion ?Beaucoup de salive en 2000 ans de controverses qui aurait pu ser vir à des fins plus intéressantes.Car l\u2019orgasme féminin ne provient pas seulement et mécaniquement d\u2019un seul organe : il est propulsé tout autant par le contexte, la position du corps, les grimaces de jouissance, les habitudes antérieures, l\u2019exploration, et plus encore\u2026 Bonnes nouvelles des étoiles : l \u2019orgasme des femmes est évolutif.Avec de l\u2019exploration et de l\u2019abandon, le cer veau peut intégrer de nouvelles expériences orgas- miques.« Je voulais refaire l\u2019histoire de ce que nous avons cru, de la manière dont la pensée a changé au fil du temps, explique en entrevue le professeur en neurosciences et psychologie.Et voir ce qu\u2019on retient de cette évolution.» Pas grand-chose, conclut-il tristement, admettant que la société est très en retard dans cette discussion, et que les médias y sont probablement pour quelque chose\u2026 Perspective neuroscientifique « On en est toujours au- jourd\u2019hui à ce stade très binaire, à discuter pour savoir si l\u2019orgasme est clitoridien ou vaginal, avec des discours comme celui de l\u2019italien Puppo, qui voit encore le vagin comme un trou, vide.Ce qui est une fausseté.» Cet obstiné retour du balancier va à l\u2019encontre, selon M.Pfaus, de ce qu\u2019on sait du cerveau et de son organisation.D\u2019une perspective neuros- cientifique, explique-t-il « la car tographie physique et érotique d\u2019une femme n\u2019est pas inscrite dans la pierre.C\u2019est l\u2019expérience qui la trace et la crée ; c\u2019est le corps, répondant à ce qu\u2019il vit, qui remodèle sans cesse ses réactions en y ajoutant les nouvelles expériences, qui les interprètent différemment selon le contexte.Et peuvent survenir de réels changements physiques, intégrés \u2014 et s\u2019ils le sont, c\u2019est OK ; et s\u2019ils ne le sont pas, c\u2019est aussi OK, et nous n\u2019avons pas à débattre de quel orgasme devrait être \u201cmeilleur\u201d.Le corps est plus ouvert que ça.» Car sur le cortex, sur l\u2019ho- monculus sensitif, se trouve une représentation grossière, disproportionnée, surréaliste en quelque sorte du corps, où cer taines régions comme la tête ou la langue sont beaucoup plus larges qu\u2019en réalité, alors que les petits orteils, au contraire, y sont réduits.« Quand on observe là les régions génitales des femmes, on trouve des zones confluentes : le col de l\u2019utérus, le point G, le clitoris, les mamelons, la par tie interne de l\u2019oreille [!] ; et juste à côté, d\u2019autres régions, qui sont essentiellement vos zones érotiques », des zones peut-être personnel les, uniques.« Quand vous stimulez celles- là, elles débordent en quelque sor te , e t activent une conscience sensorielle des parties génitales.C\u2019est ainsi que nous sommes câblés.» Pavlov et Éros En résumé, tous les orgasmes sont dif férents \u2014 ce qui semble magique quand on sait que le « mécanisme biologique» qui les déclenche est le même chez tous les humains.Faut-il en conclure que l\u2019exploration sera toujours à recommencer, à chaque nouveau partenaire, pour apprendre les causes et gestes du plaisir ?« Oui.Mais ça veut aussi dire que tout est toujours à découvrir !», s\u2019exclame M.Pfaus avec enthousiasme.Le corps entier est potentiellement érotique et érogène, poursuit-il, et des « zones conditionnelles » peuvent s\u2019y activer.«Si se faire sucer les orteils n\u2019est vraiment pas érotique pour une personne qui a craint la saleté, mais qu\u2019elle se le fait faire dans un contexte érotique qui apporte une gratification sexuelle, son cerveau pourra alors concevoir que, dans certaines circonstances, le geste est érotique.Il y a plein de gestes auxquels notre cerveau peut s\u2019ouvrir, qu\u2019il n\u2019imaginait pas érotiques de prime abord.Nous sommes un peu comme des chiens de Pavlov\u2026» Peut-on à ce point faire exploser les barrières dès le début d\u2019une relation, demande-t- on au psy, et sortir des partit ions érotiques formatées sans avoir l\u2019air freak ?« Je crois qu\u2019il faut être un freak, et assumer, » sans quoi l\u2019unicité est impossible.« Et nous gagnerions à comprendre encore mieux l \u2019orgasme et ses contextes ; pas comme une singularité ni comme un réflexe, mais comme signification, » et mythologie individuelle, poursuit le professeur.« Il est temps de comprendre vraiment que les femmes sont des êtres à part entière et pas simplement là pour servir au plaisir des hommes.Elles ont du plaisir ; ce plaisir est réel et n\u2019est pas celui des hommes.Je refuse d\u2019être comme Puppo, à dire aux femmes ce qu\u2019elles ne sont pas censées sentir.Ce que je voudrais leur dire, au contraire, c \u2019est d\u2019avoir la même audace que celle que le patriarcat octroie de facto aux hommes, pour explorer.Et encore, la comparaison est boiteuse, car les hommes n\u2019explorent pas : ils découvrent leur pénis, et voilà, ils sont contents.Au contraire, il est important que les femmes explorent tout leur corps, et qu\u2019elles trouvent des par te- naires qui vont les aider dans cette voie.En tant que scientifique, ce que je dis, c\u2019est : le cerveau est ouvert.» Le Devoir SEXUALITÉ Clitoridienne ou vaginale ?Toutes ces réponses, et bien plus encore Pour atteindre l\u2019orgasme féminin, le tout est plus important que la somme des parties, dit une nouvelle étude Au fil du temps Il y a très, très longtemps, dans les grands écrits comme le Kama Sutra indien, l\u2019art taoïste et les mythes grecs, on reconnaît la diversité de l\u2019expérience orgasmique féminine IIe siècle: Le vagin comme un «pénis inversé», pensé par Galien, et ensuite par Vésale (XVIe) XIXe siècle : La masturbation médicale est effectuée par les docteurs pour « traiter » l\u2019hystérie 1905 Freud et ses théories sexuelles font du vagin le siège des orgasmes «adultes», les clitoridiens étant « infantiles» Mi-XXe : Le clitoris rentre en grâce, à la suite des études de Kinsey, Hite et Masters et Johnson 1970 : Le clitoris est politique, porté comme seul organe de l\u2019orgasme par le féminisme 1980 : Oui!, le point G existe!, rapidement popularisé par les médias, il ramène le vagin à l\u2019avant-scène 2000 Non !, le point G n\u2019existe pas ! mais les racines du clitoris et le mur antérieur du vagin peuvent être orgasmiques JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des Montréalais avec Standing Rock Quelques centaines de personnes ont manifesté lundi à Montréal leur appui aux autochtones qui s\u2019opposent au Dakota Access Pipeline actuellement en construction aux États-Unis, sur un territoire revendiqué par les Sioux de la communauté de Standing Rock.Les opposants à ce projet ont été expulsés manu militari du site de construction, ce qui a suscité une vague d\u2019indignation de la part de plusieurs Premières Nations au cours des dernières semaines.I S A B E L L E P O R T E R à Québec P as question pour la Ville de Québec d\u2019assumer seule les coûts d\u2019un service de transport en commun entre l\u2019aéroport et le centre- ville estimés à 500 000$ par an.L\u2019aéroport doit apporter sa contribution, plaident le maire Régis Labeaume et le président du Réseau de transport (RTC), Rémy Normand.« Essayez donc de faire votre par t aussi », a lancé le maire en parlant de la direction de l\u2019aéroport, lundi soir.«Tout le monde veut que ça se passe, mais personne ne veut payer.C\u2019est le problème depuis le début», a-t-il ajouté plus tard.La semaine dernière Radio-Canada rapportait que Québec était la seule ville canadienne de 500 000 habitants et plus à ne pas offrir un tel service.La Chambre de commerce, l\u2019Institut de développement urbain et un ancien dirigeant du RTC plaidaient tous pour qu\u2019on règle le problème rapidement.Quant à la direction de l\u2019aéroport, elle laissait entendre que la Ville et le Réseau de transport en commun traînaient les pieds dans le dossier.«Ça fait au moins dix ans que nous demandons au RTC d\u2019assurer un service à l\u2019aéroport », avait déclaré le porte-parole de l\u2019aéroport de Québec, Mathieu Claise.Le débat n\u2019est pas nouveau et revient de façon cyclique dans la capitale.En 2012, le maire La- beaume disait lui-même qu\u2019il était «gênant» qu\u2019un tel service ne soit pas offert.Or selon une étude menée à la même époque, il en coûterait 500 000$ par an pour offrir le service.M.Labeaume suggère aux dirigeants de l\u2019aéroport de faire «comme Halifax».Là-bas, «l\u2019aéroport a accepté de donner 500 000$ en 2011 à la société de transport locale pour acheter des bus et puis donner un peu plus de service à l\u2019aéroport», a précisé Rémy Normand.Achalandage suffisant?Malgré les désaccords entre la Ville et l\u2019aéroport, il semble que les deux parties soient toujours en quête d\u2019un compromis.« On est avec eux depuis plusieurs mois pour essayer de faire une analyse de marché qui traduirait de manière plus concrète : ce serait quoi le service à donner, qui en serait le gestionnaire et qui pourrait l\u2019opérer», a fait valoir M.Normand.Par ailleurs, l\u2019administration Labeaume semble par moments sceptique sur la nécessité d\u2019un tel service.Lundi, le maire a dit qu\u2019il n\u2019avait pas les moyens de payer pour des autobus circulant avec un ou deux passagers l\u2019après-midi.M.Normand a quant à lui réitéré qu\u2019il n\u2019avait reçu aucune plainte des usagers sur le manque de desserte à l\u2019aéroport.Quand on lui fait remarquer que les touristes sont peu susceptibles de se plaindre du manque de services au RTC, il rétorque que l\u2019aéroport pourrait lui, recueillir, ce genre de commentaires et les lui relayer.Enfin, des aéropor ts de « même volume » (1,5 million de passagers par an) n\u2019offrent pas non plus ce service, fait-il valoir.Ainsi parmi les aéroports de Saint-John (Nouveau-Brunswick), Regina et Victoria, seule Victoria offre un service de transport en commun, dit-il.Le Devoir VILLE DE QUÉBEC Navette à l\u2019aéroport : « Personne ne veut payer » A L E X A N D R E S H I E L D S A lors qu\u2019elles sont au cœur de loisirs accessibles et très largement pratiqués à Montréal, les patinoires extérieures sont plus que jamais menacées par les hivers doux qui se succèdent.La situation est telle que Montréal a décidé d\u2019investir quelques millions de dollars pour tenter d\u2019améliorer la situation, qui devrait néanmoins s\u2019aggraver en raison des bouleversements climatiques.Dans le cadre de son programme triennal d\u2019immobilisation de 6,3 milliards de dollars annoncé la semaine dernière, la Ville de Montréal a prévu une enveloppe de 7,3 millions de dollars dans un programme d\u2019amélioration des patinoires extérieures.Ce montant, réparti sur trois ans, pourrait notamment servir à installer des équipements de réfrigération pour certaines patinoires.À l\u2019heure actuelle, seules 8 patinoires sur les 262 que compte Montréal sont réfrigérées artificiellement.Une partie des nouveaux investissements publics pourrait en outre servir à recouvrir certaines installations, de façon à les protéger.Avec de nouveaux investissements, la Ville espère étendre la saison du patinage, mais aussi dégager du personnel, afin d\u2019améliorer l\u2019entretien des nombreuses patinoires montréa- laises.Il faut savoir que la mise en place et le maintien des patinoires de la ville sont de plus en plus difficiles, en raison de saisons hivernales de plus en plus clémentes.L\u2019an dernier, par exemple, même la patinoire réfrigérée artificiellement du parc de la Confédération, dans Notre-Dame-de-Grâce, a dû être fermée après son ouverture, en raison du temps doux.Fonte accélérée Investissements ou pas, Montréal et tout le sud du pays seront de plus en plus aux prises avec des hivers doux au cours des prochaines années.Une situation pour ainsi dire inévitable qui pourrait même condamner la plupart des patinoires extérieures au cours du présent siècle.Une étude montréalaise publiée dans la revue Environmental Research Letters a ainsi déjà permis de conclure à un recul marqué de la durée de vie des patinoires dans toute la partie la plus densément peuplée du Canada.Les chercheurs soulignaient du même coup que, si leurs prédictions scientifiques s\u2019avéraient exactes, il n\u2019y aura plus de patinoires extérieures naturelles (sans système spécial de réfrigération) à Calgary, Montréal et Toronto en 2050.Selon d\u2019autres travaux menés par des chercheurs du Dépar tement de géographie et d\u2019études environnementales de l\u2019Université Wilfrid-Laurier, en Ontario, si la tendance climatique se maintient, en 2090, il ne restera qu\u2019une quarantaine de jours de patinage en moyenne dans des villes comme Montréal et Toronto.Le Devoir CLIMAT Des patinoires fragiles à protéger La Ville a décidé de débloquer des budgets pour la pérennisation de ce symbole de saison L E D E V O I R , L E M A R D I 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 7 CE SOIR! SUIVEZ EN DIRECT SUR LE WEB LA COUVERTURE DE L\u2019ÉLECTION.ledevoir.com Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L es Prince-Édouardiens ont parlé.Reste maintenant à savoir si leur gouvernement les écoutera\u2026 et si Ottawa s\u2019en inspirera.La petite province insulaire a voté, au terme d\u2019un plébiscite de 10 jours s\u2019étant terminé lundi soir, en faveur d\u2019une modification du mode de scrutin.La représentation proportionnelle l\u2019a remporté, mais à l\u2019arraché seulement, alors que le statu quo a livré une chaude lutte.Les électeurs de l\u2019Île-du- Prince-Édouard devaient se prononcer sur le système électoral de leur choix.Leur bulletin de vote présentait cinq systèmes électoraux qu\u2019ils devaient numéroter par ordre de préférence.Si aucun système ne recevait d\u2019emblée l\u2019appui de 50 % des voix exprimées, l\u2019option ayant reçu le moins d\u2019appuis était éliminée et le second choix de ces électeurs était redistribué jusqu\u2019à ce qu\u2019une majorité émerge.Les électeurs avaient le choix entre le statu quo, le statu quo plus les chefs (un siège réservé au chef de chaque parti recevant au moins 10 % des suffrages), le vote préférentiel ainsi que deux systèmes proportionnels.Le statu quo est arrivé en tête lors du premier décompte, avec 31 %.Il est resté premier quand le système préférentiel a été écarté.Il n\u2019a été déclassé que lorsqu\u2019un des deux systèmes proportionnels a été éliminé.Le système proportionnel mixte l\u2019a alors remporté avec 52 % des voix contre 43 % pour le statu quo.Les 5 % manquants représentent les bulletins « épuisés », c\u2019est-à- dire ceux que les électeurs n\u2019avaient pas numérotés jusqu\u2019au bout.En vertu du système proportionnel mixte choisi, les électeurs recevraient deux bulletins de vote.Le premier servirait à élire un député selon le système traditionnel.Le second, à exprimer son parti politique de préférence.Un certain nombre de députés supplémentaires seraient alloués aux partis dont la part d\u2019élus ne reflète pas fidèlement la par t des suf frages obtenus avec ce second bulletin.Ces députés seraient choisis à même les listes dressées par les partis.Le taux de participation au référendum n\u2019a été que de 36 %.C\u2019est d\u2019autant plus bas que l\u2019Île-du-Prince-Édouard décroche systématiquement la palme du plus haut taux de participation du pays lors des élections fédérales.Et maintenant?Comme il s\u2019agit d\u2019un plébiscite, le gouvernement n\u2019est pas tenu de le respecter.Le premier ministre libéral, Wade MacLauchlan, a systématiquement refusé pendant la campagne de fixer un seuil de participation minimal à partir duquel il se sentirait obligé de respecter la volonté populaire exprimée.Le député libéral et whip du gouvernement Jordan Brown ne se fait pas trop d\u2019illusion.Avec un taux de participation très faible, celui qui avait présidé le comité parlementaire ayant concocté la question référendaire reconnaît qu\u2019« il y a un risque » que le gouvernement n\u2019enclenche pas de réforme.Il rappelle au Devoir que son comité avait suggéré de fixer un seuil de par ticipation entre 33 % et 66 % pour rendre le résultat contraignant.« J\u2019aurais un problème à ce qu\u2019on enclenche automatiquement un changement avec un tel taux de participation», nous a-t-il avoué lundi à une heure de la fermeture des bureaux de vote.« Je fais une analogie avec la référence sur la sécession du Québec : il faut un résultat clair à une question claire.» Le chef du Parti vert et député, Peter Bevan-Baker, qui avait siégé avec M.Brown au comité, n\u2019est pas de cet avis.« Nous avons constamment des élections partielles au Canada au cours desquelles le taux de participation est de 30%, 35%, et personne ne conteste jamais la légitimité de ces résultats.» M.Bevan-Baker se dit néanmoins « déçu » de ce taux de participation.« En tout et pour tout, les chiffres ne sont pas aussi élevés qu\u2019on l\u2019aurait espéré », a reconnu le directeur des communications d\u2019Élections PEI, Paul Alan.Quelque 104 700 électeurs étaient appelés aux urnes, dont 4700 jeunes de 16 et 17 ans.On saura seulement mardi quel a été le taux de participation final pour chaque tranche d\u2019âge.En date de dimanche soir, seulement 18 % des mineurs admissibles s\u2019étaient prévalus de leur droit de vote.Seuls les 18-24 ans avaient un score plus faible, à un peu moins de 15 %.Les électeurs avaient le droit de voter par Internet, par téléphone ou en personne.De loin, les gens ont préféré l\u2019option en ligne (77 %).«On a une personne de 98 ans qui a voté en ligne ! », se félicite M.Alan.Il indique qu\u2019étrangement, ce sont les personnes âgées en foyer d\u2019accueil \u2014 «qui ont des tablettes que leur a données leur famille » \u2014 qui ont voté en ligne alors que les jeunes ont eu tendance à voter par bulletin papier « parce que c\u2019est ce qu\u2019ils ont vu leurs parents faire» ! Reste maintenant à savoir si ce référendum prince-édouar- dien influera sur le gouvernement libéral fédéral qui dit vouloir modifier le système électoral seulement en présence d\u2019un large consensus.La force du statu quo est-elle de nature à refroidir les ardeurs réformistes?« Il y aurait une belle symétrie dans le fait que ce soit à l\u2019Île-du-Prince-Édouard, où se sont amorcées les discussions pour faire naître le Canada il y a 150 ans, qu\u2019on amorce le mouvement pour se débarrasser de notre système électoral antique ! », conclut M.Bevan- Baker.Le Devoir ÎLE-DU-PRINCE-ÉDOUARD Nouveau mode de scrutin : un « oui » à l\u2019arraché R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec L e Parti libéral du Québec est un par ti « éteignoir » dont l\u2019ef fectif est en chute libre, un parti usé, centralisé, inféodé à son aile parlementaire et miné par la culture du silence, juge le président sor tant de sa Commission politique, Jérôme Turcotte, qui, malgré tout, n\u2019a pas perdu espoir que le PLQ puisse changer.« Je crois profondément à la capacité de renouvellement du Parti libéral du Québec », a livré au Devoir Jérôme Turcotte, qui est redevenu simple militant en septembre pour finir la rédaction de sa thèse de doctorat en droit.En plus d\u2019assumer la présidence de la Commission politique du parti, il a été membre de son Conseil de direction, de son Conseil exécutif et de son Comité d\u2019audit.Jérôme Turcotte a rédigé un document intitulé Analyse des défis à relever pour relancer le militantisme au PLQ, qu\u2019il a remis à la direction du parti cet été et qui devait manifestement demeurer confidentiel.« À l\u2019heure actuelle, plusieurs militants, dont moi-même, ont le sentiment que le PLQ est de plus en plus en train de devenir une marque de commerce servant à faire élire une aile parlementaire qui a délaissé le militantisme et est de moins en moins un réel parti ancré dans une participation citoyenne active», écrit-il.L\u2019ex-président de la Commission politique dénonce «la participation tiède de nombreux élus à nos événements militants, le choix presque systématique de candidats vedettes étrangers».« Pour subsister [à] travers les âges, le confort est notre pire ennemi et le militantisme notre planche de salut », plaide-t-il.«Or, il est nécessaire de prendre conscience que notre parti a été au pouvoir de façon quasi continue depuis plus d\u2019une décennie maintenant et qu\u2019une certaine torpeur ainsi qu\u2019un excès de confiance semblent s\u2019être emparés de ce dernier alors même que notre base militante est en chute libre», poursuit-il.La «situation critique» dans lequel se trouve le PLQ se traduit par la défection de nombreux militants, note Jérôme Turcotte.Ainsi, le parti dirigé par Philippe Couillard a perdu tout près de 29% de ses membres depuis un an et demi: ils ne sont plus que 37 020.Tout près de 60% d\u2019entre eux ont plus de 65 ans tandis que 8% seulement ont moins de 35 ans.Le financement populaire du parti ne va pas très bien non plus: les objectifs fixés pour les circonscriptions n\u2019ont été remplis qu\u2019à 51%.Il existe un «climat toxique» qui nuit au militantisme dans les partis, estime Jérôme Turcotte.«On ne fait que parler politique en terme d\u2019éthique, de lançage de boue et de suspicion», a-t-il af firmé, alors que des fraudes présumées comme celles révélées à la Société immobilière du Québec (SIQ) ne sont le fait que de «4 ou 5 personnes » parmi les dizaines de milliers de militants libéraux.Le directeur des communications du PLQ, Maxime Roy, a avancé que le document nourrissait « davantage » une « réflexion » que le parti avait déjà amorcée « sur le rôle et la place des militants ».Le Devoir PLQ Un parti usé et délaissé par ses militants R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec L a Coalition avenir Québec n\u2019est pas un parti fédéraliste, même si elle doit adopter à son congrès l\u2019« article 1 » de son programme qui l\u2019engage à «assurer le développement et la prospérité de la nation québécoise à l\u2019intérieur du Canada».Le président de la CAQ, Stéphane Le Bouyonnec, n\u2019a pas aimé que Radio-Canada affirme qu\u2019avec cet article 1, le parti de François Legault devient fédéraliste.« Je veux vraiment m\u2019inscrire en faux», a-t-il clamé dans un entretien accordé au Devoir.Être fédéraliste, pour Stéphane Le Bouyonnec, c\u2019est défendre le statu quo.« Je crois qu\u2019il y a beaucoup de Québécois qui pensent qu\u2019il y a une troisième voie qui est possible entre le statu quo du fédéralisme actuel et la sécession.» Il y a un an presque jour pour jour, au Conseil général de la CAQ à Laval, François Legault présentait son «virage nationaliste » et une liste de 21 demandes que son parti, une fois élu, présenterait à Ottawa.Parmi ces demandes figuraient notamment la déclaration fiscale unique, dont se chargerait le Québec, la responsabilité de la sélection de tous les immigrants, y compris les réfugiés, le rapatriement des sommes que dépensent le gouvernement fédéral pour la culture et le transfert en bloc des budgets fédéraux en infrastructures.Réunis à Drummondville samedi et dimanche prochains, les militants caquistes devront se prononcer sur cet article 1 qui se lit comme suit : «La Coalition avenir Québec est un par ti nationaliste moderne dont l\u2019objectif premier est d\u2019assurer le développement et la prospérité de la nation québécoise à l\u2019intérieur du Canada, tout en défendant avec fier té son autonomie, sa langue, ses valeurs et sa culture.» Libeller ce texte minimaliste et le faire adopter par les élus et la direction du parti n\u2019a pas été chose facile, a signalé le président de la CAQ.Au sein de la coalition, « c\u2019est facile de réunir tous ces gens-là sur les thèmes de l\u2019économie, etc.C\u2019est un petit peu plus difficile de les faire coexister dans un dialogue constructif autour de la question constitutionnelle.Ça, je vous en passe un papier », a dit Stéphane Le Bouyonnec.À l\u2019origine, la CAQ refusait de définir sa position afin d\u2019éviter de participer à « ce débat stérile entre souverainistes et fédéralistes », a-t-il rappelé.Mais la dernière élection a montré que la CAQ ne pouvait pas demeurer dans les limbes.« On a atteint un niveau de maturité », a-t-il avancé.Une coalition, c\u2019est « éphémère » ; il fallait que la CAQ adopte une position « si on voulait s\u2019inscrire dans la durée ».Le Devoir Être dans le Canada sans être fédéraliste La position constitutionnelle de la CAQ doit être adoptée au congrès Et au fédéral\u2026 Ce ne sera pas comme un référendum, mais tout comme.Le gouvernement libéral enverra en décembre un dépliant aux quelque 13 millions de foyers canadiens pour encourager les citoyens à aller sur le site mademocratie.ca (à venir) et à répondre à des questions à propos de la réforme électorale.Les citoyens auront jusqu\u2019au 31 décembre pour faire connaître leurs préférences.Les libéraux de Justin Trudeau se sont engagés à ce que l\u2019élection de 2015 soit la dernière tenue en vertu du mode de scrutin actuel.Depuis, un comité parlementaire a tenu des audiences, les députés ont organisé des assemblées publiques dans leur circonscription et la ministre responsable du dossier, Maryam Monsef, a effectué sa propre tournée pancanadienne.Le gouvernement devrait faire connaître sa réforme une fois les résultats de toutes ces consultations compilés, quelque part en début de 2017.ANDREW VAUGHAN LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre libéral, Wade MacLauchlan J E A N N E C O R R I V E A U A ccusé d\u2019agression sexuelle sur une mineure, l\u2019ex- maire de Montréal-Nord Gilles Deguire éprouve des «remords profonds», soutient son avocat.La cause de l\u2019ancien élu est revenue devant le tribunal lundi.À l\u2019issue de l\u2019audience, son avocat, Frank Pappas, a confié aux journalistes que M.Deguire reconnaissait les torts qu\u2019il avait causés.« On parle d\u2019un monsieur de 67 ans qui a toujours servi la population et a toujours été un bon citoyen.Il a dérapé.Il a perdu de vue les frontières qu\u2019il ne faut jamais franchir.C\u2019est impardonnable ce qu\u2019il a fait, a indiqué Me Pappas au Devoir.Il est responsable de son geste.» L\u2019avocat a laissé entendre que tous les éléments laissaient entrevoir une résolution du dossier.Les parties se retrouveront à nouveau en cour le 1er décembre prochain.Rappelons que Gilles De- guire, qui a été policier pendant 30 ans, fait face à des accusations d\u2019agression sexuelle et d\u2019attouchements sur une personne mineure.Les actes qui lui sont reprochés se seraient produits entre le 1er décembre 2013 et le 23 octobre 2015, alors qu\u2019il était maire.Le Devoir JUSTICE L\u2019ex-maire de Montréal- Nord exprime des remords Lire aussi \u203a PLQ immobilier, l\u2019éditorial d\u2019Antoine Robitaille.Page A 8 e maire de Montréal, Denis Coderre, s\u2019obstine dans la défense de son chef de police, Philippe Pichet.Pris dans la tourmente du scandale sur la surveillance de journalistes, le commandant Pichet doit quitter ses fonctions, provisoirement, d\u2019ici à ce que la commission d\u2019enquête annoncée par Québec fasse son travail.La suspension temporaire de M.Pichet ne constitue pas du « lynchage» ni une atteinte à la primauté du droit, comme le prétend M.Coderre.C\u2019est un passage obligé pour rétablir la con?ance des Montréalais à l\u2019égard du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et de l\u2019administration Coderre.M.Pichet ne peut pas rester aux commandes du SPVM, alors que sa conduite est au cœur des problèmes qui af?igent l\u2019organisation.Il a sapé lui-même son autorité morale.Le maire Coderre joue à un jeu dangereux.Plutôt que de suspendre M.Pichet, comme le réclame l\u2019opposition of?cielle à l\u2019Hôtel de Ville et à l\u2019Assemblée nationale, il a annoncé la tenue d\u2019une enquête administrative sur le SPVM, con?ée pro bono à l\u2019inspecteur général de Montréal, Denis Gallant.Le Devoir ne comprend pas que Me Gallant puisse accepter de jouer un rôle dans cette initiative visant à contrôler les dégâts et à préserver l\u2019image de marque du maire.Le Bureau de l\u2019inspecteur général n\u2019a-t-il pas assez de travail avec les cartels qui continuent de sévir à Montréal ?Le conseiller de Projet Montréal Alex Norris a tout de suite relevé ce qui aurait dû sauter aux yeux d\u2019un avocat aussi expérimenté que Denis Gallant.Le cumul des fonctions d\u2019inspecteur général et d\u2019enquêteur ad hoc «compromet son impartialité et son indépendance» face à l\u2019administration Coderre.L\u2019enquête administrative déclenchée par M.Coderre ne vise pas tant à faire la lumière sur la surveillance des journalistes qu\u2019à contrôler la circulation de l\u2019information à ce sujet.Cette enquête risque par ailleurs de dupliquer les travaux de la commission d\u2019enquête dont le gouvernement Couillard a annoncé la création, la semaine dernière.Dans le pire scénario, l\u2019enquête administrative pourrait même nuire aux travaux de la commission, car il y a un risque, théorique pour le moment, que des preuves et des témoins soient contaminés à la suite des travaux de Me Gallant.Il ne semble pas y avoir de limites à la chasse aux sources à Montréal.M.Coderre a cautionné lui-même la surveillance policière de Patrick Lagacé, en 2014, pour une histoire de contravention que le chroniqueur n\u2019a jamais publiée ! Un autre cas de surveillance dont l\u2019instigateur n\u2019est nul autre que le maire.Ces ré?exes autocratiques, inquiétants, discréditent davantage l\u2019enquête administrative lancée par M.Coderre.Depuis un an, on sait que le Parti libéral est poursuivi devant les tribunaux pour la vente de son siège social, rue Waverly.Depuis, il en a acheté un autre à Montréal.Et est passé de locataire à propriétaire à Québec.Légale, la spéculation immobilière est-elle pour autant, pour un parti politique, un mode de financement légitime?oyons spécieux : le Parti libéral semble plus habile à gérer son propre immobilier que celui de l\u2019État.Ce dernier, il n\u2019a pas hésité à en brader une partie il y a huit ans, grâce à l\u2019irresponsabilité ministérielle avouée de Monique Jérôme-Forget, au pro?t de certains de ses collecteurs de fonds.C\u2019est du moins ce qu\u2019alléguait de manière très convaincante \u2014 et choquante \u2014 l\u2019émission Enquête à Radio-Canada la semaine dernière.Son immobilier à lui, le Parti libéral en prend bien soin et semble même en faire un nouveau mode de ?nancement.« Ce n\u2019est pas un secret, le Parti libéral a été le champion du financement des partis politiques au cours des années 2000», écrit l\u2019ancien président de la Commission politique du PLQ Jérôme Turcotte, dans un rapport interne dévastateur, dévoilé et publié par La Presse.Dans les années 2000, comme l\u2019a déjà dit l\u2019ancien président du PLQ Robert Benoît, cette formation politique avait cessé d\u2019être une machine à idées pour devenir une « machine à ramasser de l\u2019argent ».Parfois au mépris de la loi, notamment grâce un stratagème de prête-noms.Le PLQ vient d\u2019ailleurs de rembourser 551 400 $ pour des dons illégaux faits de 2006 à 2011.Revenons en 2005, où les coffres débordent tellement que le parti décide de s\u2019acheter un immeuble, le 7240 rue Waverly à Montréal, au coût de 2,2 millions de dollars.Septembre 2015: ce local est vendu pour 6,3 millions à Lima Immobilier.Vente contestée devant les tribunaux par l\u2019entrepreneur montréalais David Owen, qui s\u2019estime lésé par les «machinations » et «manœuvres » du PLQ.Owen soutient avoir déposé, avant Lima, une offre de 5,5 millions.Le parti réplique qu\u2019une clause de l\u2019offre d\u2019achat lui permettait de se retirer dans les 10 jours s\u2019il recevait une offre plus alléchante.Au départ, M.Owen réclame près de 2 millions de dommages au PLQ; puis il amende sa requête et augmente sa réclamation à 12,2 millions.Néanmoins, le PLQ doit se reloger et acquiert en septembre 2015 un autre siège social, dans Grif?ntown, au 254 rue Queen au coût de 3 millions.À Québec, en février 2016, alors que le bail de son bureau du chemin Sainte-Foy se termine, il décide de devenir propriétaire au coût de 950 000 $.Le PLQ est la seule formation politique au Québec à avoir eu, à un moment donné, assez d\u2019excédents pour pouvoir acquérir des immeubles.Il a fait en 2015 un important gain en capital qu\u2019il s\u2019est manifestement dépêché de réinvestir dans l\u2019immobilier.Pourtant, « le parti traîne une grosse dette depuis [les élections] de 2012 », répète M.Turcotte à plusieurs reprises dans son rapport et « doit veiller à accumuler des fonds électoraux pour 2018 ».Y a-t-il un avantage à ne pas payer ses dettes et à tout réinvestir ?Au Directeur général des élections du Québec, on note que rien n\u2019interdit qu\u2019un parti fasse un gain en capital.Ces «associations personnifiées » (terme de l\u2019article 2274 du Code civil) peuvent avoir des revenus autonomes.L\u2019univers des partis politiques est toutefois très réglementé, tant sur le plan des dépenses que des revenus.Pour obtenir, à coup de 100 $ (montant maximal admissible aujourd\u2019hui), des revenus équivalents au gain en capital libéral de 2015, tout parti aurait dû déployer un effort surhumain de ?nancement politique.Depuis la loi Drain- ville de 2013, les partis sont devenus accros à l\u2019argent public : autre raison de tirer ces questions au clair.L E D E V O I R , L E M A R D I 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 A 8 EDITORIAL L E T T R E S La CAQ aura son article I Ce projet de texte sera soumis aux membres du parti prochainement : « La Coalition avenir Québec est un parti nationaliste moderne dont l\u2019objectif premier est d\u2019assurer le développement et la prospérité de la nation québécoise à l\u2019intérieur du Canada, tout en défendant avec fierté son autonomie, sa langue, ses valeurs et sa culture.» Si les partisans de la souveraineté qui veulent l\u2019indépendance pour instaurer le socialisme abandonnaient leur rêve utopique et si les souverainistes sincères du PQ acceptaient que l\u2019indépendance n\u2019est pas une solution réaliste pour l\u2019instant, la plupart des Canadiens français du Québec pourraient adhérer aux principes de cet ar ticle I de la CAQ qui compte de nombreux nationalistes qui ne votent pas pour les partis indépendantistes (le PQ et Québec solidaire) parce qu\u2019ils sont trop à gauche.Et ils pourraient reprendre le contrôle de leur province présentement dirigée par un parti appuyé par seulement 20 à 25 % d\u2019entre eux, On dira que cet article I nous rappelle la philosophie de l \u2019Union nationale.Peut-être Daniel Johnson, le père, avait- il raison de dire à l\u2019époque : pas nécessairement l\u2019indépendance, mais l\u2019indépendance si nécessaire.Compte tenu de l\u2019échec des deux référendums, ce slogan n\u2019aurait aucune valeur maintenant.L I B R E O P I N I O N J E A N - H U G U E S R O Y Journaliste et professeur, École des médias, Université du Québec à Montréal M erci pour la commission d\u2019enquête.Merci pour les bons mots sur l\u2019importance du travail des journalistes dans une société démocratique.Mais si les membres du gouvernement Couillard veulent réellement protéger les sources journalistiques, ils doivent modifier substantiellement leur projet de loi 87 afin de le doter d\u2019une dentition digne de ce nom; sinon, il faut carrément le jeter au panier.Censé faciliter la divulgation d\u2019actes répréhensibles dans les organismes publics, le projet de loi 87 fait le contraire.Il crée, avec son article 5, un mécanisme de divulgation qui semble intéressant au premier abord.Ainsi, les fonctionnaires témoins d\u2019actes répréhensibles pourront les rapporter à un «responsable du suivi des divulgations» au sein de l\u2019organisme au sein duquel ils travaillent, sinon au Protecteur du citoyen qui devra ainsi assumer un nouveau rôle.Mais dès l\u2019article suivant, l\u2019article 6, un obstacle se dresse.S\u2019il s\u2019agit d\u2019une situation urgente qui «présente un risque grave pour la santé ou la sécurité d\u2019une personne ou pour l\u2019environnement», les fonctionnaires pourront divulguer publiquement la chose\u2026 à condition d\u2019en parler auparavant à la police! En fait, si ce projet devient loi, plus aucun fonctionnaire n\u2019osera parler à un journaliste.Pourquoi le feraient-ils, puisqu\u2019un beau mécanisme de divulgation aura été mis sur pied?Pire: ils s\u2019exposeraient désormais à des sanctions disciplinaires s\u2019ils parlaient à un journaliste, car ils auraient ainsi violé la loi sur le mécanisme par lequel les actes répréhensibles devront désormais être divulgués.Et s\u2019il y en a qui révèlent malgré tout des informations aux médias, imaginez les enquêtes qui seront déclenchées pour connaître leur identité.On n\u2019aurait donc pas fini d\u2019espionner des journalistes pour débusquer les taupes.Il y aurait pourtant une solution simple.La Loi sur la fonction publique dit que les fonctionnaires doivent travailler dans l\u2019intérêt public.C\u2019est bien.Mais quand on la lit attentivement, on se rend compte que les fonctionnaires doivent être loyaux et prêter allégeance à «l\u2019autorité constituée».Ils sont aussi tenus à la discrétion.L\u2019intérêt public vient au second plan, après la loyauté et la discrétion.Et si on renversait l\u2019ordre des loyautés?Si on disait clairement, dans cette loi fondamentale de la fonction publique, que la loyauté première des fonctionnaires est envers le public?Si on plaçait clairement l\u2019intérêt public au-dessus de la discrétion et de la loyauté envers son employeur?On lancerait ainsi clairement le message que divulguer publiquement un acte répréhensible est un devoir, peu importe le canal utilisé : son patron, le Protecteur du citoyen, les médias sociaux ou traditionnels.Ainsi, les fonctionnaires ne craindraient plus de parler à des journalistes.Car c\u2019est sur tout aux sources que je pense, depuis qu\u2019on a la preuve que les registres téléphoniques de journalistes ont été obtenus par le SPVM et la Sûreté du Québec.Contacter un journaliste peut être extrêmement anxiogène.Dans ma carrière, j\u2019ai rencontré des sources qui ont craint pour leur emploi.Il ne faut plus que la défense de l\u2019intérêt public se fasse au risque de perdre sa carrière, son gagne-pain.Je lance dont un appel à tous les parlementaires.Modifiez la Loi sur la fonction publique pour que l\u2019intérêt public soit la responsabilité première des fonctionnaires.Vous faciliterez ainsi réellement le travail des lanceurs d\u2019alerte et, au passage, celui des journalistes.Projet de loi 87 ?Au panier ?FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente des ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Et il faudrait trouver une façon de faire pression sur Ottawa et le ROC autrement qu\u2019en votant naïvement pour Trudeau et le PLC.Louis Dion Le 7 novembre 2016 de pays, attaque les fondements mêmes de notre vie démocratique.Non seulement elle empêchera nos élus municipaux de protéger nos sources d\u2019eau potable, non seulement elle bafouera le pouvoir de bien gérer le territoire de nos MRC, mais elle poussera l\u2019affront à pouvoir nous départir de nos propriétés privées pour leur bon vouloir de sonder le dessous de nos maisons.Nos Indiens d\u2019Amérique se sont fait exproprier de façon aussi sauvage.Honni soit le ministre Arcand qui participe à cette profanation de notre territoire et de nos droits démocratiques les plus élémentaires.Et comment nos députés peuvent-ils assister, voire même par ticiper à cette atteinte majeure à notre démocratie sans protester haut et fort?Pourtant, tout citoyen un tant soit peu informé des conséquences de ces exploitations non conventionnelles du pétrole, par fracturation mécanique, par dissolution chimique ou par impulsion n\u2019est pas d\u2019accord, crie NON à ces gestes infâmes.Déjà 68 % des Québécois (Sondage SOM) ont dit NON.Et quand c\u2019est NON, c\u2019est NON! Ce lourd silence devant la profanation de notre eau, de notre territoire et de notre démocratie, cette culture des puissants lobbys aurait-elle envahi notre Parlement ?Jean-Claude Thibault, citoyen pas fier de nos législateurs «pétrolisés» Le 6 novembre 2016 FINANCEMENT POLITIQUE PLQ immobilier SURVEILLANCE AU SPVM Un chef sans autorité S L ANTOINE ROBITAILLE BRIAN MYLES Le viol de notre territoire : le projet de loi 106 Le projet de loi 106 concernant la mise en œuvre de la Politique énergétique 2030 et que nous rebaptisons la Loi des pétrolières se prépare à légaliser le viol de notre territoire.Quand les dards acérés des pétrolières pénétreront sans retenue les entrailles de nos terres, quand ils cracheront leurs poisons chimiques dans nos eaux profondes, quand ils fractureront toute l\u2019ossature de nos sols, alors ils marqueront au fer rouge le cœur même de notre territoire.Et pire encore, ce n\u2019est pas seulement notre corps qu\u2019ils auront alors profané, mais c\u2019est l\u2019âme même du peuple qui sera ainsi sacrifiée.C\u2019est ce que nous avons clairement compris grâce à la présentation largement documentée du docteur en droit et en sociologie M.Richard E.Langelier, lors de la soirée d\u2019information publique tenue à Racine le 3 novembre dernier.En ef fet, cette loi sans cœur, payée par et pour l\u2019argent des salisseurs L E D E V O I R , L E M A R D I 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.D ans une société régie par le droit, la surveillance policière est un mal nécessaire.On s\u2019en accommode parce qu\u2019on nous promet qu\u2019en dotant les policiers des moyens d\u2019enquêter, on va prévenir et élucider des crimes.Mais pour être digne de confiance, la surveillance policière doit être elle-même surveillée ! Quand les processus par lesquels on surveille les surveillants sont dys- fonctionnels, nous perdons confiance.La confiance est un ingrédient essentiel de la légitimité.Il faut que la population ait l\u2019assurance que la surveillance policière est effectuée uniquement lorsque des motifs très sérieux la justifient.C\u2019est cette confiance qui est hypothéquée lorsqu\u2019on apprend que des journalistes sont épiés sans qu\u2019on ait pris les précautions nécessaires.La surveillance mal encadrée menace non seulement la liberté de presse, mais aussi la vie privée de tous, et elle mine la confiance envers les institutions.Le juge qui est chargé d\u2019examiner les mandats de surveillance a pour tâche de vérifier le bien-fondé et la raisonnabilité des intrusions.Mais si la vigilance se relâche, la por te est grande ouverte aux abus.Encore pire lorsque pointent des indices que des considérations politiques entreraient en jeu.Le rapport entre le processus judiciaire et la confiance est ici crucial.La population doit pouvoir tenir pour acquis que le juge dispose des moyens, de la connaissance et de l\u2019indépendance afin d\u2019assurer une réelle supervision des activités de surveillance.Si ces conditions ne sont pas réunies, les activités de surveillance policière perdent leur légitimité.C\u2019est dire l\u2019ampleur de la catastrophe.La régulation judiciaire est ce qui garantit que la police ne dépasse pas ce qui est absolument nécessaire pour faire son travail.Si le contrôle par le juge s\u2019avère défectueux, c\u2019est la confiance dans le système qui s\u2019écroule.Mécanismes plus conséquents Mais il y a plus : dans l\u2019univers numérique où le moindre objet peut être connecté à Internet, il faut des mécanismes encore plus conséquents de supervision des activités de surveillance.La supervision judiciaire doit être adaptée aux mutations majeures de l\u2019environnement informationnel de nos vies quotidiennes.Les capacités de collecte et de traitement d\u2019information que comportent les moindres appareils numériques impliquent des enjeux radicalement différents de ceux de l\u2019écoute téléphonique au siècle dernier.Au cours des années récentes, le Parlement canadien a étendu considérablement les possibilités de surveiller et de recourir à des méthodes de détection fondées sur les moyens technologiques.Mais on n\u2019a pas vraiment mis à niveau les garanties devant accompagner la surveillance dirigée vers les objets numériques.Les dispositifs connectés que nous utilisons au quotidien produisent et transmettent beaucoup d\u2019informations relatives à notre vie privée et à celle des autres.Le modèle actuel de surveillance judiciaire avait du sens à l\u2019époque où la surveillance concernait surtout les écoutes téléphoniques.Désormais le Code criminel permet aux policiers d\u2019obtenir des données de localisation au moyen d\u2019un dispositif de localisation, d\u2019enregistrer des données de transmission et d\u2019effectuer de la vidéosurveillance.En plus, une disposition à caractère général du Code criminel permet à un juge d\u2019autoriser un policier à utiliser un dispositif ou une technique ou une méthode d\u2019enquête, qui constituerait sans cette autorisation une fouille, une perquisition ou une saisie abusive à l\u2019égard d\u2019une personne ou d\u2019un bien.La compatibilité de certaines de ces dispositions avec les garanties constitutionnelles n\u2019a pas encore été tranchée par les tribunaux.Le processus par lequel s\u2019effectue le contrôle judiciaire de constitutionnalité en ces matières est en lui-même problématique : il faut attendre qu\u2019un justiciable suf fisamment solvable conteste la validité de la surveillance qu\u2019il a subie.Encore aujourd\u2019hui, on s\u2019en remet à une décision de 2007 (Cody c.R., 2007 QCCA 1276, canlii.ca/t/1t14s) pour af firmer que des filatures à distance seraient compatibles avec les protections constitutionnelles.La régulation judiciaire des activités de surveillance policière prévue au Code criminel n\u2019a pas été mise à niveau de manière à refléter les enjeux des outils numériques d\u2019aujourd\u2019hui.Les abus auxquels elle paraît avoir donné lieu à l\u2019égard des journalistes révèlent la nécessité d\u2019adapter le cadre de la surveillance en tenant compte du contexte de la société numérique.En temps normal, la surveillance des surveillants n\u2019est pas une question qui passionne ! Surtout lorsqu\u2019on croit que la surveillance ne menace que des trafiquants et autres personnages infréquentables.Le fait que des journalistes aient été la cible de pratiques de surveillance aussi étendues a visibilisé le caractère désuet et dysfonctionnel du processus de régulation de la surveillance policière.Une désuétude qui interpelle tous les niveaux de gouvernement.Surveiller le surveillant M A R C V A N A U D E N R O D E Professeur associé d\u2019économie, Université de Sherbrooke P I E R R E F O R T I N Professeur émérite d\u2019économie, ESG UQAM ux États-Unis, le salaire minimum fédéral est gelé à 7,25dollars l\u2019heure depuis 2009, ce qui représente seulement 30% du salaire moyen.En comparaison, au Québec, notre salaire minimum est de 10,75dollars, ce qui équivaut à 47% du salaire moyen.Pendant la campagne des primaires démocrates aux États- Unis, le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, a mis sur la table une proposition courageuse et provocatrice: porter le salaire minimum fédéral américain à 15 dollars l\u2019heure ! Pour tous ceux qui, comme nous, réprouvent la maltraitance dont les travailleurs du bas de l\u2019échelle sont l\u2019objet aux États-Unis, la proposition du sénateur Sanders ranimait l\u2019espoir.Elle faisait avancer le débat dans la bonne direction dans ce pays.Le problème est que le chiffre de 15dollars s\u2019est inséré dans le débat politico-économique du Québec pour sa portée symbolique beaucoup plus que pour des motifs économiques.Quasiment personne ne se pose vraiment la question de son réalisme et de sa pertinence dans le contexte d\u2019ici.«Bombe atomique» Le débat a rebondi récemment lorsque l\u2019un de nous (Fortin) a affirmé qu\u2019une hausse immédiate de 40 % du salaire minimum au Québec, soit de 10,75 à 15 dollars, aurait l\u2019ef fet d\u2019une «bombe atomique» lancée sur le marché du travail et qu\u2019elle pourrait engendrer une perte allant jusqu\u2019à 100 000 emplois.Plusieurs inter venants \u2014 parmi lesquels des économistes \u2014 ont depuis contesté ce résultat, qui pourtant semble ancré dans le gros bon sens : qui peut sérieusement af firmer qu\u2019une augmentation de 40 % du salaire d\u2019un groupe de travailleurs particulièrement fragiles n\u2019aurait pas de conséquence négative sur leur emploi et, plus généralement, sur celui des 850 000 qui gagnent présentement moins de 15 dollars ?Le plus désolant dans ce débat, c\u2019est que la réponse est connue.De même que, pour un peuple, ignorer l\u2019histoire c\u2019est se condamner à la répéter, pour un scientifique, ignorer les connaissances passées, c\u2019est se condamner à refaire stérilement des débats résolus depuis longtemps.Il y a plus de 35 ans, deux économistes universellement considérés comme « progressistes », Jacques Drèze (Louvain) et Franco Modigliani (MIT, Nobel d\u2019économie 1985), ont publié une étude sur les liens entre l\u2019emploi et les salaires dans les petites économies très ouvertes sur le monde, comme celle du Québec.Jamais personne n\u2019en a contesté les résultats.À ce jour, ils continuent à faire autorité.Ceux-ci sont clairs : à court terme, il se peut qu\u2019une hausse des salaires dans une petite économie ouver te n\u2019ait qu\u2019un impact modeste sur l\u2019emploi ; mais, à long terme, les effets sont dévastateurs.Leurs estimations montrent que, dans cette petite économie ouverte, une augmentation de 1 % des salaires au-delà de l\u2019inflation et des gains de productivité engendre à long terme une perte de 2 % des emplois ! Pas à long terme L\u2019ignorance de ces résultats, bien connus depuis 35 ans, explique le débat actuel : oui, on peut raisonnablement soutenir qu\u2019une for te augmentation du salaire minimum aurait un impact limité sur l\u2019emploi à cour t terme.À la longue, par contre, les effets seraient considérables.Une fois que les entreprises auraient automatisé leurs processus, diminué leur emploi de travailleurs moins qualifiés et remplacé certains d\u2019entre eux par des travailleurs plus qualifiés, les conséquences pour l\u2019emploi des travailleurs au salaire minimum seraient dévastatrices.En appliquant les résultats de Drèze et Modigliani à une hausse du salaire minimum québécois à 15 dollars en 2016, on peut estimer que jusqu\u2019à 160 000 emplois disparaîtraient au Québec à long terme ! On peut vouloir, par prudence, attendre que le salaire moyen ait augmenté de 20 % et reporter la hausse du salaire minimum à 15dollars, disons, en 2022.La perte d\u2019emplois serait alors coupée de moitié : on en perdrait «seulement» 80 000 plutôt que 160 000.Quiconque a voyagé en Europe récemment n\u2019a pas besoin d\u2019être économiste pour le savoir.En Belgique, en France ou aux Pays-Bas, il n\u2019y a pas de stations-ser vice avec ser vice, il y a moins de serveurs dans les restaurants, les magasins sont ouver ts moins longtemps, etc.Ignorer cette réalité, c\u2019est jouer aux apprentis sorciers avec un groupe de travailleurs particulièrement fragiles.Ce débat est également déplorable parce qu\u2019il apporte de l\u2019eau au moulin du populisme ambiant.On utilise les prétendues dif férences d\u2019opinions entre scientifiques pour affirmer tout et n\u2019importe quoi : il n\u2019y a pas de changements climatiques (les études ne sont pas concluantes) ; la cigarette ne tue pas (les études ne sont pas concluantes) ; le sucre ne cause pas l\u2019obésité (les études ne sont pas concluantes).Ou encore : les conséquences du salaire minimum à 15dollars sur l\u2019emploi seraient négligeables, dire le contraire est «néolibéral».Croire qu\u2019un milliardaire qui veut devenir président parce qu\u2019il sait tout \u2014 il est un homme d\u2019affaires qui connaît beaucoup de succès après tout ! \u2014 et que les scientifiques sont des clowns qui ne savent rien à rien, cela peut arriver au Québec comme ailleurs.Le Québec n\u2019est pas immunisé contre une telle dérive du débat socio- politique sur des sujets économiques qui ont des conséquences sérieuses pour la vie de tous les jours de centaines de milliers de gens.Cela nous inquiète au plus haut point.SALAIRE MINIMUM Un débat qui favorise le populisme ambiant GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE Manifestation pour le salaire minimum à 15 $ à Montréal, en octobre dernier.R I C A R D O P E Ñ A F I E L Professeur associé au département de science politique de l\u2019UQAM D A V I D S A N S C H A G R I N Doctorant en science politique, UQAM scillant entre le nationalisme et la lutte des classes, le projet de changement social au Québec a éclaté dans les années 1980 en une myriade de luttes.Celles-ci sont aujourd\u2019hui confrontées à l\u2019enjeu d\u2019une convergence qui respecte la spécificité de chacune, tout en cumulant des forces pour mettre en échec et dépasser l\u2019actuel système constitué de multiples dominations.L\u2019après-guerre a été marqué par la mise en place d\u2019un État social qui devait apaiser les conflits sociaux, éloigner le péril communiste et moderniser les institutions publiques.Le choix du keyné- sianisme était d\u2019autant plus évident que, pour un discours technocratique très répandu à cette époque, il n\u2019y avait plus de problèmes politiques, seulement des problèmes techniques que des experts pourraient régler, faisant advenir la société juste sans passer par une lutte antagonique.Ce projet de donner un visage humain au capitalisme n\u2019était pas moins contesté par plusieurs groupes politiques se situant, au Québec, entre deux projets émancipateurs concurrents: le nationalisme et la lutte des classes.Si l\u2019anticolonialisme a souvent été corollaire de l\u2019anticapitalisme \u2014 pensons à la revue Parti pris \u2014, ces luttes se sont tout aussi souvent opposées, comme l\u2019illustre la priorité donnée à la question nationale sur les questions sociales au Parti québécois.Les marxistes- léninistes, eux, éprouvaient de la méfiance envers le nationalisme qui, plutôt «qu\u2019unir les prolétaires de tous les pays», tendait à les diviser.Ces deux projets émancipateurs partageaient cependant la caractéristique de chercher à subordonner tous les autres à leur logique.La lutte commune pour un pays ou pour un monde sans exploitation commandait de mettre en sourdine les batailles «d\u2019arrière-garde» pour ne pas diviser le front commun face aux forces du statu quo.On repoussait donc au lendemain du «Grand Soir» la prise en compte des luttes pour la reconnaissance, pour l\u2019égalité réelle entre les genres ou entre les groupes (ethniques, générationnels, communautaires, etc.), ou encore pour la démocratisation des rapports sociaux et politiques.Une diversification qui s\u2019impose Au tournant des années 1980 se répandit chez les élites politiques et économiques un discours «pragmatique» et «responsable», clamant que les Québécois n\u2019auraient plus les moyens de leurs ambitions sociales.On devrait donc les «discipliner» en promouvant la responsabilité individuelle.L\u2019État social ne serait plus alors le moteur du développement économique et de la redistribution de la richesse.Désormais, un libre-échange technocratique et mondialisé résoudrait ces problèmes en facilitant l\u2019initiative privée.On aurait pu s\u2019attendre à ce qu\u2019un PQ se disant nationaliste et social-démocrate cherche à préserver une société équitable et souveraine contre les forces d\u2019un marché apatride.Il a plutôt assumé la première vague de compressions budgétaires sous René Lévesque et sombré, sous Lucien Bou- chard, dans un affairisme conservateur duquel il n\u2019est pas encore ressorti.La recherche d\u2019un Québec souverain étant maintenant subordonnée aux diktats néolibéraux des agences de notations.Les années 1980 marquent aussi la fin des groupes militants marxistes-léninistes, comme En lutte!, et l\u2019abandon progressif d\u2019une perspective de classe et d\u2019un syndicalisme de combat.Les centrales syndicales privilégiant désormais une approche «partenariale» ou «concertationniste».Pourtant, des citoyens n\u2019ont cessé de développer des réponses alternatives à des crises préfabriquées.Les reculs de l\u2019État-providence, l\u2019essoufflement de la question nationale et l\u2019effondrement du marxisme leur ont incidemment laissé davantage d\u2019espace à occuper.Cette diversité des luttes n\u2019est pas sans poser le problème de l\u2019éclatement et de l\u2019affaiblissement d\u2019une lutte commune, de résistance face à l\u2019effondrement de l\u2019État social, mais aussi pour un changement global.L\u2019urgence de se rassembler Si l\u2019arrogance des gouvernements libéraux a permis ponctuellement de soulever des fronts communs opposés aux compressions budgétaires et à la privatisation des services publics, nous sommes loin d\u2019une coalition large et durable porteuse d\u2019un autre projet de société.Le défi est de parvenir à articuler une lutte commune contre diverses formes de domination (capitaliste, de genre, de statut, raciale, coloniale, étatique, etc.) sans retomber dans l\u2019imposition d\u2019une perspective hégémonique.L\u2019idéal de vivre dans un monde démocratique, égalitaire, libre, inclusif et en équilibre avec l\u2019environnement ne peut être l\u2019apanage d\u2019un groupe au détriment des autres.La lutte commune contre les forces du statu quo ne peut se faire en demandant à chaque groupe de mettre de côté son principal cheval de bataille.Il faut, à l\u2019inverse, partir de la diversité des perspectives contestataires pour voir ce qu\u2019elles ont en commun, comment elles peuvent travailler ensemble, dans la solidarité et l\u2019appui mutuel.L\u2019opposition à la réaction austéritaire a déjà permis à une myriade de groupes de tous horizons de se rencontrer, de se parler et d\u2019articuler ensemble des stratégies de lutte.Cependant, au-delà de l\u2019opposition au démantèlement d\u2019un État social déjà en lambeau, ne faudrait-il pas oser l\u2019af firmation de projets émancipateurs ?Des projets articulant les principes de justice, d\u2019égalité et de liber té de l\u2019ensemble des groupes et subordonnés à leurs pratiques de résistance et de construction quotidienne de rapports sociaux exempts de domination et remplis de solidarité.Les défis d\u2019une lutte commune dans la diversité PIERRE TRUDEL DES IDÉES EN REVUES Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons un extrait du dernier numéro de la revue À bâbord (automne 2016, no 66).A O L E D E V O I R , L E M A R D I 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S les solidarités propres au christianisme qui ont façonné le Canada français pendant des siècles.Je pourrais dire qu\u2019il tenait désespérément les deux bouts de la chaîne.Ce projet de liaison, il l\u2019a dit et redit jusqu\u2019à sa mort.» Le grand Grand\u2019Maison L\u2019œuvre de cet intellectuel engagé à l\u2019intersection des mondes se veut aussi à la jonction des disciplines.Sociologue et théologien de formation, Jacques Grand\u2019Maison croise les perspectives en puisant dans le droit, la pédagogie ou la psychologie.Il oscillait aussi sans cesse entre la réflexion théorique et la recherche-ac- tion.On lui doit notamment une grande enquête de terrain qui portait sur les profils socio-reli- gieux dans la région des Basses-Laurentides.« Pour moi, Jacques Grand\u2019Maison est un des plus grands intellectuels, disons, du XXe siècle au Québec, avec Fernand Dumont et Pierre Vade- boncoeur, poursuit le professeur Meunier.Il a la particularité d\u2019être à la fois un prêtre, un théologien, un sociologue, et il tente d\u2019arrimer toutes ces facettes dans son rôle de pasteur et de pédagogue.Avant d\u2019être un intellectuel, c\u2019est un homme qui aime les gens, un homme solidaire, dans l\u2019action et la réflexion.En fait, ses ouvrages sont souvent des retours sur ce qu\u2019il a fait pour comprendre ce qui a marché ou pas.» Son dernier essai « sur l\u2019état des mœurs au Québec» intitulé Ces valeurs dont on parle si peu (2015) reprenait l\u2019inépuisable problème.Déjà malade, «parvenu à la dernière étape, face à son ultime départ », il livrait là son testament intellectuel et spirituel en revenant une dernière fois sur les tensions de notre modernité avancée.«Ce qui me scandalise le plus du monde d\u2019ici au Québec, y écrit-il, c\u2019est sa superficialité et son vide spirituel.» Il propose aussi cette métaphore sur un monde perdu, le nôtre, hyper- branché et pourtant si déconnecté : «À quoi bon la ville intelligente et le précieux GPS, s\u2019il y manque une petite boussole intérieure pour bien orienter le sens de sa vie?» Une vie fidèle Lui-même est au contraire demeuré fidèle toute sa vie durant à son propre héritage de sens et de valeurs : le legs de l\u2019Église, enfin d\u2019une part de l\u2019institution au service des plus démunis, mais aussi le patrimoine de sa famille ouvrière.Jacques Grand\u2019Maison naît en 1931 à Saint- Jérôme.Son père ouvrier est confronté au chômage, aux salaires de misère, aux exploitations et vexations en tous genres.Il transmet sa colère contre les injustices sociales à son fils, qui s\u2019implique de plus en plus dans la Jeunesse ouvrière catholique.Pour lui, comme pour plusieurs jeunes militants réformateurs de cette époque, la critique féroce du régime duplessiste, de la « Grande Noirceur » et de l\u2019institution religieuse n\u2019implique pas le rejet de la religion.Il va donc travailler à transformer le catholicisme de l\u2019intérieur pour l\u2019engager dans un nouveau dialogue avec le monde moderne, dans un esprit finalement assez près de l\u2019aggiornamento de Vatican II.Il devient une sorte de pasteur social dont l\u2019implication va culminer avec l\u2019expérience d\u2019autogestion de l\u2019usine textile de Tricofil dans les années 1970 où il sera appelé à faire de la sociologie du groupe des ouvriers-patrons.En même temps, l\u2019intellectuel d\u2019Église réfléchit à une théologie pour son temps tout en formant de nouveaux clercs et laïcs à une pensée chrétienne renouvelée.Brillant élève, il est diplômé du Grand Séminaire de Montréal, de l\u2019Université grégorienne au Vatican et finalement de l\u2019Université de Montréal, où il devient professeur dès 1967.Il y restera 30 ans.Son nom figure en ligne dans la liste des professeurs émérites de la faculté de théologie et de sciences des religions.Sa réputation semble moins bien assurée auprès des autres départements et dans la société.Le professeur Meunier attribue cette mise à l\u2019écar t à la nature de l\u2019œuvre, moins théorique que celle de Fernand Dumont, par exemple, mais aussi à son côté plus grinçant et provocateur.« Il aimait dire des choses que d\u2019autres n\u2019auraient pas osé dire, dit son fin connaisseur.À plusieurs moments de sa vie, il n\u2019a pas hésité à décrier les évêques, les politiciens, les fonctionnaires et même ses collègues.Ça ne l\u2019a pas aidé à se faire des amis.À mon avis, les groupes chrétiens auraient avantage à reconnaître encore plus la contribution de Jacques Grand\u2019Maison.Et je crois que ça devrait être fait sous peu\u2026» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 RÉCONCILIER Rectificatifs Dans l\u2019article «Les groupes d\u2019action communautaire en grève », signé le 7 novembre par Catherine Lalonde, on aurait dû lire qu\u2019au moins 260 de ces organismes ne reçoivent pas du tout de financement de base pour assurer leur fonctionnement.Nos excuses.?Dans notre édition du samedi 5 novembre 2016, nous avons donné la victoire d\u2019un match de hockey aux Sabres de Buffalo, alors que ce sont bel et bien les Blue Jackets de Columbus qui ont battu les Canadiens de Montréal avec le généreux compte de 10 à 0.Photo et légende étaient erronées, et nous en sommes désolés.L I A L É V E S Q U E Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, trouve «déplorables» les critiques concernant les effets des restrictions budgétaires au CHU Sainte-Justine qui ont fait le lien avec l\u2019épuisement du personnel et le fait que la mission même de cet hôpital spécialisé dans les soins aux enfants pourrait être en péril.Le ministre Barrette inaugurait justement de nouveaux bâtiments au CHU Sainte-Justine, lundi à Montréal, et à cette occasion il a lui- même pris l\u2019initiative de déplorer certains commentaires entendus dans les médias concernant l\u2019effet des restrictions budgétaires dans cet établissement.Le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens a fait part de ses inquiétudes dans une lettre ouverte, craignant les effets de ces coupes et des changements subis sur la mission particulière de cet hôpital spécialisé dans le soin des enfants.Et Radio-Canada rapportait des témoignages d\u2019infirmières qui disaient craindre les incidents ou les erreurs devant la surcharge de travail.D\u2019abord, le ministre Barrette a voulu rassurer les patients et leurs familles : « Il n\u2019y a pas eu, d\u2019aucune manière, plus d\u2019accidents à Sainte-Justine.» Il a carrément nié que les restrictions budgétaires aient eu des répercussions sur les soins, comme le disait la chef du service d\u2019obstétrique et un syndicat.« Moi, je vous dis qu\u2019actuellement, ce n\u2019est pas le cas.Ce qui est rapporté, c\u2019est inexact dans le sens où ça a été pris hors contexte», a-t-il rétorqué.Ensuite, le ministre a attribué une partie des critiques au fait que, dans le cadre de la transition, la direction de l\u2019hôpital avait elle-même invité le personnel à rapporter toute anicroche, tout pépin.Ce serait donc des syndiqués, selon le ministre, qui se sont servis de ce rapport pour en changer la finalité et déplorer le fait que les autorités investissaient dans la construction plutôt que dans les services et les employés.Le ministre a donc critiqué « un sous-groupe dans le personnel qui a procédé à cette manœu- vre-là ».Il a affirmé qu\u2019il avait même senti «un peu d\u2019irritation » de la part d\u2019autres membres du personnel quant à cette sortie syndicale.« Je sais qu\u2019il y a des appréhensions », a-t-il dit au personnel réuni pour l\u2019inauguration, mais cet hôpital spécialisé dans les soins aux enfants « doit garder son âme, son identité ».Il a ajouté qu\u2019il serait « irresponsable » de sa part de mettre en place des conditions qui nuisent à son expertise et à sa réputation.Budget et échéancier respectés Par ailleurs, c\u2019était lundi l\u2019inauguration des nouveaux bâtiments du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, un projet de modernisation qui avait été lancé en 2007 et qui a subi plusieurs modifications au fil des ans.Ce sont finalement 940 millions qui ont été investis dans des constructions, des agrandissements et une modernisation des équipements existants.Le tout a été réalisé « à l\u2019intérieur du budget et dans les délais », a souligné le ministre de la Santé et des Services sociaux.Les installations auront été agrandies de 65 % ; elles font aujourd\u2019hui 200 000 mètres carrés.« Le CHU mère-enfant de Sainte-Justine est le plus grand centre mère-enfant du Canada, le deuxième en Amérique du Nord \u2014 le premier est au Texas », a pris soin de souligner le ministre Barrette.La Presse canadienne CHU SAINTE-JUSTINE Barrette se veut rassurant sur la qualité des soins Du personnel de l\u2019hôpital fait état d\u2019une surcharge de travail qui ne serait pas sans risque pour les patients Gaétan Barrette Hillary Clinton sera au cœur de Manhattan, au Javits Center.Le centre de congrès a été choisi symboliquement pour sa structure tout en verre.Une référence claire, pour celle qui aspire à devenir la première femme à occuper le bureau ovale, au « plafond de verre » qui représente la difficile ascension professionnelle des femmes.Donald Trump a prévu un événement plus intime à l\u2019hôtel Hilton de Manhattan, à quelques pas de la tour qui porte son nom et où il avait lancé sa campagne électorale.La police de New York prévoit déployer plus de 5000 agents pour assurer la sécurité pendant la soirée électorale.Un effort doublement plus imposant qu\u2019en pareille circonstance auparavant, assure le service de police.L\u2019issue du vote des New-Yorkais fait peu de doutes, tant la ville comprend une forte majorité de démocrates.L\u2019État de New York devrait lui aussi rester bleu foncé mardi soir.Dans les rues de la ville, dans Brooklyn comme dans Manhattan, on peine à trouver des traces de la campagne.Les pancartes des candidats, par exemple, se font extrêmement rares.« La soirée électorale me rend nerveuse.Un peu.Mais Hillary l\u2019emportera sûrement.Je suis confiante », dit la New-Yorkaise Alison Wad- ness, une consultante de 29 ans dans le milieu financier.« J\u2019ai surtout hâte que ce soit fini.Je n\u2019en peux plus de toute cette merde : les insultes, les scandales\u2026 Je me demande encore si cette campagne a vraiment eu lieu ou si c\u2019était un cauchemar», poursuit-elle, assise au soleil avec son compagnon au parc Washington Square, dans le quartier de Greenwich Village.«Ça ne m\u2019empêche pas de dormir, mais je suis vraiment nerveuse [à l\u2019idée] de voir Trump gagner », confie également Christine Martorana, une gestionnaire dans le milieu de la santé venue visiter Times Square avec son mari et leurs deux filles.«En même temps, je ne sais toujours pas pour qui je vais voter.Hillary, j\u2019ai vraiment de la dif ficulté à lui faire confiance\u2026 Je ne sais pas.Peut-être le candidat d\u2019un tiers parti.» Clinton tend la main «Nous sommes tous d\u2019accord pour dire que ce fut une longue campagne», affirme Hillary Clinton dans un message de deux minutes diffusé lundi soir à la télévision et dans les réseaux sociaux.Dans cette annonce aux allures de discours à la nation, elle a dénoncé la campagne « sombre et axée sur la division» de son rival républicain.La candidate démocrate a proposé un message « d\u2019espoir et d\u2019inclusion ».Elle a tendu la main aux républicains modérés qui seraient rebutés par les allégations de racisme, de violence et de sexisme qui ont suivi Donald Trump depuis le lancement de sa campagne à l\u2019été 2015.« Je veux être la présidente de tous les Américains, et non seulement de ceux qui m\u2019appuient dans cette élection», a déclaré Hillary Clinton.«On peut parfois commettre des erreurs, mais je peux vous assurer d\u2019une chose: je n\u2019ai jamais abandonné et je n\u2019abandonnerai jamais», a-t-elle ajouté.La caravane Clinton s\u2019est arrêtée au Michigan, à Pittsburgh (Pennsylvanie) et à Raleigh, en Caroline du Nord.Donald Trump a aussi consacré énormément d\u2019efforts pour séduire la classe ouvrière blanche de ces trois États, traditionnellement acquise aux démocrates.Les syndicats restent fidèles à la candidate démocrate, mais les syndiqués ou ex-syndiqués, eux, sont sensibles à la rhétorique de Trump, qui promet de ramener aux États-Unis les milliers d\u2019emplois manufacturiers envolés vers la Chine (sans toutefois dire comment il s\u2019y prendrait).Mise en garde de Trump « Il ne vous reste plus qu\u2019une demi-journée pour que tous vos rêves, pour vous et votre famille, deviennent réalité pour le reste de vos jours», a lancé Donald Trump dans un long discours à Raleigh, en Caroline du Nord.« Vous avez une seule chance magnifique.Ça n\u2019arrivera qu\u2019une fois dans votre vie, a ajouté le milliardaire.Si on ne gagne pas, ce sera la plus grande perte de temps, d\u2019énergie et d\u2019argent.» Comme sa rivale démocrate, Donald Trump s\u2019est engagé à « rassembler » les Américains, qui sont « incroyablement divisés ».Il a promis une nation plus « riche, forte et sûre » dans son discours qui a repris tous les thèmes de ses 18 mois de campagne.L\u2019animateur de téléréalité s\u2019est engagé à réduire «massivement» les taxes et les impôts, les plus grandes baisses depuis Ronald Reagan.Il propose aussi de réduire de façon importante le financement des programmes de lutte contre les changements climatiques.Trump s\u2019engage à investir les milliards de dollars ainsi épargnés dans l\u2019armée, dans la lutte contre le terrorisme et dans l\u2019expulsion des immigrants illégaux.Plus de 42,4 millions de personnes ont voté par anticipation, notamment dans des États-pi- vots où le vote des hispanophones semblait élevé, ce que le camp démocrate interprétait comme un signe encourageant.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CONCLUSION MATT SLOCUM ASSOCIATED PRESS Les Obama, Barack et Michelle, et les Clinton, Hillary, Bill et leur fille Chelsea, étaient réunis sur une même tribune, lundi soir, à l\u2019occasion d\u2019un grand ralliement politique à Philadelphie qui a attiré environ 40 000 personnes, selon l\u2019organisation démocrate.La candidate à la présidence a terminé sa journée de travail à Raleigh, en Caroline du Nord, où la chanteuse Lady Gaga et des partisans l\u2019attendaient un peu avant minuit.EVAN VUCCI ASSOCIATED PRESS Donald Trump a parcouru plusieurs États pour la dernière journée de sa campagne à la présidence, s\u2019arrêtant notamment au New Hampshire, en Pennsylvanie et en Caroline du Nord.Partout, il a repris les thèmes qu\u2019il a abordés durant la campagne.Sur la photo, le candidat républicain entouré des membres de sa famille lors d\u2019un rassemblement politique à Manchester, au New Hampshire."]
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