Le devoir, 14 novembre 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 2 5 9 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 4 N O V E M B R E 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Sur la route \u203a Sécurité des piétons et des cyclistes.Le bilan n\u2019est pas aussi rose qu\u2019on nous le dit, selon des experts.Page B 5 Actualités \u203a Congrès nationaux La CAQ souhaite créer une «baie James du XXIe siècle».Le PLQ veut faire oublier la corruption et l\u2019austérité.Page A 2 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Des travaux d\u2019entretien pour le pipeline 9B d\u2019Enbridge Page A 3 MUSÉ ?E MCCORD William Notman entouré de ses fils, William McFarlane, George et Charles, Montréal, 1890.Cette photographie est issue du studio de William Notman à Montréal.J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U L a photographie ne vivra pas plus de vingt ou trente ans encore, affirmait il y a quelques jours le réputé photographe brésilien Sebastião Salgado.En Amérique, les photographies signées par le studio de William Notman à Montréal, au XIXe siècle, ne sont pas, en tout cas, à la veille d\u2019être oubliées.Le Musée McCord consacre d\u2019ailleurs une nouvelle exposition à ce précurseur, la première depuis 1994, sans lésiner sur les moyens.Né en 1826 en Écosse, arrivé à Montréal en 1856, William Notman devient un des photographes les plus importants de son temps dans un monde où il n\u2019est pourtant pas le seul à pratiquer ce métier encore nouveau.Même les frasques de son frère Robert, pris au cœur d\u2019accusations criminelles pour avortement, ne réussiront pas à ternir son nom.L\u2019exposition dynamique qui lui est consacrée nous le fait voir sous une perspective nouvelle, avant tout celle d\u2019un artiste passionné Signé Notman Le Musée McCord consacre une exposition à ce précurseur de l\u2019art photographique S A R A H R .C H A M P A G N E L e nouveau président élu des États-Unis assure ses arrières.Avec deux importantes nominations dans le noyau de sa future présidence, Donald Trump réaffirme aussi son intention de tenir la ligne dure envers l\u2019immigration clandestine.Le magnat de l\u2019immobilier a nommé dimanche ses deux plus proches collaborateurs.Steve Bannon, réputé pour être un ultra-conser- vateur, devient son stratège en chef et haut conseiller.Le président du Parti républicain, Reince Priebus, est quant à lui désigné comme chef du futur cabinet.Le profil contrastant des deux hommes forts du gouvernement en chemin vers la Maison- Blanche est perçu comme une manière de rassurer à la fois son parti et sa base d\u2019électeurs.Ils travailleront sur « un pied d\u2019égalité », est-il spécifié dans une déclaration à la presse publiée dimanche.Trump place ses hommes et ses principes Le président désigné dévoile ses deux principaux conseillers et, lors d\u2019une première grande entrevue, réitère la guerre qu\u2019il entend mener contre l\u2019immigration clandestine M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa S tratagèmes légitimes ou détournement des règles éthiques ?Des producteurs de marijuana médicale ne voient rien de mal à financer, sous diverses formes, des cliniques médicales qui recommandent par la suite leurs produits.Mais certains de leurs collègues et un expert en la matière estiment qu\u2019au contraire tout cela contrevient aux codes de déontologie.Les collèges des médecins du Québec et de l\u2019Ontario interdisent à leurs praticiens de se placer en situation de conflit d\u2019intérêts en acceptant des redevances de la part de compagnies pharmaceutiques.Et les règles sont les mêmes pour les producteurs de marijuana médicale.Pourtant, trois gros joueurs de l\u2019industrie ont admis au Devoir qu\u2019ils avaient conclu des ententes financières avec des cliniques mé- MARIJUANA MÉDICALE Des cliniques financées par des producteurs SAUL LOEB AGENCE FRANCE-PRESSE Le président désigné Donald Trump VOIR PAGE A 8 : CLINIQUES VOIR PAGE A 8 : TRUMP COMMÉMORATIONS DES ATTENTATS PARIS SE SOUVIENT ALAIN JOCARD AGENCE FRANCE-PRESSE La France a rendu hommage dimanche, lors de cérémonies d\u2019une grande sobriété, aux 130 victimes des attaques djihadistes qui ont endeuillé la capitale française il y a exactement un an.Un reportage de notre journaliste à Paris, Christian Rioux.Page B 1 Line Beauchamp en entrevue au Devoir La nouvelle déléguée générale du Québec à Paris dresse ses priorités Page A 4 VOIR PAGE A 8 : NOTMAN Lire aussi \u203a Trump minoritaire.Une chronique de François Brousseau.Page B 1 P A U L I N E G R A V E L L e Parti québécois (PQ) lançait hier une consultation populaire intitulée « Osez repenser le PQ », qui vise à sonder plus particulièrement les communautés culturelles, les jeunes et les entrepreneurs.Le conseiller spécial du chef du PQ, Paul St-Pierre Plamon- don, qui mène le projet, n\u2019a pas caché que cette consultation a pour objectif de rallier les anciens sympathisants du PQ qui ont déser té et de conquérir les caquistes, les partisans de Québec solidaire et d\u2019Option nationale, voire les insatisfaits du Parti libéral en vue des élections de 2018.Pour ce lancement of ficiel, M.St-Pierre Plamondon était entouré d\u2019une vingtaine d\u2019«ambassadeurs» qui iront à la rencontre des Québécois et qui organiseront avec eux des séances de discussion.Parmi ces ambassadeurs, plusieurs n\u2019ont pas voté pour le PQ aux dernières élections et ne sont pas membres du parti, mais ils désirent participer à la refonte d\u2019un parti qui pourrait à l\u2019avenir mieux défendre leurs aspirations.Clientèle cible La consultation tentera de rejoindre trois groupes particuliers de la société : les entrepreneurs et gens d\u2019affaires, les communautés culturelles du Québec, ainsi que la relève, soit les jeunes de moins de 40 ans, auxquels on demandera comment le PQ pourrait mieux répondre à leurs préoccupations.«L\u2019instruction qui a été donnée aux ambassadeurs est d\u2019aller parler à ceux qui ont des réserves, ou qui ont déserté le PQ, ou qui ne lui ont jamais accordé leur vote.Le but de l\u2019exercice est de sortir du cercle des membres du parti et de tendre la main», a déclaré M.St- Pierre Plamondon.« On veut entendre ce que les citoyens pensent de nous.On a besoin de reconnecter une partie de la population avec le PQ.Nous voulons savoir comment faire du PQ le point de ralliement de tous ceux qui ont à cœur le Québec aux élections de 2018.On ne peut demeurer divisés si l\u2019on veut vaincre le Parti libéral.» Tous les citoyens qui veulent participer au renouvellement du PQ sont invités à visiter le site osezrepenserlepq.quebec où sont af fichées une vidéo explicative et la marche à suivre pour s\u2019inscrire.« Allez sur ce site et convoquez-nous à une séance de réflexion.Nous serons à l\u2019écoute de votre perception de ce que devrait être le Parti québécois », a lancé M.St- Pierre Plamondon.Des ambassadeurs Parmi les ambassadeurs qui iront à la rencontre de l\u2019un ou l\u2019autre des trois groupes visés figure Marie Imalta Pierre- Lys, d\u2019origine haïtienne, qui est membre du PQ depuis plusieurs années.« Jamais le PQ n\u2019a tenté d\u2019établir un dialogue avec les communautés culturelles, peut-être parce qu\u2019il sait qu\u2019elles sont acquises au Parti libéral.Il est pourtant important de les intégrer dans la démocratie québécoise.Il faut écouter ce qu\u2019elles ont à dire afin qu\u2019elles sentent qu\u2019elles ont aussi leur place», a confié cette chimiste qui travaille dans le milieu pharmaceutique.Louis Lyonnais, qui est juriste, avoue avoir beaucoup hésité avant de voter pour le PQ en 2014.La volonté de Jean-François Lisée et de Paul St-Pierre Plamondon de réformer le PQ lui a redonné espoir.Né au Bénin, M.L yon- nais veut lui aussi aller rencontrer les communautés culturelles qui sont abandonnées « par le Parti libéral qui tient leur vote pour acquis.On accueille toujours plus d\u2019immigrants, mais on n\u2019augmente pas en conséquence les capacités d\u2019accueil et les programmes de francisation», a-t-il dit.La collaboration qu\u2019accorde au projet Alexis Lauzier, étudiant en économie à l\u2019Université de Sherbrooke, « n\u2019est absolument pas par tisane », puisqu\u2019il a voté Québec solidaire aux dernières élections et n\u2019est pas membre du PQ.« Ce n\u2019est pas pour aider le PQ à gagner les élections, mais pour mener une réflexion sur le fonctionnement du par ti afin que les intérêts économiques y soient centrés sur l\u2019avenir plutôt que sur des plans électoralistes, et qu\u2019on porte davantage attention à la voix de la jeunesse», a-t-il précisé.Cette consultation devrait se conclure par le dépôt d\u2019un rapport à la mi-avril 2017 et par des recommandations de réformes et de changements qui seront soumises « à la démocratie interne du parti » lors du congrès du PQ en 2017.Le Devoir Le PQ lance une initiative de consultation Le projet piloté par Paul St-Pierre Plamondon vise à une plus grande inclusivité L E D E V O I R , L E L U N D I 1 4 N O V E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 M A R C O B É L A I R - C I R I N O à Laval D\u2019ici aux prochaines élections générales, Philippe Couillard misera sur la «vérité» pour arracher les étiquettes de « corruption » et d\u2019« austérité » qui collent à la peau du Parti libéral du Québec.Il met au défi ses adversaires politiques de dénicher «un exemple d\u2019une pratique qui est autre qu\u2019irréprochable et droite autant dans la direction du parti que dans la direction du gouvernement du Québec » depuis qu\u2019il est du pouvoir.L\u2019affaire Sam Hamad-Premier Tech ?L\u2019af faire Laurent Les- sard-Yvon Nadeau ?«Les dates sont importantes », a-t-il souligné en point de presse, prenant soin de rappeler celles de son arrivée à la direction du PLQ (mars 2013) et aux commandes de l\u2019État québécois (avril 2014).La « plus grande rectitude » fait partie des valeurs libérales de son gouvernement, a répété M.Couillard au terme d\u2019un conseil général durant lequel une nouvelle édition de l\u2019ouvrage Les valeurs libérales et le Québec moderne a été lancée.Pour tant, le PLQ peine à se détacher de ses vieux démons à l \u2019approche du 150e anniversaire de fondation, selon un sondage Léger.À peine 12 % des Québécois ont l\u2019impression que les problèmes de cor r up- tion sont « moins im- por tants » depuis le retour de M.Couil- lard dans l\u2019arène politique, indique un coup de sonde commandé par la Coalition avenir Québec.En revanche, 60 % des répondants sont d\u2019avis que les problèmes de corr uption sont « aussi im- por tants » et 16 % sont « plus importants » aujourd\u2019hui.Près d\u2019un an après le dépôt du rapport de la commission Charbonneau, le « cartel de la corruption » a toujours ses entrées au PLQ, a indiqué le militant Martin Drapeau samedi.« Plus un par ti politique est près du pouvoir, plus ils sont présents.Il faut sortir ces gens- là ! », a ajouté le militant libéral, qui a été le premier à réclamer publiquement dans les instances du PLQ une commission d\u2019enquête sur les contrats publics dans l\u2019industrie de la construction.M.Couillard s\u2019est aussi engagé au cours du week-end à « continuer à moderniser » le PLQ, notamment en y favorisant le militantisme.Il a cité en exemple le Code d\u2019éthique et de déontologie adopté il y a un an.« Ce n\u2019est pas fini », a-t-il soutenu.Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s\u2019est désolé de voir les partis d\u2019opposition noircir à souhait la réputation du gouvernement libéral en matière de lutte contre la cor r uption.« On aura toujours cette perception-là qui est alimentée, alimentée, alimentée par des discours politiques » , a-t-il déploré dans une mêlée de presse.Lavé de toute corruption L\u2019élu a lui aussi appelé les détracteurs du PLQ à déterrer « une seule chose qui ressemble à [du] favoritisme ou ce genre de chose là ».« Corruption, c \u2019est un gros mot, c\u2019est un mot épouvantable.Je ne pense pas que le Parti libéral d\u2019avant ait été dans ces eaux-là.Je peux vous dire une chose : le par ti d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019est pas là d\u2019aucune façon [\u2026] », a-t-il martelé devant la presse.Rectifier le tir D\u2019autre part, M.Barrette a insisté sur le fait que le gouvernement Couillard confie exclusivement à des personnes dont la « compétence [\u2026] n\u2019est pas contestée » des postes-clés au sein de l\u2019État québécois.Le Conseil des ministres ne procède pas à la nomination de « gang de pas bons » \u2014 expression utilisée par l\u2019ex-ministre Monique Jé- rôme-Forget pour désigner les anciens membres du conseil d\u2019administration de la Société immobil ière du Québec à qui le gouver ne- ment Charest avait donné sa bénédiction \u2014 à la tête de sociétés publiques, a soutenu le ministre.De son côté, la présidente du caucus libéral, Nicole Mé- nard, a regretté de voir l\u2019action g o u v e r ne m e n t a l e troublée par la mise au jour d\u2019allégations o u d \u2019 a c c u s a t i o n s graves au fil de la dernière année.«Je trouve ça aberrant, tout ce qui sor t.Puis, c\u2019est drôle parce que c\u2019est toujours dans des moments cruciaux, là où on fait des annonces, il y a toujours quelque chose qui sort, c\u2019est drôle », a-t-elle fait valoir.Mme Ménard a notamment fait allusion à l\u2019arrestation de l\u2019ex- vice-première ministre Nathalie Norman- deau pour complot, corruption, fraude et abus de confiance par l\u2019Unité permanente anticorruption le jour même du dévoilement du 3e budget Leitão.« Je ne sais pas s\u2019il y a des hasards.» M.Couillard a refusé de préciser dimanche s\u2019il partageait ou non les impressions de Mme Ménard.«Donner un sens» D\u2019ici au prochain scrutin, le gouvernement libéral s\u2019af fai- rera à «donner un sens» à la rigueur budgétaire à laquelle il a astreint la population québécoise.« Il n\u2019y a vraiment aucun intérêt à faire l\u2019équilibre budgétaire juste pour faire un exercice comptable », a-t-il soutenu devant les quelque 500 militants libéraux réunis en conseil général samedi et dimanche.Puis, il a suivi les conseils du stratège électoral invité Stephen Carter et s\u2019est ef forcé d\u2019expliquer ce qui se cache derrière la promesse d\u2019injecter des millions et des millions de dollars en éducation « pour que ce soit concret pour le monde».«Ça veut dire 800 professeurs, éducateurs, psychoéducateurs, notamment pour les élèves en difficulté, [\u2026 ] 100 nouvelles classes de maternelle quatre ans dans les milieux défavorisés, 100 nouvelles classes de francisation pour les immigrants, dont nos réfugiés syriens.C\u2019est à ça que ça servait l\u2019équilibre budgétaire», a-t- il déclaré, reprenant un journaliste lui demandant comment il entend se débarrasser de l\u2019étiquette d\u2019«austérité ».« Il n\u2019y a pas eu d\u2019austérité ! Et les inégalités sociales ne se sont pas accrues au Québec depuis avril 2014.Encore là, la seule façon de renverser la perception, c\u2019est de répéter la vérité.» Le Devoir CONGRÈS DU PLQ Laisser derrière corruption et austérité R O B E R T D U T R I S A C à Drummondville A fin de réaliser un grand projet qu\u2019il a désigné, dimanche, comme la « baie James du XXIe siècle », le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, serait prêt à mettre en jeu l\u2019atout que représente le lucratif et litigieux contrat de Churchill Falls dans des négociations visant la conclusion d\u2019un par tenariat énergétique avec Terre- Neuve-et-Labrador.«On a comme un as dans notre manche pour négocier », a déclaré François Legault au cours de la conférence de presse qui clôturait le congrès de CAQ.« Ça fait partie de la négociation en autant qu\u2019on reçoive au total beaucoup plus que ce qu\u2019on a actuellement.» François Legault a rappelé que la validité de ce contrat, que Terre-Neuve-et Labrador a cherché à annuler, a été confirmée par les cours de justice.Signé en 1969, ce contrat assure à Hydro-Québec un approvisionnement en électricité à un coût d\u2019un peu plus de 2,5 ¢ le kWh, soit environ trois fois moins cher que le coût associé à une centrale comme La Romaine.« C\u2019est béton, ça », a-t-il dit.«Ça, c\u2019est dans nos poches et ça ne sortira pas de nos poches à moins qu\u2019ils [les Terre-Neuviens] nous en donnent beaucoup plus.» Dans son discours de clôture, François Legault a révélé qu\u2019en 2017, la CAQ proposera un grand projet économique.« Je parle de lancer une baie James du XXIe siècle », a-t-il af- f irmé.En dollars d\u2019au- jourd\u2019hui, le coût de construction de l\u2019ensemble des centrales de la Baie-James avoisine les 40 milliards de dollars.Mais le chef caquiste n\u2019a donné que peu d\u2019informations sur ce mégaprojet : il s\u2019agit notamment de conclure des partenariats avec les provinces et avec les États américains limitrophes.« Mon objectif va être de faire exploser les expor ta- tions d\u2019électricité en Ontario, en Nouvelle-Angleterre, à New York », a-t-il dit.L\u2019an prochain, il entend rencontrer des dirigeants politiques des provinces visées.«On n\u2019exclut pas que les autres provinces pourraient avoir un certain pourcentage d\u2019actions dans le partenariat», a-t-il dit.Ampleur inconnue Le chef caquiste n\u2019a pas voulu non plus chif frer l\u2019ampleur du projet.« C\u2019est grand.Je veux que le Québec devienne le centre, l\u2019opérateur, le producteur d\u2019énergie le plus importante dans le nord-est de l\u2019Amérique du Nord » , a-t-il évoqué.Hydro-Québec, le plus grand producteur d\u2019hy- droélectricité au monde, dispose déjà d\u2019une capacité de production supérieure aux plus importants producteurs d\u2019électricité américains.En conférence de presse, François Legault a indiqué que lui et des membres de son entourage avaient rencontré des experts et d\u2019anciens dirigeants d\u2019Hydro-Québec.Il a refusé de confirmer qu\u2019il avait été conseillé par l\u2019ancien p.-d.g d\u2019Hydro-Québec, André Caillé.«On regarde toutes les formes d\u2019énergie, que ce soit barrages, éolien, ef ficacité énergétique, biomasse», a-t-il dit.En présentant le plan stratégique d\u2019Hydro-Québec, son p.- d.g.Éric Martel avait indiqué que la société d\u2019État construirait une autre centrale après l\u2019achèvement du projet de la Romaine.Selon l\u2019exper t en consommation d\u2019électricité, Jean-François Blain, Hydro- Québec a déjà des surplus d\u2019électricité équivalant à au moins 15 % de sa capacité de production et la demande d\u2019électricité sur ses marchés d\u2019exportation est en baisse.Le Devoir Un grand projet énergétique signé CAQ Legault prêt à mettre en jeu le contrat de Churchill Falls Droit de vote des immigrants : Lisée assouplit sa position Sous un gouvernement péquiste, les immigrants ayant obtenu leur citoyenneté canadienne de fraîche date auront le droit d\u2019exercer leur droit de vote, lors d\u2019élections ou d\u2019un référendum.Ils auraient donc les mêmes droits que tous les autres Québécois, a indiqué le chef péquiste Jean-François Li- sée, lors d\u2019une entrevue récente à La Presse canadienne.Il s\u2019agit donc d\u2019une volte-face pour M.Lisée, sur cette délicate question.L\u2019an dernier, dans son livre intitulé Octobre 1995 : Tous les espoirs, tous les chagrins, il affirmait au contraire qu\u2019il faudrait imposer aux immigrants un délai d\u2019un an, après avoir obtenu leur citoyenneté canadienne, pour avoir le droit de voter aux élections ou lors d\u2019un référendum.La Presse canadienne Rallier les non-francophones Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, croit que l\u2019article I de la constitution de son parti, article adopté samedi en congrès et qui parle du développement de la nation québécoise «à l\u2019intérieur du Canada», va permettre à formation politique d\u2019attirer les anglophones et les allo- phones.Le chef caquiste continue toutefois de rejeter l\u2019étiquette de fédéraliste, une épithète qu\u2019il associe au statu quo.Il a accepté de se dire « fier d\u2019être canadien» après qu\u2019un journaliste lui a posé la question.Dans son discours de clôture, il a lancé un appel aux anglophones dans leur langue pour qu\u2019ils cessent de voter pour le Parti libéral «qui est usé» et qui les « tient pour acquis ».PEDRO RUIZ LE DEVOIR Paul St-Pierre Plamondon a présenté le projet entouré de ses « ambassadeurs» dimanche.M.Couillard s\u2019est engagé au cours du week-end à «continuer à moderniser» le PLQ, notamment en y favorisant le militantisme L E D E V O I R , L E L U N D I 1 4 N O V E M B R E 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 K R I S T Y K I R K U P à Ottawa E nfant, elle sentait sa présence dès qu\u2019il arrivait la nuit dans sa chambre en entrant par la fenêtre qui donnait sur son lit superposé.Corey, qui a aujourd\u2019hui 55 ans, est l\u2019une des nombreuses femmes autochtones du Canada qui ont été victimes d\u2019agressions sexuelles par des proches ou des membres de leur famille au cours de leur enfance.Corey (nom fictif) a fait plusieurs fois l\u2019objet d\u2019attouchements, par fois dans des circonstances des plus banales, en plein jour.Elle se souvient entre autres de la fois où, alors qu\u2019elle mangeait à la cuisine, l\u2019un de ses deux proches agresseurs a retiré sa petite culotte et s\u2019est mis à la caresser.Après avoir mis fin à ces attouchements, l\u2019homme a laissé de l\u2019argent sur la table.L\u2019isolement de nombreuses communautés autochtones est un des éléments qui découragent les victimes de sévices sexuels ou d\u2019inceste de dénoncer de tels actes, estime le chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde.Ce dernier souhaite que des mesures soient prises pour faire face à ce problème, un appel qui est appuyé par d\u2019autres chefs autochtones.Il note cependant que de nombreuses victimes ont peur de parler puisqu\u2019elles craignent des représailles.Les communautés tissées serrées dans lesquelles elles vivent, pour la plupart, ne leur offrent pas nécessairement le soutien nécessaire pour dénoncer leurs agresseurs, admet M.Bellegarde.Dur de se confier Corey dit savoir par expérience qu\u2019il est très difficile d\u2019accorder sa confiance aux autorités locales des communautés autochtones, soutenant que les cas d\u2019agressions sexuelles sont bien souvent balayés sous le tapis.« Pourquoi cacher quelqu\u2019un derrière un mur quand ce mur peut être si facilement abattu afin que [les autorités] puissent commencer à faire le travail qu\u2019elles doivent faire?», a-t-elle lancé.Selon de nombreux intervenants bien au fait de l\u2019enjeu interrogés par La Presse canadienne dans le cadre d\u2019une enquête qui s\u2019est échelonnée sur plusieurs mois, la récurrence des agressions sexuelles est un secret de Polichinelle entretenu par une culture du silence.L\u2019ancien président de la Commission de vérité et réconciliation, Murray Sinclair, et plusieurs experts et chercheurs ont tiré la sonnette d\u2019alarme au cours de cette enquête journalistique.Certains jugent que la problématique est possiblement liée à la vague de suicides qui touche les jeunes de plusieurs communautés autochtones.La dénonciation des agressions s\u2019ensuit souvent de lourds contrecoups, ont confié plusieurs victimes.Lorsqu\u2019elle a voulu dénoncer les agressions dont elle a été victime de 5 ans à 12 ans, Corey a été découragée par ses proches de porter plainte, ceux-ci lui faisant valoir qu\u2019elle allait «détruire» sa famille.Elle a mis de nombreuses années à traverser cette période sombre de sa vie, alors qu\u2019elle s\u2019est mise à apaiser la douleur en consommant de la drogue et de l\u2019alcool.Si Corey a finalement porté plainte à la police, ses agresseurs n\u2019ont jamais été accusés, faute d\u2019éléments de preuve.Quoi qu\u2019il en soit, elle ne regrette pas d\u2019avoir pris les devants.« Ils ont jeté tous les déchets sur moi pour que je reste silencieuse.Quand j\u2019ai décidé de ne plus être une poubelle, c\u2019est à ce moment que j\u2019ai su que j\u2019avais le pouvoir de me tenir debout » et de dénoncer.La femme espère que les paroles du chef Bellegarde mèneront à des actions concrètes.Déjà, de plus en plus de politiciens semblent porter attention au problème depuis quelques années.La Presse canadienne AGRESSIONS SEXUELLES Les communautés autochtones offrent un cadre difficile pour dénoncer A L E X A N D R E S H I E L D S L a compagnie pétrolière En- bridge a été forcée de mener des travaux d\u2019excavation sur son pipeline 9B à au moins trois reprises, moins d\u2019un an après le début des livraisons de pétrole de l\u2019Ouest canadien à Montréal, a appris Le Devoir.Elle vient d\u2019ailleurs de commencer une nouvelle opération de réparation sur son pipeline qui traverse des secteurs résidentiels et dont l\u2019exploitation a été approuvée par l\u2019Office national de l\u2019énergie.Selon ce qu\u2019a pu constater Le Devoir en se rendant sur place, la multinationale a entrepris des travaux d\u2019excavation à Sainte-Anne-des-Plaines, au nord de Montréal.Des travailleurs et une pelle mécanique s\u2019af fairaient jeudi dernier à dégager complètement le pipeline enfoui sous terre en 1975, et qui se trouve à cet endroit sur le terrain du pénitencier de Sainte-Anne-des- Plaines.Non loin de là, d\u2019autres travaux d\u2019excavation ont également été menés au cours des derniers jours, sur le territoire de la municipalité de Mirabel.Dans les deux cas, les travaux menés sur le tuyau qui transporte chaque jour 270 000 barils de pétrole brut sont réalisés en zone agricole.Appelé à préciser la nature des travaux, le por te-parole d\u2019Enbridge, Éric Prud\u2019Homme a répondu que ceux-ci font partie de l\u2019« entretien régulier » de la ligne 9B.Ces « inspections visuelles ou directes de pipelines » sont désignées comme étant des « excavations relatives à l\u2019intégrité », a-t-il précisé.Aucun déversement n\u2019a eu lieu à cet endroit, a assuré l\u2019entreprise.«Le programme d\u2019inspection et de surveillance régulier d\u2019En- bridge nous alerte sur des caractéristiques du pipeline qui peuvent nécessiter une attention par ticulière dans notre programme de maintenance proactive et préventive, afin d\u2019assurer la constance de la qualité, de la sécurité et de l\u2019intégrité continue du pipeline», a également souligné M.Pr ud\u2019Homme, dans une réponse transmise par courriel.Défauts L\u2019Office national de l\u2019énergie (ONE) a pour sa part indiqué, également par écrit, que « les travaux d\u2019excavation cités font par tie du programme de maintenance normal d\u2019En- bridge.Il n\u2019y a aucune situation anormale à signaler » .L\u2019organisme fédéral n\u2019a cependant pas précisé au Devoir si l\u2019entreprise est tenue de l\u2019informer de tous les travaux menés sur ce pipeline de 640 kilomètres, invitant à contacter l\u2019entreprise « pour plus de détails ».Dans une note technique détaillant la nature des travaux publiée en anglais sur le site de l\u2019ONE, Enbridge précise toutefois davantage la nature des travaux entrepris.Elle souligne ainsi qu\u2019elle compte mener d\u2019abord une « évaluation» des résultats d\u2019une « inspection interne » du pipeline.Par la suite, l\u2019entreprise réalisera « la réparation appropriée », par exemple sur le revêtement de la canalisation ou la pose d\u2019une gaine.Selon ce qu\u2019indique également la pétrolière albertaine, ces inspections internes du pipeline sont menées pour recenser des « défauts », comme de la « corrosion », des « déformations » ou encore des « fissures ».Selon le calendrier des travaux, Enbridge prévoit que le tout sera terminé d\u2019ici le 31 mars 2017.Enbridge a par ailleurs embauché deux « lobbyistes- conseils », notamment en lien avec des demandes de permis en vertu de la Loi sur la qualité de l\u2019environnement et de la Loi sur la conser vation et la mise en valeur de la faune.Leurs mandats, qui évoquent aussi des travaux dans des « cours d\u2019eau », mentionnent les territoires de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, de Mira- bel, de Sainte-Justine-de-New- ton, de Rigaud et de Sainte- Anne-des-Plaines.Inspections et travaux Selon les informations compilées par Le Devoir, c\u2019est au moins la troisième fois cette année qu\u2019Enbridge doit mener des travaux d\u2019excavation afin de vérifier l\u2019intégrité du pipeline, qui alimente en bonne partie la raffinerie de Suncor à Montréal, en plus de fournir du brut à celle de Valero, située à Lévis.Au printemps dernier, l\u2019entreprise avait ainsi mené des travaux sur le territoire de Ter- rebonne.À l\u2019époque, elle avait indiqué au Devoir qu\u2019elle devait «procéder à un examen approfondi de la conduite afin de compléter l\u2019entretien ou les réparations requises, le cas échéant ».« En bref, ceci fait partie des travaux d\u2019entretien en continu de nos installations, tel un pont, une autoroute ou une tour de bureaux», avait alors illustré M.Prud\u2019Homme.D\u2019autres travaux ont en outre été menés sur le territoire de Mirabel dans le courant de l\u2019été dernier.Comme pour ceux de Terrebonne et de Sainte-Anne-des-Plaines, En- bridge a répondu qu\u2019il s\u2019agissait de mesures inscrites dans l\u2019« entretien » du pipeline 9B, vieux de 41 ans.La compagnie pétrolière a alors aussi précisé qu\u2019elle avait mené « plusieurs inspections » du tuyau en 2014 et 2015.Ces inspections ont toutefois été menées avant le début des livraisons de pétrole brut dans l\u2019est de Montréal.Le pipeline était donc inutilisé.En juin 2015, l\u2019ONE avait d\u2019ailleurs exigé la tenue de tests «hydrostatiques», qui consistent à injecter de l\u2019eau dans le pipeline afin d\u2019évaluer de possibles problèmes d\u2019étanchéité.Ceux- ci ont été exigés seulement pour trois tronçons du tuyau, dont un situé à Mirabel.L\u2019ONE satisfait L\u2019essentiel de la por tion québécoise de l\u2019oléoduc a toutefois été exclu des tests exigés.Cela comprenait les municipalités de Terrebonne, de Laval et de Montréal-Est.Dans ces secteurs, le pipeline passe littéralement dans la cour de plusieurs résidences, près d\u2019écoles primaires ou encore directement dans la cour d\u2019un Centre de la petite enfance (CPE).Il traverse aussi la rivière des Mille-Îles et la rivière des Prairies.Pourquoi avoir exclu plusieurs portions de ce pipeline ?À la lecture des «rapports d\u2019intégrité » produits par Enbridge, « nous sommes satisfaits de ce qu\u2019Enbridge a fait, avait souligné la vice-présidente de l\u2019ONE, Lyne Mercier.Ils sont allés au-delà de ce qui était nécessaire de faire pour assurer la sécurité ».Mme Mercier est une des trois commissaires de l\u2019ONE qui dirigeaient l\u2019examen d\u2019Énergie Est et qui ont dû se récuser.L\u2019ONE, qui a conclu en 2015 qu\u2019Enbridge exploite ses pipelines « de façon sécuritaire », a par la suite autorisé le début du transport de brut à l\u2019automne 2015.L\u2019Office avait précisé à ce moment qu\u2019il n\u2019avait « aucune autre exigence à formuler avant qu\u2019Enbridge commence à exploiter la canalisation».Les livraisons ont débuté à la fin de l\u2019automne.Depuis, des pétroliers font la navette régulièrement sur le fleuve Saint-Laurent, entre l\u2019est de Montréal et la raffinerie de Va- lero.Si tout se passe bien pour Enbridge, la pétrolière pourra faire passer le débit quotidien de 270 000 à 300 000 barils d\u2019ici un peu plus d\u2019un an.Le Devoir PIPELINE 9B Enbridge a effectué des travaux d\u2019excavation par trois fois à Sainte-Anne-des-Plaines La compagnie pétrolière entreprend une nouvelle opération de réparation dans les secteurs industriels JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une pelle mécanique et des ouvriers étaient à l\u2019œuvre jeudi, pour mettre à découvert une portion du pipeline, qui s\u2019y trouve enfoui depuis 1975.Ils ont jeté tous les déchets sur moi pour que je reste silencieuse.Quand j\u2019ai décidé de ne plus être une poubelle, c\u2019est à ce moment que j\u2019ai su que j\u2019avais le pouvoir de me tenir debout.Corey, victime d\u2019agressions sexuelles « » Ces « inspections visuelles ou directes de pipelines» sont désignées comme étant des «excavations relatives à l\u2019intégrité» J I M B R O N S K I L L à Greely L e débat opposant neuf candidats à la direction du Parti conservateur du Canada s\u2019est souvent métamorphosé en examen rétrospectif des élections qui ont coûté le pouvoir à la formation en 2015, dimanche.Ils se sont disputés sur les frais d\u2019adhésion au parti, sur la nécessité de transmettre un message plus positif aux Canadiens tout en se lamentant sur l\u2019échec du par t i pour maî - t r iser les médias sociaux.Selon le député de Well ington-Halton Hil ls , en Ontario, Michael Chong, instaurer la gratuité d\u2019adhésion permettrait au par ti d\u2019attirer les jeunes, les nouveaux Canadiens et les citadins.Le député de la circonscription de Cal- gar y-Est, Deepak Obhrai, a dit par tager cette opinion.Depuis la cinglante défaite du PCC en 2015, plusieurs militants se sont plaints de l\u2019incapacité du parti à générer une forme d\u2019enthousiasme pour son programme politique.Passer à l\u2019action Les conservateurs doivent devenir plus qu\u2019un simple parti d\u2019opposition, estime l\u2019ancien député Andrew Saxton.« On doit être un par ti qui propose des choses.On doit offrir un contraste per tinent à Justin Trudeau», a-t-il dit.L\u2019ancien président de la Chambre des communes et député de Regina-Qu\u2019Appelle, Andrew Scheer, a prévenu les militants contre la tentat ion de devenir des « cryptolibéraux ».« [Notre défaite] n\u2019est pas attribuable à notre programme, ce fut à cause de la façon avec laquelle nous l\u2019avons présenté, a-t-il déclaré.Nous avons mené une campagne très négative.» Le climat M.Chong s\u2019est attiré des huées lorsqu\u2019il a appuyé l\u2019idée d\u2019imposer une taxe sur le carbone afin de donner une certaine crédibilité au pays sur la question des changements climatiques et d\u2019attirer de nouveaux électeurs.Ses adversaires s\u2019y sont vertement opposés.« Je ne pense pas que les changements climatiques représentent un véritable danger », a osé avancer le député de Saska- t o o n - U n i v e r s i t y , Brad Trost.Jusqu\u2019à présent, la course à la direction du par ti oppose 12 candidats.Le prochain chef sera choisi en mai.Le débat a attiré plus de spectateurs que prévu.Les candidats ont évité de lancer des attaques personnelles ou de mentionner le futur président américain Donald Trump.La seule absente de marque était la députée de Simcoe- Grey, en Ontario, Kellie Leitch.Au cours d\u2019une entrevue diffusée dimanche, elle a déclaré que son enthousiasme envers M.Trump ne faisait pas d\u2019elle une raciste.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E L U N D I 1 4 N O V E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Lecture publique | Série Théâtre à relire LES BELLES ANNÉES DU THÉÂTRE, C\u2019EST AUSSI MAINTENANT ! Découvrez le théâtre québécois d\u2019aujourd\u2019hui grâce à des extraits de pièces récompensées par le prestigieux prix Michel-Tremblay depuis 2009, avec en primeur des extraits des cinq textes en lice pour l\u2019édition 2016.Une soirée axée sur la création.Le mercredi 16 novembre à 19 h À l\u2019Auditorium de la Grande Bibliothèque 475, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal Berri-UQAM EN COLLABORATION AVEC Le Centre des auteurs dramatiques (CEAD) AVEC L\u2019APPUI DE C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris A rrivée depuis le 22 août dans la capitale française, la nouvelle déléguée générale du Québec à Paris, Line Beauchamp, a finalement déposé ses lettres de créance la semaine dernière à l\u2019Élysée.Dans ses échanges avec le gouvernement français, cette ancienne ministre de l\u2019Éducation du Québec, qui succède à Michel Robitaille, entend donner, dans l\u2019immédiat, la priorité au renforcement de l\u2019accessibilité des contenus en français sur les réseaux numériques.Abordée lors de la visite du premier ministre français, Manuel Valls, au Québec le mois dernier, cette question pourrait faire l\u2019objet d\u2019une initiative franco-québécoise dans les prochains mois, dit-elle.« Je crois que l\u2019ambition politique peut faire la dif férence » dans ce domaine qui est « crucial afin d\u2019assurer que les contenus en français sur Internet trouvent leur public », af firme la nouvelle déléguée qui s\u2019est entretenue la semaine dernière avec le président François Hollande.Avec une demi-douzaine de nouveaux diplomates, Line Beauchamp a été reçue à l\u2019Ély- sée entre le nouvel ambassadeur britannique et le nouveau représentant du Soudan du Sud.Elle a parlé pendant un peu plus de cinq minutes avec François Hollande.« Le président a réitéré que la relation avec le Québec était une relation importante », dit- elle.Mais i l a sur tout été question de la ratification de l\u2019Accord économique et commercial global Canada-Union européenne (AECG).« Je veux calmer les inquiétudes en France et en Europe, dit-elle.Et démontrer les avantages de cet accord de nouvelle génération qui sert bien nos intérêts mutuels.» L\u2019accord doit être soumis au Parlement européen en décembre.Il devra ensuite être ratifié par les 28 pays membres.La nouvelle déléguée dit aborder son nouveau mandat « avec humilité », mais aussi avec « ambition ».Du traité de l\u2019UNESCO sur la diversité culturelle (signé par 140 pays) à l\u2019AECG, en passant par les Accords de reconnaissance mutuelle (ARM) (qui facilitent la mobilité de la main-d\u2019œuvre), elle s\u2019étonne du nombre d\u2019initiatives franco-québécoises qui ont eu une portée internationale.« Ce qui m\u2019impressionne, ce sont ces grands dossiers où, à par tir de la relation avec la France, nous avons eu des résultats qui ont eu un impact dans le monde», dit-elle.Un climat morose La déléguée est d\u2019ailleurs convaincue que l\u2019AECG deviendra une référence ailleurs dans le monde parce qu\u2019il reconnaît « le droit de réglementer des États ».Elle est cependant consciente d\u2019arriver en France non seulement en période de campagne présidentielle, mais à un moment où règne une certaine morosité.« Aujourd\u2019hui, en France, nous sommes dans un climat teinté de morosité, dit-elle.Je trouve que le regard que les Français por tent sur eux- mêmes est sévère.La France est pour tant un pays qui excelle dans beaucoup de domaines, comme la recherche et l\u2019innovation scientifique.Je me plais à leur dire qu\u2019ils habitent un pays formidable.Il faut le dire et le redire.» Parmi la liste des priorités inscrites dans sa lettre de mission, elle mentionne « la place du français en Afrique » à propos de laquelle « il y a un vrai désir d\u2019agir avec la France », dit-elle.Le prochain sommet de la Francophonie, qui se tiendra à Madagascar les 26 et 27 novembre prochains devrait par ailleurs annoncer la création d\u2019un « réseau francophone de lutte contre la radicalisation».« Il y a vraiment une volonté de collaborer sur les questions de sécurité », dit-elle.La déléguée entend enfin renouveler le contrat qui a confié la Bibliothèque Gaston-Miron à l\u2019Université Paris III il y a trois ans déjà.Alors que le contrat sera rediscuté l\u2019an prochain, Line Beauchamp dit qu\u2019il faudra trouver des façons d\u2019améliorer le référencement dans les banques de données françaises des ouvrages du plus grand fonds documentaire québécois hors des frontières du Québec.L\u2019année qui vient sera une année d\u2019élection présidentielle.De quel œil verrait-elle l\u2019éventuelle élection à la présidence d\u2019Alain Juppé, un vieil ami du Québec aujourd\u2019hui favori des sondages ?« On va laisser les Français faire leur choix », dit-elle, avant d\u2019ajouter : «Quel que soit le président, on a toujours su tirer notre épingle du jeu.» Le Devoir Line Beauchamp dépose ses lettres de créance à l\u2019Élysée La nouvelle déléguée du Québec à Paris priorisera l\u2019accessibilité des contenus francophones sur Internet PEDRO RUIZ LE DEVOIR Les Montréalais saluent leur troubadour Les témoignages d\u2019affection envers Leonard Cohen se sont poursuivis toute la fin de semaine.Les Montréalais ont pu exprimer leurs condoléances dans un registre mis à la disposition du public samedi et dimanche, dans le hall de la Grande Bibliothèque.Plusieurs ont également défilé devant sa maison à Montréal, déposant bougies et fleurs sur le pas de sa porte.Lieux de culte à Outremont : forte participation par anticipation Plus de 1000 citoyens ont déjà exercé leur droit de vote par anticipation au référendum sur l\u2019interdiction des nouveaux lieux de culte avenue Bernard.Il s\u2019agit d\u2019au moins 20 % des électeurs du secteur appelés à se prononcer.L\u2019interdiction de tout nouveau lieu de culte sur la rue Laurier et l\u2019avenue Bernard a été adoptée par une majorité d\u2019élus lors du conseil d\u2019arrondissement du 1er août dernier.Le règlement est déjà en vigueur rue Laurier, mais suffisamment de citoyens se sont opposés à son application avenue Bernard pour forcer la tenue d\u2019un référendum.Le vote par anticipation de dimanche précédait le scrutin qui se déroulera le 20 novembre prochain.Le Devoir Nouvelle-Zélande : un séisme suivi d\u2019un tsunami fait deux morts Christchurch \u2014 De nombreux Néo-Zélandais ont fui dans la nuit de dimanche à lundi les zones côtières après qu\u2019un séisme de magnitude 7,8, un des plus forts jamais enregistrés en Nouvelle-Zélande, eut secoué leur pays, faisant au moins deux morts, endommageant des bâtiments et provoquant un tsunami.«Nous ne pouvons exclure» que le bilan de deux personnes tuées s\u2019alourdisse, compte tenu des «problèmes de communications» avec les régions touchées de l\u2019île du sud où s\u2019est produit le tremblement de terre, a déclaré lundi en début de matinée le premier ministre, John Key.Largement ressentie sur l\u2019ensemble du territoire néo-zélandais, la principale secousse, suivie d\u2019une série de fortes répliques, est survenue lundi à 00h02.Agence France-Presse Lire aussi \u203a Triste opportunisme, l\u2019éditorial de Ma- non Cornellier.Page A 6 «[Notre défaite] n\u2019est pas attribuable à notre programme, ce fut à cause de la façon avec laquelle nous l\u2019avons présenté» JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Line Beauchamp est arrivée à Paris à la fin du mois d\u2019août.Je veux calmer les inquiétudes en France et en Europe Line Beauchamp « » CHEFFERIE DU PCC Le deuxième débat tourne à l\u2019examen de la défaite L E D E V O I R , L E L U N D I 1 4 N O V E M B R E 2 0 1 6 SOCIETE A 5 R elire le roman Les raisins de la colère, depuis quelques mois, se révèle être un exercice de plus en plus inquiétant.Puissante chronique sociale qui met des visages humains sur une crise économique passée, celle de 1929 et des années qui ont suivi, l\u2019œuvre de John Steinbeck devient dangereusement troublante au contact de l\u2019actualité des derniers jours, tant elle semble annoncer le début d\u2019un recommencement.Regardez dedans, regardez autour, pour voir ! À l\u2019intérieur de ce classique ?La famille Joad prend la route, entre les « terres rouges» et les « terres grises» de l\u2019Oklahoma et de la Californie dans l\u2019espoir vain de sortir de sa misère.Dans la foulée d\u2019un krach boursier, le pays vit désormais au rythme d\u2019une mutation économique, industrielle et sociale qui génère plus d\u2019exclus et de pauvreté que la prospérité qu\u2019elle ne cesse pourtant de promettre.Les petits fermiers perdent leur terre au profit de grands propriétaires et des banques qui accélèrent une révolution agricole, une mécanisation, une concentration des espaces de production, sur le dos de masses humaines dociles et silencieuses qui sont sur le point de s\u2019exprimer.« Et l\u2019odeur de pourriture envahit la contrée », écrit John Steinbeck dans cette autopsie avec style de la mécanique d\u2019une dérive à la destination fatale.Le clin d\u2019œil à Hamlet pourrait être savoureux s\u2019il ne préfigurait pas une suite dramatique.«Dans l\u2019âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines.» Steinbeck écrit ces lignes en 1939, trois ans après Des souris et des hommes et En un combat douteux qui révèlent le caractère critique et humaniste de sa plume.L\u2019année aussi où le monde, porté par la colère et les frustrations et la montée de figures politiques hargneuses et imprévisibles, entre de plain-pied dans l\u2019horreur de la guerre, du génocide, du repli, des abus\u2026 Constat d\u2019échec Les raisins de la colère fait partie de ces livres qui, depuis les années 1950, ont été les plus lus, les plus décortiqués, les plus analysés dans les écoles de l\u2019Amérique et d\u2019ailleurs.Triste constat d\u2019échec : l\u2019exercice de mémoire collective est loin d\u2019avoir porté ses fruits, loin d\u2019avoir sensibilisé les générations suivantes à l\u2019importance d\u2019un progrès qui respecte la nature humaine, qui favorise le respect, la tolérance, plus que les abus et le mépris.Depuis le début du siècle, lorsqu\u2019on entend, dans les villes post-industrielles des États-Unis, des chômeurs de plus de 50 ans se plaindre de la délocalisation de leurs emplois à l\u2019autre bout du monde, on entend résonner au loin les voix de Tom, Ma, Pa et des autres.Quand on voit les multinationales du commerce de détail ou du numérique faire la galette en s\u2019appropriant les compétences, les territoires, les outils de travail des autres, quand on voit Wal-Mart briser le tissu social des artères commerciales de plusieurs petites villes d\u2019Amérique, les Uber menacer l\u2019industrie du taxi, les Facebook reconfigurer, sous des couverts humains et sociaux, les lieux de diffusion pour en absorber surtout leur finance, on voit ces banques et ces grands propriétaires qui, dans les premières pages du livre de Steinbeck, placent l\u2019humanité au bord du gouffre en se lançant aveuglément dans une mutation sans en comprendre réellement les enjeux et les conséquences.«Visiblement, nous entrons dans une autre ère stupide que l\u2019humain s\u2019impose à lui-même», écrivait en juillet dernier, soit quelques jours après le Brexit, la sortie de l\u2019Angleterre de l\u2019Union européenne, poussée par un vent populiste, mais aussi quatre mois avant la victoire étourdissante de Donald Trump, Tobias Stone dans les pages de Newsweek.Le penseur, historien, archéologue et anthropologue y expliquait que l\u2019histoire est condamnée à hoqueter, la faute à une mémoire des drames, des cataclysmes sociaux, des grandes erreurs du passé qui s\u2019efface dans une perspective temporelle variant de 50 à 100 ans.Du coup, parler de construire un mur, 55 ans après la construction du « Mur de la honte » à Berlin, n\u2019a plus rien de honteux, en 2016.Mieux, ce n\u2019est pas l\u2019opprobre qui s\u2019abat sur l\u2019idéateur d\u2019une telle ineptie, mais plutôt l\u2019honneur de la présidence d\u2019un très grand pays.Pour Stone, il ne fait pas de doute qu\u2019une autre « phase de destruction massive » est en marche, une phase comme celle que John Steinbeck, à une autre époque, avait bien vue, bien nommée, bien circonscrite dans ses Raisins de la colère.Plus de 75 ans plus tard, on ne peut certainement pas lui reprocher de n\u2019avoir rien dit, de n\u2019avoir rien fait.Contrairement à d\u2019autres qui ont vu l\u2019intolérance, la haine, le rejet, mais les ont au mieux ignorés, au pire, incités à croître.Relire Les raisins de la colère aujourd\u2019hui est troublant, mais permet également d\u2019espérer qu\u2019au cœur de la triste répétition à venir, des figures comme Steinbeck se mettent à nouveau à se multiplier et à hoqueter, elles aussi.chroniquefd@ledevoir.com Sur Twitter : @FabienDeglise #CHRONIQUEFD La colère FABIEN DEGLISE JASON FRANSON LA PRESSE CANADIENNE Au nom de la lutte contre la sclérose latérale amyotrophique, on a vu des stars, et beaucoup d\u2019anonymes, se verser un seau d\u2019eau glacée sur la tête.Sur la photo, Justin Trudeau se prêtant à l\u2019exercice avec le député libéral Sean Casey, en août 2014.Selon des études récentes, l\u2019altruisme ferait vivre plus vieux, rendrait plus heureux et même plus désirable.Grâce à de nouvelles plateformes, on peut même le rendre plus efficace.L\u2019altruisme consiste-t-il toujours à penser aux autres\u2026 ou d\u2019abord à soi ?J U L I E R A M B A L S ur le Web, les « élans de générosité » spontanés sont massifs, au point que les applications offrent de nouvelles fonctionnalités solidaires.Airbnb a lancé un « plan d\u2019hébergement d\u2019urgence » qui permet d\u2019offrir gratuitement un logement après une catastrophe, tandis que la plateforme Humaid se consacre au financement participatif de personnes en difficulté.Des voitures et des arbres Si le concept d\u2019altruisme est une invention récente, développé par le philosophe Auguste Comte au XIXe siècle, il ne s\u2019est jamais autant illustré.Même la consommation se targue de «faire le bien», avec la nouvelle promesse du do- gooding : Peugeot plante des arbres en Amazonie, Visa reverse une partie du montant de vos achats à WWF, la chaîne Starbucks vous suggère d\u2019offrir un café à votre voisin de file d\u2019attente, etc.« Aujourd\u2019hui, la notion de responsabilité est entrée dans les stratégies d\u2019entreprise, note Serge Carreira, maître de conférences à Sciences Po à Paris.Le mécénat a toujours existé, mais il était réservé à la direction, lié aux passions du patron.On propose désormais au consommateur de devenir lui-même mécène, en achetant des produits à haute valeur morale ajoutée.» Écouter sa raison et non son cœur Au Moyen-Âge, on achetait déjà des indulgences à l\u2019Église pour réduire ses années au purgatoire.On peut désormais remplir son charriot d\u2019épicerie ou son dressing en ayant moins l\u2019impression d\u2019abîmer la planète\u2026 Mieux, on peut optimiser la générosité grâce au courant de « l\u2019altruisme ef ficace » prôné par Peter Singer, «philosophe vivant le plus influent du monde», selon le New York Times.Peter Singer est à l\u2019origine du mouvement antispéciste, qui réclame l\u2019égalité entre les hommes et les animaux, lombrics compris.Cette fois, le théoricien conseille de ne pas se contenter d\u2019une prodigalité à l\u2019aveuglette.Pour « faire le plus de bien possible », il ne faut pas écouter son cœur mais sa raison, et maximiser ses dons.Sur la plateforme américaine Give Well, on peut ainsi calculer au centime près l\u2019impact de ses dons.Avec 1000 dollars par an, il est par exemple possible de protéger 700 personnes du paludisme au Malawi, ou d\u2019opérer dix enfants aveugles au Nicaragua.L\u2019appât du don L\u2019altruisme efficace encourage aussi à faire carrière sur le principe du «earning to give» (gagner sa vie pour donner).Là encore, il existe une plateforme (80 000 Hours), pour choisir un métier permettant de régler le plus de problèmes mondiaux.Selon cette philosophie, un trader est donc plus efficace qu\u2019un salarié d\u2019ONG puisqu\u2019il peut reverser plus de dons.Cynique?«En anthropologie, le don désintéressé n\u2019existe pas.Derrière tout geste, il y a l\u2019appât du don, le désir de créer une relation sociale ou d\u2019obtenir une reconnaissance, rappelle François Gauthier, professeur associé de Science des religions à l\u2019Université de Fribourg.Mais ce langage coût- bénéfice est une réintégration du don dans une logique marchande.On ne crée plus du lien, seulement de la rentabilité.Même les ONG, qui fonctionnaient sur un rapport de confiance, doivent de plus en plus répondre à la question : \u201cqu\u2019est-ce qu\u2019on fait avec un dollar?\u201d» Cette question obsède aussi les philanthropes milliardaires.À la naissance de sa fille, fin 2015, Mark Zuckerberg, patron de Facebook, 56 milliards de dollars de fortune personnelle, annonçait réserver 99% de ses actions à sa fondation, la CZI, pour promouvoir l\u2019éducation, l\u2019égalité des chances et la recherche médicale.Il vient d\u2019ailleurs d\u2019offrir 3 milliards de son colossal bas de laine pour «éradiquer toutes les maladies affligeant l\u2019humanité d\u2019ici à la fin de ce siècle.» Hélas, certains s\u2019étonnent que ce jeune démiurge minimise aussi ses obligations fiscales, qui permettraient pour tant de financer des écoles et des hôpitaux dans de nombreux pays.Dans l\u2019altruisme efficace, on préfère se concentrer sur la fin des maladies plutôt que les soins aux malades.Égoportrait solidaire Ces temps-ci, l\u2019altruisme crée également de nouveaux métiers : les conseillers en philanthropie qui s\u2019activent à Hollywood, où l \u2019engagement caritat i f f init par compter presque autant que la filmographie (la générosité des stars est même égrainée sur des sites).Ces coachs sont mandatés pour trouver les causes les mieux adaptées à la sensibilité de leurs clients\u2026 et de leur capital sympathie.Au nom de la lutte contre la sclérose latérale amyo- trophique (SLA), on a même vu des stars, et beaucoup d\u2019anonymes, se verser un seau d\u2019eau glacée sur la tête (lors du fameux Ice Bucket Challenge, en 2014), signe avant-coureur d\u2019un altruisme d\u2019un genre nouveau : l\u2019« égoportrait solidaire », qui pullule sur les réseaux sociaux pour tout et n\u2019importe quoi.Dans un monde binaire Beaucoup trop n\u2019importe quoi, selon le philosophe Dominique Lecourt, auteur de L\u2019égoïsme.Faut-il vraiment penser aux autres ?(Éditions Autrement) : « On a sombré dans un monde binaire, avec d\u2019un côté l\u2019égoïste, le salaud qui ne pense qu\u2019à lui, et de l\u2019autre l\u2019altruiste, la personne admirable.Or l\u2019altruisme n\u2019est qu\u2019une réponse morale ambiguë qui, sous des dehors policés, ne fait que renforcer l\u2019égoïsme de compétition et la mise en scène de soi.C\u2019est un discours structuré sur l\u2019inégalité, qui aboutit à ces milliardaires philanthropes venant narguer des pauvres de plus en plus pauvres.Tous ces symptômes renvoient à la nécessité de penser mieux les liens affectifs qui existent par nature entre les hommes et la vraie solidarité humaine.» Par prudence, mieux vaut continuer à écouter son cœur plutôt que sa raison, et faire des dons anonymes\u2026 Le Temps L\u2019ÉGOÏSME.FAUT-IL VRAIMENT PENSER AUX AUTRES?Dominique Lecourt Autrement Paris, 2015, 189 pages THE MOST GOOD YOU CAN DO Peter Singer Yale University Press New Haven, 2016 (réédition), 331 pages L\u2019altruisme pris d\u2019assaut par la logique marchande Les égoportraits solidaires et les dons sur le Web nous donnent-ils bonne conscience ?On propose désormais au consommateur de devenir lui-même mécène, en achetant des produits à haute valeur morale ajoutée Serge Carreira, maître de conférences à Sciences Po à Paris « » Ce langage coût-bénéfice est une réintégration du don dans une logique marchande.On ne crée plus du lien, seulement de la rentabilité.François Gauthier, professeur associé de Science des religions à l\u2019Université de Fribourg « » «Visiblement, nous entrons dans une autre ère stupide que l\u2019humain s\u2019impose à lui-même» ais quel monstre est donc devenu Daniel Ortega?Acteur de premier plan de la révolution sandiniste qui renversa l\u2019autocratie violente d\u2019Anastasio Somoza en 1979, célébré par les mouvements de gauche « sanda- listas» du monde entier pour avoir valeureusement résisté aux assauts du gouvernement Reagan pendant la guerre des Contras dans les années 1980, Daniel Ortega règne aujourd\u2019hui sur le Nicaragua avec son épouse, Rosario Murillo, femme aussi ésotérique qu\u2019in?uente, en faisant preuve du mépris des normes démocratiques propre aux dictateurs.Ortega a été réélu il y a une semaine pour un troisième mandat présidentiel consécutif après avoir réussi par manœuvres judiciaires à faire retirer son statut légal au Parti libéral indépendant (PLI) de son principal adversaire, le conservateur Eduardo Montealegre, du reste soutenu par Washington.Avec le résultat qu\u2019à l\u2019issue de ce qu\u2019il faut bien appeler une « farce électorale », cet ancien marxiste a of?cielle- ment récolté 72,5 % des suffrages sur fond de forte abstention et en l\u2019absence quasi totale d\u2019observateurs indépendants \u2014 pendant que son vieux Front sandiniste de libération nationale (FSLN) a remporté les deux tiers des sièges à l\u2019Assemblée législative.Scène politique bizarre et dysfonctionnelle, populisme exacerbé, concentration des pouvoirs exécutif et législatif\u2026 Un peu plus et on se croirait aux États-Unis de Donald Trump.Ortega est un homme dont la veine autoritaire s\u2019est en fait manifestée sitôt après la révolution de 1979.Il imposa dans un esprit très peu démocratique son socialisme à la cubaine à la diversité des forces qui s\u2019étaient rassemblées pour chasser Somoza.Beaucoup l\u2019abandonnèrent, comme l\u2019écrivain Sergio Ramirez.Évincé du pouvoir par les urnes au début des années 1990, il ne cessera jamais de vouloir le retrouver, par tous les moyens possibles.Par exemple : accusé de viol en 1998, il échappe à un procès en concluant un pacte d\u2019impunité avec le président de droite de l\u2019époque, Arnoldo Alemán, soupçonné, lui, de corruption.Revenu à la présidence en 2006, Daniel Ortega, un homme à la santé cependant chancelante, est aujourd\u2019hui à la tête d\u2019un petit empire familial qui contrôle tous les leviers du pouvoir \u2014 politique, judiciaire, économique, médiatique\u2026 Un empire qui s\u2019appuie électoralement sur les quartiers défavorisés, suivant une logique clientéliste d\u2019assistanat subventionné tout à la fois par les pétrodollars du Venezuela (mais pour combien de temps encore?) et une aide américaine à hauteur de 250 millions $US.Comment dans ces conditions ne pas constater que, de Somoza à Ortega, les caudillos se suivent et se ressemblent ?Donald Trump a ses émules, y compris au Canada.La candidate à la direction du Parti conservateur Kellie Leitch ne s\u2019en cache pas et voit dans la victoire du républicain « un message stimulant », celui qu\u2019elle-même « porte avec [sa] campagne pour devenir le prochain premier ministre du Canada ».Mais de quel message se réclame-t-elle ?Celui xénophobe, sexiste, anti-élite, anti-libre-échange ?Mme Leitch rejette toutes ces étiquettes, mais joue carrément avec le feu.ue Kellie Leitch se trouve des atomes crochus avec le président américain désigné Donald Trump surprend peu.Méconnue, la députée est sortie de l\u2019ombre à la ?n août en proposant d\u2019imposer un test aux immigrants, réfugiés et visiteurs, a?n de véri?er leur adhésion ou non à des «valeurs anticanadiennes».On y a aussitôt vu un re?et de la politique de M.Trump.Sur le coup, Mme Leitch a jugé la comparaison «injuste».Ses scrupules se sont visiblement estompés.Mercredi matin, elle écrivait à ses sup- porteurs pour vanter le message du républicain.Le soir même, lors du premier débat entre les 12 candidats à la direction du PC, elle disait avoir des intérêts communs avec Donald Trump, ne citant cependant que ce fameux test des valeurs.Comme M.Trump, elle se plaint maintenant des élites pendant qu\u2019en coulisses, des avocats très en vue de Bay Street organisent pour elle un événement de ?nancement dont le prix d\u2019entrée est de 500$ par personne.Mme Leitch aime aussi jouer le rôle de la victime d\u2019accusations injustes.En entrevue à CTV dimanche, elle disait ne pas être raciste, comme l\u2019aurait laissé entendre, disait-elle, son collègue et adversaire Michael Chong.Ce dernier n\u2019avait rien dit de tel, mais seulement exprimé son désaccord avec les tactiques de M.Trump et leur importation au Canada.Qu\u2019elle le veuille ou non, en faisant de ce fameux test la pièce maîtresse de son programme, Kellie Leitch entretient la mé?ance envers les nouveaux Canadiens et légitime l\u2019expression de préjugés.Le candidat et député Deepak Obhrai y a goûté après s\u2019être opposé au test des valeurs.Il a reçu des messages lui disant de retourner dans son pays d\u2019origine, la Tanzanie, qu\u2019il a quitté il y a 39 ans.Si Mme Leitch persiste et signe, c\u2019est qu\u2019elle croit avoir trouvé un ?lon.Cet été, le Toronto Star dévoilait un sondage commandé par le gouvernement de l\u2019Ontario et la Ville de Toronto.Selon cette enquête, environ 53% des Ontariens pensent que le Canada ne devrait accepter que des immigrants de pays ayant les mêmes valeurs que les Canadiens et 75% disent que les valeurs des musulmans sont différentes.La proposition de Mme Leitch ne cherche pas à désamorcer ces sentiments, mais à les exploiter au maximum .Elle ne propose aucune véritable solution aux tensions pouvant surgir autour des enjeux d\u2019immigration.Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas son but.Kellie Leitch n\u2019a qu\u2019un objectif, gagner, et elle est prête à tout pour y arriver.Tant pis pour les pots cassés, tant mieux pour la caisse électorale et les appuis au sein du parti.Elle a actuellement le trésor de guerre le mieux garni et, selon le dernier sondage Mainstreet-Postmedia, elle mène parmi les partisans conservateurs.Mais qu\u2019arrivera-t-il si elle gagne avec de telles politiques dans ses cartons?Ses collègues s\u2019en inquiètent, et avec raison.Des communautés d\u2019immigration récente ont grandement contribué à la majorité conservatrice de 2011, des appuis que les conservateurs ont perdus en 2015 après avoir promis la mise en place d\u2019une ligne téléphonique de délation des «pratiques barbares».Une promesse annoncée entre autres par Mme Leitch.Prête à tout, elle l\u2019était et l\u2019est encore et son opportunisme évident, sans égard aux conséquences, devrait suf?re à la disquali?er pour le poste de chef.mcornellier@ledevoir.com L E D E V O I R , L E L U N D I 1 4 N O V E M B R E 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S L I B R E O P I N I O N G U Y B O U R B O N N A I S Professeur de littérature, Montréal I l est pour le moins impressionnant de constater à quel point les éloges qui déferlent depuis la mort de Leonard Cohen contiennent des citations de l\u2019écrivain montréalais.Cela donne la mesure de l\u2019empreinte que ses mots laissent en nous.Juste retour des choses pour cet homme qui s\u2019est inspiré de nombreux grands textes, mais aussi de la culture populaire pour bâtir une des œuvres les plus touchantes de notre époque.Devant son public québécois, il aimait d\u2019ailleurs citer dans son français cassé The Old Balladeer : «il y a longtemps que je t\u2019aime.Jamais je ne t\u2019oublierai».Et nous.Ô combien nous ne l\u2019oublierons pas.Son œuvre est cette lumière dont il parlait et qui pénètre dans les fissures de chacun.Il nous a ouver t au monde parce qu\u2019il a écouté le monde dans ses cris et ses silences comme en témoigne ce magnifique haïku sorti de sa plume: Silence And a deeper silence When the crickets Hesitate Il faudrait rappeler plus souvent que Cohen n\u2019est pas qu\u2019un homme de mots.Il a composé parmi les plus belles et envoûtantes mélodies de chanson des dernières décennies et peut-être plus (Hey, That\u2019s No Way to Say Goodbye, Avalanche, If It Be Your Will, Seems So Long Ago, Nancy\u2026).Mariage de ses mélodies et de ses paroles (tantôt directes tantôt énigmatiques), ses chansons forment une unité inentamable qui le place dans la tradition d\u2019Orphée, ce héros grec qui cherchait à créer la fusion totale entre la musique et les mots.Cohen avait-il entendu l\u2019appel de son ancêtre depuis Hydra quand il décida dans les années 60 d\u2019ajouter la musique à ses mots?Il y avait aussi chez lui les éléments du héros moderne.À la fois, homme privé et personnalité publique.Homme de solitude, d\u2019écriture, de prière, mais aussi de spectacle, d\u2019audace et de prise de position.Mais jamais super ficiel.Maniant l\u2019authenticité et le kitsch comme un maître.Malgré toutes ses réussites, nous admirons en lui surtout l\u2019homme blessé, le perdant magnifique.C\u2019est-à-dire celui qui se trouve seul devant le monde, incapable de conquérir ni de comprendre tout à fait, mais faisant naître poèmes et chansons dans une tonalité profondément humaine et engageante.Mêlant le sacré et le profane, la tendresse et la violence, la spiritualité et la sexualité, il a su nommer le désarroi, transcender la blessure, formuler la défaite.Il s\u2019est regardé, a regardé en lui et a couché sur le papier son œuvre faite de mains tendues.Il l\u2019a chantée avec une voix d\u2019abord douce, puis rauque.Mais à travers ces années, il est demeuré seul.Et nous nous sommes reconnus en lui.Notre semblable, notre frère, Jamais nous ne t\u2019oublierons.Jamais nous ne t\u2019oublierons\u2026 FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente des ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Lettre à Justin Trudeau et à Philippe Couillard Messieurs les Premiers Ministres, nos voisins du sud ont élu un dangereux bouffon qui se proclame totalement imperméable aux réalités scientifiques et notamment au constat de la crise climatique.La responsabilité du Canada et du Québec va être d\u2019autant plus importante.Vous héritez de la lourde tâche de por ter le flambeau de la lutte contre les changements climatiques en Amérique du Nord.La tentation va être grande de baisser les bras devant les pétrolières et les gazières en prétextant l\u2019impuissance face aux États-Unis.Tout au contraire, vos électeurs et concitoyens vont vous demander d\u2019être d\u2019autant plus fermes et de monter au créneau de la transition énergétique.C\u2019est l\u2019occasion de vous poser en visionnaires, et de vous por ter à l\u2019avant-garde de la mise en application de l\u2019accord de Paris.Cela veut dire renoncer à la construction des oléoducs, freiner la production des sables bitumineux, empêcher le développement des énergies fossiles au Québec.Et investir dans la transition énergétique tout ce qui serait gaspillé là.Les projets ne manquent pas, et partout sur la planète des initiatives sont prises en ce sens.Soyez exemplaires.Donnez des leçons aux politiciens rétrogrades et toxiques.Vos concitoyens soutiendront vos efforts.Soyez à la tête de ce mouvement, faute de quoi vous allez voir partout apparaître des Standing Rock\u2026 Denise Campillo Roxton Falls, le 10 novembre 2016 LEADERSHIP CONSERVATEUR Triste opportunisme NICARAGUA En forme de dictature Q M GUY TAILLEFER MANON CORNELLIER Une loi inhumaine Le gouvernement Couillard vient d\u2019adopter le projet de loi 70.En vertu de cette loi, le gouvernement pourra supprimer plus du tiers de la prestation de base mensuelle de 623 $ des nouveaux demandeurs d\u2019aide sociale jugés aptes à travailler qui refusent d\u2019entreprendre un parcours de recherche d\u2019emploi.Ces nouveaux bénéficiaires devraient vivre avec seulement 399 $ par mois.Comment cela est-il possible ?Le gouvernement libéral semble avoir une grande facilité à s\u2019en prendre aux plus démunis de la société.M.Couillard et son ministre de l\u2019Emploi, François Blais, devraient savoir que certains jeunes et moins jeunes apparemment aptes au travail, sont en fait aux prises avec des problèmes de santé mentale.En s\u2019en prenant à ces personnes qui comptent parmi les plus dépourvues de la société, la loi adoptée pourrait pousser cer taines d\u2019entre elles vers la voie facile du crime.Pour certaines d\u2019entre elles, cela pourrait occasionner d\u2019importants problèmes de santé qu\u2019engendre la pauvreté.Au bout du compte, cette loi qui vise à créer des économies par la coercition pourrait amener d\u2019importants coûts sociaux.Ayant récemment fait part de sa préférence pour Hillary Clinton lors de l\u2019élection américaine du 8 novembre, M.Couil- lard se réclamait proche de l\u2019idéologie démocrate.Si l\u2019on excepte le discutable dossier de la laïcité, par sa façon de gouverner depuis deux ans, par son total manque d\u2019empathie, le gouvernement qu\u2019il dirige démontre une forte proximité avec ce que sera le gouvernement de Donald Trump.Au fil des mois, le Parti libéral du Québec se métamorphose doucement en « Par ti conser vateur du Québec ».Un par ti dénué de valeurs humaines, couard et usé par le pouvoir.Robert Poulin Le 11 novembre 2016 Le Calexit Des Californiens ne digérant pas l\u2019élection du républicain Donald Trump à la présidence réclament le Calexit (comme dans Brexit), à savoir la sécession de leur « État doré » (The Golden State) des «États-Désunis».Ce n\u2019est pas demain la veille qu\u2019un des 50 États réussira à faire cavalier seul aux États-Unis, la guerre de Sécession étant là pour le rappeler, mais si le miracle se produit, Trump faciliterait grandement sa réélection en 2020.Comment?Le 8 novembre, 61 % des Californiens ont voté pour Hillary Clinton (contre 33 % pour son adversaire), faisant facilement tomber dans l\u2019escarcelle démocrate 55 grands électeurs (le Texas est deuxième pour le nombre avec 38) sur un total de 538.Si la Californie se sépare, l\u2019Oregon et le Washington, deux autres États acquis aux démocrates sur la côte ouest, voudront vraisemblablement suivre.Ces trois États partis, un candidat républicain à la présidence aurait plus de chances de gagner à Washington, D.C.Les Californiens sont majoritairement progressistes, verts et coutumiers des référendums.Si les nouveaux sudistes en lancent un sur leur avenir et obtiennent la victoire, que feront les nouveaux nordistes ?Donald Trump s\u2019opposera-t-il au Calexit ?S\u2019il veut se faire réélire, ce ne serait pas dans son intérêt.Sylvio Le Blanc Montréal, le 13 novembre 2016 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 4 N O V E M B R E 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.P eu de gens savent que la Francophonie est implantée à Québec depuis 1988.L\u2019Institut francophone de développement durable (IFDD), qui compte 18 employés rue Saint-Pierre, est même l\u2019illustration la plus concrète de la pertinence francophone en matière d\u2019énergie et d\u2019environnement.L\u2019IFDD est l\u2019idée conjointe de Robert Bourassa et du président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, qui voulaient que le Sommet de Québec, en 1987, ne soit pas qu\u2019une grand-messe diplomatique.Leur agence de coopération sur l\u2019énergie changera de nom trois fois à mesure qu\u2019on lui associera l\u2019environnement et le développement durable.Mais depuis 20 ans, elle a été la sage- femme qui aide les pays francophones à accoucher de politiques énergétiques et environnementales ; et l\u2019entraîneur-chef qui les guide dans les marathons diplomatiques.«Au départ, l\u2019Institut visait à faire profiter le Sud de l\u2019expertise du Nord, mais maintenant, c\u2019est l\u2019expertise francophone qu\u2019on partage, et nos formations sont suivies par les gens du Nord également», dit Jean-Pierre Ndoutoum, directeur de l\u2019IFDD, où il travaille depuis 20 ans.Alors que les grands opérateurs francophones n\u2019ont jamais brillé par leur communication, l\u2019influence de l\u2019IFDD tient à ce qu\u2019elle a compris très tôt l\u2019importance de dif fuser l\u2019expertise technique.Médiaterre, son système d\u2019information mondial sur le développement durable, compte 5000 utilisateurs quotidiens, provenant de 134 pays (32 millions de pages vues).Elle publie également à cadence rapide toute une série de publications techniques, dont les fameux «Guides de négociation» sur les traités internationaux, qui sont traduits en anglais, en portugais et en espagnol.«On en est particulièrement fier.Ça s\u2019écoule comme des petits pains », dit Jean-Pierre Ndoutoum.Petite dynamo À la création de l\u2019IFDD, les pays francophones partaient de très loin en matière d\u2019énergie et d\u2019environnement : certains n\u2019avaient ni ministère, ni agence, ni politique, ni bilan.Jean- Pierre Ndoutoum se rappelle la surprise du président du Niger devant le bilan énergétique de son pays : « L\u2019énergie consommée venait à 90% de la biomasse, essentiellement du charbon de bois, produit dans un pays aux prises avec la désertification !» Outre des projets ponctuels qui servent de démonstrateur, l\u2019IFDD cherche à agir sur les grandes orientations : politiques en matière d\u2019autoproduction, codes énergétiques du bâtiment adapté à la réalité africaine ou normes de consommation des électroménagers.«On veut que nos pays ne soient plus les poubelles de l\u2019électroménager sous-performant », dit Jean-Pierre Ndoutoum, qui attend beaucoup des efforts pour éradiquer les chauffe-eau électriques.« C\u2019est criminel de chauf fer l\u2019eau avec l\u2019électricité surtout dans les pays du Sahel, où le soleil est une calamité ! » À la suite du Sommet de Rio en 1992, l\u2019IFDD fut une des premières agences de coopération énergétique à lier l\u2019environnement à sa mission fondamentale.«On appuie les pays dans l\u2019élaboration de stratégies nationales et on fait en sorte que les acteurs non étatiques comme les ONG, les collectivités et les entreprises sociales s\u2019engagent.On le fait par la formation, des actions concrètes et de la communication de fiches techniques», dit Lio- nelle Ngo-Samnick, spécialiste de programme.Une grosse part de l\u2019activité de l\u2019IFDD consiste à soutenir les efforts des pays francophones en matière de diplomatie énergétique et environnementale, qui établissent les règles du jeu.Rien que pour préparer la COP22 à Marrakech sur la mise en application des Accords de Paris, il aura fallu 12 réunions, dont la moitié à Bonn.L\u2019action de l\u2019IFDD vise à corriger un état d\u2019infériorité souvent écrasant.Lors des premières négociations du genre il y a 25 ans, les pays africains envoyaient un ou deux fonctionnaires qui ne faisaient pas le poids devant des pays qui alignent trois douzaines de négociateurs, qui maîtrisent l\u2019anglais et le jargon, et capables de négocier à travers 12 comités simultanément.L\u2019IFDD offre donc des formations et des outils pour les négociateurs.«Avant chaque grande négociation, nous produisons une \u201cBible de négociation\u201d, qui campe les enjeux, les problèmes, les options », dit Arona Soumare, spécialiste de programme en matière de négociations internationales, dont le travail consiste à faire entendre la voix des pays francophones dans trois conventions de l\u2019ONU sur la biodiversité, les changements climatiques et la désertification.Si les pays francophones ont fait bonne figure à la COP21 à Paris en imposant cer tains de leurs thèmes, de même que dans d\u2019autres grandes négociations internationales, c\u2019est largement grâce au soutien de l\u2019IFDD depuis 20 ans.« Ce n \u2019est pas tant une question de moyens que d\u2019équité», dit Arona Soumare.«Notre combat n\u2019est pas que linguistique : c\u2019est un combat d\u2019égalité des chances.» Diplomatie de l\u2019environnement JEAN-BENOÎT NADEAU J E A N - L O U I S R O Y Secrétaire général de l\u2019Agence intergouvernementale de la francophonie (1990 à 1999) et président de Droits et Démocratie (2002 à 2008) Lettre au premier ministre Justin Trudeau n participant au XVIe Sommet francophone de Madagascar, fin novembre, vous foulerez le continent africain pour la première fois dans vos fonctions actuelles.Votre pré - sence et votre parole sont très attendues.Les Africains ont une vraie affection pour le Canada.IIs se demandent \u2014 politiciens, leaders de la société civile et médias \u2014 si notre pays reprendra sa place sur leur continent en renforçant sa présence diplomatique, en révisant sa politique de visa et en favorisant le commerce et l\u2019investissement, notamment dans la création de petites et de moyennes entreprises.Les Africains se demandent quelle place vous leur réservez dans votre conception du réamé- nagement attendu de la communauté internationale.La population du continent doublera d\u2019ici 2050, de 1,2 à 2,4 milliards d\u2019habitants.Elle représentera alors 25 % de la population mondiale et sera la jeunesse de l\u2019humanité.Les Africains devront accueillir plus de 200 millions d\u2019enfants dans leurs systèmes scolaires débordés et créer 10 millions d\u2019emplois, année après année, d\u2019ici 2040, pour répondre à la demande d\u2019emploi.La tâche est gigantesque.Avec l\u2019énergie et l\u2019agriculture, l\u2019école et le travail sont les vraies priorités de l\u2019Afrique.Le succès du continent est indispensable pour la sécurité et la prospérité communes\u2026 Son échec aurait des effets globaux considérables.Le Canada doit abandonner les programmes « postcoloniaux » de coopération qui ne créent rien de durable, ni sécurité ni prospérité.Avec une coalition de partenaires, je souhaite, Monsieur le Premier Ministre, que vous annonciez la création d\u2019un Fonds francophone de soutien à la création de petites et de moyennes entreprises par les jeunes Africains avec un capital de départ d\u2019au moins 250 millions de dollars qui s\u2019ajouterait aux ressources actuelles de l\u2019OIF.Vos prédécesseurs, MM.Mulroney et Chrétien, ont, en leur temps, pris des initiatives d\u2019envergure à l\u2019occasion de ces sommets : abolition des dettes à l\u2019endroit du Canada des pays africains les moins avancés (PMA) pour le premier ; création d\u2019un Fonds canadien d\u2019investissement en Afrique, par le second.Fonds abandonné depuis.Les partenaires suivants pourraient être considérés pour cette initiative conjointe: la France et la Suisse pour leur apport attendu ; le Maroc comme leader francophone de l\u2019Investissement du Sud en Afrique ; la Côte d\u2019Ivoire comme moteur du développement de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, dont elle produit 40% du PIB ; le Cameroun, notre plus ancien partenaire sur le continent qui reçoit présentement 50% des investissements pour de grands projets en Afrique centrale, connaît les attentes et les besoins de son voisin, le Nigé- ria, première économie du continent, le Cameroun qui est un modèle de reconnaissance et de gestion de la diversité.La mise en œuvre de ce fonds pourrait être actée à l\u2019occasion du Sommet 2018 et à la suite d\u2019une proposition détaillée d\u2019un comité de haut niveau formé à Madagascar.Cette initiative, Monsieur le Premier Ministre, redonnerait au Canada une par t de son crédit perdu sur le continent et à la Francophonie, les moyens d\u2019une vraie contribution au développement économique de ses pays membres africains.SOMMET DE MADAGASCAR Ottawa doit élaborer un Fonds francophone pour la création d\u2019entreprises en Afrique F R A N Ç O I S D E B E R N A R D Président du Groupe d\u2019études et de recherches sur les mondialisations (GERM) ux optimistes je dirai que nous sommes en 1933, et que cela fait quinze années au moins que le pire traçait son chemin sans hésitation ni repentir.Que nous avons déployé à son égard des talents impressionnants de dénégation, d\u2019occultation, de mensonge multilatéral, avec une virtuosité toujours renouvelée.Que nous avons encouragé la duperie collective, démultiplié les clivages sociaux, massacré une à une les conditions du « vivre-ensemble » et du « bien vivre », enfin favorisé l \u2019omer tà sous toutes ses formes\u2026 Et aux autres je dirai que nous sommes plutôt en 1938, que nous continuons de foncer avec l\u2019ardeur d\u2019automobilistes décérébrés vers le platane final ! Les États-Unis d\u2019Amérique étaient déjà la plus grande prison au monde, mais nous pouvons compter sur eux pour faire beaucoup mieux : devenir l\u2019antichambre de l\u2019enfer sur la terre comme dans la stratosphère\u2026 De fait, tout est maintenant en place pour réaliser une nouvelle version d\u2019Armageddon, mais depuis New York, Washington et Miami, non plus Hollywood.Avec aux manettes et au contrôle vi- déo-sur veillance le magnat de l\u2019immobilier transmuté en producteur d\u2019une série télévisée qui fera exploser tous les compteurs du genre et ramènera House of Cards au rang de dessin animé pour les bébés.Qui est responsable?Mais qui est responsable et comptable de cette «catastrophe » qui effraye les belles âmes tétanisées ?Certainement pas le seul roi Donald et ses électeurs ! Les responsables, coupables et comptables ne sont autres que nous- mêmes, tous les post-citoyens d\u2019Amérique du Nord et d\u2019Europe, qui avons cédé de longue date dignité , conscience et jugement en échange du plat de lentilles de l\u2019indigence et de la complaisance.Certes oui, bien sûr, à ce glissement progressif ont contribué massivement tous les invisibles, déclassés et dégradés de la terre, évincés par la financiarisation néolibé- rale.Cependant, le désastre reste imputable pour l\u2019essentiel à des décideurs politiques, religieux, économiques, syndicaux, cyniques et déréalisés ; à des intellectuels et journalistes (précisément) « ir responsables » ; à des ensei - gnants, formateurs, médiateurs ayant renoncé à leurs missions.Pour quiconque a conservé une larme d\u2019esprit critique, ce que met en évidence cet événement aussi prévisible que logique, c\u2019est non seulement l\u2019imbécillité sans limite qui est le carburant et sous-produit de notre aimable «civilisation», mais encore les autres moyens insidieux par lesquels elle déploie son contrôle.Qu\u2019est-ce à dire ?Que nous sommes pris dans la gangue d\u2019une matrice civilisationnelle, qui ne laisse plus aucun espace pour la pensée, ni même pour la respiration sous ses formes élémentaires.Cette civilisation, à la fo is numér ique, postmoder ne et post-c i - toyenne, se dresse (comme toute autre civilisation avant elle) contre la culture et contre tout ce que la culture représente en matière de « progrès » et d\u2019aspirations, de pluralisme et de d ivers ité.Alors que la culture é lève l\u2019homme par le partage des idées, des formes et des expressions, la civilisation n\u2019a pour objectif que de le cadenasser et contrôler par l\u2019in- format ion et la conformat ion à ses paradigmes.Afin de se déployer, elle utilise donc des codes (financier, linguistique, politique, juridique\u2026) qui permettent d\u2019étendre la domestication des esprits et des corps susceptibles d\u2019échapper à son emprise.Tout devient possible «en un clic» Or, cette matrice inhérente à tout projet de « civilisation » s\u2019est vue dotée depuis trois décennies environ d\u2019outils de codification nouveaux à la puissance exceptionnelle, promettant de porter plus loin encore la domestication : ce sont les «TIC» (technologies de l\u2019information et de la communication).Avec ces TIC, normalisées et diffusées à l\u2019échelle globale, la codification acquiert une efficacité bien plus redoutable que la langue latine ou le Code civil napoléonien.En effet, tout devient possible «en un clic», à la faveur d\u2019un tweet ou d\u2019une rumeur publiée avec une force incroyable par les réseaux dits «sociaux».Le directeur du FBI peut ainsi sans risque faire couronner son champion, qui n\u2019hésite pas lui-même à rameuter sur le fil numérique les derniers votes lui permettant de franchir la ligne in extremis.Cependant, cette prophétie auto-exécutée, ce ne sont pas les TIC qui la produisent par elles- mêmes, comme une recette de magie noire.Tout au contraire, ce sont des hommes et des femmes ordinaires qui la mettent en branle et la font triompher.Mais cela n\u2019advient que parce que ces hommes et femmes sont désormais entièrement codifiés eux- mêmes, dépouillés de tout attribut de pensée et a for tiori de toute « conscience citoyenne ».Le nouveau « code électoral », si l\u2019on peut dire, s\u2019impose ainsi à eux comme les autres codes : vestimentaire, alimentaire, musical, social, religieux\u2026 Ils ne votent plus avec des motifs politiques comme les citoyens d\u2019autrefois, mais selon un processus tout à fait étranger.Processus qui se scinde en deux moments convergents : d\u2019un côté, la pure adhésion et conformité aux codes transmis (« Hillary menteuse, malhonnête, dissimulatrice ! ») ; d\u2019un autre côté, la réaction immédiate aux stimuli numériques dif fusés par voie intraveineuse («Nous manquons de voix sur la Floride : tu es la clé du scrutin!»).L\u2019indignation à chaud qui interprète ce qui triomphe aujourd\u2019hui comme un cocktail de populisme, racisme, extrémisme\u2026 apparaît ainsi faible et paresseuse.Bien plus loin, je suggère d\u2019entendre que ce qui a eu lieu le 8 novembre 2016 est la manifestation éclatante d\u2019un basculement historique dans la post-citoyenneté et la société de surveillance générale.TRUMP PRÉSIDENT Triomphe de la post-citoyenneté E ISSOUF SANOGO AGENCE FRANCE-PRESSE La Côte d\u2019Ivoire est le moteur du développement de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, dont elle produit 40% du PIB.Le Canada doit abandonner les programmes «postcoloniaux» de coopération qui ne créent rien de durable, ni sécurité ni prospérité A Cette civilisation, à la fois numérique, postmoderne et post-citoyenne, se dresse contre la culture et contre tout ce que la culture représente en matière de «progrès» et d\u2019aspirations, de pluralisme et de diversité L E D E V O I R , L E L U N D I 1 4 N O V E M B R E 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S dicales au pays.Les 13 autres producteurs contactés par Le Devoir la semaine dernière n\u2019ont pas voulu répondre à la question.Les producteurs de marijuana médicale ne rémunèrent pas directement les médecins, mais plutôt des cliniques spécialisées en cannabis afin de les aider à fournir des «programmes d\u2019éducation» aux médecins et aux patients.«En tant que chef de file de l\u2019industrie, il est important d\u2019aider tant nos partenaires dans le système de santé que nos patients à prendre des décisions éclairées quant à l\u2019utilisation du cannabis médical », fait valoir par courriel Neil Closner, directeur général de MedReleaf en Ontario.«Soyons clairs, à aucun moment MedReleaf n\u2019a fourni de contrepar tie financière à un médecin », ex- plique-t-il, en concluant que ces «partenariats » sont confidentiels.M.Closner n\u2019a pas répondu aux questions subséquentes du Devoir.Mais les pratiques de sa compagnie ne semblent pas être une exception.« Toutes ces ententes existent, confirme Adam Greenblatt, un ancien militant pro-cannabis maintenant chez le producteur Tweed.Il y a de bonnes façons et de mauvaises façons d\u2019agir.Et nous faisons tout notre possible pour opérer de façon éthique, responsable et dans le respect des règles de Santé Canada.» Tweed finance-t-elle aussi ces programmes d\u2019éducation ou verse-t-elle des subventions aux cliniques ?« Je ne peux pas parler d\u2019ententes particulières, réplique-t-il.Mais de façon générale, ces choses se passent dans le [domaine du] cannabis médical.» M.Greenblatt a seulement accepté de discuter d\u2019un projet de recherche \u2014 autorisé par les codes de déontologie \u2014 pour lequel Tweed indemnise des cliniques partenaires.Avant de rejoindre Tweed, M.Greenblatt a fondé la clinique Santé cannabis à Montréal.Il sollicitait des «subventions sans restrictions pour l\u2019éducation», afin de payer les services offerts par la clinique qui ne sont pas couverts par le régime public \u2014 un consultant qui explique au médecin ou au patient ce que peut soulager le cannabis et les différentes façons de le consommer.La clinique Santé cannabis n\u2019a pas rappelé Le Devoir.Le producteur Emblem en Ontario rétribue quant à lui quelques «centres éducatifs » qui offrent des séances d\u2019information aux médecins et aux patients, ou qui partagent avec eux son matériel de marketing.«Si [les centres] fournissent un service, nous les payons pour ce service», résume le porte-parole Maxim Zavet.Les sommes varient, «mais ce serait dans les milliers de dollars».«On a très peu de moyens de rejoindre les patients et les médecins», affirme M.Zavet.M.Greenblatt souhaiterait que davantage de médecins soient à l\u2019aise de prescrire indépendamment du cannabis médical et qu\u2019il n\u2019ait plus à passer par ces cliniques \u2014 que tous ont refusé de nommer.«Mais en attendant, c\u2019est une façon importante de mettre en contact les patients avec les producteurs agréés », plaide-t-il.Conflit d\u2019intérêts flagrant Quelques autres joueurs de l\u2019industrie estiment cependant que ces producteurs contreviennent aux codes de déontologie des médecins en offrant, directement ou indirectement, rien de moins que des pots-de-vin.« Nous sommes déçus qu\u2019aucune mesure n\u2019ait été prise contre ces médecins, ces cliniques et ces compagnies qui leur versent des pots-de-vin», dénonce Zach Hutson du producteur Tilray en Colom- bie-Britannique.Tilray a fondé un Conseil canadien du cannabis médical en 2015, qui prévoit un code d\u2019éthique stipulant qu\u2019«aucun membre producteur autorisé ne doit offrir ou effectuer de paiement à un professionnel de la santé, à une clinique ou à un service d\u2019agrégateur aux patients ».Seuls quatre des 35 producteurs autorisés font partie de ce groupe.Pour André-Pierre Contandriopoulos, professeur d\u2019administration de la santé à l\u2019Université de Montréal, il n\u2019y a pas de doute sur le fait que ces ententes entre producteurs et cliniques contreviennent aux normes déontologiques.« Il y a une possibilité que ça ait une influence sur le comportement professionnel du médecin.L\u2019esprit du code de déontologie, c\u2019est que le médecin doit être protégé de ces influences.» Les subventions des producteurs rémunèrent les cliniques, et non leurs médecins.Certains médecins pourraient être actionnaires des cabinets.Mais même s \u2019 ils ne le sont pas, M.Contandriopoulos estime qu\u2019il n\u2019y a pas de différence.«La clinique peut, indirectement, offrir au médecin des appareillages plus grands, des avantages divers, des congés.[\u2026] Ça peut être toutes sortes de bonifications.» Santé Canada s\u2019est dit « préoccupé par la bonne conduite des producteurs » \u2014 que le ministère a la responsabilité d\u2019approuver \u2014, mais ses règles ne régissent que ces compagnies et non les cliniques ou «agrégateurs de patients ».Le code de déontologie du Collège des médecins du Québec stipule que ceux-ci ne peuvent accepter « toute commission, ristourne ou tout avantage matériel » et « ne [doivent] adhérer à aucune entente ni accepter aucun bénéfice susceptible de compromettre son indépendance professionnelle ».Le code ontarien \u2014 où se trouvent les deux tiers des producteurs de marijuana médicale \u2014 note que de «recevoir des retombées, à la fois directement et indirectement, d\u2019un fournisseur de produits et services médicaux » (y compris des producteurs de mari juana) représente un conflit d\u2019intérêts.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CLINIQUES SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Usine de production de Tweed, en Ontario par les moyens techniques offerts par la photographie.Vive la reine Notman est auréolé du titre de «photographe de la reine».Il s\u2019est fait connaître à Londres notamment par l\u2019envoi d\u2019un magnifique porte-documents en bois d\u2019érable piqué où il présente, sous reliures, les territoires canadiens au profit de Sa Majesté.La reine V ictoria règne alors sur le plus vaste empire du globe.Les expositions coloniales accueillent Notman à bras ouverts.Il y collectionne les prix.Sans conteste, il appartient au milieu créé par l\u2019espace colonial.S\u2019il est loin d\u2019être le seul photographe en activité alors à Montréal, Notman est sans conteste celui qui domine, tant par son talent que par ses bonnes relations avec les dominants.L\u2019essentiel de sa clientèle appartient à un monde anglo- saxon.Lorsque Montréal offre à la V ille de Paris un album qui la représente, le travail est confié à Notman.Les légendes des photos donnent déjà, par les fautes et les tours anglais, une idée de la distance qu\u2019il entretient avec les milieux ca- nadiens-français.La patinoire où se tient une fête devient ainsi sous cette plume victorienne une « mascarade sur le rond à patiner»\u2026 Le photographe montréalais est connu d \u2019abord pour la grande maîtrise de ses images de cette nouvelle mer veille qu\u2019est le pont V ictoria.Il le sera bientôt davantage pour ses por traits exceptionnels, dont plusieurs, tout à fait admirables, sont donnés à voir dans cette exposition.Un artiste Lorsque les clients arrivent à son studio, ils font face à un vaste édifice où son nom est gravé dans la pierre.Les fenêtres des étages supérieurs servent à imprimer des photos par contact direct avec le négatif.Une équipe composée de plusieurs femmes veille apparemment à la tâche.En entrant chez Notman, les clients se voient remettre une petite brochure bleue.Le photographe explique qu\u2019il pratique un art.C\u2019est déjà une position qui situe sa pratique par rapport à ceux qui ne voient là qu\u2019une simple reproduction du réel.Il faut étudier les grands maîtres, répète-t-il, exactement comme le répéteront après lui d\u2019autres grands photographes, comme Henri Car- tier-Bresson.M.Notman collabore à une des revues pionnières de la photographie, dont le Philadelphia Photographer.Dans ses textes, il traite notamment de l\u2019impor tance d\u2019étudier la peinture classique, de comprendre la composition des œuvres d\u2019art.Notman regrette qu \u2019il n\u2019existe pas encore, dans ce Montréal du XIXe siècle, un véritable musée où le public pourrait être mis en contact avec des œuvres d\u2019art.À l\u2019époque, des images de tableaux ne circulent pas, faute de moyen pour les reproduire.Notman va s\u2019employer à faire le tour des collectionneurs de Montréal pour photographier certaines œuvres.Il les rassemble sous forme d\u2019un livre où l\u2019on trouve aussi deux de ses photographies.« C\u2019est en soi une façon d\u2019af firmer, en plaçant son travail par exemple dans la foulée d\u2019une gravure photographiée de L\u2019école d\u2019Athènes de Raphaël, que la photographie n\u2019est pas en marge de l\u2019art », explique Hélène Samson, la conservatrice de la collection.Notman va aussi s\u2019employer à faire connaître, toujours grâce à la photographie, les œuvres du peintre Charles Jones Way, arrivé d\u2019Angleterre à Montréal en 1858.« Artiste » : c\u2019est le nom que Notman donne à la cinquantaine de photographes qui vont travailler pour lui dans différents studios répartis sur le territoire de l\u2019Amérique du Nord.Notman produit par exemple des fresques colori- sées complexes, très victoriennes, le genre d \u2019 image qu\u2019évoque dans sa démesure graphique Sgt.Pepper\u2019s Lonely Hearts Club Band, le célèbre album des Beatles.Notman ne cherche pas à reproduire le réel, mais à en donner une interprétation.À cet égard, il est intéressant d\u2019ob- ser ver, dans son œuvre, la place accordée à l\u2019hiver, à sa représentation, symbole fort d\u2019une idée nationale que distille son œuvre.Notman multiplie les essais pour tenter de représenter la neige en studio.Les tempêtes, il les recrée grâce à des pulvérisateurs de particules fines qui se déposent finalement sur les négatifs tandis qu\u2019un mouvement du technicien donne l\u2019impression d\u2019une forte bourrasque\u2026 Du gros sel, posé sur des manteaux, donnera l\u2019impression d\u2019une neige fraîche.Notman va même breveter une plaque de zinc capable d\u2019imiter la glace.Bien avant les studios de cinéma, Notman considère que recréer le réel en studio en assure une expression encore plus forte.Ses négatifs sont volontiers beaucoup retouchés.Bref, l\u2019idée qu\u2019on veut communiquer est plus importante encore que le réel dont on se saisit initialement pour y parvenir.La photographie chez Notman est une affaire d\u2019expression plutôt que de reproduction.En cela, il est très moderne.Pour Hélène Samson, les photographies de Notman « sont des outils pour créer un sentiment d\u2019appartenance et se distinguer».Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019il s\u2019intéresse autant au climat, à l\u2019hiver, aux activités à l\u2019extérieur, la chasse, la pêche, sports d\u2019hiver.Le toboggan, la crosse, les jeux civilisés à la manière britannique, deviennent des caractéristiques iden- titaires que relaie sa photographie.Hélène Samson, responsable de la collection, voit d\u2019ailleurs dans cette magnification de caractéristiques par ticu- lières la volonté d\u2019édifier «une nation canadienne » dans une société où la majorité francophone continuait de rêver que ce pays reposait en fait sur l\u2019existence de plusieurs nations Précurseur Notman réalise des expériences sur les éclairs produits par le magnésium, ancêtre direct de la photographie au flash.Il photographie des éclipses avec un scientifique.C\u2019est aussi Notman qui, le tout premier, développe avec l\u2019imprimeur George-Édouard Desba- rats la leggotypie et la photographie grenée, les ancêtres directs des trames qui permettent aujourd\u2019hui de reproduire des images dans les imprimés.Notman produit aussi nombre d\u2019images en stéréoscopie : une fois placées sur le support d\u2019un appareil spécial, elles se donnent à voir en trois dimensions.Les 200 000 négat ifs sur verres et les 450 000 épreuves de la collection Notman ont été rachetés par l\u2019Université McG i l l en 1956 pour la somme de 25 000 $, soit l\u2019équivalent de 225 000 $ en 2016.Beaucoup certainement reste encore à apprendre de cette œuvre immense.L\u2019exposition a donné lieu à la publication d\u2019un catalogue de haute tenue, grâce notamment au travail d\u2019Hélène Samson et de la spécialiste de la photographie qu\u2019est Zoë Tou- signant.Le livre, financé par Power Corporation, est curieusement publié en France et imprimé en Italie.«Nous voulions avoir une meilleure dif fusion internationale », explique Mme Samson.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 NOTMAN MUSÉE MCCORD Mlle Evans et des amies, 1887.Négatif sur verre inversé.Décrit par le média Bloom- berg comme « l\u2019homme le plus dangereux de la sphère politique américaine » durant la campagne qu\u2019il a dirigée, Ban- non est à la tête de Breitbart, un média ultra-conservateur.Ce site Internet est à l\u2019origine de nombreuses controverses pour ses positions d\u2019extrême droite, racistes, antisémites et antiféministes.Futur chef d\u2019orchestre du cabinet, Reince Priebus cumule quant à lui une longue expérience politique au sein du Grand Old Par ty (GOP), dont il est président depuis 2011.Fidèle à Trump durant toute la campagne, il fait partie intégrante de « l \u2019establishment » républicain, dont plusieurs membres avaient abandonné le candidat.Son sens politique très aiguisé, sa fine connaissance du parti et des marchandages ayant cours à Washington en faisaient un candidat tout désigné, analyse Rafael Jacob, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand.Bannon est quant à lui loin d\u2019être un stratège conventionnel, rappelle-t-il : « Ce n\u2019est pas le type qui dit \u201con se retient\u201d, et on lui doit la virulente approche face à Hillary Clinton en campagne.Il représente plus l\u2019aspect protectionniste, isolationniste, populiste.» En faisant de lui son bras droit, Trump envoie le signal à ses électeurs qu\u2019il «ne les abandonne pas».Ces choix apparaissent « logiques » pour celui qui occupera le Bureau ovale dès le 20 janvier 2017.«Leur nomination combinée démontre une tentative d\u2019aller chercher un équilibre entre son propre attrait comme outsider et la volonté de se vouloir rassurant pour l\u2019ensemble de la communauté politique», avance M.Jacob.La véritable dynamique reste cependant à établir.Contrairement au président élu qui s\u2019est déchiré avec Paul Ryan, le président de la Chambre des représentants, M.Priebus entretient des rap- por ts amicaux avec celui-ci.Cette proximité pourrait servir à mettre de l\u2019huile dans la machine législative en train de se constituer.Retour de la ligne dure?La rhétorique anti-migrants s\u2019est remise en marche dimanche.Dans une entrevue au réseau CBS, la première longue accordée depuis son élection, le nouveau président américain a réaffirmé son intention de bâtir un mur à la frontière avec le Mexique.Il est aussi resté fidèle à sa promesse d\u2019expulser deux millions d\u2019immigrants vivant illégalement sur le territoire.En août dernier, il avait parlé d\u2019expulser\u2014 dès le premier jour de sa présidence \u2014 la totalité des 11 millions de migrants sans statut .« On parle maintenant plutôt d\u2019expulser ou d\u2019incarcérer de 2 à 3 millions de \u201ccriminels étrangers\u201d», note Andréanne Bisson- nette, coordonnatrice de l\u2019Observatoire sur les États-Unis à la Chaire Raoul-Dandurand.Il vise ainsi les personnes avec des antécédents judiciaires, « issues de gangs» ou les « trafiquants de drogues », précise le magnat de l\u2019immobilier.Ses affirmations se basent sur les chiffres du Département de la sécurité intérieure, qui estime que des accusations criminelles pèsent sur 1,9 million de personnes nées hors des États- Unis, y compris les migrants sans papiers, les résidents permanents ou ceux détenteurs d\u2019un visa temporaire.Quant à la totalité des 11,3 millions immigrants clandestins, Trump se propose maintenant de déterminer leur sort après avoir «sécurisé la frontière».Un « mur » sera donc bel et bien construit à la frontière pour limiter l\u2019immigration clandestine, mais Trump a concédé qu\u2019il pourrait aussi n\u2019être constitué que de clôtures à certains endroits.Il existe déjà des barrières physiques sur environ le tiers des 3100 kilomètres frontaliers.«Le mur a commencé sous Clinton en 1993 et le Secure Fence Act [loi permettant la construction de clôture territoriale] adopté sous Bush en 2006 l\u2019a poursuivi et accéléré», expose Mme Bissonnette En 2015, 91% des migrants expulsés par les autorités américaines avaient un dossier criminel.Le nombre d\u2019expulsions n\u2019a en fait jamais été aussi élevé que sous la présidence d\u2019Obama, soit 2,5 millions entre 2009 et 2015, note finalement la chercheuse.Les propositions de Trump sont donc en continuité avec les mesures des autres gouvernements, mais «sa rhétorique est beaucoup plus dure», explique-t-elle.Les sondages à la sortie des urnes le 8 novembre indiquent qu\u2019une majorité d\u2019électeurs s\u2019opposaient à l\u2019idée de construire un mur sur la totalité de la frontière avec le Mexique.Dans le même entretien à CBS, le président élu a cependant cherché à rassurer : son gouvernement ne contestera pas le principe du mariage homosexuel.«C\u2019est déjà fait», a-t-il répété en faisant référence à la décision de la Cour suprême qui l\u2019a légalisé dans la totalité des 50 États américains.Il est cependant resté ferme sur ses intentions de nommer des juges anti- avortement et pro-armes à feu à cette même cour.Trump a condamné les agressions contre les Afro-Améri- cains, les musulmans et les autres minorités, tout en accusant les médias de «construire» ces peurs.Celle qui a dirigé sa campagne, Kellyanne Conway, avait quant à elle déclaré plus tôt qu\u2019il revenait à Hillary Clinton et à Barack Obama de ramener les manifestants au calme.Plusieurs dizaines de milliers de manifestants se sont encore fait entendre dimanche dans les rues des grandes villes américaines, dont New York, Los An- geles et Chicago.Par ailleurs, Donald Trump a annoncé au cours de cette interview qu\u2019il renonçait à sa rémunération de président, qui se monte à environ 400 000$ par an.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 TRUMP AGENCE FRANCE-PRESSE Reince Priebus et Stephen K.Bannon "]
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