Le devoir, 19 novembre 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 2 6 4 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 6 2 , 8 3 | S + T A X E S = 3 , 2 5 | S ?w w w .l e d e v o i r .c o m Boréal Venez rencontrer LOUIS HAMELIN auteur de AUTOUR D\u2019ÉVA aujourd\u2019hui à 15 h 30 et dimanche à 13 h 30 LE BORÉAL AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Livres \u203a Écrire pour s\u2019expliquer au monde.Michel Tremblay est accablé par un présent qui ne fait plus émerger de héros.Page F 1 AUJOURD\u2019HUI JACQUES NADEAU LE DEVOIR Un référendum se tiendra à Outremont, dimanche, pour interdire l\u2019ouverture de nouveaux lieux de culte sur les avenues Bernard et Laurier.Richard Henry Bain restera en prison durant au moins 20 ans Page A 3 Les robots collaboratifs se multiplient dans les entreprises Page C 1 LIEUX DE CULTE L I S A - M A R I E G E R V A I S «A vec tous les dieux qu\u2019il y a autour, c\u2019est sûr qu\u2019on est protégés ! » rigole Annette Dormoy, qui réside dans un HLM dans un secteur plutôt industriel de l\u2019arrondissement Ville- ray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension.Sur la rue Charland, tout près de chez elle, entre les grossistes alimentaires italiens, les bureaux d\u2019assurance et les gros garages, l\u2019Église du Christ, Montréal, la cité des dieux Le paysage religieux se transforme, suscitant parfois des frictions Dossier \u203a Un quartier sous tension.Page A 4 Des clochers nouveau genre.Page A 5 De rares chicanes de clochers.Page A 6 Lire aussi \u203a Sociologie d\u2019un monde déconcertant.Page F 6 J E A N D I O N L ise Bissonnette se souvient encore parfaitement du tout premier article qu\u2019elle a signé dans sa carrière de journaliste.Rien de plus normal, puisqu\u2019elle avait mis énormément d\u2019énergie à se tailler un poste.Nous sommes en 1974, et le Québec linguistique vit sous la loi 22.À Brossard, des parents francophones tiennent une réunion de protestation, eux qui veulent obtenir de pouvoir envoyer leurs enfants à l\u2019école anglaise.La jeune Lise, qui n\u2019a pas encore 30 ans, étant la dernière arrivée dans la salle de rédaction du Devoir, c\u2019est à elle qu\u2019échoit le privilège de couvrir l\u2019événement en soirée.Le lendemain, son topo fait la manchette du journal.Lise Bissonnette, toujours la passion du présent L\u2019ex-directrice du Devoir est honorée pour l\u2019ensemble de sa carrière journalistique JACQUES NADEAU LE DEVOIR Lise Bissonnette était au Devoir, vendredi, journal qu\u2019elle a dirigé de 1990 à 1998.VOIR PAGE A 10 : CRIMES VOIR PAGE A 10 : DIEUX VOIR PAGE A 10 : PASSION Avis légaux.C 5 Carrières .C 3 Décès.C 8 Mots croisés .D 6 Petites annonces .C 8 Sudoku.C 6 Lire aussi \u203a Appel au premier ministre.La présidente du Conseil du statut de la femme, Eva Ottawa, demande à Philippe Couillard d\u2019instituer une commission d\u2019enquête publique.Page A 2 M A R I E - M I C H È L E S I O U I à Val-d\u2019Or U ne foule impatiente s\u2019est rassemblée vendredi à l\u2019entrée du palais de justice de Val- d\u2019Or, où avait lieu la conférence de presse du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).La centaine de personnes présentes espérait obtenir des réponses au terme d\u2019une semaine ponctuée de rumeurs au sujet de la décision de porter des accusations, ou non, à l\u2019endroit de policiers ciblés par des allégations d\u2019abus et de sévices.« Il pourrait nous le dif fuser dehors», ont pesté les curieux, les plaignants et leurs familles, frustrés d\u2019avoir été refoulés à l\u2019entrée du palais de justice.À l\u2019intérieur, le DPCP a confirmé qu\u2019aucun policier de la région de Val-d\u2019Or ne fera face à des accusations criminelles en ver tu de plaintes déposées par des femmes autochtones.Deux autres policiers à la retraite qui travaillaient sur la Côte-Nord seront cependant traduits en justice.L\u2019ex-policier du poste la Sûreté du Québec VICTIMES AUTOCHTONES Crimes sans châtiment Ce n\u2019est pas parce que la Couronne ne dépose pas d\u2019accusation que les plaignantes de Val-d\u2019Or n\u2019ont pas dit la vérité, explique le DPCP Les citoyens d\u2019Outremont se prononceront demain sur l\u2019interdiction des lieux de culte sur leurs artères commerciales.Mais la prolifération anarchique des lieux de prière dans la grande région métropolitaine a déjà poussé plusieurs villes et arrondissements à intervenir, avec plus ou moins de succès.Survol du Montréal religieux en mutation.Un deuxième ex-policier est accusé sur la Côte-Nord J E A N N E C O R R I V E A U L\u2019 ex-ingénieur Patrice La- por te a décrit vendredi comment l\u2019entreprise pour laquelle il travaillait, Sogep, s\u2019y était prise pour verser un pot- de-vin de 25 000 $ afin d\u2019obtenir le contrat de gestion du Centre sportif de Notre-Dame- de-Grâce.Appelé à la barre au procès de Michael Applebaum, Patrice Laporte a expliqué n\u2019avoir rencontré celui-ci qu\u2019une seule fois.C\u2019était à l\u2019automne 2009, lors d\u2019un dîner auquel il avait été convié avec un collègue.Le directeur de cabinet de Michael Applebaum, Hugo Tremblay, était aussi présent.Patrice Laporte avait alors demandé à Michael Apple- baum, qui était maire de Côte- des -Neiges\u2013Notr e - Dame-de-Grâce, si la Ville comptait confier la gestion du complexe sportif de Notre-Dame- de-Grâce à une firme externe ou à ses propres services.«Michael Applebaum n\u2019en était pas certain.Il allait vérifier», a-t-il expliqué.La Ville a finalement décidé de recourir à une firme privée et a lancé un appel d\u2019offres, auquel Sogep a par ticipé.Alors que l\u2019entreprise attend des nouvelles de sa soumission, Patrice Laporte reçoit un appel d\u2019Hugo Tremblay, qui l\u2019informe que Sogep a obtenu le meilleur pointage, mais que pour décrocher le contrat, il lui faudra verser 25 000 $.« J\u2019étais bouleversé», a souligné le témoin.Des bonis Son patron chez Dessau, Rosaire Sauriol, décide d\u2019acquiescer à la demande et il est convenu que Dessau versera des bonis totalisant 50 000 $ à deux employés, soit Patrice Lapor te et Mario Tr udeau, afin que ceux-ci retirent de l\u2019argent comptant de leurs comptes bancaires pour réunir le montant destiné à Hugo Tremblay.De ces primes, l\u2019impôt en retenait environ la moitié, a signalé le témoin.Patrice Laporte a rencontré Hugo Tremblay de 5 à 10 fois pour lui remettre des paiements.« Je pensais que ça allait au parti politique, à Union Montréal », a répondu M.La- porte, lorsque la procureure de la Couronne, Me Nathalie Kleber, lui a demandé s\u2019il savait à qui était destiné l\u2019argent.Patrice Lapor te a aussi fourni des billets de tennis, de hockey et de Formule 1 à Hugo Tremblay, qui le sollicitait à l\u2019occasion.Quelques semaines avant l\u2019arrestation de Michael Apple- baum, survenue en juin 2013, Patrice Laporte a accepté de collaborer avec les policiers.La débandade C\u2019est lorsque Michael Apple- baum est arrêté que la vie de l\u2019ex-ingénieur tourne au « cauchemar ».Le jour même, Dessau le suspend, avant de le congédier quelques jours plus tard.Radié de l\u2019Ordre des ingénieurs du Québec pendant six mois, il est sans emploi depuis mars 2016.Patrice Laporte n\u2019a jamais reparlé à Hugo Tremblay.Il le blâme d\u2019ailleurs pour l\u2019avoir entraîné dans la corruption.«S\u2019il n\u2019avait pas appelé, ça ne serait pas arrivé », a-t-il dit.Et il assure n\u2019avoir jamais fait des affaires avec Michael Applebaum.«Moi, je n\u2019ai rien eu à faire avec M.Applebaum», a-t-il dit.Aucune accusation n\u2019a été portée contre Patrice Laporte.Témoignant en après-midi, Mario Trudeau, ex-employé chez Sogep, a confirmé avoir accepté de recevoir un boni afin de retirer de l\u2019argent comptant et le remettre à son patron de l\u2019époque, Patrice La- porte.« En aucun temps il n\u2019a été dit c\u2019était pour quoi.J\u2019avais l\u2019impression de lui rendre service», a expliqué M.Trudeau.Le procès se poursuit lundi devant la juge Louise Provost avec les témoignages des promoteurs immobiliers Robert Stein et Anthony Keeler.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Le PRIX DU QUÉBEC est la plus haute distinction dans les domaines culturel et scienti?que décernée par le gouvernement du Québec.L\u2019Université McGill est très ?ère de souligner l\u2019octroi de ce prix à deux de ses chercheurs.ALAN EVANS (à g.), professeur de neurologie, a reçu le Prix Wilder-Pen?eld 2016 en sciences biomédicales pour le travail colossal qu\u2019il a réalisé dans les domaines de l\u2019imagerie et de la cartographie du cerveau.JOHN A.HALL, professeur de sociologie, s\u2019est vu octroyer le Prix Léon-Gérin 2016 en sciences sociales pour ses travaux de recherche interdisciplinaire sur le nationalisme et la construction des États.FÉLICITATIONS AUX PROFESSEURS EVANS ET HALL POUR CETTE PRESTIGIEUSE DISTINCTION QUI VIENT RECONNAÎTRE L\u2019IMPORTANCE DE LEUR CONTRIBUTION À LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE! BRAVO A ALAN EVANS ET JOHN HALL! PROCÈS APPLEBAUM Un pot-de-vin de 25 000$ d\u2019un ingénieur P H I L I P P E O R F A L I Ç\u2019en est assez : l\u2019inertie du gouvernement Couillard dans le dossier autochtone a assez duré, tonne la présidente du Conseil du statut de la femme (CSF).Près d\u2019un an après les premières allégations d\u2019agressions sexuelles envers des femmes autochtones de Val-d\u2019Or par des agents de la Sûreté du Québec, le premier ministre doit cesser de « se réfugier derrière la commission d\u2019enquête nationale » et déclencher «de toute urgence» une enquête provinciale, insiste Eva Ottawa.Avec la décision rendue vendredi par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), on se retrouve aujourd\u2019hui exactement au même endroit qu\u2019il y a un an, déplore celle qui a été nommée à la tête du CSF par le gouvernement libéral en septembre dernier.« On ne peut plus attendre », souligne-t-elle en entretien au Devoir.«On est devant une crise sociale urgente, et le gouvernement doit poser un geste clair et fort en établissant une enquête publique, comme demandé par les femmes elles-mêmes.Il doit prendre ses responsabilités, il en va de la paix sociale.» Philippe Couillard et ses ministres « se réfugient derrière la commission nationale », constate l\u2019Attikamek, première femme à diriger une Première Nation au Québec, et première Amérindienne à diriger une organisation étatique.« La province doit faire partie des solutions, il ne peut pas tout relayer au fédéral.» Par communiqué, les commissaires de l\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées se sont dits «conscients » des plaintes présentées à Val-d\u2019Or.«La situation à Val-d\u2019Or est exactement le genre de situation qui sera examinée dans le cadre de l\u2019Enquête nationale.Les services de police constituent un service gouvernemental essentiel qui relève du mandat de l\u2019Enquête», ont-ils fait valoir, sans toutefois se prononcer sur la pertinence d\u2019une commission d\u2019enquête propre au Québec.« Il y a des limites à ce qu\u2019ils peuvent faire en l\u2019espace de 24 mois et avec dix provinces et trois territoires à couvrir », répond Eva Ottawa.Réactions Jointe par Le Devoir, l\u2019observatrice civile indépendante chargée par le gouvernement Couil- lard d\u2019examiner l\u2019enquête menée à Val-d\u2019Or n\u2019a pas souhaité commenter la décision du DPCP.Mercredi, elle avait soutenu que d\u2019autres provinces ont, elles, déclenché des enquêtes sans attendre que le fédéral le fasse à leur place.«La question de la suffisance de l\u2019enquête fédérale pour faire la lumière sur les enjeux systémiques propres au Québec et de la nécessité d\u2019adopter des mesures complémentaires se pose avec une acuité toute particulière en ce moment», insistait-elle.Accusant le coup, de nombreux groupes autochtones ont rappelé les besoins criants des communautés touchées par ces crimes.« Il faut continuer de les soutenir dans leurs démarches, notamment juridiques.On a besoin de ressources, elles se brûlent à la tâche », a plaidé le chef Ghislain Picard, de l\u2019Assemblée des Premières nations du Québec et du Labrador.À Québec, la députée de Québec solidaire Ma- non Massé a, elle aussi, réclamé une enquête publique, non seulement sur la relation entre les corps policiers et les femmes autochtones, mais sur leurs relations ainsi que celles du système de justice avec l\u2019ensemble des autochtones.La commission d\u2019enquête fédérale ne sera pas suffisante.«Ce n\u2019est pas le travail du DPCP de mettre le doigt sur des injustices centenaires et de mettre le doigt sur ce qu\u2019on vit actuellement au Québec, c\u2019est-à-dire du racisme systémique envers les Premières Nations, c\u2019est au gouvernement du Québec», a déclaré Manon Massé dans un point de presse.Et le gouvernement devrait reconnaître que « le racisme systémique envers les Premières Nations, c\u2019est quelque chose qui existe au Québec».Lorsque le Parti québécois était au pouvoir, il avait entrepris «une vaste consultation» en vue d\u2019élaborer un « plan d\u2019action gouvernemental pour contrer le racisme et la discrimination envers les autochtones », a pour sa part rappelé le porte-parole du parti en matière d\u2019affaires autochtones, Alexandre Cloutier.« Le gouvernement libéral n\u2019a pas donné de suite à cette initiative.À la lumière des récents événements, ce plan d\u2019action est d\u2019autant plus nécessaire, et son application est urgente», a-t-il jugé.Le député de la Coalition avenir Québec Mathieu Lemay a lui aussi réitéré la nécessité d\u2019une commission d\u2019enquête québécoise.« Les témoignages d\u2019horreur qui jouent en boucle depuis des mois ne doivent pas tomber dans l\u2019oubli.Le gouvernement du Québec doit agir.» Avec Marie-Michèle Sioui et Robert Dutrisac Le Devoir AGRESSIONS SEXUELLES À VAL-D\u2019OR «Au même endroit qu\u2019il y a un an » Eva Ottawa, la présidente du Conseil du statut de la femme, s\u2019impatiente RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR De nombreuses voix, dont celle de la nouvelle présidente du Conseil du statut de la femme, Eva Ottawa, ont exprimé leur ras-le-bol à propos de l\u2019impunité des policiers de la SQ à Val-d\u2019Or.633 000 agressions sexuelles déclarées 20 700 plaintes à la police 12 700 agressions déclarées par la police Michael Applebaum L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 R ichard Henry Bain devra attendre 20 ans avant de pouvoir demander une libération conditionnelle, a tranché le juge Guy Cour- noyer de la Cour supérieure du Québec, vendredi.Bain avait été reconnu coupable de meurtre non prémédité par un jury, en août, à la suite de la mort du technicien Denis Blanchette à l\u2019extérieur du Métropolis, le soir de l\u2019élection de Pauline Marois comme première ministre du Québec, en 2012.Celle-ci se trouvait à l\u2019intérieur de l\u2019établissement pour y prononcer un discours.Bain a également été reconnu coupable de trois chefs de tentative de meurtre.Ce meurtre a été «motivé par la haine basée sur les opinions et croyances des membres du Parti québécois», a déclaré le juge Cournoyer en prononçant la sentence.Vendredi, le procureur de la Couronne, Dennis Galiatsatos, a exprimé son soulagement à la suite de la décision du juge.« Je vais relire à tête reposée, mais ma première réaction en est une vraiment de satisfaction.Comme j\u2019avais dit lors du verdict, j\u2019espère cette fois- ci que le jugement sur la peine va aider les victimes à tourner la page», a dit Me Galiatsatos.Le meurtre non prémédité est associé à une peine d\u2019emprisonnement à perpétuité, mais la période avant de pouvoir demander une libération conditionnelle varie entre 10 et 25 ans.Le juge Cournoyer a indiqué qu\u2019il y avait des éléments clairement prémédités et planifiés dans ses gestes, de sorte que son crime s\u2019approchait davantage du meurtre prémédité que de l\u2019homicide involontaire.La Couronne avait argumenté que Bain, aujourd\u2019hui âgé de 66 ans, devrait purger 25 années complètes avant de pouvoir demander à être libéré, tandis que l\u2019avocat de l\u2019accusé, Alan Guttman, jugeait que le minimum de 10 ans était suffisant.Vendredi, Me Gutt- man a dit croire que le jugement était « très, très sévère» et a affirmé qu\u2019il y avait une très forte probabilité qu\u2019il décide d\u2019en appeler.« Je ne m\u2019attendais pas à 20 ans.[\u2026] Le fait que cela a été lié à un événement politique a joué complètement.Si c\u2019était un autre type de meurtre, on serait très, très loin de 20 ans», a-t-il fait valoir.Dave Courage, le technicien qui a survécu à l\u2019attentat au Mé- tropolis, a dit espérer un certain baume sur les plaies.« Je trouve que la sentence est adéquate.[\u2026] Tout le monde a fait son travail.Je suis très content.Maintenant si on peut unifier Montréal et mettre toutes les bordures de côté », a-t-il exprimé.Un ami de Denis Blanchette, Gaël Ghiringhelli, a dit croire qu\u2019une page se tournait avec le jugement contre Bain.« Nous aurions tous souhaité le maximum pour la por tée symbolique.Mais enfin, la por tée politique a été prise en compte.Nous sommes très satisfaits.» Attentat au Métropolis Le 4 septembre 2012, les Québécois avaient vu en direct à la télévision leur nouvelle première ministre littéralement emportée par ses gardes du corps pendant son discours de la victoire.Bain, âgé de 65 ans, était lourdement armé et portait une cagoule de ski et une robe de chambre lorsqu\u2019il a tiré un coup de feu derrière le Métropolis, avant que son arme ne s\u2019enraye.Ce seul coup de feu a cependant été fatal pour Denis Blanchette, technicien de scène de 48 ans, et a grièvement blessé son collègue Dave Courage.Avec d\u2019autres employés du Mé- tropolis, les deux hommes attendaient à l\u2019ar rière de la salle de spectacles montréalaise que se termine la soirée électorale.Bain a finalement été plaqué au sol par un policier et arrêté sans pouvoir tirer d\u2019autres coups de feu, malgré ses ef for ts, selon des témoignages entendus au procès.Alors qu\u2019il était conduit au poste de police, Bain, un anglophone, criait en français que « les Anglais se réveillent ».Ces images, captées par les caméras de télévision, ont tourné en boucle pendant des mois.Il s\u2019est aussi présenté comme un «soldat chrétien» ayant reçu une mission de Jésus pour « combattre les séparatistes» québécois.Avec Le Devoir La Presse canadienne Richard Henry Bain devra attendre 20 ans avant de pouvoir demander une libération Le tireur du Métropolis écope d\u2019une peine d\u2019emprisonnement à perpétuité PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Le procureur de la Couronne, Dennis Galiatsatos, à sa sortie du Tribunal avec Diane Blanchette, la sœur de la victime Denis Blanchette, ainsi que le collège de celui-ci, Gaël Ghiringhelli (à l\u2019arrière-plan), en août.C É L I N E S E R R A T à Marrakech, Maroc L\u2019ombre du président désigné Donald Trump a plané sur les dernières heures de la COP22 à Marrakech, dont les négociateurs étaient déterminés à lutter contre le réchauffement en en appelant à son «pragmatisme» et les îles Fidji l\u2019implorant d\u2019agir pour sauver les plus vulnérables.«Le message de la COP au nouveau président américain est tout simplement de dire : \u201cNous comptons sur votre pragmatisme et votre esprit d\u2019engagement.\u201d », a déclaré Salaheddine Me- zouar, le président de la COP22.«La communauté internationale est engagée dans un grand combat pour l\u2019avenir de notre planète [\u2026] pour la dignité de millions et de millions de personnes» et «nous continuons à tracer notre cap», a poursuivi devant la presse M.Mezouar, ministre marocain des Affaires étrangères.« Nous nous sommes tournés vers l\u2019Amérique dans les jours sombres de la Seconde Guerre mondiale», a déclaré en séance plénière le premier ministre fidjien, Frank Bainimarama, avant de lancer à M.Trump : « Vous êtes alors venus nous sauver, il est temps pour vous de contribuer à nous sauver aujourd\u2019hui.» Au tour des Fidji Avant la Pologne en 2018, les Fidji organiseront fin 2017 la COP23, mais elle se tiendra à Bonn (Allemagne) pour des raisons logistiques.Le Fidjien a demandé à Donald Trump de réviser « sa position actuelle selon laquelle le changement climatique [\u2026] serait un \u201ccanular\u201d».L\u2019an dernier, à Paris, après des années de négociations, les pays se sont fixé comme objectif de contenir la hausse du thermomètre mondial « bien en dessous de 2 °C » et de revoir à la hausse leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), actuellement insuffisants pour respecter cette limite.Agence France-Presse COP22 Les pays invitent Trump à être « pragmatique » G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É D u papier blanc voile la vue derrière les vitrines d\u2019une façade, rue Papineau à Montréal : magasin à louer ?Vieux commerce en rénovation ?En fait, non.Il y a là une église, comme tant d\u2019autres ici dans Rosemont\u2013La Petite-Patrie (RPP).Presque invisible à première vue, mais par tie intégrante de la trame urbaine du quartier.Dans le cas de l\u2019église la Cité de David, il faut que l\u2019œil s\u2019arrête à une af fiche sur la por te d\u2019entrée pour comprendre la voca- t ion du l ieu : enseignements bibliques les mardis, prière de délivrance les vendredis, ministère « fem me de distinc tion » les samedis et culte d\u2019adoration les dimanches.À quelques pas plus au sud, la PEPF Renouvelée (nouveau nom de Première Église Pentecôte française) s\u2019expose plus clairement en face d\u2019une quincaillerie.Mais encore : on peut passer mille fois sur ce tronçon peu accueillant de Papineau sans remarquer le bâtiment que PEPF possède depuis une cinquantaine d\u2019années.«Ça devient plus rare de voir des églises comme la nôtre, propriétaires d\u2019un grand bâtiment sur un boulevard urbain », raconte à l\u2019intérieur le pasteur Gabriel Jean-Baptiste, 39 ans, polo bleu poudre sur un chandail à manches longues noir, gros foulard de laine au cou.Son bureau, au deuxième étage, est à l\u2019image du reste des lieux: dépouillé, fonctionnel.Et froid en ce matin de novembre.« Ailleurs, on voit des lieux de culte ouvrir et fermer, des églises s\u2019installer sur des artères commerciales ou dans des secteurs industriels, dit-il.C\u2019est correct.Mais, à mon sens, une église doit être le reflet de sa communauté \u2014 une par tici- pante à la vie de quartier.» Dans ce paysage religieux en changement, PEPF joue un rôle particulier.C\u2019est l\u2019une des plus vieilles communautés du quar tier \u2014 90 ans d\u2019histoire.Elle a son bâtiment à elle, très spacieux, pour ac- cueill ir les 120 ou 130 personnes qui la fréquentent chaque semaine (surtout des Haïtiens).Le pasteur Jean- Baptiste fait visiter les lieux : à l \u2019étage, on trouve une cui - sine pour les repas de groupe, une salle pour les enfants et une grande pièce communautaire à usage modulable.Une table de ping-pong est repliée dans un coin.Les cultes sont célébrés au rez-de- chaussée, dans une salle quelconque meublée de chaises commerciales standards.Sur une scène devant, quelques micros et lutrins, une batterie et un piano électrique.« Le local n\u2019est pas important en soi, ajoute le pasteur.C\u2019est plutôt comment tu l\u2019habites qui compte.Pour moi, c\u2019est un lieu de rencontre qui doit répondre à nos besoins en matière de vie commune.Ici, on peut manger, s\u2019occuper des enfants, se réunir.C\u2019est suf fi- sant.Dans le passé, beaucoup d\u2019Églises ont investi dans le paraître, comme si elles allaient remporter un concours de popularité avec ça.Je pense plutôt que c\u2019est le message qui fera qu\u2019il y a des gens qui viendront ou pas.» Il rappelle que les communautés afro-américaines utilisent depuis longtemps les « storefront churches », l\u2019équivalent des églises de devanture.« On voit même à certains endroits des églises sans domicile : elles arrivent le dimanche matin, montent leur kiosque et leur matériel, puis elles remballent tout quand c\u2019est fini.» Accrochages?Rosemont\u2013La Petite-Patrie dénombre 65 lieux de culte autorisés sur un ter ritoire d\u2019une quinzaine de kilomètres car rés.Le vrai chif fre permettant de quantifier la présence religieuse dans le quar tier est toutefois plus élevé : là com me ailleurs, il est de notoriété que plusieurs églises fonctionnent avec un certificat permettant des activités sociales ou communautaires.« Nous sommes plutôt tolérants là-dessus, parce que la ligne est très mince [entre le rel igieux et le social] , indique François Croteau, maire de l\u2019ar rondissement.On ne demandera pas à nos inspecteurs d\u2019interpréter » à par tir de quand une activité sociale intégrant une prière devient une stricte activité de culte, dit-il.De toute façon, la cohabitation entre la population et les pratiquants des cultes minoritaires se fait plutôt bien dans RPP, relève M.Croteau.«Nous n\u2019avons pas de problèmes d\u2019ordre religieux comme tels.Les seuls accrochages sont mineurs : une église où on chante du gospel très fort avec les fenêtres ouvertes en été, ou encore la question du stationnement.» Cela parce qu\u2019« on trouve dans Rosemont plusieurs égli - ses de niche qui rassemblent des membres qui viennent d\u2019un peu partout à Montréal », explique le sociologue Frédéric Dejean \u2014 qui a beaucoup étudié la question des lieux de culte dans RPP pour ses études doctorales.La logique paroissiale (aller à la messe à pied à l\u2019église du quartier) a été remplacée par une logique de réseaux, où l\u2019on se rend dans un lieu de culte par affinités avec la communauté.Et l\u2019on s\u2019y rend\u2026 en voiture, bien souvent.Changement Selon M.Dejean, RPP incarne un condensé des changements qu\u2019a vécus le paysage religieux à Montréal depuis une quarantaine d\u2019années.« Nous ne sommes plus dans cette dynamique où le l ieu est identi f ié dans la trame urbaine avec une architecture très par ticulière \u2014 une pagode, une église catholique immense, les dômes de la cathédrale orthodoxe ukrainienne Sainte-Sophie\u2026 Au- jourd\u2019hui, n\u2019impor te quelle bâtisse peut héberger un groupe religieux, entre un magasin de chaussures et un dépanneur.Il faut lever la tête pour le voir.» Ce qui a des conséquences, notait le Centre interculturel de Montréal dans un rapport en 2013.«Les réalités religieuses demeurent mal connues, en partie parce que les lieux de culte minoritaires se font plus discrets et plus diffus.» Un exemple parmi d\u2019autres : r ue Holt, un bâtiment de briques rouges avec une vieil - le enseigne commerciale aux lettres stylisées.Absolument rien n\u2019indique la présence de l\u2019église évangélique Christ en action.Pour le maire François Croteau, l\u2019important par rap- por t à la présence de ces églises semi-anonymes est d\u2019ar river à « maintenir la mixité sociale dans nos quartiers », de faire en sorte « que les communautés viennent à se croiser et à vivre ensemble.Cette présence-là peut animer nos quartiers ».Le Devoir I S A B E L L E P A R É Sous le calme apparent de ces maisons patrimoniales bordées d\u2019arbres centenaires, la tension est montée de plusieurs crans ces dernières semaines dans le paisible et propret arrondissement d\u2019Outremont.Un nouveau règlement de zonage destiné à interdire les lieux de culte sur les avenues Bernard et Laurier a ravivé les tensions dans ce patelin où cohabitent francophones bien nantis et ultrareligieux hassidiques, formant désormais 25 % de la population.La coexistence pacifique a fait place à la colère quand un membre influent de la communauté juive rigoriste a acquis un pâté de maisons complet en plein cœur du secteur le plus animé de la rue Bernard, où s\u2019alignent boutiques, restos et terrasses courus par une faune branchée.Plus que la transaction, c\u2019est l\u2019octroi d\u2019un permis de culte par la Ville qui a atterré plusieurs commerçants et résidants.«C\u2019est la goutte qui a fait déborder le vase.Pourquoi s\u2019installer dans l\u2019épicentre de la vie commerciale et culturelle du quartier, le seul endroit qu\u2019ont les gens pour faire leurs achats quotidiens, prendre un verre ou un café à une terrasse ?On se fait traiter de racistes et d\u2019antisémites, alors qu\u2019on veut juste préserver le caractère unique de ce petit bout de rue auquel on tient et qu\u2019on aime », affirme un citoyen favorable au règlement, qui tient à garder l\u2019anonymat.Comme lui, plusieurs commerçants et résidants d\u2019Outre- mont refusent de commenter ce débat épineux qui a rapidement dérapé sur le terrain glissant de la liberté de culte.Dimanche, le 20 novembre, les citoyens trancheront à la suite du référendum réclamé par la communauté religieuse pour contester ce règlement que la Ville juge nécessaire pour préserver la vitalité de ses deux artères commerciales.En dents de scie La cohabitation dans le quartier a connu quelques ratés ces dernières décennies.Notamment en 1985, quand la Ville d\u2019Outremont (avant la fusion), sensible aux pressions de la communauté, a tenté de bannir le port du maillot de bain dans les parcs, puis fermé les yeux sur les infractions aux règlements de stationnement lors de fêtes religieuses.En 2006, l\u2019«affaire» du «givrage» des fenêtres du YMCA (pour empêcher les hommes hassidiques d\u2019avoir vue sur des femmes en plein entraînement) avait propulsé le quartier au cœur du débat sur les accommodements raisonnables.Abraham Ekstein, porte-parole des communautés hassi- diques, affirme que le nouveau règlement privera de facto sa communauté de toute possibilité de nouveaux lieux de culte.«Ça n\u2019a rien à voir avec la vitalité des artères commerciales, dont le problème est plutôt Amazon et le commerce en ligne.Si les lieux de culte sont interdits sur les rues résidentielles et commerciales, il n\u2019y a pas d\u2019autres options.Il n\u2019est pas bon d\u2019avoir des ghettos.Pour les prévenir, il faut nous laisser notre place sur les rues.Le règlement nous dit : \u201cAllez faire votre ghetto ailleurs\u201d», insiste-t-il.Avant la tenue du vote, la mai- resse d\u2019arrondissement, Marie Cinq-Mars, qui a déjà annoncé son retrait de la vie politique, a décliné toutes les demandes d\u2019entrevues.Des commerces inquiets Myriam Le Liboux, propriétaire de la boutique Kokoon, qui a créché rue Bernard pendant 17 ans, a fermé boutique- quand elle a eu vent du nouveau projet de synagogue.«Mes revenus déjà étaient précaires.La clientèle se faisait plus rare.Renouveller mon bail pour quatre ans, c\u2019était un pen- sez-y bien», dit la commerçante qui a réouvert rue Saint-Denis.Les tenants du camp du Oui démentent vouloir nuire aux hassidim, et souhaite par ce règlement préserver le caractère du seul secteur à comporter un retrait de la rue assez important pour favoriser l\u2019ouverture de terrasses.« Le problème, c\u2019est d\u2019implanter un lieu de culte là où se concentre le commerce.On mêle ça au débat religieux, mais c\u2019est d\u2019abord une mesure d\u2019urbanisme», rétorque Daniel Major, porte-parole de résidants en colère.Les juifs or thodoxes af fir- ment que leur religion les oblige à créer des lieux de culte à distance de marche.Cet argument fait bondir les tenants du Oui.«On ne peut pas concevoir l\u2019aménagement urbain en faisant prévaloir les obligations religieuses des uns sur l\u2019intérêt général», rétorque M.Major.Règlement ou pas, la communauté aura de toute façon son lieu de culte sur Bernard, «puisqu\u2019elle a obtenu son permis avant le dépôt du règlement », ajoute le porte-parole du Oui.Traditions séculaires Outremont compte déjà quatre synagogues et lieux de prière (sur Durocher, Saint- Viateur, Van Horne et Bernard), auxquelles viendra s\u2019a - jouter celle projetée dans un immeuble situé face au théâtre Outremont, dont les vitres ont déjà été opacifiées.La même communauté fréquente trois autres synagogues sur les rues Hutchison et du Parc dans le quartier Mile-End.Farouchement opposée au règlement, Mindy Pollack, con - seillère hassidique à l\u2019arrondissement d\u2019Outremont, con vient qu\u2019ouvrir un lieu de culte sur Bernard «n\u2019est pas idéal, mais c\u2019est le seul endroit permis.Il aurait fallu discuter, créer un comité de travail pour offrir des alternatives.» Dans le Mile-End, une tout autre approche a permis de calmer les inquiétudes soulevées par l\u2019ouverture d\u2019une synagogue hassidique.Un zonage dérogatoire a été con senti à la même communauté sur l\u2019avenue du Parc, en échange de conditions strictes au plan architectural.«On a exigé qu\u2019il y ait un commerce au rez-de-chaussée pour ne pas briser la trame commerciale.Les activités religieuses se tiendront au deuxième étage», affirme Marie Plourde, conseillère d\u2019arrondissement de Projet Montréal pour le district du Mile-End, et présidente du Comité consultatif d\u2019urbanisme (CCU) du Plateau-Mont-Royal.«Si ça marche, dit-elle, ça pourrait devenir un modèle d\u2019intégration pour l\u2019avenir.» Mais pour Annick Germain, chercheuse à l\u2019INRS, les irritants rencontrés à Outremont sont uniques.«C\u2019est très tendu et difficile.Les juifs ultraorthodoxes sont en ultramajorité.Je pense qu\u2019il est impératif que la Ville de Montréal intervienne sur l\u2019enjeu des lieux de culte.Les arrondissements sont coincés, ça devient virulent et dans le cas d\u2019Outre- mont, plus ça va, pire c\u2019est.» Peu importe l\u2019issue du vote de dimanche, Abraham Ek- stein, lui, craint que personne ne sorte gagnant de toute cette affaire.«Même si nous gagnons le référendum, nous avons déjà perdu.Car la communauté sera plus divisée que jamais ».Le Devoir A 5 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 6 LA C ITE DES DIEUX A 4 Un quartier sous tension Quand commerce et religion s\u2019entrechoquent dans Outremont P H O T O S : J A C Q U E S N A D E A U En pleine croissance, les hassidim d\u2019Outremont et du Mile-End cherchent à ouvrir de nouveaux lieux de culte pour répondre aux besoins de leur population.Le pasteur Gabriel Jean-Baptiste.Plus haut: en plein quartier résidentiel, rue Alma, la pagode Thuyen Ton.La cathédrale orthodoxe ukrainienne Sainte-Sophie, angle Bellechasse et Saint-Michel.L\u2019Église du Christ de Montréal, dans le quartier Ville-Émard.Un autobus d\u2019écoliers passe devant l\u2019immeuble de la rue Bernard pour lequel un permis de lieu de culte a été octroyé en 2015 à la communauté hassidique.Le problème, c\u2019est d\u2019implanter un lieu de culte là où se concentre le commerce.On mêle ça au débat religieux, mais c\u2019est d\u2019abord une mesure d\u2019urbanisme.Daniel Major, porte-parole de résidants en colère « » Les réalités religieuses demeurent mal connues, en partie parce que les lieux de culte minoritaires se font plus discrets et plus diffus Tiré d\u2019un rapport du Centre interculturel de Montréal en 2013 « » Montréal est peut-être une « ville aux cent clochers ».Mais elle est aussi de plus en plus une vil le aux centaines d\u2019églises de devanture, camouflées dans le paysage.Parcours dans Rosemont\u2013La Petite-Patrie, un arrondissement de référence en la matière.Un arrondissement et ses clochers nouveau genre Dans Rosemont\u2013La Petite-Patrie, le vieux patrimoine religieux côtoie les églises de devanture Le quartier dénombre 65 lieux de culte autorisés sur un territoire de 15 km2 J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U L\u2019 histoire est con - nue.Le grand écrivain satiriste Mark Twain, en visite à Montréal en 1881, accueilli par ce poète national qu\u2019était Louis Fréchette, affirme dans son discours que c\u2019est la première fois qu\u2019il se trouve dans une ville où il apparaît impossible de lancer une pierre sans casser une fenêtre d\u2019église.Après les révolutions manquées de 1837-1838, Mgr Ignace Bourget (1799-1885) contribue à l\u2019arrivée et au développement de plusieurs nouvel les communautés rel i - gieuses.Les tensions au nom de la religion sont plus palpables que jamais.L\u2019émeute qui éclate au soir du 9 juin 1853 à Montréal en est un exemple éloquent.C\u2019est la venue d\u2019Alessandro Gavazzi, un prêcheur italien vêtu de sa longue robe noire agrémentée des deux croix tricolores, qui met le feu à un espace social déjà très inflammable.Émeute Gavazzi parle à l\u2019église Zion, dans la côte du Beaver Hall, où il prend la parole, non loin de ce qui est aujourd\u2019hui le Palais des congrès.Les Irlandais de Griffintown font le pied de grue tout en chahutant devant l\u2019édifice.La police dépêchée sur les lieux ne suf fit pas à la tâche.Plusieurs coups de feu sont entendus.Des hommes sont tués.Le maire de Montréal, qui fait intervenir un détachement de l\u2019armée, voit les hommes en armes éprouver beaucoup de dif ficulté à disperser la foule.Selon Louis Rousseau, professeur associé au Dépar te- ment de science religieuse à l \u2019UQAM, cette période du mil ieu du XIX e siècle est riche en tensions, lesquelles s\u2019expriment notamment par des ar t ic les acrimonieux dans la presse du temps.« Les catholiques considèrent qu\u2019avec l\u2019église Notre-Dame, dans le Vieux-Montréal, ils sont chez eux, que c\u2019est un espace sacralisé en leur faveur.Mais, à par tir de 1860, les nouvelles églises s\u2019établissent vers ce que nous appelons l\u2019ouest de Montréal.» Les lieux de culte se déplacent et les tensions se résorbent en par tie à cause de cette nouvelle spatialisation, explique M.Rousseau, auteur avec Frank Remiggi de l \u2019Atlas historique des pratiques religieuses.Vexatoires Selon l\u2019historienne Lucia Ferretti, il y a tout de même peu de chicanes religieuses à Montréal , s inon à l \u2019 intérieur même des confessions.« À Pointe-Saint-Charles, on va trouver deux immenses églises avec leur presbytère, l\u2019une à côté de l\u2019autre, parce que les Irlandais et les Canadiens français n\u2019arrivent pas à s\u2019entendre pour des quest ions l inguist iques.Même chose en face de Radio-Ca- nada, où Saint-Pierre-Apôtre et Sainte-Brigide sont deux bâtiments très impor tants construits à cause de problèmes du même genre.» Il y aura aussi des tensions, par exemple au sein de la communauté juive.Des mesures vexatoires pour empêcher le libre exercice d\u2019une religion qui n\u2019est pas dominante parsèment l\u2019histoire.Cas célèbre : l\u2019af faire Ron- carelli, du nom de ce restaurateur qui s\u2019était vu refuser par Maurice Duplessis un permis d\u2019alcool pour son établissement parce qu\u2019il payait les cautionnements de ses coreligionnaires Témoins de Jéhovah.L\u2019a f fa ire se rendra en Cour suprême, à l\u2019avantage de Roncarelli.Avant 1970, explique Louis Rousseau, « on sait que les gamins se battaient entre eux à cause de la langue et de la religion.Mais est-ce que ça s\u2019est joué sur une scène plus grande?Il faudrait l\u2019étudier davantage.Pour les anciens cultes, les problèmes sont moins grands.Mais on voit aujourd\u2019hui que, pour les lieux de culte musulmans et même évangéliques dans certains cas, les réactions sont émotives.Il y a un sentiment de \u201cvenez pas nous déranger\u201d dans un territoire religieux où, par ailleurs, les vieilles églises sont vides.» Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 6 LA C ITE DES DIEUX A 6 50 QUÉBEC 418-654-8677 LÉVIS 418-654-8677 TROIS-RIVIÈRES 819-696-8677 MONTRÉAL 514-231-8677 LAVAL 450-627-3716 LONGUEUIL 450-445-9829 .CA Certifié 5 Étoiles® TOILES À ROULEAUX \u2022 PANNEAUX COULISSANTS \u2022 PERSIENNES \u2022 STORES VOILAGE \u2022 STORES ROMAINS STORES HORIZONTAUX \u2022 STORES MOTORISÉS \u2022 STORES DE VERRIÈRES \u2022 STORES VERTICAUX FABRIQUÉ AU QUÉBEC SUR 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La très célèbre af faire Roncarelli, propulsée en Cour suprême par l\u2019intolérance af fichée par le premier ministre Maurice Duplessis à l\u2019égard des Témoins de Jéhovah, est un des rares exemples d\u2019into - lérance religieuse ayant marqué l\u2019histoire du Québec.Les lieux de culte Arrondissements de Montréal Sud-Ouest 22 Mercier-Hochelaga- Maisonneuve 19 Saint-Laurent 29 Côte-des-Neiges\u2013 Notre-Dame-de-Grâce 84 Montréal-Nord 126 Ahuntsic-Cartierville 32 Rosemont\u2013La Petite-Patrie 65 Municipalités Laval 100 et plus Brossard 6 Sources: Arrondissements de Montréal et municipalités Ces chiffres excluent les lieux de culte établis depuis plusieurs décennies et ceux sans permis.Maxime Bilodeau Frictions dans les arrondissements Montréal-Nord Au mois de janvier 2013, l\u2019arrondissement constate que 75 % de la centaine de lieux de culte alors situés sur son territoire dérogent au règlement de zonage.Après des consultations, l\u2019adoption d\u2019un nouveau règlement a forcé le tiers des lieux de culte à déménager.Mercier-Hochelaga-Maisonneuve En août 2015, l\u2019imam radical Hamza Chaoui a déposé une demande de permis auprès de l\u2019arrondissement pour ouvrir un centre communautaire islamique dans le quartier Mercier- Est.Devant le tollé suscité, l\u2019arrondissement a modifié ses règlements et interdit désormais de tenir des activités liées au culte dans un centre communautaire.Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension À la suite du cas Chaoui, l\u2019arrondissement gèle l\u2019octroi de permis de lieux de culte et de centres communautaires.Depuis décembre 2015, il a levé le moratoire et interdit les nouveaux lieux de culte dans les immeubles à la fois commerciaux et résidentiels.Sud-Ouest Devant la multiplication des lieux de culte sur l\u2019avenue Monk, l\u2019arrondissement a annoncé en mai 2015 son intention de modifier son règlement d\u2019urbanisme pour proscrire les lieux de culte sur les artères commerciales.Le nouveau règlement a été entériné au début de l\u2019année.Saint-Laurent Après deux ans de pourparlers, l\u2019arrondissement a menacé d\u2019expulsion, en mars 2015, la mosquée Al-Andalou située sur le boulevard Décarie, en raison de contraventions au règlement de zonage.Un mois plus tard, l\u2019arrondissement a fait volte-face et élargi les zones dédiées au culte.Ahuntsic-Cartierville À l\u2019automne 2015, l\u2019octroi du statut de lieu de culte à un centre communautaire musulman du quartier Saint-Sulpice a soulevé l\u2019opposition de résidants.Après avoir obtenu la tenue d\u2019un référendum sur la question, une majorité de citoyens a voté en juin dernier contre l\u2019octroi de ce statut.Outremont Après des mois de tergiversations, le conseil d\u2019arrondissement a adopté en mai 2016 un règlement interdisant l\u2019ouverture de lieux de culte sur les artères commerciales Laurier et Bernard.La communauté hassidique a forcé cet automne la tenue d\u2019un référendum, pour la zone touchant seulement l\u2019avenue Bernard.4400 résidants auront le droit de voter ce dimanche, mais plus de 1000 se sont déjà prononcés lors du vote par anticipation.Et dans certaines municipalités.Depuis deux ans, Shawinigan, Terrebonne, Mascouche et Saint-Lambert ont toutes revu leur règlement de zonage afin de limiter le nombre de secteurs où l\u2019ouverture de lieux de culte est autorisée.Maxime Bilodeau VILLE DE MONTRÉAL L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 7 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les coprésidents du parti, Françoise David et Andrés Fontecilla M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L es Organisations unies pour l\u2019indépendance (OUI Québec) risquent l \u2019éclatement.Les membres de Québec solidaire se montrent réticents à élaborer une feuille de route sur les modalités d\u2019accession à l\u2019indépendance du Québec, notamment en compagnie du Par ti québécois de Jean-François Lisée.Les délégués de la formation politique de gauche décideront, ce week-end à Québec, s\u2019ils prennent part aux travaux menés sous l\u2019égide des OUI Québec.« Ça va être \u201coui\u201d ou \u201cnon\u201d.Ça ne peut pas être entre les deux, résume la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, à la veille du 12e Conseil national de QS.À l\u2019interne \u2014 et à l\u2019externe aussi \u2014, les gens attendent [notre réponse] depuis un cer tain temps », ajoute-t-elle, sourire en coin.L\u2019issue du débat est bien incertaine.« Il y a comme un problème : le Parti québécois a repor té toute visée référendaire après 2022.[\u2026] Alors, c\u2019est sûr que je m\u2019attends à ce qu\u2019il y ait des membres qui se disent : \u201cDe quoi aller jaser [à la table de concer tation des OUI Québec] ?\u201d », souligne Mme David dans un entretien avec Le Devoir.La promesse de M.Lisée de ne pas tenir de référendum sur l\u2019indépendance du Québec entre 2018 et 2022, mais également le discours « identitaire à la limite dangereux » qu\u2019il a adopté durant la course à la chef ferie du PQ dissuadent bon nombre de solidaires de s\u2019associer de près ou de loin au PQ.« Ça va nécessairement teinter les débats de samedi.Ça ne peut pas faire autrement », indique la députée de Gouin.En revanche, le préjugé favorable af fiché par les OUI Québec à l\u2019égard d\u2019une assemblée constituante \u2014 au cœur du programme de QS depuis 2009 \u2014 milite en faveur de la participation des solidaires à une démarche multipartisane.Convergences et alliances Les délégués de QS discuteront aussi ce week-end de l\u2019occasion d\u2019amorcer sans tarder un « chantier de réflexion et d\u2019action» sur « les convergences et les alliances possibles entre Québec solidaire et des mouvements sociaux et politiques ainsi que des partis politiques porteurs d\u2019un projet politique souverainiste inclusif, de valeurs comme la justice sociale, l\u2019égalité entre les hommes et les femmes, le respect de l\u2019environnement, et mettant en avant la réforme du mode de scrutin».La désignation d\u2019un candidat «commun» au Parti québécois, à Québec solidaire et au Parti vert dans des fiefs libéraux \u2014 comme le suggérait avec insistance Jean-François Lisée en vue de l\u2019élection partielle dans la circonscription de Verdun \u2014 sera notamment examinée sous toutes ses coutures.«Verdun, c\u2019était trop tôt.Chez nous, on débat ! » lance la porte-parole de QS.Chose certaine, Québec solidaire s\u2019allierait à des mouvements ou des partis qui partagent une vision «réellement inclusive » de la souveraineté du Québec et qui sont « prêts à combattre les inégalités sociales et fiscales de façon résolue», insiste Mme David.Un exemple ?« Le mouvement Faut qu\u2019on se parle », qui multiplie actuellement les assemblées de cuisine aux quatre coins du Québec, répond-elle.Et le Par ti québécois ?«Si le [PQ] estime qu\u2019il répond à tous ces critères, il va devoir passer de la parole aux actes », poursuit-elle dans une charge contre M.Lisée.Mme David a été « profondément heur tée » de voir M.Li- sée se draper d\u2019un « nationalisme très identitaire» et « faire campagne sur le dos des musulmans» pour remporter la chefferie du PQ.Depuis, c\u2019est le « retour au calme », constate-t- elle.«Mais si on le met au pouvoir en 2018, on n\u2019est sûr de rien.Qui est le vrai Jean-François Lisée?» Stratégie pré-électorale À moins de deux ans du prochain scrutin québécois, QS «place [ses] billes».«On avance.On avance.On avance», répète Françoise David.Cependant, le parti de gauche fait du surplace dans les intentions de vote.La firme de sondage Léger le crédite de quelque 10% des intentions de vote depuis mai 2014.«On ne sait jamais quand le sursaut va se faire », lance-t-elle, rappelant qu\u2019il est « improbable » que le Nouveau Parti démocratique (NPD) se voie confier au printemps 2015 les commandes du pouvoir en Alberta.Et pourtant.Le Devoir CONSEIL NATIONAL DE QS Les solidaires réticents à s\u2019associer de près ou de loin à Lisée Mais, si on le met au pouvoir en 2018, on n\u2019est sûr de rien.Qui est le vrai Jean-François Lisée ?Françoise David « » L I A L É V E S Q U E L e ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a annoncé vendredi l\u2019embauche de 1150 travailleurs dans les centres de soins de longue durée \u2014 une annonce qui a été bien reçue par le personnel concerné.En fait, c\u2019est une somme de 65 millions qui sera ainsi injectée dans les services directs dans le réseau des Centres d\u2019hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), a-t-il précisé au cours d\u2019une conférence de presse à l\u2019issue du Forum sur les meilleures pratiques en CHSLD, en fin de journée vendredi à Montréal.Devant les gestionnaires des CHSLD, il a promis qu\u2019il demanderait des comptes et qu\u2019il n\u2019était pas question que cet argent serve à d\u2019autres fins que celles pour lesquelles il a été prévu, à savoir l\u2019embauche de personnel pour améliorer les soins et services aux 37 000 résidents.Les 1150 personnes ainsi embauchées pourront être des infirmières, des infirmières auxiliaires ou des préposés aux bénéficiaires, selon le cas.Le ministre a voulu laisser une marge de manœuvre aux gestionnaires afin qu\u2019i ls puissent adapter leurs embauches à leurs besoins.Présentes sur place, la Fédération interprofessionnelle de la santé, qui représente la majorité des infirmières, ainsi que la CSN, qui représente des milliers d\u2019employés dans le réseau, ont vu l\u2019annonce ministérielle comme un pas dans la bonne direction.La Presse canadienne Barrette annonce l\u2019ajout de 1150 travailleurs dans les CHSLD Gaétan Barrette Chefferie de Projet Montréal : plus que deux candidats Le conseiller municipal François Limoges s\u2019est retiré de la course à la chefferie de Projet Montréal pour se rallier à Guillaume Lavoie.« Je crois que Guillaume a non seulement les meilleures chances de battre Denis Coderre, mais il partage ma volonté de faire grandir Projet Montréal au-delà de sa base traditionnelle », a-t-il indiqué vendredi.S\u2019il prend la tête du parti d\u2019opposition le 4 décembre prochain, Guillaume Lavoie compte confier à M.Limoges la responsabilité d\u2019élaborer la plateforme de Projet Montréal en vue des élections de 2017.Conseillère dans le district de Sainte-Marie, Valérie Plante convoite aussi la chefferie de Projet Montréal.Le Devoir C A R O L I N E M O N T P E T I T A u terme d\u2019un voyage de 48 heures en Haïti, la ministre fédérale du développement international, Marie- Claude Bibeau, a annoncé l\u2019octroi d\u2019un budget supplémentaire de 54 millions en cinq ans pour Haïti, dont deux millions seront consacrés à l\u2019aide d\u2019urgence, dans la foulée des dégâts de l\u2019ouragan Matthew.La ministre a aussi clairement annoncé son intention d\u2019accorder la priorité aux projets touchant les femmes et les filles.Cette orientation va d\u2019ailleurs dans le sens de la nouvelle politique fédérale en matière d\u2019aide internationale, qui doit être dévoilée en janvier.Faire une différence « On a fait une consultation au Canada auprès de 65 missions », a dit la ministre, jointe en Haïti.Ces consultations ont confirmé que « les groupes de femmes et de filles peuvent faire la dif férence », a-t-elle dit.Non seulement les femmes souffrent davantage de la violence et des catastrophes naturelles, mais elles ont un impact très positif sur les efforts de reconstruction, poursuit la ministre.Or, à l\u2019heure actuelle, seulement 2 % des projets visent directement les femmes, sou- tient-elle.« Maintenant, j\u2019exige de tous les partenaires qu\u2019ils consultent les femmes localement», dit-elle.À ce jour, les partenaires accueillent favorablement cette orientation, dit-elle.« On ne s\u2019y oppose pas, au contraire », dit France-Isabelle Langlois, du Centre d\u2019étude et de coopération internationale (CECI), qui mène plusieurs projets en Haïti.La ministre a même, à un cer tain moment, parlé d\u2019«approche féministe », relève-t-elle.Par opposition, le gouvernement Harper ne ciblait les femmes que dans le cadre de projets sur la santé maternelle.«Les femmes sont souvent des piliers [des communautés], des chefs de famille », dit- elle, ajoutant que l\u2019argent investi auprès d\u2019elles donne aussi de «meilleurs résultats ».À Développement et Paix, qui œuvre également en Haïti, on se réjouit de cette aide additionnelle qui a un peu tardé, après les dommages causés par Matthew.« Lorsqu\u2019i l y a des catas - trophes naturel les ou des guerres, ce sont souvent les femmes et les enfants qui sont les premiers touchés et qui souf frent le plus » , dit Guy Desaulniers, coordonnateur de l\u2019aide humanitaire chez Développement et Paix.« Cette aide veut rejoindre cette population et nous sommes tout à fait en accord » avec cette orientation, dit-il.Tous constatent par ail - leurs les traces terribles que Matthew a laissées derrière lui.Le cyclone a détruit les récoltes du sud de l\u2019île, qui était aussi son grenier.Cette situation fait courir le risque que l\u2019île soit plongée dans la famine, puisque l\u2019importation de denrées de l \u2019extér ieur est beaucoup plus coûteuse.Les habitants, qui sont souvent laissés sans abri même en pleine saison des pluies, ne pourront pas planter avant le mois de février.« Le gouvernement haïtien a refusé de décréter l\u2019état d\u2019urgence pour pouvoir tenir ses élections », ajoute M.Desaulniers.Ces élections sont prévues dimanche.Le décret d\u2019un état d\u2019urgence a l\u2019avantage de sensibiliser la communauté internationale aux conséquences d\u2019un désastre.L\u2019ouragan a non seulement détruit les récoltes, mais il a affecté le couvert forestier et l\u2019industrie de la pêche, constate la ministre Bibeau.Une fois de plus en Haïti, tout, ou presque, est à refaire.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 8 JEAN-MARC LÉGER, JACQUES NANTEL et PIERRE DUHAMEL © J u l i a M a r o i s © S y l v i a n e R o b i n i VENEZ LES RENCONTRER AU STAND 460 Samedi de 13 h à 14 h 30 Dimanche de 12 h à 14 h Ne manquez pas la discussion autour du Code Québec avec les trois auteurs au Salon du livre de Montréal CE DIMANCHE À 11 H 15 C E N T R E D E R E C H E R C H E S M A T H É M A T I Q U E S CR M LE MARDI 22 NOVEMBRE 2016, 19h30 Entrée libre INSCRIPTION : www.crm.math.ca/Tapp LES MATHS DE L\u2019INTELLIGENCE \u2026 ARTIFICIELLE Alain Tapp, Université de Montréal prononcera la prochaine Grande conférence publique du Centre de recherches mathématiques (CRM) PAVILLON JEAN-COUTU 2940, chemin de Polytechnique, Salle S1-151, Université de Montréal Université-de-Montréal ou Côte-des-Neiges Un vin d\u2019honneur sera offert gracieusement après la conférence HAÏTI Donner la priorité aux femmes Après 48 heures passées dans le pays, la ministre fédérale du développement international annonce une aide de 54 millions PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE La ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, a fait la lecture à des écolières de l\u2019école du camp Perrin, en Haïti.I S A B E L L E P O R T E R à Québec Après quinze ans d\u2019attente, les survivants de la famille d\u2019Eunnick Josué Kakudji (surnommé Kalala) seront finalement réunis mardi prochain à l\u2019aéroport de Québec.Deux ans après l\u2019arrivée d\u2019un frère et d\u2019une sœur, le dernier frère survivant de la famille, Jean-Patrice, viendra finalement les rejoindre.« On n\u2019avait plus d\u2019espoir et tout d\u2019un coup il arrive », a réagi Kalala après avoir appris la nouvelle.Âgé de 32 ans, il travaille dans le domaine de l\u2019entretien ménager pendant que son frère et sa sœur vont à l\u2019école.Dans l\u2019appar t qu\u2019ils par tagent dans Limoilou, la chambre de Jean-Patrice est prête.Ils attendent ce moment depuis dix ans.« Jean-Patrice n\u2019y croyait plus, il ne pensait plus que ce serait possible », a lancé Andrée Juneau du Service d\u2019accueil des réfugiés de Québec (SARQ), qui s\u2019occupe du dossier depuis des années.« Ça a pris 15 ans pour réunir toute cette famille-là.» Changement de pouvoir L\u2019arrivée au pouvoir des libéraux fédéraux a facilité le processus, juge-t-elle.« Le bureau de M.Duclos [Jean-Yves, le député de Québec, aussi ministre de la Famille] a travaillé d\u2019arrache-pied avec le cabinet du ministre [de l\u2019Immigration, John] McCallum pour dénouer ce dossier-là.Sinon, je pense qu\u2019on en serait encore à patiner dans le vide.» Avant cela, la députée néodémocrate Annick Papillon avait multiplié les pressions dans ce dossier.Aîné de la famille, Kalala a réussi à fuir le pays avec son oncle vers les camps de réfugiés de la Tanzanie.À 15 ans, il obtient le statut de réfugié et atterrit au Québec.Convaincu que toute sa famille a été tuée, il apprend en 2005 que ses trois frères et sa petite sœur sont encore en vie, mais ignore où ils se trouvent.Les enfants vivent comme des vagabonds depuis l\u2019assassinat de leurs parents.L\u2019un d\u2019eux, David, décède au cours de ces années-là.Après des démarches complexes, le SARQ par vient en 2014 à rapatrier les deux plus jeunes, Kanisha et Ezechiel.« Ce qui a été si long c\u2019est qu\u2019au départ, les enfants étaient tous mineurs.Donc on tombait dans un vide juridique: des mineurs orphelins non accompagnés.Il a fallu attendre que l\u2019aîné, Jean-Patrice, ait 18 ans», explique Mme Juneau.Or Jean-Patrice n\u2019a pas pu venir avec les deux autres en 2014, parce que les démarches avaient pris trop de temps.En 2014, il venait d\u2019avoir 24 ans, alors que la limite d\u2019âge pour être admissible au programme de réunification familiale est de 22 ans.«Ce qu\u2019il y a de plus horrible dans ça, c\u2019est que si les deux autres ont réussi à survivre, c\u2019est grâce à lui », s\u2019insurgeait à l\u2019époque Andrée Juneau.Or à la suite de la publication de l\u2019ar ticle dans Le Devoir, le ministère de l\u2019Immigration a trouvé un ultime recours possible pour le rapatrier en invoquant des « motifs humanitaires ».Le Devoir CONFLIT EN RDC Quatre orphelins enfin réunis À l\u2019heure actuelle, seulement 2% des projets visent directement les femmes, soutient la ministre L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 9 Le cadeau idéal Abonnez-les sur bayardjeunesse.ca/science ou au 1 866 600-0061 en mentionnant le code promo 1711NODV Pour moins de 4 $ par mois ! « Comment donner le goût de la lecture et de la science à nos jeunes ?En les abonnant à un magazine éducatif et ludique ! Les Explorateurs, Les Débrouillards et Curium sont des magazines branchés sur les intérêts et besoins des jeunes Québécois et Québécoises qui veulent tout savoir ! L\u2019éditeur et fondateur, Félix Maltais 6 à 10 ans 14 à 17 ans 9 à 14 ans maisonsdevilleàDorval M A R C O F O R T I E R L e ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, compte accélérer le développement de la maternelle à quatre ans dans les quartiers défavorisés pour « accrocher » des enfants qui grandiraient autrement sans stimulation intellectuelle.Ce virage vers la prise en charge précoce des enfants par le milieu scolaire, en complémentarité avec le réseau de garderies, fait quasiment l\u2019unanimité à Montréal : les enseignants, les directions d\u2019école et la plus grande commission scolaire du Québec appuient l\u2019initiative du ministre Proulx.Les centres de la petite enfance (CPE) préviennent toutefois qu\u2019ils représentent le meilleur moyen pour stimuler les enfants en bas âge.Que ce soit en ser vice de garde ou à la maternelle, les études récentes démontrent qu\u2019il est crucial de stimuler les enfants défavorisés en bas âge, rappelle Monique Brodeur, doyenne de la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).Le problème, c\u2019est que les services de garde n\u2019accueillent qu\u2019une partie des enfants d\u2019âge préscolaire.L\u2019avenir en jeu «Dès la fin de la première année, si un enfant a de la dif fi- culté en lecture, il est à risque pour l\u2019avenir.L\u2019écart ne diminue pas au fil des années scolaires.On n\u2019a pas beaucoup de temps, il faut agir vite et il faut agir bien», a expliqué la spécialiste durant une journée de consultation sur la réussite scolaire tenue vendredi à Montréal.Il s\u2019agissait de la 14e de 18 séances de consultations organisées par le ministre Sébastien Proulx pour améliorer la réussite dans les écoles primaires et secondaires.Monique Brodeur a rappelé que des milliers d\u2019enfants grandissent dans des familles où il n\u2019y a aucun livre, par exemple.Ou avec des parents qui ne parlent pas le français ou qui maîtrisent mal les codes culturels : sur le seul territoire de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), le quar t des élèves sont nés à l\u2019étranger.S\u2019ils ne fréquentent pas un service de garde, plusieurs enfants arrivent en maternelle privés d\u2019aptitudes sociales et de connaissances élémentaires, notamment en matière linguistique.Et ce ne sont pas seulement des immigrants, loin de là.« Notre défi, c\u2019est de nous assurer que, lorsque les gens arrivent en première année \u2014 et c\u2019est l\u2019idée du préscolaire aussi \u2014, on est capables d\u2019atténuer les iniquités et les inégalités.Il faut aller plus rapidement dans les milieux défavorisés, parce qu\u2019on a là des enfants vulnérables.Mme Brodeur l\u2019a dit : si on ne fait pas ce rattrapage-là, les dif férences vont s\u2019accentuer à l\u2019école, les inégalités vont exploser », a dit le ministre Sébastien Proulx au Devoir.Une île, mille inégalités Le ministre de l\u2019Éducation a déjà commencé le virage vers la maternelle à quatre ans : en juin dernier, il a plus que doublé le nombre de classes en créant 100 maternelles à quatre ans en milieux défavorisés.Selon Québec, on compte 188 de ces maternelles à quatre ans à temps plein au Québec, dont 21 dans l\u2019île de Montréal.Les inégalités sont pourtant beaucoup plus criantes dans l\u2019île de Montréal.La moitié des 300 écoles francophones de l\u2019île desservent une clientèle pauvre (à la CSDM, c\u2019est plutôt les deux tiers des élèves qui sont en milieu défavorisé).La moitié des élèves sont allo- phones.Et le quart ont des besoins particuliers, que ce soit à cause de l\u2019autisme ou d\u2019un déficit d\u2019attention, par exemple.Ajoutez à cela que quatre élèves sur dix fréquentent une école secondaire privée à Montréal.Aussi, les écoles publiques qui ne choisissent que les meilleurs élèves se multiplient.Comme le dit le Conseil supérieur de l\u2019éducation : «Les enfants des milieux défavorisés et ceux qui éprouvent des difficultés d\u2019apprentissage sont surreprésen- tés dans les classes ordinaires des écoles publiques, ce qui peut créer dans ces classes des contextes moins propices à l\u2019apprentissage [et à l\u2019enseignement].» La CSDM appuie aussi la maternelle à quatre ans, mais avec des mises en garde.La création de places doit se faire en complémentarité avec les garderies publiques, insiste Catherine Harel-Bour- don, présidente de la plus grande commission scolaire du Québec.« Il y a des secteurs où on manque d\u2019espace pour nos élèves.Il faut penser à un plan sur cinq à dix ans [pour créer des places en maternelle à quatre ans].Il faut que ce soit en milieu défavorisé.Et il y a des enfants qui sont déjà en CPE.Mon but, ce n\u2019est pas d\u2019avoir le monopole des quatre ans.» Le Devoir ÉDUCATION Québec souhaite accélérer la maternelle à quatre ans Enseignants, directions d\u2019école et commissions scolaires vantent le projet JACQUES GRENIER LE DEVOIR Des milliers d\u2019enfants grandissent dans une maison où il n\u2019y a aucun livre.Opioïdes : une urgence de santé publique Des professionnels du milieu médical ainsi que des Canadiens qui combattent le fléau de la dépendance aux opioïdes exhortent Ottawa à déclarer une urgence de santé publique à l\u2019échelle nationale.À l\u2019occasion de la conférence sur les opioïdes tenue à Ottawa, qui se déroulera ce week-end, les politiciens s\u2019entretiennent avec des experts en santé publique, des médecins, ainsi que des citoyens en deuil de proches toxicomanes afin de se pencher sur la montée en flèche des surdoses mortelles.Le docteur David Juurlink, du Centre des sciences de la santé Sunnybrook, à Toronto, affirme que la crise des opioïdes requiert maintenant une intervention des plus hauts ordres de gouvernement.La Presse canadienne Ottawa : le projet de loi sur les transgenres adopté Ottawa \u2014 Le projet de loi du gouvernement contre la discrimination fondée sur l\u2019identité et l\u2019expression de genre a été adopté aux Communes et est maintenant entre les mains des sénateurs.La mesure législative C-16 a passé l\u2019étape de la troisième lecture aux Communes, vendredi après-midi, à la satisfaction de la ministre de la Justice du Canada, Jody Wilson-Ray- bould.« Tous les Canadiens devraient se sentir en sécurité en étant eux-mêmes.Notre force en tant que nation repose sur notre diversité et notre in- clusivité », a-t-elle déclaré par voie de communiqué.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Ainsi est lancé un parcours de près d\u2019un quart de siècle qui la mènera aux plus hauts échelons du métier et lui vaudra de recevoir de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, en ce samedi à Saint-Sauveur, le prix Judith-Jasmin Hommage pour l\u2019ensemble de sa contribution.Cette place de reporter, elle l\u2019avait obtenue de haute lutte, «en faisant pendant six mois le siège du bureau de M.[Claude] Ryan», alors directeur du Devoir, raconte-t-elle.Elle avait beaucoup travaillé au Quartier latin, la publication bihebdomadaire des étudiants de l\u2019Université du Québec à Montréal \u2014 «je baignais là-dedans» \u2014 et, ayant appris qu\u2019un poste au secteur éducation était ouvert au quotidien de la rue Saint-Sacrement, elle avait soumis sa candidature.Sans trop s\u2019illusionner.« Je me disais que je n\u2019avais aucune chance, souligne-t-elle en entrevue.Je venais d\u2019un milieu modeste, de l\u2019Abitibi, d\u2019une famille qui croyait à l\u2019éducation, mais n\u2019était surtout pas intellectuelle.J\u2019arrivais par la porte de côté.» En revanche, poursuit-elle, « j\u2019avais tout le profil que [M.Ryan] valorisait.J\u2019avais participé aux mouvements étudiants.J\u2019étais éduquée, j\u2019avais une scolarité de doctorat en éducation.J\u2019avais fait du journalisme étudiant.Je savais écrire.J\u2019avais tout.Sauf que j\u2019étais une fille ».En effet, deux femmes seulement sont journalistes au Devoir à l\u2019époque : Solange Chalvin, embauchée par le rédacteur en chef André Laurendeau au début des années 1950, et Renée Rowan, entrée en 1944.Claude Ryan, aux commandes à compter de 1964, n\u2019en a jamais engagé.Mais la ténacité de Lise Bissonnette, qui refuse pendant des mois de lâcher le morceau, finira par avoir raison de ses réserves.Et si le patron lui conseillera d\u2019abord de ne pas quitter tout de suite son emploi de chercheuse à l\u2019UQAM parce que ses services ne sont retenus qu\u2019à l\u2019essai, il lui dira simplement trois semaines plus tard : «Vous avez votre permanence.» Dès le premier jour, elle s\u2019est sentie dans son élément, totalement.« Je suis entrée comme si j\u2019y avais toujours été, dit-elle.Il n\u2019y a pas eu de période d\u2019adaptation.C\u2019était évident que c\u2019était là que je devais être.Tout ce que Le Devoir était, tout ce qu\u2019il signifiait dans la société québécoise me plaisait.C\u2019était pour moi un habitat naturel, et je me suis lancée.» Lancée d\u2019abord dans le reportage, dans le domaine de l\u2019éducation, elle a poursuivi son parcours comme correspondante parlementaire à Québec et à Ottawa.« J\u2019ai beaucoup aimé être reporter, note-t-elle.Il y a là quelque chose de très satisfaisant.Mais ç\u2019a passé un peu trop rapidement, et je l\u2019ai toujours regretté un peu.» De fait, dès 1978, elle est rappelée à Montréal pour occuper les postes de rédactrice en chef adjointe et d\u2019éditorialiste.Cette dernière fonction, confie-t-elle, lui a parfois pesé : son côté « magistère », la nécessité de se prononcer sur presque tout.Devenue journaliste indépendante vers la fin des années 1980, elle a ensuite pris la direction du Devoir en 1990 et a présidé à une profonde restructuration de l\u2019entreprise à un moment critique de son existence.Le journalisme lui a-t-il manqué après qu\u2019elle l\u2019eut quitté pour se retrouver à la barre de la Grande Bibliothèque du Québec en 1998?En vérité, pas vraiment : elle n\u2019en a pas eu le temps.«En l\u2019espace de quelques jours, se souvient-elle, je me suis retrouvée dans un tourbillon.Je suis passée à un poste tellement extraordinaire, tellement conforme à mes valeurs.Cette aventure-là [la Grande Bibliothèque, puis la fusion avec la Bibliothèque nationale, puis avec les Archives nationales] a été tellement satisfaisante, tellement intéressante, tellement passionnante que je ne peux pas dire que j\u2019ai eu le temps de m\u2019ennuyer.» Ces dernières années, Lise Bissonnette a plongé dans le passé en réalisant une thèse de doctorat por tant sur l\u2019ar tiste du XIXe siècle Maurice Sand.Mais elle n\u2019a jamais délaissé l\u2019actualité et conserve intacte sa Passion du présent \u2014 le titre d\u2019un recueil de chroniques qu\u2019elle a publié en 1987.Elle fait des analyses et commentaires réguliers à Radio-Canada et dit qu\u2019elle ressent toujours, à 70 ans, une certaine « fébrilité» à les préparer.Et si le présent n\u2019est pas nécessairement rose pour les médias \u2014 elle évoque un « tsunami », alors que « personne n\u2019a la clé » pour se sortir du pétrin \u2014, elle croit qu\u2019il y a une issue, qui pourrait bien se trouver dans la spécialisation.Cesser de s\u2019éparpiller.«Peu importe le sort qui nous attend [avec le passage au numérique], il restera toujours le travail journalistique, les médias continueront d\u2019exercer leur rôle consistant à essayer de traquer la vérité, les faits, et d\u2019en témoigner.Il est inévitable qu\u2019il va y avoir quelque chose.Le monde ne s\u2019écroulera pas après nous.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PASSION (SQ) à Schefferville Alain Juneau a été arrêté le 15 novembre.Il fait face à un chef d\u2019agression sexuelle et à un chef de voies de fait «alors qu\u2019il por tait, utilisait ou menaçait d\u2019utiliser une arme».Les gestes qui lui sont reprochés se seraient produits entre 1992 et 1994.Jean-Luc Vollant, ex-agent de la Police amérindienne de Schefferville, a été arrêté le 14 novembre : il fait face à des accusations de viol, d\u2019attentat à la pudeur et d\u2019agression sexuelle pour des gestes qu\u2019il aurait commis entre 1980 et 1986.Au total, 28 policiers actuellement en fonction à la SQ ont fait l\u2019objet de plaintes.Ils ont tous été blanchis.La SQ analysera les dossiers Après l\u2019annonce du DPCP, le service de police provincial a annoncé qu\u2019il procédera à l\u2019analyse de l\u2019ensemble des dossiers visant les policiers de la SQ afin de déterminer s\u2019il y a lieu de tenir une enquête disciplinaire.« La Sûreté du Québec s\u2019engage à dévoiler prochainement de nouvelles initiatives qui permettront de rehausser le climat de confiance avec les communautés autochtones tout en assurant de maintenir un environnement favorable à la réalisation des interventions policières », a-t-elle aussi déclaré.Le syndicat des policiers de la SQ, l\u2019Association des policiers provinciaux du Québec, a dénoncé le procès médiatique qui aurait été imposé à ses membres, pour une enquête qui n\u2019aura été qu\u2019une «montagne accouchant d\u2019une souris».Les 28 plaignants \u2014 7 hommes et 21 femmes \u2014 ont formulé 14 allégations de nature sexuelle, 15 allégations d\u2019usage excessif de la force, 9 allégations de séquestration et d\u2019autres allégations de menaces, harcèlement criminel, intimidation, méfaits et conduite dangereuse.La quasi-totalité de leurs plaintes ne mèneront pas à des accusations criminelles.Mais cela « ne signifie pas nécessairement que les événe- ments allégués ne se sont pas produits, a précisé le DPCP.Cela signifie plutôt que la preuve dont nous disposons ne nous permet pas de porter des accusations criminelles compte tenu des critères et des règles de droit ».En fait, dans la majorité des cas (19), le DPCP a conclu que la preuve d\u2019identification était insuffisante, «de sorte qu\u2019il n\u2019aurait pas été possible de prouver l\u2019identité du ou des suspects visés par les allégations».La peur revient Le rapport du DPCP a par ailleurs permis de lever le voile sur une pratique policière appelée « cure géographique », ou starlight tour.C\u2019est cette même pratique que des femmes autochtones de Val-d\u2019Or ont dénoncée il y a un an : elles ont fait état d\u2019épisodes où des policiers les auraient abandonnées à quelques kilomètres de la ville, en hiver, parfois en les dépouillant de certains de leurs vêtements.Pendant l\u2019enquête, six policiers de la SQ de Val-d\u2019Or ont été suspendus.En attendant de savoir si ces agents reprendront leurs fonctions dans la ville abitibienne, plusieurs autochtones disent vivre dans la peur.«Ce que je veux aujourd\u2019hui, c\u2019est une enquête indépendante au Québec, et à Val-d\u2019Or.C\u2019est ici que ça commence, a lancé la conseillère de Piko- gan, Françoise Ruperthouse, survoltée après une rencontre avec les représentants du DPCP, avant l\u2019annonce officielle.Il faut arrêter de fermer les yeux.Toi, si ton enfant vient en ville et se fait violer, tu vas brailler ! Ta femme, si elle se fait abuser, tu vas brailler.Moi, j\u2019ai peur pour mes enfants, j\u2019ai peur pour mes petits-enfants.J\u2019ai peur pour toute la communauté, pour toutes les femmes qu\u2019il y a ici, j\u2019ai même peur pour les hommes.Ça commence à faire.» Dans le stationnement du palais de justice, des hommes ont joué des tambours pendant que les femmes dansaient en rond en se tenant par la main, comme le veulent les round dances.«Ça fait juste commencer», a glissé doucement Angela King, une Algonquine qui fait partie des plaignantes.La plaie est rouver te, a-t-elle ajouté, et les procédures judiciaires ne sont peut-être pas terminées.Les femmes autochtones de Val-d\u2019Or ont déjà annoncé qu\u2019elles bénéficient des services pro bono d\u2019une firme d\u2019avocats montréalaise afin d\u2019intenter de possibles poursuites au civil ou en déontologie.Et le DPCP l\u2019a souligné : dans dix des cas qu\u2019il a étudiés, les faits allégués «ne démontraient pas la commission d\u2019un acte criminel ou étaient relatifs à de possibles fautes civiles ou déontologiques».Québec refuse toujours une enquête À Québec, le ministre responsable des affaires autochtones, Geoffrey Kelley, s\u2019est encore gardé de parler de racisme systémique envers les autochtones, préférant se dire «pleinement conscient qu\u2019il y a une perspective plus large à considérer».Le député libéral d\u2019Abitibi-Est, Guy Bourgeois, a quant à lui assuré que le gouvernement Couillard «entend bien continuer à être à l\u2019écoute afin de trouver des solutions porteuses».Aucun des élus provinciaux ne se trouvait à Val-d\u2019Or.Et cela n\u2019a pas surpris le chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard.« Depuis le premier jour, le gouvernement protège la SQ.Et d\u2019admettre qu\u2019il y aurait du racisme au sein des forces policières, c\u2019est peut-être, pour le gouvernement du Québec, aller beaucoup trop loin», a-t-il déclaré.Le chef a cependant trouvé un allié chez l\u2019ex- député libéral Pierre Corbeil, maire de Val-d\u2019Or depuis 2013.À l\u2019instar des partis d\u2019opposition provinciaux et des groupes autochtones, il a répété qu\u2019une enquête indépendante sur les relations entre les policiers et les autochtones était nécessaire.De son côté, le syndicat des policiers de la SQ a exprimé un souhait contraire.«Nous osons espérer que le gouvernement ne cédera pas encore une fois sous la pression et n\u2019ira pas jusqu\u2019à établir une commission d\u2019enquête, ou encore un autre comité afin de réviser les décisions du DPCP.Il faut que cesse la vindicte populaire alimentée par certains médias [\u2026]», a déclaré l\u2019organisation dans un communiqué.Le syndicat, qui poursuit Radio-Canada pour diffamation en raison du reportage qui a lancé la vague de dénonciations, a par ailleurs soutenu que la Fédération professionnelle des journalistes du Québec « serait bien avisée de remettre en question» la nomination du reportage au prix de journalisme québécois Judith-Jasmin.Le reportage a déjà remporté un prix Michener, l\u2019une des plus hautes distinctions journalistiques au pays.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CRIMES l\u2019église adventiste du 7e Jour Béthesda et autres lieux de culte du même acabit ont depuis longtemps installé leurs pénates, loin du paradis terrestre.Sur l\u2019avenue de Cour trai, dans Côte-des- Neiges, c\u2019est le même manège : Dieu est partout.Les lieux de culte s\u2019alignent sur cette avenue adossée au chemin de fer, sans discrimination sur l\u2019adoration.Sur quelques centaines de mètres se dressent un temple bouddhiste gardé par des lions de plâtre, deux mosquées et des églises évangéliques plus modestes dans des bâtiments qui ne paient pas de mine.«On a l\u2019impression que Montréal est une ville où c\u2019est le chaos et où il n\u2019y a pas de contrôle», souligne le religiologue et historien Frédéric Castel.Or, ce n\u2019est pas toujours le cas.Certes, le nombre de lieux consacrés augmente, mais il suit la courbe de population.La ville aux cent clochers est ainsi tranquillement devenue la ville aux mille lieux de culte \u2014 incluant Laval et Longueuil, le Grand Montréal compte effectivement un peu plus de 1000 lieux consacrés avec permis.À titre de comparaison, Vancouver, plus petite en taille, en a autant.«Bruxelles est de la même taille que Montréal et c\u2019est pourtant le jour et la nuit, dit Annick Germain, professeure à l\u2019INRS.Ici, on a une grande variété de lieux de culte, une immigration diversifiée et non un grand groupe majoritaire, c\u2019est ce qui fait notre chance.» Une «patate chaude» Dans la métropole, l\u2019inquiétude entourant les lieux de culte a été ravivée ces dernières années, notamment avec la controverse, début 2015, entourant l\u2019ouver ture empêchée d\u2019un centre communautaire où voulait prêcher l\u2019imam Hamza Chaoui dans Mercier\u2013Hoche- laga-Maisonneuve.Mais cela faisait un bon moment déjà que des cas de lieux de culte sans permis ou dérangeants faisaient la manchette, ravivant le débat public.«Les lieux de culte et les bars de danseuses», c\u2019est la «patate chaude» des arrondissements, illustre Frédéric Dejean, sociologue et chercheur à l\u2019IRIPI \u2013 Collège de Maisonneuve.Si parfois c\u2019est le « religieux» qui inquiète, le plus souvent, ce sont des questions qui relèvent de l\u2019urbanisme, comme le bruit ou le stationnement, qui posent problème.Aux habitations Emmaüs, tout près de la rue Charland, certains résidants évitent de sortir le dimanche, en raison de l\u2019achalandage.« Quand ma fille vient me visiter, elle a de la misère à se trouver du stationnement autour », explique Claudette Turner, qui vit depuis près de 20 ans dans le coin.Des commerçants agacés Hors des milieux résidentiels, une certaine intolérance se manifeste de plus en plus sur les rues marchandes.Le cas d\u2019Outremont, où un règlement municipal visant à empêcher l\u2019installation de nouveaux lieux de culte sur les avenues Bernard et Laurier fera l\u2019objet d\u2019un référendum ce dimanche, est patent.D\u2019autres arrondissements, comme Ahuntsic- Car tier ville et Mercier\u2013Hochelaga-Maison- neuve ont déjà légiféré, sans que cela fasse l\u2019objet d\u2019un plébiscite.C\u2019est le cas de l\u2019arrondissement Sud-Ouest, qui interdit depuis janvier dernier l\u2019installation de lieux de culte.Rien que sur le boulevard Monk, une dizaine de devantures sacrées \u2014 un temple hindou, une citadelle chrétienne et plusieurs églises évangéliques \u2014 ont désormais pignon sur rue entre les salons de toilettage pour animaux, les cliniques dentaires, les dépanneurs et les restos.Frédéric Dejean comprend que certains commerçants se soient montrés agacés par le nombre croissant de ces lieux consacrés.Il existe d\u2019ailleurs des études qui ont démontré l\u2019impact sur le commerce de la pratique religieuse, rap- pelle-t-il.«Ce n\u2019est pas terrible d\u2019un point de vue esthétique, car les gens opacifient les fenêtres avec des rideaux ou des cartons.En termes de vitalité commerçante, c\u2019est moins attractif.» Comment, donc, organiser ce sacro-saint vivre-ensemble?«Bricolage à la pièce» Mais en voulant légiférer rapidement, les arrondissements ont fait du «bricolage à la pièce», n\u2019hésite pas à dire certains chercheurs.«Des représentants de diverses instances municipales ont traité ces dossiers en oscillant entre libéralisme et intransigeance, et pas nécessairement avec cohérence», souligne le religiologue Frédéric Castel.En 2013, l\u2019arrondissement de Montréal-Nord a modifié le zonage et adopté un nouveau règlement qui exigeait la preuve qu\u2019une forte majorité des fidèles résident dans l\u2019arrondissement où est situé le lieu de culte.Le Conseil des leaders religieux de Montréal-Nord a jugé ce règlement discriminatoire, et la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse y a fait écho dans un avis qu\u2019elle a rendu.À Saint-Laurent, le Centre islamique du Québec, qui s\u2019est agrandi au fil des ans pour pouvoir s\u2019ajuster au nombre croissant de ses fidèles, a fait face à beaucoup d\u2019opposition.L\u2019arrondissement a tenté de freiner son développement sur une question architecturale, prétextant que cela ne collait pas à l\u2019environnement immédiat\u2026 soit un centre d\u2019achat dont l\u2019esthétique n\u2019aurait pas gagné de concours.« Je sens une volonté de détourner l\u2019urbanisme à des fins plus politiques et, pour ce faire, on utilise des considérations techniques, dit M.Dejean.On sait que l\u2019implantation de certains lieux de culte va susciter une certaine passion.» Notamment, les mosquées qui, selon lui, sont associées à tort à l\u2019intégrisme religieux.«La radicalisation, ça se fait rarement dans les mosquées », insiste celui qui a étudié ce sujet délicat pour le Collège de Maisonneuve.Centraliser et régulariser Pour Frédéric Castel, l\u2019un des problèmes vient du fait que les fonctionnaires municipaux ont beau se dire «athées mordicus», ils pensent en catholiques.«Ils s\u2019attendent à ce que, comme dans le temps des grandes paroisses, le lieu de culte soit relativement majestueux et esthétique et attire un grand volume de croyants», constate-t-il.À cet égard, l \u2019arrondissement Côte-des- Neiges\u2013Notre-Dame-de-Grâce est un exemple de bonnes pratiques.Pour chaque demande de permis, le groupe religieux répond à un questionnaire.«On veut essayer de bien les comprendre, dit Richard Gourde, conseiller en urbanisme de l\u2019arrondissement.On ne peut pas trouver le bâtiment à leur place, mais on peut les orienter au bon endroit pour leur éviter des démarches lourdes et coûteuses.» La spécialiste des lieux de culte Annick Germain prêche pour une régularisation.« Il y a trop d\u2019iniquité dans les règlements, et c\u2019est un problème réel.Il me semble qu\u2019on gagnerait à avoir une gestion plus macro, à la ville centre, tout en impliquant les arrondissements.Ça soulagerait le fardeau qui pèse sur eux».Et si, comme sur la rue Charland, on installait les lieux de culte dans les zones industrielles, qui manquent certes de poésie, mais où il n\u2019y a personne à déranger ?Le sociologue Frédéric Dejean s\u2019interroge et croit qu\u2019il faudra collectivement se poser la question.«Est-ce que c\u2019est vraiment la meilleure façon de faire leur intégration ou si ce n\u2019est pas plutôt une forme de marginalisation?» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 DIEUX Tout ce que Le Devoir était, tout ce qu\u2019il signi?ait dans la société québécoise me plaisait.C\u2019était pour moi un habitat naturel [\u2026].Lise Bissonnette « » GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec, a pris la parole devant la centaine de personnes qui s\u2019étaient réunies à l\u2019extérieur du palais de justice de Val-d\u2019Or, où les représentants du Directeur des poursuites criminelles et pénales expliquaient leur décision, vendredi.Dehors, les gens chantaient, dansaient et tenaient des chandelles à bout de bras."]
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