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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2016-11-26, Collections de BAnQ.

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[" Portraits de la déchirure conjugale à la télévision Page E 3 Plusieurs grands crus au cinéma cette semaine Pages E 9 et E 10 C A H I E R E \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 6 S Y L V A I N C O R M I E R D isons-le tout de go : Pa- loma est un très, très grand album.Fond et forme.Paroles et musiques.Un autre sommet dans l\u2019œuvre de Daniel Bélanger.Quinze ans après Rêver mieux, vingt ans après Quatre saisons dans le désordre.Force d\u2019évocation dans le propos, génie des mélodies et des arrangements, tout ce qu\u2019on aime de lui, tout ce qu\u2019on ne savait pas encore possible de lui.Probablement son disque le plus personnel, en même temps sa main la plus tendue.Je ne m\u2019en suis pas rendu compte tout de suite.Durant le test routier d\u2019usage, c\u2019est la musique qui m\u2019a submergé : ces solos de guitares, ces chœurs masculins qui pourraient être les fameux de l\u2019Armée rouge, ces audaces mélodiques, ces constructions si singulières.Et la voix de Bélanger, ce merveilleux instrument, caresse de phonèmes avant de propager du sens.«C\u2019est ton cul qui écoutait!» s\u2019exclame le noble artiste à son bout du fil.On rigole fort.Entendez : ni la tête ni le cœur.«C\u2019est parce qu\u2019on a commencé par la musique, nous\u2026» Il se trouve qu\u2019on a le même âge : couvée 1961, lui et moi.« Quand j\u2019étais touché à 8- 10 ans par une chanson anglophone, continue-t-il, c\u2019est mon cul d\u2019abord qui entrait en contact.» Il ajoute, rigolant de plus belle : « Plus tard, quand j\u2019ai compris les paroles, c\u2019était parfois décevant.Les chansons de Led Zeppelin, par exemple\u2026» Là, c\u2019est le contraire.Ce disque, si riche musicalement, est devenu carrément essentiel quand les mots me sont parvenus, à la réécoute, livret en main.« À chaque coup dur c\u2019est la même chose / Ça vient chercher le pire de moi / Jamais plus d\u2019empathie ni plus de patience / Je me replie » : ainsi commence Ère de glace, la première chanson.Dans Tout viendra s\u2019ef facer, les pensées sombres donnent le tournis: «J\u2019aimerais m\u2019enfuir de ces pensées qui m\u2019épuisent / Fatigué de me coucher fatigué / Épuisé de me coucher épuisé».Bélanger creuse le sujet, s\u2019y enfonce, s\u2019y perd, dans Le fil : «J\u2019ai perdu le fil aujourd\u2019hui / De la bobine de ma vie».C\u2019est tout un chemin, une sacrée traversée de la solitude de l\u2019homme, que l\u2019on vit en compagnie de notre ami pendant les 36 petites minutes infinies que dure l\u2019album, jusqu\u2019à l\u2019éblouissement bienfaisant de la fin, cette chanson de réconciliation avec soi-même qui s\u2019intitule Un : «Ainsi la vie tu te prolonges / En moi encore».Il parle de lui, et à travers lui, il parle de nous.C\u2019est précisément le but recherché.« J\u2019essaie de ne pas écrire à sens unique.En fait, explique Bélan- ger, mon approche globale, c\u2019est plutôt : \u201ceh, vous autres, c\u2019est-tu comme ça un peu?\u201c» Oui, c\u2019est comme ça, pour beaucoup, beaucoup de gens.« J\u2019essaie de sortir de ma solitude en faisant de la musique et en écrivant des paroles.J\u2019aime être transposable.J\u2019aime laisser la liberté aux Des multitudes de solitudes Avec Paloma , Daniel Bélanger part en quête de paix pour tous les tourmentés J É R Ô M E D E L G A D O P eu lui importe si vous prononcez son nom à la française (« delvoi ») et non à la flamande.Wim Delvoye ne vous en tiendra pas rigueur.Depuis le temps que ses concitoyens wallons et les voisins français se sont approprié son patronyme, il dit s\u2019y être habitué.L\u2019artiste, né à Warvik et établi à Gand, en Belgique néerlan- dophone, n\u2019est pas à cheval sur la question linguistique.Contrairement à d\u2019autres sujets.«Je suis très perfectionniste», admet-il, au bout du fil, dans une langue parfois difficile à suivre, d\u2019autant plus que le son ne voyage pas bien.«Et mon côté puriste me dit de ne pas mettre [toutes les œu- vres d\u2019une même série] ensemble.Je ne sais pas pourquoi, mais c\u2019est comme ça.Je n\u2019aime pas montrer chaque exemple de ce que je fais sur un sujet.» Sept ans après avoir exposé à la Galerie de l\u2019UQAM une de ses machines à déféquer, Cloaca no 5, Wim Delvoye revient à Montréal.Avec un nombre d\u2019œuvres plus important, 55 pour être exact, tirées de corpus variés, toutes teintées de ce regard qu\u2019il pose sur nos contradictions, nos torts, nos travers.À travers sa lunette sont révisés le monde de l\u2019art, l\u2019industrie automobile, l\u2019agroalimentaire, la religion.Pas de Cloaca, cette fois.«Parce que j\u2019en ai déjà montré à Montréal», dit celui qui expose partout dans le monde depuis les années 1990, y compris en Iran \u2014 au Musée d\u2019ar t contemporain de Téhéran, au début de 2016 \u2014 et qui est soutenu par la galerie Perrotin et ses antennes de Paris, New York, Séoul, Hong Kong\u2026 Des peaux de cochon L\u2019exposition Wim Delvoye, que présente à compter de mercredi la fondation DHC/ART, est davantage composée d\u2019objets que d\u2019installations de la taille de Cloaca no 5.Celle-ci était un véritable laboratoire qui permettait d\u2019observer, odeurs comprises, le cheminement d\u2019aliments, de leur consommation jusqu\u2019à leur déjection.« On a misé sur des objets, oui.La DHC a appelé la galerie et a dit vouloir montrer beaucoup d\u2019œu- vres.Elle veut informer.Le public de Montréal n\u2019est pas celui de New York, n\u2019est pas celui de Paris », explique tout bonnement l\u2019artiste.Perfectionniste et pointilleux, Wim Delvoye a participé à la mise en place de ses œuvres, de loin.Grâce à la technologie 3D, il a visualisé les deux bâtiments de la fondation du Vieux-Montréal et scruté chacune des sept salles qui les composent.« C\u2019est comme une expo de galerie qu\u2019on a préparée, mais très ambitieuse.On a bien joué avec l\u2019espace, qui n\u2019est pas facile parce que divisé par étages, avec un ascenseur », explique-t-il, heureux du travail mené avec la commissaire de la DHC, Cheryl Sim.Un des étages sera consacré à la série autour du tatouage de cochons, qui lui a valu sa célébrité.Et sa dose de polémique.On y exposera seulement des œuvres encadrées, donc pas de véritable animal empaillé, que des «peaux de cochon tatouées et tannées» et des dessins préparatoires.Pour cet ensemble réalisé au tournant de l\u2019an 2000, Delvoye avait acquis une ferme \u2014 en Chine, parce que le pays était moins regardant sur la question animale.Le troupeau qu\u2019il y élevait n\u2019était pas nécessairement destiné à la consommation.Ce qui ne lui a pas épargné la controverse.Il s\u2019est toujours défendu de maltraiter ses cochons.Ceux-ci étaient anesthésiés avant d\u2019être tatoués et n\u2019ont été empaillés qu\u2019après leur mort naturelle, soutient-il.Alors que le marché de la viande porcine, lui, pratique la castration sur un troupeau éveillé, rappelle-t-il.Controversé, toujours Wim Delvoye était à l\u2019honneur cet automne dans un musée luxembourgeois qui lui consacrait une rétrospective, et qui n\u2019est pas l\u2019expo que les Montréalais vont voir.Honoré, mais toujours susceptible de déranger.Des défenseurs de la cause animale ont profité de l\u2019expo au Musée d\u2019art moderne Grand-Duc Jean (MUDAM) pour dénoncer ses tatouages, alors qu\u2019il ne pratique plus cet art depuis dix ans.Le principal intéressé ne s\u2019en offusque plus.Il ne se l\u2019explique pas non plus, sinon pour constater que la cible visée par ce travail était FRED DUFOUR AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019artiste belge Wim Delvoye au Musée du Louvre, le 30 mai 2012, dans le cadre de son exposition d\u2019art contemporainWim Delvoye au Louvre.PEDRO RUIZ LE DEVOIR «Cet album, c\u2019est un voyage intérieur, mais pas pour autant un voyage au bout de l\u2019ennui», explique Daniel Bélanger.WIM DELVOYE GALERIE PERROTIN Wim Delvoye, Nautilus Penta, 2013.Acier inoxydable découpé au laser.L\u2019homme qui scrute nos travers L\u2019artiste belge revient à Montréal poser son regard oblique sur l\u2019art, l\u2019industrie automobile, l\u2019agroalimentaire et la religion VOIR PAGE E 4 : PALOMA VOIR PAGE E 8 : DELVOYE CULTURE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 6 E 2 475, boul.De Maisonneuve Est , Montréal Berri-UQAM Plani?ez vos sorties.Toute la programmation à banq.qc.ca Possibilité de réserver pour certaines act ivités (frais de 5 $) Gratuit | EXPOSITION PIERRE AYOT \u2013 REGARD CRITIQUE Découvrez une rétrosp ect ive de l\u2019œuvre audacieuse de Pierre Ayot, artist e multidisciplinaire québécois qui a marqué plus d\u2019une génération.Jusqu\u2019au 5 mars 2017.30 NOVEMBRE \u2013 19 H \u2013 AUDITORIUM LA BIBLIOTHÈQUE DE.FRANÇOIS LÉTOURNEAU Venez apprécier les coups de cœur litt éraires de ce comédien et auteur de talent qui a notamment coscénarisé Série noire.14 DÉCEMBRE \u2013 19 H \u2013 AUDITORIUM LECTURE PUBLIQUE \u2013 VOIX AUTOCHTONES AU CŒUR DU TERRITOIRE Une soirée où on explorera l\u2019âme, le cœur et la langue de Montréal avant sa naissance, il y a 375 ans.Avec les poètes Joséphine Bacon, Naomi Fontaine, Louis-Karl Sioui et Jean Sioui ainsi que la musicienne Andrée Lévesque Sioui.En collaboration avec le Fest ival international de la poésie de Trois-Rivières avec l\u2019appui du journal Le Devoir.Dia- bou- Ndao_RET - copie Andrée Lévesq ue S i o u i .P h o t o : C h r i st i a n P a r é .Dia- bou- Ndao_RET - copie Photo : M a d e l e i n e F o r c i e r Des sp ect acles, des jeux et des contes, ça fait partie des plaisirs de l\u2019hiver en famille ! ?Les détails à jeunes.banq.qc.ca GRANDE BIBLIOTHÈQUE Dia- bou- Ndao_RET - copie Photo : J o c e l y n M i c h e l UNE BORDÉE D\u2019ACTIVITÉS pour les jeunes TEMPS DES FÊTES O n proteste ici à raison contre la filature des journalistes, mais le métier a du plomb dans l\u2019aile ailleurs sur la planète, et pas qu\u2019un peu.On vous fait grâce de la Turquie, où se font arrêter tous les porteurs de parole.Tenez, en Égypte, d\u2019où j\u2019arrive, samedi dernier, le chef du syndicat des journalistes, Yéhi Qalach, a été condamné à deux ans de prison, avec deux membres de l\u2019exécutif, pour avoir offert l\u2019asile à des confrères critiques du gouvernement.Rien que ça.Depuis la prise du pouvoir par le militaire al-Sissi en 2014, une partie de bras de fer se joue entre le régime et la presse.Était-ce vraiment mieux sous les Frères musulmans ou sous Moubarak ?Des dizaines de journalistes croupissent dans les cachots de l\u2019Égypte.Quant au peuple, il est pauvre, suant, trimant sous un maître ou l\u2019autre depuis le règne des pharaons, mais débrouillard comme pas un.Avoir fait s\u2019écrouler deux régimes durant le Printemps arabe pour atterrir sous la botte des militaires rend amer ou philosophe.C\u2019est selon.«Il faut vivre au jour le jour et garder le sourire», me dit un Égyptien qui avait rêvé de liberté.Sinon, autant se tirer une balle dans la tête\u2026 Une autre m\u2019explique que les lois existent par-delà l\u2019anarchie apparente, mais sont contournées, avec une tolérance exercée en haut lieu (sauf pour les journalistes et les opposants, bien entendu).Tenez, sur notre île de Gezira, en plein centre-ville, un homme garde un troupeau de chèvres, hors des verts pâturages, nourries avec une moulée.La police ferme les yeux.D\u2019autres spectacles laissent également songeurs.Dans le quartier des ambassades, devant celle de l\u2019Irak, ce soldat endormi sur sa mitraillette\u2026 \u2014 Réveille-toi ! Réveille-toi ! Un mauvais coup est si vite parti ! \u2014 ZZZZZZ\u2026 Le tourisme, pilier de l\u2019économie égyptienne, s\u2019est effondré depuis cinq ans.C\u2019est entendu.Et chacun de tirer des plans sur la comète.Entre l\u2019hôtel et l\u2019opéra, la présidente du Festival international du film du Caire, Magda Wassef, me prend à bord de son véhicule de fonction.Je lui rappelle que les étrangers ont peur du pays.Ça la fait bouillir.«Vous voyez bien qu\u2019il n\u2019y a pas de danger ! » Vrai ! Chacun vogue à sa petite af faire.Comme dans toutes les grandes villes.Mais le souvenir des attentats, mais la région, mais la désinformation en Occident\u2026 Magda Wassef rêve du jour où le pays secouera sa léthargie levantine pour se rebâtir une économie d\u2019ouver ture au monde.« Les étrangers refont Louxor sur les sables du Maroc pour y produire leurs films.En Égypte, on a le vrai Louxor, mais une bureaucratie si lourde qu\u2019elle décourage tout le monde d\u2019y tourner.» Cette même bureaucratie, tissée de suspicion, bloque aussi les tournages égyptiens, hormis ceux des romances sirupeuses qui poussent désormais dans un champ de navets.L\u2019an dernier, au lendemain de l\u2019écrasement de l\u2019avion russe dans le Sinaï, attentat revendiqué par le groupe armé État islamique, des invités s\u2019étaient décommandés.Pas cette fois.D\u2019où l\u2019espoir de recréer des ponts.Nuage noir C\u2019est si pollué, Le Caire (dix fois plus que l\u2019indice accepté par l\u2019Organisation mondiale de la santé).On y respire avec grande difficulté.Tant d\u2019autos\u2026 souvent des carrés de tôle d\u2019âge canonique qui roulent, rafistolés allez savoir comment, en larguant des émanations toxiques.Dans la ville née du désert, des particules de sable flottent en permanence.La poussière s\u2019en mêle.Faute de pluie et de vent, l\u2019air stagne.Les ordures sont à peine enlevées (parfois pas du tout ; on bute dessus).Sans compter la combustion de millions de tonnes de pailles de riz après les récoltes dans le delta du Nil, achevant de barbouiller le nuage noir.Le soir, du haut de la citadelle construite par le célèbre sultan Saladin au XIIe siècle, ça fait joli, pareil halo, devant le soleil du couchant voilé.Beauté toxique s\u2019il en est.Quelques touristes en provenance du Moyen et de l\u2019Extrême-Orient fréquentent encore le pays.Une poignée, une misère ! Même aux pyramides de Gizeh, ou plus loin à celles de Saqqarah, plus anciennes, nécropole encore en défrichage, où les tombes révèlent de fabuleux bas-reliefs sur la vie quotidienne des anciens Égyptiens, c\u2019est le désert, au propre comme au figuré.Les vendeurs de mini-sphinx et de sarcophages réduits haranguent dans le vide.Perchés sur leurs dromadaires ou sur de magnifiques purs-sangs arabes aux pattes fuselées, des guides attendent en vain les clients pour les enfourcher.«Faudrait pas les armer, ces gars-là», dit une voix parmi nous.Non, faudrait pas\u2026 À quatre ou cinq, on part visiter la vieille ville, grouillante de souks et de culs-de-sac tortueux, aux façades des maisons ornées du grillage des moucharabiehs, qui empêchaient jadis les femmes d\u2019être vues de la rue.Durant les quatre heures de la balade, nous ne croiserons aucun Blanc dans ces coins pittoresques destinés à attirer les visiteurs comme des mouches à miel.Un guide s\u2019invite et nous pilote avec aplomb, fait ouvrir une mosquée, désigne le dernier fabricant de tarbouches du Caire, montre le district cédé aux réfugiés syriens, etc.Cet homme avait trois boutiques, toutes fermées au- jourd\u2019hui.Pas de clients.Il a femme et enfants, et n\u2019accepte pour sa peine que les euros, depuis que la lire est une monnaie de singe.Le quartier ressemble aux descriptions du Vieux-Caire qu\u2019en donne Naguib Mahfouz, le grand écrivain égyptien nobélisé.Sauf que le guide lève le nez sur lui.« C\u2019était un ami de mon père, mais il a écrit des livres pour plaire aux Occidentaux.D\u2019autres écrivains d\u2019ici auraient mérité le Nobel davantage.» Pas prophète en son pays, le Michel Tremblay égyptien, dont j\u2019ai traîné dans mes bagages les chroniques Récits de notre quartier, si vivantes, aux envolées lyriques qui me semblent résumer la ville entière : «Le narrateur de cette histoire \u2014 le garçon de la taverne \u2014 raconte que, se tenant devant la porte, il a entendu le dialogue de l\u2019ivrogne et du fou, et les a vus tourner sur eux-mêmes avec l\u2019illusion d\u2019avancer.» otremblay@ledevoir.com Le Caire, entre espoir et pollution Grands partenaires Jusqu\u2019au 2 décembre 2016 Une production du Théâtre de Quat\u2019Sous Le Joker Texte Larry Tremblay Mise en scène Eric Jean Avec Louise Cardinal, Marilyn Castonguay, Normand Daneau, Pascale Montpetit, André Robillard Assistance à la mise en scène Chloé Ekker Décor Pierre-Étienne Locas Costumes Cynthia St-Gelais Lumière Martin Sirois Maquillages et coiffures Florence Cornet Musique originale Laurier Rajotte Régie et assistance sonore Guy Fortin Théâtre de Quat\u2019Sous 100 avenue des Pins Est, Montréal Billetterie 514 845-7277 quatsous.com « Larry Tremblay donne une fois de plus naissance à une brillante métaphore de notre époque.» Christian Saint-Pierre | Le Devoir « Riche, drôle et très originale.Les acteurs sont remarquables et la mise en scène de très grande qualité.» Sophie Jama | Huffington Post « L\u2019ultime production [d\u2019Eric Jean] sur la scène du Quat\u2019Sous, fort réussie, lui permet de quitter en beauté la barre du petit théâtre de l\u2019avenue des Pins ».Raymond Bertin | Revue Jeu « Un autre texte admirable de Larry Tremblay.» Mario Cloutier | La Presse MOHAMED EL SHAHED AGENCE FRANCE-PRESSE Même aux pyramides de Gizeh, c\u2019est le désert, au propre comme au figuré.ODILE TREMBLAY au Caire S T É P H A N E B A I L L A R G E O N L a série Sex and the City (1998-2004) ap- par tient aux balbutiements du nouvel âge d\u2019or de la télé amorcé par la chaîne HBO, un mouvement toujours sur son erre d\u2019aller.Les 94 épisodes suivent un quatuor d\u2019amies trentenaires et célibataires dans la Grosse Pomme.L\u2019héroïne principale, Carrie Bradshaw (Sarah Jessica Parker), tient le journal de bord de la bande des quatre.Elle se focalise sur les finesses et les subtilités des relations entre les hommes et les femmes dans une atmosphère très fin de siècle, très nouvelle décadence joyeuse.Ces quatre femmes, complexes, attachantes, autonomes, toutes des professionnelles, ne manquent pas de sexe, mais elles cherchent une vie amoureuse stable.Pour le dire simplement : elles sont toujours à la recherche d\u2019un mariage avec un homme idéal.Il devient donc symboliquement très intéressant que la même actrice qui incarnait la chroniqueuse dans cette série se retrouve au centre de Divorce, nouvelle production de HBO.Cette fois, Mme Parker interprète une femme dans la jeune cinquantaine qui voit son mariage éclater quand son mari découvre ses infidélités.« Le personnage de Frances dans Divorce n\u2019est pas la Carrie Bradshaw de Sex and the City, mais elle pourrait bien être Carrie dans un autre moment de sa vie, confirme Viviane Couto, qui a défendu en 2012 à l\u2019Université de Montréal un mémoire de maîtrise sur la série Sex and the City et les films dérivés.Le cinéma et la télévision constituent les lieux par excellence de l\u2019ambiguïté réalité-fiction, et ce choix de personnage et de thème est symboliquement une suite logique pour l\u2019actrice en question, ainsi que pour son personnage icône.» Divorcer sur tous les tons Adieu Walt Disney : ils ont vécu longtemps mais ne sont plus heureux et plus rien ne va.Et ça divorce beaucoup en ce début de XXIe siècle à la télé.Ici avec Un sur 2 (TVA) comme en Grande-Bretagne avec Dr Foster (disponible sur Netflix, et c\u2019est franchement très bon).«Le cinéma et spécialement la télévision sont fondamentalement une pratique identitaire.Ils s\u2019insèrent dans les enjeux de l\u2019émergence d\u2019une culture commune et expriment la réalité sociale à travers leurs contenus, explique Mme Couto, qui poursuit maintenant ses études doctorales.Même si, depuis les années 2000, il n\u2019est plus vrai que le taux de divorce augmente aux États-Unis, le taux élevé de d ivorce de s année s 1970 et 1980 a fait en sorte que le sujet est devenu un mythe ancré dans l\u2019identité américaine et un reflet de ce que la société pense d\u2019elle-même.» Le traitement culturel ne date évidemment pas de cette décennie, ni même de l\u2019autre.Après le rétablissement du droit à la rupture légale du mariage civil en France en 1884, le roman-feuilleton, ce « sismographe des ébranlements sociaux », s\u2019est mis à décliner le sujet controversé, « d\u2019autant plus que la question morale conjugale et sexuelle comptait déjà parmi ses obsessions constantes », note un article sur cette vague littéraire.La série télé, ce feuilleton contemporain, poursuit l\u2019exploration à sa manière.Mme Couto propose alors sa propre catégorisation des déclinaisons autour du divorce.Le déclencheur.Dans ce cas, «le divorce est généralement présenté comme sous-thème ou comme élément déclencheur d\u2019une histoire ».Ce qui donne Gracie and Frankie (2015-), Girl- f r i ends Guide t o Divorce (2014-) , Hot in Cleve land (2010-2015) ou Parenthood (2010-2015).La comédie.« Un autre aspect intéressant, c\u2019est que, malgré la complexité du thème et l\u2019impact qu\u2019il peut avoir sur la vie de personnes concernées, la comédie est le genre le plus fréquent pour traiter de ce sujet.» Les exemples abondent encore : Cybill (1995-1998), Grace under Fire (1993-1998), Reba (2001-2007), The New Adventures of Old Christine (2006- 2010) et Gar y Unmarried (2008-2010).Le drame.«L\u2019aspect plus juridique et nébuleux des divorces, incluant des cas de cruauté ou d\u2019abus, est plus fréquent dans les genres reality-based drama ou reality show.» La liste comprend Untying the Knot (2013- 2016) ou la série spin-of f Divorce Court (1957-1969), (1984- 1993) et (1999-2016).La totale.Dans un dernier cas de figure, la série s\u2019intéresse de manière plus profonde et précise aux conséquences globales de l\u2019éclatement d\u2019un couple ou d\u2019une famille.La pro cite Once and Again (1999-2002) et Divorce (2016-), qui connaîtra une seconde saison.Un regard féminin Cela noté, on constate que beaucoup de ces séries de rupture, voire la grande majorité d\u2019entre elles, développent le point de vue des personnages féminins.La doctorante nuance alors l\u2019observation.«Après des années de répression où les perspectives féminines sur les relations ont été mises de côté, le cinéma et la télévision se sont approprié un discours égalitaire.Maintenant, la femme n\u2019est plus vue comme une victime naturelle ni comme un adversaire dans un rappor t d\u2019égalité des pouvoirs.Le féminisme contemporain perd les traces d\u2019un discours pol i t ique contre les hommes en vue d\u2019atteindre l\u2019égalité sociale.Dans cette perspect ive , l \u2019 image de la femme qui contrôle sa propre destinée se reflète à l\u2019écran avec la multiplication des productions qui développent le point de vue des personnages féminins, qui exposent le quotidien féminin dans le récit, pour se rapprocher du spectateur.» Le temps fourni par la fiction sérielle permet même d\u2019explorer encore plus finement que l e c inéma les sources et les conséquences d\u2019une déchirure.D\u2019ailleurs, c\u2019est bien pour la télé suédoise que le monumenta l Ingmar Bergman a tour né ses Scènes de la vie conjugale (1973).« A priori, le langage télévisuel cherche une relation particulière d\u2019intimité avec son spectateur et vise à établir un lien proche de la conversation, note finalement la spécialiste de la télé et du ciné.Et les productions télé suivent une logique narrative éditoriale et une logique sérielle de programmation et de dif fusion, contrairement au cinéma qui se destine à un groupe qui partage une même expérience dans une salle avec une durée prédéterminée.» Le Devoir T É L É V I S I O N CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 6 E 3 Une collaboration à l\u2019affiche ! tnm.qc.ca avec christian bégin, marie charlebois, sophie clément, pierre curzi, pier paquette, isabelle vincent assistance à la mise en scène alexandra sutto production tnm [\u2026] les dialogues, particulièrement cinglants, font mouche et la tragédie [\u2026] sonne terriblement juste.[\u2026] toute la distribution impressionne.\u2014 Christian Saint-Pierre, Le Devoir Portraits de la déchirure conjugale Les couples éclatent dans les séries.Pourquoi et comment ?HBO Thomas Haden Church et Sarah Jessica Parker dans la série Divorce, qui décortique le phénomène par le menu détail.BBC En Grande-Bretagne, Dr Foster a renouvelé le genre.YAN TURCOTTE Ici, Un sur 2 a aussi exploré le filon du divorce.Ingmar Bergman tourne ses Scènes de la vie conjugale (notre photo) en 1973 avec un budget minime.La chronique d\u2019une rupture s\u2019étend sur six chapitres.Le dernier, celui de la séparation finale, porte un titre magnifique: En pleine nuit dans une maison obscure quelque part sur terre\u2026 Liv Ullman joue Marianne.Erland Josephson est Johan.Le couple fête son dixième anniversaire de mariage au premier épisode.Le dernier les montre après leur séparation, au moment du 20e anniversaire de leur défunte union.La diffusion a connu un immense retentissement, d\u2019abord en Suède, puis très rapidement partout en Occident.On a prétendu que l\u2019exposition réaliste de la déchirure du couple avait entraîné le taux de divorce à la hausse dans certains pays.La série a ensuite été jouée au théâtre.Johan et Marianne réapparaissent dans le film Sarabande (2003).L\u2019ancien couple s\u2019y revoit une dernière fois, alors qu\u2019un secret de famille épouvantable se révèle comme pour donner un dernier coup de Jarnac à ce couple maudit.Scener ur ett äkteskap [Le divorce] est devenu un mythe ancré dans l\u2019identité américaine et un reflet de ce que la société pense d\u2019elle-même Viviane Couto, doctorante au Département d'histoire de l'art et d'études cinématographiques de l\u2019UdeM « » CONSTANTIN FILM D A N S E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 6 E 4 À LA CINQUIÈME SALLE DE LA PLACE DES ARTS DANS LE QUARTIER DES SPECTACLES 25 NOVEMBRE AU 17 DÉCEMBRE 2016 COPRODUCTION DE LA BORDÉE, DU THÉÂTRE LES ENFANTS TERRIBLES, DE SIMONIAQUES THÉÂTRE, DU THÉÂTRE DES VENTREBLEUS ET DE LA PLACE DES ARTS TEXTE SIMON BOUDREAULT ET JEAN-GUY LEGAULT MISE EN SCÈNE MARIE-JOSÉE BASTIEN M É L A N I E C A R P E N T I E R Entre Michelle Dorrance et sa discipline, c\u2019est avant tout l\u2019histoire d\u2019un coup de foudre.L\u2019Américaine représente et défend avec passion une vocation en marge des canons artistiques contemporains.Dans sa dernière création, ETM: Double Down, elle entend montrer les capacités d\u2019innovation et l\u2019esprit progressiste d\u2019une discipline sans doute trop vite reléguée aux oubliettes et à la culture du divertissement.Une première visite à Montréal pour la claquet- tiste et sa compagnie, invités de Danse Danse cette fin de saison.New-Yorkaise d\u2019adoption, la chorégraphe a grandi en Caroline du Nord, où elle a été formée dès le plus jeune âge par son mentor, Gene Medler.Initié aux claquettes hors des cadres scolaire et institutionnel, ce dernier l\u2019a exposée aux techniques des maîtres de la discipline.«C\u2019est une chance inestimable d\u2019avoir pu côtoyer de leur vivant ces grands pionniers et innovateurs du tap-dance, la première danse urbaine aux États-Unis », af firme l\u2019artiste, aussi bassiste du groupe indie rock Darwin Deez.Souvent snobée par les milieux institutionnels de la danse, la claquettiste a remporté un défi de taille en perçant la scène artistique new- yorkaise, acquérant une certaine notoriété qui l\u2019amène des plateaux de Stephen Colbert aux grands festivals de danse (Jacob\u2019s Pillow Dance).« Les danseurs de claquettes [tap-dan- cers] sont souvent regardés de haut, artistiquement parlant.C\u2019est une discipline qui souf fre parfois d\u2019une compréhension limitée.On la cantonne au divertissement et l\u2019exclut facilement des catégories artistiques.Les images diffuses de Shirley Temple ou des comédies musicales comme 42nd Street y sont sûrement pour quelque chose, même si elles ont aidé à populariser la pratique», croit intimement l\u2019artiste, ne manquant pas de souligner que la discipline s\u2019ancre plus précisément dans l\u2019histoire des relations interraciales aux États-Unis.« Lorsqu\u2019on décortique l\u2019histoire de ce style, on arrive vite à la présence culturelle africaine et à une histoire de racisme.D\u2019ailleurs, les maîtres les plus brillants et les plus innovateurs du tap-dance, la plupart noirs, sont restés inconnus», rappelle la chorégraphe.S\u2019estimant privilégiée de faire partie d\u2019une communauté artistique de niche, l\u2019artiste affirme porter dans chacune de ses créations un engagement social et politique.« C\u2019est au cœur même de l\u2019histoire de la discipline.Même si je ne les montre pas directement du doigt dans mes créations, en tant que claquettiste, on ne peut échapper aux enjeux de société», pense-t- elle.Un souci d\u2019inclusion se manifeste dans ses œuvres à travers ses choix musicaux et rythmiques, mais aussi dans la diversité des mouvements conviés à la scène, dont certaines formes contemporaines issues du hip-hop.Formes binaires Intimement connecté aux grands mouvements révolutionnaires du jazz, la grande sophistication du tap-dance, d\u2019après Michelle Dorrance, repose autant sur la virtuosité des danseurs que sur leur fine oreille musicale, le talent d\u2019improvisation et le sens précis du rythme.Avec son collaborateur, Nicolas Van Young (STOMP), elle s\u2019attache cette fois à une conception sonore éclatée, incluant des beats électroniques et des percussions afro-brési- liennes.Pour la scénographie, ils accentuent le jeu sur les extrêmes en intégrant des plaques de bois connectées à un ordinateur, sortes de batteries électroniques activées en temps réel par les pas des danseurs.« On voulait explorer les diverses façons d\u2019interférer avec la technologie, mais aussi s\u2019autoriser des sections purement acoustiques, sans technologies.On touche ainsi à deux possibilités à première vue disparates, mais en fait très similaires.En divisant l\u2019œuvre en deux par ties, on était curieux d\u2019interroger le spectateur sur son rapport et son engagement émotif, esthétique et intellectuel à chacun des aspects qu\u2019on explore.» Plus spécifiquement, ETM : Double Down repose sur des formes binaires : textures organiques (métal, bois) et non organiques (technologique) ; l\u2019imprévisibilité des percussions et les sonorités électriques plus statiques.Portée par le goût de l\u2019innovation, la compagnie Dorrance Dance entend cultiver une matière poétique.Une certaine narrati- vité émotive jaillirait alors des minutieuses formes d\u2019une tradition en pleine évolution, ouverte à l\u2019inclusion d\u2019une diversité de mouvements, de sonorités, d\u2019histoires, de rencontres et de cultures.Collaboratrice Le Devoir ETM : DOUBLE DOWN De Michelle Dorrance et Nicolas Van Young.Interprétée par les danseurs de la compagnie Dor- rance Dance.Présentée par Danse Danse, du 1er au 3 décembre au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.L\u2019art inclusif des claquettes Entre tradition et innovation, la compagnie Dorrance Dance pose un regard frais sur l\u2019art du tap-dance autres de transposer ou pas ce que je fais dans leur propre aventure.C\u2019est une façon pour moi de rencontrer l\u2019autre.» Exprimer le mal-être, chercher le bien-être.Donner les mots qu\u2019il faut pour que la « tête sans répit » s\u2019apaise.Il ne s\u2019agit pas pour autant de connaître les événements de la vie de Daniel Bélanger qui ont rendu nécessaire cette quête.« Moi, ça ne m\u2019intéresse pas, une chanson qui est propre à l\u2019environnement de celui qui l\u2019écrit.Je lui dis : \u201cben, chante- la avant de te coucher, ça va te faire du bien.Tu veux pas me parler, tu veux juste me parler de toi\u201d.Je ne supporte pas l\u2019apitoiement.» L\u2019accompagnement L\u2019album, qui en était deux au dépar t, l\u2019un plutôt rock à riffs lourds, l\u2019autre plutôt folk, sert le propos de toutes sortes de façons qui, pour le créateur, étaient plus instinctives que longuement réfléchies.« Quand tu fais un album, surtout un album comme celui-là où j\u2019ai presque tout fait seul dans mon studio, tu crois que tu contrôles tout, et ef fective- ment tu contrôles tout, mais pas toujours consciemment\u2026 » S\u2019il a multiplié les pistes de voix pour en faire ces chœurs façon Armée rouge, par exemple, c\u2019est parce qu\u2019il aimait leur caractère poignant.« J\u2019avais eu tellement de plaisir à enregistrer les voix pour les montrer aux comédiennes de Sainte-Carmen-de-la-Main que j\u2019ai eu envie de me prendre pour une multitude de chanteurs russes\u2026 » Des multitudes de solitudes, en quelque sor te.«Un peu de solidarité ! Je m\u2019en rends compte maintenant qu\u2019on en parle.Oui, je pense que mes Russes représentent les autres.Une espèce de conscience collective qui me regarde, qui m\u2019accompagne dans tous les sens du mot.» Ailleurs, dans Métamorphose, moment crucial dans la quête de bien-être, il y a des modulations sur les notes qui ont à la fois quelque chose de psychédélique et de\u2026 religieux.« Je cherche la paix et la sérénité », chante-t-il.«Encore une fois, je ne l\u2019ai pas pensé comme ça quand je l\u2019ai fait, mais il y a une parenté avec les chants liturgiques.» Le miracle Bélanger, là-dedans, est qu\u2019il ne perd jamais du regard le compas de la parfaite chanson pop.Tout viendra s\u2019ef facer : haletant et irrésistible air «volontairement optimiste pour survivre au pessimisme».Un deux trois je l\u2019aurai oublié : ballade à pleurer de beauté.Chaque chanson étonne et ravit, ici par un solo de guitare très électrique, là par des emprunts aux gammes hindoues.« Cet album, c\u2019est un voyage intérieur, mais pas pour autant un voyage au bout de l\u2019ennui.J\u2019ai le luxe fantastique de la liberté, du temps sans limites, et j\u2019ai la contrainte de vouloir que ce soit intéressant tout le temps.» Quête dans la quête : c\u2019est ça, du Daniel Bélanger, depuis le début, et plus que jamais il parvient à ses fins.Et ce qu\u2019il chante dans la dernière chanson, il l\u2019obtient : « Je veux être multitude et ne faire qu\u2019un.» Le Devoir PALOMA Daniel Bélanger Audiogram SUITE DE LA PAGE E 1 PALOMA B I L L E T T E R I E 5 1 4 2 5 3 - 8 9 7 4 9 N O V E M B R E A U 7 D É C E M B R E 2 0 1 6 D E G E O R G E O R W E L L A D A P T A T I O N R O B E R T I C K E E T D U N C A N M A C M I L L A N T R A D U C T I O N G U I L L A U M E C O R B E I L M I S E E N S C È N E É D I T H P A T E N A U D E A U D A C I E U S E E T P E R C U T A N T E P R O P O S I T I O N .L E S O L E I L G R A N D E S P E R F O R M A N C E S ! J O U R N A L D E Q U É B E C D \u2019 U N E R E D O U T A B L E E F F I C A C I T É \u2026 M O N T H É Â T R E .Q C .C A Théâtre Denise-Pelletier 17 16 D I R E C T I O N A R T I S T I Q U E C L A U D E P O I S S A N T Avec Véronique Côté, Jean-Michel Déry, Maxim Gaudette, Éliot Laprise, Justin Laramée, Alexis Martin, Claudiane Ruelland et Réjean Vallée C O P R O D U C T I O N T H É Â T R E D E N I S E - P E L L E T I E R E T T H É Â T R E D U T R I D E N T Supplémentaire le 9 décembre Grands partenaires THÉÂTRE DE QUAT'SOUS 100 avenue des Pins Est Billetterie 514 845-7277 quatsous.com Lecture James Hyndman Recherche et animation Stéphane Lépine Mars de Fritz Zorn Le théâtre des écrivains Lecture d\u2019extraits choisis pour les passionnés de littérature Lundi 28 novembre 2016 - 19h30 MATTHEW MURPHY ETM : Double Down repose sur des formes binaires : textures organiques et non organiques ; percussions et sonorités électriques. M A R I E L A B R E C Q U E I l ne s\u2019est peut-être écoulé que deux ans depuis le dernier délire du Projet Bocal, mais le trio effectue un grand bond dans le temps avec sa nouvelle création.Alors qu\u2019Oh Lord raillait un passé idéalisé, Le spectacle se projette dans l\u2019avenir.Au folklore et à la terre comme mots de dépar t, Sonia Cordeau, Simon Lacroix et Raphaëlle Lalande ont substitué l\u2019artificiel, le futur, les robots.Les créateurs s\u2019y penchent sur l\u2019irréversibilité du progrès technologique et sur un futur plutôt inquiétant, avec son potentiel de fusion entre l\u2019humain et la machine.Des lendemains vers lesquels on marche sans se poser trop de quest i ons , d i s t ra i t s que nous sommes par nos nouveaux gadgets.« Cette préoccupation a nourri la création, mais elle est souterraine, précise Simon La- croix.Notre spectacle est très ludique, fou et lumineux.On se moque un peu de ces peurs-là.On veut garder la plus grande liberté possible dans notre écriture.Alors, on se donne des thèmes pour orienter la création.Mais après, il peut en surgir n\u2019importe quoi.» Dans leur troisième show, on rencontre donc un robot qui rêve d\u2019être acteur, on suit une Marie-An- toinette intriguée par le styrofoam, on assiste à une conférence sur les « êtres hurnet », cette métamorphose future des humains en Internet\u2026 Plutôt que d\u2019écrire une vraie pièce avec un récit linéaire, que certains leur réclamaient, le trio est allé dans la direction complètement opposée.«On a écrit plein de petits morceaux qu\u2019on a mis ensemble après, ce qui a représenté un gros travail de construction, raconte Simon Lacroix.La forme est plus éclatée que dans nos shows précédents, où on s\u2019installait dans des numéros de dix minutes.Ici, on ne s\u2019installe jamais, on passe d\u2019un sujet à l\u2019autre.Il n\u2019y a même plus de changement de costumes, on est toujours sur scène et on se métamorphose.Mais étrangement, c\u2019est à la fois le plus éclaté de nos spectacles et le plus cohérent, avec beaucoup d\u2019éléments qui se répondent.Et on s\u2019est rendu compte que cette forme faisait beaucoup écho à notre époque.» Elle reflète notre capacité d\u2019attention réduite, notre manière de consulter plusieurs médias simultanément, notre notion du temps, rapide et fragmenté « en petites cases » plutôt que filant en continu.Ce déficit d\u2019attention généralisé inquiète Raphaëlle Lalande.« Chaque jour, j\u2019ai l\u2019impression que mon cerveau n\u2019est plus comme avant.Je le sens dans ma façon de lire, de scanner les articles de journaux.Et finalement, j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il me reste beaucoup moins de choses [en mémoire].» Un espace de liberté Depuis le succès de son spectacle Le Projet Bocal, en 2013 à La Petite Licorne, Le Projet Bocal a réussi à creuser sa niche, un ton indéfinissable, décalé, qui a trouvé son public.Dont des gens qui ne fréquentaient pas nécessairement les salles de théâtre, se réjouit Sonia Cordeau.«Il y a beaucoup d\u2019humoristes autour de moi qui ont fait: ah, ça peut être ça aussi, du théâtre ! Quelque chose qui est à la fois drôle pour vrai et tendre », explique la collaboratrice du groupe Les Appendices.Pas étonnant que le collectif soit une priorité pour les trois créateurs, qui poursuivent tous des carrières solos bien remplies.Ils trouvent dans Le Projet Bocal un espace de grande liberté.« On peut tout se permettre et tout essayer », résume Sonia Cordeau.Y compris se moquer gentiment de cer tains éléments « risibles » de la pratique théâtrale.L\u2019abus de projections vidéo, par exemple.« On en a vu beaucoup et par fois on se demande un peu ce qu\u2019elles ap- por tent.Sur tout lorsqu\u2019elles viennent illustrer ce qu\u2019un personnage dit », explique Simon Lacroix.Fournissez vos propres exemples ici\u2026 «C\u2019est au Projet Bocal que je me sens le plus moi-même, ajoute l\u2019auteur de Tout ce qui n\u2019est pas sec.Et La Licorne nous donne vraiment car te blanche.Personne ne vient vérifier ce qu\u2019on a écrit.C\u2019est rare, ça.» «Et c\u2019est tant mieux, parce qu\u2019on sait ce qu\u2019on fait, enchaîne Sonia Cordeau.C\u2019est pourquoi on n\u2019a pas de metteur en scène.Si quelqu\u2019un d\u2019autre arrivait trop tôt dans notre processus de création, il dirait : c\u2019est n\u2019impor te quoi, votre af faire ! » Or, c\u2019est loin d\u2019être le cas.Cet univers fantaisiste requiert d\u2019autant plus de rigueur.« Il faut que ce soit précis.C\u2019est beaucoup plus mathématique qu\u2019on pourrait le penser.» Cette fois, le trio s\u2019est pourtant adjoint Yves Morin, déjà présent sur scène dans Oh Lord, pour diriger Le spectacle.«On avait besoin d\u2019un œil extérieur pour celui-là, parce que c\u2019était plus complexe, estime Raphaëlle Lalande.Les numéros n\u2019ont pas de début ni de fin tangible, alors il fallait marquer les changements d\u2019univers.» La troupe juge être allée au bout de cet éclatement formel.« On essaie toujours de surprendre, et de nous étonner nous-mêmes, dit l\u2019homme du trio.Mais je ne sais pas à quoi va ressembler notre prochain show, parce que je ne vois pas comment on pourrait aller plus loin dans cette forme.» Comme le futur, Le Projet Bocal est imprévisible.Collaboratrice Le Devoir LE SPECTACLE Texte : Sonia Cordeau, Simon Lacroix et Raphaëlle Lalande.Mise en scène et interprétation : les mêmes, plus Yves Morin.Une production du Projet Bocal.Du 28 novembre au 23 décembre, à La Petite Licorne.T H É Â T R E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 6 E 5 MusUdeM musique.umontreal.ca L\u2019Orchestre de l\u2019Université de Montréal sous la direction de MATHIEU LUSSIER, chef invité présente RUSSIE FANTASTIQUE Alexandre Borodine \u2013 Le Prince Igor : Danses polovtsiennes Sergueï Proko?ev \u2013 Concerto pour piano no 3 en do majeur Soliste : Justin Joon-Kee Min 1er prix du Concours de concerto 2016 de l\u2019OUM Nicolaï Rimski-Korsakov \u2013 Shéhérazade Samedi 3 décembre 2016, 19 h 30 SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE 220, avenue Vincent-d\u2019Indy, Montréal (Métro Édouard-Montpetit) 12 $, gratuit (étudiants) \u2013 En vente à la porte ou à admission.com Mathieu Lussier Le grand bond dans le temps du Projet Bocal Le troisième spectacle du joyeux collectif nous propulse dans un futur éclaté PEDRO RUIZ LE DEVOIR De gauche à droite: Sonia Cordeau, Raphaëlle Lalande et Simon Lacroix, le trio déjanté et décalé derrière l\u2019inclassable Projet Bocal.Il y a beaucoup d\u2019humoristes autour de moi qui ont fait : ah, ça peut être ça aussi, du théâtre ! Quelque chose qui est à la fois drôle pour vrai et tendre.Sonia Cordeau, à propos du Projet Bocal « » C H R I S T O P H E H U S S On pense que tout a été dit dans les Concertos pour violon de Bach ou les Quatre saisons de Vivaldi.Pourtant, deux violonistes, Nemanja Radulovic dans Bach et Gunar Letzbor dans Vivaldi, viennent chambouler nos habitudes.Sont-ils des traîtres ou des visionnaires?Ces disques \u2014 le Bach chez Deutsche Grammophon, le Vivaldi chez Challenge Classics \u2014 nous sont par venus juste après la rédaction du texte sur les chemins de traverse de la musique classique, qui vous présentait Christina Pluhar, Kristjan Jär vi et l\u2019orchestre Aurora.L\u2019arrivée des CD de Letzbor et Radulovic prolonge cette réflexion sur une écoute renouvelée de la musique permettant de capter d\u2019autres auditeurs.Cette fois-ci, par une inventivité folle et débridée.Le retour de la poésie Gunar Letzbor est depuis 20 ans un phare du violon baroque.Ce disciple de Reinhard Goebel parvient à surpasser le côté aventurier de son maître.Fondateur d\u2019Ars Antiqua Austria en 1995, Letzbor a fait sa marque à travers des disques parus chez Arcana et Sympho- nia.Référence dans l\u2019interprétation de la musique des Autrichiens Biber et Schmelzer, il a aussi laissé sa marque dans le répertoire italien (Viviani, Ber- tali, Pandolfi) et arrive à Vivaldi au terme d\u2019une démarche historique logique.Sa version des Quatre saisons est déconcertante, car elle brise les codes.Letzbor reconsidère des nuances et construit des atmosphères et climats fascinants, notamment par l\u2019usage lumineux d\u2019un orgue, qu\u2019il alterne avec le clavecin.Le musicien est l\u2019auteur, dans la notice, d\u2019un texte décapant, véritable diatribe contre l\u2019idée de «performance» en musique.Il déclare avoir voulu «explorer des sons» en fonction des textes poétiques ayant ser vi de fil conducteur à Vivaldi.Le plus, c\u2019est que Letzbor est un génie.Pour les seuls adagios (notamment celui de l\u2019Automne), j\u2019emporte ce disque sur une île déserte, car il marque le retour de la poésie chez Vivaldi.Le moins, c\u2019est que le virtuose baroque des années 1990-2005 n\u2019est plus.Ses sonates de Bach (Pan Classic, 2011) ont montré que Letzbor était un violoniste fragilisé.Ici, ses interventions dans les volets finaux du Printemps et de l\u2019Été auraient dû être refaites avant publication.Mais ce sont des Quatre saisons éblouissantes, qui réveillent et stimulent notre imaginaire.Bach, musicien pop Le dernier à avoir relu ainsi Vivaldi dans un scénario personnel (nettement moins poétique) se nomme Nemanja Ra- dulovic, dans un disque enregistré pour la confidentielle étiquette Transart et licencié depuis à Decca.Lors d\u2019une comparaison d\u2019enregistrements sur France Musique, Radulovic avait d\u2019ai l leurs éclipsé toutes les versions de référence des Quatre saisons.Le violoniste serbe, qui avait fait une impression mitigée à Montréal en passant un concert à faire des claquettes, a depuis été récupéré par Deutsche Grammophon.Il enregistre Bach sans mettre de l\u2019eau dans son vin.Trois mots: choquant, dingue et irrésistible.Mais Radulovic est tout sauf un clown.Le personnage, qui «rocke» et «jazze» son Bach avec une telle flamboyance et témoigne d\u2019une tenue violonistique impeccable, peut amener des jeunes à apprécier une musique qu\u2019ils n\u2019auraient jamais écoutée.La question qui nous taraude invariablement est : jusqu\u2019où fau- dra-t-il surenchérir pour attirer leur attention?Pour l\u2019instant, je vais thésauriser ces deux propositions hardies, qui réhabilitent la notion de plaisir de l\u2019invention, au rayon de mes propres plaisirs coupables.Le Devoir GUNAR LETZBOR Vivaldi : Les Quatre saisons.Jira- nek: Concerto en ré.Ars Antiqua Austria.Challenge SACD CC 72700 (lisible en qualité CD).NEMANJA RADULOVIC Bach : Concerto pour violon BWV 1041, Concerto pour 2 violons BWV 1043.Gavotte de la 3e partita.Arrangements (Aleksandar Sedlar) pour violon et ensemble : Toccata et fugue BWV 565, Air de la 3e Suite en ré, Chaconne de la 2e Partita.+ Concerto pour alto de JC Bach.Ensembles Double sens et Les Trilles du diable.DG 479 5933 M U S I Q U E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 6 E 6 Présenté par La Fondation Arte Musica présente SALLE BOURGIE Billets et programmation complète SALLEBOURGIE.CA \u2022 514-285-2000 ORATORIO DE NOËL Samedi 17 décembre \u2014 15 h Dimanche 18 décembre \u2014 14 h I MUSICI DE MONTRÉAL Jean-Marie Zeitouni, chef J.S.BACH Oratorio de Noël, BWV 248 (Cantates IV, V et VI) Avec la participation du Studio de musique ancienne de Montréal SING THEE NOWELL Dimanche 4 décembre \u2014 14 h NEW YORK POLYPHONY VOCAL ENSEMBLE Geoffrey Williams, contreténor Steven Caldicott Wilson, ténor Christopher Dylan Herbert, baryton Craig Phillips, basse Un superbe concert de musique vocale de Noël pour démarrer la saison en beauté ! SYMPHONIES DES NOËLS Jeudi 22 décembre \u2014 11 h CORRETTE Symphonies des noëls Cinq musiciens interprètent des airs populaires du temps des Fêtes ! M a b e l I r e n e L o c k e r b y , A p r è s u n e t e m p ê t e d e n e i g e , v e r s 1 9 3 5 .C o l l .M B A M COME AND I WILL SING YOU! CHANSONS D\u2019ÉCOSSE, D\u2019IRLANDE ET DE TERRE-NEUVE DIRECTION MUSICALE SYLVAIN BERGERON PRODUCTION LA NEF Meredith Hall, soprano, Sylvain Bergeron, guitare baroque Tina Bergmann, dulcimer à marteaux, Robin Grenon, harpes Grégoire Jeay, ?ûtes, Betsy MacMillan, viole de gambe Alex Kehler, nickelharpa, Patrick Graham, percussions Jeudi 1er décembre 20h Salle Bourgie, Musée des Beaux-Arts de Montréal www.mbam.qc.ca/achats-en-ligne 514-285-2000 option 4 CLASSIQUE Peut-on réinventer l\u2019interprétation ?Deux violonistes repoussent les limites du jeu Hermann Scherchen et René Leibowitz : la foi dans le métronome.Au tournant des années 1960, deux musiciens très engagés dans la musique de leur temps décapent l\u2019interprétation des symphonies de Beethoven en accordant une importance plus grande aux indications métronomiques.Tous deux ont la vision, au début du finale de la 9e Symphonie, d\u2019interpellations vraiment a tempo des contrebasses.Il faudra quatre décennies, et notamment Christopher Hogwood, pour retrouver cette intuition, devenue quasiment la norme aujourd\u2019hui.Scherchen et Leibowitz ne sont pas les deux seuls visionnaires : le Français Charles Munch dans Coriolan, l\u2019Héroïque et une grande partie de la Neuvième a vu des choses avant tout le monde.De même, le pianiste Wilhelm Backhaus fut le seul, il y a 60 ans, à respecter la partition dans le 2e mouvement du 4e Concerto de Beethoven.Alfred Deller : réinventer une voix.Le chanteur et musicologue britannique Alfred Del- ler (1912-1979) est doté d\u2019une voix de ténor haut perchée.Il la travaille et réinvente la tessiture de contre- ténor, disparue depuis deux siècles.Deller a la chance de n\u2019avoir pas été pris pour un phénomène de foire bien longtemps : il a ressuscité une voix, mais aussi, dans les années 1950, tout un répertoire, la chanson élisabéthaine, en plus de susciter de nouvelles compositions, tel le Songe d\u2019une nuit d\u2019été de Britten.Aujourd\u2019hui, le contre-té- nor fait partie intégrante de notre paysage, de même que de nombreux opéras baroques alors oubliés.Nikolaus Harnoncourt: tout remettre en question.Oui, il y a eu d\u2019autres grands pionniers du renouveau baroque, dont Gustav Leonhardt.Mais Har- noncourt (notre photo) est celui qui a franchi les frontières en appliquant ses visions à la musique des périodes classique et romantique.Notre conception de certains tempos ou phrasés a radicalement changé, à en juger par le début de la 39e Symphonie.Ces trublions devenus des références L\u2019histoire de l\u2019interprétation est parcourue de quelques paris d\u2019interprètes marginalisés ou incompris à leur époque, mais qui apparaissent aujourd\u2019hui comme des visionnaires.En voici quelques exemples parmi les plus parlants.PASCAL GUYOT AGENCE FRANCE-PRESSE Le violoniste serbe Nemanja Radulovic « rocke » et « jazze » son Bach avec flamboyance et une tenue violonistique impeccable.SCHLAGER ROLAND AGENCE FRANCE-PRESSE S E R G E T R U F F A U T P our le chanteur, auteur- compositeur et pianiste Ben Sidran, Mose Allison était le William Faulkner de cette alchimie musicale qui fond le jazz dans le blues, ou inversement.Pour le chanteur, au- teur-compositeur et producteur Joe Henry, Mose Allison était le Mark Twain de l\u2019objet musical évoqué.Dans un cas comme dans l\u2019autre, les littéraires s\u2019entend, l\u2019unité de lieu est la même : le Mississippi.Quoi d\u2019autre ?Les deux sont des géants.CQFD : Allison également.Il naquit dans cet État le 11 novembre 1927.Et voilà que le 15 novembre dernier, soit quatre jours après son 89e anniversaire, il est mort.Mais en Caroline du Sud, où il s\u2019était retiré il y a plusieurs années de cela.Conscient de son grand âge, on s\u2019attendait à ce que\u2026 Mais bon, ça fout tout de même le cafard.Car Allison, nous les 60 ans et plus, il nous a accompagnés directement ou indirectement du milieu des années 1960 à tout récemment, soit un demi-siècle.Directement ou indirectement ?À l\u2019instar de J.J.Cale, sa renommée s\u2019est construite tout d\u2019abord sur les interprétations de certaines de ses chansons par les porte-voix British des musiques américaines dans les années 1960.On se souvient très bien que John Mayall fut le premier à enregistrer une pièce d\u2019Allison pour son célèbre Beano Album avec Eric Clapton.Le titre ?Parchman Farm.Un maître Puis ce furent les Yardbirds, Manfred Mann, Brian Auger, Bill Wyman, Georgie Fame et Van Morrison, qui ont consacré tout un disque à ses compositions.Puis ce fut l\u2019introduction décapante du Live at Leeds des Who avec Young Man Blues.Puis il y eut surtout les mots de Ray Davies des Kinks.Et quand l\u2019ombrageux Davies parle, on écoute puisqu\u2019il est le génie de sa génération.Oui, oui, oui\u2026 ça ne se discute pas\u2026 on ne pinaille pas\u2026 Hmmm ! Et alors, les mots de Davies ?Ils se résument comme suit : Allison est un maître.Après la connaissance indirecte, il y eut la directe.Celle- ci se présenta, au début des années 1970, sous la forme d\u2019une compilation de ses enregistrements de la fin des années 1950, début des années 1960, qui avaient disparu simultanément à la disparition pendant plusieurs années de l\u2019étiquette Prestige.L\u2019exception ?Les productions publiées par Atlantic Records.Toujours est-il que la connaissance directe fut le complément d\u2019objet direct de la découverte de cette voix aussi ironique dans ses ponctuations que les mots qu\u2019elle déclinait.Elle fut la découverte d\u2019un pianiste de jazz «plus cool que lui, tu meurs ».Faut dire, on le sait trop peu, qu\u2019avant de chanter sous son nom propre, il accompagna Stan Getz, Ger r y Mull i - gan, Al Cohn, et surtout l\u2019immense Zoot Sims.Oui , grâce à cette compilation, on découvrait un sacré artiste, car il nous confon- dai t : i l é ta i t autant blues que jazz.Après quoi, on l\u2019a suivi à la trace.Et pas une fois, pas une, il ne nous a déçu.Il était ironique, suave.Sa voix a été à la musique ce que celle de Louis Jouvet fut au cinéma : celle de la profondeur.Grâce à son batteur Pete Magadini, on a eu la chance de rencontrer Allison en personne à Montréal et à San Francisco, au Jazz Workshop pour être exact.Et alors ?Allison fut le musicien le plus policé qu\u2019on n\u2019ait jamais côtoyé.P.-S.: il y a un an environ, Pete Magadini a produit et publié un excellent live capté en 2006 et intitulé American Legend : Live in California sur étiquette Ibis Recordings ?Le bassiste Bob Cranshaw est décédé à l\u2019âge de 83 ans des suites d\u2019un cancer.De son aventure musicale, on retiendra qu\u2019elle s\u2019est conjuguée avec le Who\u2019s who du jazz.Au cours des trente dernières années, il fut le bassiste chéri de Sonny Rollins.Avant cela, il avait accompagné Lee Morgan, Dexter Gordon, Zoot Sims, McCoy Tyner, Jackie McLean\u2026 Bref, tous les artistes Blue Note, avant d\u2019avoir été le directeur musical d\u2019émissions télé animées par Merv Griffin et Dick Cavett.Collaborateur Le Devoir Mose Allison, de jazz et de littérature Mose Allison M U S I Q U E CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 6 E 7 © G o - X p l o r e 1395, boul.de la Concorde Ouest www.maisondesarts.laval.ca MAISON DES ARTS DE LAVAL Maison des arts de Laval Métro Montmorency RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX 450 662-4440 BILLETTERIE 450 667-2040 1er DÉC à 20 h VIC\u2019S MIX Groupe RUBBERBANDancense CHORÉGRAPHE Victor Quijada AVEC Amara Barner, Jean Bui, Sydney McManus, Sovann Prom Tep, Zack Tang, Lavinia Vago, Paco Ziel Danse 1395, boul.de la Concorde Ouest www.maisondesarts.laval.ca MAISON DES ARTS DE LAVAL Maison des arts de Laval Métro Montmorency L\u2019ART EST VIVANT Commissaire : Anne-Marie Belley Exposition Visite commentée : 22 janv.à 14 h Salle Alfred-Pellan 5 FÉV 27 NOV 27 NOV au Exposition Vernissage à 14 h Entrée libre Mardi au dimanche 13 h - 17 h HEURES D\u2019OUVERTURE Et les soirs de spectacle jusqu\u2019à 20 h Y V E S B E R N A R D J eudi, à la salle Bourgie, La Nef of fre Come and I Will Sing You !, une œuvre à la fois celtique et baroque.Pendant longtemps, la musique ancienne fut la marque de commerce de la compagnie mont- réalaise, mais cela ne reflète qu\u2019une par tie de la réalité, puisqu\u2019elle s\u2019inspire également des musiques de traditions orales pour créer ou recréer, confronter les disciplines et concevoir des œu- vres pluri ou multidisciplinaires, en rejoignant aussi les enfants, une cible très vivante que l\u2019on fait vibrer depuis les débuts.Vingt-cinq ans plus tard, l\u2019organisme est devenu cet espace de liberté sans étiquette figée dans lequel puisent plusieurs compositeurs- musiciens.Retour sur cette passionnante aventure avec les deux directeurs ar tis- tiques, Claire Gignac et Sylvain Bergeron.« Je pense que ce qui fait notre s ingulari té , c \u2019es t que, quand on a fondé la compagnie, on n\u2019a pas créé un groupe de musiciens fixe.On voulait des créateurs, des concepteurs, des musiciens de backgrounds dif férents avec lesquels on allait travail ler et créer des équipes mixtes qui changent d\u2019une production à l\u2019autre.Ç\u2019a toujours été un brassage d\u2019idées très dynamique » , af f irme Claire Gignac.Au début, on opte pour la forme musique-théâtre, des activités pour enfants et la musique ancienne, un secteur associé à Sylvain Bergeron.« Contrairement à plusieurs groupes en Europe qui misaient sur la recherche des sources et l\u2019authenticité, on voyait davantage dans la musique ancienne un élément malléable qui of fre plus de liberté.On sautait d\u2019un siècle à l\u2019autre et c\u2019était assez éclaté au niveau de l\u2019approche, parce que la main de la musique traditionnelle se tendait.Il n\u2019y avait pas de cloisons clairement établies.» Vers 2000, La Nef s\u2019ouvre davantage aux créations originales et aux musiques du monde.« C\u2019était le reflet de l\u2019évolution de La Nef et il n\u2019y a pas eu de coupures, soutient Claire Gignac.Je voulais travailler avec des compositeurs contemporains, mettre sur pied des équipes avec des gens qui composent.Avec André Hamel, par exemple, nous avons créé en 2004 Urnos, un gros projet avec une approche très ancienne et très contemporaine.C\u2019est une œuvre qui a du souffle, puisque nous sor tons le disque en décembre.» Depuis les années 2010, La Nef fonctionne avec un comité artistique composé de Seán Da- gher, de Patrick Graham, de Pierre-Alexandre Saint-Yves, de Dorothéa Venture et d\u2019Andrew Wells-Oberegger, tous des créa- teurs-compositeurs qui sont par tie intégrante des programmes de la compagnie.Le secteur jeune public y conserve aussi son importance avec Suzanne De Serres, qui a développé depuis une dizaine d\u2019années l\u2019art du conte musical.Quels sont maintenant les rêves des deux directeurs artistiques concernant La Nef ?Les réponses sont très dif fé- rentes : « Je ne ferai pas nécessairement de gros projets et je veux garder une série intime autour du luth », af firme Sylvain Bergeron.« J\u2019ai envie de faire de plus gros projets qui impliquent beaucoup de gens et beaucoup de disciplines », dit pour sa part Claire Gignac.Et elle conclut : « Le projet artistique de la compagnie est de plus en plus large et ne s\u2019essouffle pas du tout.Après 25 ans, la compagnie est en expansion.» Collaborateur Le Devoir COME AND I WILL SING YOU ! À la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal, le jeudi 1er décembre à 20 h.Rencontre avec les musiciens à la Maison de la culture Maisonneuve le mardi 29 novembre à 19 h.Créer sans étiquette fixe à La Nef La compagnie montréalaise célèbre son 25e anniversaire avec Come and I Will Sing You ! «Le programme est conçu comme une espèce de tapisserie des plus beaux moments qu\u2019on a vécus avec la soprano Meredith Hall.Une bonne partie est consacrée à la poésie de Robbie Burns, tout en douceur.Puis, on s\u2019éclate un peu en allant vers Terre-Neuve, l\u2019île de Man, le pays de Galles, l\u2019Angleterre, l\u2019Irlande, l\u2019Écosse et la Bretagne.» Come and I Will Sing You ! vu par Sylvain Bergeron ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Moment de complicité entre Sylvain Bergeron et Claire Gignac, les directeurs artistiques qui donnent toutes ses couleurs à La Nef. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 6 DE VISU E 8 C U L T U R E Soyez les premiers à découvrir le Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein La construction du Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein a été réalisée grâce au ?nancement du gouvernement du Québec.Le réaménagement des collections d\u2019art international du Musée a été rendu possible en partie grâce à l\u2019appui du gouvernement du Canada.| Atelier du baron François-Pascal-Simon Gérard, Portrait en buste de Napoléon Ier en costume de sacre (détail), vers 1805.| John Currin, Sœur (détail), 1992.© John Currin | | | Présentateur de l\u2019année de la paix 750 ŒUVRES DES MAÎTRES ANCIENS À L\u2019ART CONTEMPORAIN Entrée gratuite à toutes les collections du Musée jusqu\u2019au 15 janvier 2017 « Un phare culturel » \u2014 Wallpaper « D\u2019une beauté à couper le souf?e » \u2014 ICI Radio-Canada Première « \u2026 un supplément d\u2019âme, une prestance, une classe sans précédent » \u2014 La Presse « Un nouveau joyau culturel pour Montréal » \u2014 Téléjournal, Radio-Canada « Un musée singulier » \u2014 Le Devoir « Une des meilleures expériences en ville » \u2014 Montreal Gazette LES GLACIERS De Patrick Bernatchez, à la galerie Battat Contemporary jusqu\u2019au 21 janvier.N I C O L A S M A V R I K A K I S A près l\u2019impressionnante exposition-bilan qu\u2019il a eue l\u2019an dernier au Musée d\u2019ar t contemporain de Montréal (MAC) \u2014 expo qui a voyagé en Ontario, au Luxembourg et en Belgique entre 2014 et 2016 \u2014, Patrick Ber- natchez a entrepris un nouveau cycle d\u2019œu- vres.Il en a développé les prémices au mois d\u2019août dernier, lors d\u2019une résidence de création à L\u2019Écart, lieu d\u2019art actuel de Rouyn-No- randa.Ce nouveau cycle, il nous le dévoile à la galerie Battat.Intitulée Les glaciers, cette exposition nous rappellera la démarche des écrivains et artistes symbolistes de la fin du XIXe siècle qui expliquaient que, devant le mystère du monde et de la vie, il faut créer une œuvre elle aussi cryptique.Voici une présentation qui, en effet, semblera dominée par une sorte de code dont il faut percer le secret.Son dispositif pourra même sembler un peu opaque et très éclaté, morcelé entre diverses installations, groupe d\u2019objets qui demanderont une participation active de la part du spectateur afin d\u2019en comprendre la nature profonde.Un exemple : sur un mur, Bernatchez projette un film, mais en n\u2019ayant pas fait la mise au point de l\u2019image\u2026 Ainsi, nous ne pouvons voir que des couleurs et des formes floues qui évoquent plus qu\u2019elles ne décrivent le monde qui nous entoure.Il y a presque quelque chose de magique dans ce dispositif.Cette installation ne sera pas sans faire penser à la complexe exposition Ura- niborg de Laurent Grasso au MAC en 2013.Mais décrivons plus les méandres de l\u2019expo de cette œuvre de Bernatchez.Chemin faisant, des pistes de lecture s\u2019y dévoileront\u2026 Au centre de la salle, une sorte d\u2019araignée articulée, lentement animée \u2014 proche de celle réalisée en bronze par Louise Bourgeois et qui s\u2019intitule Maman \u2014, formée de queues de billard, entoure une table de chambre d\u2019hôpital.Ces deux éléments évoqueront tout un monde de fragilité et bien sûr de maladie.Sur cette table est posé un livre du XIXe siècle sur lequel on peut voir la gravure d\u2019un glacier, le « château for t de glace de la baie de Melville » à l\u2019ouest du Groenland\u2026 Une boule de billard repose sur cette page, non pas tellement pour en maintenir l\u2019ouverture \u2014 cette boule apparaissant plutôt dans un état de grande précarité \u2014, mais bien pour nous entraîner vers une autre piste de lecture.Cette boule, qui repose sur un livre ancien, évoque certainement plus un ef fet ricochet, comme celui de l\u2019augmentation des gaz à effet de serre sur le réchauffement climatique qui fait fondre les grands glaciers du monde.Ainsi ces glaciers risquent donc de n\u2019être bientôt plus que des images présentes dans des ouvrages d\u2019une autre époque\u2026 Dans notre siècle où les climatosceptiques, pourtant très minoritaires dans la communauté des scientifiques, risquent bientôt de venir polluer la Maison-Blanche, voilà déjà une piste de lecture intéressante.Mais il ne faudra pas faire de l\u2019œuvre de Bernatchez une simple illustration de questions climatiques évoquant la possible fin de l\u2019humanité.Cer tes, cet élément de l \u2019exposition \u2014 groupe d\u2019objets formant l\u2019installation intitulée Les glaciers \u2013 Aimée \u2014 est entouré de plusieurs images, anamorphoses de paysages se transformant en images de crâne\u2026 La mort semble donc en effet très présente dans cette exposition.Mais, à travers ce dispositif, Ber- natchez évoque peut-être aussi d\u2019autres pistes de lecture.Plusieurs objets font référence à d\u2019autres thèmes ou repères.Plusieurs éléments semblent traiter de la lumière et de la noirceur, ce qui pourrait être des métaphores de la raison et de l\u2019obscurantisme.D\u2019autres évoquent un monde de bureaucratie, de protocoles, de méthodes de classement, de démarches scientifiques, mais aussi la question du désordre\u2026 Ici un meuble aux tiroirs à peine ouverts, mais pas assez pour que nous puissions en observer l\u2019intérieur, semble nous inviter à en imaginer le contenu\u2026 Tous ces éléments nous parlent en fait de la place du rêve et de l\u2019inconscient dans nos rapports continuels avec la vie.Un nouveau cycle dont il faudra suivre les développements.Collaborateur Le Devoir La partie visible de l\u2019iceberg L\u2019artiste Patrick Bernatchez nous plonge dans un univers de codes secrets symbolistes avec Les glaciers trop restreinte.Tout le contraire des Cloaca, réalisées entre 2000 et 2009, qui ne dérangent plus aujourd\u2019hui.« Cloaca se moque de tout, fait-il remarquer.De l\u2019artiste, du musée, de la science, de l\u2019homme, de la vie.Personne n\u2019est exclu, parce que tout le monde fait caca.Les témoins de Jéhovah aussi.C\u2019est quelque chose de cosmopolite.» «Les cochons, c\u2019est un problème classique.Les gens se soucient de leur image.C\u2019est embêtant de se faire dire qu\u2019on maltraite les animaux», dit-il en contrepartie.Il assure ne pas vouloir choquer.Il ne fait que réagir à son monde.Il ne porte pas une grande estime à ceux qui clament de grandes vérités, les scientifiques notamment.Lorsque ceux-ci se sont mis au clonage, avec la brebis Dolly, Delvoye a imaginé des machines qui défèquent, des cochons tatoués comme des humains.« La biotechnologie, croit-il, sera encore plus importante qu\u2019elle l\u2019est déjà.C\u2019est l\u2019époque de l\u2019identité génétique.Dire, comme au XXe siècle, je suis Mexicain, je suis une femme, est un peu daté.On se demande maintenant ce que c\u2019est qu\u2019être humain.» Collaborateur Le Devoir WIM DELVOYE DHC/ART Fondation pour l\u2019art contemporain, 451, rue Saint-Jean, du 30 novembre au 19 mars.SUITE DE LA PAGE E 1 DELVOYE PATRICK BERNATCHEZ Vue de l\u2019œuvre Aphélie dans l\u2019exposition Les glaciers de Patrick Bernatchez.SOURCE DHC/ART Wim Delvoye, Pablo, 2005.Peau de cochon tatouée, 167 x 139 cm.Avec l\u2019aimable permission de l\u2019artiste et de la galerie Perrotin, Paris.SOURCE DHC/ART Wim Delvoye, Untitled (Maserati), 2012.Aluminium embossé, 80cm x 450cm x 180cm.Avec l\u2019aimable permission de l\u2019artiste. C I N É M A CULTURE \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 6 E 9 FUOCOAMMARE, AU-DELÀ DE LAMPEDUSA ?1/2 Documentaire de Gianfranco Rosi.France-Italie, 2016, 109 minutes.O D I L E T R E M B L A Y O n retrouve des éléments rares et précieux dans ce documentaire : l\u2019alliage de la poésie et de l\u2019hyperréalisme, la quête du cadrage parfait, le dialogue sur l\u2019île de Lampe- dusa entre la vie quotidienne des insulaires et les vagues qui apportent les bateaux de réfugiés, ceux-ci tremblant, mourant par fois sous nos yeux.Et tous ces mondes s\u2019interpénètrent dans l\u2019harmonie des sphères, pour ainsi dire.Lauréat de l\u2019Ours d\u2019or au dernier Festival de Berlin et grand événement de cette édition, Fuocoammare , du ci - néaste i ta l ien Gianfranco Rosi, est une œuvre incon- tour nable , concur rent de l\u2019Italie aux prochains Oscar, attendu dans la liste des nominations.Ce cinéaste avait remporté le Lion d\u2019or de Venise en 2013 avec son précé- dent Sacro Gra.Rosi aura passé plus d\u2019un an sur l\u2019île de Lampedusa, première escale européenne pour les migrants venus d\u2019Afrique et du Moyen-Orient, à 110 kilomètres de la Tunisie.L\u2019endroit est devenu l\u2019épicentre fragile de la crise qui transforme la Méditer ranée en charnier.Six mille habitants, avec tous ces rafiots qui sombrent sous leur nez, sans qu\u2019ils les observent tant que ça.Gianfranco Rosi montre les deux côtés de la médaille.Penché sur les figures de six insulaires criants de naturel, dont un tout jeune garçon de 12 ans à la fois touchant et cruel qui refuse d\u2019aimer la mer, cette source de vie collective, et fait les 400 coups.Ce va-et-vient réussi entre des existences, somme toute presque banales, et la tragédie sans nom des migrants constituait le grand pari de Rosi.Loin de suivre une structure linéaire, son documentaire s\u2019arrête patiemment à chaque personnage, puis file ailleurs.Nous sommes ici aux antipodes du reportage minute sur Lampedusa pour ce qui est de la durée, de la profondeur.Sans voix hors champ, avec des images si par faites qu\u2019elles entrent presque en conflit avec leur sujet, celles-ci finissent en écrin par le faire briller.Un magnifique personnage assure le pont, le docteur Pietro Bartelo, figure d\u2019humanité qui refuse de baisser les bras, malgré les cauchemars qui l\u2019assaillent, et qui tente de sauver des vies avec un courage qui impressionne.Modèle dans un monde qui en manque, rempart contre l\u2019aveuglement qui baigne aussi Fuocoammare, symbolisé par les problèmes de vision du petit garçon armé d\u2019un lance- pierres.Mais ça vaut aussi pour les pêcheurs, les dames en noir, le DJ, les villageois dépassés par une situation plus grande que la somme de ses habitants.Déchirant la poésie des images (le cinéaste tient lui- même la caméra), ces séquences dans les bateaux avec des immigrants brûlés par le pétrole dans la cale, suf focants, agonisants sont la confrontation ultime du spectateur avec la par t obscure de ses pires mauvaises consciences.Les écailles lui tombent des yeux avec une force et un art qui le laissent sans voix.« Quand tant de gens meurent pour traverser quelques miles entre la Turquie et Les- bos, chargés à bloc par les passeurs à coups de trafic humain, de mises à mort, les plus pauvres envoyés dans la cale se faire brûler par le mazout, nous devenons complices si nous ne faisons rien », nous confiait le cinéaste à Berlin, où il fut longtemps applaudi.Le Devoir Vivre et mourir à Lampedusa Un documentaire-choc et magnifique raconte l\u2019île de Lampedusa, à la fois refuge et charnier QUAND ON A 17 ANS ?Drame initiatique d\u2019André Té- chiné.Avec Sandrine Kiberlain, Kacey Mottet Klein, Corentin Fila, Alexis Loret.France, 2016, 116 minutes.O D I L E T R E M B L A Y A rrimant son titre au premier vers du poème Roman de Rimbaud, On n\u2019est pas sérieux quand on a 17 ans, le cinéaste français André Té- chiné ajoute une couche de poésie à un film sur l\u2019adolescence revisitée avec le même bonheur qu\u2019à travers ses inoubliables Roseaux sauvages , vingt ans plus tôt.Cet âge entre deux eaux l\u2019inspire, avec ses plages de découvertes, nourries de désirs voilés, de deuils maquillés, de pulsions obscures ; ceux-ci mariés à des paysages de montagnes grandioses qui rendent un peu dérisoires les passions humaines.Les amours décrites dans Quand on a 17 ans sont placées sous l\u2019angle d\u2019une homosexualité née sur le terreau de la violence.Intimidation, rap- por t trouble aux parents, ce film aborde l\u2019âge ingrat (et innocent) avec les thèmes d\u2019au- jourd\u2019hui, dont une relation homosexuelle frontale à la crudité toute contemporaine.Des scènes jadis reléguées au cinéma porno (Les roseaux sauvages impliquait l\u2019opprobre social des amours gaies) se voient désormais inscrites au naturel dans le cours de la vie.Deux jeunes interprètes de talent : Kacey Mottet Klein et Co- rentin Fila, le premier rouquin bourgeois qui subit et désire, l\u2019autre mulâtre adopté, issu d\u2019un monde rural, objet des fantasmes, portent le film.Sa première partie, qui ne donne pas ses codes, apparaît particulièrement subtile et fluide, sur grand brouillage des pistes avec désirs en suspension dans l\u2019air des montagnes et caméra magnifique de Julien Hirsch.La très sensible Céline Sciamma (cinéaste de La naissance des pieuvres, de Tomboy, etc.) semble avoir beaucoup appor té à ce scénario écrit à quatre mains avec un Téchiné apparemment inspiré une fois de plus par sa propre enfance.Et sans moralisme d\u2019aucune sor te, collés aux émotions, aux pulsions parfois énigmatiques de ces personnages, tous deux font évoluer l\u2019action hors des cadres.Ici, deux ados, rivaux à l\u2019école \u2014 l\u2019un frappe l\u2019autre \u2014, se cherchent une définition d\u2019eux-mêmes et un avenir possible.Quand la mère cool du garçon intimidé (Sandrine Kiber- lain, à la fois solaire et ambiguë) invite la belle brute à demeurer avec eux le temps d\u2019une saison scolaire, la partie évolue et la violence se transforme en une attirance dif fuse et mal nommée.Adoption, deuil, éducation : des sous- thèmes se gref fent aux éveils sensuels.Mais tout est naissance et parcours initiatiques, tant pour les jeunes explorateurs de l\u2019amour que pour la mère bientôt veuve d\u2019un mari mil i ta ire (Alexis Loret , qui n\u2019existe ici que sur Skype), dont la per te la propulse hors d\u2019elle-même.Ici, Téchiné ausculte son monde, malgré une certaine distance qui l\u2019empêche de plonger au plus profond des tourments juvéniles, tout en les confrontant à un paysage majestueux et sublime, amarrant ses amours humaines à des dimensions qui les dépassent, comme si les montagnes devenaient des déesses à l\u2019ombre desquelles tout est licite, tout est agréé, au passage de l\u2019amour.Le Devoir Le premier souffle de l\u2019amour André Téchiné retrouve les émois adolescents avec Quand on a 17 ans Téchiné ajoute une couche de poésie à un film sur l\u2019adolescence revisitée avec le même bonheur qu\u2019à travers ses inoubliables Roseaux sauvages TVA FILMS Ici, deux ados, rivaux à l\u2019école, se cherchent une définition d\u2019eux-mêmes et un avenir possible.EYE STEEL FILM Fuocoammare, du cinéaste italien Gianfranco Rosi, est une œuvre incontournable, concurrent de l\u2019Italie aux prochains Oscar. CHRISTINE ?Drame d\u2019Antonio Campos.Avec Rebecca Hall, Michael C.Hall, Tracy Letts, Maria Dizzia.États-Unis, 2016, 120 minutes.A N D R É L A V O I E L e 15 juillet 1974, cette tragédie a littéralement fait la une : Christine Chubbuck, journaliste à la station de télévision WZRB de Sarasota en F lor ide , a u t i l i sé une arme à feu pour se suicider.Le tout s\u2019est déroulé en direct, pendant le bulletin de nouvelles, rendant encore plus absurde et cruel le nouveau mantra médiatique : « If it bleeds, it leads.» Comment cette femme ambitieuse a-t-elle pu en arriver là ?C\u2019est la question que se pose Antonio Campos (Simon Killer, Afterschool) dans Christine, mais sans vouloir y répondre de manière définitive.Beaucoup de choses restent en marge, le cinéaste préférant obser ver sans ef fets de toge les faits et gestes de celle qui ressemble souvent à un animal traqué, abrasive avec ses collègues, colérique face à l\u2019autorité, et timide la plupart du temps.Pour tout dire, cette femme demeure un mystère, y compris pour sa mère, elle dont la frivolité cache un réel embarras.Lorsque cette hippie sur le tard évoque les épisodes de déprime de sa fille, dont à Boston (on n\u2019en saura guère plus), c\u2019est sur tout pour souligner une fragilité aux allures de bombe à retardement.P e u i m p o r t e q u e l \u2019 o n connaisse ou pas l\u2019issue de cette af faire qui aujourd\u2019hui encore dépasse l\u2019entendement, ce por trait d\u2019une déchéance annoncée brille par son acuité, sa franchise, et une absence de pathos.Car cette femme est scrutée dans toute sa complexité et ses contradictions (attendrissante pour les enfants d\u2019un hôpital, impitoyable pour le reste de l\u2019humanité), apparaissant aussi comme la métaphore névrosée d\u2019un milieu en mutation.Embrasser le sensationnalisme naissant pour dynamiser les nouvelles locales ou résister aux tentations de la tyrannie de l\u2019human interest : son dilemme moral se situe là, avec une gravité décuplée alors que de multiples détails en apparence anodins, dont sa virginité à 29 ans, viennent confirmer la vulné- rabi l i té d \u2019une professionnel le de l \u2019 infor mation qui heureusement ignorai t la dictature des multitâches et des multiplaformes\u2026 Comme une menace un peu sourde, le bruit médiatique autour du scandale du Watergate amplifie les bouleversements de ce microcosme farci de personnages aussi nuancés que l\u2019héroïne principale, qu\u2019il s\u2019agisse du présentateur-ve- dette (Michael C.Hall, pas juste une belle gueule), du patron au profil digne de Godzilla (Tracy Letts ferait sensation dans une série de Réjean Tremblay) ou de la collègue au grand cœur mais pas dé- pour vue d\u2019ambition (excellente Maria Dizzia dans ce rôle en apparence modeste, mais d\u2019une grande noblesse à la toute dernière image).Ces interprètes sont d\u2019autant plus admirables que l\u2019esthétique du film célèbre moins l\u2019euphorie caricaturale de cette époque que l\u2019inquiétude sourde qui la ronge.Peut-être, et surtout, sont-ils électrisés par la per formance de Rebecca Hall, elle qui ressemble parfois à Shelley Duvall dans The Shining, de Stanley Kubrick, l\u2019hystérie en moins.Cachée derrière ses longs cheveux noirs, habillée de façon à se confondre avec le décor (souvent terne, voire hideux), l\u2019actrice britannique endosse avec force, mais sans forcer la note, les paradoxes d\u2019une femme qui rêvait d\u2019informer tout en refusant de donner de ses nouvelles sur son profond désarroi.Collaborateur Le Devoir Elle a tué la une Christine, la chute d\u2019une journaliste ambitieuse, mal dans sa peau L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 6 CINEMA E 10 C U L T U R E 335, boul.de maisonneuve est montréal, h2x 1k1 berri-uqam +1 514 842-9768 cinematheque.qc.ca COMPÉTITION INTERNATIONALE 2 26 NOV.19h COMPÉTITION INTERNATIONALE 3 26 NOV.17h Programme et billets : sommetsanimation.ca PROJECTION SPÉCIALE Louise en hiver (Jean-François Laguionie) 26 NOV.19h « VOILÀ MON FAVORI DE CANNES » Marc-André Lussier, LA PRESSE REPRÉSENTANT DE LA FRANCE AUX OSCARS® Meilleur ?lm en langue étrangère PREMIÈRE LES INROCKUPTIBLES LAURENT LAFITTE DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE ANNE CONSIGNY CHARLES BERLING VIRGINIE EFIRA SCÉNARIO DE DAVID BIRKE D\u2019APRÈS LE ROMAN « OH\u2026 » DE PHILIPPE DJIAN E L L E ISABELLE HUPPERT SAÏD BEN SAÏD et MICHEL MERKT PRÉSENTENT UN FILM DE PAUL VERHOEVEN PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE MANCHESTER BY THE SEA (V.O., S.-T.F.) ?Drame de Kenneth Lonergan.Avec Casey Affleck, Lucas Hedges, Michelle Williams, Kyle Chandler, Gretchen Mol.États- Unis, 2016, 137 minutes.F R A N Ç O I S L É V E S Q U E L e film Manchester by the Sea débute sur une scène attendrissante et chaleureuse.Sur un chalutier, un gamin, Patrick, et son oncle, Lee, se chamaillent gentiment avec la complicité du père, Joe, qui tient le gouvernail.Générique, ellipse.On retrouve Lee dans son quotidien de concierge, à Boston.On peine à reconnaître dans cet homme taciturne et froid l\u2019oncle taquin du commencement.Coup de téléphone, coup du sort : dans leur ville natale de Manchester-by-the-Sea, son frère Joe est mort.Et c\u2019est à Lee que le défunt a confié la garde de son fils Patrick, à présent âgé de 17 ans.Douloureuse, la situation est d\u2019autant plus pénible pour Lee que ce retour au bercail obligé le force à revivre une tragédie antérieure, que non seulement il porte en lui, mais qui en est par surcroît venue à le définir.La nature de celle-ci est graduellement révélée au spectateur au détour d\u2019allusions et de retours en arrière qui continuent, un temps, de rappeler qu\u2019il fut une époque où Lee exsudait insouciance et joie de vivre.Mais que s\u2019est-i l passé pour qu\u2019il se transforme de la sorte ?Drame reconfiguré Une fois ce mystère élucidé au terme du premier acte, le regard que l\u2019on pose sur la situation de Lee et de son neveu change considérablement.Beaucoup plus complexes qu\u2019il n\u2019y paraissait d\u2019emblée, les enjeux psychologiques ainsi étof fés reconfigurent le drame qui est en train de se jouer.Un drame, for t heureusement, que le cinéaste et scénariste Kenneth Lonergan (Tu peux compter sur moi) émaille de brefs moments d\u2019humour, sur tout par l\u2019entremise de cette complicité un peu bourrue qui unit toujours Lee et son neveu Patrick.Le dosage est très similaire à celui privilégié dans le classique Kramer contre Kramer, récit d\u2019un père qui se retrouve à s\u2019occuper seul, pour la première fois, de son fils et qui, après maintes tribulations, doit se battre pour en conser ver la garde.Manchester by the Sea (en version originale avec sous-titres français) inverse la prémisse en faisant de Lee une figure paternelle récalcitrante.Son refus, initialement décon- cer tant, de se plier aux dernières volontés de son frère devient l\u2019occasion d\u2019explorer un dilemme moral inusité.Affleck saisissant L\u2019un des aspects les plus brillants du scénario est de révéler assez rapidement que Joe souf frait d\u2019une maladie cardiaque dégénérative et que sa mor t était annoncée.Le deuil du frère et du fils n\u2019en est pas moins ardu, mais ce choix dramaturgique permet à Lonergan de glisser le drame passé de Lee à l\u2019avant-plan, subtilement.Casey Affleck est saisissant d\u2019authenticité dans le rôle de ce type qui sait que le mieux pour son neveu passe peut- être par le pire pour lui-même.Comédien doué, il était déjà remarquable en flic à l\u2019inst inct pater nel développé dans Gone, Baby Gone, réalisé par son frère Ben il y a presque dix ans.Plus souvent en soutien (Au cœur du brasier, Interstellaire) qu\u2019en vedette depuis, Casey Affleck livre ici une interprétation d\u2019un calibre rare, tout d\u2019intériorité expressive et de tristesse larvée.En différé Le film brosse en outre, en toile de fond, un portrait de petite ville très juste, très crédible.S\u2019y côtoient sur tout de braves gens, mais quelques âmes mesquines également.Revenant sous sur veillance, Lee est un objet de ragots, d\u2019aucuns se plaisant à baser leur impression de ce dernier sur des ouï-dire ayant au fil des ans pris valeur de vérité.L\u2019une des sensations du Festival de Sundance, Manchester by the Sea est une œu- vre admirablement construite.Il s\u2019agit d\u2019un film qui met un moment à se déposer dans l\u2019esprit, et le cœur, du cinéphile.C\u2019est a posteriori que son impact se ressent, bouleversant, prégnant.Le Devoir De deuils en renoncements Manchester by the Sea devrait établir Casey Affleck en tant qu\u2019acteur de premier plan CINÉMA DU PARC Ce portrait d\u2019une déchéance annoncée brille par son acuité, sa franchise, et une absence de pathos.MÉTROPOLE FILMS Casey Affleck est saisissant d\u2019authenticité dans le rôle de ce type qui sait que le mieux pour son neveu passe par le pire pour lui-même."]
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