Le devoir, 28 novembre 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 2 7 1 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Sommet.Les pays francophones veulent unir leurs forces et leurs expertises pour lutter contre le terrorisme.Page A 2 Actualités \u203a Série «L\u2019école à l\u2019examen ».Entretien avec l\u2019auteur et philosophe Normand Baillargeon.Page A 2 Avis légaux.A 6 Décès.B 8 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 8 Sudoku.A 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Québec réserve 12 millions à l\u2019enseignement supérieur Page A 3 François Fillon, champion de la droite Celui qui dit incarner les valeurs françaises est donné favori pour la présidentielle de 2017 Page B 1 M A R I E - M I C H È L E S I O U I C ritiqué pour ses commentaires chaleureux à l\u2019endroit de Fidel Castro, le premier ministre Justin Trudeau a dû reconnaître dimanche que le Líder Máximo, décédé vendredi, était un dictateur.L\u2019admission, cependant, n\u2019enlève rien à l\u2019importance de reconnaître les accomplissements du père de la révolution cubaine, a plaidé le premier ministre, à la fermeture du Sommet de la Francophonie, à Madagascar.C\u2019est pourtant en abordant les droits de la personne, et plus particulièrement des minorités sexuelles, que le premier ministre canadien avait lancé ce sommet.Mais en qualifiant samedi Fidel Castro de « leader plus grand que nature », de « révolutionnaire et [d\u2019]orateur légendaire », Justin Trudeau s\u2019est attiré les foudres de politiciens campés sur sa droite, au Canada comme aux États-Unis.«Est-ce une vraie déclaration ou est-ce une parodie?», a demandé le sénateur républicain de la Floride, Marco Rubio.«Honteux.Pourquoi les jeunes socialistes idéalisent-ils les tyrans totalitaires?Castro, Staline, Mao, Pol Pot : tous de vilains meurtriers, des adeptes de la torture », a ajouté son ancien concurrent à la course au leadership républicain, Ted Cruz.Entre ami et dictateur La réaction de Justin Trudeau a pris la forme d\u2019une réponse à une question d\u2019une journaliste, Castro était un dictateur, reconnaît Trudeau Le premier ministre a été très critiqué pour son hommage à l\u2019« ami de longue date » du Canada et de sa famille JACQUES NADEAU LE DEVOIR Fidel Castro a assisté aux funérailles de l\u2019ancien premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau le 2 octobre 2000, à Montréal.À l\u2019avant-plan, Justin Trudeau et sa mère, Margaret.J E S S I C A N A D E A U I Inquiètes de perdre une partie importante de leur clientèle et de leur chiffre d\u2019affaires, les garderies privées font des démarches à Québec pour que le programme de maternelle 4 ans soit of fert dans leurs installations plutôt que dans le réseau public.Pour l\u2019instant, ce programme est offert uniquement dans certains milieux défavorisés, mais le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, compte accélérer son déploiement, et l\u2019Association des garderies non subventionnées en installation \u2014 qui n\u2019incluent pas les garderies privées en milieu familial \u2014 envisage le pire pour le jour où il s\u2019étendra à l\u2019ensemble du Québec.« Si les enfants de quatre ans partaient pour la grande école, cela aurait des impacts désastreux pour les membres de l\u2019Association des garderies non subventionnées en installation, car les enfants de 4 ans représentent 30 % de leur clientèle.Une telle décision viendrait déstabiliser et mettre en péril tous les secteurs des services de garde », plaidait récemment la porte-parole de l\u2019association, Suzanne Gagnon, lors des consultations sur la réussite éducative de Montréal.Elle évoque notamment des pertes d\u2019emploi à prévoir chez les éducatrices, une restructuration et le refinancement des garderies du réseau.« Ce serait une condamnation pour les garderies non subventionnées en installation », ajou- tait-elle dans sa présentation.Lien d\u2019attachement Pendant une quinzaine de minutes, les représentants de l\u2019association ont tenté de convaincre le ministre que les enfants et leurs parents seraient mieux servis dans leurs garderies plutôt qu\u2019à l\u2019école.« D\u2019une part, nos installations sont équipées pour leurs groupes d\u2019âge, elles sont plus petites et plus adéquates pour eux, à l\u2019intérieur comme dans les cours aménagées à l\u2019extérieur », soutient l\u2019association.Les garderies privées veulent s\u2019approprier la maternelle à 4 ans F A B I E N D E G L I S E C e n\u2019est pas le meilleur moment, mais c\u2019est celui qu\u2019il a choisi.En lançant cet automne Le dernier assaut (Casterman), le prolifique bé- déiste Jacques Tardi a décidé de mettre un point final à la vaste enquête qu\u2019il dessine et qu\u2019il mène depuis des années sur la Première Guerre mondiale, ses horreurs, ses destins brisés, ses humains sacrifiés à grand coup de gaz moutarde ou de bombes à fragmentations qui ont dévisagé, cassé les gueules, d\u2019une bonne partie de la jeunesse européenne de cette époque-là.Le temps est venu de passer à autre chose, de finir le dixième tome des aventures d\u2019Adèle Blanc-Sec \u2014 dont quelques planches attentent depuis 2007 le retour d\u2019un intérêt chez leur auteur \u2014 ou d\u2019adapter un roman, précise au téléphone le dessinateur, de manière hypothétique, sans trop s\u2019engager.Et puis soudain, il se met à douter.« Peut-être devrais-je continuer d\u2019explorer ce sujet immense et interminable de la Première Guerre mondiale »?Tout arrêter, à un moment dans l\u2019histoire où le besoin de se souvenir des drames du passé que l\u2019on pourrait re- BANDE DESSINÉE La force du dessin contre l\u2019histoire qui hoquette Jacques Tardi met un point final à son vaste projet de mémoire d\u2019une sale guerre CASTERMAN Extrait d\u2019une planche de la nouvelle bande dessinée de l\u2019auteur et illustrateur français Jacques Tardi.Le prolifique bédéiste met un point final à la vaste enquête qu\u2019il mène depuis des années sur la Première Guerre mondiale.Lire aussi \u203a L\u2019effacement.Un éditorial de Guy Taillefer.Page A 8 Lire aussi \u203a Fidel, le culte fané.Une chronique de François Brousseau.Page B 1 Lire aussi \u203a La naissance du mythe.Le leader révolutionnaire doit beaucoup à un reporter du NYT.Page A 5 VOIR PAGE A 10 : CASTRO VOIR PAGE A 10 : MATERNELLE VOIR PAGE A 10 : DESSIN Si vous étiez ministre, quelle serait la priorité de votre mandat?Sans hésiter, ce serait de mettre sur pied ce que j\u2019appellerais une commission Parent 2.0.Politiquement non partisane, elle serait formée de personnes crédibles et indépendantes à l\u2019égard tant des par tis politiques que des divers lieux de pouvoir en éducation, lesquels en mènent parfois bien trop large.Cette commission serait assistée dans son travail par un indispensable comité scientifique, capable de l\u2019éclairer par des données probantes par tout où cela est possible et souhaitable.Son mandat serait d\u2019abord de combler cette carence conceptuelle, je veux dire philosophique et normative, qui est la nôtre 50 ans après Parent et après le détournement des États généraux du milieu des années 90.Pour cela, il lui reviendrait d\u2019abord de préciser ce que collectivement nous entendons être l\u2019éducation et les fins qu\u2019elle doit ser vir.Son mandat serait ensuite de dresser un état des lieux à la lumière de ces finalités.Il lui reviendrait enfin de préciser les moyens à mettre en œu- vre pour atteindre ces dernières.On donnerait à cette commission le temps et les ressources lui permettant de faire correctement son travail, lequel mettrait fin à de trop nombreuses années de rapiéçage et d\u2019improvisation.Que faut-il changer dans l\u2019actuel système d\u2019éducation?Je pense que c\u2019est tout ce qui fait obstacle à l\u2019atteinte simultanée de ces deux objectifs que la massification de l\u2019éducation nous demande de concilier, à savoir l\u2019excellence et l\u2019égalité des chances.Le récent rapport du Conseil supérieur de l\u2019éducation est une intéressante amorce de ce travail.Mais sa véritable complétion suppose qu\u2019on sache quelles politiques adopter face à des choses aussi importantes que le financement de l\u2019école privée, les programmes internationaux, l\u2019aide aux élèves en dif ficulté et de très nombreuses autres qui, toutes, supposent que l\u2019on ait collectivement répondu aux questions qui seraient traitées par Parent 2.0.Que faut-il conserver dans l\u2019actuel système d\u2019éducation?Beaucoup de choses et, en répondant à votre question, je ne peux m\u2019empêcher de rappeler le sérieux et la qualité du travail accompli par la commission Parent.Le fait que notre système d\u2019éducation se soit voulu public, une réalité qui est aujourd\u2019hui menacée, est sans aucun doute à préser ver et à enrichir.De même, partout où il subsiste, cet idéal d\u2019éducation entendu comme mise en contact avec des savoirs fondamentaux dans le but de rendre une personne autonome et de la préparer à l\u2019exercice d\u2019une véritable citoyenneté par laquelle chacun est un gouver nant en puissance, cela aussi me semble un autre acquis crucial et à préser ver.Mais il est lui aussi menacé, à preuve ces attaques contre la formation générale au cégep et, plus généralement, une certaine tendance à l\u2019instrumentalisation de l \u2019éducation.Sur le plan des institutions léguées par Parent, les cégeps et les universités du Québec me semblent, eux aussi, des acquis infiniment précieux.Il y en a d\u2019autres\u2026 Les maux du système d\u2019éducation sont-ils liés à un manque de ressources?Cela ar rive sans aucun doute.Mais il arrive aussi, et cette fois encore, sans aucun doute, que nos problèmes tiennent à une mauvaise allocation des ressources et à des dépenses dif ficilement justifiables.Pour en décider, il nous manque cette vision de l\u2019éducation que je réclame, que sert une gouvernance fondée, partout où cela est possible, sur des données probantes.Je pense en outre que notre système est en grande partie dominé par quelques lieux de pouvoir que chacun identifiera sans mal et qui ont en quelque sorte « capturé la réglementation » à laquelle ils sont soumis, échappant dès lors à une pleine reddition de comptes envers le public.Et c\u2019est ainsi, pour ne prendre que ce terrible exemple, que la forte demande de rehaussement du curriculum exprimée lors des États généraux a pu être détournée en une réforme pédagogique ne reposant pas sur des données probantes \u2014 avec les résultats que l\u2019on sait.Faut-il repenser la formation des maîtres?Oui, et sur de nombreux plans.Mais je veux d\u2019abord rappeler qu\u2019enseigner n\u2019est pas seulement un métier ou une profession : c\u2019est une vocation la plus noble qui soit, ceci en raison de la for te por tée normative de cette activité.Nous devons aux personnes qui l\u2019exerceront une formation de la plus haute qualité qui soit, avant de leur devoir une reconnaissance collective à la hauteur de leur tâche, laquelle s\u2019exprimera aussi par des conditions de travail enviables.La formation des maîtres est actuellement trop souvent carencée, certains cours, hélas, sont même bien peu du niveau souhaitable pour un enseignement universitaire.Trop de légendes pédagogiques sont enseignées, les données probantes sont trop souvent méconnues et nos maîtres se trouvent ainsi devant des défis immenses pour lesquels leur préparation est inadéquate.J\u2019ajouterais encore que la soumission de l\u2019université à des impératifs de rentabilité fait en sor te que nous formons, dans certaines disciplines, trop de maîtres, qui vivent ensuite trop longtemps de la précarité \u2014 cela les conduit même par fois à abandonner le métier, au point que l\u2019on parle désormais de décrochage enseignant et de déser tion professionnelle.Cela ne doit pas être.Des maîtres soigneusement sélectionnés à l\u2019entrée, des maîtres formés en pédagogie, en philosophie, en didactique selon les plus hautes exigences, des maîtres, pour le secondaire, ayant en outre reçu une solide formation disciplinaire, tous et toutes recevant à la fin de leur formation la garantie d\u2019un poste enviable et socialement admiré : voilà une des conditions du succès d\u2019un système scolaire.Mais ce souhait, comme les autres que j \u2019exprime ici et à commencer par celui d\u2019une commission Parent 2.0, rien de tout cela ne sera possible sans une for te demande du public.Je l\u2019appelle donc de mes vœux.Et vous ?Le Devoir L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 C H R I S T I A N R I O U X à Antananarivo, Madagascar A lors que les premiers ministres Philippe Couillard et Justin Trudeau quittaient Antananarivo, le XVIe sommet de la Francophonie s\u2019est terminé dimanche sous le signe de la lutte contre le ter ro- risme.Les pays francophones « paient un lourd tribut face à cette menace asymétrique qu\u2019est le terrorisme.Une plus grande mutualisation de nos expériences, de nos moyens et de nos renseignements est nécessaire», a indiqué lors de la conférence de presse de clôture la secrétaire générale de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF) Michaëlle Jean.« On a reçu des engagements des pays membres », as- sure-t-elle.C\u2019est notamment le cas du Québec, qui a parrainé, avec le Bénin, une résolution sur la radicalisation menant à la violence.Reprenant les conclusions du sommet de l\u2019UNESCO tenu le 30 octobre à Québec, l\u2019OIF propose de créer un réseau francophone de lutte contre la radicalisation.Concrètement, il s\u2019agit de mettre en réseau les centres de prévention de la radicalisation, dit Philippe Couil- lard.« Ça vise à mettre en commun les bonnes pratiques.[\u2026] Les gens vont venir voir ce qu\u2019on fait et nous allons aller voir ce qui se fait en France ou ailleurs.» Le premier ministre quitte ce sommet satisfait d\u2019avoir aussi été, lors d\u2019une session à huis clos, parmi les premiers intervenants à s\u2019opposer à l\u2019admission de l\u2019Arabie saoudite.Le problème n\u2019est cependant que repor té puisque la question reviendra sur le tapis au prochain sommet.Le XVIIe sommet de l\u2019OIF tiendra d\u2019ailleurs en Arménie, les trois der niers s \u2019étant tenus en Afr ique.Pour ne pas créer de mécontents, le suivant atterrira en Tunisie, à l\u2019occasion du cinquantième anniversaire de la Francophonie.Trudeau et LGBT Le premier ministre canadien a été l\u2019une des vedettes de ce sommet light où il a dénoncé la discrimination que subissent, notamment dans des pays membres de l\u2019OIF, les homosexuels et les trans- genres (LGBT).Le sujet a beaucoup fait réagir et il a été mentionné dans la presse malgache.Interrogé sur la raison pour laquelle il avait décidé de venir en Afrique pour parler spécifiquement de cette question, Justin Trudeau a affirmé qu\u2019« il faut toujours en parler [\u2026].Et s\u2019il y a des conversations qui mettent des gens mal à l\u2019aise, tant mieux ! ».Ses propos sur l\u2019égalité des femmes semblent avoir été moins bien reçus.L\u2019éditorialiste du quotidien L\u2019Express de Madagascar ne semble guère priser qu\u2019on vienne de l\u2019étranger faire la leçon aux Malgaches sur le sujet.Il rappelle que Madagascar a eu quatre reines au XIXe siècle et plusieurs femmes ministres depuis les années soixante, dont une ministre de la Défense.Il s\u2019inquiète aussi de voir ces sommets se limiter à « une longue liste de bonnes intentions ».Le Québec songe par ailleurs à organiser un événement sur les droits des LGBT dans la francophonie, ont révélé Philippe Couillard et la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre.Mais, « l\u2019événement ne sera pas parrainé par la Francophonie», précise le premier ministre.Visite éclair de Hollande Interrogée sur la venue d\u2019à peine vingt chefs d\u2019État et de gouvernements, dont moins d\u2019une dizaine d\u2019Africains, une des plus faibles assistances depuis la création de l\u2019OIF, Mi- chaëlle Jean a dit ne pas être déçue.Elle trouve même cette par ticipation « tout à fait réjouissante parce que tous les pays de l\u2019espace francophone étaient représentés ici.[\u2026] Certains chefs d\u2019État n\u2019ont pu être là parce que d\u2019autres obligations les retenaient », dit-elle en rappelant que cette semaine seulement, le Cameroun avait subi deux attaques de Boko Haram.Pour tant, même le président François Hollande n\u2019a fait qu\u2019un saut à Antananarivo, alors que la tradition veut qu\u2019il participe à la conférence de presse finale aux côtés du secrétaire général.Il avait pour l\u2019occasion cédé sa place à Justin Tr u- deau, qui n\u2019est inter venu qu\u2019une seule fois en lisant un court texte.Ce sommet s\u2019achève par l\u2019admission de la Corée du Sud, de l\u2019Ontario et de l\u2019Argentine comme observateurs ainsi que de la Nouvelle-Calédonie comme membre associé.L\u2019OIF a définitivement mis fin à la pause souhaitée après l\u2019élargissement de 2012 qui avait vu le Qatar se joindre comme membre associé contre la volonté de son secrétaire général.« Ça aussi, c\u2019est formidable, de voir la famille s\u2019élargir », a déclaré Mi- chaëlle Jean.Les Ontariens ravis Visiblement comblée de cette décision, la ministre on- tarienne de la Francophonie, Marie-France Lalonde, s\u2019est dite « très excitée d\u2019être ici.C\u2019est un moment important pour les Franco-Ontariens.» Elle voit dans cette présence des possibilités intéressantes pour l\u2019économie ontarienne, notamment TFO média, l\u2019agriculture et le numérique.Quant à la nécessité d\u2019un quatrième siège pour le Canada qui est le seul pays à en compter plus de deux, elle rappelle que l\u2019Ontario est « la province qui a le plus de francophones hors Québec.[\u2026] On vient renforcer la voix des Franco-Ontariens à l\u2019international».Pour un pays aussi pauvre que Madagascar, à qui l\u2019on a coupé les fonds depuis le putsch de 2009, l \u2019exercice semblait avoir été profitable.L\u2019île a signé cette semaine 22 accords avec le Maroc seulement.Ce sommet prend toute son impor tance à quelques jours de la Conférence des bailleurs et investisseurs pour Madagascar qui se tiendra les 1er et 2 décembre à l\u2019UNESCO à Paris.Le Devoir SOMMET DE MADAGASCAR Trudeau en vedette, Hollande en coup de vent Le grand rassemblement de l\u2019OIF prenait fin dimanche sous le signe de la lutte contre le terrorisme Pourquoi le système scolaire québécois produit-il autant de décrocheurs ?Faut-il mieux former les enseignants ?Après avoir sillonné les régions tout l\u2019automne, une nouvelle consultation publique pour «moderniser le système d\u2019éducation» se termine à Québec le 1er décembre.De quelle école la société québécoise a-t-elle besoin ?Les réponses de huit observateurs et artisans dans cette série qui se poursuit avec Normand Baillargeon, philosophe et auteur de nombreux livres sur l\u2019éducation.Propos recueillis par Lisa-Marie Gervais.« Je ne peux m\u2019empêcher de rappeler le sérieux et la qualité du travail accompli par la commission Parent » \u2014 Normand Baillargeon ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Trudeau s\u2019est prononcé contre la discrimination envers les personnes LGBT, dimanche, lors du Sommet de l\u2019OIF.MARIE SANTERRE-BAILLARGEON L\u2019auteur et philosophe Normand Baillargeon.Normand Baillargeon a enseigné à l\u2019UQAM la philosophie de l\u2019éducation aux futurs maîtres durant 25 ans.Il a quitté ses fonctions l\u2019an dernier en invoquant trop de désaccords sur de trop nombreux plans avec trop de ses collègues.Il a publié, traduit ou édité près d\u2019une cinquantaine d\u2019ouvrages.Il vient de faire pa- raîtreLe roman de Khayyam (Poètes de Brousse), Enseigner au Québec (VLB) ainsi que La dure école (Le- méac), essai pour lequel il a remporté cette année le prix Pierre-Vadeboncoeur. L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 L e lundi, de 21 h à 21 h 30, nous aurons désormais droit à la vérité à propos des « phénomènes étranges et inexpliqués depuis 40 ans».Les conséquences du choc pétrolier ?La Grèce des colonels ?Les manœuvres économiques de Margaret Thatcher ?La lutte pour le pouvoir en Afghanistan ?Le génocide au Rwanda?Le référendum québécois ?Nenni.Rien de tout ceci.Historia, la chaîne spécialisée en histoire, nous of fre plutôt à compter de ce soir une soupe bien salée concoctée par Christian Page, spécialiste «des ovnis aux maisons hantées ».Titre de l\u2019émission : L\u2019enquêteur du paranormal.Sur la même chaîne, juste avant, on pourra voir un épisode de la série Nos ancêtres les extraterrestres.Tout cela est suivi par une série consacrée à Adolf Hitler qui, nous raconte-t-on, aurait vécu en Argentine après 1945.À défaut de faire preuve de probité intellectuelle en examinant des travaux historiques sérieux, les deux inconnus qui conduisent cette série de huit heures suivent une piste créée selon les seuls besoins de leurs élucubrations fermentées.Que nous dit sur notre société et son rapport à l\u2019histoire cette programmation qui confond al- légrement avec les connaissances historiques les faits divers, les anecdotes, les élucubrations complotistes et fantaisistes?À quand une série qui nous expliquera en fabulant gaiement comment les extraterrestres ont aidé Hitler à s\u2019enfuir à la fin de la guerre ?En une seule journée de programmation défile à l\u2019enseigne d\u2019Historia quantité d\u2019épisodes de la vie théâtralisée de prêteurs sur gages.Dans Pawn Stars, des objets plus ou moins anciens, liés à la seule culture populaire, sont présentés aux membres d\u2019une famille mal dégrossie de prêteurs sur gages qui essaient d\u2019évaluer à quel prix ils pourraient les revendre afin d\u2019en mieux négocier l\u2019achat.Dans Cash Cowboys, deux brocanteurs canadiens s\u2019intéressent sur le même mode de la télé- réalité à différents objets, «pourvu qu\u2019ils puissent les acheter à bon prix».Il y a aussi Des A$ de la brocante, un calque de ce même univers de l\u2019achat-re- vente, mais nappé d\u2019une sauce québécoise.Même dans ses profondeurs, le passé est envisagé comme un espace où tout se juge à la surface de l\u2019argent.Le téléspectateur prend toujours moins la température du passé dans ces émissions que celle d\u2019un présent réduit à la seule idéologie de l\u2019argent.Ce même rapport limité au passé est décliné aussi dans le jeu-questionnaire intitulé La course aux trésors d\u2019Historia.Au beau milieu du Marché aux puces Saint-Michel à Montréal, les concurrents peuvent remporter 1000 $.Ils doivent à cette fin «être stratégiques et performants pour reconnaître la valeur des trésors dispersés dans les différents kiosques».Il est significatif par ailleurs de voir que l\u2019idée de conser vation est à peu près évacuée de toutes ces émissions, malgré des simulacres pour convaincre du contraire.Dans l\u2019émission américaine traduite sous le nom de L\u2019atelier de restauration, des bricoleurs à gages imposent en fait une conception étriquée de la conservation qui obéit aux seuls désirs de ceux qui les engagent.Aucune réser ve quand vient le temps de poncer, de souder, de décaper, de débosseler et de repeindre allégrement de façon à créer des originaux en simili ou encore de vagues interprétations de l\u2019objet original.Ce n\u2019est plus l\u2019objet qui est célébré, mais son double, au nom de l\u2019argent.L\u2019omniprésence de l\u2019automobile dans plusieurs émissions de cette chaîne est aussi significative d\u2019une idéologie générale.Combien de minutes consacrées chaque jour au chrome, aux calandres et aux bielles de moteur comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019autant de pinacles de l\u2019histoire de l\u2019humanité ?Le véhicule ultime de cette maigre conception de l\u2019histoire apparaît dans la figure du char d\u2019assaut.Dans la série Tank : les grands combats, on donne jusqu\u2019à plus soif la liste des détails techniques de ces engins dans une suite de minces récits qui négligent de donner un sens à ces affrontements dans leur épaisseur historique, comme si cela s\u2019avérait d\u2019ailleurs parfaitement sans importance.À travers tout cela, bien peu de contenu québécois, si ce n\u2019est pour montrer que nous ne sommes que des spectateurs de l\u2019histoire sans grand récit.Dans l\u2019émission Le polygraphe, nous voici par exemple devant deux adolescents qui, « possiblement », rencontrent « deux truands sans envergure» près du pont Jacques- Cartier, le tout sur fond de musique tragique avec en prime une reconstitution d\u2019une scène de drame à l\u2019aide de figurants.Rien qui dépasse le stade de l\u2019anecdote et du diver tissement morbide.C\u2019est le tout-à-l\u2019image sans conséquence et le rien à l\u2019histoire.A-t-on besoin par ailleurs de l\u2019humoriste Michel Barrette interrogeant le chroniqueur judiciaire Claude Poirier pour envisager sous un angle nouveau l\u2019assassinat de John F.Kennedy ?Nous manquait-il vraiment le témoignage du chanteur Sylvain Cossette pour apprécier à leur juste valeur les chansons de Simon & Garfunkel ?Il est étonnant de constater à quel point une chaîne subventionnée et vouée en principe à l\u2019histoire fait peu de cas des historiens et de la société où elle est située pour présenter en définitive une histoire inerte, faite surtout de lambeaux de souvenirs matériels.C\u2019est son droit, bien évidemment.Comme c\u2019est le mien de le regretter.Un passé empaillé JEAN-FRANÇOIS NADEAU MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Le ministère de Mme David veut insister sur l\u2019importance des formations continues et à court terme au niveau collégial.R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec D es 35 millions que le gouvernement Couil- lard, à la faveur de la mise à jour économique d\u2019octobre, a choisi de réinjecter en éducation d\u2019ici le 31 mars prochain, 12 millions sont réservés à l\u2019enseignement supérieur.Et la plus grande part du gâteau ira aux cégeps.C\u2019est ce qu\u2019a indiqué la ministre responsable de l\u2019Enseignement supérieur, Hélène David, dans une entrevue accordée au Devoir.La ministre a reçu, mardi, la confirmation du Conseil du trésor qu\u2019elle disposera de cette somme pour combler une partie des besoins des réseaux collégial et universitaire.« Il y a énormément de demandes en formation continue et en formation d\u2019appoint », a fait valoir la ministre.Tant l\u2019université que le cégep offrent cette formation continue.Mais au cégep, l\u2019enveloppe budgétaire, distribuée dans chacune des régions, est « fermée », comme le veut le jargon, et pour certaines formations, qui font l\u2019objet d\u2019attestations d\u2019études collégiales (AEC), des droits de scolarité sont exigés.Hélène David s\u2019est fixé quatre champs prioritaires.D\u2019abord, la formation d\u2019appoint, à l\u2019université ou au cégep, destinée aux nouveaux arrivants qui doivent parfaire leurs connaissances afin d\u2019exercer leur profession ou leur métier.Elle a cité l\u2019exemple du Collège John Abbott qui est forcé, faute de fonds, de refuser l\u2019admission d\u2019infirmières immigrantes qui doivent compléter leur formation.Demande de formations courtes La ministre veut aussi investir davantage dans les AEC.Elles offrent à des étudiants la possibilité d\u2019obtenir une formation technique spécialisée sans passer par la filière du diplôme d\u2019études collégiales (DEC) qui requier t trois années d\u2019études.Les AEC peuvent aussi permettre à un adulte qui détient un DEC d\u2019ajouter une corde à son arc.«C\u2019est tout un monde, les AEC.C\u2019est un monde important parce qu\u2019on s\u2019aperçoit qu\u2019il y a de plus en plus de gens qui demandent des formations courtes», a-t-elle constaté.Hélène David se dit partisane des cégeps et de la formation générale en français et en philosophie, même pour le cégep technique.« Je suis peut-être de la vieille garde [mais] j\u2019y crois profondément, à la formation générale.» En cela, elle se démarque du Rapport du chantier sur l\u2019offre de formation collégiale, signé par Guy Demers et rendu public en 2014.Ce rapport proposait notamment d\u2019alléger les exigences en formation générale pour les étudiants qui ne se destinent pas à l\u2019université.« Je n\u2019achète pas tout le rapport Demers», a-t-elle affirmé.Mais elle se dit ouverte à certains assouplissements pour favoriser l\u2019accès aux formations courtes.Sa troisième priorité porte sur les « petites cohortes » dans les cégeps en région.Déclin démographique oblige, plusieurs cégeps pourraient abandonner certaines formations parce que le nombre minimal d\u2019étudiants n\u2019est pas atteint.La ministre entend abaisser les seuils des cohortes, ce qui implique des coûts, afin de permettre aux cégeps de garder des étudiants qui, autrement, quitteraient la région.Enfin, Hélène David veut attirer des étudiants de l\u2019étranger dans les cégeps en région et dans les universités.Au Sommet de la Francophonie à Madagascar, le premier ministre Philippe Couillard a d\u2019ailleurs annoncé, vendredi, l\u2019octroi de 3,5 millions en bourses d\u2019excellence et en exemptions de droits de scolarité pour les étudiants du Sud.Le Devoir RÉINVESTISSEMENT EN ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR Hélène David fait la part belle aux cégeps A L E X A N D R E S H I E L D S L\u2019Of fice national de l\u2019énergie vient de désigner David Hamilton comme président par intérim pour le projet Énergie Est, a constaté Le Devoir.C\u2019est lui qui présidait le comité qui a recommandé au gouvernement fédéral d\u2019approuver le controversé pipeline Trans Mountain, de Kinder Morgan.C\u2019est maintenant lui qui désignera les membres du comité qui étudiera le projet de TransCanada.Par la voie d\u2019une simple note informative publiée dans la section du site de l\u2019Of fice national de l\u2019énergie (ONE) consacrée à Énergie Est, l\u2019organisme fédéral a annoncé que David Hamilton « a été autorisé par ses collègues à occuper les fonctions de président par intérim et d\u2019exercer les pouvoirs af fé- rents à celles-ci » pour le projet de pipeline de TransCanada.M.Hamilton est un membre « temporaire » de l\u2019ONE dont le mandat avait été renouvelé en 2015 par le gouvernement de Stephen Harper, et ce, juste avant l\u2019élection du gouvernement libéral de Justin Trudeau.C\u2019est lui qui «désignera les membres qui feront partie du comité», a aussi confirmé l\u2019Of fice dans une réponse transmise par courriel.Cela signifie qu\u2019il devra nommer les nouveaux membres qui mèneront l\u2019évaluation fédérale du projet de pipeline Énergie Est.Les trois membres du comité qui dirigeait les audiences pour le projet de TransCanada ont dû se récuser en septembre.Ils avaient organisé en 2015 une rencontre privée avec Jean Charest pour discuter du projet, alors que M.Cha- rest était consultant pour la pétrolière albertaine.Kinder Morgan Méconnu du grand public, David Hamilton a toutefois présidé le comité de l\u2019ONE qui a recommandé en mai l\u2019approbation, par Ottawa, du projet Trans Mountain, de Kinder Morgan.Selon les conclusions du rapport signé par M.Hamilton, la construction de ce nouveau pipeline «est dans l\u2019intérêt public canadien».Ce projet doit permettre d\u2019accroître la capacité d\u2019exportation de pétrole des sables bitumineux à partir de la côte ouest canadienne.Kinder Morgan prévoit ainsi la construction d\u2019un nouveau pipeline qui permettrait de faire passer la capacité quotidienne d\u2019un réseau existant de 300 000 à 890 000 barils.Les émissions de gaz à effet de serre associées au projet totaliseraient de 13,5 à 17 millions de tonnes par année, selon Environnement Canada.Le projet est toutefois très controversé, puisque la Colombie- Britannique et la Ville de Vancouver s\u2019y opposent.Des manifestations hostiles à Trans Mountain ont aussi eu lieu dans certaines villes canadiennes la semaine dernière.Le gouvernement de Justin Trudeau doit décider d\u2019ici le 19 décembre s\u2019il approuve, ou non, le projet.Selon un rapport produit par un comité ministériel mandaté par Ottawa pour mener un complément d\u2019évaluation pour Trans Mountain, il subsiste au sein du public une forte impression que le travail mené par l\u2019Office dans ce dossier comporte de grandes lacunes.Audiences à venir Fait à noter, l\u2019ONE prévoit que, si David Hamilton ne peut s\u2019acquitter de ses fonctions de président pour le projet Énergie Est durant son mandat, le membre de l\u2019ONE Philip Davies le remplacera.M.Davies, qui a longtemps travaillé dans l\u2019industrie pétrolière et gazière, était lui aussi membre du comité qui a signé le rapport de l\u2019ONE favorable au pipeline de Kinder Morgan.Par ailleurs, l\u2019ONE est toujours en attente de la nomination de nouveaux commissaires.Selon ce qu\u2019a déjà révélé Le Devoir, l\u2019organisme se retrouve en effet dans une impasse linguistique depuis la récusation des membres de l\u2019Office qui faisaient partie du comité qui étudiait le projet de TransCanada.En fait, l\u2019ONE ne compte pas d\u2019autres membres en mesure de s\u2019exprimer couramment en français, un enjeu important pour un projet qui doit traverser le territoire québécois.La décision de nommer de nouveaux commissaires appartient au gouvernement fédéral, qui a promis dès septembre que ce serait fait « le plus rapidement possible ».Il reviendra par la suite à l\u2019ONE de déterminer les prochaines étapes du processus d\u2019audiences.Des groupes environnementaux estiment qu\u2019il faudrait reprendre tout le processus d\u2019examen depuis le début, une fois que les nouveaux membres du comité auront été nommés.TransCanada a dit pour sa part à plusieurs reprises qu\u2019elle ne prévoit pas de délais supplémentaires avant une décision pour son projet, décision qui doit en théorie intervenir en 2018.Pendant ce temps, l\u2019étude d\u2019impact déposée par TransCanada au gouvernement du Québec serait toujours en cours d\u2019analyse.Québec doit statuer que celle-ci est complète avant de lancer le processus du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement.Le Devoir ONE Nouveau président pour le pipeline Énergie Est David Hamilton a présidé le comité qui a recommandé l\u2019approbation du pipeline Kinder Morgan DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE David Hamilton M.Hamilton est un membre « temporaire » de l\u2019ONE dont le mandat avait été renouvelé en 2015 par le gouvernement de Stephen Harper, et ce, juste avant l\u2019élection du gouvernement libéral de Justin Trudeau L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 Lundi 28 novembre 2016, 19h Salle de concert du Conservatoire (4750 Henri-Julien, Montréal) L\u2019ECM+ est en résidence au Quintette à vent Slowind (Slovénie) avec la collaboration du Quintette à vent Artémis (Montréal) ECM+ et Pentaèdre présentent Slowind uvres de Globokar, Šenk, Aitken, Hosokawa, Rosing-Schow, Sciarrino et Bétournay n o et réservation www ec c ca F A N N I E O L I V I E R à Antananarivo P hilippe Couillard a profité d\u2019une rencontre bilatérale avec Justin Trudeau en marge du Sommet de la Francophonie à Madagascar pour amener sur le tapis des dossiers chers au Québec, comme celui des transfer ts fédéraux en soins de santé.Ses efforts n\u2019ont toutefois pas semblé por ter ses fruits, les deux politiciens n\u2019étant pas en mesure de révéler de développements sur les sujets chauds.Échanges En point de presse dimanche peu avant la clôture officielle du Sommet de Madagascar, M.Couillard a indiqué avoir parlé de santé, de bois d\u2019œuvre, de subventions à Bombardier et de climat avec son homologue du fédéral.Il a notamment plaidé en faveur d\u2019une hausse de l\u2019augmentation des transferts d\u2019Ottawa aux provinces, qui doivent passer de 6 pour cent à 3 pour cent, dès l\u2019an prochain.Il a également rappelé qu\u2019en vertu du principe d\u2019asymétrie, le Québec avait depuis 2004 le loisir de choisir ses priorités en santé, ce sur quoi «il n\u2019y a aucun problème», selon M.Couillard.Pour ce qu\u2019y est de l\u2019ampleur du transfer t, M.Tr u- deau ne semble pas avoir changé son fusil d\u2019épaule.« C\u2019est une conversation que j\u2019ai souvent avec mes homologues provinciaux, a-t-il signalé en point de presse.C\u2019est sûr que je suis toujours en train d\u2019écouter.Mais nous allons continuer de travailler ensemble pour nous assurer qu\u2019on offre aux Canadiens et aux Canadiennes les meilleurs soins de santé à travers le pays.» Une rencontre fédé- rale-provinciale se tiendra à Ottawa le 8 décembre et doit avoir pour thème la stratégie de lutte contre les changements climatiques.Plusieurs provinces et territoires demandent que les transfer ts en santé soient également à l\u2019ordre du jour.La Presse canadienne QUÉBEC Le premier ministre plaide pour une hausse des transferts en santé J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U P our ses travaux pionniers sur la prostitution des femmes dans le Montréal du XIXe siècle, l\u2019historienne Mary Anne Poutanen vient de remporter le prix Lionel-Groulx, un des plus importants du genre.« Je ne savais même pas que j\u2019étais en nomination.Beyond Brutal Passions n\u2019est pas traduit encore en français.Nous cherchons un éditeur.Mais des prix que j\u2019ai remportés dans ma carrière, c\u2019est vraiment celui qui me fait le plus plaisir : c\u2019est un prix québécois pour un sujet québécois.» On a beaucoup écrit sur les prostituées au fil du temps, mais presque rien sur la prostitution à Montréal au début du XIXe siècle.Elle y est pourtant florissante.En 1842, la ville compte 40 400 habitants.L\u2019historienne a trouvé 200 femmes qui ont laissé des traces d\u2019une manière ou d\u2019une autre pour des activités publiques liées au commerce de leur sexualité.Mais ce n\u2019est certainement pas ce qui fait l\u2019intérêt des travaux de Mary Anne Poutanen, qui s\u2019intéresse par ailleurs aux tavernes, à l\u2019alcool et à la place des femmes dans un monde en mutation au XIXe siècle.«Écrire à propos de la prostitution est une industrie», explique d\u2019entrée de jeu en entrevue à son bureau de l\u2019Université McGill.« Je voulais faire quelque chose de tout à fait dif férent.Je voulais trouver la voix des femmes, leur donner la parole, ce qui est très difficile.J\u2019ai examiné les archives judiciaires, les journaux, tous les documents qui traitent de près ou de loin d\u2019elles.» Son travail nous donne à voir bien d\u2019autres choses que des images figées de prostituées.Voici devant nous des femmes, des épouses, des sœurs.Elles vont au marché.Elles ont des relations sociales.Elles fréquentent l\u2019Église.Elles utilisent aussi le cadre juridique pour faire valoir leurs droits.Elles appartiennent tout à fait à leur société, au-delà de l\u2019image de marginales qu\u2019on accole pour des motifs moraux à la prostitution.« La réalité est que les hommes et les femmes ont des rapports sexuels.Cela ne tient pas à leur classe sociale.C\u2019est un stéréotype de le croire.Le sexe compte dans un couple et en société, hier comme aujourd\u2019hui.Cela reste important de tout temps, malgré les discours qui défendent une vision négative de la sexualité et de la libido.Même l\u2019univers victorien n\u2019étouffe pas la sexualité.» Stratégie de survie La grande majorité des femmes qui pratiquent la prostitution dans le Montréal de l\u2019époque sont d\u2019origine irlandaise.«C\u2019est avant la grande vague d\u2019immigration irlandaise à cause de la famine.Mais il se trouve déjà beaucoup d\u2019Irlandais ici.Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas différent en Ontario : on trouve beaucoup d\u2019Irlandaises parmi les péripatéticiennes arrêtées.Pourquoi?Elles arrivent avec peu de ressources.Que faire?C\u2019est la question de la survie qui joue.Elles peuvent devenir servantes.Mais pas toutes.» La prostitution pour ces femmes correspond à une stratégie temporaire de sur vie.« Les femmes choisissent la prostitution pour dif fé- rentes raisons.Elles doivent manger et se loger.Ce n\u2019est pas strictement à cause de la pauvreté d\u2019ailleurs.En étudiant de près la prostitution, on se rend compte que les couches d\u2019explication sont multiples.C\u2019est une erreur de seulement considérer les femmes comme des victimes, selon des préceptes moraux.L\u2019affaire est plus compliquée.» Mary Anne Poutanen observe que, pour une petite portion de femmes, il s\u2019agit de s\u2019assurer de l\u2019indépendance économique.« Ce sont des femmes qui s\u2019habillent bien, qu\u2019on voit en ville se déplacer sur de jolies carrioles.» Pour d\u2019autres, il faut subvenir aux besoins de la famille, remplacer les revenus par exemple d\u2019un mari malade ou tout simplement mort.Certaines exercent le commerce de leur corps à leur domicile familial, comme en témoignent des documents.«Il y a beaucoup de plaintes, mais peu de poursuites.Ce sont des voisins souvent qui portent plainte.Il s\u2019agit, je crois, d\u2019une stratégie puisque cela coûte un peu d\u2019argent pour s\u2019engager dans un processus judiciaire.Par la plainte, on établit une stratégie qui permet de renégocier l\u2019espace social.Tout est stratégie là-dedans.On sait qu\u2019il existe des bordels.Mais on peut aussi vouloir indiquer qu\u2019on n\u2019apprécie pas que certaines personnes s\u2019y trouvent.Quand une voisine por te plainte contre un bordel qui n\u2019est pas forcément situé à côté de chez elle, cela peut indiquer que de l\u2019argent quitte le domicile familial\u2026» La sexualité échappe en bonne partie à l\u2019idéologie, explique l\u2019historienne.« Il existe un discours des élites, un discours moral sur la sexualité envisagée comme devant être disciplinée.Dans les faits, des hommes de toutes les classes sociales se retrouvent dans les bordels pour satisfaire leurs besoins ! » Cette période correspond aussi à un moment où la bourgeoisie, celle qui sera bientôt propriétaire des usines, tente d\u2019établir l\u2019idée de la respectabilité : ne pas boire, exercer un contrôle sur soi, se maîtriser.«Ces idées qui nous apparaissent communes aujourd\u2019hui suscitent beaucoup de résistance alors dans les classes populaires.» Les relations avec la police sont par ailleurs complexes.«Les femmes qui sont dans la rue et les policiers occupent le même espace.Ils se connaissent.Beaucoup de policiers arrêtent des femmes parce qu\u2019elles risquent de mourir d\u2019hypothermie.D\u2019ailleurs, celles-ci font des gestes précis pour se retrouver en prison afin de se loger.Il est vrai par ailleurs que d\u2019autres sortent de prison en plein hiver et meurent de froid.Mais lorsqu\u2019elles sont libérées en février, elles reviennent d\u2019ordinaire en prison deux jours plus tard.» Le cas de Mary Ann Green est à cet égard éloquent.Entre le début des années 1830 et 1842, elle est arrêtée 31 fois.Mais la plupart des femmes ne le sont qu\u2019une fois ou deux.«Les règles ne sont pas aussi rigides qu\u2019on pourrait le croire.Par exemple, les femmes arrêtées dont on sait pertinemment qu\u2019elles vont mourir, on leur of fre de l\u2019alcool pour adoucir leurs derniers moments.» Il existe alors des bordels et des prostituées dans tous les secteurs de Montréal, mais surtout près des centres de commerce, les marchés publics, les baraquements militaires.« Dans le Vieux-Montréal, on trouve un bordel connu à côté d\u2019une maison qui est la propriété d\u2019un juge.» La décennie des années 1830 est marquée par la montée d\u2019une insatisfaction politique qui culmine avec les élans révolutionnaires de 1837-1838.«Durant cette période, on va engager plus de policiers.On a peur.On surveille les tavernes, les lieux où il peut y avoir des échanges.Évidemment, avec plus de policiers, il y aura plus d\u2019arrestations.» On pourrait croire que le nombre de délits augmente bien qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une erreur de perspective encore commune encore aujourd\u2019hui.«Quand après l\u2019écrasement des rébellions le nombre de policiers diminue, le nombre d\u2019arrestations diminue aussi.Il y a vraiment souvent un problème de perspective avec la place de la prostitution !» Le Devoir BEYOND BRUTAL PASSIONS PROSTITUTION IN EARLY NINETEENTH-CENTURY MONTREAL Mary Anne Poutanen McGill-Queen\u2019s University Press, Montréal, 2015, 432 pages HISTOIRE Regards sur la prostitution à Montréal au XIXe siècle Entrevue avec Mary Anne Poutanen, lauréate du prix Lionel-Groulx PHILIPPE DU BERGER CREATIVE COMMONS Le texte montre des femmes, des épouses, des sœurs qui vont au marché et ont des relations sociales.Elles prennent part à la société montréalaise.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019historienne Mary Anne Poutanen a trouvé quelque 200 femmes ayant laissé des traces d\u2019activités publiques liées au commerce du sexe au XIXe siècle.En étudiant de près la prostitution, on se rend compte que les couches d\u2019explication sont multiples.C\u2019est une erreur de seulement considérer les femmes comme des victimes, selon des préceptes moraux.L\u2019affaire est plus compliquée.Mary Anne Poutanen « » Philippe Couillard G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É E n février 1957, Fidel Castro est mort.Enfin : c\u2019est là l\u2019information alors diffusée par le régime du dictateur Fulgen- cio Batista, qui tente de freiner l\u2019avancée des barbudos révolutionnaires de Castro.Ceux-ci ont débarqué à Cuba en décembre 1956 (en provenance du Mexique, où ils ont préparé la révolution), essuyant illico le feu des troupes de Batista.En une semaine, près de 80 % des 82 combattants meurent, et le gouvernement est convaincu d\u2019avoir tué Castro.Ce qui n\u2019est évidemment pas le cas.Mais ça, personne ne le sait.C\u2019est dans ces conditions que le journaliste Herbert Matthews, une vedette du Times, met les pieds à Cuba.L\u2019homme est à la fois reporter et éditorialiste au journal, un statut hybride rare qui lui permet des textes très libres.Il a notamment couvert la guerre civile en Espagne.Pour l\u2019histoire, Matthews aurait fortement inspiré le personnage de Robert Jordan, du roman Pour qui sonne le glas d\u2019Ernest Hemingway, un bon ami du journaliste.Ses par tis pris transpirent dans ses papiers, non sans une certaine confusion : c\u2019est ainsi qu\u2019il soutient les fascistes italiens en 1935, avant d\u2019écrire ouvertement contre Franco en Espagne l\u2019année suivante\u2026 Dans le dossier cubain, Matthews se montre à l\u2019évidence très sensible à la cause révolutionnaire de Castro, ce qui lui vaudra plus tard de sévères critiques qui entacheront sa réputation et mèneront à son ta- blettage au Times.Mis en contact avec les guérilleros par personnes interposées, le reporter est le premier à se rendre au cœur de la Sierra Maestra pour y rencontrer les révolutionnaires.Publié le 24 février 1957, le premier ar ticle de Matthews raconte en détail la rocambolesque aventure qui l\u2019a mené à rencontrer Castro.Le scoop qu\u2019il débusque à ce moment fait le tour du monde : « Fidel Castro est toujours vivant et se bat durement et avec succès [dans] la Sierra Maestra cubaine», révèle alors Herbert L.Matthews à la une du journal.« C\u2019est la première nouvelle sûre indiquant que Castro est vivant et qu\u2019il se trouve encore à Cuba.Personne en relation avec le monde extérieur n\u2019a vu M.Castro [dernièrement], sauf l\u2019auteur de ces lignes.Personne à La Havane, ni à l\u2019ambassade américaine, avec toutes les ressources de collecte d\u2019informations dont ils disposent, ne saura [ces informations] avant de lire ce reportage », poursuit modestement Matthews.La suite est haletante.Matthews fait la chronique d\u2019un rendez-vous obtenu au prix de mille contorsions.Il fallait d\u2019abord se rendre à Cuba sans éveiller les soupçons de la dictature, puis franchir les barrages militaires sur les routes (la femme de Matthews lui servait de « camouflage », écrit-il, le couple feignant d\u2019être en vacances), avant de rejoindre la région où Castro se cachait.L\u2019approche finale fut bien compliquée.Sous la pluie et en pleine nuit, Matthews et ses guides tentent d\u2019atteindre le campement des guérilleros tout en évitant les patrouilles militaires.Il faut parler à voix basse et marcher à couver t.Après s\u2019être perdus et avoir patienté deux heures dans la boue sans pouvoir bouger, le groupe trouve finalement le campement, et Herbert Matthews est à même de constater que Fidel Castro « is still alive and still in Cuba», habillé de son bientôt célèbre treillis vert, carabine à la main.La conversation qu\u2019il entame alors durera quelques heures.Le jeune Castro fait une forte impression sur le vieux journaliste, qui tracera de lui un portrait très enthousiaste, pour ne pas dire dithyrambique.C\u2019est ici que la légende du jeune Castro révolutionnaire-romantique naît.On sent dans les ar ticles d\u2019Herbert Matthews une véritable fascination pour le personnage.Le journaliste souligne l\u2019« extraordinaire éloquence » de Castro, et parle d\u2019un jeune doté d\u2019un «esprit politique plus que militaire.Il a de fortes idées de liberté, de démocratie, de justice sociale, de besoin de restaurer la constitution, de tenir des élections».Fabulations Envoûteur, Fidel Castro dépeint pour Matthews le tableau d\u2019une révolution qui, sur le terrain, est à des lieues de la description.Castro parle de milliers de combattants révolutionnaires, de nombreuses batailles gagnées et d\u2019une victoire finale quasi inévitable.Matthews rapporte tout.Et pour tant : Fidel Castro avouera plus tard s\u2019être joué du journaliste ce soir-là.Lors du passage de Matthews, il n\u2019y avait en réalité que 18 barbu- dos dans l\u2019équipe\u2026 Le va-et- vient obser vé par Matthews au campement secret n\u2019était ainsi qu\u2019une forme de mise en scène, où les mêmes révolutionnaires passaient et repassaient, donnant l\u2019impression d\u2019être beaucoup plus nombreux qu\u2019en réalité.Quoi qu\u2019il en soit, la portée qu\u2019a eue la diffusion de la série de trois articles écrits par Matthews fut phénoménale.Du jour au lendemain, Fidel Castro se faisait connaître du monde entier.Il avait réussi à sortir la guérilla de la Sierra en y faisant entrer un journaliste étranger qui, sensible à la cause, a succombé au charme de l\u2019homme.Et Matthews n\u2019a jamais voulu changer son jugement sur Castro.Quand il est apparu au fil des ans que la révolution cubaine était bel et bien communiste et que Castro n\u2019était pas aussi « pur » que ce qu\u2019il af firmait, Matthews a maintenu le tir.Mal lui en prit : les critiques ont plu sur lui.Pour cer tains, Matthews représentait même un autre Walter Duranty, du nom de ce journaliste du New York Times qui avait remporté un prix Pulitzer dans les années 30 avec une série d\u2019ar ticles faisant l\u2019éloge de Joseph Staline.L\u2019af faire est restée célèbre dans les cercles journalistiques et cubains.En avril 2006, un autre journaliste du NYT (Anthony DePalma) est d\u2019ailleurs revenu sur la polémique Matthews.Il en a tiré un livre (The Man Who Invented Fidel, aux éditions PublicAf fairs \u2014 matière première de ce texte) qui défait avec brio tous les fils de la saga.Herbert L.Matthews est mort en 1977.Le Devoir A L E X A N D R E S H I E L D S Q uébec a annoncé dimanche une subvention de 600 000 $ pour des travaux de restauration à l\u2019archevêché et à la cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke.Il manque toutefois près de trois millions pour terminer les travaux nécessaires à la préservation de cette basilique cathédrale bien connue des Cantons-de-l\u2019Est.C\u2019est le ministre de la Culture et député de Sherbrooke, Luc Fortin, qui a annoncé dimanche les montants accordés par Québec.Il s\u2019agit concrètement d\u2019un financement de 450 000 $ pour la restauration de la toiture en ardoise de l\u2019archevêché de Sherbrooke et de 154 725 $ pour la restructuration de la rampe d\u2019accès universelle à la cathédrale Saint-Michel.«Notre gouvernement souhaite léguer aux générations futures un héritage historique, architectural et artistique qui contient l\u2019ADN du Québec», a fait valoir le ministre, par voie de communiqué.Selon lui, les deux bâtiments patrimoniaux, situés côte à côte au cœur de Sherbrooke, sont «d\u2019une importance majeure sur les plans local et régional».Malgré cette subvention, versée par le Conseil du patrimoine religieux du Québec, il manque toujours près de trois millions de dollars pour parachever les importants travaux de restauration lancés en 2014 pour l\u2019archevêché et la cathédrale Saint-Michel.Cet édifice, dont la construction a été complétée en 1957, a en effet besoin de travaux totalisant 8,5 millions, notamment pour la toiture, la maçonnerie et l\u2019intérieur.Or, même si la restauration progresse, la campagne de financement n\u2019a toujours pas permis d\u2019amasser tous les fonds nécessaires, a admis dimanche l\u2019archevêque de Sherbrooke, Mgr Luc Cyr.Le gouvernement pourrait-il bonifier son aide pour les travaux à venir ?L\u2019attaché de presse du ministre, Karl Fil- lion, a expliqué au Devoir que le gouvernement accorde du financement «par projets» en ce qui a trait à la préservation du patrimoine religieux.C\u2019était d\u2019ailleurs le cas de l\u2019annonce de ce dimanche, a-t-il précisé.Selon lui, «il n\u2019est pas impossible» que le gouvernement accorde d\u2019autres sommes pour des projets qui seraient présentés en lien avec les travaux à la cathédrale et à l\u2019archevêché.Québec accorde son aide en priorisant « les projets les plus urgents», a indiqué M.Fillion.Il faut dire que l\u2019enveloppe consacrée à la restauration du patrimoine religieux pour 2016-2017 s\u2019élève à 10 millions de dollars, dans un contexte où plusieurs bâtiments auraient besoin de travaux importants et urgents.À titre de comparaison, le gouvernement entend investir 100 millions de dollars par année, au cours des six prochaines années, pour restaurer les sites miniers abandonnés au Québec.Le Devoir PATRIMOINE RELIGIEUX Québec accorde 600 000 $ pour des travaux de restauration à Sherbrooke L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Le Fidel Castro qui se voulait un Don Quichotte-révolutionnaire- romantique doit une bonne partie de sa légende à un ancien journaliste du New York Times, Herbert L.Matthews.C\u2019est en ef fet par les reportages de Matthews écrits au cœur de la Sierra Maestra que le mythe Castro s\u2019est construit.Avec l\u2019astucieuse complicité du principal intéressé.Récit.FIDEL CASTRO 1926-2016 La naissance du mythe Le personnage du leader révolutionnaire charismatique doit beaucoup à un reporter du New York Times ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE En 1958, le jeune leader révolutionnaire (au centre), entouré de guérilleros, assiste à un concert donné dans la jungle cubaine.LIBERTAD-PB CREATIVE COMMONS La cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke Le jeune Castro fait une forte impression sur le vieux journaliste, qui tracera de lui un portrait très enthousiaste L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 A 6 A V I S L É G A U X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi AVIS LÉGAUX & APPELS D\u2019OFFRES HEURES DE TOMBÉE AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa responsa bilité se limite au coût de la parution.AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) SECTION I \u2013 AVIS Avis est donné à Ballons Cusson et Luis inc., 6511, rue Valade, Laval (Qc) H7L 3E2 540-32-029947-163 Daniel Normand, 1007, rue Mirabeau, Anjou (Qc) H1J 1T7 540-32-029897-160 Rénovation Danor, 1007, rue Mirabeau, Anjou (Qc) H1J 1T7 540-32-029897-160 Sylvain Thibeault, 9735, boul.St-Laurent, Montréal (Qc) H3L 2N4 540-32-029918-164 de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district de Laval situé au 2800, boul.St-Martin Ouest, Laval (Qc) H7T 2S9 dans les 30 ou autre nombre de jours indiqué dans l'ordonnance jours afin de recevoir la demande introductive d\u2019instance en recouvrement d\u2019une petite créance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l\u2019avis d\u2019assignation qui l\u2019accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.SECTION II \u2013 INFORMATIONS RELATIVES À LA PUBLICATION Le présent avis est publié aux termes d'une ordonnance rendue le 24 novembre 2016 par le greffier dans les dossiers portant les numéros ci-haut mentionnés.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent.SECTION III \u2013 INFORMATIONS FINALES Laval, le 24 novembre 2016 Yana Geller Greffière-adjointe de la Cour du Québec Services institutionnels Gestion et planification immobilière Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : travaux Appel d\u2019offres : 5888 Descriptif : Pavillon La Fontaine - Réfection des douches et travaux divers Date d\u2019ouverture : 19 décembre 2016 Dépôt de garantie :10 % de la valeur de la soumission (cautionnement, chèque visé ou garantie bancaire) Renseignements : pour toute question, s\u2019adresser à immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Visites : Les visites sont individuelles.La date limite pour prendre rendez-vous est le 5 décembre 2016, à 16 heures.Les visites auront lieu du 1er décembre au 7 décembre 2016 inclusivement, selon l\u2019horaire suivant : aux heures de 8h00 à 15h00.pour prendre rendez-vous, s\u2019adresser à immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 28 novembre 2016 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fourni en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 28 novembre 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Service de l\u2019eau Direction de l\u2019eau potable Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 10h30, à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l'attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 10210 Descriptif : Construction d\u2019une canalisation en tunnel pour l\u2019alimentation en eau brute de l\u2019usine Atwater Date d\u2019ouverture : Le 25 janvier 2017 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à M.Guillaume Richard, ing.coordonnateur de projet : dep-ao@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 28 novembre 2016.Visite supervisée des lieux : N/A.ou Oui, obligatoire : Si la visite supervisée des lieux est obligatoire, la date limite pour prendre rendez-vous est le 9 décembre 2016 à 16h00, à l\u2019adresse courriel suivante : dep-ao@ville.montreal.qc.ca Les visites auront lieu les 13 décembre et 14 décembre inclusivement, selon l\u2019horaire suivant : 9h00 à 12h00 et 13h00 à 16h00.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux au Service du greffe à l'Hôtel de Ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 28 novembre 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Service des infrastructures, de la voirie et des transports Direction des infrastructures Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 334501 Descriptif : Planage et revêtement bitumineux à divers endroits, dans les pistes cyclables de l'agglomération de Montréal Date d\u2019ouverture : 21 décembre 2016 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 28 novembre 2016 Visite supervisée des lieux : N/A Appel d\u2019offres : 287405 Descriptif : Travaux de voirie, là où requis, aux arrêts d\u2019autobus dans différentes rues de la Ville de Montréal (P.M.I.R.2017 réseau artériel et centre-ville).Date d\u2019ouverture : 21 décembre 2016 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 28 novembre 2016 Visite supervisée des lieux : N/A Appel d\u2019offres : 288704 Descriptif : Travaux de voirie, d\u2019éclairage et de feux de circulation dans la rue Sherbrooke et le boulevard Langelier.Date d\u2019ouverture : 21 décembre 2016 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 28 novembre 2016 Visite supervisée des lieux : N/A Appel d\u2019offres : 329705 Descriptif : FM-018 \u2013 Promenade Urbaine « Fleuve- Montagne » - Travaux de planage, de pavage, de marquage et d\u2019architecture du paysage, rues McGill Collège, Sainte-Catherine, Place Phillips, Côte du Beaver Hall, du Square-Victoria, McGill et Place D\u2019Youville.Date d\u2019ouverture : 21 décembre 2016 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 28 novembre 2016 Visite supervisée des lieux : N/A Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, 28 novembre 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Examen de la conformité d\u2019un règlement modifiant le Plan d\u2019urbanisme de la Ville de Montréal au Schéma d\u2019aménagement et de développement de l\u2019agglomération de Montréal Avis public est donné à toute personne habile à voter du territoire de la Ville de Montréal : Le règlement 04-047-173 intitulé « Règlement modifiant le Plan d\u2019urbanisme de la Ville de Montréal (04-047) » a été adopté par le conseil de la Ville à son assemblée du 21 novembre 2016.Il modifie la carte intitulée « L\u2019affectation au sol » pour l\u2019arrondissement de Ville-Marie de façon à ce que l\u2019ensemble du site des immeubles situés aux 1980 à 2080, boulevard René-Lévesque Ouest soit maintenant de secteur résidentiel.Il modifie également la carte intitulée « Les limites de hauteurs » afin que la hauteur maximale permise pour ce secteur soit maintenant de 65 m.Conformément aux dispositions des articles 137.11, 137.12 et 264.0.3 de la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme (RLRQ c.A-19.1), toute personne habile à voter du territoire de la municipalité peut demander par écrit à la Commission municipale du Québec son avis sur la conformité de ce règlement au Schéma d\u2019aménagement et de développement de l\u2019agglomération de Montréal.La demande doit être transmise à la Commission dans les 30 jours qui suivent la publication du présent avis.Si la Commission reçoit, d\u2019au moins 5 personnes habiles à voter du territoire de la municipalité, une demande faite conformément à l\u2019article 137.11 à l\u2019égard de ce règlement, celle-ci doit, dans les 60 jours qui suivent l\u2019expiration du délai prévu à cet article, donner son avis sur la conformité du règlement 04-047-173 au Schéma d\u2019aménagement et de développement de l\u2019agglomération de Montréal.Montréal, le 28 novembre 2016 Le greffier de la Ville, Me Yves Saindon Avis public ENTRÉE EN VIGUEUR DE RÈGLEMENTS Avis est donné que le conseil de la Ville, à son assemblée du 21 novembre 2016, a adopté les règlements suivants : 16-064 Règlement autorisant l\u2019occupation du bâtiment situé au 2450, chemin de la Côte-Sainte-Catherine.16-037 Règlement autorisant et encadrant la construction et l\u2019occupation d\u2019un ensemble résidentiel aux 1980 et 2080, boulevard René-Lévesque 14-049-2 Règlement modifiant le Règlement relatif à la cession pour fins d\u2019établissement, de maintien et d\u2019amélioration de parcs, de terrains de jeux et de préservation d\u2019espaces naturels sur le territoire de l\u2019arrondissement de Côte-des-Neiges\u2013 Notre-Dame-de-Grâce (14?049).Cette modification soustrait de l\u2019application du règlement 14-049 les projets dont l'usage principal est de la famille équipements collectifs et institutionnels.Ces règlements entrent en vigueur en date de ce jour.Ils sont disponibles pour consultation durant les heures normales de bureau au Service du greffe, 275, rue Notre-Dame Est et peuvent également être consultés en tout temps, sur le site Internet de la Ville : www.ville.montreal.qc.ca/reglements Montréal, le 28 novembre 2016 Le greffier de la Ville, Me Yves Saindon Avis public Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous (pour les ouvertures après le 1er janvier 2017 avant 10h30), au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Biens et services Appel d\u2019offres : 16-15724 Descriptif : Acquisition de trois (3) opérateurs de vanne sur remorques, trois (3) manipulateurs de vanne portatif et services de mise à niveau de deux (2) opérateurs de vannes hydraulique Date d\u2019ouverture : 14 décembre 2016 Dépôt de garantie : Aucun Appel d\u2019offres : 16-15739 Descriptif : A57 - Fourniture et livraison de béton avec bétonnière mobile, 12 mois Date d\u2019ouverture : 14 décembre 2016 Dépôt de garantie : 5 % (Cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Éliane Clavette, agente d'approvisionnement : 514 872-1858 Appel d\u2019offres : 16-15764 Descriptif : Acquisition d'ensembles de dégeleuses de conduites d'eau sur remorque Date d\u2019ouverture : 14 décembre 2016 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Geneviève Fortin, agente d'approvisionnement : 514 872-4437 Appel d\u2019offres : 16-15723 Descriptif : Aménagement d'un (1) camion de marquage de lignes de signalisation sur un châssis de camion 4 x 2 fourni par la Ville Date d\u2019ouverture : 11 janvier 2017 Dépôt de garantie : 2 % (Cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Renée Veillette, agente d'approvisionnement : 514 872-1057 Catégorie : Services professionnels Appel d\u2019offres : 16-15626 Descriptif : Services professionnels en gestion de projet et support technique pour la réalisation du plan stratégique des espaces administratifs de la Ville de Montréal Date d\u2019ouverture : 14 décembre 2016 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Matthieu Crôteau, agent d'approvisionnement : 514 872-6777 Appel d\u2019offres : 16-15643 Descriptif : Services professionnels en conception pour le programme de réfection et de développement d'infrastructures sur le territoire de l'agglomération de Montréal Date d\u2019ouverture : 14 décembre 2016 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Yves Belleville, agent d'approvisionnement : 514 872-5298 Documents : Les documents relatifs à ces appels d\u2019offres seront disponibles à compter du 28 novembre 2016.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal,21 novembre 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Appel d\u2019offres Services institutionnels Gestion et planification immobilière Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l'attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : travaux Appel d\u2019offres : 5882 Descriptif : Construction du Centre de services animaliers municipal (CSAM) \u2013 Déménagement du clos des parcs \u2013 Lot 0.Date d\u2019ouverture : 21 décembre 2016 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission (cautionnement, chèque visé ou garantie bancaire).Renseignements : pour toute question, s\u2019adresser à : immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Visites : Les visites sont individuelles.La date limite pour prendre rendez-vous est le 14 décembre 2016, à midi.Les visites auront lieu du 30 novembre 2016 au 16 décembre 2016 inclusivement, selon l\u2019horaire suivant : 9h, 11h et 13 h.Pour prendre rendez-vous, s\u2019adresser à : immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 28 novembre 2016.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fourni en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l'Hôtel de ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 28 novembre 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (Art.795, al.2 C.c.Q.) SUCCESSION JEAN C.LAPIERRE Prenez avis que monsieur Jean C.Lapierre, en son vivant domicilié au 97, avenue Courcelette.Outremont, provin ce de Québec, H2V 3A5, est décédé à Cap-aux-Meules, province de Québec, le 29 mars 2016.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés à l'étude notariale du notaire située au 115, boulevard De Bromont, bureau 1, Bromont, province de Québec, J2L 2W7.Bromont, le 24 novembre 2016 Me Charles Antoine Robitaille notaire AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (Avis dans le journal : C.c.Q., art.795) Prenez avis que Claude Ledoux, en son vivant domicilié au 3200, rue Omer-Lavalée, Montréal, province de Québec, H1Y 3P5, est décédé à Montréal, le 2 juillet 2015.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéresssés, à l'étude de Me Michel B.Paré, notaire, située au 7168, boulevard Pie- IX, Montréal, Québec, H2A 2G4.Donné ce vingt-quatre novembre deux mille seize (24-0112016), à Montréal.Michel B.PARÉ, notaire et conseiller juridique AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis de la clôture d'inventaire des biens de la succession de Jacqueline ST-PIERRE, en son vivant domiciliée au 4370 rue Messier, Montréal, Québec, H2H 2H9, décédée le 21-01-2016, lequel inventaire peut être consulté par les personnes intéressées à l'étude du notaire au 233, rue Champlain, Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec) Me Julie LÉVESQUE, notaire AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné que suite au décès de Benoît LANGLOIS, en son vivant domicilié au Centre d'hébergement Armand-Lavergne situé au 3500, rue Chapleau, 2e étage, chambre 207, Montréal, Québec, H2K 4N3, survenu le 27 août 2016, un inventaire des biens du défunt a été déposé et peut être consulté par les intéressés a l'étude de Me Christopher Dicec- ca, notaire, sise au 7077, rue Beaubien Est, bureau 201, à Montréal, (Qc), H1M 2Y2.Donné ce 24 novembre 2016, par Me Christopher Dicecca, notaire.CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE RICHELIEU NO: 765-04-005166-160 COUR SUPÉRIEURE (Chambre de la famille) JULIE DUFRESNE, Demanderesse c.STEEVE AMÉDÉE, Défendeur ASSIGNATION PAR ORDRE DU TRIBUNAL: Avis est donné à la partie défenderesse que la partie demande- resse a déposé au greffe de la Cour supérieure du district de Richelieu, une demande introductive d'instance.Une copie de cette demande et de l'avis au défendeur ont été laissés à l'intention de la partie défenderesse, au greffe du Tribunal, au palais de justice de Sorel-Tracy, 46, rue Charlotte, Sorel-Tracy.Soyez aussi avisé que la demande introductive d'instance sera présentée pour décision devant le Tribunal le 17 janvier 2017, à 9 heures en salle 1.34, du palais de justice de Sorel- Tracy.VEUILLEZ AGIR EN CONSÉQUENCE Sorel-Tracy, ce 08-11-2016 Nancy Gallant GREFFIER Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 16-15696 A89 - Acquisition d'une (1) rétrocaveuse à traction sur quatre (4) roues avec équipements et accessoires L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 28 novembre 2016 est reportée au 12 décembre 2016 à 14 h dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Montréal, le 28 novembre 2016 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Avis public Examen public ADOPTION DES RECOMMANDATIONS L\u2019AVENIR DU SECTEUR MANUFACTURIER À MONTRÉAL La Commission sur le développement économique et urbain et l\u2019habitation a entrepris l\u2019étude publique sur l\u2019avenir du secteur manufacturier à Montréal au mois de juin 2016.La séance publique visant l\u2019adoption des recommandations se tiendra : Heure : 19 h Date : Le lundi 12 décembre 2016 Lieu : Salle du conseil de l\u2019hôtel de ville Édi?ce Lucien-Saulnier, 155, rue Notre-Dame Est Métro Champ-de-Mars www.stm.info En raison des travaux, veuillez utiliser la porte du 510, rue Gosford.Accessibilité : Les personnes à mobilité réduite accèdent à l\u2019hôtel de ville par la porte du côté est (510, rue Gosford).La salle est équipée d\u2019un système d\u2019aide à l\u2019audition.Pour y avoir accès, il suf?t de syntoniser la fréquence 100,3 sur la bande FM de votre baladeur.De plus, un service d\u2019interprétation pour les personnes ayant des limitations auditives peut être offert sur demande, en communiquant avec le Service du greffe cinq jours à l\u2019avance, sous réserve de la disponibilité d\u2019interprètes.Les citoyens ainsi que les représentants d\u2019organismes qui désirent intervenir à la période de questions et de commentaires du public sont priés de s\u2019inscrire 30 minutes avant le début de la séance ou de communiquer dès maintenant avec le Service du greffe.Veuillez prendre note qu\u2019aucune inscription n\u2019est requise pour assister à l\u2019assemblée publique.Seules les personnes désirant prendre la parole sont invitées à s\u2019inscrire.La documentation afférente à cette consultation publique est disponible sur le portail : www.ville.montreal.qc.ca/commissions Renseignements : Service du greffe Division des élections, du soutien aux commissions et de la réglementation 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134 Montréal (Québec) H2Y 1C6 Téléphone : 514 872-3000 commissions@ville.montreal.qc.ca @Comm_MTL L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 SOCIETE A 7 C e n\u2019est jamais mauvais de s\u2019éloigner de temps en temps de la ville pour malmener les préjugés ambiants, au contact de ses régions éloignées que l\u2019on aime dire trop homogènes, trop conservatrices, trop blanches, trop intolérantes et trop repliées sur elles-mêmes et sur le romantisme d\u2019un passé.Caricature ?Sans doute et particulièrement samedi après-midi dans une librairie indépendante de Matane, en Gaspésie, où une diversité de couleurs et d\u2019accents se côtoyaient dans l\u2019exiguïté d\u2019un espace rassemblant les humains autour des lettres et des idées.Il y avait le soleil des Caraïbes dans le français d\u2019un père venu avec ces deux filles glaner un livre dans la section jeunesse, des accents de Montréal, de la Côte-Nord, un jeune les yeux maladivement collés sur le contenu d\u2019un livre de science, une femme d\u2019âge mûr à côté des livres de poche, le tout dans une normalité évidente qui devient forcément gênante à souligner.Dans ce Québec des régions qui déjoue facilement les images d\u2019Épinal, terminer la lecture de Cosmopolitisme et démocratie (PUF) du professeur de philosophie Michaël Fœssel et du politicologue Louis Lourme ne peut que prendre une autre densité.Dans cet essai court, mais serré, d\u2019une centaine de pages, les deux hommes posent un regard critique e t a n a l y t i q u e s u r c e concept de cosmopolitisme que l\u2019on réduit souvent à cette idée de citoyenneté du monde.Le cosmopolitisme, c\u2019est l\u2019affirmation d\u2019une identité particulière tout en reconnaissant la particularité de celles des autres qui forment ce tout universel auquel on appartient.Et c\u2019est aussi, selon les auteurs, ce qui pourrait bien maintenir l\u2019équilibre du monde.La mondialisation, «bien loin de favoriser le cosmopolitisme, écrivent-ils, donne naissance à la constitution d\u2019empires ou, plus probablement, à des phénomènes de régionalisation dont le caractère démocratique n\u2019est absolument pas garanti.Quant à la remise en cause des frontières traditionnelles entre les États [par cette même mondialisation], elle ne contredit nullement l\u2019édification de mur d\u2019un nouveau genre qui associe désir de sécession sociale ou ethnique, défiance à l\u2019égard des immigrés et mélancolie sécuritaire».Toutes ressemblances avec un présent troublé, avec ses populismes belliqueux, ses falsifications à des fins démagogiques ne sont certainement pas fortuites.Alors que les masses d\u2019air idéologiques contradictoires laissent présager une météorologie sociale instable et incer taine, Fœssel et Lourme estiment que le cosmopolitisme, tout en étant un concept à convoquer désormais pour parler de démocratie, « constitue une manière d\u2019échapper aux conflits qui agitent la fortune».Le cosmopolitisme «agit comme une instance de délégitimation de la violence» entre les États, « favorise la paix » et devient « l\u2019agencement institutionnel transnational » à souhaiter, de manière prioritaire, pour la suite des choses, estiment les auteurs de l\u2019essai.Il y a quelque chose d\u2019inspirant à lire ce fragment de philosophie politique qui, régulièrement, fait remonter à la surface cette déclaration nauséabonde faite par le fils de Donald Trump lors de la dernière campagne électorale aux États-Unis pour imager, à l\u2019intention des masses courtisées par son père, la menace terroriste que ferait peser l\u2019immigration sur l\u2019Amérique.Junior \u2014 c\u2019est son nom \u2014 avait alors comparé la chose à un bol de Skittles dont trois de ces bonbons populaires et multicolores seraient empoisonnés.«En prendriez-vous une poignée», avait-il demandé?La bêtise, dans ce bas monde, prend de plus en plus des chemins étonnants.Le cosmopolitisme change la perspective sur ce bol en soulignant que la «citoyenneté mondiale renvoie à la conscience que possède l\u2019homme d\u2019appartenir à un Tout qui transcende la séparation entre les cités et garantit au sage la paix de l\u2019âme», peut-on lire dans l\u2019essai.L\u2019enfer ne peut plus être «les autres», puisque ses autres, c\u2019est aussi nous.Étrangement, il y a quelques jours dans nos pages, l\u2019écrivain Yann Martel rappelait que c\u2019est par le livre et la lecture que l\u2019humain atteint le mieux l\u2019empathie et la compassion en s\u2019exposant à la vie des autres, en se mettant dans la peau des autres pour saisir l\u2019universel qui façonne la diversité.Diversité attirée par les livres un samedi après-midi dans une librairie de Matane, comme cela a été le cas pour des millions de lecteurs au même moment, des verts, des jaunes, des rouges, des bleus un peu partout à travers le monde, fort probablement.chroniquefd@ledevoir.com sur Twitter : @FabienDeglise #CHRONIQUEFD L\u2019enfer, ce n\u2019est pas les autres A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L es pères ont joué un rôle plus important qu\u2019on le croit dans la lutte pour l\u2019humanisation des naissances, postule l\u2019historienne Andrée Rivard, qui publie ces jours-ci un ouvrage qui recense l\u2019expérience des hommes autour de l\u2019accouchement au Québec, de 1950 à 1980.Dans son précédent essai, Histoire de l\u2019accouchement dans un Québec moderne, elle documentait de manière inédite le point de vue des femmes.« Ma grande hypothèse, c\u2019était qu\u2019elles étaient le principal moteur du changement social, explique-t-elle en entrevue.Mais mon livre sur les pères m\u2019a amenée à réaliser que les hommes ont été très importants aussi dans ce changement.Que leur implication a peut-être même fait la différence».Les luttes des femmes, souvent, trouvent écho lorsque des hommes prennent le porte- voix, remarque-t-elle, et en matière d\u2019humanisation de l\u2019accouchement, ça aurait peut-être, encore une fois, été le cas.« Quand les hommes mettent un enjeu sur la place publique, tout à coup, on écoute ! », lance l\u2019historienne.Il y a d\u2019ailleurs beaucoup plus d\u2019intérêt autour de son plus récent livre qu\u2019autour du pré- cédent, remarque-t-elle.« J\u2019ai l\u2019impression que l\u2019histoire de l\u2019accouchement du point de vue des femmes, c\u2019est comme si c\u2019était implicite, qu\u2019on savait tout.Quand arrive la question des pères, l\u2019intérêt est supérieur, car on a l\u2019impression de méconnaître cet aspect » , remarque-t-elle.« Pourtant, on ne connaît pas plus l\u2019histoire de l\u2019accouchement du point de vue des femmes que des hommes.Je dirais même que, d\u2019un point de vue féministe, il y a une invisibilisation de l\u2019acte d\u2019accoucher.» 1950: le père exclu «Le rôle du père fluctue et va continuer à fluctuer », conclut Mme Rivard au terme de ses recherches.La chargée de cours à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières et chercheuse associée à la Chaire Claire-Bonenfant de l\u2019Université Laval nous rappelle que, si la mémoire collective a retenu surtout l\u2019absence historique des pères au moment de l\u2019accouchement, cette exclusion fut somme toute brève, au cours des années cinquante et soixante.«Quand on observe les travaux des historiens, on peut voir que les pères, avant les années cinquante, étaient beaucoup plus présents qu\u2019on le croit.Souvent, ça se passait à la maison.On évalue que 30% étaient présents », rappelle-t-elle.Dans les années cinquante, « tout bascule », dit-elle.Avec la médicalisation des naissances, la majorité des accouchements qui avaient lieu auparavant à domicile surviennent maintenant à l\u2019hôpital.«Les médecins, ça les énervait de se sentir surveillés, rapporte Andrée Rivard.En plus, les accouchements étaient tellement médicalisés, le père n\u2019avait rien à faire là.Les femmes recevaient des analgésiques, leur conscience était altérée et elles étaient totalement prises en charge», rappelle-t-elle.1970: la transition Dans les années soixante-dix, le mouvement d\u2019humanisation des naissances prend forme, et des couples refusent le modèle de l\u2019accouchement sous anesthésie générale, dans une salle d\u2019opération où le père est interdit d\u2019accès.Des livres qui valorisent l\u2019accouchement plus naturel et décrivent la naissance comme une expérience de couple remportent beaucoup de succès.Futur père, d\u2019Yvette Pratte- Marchessault, paraît en 1977 et est vendu à plus de 20 000 exemplaires.Pour une naissance sans violence, du Dr Frédérick Leboyer, a un grand retentissement quand il est édité en 1974.Le débat autour de la naissance prend de plus en plus de place dans la sphère publique et les couples commencent à réclamer plus de liberté.« Il y a une véritable pression auprès des médecins pour inclure les pères.Des parents commencent à magasiner leur hôpital » , rappor te Mme Rivard.Aussi les médecins font-ils de premiers pas dans cette direction.«Au début, on va les accepter, mais avec un encadrement serré.Ils vont entrer dans la salle d\u2019accouchement deux minutes pour voir le bébé émerger ! » Le soutien La présence du père deviendra peu à peu désirée.« Avec la rationalisation dans le système de santé au milieu des années soixante-dix, le nombre d\u2019infirmières diminue et, tout à coup, on trouve les pères bien utiles », remarque Mme Rivard.L\u2019arrivée de l\u2019anesthésie péridurale, qui permet de soulager les douleurs de la parturiente sans altérer sa conscience, favorise la présence des hommes.« Ça a facilité l\u2019intégration des pères, croit l\u2019historienne.Dans ces accouchements tout aussi médicalisés qu\u2019avant, mais différemment, on a fait une place aux pères.» De leur côté, les sages-femmes ont intégré les pères au processus de l\u2019accouchement physiologique.Contrairement à ce qui survient généralement à l\u2019hôpital, où les hommes sont vus comme les supporteurs de leurs conjointes, les sages-femmes s\u2019en préoccupent.«On veut non seulement les intégrer, mais aussi les accompagner, dit Mme Rivard.Il n\u2019a pas porté l\u2019enfant dans son corps, mais dans son cœur et dans sa tête.Il vit des choses intenses lui aussi ! » Le revers de la médaille Aujourd\u2019hui, la présence des pères lors de l\u2019accouchement est devenue incontournable.Et ceux qui ne souhaitent pas être présents ?demande l\u2019infirmière et chercheuse Francine de Montigny en postface de cet essai.«Rarement des pères oseront dire leur malaise et exprimer le souhait de ne pas être présents », remarque-t-elle.«La pression sociale d\u2019assister à la naissance prend source autant dans l\u2019entourage des pères [\u2026] que dans l\u2019environnement professionnel.» Elle se demande « quelle est la liber té des hommes de choisir ou non d\u2019être présents » dans ce contexte et plaide pour que le père soit reconnu comme « personne à part entière, ayant sa propre expérience des événements ».André Rivard espère pour sa part que les intervenants en périnatalité sauront maintenant s\u2019adapter aux réalités multiples de la naissance : couples lesbiens, couples homosexuels et mères porteuses, réalités culturelles dif fé- rentes, grossesses chez les personnes trans.Pour elle, « il ne faut pas se convaincre que nous avons maintenant LA bonne manière de voir les choses, ou que le deuxième parent est toujours un homme.» Le Devoir DE LA NAISSANCE ET DES PÈRES Andrée Rivard en collaboration avec Francine de Montigny Les éditions du remue-ménage Montréal, 2016, 189 pages.La naissance dans l\u2019œil des pères L\u2019historienne Andrée Rivard retrace l\u2019histoire de l\u2019accouchement du point de vue masculin au Québec Les parents témoignent 1965 « J\u2019étais partie sur une civière dans la salle d\u2019accouchement [\u2026] Puis arrive une autre infirmière qui me dit : \u201cMonsieur doit sortir ! Monsieur n\u2019a pas la permission d\u2019être ici.\u201d [\u2026] Puis l\u2019autre infirmière me disait : \u201cC\u2019est très bien, on va appeler la police ! » Témoignage de Christine, dont l\u2019enfant est finalement né avant que la police n\u2019arrive à déloger ce père « indésirable ».1976 « Je les ai vus lutter pour dégager notre bébé pris dans le bassin d\u2019Hélène.Quand ils ont réussi à la dégager, il m\u2019a semblé qu\u2019il était mort.Il n\u2019était pas mort, juste endormi par l\u2019anesthésie générale.[\u2026] [Puis], j\u2019ai vu mon fils, il était très éveillé.C\u2019est comme si je me regardais moi-même.[\u2026] Cela n\u2019a pas duré longtemps, mais c\u2019était beau et je m\u2019en souviens encore.» Témoignage de Steve sur la naissance de Nicholas par césarienne 1979 «Le médecin m\u2019a apporté l\u2019enfant.C\u2019est moi qui l\u2019ai lavé.[\u2026] Ç\u2019a été un accouchement tout à fait différent de celui [de ma fille aînée].Ma participation était plus grande, plus active, plus présente.[\u2026] Je n\u2019avais pas été spectateur, j\u2019avais été dans le phénomène là, l\u2019accouchement.» Carol, qui a obtenu avec sa femme Denis que leur enfant naisse à l\u2019hôpital selon l\u2019approche «sans violence» du Dr Frédérick Leboyer 1983 «C\u2019est la première fois que j\u2019assiste à la naissance d\u2019un de mes enfants.Auparavant, je faisais les cent pas dans le couloir.C\u2019est une occasion de se rapprocher encore plus les uns des autres.» Barthélémy, dont la conjointe, Yvette, avait accouché en chambre de naissance à l\u2019hôpital de Beauceville, un concept innovant à l\u2019époque.Source : De la naissance et des pères, Andrée Rivard, extraits.FABIEN DEGLISE PHOTO/ILLUSTRATIONS LA MÈRE CANADIENNE ET SON ENFANT Dans les années soixante, les l ivres de préparation à l\u2019accouchement invitent le nouveau papa à s\u2019impliquer dans les tâches ménagères.Le cosmopolitisme «agit comme une instance de délégitimation de la violence» entre les États, « favorise la paix» et devient « l\u2019agencement institutionnel transnational» à souhaiter, de manière prioritaire, pour la suite des choses L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Souvenirs de Cuba en 1959 J\u2019ai eu le grand privilège d\u2019être à Cuba, en août et septembre 1959, au moment de la libération des plages.Un moment unique, magique.J\u2019ai eu aussi l\u2019honneur de croiser Fidel Castro dans un petit resto de La Havane et de le croquer sur mon appareil-photo dégustant un repas chinois accompagné de la boisson la plus populaire de l\u2019île après le rhum, le Coca-Cola.J\u2019ai pensé que le court récit qui suit, écrit à l\u2019époque et toujours conservé, pourrait intéresser les lecteurs du Devoir.Fin L I B R E O P I N I O N L O R R A I N E G U A Y Militante féministe D I A N E L A M O U R E U X Professeure, département de science politique, Université Laval L O U I S E L A N G E V I N Professeure, faculté de droit, Université Laval L a décision de la Direction des poursuites criminelles et pénales de n\u2019engager aucune poursuite contre les policiers de la SQ du poste de Val-d\u2019Or ne nous a pas surprises.Elle nous indigne toutefois et nous partageons le sentiment de désarroi et de colère des femmes autochtones qui l\u2019ont dénoncée.Nous pensons, à l\u2019instar de l\u2019observatrice indépendante Fannie Lafontaine, qu\u2019une telle enquête n\u2019était probablement pas le cadre le plus approprié pour traiter les enjeux soulevés par les femmes autochtones.On peut difficilement régler un problème politique et personnel par des moyens judiciaires.Car il y a autre chose en jeu ici : à la fois le racisme et le sexisme systémiques qui nourrissent la triste réalité des femmes autochtones et de celles disparues ou assassinées pour lesquelles le gouvernement fédéral a créé une commission d\u2019enquête dont nous espérons que les conclusions ne finiront pas sur des tablettes.Quand des policiers enquêtent sur d\u2019autres policiers, le soupçon de partialité est toujours présent, d\u2019autant plus que ceux-ci manifestent un esprit de corps très important.De plus, de telles enquêtes ne peuvent viser que des cas précis et non mettre en cause la logique d\u2019un système.Or il nous semble que l\u2019attitude de la police envers les autochtones est profondément teintée de racisme et que celui-ci est systémique.Ce racisme s\u2019inscrit dans les politiques coloniales que les divers pouvoirs politiques ayant existé sur le territoire du Québec et du Canada depuis sa «découverte» au XVIe siècle ont entretenues à l\u2019égard des populations autochtones.Ce colonialisme engendre la tendance à traiter les autochtones comme des administrés dénués de droits (logique de la Loi sur les Indiens) dont on peut piller le territoire et qui ne bénéficient aucunement du respect et de la dignité qui sont pourtant garantis par nos Chartes.Un tel colonialisme produit trop souvent une impunité pour les corps policiers qui en sont le bras armé puisque les vies des autochtones sont considérées et sont construites comme des vies n\u2019étant pas dignes d\u2019être vécues, ce qui en fait une sorte de population jetable.Il en résulte un racisme systémique à l\u2019égard des autochtones qui s\u2019exprime à la fois dans des conditions de vie s\u2019apparentant à celles du tiers-monde et par une violence qui n\u2019est pas refrénée par la loi puisque leurs auteurs peuvent jouir d\u2019une impunité.Dans le cas des femmes autochtones, ce racisme se conjugue avec un sexisme tout aussi systémique qui fait en sorte que la culture du viol puisse exister et prospérer.Là encore, l\u2019impunité est trop souvent de mise.Dans un monde où on peut se faire élire à la présidence des États-Unis en pensant que richesse et célébrité permettent de traiter les femmes comme des objets à disposition des riches et célèbres et où un animateur de radio est innocenté parce que les plaignantes ne sont pas des «témoins crédibles», il est plus que nécessaire de dire aux femmes autochtones de Val-d\u2019Or et d\u2019ailleurs que nous les croyons et que nous admirons leur courage à dénoncer les crimes commis à leur encontre.Mais nous ne pouvons pas taire notre indignation devant le fait que, pour pouvoir faire juger et condamner les auteurs d\u2019agression sexuelle, il faille que la victime soit un « témoin parfait ».L\u2019agression sexuelle est le seul crime où c\u2019est principalement le comportement de la victime qui est jugé.Peu importe que la victime fasse de la prostitution, se drogue, consomme de l\u2019alcool, appartienne à un groupe racial ou à un autre, ou por te une ceinture de chasteté, l\u2019agression sexuelle devrait être sanctionnée comme tous les autres crimes.Face aux résultats d\u2019une telle enquête, il est aisé de comprendre pourquoi si peu de victimes portent plainte.L\u2019impunité dont bénéficient la plupart des agresseurs n\u2019est qu\u2019un indice de ce sexisme systémique.De telles situations sont inacceptables.Il nous paraît urgent de changer les rapports que nos institutions publiques, en premier lieu la police, entretiennent avec les populations autochtones et de mettre fin au rapport colonial qui existe toujours au Canada envers les autochtones; plusieurs des recommandations du rapport de la commission Érasmus-Dussault sont toujours pertinentes et devraient être appliquées.Il nous semble tout aussi urgent d\u2019instituer à l\u2019échelle québécoise une commission d\u2019enquête sur les violences envers les femmes autochtones et peut-être, plus largement, sur les relations des corps policiers avec les autochtones, hommes et femmes.Une telle commission fournirait un cadre dans lequel les femmes autochtones devraient pouvoir s\u2019exprimer en toute confiance et rendre publiques les violences qui leur sont infligées, afin que nous puissions trouver ensemble des façons de mettre fin à l\u2019impunité dont jouissent actuellement les agresseurs.Nous osons espérer que, cette fois-ci, Québec ne fera pas le gros dos en attendant que la tempête passe\u2026 DPCP : une décision prévisible, mais profondément injuste FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente des ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET août 1959, un ami, chef scout, Maurice Da Silva, est à la recherche d\u2019un couple avec voiture pouvant accompagner ses scouts pour quinze jours à Cuba afin de leur faire découvrir l\u2019île qui a été libérée six mois auparavant.Nous devons fournir la voiture et l\u2019essence.Le reste nous sera offert gratuitement, c\u2019est- à-dire le gîte (sous la tente) et le couvert.Mon mari, Michel Chalvin, le poète Olivier Marchand et moi-même acceptons le défi.C\u2019est une expérience unique.Traverser les États-Unis jusqu\u2019à Key West où nous laissons les voitures pour prendre un ferry-boat qui nous amène à l\u2019île de Cuba en quelques heures.Les chauffeurs-accompagnateurs logent dans un hôtel minable pendant que les scouts campent dans un parc municipal de La Havane.Nous allons le lendemain à Vara- dero pour visiter la campagne adjacente.Au hasard d\u2019un arrêt dans un bistro, nous apercevons Fidel Castro accompagné de trois militaires qui mangent à une table voisine.Il accepte que des «Canadienses» le photographient, mais non des «Americanos».Nous sommes très impressionnés.Il y a des revolvers déposés sur une table à deux pas de nous\u2026 Le plus beau souvenir que je garde de ce voyage, c\u2019est d\u2019avoir assisté à la libération des plages.Les Américains, propriétaires de luxueuses villas au bord de la mer avaient élevé de hautes clôtures pour protéger leurs propriétés et les plages, interdisant ainsi aux Cubains l\u2019accès à la mer.Or, six mois après la Révolution, le nouveau gouvernement ordonne la suppression des clôtures.À partir de onze heures du matin par un beau dimanche ensoleillé de septembre, toutes les plages sont ouvertes aux Cubains.Conflit d\u2019intérêts! Les Sioux de Standing Rock, une réserve indienne de 9 251 183km2 à cheval sur les deux Dakota aux États-Unis, s\u2019opposent farouchement à la construction sur leur territoire ancestral du Dakota Access Pipeline, qui transportera quotidiennement 470 000 barils de pétrole vers l\u2019Illinois.Comment le président désigné, Donald Trump, arbitra-t- il correctement ce conflit musclé à compter du 20 janvier s\u2019il garde ses actions dans Energy Transfer Partners (ETP), la compagnie chargée de la construction de l\u2019oléoduc ?Il est certain à 100 % que son appui n\u2019ira pas aux Amérindiens, mais à ETP, dont le p.-d.g.a d\u2019ailleurs versé \u2014 sage précaution \u2014, 100 000$ à sa campagne présidentielle.Révoltant! Tout mon soutien va à David Archambault II (un patronyme d\u2019origine française), président de la réserve indienne, et aux 8250 Lakotas y résidant.Sylvio Le Blanc Montréal, le 27 novembre 2016 Mieux vaut changer La Presse canadienne nous fait part d\u2019une déclaration du premier ministre, Philippe Couillard : «Aux yeux du premier ministre Philippe Couillard, le chef péquiste Jean- François Lisée change d\u2019idée comme il change de chemise.» M.Couillard, il n\u2019y a que les fous qui ne changent pas d\u2019idées.Je préfère ceux qui sont assez intelligents pour, après mûres réflexions et à l\u2019écoute du peuple, sont capables d\u2019un mieux; que d\u2019un obstiné dans ses positions, comme vous pouvez l\u2019être M.Couillard! À maintes reprises nous avons pu constater cet entêtement, plus particulièrement concernant le projet de loi 62 ; des experts et de nombreux groupes non seulement ne partagent pas votre vision de la neutralité, mais demandent d\u2019abolir ce projet.Non seulement vous refusez, mais vous voulez l\u2019imposer contre la volonté des citoyens.En plus, vous semblez prendre la tactique et la stratégie de Trump, attaquer, calomnier, mentir au sujet de l\u2019adversaire.Andréa Richard Trois-Rivières, le 27 novembre 2016 Mort dans le silence du soir, rattrapé par le grand âge, après avoir été pendant plus de 60 ans une prodigieuse épine au pied des États-Unis\u2026 Fidel Castro restera un mythe, puisque ainsi en décidera une certaine lecture de l\u2019histoire, mais les Cubains, eux, ont au moins l\u2019assurance aujourd\u2019hui qu\u2019il était bel et bien mortel.Son décès n\u2019annule pas le régime autoritaire qu\u2019il a bâti ; il n\u2019en libérera pas moins la parole.ur les réseaux sociaux et les sites d\u2019opposition en ligne, peu accessibles au commun des Cubains, la dissidence s\u2019exprimait en ?n de semaine face à la déi?cation dans laquelle le régime et une partie de l\u2019opinion internationale s\u2019apprêtent à envelopper el comandante : «L\u2019histoire ne l\u2019acquittera pas», titrait Cubanet, en clin d\u2019œil au célèbre «Condamnez-moi, peu importe ; l\u2019histoire m\u2019acquittera », solennellement prononcé par Fidel Castro à son procès en 1953, suivant l\u2019attaque ratée contre la caserne de la Moncada, à Santiago de Cuba.Sur Twitter, la blogueuse et journaliste indépendante Yoani Sanchez a écrit avec nuance : « Certains prennent congé de lui avec douleur, d\u2019autres avec soulagement, mais la grande majorité avec une touche d\u2019indifférence\u2026 Au petit matin, le silence s\u2019étend, la peur est palpable dans l\u2019atmosphère, des jours compliqués nous attendent.» Et elle ajoute : «Nous avons survécu à Fidel Castro.[\u2026] L\u2019homme qui a décidé chaque détail de la Cuba où je suis née et j\u2019ai grandi n\u2019est plus là : une étrange légèreté s\u2019étend sur l\u2019île.» Une étrange légèreté\u2026 En attendant que la parole se libère et qu\u2019elle se démocratise un peu, puisque le peuple cubain aura bien appris pendant toutes ces décennies à intérioriser son opposition, il faut bien parler de l\u2019homme, comme il était en effet un one man show, bouf?d\u2019orgueil de l\u2019avis même de ceux qui l\u2019adulaient, incapable d\u2019admettre ses torts.Un mauvais perdant, disait son ami Gabriel García Márquez.Un homme qui voulait toujours avoir raison \u2014 une attitude qui lui fera commettre des gestes aux impacts dévastateurs pour la population dans le champ du développement agricole, notamment.Il ne s\u2019agit pas ici de minimiser le moindrement le déni d\u2019autodétermination induit par l\u2019odieux embargo imposé par les États-Unis depuis le début des années 60.Fidel Castro fait sa révolution en 1959 et chasse la dictature de Batista dans un contexte où Washington et les intérêts commerciaux qu\u2019il défend nient \u2014 et continueront longtemps de nier \u2014 les droits de la personne et démocratiques partout en Amérique latine.Cinq ans plus tôt, en 1954, le président progressiste du Guatemala, Jacobo Arbenz, avait été renversé dans un coup d\u2019État fomenté par la CIA.En 1973 au Chili, au tour de Salvador Allende\u2026 Castro aura été encensé à juste titre au sein de la gauche latino-américaine pour la résistance salutaire et inspirante qu\u2019il a opposée pendant un demi-siècle, en pied de nez, aux diktats américains.Pour autant, il faut faire preuve d\u2019aveuglement idéologique pour mettre toute la dérive autoritaire de Castro sur le dos de l\u2019embargo américain.Cet embargo aura eu le dos bien large.Et c\u2019est peut-être là l\u2019erreur la plus triste et la plus désolante qu\u2019ait commise ce fruit singulier de l\u2019histoire contemporaine que fut Fidel Castro : que Cuba sous son joug ait été dans le monde un faisceau d\u2019opposition résiliente aux lois de l\u2019impérialisme américain, et qu\u2019à l\u2019intérieur de l\u2019île, il ait pris soin de manière extraordinaire de la santé et de l\u2019éducation de la population, mais qu\u2019au nom de l\u2019«unité du peuple» et de la «dignité nationale», il n\u2019ait jamais accepté d\u2019ouvrir la porte aux droits politiques de ceux et celles qui, dans la société cubaine et l\u2019Église catholique, lui présentaient des objections légitimes.D\u2019où la fossilisation du régime castriste, pendant qu\u2019ailleurs en Amérique latine, les sociétés civiles et les droits démocratiques se développent, par à-coups certes, mais se développent tout de même.Avait-il le choix ?Oui.L\u2019URSS n\u2019existe plus.Cuba n\u2019est plus prisonnière de la dynamique de la guerre froide.Depuis au moins vingt ans.Peut-être a-t-il voulu mourir plutôt d\u2019avoir à composer avec l\u2019arrivée du président Donald Trump, ironise The Nation, journal de gauche américain.Au crépuscule de sa vie, Fidel a maintes fois mis en garde ses compatriotes, non sans raison, contre le « fascisme néolibéral» qui risquait de polluer la société cubaine avec le dégel amorcé sous Obama.On attend du plus pragmatique Raúl Castro qu\u2019il avance sur la voie de ce réchauffement, mais de façon très prudente, s\u2019agissant de préserver les intérêts du régime.Qui voudrait voir Cuba, par ailleurs, devenir la démocratie malade qu\u2019elle devient aux États-Unis de M.Trump?FIDEL CASTRO L\u2019effacement S GUY TAILLEFER C\u2019est par milliers qu\u2019hommes, femmes et enfants, la plupart vêtus de jeans et de t-shirt, courent sur la plage et se jettent à la mer.Un désir brimé depuis tant d\u2019années! Avoir enfin accès à la mer\u2026 Je garderai toujours gravés dans ma mémoire la joie, le bonheur et l\u2019ivresse de ce peuple libéré.Solange Chalvin, ex-journaliste du Devoir Le 26 novembre 2016 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.P I E R R E B E A U D E T Professeur adjoint, Développement international et mondialisation, Sciences sociales, Université d\u2019Ottawa es prochaines générations se souviendront de Fidel Castro et de sa révolution improbable.En 1959, avec une poignée de guérilléros et une organisation fantomatique, il s\u2019empare du pouvoir détenu par quelques voyous et mafiosos.Au début, les États-Unis hésitent.Rapidement, le conflit éclate, notamment lorsque le nouveau gouvernement décide de redistribuer les terres appartenant à la United Fruit.Dès 1960, une guerre invisible commence avec les multiples tentatives de la CIA d\u2019assassiner Castro.En 1961, une tentative d\u2019invasion menée par des mercenaires cubains à la solde des États-Unis se termine par un échec.En 1962, le monde passe à un cheveu de la guerre nucléaire quand les États-Unis imposent un embargo sur Cuba pour empêcher l\u2019installation de missiles soviétiques.Castro tient le coup parce qu\u2019essentiellement, il a l\u2019appui de la population.D\u2019une part, il rompt avec la corruption généralisée et l\u2019insolence des riches qui avaient transformé ce pays en une sorte de bordel délirant des États- Unis.D\u2019autre part, le nouveau régime, certes peu démocratique, a l\u2019immense qualité de répondre aux besoins du peuple, ce qui fait de Cuba le champion dans plusieurs domaines (santé, scolarisation, etc.) En fin de compte, Fidel Castro sor t renforcé de ces confrontations avec les États- Unis et se met à rêver d\u2019une révolution latino- américaine.Mais les résultats sont peu probants.D\u2019illusoires insurrections, qui se terminent par la mort de Che Guevara en Bolivie en 1966, connaissent des échecs retentissants.Entre-temps, Castro dirige une réorganisation de l\u2019économie et de la société cubaine selon le « modèle » socialiste.Pratiquement tout est nationalisé, jusqu\u2019aux salons de coif fure.Malgré des tentatives de diversification, Cuba reste dépendant de ses expor ta- tions de sucre vers l\u2019Union soviétique en échange de produits industriels.Démantèlement de l\u2019URSS À la fin des années 1980, l\u2019implosion de l\u2019URSS précipite une grave crise.Un grand nombre de Cubains tentent de quitter le pays.La colère populaire s\u2019accroît contre le régime, bien que l\u2019aura de Fidel Castro demeure.Des mesures d\u2019austérité sont imposées pour permettre de préser ver les acquis sociaux.On mise sur le tourisme pour apporter les devises nécessaires à l\u2019importation de biens essentiels (Cuba reste déficitaire au niveau de la production alimentaire).À la fin des années 1990, le vent du changement revient dans l\u2019hémisphère.L\u2019arrivée au pouvoir au Venezuela de Chavez et plus tard, l\u2019élection de gouvernements progressistes dans plusieurs autres pays, permettent de réinsérer Cuba dans la dynamique régionale.Grâce à l\u2019appui du Venezuela, la situation s\u2019améliore.Le symbole de Castro comme le résistant de la première heure reste impor tant, ce qui explique l\u2019affection des peuples et le respect que plusieurs leaders latino-américains éprouvent pour lui.Dans les années 2000, la transition est entreprise avec la passation progressive des pouvoirs à son frère Raúl.Malgré divers problèmes de santé, Fidel continue d\u2019intervenir publiquement.Tout en admettant l\u2019échec économique de la révolution, il continue de mettre en garde son pays contre une capitulation face aux pressions internes et externes qui voudraient que Cuba s\u2019insère dans la dynamique capitaliste.Il craint également l\u2019opposition cubaine, regroupée derrière de puissantes factions de droite exilées à Miami, qui espère une implosion totale du régime.Lors de mes visites à Cuba dans les années 2000, à l\u2019époque où j\u2019animais le réseau Alternatives, j\u2019ai constaté la force et les contradictions de ce pays passionnant.Les intellectuels « réformateurs » avec qui nous avons œuvré, espéraient une évolution du système, par le truchement d\u2019une décentralisation administrative et l\u2019exploration de nouvelles politiques pour permettre le développement des communautés par l\u2019agro-écologie.Ils craignaient la pesante bureaucratie construite dans le sillon d\u2019un pouvoir hyper for t et personnalisé.Ils n\u2019aimaient pas particulièrement Raúl, connu pour ses penchants autoritaires et son attraction pour le « modèle » chinois (tournant capitaliste d\u2019une part, maintien du régime non démocratique d\u2019autre par t).Ils espéraient en fin de compte que la vague « rose » latino-américaine pourrait remettre le projet socialiste sur ses rails à travers de nouvelles orientations et de nouvelles solidarités.Aujourd\u2019hui à ce que j\u2019entends, ils sont plutôt pessimistes, mais l\u2019histoire n\u2019est jamais finie ! L\u2019héritage de Fidel Castro a donc plusieurs facettes.L\u2019Astérix latino-américain qui a défié l\u2019empire pendant plusieurs décennies est ce qui reste dans la conscience populaire.Franchement, on ne peut pas être étonné de cela compte tenu des ravages que l\u2019impérialisme a provoqués dans cette région du monde.Encore aujourd\u2019hui, les États-Unis constituent un formidable obstacle contre le progrès social et la paix, pas seulement en Amérique latine.Par ailleurs, le projet de transformation imaginé au lendemain de la révolution a abouti à des résultats mitigés.Les avancées sociales indéniables, réalisées dans des conditions d\u2019une grande diversité, ont permis au peuple d\u2019améliorer ses conditions de vie, du moins jusqu\u2019au déclin prononcé obser vé depuis les années 1990.Cependant, le pays est resté enfermé par un pouvoir autocratique, qui permet la dissidence, et encore de temps en temps, à condition qu\u2019elle s\u2019inscrive dans des contraintes très étroites.Sur le terrain économique, l\u2019étatisation des entreprises ne s\u2019est pas métamorphosée dans une capacité réelle des travailleurs et des trava i l leuses de changer le sens, le contenu et la forme du travail, resté subordonné à un petit groupe.Sur un plan plus personnel, on retiendra de Castro une détermination absolue, un courage politique rare et un style de vie plutôt austère.Cette droiture lui a valu le respect, alors que la plupart des gouvernants dans cette région du monde (et ailleurs !) se vautrent dans le luxe.Sa propension à penser qu\u2019il avait raison sur tout reste son côté sombre.En somme, Castro était le descendant de cette immense tradition latino- américaine qu\u2019on appelle le «caudillisme», où le chef est plus qu\u2019un chef, face auquel la société tout entière demeure dépendante.Aujourd\u2019hui, cette tradition perd un peu de son éclat.Les paysans boliviens ne pensent plus que le gouvernement progressiste va les « sauver ».Les nouvelles générations au Brésil et en Argentine ont cessé d\u2019attendre des messies et continuent à s\u2019auto-organiser.Une puissante intellectualité prend forme pour chercher du côté du développement écologique et de la démocratisation de la démocratie.Après Fidel Castro est peut-être une des dernières figures du « caudillisme », tradition qui a perdu de son éclat M aintenant que le Sommet de la Francophonie est derrière nous, je me permets de mettre la table pour un grand projet qui me tient à cœur depuis longtemps : un réseau d\u2019Académies de la langue française.Le mois dernier, j\u2019ai assisté à Québec aux échanges des participants de la rencontre annuelle du réseau des Organismes francophones de protection et d\u2019aménagement linguistique.La qualité des échanges et l\u2019état des travaux présentés m\u2019ont convaincu que la chose est possible.L\u2019heure est donc venue de réintroduire le principe de réalité dans la langue française.Il faut en finir avec la fiction de la norme unique, cet anachronisme poussiéreux vieux de quatre siècles, qui a davantage nui que servi.Il est plus que temps que des linguistes francophones \u2014 ceux de pays où le français a le statut de langue officielle ou administrative \u2014 se réunissent en un congrès fondateur pour créer des académies qui s\u2019appelleront comme elles voudront, mais qui seront nationales.Leurs deux tâches seront de décrire la norme écrite de leur pays et de travailler en coopération à la création d\u2019un dictionnaire panfrancophone.Pour ce faire, ces académies doivent être scientifiques, c\u2019est-à-dire composées de véritables linguistes, lexicographes et grammairiens : elles ne doivent sur tout pas être des clubs d\u2019écrivains.Les organisateurs de ce congrès pourront même s\u2019inspirer d\u2019un modèle, méconnu, mais réel et efficace, celui des hispanophones.Dès 1871, la Real Academia Española (RAE) a entrepris, depuis Madrid, de créer un réseau d\u2019académies : c\u2019était longtemps avant le téléphone, et il aura fallu l\u2019ère d\u2019Internet pour que leurs aspirations trouvent une application pratique.Les 23 académies de la langue espagnole, regroupées en association, font ce travail normatif dans chaque pays et cosignent le Dictionnaire de la RAE.Il est plus que temps que les francophones s\u2019inspirent de cette réussite pour moderniser l\u2019idée de la langue et la libérer du carcan qu\u2019on lui a imposé.Il n\u2019y a rien de bizarre là : après tout, la RAE fut fondée en 1714 par imitation de l\u2019Académie française, elle-même fondée sur le modèle de l\u2019Académie de Florence.Les Espagnols ont brillamment montré qu\u2019une copie peut être meilleure que l\u2019originale.Je conviens que les francophones ont une grosse côte à remonter.Contrairement à la RAE, l\u2019Académie française n\u2019est absolument pas en mesure de prendre l\u2019initiative \u2014 ni de donner l\u2019exemple.Mais les francophones ont un atout historique: celui de l\u2019initiative.Car après tout, c\u2019est en dehors de l\u2019Académie que la véritable norme du français s\u2019est bâtie.Pensons à Larousse, Robert, Littré, Grevisse.Avant eux, ce furent Richelet, Furetière, Arnaud et Lancelot.Plus près de nous, il y a eu Usito et Antidote, mais aussi Poirier et Bélisle.Si on fait exception des travaux de l\u2019OQLF, cette norme s\u2019est bâtie en dehors des structures officielles.Donc, en soi, rien ne s\u2019oppose à ce qu\u2019un noyau dur de linguistes se réunissent en un congrès fondateur des académies francophones.Parce que les petits ruisseaux font les grandes rivières, il importe de commencer maintenant, en petits comités nationaux, pour déblayer le terrain et faire des plans.L\u2019argent?Il s\u2019en trouve pour des idées plus insignifiantes.De toute manière, il faudra plusieurs années d\u2019études avant de s\u2019engager dans des procédés coûteux.Encore là, l\u2019exemple nous vient des Espagnols.Des multinationales des télécommunications, de la presse, de la finance et de l\u2019énergie y contribuent à coups de millions d\u2019euros.C\u2019est même la filiale espagnole d\u2019IBM qui a assuré le sout ien informat ique du grand chant ier d\u2019échantillonnage.L\u2019enjeu n\u2019est pas seulement de dépoussiérer la norme, mais de changer notre idée de la langue pour la rendre plus conforme au réel.Comme l\u2019espagnol, le portugais et l\u2019anglais, le français est une grande langue internationale qui vit avec de multiples foyers normatifs nationaux, à la fois publics et privés.De facto, le français est une chose plurielle \u2014 depuis toujours, en fait.Cinq ou six siècles avant l\u2019anglais, l\u2019espagnol et le portugais, la langue française s\u2019était déjà enracinée en dehors de son domaine d\u2019origine.Le français étouffe de cette idée d\u2019une norme unique, qui n\u2019était concevable que dans les salons du XVIIe siècle et qui était déjà à l\u2019époque la négation de ce que le français a toujours été.En effet, il a été, est et sera pluriel : repartons sur cette base.C\u2019est pourquoi, professeurs de Sherbrooke, de Québec, d\u2019Aix-en-Provence, de Liège, de Dakar, de Tunis, de Kinshasa, de Port-Louis, de Yaoundé, il est temps de vous réunir et de fonder un réseau des Académies francophones.La langue française a besoin d\u2019air : ouvrons les fenêtres.Académies francophones ORLANDO SIERRA AGENCE FRANCE-PRESSE Sur un plan personnel, on retiendra de Castro une détermination absolue, un courage politique rare et un style de vie plutôt austère.A L E X I S W A W A N O L O A T H Étudiant en droit à l\u2019Université de Sherbrooke, ex-conseiller au Conseil des Abénakis d\u2019Odanak, ex-député d\u2019Abitibi-Est e comprends bien qu\u2019étant policier à la Sûreté du Québec tu défendes ta « gang ».Par contre, je suis prêt à mettre ma main au feu que, sur 22 femmes qui ont dénoncé ces abus, il n\u2019y a pas 22 menteuses.Pourquoi ?En 2011, j\u2019ai entendu ces histoires d\u2019horreur et quand j\u2019ai contacté des journalistes pour que ces femmes témoignent, elles ont décidé de se taire, car elles avaient trop peur des conséquences, du harcèlement policier pour elles et leurs familles.Pourquoi, en 1998, Jimmy Papatie a-t-il entendu un témoignage sur ces abus et s\u2019est-il fait simplement dire à l\u2019époque par les autorités que ça ne se pouvait pas?Pourquoi, dans les années 1990, Michèle Audette a-t- elle reçu de tels témoignages aussi ?Nous serions des menteurs aussi, tous acteurs d\u2019un complot politique remontant aux années 1990?Pour revenir à cette fameuse accusation de manipulation politique, je connais les intervenantes qui étaient présentes lorsque ces témoignages ont été rendus publics et je sais très bien que ce n\u2019était pas une commande de qui que ce soit.Je sais que le Centre d\u2019amitié autochtone et Édith Cloutier ont tout fait pour défendre et protéger ces femmes courageuses ; et même contre les journalistes d\u2019Enquête, qui étaient parfois très insistantes.Je suis vraiment en furie contre cette accusation ridicule.Je suis sûr que toi, personnellement, tu n\u2019es pas raciste, mais je suis sûr (et prêt à mettre ma main au feu) qu\u2019il y a beaucoup de personnes racistes et qu\u2019il y a du racisme systémique dans les institutions gouvernementales ; et particulièrement dans les corps policiers.Je l\u2019ai vécu personnellement ! Et j\u2019ai entendu trop de témoignages pour que tout cela ne soit que mensonges.Je trouve ça décevant de voir que vous, les policiers, et votre syndicat, défendez des pourris au lieu de vous résoudre à faire le ménage parmi vos rangs pour en exclure ceux qui vous donnent mauvaise presse ; car je suis bien conscient que vous n\u2019avez pas le travail le plus facile.Mais comment voulez qu\u2019on vous fasse confiance dans de telles circonstances?Je sais que les racines du mal sont plus profondes, comme le disait mon oncle Richard Kis- tabish.Ces phénomènes existaient lors de la création de la fédération canadienne avec John A.McDonald (le gars sur les 10 $), lui qui était un raciste notoire, lui qui a déjà déclaré, à propos de l\u2019exécution des Cris des plaines s\u2019étant révoltés : « L\u2019exécution des Indiens [\u2026] doit convaincre l\u2019homme rouge que c\u2019est l\u2019homme blanc qui gouverne.» Pas besoin de remonter si loin dans l\u2019histoire (d\u2019horreur pour les premiers peuples) du Canada ou du Québec : nous avons eu à subir le génocide culturel (et génocide tout court pour bien des nations comme la mienne, les Abénakis) par la dépossession de nos terres (pour faire des barrages, des mines, des coupes de bois, etc.), les pensionnats, l\u2019exclusion sociale et j\u2019en passe.Donc, ce n\u2019est pas juste une crise policière qui est en cause ici.C\u2019est bien plus profond.Et pour régler ça, nous devons prendre des mesures concrètes.Il doit y avoir un examen de conscience, non seulement des institutions, mais aussi des individus.Sur ce, je te salue, policier, et j\u2019espère que tu auras la force de faire cet examen de conscience.À mes sœurs anishnabekwek, je vous crois ! #SolidaritéIkwé Lettre à un ami policier J L Ce n\u2019est pas juste une crise policière qui est en cause ici.C\u2019est bien plus profond.Et pour régler ça, nous devons prendre des mesures concrètes.Il doit y avoir un examen de conscience, non seulement des institutions, mais aussi des individus JEAN-BENOÎT NADEAU L E D E V O I R , L E L U N D I 2 8 N O V E M B R E 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Elle clame que « le lien d\u2019attachement est plus fort » dans une garderie puisque les enfants y évoluent souvent depuis la pouponnière.« Les retirer dès l\u2019âge de 4 ans serait nuire à leur sécurité affective et à leur plein développement.» Elle prétend également que d\u2019envoyer les enfants à l\u2019école à l\u2019âge de 4 ans est « un drame » pour plusieurs parents.« Dans nos installations, ils y viennent deux fois par jour, discutent régulièrement de leur enfant, se sentent impliqués dans l\u2019éducation de ce dernier et peuvent entrer à n\u2019impor te quel moment de la journée pour le voir, ce qu\u2019ils perdent dès l\u2019entrée à l\u2019école.» L\u2019association assure que le programme « Accueillir la petite enfance », offert dans les garderies non subventionnées, est « intimement lié » avec le programme de maternelle 4 ans.« On a pris le temps de décortiquer chacune des compétences des deux programmes, on est très proches, même pour la numératie et la littératie [\u2026] En bonifiant ces activités, on peut donner le programme de maternelle 4 ans avec tout ce qui vient avec dans nos installations et préparer les enfants pour la maternelle 5 ans pour la meilleure réussite scolaire.» L\u2019association réclame plus d\u2019argent, notamment pour bonifier la formation des éducatrices.« Pour of frir la qualité du programme éducatif, acheter le matériel éducatif et of frir les salaires qui se doivent, il est impératif que le gouvernement augmente les remboursements anticipés aux parents, le faisant passer de 9100 $ à 13 000 $ à compter du 1er janvier 2017.» Même avec ces nouveaux investissements, cette proposition ferait faire des économies au gouvernement, plaide l\u2019association.« Financièrement, le gouvernement sauvera beaucoup d\u2019investissement financier, puisqu\u2019il n\u2019aura pas à réinvestir dans les écoles pour l\u2019ajout de classe maternelles 4 ans puisque nos structures sont déjà en place.» Piètre performance des garderies privées En décembre 2015, l\u2019Institut de la Statistique du Québec publ ia it les résultats d\u2019une vaste enquête sur les services offerts dans les ser- v ices de garde .Le rappor t Grandir en santé concluait que le tiers des enfants de 18 mois à 5 ans ne rece- va ient pas des ser- v ices sat isfa isants dans les garder ies privées non subventionnées.On faisait notamment mention de lieux mal adaptés, de matér iel inadé - quat et de faille dans l \u2019hygiène .Quest ionné sur ces lacunes par Le Devoir, le vice- président de l\u2019association, David Haddaoui parle de « désinformation » et remet en doute les conclusions de l\u2019enquête.« Les garderies privées non subventionnées n\u2019ont pas été visitées adéquatement, on n\u2019était pas bien représentés, répond-il en marge des consultations.On participe avec le gouvernement à une table qualité dans les garderies non subventionnées.Et je peux vous dire que, si les parents choisissent les garderies non subventionnées, c\u2019est qu\u2019il y a un service qui est donné et une qualité.» Réflexion du ministre En entrevue au Devoir, le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, rappelle que, selon la loi adoptée par l\u2019Assemblée nationale, le programme des maternelles 4 ans est « un modèle éducatif qui se fait à l\u2019intérieur du système d\u2019éducation ».Il soutient que d \u2019autres groupes ont fait les mêmes revendications, dont cer tains CPE, mais que l \u2019on ne s\u2019entend pas sur le sujet au sein de « groupes qui ont le même intérêt » puisque certains services de garde précisent que leur rôle n \u2019est pas de faire de la scolarisation.Ainsi, le ministre af firme qu\u2019il n\u2019a pas encore pris de décision sur les nombreuses propositions qui lui ont été présentées dans le cadre des consultations, mais il semble vouloir fermer la porte à cette nouvelle demande de l\u2019Association des garderies non subventionnées en installation.« On aura la chance d\u2019en rediscuter, mais pour moi, ce qui est très clair, c\u2019est que les maternelles 4 ans sont à l\u2019école.Et c\u2019est dans cet esprit-là que se fait le déploiement », conclut le ministre.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MATERNELLE Sébastien Proulx jouer au présent se fait de plus en plus urgent ?La chose pourrait en effet être jugée comme criminelle\u2026 « Est-ce que les gens font assez le rapport entre ce qui se passe aujourd\u2019hui et ce qui s\u2019est produit dans le passé ?Je ne crois pas », a expliqué la semaine dernière en entrevue au Devoir le père Nestor Burma, de la pétillante Adèle Blanc-Sec, mais aussi de Putain de guerre qui, avec la complicité de Jean-Pierre Verney a rappelé au bon souvenir du présent entre 2008 et 2009, en six tomes, les six années d \u2019hor reur qu i ont fa it la Première Guerre entre 1914 et 1919.« Dans la notion de \u201cdevoir de mémoire\u201d, j\u2019ai toujours été agacé par le mot \u201cdevoir\u201d, cet impératif moral de se souvenir.La mémoire est importante, hier comme aujourd\u2019hui.Mais elle ne doit pas être forcée, pas devenir formelle, être teintée par des préoccupations, jugées vieillottes par les jeunes générations.Mais elle doit toujours être là, pour ef fec- tivement éviter de retomber dans les ornières du passé qui peuvent se présenter à nouveau à nous.» Raconter le pire La bande dessinée, avec le pouvoir d\u2019évocation de ses images, avec sa capacité à distordre le temps pour rapprocher le passé du présent est, selon lui, un outil efficace pour stimuler cette mémoire collective.Un exercice qu\u2019il poursuit ici en suivant dans les tranchées le destin pourri du brancardier Mathurin Broutille.Perdu sur les lignes de front, l\u2019homme, placé au cœur du pire «d\u2019une guerre de position qui s\u2019éternise», va croiser l\u2019horreur de corps détruits, l\u2019enfer de la boue, mais aussi l\u2019odieux du racisme, du colonialisme, de l\u2019intolérance, de la bêtise dans une série de rencontres avec des hommes dont la guerre a ôté une bonne part de leur humanité.Le récit est historique, toujours teinté par les souvenirs horribles que lui racontait sa grand- mère.Mais les apparences sont parfois trompeuses.« On croit que j\u2019écris sur la Première Guerre mondiale, s\u2019amuse Jacques Tardi, mais ce n\u2019est pas vrai, j\u2019écris sur la guerre en général, sur le présent et sans doute sur l\u2019avenir.Les accords politiques secrets qui bouleversent des régions entières, la guerre froide, les victimes innocentes envoyées au casse-pipe pour défendre des intérêts qui les dépassent, tout ça est encore bien réel et bien présent.» L\u2019esprit de révolte Derrière lui, Dominique Grange, sa compagne de longue date, chanteuse de son état, figure du mouvement révolutionnaire de mai 1968, opine du bonnet.Dans Le dernier assaut, elle a mis plus que son grain de sel en y ajoutant un album de chansons thématiques.Le récit dessiné et le CD forment un tout indissociable, estime le couple qui porte l\u2019association jusqu\u2019à la scène dans un spectacle en tournée actuellement en Europe.«Pour bien se battre et résister, il faut avoir une mémoire du passé», dit- elle en rappelant que, si des «mouvements chargés de valeurs nauséabondes» empestent actuellement le présent, c\u2019est peut-être pour donner une raison de s\u2019engager, de résister, aux citoyens qui avaient oublié l\u2019importance d\u2019agir pour défendre leurs libertés.Subversive ?Dominique Grange, confirme que le trait de caractère n\u2019a pas d\u2019âge, et que, chez elle, il aurait même tendance à se densifier au contact de ces mouvements ouvriers dont elle a porté la voix et incarné la cause il y a près de 50 ans et qui expriment ouvertement en France la tentation de l\u2019intolérance et de l\u2019extrême droite de Marine Le Pen.« Les révoltes, les indignations sont toujours là, elles sont latentes, comme des rivières souterraines qui coulent discrètement en attendant de monter à la surface, dit-elle.Et parfois, elles reviennent en force.» Selon elle, de nouveaux combats sont à prévoir, « puisque c\u2019est uniquement par la lutte que l\u2019on peut progresser », dit-elle, avec la voix calme et douce qui est la sienne.Et elle ajoute : « Les mouvements populaires sont aussi portés par la mémoire», à condition bien sûr que cette mémoire, les angoisses, les erreurs, les horreurs qu \u2019elle contient puissent se rendre jusqu\u2019à eux.Le Devoir LE DERNIER ASSAUT Jacques Tardi et Dominique Grange Casterman Bruxelles, 2016, 122 pages SUITE DE LA PAGE 1 DESSIN qui lui a directement demandé si Fidel Castro était un dictateur.« Oui », a-t-il répondu en anglais, l\u2019air contrit.« Il a eu un impact profond et durable sur le peuple cubain.Il était certainement une figure polari- sante et il y avait certainement de grandes craintes quant à son bilan en matière de droits humains », a-t-il ajouté.Dans sa réaction initiale au décès du révolutionnaire cubain, le chef libéral visait surtout à illustrer la «profonde connexion» qu\u2019entretiennent les Canadiens et les Cubains, a-t-il expliqué.Une histoire de famille Il faut dire qu\u2019au sein de la famille Trudeau, cette connexion est personnelle.«Son père était un peu ami avec Castro», a rappelé le biographe de Pierre Elliott Trudeau, Max Nemni, dans un entretien avec Le Devoir.Dans ses mémoires publiés en 1993, Trudeau père utilise une formule moins euphé- misante, et admet être séduit par le leader cubain, qu\u2019il a visité chez lui en 1976.Justin Trudeau, l\u2019héritage du père en tête, a donc formulé sa réaction officielle au décès de Fidel Castro en utilisant «certaines choses qui sont ou qui étaient vraies », selon Max Nemni.«Parce qu\u2019il [Fidel Castro] a fait du bien à son peuple sur le plan de l\u2019éducation et de la santé.[Justin Trudeau] s\u2019est limité à cela pour ne pas avoir à aller plus loin, pour ne pas parler des droits de la personne.» Choix honnête ?« Moi, ça me semble anodin.Il n\u2019a pas dit grand-chose », a répondu le biographe.À son avis, ce n\u2019est probablement pas au moment d\u2019envoyer une première réaction officielle à un décès qu\u2019il est le plus avisé d\u2019étaler le bilan d\u2019un chef politique en matière de droits de la personne.« À vrai dire, il pensait que ce n\u2019était pas le moment d\u2019en parler », a-t-il suggéré.Qu\u2019à cela ne tienne, l\u2019organisation Human Rights Watch, qui n\u2019avait pas consacré de publication à Cuba depuis 2009, a publié dimanche un communiqué de presse insistant sur le legs du régime de Castro, surtout caractérisé par un « système répressif qui punit pratiquement toute forme de dissidence».La chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, a aussi dénoncé l\u2019héritage cas- triste.« Des milliers de personnes ont sombré dans la pauvreté et des milliers d\u2019autres ont été emprisonnées et exécutées, et la liber té d\u2019expression, de pensée et de réunion était limitée ou interdite, tous devant vivre selon sa version du \u201csocialisme\u201d», a-t-elle écrit.Le chef néodémocrate a été prudent.«À l\u2019occasion du décès de Fidel Castro, pensons à l\u2019impact qu\u2019il a eu sur tant de vies, et gardons espoir pour l\u2019avenir du peuple cubain », a déclaré Thomas Mulcair.Trouver l\u2019équilibre Encore dimanche, Justin Tr udeau a dit comprendre « tout à fait » que sa déclaration ait pu choquer les détracteurs du régime cubain.« Il y a des gens qui ont bien des souvenirs, qui ont vécu des réalités extrêmement dif ficiles par rapport à l\u2019histoire de Cuba.Et je ne suis pas du tout en train de minimiser ça», a-t-il dit.Le premier ministre a par ailleurs affirmé qu \u2019 il avait abordé la question des droits de la personne avec Raúl Castro lors de sa visite à Cuba, à la mi-novembre.L\u2019auteur de Trudeau- mania, Rober t Wright, était sur place.Du passage du premier ministre canadien à l\u2019Université de La Havane, il a retenu le ton chaleureux, amical avec lequel il a abordé le frère Castro.À la mort de Fidel Castro, Justin Trudeau devait réagir avec « équilibre », croit-il.«C\u2019était délicat, parce qu\u2019il devait exprimer un sentiment chaleureux de sympathie, mais également formuler une réaction objective », a expliqué Robert Wright.«À en juger par la réaction des Canadiens, il n\u2019a pas trouvé cet équilibre.» Surtout, les Canadiens ont perdu de l\u2019af fection pour la cause castriste, a-t-il avancé.«Il y a dix ans, il y avait un vaste attachement sentimental aux idéaux de la révolution cubaine », a observé l\u2019auteur.Mais à mesure que le caractère menaçant de l\u2019«ennemi» américain s\u2019est atténué \u2014 par le rapprochement entre Cuba et les États-Unis entrepris en 2014, notamment \u2014, «l\u2019utilité du style de gouvernance cubain » s\u2019est étiolée, selon lui.Dans le contexte, «l\u2019argumentaire de Fidel Castro a perdu de la force», a résumé Robert Wright.En attendant les funérailles À Cuba, une procession transportant les cendres de Fidel Castro doit quitter La Havane mercredi, en direction de Santiago, là où seront célébrées, dimanche prochain, ses funérailles.Seize ans après les obsèques de Pierre Elliott Trudeau, auxquelles avait assisté Fidel Castro à Montréal, Justin Trudeau se rendra-t-il sur l\u2019île cubaine pour saluer le leader controversé ?« Chose cer taine, ce serait une erreur politique de sa part de donner l\u2019impression qu\u2019il ne va pas aux funérailles en raison des critiques de ses opposants », a répondu Robert Wright.De son côté, Max Nemni n\u2019a pas souhaité s\u2019avancer.En 2000, la présence de Castro aux funérailles de Trudeau père avait été perçue comme un geste «extrêmement important», a rappelé Robert Wright.La décision de Justin Trudeau le sera peut-être autant.Avec La Presse canadienne Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CASTRO A L E X A N D R E G R O S B O I S C U B à Cuba É pais silence dans les rues, rassemblements et spectacles annulés, drapeaux fixés sur de nombreuses devantures : les Cubains, une fois passée la commotion suscitée par l\u2019annonce du décès de Fidel Castro, vivaient au ralenti, observant un deuil national décrété jusqu\u2019au 4 décembre.Si la journée de dimanche s\u2019est déroulée dans le calme à Cuba, la semaine prochaine sera ponctuée de plusieurs cérémonies d\u2019hommage et d\u2019une procession de quatre jours pour honorer le « père de la révolution cubaine », mort vendredi soir.Point culminant de ces célébrations, les funérailles du « Comandante », personnage unique qui a tenu tête aux États-Unis, forgé l\u2019identité de cette île caribéenne et l\u2019a fait entrer dans les livres d\u2019histoire, se dérouleront le dimanche 4 décembre à Santiago de Cuba, dans l\u2019Est, berceau de la Révolution.Le transfert des cendres de Fidel Castro de La Havane à Santiago, lors d\u2019une procession qui parcourra quelque 900 kilomètres de mercredi à samedi, devrait constituer un autre moment fort avec la probable mobilisation de millions de Cubains.«C\u2019est un grand leader, on aurait dû décréter 30 jours de deuil, vraiment », s\u2019emporte Andy Lores, un boucher du quartier populaire du Cerro, dans le sud de la capitale.Posture discrète Dimanche, les rues étaient quasi désertes.Cette impression a été renforcée par la posture discrète des dissidents qui ont suspendu leurs activités pour éviter d\u2019être accusés de «provocation ».Les Dames en blanc n\u2019ont pas effectué leur marche de protestation habituelle, mais la dirigeante de ce mouvement créé par des proches de prisonniers politiques ne cachait pas sa rancœur.«On ne se réjouit pas de la mort d\u2019un homme, d\u2019un être humain, mais nous nous réjouissons de la mort des dictateurs, il faut la célébrer», a déclaré à l\u2019AFP Berta Soler.La première cérémonie de recueillement a été programmée pour lundi sur l\u2019emblématique place de la Révolution à La Havane.« Ça ne va pas être grand, ça va être énorme, cela va être historique », prédit Carlos Manuel Obre- gon Rodriguez, un chauffeur de taxi de 43 ans.Partout à Cuba, l\u2019annonce de la mort du « Lider Maximo » à l\u2019âge de 90 ans est accompagnée depuis deux jours par un épais silence, notamment à La Havane.Deuil national oblige, rassemblements et spectacles ont été annulés.Les incontournables matchs de baseball ont été suspendus.Les discothèques sont fermées, la vente d\u2019alcool a été interdite et la plupart des restaurants ont réduit leurs heures d\u2019ouverture.Une présence policière était visible mais discrète à La Havane.La cause du décès de l\u2019ex-président n\u2019a pas été révélée par les autorités cubaines, qui n\u2019ont pas confirmé que la crémation de son corps prévue samedi avait bien eu lieu.Parmi les 11,2 millions d\u2019habitants de l\u2019île, beaucoup ne dissimulaient pas leur peine face à la perte de ce géant du XXe siècle.Car même s\u2019il a d\u2019une main de fer fait taire toute opposition et si la ferveur révolutionnaire a eu tendance à s\u2019estomper, l\u2019ex-président demeurait très respecté et admiré sur l\u2019île.«J\u2019aurais souhaité qu\u2019il vive 30 ans de plus, mais bon, personne ne peut vaincre le destin», confie Guillermo Suarez, un maçon de La Havane.Sonner le glas Fidel Castro avait cédé le pouvoir à son frère Raúl en 2006 après une hémorragie intestinale.Il a engagé un lent processus de réformes économiques destinées à sauver Cuba de la faillite avec une ouverture accrue à l\u2019initiative privée et à l\u2019investissement étranger.« Le socialisme a survécu à la longue maladie de Fidel Castro et il continuera certainement après sa mort », juge Jorge Duany, directeur de l\u2019Institut de recherche cubaine à l\u2019Université internationale de Floride.Cependant, cet expert estime que son décès « accélérera probablement les réformes économiques ».Mais « il faudra sûrement attendre le retrait de la présidence de Raúl, annoncé pour 2018, pour évaluer plus clairement s\u2019il y aura des changements substantiels à la tête » de l\u2019État, ajoute-t-il.L\u2019écrivain pér uvien Mario Vargas Llosa pense lui, au contraire, que la mort de Fidel Castro va sonner le glas du régime, car « c\u2019est lui qui faisait en sorte que le système soit plus ou moins immobile et qu\u2019il n\u2019évolue pas».Agence France-Presse Un long deuil cubain Déferlante de cérémonies en vue pour le père de la révolution YAMIL LAGE AGENCE FRANCE-PRESSE Les Cubains, une fois passée la commotion suscitée par l\u2019annonce du décès de Fidel Castro, vivaient au ralenti dimanche à La Havane.Ce serait une erreur politique de sa part de donner l\u2019impression qu\u2019il ne va pas aux funérailles en raison des critiques de ses opposants Robert Wright « » "]
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