Le devoir, 10 décembre 2016, Cahier D
[" T E X T E E T P H O T O S P A U L E R O B I T A I L L E E T M I G U E L B A R B E R E N A à Mexico L a litanie du vendeur de tamales me renvoie au temps où nous vivions ici avec mes deux fils, dont l\u2019aîné, qui a aujourd\u2019hui 18 ans, m\u2019accompagne dans ce voyage après 15 ans d\u2019absence.À l\u2019époque, j\u2019étais obnubilée par la crainte de voir l\u2019un des deux kidnappé.C\u2019est presque arrivé lorsque j\u2019ai été prise dans une embuscade avec eux et leur nounou.La fuite dans notre voiture est entrée dans les annales familiales.On redoutait la violence.Ce soir, pourtant, cette peur s\u2019est totalement dissipée.Mexico n\u2019est plus la même.La ville demeure injustement victime de cette vieille réputation.Et pourtant.Dans ce pays déchiré au nord par les narcos, Mexico est devenue \u2014 osons le dire \u2014 l\u2019une des villes les plus sûres du pays.Les petits taxis ver ts, champions du kidnapping express dans les années 90, n\u2019existent plus.Les taxis sont réglos.Uber est en vogue comme nulle par t ailleurs.Dans les quartiers du centre, on marche sans crainte et on traîne dans les parcs et les cafés jusqu\u2019à très tard dans la nuit.Bien sûr, il y a des quartiers malfamés à éviter la nuit, mais en général, la ville a retrouvé une bonhomie qui en fait l\u2019un des lieux les plus agréables de l\u2019Amérique latine.Alors, avec mon vieux copain Miguel, que je retrouve avec plaisir, nous déambulons en toute quiétude dans l\u2019avenue Amsterdam bordée de palmiers de ce quartier Art Déco fabuleux de la capitale mexicaine, qu\u2019on appelle Colonia Condesa.Miguel me fait répéter la phrase du vendeur de tamales.Après quelques verres de mezcal bien frappé, j\u2019y arrive à peine, m\u2019esclaffant à tous les deux mots.« Ton espagnol est toujours aussi mauvais ! », me lance mon ami.La nuit est fraîche, agréable, parfaite.Avec Miguel et sa copine, nous allons manger chez El Ti- zoncito des tacos al Pastor.Dans ce restaurant à aire ouverte, le cuisinier râpe en lanières une énorme pièce de viande cuite à la manière du shish kebab, un legs de la communauté moyen- orientale.On enfile une demi- douzaine de ces petits délices: un taco sur lequel sont déposés quelques morceaux de porc grillé et d\u2019ananas.Et la bière locale coule à flot.Nous terminons la soirée au resto-bar-librai- rie El Pendulo pour bouquiner et boire jusqu\u2019aux petites heures du matin.Les Mexicains sont de joyeux oiseaux de nuit, de fiers bons vivants qui aiment rire fort et s\u2019amuser.Nous racontons à mon fils que, pour son premier anniversaire, nous étions allés choisir un groupe de mariachis à la place Garibaldi.Cet après- midi-là, des centaines de mariachis envahissaient le square, jouaient et chantaient ; une énorme cacophonie.La dizaine d\u2019hommes en tenue ajustée de rancheros avaient débarqué chez nous le lendemain.La soirée avait été festive.La tradition perdure.Les mariachis occupent toujours la place Garibaldi.Le matin, dans le quartier de la Condesa, la lumière est cristalline.Nous nous installons dans un café tout à coté du parc Mexico.Une nature luxuriante nous entoure.Je mange une concha, cet te brioche glacée de sucre brun, et je goûte un expres - so bien serré.Partir Profession: téméraire! La chronique de Carolyne Parent Page D 3 Saveurs Un Noël écomangeable: la chronique de Sophie Suraniti Page D 6 « Tamales oaxaquenos tamales calientinos, venga y pida sus ricos y deliciosos tamales oaxaquenos ! » chante en boucle le haut-parleur du vendeur qui tangue nonchalamment sur son vélo.Il pousse son énorme chariot rempli de ces petits pâtés de polenta préhispaniques enveloppés de feuilles de maïs.L\u2019homme aux tamales annonce la nuit depuis des temps immémoriaux dans ce quartier de Mexico.TOURISME MEXICO La cité de toutes les intrigues La ville est devenue, osons le dire, l\u2019une des plus sûres du pays Le Palais des beaux-arts, construit pendant la dictature de Porfirio Diaz à la fin du XIXe siècle, a été inspiré de l\u2019opéra Garnier à Paris.Il est situé au cœur du centre historique de la capitale.C A H I E R D \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 0 E T D I M A N C H E 1 1 D É C E M B R E 2 0 1 6 Le samedi au marché de San Angel, on trouve un artisanat multicolore qui vient des quatre coins du pays.Dans ce quartier du sud de la ville, au charme discret, résident nombre d\u2019intellectuels, de politiciens et de vieilles fortunes.VOIR PAGE D 2 : MEXICO J\u2019aurais pu choisir l\u2019endroit d\u2019à coté, tenu par un Français qui sert des croissants fins et croustillants.Mais j\u2019aime celui-ci parce que, tout à coté, il y a des messieurs grisonnants en veston de tweed qui ressemblent à l\u2019écrivain Carlos Fuentes; ils discutent politique.J\u2019essaie d\u2019imaginer le Mexico des années 1930 ou 1940, alors terre d\u2019immigration où, de Trotski à Fidel Castro, on venait se mettre à l\u2019abri.En vain, parfois, comme pour Trotski assassiné chez lui par des agents russes.La métropole mexicaine demeure toujours le centre de toutes les intrigues.Dans le parc, nous observons des sportifs qui s\u2019entraînent et pompent des poids de fortune confectionnés avec des briques dans un gym improvisé.Ici, nous ne sentons pas la folie de cette ville de 22 millions d\u2019habitants.La Condesa, une oasis, possède une élégance, une langueur, un style bobo hipster que la faune du Plateau Mont- Royal ne pourrait qu\u2019envier.Attablée à ce joyeux café, relaxe, je me demande sincèrement qui voudrait perdre son temps à la plage lorsqu\u2019il y a Mexico?La capitale mexicaine rivalise avec Tokyo, Rome ou New York.À la dif férence de ces grandes villes, Mexico est l\u2019aboutissement de lubies mégalomanes de quelques rois aztèques.Il y a 800 ans, ils se sont entêtés à construire une cité à 2500 mètres d\u2019altitude, sur les îles du lac Texcoco.À l\u2019arrivée des envahisseurs espagnols, on dit que Tenochtitlan, l\u2019ancien nom de la ville, avait des allures de Venise.Aujourd\u2019hui, Xochimilco, un quartier du sud de la métropole, rappelle encore ces temps révolus.Il est conseillé d\u2019y arriver tôt parce qu\u2019il est envahi par les touristes mexicains.Sur les canaux étroits flottent des centaines de barques transformées en cuisines, en tribunes de mariachis, en tables à pique- nique; un chaos délirant.La richesse culturelle de cette capitale est inouïe.On n\u2019y compte plus les musées ni les galeries d\u2019art.Son théâtre et sa musique donnent le ton à la culture latino-américaine.Le Musée d\u2019anthropologie, d\u2019architecture classique, l\u2019un des plus réputés au monde, côtoie celui de Soumaya, un immeuble ultramoderne érigé par le milliardaire Carlos Slim à la mémoire de son épouse.Cuisine des peuples La cuisine mexicaine, infinie, divine, inusitée, se conjugue au nombre de ses peuples.Dans le chic quartier de Polanco, Pujol, le restaurant du chef Enrique Olvera, serait l\u2019une des 20 meilleures tables au monde.Mais à Mexico, c\u2019est d\u2019abord la vie de quartier et la culture populaire qui séduisent.Il faut s\u2019attabler dans une pulqueria (l\u2019équivalent de la taverne, où les hommes surtout boivent le pulque, une boisson de cactus fermenté), aller voir un match de lutcha libre (lutte mexicaine), se poser dans l\u2019une de ces cafétérias autour des marchés et observer, en grignotant une que- sadilla de maïs bleu ou vert, la vie effervescente des habitants d\u2019une ville étonnante.Dans cet univers fabuleux se côtoient les mondes préhispa- nique et autochtone, européen, américain, païen, chrétien, riche ou pauvre.Bien que le pays s\u2019érige en société de castes, tous les Mexicains coexistent dans une surprenante harmonie.Même Tepito, le marché con - nu pour sa contrebande, a son charme; les comptoirs de nourriture de rue, les gens qui s\u2019affairent dans la cohue, les vendeurs ambulants qui annoncent leurs produits en criant à tue-tête.Ailleurs, au restaurant San Angel Inn, dans la commune de San Angel, rendez-vous de la bourgeoisie mexicaine le dimanche midi, des femmes à l\u2019allure impeccable causent autour du magnifique jardin, servies par des hommes gantés et habillés de blanc, au son discret des mariachis.Dans le centre historique, en fin de matinée, nous entrons en pleine messe dans une église du XVIe siècle.Des petites dames qui semblent venir d\u2019aussi loin que du Chiapas, une province au sud du pays, s\u2019agenouillent pour prier.D\u2019autres allument des cierges dans un décor baroque d\u2019un autre temps.On dit que la cathédrale du Zocalo (la grande place au cœur de la ville) et certaines églises ont été cons truites avec les pierres des pyramides aztèques (le Templo major), que les conquistadors ont fait démanteler.Plus loin, à la cantina Opéra, le plus vieux restaurant de la ville, le serveur nous explique que Pancho Villa, le fameux révolutionnaire mexicain, a fait une entrée remarquée à cheval ordonnant au barman qu\u2019on le nourrisse.Le menu n\u2019a pas changé depuis la révolution mexicaine.En plus des moles traditionnels (du poulet en sauce à base de cacao), on y trouve toujours des testicules de bœuf rôtis et de la soupe à la moelle.On sort bien repu.Le bal de Cendrillon?Nous nous perdons dans le quartier des robes de quinze- niera parce qu\u2019au Mexique, le 15e anniversaire des jeunes filles se célèbre toujours en grande pompe dans toutes les couches de la société.Tout autour de nous s\u2019étalent des robes de princesse de toutes les couleurs: on se croirait au bal de Cendrillon.Sur la place Santo Domingo, mon fils s\u2019achète un sac rempli de crickets séchés arrosés de jus de lime.Déjà, à trois ans, il adorait ça.L\u2019endroit est le lieu des scribes et des faux documents.On peut même y acheter de faux passeports.Nous entrons dans un vieil immeuble du XVIIIe siècle.Dans ce capharnaüm de kiosques et de passages byzantins, nous abordons un type et expliquons vouloir un diplôme en génie de l\u2019Université de Mexico (UNAM).La demande circule comme une traînée de poudre.L\u2019homme revient, entouré de quelques curieux.Il exige 200$ pour un diplôme en règle.Est-ce une coïncidence si l\u2019immeuble est situé juste en face du ministère de l\u2019Éducation ?«Ah ! Trop cher », prétextons- nous.Il faut feindre un départ.Nous nous réfugions de l\u2019autre côté de la rue, dans un café devant la belle église Santo Domingo.Il y a foule.On dirait des funérailles.Ces gens, beaux et élégants, sont tous vêtus de noir; le Tout-Mexico.Une géan - te ceinture pourpre retient la soutane noire du chanoine.Un type, là-bas, ressemble au président du Mexique Peña Nie - to.Qu\u2019est-ce qui se passe ?C\u2019est le tournage de la télésé- rie Ingovernable.La circulation à Mexico est in- gérable, pire qu\u2019à Montréal (eh oui, c\u2019est possible !).Des bouchons monstres bloquent les grandes artères aux heures de pointe, c\u2019est-à-dire la plupart du temps.À 15h, le métro se transforme en boîte à sardines; gardez vos porte-monnaie tout près de vous! L\u2019expérience, contre-indiquée pour les claustrophobes, reste pour d\u2019autres épique et mémorable.Le métro est si bondé que les femmes y ont des wagons réservés parce que les mains s\u2019égarent\u2026 Voyage réussi Par contre, tout cela fait partie de l\u2019expérience Distrito Federal (DF) et avec un peu de planification, on arrive joyeusement au but fixé.Ne sommes-nous pas en vacances?Épuisés en cette fin d\u2019après-midi superbe, nous grimpons, haletants, sur le toit de la librairie Porrua qui surplombe le Zocalo, les ruines du Templo Mayor, la cathédrale.Et puis, à la fin de ce périple, en regardant le soleil se coucher derrière les volcans, très loin, mon fils me confie que Mexico restera, pour lui, la ville la plus fascinante au monde.J\u2019aurai alors réussi mon voyage.Collaboration spéciale Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 0 E T D I M A N C H E 1 1 D É C E M B R E 2 0 1 6 P L A I S I R S D 2 Dans cet univers fabuleux se côtoient les mondes préhispanique et autochtone, européen, américain, païen, chrétien, riche ou pauvre.Bien que le pays s\u2019érige en société de castes, tous les Mexicains coexistent dans une surprenante harmonie.TOURISME VOYAGES PLEIN AIR VENEZ MARCHER AVEC NOUS ! Marches sur le mont Royal les dimanches matin.Sorties d\u2019un jour d\u2019avril à octobre.Voyages : Costa Rica, Népal, Grand Canyon, Île de Madère (Portugal), Pyrénées, île de Vancouver.Fins de semaine : île aux Lièvres, Charlevoix, Au pays des Amishs .www.randopleinair.com 514 252-3330 Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez au 514 985-3444 Q U É B E C CHALETS DES PINS Rawdon, site enchanteur, hébergement en chalet tout confort au bord du lac des Pins.Satellite, foyer au bois, bains à remous, patinoire naturelle, sentiers raquettes.À 2 km des pentes de ski alpin.Offrez-vous du bonheur : www.chaletsdespins.com 450-834-3401 ou 1-877-834-3401 L A N A U D I È R E B O N S P L A N S / E S C A P A D E S HÔTEL MANOIR VICTORIA VIEUX-QUÉBEC Une première neige et voilà le goût de Noël qui s\u2019installe magiquement ! 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ques, dont certains révolutionnaires.On peut presque imaginer Pancho Villa entrer à cheval et demander son plat préféré.Le menu ne semble pas avoir changé depuis près d\u2019un siècle.Une vendeuse grille ses maïs place Santo Domingo, au cœur du centre historique.La nourriture de rue à Mexico, prisée par les habitants, est une mine de surprises délicieuses.L\u2019aqua fresca est une boisson de fruits sucrée qu\u2019on trouve dans tous les marchés de la ville. J e vous parle d\u2019un temps à peine post-car- rosses, mais tout à fait pré-lignes aériennes commerciales.Un temps où voyager était une affaire affreusement compliquée et souvent cauchemardesque, d\u2019autant plus lorsqu\u2019on était une femme.Car, pour voyager sans encombres, les voyageuses en jupon devaient soit être accompagnées d\u2019un membre du «sexe fort», soit se déguiser comme l\u2019un d\u2019eux.Mais ce ne fut pas nécessaire pour Nellie Bly\u2026 Journaliste au New York World, Elizabeth Jane Cochrane, alias Bly (1864-1922), se présenta un beau matin de 1888 dans le bureau de son rédacteur en chef pour lui exposer une idée : faire le tour du monde en moins de temps que Phileas Fogg, le héros du déjà célèbre roman de Jules Verne Le tour du monde en 80 jours.Meilleure chance la prochaine fois : le projet circule déjà en haut lieu, apprend-elle, et ce sera un homme qui le concrétisera.Un an plus tard, Bly reçoit néanmoins l\u2019aval du propriétaire du journal, un certain\u2026 M.Pulitzer, qui flaire dans cette épopée un fameux coup publicitaire.Et pour cause : Bly, qui a 25 ans, a l\u2019air d\u2019une enfant.Elle se prépare à partir avec pour tout bagage un sac grand comme une boîte à lunch.Ne manque qu\u2019un concours, et il ne tardera pas \u2014 «Combien de temps mettra Nellie à réaliser sa circumnavigation ?» \u2014 pour assurer une grande visibilité à un périple hors du commun! Au final, la jeune femme aura parcouru 40 070 kilomètres en 31 étapes, et même rencontré Jules Verne, qui trouvera son idée «extrêmement originale, même pour des Américains».Rempli de coups de sifflet, de trains presque ratés, de courses folles pour rejoindre un paquebot et d\u2019électrochocs culturels, Le tour du monde en 72 jours, un reportage de Nellie Bly (éditions du Sous-sol) est un récit aussi enlevant que rafraîchissant.Contemporaine de Bly, l\u2019exploratrice française Alexandra David-Néel (1868-1969) n\u2019en mène pas moins large, mais dans un tout autre registre.Pour voir du pays, elle fugue à répétition, adolescente, et conserve cette manie une fois mariée.Ainsi, elle annoncera à son époux qu\u2019elle part quatre mois en Inde et reviendra\u2026 14 ans plus tard! Histoire d\u2019approfondir sa connaissance du bouddhisme, elle traversera ensuite à pied les montagnes Himalaya à l\u2019âge de 56 ans et entrera clandestinement au Tibet en 1924.Une première pour une femme.Dans Voyage d\u2019une Parisienne à Lhassa (Pocket), elle raconte ce formidable exploit tout empreint de sa quête de spiritualité.Une relation bien rigolote Signée Agatha Christie Mallowan (1890- 1976), La romancière et l\u2019archéologue.Mes aventures au Moyen-Orient (Petite Bibliothèque Payot) est une relation bien rigolote.Peut-être l\u2019avez-vous même achetée, au printemps dernier, au musée Pointe-à-Callière, après votre visite de l\u2019expo Sur les traces d\u2019Agatha Christie\u2026 Quoi qu\u2019il en soit, la reine du crime y révèle avec humour son quotidien sur les chantiers de fouilles en Syrie, dans les années 1930.Au-delà des vertus du Cold Cream pour nettoyer les artefacts (!), elle raconte plein de trucs intéressants, tels que la manière avec laquelle le butin était réparti entre le pays où se déroulaient les fouilles et ceux qui les réalisaient, en l\u2019occurrence, ici, son mari, Max Mallowan.(Et ce n\u2019était pas une mince affaire !) Mme Mallowan nous présente aussi une galerie de gens attachants qui, à eux seuls, donneraient envie de filer sur Alep, n\u2019était cette sale guerre\u2026 En quête de sujets extrêmes Bourlingueuse professionnelle, la Française Elisabeth Sauvy, dite Titaÿna (1897-1966), était une journaliste qui parcourait la planète en quête de sujets extrêmes.Une femme chez les chasseurs de têtes et autres reportages (éditions Marchialy) décrit son séjour au fin fond de la jungle indonésienne, chez les Toradjas, en 1934.Mais, plus encore que l\u2019exotisme des traditions de ce groupe ou de son environnement, il y a la manière de les décrire.Une manière Titaÿna, qu\u2019on dit pionnière du journalisme littéraire.«Avec la lumière changent les nacres des rizières et les vingt ciels répétés dans ses profondeurs.La vie quotidienne du peuple grave sa fresque dans le paysage.» Ça fait du bien à lire, surtout après le passage où il est question de l\u2019eau immonde du mort incorporée au riz du dîner\u2026 La Suissesse Ella Maillart (1903-1997), mon idole, était également tout un phénomène\u2026 Refusant de s\u2019étioler dans un bureau pour «économiser de l\u2019argent que je ne pourrais dépenser que quand j\u2019aurais plus de 50 ans», cette superfemme sillonne, dans les années 1920-1940, les coins les plus reculés d\u2019Asie.Dans La voie cruelle (Petite Bibliothèque Payot), qui détaille ses pérégrinations au volant d\u2019une vieille Ford entre Istanbul, en Turquie, et Peshawar, en Afghanistan, à la veille de la Seconde Guerre mondiale et en compagnie d\u2019une amie junkie, la championne de ski alpin énonce sa philosophie du voyage: «Je sais d\u2019expérience que courir le monde ne sert qu\u2019à tuer le temps.On revient aussi insatisfait qu\u2019on est parti.Il faut faire quelque chose de plus.» Et c\u2019est à chacun de le trouver, ce quelque chose! Je sais, Han Suyin (1917-2012) était romancière, mais elle n\u2019en fut pas moins une formidable observatrice de la Chine, pays où elle est née et a vécu, et des contrées voisines.Dans La montagne est jeune (Le Livre de Poche) s\u2019affrontent la sagesse népalaise et le sectarisme des expatriés britanniques et fonctionnaires coloniaux, et c\u2019est franchement jubilatoire.Sans le savoir, j\u2019ai marché dans ses pas.Du nord de la Thaïlande à Singapour.De Bornéo à Komodo, l\u2019île aux «dragons».Comme j\u2019aurais aimé découvrir tout ça il y a des décennies, comme elle\u2026 Elle, c\u2019était la Française Gabrielle Wittkop (1920-2002), dont j\u2019ignorais tout avant de dévorer ses Carnets d\u2019Asie (Gallimard), publiés en 2010.Condensé de 22 ans de pérégrinations, ce journal de voyage procure une bonne dose d\u2019In- sulinde (les États insulaires de l\u2019Asie du Sud-Est).Ses récits sont denses et témoignent d\u2019un rare sens de l\u2019observation.Rien que « des impressions grif fonnées sur mes genoux, au bord d\u2019une rizière ou à bord d\u2019un bus [\u2026], couvrant des pages [\u2026] étoilées de pourpre par un moustique gorgé mais vaincu », écrit-elle humblement.Vraiment ?Il me faut lire ce qu\u2019elle écrivait lorsqu\u2019elle s\u2019en donnait la peine ! Mais, auparavant, je vais me plonger dans un roman faisant la part belle à une superhéroïne qui sera une vraie star l\u2019an prochain : Jeanne Mance.À défaut d\u2019écrits de la cofondatrice de Montréal, je m\u2019en remets donc à Johane Filia- trault, l\u2019auteure de Ville-Marie, le rêve des fous (Editions Goélette), pour me raconter le fabuleux destin de cette pionnière en Nouvelle France! PARTIR Profession : téméraire ! Ce n\u2019est pas d\u2019hier qu\u2019on rêve de partir vers l\u2019inconnu grand I.Voici quelques récits de voyage d\u2019une époque où l\u2019aventure, c\u2019était vraiment l\u2019aventure\u2026 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 0 E T D I M A N C H E 1 1 D É C E M B R E 2 0 1 6 P L A I S I R S D 3 Je vous parle d\u2019un temps où voyager était une affaire affreusement compliquée et souvent cauchemardesque, d\u2019autant plus lorsqu\u2019on était une femme.Car, pour voyager sans encombres, les voyageuses en jupon devaient soit être accompagnées d\u2019un membre du «sexe fort», soit se déguiser en homme.Ce ne fut pas nécessaire pour Nellie Bly\u2026 VOYAGE Pour réserver un espace publicitaire, contactez Caroline Filion au 514 985-3444 ou cfilion@ledevoir.com Combiné Circuit en Italie (Venise et la Vénétie ou Les Lacs Italiens) / Croisière en Méditerranée à bord du Navire NCL Star Du 02 au 17 Septembre 2017 - 16 jours Départ de Groupe * accompagné de Montréal À partir de 4 099 $ par pers./ base double Inclus : Vols avec Air Canada * circuit (7 nuits) * croisière (7 nuits) * taxes aériennes et portuaires Non-inclus : Frais d\u2019OPC Validité des prix : 31 Décembre 2016 détenteur d\u2019un permis du Québec Adresse : 2055 rue Peel, Suite 525, Montréal, H7X 3X1 Tél : 514 844 3616 ou 1 877 887 7843 info@legroupevip.com Les circuits les mieux conçus sur le marché : Promotion allant de \u2013 500$ à 1000$ par couple.Les très gros rabais sont valide jusqu\u2019au 15 décembre 2016 !!! 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Téléchargez gratuitement la nouvelle application du Devoir et profitez d\u2019un accès illimité jusqu\u2019au 1er mars.R PA T R FFE O E PASSE-TEMPS LE GRAND LIVRE DES LOISIRS CRÉATIFS Ramona Barry, Rebecca Jobson Pyramid Paris, 2016, 408 pages ?Les loisirs créatifs reviennent en vogue, à une époque où on peut tout acheter tout- fait.Le plaisir d\u2019avoir des idées créatives et de les réaliser semble en effet plus fort aujourd\u2019hui qu\u2019avant.C\u2019est pourquoi Le grand livre des loisirs créatifs s\u2019adresse à un large public.Les auteures, deux Australiennes nées dans les années 1980, jettent un regard souvent neuf sur les techniques traditionnelles de la teinture indigo, du feutre, de la broderie, de la poterie, etc.Elles mettent un accent actuel sur le recyclage créatif d\u2019objets usuels, comme des livres et des t-shirts.Elles apportent aussi nombre de touches amusantes, comme la confection d\u2019un foulard psychédélique ou d\u2019un sweat-shirt à pompons.Outre la présentation habituelle des techniques, chaque projet est accompagné d\u2019œuvres d\u2019artistes contemporains qui montrent bien que même le macramé peut être actualisé ! L\u2019énorme livre va jusqu\u2019à présenter des tendances nouvelles de loisirs créatifs, comme ces objets zakka qui correspondent, au Japon, à la fabrication manuelle d\u2019objets liés à la culture contemporaine.Benoit Legault RECETTES INVITATION D\u2019UN PÂTISSIER VOYAGEUR Nicolas Bernardé et Guillaume Czerw (photographie) Editions de La Martinière Paris, 2016, 192 pages ?Un chef pâtissier qui voyage et nous refile ses recettes ?Bof, encore un autre\u2026 Un spécialiste du gâteau nomade ?C\u2019est-à-dire de douceurs aux saveurs d\u2019ailleurs qu\u2019on peut transbahuter sans risque de les abîmer sur le siège arrière de la voiture comme en autobus ?La proposition est alléchante ! Connu en région d\u2019Île-de-France pour ses cakissimes, des pâtisseries de voyage qu\u2019il avait créées pour l\u2019ouverture de sa Boutique de gourmandises, le Meilleur Ouvrier de France (2004) nous livre avec Invitation d\u2019un pâtissier voyageur près de 80 recettes, dont celle d\u2019un cake figue et cardamome pour rêver au Bosphore, de madeleines qui nous emmènent en Balagne, de crêpes fines qui nous transportent à Essaouira et de son Etna chocolat pour dire Ciao Sicilia ! Pas sûr que son cake salé au saumon sauvage du Canada, son Délice des rois mages ou son Printemps à Kyoto arriveraient indemnes à bon port, après un trajet sur la ligne verte à l\u2019heure de pointe, mais bon, on peut toujours les servir, et voyager avec eux, chez soi.Sinon, cet album est un vrai régal pour les yeux, et quelles invitations il nous lance ! Carolyne Parent JARDINAGE CULTIVER LES LÉGUMES SOUS SERRE ET AUTRES ABRIS SERRES, TUNNELS, CHÂSSIS, VOILES Jean Venot, Ulmer, 2016, 144 p.?Voilà un guide pratique pour l\u2019amateur qui veut cultiver des légumes sous abri, écrit par un jardinier d\u2019expérience.Il comprend de nombreux graphiques, des encadrés, des dessins et des photos pour favoriser la compréhension.Il propose des techniques simples et peu coûteuses, ce qui est bienvenu, permettant soit de devancer, soit de prolonger la saison ou encore de produire durant l\u2019hiver.Qui ne rêve pas d\u2019une tomate chaude et goûteuse au mois d\u2019avril ?Y sont présentés en détail les différents types d\u2019abri, tels que les serres de verre, les tunnels de plastique, mais aussi les châssis et les voiles.Y sont expliqués les différentes façons de gérer le climat, un paramètre crucial à contrôler sous abri, et les gestes à faire pour réussir.Aussi, l\u2019auteur indique les légumes qui se produisent le mieux sous serre : tomates, aubergines, piments\u2026 et la façon d\u2019y arriver pour chacun.Finalement, il écrit ce qu\u2019il faut faire chaque mois de l\u2019année, mais pour le Québec, il faudra s\u2019ajuster.Jean Venot, ancien professeur d\u2019art plastique et documentaliste, partage avec efficacité dans cet ouvrage plus de 50 ans d\u2019expérience de jardinage, dont 20 sous serre.Simple et pratique.Lise Gobeille GASTRONOMIE ON VA DÉGUSTER François-Régis Gaudry Marabout Paris, 2016, 336 pages ?François-Régis Gaudry anime l\u2019émission On va déguster sur France Inter, une sorte de grand-messe gastronomique du dimanche matin que les gourmands de la planète suivent dévotement.On va déguster, le livre, est tout aussi intéressant et propose les recettes cultes de l\u2019émission.Des recettes venues du monde entier, mais également des anecdotes et des données autour de la cuisine particulièrement intéressantes et originales.Plus de 80 contribu- teurs ont collaboré à cette première édition.Entre «Un tour du monde du sandwich» et «Les petits plats dans l\u2019écran», une quinzaine de films cultes et ce qu\u2019on y boit et mange, on trouve notre Martin Juneau national qui propose sa recette de «poitrine de porcelet croustillante laquée au sirop d\u2019érable».336 pages instructives, divertissantes et très gourmandes.Jean-Philippe Tastet URBANITÉ URBAN MAN F.Soltan, D.Rabotteau, T.Paquot Éditions de La Martinière Paris, 2016, 264 pages ?D\u2019un côté, la vitalité culturelle de New York, Londres ou Tokyo, l\u2019architec- ture-canon de Shanghaï ou de Dubaï, les modèles d\u2019urbanité humaine de Copenhague ou de Kyoto, l\u2019art de la rue du Cap ou de São Paulo.De l\u2019autre, le cauchemar urbain des bidonvilles de Lagos ou de Mumbai, l\u2019indicible clivage entre ultra- triches et ultrapauvres de Dacca, les quartiers déliquescents de Rio ou du Caire, les demeures historiques d\u2019Istanbul menacées par des promoteurs hystériques.On entre ici visuellement dans le quotidien des gens, on établit des parallèles entre diversité et créativité, on assiste au combat quotidien de ceux qui (sur) vivent aux côtés de ceux qui ne font que vivre en ville.Et même si cet ouvrage illustre ce que les milieux urbains peuvent apporter de mieux à l\u2019humanité, il montre également que c\u2019est par ceux-ci que le pire peut arriver.Sur les 10 milliards d\u2019humains que comptera bientôt la planète, 7 milliards vivront alors en ville, dans des conditions variables.Un constat d\u2019autant plus inquiétant que certaines mégapoles font déjà peur, en 2016.Qu\u2019en sera-t-il dans 5, 10, 25 ans?À travers des photos tantôt inspirantes, tantôt percutantes, ce livre permet d\u2019effectuer autant d\u2019incursions rapides dans l\u2019univers des grandes cités du globe, qu\u2019on doive s\u2019y boucher le nez ou en respirer l\u2019air à pleins poumons.C\u2019est la vérité crue sur les villes, pas toujours réjouissante, mais toujours pertinente.Gary Lawrence EXPLORATION TROUVER LE NORD ET AUTRES SECRETS D\u2019ORIENTATION DES VOYAGEURS D\u2019AUTREFOIS Olivier Le Carrer Delachaux et Niestlé Paris, 2016, 193 pages ?1/2 Les premiers marins et grands voyageurs, on le sait, utilisaient autant les étoiles que le soleil pour se repérer et trouver leur voie.Mais sait-on qu\u2019il est possible d\u2019envisager la présence d\u2019une île, au beau milieu de l\u2019océan, simplement en apercevant un nuage?Qu\u2019en mer, certains oiseaux donnent des indices de la présence de la terre ferme?Que progresser en file indienne permet à une caravane de chameaux de ne pas s\u2019écarter de son chemin?Mieux: avant que d\u2019illustres cartographes n\u2019établissent les tenants et aboutissants du monde, qui pouvait se douter qu\u2019on peut partir de Terre-Neuve et naviguer jusqu\u2019à Vancouver sans jamais changer de cap ni rencontrer de terres?Autant de choses qu\u2019on apprend dans ce livre aussi instructif qu\u2019agréable à parcourir.D\u2019une part, on y explore les techniques utilisées par les auteurs de certains des plus célèbres écrits et récits de voyage, de l\u2019astronome Pythéas à Christophe Colomb, en passant par Paul de Tarse et Marco Polo; de l\u2019autre, on passe en revue des outils simples mais efficaces pour se diriger à la surface du globe, comme le compas hawaïen, les stick charts des îles Marshall et la règle des marins, avant d\u2019aborder l\u2019utilité des sextant, astrolabe et autres bâtons de Jacob.Agrémenté de fabuleuses cartes d\u2019époque (comme celle de «Taiti» en 1769, par James Cook, ou celle de Calicut \u2014 Calcutta \u2014, réalisée en 1572), sillonné d\u2019itinéraires mythiques (les voies romaines, les routes de l\u2019étain, de la soie, de l\u2019encens, de l\u2019ambre\u2026), Trouver le nord permet aussi d\u2019entrer dans la tête des aventuriers-aviateurs que sont Mermoz, Lindbergh et Saint-Exupéry, et de trouver son chemin en compagnie de Lewis et Clark, à pied et en canot sur plus de 10 000 kilomètres aux États-Unis.Voilà un fascinant livre de chevet qui donne envie de partir sur les traces des plus grands\u2026 sans GPS.Gary Lawrence LA VITRINE DU LIVRE J É R Ô M E M A R I N à Los Angeles A irbnb entame sa mue.À Los Angeles, le ser vice de location de logements de cour te durée a présenté récemment de nouvelles fonctionnalités.Son objectif : devenir une «plateforme de voyage», a expliqué Brian Chesky, fondateur et patron de la société.À ter me, ses ut i l isateurs pourront ainsi acheter un billet d\u2019avion, louer une voiture, réser ver une table dans un restaurant et même faire leurs courses directement depuis l\u2019application mobile d\u2019Airbnb.Dans un premier temps, l\u2019entreprise de San Francisco va permettre de réserver des «expériences».Plus de 500 activités sont déjà proposées dans 12 villes, dont Paris, Londres, San Francisco et Tokyo.Une quarantaine de destinations seront ajoutées l\u2019année prochaine.Deux formats sont proposés : une activité de quelques heures ou un programme de trois jours autour d\u2019un thème.Ces expériences doivent se démarquer de l\u2019of fre touristique traditionnelle.Animées par des particuliers et non par des guides, elles se veulent originales et immersives.« Elles fournissent un supplément d\u2019authenticité », confirmait Alexandre Haulet, un ar t iste paris ien qui a pris par t à la première phase d\u2019essai menée depuis le début de l\u2019année.La moitié des act ivi tés coûtent plus de 200 $ par personne.Sur cette somme, Airbnb prélève une commission de 20 %.La société a aussi présenté un nouvel onglet appelé «Lieux».Celui-ci regroupe des restaurants, des cafés, des musées et des points d\u2019intérêt recommandés par les hôtes de la pla- teforme.Une centaine de guides sont aussi proposés par des exper ts ou des personnalités locales.Par ail - leurs, des audiobalades permettront de découvrir des quartiers et des lieux sous un angle différent.Ces nouvelles options ne ciblent pas seulement les touristes.Elles ont aussi vocation à être utilisées par les habitants.10% des employés En diversifiant son of fre, Airbnb veut regrouper tous les aspects d\u2019un voyage (transport, logement, activités\u2026) en son sein.Et ainsi devenir de plus en plus incontournable.Si la plateforme de réser vation de restaurants devrait être lancée dans les prochains mois, les autres initiatives sont plus lointaines.L\u2019entreprise californienne y consacre d\u2019impor tantes ressources.Près de 10 % de ses employés sont af fectés à ces nouveaux domaines d\u2019activité.En juin, la société a emprunté un milliard de dollars auprès de plusieurs banques américaines pour financer ses efforts.Airbnb espère également engendrer de nouvelles sources de chif fre d\u2019af faires, notamment dans l \u2019optique d\u2019une prochaine introduction en Bourse, peut-être même dès l\u2019année prochaine.La société va devoir justifier sa valorisation actuelle de 30 milliards de dollars, soit davantage que tous les grands groupes hôteliers mondiaux.En outre, Airbnb cherche à se mettre davantage à l\u2019abri de potentiels durcissements de la régulation sur les locations de cour te durée.Ces derniers mois, la plateforme a subi plusieurs revers majeurs, à New York, à San Francisco ou encore à Berlin.Le Temps A L E X A N D R E M A R C H A N D à New Delhi K A T I A D O L M A D J I A N à Paris A vec une fréquentat ion étrangère en forte baisse à cause des attentats, la France espère conquérir le cœur des touristes indiens toujours plus nombreux grâce à un allié de circonstance inespéré : une comédie romantique de Bollywood.Superproduction glamour et musicale dont l \u2019us ine à rêves de Mumbay a le secret, Befikre («Insouciants» en hindi), dans les salles obscures indiennes depuis vendredi, est présenté par ses promoteurs comme le premier film de Bollywood entièrement tourné dans l\u2019Hexagone.Chorégraphies au pied du pont parisien Alexandre III et sur le toit de l\u2019opéra Gar- nier, bain de soleil sur les plages de la Côte d\u2019Azur, ébats au grand hôtel Westin près de la place Vendôme\u2026 C\u2019est dans un décor français de carte postale que se déroule une histoire d\u2019amour entre Dharam (la jeune star montante de Bollywood Ranveer Singh) et Shyra (l\u2019actrice Vaani Kapoor).Ambassadeur de France en Inde, Alexandre Ziegler a .toutes les raisons de se frotter les mains : un film de Bollywood, « ça vaut toutes les campagnes de communication du monde», dit-il.Avec une classe moyenne en pleine expansion, les Indiens sont chaque année plus nombreux à par tir à l\u2019étranger.Si seuls quelque 20 millions d\u2019entre eux \u2014 sur 1,2 milliard d\u2019habitants que compte le pays \u2014 ont voyagé hors du territoire en 2014, ils pourraient représenter 50 millions de touristes en 2020.Longtemps focalisées sur le voisin chinois, les grandes destinations touristiques internationales s\u2019intéressent désormais de plus en plus à ce marché en germe, au potentiel énorme.Pour la France, dont l\u2019industrie touristique a senti la note salée des attaques djihadistes, le carton attendu au box-of fice de Befikre est donc une aubaine qu i tombe à p i c .« L\u2019impact du cinéma sur le rêve que l\u2019on se fait d\u2019une destination imaginaire et l\u2019envie de découvrir, dans un pays comme l\u2019Inde, est absolument majeur », explique M.Ziegler.Bollywood « est sans doute le premier prescripteur de voyages au- jourd\u2019hui pour la classe moyenne indienne».Loin derrière les touristes japonais et chinois, 524 000 Indiens ont visité la France en 2015, un nombre encore modeste mais en progression rapide qui permet de talonner la Suisse, destination européenne favorite des Indiens.«C\u2019est une clientèle rési- liente aux craintes sécuritaires », note Sophie Lacres- sonnière, directrice marketing d\u2019Atout France, l\u2019agence de promotion du tourisme dans l\u2019Hexagone.Avant les Français, d\u2019autres pays européens avaient eux aussi goûté à l\u2019« ef fet Bollywood ».L\u2019Espagne a vu doubler ses arrivées de touristes indiens en 2012, année qui avait suivi la sor tie du road movie à succès Zindagi Na Mi- legi Dobara (On ne vit qu\u2019une fois), un voyage pittoresque de trois copains à travers le pays pour un enterrement de vie de garçon.Quant à la Suisse, elle est ancrée de longue date dans l\u2019imaginaire des voyageurs indiens.Ses sommets enneigés et ses paisibles villages avaient été immortalisés par les films- cultes du mythique réalisateur bollywoodien Yash Chopra, décédé en 2012.Contactées l\u2019hiver dernier par les concepteurs de Befikre, les autorités françaises se sont activées pour essayer de satisfaire les demandes de la production et s\u2019adapter au rythme frénétique du tournage indien : « Trouver des points d\u2019accueil, des chambres d\u2019hôtel pour les équipes, aider celles-ci à obtenir des autorisations de tournage», parfois compliquées à décrocher pour les lieux emblématiques, égrène l\u2019ambassadeur de France.Après avoir accueilli l\u2019équipe du film sur son sol pendant une cinquantaine de jours à la fin du printemps, la France compte bien désormais prolonger l\u2019engouement.« Nous avons déjà commencé à travailler avec des voyagistes pour organiser des circuits sur les lieux de tournage de Befikre », rap- por te Mme Lacressonnière.Une statue de cire de la vedette Ranveer Singh fera même son entrée au musée Grévin l\u2019année prochaine.Au vu de la progression au pas de charge du tourisme indien, « l\u2019idée qu\u2019on puisse avoir autant de touristes indiens en France que de touristes chinois n\u2019est pas du tout irréelle » à l\u2019avenir, veut croire Alexandre Ziegler.D\u2019autres projets de films de Bollywood en France sont d\u2019ores et déjà dans les tuyaux.Agence France-Presse FRANCE Miser sur Bollywood pour séduire les touristes indiens Une comédie romantique pourrait mettre un baume sur les attentats L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 0 E T D I M A N C H E 1 1 D É C E M B R E 2 0 1 6 P L A I S I R S D 5 Pour l\u2019ambassadeur de la France en Inde, Alexandre Ziegler, recevoir un film de Bollywood sur son territoire, « ça vaut toutes les campagnes de communication du monde».L\u2019Hexagone a d\u2019ailleurs reçu au printemps la superproduction glamour et musicale Befikre.VOYAGE Airbnb veut devenir une « plateforme de voyage » Le service propose désormais de réserver des « expériences » AGENCE FRANCE-PRESSE La jeune star montante de Bollywood, Ranveer Singh JEFF CHIU ASSOCIATED PRESS Brian Chesky, fondateur et patron de la société Airbnb Longtemps focalisées sur le voisin chinois, les grandes destinations touristiques internationales s\u2019intéressent de plus en plus à ce marché au potentiel énorme D écembre est un gros mois de dépenses d\u2019ordre alimentaire.Cadeaux gourmands, repas de fête, ça déborde de partout.Y compris après\u2026 sur la balance! Mais, cette année, il y a comme un changement dans l\u2019air, certes encore discret et polarisé.De petites prises de conscience se font, des groupes de citoyens se créent.Noël se teinte d\u2019une autre forme de consommation.C\u2019est le cas avec le collectif Consommer autrement, apparu récemment sur les réseaux sociaux, comme beaucoup d\u2019autres initiatives du genre.Rameuter les troupes vir tuellement est l\u2019une des grandes forces des Facebook de ce monde.L\u2019initiative en question émane d\u2019un réseau de consommation responsable zéro déchet et il agit-réagit, pour le moment, comme une pépinière à idées.L\u2019étincelle de départ ?Deux blogueuses montréalaises zéro déchet, Laure Caillot et Mélissa de La Fontaine (dont le défi quotidien de consommer différemment a été relayé médiatique- ment l\u2019an passé), et ce même désir de pousser plus loin leurs actions individuelles.« C\u2019est bien de faire quelque chose dans sa propre poubelle et dans sa vie de tous les jours, mais c\u2019est bien aussi de contribuer à diffuser le message ! » explique Laure.D\u2019où une première rencontre organisée fin octobre à Montréal, suivie d\u2019une autre dimanche dernier, de ce qui est pour le moment un collectif balbutiant, mais débordant d\u2019idées et de gens enthousiastes.« Nous nous sommes rendu compte que plusieurs personnes ont les mêmes envies, qu\u2019elles souhaitent poser des actions plus concrètes dans leur milieu de vie.On veut être des facilita- teurs pour que tous ces gens \u2014 ceux qui ont des projets, ceux qui ont des idées, ceux qui veulent simplement apporter leur soutien \u2014 puissent se rencontrer, échanger», confie Laure.Une plateforme de partage La jeune femme de 36 ans, conseillère en communications, compare son collectif à un hub, une sor te de plate- forme de par tage des ressources.Quant à l\u2019appel, il semblerait qu\u2019il ait été entendu.« Je suis vraiment surprise de l\u2019engagement citoyen qui se manifeste.Il y a beaucoup de personnes de 25-35 ans et de jeunes familles qui se soucient de ce qu\u2019ils vont laisser comme avenir à leurs enfants, de jeunes entrepreneurs et aussi des gens de 50 ans heureux de voir une relève.On veut faire de la contamination positive ! » De la contamination positive qui va déboucher sur de nouveaux compor tements d\u2019achat\u2026 Voilà le genre de sujet que suit de près le groupe de recherche affilié à l\u2019École des sciences de gestion (ESG) de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) pour établir son baromètre.Celui de 2016 vient de sortir*.Francine Rodier, chercheuse associée à cet Observatoire de la consommation responsable de l\u2019ESG UQAM, s\u2019est penchée sur la par tie Alimentation, l\u2019une de ses expertises.Elle aussi pense qu\u2019une tendance de fond se dessine.« Souvent, dans les recherches, on regarde super ficiellement, on va penser que le consommateur a telles préoccupations.Mais cela ne suffit pas, il faut aller plus loin, voir comment ça se passe entre les bottines et les babines, comment le consommateur achète réellement sur le terrain», explique celle qui est aussi pro- fesseure au Département de marketing ESG UQAM.Quant aux gr oupes de consommateurs, de grandes différences s\u2019observent selon les âges.Ainsi, dans le baromètre 2016, la grande nouveauté est que le groupe des 18-24 ans apparaît plus actif.On le pensait amorphe, voilà qu\u2019il s\u2019agite, qu\u2019il montre son intérêt à consommer de façon responsable.« Avant cette année, on se souciait surtout du fait que les jeunes sont ou se sentent peu impliqués.Là, c\u2019est rassurant, car dans la boule de cristal de la consommation responsable, les observateurs se disent qu\u2019arrive peut-être une nouvelle vague de personnes avec plein d\u2019idées qui vont germer, des façons dif férentes d\u2019agir et donc de consommer.» Ce groupe sera donc suivi de près pour voir comment il évolue et influence les autres dans les prochaines années.Tendances démographiques Par contre, il ne faut pas faire l\u2019erreur de rattacher cette tendance de fond uniquement aux jeunes consommateurs, à ces fameux «milléniaux».Lorsqu\u2019on interroge de jeunes entreprises du secteur alimentaire qui innovent en (re)lançant de vieilles affaires, en remettant au goût du jour certaines pratiques ou en les revisitant, elles confirment que leur clientèle est formée sur tout des 45 ans et plus, car le pouvoir d\u2019achat est (encore) là.Il est donc intéressant de constater que les jeunes entreprennent alors que les plus vieux achètent\u2026 Pour Francine Rodier, il importe de coller au plus près du comportement des individus afin de comprendre les véritables raisons qui déclenchent l\u2019acte de consommer.Que ce soit de la consommation locale ou collaborative, comme les trocs ou les achats groupés.Car, entre les conversations de salon et la réalité du terrain, il y a une vaste zone de contradictions.Mais bon, voilà tout de même une « faim » d\u2019année qui augure bien.* L\u2019enquête a été menée du 12 au 25 septembre 2016 sur le panel Web de 34 000 consommateurs représentatifs de la population du Québec de MBA Recherche.L\u2019échantillon a été pondéré en fonction des données de Statistique Canada sur le sexe, l\u2019âge et le lieu de résidence pour être conforme aux tendances démogra - phiques.Au total, 1005 personnes ont répondu à l\u2019enquête.Comme il s\u2019agit d\u2019un panel de consommateurs, le calcul de la marge d\u2019erreur ne s\u2019applique pas.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 0 E T D I M A N C H E 1 1 D É C E M B R E 2 0 1 6 PLAISIRS D 6 Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 326 Horizontalement I.Renflouement.II.Ecura.Nadar.III.Vacarme.Rêva.IV.Allié.Cie.Rn.V.Nues.Plongés.VI.Cru.Slang.Sf.VII.Hésitation.VIII.As.Ratés.Sms.IX.Aï.Oral.Ue.X.Dessinateur.Verticalement 1.Revanchard.2.Ecalures.3.Nucléus.As.4.Frais.Iris.5.Lare.Sta.6.Platon.7.Eclatera.8.En.Ionisât.9.Marengo.Le.10.Ede.Ns.11.Navrés.Mûr.12.Transfusés.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 327 1.Pour tout saisir et ne rien oublier.2.Facilite le passage.3.Conducteur tranquille.Pleine d\u2019or pendant un temps.4.Académie.Finit en mer du Nord.Mises en alerte.5.Toujours en alerte.6.Enfant de Priam et d\u2019Hécube.Métal allégé.7.Démonstratif.Laisse des traces.8.Anglais lourdement chargé.Monnaie romaine.9.Protègent les artistes des éclaboussures.Bouts de magret.10.Point de départ.Croisai les fils.11.Chez Barack O.Membre de l\u2019organisation.12.A apprendre par cœur.I.Repassera pour finir son travail.II.De l\u2019aubier en plein cœur.Pour boire \u2026 mais évitez de la boire.III.A la ceinture du Nippon.Avenant et gracieux.IV.En principe son compte est bon.Sur la portée.V.Titre chez Elisabeth.Refus chez le même.Prît en mains.VI.Rassure le consommateur.Au cœur du foyer.En Turquie.VII.Entendrai comme hier.Mettait en place avec difficulté.VIII.Grecque.Plaisirs bretons.Personnel.IX.Enfant d\u2019Aphrodite et d\u2019Anchise.Mesure au pied de la Muraille.Apprécie les mauvais coups.X.Sortie difficile à contrôler.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde SAVEURS Noël écomangeable Surconsommation et gaspillage alimentaire : deux travers de nos sociétés.Et si le vent était en train de tourner ?Par Olivier Perret, chef du restaurant Renoir Souris d\u2019agneau du Québec braisé et orge perlé Jus aux herbes et au citron 12 carottes boules 12 navets Tokyo 12 oignons perlés 1 oignon 1 carotte 1 branche de céleri 4 litres de fond de veau 3 branches de thym frais 3 feuilles de laurier 1 citron 15 g de persil haché 10 g de romarin haché 1/4 litre de vin blanc 1 litre de fond de volaille 100 g de parmesan 75 g de beurre doux 4 c.à soupe d\u2019huile d\u2019olive Souris d\u2019agneau Assaisonner les souris avec le sel et le poivre.Les saisir au four à 400°F pour obtenir une belle coloration (10-12 minutes).Les sortir du four, les mettre dans une braisière (grosse casserole) et ajouter une mirepoix de légumes (céleris, carottes et oignons).Couvrir les souris d\u2019agneau avec le fond de veau.Ajouter le thym frais, le laurier et le citron.Mettre au four et cuire à 240 °F pendant 6 heures.Sortir du four et passer le jus de cuisson au chinois (ou tamis).Mettre le jus au froid.Dégraisser le jus et faire réduire de moitié.Orge perlé Faire suer un demi-oignon ciselé dans une casserole avec un peu d\u2019huile d\u2019olive.Ajouter l\u2019orge et faire revenir un peu.Ajouter le vin blanc, réduire à sec et ajouter le fond de volaille (chaud).Cuire 15 minutes et finir avec le beurre, le parmesan, le sel et le poivre.Oignons grelots Faire tremper les oignons dans l\u2019eau chaude et les éplucher.Les faire confire dans l\u2019huile d\u2019olive aromatisée de thym, de laurier et de grains de poivre.Carottes boules et navets Faire blanchir et laisser refroidir.Glacer au beurre et assaisonner.JusRéduire le jus de braisage et monter à l\u2019huile d\u2019olive avec des herbes fraîches.Montage Au centre de l\u2019assiette, déposer l\u2019orge, la souris d\u2019agneau dessus et verser la sauce.Disposer autour les carottes, les oignons grelots et les navets Tokyo.LE RENOIR DE L\u2019HÔTEL SOFITEL 1155, rue Sherbrooke Ouest Montréal% 514 285-9000 restaurant-renoir.com Pour aller plus loin Baromètre de la consommation responsable au Québec 2016: une lecture vraiment facile, pas du tout universitaire.consom- mationresponsable.ca.À travers le monde, des mouvements citoyens s\u2019activent et s\u2019organisent.Place aux faiseux ! comme le clame haut et fort l\u2019écrivain Alexandre Jardin qui, après avoir fondé en France la Maison des citoyens et le mouvement Bleu Blanc Zèbre, vient d\u2019annoncer sa participation à l\u2019élection présidentielle de 2017 en tant que candidat de L\u2019Appel des mouvements citoyens.SOPHIE SURANITI DAVID AFRIAT LE DEVOIR Entre les conversations de salon sur la consommation et la réalité du terrain, il y a une vaste zone de contradictions.LE RENOIR "]
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