Le devoir, 22 décembre 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 2 9 2 L E D E V O I R , L E J E U D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Le studio Ernest Cormier ne peut pas servir de maison.N\u2019en déplaise à son acquéreur, l\u2019entrepreneur Luc Lachapelle, l\u2019arrondissement du Plateau- Mont-Royal n\u2019a pas l\u2019intention de le laisser s\u2019y installer à demeure avec sa famille.Page B 8 Avis légaux.B 4 Décès.A 4 Météo.B 6 Mots croisés.B 6 Petites annonces .A 4 Sudoku.B 6 ?w w w .l e d e v o i r .c o m JACQUES NADEAU LE DEVOIR La reconstruction de l\u2019école Baril n\u2019est toujours pas terminée ; les enfants d\u2019Hochelaga-Maisonneuve doivent se rendre depuis 2011 dans un autre quartier que le leur pour fréquenter l\u2019école primaire, dans des conditions qui ne favorisent pas la réussite scolaire, selon plusieurs intervenants.F A B I E N D E G L I S E I ndignées, bouleversées, choquées, mais certainement pas résignées.Au lendemain de la confirmation par le collège électoral américain de la victoire de Donald Trump et à l\u2019approche du jour de l\u2019assermentation du 45e président des États-Unis, le 20 janvier prochain, l\u2019auteure américaine de récits pour la jeunesse Nadja Spiegelman et sa mère Françoise Mouly, directrice artistique du magazine New Yorker et fondatrice du magazine RAW, ont décidé d\u2019organiser la riposte en opposant la force de l\u2019illustration à la bêtise et à la vulgarité du président désigné.Comment?Avec Resist !, un fanzine atypique dont elles orchestrent dans l\u2019urgence la fabrication depuis quelques jours pour laisser la surprise, la colère et la volonté de résistance d\u2019une bonne partie des Américains s\u2019exprimer dans la ligne claire, les planches et les aplats.Des voix principalement féminines \u2014 mais pas seulement \u2014 portées par le papier pour se faire entendre le jour où l\u2019homme va faire son entrée officielle à la Maison-Blanche.Les traits (de crayon) de la résistance Nadja Spiegelman et Françoise Mouly orchestrent une publication subversive pour le jour de l\u2019assermentation de Donald Trump comme président des États-Unis A L E X A N D R E S H I E L D S M ême s\u2019ils sont privés de leur école primaire de quar tier depuis plus de cinq ans, des jeunes d\u2019Hochelaga-Maisonneuve devront encore attendre avant de réintégrer l\u2019école Baril.L\u2019établissement, qui devait être prêt en septembre dernier, n\u2019ouvrira pas ses portes avant le mois de mars, voire septembre 2017, a appris Le Devoir.Une situation qui pénalise sérieusement des centaines d\u2019élèves déjà aux prises avec de multiples problèmes dans ce quartier défavorisé de Montréal.L\u2019école Baril est officiellement fermée depuis juin 2011.À l\u2019époque, le bâtiment centenaire connaissait de sévères problèmes de moisissures, à l\u2019instar de plusieurs autres écoles de la Commission s c o l a i r e d e M o n t r é a l (CSDM).Des élèves, mais aussi des enseignants, en sont d\u2019ailleurs tombés malades, au point de forcer la délocalisation vers deux autres écoles primaires du secteur, Hochelaga et Saint- Nom-de-Jésus.Mais un an plus tard, toutes deux ont à leur tour été déclarées insalubres, puisque lourdement contaminées.Depuis l\u2019automne 2012, les jeunes sont donc obligés de prendre l\u2019autobus scolaire chaque jour pour sortir de leur quartier afin d\u2019accomplir leurs premières années de scolarité dans des locaux aménagés temporairement dans l\u2019école secondaire Louis-Riel.En théorie, la situation devait être réglée en septembre 2016, avec la livraison d\u2019une nouvelle école Baril construite en lieu et place du bâtiment historique, qui a été démoli.Mais selon ce qu\u2019a confirmé au Devoir la commissaire scolaire d\u2019Hochelaga-Maisonneuve, Diane HOCHELAGA- MAISONNEUVE Les exilés de l\u2019école primaire Toute une génération d\u2019enfants n\u2019aura jamais connu «l\u2019école de quartier», la réouverture de l\u2019école Baril étant constamment reportée L\u2019accès à Internet haute vitesse est un service essentiel pour tous les Canadiens, juge le CRTC Page B 1 Une récompense de 100 000 euros pour la capture de l\u2019auteur présumé de l\u2019attentat de Berlin Page A 2 R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U A près bien des réticences, le premier ministre Philippe Couillard a annoncé la tenue d\u2019une commission d\u2019enquête québécoise sur les relations entre les services publics et les autochtones sous le titre « Écoute, réconciliation et progrès».Présidé par le juge à la retraite de la Cour supérieure Jacques Viens, la commission d\u2019enquête visera non seulement les corps policiers, mais aussi les services sociaux, la protection de la jeunesse, les services correctionnels et le système de justice.Alors que jusqu\u2019ici, tant le premier ministre que ses ministres avaient évité de parler de racisme systémique en ce qui a trait aux autochtones, Philippe Couillard a reconnu, mercredi, le phénomène.«Ce que nous voulons accomplir, c\u2019est d\u2019examiner les enjeux systémiques, incluant le cas du racisme, a-t-il affirmé en réponse à une question d\u2019une journaliste.Je veux le dire ouvertement : le Québec n\u2019est pas dif- férent d\u2019autres sociétés.» Une des causes qui rassemble les Québécois, «c\u2019est notre désir de lutter contre l\u2019intolérance, la discrimination, l\u2019exclusion et la stigmatisation», RACISME SYSTÉMIQUE Le Québec s\u2019ouvre à la critique Le gouvernement Couillard lance l\u2019enquête publique que réclamaient les autochtones RESIST ! L\u2019ébauche du fanzine Resist ! «Je ne serais pas surprise de constater une hausse du taux de décrochage scolaire» Dominique Paul L\u2019annonce aidera à rétablir la confiance, a indiqué Ghislain Picard VOIR PAGE A 8 : RÉSISTANCE VOIR PAGE A 8 : EXILÉS VOIR PAGE A 8 : RACISME L E D E V O I R , L E J E U D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 SE TIENT MAINTENANT D\u2019UNE SEULE MAIN.Téléchargez gratuitement la nouvelle application du Devoir et profitez d\u2019un accès illimité jusqu\u2019au 1er mars.OFFERTE PAR CLEMENS BILAN AGENCE FRANCE-PRESSE Les Berlinois, dont l\u2019élu du Parti vert Özcan Mutlu (à droite), se sont rassemblés mercredi près du lieu où a eu lieu l\u2019attaque.MICHAEL SOHN ASSOCIATED PRESS Des bougies à la mémoire des victimes ont été allumées.S T É P H A N E B A I L L A R G E O N L\u2019 Allemagne a lancé une vaste chasse à l\u2019homme, mais les médias du pays n\u2019ont pas pu dif fuser d\u2019image complète du présumé terroriste, soupçonné d\u2019avoir tué et blessé des dizaines de personnes dans un marché de Noël à Berlin en début de semaine.Son visage est donc d\u2019abord appar u les yeux floutés sur les sites médiatiques mercredi matin.Seuls son prénom et une initiale ont c irculé pendant p lu - sieurs heures : Anis A.Il s\u2019agit d\u2019Anis Amri, Tunisien d\u2019origine, comme l\u2019ont immédiatement révélé les médias britanniques.Les sites comme celui du Guardian ou du Telegraph reproduisaient la photo et l\u2019identité du suspect sans cache.Les médias allemands ont attendu le lancement d\u2019un mandat d\u2019ar restation européen avant de procéder à la divulgation complète de l\u2019information.La prudence initiale s\u2019expliquerait par la loi concernant le respect de la vie privée, selon un reportage sur le sujet publié par For tune.Cette précaution a ser vi à protéger l \u2019 identité d\u2019une première personne arrêtée plus tôt dans l\u2019enquête et finalement relâchée sans accusation.N\u2019empêche, peut-on parler d\u2019un excès de zèle éthico-mé- diatique ?La sécurité publique ne doit-elle pas l\u2019emporter sur les considérations personnelles ?« Je pense que le fait qu\u2019on publie un por trait pour une chasse à l\u2019homme dans ce cas précis est beaucoup plus accepté », commente François Jost, professeur à l\u2019Université Paris III, spécialiste de l\u2019éthique de la communication qui vient de publier Pour une éthique des médias.Les images sont aussi des actes (éditions de l\u2019Aube).«Si on a la preuve que le suspect conduisait le camion, sa vie privée passe derrière.Si on n\u2019a que des suppositions, la divulgation n\u2019est pas acceptable.» Il souligne que la même règle semble appliquée dans le cas du lancement d\u2019alertes Amber, quand la disparition d\u2019un enfant est signalée.Le cas par cas Les médias du monde se divisent depuis des années sur la question de la publication des noms ou des photos des djihadistes en train de danser ou de s\u2019amuser.Ici, cette semaine, The National Post a placardé en une la photo quasi ja- mesbondesque de l\u2019assassin de l\u2019ambassadeur r usse en Turquie.Peut-on parler de glorification ou d\u2019esthétisation de l\u2019horreur ?Alain Saulnier, professeur de journalisme à l\u2019Université de Montréal, rappelle que les pratiques jour nalis- tiques nationales, canadiennes ou québécoises sont régies par les codes d\u2019éthique des dif férents médias ou de la profession, quand il s\u2019en trouve.« Radio-Canada a des règles strictes sur la dif fusion d\u2019images violentes, dit l\u2019ancien directeur de l\u2019information du réseau public.J \u2019ai été confronté à des choix, par exemple lors de prises d\u2019otages aux États-Unis.On ne peut pas généraliser.C\u2019est une question qui se règle au cas par cas.Il faut juger les images, décider de leur traitement.» Plusieurs médias français ont finalement établi leur position fin juillet.La ligne la plus claire prévoit de ne pas publier de photographies des auteurs de tueries pour éviter « d\u2019éventuels ef fets de glorification posthumes », comme le résumait Le Monde en éditorial.Par contre, la plupar t prenaient le par ti de continuer à publier les avis de recherche, sans floutage.Une question d\u2019humanité Le Conseil supérieur de l\u2019audiovisuel (CSA) de la République française a consulté sur la question et déposé en octobre un rapport intitulé Précautions relatives à la couverture d\u2019actes terroristes .François Jost a témoigné devant le CSA et formulé des avis qui ont été retenus.« La question de fond, c\u2019est une question d\u2019humanité, dit- il.On peut la traiter pour la victime comme pour les bourreaux.Ces bourreaux, si on les montre en train de s \u2019amuser et de sourire, on leur donne une humanité supplémentaire alors qu\u2019ils en manquent absolument.Par contre, montrer la victime humaine, montrer ce qu\u2019elle a perdu, sa vie de famille par exemple, ça me paraît tout à fait justifié.En revanche, il faut se garder de montrer des images qui portent atteinte à la dignité humaine.» Le professeur Jost étai t concrètement contre la dif fusion d\u2019images montrant l\u2019assassinat du policier Ahmed Merabet, abattu le 7 janvier 2015 devant le Charlie Hebdo par les frères Kouachi.« Je mets de l\u2019avant le droit de celui qui est dans l\u2019image et qui n\u2019a rien demandé.L\u2019information, c\u2019est toujours un rapport entre un reporter et un récepteur.On oublie par fois qu\u2019au milieu, il y a quelqu\u2019un qui souf fre.» Les nouveaux moyens de communicat ion semblent rendre les règles caduques.Le farweb dif fuse tout , y compris les pires images produites par les organisa- t ions ter roristes el les - mêmes.« Twitter ou Facebook n\u2019ont pas établi de règles éthiques claires.Les médias traditionnels et leurs belles rè- g les sont contournés.À preuve : on peut se faire élire aux États-Unis même en les ayant tous contre soi.» Ce qui n\u2019empêche pas le respect des règles par ces mêmes vieilles organisations de l\u2019info, selon les deux professeurs, le français et le québécois.« Ce qui fait l\u2019utilité des médias traditionnels et qu\u2019on a encore envie de les consulter, c\u2019est qu\u2019ils ne cèdent pas à ce que font les autres, termine M.Jost.C\u2019est très bien de se questionner éthiquement.C\u2019est très bien de se demander s\u2019il faut montrer une image ou pas.» Le Devoir Faire face à l\u2019horreur Les médias comme trombinoscopes des terroristes M A R C O F O R T I E R L e ressor tissant tunisien de 24 ans recherché pour son rôle présumé dans l\u2019attentat de Berlin a des antécédents criminels en Italie et en Tunisie, en plus d\u2019avoir fait l\u2019objet d\u2019une surveillance policière en Allemagne plus tôt cette année, selon l\u2019agence Associated Press.Anis Amri, recherché partout en Europe et décrit comme «armé et violent», a fait l\u2019objet d\u2019une sur veillance entre les mois de mars et septembre, selon un procureur allemand cité par l\u2019agence de presse.Le Tunisien était soupçonné de planifier un vol pour acheter des armes devant servir à commettre un attentat.La surveillance a pris fin lorsque les soupçons de radicalisation se sont avérés non fondés.L\u2019homme a vendu de la drogue dans un parc de Berlin et a pris part à une bagarre dans un bar, mais rien n\u2019indique qu\u2019il planifiait un attentat, selon le procureur allemand.Le père d\u2019Anis Amri a confié à la radio tunisienne Mosaïque FM que son fils a été emprisonné quatre ans en Italie pour avoir causé un incendie criminel dans une école.Le jeune homme de 24 ans a aussi été condamné à cinq ans de prison pour vol avec violence dans son pays natal (sans toutefois avoir purgé sa peine, puisqu\u2019il se trouvait hors du pays), selon la radio tunisienne.Anis Amri a quitté la Tunisie il y a sept ans, selon son père.I l est ar rivé en Allemagne il y a environ un an.Les autorités allemandes ont indiqué avoir rejeté sa demande d\u2019asile en juillet dernier, en raison de son passé criminel et des soupçons de radicalisation qui pesaient contre lui.Selon l\u2019avis de recherche publié mercredi, le jeune homme, né dans la ville tunisienne de Ghaza, a recour u à s ix identi tés et trois nationalités dans l\u2019espoir de berner les autorités allemandes.Expulsion retardée Des sources proches de l\u2019enquête ont indiqué que le portefeuille d\u2019Anis Amri, qui contenait un document d\u2019identité, a été trouvé dans la cabine du camion qui a foncé dans la foule au marché de Noël de Breitscheidplatz, lundi soir.Curieusement, malgré cette découverte cruciale, un jeune Pakistanais a été arrêté dans les heures suivant l\u2019attaque.Le suspect a été relâché le lendemain en l\u2019absence de toute preuve qu\u2019il était lié à l\u2019attentat.Le bilan de l\u2019attentat reste de 12 morts et 48 blessés, selon la Ville de Berlin et le ministère de la Santé.Douze personnes souffrent de blessures très graves.Plusieurs victimes qui ont subi de légères blessures sont sorties de l\u2019hôpital.Stephan Mayer, député de la coalition au pouvoir en Allemagne, a indiqué que le suspect tunisien de l\u2019attentat devait être expulsé d\u2019Allemagne plus tôt cette année.Le ministre de l\u2019Intérieur de Rhénanie-du- Nord\u2013Westphalie a accusé la Tunisie d\u2019avoir retardé les procédures.Les autorités tunisiennes ont contesté le fait que le suspect de l\u2019attentat de Berlin était «l\u2019un de ses ressortissants», a déclaré le ministre allemand.Le Devoir Le suspect tunisien a des antécédents criminels Les médias traditionnels et leurs belles règles sont contournés.À preuve : on peut se faire élire aux États-Unis même en les ayant tous contre soi.François Jost, professeur à l\u2019Université Paris III, spécialiste de l\u2019éthique de la communication « » ATTENTAT DE BERLIN Anis Amri L E D E V O I R , L E J E U D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 O n ne peut pas dire que le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a beaucoup contribué à égayer les fêtes du 150e anniversaire de l\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord britannique en coupant brutalement court aux «négociations» sur le Transfert canadien en santé (TCS).Si certains espéraient que l\u2019élection de Justin Trudeau allait marquer un retour au fédéralisme « de convivialité » que préconisait le rapport Pelletier, qui tient toujours lieu de bible constitutionnelle au PLQ, ils en ont été pour leurs frais.Hormis l\u2019éternel sourire qu\u2019arbore le premier ministre canadien, rien ne semble avoir changé en matière de relations fédérales- provinciales.Gaétan Barrette s\u2019en est pris à son tour au « fédéralisme prédateur » que Gérard D.Lé- vesque, un homme pourtant bien plus affable, dénonçait déjà il y a trente ans.Remarquez, M.Barrette a encore de la marge : Lucien Bou- chard accusait Ottawa de vouloir «étrangler» le Québec.Et Yves Séguin, de le « saigner».Non seulement M.Trudeau a-t-il fermé la por te à toute possibilité de réouver ture du dossier constitutionnel, mais sa ministre de la Santé, Jane Philpott, paraît déterminée à réformer le système de santé à sa convenance, peu impor te qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un domaine de compétence provinciale et que le gouvernement fédéral n\u2019assume plus que 23 % des dépenses.Rien pour apaiser l\u2019humeur de M.Barrette, qui doit trouver franchement insultant qu\u2019on ose lui dire ce qui convient le mieux à un réseau qu\u2019il semble considérer comme sa propriété.C\u2019est un véritable chantage auquel se livre Ottawa.Soit les provinces acceptent de se plier à ses conditions, soit elles devront se passer des sommes additionnelles qui devaient être investies dans les soins à domicile et la santé mentale.C\u2019est Trudeau père qui aurait été fier de son fiston.?Le hasard faisant bien les choses, 2017 sera également l\u2019année du 30e anniversaire de l\u2019accord du lac Meech, qui a été rejeté dans les circonstances que l\u2019on sait.Pour poursuivre dans la même veine, on célébrera aussi le 35e anniversaire du rapatriement unilatéral de la Constitution et l\u2019enchâssement d\u2019une Char te des droits qui a diminué les pouvoirs du Québec sans son consentement.Tout cela n\u2019altérera sans doute pas la grande fierté d\u2019être Canadien que ressent le premier ministre Couillard, mais il risque tout de même d\u2019avoir du mal à créer un climat festif .Il a dû renoncer à faire coïncider le 150e avec le retour du Québec dans le giron constitutionnel, mais il entend profiter de l\u2019occasion pour élaborer sa vision de la place du Québec dans le Canada.On brûle de la connaître.« Être Québécois, c\u2019est notre façon à nous d\u2019être Canadiens », se plaît-il à répéter.On a pourtant l\u2019impression que notre façon d\u2019être Canadiens est plutôt de se faire avoir.Pour l\u2019occasion, nous aurons sans doute droit à une nouvelle ode à la francophonie canadienne, dont le ministre des Affaires intergouvernementales, Jean-Marc Fournier, a le secret.Autre coïncidence, 2017 marquera aussi le 50e anniversaire des états généraux du Canada français, quand les Québécois ont cessé de se percevoir comme Canadiens français pour plutôt se voir comme une nation ancrée dans son propre territoire.?Robert Bourassa a tout fait pour que le Québec demeure au sein du Canada, mais il reconnaissait son droit d\u2019en sortir si la population le souhaitait.Le préambule de la loi 150, qu\u2019il avait fait adopter en juin 1991, réaffirmait que « les Québécois et les Québécoises sont libres d\u2019assumer leur propre destin, de déterminer leur statut politique et d\u2019assurer leur développement économique, social et culturel ».On se demande parfois si M.Couillard souscrirait à cet énoncé.En mars prochain, la Cour supérieure se saisira de la cause de l\u2019ancien chef du Parti égalité, Keith Henderson, qui a entrepris de contester la loi 99 sur l\u2019exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l\u2019État du Québec, que Lucien Bouchard avait fait adopter en décembre 2000 en guise de réplique à la loi sur la« clarté référendaire ».Même si le PLQ avait voté contre, un gouvernement a le devoir de défendre les lois adoptées par l\u2019Assemblée nationale quand elles sont contestées devant les tribunaux.Mais les procureurs du Québec ont manifestement reçu le mandat d\u2019en minimiser la portée.Ils plaideront que la loi a simplement un caractère «déclaratoire» sans réelle conséquence juridique.Ottawa s\u2019est investi pleinement dans le dossier, mais cela semble d\u2019autant moins indisposer le gouvernement Couillard que ses positions sont essentiellement les mêmes.Il faudra donc compter sur la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, qui a finalement obtenu le droit d\u2019être entendue, pour plaider vigoureusement le droit du Québec à son autodétermination.Décidément, le temps des Fêtes risque d\u2019être un peu triste.mdavid@ledevoir.com Le temps des Fêtes MICHEL DAVID A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L es avortements tardifs devraient être faits au Québec, estime la présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), qui demande à Québec de trouver un moyen de cesser d\u2019envoyer les femmes aux États-Unis pour cette procédure.Eva Ottawa a af firmé, en entrevue avec Le Devoir, que l\u2019avortement de troisième trimestre «est un soin de santé qui doit être offert au Québec ».« Notamment parce qu\u2019il y a des femmes qui ne peuvent pas voyager, des femmes vulnérables », a-t-elle ajouté.Elle demande à Québec de mettre fin à l\u2019obligation pour les femmes de se rendre aux États-Unis.De plus, le gouvernement devrait «faire appliquer le droit» qui, au Canada, reconnaît aux femmes l\u2019autonomie de mettre fin à une grossesse peu importe le stade ou la viabilité du fœtus.« L\u2019interruption volontaire de grossesse est un droit, c\u2019est une lutte que nous avons menée.Le choix revient à la femme», a-t-elle rappelé.Blocage Elle réagissait au fait que le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a refusé un avortement tardif à une femme, qui a eu recours à un avocat pour obtenir la procédure dans un autre établissement, alors qu\u2019elle ne pouvait pas voyager aux États-Unis.Pour Eva Ottawa, « qu\u2019on remette ce droit en question est insensé et inacceptable».Selon le CLSC des Faubourgs, de 12 à 24 patientes sont envoyées aux États-Unis chaque année pour un avortement de troisième trimestre.Ce CLSC gère les cas qui lui sont certifiés par les autres hôpitaux du Québec, qui n\u2019offrent pas la procédure au-delà de 24 semaines, sauf de manière très exceptionnelle.Des règles souples Le Collège des médecins du Québec a confié à deux comités le mandat de revoir ses lignes directrices en matière d\u2019avortement.Ces dernières stipulent que l\u2019IVG « après 23 semaines de gestation est réservée aux cas d\u2019anomalies congénitales graves ou à des situations cliniques exceptionnelles ».Le CUSM affirme que sa décision a été guidée par ces directives.Celles-ci doivent être interprétées avec discernement, selon le CMQ.En entrevue avec The Gazette, le secrétaire du Collège, le Dr Yves Robert, a affirmé être « surpris » qu\u2019une femme ait eu besoin de recourir à un avocat pour obtenir une IVG.« Il n\u2019y a que deux lignes sur les avortements tardifs dans les lignes directrices.C\u2019est minimal.Nous parlons d\u2019anomalies graves, sans les décrire », a-t-il dit en anglais.La situation n\u2019est pas sans rappeler l\u2019implication des comités d\u2019avortement thérapeutique, a-t-il ajouté, lesquels accordaient ou non l\u2019autorisation aux femmes d\u2019avoir accès à une IVG avant que la Cour suprême n\u2019invalide ce processus.Les femmes ont le droit d\u2019obtenir un avortement sans avoir recours à un tiers, «à n\u2019importe quel stade de leur grossesse», a rappelé le Dr Robert, qui n\u2019était pas disponible pour une entrevue avec Le Devoir mercredi.La responsable des communications du CMQ, Caroline Langis, a cependant précisé que l\u2019ordre professionnel estime également que, lorsqu\u2019une femme ne peut pas se rendre aux États-Unis, ce soin devrait être accessible au Québec.La responsabilité aux médecins Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, est d\u2019accord : « Légalement, les femmes, et c\u2019est la Cour suprême qui le dit, ont le droit d\u2019avoir un avortement à n\u2019importe quel stade avant l\u2019accouchement.» Le problème, c\u2019est de trouver des médecins pour faire l\u2019avortement, a-t-il affirmé lors d\u2019une mêlée de presse.« Légalement, les femmes doivent avoir accès [à ces avortements], et c\u2019est pourquoi nous payons lorsqu\u2019elles ont à aller [aux États-Unis], mais nous ne pouvons pas forcer les médecins, a-t-il déclaré.Le Collège des médecins révise ses lignes directrices, et nous verrons à quoi ils arriveront.» Le Devoir AVORTEMENTS TARDIFS Une procédure à faire au Québec, dit le CSF L\u2019interruption volontaire de grossesse est un droit, c\u2019est une lutte que nous avons menée.Le choix revient à la femme.Eva Ottawa, présidente du Conseil du statut de la femme « » H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L es propositions en vue de la course à la chefferie du Bloc québécois se multiplient.Le député fédéral de Montcalm, Luc Thériault, propose une sorte de primaire souverainiste par laquelle tous les détenteurs d\u2019une carte de membre d\u2019un parti indépendantiste pourraient voter pour le successeur de Gilles Duceppe, qu\u2019ils soient membres du Bloc ou pas.L\u2019association de circonscription de M.Thé- riault a adopté sa résolution mardi soir stipulant que les membres du Parti québécois (PQ), de Québec solidaire (QS) et d\u2019Option nationale (ON) devraient aussi pouvoir voter pour le prochain chef bloquiste.«De dire que les gens peuvent s\u2019impliquer dans une course du véhicule indépendantiste à Ottawa, il me semble que c\u2019est vraiment un geste de convergence», explique M.Thériault en entrevue.Selon le député, il est faux de penser que tous les militants souverainistes sur la scène provinciale sont aussi des membres en règle du Bloc québécois au fédéral.Le Bloc ne compte qu\u2019environ 20 000 membres, dit-il, alors qu\u2019il y en a 78 000 au PQ, quelque 10 000 chez Québec solidaire et entre 1500 et 2000 à Option nationale.Les libéraux fédéraux ont déjà créé une catégorie dite de « sympathisants » grâce à laquelle des gens qui n\u2019ont pas payé d\u2019adhésion au PLC ont quand même pu voter pour le chef.« C\u2019est un peu sur ce modèle-là, c\u2019est un peu sur le modèle des socialistes français, reconnaît M.Thériault.Par contre, ce n\u2019est pas tout le monde, tous partis confondus.Il faut quand même que tu sois un membre d\u2019un de ces partis-là.Que tout d\u2019un coup quelqu\u2019un se dise sympathisant\u2026 Non, on veut quelque chose de plus proche.» La proposition de M.Thériault sera soumise au conseil général du parti le 4 février prochain, lorsque les modalités de la course seront arrêtées.Une course reportée?Du côté de Québec solidaire, on ne se prononce pas of ficiellement sur cette idée qui n\u2019est, fait-on valoir, encore qu\u2019au stade d\u2019idée, justement.On se demande par ailleurs quel est l\u2019avantage d\u2019une telle proposition puisque rien n\u2019interdit aux membres du PQ, de QS ou d\u2019ON d\u2019être simultanément membres du Bloc.Le chef d\u2019Option nationale, Sol Zanetti, n\u2019est pas d\u2019accord.Il fait valoir au Devoir que les citoyens sont beaucoup plus «méfiants» qu\u2019avant à l\u2019idée de devenir membre d\u2019un parti politique.«C\u2019est intéressant parce que ça implique les gens», dit-il.M.Zanetti voit un autre avantage stratégique à cette convergence à l\u2019échelle fédérale: le Bloc ne pourra plus faire ouvertement campagne pour le Parti québécois lors des élections provinciales.«Si le prochain chef du Bloc est choisi par l\u2019ensemble des souverainistes de tous les partis, ça risque de favoriser le maintien de cette neutralité partisane au niveau provincial.» Le porte-parole du Parti québécois n\u2019a pas rappelé Le Devoir mercredi.Par ailleurs, M.Thériault proposera au conseil général de reporter la course au leadership au printemps 2018.Les rumeurs veulent que le Bloc propose en février la tenue d\u2019une course rapide devant se terminer le 22 avril prochain.M.Thériault croit que 2017 est déjà trop chargée, avec les courses à la chefferie conservatrice et néodémocrate, le congrès d\u2019orientation péquiste et les élections municipales.Le Devoir CHEFFERIE La convergence souverainiste à Ottawa?Un député du Bloc propose une course où les membres de tout parti indépendantiste pourraient voter JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Pierre Moreau assiste à un premier Conseil des ministres depuis son retour Après une absence de presque un an, Pierre Moreau a participé, mercredi, à un premier Conseil des ministres où il figure encore comme ministre délégué aux Finances.Devant les journalistes, le ministre, qui se dit remis complètement de la maladie fulgurante qui l\u2019a terrassé, a parlé des communications du gouvernement.« Il y a une question de cohésion et on doit intensifier la communication».Selon lui, le gouvernement libéral «doit faire preuve d\u2019une éthique à toute épreuve».Mais il reproche à l\u2019opposition de porter des accusations «à tort et à travers » avec des éléments d\u2019une autre époque.«On doit répondre du tac au tac et on doit être totalement intolérant sur ces choses-là», juge-t-il.Luc Thériault L E D E V O I R , L E J E U D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 L E S P E T I T E S A N N O N C E S AVIS DE DÉCÈS Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 QUÉBEC - Condo 3 1/2 Bien placé.Vue sur le ?euve.À 2 pas du terminal des croisières.Grande fenestration.Gar.int.320 000 $ (418) 694-1389 DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.OUTREMONT - 190 Willowdale 3 1/2 - 4 1/2 réno Près métro UdeM Chauffés, eau ch., poêle/frigo, asc.514 738 5663 - 514 735-5331 OUTREMONT - 5, Vincent d'Indy 11/2, 31/2, 41/2, Penthouse 51/2, réno.Près métro, UdeM.Poêle/frigo.Chauffé, eau chaude.Ascenceur.514 737-8055 514 735-5331 103 CONDOMINIUMS ET COPROPRIÉTÉS 160 APPARTEMENTS ET 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psychologie ont trouvé un terrain d\u2019entente avec le gouvernement Couillard afin d\u2019être rémunérés lors de leur internat et leurs stages.Annoncé mercredi, l\u2019accord prévoit 250 bourses de 25 000 $ à l\u2019automne dans le cadre des internats ef fectués dans les secteurs public, parapublic et communautaire.De plus, un montant supplémentaire de 1,25 million sera mis sur la table afin que les étudiants en boycottage puissent reprendre du service le plus rapidement possible.Le président de la Fédération interuniversi- taire des doctorants en psychologie (FIDEP), Eddy Larouche, a qualifié l\u2019entente de «grande victoire » pour les doctorants, qui voient finalement leur travail reconnu.En contrepartie, ces derniers devront travailler 150 heures de plus lors de leur internat ou s\u2019engager à travailler dans le réseau public pour deux années.De plus, un congé parental permettra au nouveau parent de reporter d\u2019un an son internat et de recevoir une compensation financière durant son absence.Depuis 2006, le titre professionnel de psychologue n\u2019est plus accessible aux détenteurs de maîtrise et exige désormais un doctorat, ce qui implique une année d\u2019internat en milieu hospitalier au terme de leur scolarité.Or, contrairement aux futurs médecins, pharmaciens et infirmières spécialisées, ces étudiants ne recevaient aucune rémunération lors de leur internat, bien que le travail de chaque psychologue interne représente l\u2019équivalent de 80% d\u2019un poste à temps plein durant son année d\u2019internat.Quelque 250 étudiants faisaient leur internat chaque année, ce qui représentait l\u2019équivalent de 200 postes à temps plein pour lesquels Québec ne versait pas un sou.La Presse canadienne STAGES ET INTERNATS Les étudiants au doctorat en psychologie seront rémunérés L E I L A M A C O R à Miami E L O D I E C U Z I N à Washington M algré les nombreux boycottages et critiques émanant depuis des mois de tous les États-Unis, la Caroline du Nord n\u2019a pas abrogé mercredi une loi controversée obligeant les personnes transgenres à utiliser les toilettes correspondant à leur sexe à la naissance.«Non à la haine dans mon État », pouvait-on lire sur l\u2019une des pancartes brandies par les manifestants qui s\u2019étaient rassemblés dès le début de matinée devant l\u2019Assemblée générale à Raleigh, capitale de cet État du sud-est américain.À l\u2019intérieur, les parlementaires ont débattu pendant plusieurs heures à huis clos sur l\u2019abrogation de cette loi introduite en mars et obligeant les personnes transgenres à utiliser, dans les bâtiments administratifs et les écoles, les toilettes correspondant à leur sexe à la naissance et non à celui auquel elles s\u2019identifient.Vote reporté En vain.En fin de journée, l\u2019Assemblée a finalement reporté la séance extraordinaire de vote sine die.« J\u2019espère que nous pourrons travailler ensemble pour parvenir à une décision, car nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de continuer à être méprisés par le reste du pays », s\u2019est lamenté le sénateur démocrate Floyd McKissick.Extrêmement délicat, ce dossier agite la Caroline du Nord depuis des mois.La « bataille des toilettes » a d\u2019ailleurs fortement pesé sur les élections locales, qui ont vu le gouverneur républicain sortant, soutenant la loi, s\u2019incliner le 8 novembre devant un démocrate qui l\u2019avait vigoureusement dénoncé.Concernant une infime minorité mais fortement symbolique, elle a été jugée discriminatoire par de nombreuses personnalités.Soutien Bruce Springsteen, Cindy Lauper ou encore le Cirque du Soleil ont annulé des représentations dans l\u2019État, tandis que de grandes institutions sportives, comme la NBA, ont préféré organiser ailleurs leurs rencontres prestigieuses.Le groupe PayPal a, lui, renoncé à un projet d\u2019investissement, et une centaine de dirigeants de grandes entreprises, dont Apple, Bank of America ou Facebook, ont écrit au gouverneur sortant pour protester.Après les élections, démocrates et républicains étaient finalement parvenus à un accord pour voter l\u2019abrogation de la loi, en échange de l\u2019annulation d\u2019une norme municipale de la Ville de Charlotte, qui luttait au contraire contre les discriminations.Agence France-Presse CAROLINE DU NORD La bataille sur la loi antitransgenre continue Faute d\u2019entente, les parlementaires ont reporté la séance de vote sine die H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa La ministre de la Santé, Jane Philpott, peut dormir tranquille.La commissaire aux conflits d\u2019intérêts et à l\u2019éthique, Mary Dawson, l\u2019absout de tout tort dans l\u2019achat de services de limousine.Mme Philpott s\u2019est retrouvée sur la sellette cet été quand l\u2019opposition conservatrice lui a reproché d\u2019avoir utilisé les services d\u2019Executive Limousine & Livery Service appartenant à une personne \u2014 Reza Shirani \u2014 ayant fait du bénévolat pour sa campagne électorale en 2015.Deux jours après son élection, Mme Philpott a reçu un appel de la Chambre des communes en soirée lui demandant d\u2019être à Ottawa le lendemain.La nouvelle députée ne savait pas comment se rendre à l\u2019aéroport puisqu\u2019elle ne pouvait pas prendre son auto et que son mari ne pouvait l\u2019y conduire.Mme Philpott habite à Stouffville, une ville située à 60 kilomètres de l\u2019aéroport de Toronto, et a dit à la commissaire qu\u2019elle n\u2019y avait jamais vu de taxis.Elle s\u2019est alors souvenue d\u2019avoir vu un de ses bénévoles de campagne porter un uniforme de chauffeur.Elle a fait appel à ses services pour se rendre à l\u2019aéroport ce jour-là ainsi qu\u2019à 26 autres reprises par la suite.Elle a retenu les services de l\u2019entreprise à deux autres occasions pour des déplacements régionaux d\u2019une journée.Devant le tollé, la ministre a finalement remboursé la totalité des frais engagés, soit 3700$.Pas de conflit d\u2019intérêts La commissaire Dawson a conclu que Mme Philpott n\u2019était « pas en conflit d\u2019intérêts » puisqu\u2019elle n\u2019est pas l\u2019amie de Reza Shirani, n\u2019a pas de liens de parenté avec lui et ne l\u2019a croisé qu\u2019une seule fois à titre de bénévole.La commissaire a aussi comparé les tarifs facturés à ceux de 14 autres entreprises : à 162,44 $ par course, le tarif est le cinquième plus élevé.« J\u2019ai conclu que le tarif perçu pour le déplacement entre la résidence de Mme Philpott et l\u2019aéroport se situait dans la moyenne pour des services comparables », peut-on lire dans le rapport.Quant aux deux déplacements d\u2019une journée, les tarifs étaient « plus élevés », mais pas «au point de constituer une irrégularité ».Le Devoir FRAIS DE TRANSPORT Philpott blanchie par la commissaire à l\u2019éthique BEN MCKEOWN ASSOCIATED PRESS Lors d\u2019une session extraordinaire de l\u2019Assemblée générale de Caroline du Nord, à Raleigh, mercredi, des opposant à la loi HB2, qui oblige les personnes à utiliser les toilettes de leur sexe à la naissance, ont demandé son abrogation.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE La ministre de la Santé, Jane Philpott L E D E V O I R , L E J E U D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 P H I L I P P E O R F A L I D es organismes communautaires qui logeaient dans deux écoles de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) devront être expulsés à leur tour au cours de la prochaine année, car la CSDM soutient avoir besoin de ces locaux pour ses élèves.Après la Médiathèque littéraire Gaëtan Dostie \u2014 avec ses trésors de premières éditions, de manuscrits, de photos, de lettres et d\u2019archives diverses \u2014 qui a dû fermer ses portes au public en octobre, ce sera au tour de plusieurs groupes de se faire montrer la porte du 5095, 9e Avenue dans le quar tier Rosemont, et du 5643 rue Clark, dans le Pla- teau-Mont-Royal.La CSDM soutient qu\u2019elle doit reprendre ces locaux «pour des fins de scolarisation».L\u2019annonce est douce-amère pour plusieurs organismes, car un nombre bien plus important d\u2019entre eux était à l\u2019origine menacé d\u2019expulsion.En septembre, la commission scolaire avait envoyé une lettre aux locataires de 13 de ses 72 immeubles excédentaires pour les informer qu\u2019en ver tu du plan triennal 2017-2020, elle était «en consultation pour une possible reprise» de ses locaux.Sur la rue Clark, certains locataires perdent quelques locaux.Cest le cas des Centres d\u2019éducation populaire se trouvant dans l\u2019édifice, mais pas, pour l\u2019heure, du Centre de la petite enfance Alexis-le-Trot- teur, qui n\u2019a pas pour autant obtenu l\u2019assurance de pouvoir y demeurer à long terme.« Il s\u2019agit de quelques locaux [qui seront repris] sur Clark, a expliqué la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, en marge du conseil des commissaires de mercredi soir.Les Centres d\u2019éducation populaire vont pouvoir rester, mais [seulement] pour quelques locaux pour la scolarisation des adultes en francisation.» Dans le quartier Rosemont, ce sont principalement des organismes régionaux, et non de quartier, qui sont visés, selon la présidente.«Considérant les besoins d\u2019espace dans le quartier et le changement de l\u2019indice de dé- favorisation, qui requiert de plus petits ratios enfants-élèves, il fallait prendre une décision.» La commissaire indépendante Violaine Cousineau a dénoncé « l\u2019absence de transparence » de la CSDM dans le cadre de tout ce processus.Il a d\u2019ailleurs été impossible d\u2019obtenir un exemplaire à jour du Plan triennal de répar tition et de destination des immeubles (PTRDI) 2017- 2020 de la CSDM pendant la réunion du conseil de mercredi soir, avant son adoption, tard dans la soirée.Écoles intermédiaires Par ailleurs, un groupe d\u2019enseignants, d\u2019élèves et de parents de l\u2019école Pierre-Dupuy a tenu à dénoncer mercredi soir le projet de la CSDM, révélé par Le Devoir en août dernier, de créer des écoles « intermédiaires », c\u2019est-à-dire regroupant des élèves de 5e et 6e années et de 1re et 2e secondaires sous un même toit.La CSDM entendait aller de l\u2019avant dès la prochaine rentrée scolaire dans le quartier Centre-Sud, en combinant des classes des écoles Jean-Bap- tiste-Meilleur et Pierre-Dupuy.« Personne ne gagnera quoi que ce soit à déloger des élèves de leur école.Tout ce que nous avons construit à Pierre-Dupuy sera à refaire », a soutenu Sylvie Normandeau, qui y enseigne depuis 18 ans.La CSDM a préféré retirer le projet d\u2019école intermédiaire de sa planification pour l\u2019année prochaine, suivant le tollé suscité par cette proposition.Le Devoir CSDM Deux organismes de plus seront expulsés La commission scolaire dit avoir besoin de locaux pour loger ses élèves JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE En mars dernier, un reportage de l\u2019émission Enquête avait forcé Sam Hamad, alors président du Conseil du trésor, à se retirer temporairement, puis à démissionner de son poste de ministre.Q uébec \u2014 Le commissaire au lobbyisme du Québec a signalé trois constats d\u2019infraction à l\u2019endroit de l\u2019entreprise Premier Tech, qui avait été soupçonnée d\u2019avoir fait des pressions indues auprès de l\u2019ex-ministre Sam Hamad pour obtenir une subvention.Le commissaire avait ouver t une enquête à la suite de la dif fusion du reportage de l\u2019émission Enquête, à Radio-Ca- nada, qui traçait un lien étroit entre les demandes de subventions de l\u2019ex-vice-pré- sident du conseil d\u2019administration de Premier Tech, Marc- Yvan Côté, et le financement des activités politiques de Sam Hamad, qui est maintenant simple député.L\u2019organisme s\u2019est penché sur les activités de l\u2019entreprise de Rivière-du-Loup auprès de divers titulaires de charges publiques entre octobre 2008 et février 2016.Le commissaire conclut que «plusieurs de ces activités [de lob- byisme] n\u2019étaient pas dûment inscrites au registre tel que requis par la Loi sur la transparence et l\u2019éthique en matière de lobbyisme».Ainsi, les preuves recueillies lors de l\u2019enquête «permettent la signification de trois constats d\u2019infraction à la Loi à deux représentants de Premier Tech » \u2014 soit Yves Gou- dreau, vice-président développement corporatif, qui a exercé des activités sans être inscrit au registre des lob- byistes, ainsi que Jean Bélan- ger, président et chef de l\u2019exploitation, qui n\u2019a pas informé le commissaire de nouvelles activités de lobbyisme.MM.Goudreau et Bélanger sont passibles d\u2019une amende minimale de 500 $.Ils ont 30 jours pour plaider coupables ou non coupables.La dif fusion du repor tage d\u2019Enquête en mars dernier avait provoqué toute une commotion à l\u2019Assemblée nationale.Sam Hamad, qui était alors président du Conseil du trésor, avait choisi de se retirer temporairement, pour ensuite démissionner de son poste pour de bon.Il a toujours plaidé son innocence dans cette affaire.La Presse canadienne PREMIER TECH Le commissaire au lobbyisme signale trois constats d\u2019infraction S T É P H A N I E M A R I N L\u2019 ex-juge de la Cour d\u2019appel Jacques Delisle, qui purge une peine de prison à perpétuité pour le meur tre de sa femme, va demeurer derrière les barreaux en attendant le résultat de sa demande de révision judiciaire du verdict auprès de la ministre fédérale de la Justice, a tranché un juge mercredi.Jacques Delisle se dit victime d\u2019une erreur judiciaire, et il a demandé à être libéré pendant que sa demande est étudiée à Ottawa.Mais le juge Benoit Moulin, de la Cour supérieure, a refusé que l \u2019homme de 81 ans soit remis en liberté, car il estime que cela pour rai t miner la confiance du public envers le système de justice.Il a rendu sa décision mercredi matin après avoir entendu cet automne les arguments du procureur de la Couronne et des avocats de l\u2019ex-juge.«La confiance du public dans l\u2019administration de la justice commande que M.Delisle continue de purger sa peine : un public formé de personnes raisonnables, bien informées des dispositions législatives et des circonstances réelles de l\u2019affaire, qui apprécient les fondements de notre système de justice criminelle et qui ne sont pas mues par la passion mais par la raison, n\u2019accepteraient pas la mise en liber té, à ce stade des procédures », écrit le magistrat dans sa décision.« L\u2019âge du requérant et le soutien dont il bénéficie de la par t de ses proches et de plusieurs ex-collègues, de même que la conviction que certains peuvent exprimer quant à son innocence ne diminuent en rien cette conclusion », est-il aussi précisé.DPCP satisfait Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) s\u2019est déclaré satisfait mercredi de la décision du juge Moulin.« C\u2019est une décision extrêmement bien motivée.Une décision de 47 pages », a commenté le porte-parole du DPCP, René Verret.« Maintenant, étant donné que la demande de révision de M.De- lisle est toujours pendante devant la ministre fédérale de la Justice, nous ne ferons pas d\u2019autres commentaires », a-t-il conclu.Jacques Delisle a été condamné en 2012 pour le meur tre de son épouse, Nicole Rainville, âgée de 71 ans.Il est incarcéré depuis.Selon la version de l \u2019ex- juge de Québec, sa femme, dépressive et paralysée du côté droit, se serait enlevé la vie en 2009 à l\u2019aide d\u2019un revolver, retrouvé à côté de son corps inanimé.La Presse canadienne JUSTICE L\u2019ex-juge Jacques Delisle ne sera pas remis en liberté «Plusieurs de ces activités [de lobbyisme] n\u2019étaient pas dûment inscrites au registre» L\u2019ex-maire de Saint-Rémi plaide coupable L\u2019ancien maire de Saint-Rémi, Michel Lavoie, a plaidé coupable, mercredi matin au palais de justice de Longueuil, à trois chefs d\u2019accusation d\u2019abus de confiance.Ces accusations sont liées à l\u2019octroi d\u2019un contrat pour la construction d\u2019une caserne de pompiers et à des travaux de construction d\u2019aqueducs et d\u2019égouts.M.Lavoie devra revenir en cour le 23 février pour les observations sur la peine.L\u2019entreprise Construction Dorais inc.a pour sa part reconnu sa culpabilité à un chef d\u2019accusation de fraude en lien avec le dossier de la caserne.Elle a écopé d\u2019une amende de 50 000$.Quant aux accusations portées contre le fils du maire Lavoie, Sébastien, elles ont été abandonnées.Le Devoir Débarqué d\u2019un vol Delta parce qu\u2019il parlait arabe?New York \u2014 Un New-Yorkais d\u2019origine yéménite très suivi sur YouTube, Adam Saleh, a été débarqué mercredi d\u2019un vol Delta, au motif, selon lui, que des passagers étaient incommodés par sa conversation en arabe, la compagnie évoquant quant à elle seulement un «dérangement».Suivi par plus de 2,2 millions de personnes sur la plateforme vidéo YouTube, le jeune homme de 23 ans s\u2019est filmé alors qu\u2019il quittait l\u2019appareil, qui devait relier Londres à New York, et a diffusé la vidéo sur Twitter.«Nous avons parlé une langue différente dans l\u2019avion et on nous met dehors», lance Adam Saleh, qui évoque, sur Twitter, une conversation téléphonique en arabe avec sa mère.Trois heures après avoir été publiée, sa vidéo avait été ret- wittée plus de 200 000 fois.Poussé à réagir, Delta a diffusé un communiqué, justifiant le débarquement par un «dérangement dans la cabine qui a amené plus de 20 passagers à exprimer leur malaise».Agence France-Presse UdeM: les cliniciens enseignants vétérinaires en lockout jeudi La direction de l\u2019Université de Montréal mettra en lockout dès jeudi midi les cliniciens enseignants de sa Faculté de médecine vétérinaire, et ce, pour une durée indéterminée.Outré, le Syndicat général des professeurs et professeures de l\u2019Université de Montréal (SGPUM) dénonce dans un communiqué ce geste «odieux et démesuré» de l\u2019employeur.L\u2019établissement d\u2019enseignement universitaire en a fait l\u2019annonce mercredi dans un communiqué.Elle se trouve en conflit avec les cliniciens enseignants alors qu\u2019ils tentent de convenir d\u2019une première convention collective.L\u2019Université dit avoir pris cette décision de lockout «devant l\u2019escalade des moyens de pression exercés par le syndicat, l\u2019imprévisibilité de ses actions et le rejet de l\u2019offre globale et finale de l\u2019Université par les cliniciens enseignants».Elle relève que les cliniciens enseignants ont tenu jusqu\u2019à présent 9 jours de grève et ont voté pour en tenir encore 18 supplémentaires, totalisant potentiellement 30 journées ou 60 demi-journées.La Presse canadienne Jacques Delisle L\u2019annonce est douce-amère pour plusieurs organismes, car un nombre bien plus important d\u2019entre eux était à l\u2019origine menacé d\u2019expulsion e conseiller de Projet Montréal Alex Norris a bien résumé les lacunes de l\u2019enquête administrative de la Commission de la sécurité publique de la Ville de Montréal sur la surveillance des journalistes.«Quand j\u2019étais journaliste, on disait qu\u2019un article basé sur une seule source faisait un reportage qui ne valait pas grand-chose», a-t-il dit lundi.Ce rapport est le fruit de trois consultations à huis clos au cours desquelles un seul témoin, le Ser vice de police de la Ville de Montréal (SPVM), a vanté son efficacité et sa probité.Les élus membres de la Commission n\u2019ont pas sollicité le point de vue d\u2019experts indépendants.Des élus béats se disent satisfaits des procédures suivies par le SPVM, même si la police a épié et surveillé des journalistes pour faire avancer des enquêtes internes.Ce rapport insensible à l\u2019importance de la liberté de presse et à son corollaire, la protection des sources, s\u2019achève sur une conclusion bête : c\u2019est aux journalistes de ré?échir à la dé?nition légale de leur métier.Et nous voilà invités à refaire un débat sur le statut professionnel des journalistes, alors que le problème ne vient pas des reporters, mais bien d\u2019un maire sans gêne, Denis Coderre, qui a demandé à son chef de police de «checker» le chroniqueur Patrick Lagacé parce qu\u2019il n\u2019aimait pas se faire «checker» lui-même.Petite parenthèse : les journalistes n\u2019ont pas de statut professionnel aux États-Unis, ce qui n\u2019a pas empêché de nombreux États d\u2019adopter des lois sur la protection des sources.C\u2019est une question de volonté politique, ce qui présuppose que le politique valorise la liberté de presse.Les élus qui ont voté majoritairement pour l\u2019adoption de ce rapport de complaisance ont abdiqué leur rôle de chiens de garde des institutions publiques.Heureusement qu\u2019il y a encore Projet Montréal pour remettre les pendules à l\u2019heure.«Toute cette affaire a les apparences d\u2019ingérence politique dans les affaires opérationnelles du SPVM», a dit le conseiller Norris.Ce nouvel épisode est en droite ligne avec la position défendue jusqu\u2019ici par le maire Coderre et son chef de police, Philippe Pichet.Des juges de paix ont autorisé des mandats de surveillance, la démarche des policiers était donc parfaitement légale, avan- cent-ils.Tant pis pour la liberté de presse.Il y a, chez MM.Coderre et Pichet, une insouciance quant à la liberté de presse et à la protection des sources qui n\u2019est pas étrangère à leur volonté de contrôler et de centraliser la diffusion de l\u2019information.C\u2019est sur ce genre de personnages, et non sur les journalistes, que la commission d\u2019enquête présidée par le juge Jacques Chamberland devra porter son regard.Coincé par une question du journaliste Patrice Roy sur le Mouvement pour une capitale du Canada of ficiellement bilingue, Justin Trudeau a tenté jeudi de s\u2019en tirer avec une pirouette (tradition familiale\u2026), rétorquant : «Est-ce que la ville de Gati- neau serait ouverte à devenir une ville bilingue, elle ?» Quelle ânerie ! Le lendemain, il a d\u2019ailleurs tenté de se dédire, avouant au passage avoir été «baveux».Au fait, que nous révèle le «bavage» initial ?ar sa boutade de jeudi, Justin Trudeau a dévoilé une surprenante ignorance du dossier, pourtant crucial pour le Dominion, des langues of?- cielles.Pourquoi, si Ottawa était déclarée of?- ciellement bilingue, faudrait-il que Gatineau lui emboîte le pas?D\u2019où est venue cette idée saugrenue?Le territoire de la capitale est évidemment Ottawa; les deux villes font partie de la région de la capitale fédérale, a rétorqué le premier ministre.Mais elles n\u2019ont évidemment pas été fusionnées, faisant partie de deux provinces différentes! En plus, au Québec, en vertu de la loi 101, les municipalités peuvent être reconnues bilingues uniquement lorsque plus de la moitié de leurs résidants sont de langue maternelle anglaise (La Presse canadienne le rappelait mercredi).Or, la ville de Gatineau ne compte que 11% de résidants ayant déclaré l\u2019anglais comme langue maternelle.Notons qu\u2019en 2013, le gouvernement Marois avait déterminé que la moitié des 80 municipalités jouissant d\u2019un statut bilingue au Québec ne devraient techniquement plus y avoir droit, en raison des mutations démographiques.Le constat avait suscité un tollé chez certains maires anglophones.Anthony Housefather, aujourd\u2019hui député libéral à Ottawa, avait en leur nom plaidé pour le respect des droits acquis des anglophones «peu importe leur nombre».Nombre de villes au Québec of frent donc des services bilingues même si elles n\u2019y sont pas obligées ; d\u2019autres, au premier chef Montréal, sont censées être françaises, mais se bilinguisent à vitesse grand V.On ne voit pas pourquoi la capitale d\u2019un Dominion se proclamant bilingue ne donnerait pas un coup de pouce à la langue of?cielle défavorisée en son sein, et sur ce continent.Mais ce type de coup de pouce est évidemment une hérésie dans la logique symétrique dans laquelle est coulée la Loi sur les langues of?cielles, issue de l\u2019époque et de la philosophie de Trudeau père ; que Trudeau ?ls a eu le ré?exe de reprendre dans son épisode de «bavage».Qu\u2019aurait coûté au premier ministre du Canada d\u2019offrir au moins un appui moral au Mouvement pour une capitale du Canada of?- ciellement bilingue, qui se bute au «no way» du maire d\u2019Ottawa, Jim Watson?Les militants de ce mouvement ne sont pas des méchants séparatistes envers qui les Trudeau aiment tant se montrer baveux, mais des valeureux défenseurs des droits des francophones hors Québec.Et ils réclament le statut bilingue à l\u2019occasion du 150e de la Confédération (laquelle, pourtant, les a la plupart du temps voulu les assimiler ou les forcer à vivre dans la survivance).Les membres du Mouvement ont d\u2019ailleurs été insultés par l\u2019attitude de baveux du premier ministre.Selon le Dictionnaire québécois-français de Lionel Meney (Guérin, 2003), les multiples sens de (l\u2019ef?cace) québécisme «baveux» n\u2019ont rien de ?atteur : prétentieux, insupportable, suf- ?sant, péteux, morveux, merdeux, arrogant, puant, imbuvable.Les Franco-Ontariens ne méritaient vraiment pas une telle attitude de la part du premier ministre.Il y avait tant d\u2019autres cibles disponibles : les castristes?Les Saoudiens?Oh, pourquoi pas le candidat potentiel à la direction du Parti conservateur, Kevin O\u2019Leary, pour qui il n\u2019est pas nécessaire d\u2019apprendre le français puisque « les Québécois de 18 à 35 ans sont presque tous bilingues» ?Allez, M.Trudeau, bavez donc.L E D E V O I R , L E J E U D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 6 A 6 EDITORIAL L E T T R E S On gagne toujours avec Le Devoir Marie-Claude Delisle («Faire des liens en lisant son Devoir, ça crée du sens», 21 décembre 2016) expose avec brio pourquoi et comment il faut lire Le Devoir.Tous les formateurs, tous les gestionnaires et tous ceux qui s\u2019occupent de gouvernance à quelque niveau que ce soit auraient intérêt à lire ce journal.On ne se repent jamais d\u2019avoir pris une décision en étant bien informé.Même si elle est impopulaire.Pour remercier mon camelot qui, beau temps, mauvais temps, dépose fidèlement mon journal dans ma boîte aux lettres, je lui ai offert un montant d\u2019argent et un billet de loterie grâce auquel il a doublé son présent en gagnant un lot instantané de 100$.On gagne toujours avec Le Devoir ! D\u2019autant qu\u2019il n\u2019est pas soumis aux aléas des jeux de hasard.Joyeuses Fêtes à tous les lecteurs du Devoir, à tous ses journalistes et ses artisans et à tous ses camelots.Jean Delisle Gatineau, 21 décembre 2016 L I B R E O P I N I O N A L A I N S T A N K É Écrivain L orsque, l\u2019an prochain, Montréal célébrera son 375e anniversaire, je fêterai, moi, mes 66 ans de citoyenneté montréa- laise.Paul de Chomedey, sieur de Mai- sonneuve est arrivé à Montréal, le 17 mai 1642.Moi, 309 ans et 12 jours plus tard.On dit qu\u2019il ne savait pas trop où il allait ni ce qui l\u2019attendait.Moi non plus.Son voyage s\u2019est fait aux frais du Trésor royal.Le mien, moi, le migrant, aux frais de l\u2019Organisation internationale des réfugiés.Paul avait une mission : fonder Montréal.La mienne était de fonder une famille\u2026 Après avoir buriné et labouré ce lieu où j\u2019ai choisi de vivre depuis plus d\u2019un demi- siècle (et où, au sein de la Fondation Travail sans frontières, j\u2019ai connu de près la misère des jeunes de la rue), j\u2019ose m\u2019attribuer le droit de venir mettre mon grain de sel avant que le temps des commémorations ne soit arrivé et que l\u2019on s\u2019écrie en chœur «Que la fête commence ! ».À mon humble avis, pour qu\u2019une fête soit réussie, il serait souhaitable que la majorité (et préférablement la totalité) des fêtards ait le cœur à ripailler.Mais comment accepter, sans être outré, qu\u2019une partie de la population solennise dans la joie et l\u2019allégresse alors qu\u2019une autre manque cruellement de ressources pour s\u2019offrir le strict minimum à sa survie?Comment ne pas trouver anormal que \u2014 sous le fallacieux prétexte que les commémorations du 375e doivent impérativement se dérouler dans un déploiement de pompe et de magnificence \u2014 l\u2019on s\u2019apprête à consacrer la colossale somme de 40 millions de dollars pour l\u2019illumination d\u2019un pont ?Comment ignorer que\u2026 Le nombre de personnes qui vivent dans la pauvreté à Montréal a grimpé de plus d\u2019un tiers en 10 ans (INRS).À Montréal, 46,6 % des travailleurs sont pauvres (CEPE).Chaque mois, 18 000 enfants de zéro à cinq ans reçoivent une aide alimentaire via les trois banques alimentaires du Grand Montréal, environ 10 % de plus qu\u2019en 2013.À eux seuls, ils pourraient presque remplir le Centre Bell ! (Moisson Montréal) Il est difficile de croire qu\u2019on puisse être en situation d\u2019insécurité alimentaire.Pourtant, c\u2019est le cas de plus de 200 000 personnes dans le Grand Montréal.(Cen- traide du Grand Montréal) «Des milliers d\u2019enfants ne reçoivent pas les soins et l\u2019accompagnement nécessaires pour leur permettre de grandir en santé.La moitié d\u2019entre eux arrive à l\u2019âge scolaire avec un sérieux retard dans leur développement global.Ce retard les suit, nuit à leur santé à l\u2019âge adulte, et pire, se répercute d\u2019une génération à l\u2019autre.» (Fondation du Dr Julien) L\u2019Accueil Bonneau \u2014 situé tout près du pont qu\u2019on se prépare à illuminer (et dont j\u2019ai déjà eu l\u2019honneur de présider la campagne de souscription), continue à servir jamais moins de\u2026 800 repas par jour ! Lors de l\u2019annonce de l\u2019illumination du pont Jacques-Cartier, le maire Coderre a déclaré (sans rire !) : «Ce sera vert pour la Saint-Patrick ou multicolore pour la Fierté gaie.» On peut imaginer que le reste du temps le pont sera illuminé en brun, juste pour rappeler qu\u2019une partie de la population vit toujours dans la merde et qu\u2019elle aussi a droit à SA couleur ! Il paraît qu\u2019avant de prendre cette décision, le comité organisateur aurait fait « une démarche consultative » auprès de 700 citoyens et organisé quelque 50 séances de brainstorming avec des centaines de créateurs et « d\u2019institutions phares ».(Vous avez dit PHARES ?Ces lumières qui s\u2019allument à l\u2019arrière des véhicules lorsqu\u2019on\u2026 recule ?) Les principaux instigateurs du projet (qu\u2019on serait tenté de qualifier d\u2019« illuminés») prédisent qu\u2019une fois illuminé, le pont Jacques-Cartier fera «rayonner» notre ville à travers le monde! (Sans améliorer pour autant la circulation).«Nous en ferons une attraction incontournable pour nos visiteurs et un symbole puissant pour la créativité montréalaise!» (dixit le maire Coderre).À défaut d\u2019éradiquer totalement la pauvreté, cette somme aurait sûrement pu servir à améliorer la vie des Montréalais dans le besoin.Le rayonnement que l\u2019on cherche à faire dégager de « la ville en fête » n\u2019aurait-il pas été plus édifiant si Montréal devenait une ville exemplaire ?Une des rares villes au monde où il y aurait moins de désespérance, moins d\u2019itiné- rance, moins de pauvreté qu\u2019ailleurs et où tous les enfants seraient enfin capables de manger à leur faim ?S\u2019il reste encore des gens désireux de dépenser 40 millions de dollars pour l\u2019illumination du pont, pourquoi n\u2019organiseraient- ils pas une guignolée pour réaliser leur rêve?Je préfère de beaucoup mon rêve à moi que le leur! Je suis bien d\u2019accord pour que la fête commence.Ce que je ne veux surtout pas, c\u2019est que la pauvreté continue.Illuminer les cœurs plutôt que le pont ?FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Le ministre Blais déteste-t-il la défense des droits?Neuf ans ! Dans quelques jours, ça fera neuf ans que les quelque 300 groupes de défense des droits du Québec n\u2019auront eu droit à aucune majoration ni indexation de leur financement.Pendant cette période, l\u2019indice des prix à la consommation a progressé de près de 13 %.Ce recul dans le financement se traduit par des fermetures, des coupures de services, des mises à pied, etc.Après neuf ans, il n\u2019y a plus grand-chose à couper dans un budget de quelques dizaines de milliers de dollars par année.La ligne de téléphone ?Le souper de Noël ?Après neuf ans d\u2019ignorance et de mépris de la par t du gouvernement, le message est on ne peut plus clair : comme la majorité de ses prédécesseurs, le ministre Blais n\u2019apprécie pas le travail accompli par les groupes de défense de droits.Est-ce qu\u2019on s\u2019en étonne ?Non ! Les groupes de défense des droits ne sont pas financés pour se faire aimer par le gouvernement ou pour plaire à François Blais.Ils sont financés pour protéger la population contre les abus du système, pour aider les Québécois et les Québécoises de toutes origines et situations sociales à faire valoir leurs droits dans notre société.Alors quand les décisions du gouvernement nuisent aux conditions de vie de la population, évidemment, les groupes de défense des droits sont les premiers dans la rue et dans les médias pour dénoncer les injustices.C\u2019est notre travail de le faire, que ça plaise ou non au ministre Blais.Si les groupes de défense des droits n\u2019obtiennent pas un meilleur financement, certains couperont des services, d\u2019autres devront se résoudre à fermer boutique.C\u2019est à se demander si ce n\u2019est pas là l\u2019objectif du ministre, fermer les groupes qui le critiquent.Vania Wright-Larin, du Regroupement d\u2019éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et Chaudière-Appalaches Québec, le 20 décembre 2016 TRUDEAU ET OTTAWA UNILINGUE Bave révélatrice SURVEILLANCE DES JOURNALISTES Une enquête bidon P L ANTOINE ROBITAILLE BRIAN MYLES R I C H A R D B O U L É Politologue et historien (M.A.), Trois-Rivières a thèse développée par M.Dominique Trudel, exper t en étude des médias au CNRS de Paris, dans Le Devoir de philo de samedi nous semble contenir des erreurs fondamentales, tant dans son analyse de notre actualité que dans les rapprochements faits entre la montée du fascisme allemand et l\u2019élection du président Trump.M.Trudel se réfère à l\u2019œuvre des intellectuels Erich Fromm et Theodor Adorno pour conclure que des tendances sadomasochistes et des illusions prévaudraient chez les électeurs favorisant le fascisme hitlérien et le président Trump\u2026 Nous ne pourrions commenter en détail les travaux du philosophe Adorno.Il semble bien déplorer que l\u2019illusion, plutôt que des réalités objectives, serve le plus souvent de base au raisonnement, mais il le dit de l\u2019ensemble de nos sociétés et non uniquement de celles ayant basculé dans le fascisme.Il faut malheureusement remarquer que très peu d\u2019êtres humains se dotent des outils requis pour une pensée analytique au lieu de se conformer au prêt-à-penser défini par les élites au pouvoir.L\u2019observateur attentif peut donc voir sans difficulté que l\u2019illusion est amplement utilisée pour le marketing commercial et par nombre d\u2019organismes influant sur le débat sociopolitique.Il est aussi indéniable que les illusions à la mode requièrent nécessairement la participation des médias de masse de M.Trudel et si possible de l\u2019école pour se substituer socialement à des réalités objectives (monde virtuel Pokémon Go, pseudo gros scandales, guerres humanitaires, empire du mal, choix de mœurs et d\u2019attitudes sociales).Par ailleurs, d\u2019après ce qu\u2019en dit un site Web dédié à son œu- vre, l\u2019intellectuel Fromm aurait bien conclu que (traduction libre) : «La liberté gagnée contre les liens médiévaux de servitude a donné l\u2019indépendance aux individus, mais au prix des sentiments d\u2019anxiété et d\u2019isolement menant aux activités irrationnelles, compulsives et une nouvelle recherche de soumission.Ceci explique pourquoi le public favorise le sanctuaire sécurisant de sociétés totalitaires, telles que le fascisme.» (La peur de la liberté, New York, 1942) Selon nous, ce «tel que le fascisme» de Fromm ne signifie pas, comme le prétend M.Trudel, l\u2019exclusion du conformisme constaté dans d\u2019autres systèmes idéologiques, comme les religions ou celui de notre ordre sociopolitique actuel.Par ailleurs, la recherche historique et la sociologie n\u2019accréditent pas la thèse voulant que les rapports sociaux médiévaux soient uniquement de servitude, ou que les rapports de pouvoirs et de domination soient essentiellement sadomasochistes.Il existe des compromis entre faibles et forts depuis l\u2019aube des sociétés humaines, mais les dirigeants ont toujours eu pour mandat principal d\u2019éviter le chaos social destructeur induit par les individus réellement sadiques.De plus, comment prétendre que les électeurs d\u2019Hitler et la masse des citoyens ralliés étaient masochistes en votant pour le rétablissement de l\u2019ordre public, des valeurs familiales et nationales, la baisse du chômage et la prospérité à l\u2019encontre du chaos financier international et de la subversion bolchevique ?Auraient-ils éprouvé du plaisir durant leur décimation par le feu et le fer (1942-1948) et les décennies d\u2019occupation militaire?M.Trudel déplore enfin que les médias accrédités n\u2019aient pas combattu ef ficacement l\u2019élection d\u2019Hitler et celle du président Trump, et que les électeurs de ce dernier se soient illogiquement détournés des médias accrédités, selon lui seuls à vouloir témoigner de la réalité objective.Ces conclusions sur les médias nous semblent malheureusement aussi erronées.En premier lieu, les promesses électorales d\u2019Hitler correspondaient aux demandes exprimées par la presse, le cinéma et même l\u2019école depuis le début des années 1920 (à 95% sous contrôle des nationalistes).C\u2019est plutôt madame Clinton qui disposait de cet avantage en 2016, et non M.Trump.Le rejet en masse de l\u2019opinion des médias accrédités est un phénomène médiatique et social inédit en Occident, en par tie possible grâce aux moyens du Web, et cette élection de 2016 n\u2019est donc pas un calque de celle d\u2019Hitler de ce point de vue.Par contre, il est pertinent de dire que les mêmes types d\u2019enjeux étaient à l\u2019ordre du jour de ces élections devenues pivots importants de lutte civilisationnelle.Les tenants de la civilisation occidentale jouent à présent leur va-tout à l\u2019encontre de la civilisation financière mondialiste qui la frappe de façon redoublée depuis la chute de l\u2019URSS.Il pourrait donc sembler que derrière ses références érudites, M.Tru- del ne fasse en réalité que dénigrer les électeurs d\u2019un camp politique en les apparentant à des aliénés mentaux et à des criminels nazis en puissance, argument amplement diffusé dans tous ses médias occidentaux.Pour M.Trudel, seuls les médias alternatifs s\u2019obstinent à propager de fausses informations, quasi bénévolement et donc en quelque sorte par pure malice.Après avoir éliminé la thèse d\u2019une forme de maladie mentale inhérente à tant d\u2019électeurs, nous suggérerions à M.Trudel de rechercher des solutions pouvant permettre à ses médias de reprendre le contrôle du marché.Il se trouve que de plus en plus de nos politiciens de haut rang, dont Mme Clinton justement, réclament des mesures judiciaires ou plus simplement policières pour neutraliser les sites importuns.Il ne resterait plus que des sites clandestins, forcément moins accessibles, ce qui redonnerait aux médias accrédités toute la place qu\u2019ils méritent pour guider l\u2019opinion vers leurs valeurs progressistes.LA RÉPLIQUE > POLITIQUE Trump selon l\u2019école de Francfort\u2026 une analyse périlleuse L E D E V O I R , L E J E U D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 6 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.L F R É D É R I C S A U S S E Z Professeur en fondements de l\u2019éducation à l\u2019Université de Sherbrooke es données probantes se sont invitées à la consultation sur la réussite éducative.Si l\u2019on peut se réjouir d\u2019une discussion publique sur les rapports entre le chercheur et l\u2019artisan de l\u2019éducation, il impor te aussi d\u2019être attentifs à certains enjeux liés à l\u2019essor du mouvement de la pratique basée sur des données probantes (evidence-based practice) en éducation.En médecine Le mouvement de l\u2019evidence-based practice (EBP) trouve son origine dans le champ de médecine.À la suite des travaux de l\u2019Evidence-Ba- sed Medecine Working Group s\u2019y est développé un modèle de formation visant le renforcement du caractère scientifique de la pratique clinique.Il impor tait que les données probantes disponibles trouvent leur place aux côtés d\u2019autres formes de savoirs dans le raisonnement clinique conduisant à la prise de décisions relatives à ce qu\u2019il convient de mettre en œuvre pour répondre à la demande du patient.Désirant transformer en profondeur la culture professionnelle des cliniciens, ce mouvement promouvait un type de recherche et une modalité d\u2019agrégation des résultats spécifiques.Il veillait aussi au développement d\u2019une infrastructure dédiée au transfert des connaissances afin de rendre accessibles aux cliniciens les données probantes dans un format lisible.Une donnée probante est le produit d\u2019un type de recherche particulier et, par conséquent, toute donnée de recherche ne constitue pas nécessairement une donnée probante.Celle-ci résulte d\u2019une démarche expérimentale précise : l\u2019essai contrôlé randomisé dont la fonction est d\u2019attribuer avec le moins de doute possible que c\u2019est bien le traitement X qui produit un effet Y.Il est considéré comme l\u2019étalon or en la matière.Migration vers l\u2019éducation Ce mouvement a trouvé un écho favorable dans différents champs de recherche structurés en référence à des champs de pratiques professionnelles : travail pénitentiaire, travail social, éducation, etc.Dans ces champs, ce mouvement renforce l\u2019idéologie d\u2019une gouvernance par les chif fres.En ef fet, la rhétorique de la preuve permet de justifier de nouvelles formes de contrôle de l\u2019action publique.La notion de donnée probante matérialise alors l\u2019espoir de soumettre à la rationalité instrumentale le noyau technique de ces métiers, et ainsi d\u2019exercer une nouvelle forme de contrôle sur des activités traditionnellement rétives à celle-ci en raison de leur forte composante relationnelle et contextuelle.Elle concrétise aussi le projet de certains acteurs d\u2019y prendre le pouvoir.Ce mouvement véhicule une vision particulière du mode de régulation des métiers de l\u2019éducation.Il repose sur l\u2019idée que l\u2019activité de l\u2019artisan en éducation peut et doit être soumise à la rationalité instrumentale.En effet, cette activité serait dans une large mesure inféodée par d\u2019autres formes de rationalités irréductibles à la rationalité technique.Qualifiées de légendes, modes ou superstitions, elles doivent être éradiquées afin de laisser la place à une pratique rationnelle.L\u2019analogie avec le traitement médical fonde alors la nécessité de tester et approuver les guides de pratique avant de prescrire leur mise en œuvre aux artisans.Les tenants de l\u2019EBP sont donc animés par la croyance que, pour soigner l\u2019éducation, les prescriptions organisant le travail enseignant doivent être musclées à l\u2019aide de ces données.Celles-ci ne fournissent-elles pas, en effet, les moyens les plus rationnels pour atteindre les buts fixés aux enseignants ?Dit autrement, l\u2019intelligence du métier réside dans les prescriptions organisant le travail et non dans l\u2019engagement des personnes dans une activité propre dont elles essaient de garder le contrôle pour faire malgré tout ce qu\u2019on leur demande de faire.Ainsi, la rhétorique des données probantes conduit à revisiter le taylorisme et son projet de prédire et de contrôler l\u2019activité laborieuse.Cela ne fait-il pas courir le risque d\u2019un confinement de celle-ci orchestré par un ordre professionnel qui n\u2019émanerait pas du métier lui-même ?Contrer ces dérives Alors que la médecine basée sur des données probantes est citée comme l\u2019exemple à suivre pour l\u2019éducation, soulignons qu\u2019elle fait face à diverses dérives : accroissement du contrôle politique et managérial sur les pratiques cliniques ; accroissement corrélatif d\u2019un pilotage par les résultats menant à une dépossession du métier ; abstraction du patient et des singularités dont il est porteur conduisant à négliger la question de la multimorbidité et à masquer le caractère inopérant, dans ce cas, des guides d\u2019action.Pour contrer ces dérives, la médecine en appelle à une renaissance du mouvement, avec pour ligne directrice le repositionnement du patient au centre des préoccupations, la revalorisation du raisonnement clinique et le rejet d\u2019un assujettissement de celui-ci au strict respect des guides d\u2019action, l\u2019ancrage de l\u2019intervention dans la relation entre le clinicien et le patient, l\u2019appel à des recherches plus diversifiées prenant en compte les rationalités particulières des acteurs.Si l\u2019EBP ne constitue pas la panacée promise, il ne s\u2019agit pas pour autant de la diabo- liser.Les données probantes constituent des repères importants pour structurer les délibérations sur le plan politique et/ou pratique au regard de l\u2019action qu\u2019il convient de mettre en œuvre.En inscrivant leur usage dans la philosophie sociale de John Dewey, il importe de créer des conditions propices afin de les traiter comme « des hypothèses de travail et non comme des programmes à exécuter de manière rigide ».Il s\u2019agit d\u2019une autre vision de la régulation du métier reposant sur l \u2019engagement des acteurs dans des démarches d\u2019enquête où les données probantes trouvent leur place aux côtés d\u2019autres formes de savoirs éclairant les enjeux, les conditions ou encore les effets souhaitables et non souhaitables de nouvelles possibilités d\u2019action.Il importe alors de créer des espaces-temps de délibération collective sur les façons de faire et refaire le métier et ainsi ouvrir à une réelle prise en main du métier sur son devenir et celui des jeunes qui lui sont confiés.ÉDUCATION Les « données probantes », un nouveau dogme ?Il faut combattre la croyance selon laquelle c\u2019est la seule médecine capable de soigner l\u2019éducation GETTY IMAGES Le mouvement de l\u2019evidence-based practice (EBP) repose sur l\u2019idée que l\u2019activité de l\u2019artisan en éducation doit être soumise à la rationalité instrumentale.Le déclencheur «Au cours de la dernière présidentielle américaine, les journalistes n\u2019ont pas su saisir la nature du mode de subjectiva- tion fasciste/sadomasochiste auquel ils étaient confrontés.Si l\u2019épithète \u201c fasciste \u201d a été souvent employée par les journalistes, ils n\u2019ont certainement pas adopté les conclusions méthodologiques qui s\u2019imposent, préférant le plus souvent commander et commenter des sondages plutôt que de chercher à découvrir la manière dont la campagne permettait d\u2019articuler des dynamiques psychiques et sociologiques profondes.» \u2014 «L\u2019élection de Trump dans l\u2019œil de l\u2019école de Francfort », Dominique Trudel, Le Devoir, 10 décembre 2016 Il faut remarquer que très peu d\u2019êtres humains se dotent des outils requis pour une pensée analytique au lieu de se conformer au prêt-à-penser défini par les élites au pouvoir L L E D E V O I R , L E J E U D I 2 2 D É C E M B R E 2 0 1 6 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 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documentaire dense et dessiné qui plonge dans la Shoah et ses déterminants politiques et sociaux) mangent le soir en famille avec leur fille Nadja.«L\u2019élection de Donald Trump nous a mis à l\u2019envers, résume-t-elle dans un long échange par courriel avec Le Devoir, tout comme l\u2019ascension remarquable de la xénophobie et du nationalisme populiste, autant aux États-Unis qu\u2019ailleurs dans le monde.Nous nous sommes demandé comment un nouveau langage pourrait exprimer ce sentiment face à ce qui est en train de se passer.Art a dit : \u201cRésister !\u201d Et ça a touché nos cordes sensibles.» Très vite, le duo entre en contact avec des illustratrices et bédéistes, celles de leur entourage, celles dont elles apprécient le coup de crayon, la tonalité de la critique, pour les inciter à monter dans ce train qui se met doucement en marche.Et l \u2019emballement, par ef fet de contagion, se fait très vite évident.L\u2019oppression de l\u2019obscurité Plus de 1000 œuvres dessinées leur ont été soumises à ce jour, signées par des plumes aussi variées que l\u2019activiste californienne Sophia Zarders, l\u2019illustratrice Shreya Chopra, la bédéiste Maggie Brennan ou encore la jeune My Ngnoc To, qui dans un récit en huit cases intitulé Le rituel du matin explique que «chaque matin, depuis le jour de l\u2019élection », elle se lève avec l\u2019impression que « des tonnes d\u2019entités oppressantes lui sont tombées dessus pendant la nuit ».L\u2019heure du réveil devient alors un acte de résistance, lorsqu\u2019elle se lève pour désormais les affronter.Nicole Rifkin, elle, met en dessin des scènes de son quotidien à New York, au lendemain du 9 novembre, scènes dans lesquelles plusieurs personnes sont surprises en larmes.«Cela fait sept ans que je vis à New York et je n\u2019avais jamais vu cette ville aussi silencieuse, ni tous ces gens, dans la rue, dans le métro, en train de pleurer.Pas plus que ce haut niveau d\u2019empathie qui a émergé depuis ce jour.» Son œuvre pourrait s\u2019intituler « Cela va bien aller », phrase récurrente dans ses dessins.« Je suis une femme, je suis juive, je suis terrifiée, dit-elle, en marge de la planche qu\u2019elle a soumise, mais je ne vais pas baisser les bras.» « Il y a de plus en plus de choses contre lesquelles résister depuis quelques jours, résument Françoise Mouly et Nadja Spiegelman.La destruction de notre climat, la division dans notre pays le long de la ligne identitaire et ethnique, la propagation de fausses informations, la normalisation d\u2019un président qui tweete des commentaires haineux au milieu de la nuit\u2026 Et nous avons l\u2019espoir d\u2019unir le plus de voix possible dans cet acte d\u2019opposition.» Transcender l\u2019hypocrisie Pour cette mère et sa fille, qui baignent dans le monde de la communication par l\u2019illustration comme dans celui de la résistance à toutes les dérives sociales qui conduisent aux replis, aux clivages et aux exclusions, le format d\u2019un fanzine donnant la parole à l\u2019image ne pouvait que s\u2019imposer dans les circonstances.« L\u2019image a été un canal important de résistance dans l\u2019histoire, dit Françoise Mouly.Les images ont cette capacité de s\u2019incruster dans le cerveau pour exprimer l\u2019innommable et transcender l\u2019hypocrisie.Nous sommes d\u2019ailleurs exaltés par ce nouveau pouvoir démocratique que nous of fre Internet [pour récolter les actes de résistance dessinés], mais aussi par cette construction à la main d\u2019un magazine», dans un dynamisme et un caractère organique, de circonstance, assurent les instigatrices de ce projet subversif d\u2019édition qui souhaite incarner une résistance politique « contre le pouvoir de l\u2019intolérance».Au total, 30 000 exemplaires de Resist ! doivent être imprimés au début de l\u2019année prochaine, avec la complicité de Smoke Signal, un tabloïd américain versé dans le 9e art et cantonné dans la marge, pour être distribués gratuitement lors des manifestations qui doivent se tenir à Washington en marge de l\u2019assermentation de Donald Trump, le 20 janvier prochain, puis lors de la Marche annuelle des femmes dans la capitale américaine prévue le lendemain.« Nous cherchons aussi à mettre en place un réseau fort pour assurer une distribution à travers tout le pays », disent-elles, et ce, pour qu\u2019une fois la voix de cette résistance forgée, cette voix, rapidement, porte.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 RÉSISTANCE a déclaré Philippe Couillard dans sa présentation.«Parce que peu importe la couleur de notre peau, nos croyances ou qui nous aimons, personne ne mérite d\u2019être humilié, diminué ou exclu.» Le premier ministre était accompagné de quatre de ses ministres \u2014 Stéphanie Vallée (Justice), Martin Coiteux (Sécurité publique), Geoffrey Kelley (Affaires autochtones) et Lucie Charlebois (Protection de la jeunesse et Santé publique) \u2014, ainsi que du chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, et du grand chef des Cris, Matthew Coon Come.Les travaux de la commission s\u2019étendront sur deux ans et son enquête portera sur les 15 dernières années.Les audiences auront lieu à Val- d\u2019Or et dans les communautés dont sont issues les femmes qui avaient dénoncé des policiers de la Sûreté du Québec, dénonciations qui avaient fait l\u2019objet de reportages à l\u2019émission Enquête de Radio-Canada à l\u2019automne 2015 et au printemps 2016.Mais la commission pourrait se déplacer dans d\u2019autres régions du Québec.Les audiences seront publiques.Mais elles pourront se tenir parfois à huis clos afin de protéger l\u2019identité de témoins ou des renseignements personnels.Quant au commissaire Jacques Viens, il a assumé la responsabilité, à la Cour supérieure, du district d\u2019Abitibi pendant plus de 25 ans, qui comprend le territoire du Nunavik.Philippe Couillard a justifié sa volte-face par le fait que la commission d\u2019enquête fédérale, la Commission d\u2019enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, à laquelle son gouvernement s\u2019en remettait, ne pourra pas examiner de façon satisfaisante la situation à Val-d\u2019Or.À la demande de Québec, la commission fédérale avait déjà donné l\u2019assurance qu\u2019elle serait à même de se pencher sur ces événements.Or, dans une lettre datée du 13 décembre, elle affirmait qu\u2019elle ne pouvait «mener une enquête factuelle approfondie».Pour Ghislain Picard, cette commission est « une démarche qui sera propre à inspirer confiance».Il a salué « courage et la détermination» des femmes autochtones qui ont conduit le gouvernement Couillard à accepter de tenir cette commission, ainsi que l\u2019engagement du maire de Val-d\u2019Or, Pierre Corbeil, et de la députée de Québec solidaire Manon Massé.Le chef de l\u2019APNQL a toutefois souligné qu\u2019il ne fallait pas perdre de vue ce qui a déclenché les événements de Val-d\u2019Or, soit les relations entre les femmes autochtones et les corps policiers.« Nous sommes ouverts au dialogue avec les autorités de la Sûreté du Québec », a-t-il dit, afin de « rétablir une confiance qui n\u2019est plus au rendez-vous».« Je vais réitérer ma confiance et mon admiration pour la Sûreté du Québec et les autres corps policiers du Québec », a dit, pour sa part, Philippe Couillard, tout en précisant qu\u2019il n\u2019était pas question de refaire l\u2019enquête judiciaire et policière.Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) n\u2019avait d\u2019ailleurs porté aucune accusation contre les policiers basés à Val-d\u2019Or.« J\u2019apprécie que nos partenaires des Premières Nations aient mentionné, eux également, que l\u2019objet ici n\u2019est pas le blâme ou la vengeance», a dit le premier ministre.Philippe Couillard a dit avoir écouté « avec beaucoup d\u2019attention » les deux femmes chefs de bande qu\u2019il a rencontrées, les chefs algon- quines Adrienne Anichinapeo, de Kitcisakik, et Adrienne Jérôme, de Lac-Simon.« J\u2019ai bien ressenti la frustration, les émotions, le sentiment d\u2019insécurité», a-t-il dit.Adrienne Anichinapeo s\u2019est réjouie de cette annonce.«C\u2019est un pas vers l\u2019avant.On va pouvoir au moins faire la lumière sur nos communautés.Je suis contente.» Widia Larivière, co-instigatrice du mouvement Idle no more au Québec, a, elle aussi, qualifié l\u2019initiative de «premier pas nécessaire ».Elle a rappelé que le problème de confiance des autochtones existe depuis longtemps.« Ça remonte à très loin.Il est certain que ça va demander du temps et des efforts et que ça ne se fera pas du jour au lendemain», juge-t-elle.Pour elle, c\u2019est une bonne chose que le gouvernement reconnaisse la nécessité d\u2019une enquête.«Dans les milieux où je travaille, cela fait des années que j\u2019entends des anecdotes d\u2019histoires de mauvais traitements.L\u2019enquête ratisse large.C\u2019est nécessaire parce que tout cela est interre- lié», a-t-elle fait valoir.Pour sa part, l\u2019observatrice indépendante qui avait suivi l\u2019enquête sur les dénonciations des femmes autochtones de Val-d\u2019Or, Me Fannie Lafontaine, a indiqué : « De mon point de vue, la mesure à adopter c\u2019est une consultation réelle.C\u2019est ce que je disais dans mon rapport.Personne ne se parlait.Là, il y a une négociation.C\u2019est un signe encourageant.C\u2019est la chose qui devait être faite.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 RACISME Beaudet, l\u2019école ne sera pas prête avant le retour de la semaine de relâche du mois de mars 2017, dans le meilleur des cas.«On parle de la relâche si tout va bien.Nous avons de bonnes raisons de croire que l\u2019école sera prête, mais on ne veut pas créer d\u2019attentes, pour éviter de décevoir les gens», dit-elle, admettant du même coup que l\u2019ouverture pourrait être reportée à septembre 2017.Pourquoi assiste-t-on à de tels retards ?« En construction, il y a toujours des impondérables », mentionne Mme Beaudet.« Il y a toujours des éléments qui sont plus longs que prévu, ce qui fait que ça retarde un peu », ajoute-t-elle, sans plus de précision.Impacts majeurs Pendant ce temps, les jeunes doivent continuer de vivre une situation qui comporte son lot d\u2019impacts négatifs.Enseignante en cinquième année auprès des élèves déplacés de l\u2019école Baril, Michèle Henrichon constate jour après jour à quel point des ingrédients essentiels pour la réussite scolaire sont tout simplement absents.« C\u2019est clair qu\u2019il y a un impact sur leur apprentissage, souligne-t-elle.On peut penser par exemple à la question de l\u2019appartenance à l\u2019école de leur quartier.Et la majorité des enfants dînaient auparavant à la maison.Maintenant, ils dînent dans une cafétéria d\u2019école secondaire.Ils doivent aussi se lever beaucoup plus tôt pour prendre l\u2019autobus, et il y a beaucoup de conflits dans les autobus.C\u2019est un problème majeur.Au final, il y a beaucoup de facteurs qui nous montrent que nous ne sommes pas en train de favoriser leur réussite scolaire.» Le Dr Gilles Julien, dont le centre de pédiatrie sociale est situé à un coin de rue de l\u2019école Baril, abonde dans le même sens.« On déplace les jeunes, on les déracine.On les met dans un endroit qu\u2019ils ne connaissent pas, avec des gens qu\u2019ils ne connaissent pas.C\u2019est un stress, surtout pour un jeune qui commence l\u2019école.Ce n\u2019est pas logique.» Qui plus est, l\u2019école Louis-Riel ne convient pas pour accueillir ces élèves supplémentaires, selon Mme Henrichon.«Comme nous sommes déplacés dans une autre école, nous sommes relativement à l\u2019étroit.Les enfants se pilent un peu sur les pieds.Et ça fait quatre ans que c\u2019est comme ça.» Lien brisé Dans un milieu défavorisé comme Hoche- laga-Maisonneuve, frappé par de nombreux problèmes sociaux, le lien entre le milieu familial et le milieu scolaire est essentiel.Or, insiste le Dr Julien, ce lien est carrément brisé depuis que les jeunes doivent faire la navette soir et matin en autobus scolaire pour aller à l\u2019école.« Il y a une coupure du milieu familial avec le milieu scolaire, ce qui est toujours désastreux, parce qu\u2019ils ne se comprennent plus.On le voit.Pour moi, c\u2019est une catastrophe.Nous avons échappé une cohorte complète d\u2019enfants du primaire, dont plusieurs ont de grosses dif ficultés.» «C\u2019est aussi une catastrophe pour la clinique, poursuit-il.Les enfants venaient ici.Quand ils n\u2019avaient pas de mitaines, ils venaient en chercher.S\u2019ils avaient faim, ils pouvaient cogner à notre porte.On les voyait tout le temps et on avait des liens avec les écoles.Nous avions une belle harmonie, pour créer des ponts pour que les enfants puissent aller mieux.Mais nos trois écoles ne sont plus là.Les enfants ont perdu un port d\u2019attache.» Il aurait pourtant été possible d\u2019éviter tous les impacts que doivent subir, année après année, les jeunes déplacés de l\u2019école Baril.C\u2019est ce qu\u2019affirme Dominique Paul, ancienne directrice de l\u2019école de 1999 à 2006.Elle dit avoir constaté et dénoncé le problème de moisissures bien avant que celui-ci ne contamine irrémédiablement le bâtiment historique.Son verdict est d\u2019ailleurs sans appel : «Il y a eu de la négligence de la part de la commission scolaire.C\u2019est clair.Le toit avait besoin d\u2019être réparé», laisse-t-elle tomber.Décrochage Mme Paul, qui connaît bien la communauté qui habite dans le secteur de l\u2019école Baril, redoute d\u2019ailleurs le pire pour les jeunes qui ont vécu leur parcours primaire loin de leur école de quartier.«Je ne serais pas surprise de constater une hausse du taux de décrochage scolaire», dit-elle.Il faut par ailleurs dire que la réouverture de l\u2019école Baril ne mettra pas fin au problème d\u2019accès à l\u2019école primaire dans le quartier.L\u2019école Ho- chelaga, contaminée, devait voir son acte d\u2019établissement officiellement résilié mardi soir.Elle ne sera donc plus utilisée comme école par la CSDM, qui estime qu\u2019elle n\u2019est plus nécessaire.Quant à l\u2019école Saint-Nom-de-Jésus, la commissaire Diane Beaudet n\u2019était pas en mesure de préciser cette semaine quand devraient s\u2019amorcer les travaux de reconstruction de l\u2019intérieur du bâtiment.Elle estime qu\u2019un appel d\u2019offres devrait être lancé « incessamment», soit «au cours de l\u2019hiver».Les coûts de restauration et de reconstruction pour les écoles Baril et Saint-Nom-de-Jésus pourraient atteindre 30 millions de dollars.De quoi redonner deux écoles primaires à un quartier où la pauvreté fait toujours des ravages.À titre de comparaison, le gouvernement Couillard s\u2019est engagé à dépenser jusqu\u2019à 800 millions de dollars de fonds publics pour décontaminer et restaurer les sites miniers abandonnés par l\u2019industrie au Québec au fil des ans.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 EXILÉS JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Ghislain Picard, chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, a salué la décision du gouvernement de Philippe Couillard de créer une commission d\u2019enquête sur le racisme systémique.RESIST ! Illustration de Melanie Reim proposée pour le fanzine Resist ! "]
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