Le devoir, 23 décembre 2016, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 2 9 3 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 6 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Changement de propriétaire.Alexandre Taillefer avait dit espérer conclure l\u2019achat de la revue L\u2019actualité avant Noël, et c\u2019est maintenant chose faite.Page B 2 Le monde \u203a La puissance nucléaire.Trump et Poutine veulent accroître leur arsenal nucléaire.Page B 9 Avis légaux.B 8 Décès.B 6 Météo.B 7 Mots croisés.B 7 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Berlin Le terroriste est toujours au large Page A 5 Les sénateurs de Harper resteront plus de huit ans Page A 3 Zeitgeist La solidarité en cadeau Page B 10 GEORGE OURFALIAN AGENCE FRANCE-PRESSE Des milliers de personnes d\u2019Alep-Ouest sont sorties dans les rues après l\u2019annonce de la reprise de toute la ville par le régime de Bachar al-Assad.H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa Le front commun provincial a officiellement volé en éclats jeudi sur la question des transferts fédéraux en santé : le Nouveau-Brunswick a annoncé qu\u2019il s\u2019était entendu avec Ottawa, tandis que la Nouvelle-Écosse confirme que des pourparlers avec le gouvernement fédéral sont en cours.La pression sera d\u2019autant plus intense sur les autres provinces que l\u2019équipe de Justin Trudeau confirme que celles qui refuseront de signer une entente ne recevront tout simplement pas leur part des fonds.L\u2019entente bilatérale conclue avec le Nouveau- Br unswick jeudi fait en sor te que la province touchera sa part des 11,5 milliards de dollars sur 10 ans offerts par Ottawa pour les soins à domicile et la santé mentale, soit 230 millions.«Je comprends qu\u2019il y a différentes provinces qui ont une approche différente lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019envisager le rôle du gouvernement fédéral dans le système de santé.Mais nous, nous accueillons cela favorablement, a expliqué en conférence de presse le premier ministre Brian Gallant.Nous pensons que le fait d\u2019avoir le gouvernement fédéral, le soutien de toutes ses ressources pour nous SANTÉ Où s\u2019arrêtera l\u2019hémorragie?Après le Nouveau- Brunswick, la Nouvelle- Écosse pourrait être la prochaine province à se désolidariser des autres pour signer une entente avec Ottawa S A R A H R .C H A M P A G N E L e régime syrien a repris jeudi le contrôle total d\u2019Alep, après y avoir mené une lutte impitoyable ayant redoublé d\u2019intensité dans les dernières semaines.Un général de l\u2019armée est apparu à la télévision d\u2019État pour l\u2019affirmer, ajoutant que « cette victoire représente un tournant stratégique dans la guerre contre le terrorisme».Une partie de la population est descendue dans les rues des quartiers ouest pour se réjouir.Triomphe pour Bachar al- Assad, la chute de ce bastion représente un cinglant revers pour la rébellion qui s\u2019y accrochait depuis 2012.«Pour la révolution, c\u2019est une période de recul et un tournant dif ficile », a reconnu Yasser al-Youssef, un responsable du groupe Noured- dine al-Zinki.L\u2019ancienne capitale économique, divisée entre secteurs loyalistes dans l\u2019ouest et rebelles dans l\u2019est, était devenue le principal front du conflit.Depuis l\u2019arrivée en septembre 2015 d\u2019un allié de taille, la Russie, Damas avait repris du terrain, jusqu\u2019au siège complet des rebelles le 17 juillet dernier.La population, alors estimée à 250 000, avait souffert d\u2019une pénurie quasi totale de nourriture, de médicaments et de carburant.L\u2019armée syrienne avait mené une offensive avec l\u2019appui de l\u2019aviation russe depuis septembre.Relancées avec encore plus de puissance, les frappes terrestres et aériennes ont fait craquer une à une les défenses des insurgés.L\u2019annonce est survenue peu après le départ du dernier convoi du territoire rebelle.Au moins 34000 personnes, civils ou combattants, ont quitté cette partie de la ville depuis le début des opérations d\u2019évacuation, selon le Comité international de la Croix-Rouge.La guerre continue Avec la reconquête totale de la deuxième cité du pays, le régime contrôle maintenant les cinq principales villes de Syrie, dont Homs, Hama, SYRIE Le régime contrôle tout Alep «Tombée» ou «libérée», l\u2019une des plus vieilles villes du monde est surtout dévastée C A R O L I N E M O N T P E T I T L\u2019 artiste peintre de renommée internationale Corno est mor te jeudi des conséquences d\u2019un cancer de la gorge, à l\u2019âge de 64 ans.De son vrai nom Joanne Corneau, l\u2019ar tiste originaire de Chicoutimi s\u2019était installée à New York au début de la quarantaine.Ses toiles, hantées par les visages et les corps, féminins et masculins, inspirées de la vague du pop art américain, ont connu un succès certain à travers le monde.«Elle a connu un succès énorme», commente Roch-André Perreault, de la galerie Perreault à Québec, qui présente les œu- vres de Corno en exclusivité pour l\u2019est du Québec.«C\u2019est la seule chez les Québécois à avoir conquis le marché mondial.C\u2019est un peu notre Céline Dion de l\u2019art visuel.» Il rappelle le départ de Joanne Corneau pour New York, il y a plus de 20 ans, seule, dans une vieille voiture, alors qu\u2019elle ne parlait pas anglais.« Elle a eu quelques années dif ficiles à New York, dans une jungle où il n\u2019y a pas juste des artistes locaux.C\u2019était une fonceuse, JOANNE CORNEAU 1952-2016 Peindre, c\u2019était toute sa vie Boudée par les musées, courue par les collectionneurs, Corno s\u2019éteint à 64 ans DANIELDAIGNAULT.COM Image tirée du documentaire de Guy Édoin, Corno, réalisé en 2013.Au moins 34 000 personnes ont été évacuées des secteurs que contrôlait la rébellion Jusqu\u2019à six provinces et territoires négocieraient une entente bilatérale avec Ottawa VOIR PAGE A 10 : CORNO VOIR PAGE A 10 : SANTÉ VOIR PAGE A 10 : ALEP L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 2 Pendant des vacances à l\u2019Île-du-Prince-Édouard à l\u2019été 2013, la vie de Bjillian MacKinnon a été complètement bouleversée.Âgée de 28 ans à cette époque, elle avait une carrière grati?ante d\u2019éducatrice à la petite enfance et assumait également le rôle de coach de marathon et de triathlon.« J\u2019étais heureuse et j\u2019avais une vie bien remplie, dit Bjillian, même si j\u2019ai ralenti la cadence un peu avant la naissance de mon ?ls. » Quatre mois après la naissance de son garçon, Bjillian a commencé à s\u2019entraîner pour un triathlon Ironman et courrait régulièrement jusqu\u2019à 30 kilomètres par jour.« Je me sentais au summum de ma forme physique, af?rme cette résidente de Montréal.J\u2019avais mon ?ls et ma famille.Tout allait pour le mieux. » Puis, vinrent les vacances où tout allait changer pour Bjillian.« Je courrais encore jusqu\u2019à 30 kilomètres par jour, dit-elle.Mais rendue au milieu de la semaine, j\u2019avais de la dif?- culté à courir le tiers de ça en raison de la fatigue, de la douleur et de la raideur.À la ?n de la semaine, je pouvais à peine rester en position assise parce que j\u2019avais une douleur atroce à la poitrine et à la colonne vertébrale. » Bjillian a commencé à perdre ses cheveux et a maigri de presque 20 livres en une semaine.Elle et son mari, constatant la gravité de la situation, ont mis ?n à leurs vacances et sont rentrés à la maison pour un rendezvous avec leur médecin de famille.Le médecin l\u2019a ensuite dirigée en urgence vers un rhumatologue.« En l\u2019espace de quatre mois, le diagnostic de spondylarthrite ankylosante était tombé, dit Bjillian.J\u2019étais perplexe.Je ne savais pas à ce moment-là que l\u2019arthrite pouvait aussi toucher les jeunes.J\u2019ai été soulagée d\u2019apprendre que ce n\u2019était pas une maladie mortelle, mais je ne savais pas alors à quel point cette maladie était grave. » La spondylarthrite ankylosante (SpA), maladie qui touche près de 300 000 Canadiens, est une forme d\u2019arthrite qui peut entraîner la fusion de certaines des vertèbres de la colonne vertébrale.Les symptômes comprennent de la raideur et des douleurs dans la colonne, du cou jusqu\u2019au bas du dos.« Les personnes atteintes d\u2019arthrite se sentent souvent seules et isolées, af?r- me Janet Yale, présidente et chef de la direction de La Société de l\u2019arthrite.Un des aspects les plus importants de notre travail est d\u2019établir un lien entre ces personnes et une communauté de soutien, c\u2019est-à-dire un groupe de personnes qui comprennent les dif?cultés que présente cette maladie.Nous leur offrons ainsi du matériel éducatif, de l\u2019inspiration et des ressources pour que ces personnes arrivent à une autogestion ef?cace de leur maladie.Notre but ultime est d\u2019offrir des solutions qui permettent de mieux vivre avec l\u2019arthrite en attendant de trouver la solution pour guérir cette maladie. » La clé, selon Bjillian, c\u2019est de prendre le médicament qui fonctionne le mieux pour elle.Sur une période de six mois, on lui a prescrit deux médicaments différents.Au cours de cette période, « j\u2019ai essayé de retourner au travail, mais sans succès, puisque mon état ne faisait qu\u2019empirer », dit-elle.Elle était alors bénévole pour La Société de l\u2019arthrite et, grâce à la Société, elle a pu rencontrer d\u2019autres patients également atteints d\u2019arthrite et comprenait déjà mieux son pronostic.Le médecin de Bjillian lui a fourni un plan de traitement pour atténuer ses symptômes.« Le vent a tourné et j\u2019ai retrouvé ma vie, pendant un certain temps », dit- elle.Cependant, sept mois plus tard, l\u2019état de Bjillian a empiré de façon signi?cative.« J\u2019ai commencé à rejeter le traitement, alors j\u2019ai dû recommencer tout le processus, encore une fois.Penser que la vie revient à la normale et apprendre que ce n\u2019est pas le cas, c\u2019est assez pour vous anéantir. » Malheureusement, les mauvaises nouvelles ne s\u2019arrêtaient pas là.En plus de devoir composer avec la douleur physique pendant que les médecins cherchaient le meilleur traitement pour elle, elle a dû aussi faire face au stress de la rupture de son couple.« Je ne pouvais pas garder ma famille intacte, et nous nous sommes divorcés, dit Bjillian.Je me suis retrouvée sans mari, sans travail, avec un nouveau bébé et une maladie chronique.J\u2019étais dans une situation dif?cile. » Après plus d\u2019une année sur un deuxième plan de traitement, elle a réussi à atteindre une stabilité médicale, et a retrouvé ses espoirs pour l\u2019avenir.« Le traitement a mis environ trois mois avant de donner des résultats, mais ça fait un peu plus d\u2019un an maintenant, et ça fonctionne pour moi.Les analyses montrent qu\u2019il n\u2019y a plus aucune in?ammation dans ma colonne vertébrale.Je sais que je ne pourrai plus jamais m\u2019adonner à la course, mais je peux travailler à temps plein, même si j\u2019ai parfois besoin d\u2019un coup de main. » Ken Gagnon, directeur, Relations avec les intervenants de La Société de l\u2019arthrite, con?rme les dires de Bjillian.« Il est très dif?cile pour les patients de trouver cette stabilité, alors, pour eux, savoir que leur état restera stable est primordial. » Pour les patients comme Bjillian, il est essentiel de s\u2019investir dans le traitement.D\u2019après M. Gagnon, la première étape de cet engagement, c\u2019est l\u2019éducation.Le 29 octobre, La Société de l\u2019arthrite présentera la Rencontre provinciale sur l\u2019arthrite au Québec, a?n d\u2019aider les personnes qui vivent avec cette maladie, en leur donnant un meilleur accès à l\u2019information.D\u2019après M.Gagnon, l\u2019expérience de Bjillian avec la SpA est positive.« L\u2019histoire de Bjillian montre qu\u2019avec le bon traitement, de bonnes ressources et de bons outils, une personne atteinte d\u2019arthrite peut mieux vivre avec la maladie, et avoir con?ance en l\u2019avenir. » « Le soutien que j\u2019ai dans ma vie fait toute la différence, dit Bjillian.Ce genre d\u2019épreuve vous fait apprécier les bonnes choses de la vie, au quotidien. » Il y a beaucoup d\u2019options de traitement pour les maladies auto-immu- nes.Tous les traitements offrent des avantages thérapeutiques, mais comportent aussi des risques qui peuvent être graves.Les risques et les avantages peuvent être différents pour chacun. Si vous êtes atteint de spon- dylarthrite ankylosante, parlez à votre médecin des traitements qui pourraient vous convenir.TROUVER UN TRAITEMENT EFFICACE, MAIS SURTOUT RETROUVER L\u2019ESPOIR APRÈS UN DIAGNOSTIC DE SPONDYLARTHRITE ANKYLOSANTE PRÉSENTÉ PAR UNE COMPAGNIE DE RECHERCHE PHARMACEUTIQUE CET ARTICLE A ÉTÉ RÉDIGÉ PAR CONTENT WORKS, UNE DIVISION DE CRÉATION DE CONTENU COMMERCIAL DE POSTMEDIA, AU NOM D\u2019UNE COMPAGNIE DE RECHERCHE PHARMACEUTIQUE.L a mise en place de la Commission d\u2019enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques progresse, alors que deux procureurs viennent d\u2019être nommés.C\u2019est le président de la Commission, le juge de la Cour d\u2019appel Jacques Chamberland, qui en fait l\u2019annonce jeudi par communiqué.Bernard Amyot agira comme procureur-chef de la commission, tandis que Lucie Joncas sera pro- cureure-chef adjointe.Me Amyot pratique depuis plus de 30 ans en litige civil et commercial.Il a été président national de l\u2019Association du Barreau canadien en 2007-2008, et avait auparavant été président du Jeune Barreau de Montréal en 1991-1992.Me Joncas est avocate depuis 24 ans et agit principalement dans les domaines du droit criminel et du droit de la personne.Elle a été présidente de l\u2019Association québécoise des avocats et avocates de la défense de 2005 à 2007 et siège depuis 2005 au Conseil canadien des avocats de la défense.Pratiques policières La commission a été instituée le 16 novembre par le gouvernement québécois.Son mandat est d\u2019enquêter, de faire rapport et de formuler des recommandations sur les pratiques policières en matière d\u2019enquête susceptibles de por ter atteinte au privilège protégeant l\u2019identité des sources journalistiques, ainsi que sur les pratiques relatives à l\u2019obtention d\u2019autorisations judiciaires, notamment au sujet des mandats d\u2019écoute électronique des journalistes.La commission a déjà entrepris les démarches nécessaires pour constituer son bureau, notamment l\u2019embauche d\u2019experts et de personnel de soutien, est-il indiqué dans le communiqué.La création de la commission d\u2019enquête fait suite aux révélations récentes selon lesquelles les conversations téléphoniques de plusieurs journalistes ont été épiées soit par la Sûreté du Québec, soit par des policiers du Service de police de la Ville de Montréal, souvent pendant des années, dans le cadre de diverses enquêtes policières.Elle doit remettre son rapport d\u2019ici le 1er mars 2018.La Presse canadienne SOURCES JOURNALISTIQUES Deux procureurs à la commission nommés Affaire Sklavounos : le dossier soumis au DPCP Le dossier d\u2019Alice Paquet a été déposé devant le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) mercredi.Des allégations d\u2019agression sexuelle visent le député de Lau- rier-Dorion, Gerry Sklavounos.Le porte-parole Jean-Pascal Boucher a confirmé avoir reçu le dossier d\u2019enquête du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), qui était chargé de recueillir la preuve.« Il sera sous analyse afin de déterminer la suite des choses, s\u2019il y a lieu ou non de porter des accusations dans cette af faire », explique-t-il.Mme Paquet avait d\u2019abord dit lors d\u2019un rassemblement avoir subi une agression, avant de nommer le député libéral en question.M.Sklavounos s\u2019était alors retiré du caucus du Parti libéral, avant de prendre un congé prolongé de l\u2019Assemblée nationale.Le Devoir L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 6 ACTUALITES A 3 M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa I ls ont été nommés au Sénat en appuyant la réforme de Stephen Harper prévoyant des mandats d\u2019une durée limitée, mais les sénateurs de l\u2019ancien premier ministre ne comptent pas pour autant céder leur poste en 2017.Tour à tour, ces sénateurs ont rejeté l\u2019idée de quitter la Chambre haute lorsqu\u2019ils arriveront prochainement au terme d\u2019un mandat de huit ans.À Noël 2008, le premier ministre Stephen Harper nomme d\u2019un coup 18 sénateurs, inquiet de perdre le pouvoir aux mains de la coalition de partis de l\u2019opposition qui le menace.Le communiqué de presse de son bureau à l\u2019époque stipule que « les nouveaux sénateurs se sont engagés à soutenir la limite des mandats de huit ans et d\u2019autres mesures sur la réforme du Sénat».Dans le lot de ces nouvelles recrues sénatoriales se trouvent les Québécois Patrick Brazeau et Leo Housakos, tous deux assermentés le 2 janvier 2009.Joints par Le Devoir cette semaine, les deux hommes ont indiqué qu\u2019ils resteraient en poste au-delà du 2 janvier prochain.À l\u2019instar de dix autres sénateurs nommés en même temps que lui et toujours au Sénat aujourd\u2019hui, Leo Housakos a martelé \u2014 par la voix de son adjointe \u2014 qu\u2019il n\u2019y avait jamais eu de promesse de sa part à ne siéger que huit ans.« Ce n\u2019est pas une discussion qu\u2019ils ont eue», a plaidé Jacqui Delaney au sujet des pourparlers entre son patron et Stephen Harper.« Ce qu\u2019il [Leo Housakos] s\u2019est engagé à faire, c\u2019est de moderniser le Sénat en interne», a fait valoir son adjointe.Patrick Brazeau a renvoyé Le Devoir aux réponses qu\u2019il avait fournies au réseau Global sur le même sujet.« Je viens tout juste de revenir au Sénat après avoir été en congé sans solde forcé pendant trois ans et demi.[\u2026 ] J\u2019ai 42 ans.La dernière chose à laquelle je songe, c\u2019est à une retraite du Sénat.» Les sénateurs ne sont pas forcés de prendre leur retraite avant l\u2019âge de 75 ans.Il n\u2019en demandait pas tant Le leader des conservateurs au Sénat, le Québécois Claude Cari- gnan, a pour sa par t rejoint la Chambre haute fin août 2009.«Dans toutes les discussions qu\u2019on a eues avec le premier ministre [Harper], il était clair qu\u2019on n\u2019avait pas à démissionner après huit ans», a-t- il relaté.M.Harper réclamait simplement que ses sénateurs partent huit ans après que sa loi modifiant la durée des mandats de sénateurs aurait obtenu la sanction royale.« Il n\u2019y avait pas d\u2019engagement de quelque nature que ce soit, ni de compréhension de l\u2019un ou l\u2019autre que, peu importe ce qu\u2019il se passerait après une nomination, huit ans plus tard ce serait fini », a insisté le sénateur Carignan.Jacques Demers était de la même cohorte.Le sénateur se remet toujours de deux accidents vasculaires cérébraux.« Il n\u2019a aucun commentaire à ce sujet.Et ce n\u2019est pas possible de lui parler en ce moment », a riposté son adjointe.Leur collègue Michael MacDonald a fait valoir, comme ses confrères, qu\u2019il s\u2019était uniquement engagé à appuyer les efforts de réforme de Stephen Harper.Et il aurait respecté la durée écourtée d\u2019un mandat si le changement avait été adopté.Or, la Cour suprême a statué en 2014 qu\u2019il faudrait modifier la Constitution pour limiter la durée des mandats des sénateurs.«On ne m\u2019a jamais demandé de démissionner arbitrairement après huit ans dans l\u2019absence d\u2019une telle loi, et je n\u2019ai pas fait une telle promesse, a-t-il écrit par courriel au Devoir.Comme tous les autres sénateurs à la Chambre, j\u2019ai été nommé en vertu de la loi telle qu\u2019elle est stipulée dans la Constitution.» L\u2019adjoint de Nicole Eaton a affirmé qu\u2019«on ne lui a jamais parlé de mandats \u2014 seulement de savoir si elle appuyait de façon générale une réforme du Sénat ».Idem pour Nancy Greene Raine, dont l\u2019adjointe a indiqué qu\u2019«on ne lui a pas parlé de restreindre son mandat dans l\u2019éventualité où de telles limites ne seraient pas instaurées».Kelvin Kenneth Ogilvie est arrivé au Sénat avec Claude Cari- gnan et Jacques Demers, en août 2009.Dans leur cas, le communiqué de Stephen Harper n\u2019indiquait pas qu\u2019ils appuyaient carrément une limite des mandats de huit ans, mais plutôt que les nouveaux sénateurs s\u2019étaient engagés à soutenir sa réforme, « notamment la mesure législative visant à limiter les mandats au Sénat à huit ans».Pas de loi, pas d\u2019obligation, insistent les sénateurs de cette seconde cohorte.«Si une limite aux mandats avait été approuvée par la Cour suprême, et si elle avait été de huit ans, j\u2019aurais absolument appuyé cette idée», a souligné M.Ogilvie.Linda Frum endosse toujours le principe.« Mais je n\u2019appuie pas l\u2019idée de mandats limités qui s\u2019appliquent de façon unilatérale à seulement cer tains membres de la Chambre », a-t-elle argué, en dénonçant que seuls les sénateurs conservateurs de Stephen Harper se voient demander de quitter leur poste.«Ça n\u2019a aucun sens.Ce n\u2019est pas une situation équitable.» Mike Duffy, Pamela Wallin, Carolyn Stewar t-Olsen, Don Plett, Stephen Greene, Yonah Martin, Richard Neufeld et Daniel Lang n\u2019ont pas répondu aux demandes du Devoir .Percy Mockler et Dennis Patterson n\u2019étaient pas disponibles pour faire une entrevue, selon leurs adjointes.Judy Seidman était à l \u2019extérieur du pays cette semaine.Avec Hélène Buzzetti Le Devoir Les sénateurs nommés par Stephen Harper nient s\u2019être engagés à partir après huit ans JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Les sénateurs québécois Patrick Brazeau (à gauche) et Leo Housakos, tous deux assermentés le 2 janvier 2009 par l\u2019ancien gouvernement, ont admis cette semaine qu\u2019ils resteraient en poste au-delà du 2 janvier prochain.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE La chef conservatrice par intérim, Rona Ambrose, a demandé au Commissaire aux élections fédérales d\u2019ouvrir une enquête.I S A B E L L E P O R T E R à Québec L e nombre d\u2019assistés sociaux au Québec (6,2 %) n\u2019a jamais été aussi bas depuis 40 ans au Québec.Toutefois, ça ne veut pas «nécessairement» dire que les gens sont moins pauvres, selon le ministre de la Solidarité sociale François Blais.Depuis 15 ans, le Québec a fait de « grands gains » pour réduire la pauvreté chez les familles grâce à l\u2019amélioration des allocations familiales, explique-t-il.«Là où il y a des progrès à faire en termes d\u2019évolution de la pauvreté, c\u2019est les personnes seules ou les couples sans enfants.C\u2019est le grand défi.» Le gouvernement révélait jeudi que le nombre de prestataires de l\u2019assistance sociale a atteint son niveau le plus faible au Québec depuis 1976.Ainsi, 424 853 personnes reçoivent au- jourd\u2019hui des prestations.C\u2019est 30 924 de moins qu\u2019en mai 2014 et presque deux fois moins qu\u2019en 1996 quand le nombre d\u2019assistés sociaux a atteint un sommet de 815 487.Selon le ministre, les résultats s\u2019expliquent essentiellement par la baisse du taux de chômage, qui a atteint 6,2 % en novembre, un autre record depuis 1976.On sait aussi qu\u2019une partie des personnes qui délaissent l \u2019aide sociale le font parce qu\u2019elles ont atteint l\u2019âge de la retraite et doivent quitter l\u2019aide sociale pour toucher leur pension de vieillesse.Le ministère n\u2019était toutefois pas en mesure de fournir cette statistique jeudi.Une réforme «honteuse» Du côté des groupes de lutte contre la pauvreté, on insiste sur le fait que les gens ne sont pas nécessairement moins pauvres qu\u2019avant.«Quitter l\u2019aide sociale, ça ne veut pas dire sortir de la pauvreté», soutient Serge Peticlerc, porte-parole du collectif Un Québec sans pauvreté.«Mon impression est que beaucoup sont entrés sur le marché du travail, mais à très faible salaire», dit-il.« Les banques alimentaires nous disent que 10% des gens qu\u2019elles desservent sont des travailleurs au salaire minimum », renchérit la députée solidaire Françoise David.À ses yeux, ces statistiques rendent le projet de loi 70 sur l\u2019aide sociale «encore plus honteux qu\u2019avant».«Malgré le fait que ce nombre soit le plus faible depuis 40 ans, ils ont quand même tenu à tout prix à passer une loi qui fait en sorte qu\u2019une personne qui, pour toutes sortes de raisons, refuse d\u2019entrer dans un programme, ils vont la couper.» Interpellé là-dessus, le ministre Blais rétorque que « le projet de loi 70 n\u2019est pas basé sur les coupes» et que des personnes pourraient voir leur chèque amputé «hypothétiquement» si elles refusent de participer aux démarches d\u2019insertion à l\u2019emploi imposées par le gouvernement.Le gouvernement, souligne-t-il, cible les 17 000 nouvelles personnes aptes à l\u2019emploi qui s\u2019inscrivent à l\u2019aide sociale chaque année.« Ce sont des gens qui pourraient retourner aux études ou encore retourner vers l\u2019emploi, dit-il.Les bonnes pratiques internationales, c\u2019est de les prendre assez tôt et de les rencontrer pour faire une évaluation de leur situation et ensuite de les amener vers un parcours de réinsertion et de négocier ce parcours-là avec eux.» Il ajoute qu\u2019avec la baisse du taux de chômage, le marché du travail a encore plus besoin de ces travailleurs potentiels.«C\u2019est encore plus pertinent de les sortir de l\u2019aide sociale parce que les emplois sont encore plus disponibles.S\u2019il y avait 20 % de chômage au Québec, ce serait beaucoup plus difficile de justifier un programme comme celui-là.» Le Devoir De moins en moins de gens sur l\u2019aide sociale Cela ne signifie pas que la pauvreté est moins présente au Québec, avertit Québec solidaire H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e Parti conservateur et le NPD demandent à Élections Canada d\u2019ouvrir une enquête sur les présumées demandes de dons illégaux faites par l\u2019organisateur d\u2019un cocktail de financement auquel a participé le premier ministre Justin Trudeau.La chef conservatrice par intérim, Rona Am- brose, a envoyé une lettre au Commissaire aux élections fédérales, Yves Côté, lui demandant d\u2019ouvrir une enquête sur ce qu\u2019elle qualifie « d\u2019infractions potentielles graves et continues » aux lois électorales.Le NPD a fait de même.« Je suis déjà entré en contact avec Élection Canada et je leur ai demandé de faire une enquête sur ces versements », a indiqué au Devoir le député Alexandre Boulerice.Le Globe and Mail a révélé jeudi que deux personnes \u2014 non identifiées \u2014 affirment s\u2019être fait demander des contributions de 4500 $ et 5000 $ respectivement pour assister à un cocktail privé en présence de Justin Trudeau.La Loi électorale limite à 1525 $ par année les dons à un parti politique.L\u2019événement, qui fait déjà l\u2019objet d\u2019intenses critiques de la part de l\u2019opposition, qui y voit une façon de monnayer l\u2019accès au premier ministre, s\u2019est tenu en mai dans la résidence privée de Benson Wong, le président de la Chambre de commerce chinoise du Canada.Infraction?Une des personnes citées par le Globe se fait appeler Linda.Elle dit que c\u2019est Benson Wong qui lui a demandé de payer à lui directement les 4500 $.Elle a refusé.La seconde personne dit s\u2019être fait demander les 5000 $ par une organisation sino-canadienne, qu\u2019elle ne veut pas identifier par peur de représailles.« C\u2019est extrêmement troublant.Si cela s\u2019avérait, on pourrait supposer que la Loi électorale a été enfreinte », continue M.Boulerice.Dans sa lettre, Mme Ambrose rappelle pour sa part que si « les règles sur les contributions permettent aux organisateurs d\u2019exiger des montants pour la nourriture, les boissons et les divertissements, ces montants doivent correspondre strictement à la juste valeur marchande des articles.Il est clair que les sommes en question excèdent de loin ce qui pourrait être considéré comme une juste valeur marchande».Pour l\u2019instant, rien n\u2019indique que le Parti libéral du Canada était au courant de ces demandes d\u2019argent.Se peut-il que Benson Wong ait pris la liberté de recueillir plus d\u2019argent pour son propre bénéfice ?« C\u2019est une hypothèse, concède M.Boulerice.Mais ce ne serait pas plus acceptable de donner accès au premier ministre moyennant un paiement à un individu.» Par courriel, la porte-parole du PLC, Marjolaine Provost, a indiqué que les formulaires de dons au parti indiquent clairement quels sont les plafonds de contribution et que « le parti fait toutes les vérifications nécessaires pour s\u2019assurer qu\u2019aucun sympathisant ne fasse de don supérieur à la limite permise».Si des sommes excédentaires sont versées, elles sont remboursées, continue Mme Provost.«Nous ne disposons d\u2019aucune preuve que cela s\u2019est produit pour cette activité.» Le message laissé à Benson Wong est resté sans réponse.Le Commissaire aux élections a l\u2019obligation de vérifier s\u2019il y a matière à enquête lorsqu\u2019un tiers le lui demande.Le Devoir COCKTAIL DE FINANCEMENT Le NPD et le PC demandent une enquête à Élections Canada C\u2019est encore plus pertinent de les sortir de l\u2019aide sociale parce que les emplois sont encore plus disponibles Le ministre François Blais à propos des 17 000 personnes aptes à l\u2019emploi qui s\u2019inscrivent à l\u2019aide sociale chaque année « » «La dernière chose à laquelle je songe, c\u2019est à une retraite du Sénat» Pour l\u2019instant, rien n\u2019indique que le Parti libéral du Canada était au courant de ces demandes d\u2019argent N A T H A L I E L E V I S A L L E S Spécialiste des grands singes, Frans de Waal souhaite restituer l\u2019homme parmi les autres animaux.Si les facultés de l\u2019orang-outan, de la pieuvre ou de la chauve-souris sont souvent sous-estimées, c\u2019est parce qu\u2019ils voient le monde dif fé- remment de nous.Depuis une trentaine d\u2019années, le primatologue Frans de Waal nous fait découvrir ce qui se passe dans la tête et dans les sociétés des grands singes.Livre après livre (la Politique du chimpanzé, Bonobos : le bonheur d\u2019être singe, L\u2019âge de l\u2019empathie\u2026), il décrit précisément et malicieusement les bonobos et les chimpanzés en particulier, montrant aussi à quel point ils sont proches de nous autres humains.Dans son dernier livre, Sommes-nous trop «bêtes» pour comprendre l\u2019intelligence des animaux?, il s\u2019intéresse à l\u2019intelligence animale en général.Celle des singes, mais pas seulement.Il est aussi beaucoup question de dauphins, d\u2019éléphants, de pies et d\u2019un certain Alex, perroquet génial qui maîtrise notamment le concept de couleur.De Waal rapporte d\u2019incroyables marques d\u2019intelligence technique ou sociale.Chez le chimpanzé, il nous montre une spectaculaire (et bien supérieure à celle des hommes) aptitude à mémoriser des nombres de 1 à 9.Mais aussi, chez les mâles en quête de pouvoir, une disposition à prendre les petits dans les bras pour se faire bien voir des femelles, comme n\u2019importe quel candidat en campagne électorale.Il y a aussi d\u2019hallucinantes pages sur un geai manipulateur ou sur l\u2019énigmatique pieuvre, capable d\u2019utiliser des outils et de reconnaître les visages des humains qui la nourrissent.«Nous avons l\u2019habitude que les animaux qui sont intelligents vivent longtemps et élèvent leurs jeunes.Les pieuvres ne font rien de tout ça.Et en plus, elles se mangent entre elles », remarque le chercheur.Mais, au-delà de per for- mances par fois inouïes des animaux, ce qui fait l\u2019intérêt de ce livre, c\u2019est le point de vue de l\u2019auteur qui rappelle l\u2019impor tance d\u2019exercer son empathie pour espérer comprendre quelque chose à ce qui se passe dans la tête des autres espèces.Se tenir à une distance « scientifique », dit-il, ne ser t en réalité qu\u2019à masquer notre gêne à reconnaître les émotions et aptitudes des animaux.Il y a aussi ces très étonnants moments de relations personnelles.Comme lorsque De Waal réussit à convaincre une femelle chimpanzé d\u2019aller faire un test en lui expliquant calmement qu\u2019il n\u2019a pas toute la journée et que serait sympa qu\u2019elle s\u2019y mette.Vous avez inventé le terme «an- thropodéni».Pour quelle raison?C\u2019est une réaction à l\u2019accusation d\u2019anthropomorphisme.Depuis longtemps, cer tains chercheurs disaient : quand des chimpanzés s\u2019embrassent et s\u2019enlacent après une ba- gar re, i l faut appeler ça « contact postconflit » parce que, si vous appelez ça « réconciliation », vous sous-entendez que ce qui se passe chez les chimpanzés est semblable à ce qui se passe chez les hommes.Eh bien moi, je dis que si dans une espèce proche de nous, des individus font des choses semblables dans des circonstances semblables, on doit faire l \u2019hypothèse que, derrière, il y a la même psychologie.À moins que quelqu\u2019un prouve le contraire.La plu- par t des sciences sociales sont dans l \u2019anthropodéni : elles considèrent l\u2019être humain comme une espèce très spéciale, en dehors de la nature.Mais af firmer qu\u2019il y a une discontinuité entre l\u2019homme et le singe, c\u2019est du néocréationnisme.On accepte Dar win, on reconnaît que l\u2019homme est le produit de l\u2019évolution\u2026 mais seulement jusqu\u2019au cou.La tête des hommes, leur esprit, c\u2019est autre chose ! Sauf que notre cerveau est essentiellement un cer veau de singe, il est plus gros, il peut sans doute faire plus de choses, mais il n\u2019est pas différent.Il s\u2019est écoulé beaucoup de temps avant que les Japonais, qui ont apporté des choses essentielles à la primatologie, soient reconnus en Occident\u2026 Quand, dans les années 50, les chercheurs japonais, et en particulier Kinji Imanishi, ont expliqué qu\u2019ils pouvaient reconnaître une centaine de singes dif férents et les appeler par leurs noms, on ne les a pas crus, on s\u2019est moqué d\u2019eux.Les Japonais suivaient les individus sur la durée, ils observaient la parenté, les relations sociales, ils ont découver t des tas de choses, dont la culture animale.Mais quand j\u2019étais étudiant, les profs me disaient: ne lis pas les articles des Japonais, ils ne sont pas scientifiques.Aujourd\u2019hui, toutes les idées qu\u2019Imanishi a lancées sont devenues mainstream, au point que nombre d\u2019articles sur la culture animale ne mentionnent pas les scientifiques japonais\u2026 Les gens ont oublié d\u2019où ça venait.[.] Entre les années 1960 et 1990, on a tenté d\u2019apprendre le langage aux grands singes, avec des résultats décevants.Les singes comprennent pourtant des mots\u2026 Comprendre un mot veut dire qu\u2019on peut attacher un symbole arbitraire à un objet.C\u2019est une chose que les grands singes font très bien, mais ce n\u2019est pas exactement le langage.Au début, les linguistes avaient défini le langage comme une communication symbolique.Quand ils ont vu que les singes pouvaient utiliser les mots de manière appropriée, ils ont dit : en fait, l\u2019essence du langage, c\u2019est la syntaxe.Et il est clair que les grands singes n\u2019ont pas beaucoup de syntaxe.Mais ces expériences ont permis de voir qu\u2019il y avait de la cognition chez les animaux.Ensuite, on a vu que leur usage du langage n\u2019était pas supérieur à celui d\u2019un enfant de deux ans.Les chimpanzés demandent : « Est-ce que je peux avoir une banane ?Est-ce qu\u2019on va jouer ?», mais ils ne réfléchissent pas sur le cosmos et ne posent pas de questions sur la politique.[.] Libération ZOOLOGIE Ce qui se passe dans la tête des espèces Le primatologue Frans de Waal publie un livre sur l\u2019intelligence des animaux L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 6 A C T U A L I T É S A 4 MARTIN BUREAU AGENCE FRANCE-PRESSE Les chercheurs ont évalué l\u2019influence des rennes qui paissent dans la toundra arctique norvégienne sur le bilan énergétique.J E A N N E C O R R I V E A U L a SPCA n\u2019of frira plus de services canins à Montréal à compter du 31 mars prochain en raison de l\u2019entrée en vigueur du règlement interdisant les nouveaux pitbulls.Les neuf arrondissements qu\u2019elle desser t devront donc se débrouiller autrement au printemps pour gérer les chiens errants et abandonnés.En septembre dernier, la SPCA avait prévenu la Ville qu\u2019elle cesserait d\u2019assurer les ser vices canins prévus dans ses contrats avec plusieurs ar rondissements si Montréal a l la i t de l \u2019avant avec son règlement sur les chiens dangereux.« La SPCA n\u2019a d\u2019autre choix que de cesser d\u2019accepter par contrat des chiens puisque cela l\u2019amènerait inévitablement à euthanasier en série des chiens en santé et au comportement irréprochable, ce qui est à l\u2019encontre de ses valeurs et de sa mission », a indiqué l\u2019organisme jeudi.La SPCA, qui dit recevoir chaque année plus de 2000 chiens abandonnés, entend toutefois respecter les clauses des contrats touchant la gestion des autres animaux, comme les chats et les animaux exotiques.Un plan B?À l\u2019automne, la SPCA avait contesté la validité de certaines dispositions du règlement de la Ville sur le contrôle des animaux.La Cour supérieure avait suspendu les articles portant sur les pitbulls avant que la Cour d\u2019appel annule cette décision, permettant l\u2019entrée en vigueur de l\u2019ensemble du règlement en attendant que la cour se prononce sur le fond.La Ville de Montréal est demeurée vague, jeudi, au sujet de la suite des choses.Dans un courriel, elle a indiqué être en discussions avec les arrondissements concernés afin d\u2019examiner différentes options : «La solution qui sera retenue visera à assurer la continuité des services animaliers dans ces arrondissements.» La SPCA assure les services animaliers dans neuf arrondissements, parmi lesquels le Sud-Ouest, Rose- mont\u2013La Petite-Patrie, Anjou, Montréal-Nord, le Plateau- Mont-Royal et Verdun.En septembre dernier, l\u2019entreprise Berger blanc avait dit être disposée à prendre la relève si nécessaire.« Nous, on est prêts.Plusieurs des arrondissements ont fait affaire avec nous pendant des années.Donc, ils pourraient revenir avec Berger blanc et on continuerait à mettre en application des parties de contrats », avait alors expliqué Pierre Couture, président du refuge.M.Couture avait toutefois signalé que la Ville devrait lancer un appel d\u2019offres si elle devait trouver un autre fournisseur.Berger blanc n\u2019a pas rappelé Le Devoir jeudi.La Ville de Montréal prévoit de se doter de sa propre fourrière, mais celle-ci n\u2019entrera en fonction qu\u2019en 2018.Le Devoir SERVICES CANINS La SPCA laisse tomber Montréal L\u2019organisme ne digère pas l\u2019adoption du règlement interdisant les nouveaux pitbulls P A U L I N E G R A V E L Les rennes de l\u2019Arctique ne sont pas seulement d\u2019une aide inestimable pour le père Noël qui doit livrer des cadeaux aux quatre coins du globe, ils contribuent aussi à freiner le ré- chauf fement climatique en broutant les arbustes de la toundra qui absorbent le rayonnement solaire, révèle une étude effectuée en Norvège.Plusieurs études ont montré que le réchauffement global a entraîné au cours des dernières décennies une augmentation de la végétation dans l\u2019Arctique.Or, cet accroissement du couvert végétal a eu pour ef fet de diminuer l\u2019albédo, c\u2019est-à-dire le pouvoir réfléchissant de la surface de la Terre, et de ce fait, la quantité de rayonnement solaire reçu à la surface de la Terre qui est réfléchie par celle-ci vers l\u2019espace.Une diminution de l\u2019albédo a eu pour conséquence d\u2019augmenter l\u2019absorption de ce même rayonnement par la surface de la Terre et de produire un réchauffement régional, lequel a favorisé la croissance des arbustes.Des chercheurs de l\u2019Université d\u2019Umeå, dans le nord de la Suède, ont voulu évaluer l\u2019influence que pouvaient exercer les rennes sauvages et domestiques qui paissent dans la toundra arctique sur le bilan énergétique à la sur face du sol.Pour ce faire, ils ont procédé à des mesures de terrain dans le parc national de Reisa, dans le comté de Troms, en Norvège.Ils ont mesuré l\u2019albédo, la température, l\u2019intensité du broutage et du piétinement de la végétation par les rennes, et l\u2019indice de surface foliaire par unité de surface de sol, dans quatre parcelles de végétation clôturées qui avaient été abondamment ou très peu broutées par les rennes, et qui par conséquent se distinguaient par la taille et l\u2019abondance des arbustes qui y prospéraient.L\u2019ensemble de ces mesures a été intégré à une modélisation informatique de la surface terrestre.Agents de changement Les chercheurs ont ainsi pu constater que la présence de grandes densités de rennes transformait le couvert végétal de la toundra arctique.Elle réduisait l\u2019abondance des arbustes, ce qui se traduisait par une diminution de l\u2019indice de surface foliaire et de la hauteur de la canopée, c\u2019est-à-dire la zone de la forêt correspondant à la cime des arbres.Comme prévu, ces changements entraînaient une augmentation substantielle de l\u2019albédo (ou réflexion du rayonnement solaire) au cours de la saison estivale.Les résultats de la modélisation ont également montré que cet accroissement de l\u2019albédo induisait vraisemblablement une diminution du rayonnement net \u2014 soit le rayonnement solaire reçu moins le rayonnement renvoyé vers l\u2019espace par réflexion \u2014 et des flux de chaleur à la surface terrestre, sous forme d\u2019une diminution de la température et de l\u2019éva- potranspiration.Ces résultats confirment donc que les sites qui avaient été plus abondamment broutés absorbaient moins de rayonnement.«Même si les dif férences estimées demeurent petites, elles sont néanmoins suf fisamment grandes pour avoir des conséquences sur l\u2019équilibre énergétique régional.Par exemple, les différences dans le rayonnement net et les flux de chaleur entre les parcelles ayant été for tement broutées et celles l\u2019ayant été plus légèrement sont égales ou supérieures, par unité de surface, à un réchauf fement atmosphérique global de 4,4 watts par mètre carré, lequel est associé au doublement de la concentration de dioxyde de carbone dans l\u2019atmosphère terrestre», indiquent les auteurs de l\u2019étude dans l\u2019article qu\u2019ils ont publié le 21 décembre dans le journal Environmental Research Letters.Les chercheurs soulignent aussi le fait que d\u2019«assez petites dif férences dans l\u2019abondance des arbustes, comme celles correspondant aux changements qui peuvent survenir pendant une décennie de réchauffement ou d\u2019absence de broutage, ont entraîné des différences détectables dans l\u2019albédo, ainsi que dans le rayonnement net et les flux de chaleur.Ce qui démontre que le réchauffement climatique dans l\u2019Arctique peut être amplifié par l\u2019ef fet de l\u2019expansion des arbustes sur l\u2019albédo».Cette étude met aussi en évidence le potentiel que représentent les herbivores pour atténuer le réchauffement futur.Le Devoir CLIMAT Les rennes de l\u2019Arctique contribuent à freiner le réchauffement climatique Les chercheurs ont pu constater que la présence de grandes densités de rennes transformait le couvert végétal de la toundra arctique Lire aussi \u203a La version longue de ce texte, sur nos plateformes numériques. L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 6 A T T E N T A T D E B E R L I N A 5 LE TOFFEE DE MARIE OSSIER IRE L À BLANCHET É N G I S AIN M DE .TE JOSÉE AR P ût de c èr st y e m eille de Noël, Ant e v ett amel à la ?eur de sel.ar e une vie.À ut o e de t oine délai e s : un cont e demain lir and orgue po sse son gr e , un cont ur amo \u2019 ur l oile er le v v ur le LE ET UR O P ADEA N OTO H P TE NTEX CO TE TEX LE .U S CQUE A J DE S S i toute la lumière n\u2019est pas faite sur l\u2019attentat de Berlin, on sait que le lieu n\u2019a pas été choisi au hasard.Pas plus que les dessinateurs de Charlie Hebdo n\u2019avaient été désignés arbitrairement comme des cibles.À l \u2019époque du Mur, l \u2019égl ise du Souvenir était le cœur vivant de cette ville perdue aux confins de la Pologne.C\u2019est là, sur le Kur- fürstendamm, que se trouvait le centre commercial de cet îlot de liberté qu\u2019a été Berlin Ouest.Un îlot dont 45 ans d\u2019encerclement par le totalitarisme communiste ne sont pas venus à bout.Mais, il n\u2019y a pas que cela.L\u2019église avec son clocher jamais reconstruit, surnommé la « dent creuse », symbolisait à elle seule toute la tragédie allemande.Celle d\u2019une civilisation chrétienne, qui avait certes conduit aux pires horreurs du XXe siècle, mais qui voulait garder la trace de son histoire.Toute la trace ! Celle de sa grandeur comme celle de sa blessure.D\u2019ail leurs, mardi soir, les Berlinois ont aussitôt célébré une messe sur ce lieu symbolique, exactement comme les Parisiens s\u2019étaient spontanément rassemblés l\u2019année précédente place de la République.Depuis 1989, les Berlinois s\u2019étaient pour tant dépêchés d\u2019oublier ce lieu mythique.Sous une avalanche de fer et de béton, la vi l le retrouva son centre-vi l le d \u2019avant - guer re.Celui d\u2019Alfred Dö- blin et de Bertolt Brecht.On supprima jusqu\u2019à la plus petite trace du Mur, comme si l \u2019on voulait aussi l \u2019ef facer des mémoires.Loin de la frénésie de la Friedrichstrasse, cachée derrière les arbres du Tiergar ten, la Breitscheid- platz n\u2019était plus qu\u2019un lieu périphérique avec son petit marché de Noël.Mais les islamistes, qui connaissent le poids des civilisations, ont plus de mémoire que nous.Comme s\u2019ils savaient que c\u2019était là, sur ce lieu symbolisant à la fois l\u2019Allemagne chrétienne et le pays meurtri, qu\u2019un attentat ferait le plus mal.Les agressions de Charlie Hebdo, de l\u2019Hyper Cacher et du Bataclan touchaient la France laïque, festive, à la parole libre et qui avait su intégrer les Juifs.L\u2019attentat de lundi touche en plein cœur l\u2019Allemagne chrétienne et sa mémoire meurtrie.En quelques instants se sont évaporés tous les arguments qui prétendaient désigner la laïcité de la France, son passé colonial et le chômage comme les causes des attaques de Charlie Hebdo et du Bataclan.En Allemagne, pas de laïcité « à la française », pas de chômeurs, pas d\u2019immigrants issus des anciennes colonies.Pas plus d\u2019ailleurs qu\u2019à New York en 2001, à Madrid en 2004, à Londres en 2005 et à Br uxelles en 2015.Simplement des Occidentaux de tradition chrétienne et démocratique.Mais, n\u2019ayons crainte, sitôt l\u2019émoi dissipé, il se trouvera de bonnes âmes pour dire aux Allemands qu\u2019 i ls l\u2019ont bien cherché et qu\u2019ils méritent leur sor t.Comme on le dit encore chaque jour aux Français.?Pas plus que la France, l\u2019Allemagne n\u2019en a fini avec le total i tar isme.Celui d \u2019au- jourd\u2019hui est dif férent, mais comme les précédents, il réclame son lot de victimes.C\u2019est ce que le peuple allemand, qui se croyait protégé par son paci f isme légendaire, découvre avec stupeur ces jours-ci.À l\u2019évidence, des questions méritent d\u2019être posées sur l\u2019action des services de police.Personne ne comprend comment le chauffeur de ce camion-bélier, Anis Amri, a pu s\u2019échapper si facilement du lieu du drame ni pourquoi il a fallu 48 heures pour se lancer à sa poursuite alors que le camion contenait des documents l\u2019identifiant.L\u2019Allemagne est aujourd\u2019hui aux prises avec les mêmes problèmes que la France.D\u2019abord, comme les responsables des attentats de Bruxelles et de Paris, ce Tunisien de 24 ans a pu circuler en Europe sans jamais être importuné.Une fois son statut de réfugié refusé, comme des milliers d\u2019autres, il n\u2019a pas été expulsé.Les frontières nationales représentent la première et la principale protect ion contre le ter rorisme, nous confiait récemment un spécialiste israélien de la lutte antiterroriste.Comme ses semblables à Paris et à Br uxelles, Amri avait été identifié par les ser vices de renseignement.Au-delà de l\u2019État d\u2019urgence, qui devient vite inutile, nos pays ne savent toujours pas comment neutraliser ces individus pourtant connus des services de police.La réponse n\u2019est pas évidente, mais il faudra la trouver en respectant scrupuleusement l\u2019état de droit.En France, à la faveur de la campagne présidentielle, le débat se poursuit sur la manière de combattre l \u2019 is la - misme \u2014 l\u2019un des principaux candidats, François Fillon, a même commis un livre sur le sujet.Nul doute qu\u2019il en sera de même en Allemagne.On peut faire confiance aux Allemands, et peut-être même à Angela Merkel, pour renvoyer dos à dos deux extrémismes.Celui de l\u2019extrême droite avec ses propos obscènes qui osent attribuer les morts de Berlin à la chancelière.Mais aussi celui de l\u2019au- toflagellation naïve qui prêche la disparition des frontières et refuse de désigner le seul vrai totalitarisme de notre époque.À quelques mois d\u2019importantes échéances électorales, le couple franco-allemand est bien mal en point.Alors qu\u2019il se cherche des raisons d\u2019exister dans la tempête qui secoue l \u2019Europe, i l pour rait trouver dans ce combat l\u2019occasion de ne pas se dissoudre complètement.Berlin meurtrie MICHAEL KAPPELER/DPA ASSOCIATED PRESS Les visiteurs ont repeuplé le marché de Noël de Breitscheidplatz, qui a été rouvert au public jeudi matin, trois jours après l\u2019attentat meurtrier qui y a eu lieu.A N T O I N E L A M B R O S C H I N I à Berlin D epuis près d\u2019un an, l\u2019Allemagne tente sans succès de régler un casse-tête : comment expulser les demandeurs d\u2019asile tunisiens, marocains et algériens, lorsque leur pays d\u2019origine refuse de les reprendre, et comment en dissuader de nouveaux de venir ?Le principal suspect de l\u2019attentat du marché de Noël de Berlin, le Tunisien Anis Amri, avait vu sa demande d\u2019asile rejetée et aurait été expulsé si son pays n\u2019avait pas bloqué la procédure.Ce qui exaspère les responsables allemands.Berlin a en effet mis la pression sur le Maroc, la Tunisie et l\u2019Algérie début 2016, peu après que la police eut établi que l\u2019essentiel des auteurs identifiés des centaines d\u2019agressions sexuelles commises la nuit du Nouvel An à Cologne étaient des ressortissants de pays du Maghreb en situation irrégulière.Question de papiers Lorsque l\u2019Allemagne veut renvoyer un demandeur d\u2019asile débouté en Algérie, au Maroc ou en Tunisie, malgré l\u2019existence d\u2019accords de réadmission, ces trois pays réclament que l\u2019intéressé soit en possession d\u2019un document d\u2019identité national valide, faute de quoi l\u2019État concerné refuse de reprendre son ressortissant.Tout Tunisien, Marocain ou Algérien, s\u2019il veut éviter une expulsion, n\u2019a alors qu\u2019à détruire ses papiers d\u2019identité pour échapper au moins temporairement à l\u2019expulsion.Du côté allemand s\u2019engage alors une procédure administrative lourde.Berlin demande officiellement au pays concerné d\u2019établir un document de voyage provisoire pour la personne devant être expulsée et doit fournir pour cela les éléments permettant de prouver son identité (les empreintes digitales par exemple).Dans le cas d\u2019Anis Amri, dont la demande a été rejetée en juin 2016, cela a pris des mois.La Tunisie a d\u2019abord nié qu\u2019il soit tunisien avant de se rendre à l\u2019évidence.Coïncidence, l\u2019accord de Tunis en vue de l\u2019expulsion est arrivé en Allemagne mercredi, deux jours après l\u2019attentat dont est soupçonné le jeune Tunisien.En début d\u2019année, le ministre allemand de l\u2019Intérieur, Thomas de Maizière, s\u2019était pourtant rendu dans les trois capitales maghrébines et était revenu avec des promesses d\u2019une coopération accrue en matière d\u2019expulsion et de réadmission.Les ressortissants de ces pays d\u2019Afrique du Nord n\u2019ont presque aucune chance d\u2019obtenir le statut de réfugié.Entre janvier et novembre 2016, le taux de demandes d\u2019asile approuvées était de 2,7% pour les Algériens, 3,5% pour les Marocains et 0,8% pour les Tunisiens.Entre janvier et novembre 2016, 3416 Algériens, 3829 Marocains et 902 Tunisiens ont déposé des demandes d\u2019asile.À titre de comparaison, au premier semestre, 56 personnes ont été renvoyées en Algérie, 43 au Maroc et 67 en Tunisie.Agence France-Presse Le casse- tête des migrants d\u2019Afrique du Nord A N T O I N E L A M B R O S C H I N I à Berlin A ngela Merkel a tenté jeudi de rassurer l\u2019opinion publique en disant espérer «bientôt» l\u2019arrestation du suspect tunisien de l\u2019attentat de Berlin, alors que la police est ver te- ment critiquée pour avoir laissé filer cet islamiste notoire.Les enquêteurs ont retrouvé les empreintes digitales d\u2019Anis Amri, un Tunisien demandeur d\u2019asile débouté de 24 ans, dans la cabine du camion utilisé pour le carnage de lundi soir dans un marché de Noël.Ce qui ne laisse plus guère de doute quant à son implication, selon le ministre de l\u2019Intérieur Thomas de Maizière.Si plusieurs perquisitions ont eu lieu en Allemagne jeudi, aucune indication n\u2019a été donnée quant à l\u2019endroit où il pourrait se ter rer près de 72 heures après cette attaque revendiquée par le groupe État islamique.L\u2019attentat a fait douze morts, dont six Allemands, un Polonais, une Italienne et une Israélienne.Après une visite au quartier général des enquêteurs à Berlin, Angela Merkel a dit espérer «une arrestation bientôt», louant «le travail hautement professionnel [\u2026] sans accroc» des limiers.Elle s\u2019est aussi dite «très fière» du «calme» des Allemands, qui n\u2019ont pas cédé à la panique après l\u2019attentat islamiste le plus sanglant qu\u2019ait connu le pays.Critiques Ces propos interviennent au moment où les autorités de tous les domaines, politique, fédéral, régional, police et justice, sont sous le feu des critiques pour avoir laissé libre Anis Amri pendant des mois alors qu\u2019il était classé islamiste «dangereux».Le gouvernement a néanmoins promis des « conséquences» au moment opportun concernant les dysfonctionnements constatés.Les policiers ont été vivement critiqués d\u2019abord pour avoir focalisé leur attention pendant 24 heures sur un suspect pakistanais finalement mis hors de cause.Dès mardi matin, les papiers d\u2019Amri avaient été retrouvés dans le camion, mais l\u2019avis de recherche allemand et européen n\u2019a été lancé que dans la nuit de mardi à mercredi, lui laissant un temps précieux pour disparaître.Surveillé Par ailleurs, le jeune Tunisien, arrivé en Allemagne en juillet 2015, n\u2019a jamais réellement été inquiété par les autorités alors que celles-ci qui avaient pourtant accumulé une foule d\u2019indices.Elles le soupçonnaient de vouloir commettre un attentat en Allemagne et le savaient en contact avec des salafistes connus, alors qu\u2019il circulait dans le pays en utilisant une demi-douzaine d\u2019identités.L\u2019homme faisait même l\u2019objet d\u2019un signalement pour sa dangerosité au centre national de lutte antiterroriste.Il avait été placé sous surveillance policière pour un possible projet d\u2019attentat, avant que la justice ne classe l\u2019af faire faute d\u2019éléments probants.Par ailleurs, une fois sa demande d\u2019asile rejetée, l\u2019Allemagne a mis des mois à obtenir de la Tunisie qu\u2019elle accepte son expulsion.Berlin n\u2019avait pas non plus été informé qu\u2019Anis Amri avait passé quatre ans en prison en Italie pour des violences et un incendie d\u2019école.Enfin, le New York Times affirme qu\u2019il était connu des autorités américaines pour avoir au moins une fois été en contact avec le groupe EI et avoir fait des recherches sur Internet afin de fabriquer des explosifs.Le magazine Der Spiegel affirme que des écoutes démontrent qu\u2019il s\u2019était proposé «depuis des mois» pour une mission suicide.«Ce n\u2019est pas comme cela que nous allons garantir la sécurité de l\u2019Allemagne», a dénoncé un responsable du parti conservateur de Mme Merkel (CDU), Ar- min Laschet, admettant que «les informations que nous avons sur la manière dont les autorités ont travaillé sont choquantes».La presse n\u2019est guère plus tendre : le quotidien conservateur Die Welt parle de « bavures».«Les autorités l\u2019avaient dans le viseur et il a quand même réussi à disparaître », s\u2019étonne le Spiegel.Angela Merkel se retrouve fragilisée au moment où elle compte briguer un quatrième mandat à la chancellerie en septembre 2017.Elle reste attaquée par la droite populiste et même cer tains de ses alliés pour avoir accueilli 900 000 demandeurs d\u2019asile en 2015 et 300 000 de plus en 2016.Les populistes de l\u2019AFD, en plein essor depuis un an, ont accusé ces derniers jours la chancelière d\u2019avoir le sang des victimes de Berlin sur les mains.Pour eux, elle est «finie».Malgré tout, un semblant de normalité reprenait ses droits à Berlin.La police a autorisé la réouver ture du marché de Noël où le carnage a eu lieu.La foule s\u2019est déplacée pour rendre hommage aux victimes et montrer, un verre de vin chaud à la main, qu\u2019elle ne cédait pas à la peur.Agence France-Presse Critiquée, Angela Merkel cherche à calmer les angoisses De nombreuses critiques fusent sur la sécurité au pays CHRISTIAN RIOUX à Paris Les frontières nationales représentent la première et la principale protection contre le terrorisme, nous confiait récemment un spécialiste israélien de la lutte antiterroriste « » Angela Merkel a dit espérer « une arrestation bientôt », louant « le travail hautement professionnel [\u2026] sans accroc » des limiers J E R E M Y T O R D J M A N W ashington \u2014 L\u2019économie américaine a confirmé son rétablissement au troisième trimestre après un début d\u2019année poussif et à l\u2019aube de l\u2019entrée en fonction du président élu Donald Trump.De juillet à septembre, le PIB américain a crû de 3,5 %, en rythme annualisé et en données corrigées des variations saisonnières, marquant une nette embellie par rapport au deuxième trimestre (+1,4 %), selon la troisième et dernière estimation publiée jeudi par le ministère du Commerce.Après un premier trimestre en berne (+0,8 %), la première puissance économique mondiale renoue ainsi avec sa plus forte expansion depuis le troisième trimestre 2014 même si de nombreux points d\u2019interrogation pèsent sur l\u2019avenir.De l\u2019inquiétude à l\u2019euphorie Les orientations économiques du président élu Donald Trump, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, restent floues et ses menaces d\u2019engager une guerre commerciale avec la Chine inquiètent les milieux d\u2019af faires.Les marchés boursiers américains restent toutefois euphoriques et plusieurs récents indicateurs ont fait part d\u2019un regain d\u2019optimisme des entreprises, sans doute enhardies par la volonté du futur président de sabrer l\u2019impôt sur les bénéfices.En attendant d\u2019en savoir plus, la consommation des ménages a continué de jouer son rôle traditionnel de moteur de la croissance en progressant de 3 % entre juillet et septembre même si elle a ralenti sa course par rapport aux 4,3% recensés au deuxième trimestre.Selon les exper ts, ce dynamisme tient pour beaucoup à la bonne santé du marché de l\u2019emploi et à un taux de chômage (4,6 %) au plus bas depuis neuf ans.Les chiffres de la croissance américaine «décrivent une situation solide des consommateurs, alimentée probablement par les créations actuelles d\u2019emplois, de modestes hausses de salaire et des finances personnelles solides», ont commenté les experts de Bar- clays.La croissance semble suffisamment forte pour soutenir une amélioration du marché du travail, a ajouté Jim O\u2019Sullivan, de High Frequency Economics.Bond des exportations À l\u2019heure où Donald Trump veut refaçonner la politique commerciale américaine, la croissance des États-Unis a également été soutenue par un bond des exportations de 10% entre juillet et septembre, leur plus forte poussée depuis trois ans, contre seulement +1,8% au trimestre précédent.Les ventes de marchandises américaines à l\u2019étranger ont notamment flambé de 14,4%.Dans le même temps, les importations, qui pèsent sur le PIB, n\u2019ont progressé que de 2,2 %, selon les données du ministère.Autre point positif, l\u2019investissement des entreprises qui était dans le rouge pendant de longs mois, notamment dans le secteur minier et pétrolier, a poursuivi son lent rétablissement.Le marché de l\u2019immobilier résidentiel a, lui, continué d\u2019évoluer dans le rouge, mais a ralenti sa chute (\u20134,1 % contre \u20137,7% au trimestre précédent).Le raffermissement de l\u2019économie américaine semble en tout cas donner raison à la banque centrale, qui vient de décider à la mi-décembre de relever de nouveau ses taux directeurs d\u2019un quart de point au vu de l\u2019amélioration de la conjoncture.La présidente de la Fed, Janet Yellen, avait alors présenté cette hausse \u2014 la deuxième seulement depuis la crise financière de 2008 \u2014 comme un vote de confiance dans l\u2019économie américaine.Agence France-Presse L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 6 A 6 É C O N O M I E Titre Symbole Fermeture Variation Volume ($) (%) (000) Titre Symbole Fermeture Variation Volume ($) (%) (000) Alim.Couche-Tard ATD.B 61.55 -0.22 -0.36 519 Canadian-Tire CTC.A 138.90 -1.28 -0.91 217 Cogeco CCA 66.04 0.66 1.01 58 Corus CJR.B 12.58 0.18 1.45 295 Groupe TVA TVA.B 3.23 0.07 2.22 57 Jean Coutu PJC.A 20.65 -0.10 -0.48 233 Loblaw L 70.66 0.10 0.14 460 Magna MG 59.33 -0.50 -0.84 570 Metro MRU 40.26 0.04 0.10 420 Quebecor QBR.B 37.65 0.28 0.75 220 Uni Select UNS 29.80 0.21 0.71 49 Saputo SAP 47.31 -0.18 -0.38 512 Shaw SJR.B 27.07 0.35 1.31 1020 Dollarama DOL 97.78 -0.08 -0.08 400 Restaurant Brands QSR 64.63 0.10 0.15 147 Transat A.T.TRZ 5.15 -0.08 -1.53 34 Yellow Media Y 17.52 -0.04 -0.23 10 S&P TSX SPTT15335.23 29.34 0.19 150280 S&P TX20 TX20 644.54 -1.26 -0.20 49618 S&P TX60 TX60 906.68 2.71 0.30 75840 S&P TX60 Cap.TX6C 1002.61 3.00 0.30 75840 Cons.de base TTCS 519.49 -0.24 -0.05 3438 Cons.discr?©.TTCD 180.02 -0.27 -0.15 5581 ?ânergie TTEN 223.92 0.52 0.23 25730 Finance TTFS 285.73 -0.02 -0.01 19305 Aurif?®re TTGD 177.57 0.63 0.36 61854 Sant?© TTHC 65.76 0.53 0.81 6632 Tech.de l\u2019info TTTK 55.96 -0.04 -0.07 5415 Industrie TTIN 204.54 -0.21 -0.10 12323 Mat?©riaux TTMT 220.28 -0.05 -0.02 53009 Immobilier TTRE 283.40 -0.25 -0.09 3595 T?©l?©coms TTTS 149.76 1.35 0.91 2731 Sev.collect.TTUT 234.81 1.57 0.67 5979 M?©taux/minerals TTMN 670.38 0.00 0.00 0 TSX Venture JX 720.15 1.66 0.23 85342 Cameco CCO 14.30 0.25 1.78 2235 Canadian Natural CNQ 43.79 -0.05 -0.11 925 Hydro One H 23.49 -0.01 -0.04 242 Enbridge ENB 57.75 1.15 2.03 1272 EnCana ECA 16.47 -0.03 -0.18 3409 Enerplus ERF 12.72 0.14 1.11 630 Pengrowth Energy PGF 2.08 -0.11 -5.02 1763 P?©troli?®re Imp?©riale IMO 48.11 0.01 0.02 348 Suncor Energy SU 44.44 0.47 1.07 2075 Cenovus Energy CVE 20.85 -0.04 -0.19 911 TransCanada TRP 62.42 0.67 1.09 1072 Valener VNR 20.99 0.03 0.14 30 Air Canada AC 14.11 -0.11 -0.77 1073 Bombardier BBD.B 2.15 0.07 3.37 7295 CAE CAE 18.78 0.09 0.48 242 Canadien Pacifique CP 193.53 -0.86 -0.44 298 Chemin de fer CN CNR 91.50 0.34 0.37 633 SNC-Lavalin SNC 58.55 0.00 0.00 251 Transcontinental TCL.A 21.70 -0.08 -0.37 89 TransForce TFI 34.72 -0.11 -0.32 118 B.CIBC CM 110.96 -0.91 -0.81 1047 B.de Montr?©al BMO 97.38 0.27 0.28 950 B.Laurentienne LB 58.72 0.37 0.63 88 B.Nationale NA 55.29 -0.49 -0.88 1111 B.Royale RY 92.02 0.06 0.07 1556 B.Scotia BNS 76.14 0.32 0.42 1367 B.TD TD 67.23 0.28 0.42 3221 Brookfield Asset BAM.A 44.59 -0.09 -0.20 468 Cominar Real CUF.UN 14.40 -0.10 -0.69 532 Corp.Fin.Power PWF 34.32 -0.15 -0.44 266 Fin.Manuvie MFC 24.44 -0.17 -0.69 2242 Fin.Sun Life SLF 52.15 -0.23 -0.44 570 Great-West Lifeco GWO 35.61 0.07 0.20 264 Industrielle All.IAG 54.34 -0.10 -0.18 164 Power Corporation POW 30.34 -0.12 -0.39 459 TMX X 72.15 0.29 0.40 41 Agrium AGU 135.85 2.01 1.50 204 Barrick Gold ABX 19.04 0.06 0.32 2706 Goldcorp G 16.69 0.04 0.24 2478 Kinross Gold K 3.93 -0.06 -1.50 3664 Mines Agnico-Eagle AEM 51.44 0.17 0.33 524 Potash POT 24.48 0.36 1.49 1317 Teck Resources TCK.B 33.66 0.00 0.00 0 Fortis FTS 41.55 0.87 2.14 1187 TransAlta TA 7.46 0.05 0.67 720 BlackBerry BB 9.68 -0.10 -1.02 2017 CGI GIB.A 63.13 -0.22 -0.35 557 BCE BCE 58.14 0.68 1.18 969 Manitoba Telecom MBT 37.82 0.26 0.69 101 Rogers RCI.B 52.06 0.56 1.09 619 Telus T 42.66 0.29 0.68 1042 iShares DEX XBB 30.96 -0.01 -0.03 74 iShares MSCI XEM 26.17 -0.16 -0.61 9 iShares MSCI EMU EZU 33.12 0.00 0.00 0 iShares S&P 500 XSP 26.01 -0.06 -0.23 168 iShares S&P/TSX XIC 24.40 0.04 0.16 64 ALGONQUIN POWER & AQN.IR 39.27 -1.23 -3.04 3819 ENCANA CORP ECA 16.47 -0.03 -0.18 3409 BAYTEX ENERGY CORP BTE 6.61 0.04 0.61 3280 TORONTO DOMINION TD 67.23 0.28 0.42 3221 CANOPY GROWTH CORP CGC 9.31 0.42 4.72 3004 HB NYMEX CL BULL HOU 8.53 0.03 0.35 2821 iShares S&P TSX 60 XIU 22.78 0.09 0.40 2745 BARRICK GOLD CORP ABX 19.04 0.06 0.32 2706 HB NYMEX NG BULL HNU 12.30 -0.34 -2.69 2523 GOLDCORP INC G 16.69 0.04 0.24 2478 GUYANA GOLDFIELDS GUY 5.19 0.48 10.19 979 CANOPY GROWTH CORP CGC 9.31 0.42 4.72 3004 CLEARWATER CLR 11.24 0.37 3.40 214 HORIZONS BETAPRO HVU 18.45 0.60 3.36 609 HB NYMEX NG BEAR HND 9.31 0.26 2.87 2286 BONTERRA ENERGY BNE 29.29 0.67 2.34 116 MAJOR DRILLING MDI 7.04 0.16 2.33 128 CANAM GROUP INC CAM 9.08 0.20 2.25 127 WHITECAP RESOURCES WCP 12.33 0.27 2.24 858 ATS AUTOMATED ATA 12.13 0.26 2.19 160 RITCHIE BROS RBA 47.55 -3.28 -6.45 295 REITMANS LTD RET.A 5.65 -0.29 -4.88 100 HUDBAY MINERALS HBM 7.60 -0.32 -4.04 1412 LUNDIN MINING CORP LUN 6.51 -0.21 -3.12 1267 ALGONQUIN POWER & AQN.IR 39.27 -1.23 -3.04 3819 CANFOR CORP CFP 15.36 -0.48 -3.03 163 LABRADOR IRON ORE LIF 18.44 -0.53 -2.79 129 HB NYMEX NG BULL HNU 12.30 -0.34 -2.69 2523 MEG ENERGY CORP MEG 9.09 -0.21 -2.26 1031 WEST FRASER TIMBER WFT 48.53 -1.08 -2.18 118 AGRIUM INC AGU 135.85 2.01 1.50 204 MACDONALD DETWILER MDA 67.07 1.22 1.85 102 ENBRIDGE INC ENB 57.75 1.15 2.03 1272 FRACO-NEVADA CORP FNV 77.27 0.92 1.20 625 FORTIS INC FTS 41.55 0.87 2.14 1187 WESTON GEORGE LTD WN 113.13 0.68 0.60 122 BELL CANADA BCE 58.14 0.68 1.18 969 TRANSCANADA TRP 62.42 0.67 1.09 1072 BONTERRA ENERGY BNE 29.29 0.67 2.34 116 BROOKFIELD BIP.UN 45.10 0.63 1.42 172 RITCHIE BROS RBA 47.55 -3.28 -6.45 295 CANADIAN TIRE CORP CTC.A 138.90 -1.28 -0.91 217 ALGONQUIN POWER & AQN.IR 39.27 -1.23 -3.04 3819 WEST FRASER TIMBER WFT 48.53 -1.08 -2.18 118 CANADIAN IMPERIAL CM 110.96 -0.91 -0.81 1047 CANADIAN PACIFIC CP 193.53 -0.86 -0.44 298 LABRADOR IRON ORE LIF 18.44 -0.53 -2.79 129 GILDAN ACTIVEWEAR GIL 34.97 -0.52 -1.47 933 MAGNA INTL INC MG 59.33 -0.50 -0.84 570 NATIONAL BANK of NA 55.29 -0.49 -0.88 1111 ENTREPRISES DE CONSOMMATION DISCRÉTIONNAIRE ÉNERGIE FINANCIÈRES INDUSTRIELLES ENTREPRISES DE MATÉRIAUX SERVICES PUBLICS TECHNOLOGIE TÉLÉCOMMUNICATIONS FONDS NÉGOCIÉS EN BOURSE LES PLUS ACTIFS DE LA BOURSE DE TORONTO LES GAGNANTS EN % LES PERDANTS EN % LES GAGNANTS EN $ LES PERDANTS EN $ LES INDICES DE LA BOURSE DE TORONTO TSX CROISSANCE Consultez toutes les cotes boursières sur www.decisionplus.com M A R C H É S B O U R S I E R S TORONTO S&P TSX 15 335,23 ?+29,34 +0,2% New York S&P 500 2260,96 ?-4,22 -0,2% NASDAQ 5447,42 ?-24,01 -0,4% DOW JONES 19 918,88 ?-23,08 -0,1% PÉTROLE 52,95 +0,46 $US +0,9% ?OR 1130,70 -2,50 $US -0,2% ?DOLLAR CANADIEN 74,09 -0,50 $US -0,7% ?1$US = 1,3497 71,01 -0,50 EURO 1 EURO = 1,4083 INDICES QUÉBÉCOIS Indice Fermeture var.pts var.% IQ30 2434,91 +1,99 +0,08 IQ120 2465,76 +2,30 +0,09 CENTRE D\u2019ANALYSE ET DE SUIVI DE L\u2019INDICE QUÉBEC L\u2019indice Québec est une initiative du Département de finance de l\u2019Université de Sherbrooke et de l\u2019Institut de recherche en économie contemporaine ÉTATS-UNIS Rebond pour l\u2019économie avant l\u2019arrivée de Trump C É L I N E C O R N U M ilan \u2014 Le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni a annoncé l\u2019approbation par un conseil des ministres dans la nuit de jeudi à vendredi d\u2019un décret instaurant un plan de secours pour les banques en difficulté, et en premier lieu la BMPS.Ce plan d\u2019urgence, après l\u2019échec de la recapitalisation sur les marchés de la troisième banque du pays, s\u2019appuie sur un fonds de 20 milliards d\u2019euros validé mercredi par le Parlement et garantit l\u2019intégralité de l\u2019épargne des particuliers, a assuré M.Gentiloni lors d\u2019une conférence de presse.La BMPS est depuis des mois au centre des inquiétudes autour du système bancaire italien, en raison notamment du poids dans son portefeuille de créances douteuses, des prêts qui ne seront probablement jamais remboursés.Trois milliards manquant Mercredi soir, elle a indiqué que sa conversion volontaire d\u2019obligations en actions lui avait permis de récolter, virtuellement, un peu plus de deux milliards d\u2019euros.Il lui manque donc encore trois milliards.Sur l\u2019augmentation de capital proprement dite, enclanchée lundi et qui s\u2019est terminée jeudi en milieu de journée, aucune donnée chiffrée n\u2019a encore filtré.Mais la banque a reconnu mercredi soir que «ne s\u2019était concrétisée aucune manifestation d\u2019intérêt d\u2019investisseurs de référence », alors qu\u2019elle espérait un milliard d\u2019euros du fond du Qatar Qia ou une participation d\u2019autres fonds, chinois ou américains par exemple.«La faible probabilité d\u2019atteindre le montant augmente les chances d\u2019une forme de sauvetage public», souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste à LCG.«Si l\u2019écart est limité, le gouvernement pourrait intervenir et injecter probablement jusqu\u2019à un milliard d\u2019euros sans déclencher» de mise à contribution des détenteurs de titres, estime l\u2019économiste Lorenzo Codogno, fondateur de LC Macro Advisors Limited et ancien directeur général au ministère des Finances italien.Mais «si l\u2019ensemble de l\u2019opération échoue, le gouvernement devra intervenir avec une recapitalisation préventive», ajoute-t-il.Cette procédure, avec une injection de fonds publics, impose auparavant une mise à contribution des actionnaires et détenteurs d\u2019obligations subordonnées, via une conversion, cette fois forcée, des obligations à un niveau inférieur à leur valeur nominale.Agence France-Presse ITALIE La banque BMPS bénéficiera d\u2019un sauvetage public Riyad \u2014 L\u2019Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, projette un déficit budgétaire de 53 milliards de dollars en 2017, mais réduit considérablement celui de cette année grâce à une compression des dépenses dictée par la chute des recettes pétrolières.Le royaume saoudien, première économie du monde arabe, prévoit des dépenses de 890 milliards de riyals (237 milliards $US) et des revenus de 692 milliards de riyals (184 milliards $US) dans son budget pour 2017, a annoncé jeudi le gouvernement.Projet en suspens Le gouvernement de Riyad, qui a adopté une politique d\u2019austérité pour faire face à la chute de ses recettes pétrolières, a en outre indiqué avoir réussi à réduire son déficit en 2016 à 297 milliards de riyals (79 milliards $US).Le déficit prévisible pour l\u2019année en cours a en effet baissé de 8,9%, selon le communiqué du gouvernement.Pour l\u2019année prochaine, le gouvernement a prévu des revenus pétroliers de 480 milliards de riyals (128 milliards $US), en hausse de 46 % par rapport à 2016, indique le gouvernement sans préciser le prix du baril retenu dans l\u2019élaboration du budget.Le royaume a dû suspendre des projets d\u2019infrastructure, réduire les salaires des ministres et geler les salaires des fonctionnaires après un déficit record de 97 milliards de dollars en 2015.Ce déficit, qui représentait 15% du PIB saoudien, était l\u2019un des plus importants dans un pays émergent, selon des analystes.Agence France-Presse CHUTE DES RECETTES L\u2019Arabie saoudite adopte un budget déficitaire HYOSUB SHIN/ATLANTA JOURNAL/AP La consommation des ménages américains a continué de jouer son rôle traditionnel de moteur de la croissance.La menace d\u2019engager une guerre commerciale avec la Chine inquiète les milieux d\u2019affaires HASAN JAMALI ASSOCIATED PRESS Le royaume a dû suspendre des projets d\u2019infrastructure W ashington \u2014 La banque britannique Barclays est poursuivie pour son rôle dans la crise des prêts immobiliers toxiques (subprimes) qui avait déstabilisé le système financier mondial en 2008-2009, a annoncé jeudi le département américain de la Justice.Le fait qu\u2019une banque soit poursuivie dans cette af faire est assez inhabituel, la plupart ayant conclu des règlements financiers à l\u2019amiable pour éviter précisément des actions en justice.Selon la plainte déposée devant un tribunal fédéral de New York, « les employés de Barclays ont de manière répétée de 2005 à 2007 menti sur les caractéristiques des titres adossés à des créances hypothécaires qu\u2019ils ont vendus aux investisseurs dans le monde et qui ont provoqué des milliards de dollars de per tes en raison de ces montages frauduleux », a af firmé le département de la Justice dans un communiqué.Deux responsables américains de Barclays, Paul Mene- fee, qui était responsable du département chargé de ces titres, appelés RMBS, et John Carroll, le trader chargé de les acquérir pour le compte de la banque, sont également poursuivis.Défense «Barclays rejette les affirmations contenues dans la plainte et considère qu\u2019elles sont sans rapport avec les faits.Barclays se défendra vigoureusement contre ces accusations et va chercher à obtenir son classement sans suite à la première occasion », a réagi la banque sur son site Internet.Plusieurs autres grandes banques occidentales font l\u2019objet d\u2019enquêtes menées par la justice américaine dans le cadre de ce scandale lié à la ti- trisation, un système utilisé abondamment par les grandes banques à l \u2019époque pour convertir des portefeuilles de prêts en titres financiers qu\u2019elles cédaient ensuite sur les marchés.Cet échafaudage a été jugé responsable de la crise financière qui a suivi.L\u2019allemande Deutsche Bank s\u2019apprêterait à conclure un accord pour 5,4 milliards de dollars et, outre Barclays, les banques suisses UBS et Credit Suisse pourraient également faire l \u2019objet de poursuites faute de parvenir à un accord amiable avec les autorités américaines.Trois grandes banques américaines \u2014 JPMorgan Chase, Citigroup et Morgan Stanley \u2014 ont déjà accepté de payer un montant cumulé de 23 milliards pour solder des poursuites liées à ces prêts hypothécaires résidentiels, et Bank of America s\u2019est vu infliger une amende record de 16,65 milliards à l\u2019été 2014.Agence France-Presse L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 6 ECONOMIE A 7 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Groupe CGI et l\u2019Industrielle Alliance pour 10 ans Québec \u2014 L\u2019Industrielle Alliance a prolongé de 10 ans, pour environ 150 millions, son entente avec Groupe CGI afin de poursuivre sa transformation numérique.L\u2019assureur établi à Québec a indiqué que le géant informatique québécois était son partenaire depuis 20 ans dans le secteur des technologies de l\u2019information.La Presse canadienne L\u2019Iran achète 100 avions d\u2019Airbus Paris \u2014 La compagnie nationale Iran Air a conclu jeudi une commande ferme de 100 appareils du constructeur Airbus pour un montant d\u2019environ 20 milliards de dollars au prix catalogue.La commande, qui fait suite à un engagement signé en janvier à Paris, couvre 46 moyen-courriers A320, 38 long-courriers A330 et 16 A350, selon un communiqué d\u2019Airbus.Agence France-Presse Air Canada et Cathay échangent leur code Air Canada et Cathay Pacific ont conclu une entente pour des services à code multiple.En correspondance avec ses vols quotidiens au départ de Toronto et de Vancouver à destination de Hong Kong, Air Canada ajoutera son code aux vols de Cathay Pacific et de Cathay Dragon pour Manille, Cebu, Kuala Lumpur, Ho Chi Minh Ville, Hanoi, Bangkok, Phuket et Chiang Mai.Pour leur part, les clients de Cathay Pacific pourront réserver des vols d\u2019Air Canada qui feront correspondance avec ses vols au départ de Hong Kong et à destination de Vancouver et de Toronto pour toutes les grandes villes canadiennes, dont Winnipeg, Victoria, Edmonton, Calgary, Kelowna, Regina, Saskatoon, Ottawa, Montréal, Québec, Halifax et St.John\u2019s.Le Devoir L\u2019économiste Dominique Vachon s\u2019est éteinte à l\u2019âge de 54 ans L\u2019économiste Dominique Va- chon, qui a entre autres été vice-présidente et économiste en chef de la Banque Nationale de 1991 à 2002, est décédée le 15 décembre, à l\u2019âge de 54 ans.La nouvelle a été confirmée jeudi par l\u2019entremise d\u2019un avis de décès.La cause de sa mort n\u2019a pas été précisée.Au cours de sa carrière, Mme Vachon a également été directrice générale de la Financière du Québec \u2014 une filiale d\u2019Investissement Québec \u2014, directrice générale de la réglementation à l\u2019Autorité des marchés financiers et chef de la direction de la Croix Bleue du Québec.En 1997, elle avait reçu le prix Femme d\u2019affaires de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.Mme Vachon intervenait aussi régulièrement dans les médias afin de commenter l\u2019actualité financière et économique.L\u2019économiste a notamment rédigé pendant six ans une chronique hebdomadaire dans le journal Les Affaires, en plus d\u2019être chroniqueuse économique à Radio- Canada.La Presse canadienne K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I L es municipalités québécoises viennent de recevoir la directive d\u2019appliquer la réforme du programme de remboursement de taxes foncières agricoles dès le 1er janvier, et ce, même si aucune modification législative n\u2019a été adoptée pour le moment, a appris Le Devoir.L\u2019UPA, elle, ne bronche pas et maintient sa menace de poursuites.Dans une mise en demeure envoyée la semaine dernière au ministre de l\u2019Agriculture, Pierre Paradis, et à celui des Af faires municipales et de l\u2019Occupation du ter ritoire, Martin Coiteux, l\u2019Union des producteurs agricoles (UPA) a fait valoir que la réforme du Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA) est inapplicable parce que le gouvernement Couillard n\u2019a pas procédé aux changements législatifs requis.Application officialisée La porte-parole du ministère des Af faires municipales, Alexandra Paré, confirme « qu\u2019aucune modification législative n\u2019a encore été apportée à l\u2019égard de cette mesure », qui a été annoncée lors du dernier discours sur le budget, en mars dernier.Mais Revenu Québec, qui se verra bientôt confier l\u2019administration du programme, a fait parvenir jeudi aux municipalités un courriel leur expliquant que l\u2019entrée en vigueur des modifications se fera à partir du 1er janvier, «même si un projet de loi est sanctionné après cette date».Au ministère de l\u2019Agriculture et à l\u2019Union des municipalités du Québec, on indique que les municipalités ont appris le 15 décembre dernier que le taux de remboursement unique de 78 % pour les taxes foncières agricoles s\u2019appliquera dès le début de l\u2019année 2017.«Hautement irrégulier» Pour l\u2019UPA, l\u2019envoi de directives officielles aux municipalités ne change rien au débat, fait valoir son porte-parole, Patrice Juneau.« On continue de penser qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019assises légales à ce que le gouvernement fait présentement.Il arrivera ce qui arrivera, mais notre argument est le même que la semaine dernière.» Dans sa mise en demeure, l\u2019organisation a soutenu que les producteurs agricoles pourraient tenir le gouvernement responsable des per tes f inancières subies « advenant la transmission [\u2026] aux municipal i tés du Québec d\u2019informations sans assise légale sur le crédit de taxes foncières applicable ».«Adopter des projets de loi rétroactifs, ce n\u2019est pas la première fois qu\u2019un gouvernement va le faire, mais c\u2019est hautement irrégulier, et ce n\u2019est pas la façon correcte d\u2019agir », ajoute M.Juneau, qui précise que l\u2019UPA envisage toujours des poursuites.Menace de blocage L\u2019UPA et le ministre Pierre Paradis s\u2019affrontent depuis des mois au sujet des taxes foncières agricoles.Le syndicat des agriculteurs québécois soutient que la réforme entraînera une hausse moyenne de 30 à 40% de l\u2019avis d\u2019imposition pour plus de 80 % des producteurs, tandis que le gouvernement évalue que seulement 1 % des agriculteurs, soit environ 300 producteurs, verront leur facture augmenter de plus de 30%.Après de nombreuses sorties médiatiques, un passage à l\u2019Assemblée nationale, un congrès annuel mouvementé et l\u2019envoi de la mise en demeure, l\u2019UPA envisage maintenant de bloquer les sentiers de motoneige qui traversent les terres des agriculteurs pour se faire entendre.«Si on ne voit pas de progrès significatifs d\u2019ici le 1er février, à ce moment-là, comme on l\u2019a fait en 2010, on va lancer un mot d\u2019ordre pour la fermeture des sentiers », af firme Patrice Juneau.Il y a six ans, le blocage de l\u2019UPA avait pour but de dénoncer les mesures de resserrement de l\u2019assurance stabilisation des revenus agricoles.Le por te-parole de l\u2019UPA précise que les agriculteurs « n\u2019ont pas envie d\u2019en arriver là», mais qu\u2019ils iront de l\u2019avant s\u2019ils sentent qu\u2019il s\u2019agit du seul moyen qu\u2019il leur reste pour faire plier le gouvernement.Le Devoir TAXES AGRICOLES Les municipalités ont reçu l\u2019ordre d\u2019agir La réforme entrera en vigueur même sans modifications législatives JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pour l\u2019UPA, le Programme de crédit de taxes foncières agricoles est inapplicable.ÉTATS-UNIS La banque Barclays poursuivie pour son rôle dans la crise des subprimes A N D Y B L A T C H F O R D à Ottawa L\u2019 inflation annuelle s\u2019est établie à 1,2 % le mois dernier, notamment en raison d\u2019une diminution du prix de cer tains aliments, a indiqué jeudi Statistique Canada.L\u2019indice des prix à la consommation (IPC) s\u2019est ainsi avéré plus faible en novembre qu\u2019en octobre, lorsqu\u2019il était établi à 1,5%.Statistique Canada a également dévoilé des données robustes sur les ventes au détail, qui ont été en hausse de 1,1 % en octobre comparativement au mois de septembre, ce qui représente un troisième gain mensuel consécutif.Un cadeau Ces données sur l\u2019inflation ainsi que les ventes des détaillants ont été accueillies positivement par l\u2019économiste en chef de la Banque CIBC, Aver y Shenfeld.«C\u2019est en quelque sorte un cadeau de Noël pour l\u2019économie canadienne puisque les données sur le secteur du détail et l\u2019indice des prix devraient permettre à la Banque du Canada de garder les taux d\u2019intérêt au niveau actuel, ce qui devrait stimuler les dépenses de consommation », a-t-il expliqué, au cours d\u2019une entrevue.S t a t i s - tique Canada a entre autres noté que les diminutions de prix pour les produits frais, la viande et les forfaits vacances avaient contribué au recul de l\u2019inflation en novembre.En revanche, l\u2019agence fédérale a noté des augmentations du côté des produits et services tels que les voitures, l\u2019assurance habitation et l\u2019électricité.Au Québec, l\u2019inflation annuelle s\u2019est établie à seulement 0,6 % en novembre.Détaillants En ce qui a trait aux ventes des détaillants, Statistique Canada a noté qu\u2019elles avaient été de 45 milliards pour le mois d\u2019octobre.M.Shenfeld, qui s\u2019attendait à être agréablement surpris par la publication des données entourant les ventes au détail, af firme que les résultats ont dépassé ses attentes.L\u2019économiste croit que cela est probablement attribuable aux chèques distribués depuis juillet dans le cadre du nouveau programme fédéral d\u2019allocation pour enfants.La Presse canadienne L\u2019inflation à 1,2 % en novembre au Canada Au Québec, l\u2019inflation annuelle s\u2019est établie à 0,6% DAVID AFRIAT LE DEVOIR La diminution de prix pour les produits frais a contribué au recul de l\u2019inflation en novembre. la mi-juin, Régis Labeaume soutenait que « tout le monde souhaite le retour de Sam Hamad» comme ministre responsable de la Capitale-Nationale.M.Ha- mad avait dû quitter ses fonctions ministérielles en avril, (il était aussi président du Conseil du trésor), après un reportage de l\u2019émission Enquête, qui soulevait des questions quant à ses inter ventions douteuses dans l\u2019octroi de subventions à Premier Tech.Jeudi, le commissaire au lobbyisme (CaL) a considérablement réduit la possibilité que M.Hamad retourne au Conseil des ministres en annonçant qu\u2019il signalait trois constats d\u2019infraction dans cette même affaire.Après enquête, le CaL a conclu que deux dirigeants de l\u2019entreprise ont exercé du lobbyisme illégal auprès de M.Hamad.Il af?rme aussi que l\u2019ancien ministre Marc-Yvan Côté s\u2019est livré à des activités de lobbyisme illégal.Mais dans ce dernier cas, en raison des délais de prescription, aucun constat n\u2019a été signi?é.Dans les cercles libéraux, on estime que le commissaire est pointilleux.Les dirigeants de Premier Tech étaient inscrits au registre des lobbyistes.Ils ont « simplement » omis d\u2019ajouter plusieurs activités à celles déjà inscrites.On peut trouver une telle exigence excessive, mais c\u2019est ainsi que le législateur a fait les choses.Au reste, si l\u2019on souhaite réellement encadrer les communications d\u2019in?uence, peut-on vraiment se contenter d\u2019un ?ou, d\u2019un à-peu-près?Des voix soutiennent aussi qu\u2019on n\u2019exclut pas pour « si peu » un homme aussi énergique que M.Hamad du Conseil des ministres.D\u2019une part, ce dernier \u2014 puisqu\u2019il est élu depuis 2003 ; la loi sur le lobbyisme avait été adoptée l\u2019année précédente \u2014 aurait dû s\u2019assurer que ceux qui cherchaient à l\u2019in?uencer étaient dûment inscrits au registre.(Avec le projet de loi 56, on veut d\u2019ailleurs en faire une obligation.) D\u2019autre part, il ne faut pas oublier, sur la même affaire, un autre rapport, signé par un autre commissaire, Jacques St-Laurent, gardien de l\u2019éthique.Au moment de la publication du rapport, le 8 juin, M.Hamad a soutenu qu\u2019il avait été «blanchi».Philippe Couillard avait af?rmé sensiblement la même chose quelques jours avant en commentant le rapport de la véri?catrice générale sur la question.Quant à M.St-Laurent, s\u2019il est vrai qu\u2019il ne recommandait pas de sanction, il n\u2019écartait aucunement que M.Hamad soit intervenu de manière abusive entre autres pour Marc-Yvan Côté, son ancien collègue de la ?rme d\u2019ingénierie Roche.Et, en dé?nitive, M.St-Lau- rent concluait que le comportement de M.Hamad dans cette affaire ne constituait pas «simplement une imprudence, mais [\u2026] un manquement qui nuit au maintien de la confiance de la population envers les membres de l\u2019Assemblée nationale».Il serait mieux, en dé?nitive, que le souhait du maire de Québec ne soit pas exaucé.Le gouvernement du Québec est finalement passé à l\u2019acte.Il y aura enquête publique sur les relations entre autochtones et certains services publics.La commission ne s\u2019arrêtera pas au sort des femmes autochtones ni aux actes des corps policiers, et c\u2019est tant mieux.e reportage de Radio-Canada sur les sévices subis par des femmes autochtones aux mains de policiers de Val-d\u2019Or a eu l\u2019effet d\u2019un électrochoc.Il a secoué l\u2019indifférence ambiante et braqué les projecteurs sur la discrimination systémique que vivent les autochtones au-delà des frontières de Val-d\u2019Or.Le Québec n\u2019est pas un cas unique.La mise sur pied par Ottawa de la commission d\u2019enquête sur les femmes autochtones assassinées et disparues en témoigne, tout comme les autres enquêtes qui les ont précédées.Les gestes abusifs de certains policiers s\u2019inscrivent dans une histoire et un contexte où l\u2019iniquité à l\u2019endroit des autochtones est trop souvent la norme.La décision de mandater la commission québécoise, présidée par le juge à la retraite Jacques Viens, de se pencher sur les «causes structurelles» et les «enjeux systémiques» découle de ce constat.Il est vrai qu\u2019au départ, les communautés autochtones demandaient une enquête judiciaire sur la situation à Val-d\u2019Or.Les discussions avec le gouvernement québécois ont mené à élargir la perspective, à la satisfaction de plusieurs leaders autochtones, dont Ghislain Picard, chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations pour le Québec et le Labrador, et Adrienne Anichinapao, chef de Kitcisakik.«C\u2019est plus que ce qu\u2019on avait demandé, mais ça va nous donner un bon coup de main, aux Premières Nations et au gouvernement, parce qu\u2019on va voir l\u2019ampleur du problème qui n\u2019est pas qu\u2019au niveau de la justice et de la police », con?e Mme Anichinapao.Et elle se réjouit du fait que cette commission offrira aux femmes un endroit où s\u2019exprimer.Le juge Viens aura dans sa mire les services policiers, le Directeur de la protection de la jeunesse, les services correctionnels, le système judiciaire et certains services sociaux.On pourrait craindre l\u2019éparpillement, mais nombre de rapports, au Québec et ailleurs, ont démontré les effets souvent combinés de ces services sur la vie des autochtones.Un jeune autochtone qui se retrouve en dif?culté ou à la rue risque davantage qu\u2019un non autochtone d\u2019être judiciarisé et de ne pas béné?cier d\u2019un accès égal à une libération conditionnelle.Les statistiques le démontrent.La surjudiciarisation des autochtones est souvent liée au manque de services sociaux et de santé appropriés, indique une étude sur la situation à Val-d\u2019Or et dont Le Devoir faisait état récemment.Les statistiques montrent aussi que la proportion de femmes autochtones tuées ou disparues dépasse largement celles des femmes non autochtones.Cette nouvelle commission permettra de se concentrer sur la situation québécoise, d\u2019en cerner les par ticularités et ainsi d\u2019éclairer les commissaires fédéraux, ce qui est bienvenu.Mais durant les deux années que dureront ses travaux, le gouvernement et les communautés autochtones doivent continuer à agir là où c\u2019est possible.Comme à Val-d\u2019Or, où les chefs ont tendu la main à la Sûreté du Québec pour travailler de concert à l\u2019apaisement des tensions, d\u2019expliquer M.Picard.Les pas faits cette semaine sont encourageants, mais même un travail impeccable de la commission ne pourra suf?re.Ses pistes de solution ne seront utiles que si le gouvernement passe ensuite à l\u2019acte.Le gouvernement Couillard s\u2019engage à mettre en place un mécanisme de suivi.C\u2019est essentiel, mais il faudra aussi y associer les leaders autochtones qui, de leur côté, devront s\u2019engager à faire de même auprès de leurs communautés.L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 6 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Téo Taxi et le problème des quotas Au cours de la récente vague de froid, de nombreux clients qui dépendaient des services de Téo Taxi pour retourner chez eux se sont retrouvés pris au centre-ville.Selon le porte-parole de Téo Taxi, la compagnie a été victime de son succès et n\u2019arrivait plus à répondre à la demande.Que l\u2019on aime la formule Téo ou non, cet épisode montre les craques de notre législation sur les taxis : le système de quotas nuit aux consommateurs.Pour bien comprendre en quoi un système de quotas peut nuire, l \u2019on doit d\u2019abord saisir ce qu\u2019est un quota.Ces derniers sont une façon de restreindre l\u2019offre à un niveau maximal.Dans le cas des taxis, le plafond est fixé à un peu plus de 4657 véhicules pour la grande région de Montréal, incluant les taxis adaptés.Pour le bien de l\u2019exemple, prétendons que ce plafond légal est respecté et qu\u2019aucun covoiturage commercial (Uber) n\u2019est effectué.Ce plafond signifie qu\u2019à tout moment, il ne peut pas y avoir plus de 4657 courses individuelles réalisées.Alors que la demande en courses fluctue selon le moment de la journée et les événements, l\u2019offre en taxi reste fixe et le client a ultimement de la dif f iculté à se trouver un transpor t lorsqu\u2019il en a besoin.L\u2019autre inconvénient pour les consommateurs dans un système de quotas est qu\u2019afin de tenter d\u2019équilibrer la demande et le niveau d\u2019offre fixe qui, afin d\u2019avoir du mordant, se doit d\u2019être plus bas que le niveau d\u2019équilibre du marché, l\u2019on L I B R E O P I N I O N FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET augmente le prix afin de tenter de réduire la demande.La logique est simple.Un consommateur ayant besoin d\u2019un moyen de transpor t fait un calcul en fonction de ses moyens et du temps épargné.Il ne fera pas nécessairement la même course si elle lui coûte 30 $ plutôt que 15 $, et optera pour d\u2019autres modes de transport, soit le transport en commun ou la voiture.Bien qu\u2019Uber ne soit pas nécessairement la solution, l\u2019entreprise of fre des pistes intéressantes pour remédier à ces problèmes.La mise en place d\u2019une politique de prix variables, sujets à approbation préalable du client bien sûr, permet d\u2019augmenter l \u2019of fre en of frant des courses plus lucratives aux chauf feurs potentiels, tout en réduisant la demande alors que certains clients jugent les prix trop élevés.Une chose est certaine, sans les quotas, nous pourrions rétablir l\u2019équilibre des gains entre les chauffeurs et les consommateurs.Renaud Brossard, porte-parole de Génération trompée Le 21 décembre 2016 Et en tant qu\u2019entraîneur de l\u2019équipe d\u2019improvisation Le Lotus bleu, dudit Cégep, il a été en mesure de recruter ses meilleurs joueurs qui devaient former par la suite le fameux Groupe sanguin, qui amena un vent de fraîcheur et d\u2019innovation dans le paysage de l\u2019humour québécois dès la moitié des années 80.Voilà le mot qui lui sied le mieux : innovateur.En fait, il était un créateur de génie.Tout ce qu\u2019il touchait devait prendre une touche innovatrice.Il voulait sans cesse nous surprendre et nous amener en dehors des lieux communs.Avant même la création du Groupe sanguin, il avait proposé à Jonquière le spectacle Du Mammouth à Elvis dans lequel on pouvait déjà voir les prémisses de sa démarche créatrice en humour.Il fut sans doute le premier au Québec à utiliser à bon escient le théâtre noir qu\u2019on retrouva dans le premier spectacle du Groupe sanguin et qui apporta une touche de magie à l\u2019humour au Québec.Lévesque a été un des rares à marier théâtre et humour avec pertinence.On pouvait dénoter son talent de comédien et, ainsi donc, son affinité avec l\u2019art dramatique.Son personnage du « gars fatigué », devenu un classique, et aussi drôle fut-il, n\u2019en était pas moins touchant et bouleversant.Mais avec Dominique Lévesque, le rire triomphait avec intelligence et nous faisait réfléchir.Un grand artiste de l\u2019humour nous a quittés, doublé d\u2019un être chaleureux et fraternel.Une grande perte pour le Québec.Yvan Giguère Saguenay, le 21 décembre 2016 Dominique Lévesque et sa touche innovatrice ! Depuis la triste nouvelle du décès de Dominique Lévesque, le mot « mentor » a été souvent utilisé dans l\u2019espace public pour le décrire.Oui, i l a été un mentor pour plusieurs humoristes du Québec.Il l\u2019a été d\u2019abord avec ses étudiants du cégep de Jonquière dans les années 70 et 80, là ou il a enseigné le français et le théâtre.À AUTOCHTONES Nécessaire commission ÉTHIQUE ET LOBBYISME Hamad disqualifié L ANTOINE ROBITAILLE MANON CORNELLIER J E A N - M A R C F O U R N I E R Leader parlementaire du gouvernement du Québec, ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne L es Canadiens, Québécois inclus, sont fiers du caractère public des systèmes de santé sur lesquels ils peuvent compter, peu impor te la province de résidence.C\u2019est certainement, et de loin, le premier élément de solidarité associé à la citoyenneté canadienne.Un système public commande un financement public.C\u2019est l\u2019évidence.Jusqu\u2019à la fin des années 1970, le fédéral contribuait à hauteur de 50 sous pour chaque dollar investi par les provinces.Depuis, il a réduit sa participation à 23 sous et, pendant que les provinces demandent qu\u2019elle atteigne les 25 sous, le fédéral propose plutôt de réduire, au cours des dix prochaines années, sa contribution à 20 sous par dollar investi.Autrement dit, le fédéral réduit sa participation au financement public de la santé au moment où les besoins augmentent, notamment en raison du vieillissement de la population.C\u2019est un choix.Un choix avec des conséquences.Il ne choisit ni la santé ni la solidarité canadienne.Nous demeurons convaincus que les citoyens préféreraient un autre choix.Plutôt que le dialogue de sourds, pourquoi ne pas leur of frir une vision commune de soutien envers ceux qui nécessitent des soins et de collaboration entre percepteurs et décideurs publics ?Au-delà de la négociation sur les montants, nous devrions au moins nous entendre sur certains éléments de base.D\u2019abord, depuis les années de guerre, le fédéral occupe « temporairement » le champ de la taxation directe.Cela lui confère des ressources financières autrefois dévolues aux provinces.Ces ressources doivent soutenir les besoins de proximité de compétence provinciale, comme ceux de la santé.On ne parle pas ici de générosité, mais d\u2019une obligation.Ensuite, le gouvernement fédéral devrait indiquer clairement le degré d\u2019importance qu\u2019il accorde au système public de santé qui soigne les Canadiens.Veut-il accroître sa participation au financement ou choisit-il délibérément de la réduire ?Enfin, et en conséquence, le gouvernement fédéral annoncerait la cible de contribution qu\u2019il entend atteindre au cours des dix prochaines années.Si l\u2019on demandait aux citoyens, il y a fort à parier qu\u2019ils refuseraient le recul du financement fédéral.Ils conviendraient plutôt d\u2019un retour au financement 50-50.Dans leur sagesse, ces citoyens nous indiqueraient sans doute d\u2019y aller progressivement en nous donnant un objectif de 25 % au cours des dix prochaines années.Pour le gouvernement fédéral, il est encore temps de choisir la santé.Le 50e anniversaire de l\u2019assurance maladie publique au Canada et l\u2019importance que lui accordent tous nos concitoyens devraient inciter le gouvernement fédéral à rehausser sa participation au financement public de la santé.Ottawa devrait choisir la santé L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 6 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.J e salue l\u2019intention exprimée mercredi par le gouvernement du Québec de «poursuivre le dialogue», « rechercher la réconciliation », « rétablir la confiance » et « travailler en étroit par tenariat » avec les peuples autochtones en lançant la commission «Écoute, réconciliation et progrès » sur les relations entre les autochtones et certains services publics.Personne ne peut être contre la vertu.N\u2019empêche : l\u2019enfer est pavé de bonnes intentions.Il y a lieu de craindre que le poisson soit noyé par le mandat trop large de la commission.Les objectifs annoncés par le gouvernement du Québec aura ient été prop ices dans le contexte d\u2019une commission s\u2019apparentant à une consultation publique, mais sont incompatibles avec la nature d\u2019une commission d\u2019enquête mise sur pied en vertu de la Loi sur les commissions d\u2019enquête.La question que tout le monde se pose et qui est à l\u2019origine de la tenue de la commission d\u2019enquête est la suivante : pourquoi aucun des policiers de la Sûreté du Québec visés par des allégations de violence envers des femmes autochtones n\u2019a-t-il fait l\u2019objet d\u2019accusations criminelles?Une commission d\u2019enquête circonscrite aux relations entre les forces policières et les autochtones aurait permis d\u2019analyser en profondeur cette question par un regard sur les faits pertinents et le fonctionnement de l\u2019appareil public relativement à ces faits spécifiquement.Le mandat de la commission annoncée mercredi vise toutefois un éventail de sujets beaucoup trop vaste : analyser les faits pertinents et effectuer des recommandations de manière à prévenir ou éliminer « toute forme de violence, de pratiques discriminatoires, de traitements dif férents dans la prestation des services publics aux autochtones du Québec : les services de santé et de services sociaux, la protection de la jeunesse, les services correctionnels, policiers et de justice ».Mes années de pratique du droit m \u2019ont amené à constater que les commissions d\u2019enquête utiles sont celles dont le mandat est suffisamment circonscrit.Dans un texte publié en 2011, Simon Ruel, procureur aux commissions Gomery, Cornwall et Bastarache, indiquait que « le mandat d\u2019une commission d\u2019enquête doit être précisément défini, tant en ce qui concerne le sujet que la période en cause.Mettre en place une commission d\u2019enquête sans mandat clair ou pour étudier un sujet trop large conduira nécessairement à des abus, des délais et des coûts excessifs ».C\u2019est au sujet de la conduite policière envers les autochtones, femmes et filles en particulier, que les groupes autochtones réclament une commission d\u2019enquête depuis des mois.Cet enjeu en lui-même nécessiterait une collecte et une analyse de preuve considérable.Comment entrevoir un examen robuste de l\u2019enjeu à l\u2019origine de la tenue de la commission d\u2019enquête sans craindre que cet examen soit amputé par la place faite aux sujets accessoires ?Cette question se pose d\u2019autant plus que la commission devra remettre son rapport au plus tard le 30 novembre 2018, ce qui limite l\u2019étendue de la preuve qui pourra être considérée.En réalité, le mandat de la commission d\u2019enquête porte sur des phénomènes de société beaucoup plus vastes que le cas des violences policières alléguées.Philippe Couillard a clairement annoncé que «ce que nous voulons accomplir, c\u2019est d\u2019examiner les enjeux systémiques, incluant le cas du racisme ».Or, une commission d\u2019enquête porte sur l\u2019examen de faits tangibles, duquel découlent des conclusions et des recommandations.Une commission d\u2019enquête n\u2019est pas le véhicule approprié pour examiner des phénomènes de société parfois intangibles.Nous nous serions attendus à ce que le gouvernement, en cohérence avec ses objectifs annoncés, opte pour une commission de consultation publique qui s\u2019apparente plutôt à la commission Bouchard-Taylor.Ce type de commission non contraignante donne aux commissaires la latitude d\u2019examiner de façon approfondie les enjeux de société intangibles dont ils sont saisis.Au-delà des notions juridiques, les commissaires dans cette affaire se sont donné la latitude de «voir dans le débat sur les accommodements raisonnables le symptôme d\u2019un problème plus fondamental concernant le modèle d\u2019intégration socioculturelle mis en place au Québec depuis les années 1970.Cette perspective invitait à revenir sur l\u2019interculturalisme, l\u2019immigration, la laïcité et la thématique de l\u2019identité québécoise».Une commission d\u2019enquête ne se prête pas à un tel exercice.Le gouvernement a franchi une étape importante en décidant de la tenue d\u2019une commission d\u2019enquête réclamée depuis des mois.Toutefois, il ne peut souffler le chaud et le froid.Une commission d\u2019enquête permettrait de faire la lumière sur l\u2019absence de sanctions au regard des violences policières alléguées.Une commission de consultation publique permettrait d\u2019examiner des phénomènes de société plus larges.En ce moment, le gouvernement semble mettre sur pied une commission entre deux chaises qui emprunte le fonctionnement de l\u2019un, les objectifs de l\u2019autre.Ce cocktail annonce un fiasco.Les écueils d\u2019une commission FABRICE VIL N A D I A E L - M A B R O U K Professeure à l\u2019Université de Montréal e ministre de l\u2019Éducation vient d\u2019annoncer l\u2019implantation, dès l\u2019automne 2017, d\u2019un nouveau cours obligatoire d\u2019éducation financière en Ve secondaire.Le scénario retenu pour faire place à ce nouveau cours est d\u2019amputer la moitié du cours Monde contemporain.Pourtant, ce cours aborde les principaux enjeux et problèmes mondiaux, dont les enjeux économiques.L\u2019autre scénario, finalement écarté, était celui de couper dans les cours à option en arts, en langues ou en sciences.Comment se fait-il que le cours Éthique et culture religieuse (ECR) n\u2019ait pas été envisagé dans ces scénarios de rationalisation de matières à enseigner ?Pourtant, le ministre vient d\u2019annoncer que ce programme serait revu.Cette annonce faisait suite à une pétition citoyenne signée par plus de 5000 personnes réclamant l\u2019abolition du volet « culture religieuse » et au rapport dévastateur du Conseil du statut de la femme affirmant qu\u2019il contribuait à véhiculer le sexisme des religions.L\u2019occasion était toute trouvée de délester ce cours de sa par tie controversée .Il serait même envisageable d\u2019étendre le volet « éthique », qui vise à promouvoir des compor tements citoyens responsables, afin d\u2019y inclure le volet « éducation financière » souhaité par le ministre afin d\u2019amener les jeunes à adopter des « comportements responsables » dans la gestion de leurs finances.Au lieu de cela, le ministre propose de sabrer un cours d\u2019éducation citoyenne sur les enjeux et problèmes mondiaux.Paradoxalement, l\u2019un des arguments maintenant avancés par ceux qui demandent le maintien d\u2019un cours sur les religions est la nécessité, en ces temps marqués par des conflits mondiaux à référent religieux, de four n ir des conna is- sances aux jeunes afin de les armer contre les fausses informations et les prémunir contre la radicalisation.Or, pour atteindre cet objectif, au lieu d\u2019un cours sur le symbolisme et les expressions du religieux, il serait tout indiqué de renforcer des cours permettant de comprendre les problèmes mondiaux, dans une approche critique, à travers les diverses perspectives géographiques, historiques, économiques, politiques, et aussi religieuses.L\u2019amputation du cours Monde contemporain ne fera malheureusement qu\u2019aggraver les lacunes en culture générale de nos jeunes, déjà mise à mal dans un contexte de déclin de l\u2019enseignement de la géographie au collégial, comme le rap- por tait récemment un collectif d\u2019ense ignants et d\u2019étud iants en géographie.Orienté vers la délibération et la pr ise de pos it ion, le cours Monde contemporain a pour objectif d\u2019amener les élèves à développer leur sens cr i - tique dans l\u2019étude de problèmes et d\u2019en jeux du monde contemporain.C\u2019est tout le contra ire du volet « culture rel igieuse » du cours ECR, où l\u2019exercice du jugement critique est banni.Alors que le volet « éth ique » est conçu comme une réflexion critique sur les conduites, les valeurs et les normes des membres d\u2019un groupe, la compétence en culture religieuse consiste à comprendre le fait religieux en pratiquant un dialogue de respect orienté vers la recherche du vivre-ensemble.Autrement dit, il s\u2019agit de reconnaître l\u2019existence de croyances et de pratiques religieuses, et de les accepter toutes.Outre le paradoxe de vouloir favoriser le vivre- ensemble en mettant en avant ce qui divise le plus les individus, soit leur religion, comment, sans esprit critique, ce cours pourrait- il constituer un rempar t contre l \u2019endoctr inement des jeunes ?Bien au contraire, il contribue à fragiliser les futures générations en les rendant inaptes à reconnaître des man i festat ions extré - mistes des religions pouvant mener à la violence .Rien dans le contenu du cours ECR ne permet de débattre des enjeux mondiaux ni de comprendre l\u2019actualité marquée par les attentats perpétrés par le groupe État islamique.L\u2019ob jectif n\u2019est pas ici de me prononcer sur le bien-fondé de la création d\u2019un cours d\u2019éducation financière, mais de discuter de l\u2019impact des coupes envisagées pour lui faire place.Plutôt que d\u2019amputer le cursus des étudiants de Ve secondaire d\u2019une matière permettant aux jeunes de comprendre les enjeux mondiaux dans une approche cr it ique, plutôt que de couper dans des cours optionnels en arts ou en langues qui sont les véritables véhicules du vivre-en- semble, délester le cours ECR de sa partie enseignement religieux que suivent les enfants depuis la première année du primaire me paraît tout indiqué.ÉDUCATION FINANCIÈRE EN VE SECONDAIRE Pourquoi ne pas couper dans le cours d\u2019ECR ?Des pétitions demandent le retrait du volet « religion » du cursus scolaire J U L I E N P R U D \u2019 H O M M E Professeur au Département des sciences humaines de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières, Centre interuniversitaire d\u2019études québécoises (CIEQ) es récentes discussions sur l\u2019avenir de l\u2019éducation ont fait circuler l\u2019idée, défendue par une vaste palette d\u2019acteurs, de créer un Institut d\u2019excellence en éducation chargé d\u2019éclairer les décideurs et les enseignantes sur l\u2019état réel des connaissances scientifiques sur la réussite scolaire.Bref, de rendre plus systématique et plus transparent le recours à la science en éducation.Ce projet est une bonne idée.Je le défends avec conviction.Le monde de l\u2019éducation a connu ces dernières années trop de dérives, petites et grandes, qu\u2019un tel institut aurait aidé à éviter.Le réseau peine à distinguer les pratiques qui « marchent » et à les utiliser avec les nuances que commandent les études existantes.Et il y a beaucoup, beaucoup d\u2019opacité dans l\u2019usage qu\u2019on fait de la science au ministère ou dans d\u2019autres officines.Le projet, malheureusement, en effarouche certains.On entend des visions apocalyptiques, selon lesquelles un tel institut imposerait une vision aveuglément scientiste, qui ne servirait qu\u2019à asservir les enseignants en leur imposant des recettes.Dans Le Devoir (22 décembre), M.Frédéric Saussez disait craindre que « la rhétorique des données probantes condui[se] à revisiter le taylorisme et son projet de prédire et contrôler l \u2019activité laborieuse » des ensei - gnantes.Ces craintes sont malavisées et enfoncent des portes ouvertes.Il s\u2019agit là d\u2019une vision caricaturale à l\u2019extrême que personne ne prône.La discussion actuelle, au Québec, ne porte pas là-dessus.Le projet d\u2019Institut d\u2019excellence en éducation proposé actuellement implique justement la promotion d\u2019un large pluralisme conceptuel où cohabitent les données expérimentales, les re- cherches-actions et les savoirs d\u2019expérience.Cet institut ne doit d\u2019ailleurs jouer qu\u2019un rôle- conseil, laissant aux décideurs et aux enseignants la responsabilité d\u2019exercer leur jugement \u2014 un jugement plus éclairé, tout simplement, comme c\u2019est déjà la norme en santé.Peut-on noter, aussi, que la mauvaise habitude de vouloir surencadrer le travail enseignant est déjà devenue une constante ces dernières années, et ce, sans recours aucun à quelque méchant inst itut sc ient iste ?Au contraire, ces contraintes accrues au travail enseignant se sont appuyées sur des dérives qu\u2019aurait pu éviter un recours plus systématique à la preuve.Inversement, dans le secteur de la santé, la présence d\u2019un institut du même genre n\u2019a pas eu l\u2019ef fet « taylorisant » que certains redoutent.Peu importe la perspective que l\u2019on adopte, en fait, ce sont des dérives idéologiques et politiques qui réduisent actuellement l \u2019autonomie des ense i - gnants et minent la réussite de nos enfants, et non le recours à la science.Au lieu de s\u2019inventer des peurs et de faire des « données probantes » un vilain mot, ne faudrait-il pas y recourir pour résoudre les problèmes qui existent, ici et maintenant ?Si les savoirs issus de la recherche ne méritent pas d\u2019être employés de façon plus transparente et systématique qu\u2019on ne le fait aujourd\u2019hui, à quoi bon des sciences de l\u2019éducation ?Débat sur les « données probantes » : la science doit devenir un outil essentiel en éducation ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019amputation du cours Monde contemporain, envisagée pour libérer du temps pour un éventuel cours d\u2019éducation financière, ne fera malheureusement qu\u2019aggraver les lacunes en culture générale de nos jeunes.L L L\u2019occasion était toute trouvée de délester ce cours de sa partie controversée L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 3 D É C E M B R E 2 0 1 6 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Damas et Lattaquié.« Alep est le point très important qui échappait à Assad jusque-là pour sécuriser toute la partie ouest sous son autorité », af firme Samir Saul, professeur d\u2019histoire des relations internationales à l\u2019Université de Montréal.Cette «Syrie utile » est le territoire de plus de 80 % de la population.La guerre est cependant loin d\u2019être terminée.«Tombée» ou « libérée» selon les allégeances, la ville est surtout « dévastée », souligne Thomas Juneau, professeur à l\u2019Université d\u2019Ottawa et spécialiste du Moyen-Orient.Le pilonnage intensif a transformé l\u2019est d\u2019une des plus anciennes villes au monde en champ de ruines et fauché la vie de plusieurs centaines de civils, en rappelant la destruction de villes comme Berlin en 1945, Guernica ou encore Grozny.« Oui, Assad a repris le contrôle, mais la région s\u2019est vidée, la population est pleine de ressentiment, il n\u2019y a pas d\u2019économie fonctionnelle.Il devra maintenant administrer et reconstruire cette Syrie utile et il n\u2019a pas les ressources pour ça», ajoute le professeur.Il reste aussi d\u2019autres poches de l\u2019opposition armée dans cette partie occidentale, notamment autour de Damas et à Idlib, où vivent 1 million de personnes.Ces dizaines de milliers de combattants ne pourront toutefois plus «maintenir le mythe d\u2019une victoire de la révolution, croit M.Juneau, c\u2019est donc plus en train de devenir une insurrection».« On savait depuis un an ou deux que le gouvernement ne serait pas renversé, on peut maintenant en être absolument sûrs», appuie M.Saul.Morcellement Malgré ce récent succès, les deux spécialistes doutent de la capacité de l\u2019armée syrienne à sécuriser le reste du territoire.Pendant que tous les yeux étaient rivés sur Alep, le groupe État islamique (EI) a repris Palmyre, dans la province centrale de Homs.Les djiha- distes contrôlent toujours Raqqa, capitale syrienne de son « califat » autoproclamé.Le groupe EI a également la mainmise sur les rives de l\u2019Euphrate, jusqu\u2019à la frontière irakienne via Deir Ez-Zor.Le territoire est donc de facto morcelé à l\u2019heure actuelle.« Mais je ne crois pas à l\u2019idée d\u2019un démembrement formel, officiel de la Syrie», assure Thomas Juneau.Avant de voir le régime partir à la reconquête de l\u2019est avec ses troupes, la Russie, l\u2019Iran et la Turquie \u2014 elle aussi impliquée dans le nord de la Syrie \u2014 pourraient vouloir obtenir un cessez- le-feu généralisé.Reçus à Moscou, les trois ministres des Affaires étrangères ont affiché mercredi une volonté de prendre les commandes d\u2019un règlement politique.En réunion parallèle, les ministres de la Défense de ces trois pays n\u2019ont pas manqué de rendre un constat d\u2019échec des actions menées par les États-Unis, ses partenaires occidentaux et les monarchies du Golfe.« Des éléments moins fanatiques pourraient changer d\u2019idée au fur et à mesure et tenter de négocier politiquement, même si al-Qaïda et Daesh [EI], eux, ne vont jamais négocier», croit M.Saul.La dimension nationale de cette guerre dont les acteurs se sont mondialisés prendra alors le dessus, penche M.Juneau.« La situation va évoluer, mais elle va vers une guerre civile qui va continuer encore plusieurs années.» Mercredi, l\u2019Assemblée générale des Nations unies a voté une résolution afin de créer une équipe chargée d\u2019enquêter sur les crimes de guerre en Syrie depuis 2011.Le régime d\u2019Assad a notamment fait usage de manière répétée d\u2019armes chimiques contre des civils.Le conflit syrien a fait plus de 310 000 morts en cinq ans et déplacé la moitié de la population d\u2019avant 2011.Près de cinq millions de Syriens sont maintenant réfugiés, surtout dans les pays limitrophes tels que la Turquie, le Liban et la Jordanie.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ALEP elle n\u2019a jamais délaissé sa passion», dit-il.Joanne Corneau a raconté ses premiers pas dans la Grosse Pomme dans le livre Cornographie, chroniques d\u2019une peintre à New York, publié aux éditions La Presse.«New York n\u2019en demeure pas moins, et jusqu\u2019à ce jour, ma plus grande source d\u2019inspiration [\u2026 ], écrit-elle.Avoir New York comme muse, ça fait tout de même beaucoup de nouveautés à assimiler et à gérer.C\u2019est comme vouloir manger tout le gâteau dans une seule bouchée.» Tenace, obstinée, la fille de Chicoutimi fait son chemin, monte des expositions, à Boston, à New York, puis à Paris, Londres, Monaco, Dubaï.Même si elle est boudée par le monde des musées, qui considèrent son art comme trop commercial, les collectionneurs s\u2019arrachent ses toiles.En 2013 le réalisateur Guy Édoin a produit un documentaire sur Corno à l\u2019occasion des 60 ans de l\u2019artiste.« Après le documentaire, on a continué de se voir et on a développé une belle amitié, dit-il.Mais j\u2019avais un mauvais pressentiment depuis quelques jours.Elle ne répondait pas à mes textos et ça n\u2019était pas dans ses habitudes.» Dans son film, Édoin aborde avec elle ses rappor ts dif ficiles avec les critiques d\u2019ar t.«L\u2019art de Corno est celui du cliché.Les femmes y ont de gros seins et de grosses lèvres, les hommes y ont de gros pectoraux et de gros pénis.Un art commercial ?Non, c\u2019est un art du quétaine », écrit à Montréal le critique d\u2019art Nicolas Mavri- kakis, dont le texte est repris dans le film Corno.« T\u2019aime ça, t\u2019aime pas ça, mais t\u2019en as plein la gueule, dit pour sa part Corno au sujet de son œuvre.J\u2019explique pas mon art, je peins.» Jeudi matin, à la galerie Perreault, ils étaient plusieurs à s\u2019être présentés pour acquérir des tableaux à l\u2019annonce de la mort de l\u2019artiste.«Aujourd\u2019hui, nous sommes en deuil, nous ne vendons pas», répond Roch-André Perreault.Reste que le pr ix des pet its formats de Corno tourne autour de 12 000 $, tandis qu\u2019un diptyque de grand format peut se vendre 60 000 $, poursuit le galeriste.« D\u2019ailleurs, des diptyques, il n\u2019y en a presque plus » en circulation, dit Perreault.Guy Édoin se souvient aussi d\u2019une femme passionnée, dont la peinture était la raison d\u2019être.«Être peintre, c\u2019est comme une vocation, comme entrer en religion », dit-elle dans son film, avant d\u2019ajouter : « Je ne comprends pas trop ma vie en dehors de ça.» Dans son film, on apprend que Joanne Corneau s\u2019est mise au dessin dès qu\u2019elle a su tenir un crayon.«Son père faisait de la sculpture.Elle poursuivait le rêve de son père » qui était voyageur de commerce, dit Édoin.Reste que son père, très religieux, cachait ses livres d\u2019art pour ne pas montrer de corps nus à ses enfants.«Quand il partait, je montais au grenier et je regardais ces livres-là.C\u2019est là que j\u2019ai su que j\u2019allais être peintre », raconte-t-elle dans le film.Depuis, ses tableaux exsudent la sexualité.Joanne Corneau était entre autres la sœur du psychologue Guy Corneau.« Ils ont tous un parcours atypique dans la famille.Ce sont des gens qui ont mené leur vie à leur manière », dit Édoin.Dans le film, Joanne Corneau raconte qu\u2019elle a quitté le Québec parce que ce qu\u2019elle tentait était considéré comme « trop gros, trop fou, trop cher ».« Je commençais à sentir ma limite.J\u2019avais peur de plafonner», dit-elle dès le début du film.Le coif feur Alvaro a pour sa par t connu Corno à ses débuts, alors qu\u2019elle avait un studio à Montréal, sur le boulevard Saint-Laurent.«Ce sont 35 ans d\u2019amitié qui m\u2019ont beaucoup aidé.On partageait tellement de choses, elle me stimulait », dit-il.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CORNO aider à développer [\u2026] les bons résultats, les bonnes mesures d\u2019imputabilité, déterminer comment en avoir le plus pour notre argent en investissant dans les soins à domicile et les soins pour les personnes âgées est une bonne chose.» L\u2019entente avec le Nouveau-Brunswick stipule de plus que le transfert fédéral général destiné à la santé augmentera annuellement de 3 %, ou plus si le taux de croissance du PIB est plus élevé.Ce taux était plutôt de 6 % depuis 2004, et les provinces demandaient son maintien.Il s\u2019agit donc d\u2019un retour à la proposition initiale d\u2019Ottawa puisque lundi, en cours de négociation avec les provinces, le gouvernement fédéral avait changé de cap et offert un taux de croissance annuel de 3,5 % fixe.Certains analystes, en se basant sur les prévisions de croissance de l\u2019économie, avaient conclu que cette seconde offre s\u2019avérerait peut-être moins généreuse à long terme.Les négociations entre Ottawa et les 13 provinces et territoires s\u2019étaient soldées par un échec lundi et Ottawa avait retiré son of fre.Mais on savait qu\u2019en coulisse, le Nouveau- Brunswick négociait une entente bilatérale.Des rumeurs veulent que jusqu\u2019à six autres provinces et territoires fassent de même.La Nouvelle-Écosse a confirmé jeudi qu\u2019elle était l\u2019une d\u2019elles.«Nous continuerons de travailler fort pour obtenir une entente appropriée pour la Nouvelle- Écosse, indique la déclaration du premier ministre Stephen McNeil transmise par courriel au Devoir.Nous parlons avec le gouvernement fédéral et sommes encouragés par leur volonté d\u2019avoir ces conversations.» Le Devoir a contacté toutes les autres provinces et celles qui ont répondu refusent les négociations bilatérales, soit le Québec, l\u2019Ontario, l\u2019Alberta et le Manitoba.En entrevue avec Le Devoir, le ministre de la Santé de Colombie-Britannique, Terry Lake, affirme que «ces rumeurs sont lancées par Ottawa».«C\u2019est une tactique du gouvernement fédéral pour donner l\u2019impression qu\u2019il peut diviser pour mieux régner.Ce n\u2019est pas l\u2019approche de collaboration promise par ce gouvernement et c\u2019est très frustrant, pour dire franchement.[\u2026] Je ne vois aucune preuve [qu\u2019il y a des négociations], alors ça m\u2019amène à penser qu\u2019Ottawa bluffe.» Il se dit « déçu » de la décision du Nouveau- Brunswick de faire bande à par t « parce que nous avions tous convenu à Ottawa de se tenir».En outre, il estime qu\u2019Ottawa ne peut pas refuser à certaines provinces des fonds versés à d\u2019autres.«Ce serait dangereux pour le gouvernement fédéral de penser qu\u2019il peut traiter les provinces et territoires dif féremment lorsqu\u2019il finance les soins de santé nécessaires.» En coulisse, en ef fet, une source fédérale confirme que les 11,5 milliards sur 10 ans promis aux provinces ne seront versés qu\u2019à celles qui signeront une entente.«On ne peut pas transférer sans l\u2019aval des provinces et on ne fera pas de chèque en blanc non plus, explique une source fédérale.Si on ne réussit pas à s\u2019entendre avec les provinces, il n\u2019y a pas de transfert.[\u2026] Ce que ça veut dire pour les gens du Nouveau-Brunswick, c\u2019est que eux vont recevoir les services.» Prise de bec avec Québec Aucun ministre québécois n\u2019a accordé d\u2019entrevue jeudi pour commenter l\u2019éclatement du front commun.Mais sur Twitter, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a écrit que « le Nou- veau-Brunswick accepte une baisse de financement du fédéral, mais se met en même temps à la remorque des autres provinces et territoires pour obtenir une meilleure offre».De fait, la province maritime a obtenu d\u2019Ottawa l\u2019assurance que si jamais une autre province obtenait dans ses négociations bilatérales une meilleure entente, il pourrait l\u2019obtenir aussi.M.Barrette n\u2019a pas répondu aux reproches que lui a adressés le premier ministre Gallant.En conférence de presse, ce dernier s\u2019en est pris vertement à M.Barrette, qui avait la veille accordé des entrevues à des médias du Nou- veau-Brunswick pour enjoindre au gouvernement provincial de ne pas céder.« Je dois dire que j\u2019ai été souf flé d\u2019entendre le ministre de la Santé du Québec venir dire aux médias du Nouveau-Brunswick comment on doit gérer la santé et nos négociations avec le gouvernement fédéral, a déclaré M.Gallant.L\u2019ironie me dépasse.Si une autre province était allée au Québec pour dire aux Québécois et au gouvernement du Québec comment ils devraient gérer leur système de santé et comment ils devraient négocier avec le gouvernement fédéral, on sait tous quelle serait la réaction du gouvernement du Québec.Alors j\u2019ai été très surpris de voir cela.» M.Gallant s\u2019est par ailleurs fait demander s\u2019il ne jouait pas le jeu de son ami, lui qui est très proche de Justin Trudeau ainsi que de son influent ministre Dominic LeBlanc.«Nous voyons cela comme une force, d\u2019être sur la même longueur d\u2019onde, et d\u2019avoir les mêmes priorités que le gouvernement Trudeau.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SANTÉ T\u2019aime ça, t\u2019aimes pas ça, mais t\u2019en as plein la gueule.J\u2019explique pas mon art je peins.Corno « » ANDREW VAUGHAN LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant (à gauche), est très proche du premier ministre du Canada, Justin Trudeau.Sur la photo, ils sont photographiés au Festival acadien, à Caraquet, durant la campagne électorale fédérale.Le Nouveau-Brunswick est la première province à avoir conclu une entente bilatérale sur les transferts en santé.Réfugiés : Ottawa pose des limites aux parrains privés Le Canada va limiter le nombre de nouvelles demandes de parrainage par le privé à 7500 en 2017.Un avis publié sur le site du ministère fédéral de l\u2019Immigration mentionne que la cible de 16 000 réfugiés parrainés par le privé reste toutefois en vigueur.La différence entre les 7500 nouvelles demandes et le total de 16 000 sera comblée par les demandes en attente de traitement.Elles sont présentement évaluées à 45 000.Cet important arriéré s\u2019est accumulé, alors que les demandes de parrainage privé ont augmenté plus rapidement que le nombre de places du plan fédéral d\u2019immigration.«Au cours de la dernière année, le Canada s\u2019est retrouvé dépassé devant la générosité exprimée par les Canadiens», justi- fie-t-on dans la nouvelle politique.Québec possède toutefois son propre programme de parrainage de réfugiés et choisit ses propres cibles.Selon les chiffres déjà annoncés par la ministre Kathleen Weil, ce sont jusqu\u2019à 4400 réfugiés parrainés par le privé qui arriveront sur le territoire.Le Devoir "]
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