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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2016-12-31, Collections de BAnQ.

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[" B E N O I T L E G A U L T On peut distinguer quatre types d\u2019étrangers.Il y a ceux de proximité, les Canadiens anglais et les Américains qui mythifient le Québec, lui accordant une aura de raffinement européen.Il y a les Européens, pour qui la province est une interface américaine nichée dans un climat nordique.Et il y a les étrangers de très loin, vivant dans des pays chauds, exotiques, d\u2019où le Québec apparaît comme un pays cher, difficile à atteindre.«Benoit, montre-moi un Montréal où les Anglos ne vont pas », dit mon ami John Matthew, en marge d\u2019un des matchs de baseball des Blue Jays de Toronto disputés à Montréal.John travaille pour les Blue Jays.J\u2019avais l\u2019embarras du choix, car le Montréal que voient les touristes anglos est tout petit, circonscrit.Pour que ce soit facile, je l\u2019emmène donc rue Ontario, dans HoMa, pas bien loin du Stade olympique où jouent les Jays.John était fasciné par une pauvreté bien assumée côtoyant une gentrification élégante.Mais ce qui l\u2019a le plus impressionné, sa rencontre déterminante, fut un hot-dog à 89 cents, relish- moutarde-chou, servi par une wétresse truculente.Il n\u2019en revenait tellement pas qu\u2019il a pris une photo.Et vu que, dans cette rue, tout s\u2019appelle Ontario, ç\u2019était bien amusant aussi.« J\u2019ai adoré pouvoir acheter des saucisses et une bière assortie en même temps chez le saucissier Walter car je ne peux pas faire ça à Toronto.» John a aussi bien aimé se balader en autobus, il avait les yeux grands comme des 30 sous à regarder comment les Montréalais s\u2019habillent, se comportent.New York Stones, le monde est Stones, l\u2019exposition Exhibitionism Page D 5 Saveurs Les ratés et les bons coups de l\u2019année en agroalimentation Page D 6 C A H I E R D \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 1 D É C E M B R E 2 0 1 6 E T D I M A N C H E 1 E R J A N V I E R 2 0 1 7 À quoi rêvent les étrangers quand ils pensent au Québec ?En quoi leurs fantasmes touristiques sont-ils dif férents des nôtres ?Rêvent-ils du mont Tremblant, de la poutine, du Festival de jazz de Montréal et d\u2019autres icônes dont nous faisons la promotion ?Ou rêvent-ils plutôt de grandes forêts, d\u2019animaux sauvages et d\u2019autochtones ?Quelques « étrangers » (des non-résidants du Québec et des Québécois venus d\u2019ailleurs) racontent.Leurs avis sont fascinants, souvent inattendus, et ouvrent des fenêtres sur leur et notre monde.Nous avons aussi consulté beaucoup de guides touristiques écrits sur le Québec.Le Québec des visiteurs L\u2019imaginaire touristique des «étrangers» est-il différent du nôtre ?LUKAS AYKROYD Le Festival d\u2019été de Québec et ses grands spectacles, un attrait indéniable pour les visiteurs.VOIR PAGE D 3 : QUÉBEC RAFAEL OSIO CABRICES La plage du Vieux-Port de Montréal, le fleuve, l\u2019île Sainte-Hélène et le pont Jacques-Cartier : l\u2019architecture urbaine et la nature se déclinent en couches successives qui caractérisent Montréal et d\u2019autres villes du Québec, selon le journaliste latino-américain Rafael Osio Cabrices. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 1 D É C E M B R E 2 0 1 6 E T D I M A N C H E 1 E R J A N V I E R 2 0 1 7 P L A I S I R S D 2 Le groupe d\u2019Anvers, composé de six stylistes issus de l\u2019Académie de la mode, va révolutionner la mode à la fin des années 1980 en inventant l\u2019anti - fashion et en faisant défiler ses collections sur les podiums parisiens.ART DE VIVRE VOYAGES PLEIN AIR VENEZ MARCHER AVEC NOUS ! Marches sur le mont Royal les dimanches matin.Sorties d\u2019un jour d\u2019avril à octobre.Voyages : Costa Rica, Népal, Grand Canyon, Île de Madère (Portugal), Pyrénées, île de Vancouver.Fins de semaine : île aux Lièvres, Charlevoix, Au pays des Amishs .www.randopleinair.com 514 252-3330 Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez au 514 985-3444 CHALETS DES PINS Rawdon, site enchanteur, hébergement en chalet tout confort au bord du lac des Pins.Satellite, foyer au bois, bains à remous, patinoire naturelle, sentiers raquettes.À 2 km des pentes de ski alpin.Offrez-vous du bonheur : www.chaletsdespins.com 450-834-3401 ou 1-877-834-3401 L A N A U D I È R E B O N S P L A N S / E S C A P A D E S J E A N - C L A U D E P O I T R A S en Flandre L a Flandre est une région et une entité fédérée de Belgique qui compte près de six millions et demi d\u2019habitants et qui mise depuis quelques années sur l\u2019inventivité, l\u2019audace, la vision et la pluridisciplinarité de ses industries culturelles et créatives, afin de se démarquer sur la scène internationale avec un succès qui dépasse toutes les attentes.Les Belges ont d\u2019ailleurs été des précurseurs en allant exposer, dès 2009, dans les plus prestigieux salons mondiaux de design, avec des stands collectifs faisant la promotion du design tant flamand et wallon que bruxellois.Les designers les plus influents du pays se retrouvent ainsi regroupés dans une même vitrine qui positionne la Belgique sous la bannière affichant un branding percutant : Belgium Design.Le gouvernement flamand, quant à lui, solidaire de ce mouvement mais convaincu que le temps était venu de penser différemment et d\u2019agir autrement, a poussé cette démarche encore plus loin en se métamorphosant en un noyau mobilisateur et en un accélérateur pour l\u2019ensemble de ses entreprises culturelles et créatives.Ces organismes fédérateurs de tous les horizons, qui regroupent autant les grandes industries et les PME que les créateurs émergents, peuvent compter sur le soutien des ministères de la Culture et de l\u2019Économie, engagés et en parfaite synergie dans ce projet.Les disciplines du design À l\u2019heure où le monde chan - ge et où répondre à la deman - de ne suffit plus, ces initiatives avant-gardistes et hors des sentiers battus, pilotées par des équipes intergénération- nelles composées d\u2019entrepreneurs, de créatifs et d\u2019influen- ceurs soutenus dans leur vision par des politiques qui sont venus là pour avoir un impact, ne peuvent plus être ignorées par nos gouvernements.Cette stratégie globale, qui encourage les échanges interdisciplinaires, redéfinit les disciplines du design et fait reculer les frontières de la créativité, représente un choix de société courageux qui propulse aujourd\u2019hui la culture et l \u2019économie de la Flandre à l\u2019avant-scène par tout sur la planète.Les modèles traditionnels ne fonctionnent plus, la singular i té f lamande d \u2019avoir voulu se repositionner et se redéfinir demeure un modèle inédit et un laboratoire de design thinking qui s\u2019est do n né pour mission de connecter, de collaborer et de cocréer, tout en soutenant l\u2019idée d\u2019agir localement et de penser globalement.Cette terre d\u2019inspiration, au cœur de l\u2019Europe, est devenue depuis quelques années l\u2019incarnation même de son image de marque parfaitement maîtrisée et de son logo qui claironne fièrement Flanders State of the Art.Des institutions novatrices De Hoorn est située à Lou- vain, une des villes universitaires les mieux cotées et les plus branchées d\u2019Europe.Le monument industriel magnifiquement restauré qui abritait la célèbre brasserie Stella Artois, cons truit en 1923 puis abandonné pendant plus de 25 ans, est transformé au- jourd\u2019hui en incubateur d\u2019entreprises créatives uniques.La mixité des entrepreneurs que l\u2019on retrouve dans ce labyrinthe d\u2019idées est fascinante, car on croise autant les grandes sociétés que les start- up dans les multiples espaces de cocréation.C\u2019est un peu comme si les bobos du Plateau, les hypsters du Mile-End et les yuccies (young urban creatives) de Grif fintown s\u2019é - taient trouvé un nouveau repaire.L\u2019énergie qui se dégage de ce vivier d\u2019idéateurs est contagieuse.Flanders DC est une organisation qui se veut une cellule rassembleuse accompagnant l\u2019ensemble des industries créatives flamandes.Ce cercle agit comme catalyseur des forces vives, qui nourrit l\u2019inventivité et la vision futuriste des créatifs, des entrepreneurs et des industriels à la vision hors du commun.Elle soutient ses membres en les reliant, mais elle s\u2019engage également à assurer leur promotion et leur développement, tant en Europe qu\u2019à l\u2019international, avec notamment des participations bien ciblées à tous les rendez-vous importants du design.Flanders DC a également lancé, il y a quelques années, le réseau Districts of Creativity qui réunit 13 régions partout dans le monde.Ensemble, les membres organisent des visites et des conférences et viennent partager leurs expériences et leurs tactiques sur la créativité, l\u2019en- trepreneuriat et l\u2019innovation.Le Musée du design de Gand est un incontournable qui expose, depuis 1903, non seulement de sublimes sélections de mobilier et d\u2019objets décoratifs Art nouveau et Art déco, mais également d\u2019impressionnantes collections consacrées au design contemporain dans la nouvelle aile inaugurée en 1992.On retrouve, dans ce living lab, un lieu qui raconte une belle et grande histoire, mais aussi une mémoire qui inspire et se projette dans l\u2019avenir avec des expositions thématiques combinant savoir-faire et haute technologie.Ce conservatoire se veut la vitrine prestigieuse du design flamand dans ce qu\u2019il a de plus beau et de meilleur à offrir.Modenatie est un édifice au cœur d\u2019Anvers qui regroupe trois établissements reliés à la mode : l\u2019Institut de la mode de Flandre, le musée de la mode MoMu et l\u2019Académie de la mode.L\u2019histoire et le futur On retrouve ainsi, sous un même toit, l\u2019histoire et le futur de la mode flamande comme un épicentre qui interagit, communique et se met au défi de tout bousculer.C\u2019est dans ce hub créatif qu\u2019ont étudié cer tains des créateurs de mode les plus marquants de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle.Rappelons que le groupe d\u2019Anvers, composé de six stylistes issus de l\u2019Académie de la mode, va révolutionner la mode à la fin des années 1980 en inventant l\u2019antifashion et en faisant défiler ses collections sur les podiums parisiens.Parmi ces surdoués, on retiendra surtout Martin Mar- giela, Ann Demeulemeester, Walter Van Beirendonck, Dirk Bikkembergs et Dries Van Noten, qui continuent de créer des collections qui réinventent la mode traditionnelle.Ils ont aussi ouvert la voie à la nouvelle vague des créateurs belges, comme Véronique Leroy et Raf Simons, parmi tant d\u2019autres.La Flandre se retrouve ainsi au carrefour de l\u2019inventivité, de l\u2019audace et de l\u2019innovation, comme une source inépuisable d\u2019inspiration.Collaboration spéciale Le Devoir Notre collaborateur était l\u2019invité du gouvernement de la Flandre.BELGIQUE La Flandre, terre d\u2019inspiration Le triomphe de l\u2019audace et de la singularité JULIEN RENAULT Suspension lumineuse, un design de Maarten De Ceulaer pour la galerie Nilufar.THE POST-COUTURE COLLECTIVE Vêtement féminin : une création signée Kjell de Meersman.Vêtement masculin : une conception d\u2019Emmanuel Ryngaert.Tous deux pour The Post-Couture Collective.STYLE THE PACKAGE DESIGN BOOK 4 ?1/2 En français, en anglais et en allemand Éditions Taschen 2016, 400 pages Le design.Il fait tellement partie de notre quotidien que, souvent, on remarque à peine ses subtilités.Des subtilités qui nous étonnent, nous charment, nous ravissent, nous indiffèrent, nous choquent ou, objectif ultime, nous influencent dans nos choix de consommation.Les emballages sont l\u2019image de produits alimentaires, de soins corporels, de boissons, de cosmétiques, de livres, de produits de luxe et d\u2019autres.Et qu\u2019on adhère ou non au message dif fusé, il est permis d\u2019en apprécier la facture visuelle.Avec The Package Design Book 4, l\u2019éditeur célèbre le 10e anniversaire des Pentawards, la seule compétition internationale de design d\u2019emballage sous toutes ses formes.On y trouve les œuvres vedettes des éditions 2015 et 2016 de cette remise de prix : plus de 400 exemples issus de 40 pays, dont le Canada.Le livre est présenté par les fondateurs des Pentawards, Jean Jacques et Brigitte Evrard.Cette unique compétition est ouverte à tous les professionnels de la création et du marketing, avec mission de promouvoir l\u2019art de l\u2019emballage dans le monde.On peut lire également un texte du spécialiste des marques et du marketing Gérard Caron.Quant au design du bouquin lui-même, on s\u2019y attendait un peu vu le sujet, il est simplement magnifique.Couverture rigide, papier glacé épais, contenu intéressant, tout y est pour le plaisir des yeux et de la lecture.D\u2019embal- lants emballages, quoi ! Diane Précourt LA VITRINE John Matthew a apprécié les boutiques émergentes et les restos de hipsters barbus, mais de ça, il y en a beaucoup à Toronto.Le spectacle du monde Quand je voyage dans les pays latins, en Italie notamment, j \u2019adore regarder les gens car leurs sentiments sont si évidents.Nos Anglos vivent ici le même type de fascination.« Sur le plan culturel, un de mes grands moments de 2016 a été de voir des gros shows internationaux de rock au Festival d\u2019été de Québec, avec des centaines de milliers de spectateurs exubérants », dit Lukas Aykoyd, un des meilleurs jour nalistes touristiques au Canada.I l couvre beaucoup aussi la musique et les spor ts depuis Vancouver.« Les gens sont dans leur bulle, sur la côte Ouest, quand ils assistent à un spectacle.Ici, c\u2019est plus convivial, voir un show est une expérience collective.Voir un match de hockey aussi ; assister à un match des Canadiens, c\u2019est unique.Le Centre Bell est la cathédrale du hockey avec son orgue ! » Lucas dit que la nature québécoise ne l\u2019attire pas tellement, « car il y a pas mal de nature chez moi.Mais je n\u2019oublierai jamais une balade en scooter sur le mont Royal pendant les couleurs d\u2019automne, en route vers le marché Jean- Talon ».Arbres en ville Le marché Jean-Talon fascine les étrangers.Les Nord- Américains baignent joyeusement dans son ambiance bohème, les Européens adorent y trouver des produits québécois exceptionnels, au Marché des saveurs notamment.« Le marché Jean-Talon me permet de me sentir chez moi à Montréal » , explique Rafael Osio Cabrices, journaliste et auteur vénézuélien basé dans la métropole.«Montréal me rappelle aussi Caracas à cause de toute la nature qu\u2019on voit et qu\u2019on sent dans la ville », dit-il.Il rejette toutefois la perception du Québécois latin.«C\u2019est vraiment de la foutaise.Viens au Venezuela, tu verras c\u2019est quoi, le caractère latin.Les Québécois sont très calmes, posés.En outre, les hommes d\u2019ici ne sont pas du tout machistes comme le sont ceux de chez nous.» Le Québec est donc latin pour les Anglo-Saxons et nordique pour les Latins ! Des visas pour le Canada On ne se rend pas compte, ici, à quel point il est souvent dif ficile pour des étrangers d\u2019obtenir un visa afin de visiter le Canada.« Pour la plupart des Latino-Américains, le visa de touriste pour le Canada est plus cher et plus dif fi- cile à obtenir que celui pour les États-Unis.Les Latino-Américains qui peuvent venir ici vont vraiment apprécier les restaurants, la vie culturelle intense et les festivals de Montréal, explique Rafael.Très peu de villes de l\u2019Amérique latine ont une vie culturelle comparable.Il y a Mexico, Buenos Aires, et peut-être les méga- poles du Brésil.» Et l\u2019hiver québécois, est-ce exotique et attirant ?« Très peu de Latino-Américains rêvent de l \u2019hiver.Nous avons peur du froid ! Toute température sous les 22 °C est considérée comme froide chez nous, alors l\u2019hiver comme attrait, non, pas vraiment.Malgré tout, c\u2019est sûr que tous les enfants aiment l \u2019hiver et c\u2019est bien de leur montrer cela une fois.Mais il faut alors acheter des vêtements juste pour un voyage.Ça fait beaucoup d\u2019argent », dit-il.La Gaspésie, oui et non Cadre chez Hydro-Québec, Kim-Nhan L y est la tante de l\u2019auteure Kim Thúy.Arrivée avec la vague des boat people vietnamiens à la fin des années 1970, elle conserve un tendre souvenir de la région de Gran - by qui l\u2019a accueillie.Et la première qu\u2019elle a voulu visiter, c\u2019est la Gaspésie.« J\u2019en avais fait le tour en auto avec mon chum.C\u2019était un classique touristique incontournable à l\u2019époque.J\u2019ai adoré, mais j\u2019ai peu visité les autres régions du Québec.Pour le moment, mes voyages, c\u2019est surtout aller dans le Sud et aller voir ma famille disséminée dans plusieurs lieux.» La jeune peintre et entrepre- neure française Aurélia Bi- zouard a vécu en de nombreux endroits au Canada, dont Montréal.Arrivée au pays il y a quelques années, elle n\u2019a pas vu la Gaspésie.«Les voyagistes français ne semblent pas privilégier cette région.Après Québec, on avait visité en groupe Charlevoix et le Saguenay, avec Tadoussac et ses baleines.Voir la grande nature, aller à la rencontre des Québécois, c\u2019était le but du voyage initial » , ex- plique-t-elle.«Plus tard, je suis allée sur la Côte-Nord et j\u2019ai pris un traversier vers la Gaspésie en hiver.Le choc des glaces sur la coque, c\u2019était formidable.Le Québec devrait peut-être promouvoir davantage ce type d\u2019expérience », dit Aurélia Bizouard, qui habite maintenant Vancouver.Des guides Nous avons consulté la majorité des guides internationaux écrits en français et en anglais sur le Québec.La Gas- pésie et les autres régions touristiques très éloignées des grands centres sont relativement peu décrites.Le Vieux-Québec et le Montréal culturel sont bien sûr les vedettes de tous les guides, avec des sections secondaires sur les régions limitrophes.Le fjord du Saguenay et la côte de Charlevoix apparaissent comme les étoiles actuelles du tourisme régional tourné vers l\u2019étranger.Les Laurentides et l\u2019Estrie sont aussi régulièrement mentionnées.Et les îles de la Madeleine exercent une cer taine fascination.On a toujours l\u2019impression que les étrangers viennent ici pour vivre la culture autochtone.Pourtant, les mentions de ce tourisme sont courtes et furtives dans les guides touristiques étrangers.La reconnaissance étrangère de l\u2019histoire exceptionnelle du Québec est évidente.Par exemple, dans un Insight Guide du Royaume-Uni, on écrit : «Les premiers Nord-Américains après les Indiens, ce sont les Québécois.» Au final, les étrangers semblent aimer à peu près les mêmes attractions et les mêmes endroits que les Québécois, mais pour des raisons dif férentes, en fonction de leurs traits culturels et de leurs motivations touristiques.Collaborateur Le Devoir ?Benoit Legault a beaucoup écrit sur le Québec pour des publications étrangères : le Guide du routard, l\u2019édition britannique du Guide Vert Michelin, les guides américains Frommer\u2019s et USA Today.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 1 D É C E M B R E 2 0 1 6 E T D I M A N C H E 1 E R J A N V I E R 2 0 1 7 P L A I S I R S D 3 «Très peu de Latino-Américains rêvent de l\u2019hiver, explique Rafael Osio Cabrices.Nous avons peur du froid ! Toute température sous les 22°C est considérée comme froide chez nous, alors l\u2019hiver comme attrait, non, pas vraiment.Malgré tout, c\u2019est sûr que tous les enfants aiment l\u2019hiver.» TOURISME Pour réserver un espace publicitaire, contactez Caroline Filion au 514 985-3444 ou cfilion@ledevoir.com DÉPART de groupe guidé en français du 28 février au 20 mars 2017 *par personne en occupation double (frais d\u2019OPC non inclus) Supplément occupation simple 1349 $ Vol au départ de Montréal avec Air Canada · Programme de 19 nuits (Hôtels 4*) Inclus 1 nuit de campement dans le désert de Thar · 3 repas par jour (57 repas inclus) Maximum 17 personnes · Accompagnateur de Montréal 2055 rue Peel #525, Montréal, QC H3A 1V4 Tél : 514-844-3616 / 1877 887-7843 www.legroupevip.com · info@legroupevip.com Rabais de 1 00$ par personn e pour réservati on effectuée jusqu\u2019au 13 ja nvier 2017.*Tarif paiemen t par chèque.MERVEILLES de L\u2019INDE DU NORD et DU RAJASTHAN RESTE 2 PLACES seulement 4 599 $ P e r m i s d u Q u é b e c 4 499 $* Le Spécialiste de Dubaï avec des milliers de voyageurs satisfaits Forfait 7 nuits d\u2019hôtel à partir de1999$ Incluant le vol, hôtel 4*, tous les petits déjeuners, les transferts + Obtenez un tour de ville gratuit de 4hrs en mentionnant le Devoir Nos forfaits les plus populaires : \u2022 Forfait 9 nuits Duo Dubaï & Abu Dhabi \u2022 Forfait Golf 7 nuits / 4 parties \u2022 Forfait Croisière 7 nuits + 4 nuits d\u2019hôtel à Dubaï 1.844.29DUBAI Prix applicable jusqu\u2019au 31 mai 2017.FICAV 1$/1000$.Titulaire de Permis du Québec.Obtenez votre devis gratuit subito presto ! www.godubai.ca/ledevoir SUITE DE LA PAGE D 1 QUÉBEC AURÉLIA BIZOUARD Le Vieux-Québec baigne dans une lumière colorée en fin de journée.Ce lieu magique demeure l\u2019attraction numéro un pour les marchés internationaux.PIERRE CHARBONNEAU TOURISME QUÉBEC Des fruits de mer servis à l\u2019Auberge de montagne des Chics-Chocs, en Gaspésie.La gastronomie québécoise est à la fois excellente et abordable, un point fort de l\u2019attrait du Québec.Les gens sont dans leur bulle, sur la côte Ouest, quand ils assistent à un spectacle.Ici, c\u2019est plus convivial, voir un show est une expérience collective.Assister à un match des Canadiens, c\u2019est unique.Le Centre Bell est la cathédrale du hockey avec son orgue! Lukas Aykoyd, journaliste touristique au Canada, couvre aussi la musique et les sports depuis Vancouver.« » Les Latino-Américains qui peuvent venir ici vont vraiment apprécier les restaurants, la vie culturelle intense et les festivals de Montréal Rafael Osio Cabrices, journaliste et auteur vénézuélien basé à Montréal « » P R O P O S R E C U E I L L I S P A R C A R O L Y N E P A R E N T Comment est née l\u2019idée de Turo?D\u2019un constat sans appel.À l\u2019heure actuelle, les voitures passent plus de 95 % de leur « vie » sur un parking ou dans un garage.Dans le monde, cela représente des centaines de milliards de dollars d\u2019actifs, des actifs se dépréciant à une vitesse folle (une voiture perd déjà une bonne partie de sa valeur au moment où elle quitte le con cessionnaire automobile) et occasionnant, malgré leur faible utilisation, beaucoup de frais à leurs propriétaires (assurances, entretien, etc.).Turo résout ce problème en proposant aux gens de transformer leur voiture en machine à gagner de l\u2019argent.Ne faites-vous pas face à une certaine réticence de la part des propriétaires?Après tout, partager sa voiture ne va pas de soi.L\u2019idée de laisser les clés de son auto à un inconnu est un concept encore relativement nouveau, et il est vrai qu\u2019il y avait au début un certain frein «psychologique ».Mais il n\u2019y a pas si longtemps, il paraissait encore saugrenu de laisser un inconnu dormir chez soi\u2026 Au cours des cinq dernières années, la croissance de l\u2019économie du partage a changé la donne et bouleversé les com- por tements des consommateurs.Turo s\u2019inscrit dans cette tendance et nous faisons le pari que, dans quelques années, il sera tout à fait naturel de partager sa voiture.Depuis notre lancement au pays [en avril dernier], plus de 100 000 Canadiens se sont inscrits sur Turo et des milliers d\u2019entre eux y ont inscrit leur(s) voiture(s).Aujourd\u2019hui, le Québec est la province la plus dynamique de toutes, et Montréal arrive en tête avec plusieurs centaines de voitures disponibles dans la ville et aux alentours.Quel est le profil sociodémo- graphique des utilisateurs du service?Cela va de l\u2019aîné aux revenus limités qui voit en Turo un excellent moyen d\u2019arrondir ses fins de mois au quadragénaire urbain plutôt aisé pour qui Turo est un passeport vers l\u2019achat d\u2019une voiture qui le fait rêver, en passant par l\u2019étudiant qui utilise le service pour gagner de l\u2019argent tout en se concentrant sur ses études.Les gains moyens mensuels sont estimés à 500 $, mais combien en coûte-t-il pour annoncer sa voiture sur Turo et quel est le pourcentage de la commission?Il n\u2019y a aucuns frais d\u2019inscription.Nous prélevons une commission qui représente 25 % du prix [de location] af fiché sur le site.Le fait d\u2019inscrire sa voiture sur Turo entraîne-t-il une hausse du coût de la prime d\u2019assurance- automobile?Non, il n\u2019y a aucune répercussion financière.Comme l\u2019assurance est incluse dans chaque réservation, celle du propriétaire n\u2019est jamais en cause et il n\u2019y a donc aucune raison pour que sa prime personnelle augmente.Nous avons négocié des ententes avec de nombreuses compagnies d\u2019assurances au Canada et au Québec (Intact, Belairdirect, La Capitale, L\u2019U - nique, SSQauto, Industrielle Alliance) pour que leurs assurés puissent participer à Turo sans encombres.Quels sont les avantages de louer un véhicule par l\u2019entremise de Turo plutôt que par une agence de location automobile traditionnelle?Trois grands facteurs poussent les gens à louer une voiture sur Turo plutôt que dans une agence.Le premier est le prix.Comme nos propriétaires de voiture n\u2019ont pas à assumer les coûts associés à une activité de location traditionnelle, ils peuvent proposer des prix en moyenne de 30 % moins élevés que les agences.Le deuxième facteur est le choix de véhicules disponibles.Sur Turo, on est très loin de l\u2019expérience proposée par les agences, qui cantonnent le consommateur à une « catégorie » de véhicule, sans aucune garantie de modèle ni de marque.Qui, aujourd\u2019hui, arrive à s\u2019identifier à la catégorie « compacte » ou « économie » d\u2019une agence traditionnelle ?Qui ne s\u2019est jamais demandé si la voiture qu\u2019on nous a donnée au comptoir de location correspond effectivement à la catégorie demandée ?Si vous achetez un article sur Amazon, il vous paraît évident que vous allez recevoir cet article précis, et non un article «similaire».Pourquoi, alors, accepter l\u2019expérience que proposent les agences de location traditionnelles?Turo étant la seule solution de rechange, voilà pourquoi tant de personnes se mettent à l\u2019utiliser : ils ont la garantie de conduire la voiture qu\u2019ils souhaitent pour l\u2019occasion, et au budget voulu.Troisièmement, l\u2019expérience Turo est plus personnelle.La voiture que vous louez d\u2019un particulier a un caractère et une histoire, tout comme son propriétaire.Cela donne une dimension humaine à l\u2019expérience.Je ne me souviens d\u2019aucune des voitures que j\u2019ai louées dans des agences traditionnelles, mais j\u2019ai un souvenir très précis de toutes celles que j\u2019ai louées sur Turo, et cela change tout.Quels sont les types de véhicules les plus populaires?De façon générale, les voitures difficiles à trouver ou qui sont chères dans les agences traditionnelles (minifourgon- nettes, Smart, BMW, Merce - des, etc.) sont par ticulière- ment réclamées.C\u2019est généralement le point d\u2019entrée pour beaucoup de nos utilisateurs, qui utilisent ensuite Turo pour tous leurs besoins de location.Il est très difficile de revenir à la location traditionnelle lorsqu\u2019on a utilisé Turo! Collaboratrice Le Devoir Renseignements: turo.com.Né à San Francisco en 2009 et of fert au pays depuis le printemps dernier, le service de partage d\u2019autos entre particuliers Turo fait le pari qu\u2019on préférerait gagner de l\u2019argent plutôt que de laisser dormir sa Honda dans la rue.Et ça gaze, selon Cé- dric Mathieu, directeur de Turo Canada.Entrevue.L\u2019autopartage de véhicules entre particuliers Un service en train de faire son bonhomme de chemin L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 1 D É C E M B R E 2 0 1 6 E T D I M A N C H E 1 E R J A N V I E R 2 0 1 7 P L A I S I R S D 4 Le profil des utilisateurs de Turo?Cela va de l\u2019aîné aux revenus limités qui voit là un excellent moyen d\u2019arrondir ses fins de mois au quadragénaire urbain plutôt aisé pour qui le service est un passeport vers l\u2019achat d\u2019une voiture de rêve, en passant par l\u2019étudiant qui veut gagner de l\u2019argent tout en se concentrant sur ses études.TENDANCE Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 329 Horizontalement I.Méritocratie.II.Alopécie.Ion.III.Rades.Dent.IV.Gré.Tor.Buse.V.Ogre.Ses.Bon.VI.Ui.Ps.Tsars.VII.Léviathan.Té.VIII.Isba.Toc.IX.Nés.Lugubres.X.Scélératesse.Verticalement 1.Margoulins.2.Elargie.Ec.3.Roder.Vise.4.Ipé.Epis.5.Test.Sable.6.Oc.Os.Taur (ruât).7.Cidre.Ga.8.Rée.Statut.9.Nb.Snobe.10.Tituba.Crs.11.Io.Sort.Es.12.Encenseuse.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 330 1.Sortie brutale ou entrée très recherchée.2.Equipements pour gens de lettres.3.Toujours un peu de mauvaise humeur.4.Fait encore courir le monde.Grandes pages d\u2019histoire.Fuir à la fin.5.Ouverture sur Le Monde.Pompes américaines.6.Remis en place.Passe avant l\u2019âne.7.Travailleur.Possessif.Pour les proches.8.Protège le chevalier.A gagner en attendant la belle.9.Le blanc n\u2019existe pas.Faire l\u2019innocent.10.Point.Petit ensemble.Forme de rire.11.Petits grains à surveiller.Ouvrage.12.Moins rugissants que les suivants.I.Sortie importante.II.Met son ouvrage à mal.Récompense les meilleures toiles.III.Le fils l\u2019a fait entrer dans la famille.N\u2019ira pas jusqu\u2019au bout.IV.Vient rarement du ciel.Se mettent à quatre sur le tapis.Encadrent la version.V.Antichambre de la maternité.Attaque bassement.VI.Méthode placebo sortie de son officine.Grecque.VII.Accompagne les \u201cho\u201d.Inscrit en marge.VIII.Bout de terre.Le scandium.Démonstratif.Club phocéen.IX.Née du chaos.Bien isolé.X.Très mauvaises affaires dans le monde des affaires.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde ISTOCK À l\u2019heure actuelle, les voitures passent plus de 95 % de leur \u201c vie \u201d sur un parking ou dans un garage Cédric Mathieu, directeur de Turo Canada « » L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 1 D É C E M B R E 2 0 1 6 E T D I M A N C H E 1 E R J A N V I E R 2 0 1 7 P L A I S I R S D 5 Avant que Mick Jagger ne devienne cet élégant homme du monde et que Keith Richards ne se transforme en laboratoire toxicologique ambulant, les colocataires n\u2019étaient que de jeunes Anglais complètement obnubilés par le blues de Howlin Wolf \u2019 et de Muddy Waters, selon la commissaire de l\u2019expo Ileen Gallagher.NEW YORK CÔTES DE BOURG CHÂTEAU BUJAN SAQ 862086 - 22,45 $ « .un vin de soir et d\u2019entrecôte grillée.J\u2019ai déjà faim! » Jean Aubry, Guide Aubry 2017, sur le millésime 2014 D O M I N I C T A R D I F S ur une table bancale : des bouchons de bière, des assiettes constellées de mégots et de restes de nourriture en putréfaction, ainsi que plusieurs autres corps morts d\u2019origine non identifiée.Dans l\u2019évier : de la vaisselle sale, de la vaisselle sale et encore de la vaisselle sale.Très sale.Une poubelle, juste à côté, semble sur le point de vomir son contenu par terre.Sommes-nous dans le logis d\u2019une souillonne bande de cégépiens qui auraient un peu trop arrosé leur fin de session la veille ?Même pas ! Bienvenue au cœur de la crasseuse garçonnière qu\u2019ont partagée pendant 13 mois, en 1962 et 1963, Mick Jagger, Brian Jones et Keith Richards.«Ils étaient les pires salauds au monde.Ils ne ramassaient jamais rien», se rappelle au sujet du 102 Edith Grove de Londres le plus aristocrate des batteurs, Charlie Watts, qui osait parfois passer la nuit dans ce décor d\u2019une patine digne d\u2019une toile de Courbet, reconstitué par l\u2019exposition Exhibitionism, présentement à l\u2019affiche à New York.Après la muséification du rock, assisterions- nous à sa grévinisation?Peut-être, mais pas forcément pour le pire.L\u2019idée en apparence tout à fait grotesque \u2014 recréer l\u2019appartement de jeunesse de mythes vivants \u2014 tient moins ici de l\u2019entreprise de fétichisation que d\u2019un désir de jeter (très efficacement) les bases d\u2019un récit.Avant que Mick Jagger ne devienne cet élégant homme du monde et que Keith Richards ne se transforme en laboratoire toxicologique ambulant, les colocataires n\u2019étaient que de jeunes Anglais complètement obnubilés par le blues de Howlin Wolf\u2019et de Muddy Waters, insiste la commissaire Ileen Gallagher.Complètement obnubilés au point d\u2019oublier de passer le balai et de ramasser leurs ordures.Artisanat rock\u2019n\u2019roll Sans complètement éviter la redite, Exhibitionism et ses 500 artefacts (instruments, vêtements, maquettes) parviennent à rafraîchir le discours autour des Stones, surtout lorsqu\u2019ils mettent en lumière les studieux artisans qu\u2019ont été dès le départ les Glimmers Twins.On les savait acharnés en matière d\u2019hédonisme, peut-être un peu moins en matière de travail.Leur succès monstre apparaît ainsi comme le fruit d\u2019une étude jamais interrompue des codes de la musique populaire \u2014 blues, folk et country \u2014 ainsi que d\u2019une foi inentama- ble dans les pouvoirs du rock.La réplique des Olympic Studios occupant une des salles principales raconte quant à elle le rapport au temps particulièrement singulier que préconisent les Stones au moment de mettre en boîte un album.Réunis dans l\u2019aquarium, les cinq musiciens (aujourd\u2019hui quatre) cherchent sans compromis le moment parfait, une quête tenant autant de la chasse que de la patience monastique.« Ils peuvent jouer au snooker pendant trois heures, commander à manger, regarder un combat de boxe, puis décider que c\u2019est là que ça se passe », explique leur réalisateur depuis les années 1990, Don Was.Ébahissement total devant les petites consoles permettant au visiteur de devenir technicien de son et de détacher chacune des pistes de plusieurs chansons.Le piano exaltant et vivifiant de Ian Stewart dans Rocks Off, la guitare excentrique et sauvage de Ron Wood dans Start Me Up, la ligne de basse essentielle de Bill Wyman dans Miss You surgissent des écouteurs comme autant de clés d\u2019une œuvre aux envoûtements à ce jour encore mystérieux.Les pistes isolées fascinent pourtant moins au final en ce qu\u2019elles exposent du jeu de chacun qu\u2019en ce qu\u2019elles révèlent de la puissante alchimie de ces bonshommes-là, lorsque réunis.L\u2019iconographie du groupe, le design de ses pochettes soigneusement supervisé par Mick et Charlie, la conception des scènes herculéennes qui deviendront obligatoires à partir de la tournée Steel Wheels en 1989, les portraits polychromes de Mick imaginés par Andy Warhol, les flamboyants costumes de scène (plus de 70) : chaque portion de cette enivrante rétrospective répète à sa manière que, contrairement à ce que veut un cer tain adage, le rock\u2019n\u2019roll, ce n\u2019est pas juste du rock\u2019n\u2019roll.Collaborateur Le Devoir EXHIBITIONISM Jusqu\u2019au 12 mars Chez Industria, dans West Village, à New York Stones, le monde est Stones L\u2019exposition Exhibitionism recrée l\u2019appartement de jeunesse des Rolling Stones et raconte le mythique groupe anglais à l\u2019aide de 500 artefacts EXPOSITION EXHIBITIONISM Chaque portion de cette rétrospective, dont les flamboyants costumes de scène (plus de 70), répète à sa manière que, contrairement à un certain adage, le rock\u2019n\u2019roll, ce n\u2019est pas juste du rock\u2019n\u2019roll. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 1 D É C E M B R E 2 0 1 6 E T D I M A N C H E 1 E R J A N V I E R 2 0 1 7 PLAISIRS D 6 V oici un petit bilan annuel, non exhaustif, du secteur agroali- mentaire : cinq échecs (qui peuvent rebondir !) et cinq succès (qui peuvent tomber !).Je profite de cette dernière chronique en 2016 pour dire à ceux qui ont à cœur de bien nous nourrir : tenez bon ! Souhai- tons-nous le meilleur.Dans l\u2019assiette comme ailleurs.Allez, commençons par les ratés Fromage.Le programme fédéral de compensation financière pour pallier les pertes du secteur laitier devant l\u2019arrivée des 17 700 tonnes additionnelles et annuelles de fromages européens, dans le cadre de l\u2019Accord économique commercial et global (AECG) Canada-Union européenne, ne fait aucune distinction entre les provinces, ainsi qu\u2019entre les gros et les petits transformateurs.Pourtant, le Québec produit 40 % du lait et 60 % des fromages fins pour tout le pays.Des pinottes pour nos artisans fromagers.Maïs.Depuis 2014, l\u2019Association des producteurs de maïs sucré de Neuville souhaite obtenir une « indication géographique protégée » (IGP).Le dossier, qui suivait son petit bonhomme de chemin, s\u2019est retrouvé bloqué à l\u2019automne.Les demandeurs veulent, en effet, protéger non pas un, mais quatre termes : maïs et blé d\u2019Inde (des synonymes), ainsi que maïs sucré de Neuville et maïs de Neuville (certains producteurs l\u2019affichent, d\u2019autres pas).Une première pour le ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation du Québec, qui a estimé que le dossier n\u2019était pas assez étoffé.Les demandeurs ont donc revu leur copie en enrichissant leur argumentaire, mais sans lâcher prise sur la requête initiale.Et c\u2019est reparti pour un tour! Organismes génétiquement modifiés (OGM).La demande pour un étiquetage obligatoire des OGM a reçu un coup de massue avec la récente recommandation fédérale, émanant du Comité permanent de l\u2019agriculture et de l\u2019agroalimentaire, de ne pas rendre obligatoire l\u2019étiquetage du saumon AquAd- vantage.Ce premier animal modifié génétiquement devrait donc arriver sur le marché en 2018, ni vu ni connu, après 18 mois de poussée fulgurante dans les bassins de l\u2019entreprise AquaBounty.Avant lui, la pomme Arctic de la compagnie Okanagan Specialty Fruits \u2014 qui ne brunit pas lorsqu\u2019on la coupe ou la croque \u2014 devrait se pointer.Deux OGM directement dans nos assiettes! Aussi, tandis que certains se réjouissaient de ce voisin inspirant, la loi pour l\u2019étiquetage obligatoire des OGM dans le Vermont s\u2019est fait tasser par un amendement fédéral ayant préséance sur elle.Au Québec, on attend toujours que le dossier décoince\u2026 Trop de restos?Il y a un an pile, un restaurateur lançait ce débat relayé par d\u2019autres : « Il y a trop de restos à Montréal ! À Québec ! Et ailleurs dans la province ! » On mélange un peu tout dans cette af faire : la réflexion qui devrait systématiquement s\u2019enclencher quant au développement urbain d\u2019un secteur en devenir ou en revitalisation, les compétences des uns et pas des autres (es-tu un « vrai » chef ayant fait une école ?un gestionnaire ?), le principe du libre marché\u2026 Une restaurantite aiguë complexe et mal soignée.Trump.Le trumpisme qui s\u2019installera officiellement à la Maison-Blanche à compter du 20 janvier risque de faire trembler plus d\u2019un accord commercial.Avec toutes les annonces entourant la future politique protectionniste du président désigné américain, on se demande bien, en effet, ce qui va advenir de certains échanges.Les États-Unis sont notre premier partenaire commercial.Il va en falloir, des ronds de jambe et des facilitateurs, pour que les marchés s\u2019y retrouvent de part et d\u2019autre\u2026 Et du côté des bons coups Antigaspillage.C\u2019est fou le nombre d\u2019initiatives citoyennes ou de jeunes entreprises qui se sont lancées cette année afin de proposer leurs solutions pour contrer le gaspillage alimentaire.Épiceries d\u2019aliments en vrac, emballages écologiques, frigos communautaires\u2026 En 2017, on devrait poursuivre sur cette lancée.Attention, toutefois : il ne faudrait pas que le gaspillage alimentaire vire en gros business.Ce serait oublier les bonnes intentions de départ.Bio.Au Québec, la filière biologique se développe, particulièrement dans le secteur laitier, où la production totale de lait devrait avoir doublé d\u2019ici 2023, tel qu\u2019annoncé par son syndicat de producteurs.Biologique, cela veut dire que la ferme est considérée et gérée comme un écosystème, respectueuse de son environnement et du bien-être de ses animaux, que les OGM y sont interdits dans l\u2019alimentation animale\u2026 Super ! Reste toutefois à régler les histoires de contamination croisée entre champs de cultures biologiques et ceux de cultures génétiquement modifiées, comme la luzerne génétiquement modifiée, une nouveauté plantée cette année en Ontario et au Québec.Guide alimentaire.Plusieurs professionnels de l\u2019alimentation et spécialistes en santé publique réclamaient depuis longtemps une révision du Guide alimentaire canadien, la dernière datant de 2007.C\u2019est chose faite.La première phase de consultation publique vient de s\u2019achever.Mais le processus ne fait que commencer.Santé Canada vise la fin de l\u2019année 2018 pour produire de «nouveaux modèles d\u2019alimentation saine [quantité et types d\u2019aliments recommandés] » et de « nouvelles ressources pour les Canadiens».Identité.La réflexion s\u2019amorce sur la question de savoir «qui nous sommes comme mangeurs québécois, d\u2019où nous venons et quels sont nos marqueurs identi- taires par rapport à d\u2019autres».À travers diverses initiatives, des films documentaires, des publications, des expositions\u2026 on se questionne, on réfléchit.Montréal sera la grande vedette de 2017 du haut de ses 375 ans.Mais pas seulement.Les festivités devraient générer des retombées positives pour toutes les entreprises du Québec qui en font une métropole gourmande.Sommet.Dans le cadre du futur Sommet sur l\u2019alimentation, qui se tiendra en novembre 2017, et en vue de sa prochaine politique bioalimen- taire (élections en vue en 2018\u2026), le ministre de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation du Québec, Pierre Paradis, a décidé d\u2019organiser trois grandes rencontres préparatoires.La première a placé les consommateurs au cœur du débat afin de recueillir leur avis sur différents enjeux alimentaires.Les « doléances » conti - nuent d\u2019être partagées sur la plateforme Web créée expressément dans ce but.Les deux prochaines rencontres, l \u2019une en février, l \u2019autre en mai 2017, s\u2019adresseront à des groupes d\u2019acteurs du secteur agroalimentaire.SAVEURS Les ratés et les bons coups de 2016 en agroalimentation Après avoir mis le couvert toute l\u2019année, c\u2019est le temps de débarrasser ISTOCK Un Sommet sur l\u2019alimentation se tiendra en novembre 2017.Le ministre de l\u2019Agriculture, Pierre Paradis, a prévu trois rencontres préparatoires, la dernière devant avoir lieu en mai prochain.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le programme fédéral de compensation représente des pinottes pour les producteurs laitiers québécois af fectés par l\u2019AECG.SOPHIE SURANITI Par David Côté, chef chez Crudessence Fondant de chocolat à la bière noire Temps de préparation : 45 minutes 200 gr de chocolat noir 4 œufs ½ tasse (95 g) d\u2019huile de noix de coco ½ tasse (70 g) de farine de kamut 3/4 tasse (90 g) de sucre de canne 75 ml (¼ tasse) de bière noire 1 pincée de sel de mer Préparation Préchauffer le four à 400°C (750°F).Dans une casserole, faire fondre à feu doux le chocolat et l\u2019huile de coco.Dans un bol, mélanger les œufs, le sucre et la bière.Ajouter le mélange de chocolat fondu et battre au fouet.Ajouter graduellement la farine de kamut.Sentir l\u2019excitation monter.Verser dans un moule à muffin préalablement graissé avec l\u2019huile de coco, remplir jusqu\u2019au rebord.Mettre au four pendant 10 minutes (top chrono!).Éviter de cuire davantage afin que le centre reste coulant.Déguster avec ce qu\u2019il reste de la bière noire.Vous allez nous remercier.Cette recette figurera dans le livre Fermentations et révolution.Kombucha, kéfir, miso et 70 autres recettes fermentées, de David Côté et Sébastien Bureau, publié aux éditions de l\u2019Homme en mars 2017.Crudessence, 105, rue Rachel Ouest, Montréal ?514 510-9299.crudessence.com "]
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