Le devoir, 5 janvier 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I N o 3 0 1 L E D E V O I R , L E J E U D I 5 J A N V I E R 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le Monde \u203a États-Unis.Obama vole au secours de l\u2019« Obamacare » devant le Congrès.Page B 5 Économie \u203a Marché du travail.La planète n\u2019est pas prête à faire face à la révolution en cours.Page B 1 Avis légaux.A 4 Décès.B 6 Météo.B 2 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Des in?rmières seront payées durant leur pause repas Page A 3 Le vivre-ensemble québécois enseigné à la Sorbonne Page A 2 D A N I E L L E L A U R I N à Paris D epuis plusieurs mois, il y a méprise : le problème de Donald Trump, président américain désigné sur le point d\u2019être assermenté, ce n\u2019est pas son style.Son style dit plutôt le problème qu\u2019il est.«Le corps dégoûtant et grotesque de Trump, violent, c\u2019est en fait le monde de valeurs qu\u2019il a proposé à ses électeurs.C\u2019est un monde d\u2019arrogance, qui témoigne d\u2019une inattention extraordinaire aux autres », explique l\u2019essayiste française Marielle Macé.«La façon dont il traite les femmes, les femmes de qui il s\u2019entoure : cela dit le genre de rapports entre hommes et femmes qu\u2019il propose.Le fait qu\u2019il n\u2019a jamais pu s\u2019entourer de corps noirs nous dit aussi quelque chose de lui », ajoute celle qui vient de publier Styles.Critique de nos formes de vie (Gallimard).Autrement dit : «La façon dont Trump cherche à être tout à fait indif férent à toutes sortes de choses découle d\u2019une chaîne de valeurs.» ESSAI Le style comme mode de vie Loin d\u2019être superficiels, le ton et la manière témoignent d\u2019un choix de valeurs, dit Marielle Macé CATHERINE HÉLIE GALLIMARD Le style révèle une profondeur existentielle, sociale et politique, écrit Marielle Macé.VOIR PAGE A 8 : STYLE P H I L I P P E O R F A L I L\u2019 avenir du bilinguisme au Canada est, pour l\u2019essentiel, une affaire de francophones.Si les trois quarts d\u2019entre eux jugent cette langue menacée, à peine le tiers de leurs voisins an- glos partagent cet avis, révèle un sondage commandé par Ottawa à la veille du 150e anniversaire du pays.Les « deux solitudes » décrites par l\u2019auteur Hugh MacLennan en 1945 se parlent au- jourd\u2019hui peut-être davantage, mais leur appréciation et perception des deux langues of fi- cielles demeurent, elles, bien distinctes, révèle ce coup de sonde mené pour le ministère du Patrimoine auprès de 1501 répondants téléphoniques de partout au pays, en avril et mai dernier.La dualité linguistique est perçue comme un atout qui « facilite la compréhension entre les Canadiens », croient 82 % des répondants.Cet élément fait également partie de notre identité comme pays (70 % d\u2019accord, dont 54 % for te- ment d\u2019accord).Parler le français et l\u2019anglais améliorerait aussi les chances de trouver un emploi pour 80 % des personnes sondées.SONDAGE SUR LE BILINGUISME Deux solitudes, deux constats LA NÉBULEUSE D\u2019ORION SE DÉVOILE EUROPEAN SOUTHERN OBSERVATORY/AGENCE FRANCE-PRESSE Une pouponnière d\u2019étoiles située à 1350 années-lumière de la Terre, saisie de façon détaillée par un télescope: l\u2019Observatoire européen austral a publié mercredi une image spectaculaire de la célèbre nébuleuse d\u2019Orion.Elle a été prise par le télescope VISTA, qui permet de voir des lumières que l\u2019œil humain ne détecte pas.La nébuleuse est une «fabrique à étoiles massives» constituée de gaz et de poussières interstellaires.Elle s\u2019étend sur une trentaine d\u2019années-lumière.Bien connue des astronomes amateurs, la nébuleuse est observable depuis la Terre avec une petite lunette ou des jumelles.I S A B E L L E P O R T E R A près avoir recruté des centaines de machinistes, mécaniciens et soudeurs en Amérique centrale, un entrepreneur québécois s\u2019apprête à former des orphelines du Nicaragua dans le but de les faire venir travailler au Québec comme aides familiales.« On est en train de l\u2019élaborer et de faire les budgets, et probablement qu\u2019en 2017 ça va se réaliser.Donc en 2018-2019, les premiers formés vont s\u2019en venir ici », avance Luc Plamondon, président de Travailleurs sans frontières.« Le marché qu\u2019on vise, c\u2019est les personnes âgées parce que les CHSLD sont pleins et que les gens restent à la maison.Sauf qu\u2019à la maison, ça va prendre quelqu\u2019un pour les aider et on n\u2019a pas les ressources humaines pour aider toutes ces per- sonnes-là.C\u2019est un métier très demandé.» Depuis 2004, son entreprise a recruté plus de 470 travailleurs pour combler les besoins de main-d\u2019œuvre au Québec, des soudeurs et des machinistes pour la plupart.Il compte parmi ses clients Manac, Marmen et Rotobec, qui ont toutes eu recours à des travailleurs costaricains ces dernières années.Contrairement à d\u2019autres, il propose aux entreprises une offre dite « clé en main » pour recruter des travailleurs étrangers qui souhaitent s\u2019établir de façon définitive au Québec.« L\u2019im- Des orphelines nicaraguéennes pour prendre soin de nos aînés Travailleurs sans frontières souhaite franciser et former de futures aides familiales pour le Québec VOIR PAGE A 8 : SONDAGE VOIR PAGE A 8 : ORPHELINES L E D E V O I R , L E J E U D I 5 J A N V I E R 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 I S A B E L L E P O R T E R à Québec L\u2019 un des trois conseillers de l\u2019opposition à la Ville de Québec, Yvon Bussières, a décidé de quitter le par ti pour siéger comme indépendant.Malgré les apparences, il affirme que cela n\u2019a rien à voir avec l\u2019élection de la nouvelle chef Anne Guérette.« Je ne claque pas la porte», a déclaré le conseiller.« Je veux vivre l\u2019expérience d\u2019indépendant au conseil municipal », dit-il en soulignant qu\u2019il souhaite ne plus avoir à suivre une ligne de parti et retrouver sa liberté de parole.M.Bussières avait été élu en 2013 sous la bannière de Démocratie Québec, parti né de la fusion des opposants à Régis Labeaume.Largement minoritaire, le parti compte 3 conseillers, contre 18 pour l\u2019équipe du maire.Doyen du conseil municipal, M.Bussières a été élu pour la première fois en 1993 comme conseiller du Rassemblement populaire, le parti de Jean-Paul L\u2019Allier.Il représente le district de Saint-Sacrement depuis lors.Son départ survient à peine quelques semaines après l\u2019élection d\u2019Anne Guérette comme nouvelle chef du parti.Or, selon M.Bussières, ce n\u2019est pas à cause de son élection qu\u2019il s\u2019en va.Il af firme d\u2019ailleurs qu\u2019il aurait quitté la formation même si l\u2019autre candidat, François Marchand, avait été élu.« J\u2019attendais le bon moment pour le faire, dit-il.Ça ne peut pas être mieux que maintenant pour par tir.Les finances du par ti sont en bonne santé et Anne Guérette a une très bonne équipe autour d\u2019elle au cabinet.» Interrogé sur le risque qu\u2019il nuise à l\u2019opposition, Yvon Bus- sières a par ailleurs répondu «que cela pouvait [aussi] affaiblir un parti quand la conviction n\u2019est plus là».À moins d\u2019un changement notamment de sa santé, le conseiller a toujours l\u2019intention de se présenter aux élections de l\u2019automne prochain.« Je serais par tant pour une course à trois », dit-il.Mercredi, Mme Guérette a raconté que M.Bussières l\u2019avait informée de ses intentions le vendredi avant Noël.«Sa décision était déjà prise, dit-elle.Il avait déjà envoyé sa lettre au greffe, alors moi je ne peux que l\u2019accepter.» La chef de Démocratie Québec reconnaît que cela l\u2019a surprise.«Oui, je pensais qu\u2019on all a i t c o n t i n u e r e n s e m b l e jusqu\u2019au bout.» Questionnée sur la possibilité que cela affaiblisse sa formation politique, elle a rétorqué que son groupe « perdait un joueur » mais que ce n\u2019était pas « un immense changement».Le Devoir QUÉBEC L\u2019opposition se donne une chef et perd un conseiller J E A N N E C O R R I V E A U L a Ville de Montréal obtiendra un dédommagement de 4500 $ d\u2019un ex-col bleu soupçonné par l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) d\u2019avoir volé pour plus de 200 000 $ d\u2019équipements de son ancien employeur.En février 2015, à la suite d\u2019une enquête de l\u2019UPAC, des accusations de vol, de recel et d\u2019abus de confiance avaient été déposées contre Jacques Lépine, qui occupait alors les fonctions de plombier industriel au Service de l\u2019eau.On reprochait à ce col bleu d\u2019avoir subtilisé des pièces en laiton associées à des compteurs d\u2019eau pour ensuite les revendre à une entreprise de recyclage et empocher les revenus.M.Lépine, qui travaillait pour la Ville depuis 1998, aurait agi seul.De son côté, la Ville avait déposé un grief contre le Syndicat des cols bleus de Montréal.Jacques Lépine a plaidé coupable aux accusations de vol et de recel en juin 2016.Il a cependant été acquitté de celle d\u2019abus de confiance après discussions entre la poursuite et la défense.La Ville a pu récupérer des équipements recueillis par les policiers lors de leur enquête pour une valeur de 7130 $ et des négociations ont été entreprises afin qu\u2019elle puisse obtenir un dédommagement de son ancien employé.Quelques jours avant Noël, le comité exécutif de la Ville a donné son aval à une entente de gré à gré établissant à 4500 $ le montant que Jacques Lépine remboursera.La Ville n\u2019a pas été en mesure, mercredi, de préciser la valeur des biens qui avaient été subtilisés par l\u2019ancien employé.Reste que la somme conclue est bien inférieure à la valeur des équipements évoquée par l\u2019UPAC en 2015, soit plus de 200 000 $.La Ville assure que le montant obtenu est adéquat.Plusieurs éléments ont dû être pris en compte pour l\u2019établir, dont la preuve détenue par la police ainsi que la capacité de payer de M.Lépine.La Ville avance aussi que des ressources importantes auraient été requises pour régler le dossier devant un arbitre.«Le règlement hors cours du grief patronal contre le Syndicat des cols bleus n\u2019est pas un règlement à rabais.Il est pleinement justifié dans les circonstances », a indiqué par courriel Gonzalo Nunez, relationniste à la Ville.Il ajoute que, depuis ces évé- nements, le Service de l\u2019eau a développé un plan afin de gérer de façon plus efficace son inventaire et accroître la sécurité de ses bâtiments pour éviter les vols, tel que recommandé par le Bureau du contrôleur général dans un rapport paru en octobre 2015.« La Ville ne peut tolérer que des fraudes soient commises aux frais des citoyens et des contribuables montréalais », a souligné Gonzalo Nunez.Le remboursement de 4500 $ de M.Lépine représente «une action prise par la Ville à titre dissuasif, pour indiquer que c\u2019est tolérance zéro dans de tels cas», a-t-il dit.Le Devoir MONTRÉAL Accusé d\u2019avoir volé 200 000$ d\u2019équipement, un ex-col bleu remboursera 4500$ J E A N N E C O R R I V E A U U n propriétaire foncier réclame 17,6 millions de dollars des villes de Montréal et de Beaconsfield pour son terrain situé dans le bois An- gell, dans l\u2019ouest de l\u2019île.Seda Holdings allègue ne pas pouvoir y faire du développement en raison des mesures de protection décrétées par les autorités municipales.Montréal et Beaconsfield veulent faire du bois Angell, d\u2019une superficie de 105 hectares, un écoterritoire protégé.En 2010, Beaconsfield a adopté un règlement de contrôle intérimaire afin d\u2019empêcher tout développement sur le site.Et dans le Schéma d\u2019aménagement et de développement que l\u2019agglomération de Montréal a adopté en 2015 et qui détermine les périmètres d\u2019urbanisation, le bois An- gell a été désigné comme un espace ver t à préser ver.En octobre 2015, Montréal a d\u2019ailleurs acquis une propriété de 78 500 mètres carrés au coût de 3,5 millions dans ce secteur.À terme, Montréal souhaite créer un corridor récréatif pour relier le parc-nature du Cap-Saint-Jacques au bois Angell.Expropriation déguisée?Mais deux vastes terrains du bois Angell appartiennent toujours à des intérêts privés, soit Seda Holdings, qui possède 17,6 hectares, et Yale Proper ties, qui détient 32,5 hectares.Le 9 septembre der nier, Seda Holdings a signifié à la Ville qu\u2019elle s\u2019était adressée à la Cour supérieure.Selon les informations rendues publiques par la Ville, Seda soutient que la réglementation adoptée par Beaconsfield et le Schéma d\u2019aménagement de l\u2019agglomération de Montréal constituent une « expropriation déguisée » et empêchent tout développement sur la propriété.Seda demande au tribunal d\u2019obliger Montréal ou Bea- consfield à lui payer 17,5 millions pour sa propriété, en plus de 100 000 $ en dommages punitifs pour atteinte à son droit de propriété, indique le document remis aux élus lors de la réunion du comité exécutif de Montréal du 21 décembre dernier.Congé de taxes Le maire de Beaconsfield, Georges Bourelle, qualifie d\u2019« exorbitant » le prix demandé par le propriétaire.«Ni Seda ni Yale ne paient de taxes foncières », a rappelé M.Bou- relle en évoquant la décision du Tribunal administratif du Québec (TAQ), en 2012, qui a fixé la valeur réelle des terrains à 1 $ après que les deux propriétaires eurent contesté leur évaluation foncière.M.Bourelle soutient que les négociations se poursuivent avec les deux propriétaires pour l\u2019achat de leurs terrains.« Ça fait longtemps que les citoyens souhaitent que le bois Angell soit préservé», souligne- t-il.Au fil des dernières décennies, Montréal, Beaconsfield et Canards illimités ont d\u2019ailleurs fait l\u2019acquisition de diverses parcelles de terrains sur le site du bois Angell.En entrevue à The Gazette en 2015, Diana Shahmoon, de Seda, affirmait qu\u2019elle n\u2019avait pas d\u2019objection à ce que son terrain soit désigné comme zone de conser vation, mais qu\u2019elle souhaitait obtenir un prix juste.Montréal et Beaconsfield ont convenu que c\u2019est le service des affaires juridiques de la Ville de Montréal qui représenterait les deux villes dans leur litige avec Seda.Le Devoir BOIS ANGELL Un propriétaire réclame 17,6 millions pour son terrain JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Je vais présenter le Québec d\u2019aujourd\u2019hui face aux défis de la diversité culturelle », explique Alain G.Gagnon.J E S S I C A N A D E A U «L es Français disent souvent qu\u2019ils sont très f r o i d s à l \u2019 é g a r d d u multiculturalisme et parlent rarement d\u2019interculturalisme.Or, le Québec peut leur of frir des outils intéressants pour comprendre le vivre-ensemble », affirme Alain G.Gagnon, le nouveau titulaire de la Chaire du Québec contemporain de l\u2019Université Sorbonne Nouvelle (Paris 3).À quelques heures de s\u2019envoler vers la France, le professeur de science politique de l\u2019Université du Québec à Montréal discute des défis qui l\u2019attendent au cours de la prochaine année.«Quand je vais rencontrer les étudiants le 10 janvier pour le premier cours, je vais leur présenter le Québec d\u2019aujourd\u2019hui face aux défis de la diversité culturelle.L\u2019idée, c\u2019est d\u2019aller voir comment la diversité culturelle qui, pendant des années, a été très valorisée entre autres au Canada anglais, et au Québec d\u2019une façon particulière à travers le multiculturalisme, comment ça peut aussi être per ti- nent pour la France, pour l\u2019Europe qui aujourd\u2019hui se sent ébranlée par des vagues d\u2019immigrants et inquiète par rapport à une trop grande diversité.» Les leçons de Bouchard-Taylor L\u2019une des forces du modèle québécois du vivre-ensemble, selon lui, c\u2019est « d\u2019éviter, dans la mesure du possible, les cours de justice pour privilégier les avenues politiques pour régler cer tains problèmes ».C\u2019est ce qu\u2019il espère transmettre à ses étudiants pour la prochaine session.« Je pense qu\u2019il y a des enseignements importants pour les Français de ce côté-là », af- firme-t-il.Le politologue revient ainsi sur la question des accommodements raisonnables, qui a soulevé les passions en 2007.«C\u2019est une formule qui a beaucoup d\u2019avantages et en ce sens, je pense que la commission Bouchard-Taylor doit être une référence non pas juste pour le Canada, mais pour le monde occidental.» Il soutient qu\u2019au-delà de « cette image très immédiate sur des commentaires qui ont pu être faits de façon trop spontanée », les travaux de la commission Bouchard Taylor sur les accommodements raisonnables ont été suivis avec beaucoup d\u2019intérêt, notamment en Espagne, en Belgique, au Royaume-Uni et en France.« Il y a peu de sociétés qui ont été capables d\u2019entreprendre de telles introspections.Et cette radioscopie du Québec, à travers la commission Bouchard Taylor, elle est extraordinairement importante parce qu\u2019elle a été révélatrice de tensions au sein de la société québécoise.On n\u2019a pas trouvé de solutions à toutes ces tensions-là, mais le fait d\u2019avoir pu les identifier nous incite à trouver des moyens pour essayer d\u2019accommoder cette diversité profonde [\u2026] Et cette idée de commissions d\u2019enquête qui parcourent toutes les régions du Québec, on en a eu beaucoup chez nous, mais c\u2019est quelque chose d\u2019unique qu\u2019on ne retrouve pas ailleurs.» École de pensée Il af firme sentir beaucoup d\u2019ouverture et d\u2019intérêt du côté français pour discuter de l\u2019exemple québécois, soutenant que «l\u2019école de pensée de la diversité » développée par les chercheurs québécois jouit d\u2019une reconnaissance internationale.« À la fois à la Sorbonne Nouvelle et à Science Po Paris, où je serai professeur invité, ils sentent bien que les Québécois, en particulier ceux de la mouvance multinationale et plurinationale, ont des choses majeures à dire à l\u2019Europe et au monde occidental, qui doit prendre la mesure de la diversité profonde.» Un Québec plurinational Au-delà du multiculturalisme, c\u2019est l\u2019aspect plurinational du Québec et du Canada qui intéresse tant ses compatriotes français, constate le professeur.«Dans l\u2019espace géopolitique canadien, le fait que nous ayons des Premières Nations, une nation québécoise, une nation acadienne, une nation canadienne- anglaise qui n\u2019ose pas trop souvent parler d\u2019elle de cette façon, il y a vraiment un enjeu super intéressant.» Ainsi, il estime que le Québec peut également apporter à la France et à l\u2019Europe des outils sur le plan de la reconnaissance.« Québec forme aujourd\u2019hui une nation qui est reconnue par à peu près tous les acteurs politiques au pays et, sur la scène internationale, il n\u2019y a personne qui remet en question l\u2019existence de la nation québécoise au sein d\u2019une fédération plurinationale.Pourquoi l\u2019Espagne [qui connaît des tensions avec les Catalans] ou la France, qui est par fois aux prises avec des dif ficultés en Corse, en Alsace ou en Bretagne, ne prendraient-elles pas ce modèle-là?» « Ces nations-là souhaitent avoir une voix.La République doit trouver des moyens d\u2019accommoder ces diversités profondes et non pas simplement dire : on ef face toutes les diversités culturelles, sociétales ou autres pour faire advenir une seule France où tous les citoyens sont interchangeables.Ce modèle-là est un modèle du XIXe siècle et me semble dépassé.Il faut penser autrement la diversité et les relations so- ciétales.C\u2019est l\u2019enjeu principal du cours que je vais of frir à la Sorbonne.» Le nouveau titulaire de la Chaire sur le Québec contemporain a également invité toute une série d\u2019auteurs, d\u2019historiens et de spécialistes pour aborder la réalité québécoise à travers la littérature et la culture.Il discutera notamment de littérature québécoise avec Pierre Nepveu, spécialiste de Gaston Miron, « d\u2019autochtonie et de résistance » avec Natasha Kanapé Fontaine, de féminisme dans la littérature québécoise, de traduction des grandes œuvres de langue anglaise, dont celles de Leonard Cohen ou de Mordecai Rich- ler.« J\u2019ai essayé de me faire assez provocateur, conclut le professeur.Je veux m\u2019assurer qu\u2019il n\u2019y a pas de tabous et que les dossiers les plus chauds, les plus exigeants tels que les questions de la diversité, de l\u2019autochtonie et de l\u2019indépendance du Québec soient traitées de façon frontale et sans inconfort.» Le Devoir Exporter le modèle québécois À la Sorbonne Nouvelle, Alain G.Gagnon entend faire profiter ses étudiants français des leçons de Bouchard-Taylor La Chaire d\u2019études du Québec La Chaire d\u2019études du Québec contemporain a vu le jour en 2007 à l\u2019initiative du Centre d\u2019études et de recherches internationales de l\u2019Université de Montréal (CERIUM) et de l\u2019Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris 3) avec le soutien du ministère des Relations internationales et de la Francophonie.La Chaire accueille chaque année un enseignant québécois \u2014 cette année, Alain G.Gagnon.En plus de sa charge de cours, le titulaire de la charge doit organiser des colloques et autres journées d\u2019études visant à mettre en lumière un ou plusieurs aspects de la société québécoise. L E D E V O I R , L E J E U D I 5 J A N V I E R 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 JACQUES NADEAU LE DEVOIR M A R I E - M I C H È L E S I O U I L es pauses repas ne seront pas plus paisibles, mais elles seront plus payantes pour des infirmières de Ri- mouski, dont les griefs ont été retenus par l\u2019arbitre Marcel Morin au milieu du mois de décembre.Au nom d\u2019une vingtaine d\u2019infirmières travaillant dans deux unités de soins en santé mentale de l \u2019hôpital de Ri- mouski et de la ressource Mon Parcours de Mont-Joli, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a exigé en 2014 que ses syndiquées soient rémunérées en heures supplémentaire lorsqu\u2019elles sont contraintes de rester en poste pendant leurs pauses repas.Quand elles prennent leurs repas sur leurs lieux de travail, ces professionnelles sont tenues de rester disponibles pour leurs patients.Elles sont donc « susceptible[s] d\u2019intervenir à tout moment » et devraient donc être payées en conséquence, a plaidé le syndicat, en se référant à la Loi sur les normes du travail et à la convention collective de ces professionnelles, notamment.Dans une décision rendue le 10 décembre, l\u2019arbitre Marcel Morin a donné raison aux membres de la FIQ.« Même lorsqu\u2019elles sont en pause, elles [les infirmières] ont très régulièrement à intervenir.Certains témoins ont même mentionné l\u2019impossibilité de ne pas être dérangé sur le quart de nuit pendant la pause repas » , a-t-il noté.En concluant que les infirmières en pauses repas sont « réputées au travail » et devraient donc être payées comme tel, l\u2019arbitre s\u2019est largement appuyé sur une décision semblable rendue en 2013 dans une cause impliquant des travailleurs d\u2019un Centre de santé et de ser vices sociaux de la Montérégie.Des impacts ailleurs?Au Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires de Ri- mouski, membre de la FIQ, la présidente Nancy Langlais s\u2019est félicitée d\u2019avoir gagné « une longue bataille », dont la conclusion pourrait changer les pratiques à l\u2019échelle de la province, à son avis.« Une décision arbitrale a souvent des impacts à la grandeur du Québec », a-t-elle avancé, sans savoir si d\u2019autres griefs semblables ont été déposés dans la province.Au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent, cependant, « des gestionnaires avaient commencé cette pra- tique-là », a-t-elle déclaré, au sujet d\u2019employeurs qui gardent des infirmières sur leurs lieux de travail pendant leurs pauses repas sans les payer en heures supplémentaire.«Mais là, tout est arrêté.Alors on va chercher une centaine de personnes [avec la décision] » , s\u2019est-elle réjouie.La partie patronale, représentée par le CISSS du Bas- Saint-Laurent, avait fait valoir que le travail effectué par les infirmières pendant la période de repas était déjà rémunéré au taux des heures supplémentaires.Selon le CISSS, « la disponibilité [au travail] n\u2019est pas synonyme de rémunération au taux des heures supplémentaires ».Une infirmière qui effectuait une tâche de 15 minutes pendant une pause repas de 45 minutes pouvait donc être payée au taux des heures supplémentaires pour ces 15 minutes seulement, et non pour l\u2019ensemble de sa pause.Le Devoir DÉCISION ARBITRALE La disponibilité se paie Des infirmières seront rémunérées durant leur pause repas puisqu\u2019elles doivent intervenir auprès des patients si nécessaire M A R I E - M I C H È L E S I O U I L\u2019 ex-policier de la Sûreté du Québec (SQ) Alain Juneau, accusé d\u2019agression sexuelle dans la foulée des dénonciations de femmes autochtones de Val-d\u2019Or, a été retrouvé mort à son domicile de Rimouski.L\u2019homme de 56 ans, mis en cause dans trois dossiers d\u2019agressions et de contacts sexuels, est décédé le 1er janvier, a confirmé mercredi le Bureau du coroner.« Son décès est actuellement sous investigation par un coroner et toute information quant aux causes probables et aux circonstances de son décès sera contenue dans le rapport du coroner, qui sera rendu public au cours des prochains mois », a déclaré la porte-parole Geneviève Guilbault.La cause de son décès n\u2019est pas confirmée.La SQ avance toutefois qu\u2019elle n\u2019est pas impliquée dans l\u2019enquête du coroner, « puisqu\u2019il n\u2019y a pas apparence de crime».Alain Juneau est l\u2019un des deux policiers à avoir fait l\u2019objet d\u2019accusations à la suite d\u2019une première vague de plaintes déposées à la suite de dénonciations de femmes autochtones de Val-d\u2019Or.Il a été arrêté le 15 novembre dernier à son domicile de Rimouski.L\u2019ex-policier a été accusé d\u2019avoir agressé sexuellement une femme innue de Scheffer- ville, sur la Côte-Nord, entre les années 1992 et 1994.Il faisait face à un autre chef d\u2019accusation de voies de fait commises alors qu\u2019il portait, utilisait ou menaçait d\u2019utiliser une arme.Plusieurs accusations Alain Juneau avait pris sa retraite après avoir été accusé d\u2019incitation à des contacts sexuels et de contacts sexuels sur une personne de moins de 16 ans, en juillet 2013 à Ma- tane.Reconnu coupable en a o û t 2 0 1 4 , i l a v a i t é t é condamné à une peine d\u2019emprisonnement discontinue de 90 jours à purger les lundis et mardis de 9 h à 17 h.À cette époque, il avait aussi été inscrit au Registre national des délinquants sexuels pour une période de 10 ans.Il ne pouvait se trouver seul en présence d\u2019un mineur durant deux ans.Il ne pouvait non plus boire de l\u2019alcool, consommer des substances toxiques ou fréquenter des bars.L\u2019ex-policier avait également été accusé en août dernier d \u2019agr ess ion sexuel le , de contacts sexuels sur un enfant et d\u2019incitation à des contacts sexuels.Les faits reprochés se seraient déroulés durant plusieurs années, selon le dossier de cour.Son enquête préliminaire avait été fixée au 11 janvier 2017.Le Devoir AGRESSIONS Un ex-policier retrouvé mort Alain Juneau était mis en cause dans trois dossiers d\u2019agressions et de contacts sexuels M A R I E - M I C H È L E S I O U I L e bureau de la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, a montré mercredi une ouverture à négocier les transfer ts fédéraux en santé avec les ministres provinciaux ; un geste qui a été accueilli par un étonnement amusé du ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette.Depuis l\u2019échec des négociations pour parvenir à une entente nationale, le 19 décembre, le ministre Barrette est très actif sur Twitter pour dénoncer l\u2019attitude «autoritaire » qu\u2019il attribue à Ottawa.« Comment se fait-il que sur le sujet crucial du TCS [Transfert canadien en matière de santé], dans cette supposée fédération, qu\u2019une rencontre fédérale-pro- vinciale des premiers ministres soit impossible ?» a-t-il écrit mercredi.« Quelle triste façon de célébrer le 150e du Canada en coupant le TCS sur les 10 prochaines années ! Bonne année», a-t-il écrit au ministre fédéral des Finances, Bill Mor- neau, le 1er janvier.Dans le bras de fer qui l\u2019oppose aux provinces, Ottawa propose une hausse de 3,5 % par année du TCS et le versement de 11,5 milliards de dollars en dix ans dans un fonds dédié à la santé mentale et aux soins à domicile.Les provinces réclament plutôt une augmentation de 5,2 % des transferts en santé.Pour une rencontre Mardi, Gaétan Barrette et ses homologues de neuf provinces et territoires ont signé une lettre dans laquelle ils exigent une rencontre avec les représentants du gouvernement fédéral.« Nous restons ouverts à des discussions continues avec le gouvernement fédéral », ont notamment écrit les ministres.Contacté par Le Devoir, l\u2019attaché de presse de la ministre Philpott, Andrew MacKen- dr ick , a d \u2019abor d déc laré « qu\u2019aucune rencontre n\u2019était prévue» pour le moment.Or, « les canaux de communication demeurent ouver ts » si les provinces sont prêtes à travailler avec le gouvernement, a-t-il assuré.« Si jamais ça devient une impasse, alors nous regarderons d\u2019autres options.Mais nous ne sommes pas encore là», a déclaré l\u2019attaché de presse.Ces options, a-t-il précisé, prendraient la forme de discussions individuelles avec les provinces.En entrevue au Devoir, Gaé- tan Barrette a dit apprendre ce qu\u2019il perçoit comme un changement de ton de la part d\u2019Ottawa.« C\u2019est une nouvelle surprenante et intéressante.C\u2019est la première fois que quelqu\u2019un à Ottawa parle de canaux de communications », a-t-il réagi.Le 19 décembre, Ottawa s\u2019est présenté avec un plan et une approche « take it or leave it », a-t-il décrit.« Les provinces n\u2019ont pas quitté la table, c\u2019est le fédéral qui a quitté [les négociations]», a-t-il insisté.Un front «majoritaire» Le ministre Barrette a peu fait état des décisions successives du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador, qui ont décidé de quitter le front commun des provinces pour conclure leurs propres ententes avec Ottawa.Avec 10 provinces et ter ritoires, le front dont le Québec fait partie est tout de même « majoritaire », a-t-il fait valoir.« Nous avons encore notre position commune, solide, qui n\u2019est pas unanime, mais qui représente plus de 90% du Canada», a-t-il affirmé.À son avis, le désengagement de ces trois provinces, « qui représentent à peu près l\u2019île de Montréal », a tout à voir avec un « ef fet Parti libéral du Canada, qui a des racines dans les par tis provinciaux » de l\u2019Atlantique.Le Québec et l\u2019Ontario sont les provinces qui recevront les plus gros montants associés aux transfer ts fédéraux en santé.Le Québec doit recevoir 8,49 milliards en 2017-2018, tandis que l\u2019Ontario doit recevoir 14,33 milliards.Le Devoir SANTÉ Le fédéral et les provinces se disent ouverts à négocier Port de Québec : consultation le 16 janvier L\u2019étude d\u2019impact sur le projet d\u2019agrandissement du Port de Québec sera finalement présentée à la population le 16 janvier à l\u2019occasion d\u2019une consultation publique.Le projet, qui requiert des investissements de près de 200 millions, inclut le prolongement de la ligne de quai sur 600 mètres et l\u2019ajout de nombreuses installations.Avant d\u2019aller en consultation, le Port devait répondre à une série de questions de l\u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale dans une étude d\u2019impacts, document qui totalise dans ce cas-ci 1500 pages, annexes exclues.Le Devoir ont eu lieu entre le Conseil du trésor et l\u2019association représentant les avocats et notaires de l\u2019État québécois (LANEQ), en grève générale illimitée depuis le 24 octobre.Le président de LANEQ, Me Jean Denis, a indiqué que ces deux rencontres de deux heures chacune avaient eu lieu avec une haute fonctionnaire du Conseil du trésor, le 27 décembre et le 3 janvier, pour « débroussailler le terrain ».Une information qui a été confirmée par une source gouvernementale, qui s\u2019est toutefois dite surprise que Me Denis ébruite la chose.Selon cette source, les deux parties s\u2019étaient entendues pour que les rencontres et les échanges qui s\u2019y sont déroulés demeurent secrets pour « ne pas porter le débat sur la place publique, ce qui nuit à la qualité des négociations depuis le début ».LA- NEQ réclame toujours un nouveau mode de négociation pour déterminer les conditions de travail de ses membres.La Presse canadienne Reprise des discussions entre l\u2019État et ses juristes Deux rencontres de travail L E D E V O I R , L E J E U D I 5 J A N V I E R 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 Tél.: 514-985-3344 Fax: 514-985-3340 Sur Internet : www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres Courriel : avisdev@ledevoir.com Les réservations doivent être faites avant 16h00 pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi: Réservations avant 12 h 00 le vendredi Publications du mardi: Réservations avant 16 h 00 le vendredi AVIS LÉGAUX & APPELS D\u2019OFFRES HEURES DE TOMBÉE AVIS LÉGAUX AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.A L E X A N D R E S H I E L D S O pération de sauvetage très risquée en vue au Mexique.La marine américaine songe à utiliser des dauphins entraînés pour localiser les derniers marsouins va- quita, pour ensuite les capturer.Grâce à ce plan inédit, on espère sauver de l\u2019extinction l\u2019espèce de cétacés la plus menacée de la planète.Le marsouin vaquita, aussi appelé marsouin du golfe de Californie, vit uniquement dans cette région maritime située au Mexique.Il s\u2019agit de l\u2019espèce de cétacé la plus menacée sur terre, puisqu\u2019on retrouverait aujourd\u2019hui moins d\u2019une soixantaine de ces marsouins dans les eaux de la côte ouest du pays.Le petit cétacé, qui mesure tout au plus 1,5 mètre, a été décimé par les filets de pêche utilisés illégalement pour capturer cer taines espèces de poissons prisées en Chine, notamment pour leur vessie.Des filets qui tuent chaque année des milliers d\u2019autres animaux et contre lesquels le Mexique peine à agir.Utilisation de dauphins Devenu un symbole international du déclin de plusieurs espèces de mammifères marins, le marsouin vaquita fait toutefois l\u2019objet d\u2019un programme international qui vise à sauver l\u2019espèce avant son extinction.Celle-ci pourrait survenir dès 2022 si la tendance actuelle se maintient, selon les estimations du Comité international pour le rétablissement du vaquita.Dans un ultime effort pour tenter d\u2019éviter cette disparition, la marine américaine envisage maintenant d\u2019utiliser des dauphins.Ces animaux dotés de radars naturels exceptionnels sont spécialement entraînés par l\u2019armée, notamment pour localiser des mines sous-marines.Le projet de la marine, qui est toujours en évaluation, consisterait à relâcher des dauphins, qui pourraient ensuite localiser les marsouins vaquita et signaler leur présence, de façon à permettre leur capture.On espère ensuite relâcher les animaux dans des zones intégralement protégées, ou alors dans de vastes enclos flottants, de façon à ce qu\u2019ils puissent survivre et éventuellement se reproduire.Opération risquée Le hic, c\u2019est qu\u2019une telle opération est aussi complexe que risquée.L\u2019espèce, relativement méconnue, n\u2019a jamais été capturée, ni conservée en captivité.On ignore par exemple si le stress engendré chez les marsouins pourrait leur être fatal, ce qui s\u2019est déjà vu chez d\u2019autres cétacés.La décision de lancer ou non cette opération de sauvetage sans précédent devrait être prise ce printemps.Mais déjà l\u2019idée a suscité des critiques, notamment en raison des risques pour les derniers marsouins vaquita.Les par tisans du plan de sauvetage espèrent toutefois éviter le sort réservé au dauphin blanc du Yangtsé, une espèce de cétacé réputée «éteinte» depuis 2007.Plusieurs espèces de cétacés subissent actuellement des déclins marqués en raison des empêtrements dans les engins de pêche, de la pollution provoquée par l\u2019activité humaine, de la croissance du trafic maritime et de la diminution des ressources alimentaires dans les milieux marins de la planète.La chasse commerciale menée pendant des siècles a aussi exterminé la majorité des grands cétacés de la planète.Les effectifs de certaines de ces espèces, dont plusieurs nagent dans les eaux canadiennes, sont toujours à des niveaux très bas, malgré l\u2019arrêt de la chasse.Le Devoir Ultime effort pour sauver le cétacé le plus menacé de la planète Des dauphins seraient utilisés pour capturer les marsouins vaquita CHRIS JOHNSON, EARTHOCEAN/ASSOCIATED PRESS Il ne resterait plus qu\u2019une soixantaine de marsouins vaquita, peut-être moins, vivant dans le golfe de Californie.M É L A N I E M A R Q U I S à Ottawa L isa Raitt laisse tomber les gants.La candidate à la chefferie conservatrice a organisé mercredi une conférence de presse spécifiquement pour attaquer sa rivale Kellie Leitch et le candidat pressenti Kevin O\u2019Leary, consacrant même un site Internet visant à bloquer ce dernier.La députée conservatrice a soutenu que ces deux personnes, qui pratiquent selon elle un style populiste empreint de négativité à la Donald Trump, ne devraient pas se voir confier les rênes du Parti conservateur du Canada.Car, selon Mme Raitt, ils tiennent un discours susceptible de causer des divisions qui pourraient empêcher les conservateurs de chasser du pouvoir les libéraux de Justin Trudeau lors des prochaines élections, prévues en octobre 2019.«Si les conservateurs pragmatiques et guidés par des principes n\u2019unissent pas leurs forces, notre parti sera pris en otage par les voix qui résonnent le plus fort, celles de certains qui tentent simplement d\u2019augmenter leur visibilité», a-t-elle dit devant les journalistes à Ottawa.La députée et ancienne ministre de l\u2019Ontario a prédit que la population canadienne ne sera pas réceptive au genre de rhétorique ayant mené à l\u2019élection de Donald Trump au sud de la frontière, et que sa collègue Leitch semble avoir fait sienne.«Elle ne reflète pas nos principes lorsqu\u2019elle parle de l\u2019immigration comme elle le fait, a plaidé Lisa Raitt.Elle est mon amie, mais le genre de chose dont elle parle ne nous mènera pas sur le chemin vers la victoire [en 2019].» La proposition de Kellie Leitch de filtrer les « valeurs anticanadiennes » chez les immigrants a permis à cette députée peu connue du grand public de faire le plein de notoriété pendant cette course à la chefferie.Le réseau américain Fox News a réalisé une entrevue avec l\u2019élue mardi.De son côté, l\u2019homme d\u2019affaires et vedette de la télévision Kevin O\u2019Leary n\u2019a pas encore annoncé of ficiellement qu\u2019il se lançait dans la course à la succession de Stephen Harper, mais déjà il est dans la mire de ses potentiels adversaires, essuyant une deuxième attaque en autant de jours.Mardi, c\u2019était Andrew Scheer qui l\u2019accusait de retarder son entrée en scène pour éviter d\u2019avoir à participer au débat en français du 17 janvier.Lisa Raitt a ajouté une pierre à l\u2019édifice, mercredi, en annonçant le lancement d\u2019un site Internet pour « arrêter Kevin O\u2019Leary».Elle y accuse celui qu\u2019elle a taxé en conférence de presse de « personnalité de la télévision sans filtre » d\u2019avoir « insulté » les militaires et anciens combattants et d\u2019être favorable à une taxe sur le carbone, avec à l\u2019appui des extraits vidéo et audio des propos qu\u2019elle lui reproche.Le principal intéressé a réagi en déclarant au Globe and Mail que les accusations de Lisa Raitt étaient « ridicules » et « complètement fausses », mais que la candidate avait au moins le mérite d\u2019avoir «enfin» mis un peu de piquant dans un débat qui était jusqu\u2019ici «ignoré par le public».Quant à Kellie Leitch, elle a écrit sur Twitter que sa rivale venait de « tracer une ligne dans le sable » en prouvant qu\u2019elle est du côté des « élites médiatiques et libérales ».Une possible candidature qui divise Le candidat à la chef ferie Maxime Bernier a pour sa part commenté la sortie de son ancienne collègue de cabinet en écrivant sur Twitter : «Contrairement à d\u2019autres candidats à la chef ferie, j\u2019accueille favorablement la concurrence et je n\u2019ai pas peur de #kevinolearytv.» Le seul autre candidat québécois dans cette course, Steven Blaney, a fait valoir en marge d\u2019une annonce à Montréal que l\u2019arrivée possible d\u2019un homme «qui a un bilan, sur le plan économique, impressionnant» pouvait faire peur à ceux « qui ne parlent que d\u2019économie».Kevin O\u2019Lear y, l \u2019ancien « dragon » de l\u2019émission Dragon\u2019s Den, a mis sur pied en décembre un comité exploratoire et un site Internet pour tenter de déterminer s\u2019il devrait briguer la direction du Parti conservateur du Canada.La date limite pour se porter candidat a été fixée au 24 février.Avec l\u2019abandon de Daniel Lindsay, un radiologiste manito- bain sans expérience politique qui a jeté l\u2019éponge vendredi dernier, ils sont actuellement 13 sur la ligne de départ.Les aspirants doivent se retrouver le 17 janvier, alors que se tiendra à Québec un débat en français.Même si elle ne maîtrise pas la langue, Lisa Raitt a promis mercredi qu\u2019elle serait de la partie\u2026 et profité de l\u2019occasion pour attaquer Kevin O\u2019Leary sur un autre front.« C\u2019est une autre dif férence entre M.O\u2019Leary et moi.Je travaille sur mon français tous les jours [\u2026] M.O\u2019Leary a dit qu\u2019il n\u2019avait même pas besoin d\u2019apprendre le français.Je pense que les Canadiens doivent savoir cela aussi», a-t-elle lâché.Les récentes attaques contre l\u2019homme d\u2019affaires ne sont pas for tuites, et elles pourraient s\u2019intensifier.Car, selon un récent sondage réalisé par la firme Abacus, sa cote de popularité est plus grande que celle de tout autre candidat.Avec 18% d\u2019opinions favorables, il devance Maxime Bernier et Lisa Raitt (9 %), Michael Chong (7%), Kellie Leitch (6%) et Andrew Scheer (5%).La Presse canadienne CHEFFERIE CONSERVATRICE Lisa Raitt passe à l\u2019offensive Elle accuse Kellie Leitch de jouer dans les mêmes eaux que Donald Trump et égratigne au passage l\u2019éventuel candidat Kevin O\u2019Leary L e candidat à la direction du Parti conservateur Steven Blaney réduirait le nombre d\u2019immigrants et de réfugiés qui sont actuellement accueillis chaque année au Canada, afin d\u2019assurer leur bonne intégration.Le député de Bellechasse- Les Etchemins-Lévis accuse le gouvernement libéral de Justin Trudeau de faire preuve d\u2019improvisation dans ses politiques d\u2019immigration.Il estime qu\u2019Ottawa ne tient pas compte de la capacité réelle des provinces et des municipalités à intégrer adéquatement les nouveaux arrivants.S\u2019il était premier ministre, M.Blaney annulerait donc les hausses annoncées l\u2019an dernier par le gouvernement Trudeau quant au nombre de réfugiés et d\u2019immigrants accueillis au Canada.L\u2019ex-ministre de la Sécurité publique a dévoilé sa position sur l\u2019immigration mercredi matin, en conférence de presse à Montréal.Meilleure intégration des immigrants Le député de la circonscription au sud de Québec estime qu\u2019en acceptant moins de nouveaux ar rivants, le Canada pourrait renforcer tout le processus d\u2019enquête de sécurité et s\u2019assurer de la bonne intégration des immigrants et des réfugiés qui sont accueillis.Une intégration réussie passe, selon lui, par l\u2019emploi, la langue et l\u2019adhésion aux « valeurs canadiennes».M.Blaney estime que ce sont les réfugiés « qui font les frais présentement » de la décision du gouvernement libéral de hausser les seuils.« Il y a beaucoup de réfugiés qui ont des problèmes d\u2019intégration, notamment sur le plan des ressources financières, insuf fi- santes au niveau des provinces, a-t-il soutenu.Ce sont des rêves brisés pour ces gens qui viennent ici, et ce n\u2019est pas la promesse qu\u2019on leur fait lorsqu\u2019on accueille des immigrants ou des réfugiés.» L\u2019intégration des nouveaux ar rivants passe, selon M.Bla- ney, par « un emploi qui répond à leur profil de compétence, la capacité de leur of frir la possibilité de s \u2019exprimer dans l\u2019une des deux langues officielles » et leur capacité à s\u2019adapter à leur nouveau pays.« C\u2019est la raison pour laquelle on doit mettre les ressources en place pour s\u2019assurer qu\u2019ils comprennent bien le pays dans lequel ils arrivent, où on a déjà une manière de vivre.» M.Blaney est l\u2019un des 13 candidats en lice pour succéder à Stephen Harper à la tête du Parti conservateur du Canada.Le prochain chef sera élu le 27 mai.La Presse canadienne Le candidat québécois Steven Blaney réduirait les seuils d\u2019immigration Steven Blaney Deux chasseurs retrouvés morts Deux chasseurs dans la mi- vingtaine ont été trouvés sans vie, mercredi matin, à proximité de leur canot qui avait chaviré sur le fleuve Saint-Lau- rent la veille à proximité de Coteau-du-Lac, en Montéré- gie.Il s\u2019agit d\u2019Anthony Ho- warth, 27 ans, qui résidait dans l\u2019arrondissement de Verdun, à Montréal, et de Dany Lamothe-Vachon, 26 ans, de Rigaud, en Montérégie.Selon la sergente Ingrid Asselin, porte-parole de la Sûreté du Québec, tous deux portaient leur veste de flottaison au moment du drame.Elle indique que l\u2019enquête tentera de déterminer pourquoi l\u2019embarcation a chaviré.Selon la Sûreté du Québec, il n\u2019y aurait, à première vue, aucun élément criminel.Des autopsies seront pratiquées sur les corps des victimes afin de déterminer si les jeunes hommes sont morts d\u2019hypothermie ou par noyade.L\u2019opération de secours avait été déclenchée mardi après- midi afin de retrouver les deux hommes, qui étaient partis sur le fleuve Saint-Laurent pour chasser le canard.Tôt mercredi matin, des témoins croyaient avoir aperçu des signaux de détresse provenant d\u2019une petite île située sur le fleuve Saint-Laurent.Des véri- Démission acceptée d\u2019un évêque Vatican \u2014 Le pape François a accepté la démission d\u2019un évêque canadien qui a semé la controverse à Calgary quand il s\u2019est opposé aux règles qui encadraient les LGBTQ dans les écoles publiques de la ville.Le communiqué d\u2019une seule ligne publié mercredi par le Vatican pour annoncer le départ de l\u2019évêque Frederick Henry ne fait toutefois aucune mention de cette controverse.L\u2019an dernier, l\u2019évêque Henry avait été qualifié d\u2019« anticatholique» et de « totalitaire » pour avoir dénoncé les règles albertaines qui permettent aux lesbiennes, gais, bisexuels, trans et allosexuels (queers) d\u2019utiliser les toilettes de leur choix dans les écoles de la province, ainsi que de s\u2019habiller et de participer aux sports d\u2019équipe selon leur identité sexuelle.Associated Press fications ont permis de déterminer que deux personnes se trouvaient bel et bien sur cette île, mais qu\u2019il ne s\u2019agissait pas des deux personnes manquant à l\u2019appel et qu\u2019elles n\u2019étaient pas en situation de détresse.L\u2019embarcation renversée a été repérée peu après.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E J E U D I 5 J A N V I E R 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 Potironne, ou le fabuleux destin d\u2019une citrouille oubliée J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U L es maladies restent souvent cachées dans le noir de l\u2019histoire.Pourtant la peste blanche, comme on appelle communément la tuberculose, occupe les conversations et l\u2019attention générale pendant des décennies.En décembre 1946, à l\u2019hôpital Laval de Sainte-Foy, l\u2019hôpital dit des tuberculeux, on tousse, on suffoque, parfois on crache du sang, résignés, en rangs, couchés sur des lits en fer, couverts par de mauvais draps.On se fait tout de même photographier devant le sapin de Noël dressé dans la salle commune.Jusqu\u2019au milieu du XXe siècle, c\u2019est-à-dire jusqu\u2019au développement de la pénicilline, ils sont des milliers aux visages émaciés à égrener ainsi leur vie dans un sanatorium.La tuberculose est alors responsable de plus de morts que toutes les autres maladies infectieuses réunies.« Les poitrinaires » ont en général entre 20 et 45 ans.Plus d\u2019hommes que de femmes.Plus de pauvres que de riches.On croit d\u2019abord que la tuberculose se jette volontiers sur des êtres délicats et sensibles.La tuberculose est ainsi assimilée à une maladie de l\u2019âme, à une souf france romantique, à un état passionnel.Tchekhov, Chopin, Kafka ou encore Katherine Mansfield semblent, à les entendre, voués à l\u2019épouser pour donner plus de relief à leurs œuvres.Dans les années 1940 encore, la tuberculose est une maladie mortelle.Environ 7000 nouveaux cas par année sont alors recensés au Canada.Les malades sont plus nombreux au Québec que dans les autres provinces.Un autre cadeau, dit-on, offert par la pauvreté, la promiscuité, la saleté\u2026 En ce Noël 1946, neuf tuberculeuses posent devant le sapin décoré de l\u2019hôpital Laval.Elles sont flanquées de deux aides-infirmières sur leur droite \u2014 sans doute des patientes jugées en rémission \u2014 et d\u2019une religieuse sur leur gauche.Deux autres malades se tiennent en retrait.Les jambes de ces femmes cachent le pied de l\u2019arbre, mais un autre cliché pris ce jour-là nous confirme ce que l\u2019on devine d\u2019emblée : une crèche, une poupée attifée en petit Jésus, une vierge de plâtre aux bras tendus, de l\u2019espoir étalé au plancher.Aux fenêtres, prêtes à s\u2019envoler, on a accroché des étoiles et des rubans.Thérèse Germain Parmi ces jeunes femmes malades se trouve Thérèse Germain.« Ma tante Thérèse est la deuxième sur la droite, près de la sœur de la Charité », m\u2019explique au téléphone Diane Germain, celle grâce à qui je réfléchis devant cette photographie.Tout comme la tante Thérèse, ses compagnes d\u2019infortune posent avec des cheveux coif fés en meringue.Elles por tent des peignoirs molletonnés, cadeaux des dames patronnesses de la ville.Se consacrer aux tuberculeux est bien vu.Même Édith Piaf viendra chanter au sanatorium Laval lors d\u2019un passage à Québec.Les Germain sont neuf.Le plus petit meurt en bas âge.Frères et sœurs sont nés les uns à la suite des autres.Parti bûcher dans le rang du Brûlé, le père rentre un jour tout fiévreux, incapable de dételer son cheval.Il décède à l\u2019automne 1918, à 35 ans.Quelque 14 000 Québécois meurent cette année-là de la grippe espagnole.Les huit enfants Germain sont placés au pensionnat.Cinq filles et un garçon seront hospitalisés à cause de la tuberculose.« Deux de mes tantes sont décédées à l\u2019Hôpital des tuberculeux.Et un oncle est décédé chez lui.J\u2019ai deux tantes qui, sans pouvoir sortir du sanatorium, ont commencé à y travailler comme assistantes des religieuses.» Elles y travaillent jour et nuit, malgré leur condition physique fragile, afin de pouvoir être logées et nourries.Thérèse Germain est restée au sanatorium 18 ans.Elle a survécu contre toute attente à l\u2019ablation d\u2019une por tion d\u2019un poumon.« Ma mère avait commencé les préparatifs d\u2019une veillée funèbre lorsqu\u2019elle a été opérée, m\u2019explique Diane Germain.Dans la famille élargie, on disait qu\u2019on avait un mort par année à cause de la tuberculose.» La tuberculose est provoquée par le bacille de Koch.Logé le plus souvent dans les poumons, il crée des cavités qui provoquent l\u2019effondrement du tissu pulmonaire.La contagion se fait surtout par voie aérienne.L\u2019air pur, associé au repos physique et mental, est envisagé longtemps comme seul répondant d\u2019une amélioration de la condition des personnes touchées.En 1895, le gouvernement du Québec donne 400 acres dans le parc du Mont-Tremblant pour construire un sanatorium au bénéfice de la Ligue antituberculeuse de Montréal.En 1905, la ligue antituberculeuse de Québec obtient 137 acres pour faire de même.Une commission d\u2019enquête du gouvernement québécois conclut en 1910 que la maladie «ne se développe que dans les organismes déprimés ».Quelles sont les causes de cette dépression ?L\u2019infection mystérieuse de l\u2019organisme est préparée, explique le rapport, «par l\u2019air vicié dans tous les milieux, par l\u2019habitation insalubre, par l\u2019alcoolisme, par le travail prématuré chez l\u2019enfant et excessif chez les adultes [\u2026], par les métiers à poussière ».La ville, considérée comme insalubre avec ses logements décrépis, est aussi invoquée comme un facteur d\u2019apparition de la maladie.On note que les habitations ne doivent plus être construites comme avant sur des terrains où l\u2019on enfouit les déchets.On s\u2019inquiète aussi de la qualité des égouts.On recommande de couper court aux habitudes de cracher partout.En attendant l\u2019apparition d\u2019un traitement scientifique dans les années 1950, la tuberculose sert à l\u2019évidence de révélateur à des conditions socio-économiques désastreuses.C\u2019est à se demander aujourd\u2019hui par quelle maladie l\u2019humanité doit désormais être couchée pour qu\u2019elle trouve enfin prétexte pour se relever de nouveaux malheurs sociaux.Le Devoir Que souhaiter de mieux que la santé\u2026 Jusqu\u2019au milieu du XXe siècle, la tuberculose condamne des milliers de Québécois à vivre retranchés dans un sanatorium J E S S I C A N A D E A U E n ouvrant les yeux ce matin-là, Poti- ronne eut un drôle de pressentiment.Quelque chose clochait.Mais quoi ?Elle regarda autour d\u2019elle, constata une présence familière : Nicolas faisait des biscuits dans un bordel parfaitement contrôlé.Il semblait un peu plus habile que la dernière fois.Le geste était nettement plus précis, le regard plus affirmé.Refusant de voir qu\u2019il avait vieilli, Potironne en vint à la conclusion qu\u2019il avait sans doute de nouvelles lunettes.Plus près d\u2019elle, elle remarqua des pommes.Elle tenta de faire la conversation, évoquant diverses recettes de potage qui pourraient les lier pour l\u2019éternité.Mais les pommes l\u2019ignoraient superbement.Elles restaient là, à faire les belles, mettant tous leurs efforts à reluire pour se montrer dignes des attentions soutenues de la maîtresse de maison qui les astiquait quotidiennement en pestant contre le travail bâclé de la bonne.Elle lorgna du côté des oranges californiennes, fraîchement débarquées au pays, qui ricanaient et échangeaient des secrets comme des adolescentes surexcitées.Oh ! Qu\u2019elle aurait aimé leur ressembler ! Elles étaient si parfaitement rondes ! Et leur robe, éclatante de soleil, lui rappelait à quel point la sienne était défraîchie.Potironne se sentit soudainement très vieille.Depuis combien de temps croupissait- elle ici, au fond d\u2019un panier en osier ?L\u2019aurait-on oubliée ?C\u2019était tout à fait possible, après tout.Personne ne faisait jamais attention à elle.Elle soupira, tentant de se faire à l\u2019idée : sa vie était d\u2019une banalité déconcertante.Elle était pourtant vouée à un grand avenir : son arrière- grand-mère avait servi de carrosse à Cendrillon, rien de moins.Son grand-père Jack avait donné son nom aux fameuses lanternes d\u2019Halloween.Ses parents avaient fait frémir des centaines d\u2019enfants avec leurs grimaces, toutes plus effrayantes les unes que les autres.Et la voilà, elle, grosse et moche, sans autre but que de remplir un espace prédéterminé sur le coin d\u2019un comptoir.Les chandelles interrompirent ses rêveries.Du haut de leur trône de fer, elles la toisaient, la narguaient : « Quel drôle d\u2019appendice», souffla une bougie.«Absolument vulgaire», renchérit sa voisine en recoiffant sa délicate mèche.Potironne retient ses larmes et détourna le regard, gênée.C\u2019est alors qu\u2019elle l\u2019aperçut.Mais d\u2019où venait-il, celui-là, se demanda-t-elle, happée par tant de splendeur.Elle ne voyait plus que lui, dominant le monde sur son piédestal.Elle était éblouie par le ver t profond de sa parure, par ses mille feux qui illuminaient la pièce.Et elle restait là à le fixer, bouche bée, yeux écarquillés, sans pouvoir dire un mot.Beau, qui se targuait d\u2019être une réplique parfaite du légendaire Roi des forêts ayant inspiré un célèbre chant de Noël, remarqua le trouble de cette belle grosse citrouille.Il faut dire qu\u2019il avait l\u2019habitude : sur les tablettes du Grand Magasin, dont il sortait à peine, il ne comptait plus les « oh ! » et les « ah ! » des acheteurs compulsifs qui allaient jusqu\u2019à se battre pour mettre la main sur tant de perfection artificielle.Pour encourager un peu la pauvre citrouille, Beau lui décrocha son fameux clin d\u2019œil dont il avait le secret.Poti- ronne ne se pouvait plus de joie.Oh! Qu\u2019il était grand ! Oh! Qu\u2019il était beau ! Oh! Qu\u2019il était brillant ! Elle tenta de saisir son odeur sauvage sous le parfum de plastique neuf.Elle se mit à imaginer son beau Brummel chevauchant le rouleau à pâte pour venir l\u2019extirper de son malheur.« On ne laisse pas bébé dans un coin », dirait-il avant de l\u2019entraîner sur la table pour la faire virevolter dans une spectaculaire danse lascive au milieu de la farine et des plats de pyrex.Ils ne feraient plus qu\u2019un.Le ver t et l \u2019orangé se confondraient dans un tourbillon de diamants.Elle serait alors la Reine du logis, la Fée de la lumière, l\u2019Étoile de la soirée.Les pommes en perdraient leur faux vernis, les oranges en seraient bouche bée et les dames de cire en fondraient de jalousie.Oh ! Quel merveilleux destin que le sien ! Un véritable conte de fées ! On écrirait son histoire dans les journaux.On s\u2019arracherait ses confessions.Son amour serait raconté dans un roman, traduit dans une cinquantaine de langues \u2014 elle se demanda quel nom elle porterait dans la version japonaise \u2014 puis porté au grand écran.Elle imaginait facilement Reese Witherspoon jouant son rôle \u2014 drôle, attachante, coquette, tout à fait elle \u2014 aux côtés de Hugh Grant.Pas de compromis possible sur le choix de ce dernier.Elle se rendrait personnellement à Notting Hill pour le convaincre s\u2019il le fallait.Toute à ses fantasmes, elle n\u2019entendit pas la maîtresse de maison qui s\u2019approchait d\u2019un pas résolu en invectivant la bonne.« Une citrouille comme décoration de Noël, non, mais à quoi avez-vous pensé?» La pauvre bonne tenta d\u2019expliquer que la citrouille faisait partie du décor depuis si longtemps qu\u2019elle n\u2019avait pas eu le cœur de s\u2019en débarrasser lorsqu\u2019elle avait installé les décorations la veille.Et puis, qui avait dit qu\u2019on ne pouvait pas avoir une citrouille de Noël ?Mais c\u2019était peine perdue.Potironne fut jetée à la r ue sans autre forme de procès et remplacée par un ange aux ailes dorées qui fit sensation.Grelottant de froid sur un banc de neige noirci, Poti- ronne reprenait le cours de son histoire.Quelle merveilleuse fin tragique ! s\u2019extasiait- elle.Digne d\u2019un grand classique.Toute une vie pour un instant d\u2019extase par fait.Elle imaginait déjà la salle verser une larme alors que résonnerait la voix de Piaf, juste avant le générique.Au bout de quelques jours, des hommes la balancèrent à bout de bras dans un camion malodorant.Elle fut enterrée entre un emballage de dinde et un lutin manchot.Mais sur son pédoncule fané, une branche de sapin vint se poser.Ils s\u2019enlacèrent tendrement.Et ils moururent heureux jusqu\u2019à la fin des temps.Le Devoir Cadeau de fin d\u2019année des journalistes du Devoir, la série Instantanés propose des textes de fiction inspirés par des photos d\u2019archives du temps des Fêtes envoyées par des lecteurs à la rédaction.Aujourd\u2019hui, un texte de Jessica Nadeau et un cliché de Salvador Dallaire, suivis d\u2019un texte de Jean-François Nadeau et d\u2019une photo de Diane Germain.SALVADOR DALLAIRE DIANE GERMAIN Noël 1946 : des patientes atteintes de tuberculose posent devant le sapin à l\u2019hôpital Laval. Peu de temps avant les Fêtes, Québec a publié un document de consultation pour réformer le régime des rentes (RRQ) en réaction à l\u2019entente intervenue l\u2019été dernier entre Ottawa et les neuf autres provinces.Malgré le fait que la réforme fédérale soit déjà très modeste, Québec vise malheureusement encore plus base tout temps, parler de retraite rebute aux moins de 50 ans.Cela fait tellement pingre et croulant ! Pourtant, grâce à l\u2019espérance de vie qui gagne du terrain, une for te propor tion d\u2019hommes et de femmes peuvent compter vivre encore 25 ans une fois passée la soixantaine.25 années à dépendre des épargnes accumulées au cours de ses 35 ans de vie professionnelle.Contrairement à plusieurs pays d\u2019Europe et d\u2019Asie, notre système public des rentes ne couvre qu\u2019une fraction insuf?sante des besoins des retraités, le reste provenant des régimes complémentaires d\u2019entreprise et des REER auxquels trop peu de gens participent.Depuis quelques années, plusieurs groupes ont fait pression sur les gouvernements pour qu\u2019ils boni?ent le régime public.À Ottawa, les conservateurs ont refusé d\u2019agir.Puis les choses ont changé avec l\u2019arrivée des libéraux, qui se sont entendus avec les neuf autres provinces que le Québec pour hausser les cotisations et les prestations du Régime de pension du Canada (RPC), l\u2019équivalent de notre RRQ.Ce changement très progressif s\u2019échelonnera sur une quarantaine d\u2019années.À terme, la rente d\u2019un retraité ayant cotisé toute sa vie au taux maximum passera de 13 100$ à 19 900$ (dollars d\u2019aujourd\u2019hui).Ajoutons à cela la Sécurité de la vieillesse (6900 $), pour un total de 26 800 $.C\u2019est mieux que le statu quo (20 000$), mais bien loin des 70% de revenu de ?n de carrière reconnus comme nécessaires.D\u2019où la nécessité des REER et surtout des régimes d\u2019entreprises, pourtant de moins en moins populaires à cause des coûts.?Cela dit, malgré la modestie du plan fédéral, le gouvernement Couillard refuse d\u2019adhérer et entreprendra cet hiver une consultation pour faire approuver une proposition moins généreuse que le reste du pays.Selon le document de consultation publié avant les Fêtes, la réforme fédérale pénalise les salariés qui gagnent moins de 27 000 $ puisqu\u2019en augmentant leurs prestations d\u2019un côté, on les privera du supplément de revenu garanti (SRG) (le «BS» du troisième âge) qui s\u2019ajoute à la prestation de base de Sécurité de la vieillesse (SV) de 6900 $ chez les retraités sans autre revenu.En fait, disons les choses simplement : alors que les libéraux de Justin Trudeau tentent de réduire les coûts du Supplément de revenu garanti à long terme, le gouvernement Couillard tient à ce qu\u2019Ottawa continue de prendre à sa charge les futurs retraités pauvres au lieu de les faire cotiser un peu plus au RRQ, eux et leurs employeurs.Autre conséquence du projet québécois : puisque la nouvelle prestation supplémentaire ne s\u2019appliquerait au Québec qu\u2019à la partie du revenu de travail cotisable supérieure à 27 000 $ pour tout le monde, il n\u2019y a pas que les bas salariés qui recevraient moins que leurs homologues canadiens.Tous les futurs rentiers du Québec seraient touchés puisqu\u2019ils auront contribué moins que les autres Canadiens au cours de leur carrière.À terme, la rente maximale d\u2019un Québécois ayant gagné plus de 63 000 $ de salaire serait de 17 730 $, comparativement à 19 900 $ pour son homologue d\u2019une autre province.Et comme Québec souhaite indexer désormais les rentes en fonction de l\u2019indice des prix du Québec, habituellement moins élevé que l\u2019IPC canadien, l\u2019écart irait en s\u2019accentuant avec le temps.Voilà un projet de réforme qui mettrait ?n à l\u2019harmonisation des régimes introduite à leur création pour favoriser la mobilité de la main-d\u2019œuvre.À tel point qu\u2019il est probable que les salariés qui relèvent de la compétence fédérale, ceux des télécommunications et des banques par exemple, exigent de participer au RPC et non plus au RRQ pour éviter de voir leur pouvoir d\u2019achat diminuer à la retraite, on les comprend.À cause de la baisse du nombre de travailleurs actifs plus rapide au Québec et de la prise de retraite plus jeune, le RRQ impose des cotisations plus élevées qu\u2019ailleurs pour des prestations équivalentes.Au lieu d\u2019ajuster les cotisations a?n de maintenir la parité des rentes avec le reste du pays, le gouvernement Couillard tente d\u2019introduire une réforme moins généreuse à long terme pour la classe moyenne.Un choix peu ambitieux qu\u2019il faut rejeter.Après tout, on ne construit pas une économie et une société plus dynamiques et riches en visant toujours plus bas que son voisin.L E D E V O I R , L E J E U D I 5 J A N V I E R 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Les beaux souvenirs de la balle au mur L\u2019article de Jean-François Nadeau paru dans l\u2019édition du 3 janvier dernier, «Petite histoire de la balle au mur », a réveillé chez-moi d\u2019agréables souvenirs.Il y avait un préau de balle au mur au collège dirigé par les clercs de Saint-Via- teur à Sully, dans le comté de Témis- couata, au cours des années 1957-1958- 1959, alors que j\u2019y étais pensionnaire pour faire mes études secondaires.Le jeu était populaire auprès des élèves de la fin du cycle.Il consistait à frapper une petite balle en caoutchouc durci pour qu\u2019elle rebondisse sur le mur du fond de l\u2019enceinte, et idéalement qu\u2019elle ricoche sur un des murs latéraux avant que le joueur adverse tente de la retourner.Le point était marqué quand l\u2019adversaire était incapable de retourner la balle.Nous la frappions à main nue, poing fermé ou main ouverte, et après quelques coups, nous avions les jointures et la paume de la main enflées et engourdies, de sorte que nous ne ressentions plus la douleur.Il n\u2019était pas rare, comme l\u2019écrit monsieur Nadeau, que de petites veines de la main éclatent au cours du jeu.Lorsque nous entrions en classe après avoir joué quelques par ties, nous avions de la dif ficulté à écrire pendant un certain temps à cause de l\u2019enflure et du tremblement de la main L I B R E O P I N I O N M Y R L A N D E P I E R R E Sociologue et chercheuse associée au Centre de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté à l\u2019UQAM I l est fondamental de penser en dynamiques complexes les sujets d\u2019égalité, de parité et de diversité pour construire des politiques inclusives.Le temps est venu d\u2019ancrer l\u2019égalité de fait entre les femmes et les hommes, et cela passe par une loi sur la parité.Cependant, comment pourrait-on, en 2016, envisager l\u2019atteinte de la parité dans les lieux de pourvoir sans y intégrer systématiquement le principe de diversité ?Je pose la question à toutes les féministes québécoises progressistes.La parité, c\u2019est le droit à une représentation paritaire dans les instances dirigeantes et en politique afin que l\u2019égalité démocratique de principe en devienne une de réalité concrète.C\u2019est dans cette perspective que de nombreuses femmes ont appuyé l\u2019initiative du groupe Femmes, politiques et démocratie : la déclaration En marche pour la parité.J\u2019ai moi-même spontanément appuyé cette démarche.Depuis, ma réflexion s\u2019est poursuivie et j\u2019en suis parvenue à cet énoncé qui traduit bien ma pensée: l\u2019atteinte d\u2019une parité qui édulcorerait la diversité, ou en l\u2019absence de diversité, serait en quelque sorte un objectif inachevé.Dans le passage de « l\u2019égalité de droit » à celui de « l\u2019égalité de fait », la reconnaissance de situations d\u2019exclusion vécues par cer tains groupes de citoyennes est fondamentale pour que l\u2019atteinte de l\u2019objectif de la parité au sein des sphères décisionnelles et lieux de pouvoir soit au service et profite à toutes les femmes qui composent le tissu social du Québec.Démocratie véritable La représentation politique, en l\u2019occurrence, c\u2019est la capacité pour un État de créer un espace qui permette à tout citoyen de par ticiper et d\u2019être représenté aux processus délibératifs et décisionnels, en tenant compte des intérêts à la fois collectifs et particuliers.La représentation politique nécessite d\u2019être diversifiée afin de favoriser l\u2019écoute et la prise en compte des différentes voix qui coexistent au sein de la société.Une démocratie véritable requiert des institutions et des modes de fonctionnement offrant des voies d\u2019accès ouvertes à la pleine et entière par ticipation de tous et de toutes aux dif fé- rentes sphères d\u2019activité de la vie commune.Ainsi, promouvoir la représentation de la diversité aux différentes instances de pouvoir, c\u2019est œuvrer à moderniser notre démocratie en examinant ce qui constitue les fondements d\u2019une société plus juste et plus équitable.Or, il existe un certain courant de pensée féministe en Occident qui allègue qu\u2019une prise en compte de la diversité risquerait de nuire ou de freiner la progression vers l\u2019égalité.Si cette acception se révélait vraie et si l\u2019atteinte de la parité se concrétisait en occultant la diversité, les féministes auraient ainsi réussi à établir un modèle de parité qui serait le prolongement, la reproduction d\u2019un prototype de représentation qui aurait les mêmes caractéristiques que celui au nom duquel elles se seraient employées à déconstruire ; un modèle homogène constitué essentiellement de femmes et d\u2019hommes blancs issus des classes moyennes supérieures et aisées au cœur du pouvoir politique et des organes décisionnels.Est-ce un tel modèle de parité que nous voulons socialement voir émerger ?J\u2019ose croire que non ! Et si c\u2019était le cas, il serait légitime de s\u2019en indigner en se demandant à qui le féminisme profite.Le modèle de parité que l\u2019on s\u2019emploie à construire doit être en mesure d\u2019intégrer la diversité sociétale.Pour ce faire, il est important de comprendre et de reconnaître qu\u2019il subsiste des disparités considérables entre la majorité et les minorités.Le sexe, l\u2019ethnicité, la « race », lorsque combinés, peuvent produire des situations d\u2019inégalités intersectorielles inquiétantes.On parlera alors de l\u2019intersectionnalité des discriminations.Des obstacles cristallisés Le déficit de représentation de la diversité ethnoculturelle dans les sphères décisionnelles et les lieux de pouvoir peut s\u2019expliquer par des obstacles d\u2019ordre historique, culturel, structurel et institutionnel.L\u2019absence des groupes de femmes issues de la diversité dans les lieux décisionnels est criante.Le portrait des institutions et des organisations oblige la société québécoise à se questionner sur la composition de ses effectifs et sur la place des autochtones, des minorités ethnoculturelles et racisées, afin que les lieux de décision et de pourvoir soient le miroir de la diversité sociétale.La démocratie moderne repose sur l\u2019égalité supposée de tous les citoyens et citoyennes.Cependant, en dépit d\u2019un discours égalitariste au Québec et au Canada, un certain nombre de personnes et de groupes sociaux sont toujours aux prises avec des pratiques discriminatoires.Toute mesure visant à favoriser une représentation paritaire des femmes et des hommes dans les sphères décisionnelles et les lieux de pouvoir doit s\u2019inscrire dans une perspective démocratique, citoyenne, d\u2019égalité et de diversité.Une loi sur la parité dans les instances de pouvoir devrait donc être accompagnée d\u2019une série de mesures susceptibles de garantir une représentation juste et équitable de la diversité en s\u2019attaquant aux inégalités et aux stéréotypes partout où ils se manifestent.En ces temps où l\u2019on assiste à une résurgence du conservatisme et de l\u2019extrême droite en Europe et aux États- Unis, l\u2019heure est à la solidarité entre tous les groupes de femmes.L\u2019atteinte de la parité en l\u2019absence de diversité serait un objectif inachevé FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET avec laquelle nous avions frappé la balle.Ce beau sport était valorisé par nos professeurs qui jouaient volontiers avec nous.L\u2019ar t icle m\u2019a fait revivre de bien beaux moments et m\u2019a remis en mémoire que les membres des communautés religieuses qui ont œuvré à l\u2019éducation d\u2019un grand nombre de jeunes de ma génération n\u2019étaient pas tous, loin de là, des agresseurs sexuels.Je voulais en témoigner.Il se trouverait sûrement de nos jours des âmes fragiles qui militeraient pour l\u2019interdiction de ce jeu pour cause de risques de blessures.Imaginez, nous ne portions ni gants matelassés ni lunettes protectrices.Réjean Langlois Sept-Îles, le 4 janvier 2017 marge de manœuvre financière » lui permettant de réduire les impôts ou d\u2019augmenter ses dépenses.La croissance exorbitante des dépenses en santé que doivent assumer les provinces est à blâmer pour le déséquilibre entre leur situation et celle du gouvernement du Canada, notait-il par la même occasion.En proposant la semaine dernière aux provinces et territoires de conclure une nouvelle entente sur le financement des soins de santé prévoyant une hausse de 3,5 % des transferts fédéraux en santé, le gouvernement fédéral a tracé un itinéraire périlleux pour les finances publiques du pays.Au lieu de prendre les décisions nécessaires pour bâtir un avenir économique prospère, inclusif et durable comme il s\u2019y était engagé, Ottawa a refusé d\u2019accomplir sa juste part pour relever le défi du vieillissement de la population, condamnant ainsi les provinces à davantage de rigueur pour éviter de tomber dans les abysses financiers.Si le gouvernement fédéral souhaite véritablement construire l\u2019avenir du Canada sur des fondations solides, il devra s\u2019attaquer à tous les défis qui se présentent à l\u2019horizon, y compris le défi démographique.Jacob Morrier Étudiant au baccalauréat en sciences économiques Montréal, le 23 décembre 2016 Ottawa fait fi du défi du vieillissement La situation financière escarpée des provinces est reconnue par tous les ob- ser vateurs aver tis du débat public.En juin dernier, le directeur parlementaire du budget prévenait dans son Rapport sur la viabilité financière que « la dette des administrations [provinciales et territoriales] n\u2019est pas viable et [que] l\u2019ensemble de ces administrations accuse un écart financier représentant 1,5 % du PIB », tandis que « le gouvernement fédéral a une RÉFORME DU RRQ Beaucoup trop modeste D JEAN-ROBERT SANSFAÇON L E D E V O I R , L E J E U D I 5 J A N V I E R 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 6500 caractères (y compris les espaces), ou 1000 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com), mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.Y V O N C O R B E I L Professeur de philosophie au cégep de Trois-Rivières omme pourrait l\u2019avoir dit Laplace à Napoléon au sujet de Dieu, ce qui ne permet pas de prédire n\u2019a guère d\u2019utilité scientifique.Voilà l\u2019épine qui s\u2019enfonce dans la chair des sciences dites « humaines » depuis leur naissance et dont on aurait peut-être allégé la souffrance si, en français tout au moins, on ne les avait pas affublées de ce vocable de «sciences», qui a tout pour les jeter dans les affres d\u2019un complexe d\u2019infériorité.Car les humanities ne savent pas prédire.Ce qui est vrai des sciences humaines en général l\u2019est donc tout autant des « sciences de l\u2019éducation », lesquelles tentent de raisonner universellement sur l\u2019ensemble de ces cas particuliers que forme chaque cheminement éducatif individuel.C\u2019est un triste constat pour nous, « hommes théoriques », que de nous aviser, à l\u2019usage et sur le terrain, que les méthodes éducatives issues des « sciences de l\u2019éducation» sont toutes inopérantes puisqu\u2019elles fonctionnent toutes\u2026 parfois.Le désarroi dans lequel nous sommes alors plongés nous invite à reconsidérer l\u2019intérêt que nous pouvions porter à la « science » éducative et nous oblige à nous préoccuper de ce qui est au cœur de notre tâche, c\u2019est-à-dire l\u2019élève ou l\u2019étudiant.Voilà pourquoi il y a fort à parier qu\u2019un quelconque « Institut d\u2019excellence en éducation» ne soit qu\u2019une nouvelle manière de faire parler entre eux des individus qui continuent de croire à la possibilité de solutions universelles aux problèmes de l\u2019éducation, et s\u2019escriment à en faire la promotion.Il est contradictoire d\u2019affirmer qu\u2019un regroupement de scientifiques puisse accueillir en son sein un « large pluralisme conceptuel » comme l\u2019af firme le professeur Julien Prud\u2019homme (« La science doit devenir un outil essentiel en éducation », Le Devoir, 23 décembre 2016), alors que tout regroupement de ce genre \u2014 science oblige \u2014 se donne nécessairement pour tâche d\u2019éliminer le faux pour ne retenir que ce qui est déclaré « vrai ».Si le pluralisme peut s\u2019exprimer, il ne peut guère suggérer et certainement rien décider.Il l\u2019est aussi d\u2019affirmer que «ce sont des dérives idéologiques et politiques qui réduisent actuellement l\u2019autonomie des enseignants et minent la réussite de nos enfants », mais de croire en même temps qu\u2019un regroupement de scientifiques pourra y changer quelque chose.Les dérives éducatives actuelles tiennent d\u2019abord au fait que, soumise aux diktats de l\u2019État, l\u2019éducation est devenue formation et qu\u2019elle a abandonné sa mission première au profit de la seconde : acquérir des compétences pour exercer un emploi.Elles naissent également dans l\u2019orbe de l\u2019illusion qui laisse croire à certains intervenants qu\u2019en éducation, une approche «scientifique » est nécessairement meilleure que toute autre, et ce, tout simplement parce qu\u2019elle est scientifique\u2026 Une approche qui, pour peu qu\u2019on y réfléchisse, ne peut mener à terme qu\u2019à la mise au point d\u2019une nouvelle « réforme », laquelle enterrera celle qui enterrait déjà la précédente.« Il n\u2019y a de science que de l\u2019universel », écrivait Aristote.Que cela heurte ou pas notre volonté de maîtriser le monde par la raison, force est d\u2019admettre que l\u2019éducation est un art, et non une science.Tant qu\u2019on ne l\u2019aura pas compris et admis en haut lieu, les efforts déployés pour en corriger les « dérives » prendront la forme d\u2019« instituts » ou de regroupements de spécialistes en « sciences de l\u2019éducation » qui ne font que retarder cette nécessaire prise de conscience.ENSEIGNEMENT L\u2019éducation est un art J E A N - P I E R R E P R O U L X Journaliste et professeur retraité près avoir passé avec succès le test judiciaire, le débat sur le programme ECR [Éthique et culture religieuse] a atterri en 2016 sur le terrain politique.Dorénavant, c\u2019est là que se joue l\u2019avenir de ce programme déjà objet d\u2019intenses débats sur le plan idéologique.Sur ce plan, les positions sont bien campées selon que l\u2019on fait partie de la famille des « républicains civiques», des « républicains conservateurs» ou des «penseurs libéraux».Mais ici, le débat est sans issue.Tout a été dit et écrit.On peut argumenter sans fin, mais personne ne peut trancher.Au surplus, la position des « républicains civiques », dans sa version antireligieuse, est inconciliable avec celle des « libéraux».En 2016, les « républicains civiques » sont donc passés sur le terrain politique.Ils ont lancé une pétition à l\u2019Assemblée nationale réclamant « de retirer le volet \u201c culture religieuse \u201d du cours ECR».Elle a recueilli près de 5400 signatures.À l\u2019échelle du Québec, c\u2019est peu.Mais en recevant l\u2019appui du chef du PQ, Jean- François Lisée, et de son porte-parole en matière d\u2019éducation, Alexandre Cloutier, les « républicains civiques » ont nettement renforcé leur position.Déjà, le chef du PQ a promis de remplacer le volet culture religieuse par l\u2019éducation civique.Soit dit en passant, en 2007, alors «communautarien», il prônait le maintien des enseignements religieux confessionnels ! Autre position politique inattendue, le Conseil du statut de la femme a recommandé au gouvernement «que la dimension religieuse soit intégrée dans le programme d\u2019histoire ».Laïcité ouverte De leur côté, les « penseurs libéraux » qui se réclament de la « Laïcité ouverte » ont encore peu occupé le terrain politique.Néanmoins, dans un communiqué du 14 décembre, l\u2019Association québécoise [des enseignants] en éthique et culture religieuse interpellait Sébastien Proulx, le ministre de l\u2019Éducation, sur ses intentions touchant la révision du programme et réclamait d\u2019y participer.On y regrettait aussi « l\u2019instrumentalisation politique récente du programme ECR par le Parti québécois (PQ) depuis l\u2019arrivée de Jean-François Lisée à sa tête ».Mais, pas de chance, seul le Huffington Post a relayé le communiqué.De fait, c\u2019est au politique de trancher ce débat.En effet, c\u2019est le gouvernement qui fixe le curriculum, et le ministre de l\u2019Éducation qui adopte les programmes.Ils doivent le faire en tenant compte d\u2019un équilibre entre les matières à partir d\u2019une vision cohérente de l\u2019éducation et en arbitrant les attentes sociales plurielles.Et sur le terrain politique, il existe de bons arguments pour conserver le programme ECR.D\u2019abord, outre qu\u2019il a été amplement justifié, ECR reçoit l\u2019appui d\u2019une majorité significative de Québécois.En mars 2015, la maison de sondage SOM a posé la question suivante à 1214 Québécois : « À votre avis, devrait-on abolir le cours d\u2019éthique et de culture religieuse dans les écoles primaires et secondaires ?» ; 33 % ont répondu oui, 62 % ont répondu non.Ce sondage en confirmait un autre mené en 2012 à la suite de la décision de la Cour suprême approuvant le caractère obligatoire du cours : 60 % s\u2019étaient dits d\u2019accord avec cette décision.Certes, un sondage ne confère pas seul la légitimité à un objet social ; il y participe néanmoins sur le plan démocratique et sur celui de l\u2019acceptabilité sociale.Les politiciens y sont sensibles.Critiques Tant ceux qui estiment ce programme pertinent, que le ministère et ceux qui le dispensent doivent par ailleurs prendre sérieusement en compte certaines des critiques dont il est l\u2019objet.Elles ne sont pas toutes sans fondement.L\u2019une d\u2019elles concerne le temps accordé à ce cours.Pour l\u2019heure, il s\u2019enseigne durant les six ans du primaire et durant quatre des cinq années du secondaire.C\u2019est trop, surtout en comparaison du temps accordé à d\u2019autres disciplines tout aussi pertinentes.Du reste, le rapport de 1999 du Groupe de travail sur la place de la religion à l\u2019école précisait : «Ce statut d\u2019enseignement obligatoire ne signifie pas pour autant qu\u2019il doive être dispensé de façon continue à chaque degré du primaire et du secondaire.» À la fin du primaire, on pourrait consacrer quelques heures aux religions, peut-être dans le cadre du programme de l\u2019univers social.Au secondaire, on pourra leur accorder une place plus grande en même temps qu\u2019à l\u2019athéisme et l\u2019agnosticisme.Un regard plus critique sur les religions pourrait aussi s\u2019exercer avec les grands adolescents.En terminant, notons que le très officiel Comité sur les af faires religieuses du MEQ est muet depuis 2013.Il a pourtant comme mission de « donner son avis sur les aspects religieux des programmes d\u2019éthique et de culture religieuse ».Au chômage ou mutisme obligé ?Mystère ! ÉTHIQUE ET CULTURE RELIGIEUSE Le débat doit se clore sur le terrain politique J E A N L E A H E Y Québec ans son texte «Réponse au spleen de 2016», Gabriel Laurence-Brook invite les gens de sa génération à prendre lucidement conscience de l\u2019état du monde, à discuter des enjeux vitaux qui se présentent et à prendre action.Bien loin de taire l\u2019exigence d\u2019adopter une telle position et de cacher les renoncements qu\u2019il faudrait accepter pour s\u2019arracher à la morosité et au confort soporifique qu\u2019il observe dans le monde actuel, il nomme crûment la rupture que cela impliquerait avec les «normes» suivies par la majorité de ses condisciples qui, selon lui, s\u2019enlisent dans la matérialité et le plaisir facile.Il est conscient qu\u2019il pourrait ne pas se faire que des amis en tirant ainsi la sonnette d\u2019alarme quant aux risques de catastrophe qui guettent notre civilisation et à la responsabilité qui leur incombe d\u2019agir, vu leur âge.Monsieur Laurence-Brook cherche ainsi à s\u2019inscrire dans la longue suite des initiatives humaines pour s\u2019adapter au monde, ce qui a créé la civilisation et les civilisations qui ont justement «sauvé le monde», mais à la condition que les humains s\u2019attachent constamment à trouver l\u2019équilibre entre préserver leur civilisation et la transformer pour survivre aux défis constants de l\u2019existence, ce qui malheureusement ne s\u2019est pratiquement jamais fait dans l\u2019harmonie, dans le consensus, dans la paix ; des exemples innombrables viennent rapidement à l\u2019esprit.Il nomme, avec lucidité pourrait-on dire, les remises en cause quelquefois radicales qu\u2019il faudrait faire de notre monde tel qu\u2019il est pour prendre le relais dans la préservation de la civilisation impliqueraient des changements majeurs, dif ficiles en tout cas, dans nos confortables acquis.Recette C\u2019est ainsi que le monde s\u2019est construit, à travers des «choix» qui n\u2019ont pas toujours été les meilleurs, sans doute, mais avec lesquels il faut vivre d\u2019une génération à l\u2019autre, d\u2019un millénaire à l\u2019autre même.Jusqu\u2019ici, la recette a permis à l\u2019humanité de survivre et il faut compter, comme le pense monsieur Laurence-Brook, sur l\u2019audace de ceux qui sont encore en position d\u2019agir sur la suite des choses.Sa tâche d\u2019alerter et de mobiliser les éléments créatifs de sa génération n\u2019est pas mince, évidemment, même s\u2019il n\u2019est heureusement pas le seul à chercher à le faire.Le relent de pessimisme ou d\u2019angoisse que l\u2019on sent dans son texte pourrait-il s\u2019atténuer s\u2019il entendait dans l\u2019histoire du monde, en écho à sa quête, les débats émotionnels qu\u2019a suscités chez d\u2019autres le même désir que le sien?Dans l\u2019un de ses derniers livres, François Cheng (Œil ouvert et cœur battant), un très fin observateur des civilisations orientales et occidentales, lui offre un écho à ses préoccupations: «Car à une époque comme la nôtre, où règne souvent le cynisme, ou un hédonisme sans frein, celui qui se propose de chanter la vertu n\u2019a pas forcément le beau rôle ; il court le risque de se montrer plus ou moins naïf.De nos jours en effet, lorsqu\u2019on dit de quelqu\u2019un qu\u2019il est vertueux, on ne le fait pas sans un cer tain ton de condescendance, comme si l\u2019on voulait signifier qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019une personne un peu contrainte, un peu rigide, qui ne sait pas tout à fait profiter des avantages et des plaisirs qu\u2019offre la vie.» Quelques pages plus loin, Cheng énonce des circonstances où « le mot vertu [\u2026] prend son sens originel, celui d\u2019un agir efficace».C\u2019est bien ce que recherche monsieur Laurence-Brook, de susciter la ver tu chez ses semblables et, comme lecteur, il est réconfortant de penser, sinon de constater que de tout temps il y a eu un espace fer tile pour l\u2019émergence de ce qu\u2019il prône, ce qui n\u2019a jamais, pour autant, empêché les doutes\u2026 LA RÉPLIQUE Du spleen à la confiance ILLUSTRATION TIFFET LE DÉCLENCHEUR «Catastrophes environnementales, terrorisme, guerres, famines, extrême pauvreté côtoyant les amas de richesses les plus extravagants\u2026 Inconsciemment, nous savons tous que le système fonce droit dans un mur [\u2026].Nous sommes peu, en contrepartie, à réussir à mettre le doigt sur l\u2019origine du mal qui nous afflige.Cela suppose d\u2019abord de résister au processus naturel de défense psychologique devant un problème d\u2019une telle ampleur consistant à l\u2019occulter complètement et à se servir du divertissement si facilement accessible pour s\u2019économiser le découragement, le cynisme et le chagrin d\u2019une remise en cause profonde du monde tel qu\u2019il est.» \u2014 Gabriel Laurence-Brook, «Réponse au spleen de 2016.», Le Devoir, 31 décembre 2016.D C A JACQUES NADEAU LE DEVOIR L E D E V O I R , L E J E U D I 5 J A N V I E R 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Qu\u2019est-ce que le style ?À quoi tient-il ?Au- delà de l\u2019esthétisme, que révèle-t-il de nous?C\u2019est le genre de questions qui hantent Marielle Macé, une espèce de surdouée universitaire au parcours impressionnant.Pour cette chercheuse au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), enseignante à l\u2019École des hautes études en sciences sociales à Paris et pro- fesseure associée à la New York University, le style est loin d\u2019être superficiel.Cela révèle plutôt une profondeur existentielle, sociale et politique.« Un choix de style, c\u2019est toujours un choix de valeurs, le choix d\u2019un certain monde auquel on tient », indique avec fer veur Marielle Macé, rencontrée dans le petit studio parisien qui lui sert d\u2019antre d\u2019écriture et de réflexion.« Je viens des études littéraires, où la question de la forme est très importante pour l\u2019engagement de sens qu\u2019elle révèle », précise-t-elle de sa voix de petite fille qui tranche avec l\u2019image de l\u2019universitaire savante telle qu\u2019elle apparaît dans son troisième ouvrage.De nature encyclopédique, ce livre se nourrit de références littéraires aussi bien que sociologiques, anthropologiques ou philosophiques.L\u2019auteure en appelle d\u2019ailleurs à un élargissement d\u2019égal à égal entre la littérature et les sciences sociales.«La littérature est, au regard des sciences humaines et de la philosophie, plus et mieux qu\u2019une réserve d\u2019exemples », écrit-elle.La littérature comme allié On comprend que le style en littérature et dans les arts en général est devenu pour Marielle Macé une forme de jauge, une sorte de guide, pour ne pas dire un allié.Spécialiste de la littérature du XXe siècle, elle a notamment fouillé au fil des ans les œuvres de Gide, de Valéry, de Sartre, de Barthes, de Pasolini\u2026 Il y a un peu plus de cinq ans, dans Façon de lire, manières d\u2019être (Gallimard), elle se demandait en quoi la lecture de cer tains livres influence notre style de vie, en quoi la littérature débouche sur la vie.« Ça m\u2019a pris un certain temps, confie Marielle Macé, 43 ans, à comprendre que, même lorsque les textes parlent de toute autre chose que de nous, parlent depuis un tout autre état du monde, ils ont vraiment des choses à nous dire à nous, sur nous, maintenant.» Elle cite comme exemples l\u2019œuvre de Mi- chaux, celle de Proust.Et celle de Baudelaire, s\u2019inquiétant de voir le monde devenir inhabitable pour lui.«Quand Baudelaire s\u2019irrite des façons de marcher de ses contemporains, ou d\u2019une nouvelle vie urbaine avec l\u2019électricité, avec les nouvelles rues, les cafés, toute cette façon dont on apparaît les uns face aux autres, cela nous dit quelque chose qui nous parle, mais aussi qui nous arme dans notre propre vie, qui réclame qu\u2019on soit vigilant dans notre propre vie.» La littérature comme réservoir de vigilance.Marielle Macé en a fait son nid.« C\u2019est comme s\u2019il y avait un ef fet de rebond de la qualité d\u2019attention des écrivains : ce à quoi ils ont été attentifs nous arme nous-mêmes pour être attentifs à des choses comme le tact, la façon dont on considère autrui, la distance qu\u2019on cherche à garder avec les autres, le fait qu\u2019on soit capable de s\u2019intéresser à la vie des autres, et pas juste croire savoir ce qu\u2019ils sont\u2026» Peu à peu, elle en est venue à voir le style comme une façon de concevoir le monde, comme une façon de vivre dans le monde.Et, par conséquent, à se questionner sur les formes de vie dont on veut\u2026 ou dont on ne veut pas.Ce qu\u2019elle propose dans Styles n\u2019est rien de moins qu\u2019une stylistique de l\u2019existence, qui pourrait se traduire par la question du comment vivre ensemble.Si son nouvel essai, ouvertement théorique, peut paraître aride, ses propos n\u2019en demeurent pas moins applicables, éclairants, quant aux choix de société qui s\u2019opèrent actuellement et aux enjeux qui en découlent.Le burkini, source de conflits Le débat houleux qui a eu cours en France l\u2019été dernier au sujet du burkini demeure pour Marielle Macé une source de réflexion.À ses yeux, cela tient à la façon dont on regarde les autres, dont on se jauge mutuellement.Deux pôles d\u2019interprétation se sont affrontés, résume-t-elle.« Il y a ceux qui ont considéré que ce vêtement est une marque agressive d\u2019appartenance et qui ont même imaginé l\u2019interdire.Et il y a ceux qui disaient que c\u2019était un vêtement comme un autre.» À ses yeux, ce sont deux façons de voir qui témoignent d\u2019une inattention à ce qui se joue.«Je ne perçois pas le burkini comme un drapeau ni comme un choix.Je le perçois comme un petit espace portatif où des femmes musulmanes se battent avec des valeurs extrêmement contradictoires.C\u2019est un espace de tension avec soi-même, avec son temps, avec ce que c\u2019est qu\u2019être une femme musulmane dans les conditions actuelles en France.» Ce qui est sûr pour elle : ça n\u2019a aucun sens d\u2019interdire le burkini sur les plages françaises.« On n\u2019interdit pas la contradiction », plaide-t- elle.De là à conclure que nos manières d\u2019être, nos manières de nous apparaître les uns aux autres, constituent un espace de conflits, il n\u2019y a qu\u2019un pas\u2026 que Marielle Macé franchit.Il ne s\u2019agit pas pour elle de nier les conflits, mais plutôt de s\u2019interroger, chacun, sur le fondement de nos propres valeurs confrontées à d\u2019autres.Ça vaut aussi pour notre réaction devant les flux migratoires croissants, notamment en Europe.«On a du mal à considérer que les vies des migrants sont tout à fait des vies vivantes, dit-elle.On reçoit les images des naufrages, des campements où ils sont entassés, puis démantelés : on les perçoit comme une masse.Et le problème devient le plus ou moins grand volume de cette masse de souffrance.» On pense pouvoir assez vite classer les gens, savoir quelle est leur vie, fait-elle remarquer.« Mais la vie n\u2019est jamais aussi pauvre qu\u2019on le pense, et notamment la vie des pauvres n\u2019est jamais aussi pauvre qu\u2019on le pense », insiste Marielle Macé.Ce qui l\u2019interpelle personnellement : le regard sur les dif férentes formes de vie que ça nous oblige à considérer.Le but, finalement, étant celui-ci : « s\u2019éprouver, certes, dissemblables, mais aussi semblables.Ne serait-ce que dans notre façon d\u2019aimer»\u2026 Collaboratrice Le Devoir STYLES CRITIQUE DE NOS FORMES DE VIE Marielle Macé Gallimard Paris, 2016, 368 pages SUITE DE LA PAGE 1 STYLE Quoi qu\u2019il en soit, anglophones et francophones ont des visions bien différentes par rap- por t au fait français.Seuls 34 % des anglophones estiment que le français est menacé au Canada (19 % se disant très d\u2019accord) contre 74 % des francophones (dont plus de 55 % sont « fortement d\u2019accord» avec cette affirmation).À peine le tiers des francophones estiment qu\u2019Ottawa est « très ef ficace » en matière de protection des deux langues officielles, contre 51 % des anglophones.Si l\u2019autre langue officielle demeure la langue seconde la plus importante à apprendre pour une majorité de Canadiens, là encore, c\u2019est le cas à des degrés très variables.Alors que 83% des francophones unilingues optent pour l\u2019anglais, suivi de l\u2019espagnol (12%), les anglophones priori- sent ces langues dans une proportion de 52% et de 21%, suivies du mandarin (6%).Lorsque vient le temps de consommer des produits culturels dans l\u2019autre langue, plus de sept francophones sur dix démontrent un intérêt.«Cela contraste avec le faible niveau d\u2019intérêt des anglophones envers les produits culturels en français.32% [sont] intéressés, mais 55% ne sont pas intéressés», notent les auteurs du document.Tandis que la quasi-totalité des répondants de langue française croit que les diplômés du secondaire devraient « avoir une connaissance pratique» des deux langues, seuls 62 % des anglophones partagent ce point de vue.Les Canadiens nés à l\u2019étranger ont tendance à être plus positifs que les anglophones nés au Canada quant au bilinguisme.Les jeunes de 18 à 34 ans semblent nettement moins préoccupés par ces enjeux que leurs aînés.Ces écarts, s\u2019ils peuvent étonner, n\u2019en restent pas moins «normaux», croit la politologue Linda Cardinal, titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques de l\u2019Université d\u2019Ottawa.«De façon constante dans les sondages, les francophones, qui sont minoritaires au Canada, démontrent un intérêt plus important pour cet enjeu.Du point de vue anglo, la dualité linguistique est un compromis, un compromis avec lesquels ils sont d\u2019accord.On voit le bilinguisme comme un accommodement envers les francophones, tandis que ces derniers voient plutôt ça comme une façon de s\u2019ouvrir à la diversité.» Bilan décevant La professeure dresse un bilan très partagé de la première année au pouvoir de Justin Trudeau, en matière de langues officielles.«D\u2019une part, il y a des ef forts pour consulter les gens et une volonté d\u2019intervenir, mais c\u2019est fait sans engouement, sans af firmation des langues of fi- cielles.Ça ne se retrouve pas au cœur des messages du gouvernement canadien, aux côtés du multiculturalisme, de l\u2019environnement et du bien-être de la classe moyenne, par exemple.» Les langues sont vues par ce gouvernement comme un banal outil de communication plutôt que comme un « élément fondamental au cœur de notre contrat social», ajoute-t-elle.«Discours d\u2019ado» Justin Trudeau lui-même en a rajouté en laissant entendre que Gatineau devrait se déclarer officiellement bilingue pour que la Ville d\u2019Ottawa fasse de même, avant de reconnaître, dans une autre entrevue, qu\u2019il avait été « baveux ».« Ce n\u2019est pas un discours de premier ministre, c\u2019est un discours d\u2019ado ! On ne peut se permettre autant d\u2019arrogance pour un sujet aussi délicat.» La vision qu\u2019ont la plupart des Canadiens anglophones des deux langues serait bien dif fé- rente s\u2019ils avaient la chance de côtoyer davantage le français au quotidien, croit pour sa part Sylvia Laforge, directrice générale du Quebec Community Groups Network (QCGN), qui représente la communauté anglophone de la province.« C\u2019est encore la preuve que les gens ne connaissent pas bien l\u2019autre.» « Tout le travail de sensibilisation quant à la situation des maux linguistiques, on voit que cela a porté ses fruits, se félicite quant à lui Maxime Laporte, présidente de la Société Saint-Jean- Baptiste de Montréal, commentant les résultats chez les répondants de langue française.Les francophones sont inquiets de l\u2019avenir, mais ils semblent continuer de croire à l\u2019importance d\u2019un Canada avec une dualité linguistique.C\u2019est une contradiction, car l\u2019identité \u201c canadian \u201d se résume aujourd\u2019hui davantage à la reine, à la police montée et au Tim Hortons qu\u2019au fait français.L\u2019état du français ne préoccupe pas la plupart des anglophones.» Au bureau de la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, on souligne que cet exercice est effectué ponctuellement par le ministère, et servira à l\u2019élaboration du prochain plan d\u2019action pour les langues officielles, qui doit entrer en vigueur en 2018.Mme Joly fait-elle partie des 74% de francophones qui jugent le français menacé?«La ministre est très consciente des enjeux auxquels les communautés francophones au Canada, notamment en situation minoritaire, font face», répond son attaché de presse, Pierre-Olivier Herbert, Mme Joly se trouvant actuellement à l\u2019extérieur du pays.Il reconnaît toutefois qu\u2019il y a «un travail de sensibilisation à faire au niveau de cette perception-là».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SONDAGE % migration, dit-il, doit être proactive.En ce moment, notre immigration est réactive.On dit à l\u2019immigrant : \u201cViens-t\u2019en et après, trouve-toi une job.\u201d Tandis que là, on trouve \u201c la job \u201d et après il s\u2019en vient.Et si l\u2019entreprise est contente, par la suite, on fait venir la famille.Ça fait que la personne qui arrive ici travaille, elle commence à payer ses impôts, elle est contente, elle est valorisée et la roue est partie», dit-il en soulignant que «ça ne coûte rien à l\u2019État ».Dans le cas des aides familiales, il pousse la planification un cran plus loin.Elles seraient recrutées dans un orphelinat du Nicaragua à partir de l \u2019âge de 16 ans.Le plan de M.Plamondon est de leur of frir un travail lorsqu\u2019elles vont atteindre la majorité.« Sinon, à 18 ans, elles se retrouvent à la rue», affirme-t-il.L\u2019entrepreneur vise le marché privé des aides familiales, et non pas celui du réseau public.Quant aux cours de français, ils seraient « probablement » offerts par des retraités québécois intéressés par le bénévolat.L\u2019entreprise de M.Plamondon n\u2019a, de toute façon, pas le droit d\u2019embaucher là-bas à titre d\u2019entreprise canadienne.«On va leur offrir des cours de français et toute la formation dont elles vont avoir besoin avant de venir ici», explique-t-il.Les jeunes femmes auraient-elles le choix d\u2019accepter ?«C\u2019est sûr que ça va les intéresser », dit-il en ajoutant que « celles qui veulent mettre l\u2019énergie pour apprendre le français » auront plus de chances d\u2019y arriver.Programme fédéral Au Conse il du patronat, on note que ce genre d\u2019emploi est peu prisé par les Québécois.« Déjà, dans la grande région de Montréal, en CHSLD, la grande majorité des employés de type \u201c préposé aux bénéficiaires \u201d, ce sont maintenant des travailleurs qui viennent de l\u2019étranger », explique Yves-Thomas Dor val.Chose certaine, les besoins de main-d\u2019œuvre dans le secteur sont importants, dit-il.Par ailleurs, le recours aux aides familiales étrangères est déjà répandu au Canada anglais, où on retrouve de nombreuses employées venues des Philippines, ajoute M.Dorval.Les participantes \u2014 il s\u2019agit en grande majorité de femmes \u2014 sont embauchées pour prendre soin d\u2019enfants, de personnes âgées ou de personnes handicapées.Après deux ans, elles peuvent faire une demande de résidence permanente.Le Programme fédéral des aides familiaux est toutefois assez restrictif.Ainsi, pour y avoir accès, les candidates doivent avoir l\u2019équivalent d\u2019un diplôme d\u2019études secondaires et d\u2019une formation dans le domaine.L\u2019employeur doit, quant à lui, obtenir une étude de marché démontrant qu\u2019il n\u2019était pas possible de pourvoir le poste localement.Ce programme a par ailleurs connu son lot de controverses, ces dernières années, alors que des femmes ont dit avoir été exploitées et victimes d\u2019abus de la part de leurs employeurs.En 2014, il a été modifié pour faire en sorte que les employées ne soient pas obligées de résider chez leurs patrons.Des Costaricains aussi à Matane Pendant ce temps, l\u2019organisme Travailleurs sans frontières poursuit ses opérations de recrutement dans les mêmes pays, mais dans d\u2019autres domaines.Récemment, l\u2019entreprise a commencé à recruter des travailleurs dans la restauration.Outre le Costa Rica, elle prospecte désormais au Nicaragua, où les revenus de travail sont encore moins élevés.Enfin, cet automne, le Bas-Saint-Laurent s\u2019est ajouté à liste des régions recrutant en Amérique centrale avec la venue à Matane de quatre soudeurs costaricains chez l\u2019entreprise Mar- men Énergie.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ORPHELINES ISTOCK Le recours aux aides familiales étrangères est déjà répandu au Canada anglais.«On va leur offrir des cours de français et toute la formation dont elles vont avoir besoin avant de venir ici» "]
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