Le devoir, 10 janvier 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 1 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 0 J A N V I E R 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Économie \u203a Le conseiller.Le président désigné des États-Unis, Donald Trump, a nommé son gendre, Jared Kushner, comme conseiller spécial, ce qui pose un certain nombre de questions légales et éthiques.Page B 1 Avis légaux.B 4 Décès.A 4 Météo.B 6 Mots croisés.B 6 Petites annonces .A 4 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m La petite histoire du masque mortuaire d\u2019Henri Bourassa, le fondateur du Devoir Page A 2 Le voyage de Justin Trudeau chez l\u2019Aga Khan soumis à la commissaire à l\u2019éthique Page A 3 A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T A près un an, l \u2019aide médicale à mourir (AMAM) entre peu à peu dans les mœurs comme soin de fin de vie au Québec : le nombre de demandes s\u2019accroît dans toutes les régions où les plus récentes données sont disponibles.Certaines ont même enregistré deux fois plus de demandes dans la deuxième moitié de 2016 que dans les six premiers mois d\u2019application de la loi.Le Devoir a compilé les statistiques des 11 établissements publics qui ont publié les données sur les soins de fin de vie de juin à décembre 2016.À eux seuls, ces établissements ont reçu presque autant de demandes pendant cette période que les 33 établissements publics du réseau entre décembre 2015 et juin 2016.En effet, dans ces 11 établissements, 247 personnes ont fait une demande d\u2019aide médicale à mourir pour la deuxième moitié de l\u2019année, contre 253 entre décembre 2015 et juin 2016 pour tout le réseau de la santé.De ce nombre, 156 AMAM ont été administrées, contre 161 au total dans les six premiers mois de l\u2019entrée en vigueur de la loi.Les données de plusieurs établissements ne sont toujours pas disponibles, car les conseils d\u2019administration doivent approuver les rapports.Des tendances Ces données, quoique partielles, sont révélatrices de certaines tendances.Parmi les établissements qui ont rendu leurs rappor ts publics, c\u2019est le CHU de Québec (CHUQ) qui a reçu le plus de demandes, soit 48.Trente AMAM ont été administrées, ce qui représente un peu plus de 4 % du nombre de patients qui ont reçu des soins palliatifs dans cet établissement.En moyenne, pour les 11 établissements analysés, le nombre d\u2019AMAM administrées représente 1,1 % du nombre de patients rece- L\u2019aide à mourir en forte hausse Les demandes ont plus que doublé en certains endroits SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE L\u2019actuel titulaire des Affaires étrangères, Stéphane Dion, perdrait son poste, ce qui lui ouvrirait toutefois les portes de l\u2019ambassade du Canada à Paris.H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa A près seulement 14 mois au pouvoir, le premier ministre Justin Trudeau s\u2019apprête à remanier son cabinet.Et le grand perdant de l\u2019exercice pourrait bien être l\u2019actuel ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion.Selon les informations obtenues par Le Devoir, l\u2019équipe politique de M.Dion est conviée mardi matin, à 8 h 30, pour prendre connaissance des changements qui toucheront leur patron.Tout indique que M.Dion ne sera pas déplacé à l\u2019intérieur du cabinet, mais en sera tout simplement exclu.Cette rétrogradation pourrait toutefois ouvrir la porte à un poste enviable : celui d\u2019ambassadeur du Canada à Paris, qui se libérera peu de temps après l\u2019élection présidentielle de mai avec le départ de Lawrence Cannon, lui- même ancien ministre (conservateur) des Affaires étrangères.« Il n\u2019y a pas de poste plus prestigieux que celui de ministre des Af faires étrangères », rappelle une source.De fait, les précédents titulaires récents du poste l\u2019ont perdu soit parce qu\u2019ils ont perdu leur élection (Rob Nicholson, Lawrence Cannon, Pierre Pettigrew), soit parce qu\u2019ils ont quitté la vie politique (John Baird, David Emerson).Toutefois, Maxime Bernier l\u2019avait perdu en 2008 dans la foulée de l\u2019affaire Julie Couil- lard.Il est revenu au cabinet trois ans plus tard.Peter MacKay a perdu ce poste tout en restant au cabinet dans d\u2019autres fonctions.Selon La Presse canadienne, qui a la première annoncé la tenue d\u2019un remaniement ministériel pour mardi, la gestion par M.Dion du dossier de la vente d\u2019armes à l\u2019Arabie saoudite expliquerait en partie ce départ.En coulisses, néanmoins, certains doutent de cette analyse et se demandent si le rapport personnel entre M.Dion et Justin Trudeau n\u2019est pas aussi en jeu.Rappelons que, lorsque M.Trudeau est entré en politique, c\u2019est Stéphane Dion qui dirigeait le Parti libéral du Canada.En 2007, M.Trudeau voulait se présenter dans le bastion libéral d\u2019Outremont libéré Dion perdrait les Affaires étrangères L\u2019actuelle ministre du Commerce international, Chrystia Freeland, prendrait le relais TRUDEAU REMANIE SON CABINET J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U L e président Obama livre au- jourd\u2019hui son dernier grand discours, les traditionnels adieux à la nation.Ces discours d\u2019adieu appartiennent à une longue tradition américaine, que cette transition difficile pourrait tout de même bousculer.Depuis 1796, ce moment constitue « une grande tradition », comme le rappelait déjà Ronald Reagan au moment de livrer son discours en 1989.Barack Obama livrera le sien ce soir à Chicago.Adieux présidentiels Tradition oblige, le président sortant s\u2019adresse une dernière fois au peuple américain JIM WATSON AGENCE FRANCE-PRESSE George W.Bush avait fait son discours d\u2019adieu depuis la Maison-Blanche.VOIR PAGE A 8 : ADIEUX VOIR PAGE A 8 : MOURIR VOIR PAGE A 8 : REMANIEMENT «La mort reste un moment difficile, mais c\u2019est aussi un moment de grande humanité» Dr Alain Naud D A V E N O Ë L M A R C O B É L A I R - C I R I N O à Québec «J e me demandais où il était rendu », lance le sculpteur Pierre Petrucci lorsqu\u2019on lui apprend ce qu\u2019il est advenu de l\u2019empreinte du visage d\u2019Henri Bourassa, qui avait été relevée au lendemain de son décès durant l\u2019été 1952.« J\u2019étais là, oui ! C\u2019était à la morgue que je l\u2019avais faite.J\u2019étais jeune dans ce temps-là», spécifie l\u2019artiste âgé de 95 ans.La précieuse relique en plâtre est aujourd\u2019hui conservée dans une armoire de l\u2019édifice Jean-Antoine-Panet, un bâtiment de style beaux-arts érigé sur la Colline parlementaire.« Tout ce qui n\u2019entre pas dans une boîte conventionnelle, il faut que ça reste ici », explique Alain Gariépy, du Service des archives et de la numérisation de l\u2019Assemblée nationale.Toutes sortes d\u2019objets, pour la plupart of ferts par d\u2019anciens élus ou encore des collectionneurs privés, garnissent les étagères de la réser ve mu- séale.Le buste d\u2019un ancien premier ministre se dresse fièrement au milieu de macarons, d\u2019ustensiles et de paquets d\u2019allumettes à l\u2019effigie de l\u2019Union nationale.« C\u2019est une vieille mode qui a complètement disparu aujourd\u2019hui.Est-ce qu\u2019il y aurait un marché pour un buste de premiers ministres contemporains comme Pauline Ma- rois?», s\u2019interroge à haute voix le conser vateur, derrière lequel se détachent les ailes d\u2019un aigle sculpté.« Il y a des trucs par fois dont on est incapable d\u2019expliquer pourquoi on a ça en collection», laisse-t-il tomber.Après avoir enfilé ses gants blancs, M.Gariépy extirpe avec précaution le masque d\u2019Henri Bourassa d\u2019une modeste boîte de carton remplie à ras bord de papier bulle.«C\u2019est un moule en plâtre pour couler un bronze », indique-t-il en manipulant l\u2019objet cédé par les héritiers de la famille Bourassa sur lequel on aperçoit encore quelques poils du défunt.«Il est très facile de les enlever sur le négatif du moule.Mais on préfère ne pas les enlever, car un masque avec quelques poils le rend plus personnel et authentique», explique Pierre Petrucci dans une entrevue téléphonique avec Le Devoir.La barbe fleurie d\u2019Henri Bourassa a d\u2019ailleurs représenté un défi de taille à immortaliser, souligne-t-il.«Il fallait la compresser, la rendre plus rigide, sans la déformer, et la démouler sans l\u2019arracher.» En 1952, Pierre Petrucci est assisté dans cette opération délicate par Apollo Carli.Les deux hommes sont issus de la filière des sculpteurs italo-qué- bécois qui a fait de Montréal la Mecque du plâtre au XIXe siècle.«C\u2019était unique en Amérique.À par tir de 1840, ces Italiens-là sont venus s\u2019installer, ont pris corps, ont marié des Québécoises », raconte avec enthousiasme le collectionneur Marc-Alain Tremblay.L\u2019homme d\u2019af faires possède plus de 2000 statues religieuses produites par les Pe- trucci, les Carli et les Catelli, qui ont depuis abandonné les plâtres pour les pâtes.Débarqué d\u2019Italie en 1908, le père de Pierre Petrucci a confectionné une vingtaine de masques, dont ceux des anciens premiers ministres canadiens Wilfrid Laurier (1919) et Mackenzie King (1950).Pierre Petrucci est aux côtés de son père pendant qu\u2019il prend l\u2019empreinte en 1937 du visage fraîchement rasé du frère André.« Incroyablement, sa barbe a poussé pendant que le plâtre séchait.» Miracle?Cette année-là, l\u2019apprenti réalise également l\u2019empreinte du journaliste Oli- var Asselin, un ancien collaborateur du Devoir et vétéran de la Première Guerre mondiale.Son visage est moulé à la dernière minute dans l\u2019enceinte du cimetière.«Il y avait des soldats, il y avait de la musique militaire.On a remonté le cercueil, puis on a fait le masque dans son cercueil.Lui il était dans le Tiers-Ordre, c\u2019était un cercueil en bois mince », relate M.Pe- trucci au téléphone.Pratique ancienne La coutume des masques funéraires remonte à l\u2019Antiquité, durant laquelle l\u2019éclatant masque en or massif de Toutân- khamon a été réalisé.«Ceux qui en avaient les moyens faisaient la même chose, mais souvent en bois ou en cartonnage peints », mentionne l\u2019historienne Éve- lyne Ferron.C\u2019est la démocratisation de la vie éternelle.On retrouve d\u2019ailleurs deux masques égyptiens du Ier siècle en gypse dans la collection du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ).« Il en existe beaucoup plus qu\u2019on pense», précise le conser vateur du MNBAQ, Daniel Drouin.Les masques sont particulièrement populaires en Occident entre la fin du XVIIIe siècle et l\u2019orée du XXe siècle.Ils permettent alors de conserver les traits du défunt pour la réalisation de bustes ou de toiles.C\u2019est le cas du général James Wolfe tombé au milieu des pavillons actuels du MNBAQ.En 1759, le corps du conquérant est rapatrié en Angleterre sur un bloc de glace afin d\u2019en assurer la conservation.«On avait l\u2019intention de faire un masque, mais sa dépouille était tellement en mauvais état qu\u2019on a fait appel à un membre de sa garde rapprochée, un domestique qui, semble-t-il, lui ressemblait », souligne M.Drouin.D\u2019ailleurs, le Musée des beaux-arts du Canada possède un buste de marbre réalisé à par tir de ce trompe-l\u2019œil au- jourd\u2019hui démasqué.La pratique tombe en désuétude lorsque Pierre Petrucci amorce sa carrière dans le plâtre.Il ne réalise lui-même qu\u2019une demi-douzaine de masques, dont celui du premier ministre québécois Paul Sauvé, décédé en fonction en 1960.Inutile de chercher sur les étagères des réserves mu- séales le masque mortuaire de son prédécesseur Maurice Du- plessis, qui est pour tant réputé comme l\u2019importateur du marketing politique sur la scène politique québécoise.La commande a été annulée, fait remarquer M.Petrucci, dont l\u2019atelier a été détruit par un incendie en 1971.Le collectionneur Marc-Alain Tremblay a récupéré les cinq masques sauvés des flammes, dont le double d\u2019Henri Bourassa.Les masques funéraires sont rarement mis en vitrine.Les sensibilités ont bien changé, constate Daniel Drouin du MNBAQ en donnant l\u2019exemple des mèches des cheveux des disparus que l\u2019on enchâssait autrefois dans les bijoux.« On imagine très peu les gens aujourd\u2019hui déambuler avec ce genre d\u2019objet là sur eux.» Pierre Petrucci garde toutefois espoir de voir ses œuvres exposées à la vue de tous.«Les masques mortuaires pourraient se retrouver dans nos musées ou dans cer tains endroits publics représentant le défunt en trois dimensions et n\u2019être plus regardés comme grotesques ou d\u2019un goût morbide», conclut-il.Le Devoir Le Devoir est tombé sur le masque mortuaire de son fondateur à Québec, où le « causeur prestigieux » siégeait (1908- 1912) au moment de jeter les bases du quotidien de la rue Notre-Dame \u2014 désormais de la rue Berri \u2014 il y a 107 ans.L E D E V O I R , L E M A R D I 1 0 J A N V I E R 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Merci, Montréal En 2017, Montréal fête 375 ans d\u2019histoire et de réalisations.Un passé riche, un présent lumineux, un futur inspirant, portés par tous les Montréalais.Merci pour votre contribution, Montréalaises et Montréalais, employés et bâtisseurs d\u2019histoire.Grâce à vous, Montréal est aujourd\u2019hui une grande métropole du monde, une ville reconnue pour sa joie de vivre.Bon 375e ! HISTOIRE La petite histoire du masque mortuaire d\u2019Henri Bourassa DAVE NOËL LE DEVOIR Après avoir enfilé ses gants blancs, Alain Gariépy, du Service des archives et de la numérisation de l\u2019Assemblée nationale, extirpe avec précaution le masque d\u2019Henri Bourassa d\u2019une boîte de carton.La coutume des masques funéraires remonte à l\u2019Antiquité, durant laquelle l\u2019éclatant masque en or massif de Toutânkhamon a été réalisé L E D E V O I R , L E M A R D I 1 0 J A N V I E R 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre avait reçu l\u2019Aga Khan à son bureau d\u2019Ottawa en mai dernier.H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e premier ministre Justin Trudeau aurait-il dû refuser le voyage aux Bahamas offert à lui et sa famille par le richissime imam Karim Al Husseini, Son Altesse Royale Aga Khan IV ?Le député et aspirant chef conservateur Andrew Scheer estime que oui et demande à la Commissaire aux conflits d\u2019intérêts et à l\u2019éthique de se pencher sur la question.Ce n\u2019est que devant l\u2019insistance des journalistes que le bureau du premier ministre a révélé la semaine dernière que lui, sa famille et des amis ont séjourné pendant le temps des Fêtes aux Bahamas, sur la minuscule île Bells Cay, à l\u2019invitation de l\u2019Aga Khan.Or, la Fondation Aga Khan Canada reçoit d\u2019importantes subventions du gouvernement du Canada pour déployer son aide humanitaire à l\u2019étranger, en particulier en Asie.Selon Andrew Scheer, cela place potentiellement le premier ministre en conflits d\u2019intérêts et il demande à la commissaire Mary Dawson d\u2019y jeter un œil.« Nous devons savoir s\u2019il convient que M.Trudeau accepte des cadeaux d\u2019une personne dont la fondation reçoit des fonds du gouvernement du Canada», écrit M.Scheer dans son communiqué de presse.M.Scheer, qui a été président de la Chambre des communes, cite un passage du Code régissant les conflits d\u2019intérêts des députés stipulant que «le député ou un membre de sa famille ne peut accepter, même indirectement, de cadeaux ou d\u2019autres avantages, sauf s\u2019il s\u2019agit d\u2019une rétribution autorisée par la loi, qu\u2019on pourrait raisonnablement donner à penser qu\u2019ils ont été donnés pour influencer le député dans l\u2019exercice de sa charge de député.» Comme cela est son habitude, le bureau de la commissaire Mary Dawson n\u2019a pas commenté la demande d\u2019enquête autrement que pour dire «qu\u2019elle considère la demande».Le bureau du premier ministre se borne à dire que la famille Trudeau remboursera le coût du vol aller-retour vers Nassau au tarif commercial.(Le premier ministre canadien doit obligatoirement voyager à bord du Challenger gouvernemental.) Bells Cay est située à environ 100 kilomètres au sud-est de Nassau.On présume donc que les Trudeau ont à partir de là voyagé aux frais de l\u2019Aga Khan.Il semble que le séjour sur l\u2019île ait également été assumé par l\u2019hôte royal.Un ami Pourquoi un tel cadeau a-t-il été offert au premier ministre ?Le bureau de M.Trudeau se contente de dire que «Son Altesse est un ami de longue date de la famille du premier ministre», sans fournir davantage de détails.La délégation de l\u2019Aga Khan à Ottawa n\u2019a pas rappelé Le Devoir lundi.L\u2019Aga Khan désigne d\u2019abord un chef spirituel (voir encadré).Mais il est aussi un riche d\u2019homme d\u2019affaires à la tête d\u2019une puissante fondation du même nom qui prodigue de l\u2019aide humanitaire.À ce titre, la Fondation Aga Khan Canada est un partenaire ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement.La Fondation est inscrite au registre des lob- byistes.Son chef de la direction, Khalil Shariff, a fait des démarches auprès de trois ministres en 2016, dont la ministre responsable du Développement international, Marie-Claude Bibeau.Selon le site du ministère, la Fondation a reçu depuis 2004 des sommes totalisant 310 millions de dollars.Les sommes ont financé des projets en santé maternelle, en éducation, en santé ou encore en formation professionnelle dans des pays tels que la Tanzanie, le Mali, le Pakistan ou encore le Mozambique.C\u2019est cependant l\u2019Afghanistan qui a récolté la plus large part, avec 140 millions.La dernière dotation faite à la Fondation Aga Khan date de 2015 et s\u2019étalera sur cinq ans.Les 55 millions viseront à bonifier la santé en Afghanistan.Le Devoir ÉTHIQUE Le premier ministre critiqué pour ses vacances Trudeau n\u2019aurait pas dû accepter l\u2019invitation de l\u2019Aga Khan, dit Andrew Scheer Qui est l\u2019Aga Khan ?Aga Khan est le titre honorifique décerné à l\u2019imam des is- maéliens nizârites, une branche de l\u2019islam chiite.Il y a environ 15 millions de fidèles dans le monde, dont 100 000 au Canada.Le prince Karim Aga Khan IV est le 49e de la lignée, qu\u2019on dit en descendance directe du prophète Mahomet.Il a été désigné le successeur par testament à la mort de son grand-père en 1957, alors qu\u2019il n\u2019avait que 20 ans.Ce n\u2019est que depuis 1818 que le chef religieux héréditaire porte le titre d\u2019Aga Khan.Le titre d\u2019Altesse Royale a pour sa part été conféré par la reine Élisabeth II.Si l\u2019Aga Khan est d\u2019abord un chef spirituel, il est aussi surtout un richissime homme d\u2019affaires et philanthrope.L\u2019Aga Khan Development Network (AKDN) emploie quelque 80 000 personnes et fait affaire autant dans l\u2019élevage de chevaux de course que dans l\u2019hôtellerie, les télécommunications, l\u2019aviation, l\u2019énergie que la pharmaceutique.Selon Vanity Fair, les revenus du groupe se sont élevés à 2,3 milliards de dollars en 2010.Sa richesse serait estimée, selon le magazine Forbes, à 800 millions de dollars.La vaste majorité des profits générés par l\u2019AKDN sont versés à la Fondation Aga Khan qui finance des projets humanitaires, principalement en Afrique et en Asie.A L E X A N D R E S H I E L D S C oup sur coup, des Premières Nations viennent de déposer deux recours judiciaires dans le but de bloquer des travaux sur des pipelines en visant directement le gouvernement fédéral.La fronde des autochtones ne cesse d\u2019ailleurs de prendre de l\u2019ampleur, dans un contexte où ceux-ci veulent plus que jamais faire reconnaître leur droit au «consentement» avant toute autorisation de ce type de projet.Lundi, deux nations autochtones ontariennes ont déposé une demande d\u2019injonction devant la Cour supérieure de la province dans le but de bloquer des travaux d\u2019entretien prévus par TransCanada sur son « Mainline pipeline », un réseau de gazoducs qui traverse le pays d\u2019ouest en est.Selon les Premières Nations, c\u2019est d\u2019ailleurs un gazoduc de ce réseau qui doit être converti en oléoduc dans le cadre du projet Énergie Est.La demande d\u2019injonction, qui doit être entendue le 25 janvier, souligne que TransCanada souhaite mener des travaux d\u2019excavation sur le « territoire ancestral » des nations Aroland et Gi- noogaming, au nord du lac Supérieur.Or, font- elles valoir, TransCanada, l\u2019Office national de l\u2019énergie et le gouvernement fédéral ne reconnaissent pas qu\u2019ils ont un devoir «de consulter et d\u2019accommoder » les Premières Nations avant d\u2019autoriser de tels travaux.«La Loi canadienne devrait exiger le consentement des Premières Nations avant que ce type d\u2019activité puisse aller de l\u2019avant, en accord avec la Déclaration des droits des peuples autochtones des Nations unies », a fait valoir lundi l\u2019avocate des nations qui ont déposé la demande d\u2019injonction, Kate Kempton.Selon elle, il faudrait « au minimum » mener « une consultation significative » et tenir compte des «préoccupations» des autochtones avant de songer à commencer les travaux.Le porte-parole de TransCanada, Tim Du- boyce, a répondu qu\u2019« en tant qu\u2019exploitant responsable, un entretien régulier de notre infrastructure pipelinière sert les intérêts de tous».Selon ce qu\u2019il a aussi soutenu, les travaux prévus «n\u2019ont rien à voir avec le projet Énergie Est ».Fronde Malgré le discours rassurant des pétrolières comme TransCanada par rapport à l\u2019entretien et à la sécurité de leurs infrastructures, la fronde des Premières Nations contre l\u2019industrie pipelinière ne cesse de prendre de l\u2019ampleur, constate un avocat qui connaît bien ce type de recours et qui a préféré conserver l\u2019anonymat.L\u2019an dernier, la Première Nation ontarienne Chippewas de la Thames a ainsi contesté en Cour suprême l\u2019autorisation accordée à En- bridge d\u2019inverser le flux de pétrole dans le pipeline 9B, qui transpor te aujourd\u2019hui du brut jusqu\u2019à Montréal.Des chefs autochtones représentant 62 communautés du Manitoba viennent aussi de lancer une action en Cour fédérale d\u2019appel visant Ottawa dans le but de faire annuler l\u2019approbation en novembre du remplacement du pipeline d\u2019exportation nommé «Ligne 3».Par ailleurs, au moins un autre recours devrait être lancé sous peu dans le but de contester l\u2019approbation du projet de pipeline Trans Mountain, de Kinder Morgan, vers la côte ouest.Et dans le dossier du pipeline Énergie Est, des nations, notamment du Québec, ont déjà clairement exprimé leur refus du projet.Consultations Dans tous les cas, les Premières Nations évoquent la nécessité d\u2019obtenir leur consentement pour l\u2019accès à leur « territoire ancestral », mais aussi le manque de «consultations» avant l\u2019autorisation formelle des projets.Professeur titulaire à la faculté de droit de l\u2019université d\u2019Ottawa, Sébastien Grammond souligne d\u2019ailleurs qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019une «poignée juridique» pour les autochtones, puisque l\u2019obligation de les consulter a été reconnue par la Cour suprême dès 2004, dans les cas où des «droits ancestraux» sont reconnus.M.Grammond rappelle que, dans le cadre du défunt projet de pipeline Northern Gateway, la Cour d\u2019appel fédérale avait annulé en juin dernier l\u2019approbation par le gouvernement canadien en soulignant le manque de consultations des Premières Nations.Il souligne aussi que la Déclaration des droits des peuples autochtones des Nations unies reconnaît l\u2019importance d\u2019obtenir un « consentement libre et éclairé », sans toutefois en faire une «obligation».Est-ce que les Premières Nations du pays peuvent avoir un droit de veto sur les projets de pipelines ?Difficile de répondre à cette question, reconnaît M.Grammond.Mais dans un contexte où le premier ministre Justin Trudeau a dit à plusieurs reprises vouloir engager un dialogue «de nation à nation», elle risque de se poser à plusieurs reprises au cours des prochaines années.Le Devoir PIPELINES La fronde judiciaire des Premières Nations prend de l\u2019ampleur L I S A - M A R I E G E R V A I S D evant une accumulation ingérable de dossiers de réfugiés, Québec n\u2019acceptera plus de nouvelles demandes de parrainage au privé pour l\u2019année 2017.C\u2019est ce qu\u2019a annoncé la ministre de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion (MIDI), Kathleen Weil, en signant lundi un arrêté qui entrera en vigueur le 27 janvier pour toute l\u2019année.Les groupes de parrains de 2 à 5 et les organismes communautaires qui souhaitent parrainer des réfugiés auront donc jusqu\u2019au 26 janvier pour faire le dépôt d\u2019une demande, après quoi aucun dossier ne sera traité.« En concordance avec l\u2019annonce faite par le gouvernement fédéral, nous suspendons temporairement la réception de nouvelles demandes de parrainage afin de réduire l\u2019inventaire des demandes en attente », a déclaré la ministre Weil par voie de communiqué.Une semaine avant Noël, le ministre canadien de l\u2019Immigration, John McCallum, avait décrété qu\u2019il limitait à 1000 les « nouvelles » demandes de parrainage de réfugiés syriens et irakiens faites par des groupes de 2 à 5.Les organisations sans but lucratif qui sont signataires d\u2019ententes de parrainage, comme certaines Églises, pourront quant à elles déposer des demandes pour tout au plus 7500 personnes en 2017.Direction différente?Pour Janet Dench, directrice du Conseil canadien pour les réfugiés (CCR), le Québec adopte une ligne plus dure que le fédéral.« C\u2019est trompeur de dire que le Québec agit en concordance avec le fédéral.Le fédéral, lui, n\u2019a rien suspendu, il a simplement fixé de nouvelles limites », dit-elle.« La position du Québec est beaucoup plus dure parce qu\u2019elle suspend toute nouvelle demande ».Si Ottawa a limité les demandes venant de Syriens et d\u2019Irakiens, Québec s\u2019adresse à tous les réfugiés, quelles que soient leurs origines.Mme Dench craint que cela ne mine le programme de parrainage collectif qui a le vent dans les voiles depuis environ un an et demi, alors que nombre de Canadiens, et surtout de Québécois, ont commencé à vouloir aider les ressortissants syriens qui subissaient la guerre.« Les Québécois sont fiers d\u2019avoir répondu à l\u2019appel concernant les réfugiés syriens, [\u2026] mais là, la porte s\u2019est fermée d\u2019une façon abrupte et brutale.» Pour elle, la manière la plus efficace de régler le problème de l\u2019inventaireserait plutôt d\u2019augmenter les quotas de réfugiés qu\u2019on accueille.Réduire le retard accumulé Québec dit avoir pris cette décision pour pouvoir éliminer l\u2019énorme pile de demandes qui se sont accumulées au cours des dernières années, surtout des derniers mois.À l\u2019heure actuelle, plus de 10 000 réfugiés (dont 7500 d\u2019origine syrienne) ont été acceptés par le Québec et attendent l\u2019approbation finale du fédéral avant de venir s\u2019installer ici.Compte tenu du fait que la cible d\u2019accueil est d\u2019environ 4400 réfugiés parrainés par le privé pour 2017, et si la tendance se maintient, les réfugiés qui déposent une demande dans les prochains jours, même si le traitement est rapide, pourraient n\u2019arriver au Québec qu\u2019en 2019, voire au-delà.C\u2019est un mal pour un bien, croit Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI), pour peu que le ministère revoie, comme promis, son programme de parrainage collectif complètement « désuet ».« Il n\u2019est pas fait pour gérer une si grande quantité de demandes, car actuellement, il n\u2019en refuse aucune.» Le programme n\u2019a pas su gérer certains abus, notamment de la part de Syriens, ou d\u2019Irakiens, ayant quitté leur pays mais qui n\u2019ont pas du tout le profil de réfugiés et n\u2019ont «clairement pas besoin de protection».M.Reichhold aimerait que Québec concentre désormais ses efforts sur la réunification familiale pour les familles de réfugiés syriens qui sont déjà ici, un peu comme cela a été fait pour les Haïtiens à la suite du tremblement de terre.Il déplore toutefois que Québec ait autant tardé à réagir devant le flot de demandes qui s\u2019accumulaient.« Il y a eu des consultations là- dessus avec les organismes à la fin de l\u2019été et au début de l\u2019automne.Ce sont des choses qu\u2019on a regardées », s\u2019est défendue Gabrielle Tellier, attachée de presse de la ministre de l\u2019Immigration.« C\u2019est une réflexion qui s\u2019est poursuivie tout au long de l\u2019automne et on a vu l\u2019annonce du fédéral et on a pris notre décision.» Le Devoir PARRAINAGE DE RÉFUGIÉS AU PRIVÉ Québec suspendra les demandes pour 2017 À l\u2019heure actuelle, plus de 10 000 réfugiés ont été acceptés par le Québec L E D E V O I R , L E M A R D I 1 0 J A N V I E R 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 L E S P E T I T E S A N N O N C E S Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER OUTREMONT - 190 Willowdale 3 1/2 - 4 1/2 réno Près métro UdeM Chauffés, eau ch., poêle/frigo, asc.514 738 5663 - 514 735-5331 OUTREMONT - 5, Vincent d'Indy 11/2, 31/2, 41/2, Penthouse 51/2, réno.Près métro, UdeM.Poêle/frigo.Chauffé, eau chaude.Ascenceur.514 737-8055 514 735-5331 ROSEMONT - 3 1/2 3 pièces 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D\u2019AFFAIRES ET DE SERVICES 600 \u2022 699 VÉHICULES LES PETITES ANNONCES DU LUNDI AU VENDREDI D E 8 H 3 0 À 1 7 H 0 0 Pour placer, modi?er ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l?édition du lendemain.Téléphone: 514-985-3322 Télécopieur: 514-985-3340 petitesannonces@ledevoir.com Conditions de paiement : cartes de crédit r r s TM Promotion spéciale Petites annonces Pour les annonces textes de 5 lignes et moins 7 jours de parution : 100 $ Pour les encadrés À l\u2019achat de deux obtenez le troisième gratuitement Pour information Téléphone : 514 985-3322 Courriel : petitesannonces@ledevoir.com OUTREMONT 445 St-Joseph Ouest, près Laurier Immeuble béton, ascenseurs Chauffé, eau chaude et électroménagers inclus.Garages intérieurs 125 $/mois SURINTENDANT 514-276-5949 4½ (petit) 1 450 $/mois 4½ (grand) 1 750 $/mois CHARLEVOIX : LE FLEUVE DANS VOTRE ASSIETTE À LOUER AU MOIS Maison sur la falaise de Pointe-au-Pic (La Malbaie).Tranquille.Entièrement meublé, 3 chambres, tout 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mettre fin à cette pratique et de rembourser la Ville pour le nettoyage des véhicules.Mécontents du dépôt du projet de loi 3 qui prévoit une hausse des cotisations à leur régime de retraite, les policiers avaient entrepris, à compter du 15 juillet 2014, d\u2019apposer de façon massive des autocollants sur les voitures et sur les immeubles du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).Les autocollants arborant des messages tels que «On n\u2019a rien volé, nous », «Libre négo» ou «Au voleur» ont fait leur apparition sur les véhicules, les couvrant presque en totalité dans cer tains cas.D\u2019autres fois, le capot, le toit ou le coffre en étaient tapissés.À l\u2019occasion, les bandes réfléchissantes ou les numéros d\u2019identification des voitures ont été partiellement cachés.Certains policiers les ont apposés de façon créative de manière à dessiner des flammes, à imiter le sigle de Superman ou à former des mots tels que «vol » ou «Coderre voleur».La Ville a fait appel à ses fournisseurs pour procéder au nettoyage des véhicules.Un contremaître a aussi été mis à contribution.Mais au fur et à mesure que les autocollants étaient retirés, d\u2019autres apparaissaient, a constaté le SPVM.Des dommages Après une mise en demeure pour tenter de mettre fin à ce manège, la Ville a décidé de déposer un grief le 26 août 2014.Devant le tribunal, la Fraternité des policiers a fait valoir que les autocollants étaient faciles à retirer et n\u2019abîmaient pas les véhicules, mais la Ville ne partage pas cet avis.Un autocollant en vinyle fraîchement posé s\u2019enlève facilement, mais s\u2019il est installé depuis longtemps, il laisse un cerne de colle dif ficile à faire disparaître.Dans certains cas, le retrait d\u2019autocollants a arraché de la peinture.En plus d\u2019abîmer les véhicules, ces autocollants nuisent à la sécurité et à l\u2019efficacité du ser vice de police, a plaidé l\u2019employeur.Liberté d\u2019expression La Fraternité a plutôt fait valoir que les policiers, qui n\u2019ont pas le droit de grève, disposent de moyens d\u2019expression limités.Selon elle, les autocollants n\u2019ont causé aucun inconvénient au service à la population.L\u2019arbitre Me Nathalie Faucher estime que la pose d\u2019autocollants a entraîné des dommages aux biens de la Ville.Et elle donne raison à la Ville qui a estimé que la liber té d\u2019expression avait ses limites.« Considérant le rôle et la nature d\u2019un corps de police, il m\u2019apparaît qu\u2019il y a incompatibilité entre l\u2019activité expressive exercée par la Fraternité et ses membres et le lieu choisi pour ce faire», écrit Me Faucher.L\u2019arbitre rend aussi la Fraternité responsable des dommages causés, mais elle s\u2019est abstenue de déterminer un montant.« Je laisserai le soin aux parties de tenter de s\u2019entendre à ce sujet », a-t-elle précisé.La V ille dit avoir versé 23 687 $ à des fournisseurs pour l\u2019enlèvement des autocollants entre le 23 juillet 2014 et le 29 janvier 2015.Mais comme les policiers ont continué à apposer des autocollants, les coûts ont grimpé depuis et la Ville ignore le montant total de la facture.« [Si] l\u2019on ne parvient pas à s\u2019entendre sur les montants dus à titre de dommages, la Ville pourra retourner devant le Tribunal d\u2019arbitrage qui examinera cette question », a indiqué Gonzalo Nunez, relationniste à la Ville.La Ville a qualifié d\u2019« importante victoire » la décision de l\u2019arbitre bien que le tribunal ne lui ait pas accordé les dommages exemplaires souhaités.De son côté, la Fraternité a dit prendre acte de la décision, mais n\u2019écarte pas la possibilité de la contester.Le Devoir SPVM Les autocollants seront retirés des véhicules Une arbitre ordonne à la Fraternité des policiers d\u2019assumer les coûts du nettoyage JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les policiers ont commencé à apposer de façon massive des autocollants à messages revendicateurs à partir du 15 juillet 2014, en signe de protestation contre le projet de loi 3.A L E X A N D R E S H I E L D S Même s\u2019il a en main le rap- por t du BAPE sur l\u2019exploitation d\u2019uranium depuis mai 2015, le gouvernement Couillard ne sait toujours pas ce qu\u2019il entend faire avec cette filière controversée.Québec doit toutefois se défendre devant les tribunaux, puisque l\u2019entreprise Ressources Strateco lui réclame 200 millions de dollars, jugeant que son projet minier a été bloqué illégalement.C\u2019est le gouvernement péquiste de Pauline Marois qui avait mandaté le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE) en mars 2014 pour qu\u2019il étudie l\u2019ensemble des enjeux du développement de mines d\u2019uranium au Québec.Son rapport, remis au gouvernement en mai 2015, concluait qu\u2019« il serait prématuré d\u2019autoriser le développement de la filière uranifère au Québec».Les commissaires y soulignaient notamment avoir constaté le manque d\u2019acceptabilité sociale pour ce type de mine.Le BAPE estimait en outre que plusieurs incertitudes demeurent quant aux risques environnementaux de cette industrie, en insistant sur le problème de la gestion à très long terme posé par les déchets miniers radioactifs produits dès l\u2019exploration.L\u2019Association de l\u2019exploration minière du Québec et la Commission canadienne de sûreté nucléaire avaient réagi aux travaux du BAPE en critiquant sévèrement le rapport, jugeant notamment que celui-ci manquait « de fondement scientifique et de rigueur».Un rapport publié en 2014 par l\u2019Institut national de la santé publique du Québec mettait toutefois en lumière «de nombreux risques, impacts et incertitudes » liés à l\u2019exploitation d\u2019uranium.Québec analyse Le Devoir a demandé lundi au cabinet du ministre de l \u2019Environnement, David Heurtel, de préciser la posit ion du gouver nement par rapport au développement de projets de mine d\u2019uranium.« Un comité interministériel, composé des ministères et organismes concernés, réalise une analyse en profondeur de l\u2019ensemble des conclusions du BAPE », a simplement fait valoir l\u2019attachée de presse du ministre, Émil ie Simard, dans une réponse transmise par courriel.Le gouvernement Couillard n\u2019a donc toujours pas décidé s\u2019il autorisera, ou non, le développement de projets de mines d\u2019uranium au Québec.Pour l\u2019industrie minière, l\u2019enjeu est pour tant impor tant.Au moment où le gouvernement péquiste avait décidé de lancer un BAPE sur la filière, on comptait près d\u2019une trentaine de projets d\u2019exploration uranifère au Québec, dont 12 en phase «avancée».Le projet le plus avancé, celui de Ressources Strateco, situé au nord de Chibougamau, dans le secteur des monts Otish, s\u2019était vu refuser dès 2013 les autorisations nécessaires pour poursuivre les travaux d\u2019exploration.L\u2019entreprise, qui a dénoncé la tenue du BAPE sur la filière uranifère, réclame maintenant 200 millions de dollars au gouvernement du Québec, en guise de compensation.Procès Le procès opposant le gouvernement à la minière s\u2019est d\u2019ailleurs ouvert lundi.Selon ce qu\u2019a expliqué au Devoir l\u2019avocat de Strateco, Doug Mitchell, le fait d\u2019avoir refusé les autorisations pour les travaux d\u2019exploration constitue une «expropriation déguisée», une décision qui serait « illégale » en vertu de la Loi sur les mines.La minière, qui a reçu un appui financier de plus de quatre millions de dollars d\u2019une firme torontoise pour financer le recours contre Québec, exige donc que les sommes investies dans son projet minier lui soient remboursées «avec intérêts ».Selon ce qu\u2019a confirmé lundi Me Mitchell, Ressources Strateco ne compte pas pour autant relancer l\u2019exploration minière sur son site.« Le camp a été abandonné, les employés mis à pied, les équipements vendus », a-t-il précisé.Le projet, qui serait développé sur le territoire de la nation crie, est rejeté depuis longtemps par les Cris de Mistissini.La Coalition Québec meilleure mine, l\u2019Association canadienne des médecins pour l\u2019environnement et Nature Québec ont aussi demandé lundi au gouver ne- ment du Québec d\u2019interdire l\u2019exploitation d\u2019uranium dans la province.Le Devoir URANIUM Québec ne sait toujours pas s\u2019il autorisera l\u2019exploitation Le tireur de Fort Lauderdale passe en cour Fort Lauderdale \u2014 Un ancien combattant américain, qui risque la peine de mort pour avoir abattu vendredi cinq personnes dans un aéroport de Floride, a comparu lundi devant un tribunal fédéral pour une audience préliminaire.Esteban Santiago Ruiz, 26 ans, a été maintenu en détention dans l\u2019attente d\u2019une audience le 17 janvier destinée à examiner une éventuelle remise en liberté sous conditions, a indiqué le ministère de la Justice, dans un communiqué.Agence France-Presse L\u2019entreprise Ressources Strateco réclame à Québec 200 millions de dollars, jugeant que son projet minier a été bloqué illégalement Pétition pour le cours Monde contemporain Des enseignants et des citoyens ont lancé une pétition visant à suspendre l\u2019amputation du cours Monde contemporain, décrétée le mois dernier par le ministre Sébastien Proulx.Au moment d\u2019écrire ces lignes, 175 personnes, dont des enseignants et des parents, avaient signé la pétition mise en ligne 48 heures auparavant.Le ministre de l\u2019Éducation a annoncé que le cours Monde contemporain, qui fait partie du programme de cinquième secondaire, serait amputé de moitié pour faire place à un cours d\u2019éducation financière.Les signataires réclament une véritable consultation en vue de prendre une décision éclairée.L\u2019enseignant Daniel Rouillard, à l\u2019origine de la pétition, a indiqué que l\u2019éducation financière ne doit pas se faire aux dépens du cours Monde contemporain.Le Devoir Un autocollant en vinyle fraîchement posé s\u2019enlève facilement, mais s\u2019il est installé depuis longtemps, il laisse un cerne de colle Énergie Est : l\u2019ONE annonce la formation du nouveau comité L\u2019Office national de l\u2019énergie (ONE) a annoncé lundi soir la composition du nouveau comité qui dirigera l\u2019évaluation fédérale du pipeline Énergie Est de TransCanada, le plus important projet du genre en Amérique du Nord.Les trois membres nommés par l\u2019organisme sont en fait les trois nouveaux membres «temporaires» nommés à l\u2019ONE en décembre dernier.Le comité sera ainsi présidé par Don Ferguson (du Nouveau- Brunswick), qui sera secondé par Marc Paquin (du Québec) et Carole Malo (de l\u2019Ontario).Selon ce qu\u2019a précisé l\u2019ONE, les membres du comité «sont bilingues» et «possèdent de nettes connaissances et l\u2019expérience pertinente».«Il reste encore des détails à confirmer, mais les Canadiens peuvent avoir l\u2019assurance que l\u2019audience relative à Énergie Est sera juste, transparente, opportune et accessible».Un texte complet est disponible sur ledevoir.com.Le Devoir L E D E V O I R , L E M A R D I 1 0 J A N V I E R 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 Téléchargez gratuitement la nouvelle application du Devoir et profitez d\u2019un accès illimité jusqu\u2019au 1er mars.OFFERTE PAR DERNIÈRE HEURE TENEZ-MOI AU COURANT Trop de noti?cations?Suivez les sujets qui vous intéressent.Exclusif à l\u2019application du Devoir.M A R C O F O R T I E R I l avait promis de combattre « l\u2019élite », mais Donald Trump propose le cabinet le plus élitiste de l\u2019histoire des États-Unis.Ces milliardaires, militaires de haut rang et politiciens de carrière, choisis pour diriger le gouver ne- ment Trump, subiront leur premier test de crédibilité à compter de mardi devant un comité du Sénat chargé de scruter les nominations du président désigné.Les sénateurs démocrates comptent assaillir de questions les gens de confiance de Donald Trump, qui auront la lourde tâche de por ter la vision du président partout dans le monde et aux États-Unis.À ces audiences sénatoriales, les adversaires de Trump tenteront de faire ressor tir les contradictions entre le président et les personnalités qu\u2019il a nommées aux postes-clés de secrétaire d\u2019État, secrétaire à la Défense, secrétaire au Commerce ou encore Procureur général, notamment.«Sur plusieurs fronts, on se dirige vers des situations très conflictuelles entre les secrétaires de Trump et les démocrates », analyse Rafaël Jacob, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dan- durand de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).Le président Donald Trump, qui entrera en fonction le 20 janvier, se targue d\u2019avoir nommé des « gagnants », des «gens qui ont du succès» ou qui «gagnent de l\u2019argent», aux plus hauts échelons de son gouvernement.Plusieurs de ces personnalités font partie de l\u2019élite militaire ou des affaires : Rex Til- lerson, président du géant pétrolier Exxon, devient secrétaire d\u2019État, le sénateur Jeff Sessions est nommé Procureur général, le général à la retraite James Mattis dirigera la Défense, et ainsi de suite.Donald Trump s\u2019est montré confiant lundi dans le fait que tous les membres choisis pour son cabinet seront confirmés à leur poste par le Sénat.« Je pense qu\u2019ils passeront tous », a promis le président élu.« La confirmation se passe très bien», a déclaré M.Trump dans le hall d\u2019entrée de sa Trump Tower à Manhattan, lors d\u2019une apparition-surprise devant les médias.L\u2019équipe Trump s\u2019est coordonnée avec le Sénat, où les républicains disposent de la majorité, pour organiser neuf auditions de confirmation cette semaine, malgré les protestations des démocrates, qui trouvent ce rythme trop rapide.Les républicains ont la majorité des sièges au Sénat (52 sur 100).Il suf firait de la dissidence de trois sénateurs républicains pour bloquer une nomination.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir ÉTATS-UNIS Les «amis de Trump» mis à l\u2019épreuve H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa E milie Taman aura gagné la bataille, mais pas la guerre.L\u2019ancienne fonctionnaire fédérale qui s\u2019était fait refuser le droit de se por ter candidate à l\u2019élection de 2015 a remporté une victoire en Cour d\u2019appel fédérale vendredi dernier.Mais elle ne récupérera pas son poste pour autant.Mme Taman avait demandé comme il se doit la permission de se présenter pour le NPD dans sa circonscription d\u2019Ot- tawa-Vanier.Son supérieur immédiat avait accepté, mais le directeur des poursuites pénales pour qui elle travaillait, Brian Saunders, avait refusé.La Commission de la fonction publique s\u2019était rangée à l\u2019argument de ce dernier.Mme Taman avait perdu sa cause en Cour fédérale, mais l\u2019a gagnée en Cour d\u2019appel fédérale vendredi.Le panel de trois juges dirigé par Denis Pelletier conclut que «la Commission n\u2019a pas justifié sa décision».Elle n\u2019a pas établi clairement en quoi le fait que les opinions politiques de Mme Taman devenaient publiques l\u2019aurait empêché par la suite, si elle avait perdu ses élections, à s\u2019acquitter de manière impartiale de ses fonctions de procureure.«Si les opinions politiques de Mme Taman n\u2019ont pas teinté son travail avant l\u2019élection, pourquoi le feraient-elles après l\u2019élection?», écrit encore le juge.En entrevue avec Le Devoir, Mme Taman se réjouit de la décision.« Je suis tellement contente parce que pour moi, c\u2019était une question de principe », dit-il.De fait, elle avait annoncé en 2015 qu\u2019elle se por terait candidate quand même et qu\u2019elle ne se présenterait tout simplement pas au travail pendant la campagne électorale.Elle a été congédiée pour «abandon de poste ».Mme Taman a perdu l\u2019élection (arrivant en seconde place, très loin derrière le libéral Mauril Bélanger avec 19,2 % des voix) et est désormais chargée de cours en droit à l\u2019Université d\u2019Ottawa.Elle ne visait pas à récupérer son poste au gouvernement par cette démarche.D\u2019ailleurs, elle se porte candidate à l\u2019élection partielle déclenchée par le décès de M.Bélanger.Selon Mme Taman, cette décision fera en sor te que « la Commission devra fournir de bonnes raisons avant de dire non à de futurs candidats ».Elle rappelle qu\u2019on l\u2019avait «découragée dans [s]on ministère» de demander la permission de se por ter candidate.Elle refuse cependant de conclure que l\u2019activité partisane est mal vue au sein de la fonction publique fédérale.Un jugement de la Cour suprême rendu en 1991 a reconnu aux fonctionnaires fédéraux le droit de participer, à divers niveaux, aux campagnes électorales fédérales.En 2011, toutefois, l\u2019Alliance de la fonction publique du Canada et l\u2019Institut professionnel de la fonction publique du Canada avaient dénoncé un questionnaire en ligne de la Commission de la fonction publique à l\u2019intention des fonctionnaires songeant à se lancer en politique.Ce questionnaire devait leur donner une indication s\u2019ils se qualifiaient ou non.Or, les deux syndicats estimaient que les critères étaient trop sévères et écartaient trop de gens.Dans la décision de vendredi, la Cour d\u2019appel fédérale note d\u2019ailleurs qu\u2019il ne faudrait pas appliquer les règles de manière telle qu\u2019«aucun fonctionnaire qui transige avec le public de quelque manière que ce soit ne puisse jamais avoir la permission.[\u2026] Il est peu probable que le Parlement avait l\u2019intention de retirer à tous les fonctionnaires publics sauf les plus juniors le droit de se porter candidat à une élection.» Selon Mme Taman, pour l\u2019élection de 2015, seulement deux fonctionnaires (dont elle) se sont fait refuser le droit de participer comme candidat.Une trentaine d\u2019autres ont eu le feu vert.L\u2019Alliance de la fonction publique du Canada a salué la décision.« S\u2019il n\u2019y a aucune raison valable pour qu\u2019un employé de la fonction publique ne puisse se présenter aux élections, la Commission ne devrait pas les en empêcher », a fait savoir la présidente Robyn Benson par courriel.Le Devoir FONCTION PUBLIQUE Une ex-candidate du NPD obtient gain de cause en appel Emilie Taman s\u2019était fait refuser le droit de se porter candidate à l\u2019élection de 2015 La nomination de Rex Tillerson, ex-p.-d.g.d\u2019ExxonMobil, comme chef de la diplomatie, suscite des interrogations même dans les rangs républicains.Durant ses 40 années au sein de la pétrolière texane, l\u2019ingénieur de 64 ans a noué des liens d\u2019affaires avec la Russie.Des élus américains des deux grands partis souhaitent imposer des sanctions contre la Russie pour le piratage de courriels durant la campagne présidentielle.Quelle sera la position du diplomate en chef des États-Unis sur ce sujet délicat ?Ses 400 millions de dollars d\u2019actifs, plus 180 millions qu\u2019il a touchés à son départ d\u2019ExxonMobil, soulèvent aussi des doutes sur des apparences de conflits d\u2019intérêts.Le sénateur républicain Jeff Sessions, ancien Procureur général de l\u2019Alabama, fera face lui aussi à des questions difficiles avant sa nomination en tant que Procureur général et secrétaire à la Justice.Des professeurs de l\u2019Université Stanford l\u2019ont surnommé le « grand faucheur de l\u2019Alabama » en raison de sa propension à faire exécuter des malades mentaux et d\u2019autres détenus vulnérables.Il aura aussi le pouvoir d\u2019annuler la légalisation de la marijuana décrétée dans une série d\u2019États.Les lois fédérales ont préséance sur celles des États, et le cannabis est illégal en vertu des lois fédérales.Autre question : Jeff Sessions utiliserait-il ses pouvoirs pour expulser les 12 millions d\u2019immigrants illégaux, comme l\u2019a promis Donald Trump ?Il s\u2019agirait d\u2019une véritable chasse aux sorcières qui donnerait lieu à une traque jusque dans les écoles, selon les démocrates et des groupes de défense des droits de la personne.Andy Puzder, dirigeant d\u2019une entreprise qui possède les chaînes de restauration rapide Hardee\u2019s et Carl\u2019s Jr, est l\u2019homme de confiance de Donald Trump pour diriger le département du Travail.Puzder s\u2019oppose à une mesure du gouvernement Obama qui vise à étendre le nombre de travailleurs admissibles à être payés en heures supplémentaires.Il milite aussi contre l\u2019augmentation du salaire minimum à 10,10 $.Wilbur Ross, candidat au poste de secrétaire au Commerce , possède une for tune évaluée à 2,9 milliards de dollars.Il dirige un conglomérat qui achète des entreprises en difficulté, les « restructure » (notamment par des mises à pied) et les revend à profit.Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor, se fera questionner sur ses pratiques d\u2019af faires : en tant que banquier associé chez Goldman Sachs, il s\u2019est enrichi en achetant une entreprise en dif fi- culté qui offrait des prêts hypothécaires durant la crise financière de 2008.Il a été soupçonné d\u2019avoir modifié des documents, notamment pour faciliter l\u2019expulsion de propriétaires qui ne payaient plus leur hypothèque.Tom Price, pressenti en tant que secrétaire à la Santé, a vendu ou acheté des actions de 40 entreprises du domaine de la santé alors qu\u2019il présidait le Comité du budget de la Chambre des représentants, selon l\u2019organisme Public Cit izen.Pour Donald Trump, cet apparent conflit d\u2019intérêts est bénin : Tom Price a le mérite d\u2019être un des plus farouches opposants à la réforme du système de santé (Obamacare) décrétée par le président Obama.La nomination du général retraité James Mattis comme secrétaire à la Défense semble plus consensuelle.Ce haut gradé de la Marine est surnommé Mad Dog, mais il est susceptible de calmer les ardeurs guerrières de Donald Trump, estime le chercheur Rafaël Jacob.Mattis est considéré comme un redoutable stratège qui n\u2019enverra jamais ses soldats dans un bourbier.Il a déjà laissé entendre que les États-Unis apprennent des erreurs commises en Irak.Plusieurs de ces personnalités font partie de l\u2019élite militaire ou des affaires Si les opinions politiques de Mme Taman n\u2019ont pas teinté son travail avant l\u2019élection, pourquoi le feraient-elles après l\u2019élection ?Le juge Denis Pelletier « » Si l\u2019on en croit les dernières projections du ministère fédéral des Finances, Ottawa accumulerait les déficits chaque année jusqu\u2019en 2050 en s\u2019en tenant au scénario actuel de revenus et de dépenses.Un constat spectaculaire qui appelle certainement quelques nuances.haque année, le ministère fédéral des Finances ajoute à ses prévisions de court terme des projections à très long terme construites sur la base d\u2019hypothèses, dont certaines sont fiables, d\u2019autres plus spéculatives, voire carrément politiques.Parmi ces hypothèses, mentionnons la croissance prévisible de la population active et celle du nombre de prestataires de la Sécurité de la vieillesse, la croissance de la productivité et celle du PIB auxquelles il faut ajouter les projections de dépenses et de revenus de l\u2019État comme s\u2019il était éternellement dirigé par le même gouvernement.Spéculation, dites-vous?Ces précisions étant apportées, si la tendance actuelle se maintient, comme disent les prévisionnistes, Ottawa enregistrera un dé?cit compris entre 14 et 30 milliards chaque année d\u2019ici 2050, ce qui ferait passer sa dette de 746 milliards aujourd\u2019hui à 1554 milliards en 2050! Il va sans dire qu\u2019une telle projection a de quoi faire bondir l\u2019opposition conservatrice, pour qui le mot dé?cit est synonyme de cataclysme.D\u2019autant plus que les précédentes projections effectuées sous Stephen Harper laissaient croire à la disparition complète de la dette vers 2038 suivie d\u2019un surplus spectaculaire de 220 milliards en 2050 et une réserve accumulée entre-temps de 1700 milliards\u2026 ?Que s\u2019est-il passé en deux ans pour qu\u2019on en vienne à un tel écart dans un scénario concocté par le même ministère?La réponse tient évidemment aux hypothèses évoquées plus haut.Côté démographie, les données sont à peu près les mêmes.En revanche, alors que le scénario conservateur misait sur un surplus budgétaire continu à partir de 2015-2016, les libéraux ont choisi de dépenser plus que leurs revenus pour stimuler la croissance, provoquant un effet boule de neige sur la dette à long terme et sur les intérêts à payer chaque année.Ajoutons à cela une productivité du travail et des revenus pétroliers moins importants que prévu par les conservateurs, des prestations pour enfants plus coûteuses, le maintien de la Sécurité de la vieillesse à 65 au lieu de 67 ans, et nous voilà en 2035 avec un dé?cit libéral de 39 milliards au lieu d\u2019un excédent conservateur de 50 milliards, l\u2019écart allant en s\u2019accentuant naturellement par la suite.?Rassurons-nous, il s\u2019agit d\u2019un exercice théorique destiné à faire ressortir les tendances inhérentes aux choix politiques effectués par les gouvernements.Alors que les conservateurs voyaient dans la lutte contre le dé?cit un passage obligé pour nous conduire dans la spirale d\u2019un État fédéral minimal \u2014 réduction de services, surplus budgétaires, baisse d\u2019impôt \u2014, l\u2019option libérale nous ramène à l\u2019époque de l\u2019État interventionniste du duo Trudeau-Lalonde.À première vue du moins.Car il n\u2019est pas certain que le jeune Trudeau suivra les traces de son père en matière d\u2019endettement.D\u2019abord, il faut relativiser les chiffres.Même à 38 milliards par année, le dé?cit ne représenterait que 1% du PIB en 2035.Quant à la dette en pourcentage du PIB, même à 1554 milliards en 2050, elle ne compterait que pour 21% du PIB contre 30% aujourd\u2019hui.Cela dit, le modèle ne prévoit pas de récession, ce qui est un non- sens absolu.Or, une seule crise majeure suf?rait pour faire exploser le dé?cit de plusieurs dizaines de milliards par année pendant plus d\u2019une décennie.D\u2019où la sortie publique unanime du monde patronal, la semaine dernière.Et il n\u2019y a pas que les patrons pour s\u2019inquiéter: les électeurs sont aujourd\u2019hui plus sensibles aux mouvements de yo-yo budgétaires des gouvernements qui les font pro?ter de baisses d\u2019impôt électoralistes aguichantes avant de les jeter à la première occasion dans la fosse aux compressions sauvages.Puis, ce n\u2019est pas un hasard si les libéraux ont introduit des hypothèses négatives dans le scénario publié quelques jours avant Noël.Même si le résultat apeurant donne des armes à l\u2019opposition, celle- ci est trop désorganisée pour en pro?ter ef?cacement.Par contre, le message est sans équivoque pour les provinces: Ottawa n\u2019a pas les moyens de leur transférer plus d\u2019argent en santé.Comme quoi il n\u2019y a rien de plus politique que des projections économiques.L E D E V O I R , L E M A R D I 1 0 J A N V I E R 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S L I B R E O P I N I O N D A V I D C O H E N Ancien haut fonctionnaire fédéral et consultant L a résolution votée par le Conseil de sécurité des Nations unies sur les colonies de peuplement dans les territoires occupés et les principes énoncés par le Secrétaire d\u2019État John Kerry en décembre 2016 pourraient servir de base à une future négociation entre Israël et l\u2019Autorité palestinienne (AP).Les réactions ont été diverses aux États- Unis, en Israël et dans les pays arabes.Le temps nous dira si ces initiatives constitueront des références incontournables dans les négociations futures.La résolution, passée à l\u2019unanimité avec l\u2019abstention des États-Unis, réitère son appui à la solution de deux États, condamne le terrorisme et les incitations à la violence contre les civils, qualifie les colonies de peuplement en Cisjordanie et l\u2019annexion de Jérusalem- Est comme illégales et appelle la communauté internationale à faire une distinction entre les territoires de l\u2019État d\u2019Israël et les territoires occupés depuis 1967.Cette distinction constitue une défaite pour le gouvernement Nétanyahou et la droite israélienne qui se vantent que les colonies sont un fait accompli.La condamnation par le Conseil de sécurité des incitations à la violence contre les civils vise surtout l\u2019AP après la recrudescence des actes terroristes en Israël et les territoires occupés l\u2019an passé et leur glorification par l\u2019AP.Pour le reste, la résolution constitue une victoire pour l\u2019AP, les pays arabes et les organisations progressistes juives en Israël et la diaspora.Kerry propose que la reconnaissance d\u2019Israël comme État juif soit un des principes fondamentaux dans les négociations de paix entre Israël et l\u2019AP.Ce principe, pourtant reconnu par les Nations unies en 1947 et inscrit dans la déclaration d\u2019indépendance d\u2019Israël, est revendiqué par le gouvernement Nétanyahou comme une des conditions préalables à toute négociation de paix.Chose remarquable, le principe d\u2019un État juif est maintenant appuyé par les principaux États arabes sunnites de la région.Cette reconnaissance est une victoire pour Netanyahou et la majorité juive en Israël et un véritable camouflet pour l\u2019AP et la minorité arabe israélienne qui ont toujours refusé le principe d\u2019un État juif.En fait, la communauté internationale appuie les résolutions des Nations Unies contre les colonies.Quant aux principes de Ker r y, à p a r t l \u2019 a p p u i e x p l i c i t e d e quelques pays arabes et occidentaux, il est trop tôt pour juger de leur pérennité.Double jeu Les groupes progressistes juifs et israéliens favorisent la vision de deux États viables, s\u2019opposent à l\u2019expansion des colonies qui menace le caractère juif et démocratique d\u2019Israël et le respect des droits de la personne.Les juifs américains sont aussi en grande majorité contre l\u2019expansion des colonies.Pour le gouvernement Nétanyahou, le gouvernement le plus à droite de l\u2019histoire d\u2019Israël, la communauté juive américaine est la communauté qui compte dans la diaspora en raison de sa capacité à fournir des dons importants à Israël et de lobby à l\u2019endroit du Congrès et du gouver nement des États - Unis, le principal allié et pourvoyeur d\u2019aide militaire à Israël.Les organisations juives américaines dites établies, telles AIPAC et la Ligue anti- dif famation, défendent aussi l\u2019idée de deux états, mais rechignent à critiquer Israël sur la question des colonies.De son côté, Nétanyahou joue un double jeu sur la question des colonies.D\u2019une part, il se dit favorable à la vision de deux États mais en pratique fait tout pour rendre cette vision impraticable comme le pense une forte minorité d\u2019Israéliens qui soutiennent surtout les partis d\u2019opposition.Selon de récents sondages, la gauche/centre gauche sioniste pro-paix en Israël se serait ef fondrée au profit des par tis du centre droit et de l\u2019extrême droite.Ces mouvements donnent de plus en plus de place au religieux au détriment du laïc et de la défense des droits démocratiques et de la personne.Les tensions se sont fortement accrues entre le judaïsme orthodoxe prédominant en Israël (la religion d\u2019État) et le judaïsme non orthodoxe, surtout réformiste, plus libéral et minoritaire en Israël, mais prédominant aux États-Unis.La communauté juive américaine n\u2019aura jamais été aussi divisée sur Israël depuis la résurgence de la droite/extrême droite israélienne expansionniste et messianique (droit de retour sur les terres bibliques).Trump Cependant, Nétanyahou demeure bien en selle au gouvernement même s\u2019il pourrait être menacé personnellement, car il fait l\u2019objet d\u2019une enquête pour une question de cadeaux illégaux, mais aucune accusation n\u2019a été portée à ce jour.Le président désigné Trump, sympathique envers Nétanya- hou et la droite israélienne, devrait en principe être plus favorable à Israël sur la question palestinienne que l\u2019aura été le gouvernement Obama même si ce dernier aura fourni la plus importante aide militaire de son histoire à Israël.Il a critiqué le gouvernement Obama, tout comme le Congrès américain et les organisations juives américaines établies, pour son manque de soutien à Israël au conseil de sécurité.La distinction entre territoires d\u2019Israël et territoires occupés pourrait-elle avoir pour conséquence d\u2019encourager de nouvelles initiatives internationales telles que celles entreprises par l\u2019Union Européenne sur l\u2019étiquetage et les accords commerciaux qui discriminent les colonies ?Trump sera-t-il un élément fa- cilitateur dans la région ou sera-t-il un agent per turba- teur comme son appui éventuel à l\u2019expansion des colonies et leur annexion partielle par Israël ou au déménagement de l \u2019ambassade des États-Unis à Jérusalem dont le statut reste à négocier ?Les prochaines années nous le diront.RÉSOLUTION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ SUR LES COLONIES ISRAÉLIENNES Un camouflet pour Nétanyahou, une gifle pour l\u2019Autorité palestinienne FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET FINANCES FÉDÉRALES 30 ans dans le rouge?C JEAN-ROBERT SANSFAÇON Omettre la reconnaissance du français Dans un éditorial publié samedi dans Le Devoir, Manon Cornellier af firmait : « L\u2019année 2017 marque le 150e anniversaire du pacte conclu en 1867 entre deux peuples fondateurs\u2026» Le mythe qui décrit la Confédération comme un pacte entre deux peuples fondateurs a été créé par Henri Bourassa dans la première décennie du XXe siècle.Les pères fondateurs n\u2019en savaient rien.Voir l\u2019essai de Stéphane Paquin, L\u2019invention d\u2019un mythe : Le Pacte entre deux peuples fondateurs, publié en 1999.Parmi les 33 « Pères de la Confédération », il n\u2019y avait que quatre francophones, tous élus de ce qui deviendra la Province de Québec.Les communautés francophones de l\u2019Ontario, du Nouveau- Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l\u2019Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve n\u2019ont eu aucun représentant à la Conférence de Québec (1864) qui a établi les termes de la constitution de 1867.Qui plus est, aucun des délégués francophones n\u2019a demandé à cette conférence que les minorités des autres provinces aient le français reconnu comme une langue of ficielle de leur province.Voir Jean-Charles Bonenfant, « Le Canada et les hommes politiques de 1867, » Revue d\u2019histoire de l\u2019Amérique française, vol.21, n° 3a, 1967, p.571-596.Omettre la pleine reconnaissance du français à travers le Canada a été le péché originel à la naissance du Canada, qui nous hantera jusqu\u2019à la rectification partielle de l\u2019Acte constitutionnel de 1982.Manon Cornellier ajoute : «Le sentiment d\u2019insécurité culturelle des francophones est d\u2019ailleurs toujours très vif.[\u2026] 74 % des francophones jugent que le français est menacé au Canada.» Le français est menacé dans le reste du Canada, mais pas au Québec.Le critère objectif d\u2019une langue menacée, c\u2019est que la jeune génération retienne cette langue dans une proportion plus faible que la génération des parents.Au Québec, d\u2019après le recensement de 2011, il n\u2019y a aucun signe que la langue se perd ; au contraire, la majorité des immigrants maintenant adopte le français plutôt que l\u2019anglais.Je lis toujours avec grand respect les éditoriaux de Manon Cornellier, mais je crois que ce matin elle s\u2019est trompée.Comme quoi la perfection n\u2019est pas de ce monde.William Johnson Gatineau, le 7 janvier 2017 Réponse de notre éditorialiste Monsieur Johnson, Vous avez raison de mentionner que le concept de pacte confédératif, en particulier entre deux peuples fondateurs, est contesté.Son rejet n\u2019est toutefois pas unanime.En fait , même la Cour suprême s\u2019y réfère implicitement dans certaines décisions récentes, comme l\u2019explique bien Sébastien Grammond, constitutionnaliste et professeur de droit à l\u2019Université d\u2019Ottawa, dans un texte paru cet été dans l\u2019Osgoode Hall Law Journal.Son exposé est trop étoffé pour le résumer en si peu de mots, mais je vous invite à le lire.Pour ce qui est des 74 % de francophones qui croient le français menacé au Canada, selon un sondage ef fectué pour Patrimoine Canada, ce n\u2019est pas une erreur d\u2019en faire état.On peut débattre de la justesse de ce sentiment, mais ce sentiment existe.Promouvoir le bil inguisme individuel et les programmes d\u2019immersion ne peut suffire à le dissiper, ce que vous ne prétendez pas d\u2019ailleurs.À mon avis, il faut une véritable politique de soutien au vivre ensemble en français pour les francophones de tout le pays.Manon Cornellier L E D E V O I R , L E M A R D I 1 0 J A N V I E R 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.L es informations publiées en ligne de- vraient-elles disparaître au bout d\u2019un certain temps ?À une époque où on a l\u2019impression que les documents publiés en ligne y persistent indéfiniment se pose de plus en plus la question de savoir si la loi doit «forcer» à l\u2019oubli.Étant donné que la puissance des moteurs de recherche procure une capacité sans précédent de retrouver des informations anciennes, certains préconisent que les lois forcent à occulter certaines informations.La difficulté est de déterminer comment assurer que cette censure des informations anciennes ne viole pas le droit fondamental de rechercher librement des informations.C\u2019est pourquoi le sort réservé aux demandes de faire supprimer des informations licitement publiées dans les médias suscite des inquiétudes chez ceux qui sont attachés au droit du public à l\u2019information.En Europe Les juridictions européennes postulent que les autorités publiques ont la légitimité pour déterminer qu\u2019une information licitement en ligne ne sert plus l\u2019intérêt public.Au nom d\u2019une vision englobante du droit à la vie privée, on donne suite aux demandes de censure émanant principalement de gens qui estiment qu\u2019ils ont un passé public qu\u2019il vaut mieux occulter.On ne voit pas de problème à ce qu\u2019une autorité publique évalue la légitimité du maintien en ligne de documents publics archivés.Invoquant la persistance de l\u2019information dans l\u2019environ- nement-réseau, la réglementation européenne reconnaît un droit de forcer à l\u2019effacement de documents publics licites de même que les liens hypertextes qui y conduisent.Un tel droit prévaut sans nécessité de démontrer que ces documents violent les lois.Le nouveau règlement européen (en vigueur cette année) obligeant les moteurs de recherche à effacer les liens vers des documents licites a soulevé de vives inquiétudes.Bien plus, en 2014, le plus haut tribunal européen a reconnu à un citoyen espagnol le droit d\u2019exiger la suppression des résultats de recherche menant à un avis public dont la diffusion était pourtant exigée par la loi.L\u2019été dernier, un tribunal italien a considéré qu\u2019un article de journal publié en ligne devient périmé au bout d\u2019une période de deux ans.Les nouvelles seraient su jettes à péremption comme le lait, le yogourt ou les gâteaux ! Une fois périmées, les nouvelles peuvent être purgées des sites des journaux ! La plus haute cour belge admet que les juges ont la faculté d\u2019évaluer si l\u2019information publiée il y a plusieurs années est d\u2019intérêt public.Elle reconnaît à un médecin le droit de faire censurer les archives d\u2019un journal relatant ses frasques anciennes.Le fait que le requérant exerce une profession supposant une responsabilité envers le public ne pèse pas lourd.Cette inquiétante tendance reflète une vision privilégiant le droit à la vie privée sur le droit du public à l\u2019information.La tradition nord-américaine Dans la tradition nord-américaine, il y a une extrême réticence à laisser les autorités publiques décider du bien-fondé de maintenir des informations dans l\u2019espace public même si elles ne sont plus d\u2019actualité.La divulgation de faits publics portant sur une personne jouit d\u2019une importante protection constitutionnelle.Aux États-Unis, la loi ne peut interdire la divulgation de faits privés présentant un intérêt public légitime.On reconnaît que la liberté d\u2019expression confère aux médias une impor tante marge d\u2019appréciation aux fins de déterminer l\u2019intérêt d\u2019une information à titre de nouvelle.Ce type de raisonnement attache beaucoup d\u2019importance aux inhibitions qui peuvent résulter d\u2019une règle qui punit la diffusion d\u2019informations portant sur des faits publics.Cela n\u2019empêche pas qu\u2019en certaines situations, l\u2019oubli constitue une valeur qui peut légitimement justifier des mesures de suppression de l\u2019information.Des mécanismes spécifiques portant sur les renseignements de crédit, la faillite, la délinquance des jeunes prévoient l\u2019occultation d\u2019informations.Ces mesures visent à protéger les individus des stigmates associés à leurs comportements passés, mais elles ne vont pas jusqu\u2019à créer une obligation d\u2019effacer les informations publiques comme les archives des médias.Au Canada En droit canadien, il faut que le rappel du passé soit abusif pour qu\u2019il puisse être censuré.Donc pas question d\u2019ordonner l\u2019effacement des archives des journaux simplement pour cause d\u2019inconfort.La Cour suprême a reconnu que les hyperliens vers des documents tels que ceux livrés par un moteur de recherche n\u2019engagent pas, en principe, la responsabilité de celui-ci.Ce n\u2019est donc pas une faute de diriger vers des documents tant qu\u2019on ne sait pas qu\u2019ils contreviennent à la Loi.De même, la législation québécoise limite la responsabilité de ceux qui diffusent des liens vers un contenu licitement en ligne.Des nouvelles périssables ?S O P H I E I M B E A U L T Historienne Québec, dans le parc Montmorency, un monument est consacré à Louis Héber t.Au pied se trouvent Marie Rol- let, ses trois enfants et son gendre, Guillaume Couillard.En 2017, cela fait 400 ans qu\u2019ils sont venus s\u2019installer à Québec.Dans les célébrations à venir, espérons que Marie ne sera pas oubliée.Des bribes de sa vie nous sont parvenues.Des historiens lui ont accordé quelques lignes où elle figure en second plan, comme la femme de l\u2019un des premiers colons de la Nouvelle-France.N\u2019était- elle que cela ?Cette Parisienne, née vers 1580, est la fille de Jean Rollet, canonnier du roi, et d\u2019Anne Cogu.Elle s\u2019unit à Louis Hébert, fils de Nicolas Hé- bert, épicier et apothicaire, et de Jacqueline Pajot, vers 1601-1602 à Saint-Germain-l\u2019Auxerrois.Aussi né à Paris vers 1575, Louis Hébert a 27 ans et est apothicaire.Le couple habite Saint-Germain- des-Prés, siège de la puissante corporation des apothicaires, où Marie met au monde Anne (vers 1602-1619), Guillemette (vers 1608-1684) et Guillaume (1614- 1639).Ces naissances sont espacées au rythme des absences de Louis, par ti en Nouvelle-France avec Samuel de Champlain.Le Nouveau Monde Ils sont mariés depuis environ 4 ans quand Louis part la première fois pour Port-Royal.Il signe une procuration générale en sa faveur devant notaires le 24 mars 1606.Le 8 août, Marie vend leur maison du chemin de la Petite-Seine à Marguerite de Valois pour un peu plus de 2000 livres.Où s\u2019installe ensuite la famille ?En 1617, Champlain est à Paris.Il y rencontre Louis et lui obtient un contrat avec la Compagnie du Canada pour défricher la terre et exercer son métier d\u2019apothicaire en Nouvelle-France.Toute la famille sera logée et nourrie.Hébert vend sa maison.Marie participe sans doute à la décision, les enfants étant mineurs.Elle doit s\u2019assurer de ne pas les exposer à des dangers simplement pour satisfaire les passions de son mari.Louis souhaite s\u2019installer en Amérique depuis son premier voyage.Ils ont eu 11 ans pour réfléchir.À Honfleur, la famille constate que les conditions d\u2019engagement sont moins intéressantes que prévu.Hébert signe tout de même le 6 mars 1617 le contrat qui les lie pour 2 ans.Le 11, Louis, Marie, leurs enfants, son frère Claude et leur domestique Henri, embarquent sur le Saint-Étienne.Champlain, François Gravé et le père Le Caron sont aussi à bord.Après une difficile traversée de 3 mois, le navire arrive à Tadous- sac à la mi-juin.Ils auraient ensuite remonté le fleuve en barque et seraient arrivés à Québec en juillet.Une maison est rapidement construite près des actuelles rues Sainte-Famille et Couillard.Marie assiste son mari dans ses tâches d\u2019apothicaire et de cultivateur.Elle joue aussi un rôle important dans la société française naissante, accueillant Hélène Boullé ou étant marraine d\u2019Amérindiens et d\u2019Amérindiennes lors de leur baptême catholique .Marie sait lire et écrire.Elle ne correspond pas à l\u2019image de la par faite mère au foyer longtemps mise en avant.Remariage En 1620, le contrat avec la Compagnie du Canada prend fin.Hé- bert est nommé procureur du roi par Champlain.Marie intègre alors avec lui l\u2019élite administrative.Guillemette épouse Guillaume Couillard de Lespinay l\u2019année suivante, le 26 août 1621.Louis décède peu après un accident qui a lieu à l\u2019hiver 1627.Marie hérite de la moitié de ses biens et fiefs, et Guillemette, de l\u2019autre moitié.Il n\u2019y a que 9 ans que la famille est installée à Québec.Cela aurait pu marquer son retour en France.Mais la veuve Hébert reste.Elle se remarie 2 ans plus tard avec le Normand Guillaume Hu- bou, le 16 mai 1629.Champlain assiste à l\u2019union.Le couple n\u2019aura pas d\u2019enfant.Ce remariage n\u2019est pas étranger au fait que Marie, chargée d\u2019un fils mineur, doit trouver un appui en ces heures fatidiques de famine et d\u2019attaques iroquoises.De plus, les frères Kirke menacent de déposséder la France du Canada au nom du roi d\u2019Angleterre.Québec tombe entre les mains des Anglais en juillet 1629.La famille Hubou-Couillard possède plusieurs arpents en culture .Champlain leur suggère de faire la récolte à venir.Marie, son second époux, son fils, sa fille et son gendre sont parmi les seuls à demeurer à Québec.Après le retour des Français en 1632, c\u2019est dans la maison de Marie que la première messe sera célébrée.Âgée de 69 ans, Marie est inhumée à Québec le 27 mai 1649.Première Européenne à s\u2019installer en Nouvelle-France, à en cultiver le sol, elle enseigne aux enfants et tisse des liens avec les Amérindiens.Une vie hors du commun.Elle peut revendiquer sans gêne, comme Louis Hébert, le titre de pionnière.Elle reste lors de moments critiques et passe une trentaine d\u2019années à Québec.Personnage incontournable d\u2019une colonie naissante, Marie Rol- let s\u2019est fait un nom.Donnons à cette femme inspirante, ancêtre de milliers de Québécois, dont le premier ministre Couillard, la place de premier plan qu\u2019elle mérite.?Des commentaires?Des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à arobitaille@ledevoir.com et à dnoel@ledevoir.com.Marie Rollet : être femme et pionnière R É J E A N B E R G E R O N Professeur de philosophie es cégeps ont été créés en 1967 pour démocratiser l\u2019accès aux études supérieures.Pour une question d\u2019équité et de justice sociale, on a transformé le modèle élitiste et sélectif qui existait à l\u2019époque afin de permettre à ceux et celles qui venaient de milieux modestes ou défavorisés de par faire leurs études et leur formation lorsqu\u2019ils avaient le talent et les capacités pour le faire.Du point de vue de l\u2019accessibilité et de la diplomation, on peut af firmer aujourd\u2019hui que le pari a été gagné haut la main : le cégep comme institution est une grande réussite.Mais en tant qu\u2019enseignant qui œuvre au niveau collégial, je veux ici montrer du doigt une situation inquiétante et triste.Les étudiants qui font leur entrée au cégep sont loin d\u2019être égaux en ce qui a trait à la préparation pour entreprendre et réussir leur formation collégiale.Trop d\u2019entre eux commencent leurs études collégiales avec de graves problèmes en matière de lecture, d\u2019écriture et de compréhension de textes.Sans ces aptitudes et faute aussi d\u2019un vocabulaire et de repères culturels convenables, ils peinent à comprendre la matière enseignée, mais aussi à construire, à structurer et à exprimer une pensée claire et cohérente.Pour le dire autrement, trop d\u2019étudiants arrivent au cégep mal préparés, parfois démunis, sans les bases nécessaires pour entreprendre des études collégiales.Quiconque enseigne au cégep pourrait en témoigner, mais très peu le font toutefois, ce sujet étant presque tabou dans la communauté.Comment expliquer une pareille fracture, la présence de tels écarts à l\u2019intérieur d\u2019un même groupe d\u2019étudiants?Les raisons que je pourrais invoquer sont nombreuses.Je vais en retenir deux.La première porte sur les effets néfastes que la réforme de l\u2019éducation, mise en place dans les années 2000, a pu avoir sur les différentes cohortes et en particulier chez les étudiants issus des milieux défavorisés ou avec des problèmes par ticuliers.En misant sur des méthodes centrées sur la découverte et la réalisation de projets, et sur le développement des compétences de l\u2019élève au détriment des connaissances, cette réforme a pénalisé l\u2019ensemble des élèves, mais encore plus sévèrement ceux qui provenaient des milieux défavorisés ou avec des problèmes d\u2019apprentissage.Les recherches montrent que les méthodes d\u2019instruction directe donnent de meilleurs résultats que les formes de pédagogie de la découverte.École à trois vitesses Dans un contexte où le redoublement est devenu presque inexistant aux niveaux primaire et secondaire et face à la concurrence et à la chasse aux «clients» auxquelles se livrent les institutions collégiales dans le réseau, la présence de cette fracture dans nos salles de cours, en ce qui a trait à la qualité de la préparation des étudiants pour entreprendre des études au cégep, devient alors plus facile à comprendre.Mais je crois que la sélection des étudiants qui se fait à l\u2019intérieur de notre système d\u2019éducation au secondaire par les écoles privées, mais aussi dans le réseau public, et ce, par l\u2019intermédiaire des dif férents programmes à projets particuliers, contribue pour beaucoup à la présence de cette fracture chez les étudiants qui font leur entrée au cégep.Cette concurrence que se livrent ces institutions d\u2019enseignement finit par transformer le monde de l\u2019éducation en un immense marché à l\u2019intérieur duquel on s\u2019arrache les étudiants-clients talentueux.Le résultat ?Une école à trois vitesses.Les écoles privées d\u2019un côté, celles à projets particuliers de l\u2019autre et toutes ces écoles publiques « bien ordinaires », que certains qualifient d\u2019écoles « poubelles », qui auront à prendre en charge les élèves vulnérables dont les parents n\u2019ont pas les moyens de rouler en première ou en seconde vitesse.C\u2019est d\u2019ailleurs cette situation et ses effets pervers que déplore le Conseil supérieur de l\u2019éducation (CSE) dans un rapport intitulé Remettre le cap sur l\u2019équité.Ainsi, on y souligne que cette concurrence mercantile et déloyale, qui a toutes les allures d\u2019une forme de «ségrégation» à l\u2019intérieur de notre système d\u2019éducation, perpétue le cycle de la pauvreté au lieu de le briser, reproduit les inégalités sociales au lieu de les combattre et encourage l\u2019exclusion sociale par l\u2019homogénéisation des classes alors qu\u2019un système sain devrait plutôt privilégier la mixité.Sur ce dernier point, le CSE précise que «de nombreuses recherches ont montré que les groupes hétérogènes sont à la fois les plus efficaces et les plus équitables.En effet, sur le plan scolaire, la tendance à l\u2019homogénéisation des classes ne compte pas de façon significative pour les élèves qui apprennent facilement.En revanche, elle est particulièrement défavorable à ceux qui sont plus vulnérables ».Pas surprenant, face à tout ceci, que le Québec, au dire du CSE, ait dorénavant le réseau scolaire le plus inéquitable au Canada.J\u2019ose soulever l\u2019hypothèse que la réforme de l\u2019éducation et ce système de sélection qui se joue dorénavant sur une grande échelle au niveau secondaire ont des effets directs sur la composition de nos classes au niveau collégial et expliquent en par tie cette fracture que je constate régulièrement dans mes salles de cours.Le Québec aura-t-il fait une révolution tranquille en matière d\u2019éducation dans les années soixante pour en arriver à cette triste situation en 2017 ?Aurons-nous, comme société, combattu les inégalités sociales pendant tout ce temps pour les laisser à nouveau s\u2019installer insidieusement dans notre réseau d\u2019enseignement ?Dans le cadre du 50e anniversaire de la fondation du réseau des cé- geps, je crois que cette question mérite une réflex ion en profondeur su iv ie de gestes concrets afin de corriger la situation.Ce serait une belle façon de célébrer l\u2019héritage que nous ont légué les architectes de cette grande institution qu\u2019est le cégep.50E ANNIVERSAIRE DE LA FONDATION DES CÉGEPS D\u2019une sélection à l\u2019autre JEAN GAGNON Une statue commémore la vie de Marie Rollet dans le parc Montmorency.Des Idées en revues Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons un extrait du dernier numéro de la revue Cap-aux-Diamants (hiver 2017, no 128).L PIERRE TRUDEL À Cette concurrence que se livrent ces institutions d\u2019enseignement finit par transformer le monde de l\u2019éducation en un immense marché L E D E V O I R , L E M A R D I 1 0 J A N V I E R 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 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h du matin, les policiers prévenaient ceux qui continuaient d\u2019arriver qu\u2019ils attendraient en vain d\u2019obtenir une place, vu le nombre de sièges limités.Le président Obama parlera depuis le McCormick Place, le plus grand centre de congrès du pays.La salle de théâtre de ce complexe compte un peu plus de 4200 places.Flairant la bonne affaire, les revendeurs illégaux n\u2019ont pas tardé à entrer en scène.Le Chicago Tribune indique que des billets pour cette dernière prestation officielle du président Obama sont proposés à 5000 $ chacun.Protocole Si les Obama apparaissent singuliers dans la lignée des familles présidentielles, ils se sont toujours montrés très à cheval sur le principe du respect le plus strict des traditions protocolaires et sur le sérieux qu\u2019il convient d\u2019accorder à la livraison des discours officiels.Il ne devrait donc pas en être autrement pour cet ultime discours du président sortant.Le dernier discours du président américain constitue un exercice obligé, une longue tradition qui obéit à des codes qui puisent aux origines d\u2019un exercice inauguré par les adieux publics de George Washington en septembre 1796.Il s\u2019agit d\u2019ordinaire d\u2019une suite de considérations sur le bilan général du président, de remerciements pour ses proches collaborateurs et de marques de confiance obligées à l\u2019égard du successeur.Ces discours d\u2019adieu rappellent aussi d\u2019ordinaire les fondements solides de la démocratie américaine afin de faciliter la transition, tout en défendant poliment mais énergiquement un bilan envisagé comme une direction à poursuivre.Le 11 janvier 1989, dans son dernier discours, Ronald Reagan rappelait qu\u2019« il y a une grande tradition d\u2019aver tissements dans les adieux présidentiels ».Chacun y va en effet de recommandations appuyées par l\u2019expression d\u2019un bilan personnel magnifié.Mais il ne s\u2019est guère trouvé jusqu\u2019ici, dans la longue suite des successions présidentielles, des tensions de fond aussi perceptibles que celles qui marquent ce passage difficile à l\u2019ère Trump.Les circonstances propres à cette transition hors norme vont faire en sorte que le discours du président Obama sera à tout le moins plus scruté que jamais.Tradition Reste que les discours d\u2019adieu sont d\u2019ordinaire sans histoire et très polis.Qui se souvient du dernier discours officiel livré par George W.Bush, le 16 janvier 2009?Bush fils y rappelait avec beaucoup d\u2019élégance que «dans cinq jours», à la date d\u2019entrée en fonction de Barack Obama, « le monde sera témoin de la vitalité de la démocratie américaine».Le président sortant ajoutait que c\u2019était une tradition aux fondements du pays que « la présidence soit relayée à un successeur choisi par vous, le peuple américain».De son successeur, George W.Bush ajoutait même ceci : «Debout sur les marches du Capitole se tiendra un homme dont l\u2019histoire reflète la promesse tenace de notre terre.Il s\u2019agit d\u2019un moment d\u2019espoir et de fierté pour notre nation.» Bill Clinton avait pour sa part ouvert la porte de la Maison-Blanche à son successeur à l\u2019occasion d\u2019un dernier discours prononcé le 18 janvier 2001.Clinton y insistait beaucoup sur l\u2019importance des efforts qu\u2019il avait accomplis pour réduire la taille du gouvernement et mener la chasse aux déficits, insistant pour dire qu\u2019il s\u2019agissait de la bonne voie à suivre.Clinton terminait tout de même avec une formule rassembleuse usuelle : sa famille et lui se joignaient à tous les Américains pour offrir leurs meilleurs vœux au nouveau président « pour mener la marche de la liberté dans ce nouveau siècle».En 1796, dans son texte considéré comme fondateur, le général Washington concluait sa présidence en indiquant pour sa part que «l\u2019amour de la liberté est si profondément gravé dans vos cœurs qu\u2019aucune recommandation de ma part n\u2019est nécessaire pour fortifier en vous ce penchant».Il en fera tout de même pendant plusieurs pages! Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ADIEUX vant des soins palliatifs.La proportion était de 0,6 % entre décembre 2015 et juin 2016.Le nombre de demandes s\u2019accroît dans tous les établissements où les données sont publiques.C\u2019est particulièrement vrai au CISSS de la Mauricie-Centre-du-Québec, au CIUSSS de l\u2019Est, à Montréal, au CIUSSS de la Capitale- Nationale et au CISSS de Laval, établissements où le nombre de demandes a plus que doublé entre juin et décembre.Les refus sont aussi plus fréquents.Ce sont 37,6 % des demandes n\u2019ont pas abouti à l\u2019administration de l\u2019AMAM.Ce taux était de 33,7 % entre décembre 2015 et juin 2016.Pour 11 % des demandes, l \u2019évaluation a conclu que le patient n\u2019était pas admissible selon les critères de la loi.Pour près de 20 % des demandes, l\u2019état du patient s\u2019est vraisemblablement détérioré avant que sa volonté puisse être respectée, puisque le patient est décédé, est devenu inapte ou a reçu la sédation palliative continue.Moins de 4 % des patients ont changé d\u2019avis.Un changement de mentalité Le Dr Alain Naud n\u2019est pas surpris que de plus en plus de patients demandent l\u2019AMAM.« C\u2019est mieux connu des patients, des familles et des soignants », explique l\u2019omnipraticien qui pratique en soins palliatifs au CHUQ.Le Dr Naud est un des rares médecins à avoir parlé publiquement de sa pratique de l\u2019AMAM.«L\u2019AMAM répond à une demande et à un réel besoin pour les malades en fin de vie», dit-il.Il croit qu \u2019un changement de mentalité s\u2019opère, graduellement.«Les patients savent un peu plus quels sont leurs droits.Les résistances qu\u2019il y avait dans certains milieux s\u2019amenuisent tranquillement», observe-t-il.Selon lui, ce n\u2019est pas toujours parce que les délais sont indus que certains patients décèdent après leur demande, sans avoir reçu l\u2019AMAM.Il observe que dans quelques cas, on observe des patients qui font la demande et décèdent naturellement le lendemain, comme s\u2019ils étaient apaisés.Dans les autres pays où l\u2019AMAM a été légalisée, de 2 à 4 % des mourants en font la demande, rappelle-t-il.Le fait que les cas de demandes non administrées ne soient révisés d\u2019aucune manière est la plus grande faille actuellement, déplore le Dr Naud.« C\u2019est inconcevable qu\u2019on ne se penche pas sur les refus, dit-il.Comment s\u2019as- sure-t-on que les patients, par exemple, ont retiré leur demande de façon libre et éclairée ?Les médecins qui refusent des demandes n\u2019ont rien à justifier.C\u2019est inadmissible.Il y a eu assez de reportages qui ont démontré que les dérapages ne surviennent pas lors de l\u2019administration de l\u2019AMAM, mais dans les entraves à l\u2019accès à ce soin.» Un an après l\u2019entrée en vigueur de la loi, sa plus grande satisfaction est de maintenant pouvoir répondre aux désirs des patients qui vivent de grandes souffrances.«La reconnaissance des patients et des familles\u2026 Ce sont des moments de grande émotion.J\u2019ai vu des patients décéder en chantant leur chanson favorite.Pour un autre, on avait fait venir un pianiste dans la chambre, il a joué les demandes du mourant.J\u2019ai vu une AMAM où il y avait 20 proches dans la chambre.Des fils qui sont arrivés en complet pour rendre hommage à leur père.La mort reste un moment dif ficile, mais c\u2019est aussi un moment de grande humanité.» Révisions nécessaires Le secrétaire du Collège des médecins du Québec (CMQ), le Dr Yves Robert, croit que le doute levé par l\u2019adoption de la loi fédérale, en juin, a pu contribuer à la hausse des demandes.«Maintenant, il n\u2019y a plus aucun doute sur la légalité de l\u2019AMAM», explique-t-il.Tous les cas semblent avoir été faits en conformité avec la loi.La Commission des soins de fin de vie renvoie au CMQ les cas où elle s\u2019interroge.«À première vue, avec les informations disponibles à ce moment-ci, les cas étaient conformes », indique le Dr Robert.Des dossiers sont toujours en cours d\u2019analyse.Le Dr Robert confirme que l\u2019ordre professionnel révise actuellement son guide d\u2019exercice sur l\u2019aide médicale à mourir à l\u2019intention des soignants.«On tente de concilier la loi fédérale et la loi québécoise, qui est plus restrictive», explique-t-il.Une rencontre avec la ministre de la Justice Stéphanie Vallée doit aussi avoir lieu à ce sujet.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MOURIR par Jean Lapierre, mais M.Dion avait refusé.Il l\u2019avait plutôt envoyé gagner ses galons dans Papineau, représenté par la bloquiste Vivian Bar- bot, où il avait même dû se battre pour remporter l\u2019investiture.Toujours selon La Presse canadienne, c\u2019est l\u2019actuelle ministre du Commerce international, Chrystia Freeland, qui le remplacerait.Ancienne journaliste économique, Mme Freeland a vécu à la fois à New York et à Moscou, et parle plusieurs langues.Elle a cependant écrit un livre, Plutocrats, sur les milliardaires de ce monde, ce qui la campe dans un rôle de «gauchiste» qui pourrait mal passer aux yeux du nouveau gouvernement américain de Donald Trump.Selon La Presse canadienne, le remaniement impliquerait également la ministre des Institutions démocratiques, Maryam Monsef, très critiquée pour sa gestion de la future réforme du mode de scrutin, et la ministre de l\u2019Emploi, du Développement de la main-d\u2019œuvre et du Travail, MaryAnn Mihychuck, qu\u2019on a très peu vue.Patty Hajdu, à la Condition féminine, pourrait obtenir une promotion.François-Philippe Champagne, le député de Saint-Maurice\u2013Champlain, ferait son entrée au cabinet.Quant au ministre de l\u2019Immigration, John McCallum, il pourrait quitter la vie politique, et certaines sources suggèrent qu\u2019il sera nommé ambassadeur en Chine.Le nom de Marc Garneau a également été évoqué.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 REMANIEMENT Le tableau montre le pourcentage de patients qui ont reçu l\u2019aide à mourir par rapport au nombre de patients en soins palliatifs.SCOTT OLSON AGENCE FRANCE-PRESSE Les gens ont fait la queue pendant plusieurs heures, samedi, afin d\u2019obtenir un laissez-passer pour le discours d\u2019adieu du président Barack Obama.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Chrystia Freeland quitterait le Commerce international pour les Affaires étrangères."]
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