Le devoir, 11 janvier 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 2 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Économie \u203a Une Coupe du monde de soccer à 48 pays.La nouvelle formule adoptée par la FIFA est avant tout une affaire de politique et de gros sous, selon un spécialiste.Page B 1 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.A 4 Mots croisés.A 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.A 2 ?w w w .l e d e v o i r .c o m L\u2019hémodialyse n\u2019est pas à la portée de tous les patients Page A 5 La Chine en vedette au prochain sommet de Davos Page B 3 États-Unis Le futur ministre de la Justice à l\u2019examen du Sénat Page B 5 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa C\u2019 est en grande partie pour répondre à l\u2019entrée en fonction de l\u2019équipe de Donald Trump que Justin Trudeau a remanié mardi son cabinet.Il a voulu offrir à l\u2019administration américaine un nouvel interlocuteur, certes plus affable, mais surtout plus outillé pour parler le langage qui l\u2019intéresse.Chrystia Freeland devient ainsi non seulement la ministre des Af faires étrangères en remplacement de Stéphane Dion, mais conserve aussi tous les dossiers ayant trait aux États-Unis qu\u2019elle pilotait déjà en tant que responsable du Commerce international.Le litige sur le bois d\u2019œuvre ou encore la renégociation désirée par Donald Trump de l\u2019ALENA tomberont donc aussi sous sa coupe.«Ce nouveau gouvernement américain a une priorité fondamentalement ancrée dans le commerce et la croissance économique, s\u2019est justifié M.Trudeau en point de presse.Notre ministre des Affaires étrangères va être appelée à être engagée REMANIEMENT Trudeau se prépare à l\u2019ère Trump Pour traiter avec les États-Unis, le premier ministre a choisi une diplomate doublée d\u2019une spécialiste du commerce international M A R I E - M I C H È L E S I O U I P our son discours d\u2019adieu, le président sortant des États-Unis, Barack Obama, est rentré à la maison.À Chicago mardi soir il a livré un message qui reprenait les thèmes qui lui ont été chers dès son entrée en politique.Son allocution a pris des airs de retour aux sources, faisant la part belle aux grands principes de la démocratie, à l\u2019importance de l\u2019engagement citoyen et, surtout, à l\u2019optimisme.«Oui, notre progrès a été inégal.Le travail de la démocratie a toujours été dif ficile.Il a toujours été litigieux.Il a parfois été sanglant.[.] Mais l\u2019histoire de l\u2019Amérique a été celle d\u2019un mouvement vers l\u2019avant », a déclaré Barack Obama à la foule réunie à la place McCormick.«Hello Chicago ! C\u2019est bon d\u2019être à la maison», ont ainsi été les mots qui ont lancé le discours d\u2019adieu du 44e président des États-Unis, accueilli chaleureusement par des partisans qui avaient parfois donné 5000 $ à des revendeurs afin de mettre la main sur des billets \u2014 initialement gratuits.Le choix de la ville n\u2019était pas anodin.Barack Obama a été le premier président à livrer un discours d\u2019adieu hors de Washington, a remarqué Elisabeth Vallet, de la Chaire Raoul-Dandurand.Aussi, c\u2019est dans cette ville de l\u2019Illinois que Barack Obama avait pris la parole, le 5 novembre 2008, quand il était devenu le premier président noir des États-Unis.«Si jamais quelqu\u2019un doute encore que l\u2019Amérique est un endroit où tout est possible [\u2026] la réponse lui est donnée ce soir », avait-il alors lancé devant des dizaines de milliers de personnes rassemblées à Grant Park.Au bord du lac Michigan, et malgré le froid, les partisans du nouveau président démocrate avaient tenu à se présenter, leurs affiches «Yes We Can» dans les mains.« Yes we can.Yes we did.Yes we can.» Barack Obama conclut son deuxième mandat comme il avait entrepris le premier, avec des mots d\u2019espoir et de confiance.F A B I E N D E G L I S E A u bout du fil, l\u2019historien belge Philippe Goddin, tintinologue patenté, est catégorique : « Vladimir Poutine n\u2019est pas intervenu dans la réédition de l\u2019album Tintin au pays des Soviets » en version colorisée.Et ce, même si à la page 31 il est bel et bien question d\u2019une élection truquée ! Mieux vaut en rire ! 88 ans après la naissance des aventures du plus célèbre des reporters de la bande dessinée \u2014 c\u2019était un 10 janvier 1929, 19 ans jour pour jour après la naissance du Devoir, dans les pages du Petit XXe, supplément jeunesse du journal catholique belge Le Vingtième Siècle \u2014, les éditions Moulinsart et Cas- terman ont décidé de souligner l\u2019anniversaire en couleur.Tintin au pays des Soviets se rappelle donc au bon souvenir du présent aujourd\u2019hui dans une édition colo- risée qui témoigne autant d\u2019un geste artistique que de cette tentation commerciale qui depuis des années guident les pas des héritiers d\u2019Hergé, créateur de ce héros singulier du 9e art.« En tant que tintinophile, je déplore le fait que Tintin soit devenu une marchandise que l\u2019on essaie d\u2019abord de vendre sur des tasses, des t-shirts» ou dans des rééditions calculées comme cette dernière que viennent de piloter les gardiens de la mémoire d\u2019Hergé, résume le bédéiste et romancier Philippe Girard.«Cet objet n\u2019intéressera que les collectionneurs.Même s\u2019il est une curiosité, l\u2019album est une relique, certainement le moins bien maîtrisé de la série.» «Da!» répondrait sans doute l\u2019ignoble représentant du Guepeou, l\u2019homme de BANDE DESSINÉE Des Soviets au pays de la colorisation La réédition en couleur des premiers pas de Tintin est-elle un geste artistique ou commercial ?©HERGÉ-MOULINSART 2017 VOIR PAGE A 8 : TINTIN Les choix de Justin Trudeau \u203a Les portraits de Chrystia Freeland, de François-Philippe Champagne et de Stéphane Dion.Pages A 2 et A 3 Ménage hivernal.L\u2019éditorial de Manon Cornellier.Page A 6 VOIR PAGE A 8 : REMANIEMENT VOIR PAGE A 8 : OBAMA REX ARBOGAST ASSOCIATED PRESS Ému, le président américain Barack Obama a essuyé une larme durant le discours d\u2019adieu qu\u2019il a livré à Chicago. H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa Son départ aura été à l\u2019image du personnage buté qu\u2019il était.En n\u2019acceptant pas d\u2019emblée le poste d\u2019ambassadeur que lui offrait Justin Trudeau en guise de consolation pour avoir perdu son siège de ministre, Stéphane Dion a illustré une dernière fois à quel point il pouvait être inflexible et imperméable aux tractations et compromissions si courantes en politique.C\u2019est donc un trait sur une longue carrière \u2014 21 ans \u2014 de politicien atypique que tire le député de Saint-Laurent.L\u2019histoire retient qu\u2019il a été dé- couver t par Aline Chrétien, l\u2019épouse du premier ministre de l\u2019époque, pendant la campagne référendaire québécoise de 1995.M.Dion, alors professeur de sciences politiques à l\u2019Université Laval, donnait la réplique \u2014 incisive et implacable de rationalité \u2014 au camp souverainiste.Après la quasi-défaite du camp du Non, Jean Chrétien veut faire une place plus grande au Québec dans son cabinet en guise d\u2019apaisement.Il le recrute donc en janvier 1996 à titre de ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes en même temps que Pierre Pettigrew.Certains comparent alors le geste à la venue des « trois colombes » québécoises qu\u2019étaient Jean Marchand, Pierre Elliott Trudeau et Gérard Pelletier à Ottawa en 1965.MM.Dion et Pettigrew se font élire à la Chambre des communes plus tard, lors d\u2019élections partielles tenues en mars 1996.M.Dion a été réélu à sept reprises dans sa circonscription montréalaise.M.Dion s\u2019impose comme le ministre de la « clarté référendaire », celui de la ligne dure envers le Québec, du « plan B ».Ce rôle de père Fouettard en fait la cible de prédilection des caricaturistes, en particulier de Serge Chapleau, qui l\u2019immor talise en rat.Et lorsqu\u2019il est entarté en 1999, un phénomène à la mode à l\u2019époque, son visage couvert de crème se retrouve à la une des quotidiens.M.Dion avait démontré son inflexibilité \u2014 et son absence de sens de l\u2019humour, avaient dit d\u2019autres \u2014 en intentant une poursuite judiciaire contre les entarteurs, qui sont condamnés à des travaux communautaires.Dion 2.0 L\u2019ar rivée de Paul Mar tin comme premier ministre permet le lancement d\u2019un Stéphane Dion 2.0, rassembleur dans son nouveau rôle de ministre de l\u2019Environnement.En 2006, c\u2019est grâce à ce cheval de bataille environnemental qu\u2019il devient chef du Par ti libéral, coif fant au fil d\u2019arrivée \u2014 et à la surprise générale \u2014 Bob Rae et Michael Ignatieff.Ce « tournant vert » ne passera pas la rampe lors de l\u2019élection suivante en 2008 et le Par ti libéral perdra encore plus de plumes, passant de 103 sièges à 77.À titre de chef, il ne comprenait pas la joute politique, faite de conseillers parlant « anonymement » aux journalistes pour expliquer un message.En campagne, c\u2019est avec une candeur déconcertante qu\u2019il avait demandé à une poignée de journalistes qui étaient tous ces « stratèges » libéraux qu\u2019ils citaient sans cesse.Il quittera son siège de chef, au profit de Michael Ignatieff, en décembre 2008, dans des circonstances exceptionnelles.Au détour d\u2019une mise à jour économique ne proposant aucun plan de relance, Parti libéral, NPD et Bloc québécois s\u2019étaient ligués contre le gouvernement conservateur minoritaire pour tenter de le renverser.Le scénario prend du plomb dans l\u2019aile quand Stephen Harper martèle que Stéphane Dion ne mérite pas de devenir premier ministre, message livré au cours d\u2019une adresse à la nation télévisée.La réplique de M.Dion, qui devait immédiatement suivre celle de M.Harper, se fait attendre plus d\u2019une heure.La vidéo, floue, mal cadrée, aux teintes rouges et débutant sans aucune forme d\u2019introduction, finit de discréditer M.Dion et ses troupes comme étant prêtes à prendre le pouvoir.Stéphane Dion a été en tant que chef attaqué parce qu\u2019il possédait la double nationalité française, obtenue de sa mère née en France.Il s\u2019était engagé à y renoncer si, en devenant premier ministre, les électeurs estimaient que cela le plaçait en conflit de loyauté.Mais il avait répété qu\u2019il ne voyait pas où était le problème, étant donné que John Turner avait été premier ministre tout en possédant la nationalité britannique.Le Devoir Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Services professionnels de traduction et d\u2019interprétation.Conférence et interprétation judiciaire anglais/français français/anglais Traduction de documents (juridique, médical et médecine légale) Consulter notre site web traductionscarlyle.com carlyletranslations.com CARLYLE TRADUCTION DE DOCUMENTS GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Stéphane Dion, élu pour la première fois en 1996, a été réélu à sept reprises dans sa circonscription montréalaise de Saint-Laurent.Le ministre de la clarté référendaire tire sa révérence\u2026 à reculons Stéphane Dion tire un trait sur une carrière politique de 21 ans REMANIEMENT L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 7 A 2 Les autres nominations Ahmed Hussen L\u2019avocat torontois, qui est arrivé au Canada en tant que réfugié somalien, prendra la relève comme ministre de l\u2019Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté.Un des dossiers qui l\u2019attend est celui de la révocation de citoyenneté.À l\u2019heure actuelle, le ministre a le pouvoir discrétionnaire de révoquer une citoyenneté canadienne s\u2019il est convaincu qu\u2019elle a été obtenue par fraude ou après une fausse déclaration.Le citoyen n\u2019a pas de droit d\u2019appel.Environ 700 personnes par année font l\u2019objet d\u2019une révocation.Le sujet a fait grand bruit quand il a été su que la ministre Ma- ryam Monsef pourrait être visée par une telle démarche, elle qui n\u2019a appris que récemment qu\u2019elle était née en Iran et non en Afghanistan, comme sa mère le lui avait toujours dit.Karina Gould La jeune députée ontarienne de 29 ans hérite de l\u2019épineux dossier de la réforme électorale sur lequel Maryam Monsef s\u2019est cassé les dents.La ministre des Institutions démocratiques doit présenter ce printemps le nouveau mode de scrutin qu\u2019elle a en tête pour l\u2019élection de 2019.Sera-ce la réforme en profondeur (la proportionnelle) que réclame l\u2019opposition mais que refusait Mme Monsef ?Ou se contentera-t-elle d\u2019une réforme plus légère (le vote préférentiel) déjà décriée de toutes parts parce que favorisant les libéraux et les conservateurs ?Patty Hajdu La ministre ontarienne prend du galon en passant de la Condition féminine au ministère de l\u2019Emploi, du Développement de la main-d\u2019œuvre et du Travail, délaissé par l\u2019ancienne ministre provinciale manitobaine Ma- ryAnn Mihychuk.La lettre de mandat pour le titulaire de cette charge est longue et touffue, allant de l\u2019augmentation des emplois pour les jeunes et les autochtones à la lutte contre la pauvreté, en passant par la réduction du coût des études postsecondaires.Mme Hajdu devra notamment mettre en place le mécanisme, promis en campagne électorale, permettant aux travailleurs de demander à leur employeur des horaires souples pour concilier travail et famille.Maryam Monsef La ministre, qu\u2019on présentait comme l\u2019étoile montante du premier cabinet Trudeau, subit une pénible rétrogradation.Elle abandonne la Réforme électorale pour aller au discret ministère de la Condition féminine.Un des mandats de ce ministère est de concocter une stratégie fédérale de lutte contre la violence sexuelle.La ministre de la Condition féminine s\u2019implique aussi dans l\u2019enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.Hélène Buzzetti M.Dion a servi de façon extraordinaire son pays depuis bien des années.Il va continuer de servir son pays.Justin Trudeau, en conférence de presse après la cérémonie d\u2019assermentation des nouveaux ministres, mardi « » SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE JACQUES NADEAU LE DEVOIR Stéphane Dion avec Paul Martin lors du congrès à la chefferie du Parti libéral à Montréal en novembre 2006 A OTTAWA L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 7 A 3 U n remaniement ministériel avant la rentrée du congé des Fêtes, assez typique en politique canadienne.Stephen Harper l\u2019a fait à peine onze mois après son élection en mutant une jeune ministre de l\u2019Environnement, Rona Ambrose, enfermée, comme Maryam Mon- sef avec sa réforme électorale, dans un cul-de-sac créé par le gouvernement lui-même.La nomination à retenir, celle de Chrystia Freeland aux Affaires étrangères à la place de Stéphane Dion afin de mieux équiper le gouvernement Trudeau après le résultat de la présidentielle américaine.Outre les compétences acquises durant son parcours de journaliste et d\u2019auteure en Ukraine, à Moscou, Londres et New York, Mme Freeland a cette particularité d\u2019être une spécialiste de la Russie au moment où ce pays retient l\u2019attention, à Washington notamment.Elle l\u2019est aussi à un autre égard.La réponse sobre de Justin Trudeau à l\u2019élection de Donald Trump, son offre rapide de rouvrir l\u2019ALENA entre autres, lui ont attiré des critiques des deux côtés.Autant de ceux qui l\u2019auraient voulue plus ferme que ceux qui estimaient qu\u2019il s\u2019empressait trop et nuisait à sa position de négociation.Le gouvernement Trudeau a sagement choisi le travail de terrain avec l\u2019ambassadeur MacNaughton sur la ligne de front, les discussions directes entre des conseillers du premier ministre et des membres de l\u2019équipe de transition et le recours à des Canadiens branchés, dont l\u2019ex-premier ministre Brian Mulroney.Mme Freeland, par sa seule présence, fait partie du message plus subtil envoyé à la future administration Trump.Femme, issue de ces élites new-yorkaises décriées par le président désigné, négociatrice passionnée encore tout récemment de l\u2019entente commerciale (et bien plus vaste en fait) avec l\u2019Europe, polyglotte, au- teure d\u2019un livre remarqué à travers le monde en 2013 sur l\u2019émergence de ceux qu\u2019elle qualifie de ploutocrates, les « super-riches » qui détiennent le pouvoir politique.Les ingrédients d\u2019une affirmation discrète mais qui dure bien plus longtemps qu\u2019une ou deux remarques lapidaires dans un communiqué\u2026 ou qu\u2019une sortie passionnée aux Golden Globes ! Ajoutez à cela un court paragraphe glissé dans le message du Nouvel An de M.Trudeau : « En tant que premier ministre, je vais toujours m\u2019opposer à la politique de la peur ou de la division et me concentrer plutôt sur ce qui nous rassemble.Il s\u2019agit de la résolution du Nouvel An que je prends devant vous.» Trois lignes qui visent probablement autant Donald Trump que ses émules conservateurs au Canada.Cet ajustement à la nouvelle réalité à Washington permet aussi de joindre l\u2019utile au désagréable, gérer les irritants, et d\u2019en détourner l\u2019attention.Les exclusions du cabinet de MaryAnn Mihychuk et de Stéphane Dion en font partie.M.Trudeau va plus loin que messieurs Harper et Chrétien, qui créaient de nouveaux postes de ministres « juniors » plutôt que d\u2019exclure un ministre décevant.Il ne pouvait pas aller aussi loin avec Mme Monsef, une nouvelle venue plongée dans un dossier chaud, téléguidée par son propre bureau, et qui a joué au bon soldat comme elle le pouvait compte tenu de son manque d\u2019expérience, sinon de compétence.Quel message aurait envoyé son exclusion aux trois recrues qui se joignent justement au cabinet ?Au Commerce international, une de ces recrues, François-Philippe Champagne, occupe d\u2019ailleurs le plus important ministère chez les Québécois, une quasi-égalité avec Marc Garneau aux Transports, pas les ligues majeures au fédéral, il faut en convenir.Le remaniement rafraîchit et focalise l\u2019attention de l\u2019équipe Trudeau avant la retraite du cabinet de la fin janvier à Calgary.Une retraite qui arrive en pleine tournée «quasi électorale » annoncée au moment où on apprenait que M.Trudeau renonçait à se rendre au Forum économique mondial de Davos.Fraîchement élu, M.Trudeau y avait obtenu un franc succès l\u2019an dernier et on justifie son absence cette année en indiquant que des ministres importants y seront.On nous assure que la controverse persistante autour des rencontres restreintes à 1500 $ par personne et les cachotteries autour de ses vacances des Fêtes aux Bahamas chez l\u2019Aga Khan, ami de la famille dont les bonnes œuvres sont soutenues à hauteur de dizaines de millions de dollars par le gouvernement du Canada, ne sont pour rien dans la décision.On ne peut s\u2019empêcher de se demander si le premier ministre et ses conseillers n\u2019ont pas réagi un peu excessivement en annulant la visite à Davos.M.Trudeau y aurait certes savouré champagne et petits fours aux côtés du gratin de l\u2019entrepreneuriat mondial, nourrissant la trame sur les élites.Il y avait cependant fait en 2016 des rencontres qui ont été suivies d\u2019importants investissements au Canada.Presque seul en scène de son côté de l\u2019échiquier politique cette année, M.Trudeau était vu par plusieurs comme le porte-étendard, à ce moment précis, de l\u2019ouverture, de la diversité et de la libéralisation des échanges.Occasion ratée.S\u2019ils voulaient régler le problème d\u2019image qui découle de ces rencontres avec les happy few, les libéraux auraient dû commencer par assainir leurs pratiques de financement plutôt que de renoncer à Davos.Un ajustement nécessaire DENIS FERLAND L I S A - M A R I E G E R V A I S C hangement de ton aux Af faires étrangères : c\u2019est une spécialiste de la « ploutocratie » qui dialoguera désormais avec les gouvernements, y compris celui de Donald Trump.À l\u2019opposé du ton posé et discret de Stéphane Dion, Chr ystia Freeland n\u2019a pas particulièrement la langue dans sa poche.Persona non grata en Russie \u2014 elle a été bannie du territoire en 2014 par Vladimir Poutine lui-même \u2014, la nouvelle ministre est connue pour ses positions dénonçant les inégalités croissantes entre les mégariches et la classe moyenne.Née en Alberta en 1968, Chrystia Freeland a d\u2019abord mené une imposante carrière de journaliste qui l\u2019a fait rayonner en Europe.Forte d\u2019un diplôme en littérature et histoire r usses de Har vard et de la prestigieuse bourse Rhodes qui lui a permis d\u2019aller à l\u2019Université d\u2019Oxford en études slaves, elle fait ses premières armes comme journaliste en travaillant pour le Financial Times, le Washington Post et The Economist depuis l\u2019Ukraine où elle est basée.Cette polyglotte qui parle cinq langues, dont le russe et l\u2019italien, occupe ensuite divers postes importants au sein de la rédaction du Financial Times.Elle est directrice de l\u2019information à Londres, travaille au bureau de Moscou, sert comme correspondante en Europe de l\u2019Est et finit par assumer le poste de rédactrice en chef de l\u2019édition week-end et du site Internet de ce même journal.Après un bref passage de trois ans comme éditrice adjointe au Globe and Mail de 1999 à 2001, elle retourne au Financial Times, où elle endosse certaines des plus hautes fonctions.À l\u2019été 2013, elle vit aux États-Unis avec ses trois enfants et son mari, Graham Bowley, un auteur britannique et reporter au New York Times, et occupe un poste de direction au sein de Thomson Reuters lorsqu\u2019elle décide de faire le saut en politique.Bob Rae ayant quitté Toronto-Centre, elle gagne l\u2019investiture et porte les couleurs du Parti libéral lors de l\u2019élection complémentaire dans cette circonscription.D\u2019abord dans l\u2019opposition, elle devient finalement ministre du Commerce international lorsque Justin Trudeau prend le pouvoir en 2015, élue cette fois dans la circonscription de University-Rosedale.Sans être tombée dedans comme Obélix dans la potion magique, Chrystia Freeland a néanmoins toujours baigné dans la marmite de la politique.Son père était un agriculteur et avocat membre du Parti libéral, sa mère, avocate aussi, s\u2019est déjà présenté pour le Nouveau Parti démocratique dans une circonscription d\u2019Edmonton, et sa grande tante était l\u2019épouse du député fédéral conservateur Ged Baldwin, considéré comme le père \u2014 et le grand-père \u2014 de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.Des positions tranchées L\u2019écriture étant au cœur de sa vie, Chrys- tia Freeland a publié deux livres, l\u2019un en 2000 sur la seconde révolution russe et l\u2019autre en 2012 intitulé Ploutocrates : l\u2019essor des nouveaux super-riches planétaires, qui lui a valu un prix littéraire.Dans cet essai-choc devenu succès de librairie, elle plaide pour un capitalisme qui ne doit pas subir l\u2019emprise des mégariches, totalement « déconnectés », et démontre que les inégalités de revenus ne cessent d\u2019augmenter partout sur la planète.En 2013, elle donne une conférence TED Talk sur le sujet qui a été vue près d\u2019un million de fois.En 2014, voyant que le Canada de Stephen Harper a imposé des sanctions à la Russie qui poursuivait son avancée militaire en territoire ukrainien, Vladimir Poutine rétorque en bannissant de son territoire 13 Canadiens, dont des sénateurs et députés de divers partis.Sur la liste figure Chr ystia Freeland, qui, loin d\u2019être intimidée, déclare sur Twitter que malgré tout son amour pour la langue et la culture russes, « c\u2019est un honneur d\u2019être sur la liste de sanctions de Poutine».Le Devoir Chrystia Freeland, de journaliste internationale aux Affaires étrangères La ministre, qui a publié un essai sur les mégariches, n\u2019a pas la langue dans sa poche SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Mme Freeland, qui parle cinq langues, dont le russe et l\u2019italien, a occupé divers postes importants au sein de la rédaction du Financial Times.Les chantiers de la ministre \u2014 L\u2019Accord de libre-échange nord-américain, qui pourrait être renégocié, tel que le futur président américain, Donald Trump, a promis de le faire; \u2014 Le projet de l\u2019oléoduc Keystone XL, qui doit transporter du pétrole de l\u2019Alberta vers les États-Unis, et qui pourrait être approuvé par l\u2019administration Trump; \u2014 Les relations avec la Chine, qui se réchauffent depuis l\u2019arrivée au pouvoir de Justin Trudeau; \u2014 Les revendications territoriales de la Russie en Arctique; \u2014 Le dossier du bois-d\u2019œuvre canadien, sur lequel les États-Unis veulent imposer des droits compensatoires.Marie-Michèle Sioui D ans la foulée de sa victoire dans Saint- Maurice-Champlain en octobre 2015, François-Philippe Champagne ne cachait pas son espoir d\u2019intégrer sur-le-champ le Conseil des ministres en af firmant qu\u2019il connaissait « les gens de l \u2019équipe économique » de Justin Trudeau.S\u2019il n\u2019a pas su se tailler une place au sein du cabinet immédiatement comme il le souhaitait, il n\u2019aura pas eu à attendre longtemps pour que son rêve se concrétise.Quatorze mois après avoir vu ses collègues franchir les portes de Rideau Hall pour être assermentés à titre de ministres, François- Philippe Champagne voit maintenant son tour arriver.Celui qui jusqu\u2019à présent était secrétaire parlementaire du ministre des Finances Bill Morneau fera ses premières armes avec un portefeuille d\u2019importance.Il remplace Chrystia Freeland au Commerce international, alors que cette dernière hérite du prestigieux poste de ministre des Affaires étrangères.En coulisse, on indique que M.Champagne est un homme particulièrement ambitieux, qui évoque régulièrement son rêve de devenir un jour premier ministre.Il faut dire que le politicien de 46 ans a su se faire des amis dans les hautes sphères.En 2015, il avait l\u2019appui de nul autre que l\u2019ex-premier ministre Jean Chrétien, qui faisait parfois campagne à ses côtés.Il a remporté son siège sans difficulté, avec plus de 41 % des voix, loin devant son adversaire néodémocrate.Il avait auparavant occupé des postes importants dans des sociétés étrangères.Il a notamment été directeur du développement stratégique et des acquisitions de la firme de génie-conseil AMEC, à Londres.Il a également été vice-président de la société d\u2019ingénierie ABB en Suisse.Son nom a également été inscrit sur la liste des Young Global Leaders (jeunes chefs de file du monde) établie par le Forum économique mondial en 2009.La Presse canadienne François-Philippe Champagne, un ambitieux Néophyte de la politique, il n\u2019a pas tardé à entrer au Conseil des ministres SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Les chantiers du ministre \u2014 L\u2019implantation de l\u2019Accord économique et commercial global entre le Canada et l\u2019Union européenne ; \u2014 Les discussions sur un éventuel accord de libre-échange entre le Canada et la Chine.Marie-Michèle Sioui L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 O ttawa \u2014 Justin Trudeau s\u2019est dit impatient, mardi, de répondre aux éventuelles questions de la commissaire à l\u2019éthique sur ses vacances de Noël, passées sur une île des Caraïbes appartenant au riche prince Aga Khan.Le premier ministre et sa famille ont passé les vacances des Fêtes dans une retraite privée du richissime chef spirituel sur l\u2019île de Bells Cay, aux Bahamas.Andrew Scheer, candidat à la direction du Parti conservateur, a demandé à la commissaire aux conflits d\u2019intérêts et à l \u2019éthique, Mar y Dawson, de se pencher là-dessus.Le député veut savoir si Mme Dawson juge approprié pour un premier ministre d\u2019accepter ainsi l\u2019hospitalité d\u2019un homme dont la fondation reçoit des contributions du gouvernement.La Fondation Aga Khan a reçu des dizaines de millions de dollars du gouvernement canadien pour divers projets de développement international dans le monde.En conférence de presse à Ottawa mardi, à l\u2019issue du remaniement ministériel, M.Trudeau a été interrogé pour la première fois sur cette affaire qui a fait sur face la semaine dernière dans les médias.Le premier ministre a qualifié ce séjour aux Bahamas de « vacances familiales » avec « un vieil ami de la famille », et s\u2019est dit impatient d\u2019en discuter avec la commissaire Dawson.«L\u2019Aga Khan est un vieil ami de la famille.Il a été porteur aux funérailles de mon père, il me connaît depuis que je suis tout petit, et il s\u2019agissait de nos vacances en famille, a-t-il expliqué aux journalistes.Pour ce qui concerne la commissaire aux conflits d\u2019intérêts, la commissaire à l\u2019éthique, je suis impatient de répondre à toutes les questions qu\u2019elle pourrait me poser.» Le cabinet du premier ministre a déjà précisé que M.Trudeau et sa famille avaient pris un avion du gouvernement pour se rendre à Nassau, mais qu\u2019ils rembourseraient les coûts des vols aller-retour.Pour des motifs de sécurité, le premier ministre du Canada doit nécessairement prendre l\u2019appareil du gouvernement pour tous ses déplacements en avion, qu\u2019ils soient officiels ou privés.Le prince Karim Aga Khan IV est le chef spirituel héréditaire de quelque 15 millions de musulmans ismaéliens, et un philanthrope reconnu à travers le monde.En 2009, le premier ministre conser vateur Stephen Harper l\u2019avait fait citoyen d\u2019honneur du Canada.La Presse canadienne L\u2019Aga Khan est « un ami de la famille », plaide Justin Trudeau «Il a été porteur aux funérailles de mon père», a expliqué le premier ministre ISTOCK «La conception de leur rôle de parents par les pères québécois a vraiment évolué» depuis 2006, af firme Sophie Beauchemin.R O B E R T D U T R I S A C Correspondant parlementaire à Québec L\u2019 explosion du nombre de pères qui prennent un congé parental est une des conséquences du Régime québécois d\u2019assurance parentale (RQAP) entré en vigueur en 2006.Ainsi, ce sont maintenant 80 % des pères québécois qui profitent du régime, alors qu\u2019ils n\u2019étaient que 28 % avant son introduction.Dans le reste du Canada, où c\u2019est l\u2019ancien programme lié à l\u2019assurance- emploi qui a cours, ils ne sont que 12 %.« Le RQAP a fait changer la norme sociale », a af firmé au Devoir Sophie Beauchemin, la por te-parole du Conseil de gestion de l\u2019assurance parentale, qui vient de publier un bilan des dix ans d\u2019existence du régime québécois.Ce bilan s\u2019appuie sur les études d\u2019une quinzaine d\u2019auteurs qui ont notamment comparé la situation québécoise avec celles du reste du Canada, des États- Unis et des autres pays de l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).Le RQAP est accessible à davantage de parents que le programme de congés parentaux de l\u2019assurance-emploi qu\u2019il a remplacé ; il est aussi plus généreux.Ainsi, le RQAP prévoit le remplacement de 70 % d\u2019un revenu maximal assurable de 71 500 $.Dans le reste du Canada, les parents ont droit à des prestations s\u2019élevant à 55 % d\u2019un maximum assurable de 50 800 $.Dans les deux cas, la durée des prestations s\u2019étend jusqu\u2019à 50 semaines pour la mère et, pour un cer tain nombre de semaines, le père peut être celui qui prend le congé parental.Or, le RQAP prévoit en plus un congé de cinq semaines ré- ser vé exclusivement aux pères, congé qui ne vient donc pas réduire la durée du congé de la mère.En plus des cinq semaines, le tiers des pères québécois prennent une partie des semaines de congés offertes à l\u2019un ou l\u2019autre des parents.«Les pères sont plus présents, a souligné Sophie Beauchemin.La conception de leur rôle de parents par les pères québécois a vraiment évolué.Elle est dif fé- rente de ce qu\u2019on retrouve à Chicago ou à Toronto.» Le bilan du Conseil contient une étude de la chercheuse américaine Erin M.Rehel, qui a interviewé 50 hommes et 35 de leurs conjointes, des hommes qui travaillaient tous pour la même firme multinationale de comptables, De- loitte, à Montréal, à Toronto et à Chicago.Les pères de Chicago, qui n\u2019avaient droit qu\u2019à des congés non rémunérés, en prenaient généralement peu, ce qui se traduisait par un manque d\u2019aptitudes et de connaissances pour prendre soin du poupon de façon autonome.D\u2019aidant à coparent En prenant un congé parental d\u2019une durée significative, comme au Québec, « les pères peuvent ainsi passer du rôle d\u2019aidant à celui de coparent», écrit l\u2019universitaire.« La prise d\u2019un long congé remet en question le caractère supposément naturel des capacités parentales supérieures des femmes en accordant aux hommes le temps d\u2019éprouver un sentiment analogue [\u2026].» Comme le programme canadien de congés parentaux est régi par les règles de l\u2019assu- rance-emploi, il en restreint l\u2019accès aux mères qui ont travaillé un minimum d\u2019heures l\u2019année précédant la naissance de l\u2019enfant.Ainsi, 64 % des femmes qui accouchent dans le reste du Canada ont accès aux congés tandis que cette proportion est de 89% au Québec.« On n\u2019échappe pas grand monde», a souligné la porte-parole du Conseil.Selon une étude des chercheuses ontariennes Lindsey McKay et Andrea Doucet, de l\u2019Université Brock, et Sophie Mathieu, de l\u2019Université de Montréal, les familles moins bien nanties s\u2019en tirent beaucoup mieux au Québec.Ainsi, la proportion des nouveaux parents qui disposaient d\u2019un revenu familial de moins de 30 000 $ et qui ont touché des prestations parentales était, en 2013, de 43,6 % dans le reste du Canada et de 85,4 % au Québec.« On ne s\u2019attendait pas à un écart aussi important», a signalé Sophie Beauchemin.Le Devoir Les pères québécois profitent pleinement du congé parental L I A L É V E S Q U E Pour convaincre davantage de gens de cesser de fumer, la Semaine pour un Québec sans tabac misera cette année sur le fait qu\u2019un Québécois sur deux connaît au moins une personne qui a été atteinte d\u2019une maladie grave à cause du tabac.En fait, ce sont 46% des Québécois qui connaissent ainsi au moins une personne qui souffre présentement ou a déjà souffert d\u2019une maladie grave à cause du tabac, selon un sondage Léger dont les résultats ont été dévoilés mardi au cours d\u2019une conférence de presse.Le Conseil québécois sur le tabac et la santé a souligné, à l\u2019occasion du lancement de la Semaine pour un Québec sans tabac, qu\u2019encore aujourd\u2019hui, 1,4 million de Québécois fument.Le tabac tue un fumeur sur deux et cause une hospitalisation sur trois au Québec, a souligné Mario Bujold, directeur général du Conseil.« Sur les 60 000 décès qu\u2019on a connus en 2015 au Québec, 10 400 sont attribuables au tabagisme», a-t-il souligné.Progrès notable Le directeur national de santé publique, le docteur Horacio Arruda, affirme que des progrès ont été réalisés grâce aux différentes mesures et réglementations qui ont été adoptées au fil des ans : des restrictions sur les emballages, sur les endroits où il est permis de fumer, par exemple.«On est maintenant avec une norme sociale dif férente », a noté le docteur Arruda.Et il a rappelé que plusieurs programmes et outils existent pour ceux qui veulent cesser de fumer.«Les fumeurs, on n\u2019est pas là pour les écœurer, on est là pour les aider », a-t-il dit.Et à l\u2019heure où plusieurs cherchent une pilule pour allonger l\u2019espérance de vie, il rappelle que le tabagisme est « la première cause de décès qui est évitable».Le Conseil québécois sur le tabac et la santé a aussi diffusé ses nouvelles publicités, où l\u2019on voit une épée de Damo- clès pendre au-dessus de la tête d\u2019un père, d\u2019une mère.Et l\u2019épée est suspendue par une corde, qu\u2019une cigarette brûle tranquillement.La porte-parole de la Semaine pour un Québec sans tabac, cette année, est la présentatrice météo Colette Provencher, elle- même ancienne fumeuse, dont le père est décédé à la suite d\u2019un cancer du poumon et qui souffrait d\u2019emphysème.La Semaine pour un Québec sans tabac commencera dimanche prochain.La Presse canadienne Le tabac tue un fumeur sur deux au Québec 5 semaines: la durée du congé réservé exclusivement aux pères prévu par le Régime québécois d\u2019assurance parentale SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Justin Trudeau dans son bureau à Ottawa avec l\u2019Aga Khan, en mai 2016 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 VOULEZ-VOUS VRAIMENT SAVOIR CE QUE PENSENT VOS CLIENTS ?SI ÇA VOUS FAIT PEUR, NE LISEZ PAS CECI.D 1 3 6 7 9 © 2 0 1 6 V A S C O D E S I G N Sarah Weill 514-982-2464 #178 sweill@leger360.com www.leger360.com LÉGER METRICS EST UNE SOLUTION VOC (VOICE OF THE CUSTOMER) AVEC TABLEAU DE BORD INTERACTIF, QUI VOUS PERMET DE MESURER LES PERCEPTIONS ET COMPORTEMENTS DE VOS CLIENTS EN CONTINU ET EN TEMPS RÉEL.La révolution technologique À partir de 9 500$ I S A B E L L E P O R T E R à Québec L e problème d\u2019accès à l\u2019hémodialyse en région éloignée perdure au Québec.À Gaspé, une dame menace de se laisser mourir plutôt que de faire 27 heures de route par semaine pour subir ses traitements à l\u2019hôpital de Rimouski.«Ça ne se fait pas à mon âge, lance Yvette Lamarre, 85 ans, qui souffre d\u2019insuffisance rénale.On a le droit d\u2019avoir les services comme ailleurs.» Les personnes qui suivent des traitements en hémodialyse doivent se rendre à l\u2019hôpital trois fois par semaine pour des séances de plusieurs heures.Rimouski et Gaspé sont séparés par quatre heures et demie de route.Jusqu\u2019à tout récemment, Mme Lamarre soignait sa maladie de chez elle avec un traitement au cathéter (dialyse péritonéale).Or, cette méthode perd de l\u2019efficacité avec les années et à la fin de l\u2019été, son médecin lui a dit que le temps était venu de passer à l\u2019hémodialyse.Le plus tôt possible.Mme Lamarre a écrit au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pour lui demander d\u2019offrir le service près de chez elle, à l\u2019hôpital de Gaspé.Pas question pour elle de déménager à Rimouski pour se rapprocher de l\u2019hôpital.«À mon âge, avec toute ma famille ici.Mes enfants, mes petits-enfants\u2026 Non.Je ne déménagerai pas.Je vais me laisser mourir plutôt.» Mme Lamarre n\u2019est pas la première à menacer de se laisser mourir ainsi.L\u2019an dernier, un autre Gaspésien avait fait de même, et une dame de la Côte- Nord est décédée l\u2019an dernier après avoir milité pour l\u2019ajout d\u2019un centre à Baie-Comeau.À la fin décembre, le député péquiste de Gaspé, Gaétan Le- lièvre, a fait savoir qu\u2019il avait recueilli 11 000 signatures pour sa pétition réclamant l\u2019ajout de services.« Le ministère contredit ses propres normes en la matière», dit-il.En effet, les orientations recommandent qu\u2019on « maintienne un temps de déplacement maximal de trois heures aller-retour, du domicile vers le lieu de traitement, pour accéder aux services ».Invité à réagir, le cabinet du ministre a répondu qu\u2019il allait interpeller le milieu.« Nous sommes en lien aujourd\u2019hui avec le CISSS et nous allons revoir avec eux dans les prochaines heures les différentes situations afin de valider les informations et, si nécessaire, ap- por ter des correctifs », a répondu son attachée de presse Julie White.Par ailleurs, même le député Lelièvre convient que le problème n\u2019a rien à voir avec la réforme menée par le ministre.Mais avec le vieillissement de la population, les cas sont de plus en plus nombreux et touchent aussi d\u2019autres régions, comme la Côte-Nord et l\u2019Abitibi.Iniquités entre régions Le nombre de personnes traitées à l\u2019hémodialyse a augmenté de 44 % entre 2005 et 2014 (de 3584 à 4587 patients).Sur l\u2019ensemble du territoire du Bas-Saint-Laurent et de la Gas- pésie, 55 personnes suivent actuellement le traitement.Or, de l\u2019aveu même du ministère, il y a des « iniquités entre les régions et à l\u2019intérieur même des régions», peut-on lire dans les Orientations ministérielles pour les personnes atteintes de maladies rénales (2015).Dans certains cas, le traitement entraîne des coûts exorbitants pour les malades.C\u2019est le cas de Renia Poirier, 78 ans, une résidente de Sainte-Anne- des-Monts qui a déjà dû payer jusqu\u2019à 20 000 $ par an pour suivre les traitements à l\u2019hôpital de Rimouski.Le Centre d\u2019action bénévole, qui lui of fre le ser vice de transport, facture 40 sous le kilomètre pour dédommager ses bénévoles, en plus du stationnement à l\u2019hôpital et du repas de la personne qui doit attendre Mme Poirier pendant son traitement.Sympathique à la cause de la dame, le Centre et le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) ont réussi à financer une par tie de la somme l\u2019an dernier, mais la patiente paie encore près de 400 $ par semaine pour son transport.Des solutions en 2017?Au CISSS de la Gaspésie, on se dit très sensible au problème.« On a créé un comité de travail avec le Bas-Saint- Laurent pour voir si on peut l\u2019of frir, même si c\u2019est pour un très faible volume de gens», explique la directrice adjointe des programmes au CISSS, Jo- hanne Méthot.Quant à savoir quand les travaux doivent aboutir, ce serait une af faire de mois.« On est là-dessus, dit-elle.Dans l\u2019année, on pense qu\u2019il va y avoir des avancées à cet égard-là.» Paradoxalement, le gouvernement vient d\u2019ajouter des services en Gaspésie avec l\u2019ajout d\u2019un centre satellite à Chandler en 2013, à une heure quinze de là.Or, les 12 places à Chandler sont déjà toutes occupées.Pour Mme Lamarre, par contre, ça ne change rien.Elle dit qu\u2019elle n\u2019irait pas davantage.«Non.Je ne ferais pas le trajet et je n\u2019imposerais pas ça à mon mari non plus.De toute façon, il n\u2019y en a plus, de places.» Un service à Gaspé serait-il possible?Il semble que rien ne soit exclu.«En ce moment, on met tout sur table, dit la porte- parole du CISSS, Geneviève Cloutier.Certaines régions ont des unités mobiles qui se promènent sur tout le territoire, ou des bâtiments où on aménage une chambre pour ça.» Il faut aussi tenir compte du manque de médecins spécialistes dans le coin, a signalé Mm e Méthot.Sur les cinq postes de néphrologues autorisés dans l\u2019Est, seulement deux sont pourvus, dit-elle.Pour Mme Méthot, la solution va passer de plus en plus par l\u2019hémodialyse à domicile, qui permet aux patients de subir le traitement chez eux sans assistance.En Gaspésie, un seul patient y a droit, M.Cyril Gibeault.Ce dernier avait d\u2019ailleurs livré une grande bataille l\u2019an dernier pour avoir accès au service.Son fils, qui souf frait de la même maladie que lui, avait fait une «grève de la dialyse » pour dénoncer la situation.Or ce ser vice ne convient pas à tout le monde et requiert que la personne suive une formation intensive de neuf semaines à Québec.Mm e La- marre dit qu\u2019elle est trop âgée pour aller suivre la formation loin de chez elle, mais qu\u2019elle pourrait s\u2019en sortir sur place avec un peu d\u2019aide.« S\u2019ils envoient une infirmière, ça serait bien.J\u2019ai de la place pour une machine ici, mais ça prendrait quelqu\u2019un qui connaît ça qui viendrait ici pour faire fonctionner la machine.» Pendant ce temps, Mme Poirier continue de faire le trajet entre Sainte-Anne-des-Monts et Rimouski.Elle a fait le voyage lundi, le reprend ce mercredi et sera encore sur la route vendredi.«C\u2019est dur, dit-elle.Tous les jours, je me dis qu\u2019il y en a des pires que moi pour essayer de m\u2019encourager un peu.» Le Devoir Une nouvelle grève de la dialyse en Gaspésie Yvette Lamarre, 85 ans, refuse de faire 27 heures de route par semaine pour recevoir son traitement à Rimouski ISTOCK En Gaspésie, un seul patient a droit à l\u2019hémodialyse à domicile.J E A N N E C O R R I V E A U S ix ans après la publication du rapport du coroner Luc Malouin sur le décès de quatre piétons happés par des camions de déneigement, l\u2019opposition à l\u2019Hôtel de Ville de Montréal croit qu\u2019il faut exiger l\u2019installation de dispositifs permettant de réduire les angles morts.Mais les associations de camionnage ne sont pas convaincues de l\u2019efficacité de telles mesures.En 2008 et 2009, quatre Montréalais avaient péri lors d\u2019opérations de déneigement.Le coroner Luc Malouin avait qualifié leurs morts d\u2019accidentelles, mais, selon lui, elles étaient évitables.Les quatre piétons se trouvaient dans l\u2019angle mort des véhicules et les conducteurs ne les avaient pas vus avant de les heurter.Le coroner avait alors suggéré que la Ville de Montréal et la Société de l\u2019assurance automobile du Québec (SAAQ) envisagent l\u2019installation de miroirs convexes sur les véhicules, de même que des caméras et des systèmes de détection de mouvements.Si la Ville a depuis équipé tous ses camions de jupettes de protection, elle n\u2019a pas exigé des dé- neigeurs de sécuriser leurs véhicules.La Ville doit être plus exigeante, croit Projet Montréal.Lors de la prochaine assemblée du conseil municipal, le 23 janvier prochain, la chef de l\u2019opposition, Valérie Plante, déposera une motion demandant à l\u2019administration d\u2019inclure dans tous les contrats de déneigement l\u2019obligation pour les entrepreneurs d\u2019installer des dispositifs de sécurité, tels que des miroirs convexes, des caméras et des protections latérales.Des tests en cours Les solutions miracles n\u2019existent pas, rétorquent les entreprises de camionnage.« Il n\u2019y a rien d\u2019infaillible.Si vous ajoutez un miroir convexe, ça va aider à certains égards.Un miroir de Fresnel sur les fenêtres, ça peut être bien aussi.Mais les caméras, ça peut devenir une distraction pour les chauf feurs.Trop, c\u2019est comme pas assez», explique Yvan Grenier, directeur général de l\u2019Association des propriétaires de machinerie lourde du Québec.La poudrerie engendrée par les opérations de déneigement peut aussi réduire grandement l\u2019utilité de caméras, signale-t-il.L\u2019Association nationale des camionneurs artisans exprime les mêmes réserves.Les miroirs convexes sont de plus en plus répandus même s\u2019ils ne sont pas exigés, mais les barres de protection et les autres dispositifs n\u2019ont pas fait leurs preuves, estime son président, Guy Laplante.De concert avec la SAAQ et la Ville de Montréal, le MTQ a entrepris d\u2019étudier l\u2019installation de miroirs semblables à ceux dont sont dotés les autobus scolaires.« Les résultats sont attendus pour la fin de l\u2019été 2017 », a indiqué Martin Girard, por te-parole du MTQ.Des tests sont également menés sur des protections latérales et des por tes vitrées pleine longueur, a-t-il dit.Ouverture d\u2019Ottawa L\u2019administration Coderre estime avoir été proactive dans ce dossier en dotant tous les véhicules de la Ville de protections latérales.«La totalité des camions ont été équipés de ces dispositifs de sécurité, plus d\u2019un an avant la fin de l\u2019échéance», a fait valoir Marc-André Gosselin, attaché de presse du maire Denis Coderre.Selon lui, l\u2019opposition ferait mieux d\u2019appuyer les ef for ts de la Ville pour convaincre Ottawa et Québec d\u2019implanter des normes pour les véhicules lourds, toutes catégories confondues.Rappelons qu\u2019en novembre dernier, le ministre fédéral des Transpor ts, Marc Garneau, s\u2019était montré ouvert à l\u2019idée d\u2019imposer des protections latérales sur les camions après plusieurs accidents ayant impliqué des cyclistes.Le Devoir MONTRÉAL Des déneigeuses plus sécuritaires réclamées La rumeur voulait que ce soit l\u2019arrivée de Donald Trump qui incite le premier ministre Justin Trudeau à remanier son cabinet.Ce fut un facteur important, mais pas le seul de ce ménage devenu nécessaire pour remettre la machine sur les rails.Si l\u2019exercice touche peu de ministres, il est tout de même révélateur de l\u2019approche et du tempérament de Justin Trudeau.peu près tous les détails du remaniement effectué mardi étaient déjà connus avant la cérémonie d\u2019assermentation : départ de trois ministres, dont Stéphane Dion, rétrogradation d\u2019une quatrième et arrivée de trois recrues.M.Trudeau a procédé avec fermeté, envoyant un message clair à ses ministres.Ceux qui ne sont pas à la hauteur de ses attentes n\u2019auront pas la vie longue, peu importe leur statut.Le départ de l\u2019ancien chef Stéphane Dion, qu\u2019on devinait blessé à la lecture de sa déclaration transmise aux médias, en témoigne, tout comme le renvoi de MaryAnn Mihychuk, une ancienne ministre manitobaine qui occupait le poste de ministre de l\u2019Emploi, du Développement de la main-d\u2019œuvre et du Travail.(John McCallum, à l\u2019Immigration, quitte aussi ses fonctions à cause d\u2019une offre qu\u2019il ne pouvait refuser.) Le remplacement de M.Dion, qui a connu des dif?cultés dans certains dossiers délicats, dont celui de la vente de véhicules blindés à l\u2019Arabie saoudite, était devenu nécessaire aux yeux de l\u2019équipe Trudeau à la veille de l\u2019arrivée en fonction du président américain Donald Trump.Le programme économique franchement protectionniste de ce dernier, sa remise en question de l\u2019ALENA et ses menaces répétées aux constructeurs automobiles américains vont, au cours de la prochaine année, exiger du Canada un doigté peu commun pour protéger ses intérêts.Le choix de Chrystia Freeland au poste de ministre des Affaires étrangères est prometteur.Ministre sortante du Commerce international, un poste où elle excellait, elle conserve la responsabilité des relations commerciales avec les États-Unis.Ce mandat très particulier fait craindre toutefois qu\u2019elle soit avant tout la ministre des relations canado-américaines.On convient que ce sera la priorité en 2017, mais les intérêts du Canada dépassent largement cet horizon.La promotion de Mme Freeland s\u2019inscrit dans une stratégie méthodique et prudente adoptée depuis des mois par le gouvernement Trudeau à l\u2019égard d\u2019un futur gouvernement américain, quel qu\u2019il soit.M.Trudeau a ainsi toujours refusé de commenter les déclarations et les gestes de M.Trump durant la campagne à la présidence, ménageant ainsi la susceptibilité du bouillant candidat.Son objectif, a-t-il toujours dit, était de protéger les intérêts du Canada en ouvrant la voie à une relation productive avec Washington.Dans cet esprit, des membres de sa garde rapprochée ont, avec l\u2019ambassadeur canadien à Washington, David MacNaughton, et la ministre Freeland, rencontré à plusieurs reprises les plus proches conseillers de M.Trump.M.Trudeau a aussi fait appel à l\u2019ancien premier ministre Brian Mulroney et à l\u2019ancien ambassadeur Derek Burney.Tous ces gestes, comme le choix de Mme Freeland, n\u2019ont rien d\u2019improvisé.Il y a trop en jeu pour le Canada pour qu\u2019il en soit autrement, et ce professionnalisme a quelque chose de rassurant.?Mais pour le reste, ce remaniement n\u2019a rien à voir avec la situation aux États-Unis.L\u2019essentiel du jeu de chaises musicales a surtout eu pour but de combler des vides et de corriger des faiblesses sur le front intérieur.On se demande toutefois si cela sera suf?sant, en particulier pour sauver la réforme du mode de scrutin à laquelle M.Trudeau dit toujours tenir.Maryam Monsef a dû céder son poste de ministre des Institutions démocratiques après une performance pitoyable cet automne.Son manque d\u2019expérience politique et parlementaire était trop grand pour gérer un dossier aussi délicat, mais en voulant faire d\u2019elle un symbole en la nommant à ce poste, M.Trudeau lui a nui.Pour cette raison et pour ne pas céder devant ceux voulant exclure Mme Monsef du cabinet à la suite des révélations sur son lieu de naissance nébuleux, le premier ministre l\u2019a simplement mutée à la Condition féminine et a con?é la réforme démocratique à une autre députée élue pour la première fois en 2015, Karina Gould.On doit donner la chance au coureur, mais le projet de loi promis doit être présenté au printemps, ce qui lui laisse bien peu de temps pour se familiariser avec ce dossier complexe.M.Trudeau veut-il la sacri?er elle aussi ?L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Former de bons citoyens Au-delà de la lecture, de l\u2019écriture et de l\u2019arithmétique, un des objectifs principaux de l\u2019éducation est de former de bons citoyens.C\u2019est vers cette optique que le ministère de l\u2019Éducation devrait se pencher alors qu\u2019il s\u2019apprête à modifier le curriculum.Nous devrions encourager les élèves à développer une prise de conscience et une compréhension de leur responsabilité civique et de leur rôle dans le soutien et le renforcement de leur communauté.Le ministère de l\u2019Instruction publique devrait peut-être envisager d\u2019ajouter au curriculum un cours sur l\u2019engagement communautaire afin de renforcer l\u2019importance du bénévolat.Récemment, Statistique Canada a révélé que les Québécois avaient encore une fois le taux de bénévolat le plus faible comparé aux autres provinces.En 2013, le Québec était la seule province affichant un nombre moyen d\u2019heures de bénévolat plus faible que la moyenne nationale de 44 %.On ne sait pas vraiment quelle est la raison de ce phénomène.Toutefois, examinons quels sont les avantages du bénévolat.Le bénévolat permet aux élèves de s\u2019impliquer dans de nouvelles activités et d\u2019acquérir des capacités techniques, sociales et des connaissances qui ne peuvent s\u2019apprendre en classe.Que le bénévolat consiste à aider à la bibliothèque de quartier ou à faire du tutorat auprès d\u2019enfants défavorisés, les élèves vivront une expérience riche dans des situations et des milieux différents.Le L I B R E O P I N I O N P A U L G E R M A I N Chef du Renouveau prévostois, Prévost L e 6 décembre dernier à l\u2019Assemblée nationale, notre premier ministre, Philippe Couillard, a annoncé le dépôt du projet de loi 122, « visant principalement à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce titre leur autonomie et leurs pouvoirs ».Certaines mesures de la future législation paraissent douteuses, sinon dangereuses, dans le contexte actuel de corruption et de collusion dans le milieu municipal.Mais avant de critiquer le projet de loi, il faut être clair : la décentralisation des pouvoirs au profit des gouvernements locaux pourrait être bénéfique, pour vu qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un gain démocratique pour les citoyens et que des mesures de contrôle pour une saine gestion soient mises en place.Ce sont justement ces deux derniers aspects qui manquent à ce projet de loi.Avec les nouvelles règles, une municipalité pourra délimiter dans son plan d\u2019urbanisme une partie de son territoire en « zone de requalifica- tion », à l\u2019intérieur de laquelle aucune modification réglementaire ne sera sujette à l\u2019approbation référendaire.Par exemple, à Piedmont, sur le site des glissades d\u2019eau, ou à Prévost, sur le terrain de l\u2019ancien golf, l\u2019administration concernée pourrait changer le zonage sans être astreinte au processus référendaire.C\u2019est donc dire que les citoyens n\u2019auront aucun moyen de s\u2019opposer à un projet mis de l\u2019avant par un promoteur appuyé par la Ville.Fini les soumissions faites par invitation pour les contrats en bas de 100 000 $.La loi actuelle prévoit qu\u2019une administration municipale ne peut donner un contrat qu\u2019après avoir demandé des soumissions faites par voie d\u2019invitation auprès d\u2019au moins deux fournisseurs, si ledit contrat compor te une dépense d\u2019au moins 25 000 $ et de moins de 100 000 $.Certaines localités modèles comme Bois-des-Fil- lion exigent trois soumissions.Le nouveau projet de loi abolit cette mesure.Seuls les contrats au-dessus de 100 000$ seront assujettis à un processus d\u2019appel d\u2019offres.Pour des villes comme Montréal, Laval et Québec, un montant de 100 000 $ c\u2019est peu, mais pour des municipalités comme Sainte-Anne-des- Lacs, Piedmont et Prévost, cela est considérable.D\u2019autant plus que contrairement aux communautés de 100 000 habitants et plus, aucune de nos petites administrations ne possède de vérificateur général et encore moins d\u2019inspecteur général comme la Ville de Montréal.En plus, les villes, avec le projet de loi, auront moins de reddition de compte et d\u2019indicateurs de gestion à fournir au gouvernement du Québec.Après l\u2019adoption de ces nouvelles mesures, seuls des états financiers vérifiés devront être produits une fois par année.Nous avons vu la valeur de ces documents à Prévost en 2013, où les états financiers de 2012 comportaient une grave erreur, soit un manque de 750 000$ au flux de trésorerie.Roitelets Rien dans le projet de loi ne protège les citoyens d\u2019une mauvaise gestion.Rien dans la future législation ne vient corriger la loi sur l\u2019accès à l\u2019information qui permet aux administrations municipales de rendre leur gestion opaque à la saine curiosité de ses citoyens.Rien.Avec le projet de loi 122, les vilains merles municipaux deviendront des roitelets distribuant les faveurs et avantages sans avoir à se soucier de rien ni de personne.Vous trouvez cela exagéré.Pourtant, l\u2019adage dit bien que le passé est garant de l\u2019avenir.Souvenez-vous des scandales à Laval, Mascouche, Montréal, Terrebonne, Blain- ville, Boisbriand, Sainte-Ju- lienne, etc.Ce projet de loi laisse plus de place, met moins de contraintes aux filous pour détourner nos avoirs collectifs vers leurs poches.Où sont les outils qu\u2019une loi inspirée de la commission d\u2019enquête sur l\u2019industrie de la construction devait nous fournir?Ou s\u2019agit-il de la légalisation pure et simple de la corruption et de la collusion?Notons également l\u2019abolition des plafonds de rémunération des élus dans le projet de loi et la suppression de l\u2019obligation pour les villes de publier leurs avis publics dans des journaux.Cela fragilisera encore plus la qualité et la quantité de l\u2019information à l\u2019extérieur des grands centres.Cela finira par rendre nos administrations locales invisibles au regard des citoyens plutôt que transparentes.À Québec, personne n\u2019a appris ou n\u2019a compris quoi que ce soit des problèmes de corruption passés dans le monde municipal.À moins que le gouvernement du Québec ait tout simplement abdiqué ses responsabilités plutôt que tenter de mettre de l\u2019ordre dans nos villes.Comme citoyen, nous sommes seuls pour lutter contre la corruption.Si nous voulons payer notre juste part dans les dépenses publiques, c\u2019est à nous de prendre nos villes en main en nous impliquant dans le processus démocratique.Personne d\u2019autre ne le fera pour nous.PROJET DE LOI 122 Comme si la commission Charbonneau n\u2019avait jamais existé FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET fait d\u2019aider d\u2019autres personnes donne aux élèves l\u2019occasion de rencontrer une grande diversité de gens provenant de diverses couches de la société.Peu importe l\u2019âge, il est essentiel de nouer des relations avec les gens.Ce cours servirait d\u2019introduction au réseautage.Le bénévolat est une porte d\u2019accès au marché du travail, car il crée de nouvelles options professionnelles et reflète de nombreux traits de personnalité positifs que les employeurs éventuels recherchent.D\u2019ailleurs, des recherches révèlent que les élèves qui font du bénévolat réussissent mieux dans leurs études.Ce bénéfice serait utile au Québec, car malheureusement cette province af fiche le taux de décrochage le plus élevé au Canada.Finalement, des statistiques révèlent également que les adolescents qui font du bénévolat ont davantage tendance à en faire à l\u2019âge adulte, ce qui est une bonne chose pour tous les Québécois.Chris Eustace, enseignant retraité Montréal, le 9 janvier 2017 À REMANIEMENT Ménage hivernal MANON CORNELLIER Le toit du monde s\u2019écroule Entendu à la radio, cette semaine, l\u2019humoriste Adib Alkhalidey disait, sur la question de l\u2019immigration et du racisme, que : « Si le toit de notre société coule, il faut le réparer.» Cette juste formule pourrait s\u2019appliquer aussi au monde entier, dont non seulement le toit coule, mais les murs et la fondation même sont sur le point de s\u2019écrouler.Que se passe-t-il donc dans cette galère en pagaille qu\u2019on appelle la Terre, et qui est devenue, pour des millions d\u2019individus, synonyme de terreur ?Un observateur révélait récemment, dans ces pages, que l\u2019année 2015 avait connu un vent de migration sans précédent, avec 244 millions de personnes déplacées, dû aux dif férents conflits meurtriers qui frappent cruellement le monde actuellement.En nous concentrant sur cette réalité d\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est-à-dire de misère profonde, d\u2019abus de toutes sortes et de violation des droits de la personne, que vivent des millions d\u2019êtres humains au quotidien, nous pouvons nous questionner sérieusement sur la réelle position du Canada quant à cette tragédie humanitaire.Qu\u2019il soit devenu le deuxième exportateur d\u2019armes au Moyen-Orient n\u2019est guère bien reluisant comme premier constat.Sous Stephen Harper, le Canada avait subi un rude coup sur le plan de l\u2019image de sa politique de neutralité légendaire, qui commandait le respect du pays et de ses concitoyens en général.Qu\u2019en est-il réellement des actions du gouvernement Tr udeau en cette matière ?Avec un contrat de vente d\u2019armes de 15 milliards de dollars à l\u2019Arabie saoudite, la lumière semble bien loin au bout du tunnel.Oui, le toit du monde continue de couler à flots.Il faut le réparer.Alain Petel Le 9 janvier 2017 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information), Antoine Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Julie Carpentier (pupitre); information culturelle : Catherine Lalonde (reporter culturel), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline Montpetit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineau(pupitre); information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); Loïc Hamon (cahiers spéciaux); équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Cynthia Floccari (adjointe), Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Osvaldo Casas (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Sébastien Beaupré, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Ginette Rouleau et Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici et Véronique Pagé.Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 6500 caractères (y compris les espaces), ou 1000 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com), mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.M on père a parlé de la guerre toute sa vie.De ce qu\u2019il avait connu au front, les morts, les estropiés, la diète au chocolat noir, dur comme du ciment, bien davantage que du péril nazi ou de ses raisons, à lui, pour s\u2019enrôler dans l\u2019armée canadienne.Une histoire revenait tout le temps: un homme de son régiment revenu un jour au camp, tenant encore sur pied mais les deux bras arrachés.Je n\u2019ai jamais su si ces images peuplaient ses nuits autant que nos conversations.Mon père est mort jeune, 25 ans après être rentré de Normandie, en principe en un morceau.À la lumière de ce qui vient de se passer en Floride ainsi qu\u2019en Nouvelle-Écosse, il faut croire que personne ne revient de la guerre tout à fait en un morceau.Esteban Santiago, 26 ans, celui qui a abattu cinq personnes à l\u2019aéroport de Fort Lauderdale avant de se livrer à la police, entendait, dit-on, des voix.«Lorsqu\u2019il est revenu d\u2019Irak, il n\u2019était plus le même», confia son oncle au New York Times.Lionel Desmond, 33 ans, qui a tué sa mère, sa femme et sa fille de 10 ans avant de se tirer une balle dans la tête, était lui aussi hanté depuis son retour d\u2019Afghanistan.«Ce que nous devions faire là-bas, dit un ancien camarade de régiment, personne ne peut comprendre.» Deux hommes devenus méconnaissables à leur retour, bourrus et violents avec leur conjointe, incapables de supporter «la guerre qui continue» en eux, la portion d\u2019horreur qui ne décolle pas.Selon une enquête du Globe and Mail, il y a eu 71 suicides depuis la guerre en Afghanistan, le déploiement canadien le plus important depuis la Seconde Guerre, et 158 morts au combat.C\u2019est donc dire que pour deux morts sur le terrain, un troisième homme est mort de sa propre main, une fois rentré chez lui.Des morts qui n\u2019ont pas toujours été reconnues, qu\u2019il a fallu déterrer à coups de demandes d\u2019information, le suicide étant à ce jour un sujet sensible au sein des Forces armées.Du temps de mon père, ça n\u2019existait tout simplement pas.Aux États-Unis, la guerre en Irak a fait plus de suicidés (177) que de morts «pour la patrie» (176).Même en admettant que le suicide après- guerre a été très peu comptabilisé par le passé, on note un accroissement ahurissant de suicides chez les vétérans aujourd\u2019hui.Pourtant, l\u2019horreur, la Croix-Rouge, Médecins sans frontières, tous les organismes humanitaires la côtoient tous les jours.Leur personnel, à ce qu\u2019on sache, ne se suicide pas en grand nombre.Ils savent pourquoi ils sont là, il faut croire, le cas aussi de mon père, soit dit en passant.Lors de toute grande mission humanitaire, et la Seconde Guerre mondiale a certainement été perçue ainsi, l\u2019objectif est non seulement clair, mais on fonce avec une bonne partie du monde derrière soi.Ce n\u2019est pas le cas des combats d\u2019aujourd\u2019hui, des guerres souvent larvées, nébuleuses.Dans le cas de l\u2019Irak, une guerre montée de toutes pièces.Selon l\u2019exper t militaire américain David Rudd, les soldats revenus du front aujourd\u2019hui se sentent terriblement isolés.« Il y a une disjonction entre ceux qui ont connu des horreurs et les gens à la maison qui se balancent de ce qui se passe là-bas.» Donc, à l\u2019horreur s\u2019ajoute le non- sens.À plus for te raison lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019hommes comme Esteban Santiago et Lionel Desmond, pour qui le service militaire offrait un débouché intéressant, pour ne rien dire d\u2019une validation de leur masculinité.Des hommes qui pensent avoir choisi un métier qui leur permet de relever le menton, d\u2019aider les gens, de faire du bien, mais qui se retrouvent, bien malgré eux, à détruire plutôt qu\u2019à bâtir, sans jamais voir où tout cela peut bien mener.Inévitablement, les événements de Fort Lau- derdale et d\u2019Upper Big Tracadie ramènent avec eux les récriminations d\u2019usage.Le sachant perturbé, pourquoi le FBI n\u2019a-t-il pas retiré le permis d\u2019armes à Esteban Santiago?Pourquoi l\u2019hôpital a-t-il renvoyé Lionel Desmond chez lui?Pourquoi les Forces armées tardent-elles à reconnaître l\u2019immense détresse d\u2019ex-soldats?Mais peut-être faut-il se poser une question plus fondamentale encore, sur la nature des guerres du XXIe siècle.En valent-elles vraiment la peine?Et si oui, au moins avertir ceux qui s\u2019y rendent que l\u2019aventure est inhumaine et pourrait bien rendre fou.fpelletier@ledevoir.com Sur Twitter : @fpelletier1 Les suicidés de l\u2019armée C H R I S T O P H E R N E A L Journaliste, communicateur et mordu d\u2019histoire ai trouvé à la fois intéressante et révélatrice la réflexion de Simon Couillard («Arthur Lower et les 150 ans de la nation canadienne », Le Devoir, 7 janvier).Même s\u2019il y a lieu de prétendre, comme il le fait, que la publicité du fédéral au sujet du 150e anniversaire de la Confédération canadienne aurait pu faire preuve d\u2019une sensibilité plus aiguë quant à l\u2019auditoire québécois, je crois qu\u2019on se doit également de reconnaître que le manque d\u2019échanges entre historiens anglo-canadiens et québécois en est en grande partie responsable.En voyant le sujet de l\u2019article de M.Couillard, j\u2019ai cru d\u2019emblée qu\u2019il cherchait en quelque sorte à combler cette brèche.Au contraire, il semble vouloir plutôt maintenir une malheureuse absence de consensus sur l\u2019histoire du Canada qui fait en sorte que les malentendus de ce genre se propagent.Souhaitons donc qu\u2019on profite de ce 150e anniversaire pour fouiller notre histoire afin de l\u2019éclaircir, au lieu de s\u2019en servir pour marquer des points d\u2019ordre politique.Une discussion informée entre historiens (et les mordus d\u2019histoire) provenant des « deux solitudes », tel qu\u2019amorcée dans les pages du Devoir, pourrait ser vir à mieux connaître et à comprendre pourquoi, malgré tout, le Canada a réussi à perdurer pendant un siècle et demi.Si l\u2019écart entre les souvenirs de l\u2019histoire tel qu\u2019elle a été enseignée au Québec et en Ontario est si large, on a raison de soupçonner que les versions de part et d\u2019autre ont été autant chargées de mythologies que de faits.Couillard fustige Arthur Lower pour avoir été peu sensible au rôle important du gouvernement du Québec voulu par les Canadiens (français) d\u2019autrefois.Même s\u2019il a peut-être raison sur ce point, rappelons que le débat sur la répartition des pouvoirs entre les provinces et le fédéral ne se fait pas exclusivement entre historiens anglos et francos.Ce débat divise aussi les gens de la même appartenance linguistique.Ce fut aussi le cas à l\u2019époque de la Confédération, où l\u2019on retrouvait ceux qui deviendront Canadiens anglais et français dans les deux camps, centralisateurs et provincialistes.Macdonald Parlons du premier premier ministre canadien, John A.Macdonald.Voilà un personnage à la fois peu connu et souvent réduit à la caricature au Québec.Quand on se souvient de lui, c\u2019est surtout pour son erreur politique (et morale, peut-on prétendre) de ne pas être intervenu pour arrêter la pendaison pour trahison de Louis Riel en 1885.Cette interprétation nous empêche de lui rendre suf fisamment hommage pour avoir eu le souci de conclure un pacte avec Georges-Étienne Cartier afin de réaliser le projet de confédération.Ce projet visait en grande par tie à protéger les provinces du Canada, y compris le Québec, de la menace de l\u2019annexion par les États-Unis.Les deux hommes politiques avaient compris que le Canada d\u2019alors, avec ses 3,5 millions d\u2019habitants, ne pouvait résister à une telle tentative autrement qu\u2019en étant uni, mais aussi en étant protégé par la Grande-Bretagne, la superpuissance de l\u2019époque.Comme le décrit si bien Richard Gwyn, autre historien anglo-canadien, Cartier martelait lors des débats menant à la confédération que la question se résumait ainsi : soit nous ferons partie d\u2019une fédération nord-américaine, ou bien nous serons absorbés par la fédération américaine.Quatre des cinq évêques du Québec se rallièrent à cette même opinion.Ce fut également l\u2019essentiel de l\u2019entente entre Louis-Hippolyte Lafontaine et Robert Baldwin.Ils ont mis en pratique, par leur gouvernance dans la foulée de l\u2019Acte d\u2019union de 1840, un partenariat entre les deux nations qui a préparé le terrain pour la prise de conscience de Macdonald et Cartier.Options Il est vrai toutefois que certains Canadiens français étaient moins enthousiastes à l\u2019égard de ce par tenariat avec les anglo-canadiens.Parmi ceux-ci, pourtant, bon nombre percevaient la confédération d\u2019un œil utilitaire, encore une fois, parce qu\u2019elle offrait la protection, temporaire souhaitons-le, mais nécessaire, contre l\u2019annexion par les États-Unis.L\u2019historien québécois Éric Bédard nous rappelle que selon Étienne Parent, rédacteur en chef du journal Le Canadien en 1837, le choix qui s\u2019offrait aux Canadiens était de rester dans l\u2019Empire et œuvrer à un meilleur avenir, quitte à rechercher des appuis du côté de «nos colonies sœurs», ou être annexés aux États-Unis et disparaître.Le jour même de la création du Canada, en 1867, La Minerve et Le Journal de Québec y voyaient là un projet qui permettrait au Québec un jour de former une nation, voire un État indépendant.En effet, le Canada permet toujours que cette option soit entretenue.Mais au cours des 150 années qui ont suivi, elle n\u2019a pas été l\u2019option choisie par les Québécois.Plus on connaît son histoire, plus on comprend le pays.À la recherche d\u2019un consensus sur l\u2019histoire du pays M A X I M E L A P O R T E C H R I S T I A N G A G N O N Respectivement président général et conseiller général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal est aujourd\u2019hui, 11 janvier, la journée Sir John A.Macdonald, comme chaque année depuis qu\u2019une loi fédérale a été adoptée en ce sens, en mars 2002.On s\u2019attend donc à ce que la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, publie un communiqué très convenu pour souligner cet hommage à une icône du Parti conservateur.Mais en politique, certains silences en disent parfois plus long qu\u2019un interminable discours.C\u2019était particulièrement évident le 8 décembre dernier, lorsque le ministre des Finances, Bill Morneau, a annoncé que l\u2019image de la militante néo-écossaise des droits civiques des Noirs, Viola Desmond, allait remplacer sur le billet de dix dollars celle de\u2026 John A.Macdonald ! Normalement, cette décision libérale aurait dû être vertement critiquée par l\u2019opposition conservatrice, le gouvernement Harper ayant tenté de nous faire célébrer le bicentenaire de la naissance de Macdonald durant toute l\u2019année 2015.Mais en 2016, ce sont plutôt les douloureuses audiences de la Commission de vérité et réconciliation qui ont mis en évidence l\u2019héritage toxique de l\u2019instigateur des pensionnats autochtones, ce même John A.Macdonald.Ce que le rapport de la Commission qualifia sans détour de «génocide culturel » a achevé de rendre Macdonald définitivement infréquenta- ble.De là découle le mutisme sur l\u2019expulsion du père de la Confédération de notre monnaie, non seulement chez l\u2019opposition conservatrice, mais aussi dans les médias canadiens en général.Racisme Il faut dire qu\u2019au cours des dernières années, le bilan du tout premier titulaire du poste de premier ministre n\u2019a cessé d\u2019être gravement assombri et d\u2019embarrasser l\u2019ensemble des Canadiens.Après tout, Macdonald a aussi créé les réserves indiennes dans le but d\u2019exterminer par la famine les Amérindiens des Prairies en vue de faciliter le passage du chemin de fer du Canadien Pacifique, comme l\u2019a indéniablement établi l\u2019historien James Daschuk en 2013.Le contrat de chemin de fer en question a d\u2019ailleurs fait l\u2019objet du plus gros scandale de corruption de l\u2019histoire de ce pays, scandale qui, en 1873, poussa Macdonald et tout son gouvernement à la démission.Mais si ce n\u2019était que cela\u2026 L\u2019an dernier à pareille date, le très maladroit communiqué de la ministre Joly sur Macdonald lui avait valu une volée de bois vert.C\u2019est que la ministre avait invité les Canadiens « à en apprendre davantage sur sa vie et sa vision d\u2019un pays qui valorisait la diversité, la démocratie et la liber té ».Or, l\u2019histoire nous enseigne que Macdonald a plutôt prôné la suprématie raciale des Anglo-Saxons.À cet effet, il fit imposer en 1885 une lourde taxe d\u2019entrée aux immigrants chinois et retira le droit de vote à tous les Canadiens «de race chinoise ou mongole », sans quoi « le caractère aryen de l\u2019avenir de l\u2019Amérique britannique serait détruit ».Ses convictions racistes n\u2019étaient pas récentes.Au début de sa carrière politique, John A.Macdonald, qui continuait à pratiquer le droit privé, se mit au service des Copperheads, faction du Parti démocrate américain qui regroupait les opposants à l\u2019abolition de l\u2019esclavage.Durant la guerre de Sécession (1861-1865), Macdonald, prenant la parole lors d\u2019un banquet, insista pour rendre hommage à « la brave défense menée par la république sudiste».Le remplacement de ce sinistre personnage sur notre monnaie par une pionnière des droits civiques des Noirs n\u2019est donc qu\u2019un juste retour des choses.Écoles françaises D\u2019une minorité à l\u2019autre, l\u2019antipathie de Macdonald à l\u2019égard des francophones n\u2019était guère moindre, lui qui fut membre de la loge orangiste de Kingston dès l\u2019âge de 25 ans.Après l\u2019abolition des écoles françaises de la Nouvelle- Écosse en 1864, le Nouveau-Brunswick fit de même en 1871.Les Acadiens demandèrent aussitôt au premier ministre Macdonald d\u2019intervenir, ce qu\u2019il refusa de faire, prétextant qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une compétence provinciale.Pourtant, entre 1867 et 1896, le gouvernement fédéral exerça 65 fois contre des lois provinciales son pouvoir de désaveu, fondé sur l\u2019article 90 de la Constitution de 1867, pour des questions autrement moins fondamentales que les droits scolaires des Canadiens français.De retour au pouvoir en 1873, Macdonald afficha la même indifférence complice envers les Acadiens de l\u2019Île-du-Prince-Édouard, dont les écoles avaient été abolies l\u2019année précédente.Il en fit de même au moment de l\u2019abolition des écoles franco-manitobaines en 1890, même si le Conseil privé de Londres lui suggéra de voter une loi réparatrice.Entrepris sous son règne, le saccage des écoles françaises du Canada s\u2019est poursuivi après la mort de Macdonald, en Alberta et dans les Territoires du Nord-Ouest en 1892, en Saskatchewan en 1902 et en Ontario en 1912.Il faut savoir qu\u2019encore aujourd\u2019hui, les francophones de tout le « Rest of Canada » réclament pour leurs écoles surpeuplées et sous-financées l\u2019égalité de traitement avec les écoles anglophones.Et que la mauvaise foi des gouvernements provinciaux concernés les mène généralement jusqu\u2019en Cour suprême.D\u2019où la folle envie des Canadiens de 2017 de parler d\u2019autre chose.Principale ombre au tableau de ce 11 janvier, le visage apaisant de Viola Desmond ne remplacera celui de Macdonald sur nos billets mauves qu\u2019en 2018.Il nous faudra donc feindre de ne pas l\u2019y voir durant toute l\u2019année des célébrations des 150 ans de la mal nommée «Confédération ».Mais l\u2019aveuglement volontaire est une spécialité canadienne, ce que nos gouvernements, québécois et canadien, sauront assurément démontrer.Alors, à quand l\u2019abolition de la journée Sir John A.Macdonald?HISTOIRE DU CANADA À quand le limogeage de John A.Macdonald ?J\u2019 C\u2019 MATTHEW BRADY / LIBRARY OF CONGRESS Principale ombre au tableau de ce 11 janvier, le visage apaisant de Viola Desmond ne remplacera celui de Macdonald sur nos billets mauves qu\u2019en 2018.FRANCINE PELLETIER L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Stolbtzy et auteur de l\u2019attentat à la banane qui doit en découdre avec Tintin dans ce récit burlesque et à part dans la cosmogonie tintinesque.Laboratoire graphique et narratif du jeune Georges Remi, qui n\u2019a alors que 21 ans lorsqu\u2019il trace les premiers contours de son personnage, l\u2019album met en scène le jeune reporter dans une succession de rencontres avec les bolcheviques sur le chemin de Moscou.Le trait est naïf, incertain.Le propos est teinté par un anticommunisme primaire propre à l\u2019époque qui a fait naître le héros.« On dit qu\u2019Hergé était honteux de cet album, mais c\u2019est totalement faux, résume le scénariste et spécialiste de l\u2019œuvre d\u2019Hergé Benoît Pee- ters, joint par Le Devoir mardi à Paris.Il disait que c\u2019était un péché de jeunesse, que c\u2019était mal dessiné, oui, mais pour lui, c\u2019était surtout la préhistoire de Tintin, une composante importante de la saga pour laquelle il a longtemps réclamé des rééditions à l\u2019éditeur Casterman.» Un mauvais garçon Mis en couleur à temps pour souligner le centenaire de la révolution russe, la chose ne manque pas d\u2019ironie, estime M.Peeters, qui voit dans cet exercice une occasion de redécouvrir un Tintin rare, mauvais garçon, engagé, qui va pourfendre les bolcheviques, avec un Milou sournois qui par la parole l\u2019excite et le soutient dans sa démarche.«C\u2019est un album de voiture, d\u2019avion, de train, de poursuite en tous sens dans lequel Milou est un véritable alter ego, dit-il.On est dans la drôlerie, dans la juvénilité, dans l\u2019allégresse dynamique.À cette époque, les sources d\u2019inspiration d\u2019Hergé étaient le cinéma muet, Charlie Chaplin, Buster Keaton, le slapstick [cette forme d\u2019humour exagérant les rixes et les passages à tabac], ce n\u2019est qu\u2019après que sa démarche s\u2019est approfondie.» Pour Philippe Goddin, qui vient de publier Hergé, Tintin et les Soviets.La naissance d\u2019une œuvre (éditions Moulinsart), cette colorisation, amorcée en 2014 et pilotée par le directeur artistique Michel Bareau, est tout sauf indigne d\u2019Hergé et respecte même son œuvre en reposant sur le trait original de la plupart des cases de cette aventure, assemblage de gags mal dégrossis qui s\u2019enchaînent sans logique particulière.«La mise en couleur a pour effet de rendre les images plus lisibles, plus agréables, dit l\u2019historien, en rappelant que la lisibilité du dessin était l\u2019obsession d\u2019Hergé.Milou s\u2019y détache mieux que dans la version en noir en blanc, trouvant ainsi le rôle et surtout la dynamique qui lui reviennent dans ce récit.» L\u2019amateur de détail appréciera à la huitième planche la houppette du personnage principal, qui se révèle pour la première fois avec évidence, témoignant de la fragilité de la caractéristique capillaire dans les premières cases posées par Hergé dans ce qui est sa première bande dessinée.Les aventures de Totor, C.P.des Hannetons, sa première incursion dans le dessin de divertissement, qu\u2019il a publiée en 1926 dans le journal Le Boy-scout belge, ne faisant pas encore usage du phylactère.Un laboratoire de création «Tintin au pays des Soviets, c\u2019est la naissance d\u2019un langage, la naissance de la ligne claire, c\u2019est l\u2019expérimentation par Hergé d\u2019une grammaire, d\u2019un vocabulaire, des codes entre un lecteur et son auteur », dit M.Goddin, en saluant « une mise en couleur qui rend désormais accessible à un nouveau public un album majeur, une œuvre fondatrice que le noir et blanc rendait un peu rébarbative », tout en apportant un semblant de nouveau dans un corpus figé, Hergé ayant demandé qu\u2019aucune nouvelle aventure de son personnage ne soit créée après sa mort.Le créateur est décédé en 1983.L\u2019œuvre est lancée ce mercredi à 300 000 exemplaires partout dans la francophonie.« Tout ce qui concerne Hergé suscite la polémique», dit M.Peeters.La démarche des héritiers est peut-être commerciale, selon lui, mais loin de la surexploitation, comme c\u2019est le cas pour Black et Mortimer, série dont les albums publiés après la mort d\u2019Edgar P.Jacobs sont plus nombreux que ceux mis au monde par le bédéiste belge avant son départ soudain en 1987, fait-il remarquer.« Ce qui assure la pérennité d\u2019un personnage de bande dessinée, pourtant, c\u2019est la seconde vie qu\u2019il peut trouver sous la plume de nouveaux auteurs», dit toutefois Philippe Girard en pointant du doigt les deux célèbres enquêteurs, mais également Lucky Luke, Spirou et les autres, et en déplorant que Tintin ne soit jamais tombé dans ce registre.Une trajectoire singulière, aussi grotesque que la découverte d\u2019un scaphandre posé dans le coin d\u2019une cellule de prison pour permettre, comme par magie, à Tintin de s\u2019extraire d\u2019une mauvaise passe, et qui, avec couleur ou pas, reste selon lui bien triste et bien sombre.Le Devoir TINTIN AU PAYS DES SOVIETS Hergé Éditions Moulinsart/Casterman 2017, Bruxelles, 138 pages SUITE DE LA PAGE 1 TINTIN ©HERGÉ-MOULINSART 2017 ©HERGÉ-MOULINSART 2017 AVANT.APRÈS.Mardi soir, il a utilisé les mêmes mots pour dire au revoir à ses partisans : «Yes we can.Yes we did.Yes we can.» « Oui, nous le pouvons.Oui, nous l\u2019avons fait », a-t-il lancé à la foule pour conclure son allocution.Dans son annonce qui a duré une heure, il a insisté sur le pouvoir citoyen.« Nous, le peuple, lui donnons un sens », a-t-il dit à propos de la Constitution américaine.«Si vous en avez assez de vous obstiner avec des étrangers sur Internet, essayez donc de leur parler dans la vraie vie ! » a-t-il aussi lancé, en encourageant les Américains à «attacher leurs chaussures » et à s\u2019impliquer, en politique ou autrement.Parce qu\u2019ils le peuvent.« C\u2019est un individu très optimiste, confiant à l\u2019égard du système, des valeurs américaines », a rappelé Frédérick Gagnon, de la Chaire Raoul- Dandurand.« Il a pris le contre-pied de Donald Trump, qui brosse un portrait très négatif [des États-Unis].Il dit qu\u2019on avance toujours.» Sa collègue Elisabeth Vallet a ajouté : « Il veut envoyer un message d\u2019espoir, boucler la boucle avec le Yes We Can de 2008, montrer que son héritage est plus reluisant que l\u2019élection ne le laisse croire.» Et il a raison, à son avis, puisque les États-Unis sont sor tis de la crise économique qui les affligeait quand Barack Obama est arrivé au pouvoir.Cela, le président sortant l\u2019a noté.Au nombre de ses réalisations, il a notamment cité les relations renouvelées avec Cuba, l\u2019abandon du programme nucléaire de l\u2019Iran, la légalisation du mariage gai et l\u2019élimination d\u2019Oussama ben Laden.« Ça a été l\u2019honneur de ma vie de servir pour vous», a-t-il attesté.Attaques contre Trump Sur une note moins positive, Barack Obama a af firmé que la vision post-raciale de l\u2019Amérique qui avait été envisagée au lendemain de son élection ne s\u2019était pas réalisée.« Cette vision, malgré ses bonnes intentions, n\u2019a jamais été réaliste.La race est encore une force qui divise notre société», a-t-il déclaré.Dans une référence voilée à son successeur, Donald Trump, le démocrate a insisté sur l\u2019importance d\u2019intégrer les immigrants à la société.« Si nous n\u2019investissons pas dans les enfants des immigrants parce qu\u2019ils ne nous ressemblent pas, nous minons l\u2019avenir de nos propres enfants, parce que ces enfants représenteront une partie de plus en plus importante de la main-d\u2019œuvre américaine», a-t-il plaidé.Nier le changement climatique, c\u2019est « trahir les générations futures », a aussi affirmé Barack Obama.Dans une autre référence à ses adversaires et successeurs, il a promis d\u2019appuyer publiquement un nouveau système de santé, si celui-ci est «manifestement meilleur que le nôtre».Et la suite?À son retour à Washington, dans la nuit de mardi à mercredi, Barack Obama n\u2019aura plus que dix jours à la Maison-Blanche.Le président américain a déjà annoncé qu\u2019il vivra encore quelques années à Washington, afin de permettre à sa plus jeune fille, Sasha, de terminer ses études secondaires.Et ensuite ?« Il va sûrement écrire ses mémoires », a avancé prudemment Frédérick Gagnon.Pour le reste, il imagine bien le 44e président des États-Unis faire profil bas, à l\u2019image de George W.Bush.À un journaliste du magazine américain The Atlantic, « les proches d\u2019Obama semblaient dire qu\u2019il ne ressentirait pas nécessairement le besoin d\u2019être visible, de se faire entendre », a rappelé le chercheur.Quand même, le Parti démocrate pourrait faire appel à lui.« Ce qu\u2019on a constaté cette année, c\u2019est qu\u2019il y a peut-être plus de grosses pointures, de relève, du côté républicain», a-t-il affirmé, en rappelant que le parti de l\u2019éléphant a présenté 17 candidats.Et puis Barack Obama est un père présent, aimant, qui pourrait profiter de ses nouveaux temps libres pour passer du temps avec sa famille, a suggéré Frédérick Gagnon.Autrement, « peut-être qu\u2019il achètera une équipe de basketball ! » a-t-il aussi lancé en riant.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 OBAMA avec les États-Unis sur des enjeux profondément commerciaux et économiques, et je trouve que d\u2019avoir une voix par rapport à ça, c\u2019est la bonne façon d\u2019y aller.On sait très bien que M.Trump veut toujours parler commerce et toujours parler croissance économique et emplois, et chaque fois qu\u2019on va être engagé avec lui, on veut qu\u2019on ait quelqu\u2019un qui va avoir à la fois la responsabilité diplomatique et commerciale.» La nomination de Mme Freeland tombe aussi sous le sens.Cette ancienne journaliste économique qui a travaillé pour des publications prestigieuses telles que The Economist est non seulement polyglotte, mais parle le langage des millionnaires et milliardaires qui prendront le pouvoir aux États-Unis le 20 janvier prochain.Comme on le dit dans son entourage, elle n\u2019a pas peur des «hommes blancs en complet ».Elle a d\u2019ailleurs écrit un livre, Plutocrats, dénonçant l\u2019enrichissement de quelques élus et l\u2019appauvrissement des masses.D\u2019avoir commis un tel livre est-il de nature à lui nuire à Washington?« Je ne pense pas que c\u2019est un bagage, a rétorqué la principale intéressée.Les préoccupations de la nouvelle administration américaine ne sont pas aussi dif férentes des préoccupations de notre gouvernement.Pour notre gouvernement, la question la plus impor tante c\u2019est la classe moyenne et travailler pour la classe moyenne.Je pense que le président désigné, Donald Trump, aussi a parlé aux Américains pour lesquels l\u2019économie n\u2019était pas suf fisante.C\u2019était l\u2019argument central de mon livre.» Cette femme qu\u2019on dit rassembleuse pourrait ainsi offrir une interface avec l\u2019administration Trump moins rigide que n\u2019aurait pu le faire un Stéphane Dion à cheval sur les principes.Ce n\u2019est que la troisième fois de l\u2019histoire du Canada qu\u2019une femme occupe le poste de ministre des Affaires étrangères, la première pour une libérale.Les précédentes avaient été les progressistes-conservatrices Flora MacDonald (sous Joe Clark en 1979-1980) et Barbara McDougall (sous Brian Mulroney, puis Kim Campbell de 1991 à 1993).Faut-il y voir un lien avec le sexe de Mme Free- land ou une simple référence factuelle au fait qu\u2019elle a quitté presque en larmes (et en colère) la rencontre de la dernière chance en Europe en octobre pour conclure l\u2019accord de libre-échange?Quoi qu\u2019il en soit, sur le site de CBC qui confirmait sa nomination mardi matin, les commentaires railleurs de lecteurs se sont vite multipliés.«Le nouveau protocole pour toutes les missions canadiennes à l\u2019étranger anticipant une visite de notre nouvelle ministre des Af faires étrangères sera d\u2019avoir beaucoup de mouchoirs à portée de la main», a écrit Anthony Laface.Gary Ridgeway a demandé « si elle va pleurer chaque fois que les choses ne tourneront pas comme elle le veut».Ministère allégé pour le Québec Celui qui remplace Mme Freeland au Commerce international, François-Philippe Champagne, assure qu\u2019il ne se sent pas lésé par la perte d\u2019une partie de son portefeuille.«La planète, c\u2019est grand ! » a-t-il lancé, ajoutant que les dossiers de commerce étaient nombreux en Asie et en Europe.Le nombre de ministres québécois reste donc le même (sept en comptant M.Trudeau), mais leurs responsabilités s\u2019en trouvent réduites par le troc des Affaires étrangères pour ce Commerce international allégé.M.Champagne ne pense pas que cela soit un problème, rappelant que la forte députation québécoise allait continuer à jouer un rôle.Le grand perdant de ce jeu de chaises musicales est évidemment Stéphane Dion, à qui le premier ministre aurait offert les postes d\u2019ambassadeur en Allemagne et à l\u2019Union européenne pour remplacer les Affaires étrangères qu\u2019il perd.M.Dion n\u2019a pas accepté l\u2019offre tout de suite.Son entourage a plutôt envoyé un courriel disant que «pour ce qui est de la suite, il y aura plus à dire dans les prochaines semaines alors qu\u2019il envisage de quelle autre façon il pourrait contribuer à la fonction publique».Dans sa déclaration, M.Dion écrit que «pendant une année, le premier ministre Justin Trudeau m\u2019a fait l\u2019honneur d\u2019être son ministre des Affaires étrangères.Comme c\u2019est son privilège, il vient de confier cette grande responsabilité à une autre personne ».Il rappelle qu\u2019il a été en politique pendant 21 ans.« Maintenant, je vais déployer mes ef forts en dehors de la politique active.J\u2019ai aimé la politique, surtout chaque fois que j\u2019ai pu faire une dif férence au bénéfice de mes concitoyens.J\u2019en sors plein d\u2019énergie\u2026 renouvelable ! Mais la politique n\u2019est pas la seule façon de servir son pays.» Clairement, M.Dion n \u2019a pas aimé être poussé vers la sortie.La réaction était totalement inverse pour John McCallum, lui aussi un vieux routier (il est arrivé à Ottawa en 2000).Cet ancien économiste en chef de la Banque Royale quitte le cabinet à la demande du premier ministre et prendra d\u2019ici deux mois le poste d\u2019ambassadeur en Chine.«C\u2019est le premier ministre qui m\u2019a invité à le voir et m\u2019a suggéré ce poste.J\u2019étais surpris.[\u2026] Je n\u2019avais pas vraiment décidé quoi faire au cours des prochaines années», a raconté M.McCallum aux journalistes, démentant ainsi la rumeur que c\u2019est lui qui avait indiqué une volonté de quitter la politique.M.McCallum aime dire qu\u2019il a une relation «100-50-40» avec la Chine.«Mon épouse est 100% chinoise, nos trois fils sont à 50% chinois et mes électeurs de Markham sont à 40% des Chinois», a-t- il indiqué mardi.Lui-même parle un peu le mandarin et dit espérer approfondir sa connaissance de la langue une fois là-bas.Il a indiqué que le premier ministre trouvait impor tant que son ambassadeur ait une «connaissance» de la Chine et ait un « lien avec son bureau».Celui qui remplace M.McCallum à l\u2019Immigration, les Réfugiés et la Citoyenneté est un avocat torontois d\u2019origine somalienne spécialisé dans les questions d\u2019immigration, Ahmed Hussen.Comme Maryam Monsef, M.Hussen est un réfugié.Il a été élu pour la première fois en 2015.Maryam Monsef est une autre des perdantes de ce remaniement.Celle qui pilotait la réforme démocratique et qui avait réussi à rallier l\u2019opposition contre elle à la Chambre des communes perd son dossier.Elle est reléguée à la Condition féminine.Quand on lui a demandé s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une rétrogradation, Mme Monsef n\u2019a pas offert les négations offusquées d\u2019usage.« Je vais vous laisser en juger.» C\u2019est une nouvelle arrivée à Ottawa qui prendra sa relève, Karina Gould, une Ontarienne de 29 ans.Enfin, Patty Hajdu, qui était à la Condition féminine, monte en grade en obtenant l\u2019Emploi, le Développement de la main-d\u2019œuvre et le Travail.La Manitobaine MaryAnn Mihy- chuk, une ancienne ministre provinciale qui occupait ce poste, quitte elle aussi le cabinet.« Bien sûr que je suis déçue », a-t-elle déclaré à Radio-Canada.La parité hommes-femmes reste quant à elle intacte avec le départ de deux hommes et une femme, et l\u2019arrivée de trois nouveaux venus dans les mêmes proportions.Il y a maintenant 15 hommes (incluant M.Trudeau) et 15 femmes.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 REMANIEMENT La mise en couleur a pour effet de rendre les images plus lisibles, plus agréables Philippe Goddin « » J\u2019ai aimé la politique [\u2026].J\u2019en sors plein d\u2019énergie\u2026 renouvelable ! Stéphane Dion « » REX ARBOGAST ASSOCIATED PRESS Barack et Michelle Obama enlacés après le discours d\u2019adieu du président."]
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